ALERIONS. De Valeria, nom Latin donné à l'Aigle, appelée par les Grecs *Melanates*. Voyez Pline, liv. 10. chap. 3. & Belon, en son Histoire des Oléaux, liv. 2. chap. 3. *Valeria*, *Valerins*, *Valerii*, *Valerio*, *Valerionis*, *Valerione*, *Alérion*. Cette sorte d'Aigle se nomme encore actuellement à Metz *Halère*, de *Valerius*, par le changement de l'a en b, comme en *hucher*, fait de *vocare*. Ou bien, comme *afsire* en Alleman signifie Aigle, ce pourroit bien être de ce mot Alleman qu'auroit été formé celui de *Halère*, d'où *Alérion*. Le Duchat.
ALERTE. Etre à l'erte. C'est une façon de parler Italienne. La Cruëca : *Dictamo in proverbio*, stare all'erta, quando uno in favellando cerca il vantage, di non si lasciare intendere, e di non esser preso in parole. RTA en Italien signifie un chemin qui va en mortant : & il vient du Latin *erecta*, en sousentendant via. Les Espagnols disent de même *estar en alerta*. Et ainsi *esse à l'erte* signifie proprement être dans un lieu éminent, d'où on peut découvrir ce qui se paise à l'entour de soi. L'Anonyme qui a publié les nouvelles Remarques de M. de Vaugelas, a fait mention de cette étymologie : mais il l'a prié mot pour mot du Dictionnaire Espagnol de César Oudin : car il n'est pas capable de trouver de lui-même une semblable étymologie. M.
ALERTE, pour à l'air. On disoit autrefois *irte* pour air. Et ce mot se trouve dans Montagne. *Alerte*, *expeditus*. Huet.
ALESAN. Sorte de poil de cheval. De l'Espagnol *alazan*, qui signifie la même chose. *Alazan tostado*, *antes muerto che cansado*, disent les Espagnols : ce que nous disons en François, *Alesan brulé*, *plutost mort que lassé*. L'Espagnol *alazan* vient de l'Arabe *alhesan*, qui signifie un cheval courageux, & de bonne race. M.
ALESE. Terme de Blason : comme quand on dit *croix alesse*, c'est-à-dire, *racourcie* : croix dont les croisons ne vont pas jusqu'au bord de l'écusson. M. l'Abbe Chastelain, Chanoine de l'Eglise de Paris, croit que cette façon de parler vient du mot *a l'asse*; parce que la croix ne touchant point à l'écu, elle est à son aise dans l'écu. On dit *San-* reir voir alisé, pal alisé, en la même signification : ce qui ne s'accorde pas avec l'étymologie de M. Chastelain. M.
ALESE. Croix alisée. Ces fortes de Croix ont au bout de leurs branches des ornemens qui ressemblent à de petites ailes. Je crois que c'est de là qu'elles ont été appelées Croix alisées ou alisées, d'alata, qui par production fait alisata ou alisata. On appelle Croix alisée celle qui ne touche pas les deux flancs ou côtes de l'Ecu. Ainsi ce mot peut avoir été fait de la parrieule à & de latus, d'où nous avons fait lez. C'est comme qui diroit, une Croix éloignée des côtés de l'Ecu, a lateribus dislans. Le Duchat.
ALESNE. Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot. M. Bochart le dérivoit de l'Espagnol alesna, qui signifie la même chose; qu'il dérivoit de l'Arabe Alsenna, ou Asenna, qui signifie aussi la même chose, & qui a été fait du verbe sanna, qui signifie rendre pointu. Les Flamans appellent esene une alesne : ce qui ne favorise aucunement l'opinion de M. Bochart. Covarruvias, dans son Trésor de la Langue Caltillane, dérive l'Espagnol alesna du Latin ladere. Les Italiens disent lesina, & les Galcons lezen : ce qui favorise aussi cette opinion. Ferrari, dans ses Origines de la Langue Italienne, dérive l'Italien lesina de l'Alleman-alen, qu'il dit signifier la même chose. Je crois que le François, l'Italien, & l'Espagnol ont été faits d'aculeus. Aculeus, aculeus, aculeus, aculeus, aculeus, alesna, ALESNA. On a ôté l'A dans l'Italien, comme en Badissa, d'Abbatissa, & autres semblables. M.
ALESSO. Famille de Paris; ainsi dite d'Alefso, fils de Brigiilde Martorille, sœur de S. François de Paule. Cet Alefso étant venu en France, y épousa Jaquette de Malandrin du pays Blefois. Voyez Du Breuil dans ses Antiquités de Paris. M. Vers ALEXANDRINS. Nous appelons ainsi nos grands vers de douze à treize syllabes. La raison pour laquelle on les appelle de la sorte n'est pas bien constante. Quelques-uns ont cru que c'est parce qu'Alexandre Paris, vieux Poètes François, s'est servi particulièrement de ce genre de vers : & les autres, à cause que Lambert le Cors, c'est-à-dire, le Court, Alexandre Paris, Pierre de Saint Cloot, & Jean le Nivelois, s'en servirent en écrivant la Vie d'Alexandre le Grand. Voyez Jean le Maire de Belges dans son Temple de Venus, Jacques Peletier du Mans au chapitre 1. du livre 2. de son Art Poétique, Etienne Pasquier au chap. 3. du livre vi. de ses Recherches, Thomas Sibillet livre 1. chapitre 5. de son Art Poétique, & le Président Fauchet au commencement du 2. livre de son Traité des anciens Poètes François, en la Vie de Jean le Nivelois. Je remarquerai ici en passant, & je prie mes Lecteurs de me pardonner cette digression ; que Jean le Maire, au lieu allégué, a écrit, au rapport de Fauchet, que quelque cette sorte de vers est été autrefois fort approuvée, la plus grande partie des Poètes modernes de son tems ne les approuvoient pas. Et en effet, cette sorte de vers, qui est aujourd'hui la plus commune parmi nous, s'est si peu en usage du tems de Marot, que quand il s'en trouve dans ses Ouvrages, il en avertit le Lecteur par ces mots qu'il met au titre de ses vers, Vers Alexandrin. Et à ce propos il est à remarquer, que nos Poètes qui depuis la restauration des Belles-Lettres jusqu'au tems de Ronfard firent des Poèmes Héroïques, les composèrent en vers de dix à onze syllabes, qu'ils nommoient Vers commun. Voici le nom de ces Poètes : Hugues Salel, dans sa version de l'Iliade d'Homere : Clément Marot, dans celle des deux premiers livres des Métamorphoses d'Ovide : Isaac Habert de Berri, dans celle des quinze livres des mêmes Métamorphoses : Melin de Saint Gelais & Jean-Antoine de Bari, dans leurs Imitations de quelques Chants de l'Ariotte : Joachim du Bellay, dans celle du quatrième & du sixième de l'Enéide : lequel, au quatrième chap. du second livre de son Illustration de la Langue Françoise, les appelle héroïques : & Louis des Maisres, dans celle de l'Enéide entière. Mais enfin ceux qui réussissent le mieux en notre Poésie, s'apporçèrent que les vers Alexandrin étoient plus propres que les autres pour les Poèmes Epiques, & pour les autres Poètes relevées. C'est le témoignage que nous en rend Jacques Peletier, à qui Pasquier, dans la quatrième Lettre du livre 3. de ses Lettres, donne la gloire d'avoir le premier mis nos Poètes François hors de page. Voici les Paroles de Peletier, qui sont de son Art Poétique, a l'endroit où il traite des différentes sortes de vers François : Reflent les Décasyllabes & Dodecasyllabes : c'est-à-dire, de dix & de douze : desquels le premier jusques icy a été accommodé aux faits héroïques. Le Dodecasyllabe, autrement vers Alexandrin, évoit fort rare jusques à cet âge : lequel nous avons qui avoir été ainsi dit, parce qu'en ce vers furent premièrement écrits les Gettes d'Alexandre par un de nos anciens Poètes François. Il a depuis naguères été reçus pour héroïque, qui est son vray & propre usage : car le décasyllabe évoit trop court, & n'y avoit lieu de comprendre que peu en deux vers, étant les rimes trop près d'une de l'autre. Maintenant entre deux rimes y aura commodité de parler plus fententieusement : Et encore n'avons-nous pas cette capacité du vers hexamètre des Grecs & Latins : laquelle peut aller jusques à dix-sept syllabes sans collision aucune, & avec collisions jusques à plus de vingt. Et c'est suivant cette opinion qu'il a rendu en vers Alexandrin quelques endroits du premier & du sixième de l'Enéide, qu'il fit imprimer en 1580. Ronfard est du même avis. Car voici comme il parle des vers Alexandrin dans l'abregé de son Art Poétique à Alfouze d'Elbene : Les Alexandrin tiennent la place en notre langue telle que la tiennent les vers héroïques entre les Grecs & les Latins : lesquels sont composés de douze à treize syllabes : les masculins de douze, les féminins de treize : & ont toujours leur repos sur la sixième syllabe, comme les vers communs sur la quatrième, dont nous parlerons après, &c. La composition des Alexandrin doit être grave, hautaine, & (s'il faut ainsi parler) alilloque, d'autant qu'ils sont plus longs que les autres, & sentiroient la prose s'ils n'étoient composés des mots éleus, graves, & resonans, & d'une rime assez riche, afin que telle richesse empêche le style de la prose, & qu'elle se garde toujours dans les oreilles jusques à la fin de l'autre vers qui est long. Tu les feras donc les plus parfaits que tu pourras, & ne te contenteras point, comme la plus grand part de ceux de notre temps, qui pensent, comme s'ay dit, avoir accompli je ne scay quuy de grand, quand ils ont rime de la prose en vers. Tu as déjà l'esprit assez bon pour découvrir tels versificateurs par leurs misérances esprits, & par la comblesse des mauvais faire jugement des bons, lesquels je ne veux particulièrement nommer, pour être en petit nombre, & de peur d'offenser ceux qui ne féroient couchez en ce papier. Ainsi suivant mon naturel, je scay bien, que non seulement expulser, expulser non qui vives, mais aussi aussi aussi. Si je n'ay commencé ma Franciade en vers Alexandriens, lesquels j'ay mis, comme tu scals, en vague & en honneur, il l'enfant prendre à ceux qui ont puissance de ma commander, & non à ma volonté : car cela s'est fait contre mon gré, espérant un jour la faire marcher à la cadence Alexandrine : mais pour cette fois, il faut obéir. Il ajoute ensuite, lorsqu'il traite des vers communs : Or comme les Alexandriens sont propres pour les jujets héroïques, ceux-ci sont proprement nez, pour les amours, bien que les Alexandriens reçoivent quelquefois un sujet amoureux, & mesmement en Élégies, en Eclogues, où ils ont assez bonne grace, quand ils sont bien composés. Ce qui peut être confirmé par ces mots qu'il a mis au commencement des Sonnets des Amours de Marie, de la première édition, & de quelques autres suivantes. Sonnets en vers héroïques : & qu'il a intitulés de la sorte, à cause qu'ils sont presque tous composés en vers Alexandriens, & que ceux des Amours de Calfandre sont presque tous composés en vers communs de dix à onze. Et ce qui est encore confirmé par cette Note de Remi Belleau sur l'Élégie de Ronfard à son livre des Amours de Marie : Aurelie il ne se faut elbahirsi l'Acteur a écrit en vers Alexandriens la plus grande part de ce livre, pour autant qu'il a opinion que ce soient les plus François, & les plus propres pour bien exprimer nos passions. Et si quelqu'un les blasme de trop sentir, en prose, ce n'est qu'à cause d'être bien faits, & bien prononce. Mais la plupart de ceux qui écrivent aujourd'hui, ne les savent pas animer, ne donner la grace qu'il leur faut. Car s'ils etoent composés & forgés par bons artisans & ruses, à la façon de ces beaux vers, ils changeaient d'opinion. Aussi que les Latins & les Grecs escrivent ordinairement leurs passions amoureuses en vers héroïques, bien qu'il ne leur en manque de petits, & de plus mignards; comme Hendécalyllabes, Saphiques, & autres qui semblent être plus propres au sujet amoureux. ¶ Il est vrai qu'il pourrait sembler que Ronfard aurait changé d'avis ; car voici comme il parle des vers Alexandriens dans son Avertissement au Lecteur, qui est au-devant de la première édition des quatre premiers livres de la Franciade, qui est de 1572. Et si tu me dis, Lecteur, que je devais composer mon ouvrage en vers Alexandriens, pource qu'ils sont pour le jourd'huy plus favorablement reçus de nos Seigneurs & Dames de la Cour, & de toute la jeunesse Françoise; lesquels j'ay remis le premier en honneur; je te respous qu'il m'euît été cent fois plus aisé d'écrire mon œuvre en vers Alexandriens, qu'aux autres, d'autant qu'ils sont plus longs, & par conséquent moins sujets; sans la honteuse conscience que j'ay, qu'ils sentent trop leur prose. Or tout ainsi que je ne les approuve du tout; si ce n'est en Tragédies ou Versions; aussi je ne les veux du tout condamner. J'en laisse à chacun son libre jugement, pour en user comme il voudra. ¶ Et ce qui pourrait contribuer à faire croire qu'il ferait demeuré dans cette dernière opinion, c'est que cet endroit de l'Abregé de son Art Poétique qui commence par ces mots. Si je n'ay commencé, & qui finit par ceux-ci, Mais pour cette fois, il faut obéir, est retranché de toutes les Éditions qui en ont été faites depuis la publication de sa Franciade. Et que d'un autre côté, ces mots, Sonnets en vers héroïques, ne paraissent plus, dans les dernières éditions de ses œuvres, à la tête des Sonnets des Amours de Ma- rie. Il y a davantage : S'étant depuis résolu, & peu de mois avant sa mort, de changer cet Avertissement en un Discours du Poème Héroïque, pour servir de Préface à sa Franciade ; (ce Discours a été ajouté dans l'impression qui le fit de toutes ses œuvres en 1586, incontinent après sa mort; & il se trouve dans les suivantes) il le commence de la sorte : Il ne faut s'entreveiller, Lecteur, de quoi je n'ay composé ma Franciade en vers Alexandriens, qu'autrefois en ma jeunesse, par ignorance, je pensais tenir en notre Langue le rang de carmes héroïques, encore qu'ils respondent plus aux Senaires des Tragiques qu'aux magnanimes vers d'Huovere & de Virgile : les estimans pour lors plus convenables aux magnifiques arguments, & aux plus excellentes conceptions de l'esprit, que les autres vers communs. Depuis j'ay veu, connu, & pratiqué par longue espérance, que je m'évois ab-sé : Car ils sentent trop la prose très-facile, & sont trop énervis & flaques : si ce n'est pour les Traductions, auxquelles, à cause de leur longueur, ils servent de beaucoup pour interpréter le sens de l'Autheur qu'on entreprend de traduire. Au reste, ils ont trop de caquet, s'ils ne sont bâtis de la main d'un bon artisan, qui les fasse autant qu'il lui sera possible, hausser comme les peintures relevées, & quasi séparer du langage commun; les ornant, & enrichissant de figures, schèches, tropes, métaphores, phrases, & pcriphrases, &c. Et ensuite, après avoir touché quelque chose des principales règles qui doivent être gardées en la disposition & en l'évocation du Poème Epique, il ajoute : Or venons à nos vers communs de dix à onze syllabes, lesquels pour être plus courts & pressés, contraignent les Poètes de remascher & ruminer plus longuement. Et telle contrainte, en méditant & repensant, fait le plus souvent inventer d'excellentes conceptions, riches paroles, & phrases élaborées : tant vaut la méditation, qui par longueur de temps les engendre en un esprit mélancholique, quand la bride de la contrainte arreste, & refrène la première course impérieuse des fureurs & monstrueuses imaginations de l'esprit : à l'exemple des grandes rivieres, qui bouillonnent, écuent, & frémissent à l'entour de leurs remparts : là où, quand elles courent la plaine sans contrainte, elles marchent lentement & passéesement, sans frapper les rivages, ny d'écumes, ny de bruit. Cependant il est vrai semblable, que ce qu'il avoit dit dans l'Avertissement au Lecteur dont il accompagna en 1572, la première édition de la Franciade, n'est pas tant une déclaration sincère de son sentiment, qu'une continuation de la complaisance qu'avoit exigée de lui Charles IX. qui aimoit les vers communs : lequel ne mourut qu'en 1574. Que s'il n'a pas satisfait à l'espérance qu'il avoit fait concevoir en 1567, à ses Lecteurs dans l'Abregé de son Art Poétique, qu'il remettrait sa Franciade sous l'enclume, pour la faire en vers Alexandriens ; on peut dire d'un autre côté qu'il a négligé de l'achever en vers communs. Cependant il est très-vrai que ce qu'il a écrit dans sa dernière Préface sur la Franciade : Qu'il avoit autrefois pensé en sa jeunesse, que les vers Alexandriens tenoient en notre Langue le rang des carmes héroïques, & qu'il avoit depuis reconnu par longue expérience qu'il s'étoit abusé, est tout-à-fait contraire à ce qu'il écrivit dans l'Abregé de son Art Poétique en 1567, qui étoit l'an 43, de son âge : Que c'étoit contre son gré qu'il avoit commencé sa Franciade en vers communs, & qu'il la ferait un jour marcher à la cadence Alexandrine. Mais comme il s'est servi des vers Ale- A L E. A L G. sandins en plusieurs ouvrages héroïques qu'il a écrits dans un âge avancé, & qu'il faisoit état de s'en fervir dans son Poème de la Milice Françoise, & dans celui de la Loi Divine, comme il patoit par les commencements de ces deux Poèmes, produits dans sa Vie par Binet, on peut croire qu'il préféra enfin ces fortes de vers aux vers de dix à onze Syllabes. Quoiqu'il en soit, ce sont ceux qui ont été employés ensuite par les Poètes Epiques : par Deportes, dans ses Imitations de l'Ariotte ; par du Bartas, dans sa Judith & dans ses Semaines ; par Bertaut, dans sa Traduction du second de l'Enéide, dans son Timandre, & dans sa Panarette ; par le Cardinal du Perron, dans sa Traduction des commencements du premier & du quatrième de l'Enéide ; par M. Chapelain, dans sa Piccelle d'Orleans ; par M. de Scudery, dans son Alaric ; par M. Godeau, dans son S. Paul ; par M. Des-Martes, dans son Clovis ; & par le Pere le Moine, dans son Saint Louis. Et à ce propos, je rapporterai ici en passant ce qu'en a écrit M. Lancelot dans ses Regles de la Poëse Françoise. C'est, dit-il, en cette sorte de vers que se sont les Poèmes Héroïques, les Poèmes Dramatiques, ou de Théatre, les Eglogues, les Élégies, & autres Pieces, &c. Mais quevoque les vers de dix à onze Syllabes ayant quelque gravité, il s'en faut néanmoins beaucoup qu'ils soient si beaux ne si pompeux, & si magnifiques que ceux de douze Syllabes. Et il n'y a personne maintenant qui ne condamne le jugement de Ronsard, qui a cru que les vers de dix Syllabes étoient les vrais vers héroïques, & qui répondoient aux hexamètres des Grecs & des Latins. M.
ALEZAN. Voyez ALESAN.
ALGALIE. Instrument de Chirurgien. Matthæus Silvaticus : ALGALIA, instrumentum in quo liquores injiciuntur in vesicam; quod etiam stringa dicitur. Du Grec barbare ἀγαλίσις, dit pour ἀγαλίσις Voyez M. du Cange dans son Glossaire Grec au mot ἀγαλίσις. M.
ALGAME. Des Maisons d'Etrées & de Lorraine. Conf. de Sanci, liv. 3. chap. 3. D'Adigamen Voyez les additions au mot Aloy. Adligamen, inis, ine, Algame. Le Duchat.
ALGARADE. De l'Espagnol algarada : que César Oudin dérive d'Alger. Voyez mes Origines de la Langue Italienne au mot Algaria. Le Pere Thomassin, à la page 485, du premier Tome de son Traité des Langues réduites à l'Hébreu, veut que l'Espagnol algarada soit d'origine Hébraïque. ALGARA ALGARADA ; en François, algarade : faire semblant d'attaquer l'ennemi : de αἰτήν, gara, miscere lices. M.
ALGARVE, ou ALGARBE, ou LES ALGARVES. C'est le nom d'une Province de Portugal, qui a été ainsi appelée à cause de sa situation vers le couchant, par rapport aux autres Provinces d'Espagne. Ce mot est Arabe, étant formé de l'article al, & de garb, qui signifie le couchant, l'occident. Les Arabes appellent aussi l'occident magreb; & c'est ainsi qu'ils ont nommé la partie occidentale de l'Afrique, autrement la Mauritanie. L'Arabe magreb est la même chose que l'Ebreu pour maarab, & ils viennent tous deux d'une racine qui exprime le coucher du Soleil. *
ALGEBRE. D'algebra : qui vient de l'Arabe algabarat, qui signifie rei redimegrario; reparatio ossis fracti; valetudinis reparatio. De la racine giabara, qui signifie reparatus, reboravis, concinnavitis refecta : parce que l'Algebre est la perfection, & comme la réparation de l'Arithmétique, que les Arabes appellent Attacis, c'est-à-dire, fraction. Ceux-là se trompent qui dérivent Algèbre d'un nommé Geber, qu'ils sont Auteur de cette science. M. L'Algebre est une arithmetique par lettres, plus parfaite que celle qui se fait par nombres. On convient assez que cette science est née en Orient, & que son nom est Arabe, comme l'article al le fait voir. Mais on ignore qui le premier a imaginé de trouver par lettres ou autres notes, des grandeurs qu'on ne pouvoit exprimer par nombres, & dont on ne connoitsoit point la valeur. L'on n'est pas d'accord non plus, touchant ce que ce mot signifie proprement en Arabe. Quelques-uns ont prétendu que M. Menage s'étoit trompé en fondant l'étymologie qu'il donne du mot Algèbre, sur ce qu'il semble supposer que cette science considère principalement les fractions ; parce qu'il n'est pas vrai-femblable que l'algebre considère plus les nombres rompus que les nombres entiers ; elle exprime même ses grandeurs par des lettres qui ne sont pas susceptibles de fractions. Mais ne pourroit-on pas dire pour M. Menage, que l'Algebre a souvent pour objet, de réduire les nombres rompus à un nombre entier, & que c'est proprement la ce que ce mot Arabe signifie, suivant le sentiment de Messieurs Harris & d'Herschel : M. le Chevalier Chardin, savant dans les Langues Orientales, dit tom. 5. pag. 65, de ses voyages, que ce mot signifie en Arabe, réparer, rétabli, réduire, & que l'on a donné ce nom à cette science, parce que son but est de rétablir & réparer l'arithmétique, en la rendant plus parfaite, & de réduire les termes de la comparaison à la forme de l'équation, qui est la principale partie de l'Algebre. Selon M. de Lagny, dans ses nouveaux Eléments d'Arithmétique & d'Algebre, il n'y a guère que deux cens ans que l'on a commencé de connoître l'Algebre en Europe, ce furent des Religieux Italiens de l'Ordre de Saint François, qui en apporteront de l'Orient les premières règles, auxquelles ils donneront le nom de règles Coliques, de l'Italien Cofa, parce que c'étoit la chose même que l'on prétendait faire considérer par le moyen de ces règles Coliques. Et c'est par la même raison, dit le P. Lamy, dans ses Eléments de Mathématiques, que l'Algebre se nomme aujourd'hui Spécieuse, parce que ce sont les espèces ou formes de choses mêmes que l'on désigne par des lettres. C'est M. Viette, Maître des Requêtes sous Henri III. qui a inventé l'Algebre Spécieuse; & c'est M. Descartes qui le premier a enseigné la méthode de résoudre par la Géométrie, toutes les équations déterminées & indéterminées : & ces deux grands hommes ont ouvert par-là le chemin à une infinité d'autres découvertes qui ont été faites depuis. Vercy.
ALGUAZIL. Les Alguazils sont en Espagne, ce que les Sergens & les Huissiers sont en France. Ils exécutent les mandemens de Justice, & constituent les gens prisonniers. Ils ne sont pas là fort méprisés, ni si fort en horreur que les Sèvres sont en Italie, quoique leurs fonctions soient à peu près les mêmes. Les Espagnols ont pris des Arabes ce terme, & nous des Espagnols. Covarnuvius qui en a cherché l'étymologie, dit qu'il est composé de l'article al, & de guazir, qui en cette Langue E ij signifie Ministre de Justice. Il croit aussi qu'il pourrait venir de l'Hebreu gazal, qui signifie prendre, parce que les Alguazils prennent & arrêtent les criminels. Vergy.
ALHANDAL. C'est un terme de pharmacie Arabe, il signifie des trochiques de coloquine, & il est formé de l'article al, & de handhal, qui en Arabe signifie la coloquine.
ALI. Nom d'une famille venue à Metz de Troyes-en Champagne. D'Aleau-me, nom propre. Aleau-me, Aliau-me, Ali. L'a s'est changé en i, comme en Lion de Leo. Le Duchat.
ALIBI. Comme quand on dit, prouver son alibi. C'est un mot purement Latin. Nos Anciens disaient alibi au plurier. Nous disions aujourd'hui des alibi. M.
ALIBIFORAINS. Rabelais 3. 11. a dit alibiforains. M.
ALIBORUM. Comme quand on dit, Maître aliborum. Rabelais 3. 10. Que diable, dit Panurge, veut prendre. Maître Aliborum. Monsieur l'Abbe Huét croit avec beaucoup d'apparence, qu'aliborum en cette façon de parler est le génitif d'alibi. & que Maître Aliborum a été dit premièrement d'un homme fécond & subtil à trouver des alibi. M.
ALIBORUM. Maître Aliborum. Ce mot me semble avoir été donné par dérision à quelque Avocat ignorant, qui lorsqu'on plaidoit en Latin, voulant dire qu'un homme n'étoit pas recevable à ses alibis, dit : Nulla habenda est ratio iitorum aliborum; ou quelque chose de semblable. Haes.
ALIBOUR. Surmon d'un Médécin du Roi Henri IV. dans les Mémoires de Sully, Tome 1. chap. 58. Alibour & Aliborum pourroient bien avoir une seule & même origine. Le Duchat.
ALIER. Retz à prendre des oiseaux. Voyez allier. M.
ALISE. Château sur une montagne près Sainte Reine en Bourgogne, où étoit anciennement la ville d'Alexia, si fumeuse par les Commentaires de César. Les plus anciens Manuscrits de ces Commentaires ont Alesia, qui approche davantage d'Alise qu'Alexia. Voyez M. Sanson dans ses doctes & curieuses Remarques sur la Carte de l'ancienne Gaule : où il est de l'opinion de ceux qui croient qu'Alexia est Alise : ce qu'il justifie par l'affiette du lieu. Diodore de Sicile la nomme Alexia qui est Alesia : & il dit que cette ville sur bâtie par Hercule, qui la nomma Alexia, est au nom des Champs, qui est une étymologie peu vrai-femblable D'Alise, le pays a été nommé l'Auxois. Pagn Alexiensis, le pays d'Auxois. M.
ALISE. Chere Alise. Le Roman de la Rose, fol. 74. v. Mais beguins à grands chaperons, Aux chères baissés & alises; Qui ont ces larges robes grises, Toutes fretelles de crotes, Houffeaulx, fronsis & larges bottes, Qui semblent bourses à cailler. Et tels doivent Princes bailler, Et gouverner eulx & leur Terre, Soit en temps de paix ou de guerre. Et ailleurs : Visage est bel, doux, & alis. Ce que Borel interprète par any. Dans ce dernier passage alis peut signifier am; mais dans l'autre il n'y a pas d'apparence, à moins qu'aux ne signifie une blancheur de lis, ou une palleur entière sans mélange de rouge. Le Duchat. ALIZIER : arbre. Les Latins l'appellent aria, & les Grec. agia. Et il y a bien de l'apparence que le François alifier a été formé d'aria. Aria, alia, alisa, alisarium, ALIZIER. Son fruit s'appelle alise : & ce mot est féminin. M.
ALKALI. Sorte de sel, mot de Chymie. Furetiere dit que ce mot est un mot Arabe; compose du mot al qui signifie sel, & de Kali; qui est une herbe que nous appellons soude ou soute. Al en Arabe ne signifie point sel : c'est l'article Arabe. Mais il est vrai que Kali signifie cette herbe que nous appellons soude ou soute, & que c'est de cette herbe, qui est une herbe lalée, que ce sel a été appellé al-kali : & de cette herbe brulée on en fait une maffe, qui est appelée Kali, & alcali, du nom de l'herbe : en François soude, ou soute. Voyez les Médecins de Lyon, chapitre 13. du liv. 11. Mais écoutons M. de Saumaire qui prétend que Kali n'est pas une herbe, mais la cendre d'une herbe. C'est au chapitre 110. de ses Homonymes des Plantes, page 110. Ses termes méritent d'être ici rapportés. Les voici : Kala, aut zala, nu quam apud Arabes intemis; sed scriptum fuit nola, vel zala, alumen catina hoc vocant. Nec enim Kali est herba, ut vulgo accipium, sed cineres herba exusta, & in lapidis duritiem solidati. Herba ipsa vocatur arabico axnan. Sed uinan, vel uinen, pronunctant. Graci in Lexicis suis Arabicis scribunt uvar. Duo sunt diversa apud Avisenam capita de uinen & ce call. Herba illa est, hoc aluminis genus sive salis, quod ex herba sit exusta. Hinc uinen appellatur herba alcali. Quod ex ea fiat alcali. Vitrum confictur ex hujus ciner bus, quod & olim fact tatum. M.
ALKEKENGE. Voyez ALCANGE, & ALQUEGUENGE.
ALKERMES. Voyez ALCHERMES.
ALLAH. C'est le nom de Dieu chez les Arabes, & chez tous ceux qui font profession du Mahométisine, quelque Langue qu'ils parlent. Allah est dit pour al-ilah. Ce nom est le même en Arabe que אלה Eloah, singulier de אלה Elohim, en Ebreu, & répond à ces mots, & a ce qui d'aenat chez les Ebreux, & même a celui qu'on appelle Tiagrammaton, ou de quatre lettres, qui marque plus particulièrement l'essence Divine. Les Mahométans répètent d'ordinaire ce mot plusieurs fois dans leurs prières. Et quoique les Turcs s'en servent, il ne faut pas dire pour cela avec quelques Dictionnaires, que c'est un mot Turc. Il est Arabe; mais les Turcs l'ont pris de l'Arabe, ou de l'Alcoran, comme beaucoup d'autres. Il est même originellement Ebreu, & vient dû Verbe אלה alah, qui signifie honorer, adorer, & qui est encore en usage en ce sens chez les Arabes. Aini Eloah, comme on dit en Ebreu, ou Allah, comme on dit en Arabe, signifie par excellence l'être digne de suite. L'être adorable.
