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03.0 Dictionnaire etymologique — BALE – BÉER

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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BALE. Mot Messin, qui signifie une Sage- femme. De l'Italien balla, qui se dit dans la même signification, & qui a été fait du Latin bajula. Voyez Baillif. Le Duchat.
BALER. Le Roman de la Rose, fol. 37. v°. Car ceulx qui plus en vont beuvant, Ardent plus de soif que devant; Et n'en boit nul qui ne soit yvre: Mais de sa soif ne se délivre; Car sa douleur si fort le bale, Qu'il n'est nul qui tant en avale, Qui n'en veuille plus avaler, Tant les fait la douleur baler, Car lescherie tant les pique Que chascun en est hydropique. Un ancien Pseautier François, Ps. 45. a dit: baler des mains, pour plaudere manibus. Le Duchat.
BALET. Voyez baler. M.
BALET, rebord de toit. Les Mém. de l'Etat de Fr. sous Charles IX. seconde édit. vol. 2. fol. 56. Mais tant à cause du balet du toit à l'endroit où ils s'appoyent, que de quelques aix & mantellets de bois dont ils estoient couverts, on ne les pourvoit empêcher ni offenser. Ce pourroit bien être un mot de Province. Mais d'où vient-il: peut-être baler en ce sens, signifie-t-il proprement ce petit toit qui règne le long d'un tripot pour y recevoir les bales. Le Duchat.
BALEVRE. Pasquier, VIII. 30. de ses Re- cherches, le dérive de bisabra. Je crois qu'il vient de balse-lèvre. Montagne, liv. 2. chap. 12. pag. 269. de l'édition de Journel, a dit balievres. M. Perceforest, vol. 1. ch. 52. Gadiffer à l'autre côté sault à celui qui le sien (Heaume) avoit prins, & l'abert par les cheveux, & le fiert du poing sur Tome I. le basterel, si grant coup qu'il lui rompit le col... Et encore vont descendre les coups parmi les têtes des chevaux, droit sur les oreilles, & leur vont fendre jusques parmi les dents: en telle maniere que les oreilles, les yeux, & les dents dessus chienne a terre; & les baillievres de dessus & la denture, avecque la langue, demeurent tenans au basterel. Je crois qu'il faut lire dessous & non dessus. Lancelot du Lac; vol. 2. fol. 146. r°. de l'édit. in-4°. de 1520. Hors getta au geant un entredeux si amèrement que il lui couppa le nez & toute la baillievre; en telle maniere que les dents lui paroissient de tous côtes & dessus & dessous. Le Duchat.
BALIAIRES. Pierre Matthieu, dans la Vie de Louis XI. Il lui falloit des gens de pied, balia- res, Sagittaires, & Archers, c'est-à-dire, des gens des Isles Baléaires, Majorque & Minorque, c'est-à-dire, des Frondeurs. M.
BALINIERE. Synonyme de Galere. La Chro- nique de S. Brieux, tom. 2. pag. 855. de l'Histoire de Bretagne de D. Lobineau: secum tunc ducens & habent sex vasa lignea, vocata Gallicie balinières, bene & sufficienter equipparis & armatis, associatus magno numero armatorum, arbalistatorum & cano- num. Et pag. 855. Secum protunc ducens & habens una cum quinque cuittis, Gallicie Galées seu balne- riis, bene & sufficienter equipparis & armatis, ac plenis magno numero armatorum, arbalistatorum & canonum. Peut-être de vallus, comme galère. Voyez au mot, Galère. Le Duchat.
BALISE. Pieux qu'on met dans les rivières pour marquer le passage. Palus, pali, palitius, palitia, BALISE. Balizer c'est attacher un vaisseau à ces fortes de pieux.
BALISE. Marque blanche à un cheval. Voyez balzan. M.
BALISTE. Machine de guerre, dont se ser- voient les anciens, pour lancer des pierres. Du Grec hâs, jacéo, jaculer.
BALIVEAUX. On appelle ainsi les arbres qu'on laisse debout quand on abbat un taillis. De vallus, qui signifie un pieu. Vallus, hallus, ballivus, ballivellus, BALIVEAU. M. M. du Cange, rapporte diverses Chartres dans son Ville-Hardouin, dans l'une desquelles, dont l'original est gardé dans le Trésor des Charges, on lit ces paroles: Item il demora à l'Empereur au Parc de Pison, cent arpens de bois de huit ans, & les Boiviaux qui demeurent au Parc. Cette Char- tre est de l'année 1274. Boiviaux est dit pour bois-vieux; & de boiviaux, s'est fait Baliveaux. Huet.
BALIVERNES. Sornettes, contes faits à plaisir. On dit parler comme un crocheteur, pour dire parler mal: ce qui pourroit donner sujet de croire que balivernes auroit été fait de bajulus. Bajulus, bajulivus, bajulivarinus, balivarnus. M. Rabelais, liv. 1. ch. 24. Car ils sont de nature grands jaseurs & beaux bailleurs de ballivernes en matiere de singes verds. On voit dans ce passage, que ce que Rabelais a appellé ballivernes, c'est proprement ce que nous appellons aussi des contes jaunes ou des contes bleus. Aussi disons-nous quel- quefois d'un hableur, qu'il en conte des plus ver- tes, ou des plus meures. Bailer, signifie propre- ment tradere. Ainsi ce que Rabelais entend par bailleur de ballivernes, ne seroit-ce pas un bailleur de traditions verres, que nous appellons autrement des contes bleus ou jaunes? Bailleur de ballivernes, vendeur de canards à moitié. M. de la Noue, Diction. des Rimes Françoises, page 35. Le Duchot.
BALLE. Ces gros pacquets de marchandises qu'on fait pour envoyer, selon nos Dictionnaires, sont appelées balles; de Balus, qui signifie envoyer. Caseneuve. BALLE de Jeu de Paume. De palla. Hésychius: *nōnā, epiēpa de mōnām tōmātu mōmātu*. De palla, on a fait l'augmentatif pallone, dont nous avons fait BALLON, comme qui diroit grosse balle, qui est comme Maître François appelle le ballon, liv. 1. chap. 23. *Jouoit a la grosse balle, & la faisoit bondir en l'air autant du pied que du poing*. On en a fait aussi le diminutif BALOTE: d'où vient BALOTER, pour dire, *se moquer*: ainsi on dit baloter un tel, comme qui diroit, *s'en jouer de même que d'une balle*. Les Anciens se sont servis à peu près de la même façon de parler lorsqu'ils ont dit, *Dii nos pilas habent*. Les Vénitiens usent aussi de baloter, mais dans la signification de *dōpētu*, à cause que les élections se sont parmi eux avec des balles. Les Grecs modernes ont pris de la leur *dōpētu* & leur *dōpētu* pour lors & *ser-tem mittere*. Voyez Meurfius en son Glossaire. M. Voyez BALE. Je me contenterai de remarquer sur ce mot balle, dans la signification de Globus *lufōfus*, que les Allemans & les Anglois, disent *ball*, les Flamans *bal*, les Suédois *boll*, les habitans du pays de Galle *pēl*, les Italiens *balla*, *balletta*, les Latins *pila*; soit que tous ces termes viennent du Grec *dōpētu*, dont Hésychius fait mention, soit qu'il faille les rapporter, & le Grec lui-même, à une origine Ceinture.
BALLER. Pontus de Tyard, pag. 18. 19. de *Reichskominum imposatione*: *a Bāwētu, baller*: & *bal*, *a Bāwētu*. De ballare, dont les Latins se sont servis pour *saltare*, & qu'ils ont fait de *bāwētu*, que les Grecs ont pris en cette signification. Le Concile de Laodice: *ētu a lii Kēpētu; eētu a lāwētu; eētu a lāwētu*. Le Synode Romain sous Lothaire & Louis, ch. 35. *Ut Sacerdotes admonent virus & mulieres, qui Festis diebus ad Ecclesiam conbenunt, ne balando & turpia verba decantando Chores teneant & ducant*. Les Notes de Tiron & de Sénéque: *ballat, ballatar, ballatrix*. Les Glosses Anciennes: *Bāwētu, balle*. *Ballistam* se trouve dans Vopifus, en la Vie d'Aurélien; & *ballatio* dans les Capitulaires de Charlemagne, & dans Benoit Levite, liv. vi. chap. 6x2: c'est le Compilateur d'une partie des Capitulaires de Charlemagne; & dans les Glosses d'Isidore. Voyez François Pithou & Spelman, en leurs Glossaires, Richelet, sur l'Ode VIII. du liv. 3. des Odes de Ronfard, M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, pag. 149. & Voissus de *Vitis Sermonis*, iv. 2. Le mot *Bāwētu*, qui se trouve aussi dans Athénée, liv. 8. ch. 16. a été fait, selon moi, de *dōpētu, salio*: *dōpētu, bāwētu, bāwētu, bāwētu, ballare*. L'Italien ballare a la même origine que le François *baller*. M.
BALOT. Voyez *balle*. M.
BALOTTER. Métaphore prise du Jeu de la Paume, où l'on renvoyé à coups de raquette la balle de tous côtés: ce qui a donné lieu à cette devise: *une balle* avec ces mots, *ferior quocumque feror*: au sujet d'un homme à qui on avoit souvent donné des coups de bâton. Cette devise est rapportée par le Comte d'Etlan, dans les Jeux de l'Inconnu, au chapitre du Misodrve. M.
BALOURDE. De l'Italien *balorda*, qui est le même que *balordo*. Voyez mes Origines de la Langue Italienne, au mot *balordo*. M. du Cange le dérive de *dōpētu, mot Grec vulgaire, qui signifie pinguis, obesus*, & qui a été fait de *dōpētu*. M.
BALTIQUE. La mer Baltique. Elle a été ainsi appelée, selon Grotius, du mot Teutonique *belt*, qui signifie en Langue de l'Erfie *irrupio aquarum*. Écoutons là-dessus Wachter, *Glosar. German*, au mot *Belt*. Voici les paroles de cet Auteur. BELT, *irrupio aquarum lingua Frisca*. *Testis significationis H. Grotius*, in Prolegomenis *ad scriptores Gothicos*, pag. 4. *ubi ab hoc significatu non solum Fretia Danica, inter Zelandiam & Fioniam, Fioniam & Jutiam, qua hodie Belt vocantur, sed etiam Baltia antiqua & maris Baltici appellationem deducit*. Græci veteres, *inquit*, terram eamdem (*Scandinaviam puta*) dixer Baltiam. Ita enim Scriptore Xenophon Lampacenus & Metrodorus, Plinio memorati. Pythæa enim corrupte Baltiam extulerat. Diterre ita terram haud dubiè à mari interiore, quod *Baltium Adamus Bremenis* ante sex fermé sacula dixit, eumdemque, secuti Helmoldus, Saxo, alii. Manetque etiam in usu populari id nomen in parte quæ Fioniam Zelandiamque intersuit. Est autem id nomen non proprium sed commune. Nam maris irruptionem eo significari nonunt Fritsi. *Videmus*, ajoute plus bas Wachter, *quam sapienter hoc animadverterit Grotius, & quam pulcri maris Baltici artus in ipsa voce tanquam momento historico & antiquissimo continatur*. Sed unde sit belt pro irruptione aquarum non explicat vir summus. *Pereft tamen esse à Fallen balus, et irruere, impressionem facere. Extra hanc considerationem, quodvis fretum navigabile poset dici belt, a Grec. adveris navigabilis*. Le mot *belt*, en Alleman, en Anglo-Saxon, en Anglois, en Suédois & en Illandois, signifie *ceinture*, & il convient avec le Latin *balteus*, que Varron dit être un mot Tofcan. Il se dit métaphoriquement de la mer, parce qu'elle entoure la terre; & quelques-uns croyent que le pays appelle *Balcia* par les anciens Grecs, c'est-à-dire, la Scandinavie, avoit été nommé ainsi du mot *belt* dans le sens de ceinture, parce qu'on croyait que c'étoit une life entourée de la mer de tous côtés. Wachter préfère à ce sentiment celui de Grotius.
BALUSTRE, BALUSTRADE. C'est ainsi que les Architectes & Menuisers, appellent les cloisons dont les colonnes représentent la figure des fleurs du grenadier sauvage, appelle *balustre*; de *balustrum*. Caseneuve.
BALUSTRE. M. Félibien, dans son Dictionnaire des Arts: *Le mot de Balustre vient de Balustrum; qui signifie le calice de la fleur de grenade, auquel le balustre ressemble*. C'est *balustrum*, qui signifie cette fleur de grenade: duquel mot, quelques autres Erymologistes, avec plus d'apparence, dérivent ce mot *balustre*; prétendant que les balustres étoient originellement ornés de semblables figures. Il vient de l'Espagnol balustria, ou de l'Italien *balustrum*. Les Italiens disent *balustrum*, pour un balustre; & *balustrum*, pour la fleur de la grenade: ce qui appuyé l'Erymologie précédente. Mais ce qui la confirme tout-à-fait, c'est ce que disent Messieurs della Crucica, dans leur Dictionnaire, au mot *balustrum*: BALAUSTRI, *si dice ancora a certa colomneia, di forma simile a balustrum, che regge l'architrave del ballatoio*. ¶ Bal- B A L. B A M. B A M. B A N. 139 latio, c'est un balcon, une terrasse. ¶ Berger, dans son Histoire des Grands Chesnins, livre v. chap. 10. 10. Il y a une sorte de colonne, mais irrégulière, que l'on appelle des Balustres, d'autant qu'elles ont quelque chose de semblable à la fleur d'un grenadier, que l'on appelle en Grec balustrion, dont parle Dioscoride. M. avons fait le diminutif *banderole*. De sorte que, comme encore *Curnette* signifie le Drapeau & la Compagnie des gens de cheval, de même *Bandeau*, signifie l'Enseigne d'une Compagnie de gens de guerre ; & *Bande*, la Compagnie même. Ainsi les Romains appelloient *vexillum*, le Drapeau des gens de cheval ; & *vexillatio*, la Compagnie. *Sui-das* : *Bârsus*. *in* *nâsâs* *Bârsus* *tâ enjâs*, *Tâ co-nâsâs*. *Procopius*, *De Bello Vandalico*, liv. 2. *tâ enjâs* *tâ la Bârsus* *nâsâs* *Bârsus*. *Cafeneuve*.[{"box_2d": [136, 179, 505, 723], "label": "text", "caption": "**BANDE.** Lipse, dans la Lettre 44. de la troisième Centurie de les Lettres *ad Belgas*, dérive ce mot de l'Alleman *bande*, d'où il estime que les Persans ont aussi pris *band* : & en effet, les Persans ont emprunté beaucoup de mots des Allemands. Caninius, dans les Canons des Dialectes, dérive l'Italien *benda*, de l'Arabe *bend* : mais, & les Allemands & les Persans, & les François ont pris ce mot du Latin *pandum*, ou du bas Grec *Bârsus*. M. de Saumalfe, sur Solin, page 1130. *Persa band dicum fasciam : id ex Grace Bârsus postrami Imperii, quod a Latino fallum est pandum, tâ enjâs* *Bârsus*. *Hinc bandum*, pro vexillo. *Glofa* : *bandon, eityus*. *Inde & nos Francocella bandam pro fascia dicimus*, & *bandare pro fasciare : quod tamen à Persa non di-dicimus*, *sed inde profus unde & Persa habuimus*. Et sur Tertullien, de *Pallio*, page 78. Parintus, *tâ enjâs* *Bârsus* : *à pando ; quod postea dictum est bandum*. Pasquier, livre VIII. de les Recherches, chap. 51. dit que *bandes*, pour compagnies & troupes de guerre, vient des écharpes ou des bandes que portent sous Charles VI. ceux qui favorisent le parti du Duc d'Orléans contre le Duc de Bourgogne ; en quoi il se trompe, ce mot étant plus ancien en notre Langue que le règne de Charles VI. Il est vrai pourtant que cette façon de parler vient des étendards que les Romains appelloient *bandes*. *Sui-das* : *Bârsus*. *in* *nâsâs* *Bârsus* *tâ enjâs*, *Tâ co-nâsâs*. L'Auteur du Grand Etymologique : *enjâs* *Bârsus* *tâ eityus*, *qui tâ eityus* *Bârsus* *nâsâs*, *tâ co-nâsâs* *Bârsus* *nâsâs*. Simoncatte, livre 3. de son Histoire, chap. 6. *tâ enjâs* *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, *Bârsus* *nâsâs*, 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Voyez au mot Bagans, & le Président Fauchet, liv. vi. chap. 14. M. Les Bannaleurs ont été ainsi nommés parce qu'ils vont par bandes, & ce sont ceux des Pyrénées qui ont donné le nom à tous les autres.
BANNALEUE. C'est le territoire sur lequel s'étend la Jurisdiction des Magistrats Municipaux, ou des Juges ordinaires d'une ville; ainsi appellé, parce qu'ils y ont pouvoir de faire des proclamations, citées, défensées, & autres tels actes de Justice & de Police, qui sont compris sous le nom de Ban. Et parce que tel territoire ne s'étend guère plus d'une lieue loin des villes; à Toulouse on l'appelle Garthage, & à Bourges, Septanie. Ce mot est formé de Bannaleuga. Le P. Simond, sur l'Épître 16. du livre 2. de Geoffroi, Abbé de Vendôme, rapporte ces paroles d'un acte de Louis le Gros, fait en faveur de l'Abbaye de Saint Denis: Item statuimus, ut quicunque sit intra Banni-leugam S. Dionyssi, vel intra terminus antiquibus infinitos, à nullorapiatur, neque res ejus divipinarum. Yvo carnotensis Episc. 130. Un acte ancien de la ville de Rouen, que du Chesne a fait imprimer dans le volume des Histoires de Normandie: infra Banleugam Rothe-magenism. Il y a des Communes en France, où Bannaleugam signifie l'étendue du terrain dont les habitants sont obligés d'aller moudre au moulin bannier. Et Geoffroy, Abbé de Vendôme, liv. 2. de ses Épîtres: Castelli, & Castelli banleuga, Divinum officium absinissis. Caseneuve.
BANNALEUE. De banleuga, ou bannaleuga. Le Pere Simond sur l'Épître 16. du liv. 2. de Geoffroi, Abbé de Vendôme: BANLEUGA, seu BANNALEUGA, dicitur is modus agri, cuius finibus loci alicuius immunitas vel jurisdictio terminatur. Nota, vox & significatio multis in locis Gallia. Banni apud majores nostres multiplex fuit notio. Nam & publicum Editum bannum appellabant, & multam, & prescriptionem bonorum, & exilium, alia judiciaria summaque potestati cumena. Quos ergo ad fines ea potestas perigebatur, cum ambitum, sive præcinitam, ut loquebatur, Bannaleugam dicebant: seu quia leuga spatio plus minus depniebatur, seu furo quia leuga, sive leuwa, umam pro quavis terra spatio, tristique usurpabant. In Caroli Calvi Pracepta, Sancti Dionyssi Banleuga in hunc modum describitur: Statuimus ut prædictus locus immunitatem habeat. Et post alia: Cui quidem immunitati ipso eoidemque terminos imponi ecnemus, qui in privilegio Domini Dagoberti Serenissimi Regis, quod de fugitivis ad idem Cernobium idem gloriosissimus Rex fecit, præscripti sunt. Id est usque ad eum locum, quo ad eandem Ecclesiam tendentes Tricenum pontem ingressiuntur. Nec non etiam usque ad Montem Martyrum; ubi ipse præcellentissimus Domini testis agonem suum fideliter complexit. Similiterque usque ad viam publicam, quo ad Luperam ducit. Itaque hanc totam procinctam Deo, lanctoque ejus Dionysio, donamus, cum omni judiciaria potestate. Hoc est bannum, omnemque infrastructum, & si quæ sunt alia confectudines legum. Satis ex hoc descriptionum liquet, Sancti Dionyssi Banleugam ultra longuimus spatium percellam fuisse. Quod vero leuwam absolutis pro spatio & mensura, usurpasse videantur, declarat aliud præceptrum Caroli Magni, quo villas Faverulas & Novotrem in pago Carnotem eidem Sancti Dionyssi Monasterio cum Iowa Aquilina datat. Ejus autem Iowa lengas, hoc est, spatio, reginedique fuit fundus circumscribit, his verbis. Torem enim locum exercibam, est antiquariorum vitio parum castigatum: insuper & cum Foreste ad ea pertinente, quæ vocatur Aquilina, cum Forestatis & cæteris finibus in ea designatis. Videlicet contra pagum Madriacensem pervenit leuwa usque ad Petram fictam: deinde ad Montem Presbyteri: deinde ad Condacum, usque ad Cuculosa. Secunda leuwa contra pagum Pinciasensem pervenit ad Codonarias: deinde ad Vennas, usque ad Aureovallo: deinde Levicias. Tertia leuwa contra pagum Pardisensem de Ullanclacas pervenit ad Campum Dominicum: deinde ad Campum Mulgeverti: deinde ad Sarnecum, usque ad Cellam Sancti Germani: deinde per illam stratam quæ pergit ad vetus Monasterium. Contra pagum Stamponiem pervenit leuwa ad Rabaecium. Deinde ad Affrumenterilas. Deinde ad Waranceras. Contra pagum Carnotensem pervenit leuwa ad Putiolos. Inde ad Putilittos. Deinde ad Hittinvilare. Inde ad Wadaftivillam, & illud pirarium. Deinde ad illam formam quæ fuit Stephanone. Inde ad Calmontem. Deinde ad illam stratam quæ pergit ad Helmoreum. Inde ad Longum Lucum & Senove vallem super Nivigellam. Pro Banleuga leugam simpliciter positi Ivo, Episc. ci. & colix. Quod ab omnibus molendinis Belvacensis leuwa committius. ¶ Voyez M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot Bannum leuwa. M.
BANNERETS. On appelloit ainsi autrefois ceux d'entre les simples Chevaliers qui avoient moyen de lever banniere, c'est-à-dire, qui avoient si grands nombres de vaffiaux relevans de leurs Seigneuries, qu'ils étoient suffisans pour faire une compagnie de gens de cheval; ou pour mieux dire, ceux qui devoient servir avec bannieres, d'où ils fureux nommés Bannerets, ou Banderets. Voyez. Pasquier, II. 16. Piche, liv. 1. des Comtes de Champagne, page 107. Spelman, en son Glossaire, Loiseau, chap. vi. de son Traité des Ordres de la haute Noblesse, & M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot bannier. Cette action de lever banniere étoit réputée à grand honneur, & se faisoit avec grande solennité. Elle est décrite dans Proiffard, au livre 1. Le Banneret avoit deux paves de Bachelier, comme le Bachelier deux paves d'Ecuyer. M. A Metz les Banneres ou Bannerus, sont de bas Officiers de ville, dont les fonctions consistent principalement à assembler de la part de l'Hôtel de Ville des Bourgeois de chaque Paroisse, chacun sous la banniere de sa Paroisse: & ils servent aussi à intimer aux mêmes Bourgeois, chacun de ces Banneres dans l'étendue de sa Paroisse, les ordres que le Magistrat veut qu'ils exécutent pour la Police. Le-Duchat.
BANNIERE. Pasquier, liv. VIII. chapitre 16. estime qu'il vient du mot ban, qui signifie, comme nous l'avons dit, cette semence publique d'aller à la guerre, que les Souverains sont faire à leurs vaffiaux; l'étendard, ou la banniere, étant comme un signe pour la retraite commune des foldeaux. Horman, en son livre intitulé Matagouin de Matagouibus, le dérive de l'Alleman bannier, qui signifie la même chose que banniere. Je crois que l'Alleman & le François viennent du mot bandam, & que nous avons dit banniere pour banniere. Et c'est aussi l'opinion de Cœlius Rhodégiens, liv. xv. de ses Leçons Andiques, chap. xv. Bandam Procopius signum diui militare de Rumanis interpretatus. Unde saltum conjechamus ut valgus inscitum BAN- DALLAS nuncupet. Nam quod Codice de Episcopis & Claricis scriptum invenias, hanno subjaceant: Im- periali, aloud est: siquidem eo nomine recentioribus appellatur axilii species, quam proscriptionem di- cebam Veneres, qui nsu toga carunt, quando est illis aqna interdiatum & igni. Bannum item Galli pu- blicum nuncupant odiatum. Bandophorum dici logi- mus eum qui Ducis gerat signum. Les Italiens di- sent bandiera & banderuola: ce qui ne confirme pas peu cette conjecture. Voyez bande. M.
BANQUE. De l'Italien banca, qui a été fait de banco. Les Grecs ont de même appellé une ban- que du mot Ebar, dont ils se servoient aussi pour dire un siège. M. de Saumais de Ufuris, page 511. Ebar etiam dicebatur mensa nummulariorum: BANCAM hodie vacamus. Sed & BANCOUS scannum dicimus. Sic Graci Ebar quoque appellabant scann- um, sive sedile. Helychins: Ebar, opiura Ebar vi de vi apodipia, qui vi auxneia, qui vi banqueia. Hinc BANCARIS dicuntur nobis qui Veteribus trape- xis & mensarii. Hinc mensa in foro posita non ad- sidebant, sed insidebant nummularii: ideo non folium mensa, sed etiam scanni vel sedilis habuis nomen, &c. Voyez Banqueroute. M.
BANQUEROUTE. De l'Italien bancarota. Coquille, sur l'art. 205. de l'Ordonnance de Blois: BANQUEROUTE & FAILLITS, sont dictiens Italiens; car en Italie d'ancienneté estoit accoutumque que ceux qui faisoient trafic de deniers pour profiter, ou pour faire tenir & changer, avoient un banc ou ta- ble, en lien public. Quand aucun quitosit le banc, que les Latins disent foro cedebat, se disait que son banc étoit rompu. Fallito au même langage, signifie banqueroute. Et banqueroutier & falliti, se disent ceux desquels le credit est failli. De vray, ces fallites furti crimen implicant: & d'ancienneté sont plu- sieurs Ordonnances pour longuerir extraordinairement. Voyez banque & rature. M.
BANQUET. Festin. Ce mot vieillit, dit Fu- retiere, & vient de l'Alleman pancket; dont les Italiens ont fait banquetto, & les Espagnols ban- quette. C'est au contraire le mot Alleman pancket qui a été fait de l'Italien banchetto: c'est ainsi que parlent les Italiens. Messieurs de l'Académie della Crucica: Da banco, preso largamente in significato di tavola, per mensa, si dice banchetto, che val convivio; e banchertare, che val far banchetto. Les Polonois disent bankiet. M. Anciennement, aux banquets nombreux & de cé- rémonie, on s'asseyoit vis-à-vis l'un de l'autre, sur des bancs qui tenoient dix à douze personnes, parce que les tables qui étoient ordinairement fort longues, n'avoient que deux planches en largeur, les extrémités n'étant pas occupées, & servant ap- paremment à placer les serviges. C'est de-là qu'on a appelé banquet un festin, parce qu'on y étoit assis, non pas sur des chaises, mais sur des bancs. De-là vient aussi qu'à Merx, ou dans de certaines familles où l'on conserve encore des nappes qui servoient à ces banquets, toutes celles qu'on voit qui sont très-longues, à proportion de leur lar- geur, sont appelées nappes de banquet. Le Du- chat.
