BLE'QUE. Mot Norman. Piere bieque, pom-me bieque ; c'est-à-dire, plus que molle. M. A Metz, bieffe, synonyme du Norman bieque, ne se dit que des poires. Bieffe, en cette signification, étoit du langage Parthen, du tems de H. Etienne, & se trouve pag. 141. De la conformité du Lang. François avec le Grec. Le Duchat.
BLE'REAU. Sorte d'animal. M. de Saumalise, à la pag. 316. de ses Commentaires sur Solin, dit qu'il ne fait pas si ce mot ne vient point de gierellus : Quos hodie blereillos vocamus, haud scio an ita dilli sint quasi glerelli : nam t & B sape confunduntur. Diversi tamen a gliribus, sed sommo pariter pinguescunt. Et en la page 1009, il dit affirmativement qu'il en vient. BLERELOS, quasi gilerellos appellamus. M. Guyet le dérivoit de melarellus, formé de melis. Melarus, melarellus, belarellus, par le changement ordinaire d'M en B, blereillus BLEREAU. Voyez belette. Voyez aussi bedouas. M.
BLESCHE. Voyez BLAISCHE. M.
BLESCHE. On appelle ainsi en Normandie un homme de mauvaise foi. On dit Blesche pour blacque. C'est ainsi qu'on appelloit autrefois les Valaques, & Blacque, pour Valachie. Froissard, liv. 4. ch. 81. & 83. dit que les Valaques étoient de fort méchantes gens. Et Leunclavius, dans ses Pandectes Turciques, dit que c'est une nation fort infidèle à ses maîtres & à ses Princes. Veillaque à la même signification & la même origine. Huet.
BLESSER. De lafare ; en y préposant un B. Lado, lafi, lafum, lafare, blafare, BLESSER. Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois, ch. 49. Et confona a non rare etiam praponitur ; ut à Latino lafura BLESSURE. Nos Hellénistes le dérivent de Dacis, aoriste premier de l'infinitif de Dacis. M. BLETT E. Vieux mot usité à la campagne ; qui signifie une morte de terre. De Gleba. Gleba, glebula, glebulenta, buletta, bletta, BLETT. M. BLETT : espèce de portée. Trippault le dérive de Dacis. On l'appelle en Anjou & en Normandie, des bettes. M.
BLEU. M. de Saumalise sur Tertullien, De Palio : Conchylii porro coloro Plinius tres facis gradus ; quorum vegetissimus, qui in viola ferotina cernitur ; minus vegetus & saturatus, qualis in malva flore ; omnium dilutissimus in heliotropio, cujus flos caruleus est. Hunc colorem vulgo blutum vocamus, quasi ablitum vel dilutum : & sane caruleus color. quem Grati magna vocant, nihil aliud est quam purpura dilutior & pallidior. Joannes Goropius Becanus, Originum Annerp. lib. 6. Blaw, quo caru- Cc 1j leus, non saturatus, & casus color significatur. Ca- feneuve.
BLU. De l'Alleman blav, qui signifie la même chose, & d'où les Anglois ont aussi fait leur Bleu, que Méric Casaubon, dans sa Dissertation de l'ancienne Langue Angloise, pag. 316. dérive du Grec αίλ, subniger, subfuscus. Blaveus se trou- ve dans les Auteurs du bas siècle. M.
BLINDE. C'est un certain obstacle qu'on met sur les tranchées d'approche, lorsqu'on est obligé de les faire enfilées, & qui empêche qu'on ne soit vu des assiégés. Ce mot nous est venu de Hollande, où il est en usage en la même signifi- cation : & il a été fait du Hollandois, ou de l'An- glois, ou de l'Alleman, blind, qui signifie aveu- gle. M. Blinde signifie aussi une voile qui est attachée sur le devant du vaisseau, & qui empêche en quel- que façon que celui qui est au gouvernail, ne puisse voir devant lui au de-là du navire. M.
BLITRE. Voyez BELITRE. M.
BLITRE, se dit d'un homme de néant. Du Grec Διννες, qui signifie un rien. Clément Alexan- drin, dans ses stromates, liv. 8. Διννες, φυτι μο- τι, ιστιν ουμαινων. De-là est venu le mot Blieri, dont on se sert dans l'école pour désigner un homme sans nom. Nous disons en François un guidam : les Ebreux disent Almoni peloni. Huet. BLOC de marbre. C'est une masse de mar- bre grossièrement ébauchée. Et BLOC au pays Chartrain & en Champagne, signifie un gros morceau de bois. Et de-là, en bloc, pour dire en gros. Voyez blocus. M. Les Allemans, les Flamans, & les Anglois, ont aussi le mot bloc : ce qui fait juger que c'est un terme d'origine Teutonique. Wachter soupçonne qu'il est dérivé d'un verbe qui signifie couper ; truc- cas à truncando ; & il ajoute que les Danois con- servent encore cette racine dans le verbe flecké, qui veut dire couper. *
BLOCUS. De l'Alleman blockhaus, qui signi- fie une maison de bois pour placer du canon ; & qui est composée de block, qui signifie billot ; & de haus, qui signifie maison. M.
BLOND. M. Bochart & M. Huet, le déri- vent du Bas-Breton belin, qui signifie blond, selon la remarque de Camden. Et ils croient que Be- lenus, nom ancien d'Appollon en Gaule, a été dit de ce mot Bas-Breton Belin : Et que Belin a été fait de μύσις. Les Bretons disent melen, pour jaune : fourdilcen melen, ils jaune : paftonnadez, melen, paftonnade jaune : vy adou melen, œuf à deux jaunes : melen vy, jaune d'œuf. M. Guyet le dé- rivoit d'albus. Albus, albidus, blidus, blodus, blon- dus. M. Ferrari le dérivé d'apluda. Voici ses ter- mes au mot blonde : Rellius tamen pure BUNDUM offe à votre vice apluda, qua licet purgamentum mi- lii, & panici, significet, etiam pro palea fumitur, cujus color flavus. M. de Caïeneuve a eu la même pensée. Voici ses termes : BLOND, la couleur élo- de, que les Lacins appellent flavus, est proprem. et eelle de la paille & des moissons. Elle a pris nom de l'ancien mot ablunda, qui signifie paille. Papias en son Glossaire : ablunda, palea. Et ainsi on a dit cou- leur blonde, pour couleur d'ablonde, c'est-à-dire, de paille. Cette étymologie, que j'ai improuvée dans mes Origines de la Langue Italienne, ne me déplaît pas présentement. Mais blond ne viendrait-il point de bladum ? Bladum, bladum, blodum, blondum. Le blé est de couleur blonde. M. Cet article de M. Ménage contient, à dire vrai, bien des bagatelles, comme l'a remarqué Wach- ter, dans son Gloss. German. au mot Black. M. du Cange dérive notre mot blond du Saxon blond, qui signifie mêlé ; d'où on a dit dans la basse Latinité blundus, ou blondus. Wachter le dérive de l'Alle- man blank, qui signifie buisant, & blanc ; & il croit que le K a été changé en D, comme cela arrive fréquemment. Voyez ci-dessus au mot Blanc. *
BLOQUER. On dit qu'une ville est bloquée, quand les ennemis se sont si bien retranchés tout autour, qu'il n'y peut rien entrer. Ce verbe est formé de blocair, qui signifie certaine matière dont on faisoit les clôtures des maisons & des jardins ; que quelques-uns croient être le moillon : bien qu'il en soit distingué dans la Coutume d'Amiens, art 25. Un chacun doit clôture suffisante de pierres, brique, blocair, moillon, ou pailis, de sept pieds de hauteur pour le moins. Caïeneuve. Quelques-uns dérivent bloquer du Latin buculare, d'où on a fait aussi boucler, qui signifie fermer le passage. Icquez le dérive de belocan, ancien mot Alleman, formé de be, & de lac, qui veut dire, ferrure, clôture. Ne pourroit-on pas aussi le dériver de bloc, qui signifie billot, tronc d'arbre ? Dans les siècles grossiers, on assiégeoit les Villes par le moyen de quantité de troncs d'arbres que l'on accumuloit les uns sur les autres, ou du moins par des machines de bois. *
BLOTIR. On dit une perdrix blotte, pour dire une perdrix qui s'est cachée. De blotte. Voyez bloutre. Nous disons en Anjou, une perdrix qui s'est motée. Pasquier, VIII. 17. s'est servi de ce mot blotir : Une infinité de voleurs n'enfient en moyen de se blotir en lieux forts. M.
BLOTTE. Voyez bloutre. M.
BLOUSE. Trou qui est au coin & au côté de la table du billard, & où l'on pousse la bille de celui contre qui on joue. Et de-là cette façon de parler, se blonfer, pour dire se perdre soi-même. Ce mot semble avoir passé du Jeu de panne au Jeu du billard. Voyez ci-dessous bricole. M.
BLOUTRE, & BLOTTE. C'est, selon Ni- cot, la morte de terre renversée par le foc en la- bourant. De volutra & de voluta. M.
BLUET. Ce mot signifie deux choses parmi nous ; la fleur appelée aubifoin ; & on petit livret couvert de papier. Et en ces deux significations il vient du mot bleu. Cette fleur est bleue : & de cet- te couleur, elle a été appelée aumie par les Grecs. Et ces livres étoient couverts originellement de papier bleu : d'où ils furent appelés Bluets. Cette forte de papier, & le papier jaune, étoient fort à la mode avant l'usage du papier marbré, inventé il n'y a guère plus de soixante ans. Et comme dans ce papier jaune, & dans ce papier bleu, on imprima autrefois de méchans contes ; nous avons dit de-là des contes bleus, & des contes jaunes, pour dire de méchans contes. M.
BLUETTE. Dans la première édition de ces
BOB. BOC. 205 Origines, & dans mes Origines de la Langue Italienne au mot abbagliare, j'ai dit que blunte venoit de balucetta, diminutif de balux; lequel mot balux est un mot Latin d'origine Espagnole, qui signifie ces petits grains loliens qui paroissent dans le sable. Martial XII. 97. Illine balucis malleator Hispana. Les Glofes : χρυσμωφ, arna. Pline, parlant de l'or des Espagnols, liv. 53. chapitre 4. Idem quod minutum est, balucem vocant. Je crois présentement qu'il vient de lucetta, diminutif de luce, ablatif de lux. Il en vient affurément. M.
BLUETTES. Se dit proprement de ces étincelles qui sortent des fournailles, & du fer rouge quand on le bat. On les appelle ainsi, parce qu'elles sont ordinairement bleues. De-là vient cette façon de parler proverbiale : Faire du feu violet. Huet.
BLUTER. Parce qu'en secouant le bluteau il se vuide insensiblement. Ce verbe a été pris de blutare, ancien verbe barbare, qui signifie voider. Aux Loix des Lombards, livre 1. chap. 16. Si quis casam cujuscumque blutaverit, aut res eorum tulerit: tu la Glofe a remarqué : blutaverit, evacueverit. Caïeneuve.
BLUTOIR. Voyez beluter. M.
BOBECHE. L'endroit du chandelier où l'on met la chandelle. L'origine de ce mot m'est tout à fait inconnue. M. C'est une corruption de baveche, comme on aura appelé cet endroit du chandelier, peut-être à cause qu'il est destiné à recevoir la bave de la chandelle. Du Bouchet, tom. 1. fol. m. 178. b. Nous le mismes une fois en allant en maïcarade dedans une grande folioe, où avec ses deux mains qui servaient de baveches, il tenait deux flambeaux allumés. Le Duchat.
BOBINE. Espèce de fuseau à canon, roulant autour d'une vergette de fer, garni de bordure aux deux bouts, servant à bier, devidier, titres & autres usages : fufus feratus, dit Monet. M. de Saumais, dans ses Notes sur Tertullien de Pallio, pag. 187-8 le dérive de bombyx, ou de bombylius, à cause de la ressemblance de ce fuseau au ver à foye appellé bombyx : Bombyx igitur & bombylius tune vocatur, quam tefti fua, five fepulco textili, inclufa est, nec movens fose, nec fonans, ita ut a bombo vel fono dicta videri non queat, ut bombyx vefpa. Certi a figura sic appellata est. Nam tefti illa, five theca, qua reconditur, oblonga & ovat a forma fufum refort flamine plenum; qui in medio tumefcens, fensam temifcit, & in acumen utrimque definit. Panum & panuellium, & panuculam, Latini vocant; Graci adunis. Talis est medico fecus & figura ampulla, quam Graci fufaculus appellant. Hefychius : fufaculus, fufaculus : nam ventrem extumidum habet, tu fup, exiliora. Ab eadem forma similitudine, fufaculus vas dictum putarim : angusto quippe cello, ventre tumidiore, in acuminatum fundum definebat. Hefychius : fufaculus, vernein fuf, utri uupit veris vufure. Quidquid inflatum denique & extumidum erat, fufaculus Graci dixere, &c. Bombinas etiam hodie puella nostrates vocant ligna quibetum involvunt. Ab hac figura similitudine hant dubium est quin bombyx, aut bombylius, nonen invererit apud Gracos. ¶ Bourdeloe, dans ses Etymologies MSS. écrit bobye. Bobye, dit-il, dont se servent les Tifforans, est dite ad formam bombycis. M.
BOBO. Terme dont se servent les petits enfans pour signifier leur mal. Les Tofcans disent bua, & les Siciliens, bubua, & les Milanois, boba, en la même signification. Le Barbaro, fur Pline a livre 16. chapitre 4. Papula duorum generum fune Celfo, libro 5. Savina est, quod agrium, id est, ferum, dicitur. Rubent utrique per minimas puslulas corpora : nominaturque id boa Plinio, a fimo bibulo; cujus liu maxime tellantur. Ut hinc infantes pueri fortaffe mala omnia buas vocare doctantur. Voyez M. Ferrari dans ses Origines Italiennes, au mot bua. M.
BOBO, ou suivant l'ancienne ortographe beau beau, ne se dit que d'un petit mal, que l'enfant oublie lorsque par caresse, on lui dit & répète qu'il est beau. Ainsi en disant bobo, il témoigne que c'est le cas de lui dire beau beau, si on veut qu'il s'appelle. Les Arofa Amorum, page 351. de l'édition de 1546. Et lui faisoit le beau-beau en le reconfortant, quand il le voyoit déplaisant. Cette façon de parler semble être venue des meres & des nourrices, qui, pour appaifer leurs enfans ou leurs nourrissons qui se plaignaient de quelque petit mal, les flattoient en leur disant, qu'ils étoient beaux, fort beaux. De-là les enfans qui s'étoient fait mal, ayant voulu le donner à entendre en invitant leurs meres ou nourrices à leur dire qu'ils étoient beaux, cette expression est venue dans la fuite à signifier le mal même des enfans. Le Duchat.
BOCAGE. Voyez bois. M.
BOCAL. C'est un vase de verre, qui a le goulet étroit. Il vient de boccala, qui signifie un vase ou gobelet. La Glofe : boccala, illé 2 1/2 1/2. Il est ainsi appelé de bucca, ou, comme prononce l'italien, bocca. Caïeneuve.
BOCAL. Sorte de vase qui a le goulet long & étroit. De l'italien boccale, fait du Latin bancalis. Caffien, au chapitre 16. du livre 4. de ses institutions : Si quis gillinem fitilem, quem baucalem nuncupant, casu aliquo fregerit. Les Glofes d'Ifidore : GELONEM, bancalem. Les mêmes Glofes : BAUCAIEM, Gellonem. C'est ainsi qu'il faut lire, & non pas bancalem. Et le Latin bancali, a été fait du Grec bancalis. Le Poète Nicarque, dans le second de l'Anthologie; Et si 2/4 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2[{"box_2d": [508, 737, 866, 942], "label": "text", "caption": "Les Glofes anciennes : Gillo, bancalis. Lequel mot Grec étoit du Dialecte d'Alexandrie. Photius, dans son Abrégé de Philostorgius, livre 1. chap. 4. Gto hlicatipia vtra mptortus BATKAAIN incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis incumptor, hlo te capis 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BOD. BOE. rant l'Italien boccale de pocularium. Voyez ses Origines Italiennes, au mot bicchiere. M. Lancelot n'a pas non plus bien rencontré touchant l'origine du François buccal, qu'il tire de buccoy, qui signifie abboyer; à cause d'un certain bruit lourd que fait l'eau en tombant de ce vase; quoiqu'il ait encore mieux rencontré, à cause du passage d'Aphrodite, que son adversaire le Pere Labbe, qui le tire de bucca. Bucculare se trouve néanmoins en cette signification. Voyez les Glossaires Grec & Latin de M. du Cange, aux mots bucc, bucca. Les Arabes disent bocal dans le même sens: Et M. l'Abbé Berault croit que le mot François bocal peut avoir été fait de ce mot Arabe. M. Je crois que le François bocal & l'Italien boccale, viennent de l'Espagnol bocal; & que l'Espagnol bocal vient de l'Arabe bocal ou boukal, que Golius interprète amphora fine ansia. Mais ce mot ne paroît point être propre à la Langue Arabe: ce qui me fait juger qu'il a été formé lui-même du Grec buccal. Les Arabes en prenant des Grecs les sciences & les arts, ont pris aussi d'eux plusieurs mots, comme il arrive nécessairement. *
BOCANE. Sorte de danse, ainsi appelée d'un nommé Bocan, Maître de danse qui composa cette danse. Ce Maître de danse vivait encore en 1645. M.
BOCHETTE. C'est un mot nouveau, que le Cardinal Mazarin a apporté en France, & qui signifie ce jeu de boule qu'on appelle le maître. De l'Italien bocciera, diminutif de boccia, qui signifie une boule de Mail. M.
BODER. Ce mot, qui dans le patois Messin signifie mentir, a du rapport à l'ancien boidie, qui signifiait trahison, tromperie; & il vient de bis dare, en sous-entendant fidem. Voyez ce que je dis sous le mot Boidie. Le Duchat.
BOEDROMIES. On appelloit de la sorte certaines fêtes qui se célébroient à Athenes. Harpocration dit qu'on célébroit les Boedromies en mémoire du secours qu'on donna aux Athéniens contre Eumolpe; & il ajoute que c'est aussi de-là que vient ce nom; que buccal est la même chose que buccal secourir, & qu'il signifie courir au combat. En effet, il est composé de buccal cri, & de buccal courir, & signifie mot à mot courir en criant, comme l'on faisoit en allant au combat. Plutarque, dans la Vie de Thétée, prétend que cette fête fut instituée au sujet de la guerre contre les Amazones, & que son nom lui vint de ce que ce Général les vainquit au mois de Juin, appellé par les Athéniens Boedromion. *
BOUF. Ce mot vient du Latin bos bovis, qui a été fait du Grec bucc, lequel, selon le P. Kirker, est dérivé de bucc, qui signifie je nourris, parce que le bœuf par son travail nous nourrit en cultivant la terre qui produit le blé. Mais Etienne Guichard prétend que tous ces mots, aussi bien qu'Apis, boup adore en Egypte, viennent de l'Ebreu bas abas, c'est-à-dire engraisser, d'où se fait mon abous, participe passif, engraissé, d'où s'est formé bucc, bos, bœuf. - Pour le P. Pezon, il les tire tous du Celtique bucc, qui signifiait la même chose. *
BOGIS. Voyez camus. M.
BOGOMILE. Nom de certains hérétiques qui parurent dans le XII. siècle, & qui étoient une espèce de Manichéens. Du Cange dit que ce nom vient de deux mots de la Langue des Bulgares, Bog, qui signifie Dieu, & misai, qui signifie ayre pitié. Ainsi Bogomile veut dire celui qui implore la miséricorde de Dieu. *
BOGUE, de chatalgne. Les Italiens disent buccia. Voyez buccia dans mes Origines de la Langue Italienne. M. BOGUE: sorte de poisson de mer. Rondelet, livre v. des Poissons de mer, chapitre XI. Ce poisson se nomme en Grec bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, pour la grandeur des yeux; bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc, bucc Et au chapitre suivant, qui est du BOGUE RAVELI Oppian seu des Anciens, fait deux espèces de Bogue. Aussi nos Pescheurs appellent un poisson en plusieurs choses semblable au susdit, Bogue Ravel. Or que signifie Ravel, je ne l'ai jamais lieu penser: si ce n'est que m'ont dit les plus suivants Pescheurs, que Bogue Ravel s'appelle, à cause qu'on le prend & qu'on le vend avec les poissons vulgairement nommés Ravaille; c'est-à-dire, petits: que l'on ne les tire point, parce qu'ils sont trop menus, & on les cuit tous ensemble. M.
BOHEME. Province d'Allemagne, appelée anciennement Bojohemum, & aujourd'hui par les Allemans Boheim. Ces noms signifient pays des Boiens. Le mot heim est non-seulement Teutonique, mais encore Celtique; puisque ce furent les Boiens, peuples Gaulois, qui, selon le témoignage de Vellelus, de Strabon, & de Tacite, donnerent le nom de Bojohemum au pays qu'ils occupèrent en Germanie, dans la forêt Hercynie; & ce nom se conserve encore aujourd'hui dans celui de Boheim ou Boheme. Heim, signifie en langue Celtique & Teutonique un toit, une habitation, une maison, une terre, un village, un bourg, un château, une ville, un territoire, un pays, une région, une patrie. Il a signifié aussi un Monastère, comme dans Laurensheim, qui veut dire Monastère de S. Laurent, & dans plusieurs autres noms que la longueur des tems a obscurcis. Au lieu de heim, les Anglo-Saxons disoient ham dans la même signification, & ce mot s'est conservé dans les noms de plusieurs lieux d'Angleterre, comme Nottingham, Buckingham, W'alsingham, &c. On le trouve même en France comme dans hameau, & dans le diminutif hamel. Il y a pareillement en Allemagne quantité de lieux, soit villes, soit bourgs ou villages, dont les noms se terminent en heim. Par exemple, Manheim, ville célèbre & capitale, signifie virorum fortium patria ou habitatio. Le verbe heimen, d'où vient heim, signifie en Langue Scythique ouvrir, & en Langue Celtique habiter ensemble. Selon Boxhorn, dans son Lex. Ant. Brit. chem en Langue Galloise, qui est un reste de la Langue Celtique, signifie la même chose; *cym-mydog*, c'est voisin, *cym-myd* & *cymmed*, habitation, pays, region. Le mot Ebreu *non hamon*, & le Grec *quic* veulent dire *multitude réunie ensemble*. Le peuple Germain, que les Latins appelloient *Chamavi*, & les Grecs *zouzou*, fut peut-être nommé de la sorte, parce que les habitations étoient jointes ensemble, au contraire des autres Germains qui demeuroient dans des maillons entièrement séparées les unes des autres : sur quoi on peut voir Tacite dans son livre des Mœurs des Germains, ch. xvi. Plusieurs ont cru que *Boheme* ou *Boheim* signifioit *pays de bétail*, parce que l'Ebreu *nana behemah* signifie bétail, & que *be* en Langue Galloise & en Langue Irlandoise, veut dire bœuf, vache, brebis, chèvre, &c. Mais Cluvier, conformément à l'Histoire, interprète le nom du pays dont il s'agit, *fedem & domicilium Bojorum*. En effet il est certain que les Boiens, du tems que Tarquin l'ancien regnoit à Rome, s'établirent dans ce pays sous la conduite de Ségovese, & lui donnerent leur nom. Froissart appelle la *Boheme*, *Behaigne*. Adelmar, dans sa Chronique, la nomme *Bovedem*. Quelques-uns croient que le nom *Boheme* est Sclavon, & qu'il signifie *prédiction*, *prophétie*; que les Sclavons s'étant emparés de ce pays, le lui donnerent, parce qu'il y avoit là je ne sçais quelle prophétesse; mais tout cela est dit sans fondement. Les Boiens, établis en *Boheme* par Ségovese, en furent chafés dans la suite par les Marcomans, peuple de Germanie, & ceux-ci par les Sclavons sous la conduite de Zéchiou Czechi. C'est pour cela que l'on trouve quelquefois la *Boheme* appelée Elclavonie. Ceux du pays l'appellent *Czeckaceme*, c'est-à-dire, *Terre de Czechi*, leur premier Gouverneur. Voyez Wachter, dans son *Giff. German*, aux mots *Boheim Ham*, & *Heim*.
BOHÉMIENS. On appelle de la sorte certains gueux errans, vagabonds & libertins, qui vivent de lacins & de flouteries, & qui sur tout font profession de dire la bonne aventure au peuple crédule & superstitieux. Borel dérive ce nom de *boim*, vieux mot François qui signifie *enforce-lés*. *Baume* en Provençal signifie retraite, endroit propre à se cacher. On dit encore en ce pays-là, la Sainte *Baume*, de l'endroit dans lequel se retira la Magdelaine, selon la tradition du pays. C'est de ce mot de *Baume* que quelques-uns font venir celui de *Bohémiens*, qu'il faudrait écrire *Baumiens* si cette étymologie étoit véritable. Pasquier, Rech. liv. iv. ch. 19, parle des *Bohémiens*. Il dit que le 17. Avril 1427, vinrent à Paris douze Penanciers, c'est-à-dire, Pénitens, comme ils disaient, un Duc, un Comte, & douze hommes à cheval, qui se qualifioient Chrétiens de la base Egypte, chafés par les Sarrazins, qui étant venus vers le Pape contesser leurs péchés, reçurent pour pénitence d'aller sept ans par le monde sans coucher en lit. Leur suite étoit d'environ cent-vingt personnes, tant hommes que femmes & enfans, restant de douze cens qu'ils étoient à leur départ. On les logea à la Chapelle, où on les alloit voir en foule. Ils avoient les oreilles percées, où pendoit une boucle d'argent. Leurs cheveux étoient très-noirs & crépes; leurs femmes très-laides, sorcieres, larronesses, & diséues de bonne aventure. L'Evêque les obligea à se retirer, & excommunia ceux qui leur avoient montré leurs mains. Par l'ordonnance des Etats d'Orléans de l'an 1560, il fut enjoint à tous ces imposteurs sous le nom de *Bohémiens* ou *Egyptiens*, de vuider du Royaume à peine des galères. Par un Edit de 1666, le Roi ordonne, que les nommés vulgairement *Egyptiens* ou *Bohémiens*, ou autres de leur bande & fuite, soient arrêtés prisonniers, attachés à la chaîne, & conduits aux galères, pour servir comme forçats, sans autre forme ni figure de procès; & à l'égard des femmes & filles qui les accompagnent, qu'elles soient fouettées, fêtriés, & bannies hors du Royaume. On voit bien par le récit de Pasquier pourquoi ces gens-là furent nommés *Egyptiens*, s'avoient, parce qu'ils se disaient venus de l'Egypte. Mais on ne voit pas pourquoi ils furent appelés en même tems *Bohémiens*, puisqu'il y a bien de la différence entre l'Egypte & la Bohème. Avertin, dans sa Chronique, écrite en Alleman, & plusieurs autres Auteurs, témoignent que cette sorte d'hommes ne commença à paroître en Allemagne que vers le commencement du quinzième siècle sous l'Empire de Sigismond. Ils disaient que leurs ancêtres avoient donneré en Egypte, & avoient été condamnés à l'exil pour n'avoir pas voulu autrefois recevoir l'Enfant Jesus & sa Mère; que pour cette raison il falloit que de tems en tems plusieurs d'entre eux courussent le monde d'une manière misérable. Comme ce rapport n'est confirmé par aucune Histoire ancienne, on a voulu leur chercher une autre origine. Un voyageur Italien les fait descendre de Caïn; comme si la postérité de Caïn n'avoit pas péri par le déluge. M. Sponde dit qu'ils descendent des habitans de Singare, ancienne ville de Méopotamie. On les a fait venir d'Affyrie, de Cilicie, du mont Caucafe, de la Tartarie, de la Nubie, de l'Abyssinie, & tout cela sur de simples conjectures. Il eût été plus naturel de les en croire sur leurs paroles, & de dire que c'est une race de Juifs, mêlée à présent de plusieurs vagabonds de race Chrétienne. En voici la preuve. Vers le milieu du quatorzième siècle, l'Europe, & principalement l'Allemagne, étant ravagée par la peste, les Chrétiens s'imaginerent que les Juifs avoient empoisonné les puits, & gâté les eaux que l'on buvoit, & dont on se servoit pour cuire la manger. Cette idée, quoique destituée de preuve, mit dans une si grande fureur les Princes, les Magistrats, & sur-tout la populace, qu'on ne songea plus qu'à détruire entierement les Juifs. Un grand nombre se sauverent comme ils purent, se jettèrent dans les forêts & dans les lieux les plus déferts. Ils se mirent ensemble pour être plus en sûreté, & se ménagèrent des souterrains d'une très grande étendue. Il y a toute apparence que ce sont eux qui ont creusé la plupart des vastes cavernes qu'on voit encore en Allemagne. Cinquante ans après, ce malheureux peuple ayant lieu de croire que ceux qui l'avoient tant haï, étoient morts, quelques-uns d'eux se hazardèrent de sortir de leurs tanieres. Heureusement pour eux, les Chrétiens se traitent alors les uns les autres comme ils avoient traité les Juifs. La guerre contre les Hussites falloit une diversion favorable; & les Juifs profitant de cette confusion, quitterent leurs cavernes. Mais comme il falloit dire ce qui les amenait en Allemagne, il convinrent entre eux de dire que leurs ancêtres avoient habité autrefois en Egypte, & en avoient été chafés pour n'avoir pas voulu recevoir la Vierge Marie & son Fils. De-la leur vint le nom d'*Egyptiens* qu'on leur donne souvent. Il n'étoit pas naturel que des gens qui arrivèrent, disaient-ils, en Allemagne, n'eussent pas une lan- gue différente de l'Alleman. Outre la nécessité de la vrai-femblance, il y avoit aussi celle de leur sûreté : c'est pourquoi ils se forgerent un Jargon déguisé de l'Alleman, & ils firent entrer dans ce Jargon un assez bon nombre de mots Ebreux. Ces mots Ebreux déguisés par la Langue Allemande, décèlent l'origine de ces gens-là, & sont une preuve de ce qui en été dit ci-dessus. Pour ne paroitre pas entièrement inutiles à ceux dont ils impunient l'affilance, ils affurèrent que les maisons où ils croient une fois reçus n'étoient plus fujettes à l'incendie. Ils feignirent de s'avoir parfaitement la Chiromancie, & se mirent à dire la bonne aventure aux femmelettes & aux servantes, toujours curiosités de s'avoir quel galant ou quel mari elles auront. La fureur contre les Juifs s'étoit enfin appaissée, leur nation fut admise de nouveau dans les villages, puis dans les villes. Mais il refait toujours un certain nombre de gens acouinés à cette vie libertine & vagabonde, accoutumés au vol, & incapables de se fixer dans un lieu où il faudrait vivre conformément aux lois civiles. La beauté de quelques-unes de leurs filles, le charme apparent d'une vie exempte de contrainte & de travail, ont séduit de jeunes débauchés de familles Chrétiennes ; de forte qu'il y avoit de l'injustice à mettre sur le compte de la Nation Juive, la vie scélérate & désordonnée des Egyptiens. Quoique cette Nation loit l'origine de ces gens-là, il s'en est fait un tel mélange de divers peuples & de diverses religions, qu'ils ne reconnoissent plus ni religion ni patrie. Ceux qui passerent en France se dirent Bohémiens, & ce nom est donné par cette raison aux diseurs de bonne aventure.
