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03.0 Dictionnaire etymologique — BOUTE-SELLE – BUDE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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BOUTE-SELLE. Son de trompette, qui avertit les Cavaliers de se disposer pour monter à cheval. Du mot bouter, c'est-à-dire, mettre; & de celui de selle. M. L'italien dit: butta in sella, monta in sella, c'est-à-dire, non pas, mettez la selle, mais, mettez-vous en selle, montez en selle. Jean Marot, dans son Voyage de Venise, pag. 102. de ses Oeuvres, édit. de 1723. Environ les quatre heures, le Roy, sans long séjour, Fait sonner, mettez selles, Gens d'armes à cheval. Pendant la guerre terminée par le Traité d'Utrecht, un Prince étranger, qui paroît bien François, pré- tendit que boute-selle étoit mal dit, & qu'on de- voit dire, botte & selle, comme pour avertir les Cavaliers de se botter & de seller leurs chevaux. Mais il en est de cette prétendue étymologie comme de celle ci-dessous de M. de Luxembourg, qui disoit, aller en merode, & non pas, aller en marode. Le Duchat. BOUTE-TOUT-CUIR : goinfre. C'est ainsi que Messieurs de l'Académie ont écrit & expliqué ce mot. J'ai toujours ou dire *boute-tout-cuir*. Et c'est comme ce mot se trouve écrit dans le Dictionnaire François-Italien de Vénérons : ce qui s'accommode mieux à l'explication de ces mots. Il semble, au reste, que ces Messieurs ayent voulu dire que *boute-tout-cuir*, avoit été dit premièrement d'un homme qui employoit toute sorte de cuir. *M.* L'explication que M. Ménage prétend que Messieurs de l'Académie ayent voulu donner du mot *tout-tout-cuir*, ne s'accorde pas avec l'idée qu'on a de ce mot, qui se prend pour goinfre, & pour mauvais ménager. *Boute-tout-cuir*, suivant que l'ont écrit ces Messieurs, signifie plutôt un Cordonnier, qui emploie ou qui fait employer par ses garçons de bon cuir à des choses où il ne faudrait que du feutre, ou de la basane. Scaron, sur la fin du liv. 2. de son Virgile travesti : *C'est une vraye boute-tout-cuire, J'ai quelque opinion, que *boute-tout-cuir* est une corruption de *bout de cœur* ; au lieu de quoi, par une autre corruption, on a dit *boute-cul*, dans la signification d'un frère Lay, assis le dernier dans le Chœur. Don Quichote, ch. 29. de l'ancienne traduction : *Il faut que tu s'aches qu'une belle veuve, jeune, riche, libre, & sur-tout, fort délibérée, devint amoureuse d'un jeune bout de cœur, ou frère Lay, court, gros, & bien carré de veins*. Or comme ces *bouts de cœur* font ordinairement la cuisine chez les Moines, il y a de l'apparence que ceux qui les entendoient appelier de la sorte, ne comprenant pas le sens de ces mots, ont cru, voyant ces *bouts de cœur*, ordinairement gros & gras, qu'ils mettoient volontiers à une fois au feu toute la provision du Couvant, & que pour cette raison, c'étoit *boute-tout-cuire*, qu'on devoit les appelier : à quoi résistant pourtant l'ancienne prononciation de *bout de cœur*, le plus grand nombre, pour lequel se sont déterminés Messieurs de l'Académie, les a appelés *boute-tout-cuir*, d'un nom plus approchant de *bout de cœur*. Du reste, le nom de *boute-cul*, dans la signification de *bout de cœur*, est attribué au petit Launay dans le Catholicon d'Espagne, tout à la fin de la Harangue du Légat. *Le Duchat*.
BOUTÉVENT. Le Dictionnaire François-Italien, d'Antoine Oudin. *Boute-vent, buta-venta d'Alchimisti*. Et le Dictionnaire Italien-François, du même : *Bouta-venta, c'est quand le vent commence*. Rabelais, liv. 2. ch. 7. a intitulé l'un des Livres de la Bibliothèque de S. Victor, le *boute-vent des Alchimistes*. Mais je ne sais ce qu'il entend par-là, si ce n'est peut-être les principes de l'art de souffler le charbon. *Le Duchat*.
BOUTIQUE. En Italien *Bottega*. Il est formé d'*ambion*, qui signifie un *magasin*, & un lieu où on enferme les choses pour les *boute-vent*. Bernardinus Baldus, Urbinas, dans le livre *De verborum Vitru-Lamorum significatium*, expliquant le mot *Apotheca* du chap. 8. du livre 6. de Vitruve : *Apotheca, Graca vox; repositorium, reconditorium, quivis locus ubi aliquid adservatur. Hinc vermaculum apud nos bottega, locus in quo merces servantur venales. Vocabuli origo anovidius, quod deponere significati, vel collocare*. Henri Etienne, *De Latinitate salso suspecta*, chap. 7. *ambion : banc ipsam* *vacem Gracam peperisse arbitrar nostram boutique*. M. de Saumaisle toutefois, en ses Exercitations sur Pline, soutient que ce mot ne vient point d'*apotheca*, mais bien d'*iotheca*, & *gotheca*, ou, comme prononçoient les Anciens, *zootheca*, qu'il dit être même choisi que *valvulus*, qui signifie ces petites loges, où les feves, pois, ou autres tels grains, sont placés, chacun à part, dans leur gouffe ou écorce. *Cafeneuve*.
BOUTIQUE. De *botheca*, d'où les Italiens ont aussi fait *bottega*, qui signifie la même chose, les Espagnols *bodega*, qui signifie un *celier à vin*, une *cave*; & *bodegon*, qui signifie un *cabaret*. Bonaventura Vulcanius, qui dérive ces deux mots Espagnols de *ganta*, se trompe manifestement : c'est dans ses Notes sur les Gloïes de Philoxène, page 101. Caninius, dans les Dialectes, à la lettre A, dit que l'Italien *bottega* a été fait du Latin *apotheca*, en étant l'A du commencement, comme en pendice d'*appendix*. M. de Saumaisle sur Solin, page 1274. est d'avis contraire : *Autant sapo numero Grac Latinique* (in 2, & contra. Fait Peterbus *zootheca*. *Latinitas ultima iotheca* & *gotheca scriptis*. *Ira enim in omnibus Sidonii libris antiquitus scriptis habetur*. Inde nostrum BOTHECA. *Sic vocamus pergulas, fructoberrulas, in publicum apertas, in quibus operantur sellularii opifices, & mercimonia sua habent expostia*. *Qua vox, non ab apotheca deducitur, ut quidam volum; hoc enim vocabulo significatur horreum, vel interior cella, & in penito adsum Apostis*. Corbinelli, sur Dante, *De vulgari Eloquentia*, p. 47. dérive l'Italien *bottega* de *botigum*, qui signifie *profond*. Voyez *Po*, dans mes Origines de la Langue Italienne. Je tiens avec Renzius, l. 1. de ses diverses Leçons, c. 8. & avec M. Ferrari dans ses Orig. de la Langue Ital. qu'il vient d'*apotheca*. Les Espagnols disent *botica*, pour une boutique d'Apothicaire : ce qui me fait souvenir de remarquer ici que les Polonois disent *apteka* dans la même signification ; qui est une contraction d'*apotheca*. M.
BOUTOIR. Instrument de Maréchal. Voyez *boutons*. M.
BOUTON. C'est ainsi que nous appelons les bourgeons des vignes & des arbres, les enlevures, ou petites enfures, qui se font sur le visage, & ces petits ronds de soie, ou de telle autre matière, qui servent à former des pourpoins, & autres parties de l'habit. Ce mot vient, à mon avis, de *botones*, *botontones*, & *botontini*, qui signifient de petits monceaux de terre arrondis, dont on faisoit des rangées pour marquer les bornes & les limites des Terres ; ainsi qu'ils se voyent représentés dans Hyginus, Afranchi de l'Empereur Auguste, au livre *De Limitibus constituendis*. Un Auteur incertain les appelle *botontones finales*, & *botontini terra*. Innocentus : *In trivio, tres botontinos*. Cafeneuve. BOUTONS de *fleurs* ; BOUTONS d'*habits*. Les boutons d'*habits* sont appelés *botones* dans le Concile d'Albi, chap. 15. *Clericus botones, vel firmalios, aureos, deferra in aliquibus vestibus non prasumar*. Mais ce mot *botones*, lequel se trouve encore en d'autres endroits, remarqués par M. du Cange, a été fait du François *boutons*. Il est donc question de savoir d'où vient le François *bouton*. L'Auteur de *Limitibus Agrorum*, appelle *botontinos* de petites éminences de terre, qui marquent les limites des pièces de terre. Et c'est de ce mot que M. du Cange dérive celui de *bouten d'habits*. Voici ses termes : Unde nostrum Bout, pro fine & extremitate videtur deducitum : & bouton, pro globulo, seu fibula spherica, ad constringendas vestes ; seu quod, ad modum baroninorum, globi speciem referant ; seu quod extrema vestis constringant. Il vient de l'Italien bottone, mot de la même signification. Mais d'où vient l'Italien bottone? M. Ferrari le dérive de botte ; c'est-à-dire, une bouteille. Voici ses termes : Quia autem hac vasa rotunda & protuberantia, hinc putamus bottoni appellari globulos quibus vestimenta adstringuntur. Pour moi, je suis très-perfumé qu'il vient de pulsare, comme je l'ai remarqué dans la première édition de ces Origines, & dans mes Origines de la Langue Italienne. On a dit pulsare, au lieu de pulsare : ce qui a été observé par Quintilien, livre premier de ses Institutions, chapitre 4. & ce mot se trouve souvent dans les Auteurs anciens. De pulsare, les Italiens ont fait buttare, & les François bouser, qui se dit en Anjou des arbres, quand ils commencent au Printemps à pousser ; dans laquelle signification nous disons plus communément pousser. Et de-la, le mot de bouture, dans la signification de stolones. Voyez bouture ci-dessous. On a dit bouture, au lieu de buttare ; & de-la, stotonare, & stotoneggiare, pour dire leviter pulsare. Pulsare a été fait de pulsus. Pello, pulsus, pulsare. Et de-la, l'Italien bussare, & le François pousser. De pulsus, pulsus, on a dit pulsare, comme il a été remarqué. De pulsum, on a dit pulse, pulsum ; dont BOTTOSI, qui a été dit premièrement des boutons des fleurs & des arbres. Et de la ressemblance à ces boutons des fleurs & des arbres, on a appelé ensuite les boutons de pourpoint. Et c'est ainsi, pour le marquer en passant, que de la ressemblance à du gland, nous avons appelé glans les glans de rabat. Dans ma jeunesse, ces glans de rabat étoient semblables à un gland. J'en ai porté faits de cette sorte. Nous avons aussi appelé boutons, par cette ressemblance aux boutons des arbres, ces instruments de fer avec lesquels les Chirurgiens appliquent le cauter aduel : & ces petites boules qui se mettent au bout des fleurets ; que les Grecs appelloient, à cause de leur rondeur, épaisse, & insequieux : ces mots Grecs se trouvent dans Polybe & dans Clément d'Alexandrie. Les Italiens usent du mot de bottone, dans toutes les significations dont nous venons de parler : & ils en usent de plus, par une raillerie lubtile & ingénieuse, & qui offense sans qu'on s'en puisse plaindre. Et de là, le mot de stotonare, & celui de stotoneggiare. M.
BOUTURE, branche qu'on plante en terre, afin qu'elle prenne racine. On dit, ces Plantes viennent de bouture. De bouser, vieux mot qui signifie mettre. Voyez ci-dessus bouser, & M. de la Quintinere, dans son Instruction pour les Jardins. M.
BOUZINE. Rabelais, livre 1. chap. 25. Et se rigolerent ensemble au son de la belle bouzine. C'est un chalumeau dont jouent les paysans, dit Antoine Oudin dans son Dict. Fr. Ital. De buxina fait de buxus. La bouzine est ordinairement de bouts. L'Histoire du Connétable du Guefclin, chap. 39. Et firent sonner bien cent tant avenues que buismes ; c'est-à-dire, tant trompettes d'airain, que flutes, ou hautbois. Le Duchat.
BOYAU. En Languedoc budel. Il vient de botellus. La Loi des Anglois, Titre 5. §. 14. Si in- testina, vel botelli perforati, clandi non potueris. Lex Frisionum, Tit. 5. §. 52. Si botellum vulneraverit. Cafeneuve.
BOYAU. Voyez Boian. M.
BOYER. C'est-à-dire un bouvier. Ce mot, qui est en usage dans le Poitou, vient de bovarius, par contraction. Bovarius, boarius, boyer. Le Duchat.