BANQUETER. Ce mot a pris son origine de la débauche de nos anciens François, qui après avoir fait bonne chère, avoient accoutumé de fai- re emporter les tables; & demeurant assis sur les bancs, recommençoient à boire d'autant; & cela s'appelloit banqueter. Ce qui se voit clairement dé- crit dans Grégoire de Tours, chap. 27. du liv. x; en ces paroles: Invitatis ad epulum multis, hos tres in uno fecit sedere subseliio: cumque in eo prandium elongatum fuisset spatio, ut nos mundum ebruerer, ablatà mensa, ( ut nos Francorum est) illi in subseli- lia sua, sicut locati fuerant, residebant: potatique vino multo, in tantum craquati sunt, ut puer- corum madescati, per angulos demus, ubi quisque correrat, obdermirent. Le mot de banqueter pour- roit aussi venir de ce qu'anciennement aux festins, où peu de gens étoient appelés, ils se servoient de bancs, au lieu de tables. Le même Grégoire de Tours, liv. 5. chap. 7. décrivant le Roi Chilperic, qui n'avoit à son dîner qu'un Evêque & un Sel- gneur, dit qu'ils avoient devant eux un banc char- gé de bonnes viandes: Ad dexteram ejus Berthra- dus Episcopus, ad lavam vora Regnemundus, fiab- bat; & erat ante eos scannum gans defuper ple- num, cum diversis ferculis. Or dans les bonnes maisons ces bancs demeuroient d'ordinaire cou- verts de quelque beau tapis; comme on fait à pré- sent les tables. Le même Grégoire de Tours, liv. 9. chap. 25. Mandans iterum alteri, ut domo mun- datà, fragulis scanna operiret. Caïeneuve.
BANQUETTE. M. Félibien, dans son Dic- tionnaire des Arts: BANQUETTE; on appelle ainsi les chemins relevés, comme sont les deux cofés du Pont-neuf, où il n'y a que les gens de pied qui mar- chent. De la figure longue & relevée d'un banc. Banco, banchetto, banchetta, BANQUETTE. M.
BANQUIER. Sorte de linge ou de drap à couvrir un banc d'Eglise. La 31e des Cent Nouv. nouvelles: Nous composant... la disme que nous devons en toile, en draps, en coiffus, en banquiere, en oreillers & en autres telles bagues. Le Duchat.
BAQUAVE. Voyez BACAVE.
BAQUET, BAQUESSE. Mots Messins; pour signifier boiteux & boiteuse. Peut-être de ba- culus, d'où la béquille, dont s'aident les boiteux. Le Duchat.
BAR. Poisson. Les armes de la ville de Bar sont des bars adossés. Du mot Arabe bar, qui signifie le même poisson, ainsi appelé d'une ville d'Egyp- te du même nom. BAR, est aussi une civiere ex- traordinairement forte, qui sert à porter des pierres & autres matériaux. Voyez M. Félibien. M.
BAR. Nom propre de plusieurs Villes. Il y a Bar sur-Aube, en Champagne; Bar-sur-Seine, en Bourgogne; Bar-le-Duc, entre la Lorraine & la Champagne. Frederic I. Comte & puis Duc de la haute Lorraine, fit bâtir Bar-le-Duc pour arrêter les courtes que faisoient les Champenois dans son pays. On donna à ces villes le nom de Bar, qui signifie barriere & barre, ou parce qu'elles ser- voient de barrières contre les ennemis, ou parce qu'elles étoient environnées de barres & de re- tranchemens. Bar est la même chose que bar, vieux mot Gaulois, qui signifie gout ce qui sert à fermer quelque chose, une cloiture, un verrou, une barre: Boxhornius, dans son Lex. Ant. Brit. Bar veclis, repagulum, pefulum. Du Cange, dans son Glossaire. Barra fustis veclis; barra seprum en- ria, cancelli clastra; barze repagula ac septa qua ad munimenta oppidarum & castrorum, vel ad eorum introitus ac portas pamatur, ne inconsulis custodibus in eas aditus quibusvis parat. De ce mot, barr viennent les mots François barre, barrer, barreau, barriere, & barril. *
BARACAN. Voyez bouracan. M.
BARAGE. Droit domanial qu'on lève à Paris, & ailleurs. Loiseau dans son Traité du Droit de Police, chap. 9. Le péage est appelé de divers noms et Conftumes & Ordonnances; estant tantôt nommé BARAGE, à cause de la barre assise sur le chemin pour marque d'iceluy: tantôt PONTENAGES quand il se paye au passage d'un pont: tantôt BILLETTE, à cause du petit billet de bois qu'on pend à un arbre, signe d'iceluy: tantôt BRANCHIERE; à cause de la branche d'arbre où ce billet est pendu: tantôt COUTUME, mot qui signifie généralement toute profusion introduite plus fort par costume, que par titre particulier: tantôt aussi, DROIT DE PREVOITE; combien que la Prévoité comprenne toute sorte de menus droits casuels d'un Seigneur, dont le Collecteur est appelé Prévoit des amendes, à la distinction du Prévoit, & Garde de la Justice. Finalement, le péage est quelquefois appelé TRAVERS; à cause qu'il est den par ceux qui traversent la terre du Seigneur, &c. combien que proprement, à mon avis, Travers est un autre droit que le péage, bien qu'il luy ressemble; assaveit, le tribut que le Seigneur prend aux limites de son territoire sur les marchandises qu'on enlève de dessus sa terre, &c. Or il y a cette différence entre le péage & le travers, que le péage se paye indifféremment par tous ceux qui conduisent de la marchandise dans le chemin Royal où la billette est assise: & ce que j'appelle Travers, est den seulement par les Sujets du Seigneur qui transportent leurs meubles ou marchandises hors de son territoire par quelque chemin ou passage que ce soit; ce qu'on appelle dégarnir la terre: lequel droit est appelé LEVAGE en la Costume d'Anjou, &c. ¶ Rabelais, liv. 2. chapitre 32. s'est servi de ce mot barrage: Et de quey veois-en! que buvois-en! Je respons, Seigneur, de mesme vous; & des plus friands morceaux qui passent par votre gorge, j'en prenois le barrage. ¶ On appelle aussi en Normandie barrage, toute sorte de linge, où sont figurés plusieurs petits carreaux. Et ce linge est ainsi nommé à cause des barres qu'il représente. On l'appelle plus ordinairement linge ouvré. M.
BARAGE, étoit proprement une barrière pour fermer le passage jusqu'à ce qu'on eût payé certain droit. G. Paradin, liv. 2. ch. 54. de son Histoire de Lyon, sous l'an 190. ou environ: En ce même sens avoit bâti (Guy de S. Trivier) & edifié une maison forte auprès du rivage de la rivière de Saune, nommée Beauregard, & l'avoit fortifiée, & avoit fait un barrage entre le bourg de Beauregard & la rivière, de manière que personne n'y pouvoir passer. Le Duchat.
BARAGOUIN. Un Langage barbare qu'on n'entend pas. Il doit venir de bargemba. Le Glosfaite: superpauere, fougouera, bargema. Cafeneuve.
BARAGOUIN. Gronovlus, dans ses Observations Ecclésiatiques, page 217. & 218. le dérive de bargemba, qui signifie barbarum, peregrinum. J'ai cru autrefois qu'il venoit du mot Bas-Breton bara, qui signifie du pain, & qui selon M. Bochart, dans son liv. 1. des Colonies des Phœniciens, chap. 42. vient de l'Ebreu &c. qui signifie du froment, & de celui de guin, qui signifie du vin, & qui, selon moi, vient de vimon: Mais je ne doute plus que baragouin n'ait été fait de barbaracuinus, diminutif de barbaracus. Voyez, je vous prie, mes Origines de la Langue Italienne, au mot raguero. M. Brechen en Alleman c'est rompre; & en Anglois broken sleep, c'est sommeil interrompu, & broken language signifie baragouin, ou discours entremêlé ou interrompu de languages différens, comme celui du Limouin de Panagout. Baragouin avec un y Grec signifie en Bas-Breton pain blanc, & j'ai vu d'habiles gens qui ne doutoient pas que le mot François Baragouin ne vint de-là. Les François, disolent-ils, ne comprenant rien au langage de leurs hôtes Anglois, qui en disant baragouin, & bara guyn, leur demandaient à une fois du pain & du vin, & à l'autre du pain blanc, appellerent baragouin ce langage. Le Duchat. Je ne vois pas pourquoi M. Ménage, après avoir dérivé le mot baragouin du Bas-Breton bara guin, a changé ensuite de sentiment, & a mieux aimé le faire venir de barbaracuinus, prétendu diminutif de barbaracus. Cette étymologie n'a, selon moi, aucune vrai-femblance, & j'aimerais encore mieux celle de M. de Cafeneuve, qui dérive baragouin de bargema. Ainsi je crois qu'il faut s'en tenir à la première étymologie de M. Ménage, qui paroît fort simple & fort naturelle, & dériver le mot François dont il s'agit, du Bas-Breton bara guin. Le Pere Pearson s'est encore déclaré pour ce sentiment; dans son dernier Ouvrage sur la Langue Celtique. L'opinion de ceux qui ont cru que baragouin avoit été formé du Breton bara guyn, c'est-à-dire, pain blanc, revient à peu près au même. *
BARAQUE. C'est une hutte, ou un petit réduit couvert pour loger le soldat qui campe, soit Cavalier, soit Fantastia. Les Grecs des bas siècles disent baragouin, pour dire une maison-nette. Voyez le Glosfaite Grec de M. du Cange. M. M. Ménage a dérivé baragouin de barbaracuinus, diminutif de barbaracus, augmentatif de barbarus. Je crois qu'on peut dériver de même & fort naturellement baraque de barbaraca, & que par le mot de baraque nous avons entendu une hutte champêtre, bâtie en aussi peu de tems & avec aussi peu d'art, de peine & de dépense, que les huttes des barbares. Ceux qui ont voyagé dans leurs pays, ou qui ont lu les relations des Voyages de l'Amérique, ou de plusieurs autres pays de l'Asie ou de l'Afrique, jugeront s'il y a une grande différence pour la compreneté & pour l'architecture, entre les baraques de l'Europe & les huttes des Barbares. Le Duchat. Je dérive baraque de l'Espagnol barracas, qui signifie des cahutes que dressent les Pêcheurs sur le bord de la mer *
BARAT. Vieux mot qui signifie romperie, & qui se trouve ordinairement avec celui de guille. Il est encore à présent en usage parmi les Languedociens. Dans le Querey, barara signifie proprement tricher. Ainsi on dit, l'eau me bararas, pour dire vous tricher, en jouant avec meys. Dans le Dauphiné, à 5. lieues de Lyon, il y a une Chapelle appelée la Chapelle de Saint Hours, aux environs de laquelle il y a 5. ou 6. maisons pour les pellerins qui viennent en dévotion à cette Chapelle le lundi de Pâques, & le Lundi avant la Saint Jean, pour guérir de la Sciatique, & des maux de jambes & de pieds. Et ces jours-là il y a en ce lieu là une grande foire de bestiaux, qui s'appelle la Foire de Charabarat : dont le privilège est, que quelque tromperie qu'on fasse dans le troc des animaux, on n'est point obligé de les reprendre : & pour cela on crie par la foire, Charabarat, qui a mal son dan. Et dans la Langue du pays, charabarater signifie troquer. Et, pour le marquer en passant, charabarat a été formé de carum qui signifie cher, & de barat qui signifie tromperie. Les Italiens disent de même baratier, pour dire un homme qui trompe, & particulièrement, au jeu. Ils disent baratier, pour dire, changer, troquer, permuter. Les Espagnols usent de baratar en la même signification. M. Ferrari dérive l'Italien baratare de paritare, c'est-à-dire, paria facere. Je crois qu'il vient plutôt de varus, dit pour varius en la signification de verspellis, c'est-à-dire, un trompeur : & de-la le mot de stellis, & celui de trutta, c'est-à-dire, une truite; pour un importeur, à cause des diverses marques qui se trouvent dans les peaux de ces animaux. Varus, pour varius, se trouve dans Perse. Fallis pede regula varo. ¶ Voyez Spelman & M. du Cange en leurs Glossaires, & Nicot en son Trésor de la Langue Françoise, & Covarrueias en son Trésor de la Langue Caillane. M. On a dit aussi barater pour tromper, & barateur pour trompeur, ce qui fait que je ne doute point que barateur ne vienne de veterater, qui signifie la même chose. De l'Espagnol baratar, en la même signification, a été formé le nom de l'Isle Barataria, où le bon homme Sancho Pança reçut tant de cassades, & on lui fit tant de tromperies. A Metz on dit en vieux proverbe : qui fait barat, barat lui vient; c'est-à-dire, qui prétend tromper, est ordinairement trompé lui-même. Le verbe embarrasser ne viendrait-il pas de ce mot-là ? Le Duchat.
BARATTE, ou BARETTE. Vaisseau où on bat la crème pour faire le beurre. Comme on a dit baril de barra, à cause que les barils, & particulièrement nos barils à moutarde, sont faits de petites barres, on peut avoir dit de même baratte, de baratta; comme qui diroit, dolium ex varris, sive affulis, sive tabulis ligneis compodium. Voyez baril. Il me reste à remarquer que les Latins ont appellé sinum une baratte. Les Glosses d'Isidore : sinum, vas in quo butirum conficitur. M.
BARBACANE. Ce mot est en usage en beaucoup d'endroits du Royaume. Les uns croient que c'est une Casemate; les autres une Echangueite. Vigésière s'imagine que c'est un créneau : car il traduit ces paroles du liv... de Ville-Hardouin, Et d'exclérent à une barbacane deux eschelles, par celles-ci : Ils plantèrent deux eschelles à un créneau. Mais c'est proprement une fauffe-braye, ou muraille de dehors, là où elle est double; une marade. Albertus Aquensis, au livre 4. de son Histoire de Jérusalem : Inter muros & antemurale, quod vulgo barbicanas vocamus. Et au livre 6. Barbicanas, scilicet muros exteriores. Petrus Vallis-Sernensis, c'est-à-dire, de l'Abbaye du Vau-des-Cernay, dans son Histoire des Albigeois, chapitre 65. Dimissis barbicanis ad castrum confugerunt, seque intra murorum ambitum concluserunt. Et au chapitre 79. Barbicanas, quas hostes extra muros fecerant, destruxerunt. Le Sire de Joinville, en la Vie de S. Louis: Le Roy s'est faire une barbacane devant le pont, dont je vous ay devant parlé : & étoit faite en maniere, qu'on pouvoit assez entrer dedans par deux collés tout à cheval. Car on appelloit aussi barbacanes, les défenses qu'on faisoit au bout d'un pont. Une vieille Chartre, intitulée, Chirographus Ruthemagensius, De conventionibus habitis cum Domino Rego 1204, que du Chesne a fait imprimer à la fin des Historiens de Normandie : Nos etiam tradidimus eidem Regi Francia barbacanam qua est in capite pontis. Caleneuge.
BARBACANE. Avant-mur. Lat. Antemurale. Du Latin-barbare barbacana, ou barbicana. Une Chartre de Pierre, Roi des Maiorques, de l'an 1232. Qui affrontat à meridie cum antemurali, qui dicitur barbacana, qui est murus brevis ante murum nostri berti. Albertus Aquensis, livre 4. chapitre 32 Inter muros & antemurale, quod vulgo barbicanas vocant. Les Italiens disent, dans la même signification, barbacane; & les Espagnols, barbacana, & barvacana. Le Monosini, dans son Flos Italica Lingua, dit que l'Italien barbacane est un mot Punique d'origine. Et Spelman dans son Glossaire, & Voessus dans son de Viciis Sermans, disent que barbacana est un mot Arabe. Voessus ajoute que les Espagnols ont emprunté ce mot des Arabes. Tout cela ne m'est pas connu d'ailleurs. Aujourd'hui barbacane parmi nous ne signifie point un avant-mur, il signifie une ventoufe; c'est-à-dire, une ouverture qu'on fait dans les murs d'espace en espace pour faire écouler les eaux. Et c'est ce qui a donné la pensée à M. Picques, Docteur de Sorbonne, de tirer le mot Italien barbacane, de l'Arabe habalchane, qu'il dit signifier un égout; ou autrement, mot pour mot, porta, sive exitus, aquariis. Nous appellons aussi barbacanes, des meurtrières, c'est-à-dire, ces ouvertures qui sont aux murailles des Villes & des places fortes, d'où l'on tire à coups de mousquet sur les ennemis. Et nous les appellons de la sorte, à cause de leurs ouvertures semblables à celle des ventoufes. ¶ Bourdelot dans ses Origines Françoises Manuscrites, dit que barbacane est un fossé proche les murailles d'une Ville, où il y a une guérite pour tirer sur l'ennemi quand il approche trop près des murailles. M. Rabelais, au Prologue du livre 3. Enclavoient barbacanes, acervoient machicolis. Les Anglois appellent barbican une haute tour. Et il semble qu'autrefois le mot de barbacane se soit pris en ce sens. Le Roman de la Ruse, fol. 125. v°. Vos barbacanes adressées, J'a si haut ne seront dressées Que ne les fasse à terre estendre. Barbacane a aussi signifié un instrument de musique. Le Dictionnaire François & Anglois, imprimé in 4. à Londres, en 1593. Barbacan, an instrument of music. Le Duchat.
BARBARE. Ce mot dans son origine signifie étranger, qui est d'un autre pays. Les Grecs appelloient Barbares tous ceux qui n'étoient pas de leur pays. Il en étoit à peu près de même chez les Romains. Ils appelloient Barbares généralement tous les peuples, excepté les Grecs, & ceux qui vivaient selon leurs Loix; & ce n'étoit point parmi eux un terme de mépris. Ils donnoient des étages à des Barbares dans l'état le plus florissant de la République. Les Bourguignons & les Francs qui s'établirent dans les Gaules, étoient appellés Barbares. Les Goths d'Italie furent aussi appelés Barbares. Il paroît que ce mot ne vouloit dire qu'étranger, & que depuis long-tems on lui avoit attaché cette signification; car Ovide, qui étoit si poli à Rome, avoue qu'il étoit barbare parmi les Geses. Nos Gaulois qui étoient soumis aux Romains, appelloient 145[{"box_2d": [99, 50, 464, 417], "label": "text", "caption": "pelloient barbares les Nations Germaniques qui habitoient au-de-là du Rhin. On appelloit dans les Gaules la Langue Teutonique, Langue barbare. Le mot Grec *pâçapô*, selon Strabon, est dit par imitation. Les Etrangers quand ils vendent en Grèce, *l'aspôpô*, c'est-à-dire, parlent grossièrement. Homère, au second livre de l'Illade, appelle les Cariens *pâçapô* Les Grecs donnoient le nom de barbares à ceux dont ils n'entendoient pas la langue. Saint Paul, dans la première Epière aux Corinthiens, xiv. 11. appelle barbare un langage étranger & inconnu. Et dans l'Epière aux Romains, I. 14. il dit qu'il est redevable aux Grecs & aux Barbares. Les Ebreux appellent *l'aspôpô* ceux qui parlent une autre langue que la leur; & ce mot est expliqué par celui de barbare, c'est-à-dire, étranger. Au Pseaume 114. 1. Les Egyptiens sont appelés *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* *l'aspôpô* 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Au refle Leon l'Africain rapporte la même étymologie au sujet de la Nigritie; car voici ce qu'il dit dans sa Def- cription de l'Afrique, page 1. de l'édition de Ley- de 1652. en parlant des Negres : *Hibius* ( *Nigri- tarum terra incola* ) *incola subjuncti coloris*, appel- lari *funt memine barbar*, à *verbo barbara*, quod *co- rum idicmate idem sonat quod Latinis murmur*, et quod *Africanus sermo Arabibus non litter senet* *quam bellinarum vox*, qua *nullo accentu suas edunt* *veciferationes*.
BARBARIN. Sorte d'or. Olivier de Magny, dans un de ses Sonnets, sous le nom de sa Ca- ftianire : *D'or barbarin*, & d'argent de copelle, *D'anis*, d'aillets, de rose & de lis, *Et de bonbons avec l'aube cuellis*, *J'ay façonné cette couronne belle*. Ce mot a aussi signifié une sorte de monnoye. Geoffroi, Abbé de Vendôme, livre I. épître 21. *Carrofensem Abbatem*, non regulariter electum, sed violenter, ut dicitur, intrusum, pro mille solidis Barbarinarum, barbara nimis autoritate confecrari, immo, si verum est, execrari fecistis. Sur lequel en- droit le Pere Sirmond a fait cette note : SOLIDOS BARBARINORUM : *Arabicus*, *Saracenicus*, *barbaris* *notis signatus*. *Theodulphus*, *Episcopus*, in *Para- nes* : Hic & crystallum, & gemmas promittit Eoas, Si faciam alterius ut potiatur agris. Iste gravi numero nummos fert divitis auri, Quos Arabum sermo, sive character erat, Aut quos argento latius styrius imprintit albo, Si tamen adquirat prædia, rura, domus. *Frequens jam tum aureorum hujus nota nummo- rum usur erat in Gallia, rerum potiente altera Regum nostrorum familia; post stabilitum nempe Saraceno- rum Arabum imperium in Hispania. Unde ad nos*, ut equidem censeo, illa externi auri copia ex com- mercio fluebat. Voyez M. le Blanc dans son Trai- té des Monnoyes, page 179. M.
BARBARIN. Dans la signification de peuple barbare, se lit souvent dans le Tite-Live François, de 1515. *Le Duchat*.
BARBE. Sorte de cheval : ainsi appellé de la Barbarie d'où ces chevaux nous sont venus. M. Il est appellé *Barbare* au premier des Paradoxes de Charles Etienne, édit. de Par. 1554. *Le Du- chat*.
BARBE. Nom propre de femme. Il a été fait par apocopie de *Barbara*.
BARBEAU. Sorte de poisson. De *barbellus*, diminutif de *barbus*, qui signifie le même poisson. Autone dans sa Moselle : *Liberior laxos exerces, Barbe natarus.* *Tu melior pejore avo, tibi contigit omni* *Spirantum & numero non illandata senectus*. Et dans un autre endroit du même Poème : *Propexique jubas imitatus Gobio Barbi*. Et ce poisson a été ainsi nommé, parce qu'il a deux barbes à côté de chaque machoire. Du même mot *barbus*, nous avons aussi fait BAR. Dom Hé- linand, Abbé de Froid-mont, dans le Diocèse de Beauvais, de l'Ordre de Cîteaux, le plus ancien des Poètes François; dans son Poème de la Mort, pu- blié par Antoine Loisel, Stance 36. *Qui les vandoises & les bars* *Mules, saumons, esturjons gras*, *Fesais dessus la table mettre*. Les Anglois l'appellent *barbell*. Aujourd'hui *bar* & *barbeau* sont des poissons différents. M. Bochart prétend que *bar* est un mot Arabe, qui signifie ce poisson des armes de Bar, qui sont deux bars ados- sés; ainsi appellé d'une Ville d'Égypte du même nom. M.
BARBELIN. On appelle ainsi à Metz le fruit appellé ailleurs *épine vinette*. Peut-être de l'Italien *Barbeline*, qui signifie les barbes de toutes sortes de racines. Ce fruit pend à de petites branches qui ressemblent à cette espèce de barbe. *Le Du- chat*.
BARBELOTE. Le Roman de la Rose, fol. 9. v. *Par lieux estuent claires fontaines*, *Sans barbelotes & sans raines*. Borel n'a pas compris que c'étoit une espèce de crapaut ou de grenouille. Le Dictionnaire Fran- çois-Italien d'Antoine Oudin. *Barbelate, specie de* *rannechia & rospe*. Je crois que ce mot est venu de ce que la grenouille & le crapaut gazouillent ou barbotent dans l'eau, ou près de l'eau : car autre- fois on a dit *barbeloter*, dans cette signification de gazouiller ou de barboter. Le Drappier dans la Farce de Pathelin : *Sainte Dame ! comme il barbole* *il barbelate* *Ses mots tant qu'on n'y entend rien*. Le Duchat.
BARBET. Sorte de chien : ainsi appellé à cause de son grand poil. Jules Scaliger sur l'Histo- re des Animaux d'Aristote, livre vi. chapitre 10. *Canes, ut plurimum, qui in aquis venari confuseve- rum, hi vollofo sunt corpore; tanquam eo munimento* *son, & ab aquarum & temporis injuriis ruti. Hos* *à plurum copia barbetos vocamus*. Les Italiens l'ap- pellent de même *barbone*. Les Espagnols disent *perro* *lanudo*. M.
BARBETS. On appelle ainsi les Religion- naires Vaudois des montagnes de Piémont & autres lieux voisins : du mot Italien *barba*, qui en langage Vénitien signifie *Oncle*, & *Ancien*; parce que ces Vaudois sont régis par des Ministres qu'ils appel- lent *Anciens*. Voyez mes Origines italiennes au mot *barba*. M.
BARBILLON. Sorte de poisson. *Je. Bruye- rio, de re cibaria*, livre 22. chapitre 18. *Barbus* *à barbulà*, qua *nivique in inferiors labro propendat* *(ut reor) numm soritui est*. Veneti *mullum à ge- minà barba barbonem ruminant*. Noftri *exiguos* barbalones dicunt. On appelle *Barbillons de Beauffe*, de gros & fort bons navets que produit la Province de Beauffe, où n'y a ni étangs, ni rivieres; & on les appelle de la sorte parce qu'ils tiennent lieu de poisson aux ha- bitans du pays, auxquels toutes sortes de poissons manquent. Jo. Bruyerin. de re cibaria, livre 9. chapitre 4. De Napis : Qui in Belsia proveniens, crapsores, & injunctiones, fentiuntur, inceptitudine ad rapas propè accedentes, ques Belsicos barbulones appellant. Nulli enim amnes sunt in Belsia, aut lacus, unde pisces venari possint. . . . Hoc edunt ex butyro diebus quibus vofci carne Religio Christiana venari, prafertim illa folomni jejunio quadragenario. Du moins est-ce là l'opinion de cet Auteur. Ce n'est pas la mienne ; & je crois que la principale raison pourquoi on a appellé barbilions les navets de la Beauise, c'est ou parce qu'ils font plus barbus que ceux des autres terroirs, ou parce que peut-être et on-ils que deux brins de barbe, non plus que le poisson appellé barbilion. Le Duchat.
BARBOT. Aubigné, Tome 1. livre 2. chapitre 9. parlant de divers supplices qu'on faisoit souffrit aux Albigeois en Savoye : Ils en firent mauve à petit feu, encerrer veis, & d'autres auropois ils mettaient sur le nombril quelques barbus couverts d'une escuelle. Ces bestes entretient dans le ventre, &c. Nos Dictionnaires n'ont point ce mot, & ce pourroit bien être un mot Poitevin, pour désigner une sorte d'écrevisse, qu'on aura nommée barbot, à cause des barbes de cette botre. Le Roman de la Rose, cité par Borel, parle de la Barbelaire, insecte, dit-il, qui se tient auprès des fontaines. Ne seroit-ce pas la même chose que petit barbot, ou petite écrevisse Barbot, en Poitou, est un Escarbot. En Gascogne on donne ce nom à plus d'un insecte. En Bretagne un barbot, c'est un baneton. Le Duchat.