BOIAU. De boitellus, diminutif de botus, ihusité. Voyez boitargues. Boitulus, qui est la même chose que boitellus, se trouve dans Martial. M.
BOIDIE. Trahison, tromperie, fineffe. Le Roman de Guillaume au court nés : Par ce te veux monstres que tu as soy mentis. Vers ton Seigneur as fait trahison & boidie. Herman de Valenciennes, au Roman de la Bible, parlant de Rachel, lorsqu'elle déguisa Jacob pour lui faire donner la bénédiction plutôt qu'à Eiau : A donc se pourpensa d'une molt grand boidie. Par-là on voit assez que Pasquier est trompé, en expliquant boidie par vue, dans les vers de Thibaut Comte de Champagne. Caseneuve. A boidie répond boder, qui dans le patois Messin signifie mentis : ce qui fait que je m'imagine que l'un & l'autre pourroient bien venir de bis dare, en sous-entendant fidem, par le changement de l'i en oi, comme en boire fait de bibere. Ainsi boidie, que sans doute on aura dit pour boidie, viendra de bis data, qu'on aura dit pour bis, ou bina datio, en sous-entendant fidei. Ce mot peut aussi venir de bis dicere, dans la signification de mentis. Le Duchat.
BOIENS. Anciens peuples de la Gaule Aquitanique. M. de Marca, dans son Hifi. de Beare, les appelle aussi Boiates. On trouve dans César des Vocates ou Vocates parmi les peuples de l'Aquitaine. Les Boiens occupoient le pays de Buchs, où est le bourg appellé vulgairement Tête de Buchs. Ce bourg étoit anciennement une des douze cités de la Novempopulanie, & cette cité est appelée dans les Nostées la cité des Boiates, auvent Boiens. Une partie de ces Boiens se joignit du tems de Tarquin l'ancien, au fameux Segovée, passa le Rhin sous sa conduite, & s'établit, partie en Boheme, d'où ce pays tira son nom, & partie en Italie. Dans la fuite, ceux de Bohème chaffés à leur tour par les Marcomans, se retirèrent dans le pays qui a causé d'eux fut nommé Baviere, comme nous avons dit plus haut au mot Bajuvariens. Ceux d'Italie, au commencement du gouvernement de César, se joignirent aux Helvétiens pour entrer en Gaule. César les défit, & obligés les Helvétiens de retourner chez eux : pour les Boiens, les Hédouens demanderont au Général Romain, qu'il leur permit de se mettre dans leur voisinage. Il y consentit, & leur assigna une partie du Bourbonnois d'aujourd'hui, & la partie de l'Auvergne, qui est entre la Loire & l'Allier. Voyez César, Comment. liv. 1. ch. 18. & M. de Valois, dans sa Nostée des Gaules, au mot Boit, & pag. 316. où il dit qu'on les nomme encore aujourd'hui Buies, & leur pays, le pays de Buchs. Vignère a dit Boies au lieu de Boiens. Favin croit au contraire que ce sont les Bourbonnois qui ont peuplé le pays de Buchs, mais sans fondement. Wachter, dans son Glos. German. au mot Bohem, interprète Boit par Coloni, c'est-à-dire, habitans, & il dérive ce mot Celtique bau, qui signifie domicile, habitation, lieu où l'on habite, où on s'établit, & ensuite maison, village, ville. En Anglo-Saxon c'est bye, en Illandois bo & bu. Bauen, & en Gothique bauan, en Anglo-Saxon byan, en Gallois biaa & piaa, c'est occupé un lieu, le posséder, s'y établir, y habiter. Le Grec ou, ou, posséder, convient avec ce verbe Celtique & Teutonique. Voyez Wachter, dans son Glos. German. au mot Bau.
BOIER. Terme de Poitou, où on appelle boë un bœuf, & boier un bouvier. Boier est une contraction de bouvier, qui vient de boviarius. Le Duchat.
BOIS. En Languedoc bofc. Il vient du verbe Bivore, qui signifie paire : parceque les bois servent de pâturages. Nous appellons aussi bois, les buches & les fagots qu'on coupe pour brûler. Les Lois d'Ecosse, intitulées Regium Majestatem : Cum plaustro vel cum equo asportando bofcum. Leges Burgorum, cap. 18. Qui portant bofcum, turbas, vel petas, ad vendendum. Caseneuve.
BOIS. De bofcum, qu'on a fait de bofcum ou bofcus, qui signifie saltus, sylva. Bofcum vient de l'Alleman ou du Flaman bos, d'où les Italiens ont aussi fait bofco. Nous disions anciennement bos, de bofcus ; témoin le refrain de la Chanson : Des sabots par la mordienne, Des sabots de bos. Guillaume de Dole, au Roman de la Rose : Ni a nul qui de faim ne muire De ceux qui ont en bos est. Les Picards prononcent encore ainsi aujourd'hui, & les Lyonnois appellent boflaupiers ces engins de bois à prendre les taupes. Bofcus se trouve dans Mathieu Paris, & ailleurs. Voyez Voissus de Vitis Sermonis II. 3. & Spelman au mot bofcaquum. De B O I. B O L. De *bofcus*, on a fait le diminutif *barkettus*, dont nous avons fait BOUQUET, & ensuite BOUQUET. De *bofcium*, on a fait le diminutif *bofciens*, d'où, selon quelques-uns, nous avons fait BUISSON. On a dit aussi *bofca* au féminin; d'où vient notre mot de *bushche* : & *bofcaquium*, d'où vient BOSCAGE. De *bofcus*, les Italiens ont fait *bofce*. M. Selon Wachter, dans son *Gloff. German*, au mot *bushch*, le mot Alleman *bushch*, & le Flaman *bushch*, qui tous deux signifient *bois*, *fort*, le François *bois* & *bofage*, l'Italien *bofce*, & le Latin-barbare *bofcus*, viennent tous originairement du Grec *Bieum*, parceque les animaux paissent dans les bois. C'est aussi le sentiment de Junius, dans ses Observations sur Will. page 180. de Ferrari, dans l'explication du mot Italien, & en dernier lieu de Reizius, dans ses mots Grecs-Belgiques. \*
BOISER. Il signifie *trahir*, *tromper*. Le Roman de Guillaume au court nés, au Couronnement de Louis, introduisant Charlemagne qui donne à Louis le Débonnaire des préceptes pour bien régir ses Etats : *Que situ veux il t'aura grand moffier Que de vilain ne faces conseiller, Fils à Prevost ni de fils avoir : Ils boifervient à petit par loyer.* Et en un autre endroit : *Enfi doit l'on traiter ioftifer, Qui son Seigner veuls trahir & boifer.* Cafeneuve.
BOISER. BOIDIE. Vieux mots inuités qui signifient *trahir* & *trahison*. Voyez M. de Cafeneuve. M. On dit encore dans le *fille* bas *emboifer*, pour *duper*, *enjeiller*. Le Duchat.
BOISSEAU. L'etimologie que donne de ce mot Le Bon, est si ridicule, qu'elle mérite d'être ici rapportée. Il dit que ce mot a été ainsi dit, comme qui droit *bois avec le fœtus*, parce que le boiffeau a la marque du Prince ou de la Ville. Ce mot a été fait du Latin-barbare *bushellus*. Voyez *boffe*. M.
BOISTE. De *boftea*. Le Comte S. Everard, mari de Gille, fille de Louis le Débonnaire, dans son Testament, qui se voit au Code *Dumetum piarum* d'Aubertus Myraus : *De paramento Capella noffra, buffeum crystallinum cum Reliquiis legavis*. Cafeneuve. Schiopetius tuf taf, bom bom colubrina florunat. Le Duchat.
BOMBANCE. De pompantia, fait de pompa. Pompa, pompare, pompans, pompantis. De pompare, on a fait pomper, mot inusité en cette signification; mais qui a été autrefois en usage, comme il paroît par Pompadour, pompe, &c. M. Dans la Legende de Sainte Elisabeth, édit. de 1476, le mot pompa de l'original a été traduit par bobuns. Le Duchat.
BOMBARDE. Quelques-uns croyent que ce mot a été dit par corruption pour Lombarda, parce que les Espagnols disent Lombarda pour dire une bombarde: Et ils veulent que Lombarda ait été dit de Lombardie. Mariana, liv. xix. de son Histoire d'Espagne, chapitre 14. en 1406, parlant de l'assemblée qui se tint à Tolède après la mort de Dom Henri, Roi de Castille, où il fut délibéré de l'ordre qu'il falloit apporter aux préparatifs de la guerre contre les Maures: Tradose ante todas cosas que el Reyno sirviese con alguna buena suma, tal que pudiesen assoldar catorze mil de a cavallo, cinquenta mil peones, armar trepeta galeras, y llevar seys tiros gruesas que nostres Coronillas llaman Lombardas, creo de Lombardia, de do vinieron primero a España, o porque alli se inventaron. Laurens Valle, Polydore Virgile, Platine, Pancirole, Volaterran, Erasme, Spelman, Voissus, & autres, le dérivent de bombus. Les paroles de Voissus méritent d'être ici transcrites. Les voici: Nomen hoc ei impositum arbitrantur, quod cum sonitu & flamma globos ferres evomans: nempe a bombo & ardeo. Justus tamen Lipsius, epistola praxixa Polioreticis, refert Lombardam vocari in superioribus Annabibus: quod superiori etymu repugnat. Verum Bombardam quoque scripsis, & a bombo & ardeo deduxit Laurentius Valla, qui anno 1420. claruit, hoc est, non ita multij post Bombardam inventam; ut quam anno 1380. juxta quoddam, aut biennio ante, juxta alios, in perniciem generis humani invenerit quidam Constantinus Auclitzem Friburgensis, vel Bartoldus Suarez, Profefsiens Monachus, at Chymia studiosus. Nec inopte nonem bombardæ inditum a bombo; cum bombi vox non tantum dicatur de apum strepieu, aut fano poculi bilibientis, sed etiam, Eustathio tefte, tomtrui tributar, cujus fonom bombarda imitantur. C'est au livre 4. chapitre 13. article 7. de sa Rhétorique. Voyez Nicot, Covarruvias, & Spelman, dans leurs Dictionnaires; & Pancirole, avec son Commentateur, au Titre xviii. des Choses nouvellement trouvées. Le mot François BOMBARDE a été fait de l'Alleman bomberden, qui est le plurier de bomber, qui signifie ballistra. Dans une très-ancienne Chronique des Pays-Bas, (ce que j'ai appris de M. Voissus le fils) bomber-steenen est pris pour les pierres que jettent les machines de guerre. Steenen en Alleman signifie pierres. Mais quand bombarde viendroit de bombus, il ne viendroit pas de bombus & d'ardeo: arde ne seroit qu'une production de bombe. Voyez Montarde. M. Voissus a bien rencontré lorsqu'il a pris le mot bombarde pour une onomatopée. La note marginale sur ce Vers de la féconde Macaronée de Merlin Coccale, page 97. des Œuvres de ce Poète: Dans que focum schioppis, tuf taf sberrante ballistra. Tuf taf, schiopetti est. Bom bom, artelazie grosse; unde Versus:
BOMBASIN. De bombassinum. De bombix, on a fait premierement bombax, comme de paus, macax; de parapsis, parapsis; de solpuga, salpuga. Pour bombax, on a dit ensuite bambax, qui se trouve dans les Onirocritiques d'Achmet, chap. 264. & dont les Italiens ont fait bombaggine. De bombax bombacis, on a fait aussi bombacinum; d'où nous avons fait bombasin. Les Grecs modernes disent Bausaric. Voyez M. de Saumaisle fut Solin, page 296. & M. Bochart, livre 1. des Colonies des Phœniciens, chap. 7. & 45. Bausaric, & Bausaric se trouvent aussi pour bombycinus. Voyez M. du Cange, dans son Glossaire Grec, au mot Bausaric. Bombysinum se trouve dans Isidore, xix. 22. Bombycina, est à bombyce vermiculo, qui longissima ex se fila generat, quorum textura bombysinum dicitur, consiciturque in insula Coa. Voyez bacin. M.
BONACE. Tertullien, De Pallio: Sic & mari fides infamis, dum & flabris aquè mutantibus, de tranquillo probum, de flabris temperatum, & extemplo de decumanis inquietum. Probum, bonum interpretatur Salmasius, qui & alicubi se legisse addit bonum mare, & faventes ventos: unde ait derivatum bonace. Caseneuve.
BONACE. De bonacia, qui a été fait de bonum. M. de Saumaisle, sur Tertullien de Pallio. Probum mare dicitur cum bonum est. At bonum non est nisi tranquillum. . . . Hinc badique bonaciam dicimus tranquillitatem. M. Bochart, livre 1. des Colonies des Phœniciens, chap. 7. croit qu'on a dit bonacia, au lieu de malacia; de même qu'on a dit bonacia, au lieu d'æstoc, & beneventum, au lieu de maleventum. L'opinion de M. de Saumaisle est la véritable. M.
BON-CHRETIEN. Les poires de Bon-Chretien, comme écrit Charles Etienne dans son Traité des Arbres, intitulé Seminarium, furent apportées de la Campagne d'Italie à Naples, du tems que le Roi Charles VIII. y étoit. Il y en a qui tiennent qu'elles ont pris ce nom de Saint François de Paule, qu'on appelloit de son tems le bon homme, & le bon Chretien; parceque ce fut lui qui le premier eut le soin d'en faire apporter l'arbre. Caseneuve.
BON-CHRETIEN. Sorte de poire. Quelques-uns croyent que ces poires ont été ainsi appellées, à cause de Saint Martin qui étoit un bon Chretien; lequel, comme ils prétendent, les apposta le premier en Touraine. Ce qui est dit sans preuve. J'ai quelque opinion qu'elles ont été ainsi appelées, par corruption, de bona Crustamiana. Pancirole, livre 1. des Choses perdues, Tit. xvii. des Fruins: Quamquam est frullibus quibus Patres gandebam, non raros vos habemus, facit tamen spcierum diversitas, ut quinam illi fuerint non satis exploratum nobis sit: paecis tantum exceptis, qui pristiu obtrinuere nomen, ut sunt potia cotonea, apiana, roscia; nana, melinela alias dicta. Aliorum nulla est voicta. Idem & poies obrigis. Præteremio apicarium, mofchatulum, quod pyrum superbum dicitur, & alia pauca, reliquorum nulla ferò est cognitio. Crustaminum multi volunt id fuisse, quod hodie ghiacci-velo. Ego vero vocabulum illud corruptum, & idem illud pyrum fuiffe potarim, quod nobis etiamnum in ufus est, & pero buon Christiano appellatur; quaſi dicas, pyrum Cruſtumianum. Hojus, ut & alio- rum duorum, nomina ſimul unico verſu expreſſic Vir- gilius, cum ait: Cruſtumiſque, Syriſque pyriſ, gravibuſque Volemiſ. Sed nec aliarum pyri ſpecierum meminit, ut Plinius notat. Servius, ſur ce vers de Virgile, dit que ces poires Cruſtumies étoient rougeâtres d'un côté: Cruſtumia pyra ſunt ex parte rubentia; ab oppido Cruſtumio nominata. Et Pline, livre & chapitre xv. a écrit qu'elles font les meilleures de toutes les poi- res: Cunitis autem Cruſtumina gratiſſima: ce qui ne convient pas mal à nos poires de Bonchretien; car elles font rouges d'un côté quand on les cueille dans des eſpaliers; & elles font d'ailleurs ſi excel- lentes, que Budée & Nicot les ont appellées pan- chreſla, c'eſt-a-dire, toutes bonnes. Et à ce propos, je produirai ici ce que Papyrius Maſſo, dans ſa Deſcription de la France par les Fleuves, p. 65. a dit des poires de Bonchretien de la Touraine: In Terminus, pira Boni Christiani adeo ſnavia, ut Pontifex Romanus ad ſe miſſa cum Cardinalibus convivii avide comederit; nec quicquam accipi à ſuis voluerit pro Bullis à deſignato Turonensi Epif- copo. C'étoit cet Archevêque de Tours, qui avoit envoyé au Pape ces poires de Bonchretien. Char- les Etienne, dans ſon Seminarium, parle des poi- res de Bonchretien en ces termes: Pira omnium nobis gratiſſima ſunt, qua vulgo Bonchreſtiana rog- neminantur, poires de Bonchretien: non ob hoc ſo- lum quod in eximia ſuavitate librale pondus aquent, sed quia tanta ſunt teneriudinis, ut guſſata, velipſo ore, & tantum primoribus labris, ſtatim eliquſcant, & perennem, geſtatumque tolerent. Primum quidem Neapolim uſque delata, Carolo oſtavo ibi res geren- te, a ſolici illa Campania. M.
BOND, BONDIR. Les Eſpagnols diſent bote de la pelota, pour dire le bond de la balle: & botar la pelota, pour dire faire bondir la balle. Bote de pelota, c'eſt, dit Covartuvias, golpe el que da en el ſuelo, y botiboleo el golpe que ſe le da eſuel ay- re, antes que cayga en tierra: ce que nous diſons de volée. De bote, on a fait bonte, dont nous avons fait BOND, & de bond, BONDIR. M. Guyet, ſur ces mots de l'ancien Lexicon Grec-Latin, page 411. BONDIR, bombie, a fait la Note ſuivante: BONDRE, bondir: BONDIR, bond; le bond. Et il a écrit ail- leurs, que de rebombinus on a fait rebondi. M.
BONDE, BONDON. Les Allemans diſent pont, pour dire un boncban, un bondon, obturamen- tum; & ſpund, pour dire le bondon d'un tonneau, delii epiſtomium. Et apparemment c'eſt de ces mots Allemans que vient le François bonde. Le mot de bonde en Anglois ſignifie un lien. M. On a dit auſſi bondail, dans la ſignification de bondon. Alain Chartier, page 265. au Poème inti- tulé l'Eſpérance, &c. Ainsi qu'un mouſt qui bouſt ou tomus, & par ſault de vent rompt la barre & le bondail. Je crois que bondon & bondail viennent de bonde, qu'on a dit autrefois pour borne. Voyez ſous le mot borée. Les Allemans n'ont point de verbe pour dire bondonner: ce qui fait voir qu'ils ont pris de nous leur mot pont. Le Duchat.
BONDRE'E. Oiſeau de proie, appellé au- trement goiran. Belon l'appelle boudrée. M. Belon a appellé cet oiſeau boudrée au chap. 10. du livre 2. & boudrée au chap. 13. dans le texte & à la marge. Rabelais, livre 1. chap. 22. a dit boud- rée. Or comme la boudrée ou boudrée, à ce que dit Belon, eſt de la groiſeut d'une poule, & que l'hiver elle devient exceſſivement graſſe, je m'i- magine que ſon nom pourroit bien venir de pon- derata. Ponderata, boudrea; & comme on lit boud- rée & boudrée, il ſe peut que l'un & l'autre ſoient bons, & qu'on aura dit boudrée de ponderata, com- me toucelle de toufella, conveni & conveni de con- ventus. Le Duchat.
BONE. Port de mer & Ville d'Afrique. Ce nom s'eſt formé par corruption de celui d'Hippo- ne, parcequ'on prétend que c'eſt l'Hippone de Prolomée, ou qu'elle a été bâtie des ruines de cel- le-la.*
BONHEUR. Ce mot eſt compoſé de bon & de bour, & bour vient de bora. Voyez ci-deſſous Heur.*
BONIFACE, nom propre d'homme. De Bonifacius. Les Grecs ont rendu ce mot par Bon- fiacius: ce qui fait voir que les anciens Latins écri- voient Bonifacius, & non pas Bonifacius; & qu'ils avoient fait ce mot de bonum ſarum. M.
BONNET. C'étoit certain diapi, dont on fai- ſoit des chapeaux ou habillemens de tête, qui en ont retenu le nom, & qui ont été appellés bonnets; de même que nous appellons d'ordinaire caſtors, les chapeaux qui font faits de poil de caſtor. Le Roman de Guillaume au court nés, dans le Char- roy de Niſmes: Un chapel, & de bonnet en ſa tête. Guillaume de Nangis, en la Vie de Saint Louis: Ab illo tempore nunquam inducus eſt ſquarieto, vel panno viridi, ſen bonneta. Caſeneuve.
BONNET, forte d'habillement de tête. Les Eſ- pagnols diſent bonete; les Anglois, bonnet; & les Flamans, ſelon le témoignage d'Adrianus Junius, dans ſon Nomenclateur, chap. 76. au mot piēnus, bonnete. Charles de Bovelles parle de l'origine de ce mot en ces termes: BONET, capitis tegumen- tum: ſaſtitia & arbitraria dictio: fortè a duabus dicta, bon eſt; quia tegere caput adversum cathar- ribus & pituitas bonum eſt. Hinc fortè erosa in medio litera S, bon eſt; manſe bonet. M. de Caſeneuve en a trouvé la véritable origine, inconnue juſqu'à lui à tous les Etymologistes. Voyez l'article précé- dent. Remarquez que les Anciens diſoient boneta. Le Chronicon Boſienſe, part. 1. chap. 74. parlant des habillemens des hommes de ſon tema: Mieras geſtabant juvenes utriuſque ſexus, quas vocabant bo- netas: poſt, capellos de lino, vel coſſias. M. BONNET QUARRE. M. du Cange, dans ſon Gloſſaire Latin, au mot Aluncium: Jam verò ex praallaris ſaris parte, almucias primus capita ope- riuſſe; ita ut a capite pellis pars retro penderer, qua collum tegeret, pars verò ea qua caput operiebat, forma eſſet quadrata, & quatuor veluti cornua eſſu- geret: quod poiſſimum licet iuſpicere in antiquis piſturis Canoniconum, in Regello Camera Compuso- rum Pariſienſis, de Frodis Comitatus Claromontenſis in Bellevacu, & apud virum doctiſſimum C. Moli- netum de Veſtibus Canoniconum Regularium, p. 97. Atque hinc jam licet haurire unde ejuſmodi pileo- rum, quos vulgo bonnets quarrés appellamus, uſus fluxerit; qui non alii ſunt quam almuciarum part qua caput tegebat, reſecta cauda: quod quidem pau- ci, opinor, haſtenus adverterunt: iique tum obiunio- re, cum almucia, vel in brachiis, vel ſupra hume- ros geſtari capere. . . . Vide Paſcaſium, libro 4. D d ij Difouissement Francicarum, cap. 15. Voyez aussi ci-dessous, au mot chapeau. Voici l'endroit de Pasquier; qui ne s'accorde pas avec l'opinion de M. du Cange: Parville mutation est avemé aux bonnets que nous appellons bonnets ronds, combien qu'ils soient quarrez. Car anciennement les plus grands perdus les chaperons sur leurs tefes, l'usage petit à petit s'en estant perdu, cela demeura seulement aux gens de robe longue: en quon on s'aidait du bourlet, qui est rond, lequel environnait le circuit de mes tefes; & ce surplus du chaperon pendait d'un coiffé, & de l'autre on environnait son col. Chois qui ne se peut mieux représenter que par des petits Marmouzets: Il faut, de petits: qui sont encores au commencement des barreaux de la Chambre dorée du Parlement de Paris. Cela estait pénible, & une grande charge de tefle: un moyen de quon il fut trouvé bon de retrancher tous ces grands appentis de chaperon, & se referer seulement ce qui représentait le bourlet pour couvrir la tefle. C'est pourquon on s'avisa de faire avec grandes éguilles des bonnets ronds, qui représentait le bourlet: (& par aventure furent: ils appelent bonnets, au lieu de bourlets, par un doux échangement de l'un à l'autre) ce qui continua longuement. Car encores de ma jeunesse les plus vieux Théologiens prenans à religion de ne rien changer des vieilles couflumes, en pertoient. Et il y avoit un petit monde de peuple qui en vivoit en cette grande rue des Cordelieres, au Fauxbourg Saint Marceau de Paris; lesquels furent fort longtemps en mauvais moignage avec les Escoliers, jusqu'à faire une forme de guerre civile les uns contre les autres. A ces bonnets ronds on commença d'y apporter je ne say quelle forme de quadrature grossière & lourde, qui fut cause que de mes premiers ans s'ay veu qu'on les appelait bonnets à quatre braverres. Le premier qui y donna la façon, fut un nommé Patrouillet, lequel se fit fort riche Bonnetier aux despens de cette nouveauté, & en basfit une fort belle maison en la rue de la Savaterie, qui appartient aujourd'hui à M. du Val, Conseiller. Depuis, le bonnet ayant changé de forme, lui est toutefois demeuré le nom de bonnet rond. Conflume toutefois très-inepte; mesmes que nous reparions nos tefes rondes de bonnets quarrez. En quon l'on peut dire, que par une grande bigarrette nous avons par hazard trouvé la Quadrature du Cercle; annusoir ancien des Mathématiciens, où ils ne peuvent jamais donner atteinte. ¶ Remarquez que du tems de Pasquier, on appelait bonnets ronds les bonnets quarres. M.
BONNEVOUILLE. Galérien volontaire. De l'italien bounavoglia, qui signifie la même chose. M.