BRACATE. On appelle ainsi à Metz une soupe de pain rompu dans du lait, mitonnée en sorte qu'il n'y reste plus de bouillon. De l'Alleman brechen, c'est-à-dire, rompre. Voyez ci-dessous M. Ménage, au mot Broc. Le Duchat.
BRACELET. Il vient de bracchiale, ou brachile. La Loi Salique, Tit. 19. §. 37. Si quis mulieri brachile furaverit. Pline, liv. 18. Argente brachiali incluso. Cafeneuve.
BRACELET. De braciletum, diminutif de bracile. Le Manuscrit de la Bibliothèque du Roi intitulé, Instrumentum plenaria securitatis, écrit du tems de Justinien : Fibula de bracile. Bracile a été dit pour bracchiale, qui se trouve dans les bons Auteurs. De bracchiale, on a fait le diminutif braccialetum, dont les Italiens ont fait braccialetto. M.
BRACELET. Bollandus, All. Sault, Febr. tom. III. page 166. croit que bracile a signifié le lien dont on attachoit les braies, & qu'il est formé de bracca, ou qu'il a été pris pour la courroie dont on attachoit la chaussure. Il peut cependant, de même que le diminutif braciletum, avoir été ensuite appliqué à d'autres choses. Voyez encore sur ce mot Hattenus, Disquisit. Menaft. 1. v. Traft. iv. Disq. 4. Du Cange dérive bracelet de brachialia, qui étoit un ornement que les hommes, aussi bien que les femmes, portoient au bout de leurs manches ; & il dit, que c'est ce qu'en terme de Blafon on a appelé Dextruchères. Tous ces mots, au reste, viennent de brachium ; parce que c'est un ornement du bras. Les Grecs ont fait aussi apaisinier, pour dire la même chose, de apaisinier, le bras.
BRACHET. Sorte de chien de chasse. Voyez braque. M. Borel dit, qu'on a appelé ainsi cette sorte de chien, à cause qu'il a les pieds courts. On lit dans le Roman d'Aubery : Et li brachet ont deméné grant hu. Et dans le Roman d'Alexandre : A un matin priff brachez & leviers. On a dit aussi autrefois brachet pour bracelet.
BRACONNIER. Nicot : Semble que ce mot vienne du nom des chiens qu'on appelle braques. Il en vient sans doute. M.
BRAD-CAUE. Sobriquet Messin, que le peuple donne aux Allemans, mais qui originairement regarde les Anglois, dont quelques Légendes disent que ceux de certaine Province naissent avec des croupions en forme de queues, depuis certain jour qu'il arriva à leurs peres de s'être moqué du saint Archevêque de Cantorbery Thomas Bequet. Brad est une corruption de Brit ou Breton, comme qui diroit, Habitant de la Grande-Bretagne. Voyez au mot Caué. Le Duchat.
BRAGARD. Chasseneuz, dans son Catalogus gloria mundi, Partie 10. Considérat. 31. Nec est alla Universitas, qua non habeat sua impedimèma : cum apud nos in vulgari dicatur : Les Fluteurs & Joueurs de Paume de Poitiers ; les Danfèuts d'Orléans ; les Braguards d'Angiers ; les Crottes de Paris ; les Brigueurs de Pavie ; les Amoureux de Thurin. De Tholoïans tamen dicitur, les bons Etudiants de Thoulouise. ¶ On dit de la Ville d'Angers : Angers, baffe Ville, hauts Clochers, riches P. pauvres Ecaliers : ce qui me fait croire que le mot de bragard, dans ce passage de Chaffeneux, signifie adonné aux femmes : &c qu'il a été fait de brague, en la signification de braguette. Rabelais, IV. 16. Et rencontrant par les uns quelques mignons braguers, & mieux en peint, &c. Dans laquelle signification il se trouve aussi dans la Prognostication Pantagrueline de Rabelais, chap. 5. A Venus, comme . . . marjolots, baugrins, bragards, napleux, echancés, ribleurs, rufiers, cagnardiers, chambrieys d'hofelleries. Ce mot bragard, selon Nicot, a aussi signifié un homme propre en habits. M. Nicot dit que les bragues, qu'il appelle aussi caleçons, ne se portoit que par netteté. C'est de là qu'on appelle bragard un homme excessivement propre dans ses habits, comme étoient vrai-femblaîlement autrefois les bragards d'Angers. Qu'il en soit ainsi, ces mêmes bragards d'Angers sont appellés dans l'ancien Prologue du livre 4. de Rabelais, Gorgias d'Angers, par rapport à ce qu'ils n'affectoit pas une mous ridicule propreté dans leurs hauts colles qui leur couvroient le cou, que dans leurs brayes. Le Duchat.
BRAGUE. De bracca : qui est un mot Celtique. Diodore le Sicilien, liv. v. parlant des Gaulois : χρυσταί 3 ἀναξίωση, &c ἀνάτα 3 φράση φραση 2 φράση. Une ancienne Epigramme, rapportée par Suétoine, en la Vie de Jules César : Galles Cazar in triumphum ducit : iidem in Curia Gallis braccas deposuerunt, latum clavum sumpserunt. Et c'est de là que la Gaule Narbonnoise a été appellée Gallia Braccata. Voyez Voissus, de Vitis Sermonis, 1. 1. où il prétend que ce mot est du teins même de la confusion de Babel ; & dans son Appendice, page 797. où il croit que les Gaulois ont pu prendre bracca du Grec φράση, qu'on aura dit pour 1000. Voyez aussi Cluverius, livre. 1. de son ancienne Germanie, chap. 8. & 16. & Isaac Pontanus, dans son Glossaire Celtique, & Baif, au chapitre 10. de son Traité De Re Velliaria. Voyez aussi braye & braguette. M.
BRAGUETTE. C'est un diminutif de brague. On dit brayette à Paris : mais dans la plupart des autres lieux de France on dit braguette. M.
BRAIE. Voyez BRAYE.
BRAILLER. Crier bien fort. De bragere, formé de φράση, d'où vient braire. On a fait bragare, par métaplaïsme, & de là bragulare, d'où brailler. Le Duchat.
BRAIRE. De φράση, vaciser : φράση, brage, bragere, BRAIRE. Comme de trabe, trabere, TRAIRE : de facere, FAIRE : de tacee, tacere, tacere, TAIRE. Dans les Provinces d'Anjou, du Maine, de Normandie, braire signifie aussi pleurer avec cri : plangere. M.
BRAISE. Henri Etienne, Trippault, Périon, Nicot, Bourdelot & Lancelot, le dérivent de φράση, qui signifie être chaud & brûlant ; & Pontus de Tyard, de φράση, qui est la même chose. Charles de Bovelles a quelque opinion qu'il a été fait du Latin pruna, prunarum. BRAZE. Nit-il, carbuné incendi, vel extincti ; vide an à prunis : vox enim in initio alludit, labente P in B. Ab hac voce dicimus bronzé, cum, qui carbonum & prunarum nigredinem ab carum attattu contraxit, quasi brezé ; tandem, labio obliquante, bronzé. Barthius le fait venir de l'Alleman embraten, qui signifie embraser, ou de brand, qui signifie incendie. C'est dans le chap. 4. du livre 13. de ses Adversaires. Les Espagnols disent braça, que Covartuvia tire aussi de φράση. Les Italiens disent brace, bracia, & bracia, que M. Ferrari tire de φράση, ou de pruna. M. Guyot prétend que l'Italien, l'Espagnol, & le François viennent d'ardeo. Ardeo, arsus, arsa, rasa, par métathée ; braça ; & il fait venir de même l'Italien abbruzzare & abbruciare, d'oro. Uro, arsus, arso, raso, brafo, abbruco, abbruciare, abbruciare. Abbruciare peut venir fort naturellement de pruna. Pruna, prunaceus, prunacius, prunacia, brunacia, brucia, bruciare, abbruciare. Mais à l'égard de l'Italien brace, ou bracia, & de l'Espagnol braça, & du François braise, ils ne viennent pas si naturellement de pruna, quoiqu'il y ait des exemples du changement de l'V en A comme en 1000, de 1000, & en canis, de 1000, génitif de 1000. M.
BRAISE. Je crois qu'on peut aussi dériver ce terme de l'Alleman brazen, qui signifie être enflammé, être brûlé, & qui convient avec le Grec φράση. Wachter, dans son Gloss. Germ. s'exprime ainsi sur ce mot Alleman : BRASEN, ardere, uri, incendi. Iftandis braza est focus ardentiar ; Anglo-Saxonibus brazi, arso ; Gallis embrasement incendium, braise pruna, carbo ardens. Gracis, 1000, 1000, 1000, 1000, incendere, incendi. *.
BRAME. Voyez breme. M. pertura illuc venire facias. Car bracis, en cet endroit, signifie du son & non pas de la bière. Les Bretons appellent encore à présent Vrank, & brand, du son, & les Anglois bran. Voyez Méric Cafaubon, page 145, de sa Dissertation de l'ancienne Langue Angloise, & Camden dans sa Bretagne. Les Elpagnols disent grancas. M.
BRAN, pour l'excrément de l'homme, a été dit de-là par métaphore. Charles Fontaine dans son Epître à Sagon & à la Huetterie, a écrit bren : Car les sçavans disent, bren du rimeur : Parvilement, merde pour l'Imprimeur. Et les mots de breneux, & d'embrené, viennent de cette prononciation. ¶ M. du Cange le dérive de cantabrum, qui dans Papias est interprété par ca- minum, quo canes pascuntur, purgamentum ristici. Voyez M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot bren. M. On dit avocat de paille, cuisinier de brandouille, dans le même sens qu'on diroit, avocat de bran, cuisinier de bran; ce qui me persuade qu'en effet bran, pour l'excrément de l'homme, a été dit par métaphore, de bran en la signification de son. Rabelais, livre 4. chapitre 10. Bren, c'est merde à Rouen. Dans les Serrées de G. du Bouchet, Serrée 13, qui est des Responses & Rencontres, &c. On lit ainsi ce proverbe : Bren, c'est merde à Rouen, qui ne la mange aux fauxbourgs. Ainsi il y a de l'apparence que le mot bren, qui dans cette signification est du Patois Norman, ne se dit point à Rouen, mais qu'on y dit merde; & que c'est-là ce que veut dire ce proverbe dans Rabelais. Et ce qui peut confirmer dans cette pensée, c'est ce qu'on lit parmi les Œuvres de Cl. Marot, dans l'Epître du valet de Marot à Sagon, & dans celle de Charles Fontaine au même Sagon, & au nomme la Huetterie. Dans la première de ces deux pièces, on voit que Fripelippes en veut particulièrement à Sagon, qui étoit une espèce d'Ecclésiastique Normand : De sorte qu'encore que dans celle de Charles Fontaine on s'adresse aussi à ce la Huetterie, c'est principalement au Norman Sagon que Fripelipes & Charles Fontaine en veulent. Lors donc que dans l'Epître de Charles Fontaine à ces deux hommes on lit les deux vers rapportés par M. Ménage, on voit bien que bren, dans le premier, regarde le Norman Sagon, qui vrai-semblablement étoit d'un fauxbourg de Rouen, & que merde, dans le second vers, est dit nommément pour l'Imprimeur, qui apparemment étoit de la Ville même de Rouen. Les Picards prononcent bren, c'est-à-dire, avec l'eouvert; mais non les Normans, puisqu'ils font rimer ce mot avec Rouen. Le Duchat.