BARBOT. Ce mot se dit du bruit que font les cannes quand elles cherchent dans la boue de quoi manger. Et on appelle de-là un barbot, un canard privé. Barboter en cette signification semble être une onomatopée. On dit aussi barbot & frid & de peur. Voyez Nicot. M. Ce mot signifie aussi papier entre ses dents, & dire des mots qu'on n'entend pas; comme on voit par ce qui a été cité de la farce de Pathelin, à l'Article Barbelaire. Le Duchat.
BARBOTINE. Espece d'abstine. Voyez les Médecins de Lyon, viii. 52. M.
BARBOUILLER. Il vient sans doute de barbe. Et de fait, dans la Comédie, ou Farce, le barbouillé est le bouffon qui se couvre de farine la face & la barbe. Et ainsi dans les Gloises d'Isidore, barbutinus est celui qui a la barbe remplie de craille & d'ordure. Barbutinus, qui fort barban plénum purifinis : ou Bonav. Vulcanius tient fort à propos, qu'il faut lire porriginis; car porrigo signifie la teigne, & la craffes des cheveux. Caïeneuve.
BARBOUILLER. De barbulare, qu'on a fait de barbula, diminutif de barba. Barbouillé, dans sa première signification, a été dit d'un homme de qui la barbe est souillée. Je remarquerai ici par occasion, que Barbuleius se trouve dans les anciens Auteurs pour le nom d'un Farceur. Salotte, au livre 2. de Ion Histoire : Quia corpore & lingua percisum & inquietum, nomine Histrionis vivis, Barbuleium appellabant. Valère Maxime, livre IX. chapitre 14. M. Messala Confularis, & Confarius, Menogenis; Curioque omnibus honoribus abundans, Barbuleii; ille proper pris aspeitum; hic proper parem corporis motum, uterque Scanici nomen coalius est recipe. C'est ainsi qu'il faut lire dans cet endroit de Valère Maxime, selon la remarque de Carrion sur Aulogelle, livre 1. cha- pire 5. & non pas Barbuleii, comme portent les éditions. Les Espagnols disent aussi barbutin. M.
BARBOUILLER, a aussi signifié proprement, imiter avec un poinçon ou avec la plume, sur le papier, ou autrement, les poils de la barbe. De-là vient qu'on a dit barbouiller du papier, pour faire d'inutiles écritures. Le Duchat.
BARBUTTE. Sorte d'habillement de tête. Maître François, IV. 52. Sus le parron d'une verrugale, taillit une barbute. Et IV. 51. Les bras comme une barbute. Du Latin-barbare barbuta. Voyez le Glosaire de M. du Cange au mot barbuta. Au lieu de barbute, nos Anciens ont dit barba. M. du Cange en produit un exemple. M.
BARCELONE. Ville d'Espagne. Elle fut bâtie par Hamilcar Carthaginois, environ trois cent ans avant J. C. Ce Général, qui étoit surnommé Barba, lui donna son nom. C'est pour cela que Tite-Live l'appelle Barbeine; Mela, Pline, &c. Barcine. Saint Paulin l'appelle Barcinus; Jornandes, Barcinona; d'autres Barcelona, d'où le François Barcelone.
BARDACHE. De l'Italien bardasse, ou bardasse; d'où les Espagnols ont aussi fait bardasse. Les Turcs disent bardache : mais ils ont emprunté ce mot des Italiens; car leur mot propre pour signifier un bardache, est pusche. L'Italien peut avoir été fait de badac, qui dans Hésychius, est interprété visad. M.
BARDANE. Voyez bardé. M. BARDE. C'est l'armure ou les paremens dont on couvroit un cheval pour une bataille, ou pour un jour de fête & de magnificence. Il vient du Latin-barbare bardane, qui signifie la même chose. Le Glosaire : Bardane, reisé. Car ce mot, ou enun, signifie l'appareil ou l'ornement dont nous parons le corps. Xenophon, livre 4. de l'Institution de Cyrus, le prend pour la barde d'un cheval : vu vos ireux enin. Caïeneuve.
BARDE, BARDE. Cheval bardé. De l'Italien barda, qui a signifié une couverture de cheval. Barda, bardane, BARDE. Messieurs della Crucica : BARDA, armadura di cuoio certo, o di ferro, con laqual l'armava le groppe, il collo, il petto a cavalli; che perciò si diceau bardati. Ils ajoutent si come bardati, per similitudine, si dice anche oggi a quelli che son guerrieri di barde di panno, o drappo, nelle pompe, o funerali, o altre. Paul Jove, dans la Vie du Grand Sforze, au chapitre 10. en parlant d'Alberigo Babilano, qui vivait en 1400. Hic est ille Albericus, qui equitem catapharctum, ea specie quam videmus, formavit, & institut; adinvento hoc conclusa, duplicisque galea genere, quo nunc maxime usimur, & Gethico nomine helmettum vocitamus. Imposuit & indumenta equis qua barde vocantur; recatio & curio; ut Clibanarios equites, a Persis ad Gethos, prinsipium ad Italos, rejectis laricis, imitatur. J'ai écrit dans mes Orfe gines Italiennes, au mot barda, que je croyois que ce mot avoit été fait de bardus, dit adjectivement pour bardacus : d'où bardocunellus. Equi bardocunellati, c'est ce que nous appellons Chevaux bardés & cappassonnés. M. Ferrari improuve cette étymologie, & il prétend que bardato a été fait de catapharctus, ou de cooperatus, formé de cooperatus. Voyez dans mes Origines Italiennes ses raisons, & les miennes. Quoiqu'il en soit, barda a signifié une couverture. Et de-là, BARDEAU, pour cette tuile de bois dont nous couvrons les maisons. Voyez bardan. De barda, les Italiens ont fait Tij de même bardella. Voyez ci-dessus bardelle. Les Herbolistes appellent bardane l'herbe appelée autrement glouteron. Et selon moi, ils l'appellent de la sorte à cause qu'on s'en couvre, c'est-à-dire, qu'on s'en masque le visage, à cause de sa largeur. Je m'étois caché dessus une feuille de bardane, qui n'estais moins large, que l'ancho du pont de Montrible, dit Rabelais, 1. 12. d'où vient qu'on l'appelle personata. Nous disons un chapon bardé, pour dire un chapon couvert de lard sur l'estomac : Tous ces exemples me sont concluts présentement que barda a été fait de cooparta, substantif ; d'où le mot François couverture, que nous disons en Anjou, pour dire une couverture. ¶ Cooperta, cooparta, parta, barta, BARDA. ¶ Voyez le Pere Thomassin, Tome 1. page 181. M. Je crois que bardé vient de pardatus, adjectif formé de pardus. Nos Anciens qui ne connoitsoient pas l'usage des selles, trouvoient fort commode de couvrir leurs chevaux de monture avec des peaux d'Ours & de Lions ; & pour une plus grande propreté, avec des peaux de pardis, autrement léopards ou de pantheres ; ce qui se pratique encore aujourd'hui, quoique seulement pour garantir les selles propres contre le mauvais tems pendant un voyage. De-là, selon moi, est venu le mot bardé, & celui de bardé, qu'on a dit dans la suite de plusieurs sortes de couvertures. Il n'est pas, à mon avis, jusqu'au mot bardocucule qui ne vienne de la. Le bardocucule, qu'on convient avoir été un habit sale pour la fatigue, étoit proprement une peau de léopard, dont se couvroient depuis la tête jusqu'aux pieds certains peuples de la Gaule, telle à peu près que celle avec laquelle les Peintres représentent Hercule. A Metz on appelle pantère, une robe longue qu'on met aux garçons déjà grandelets, sans doute à cause qu'ordinairement ces sortes de robes sont bigarées comme la peau de l'animal nommé panthère. Delon, dans sa Relation des Indes Orientales, a remarqué que les guerriers paroient autrefois leurs chevaux de peaux de Tigres, à cause de l'agréable variété des couleurs. Le Duchat. Tout ce qu'on vient de lire sur le mot bardé & bardé, ne nous en donne point la véritable étymologie. Ce mot est Espagnol, & son origine est Arabe. *
BARDEAU. Lat. Scandula. C'est de la tuile de bois dont on couvre les maisons. Voyez bardé. M.
BARDELLE. C'est une selle en forme de selle à piquer ; mais qui n'est que de toile garnie de paille, piquée fortement avec de la ficelle, sans qu'il y entre, ni cuir, ni bois, ni fer, dit le sieur Guillet, dans son Art de monter à cheval. Voyez bardé. M.
BARDES. Poètes Gaulois. Hésychius : Baplus, Ludis, vigne, Lefou, Festus : Bardus, Gallicé Cantor appellatur, qui virorum fortium laudes canis. Ammien Marcellin, liv. xv. parlant des Gaules : Per hac loca hominibus paulatim excultis, vigneis studia laudabilium doctrinarum inchoata per Bardos & Eubages & Druidas. Et Bardi quidem fortia virorum illustrium falla heroicis composita versibus cum dulcibus lyra modulis cantitarum. Lucain : Vos quoque qui fortes animas, belleque peremptas Laudibus in longum vasa. Limititia avum, Plurima securi sudissis carmina Bardi. Serabon, liv. iv. Baplus, vigne, lefou, Festus, V. v. vigne, Poidonius, dans Athénée, liv. vi. vii, vigne, lefou, Festus, V. v. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. vigne, V. v. Wachter, dans son Glofar. Germ. au mot Bardi, confirme l'étymologie d'Ilac Pontanus. Nomen, dit-il, adhuc superat apud Cambros. Boubanius in Lex. Ant. Brit. Bardd, Poëta, Propheta, Bardus. Bardas, Historia, Poetica. Bardoni, Poeta. Barddoneg, Poetica, Poësi, Poëma, carmen. Barddoniaeth, Poeticus. Armoricis quoque atque Hibernis bard etiamnum Poëtam denotare, teflatur Tolandus in Vocabulario Armorico-Hibernico. Suspicion baren antiquis idem denotare, quod poëta Spieren, i.e. cantare. Nam, hoc suppositio, facile intelligimus cur bar significat cantum, & bard cantorem. Idque etiamnum malo, quam à nescio quo Bardo, Celtarum Rege, cui Berrosus inventionem carminum, & Picardus, in Celtopedia, Secta Poëtarum institutionem tribuit, vocem deducere. Germania numquam admise Druidas. Fovisse tamen Bardos, vel certis cantores Bardorum similes, teflis Tacitus, de Mor. Germ. cap. 1. Celebrant carminibus antiquis (quod unum apud illos memoria & annalium genus est) Tuiftonem Deum terrá'editum, & filium Mannum, originem gentis, conditoresque. Cap. 1. Fuisse apud eos & Herculem memorant, primumque omnium virorum Fortium ituri in praria canunt. Hodie umbra opus rei visitur in Collegii Cantorum, quos valgo meisterfinger vocant, & Wagenfellius veterum Bardorum successores esse putat.
BARDESANE. C'est le nom d'un célèbre Philosophe Chrétien, qui abandonna la Religion Catholique, pour suivre les erreurs de Valensin. Il naquit à Edesse, en Mesopotamie, ou dans le territoire d'Edesse, proche le fleuve Daisan, qui coule auprès de cette ville. C'est pourquoi, dans la Langue du Pays, qui étoit la Syriaque, il fut nommé, ou bien surnommé, Bardaisan, c'est-à-dire, fils de Daisan, suivant la coutume des Orientaux, d'appeller fils d'un lieu, ceux qui y sont nés, ou qui y habitent. C'est S. Ephrem qui nous apprend lui-même cette étymologie, tom. 1. au Discours 1. contre les Hérésies, lequel commence ainsi : Qui est-ce donc qui a surnommé Bardesane du nom de Daisan ? Daisan est un mot Syriaque qui Signifie Santeur : & le figure d'Edesse fut apparemment appellé de la sorte à cause de son impériosité. Abulpharage, dans son Histoire des Dynasties, pag. 79. Bardassane fut appellé Ebu Difan, par le droit de proche de l'hebre de Difan, au-dessus de la ville de Raba. Il faut se souvenir qu'Abulpharage a écrit ses Dynasties en Arabe, & que dans cette Langue Ebu Difan, est la même chose que Bardassane en Syringue. Raba est le nom Arabe de la ville d'Edesse, fait apparemment de son nom Syringue, qui est Ombas.
BARDOT. Petit motet. De l'Iralien bardotte. La Cewica : BARDOTTO, si dice a quella bafia che mena seca il mulattiere, per uso di sua persona. E dal non pagare esto, per quello bafia, sbalagie, diciamo paliar per bardotto, di che, per esempio, non paga a una cena, o a un definar, la sua fregna, cioè la parte che gli tocca. Nous disons en France, en la même signification, passer pour bardos. Cette phrase est fort usinée à Lyon. L'Iralien bardotte a été fait selon quelques-uns, de bardos, qui signifie lent, tardif. Le pas des mulers est lent. Cette étymologie est bien contraire à celle du P. Thomassin. Le P. Thomassin désire bardos de veredus; & veredus est un petit cheval ville. M.
BARETTE. Convenante de tête. Bese, sous le nom de Paffavantins, dans sa Lettre au Président Liset, pag. 173. Quid si viverus Paulus, ipso bené cibi offenderus quid sua Doctrina est Evangelium, & alloqueretur bene tuam barretam. Voyez birette. Les paysans de Gascogne & de Languedoc, portent un certain bonnet qu'ils appellent barretini. M.
BARGUIGNER. Ce verbe signifie conseiller avec trop de finesse, lorsqu'il est question de conclure un Traité, ou de clore un marché. Mais en vieux François, il signifioit simplement marchand. Le Roman de Guillaume au Court-Nez, en son Moynage, décrivant comme il s'en va voir la mer pour marchand le poiffon nécessaire pour la provision du Couvent : Vers à la mer la poiffon bargainer. Et ainsi prenons - nous maintenant le verbe marchand, pour parler beaucoup en matière de Traités & de Conférences. Nous l'avons tiré du verbe Latin-babare barcaniare, qui signifie marchand & trafiquer. Les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 18. Missus Reip. providues, ut si non investi illum denarium merum & bene perjamem, ut cambiere illum mercanti jubae. Si autem denarium illum bonum invenerit, confideret aeterem, & infomniatem, & sexem; quia & femina barcaniare solent. Ce verbe se devoit primitivement entendre des marchés qui se faisoient sur la mer; car il vient, à mon avis, de barca, qui étoit l'equif avec lequel les marchands alloient & venoient du Port aux navires pour faire leurs marchés, ou avec lequel ils mettoient à terre leurs marchandises, pour les exposer en vente. Isidore, liv. 19. ch. 1. Barca est qua cumila navium commercia ad litum portar. Non anciens François disoient barque pour barque. Et ainsi de barcaniare ils ont fait barguigner. Les Annales de Bertinian sur l'année 876. Cum centum circiter navibus magnis, quas noftrates bargai vocant. Gaiseneuve.
BARGUIGNER. L'Anonyme qui vient de publier les Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas, sur la Langue Françoise, dérive ce mot de celui de baragoin. Voici les termes qui sont de la page 19. Il y a apparence qu'on a formé ce verbe du mar baragoin, ou plurée de baragoin. Car ceux qui boient à faire quelque chose, parlent un langage que vous s'entendent pas mieux que s'ils baragoinient, ou pardoient un baragoin qui nous fut invent. Et cela vient de ce que les baragoins marmorent, grummelent, & barboient entre leurs dents; enforen que nous ne pouvons point entendre ce qu'ils disent, ou plurée ce qu'ils veulent dire. Cette étymologie n'a pas la moindre appétence de vérité. Scaliger sur Festus, au mot arilator, le dérive de l'ancien mot Latin bargenna. A cunctando, dit-il, cunctio, sex cuctio, dictus. Non vererent cuctum, qubd poftea cunctum. Hoc genus hominum BARGUIGNEURS vocant Gadi, ad ourigna appellatione, qua ad poferiora etiam Latinitatis tempera duravit, nempe BARGENNA. De quo alias. Les Anglois disent to bargain : ce qui favorise l'opinion de Scaliger. Je ne crois pourtant pas que barguigner vienne de bargenna. Je ne doute point qu'il ne vienne de barcaniare : d'où les Italiens ont auffi fait barguigner. Les Capitulaires de Charles le Chauve, Tit xxxii. Si autem illum denarium bonum invenerit, confideret aeterem, & infomniatem, & sexem; quia & femina barcaniare solent. Sur lequel lieu le P. Simond a fait cette Note : Tricari & tergiversari. Id noftrum barguigner, quod proprii est, licitando cunctari. Voyez Voffius dans son de Vitis Sermonis, au mot barcaniare; où il approuve la remarque du P. Simond. Voyez de plus M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot barcaniare; où il dérive auffi barguigner de barcaniare. Mais barcaniare peut avoir été fait de bargenna. Quoiqu'il en soit, le mot de barguigner est très-ancien dans notre Langue. Il se trouve dans Huon de Méri en son Tournoy de l'Antechrift : ce qui a été remarqué par Etienne Pasquier, au ch. 3. du liv. VIII. de ses Remarques. Il se trouve auffi dans Ville-Hardouin, & dans plusieurs autres anciens Auteurs cités par M. du Cange. Mais quoiqu'il soit très-ancien dans notre Langue, il ne faille pas d'être encore en usage dans le discours familier : & M. de Vaugelas, qui dans ses Nouvelles Remarques sur la Langue Françoise, dit qu'il est de la lie du peuple; qu'il ne s'en faut jamais servir; & qu'il est si bas & si abjet, qu'il feroit même scrupule d'en user dans une Lettre qu'il écriroit à son Fermier; & qu'au lieu de dire sans barguigner, il faut dire sans marchand, sans hésiter; ne doit pas être suivi dans cette décision : & c'est avec raison qu'il a été abandonné en cet article par l'Anonyme dont je viens de parler. Sans hésiter ne représenterait pas bien la signification de sans barguigner. Sans marchand pourroit se dire. Et je remarquerai à ce propos, que les Allemands disent marches, pour dire barguigner. Mais il n'exprime pas assez la signification de barguigner. M. Je crois avoir trouvé l'origine de ce mot dans le Roman de Perceforest, vol. 1. ch. 155. fol. 146. c. où on lit barguiner, à propos de plusieurs Chevaliers qui dans le Tournoy d'entre Sidrac & Tartalon barquinum pour trouver le moyen d'enlever un cigare artificiel, dont un des joueurs avoit orné son homme. Peut-être donc, que barguiner, dont nous aurions fait barguigner, se feroit autrefois proprement dit de la manœuvre qui se fait au combat de l'ove, lorsque les joueurs, dont chacun monte une petite barque, font quantité de divers mouvements, qui ne tendent qu'à s'ouvrir en passage vers l'ove pour l'enracher avec les dents. Les Anglois appellent un marché ; un accord, bargain, & bargaining l'action de faire marché, & ils disent to bargain, pour faire marché, tomber d'accord. L'Histoire de Charles VII. attribuée à Alain Chartier, pag. m. 76. Or fut ainsi que les Sèvignes en chevauchant entre Beauvais & Rouen, rencontreront cent ou six vingt Anglois, lesquels Anglois se défendirent si vigoureusement, qu'ils barguigneront tant les uns avec les autres, qu'à la fin les François retourneront à Beauvais, & les Anglois demeurèrent au champ. La 91. des Cent Nouvelles Nouvelles, parlant d'une femme qui s'abandonnoit à tout le monde : il y avoit bien peu d'hommes en toute la contrée où elle repairoit, pour s'afin d'être une seule officielle de son grand feu : & quiconque la barguignoit, il l'avoit aussi bien à criance qu'à argent sec, fuit homme bossu ou vieux, contrefait, ou autre quelque désignance. Ce dernier passage confirme la remarque de M. de Caseneuve, qu'anciennement barguigner signifioit proprement marchander. Dans Rabelais, liv. 4. ch. 7. C'est trop ici barguigné, signifie proprement, c'est trop ici tourné autour du pot ; ce qui confirme l'étymologie que j'ai donnée de ce mot. Le Duchat.
BARICADE. De barre. Voyez barre. M.
BARIL. Turnébe, sur les Oraiions de Cicéron contre Rullus, pag. 4. de l'édition de Paris, in-4°. 1576. le dérive de varra, à cause des barres qui sont aux barils : Vernaculum nostrum barra & barro, genus vasis vinarii, barranculus, fluxis à varris. Quoiqu'il en soit, ce mot est très-ancien dans notre langue ; baril, dans les Origines Gauloises de Marcus Zuerus Boxhornius, étant expliqué par cadus, dolium, amphora. Les Italiens disent aussi barile, & les Grecs modernes Ropha. De barile, on a fait le dimiidurii barilio barilioni, barilione, dont nous avons fait Barillon, nom de famille. Barridus se trouve pour une espèce de vaiffeau, dans le Capitulaire de Charlemagne de villis suis, art. 68. Volumus ut bonos barriados ferro digestos, quos in hostens & ad palatium mitre possint Indices singuli, praparatos semper habeant, & utres ex coris non faciant. Et barisa se trouve pour est & auropia, dans les Gloes anciennes. Monsieur Ferrari dérive l'Italien barile de quijote. Voyez mes Origines de la Langue Italienne. M. Voyez BARRIL. Je dérive baril de barr, vieux mot Gaulois, qui signifie non-seulement barre & barriere, mais encore tout ce qui sert à renfermer quelque chose. Un baril sert à enfermer & à contenir des choses liquides. C'est cette idée d'enfermer que j'ai en vue dans l'étymologie de baril, plutôt que celle de barres, laquelle ne me paroît gueres convenir à un baril. Voyez ci-devant au mot Bar.*
BARILLAR, ou BARRILLAR. C'est un Officier qui a soin du vin & de l'eau sur les vaiffeaux. C'étoit aussi autrefois un Officier dans la maison de nos Rois, appellé en Latin Barillarius. C'étoit lui qui avoit soin des caves & des tonneaux ou barils de vin qui étoient pour la bouche du Prince. C'est de ce dernier nom qu'il avoit pris le sien. Il est parlé du Barillar dans une Ordonnance de S. Louis de l'an 1166. On a dit aussi Barillier.*
BARIOLE. Ce mot n'est gueres en usage que parmi la populace de Paris, qui s'en sert pour mépriser les gens de livrée, qui portent, disent-ils, des habits bariolés. Ce mot vient de variolatus, dit pour variegatus, & formé de varius, à cause de la diversité de couleurs dont le galon de la livrée est composé. Le Duchat.
BARISEL. De l'Italien Barigello, ou Bargello, qui signifie le Capitain des Sèvres, & qui vient de Barigildus, qui se trouve dans les Capitulaires de Charles le Chauve, ch. 31. tit. xxxvi. Comes sic malum suum teneas, ut Barigildi ejus & Advocati qui in aliis Comitatus rationes habent, ad suum malum occurrere possint. Sur lequel lieu le P. Simond a fait cette note : BARISELEN, appariteres : unde nunc etiam apud Italos Barigelli vocantur Principes apparitorum. Voyez Spelman, au mot Baricellus. De l'Italien Barigello les Espagnols ont fait barrachid. M.
BARITONER, pour chanter. Peut-être de varié tonare. Jean le Maire de Belges, en sa Description du Temple de Vénus : Là maint goser baritonant bondit, Qui lui prononce en Ballade acérentue, Virelay vire, ou Rondel arundit. Et Rabelais, livre 1. chap. 7. Et luy-mesme se berfoit en dodelinant de la teste, monochordisant des doigts, & baritonant du cul. Le même Jean le Maire, dans sa seconde Epître de l'Amant verd : L'une partie en bas baritoma, Et l'autre après en haut contre entoma. La signification de baritonier dans ce dernier passage, est celle en laquelle Rabelais a employé le même mot, qui, au reste, doit avoir été fait de barritus, qui signifie le cri aigre des éléphans. Le Duchat. N'est-il pas tout naturel de dériver ce mot du Grec Barritius, gravi sono effero, au lieu de le faire venir de varie tonare, ou de barritus, qui sont des étymologies forcées ? C'est ainsi que les Etymologistes vont quelquefois chercher bien loin ce qui est bien près.*
BARLONG, ou BERLONG. M. du Cange le dérive de bis longus. Il vient de varié longus ; comme bartondu, de varié tondatus. M.
BARNABE. Nom propre d'homme, & celui d'un Apôtre. Ce mot, suivant son origine, veut dire fils de Prophète, venant du Chaldéen de bar, fils, & de nazi nabi, Prophète.*
BARNABITES. Voyez Bernabites. M.