BONNYL. Vieux mot qui signifie le nombril. Le Traducteur du Traité de Platine, parlant des Langouftes, dans un des chapitres du livre 10. fol. m. 93. Aucuns les cuisent sur le gril & les fufondissent de poyvade; mais communément par de-ça se cuisent au four, & leur estoupe l'on le bonny avec du coton ou d'estoupe, à cause que ce qu'est dedans ne yse dehors. Ant. Oudin, dans son Dictionnaire Italien & François, au mot bonigoldo, dit que selon quelques-uns ce mot signifie le nombril. A Mets bodate c'est le nombril. Ainsi je m'imagine que bonny, bonigoldo & boldate auront été faits de bonna, d'où nous avons fait bonne & ensuite borne. Voyez M. Ménage au mot Borne. Bonna, bonnum, bonillum, bonnil. Bonnum, bonillum, bonigoldum. Bonna, bonda, bondetta, bodetta, bodate. Le Duchat.
BONRAS. Abbaye de l'Ordre de Citeaux au Diocée d'Auxerre. De bonus radius, selon l'ancienne Chronologie des Abbayes de cet Ordre. P. J. Add. BONS-HOMMES: pour Minimes. Maître François, livre 3. chapitre 24. Pourtant a-je fait vœu à Saint François le jeune, lequel est au Plessis les Tours réclamé de toutes femmes en grande déviation: car il est le Fondateur des Bons-Hommes, &c. Du Pleix en la Vie de Louis XI. dit que les Minimes ont été appelés Bons-hommes, de François de Paule leur Fondateur, que le Roi Louis XI. appelait le bon homme, & que François de Paule les avoit nommés Minimes, par humilité, à l'exemple des Freres Mineurs. Voyez Minimes. Et c'est aussi la pensée de Pierre de Bonfons, au chapitre 7. du livre 3. de ses Faftes & Antiquités de Paris; où parlant du Couvent des Minimes de Nigeon, fondé par Anne de Bretagne, femme de Louis XII. il en parle en ces termes: Cet Religieux, ou Hermites, s'appelleient lors Minimes; titre fort convenable à cette louable humilité, qui est le fondement & le but de leur règle. Mais le Prieur, ou le plus ancien d'entreux, estant fort carressé du Roy Louis, (C'est Louis XI.) & par lui appellé son bon-homme, on commença indifféremment à leur donner à tous ce titre: si qu'entre le vulgaire on les reconnoit encore plusfost par ici, que par celui de Minimes. D'autres disent qu'ils ont été ainsi appelés parce qu'on leur donna premièrement la Maison du Bois de Vincennes, où ils sont encore à présent; laquelle étoit aux Religieux de l'Ordre de Grammont, qu'on appelait en ce tems-là Bons-hommes. Il y a dans le voisinage de la Ville d'Angers un Prieuré de l'Ordre de Grammont, qu'on appelle encore aujourd'hui le Prieuré de la Haye aux Bons-hommes. Camden fait mention dans le Comté de Bukincam, de certains Religieux surnommés Bons-hommes: In ipso collum ad orum angulo acclivem situm Asheridge, fecceus olim regius, occupat, ubi Edmundus Cornubia Comes, Richard Romanorum Regis filius, Carudium novi tunc temporis Iustitui, Religiosis, Bonos-homines vocant, quas ille primus in Angliam induxit, excitavit: qui curuleum, ut Fratres Heremitani, induti. Il est vrai que les Religieux de Grammont s'appelloient autrefois les Bons-hommes. Etienne, premièrement Abbé de Sainte Geneviève, & ensuite Evêque de Tournay, dans son Epître xxi. parlant des Religieux de Grammont: Hominibus placent, & servi Christi sunt. Boni-homines appellantur. Voyez M. du Cange au mot Boni-homines. Outre ces Religieux, les Hérétiques Alligeois se sont aussi appelés Bons-hommes; ce qui a été remarqué par M. du Cange au lieu allégué. M.
BOQUILLON. Vieux mot qui est le même que bucheron, & qui en est apparemment une corruption. Dans la Fable de la Fontaine, Mercure étant venu aux cris de celui qui avoit perdu sa coignée, lui en montra d'abord une d'or qu'il refusa, ensuite une d'argent qu'il refusa aussi. Enfin lui en ayant montré une de bois: Voilà, dit-il, la mienne cette fois; Je suis content si j'ai cette dernière. Tu les auras, dit le Dieu, toutes trois; Ta bonne foi sera récompensée. En ce cas-là je les prendrai, dit-il. L'histoire en est aussi-tôt dispersée, Et boquillons de perdre leur outil, Et de crier pour se le faire rendre. Le Roi des Dieux ne sait auquel entendre. Son fils Mercure aux criards vient encore; A chacun d'eux il en montre une d'or. Chacun eût cru passer pour une bête, De ne pas dire aussi-tôt, la voilà. Mercure, au lieu de donner celle-là, Leur en décharge un grand coup sur la tête.
BORCHET. Mot Meflin qui signifie un gros vase d'étain ou de cuivre, qui sert à aller querir à la fontaine l'eau à boire dont on a besoin à la maison. C'est un diminutif corrompu de broc. Broc, brocher, borcher. Le Duchat.
BORD. Les Allemands disent aussi bord. Et le François & l'Alleman viennent du Latin orium, en y préposant un B; comme à blesser de l'afare. Et orium a été fait d'ora. Ora, orula, orulum, or- LUM : d'où l'italien orle. Dans Ville-Hardouin, page 85, bordé se trouve pour bordé. Affer, ire de cela qui leurent que on allait d'autre part de la vile de cele part, où elle n'est pas bordée. D'orium, on a fait le diminutif orleum : d'où nous avons fait our- LET. Et d'orula, on a fait orle, c'est-à-dire, bord, en terme de Blafon. M. Dans le Glossaire Germanique de Wachter, au mot Bord, on lit les paroles suivantes. BORD, ora, margo, extremitas. Sommer, in Dict. Anglo- Sax. bord margo, finis, terminus, ora : innan bord and ut, intra limitem & extra. Verel. in Ind. bard, bord extremitas, margo, ora, Graeis visae, +2, extremum rei, finis, extremitas, orarium & oru- rium terminus finis. Qua nobis possunt esse instar er- mi. Synecdochice dicitur de limbis & lateribus. Gloss. Bord. portpleh braeica. Verel. in Ind. bord latera navium supra aquam extantia.
BORDE. Vieux mot, qui signifie loge, mai- son, maisonne, métairie. Le Roman de Lance- lot du Lac : Vous ne trouverez mes-huy ne bourde, ne maison. Du Saxon bord, qui signifie maison. Lin- dembrog dans son Glossaire, au mot bortmages : MAGIT, hodie Germanice ancilla. BORD, verem Lin- guà Saxonica, domus. Ut in epistola Alfred Regis Anglia, scripta ad Wulfigenm Episcopum. In- de BORDIG oriundus. Spelman : Appellari videntur Bordarii, quod circa ades vel hoffitium Domini ser- vilia peragebam opera : BORD enim Saxonice do- mus, hoffitium, &c. Coquille question 52. BOR- DELAIGE est dit de borde, qui en ancien langage François signifie un domaine, ou terrement en champs, que les Latins disent fundus. Et le mot borde ori- ginetement est une diction Tudesque & Germaine, qui signifie une terre, ou domaine, chargée de re- venue de fruits. Scaliger dans son second Scali- gerana : BORDA & VILLARIA apud Gregorium Ma- gnum sapiens occurrunt. C'est des bordes & Villiers : noms fort communis. BURDA, c'est une cense apud Gregorium Tizomenum. ¶ En Languedoc ce mot se prend pour une métairie, pour une maison de cam- pagne où on retire les bestiaux. Il me reste à re- marquer que les Espagnols appellent un bâtard borde. M.
BORDEL. Ces femmes débauchées qui ven- dent à v'il prix l'usage de leurs corps, ont de tout tems accoummé de loger dans des cabanes ou petites maisons. Il est dit dans le livre 4. cha- pitre 25. du livre des Rois, que Josias, purgeant le Temple des abominations que l'idolatie yavoit introduites, fit abattre le petit logis des ruffieris & des femmes débauchées : Destructe quoque adi- culas effeminatorum, qua erant in domus domini; pro- quibus mulieres texebant quasi domunculas luci. Oul De Lyra explique domunculas luci, par cortinas ad facendum prohibula in loco. Anciennement à Rome les femmes perdues se tenoient aussi dans de pe- tits logements, en un lieu appellé suburra, proche des murs de la Ville, & sous des lieux voûtes, ap- pellées formices; d'où vient le mot fornication. Elles se tenoient dans des étables, d'où elles furent ap- pellées prohibula. Nonius Marcellus : Prohibulum, quod ante flabulum stet, quasi nocturni ac diurni gratia. De-là vient qu'on appelle un lieu infame Bordel, qui signifie proprement une petite maison. L'Auteur de l'Histoire des Normans, livre 7. cha- pitre 14. dit que domuncula & bordellum, sont fy- nonimes; car parlant d'un homme nommé Sorengus, qui fut de nuit investi dans une petite mai- son par un Gentilhomme nommé Richard de Sainte Scholastique : Protimus, dit-il, quidam miles potens, nomine Richardus de S. Scholastica, cuius terram devastaveras, domunculam circumdellis cum hoc sa- milia. Sorengus verò expergellatus de bordello exit. Jean de Meun, au Roman de la Rose, ap- pelle aussi bordels, les cabanes des bergers : Convertes estoient de genestes, De feuilles & de rameaux, Leurs bordels & leurs hameaux. Et dans les Annales anciennes, en la Description d'un Siège par Charlemagne, les huttes des soldats sont appelées borderes. Eadem anno verni temporis obsedit dominus Rex Carolus Heriburgo, & Franci sedebam in gyrum per borderes. Car anciennement en France les petites maisons champêtres étoient appelées bordes. L'Histoire de Gueclin, chapitre 46. Et boncèrent le feu par-eum, qu'il ne demeura en estat borde ne maison. D'où vient le mot de bor- delage, qui signifie certain droit que payoient les maisons champêtres, & les terres qui en dé- pendoient. Casenove.
BORDEL. Nous disions anciennement bor- deau : ce qui a fait croire à quelques-uns que ce mot avoit été fait du mot de bord & de celui d'eau; à cause que les bordels étoient autrefois au bord de l'eau. Cicéron de Supplicis, Orat. x. in Ver- rem : Tamesti in alta (c'est-à-dire, an rivage) cum malierculis jacobae ebrus. Et ensuite : Ipsam illam ad partem littoris, ubi per eos dies tabernaculis po- siris casta luxuria collocaras. Suétoine en la Vie de Néron, 27. Quoties ofiam Tiberi deslueres, aut Ba- janum sinum praeservatigeras, disposita per littora & ripas diversoria taberna parabantur, & insignes ga- nea matronarum initiatorias operas imitantium, atque hinc inde orantium ut appelleret. Mais cette étymologie est peu vrai-femblaide, le mot de bordello des Italiens & celui de bordel des Espagnols, n'é- tant pas moins anciens que le François bordeau. Les mots François bordel & bordeau viennent donc du Latin-barbare bordellum, fait du Saxon bord; le- quel, comme il vient d'être remarqué, signifie loge, maisonnette : les logis des filles de joie étant ordinairement de petits logis, & qui pour cette taison ont été appelés celle par les Romains : & encore formices, de petites voûtes, d'où est venu formcart : & le lieu où l'on mena Sainte Agnès pour être violée, étoit in fornicibus Cirei Agonatis. M. Du nombre de ceux qui ont cru que bordel avoit été fait du mot bord & de celui d'eau, est entr'autre, l'Auteur d'une très-belle Lettre qui se trouve dans le tome 6. des Mémoires de la Ligue; & l'endroit de cette Lettre commence à la page 163. de ce tome 6. où il rapporte plusieurs passages anciens, autres que ceux de M. Ménage, qui sont voit qu'en effet les anciens tenoient les filles de joie hors des Villes, & communément sur le bord des rivieres. C'est aussi le sentiment d'Adrien de Valois, page m. 17. du Falesiana. Mais lui & les autres de son avis se sont trompés. L'étymologie de M. Ménage est la seule vraie. Le Duchat. Wachter, dans son Gloss. Germ. au mot Bordell, confirme aussi le sentiment de M. Ménage. Voici comment il s'exprime : BORDELL, Iupanar. Proprié domncula. Est enim diminutivum ab Anglo-Sax. bord, domus. Dicitur autem domncula, quia loca luxuria apud veteres plerumque erant casa & taberna per ripas disposita, quid ex Cicerone & Suetonio probat Menagini. Hinc & ganemes & scorta, & plebs quaque vilissima, cum in iisdem domnculis ad ripas habitarent, videntur dicti canalicola. Quocnece, vox Gallica canaille reftius ab ista hominum face quam a canibus derivatur. Etienne Guichard, qui veut trouver dans l'Ebreu les étymologies de presque tous les mots, ne manque pas d'en faire venir aussi le mot bordel. Il le dérive du verbe parad; mais en donnant à ce verbe une signification qu'on ne lui trouve nulle part; car il l'interprète scortari ut mulus, facere opus mulus qui non generat, coire eo paulo; parce que parad, dérivé de parad, signifie un mulet. Il prétend donc que de-la s'est fait bourdeau en François, que l'on diroit apparemment de son tems, & bordel en Espagnol, bordel en Flaman, bordello en Italien, le & ou p Ebreu s'étant changé en b. Or continuer-il, comme du mot parad, exposé mulus, parad a été exposé scortari; ainsi on a abusé en François du mot qui se dit des chevaux aux sens de coire; en quoi l'on reconnoit la conformité des Langues et mots dérivés par mêmes similitudes. Ainsi les femmes de mauvaise vie étoient appelées mulus s'quevient pulli veneris; & du mot vire & equus, a été fait invertium meretrix, invertium, qui meretricio amore debacchatur; & de parad, vire a pris son origine en Grec pour vire, 7 étant converti en 7. Voilà un bel exemple d'une étymologie tirée par les cheveux, & qui n'a pas la moindre vrai-femblance. Il arrive souvent à cet Auteur d'en donner de pareilles; & la même chose arrivera nécessairement à ceux qui se borneront à une seule Langue pour y trouver les origines des mots.
BORDELIERE. Sorte de poisson. Rondelet dans son Traité des poissons des Lacs, chapitre 8. A Lyon, ce poisson cappelle bordeliere, à cause qu'il fait toujours le rivage, qu'on appelle autrement bord. Il se prend aux Lacs de Savoye : & pense que c'est celui duquel Aristote fait mention entre les poissons des lacs & rivieres, qui est nommé ballerus. M.
BORDEREAU. Je crois que le bordereau a été ainsi appelé parce que ce papier n'est écrit que sur les bords, savoir à gauche les espèces, & à droite leur valeur. Le Duchat.
BORDIEUX. Rabelais, au Prologue du 4e. livre : Force mas, force bordes & bordieux. C'est un ancien plurier de bordel, dans la signification d'une petite maison de campagne. On a dit de même vieux pour tels. Et en Picardie lieux pour seau ou fideles. Le Duchat.
BORGNE. Les Italiens disent borrio, & les Bas-Bretons born. Tous ces trois mots viennent du Latin orbus. Les Glofes anciennes : onpic, cacus, orbus. Et ils ont été formés en cette manière : orbus, orbinna, orbuns, bornus, bornius, BORNIO, BORONE, BORN. Orbines se trouve dans les Glofes. Orbis, onpic. Et orbus, a été fait d'opc. d'où opc. Le mot de borgne est ancien dans notre Langue. Le Gloffaire des Pithous : oculum erneum habentem. BORONE. Centius se prend pour un borgne, dans la Loi Salique, titre 32. J'oubliais a remarquer que borrengne en Flaman (a) signifie aussi borgne. Nicolas Vignier, dans son Sommaire de l'Histoire de France, page 321. en l'année 1321. Le Roy Philippe, surnommé le Long, & par la vieille Chronique de Flandre, le Borrengne, qui semble signifier le Borgne, étoit bon homme de soy. M.
BORNE. Limite. Nos anciens François disolent bonne. Les anciennes Coutumes de Paris, livre 31. au Titre De faire bonnage, ou De faire partie sans jouffiffe : Se frères Confumiers partifiaient ensemble, ils parvoient bien seignier les parties de piez ou de pierres; car ils ne parvoient mettre bonnes, ne ne devroient sans jouffiffe : & se ils mettoient bonnes sans jouffiffe, ils en servient l'amende à la jouffiffe, de chacune bonne 60. fois. Rodolphus Glaber, livre 2. chapitre 10. Multi ibi limites, quos alii bonnas nominant, suorum recognoverunt agrorum. Jean de Meun, au Roman de la Rose : Les terres ensemble partirent, Et au partie bonnes y mirent. Ce mot vient de boric, qui signifie un monceau de terre. Les Glofes : Coric, tumulus, collis : parce que les Anciens marquaient les limites des champs par des monceaux de terre, appellés bonnes, & borontini. Cafeneuve.
BORNE. Par corruption, pour bonne. Glaber, livre 2. chapitre 10. Multi enim limites, quos alii bonnas nominant, suorum recognoverunt agrorum. M. Guyet le dérivoit d'ora, orula, orla, borla, borna, BORNE. Nos Anciens disolent bonne : M. de Cafeneuve en rapporte plusieurs autorités : ce qui ne permet pas de douter que borne n'ait été fait de bonne. M. de Cafeneuve dérive bonna de boric, tumulus, collis; parce que les Anciens marquaient les limites des champs par des monceaux de terre appellés bonnes, & borontini. Voyez bonnot. M. Froissart dit toujours bondes pour bornes : en quoi il a été suivi par Rabelais, qui au livre 2. chap. 20. parle des bondes d'Hercule. On aura fait bonda de bonna. Le Roman de la Rose : Et vous sonvienne de la bonne On tresfonte jennesse tend. Du reste, M. Guyet pourroit bien avoir rencontré juste dans l'étymologie qu'il donne du mot bornes; puisqu'autrefois nous avons dit bourdes pour frontieres, qu'on appelloit aussi très-souvent bonnes & bondes, ainsi qu'on le voit dans Froissart. Le même Froissart, vol. 2. fol. 243. v. édit. d'Ant. Verard : (a) Non, c'est en François, mais tel qu'il est prononcé par les Flamans. B O R. B O S. Sur les frontières & bourdes de Perringué. Le Duchat. BORNEYER. M. de la Quintrynie : C'est-à-dire, aligner, et viser d'un œil, pour faire sur la terre une ligne droite, ou une allée, ou un rang d'arbres, &c. M.
BOSEC. C'est à Metz un terme d'injure, & il ne se dit que d'un homme. Il y a des Gens qui le dérivent de bosec, qui étoit un nom fort odieux à Metz au seizième siècle parmi les Réformés. Je crois que bosec vient du Tolosain buzac, qui signifie l'oiseau appelé Milan. Le Meffin bosec veut dire proprement une buze. Le Duchat.
BOSERE. Adjectif Meffin, synonyme de barbouillé. C'est comme qui diroit, le visage barbouillé d'une bouée de vache. Le Duchat.
BOSPHORE. On a appelé de la sorte deux Détroits de la Mer Méditerranée, savoir, le Bosphore de Thrace, & le Bosphore Cimmerien. Ce nom est Grec, étant formé, selon quelques-ups, de guée, bœuf, & de quon, je porte; ou selon d'autres, de voix, passage; le v ayant été changé en q, c'est-à-dire, le p en ph, ce qui n'est pas extraordinaire. On ne convient pas de la raison pour laquelle on a ainsi appelé le Bosphore de Thrace. Les uns disent qu'ils, fille d'Inachus, ayant été changée en vache par Junon, païsa ce Détroit, qui de-la fut nommé Bosphore. Arrien dit que les Phrygiens ayant reçu une réponse de l'Oracle qui leur ordonnait de suivre la route que leur marqueroit un bœuf, ils en firent courir un qui se jetta à la mer pour éviter leurs poursuites, & païsa ce détroit à la nage. Denis de Bizance dit qu'un bœuf tourmenté d'un Taon se jetta dans le détroit, & le païsa. D'autres disent que les Phrygiens voulant passer ce détroit, construisèrent un navire à la proue duquel il y avoit une figure de tête de bœuf, & qui apparemment pour cela fut appelé guée, bœuf. Un Auteur dit que Byzas, Fondateur de Byzance, jetta un bœuf dans ce détroit, & qu'il le païsa à la nage. Un autre prétend que ce nom vient du Taureau que le Roi de Phénicie envoya à Inachus pour lo que les Phéniciens avoient ravie. Pline dit qu'on appelle Bosphore cet espace de mer, parce qu'il est si étroit que des bœufs peuvent aisément le passer. Quant au Bosphore Cimmerien, on ne voit pas pourquoi il a été nommé de la sorte, si ce n'est peut-être à cause de sa ressemblance au Bosphore de Thrace, c'est-à-dire, parce que c'est un canal fort étroit.
BOSSE. De pufa; qui a été fait de qœn, qœn, info, qœn, pufa, bufa, bufa, bosse. Du même mot bufa, nous avons fait le mot de BUSSE; & celui de BUSSE, de buffardum. Buffe & buffar, sont des vaisseaux de vin, courts & gros. De buffa on a dit buffum par métaplaïsme; d'où le diminutif buffellum, dont nous avons fait buffecum, que Budée dans son livre de Asse dérive, contre la raison & contre l'analogie, de Bœnius. De pufa les Latins ont fait puffala, & puffula. Voyez puffule. M. A Metz on dit bluffe, dans la même signification, c'est-à-dire, pour une tumeur ou une boffe qui se forme au front lorsqu'on s'y est heurté, ou qu'on s'est laissé tomber dessus. Peut-être de puffa, dit pour puffa, fait de poilier. Le Duchat.
BOSSU. Il y en a qui le veulent dériver de gibbosus, retranchant la première syllabe. Mais parce que boffe signifie enfiure, & que les hommes B O S. B O T. 215 gras ont le ventre enflé & boffu, je tiens qu'il vient du Latin-barbare boffus, qui signifie gras. Le Glossaire d'Anfieubus : Boffus, pinguis oboeus. Il est bien vrai que dans les Glosses qu'on attribue à Ifidore, il y a boffus, pinguis oboeus. Mais il est tout certain qu'il y faut lire boffus; car dans le Glossaire d'Anfieubus il ne peut y avoir de faute dans l'écriture, parce que les mots de chaque lettre y sont rangés selon l'ordre de la première syllabe; ce qui n'est pas observé en celui d'Ifidore. Cafeneuve.
BOSSU. Bourdelot le dérive de gibbosus, par subfraction de la première syllabe. Il vient de bossuus, Latin-barbare, fait de bufa. Voyez buffe. Les Wallons appellent un boffu, dorfu, de dorsum. ¶ M. de Cafeneuve le dérive du Latin-barbare boffus, qu'il dit signifier gras. Je tiens dit-il, &c. M.
BOSTANGI-BACHI. C'est le nom de l'Intendant des jardins du Grand Seigneur, & ce nom signifie en effet, Chef des jardins. Bachi est un mot Turc qui veut dire Chef. Bostangi est formé de l'Arabe boffain, qui veut dire jardin, & sur-tout jardin potager & jardin de fleurs. Un jardin d'arbres fruitiers se nomme particulièrement giennah, en Arabe.
BOT. Voyez pied-bot. M. A Metz on dit que quelqu'un est bot, quand il a les joues bouffies de dépit. De bot, en la signification d'un crapand, qui paroît toujours enflé. On appelle aussi bot de veffe, qu'on prononce bid-veffe, une tumeur galeuse, enflée en forme de petite ampoule ou bouteille. On la nomme aussi Bofatte, de pufa. Le Duchat.
BOTANIQUE. Partie de la Médecine qui traite des plantes, tant médicinales que potagères & autres. On fait assez que ce mot vient du Grec bœvins, herbe; mais il est bon d'observer que bœvins vient de bivic, nourriture, mangemille, & que bivic vient de biv, je nourris; parce que la plupart des animaux se nourrissent d'herbes.
BOTE. Quelques-uns le dérivent de bivron, qui est une espèce de chaussure, chez Suidas. Mais Mathias Martinius, dans son Lexicon Philologicum, croit que ce mot vient de bivron, qui signifie une espèce de bouteille ou de flacon; parce que les botes sont des chaussures longues & larges faites à la façon des bouteilles ou flacons de cuir. Anciennement les botes étoient proprement de gros fouliers en forme de brodequin, & qui couvroient une partie de la jambe, dont les Moines se servoient ordinairement. Carfarius Heifterbachtenfis, livre 7. de ses Histoires Mémerables, chapitre 39, parlant des fouliers d'un Moine, les appelle boti : Mox per eundem nuntium boti viri Dei mituntur. A quoi il ajoute ces paroles, qui font voir clairement que c'étoient des fouliers : Eadem vero calceamenta, ob amorem beari viri in canum venerobatur, ut in castro suo capellam adificares, atque eodem corburros ejus altari ligues, Abbate nostra prafente, includeres. Le Roman de Guillaume au court nez, décrivant comme il fut fait Moine : Guillaume firent de ses deux dépoiler, Errant le font & laver & baigner; Puis si le firent & vere & rouguer, Vettir le firent & les botes chauffer. Après, il introduit Guillaume même, parlant de ses botes & temoignant que c'étoient des souliers grands & larges : Que ferai-je s'ils me volent mes botes, Qui sont si grands que es piés me saboteurs; A chacun pas les cuis perdre en l'enclôstre Grand peur ai que mes perdre en la boe. Il n'y a pas long-tems que les botes dont on se sert maintenant pour aller à cheval, ont été ainsi appellées, car je trouve qu'encore du règne de Char- les VII. on les appelloit houjes, & qu'on difoit houjer, pour boter. Enguerrand de Monfretel, vo- lume 3. S'en alla houjer, & monter sur un tré-bon cheval. Joannes Januenis in Catholico : Ofa, quod- dam genus cafeamenti, ab os ossis dicitur; quod primum de foris boum ofa facta sunt : & quamvis nunc ex alio genere fiant, prissimum tamen nomen re- tinent; unde ofatus, ofas habens; ofare, calciare. De-la vient le mot nonfeaux. Cafeuve.
BOTHNIE. C'est le nom d'une Province de Suede fort avancée vers le Nord, & voisine d'un Golphe, appellé Golphe de Bothnie, en Latin Si- vus Ethnicus. Ce nom vient d'un mot Celti- que ou Teutonique qui signifie, profond. Bothn en Illinois veut dire profondeur. Budd, en Grec signifie la même chose, & Budd, profond. Boden en Alleman c'est profond. Boddi en Langue Cam- brique ou du pays de Galle en Angleterre, veut dire plonger & être plongé. Tous ces mots, selon Wachter, viennent du Celtique bas, qui signifie infra, & que les François & les Gallois emploient encore dans le même sens. Le Golphe de Bothnie a été nommé de la sorte, parce qu'il s'avance fort profondément dans les terres; & de même la Bothnie, parce qu'elle s'avance beaucoup vers le Nord, ou parce qu'elle est située près du Golphe de Bothnie. Selon le même Auteur, Padus, en Fran- çois le Pô, rivière d'Italie, signifie profond, & a par conséquent la même origine que Bothnie. BOTTIE : Chaufure, pour aller à cheval. Voyez bouteille.
BOTTIE. Terme d'Escrime; comme quand on dit pouffer une botte. De l'Italien botta. Les Ita- liens disent una bella botta, pour dire, une belle botte. ¶ Pello, pulsus, pulsus, pulta, bulta, butta, botta, botta. M.