BRAN-DE-VIN. Eau de vie. De l'Alleman branden Wein, qui signifie la même chose, & qui est composé du mot brand, qui signifie embrasement; & de celui de Wein, qui signifie du vin : comme qui diroit, vin brulé; parce que l'eau de vie se fait avec du vin distillé par la force du feu. M. BRANC : pour épée. Villon, dans son Testament : Item, à Maître Tibier marchant, Auquel je me sens très-venu, Laisse mon branc d'acier tranchant, On a Maître Jan le Cornu. Le Roman du Renard nouveau : Messire, noble ne se feint, Orgueil le branc d'acier li ceint. M. du Cange, après avoir produit un grand nombre d'examples de ce mot en cette signification, dit qu'il a la même origine que celui de branche : quod spatha branc, seu ungua, vicem praeter militi, uti spatha, branca leoni aut ufo : qui est une étymologie peu vrai-semblable. M. Huet, à la marge de son exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise, a remarqué que les anciens Allemans appelloient brance une épée; ce qui ne m'est pas connu d'ailleurs. M. Le branc étoit une épée qui ne tranchoit que d'un côté. Perceforest, volume 6. chapitre 10. Après ce il fit à l'entour de sa ceinture attacher quatre grans trenchans d'acier bien affilée : a grandes & fortes courroyes de fer, & lyer bien & fort à l'entour de ses coffes, en telle manière que les dos des trenchans estoient par devers le haubert, & les taillans droits au dehors. L'Ouvrier donnoit aussi quelquefois à cette épée une longueur & une largeur extraordinaires. Ibid. au chapitre suivant : Seigneurs, or povez vous voir les quatre brancs d'acier trenchans, de quy Lizzus mon pere l'arma quant il deux aller combattre à l'encontre des trois couleuvres qui ne pouvoient estre destrucelles par planté de peuple . . . . & pour ce le preux Lizzus l'advisa de la subtilité des quatre brancs qu'il fit lier à l'entour de son corps, ainsi qu'il vous a esté riscompté, avec sa force & son hardement. Sire, respondit lors Marrons, à ce que s'ay entendu, Lizzus fut ung subtil & preux Chevalier, pour quy ses faits sont dignes d'estre ramentus entre les vaillans hommes. Et pour ce ai-je tant désoir à voir les quatre brancs, lesquels estoient pendus à quatre chaînes de fer au meilleur de la salle, & avoient bien d'alumelle cinq pieds de long, chascun un pied en largeur, ils estoient clers & luisans, comme se naguerres eussent esté fourbis. Branc, & non brance, comme l'a cru M. Huet, signifie effectivement en vieil Alleman une épée, mais seulement cette sorte d'épée grande & large que nos Bibles au chapitre 3. de la Genefe, ont appellée glaive flamboyant, à cause que sa clarté rendoit une lueur qui approchoit de celle de la flamme. C'est-à-dire proprement cette sorte d'épée que nos anciens appellerent branc, de l'Alleman branc, parce qu'elle paroissoit un branden de feu quand on la manioit ou qu'on en faisoit le moulbec. Branc peut aussi venir de l'Alleman blanck, qui signifie clair, luisant. D'où vient que L. Guyon, en ses diverses Leçons, livre 1. chapitre 19. pag. m. 180. appelle épées blanches les épées nues; & que d'un homme cuiassé on dit qu'il est armé à blanc. Ein blanks Schwert, gladius fulminans, dit le surnommé Der Spar, dans ses Origines Allemandes. Ce qui fait voir que de l'Alleman blanck, qui signifie luisant, nos anciens ont appellé branc proprement une épée luisante. Tristan, act. p. sect. 1. de sa Mariane : Et lors l'Exécuteur, la voyant ainsi preste, D'un proms éclair d'acier lui sa voler la teste. Branc seroit donc le simple de branden. Le Duchat.
BRANCARD. De branca, en la signification de branche. Branca, brancardus, BRANCARD, BRANCART. Voyez branche. M. Rabelais Rabelais, parlant de la jume qui porta à Paris le jeune Garganna : Mais sur tout avoit la queue horrible; car elle doit pay plus, pay moins, grotte comme la pile Saint Mas auprès de Langes, & ainsi quarree, avec les brancans ny plus ny moins encircches; que fort les epiers de bled. Le Duchat.
BRANCHE. Philon, Juif, au Traité avec ovropian Mus, appelle l'homme une plante, non terrestre, mais céleste, qu'ils ius iux, àm si qu'on. Et dans l'Évangile de Saint Mathieu, chapitre 8. les hommes sont comparés aux arbres : Video hommes velut arbores ambulantes. De là vient que le mot branche a été formé de brachium. Et en effet, Virgile appelle brachia, les branches des arbres. Caïence.
BRANCHE. De branca. M. de Saumaise sur Solin, 218. In veteribus agrorum metiendorum. Pucoribus branca uris est brachium : inde & brachia arborum hodie brancas pocamni; & bancarium, chiramaxium. Vetus Romanensis Gallorum Lingua brancam pro brachio dicebat branc, nt sape mihi teitum est. Brancolare inde Itali hodie dicunt, manibus iter pratentare. M. Ferrari dans ses Origines Italiennes dérive aussi le mot branca de brachium. Et il est vrai que les Latins ont dit brachia arborum, pour dire les branches des arbres. Virgile, livre 1. des Géorgiques : Inde ubi jam validis amplexa stirpibus ulmos Exierint, tunc stringe comas, tunc brachia tonde. Il avoit dit auparavant : Tum fortes late ramos & brachia tendens : Où il est à remarquer, que ramos & brachia est un pléonaisme. Et nous disons encore présentement, en parlant des melons, qu'ils font des bras; qu'ils poussent des bras; pour dire qu'ils jettent, ou qu'ils poussent des branches : ce qui a été remarqué par M. de la Quintinye. Je crois néanmoins toujours, comme je l'ai remarqué dans mes Origines de la Langue Italienne, que l'Italien branca, & le François branche ont été faits du Latin ramus. Ramus, rami, ramicus, ramica, ramica, BRANCA. Si branca venoit de brachium, on auroit plutôt dit brachia, ou brancia, que branca. Vendelin, selon le témoignage de M. du Cange, dérivoit le François branche de bargus, qui signifie ramus arboris de qua suspenduntur facinorosi. M. du Cange dit qu'il n'a lu dans aucun livre François branc pour branche; que M. de Saumaise dit s'y trouver souvent. M.
BRANCHE. On a appellé Branchia les nageoires des poissons. Ce mot peut avoir été transporté aux branches des arbres par métaphore; les branches environnant les arbres, & leur étant attachées comme les nageoires aux poissons. Huet. BRANCHE URSINE. C'est l'herbe que les Grecs nomment &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c.
BRANDEBOUR. On appelle ainsi en France, depuis la fin de 1674, que l'Électeur de Brandebous passa le Rhin & s'engagea dans l'Alsace avec plusieurs autres Princes ligues contre la France, une sorte de cacaque que portoit les gens de cet Électeur. M.
BRANDILLER. Voyez brandir. M.
BRANDIR. De vibrare, Vibrare, vibramen, vibrammum, vibramentre, bramentre, brandire, BRANDIR. Brandire, brandicatum, brandiculare, BRANDIR. M.
BRANDON. C'est un mot ancien, qui signifie rifon : d'où est dit le Dimanche des Brandons. Dominica in Brandonibus. C'est le premier Dimanche de Carême. Guillaume Crétin, en son Épître à Charles VIII. Laisseres-tu en denis & enmy celles Que les brandons & vifves estincelles De Cupido astouchent de si pris? De l'Alleman brand, qui signifie la même chose. Les Espagnols disent brandon. Brand, en Alleman, signifie aussi incendie. Paulus Bernriedensis, en la Vie de Grégoire VII. Hittebrandus enim Teutonica vernacula nuncupatione perufionum significat cupiditatis terrena. Voyez la Préface de Gretserus. Le Titre VII. de la Loi des Frifons, qui est de incendie, est conçu en ces termes : de brand. Voyez M. du Cange. M.
BRANDON. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 66. v. parlant des Habitans de la Ville de Luques : Et les Seigneurs de la Ville vindrent devers luy (le Roi Charles VIII.) à l'ysse de son soupper luy prier qu'il leur fist cet honneur de venir mettre le feu en leur brandon; car c'estoit le soir de la Saint Jean . . . . lequel Roy misit le feu a toute une torche dedans ledit brandon . . . . Et ce fait le Roy avec sa fuyte fit neuf tours autour dudit feu. Le Duchat.
BRANDON. On ne sauroit douter qu'il ne vienne de l'Alleman brand. Wachter, dans son Gloss. German, sur ce mot : BRAND, quatenus derivaturis brennen uree, significat quantum potest, incendium, stragem ignis vorantis, uitionem, inflammationem, uredinem, gangram, &c. BRAND, quatenus derivaturis brennen ardere, significat quantum potest, torrem, lignum ardens, conflagrationem, &c. Gloss. Pez, terris prant, itionem primitino. Idem Anglo-Saxonibus brand, & omnibus pene Dialectis. Inde Latino-Barbaris branda (ou plutôt brando) titio fax ardens, & brandones funalia, tada, apud Cangium in Glossario. Le mot brand dans les noms propres Teutoniques chez les Anciens signifie illustre, & c'est la même chose que brecht & bert. La preuve de cela est que, CHILDEBERT, Roi de France, est aussi appellé CHILDEBRAND. Ce nom signifie enfant illustre, si on le dérive de child, enfant; ou guerrier illustre, si on le dérive de hold, guerrier, héros, capitaine. HILDEBRAND veut dire la même chose, & non pas perufio cupiditatis terrena, comme dit Paulus Bernriedensis, cité par M. Ménage, ni eximié fervens, & encore moins héros, dux, aux capus Bremorum. ANSPRAND, nom d'un grand Seigneur Lombard, dans Paul Diacre, livre VI. chapitre 17. signifie associé illustre, de hans, associé, & non pas gratia fervens, comme dit Grorius. SIGERRAND, nom d'un fils d'ANSPRAND, chez le même Auteur, veut dire visteria clarus, de sige, victoire. LUTPRAND, nom d'un autre fils d'ANSPRAND, c'est soldat illustre, de leur soldat; ou bien très-illustre, de laue, adverbe intensif, au lieu de quoi les Anciens disorient lius. Pour revenir au mot brandon, on a appellé le Dimanche des brandons, le premier Dimanche de Carême. Il y a des commissions de Saint Louis, & de Rodolphe, Légat du Saint Siège, pour ter- 11 h miner le différent entre l'Eglise & les Habitant de Lyon, qui sont datées du Vendredi devant les *brandons*. Ce nom vient de ce que, par un reste d'Idolâtrie, quelques paysans mal instruits alloient ce jour-là avec des torches de paille ou de bois de sapin allumées, parcourir les arbres de leurs jardins & de leurs vergers, & les apôthrophant les uns après les autres, ils les menaçent de les couper par le pied, & de les brûler, s'ils ne portaient pas du fruit cette année-là. C'étoit un reste de Pagnifime, que les Idolâtres pratiquaient au mois de Février, qui en fut nommé *Februrins*, à *febrando*, parce que, comme dit un ancien Auteur, les paysans, pendant douze jours de ce mois, qui étoit le dernier de leur année Solaire, couraient les nuits avec des fâmbaux allumés, pour se purifier, & pour procurer le repos aux manes de leurs parens & de leurs amis. En plusieurs endroits il n'y a que les enfans qui portent des *brandons*, mais le soir seulement dans les rues, & sans aucune marque de superstition. On doute à Lyon le nom de *brandons* à des rameaux verds que le peuple va quérir tous les ans au Fauxbourg de la Guillotière, le premier Dimanche de Carême, & auxquels il attache des fruits, des gâteaux, des oublies, &c. & avec ces *brandons* il rentre dans la Ville. C'est ce qui a fait donner à ce Dimanche, le nom de Dimanche des *brandons*. C'est probablement un reste de la Cérémonie que nous avons expliquée au mot *Aguillanenu!* BRANDON : marque de laisse, appelée autrement *pannonceau*. De *brandem*. Jean la Coîte, dans la Préface sur le Titre au Code de *Pigneratita affiane*, expliquant la Loi 1. au Code, du Titre *Ut nemini liceat sine fudicis auiloriate figna rebus imponere alienis : Hac figna Franci vocant brandons : fiunt enim plerumque ex pannunculis : & inde pannonceaux*. Brandem apud *D. Gregorium, Epif.* 30. lib. 3. Et apud *Sigebertum in Chronico*, ubi de *Leone Magno, Romano Pontifice, accipi reperio pro particula quadam veli, vel palla altaris D. Petri*. Ab hac voce dedulla, sine dubia, vox *Francica*; quod pauci feunt. Ce Traité de Jean la Coîte m'a été communiqué manuscrit par M. Nublé. Voyez l'Indice de Ragueau, aux mots *brandon* & *brandonner* l'héritage; Loiseau, dans son Traité du Déguerpissement; M. de Maussac, sur Harpocration, page 104. & M. de Saumaille, de *Modo Ufurarum*, page 648. M.
BRANLIER. Voyez *brandir* ci-dessus. M. J'ai peine à croire que *brandir* & *brandier* viennent de *vibrare*, comme M. Ménage les en fait venir en troiquant & allongeant ce mot à la volonté. Cette étymologie me paroît amenée de trop loin. J'aimerais mieux dire que ce sont des mots faits par onomatopée, ainsi que plusieurs autres.