BARON. De Baro, qui, parmi les Romains, signifioit un homme fort & vaillant. Hirtius Pansa, au liv. 1. c. 55. de la Guerre d'Alexandrie, parlant de Cassius, Gouverneur de l'Espagne Ultérieure : Concurritur ad Cassium defendendum ; semper enim Barones, compluresque evocatos cum te-lis secum habere confuerat. Les Gloes : Baro, aio. M. de Valois le jeune, livre 7. de son Histoire de France, page 389. Caterium notaro convenit quod tradit Gregorius, Chlodoaldum auxilio virorum fortium esse liberatum ; & qui sint hi viri fortes scire opera pretium est. Animadverto igitur à Gregorio vitos fortes, vocari est qui tum propriè Barones dicerentur. Unde Iffidur in Originum lib. 12. ait, acceptà mercede servientes mercenarios, eodem & Barones dictus, quod sint fortes in laboribus. Quem tamen false affirmare puto Barones mercenarios fulfe. Et in veteribus Gliffis Baron, fortis in laboribus appellatur. Ex qua nominis interpretariame cognoscitur Baronem, idem significare quod fortem. Eodem Gregorius in Historia, lib. vii. viros fortissimos, & in lib. ix. viros fortiores vocat, cum scribis omnes viros fortissimos regionis trans Duranium sca, Gundebalde junius esse; atque viros fortiores qui Suessonis & Medis erant, ad Childebertum minorem, Francorum Regem, venisse, ab eoque petisse, ut Theodebertum filium suum natu majerem ipsis praesceret. Et Fredegarius in Chronico, cum ait, Wilibalduum, Burgundia Patricium, ex Patriciatu sue, hoc est, ex Provincia cui praerat, Pontifices ac Nobiles & Fortes, plurimum praeterâ multirudinem coegisse uti se ab inimicis defenderet, nomine Fortium non alios (ni fallar) quam Barones designat. Il signisfoit aussi brutal, serice, stupide. Cicéron, livre ix. de ses Epitres, Epitre derniere: Ille Baro te putabat quasturum, unum caulum esset, an immemorabilia: quid ad te? at Hercule cena numquid ad te? Le Scholiaste de Perse, sur ces mots de la Satyre cinquième: BARO REGUSTATUM: Linguâ Gallarum Barones, vel Varones, diuntur servi militum; qui utique flutissimi sunt; servi videlicet stultorum. Et en cette signification, quelques-uns ont cru qu'il venoit de vara, c'est-à-dire, stipites. Mais je suis de l'avis de M. de Saumais, qui en l'une & l'autre signification le dérive de 304. C'est en son Livre de Hellenistica, page 395: où, parlant du changement qui se fait ordinairement de 4 en 8, il dit: Linguâ Scytharum Chersonesi Taurica, FERX idem erat quod homo. Aliis hoc eodem nomine BERS vocabatur; (Bers se trouve en beaucoup d'autres Auteurs François, pour Barons) hoc est Barus, vel Baro. Ita enim hominem vocarunt; & quidem fortem & militarem: etiam stolidum & sericem; ut apud Ciceronem aliquot locis acceptur. Ex Graco Æolice quat vel quat, ut qdque pro quat, hoc est, 304a, bellumis nempe praeditus moribus, & imperii valens ac mole rucus sua, ut solent bellua. Isidore, livre ix. de ses Origines, chapitre 4. contre toute sorte d'apparence le dérive de 304a. Mercenarii, dit-il, sunt, qui serviam accepta mercede, iidem & Barones Graco nomine, quid sint fortes in laboribus. Bapsa enim dicitur gravis, quia sit fortis: Cui contrarius est levis & infirmus. Or comme ce mot de Barons se disoit des hommes forts & vaillans; & il se prend encore en la Langue Espagnole en cette signification; & qu'ordinairement on metroit le jour du combat les plus forts & les plus vaillans près la personne des Rois; on appella ensuite Barons ceux qui, dans les batailles, se tenoient près des Rois. D'où vient que quand les Rois harangouient devant le combat, ils s'adressoient toujours à ces Barons. Et parce que les Rois récompensoient d'ordinaire ces Barons de quelques Fiefs; ce mot a été pris ensuite pour tout homme noble, de qui la Terre relève du Roi: & enfin, cette qualité a été donnée aux Seigneurs supérieurs des Châtelains, & inferieurs des Vicomtes. Voyez le Président Fauchet, livre 1. de l'origine & dignité des Magistrats de France, chap. 5. qui est des Barons; Nicot, en son Trésor de la Langue Françoise, au mot Baron; P. Pithou, livre 1. de ses Adversaires, chap. 8. Spelman, en son Glossaire; Loiseau, en son Traité des Seigneuries; du Chesne, chap. 5. de l'Histoire Généalogique de la Maison de Montmorency; M. Hauteferre, livre 2. de ses Aquatuniques, chapitre 9; & Voëssus, de Vitis Sermonis; livre 2. chap. 1. Les Moscovites appellent Boiarons tous les Chevaliers & Gentilhommes qui sont après leurs Knès; & ces Knès sont parmi eux ce que sont parmi nous les Ducs & Pairs. Quelques-uns croient que ces Boiarons ont été ainsi appelés de Barones; ce que je ne voudrois pas assurer. Dans Froissart, vous trouverez Baron Saint Jaques, pour Monsieur Saint Jaques. Or eurent-ils affection & dévotion d'aller en pèlerinage en la Ville de Compostelle, au Baron S. Jaques, &c. Et ailleurs: Qui estoient venus en pèlerinage en la Ville de Compostelle au Baron Saint Jaques en grand dévotion. Comme Baro a signifié vir parmi les Latins, & que vir, parmi eux, se disoit aussi emari; témoin ce vers d'Ovide: Vir tuus est epulas nobiscum aditurus eadem; le mot Baron a aussi signifié mari; & il le signifié encore aujourd'hui dans la Picardie & dans la Champagne. Casaubon, sur ce vers de la cinquième Satyre de Perse: Varo regustatum digito terebrare salinum Contentus perages. Omnia exemplaria simplici R, Varo; cum apud M. Tullium, & alios, hoc nomen scribatur Varro. Lucilius: Varronum ac rupicum scarrosa incondita rostra. Nec pauci libri sunt ubi scribitur Baro: qua vox barbara in antiquis Legibus Francorum & Alemannorum marem significat. Hodie in Campania, & aliis Gallia locis, mulieres suos viros nominant Barones. Les Espagnols usent, dans la même signification de Baron, ou Varon. Voyez ci-dessous Corombaron. Voyez le Vocabulaire de M. de la Thaumassiere. Les Italiens appellent barone un gueux, un fripon. M. Dans un Traité du mois de Février 1295. entre Philippe le Bel & le Roi d'Angleterre, se trouvent ces mots qui regardent Marguerite, sœur du premier: Et outre ce, ladite Marguerite, après le décédé dondit Roy d'Angleterre, sans sans plus, comme elle demeura sans Baron, aura la garde, la tutelle... dondit fils masse. Dans cet endroit, comme dans Froissard, Baron est pris pour Seigneur, parce que le mari est réputé Seigneur de sa femme. Voyez le Codex Juris Gentium Diplomaticus de Leibnitz Hanovre, in-fol. 1693. part. 1. pag. 29. Freyherr, mot Alleman, comme qui diroit Seigneur libre, répond au François Baron, & au Latin liber Baro, comme se qualifie dans sa Description de la Moscovie. Sigismond d'Herbestain, ridiculement appelé Sigismundus Liber, dans l'édition d'Anvers 1557. comme si Liber étoit le surnom de se Sigismond; au lieu que ce n'est que la première partie de son titre de Liber Baro, en alleman Freyherr, & Baron en François. Or comme dans ce mot Alleman, Herr, répond au François Seigneur, il semble que Baron vienne de l'Alleman Herr. Le Duchat. Outre les diverses étymologies que l'on vient de lire du mot Baron, on pourroit en rapporter encore plusieurs autres; car les Auteurs ont été extrêmement partagés sur l'origine de ce mot. Non content de la chercher dans le Latin, le François, l'Espagnol, le Grec, l'Alleman, le Gaulois, ils ont été la chercher jusque dans l'Ebreu. Waferus, par exemple, dérive Baron de l'Ebreu v. bar, purner, pour montrer la pureté & la noblesse de l'origine des Bretons. Dom Ruimart dérive le nom de Baro, de faro, & faro de fara, qui signifie dit-il, génération, branche, ligne de famille, comme il paroît par les Lois des Lombards, liv. 3. titre 14. & par Paul Diacre, Hist. des Lombards, liv. 3. ch. 9. D'autres disent que c'est un mot François, & la même chose que par hommes, c'est-à-dire, hommes égaux en dignité. Quelques Allemans le tirent de Bannier-haires, c'est-à-dire, Enseigne, Notre-Enseigne. Alcat prétend qu'il vient d'une ancienne Nation d'Escluse, qui s'appelloit Bérons. Toutes ces étymologies & plusieurs autres sont également mal fondées. La seule véritable est celle qui fait venir Baron de bar, vieux mot Franc, qui signifie vir, & qui est la même chose que Wer en Anglo-Saxon, gwr en Langue du Pays de Galle, or en Bas-Breton, Wair en Gothique, fair & fear en Irlandois, varon en Espagnol. Bar a signifié ensuite un mari, un homme illustre. Ce mot est très-ancien, & suivant quelques-uns c'est la même chose que le par des Latins dans paricida, qui signifie homicida, comme on voit par ce passage de Festus: Paricida non utique is qui parentem occidisset dicebatur, sed qualencumque hominem. Id autem fuiffe, indicat lex Numa Pompilii Regis his composita verbis: Si quis hominem liberum dolo sciens marii duit, paricida esto. Ce qui montre que par chez les Latins a signifié homme, & que ce mot leur étoit venu des Barbares. Car on ne s'auroit nier que les Latins n'aient admis en tout tems dans leur langue des mots étrangers, & sur-tout des mots Celtiques, Gaulois, Bretons & même Germaniques. De bar ils ont fait Baro, qui dans Ciceron, paroît signifier un homme illustre. Wachter, dans son Glossar. German. au mot Baron. Baro. 1. vir nobilii, sed alteri obnoxius, alias vasellus & cliens. Sic autem dicitur à bar vir, quasi homo Regis, quod Regi ob quadam beneficia, qua Feuda vocant, militaret. Quicunque enim alteri quodammodo obnoxius est, in homo ejus esse consertur sive baro. Hinc ejusmodi nobiles in sequieris avi chartis vocantur mannen absolutè & per excellentiam, quasi homines Regii. Vide dicta in man cliens. In Anglia certe Proceres regni non aliam ob causam conjuverunt vocari Barones regni, quam quod homines Regis essent, & Regia Majestati hominium seu homagium praestatent, ut docet Hickefuis in Gram. Angiosax. pag. 146. Hispanis quoque varon virum & magnatem denocat. Ne pourroit-on pas dériver aussi du mot bar, dans le sens d'hommesible & illustre, le nom des Paire de France & d'Angleterre, plutôt que de le tirer de par dans le sens d'égal, comme on fait ordinairement. Du moins cette origine est plus illustre, & convient mieux à des hommes qui sont les premiers de l'Etat, que celles que l'on tire de l'égalité. *
BARQUE. Le P. Fournier dans son Hydrographie, le dérive de Barce, Ville d'Afrique. Il vient de barca. Les Gloses-Anciennes: barca, oua. Abbo, liv. 2. du Siège de Paris: Barcas per flamina raptant. Le Continuateur d'Almoin, livre v. chapitre 34. Normanni vero cum centum circiter navibus magnis, quat nostras barcas vocant. Et ce mot se trouve en cette signification dans Paulin, en son Epître à Cythère. Et Barcarii se trouve pour Bareliers dans la notice de l'Empire, faite du tems de Paulin, il y a plus de mille ans. Voyez Vossus de Vitis Sermonis 2. 3. où vous trouverez plusieurs autres passages d'Auteurs Latins du bas siècle, qui ont usé de ce mot; & entre autres, celui-ci d'Isidore, qui est du chap. 1. du livre 19. de ses Origines: BARCA, est qua concta maris commercia ad titus portar. Les Grecs du bas siècle ont usé du même mot. Les Gloses Grecques-barbares: duam, i. 2. 3. 4. Cujas, sur les Sentences de Paul, liv. 2. tit. 4. Constantinus, lib. 2. Epitom. tit. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. 173. 174. 175. 176. 177. 178. 179. 180. 181. 182. 183. 184. 185. 186. 187. 188. 189. 190. 191. 192. 193. 194. 195. 196. 197. 198. 199. 200. 201. 202. 203. 204. 205. 206. 207. 208. 209. 210. 211. 212. 213. 214. 215. 216. 217. 218. 219. 220. 221. 222. 223. 224. 225. 226. 227. 228. 229. 230. 231. 232. 233. 234. 235. 236. 237. 238. 239. 240. 241. 242. 243. 244. 245. 246. 247. 248. 249. 250. 251. 252. 253. 254. 255. 256. 257. 258. 259. 260. 261. 262. 263. 264. 265. 266. 267. 268. 269. 270. 271. 272. 273. 274. 275. 276. 277. 278. 279. 280. 281. 282. 283. 284. 285. 286. 287. 288. 289. 290. 291. 292. 293. 294. 295. 296. 297. 298. 299. 300. 301. 302. 303. 304. 305. 306. 307. 308. 309. 310. 311. 312. 313. 314. 315. 316. 317. 318. 319. 320. 321. 322. 323. 324. 325. 326. 327. 328. 329. 330. 331. 332. 333. 334. 335. 336. 337. 338. 339. 340. 341. 342. 343. 344. 345. 346. 347. 348. 349. 350. 351. 352. 353. 354. 355. 356. 357. 358. 359. 360. 361. 362. 363. 364. 365. 366. 367. 368. 369. 370. 371. 372. 373. 374. 375. 376. 377. 378. 379. 380. 381. 382. 383. 384. 385. 386. 387. 388. 389. 390. 391. 392. 393. 394. 395. 396. 397. 398. 399. 400. 401. 402. 403. 404. 405. 406. 407. 408. 409. 410. 411. 412. 413. 414. 415. 416. 417. 418. 419. 420. 421. 422. 423. 424. 425. 426. 427. 428. 429. 430. 431. 432. 433. 434. 435. 436. 437. 438. 439. 440. 441. 442. 443. 444. 445. 446. 447. 448. 449. 450. 451. 452. 453. 454. 455. 456. 457. 458. 459. 460. 461. 462. 463. 464. 465. 466. 467. 468. 469. 470. 471. 472. 473. 474. 475. 476. 477. 478. 479. 480. 481. 482. 483. 484. 485. 486. 487. 488. 489. 490. 491. 492. 493. 494. 495. 496. 497. 498. 499. 500. 501. 502. 503. 504. 505. 506. 507. 508. 509. 510. 511. 512. 513. 514. 515. 516. 517. 518. 519. 520. 521. 522. 523. 524. 525. 526. 527. 528. 529. 530. 531. 532. 533. 534. 535. 536. 537. 538. 539. 540. 541. 542. 543. 544. 545. 546. 547. 548. 549. 550. 551. 552. 553. 554. 555. 556. 557. 558. 559. 560. 561. 562. 563. 564. 565. 566. 567. 568. 569. 570. 571. 572. 573. 574. 575. 576. 577. 578. 579. 580. 581. 582. 583. 584. 585. 586. 587. 588. 589. 590. 591. 592. 593. 594. 595. 596. 597. 598. 599. 600. 601. 602. 603. 604. 605. 606. 607. 608. 609. 610. 611. 612. 613. 614. 615. 616. 617. 618. 619. 620. 621. 622. 623. 624. 625. 626. 627. 628. 629. 630. 631. 632. 633. 634. 635. 636. 637. 638. 639. 640. 641. 642. 643. 644. 645. 646. 647. 648. 649. 650. 651. 652. 653. 654. 655. 656. 657. 658. 659. 660. 661. 662. 663. 664. 665. 666. 667. 668. 669. 670. 671. 672. 673. 674. 675. 676. 677. 678. 679. 680. 681. 682. 683. 684. 685. 686. 687. 688. 689. 690. 691. 692. 693. 694. 695. 696. 697. 698. 699. 700. 701. 702. 703. 704. 705. 706. 707. 708. 709. 710. 711. 712. 713. 714. 715. 716. 717. 718. 719. 720. 721. 722. 723. 724. 725. 726. 727. 728. 729. 730. 731. 732. 733. 734. 735. 736. 737. 738. 739. 740. 741. 742. 743. 744. 745. 746. 747. 748. 749. 750. 751. 752. 753. 754. 755. 756. 757. 758. 759. 760. 761. 762. 763. 764. 765. 766. 767. 768. 769. 770. 771. 772. 773. 774. 775. 776. 777. 778. 779. 780. 781. 782. 783. 784. 785. 786. 787. 788. 789. 790. 791. 792. 793. 794. 795. 796. 797. 798. 799. 800. 801. 802. 803. 804. 805. 806. 807. 808. 809. 810. 811. 812. 813. 814. 815. 816. 817. 818. 819. 820. 821. 822. 823. 824. 825. 826. 827. 828. 829. 830. 831. 832. 833. 834. 835. 836. 837. 838. 839. 840. 841. 842. 843. 844. 845. 846. 847. 848. 849. 850. 851. 852. 853. 854. 855. 856. 857. 858. 859. 860. 861. 862. 863. 864. 865. 866. 867. 868. 869. 870. 871. 872. 873. 874. 875. 876. 877. 878. 879. 880. 881. 882. 883. 884. 885. 886. 887. 888. 889. 890. 891. 892. 893. 894. 895. 896. 897. 898. 899. 900. 901. 902. 903. 904. 905. 906. 907. 908. 909. 910. 911. 912. 913. 914. 915. 916. 917. 918. 919. 920. 921. 922. 923. 924. 925. 926. 927. 928. 929. 930. 931. 932. 933. 934. 935. 936. 937. 938. 939. 940. 941. 942. 943. 944. 945. 946. 947. 948. 949. 950. 951. 952. 953. 954. 955. 956. 957. 958. 959. 960. 961. 962. 963. 964. 965. 966. 967. 968. 969. 970. 971. 972. 973. 974. 975. 976. 977. 978. 979. 980. 981. 982. 983. 984. 985. 986. 987. 988. 989. 990. 991. 992. 993. 994. 995. 996. 997. 998. 999. L'origine des mots Latins-barbares, barga, barca, barcus, & barica, du Grec-barbare napas, du François barque, de l'Italien barca & varca, & même de frégate, est la même, selon Wachter, sçavoir le verbe Gothique sarjan, qui signifie remigare. La lettre F, a été changée en B, qui est de même organe, & pareillement le G, en C. Les lettres de même organe se mettent l'une pour l'autre dans toutes les Langues. Voyez Wachter, Glossar. German. au mot Farge.
BARRAUDES. On appelle ainsi en Anjou des pierres blanches de figure oblongue, parce que le logis Barraut, qui est le plus beau logis de la Ville d'Angers, est bâti de cette sorte de pierre. Voyez mes remarques sur la Vie de Guillaume Ménage, Avocat du Roi d'Angers, page 477. M.
BARRE, BARREAU. Le lieu où les Avocats plaident est ainsi appellé, parce qu'il est enclos d'une barrière: aussi est-il appelé Parquet, à cause de la ressemblance qu'il a avec un parc où les brebis sont enfermées. Et c'est pourquoi le mot caule, qui signifie les parcs des brebis, signifie aussi le lieu où les Avocats plaident. Les Gloses d'Isidore: Caule, Cancelli Tribunalis ubi sum Advocati. Caïeneuve.
BARRE. De vara, qui signifie un pieu, une perche. Les Gloses d'Isidore: varam vibia. Pertica dua sunt inter se coligata, qua afferm sustinum. Unde proverbium, VIBIA VARAM SEQUITUR. Vitruve liv. x. chap. 19. Cerras Chalcedonius de materia primum basim subigeliis rotis scit, supraque compedit arretlariis & juris varas & in his suspendit arrettem. Les Espagnols ont retenu le mot tout entier. lls lis disent vara, pour dire une barre. De ce mot barre, nous avons fait celui de BARRRAY, qui signifie la même chose que barre, mais qui se prend aussi pour le lieu où plaident les Avocats, à cause des barreaux qui y sont pour empêcher la foule des parties. Les Latins, pour cette raison, l'ont appellé caula, qui signifie proprement un parc de brebis. Le Gloisaire de Messieurs du Puy : CAULA, cancellum ante Judicem, vel ingressus. Voyez ci-dessous le mot parquet, & M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, page 484. Au lieu de bara, fait de vara, on a dit barra, qui se trouve dans Guillaume le Breton. Scabat enim firmus ut barra, repagula firmans Agminis hostilis medio. C'est au livre 3. où il parle du Marquis des Barres, au nom duquel il fait allusion. Il ajoute en parlant du vainqueur de ce Marquis des Barres : — barras, gandete Quirites, Fregimus : in manibus barra sunt denique nostris. Nulla potest nostris jam barruia tollere bar- ras. Et de-là, le nom de Varro, selon Turnébe. Varronum nomen, dit-il, à Varris fluxis : unde & vernaculum nostrum barra manavit. C'est dans ses Notes sur la 1. Oraison de Cicéron contre Rallus, page 4. Dans les Origines Gauloises de Boxhornius, barr est interpreté par vestis, repagulum, pessulum. M. Puisque, selon Boxhornius, barr est un ancien mot Celtique, qui signifie vestes, repagulum, c'est de-là qu'on doit dériver, ce me semble, les termes Latins vara & bara ou barra, & les François barre, barreau, barriere, &c.*
BARRES. C'étoit en l'ancienne Pratique, ce que les Jurisconsuites appellent Exceptions. Li Établisfement il Roi de France, liv. 1. Si comme de Barres peremptoires qui ont lieu jusqu'à jugement, ou jusqu'à sentence selon Droit écrit, ou Code Sententiam rescindi non posée, en la Ley Peremptorias Exceptions. Et en un autre endroit : Doit mettre avant & pour sey en jugement, ses déffenses & ses Barres. Le Traité des Verrues & des Vices : Li fégend sont les faux fuits, qui nevent ce que droit est, & quèrent Barres & delays pour toller à autruy la sien. Caïeneuve.
BARRRAY. Quand S. Louis fit venir les Carmes en France, ils avoient leur chappe barrée en face, de blanc & de tané : d'où on les appelle les Barrez. Et de-là, le nom de la Rue des Barrez à Paris, qui est celle de l'Ave-Maria : où étoit la Croix des Barrez, & la Porte des Barrez. Leur Couvent étoit hors de cette porte, où sont à présent les Céleffins, qui leur succédèrent, lorsqu'en 1319. ils quittèrent ce lieu pour aller à la Place Maubert, où ils sont présentement. Et lorsqu'ils firent peindre leur Cloître dans leur Couvent de la Place Maubert, ils avoient si fort oublié la première figure de leur habit, qu'au tableau qui représente S. Louis les recevant à Paris au Port S. Paul à la sortie du bateau, leurs Chappes y sont barrées en pal, & non pas en face. Il y a encore à Valenciennes une des Portes de la Ville, qui se nomme la Porte des Barrez, parce que les Carmes avoient un Monastère en ce lieu-là. Je dois cette remarque à M. l'Abbé Chastelin, Chanoine de l'Eglise de Paris. Voyez Carmes ci-dessous, & M. du Cange au mot Birrus. M.
BARRICADE. C'est une sorte de retranchement tumultuaire & fait à la bête, ainsi appellé : parce qu'il se fait d'ordinaire de poinçons & autres tonneaux, appellés en Languedoc barriques ; mot qu'on pourroit dériver de papie, qui signifie pesant, parce qu'étant remplies de vin elles sont mal aisées à remuer, à cause de leur pesanteur. Et ainsi barril, qui est un petit vaisseau à mettre du vin, vient de papie, qui signifie petit fardeau : comme aussi dans Vitruve, livre 3. chap. 1. baryca & barycephala sont de certains batimens fort peu élevés ; lesquels, bien que soutenus & portés par des colonnes petites & grandes, ne laissent pas d'être fort appelantis & chargés de matériaux, tels que sont les arcosities de certains Cloîtres d'Eglise. Toutefois j'aime bien mieux dériver barrique de papie, non en la signification de pesanteur, mais en celle de gravité de son ; parce que les tonneaux étant touchés tant soit peu, retentissent. Et aussi ce mot vient de papie, qui signifie sesant grand bruit ; de même que les tonneaux sont ainsi appellés, par imitation du bruit qu'ils sont quand on les touche. Caïeneuve.
BARRIL. Voyez barricade. Caïeneuve.
BARRIL. Voyez BARIL.
BARROQUES. On appelle ainsi les perles & les dents qui sont d'inégale grandeur. Peut-être de varus, dit pour varius. Varus, varucus, varucus, BARROQUE. Varus se trouve dans Perle, Sat. 4. fallit pede regula vara. Covarruvias, au mot barruce, dit que ce mot Espagnol qui signifie une perle barrique, a été fait du Latin verruca, à cause de la ressemblance de ces perles à des verrues. M. Guyer approuvoit cette étymologie M. BARROQUES est dit au lieu de braques. De brocchus ou broncus : qui produite ore & dentibus est prominus. Nonius, &c. Covarruvias & M. Ménage ont tort d'aller chercher ailleurs l'étymologie de ce mot. Brocchitas dentium, Plin.*
BAR-SUR-AUBE. Sorte de raisin, ainsi appellé de la ville de Bar-sur-Aube. On l'appelle autrement du chasselas. Voyez M. Merlet, dans son Abrégé des bons fruits. M.
BARTAS. Mot Languedocien, qui signifie un buisson. De vepretum. Vepretum, pretum, pertum, par transposition de lettres : berium, bertaffium, battaffium, BARTAS. M.
BARTHELEML. C'est le nom d'un des Apôtres de J. C. Ce nom vient de bar, & de Tholmai, ainsi il signifie fils de Tholmai. Le mot Tholmai est le même en Ebreu & en Syriaque que vrosus en Grec, Ptolomée. Hefychius interprète ce nom, visus vrosus & idalia : ce qui signifie non pas filius haurientis aquas, comme a dit Hoffman ; mais filius suspendentis aquas. Car outre que c'est le sens de vrosus, c'est qu'Hefychius n'a pu tirer cette étymologie & ce sens que de v. bar, fils, vrosus chaleb suspendant, qui suspend, & vrosus maim les eaux. Or vrosus chaleb, ne signifie point puiser, tirer de l'eau ; c'est vrosus dalab ou vrosus schaab : pour vrosus il ne signifie que suspendre. Cette étymologie d'Hefychius est donc fauffe ; & il faut s'en tenir à celle que nous avons rapportée d'abord, & qui est suivie par Druus, par Voëlius, & par Ligtfove. Depuis la conquête des Grecs, les noms Grecs ou demi-Grecs étoient très-communs dans la Syria & la Palestine, même parmi les Juifs, comme on le voit dans Joseph ; & Tholemaus en particulier est un nom de Juif qui se trouve dans cet Auteur. Antiq. liv. xx, ch. 1.*
BARTONDU. De variè tondatus : comme barlong, de variè longus. Voyez Bertauder & barlong. M.
BAS. Nous appelons bas, ce qui est au-dessous. Il y en a qui le dérivent de Bæc, qui est le bas, l'appui, & le soutenement de quelque chose; comme la base & le fondement des colonnes : mais j'aimerais mieux le dériver de Bæc, qui est un comparatif de Bæc, qui signifie profond. Caseneuve.
BAS. METTER, au reste, dit l'Avocat anonyme qui a publié les Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas sur la Langue Françoise, vient de mittere, per syncope : & BAS vient du Grec Bæc, dont nous avons fait base, qui est le plus bas de quelque chose, puisque c'en est le soutien & le fondement. Ce qu'il a pris de Nicot, ou de M. Lancelot : car je ne crois pas qu'il ait jamais vu cet endroit de la page 179. de la Dissertation de Méric Cafaubon, de l'ancienne Langue Anglicane : Illis autem assentior, qui Gallicum bas ex Grace Bæc, orrum conjicunt. Cette étymologie est assez vrai-semblable; mais elle n'est pas véritable. Bas vient du Latin basus, interprété dans les Origines Gauloises de Boxhornius par non profundus, depressus & basus, en cette signification, a été fait de Bæc, comparatif de Bæc, profundus : ce que j'ai remarqué il y a long-tems dans mes Origines Italiennes. Voyez-les au mot baso, & au mot Pe. Et j'ai lu depuis peu avec plaisir dans les Origines de M. de Caseneuve, que M. de Caseneuve a eu la même pensée. ¶ Dans les Gloses Anciennes, basus est interprété à la page 179. M. BAS à chauffer. On les nomme de la sorte par opposition aux hauts de chaufferes ou culottes. Rabelais, liv. 1. ch. 56. chaufferes pour le bas... les hauts de velours, &c. En Lorraine encore aujourd'hui le peuple dit un bas de chaufferes, pour un bas. Le Duchat. BAS DE CHAUSSE. De Bæc, qui signifie le pied & le soutien, la partie inférieure de quelque chose. De ce mot viennent les mots de bas, baisser, abbaisser. De-là vient aussi le mot de bas-de-chausse, parce que Bæc signifie allure, démarche; qui est l'action de la jambe. Bæcque, ou Bæcque, étoit le nom de certaine chaussure. Le Glossaire de Papias : Baxeus, calceus : Baxe, calciamenta mulierum, propriè Comæderum. Curopalates, De Officiis Constantinopolitani Palatii, appelle unicæ, des bas-de-chausses courts. Le Glossaire de Papias : Basius, curtus, à base. Et Tertulien DePadias : Si Philosophus in purpura, car, non & in baxa Tyria? Baxa autem genus est calciamenti : comme il se peut voir dans le 1. livre d'Apulée : pedes palmeis baceis indutus : genus sandaliorum. Caseneuve. Wachter, dans son Glossar. German. au mot bas, prétend que ce mot est d'origine Celtique. Ecoutons-le parler. BAS, infra. Vox Celtièa per Francos Dutta, qui hoc sensu dicunt bas, observante Schiltero in Gloss. Notkerus, Psalm. LXXXIII. 1. ad locum Psalmi inferius occurrentem provocans inquit : Fon dien et hina bas chit, de quibus deinceps infrà ait. Inde Francis beizen descendere & deprimi in terram Notkerus, Psalm XVII. 10. Unde irbeizta hara nider, & descendit de colo. Particulum bas hodie custodium Galli. Convertitur autem in adiectivum. Hinc humilis, depressus, imus, Cambris & Galli dicitur bas. Inde Cambris basgawd & basged sporta humilis. Quam vocem Britannicae esse testatur Martialis : Barbara de pictis venio Bascauda Britannis, Sed me jam mavult dicere Roma suam. Locum adduxit Boxhornius in Lex. Ant. Brit. Tandem ex adiectivo sit substantivum bas, modus infimus in arte musica, quem vulgo Basum vocant. Similia sunt Gracorum basis profundus, demissus, Bæc, profundus, Bæc, pars infirma columna. ¶
BASACLE. Moulin célèbre de la ville de Toulouse. De vadaculum, diminutif de vadum. Ce moulin est situé sur un gué que fait la rivière de Toulouse. Voyez M. de Lafaille, dans son Histoire de Toulouse, chapitre 14. page 123. M.