BOTTIE. Vieux mot qui signifie crapaud : té- moin cette façon de parler proverbiale, plus enfle qu'une botte. On dit encore à présent en Champa- gne un bot, pour un crapaud; & en Dauphiné, pour une espèce de petits crapauds. Les Italiens di- lent aussi una botta en cette signification. Je ne sais s'ils ont pris ce mot-là de nous, ou si nous avons pris notre botte d'eux. Il y a apparence que c'est notre mot qui est l'original, & qu'il est vieux mot Gaulois. Dans l'ancien Dictionnaire Latin-François du Père Labbe, buffo est interprété par bas. De botte, on a fait le diminutif botterel, qui se trouve plus souvent que botte. Hugues de Méry, au Tour- noyement de l'Antechrit, parlant de la pierre cra- paudine : Mais celle qui entre les yeux Au Botterel croît, est plus fine; Qu'on seult appeller crapaudine. Le Roman de Lancelot du Lac : bottereaux & ferpens, &c. Caninius dans ses Canons des Dia- lectes, à la lettre 9, dérive l'Italien botta du Sy- riaque tabo, par inversion; ce qui est assez ordi- B O T. B O U. naire dans la formaison des mots. Ainsi d'Illerda on a fait Lerida, &c. Le Syriaque tabo vient, selon Caninius, de l'Ebreu 21 sab, qui a été formé du verbe 1024 sabna, qui signifie s'enfer. Mais j'ap- prens de M. Bochart que sab en Ebreu ne signifie point un crapaud, mais une sorte de léard particu- lier à l'Arabie; & que sab ne fait point en Syriaque tabo. Caninius ajoute que du Syriaque tabo les Es- pagnols ont fait sapo. M. BOTTIE de foin ou de paille. On dit en Basse Normandie botte & botteau indifféremment. M. Bourdeloit dit que Le Bon le dérive de Botellus. Il ajoute qu'il faut écrire boîte, & qu'il vient de bo- tellus, qui se trouve dans ce passage des Archives de Saint Bertin qu'il cite : De tribus boffelits fru- menti super D. Manasserrum, &c. & il tourne, dit M. Bourdeloit, le même mot par bofiteaux. Dans le petit Lexicon Britannico-Latinum, produit par Boxhornius, Botum est interprété par fibula, suffi- bulatorium, globulus. S. Add. On a dit aussi botte de vin, pour une certaine mésure de vin, ou pour certain vaisseau où l'on met le vin. Rabelais, livre 1. chapitre 37. L'esto- mac creux comme la botte de Saint Benoit. Il en- tend une tonne de prodigieuse grandeur, qui est à Bologne dans un Couvent de Bénédictins. Le mé- me Auteur, livre 5. chapitre de l'Île de Cassade, qui fait le 10. dans l'édition de 1711. a dit botte de chapeaux, dans le sens d'une pile ou d'une bale de chapeaux des plus communs dans les boutiques de cette Île. Le Duchat.
BOTTEREL. Voyez botte. M. BOTTINE. Voyez bouteille. M.
BOUC. De buccus. La Loi Salique, Titre 5. §. 3. Si quis buccum furaverit, DC. den. culpabilis judicetur. Dans Grégoire de Tours, livre 9. chap- 23. le bouc est appellé buccus olidus. Cafeuve.
BOUC. De buccus. La Loi Salique, Titre 5. §. 3. Si quis buccum furaverit. Grégoire de Tours, livre 12. de son Histoire, chapitre 23. Bucio val- do Abbate postposito; ferrebant enim hunc esse su- perbum; & ob hoc a nonnullis buccus validus voci- tabatur. Sur lequel endroit M. de Hauteferre a fait cette Note : Buciovaldus Abbas dictus est Buccus validus, vel potius Buccus olidus. Buccus, idem quod hircus; quod animal est grave & male olens. Le P. Labbe, dans la 1. part. de ses Etymo- logies Françoises, au mot bouquin, improuve cette correction. M. Le François bouc, & le Latin-barbare buccus, viennent de l'Alleman bock, qui signifie la même chose. Le Duchat.
BOUCAHU. On dit à Angers qu'une fille a été boucahu, quand elle n'a point dansé au bal. Et cette façon de parler vient de ce qu'il y avoit autrefois à Angers une femme de ce nom qui gar- doit des sièges pour le Sermon dans l'Eglise des Cordeliers. Cette femme vivoit il y a plus de 60. ans. Je l'ai vu souvent dans ma jeunesse faisant cet exercice de Gardeuse de chailes. M. Bernier, de Blois, homme célèbre par son Histoire de Blois, & par son livre de l'Histoire des Médecins, a employé cette façon de parler dans un Poème qu'il fit autrefois dans sa jeunesse, intitulé le Bal de Blois : Dansent l'une à dia, l'autre à hu; Et personne n'est Boucahu. On dit à Paris d'une fille qui n'a point dansé au bal, qu'elle a été capot; qu'elle a été bredouille. La première façon de parler a été prise du Jeu de Piquet, & la féconde, du Jeu du Tric-trac. M.
BOUCAN. On appelle ainsi à Paris & à Marseil un méchant bordel. Peut-être de buccus, comme lupanar de inpa. M. Je crois que ce lieu est ainsi appelé parce qu'on y étale la chair humaine, comme dans les buccans des Sauvages de l'Amérique. Le Duchat.
BOUCANER, BOUCANIERS. Olivier Oexmelin, dans son Histoire des Aventuriers qui se sont signalés dans les Andes, tome 1. chapitre 12. Certains Indiens naturels des Annales, nommés Caraïbes, ont accompagné, lorsqu'ils sont des présumés de guerre, de les couper en pièces, & de les mettre sur des manières de clayes, sont lesquelles ils sont du feu. Ils nomment ces clayes barbacoa, & le lieu où elles sont, boucan, & l'action boucaner, pour dire, rôtir & fumer tout ensemble. C'est de-la que nos Boucaniers ont pris leur nom : avec cette différence, que les uns sont aux animaux ce que les autres sont aux hommes. Les premiers qui ont commencé à se faire Boucaniers, étaient habitués de ces Isles, & avaient converti avec ces Sauvages. Ainsi par habitude, lorsqu'ils se sont établis pour chasser, & qu'ils ont fait fumer de la viande, ils ont dit boucaner de la viande; & ont nommé le lieu boucan; & les acteurs boucaniers, dont ils ont aujourd'hui le nom. M.
BOUCASSIN. Sorte de toile. Les Venitiens, selon le témoignage de M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, au mot buca, appellent bocassino ce que les autres Italiens appellent bucherame, c'est-à-dire, du bougran. Voyez bougran. Ce mot bocassino est fort connu en Anjou. Les Espagnols disent bocaci. M.
BOUCHE. Ce mot vient du Latin bucca. Le Pere Pezron, tire l'un & l'autre du Celtique bock. BOUCHE de foin, de paille. Synonyme de botte, en la même signification. C'est le simple de bouchon à bouchonner. Le Duchat. BOUCHE E. De buccata, ou buceca. Bucca, bucca, buccata, BOUCHE E. Buccata se trouve dans une lettre d'Auguste à Tibère, rapportée par Suétole, en la Vie d'Auguste, chap. 76. Ne Judaus quidem, mi Tiberi, tam diligenter sabbabis, id jejunium servat, quam ego hodie servavi, qui in balneo demum post horam primam noctis duas buccas manducavi. M.
BOUCHER. Il y a apparence qu'ils sont ainsi appelés, parce qu'ils vendent la viande pour la bouche des hommes. Mais il semble d'ailleurs, que ce mot est formé de bucerius, qui signifie même chose. Au liv. 3. tit. 36. Constitutivum Siculatum vel Neapolitanarum : Bucerius autem, & piscium venditeres, qui vita hujusmodi necessaria subminijstrum. Turnébe, liv. 26. de ses Adversaires, ch. 15. Nos laniomibus a bucca nomen imposuimus, & buccarios vocavimus. Cafeneuve.
BOUCHER. Turnébe, liv. xxvi. de ses Adversaires, chap. 15. le dérive de bucca, à cause que les Bouchers coupent la viande par morceaux : Sic nos laniomibus a bucca non en invasiimus, & Buccarios vocavimus. Charité de Bovelles dit à peu près la même chose : Boucaux, a bucca : à qua & BOUCHER, & BOUCHER : qui ea parant qua pertinent ad buccam alendam. M. de Cafeneuve est du Tome I. même avis. Il y a apparence, dit-il, &c. Les Latins, pour cette raison, ont appelé les Bouchers carniques; à carne facienda. Adalbrion, dans son Poeme à Robert, Roi de France : Non sunt carnifices, canpones, meme subulei : Et les Espagnols, carnieres. M. Lancelot le dérive du Grec p. D. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. BOUCHER : en la signification d'obturare. L'origine de ce mot, en cette signification, est si peu connue, qu'aucun de nos Etymologites n'en a fait mention. Les Grecs ont dit qu'ils dans la même signification : Et en attendant mieux, je dériverai ici ce mot François de ce mot Grec. b. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. Rabelais a dit boucler; dans la signification d'obturare, liv. 3. ch. 9. Si de mal-encontre, n'estoient tous les trous fermez, élus & boucles; car c'est ainsi, & non bouches, qu'on lit dans l'Edition de 1616. qui est une des meilleures. Ce qui me fait croire qu'elle est le moment boucher, en cette signification, vient de buccare, comme boucler de bucculare. A Metz, nous appelons bouche de paille, ce qu'ailleurs on appelle une botte de paille; & par tout en France, un bouchon de paille, est une petite botte de paille, destinée à boucher quelque trou. A Metz encore, les bouchons de cabaret ne sont souvent qu'un petit bouchon de paille, fiché au bout d'un bâton, & mis sur la porte du lieu. Ce qui fait que je ne doute pas que boucher, dans la signification d'obturare, n'ait la même origine que bouche ou bouchon, dans la signification d'une petite botte de paille, & que bouche ne soit un diminutif de botte. Le Duchat. BOUCHON de cabaret. Peut-être de bucus. Buxus buxi, buxicius, buxicio buxicionis, BOUCHON. M. Il vient de bouche, dans la signification de botte de paille, parce qu'une poignée de paille sert souvent de bouchon à un petit cabaret. Le Duchat.
BOUCLE. Le Dictionnaire manuscrit de Jean de Garlandie, composé il y a plus de 500. ans : Pluvularii sunt divites per pluculus suas, & lingulas, & mordacula. Où la Glofe, qui n'est guère moins ancienne que le texte, ajoute : Pluvularii, Galice boucliers. Pluvulas, Galice boucliers, ab hoc nomine pluculus, la, lum, qu'il est, aliquantulum plus. Lingulas est dominaculum huius nominis lingua; id est, ardillon. De sorte que de la il n'est pas mal aisé de juger, que par le chan- L 2 gen. ent de la lettre P en B, nous avons formé bouche de pluscula. Dans Nicetas, en la Vie de l'Empereur Manuel, au liv. 2. Bunda signifie une bouche. Mais Meurfius, dans son Glossaire Grec- barbare, tient que ce mot est purement François Bunda, buccula, fibula; ex Gallico boucle. Cafe- neuve.
BOUCLE. M. de Cafeneuve le dérive de plus- cula: qui se trouve, dit-il, en la même significa- tion, dans un Dictionnaire manuscrit d'un Jean de Garlandie, composé il y a plus de 500. ans. Voyez sa remarque. Il vient de buccula comme BOUCLIER de bucularium. Bucula scuti, c'est l'anse du bouclier. Tite-Live (a): Neminem tois mox cafris quietum videres: acuere aiti gladios; aiti galeas, buculasque scutorum. Les Gloses d'Isi- dore: ANGIA, ferrum bucula scuti. ANCILL, scuti bucula intus, qua ab intus tenetur. Dans les Miracles de S. Benoist de Tortarius, pag. 195. de la seconde partie des Actes des Saints de l'Ordre de S. Benoist: buculam clypei, qua suus tegebarur adversarius. Voyez le Président Fauchet, en son Traité de la Milice. 2. ch. 1. Les Grecs modernes ont usé du mot de Bunda, qu'ils ont fait de bucula. Nicetas Choniates: vypaivus, vns Bunda. Voyez Meurfius, & M. du Cange, dans leurs Glossaires du Grec barbare. Touchant les boucles des casques, voyez aussi M. Gassendi, dans la Vie de M. Pey- res, liv. 5. ann. 1635. M. Rabelais, liv. 5. ch. 41. En icelle estoient quatre boucles ou pertrus, en chacune desquelles estoit sixé- ment retentue une boule vuide. Dans ce passage, bou- cle, synonyme de pertrus, semble venir non de bucula, fait de bos, mais de buccula, diminutif de bucca. Un Auteur moderne prétend que buccula, c'est proprement umbo, le centre du bouclier. On voit en effet sur d'anciens boucliers la tête de Méduse, la bouche ouverte, comme pour dévorer; & ce pourroit bien être cette bouche qu'on aurait appellée buccula. La boucle, qui a aussi la figure d'une bouche ouverte, pourroit bien avoir la même origine. Voyez l'Histoire Littéraire, Novembre 1726. tom. 3. pag. 198. Le Duchat.
BOUCLIER. La partie du milieu des bou- cliers, est appellée en Grec iugandic, c'est-à-dire, nombril; & en bon Latin umbo. Les Gloses: iugandic iugandic, umbo: & en Latin-barbare buccula. Un autre Glossaire: Buccula, iugandic. De sorte que, comme iugandus dans Suidas, & umbo chez les Poé- tes, signifient le bouclier tout entier, par méto- nymie, c'est-à-dire, prenant la partie pour le tout: de même nous avons pris buccula, pour tout le bouclier, & nous en avons même formé le mot de bouclier. Meurfius, en son Glossaire Grec-bar- bare, comme nous venons de voir, explique le mot Bunda par buccula, & fibula: & il rapporte ensuite ces lieux des Gloses d'Isi-dore: Angia, fer- rom bucula scuti. Ancille, scuti bucula. Mais en ces deux sens, bucula ne signifie point boucle, mais cette partie de l'Ecu, appellée umbo, & iugandic. Cafeneuve.
BOUCLIER. Voyez boucle. M. Les Allemans appellent buckel, une bosse, & tout ce qui ressemble à une bosse. C'est propre- ment une petite colline, comme étant un dimina- (a) Livre 44. chap. 34. La citation n'est pas fidèle. Il va: Alii galoas buculasque, scuts aiti loricasque torgere. Bucca a est là pers cafris, & non pas scutum, ainsi que du Cange l'a cru, d'après Ménage, qui a cité le passage dans sa première édition. tif de backe colline, qui vient du verbe bigen courbet, rendre convexe: mais il se dit méta- phoriquement d'une bosse, parce qu'une bosse est sur le dos comme une monticule; & non seule- ment d'une bosse, mais encore des autres choses qui sont élevées en manière de bosse ou de petit terre. De la vient que les Gallois, autrement les habitans du pays de Galle en Angleterre, appel- lent bucei une pustule, un tubercule sur la peau. Les Anglois appellent buckle une boucle, parce qu'elle est convexe en forme de bosse. Buckel & pockel en Alleman, c'est une boule, buckel in Eckel, la partie là plus élevée d'un bouclier. Le Latin- barbare buccula, dans le Glossaire de M. du Can- ge, signifie la même chose. De cette partie du bouclier, on a nommé ensuite le bouclier tout en- tier. Les Francs l'ont appellé buccelere, les Fla- mans beukelaar, les Anglois buckler, les François bouclier, les Illandois buklari, les Cambriens ou Gallois buccled. La Glosse Antique-Theotisca, que rapporte Junius, dans ses Observations sur Wille- rame, pag. 123. explique bukliers par pelta, parma. Verelius in Ind. explique bucklar, par scutum lig- neum, Ferro munitum. Junius regarde ces mots com- me composés de bocken-leer, c'est-à-dire, cuir de bouc, parce que c'étoit principalement de cuir de bouc qu'on couvroit autrefois les boucliers. C'est ainsi que le Latin scutum, est dit du Grec ouve, c'est- à-dire, peau. Mais il est beaucoup plus vraisemblable que le bouclier a été ainsi appellé de sa par- tie bosse, de même que le Latin umbo a signifié quelque chose d'élevé & d'éminent, avant que de signifier un bouclier. C'est ce que Scaliger sur Varron, montre plus au long. Ainsi le Latin bu- cularius est proprement un faisieur de boucliers, & non pas un faisieur de casques, comme les Sca- vans l'interprètent d'ordinaire. Verelius in Ind. explique buklara par Fabri clypeorum. Voyez Wach- ter, dans son Glossar. German. au mot Buckel.
BOUCON. De l'Italien boccone, fait du Latin bucca. M.
BOUDER. Dans le Bas-Languedoc on dit boutigna en la même signification; & les Italiens disent abbotinasi, pour dire se muriner. M.
BOUDER, à Metz, c'est mentir. Je crois que ce mot Messin signifie proprement exagérer, grossir les objets. C'est une métaphore prise du bot ou crapaud, qui est toujours enflé, comme le font les faits de celui qui boude. Le Duchat.
BOUDETTE, qu'on prononce bodarte. Mot Messin, qui signifie, tantôt le bouton qui arrête & fixe la roue d'un rouet à filer, & tantôt le nom- bril. Dans la dernière signification, il vient de bo- tus, d'où beculus, dont nous avons fait bondin, & botellus, d'où nous avons fait boyau; le nombril étant formé d'un boyau qui se noue. Et parce que le bouton du rouet a quelque ressemblance avec le nombril, & que d'ailleurs, il est dans le centre de la roue, comme le nombril dans le milieu du ventre; de-la le mot Messin boudette, dans la si- gnification de ce bouton de roue. Botus, bota, bo- tella, boudette. On a dit autrefois bondine & bouti- ne, dans la signification de nombril: ce qui me persuade que l'un & l'autre de ces mots, de mé- me que le Messin boudette, pourroient bien venir du mot Celtique bod extrémité, profondeur, du- quel aussi nous avons fait bout, & les Allemans boden. Le Duchat.
BOUDIN. M. de Saumaise de Trapecitico fu- nore, pag. 449. le dérive de botulus. Bodinos Galli nominant depravatâ voce ex Latina botulos, quasi bodilos. Nam L. & N. Sape confunduntur. Voßius, dans ion de Vitis Sermonis, & Nicot, au mot boudin, disent la même chose. Budellus se trouve dans S. Bernard, au chap. 58. de Interiori domo: Dicito ergo mihi quid debro facere, & quemodo possim gulam continere, ne tam parvi budelli servus efficiar. Voyez boian. M. BOU E. Fange. Budée le dérive de BUCAS, ou de BUCAS & Sylvius, de BUCAS. M. Bochart, dans son livre des Animaux de la Bible, part. 1. liv. ij. chap. 57. pag. 706. le dérive de buda. Voici ses termes: Buda, propriè est ulva. Donat in lib. 1. Æneid. v. 135. ULVAM dicunt rem, quem vulgus budam vocat. Hinc Epigramma vetus: Ut devota piis clarescant lumina flammis, Niliacam textit cerea lama budam. Inde factum, ut buda primò palustrum uliginem, deinde etiam lutum quodvis significaverit; unde lutum Gallicè boue; & apri volutabrum baugè, id est Buda. L'opinion de M. Bochart est réfutée par M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot buda, en ces termes: BUDA, storea. Gloss. Camberunense: BUDA, stramentum lecti de biblo, id est, papyro. Gloss. Lat. MS. Regium, Cod. 1015. & Papias: Buda, storia, ubi legendam storea. Servius ad 2. Æneid. ULVAM dicunt rem quam vulgus budam vocat. Pelagius, libello. 10. num. 76. Videns autem Ægyptius vestitum mollibus rebus, & budam de papyro, & pellem stratum sub ipso. Petyeram igitur tude nostrum boue, id est, latum, accerfit vir doctus. Les Flamans appellent de la boue broue: & ils appellent Brouebourg, la ville de Bourbourg, qui est comme qui diroit, ville de boue. M. Ce mot s'écrivoit anciennement boè, comme le patois Meffin appelle une fosse. Boue, pour fosse, tombeau. L'ancienne Chronique de Flandre, ch. 57. Si luy prit talent de boire: & tantoi ala en une boue bien froide, & beut d'un vin aussi froid que glace. Et Monstrelet, tom. 1. ch. 88. fol. 101. b. de l'édition de 1512. Plusieurs hommes & femmes; petits enfans, avec soison de bestial que on avoit retrait ès boues & ès coliers, furent perils pituensement. En ce dernier passage, boe est un caveau vouté; auquel sens le patois Meffin appelle aussi boue un tombeau, & boue d'eau une fosse où il y a de l'eau; & ce mot vient de l'Alleman bogen; qui répond au François arc, parce que l'arc est courbé. Le Duchat. BOU ET. On appelle ainsi un trou, dans l'Anjou & dans le Maine. On dit une bouette en Basse-Normandie. Bouet a été fait de bucetum; & bouette, de buceta; qui ont été faits de bucca. Voyez ci-dessous boe. M. BOU FF A G E. Brîbes, de quoi raffaiser sa faim. Rabelais, liv. 3. ch. 25. Pourquoi par testament ne leur ordonnoit-il au moins quelques bribes, quelque bouffage, quelque carrelure de ventre, aux pauvres gens qui n'ont que leur vie en ce monde. Bouffage, c'est-à-dire, bouchée, ou de quoi se donner par les joues, de quoi s'enfier les joues. De buccarium, fait de bucca. Voyez bouffer. Le Duchat. BOU F F E R. Nicot: BOU F F E R, est un verbe duquel le François n'aise guères, que par métaphore. La propre signification est souffler à puissance d'haleine & à joues enflées; en laquelle le Languedoc l'ancre ardinaire; disant, Lou vent bouffe; Bouffar lou potaige, quand il est trop chaud; & boufar lous dets, quand on a grand froid aux doigts. La métaphore en est pour la renflure des joues, quand on bouffe quelque chose. Ainsi dira le François, Tu bouffes, c'est-à-dire, tu te despires; & Tu bouffes de courroux & de malvalent; Totus stomacho atque irà turges: parce que quand aucun est despité, on corroué, il renfle les joues, comme fait celui qui bouffe & soufle quelque chose: laquelle raison de métaphore est suivie au mot bouffy, qui signifie est-eve en tumeur & enflé. BOU F F E R vient de bucca, qui signifie, la bouche. Bucca, buccare, buffare, BOU F F E R: par le changement du C en F. Voyez mon Discours du Changement des Lettres. Bouffer, c'est ore vehementer stare. De buffare, on a fait buffata; d'où nous avons dit bouffée. De bucca, on a dit boca, & ensuite befa. De befa, les Espagnols ont fait bofes, pour dire, le poumon; & bofeton & bofetada, pour un souffler qu'on donne sur des joues enflées; & de-la, le mot bouffon. Voyez bouffon. Au lieu de buffare, on a dit par métaplasme buffare, buffatus; d'où les mots François BOU F F E R, & BOU F F I. M. BOU F F E R. Ce mot est un de ceux qui sont l'ouvrage de la nature, plutôt que de l'institution des hommes. Ainsi il n'est point nécessaire de le dériver de bucca. Les Anglois disent de même par onamatopée, to puff, souffler, bouffer, s'enfier; to huff and puff, haleter, souffler, comme une personne qui est presque hors d'haleine; puff une bouffée de vent. Puffen en Alleman signifie souffler, enfier, bouffer; & par metonymie, se mettre en colère. Ecoutons Wachter, sur ce mot dans son Gloss. German. Voici ses paroles: PUFFEN, stare inflare, sufflare. Verbum naturale magis quam institutum, & ab ipso spiritum, dum essatur, produc-um. Belgis poffen & puffen, est sufflare, in c'vier poffen sufflare ignum, boffe bucca, quia inflata, poffer thraso, homo ventosus, tumidus externè, in-tus inanit. Gallis bouffer est inflare, sufflare, bouffi inflatus. Stalis buffa spiraculum cessidis, imò etiam ventus & aura apud Danten, & hinc buffitaro sufflare. Hispanis bofes pulmones, quia spiritum reciprocant, aut respirazioni inferviunt. Quanta sit hujus verbi antiquitas, ex omnium etiam vetusissimam linguarum derivatis colligitur, qua certe non aliorum melius quam ad hunc sontem reducuntur. Gracis BUCAS est inflatum quid, ut inguen, & tumor inginum; Latinis bubo pustula, bufo rana irata, turgentibus buccis; Saccibuces, qui buccas naturaliter tumidas & inflatas habent, vox Arne-bio prodita, & Salmasio explicata in Pallio Tertu-liani. Huc etiam spectare buffones medi à avi, ve-teribus ita vocati, quasi sufflores; quod buccas in-flarent in convivio, alapis excipiendis, ut validius sonarent. Inde Gallis remansis bouffon, Stalis buffone, pro scurra, quia scurra turgentibus genis aliorum ala-pas excipiabant, quod ex suvenale, Martiali, Ter-tulliano, Arnebio, Procopio, aliis, fusè demonstrat Ferrarius in Orig. Ling. Ital. pag. 72. 73. Quam-vis iidem ab alapis quoque ita denominari possim ut postea ostendam. Ferrarius cunctorum originem ducis a Latino bufare, b. c. sufflare. Sed cum hoc verbi apud scriptores Latinos nusquam occurrat, frustra in honorem Latina lingua fingitur radix qua anti-quiori idiomari propria est. Nobis inde essaturis Puffe tibia, quia inflatur, pufferling fungus, belitus, ob rationes supra dictas in loco. Il me paroit que ce passage donne une idée juste du mot bouffer. BOU F F I. Voyez bouffer. M. BOU F F O N. Les Italiens disent de même I. c. ij buffone, & les Eſpagnois buffon. Caninius, dans ſes Dialectes, a la lettre 4, dérive l'Italien buffone de bubo, en changeant B en F, comme en beſales, de bubulus: Et il croit qu'on a dit buffon de bubo, de même que les Grecs ont dit exterus, à v. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. 173. 174. 175. 176. 177. 178. 179. 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780. 781. 782. 783. 784. 785. 786. 787. 788. 789. 790. 791. 792. 793. 794. 795. 796. 797. 798. 799. 800. 801. 802. 803. 804. 805. 806. 807. 808. 809. 810. 811. 812. 813. 814. 815. 816. 817. 818. 819. 820. 821. 822. 823. 824. 825. 826. 827. 828. 829. 830. 831. 832. 833. 834. 835. 836. 837. 838. 839. 840. 841. 842. 843. 844. 845. 846. 847. 848. 849. 850. 851. 852. 853. 854. 855. 856. 857. 858. 859. 860. 861. 862. 863. 864. 865. 866. 867. 868. 869. 870. 871. 872. 873. 874. 875. 876. 877. 878. 879. 880. 881. 882. 883. 884. 885. 886. 887. 888. 889. 890. 891. 892. 893. 894. 895. 896. 897. 898. 899. 900. 901. 902. 903. 904. 905. 906. 907. 908. 909. 910. 911. 912. 913. 914. 915. 916. 917. 918. 919. 920. 921. 922. 923. 924. 925. 926. 927. 928. 929. 930. 931. 932. 933. 934. 935. 936. 937. 938. 939. 940. 941. 942. 943. 944. 945. 946. 947. 948. 949. 950. 951. 952. 953. 954. 955. 956. 957. 958. 959. 960. 961. 962. 963. 964. 965. 966. 967. 968. 969. 970. 971. 972. 973. 974. 975. 976. 977. 978. 979. 980. 981. 982. 983. 984. 985. 986. 987. 988. 989. 990. 991. 992. 993. 994. 995. 996. 997. 998. 999. Hic mendosa cavi spirant mendacia folles. Hinc faccibucces Arnobio, qui buccas naturaliter tumidas & inflatas habent. Graci iuxyra & u vocant. Hoc modo scurra etiam bufones, hoc eſt quixyra & u dici poſunt, inſtati nimirum & jaſtanticuli & futiles. M. Quelques-uns dérivent le mot buffon, d'une fête, qui fut inſtituée au pays Afrique par le Roi Ercellée, à l'occasion d'un Sacrificateur, nommé Buphon, lequel après avoir immolé le premier bœuf ſur l'autel de Jupiter Polien, ou Gardien de la Ville, s'enfuit ſans ſujet ſi ſoudainement, qu'on ne le put arrêter, ni le trouver, laiſant la hache & les autres uſtenciles du Sacrifice par terre. On les mit entre les mains des Juges pour leur faire leur procès; & ils jugèrent la hache criminelle, & le reſte innocent. Toutes les autres années ſuivantes, on fit le ſacrifice de la même ſorte. Le Sacrificateur s'enfuyoit comme le premier, & la hache étoit condamnée par des Juges. Comme cette cérémonie & ce jugement étoient tout-à-fait burleſques, on a appellé depuis buffons & buffonneries, toutes les autres momeries & farces qu'on a trouvées ridicules. Cette hiſtoire eſt rapportée dans Caſius Rhodiginus, liv. 7. ch. 6. On ſent aſſer le ridicule d'une pareille érymologie. La véritable eſt celle que donne M. Ménage, après Saumaſſe, ſavoir que buffon vient du Latin buffo, nom que l'on donnoit à ceux qui paroissolent ſur le théâtre avec des joues enſtées pour recevoir des ſoufllets, afin que le coup faſſant plus de bruit, ſit rire davantage les Spectateurs. Voſſius eſt du même ſentiment, & dit que buffon, ſigniſoit autrefois enſſer & ſouſſer: d'où vient qu'on dit, buffo d'orgueil, que les habits buffont, & une buffo de vent. Voyez ci-deſſus, au mot Bouſſer.