ALLAQUAIS. Nom qui, dans Monstrelet, est donné à l'Infanterie, de même que celui de Laquais, qu'autrefois on écrivait Laquer. Allequais vient de l'Alleman all-Landsknecht, comme Laquais de Landsknecht, qui signifie un homme du plat pays; comme all-Landsknecht veut dire des gens de pied de toutes sortes de pays. Voyez Brantôme, en son Discours sur les Colonels de l'Infanterie Françoise, & ci-dessous ma remarque sur le mot Laquais. Le Duchat.
ALLEBRENT. Voyez halbran. M.
ALLEE. M. Du Cange le dérive de ces deux mots François la lée. A L L. V. Va, maxime in hortis. Vox prave enunciata : dicendum enim disjunctis vocibus, la lée : quomodo etiam in sylvis vias appellamus : atque adeo plana ad sylvas : unde Palatium, seu suburbanum Regim. Saint Germain en Lée : id est, Suburbanum ad Sylvam Sancti Germani. Vox autem L L latum & expansum significat. Vide leda. Cette étymologie me paroît plus ingénieuse que véritable. Voyez aller. M.
ALLEGER. De levis, se forma le verbe Latin-barbare alleviare, ou alleviare, duquel nous avons fait alléger. Le Chronicon Weingarensis Monachi, qui est au Tome 1. des Leçons Anciennes de Canisius, sur l'an M CX CII : Cujus moslitia, ex tanti viri, & sortis, amissione, vix alleviari poterat. Ekkehardus junior, De Actis Monasterii S. Galli, chap. 14. Si quem corpore dolentem tangiter, alleviaret. Caenene.
ALLEGER. D'alleviare. Efaie, ix. 1. Alleviata est terra Zabulon. Actes des Apôtres, chap. 27. 38. Et satiati cibo, alleviabant navem fallantes triticum in mare. Saint Jacques, verset 14. Infirmatur quis in vobis: inducat Prasbyteros Ecclesia, & orent super eum, ungentes eum oleo in nomine Domini; & oratio fidei salvabit infirmum; & alleviabit eum Dominus; & si in peccatis sit, remittentur ei. Voyez ci-dessous au mot leger, & mes Origines de la Langue Italienne, au mot allegare, & au mot leggiadro. On appelle en Angleterre Serment d'allégeance, le serment que fait le Vaisal à son Seigneur. Voyez lige. M.
ALLELUIA. Les Botanistes appellent ainsi le trifolium acetosum. Et si on en croit Dodonée, ils l'appellent de la sorte, parce qu'il fleurit dans le tems qu'on chante dans les Eglises alleluia. Trifolium nominant acetosum Officina, & vulgo Alleluia, & Panem Cuculi: quod vel Cuculus avis eo vescarus, aut quia hoc erumpente ac florente, vocem potissimum edat: quo etiam tempore Alleluia in tempiis frequentius cani consuevit. C'est au chap. 23. du livre 4. de sa quatrième Pemptade. Jules Scaliger sur le livre 1. de l'Histoire des Plantes de Tricophraste, page 49. de l'édition d'Amsterdam, se mocque de cette étymologie. Trifolium acidum quam Juliolam Romana voce appellant Itali, Barbari barbare Alleluia. Alleluia est donc une corruption de Juliola. M.
ALLEMANS. Servius sur ces vers des Géorgiques, Est etiam flas in pratis, cui nomen Amello, fecere Agricola, &c. —tonsis in vallibus illum. Pañores, & curva legum prope flumina mella. dérive Alemanni du fleuve Lémannus. Mella, fluvius Gallia est, juxta quem herba hac plurima nascitur: unde & amello dicitur: sicut etiam populi habiantes juxta Lemannum fluvium Alemanni dicuntur. Lucanus : Deſeevere cavo tentoria fixa Lemanno. Servius se trompe, auſſi-bien que Contius, lequel sur ces mots de la Constitution de Justinien pour la confirmation des Institutes, Alemannicus, Germanicus, a cru que le mot Alemanni avoit été fait d'æguatris. Voici ses termes: Eufarbius in Parecbolis ad Periegeten Dionysium, Germanos sic dictos a quibusdam refert, quasi fratres Gallorum. Alemanni vero recent nomen: nam Germani primum Alemannorum nomine appellari capti Probo imperante, teſte Vopſſco in Proculo. Gregorius Turonensis, in libro 1. sic propriè appellari Suevos ait. Utroſque eleganter Dionysius Periegetes deſignavis hoc verſu, Αὐσά τι φύλα τι μυγίας ἀχματίως Γυμμάτων.[{"box_2d": [495, 252, 857, 817], "label": "text", "caption": "An Alemanni, quasi ἀχματίως? Il est ſans doute qu'Allemanni vient du mot Alleman al, qui ſignifie tous, & de celui de man, qui ſignifie homage: parce que les Allemans furent ramaſſes de toutes sortes de gens. Agathias, livre 1. de ſon Histoire: α ὃ ἐλαματίς, ὡς χρᾶ λεπτῶ πλῶσαι ἐπιχῶ ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδρὶ ἰταλῶν ἢ τὰ Γυμωτικὰ ἐτὶ ἀκῶσι ἀνδ audax, dubiz possessionis locum occupavere. Et deinde sub Anticor, Germani, quos ex omnibus Germania oris ex communis lingua Alamannica, qua certe Germanica est, quamvis vocabulis Gallicis mixta, satis prodit. Utrisque nomen commune suis Alamannorum. Hinc gens Alamannica, si parva initia spelles, originem refert ad Gallos; si magnitudinem & incrementa, ad Germanos. Elique omnino convena quadam multitudo ex acerrima Gallorum, Germanorumque juvenute congregata... Unde mirum non est Alamannos, cum fuerint mirri homines; & Resp. quadam Gallo-Germanica, jam haberi pro Gallis, jam ab illis distingui. Fuisse autem mixtos homines auctor est Agathias, lib. 1. qui suum vicissim autorem habet. Ensuite il rapporte en Latin le passage d'Agathias, cité par M. Ménage; puis il ajoute: Nec aionium sefedit opinio. Nam prior compositi pars tam Gallis quam Germanis significat alium, alienum, peregrinum, ut demonstravi in El, altera vero hominem, vel virum. Hinc Alamannus, vi nominis, est homo peregrinus, alienigena, extraneus, & aliunde adventitius, non Germani cantum, sed etiam Gallis & Britannis, teste Roxhormio in Lex. Ant. Brit. ubi sequentia leguntur. Ellmyn, Alemanni, & usurparut pro peregrino. Ab all. alius. Tales autem suisse Alamannos, h. c. peregrinos in solo Marcomannico, ex ante dictis manifestum est. Asinius convenas vocat, quod idem. Nam convena sunt peregrini, qui ex diversis gemibus in unam, sive gentem, sive civitatem convenient. Sed & mixtos homines denotare possunt, quia ali in compositis 'sape' varium significat, quid etiam videtur nevisse Asinius significatiem eodem nomine complexus... Et huius mixtur manifesta extant documenta in lingua Alamannica, &c.
ALLER. La premiere signification de ce mot, étoit se promener; d'où vient qu'on appelle allée, dans les jardins, & dans les autres lieux de plaisir, les espaces destinés aux promenades: de forte qu'il y a quelque raison de croire, qu'il est formé, sur contraction, d'ambulare. Aussi trouvons-nous que ce verbe signifie proprement aller: Nonius Marcellus: lire, est ambulare. Cornelius Fronto: Ambulare incipiunt infantes, in ambulare homines. Le Concile d'Auxerre, tenu l'an 588. Canon 24. Non licet Abbati, nec Monacho, ad nuprias ambulare. Et notez que le titre du Canon est tel: Abbati & Monacho ad nuprias ire non licet. Cafeneuve.
ALLER. M. de Valois le jeune le dérive d'ambulare, qui a été dit en la signification de proficifci, & d'ire. La Chronique imprimée derrière l'Ammian: Ambula Constantinopolim ad Justinum Imperatorum. La Loi Salique, Titre 52. Ad dumum illius cum testibus ambulare debet. L'Auteur de la Vie de S. Udalric, Evêque d'Aufbourg, qui écrivait il y a plus de 650. ans. Signo vespertinali sonante, statim surrexit, & ad Ecclesiam ambulavit, &c. Qui semper callem rettitudinis ambulasti. Anastase le Bibliothecaire, & plusieurs autres Ecrivains, dont l'énumération seroit eunuieuse, ont employé le même mot dans la même signification. Cette étymologie est assez naturelle; & elle a été suivie par Ferrari dans ses Origines Italiennes au mot andare, & par M. du Cange dans son Glossaire, au mot ambulare: & elle se trouve dans les Origines Françoises de Charles de Bovelles, imprimées en 1533. Les Gaëcons & les Provençaux disent ana, pour aller. J'ai quelque opinion que ce mot, & l'italien andare, & le François aller, & le Latin ambulare, viennent originairement du Grec &c. dans la signification d'or, vado. &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, &c, Dans toute la Langue Allemandé il n'y a, que je sçache, point d'autre aller, que se datif du plurier aller, omnis. Pedes ambulare, dans la signification d'aller à pied, se trouve dans l'Enquête pour la canonisation de Charles de Blois, Tome 2. page 564. de l'Histoire de Bretagne de Lobineau. Je vais, nous allons, j'irai, viennent de trois verbes différens; je vais, de vado: nous allons, d'ambulare; & j'irai, du verbe r. On sçait qu'ambie, dans la signification de certaine allure de cheval, vient d'ambulare. Fruissat, édit. de Verard, volume 2. fol. 201. r. Quatre confiers & deux allans d'Espaure, &c. Ici allans, ce sont des chevaux qui vont l'ambie; ce qui me fait voir qu'aller vient d'ambulare: ambulare, amblare, amlare, allare, aller. J. H. Ottus, dans sa France-Gallia, imprimée à Bâle en 1670. dérive le verbe aller de l'Alleman wallen, qu'il dit signifier la même chose. Le Duchat. Cette étymologie d'Ottus paroît fort naturelle: & de-la Galer'e, par un changement de l'W en G; ce qui est fort ordinaire. C'est ainsi que de Willelmus on a dit Guillaume, &c.
ALLEU. Ce mot se trouve prononcé diversement. Bourillier, dans sa Somme-Rural, dit aluez. La Coutume de Meaux art. 189. 190. & 191. alex. Bien que j'en aye parlé amplement dans mon Frank-Allen de la Province de Languedoc, livre 1. chap. 9. je ne laisserai pas d'en redire ici quelque chose. Nous l'avons formé d'Allodium, qui est proprement un bien possédé en propriété pleine & absolue, où la directée & l'utilité se trouvent unies sans reconnoître autre puissance supérieure que la Souveraineté. C'est pourquoi il est de être possédé ab integro, ou cum omni integritate, dans quantité d'Actes anciens. Il est quelquefois appelé jundus: parce qu'au Fief qui lui est opposé, on ne possède que l'utilité; le fonds, c'est-à-dire la propriété, demeurant au Seigneur directe. L'ancien Grammairien Grecissus: Dicitur Allodium fundus; sundum, maris imum. Kerardus Augiensis ; dans ses Synonimes : Allodium, furveg, fundus. Allodium se trouve aussi expliqué par prudium, dans la Loi des Lombards liv. 1. tit. 8. Loi 9. comme aussi par un ancien Interprète d'Horace, rapporté par Lindburgius, dans ses Notes sur le Code des Loix Barbares. Marculfe, & les Actes Anciens, le désignent souvent par ces mots, hereditas, proprium, & proprietas. Les Doctes donnent diverses étymologies du mot Allodium. Pithou, en son Glossaire sur les Capitulaires de Charlemagne, veut que ce soit un vieux mot de la Langue Gauloise ; & la-dessus il allègue Suétoue au chapitre 14. de la Vie de Jules César : & Pline au livre 11. chapitre 17. Mais parce que dans ces Auteurs il est parlé d'une Légion dont César avait fait la levée en Gaule, appelée Alauda, que Pline dit signifier en Gaulois Gacerita ; c'est-à-dire, Alouete ; je ne voi point encore de quel biais ce grand personnage veut tirer de-la le mot Allodium. Alciat a cru qu'il venoit du verbe laudo, parceque ab en nullum alicui laudativum praflendum est. Beatus Rhenanus, lib. 1. Rerum Germanicarum, & Joachimus Vadianus, le veulent dériver du mot Allemand Aulos ; comme étant un bien inséparable de la famille. Vitus Ametbachius, en ses Notes sur l'Épitoune des Constitutions de Charlemagne, croit qu'il vient du mot Allemand All, qui signifie tout : parce qu'il appartient tout entier à son possesseur, Joannes Aventinus, dans un Glossaire, le forme d'ald, qui signifie ancien : parce que l'Allieu est ancien dans la famille ; comme étant un bien patrimonial & héréditaire. Jean Bodin, liv. 1. chap. 9. de sa République, le fait venir d'Aldius ou Aldia, qui signifie affranchi, dans les Loix des Lombards. Et le Docteur Cujas veut qu'il soit appelé Allodium, quasi sine lode ; quod ejus possessor nemini sit leodis : car leodis, ou leodis, est un Vassal ou Feudataire. Mais voici mon opinion, que l'honneur & le respect que je dois à ces grands hommes me permet seulement de hazarder comme une simple conjecture. Après que les Nations Barbares eurent conquis les terres de l'Empire Romain, ou appelle Sortes le pays de leurs conquêtes, où ils établirent leur demeure : parce qu'à mon avis elles leur étoient partagées au sort. Sidonius Apollinaris, liv. 7. Epist. 6. Populos Galliarum, quas times Gallica Sortis incluserat. Victor Uricensis, lib. 1. de Perfectionis Vandalorum : Non semel, sed sapiens constat esse prohibitum ut in Sortibus Vandalorum Sacerdotes nostri Conventus minime celebrat. Et Procope, au livre 1. de la Guerre des Vandales : ex Ius Ius. Cela se voit encore bien plus clairement dans la Loi des Bourguignons, Tit. 6. §. 1. Si quis fugitivum intra Provincias ad nos pertinentes corripterit, pro fugitivo solidum unum accipiat. Et après quelques mots : Si extra Sorem ; duos solidus, is qui fugitivum arripterit, pro fugitivo componat. On n'appelle pas seulement Sorem, le pays où ces Nations établissent leur demeure : mais encore les terres & les possessions échues en partage aux particuliers, comme l'on peut voir en ces paroles de la Loi des Wisgots, liv. 8. Tit. 5. Loi 5. Qui Sorem suam concluserit, & aliena pascua absente Domino invadit. Et en celles-ci de la Loi des Bourguignons, Tit. 84. §. 1. Quis cognomines Burgundiones Sortes suas nimii facilitateu difrohere ; hoc præsenti lege credidimus flamencium, un nulli vendere terram suam liceat, nisi illi qui alio loco sorrem aut possessiones habet. Où la défense de vendre indifféremment à toutes sortes de personnes, fait voir que ces biens, appelés Sortes, n'étoient pas des Alleus, mais bien des Fiefs ; qui, pour ne commencer que de naître, n'avoient pas encore leur droit & leurs règlements établis. Or parce que ces Nations, pour le maintenir dans les pays de leurs conquêtes, étoient obligées d'avoir toujours les armes à la main : les Princes qui les commandent leur départent depuis ces Terres, avec obligation de les servir à la guerre : & ne leur en laisserent que l'usufruit, retenant pour eux la propriété, c'est-à-dire la faculté d'en pourvoir un autre après leur mort : ce qui fut depuis appelé Feudum, & Beneficium. Ce fut alors, à mon avis, que les possessions héréditaires & patrimoniales, pour être distinguées de cette nature de biens, appelés Sortes, prirent le nom d'Allodium, ou Alodis, formé de la privative A, & du mot les, qui signifie fort en ancienne Langue Tioise ou Allemande. Le Glossaire Latin-Tiois, que Lipse a donné dans le 5. livre de ses Epitres ad Beigai; Los, Sorem. Le petit Glossaire qu'Isaac Pontanus a mis à la fin de son dernier livre Originum Francicarum : Losse, ferre. Et Kéron, Moine de Saint Gal, qui vivait environ le tems de Charlemagne, en son ancien Glossaire que Goldast a fait imprimer : Sorriantur, si erlozzan. Caseneuve. ALLEU : auquel mot on ajoute ordinairement celui de franc. D'alodium. Il y a grande diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot alodium ; & M. Caseneuve a raison de dire qu'elle n'est pas moins inconnue que celle de la source du Nil. Cujas, au livre II. des Fiefs, titre xvii. le dérive de la particule a & du mot primitif lodeis : comme qui diroit sine lode : quod ejus possessor nemini sit leodis ; c'est-à-dire vassal : & il croit qu'on a dit alodem, sine lode, comme amentem, sine meute. Budée, Alciat, & Hadrianus Jufius, estiment qu'alodium est dit de la particule a & du verbe laudare ; celui qui possède une terre en franc-alleu, n'étant point obligé de louer son Auteur ; ne la tenons de personne. Hotman, au livre qu'il a fait de Verbis Feudalibus, improuve ces deux opinions. Beatus Rhenanus au livre II. de ses Germaniques, & Joachin Vadianus, le dérivent de l'Alleman ANLOT, ou anlode ; comme qui diroit un bien inséparable de la famille. Et en effet, le mot alodium & celui de patrimonium se trouvent souvent joints ensemble. Geofroi, Abbé de Vendôme, livre 1. épit. xxv. Monasterium nostrum patrimonium Beati Perri, & ejus alodium novetris. Sur lequel endroit le Pere Sirmond a fait cette Note : Don illa sape conjungit, & tripsa conjuncta sunt. Nam quod alodium est transit ad heredem & sit patrimonium. Quod in feudis, aliisve benefecitis locum non habet. Et si enim hodie plerisque in locis feuda sunt patrimonialia, id tamen non habent ex feudi natura, quod in personam Vassalli constituit solebat ; sed ex peculiari patto & conventione. Alodium vero semper est patrimonialae. Quare patrimonium dicitur & hereditas, quatenus ab alio manat : proprium jus & proprietas ut à Domino possidetur. Hinc illa sape comexa, in proprio alodio, de proprio alode, & alia id genus. Urbanus II. Ugoi Abbati Cluniaceus : Monasterium Sanctissima Trinitatis in Marcinaco, quod in alodio proprio adificasti. Nostre épist. II. In patrimonium & alodium proprium. François Pithou en son Glossaire sur les Capitulaires de Charlemagne, semble dériver le mot alodium d'alouda : Car après avoir dit qu'alode est un mot Gaulois, il ajoute : Plinio. II. 37. Suetonius in Julio cap. 24. & dans ces deux lieux de ces deux Auteurs, il est parlé de la legion de Céfar, appelée *alauda*. Mais ce mot n'a-tant aucun rapport avec celui d'*alleu*, l'opinion de Pithou est si peu vrai-semblable, qu'on ne peut deviner sur quoi elle peut être fondée. Amerika-chius, en ses Notes sur l'Épitoune des Constitutions de Charlemagne, veut qu'il vienne de l'Alleman *ui qui* signifie *toux*; ce qui est possédé en franc-alleu, étant un bien possédé avec toute la plénitude de la propriété. Bodin, livre 1. chapitre IX. de la République, le titre d'*Aldius*, ou *Aldia*, qui dans les Lois des Lombards, livre 1. titre VI. Loi 4. & titre 30. Loi 5. & titre 25. Loi 82. & livre II. titre 44. Loi 1. signifie un *affranchi*: *Servus sic libertatem consecutus, ut interim Domino foret obnoxius*. Jean Aventin, dans son *Glossaire*, & après lui M. Bignon dans ses Notes sur les formules de Marcule, le dérivent d'*Ald*, qui en langage Alleman signifie *ancien*. Vossus, livre & chapitre 2. de *Vitis ferronis*; est à peu près du même avis. *Cum vero alodium*, dit-il, & *feudum sibi mutuo advertentur*; *ac allodialia sine parrimetalia* & *à maioribus transeuntia ad baredem*; *placet rerum conyctura qui putant alodium fieri ex Belgico* A L-O U T, *quasi quod jam ab antiquis temporibus possessum sit, tanquam proprium*; *non vero obtineatur & regio beneficio*, *proper quod homagium debeas*. Spelman le dérive du Saxon *leod*, qui signifie *populare*. *Ita ut alodium sit idem quod praedium populare, oppositum feudo*: *quod est praedium dominicale*. M. Caïeneuve est d'un autre avis: c'est au chap. IX. du livre 1. de son Franc-Alleu. Voici ses termes: *Après que les Nations barbares enrent conquis les terres de l'Empire, on appella Sortes le pays de leur conquête où ils est ablierent leur demeure, parce que, à mon advis, elles leur étoient partagées au sort Sidonius Apollinaris liv. VII. epist. VI. Populos Galliarum quos limes Gothicae sortis incluferat. Victor Uticensis liv. II. de la Persecution des Vandales*: Non femei, sed sapiens constat esse prohibitum, ut in sortibus Vandalorum Sacerdotes nostri Conventus minime celebrare. *Et Procope au liv. 1. de la guerre des Vandales*: *Klopis Iosifikus*. Cela se voit encore bien plus clairement dans la Loi des Bourguignons, titre VI. §. 1. Si qui fugitivum intra Provincias ad nos pertinentes corripuerit, pro fugitivo solidum 1. accipit, &c. Si extra sortem, duos solidos, is, qui fugitivum arripuerit, pro fugitivo accipiat. *On suppeloit pas seulement SORTEM le pays ou ces Nations est abliisoient leur demeure; mais encore les terres & les possessions écheuses en partage aux particuliers, comme l'on peut voir en ces paroles de la Loi des Wifgorbi liv. VIII. tit. V. loi V. Qui sortem suam concluerit, & aliena pascua absente Domino invadit. Et en celle-cy de la Ley des Bourguignons tit LXXXIV. §. 1. Quia cognovimus Burgundiones sortes suas nimia facultate difrahere, hoc praesenti lege creditim est fatuendum, ut nulli vendere terram suam liceat, nisi illi qui alio loco sortem aut possessiones habet. Or *Aautant que ces Nations, pour se maintenir dans les pays de leur conquête, estoient obligées d'avoir toujours les armes en main; les Princes qui les commandoient leur départirent depuis ces terres, avec obligation de les servir à la guerre, & le leur en laisseront que l'ufusifuit, retenant devant eux la propriété, c'est-à-dire la faculté d'en pourvoir un autre après leur mort; ce qui fut depuis appelle feudum & beneficium. Ce fut alors, à mon avis, que pour distinguer cette nature de biens, qui avoit été jusques-là inconnue dans l'Empire Romaine*, les possessions héréditaires & patrimoniales, qui pour être libres de ces devoirs militaires, se trouvèrent d'une condition différente de ces biens appellees sortes, prirent le nom d'Allodium ou Allodis, formé de la privative a & du nom los, qui signifie sort en ancienne Langue Tudisque ou Allemande. La Glossaire Latin-Teudisque que Lipse a donné dans le III. livre de ses Epières ad Belgas 2. 1. 9. sortem. *Le petit Glossaire que Joannes Isacus Pontanus a mis à la fin de son dernier livre des Origines Françaises*: LOZEE, sorte. Et *Keron Moine de Saint Gal*, qui vivait environ le temps de Charlemagne, en son ancien *Glossaire*: fortianct, si extorzan. *D'où vient que depuis nous avons appelé LOT la portion d'un partage, & LOTIR partager*. Hautefere en son *Traité du Franc-alleu chap. 8. le dérive de 'Alleman obn leiden*: *Hoc ipsa nominis notario satis indicat; Alodium enim, vel Alode, idem est veteribus Germanis, ac sine subjectione*. Ohn leiden siquidem etiamnum apud illos exprimit; unde confilia vox Alode, mutata praepositione qua privativa est in A ejusdem qualitatis. Leiden enim, ut est in Dictionario Levini *Hulsi & Joannis Frisii, pari & fobire significat, sicum & subjectionem & servitium*. Inde leudes dicti, Principis ditioni subjecti, apud Gregorium Turonem fœm sapiens, & Aimonium lib. II. cap. 91. Et leude familium vocatur in veteribus Formulis, servitium quod laudes Domino debet. *Sic Aldiones, quasi Alodiones, dicuntur liberit qui quodam modo servitute liberati sum. Langob. 1. 1. 25. 1. 8. 2. Et in veteribus Glossis Aldius flatu liberum significat; litteram quippe A penes Germanos etiam privativam fuisse, videre est in verbo Amund: quo in antiquis Legibus designatur servus qui meliori libertate gaudabat. Derivatur enim a voce Mundium, qua denotatur dominium, jus & authoritas, ut patet ex iisdem Legibus. A qua etiam fluxis Mundeburde, vel Mundeburdium, Gallis MAINBOURNIE: idemque sonat ac tutela, dominium & defenfio. Qui ergo factus Amund, liber aliquatenus est, & solutus dominica potestate: Eademque ratione Alode dicitur hæreditas, praedium, vel fundus sine subjectione: quod certe explicatur in veteri Martyrologio *Abbatia Graffensis, ubi Aimericus Vice-Comes Narbonensis circa annum 10. 13. dedi *Menaferio Thomeriensi fundum liberum, quem Aldium vocant, in Paræcia Sancti Saturnini de Britonæ litum, ita ut nihil omnino juris sibi in eo retineret, sed potius ab omni sensu & onere liberum foret. Varii varias hujus nominis notariens effendre, qua quidem ipsus natura convenire possunt, sed non ejus vim ita dilucide demonstrant. Nec contemnenda qua a Pitho V. C. proponitur in Glossario ad Capitul. Caroli Magni, ideo quod hanc assequi non posse viri quidam cruditi ingenuē prosteatur.* (C'est de moi dont parle M. Hautefere.) *Nec enim Alodium ab Alauda, voce Gallicæ, & Alaudis veteranis militibus derivari concœuere possunt, quod tamen facili negorio conficitur. Alauda quippe, si Goropio credamus, Gallic. lib. 1. dicitur ab Al-aud voce Germanica, qua idem sonat ac omnino antiqua. Unde cum milites Galli se Alaudas dicerent, ipsis Veteranis Romanorum militibus, penes quos summa militia laus, sese anteponebant, duos se omnes veteranos ipso nomine safarent. Eademque sententia Allodium dici putavit Magnus vir, quasi omnino antiquum sit, & hereditas aetiatica, vel forsan alludere videtur ad hujus avicula vorem in symbolis plerumque usurpatum, qua ut à terra sese elevans, post aliquot crispante voce versiculos decantatos felici epodo Deum laudat; ita allodium sit terra aliis sublimier, ve* buti qua solum Deum ratione domini recognoscat in superiorem, quod an placeat, non spondeo. M. Do- minicy, chapitre 5. du même Traité, article 11. improuve l'opinion de M. Caïeneuve: Quamobrem facile verderem virum eruditium qui Alodem de- duxit a voce Teutonica los qua sortem sonat, quasi Alodium sine sorte obvenisset, sed jure proprio, nova originis fictions deceptum fuisse: qua certe nominis notatio stare non potest; cum & ipsa sortes allodia sint, seu loca hereditaria; & nomen commune, tam ve- teri quam novo possessori; eaque sola deprehendi possit differentia, quam inter loca hereditaria Romanorum cap. 4. jam annotavimus, ut scilicet sortes Golbo- rum sint haredia, seu pradia, jure hereditario pos- sessa beneficio Principis; sortes vero Romanorum jure successori. Ce sont toutes les opinions touchant l'origine du mot alleu qui sont venus à ma con- noissance; que je me contente d'avoir rapportées sans en choisir aucune. La Coutume de Meaux au lieu d'alleu use d'alay. Et c'est comme parle Rabe- lais 1. 12. Il y a plusieurs terres en France qui s'ap- pellent l'Alleu, & les Alleus, comme l'a remar- qué le Pere Sirmond dans ses Notes sur Geoffroy, Abbé de Vendôme, page 5. Retinent hodieque pris- cum alodii vocabulum vici aliquot in Gallia; quos, quia liberæ conditionis erant, Alodia & Alodos appellabant. Nam Alodos etiamnum vocant Ande- gavi, quos Adela Comitissa S. Albino dedit: & Pic- tavi Monasterium S. Mariæ de Alodii, quod in ejus nominis vico fitum est. Touchant la nature du Franc-alleu, outre les lieux ci-dessus allégués, voyez Pasquier, livre II. chapitre 15. le Pere Sirmond dans ses Notes sur les Capitulaires de Charles le Chauve, pag. 9. & 10. Lindembrog & M. du Cange dans leurs Glof- saires; Galland chapitre 1. de son Traité du Franc- alleu; & sur-tout M. de Caïeneuve dans sa réponse a ce Traité, & dans ses Origines Françoises; & M. Dominicy dans son liv. de Prarogativa Allodiorum M. Il est hors de doute que le mot Latin-barbare allodium, d'où a été formé notre François alleu, vient des Langues Septentrionales. Mais on n'est pas d'accord de sa véritable signification; & les Scavans sont si fort partagés la-dessus, qu'il est dif- ficile de rien établir de certain. Voyez Wachter, Glosar. German. au mot Allodium.
ALLIER. Nicot: ALLIER signifie ores ce petit filet qui est tendu a deux bastons pour prendre les per- drix: qu'on appelle alier tremaillé, a cause des trois doubles de maille dans il est fait. Et ores est le nom d'une rivière qui passe par l'Auvergne, & s'en va emboucher dans la rivière de Loire au Nivernois: le- quel endroit est pour ce appelle le Bec d'Allier. Au- cuns le rendent en Latin par Elaver. En cette der- niere signification, il vient d'Elaver dans l'au- tre, il vient d'ales alitis. Ales, alitis, alitarium, ALLIER. M.
ALLIER, ALLIANCE, Adligare, Ad- ligantia. Huet.