BASANE. Sorte de cuir. Dans le petit Glossaire, intitulé, Glossa è Glossario Arabico-Latino, bacana est interprété sacculus. Dans les Vies des Abbés de S. Albanus : Ocreis de cuire, quam vulgo bazan appellant, &c. Conventus calceamenta, qua de vili corio, quod vulgariter bazan dicitur, in alutam, id est cordevam similiter commutavit. Les Espagnols disent badana dans la même signification. M. Voyez BAZANE. Quelques-uns dérivent le mot basane du Grec Bæc, qui signifie proprement lapis lydius, en François pierre de touche, qui est noire, ou d'une couleur noirâtre, & dont la basane peut avoir pris son nom, parce que les premières basanes étoient des cuirs qu'on préparoit avec peu de soin, & qu'on teignoit d'un mauvais noir. Mais il est plus vrai-semblable, que c'est un ancien mot François ou Gaulois, qui reste encore en Espagne, où baca signifie couleur noire, ou brune, color subfuscus, dit l'Auteur de la Notice de Gascogne. ¶
BASANE. Se dit d'un teint hylé, brûlé. Je crois que c'est proprement avoir au visage de petites rides, comme il en paroît à la basane lorsqu'on plie en dehors la couverture d'un livre relié en basane. Coquillart dans son Enquête : Du surplus ne servoit à rien, Furs à boire comme une cane : La raison, car son cordouan, estoit jà devenu basane. Quelque unie que paroisse la peau d'un maure, comme elle est fort seiche, elle est fort couverte de cette sorte de rides. Le Duchat.
BASCULE. M. Félibien : BASCULE, est une machine, qui sert à plusieurs usages : comme les bascules avec lesquelles on tire de l'eau ; qui sont des pièces de bois soustennes sur un effien, par le milieu, ou autrement, pour être plus ou moins en équilibre. Lorsque l'on pesé sur l'un des hauts, l'autre hausse : & par ce moyen elles élèvent l'eau. M.
BASOCHE. BASOCHIENS. Jean du Luc, au titre 3. du livre 12. de ses Arrêts, a écrit que les Basochiens sont ainsi nommés, quasi basochiens, quasi dicaces ; qui verba funditant, & salibus ludunt ; qui risitantes irruunt cachinnos, joca, dicta. Et cette opinion a été embrassée par Ragueau en son Indice, sur le mots Basoche & Roy de Basoche, & par Pierre de Miraulmont, à la fin de ses Mémoires des Jurisdictions qui s'exercent dans l'enclos du Palais de Paris ; où il traite amplement & du Royaume de la Basoche, & des Basochiens. Mais il se trompent tous. Basoche vient de Basilica. Mornac sur la Loi Certi juris, au Code de Judiciis : Juvenilia Basolicanorum Judicia confirmari à Senatu meminit quadam Joannes Laeius in suis Placitis, vir sans diligens, stylique elegantioris stu- Or le mignard dessus, est la basse-contre. Mato: Dieu pardient au pauvre Virmont, Il chantait bien la basse-contre. Et les maris la malencontre, Quand les femmes sont le dessus. Nicot, dans son Dictionnaire, & M. de Mo- liere, dans sa Comédie du Bourgeois Gentilhon- me, ont dit aussi haute-contre. Et cette prononcia- tion est conforme à l'étymologie; haute-contre étant la partie de Musique qui est contre le des- sus; comme basse-contre, celle qui est contre la taille: basse teure. L'usage des hommes peut est conforme en cela à l'étymologie. C'est donc com- me il faut parler, sans s'arrêter à la distinction de ceux qui veulent qu'on dise haute-contre & basse- contre, en parlant des parties de Musique; & Hau- te-contre & basse-contre, en parlant de ceux qui chan- tent ces parties. Il est au reste à remarquer, qu'on dit une Basse au féminin en parlant du Musicien qui chante la basse. C'est ce que j'avais remarqué autrefois dans mes Observations sur la Langue Françoise touchant les mots de haute-contre & de basse-contre: & j'ai eu la satisfaction depuis peu de voir ma décision confirmée dans le Dictionnaire de Messieurs de l'Académie, & dans celui de M. Richelet. Mais nonobstant toutes ces grandes au- toits, je viens de changer d'avis, ayant remar- qué que le grand usage était pour haute-contre & basse-contre en toutes sortes de significations, & l'u- sage étant le maître des Langues. M.
BASSE-COURT. M. Brodeau, célèbre Avo- cat au Parlement de Paris, dans ses Commentaires sur la Coutume de Paris, sur ces mots de l'art. 134 AU FILS AIENS APARTIENT PAR PRECIPUT LE CHASTEAU OU MANOIR PRINCIPAL, ET BASSE- COURT ATTENANT ET CONTINUE AUDIT MANOIR Basse-contre. L'article 8. de l'ancienne Confirme ci-des- sus transcrips, ne donnait à l'issue que le principal ma- noir, avec le jardin selon la clôture, & ne parlait point du nom de Basse-contre: la nouvelle Confirme l'a exprimée en cet article, & an 15. avec l'enclos & basse-contre, comme dessus est dit: & an 17. basse- court & enclos, comme dessus; & Amend la Court, qui, comme encore à présent en quelques Confirmes, estait autrefois appelée haute-contre, la nuit du maître, à la différence de la basse-contre, qui est la court de la court, en la légende court, appropriée à granges, estables, & escuries, & à la enfouagerie. Nicot: Pour la court du Maître, on ne dit plus Hau- te-Court, ainsi Court simplement. Et pour la Court de la Famille & Messager, on retient le mot de Basse- Court. & Voyez Cour ci-dessous. M.
BASSET. Chien terrier: ainsi appellé de sa taille basse. M.
BASSETTE. Jeu de cartes. De l'italien basse- to, qui signifie la même chose, & qui se trouve en cette signification dans les Auteurs Italiens qui vivoient il y a 200. ans. M.
BASSIN. Il y a beaucoup d'apparence que les anciens François écriraient basé: car il vient de l'ancien Gaulois bacchion. Grégoire de Tours, livr 9. C'est d'abus parois lignés, quas voigé bacchi- non vocant; et demque familier ex gammis fabrica- tis aura. Caïeneuve.
BASSIN. Voyez bacin. M.
BASSINET. Simple: ainsi appellé de la rel- semblançée sa fleur à un petit bassin. Les Més V 4 disus: sed quem sefolliis Graca vocis affinitas: non enim ex vii Bafores, quod apud Scholastum Aris- tophantis, sed à Basilica, fatium nomen est. Dicimus nos Galli Basoches, quod Lasius Basilica. Et, ut supercilium non ducam quorum suavem perfuna infi- ciam prodit censura audacia, ita semper à ma- guis viris didici, Petro Pithae, Nicolae Fabro, Praefide Falchetio, Antonio Oifello, Jacobo Choa- rio. Et ce qui confirme tout à fait cette opinion, c'est qu'anciennement à Paris, les Clercs de Palais étoient appellés Basilicains. Miraulmont, au lieu allégué: lis sont aussi appelées Basilicains, (Il par- le des Basochiens) à Basilica; palais & maison Royale de nos Roys, & par eux délaissés au Parle- ment pour y rendre la Justice: tant parce qu'ils y rendent continuellement service auprès des Procure- rers, leurs Maîtres, qui y sont assidues pour le fait de leurs charges, que pour autant qu'ils y exercent leur Justice par leurs Officiers. & Basilica, basilica, ba- silica, basilica, BASAUCHE, BASOCHE. & M. du Cange semble douter de cette étymologie, disant dans ses étymologies Françoises, BASOCHE, ex basilica, ne volant quidam. & J'oubliais à remarquer, que les Basiliques, qui signifient autant que Maisons Royales, n'avoient pas ce nom pour ce que les Roys, ou les Empereurs, y fissent leur demeure, mais à can- se qu'elles étioient faites pour y rendre la Justice, de laquelle les Roys sont redevables vers leurs sujets, & les Magistrats vers leurs Citoyens. Ce sont les termes de Berger, dans son Histoire des Grands Chemins, livr. 1. chap. 8. M. BASQUE de pourpoint. M. Huet croit que la mode de faire des pourpoints à basques est ve- nue de Biscaye; & que de-là on a dit basque de pourpoint. M. Il est assez naturel de croire que ce mot vient des Basques, desquels on aura pris la mode de mettre des basques aux pourpoints. Mais je soup- çonne néanmoins qu'il peut être corrompu de tas- que, qui signifie bonfée; les basques ayant été pre- mièrement des bourres qui s'arrachoient aux pour- points. Huet.
BASQUINER. M. Borel, dans ses Antiquités Gauloises: C'estait une robe fort ample, qui se tenait ouverte & étendue au moyen d'un cercle. Vassquins est aussi ce que les Dames voisent entre la chemis & la corte. Le mot Basquine se trouve dans Ra- belais, 1. 56. Au-dessus de la chemis voisent la belle basquine de quelque beau camelas de seye. Trip- pault: BASQUINE, verengalle, boche-pile, de qua- naire. Anciens dissent vasquine. Voyez Vasqui- ne. M. Cette sorte d'habillement pourroit bien être ve- nue de Biscaye, & avoit pris de-là sa dénomina- tion. Le Duchat.
BASQUINER. Borel explique ce mot par enforceler: & le Dictionnaire des Arts, où il se trouve, le dérive comme lui du Grec. Surnaire. Il vient de fascinare, qui sans doute vient de ce mot Grec. Le Duchat.
BASSE-CONTE. BASSE-CONTRE. Nos Anciens écrivoient & prononçoient basse-contre, & haute-contre. Du Bartas, livre 5. de sa Se- maine: Il me semble qu'encer j'y dans un verd buisson D'un savant Rossignol la tremblasse chanson; Qui tenant or la taille, or la haute-contre, decins de Lyon, IX. 24. *Dicitur autem batrachium, sive ranunculus, quod limitibus humidis, opacisque marginibus, ranarum more, laterur; aut quod aquis, ubi rana degunt, patissimum gandeat; aut quia inter ejus frutices rana frequenter inveniuntur. Eadem de casa grenouillette a Gallis nominatur; baffi- net vero, a floribus, quod vasis aucis tonstinarum, in quibus barbas emollient, similis videantur celere ac figurâ. ¶ Bacinorum se trouve en la significa- tion de bacinet, c'est-à-dire, de casque, dans plusieurs Ecrivainis. Voyez le Glorfaire de M. du Cange. M.* BASSINOIRE de lit. De sa ressemblance à un baffon. M.
BAST. Il vient de *Bassinoire*, qui signifie par- ter une charge : d'où sortent *Bassinoire*, & *Bassinoire*, qui signifient *Jardeau*, charge. *Bastagarii* étoient ceux qui portoient, sur des bêtes de charge, le bagage & les provisions de l'armée. La Loi 4. Cod. de *Murilegulis & Gynaciaris & Bastagarii*. Ca- feneuve. BAST de cheval, d'âne : Lat. *chiella*. De *basti- um*, qui signifie la même chose, & qui vient de *Bassinoire*, qui signifie un bâton avec lequel on porte des tardeaux : d'où vient le verbe *Bassinoire*. Le Lexicon ancien : *SAGMA*, *sella quam vulgus baltum vocat, super quo componuntur sarcina; chitellas alii vocant*. Voyez M. de *Saumaille*, sur l'Histoire Au- guête, page 120. & 189. Et ci-dessous aux mots *baston* & *basteau*. Voyez aussi le *Lexicon Juris*, sur *bastaga* & *bastagarii*; & *Meurfius*, au mot *Bassinoire*. *Basta* se trouve en la signification de *bast* dans la Chronique de Geoffroy Prieur de Vi- goois, chapitre 3. page 181. *Asinum stravit*, & *et rustice lequar, superposuis bastas, in quarum una, &c. M.*
BASTARD. Cujas, sur la Novelle 18. & Borcholten, sur le premier des Institutes, tiennent que ce mot est d'origine Allemande ; & qu'il est composé de *bois- art*, c'est-à-dire, *degeneris armis* ; & cette opinion est particulièrement fondée sur la Loi dernière, au Code *De Naturalibus liberis*, où les bâtards sont appelés *degeneres homines*. Henri Spelman tient aussi que ce mot est Alleman ; mais qu'il est formé de *bas*, qui dans toutes les Langues de l'Europe signifie *infime* & *abjecti*; & de *stard*, qui signifie *né* : & qu'ainsi *bâtar* signifie un *homme de basse* & *abjecte naissance*. Killauns au con- traire veut que ce mot soit formé de *bois aard*, id est, *optima indolis ac natura*. Quod tamen dici poise per antiphrasim conjicit, quasi *maxime bona indolis*. Quelques autres le dérivent de *Bassinoire*, qui signifie une femme débauchée. Cafeneuve.
BASTARD. Cujas sur la 2. partie de la No- velle 18. le dérive de l'Alleman *bois- art*, qu'il ex- plique *degeneris ingenii*. *Bois art* signifie *manvaise naissance*. Les Latins on dit de même *degeneres*, & les Grecs *ex- rios*, c'est-à-dire, *obscurs*. Boxhornius dans son *Lexicon Britannico-Latinum*, prétend que *bastard* est un mot Anglois. Voici les termes : BA- STARD *Spurius, nebus, adulterinus, nullus filius*. Mab Ilwyn à pherth. *Hanc voceminani conatu mul- tum laborant à Tontonica, Belgica, Gallica, His- panica, Italica, aliisque linguis, deducere, quam mullo labore Britannam esse compriens, compositam à BAS, Acaric, minime profundus; & TARD, ger- minare, pullulare, & falire, oriri, ut fontes; qua- si dicas, Qui non à profunda & antiqua nobilitate orrum deducit, sed qui super orius est & germina- wie, Fastardd dy fost. Quoiqu'il on soit, le mot* *bastard* est un ancien mot ; *bastardus* se trouvant dans Mathieu Paris. Et il est commun à toutes les Langues : les Allemans disent *bastard*, & les Ira- liens & les Espagnols *bastarde*. M. Si, comme il y a de l'apparence, *bachellier*, & *bacelle* ou *bachelette*, dans la signification de *gar- con*, de *fille* & de *fillette*, ont été formés, savoir, *bachellier* de *bacularius*, *bacelle* de *bacilla*, & *ba- chelette* de *baciletta* ; *bastard* pourra bien avoir été formé de *bastardus*, fait de *bastum*, d'où *basto*, dont nous avons fait *bâton*. Rabelais, livre 1. cha- pitre 25. a même employé le mot de *bastonnier* dans la signification de *garçon* en ces termes : *Adonc Marquet, grand Bastonnier de la Confréite des Fouaciers, lui dit, &c.* Car c'est comme s'il avoit dit : Adonc Marquet, grand garçon de la bande ou de la troupe des Fouaciers. On a remarqué que la plupart de nos mots terminés en *ard*, donnent une idée méprisable de la chose qu'ils expriment. *Bastard* peut aussi venir de *Fastardus*, fait par pro- duction de *vasus*, dans la signification de *desere* & *abandonné*. Un enfant *bastard* est en quelque fa- con abandonné de son pere & de sa mere. Mais je suis persuadé qu'il vient de *basto*, d'où notre *bâton*. Comme nous les enlans de famille étoient traités de *bâtons*, par rapport à leur pere, qui étoit comme le tronc de l'arbre généalogique de la fa- mille, de-là vient qu'encore aujourd'hui l'Ecu des Cadets est traversé d'une bande ou d'un bâton, qui prend de l'angle droit du haut de l'Ecu, à l'angle gauche du bas. Or il falloit faire quelque différence entre le bâtar & l'enfant légitime d'un même pere : & c'est ce qu'on a trouvé moyen de faire, en donnant au premier le nom de *bâtar*, pour le distinguer du *bâton* ou fils de la maison, & en l'obligeant à porter dans l'Ecu de ses armes une bande ou un *bâton* qui le traversât de l'angle gauche d'en haut à l'angle droit d'en bas. A cette étymologie fait allusion le mot de ce rieur, qui à propos des Maréchaux de France créés par le Duc de Mayenne, lui dit qu'il falloit des *bâtar* qui se feroient légitimer à ses dépens. Il avoit en vue le bâton de commandement, qui sous la ligue étoit dans les mains de ces Messieurs un bâton de *bâtar*, sauf à être dans la fuite un bâton de lé- githmes Maréchaux. Épée *bâtar*, Rabelais, livre 3. chapitre 25. *Panurge lui donna une robe de peaux de loup, une grande espée bastarde, bien darée, à fourreau de ve- lours, & cinquante beaux Angelos*. Les Paradoxes de Charles Etienne, édition de 1554. page 103. dans la 17. Déclamation intitulée pour le *bastard* : *Et quant aux choses insensibles, vous trouverez que ce nom de bastard, hailé aux bastons de guerre & instrument d'excellence, comme aux choses gran- des entre les autres, tesmain l'espèce, arballette, & couleworine bastarde, & autres qu'il seroit long à raconter*. Il pourroit y joindre encore lagrande voile, qu'on nomme aussi *bâtar*. L'épée *bâtar* est donc une grande épée, & je pense qu'on lui a donné ce nom, comme *bâtor* par excellence. Au- trefois on nommoit *bastons* tant les épées que les armes à feu, qui dans les Ordonnances ont encore retenu le nom de *bastons à feu*. Le Duchas. Il ne sera peut-être pas mal de joindre ici le sen- timent de Wacheter sur le mot *bâtar*, dont l'é- tymologie est si obscure. Cet Auteur, dans son *Glossar. German*, au mot *bastard*, s'exprime ainsi : BASTARD, *filius naturalis ex concubina vel pellico natus, Cambris bastard, Lat. Barb, bastardus, Grac*, Barb. *peruvian*. Vax ob incertitudinem originis *sporio similis*. Cujacins, & Louis Civilis interpretes quidam, & Germanico bon-art *pessima* *sibulas*, deduc- cus : quam *ecymologiam* *cui*. Hickeyius hinc *con- formare* *conatur*, quod *infans* à *marte*, *durante* *ma- viti* *exilia*, *editus*, *Islandis* *boesings* & *buita*, *b.* *e.* *pessimus* *vocetur*. Contra *Kiliano* *est* à *best*-art *op- tima* *siboles*, *quamvis* *per* *antiphasion*. *Peikyrus* *no- num* *ad* *famosam* *quandam* *memorificam* *fueretam*, *insert*. *Spelmannus*, *cum* *animadvertisset*, *Anglos* *terra* *siliens*, & *novum* *atque* *obscura* *originis* *homi- num* *upstart* *appellare*, *vocem*, *quasi* *ad* *imaginem* *Anglica* *faliam*, *interpretatur* *sporio* *editum*, *quod* *bon* *formanis* *impuram*, *fieort* *varè* *Anglo-Saxani- bus* *erum* *donetat*, *quamvis* *nec* *hec* *nec* *illud* *en* *fonsu* *repetatur*. *Boeharinus* in *Lexico* *Antique*-*Bri- tannico*, è *Chartis* *Daviesii* *detorpta*, *vocem* *Bricau- nia* *vindicat*, *utput* *ex* *bus* *depresus*, & *tarddu* *germinare*, *eriri*, *composiam*. *Quasi* *dicas*, *qui* *non* *a* *profunda* & *anvique* *sublitate* *erum* *ducit*, *sed* *super* *progerminavit*. *Hac* *ecymologia* *multis* *viris* *dolcis* in *Gallia*, & *precipui* *Cangio* & *Pozynia* *se* *probavit*. *Is* *conformari* *inde* *videtur*, *quod* *Galli* *hodiaria* *ejusmodi* *sities* *appellare* *solent* *fili* de *bus*, *quasi* *ex* *inisma* *fortis* *marxet* *vejusmodi* *in* *pluri- mium* *funt* *Potentiarum* *Concebina*) *prognator*. *Leib- nitius* *tamen* in *Glossario* *Celtico* *cam* *sic* *corrigere* *canatur* : BASTARD non inepté fortan vulgo à *bas- se* *feu* *vili*, *humili*, & *art* *genus*. *Sed* *litteram* *T* *in* *medio* *vocis* *advertam* *sibi* *expertur*. *Schilitero* *ratio* *appellationis* *eadem* *videtur* *ac* in *vocabula* *bank-art* : *ut* *quemadmodum* *bank* *legitimo* *tibere* *op- ponitur*, *ita* *bast* *sie* *sella* *vel* *lietica* *tibere* *opposita*. *Catena* *ad* *genus* *refert*. *Atibi* *persuasum* *est* *bastesse* à *Gr. *vagie*, *tbalamus*. *Nam* *hec* *conjunitum* *cum* *art*, *efficit* *etum* *qui* *vitio* *lecti* *genialis* *laborat*. *Qua- lis* *omnino* *est* *bastardus*. *Simile* *compositum* *est* *ban- kart*, *quod* *vide*. *Hodie*, *ni* *faller*, *ita* *distinguunt*, *ut* *Bankardus* *sie* *fureus* *vulgo* *quasitus*, *Bastardus*, *cujus* *pater* in *aprico* *est*. *Ille* *marxis* *tantum* *haret* *est*; *hic* *etiam* *parris*, & *in* *lineam* *paternam* *olim* *potetas* *succedere*. *Saltim* *prifcos* *Septemtrionandum* *populos*, *imè* *etiam* *Gothus* & *Francos* *hec* *nafcendè* *vitio* *laborantes* *ad* *successionem* *admississe* *legitima*. *Inde* *est* *quod* *nec* *famosum* *Anglica* *subalterem* *Phil- kelmann* *Normannum* *timuli* *hejus* *puduerit*, *dum* *epif- tolas* *fuas* *sapè* *ita* *orditur* : *Ego* *Wilhelmus* *cogno- mento* *Bastardus* : *nec* *alias* *bodie* *pudeat*.*
BASTARDEAU. C'est une cloison d'ais, de terre glaise, ou d'autre chose, qu'on fait dans l'eau pour y bâtir quand elle est épuisée. Voyez *bastun*. M. Le *Bastardeau* est une cloison de *bastant* repliée en forme de claye sur des pieux fichés dans l'eau; & c'est de-là que vient le nom de *bastardeau*, diminutif de *bastard*, produit de *bast*, fait de *bas- tum*, d'où nous avons fait *bastun*. Ainsi M. Mé- nage a eu raison de renvoyer au mot *bastun* pour l'origine de *bastardeau*; mais il s'est trompé en ce qu'il a cru que *bastardeau* venait immédiatement de *bast* ou de *bastun*; au lieu qu'il vient de *bastard*, qui dans sa propre signification n'est autre chose que *bastun* d'une mauvaise nature, en comparai- son du fils légitime, qu'on regarde comme un *ba- ton* venu en droiture du trône paternel. On dit d'un garçon & d'une fille grande & vigoureux pour leur âge, qu'ils sont de beaux bâtons, de beaux brins. On dit d'un enfant, qu'il sera le bâton de vieillesse de ses parens. Et cela même qu'on ap- pelle *stange* de *balade*, ce qu'on appelle autrement un *bastun* de *balade*, comme le dit M. Ménage au mot *bastun*, montre que *stange* & *baten* est la même chose; car *stange* vient de l'Alleman *stange*, qui si- gnifie une perche. *Le Duchat*.
BASTARDIERE. C'est une pepiniere. Le Dictionnaire François & Anglois de Cl. Hollyband, imprimé in 40. à Londres en 1593. Une *basti- diere* ou *pepiniere*, est *lien* *labouré*, ou *fait* *d'ais* en *quarré* *plein* de terre, où en plante quelque plante ou *semence*, pour *après* les *plantes* en *pleine* *terre*, a *vaste* *garden* ou *nurferie*. Ce lieu n'a été appellé de la sorte qu'à cause de la quantité de petits bâ- tons ou arbitrageux sauvages ou autres dont il est planté. *Le Duchat*.
BASTE. Terme du jeu de l'homme. De *bas- tus*, mot Espagnol. Les Espagnols appellent *basses* l'As de Treffe, parce qu'en Espagne la figure de cette carte est un bâton. C'est le troisième Mata- dor, en telle couleur que l'on joue. Il peut être forcé par l'Espadille & la Manille. *Le Duchat*.
BASTELEUR. Do *Bastalater*. M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 58. expliquant ces mots des Loix des Bavarois, *arma* *batalare*, qui signifient *arma* *trailare*, *arma* *novere* : *Hinc* BASTA- LATORES, dit-il, *vulgo* *vocamus* *Sospeverus*, & *ludiones*, qui in publico *varius* & *mirificos* *armorum* *gostus* *edunt*. *Quod* *verbum* *etiam* *vulgus* *transfulis* *ad* *omne* *genus* *Histrionum*. Voyez *bataille*. M. Guyez le dérive de *basti*, & croit que *basti* a été dit de *bastum* pour un échattaut de bois, & que *basti* *deur* signifie proprement un homme qui monte sur le théâtre. Voyez *bastun*. Miraller le dérive de l'Ebreu *bastelamin*. BATELARIOS *Galli* *vocans* *Ludios*, *His- triones*, & *Sospeverus*, *hec* est miraculos : *quod* *id* *genus* *vita* *maximè* *etiofè* *homines*, & *quibus* *ni- hil* est *aliud* *quod* *agant*, *exercere* *conjuverine* : *quos* *fine* *cura* *homines* *dicimus*. *Hebrai* *varies* *ba- telanim* *appellare*. M.
BASTIDE. De l'Italien *bastita*, qui signifie la même chose, & qui a été fait du Latin *bastita*, fait de *bastia*. M. BASTILLE : citadelle de Paris. De *bastilia*, fait de *bastile*. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange au mot *bastile*, & mes Origines de la Lan- gée Italienne au mot *basti*. Ce mot se prend dans les anciens Auteurs François pour ces tours de bois qu'on faisoit devant les places assiégées. Alain Charlier, dans son Histoire de Charles VII. pag. 67. L'an 1418. fut mis le *siège* à Orléans par le Comte de Salébury, & y mit les *bastiiles* du *côté* de la *Beausé*. M.
BASTINE. Montaigne, livre 1. chapitre 48. *Quelqu'un* de *mestre* *tems* *assure* *avoir* *ven* *aux* *in- des* *des* *pays* *où* *on* *chevanche* *des* *barrés* *avec* *des* *bastines*, *étriers*, & *brides*, & *c'est* *bien* *trouvés* *de* *leur* *partere*. C'est un diminutif de *bast*. Voyez *bast*. M.