BOUGE. C'eſt une petite chambre, ou pour mieux dire, la décharge d'une plus grande chambre. Ce mot doit venir de l'ancien Teotſique. Virus Amerbachius, dans ſes Notes ſur la Conſtitution de Charlemagne, dit que ban, en Alleman, ſigniſie ediper. Et Isaac Pontanus, liv. 1. de ſes Origines Françoiſes, dit qu'en vieux Alleman bo, ſigniſie habiter, & habitation, & qu'encore en Langue Danoiſe, bo, ſigniſie habiter. Caſeneiſve.
BOUGE. De bucum; c'eſt-à-dire, un trou. Bucum, bugum, Bouge. Voyez bonet. M. Ce mot vient de l'Alleman bogen, qui veut dire un arc. Les bouges des maïſons étoient autrefois bâtis en forme de voute Le Duchat.
BOUGEOIR. Petit chandelier, qui a un manche, une queue, ou un anneau, pour le porter à la main. Ce mot eſt formé de bougie, parce qu'on y met une bougie dans ce petit chandelier. Voyez ci-deſſous Bougie.
BOUGER. De l'Alleman vogen, qui a ſigniſié premièrement voguer, & enſuite ſe monvoir. Bewegen, c'eſt-à-dire, remuer: bruegung, mouvement. M.
BOUGETTE. Une petite bourſe. Ce mot nous reſte de l'ancien Langage Gaulois. Feſtus: Bulgas Galli facculos ſcorteas appellant. Caſeneiſve.
BOUGETTE. De bulgetta, diminutif de bulga, mot Gaulois. Feſtus: BULGAS Galli facculos ſcorteas appellant. Scaliger ſur cet endroit de Feſtus: Adhuc Galli nomen retinent, ſed unnuque, BULGETAS. L'Onomaſticon Gree-Latin: Bulga, innuque. Nonius Marcellus: BULGA eſt ſolliculus omnis: quam & crumenam Veteres appellarunt: & eſt facculus ad brachium pendens. Lucilius & Varron ſe ſont ſervis de ce mot. Voyez Voſſius de Vitiis Sermonis, & Paſquier, viii. 2. M. Selon Nicot, le couvercle de la bougette étoit courbé en forme d'arc, comme le couvercle du bahu, lequel mot bahu vient conſtamment de l'Alleman bogen, qui ſigniſie un arc. Ainſi il y a apparence que bougette vient du même mot bogen. Le Duchat. Le mot bougette eſt un diminutif de bouge, qui ſe diſoit autrefois dans le même ſens. Henri Etienne, De Lariniare falio ſuſpecla, ch. 8. pag. 355. obſerve qu'on diſoit de ſon tems, il a bien rempli ſes bouges; pour dire, il a fait un gros gain. On prononçoit dans les commencements boulge, de bulga, mot fort connu chez les Latins, & dont la ſignification eſt ſi bien exprimée dans ces quatre vers Latins du Poëte Lucilius: Cui neque ſumentum eſt, nec ſervus, nec comes ullus, Bulgam & quidquid habet nummorum ſecum habet ipſe: Cum bulga cœnat, dormit, lavit: omnis in unâ Spes hominis bulga, hoc devincla eſt cætera vita.
BOUGIE. Chandelle de cire. De Bugie, Ville d'Afrique, où les François achetoient de la cire & des bougies. Gramaye, liv. vii. ch. 13. de ſon Afrique: Gigei, Burgus eſt hodie ob commercia Gallorum, coria & ceras in littorali plaga comparantium, hic ſatis frequentatur: portu mediocri & adificitis commodis decoratur: medio inter Argelam & Bugiam itinere. C'eſt ainſi que les Mores ont appellé bugia un Singe, comme l'a remarqué Scaliger contre Cardas, Exerc. 113. & comme il ſe voit au mot Semanith, dans le Lexicon de David Kimchi: à cauſe qu'on apportoit quantité de Singe de cette côte-là. Juvenal. Sat. x. Quales umbriferos ubi penilit Tabraca ſaltus, In versulâ ſculpit jam mater ſomla bucca. Pierre Dan, en ſon Hiſtoire de Barbarie, liv. 1. chap. 6. Après avoir paſſé Bugie, nous dombiâmes le Cap de Giger, aſſez connu par le grand nombre de singes qu'on y va prendre pour les transporter ailleurs. A quoi il faut ajouter ce qu'en dit Strabon, liv. 17. C'est l'observation du savant M. Bochart. Voyez-le en son livre des Colonies des Phéniciens, liv. 1. ch. 25. page 539. Les Espagnols disent aussi bugie en la même signification : que Covartuvias dit avoir été dit quasi bugica ; à baco : parce qu'en faisant de la bougie, on la passe par un trou. L'étymologie de M. Bochart est la véritable : & le P. Labbe, qui dans ses Etymologies Françoises, pag. 16. de la seconde partie, improuve cette étymologie, n'a pas raison. M.
BOUGRAN. Sorte de toile. De l'Italien bucherame. Le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe : Bissus, bougueram. Il faut lire bougueram. Le P. Labbe, à la pag. 79. de ses premières Etymologies Françoises, explique bougran, par herbe au bœuf ; & le dérive de bovis gramen. Cette sorte de gramen ne m'est pas connue. M.
BOUGRAN. Un Grammairien Alleman donne une plaifante étymologie de ce mot. Il le dérive par métathèse de l'Ebreu à l'abbar, qui signifie validus juis, à cause que c'est une toile forte de gomme. Je crois qu'en matière d'étymologie, il ne faut admettre facilement la métathèse ; sans quoi on trouvera souvent dans les mots tout ce qu'on voudra. Du Cange prétend qu'on a dit autrefois bougueran, & qu'il vient de boqueranus, bucaranum, & buchiranum, qu'on a dit dans la Baise-Latinité, en la même signification. Mais d'où viennent ces mots de la Baise-Latinité : c'est ce qu'on ne nous apprend pas, & ce qu'il faudrait néanmoins savoir pour être suffisamment instruit de l'étymologie de bougran. Quand on montre qu'un mot François vient de l'Ebreu, du Grec, du Latin, ou de quelqu'autre langue ancienne, cela satisfait d'ordinaire. Mais quand on dit qu'il vient du Latin-barbare, on veut encore connoître l'origine de ce terme Latin-barbare, lequel vient fort souvent de la Langue Teutonique. Et apparemment que le mot bougran en vient aussi. *
BOUGRE. Nos anciens François, au-lieu de Bulgarie & Bulgarie, disaient Bougre & Bougre. Dans l'Histoire du Maréchal de Ville-Hardouin, liv. 6. Joannissa, Roi de Valachie & de Bulgarie, est appelé Roy de Blachie & Bougre, qui est une Province assez proche de Constantinople : De la farriner une espèce d'Hérétiques, appelés Bougres, desquels Mathieu Paris, en la Vie de Henry III. Roy d'Angleterre, parle en ces termes : Circa dies autem illos invaluit Heretica pravitas eorum qui vulgariter dicuntur Paterini & Bugares ; de quorum erroribus malo tacere quam loqui : & quene enfiere, que leur erreur a été puissamment réfute par Frere Robert, de l'Ordre des Predicateurs, qui étoit surnommé Bougre, pour avoir autrefois fait profession de cette Hérésie. Dans le Livre intitulé, Li Etablissement le Roy de France, liv. 1. cette Hérésie est nommée Bougre : Se auuns est soupçonnés de Bougre, la Joutisse laye le doit parre, & envoyer à l'Evesque. Et notez que le titre du chapitre est tel, De punir Messreau & Hérite. Froissart, vol. 4. chap. 7. parlant de Betisach, Tréforie du Duc de Berre, qui fut brûlé à Bésiers, & qui s'étoit accusé de ne croire point les Mystères de la Trinité & de l'Incarnaison, & l'Immortalité de l'Ame, dit qu'il avoit confesse de sa volonté, sans contrainte, qu'il étoit Hérétique ; & qu'il avoit tenu depuis long-tems l'opinion de Bougre. De sorte, que ceux qui ont dressé les Titres des chapitres de cet Auteur, se sont trompéés, & ont mal-a-propos mis en celui de ce chapitre, que Betisach avoit confesse qu'il étoit Hérétique & Sodomite. Car outre que dans tout le chapitre, il ne se parle point de Sodomie, ce mot d'opinion témoigne assez que ce mot de Bougre, y est pris pour Hérétique. Il est bien vrai qu'en ce tems ici le mot de Bougre, signifie seulement Sodomite : & c'est parce que la Sodomie étoit l'une des abominations approuvées par cette sorte d'Hérétiques : & c'est pourquoi Mathieu Paris dit : De quorum erguibus malo tacere quam loqui. Caseneuve. BOUGRE : pour Non-conformiste. De Bulgarie ; parce que ces peuples de Bulgarie, que Ville-Hardouin, & quelques-autres vieux Auteurs appellent Bougres, comme leur pays la Bougre, étoient adonnez à l'amour des garçons, ou plutôt, parce qu'on brûloit ceux qui étoient coupables de ce crime, comme on faisoit les Hérétiques appelés Bougres. Desbordes Mercier, sur l'épître 1. du liv. 1. d'Aristénet, parlant des fausses opinions qui se sont glissées dans l'esprit des hommes par des fausses inscriptions : Dabo exempla illustria duo. Suetoni capu est in sceleribus Neronis, quo arsso id monstrum refert etiam matris cupidine. Inscriptere vulgo, Matris nefarius concubitus : insinuavitque se ex eo lemmate opinio inveterata faculis multis, initam matrem ab hoc monstro, &c. Alterum exemplum & nostro Froissardo est ; cuius capus septimum, libri iv. de Betisach, Joannis histricensis Ducis Quastore. Videas lemma ; credas quasitam ejus nec causam ex confessione harfens, & Sodevitica libidinis : ita enim scribunt. At in capite ipso attendas curatius ; nihil fateur nisi harfens ; Bulgaris se eadem sentire ; nec certum esse de Incarnatione, de Resurrectione ; & cateris qua tum Ecclesia credita. Error ex eo, quod Bulgarum se fateur, quo tum nomine Haretici omnes vocati, propter Romanorum à Pontifice Romano discessione. At isti credidero accipiendum eo modo quo vulgo simimus quum Italicam vocem Bugeronis interpretam. ¶ Dans un Recueil Historique d'un Religieux de l'Ordre de S. Médard (a), qui vivait du tems de S. Louis : Anno 1136. Hareticorum maxima multitudo, quos quidam vocabam Bulgaros, alii Pistos, per diversas civitates & castella Francia, Flandria, Campania, Burgundia, & caterarum Provinciarum, procuranto quodam Roberto, Fratre Predicature, capti, examinati, & probati, per Archiepiscopos, Episcopos, & caterarum graduum Ecclesiasticorum Pralatos, ad ultimum damnati, & tamquam Haretici sacularibus potestatibus sunt traditi. Quidam vero ipsorum ad agendam penitentiam in carcere sunt retrofisi. Alii vero, qui haretibus renunciare noluerunt, igne consumpti sunt, & bona ipsorum à sacularibus potestatibus sunt recepta. Dans la Chambre des Comptes de Paris, au Compte de Nicolas Mauregard, Bourgeois de Paris, l'un des Eleus illec sur le fait des Aydes aians cours en la Ville, Prévôté, Vicomté, Diocée & Refort de Paris, pour le fait de la guerre, l'an 1374. A Frere Jaques de More de l'Ordre des Frères Prescheurs, Inquisiteur des Bougres de la Province de France, pour don à lui fait par le Roy par ses Lettres du 1. Février 1375. pour, & en récompensation de plusieurs peines, missions, & despens qu'il a eus, soufferts & soutenus, (a) Chronicon Sancti Medardi Suessens, Spicileg, d'Acheti, tom. 1. en faisant pourfuite contre les Turelupins & Turelupins, qui trouvés & prins, ont effet en ladite Province, & par sa diligence, punis de leurs mesprentures & erreurs. Pour ce L. francs valans XL. livres Paris. ¶ On lit a Montargis, dans le Monastère des Religieuses de Montargis, l'Épistophe d'Alis, Comteille de Bigorre, FILLE DE GUY DE MONTFORT, QUI POUR LA FOY MOURUT CONTRE LES BOURGES ET ALBIGIOIS. ¶ Voyez M. de Cafeneuve, dans ses Origines Françoises, où il dérive aussi bougre de Bulgarus. M. Ferrari, dans ses Origines de la Langue Italienne, au mot bedello, le dérive de butello. Voici ses termes: Quia igitur intestina fartiebantur; inferior asas ipsa intestina, botulos & butellos, & budelle, appellavit. Gali boyaux. Ex qua voce, fardissimum curriculum in paderallas; quod, ut modeste dicam, bilas cadant. Quangum aliqui Galicum Bougre a Bulgaris, fortasse infamibus, deducant; sed ab eo quod innummus, Budellone, D in G. commutate. Boyarius, bourgarius, BOURG. ¶ Cette dérivation n'est pas selon l'analogie. Les Bulgares ont été ainsi appelés du Fleuve Folge. Nicephore Grégoras, liv. 11. c. 2. de son Histoire Byzantine: Χωρίς τις ίσες, τις τα σπασμένα τι χοί βερεύτημα τύ σφου πυρσά, χοί πυταρές φίος δι αυτού υ μωρός Βούλιας αυτού ετεμαζωσες οι εζωσες; αφ ο δι χοί αυτού τύ φίβ Βούλιας μυτιδάφους τύμα, Σούλα τύ εξ αρχός ίστις. Trans Istrum, versus Septentrionem locus est, quem fluvius non exigius, ab incolis Bulga dictus, interfluit: unde & ipsi Bulgarorum nomen obtinuerunt, cum a prima origine Seyba essent. M.
BOUHOT. C'est cette partie du tuyau de cheminée, qui passe le toit. La 40e des cent Nouv. Nouvelles: Elle se bouta dedans le boulot de ladite cheminée. De bout haut, ou de bout & de botte. Cette partie ressemble à une botte renversée. Le Duchat.
BOUHOUREAU. Alain Chartier, page m. 665, au livre des Quatre Dames: Et semblent beuboureaux en mare, Qui attendent qu'on leur dit g. & e. Et qu'on les preigne, Sans adviser qu'on entrepereigne A les grever, & qu'on appreigne Les tours par quoy on les surpreigne Lizant leurs ashes. C'est une espèce de héron. Et c'est le bihoreau de Belon. Le Duchat.
BOUILLIE. Lat. pappa. Ce mot paroît avoir été fait de bullita; la bouillie n'étant autre chose que de la farine, détrempée & bouillie avec du lait. Mais comme les Espagnols disent poleada, pour dire de la bouillie; que M. Guyet dérivoit de puls, en cette manière, puls, pul, pula, pulea, polea, POLEADA; M. Guyet croyait que notre mot François bouillie avoit la même origine, & qu'il avoit été formé en cette manière; puls, pul, pula, pulea, puleia, BOUILLIE. Je crois qu'il faut s'en tenir à l'opinion commune. M. BOUILLON: pour jusculum. De bullire. Bullire, bullivum, bullium, bullio bullionis, BOUILLON. Les Espagnols disent caldo: & les Grecs ζίω, fait de ζίω, ferveo. Et c'est de ce mot ζίω, que les Latins ont fait leur jus culinarum. Voyez mes Aménites de Droit, chap. 39, au mot jus. M. BOUILLON d'eau. De bulla. Bulla, bullium, bullio bullionis, BOUILLON. Les Espagnols disent borbolon, par reduplication. M. BOUILLON: pour bourbier: mot usité en Anjou, au Maine, & en Normandie. De bulla. Voyez bou. M.
BOUIS. C'est ainsi qu'il faut dire, & non pas buis, M. de la Quintinye, qui dit toujours buis, n'est pas en cela à imiter. De buxus. Buxus, buxius, BOUIS. Buxus a été fait de marié. M. Nonobstant la décision de M. Ménage, buis est aujourd'hui plus usité que bouis. De buis ou bouis le sont formés les noms de Boucey, Bufy, Poufy, Poufy, Poufy, Poufy, Poufy, la Bufiere, Buferole, Bouffigny; Buxorum, caxtacum, Buxaria, Buxariola, Buxaliola, Buxivacum. Le P. Perron prétend que buis vient de beus & box, mots Celtiques. *
BOUKINKAN. Bonnet à l'Angloise. Voyez tapabord. M.[{"box_2d": [508, 269, 868, 522], "label": "text", "caption": "BOULANGER. Après avoir long-tems médité sur l'origine de ce mot, j'ai été contraint de hazarder celle-ci; qui est de l'Empereur Constantin Porphyrogénète, dans son Traité de Thamatius, Th. 6. où il dit que celui qui a la garde du pain dans les armées, est appelé en Latin Buccellarius. Buccellarius, dit-il, nom à l'impunité duictive; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; 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& qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a dit à la garde du pain; & qu'il a se qu'on jette la boule. Il ajoute, que les boulets de canon sont de même ainsi appelés parce qu'ils sont jettés. Je crois que boule a été fait de bulla, à cause de la rondeur des bulles d'eau. Et bouler, qui est un diminutif de boule, a été ainsi nommé à cause de sa rondeur. Cette étymologie de boule a été remarquée par de Bowelles.
BOULE. Je veux bien croire avec M. Ménage que ce mot vient du Latin bulla : mais il est bon de remarquer qu'on pourroit peut-être aussi le dériver de la Langue Teutonique. Bolen en Alleman signifie volvere, vertere, rotare. Les Grecs disent qu'il est dans la même signification. Boll en Suedois, bal en Flaman, ball en Alleman & en Anglois, pel en Langue Cambrique ou Galloise, pila en Latin, adna dans Hefychim, signifient tous la même chose, s'assoit une boule, un globe : en quoi on voit la convenance de ces diverses Langues.
BOULEAU. Arbre. De betulelium, diminutif de betula, qui est un mot Gaulois. Pline xvi. 18. Gamdes frigidiis sorbus; & magis etiam betulla. Gallica hæc arbor, mirabilis candare atque tenuitate, terribilis Magistratum virgis : eadem circulis flexilis; item corbium coftis. Les Bas-Bretons le nomment encore aujourd'hui berw & bedw. Voyez Camden dans son Angleterre pag. 14. En Baffé-Normandie, on le nomme du boue. M. de Saumais, ch. 71. de ses Homonymes des Plantes, a fort bien remarqué que la description du betulla de Pline ne convient pas à notre bouleau; le betulla de Pline étant d'une merveilleuse blancheur, & notre bouleau étant d'une couleur rougeâtre. M.
BOULER. Quelquefois c'est bouillir. Le Roman de la Rose cité par Borel : Ceule fustent, battent, lient, pendent, Heufent, berant, efcorchem, foulent, Nayant, ardent, grilient & boulent. Quelquefois il semble que ce mot signifie tromper. Le même Roman, fol. 48. v. Compaings ne vous chauffe de pendre; Autre vengeance en convient prendre. Pas ne vous convient tel office : Bien en convient à la Justice; Mais par trahison le bouler. En ce cas bouler seroit le verbe simple d'où nous aurions fait bouliner, qui signifie aujourd'hui la même chose. Quelquefois bouler est le simple d'ébouler, auquel sens il vient de bolare, fait de bolus, mot Grec Latinise. Le Roman de la Rose, fol. 225. v. Et pour jalousie bouler, Je ferai partout defouler Et les priaux & les herbages. Le Duchat.
BOULET. Voyez boule. M.
BOULEVART. Turnée estime que les boulevarts, ou, comme on prononçoit anciennement, boulevarts, ont été ainsi appelés, quasi boules vertes. C'est dans ses Commentaires sur l'Oraison II. de Cicéron contre Rullus, page 101. de la première édition. Voici ses termes : Moles, magna quadam & solida construcione & aggeratio, &c. Nos quoique vulgo moles virides appellare solemnes aggeres quibus urbes mununtur, uno tantum mutato elemento : boles enim virides vocamus. M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 140. dérive bouler (car c'est ainsi qu'il l'écrit) de Blague qui a été dit pour Blague, & qui dans Nicétas est pris pour murus cespitius. Meurſins au contraire dérive le Grec du François. Voyez-le en son Gledaire, au mot Blague. Nicot, au mot boulevart, le titre de boule, & de vert qu'il dit signifier défenfe, les Picards disant warder pour garder, & les boulevarts étant des défences contre les boulets. M. Bignon m'a dit autrefois qu'il croyait que boulevart venoit de l'Iralien baluardo, qui signifie la même chose, & que l'Iralien venoit de Blague. Les Gafons disent encore à présent baluart : ce qui confirme l'opinion de M. Bignon. J'estime pourtant que nous avons pris ce mot de l'Alleman bolwerk, qui signifie proprement un ouvrage de poutres, & qui est composé de bol, c'est-à-dire, poutre, & de werk qui signifie ouvrage. De bolwerk, nous avons dit premierement boulevart, & ensuite boulevart, en changeant à en A; ce qui est affex ordinaire aux François, & particulièrement aux Parisiens. Les Allemans disent aussi bolwerk, si on en croit Nicot. Hotman en son livre intitulé Matagonis de Matagonibus, page 19. dérive bolevert de l'Alleman bolwerte. M.
BOULEVART. Wachter, dans son Glofar. German, au mot Bolwerk, nous donne une autre étymologie du terme François. Ecoutons-le parler lui-même. BOLWERK, dit-il, bollwark, vallum, propugnaculum, opus & terra vongesium jaculandi causa. Oritur, non à Blague cespes, nec a pfali palus, sicut vulgo existimam, causam sit murus cespitius, aut opus palis munitum, sed à bolen jaculari. Nam hic solent locari tormenta bellica, & ab hoc loco tanquam & fuggeste tela vibrantur in hostes. Dicitur autem non solum de vallo quod mania defendit, sed etiam de vallo quo urbs ab obsidentibus cingitur, ut patet ex Exech. xxvi. 8. Anglis vallum vocatur bulwark, quod imitantur Galli in boulevart, Itali in boluardo, quamvis vitinis. Cambris pill est castrum, propugnaculum, forte à Lat. vallum, nisi sit abscisum à Germ. bollwark. Solent enim illi vocibus nostris aliquid demere in fine, dum nos contraria figura utipur in vocibus Celticis. Le verbe bolen en Alleman, signifie non seulement volvere, vertere, rotare, comme on a vu ci-devant au mot boule, mais encore, jaculari vibrare, excuter, & il se dit des traits & des pierres. Les Anglois disent to bolt. Les Grecs disent pareillement Blague jaculari, ferire, adnam vibrare, Blague jaculus, ictus, Blague basta miſtilis, Blague sagitta. De-la le balliſta des Latins, machine à lancer des traits. Bolt en Anglo-Saxon signifie la même chose.
BOULEVERSER. Renverſerſans-deſſus-deſſous. Ce verbe devoit anciennement être du labourage, & signifier ce renverſement de terre que le contre de la charue fait en labourant. Il depuis, par métaphore, on l'a entendu de toute forte de renverſement : car je tiens qu'il est formé de Blague qui signifie gazon & morte de terre; & de verſare ou vertare car aussi bien Virgile dit, vertere terram, pour arare. Bouleverſer ſe peut aussi dire renverſer : comme une boule, laquelle ſe renverſo ſens-deſſus-deſſous, autant de fois qu'elle fait de tours. Caſenenve.
BOULEVERSER. M. de Caſenenve le dérive de Blague & de verſare; comme qui diroit gleban verſare; ou de boule, & de verſer. Et cette dernie- re étymologie a été embrassée par le P. Labbe. Il vient de *volvere*. *Volvere*, *bolvere*, d'où l'Éspagnol BOLVER. *Bolvere*, *bolverfus*, *bolverfare*, BOULEVERER. *M.* Selon Wachter, *Bouleverfer* est un mot hybride; & cet Auteur le fait venir du Teutonique *i al*, qui signifie *caput*, & du Latin *vertere*; de sorte que c'est comme si l'on difoit renverser la tête en bas. Selon Baxter, dans son *Gloß*, *Ant. Brit.* page 55. *Bal* & *bala* chez les anciens Bretons & même chez les Phrygies, signifiou la tête, & tout ce qui est de figure ronde. Les Grecs disaient *quic* & *balec*, & de-la *nque*, fait de *aque* & de *quic*. Le même Auteur dit à la page 55. *Quidquid erat rotundum pracipue verò caput*, *Veteribus vel bal erat*, *vel bel*, *vel etiam bol* & *buli*. *Etiam hodiernis Persu pola pro cranio est*, *et* & *Francobelgiz* *bolle pro capito*. *Gracorum* *mi* & *vertex est*, & *mi* *in* *vertere*: *Bali* & *eiam rotunda gleba est*. *Anglisque* *ball pila est*, *quod Britannis* *bel dicitur*. *Scotobrigantibus etiam bhel caput est*; *que Spettat* & *Anglerum bill pro avis rostro*. Wachter ajoute à cela, que *bu*, dans la signification de *caput*, est un mot qui vieillit chez les Allemans & les Flamans. Voyez cet Auteur, dans son *Gloß*, *German*, aux mots *Belen* & *Polster*. Voyez aussi ci-dessus au mot *Belin*.