ALLORROGES. Peuples du Dauphiné & de la Savoye, qu'on appelle encore aujourd'hui Brodes par corruption pour Allobroges, comme l'a remarqué Nicot dans son Trésor de la Langue Fran- çoise au mot Allobroges. Voyez M. Sanson sur la Carte de la Gaule. Ce mot est ancien Gaulois. Le Scholiaïte de Juvenal sur ce vers de la Satyre VIII. Ut Bracatorum pueri Senonumque minores. Allobroga Galli sunt, ideo dicti Allobrogæ quoniam Brogæ Galli agrum dicunt. Allo autem aliud. Dicti Tome I. igitur quia ex alio loco translati. BRO en Breton si- gnifie encore à présent région, & ALLAU, dehors, externe. Voyez Cambden en sa Bretagne. Bracil- lands en langage Belgique signifie aussi encore à présent latifundia; & el, au aile, alies; comme le témoigne Isaac Pontanus dans son Glofsaire Celt- que, au mot Allobroges. Le vieux Commentateur d'Horace allègue une autre étymologie de ce mot allobroges. Allobroges sunt Galli, Rufi & Sequanici dic- ti, ineolentes illum tractum alipsum, qui est à Ve- sumio in Germaniam, qui vehementes res novas af- fectant, unde & Ducibus suis raro fidem servant, habentque flavum precipue capillitium. Et Isidore dans ses Glofès: Allobroga, Gallus rufus. Isaac Pon- tanus, au lieu allégué, semble ne pas désapprou- ver cette opinion. Qua verba in eam me fere opi- nionem deduxerint, Allobroges ex Gothico praesertim sive Cimbrico idiomate ita nuncupatos. Nam Rufos illi & in totum versicolores hodieque Albrogit, non- nullo à nostrati locutione deflexu, disertè cognominant efferuntque. Et elle est confirmée par cet endroit de Juvenal de la Satyre VIII. Sed Rufum, atque alios cadit sua quemque ju- ventus: Rufum, quem toties Ciceronem Allobroga dixit. Ce Rufus étoit Quintus Curtius Rufus, lequel étoit célèbre Rhéteur à Rome. Et comme il étoit né à Vienne ville des Allobroges, & qu'il s'appelloit Ru- fus; ce que ce mot allobroge signifie; les Ecoliers l'appelloient le Ciceron Allobroge. J'ai fait part au- tretois de cette interprétation à M. de Valois. Mais il l'a improuvée dans sa Notice des Gaules. Voyez le au mot Viemm, page 607. M. Bochart, livre 1. des Colonies des Phœniciens chapitre 42. est d'une troisième opinion: Apud utrosque Britannas BRO regionem vel agrum sonat, ut Syris BARO, & NEL vel VIII excelsum, ut Habreis על hal vel al, & Syris על ellojo. Inde à Gallis dicti Allobroges, qui montanam Sabaudia regionem obtinebant. Hoc multò versifmilius, quam quod scribit virtus Juvena- lis Scholiaïtes: Dicti sunt Allobrogæ, quoniam Bro- gæ Galli, &c. Allo aliud significat, sed Gracè, non Latinè. Interim hoc accipimus quod Brogæ vult agrum sonare, quod sermo Britannicus adevque Syrus con- firmant. De-là vient que le pays de Vannes étoit anciennement appellé Brogueræ, comme qui di- roit Guereci regio. M. de Valois le jeune, pag. 279. de son Histoire de France: Anno 17. Regni Gunt- chramni atque Chilperici a Waroco Britanno Veneti recepti sunt. Qui non multo post, caso cum suis copita Beppolens, fraude decepso Ebrachario, Guntchramni Ducibus, Venetiam in potestate sua ita retinuit, ut usque ad Pipinum Regem, qui optimum Venetos an- no 753. cepit, per annos 174. non alios quam Bri- tannos Regulus habuerit. Atque ob id Veneticam re- gionem à Waroco Venetorum Comite, quem Guere- cum & Werocum appellat, BROGUEREC Britannico nomine dictam ait Auctor libri de Vita Gilda sapien- tis. Voyez Breuil. M. La véritable étymologie du mot Allobroges, est celle que donne le Scholiaïte de Juvenal, dont M. Ménage a cité le passage; sçavoit, que les Allobroges ont été ainsi appelés, quia ex alio loco translati: & c'est en vainque Bochart combat cette étymologie, sous prétexte qu'allo est un mot Grec, & non pas Gaulois. Car allo ou alla est aussi Gau- lois, & il est formé de el ou ell, mot Celtique, qui signifie alius: alienus, peregrinus. Voyez Wachter, Glosar. German. au mot El.
ALLOUER. Vieux mot qui signifie agréer. Pasquier II. 15. dit qu'il vient de los, qui est un autre vieux mot qui signifie gré & volonté. Il vient d'aloudare, dont le simple laudare se trouve souvent en cette signification. Voyez M. Bignon sur Marcuse. M.
ALLUINE. Nous appellons ainsi de l'absinte. M. Bochart le dérive de l'Hébreu laana, qui se trouve dans Jérémie xx. 15. & dans Amos V. 7. en cette signification; d'où il dérive aussi le Bas-Breton vhelen. Pour moi je suis très-perfuadé qu'alui ne vient d'aloe. Aloe, aloeana, ALOENE, ALOYNE, ALUINE. Malherbe a appellé Absinte le Duc de Luine. Cet Absinte au nez de barbet, &c. par une allusion du mot absinte à celui de Luine. Voyez mes Remarques sur Malherbe. Le Pere Thomassin, dans son Discours des Langues réduites à l'Hébreu, pag. 316. du 2. Tome, après avoir remarqué que nous appellons l'absinte aluyne, & les Espagnols aloeana, & les Flamans aloeana, dit que ce mot a été fait du Celtique, & originairement de l'Hébreu naph lahana, qui signifie Absinthium. M.
ALLUMER. Voyez ALUMER.
ALLUN. D'alumen. Allun de plume. L'alun de roche a été ainsi appellé parce qu'on le fait de fragments de roche. Scaliger contre Cardan civ. 6. Alumen roche à Saxo fit, sive excisa rupe, atque redacta in calcem. Eam calcem in cumulis dispositiam aspergunt aqua, sape in die, quoad in luti speciem tabescat. Id quod paulaminus sesquimense perficitur. Tum in libere cum aqua conturbatum coquunt. Cocum per canales in alveos derivant: quorum ad parietes concretiis alumen in aquale, ac grandibus pustulis sofigiatis. Ea exempta aqua derramentis decutinitur. E' rutila rupe rutilum, ex alba candidum fit. De Meuve, dans son Dictionnaire Pharmaceutique, dit que l'alun de roche a été ainsi appellé, parce qu'il se tire d'une mine dure comme pierre. L'opinion de Scaliger est la véritable. M. Pline, livre 55. chap. 15. parlant de l'allun de plume: Concreti aluminis unum genus, Schifton appellant Graci, in capillamenta quadam canescensia debifiens: unde quidam Trichitin potius appellavere. Hoc fit ex lapide; ex que & Chalcithin vocant, ut se sudor quidam ejus lapidis in spumam coagulatus. Le Duchat.
ALMAGESTE. D'almagestus, qui a été fait de l'article Arabe al & du Grec μίγις. Scaliger, sur le Culex de Virgile: Arabes addito articulo suo al plerique Graca ad morem suum interpoliarum. Ut liber Ptolemai est Almageste: est enim & μίγις πραγμάτια. Pancirole, titre vii. des choses nouvellement trouvées: Al-megistus Ptolemaus, idem quod hic Megistus, vel maximus Ptolemaus. Vous trouverez la même chose dans Voëtius de Vitiis sermonis, page 174. M.
ALMAN, ou ALMAIN. Peigne d'Alman, ou peigne d'Almain. Rabelais, liv. 1. chap. 21. Après si peignoit du peigne d'Almain: (on lit Alman dans l'édition de 1542. qui est très-bonne) c'étoit les quatre doigts & le pouce: car ses Précepteurs dissent que soy autrement peigner, laver & nettoyer, estoit perdre tems en ce monde. Ce peigne d'Almain, c'est l'ouata manus; & c'est ainsi que l'explique M. Simon de Val-Hebert, à la marge de cet endroit dans son Rabelais, où on lit d'Almain. Mais une chose m'embarasse, s'avoir si l'on doit lire Alman, de l'Italien alman, c'est-à-dire, à la main; ou Almain, du François à la main. Car, d'un côté, en disant peigne d'Alman, Rabelais peut avoir eu en vue de railler quelques Allemans sur leur malpropreté qui lui étoit comme; & de l'autre, en disant peigne d'Almain, qui sçait s'il n'aura pas prétendu se moquer d'un Moine de ce temps-là, nommé Jacques Almain, Docteur de Paris, qui, quoi qu'il eût beaucoup écrit, ne se peignoit peut-être jamais guéces autrement qu'avec les quatre doigts & le pouce! On voit par le passage même, qu'en effet ses semblables avoient mis le jeune Gargantua sur le pied de ne se peigner que de la forte. Le Duchat.
ALMANAC. C'est proprement le Calendrier qui marque les Lunations & les Mois. Quelques-uns disent que les Arabes l'ont formé de μίγις, qui signifie la Lune; au Dialecte Dorique μίγις, & de l'article al. Quelques-autres tiennent qu'ils l'ont fait du même article al, & de Manah, qui, en Hébreu, ou Chaldéen, signifie nombre & compter; parce que l'Almanac fert à s'avoir le nombre des Jours & des Mois. Il me semble qu'on le pourroit aussi former de l'article Arabe al, & de μίγις, qui est le Dialecte Dorique de μίγις, qui signifie Mois, parce qu'en effet est divisé par mois. Toutefois H. Etienne, au livre De Latinitate salso suspecta, chapitre 7. assure que c'est un mot purement Allemand; & qu'il prend son origine de cette formule, dont les Allemans se servent lorsqu'ils veulent marquer les tems auquel quelque chose est arrivée. Als man nach der geburt Jesu Christi unser seligmachers gezelt hat 1560: c'est-à-dire, lorsque depuis la Nativité de Jesus Christ notre Sauveur on comptoit 1560. ou tel autre nombre. Casenauve. A L M. A L O. Scaligerana : ALMANACH est vox Arabica. Il vient de l'Arabe ALMANACH. Monsieur de Saumaise, dans ses Prolegomènes sur Solin, improuve cette opinion de Scaliger, en ces termes : Quod eam vocem Arabicum vir dolissimus à Latino Manacus vel Maniacus deducit, quod à Graco Manacus inflexum esse dicit, ad est lunaris, planè hallucinarum. Arabicum illud Manach ex Hebrao venit 1122, quod est numerare. Inde Manach, & cum articulo Almanach, laterculus vel index in quo res plures nominaim numerantur, & ordine recensentur. Ilivana Graci vocant. Unde & पांच & icyclopænic. Genethiacorum in quo descripta nomina Horoscoporum decanorum & alia huysmodi ad genesim cuiusque ex astris colligendam facentesa sic vocata. Hodie quoque sic vocamus Arabica voce vā iḳuōlōem a sive Calendaria vulgo nuncupata, quæstos ac pro-festos dies totius anni per ordinem digestos habent, adnotatis insuper & lunaribus incrementis decrementisque, & prateres variarum tempestatum prognosticis ex obitu & ortu siderum, &c. Arabicum Almanach idem prorsus sonat quod Gracorum पांच & Brevis in quo res plures ordine enumerantur ac recensentur ut Plutarchus absolutē पांच & de Mathematico dixit, ita Arabes Almanach, &c. Et dans son liv. des Climatériques, page 605, après avoir cité un passage d'Iamblichus où le mot de Σαλμησινιαί τε trouve : Σαλμησινιαί, vocat qua apud Eusebium scribuntur λλμησινιαί. Sed eo modo legitur etiam apud Hephaestionem, Σαλμησινιαί. Nec dubito etiam veram esse iellionem, &c. Vox Σαλμησινιαί Persica est, & composita ex Salmaha, quæ periodum Lunarem significat, & Sabanan, quæ verba sunt ac sermones. Hine Schundan iḳuōlōm, interpres, nuntius. Quero Graci Authors dixerunt λογισί, λογισί, icyclopænic, & pro Kalendaris ab his pontitur, hodieque sic vocant omnes ferme Europee nationes. Les Arméniens disent aussi almanac, pour Ephemeris, Calendarium. M. ALMENECHE, Abbaye de femmes au Diocèse de Séez, en Normandie. De Salmonacharum. P. J. Add.
ALOE'. Herbe. D'alou. Voyez les Botanistes. M.
ALORS. D'ad illam horam, d'où les Italiens ont aussi fait alloys. Les Languedociens disent alaro. M.
ALOSE. D'alauſa. Auſone, dans l'Idylle de la Moſelle : Stridenteſque ſocis obſonia plebis alauſas. Les Vénitiens appellent ce poſſon chiepa, par corruption de chiepa; qui est un ancien mot Gaulois, li on en croit Callithènes en les Galatiques. Voyez M. 2. Chart, liv. 1. chap. 42. des Colonies des Phéniciens. M. ALOUETTE : en Latin, Caſſita, Galerita. Nous l'avons formé d'Alauda, qui est un mot d'origine Gauloiſe. Jules César donna ce nom à une Légion qu'il leva dans les Gaules. Plin. liv. 21. chap. 37. Ab illo Galerita appellata, poſtea Gallico vocabulo etiam Legioni nomen dederat Alauda. Ce qui est encore plus clairement dit par Suétope en la Vie de Jules César, chapitre 24. Quà ſiducia ad Legiones quas à Rep. acceperat, alias privato ſumptu addidit, unam etiam ex Transalpini conscriptam, vocabulo quoque Gallico, (Alauda enim appellabatur) quam diſciplina cultuque Romano inſtituntam & ornatam poſtea universam civitate donavit. Isaac Pontanus, dans ſon Gloſſarium Priſco-Gallicum, tient que ce nom fut donné à cette Légion, parce que les Soldats portolent ſur leurs caïques des cimiers, qui reſſembloient à la petite touſie de plumes que cet oſſeau a ſur la tête : & il ajoute, après Caſaubon, que de même les Perſes, au rapport de Plutarque en la Vie d'Artaxerxes, appelloient les Caïiens ἀλιστρίσιναι, c'est-à-dire coq; parce que les cimiers de leurs caïques reſſembloient à des crêtes de coq. Enſuite de quoi le même Pontan écrit, que pour la même raison ceux de Clèves ayant dreſſe une Compagnie de Gendarmes pour réſiſter aux courſes des ennemis, on les appella haneſederen, c'est-à-dire crêtes de coq. Caſeneuve.
ALOUETTE. D'alauſa, diminutif d'alauſa, d'où nous avons fait alou, qui ſe trouve dans les vieux Poètes François. Villon : —y perdis Un grec & un manche de hou. Alors huit Faucens, non pas dix, N'y euſſent par pris une alou. Alain Chartier, dans le Régime de Fortune, Balade III. Les biens mondains, les honneurs & les gloires, Qu'on aime tant, deſire, priſe & loue, Ne font qu'abus & choſes tranſtoires, Pluſſent paſſans que le vol d'une alou. Alauda est un mot Gaulois. Pline, liv. II. chap. 37. Ab illo galerita appellata quondam, poſtea Gallico vocabulo etiam legioni nomen dederat Alauda. Marcellus Empiricus, au commencement du chap. 29. Avis galerita, qua Gallicie alauda dicitur. Suétope en la Vie de César : Quà ſiducia ad legiones quas à Repub. acceperat, alias privato ſumptu addidit. Unam etiam ex Transalpini conscriptam, vocabulo quoque Gallico, (Alauda enim appellabatur) quam diſciplina cultuque Romano inſtituntam & ornatam, poſtea universam civitate donavit. Grégoire de Tours, livre IV. In Ecclesiæ Arverna, dum matutina celebrarentur Vigilia, in quadam ſeſtivitate, agis corydalus, quam alaudam vocamus, ingrſſa eſt. Voyez Isaac Pontanus en ſon Gloſſaire, au mot Alauda. M. Bochart, livre I. chapitre 42. des Colonies des Phéniciens dit, qu'alauda en la ſignification de légion, a été dit pour alaſda, & qu'alaſda vient du Syriaque alaſata, qui ſignifie millenarius. Voyez Goropius Becanus. M.
ALOY. Il ſemble qu'il vienne de lex; comme qui diroit ad legem : parce que la monnoie qui est de bonne matiere, est faite conformément à la Loi, & à l'Ordonnance du Prince. C'est pourquoi en Latin la monnoie est appellée nummus, de 1/2, qui ſignifie Loi. Caſeneuve.
ALOY. Peut être d'adlex; qu'on aura pu dire de même qu'excl: comme qui diroit ſeion la loy. Du Haillan dans ſon Traité de l'Etat de France : Les Monnoyes de France ſont altérées & de manvaſſe loy : la corruption du langage dit Alloy, mais il faut dire loy, pour ce que la Monnoye est la loy du peuple. Dans les anciennes Ordonnances touchant les Fij monnoyés, il n'y a que loy. A 24. caras de loy. Qui ne sont pas de telle loy. Et c'est comme parle toujours M. de Bouterone. M. ALOY vient d'adiguer, fait de liga, d'où l'ancien mot Loy, pour signifier l'aliage légitime de certains métaux avec l'or & l'argent dans les bonnes monnoies. Et le mot liga a été employé dans cette signification dans le titre de ce Livre imprimé en grand in-4. à Cologne en 1591. suivant la Bibliothèque de Draudius, Tome 2. page 788. Reneri Budelli de Monetis & re nummaria lib. 3. His accesorunt tractatus varii atque utiles de Monetis, earundemque valore, liga, pondere, potestate, mutatione, variatione, falsitate ac similibus. Aleier, dans la signification de se lier par serment, se trouve dans du Cange, au mot adlegiare, fait de l'Italien lega, lien, aloy, aliage. Le Duchat.
ALOYAU. Piece de bœuf coupée le long du dos. M. Vatier, Professeur du Roi en Arabe, prétendoit que ce mot Français venoit de l'Arabe alojos, qui dans les vieilles Traductions d'Avicenne signifie os sacrum. Cette étymologie n'est pas vrai! semblable. Je ne sai point d'où vient ce mot. Ne viendroit-il point de lumbus, en cette manière? Lumbus, lumbellus, adlumbellus, allumbellus, alloellus, ALOYAU : comme boyau, de lytellus, & noyau, de nucleellus. Le peuple de Paris appelle un aloyau un alleluia, par allusion de ce mot alleluia à celui d'aloyan. M.
ALPES. Montagnes. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. L'Abbreviateur de Festus le dérive d'ALBUM : Album quod nos dirimus, a Graco, quod est àqos, est appellatum. Sabini tamen Alpum dicunt : unde credi potest nomen Alpium à candore nivium vociatum. L'Auteur du Grand Étymologique est du même avis : lui, tu est à la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin de la fin Cum fera Carthago Romanis arcibus olim Exitium magnum atque Alpes immittet apertas : Denique loca ipsa qua rupit (Annibal) Apennina Alpes vocantur. Quamvis legatur a Panina Dea qua ibi colitur ALPES ipsas vocari : Sane omnes altitudines montium licet a Gallis ALPES vocantur, proprii tamen montium Gallicorum sunt. Philargyrius fur ces mots du III. des Géorgiques. Tum sciat aërias Alpes & Norica castra :
NORICA, id est, Gallica. Et dicendo ARRIAS, verbum & verbo expresse. Nam Gallicorum lingua alti montes Alpes vocantur. Isidore dit la même chose, livre XIV. chapitre 8. de ses Origines. Et Cluverius, livre 1. de son ancienne Germanie, chapitre 1. & 8. & Isaac Pontanus, en son Glossaire Celtique, sont de cette opinion. A quoi on peut ajouter qu'Alpes a été pris en cette signification de hauls par les Ecrivains des derniers siècles, (vous en pouvez voir plusieurs exemples dans Spelman en son Glossaire, au mot Alpes & Alpa) & qu'Eustath. sur Dionys. explique le mot Ames par celui de Ames. Procope, livre 1. de ses Gothiques, l'interprète un passage étroit : qui xupa qui n'a puu tué hupum, uupi tu tué uunat, qui duouu, iunntia uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupi tué uunat, tué uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum, uupum mènes. Tô à 17. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. Festus, Polybe dans le troisième Livre de son Histoire, Schinder, dans son Dictionnaire en cinq Langues, & plusieurs des anciens & des modernes, le sont trompés quand ils ont écrit que ces montagnes qui divisaient la Gaule Transalpine de la Citalpine, & qui séparent aujourd'hui l'Italie de la France & de l'Allemagne, ont été appelées Alpes, à cause de la neige qui couvre toujours leur sommet, & que les Sabins divisent alpin pour album. Le nom des Alpes ne vient point de leur blancheur, mais de leur hauteur. Il est certain, selon le témoignage d'Isidore, de Servius, de Philargyrius, & de plusieurs autres, que le mot Alpes, dans l'ancienne Langue des Celtes ne signifie autre chose que hautes montagnes. M. Chevreau, dans son Chevraana, tome 2. page 180. éclaircit encore davantage ce sentiment, en rapportant la remarque que Voëssus a faite dans son premier Livre de l'Idolatrie, chap. 35. pag. 136. où il dit que dans la Langue des Celtes al ou alp, n'est autre chose que montagne haute, & que de al-ap, on a fait Alpes par contraction. M. Huet, dans une lettre à M. Bochard, lui dit qu'il s'est appliqué longtemps à chercher l'étymologie du mot Alpes, & qu'il est convaincu que ces montagnes ont été ainsi nommées de leur hauteur. Postquam redit ad litteras nostras valdè & diu quasevi originem nominis Alpium, quam peti jubent vetres ex lingua Celica. Egregie sane & erudite disputatum est a Buchanano, ac potius demonstratum, Alpes dellas esse ab altitudine. A plusieurs réflexions que M. Huet fait sur ce point, il ajoute cette remarque, que Nonnus décrivant un géant, qui par sa grandeur demeurée peut, pour ainsi parler, de sa tête toucher le ciel, l'appelle Alpus, d'où M. Huet conclut que le nom d'Alpes étoit plutôt un nom appellatif qu'un nom propre. Notandum præterea est, Nonnum, cum gigante quemdam v. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1.
ALPISTE. On appelle ainsi la graine avec laquelle on nourrit les Serins de Canarie. C'est un mot Indien. M.
ALQUAGUENGE. Simple, Lat. solanum. C'est un mot Arabe corrompu de halicacabum. Voyez les Botanites. M.
ALQUEMIE, ALQUEMISTE, par corruption pour Alchymie & Alchymiste. Libavius, liv. VII. chap. 24. de son livre intrusé Syntagma arcanorum chymicorum, dit que les Alchymistes sont ainsi nommés d'un certain Alchymus qui faisoit de faux or : & Savot, chapitre 16. de la II. Partie de fon discours des Médailles, semble approuver cette opinion. D'autres font venir ce mot de l'article Arabe al, & de Cham fils de Noé, lequel ils font Auteur de l'Alquemie, & dont ils disent que Moyle & sa faut Marie ont fait des livres. Pancirole, tit. vii. des Choles nouvellement trouvées, Scaliger sur le Culex de Virgile, Casaubon sur Athénée, Æmilius Portus sur Suidas au mot χομια, & Vossus de Vitis sermonis, livre II. chapitre 2. le dé- rivent de l'article Arabe al, & du mot Grec χο- μίρως, infusor. Salmuth, sur ce lieu de Pancirolle, improuve cette opinion, Suidas & Cédrénus nom- ment l'Alquemie χομια, & non pas χομια. Les paroles de Suidas méritent d'être ici rapportées tout au long. Les voici : Χομια, α τα αργυρ χομια κολακευ. α τα βελια διαμυρμαρ & ο συκλαστινες εαση, δια τα γυπυροβιε λογυπιας συκλαστινες. Et au mot δίρας : το χυπυρωσυ δίρας, στην ο λευυ δια τας γυπυας σαλαεος ου τος λογυπυας εις την χο- κιαν παρσυγυπυς ιδος, &c. τατο γυ, εις συκτι- κων, φιετα, α τα βελιαν υις η δεμασι γυρμαρνις, πυκυχο σπυς δις γυπυας δις χομιας χομια, εοσυς ου τος χομιας πυκυχο σωτο δίρας, δια τας γυπυ- νις τας ιδ αυτα. On croit que cette science a été fort familiere aux Egyptiens, & l'Egypte a été dite χομια, de πω cham, qui signifie noir. Plutar- que, en son Traité d'Ostris : τει την γυπυας η τος μαλιας μυπυγυπυς ιδος, απα το μυπυ τα εφθαυμα, χομια καυας. C'est pourquoi Salmuth, au lieu al- légué, croit que l'Alquemie a été ainsi appelée de ce mot χομια : comme qui diroit la science d'E- gypte. Cœlius Rhodiginos, livre vii. chap. 2. estime qu'on la nommée de la sorte, quasi αργυρ χομια. Et d'autres, au rapport de Libavius, livre 1. de ses Epitres Chymiques, ép. 6. veulent qu'elle ait été ainsi dite, quasi αλες χομια. Casaubon, livre xq de ses Animadversions sur Athénée, chap. 8. le moc- que de cette étymologie. Ejsidem natura cum alia vocabula quadam sunt, tum in primis famosissima artis ALCHYMIÆ nomen : nam quod aiunt ita dic- tam, quasi αλες χομια, quia finis ejus scientia pro- ximus ultimo sit sal illud σκυμυπυγυς, de cunctis rebus σκαταθεν, ciniflorum commentum est, parum falsum & omnino falsum. M. de Saumaise, luc So- lin, page 1097. est d'opinion que l'Alquemie a été ainsi dite d'un certain Chimes ou Chemes : Mirum vero Chymiam & Chymistas hodie passim vocari, cum Veteres tam scientiam, χομιαes ubique nomi- nent, & χομιαντινες. Zosimus Panopolita caput ho- bet πω χομιαντινες, & Mofen Prophetam citat & χομιαντινες ουπυας. Suidas χομιαν vocat. Item, Joannes Antiochensis πω αργυπυγυπυς, de vellere aureo : το μυπυγυπυς χομιαντινες δίρας βελιαν υις η δεμασι, χομιαντινες πυκυχο, σπυς δις δια χομιας χομιαντινες δίρας. Eadem habet Suidas in voce δίρας, que ex hoc Aucloris loco haber. Firmicus, lib. III. cap. 15. scientiam Chymia vocat. Ita legendum, id est, χομιας. Insima Gracia Auclores αργυπυς nuncupant. Patrum quoque nostrorum avo Archemia dicebatur Atchemista. Cur igitur Chymiam & Al- chymiam dicimus? Nec enim αλες χομια, aut χομιαντινες nomen invenit hac ars. χομια interpretan- sur ac desinunt τας τα αργυρ χομιαντινες. Unde igitur χομια hac appellata. Omnium ver- que ad hanc scientiam pertinent vocabula ab usu & consuetudine communi submenerunt Auclores sui, & peculiarem sibi dialectum vindicarunt, solis mystis tanti arcani intellectam. Fornaculam fortcan sive ca- minum in quo argentum & aurum sundebatur, quod ore hianti & patulo esset, χομια vocarunt, id est, que les Macédoniens appelloient ἀνέχωμᾶ. Hérfchius : ἀνέχωμᾶ, τί σέω λύγδω ἀνέχωμᾶ, μοιδίτι. J'ai été autrefois pour cette seconde étymologie : je suis présentement pour la première. M. L'opinion de M. Guyer est la véritable, si l'on en juge par le passage de H. Etienne, en son premier Dialogue du Langage François Italianisé, pag. 186 de l'Édition de 1579. Il faut (dit Phil.) que je vous confesse la vérité, que moi-même ay oublié la plus grande part des termes dont on n'est avant que parrissez de France : tellement qu'il m'est force d'unier des nouveaux. Mais la pitié est quand il me faut user de ceux, desquels si on me demanait le pays, je ne le faut dire : comme par exemple, quand je dis faire alte, pour s'arrêter : au lieu qu'on diste Haut le bois, pour ce qu'en s'arrêtait on levoit les piques. CFLT. je ne m'étoahi pas si vous vous trouvez empoché en celtui-ci : plusieurs autres s'y trouveraient bien empoché ; car c'est ALU, ne semble point venir du Latin ALTUS, & aussi cela n'auront point bonne grace de dire FAIRE ALTE, comme si on disoit FAIRE HAUT, pour signifier HAUT LE BOIS, comme j'ai dit qu'on parloit auparavant. Et pourtant seroit à présumer que nous ne l'aurions pas de ce mot Latin, mais de l'italien ALTO, venu du Latin ; car ils disent FAR ALTO, quand les gens de guerre s'arrêlent. Autrement quelqu'un songeant plus creux pourroit penser qu'il seroit venu des Allemans. Car ils disent coufumerment HALT, quand ils commandent à quelqu'un de s'arrêter & attendre. PHIL. Quant à moi je vous déclare que je ne vous en puis résoudre. On disoit aussi autrefois baisser bois, pour s'apprêter à combattre. Rabelais, livre 4. chapitre 41. Tant approcheront ces Andouilles, que Pentagruel apperceut comment elles desployoient leurs bras, & se joi mençoient baisser bois. De sorte que, comme on di ordinairement que l'Allemand est le langage des chevaux, si le mot alte, employé dans notre langue, vient de l'Allemand halt, c'est uniquement lorsqu'on le dit à un cheval, pour l'obliger à s'arrêter. Le Duchat. Nonobstant tout ce raisonnement de Henri Etienne, l'opinion de M. Guyer sur l'étymologie de faire alte est fauve ; & celle de M. Ménage, sçavoir que alte vient de l'Alleman halten, s'arrêter, est la seule véritable.
ALTHÆA. C'est un mot Latin, dont nos Apoticaires appellent la guimauve. Du Grec ἀλύγιο, ainsi dit, διὰ τὸ πελωσότιν καὶ σολύγωνις αὐτήν, dit Diofcoride, III. 163. Ἀλύγιο, ἀλύγιο, ἀλύγιο, c'est augeo, sano, medeor. Et ἀλύγιο a été formé de l'inu- sité ἀλύγιο ; d'où le Latin alo. M.
ALUIE. Petite ville du pays de Chartres. D'Alogia. C'est ainsi que ce lieu est appellé dans les Epîtres de Fulbert Evêque de Chartres. M.
ALUINE. Voyez ALLUINE. ALVINER unétang. C'est le peupler de petits poiffons : D'albinare. Voyez gardon. M. ALUMELLE de couteau : par corruption, pour alemelle. De lamella, diminutif de lamina, d'où nous avons fait lame : comme quand on dit une lame d'épée. Les Glofes anciennes : λάμνη, lamella, lamella, alamella, alumella, ALUMELLE. Les Prêtres habitués de Paris, de Rouen & de plusieurs autres villes, appellent alumelle une foutane sans manches : par métaphore d'une alumelle de couteau non emmanchée. Je remarquerai ici par occafon, que les Anciens appelloient colobium, une sorte de robe sans manches, qui étoit de linge. Voyez Polemite. M. Je ne crois pas qu'on ait jamais dit en Latin alumella. On aura dit lamella, d'où nous aurons fait lamelle ; & par incorporation de la voyelle de l'article la, ceux qui auront oui prononcer la lamelle, auront cru que le mot étoit alemelle, qui se dit encore à Metz. Le Duchat.