BASTION. Voyez *bastun*. M.
BASTIR. De *bastire*, fait de *bastia*. *Bastire*, c'est proprement *bastias*, du *bastias* *crythare*. Voyez ci-dessous *bateau*, & le Glossaire de M. du Cange. De ce mot *basti* les Provençaux ont fait *bastiides*, pour *formes* ou *mérairies*; comme qui diroit *formes* *basties*. M.
BASTON. Barthius, livre 13. chapitre 4. le dérive de l'Alleman *basti*. *Bastum* *Germanica* *Lin- gua* est : *basti* *onim* *fostum* *flexibilium*, *nec* *dum* *faris* *sima* *rellitudine*, *necas*. Il vient de l'Italien *basti- ne*, qui a été fait de *bastum*, dont on a n'est pour un *bastun* avec lequel on porte des fardeaux, com- me nous l'avons fait voir au mot *baſt*. Thomas Reinefus en ſes Diverſes Leçons : BASTON forma- cum à *Cracæ pacæ*, *que perricam*, *ſtipitem*, *ſudem*, de *que quid geſtari*, *vel quâ gradus firmari poteſt*, appellant. Et de-là, *dâſſi, pour *dâſſi*, per- rica, *quâ à bajulis geſtantur outra : àvi vâ pacæ, pacæ*, a ſigniſi enſuite toute ſorte de bâton. De *baſtom*, on a fait BASTON & BAſTILLE. *Baſtom*, BAſT : *baſtone*, BASTON : *baſtium*, *baſtione*, BASTION : *baſtilla*, BAſTILLE. Le mot de BAſTIR en eſt auſſi venu. On dit *baſton de balade*, pour dire une ſtance de *Baltille*. M. Wachter dans ſon *Gloſſar German*, au mot *Batt*. BATT, *ſuſtis baculus*. *Anglo-Saxon*, bat, batte, *Hiborn*, batta, *Angl*, bat, *Gall*, bâton, baſton, *Grac*, *inf*, *pacæ*. *Inde Gallis baſtonade ſuſtigatio*. *Cunſia à batten cedere*.
BASTON, s'eſt dit auſſi d'une arme ſoit of- ſenſive, ſoit défenſive, comme épée, hallebaide, & ſuſſi, & en particulier d'une pièce de groſſe artillerie, ou de batterie, comme on parle. Le Continuateur de Monſtrelet, édition de 1512. vol. 3. fol. 366. b. parlant de la bataille de Fornoue. *Tautes après quelques coups ruez de l'artillerie deſa, ennemys, incontinent que les Cæmoniers du Rey les pensent choiſſe au deſconvert, à leur advantage, ils tirerent un gros cæm chargé d'une boulle de ſon-te, avec autres pièces d'artillerie, en telle manière que les baſtons des ennemis, dont ils rivulent impé- tnenſement, furent fruſſes & mis en pièces*. Le Du- chat. BASTON DE JACOB. Instrument qui ſert à meſurer les angles, & les lignes inacceſſi- bles. M. Mathion, célèbre Mathématicien, croit que ce mot a été dit par alluſion à l'Echelle de Jacob. M.
BASTONNER. De l'Italien *baſtonare*, formé de *baſtone*. Les Auteurs de la Baſſe-Lati- nité ont dit de même *batalare*, pour *bacule percu- tere*. Voyez le Gloſſaire de M. du Cange au mot *batalare*. M. BATAIL de cloche. *Sic diſtum*, *quâ à verberer*, dit M. du Cange. Il vient de *batalare*, *batalare*, *batale*, BATAIL. A Paris, on dit *batant de cloche*. M.
BATAILLE. De *bature*, qui, comme je ſe- rai voir ſur le verbe *battre*, ſigniſie *eſcrimer*, & *l'exercer aux armes*, on fit *batalia*, & *batalia*, qui étoit proprement l'action & l'exercice de ceux qui apprennent à faire des armes, leſquels étoient auſſi appellés *Batuatores*. Caſſiodore dans ſon Or- tographe : Battailia, *que vulgo battalia dicuntur*; *exercitationes autem militum vel gladiatorum ſigni- ficantur*. *Inde etiam Batuatores pacæ, diei pu- te*. De-là ſe forma le verbe *batalare*, qui ſigniſie *manier les armes avec adresse*. La Loi des Balva- riens, titre 2. chapitre 10. § 1. *Equum viriliter aſcendere, arma ſua velociter batalare*. La même Loi, titre 3. chapitre 1. §. 14. *Sed eſt mancus & ſtat reſtus, ut non paſſis plicari : hoc impedimentum eſt ad arma batalare, majorem compositionem, &c.* Les Gloſes : *vâi ſubſſi, bat. batalia*. C'eſt an- ſi qu'il faut lire, au lieu de *virinalia*. Toutefois *ba- talia* ſigniſie quelquefois, non l'exercice de l'eſ- crime, mais bien un combat tumultuaire, & de peu de perſonnes. L'Addition 1. à la Loi des Bour- guignons, titre 5. §. 2. *Si ad batalia mulier feras* *curte ſuâ exierit*, & *aux vulnera acceperit, aut et crinis inciſus fuerit*. Il eſt auſſi pris pour les eſcar- mouches des Enſans-Perdon. Helmoldus, *Chronic. Slavorum*, livre 1. chapitre 91. *Et dixit ad juni- res de exercitu, quos praliandi ſtulta cupido incita- bat, hoſtem provocare*, & *ſuſcitare batalias*. Mais nos anciens François appelloient *bataille*, le com- bat à outrance que la juſtice ordonnolt pour le jugement des affaires où il n'y avoit point de preuve ſuffiante : & cela s'appelloit proprement *Champ de bataille*. Les anciennes Coutumes de Paris, in- titulées *Li Eſtabliſement : Li autres li pourroient changer par un champ de bataille, curs à curs, ou par deux autres champions*. Maintenant *bataille* ſi- gniſie ſeulement les grands combats de guerre, & particulierement ceux qui ſe donnent à jours & lieux affignés. *Caſsineuve*.
BATAILLE. De *batalia*; qui a ſigniſié pre- mièrement le lieu où deux hommes s'exerçulent au combat. Senator, dans ſon livre de l'Ortogra- phe, chapitre 5. BATTUALIA, *que vulgo batalia dicuntur*, &c. *Exercitationes autem militum, vel gladiatorum, ſignificant*. Il a ſigniſié enſuite le combat même. Dans la Loi des Bourguignons, Addition 1. Titre 2. *Si ad batalia mulier fu- ras curte ſuâ exierit*, & *vulnera acceperit*. Helmo- dus, livre 1. de ſa Chronique, chapitre 91. *Ju- nieres de exercitu quos praliandi ſtulta cupido in- citabat, hoſtem provocare*, & *ſuſcitare batalia*. De *batalia*, on a fait *batalare*, qui ſe trouve dans les Loix des Bavarois. Pour le mot de *batalia*, il a été fait de *bature*, qui ſe trouve pour *pugnare* dans Suétoie en la Vie de Caligula, chapitre 32. & 34. Et dans les Gloſes : *Battuit invicent. Bat- tutum vab. Si*. Et dans Plante in Caſona : *Quid, quaſo, petius quam ſculponeas, quibus batuator ti- bi os, ſenex nequiſſime?* Au lieu de *bature*, on a dit enſuite *battere*, qui ſe trouve dans les Con- ſituations de Charlemagne : & c'eſt de ce mot que notre François *battre* a été formé. § Voyez Pe- trus Victor dans ſes Diverſes Leçons, livre XI. chapitre 8. le Préfident Fauchet, lizge 1. de l'O- rigine des Chevaliers, chapitre 1. Scaliger, dans ſes Conjectures ſur le 4. livre de Vatton de Lin- gua-Latina, M. de Saumalſe ſur l'Histoire Au- guſte, page 58. & 59. Voſſius de *Vitiis Sermonis*, livre 4. chapitre 2. & M. du Cange dans ſon Gloſſaire, au mot *batalare*, & au mot *bature*. M.
BATEAU. C'eſt le nom des petites barques & particulierement des eſquifs de navires. Gode- ſroy, Moine, dans ſes Annales, ſur l'année 1218. *Orta eſt maxima tempeſtas*, & *naves ſeparata ſunt ab invicens* ; & *quadam ex eis batelles ſues vi tempeſ- tatis amiferunt*. Nous appellons *bateaux*, les bar- ques des rivieres ; & ſur-tout celles qui ſervent au paſſage & aux trajets. Ce mot, à mon avis, eſt formé de *bar, qui ſigniſie aller*: lequel pour- tant n'eſt en uſage que dans la composition, par- ce que les bateaux ne ſervent que pour aller ſur l'eau. Ainiſi *pacatus*, eſt celui qui s'embarque, ou qui eſt porté ſur le bateau : Et dans la Loi 1. Di- geſt. *De Exercitaria Atticio, inſcarne*, ſelon les Pandectes Florentines, ſont des bateaux, ainiſi ap- pellés, comme dit Antonius Augustinus, lib. 4. *Emendationum, cap. 16. acri vâ dver vois inſcarne*, parce qu'ils conduiſent les paſſans. Or toutefois BaſT, dans ſon livre *De Re Navali*, croit qu'il faut lire *inſcarne*, qu'il dit être des bateaux qui ſervent ſeulement ſur les rivieres, ad inſcarne ſes lum, id est vectores trajsiciendas. Henri Spelman, dans son Glossaire, semble vouloir dire que batellus est un diminutif de barus, qui, en Ebreu, est un vaisseau de mesure liquide, dont il est fait mention dans S. Luc, chapitre 16. d'où vient batella, qui se trouve dans l'épître 47. du liv. 1. de Saint Grégoire, & que les Glosses expliquent par serviteur, qui est une coupe. Caseneuve.
BATEAU. Jacques Sylvius (en François Jacques du Bois) page 39. Bafel Picardi, bafel Gallil vocant, a puqāqā, porto unde & baf, id est, citella, & forte bātir, id est, edificare. Non defunt tamen qui bateau, quasi ba-l'eau dictum jocose velint, aut a Graco patric, a padiqā, derivant. Nicot est un de ceux qui le dérivent a battenda aqua; qui est une étymologie ridicule. Il vient de batellus, diminutif de barus, qui se trouve en cette signification dans les Auteurs de la Bafle-Latinité. Voyez M. du Cange. Spelman dérive barus du Saxon bar; & Cambien, du Breton bad. Batalaria navis se trouve dans l'ancien Schollafte de Juvénial, sur la Satyre VII. Sclataria purpura; illecebrofa. Ennius : Et melior navis quam que sllataria portat Id est, multisonalis, qua vulgo dicitur batalaria. M. L'Anglo - Saxon bar, signifie linter, qui est un petit bateau fait d'un tronc d'arbre qu'on a creusé. Le Duchat. Je croirai bien, si l'on veut, avec M. Ménage, que bateau vient de batellus, diminutif du Latinbarbare barus; mais pour ce dernier mot, on ne sçauroit guèras douter qu'il ne vienne du Saxon bar; & qu'il aussi le sentiment de Wachter dans son Glossar. German. au mot Bar. Voici ce qu'on y lit : Bort cymba. Boebern, in Lex. Ant. Britan. bad linter, scapha, cymba. Semner. in Diff. A 2. bort linter, navicula, bat-swan remex, ille scilicet qui in navi remis propellendo laborat. Verel. in ind. bat. cymba, scapha, batswein remex, a bat cymba, & swin servus. Belga dicunt boot, Snecbrætt, Angli boat. An quia cymba est arca, qua Hebrais dicitur chebah, Gracis uscrii! An quia est intermincia classis, a bote nuncius! Ita nonnulii serio nugantur. Sed observandum est, quod cymba ante fueris quam classis, & quod in re nantica non opus habemus Hebraorum vocabulis. Nam bat est verbale a batten trudere, impellere, de quo paulo ante; & dicitur de cymba, quia cymba est alvans trufacilis, qui remis impellitur. Confer dicta in schiff navis. Latino-barbari inde habent barus, Galli bateau, Itali batello.
BATELEE. BATELEURE. Charles Fontaine, dans son Art Poétique, liv. 1. chapitre dernier : BATELEE l'appelle la rime laquelle aux vers de dis sylabes réclament en la coupe, ou semistiche, est rimée la même rime du vers précédent. De cette Marot ha usé en une Balade que je t'ay donnée pour exemple, & esconte tout au long au chap. de la Balade commençant : Quand Neptunus, puissant Dieu de la mer, Cessa d'armer carraques & galées, &c. On tu ne trouveras batelure qu'au ségand & quatrième vers de chaque complet. Aussi n'est-elle aujourd'hui guères usisée hors les Balades & chams Reyaux : Et ne rencontreras batelure en tous les vers, fors chez les vieux Poètes qui ont esté aucteurs de la batelure; laquelle je crois que depuis usurpé des Batelure en ayz retenu le nom. J'apprens de Pierre l'abri, Curé de Meray, natif de Rouen, dans son Grand & vrai Art de pleine Rhétorique; liv. 2. feuillet 8. que cette rime batelée a été ainsi appelée par les Picards. M. Jean le Maire de Belges, dans sa plainte sur la trépas du Vicomte de Falaise : En chant royal l'acquiert gloire immortelle. Auteurs gemils, ne doubrez la mort : elle N'a plus sur vous vitre d'exaction. Douce armonie a fait transaction, Pour vous tenir en sa franche tutelle. Quique le mal d'Acrops vous martelle, Il forge en vain & ne sçait qu'il bafelle : Car Rethorique y querelle action En chant royal. Les chansons qu'on lit dans le Poème de Jean le Maire de Belges, intitulé le Temple d'Honneur & de Vertus, sont aussi en rime batelée. Le Duchat.
BATELEUR. C'est celui qui fait de petits fautes de souplesse. Il y en a qui tiennent qu'il vient de batelure, qui signifie un grand parleur : parce que ces gens préparent d'ordinaire par de longs discours leurs spectateurs à l'admiration de ce qu'ils veulent faire. Mais je me tiendrois plus volontiers à l'opinion de Saumalfe, qui croit que ce mot tire son origine de batalare, qui signifie manier les armes avec adresse & souplesse de corps. La Loy des Balvarlens, tit. 2. chap. 10. Equum viriliter ascendere, arma sua velociter batalare. Et tit. 30. chap. 10. §. 14. Et star rectus, ut non possit plecari : hoc impedimentum est ad arma batalare. Et de fait, la plupart des Batelures font leurs fautes, & tours de souplesse, avec des épées & des poignards. Caseneuve. Voyez BASTELEUR. Le mot Batelure vient de de bafellator, fait de bafellare, formé de bafellum, diminutif de bafum, d'où l'augmentatif bafle, bafonis, dont nous avons fait baton. Ceux qui font des tours de souplesse, ou de paise-paise, se servent pour cet effet d'un petit baton : D'où notre expression proverbiale, tour du baton, pour un profit, ou un sçavoir faire où l'on ne voit goutte. Le Duchat.
BATTOLOGIE. Multiplicité de paroles, affluences d'expressions superflues; vice du discours, qui arrive lorsqu'on répète plusieurs fois la même chose, ou qu'on dit plusieurs choses vaines, frivoles & inutiles au sujet. Ce mot vient, suivant quelques-uns, de Battus, Poète ennuyeux, lequel par ses longueurs & ses répétitions, donna lieu de l'inventer. D'autres le font venir de Battus, Prince de Cyrene en Lybie, lequel avoit une voix foible & prononçoit en bégayant, de sorte qu'il étoit obligé, comme font les bégues, de répéter plusieurs fois le même mot, ou la même sylabe. Ainsi battologie, c'est proprement parler comme Battus, c'est-à-dire, bégayer, balbutier, parler avec peine, hésiter en parlant : ensuite ce terme a été employé dans le sens de Materare, garrier, nugas effusire. Hefychius prétend que ce n'est qu'une onomatopée. On le lit dans le Texte Grec de l'Évangile de Saint Mathieu vi. 7. Batteau, le 1er. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. par orantes multum loqui. Meffieurs de Port Royal ont traduit : Ne soyez pas grands parleurs dans vos prières. Les Jefuites de Paris : En priam ne faites pas de longs discours. Le P. Amelote : N'usez pas dans vos prières de grandes répétitions de paroles. La version Syriaque se sert du mot *mefakekin*, participe du verbe *fakek*, qui signifie habiller, parler beaucoup, bredouiller, dire des abfurdités. La *Bamologie* & la pofologie que J. C. défend dans les prières, confite, non à répéter précisément les mêmes prières, ou à en dire beaucoup, mais à bredouiller sans sçavoir ce qu'on dit, à voltiger de mots en mots, sans sçavoir à quoi s'en tenir, à hésiter, à se défier de ce qu'on dit, & craindre de n'avoir pas bien dit, ou de n'avoir pas assez dit, comme les payens qui hésitont sur la formule & les termes de leurs invocations, qui étoient incertains, si ce qu'ils demandoient à leurs Dieux étoit de leur ressort, ou si ceux-ci étoient dispoés à les entendre ; de sorte que leurs prières n'étoient qu'un bégayement & une hésitation continuelle. *
BATTRE. Nous l'avons formé de *battuere*, ou *battuere*. *Battuere*, en sa naturelle signification, étoit ce que nous disons *sferimer*, & *s'exercer aux armes*. Suétone, dans la Vie de Caligula, chap. 12. *Battuebat pugnatoriis armis*. Il est vrai que longtemps auparavant il signifioit quelquefois *battre* & *frapper*. Plaute dans son *Cafina* : — Qui, qu'so, posius quam Sculponeas. Quibus battuar tibi os, senex nequifime. En laquelle signification il a été pris dans la dernière Latinité. Papias : *Battuit, concidit, percussit*. Les Glofes : *Battutum, uofidit*. Les Loix Alémaniques, tit. 98. paragraphe 2. Si *porcarius ligatus*, de *via ofatus vel battutus fuerit ; sic ut duo teneant & tertius percussit*. Ainsi *forbatudus* est celui qui a été tué avec juste cause, comme il se voit clairement dans le titre 79. de la Loi des Baivariens, qui est *De Homine Forbatudo* : & dans les Formules *secundum Legem Romanam*. Form. 119. *Abfqueu la fraude, vel concludio, & in sua culpa secundum Legem ipsum ferro battudo fecit*, où M. Bignon allègue ce livre d'un Decret du Roi Childébert : *Judex loci illius solatio cullelo ipsum raptorem occidat, & jaceat forbatudus*. Autrefois il a signifié *battre la monnoye*. Les Glofes : *Battuit, uofidit*. Car, encore que l'ordinaire signification de *uofidit* soit *couper* & *trancher*. Xenophon le prend pourtant pour *battre monnoye*. *Battuere* signifioit aussi *piler*, ou *battre* dans un *pilon*, dans un *mortier*. Marcellus Empiricus, chap. 36. *Tandin battues, donec sic subalissimum*. C'est pourquoi dans les Glofes *uofidit*, qui est un *pilon*, est expliqué par *battuarium*. Il étoit aussi pris pour *battre le blé*, ou autres grains, dans un *aire*. Les Glofes : *Battue, uofidit* : car c'est ce que signifie ce verbe Grec. De *battuere* on fit *battidere*. Les Loix des Lombards, liv. 1. tit. 6. Loi 1. Si *turpiter eum tennurit aut battiderit*. Et tit. 8. Loi 22. Si *battiderit aut percusserit*. Loi 31. Si *quis alienum ferum, aut ancillam battiderit, & per ipsum battiduram ponderosi salli sint*. Et au tit. 2. Loi 47. Il est pris pour *vaincre* ; en la même façon que nous disons *battre les ennemis* : *Qui omnes alios viros in grege battit & vincit*. Et dans les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 3. chap. 29. Il signifie *battre le blé*. De *manopera in scuria battere*. Où *scuria* est pris pour *une grange*. Caïence. B A V.[{"box_2d": [510, 59, 872, 201], "label": "text", "caption": "L'origine du mot *battre* est fort ancienne, & paroît être Celtique ; en sorte que non-seulement le Latin-barbare *battere*, mais encore *battuere* semblent avoir été pris des Celtes. Aussi reconnoit-on ce mot en divers Dialectes. Les habitans du pays de Galle en Angleterre, qui, de même que les Bas-Bretons, ont conservé une partie de la Langue Celtique, disent *baridam*, pour *battre* ; les Allemans *batten*. En Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, en Anglo-Saxon c'est *batan* & *batan*, 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M.
BAUCAL. Voyez local. M.
BAUDAIS. Nom d'une ancienne porte de la Ville de Paris. Coquillart, dans ses Droits nouveaux : Ce ne sont pas droits tertiaux, les droits de la porte Baudais, muny non. Elle étoit tout proche de S. Gervais. Hifi. de France du P. Daniel, Amfi. 1710. tom. 4. pag. 110. sous l'année 1416. Peut-être y avoit-il dans le voisinage un Couvent de ces Réligieux qu'on nommoit Freres Bandes. Le P. Daniel a écrit Baudis le nom de cette porte. Poisson, dans sa Comédie des Faux Moscovites, parle de la porte Baudais comme subissant encore de son tems. On a dit par corruption la porte Baudais, la porte de Paris, pour l'Apport Bandeyer, l'Apport de Paris, qui sont deux lieux publics, l'un vers S. Gervais, l'autre au grand Châtelet, originairement ainsi nommés parce qu'on y apportoit les marchandises pour vendre. Voyez le Trevoux de 1711. au mot Apport. Le Duchat.
BAUDE. Nicot : Bande gandens. Et de-là Freres Bandes, comme on a appelé ces Cordeliers du Tiers-Ordre, que le Latin appelle Freres Gaudentes, parce qu'ils possèdent des biens en propre, & s'en réjouissent. Voyez du Cange, au mot Freres Gaudentes de son Glos. Le Duchat.
BAUDET. Afiné. M. Morin, ci-devant Ministre de Caen, pag. 168. de ses Dissertations, le dérive de l'Ebreu boded. BODED solus est : & magro tribuitur, quia solus face invenitur, & domesticis ejus : unde & vernacule bandata etiam dicimus. Bourdeloit avoit fait la même remarque. Il vient de baldeus, diminutif de Baldus, nom propre. On a souvent donné à des animaux des noms propres d'hommes. Voyez perroques, renard, sansonnes, jaques. M.
BAUDILLE. Nom propre d'homme. En Latin Bandelius. Saint Bandille souffrit le Martyre à Nîmes au 111. siècle, sous Maximien, ou au IV. sous Julien l'Apostat. Son nom est encore fort célèbre dans plusieurs Eglises de France, & dans quelques unes d'Espagne. Mais il y est défiguré en bien des manières, selon les différentes inflexions du langage vulgaire des peuples qui ont élevé des temples à Dieu en son honneur. C'est le même que l'on appelle Saint Bauzille en Languedoc, Saint Boile ou Saint Boi en Catalogne, Saint Bandille en Lyonnois, Saint Bauzire en Auvergne, Saint Bauzely en Rouergue, Saint Bands en Flandre. On dit aussi Saint Bands dans quelques Paroisses du Diocese de Paris, quelque dans les autres l'on dise Saint Bandille, comme dans presque tout le reste du Royaume. Je rapporte ceci comme un exemple des altérations qu'ont souffert les noms propres. *
BAUDOUIN. Nom propre, formé du Latin Balduinus. M. Menage dit à l'article suivant, que Balduinus est un diminutif de Baldus. Or Baldus est fait de l'Alleman ou Anglo-Saxon bald, ou du vieux Franc balde, qui signifie audax, fortis, viribus fratus. De-là aussi l'Italien balde. Les Anglois disent bald. Ce mot entre dans la composition d'un grand nombre de noms Teutoniques. Par exemple, dans Heri bandes, nom d'un Roi des Allemans, qui signifie bello intrepidu, de mer, guerre. Dans Genobald, qui signifie vir audax, de gun vir. C'est le nom d'un Capitaine des Francs, du tems de Valentinien, dans Grégoire de Tours, liv. 1. ch. 9. Genobandes signifié la même chose, & quelques-uns lisens ainsi dans Grégoire de Tours au lieu de Genobald. Gundeband, en Latin Gundi-baldus signifie bello audax, de gund bellum. C'est le nom d'un Roi de Bourgogne. Banton, nom d'un Capitaine Franc, dans l'armée de Gratien, est la même chose que Baldon, par le changement de l'I en n, & du t en d, comme il est ordinaire. Wachter, Gloffar. German. au mot bald : Deleclantur hoc Senfu Majores nostri, audax lapeti genus, in nominibus propriis, qua miram inde lucem & ornamentum accipiunt. Quant à Balduinus, le même Wachter l'interprète certator audax, le composant de bald, qui signifie audax, & de win, qui veut dire entre autres choses certator. Voyez cet Auteur, au mot Winn. *
BAUDOUINER. De baldeus, diminutif de Baldus, on a fait bander, pour dire un afoe : Voyez ci-dessus bander. Et de Balduinus, autre diminutif de Baldus, on a fait banderum en la même signification : ce mot n'est plus en usage : Et de banderum, on a fait ensuite banderum. Voyez dans Rabelais, liv. v. chap. 7. l'Apologne de l'Afoe & du Rousin. M.
BAUDRIER. Fauchet, liv. 1. de ses Origines, dit que le baudrier étoit ainsi appelé, parce qu'il étoit fait de cuir sec & manié par un Baudroyeur, qui est un ouvrier qui baudroye & endurcit les peaux en les maniant. Caesneuve.
BAUDRIER. De baldringarium, formé de baldringum, qui se trouve en cette signification, dans Adalberon : Illia baldringo ftringis ftribillium pilla. M. de Valois fut ce vers : Baldringum appellat Adalbero balteum ; nomine mihi alibi non lecto ; quem nos vulga baudrier à baldringo dicimus. Baldringus a été fait de balteus. Balteus, balteus, balteri, baltericus, balterigus, balderigus, balderingus, BALDRINGUS. Je remarquerai ici par occasion, que ce mot de baudrier a signifié aussi autrefois parmi nous une ceinture dans laquelle on mettoit son argent. Rabelais III. 16. Adonques Seigny Jean avoit leur discord entendu, commanda au faquin qu'il lui tirait de son baudrier qu'une pièce d'argent. Et balteus parmi les Romains signifiou la même chose. Et ce mot a été fait de Calabriot, qui signifie marsupium. M.
BAUDRIER. De baltearius. Huet.
BAUDRILLE. Vieux mot François, qui se dit encore à Metz pour exprimer une assez grande quantité discontinue de choses qui s'offrent à la vue successivement, mais coup sur coup, comme beaucoup de noix, de poires ou de pommes qui sortent en foule d'un sac percé; beaucoup d'argent qui s'écoule d'une bourse percée. De baldericulus, diminutif de baldericus, fait de balteus, en la signification de ceinture à mettre son argent. Baldericus, baldericulus, baldericulatus, baldericulatus, baldericulatus, banderille : lequel mot se trouve dans le Diction. Fr. Ital. d'Ant. Oudin, où il s'explique par l'Italien quarria. C'est proprement une quantité d'argent écoulée de cette sorte de ceinture qui servoit de bourse, & qu'on appelloit baudrier. Le Duchat.