BRANSTATER. L'Empereur Maximilien I. dans une Lettre du 25. May 1513. à Marguerite sa fille, T. 4. pag. 135. des Lettres du Roi Louis XII. où il parle du Roi d'Angleterre : *Ou fann icelluy noffre frere peult dez ce mefme lieu de Crocey prendre un chemin au pays de Normandie, & d'illecy brandlater tout le plat-pays, de quoi il pourra entretenir plus de la moitié de sadite armée*. *Brandlater*, de l'Alleman *brandi flecken*, c'est ravager, & proprement mettre en feu. *Brandlater*, mot de la façon de l'Empereur Maximilien I. est ici employé par lui dans la signification de *merry fons contribution*. Les Allemans appellent *brandi-brief*, une sauvegarde qui exempte de contribuer. On a dit aussi *brandquater* & *brandquater*, dans la même signification de faire contribuer de peur du feu. Oudin, dans son Dictionnaire François-Italien : *Brandquater, cavar contribution per non appicar il fuoco nelle ville*. L'Histoire du tems, &c. in-8. 1570, p. 537. Il leur ferait (aux Rémarés) moins grief & pesant à avoir quitté la possession de leurs biens, que d'être journellement tourmenteux par branquérennants, renonvolez, a toute heure selon la mouche & avarice de *Melfieurs les Gouverneurs*. Le Duchat.
BRAON. A Metz c'est le *gras de la jambe*. *Braon de ve*, c'est une rouelle de veau. Peut-être de *brachium*. *Brachium brachii*, *brachio*. *Brachio*, *brachionis*, *brachione*, *braone*, *braon*. Le Duchat.
BRAQUE. Espèce de chien de chaffe. De *braccus*, fait de l'Alleman *brah*, qui signifie la même chose. De *braccus*, on a fait *bracco*. La Loi des Frisons, Titre 19. §. 3. *Canem acceptoricum*, *vel braccum parum*, quem barmbracum *vocant*. Le Vieux Glossaire : *Licifica, bucco*. Marcuse : *Lattat bracco*, *fed non ut canis*. Voyez Lindembrog & Spelman dans leurs Glossaires. Voyez aussi ci-dessous au mot *briquet*. Les Saxons ont dit *racha*, si on en croit Ultius dans les Notes sur Gracius, page 168. *Integrum fuisse auguror veltrachi*, (il parle de l'étymologie de *verragus*, que Gracius appelle *verraha*) *quod hodie veltbrae diceremus*. *Velt campum significat*. *Idque Burgundiones in Veltray jamdudum*, & *etiamnum in Veltro fin Itali*, que a Veltracho *formata*, *expreserunt*. *Ita illi canes bus velices*, *quia per campestria & plana venantur, vocarunt*. Racha, *Saxonibus canem significavit : unde moti hodie* Rache, *pro cane femina, habent*, *quod Anglis est Brache*. *Nos verò Brack*, (il parle des Hollandois) *non quémvis canem, fed fagacem vocamus : forsan xori i'cylio, ut venaticus pro fagaci*, &c. De *braccus*, on a fait le diminutif *braccatus*, d'où nous avons fait *brachet*. *Briquet* a la même origine. C'est ainsi qu'on appelle ces petits chiens d'Artois qui vont à la chaffe des *velsons* & des renards. *Brachio*, si on en croit M. de Valois le jeune, se trouve en la même signification dans cet endroit de Grégoire de Tours, de *Vita Patrum : Erat tunc apud Urbem Avvernam Sigivaldus, magna potentia praditus : in cujus servitio erat adolefens nomine Brachio, quod eorum lingua interpretatur urti catulus : cas M. de Valois le jeune croit qu'il faut effacer en cet endroit le mot d'ursi. Il y a une famille à Paris, & à Orléans du nom de *Bracher*, & qui porte pour armes un petit braque. M. de la Miltiere étoit de cette famille. Il y a aussi à Paris une famille des *De Braque*, dont étoit un *De Braque*, premier Maître d'Hôtel de Charles V. lequel fit bâtir une Chapelle, où sont à présent les Peres de la Merci. C'est du nom de cette famille que la rue de Braque a été ainsi appelée : comme aussi le Tripot de Braque, qui étoit près de cette rue. Quant au Tripot de Braque du Fauxbourg Saint Marceau, il a pris son nom d'un chien braque qui y pendoit autrefois pour enseigne. Ce Tripot est fort ancien. Rabelais en fait mention, livre 1. chapitre 23. Ce fait, *effident, hors, toujours conférants des propos de la lecture, & se déportent en Braque, ou 02 prez, & jouvient à la balle, à la paulme, à la pile trigone*. M. Borel, dans ses Antiquités Gauloises, a cru que *Braque* signifioit un Tripot en général : en quoi il s'est trompé. M.
BRAQUEMART. C'est un *courelas*. Henri Etienne croit que nous l'avons formé de *Brayola* *mixtana*, c'est-à-dire, courte épée. Cafeneuve.
BRAQUEMART. Rabelais 1. 44. *Veyant le Moine que toute leur pensée n'essaie fiant à gagner au pied, descend de dessus son cheval, & monte sur une grotte roche qui essoit sur le chemin, & avec son grand braquemart frappait sur ces fuyards à grand tour de bras, sans se feindre ny espagner.* Le Président Fauchet, en son Traité de la Milice, le décret de *Brayola* *mixtana*: Quant au braquemart, je ne trouve pas que ce soit armé ordinaire des Chevaliers; & croy ceux qui disent que ces courtes espées viennent de Grèce; ainsi que le mot le porte, brakimachera signifiant courte épée. C'est aussi l'opinion de Nicot, & de Trippault. Ce n'est pas la mienne. M. C'est aussi l'opinion de Henri Etienne, à la page 154, de son Traité de la conformité du Langage François avec le Grec. Je crois que braquemart est une simple production de *branc*. Les Allemans appellent *blancé, chavert* une épée respplendifiante. De *blancé, splendens*, nous avons fait *blanc*, & ensuite *branc* par le changement de la lettre *tenr*, comme on voit dans Perceforest, qu'anciennement nous nommions une forte d'épée large & bien fourbe. De *branc*, par le retranchement de la lettre *n*, comme en laquais formé de *lanfqueneche*, nous avons fait *brac* & *braque*; & enfin par production *braquemart*, comme de *Jaque, Jaquemart*. Voyez ci-dessus au mot *branc*. À l'égard de l'érymologie Grecque, la Couronne de Saint Seves, article 17, parle d'une certaine arme, qu'elle appelle *marchenre*, lequel mot est à la marge expliqué par *glaive* ou *épée*. Et prétend le Commengateur, qu'il vient du Grec *mixtana*. Le Duchat. BRAQUER *un canon*. BRAQUER *un chariot*. Je ne fais d'où vient ce mot. Ne viendroit-il point de *vertere*? *Verto, vertico*: d'où *verticillus*: *verticare, berticare, barricare*, & par contraction, *barcare*; & par métathèse, *bracare*: comme *Bertillac*, nom propre de famille, de *Bertillac*. M.
BRASSIER. Voyez *brasse*. M. BRASSAGE. C'est une petite somme d'argent que le Roy permet au Fermer des Monnoyes de prendre sur chaque marc d'or, d'argent, billon, ou cuivre en œuvre d'espèce: de laquelle somme le Fermer retient environ la moitié pour le déchoc de la fonte, le charbon, & autres frais, & de l'autre moitié paye les frais des ouvriers qui ont travaillé, &c. Brasage vient de brasier, qui signifie *moiser*, avec quelque instrument des choses liquides, en les remnant en rond, comme on fait l'or & l'argent & le cuivre, fondus dans le creuset, pour les allier, afin que la confusion & le mélange soit plus égal, & se rencontre dans toutes les parties. Et d'autant que c'est le Fermer des Monnoyes qui prend ordinairement le soin de la fonte, & de l'alliage des matières, & qu'il les brasse, on s'est servi de ce nom pour exprimer le droit qu'il prend sur la monnoye pour sa peine & pour les frais. Brasier vient de bras: d'où l'on nomme BRASSIER un homme qui travaille à la journée; homme de fatigue, de peine; un manœuvre. Et ainsi ce mot est pur François. Ce sont les termes de Bouterroue, page 150, de ses Observations de son Introduction aux Monnoyes des Romains. Voyez ci-dessus *brasser*. M.
BRASSER. Ce n'est pas sans raison qu'on a remarqué que ce verbe vient de *Boulevard*, qui signifie *bouillir*; puisque *brasser* c'est faire cuire l'orge ou l'avoine dont on fait la bière & la cervoise. Cela est appelé en Latin barbare *brassare*, ou *bracare*. Une Charte de Henri III. Roi d'Angleterre, rapportée par Mathieu Paris, en la Vie de ce Roi: *Donner* *compromises*, & *necesarias* *ad braciandum*. Et les Lois d'Ecosse, appelées *Leges Burgorum*, chap. 69. *Quacumque summa brassare voluerit*, *cervasiam venalem brasser*. L'orge même & l'avoine dont on faisoit les boissons, étoient appelées *brassa*. La Charte de Henri III. Roi d'Angleterre, rapportée par le même Mathieu Paris: *Bladum & Brassa Conventus præditi debens noli ad molemina nostra*. Ce que cet Historien explique aussi dans les Vies des Abbés de S. Auban: *Hordei & avena, commutatorum, quod brassa vulgariter appellatur*. Au même endroit, il appelle *brasarium* le lieu où se brasoit la bière. *Cafeneuve*.
BRASSER. De *braxare*, qu'on a dit pour *brassare*, qui signifie proprement *brasser de la bière*, & qui a été formé de *brasium*, qui signifie *biere*. Relauf, dans ses Diverses Leçons, liv. ilj. ch. 1. Brachinum, & Bratarium, *officinam coquenda cervisa appellatur Semilatini*. Breuhaus. *Extant apud Ingulphum Hift. Angl. Scriptorem*: Fecit etiam novum brachinum & novum pistrinum, omnia de lignorum pulcherrimo tabulata. *Et alibi*: Coquine brachini & pistrini vasa & utensilia contulit Monachis. *Hoc in supplice ad Carolum M. libello Monachorum Fuldensium apud Brouwerum lib. 1. Antiq. Fuld. cap. 12. a Bratio. Bratium autem, & Brastium, hordeum aquarum tothumque est. *Statua Gilda, seu societatis Burgengium in Scotia cap. 10. Nulla mulier emat in foro avenas ad faciendum Brastium...* *Hinc brassare, quod & braxare, Poeta Ancyma in laudibus Harlemi apud Joann. de Leydis, Chron. Belgic. lib. 1. cap. 11.* Quin & cervise varium *braxas genus apte*, Quod solet ad multas utribus ire plagas. & Brastatores & Brastatrices, *de quibus Davidis 1. Reg. Scot. Constitut. in legibus Burgorum cap. 69.* Voyez Spelman & Wats dans leurs Glossaires, & Vollius de *Vittis Sermonis* 11. 3. M.
BRAVE. De *Brasa*, ou *Brasa* ; qui signifient celui qui dans les combats, ou jeux de prix, donnoit au vainqueur la récompensé ou le prix de son adrese, est formé *Brasa*, qui signifie le prix. Quelques-uns veulent qu'il vienne du mot *brave*, qui signifie *hardi & vaillam*. Mais Goropius Becanus, dans ses Origines d'Anvers liv. 1. s'en moque: & après avoir dit: *Ostentator, rerum suarum demonstratioe aliqua exteriore facta*, *Brave, sive, per posterioris vocalis elisfument*, *Bras, vocatur*; il ajoute: *Ridiculi vero sunt, qui a Gracia cum mutantur; quia non est ejusdem cum Brasa & significatioris*. Mais j'aime mieux être de la première opinion, parce qu'en effet ceux qui ont emporté le prix de la victoire, ont sujet d'en faire gloire; qui est proprement ce que nous disons *braver* & *faire le brave*. *Cafeneuve*.