ALUMER. De l'Italien allumare, formé de lume. Illuminare se trouve en cette signification dans un Règlement fait le 11. Juin 1449. entre l'Evêque & le Chapitre de l'Eglise de Tulle, touchant les devoirs réciproques desdits Evêque & Chapitre envers l'Eglise & le Monastere, qui pour lors étoit composé de Religieux de l'Ordre de S. Benoit. Parmi les devoirs du Sacrifain, il est dit : Item, debet tenere duas candelas à parte B. Martini, & ab alia parte unam : quarum dua illuminantur de die, & omnes tres illuminantur de noite, &c. Item, in barra S. Clari debet tenere 7. candelas qua debent illuminari diebus Domgeicis, & ad omnes Procelliones usque ad introitum Cleri, &c. Ce passage m'a été communiqué par M. Baluze. M.
ALUN. Voyez ALLUN.
AMADIS. On appelle ainsi depuis quelques années la manche d'une veste d'homme lerrée & boutonnée jusqu'au poignet. Et elle a été ainsi appelée, parce que dans l'Opera d'Amadis les Acteurs avoient de ces sortes de manches. Les Tailleurs prononcent Amatis. M.
AMADOTES. Sorte de poires. Par corruption, pour Damoudor. C'est ainsi que les Bourguignons ont appellé ces poires du nom d'une femme, nommée Dame Oudor, qui étoit du Village de Demigny entre Beaune & Chaalons, & qui la première eut de ces sortes de poires en ce pays-là. J'ai appris cette étymologie dans un Traité que M. Ferrand, Président des Comtes de Dijon, a fait des Espaliers, & qu'il m'a fait l'honneur de me communiquer. L'Auteur de l'Abregé des bons fruits a fait après moi mention de cette étymologie. M.
AMADOUER. D'amaturare, inuisté. Amatus, amatusus, amaturare. M.
AMAN. C'est à Metz un Notaire créé par l'Hôtel de Ville ; les Actes duquel ne portent hypotéque que dans le ressort du Parlement ; n'y ayant que les Notaires Royaux, dont les stipulations ayant leur exécution dans tout le Royaume. D'Amanus, qu'on aura dit pour Amanuensis, qui se trouve employé dans la signification de Secrétaire Domestique. Le Protocole d'un Aman se nomme arche, d'arca ; à la différence du cabas des Notaires. Le Duchat.
AMANDE. D'amygdala, ou amygdalum, on fit, par corruption, amandola, & amandula : d'où nous avons formé amande. Marculfe, liv. 1. de ses Formules, chapitre xi. Daitylas tantas, piftacias tantas, amandolas tantas. Anastasie le Bibliotécaire dans la Vie de Benoit III. Amendulas aureas numero underim. Cafeneuve. AMANDE : fruit. D'amandala : qu'on a dit par corruption pour amygdala. Le Capitulaire de Charlemagne de Villis suis, article 70. où Charlemagne fait mention des arbres fruitiers qu'il veut que son Jardinier mette dans son Jardin : De arboribus, volumus quod habeat pomarios divers generis, &c. avellanarios, amandalarios, &c. Ce Capitulaire a été premierement publié par Hermannus Conringsus, & ensuite par M. Baluze. Au lieu d'amandala, on a dit par autre corruption, amanda. Les Languedociens disent amelle. Nous appelons depuis quelques années des amandes à la Prasline, ou simplement, des praslines, des amandes fricasfées au sucre en conserve avec la peau; & elles ont eu ce nom d'un Sommelier du Maréchal du Plessis Praslin, lequel le premier les a préparées de la sorte. ¶. Amygdala a été fait d'αμυγλώρι. Touchant l'étymologie d'αμυγλώρι, Voyez Athénée, livre 2. M. Amelle, que les Languedociens disent pour Amande, vient d'animella, diminutif d'anima, qui est le mot dont les Italiens le servent pour dire une amande de noyau. Le Dict. Ital. & Fr. d'Ant. Oudin: Anima di novio, amande de noyau. Le Duchat.
AMANDE. Comme quand on dit condamner à l'amande. D'emenda, qu'on a dit pour emendatio. Anciemment on prononçoit imende: & vous le trouverez ainsi écrit en plusieurs Coutumiers. Voyez Ragueau au mot imende, & Nicot au mot amende. D'emendare, nous avons fait AMANDER, en la signification de payer l'amande. M.
AMANDER. Nous disons aussi l'amander pour se corriger: d'emendare. Drusus sur le sixième ch. du premier livre des Rois: Liranus emendam pro peccato: Gallicé amande: quod a verbo Latino emendo derivatum. M.
AMANDER, signifie aussi réparer une faute qu'on a faite, & quelquefois en recevoir le châtiment. Rabelais, liv. 3. chap. 11. La première fois sera une faute, & vandra quinze; au desucher vous l'amanderez: par ce moyen seront seize. La soixantième des cent Nouv. Nouv. Dites-moy, je vous requiers, qui a été votre Recteur; ou, par S. François, vous l'amanderez: & fit semblant de tirer sa dague. Le Duchat.
AMARANTE. Fleur. D'amarantus, fait d'αμυγλώρι, composé de la particule privative alpha, & du verbe μυραίον, qui signifie marcosere. Pime, livre 21. chapitre 8. qui est de vestium, amulatione cum floribus: Amaranto non dubie vincimur: Est autem spica purpurea verius quam flos aliquis: & ipse sine odore. Mirum in eo, gaudere decetpi, & larius renafici. Provenit Augusto mense: durat in autumnum. Alexandrina palma, qui decertus asservatur: mirumque; postquam defecere cuncti flores, madefactus aqua reviviscis, & hybernas coronas facit. Summa ejus natura in nomine est, appellato, quoniam non macescat. Et c'est par cette ration d'étymologie, que Columelle a appellé immortelles, les amarantes. Et malè damnati masto qui sanguine surgunt Aacti flores, immortalesque amaranti. De la couleur de cette fleur, nous disons une étoffe, un drap amarante. La plupart de nos plus célèbres Auteurs de la Langue Françoise écrivent amaranthe: en quoi ils ne sont pas à imiter. M.
AMARANTE, est aussi le nom d'une espèce d'Ordre de Chevalerie, que la Reine Christine de Suede institua en 1653. Cet Ordre doit son nom & son origine à une fête galante que je vais décrire en peu de mots. Il y avoit en Suede un jour de divertissement établi chaque année, que l'on passoit en festins & en danses, qui commençoient le soir & duroient jusqu'au matin. Cette fête, telle à peu près qu'est parmi nous celle du Roi boit, se nommoit la fête de l'Hôtellerie. La Reine Christine lui changea ce nom, & l'appella la fête des Dieux; nom plus majestueux, & qui convenoit parfaitement; puisque les Seigneurs & les Dames de la Cour tiroient au sort la Divinité qu'ils devoient représenter à cette fête. Les Dieux étoient servis à table par une élite de jeune Noblesse de l'un & de l'autre sexe, qui paroissoit encore plus brillante par la diversité des habillements que chacun inventois pour le diffinguer. La Reine prit le nom d'amarante, c'est-à-dire immortelle, & parut avec un habit superbe, couvert de diamans, habit qu'elle quitta sur la fin de la fête, & en ayant fait détacher les pierreries, elle en fit présent aux masques qui avoient été adons dans l'assemblée. C'est le jour de cette galanterie que fut établi l'Ordre de l'Amarante, composé des seize Dieux & des seize Déesses qui avoient soupé avec la Reine, qui s'en déclara le chef. Cet Ordre fut ainsi appellé du nom que la Reine avoit pris. Deux A, l'un droit & l'autre couvercle, entrelaissés dans une couronne de laurier, étoient le chiffre de cet Ordre, & signifiouent le nom d'Amarante, avec ces mots Italiens: Dolce nella memoria, c'est-à-dire, le souvenir en plais. Vergy.
AMARER. Terme de Marine, qui signifie attacher, ou lier. Voyez le Sieur Guillet dans son Dictionnaire de la Marine: Et Messieurs de l'Académie dans leur Dictionnaire de la Langue Françoise.
AMARER. Voyez AMARER.
AMARRI. C'est la matrice. Ce mot a été fait de matrice, ablatif de matrix, en y préposant un A: comme en amarella, mot Italien qui signifie l'herbe dite matricaria. Matricare, matricarella, marella, AMARELLA. M.
AMAS, AMASSER. Il y en a qui le dérivent d'αμυγλώρι, qui dans l'Iliade d'Homère signifie accumuler, assembler. Mais il y a plus d'apparence de dire qu'il vient de massa, qui signifie un amas de quoi que ce soit. Les Surisconsuites sont souvent mention de massa aura, argent, ario. La Loi 89. De Legatis 3. Massa legata, scripsi ex ea facti exigi possunt. Virgile liv. 1. des Georgiques: —massam picis urbe reportat. Isidore liv. 16. chap. 2. parlant des montagnes de sel: Ut muros domosque massis satis faciant. Et les derniers Grecs ont appellé μάς, un monceau & un amas. De Massa les anciens Latins firent Massare. Lucrèce liv. 1. Ignes in cæcus stringi, massareque corpus: bien qu'on ait voulu substituer mutare, au lieu de massare. Les Auteurs du terès moyen en ont aussi formé immassare. Isidore liv. 21. chap. 1. Ultimi sunt molares, qui concisa à prioribus atque confratia subigunt, indunt, atque immassant. Toutefois Goropias Becanus, dans les Origines d'Anvers, livre 7. veut, que tant le Latin massa, que le François amasser, & l'Italien amassare, soient formés du Flamand mas. Mas enim nobis non massam Larinorum; quamvis ea vox a nostrate descendat; sed summam rerum multarum in unum coacervatarum signat. Unde Galli Romanizantes, amasser, & Itali amassare, fecerunt. Caseneuve.
AMASER. Froissart, édition de Jean Petit, v. 1. f. 100. v. Car le Roy croissoit & scelluit les libertés si grandes & franchises, que plusieurs se y vin- dient amaſer vouloniers. S'amaſer, c'eſt-à-dire, s'habituer; de manſus, fait de maneo, d'où mas, dans la ſignification de maiſon. Le Duchat.
AMASSER. D'admaſſare, qui a été foi de maſſa. Les Italiens diſent de même amaſſer. M.
AMASSER, tuer. Le Continuateur de Monſtrelet, ſur l'an 1515. vol. 3. fol. 351. a. édit. de 1572. Tous le demeurant ſut amaſſé & vaincu. De l'Italien Ammaẓare, qui ſignifie la même choſe. Le Duchat.
AMASSER, dans le même ſens qu'amaſer, c'eſt-à-dire, bâtir, fournir de maiſons. Monſtrelet, vol. 1. fol. 276. a. Ardivent la Ville, qui étoit puiſſamment amaſſée. Le Duchat.
AMATHYSTE. par corruption pour amethyſte Rabelais livre 5. de ſon Pantagruel chapitre 21. Du Bartas dans la troiſième journée de ſa Semaine, & Belleau dans ſon livre des Pierres précieuſes, ont dit amethyſte, conformément au Latin amethyſtus, & au Grec ἀμῶσυς; & pluſieurs le diſent encore prèſentement. Mais nonobſtant, l'origine, la meilleure & la plus ſaine partie des Ecrivains d'aujourd'hui diſent amethyſte: conformément à l'Italien & à l'Eſpagnol amaſſa. Et il y a plus de deux cens ans qu'on parloit de la ſorte. Villon dans ſon Grand Teſtament, feuillet 15. Vermoille comme une amethyſte. Nicot à auſſi dit amethyſte; & il l'a même prèſeré à amethyſte, ayant mis amethyſte dans l'ordre alphabétique. On ne parle point autrement à la Cour, & on croit, non ſans apparence, que les Reines Catherine & Marie de Médicis, qui étoient Italiennes, & les ſeues Reines Anne d'Autriche, & Théreſe d'Autriche, qui étoient Eſpagnoles, n'ont pas peu contribué à y confirmer cette prononciation: les Italiens & les Eſpagnols, comme il vient d'être remarqué, diſant amaſſa. Il y a diverſité d'opiniens touchant l'érymologie du mot ἀμῶσυς. Peſtus dans ſon Traité des Pierres précieuſes dit, que cette pierre a été ainsi appellée, parce qu'elle empêche ceux qui la portent de s'enivrer. Les autres avec plus de vrai-lemblance, diſent qu'elle a eu ce nom à cauſe de ſa reſemblance à la couleur du vin. Et Théophræſte en ſon livre des Pierres précieuſes; & Pline au chapitre 9. du livre 37. de ſon Histoire Naturelle; & Plutarque au livre 3. chap. 1. de ſes Sympoſſaques; & Epiphane dans ſon Traité des Pierreries, ſont de cet avis. M. Suivant la première opinion, amethyſte vient du Grec ἀμῶσυς, qui ſignifie arcens ebrietatem; & ſuivant la ſeconde, il vient de μῶσυ, vinum. Lorſque M. Menage a écrit, l'ufage pouvoit être amethyſte: aujourd'hui cet uſage ne ſubſiſte plus, & l'on dit communément amethyſte. Vergy.
AMAZONE. Nous diſons d'une femme courageuse: c'eſt une Amazone. C'eſt-à-dire qu'elle reſemble à ces Amazones que l'on dit avoir habité la Scythie près du ſeuve Tanais, & dont on nous raconte qu'elles faiſoient une république, gouvernant elles-mêmes leurs Etats, & n'y ſouffrant point d'hommes, faiſant mourir les enſans mâles qu'elles avoient des étrangers auſquels elles s'abandonnoient; brûlant la mamelle droite à leurs filles, afin de les rendre plus propres à tirer de l'arc, & afin que le bras droit devînt plus fort en recevant la nourriture qui ſe ſeroit portée au teron qui leur manquoit. D'où elles furent appelées Amazones, c'eſt-à-dire ſans mammelles. Du Grec formé de l'a privatif, & de μῶσυ, mammelle. Vergy.
AMBASSADEUR. Céſar, livre 6. de Bello Gallico, écrit que parmi les anciens Gaulois, Ambachi étoient des Cliens, & des perſonnes qui tenoient aux grands Seigneurs par quelque puiſſante conſidération. Ut quiſque eſt genere copiſique ampliſſimus, ita plurimos circum ſe Ambachos Clienſesque habet: hunc unam gratiam potentiamque noverunt. Quelqu'un ſe pourroit perſuader que c'eſt un mot Latin, ſur ce que Pompeius Feſtus écrit, que chez le Poëte Ennius, Ambachus ſignifie un ſeruiteur; & qu'il eſt compoſe de la prépoſition am, que les Grammairiens appellent loquelaire, & d'actus; comme qui diroit, envoyé ſa & la: Am, prepoſtio loquelaire, ſignificat circum: unde ſervus Ambachus, id eſt circumactus, dicitur. Et plus bas: Ambachus, apud Ennium, ſervus actus dicitur. Mais Joſeph Scaliger, & quelques hommes doctes avec lui, tiennent bien que dans Ennius ce mot eſt purement Latin: mais que dans Céſar, il eſt de l'ancienne Langue Gauloiſe. En effet, en vieille Langue Tioiſe, ou Allemande, ce mot ſignifie Miniſtre & Officier. L'ancien Gloſſaire de Kéron: Miniſter, ambahi: miniſtraverit, ambahit: officina, ambahi: officium, ambahi: officina, ambahi. Dans l'ancien Moine Orfridus, & dans les autres vieux Auteurs de la Langue Tioiſe, ambachien ſignifie ouvrer & travailler. Mais enfin l'ufage a élevé ce mot à une plus noble ſignification; car Isaac Poutanus, dans ſon Gloſſarium PrĿſco-Gallicum, dit que dans la plupart des Villes de Flandres, ambachien ſignifie ce corps d'Aſſemblée, où un homme, par le choix des autres, tient le principal lieu, & y eſt honoré comme Chef. Et il ne faut par trouver étrange que ce mot ſoit pris, tantôt pour une fonction honorable, & tantôt pour une fonction vile & abjecte; puiſque dans les Loix barbares, & dans les anciennes Chroniques, Miniſterialis, qui ſignifie même choſe, ſe trouve auſſi pris pour un ſimple Arriſan, & pour un Officier de Prince, ou de Miniſtre d'Etat. D'ambahi on forma ambafcia; qui, dans l'Addition premiere, Art. 17. de la Loi des Bourguignons, ſignifie l'ufage & le ſervige qu'on tire d'une bête. Quicumque aſinum alienum, extra domini voluntatem, preſumpſerit, aut per unum diem, aut duas, in ambafcia ſua. Le même mot ſignifioit auſſi l'emploi que le Prince donnoit à quelque perſonne: car au lieu de ces paroles de l'édition commune de la Loi Saſſque, Titre 1. Article 4. Si in juſſione Regis fuerit occupatus, on trouve dans l'édition de Bâle, in Ambafcia Regis. Quoiqu'il en ſoit, il eſt certain que de-là eſt venu le mot Ambachator, ou Ambaxator, qui du commencement ſignifioit celui qui avoit la charge de faire quelque choſe pour un autre; mais qui depuis a été ſeulement pris pour celui qui porte la parole pour autrui, ou qui a la chargé de traiter les affaires d'un autre; bien que maintenant le mot d'Ambachadour, que nous en avons formé, ſignifie ſeulement l'Envoyé, ou le Député, qui traite les affaires de Souverain à Souverain. Car anciennement Ambachator étoit pris pour toute ſorte de Député. Petrus de Vineis, liv. 1. Epiſt. 8. Ambaxatores Civitatum rebellium Lombardorum. Et liv. 1. Epiſt. 82. Ambaxatores Civitatum à Papia. Et dans une Lettre de l'Empereur Frideric, rapportée par Mathieu Paris, dans la Vie de Henri III. Cum Ambachatoribus Civitatum rebellium Lombardis. Voire même il n'y a pas plus d'un siècle & demi, que les Députés, envoyés à nos Rois par quelques Communautés du Royaume, étoient appelés *Ambassadeurs*; comme j'ai vu dans les Regîtres du Parlement de Toulouse, où les Députés qu'il envoient vers le Roi, prennent la qualité d'*Ambassadeurs*; & comme il se voit dans les Archives des Etats de Languedoc, où les Députés de la Province sont appelés *Ambassadeurs*, en plusieurs Actes. *Cafeneuve*. *AMBASSADEUR*. D'*Ambasciator*, ou *Ambassador*, qui se trouve souvent en cette signification dans les Ecrivains du bas siècle. Le Ruscell, sur ce vers de l'Artote, Stance 63, chantux. Il fante c' *Re fa* d'*Ambasciata in fretta*, confesse ingénument qu'il ne fait pas d'où peut venir ce mot : *L'etimologia o origine di questa voce Ambasciata, io non è saputo fin qui rintracciare, se non che ella è pura voce diramontana. E principiamente della lingua Spagnuola. Il commune d'Italia oggi dice più Imbasciata che Ambasciata : ma tuttavia cioè per correttione del suo proprio. Ambascia poi è voce a noi che significa, assia, fastidio, o pensiero, o dispiacer d'animo & cura & sollecitudine, o affano. Dante :* E però leva sì, vince l'Ambascia Con l'animo, che vince ogni battaglia. *Et questo autor nostro più di fatto :* Non ti meravigliar ch'io n'abbia Ambascia, E se di ciò diffusamente io dico. & se si sapesse l'etimologia e l'origine di questa, si potrebbe forse dire che da essa fosse fatto Ambasciatore, convenendosi a uno *Ambasciatore di star di continuo ansioso*, affannato, pieno di cure & sollecito. Le P. Thomassin & M. Huet le dérivent de l'Ebreu *भुगतान* *nuncius*. Ce mot se trouve 1. Sam. 4. 17. & vient de *भुगतान* *nunciavis*. Lindenbrog, dans son Glossaire, le dérive de l'Alleman *Ambacht*, ou *Ambachten*, qu'il dit signifier *operari*. Encore aujourd'hui en Flandre, *Ambachten* signifie un membre de la République qui est obligé au corps de la République à certain service ; & les quatre grands Membres de Flandre, ou les quatre Métiers, en Latin, *Ministeria*, s'appellent les quatre Ambactes. Parmi les Danois, comme je l'apprends d'Isae Pontanus, ce mot *Ambacht* signifie aussi *munus, officium*, *Praefelura*. Nam & *Ambachtsheeran*, dit-il, *illustres sunt viri penes quos est summa rerum in municipis & territoriis*. C'est au chap. 24. du livre vi. de ses Origines de France. Ce mot au reste est très-ancien dans la Langue Germanique ; *Ambachta* se trouvant employé pour *Ministri* dans la version Tentionique de l'Harmonie des IV. Evangiles de Tatianus Syrus ; qui selon l'opinion de Bonaventura Vulcanius, est la pièce la plus ancienne qui soit dans la Langue Allemande. Pontanus l'a inséré toute entière au liv. vi. chap. 24. de ses Origines de France. Voyez-le dans son Glossaire Gaulois, au mot *Ambactus* ; & Cluverius liv. 1. de son ancienne Germanie chap. 8. où ils soutiennent que le mot *Ambactus* est Gaulois. Conformément à cette opinion, Spelman, dans son Glossaire, croit que le mot d'*Ambacten*, & celui d'*Ambasciator*, viennent du Gaulois *Ambactus*. *Mihia autem omnia videntur à vetustissimo Gallico Ambactus dedici ; de quo sic Festus : Ambactus, apud Ennium lingua Gallicà servus dicitur. Certi hunc non Tome I.* *tacuit Casar lib. vi. bell. Gall. de Equitibus Gallia agens : Eorum ut quisque est genere copisque amplissimus, ita plurimos circum se Ambactos clientesque habet : hanc unam gratiam potentiamque noverunt. Philoxeni Glossa a Vulcanio juxta Scaligerum emendata : Ambactus, *fexo* *suburit*, *ex* *fiv* & *Sic*, ut Ambactus idem sit quod *vnexipurit*, *circumactus*, & *nufquam* *consistens ; cujus operas quotidiana dominus locat lucellis casis qui & locellaris & lucellaris appellatur. Aliis ministerialis. Voyez Scaliger sur Festus, pag. 14. & 15. & Turnebe liv. xiv. de ses Adversaires, chap. 12. & Gosselin, chapitre 63. de son Histoire des anciens Gaulois, M. de Saumais, page 486. sur l'Histoire Auguste, estime au contraire que le mot *Ambactus* est purement Latin ; d'où il dit que celui d'*Ambasciator* a été fait : *AMBASCIATORIS infima Latinitas dixit. Quod vocabuli ex bona & veteri Latina voce factum est. Ambactus veteribus Latinis servum mercenarium significabam, qui hac & illac circumagitatur & circumducitur mercedis gratia. Ambagere vetus verbum pro circumagere, ut ambire, circumire. Optima Glossa : Ambactus, *fexo* *suburit*, *ex* *fiv* & *Glossa Placidi : Ambacti, servi. Festus : A M, Prapositio loquelaris : significat circum. Unde servus Ambactus, id est, circumactus, dicitur. Sequitur apud eumdem Festum, vel ejus Abbreviatorem : Ambactus apud Ennium lingua Gallicà servus dicitur. Scripferat Festus, Ambactus apud Ennium servus dicitur. Voces illas lingua Gallicà liquet mihi à Paulo additas esse, qui Ambactus apud Casarem in rebus Gallicis legerat, & putabas vocabulum esse Gallicum. Verba Casaris ex sexto Commentario belli Gallici : Atque eorum ut quisque est genere copisque amplissimus, ita plurimos circum se Ambactos clientesque habet. Ex his verbis non magis liceat colligere Gallicam vocem esse Ambactos quam Clientes. Frustra igitur viri magnus apud Festum, (il veut parler de Scaliger) qui notavit Ambactus, cum servum significat, Latinum esse, at cum pro cliente sumitur, Gallicum. Ambactus pura Latina vox est, *vnexipurit*, *ex* *fexo* *suburit*. Ambactus etiam pro eodem dicebatur. Festus : Ambaxi, qui circummeunt, &c. Nam ut a TIGO fixus & fictus ; a TAO, taxus & tactus ; a VINO, vexus & vectus ; sic ab AGO, actus & axus. Sic Ambactus & Ambaxus idem. Atque idem Ambactia vel Ambaxia, servitium vel opera mercede conducita ; pro quo recentiores Latini Ambasciam scripferunt in Legibus Burgund. Quiconque afinum alienum extra domin. voluntatem prasumpsenit, aut per unum diem, aut duos, in Ambaccia sua, &c. Hinc & verbum Ambasciare, & Ambasciator pro Legato vel Internuntio & Intercursore & domestico etiam & adscula. Ambaxatores Hispani dicunt ab Ambactus. Je suis de l'avis de M. de Saumais. Nous avons dit *Ambasciateurs*. Voyez les libertés de l'Eglise Gallicane, page 24. Il me reste à remarquer, ce que M. de Cafeneuve a remarqué, qu'il n'y a pas long-tems qu'on appelait *Ambassadeurs* les personnes envoyées par des Communautés à des Souverains. Voyez la Vie de Mathieu Ménage, Théologal de l'Eglise d'Angers, à l'endroit où il est dit qu'il fut envoyé par l'Evêque & par l'Eglise d'Angers au Concile de Balle. M. *AMBLER*. Il est formé d'*Ambulare* : parce que les bêtes d'amble servent à se promener. Fulbert, Evêque de Chartres : *Rogo ut secundum promissorem tuam mitas equum ambulatorem*. Ekk. hardus Junior, De Casibus Monasterii Sancti Galli: Sternatur ambulatrix mea quantocyus. Le même chapitre 10. Misii post dies istos Dux Buchardomofro ambulatorem valde docibilem & alacrem audivit enim eum delicatis equis deleitari nimium. Et chap. 15. Ambulator autem, cui ipse insederat, alacritatem equorum post se sentiens. Caleneuve.
AMBLER. D'ambulare, dont les Latins se sont servis en cette signification. Ekkehardus, chap. 1. Sternatur ambulatrix mea. Et au chap. 15. Ambulator cui ipse insederat, alacritatem equorum post se sentiens, caput concutiens-exulare cœpit. Et au Chap. 10. Ambulatorem valde docibilem & alacrem. L'Auteur de la Vie de S. Udalric chapitre 5. Qui virtutem caballicandi habebant, in cautissim ambulatoribus pergebant. Casaubon sur ce vers de l'Empereur Hadrien, Ambulare per Britannos: Verbum ambare resedit in Gallica Lingua, diversa notione: ut cum de tolutario, vel asturcone, usurpamus. Les Grecs ont dit de même Sadium. Les Glofes: tolutarius Sadium. M. de Saumalis sur l'Histoire Auguste, p. 245. Graci Sadium uara iExelio, de hoc molli delicatque Asturconum gressu dixerunt, ut Latini ambulare & nos ambare. Vegetius lib. 1v. cap. 6. Inter collatorios & eos quos guttonarios vulgus appellat, ambulatura eorum media est. Et alibi: Non enim circulis aut ponderibus pragravant, ut soliti ambulare condificant. Ambulatorum vocat quam nos ambam dicimus, qua & ipsa vox Latina est, & ex Latinerum consuetudine facta. Sic enim resonam, pro resonatione, a responso. Sic ornam, pro ornation vel ornatura. Sic curam, pro curation vel curatura, a curo. Sic sudam, pro sudatione. Ita ambam pro amblatura. Les Espagnols disent aussi cavallo amblader, pour un cheval d'amble. M. AMBLER: pour voler: comme quand on dit, Il est bien larron qui larron emble. Voyez emble. M. L'Auteur du Roman de la Rose à dit emble, pour s'enfuir, evolare. C'est sol. 3. r. en ces termes: Le temps qui s'en va nuit & jour, Sans repos prendre & sans séjour, Et qui de nous se part & emble, Se emble, c'est-à-dire s'envole. L'Emble se prenait autrefois pour le pied du cheval. Collencuio, fol. 243. v. de son Histoire de Naples, édit. de 1546. Et déjà son cheval avoit mis l'Emble de devant sur le pont. L'Emble de devant, c'est-à-dire, les pieds de devant. Le Duchat.
AMBOISE. Ville, située entre Blois & Tours, à l'endroit où se décharge du côté du midi dans la rivière de Loire une petite rivière qui s'appelle l'Amaise. Cette Ville est appelée par Sulpice Séveré, au chapitre 9. du troisième de ses Dialogues, par Fortunat dans le Poème qu'il a fait de la Vie de S. Martin, par Grégoire de Tours au chapitre 55. du livre 2. & au chapitre 31. du livre 10. de son Histoire Vicus Ambacensis: Et par Jean, Moin: de Marmoutier, en la Vie de Geoffroi, Duc de Normandie & Comte d'Anjou, elle est appelée Ambasium: & par l'Auteur de Commendation Turonica Provincia, Ambacicum: Ambaquis, & Ambasia, & Ambasium, par l'Auteur, de Castro Ambasia. Baugerdi lingua sua non amplius Abaquis, sed Ambasium, sive Ambasium, vocari deinceps jusserunt. Et par tous les Auteurs récents, & dans les Titres du pays, elle est appelée Ambasia. Joseph Scaliger a écrit au chapitre 4. de son Etenchus Tribarefi Nie. Serrari, que le nom d'Amboise se trouvoit tout entier dans le Texte Etrieu de l'Histoire qui est attribuée à Joseph, fils de Corion. Et Papyrus Masso remarque dans sa Description de la France par les Fleuves, que quelques Juifs ont cru que l'Auteur de cette Histoire étoit d'Amboise. Pour ce qui est de l'étymologie du mot d'Amboise, il semble qu'Antoine Mornac ait dérivé ce mot, ab ambabus aquis, s'étant servi du mot d'Ambaquium pour exprimer en Latin la Ville d'Amboise, non-feulement dans un Poème héroïque, par lequel il a décrit les Guerres de la Ligue, mais encore dans l'allégation qu'il fait sur la Loi Dudum au Code de Contrahenda emptione, d'un Arrêt du Parlement du 10. Février 1598. Voici l'endroit du Poème, que je produis, d'autant plus volontiers que ce Poème n'est point imprimé: Te subeunt ambabus aquis, Amatissa, Ligerque, O montana crepido, nec exsuperabile saxum, AMBAQUIUM, Ogygia cui cedat Hemerica tellus. Exurgunt vultu triplici radiantia tella, Unde procul placeant plusquam Peneia Tempe, Aerio veluti dulcis nutricula nido, Educis nostris pridem primo ubere Reges, Atque doces pedibus terram signare tenellis Heroes patrios. Decorant origine prima Te fratres gemini, duo nunc rutilantia Francis Sidera, qua tenebris numquam sua lumina condent. Alter purpurei seprena per astra Senatus Eminet, ac turba dicit sacra jura slevti. Alter & arcanas Regum, pema alite, voces Exprimis: ac isto dum nomen tollit honore, Gaudes honoratam regni complere quadrigam. Ha tibi erant dotes, & circum mania palma, Felix AMBAQUIUM. Ehen sed suriavit Enio Francigenas, capitque à te sanatica flammam Ductre, terdeuo nec dum satiata Decembri. Extentum vicinus habet sibi Sicia collem, Cui vix Sextilis medius vada, uita relinquit. Ces deux frères, sont Messieurs Forget: c'est-à-dire, M. Forget, Président au Mortier du Parlement de Paris, & M. de Fresne Forget, Secrétaire d'Etat; lesquels n'étoient qu'originaires d'Amboise: car ils étoient nés à Tours. Et cette rivière Sicia, c'est une petite rivière assez poissonneuse, que l'Auteur de Commendation Provincia Turonensis nomme aussi Sicia, & que les habitans du pays appellent la Cisse. Elle s'embouche du côté du Septentrion dans la rivière de Loire, en un endroit qui s'appelle de cette embouchute le Bec de Cisse, & qui est entre Amboise & Tours. Papyrus Masso, qui a écrit qu'elle entroit à Blois dans la Loire, n'a pas été bien informé de cette particularité. Cette étymologie de Mornac est plus ingénieuse que véritable. M. de Valois a remarqué dans la Notice des Gaules, que l'ancien mot étoit Ambacia. Et c'est comme elle est appelée dans Paulin, au liv. 5. de la Vie de Saint Martin: Haud longo spatio prafata amotus ab urbe Vicus erat, veteris quondam vestigia castri, Tunc samulis habitata Dei, Christique ministris: Ambacia nomen priscum prior incola dixit. Il me reste à remarquer ici que c'est à cause que les trois principales rues d'Amboise sont disposées en trepée, qu'on appelle Tripie, les habitants d'Amboise. ¶ Je dois une grande partie de ce discours sur la Ville d'Amboise, à la courroise & à l'érudition de M. Nublé, Amboisen. M.