BAUDS. Sorte de chiens. Nicot : C'est une espèce de chiens courans, blancs la plus part, & les meilleurs ; tous d'une pièce, que le Fouilloux sur nomme greffiers, lesquels ne sont pas communs à courir toutes belles, ainsi seulement le cerf : pour laquelle cause aucuns les appellent chiens cerfs ; la race desquels, selon l'opinion dudit Fouilloux, est venue de Barbarie, ou ces chiens, & même la men- Du // te du Chérif, l'un des Roys de Mauritanie, sont tous blancs; avec lesquels on y prend le Ranger à force: s'accordant Phèbus à cet opinion; disant, qu'il a esté andis pays, où il a ven prendre le Ranger à force à des chiens qu'il nomme bauds. Ils sont beaux chafleurs, roquerans, forcenans, & de haut nez; qui ne laissent, pour chaleurs qui puissent être, à chasser, sans se rompre à la foule des picqueurs, ne au bruit & cry des hommes, & gardent mieux le change que nuls autres chiens, & sont de meilleure créance, mais veulent être accompagnés de piqueurs, craignent l'eau en temps d'hiver, & sont subjettis à courir au bestial privé. Aucun les appellent chiens muets, d'autant que venant le cerf au change, ne dient mot jusqu'à ce qu'il en soit hors: cane echemythi, pythagorei, harpocratici. B. Il y en a qui disent, qu'ils sont appellez bauds, parce qu'ils sont hardis & délibérez. ¶ Ce B. veut dire Budé. Au sujet de ce que dit Nicot, que selon l'opinion de quelques-uns, ils sont appelés bauds parce qu'ils sont hardis, il est à remarquer que balde, parmi les Italiens, signifie hardi: voyez mes Origines Italiennes: & que baltha en langue Gothique, signifioit la même chose. Jordanes dans son Histoire: Ordinaient super se Regem Alaricum, cui erat Balzburum ex genere origo mirifica; qui dudum, ob audaciam virtutis, BALTHA, id est, audax, nomen inter sus acceptat. M.
BAUDUFFE. Dans le bas-Languedoc & dans la Provence, bauduffe qui signifie une toupie; comme il paroît par ce proverbe: Qui se truffe, Dion lou buffe, Et lou fai vira comme une bauduffe.
BAUDUFFLE. Rabelais I. 13. Je me torchay de paille, de bauduffe, de bourre, &c. M. C'est une espèce d'étoupes grossieres, battues pour en faire des mèches. De l'Italien batuffolo, torchon, lavette. Le Duchat.
BAU. Ecume de la bouche, coulant le long du menton. Les Italiens & les Espagnols disent de même bava. Peut-être, du Latin-barbare inufité babus, c'est-à-dire, un enfant: d'où le diminutif Italien bambino. Babus, baba, bava. M.
BAVETTE. Linge qu'on donne aux enfans pour empêcher que leur habit ne soit fali par leur bave. Les Italiens disent de même babaiola, bavarolo, & bavaglio; & les Espagnols babera. Le François, l'Italien, & l'Espagnol, ont été faits de bava. Les Italiens ont dit aussi bavole, d'où nous avons fait bavole. Ce mot a sans doute signifié originalement une bavette. Il signifie aujourd'hui une coiffure de villageoise. Et depuis quelques années, on appelle aussi bavole une gaze volante que les Dames portent derrière leurs têtes. Messieurs de l'Académie dans leur Dictionnaire ont dit Bavolette, au féminin, pour celle qui porte un bavole. Mais on dit aussi Bavole pour la personne qui porte un bavole: Et il se dit même plus souvent que Bavolette. M.
BAUFFRER. C'est quelquefois brouter. Rabelais, liv. 1. ch. 39. Quand Gargantua fut à table, & la premiere pointe des morceaux fut bauffrée. Et liv. 5. ch. 6. après les premieres bauffrices. Peut-être de validé varare, ou de belle varare, ou de bis labrare. Le Duchat. BAUGE de fanglier. C'est le lit, ou la repose du fanglier. De volumica. Volutrum, volutra- re, VEAUTRER. Volutrica, voca, boca, banca, BAUGE. M.
BAUGEARD. Terme d'injure & de mépris, duquel Rabelais s'est servi, liv. 1. ch. 25. en ces termes: Dandins buigeards, rezez, gaubregoux, &c. Il désigne de misérables payans dont les cabanes n'ont que des murs de bange, qui est un mortier de terre farci de paille. Sur ce mot voyez Furetierre. Le Duchat.
BAVIERE. Phil. de Commines: Le Comte de Charolois eut un coup en la gorge, d'une épée, dont l'enseigne lui est demeurée toute sa vie, par défaut de sa baviere qui lui étoit cheute. Je crois que c'étoit un baume-col. M.
BAUME. De balsamum. On prononçoit il n'y a pas long-tems bame. Et il me souvient d'avoir lu ce mot dans des vers de Malleville. M. BAUME: Comme quand on dit la Sainte Baume. Du Latin-barbare balma, qui se trouve en cette signification dans les Capitulaires de Charles le Chauve, page 381. Dans le Vocabulaire Provençal M. de la Bibliothèque de S. Laurens de Florence, baulma est interprété cripta montis. Ce qui me fait souvenir qu'en Provence on appelle baume, une caverne en un lieu éminent, telle qu'est la Sainte Baume: & qu'à un demi-quart de lieue de la Ville d'Angers, dans le creux d'une montagne, il y a un Couvent de Récollets, que René, Roi de Sicile, Duc d'Anjou & Comte de Provence, fit bâtir à l'imitation de la Sainte Baume, & qu'il nomma, pour cette raison, Baumette; comme qui diroit petite Baume. On l'appelle présentement Bûmette: Et il y a déjà long-tems qu'on l'appelle de la sorte. Rabelais, I. 12. Je sçay des lieux a Lyon, à la Bûmette, Chaison & ailleurs, où les estables sont au plus haut du logis. En langage Auvergnac, baume signifie tombe. On lit dans le livre intitulé Le Droit & les Coutumes de Champagne que le Roy Thiebaut estably: Aussi n'y a-il ouverture de Fief: & posé ores qu'il y ait somme d'argent desbourse par forme de baulme, en faisant le bail. Voyez les Commentaires de Pierre & de François Pithou, fur l'article 34. de la Courume de Champagne. La signification de ce mot ne m'est pas connue. M.
BAVOLET. Sorte de coiffure. De Bas-volet. Volet se disoit autrefois pour volet. Et volet est un diminutif de voile. De là on a appellé Bavolettes les jeunes Païsannes qui portolent de ces sortes de coiffures. Huet.
BAUT. Mot Messin, qui se dit par ironie pour pensez qu'any, bon. De bellatè, qu'on aura dit pour bellè, comme bellatulus pour bellatus. On plutôt de bon, mot de même signification que haut, & qui se trouve dans Plaute in Poen. Le Duchat.
BAUWATE. C'est ainsi, qu'on appelle à Metz la calendre qui ronge le blé dans les greniers. Je crois que c'est une corruption de blatta. Le Duchat. BAY: comme quand on dit, un cheval bay. De batus, dont les Italiens ont aussi fait bais, & les Espagnols vays. Les Latins ont fait batus du Grec bay, qui signifie, un rameau de palme. La palme est de couleur baye: d'où vient qu'on dit colorpharmicous, de poin, c'est-à-dire, palme. De bay, on a fait bayard; comme quand on dit cheval bayard. Pour batus, on a aussi dit badius. Les Glofes Anciennes: Badius, poin, badius; c'est-à-dire, de couleur d'hirondelle. Varron, dans Nonius Marcellus : *Equi colore dispares ; hic badius ; iste gilvus*. De *badius*, on a fait les diminutifs *badiolus* & *badiolatus*. De *badiolatus*, nous avons fait BAILET. Voyez mon Antibaillet. *baïe*, est un mot Egyptien. M. de Saumaisé sur cet endroit d'Achilles Tatius, *jachus quimicae* : *Hac funt*, *va baïa*, *Lingua Ægyptiaca*. In *Evangelio* : *va baïa* & *quimicae*. *Atqui satis eras dixisse* *va baïa*. Nam *baï Ægyptis*, *ramus palmae* : *unde Gracis palæ*, & *baïa*, *aj jachus quimicae*. *Hesychius* : *baïe*, *jachus quimicae*, *qui baïes*. *Sic legendum. Evangelium Ægyptiacum eo loco Johannis*, *va baïa* & *quimicae*, *vertis simpliciter* *fœca*, *quod est* *va baïa* : *nam illud fœt, mea est pluralis numeri* : *baï*, *est* *va baïes*, *vel* *va baïes*, *us Gracis uofinum deflexerunt illud Ægyptiacum. Certè & *baïa* simpliciter in *Machabæis*, *rami palmaes*. M. Bochart, dans son Histoire des Animaux de la Bible, page 175. de la 1. partie, à l'endroit où il parle des diverses sortes de poils de chevaux : Badius, *pro baïdius*. Nam *baï Ægyptis bodieque est palmae ramus* : *unde baïe*, & *baïes*, *Gracè*. *Prins est in Hesychio* : *pofterius*, *Johannis* XII. 13. & L. *Machabæorum* XIII. 51. BAYE : comme quand on dit, *donner une baye*. Pasquier, liv. 8. chap. 59. dit que ce mot François ne vient pas de l'Italien *baïa*, mais de la Farce de Patelin ; où Patelin ayant conseillé au Berger de répondre toujours *baye* quand son Maître lui demanderoit de l'argent, non-feulement le Berger répondit toujours de même à son Maître, mais à Patelin : & ainsi il les paya tous deux de bayes. Pasquier se trompe. Il est indubitable que le François *baye* vient de l'Italien *baïa*, qui signifie la même chose. L'origine de l'Italien *baïa* est inconnue. Voyez mes Origines de la Langue Italienne. ¶ On appelle aussi *bayes* le fruit de certaines plantes ; comme celui du laurier. De *bacca*. M. L'Italien *baïa* vient d'*abbaiare*, *abbayer*, ou *abbayer*, & on appelle repaître de *bayes* quelqu'un, ou s'en repaître soi-même, lorsqu'on se promet ou à lui ce qui ne dépend pas du prometteur. Et cette expression figurée est prise du chien, qui proprement se repaît de *bayes*, en abboyant vainement après la lune. On a dit aussi *bayer*, d'*abbayer*, dans la signification de se repaître de *bayes*, & cela long-tems avant la farce de Patelin ; d'où Pasquier prétend que vienne le mot de *baye*. Le Roman de la Rose, fol. 18. v. — *Ab frere vous bayes* à ce qui ne peut advenir. Item fol. 36. v. *La folle amour à quay tu bayes* *Ne commande-je que tu bayes.* *Baye*, dans cette signification de *donner une baye*, peut aussi venir de *bacca*, pris pour le fruit du laurier, qui n'est proprement rien, quoiqu'il ait l'apparence d'un fruit. On sçait qu'en 1648. M. Talon voulant dans sa belle harangue, prouver combien la paix étoit préférable à la guerre, dit que le laurier, symbole de la guerre, ne produisoit que des feuilles ; mais que l'olivier, symbole de la paix, produisoit d'excellens fruits. *Le Duchat*.
BAYE. Les Maçons appellent *baye* l'ouverture qu'ils font dans un mur pour y faire une porte ou une fenêtre. M. De *badiare*, diminutif de *badare*, qui veut dire *baailier*. A l'endroit de la *baye*, il semble que
BAY. BAZ. BEA. 163 le mur *baaille*. En Languedoc, pour dire qu'un mur s'ouvre, on dit qu'il *baaille*. Le Duchat. BAYE : plage, rade ; espèce de golfe, où les vaisseaux sont à l'abri des vents. De l'Espagnol *baya*, dérivée du Latin *baia*. Isidore, au chap. 8. du liv 14. de ses Origines : *Portus autem locus est ab accessu ventorum remotus ; ubi hiberna opponere folent*. Et *Portus diffus à deperandis commercitis*. *Hunc Veteres à bajnandis commercitis* baías *vocabant : illa declinatione à baia*, baías, *us à familia familias*. M. Bochart défrofit *baia* de l'Espagnol *baxa* ; c'est-à-dire, *baise*. *Baxo*, *baxa*, *baia*, *baia* ; comme qui droit le lieu où l'eau de la mer est plus baise approchant de terre. Ces étymologies ne me plaisent pas. M.
BAYER. Voyez *bier*. M.
BAYONNETTE. Voyez *baionnette*. M.
BAZANE. C'est un cuir de vil prix. Marhieu Paris, dans les Vies des Abbés de Saint Auban : *Calceamenta de vili corio*, *quod vulgo bazan vocant*. La couleur de ce cuir est d'ordinaire un blanc sale, c'est-à-dire, mêlé de quelque noirceur : d'où vient que nous appellons *bazane* le teint enfumé & noirci. Scaliger, dans ses Exercitations contre Cardan, 32. 16. parlant de la couleur appelée en Latin *luridus color* : *Est autem pallidus ingrato nigrone missus ; qui color coriis quinu/dam*, *bafanum Gallis*. *Ea coria Veteres lora* & *lura*. Où l'on voit qu'il tient, que comme les Latins ont fait *luridus*, d'un noir appellé *lora*, ou *lura*, de même nous avons fait *bazane*, de *bazane*. *Caseneuve*.
BAZANE. Voyez *bafane*. M.
BAZAR. C'est une espèce de rue longue, large & voutée, destinée au commerce. Ce terme est usité parmi les Orientaux, sur-tout dans la Perfe. Il est purement Turc, & point Arabe, & signifie achat & échange de marchandises, & se dit par extension des lieux où l'on fait le trafic. ¶
BAZOCHE. Joannes Lucius, *lib. 1. Placiritis*. 3. tient que ce mot vient de *bazoche*, qui, dans l'Interprète d'Artitophane, signifie *dire des mots de raillerie*. Mais Mornac, sur la Loi 15. au Code *De Judiciis*, n'en peut pas demeurer d'accord avec lui, & soutient, que comme les François ont fait *bazoge* de *bafrica*, ils en ont aussi fait *bazoche*. Et il assure ensuite, que son opinion a été approuvée par des hommes de grand favoir, tels que Pierre Pithou, Nicolas le Fèvre, Fauchet, & Antoine Loisel ; & par-là il veut dire que *bafrica* signifie quelquefois la *Maïson*, le *Palais*, & la *Cour d'un Prince*. Nous en avons formé *bazoche*, qui est proprement la Cour du Roi des jeunes Praticieux, *Caseneuve*.
BAZOCHE. Voyez *baïoche*. M.
BAZOIRE. Monnoye d'argent de la valeur de trois livres quinze fois Tournois, fabriquée en Flandres, & appelée de la sorte, parce que les premières qu'on y s'rappa, représentaient d'un côté l'Archiduc Albert, & l'Archiducneffe Isabelle, unis en la forme des personnes dont les joues étoient comme colées ensemble, ainsi que de personnes qui se baïoient. A mes ou dit *bajoire*, & je crois que c'est ainsi qu'il faut parler : de *bis* & de *jotaria*, fait de l'Italien *gota*, d'où nous avons fait *joue*. Le Duchat.
BÉATILLES. Menues choses délicates X ij qu'on met dans les pâtés, dans les rourtes & dans les potages; comme, ris de veau, crêtes de coq, foies gras, &c. De beatus. Beatus, beati, beaticulus, beatillus, beatilla, BEATILLES: comme qui diroit, mets d'heureux. Les Grecs ont appellé de même les repas superbes paenique iunzius. Voyez ci-dessous macaron. † Trippault dit qu'en quelques endroits de France les petites femmes sont appelées beatilles: ce que je n'ai point là ailleurs. M.
BEAU-BEAU. Faire beau-beau, far bellin belli-a, comme dit l'Italien, c'est-à-dire à quelqu'un par flatterie qu'il est beau, plus que beau. Avoir beau-beau, qu'on écrit bobo, se dit des enfans, à qui, pour leur faire oublier un petit mal, on dit par carrelée en soufflant sur la partie, qu'ils sont beaux beaux, c'est-à-dire, vrai-beaux. Ainsi un enfant qui dit beau-beau, demande que pour l'appaiser on lui dise qu'il est beau. Le Duchat.
BEAU-COUP. Je ne sais d'où vient ce mot. Le Bon le dérive de bella copia. Nicot en a donné la même origine. BEAU-COUP, dit-il, a bella, id est, bona & magna, copia. Ce qu'il a pris de Sylvius. Voici les termes de Sylvius, qui sont de la Grammaire, à la pag. 147. BEAU-COUP, divisum beau-coup, significat bellum ietum: à xénus, id est, scindo. Inde vers, consuetudine, transiti in adverbium quantitatis. Vel potius, à bella, id est bona & magna, copia. Mais coup, en beaucoup, ne peut avoir été fait de copia. Il pourroit l'avoir été de copium, dit, par métaplaïsme, au lieu de copia. Anciennement nous disions beauxcoups. Le Roman de Lancelot du Lac: Sire, dites-nous-en, s'il vous plait, aucune aventure. Beauxcoups, dit le Seigneur, vous en puis dire: car je en vis plus de mille. M.
BEAU-COUP, ne vient pas de bella-copia, qui n'est qu'une allusion, mais simplement de beau & de coup, en prenant coup pour fois, parce que ramasser en un seul coup une grande quantité de quelque chose qu'on souhaite, c'est un beau coup. Ainsi le l'écheur, qui du coup qu'il jette son filet, prend quantité de poiffons, fait, dit-on, un beau coup de filet; ce qui a même passé en proverbe pour la capture qu'un Prevôt fait d'une compagnie de voleurs. À Dijon, en voici une belle fois, est la même chose qu'en voici beaucoup; ce qui ne sert pas peu à confirmer l'étymologie que j'ai donnée. M. Ménage, qui l'avoit d'abord proposée dans la première édition de ses Origines Francoises, s'en est assez mal-à-propos retraité dans la seconde; où il a mieux aimé dire qu'il ne s'avoit d'où venoit ce mot. Glossaire Bourguignon.
BEAU-HARNOIS. Famille ancienne & célèbre de la ville d'Orleans. Ce que l'on dit du changement de nom de ceux de cette Famille, est une Fable: ce nom de Beauharnois se trouvant dans de très-vieux Titres. Dans le Procès qui fut fait pour la justification de la Pucelle d'Orleans, il est parlé du témoignage d'un Jean Beauharnois, & d'une Pétronille Beauharnois. Et j'apprens de M. de Gyvès, Avocat du Roi au Préfédial d'Orleans, que ce Jean Beauharnois étoit fils de Guillaume Beauharnois, dont le contrat de mariage est du 10. Janvier 1390. & que sous Louis Duc d'Orleans, qui depuis fut Louis XII. Roi de France, il y avoit un Pierre Beauharnois, Maître des Requêtes. M.
BEAU-PÈRE. Pasquier, liv. 8. chap. 50. Peut que ce mot ait été dit des Religieux, au lieu de Beau-père; à cause de la sainteté de leur vie. Pasquier se trompe. On a dit beau-père en cette signification, comme on a dit Beau-Sire. Pasquier veut aussi qu'on ait dit Beau-père en parlant de ceux qui ont des Enfans mariés, à cause de la joie que ces peres reçoivent de leurs enfans: & que de-là on a dit ensuite beau-fils, belle-fille, belle-mère. Pasquier se trompe encore en cet article. On a encore dit Beau-père en cette signification-là, comme Beau-Sire. Je remarquerai ici par occasion, que les Anglois disent Father in law, c'est-à-dire, père selon la loi, pour dire un beau-père: & ainsi de la belle-mère, du beau fils, & de la belle-fille. M. H. Etienne, en son Traité préparatif pour l'Apologie d'Hérodote, ch. 21. Je pense que cette appellation de beaux-peres, vous autant comme si on disoit beaux vieillards, & ce qui me confirme en cette opinion, est le mot du Grec vulgaire Kaloïro ou Kaloëro, qui semble corrompu de xénic, c'est-à-dire, beau & de xénus, c'est-à-dire, vieillard. Or cette appellation nous montre qu'ils ont veçun de tout tems à leur aise: car on appelle un beau vieillard, qui en dépit de la barbe blanche est encore frais, & auquel la peine ou le chagrin n'ont point effacé les beaux traits du visage. Et de fait, selon cette signification, les plus beaux vieillards qu'on voye en Italie, & principalement à Venise, sont les Moines & surtout les mendians: combien que là ils soient appelées seulement peres, sans ajouter ce mot beaux. Et seroit bien aussi beau voir ceux de France, s'ils portoient barbe comme ceux-là. Du reste, M. Ménage a raison. Beau-père s'est dit des Religieux, par honneur, comme de personnes que l'on voyoit volontiers; & il n'y a point de doute, que par la même raison, on n'ait aussi traité de beau-père & de belle-mère, ses père & mere propres, comme on voit très souvent dans Froissart, le titre de beau oncle, belle anie, & de bonne anie à l'oncle & à la tante propre. Et si par les noms de beau-père & de beau-frère, on n'entend plus aujourd'hui que le mari de notre mère, ou le père de notre femme, & le frère de notre femme, ou le mari de notre sœur, ce n'est que parce qu'aujourd'hui on appelle son père & son frère seuls, du nom de père & de frère. Dans Froissart, vol. 2. fol. 164. r. édit. d'Ant. Verard, la Duchesse de Brabant, tante du Duc Aulbert de Hainaut, parle ainsi à son neveu le Duc de Bourgogne: Beau neveu, j'ay sec de vérité que le Duc de Lancastre, est très-puissant en Angleterre... que sa Fille soit assignée à mon neveu Guillaume de Haynault; & j'aurore plus chier ung prouist pour vous & pour vos enfans, que pour les Anglois. Ma belle anie, répondis le Duc de Bourgogne, grand mercys, & je vous croyere, & laisseray convenir de ma fille Marguerite au Damoisel de Haynault. Adonc la bonne anie alla de l'ung à l'autre, &c. Le Duchat. Autrefois, c'est-à-dire, avant que les complimens fussent tout-à-fait communs, on traitait de beau-fire une personne, aussi communément que depuis on l'a traitée de Monsieur, mot qui emporte une espèce de servitude dans celui qui le donne à un autre. Depuis, ce mot de beau, qui signifie agréable, ayant, comme trop cordial, c'est banni du discours, on a trouvé plus civil de traiter les gens de Monsieur, mon père, mon frère, mon cousin, que de les traiter de beau-fire, beau-père, beau-frère, beau-confin. Et comme d'ailleurs, nous manquions en ce tems-là de termes pour dislin- guer un pere d'un beau-pere, un frere & un cou- fin germain, d'avec un frere ou un coufin d'al- liance, on a affecté le nom de beau à ces derniers, pour les désigner, entané qu'ils n'étoient deve- nus peres, freres & cousins, dans la famille, que par l'agrément qu'on y avoit fait de leurs perfon- nes sur ce pié-là. Perceforest, vol. 1. ch. 34. Vous y viendrez, ou bellement ou laydement, c'est-à-dire, de gré où de force, bon gré malgré. Le Duchat.
BEAUSSE. De Belfia, dont Fortunat s'est fervil le premier, si on en croit Papyrius Matis. Belfiae verbo primus, quod sciam, usus est Fortuna- tus Pillavienfis in Vita Germani Pariflorum Epi- copi. C'est dans ses Annales de France, en la Vie de Philippe Auguste. M.
BEC. Ce mot nous est demeuré de l'ancienne Langue Gauloise. Suétone, dans la Vie de Vitel- lius, parlant de M. Antoine I. Cui Tolosa nato cog- nomen in pueritia Becco fuerat : id valet Gallina- cei rostrum. On Becco est bec de coq. M. de Sau- maise sur Tertullien De Pallio, pag. 70. Hefychio, sima sunt vipola. Hac dicebatur & fioca. Unde vox beccum, pro corneo rostro : quod vocabulum Galli- cum esse scribit Quetonius. Gallorum fortasse Maffi- lensium, qui à Gracis accepere : nam & Gracé loque- bantur. Non magis sane Gallica illa vox, quam fa- gum, reno, braca, bulga, petoritum ; quas Galli- cas valent esse, cum pura Graca fuerint. De qua re nos alibi. Caïeneuve.
BEC. C'est un vieux mot Gaulois. Suétone, en la Vie de Vitellius, chapitre dernier, parlant d'Antonius Primus : Cui Tolosa nato cognomen in pueritia Becco fuerat. Id valet gallinacei rostrum. Voyez coc, becquée, & beccasse. M.
BEC. Abbaye en Normandie. Du vieux mot Normand bec, qui signifie ruisseau ; à cause que certe Abbaye est située sur un ruisseau. Milo Crif- pinus, dans la Vie de S. Lanfranc, chap. 8. Est antem Beccense Monasterium inter duos montes firum, super rivum qui Beccus dicitur ; à quo & nomen accepit. Guillaume de Jumièges, liv. 6. par- lant du lieu de l'Abbaye du Bec : Qui a vivo illic manante Beccus appellatur. Voyez la Chronique du Bec, pag. 1. & Gilbert Crispin, en la Vie du Bienheureux Hellouin, pag. 35. L'Auteur de la Chronique de Normandie s'est trompé quand il a dit, pag. 65. que bec en langage Danois signi- fiot cano, ou voye. Il signifie ruisseau, comme il vient d'être remarqué. Et de-là, les noms de Cau- debec, d'Orbec, & de Robec, &c. Voyez M. de Valois, dans sa Notice des Gaules, au mot Cali- dum-Beccum. Le vieux mot Normand bec a été fait de l'Alléman bach, qui signifie un ruisseau, & que les Flamans prononcent beke. Le P. Labbe, prétend que Bec ne signifie pas ruisseau, mais la pointe de terre qui est entre deux rivières. Et c'est de-la, dit-il, que viennent l'Abbaye du Bec, Cau- debec, Orbec le Bec d'Ambès, & le Bec d'Allier. Touchant l'étymologie de l'Abbaye du Bec, voyez H. Etienne, dans son Traité préparatif pour l'Apologie d'Hérodote. M. BEC : pour embouchure de fleuve : comme quand on dit, le Bec d'Allier ; le Bec d'Ambès, entre Bordeaux & Blaye ; le Bec de Cisse, entre Amboi- se & Tours. Du mot de bec, en la signification de bouche. Les Grecs ont appelé de même square les embouchures des fleuves. Xenophon : quatorna Nioi. Et les Latins ora. Virgile, liv. 1. de l'Enéide : Unde per ora novem, magno cum murmura montis, It mare praruptum. Ovide, liv. 6. de ses Fastes : Verticibus densis Ti- bridis ora tenent. Et dans la dixième Elégie du liv. 3. Misceur vasto multa per ora freto. On appelle en Anjou Bouchermaine, le lieu où la Maine entre dans la Loire. On l'appelle aussi la Pointe, de la ressemblance d'un bec à une pointe. M.
BEC-DE-CORBIN. Il y a une Compagnie de la Garde du Roi, appelée la Compagnie des cent Gentilshommes de la Garde du Roy ; parce que dans le tems de son institution elle n'étoit que de cent hommes. Elle est aujourd'hui de deux cens hommes. On appelle ces Gentilshommes Bec-de- Corbin, de la ressemblance de leurs armes à un bec de corbeau : & leurs armes s'appellent aussi Bec-de- corbin. Touchant la fonction de ces Gentilshom- mes, voyez le livre intitulé l'Etat de la France. On appelle aussi bec-de-corbin, un instrument dont se servent les Chirurgiens pour tirer les tentes d'une plaie, & les tireurs de cors aux pieds pour arracher les ongles. M.