BRAVE. Ce mot signifie deux choses en notre Langue, *vaillant*, & *superbement* *vieu*. Dans la première signification, Covarruvias, M. Ferrari, M. Lancelot, M. de Cafeneuve, & le Pere Labbe, le dérivent de *Brasa*, qui signifient le prix de la victoire. *Omnes quidem currunt, unus accipit bravium*, dit S. Paul dans sa première aux Corinthiens. Cujas, dans ses Adversaires non imprimés, lui donne la même origine. Nicot a eu une autre pensée. La voici: BRAVE, *est dit celuy en celle qui s'habille pompeusement*: qui splendide ornat 11 h ij utitur. Il vient de ce mot Grec Sydicus, qui vient de Sydicus, signifiant aussi porter le signe de victoire au poing, parce que, comme les mieux faisans aux Jeux Gymniques, auxquels le prix était distribué, s'en retournent en pompe & haute contenance, comme honnête, dudit prix, ainsi ceux qui sont pompeusement veïlus, marchent en fière contenance : Et le François les appelle Braves, soient hommes, soient femmes. Et parce que celuy qui est ainsi pompeusement veïlu, regarde complètement en fière ceux qui l'approchent ; tant le François que l'Espagnol, l'Italien & les Languedoc & Provençaux, n'est de ce mot en cas de ferocité : appellant le François un homme brave aussi, celui qui met bien la main aux armes, & ne se laisse surmarcher : & braverie, ou bravade, un insulte saite où aucun avec efforte : & braver quelqu'un, pour sûrement lui faire une honte : usant de l'adverbe bravement pour vaillamment, & en homme accord & advisé : Et tant l'Espagnol que l'Italien, bravo : ce que le Latin dit ferox : Et particulièrement l'Espagnol brave, feritas, ferocia : & bravamente, feré, ferociter. Et lesdit Languedoc & Provençaux disans, un bovou brau, pour un bœuf furieux & de mauvaise rencontre. 1 Goroplus Becanus, dans l'Origine des Antuerpiens, livre 1. traite de ridicules ceux qui dérivent du Grec le mot François brave : Ridiculi verò sunt qui a Gracii eum vocem mutinatur, quia non est ejusdem cum Sydici & significatiendi. Et pour en parler franchement, je suis assez en cela de son avis. J'ai dit dans mes Origines de la Langue Italienne, que l'Italien & l'Espagnol bravo, & le François brave, avoient été dits dans leur primitive signification d'un homme vaillant, & qu'ils ont été faits de probus, mot qui a signifié vaillant, comme il paroît par notre mot preux, fait de probus, & par celui de proueffes, de probieticia, fait de probietes ; & par l'Italien prode, fait du même mot probus. Et je perflèvere dans cette opinion. Bravo a été fait de probus, de cette manière : probus, brobus, brovus, bravus, BRAVO. L'O a été changé en A : comme dans le Latin paço, de biceu, aratrum, d'aperpo; parapsis, de capodac; sapor, d'iniq, dit à la Laconique pour inic; & dans l'Italien agio, d'atium; saldo, de folidus; gramancia, de negromantia; ancidere, d'accidere : & dans le François Dame, de Domina. Bravo, de cette signification de vaillant, a paffé à celle de pompeux en habit ; les Cavaliers qui font profession de bravoure, & qui suivent les armes, aimant la braverie ; comme il paroît par leurs plumets, & par leurs pennaches, par leurs galons de divers couleurs, & par leurs clinquans d'or & d'argent. Ne terreau vanus aspectus, & auri fulger atque argent, quod neque tegit, neque vulnerat, disoit l'Anglois Galgacus, en parlant des Soldats Romains. Tacit in Agnocol. 4. 31. Musieurs de l'Académie ont remarqué dans les Dictionnaire, que le mot de brave, en la signification de pare de braux habits, étoit un peu bas ; ce qui est véritable. Mais ils ont oublié de remarquer qu'il n'est point bas lorsqu'on parle d'un petit enfant. M.
BRAVE, dans la signification de superhement vécu, est la même chose que l'ancien mot bragard ; & brave pourroit bien venir de cet ancien mot par le changement du g en v. Ou plutôt bragard & brave viennent de l'Alleman prangen, verbe qui répond au François se prelaffer, gloriant. D'un autre côté l'Alleman dit brav, & braver, la signifi- cation de vaillant. Peut-être a-t-il pris ce mot de nous. Le Duchat.
BRAY. Vieux mot qui signifiòit autrefois boue, fange. En baffe Latinité Braum. C'est de la que le nom de Bray a été donné à tant de lieux en France. Le pays de Bray, Braum, petit pays en Normandie, tres - mauvais, & très - fangeux, dans les tems de pluye. Le livre des miracles de Saint Bernard parle du Château de Bray ; ce qui signifie, dit-il, boue, fange : Castrum Braum quod Cum interpretatur. C'est Bray sur Seine dans le Sénonois. Dans la Chronique du Monastère de S. Pierre le vif dans le Sénonois, il est appellé Bascus, & il est dit qu'il est dans des lieux marécageux : Munitiunculum in page Senonico, super secunam fluvium, qua Braicus dicitur, in locis palostribus. C'est de la encore que l'on dit Bray sur Somme, Braum ad Summam ; la forêt de Bray, Silva Braensis ; la Ferté en Bray, Firmitas in Braia ; Houdanc en Bray, Hordencum, ville en Bray, Villa in Braio, la Tour de Bray, Turris in Braio ; Onfembray, Ontium in Braio; Bray Comte-Robert, Braum Comitis Roberti, que l'on prononce commémément Bri-Comte-Robert. On a dit aussi Brabie, ou Braic, Bricum, Braicum, Braiacum, Brabicum, & quelquefois Braiolum. De la viennent encore Vibraye, Follembray, Savigny-sur-Braye, & cent autres lieux. Strada dit que quelques Auteurs croyent que Bruxelles a été ainsi nommée parce que cette Ville est dans un lieu boueux & marécageux. Enfin M. de Valois prétend que c'est de la que viennent les noms de brouet, bouage, & boue. Voyez cet Auteur dans la Notice des Gaules, page 94. & 95. d'où tout ceci est pris. De Bray on a dit autrefois brayeux pour signifier boueux, fangeux, plein de bray ou de boue. On lit dans Monstrelet, ch. 111. Il passa parmi la Ville, où il y avait caves & sources moult brayeuses. Il y a apparence que bray est un mot Celtique ou Gaulois. Il ressemble à l'Ebreu bray baris, qui signifie gras. Les terres grasses sont plus brayeuses ou fangeuses que les autres. Bray, en vieux François, signifiòit aussi, limon de la terre ; & en plusieurs lieux on appelle encore bray la terre graffe dont on fait les murailles de bange, & le courroil dont on enduit les baffins des fontaines, & les chauffees des étangs. Bray signifie aussi une composition de gomme, de résine & d'autres matières liquides, qui sert à calfater les vaiffeaux. Il se prend aussi pour de la poix. M. Ménage dit bré. Voyez ci-dessous Bré.
BRAYE. Haut-de-chauffe. En Languedoc braque. Il vient de brace, ancien mot Gaulois, qui signifiòit un haut-de-chauffe. Diodore de Sicile, parlant des Gaulois ; & inactique, & inactique, & inactique, & inactique. Les Glofes : Bracca, inactique. Une partie des Gaules, à cause de l'usage de ces braves, fut appellé Braccara. Cafeneuve.
BRAYE, BRAYETTE. De bracca. C'est la même chose que braque & braquette. A Paris on dit brayette : dans les Provinces, on dit braquette. M. Le peuple de l'Étrampagne qui a retenu l'usage des braves, en a aussi garde le nom ; & les Suisses, qui sont ceux des Gaulois qui ont été le moins sujets aux invasions des peuples étrangers, & par conséquent aux changements qui ont défolé se souvent le reste de la Gaule, n'ont pas encore quitté cette coutume. Saumais, après Isidore, liv. 112. ch. 11. veut que le mot bracca vienne du Grec Brayes. D'autres croyent qu'il vient de l'Ebreu Tiz berce, qui signifie genus, à cause que cet ha- bit va jusqu'aux genoux. Mais Henri Etienne, dans son Livre De Latinitate falso suspecta, ch. 8. pag. 360. ne doute nullement que le mot de brayes ne vienne des Gaulois, & il s'appuye sur l'autorité de Diodore de Sicile qui le leur attribue. Selon le P. Pexron, le mot Celtique est brag. Henri Etienne ajoute que les anciens Gaulois ne prononçoivent pas brayes, comme nous prononçons aujourd'hui, mais qu'ils prononçoivent ce mot d'une maniere plus rude, & qui approchoit davantage du Latin bracta, & du Grec bracta, qui est dans Dio- dore. Cela s'accorde avec la vieille prononciation brague. Covarruvias, dans son Trésor de la Lan- gue Castillane, a remarqué, parlant de Brague, Ville du Royaume de Portugal, qu'elle a en son nom des Gaulois, appellés Bracati. Enfin tous les peuples qui descendent des Celtes, retiennent en- core ce mot; entr'autres les François, les Hiber- nois, dont la langue est très-ancienne, les Alle- mans & les Anglois; mais avec différentes pronon- ciations, comme on peut bien s'imaginer. Cam- den prouve que les brayes étoient aussi un vête- ment des anciens Bretons. Quoiqu'elles fuisent en usage à Rome dans le tems d'Auguste, Tacite les appelle un vêtement barbare, barbarum tegmen. Les Perses, qui tiroient leur origine des anciens Scythus, se servoient aussi de brayes, suivant le témoignage d'Ovide. Wachter dans son Glossar. German. au mot Bruch, parle ainsi des brayes: BRUCE, femoralia. Gloss. Keram. femoralia prush. Isidorus. ix. 4. Rehtunga ist brucha sinero lumbo, justitia est cingulum lumborum ejus. Idem Armoricis brag, apud Pexron in Aur. Celt. pag. 423. Anglo- sax. bract. Verelio in Indite bracta, Belg. brock, Angl. brecches, Gall. brayes, Ital. brache. Inde Gracis studia, Latinis bracta. Diodorus Siculus de populis Gallia & Germania: Caligas ab illis Brac- cas nominatas gestant. Quas cum Romani primum in Gallia Narbonense vidissent, inde Bracatam demoninarum. Sunt qui inventum hujus vestimenti Sarmaris tribunus. Lucanus lib. 1. Pharsal. Et qui te laxis imitantur Sarmara braccis. Vangiones Batavique trucs. Pomponius Mela de situ orbis: Sarmatae totum bracati corpus. Si quis tamen rem ex nonniq as- timet haud gravatiam assentietur Sperlingio, Stado- nio, aliisque, qui hoc genus vestimenti sic dictum putant a brechen, quasi inter femora divisum. Re- vera autem est non a brechen frangere, ut illi exis- timant, sed a brechen scindere, secare, quod supra produxi.
BRAYER. De braccarium, formé de bracta. Bracta, braccarium, BRAYER. Bracale se trouve en cette signification dans l'ancien Dictionnaire Latin-François du Père Labbe. BRACALE, brayer. Et braccharii, pour braccharum conjectures, dans Lampridus, en la Vie d'Alexandre Severe: Ob quod Alexander Imperator vectigal initiuit Brac- chariorum, Limteorum, & Pellicorum. Voyez bra- gue, & brayes. M.
BRAYES. Tenailles que les Maréchaux met- tent au nez d'un cheval mal-aise à ferrer: appel- lées dans les Provinces d'Anjou, du Maine, & de Normandie, morailles: & torcbenes, en Basse Nor- manie. M.
BRAYES, dans cette signification, a été fait de radius, en y proposant un b. Radius, radia, raia, braya, brayes. Et ce qui me le fait connoître, c'est le nom de morailles, qu'on donne à ces te- nailles dans quelques Provinces de France: Car morailles, selon moi, vient de moca, c'est-à-dire moca, & de radius. Moca radius, morailles, mora- diolus, moraolus, moraula, moraula, morcilles. On appelle à Mera braye cette machine de bois montée sur un chevalet, & composée de trois branches, avec laquelle on brise le chanvre pour le détacher de la partie ligneuse. Et cela aussi par rapport à ces trois branches. Du même mot radius. Le Duchat. BRE: pour de la poix. De bretia, ou brutia. M. Bochart, liv. 1. chap. 33. des Colonies des Phéniciens: Brutium, seu spaviliae picem, hodis brú vocamus lingua vulgaris: & Hispani brea; unde brear navios picare naves. Et bruttare, Itilis est inquinare, tanquam pice Brutia, quia est anxiu- vis: & inquibus, qui est, qui ter gerit pi- cem, inquibus ab ea Ecclesi. xiii. 1. BRUTIA se trouve en cette signification dans Pline, liv. xvi. chap. xi. Pix liquida in Europa et veda cognitur navaitibus munimilis, &c. aceto spissatur, & coagul- lata Brutia cognomen accepit. Et spavilia, dans le Grand Etymologique: spavilia, adnaria, inqueque, & spicaria. La Brutie étoit fertile en bonne poix, d'où la poix a pris ce nom. Voyez M. Bochart au lieu allégué. Brayer un navire se trouve dans Ni- cot, pour réduire un navire de poix. M. Rabelais a dit Embrener, en la signification d'en- duit de bre ou de poix. C'est au liv. 3. ch. 36. en ces termes: Vous me semblez, a une jour en espéte: tant plus elle s'efforce soy defaerter de la poix, tant plus elle s'en embrene: Vous semblablement efforçant iffir hors les lacs de perplexité, plus que de- vant y demeurerz empeftre. Le Duchat.
BREBIS. De vervex, qui signifie un monton, le Latin-barbare a fait vervex, & berbix, qui si- gnifiens la même chose: d'où nous avons formé berbix, que nous prenons maintenant pour la seule femelle. Les Glofes anciennes: Berbix, 2. c. 1. c. 1. Les Glofes Grecques-Latines: 2. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1.