AMBON, en Latin *ambo*. C'est une tribune qui étoit autrefois dans les Eglises, & sur laquelle on montoit pour lire ou chanter certaines parties de l'Office divin, & pour prêcher au peuple. Il y avoit des degrés pour y monter. Après la lecture de l'Epître, le Chantre montoit sur l'*ambon* avec son Livre nommé Graduel, ou Antiphonier, & chantoit le Répon, que nous nommons Graduel, à cause des degrés de l'*ambon*, & Répon, à cause que le Chœur répond au Chantre. Il est dit dans le premier Livre des miracles de saint Othmar, chap. 4. qu' l'Évêque ordonna à l'Archiprêtre de monter sur l'*ambon*, & de faire le Sermon au peuple à la place. Et Odilon, Moine du dixième siècle, Auteur du Livre de la Translation des Reliques de Saint Sebastian & de Saint Grégoire, dit que l'Évêque monta sur l'*ambon* pour prêcher au peuple. On montoit à l'*ambon* de deux côtés : c'est pour cela que quelques Auteurs, comme Balde & Durand, ont cru que ce nom étoit cité d'*ambo*, qui signifie deux. L'Évangile se lisoit tout au haut de l'*ambon* : l'Epître se lisoit un degré plus bas, comme il paroît par l'Ordre Romain. Les Empereurs étoient aussi couronnés sur l'*ambon*. Saumais croît que ce nom a été donné à cette tribune, parcequ'elle étoit ronde, de même que les Grecs ont appellé *ἀμῶν* le ventre d'une bouteille, parce qu'il est rond, & qu'ils disent *ἀμῶν*, pour signifier une marmite. *Ambon*, vient d'*ἀμῶν*, *ascende*; d'où en retranchant un a se fait *ἀμῶν* & parceque l'on, qui est une lettre palatale, ne peut soutenir une lettre labiale, telle qu'est b, cette n s'est changée en m, & l'on a dit *ἀμῶν*, *je monte*; d'où s'est formé *ἀμῶν*, *ambo*.
AMBRE. De l'Éspagnol *ambar*: d'où les Italiens ont fait aussi leur *ambra*. L'Éspagnol *ambar* a été fait de l'Arabé *ambar*: ce qui a été très-véritablement remarqué par Caninius dans ses Canons des Dialectes, à la lettre 9. ¶ Anbar *Æthiopice est* cœus. *In occurris in Evangelio Æthiopico Matthai* XII. 40. & in *Cantico trium Sociorum Danielis*, in *Daniele* III. 79. *Atque* le plurale anabroth cœe, *Lirugia Æthiopica, Romandita*, pag. 176. D. *Arabice* alanbar est cœti species, de que Damir: Alanbar, est pscis marinus magnus, & cujus pelle sumatur scuta, que vocantur SCUTA ALANBAR. In *hujus pscis* ventre ambram reperiri scribunt, *Avicenna*, Damir, *Abentizar*, *Alcanus*, Leo *Africanus libro* 9. *atque Arabum plures alii*. Unde est *quod vocatur* anbar. C'est ce que M. Bochart avoit écrit dans son exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise, au mot *ambre*. Ce qu'il a encore remarqué dans son livre des Animaux de l'Écriture Sainte. M.
AMBRELIN. Rabelais, livre 4. chap. 40. C'est le nom de l'un des Caisiniers qui combattirent les andouilles. Ant. Oudin, dans son Dictionnaire Fr. Ital. *Hambelin*, *buemo di poca confideratione*. Ce mot est Alleman d'origine, & c'est un diminutif de *F'aminer*, qui signifie un marteau. Ce diminutif seroit *Hamerlein*. Et quoiqu'il ne signifie proprement qu'un petit marteau, on le prend pourtant figuement pour le Jaquemar qui frappe les heures d'un horloge avec le petit mar- teau qu'il tient en main: & de-là vient que le mot *Ambelin*, qui se dit encore à Metz dans la signification que lui donne Oudin, a signifié chez nous un homme de néant, ou de peu de considération. M. *Otho Hamerlein* est un mot qui se trouve dans les Epières, *Obsturorum virorum*, page m. 1201 *Le Duchat*.
AMBRETTE. Nom d'une fleur assez connue, & qui a été ainsi appelée à cause que son odeur approche de celle de l'ambre. Par la même raison une sorte de poire qui a l'odeur de l'*ambrette*, a été nommée poire d'*ambrette*. Vergy.
AMROSIE. Comme le nectar est le breuvage des Dieux, on a feint de même que l'*ambrose* étoit leur viande, *vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò vò *Neclar & Ambrosium, latices epulafque Deorum.* Et à Martial, *Jupiter Ambrosia Satur est & neclare vivis.* Ce mot est Grec, & signifie immortalité, étant formé de l'a privatif & de *spyrie*, *mortalis*. La viande des Dieux a été ainsi appelée, parcequ'il n'est pas permis à un mortel d'en manger, ou parcequ'on devient immortel lorsqu'on en mange. Vergy.
AMBUBAIE, *Ambubai*. Ce mot, que quelques-uns de nos Dictionnaires ont fait François, est pris d'Horace, Liv. 1. lat. 2. & de Suétone dans Néron. Un Commentateur d'Horace a cru que les *Ambubai* étoient des femmes & des coureurs que l'on avoit ainsi appelées à cause des sottes qu'elles dissoient en begayant dans l'yrrèfie. Torrentius sur Suétone, Turnebe, Liv. XI. chap. 23. & Pulmannus dans ses notes sur Suétone, ont pensé que ce mot venoit de *ambu* ou *am*, vieille préposition Latine, qui signifioit *circum*, antour, & de *Bai*, *Bari*, lieu délicieux proche de Naples; & que c'étoient des femmes débauchées qui se trouvoient aux environs de Baies; que *ambu* a été dit pour *am*, de même qu'*indu* a été dit pour *in*; que c'est de-là qu'on a dit *ambavale* & *ambedo*, & de même *ambubai*. Cruquius, dans son Commentaire sur Horace, croit qu'*ambubai* s'est dit pour *ambubeja*, & qu'il signifie proprement un vendeur d'*ambubeja*, herbe dont Dioscoride, Celse, Panthin, Mathiole & d'autres ont parlé, & qui, dans Pline, s'appelle *ambugia*, par la faute des Copiites, qui ont substitué ce mot à *ambubeja*; parce que ces vendeurs d'*ambubeja* étoient des charlatans; qu'enfuite on a transporté ce mot à toutes sortes de charlatans, & que c'est là ce qu'il signifie. Mais toutes ces étymologies ne paroissent point vraies: la dernière sur-tout n'a aucune apparence. Il faut dire avec Acron, ancien Commentateur d'Horace, avec Scaliger, Caisubon, Beroalt, Sabellicus, Caninius sur Suétone, Lambin dans ses notes sur Horace, Boxtorf, Schindler, Bochart, & tous ceux qui s'auroient les Langues, que ce mot est Syriaque. En effet de l'Ebreu *ambub*, qui signifie une tige de blé, on a fait *ambub*, qui revient au *calamus* des Latins, & signifie ordinairement un petit instrument de musique fait avec un chaume, une tige de blé, en un mot un chalumeau. Et parceque les flures ont commencé par-là, quoiqu'elles se soient perfectionnées dans la suite, & qu'elles n'aient point Gij A M D. A M E. été de simples chalumeaux ; ou parcequ'elles y ressemblent, on les a toujours appellées **אֲבוֹר** **abba**, & avec la termination-Syriaque, **אֲבוֹר** **abba**, ou **אֲבוֹר** **abbaia** : & comme le Syria- que met **nun** au lieu de **daguesch**, aussi - bien que l'Arabe ; pour **אֲבוֹר** **abbaia**, on dit **אֲבוֹר** **abbaia**, une flute, d'où les Romains ont fait **ambbaia**, en changeant seulement l'α en m ; sans rien changer dans le son ni dans la pro- nonciation ; & ils ont donné le nom de l'instru- ment à celui qui en jouoit, appellant **ambbaia**, joueur ou joueuse de flute, comme nous appel- lons Flute, Haut-bois, Violon, Trompette, non- seulement ces Instruents, mais encore ceux qui en jouent. J'ai dit joueur ou joueuse de flute, parce que Lambin croit que c'étoient des hom- mes. Mais la plus ancienne & la plus comune opinion est que c'étoient des femmes Syriennes ; & dans Suétone il paroît que ce sont des fem- mes.
AMDENPA. On dit à Metz d'une personne qui se tient coye & sans dire mot, qu'elle a la fi- gure d'un **amdenpa**, c'est-à-dire d'une ame, ou d'une personne *in pace* ; supplice que dans les Cou- vens on fait souffrir dans une étroite & dure pri- son à ceux d'entre les Religieux qui ont commis quelque crime énorme, ou quelque grand scan- dale. Ce supplice est décrit par Erasme, dans son Colloque intitulé, *Exequia Seraphica* ; où il passe pour bien constant, ayant été de son tems pratiqué, chez les Cordeliers, en la personne de deux Moi- nes de cet Ordre. *Le Duchat*.
AME. Comme quand le Roi dit dans ses Let- tres-pateries, *Notre ame & séal*. D'amaras M.
AMELETTE. On dit **amelette** & **omelette** indifféremment. Rabelais livre 4. chapitre 9. a dit **omelette**. En pareille alliance, l'un appelloit une sienne mon omelette. Elle le nommoit mon œuf : & *étoient alliés comme une omelette d'œus*. Et c'est comme on parle en Saintonge. Le long de la ri- vière de Loire on prononce plus communément **amelette**. A Paris, on dit **amelette** & **omelette**. L'un & l'autre est bien dit, & conformément à l'étymologie : mais cette étymologie est cachée, & je croît être le seul qui l'ait découvert. La voici. Les Italiens appellent **anima** la semence des fruits. Il *seme de frutti ch' e rinchiuso dentro al nocciolo*, *dal quale nascon le piante*, disent les Académiciens della Cruisca. Et ils appellent **animelle**, c'est-à-dire, *petites ames*, certaines béatilles ; comme foyes, cœurs, roignons, gésiers, & autres parties des entrailles des animaux, dont on fait ordinairement des fricassées. Nous disons de même en France, l'ame d'un fagot, pour dire le dedans d'un fagot. Et Plaute a appellé l'ame du puis, l'eau qui est dans un puis. Or comme une amelette ou omelette, n'est autre chose qu'une fricassée d'œus ; d'où vient qu'on l'appelle *frittata* en Italien ; c'est-à-dire, *fricassée* d'**animaletta**, diminutif d'**anima**, nous avons dit **amelette**, pour signifier une fricassée d'œus : car **amelette** parmi nous, veut dire *petite ame*, qui est un mot dont Ronfaud s'est servi dans la traduction des vers de l'Empereur Hadrien, *Animula*, *vagula* : *Amelette Ronfardellette*, &c. De l'Italien *alima*, qui signifie *ame*, nous avons fait de la même sorte le mot d'**omelette alma**, *almula*, *almaletta*, AUMELETTE : c'est ainsi que ce mot a été écrit premièrement. Et dans l'édition du quatrième livre de Rabelais, de l'année 1553, au passage ci-dessus rapporté, il y a **haumelaïte**. Les Gaïcons écrivent & prononcent encore aujourd'hui **aumelette**. On a écrit ensuite **omelette**, l'au se prononçant comme un O. Tous ceux qui se connoissent en étymologies, ne douteront point, je m'assure, que celle-ci ne soit très-véritable. Ceux donc qui veulent qu'on dise **amelette**, parce que, selon Trippault, ce mot vient de *ἀμυδία*, qui veut dire *délayer ensemble* ; ou d'*ἀμυδία*, selon M. Lancelot : qui est un mot qui se trouve à peu-près dans cette signification dans le Scholaïste d'Aristophane : & ceux qui veulent qu'on prononce **omelette**, parce que, selon M. de la Mote le Vayer, ce mot vient d'**eux** **mosis**, & selon Bourdelot, d'**evum molle**, & selon le P. Labbe, d'**omelia**, fait d'**ἀμυδία**, & de *μύδία*, sont mal fondés dans leur opinion. Mais quoiqu'on dise à Paris **amelette** & **omelette**, on dit pourtant, & à la Cour, un peu plus communément **omelette**. Le meilleur & le plus sûr est donc de dire **omelette**. Et c'est aussi comme parlent les Céletins, grands artisans de ces sortes de fricassées. M.
AMELETTE. Du même mot d'où nous avons fait **alumelle**, sçavoir de **lamella**, diminutif de **lamina**. **Lamella**, **alamella**, **almeletta**, **almeletta**, **aumelette**, comme nous écrivions & prononctions anciennement ce mot. Au chap. 34. du *Janna Linguarum*, imprimé à Toulouse en 1645, on appelle **aumelettes** & *flammiches* cette sorte de pâtisserie, qu'on nomme communément **galettes**, à cause que par leur peu d'épaisseur, elles ressemblent à ces pierres plates qu'on appelle **galets** : & il est clair que l'aumelette à œufs n'a pareillement eu le nom d'**aumelette**, que parce qu'autrefois on la faisoit déliée comme une lame de métal. Rabelais, à l'endroit cité par M. Ménage, a écrit **haumelaïte**, parce que pour faire parade de son Grec, il dérivoit ce mot d'*ἀμυδία ἀμυδία*, *simul trita*, à cause que les œufs sont battus ensemble dans l'omelette. *ἀμυδία* *simul*, *ἀμυδία* nom verbal, d'*ἀμυδία*, dans la signification de frango, *tero* : d'où vient que le bord de la mer est appellé *ἀμυδία*, parce que les flots s'y brisent. Cette alliance que Rabelais suppose dans l'omelette, me fait penser qu'**omelette** pourroit bien ne vouloir dire autre chose que des œufs brouilles, ou des œufs mê- lés dans la poële. **Aumelette** peut aussi venir en cette manière de **lamella**. **Lamella**, **alamella**, **almelta**, **almeletta**, **aumelette**. **Haumelaïte**, dans Rabelais, est une orthographe de fustatise. La lettre *h* & *le* y sont inutiles, & au lieu d'*as* il auroit dû écrire *e*. Les Provençaux appellent **amolate** une sorte d'épée, à cause de la largeur de sa lame. Ant. de Arena, de *Gentilessis* *instudantium*, où il parle des armes de la Bourgeoisie d'Avignon, dans la guerre dont ils étoient menacés par la Bourgeoisie du lieu : *Raperias largas amolatas*. Il me vient dans l'esprit une autre étymologie d'**amelette**, que je suppose être le bon mot. Les amelettes sont des œufs battus, qu'on a jetés dans une poële, avec certaine quantité de beurre. Ces œufs se lient par la force du feu ; & pour empêcher qu'ils ne s'attachent à la poële, il faut la mouvoir continuellement, ce qui fait tourner sans cesse l'amelette, ensuite de quoi on la renverse sens dessus dessous pour achever de la cuire des deux côtés. Je m'imagine donc qu'on l'a appellée de la sorte d'ambulata, à cause de la continuelle agitation où on la tient, jusqu'à ce qu'elle soit cuite à propos. Le Duchat.
AMELLON. Nom de famille. Peut-être d'amello, qui est un nom de fleur, ainsi appellée de Mella, fleuve de Lombardie. Virgile liv. iv. des Géorgiques: Est etiam flos in pratis cui nomen Amello Fecere Agricola, facilis quarentibus herba, &c. — tonfis in vallibus illum Pastores, & curva legunt prope flumina Mella. Servius sur cet endroit: Mella fluvius Gallia est, juxta quem herba hac plurima nascitur, unde & Amello dicitur. Les Glofes: amellum, paripsum, Amellus, epidys. D'amello, on a fait amelatus, dont nous avons fait Amelos, qui est un autre nom de famille. M.
AMELOT. Nom de famille, vient d'Amis, ancien nom propre. Témoin le Roman de Milles & Amis. De Milles, on a fait le diminutif Millet; comme d'Amis, Amios & Amelos. Huet.
AMEN. Ce mot est pur Ebreu, mais il est aussi en usage chez les Syriens & les Chaldéens, & il a passé dans les Langues vulgaires par le moyen de la Religion. Il signifie en premier lieu vérité. Comme dans l'Isle 65. 16. Qu'il jure par le Dieu d'amen, c'est-à-dire, par le Dieu de vérité. En second lieu il sert à marquer le consentement que l'on donne à quelque chose, & alors nous l'exprimons en François par ainsi soit-il, en Latin par fiat. C'est le sens qu'il a à la fin de toutes les prières. Au chap. 27. du Deutéronome le peuple devoit répondre amen à toutes les malédictions qui seroient prononcées contre les Violateurs de la Loi. Dans le Nouveau Testament, amen au commencement du discours est un abverbe qui signifie véritablement, certainement; comme quand N. S. dit amen amen dico vobis. Au lieu d'amen, on lit dans S. Luc, chap. 9. 27. àx. 30, c'est-à-dire véritablement, & au chap. 11. 51. 30, c'est-à-dire, assurément.
AMENDE. Voyez AMANDE.
AMENDE. ou Emende. Il n'y a point de doute que ce mot ne vienne d'emendare, qui signifie ordinairement corriger & réparer, mais que les Juiconsultes prennent quelquefois pour chanter de fait & de parole. La Loi 7. paragr. Praterca, Digest. De injuris: Libertum conquerentem, quo Dominus ei convicium dixeris, vel quid leviter pulsaveris, vel emendaveris. Et la Loi 9. De Plan, Dig. De Officio Procosulitis: Libertum non obsquentem emendare, aut verbis, aut fustium castigatione. De la vient qu'amen, est une peine pécuniaire: en Latin mulita; parce que c'est une espèce de correction qu'on fait pour les fautes qui ne méritent point de plus grande peine, bien que pour certains délits on condamne quelquefois à une amende d'honneur. Il y a long-tems que le verbe emendare est pris pour payer l'amende. Par la Loi des Bajuvartens, Tit. 1. paragr. 12. celui qui a enlevé une Religieuse, & l'a épousée, est condamné à la remettre dans le Couvant, au profit duquel il est aussi obligé de composer le double de la composition que seroit celui qui auroit enlevé l'épouse d'autrui: Componat ad illud Monasturium dupliciter; sicut filet componere qui alienam rapit uxorem. Et cette composition est ce que nous appellons amende; car il y a ensuite de ces paroles: Et si noluerit emendare & reddere, expellatur de Provincia. La A M E. A M I. Loi des Saxons, Tit. 10. paragr. 7. Quicquid servus aut Litus, jubente Domino perpetravit, Dominus emendat: ce qu'au paragraphe suivant la Loi appelle mulitam componat. Si bien qu'il n'est pas toujours vrai de dire, selon le Speculum Saxonicum, liv. 3. art. 53. que mulita Judici datur; emenda parti lafa. Caesneuve.
AMENDER. Voyez AMANDER.
AMERIQUE. Cette grande partie du monde qui est dans l'émisphère opposé au nôtre, est ce que nous appelons l'Amerique ou le nouveau monde. Christophle Colomb, Genois de nation, ayant compris par le raisonnement tiré de la rondeur du Globe, qu'il devoit y avoir des pays habitables dans la partie opposée à celle que nous habitons, & ayant été confirmé dans cette idée, par la relation de quelques Mariniers qui lui racontournent comment une tempête les avoit jettés sur des terres inconnues; il s'adressa au Roi d'Espagne, dans le dessein d'aller tenter la découverte de ces pays inconnus. Il obtint de Ferdinand & d'Isabelle trois Vaisseaux avec lesquels il partit de Cadix au mois d'Août 1492, il navigea tant qu'il découvrit les Illes de la Floride; & de retour en Espagne au mois de Mars de l'année suivante, il rapporta des preuves certaines de sa découverte & des grandes richesses de ce nouveau monde. En 1497. le Roi d'Espagne y envoya Americ-Véspuce Florentin, qui pouisa plus loin les premières découvertes qui avoient été faites; & de son nom d'Amerique, ce pays auparavant inconnu, fut appellé Amerique. Vergy.
AMETHYSTE. Voyez AMATHYSTE.
AMIANTE. Pierre qui se réduit en coton ou en flamens assez souples pour pouvoir être filés. On en fait, dit-on, de petits ouvrages que le plus grand feu ne s'antroit endommager. L'Amiant se nomme autrement Asbeste, ou Lin incombustible. M. Chevreau, dans son Histoire du Monde, tome 2. page 101. & 104. dit avoit rapporté des Pyrenés des Pierres & du lin d'Amiant ou Asbeste, dont il a fait présent à plusieurs curieux de sa connoissance. Il croit sur la pointe d'un rocher de la vallée d'Azun, qui n'est éloigné de Barège que de quatre lieues; il est, dit-il, blanc, doux & délié comme de la soie. Il est très-fec, & signifie facilement, ainsi que s'en ai vu faire l'expérience. Le mot Amiant est Grec, àpierres, & signifie impollutus, incontaminatus, nom qu'on a donné à ce lin, parce que bien loin que le feu le gâte, il en sort au contraire plus blanc & avec plus d'éclat. Le mot Asbeste, est aussi Grec, acerres, & signifie inextinctus, qui ne se détruit point. Plusieurs ont cru que c'est dans un linceul fait d'Amiant, que l'on brûloit les corps des anciens, & que ce linceul n'étant pas consumé par le feu, les cendres du corps, par ce moyen, n'étoient pas mêlées avec celles du buchet. Le Père Martini, dans ses voyages, parlant du Royaume de Tangut, pense que ces draps incombustibles, qui servoient à brûler les morts, pourroient bien avoir été faits d'une certaine herbe qui croit en Tartarie sur des pierres. Elle ressemble, dit-il à une espèce de chanvre. Si on la met dans de l'eau, elle tombe en pièce, & devient comme de la boue; mais elle s'enflame en quelque façon dans le feu, & ne se consume point. Aussi, ajoute-t-il, en fait- on des méclies qui durent toujours. La pensée du P. Martini n'est guère vrai-femblable, puisque les Romains n'avoient point de commerce avec les Tartares Asiatiques. Et si la graine ou la racine de cette herbe incombustible, avoit été apportée en Italie pour y être cultivée, sans doute que parmi tant d'Historiens, qui nous ont détaillé avec quelle pompe on brûloit les morts, il s'en seroit trouvé quelqu'un qui en eût parlé, & la chose étoit assez singulière & assez curieuse pour que les relations anciennes & modernes de la Tartarie en eussent fait quelque mention. Au reste, je ne sçais s'il n'y a point lieu de douter de la vérité de ces linceuls incombustibles. Vergy. AMICT ou AMIT. Grand morceau de linge quarré, que les Prêtres, quand ils se revêtent des ornemens sacerdotaux, mettent sur leur tête ou autour de leur col, suivant la coutume des lieux & des Eglises. Du Latin amiculum & amicus, qui ont été formés d'amicire, se couvrir, se voiler, & qui dans la bonne Latinité, signifient un vêtement que l'on met par-dessus les autres; tel qu'est à l'égard des hommes, le manteau, la cape, & à l'égard des femmes un grand voile. Vifus est in formis amica esse amicus amiculo. Cicer. De Divin. Vergy.
AMIDON. D'amyum, d'où les Italiens ont aussi fait amido, & les Espagnols almidon. Amidum se trouve dans S. Thomas. 3. q. 74. art. 3. ad 4. Amidum, est ex tritico corrupto. Le Latin amyum a été fait du Grec ἀμωδ; & ἀμωδ a été dit de la particule privative & & du substantif μολδ, qui signifie une meulle : parce que l'amidon se fait sans meule. Pline xviii. 7. Amyum verò ex omni tritico ac filigine : sed optimum e trimestri. Inventio ejus Chio infula debetur : & hodie laudatissimum inde est : appellatum ab eo quod sine mola fiat. Dioctoride II. 125. ἀμωδ οὐμωδ, διὰ τὸ χυρὶς μιὰν καὶν καὶν καὶν. Les Espagnols ont dit almidon, pour amidon, par le pléonafine de L. comme en almendra d'ami dalus. M.
AMIENS. Ville Capitale de la Picardie. Les peuples de la Gaule Belgique, que l'on appelait Ambani ou Amban ufer, & qui s'étendoient jusqu'à l'Océan, ont donné le nom d'Ambanum à cette Ville qui étoit leur Ville principale; d'où est venu celui d'Amiens. Elle se nommoit auparavant Samarobriva, c'est-à-dire, pour sur Somme, parce que l'ancien nom de la Riviere de Somme, sur laquelle cette Ville est située, étoit Samara, qui a été changé en celui de Sumina, d'où a été fait celui de Somme. Vergy.
AMIRAL. L'origine de ce mot est fort débattue. Les uns le forment de ἀμωδ, qui signifie la saure de la mer; parce que les Amiraus font Chefs des armées navales. Les autres le composent de Amir, ou Emir, qui signifie Prince parmi les Arabes; & ἀμωδ qui veut dire maritime: aussi bien les derniers Grecs l'écrivent ἀμωδ; comme il se voit dans le Caropala. Mais l'opinion la plus assurée, comme je crois, est que nos anciens François, dans les voyages qu'ils firent en Orient, emprunterent ce mot des Arabes, lesquels, comme je viens de dire, appellent Amir, ou Emir, un Prince ou Gouverneur de Province. Mathieu Paris, en la Vie de Henri III. parlant de la ville d'Azur : Procurator civitatis qui lingua eorum Emir dicebatur. Il est bien vrai que les Auteurs écrivent ce mot de diverses façons; car il y en a qui disent Amiras. Paulus Diaconus Aquileienis, Hist. Miscell. lib. 119. Dolo nécatus est Hoamen Dux, cum Amiras decem fuisse amis : mais avec cette différence, qu'Amias est le titre du Prince Souverain, & Amiraus, celui d'un Gouverneur de Prince. Sigebert dans la Chronique sur l'an 630. parlant de Mahomet : Hic in regno Sarracenorum quatuor Pra- tores flatuit, qui Amirais vocabantur; ipse verò Amiras dicebatur. Le même sur l'an 617. Mubavias ex Amias Amiras fultus. Et encore sur l'an 718. Zuleir en Amiras, cum Amirais suis, & folio na-vium pene trium millium, Constantinopolim triennio obfidei. Quelques autres Auteurs disent Admiasus. Admiasus Engolismensis : Nabuchodonosor, Baby-lonia, quem vocant, Admiatum. Et Mathieu Pa- ris, dans la Vie de Henri III. Posfitas Janua, quem Admiatum vocant. Il y en a encore plusieurs qui écrivent Admiasus, & Amiraus, conformé-ment à notre façon de parler. L'Historia Geflorum Via Hierofolymitana, livre 5. qui est dans le quatrième Tome des Histories François de Duchaine. Tres Ammiraldi; sic Reges quippe vocati Hierusalem. Robertus Monachus, dans son Histoire de Jerusa- lem, livre 4. Et quos Admiasus vocant, Reges juni, qui Provois citis regionum pra- juni. L'Auteur du Supplement de la Chronique de Sigebert : Stolus etiam Babylonia per mer, em unum obfedit Accaron. Et les anciennes Annales de France : Legatos Aaron Amiralmumminim Regis Perfarum. Bref, ce mot se trouve diversement écrit dans Mathieu Paris, & dans plusieurs autres Histories; car on y rencontre assez souvent les mots de Admiasus, Amiraus, Admiasus, Admiasus, Admiasus. Mais ce qui me confirme davantage en cette opinion, qu'Ami- rai signifie originalement Chef, & Gouverneur, & qu'anciennement il n'étoit pas proprement dit d'un Chef d'armée navale; c'est que le Grand Maître des Arbalestriers a été autrefois appelé Amir, l' des Arbalestriers. Engmerrand de Monstrelet, vol. 1. chap. 15. Et la se trouverent les François; c'est-à- sçavoir, l'Admiral de France & l'Admiral des Ar- balestriers : lesquels avec leurs gens se mirent sur mer. Si ce n'est qu'on veuille dire, que lorsqu'il com- mandoit dans les armées de terre, il étoit appelé, Maître des Arbalestriers; & que lorsqu'il étoit sur mer, il prenait la qualité d'Amiral. Du Tillet en son Recueil des Rois de France, nous veut perfu- der que l'Office d'Amiral est fort ancien; & qu'il étoit déjà établi du tems de Charlemagne; parce- que, dit-il, Eginard, en la Vie de cet Empereur, appelle Roland Préfet de la Mer Britannique. Mais il s'est mépris, en ce qu'il a pris la côte de la mer, pour la mer même. Car les paroles d'Eginard sont, Rutlandus, littoris Britannici Præfctus : où littus Britannicum signifie proprement les villes, les ports, & les terres affises le long de la côte de l'Ocean Britannique. Outre que dans l'édition d'E- ginard, qu'André du Chesne a donné dans son Re- cueil des anciens Histories de France, il y a Li- mitis Britannici Præfctus. Or, qu'en ce temps-là l'Office d'Amiral n'étoit pas encore établi, il est aisé de le prouver; parce que Charlemagne en- voyant une armée navale en l'Île de Corseque, pour la défendre des incursions des Mores, elle fut commandée, non par un Amiral, mais par le Con- nétable, qui étoit alors celui que nous appelons Grand Ecuyer de France. Les Anciennes Annales de Fulde, sur l'an DCCVI. Eodem anno Rex Burg- hardum, Comitem flabuli sui, cum classe mise in Corsicum, ut eam a Mauris, qui superioribus annos illuc pradatum venire confuerant, defenderet. De forte que le terme d'Amiral ne le trouve pas uste en France, que depuis les voyages de la Terre Sainte. Il est bien vrai que l'Amirante ne fut pas d'abord érigée en Office; & que jusqu'au Regne de Charles V. les Amiraux étoient institués par nos Rois, lorsqu'ils équipoient des armées navales; & destitués, lorsqu'ils n'en avoient plus affaire. Et le premier qui exerça l'Amirante en Titre d'Office, fut Amaury, Vicomte de Narbonne, comme du Tillet a remarqué. Casenove. de Lurchy. Et sera noté qu'en tout l'Ordre de Cluny il n'y a qu'un Abbé du Monastère & Ordre : & de quelque Monastère que soit le Religieux, il se dit Moine de Cluny : & nul audit Ordre ne reçoit des professions, sinon l'Abbé, ou celui qui est commis pour lui. Les anciens Villages de ce pays appelloient les Moines, Mognes, & les Paroysés des Moines, des Mognes, dont est venu le mot Amoignes. M. de Lamognon, Avocat Général du Parlement de Paris, homme de grande considération, & duquel on peut dire, Gloria & Divitia in domo ejus, & justitia ejus manet in saculum saculi, est originaire de Nivernois. Ce qui a fait dire à quelques Ecrivains, que sa Maison avoit pris son nom de ces Amoignes, contrée du Nivernois, dont nous venons de parler. M.