BOULEVEUE. Comme quand on dit, *jouer à boule-veue*. Pasquier, livre VIII. de ses Recherches, chapitre 61. veut qu'on ait dit *Jouer à boule-veue*, par corruption, pour *Jouer à bonne veue*. *D'un homme qui a fait un marché assuré, on dit qu'il a joué à boule-veue*. *Métaphore inepte*, & *qui n'a aucun sens*. C'est pourquoi il faut dire, à bonne veue; comme n'ayant rien fait *sans y avoir un bon* & *fain jugement*: par une métaphore tirée de la *veue*. Ce sont les termes de Pasquier. Henri Etienne, dans son livre de la Précellence du langage François, page 101. dit à peu-près la même chose. *Quand on dit*, Il joue par-dessus la corde, *C'est ce qu'on dit autrement*, Il joue au plus fort, *ou*, Il joue à bonne-veue. Ce sont aussi les termes de Henri Etienne. Et Pasquier & Henri Etienne se sont mépris, en disant *Jouer à bonne veue*. Il est certain qu'il faut dire *Jouer à boule-veue*. C'est ainsi que tout le monde a toujours parlé: Et c'est comme tout le monde parle encore présentement. Mais tout le monde ne demeure pas d'accord de la signification de cette façon de parler. On dit à Paris, *Faire quelque chose à boule-veue*, pour dire, à la légère, inconsidérément, sans y avoir pensé: ce qui paraît tout-à-fait contraire aux passages que nous venons de rapporter. Et c'est pourquoi plusieurs de nos jeunes Grammariens prétendent que Pasquier & Henri Etienne se sont aussi mépris dans l'intelligence de cette locution, *Jouer à boule-veue*. Mais comme Pasquier & Henri Etienne étoient Parisiens, & qu'ils étoient d'ailleurs très-sçavans, il n'y a point d'apparence qu'ils n'ayant pas compris le sens d'un mot qu'ils entendoient dire tous les jours au peuple de Paris, & que tout le peuple de Paris comprenait fort bien. Ajoutez à cela, que dans la plupart des Provinces, dans l'Anjou, au Maine, dans le Languedoc, dans la Provence, & dans la Bourgogne, on dit encore présentement, *Jouer à boule-veue*, pour dire, faire quelque chose avec sûreté: comme Pasquier & Henri Etienne ont expliqué cette façon de parler proverbiale. Je croirois donc plutôt, qu'il faudrait mettre de la différence entre *Jouer à boule-veue*, & *faire quelque chose à boule-veue*. *Jouer à boule-veue*, *veue*, c'est faire sûrement ce qu'on fait: qui est une métaphore tirée du Jeu de boule qu'on appelle le *Mairer*: où les Joueurs qui voyent la boule, laquelle tient lieu de but, (soit qu'ils soient plus grands que les autres, ou qu'ils ayant meilleure veue) ont beaucoup d'avantage sur ceux qui ne la voyent pas; & par conséquent jouent plus sûrement. *Faire quelque chose à boule-veue*, signifie tout le contraire: c'est-à-dire, à la légère, inconsidérément, sans y avoir pensé: qui est aussi une métaphore tirée du Jeu de boule, mais non pas des Joueurs, comme la précédente. Elle est prise des Juges, qui dans les constellations qui naissent entre les Joueurs pour savoir quelles font les boules les plus proches du but, en jugant à boule-veue, c'est-à-dire, par la seule veue, par la seule inspection des boules, sans prendre ni cordeau, ni jartiere, ni bâton, pour mesurer le coup: en quoi ils se trompent souvent; & en quoi ceux qui le mesurent, ne se trompent jamais. Les Italiens disent dans ce même sens, *giudicare a vista*. Le Dictionnaire della Crucica, au mot *a vista*: Giudicare a vista, *ciol*, *con la semplice vista*, *senza venire ad altro cimento*: *che diremmo anche*, Giudicare a occhio, e croce. *Las ex visu*, et *scio intuitu* *judicare*. Les Latins, du mot *annusis*, qui signifie le cordeau ou la ligne des Charpentiers, ont dit de-même, quoique dans une signification différente, *ad annusum aliquid facere*, pour dire faire une chose où l'on ne puisse rien trouver à dire. Mais nous avons dit, dans une signification toute semblable, *Juger à vue de paix*, qui est une autre façon de parler proverbiale, prise de ceux qui en jettant simplement la vue sur des lieux éloignés, sans les mesurer, jugant aussi de leur distance avec peu de certitude: ce qui confirme tout-à-fait mon interprétation touchant le proverbe des Parisiens. Il ne faut donc pas contendre ces deux locutions, *Jouer à boule-veue*, & *Juger*, ou *Faire quelque chose à boule-veue*: comme plusieurs les confondent. C'est ce que j'avais remarqué dans mes Observations de la Langue Françoise, au chapitre 78, du premier Tome. *M.*
BOULIMIE. C'est le nom d'une maladie qui cause un appétit défordonné. Ce mot vient du Grec *Buc* & de *Aquis*, qui signifiant *bouf* & *faim*, comme qui diroit une faim de *bouf*, c'est-à-dire, une grande faim. Les Grecs mettent la particule *Bu*, qui vient de *Buc*, au commencement des mots dont ils veulent augmenter la signification. C'est ainsi qu'ils disent *Bucum*, grande voracité, de *Bucus paulus*, *cibus*; *Bucus*, grand vanteur, grand fanfaron, de *Faius*, *glorior*, *Superbio*, *efferor*; *Bucus*, fort enhumé, de *Faius*, *gravede*; *Bucus*, grand enfant, de *Faius*, *puer*; *Bucus*, grand mangeur, de *Faius*, *comedo*; *Bucus*, qui a de grand yeux, épithète de la Déesse Junon dans Homère, d'*Bucus*, *video*. Le mot *Bucus*, *equus*, dans les composés, augmente quelquefois de même la signification, comme dans *Bucus*, *magnum profundum*, dans *Bucus*, *faucus*, *faucus* *dolinus*, &c.
BOULIN. Trou où l'on met les pièces de bois qui servent à échafauder. Les Allemans appellent *bolen* les perches & les chevrons qu'on emploie à cet usage; & *boulin* pourroit bien venir de ce mot Alleman. *Le Duchat*.
BOULINE. Comme quand on dit d'un vaisseau, qu'il va à la *bouline*. De l'Anglois *boulin*, qui signifie proprement cette corde qu'on attache aux vergues, & qui sert à porter les voiles avec le le vent, lorsqu'il est contraire. Aller à la bouline, c'est gagner tant fort peu le vent, pour remplir les voiles. M. BOULINER : terme de Soldat, qui signifie dérober secrètement. BOULINEUX, c'est le voleur. M.
BOULINER, vient, selon moi, de volinaré, diminutif de volare, en la signification de voler ou dérober. Le Duchat.
BOULINGRAIN. Nous appellons ainsi un parterre de gazon. De l'Anglois bowlingreen, qui signifie rapis de verdure sur l'appel on joue à la boule. Boule, signifie boule, & green, verdure. M. de la Quintinye : BOULINGRAIN est une manière de parterre de gazon, dont l'origine est venue d'Angleterre, qu'on prend soin de rendre souvent, pour entretenir toujours l'herbe courte, & fort verte. M. dit cet Auteur, liber, volumen, codex. Gorbis bok Iau. iv. 17. Anglo-Sax. boc. Ibid. Franc. & Alam. buoch, puach, Belg. boek, Angl. Succ. Island. book, bok, Danis boog. Gloffar. Kerua. volumen puah, codex puach, codice puacho. Gloff. Pec. ar- chivo, puach chamaro, membranis puohfellum. Ta- tianus, cap. v. 1. buoh cannes, Liber generatioris. Cum liber & fagus iidem pene nominibus apud nos defiguentur, hinc Helvigius in Orig. Diff. Germ. & pof eum Wormius in Litteratura Romica cap. 3. existimavit, appellationem librorum à materia qua- siam esse. Quibus aetipularur Skinnerus in Etymolo- gico Anglicano: Omnia fortasse à fago, quia scili- cet olim faginis corticibus scribebatur apud veteres Germanos, ut apud Graecos tiliaceis. His sanofis- ris multa savem impense: (1) atas lingua litte- rarum, de qua aliquid dixi in graben scribere: (2) vetustissima eruditorum nomina, a quercubus desump- ta, qualia sunt Druidarum & Saronidarum apud Celtas, de quibus alibi: (3) quid litteras bacu- los, & paginas folia vocamus: (4) quid fagus ante fruges inventas fuerit arbor sacra, & pra ca- teris arboribus digna, cui litterarum secreta, inven- tum planè divinum, concrederentur: (5) quid liber propriè sic cortex, & pofæa codex, ab antiqua scribendi materia sic appellatus. Et his rationibus fa- teer me aliquando fuisse induitum, ut sententia lau- data accederem. Nunc autem hostare incipio, non quid liber sit res nova in Germania, sed quid nun- quam fuerit à ligue vel cortice, & quid illi libri qui nobis innaturunt, aliunde appellari potuerint ab an- tiquis. Nam a biigen sinuare, flectere in sinum, na- turaliter sit bog volumen, quia volumen est res si- nuosa. Placuit hac etimologia imprimis Martinio, nec non Stiernhielmio in Gloff. Uiph. Goth. pag. 30. ubi verba: Quin bog derivetur à biegen flectere, convolvere, nullum mihi est dubium. Eadem enim de causa libri dicti sunt antiquis volumina, quod eos convolverent ad similitudinem cylindri, ut ho- dieque faciunt Muscovita & Turca. Tandem & hoc observandum, quid omnis rem litterarium exer- cens inde nomen acceperit apud antiquus. Hinc scriba Gorbis dicitur bokareis Matth. VIII. 19. Anglo-Sax. bocere ibidem, Francis buochari. Tatianus, cap. II. 1. Gieng tho zuo cin buochari, accessit tunc unus scri- ba. Le Pere Kircher est du nombre de ceux qui ont cru que l'Alleman buch, livre, venoit du mot qui signifie fagus, hêtre, & qui dans la Langue Teutonique est presque le même que celui qui veut dire livre. Etienne Guichard, qui veut trou- ver toutes les Etymologies dans l'Ebreu, ne man- que pas d'en faire venir l'Alleman buch. Il le tire de sub cabab, écrire, d'où en transposant les lettres il fait sub bacab; & de-là, selon lui, le Grec vusic, & vusic, libellus, tabula, epistola, d'où le Larin pectacum, l'Alleman buch, l'Anglois book, le Flaman book livre, comme qui diroit un écrit. Mais cette étymologie, du moins quant à l'Ebreu, n'est nullement recevable. Car du reste il n'est pas impossible que ces mots Teutoniques aient été formés du Grec vusic, ou vusic, lequel est fait du verbe vusic, plico, complico. Et comme quel- ques-uns ont cru pouvoir dériver le Teutonique bog, qui signifie volumen, du verbe bugen ou biegen, qui veut dire flectere, curvare, sinuare, rien n'em- peche aussi, ce me semble qu'on ne puisse dériver l'Alleman buch, l'Anglois book, le Flaman book & les autres semblables mots teutoniques qui signifient en livre, de ce mot Grec vusic, ou vusic. Au reste, comme bouquin en François ne signifie pas seulement un vieux livre, mais encore un vieux bouc, cela pourroit faire croire que ce mot dans la significa- tion de vieux livre, viendroit de bouc, de même qu'il en vient dans la signification de vieux bouc. Mais cette raison n'est pas décisive; car il y a des mots qui étant entièrement semblables quant au son & à l'écriture, ne laissent pas d'avoir des ori- gines différentes, parce qu'ils signifient des choses très-différentes. Ainsi je crois que pour l'étymo- logie du mot dont il s'agit, il faut s'en tenir à celle de M. Menage. *
BOURACAN. De l'Izalien baracano. C'est comme les Italiens appellent cette forte d'étoffe. M. du Cange veut que ce mot ait été dit à barris; quod licia in eo appareant isofar barcarum; aut quid adolescentes compiti ac venuti, quos Barragan His- pani vocant, eo vestianur. Mais ce que dit M. Fer- rari, que c'est un mot barbare, corrompu du Phry- gien zarzacan, est plus vrai-semblable. Jules Sca- liger contre Cardan, 199. 4. Hirci in Anatolia, qua est Phrygia, sive Asia minor, quadricornes; pilo admodum prolixo, aquante candorem nivis. Quem vellunt ad textrinam, non autem tendent: proptereà quid attonfione pilum aiunt craffescere, &c. Ex mol- liore villo pretios conficiunt pannos: Zarzacan vo- cant. Barracanus se trouve en la signification de bourracan dans les Statuts de Pierre Abbé de Clu- ny, chapitre 18. Statutum est ut nullus scariatas aut barracanus, aut pretios burrellos, habeat. Et bar- ricanus, dans Saint Bernard, De Vita & Maribus Relig. cap. 9. pour la couverture d'un lit. M.
BOURBE. Pontus de Tyard dans son Traité de relia nominum imposatione, page 19. le dérive de bōsōsō, corum, limus. M. BOURBON l'Archambault: BOURBON Lao- cy: autrement, BOURBON les Bains. Il y en a qui croient que ces lieux ont été ainsi appelés à cau- se des bourbes dont ils sont pleins. Messire Olivier de la Marche dans l'Introduction à ses Mémoires, dérive ce mot de celui de Bourg, & de celui de bon. Je trouve, dit-il, que deux Baronnies furent de pie- ça, dont l'une fut au pays que l'on dit Bourbonnois, & l'autre en la Duché & Pays de Bourgogne. Et comme toutes choses ont commencement, pource qu'en tous les deux lieux que l'on nomme Bourbon à bains chauds, (que l'on dit médicinac, & s'y vont plu- sieurs gens baigner pour se médiciner, & pour recon- verer santé d'aucunes maladies) à cette cause, & pour ce que plusieurs gens y hantient & y conver- soient, hosseliers, taverniers, marchands & ouvriers mécaniques se logèrent en celle part pour gagner & avoir profit; tellement qu'assez-soft après se fit en icieux lieux gros & puissants bourgs, & aug- mentèrent tellement qu'entre les autres bourgs on di- soit d'un chacun d'icieux voisins, c'est un bon bourg: & à le prendre au rebours, pour-on dire, c'est un bourg bon: & de ce nom Bourg bon en continuation de langage sont encore appelés ces deux lieux Bourbon; & par succession de temps devindrent deux grandes & puissantes Baronnies, chacune en son pays, & en furent Seigneurs deux nobles Barons, qui par ma- riage s'allient ensemble: & ainsi advient que toutes ces deux Baronnies demeureront par succession à un nommé Goursy de Bourbon: lequel Goursy ont deux fils, dont l'aise fut nommé Archambault, & le se- cond fut nommé Anfeau. M. du Buisson, homme très-intelligent dans l'ancienne Géographie, dé- rive ce mot Bourbon du Larin Barno. Car il pré- tend que c'est ainsi que ce lieu se trouve appelé dans la Carte de Peutinger, faite du tems des Théo- dôles. Cette Carte, pour le marquer en passant, a été ainsi appelée, pour avoir été trouvée autrefois en la Ville d'Aulbourg en Allemagne, chez un nommé Conrad Peutinger. M. Rabelais, livre 2. chapitre 33. parle des bains de Bourbonneuf, qu'il place parmi ceux du Royaume de France. C'est une corruption de Bourbon-Lancy, qu'on a dit pour Bourbon-Anseumme, à la différence de Bourbon l'Archambault. Pasquier les nomme aussi bains de Bourbon neuf dans les Lettres, tome 1. page 804. La Duchat.
BOURDALOUÉ, ou BOURDALOUÉ. C'est un mot nouveau, qui signifie une étoile modeste dont les femmes s'habillerent pendant quelque tems, depuis que le Père Bourdaloue eut prêché fortement contre le luxe, & la magnificence des habits. *
BOURDE. Nous appellons ainsi un mensonge, une tromperie, & une chose qui semble être vraie, & ne l'est pas. Ce mot, à mon avis, vient de ces combats qui se faisaient aux Tournois, où l'on se jouait, bien qu'en apparence il semblait qu'on se battait tout-de-bon: & cela s'appelloit vulgairement burdare. La Charte de Henri III. Roi d'Angleterre, intitulée Breve Regis, five Mandatum, super Juratis, ad arma, qu'on voit à la fin de l'Histoire de Mathieu Paris, de la dernière édition: Quid nulli conveniant ad turnandum, vel burdandum, vel alias quascumque aventuras. Nos anciens François appelloient cela bebourd & bebourder; d'où on a fait bourde & bourder. Lambertus Ardenis dans l'Histoire des Comtes de Guines & des Seigneurs d'Hardres: Ut hic illic bohardica frequentaret & tornamenta. Caseneuve. BOURDE: pour tromperie. De l'Italien burla: L en D: comme en bride, de briglia. Voyez bourdon ci-dessous, & burlar dans mes Origines Italiennes. M.
BOURDEAUX. En Latin Burdigala, ou Burdegala, ou Burdegalis, Ville capitale de Guyenne. Isidore de Séville écrit qu'elle a eu ce nom de ceux qui l'ont peuplée, lesquels il nomme Burgos Gallos: Burdegalim appellatam ferunt, quid Burgos Gallos primum colonos habuerit. M. de Marca aimerait mieux dériver ce nom à Burgo Galatico; le nom de bourg étant assez ancien, & dérivé de la Langue Grecque, & par conséquent à l'usage des Gaulois pour signifier une forteresse, comme l'on peut voir dans Vegece, Orofe, & dans le Glossaire de Philoxene: Burgus, turris, voppe. Favyn, dans son Histoire de Navarre, livre 11. page 63. croit que Bourdeaux a été ainsi appelé à cause de l'assemblage des eaux, tant du reflux de la mer, que de la Garonne, de la Dordogne, & autres rivieres qui s'assemblent près de-là pour se jeter dans la mer. Quelques-uns prétendent que les Berrueyers, c'est-à-dire, ceux du Berry, étant trop serrés, prirent le large, & quittant la rive de la Loire, & leur Ville Capitale de Bourges aux plus vieux, vinrent s'habituer sur la Garonne, où ils bâtirent Bourdeaux, qu'ils appellerent Bituriges, comme leur Ville Capitale qu'ils avoient laisse, & qu'ainsi le nom de Burdigala n'est qu'une corruption de Bituriges. Favyn dit même avoir vu dans le Château Trompette une ancienne Inscription qui portait: Angofo sacrum & genio Civitatis Biturigum Vivificorum. De la Brousse, dans son livre sur la Primatie d'Aquitaine, a ramassé les étymologies du nom de Bourdeaux. Selon lui, Bourdeaux n'est point une colonie des Bituriges, mais des Phéni- ciens, & il ne peut souffrir Isidore qui dit que Burdegalis vient de Burgi & Galli. Cependant il conjecture qu'on pourroit changer Burgos en Brigos ou Briges, qui sont, dit-il, des mots Phéniciens. Ensuite, parce que Rigos en Phénicien, signifie, selon lui, hommes braves, gens de cœur, il soupçonne que l'Hercule Gaulois aurait bien pu venir à Bourdeaux en allant en Espagne, & donner son nom de brave & de courageux à cette Ville. Mais, continue-t-il, comme les Phéniciens donnoient aux lieux les noms des fruits qui y naifolent, il se pourroit bien faire que Bourdeaux eût tiré son nom de Ibra, qui en Chaldéen signifie abondance, fertilité, & de l'dagan, qui signifie blé. Mais, ajoute-t-il, ne seroit-il point mieux de dire, que comme les habitans de Saintonge portoient un habit nommé bardus, les Bourdelois le prirent aussi à cause du voisinage, & de-là furent appelés Burdigalli; comme une partie de la Gaule fut appelée Gallia Braccasa, à cause des brales qu'elle portoit: Il croit encore qu'il faut tirer ce mot bardus de l'Ebreu bardes, ou de l'Arabe bord. Peut-être aussi les Bourdelois furent-ils appelés bardi, à cause de leur habileté dans la Poésie & la Musique Gauloise, ainsi que les fameux Bardes. Tout cela fait pitié, & n'a pas besoin d'être réfuté. Vient à dit que Burdigala étoit un mot Celtique. S. Jérôme, deuxième Préface sur l'Épître aux Galates, dit que l'Aquitaine tiroit de Grece l'origine du nom de Burdigala. Cela ne nous avance guère, & tout ce qu'on en peut conclure, c'est que l'étymologie de ce mot est entièrement inconnue. C'est savoir quelque chose que de connoître son ignorance. *
BOURDELAGE. Terme de Coutume. C'est une redevance qu'on doit au Seigneur en argent, blé, & plume ou volaille, ou en deux de ces trois choses, selon la Coutume de Nivernois. Le droit de bourdage en Bourbonnois est de pareille condition & qualité que le droit de taille réelle; & le mot de Bourdelier se dit non-seulement du détenteur, mais aussi de l'héritage, de la redevance & du contrat, & même du Seigneur auquel ce droit est dû. Le mot Bourdage, selon Coquille, dans son Histoire du Nivernois, vient de bord, qui en ancien Langage Tudeque signifie un domaine, une métairie ou ferme à la campagne; & de-là est tiré l'ancien mot François borde, qui signifie la même chose. *
BOURDIQUEUR. Barthelemi Aneau, dans la Traduction de l'Utopie de Thomas Morus, page 72. de l'édition de Saugrain, Lyon 1559. Mais j'ordonne & commande... que tous ces pauvres-là foient distribués & départis aux Monastères de Saint Benoit, pour être illec bourdiqueurs. Barthelemi Aneau étoit de Bourges. C'est un Synonime de burges, mot qui dans Rabelais, livre 3. chapitre 23. dénote un frere-lay, employé à faire valoir une borde, ou métairie de Couvent. Un Moine bur. Le Duchat.
BOURDON. Les bâtons des pelerins, & ceux qu'on porte durant l'Office du Chœur, sont ainsi appelés, à cause des ronds qu'ils ont au bout, ou plutôt, maissés; en vrai Latin clava, & en Latin barbare borda. Les Glosses d'Isidore: clavia, borda. Mais il faut lire, en cet endroit clava. En Languedoc on appelle lourdes, ces boules, ou ronds, qu'on porte au bout des bâtons. Caseneuve.
BOURDON. Ce mot signifie plusieurs choses. I. Une eipece de grosse mouche. II. Le son & le F f ij murmure que font les mouches; d'où vient le mot de bourdonnier. III. Le gros tuyau d'une cornemuée; d'où vient chanter en faux bourdons. Mathieu Paris, dans les Vies des Abbés: *Pulsato classico, fanarribus abalamis, quos burdones appellamus*. IV. Ce bâton que portent les Pelerins. En la première signification, d'où les deux suivantes sont venues, ce mot a été fait par onomatopée. En la signification de *bâton*, il vient du Latin *burdo*, qui signifie *maire*, à cause que les bourdons, comme les mulets, aident à marcher: &c'est par cette raison qu'on appelle aujourd'hui à Paris les porteurs de chaises des *mulets*. Ainsi nous avons appellé un bâton *la haquenée des Cordeliers*; comme les Espagnols, *el cavallo de san Francisco*: & *bourdes*, les potences dont se servent les estropiés pour se soutenir. Daubigny, dans son Baron de Féneste: *Il faut que vous confessez que les boiteux y ont laissé un amas de vourdes plus haut que le planchaï de cette salle*. C'est au chap. 3. du liv. II. où il produit ensuite cette Epigramme: *Que dites-vous, disoit na guères, &c.* *Tant de bourdes de ces boiteux?* *Qu'en dites-vous? Ce sont des bourdes.* Les Italiens appellent de même un bâton *una mula*. De *burdo*, on a fait *bourdon*; & *bourde*, de *burdus*, qu'on a dit pour *burdo*. Calderinus sur l'Epigramme 24. du livre XII. de Martial: *Caballi, equi pufili dicuntur; quos vulgi burdos vocabant*. De *burdus*, qui a été dit pour *burdo*, on a fait *burdinus*; & ensuite *burdinarius*; qui se trouve souvent pour *Pelerin*. Le mot *bourdon*, au reste, est fort ancien dans notre Langue. Pierre, Moine du Vau-de-Cernay, chapitre 62. de son Histoire des Albigeois: *Ille autem, utpote superbissimus, cum magna indignatione respondit: Seias Comes Montis-Fortis, quod Burdonarii nunquam poterunt capere castrum meum*. Burdonarios autem vocabatur *Peregrinus, eo quod baculos deferre solerent, quos Lingua communi burdones vocamus*. Burdare se trouve dans Mathieu Paris pour *decertare fustibus morerusticorum, qui Anglis Burdons*. Et ce mot en cette signification, peut venir de *borda*, qui dans les Glofes d'Isidore est interprété par *clava*: *CLAVA, borda*. C'est ainsi qu'il faut lire, au lieu de *clavia*. *Borde* en Saintonge signifie un *bâton*. Voyez le Gluffaire de Meurlius au mot *Burdonii*. Touchant le mot *bourdon* pour bâton de Pelerin, voyez mes Origines Italiennes, au mot *bordone*; *Vossus*, de *Vitis Sermonis*. II. 3. & Covartuvias au mot *burdon*. De la ressemblance aux bourdons, on a dit BOURDONNASSE, pour une sorte de lance. Philippe de Commines, livre dernier, chapitre 6. parlant de la Journée de Fornoue: *Si-toi que les chevaux eurent un peu repris leur haleine, nous nous mismes au chemin, pour aller au Roy, ne fauchant où il estoit; & allafmes le grand trot; & n'eusmes guères allé, que le veissmes de loin, & fismes descendre les valets; & amaffer des lances par le champ; dont il y avoit assez; & par especial de Bourdonnasses, qui ne valoient guères, & qui estoient creuses & legeres, ne pesant point une saveline, mais bien peintes; & fusmes mieux fournis de lances que le matin, &c. M.*
BOURDONNASSE. Voyez *bourdon*. M. BOURE: pour *canne*. Voyez *bourre*. M. BOURFONTAINE. Chartreuse de la Pro- vince de Valois, au milieu de la sorte de Villiers-Cotrets. Par corruption, pour *Bourfontaine*. C'est ainsi que cette Chartreuse est appelée dans les anciens Titres, à cause d'une grande fontaine qui est dans une des cours. M.
BOURG. C'est maintenant le nom des gros Villages, clos de murailles assez foibles, qui ne sont pas assez grands, ni peuplés, pour porter le nom de *Villes*. Anciennement en France, c'étoit un quartier de Ville, ou post mieux dire, un Fauxbourg clos, mais toutefois distingué de la Ville; comme il se voit encore dans Carcassonne & dans Rhodes, qui sont divisées en Bourg & Cité; aussi bien que dans les Villes de Narbonne & de Toulouse; & même en celle de Reims, comme il se voit dans l'Epître IX. du Pape Alexandre III. où il est fait différence entre le Bourg & la Cité de Reims. Il est bien vrai, que sur la décadence de l'Empire Romain, *Burgis* étoient proprement des *Forts* sur les frontières, où l'on mettoit en garnison des Gens de guerre. Paul Orofe, livre 7. chap. 32. *Crebra per limites habitacula constituita* Burgos appellant. La même chose se voit dans Isidore, livre 9. chap. 4. lequel ajoute, que ceux qui étoient logés dans cette sorte de *Forts*, étoient appelés *Burgarii*; & c'est de ceux-là même qu'entend parler la Loi unique de *Burgarii*, au Code Théodôser. Mais parceque cette sorte de *Forts*, pour être bâtis à la hâte, & pour certains tems, n'étoient clos de murailles, de brique & de pierre, mais bien seulement de peaux de Bois; ils furent appelés *Bourgs*, d'un mot plus ancien, *Burgones*, qui signifie la clôture d'un parc où les Bergers enferment leurs troupeaux. Les Glofes d'Isidore: *Burgones, caula*. Or on fait assez que le mot *caula* signifie proprement cette sorte de parc. On peut dire la même chose des *Bourgs* qui joignent les Cités; lesquels prirent aussi de-là leur nom, pour n'être du commencement clos que d'une enceinte de peaux, assez forte pour arrêter les courses & soudaines invasions des ennemis. Et c'est pourquoi Luynprac, livre 4. écrit que les Romains appelent *Bourgs*, un assemblage de *maisons*, qui n'avoient point d'enclos de murailles: *Domorum Congregationem, qua muro non clanditur, Burgum vocant*. Caseneuve.
BOURG. Cujas, livre 3. de ses Observations, chapitre 24. & le Pere Simond, sur l'Epître 9. d'Alexandre III. le dérivant de *Burgis*. Et Caisabon, dans ses Commentaires sur Strabon, de *Burgis*; lequel mot en langage Macédousin & en langage Thracien, a été dit pour *Burgis*. Et les Arabes disent *burg* en la même signification: lequel mot se trouve dans Saint Luc, chapitre 13. verset 4. & dans le Picanne 47. verset 13. Les autres dérivent le François *bourg* du Latin *burgus*; qu'ils disent avoir été fait du Grec *Burgis*. Bodin, dans sa Méthode de l'Histoire, chapitre 6. *Graci* aïeut *Burgis*: *Germani purgum dixerunt; utrique ab arce tutiori*. Et en effet, *Burgis* dans les Glofes de Cyrille, est interprété *turris, burgus*: Et dans celles d'Isidore, *burgos* est interprété par *calbra*. A quoi on peut ajouter que Vegece, livre 4. chapitre 10. appelle *burg* un petit château: *Cassilium parvum quod burgum vocant*: & que Juthinien en la Loi 2. paragraphe 4. de *officio Praeclis Africa*, use de ce mot en la même signification: *Sicut ex clusuris & burgis ostenditur*. Quoiqu'il en soit, il est confiant que c'est un des plus anciens mots qui soient dans toute la Langue Germanique, comme il paroit par les Villes d'Allemagne dont les noms se terminent en *bourg*, & particulièrement, par celle d'Aichembourg, laquelle étoit si ancienne dès le tems de Tacite, que selon le témoignage qu'il en donne dans sa Germanie, on croyoit qu'elle eût été bâtie par Ulyssée. De *burgus* on a fait *burgensis*, qui se trouve dans Ives de Chartres, & ailleurs; d'où nous avons fait BOURGEOIS. De *burgus*, on a fait aussi *burgara*; d'où nous avons BOURGEOIS. M. de Saumais sur Solin, page 1227. *supervis* est *vicus manibus sepenis*; *quales multa in B. bylonia & Assyria fuere*. Burgos claufus, *aut* Burgadas, *hodie dicimus*. *Passim earum mentio apud Isidorum in Manfionibus Parthicis*; qui *nuius & equivixus nominat*. *Supervis plus est quam nuius, minus quam nuius*. Touchant le mot de *burgus*, voyez Voëssus & Fritis Sermonis, livre 1. chap. 3. Voyez aussi Claverius, livre 1. de son ancienne Germanie, chapitre 13. où il soutient que le mot de *burg* est originaire Alleman. M. Je le dérive du Saxon *bergan*, in *turum recipere*, *servare*, à cause de la sûreté qu'il y a à vivre dans un *bourg* ou lieu fermé, & à cause de la franchise des bourgeois & habitans du lieu, qui ont leurs privilèges. De ce mot les Allemands ont fait *verbergen*, *cachet*, mettre à couvert. Et du même mot vient l'Allemand *Herberg*, d'où le François *Auberge*, qui signifie un lieu propre à se mettre à couvert. *Le Duchat*.