BREBIS. De berbix, dont les Latins se sont servis pour dire la même chose. Le Lexicon Grec- Latin: berbix, 2. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. c. 1. cis, on a fait berbigale & berbigarius, & puis, par contraction, bergale & bergarius, d'où est venu BERGALI & BERGER; comme BERGERIE, de berbigaria. Berbigarius se trouve dans les Loix des Allemands, tit. 98. §. 3. Et quod de berbigario aut vaccaris sit, &c. Et bergarius se trouve dans des Ordonnances d'Edouard III. rapportées par Camden, page 578. de sa Bretagne: Pro Vaccariis & Bergariis oppidum extruxit. M.
BRECHE. De l'Alleman brechen, qui signifie rompre, d'où nous avons aussi fait ébrecher. BRECHEN a été fait de brix, qui est un ancien mot Gaulois. Buchanan, liv. II. de son Histoire d'Écosse: Apud Scatos a DRIK, quod veprem significat, declinatur DRIKAC; & a BRIK, quod rupturam indicat, BRIKAC, quod nunc Galli promontam BRIKAC. Quod enim brix Scotis dicitur, id Galli adhuc breiche appellant, nullo discrimine in vocum significatione. Scriptura ut discrepet in causa est, quod veteres Scott, & adhuc universi Hispani, X. littera pro duplici SS. acebantur. Itaque veteres Galli a Brix Conmannorum oppidum Brixiam nominatur, & a Brixia rursus Brixiacum, quod vulgo Briifacum. BRIKAC d'Allemagne est appellé dans les anciens Itinéraires Brifiacus; & BRIKAC, petite ville d'Anjou, est appellé dans les vieux titres Brochesac. Voyez mon Histoire de Sable, page 121. Du François brèche, les Italiens ont fait breccia & brecchia. De brèche, nous avons dit brèchedem, pour une personne qui a perdu une dent de devant. M. Ce que dit Wachter, dans son Gloss. German, au mot Brechen, éclaircira encore davantage l'étymologie de notre mot breche. Le voici: BRECHEN, frangere, rumpere, conterere, comminuere, contendere, &c. Gothis brikan, gabrikan, dicitur non solum de pane qui manibus frangitur, Marc. VIII. 6. Sed etiam de ferreis compedibus, qua friando comminuntur, Marc. V. 4. imo etiam de laniatu corporis, Luc IX. 39. Anglofaxonibus bracan, bracan, brecan, brecan, (tot enim modis scribatur) non solum est frangere, sed etiam contendere, comminuere, conterere. Francis & Alamannis brechan, prechan est frangere, sed & deftuere, concidere. Gloss. Kerun. fregerit farprichit, frangatur si keprohhan. Prius dicitur de rebus coquina, cellaris; posterius de vase in genere, in Reg. S. Benel. cap. 48 & 64. Hoc verbum videtur ex femone hominum primitivo manasse, quantum ex vetustissimis linguis conjecture licet. Convenit enim Hebraum parak fregit, disrupt, dilaniavit; Aelicum fregitio rumpo, quod fistit Junius in Glossar. Goth. page 99. Latinum frago, quod prius & antiquus quam frango, ut pater ex fregi, fragilis, fragmen, fractura, & fragor, zonus ex fractura. Imo etiam Celtis vocem haud inustatam fuisse, pater ex derivatis quibus hodienum utuntur Cambri, cuius-modis sunt breg ruptio, fractura, & brach brachium, Armorici brech. Prius manifesto est a brechen rumpere, sed & posterius, cum brachium in medio ruptum sit. Et hinc quoque Latinis brachium dici aut nullo, aut eodem sensu, optime observat Pezzonius in Ant. Celticis, p. 376. A simplici habemus immutura composita, qua nolo hic ex Lexicographis describere. Unum hic fusticiat, quod abbrechen nobis est abrumpere, unde Gallis abreger. Cum utroque convenit Gr. Acyclo corripio, breviter amputo, recido, Acyclo brevis, quasi abruptus, & Aelicum Acyclo, fractura. Le même Auteur, au mot Bruch, s'explique de la manière suivante: BRUCH fractura, rup- tura. Vocabulum Celticum & antiquissimum. Cambri breg, Francis bruch, Gracis Dial. Ael. Acyclo, Gall. breche. Willeramus, IV. 3. Dine huffelon sint samo der bruch des roten apfeles, gena tua sunt instar fractura mali punici. Convenit Hebraum perek diruptio, laceratura. Refer ad brechen frangere, rumpere, verbum antiquis omnibus uftiatum, & Hebrais quoque atque Gracis agnitum. Translatum est antiquitus ad vestes, ad loca, ad mores, imo etiam ad morbos... significatus primato ubique custodito.
BRECHET. Voyez brichet. M. BREDOUILLER: bégayer. Blasius, blasiulidus, blasiulidulus, blasiulidulare, bladulare, bradulare, BREDOUILLER. M. Je crois que ce mot vient de bis reduplare. Le bredouillement consiste proprement à répéter souvent chaque syllabe Le Duchat. BREF: comme quand on dit, Bref du Pape. De brevis, ou de breve, qui se trouvent pour chartula, ou libelus brevis, dans le Code Julitiens en la Loi 5. De Conveniendis Fisci debitoribus, en la Loi dernière: De fide instrumentarum, & de Apochis, en la Loi I. de Apochis, en la Loi dernière De appellationibus, dans Rufus Festus, dans Vopiscus, dans Saint Jérôme, dans Saint Grégoire le Grand, dans Symmaque, & dans Caffiodore. Les Grecs ont fait de brevis, Acyclo; & ce mot se trouve dans une Épître de l'Empereur Julien à la Communauté des Juifs, dans Zonaras, & dans Anna Alexiadis. Voyez Cujas sur la Loi V. au Code De conveniendis Fisci debitoribus, & Lindenbrog, Spelman, & Meurfius, dans leurs Glossaires. De breve, on a fait le diminutif brevettum, d'où nous avons fait brevet, pour dire un refcrit du Roi. M. de Saumalise sur Simplicius, page 7. Libelli supplices qui offerebantur Principi, etiam breves appellati. Honorum codicillos qui dantur à Principe, hodieque breveta vocamus; id est, breves. Anciennement ce mot de Bref se prenoit pour une lettre. Lancelot du Lac: Fist faire lettres qui dissoient; Ja nul ne soit si hardy qui la sus monte, il ne veut combattre à Sernheanis du Neufchastel: & quand il eut fait ce brief, si fist mettre une Croix au pied de la montagne, & illee sit seiller le brief. En Alleman, on appelle encore à présent brief une lettre missive. Le mot brevet se prenoit aussi anciennement pour une reconnoissance par laquelle on confessoit avoir reçu quelque chose: ainsi on disoit, passer brevet de la somme de, &c. Voyez Nicot au mot Brevet. Encore aujourd'hui en Normandie, on appelle une obligation un brevet. Et en Baise-Normandie, on appelle particulièrement brevet la reconnoissance que donne un particulier à un autre, pour une vache qu'il prend de lui à louage. M. Voyez BREVET.
BREHAIGNE. Nicot: C'est la femelle de quelque espèce que ce soit, laquelle ne porte point de fruit, ainsi est stérile: dont le contraire est portiere. Ainsi dit-on, qu'il y a des brebis brehaignes, & autres qui sont portieres. De l'Anglois barrayne, qui signifie stérile. L'Anglois vient de l'Alleman. Isaac Pontanus, liv. 6. de ses Origines Françoises, chap. 24. expliquant le mot onberenti, qui se trouve dans l'Harmonie des quatre Evangiles de Tatianus, traduite en Langue Teutonique: ONBERENTI, sterilis: hodie onbruchber. ONBERENTI autem, ab on privativo, & beten, quod gestare, ferre, hodieque Danis est. Unde & berie, & berie, nobis feretrum. ONBERENDE ergo, quasi non serens; fractum pura, aut uterum. BARNO, filii, liberi. Anglis adhae & Danis et senfu usurpatur. Est au- tem à boëren, quod est generate. M. A Metz on prononce brevigne. Ce qui fait voir qu'effectivement ce mot pourroit bien venir de l'Anglois barrayne. Le Duchat.
BRELAN, ou BERLAN. Le grand usage est pour brelan. On appelle ainsi un certain jeu de cartes, & le lieu où l'on joue ordinairement aux cartes & aux dez. Berlenphum se trouve en cette dernière signification, dans un Registre du Parlement, de 1300. & en la premiere, dans Guil- laume Guiart, en 1304. Voyez M. du Cange. M. Rabelais dit breland, liv. 1. chap. 15. & 40. Et comme il écrit ce mot avec un d final, & que même nous appelons brelandier, un joueur de bre- land, on ne peut pas douter, que ce mot ne soit Alleman d'origine, & que sa dernière syllabe ne veuille dire pays, comme dans Hohland, Nide- land, Truffichland, &c. Les Sols de la ville de Hambourg, ont pour Legende Mimez varland, c'est-à-dire, monnoie du pays ou du territoire de Hambourg. Etant venu quelques-uns de ces sols de Hambourg à Nantes, par le moyen du com- merce de cette ville avec les pays volins de la mer Balthique, & le peuple de Nantes ne sachant comment les appeller, s'avisa de les nommer Fer- lande. Et comme ils les prenoient dans le gom- merce avec les Hambourgeois sur le pié d'un sol pièce, ils ont depuis à Nantes, appellé ferlande, tous les sols, même ceux de France; témoin une vieille rime qui dit: Donnez-moi une ferlande, je vous dirai ma chanson. C'est de cette monnoie que je crois qu'est venu notre mot breland, & il a d'abord signifié un jeu de soldats Allemans, où on ne voyoit sur la table que des ferlandes ou des ba- quettes, monnoie encore plus petite, dont le sol- dat Gascon, liv. 3. ch. 40. de Rabelais, en avoit perdu jusqu'à vingt-quatre à ce jeu de breland, au camp de Stockholm; & depuis on a appellé du même nom les lieux où l'on joue des jeux de ba- zard, & aux petits jeux de soldats, comme au lan- quenet, autre jeu Alleman, qui est proprement le breland. Il me reste à remarquer pour confirmer ce que deffus, que comme dans Rabelais, liv. 3. ch. 4. c'est en Suède, & dans une armée compe- sée d'Allemans pour la plupart, qu'on jouoit au breland; de même, liv. 3. ch. 15. c'étoit déjà une Allemande, je veux dire la femme de C. Agrippa de Nettesheim, que Rabelais entend sous le nom de Hertrippe, qui tenoit ce jeu, & qui y donnoit à jouer chez elle. Le Duchat.
BRELINGUE. Monnoie de Gueldres à huit deniers de loi, & le tiers de cuivre. Bodin, Rep. à Malestroit, fol. 71. a de l'édition de 1594. Ce doit être la même monnoie que le Continua- teur de la Chronique de Flandre, sous l'an 1433. & Monstrelet, appellent virelan. Le Duchat.
BRELUE. M. du Cange, au mot bullu- ga: Jonas in Vita Sancti Columbani, cap. 19. Vel pomorum parvulorum, que Eremus illa ferebat, que vulgo Bullugas appellant. Hinc forte vox apud valgum breluque; quasi bulluque; pro re mimetori. M. On a dit aussi freluche. Ce qui me persuade que l'un & l'autre mot viennent de l'Istalien fanfaluca, d'où nous avons fait fanfreluche. Le Duchat.
BREME. Voyez BREME. BREMME. Poisson. Les Anglois se fervent du même mot pour signifier le même poisson. Nous prononçons anciennement brame; & ce mot se trouve écrit de la sorte dans Nicot, & dans le Tra- ducteur de Rondelet: ce qui me fait croire qu'il a été fait de celui d'Abramis, qui est une espèce d'aloise. Rondelet, au chapitre de la Brame: Au- cuns pour l'Amitié du nom de brame avec abramis, la veulent ainsi nommer. Mais Oppian & Athé- nie, l'ont toujours mise au nombre des aloises. Téri- pault s'est apparu de cette étymologie. M.
BREN. Voyez bran. M.