AMONCÉLER. D'admonricellare. Voyez monceau. M.
AMONT. D'admontem. M. AMORABAQUINE. Sorte de Morisque, ou Mascarade Turque. Rabelais, liv. 5. chap. 47. Et jour l'Amorabaquine. A la page 118. de l'Hifi, de Charles VII. publiée par Denis Godefroy, édit. du Louvre de 1661. sur l'an 1441. on lit l'Almoral-haquin. Ainsi ce mot vient, ou du Sultan Amurat I. ou Murat I. Froissart nomme toujours l'Amorabaquin, comme qui diroit le Sultan Murar, ou Amirat; ou du même Sultan, en qualité d'Amiral, ou Chef des Sarrazins. Le Duchat.
AMORCER. D'admorsare, qui a été fais de morsus. De morsellus, on a fait morceau. ¶ Amorec : c'est un appas pour prendre des poissons, des oiseaux, des bêtes. M.
AMORTIR. AMORTISSEMENT. Les Eglises, Chapitres, Colleges, Confraries, & Communautés, sont appellés Gens de Main-morte, selon la commune opinion, parce que ne pouvant mourir ni aliéner leurs possessions, elles ne peuvent jamais changer de main : bien qu'il y ait plus de raison de les appeller, Gens de main immortelle, parce qu'ils ne peuvent jamais mourir. Mais je fais voir sur le mot Main-morte, qu'ils sont ainsi appelés, de main, qui signifie possession, & de morte, qui veut dire inutile & sans fruit : parce que les possessions que les gens de Main-morte acquièrent, sont inutiles & sans fruits a l'égard des Seigneurs desquels elles relèvent. Et c'est parce qu'ils y perdent les Ventes, les Quints, Requints, Reliefs, Confiscations, & autres Droits dus, selon les Coutumes des Pays ; qui leur pourroient échoir si tels biens étoient possédés par des particuliers. Ces biens sont dus amortis, c'est-à-dire, rendus inutiles & sans fruit a l'égard des Seigneurs de qui ils sont mouvans, lorsque de leur consentement, le Roi, par des Lettres d'amortissement, les décharge de tous les Droits & devoirs féodaux, s'ils sont tenus en sief; ou de toute sorte de Cens, & autres telles redevances, s'ils sont tenus en vœre. Et ce consentement des Seigneurs, est simple & conditionnel, c'est-à-dire, moyennant le payement de l'indemnité, ou la nomination d'homme vivant, mourant, & confisquant. Il n'y a pourtant que le Roi qui puisse faire tel amortissement : bien que par Arrêt de l'an 1277. rapporté par le Président le Maître, au chapitre 2. des Amortissements, les Pairs de France soient en droit d'amortir les arrière-fiefs qui sont tenus d'eux : Et par la Coutume de Bar, art. 11. au Duc de Bar seul appartient de donner amortissement des choses acquises par gens d'Eglise, ou de Main-morte, Chapitres, Collèges, ou Communautes. Le verbe amortir, dans les Coutumes, se trouve pris en diverses significations. Dans la Coutume d'Anjou, art. 258. amortir un hommage, est l'éteindre par la redevance de quelqu'autre devoir, si la personne Courumiere (c'est-à-dire, non noble) aborde à quelque devoir, ou amortit la foi & hommage qu'elle doit. Par la Coutume de Rhoims, art. 23. Toute personne débite, ou constituée en vieillesse, se peut donner & amortir à tel que bon luy semble. Où l'on a fait cette Note marginale : Amortir, en ce lieu, s'entend de célu qui se donne, luy & ses biens, à qui lui plais, à la charge d'être nourri le reste de sa vie. La Coutume de Chalons, art. 17. porte que les gens de condition servile, & de Main-morte, peuvent donner, vendre, & engager leurs meubles & héritages, & eux amortir à qui bon leur semble. Où amortir signifie laisser les biens; en la même sorte que les Gens de Main-morte, c'est-à-dire, de servile condition, mourans sans enfans, sont contraints de les laisser à leurs Seigneurs. Quelques autres Coutumes disent se faire mort, pour amortir. La Coutume de Cambreiss, Titre 1. 70. & 71. Se faire mort d'un sief en faveur du plus proche héritier. En Languedoc, amortir le feu & la chandelle est ce qu'on dit en France éteindre & tuer. Cafeneuve.
AMORTIR. Coquille, dans son Histoire de Nevers, page 398. de la dernière édition : Le droit d'admortir est fondé, sur ce que par l'ancienne Loi de France, les Eglises & Communautes, qui ne meurent point, ne peuvent acquérir ny tenir héritages, pour ce que telles sortes de gens ne vendent, & les Corps ne meurent point, & ne confisquent. Et c'est l'intérêt des Seigneurs justiciers & directs que les héritages mouvants d'eux soient les mains de personnes vivantes & mourantes, & qui peuvent aliéner & confisquer : & ce, à cause des profits casuels : & s'appelle admortir, quand le Roy, ou autre Seigneur, permet aux Eglises & Communautes, que d'ancienneté un appellent Gens de Main-morte, de tenir héritages. M.
AMORTISSEMENT. Le droit d'amortissement doit son origine à la Loi Papyrie, ainsi appelée parce qu'elle fut faite lorsque Papyrus étoit Tribun du Peuple Romain. Par cette Loi il étoit défendu d'élever des Temples & des Autels aux Dieux, & de consacrer aucuns biens ou héritages pour leur culte, que du consentement du peuple, crainte que son Domaine ne diminuât par la chaque jour. Les Papyrus vetabat, ne terra; domus, aut ara sacraretur populi injussu, cujus possimum interetat ne fundi ac praedia consecrarentur, & ita Domini ac commercia jus sensum eripterentur. La même raison a fait établir le droit d'amortissement. Mais il n'est pas aisé de déterminer en quel tems ce droit a commencé en France. Plusieurs le sont sont ancien, & veulent qu'il ait été en usage du tems de Marculfe, qui, selon M. Bignon, vivait vers l'an 660. M. de Lauriere, dans son Glossaire du Droit François, veut qu'il n'y a été introduit parmi nous que depuis quelques siècles; & pour le prouver, il rapporte la Charte de Hugue, Vicomte de Châteaudun, de l'an 1149. publiée par Chopin, sur l'article 37. de la Coutume d'Anjou. Mais je crois que l'on doit distinguer la permission que nos Rois ont accordée à l'Eglise & aux gens de Main-morte, de pouvoir posséder les donations qui leur avoient été faites, de la permission qu'ils leur ont donné de pouvoir acquérir & acheter. On peut citer des exem- ples, A M O. A M P. ples beaucoup plus reculés de la première que de la seconde. Vergy.
AMOURETTES. Sorte de gramen. Fortesse ob penicularum elegantiam, disent les Médecins de Lyon. M.
AMOUSTILLE. Rabelais, liv. I. chap. 40. Ce sont chataignes du bois d'Estrocs, avec bon vin nouveau : voy vous la composeur de pets. Vous n'estes encore ceans amouftilles. Frere Jean, qui parle ici, veut dire que ceux qui avec lui voudront boire du mouft, ou du vin nouveau, sur les chataignes rottes qu'on venoit de leur servir, pouvoient s'attendre d'avance à lâcher beaucoup de mauvais vents : & sur ce qu'apparemment quelqu'un en faisoit difficulté, sur ce qu'il n'avoit pas encore osé gouter du vin de l'année, qui étoit trop nouveau pour lui, le Moine lui demande si donc dans la maison où ils étoient, on n'étoit pas encore amouftillé, c'est-à-dire accoutumé au mouft, ou au vin nouveau. Du reste, voici un passage de Jo. Bruyerinus, dans son De re cibaria, liv. XI. chap. 25. qui parle de cette coutume de manger des ce tems là des chataignes rottes, avec du vin nouveau, & de l'effet que frere Jean lui attribue : Porternosa gula, dit cet Auteur, jubet hyeme ad focum luculentum castaneas tortere, & ex vino dulci, hoc est musteo & novissime expresso mandi : quo quidem cibatu nihil potest esse stomacho & visceribus difficilius. Le Duchat.
AMPHIBIE. Varron de Re Russica, livre 3. chapitre XI. Transi, inquit Axius, nunc in illud genus, quod vos Philograci vocatis aquascis : quod non est ulla villa aut terra contentum, sed requirit piscinas, in quibus, ubi anseres aluntur, nomine xlocorum appellatis. Columelle VIII. 13. Venio nunc ad eas aves quas Cruci vocant aquascis, quia non tantum terrestria, sed aquatilia quoque desiderant pabula, nec magis homo quam flagno confueverunt. Ammian Marcellin, livre 22. Exuperat A. Lyptus etiam pecudibus multis : inter quas terrestres sunt & aquatiles : alia, qua humi & in humoribus vivum, unde aquascis nominantur. La couleuvre, appellée des Grecs xlocorum, & été ainsi nommée, parce qu'elle vit dans l'eau & sur la terre. M. On appelle amphibies, ces sortes d'animaux qui vivent également dans l'eau & sur la terre, tels que sont, la grenouille, la tortue, le castor, le loutre, &c. Ce mot est fait du Grec aqui, utrinque & pice, vita, c'est-à-dire, animal utrinque vivens, modo in terra modo in aqua. Baglivi, célèbre Médecin & Anatomiste, dans sa Dissertation de Circulatione sanguinis in Rana, a observé que dans les animaux amphibies, à la différence des autres animaux, leur cœur n'a qu'une cavité, avec une artère destinée à recevoir le sang qui en sort, & une veine qui l'y porte. Vergy.
AMPHIBOLOGIE. C'est un vice du discours qui le rend ambigu & obscur, & qui peut le faire interpréter en divers sens. Telle étoit cette réponse que Pyrrhus reçut de l'oracle qu'il avoit consulté sur la guerre qu'il avoit dessein de faire aux Romains : Diote, Acacida, Romanos vincere posse. L'amphibologie consiste en ce que te & Romanos peuvent-être également nominatif & cas. La Langue Françoise n'a point de ces sortes d'amphibolo- Tome 4. A M P. A M S. 57 gies; mais elle en peut avoir dans ses relatifs. Par exemple dans cette phrase, le pere du soldat que vous avez vu, le que, suivant la Grammaire, se rapporte au dernier, c'est-à-dire à soldat; & selon l'intention de celui qui parle, il se rapporte souvent au premier, c'est-à-dire à soldat. Le mot amphibologie vient d'un Grec barbare, car on ne dit point en bon Grec aquascis, ni aquascis mais aquascis, dans le même sens.
AMPHISCIEN. C'est un terme de Geographie & d'Astronomie. On nomme ainsi les peuples qui habitent la Zone torride, parce qu'ils ont l'ombre tantôt d'un côté, & tantôt de l'autre, tantôt au septentrion, & tantôt au midi. Ce mot vient du Grec aqui, circum, utrinque, & de exia, ombre.
AMPHORE. Sorte de mesure des choses liquides, haute, large & profonde d'un pied Romain, ainsi appelée du Grec aqui, de part & d'autre, & de quai, je porte; parce qu'elle avoit de chaque côté une anse, pour pouvoir être portée facilement. L'amphore attique étoit d'un tiers plus grande que l'amphore Romaine, qui ne contenoit que huit conges, au lieu que l'Artique en contenoit douze. On voit encore aujourd'hui à Rome, dans le Palais de Farnese, le conge que Vespasien avoit fait mettre au Capitol pour servir d'étalon, & l'on voit à Paris dans l'Abbaye de sainte Geneviève, une copie de ce conge, que M. Peirée fit faire à Rome. Ce conge ayant été rempli d'eau, & cette eau ayant été pesée, elle a pesé six livres quinze onces deux gros, poids de Paris. Donc l'eau contenue dans une amphore, peséroit cinquante cinq livres dix onces, poids de Paris. Au reste on trouvera que cette suppuration s'accorde parfaitement avec ce qu'a dit Fannius, que l'eau d'un conge pesoit dix livres Romanes, c'est-à-dire, cent vingt onces, si l'on fait attention que la livre Romaine n'étoit que de douze onces, au lieu que la nôtre est de seize; & que l'once Romaine étoit moindre que la nôtre, d'environ cinq grains, en faisant notre once de soixante & douze grains. Vergy.
AMPOULLE. La Sainte Ampoulle. Voyez M. du Cange au mot ampulla. M.
AMSTERDAM. Pour savoir d'où cette Ville du Comté d'Hollande, qui est la plus grande & la plus peuplée des Villes des Provinces Unies, a tiré son nom, on observera qu'autrefois le territoire qui est le long de la rivière d'Amstel; fut possédé par un particulier nommé Gilbert, qui prit le nom de Seigneur d'Amstel. Pour mettre à couvert des inondations ce territoire qui étoit déjà fort marécageux, Gilbert y fit faire une digue, & y fit bâtir un Château qui fut appellé Amsterdam, c'est-à-dire, digue d'Amstel, le mot dans signifiant une digue, une chambre. Des pêcheurs vinrent habiter autour de ce Château, & peu à peu il s'y forma un Bourg, qui dans la fuite devint une Ville considérable. Les descendants de Gilbert furent Seigneurs d'Amsterdam, jusqu'à la fin du troisième siècle; mais un d'eux ayant alors commis des crimes atroces, & ayant été contraint de prendre la fuite pour en éviter la punition, Guillaume III. dit le Bon, Comte de Hollande, unit à perpétuité à son Domaine Amsterdam, & les autres biens de ce Seigneur d'Amstel. 58 AMU. AMY. AN. La raison, suivant cette origine, voudrait qu'on écrivit & qu'on prononçait *Amfeldam*; mais l'usage veut qu'on écrive & qu'on prononce *Amferdam*. Vergy.
AMULETTE. Se dit de certains médicaments que l'on porte attachés au bras, ou pendus au cou, & qu'on prétend avoir la vertu de guérir ou de préserver de divers maux. Il y a des *amulettes* mystérieux, qui consistent en caractères & en paroles, & auxquels on attribue une semblable vertu. Pline en fait souvent mention. Les superstitieux se chargeaient souvent de ces sortes d'*amulettes*. Le mot amulette vient du Latin *amuletum*, ou plutôt *amoletum*, dérivé d'*amoliri*, qui signifie écarter, éloigner. Les Grecs appellent ces sortes de remèdes *pamurées*, *melaïla*, *melaïla*, *melaïla*, *melaïla*.
AMUREES. C'est ainsi qu'on appelle des Religieuses resserrées étroitement, & enfermées de hautes murailles. Il y a encore un Couvant de Jacobines à Rouen, qu'on appelle les *Amurées*. *Amurées* est dit pour *Emmurées*, c'est-à-dire, *murs* cincte *ac detente*. M. Ce mot ne se dit qu'à Rouen, & se dit uniquement des Religieuses de Saint Dominique, qui sont hors la Ville, dans le Fauxbourg Saint Séveré. Peut-être que ce nom leur a été donné, parce qu'il y a eu un tems où elles n'ont pas été enfermées de murailles, & que lorsque leurs murs furent faits on les appelle Amurées. Vergy.
AMUSER. C'est occuper à une action osseuse & de peu d'importance. Il doit venir de l'Alleman *muff*, qui signifie *méssité*; & *muffig*, c'est-à-dire, *méssité*. Je ne sais si ces mots sont formés de *Muse* & de *Musique*: & si les Nations du Septentrion, qui durant leur ancienne barbarie n'estimient rien que le métier des armes, mirent la profession des Arts Libéraux *m'fang* des choses inutiles, & prirent de-là occasion d'appliquer à l'ousseté les noms de *Muse* & de *Musique*, sous lesquels les Anciens Philosophes entendent ordinairement les *Arts Libéraux*. Caffeneuve.
AMUSER, dans le sens de tenir, occuper, peut avoir été formé de l'ancien Alleman *emmuzig*, ou *emmuzig*: car *muco* signifie *méssité*, de même que *muffe*, d'où est venu vrai-semblablement le mot *mufer*, qui n'est plus guères en usage.
AMUSER. Voyez *Muser*. M.
AMYGDALES. Glandes du gosier : ainsi appelées d'*amygdala*, de leur ressemblance à des *amygdales*. M. AN ou ANNEE. Ce mot vient du latin *annus*. Mais *annus* vient-il de la *préposition* *an*, qui anciennement se prenait pour *circum* ? L'*année* n'est qu'une certaine révolution de jours. Ou bien ne vient-il pas plutôt du *Grec* *in*, qui signifie la même chose : Je préférerais cette dernière étymologie. Le Père Petzon croit, que *ennus*, vieux mot, le même que *annus*, est pris de *benn*, terme Celtique, qui, selon lui, signifie *vieux* & *anciens*, parce que l'année vieillit toujours en s'avançant. Le *Grec* *in* signifie aussi *vieux* & *anciens*, soit qu'il vienne du mot Celtique, soit qu'ils aient tous deux une origine commune. \*
ANABLE. Vieux mot, qui signifie *habile*, *capable*. Un ancien Rôle en parchemin, fait du temps de Philippe de Valois en 1331. & inséré parmi les preuves des Libertés de l'Eglise Gallicane : *Le droit de donner bénéfices chiet au Roi de France nostre Sire*, & *a chou en ses devanciers Rois de France de plein droit*. Et est la *personne* du Roi de France convenable & *fouissam de donner bénéfices*, *dignitez ou offices*, *es Eglises*, *de son droit* & *de plein droit* : car il n'est pas pareil aux autres : car il est *personne* anable, & *sacrée*. C'est en l'article 10. du chapitre 16. à la page 614. de la dernière édition. Et plus bas, au même endroit : *Ledit M. Philippe dit q'il vient que li Roy est bien personne anable à donner bénéfices appartenans en sa collation*. Et à l'article 38. Et n'est pas voir-semblable, que li Roy Saint Loys, qui est Saint en Paradis, & approuvé comme Saint de l'Eglise de Rome; qui a son temps usa de semblables collations pour cause de ses Régales, en eufi use se c'en fust pechi mortel : & *vene* & *regardé la personne dudit Loys*, qui est prenable & *anable de tel bénéfice*. Par un ancien Titre du 14. Sept. 1335, qui m'a été communiqué par M. du Puy, le fils aîné du Roi d'Angleterre supplie le Roi de le recevoir à faire la foi & hommage pour le Duché de Guienne, quoiqu'il ne soit pas en âge de la faire, & *de le rendre* & *faire anable*, & *convenable à faire cet hommage*. Je ne sçai pas bien d'où vient ce mot. Il peut venir d'*inhabilis*, qu'on aura dit pour *valde habilis*. Il y a un nombre infini d'exemples où la particule in se trouve dans un même mot intensive & privative. INSCIENS, qui signifie ordinairement *ignorans*, signifie *valde fœtens* dans la Loi 34. au Digeste de *Usurpationibus*. Si *servus* *insciente domino rem peculiarem vendidisset*, *empterem usucapere poffe*. Dans le chapitre de la Loi Mamilia : *Qui termini hac lege statuti erant, et quis quem eorum ojiciere, neve loco movere inferunt dolo malo*. Si *quis adversus ea fecerit*, *is in terminos quoij eecerit*, *loceve moverit*, *insciens dolo malo*, &c. IMPRUDINE a été dit de même pour *valde prudens*. Servus sur ces mots du premier des Géorgiques, — *nunquam imprudentibus imber* *Alii in vacare volunt. Alii augemis habere significationem : ut sit, Nunquam imber obtus valde prudentibus*. Et *infraftus*, pour *valde fraftus*. Servus sur ce vers du v. de l'Enéside, *Nec Ievis imperio*, *fatiere infrafta quiescit : INFRACTA, valde frafta : ut*, Turnus ut infraftos adverso Marre Latinos. Voyez Erythrée dans son Indice sur Virgile, & Cujas sur la Loi 34. de *Usurpationibus*. ¶ Les Ecofosis ont fait de même ANABLE d'*inhabilis*, pour signifier un homme qui n'est point marié. M.
ANCELLE. Ce mot, qui, comme tout le monde sçait, vient d'*ancilla*, est aujourd'hui en usage dans l'Ordre de l'Annonciade, fondé par la Reine Jeanne, femme de Louis XII. dans lequel Ordre la Mère Supérieure s'appelle la *Mère Ancelie*. P. J. Add.
ANCESPESSADE. Par corruption pour lancespessade. De l'Italien lancia spezzata; c'est-à-dire, lance mise en pièces. Guicchardin, livre II, de son Histoire : Il quale seguitato da una valorofa compagnia di Giovanni Gentilumini e Lancie spezzata; sono questi soldati alvieri tenuti suora delle compagnie ordinarie a provvisorie, &c. Henti Etienne, page 189, de la Précellence du Langage François : Mais un des plus notables exemples de ce que j'ay dit, est lancepessade, ou lancepessade; car c'est bien un des mots sous lesquels beaucoup de personnes imaginent quelque nouveau & grand secret. Et toutefois, si on examine son origine pour bien découvrir sa signification, on trouvera que quand ils usent de ce mot, ils ne parlent de rien qu'une soit vieil. Car lancia spezzata est comme si on disoit lance despecée, ou lance mise en pièces : & se baille ce nom à un soldat qui est bien appointé, & auquel on donne plus de privilèges qu'aux autres, (aucune fois aussi est honoré de quelque charge au défaut de ceux auxquels elle appartient) pour ce qu'anciennement celuy qui avoit perdu ses chevaux, & n'avoit moyen de se remonter, venant se rendre parmy les gens de pied, estoit respecté tant en ce qu'il avoit gages extraordinaires, qu'en ce qu'il n'estoit subject à tant de courvées que les autres. Or est-il certain que tout ce y convient à ceux qui sont appellez soldats appointez. Que si quelques-uns des Italiens veulent puis, non pas user, mais abuser de leur lancia spezzata, & pareillement quelques François de leur mot emprunté lancepessade, c'est à eux; je dis tant aux uns qu'aux autres, de rendre raison de leur abus. Et nonobstant ce que j'ay dit de l'origine de ce terme, je n'ignore pas qu'aucun luy en donnent une autre, en le faisant venir du langage Espagnol : mais c'est en prononçant & escrivant autrement que spezzata; lequel mot toutefois nous avons suivi. Mellire Louis de Mongommerie, Seigneur de Courboufon, dit que lancepessade est un Chevau-leger, lequel après avoir perdu cheval & armes en quelque honorable occasion, se jette dans l'Infanterie, & prend une pique attendant mieux, & que cette coutume, & ce mot, viennent des guerre, d'Italie. En & cas, ce sont ses termes, le Chevau-leger qui en un combat avoit rompu sa lance-honorablement, cas avenant que son cheval lui fust tué, l'on le mettoit en l'Infanterie, avec la paye de Chevau-leger. Depuis, par corruption de temps, on l'a fait Lieutenant ou Aide de Caporal, &c. Nous disions anciennement lances pesades; & vous le trouverez ainsi dans Maître François Rabelais, livre iv. & les Gaïcons disent encore Laïce-passade. M. On ne dit plus aujourd'hui Ancespessade, mais seulement Ancespessade. Ce mot, comme dit M. Menage, nous est venu par corruption, de l'Italien lancia spezzata, qui signifie lance rompu. C'étoit autrefois un Gendarme ou Cavalier démonté, qui n'ayant plus moyen de servir dans la Gendarmerie, demandoit une place honorable dans l'Infanterie, où on le faisoit servir avec quelque distinction de paye, ou de service, au-dessus des simples fantassins, mais au-dessous des Officiers. ANCESTRES. D'ancésore, ablatif d'ancésore, qu'on a dit par contraction pour annessor. Anciennement on disoit annessours. Le Chanoine Gasse : Pour remembrer des annessons Les faits, les dits & les morts, &c. Lancelot du Lac : Ses annessours avoient le lieu esta- bly & fondé, &c. Froissard : Il n'est gueres de mes annessours qui soient morts en chambres. Comme les Latins ont dit annessores, pour dire les ancêtres, les Grecs les ont de même appelés ascendans. Les Gloses Nomiques : majestat, & majestats, &c. yous. Touchant la question de savoir si on peut dire mon ancêtre, voyez mes Observations sur la Langue Françoise, & mes Observations sur Malherbe. M.
ANCHE, de hauts-bois, de cornemuses, de musettes. Les Gaïcons disent l'inche : ce qui donne sujet de croire qu'anche a été fait de lingulaca, diminutif de lingua. Lingulaca, linca, LINCHE, LANCHE. On en a été l'1, le croyant un article : comme en astrico, pour lastrico. Voyez mes Origines Italiennes au mot lastra. Les Latins ont appelé l'anche ligula, qui est un diminutif de lingua; & les Grecs γλανθίς mot fait de γλανθία qui signifie langue. M. Toutes ces étymologies qui ont si peu de rapport avec les mots dont on les tire, ne plaisent guères, & sont très-souvent fausses. Celle que donne ici M. Menage, est de ce nombre. Anche vient du Grec ἀρχώ, qui signifie obstruéla gula corces, & qui exprime parfaitement le mouvement que fait faire à son goûter, celui qui tenant l'anche serrée entre ses lèvres, veut la faire sonner. Vergy.
ANCHIN. Abbaye de l'Ordre de S. Benoît, au Diocese d'Arras, sur l'Escaut, près de Douay. D'Aquifioctum, P. J. Add.
ANCHOIX. Petit poisson. De l'Espagnol anchoua, ou plutôt de l'Italien anchioa. Scaliger contre Cardan ccxxvi. 2. Duo halecum sunt generu pusillum quod Anchioam Genuenem secunt Picentes. L'Italien anchioa a été fait du Latin apua, fait du Grec ἀρχώ. Voyez mes Origines de la Langue Italienne. Anchorage est une sorte de poisson dans Casiodore, livre 12. chapitre 4. mais qui n'a rien de commun avec notre anchoix. M.
ANCIEN. D'ante. Ante, antius, antiamus, ANCIEN. Les Espagnols disent de même anciano. Les Italiens disent antiano, d'une sorte de Magistrats. M. ANCILE : C'est le nom d'un petit bouclier qui tomba, dit-on, du ciel, sous Numa Pompilius. En même tems une voix se fit entendre, qui dit que Rome seroit la maitresse du monde, tant qu'elle conserveroit ce bouclier. Denis d'Halicarnasse, Lactance & Ovide, rapportent cette fable. On donne différentes étymologies du mot ancile. Camerarius &c. Muret croyent qu'il est Grec, & qu'il a été formé d'ἀγώνος, qui signifie courbé. De-là vient que quelques Auteurs qui les suivent, écrivent en Latin ancle & ancylia avec un y. Mais les médailles & les manuscrits condamnent cette orthographe. Plutzque dit qu'ancile pourroit bien venir d'ἀγώνος, parce qu'on porte les petits boucliers au coude. Il le dérive aussi d'ἀγώνος, qui signifie d'en-baux, pour marquer que l'ancile étoit tombé du ciel. Ces deux dernières étymologies ne valent pas mieux que la première. Le même Auteur en ajoute encore deux ou trois autres aussi peu vrai-semblables. Reste celle de Varron, qui au livre vi. De Ling. Lat. dit que ces boucliers étoient appelés ancilia, ab ancisu, parce qu'ils étoient coupés ou échancrés des deux côtés. Cette étymologie parroit la plus vraie. * ANCOLIE : fleur. D'aquileia. C'est ainsi que H ij A N C. A N D. les Botanistes Latins modernes appellent cette fleur. Bodæus à Stapel dérive *Angelige d'aquila*. AQUILIANA, dit-il, *five, ut vulgo fucatur*, AQUILEGIA, *nomen accepit à florum mucronibus aduncis, inftar ungutinum aquilinorum*. C'est à la page 517, de ces Commentaires sur Théophraste. M.
ANCOME. Vieux mot, qui signifie *image*. Ville-Hardouin, en sa Conquête de Constantinople, in 119, page 92. *A l'air de Dieu fut deconflé, l'Empereur Moreboflex, & doit être pris ses chars d'armes, & pardi son Gonfapon Impérial, & une Ancone qu'il faisoit porter devant lui, & il se finit mult, il & il autre Gré. En cèle ANCOME été NOTRE DANS formée. D'Icama, fait d'Invée*. Voyez M. du Cange dans son Glossaire sur Ville-Hardouin. M.
ANCOME. C'est le nom d'une Ville d'Italie, dans l'ancien Picenum, que nous appellons aujourd'hui Marche d'Ancone, fut la côte de la mer Adriatique. Elle a eu ce nom à cause de la figure de son port : *ayais* en Grec, signifie le coude. De la vient que dans ses médailles elle a pour symbole un bras, avec ce mot ARON. ANCRE de Navire, D'ancora, fait d'ayoua. M. ANCRE à écrire. Voyez *encre*. M.
ANDAIN. Lat. *Spartium inter divaricaracrum*. D'andamen, ou d'andena, formés de l'Italien *andare*. Voyez M. du Cange, au mot *andena*. M.
ANDALOUSIE. C'est le nom d'une Province d'Espagne, qui comprend presque toute l'ancienne Berique. Elle fut ainsi nommée à cause des *Fandaies* qui l'occuperent.