BOURG. Rien ne servira mieux, ce me semble, à développer l'origine de ce terme, que de joindre ici ce que dit Wachter, dans son *Glos. Germani*, au mot *Burg*, où il s'exprime de la maniere suivante: *Burg, locus habitandi munitus*. *Loca autem munita censetur, primò ea quibus siva, summa, & paludes, munimentorum vices praestant*. *Talia erant habitacula Anglorum, Varinarum, aliorumque, de quibus Tacitus*. Fluminibus aut silvis munientur; cap. XL. de Mor. German. *Secundò ea qua fossis, aggeribus, aut sepimentis cinguntur*. *Qualia permuta fuisse in veteri Germania credibile est*. *Quamvis enim nullas Germanorum populis habitari à Tacite proditum se*, cap. XVI. *multa tamen suadem hunc Taciti locum de urbibus muro cinitis intelligendum esse*. *Nam catra locorum munimenta Germanis hand ignora aut inquisita fuisse, aliumde confiar*. *Casar oppida Suevorum passim commemur*. *Et Ubiis anilor atque monitor est*, et se suaque omnia in oppida recipiant. *Quod cuncipi non potest, nisi surtim in ipso loco aliqua contra latranes aut incursus hostiles praedia*. *Post Casarem Prolemans, in Germania Magna Tabula, xc. amplius oppida reutis, seu cujusque mathematica diligente d' fusto, in quibus aliqua sunt quorum nomina in Burg defunct, ut Teutoburgium, Asciburgium, Laciburgium, Vlsburgium: Plerique interpretas per Burgia hic simplices vices & domorum, collectiones intelligunt, quasi terram fodere, & aggerem securitatis gratia excitare, a consuetudine Germanorum istius temporis abhorreas, quod sane falsissimum*. *Nam de Angrivariis memoria proditum est apud Tacitum, Annal. 11. cap. 19*. *Larus unum (siva aut paludis) lato aggere extulerant, quo a Chersusis dirimmentur*. *Quanti satilus & expeditius fuit, latera unius pauperculi oppidi quam integra siva aut paludis, aggere cingere* *Denique etiam loca muris cinitia, ut sunt arces & castra, eodem nomine quamvis serius, appellari superant*. *Hoc unum & notissimum munendi genus est, quod Germana ferre libertas non poterat*. *Tentieri, in Oratione ad* *Agrippinense, muros civitatis quinimenta servitil vocant, atque ut detrahantur pollutant, apud Tacitum Hif. 3V. cap. 64*. *Hinc nulli unquam muri oppidani apud veteres Germanos inventi, etiam si alma a Romanis ad Albim usque & ultra sint proliata*. Et ensuite: *Burg, urbs civitas*. *Evangelium Goth. March. XXVII. 53*. *Inngaggandans in the weihon bourg, introentes in Jantam civitatem... Semenus in Diff. 45. Burg uib, civitas... Verelius in Ind. Borg, civitas, oppidum, hofudborg metropolis, borgarmen in ex ar. v. h. c. 1. Inde Latino-barbaris, burgus, Calis bourg, Ialis burgo. Vocem cisticam vide in briga*. L'Auteur continue ainsi: *Burg, arx, castrum, castrum*. *Glosa antiqua apud Junium, in Glos. Goth. page 84. Purch, castrum, castrum turritum & munitum*. *Vegetus de re mil. lib. 1V. cap. 10*. *Caltellum partulum, quem Burgum vocant*. *Inde Dispargum Deufonis castrum*. *Vox Grata wuy &, turris, non est mater, sed seur originis, ut patet ex radice bergen, qua meior nulla exegetare potest*. *Qui secne statuum, coguntur afferre hunc esse primum voix significatum, ab aribus limitansis & parte carum partitima ad urbe significandas translatum, & omnes Germania antiqua* *Burgos ex castellis Romanorum ortos esse*. *Id quod falsissimum, & vel ex nominibus locorum a Prolemas recensitis refellitur*. *Le verbe Teutonique bergen, d'où Wachter dérive burg, signifie mettre à couvert, fortifier, donner retraite, &c*. On le trouve dans toutes les anciennes dialectes. En Gothique c'est *bargan*, en Anglo-Saxon, *bergan & bergian*, en vieux Franc & Alemannique, *bergan, perkan, poragen*; en Illandoh, *berga*. Voyez ci-devant au mot *Berg*.
BOURG. Comme dans Froissart, sur l'an 1565. Le *Bourg* de Bretculi, le *Bourg* de l'Espare. C'est un nom qu'on donnait en Gascogne à tous les bards de grande maison. Voyez l'Histoire mauscrit de Charles V. par L. L. D. T. G. R. c'est-à-dire, L... Laumonier de Travecy, Gentilhomme Réfugié, page 27. de ce manuscrit. *Le Duchat*.
BOURG-LA-REINE. Village près de Paris, sur le chemin d'Orleans. J'ai vu chez M. Conart, homme de grand mérite, & mon ami particulier, un vieux manuscrit traduit de vers en prose par Nicole Houffemane, Médecin de Messire Jean de Chabannes, tiré de plusieurs Croniques, tant de Rome que d'Allemagne, nouvellement trouvées, & à lui communiquer secretement par aucun de ses amis, le tout à l'honneur de la Seigneurie dudit Messire Jean de Chabannes; où il est dit, que *Guerard de Dampmartin sert embrasé de la beauté de la Dame Colombe, Royne de Frise, se submit jouxer à outrance contre Goffroy, Rey de Frise, par tel convenant, que se il étoit convaincu par ledit Goffroy, sa femme lui servit rendue, & par ce le Royaume demurroit pacifique, en payant grande rançon à celui Guerard, lequel offroit tel combat, espérant mettre à mort celui Goffroy, & par ce espenser sa femme. Goffroy de Frise a grant peine y voulut consentir; toutefois, terme fut assigné au Briqueur près de Paris, lequel lieu de présent est dit Le Bourg la Roine, parceque Guerard y conquis par armes la Roine de Frise. Ils emportent en champ d'honneur, auquel d'un coup de Lance fut tué Goffroy; & partant celui Guerard, parvint à ses fins, & espensé la Roine de Frise. Tout ce discours est fabuleux. J'ai bien voulu néanmoins l'inférer en ce lieu, parce qu'il nous apprend que le Bourg-la-Reine s'appelloit anciennement *Le Briqueur*. M.
BOURGEOIS. Ce mot vient de bourg. Et quoique maintenant les Citoiens des Villes soient indifféremment appelés Bourgeois : néanmoins anciennement on falloit différence entre Citoyens & Bourgeois ; les uns étant les habitans des Cités ; & les autres des Bourgs. Le Pape Alexandre III. Epître IX. Cum olim ex parte Wacini, & filii fut, Rhemensium Civium causa, qua inter ipsos & Oldevenum, & Joannem, Rhemenses, Burgenes, super domo quadam veritur, &c. Casenove.
BOURGEOIS. Voyez bourg. M.
BOURGEON. De burrio, qui a été fait de burra. Les bourgeons des arbres ont quelque chose de veus, & qui approche de la bourre. Voyez bourre. L'ancienne ortographe bourjon confirme cette étymologie. Guillaume Cretin, dans son Épître à François Charbonnier : Pluseurs raisins procèdent d'un bourjon ; Et maille à maille on fait le banberjon. Nicot écrit aussi bourjon. M. du Cange le dérive de turio. Voici ses termes : TURIO, arboris vel arbuffi teneritas apud Calmellam lib. 12. cap. 48. Lauri turiones in hoc usu mittito, ut olivas deprimant. Apicius, lib. 8. cap. 1. Elixatur in aqua marina cum turionibus lauri & anetho. Nos vulgo dicimus bourjon, forte pro tourjon. M. BOURGES : Ville capitale de la Province de Bury. Cujas, sur le chapitre dernier du Titre des Décétales de Dilationibus : His non erit utosum addere, non à Latina appellatione Biturigum, hanc civitatem appellatam videri BOURGES, sed quid hi populi BOURGI GALLI dicerentur. Unde & auctore Isidoro, libro XV. Etymologiarum, Bourgi Galliæ, & postea Bourdigalliæ nomen hujus urbis Colonia, ut idem ait. Il faut voir ce qui prétède & ce qui suit dans Cujas. M. Quoiqu'en dise Cujas, il y a grande apparence que le mot Bourges s'est formé de Bituriges, que l'on prononçoit Bitouriges, Bitouriges, Bitourges, Betourges, Bitourges, BOURGES. Quelques uns croyent que le nom de Biturix fut donné à cette ville, parce qu'il y avoit deux tours : c'est un conte sans fondement. Quelques-uns même semblent rapporter cela à la fameuse grosse tour de Bourges, bâtie par Philippe Auguste, comme si le nom de Biturix ou de Bituriges n'étoit pas plus ancien que ce Prince. La vérité est que Biturix est un mot Celtique dont nous ignorons l'origine, & la signification.
BOURGMESTRE. C'est le nom du premier Magistrat des Villes de Flandre, de Hollande, & d'Allemagne. En Alleman on l'appelle Burgemeister, comme qui diroit maître & protecteur des Bourgeois. Burger signifie bourgeois, & vient de burg, ville cité. Meister veut dire maître, & il y a quelque apparence que ce mot a été fait du Latin Magister ; car on ne le trouve ni dans l'idiome Gothique, ni dans l'Anglo-Saxon. Cependant Stadenius le tire hardiment de l'Alleman meist, qui signifie pracipuus, persissimus. Les Cambriens ou Gallois, les Anglois, les Flamans, les Suedois, les Illandois, les Danois, les Italiens, les Espagnols, les François, & même les Sorabes & les Polonois, se servent tous d'un mot semblable pour désigner magister. Frenzelius dans ses Orig. Sorab. page 79. fait venir par un long circuit tous ces mots, & même le Latin magister, de l'Ebreu vōō mischar, qui signifie gubernatio, dominatus. M. Bruneau, dans son Traité des Cités, dit que Bourg- mestre en Hollande répond à ce qu'on appelle Alderman, & Sherif, en Angleterre, Attourne à Compiègne, Capitou à Toulouse, Consul en Auvergne & en Languedoc, Jurant Bourdeaux, Pair de Ville à Beauvais, Echevin à Paris, Lyon, Rouen, Tours, Angers, &c. BOURGUIGNON - SALE. De Serre, dans son Inventaire, sous Charles VII. en 1412, parlant d'Aigues-mortes, dont les habitans tuerent la garnison des Bourguignons que le Prince d'Orange y avoit établie : On y montre encore aujourd'hui une grande cuve de pierre où l'on salait les Bourguignons. La Faille dans ses Annales de Toulouse, en 1419. Ceux d'Aigues-mortes plus hardis ou plus affectionsés au parti du Dauphin préviennent le Siège : & après avoir coupé la gorge à la garnison Bourguignonne, ils en jetèrent les corps dans une fosse avec quantité de sel, de pour que l'exhabilison ne causait la peste, d'où est venu, dit-on, le proverbe de Bourguignon-salé. D'autres, avec plus de vraisemblance, tirent ce proverbe du sel qui se fait à Salins. Voyez Sébastien Rouillard, dans son Histoire de Melun, page 125. M. La bourguignote, en Latin cæssis, & le mot salade, sont synonimes dans la signification d'une espèce de casque, qui, sans doute, étoit commun à la Milice Bourguignone. De-là apparemment le sobriquet de Bourguignon salé. Dans les Mémoires de Du Bellai, livre IX. ou X. si je ne me trompe, la bourguignote est appelée salade Bourguignone. Et de-là le dicton : Bourguignon salé, l'épée au côté, la barbe au menton, saute Bourguignon. Ce qu'au reste, ce Proverbe reproche aux Bourguignons, c'est leur opiniâtreté, sous-entendue par ce pot de fer qui couvre la tête de leur Milice. D'Aubigné, dans ses Tragiques, au Poème intitulé, les Fers, p. m. 207. Voici de toutes parts, du circuit de la France, Du brave Languedoc, de la sèche Provence, Du noble Dauphiné, du riche Lyonnais, Des Bourguignons teflus, des legers Chaupenois, Des Picards hazardous, de Normandie forte : Voici le Breton franc, le Poitou qui tout porte, Les Xamangois heureux, & les Gascons soudants : Des bords de leur Milice pendent de toutes parts. Ce sobriquet, au reste, doit être du même tems que celui d'Armagnac, donné aux Orléans par ceux du parti de Jean, Duc de Bourgogne, pendant la guerre de l'année 1410. 1411. & 1412. entre la Maison d'Orléans & celle de Bourgogne, puisque par la Paix de Bourges en 1412. les sobriquets d'Armagnac & de Bourguignon sont réciproquement abolis. Voyez Monstrelet, édit. de 1372. vol. 1. fol. 144. Le Duchat.
BOURGUIGNONS. De Burgundiones, peuples d'Allemagne. Orosius, liv. 7. ch. 32. Isidore, liv. 9. de ses Origines, chap. 1. Luitprandus, liv. 3. de son Histoire, chap. 12. Vossus de Vitis Sermonis, liv. 2. chap. 3. & Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois, qui ont écrit que les Bourguignons avoient été ainsi appelés de burgus, c'est-à-dire forteresse, à cause des fréquentes forteresses qu'ils bâtirent sur leurs frontières, se trompent manifestement. Voyez M. de Valois, dans sa Notice des Gaules. M.
BOURGUIGNONS. Les Bourguignons, selon Pline, étoient originaires des Vandales, dont la première demeure fut la Caffubie en Poméranie ; avec les contrées de Pologne, qui en sont voisines. Sous Tibere, ils sortirent de leur pays, & conquérant une partie de la Germanie inférieure. Tibere & Drušus les disposerent en différens camps le long du Rhin. Sous l'Empire de Theodosie le jeune, les Allemans les ayant chaffés du pays dont ils s'étoient emparés, ils passerent le Rhin, & étant entrés dans les Gaules, ils se rendirent maîtres du pays qui depuis fut appellé le Royaume de Bourgogne. Selon M. de Valois, les *Bourguignons* n'étoient point Vandales, mais une Nation Germanique, voisine des Allemans. Tibere ayant tiré de la Saube, les Sicambres, leur ayant fait passer le Rhin, & les ayant logés dans la Gaule sur le rivage de ce fleuve, l'adoré, & après lui plusieurs autres se sont imaginés que les *Bourguignons* sont venus de cette colonie de Sicambres, & confondent inconsidérément les uns avec les autres. Selon d'autres, les *Bourguignons* sont de ces anciens Gaulois, qui sous la conduite de Ségovité, du sens du vieux Tarquin, s'étoient établis en Germanie, & qui plusieurs siècles après revinrent dans leur ancienne partie. Ammien dit comme une chose constante, que les Bourguignons descendent des Romains; & Orosé prétend que ce sont ceux que Tibere & Drušus, fils adoptifs d'Auguise, avoient établis dans des châteaux & des bourgades de Germanie; que même ils ont pris leur nom de ces bourgs, ce mot signifiant à peu-pres la même chose dans leur langue que dans la nôtre. Néanmoins Pliss, liv. iv. ch. 14. en fait une nation purement Germanique, & quelques-uns prétendent qu'ils n'ont été appelés Romains, que parce qu'ils croyoient descendre des Gaulois, qui avoient été faits citoyens Romains. On ne convient guère plus de l'origine du nom, que de celle du peuple. Plusieurs ont cru que *Bourguignons*, *Burgundiones* ou *Burgundii*, n'étoit point leur premier nom, ni un nom qu'ils eussent apporté de la Germanie, ou qu'ils se fussent donné eux-mêmes, mais un nom que les Allemans ou les François leur donnerent parce qu'ils avoient conquis un grand nombre de châteaux, ou camps, *cafra*, pour leur sûreté; que c'étoit là une de leurs coutumes, & que château ou camp se dit en Alleman & en ancien Franc, *burg*, ou *bourg*, d'où l'on fit *Burgundiones*, comme qui dirait *Choislains*. D'autres, qui approuvent cette étymologie, disent que les *Bourguignons* ne furent point ainsi nommés des bourgs fortifiés qu'ils construisèrent, mais des bourgs non fortifiés & tout ouverts que Drušus & Tibere les obligèrent de former, pour diviser en plusieurs petites habitations séparées & sans défense, cette nation qui commençait à leur devenir suspecte par ses forces & sa multitude. Quelques modernes, après M. de Valois, traitent de ridicule cette étymologie tirée du mot *bourg*, estimant que de *bourg* on aurait fait *Burgiones*, & non pas *Burgundiones*; mais il faut de meilleures raisons, dit M. de Tillemont, pour se moquer des anciens Auteurs. D'autres, comme Rhenanus, qui tiennent cette étymologie pour vraie, remontent à la Langue Grecque, & tirent *burg* de *mer* & une tour; & si l'on en croit Picard dans sa Cellopédie, il n'y a aucun bon Auteur qui n'en convienne. Quoiqu'il en dise néanmoins, & quelque vrai-semblable que puisse être cette opinion, ce mot peut n'être point Grec; & Pierre de S. Julien, dans les *Antiq. des Bourg*, ch. 11. réfute cette opinion, 1$^{re}$. parce que les *Bourguignons*, ni les Germains, dont ils faisaient partie, ne s'avoient point le Grec, & n'en ont eu connaissance que fort tard, quoique selon Rhenanus ils aient été nommés *Bourguignons* plutôt qu'on ne pense, c'est-à-dire, avant Tibere, 2$^{re}$. parce que les Germains, ni par conséquent les Bourguignons, ne renfermoient point leurs habitations de murailles, ainsi que nous l'apprend Tacite, 3$^{re}$. parce que *mer* est un tour, & non point un *bourg*. D'autres ont dit que *Burgundiones* s'étoit dit pour *Gurgundiones*, a *gurgitibus*, parce que la Bourgogne a été nommée la mer des eaux, à cause que les plus grandes rivieres y ont leur cours, ou leurs sources. Mais ces peuples portoient le nom de *Bourguignons* avant que la Bourgogne eût été appelée mere des eaux, & qu'ils y fussent placés; & il faut dans ce sentiment, soutenir que les *Bourguignons* sont indigènes, ce qui est faux. D'autres prétendent que c'étoit un peuple sorti de la Scythie, & qu'ils cançoient sous des tentes qu'il nommolent *burgs*, d'où ils furent appelés *Bourguignons*. Mais M. de Valois, dans sa *Notice des Gaules* prétend que les *Bourguignons* qui s'établissent en Gaule, sont fort différens des *Bourguignons* venus de Scythie. Ceux qui disent que ce sont de ces Gaulois de Ségovité, ajoutent qu'ils prirent le nom de *Bourguignons* à l'honneur d'Hercule, qu'ils adoroient sous celui d'Ognus. Enfin quelques-uns disent qu'ils ont été ainsi nommés du nom d'un lieu situé dans le Diocese de Langres, & qui s'appelloit *Bourg Ognus*, ou *Ognus*, & dont le nom est resté à la vallée d'Ognus. C'est le sentiment de S. Julien, *Antiq. des Bourguignons*, ch. 2. 3. 4. 5. C'est pour cela qu'il écrit *Bourguignons*, au lieu de *Bourguignons*. Il prétend qu'*Ognus* en ancien langage Celloque, signifioit *Dieu* & *Dieux*, & qu'ainsi *Bourgogne* est la même chose que *Burgus Deorum*; que c'est de-la aussi qu'à été fait *Burgundia*, de *burgum* & de *dia*. Mais tout cela n'a pas la moindre apparence. Les *Bourguignons* étoient ainsi nommés avant qu'ils passaient le Rhin, & qu'ils habitassent le *Bourg d'Ognus*; & le mot François *Bourgogne* a été fait du Latin *Burgundia*. D'ailleurs on écrivait autrefois *Bourgoine*. *Dia* est une pure terminaison Latine. M. de Marca, dans son *Hifl. de Bearn*, liv. 1. p. 129. parlant de *Burgundia*, Comte de Fézeniac, vers le commencement du IX$^{e}$ siècle, dit que le nom de *Burgundia*, ou *Burgund*, exprimé en Latin par *Burgundia*, est un ancien mot Gaëcon; mais il n'en apporte point de preuves, & ne dit point ce qu'il signifioit. Wachter, dans son *Glofi. German*, au mot *Bauer*, donne du mot *Burgundia* une étymologie entièrement différente de toutes celles que nous avons rapportées jusqu'ici. Il le compose de *bur* & de *gund*, deux mots Teutoniques. *Bur* signifie un habitant d'une ville, d'un village, ou d'un autre lieu commun, & aussi une habitation, une ville, un village. C'est un Terme Franc & Anglo-Saxon, qu'on trouve dans les composés. Au lieu de *bur*, les Allemans disent *bauer* dans le même sens. C'est peut-être de ce *bur*, que viennent, selon Wachter, les noms de *Canterbury*, de *Salisbury*, & autres semblables en Angleterre, plutôt que de *burg*, quoiqu'on explique ordinairement ce *burg* par *burg*. *Gund* est un terme Franc & Vandale, qui signifie guerre, combat. Ainsi *Burgundia* veut dire à la lettre, *Habitans belligerax*. Mais écoutons Wachter parler lui-même: *Buxoumis*, *Germanica* Burgunder, indigena bellicosi. Id enim gunder vel gunder significat, quod est a gund bellum. Burgundos ab initio custodes limites Romani fuisse, a Druso, subacta interiore Germania, hinc inde per habitacula, qua burgos, vocant, dispositos; postea in magnam gentem evaluisse, & nomen a burgis presumptisse, scribis Marcellinus, ut eufidem fobolem Romanam vocat. Secundum hanc etymologiam Burgundiones erunt sic dicti, quasi in burgis geniti, a kund genitus. Sed vercor ut Marcellinus hic sa fabulosus. Quis credat, Romanos baltibus recens devictis limites dedisse custodiendas? Magis andiri moretur Pilnius cui Burgundiones sum foboles Vandalis. Inde est quod Burgundiones invenimus, non solum ad Rheum, sed diu ame & longissim à Rheum, in Sarmatia, manifeste satis indicio, omnes Burgundiones ad unam spellare gentem, quamvis migratianibus divifam, & hoc illos nomine numquam caruisse. Je prefererols cette dernière étymologie de Burgundi à toutes les autres. Elle est plus naturelle, & rend raison du mot entier, ce qu'on ne fait pas dans l'opinion ordinaire.
BOURGUIGNOTE. Lat. cessis. Il y a apparence que cette sorte de casque a été ainsi appellée parce que les Bourguignons s'en sont servis les premiers. M.
BOURRABAQUIN. Rabelais 3. 7. Un bourrabaquin, garni de brevaige. Et 4. 30. Le boyau culier comme un bourrabaquin monacal. M. Le Diction. Fr. Ital. d'Ant. Oudin : Bourrabaquin, bacchier grande, fatto a guisa di cannone. Un grand verre, fait comme le canon d'un mousquet, une maitresse bouteille. Baquis est un diminutif de Bacha, & bourrabaquin est comme qui diroit, chef entre les bouteilles. C'est en ce sens que dans Froilfort le Sultan Amurat est toujours appellé l'Amorabaquin, c'est-à-dire, le Bacha Amurat. Le Duchat. BOURRASQUE : tempête. De l'Italien burrasca, qui signifie la même chose. Les Espagnols disent aussi verrasca. M.
BOURRE. En Latin tormentum. Ce n'est pas seulement la laine accourcie, & que les Tondeurs de draps tirent des étoffes; mais encore ce qui se forme dans les replis des habits, à mesure que nous les usons; & autres telles choses légères, & de peu de conséquence. Ce mot vient de burra, qu'Aufone joint avec quisquilia, qui sont des choses de néant & des bagatelles : At nos illepidum rudem libellum, Burras, quisquilias, ineptifique, Credemus gremio cui sevendum. On Scaliger croit que bourre est un mot de l'ancien Langage de Guienne. Ufus est, dit-il, vocabulo Aquitanico : nam hodieque major pars Aquitanarum nationum quisquilias vocat burras. Caïeneuve.
BOURRE. De burra. Aufone : burras, quisquilias, &c. En Normandie, on appelle une canne une bourre, & une petite canne un bourrette; & un canard, un bourard. De bourre, on a fait bourrée, à cause que les bourrées sont faites d'ordinaire de branches feuillues. Tanaquil le Fèvre, dans ses Notes sur l'Euungue de Terence, page 398. FAOUT, ex solidari ligno est. At id quod in sermone nois vocamus bourrée, ex ramalibus est, temuribus sarmentitis, & minus duris. M. De bourrette, signifiant petite canne, est venu le mot burrette, qui est le nom de ce petit vaisseau, fait en forme d'une petite canne, dans lequel on met le vin qu'on doit consacrer pour la Melle. La Duchat.
BOURRE, signifie aussi le commencement d'un bourgeon de vigne. C'est proprement la couverture qui est sur l'œil de la vigne : d'où vient qu'on dit, gelerant bourre, c'est-à-dire avant que la feuille de la vigne ait paru. Ce nom vient de ce que le germe de la vigne a une envelope de filaments qui ressemblent à de la bourre, même pour la couleur.
BOURREAU. Nos anciens François écrivoient bourrel. Enguerrand de Montrelet, Tome premier, chap. 47. Lesquels par le bourrel, les uns & les autres, eurent les textes coupées. Ce mot doit venir de 1649, qui signifie dévoreur; car d'autant que les bourreaux vivent de la mort d'autrui, & du carnage qu'ils sont, ils furent appelés dévoreurs de chair. Le Glossaire : Carnifex aeum & eupach. 1649, c'est-à-dire, dévoreur de chair. Et dans un autre Glossaire, manger la chair, est pris pour bourreler : eupach. 1649, excarne. Salvian, de Gubernatione Dei, parlant des Spectacles : Ubi summum genus deliciarum est mort homines; aut quod est morte gravius, lacerari, expleri, &c. hoc est, non minus hominum aspellibus, quam bestiarum dentibus, devorari. Prudentius, livre 1. contre Symmachus : — Quid sanguine parta voluptas? Caïeneuve.
BOURREAU. J'ai dit dans la première édition de ces étymologies, que je ne sçavois pas d'où venoit ce mot. Ce qui a fait dire à Skinner, dans ses Origines de la Langue Anglicane, au mot burrel-ssy : Menagius de etymo-ii bourreaux (sperat, & ignorantiam faterur. Quid mihi miselio sperandum resfat? Et à M. Borel, dans ses Antiquités Gauloises : BOURREAU : Voy bourrée, où s'en ay donné l'étymologie véritable, que personne n'avoit encore remarquée. Car M. Ménage avoue, en fin Dictionnaire étymologique, ne l'avoit pu trouver. On le pourroit aussi faire venir, comme M. Guido Patin, d'alle Médecin de la Faculté de Paris, a remarqué, de burras, c'est à dire roux, parce que les rousseaux sont ordinairement violents; ce qui est une qualité qui est requise aux bourreaux : ou à cause qu'il est vêtu en divers lieux de couleur rouge & jaune. Et au mot bourrée, il avoit dit, que les Bourreaux avoient été ainsi appelés parce qu'ils fuitagent avec des verges faites de bourrée. Toutes ces étymologies sont ridicules. Et celle du P. Labbe : BOURREAU, quasi BOUCHEREAU, petit boucher, n'est pas plus raisonnable. Le mot François bourreau a été fait de buccarus, en cette manière : buccarus, buccarellus, burellus, BOURREAU. Et buccarus a signifié proprement un boucher : & c'est de buccarus que le mot boucher a été fait. Voyez boucher. Et comme les Bouchers ont été appelés Carnifices, à carne sçienda : Adalberon, dans son Poème au Roi Robert : Non sunt carnifices, caupones, necne fobulei : & que le mot Latin carnifex signifie un bourreau; nous avons appelé un bourreau du nom de boucher, c'est-à-dire, de buccarellus, diminutif de buccarus. Les Espagnols, pour la même raison ont appelé leur bourreau carnifice. Voyez mes Origines Italiennes, aux mots beccacio & boia. ¶ M. de Caïeneuve dérive bourreau de 1649, qui signifie devorare; parce que les bourreaux vivent de la mort d'autrui. Cette étymologie n'est pas digne d'un aussi grand. Etymologiste qu'étoit M. de Caïeneuve. M.