BRENNUS. Ce nom est très-célébré dans l'Histoire; mais la signification en est obscure, & on dispute si c'est un nom propre, ou un nom ap- pellatif. Bremen, en Alleman, signifie brûler, en- flammer, allumer, & aussi être enflammé, être en feu, être allumé. Quelques-uns dérivent de la le nom Brennus, comme qui diroit, un homme ar- dent, bouillant, furieux, qui allume le feu de la guerre. Mais si bon, est un mot Celtique, comme le prétendent les habiles dans la langue Celtique, c'est en vain qu'on en cherche ailleurs l'étymolo- gie. Or en langue Galloise, brenin signifie Roi, brenninijs cour du Roi, brenninijs maison Royale, & brenniniaeth royaume. Baxter, au mot Bren- nus: Hodiernis Britannis rex dicitur Brenin. Les Loix Galloises, écrites au IX. Siècle, dans la Pré- face 3. Hywel Dda o rad Duw mab. Cadell Brenin Cymru oll, c'est-à-dire, Hoelus Bonus, gratià Dei, Filius Cadelli, Rex totius Cambria. On trouve Brennin avec deux & dans les mêmes Loix, liv. 1. ch. xxiii. 3. & ch. xxviii. 13. Wotton, qui a tiré ces Loix des Manuscrits & les a traduites en Latin en y joignant des Notes & un Glossaire, préfère cette dernière orthographe, comme étant ancienne & plus exacte. Il ajoute: Hinc, ut id obiter hoc logo adnotem, deducitur nomen Brenni, inclysi illius Gallorum Senorum Ducis, qui Roma- nus olim penè ad intersectionem deleverat. Brennus enim est Brennin Rex, appellativus pro proprio. Bax- ter, dans son Glossaire des Antiquités Britanni- ques, pag. 47. est du même sentiment. Voici ses paroles: Brennus, Celcarum sermone, rex dicitur. De-la vient que chez les Auteurs Grecs & Latins, Brennits est un nom qui est commun à presque tous les Rois & les Capitaines des Celtes; aussi doit-on distinguer plusieurs Brennus. Par exem- ple, celui qui prit Rome n'étoit pas le même que celui qui pilla le temple de Delphes. L'origine de ce nom n'est pas tout-à-fait claire. Mais il est probable que bren a signifié autrefois éminence, élevation, élevé, suprême, & que de-la est venue la signification de Roi, ou de Commandant. En Langue Cambrique ou Galloise, bre signifie mon- tagne, colline; brenn, des montagnes; bryn, colli- ne; en Suédois, brink veut dire éminence, pen- chant d'une montagne; en Grec 1910 & 1911, le haut d'une montagne, la pointe, le sommet. De ces mots Grecs, ou Celtiques, vient apparem- ment le nom de ces montagnes des Alpes, appel- lés Brenni, dont il y en a deux plus élevées que les autres; celui des Pyrénées, & ceux de ces peu- ples, habitans des Alpes, qui étoient appellés Breuni, Brenni, Brenci, Briones, Briones, desquels Cellarius fait mention dans sa Géographie ancien- ne, tom. 1. pag. 129. & de la nouvelle édition, pag. 413. Voyez Wachter, dans son Gloss. Germ. aux mots Brenner & Brennus. C'est de lui que tout ceci est tiré. *
BRESAGUE. Voyez fresage. M. BRESIL. Sorte de bois rouge. On croit, & c'est l'opinion de Covarruvias, que ce bois a été ainsi appelé parce qu'il nous est venu du Brésil, Province de l'Amérique Méridionale. Mais le P. Labbe, à la pag. 16, de la féconde partie de ses Etymologies Françoises, a remarqué que ce mot est plus ancien en France & en Espagne, que la découverte de cette province par les Portugais. J'ay in, dit-il, dans un très-ancien Mémoire, qu'on ne pouvait transporter du Royaume, laines, aignifins, toiles, belles laines portans, grain, draps, écorces, lin, chanvre filé, brésil, alun, semences à teinturier, acier, or, argent en plate, billon, &c. L'Auteur des Réflexions sur l'usage présent de la Langue Françoise, veut qu'on dise Brésil, en parlant du Pays, & Brésil en parlant du bois : en quoi il se trompe manifestement. M. B R E S I L. L'Interprète Syriaque du Livre des Rois, & l'Interprète Arabe du Livre des Paralipomènes, traduisent par le mot de Brésil, le mot Elzeu almoghin. Ce même mot se trouve dans le Livre des Racines du Rabbin David Kimhhi. C'a donc été avec raison que Jean de Lery, dans son Voyage du Brésil, ch. 13, a dit que le pays du Brésil a pris son nom du bois de Brésil. Ce nom a été donné à cette contrée parce qu'elle produit une très-grande quantité du bois nommé Brésil. Car ce n'est point ce pays qui a donné le nom au bois, puisqu'il est certain que long tems avant la première découverte, non seulement du Brésil, mais de l'Amérique, ce bois s'appelloit Brésil, comme il paroît par le Dictionnaire Ebreu du Rabbin David Kimhhi, appelé Sepber Schorachim, c'est-à-dire, Livre des Racines. Cet Auteur, qui vivait sur la fin du douzième siècle, & au commencement du troisième, dit à la racine אֵשׁ, & à la racine לָבָם que quelques-uns prétendent que le bois que l'Écriture appelle אִלְטִים algumim, & une fois אִלְטִים almugghium, est le bois de teinture que les Arabes appellent אִלְטִים albakom, & qu'on nomme en langue valgaire Brésil. Et le Géographe Perrien, cité par M. d'Herbelot au mot Bacam, qui est le nom que les Arabes donnent à ce bois, & pareillement Edreffi dans le troisième climat, écrivent que l'on trouve cet arbre dans les Isles de Rami, de Lameri, & de Kauam. Ces Isles sont situées près la côte de Malabar. Perceval a dit : Chemises & braves de chancel, Et chausses teintes en brésil. B R E S T. Port de mer dans la Bretagne. De Brivatis, génitif de Brivas. Scaliger sur Aufone, liv. 11. ch. 14. Ab Abricantis ad Brivatem portum, qui boite concisum servat nomen vetus BREST. M. B R E T. Belon, liv. vi. de son Ornithologie, chap. 33. Les manvis sont confumieres de se passire des raisins, & faire grand dégast et vignes : comme aussi fent les étoumeaux : par quoi on en prent beaucoup en vendanges, en diverses manières, & principalement avec un instrument qu'ils nomment Bret. M. B R E T A G N E. Province de France : ainsi dite des habitans de la Grande Bretagne, qui étant chasses de leur pays par les Anglois, occupèrent cette Province. M. de Valois, pag. 112. Rerum Francier, liv. v. Britanni complures, subacha ab Angelis nobilissima parte Britannia Insula, externa dominationis intolerantes, in tractum Armoricum, Duce Riovalo, emigraverant, Placidi Valentiniani Principatiu, & in finibus Venetorum, Curiosolitum, & Officiorum confederant, regionemque Britanniam appellaverant. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot Bretagne en la signification du Royaume d'Angleterre. Voyez Argentré en son Histoire de Bretagne, Camden en son Angleterre, Bodin en la Méthode de son Histoire, Isaac Pontanus en son Glossaire, Buchanan, liv. 1. de son Histoire d'Ecosse ; & sur-tout M. Bochart, liv. 1. ch. 39. de son Traité des Colonies des Phéni- ciens, où il dérive Britannia de Poyranus ; qu'il soutient avoir été fait du Syriaque בְּרִתְעוֹן barat- anac, c'est-à-dire, ager stanni & plumbi, à cause des mines d'étain qui sont dans les Isles Britanni- ques, d'où elles ont été aussi appelées Cassiterides par les Grecs & par les Romains. A quoi on peut ajouter ce que M. de Salmonnet, en son Histoire des Troubles de la Grande Bretagne remarqué de la Cour de l'Etain : La Cour de l'Etain avoit été établie dans la Province de Cornuaille, d'où se retire le meilleur estain du monde : & c'estait en faveur de ceux qui travaillaient dans les mines, où qu'ils ne suffient point obligee de sortir de la Province pour plaider, &c. C'est au liv. III. pag. 303. L'Au- teur de la Vie de Gildas, dit que la Bretagne étoit autrefois appelée Letania : Nam cum Dei jusu pervenisset in Armicricam quandam Gallia regionum ; tunc autem à Britannis à quibus possidebatur Leta- nia dicebatur. C'est au chap. 12. Et au chap. 20. Itaque Britannia, qua olim Letania fuit. Mais je crois que ce mot est corrompu, & qu'il faut lire en ces deux endroits Letania, c'est-à-dire, lit- toralis. Voyez Armorique. M. B R E T A G N E. Wachter, dans son Glossaire Germanique, au mot Stein : BRITANNIA, regio pictorum, a Celtica voce brith, diversicolor, macu- lofus, Pezzonio interprete, pag. 379. Britones, Frisiones & Brigantes, eadem esse nomina, pro Dia- lectorum diversitate e Phrygum nomine corrupta, Bax- tero, quamvis auctori perdello, & inter Britannos pracipno, non credo : Et multo minus Claverio, qui primum Britonem unum ex quinque Filiis Afcanii esse singit. Nam Britones Langua Celtica, & hodie Cambrica, sunt homines picti. Et tales fuisse veteres Britannos manifestum est. Tacitus Siluribus tribuit coloratos vultus, in Vita Agricola, cap. XI. Casar vero, omnes se Britannos glatto inficere, quod ce- ruleum efficiat colorem, scribit in Comment. lib. v. Hinc picti Britanni passim occurrunt apud veteres Poetas. Rellius vero scribitur Britannia. Nam & Graci habent Poyria, & Poyrius, & Anglo-Saxones Brytland. Ainsi Britones & Britti, ne fi- gnisient autre chose que des hommes peints ; & Britannia vient du mot Celte brit, c'est-à-dire, peint, & de tan ou stan, qui signifie pays ou région. Ce tan ou stan est un mot non - seulement Celti- que, mais encore Scythique, & les Perses sont pris des Scythes, comme on voit dans plusieurs noms de lieux exprimés à la Persane. C'est ainsi qu'ils appellent l'Arabie Arabistan, c'est-à-dire, pays des Arabes ; les Indes Indostan, c'est-à-dire, pays des Indiens ; la Georgie Gurgistan, c'est-à- dire, pays des Georgiens, &c. On remarque ce mot stan dans une région de Scythie, appelée en Grec Szeugnia, & en Latin Sacastana, c'est-à-dire, pays des Saques. Les Grecs ont été la lettre S & on dit rasia, & les Latins ont imité en cela les Grecs. De-là les noms Aquitania, c'est-à-dire, pays des eaux, Lusitania, c'est-à-dire, pays des Lusiens, Mauritania, pays des Maures, &c. Au- lieu de stan, les Allemands disent Stein. Voyez Wach- ter, Glos. German. au mot Stein. M. Ménage a raison de dire que Letania, pour un nom de la petite Bretagne, est un mot corrompu, & qu'il faut lire Letania, ou Letania; mais ce nom ne signifie pas littoralis, comme il l'explique, mais hospitalis. Ecoutons la - deffus Wachter, au mot Læti. Voici le passage, qui me paroît curieux. C'est pourquoi je le rapporteai en entier: Læti, Læti, milites Barbari, a Romanis in solum vacuum recepti. Dicitur inprimis de Francis, alissique populis Germanicis faculo 1v. in solitudines Gallia jusu Imperatorum Rom. traduciis, ut qua prius ipsi depridando vaslaverant loca, nuxc culta rederent serviendo, vel defenderent, arma pro Romanis portando. Squalorem Gallia, & Francis ad culturam solitudinum receptos, sape memorant Panegyrici veteres, laudantque Imperatores quod arva jacentia colonis distribuisent. Dederunt autem, ut dedisse viderentur, Germanis terras illas sape invitis Romanis occupantibus. Emmenius, Paneg. 1v. cap. 21. Tuo Maximiane Auguste nuru, Nerviorum & Trevitorum arva jacentia Lætius postiliminio, & receptus in leges FRANCUS, excoluit. Memorant & receptorum militia. Noitia Imp. Occid. Panciroli: Prafecius Lætorum Teutonicorum. Prafecius Lætorum Batavorum. Prafecius Lætorum Gentilium Suevorum. Prafecius Lætorum Francorum. Eorum scilicet quos Romani ex his gentibus in solum Gallia receptos militia adscripserant. Nomen ex lingua veteri Gallica sive Antiquo-Britannica defumptum esse, & propriè hospitem significare, videm suciunt multa vocabula quod Boehornium in Lex. Ant. Brit. & pracipue sequentia: lletty hospitium, llettywt hospes, llydaw Armorica. Latine Scribentes LETANIAM vocant. Sic autem dicitur, non tanquam regio littoralis, ut ill. Leibnitis, in Glossario Celtico, visum, sed tanquam terra hospita, quod Britanni a Saxonibus pulsi ibi confedissent. Ino etiam Lindaw ad lacum Brigantium sic dici videtur, quod ab initio esse Lætorum colonia. Nam vaces Celtica in ore Germanico sape patiuntur eponthesin. Idque apud peritos nullam habei difficultatem. Atque hinc porro patet quid sit Terra Lætica, in Codice Theodosiano, nempe terra ab exteris gentibus occupata, & servitio militari obnoxia. A quo Romanorum insituto poſtea Feudorum originem fluxisse multi arbitriuntur. De Coloniis Lætorum vide plura apud Tillemonium, Hist. Imp. lib. 4. parro 1. art. 8. nec non apud Cangium in voce Leti. Different autem Læti a Litis, quamvis a Cango confusi. Læti sunt homines liberi; Liti servi, ob volitatem a militia exclus. Different autem a Leudis vel Leudibus, qui milites quidam erant & vasali, sed indigent, non hospites.