ANDOILLIER. Fouilloux, chapitre 11, de sa Vénérie, dit que Phébus l'appelle *antoiller*. C'est le premier cors de la tête d'un Cerf; le second est le *surandoillier*; les autres s'appellent *chevillières*. Puisque Phébus, qui est plus ancien Auteur de la Vénérie, dit que Fouilloux l'appelle *antoillier*, il est croyable que c'est son vrai nom : de sorte que je me perçu de qu'il est formé d'*ante*, qui signifie *devant*, comme étant le premier cors. Ainsi en Latin *antes*, font, en une vigne, les premiers ceps; c'est-à-dire, ceux qui paroissent aux extrémités : & *anta*, les jambages des portes; parce qu'en entrant elles se présentent les premières. *Antes sunt extremis ordines vinærum : unde etiam nomen trahunt ante, qua sunt latæa offorum*. Et il est vrai-femblable qu'*antoillier* est formé d'*ante* : de même qu'*antilena*, qui signifie le *poitrail du cheval*; comme étant le contraire de *poftilena*, qui signifie *la crupirri*. Caleneuve. Voyez ANDOUILLER.
ANDOUILLE. Le Père Commire, de la Compagnie de Jésus, soutient affirmativement que ce mot François a été fait d'*endo ilium*. *Endo*, est un vieux mot Latin qui signifie *dans*. M. du Cange le dérive d'*andelago*, qui signifie un *bâron : quod longioris baculi speciem referat*. Voyez-le dans son Glossaire Latin, au mot *andelangus*. Je suis très-perfumé qu'*andouille* a été fait d'*indusioia*. On dit encore *vestir les andouilles* : & le *vestis des andouilles* : & *vestu comme une andouille*. Anciennement nous prononcions *andoille*. On dit dans le Bléfois *oiffiale*, pour dire une *andouille*. M.
ANDOUILLE. D'Edolium. Huet. Dans Rabelais, liv. 4. ch. 12. Il est dit de Quarème-prenant, qu'il ne craignoit rien tant que quelque camisade d'*andouilles*. On voit déjà par A N D. A N E. cet endroit, que du moins-Rabelais dérivoit *andouille d'indusioia*. En effet, rien n'est si aisé à des andouilles, c'est-à-dire comme un composé de plusieurs chemises, vêtues l'une sur l'autre, que d'en vêtir une de plus, en quoi consiste la camisade. Mais ce qui confirme encore cette étymologie, c'est qu'au même livre 4. ch. 36. les plus grosses andouilles sont qualifiées *sorteines*, comme qui diroit par *peines*, ou *sentes peaux*. Les *Andouilles* de Rabelais étoient de véritables *camisades*, par rapport à Quarème-prenant leur ennemi. Rabelais, liv 4. chap. 36. *Andouilles sont undouilles, toujours doubles & traitresses*. Ce passage me perçu de qu'*andouille* pourrait bien venir d'*indupla*, fait d'induplate. En effet les andouilles sont composées de plusieurs boyaux fourés l'un dans l'autre. En Lorraine, *redoille* signifie *redoublé*, & anciennement on écrivoit *andoille*. *Andouille*, est formé d'*indupla*, comme *fredoulier*, de *bifreduplate*. *Andouillier*, en terme de vénérie, à la même origine, parce que la première branche des cornes d'un cerf, semble doubler sa tige. *Le Duchat*. ANDOUILLER de *teftes de Cerf*. C'est la première branche de ses cornes. SUR-ANDOUILLER, c'est la seconde. Voyez Nicot. Peut-être de la ressemblance des branches de cerf à un *andouiller*, c'est-à-dire, ces bâtons auxquels on pend les andouilles dans les cheminées. Phébus de Foix appelle *antoillier* l'andouiller, ce qui a fait conclure à M. de Caleneuve que ce mot a été formé du Latin *ante* : l'andouiller étant la première corne du bois du cerf. M. ANDRÉ DES ARTS. Eglise Paroiffiale de Paris. Voyez *Etienne des Grecs*. M. S. ANDRÉ DU CHARDON. Nom d'un Ordre Militaire, institué en École à l'honneur de Saint André : Mais on ne sçait pas précisément par qui, ni en quel tems il l'a été. L'Ordre de S. André du Chardon a été ainsi appelé, parce que le collier des Chevaliers est un riffu de fleurs de chardon, auquel pend une médaille, où d'un côté est l'image de Saint André, & de l'autre cette devise : *Nemo me impune laceset*. Vergy.
ANDRIENNE. Sorte de Robe de chambre toute longue, & d'une nouvelle façon, que les femmes portent depuis qu'à la représentation de l'Andrienne de Baron, la Dancour, qui jouoit le Rolle de l'Andrienne, s'en fut fait faire une de cette façon pour cette occasion. Voyez les Lettres Histo-riques sur les Spectacles de Paris, in 12. pages 84. & 85. *Le Duchat*.
ANEAU. Voyez ANNEAU.
ANEMONE. Du Latin *anemone*, qui vient du Grec *ἀνιώτη*: comme qui diroit *herba venti*: qui est, comme l'appellent quelques Simplifres. Ovide dans sa Métamorphose, liv. x. parlant de cette fleur : *Namque malè barentem, & nimia levitate caducum*, *Excutiunt iidem qui profant nomina venti*. C'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit : & non pas, qui *perflant omnia venti*, comme ont les livres imprimés. Pluse, livre xxi. chapitre 23. *Flos nunquam se aperit nisi vento spirante : unde & nomen accepit*. J'ai appris de M. l'Abbé Berault, homme de grande vertu & de grande condition, que les Arabes ont appellé cette fleur *Chaquaiq Amhomam*, du nom d'un Roi Arabe qui regnoit à Hira, lequel avoit une telle passion pour cette fleur, qu'il défendit aux Arabes d'en avoir dans leurs jardins, voulant être le seul qui put en avoir. M. M. de Tournefort, dans son voyage du Levant, lettre XII, remarque que nous n'avons point de belles fleurs en France, excepté les délilets, qui ordinairement ne soient venus du Levant; & qu'un curieux de Paris, nommé M. Bachelier, apporta de ces pays les premières *anemones* doubles. Mais cette fleur ne seroit peut-être pas si commune aujourd'hui parmi nous, sans la rufe dont le servit un homme de Robe, à qui M. Bachelier n'en avoit pas voulu communiquer la graine, ni par amitié, ni pour de l'argent, ni en troc. M. de Tournefort raconte que cet homme de robe s'avisa d'aller voir M. Bachelier avec trois ou quatre de ses amis qui étoient du complot, & qu'il donna ordre au laquais qui portoit la queue de sa robe, de la laisser tomber sur des pots qui étoient dans une certaine allée qu'il lui désigna. Les anemones en question étoient dans ces pots, & leur graine prête à tomber. On se promena beaucoup; on s'entretint des affaires du tems. Quand on fut au lieu marqué, un plaisant de la compagnie se mit à faire des contes qui rendirent le bon homme Bachelier fort attentif; & dans le même tems le laquais, qui n'étoit pas maladroit, laissa tomber la queue de la robe de son Maître, à laquelle s'attacherent par leur duvet les graines des anomes. On troussa la robe aussi-tôt à l'ordinaire; la compagnie avança; le curieux prit congé de M. Bachelier, & se retira chez lui, où il éplucha avec soin les graines qui tenoient à sa robe. Elles furent semées, & produisirent de très-belles espèces. *Vergy*.
ANFORGES. Vieux mot François dont on appelait anciennement ces deux grandes gibbœieres quarrées que les Marchands portent à cheval; que les Grecs appellent *terroripa*, les Latins *bulga* & *lateralia*, & que nous appelons à présent *bouges*. De l'Espagnol *alforja*, qui vient de l'Arabé. Caninius en ses Dialectes, à la lettre 9. *Aolisi* 2 *vertunt in 9*, &c. *quod Hispani in multis Punicis verbis faciunt, qua in suam linguam traduxerunt*. ALCHIA, *allaiate, id est, sarcinatorem*. ALCHILEI, *alfiliel, id est, calamistrum*. ALCHORG, *alforjas, id est, hippopera*. Ou ce mot vient d'*Elphieriges, Elphireph*, qui signifie *vas viatorium multam aquam continens*. *Vas coriaceum amplium*. De la racine *pherege*, qui signifie *vacuavit*. M. Le Pere Jacob a remarqué sur ce mot, que les Bourguignons appellent *Sacobes* ce que nous appelons *Bouges*. Une personne savante dans la Langue Espagnole, m'a appris que les Espagnols appellent cette sorte de valise *Alforjas*. Il m'a fait voir la définition & l'étymologie de ce mot dans Covarruvias. Mais comme ce discours est un peu long, il suffit de le désigner ici aux Curieux. S. *Add.*
ANGAR. Nicot le dérive de l'Alleman. ANGAR, est le lieu couvert en façon de hal, dont le toit est porté des deux coftes sur piliers de bois à clair, où les laboureurs mettent à couvert de la pluie & du So- lil les harnois & charrues et baisses courts. Ce mot peut être tiré de cette Allemand hangen, qui signifie *appentis*: ex pariete tectum prominens: appendix. Aussi le *angar* est une couverture addotée au mur en *appentis*: *quoyqu'il s'en fasse en berceau à dos d'agne, pour le même usage*: mais selon ledit mot *Alleman*, il le *faudroit aspirer*: hangar: ce que le François ne fait pas. Nicot se trompe. Nous prononçons hangar. Il vient d' *angarium*. M. du Cange 1 ANGARIUM, *definitur Equicinium*, & officina ubi equi *sufferrantur*, in *Wichbild*. Magdeburg. art. 125. Brevil. Angarium, est locus, ubi *sufferrantur* equi, ab *angulo*, vel *angusto*, vel *anga angis*, unde, *Faber in angario annedit babata gumpha*. *Belgis nostris Angar, est locus, seu adificium quod-piam, defuper tectum, catèra pervium*: *cujusmodi sunt equicinia in vicis & plateis*: *sic autem appellatus videtur, quod in ejusmodi adificis usservarentur equi angariales, & ad cursus publicos definati*. M. Dans le Dictionnaire de Trevoux, on attribue à M. Menage de dériver *angar* de l'Alleman *angen*. L'Editeur dit qu'il ne sçait où M. Menage & Nicot put pris *angen* en Alleman; que pour lui, il ne le trouve nulle part, ni pour *appentis*, ni pour autre chose, &c. Et que le sentiment de M. du Cange est bien plus vrai-semblable. Il n'y a qu'à lire pour voir que M. Menage ne dérive point *angar* de l'Alleman *angen*. Il dit au contraire, que Nicot qui l'en a dérivé s'est trompé. Il est du sentiment de M. du Cange, dont il rapporte les propres paroles. L'Editeur du Dictionnaire de Trevoux cite donc à faux M. Menage en cet endroit. *Vergy*.
ANGELIQUE. Plante. Les Médecins de Lyon: *Recentiores omnes uno ore plantam hanc angelicam Sancti Spiritus radicem, à divinis & immensis adversus gravissimos morbos & venens facultatibus, & a suavissimo radicis odore appellant Galli angelique*. M.
ANGELOT. Monnoye d'or d'Angleterre, frappée à Paris pendant que les Anglois étoient maîtres de Paris: ainsi appellée de l'Ange qui tient les écussons de France & d'Angleterre. Voyez M. le Blanc dans son Traité des Monnoys, page 197. Il y a eu une autre monnoye aussi du même nom, qui étoit de Philippe de Valois, ainsi appelée à Anges, de l'Ange qui en tient l'Écusson. M. le Blanc, page 243. LES ANGES. Dans l'Édit qui ordonne la fabrication de ces Anges, ils sont nommés ANGELOTS. On discontinue de les fabriquer l'an 1342. Ils furent toujours d'or fin: mais ils ne furent pas toujours de même poids. Les premiers peçoient 5. deniers 16. grains. Et on les appelait Premiers Angés. On en fit dans la fuite qui ne peçoient que 5. deniers: & on les nomma Seconds Anges. Les derniers peçoient seulement 4. deniers 15. grains: & c'étoit les Troisièmes Anges. L'Écusson que l'Ange tient de la main droite, n'est rempli que de trois Fleurs de Lys. J'ay vu une quittance & une lettre de Philippe de Valois, scellées d'un sceau à 3. Fleurs de Lys. Dabs... Sceau du Roy Jan attaché à une Charte donnée pour les Orfèvres le 26. May 1355. d'ont j'ay l'original, il n'y a que trois Fleurs de Lys. Charles V. dans son Contre-scel, selon l'Auteur de la Diplomatique, n'en avoit pas davantage. Par là on voit qu'avant Charles VI. on avoit commencé à ne mettre que trois Fleurs de Lys dans l'écu de nos Roys. On peut même remonter cette coutume plus haut que Philippe de Valois, puisque — A N G. Sur un sceau de Philippe le Bel, qui est au bas d'une Charte de 1287. & qui m'a été communiquée par le R. P. du Moulinet, il n'y a que trois Fleurs de Lys, & une au contre-fcel. M.
ANGELOT. Sorte de fromage. De la ressemblance à une monnaie d'Angleterre, appellée Angelot. Jacque Cahagne, dans les Eloges des Citoyens de Caen, à l'article de Jacque Bouteiller, qui est le XIX. Nulla civitas est interioris Normania, immo nullus fere pagus famosior, qui non habeat aliquid peculiare, quod ejus nomen illustrat. Bajocas illustrat partis Siligintus: Treviteras, butyrum: Abrincas & Galofiam, gladii: Walonias & Cafaris Burgum, pacosi lanet: Theopolim, sive Villam Dei, vasa anea: Pontem Odomari, farcimina; tam qua falezise, tam qua botelli vulgari appellatione dicuntur: Pontem Episcopi, cafeus, qui angelotus appellatur, quod figuram nummi Anglici capemminis exhibeat. M. Ces fromages ont été nommés Angelots, pour Angelots, parce qu'ils se font dans le pays d'Auge. C'est l'opinion de M. de Bras, dans les Recherches des Antiquités de Caen, liv. 2. chap. 11. Huer. J. Bruyérin. De re cibaria, liv. 13. chap. 8. Normanni pascua habent nobilissima; proinde & caferum copia & butyri abundant. Laudatissimos Rhothomagum mittit quos Angelotos nuncuparum a similitudine nummi Angeloti Anglici: id enim numismis aquat fere caferum illum magnitudine. Nous appellons à Metz Angelots certain. petits fromages de figure quarrée, qui ont l'écorce rouge & gluante, & que d'autres appellent Fromages de Limbourg, parce qu'ils viennent de ce pays-là. Le Duchat.
ANGER. Vieux mot qui signifie charger. On dit encore présentement. Il m'a angé de cela. D'angariare. M. Moliere a dit: Votre pere se moque-t-il de vouloir vous anger de l'Avocat? Le verbe Latin angariare signifie proprement contraindre de la part de quelqu'un qui a pouvoir & autorité. Le Grec angariare signifie la même chose; & tous deux viennent originalement du Perian angari, nom qu'on avoit donne aux couriers des Rois de Persie, qui, pour aller plus vite, avoient droit de prendre les chevaux qu'ils rencontrouent, & pouvoient même contraindre les personnes qu'ils trouvoient, d'aller avec eux pour les conduire. La même chose se pratique encore aujourd'hui en Persie. Il est dit dans Saint Mathieu, chay. v. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. 41. cation sert à faire mieux entendre le passage de S. Mathieu, que nous avons cité, & à faire mieux sentir la force du vieux mot François anger, dont il s'agit ici, & qui, soit qu'on le tire du Latin angariare, ou de l'Alleman anger, aura toujours à peu-près la même origine.
ANGERS. Capitale d'Anjou. D'Andicarii. Les Villes Capitales des Provinces ont été souvent appelées du nom des peuples. ¶ Andes, Andis, Andius, Andicus, Andicarius, ANGERS. Voyez Anjou. M.
ANGEVINE. On appelle ainsi en Anjou, en Poitou, au Maine, en Normandie, & en Bretagne, la Fête de la Nativité de Notre-Dame. Quelques-uns ont cru qu'elle fut premièrement célébrée en Anjou par S. Maurille, Evêque d'Angers, & que pour cela elle fut appelée Angevine. Bourdigné dans son Histoire d'Anjou, à l'endroit où il parle de S. Maurille: Je ne veuille admettre qu'il estoit de si grant sainteté de vie, que le Saint Esprit fut veu descendre sur lui en forme d'une colombe blanche. Et à luy fut, ainsi que plusieurs veulent dire, divinement revilé la Fête de la Nativité de Notre Dame, devoir estre en Septembre huitième jour célébrée: parquoy ladite Feste de la Nativité prit son nom de l'Angevine: combien que aucuns y alléguent d'autres rations. Choppin, liv. 2. de Feudis Andegavis, titre 2. page 120. Clodione Comato, Francorum Rige, & Hengillo Saxone, Andegavorum Confule primo, almonitus fuit cariesti quodam affiat B. Mauritius Andium Episcopus, publice celebranai nasalis D. Maria oltava Septembris luce vertenis cujusque anni. Eveillon, dans son Apologie du Chapitre de l'Eglise d'Angers pour S. René, pag. 143. Caterum in versibus Theodulphi, ad Historia Andegavensis illustrationem observare licet, epithetum Salutifera, quod tribuitur sacra adi Monialium Beata Maria de Charitate, aitas de Roncetero; cui adnexa est plebana Ecclesia Sancta Trinitatis, & sub ejus nomine expressa. Salutifera enim nova expiatris dicitur, quia olim miraculis & curationum signis celebris fuit: eaque ratione picrum peregrinationibus & vetis frequentata: unde Beata Maria Andegavensis per antonomasum vulgo cognominabatur, ut ex veteribus monumenti plurimus constat. Bourdigné & Choppin se trompent. Il est certain que cette Fête n'a point été instituée par S. Maurille, puisqu'elle n'estoit point encore du tems de Charlemagne, c'est-à-dire 400. ans après S. Maurille, comme il se voit par le Concile de Maïence tenu l'an 813. canon 36. & par le premier livre de cet Empereur, où parmi toutes les Fêtes de l'année, dont il est parlé en ces endroits, il n'y est fait mention, à l'égard de celles de la Vierge, que de l'Allompeion & de la Purification. Festos dies in anno celebrare fanzimus: hoc est, diem Dominicum Pascha cum omni honore & sobrietate venerari: simili modo totam hebdomadam illam observare decrevimus: Diem Ascensimis Domini pleniter celebrare: In Pentecosse similiter ut in Pascha: In Natali Apostolorum Petri & Pauli unum diem: Nativitatem Sancti Joannis Baptista: Assumptionem Sancta Maria: Dedicationem Sancti Michaelis: Natalem Sancti Remigii, Sancti Martini, Sancti Andrea: In Natali Domini dies quatuor: Ollavas Domini: Epiphaniam Domini: Purificationem Sancta Maria: & illas festivitates Martyrum, vel Confesorum observare decrevimus, quorum in una quaque Parochia Sancta corpora requiescunt. Herarhus Ar- chevêque de Tours, qui vivoit l'an 850. parlant des Fêtes qu'on doit célébrer, ne fait point mention non-plus de la Nativité de Notre-Dame. De festivitaribus anni quas feritari debeant, id est Natali Domini, Sancti Stephani, Sancti Johannis, & Innocentium, Octava Domini, Epiphania, Purificatione Sancta Maria, & Assumptione, Ascensione Domini & Pentecoste, Missa Sancti Johannis Baptista, Apostolorum Petri & Pauli, Sancti Milobatis, atque omnium Sanctorum, Sancti Martini & Sancti Andrea, & Sanctorum, quorum corpora, ac debita venerationes in locis singulis peraguntur. C'est au nombre 67. A quoi on peut ajouter, que Raino, Evêque d'Angers, qui vivoit l'an 905, ne fait aucune mention de cette Fête, dans sa Vie de S. Maurille, qu'il augmente de plusieurs choses, comme l'a remarqué l'Auteur de la Chronique de Vendôme, qui finit l'an 1248. Anno Domini 905, Vita Sancti Mauritii inventio, seu parias augmentatio, per Raionem Episcopum, & Archandium Scriptorem, facta est: & laquelle Vie est attribuée faussement à Grégoire de Tours. Fulbert, Evêque de Chartres, qui vivoit l'an 1010. témoigne aussi que cette Fête de la Nativité de Notre-Dame, n'est pas ancienne. C'est au premier Sermon de la Nativité de Notre-Dame. Inter omnes Sanctos memoria Beatissima Virginis eo frequentius agitur atque festivibus, quo majorem gratiam apud Dominum creditur invenisse: unde post alia quadam ipsius antiquiora Solemnia (la Purification & l'assomption) non fuit contenta devorio Fidelium, quin Nativitatis Solemne superadderet hodiernum. Cet Ecrivain est le premier des François qui parle de cette Fête: & il y a quelqu'apparence qu'elle a été premièrement célébrée dans l'Eglise de Chartres. C'est l'opinion de M. de Launoy, Docteur en Théologie, de la Faculté de Paris: auquel j'ai l'obligation de la plupart des passages ci-dessus apportés. Voyez le P. Tomassin dans son traité des Fêtes. Il est vrai néanmoins que dans les Traités de la Vierge Marie, qui se trouvent dans le IX. tome de la Bibliothèque des Pers., sous le nom d'Ildefonse, qui fut Evêque de Tolède depuis 657. jusqu'en 667. il est fait mention plusieurs fois de cette Fête: Si non beata esset & gloriosa, vryuquam tam festivum celebrarentur ubique ab universis. Sed quia tam Solemniter colitur, confiat ex authoritate Ecclesia, quod nullis, quando nata est, subjuncti delictis, nec contraxit in utero sanctificata originale peccatum. C'est en la page 126. Et ensuite: Nullus igitur Nativitas celebratur in mundo, nisi Christi & ejus Maris, atque B. Joannis. Et encore ensuite: B. Virgo Maria nisi in utero maris sanctificata esset, minime ejus Nativitas coenda esset. Vous trouverez la même chose pag. 168. & 173. Mais il est vrai aussi que cet ouvrage n'est point d'Ildefonse. On appelle cette Fête à Paris, la Notre Dame aux Oignons, à cause de la Foire aux oignons, qui se tenoit anciennement ce jour-là dans le Parvis de Notre-Dame: car présentement elle se tient dans l'Île Notre-Dame, où elle fut transportée en 1656. à cause de la Reine de Suède, qui faisant ce jour-là son entrée à Paris, vint à Notre Dame. M. On appelle à Mers Engevine une petite médaille, soit d'or, d'argent, ou de bronze, qu'on répand parmi le peuple pendant la cérémonie de la réception des Echevins, en l'année où la Ville afferne ses droits, qui produisent la male-tofte ce qui arrive de trois en trois ans. Engevine, en cette signification, se dit par corruption pour Echevine. On voit à Mers & dans la Lorraine, encore une autre Engevine, monnoie de Lorraine, ainsi nommée de René, Duc d'Anjou & de Lorraine, qui la fit forger. Les deux cent ne valent qu'un Réal, & les quarante un sol de notre billon. L'argent de cette monnoie est assez fui. Le marc d'argent produit huit mille de ces Angevines. Bodin, liv. 6. chap. 3. de sa République, & dans sa Rép. à Malestroit. Le Duchat.
ANGLADE. Nom de lieu. D'Angulata, en sous-entendant villa. De Villa anglofa, on a fait de même Villanglofe; qui est le nom d'une terre de la Province d'Anjou, en la Paroisse de S. Martin de Villanglofe. M.
ANGLEUX. Noix angleuse. De nux angulosa. C'est une noix dont la substance est enfermée & engagée dans certains petits angles, d'où il est difficile de la tirer. C'est la définition qu'ont donné de ce mot, Messieurs de l'Académie, dans leur Dictionnaire. M.
ANGLOIS. C'est le nom du peuple qui habite l'Angleterre. Les Auteurs sont tellement partagés sur l'origine de ce nom, qu'il est impossible de rien établir là-dessus de certain. Quelques-uns prétendent qu'il vient de eng, mot Teutonique qui signifie étroit, serré; & qu'on appelle Engeland, un petit pays qu'occuperent les Saxons, entre le Holsten & le Jutland; avant qu'ils sortissent de la Germanie pour entrer dans l'Île de Bretagne. C'est le sentiment de Bede & de Krantzios. Il y a encore aujourd'hui dans la Cherfonese Cimbrique, autrement le Jutland, entre les Villes de Sleswik & de Flensburg, un canton qui s'appelle Angles, du nom des Anglois qui y ont habité. Mais comme les Anglois portoient déjà ce nom du tems de Tacite & de Ptolemée, c'est-à-dire, avant qu'ils eussent pénétré jusqu'au Jutland, ils n'ont pas pu tirer leur nom du lieu où ils allèrent s'établir, & que Bede appelle angulus; & ce furent eux au contraire, qui communiquerent leur nom à ce canton. Goropius, Bécanus, prétend que le nom d'Anglois vient d'anglais pécher à la ligne, ou avec un hameçon, & qu'il leur fut donné, parce qu'ils habitent sur le bord de la mer, comme qui étroit pécheurs. Il prétend néanmoins que ce ne fut pas seulement à cause de leur péche, mais plus encore à cause de leurs rapines, qu'il leur fut donné. Baxter, dans son Glossaire des Antiquités Britanniques, dérive aussi le nom des Anglois de la péche. Boxhorn, dans son Lexicon de l'ancienne Langue Britannique, le dérive de eingi, qui en cette Langue signifie étranger, ennemi. Wachter, peu content de toutes ces étymologies, en propose une autre en ces termes: Si tamen mihi sortem in urnam conicere licere, dicerem Angles sic appellates quasi juvenes vel anculos, ab cuius juvenis, vocabulo vetustissimo. Nam Angles progenem Suevorum suisse; & ver novum à Suevis emissum, jam ante ex Tacito & Proteman monii. Nec insolens est novum populum appellare juvenes, & veterem Seniores. Illud ex nomenclatura Suionum, hoc Senonum pater. En ancien Saxon, Suiones ou Sueones signifie juvenes, & sinumes signifie antiquus, seniores. Voyez Wachter, Glossar. German. au mot Angli. ANGLOIS: pour s'acheux créanciers. Pasquier, livre VIII. chap. 7. Quand le peuple pour un créancier, appelle un homme Anglois, qui est celui auquel il ne tombe soudain en l'entendement, que l'Anglois prétendoit avoir fait plusieurs convenances d'argent avec nous, qui ne lui avoient été acquittées? Par avanture, aviondra-t-il qu'à nos survivants ce terme ne sera plus en usage : mais tant y a qu'il a été de notre temps, & devant. Et chap. 17. Guillaume Cretin remerciant le Roi François I. de ce nom de quelque argent qu'il lui avoit ordonné, par le moyen duquel il avoit acquitté toutes ses dettes, entr'autres choses lui dit ainsi : Marchands, taquins, usuriers, incrédules, Pour reconnoître ou nier mes sédues, Me firent hier ajourner & citer, Et aujourd'hui je fais solliciter Tous mes Anglois pour mes dettes parfaire, (Il y a dans l'original, pour les restes parfaire) Et le payement entier leur satisfaire. Clément Marot, dans un de ses Rondeaux, qu'il adresse a un sien fâscheux créancier, Un bien petit de près me venez prendre, Pour vous payer : & si devez entendre Que ne vey donc Anglois de voître taille : Car à tous coups vous crier, baillie, baillie : Et n'ay dequoy contre vous me désendre Un bien petit. Vous voyez par ces vers que l'un & l'autre appelle ses créanciers Anglois. Et à vray dire, ce mesme mot en cette signification tombe en la bouche ordinaire du peuple, sans s'avoir d'un procédé cela. Toutefois il est aisé d'en rendre compte, oui confédérera les Traités qui ont été faits entre nous & eux. On les appelloit autrefois anciens ennemis de la France; & certainement non sans cause : Car depuis que Louis le Jeune eût été si jeune & moi conseille de réjudier Leonor, fille unique & héritière du Duc d'Aquitaine, & qu'elle se fust mariée avec Richard, Roi d'Angleterre, il seroit impossible de dire combien se trouvèrent grands les Anglois au milieu de nous, &c. Et de-la est venu, a mon jugement, que nous appellons Anglois ceux qui prôsoient que nous leur densions, &c. M.
ANGLOIS, dans ces Vers que cite l'afquier, signifie proprement un hôte qui vit à discrétion dans la maison d'un homme qui ne paye point ses dettes. De-la aussi le Proverbe : Saoul comme un Anglois ; c'est-à-dire, comme les Anglois vivoient chez leurs hôtes, lorsqu'ils dominoient en France, où ils obligeoient le Bourgeois à les nourrir, comme on dit, à bouche que veux-tu. Le Duchat.
ANGOISSE. De l'Italien angoisia, fait du Latin anguilla; comme poëria de poëtea. M.
ANGOISSE. Sorte de poires. J'avois toujours cru que ces poires avoient été ainsi appelées à cause qu'elles sont de mauvais goût, & qu'elles prennent à la gorge. Et c'est aussi la pensée de Charles Etienne dans son de Re Hortens. Mais je viens d'apprendre dans la Chronique manuscrite de Geoffroy, Prieur de Vigeois, chap 17. laquelle m'a été communiquée par M. du Puy, Conseiller d'Etat, & Garde de la Bibliothèque du Roi, qu'elles ont été ainsi nommées d'un Village du Limousin, appellée Angoisse. His diebus (an. 1094.) repertum est genus piri agrestis à rustico in ejus agro. Frullum vero nominant pyras d'Angoisse. se. Vicus enim sic vocatur : & est in Lemovicino, non longe à Monasterio Sancti Aredi, quod dicitur S. Iriez. ¶ On appelle poires d'angoisse certaine machine que les voleurs mettent dans la bouche de ceux qu'ils veulent voler, pour les empêcher de crier ; & dont un certain Gaucher, Capitaine, servant du tems de la Ligue dans le parti Espagnol, au pays de Luxembourg, fut l'inventeur, selon le témoignage de Daubigné dans son Histoire. Et on les appelle de la sorte à cause de la figure de cette machine semblable à une poire. Voyez étranguillon. M. La poire d'Angoisse est bonne dans sa maturité. Loin de prendre à la gorge, la chair en est si douce qu'elle mollit de fort bonne heure. Le Duchat.
ANGUILLADE. Rabelais, liv. 1. ch. 30. Alme le Paissier lui baillie l'anguillade, si bien que sa peau n'euſt rien valu a faire Connemues. Et liv. 5. chap. 7. Je le renvoyerais bien d'où il est venu, a grands coups d'anguillades. Et encore au Prol. de la Prognost. Pantag. Les poires anguillades a la sauce de nerfs bovins, ne seront épargnées sur vos épaules. Nous apprenons de Pline, liv. 9. ch. 13. de son Histoire naturelle, qu'à Rome on châtioit la jeune Noblesse a coups de peaux d'anguilles, & de-la vient, sans doute, qu'on a appellé coups d'anguillades, les coups d'étrivieres. Les Gloes d'Illidore: Anguilla est qua correctur in scholis pueri, qua vulgo scutica dicitur; id est étrivieres de cuir. Le Dictionnaire Fr. Ital. d'Ant. Oudin : Anguillade, staffato con pelli d'anguille. Le Duchat.