BOURREAU. Autrefois on droit boye, pour bourreau. Rabelais, liv. 3. chap. 31. La monsoient au boye. De boye s'est fait le diminutif boyerrau, d'où s'est formé le mot de bourreau. On fait qu'en italien boya signifie bourreau. Huet.
BOURRE'E. Voyez bourre. M.
BOURRELET. De bourre, parce qu'ordinairement le bourrelet s'emplit de bourre. Ou plutôt de bis rotulatum, diminutif composé de bis & de rotulum, dit par métaplaigne pour rotula, parce que les anciens bourrelets faisoient plusieurs tours à l'entour de la tête & du col. Le Duchat.
BOURRICHE. Nous appellons ainsi en Anjou un panier d'oiser rond en ovale. De burricia; à cause qu'on y mettoit de la bourre pour la conservation des choses qu'on mettoit dedans. Burrus, burre, burricius, burricia, BOURRICHE. M.
BOURRIERS. Scaliger, dans son premier Scaligerana, page 127. Quisquilia sunt les balieuses. Fruistissimo vocabulo Gallico bourra bourrarum. Aquilani etiamnum nomen retinent. Nous appellons aussi en Anjou les balieuses bourriers. M.
BOURRIQUE. De burgichus, burricus, ou buricus, qui signifient cheval. Les Glofes d'Isidore: Manninus, caballus, buricus. Celles de Philoxène: mannis, bueyzus. Porphyron sur l'Ode IV. des Epodes d'Horace, interprète mannus par burrichus. Saint Jérôme dans son Epiro à Pammachius: Ubi videris fumare patinas, & Phasides aves lentis proprius decoqui: ubi ferventes buricos, mannos, bonatolofque pueros, &c. & Paulin, ep. x. & Sulpice Sévète: Longè hispari cultu, macro idam & viliori afellis burico sedentem. Voyez Meurlius en son Glossaire, au mot bueyz. Bourrique, parmi nous, se prend pour asnesse. Les Espagnols disent aussi burre, & borrico, pour dire un asne; & burra & borru, pour une asnesse. M. Bochart, liv. IV. de son Phaleg, chap. 26. dérive l'Espagnol borrico de bueyz. Bueyz, pro asino, vox Africana est, quam è Libybus acceperum Cyrenai. Hefychius: Bueyz, inis Rupavision, Bueyz, sup. inis; id est, barbarum vocabulum, & a vicinis barbaris sumptum. Ex quo ipso forte haustum est Hispanorum BORRICO. Neque enim dolos id latet, ex Africa in Hispaniam mille monstra vocabulorum una cum Mauris transfratesse. Acque eodem forte perinet quod Bueyz alborok vocant Arabes jumentum sui Propheta, media natura, ut quidam volum, inter mulum & asinum. Je ne suis pas de l'avis de M. Bochart, & je ne fais aucun doute que l'Espagnol borrico ne vienne de burricus, puisque ce mot étoit en usage parmi les Latins devant que les Maures passèrent en Espagne, comme il paroît par le lieu de Saint Jérôme ci-dessus allégué; car ce Saint vivoit vers la fin du IV. siècle, & les Maures ne passèrent en Espagne que vers le commencement du huitième. Je crois même que le Grec Bueyz a été fait du Latin burricus. Burricus est un diminutif de burru, qui est un ancien mot Latin, témoin Byrhus, Capitaine des Gardes de Néron; car byrrus est la même chose que burru; & l'un & l'autre signifient roux; & viennent de bueyz. Les Glofes anciennes: Barus, burru, bueyz. Burrum, Eudis, bueyz. Festus: BURRUM dicebam antiqui, quod nunc dicimus rufum. Unde rufici burram appellant bucolam, qua rostrum habet rufum. Comme les Latins ont dit burra d'une vache, à cause qu'elle est de poil rougeâtre, (Xerlis suis xia vace & bueyz, dit Théocrite, Idyll. 4.) Ils ont dit de même burru & burricus d'un cheval ou d'un âne dont le poit tire sur le roux. Bonaventura Vulcanius sur le lieu des Glofes que je viens d'alléguer: Hodio Hispani Burram vocant asellam, qua colore accedit ad vi bueyz. Les Ebreux appellent de même un asne non chamor, à rubedine. Festus ajoute: Pari modo rubens cibo ac potione ex prandio, burrus appellatur. Et de-la vient le borracho des Espagnols pour yvogne. Scaliger sur cet endroit: Eleganter bemines ex potione rubentes ait Burros à voteribus dictos. Quod verbum eodem sensu retient Hispanica lingua. Burraceos enim vocant ebriosos; & vox vinarium, burraceam. Bonaventura Vulcanius dans ses Notes sur le Glossaire, page 18. BURRUS etiam est rubellus. Unde putarum Hispanos fecisse summ borracho, quo ebriosum significant. Et page 19. Ex burri appellatione, pro eo qui è potu rubet; manavis fortasse borracho Hispanorum, quod ipsis, ebriosum significant. De burrichus, on a formé le diminutif burrichio, dont nous avons fait bourrichon, ou burrichon, pour roitelet, à cause de la couleur rouffâtre de cet oiseau, qu'on appelle aussi bourrichon, de burrichius, diminutif de burrichus. De burrus, on a fait burra & burellum, pour une espèce d'étoité de couleur rousse, d'où nous avons fait bure & burrau. Voyez bure M. BOURROCHE: forte de simple, appellée autrement euglofe, c'est-à-dire Langue de burs. Les Botanistes l'appellent borrago. Ego borrago, gaudia semper ago. Et c'est de ce mot que nous avons fait celui de bourroche. Quelques-uns dérivent borrago de burra; parceque les feuilles de la bourroche sont velues comme de la bourre. Borrago vient de corrago. CORRAGO, apud Apulatum, rette pro nostro BORRAGO, dit Scaliger dans son premier Scaligerana. Voici l'endroit d'Apulée, c. 41. BUGLO USUM, Graci Propheta, gonon ofuru; Oslanes, tzanuchi; Agiptii, antueo rin befor; Romani, linguam bubulam; Lucani, Coraginem dicum. Je remarquerai ici en passant, que cet Apulée n'est pas le Philolophe Platonicien, mais le Médecin, qui étoit Sicilien. Et corrago, selon Bodæus à Stapel, a été dit de cor, à cause que cette herbe est exhilarante, pour user de ce mot. Hac in vino mixta hituritatem convivis facit, diete même Apulée. Et c'est là-dessus que les Botanistes lui font dire: Ego borrago, gaudia semper ago. Au lieu de bourroche, plusieurs disent bourroche; & c'est comme parle M. de la Quintinye: ce qui approche davantage de borrago. M.
BOURRU. Voyez Bourre, & Bure. M.
BOURRU. Vin bourru: ainsi dit de son épaisseur, qui le fait paroître comme s'il y avoit de la bourre; ou de sa couleur, qui approche de celle de la bure, dite en Latin burra. Les Latins ont appellé de même une sorte de breuvage burranica, de la couleur de la bure. Festus: Burranica potio, laite commissum sapa; a rufo colore quem burrum vocant. Et parce que la bourre est velue, serrée & pressée, & non transparente, on appelle vin bourru, le vin qui est louche & trouble, dit Nicot au mot bourre. M.
BOURRU. Dans la signification de chagrin, rude, de mauvaise humeur, il vient de l'Ebreu sur Bur, qui signifie la même chose. Mais quand on dit, Moine bourru, il vient de bueyz, gris, roux. On les nommoit autrefois Moines burs, & ils sont ainsi nommés dans Rabelais, liv. 3. ch. 31. il nomme aussi le Diable, bur, c'est-à-dire, de couleur enfumée. Vin bourru vient de la même G8 racine. On appelle ainsi du vin gris & brouillé, non encore dafique. *Hnet.*
BOURSE. Il n'y a point de doute, qu'une bourse étant d'ordinaire faite de cuir, ce mot ne vienne de *hupes*, qui signifie *cuir*. La charité des hommes s'étant refroidie, nous l'appellons du nom de la matière : la ou les anciens François, plus gens de bien que nous, l'appelloient *aumoniere*; parce qu'ils ne s'en servoient que pour y porter de quoi subvenir à la nécessité des pauvres. Le Traité des Vertus & des Vices, parlant de la charité : C'est le dernier-Dieu dont on achate tous les biens du monde, & toutes voies remain tous jours dans l'automnien. Dans le Livre intitulé : *Li Etablissement le Roy de France*, liv. 1. il est dit que le Gentilomme qui perd ses meubles pour méfais, s'il est homme qui porte armes, il en conserve une partie, & entr'autres, le lili sa femme, une robe à contayer sa femme, & un anel, & une ceinture, & une aumoniere. Cafeneuve.
BOURSE. De *borfa*, dont les Ecrivains Latins se sont servis pour *crumens*, & qui a été fait de *hupes*, qui signifie *du cuir*. Les Flamans disent *bourse* & *borse*, & les Espagnols *bolsa*. Voyez Vossus de *Vittis Sermonis*, livre & chapitre 1. ¶ *Bolsa sin dinero, digo la cuero*, dit le proverbe Espagnol. *M.* BOURSE : pour le lieu où les Marchands s'affemblent : comme quand on dit, la *Bourse d'Anvers*, la *Bourse de Londres*, la *Bourse de Rouen*, la *Bourse de Toulouse*. L'Etymologie de ce mot est historique, & elle est très-curieuse. La voici. Guichardin, dans sa Description des Paissas, au chapitre intitulé : *Il Ritratto della Borfa d'Anversa : Fu fondata questa Borfa l'anno 1531. Ma diciamo un poco, come cosa considerabile e non indegna di farne menzione, donde venga e derivi queste nome di Borfa, tanto convenientemente per accidente a un simil luogo appropriato. E' in Bruggia una piazza molto commoda a tutte le parti della terra : in testa della qual piazza è una grande & antica casa, da quella nobil famiglia, detta della Borfa, stata edificata, con le sue armi, di viva pietra sopra la porta; le quali armi sono tre borse. Or da questa casa, famiglia, & armi, preso il nome (come similmente in simili cose avviene) quella piazza. E così, perché il mercantini dimoranti in Bruggia, dell'ero, usavano, ed ancor oggi, per raddotto di loro negozi, usano essa piazza, o Borfa, andando poi alle fiere d'Anversa e di Berga, diero, anco, a similitudine della loro di Bruggia, il nome di Borfa a quelle piazze, e luoghi dove essi in detta Anversa e Berga a trafficare si pannavano. E d'Anversa parimente, (tanto è stato favorito ed approvato questo nome) tirandolo ad altro senso, anno poi ancora i Francesi portato, non a molto tempo, il medesimo nome di Borfa a *Roane*, ed insino a *Tolosa*; e dato a certe piazze e loggie mercantili. Il medesimo anno fatto frissamente gli Inglesi a Londra : autore e fondatore di si nobil machina e edificio, Maestro Tomaso Graffano, parizio qualificatiamo di questa real città. Ed è notabile, che quando fu finito il detto edificio, la Regina Elisabetta medesima venne a Londra per vederlo, e transferita su luogo, lo lode molto. Ma perché ci non paresse copia della Borfa d'Anversa, gli dette il nome di Cambio Reale, Comandando espressamente che non si chiamasse altrimenti. Nondimeno tanta forza a avuto quel nome che non è bastato al suo comandamento ad obviare che non s'appelli commuamente Borfa. Ecci poi la graziosa piazza della Borfa degli Inglesi, così detta perché la terra a lor contemplazione, con una bella logietta, la fece edificare l'anno 1550. Reinesus, dans ses Diverses Leçons, liv. 3. chap. 7. *Lurique, locus Smyrna publicus, ubi assellare, b. e. unus ventris deponere solebant, servine publica, ad quas de via sedecant, si abultivatis, et in excusentis. Fortasse etiam alibi hoc nomine ea adpellabantur, ut in civitatibus illustrioribus fora mercatorum, in quibus meridie vesperque convenint, Burst, quod Brugis Flandrum statis mercatorum ad adibus eo vice urbis splendidis familia Burstorum dicta, pro insigni tria marsupia ostentantibus, ita nominatur. M. Catel, dans ses Mémoires de l'Histoire de Languedoc, pag. 199. La *Bourse* est le lien où les Marchands rendent leur justice suivant le pouvoir qui leur en a été donné par Edit du Roy Henry II, fait à Paris au mois de Juillet 1549. à la requête des Marchands de Tolosa, par lequel il leur estroyait faculté d'establir dans ladite ville une *Bourse* commune, à l'instar du Change de la ville de Lyon; leur estroyant aussi toutes les libertés, franchises, & privilèges dont jouissent ceux de Lyon : avec pouvoir d'estre tous les ans un Prieur, & deux Confuls d'entre eux, qui cognositèrent & jugeroient en première instance tous les procès & différens qui servaient mes entre Marchands, pour raison de marchandise, changes, assurances, comptes, & autres choses. Lequel Edit fut vérifié en Parlement avec les modifications contenues au registre. Pour l'exécution duquel ils prindrent une maison, appelle dans les anciens Cadasges, Capella Hugolefii, pris la tour de Navjac; laquelle maison ils ont basti depuis n'appuères de pierre & de brique, pour s'affembler, tenir leurs audiences, & décider leurs différens. Et fut achevée de baster, en la forme qu'on la voit aujourd'hui, en l'année 1605. Quelques-uns ont écrit que ce lieu où les Marchands s'affemblent, est appelé la *Bourse*, d'autant que les Marchands d'Anvers dressèrent un lieu pour s'affembler; & à ces fins achèterent un logis qui essut dans ladite ville, ou pendent l'enseigne de la *Bourse*; à cause de quy ce lieu fut appelé la *Bourse*; & depuis les autres lieux qui ont été bastis à leur imitation, ont pris le même nom. M. Catel a pris Anvers pour Bruges. *M.*
BOURSE-EN-COURROYE. Sorte de jeu de hazard. Le Roman de la Rose, fol. 42. v°. De fortune la sommeilleuse, Ne de sa vie merveilleuse Tous les tours compter ne pourre, ce Ces le jeu de bourse en courre, Que fortune fut si partir, Que nul devant ny au partir N'en peut avoir science experte, S'il y prendra en gaing en perte. Rabelais, liv. 1. ch. 12. entre les jeux du jeune Gargantua met un jeu qu'il nomme à la maille bourse en cul, & à la maille maille. Ce pourroit bien être le même. *Le Duchat.*
BOURSOUFFLE. Ce mot se dit proprement d'un homme enflé par quelque reste de maladie : ce qui donne sujet de croire qu'il a été fait de morbo-soflatus. J'avois fait cette remarque, dont j'étois bien satisfait, lorsque j'ai vu dans les Orig. Fr. de M. du Cange, que M. du Cange tiroit ce mot François du Grec *Mupre* & qui est un sobriquet dont l'Empereur Alexius Ducas fut appelé, selon le témoignage de Nicéens, à cause de ses grands sourcils qui lui tomboient sur ses yeux. Voici les bermes de Nicétas : *pénè de la mèrron à liècte à l'è, à la vù emmèntè, vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù è, à vù vù Je crois comme le P. Labbe, que *boursoussé* vient de *bourse* & de *soussé*. La dix-septième des Cent Nouv. Nouvelles : *Car bienfôt après le ventre si luy commença à bourser*. Le Temple d'Honneur & de Vertus de Jean le Maire de Belges, ensuite de la septième chanson dans les vers où l'Auteur parle : *Quinze jours ains que ce fort Plutonique Point son effet, le ciel étoit enflé, Les vents sifflains de fureur draconique, L'air trouble & noir, despit & boursoussé, Le temps obscur, les éléments tous tristes, Des griefs soupirs que les vents ont soufflé.* Le Duchat. BOUSE de vache. De *pusa*; à cause qu'elle est enflée comme une bosse. Voyez *bosse*. M.
BOUSE. *Fimus babulus*. De *bovissa*, qui signifie la même chose, selon le témoignage d'Eustathius, 1. in Odyss. 2. *Huer*.
BOUSILLER. Du mot *bour*. *Bousiller*, c'est maçonner avec de la terre & de la boue. M.
BOUSIN. Rabelais, 2. 30. *Mais le quintal de ces quinquatteries ne vont qu'un bours de pain*. La signification de ce mot ne m'est pas connue. Les Maçons appellent BOUSIN, le dessus des pierres qu'on tire de la carrière, & qui est fort tendre. M. Ce mot vient de l'Alleman *beisen*, *mordre* & *morceau*, Rabelais, Prologue du liv. 4. *Au soir un chacun d'eux est les mules aux talons, le petit cancre au menton, la male toux au poumon, le catarrhe au gavier, le gros fronde au cropium, & au diable le bours de pain pour essurer les dents*. Le Duchat.
BOUSSE. Vieux mot, au lieu de *pousser*. De *pulsare*, par le changement du *p* en *b*. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 195. 2. *Du bout du pié chassun vous boussera*. De ce mot vient *bousser* du patois Meffin, qui signifie la même chose. Le Duchat.
BOUSSOLE. Cadran de mer. Lat. *pyxis nautica*. De *buxola*, en la signification de *boise*. *Buxus*, *buxolus*, *buxola*, *bussola* BOUSSOLE. Les Italiens disent *bussolo*, au masculin. C'est une boîte balancée sur quatre pivots, dans laquelle il y a une aiguille frottée d'aliment qui soutient une rose de carre divisée en 32. vents. Le P. Labbe, dans la première partie de ses Erymologies des mots François, au mot *bourse*, veut que *boursole* ait été dit par corruption pour *boursole*; comme qui dirait, petite bourse, du coffre, pour mettre l'aiguille frottée d'aliment. M.
BOUT. De *bod*, qui est un mot Cétique, qui signifie le *fond*, l'extrémité. Pline, liv. 3. chap. 16. parlant du Pô : *Metrodorus Sceptius dicis*, *quoniam circa fumem arbor multa sit picea*, *que* pades *Gallicis vocatur*, *Padum hoc nonum accepisse*. *Lignum quidem linguam annem ipsum* Bodinicum *vocari*, *quod significat* fundo carentem: *cui argumento est oppidum juxta* Industria, *vetusto nomine* Bodincomagum, *ubi praetipsa altitudo incipit*. *Metrodorus Sceptius* s'est trompé en dérivant le mot de *Padus* de celui de *pades*: Il vient de *bassos profunditas*: ce que j'ai démontré dans mes Origines de la Langue Italienne au mot Pô : où je prends la liberté de renvoyer mes Lecteurs. Mais il n'est pas ici question de cette étymologie : il est question de celle de *bodinicus*. *Bodinicus* vient de l'inquisit *bodus*, qui signifie aussi *profondeur*. *bassos*, *bodus*, *bodinus*, *bodini*, *bodinicus*, BODINICUS. L'Alleman *boden* & *bodem*, & le Suédois *boten*, & l'Anglois *bottem*, qui signifient *fond*, *profondeur*, ont la même origine. M.
BOUTADE. De *pulsare*, dit pour *pulsare*, on a fait *BOUTER*: & de *pulsare*, *BOUTADE*. Ce mot, qui dans sa première signification ne signifient que *bourse*, que les Latins disaient *impulsus*; dès la première *bourse*, *prima impulsus*; d'une *bourse*, *uno impulsus*; ce mot, dis-je, a signifié ensuite un caprice. M.
BOUTARGUES. On appelle ainsi en Provence les œufs du muge, confits avec de l'huile & du vinaigre. Rabelais, IV. 60. *D'entrée de tables*, ils *luy offrent caviar*, *boutargues*, &c. Jules Scaliger, contre Cardan, 303. 3. le *dérive d'ou* *touze*. CAVIARUM, an fit *ou* *touze*, *ou* *nonnoli exsistimant*, *valde* *facit dubitare* *atia* *vox* *Grace* *fono* *propinquier*. *Ova* *item* *ipsa* *funt*, *nec* *fino* *sale*, *fod* *mugilum membounulis* *inclusa*, *que* *botarga* *nominentur*. Je ne suis pas de l'avis de Jules Scaliger, quoique son étymologie ait eu beaucoup d'approbation dans le monde, & qu'elle ait été embrassée par M. Ferrari, dans ses Origines de la Langue Italienne, & que la même étymologie ait été produite par Nicot. Voici les termes de Nicot : BOUTARGUES, *ou* *touze*: *id est, ova* *piscum* *salita*, & *exiccata*, *que* *a* *bibacibus* *magno* *emontur*: *dejellam enim* *appetentiam* *excitant*, *fscim* *pruritant*, *vinique* *gustum* *jucundierum* *reddunt*. Rondellet, an ch. 1. du IX. livre de ses Poissons de mer, a écrit la même chose. En *nostré* *étang*, dit-il, *tous* *les ans*, *environ* *le mois* de *Décembre*, *on* *poche* *une* *si* *grande* *quantité* de *muges*, *qu'il* *les* *faut* *saler*: *d'où* *l'en* *fait* *grande* *provision* *pour* *le* *Carisme*. *S'ils* *faut* *trop* *gardes*, *ils* *se* *font* *rances*. *On* *sale* *leurs* *œufs*, & *on* *les* *desseiche*: *se* *nominant* *Botargues*: *en* *Grec*, *ou* *touze*: *qui* *donnent* *appétit*, *fout* *venir* *la* *soif*. Boutargue, selon moi, a été formé de *botus*, *inuitité*; d'où *boculus* & *bocellus*, c'est-à-dire, *boyant* *Botus*, *bota*, *botarus*, *botaricus*, *botarica*, *botarga*, *BOUTARGUE*. Les Italiens disent aussi *botarga*. M. BOUTE-CHOUQUE : mauvaise rime. Voyez *goret*. M.
BOUTE-CUL. Frette *luy* qui frappe à la porte pour être reçu dans le couvent. De *pulsare*, dit pour *pulsare*. Voyez du Cange, au mot *pulsare*. Le Duchat.
BOUTEILLE. De *bérive*, *cupa*. Les Gloves : Gg ij
BUTTER, cupella. BUTTER, cupa. De-là on a fait butica. Papias: Obba, genus vasis; butica, & buticula, où buticella; d'où nous avons formé bouteille. Ca-feneuve.
BOUTEILLE. De buticula, diminutif de butta, d'où les Italiens ont fait botte, & qui vient de BUTTER. Cujas, liv. 12. de les Observations, ch. 26. Ad Legem Vinaria, Digestis de Verborum significati- tione: Basilica serias interpretantur BUTTER, novo vo- cabulo, quo etiam Herusci hodie utuntur. Nicetas dixit BUTTER, & interpretatur Icno Icno. Veteres enim Glosa dogas exponunt BUTTER: quod quidem dogarum nomen a Gracis captum videtur, quibus Icno, vel Icno sunt qua capacitati alicui parata sunt, & ca- pacitatem ipsa vel mensura, ut in Aureliano Vopisci: Facta est ratio doge cuparum, navium. Doga, non vas, sed capacitatem significat. Cupas autem BUTTER, iusticam exponunt Veteres Glosa, eademque vocari a quibusdam gaulos. Idem: buttarum & bu- ticellarum nomen in veteri Instrumento apocha sive plenaria securitatis legi, quod ligni membrane scripi- tum extat in Bibliotheca Regis, &c. Voyez Ca- fsubon sur Capitolin, pag. 185. & Turnebe, liv. XXIII. de ses Adversaires, chap. 19. Heron le Ma- thematicien entre les vaisseaux a vin met aussi BUTTER, & BUTTER, & par la description qu'il fait de BUTTER, il paroît que ce vaisseau étoit plus large par en haut que par en bas: ce qui me donne quel- que pensée que notre mot botte pourroit venir de- la; les bottes étant de même plus larges par en haut, & étant aussi de cuir comme cette forte de grandes bouteilles. Car c'est particulièrement de ces grandes bouteilles de cuir que ce mot botte a été dit: & on les appelle encore ainsi en Angle- terre. Rabelais, liv. 1. chap. 37. L'estomac creux comme la botte de S. Benoit. Il entend une tonne de prodigieuse grandeur, qui est a Bologne dans un Couvent de Bénédictins. De botte, en cette signification de chaussure, vient le diminutif boti- ne, & non pas, comme dit M. Bochart, de BUTTER, que Suidas interprète une espèce de chaussure. Quant à ce qu'a écrit Gosselin, que nous disions anciennement brothes, au lieu de bottes, comme il paroît par le diminutif brodequin, & que brothes a été fait d'arbres qu'on a dit pour cœre; c'est une opinion qui n'est pas soutenable. Voyez-le, je vous prie, au chap. 49. de son Histoire des Gaulois, où si prétend montrer, contre l'opinion d'Aga- thias, que les anciens Gaulois ont eu l'usage des bottes. De buticula, on a fait Buticularius, pour celui qui avoit l'intendance des bouteilles, qui étoit une charge considérable dès le tems de Char- lemagne. Voyez le Glossaire de Pithou & celui de Spelman au mot buticularius. Elle a été long- tems dans la Maison des Bouteillers de Senlis, d'où ils ont pris ce nom de Bouteiller, & dont ils ont aussi pris leurs armes qui sont des bouteilles. M.
BOUTEILLON. Rabelais, liv. 5. chap. 35. Et estoient tous Bouteillons François. Sobriquet que les Italiens & ceux de Marseille, donnent aux François. Voyez l'Apologie pour Herodote, ch. 22. & les Voyages de du Mont, lettre septième. C'est le crapan Francho des Flamans, qui a rap- port à ce que les anciennes armoiries de France étoient des crapan, qu'anciennement on appel- loit bots, à cause de leur enflure. D'où bouteille & botte. Le Duchat.
BOUTER. Voyez boutade, & boutons. M. BOUTER, dans le sens de frapper, vient de pultare, dit pour pulsare, & se lit dans la Legende dorée, imprimée en 1476. Leg. de S. Jean Abbé. Le Roman de la Rose, fol. 4. v°. édit. de 1531. Allez-y, frapper, & boutez. Le Duchat.
BOUTER, dans le sens de mettre. Vieux mot qui ne laisse pas de former plusieurs dictions qui sont en- core en ulage, comme boute-en-train, boute-feu, boute-hors, boute-selle, boute-tout-cuire. D'Ablan- court s'est servi de boute, boute; pour dire, fais, fais; comme il on disoit en Latin age, age. Je veux bien que bouter, dans le sens de frapper, vienne du Latin pulsare, ou pulsare. Mais je ne crois pas qu'il en puisse venir, dans le sens de mettre. D'où vient-il donc? Du Cange le dérive de butare, qui s'est dit dans la basse Latinité. Cette étymologie paroît fort naturelle: mais ce célèbre Glossateur ne nous apprend pas d'où vient butare. Pour moi je crois pouvoir inferer de ce que c'est un mot de la basse Latinité, que nous le tenons de la Langue Teutonique, ainsi que plusieurs autres semblables, qui ont été introduits dans le Latin depuis l'inondation des Nations septentrionales. Seroit-ce de ce butare, que s'est fait dans le Grec moderne BUTTER, plonger, mettre dans l'eau; & BUTTER, nom d'un Officier de l'Eglise Grecque, dont l'office étoit dans la cérémonie du Baptême, de plonger ou de mettre dans l'eau le Baptise? Ou plutôt, ces mots ne sont-ils pas des corruptions de BUTTER & de BUTTER? BUTTER, BUTTER, BUTTER, BUTTER, BUTTER.
BOUTERAME. On appelle ainsi une tran- che de pain sur laquelle on étend du beurre, des pommes cuites, du fromage & de la viande. C'est un mot Flaman. M.
BOUTEREAU. Le Roman de la Rose, fol. 32. v°. De leur avoir ont fait leurs maissres Les chesifs bouterreaux terrors. C'est le pluriel de bouterel ou boterel; qui signifie un crapaud. Le Duchat.
BOUTEROLLE. C'est cette petite virolle de cuivre qui est au bout du fourreau d'une épée. Ce mot est aussi en usage dans le Blafon. Voyez ci-dessus badelaire. Le P. Menestrier, dans la Mé- thode du Blafon, dit, que comme on a dit autre- fois dague a roelle, on a dit aussi bout a roelle: d'où est venu le mot de bouterolle. M.