BECCAFIGUE. De l'Iralien beccafico. Les Grecs ont appelé de même cet oiseau romain, & les Latins ficedula ; à cause des figues dont il est friand, & dont il s'engraisse. Martial : Cum me ficus alat, cum pascar dulcibus uvis, Cur potius nomen non dedis uva mihi ? L'Alamanni, dans sa Stance sur l'étymologie du mot beccafico : Mentre che io stava solo e scioperato, Aspettando alla ragna i beccafichi ; La cagion del lor nome à ritrovato, Effer solo il beccar ch' e' fan de' fichi. Noi, che gli becchiam, quando an beccato, Poffiam chiamarci Beccabeccafichi. M.
BECCAINE. On appelle à Metz caine l'oiseau nommé cane ; & beccaine, la queue d'une robe trainante. C'est un composé de bec & de cane, parce que ces queues ont ordinairement la figure d'un bec de cane. Le Duchat.
BECCARD. Femelle de saumon. Rondelet, au chapitre du Saumon : Les François sont deux différences de saumons. Ils appellent les grands Saumons ; les petits. Tacons. Davantage, ils sont différence entre le mâle & la femelle, laquelle ils appellent Beccard, à cause qu'elle a le bec plus cro- chu que les mâles. M. Rabelais, liv. 4. ch. 59. met les Becars au nom- bre des viandes qu'on servoit aux gastrolatres pen- dant les jours auxquels on mange gras. Ainsi ce pourroit bien être autre chose que le Beccard dont parle ici M. Ménage. Le Duchat.
BECCASSE. Du mot bec ; à cause de la lon- gueur de son bec. Les Grecs, pour la même raison, l'ont appelée marion, de marion, qui signifie un bois long & pointu ; & les Latins des bas siecles, re- frasula. Beccus, beccacius, beccacia, BECCASSE. Beccacius est un augmentatif de beccus ; comme libraccio, de libro. M.
BECHE. Voyez besche. M. BECHEVET. Cet mot se dit de deux choses qui sont placées à contre-sens ; ou, dont l'une a les pieds à la tête de l'autre. De bis, & de chevet en la signification de tête ; comme qui diroit une choſe à deux têtes. Voyez chevet. Rabelais, dans le chapitre des Jeux de Garganua, qui eſt le 22. du liv. 1. A teſte à teſte bèchevet. M.
BECHIQUE. C'eſt un terme de Médecine, qui ſignifie ce qui a rapport à la toux. Un remède becquee eſt un remède qui eſt bon pour guérir la toux. Ce mot eſt Grec, & vient de le ſou, toux. *
BECHU, ou BECCU. Se dit des oiseaux qui ont le bec de différentes figures. On appelle auſſi beccu ou begu, un cheval qui marche toujours. Ce mot, comme on voit, vient de bec. Voyez ci-devant Baigu. *
BECNAUDE. C'eſt un terme injurieux, qui eſt en uſage dans quelques Provinces de France, & ſur-tout à Meaux, pour ſignifier une femme criarde, ou qui a mauvaise langue. L'Histoire Fabuleuſe de S. Faron & de S. Fiacre, fait mention d'une Becnaude, dont on peut voir un trait dans l'Histoire de l'Eglise de Meaux, tom. 1. pag. 57. Ce mot a été formé apparemment par un allongement de celui de bec. On a dit peut-être d'abord becquenaude, & enſuite becnaude. On dit d'une perſonne qui parle beaucoup, qu'elle a bon bec. *
BECQUEBO. Mot Picard, qui ſignifie on pivard. Henri Etienne, dans ſes Hypomnées de la Langue Françoiſe, pag. 119. Sed quum in omnibus qua haſtenus attuli exemplis, ſimplicem apocopen habeamus, nunc de illa tractationem inſigni cujuſdam, qua daplex eſt, exemplo claudam. Ea eſt in vocabulo picmat: quod avis cujuſdam eſt nomen, quam Latinò Picum Martium appellarum: Plinius, Picum arborarium: Graci, Quonctobrus: cujus vocabuli ſignificationi planè reſpondet nomen illud à Picardis impoſitum, Becquebo: quod componitur ex verbo becquer (ſive bequer); ex quo etiam Becqueſigue; & vocula, bo, idem ſignificante quod catris Gallis bois, id eſt, lignum. Vocamus autem & pivard eamdem avem, q. d. picum viridem. Sciendum eſt porro, ſicut pivard pronuntiatur potius quam picvard, ita etiam pimar, patius quam picmat, a pierſique ſcribi, atque adeo proſerri. Sed manifeſta eſt in hac etiam pronuntiatione derivatio è duabus illis Latinis vocibus picus martius: qua quoniam amba innoervolus ad efficiendum nobis illud avis nomen, ideo duplicem in eo eſſe apocopen dixi. Nicot: BECQUEBO, Picardis picus martius: ainſi nommé pour ce que de ſa conſtume il becque le bo: quia roſtro ſolet appetere boſcum: ſic enim appellant lignum. Voyez bois. M. Cet oiseau ſe nomme dans le patois de Metz Bachebo, du verbe bacher, qui ſignifie frapper, baquer, & de bo, c'eſt-à-dire, bois. Le Duchat.
BECQUEE. C'eſt ainſi qu'on parle à Paris. Dans les Provinces d'Anjou & du Maine, on dit bèchée. Et Belleau, dans ſon Chant Paſtotal ſur la mort de Joachim du Bellay, s'eſt ſervi de ce mot: Comme des paſſereaux la beante nichée Qui pert ſa mere aux champs attendant la bèchée. Et Rabelais, 1. 14. Tu n'as pas trouvé tes petits beuvereaux de Paris, qui ne beuvent en plus qu'un pinſon, & ne prennent leur bèchée, ſinon qu'on leur tape la queue à la mode des paſſereaux. Et Montagne, liv. 1. chap. 18. Tout ainſi que les oiseaux vont quelquefois à la queſte du grain, & le portent au bec ſans le taſter, pour en faire bèchée à leurs petits. M.
BEDAINE. De bis, & de dondaine; comme qui diroit double dondaine. Anciennement on diſoit bedondaine; témoin le livre intitulé la Bedondaine des Prêſidens, dont Maître François fait mention au Catalogue des livres de la Bibliothéque de S. Victor: & on le dit encore à prêſent en quelques lieux de Normandie. On appelloit proprement dondaine un certain instrument de guerre qui jettoit des boules de pierres rondes, & que le Prêſident Fauchet, en ſon livre de la Milice, compare à la Catapulte des Anciens. Et parce que cet instrument étoit court & gros, on a de-la appellé les grands ventres des bedondaines; & enſuite, des bedaines: & groſſe dondon, une femme courte & groſſe. Voyez le Prêſident Fauchet, au lieu allégué. On a dit auſſi bedon, pour tabourin. Rabelais uſe de bedaines, pour les pierres que jettoient les bedaines: c'eſt au liv. IV. ch. XI. oh il parle d'une truye, qui eſt un instrument de guerre: c'eſſoit un engin mirſique, fait de telle ordonnance que des gros couilars, qui par rang étoient autour, il jettoit bedaines, & quarreaux empennez. M. Quelques-uns, après Guichard, dérivent bedaine de l'Ebreu ma beten, qui ſignifie ventre. Le d & le i ſont des lettres de même organe, & ſe mettent facilement l'une pour l'autre. Cette étymologie eſt aſſez naturelle. * Rabelais, liv. 4. ch. 40. a appellé au ſens propre bedaines les plus groſſes de ces pierres arrondies que l'ancienne artillerie employoit au lieu de boulets de fer; & ce mot, fait de bis & de dondaine, ne vouloit dire autre choſe que double dondaine; dondaine étant le mot qui déſignoit celles de ces pierres qui n'Recédoient point la groſſeut ordinaire. De-la vient que par métaphore, on appelle bedaine la panſe d'un homme fort ventru. Mais, demandera-t-on, d'où vient le mot dondaine? Selon moi, c'eſt de rotunda, en ſouſentendant petra. Rotunda, rotundana, & par apherée tundana, dondaine: d'où vient qu'on appelle auſſi dondon, une jeune perſonne courte & groſſe. Anciennement, on diſoit bedondaine pour bedaine; & de-la dans Rabelais, liv. 1. chap. 7. bedondaine pour un gros ventre de Prêſident, parce que, comme ce n'eſt qu'avec l'âge qu'on parvient à cette charge, on luppose qu'un Prêſident doit avoir bien plus de ventre qu'un jeune Conſeiller. Voyez Rabelais, liv. 1. ch. 10. On a appellé auſſi bedon un tambour, parce qu'il eſt gros & court; & dans Rabelais, liv. 1. ch. 16. Panurge, parlant à ſon bon ami Frere Jean; tien-moy ung peu joyeux, mon bedon, lui dit-il; parce que vrailemblablement la conversation ordinaire de ce Moine ne le réjouiſoit ni plus ni moins que dans les contes attribués à Bonet des Périers, ch. 49. Chicouan, Tabourineur à Amboiſe, ſe mettoit en joie au ſon de ſon tabourin. Le Duchat.
BEDANE. Outil de Charpentier & de Menuilier. Par corruption de bec-d'ane; à cauſe de ſa reſſemblance au bec d'un âne. M. Richelet, a écrit bec-d'ane. M.
BEDEAU. C'étoit anciennement une eſpèce de Sergens qui ſaiſoient les exploits de Juſtice en toute ſorte de Cours, tant ſouveraines que ſubalternes: bien que Fauchet ait écrit, ſans fondement, qu'ils ſervoient aux Juſtices ſubalternes, de même que ſont les Sergens aux Royales. Les Or- donnances d'Écôse, intitulées *Regium Majestatem*, liv. 4. ch. 14. *Advenience die quiadem, pars profquens comparat in Curia, & potat partem suam; & faciat eam vocari per Bedellum, ter vel quater ad minus.* Les Ordonnances du même Royaume, intitulées *Leges Burgorum*, ch. 61. *Si autem citatus fuerit à Bedello suo coram idamnis testibus, & non veneris ad Curiam Domini Regis.* Car chaque ville avoit ses Bedeaux. Là même, au chap. 111. *Omnis citatio in Burgo deber fieri per Bedellum Burgi.* Toutefois on les trouve souvent distingués des Sergens. Les Ordonnances d'Écôse, intitulées *Iter Camerarii*, ch. 5. dont le titre est *De Servientibus, vel Bedellis calumniandis.* Le Traité des Vœux & des Vices: *Li quius est li péchis des Bailis & des Provos, & des Bedeaux, & des Sergens, qui accusent & qui chalcagent les pauvres gens.* L'Ordonnance de S. Louis, rapportée par le Sire de Joinville: *Nous défendons aussi que Bailif, Provof, ne autre, ne tiennent trop grand nombre de Sergens, ne de Bedeaux, en façon que le commun peuple en soit grvé.* Leurs charges se trouvent maintenant confondues avec celles des Huiffiers & des Sergens: leur nom étant seulement demeuré aux Officiers des Universités, qui, avec des maffes d'argent, marchent par honneur devant les Docteurs Régens & Professeurs publics. Ce qui me porte à croire, que c'étoient les anciens Sergens, que les anciennes Coutumes appellent *Sergens à verge, & à masse d'argent; & Sergens Batumiers.* Fauchet s'est imaginé que les Bedeaux étoient ceux-là mêmes que nos anciens Hiftoriens appelloient *Bidaux.* Mais je ferai voir ci-après, ce que c'étoit que *Bidaux, & d'où ce mot tiroit son origine.* Car pour celui de *Bedellus*, il y a une Glofe marginale, sur le chap. 5. des Ordonnances d'Écôse, intitulées *Iter Camerarii*, qui a remarqué qu'il étoit dit, *quasi pedellus, à pedo, hoc est baculo, praferim pastorali.* Car j'ai déjà dit que les Bedeaux devoient être de ces Sergens qu'on appelloit *Sergens Batumiers.* Caïeneuve.
BEDEAUX. On appelloit ainsi anciennement certains Ministres de Justice. Les Ordonnances de Louis IX. *Ubi Bedelli & Servientes ad remota loca mittuntur, eis absque Superioris literis non credatur.* On appelloit aussi de même, les Ministres des Universités: & en cette dernière signification, ce mot est encore en usage. Le Président Fauchet croit que ces Bedeaux ont été ainsi appelés de *Bidaux*, qui étoient des soldats paysans; les Bedeaux Servants aux Justiciers subalternes, au contraire des Sergens qui servoient aux Royales. *Car il semble, ajoute-t-il, que les Sergens Royaux fussent de franche condition, & les Bedeaux paysans; qui est la cause pourquoy on dit que les Sergens étoient les Cæfariani du temps passé; & en Normandie Sergenterie est nom de fuf.* Les Italiens disent *Bidelli*: ce qui favorise aucunement l'opinion du Président Fauchet. Les Latinifeurs ont dit *Bedellus*, que *Vossius*, liv. II. de *Vittis Sermonis*, chap. 5. & liv. III. chap. 1. estime avoir été dit, *quasi pedellus, à pedo, five baculo quem gestar.* Les autres le dérivent de *pes pedis, quod alteri sit à pedibus*: & de cette opinion, est un certain Joannes Nifæus, en la Vie de Xyftus Betuleius, imprimée au devant de Lachance; car voici comme il parle du Bedeau de l'Université: *Academia fervit munere quod à pedibus folos appellari.* Ramus, au Traité qu'il a fait de *Reformatione Universitatis ad Carol. IX. ufe de Pedellus, au lieu de Bedellus.* Isaac Wake, Anglois, en son livre intitulé, *Rex Platonicus*, estime que *Bedellus* a été fait de l'Anglois bid, qui signifie *munere. Tales fam Roma disumur Fideles, (il parle des Bedeaux des Universités) & eorum fuzpera mazar; unde Anglicum mace. Stat. Urb. Rom. lib. III. cap. 4. Aliqui potius dici volum Pedellus à pedo quod gestant; quales fox habet Academia tres ciavas auvas gestantes; reliquas argenteas. Sed poto potius dici ab Anglico to bid, quod est munere. Nam eipfundi est curum munus, & à nobis ad exteras Academias nomen forte derivatum.* Dans les Dictionnaires Anglois to bidde est interprété par commander, & non pas par avertir. M. Je suis très-perfudé, que bedeau vient de *pedellus*, de même que *bidaux & pitant*, dans la signification de fantassin: Et ce *pedellus*, qui est un diminutif de *pedes peditis*, désigne la fonction du *bedeau*, qui est de n'exploiter qu'à pié, & de n'aller qu'à pié dans les cérémonies où sa présence est requise. Les Epîtres *Obfcur. vir. pag. m. 195. Ivit ad pedellum curforum civitatis: novi Latinifia vocant viatorem.* Le Duchat. Joignons ici le sentiment de Wachter, dans son *Glosar. German.* au mot *Pedell*: voici ses paroles. PEDELL, *apparitor academicus. Latin. barbar. bedellus, Gall. bedeau, Ital. bidello. Non à pedo seu baculo, quem gestat, nec à pedibus, quod Rectoris se pedissequus, & multè minus à bittel liter; sed ab Anglois. bœdel, bydel, quatenus nuncium significat. De voce Anglo-Saxonica, eipfune ufit de urtu, vide plura in bittel apparitor.* Et au mot *bittel*, il dit: BUTTEL, *apparitor, fervus & emiffarius judicis. Gloss. Pex. emiffarios putilum. Samner. in Diff. AS. bœdel, bydel praco, nuncius, tabellarius... Caugius in Glossario: Bedelli, *apparitores minores, qui ad judicia citabant, &c. Spelmannus ductum putat à bitten, bidden petere, rogare, procar. Sed quid roger non explicat. Malim igitur à bieten munciare, notum facere, indicare. Quamvis enim tres perfonas unus fufsinas, emiffarii, citatoris, compulfaris, ad unam tamen reduci possunt, nempe nuncii. Hinc etiam de Episcopis dicitur in Manuscripto Anciquo-Saxonico apud Spelmannum, ubi hac verba: Biscopas fynd Godes bydelas, Episcopi fum Dei pracutes. Hadis non amplius dicimus bittel, sed pedell; nec de quavis apparitor, sed de academico tantum. Què in re imittantur Latino-Barbaros, freg illi imittantur Saxones.* On voit dans ce passage, ce me semble, la véritable origine du mot *bedeau.*
BEDIER. Ignorant, qui connoit à peine les lettres de l'alphabet. H. Etienne, pag. 5. de la Préface de son Apologie d'Hérodote, parlant de la honte que reçut un jour le Sorbonië Noël Beda, en voulant détourner le Roi François I. de dessein qu'avoit formé ce grand Prince, d'établir à Paris des Professeurs Royaux dans les Langues Saintes, sur-tout dans le Grec: *Mais quand on trouva que Beda condamnoit au langage, duquel à grande peine connoiffait-il la premiere lettre, Beda fut déclaré Bediere.* Il dit la même chose en termes peu différents encore au ch. 19. Et il faut que de son tems le mot *bedier* fût bien commun dans notre langue, puisqu'il entroit même dans nos dictons: Et des premiers fum les derniers: Dit à propos de la vénalité des charges un vieux proverbe, pag. 70. du Recueil de Gabr. Meurier; Lyon, in-16. 1577. Un ami de Marot à Sagon, dans le Marot de M. l'Abbé Langlet, T. iv. pag. 553. de l'édition, in-4°. Tu eusses eu des plus garrivers Coues de feues pour ton chappeau, Qu'onque bedier eut fur sa peau; Et lors on t'eust monstre au doigt: Voila l'agne qui tant mordait. Ce même mot aussi, dans la signification d'âne ou d'ignorant, a été pareillement employé par Inno- cens Gentillet dans son Anti-Machiavel, part. 1. Max. 32. pag. 761. de l'édition in-16. 1577. Et il n'est pas jusqu'au verbe beder, fait de bedier, qu'on n'ait dit pour réduire à recommencer, ren- voyer d'où l'on est venu. Les Vigiles du Roi Char- les VII. tom. 1. pag. 149. de la nouvelle édition: Depuis s'en vindrent par la ville, Pour François cuider subornée: Mais l'en les fist sur pie sur bille Bien-toit beder & retourner. Et cependant le petit Dictionnaire Fr. Ang. de Hollyband, Londres, in-4°. 1593. est le seul où j'ait trouvé le mot bedier. Voici sous la lettre B, les termes du Vocabuliste: Ce n'est qu'un bedier: he is but a great Calfe, c'est-à-dire, ce n'est qu'un grand veau. Il n'est donc pas surprenant que per- sonne n'ait encore cherché l'origine d'un mot qui est comme ignoré depuis long-tems. Mais comme par tous les passages sus allégués on voit ce que signifie ce vieux mot, je crois pouvoir à coup sur le dériver par aphérèse & par syncope d'ab- cedarius, qui se trouve dans Du Cange. Abeceda- rius, becedarius, bedarius, bedier. Le Duchat.
BEDON. BEDONDAINE. BEDON, en vieux François, & qui n'est plus maintenant en u- age, veut dire Tambour: Et figurément, par raille- rie, on appelle Bedon, un homme qui est gros & gras, disent Messieurs de l'Académie: ce qui est très- véritable. On appelle aussi bedon, la manière de frapper une cloche avec son batant deux fois d'un côté. Et de là le verbe bedonner. Bourdonner, c'est frapper de deux côtés. BEDONDAINE est un dé- rivé de bedon. M.
BEDOUAU. Nous appellons ainsi en Anjou un bléreau. On dit Bedou en Basse-Normandie. Bé- douau est un diminutif de bedou. M. BEDOUINS ou BEDUINS. On appelle ainsi les Arabes du Defert, qui n'habitent que sous des tentes qu'ils transportent d'un lieu à un autre, selon la commodité des pâturages. Ce sont ceux que les anciens appelloient Scénites. Le mot be- douin est fait de l'Arabe badawi ou badawi, signi- fiant un homme qui habite dans le Defert, qui mène une vie champêtre. Badawah, signifie habi- tation dans le Defert, vie champêtre; badwan & badwah le Defert. Tous ces mots viennent du ver- be Arabe badawa, qui veut dire, habiter dans le Defert, mener une vie champêtre, vivre en No- made.
BEELLER. De balare, qui a été fait par anomatopée, c'est-à-dire, du son de la chose qu'il signifie. Quintilien 1. 5. Sed minime nobis concessa est orquestevia. Quis enim ferat si quid simile illis B E E. B E F. ner de semblables noms aux faux Dieux par dérision. Joseph Scaliger, qui est du même sentiment, ajoute que le véritable nom de ce Dieu, étoit Baal-rem, c'est-à-dire, Dieu du tonnerre, & que les Israélites, pour le tourner en ridicule, lui avoient donné celui de Baal-phéger, qui signifie, selon lui, Dieu du per, parce qu'il n'y a rien qui marque plus de mépris que cette comparaison du prétendu tonnerre de ce Dieu. D'autres disent que Béchpégér, est Pluton; d'autres, que c'est Saturne; d'autres le Soleil. Un Auteur récent, conjecture que c'est Adonis. Il se fonde sur ce qui est dit au Pleasme cv. v. 18. Ils se consacreront à Béchpégér, et mangeront des sacrifices des morts. Par ces sacrifices des morts, il entend les cérémonies des Fêtes d'Adonis, où l'on célébroit ses funérailles. Mais, 1°. L'Écriture ne diroit pas des sacrifices des morts, mais du mort. 2°. Elle ne diroit pas des sacrifices; car les cérémonies d'Adonis n'étoient point des sacrifices. 3°. On n'y mangeoit point, au moins dans la partie qui repréfontoit la mort d'Adonis. Ces sacrifices des morts ne sont donc autre chose que les sacrifices des faux Dieux, qui ne sont que des hommes morts. 4°. Il n'y a nulle affinité dans les noms. La vérité est qu'on ne fait guères ce que c'étoit que Béchpégér. Selden, De Dis Syris, Syn. 1. c. 5. ne peut souffrir qu'on dise que c'est Priape. Il est bien vrai que les Israélites qui l'adoreront, cominient des crimes abominables; mais il ne s'enfuit pas que ces abominations fuissent les cérémonies du culte de Béchpégér. Ainsi cet Auteur croit que ce Dieu est le Baal, ou Belus, ou Jupiter des Chaldéens, & que le surnom de Phéger, est ou le nom de quelque Prince défilé, qu'on lui a donné, ou celui du lieu où il avoit un temple, & où il étoit honoré. Ce dernier sentiment est sans comparaison le plus probable, puisque, comme nous avons déjà remarqué, Phéger est une montagne au Livre des Nomb. XXIII. 28. & que dans le Deutéron. III. 29. & XXXIV. 6. & dans Josué XIII. 20. on trouve Beth-phéger, pour le nom d'une ville. On pourroit ajouter que cette montagne s'appelloit à Phéger, c'est-à-dire, ouverture, parce qu'elle s'ouvroit en effet, & laissoit un passage. Et de vrai, le peuple d'Israël passa par cette ouverture.
BÉELZEBUT. C'est le nom d'un Dieu des Philistins. Nous écrivons & nous prononçons de la sorte ce mot en François, & l'usage le veut ainsi. Il est dit dans l'Évangile de Saint Matthieu, XII. 24. Cet homme ne chasse les Démons que par Béchzébout Prince des Démons. Le texte Grec dit βαλλιζεβού. Ces mots viennent de l'Ebreu. בעל ובול Baal-zeboud, qui signifie Seigneur de la Manche, c'étoit un Dieu d'Accaron, ville des Philistins. Il est parlé de ce Dieu, au liv. IV. des Rois, ch. 1. v. 2. 3. & 6. 16. Et dans tous ces endroits-là, le texte Ebreu dit toujours בעל ובול baal-zeboud. Ainsi le François Béchzébout, & le Grec βαλλιζεβού, sont des altérations du mot Ebreu. La Version Syriaque du N. T. quoique faite sur le Grec, dit, à l'endroit que nous avons cité de saint Matthieu, Béchzéboud, conformément à l'Ebreu. A l'endroit du quatrième Livre des Rois, la version d'Aquila porte βαλλιζεβού, précisément de même que l'Ebreu, une édition de Symmaque βαλλιζεβού, comme le texte Grec du N. T. l'autre βαλλιζεβού, le Seigneur mouche; & les Septante de même. Quelques Auteurs disent que les Grecs qui ont mis Béchzébout, l'ont fait tout exprès pour donner à cette idole un nom méprisable; & que Béchzébout veut dire Dieu du fumer, parce qu'en Chaldéen, ובול zeboud signifie fumer; l'aimerois autant dire que les Philistins eux-mêmes l'appelloient le Dieu de l'habitation, ou le Dieu du Ciel; car ובול zeboud en Ebreu, signifie habitation, & il se dit, par excellence du Ciel, qui est l'habitation de Dieu. Mais au vrai, ni l'un ni l'autre ne sont bien. Béchzébout est une corruption que les copistes, ou plutôt que l'usage a fait en Grec dans ce nom, qui se dit Baal-zeboud dans la Langue originale, & jamais autrement: ainsi il n'est point nécessaire de réformer le nom Grec, comme ont voulu quelques-uns. Quant à nous, qui disons Béchzébout, tant dans le Nouveau Testament, que dans l'ancien, nous avons changé le x du Grec & le z b de l'Ebreu en r; ce qui n'est pas étonnant pour le b, parce que nous ne mettons jamais en notre Langue le b à la fin des mots. Il s'enfuit de-là, qu'on ne doit pas imiter les Traductions de Genève & ceux de Louvain, qui disent Béchzébout, sous prétexte de se conformer à l'Ebreu. Au reste, on ne fait pas trop pourquoi ce Dieu des Philistins fut appellé le Seigneur de la mouche, ou le Seigneur mouche, ni qui lui donna ce nom; si ce furent les Accaronites, ou les Juifs par mépris. Quelques-uns disent qu'il fut ainsi appellé à cause des mouches, qui se mettent ordinairement sur les victimes; d'autres, parce que son idole, toute grasse de la fumée des victimes qu'on lui sacrifioit, étoit toujours couverte de mouches. Le P. Kirker croit avec raison, que ce nom lui fut donné par les Accaronites, & non point par mépris; car, dit-il, Cichofas, ne prétendoit point lui donner un nom méprisable; lorsqu'il l'envoyait consulter; & que c'est le même Dieu que les Grecs adoroient sous le nom de Myagre, & dont parlent Pausanias & Solin; & Pline dit, qu'à Cyrene on invoquois le Dieu Achor contre la multitude des mouches, qui engendroient la peste: il a voulu dire le Dieu d'Accaron. Béchzébout, ou Myagre, est donc le Dieu qu'on invoquoit contre les mouches. Les Grecs ont encore honoré une pareille Dignité sous le nom de 2008 à l'ouïe, Jupiter Chassemouche.
BÉER. De badare. Les Gloves d'Ifidore: HIPPITARE, ofcitare, badare. Voyez mes Origines Italiennes, au mot badare. Messieurs de l'Académie ont écrit dans leur Dictionnaire, que ce mot de bér n'est en usage qu'en cette phrase proverbiale & figurée, bér aux carneilles. M.