ANGUILLE. On dit proverbialement : Il fait comme les anguilles de Melun; il crie avant qu'on l'écorche. Bellingen, qui a donné l'étymologie de plusieurs proverbes François, rapporte que ce qui a donné lieu à celui-ci, est qu'un jeune homme, nommé anguille, qui repréfentoit à Melun dans une Comédie le personnage de Saint Barthelemi, voyant l'exécuteur s'approcher de lui le couteau à la main, pour faire semblant de l'écorcher, se mit à pousser un cri avant que l'exécuteur le touchât; ce qui fit rire toute l'assemblée, & donna lieu au proverbe. On dit encore : Rompre l'anguille au genou; c'est-à-dire, tenter l'impossible. Vergy.
ANICHILER. Voyez nichil audos. M.
ANICROCHE. C'est une sorte d'arme, dans cet endroit de Rabelais, qui est de son Prologue du liv. 3. Equispient vouges, piques, rancons, hallebardes, hanicroches. On dit. Il trouve toujours quelque anicroche en son chemin, pour dire quelque difficulté. Et dans ce sens, Rabelais a dit dans sa Bibliothèque de S. Victor, Les anicrochemens des Confesseurs. Et ce mot a été fait par allusion à celui d'accrocher. M. Au liv. 1. ch. 7. de Rabelais, les hanicrochemens des Confesseurs, & la croquignolle des Curez se suivent immédiatement : ce qui donne lieu de croire, que comme les croquignolles ou chiquenades se donnent avec les doigts crochus ou recourbés, & que les deux premières fyllabes de croquignolle, & la troisième & quatrième de hanicroche & de hanicrochement, viennent constamment de l'Alleman Krucke, c'est-à-dire, croc, fait peut-être du Latin cruce; hani vient pareillement de l'Alleman handt, c'est-à-dire main. Mais je suis persuadé que du moins au mot hanicroche, dont dont Rabelais se sert dans la signification d'une forte d'arme, *hani* vient de *hamus*, c'est-à-dire un *croc*, un *hameçon*, par le changement de l'on en n. Je ne sçais pas même si *hanicroche*, dans l'u- ne & dans l'autre signification, ne pourroit pas venir de *hami-curvicus*, fait de *hamus* & de *curvus*. *Curvus*, *curvi*, *curvicus*, *curcus*, *croche*. Rabelais, liv. 1. ch. 16. a écrit *ennicroche*, & il applique ce mot à la queue de la jument de Gargantua, dont il dit que les brancards étoient *ennicroche*, ni plus ni moins que font les épics au blé. Je ne sçai pas bien ce que veut dire là ni *brancars* ni *ennicroche*. Le Duchat. ANILLES: potances. D'*anilis*.
ANIME. Sorte d'armure, que Nicot dépeint comme une cuirasse composée de lames de fer; & que, pour cette raison, il auroit dû dériver de *lamina*, & non point d'*anima*, comme servant, selon lui, à conserver la vie. On a fait de même *Animelle*, de *Lamella*. Voyez A LUMELLE. Le Duchat.
ANJOU. D'*Andegavum*, d'où l'on a fait premièrement *Anjou*; & il est ainsi écrit dans les vieux livres; & puis *Anjo*, & ensuite *Anjou*. Ainsi de *Pillaum*, on a fait *Poitou*, *Poitó*, & puis *Poitou*. Voyez M. Besly, dans une lettre à M. du Puy-du-Fou, imprimée à la fin de son Histoire des Comtes de Poitou. Les Italiens disent *Angio*. M.
ANIS. D'*Annon*. Le *Scholiaste* de Théocrite, sur l'Idylle vii. 63. ἀγνῶν, τὸ μολιδρόν. ἀγνῶν, τὸ γλυκύγος. M.
ANKYLOSE. C'est le nom d'une maladie qui consiste dans une contraction des jointures, lorsque l'humeur glaireuse qui sert à faciliter leurs mouvements venant à s'épaissir, colle les têtes des os avec leurs cavités. Le mot d'*ankylose*, est pris du Grec ἀγνῶν, qui signifie la même chose, & qui vient d'*ἀγνῶν*, courbure. Au reste, c'est mal écrire, que d'écrire *ankylose* avec M. Dionis, comme si l'on disoit en Grec ἀγνῶν. Il ne faut pas non-plus écrire *anquilose*; mais se servir du K, & écrire ce mot comme nous avons fait. ANNATE: c'est-à-dire, le revenu d'une année. Aussi est-il formé d'*annus*. Un ancien Acte touchant la Terre d'Alzone en Languedoc, parlant du Droit de Rachat, qui est la perception des fruits d'une année des Successiones tombées en ligne Collaterale: *Dominus noster Rex Francia debet percipere, & percipere consuebit, primam Amatam, seu fructus, peditus, jura, & obventiones, retus ditta Baronia, ditti anni*. Ainsi *Annion*, dans la Coutume de Montargis, chapitre 18. art. 10. est le respit, ou le délai d'un an, donné aux débiteurs, Mais ordinairement *Annate* est le droit qu'a le Pape de prendre le revenu d'une année des Bénéfices vacans. Platina, en la Vie de Boniface IX. écrit que ce fut lui qui le premier établit ce Droit; bien que quelques autres, du nombre desquels est Thomas de Valsingham, sur l'an 1316. en faisant Auteur le Pape Jean XXII. *Cafeneuve*.
ANNATE. D'*annata*. C'est en général le revenu d'une année: & en particulier, le droit qu'a le Pape de prendre une année de revenu de quelque ques bénéfices vacans. Voyez Choppin, liv. 2. de son *Monasticon*, tit. 1. paragr. 14. Mathieu Paris dans ses Constitutions des Papas, M. du Cange dans son Glossaire Latin; & M. de Cafeneuve dans ses origines Françoises, où il remarque que ce droit, selon Platine, a été établi par Boniface IX. & selon Valsingham, par Jean XXII. M.
ANNE. Ce nom, soit masculin, soit féminin, est Ebreu, & vient du verbe *ph. khanam*, qui signifie gratifier, faire grace, accorder des graces, faire miséricorde, être gracieux, être miséricordieux. De-là vient *ph. khanam*, grace, miséricorde; d'où se forme *ph. khanam*, qui signifie la même chose, & gracieuse, miséricordieuse; & de-là le nom *Aene*, qui devoit par conséquent s'écrire avec une aspiration forte; mais l'usage l'a ôté, aussi bien qu'en beaucoup d'autres.
ANNEAU. D'*anellus*, qui se trouve dans Ciceron pour *anulus*. *Nec tamen Epicorum licet oblivisci si cupiam; capus imaginem non modo in tabulis nostri familiares, sed etiam in poculis & in anellis habebant*. C'est au livre v. de *Finibus*. M.
ANNELET. Terme de Bason. D'*anulentus*, diminutif d'*anulus*. Voyez le P. Menestrier. M.
ANNIBAL. Nom propre d'homme. Ce nom est Carthaginois. Il n'est perlonne qui ne connoisse Annibal, Général des Carthaginois, qui fit tant d'affaires aux Romains. On trouve encore quatre ou cinq Carthaginois nommés *Annibal*. Ainsi on ne peut douter que ce ne soit un nom Punique. Cela suppose, il faut qu'il vienne du Phenicien *ph. khanam*, qui, de même qu'en Ebreu, signifie grace, & de *ph. khanam*, Seigneur, maître, poississeur. Il signifie Seigneur ou maître de la grace, c'est-à-dire, glorieux, plein de graces. Ce qui confirme ceci, c'est que nous trouvons que des Ebreux ont aussi porté ce nom. Il est parlé dans Joseph, liv. xix. des *Antiq.* chap. 7. d'un Juif nommé *Annibal*. On a ôté l'aspiration dans ce nom comme dans celui d'*Aene*. Les Grecs disent *Annibal*, en changeant l'i, en s. Vossus s'est trompé quand il a dit que c'étoient les Latins qui avoient changé l'i en i. C'est tout le contraire; & dans la langue originale il y a un lamed *ph. khanam*.
ANNIBAULD. Ce mot, que nous avons fait François, & que nous avons formé du Latin *Annibaldus*, en changeant à l'ordinaire *al* en *an*, n'est autre chose que le nom d'*Annibal*, avec une terminaison Latine. Je crois que d'abord on a dit *Annibaldus*, en doublant l'i, comme dans *Hannibalianus*, nom d'un neveu de Constantin le Grand, puis, changeant l'en d, *Annibaldus*, d'où *Annibauld*.
ANNILLES. Ce sont fers de moulin, ainsi nommés parce qu'ils se mettent autour des anneaux des moyeux, pour les fortifier. Et parce que souvent ces annilles sont faites en forme de croix anchrée, on a donné quelquefois le nom d'*annille* à cette croix, dit le Père Menestrier dans sa Méthode du Bason. M.
ANNOBON. C'est le nom que les Portugais ont donné à une petite Isle de la mer des Indes. Jean Ouington, dans ses voyages, place cette Isle à un degré & demi de latitude. Elle a été ainsi appellée, parce qu'elle fut découverte le premier jour de l'année, c'est-à-dire, le jour que l'on souhaite l'anno *bone*, la bonne année. *Vergy*.
ANNULLER. D'*anullare*, qui se trouve dans *Optatus Milevitanus*, dans *Ives de Chartres*, 66 ANO. ANP. ANS. & ailleurs. Voyez Voissus, de *Vitis Sermonis*, chap. 1. M. ANOMEEN ou ANOMÉEN. Ce mot est Grec, composé de l'a privatif, & d'úinos, semblable, & signifie différent, dissemblable. Ce nom fut donné dans le quatrième siècle aux pures-Ariens, parce qu'ils nioient non-sédulement la consubstantialité du Verbe, mais même qu'il fût d'une nature semblable à celle du Père; & où le leur donna par opposition aux demi-Ariens, qui nioient à la vérité la consubstantialité du Verbe, mais qui avouoient qu'il étoit semblable au Père.
ANONNER. C'est ne pas réciter rondement; ne parler qu'en hésitant. Meilleurs de l'Académie le dérivent d'ámon: car ils l'ont écrit par une S, & ils l'ont mis sous ASNE. Je crois que c'est une onomatopée: ceux qui parlent de la sorte, disant souvent an, on. M.
ANPAN. Les Allemans, les Anglois & les Ecoïois disent *Span*: dont les Latiniseurs ont fait *spama*, qui se trouve dans les Loix des Lombards. De *span*, nous avons fait *espan*, qui se trouve dans Nicole Gilles, en la Vie de Charlemagne: *Il avoit le visage d'un *espan* & demi de long*. Et d'*espan*, nous avons fait ensuite *espan*. J'ai cru autrefois que l'Alleman *span* avoit été fait du Grec *ἀνόμαι*, qui signifie l'espace qui est entre le pouce & le petit doigt lorsque la main est étendue: & pour user des termes d'Hésychius, τὸ μίτρου, τὸ ἀπὸ τὰ μεγάλα δακῆλω ἰτὶ τὸ μίτρου, τὸ δακῆλω ἰτὶ τὸ μίτρου; Et qu'il avoit été fait de cette sorte, ἀνόμαι, ἀνόμαι, *span*. Mais aujourd'hui cette étymologie me semble peu naturelle. M.
ANSBERT. Nom propre d'homme. Il est formé de *hans*, mot Teutonique, qui signifie *compagnon*, *associé*; & de *bert*, mot de la même langue, qui signifie *brillant*, *illustre*. Les Anglo-Saxons disaient *beorbs* & *byrht*, les francs *berahé* & *berht*, & par contraction *berht* ou *berhe*. Les Gallois ou habitans du pays de Galle en Angleterre, disent *berth*, les Allemans *brecht*. Ainsi *Anisbert* est la même chose que *associé illustre*. ANSE de panier; de pot. Gr. *λαζί*. D'*ansa*, dont les anciens Auteurs Latins ont usé en la même signification. Virgile: *Et gravis attrita pendebat cantharus ansâ*. M.
ANSEATIQUE. Villes Anéariques. Polydore Virgile dans son Histoire d'Angleterre, en la Vie de Henri III. *Sed scire licet & folos industrios negotiatores, ultra citroque commentes, & varias merces undique importantes reportameque, à principio societatem suderatam inter se coisse: qua quidem Societas Anze Theutonica eorum Linguâ nuncupatur. Namque anze vax significat juxta, & non procul à mari: qua idcirco valde apta & apposita est gentibus maritimis. Si deinde emporia aliquot in quibus suos mercatus haberent sibi constituere: & cum primis quatuor, unum Brugis; (qua civitas est Fandria) alterum Landini ad Tamesis fluminis ripam Septentrionalem; (quod vulgo, Stiliard vocatur) tertium Novogardia in Sarmatia; ac quartum in Norvegia.* Polydore Virgile n'a pas bien rencontré dans l'étymologie qu'il donne du mot *anéarique*. *Anze* ou *anse*, dont il est formé, ne signifie point *juxta mare*, ainsi que plusieurs l'ont cru, comme s'il venoit d'*anse*. Mais c'est la même chose que *hans*, mot Teutonique, qui signifie *alliance*, *confédération*, *société*. Ainsi, *Villes anéariques*, signifie *Villes associées*; & ces Villes furent nommées *anéariques*, à cause de la société de commerce qu'elles firent ensemble.
ANSELME. Nom propre d'homme. Il est formé de *hans*, mot Teutonique, qui, comme nous avons vu ci-devant, signifie *associé*, *allié*, & de *helm*, autre mot Teutonique, qui signifie une couverture de tête, un casque, un bonnet, une couronne, & dans les noms propres un protecteur, un défenseur; & c'est de ce mot *helm* que vient le François *heau*me, l'Italien *elmo*, & l'Espagnol *yelmo*. Ainsi *anselme* signifie à la lettre *défenseur des Alliés*.
ANSPESADE. Voyez ANCESPESSADE. ANSWALD. C'est un nom propre Teutonique. Il signifie *societatis* ou *sociorum rector*. De *hans*, *associé*, *allié*, & de *Walt*, qui signifie *puissance*, *puissant*, *domination*, *commandement*, *autorité*, *Dominateur*, *Commandant*, *Magistrat*, *gouvernement*, *administration*, *Gouverneur*, *Administrateur*, & qui vient du verbe *Walten*, *pouvoir*, *dominer*, *gouverner*. Le *r* est *si* changé en *d*, comme il arrive souvent. Car il ne faut pas confondre le *Wald* dont il s'agit, avec *Wald* qui signifie un bois, une forêt.
ANTAN. Vieux mot, qui signifie l'*an passé*. Villon dans une de ses Ballades: *Mais où sont les neiges d'antan*: Rabelais 1 v. 32. *S'il disconroit, c'étoient neiges d'antan*. Ce mot est encore aujourd'hui en usage parmi les paysans. Il a été fait du Latin *ante annum*: d'où les Espagnols ont aussi fait *antano*. Ils ont dit de même *agano*, de *hoi anno*, & les Gafons *hougan*. Les Grecs ont aussi dit de même *târec*, pour dire, *de tò & tò* *iou*, comme l'interprète Hésychius. Et les Italiens ont aussi fait de même *oggidi*, de *hocce die*. Nous avons dit aussi *mesouan*, de *medesimo hoc anno*. Entre Jean, dans Rabelais I. 39. *Les perdrix nous mangeons les oreilles mesouan*. Voyez *mesouan*. Dans le Boulenois on appelle *antennois* un jeune *bouvar*, & *antennois* une jeune *genice*. Dans la Picardie, *antennois* c'est un *chevreau*: *Voyez Charle de Bovelles*: Et aux environs de Paris, on appelle *antennois* les jeunes *moutons*. Tous ces mots ont été faits d'*antennenfis*, qui a été formé d'*ante annum*. M.
ANTIE, pour *tante*. Voyez *tante*. M. ANTIBÉ. Ville en Provence. Selon M. l'Abbé de Longuerue, *Antibé* est un mot corrompu du Grec *Antipolis*, qui est le nom que l'Marseillois donnerait à cette Ville lorsqu'ils la *nonderent*: ce qui signifie, *Ville bâtie à l'oposite d'une autre*; & cette autre est Nice, fondée aussi par les Marseillois. *Vergy*.
ANTIBUST. Rabelais, liv. 4. chap. 31. *Le ventre à poulaines, bouterne selon le mode antique, & coint à l'antibust*. L'antibust doit être la poitrine. Sainte Aldegonde, en son Tableau, &c. tome 2. fol. 84. v. 6. édit. de 1605. *Et puis un chascun se prosterne à beaux genoux & se frappe l'antibust de* coups de poing à l'usage de Saint Jérôme. Le Duchat.
ANTICHTONE. On appelle antichone, en terme de Géographie, celui qui habite une terre opposée à celle qu'habite un autre. Ce mot est Grec, formé de *avri*, contre, & de *advir*, terre. Nous entendons aujourd'hui par *Antichones* la même chose que par Antipodes; c'est-à-dire ceux qui habitent la partie de la terre qui nous est diamétralement opposée. Les anciens donnoient à ce nom un autre sens. Ils considéraient la terre comme divisée par l'Équateur en deux hémisphères, l'un austral, & l'autre septentrional. Tous ceux qui habitaient dans l'un de ces hémisphères, étoient *antichones*, par rapport à tous ceux qui habitaient dans l'autre. C'est en ce sens que Mela à pris *antichone*, liv 1. ch. 1. selon la remarque de Voëssius.
ANTIDATE. Henri Etienne, dans ses Origines Françoises tirées du Grec: ANTIDATER, LETTRE ANTIDATE: En ces mots nous usons de la préposition Grecque *avri*, signifiant pour. Car L'astre antidatée signifie, datée d'un jour pour un autre. Henri Etienne se trompe. Antidate ne vient pas d'*avri* data, mais d'*ante* data. Mais on a dit antidata au lieu d'*ante* data, pour une plus grande douceur de prononciation. M.
ANTIENNE. D'*antiphona*, qui signifie, le chant de deux Chœurs. Isidore, liv. vi. de ses Origines, chap. 19. Antiphona, ex Graco interpretatur vox reciproca, duobus scilicet Choris alternatim psalentibus, ordine commutato, sive de uno ad unum: quod genus psalendi Graci invenisse dicuntur. Socrate, liv. vi. de son Histoire Ecclésiatique, chap. 8. attribue l'invention de ce chant à Ignace, Evêque d'Antioche; lequel ayant eu une vision d'Anges qui chantoient alternativement des hymnes en l'honneur de la Trinité, fit chanter de la sorte dans son Église. Théodoret l'attribue à Diodore & à Flavien. Saint Ambroise porta ensuite cette coutume dans l'Église Latine. La Chronique de Sigebert en 187. Ambrosius, Episcopus, ritum Antiphonas in Ecclesia camendi primus ad Latinos translucit à Gracis; apud quor hic ritus jamduum inoleverat, ex institut Ignatii, Antiocheni Episcopi, & Apostolorum Discipuli; qui per visionem, &c. Saint Augustin dans ses Confessions, livre IX. chapitre 7. Cum Justina Valentiniani Regis pueri mater hominem tuum Ambrosum (Il parle à Dieu) persequeretur haresis sua canis, qu'a hierat seduita ab Arrianis, excubabat pia plebs in Ecclesia, mori parata cum Episcoposus servo tuo. Ibi mater mea, ancilla tua, sollicitudinis & vittiarum primas partes tenens, orationibus vivebat. Nos, adhuc frigidi, a calore spiritis sui excitabatur tamen, civitate atomita atque turbata. Tunc hymni & psalmi us cantrentur secundum mortem Orientalium partium, ne populus maroris radio contabesceret, institutum est. Et ex illo in hodiernum retentium multis jam ac paere omnibus gregibus tuis, & per cetera orbis imitantibus. M.
ANTILLES. C'est ainsi que nous appellons un nombre de petites filles de l'Amérique, peu distantes les unes des autres, que Christophe Colomb découvrit en 1493. Les Espagnols les nommerent *Antillas* pour *ante* *fillas*, parce qu'elles font au devant des grandes filles de la Jamaïque, de Cuba, & de S. Domingue. De l'Espagnol *Antillas* nous avons fait *Antilles*. Vergy.
ANTIMOINE. D'*antimonium*. Mathiole sur Dioécoride: *Stibium recentioribus Médicis*, Chy- micis ac Seplafariis, qui *Mauritanorum doltrinum sequuntur*, Antimonium dicitur, quod hoc nomine Serapio & Avicema Stibium appellaverint. Il est difficile de dire d'où vient *antimonium*. Falloplus, au livre qu'il a fait des Métaux, chapitre 19. croit qu'il a été dit par corruption pour *achmadium*. Arabes vocant achman, vel achman, unde Chymiste & Seplafariis deducere achmadium: & ab hac voce postea antimonium. Voëssius, dans son Etymologicon, au mot *stibium*, parle de l'origine d'*antimonium* en ces termes: *Ufus ejus est mulieribus in fucanda facie: quod, quia dedeces homines religiosus, eo Iralis antimonio videtur aserpari: ab avri, contra, & Italico Moine, Monachus. Cette étymologie est ridicule. Et d'ailleurs, le mot de Moine est François, & non pas Italien. L'étymologie rapportée par Furetiere dans les Éfais de son Dictionnaire Universel, n'est pas plus raisonnable. La voici: Ce mot d'antimoine vient, selon quelques-uns, de ce qu'un Moine Allemand, qui cherchait la pierre philosophale, ayant jeté aux pourceaux de l'antimoine dont il se servoit pour avancer la sorte des métaux, recourant que les pourceaux qui en avoient mangé, après en avoir été purgé très violemment, en étoient devenus bien plus gras: ce qui lui fit penser qu'en purgeant de la sorte ses confrères, ils s'en porteraient beaucoup mieux. Mais ces effray lius réussit si mal, qu'ils en moururent tous: ce qui fut cause qu'on appelle ce mineral antimoine: comme qui droit, contraire aux Moines. Cette étymologie vient d'un vieux manuscrit d'Allemagne, qui est dans la Bibliothèque de M. Moreau, Médecis. du Roy, cité par M. Perrault, dans son livre du Rabé-Joyé de l'Antimoine. Encore une fois il est difficile de dire d'où vient ce mot. Les Arabes ont appellé *ithmid* l'antimoine, du Grec *vius*: Mais l'analogie ne permet pas qu'on fasse *antimonium* d'ithmid. M.
ANTIMOINE. D'*Alstimmi*, *vius* est le nom Grec, auquel les Médecins Arabes ont ajouté leur article, comme en plusieurs autres mots. *Hues*.
ANTIQUAILLE. C'étoit une sorte de danse fort ancienne, & qui par cette raison étoit appellée *antiqualile*. Rabelais, liv. 2. chap. 11. a dit: *Voici maître Jean Jeudi qui nous sonnerait une antiquaille*. Et au chap. 12. Qu'on ne me vienne tabuser le cerveau en me sonnant l'antiqualile. L'Auteur des Notes sur Rabelais croit probable que ce nommé *Jean Jeudi*, Menetrier, avoit été l'inventeur de cette danse; laquelle, dit-il, étoit une danse gaillarde, & à peu près comme la *Husarde*, que depuis peu d'années on a fait danser aux Marionettes Françoises. Vergy.
ANTISCIENS. Se dit, en terme de Géographie, des peuples qui habitent des lieux opposés de ça & de la l'Équateur, & qui par conséquent ont à midi des ombres contraires. Les peuples du Nord sont *antisciens* à ceux du midi, parce qu'à midi les uns ont leur ombre vers le pôle boréal, & les autres vers le septentrional. Ce mot vient du Grec *avri*, contre, & de *aeia*, ombre.
ANTITUS. Terme de mépris. Rabelais, livre 2. chap. XI. Alors qu'on passa *Licentié Maître Antitus des Cressomieres en toute lourderie, comme disent les Canonistes. Beati Lourdes, quoniam ipsi trebuchaverum*. Et liv. 4. chap. 2. L'Hermite nous bails une Lettre adressante à un qu'il nommait *Albion Camar*, *Maistre Editue de l'Isle savante*; mais *Panurge le saluant, l'appella Maître Antitus*. C'estoit un petit bon homme, vieux, chauve, a museau bien enluminé, & face bien cramofise. Rabelais a forgé ce mot, & il pourroit bien l'avoir fait d'ane & de téu. Rabelais, liv. 4. chap. 40. a nommé Anritus, l'un des Cuisiniers qui combattirent contre les andouilles. Athenée, liv. 1. chap. 18. après Polyzele, nomme Anritus un vin qui croit dans l'Isle de Rhodes. Le Duchat.
ANUBIS. C'est le nom d'un ancien Dieu des Egyptiens. On trouve sa figure sur plusieurs médailles, & il y paroît avec une tête de chien sur un corps d'homme. On croit qu'Anubis étoit le même que Mercure. Plutarque, dans son livre touchant. Ifis & Osiris, dit qu'Anubis étoit appellé Hermannis; & Eusebe, liv. III. de la prep. Evang. l'appelle ainis, c'est-à-dire, Mercure Anubis. Guichard dérive Anubis de l'Ebreu no nababb, qui signifie latrare, aboyer. Nababba en Arabe signifie la même chose, & nababb en cette langue c'est latrator. Juvenal dit : latrator Anubis. Cette étymologie paroît assez naturelle. Mais, dira-t-on, pourquoi aller chercher dans l'Ebreu ou l'Arabe, le nom d'un Dieu Egyptien ? je répond que les Egyptiens étant voisins des Ebreux & des Arabes pouvoient avoir dans leur langue le même mot, ou du moins un mot fort semblable. Les Grecs & les Latins, qui seuls nous l'ont représenté, en auront ôté la lettre finale aspirée, ou l'auront changée en s.
ANUIT. Vieux mot qui signifie aujourd'huy. Les Allemans comptoient anciennement par les nuits, comme l'a remarqué Tacite au Traité qu'il a fait de leurs mœurs. Ce que les anciens Francs & Gaulois ont aussi pratiqué, comme il se voit par plusieurs endroits de la Loi Salique, par les Capitulaires, par les Formules de Marcuse, & par plusieurs anciens Instrumens, dont François Pithou fait mention sur les Capitulaires. Ce qui se pratiquoit encore au tems de Geoffroi, Abbé de Vendôme, comme il paroît par une de ses Epîtres. Et ce qui s'est pratiqué même bien au-dessous du tems de cet Abbé, comme il paroît par l'article 419. de la Coumme d'Orleans, où il est dit, qu'Un achepteur de biens vendus à l'encant, la solemnité de Justice gardée, peut être contraint par prison, & ses biens vendus sans solemnité, ne attendre les nuits. Sans attendre les nuits, c'est-à-dire, sans attendre les jours ordinaires de la vente des meubles pris par exécution, qui sont les mercredis & les samedis, auxquels le Prévôt d'Orleans, qui est le Juge ordinaire, tient son Siège, & auxquels seuls par l'usage du pays se fait la vente des meubles exécutés. Et parce que ces meubles peuvent être vendus sans solemnité de Justice, on n'est point obligé d'attendre les jours qui font partie de cette solemnité. Cet article est tiré de l'article 353. de l'ancienne Coutume d'Orleans, où ce mot de nuits est employé dans la même signification. Pyrrhus Anglebermaeus, qui a traduit en Latin cette ancienne Coutume, en a rendu en ces termes l'endroit allégué : Emptor bonarum auctione addiliorum, carcere, ac celeri sommarisque horum suarum venditione, ad solvendum cogi potest. Cette célérité consiste à n'attendre pas les jours ordinaires. Je reviens à notre mot d'anuit. Ifac Pontanus, dans ses Origines Gauloises, a aussi remarqué que les Gaulois comptoient par les nuits. Et à cause de cette coutume de compter par les nuits, Elie Vinet sur les Professeurs d'Ausone, le Pere Sirmond dans ses Notes A O R. A O S. sur Geoffroi, Abbé de Vendôme, page 38. & M. Bignon sur Marcuse, ont cru que ce mot d'anuit avoit été fait d'hac noble. En quoi ils ont été suivis par Goffelin, dans son livre de l'Antiquité des Gaulois, & par Favin, dans son Théâtre d'Honneur, livre 2. page 381. Mais il est certain que ce mot a été fait d'in hodie, dont on a fait premierement en hui, & ensuite, par corruption, anuit. D'hodie, nous avons fait huy, qui est encore en usage dans le Palais 1 où l'on dit dans huy, pour dire dans ce jour, qui est la même chose qu'en huy, & la même chose qu'aujourd'huy, mot composé de ces quatre mots, au jour de huy. On a dit in hodie, comme in demane, dont nous avons fait premierement endemain, & puis l'endemain, & enfin lendemain, en incorporant l'article au mot. Le Maréchal de Monluc, dans son Histoire, dit toujours lendemain. Dans la Breise & dans le Dauphiné, anuit signifie hier au soir. M.
AORE. Le Vendredi Saint s'appelloit anciennement, & il s'appelle encore à présent en quelques Provinces, & particulièrement en celle de Normandie, le Vendredi aoré, ou oré. Un Arrêt du Parlement de Paris, de l'an 1425. Le Duc de Bethsart, pour l'absence du Roi son neveu, & représentant sa personne, montrera le Vendredi aoré la Vraye-Croix au peuple, comme ont accouffumé les Rois de France ledit jour. La Chronique de Louis XI. page 146. Et le Vendredi Saint & aourné, vins & iftis du Ciel plusieurs grands esclats de tonnoire, espartissemens, & merveilleuse pluye, qui ebaiss beaucoup de gens : parce que les Anciens dient toujours, que nul ne doit dire hélas, s'il n'a ouy tonner en Mars. D'adoratus, parce que ce jour-là on va adorer la Croix. Les Anciens disioient aourer pour adorer. Martins li Beguins : Pour la Belle que j'aours, Qui sur toute a beauté & Valour. Voyez les Annotations d'André du Chesne sur Alain Chartier, page 854. Mais, comme on ne prononce qu'oré, M. Nublé croyoit que ce vendredi avoit été ainsi nommé d'orare, non-seulement à cause des fréquentes répétitions d'Oremus que fait le Prêtre qui célèbre le jour du Vendredi Saint ; mais aussi à cause du grand nombre des prières qu'il fait pour toute sorte de personnes. Car il est à remarquer que l'Eglise ne prie que ce jour-là, expressément, pour les Hérétiques & les Schismatiques, pour les Juifs, & pour les Idolatres. Et ce qui-favorise son opinion, c'est qu'il paroît par les passages allégués par du Chesne, qu'cre & aourer signifient aussi souvent prier qu'adorer. M.