BRETÄUDER. C'est roger. Oudin: pissele brycandée, c'est-à-dire, rognée. Ce mot se trouve aussi dans Richeler. Il vient peut-être de varié rondere. Le Duchat.
BRETECELLE. Sorte de craquelin fait au beurre, qu'on appelle à Metz boute-en-bras, parce qu'il est d'une figure à y faire passer le bras. De l'italien bracciello, qui signifie la même chose. Le Diction. Ital. & Fr. d'Ant. Oudin. Bracciatetti, anses de petard. Bracciatello, sorte de viande de paste, craquelin. Le Duchat.
BRETESCHE. Vieux mot, qui signifie une sortereise à creneaux, & aussi le lieu public où l'on fait les cris & proclamations de Justice. De l'italien berresca, qui se dit de cette barrière qu'on met d'ordinaire devant la porte des Palais. Bouteiller, dans sa Somme Rural, liv. 1. tir. 3. p. 13. 1. 1. Et si c'estait à adjournier une Communauté, peu advient, il faudrait que ce soit fait à bretesse. Carondas sur ce endroit: BRETESCHE; terme ancien, qui se trouve en quelques vieilles Chroniques, & Coulismes, & même de Flandres; signifie le lieu public où se font les cris, publications, & proclamations de Justice. On dit aussi bretesse & bretesse. Et sur le cinquième chapitre du liv. 3. du Grand Coulismier, p. 312. De ce terme est faite mention les Coulismes d'Artois, art. 37. & 1ste, 155. 169. & 185. C'est le lieu où se font les cris, publications, & proclamations de Justice: dont vient-le mot BRETECELLE. M.
BRETELLE. Sangle, corde ou courroye, qui sert à porter une hotte, des crochets, &c. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. Trippault écrit bretelles, qu'il dérive de 30,000, oncle; parce que, dit-il, les bretelles aident à porter des fardeaux. M. A Metz on dit bertrelles, ce qui est plus approchant de l'étymologie; bertrelles ayant été fait de l'Alleman vertrilien, qui signifie rocher, & la bretelle étant proprement de jeune bois tors en façon de corde. Ou plutôt bretelle vient de bractium. Bractium, bractium, brambilla, brachella, bratella, bretelle. Ou bractium, bractium, bractium, brachitellum, brachitella, bratella, bretelle. Le Duchat.
BRETON. Vin Breton. Rabelais, liv. 1. ch. 13. Mais (dit Gargantua) voulez-vous payer un bussart de vin Breton, si je vous fais qu'unan en ce propos? Et plus bas dans le même chapitre: Et par ma barbe, pour un bussart tu auras soixante pippes, j'entens de ce bon vin Breton, lequel point ne crois en Bretagne, mais en ce bon pays de Verron. Ce pays, ou plutôt ce canton de Verron, c'est du territoire de Chinon, où, suivant la remarque de M. Guyet, dans son Rabelais, en marge du premier passage, croit le vin de Verron. Et la paroisse de Quinquenois, est enclavée dans le même canton, témoin Rabelais, qui ayant fait dire à Chicanneux, par le Seigneur de Bache, liv. 4. chap. 14. qu'avant que de recevoir sa citation, il vouloit lui faire boire de son bon vin de Quinquenois, raconte au chapitre suivant, que la noise commença après que Chicanneux eut dégouzillé une grande taise de vin breton. Dans Eutrapel. fol. m. 198. v. au chapitre de la Moquerie, l'Auteur attribue au Roi François I. un conte du chien de M. Ruzé, Conseiller au Parlement de Rennes: c'est que ce chien, pour avoir mangé près de Rennes une grappe de raisin Breton, abbaye incontinent le cap de la vigne, comme protestant se venger de telle aigreur, qui j'a commençait à lui brouiller le ventre. Ainsi ce que l'on appelle du vin Breton, n'est pas du vin cru en Bretagne, où il n'en vient point de bort mais c'est d'excellent vin du Chinonnois, canton de Verron. De dire à présent pourquoi on le nomme vin Breton, c'est peut-être parce que les Bretons ont accoutumé de l'enlever pour eux, comme très-bon, & croissant dans le voisinage de la Loire; d'où il leur est aisé de le transporter dans leur Province. Au ch. 47. du liv. 1. de Rabelais, il est parlé de Verron, comme étant un village de la Touraine, entre les Coldreaux & Coulaines. Le Duchat.
BRETTE. Ce mot signifie deux choses: une femme de Bretagne; & en cette signification, il vient de Brita: Brito, Britus, Brita! & une longue épée, ainsi appelée, parce que ces sortes d'é- 1 i pées avoient été premierement faites en Bretagne. Voyez Baionnette, Olinde, Verdun & Vienne. De brette, on a fait bretter, & bretteux. M.
BRETTE, forte d'épée longue & étroite. Je crois qu'elles font ainsi nommées pour être venues de Bretagne. Dans le Grand Testament de Villon, le mot de brettes, est employé pour Bretonnes. Et Brettes Targes, pour Targes Bretonnes. Huet.
BRETTE, s'est dit aussi, de même que bretreuse, dans la signification d'une fille débauchée. Le Duchat.
BRETTER. S'est dit pour jater, à cause que les Bretonnes passent pour de grandes babillardes. Voyez Villon, dans la Balade des femmes de Paris. Le Duchat. BREVAGE : par transposition de lettres, pour bevrage, qui se trouve dans les Anciens livres, & qui vient de l'Italien beveraggio, qui a été fait du Latin beveragium, fait de bibere : comme abbrever, d'adbibere. D'inbibere, on a fait de même embever. L'Auteur du Livre intitulé Flandria Illustrata, pag. 581. de l'Audarium sur le Tome II. rapporte une vieille lettre, où il est dit : Lequel fosse Monseigneur Jan a fait faire à son mesme despens pour ennover les chevaux des passans. M. Froissart, tom. 1. fol. 10. v°. de l'édition de Jean Petit : Ne liz ne beurent autre bevrage que la rivière qui convoit-la. Le Duchat.
BREVET. De brevettum, fait de breve. Les Italiens disent Breve del Papa. Brevigerulus se trouve dans les Gloses d'Isidore, interprété qui breve gerit : ce que s'interprète porteur de brevet. Voyez bref. M.
BREVIAIRE. De Breviarium. M. de Saumaisse sur Simplicus, pag. 6. Quicquid utentibus obvium est ac paratum, id 1770.9.1819 Gracis vocatur, ac de libello at breviario, ut insima Latinitas locuta est, accipi potest. Unde Breviarium Festi Rufi. Inde & Presbyterorum Breviaria, qua ipsorum 1770.9.1819 fune. Joannes Fangerus dans son Etymologicum Trilingue : BREVIARIUM, Opus concilium; quo nomine Sacerdotes Pontificii appellant encheiridion, quod ipsis semper ad manum est, & in quo Canonicas Horas habent excusas; à brevibus nomen obtinuit. Quid sint Breves aut Brevia, indicat Zonaras Carthagineni Concilio, his verbis : 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9.1819, 9. Portiforium, seu Breviarium, ad usum Ecclesia Sarrisburienis, ensitigatum, simpleum, marginalibus quotationibus adornatum, ac nunc primum ad verissimum ordinatis exemplar in suum ordinum a perississimis viris redactum. Parissis, Apud Gulielorum Martin, in Ponte Telonorum, ad signum hominis Silvestris. On peut dire que le Bréviaire est l'Abbrégé de tous les Livres qui servent au Chœur pour l'Office Divin; de l'Antiphonier, du Responsorié, du Tropaire, du Pécateur, de l'Hymnodier, de la Bible, du Légendaire, de l'Homéllaire, du Capitulaire, & du Collectaire. Nicot est à prouès du même avis. Voici sa remarque : BREVIAIRE, Abbrégé, Breviarium. Ainsi Europe a intitulé, Breviarium Historiae Romanæ, la compilation en bref qu'il dédia à l'Empereur Valens, de tout ce qui s'est fait passe des gestes des Romains depuis la fondation de Rome jusqu'au son temps. Et Suirone, lib. de Illustri. Grammaticis, appelle Breviarium rerum omnium Romanarum, l'Abbrégé que Atticus Philologus avoit dressé à Saluste pour son Histoire. Et in Octavio, cap. 101. Breviarium Imperii, le bref est que cet Empereur avoit dressé du nombre des gens de guerre & des finances de l'Empire, & des restes demeurés, et mains des Trésoriers. Et in Vespasiano, cap. 21. dit, Breviaria officiorum. Et Pline, lib. 7. cap. 26. appelle Breviarium rerum à Pompeio in Oriente Iesbarum, la brève inscription qu'iceluy Pompée mit au frontispice du temple qu'il en avoit voué & dédié à Minerve. Et toutefois Sénèque, Epître 39. blasme ce mot, disant que les anciens Latinis mieux parlant, dissoient Summarium au lieu de Breviarium. Nous disons Abbrégé : & ainsi est intitulé l'Epitope des Chroniques de France, laissant le Latinise Bréviaire en usage aux gens d'Eglise, pour le livre divisé en deux temps, d'hiver & d'est, où est en bref rédigé ce, du vieil & nouveau Testament, & des principes & Docteurs de l'Eglise, que les Ecclesiastiques doivent par chacun jour avat l'année, dire pour leur office, qui consiste en Matines, Laudes, Heures de Prime, Tierce, Sexte & None, Vesspres & Complies; Breviarium, Breviarii pars hyemalis & aetivalis, lequel au reste n'est pas un mesme en tous Ordres & Diocèses, ainsi particularisé. Mais le Concile de Trente, ou bien par renvoy d'icelui, le Pape Pie V. du nom, pour oser cette disformité, en a fait dresser un général pour l'universelle Chrestienté sous le titre : Breviarium Romanum ex Decreto Sacro-Sanchi Concilii Tridentini restitutum. M.
BREUIL. C'est un ancien mot François, qui signifie un bois, un parc. La Coutume d'Anjou, article xxxvi. Qui n'a foress, ou breil de foress, ou longue possession, n'est fondé d'avoir chassé defensible à grosses bestes, s'il n'est Chastelain, pour le moins. Et est réputé breil de foress un grand bois marmentau ou taillis, auquel telles grosses bestes ont accomplumé se retirer ou fréquenter. De broilum, ou broilus. Les Capitulaires de Charlemagne : De broilo ad Artiniacum Palatium. Ceux de Charles le Chauve, pag. 459. In broilo Compendii Palatii. Avesquadus en ses Lettres : Cum silva, que vocatur broilus. Voyez le P. Sirmond, dans ses Notes sur les Capitulaires de Charles le Chauve, au lieu allégué, & M. Besly, dans ses Remarques sur les Mémoires de la Gaule Aquitanique. Pour broilum, on a aussi dit broilum, & briolium. Luitprandus Ticinenis, liv. 3. ch. 4. de son Histoire des Choses de l'Europe : Sed & inter cetera, quasi oser perolignum amoris, concessis cervum quem is suo in broilo venaretur, quasi quod nullis unquam nisi clarissimis magnisque concessis amicis. Et dans sa Légation à l'Em- pereur Nicéphore : Sed & idem Nicephorus in radem cæna me interrogavit, si vos perivolia, id est brioia, vel si in perivoliis onagris, vel casera animalia, haberetis. Cui cum vos brioia & in brioia animalia, magris exceptis, habere affirmarem; ducam te, inquit, in nostrum perivolium, cujus magniudinem, &c. M. de Saumasse, sur l'Inscription d'Hérodes Atticus, dans l'Addenda, estime que broilum, ou briolium, a été dit par corruption pour cribolium : BRIOILUM, vel BROILUM, pro peribolium. Inde vox Gallica vetus BRIOILUM, qua sylvam significat. vni &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. Dans le pays Meffin, on appelle Breuil un pré Seigneurial entouré de rivière. De Prateolum, par le changement du p en b. Le Duchat.
BREUNCHE. On appelle ainsi dans l'Anjou, & dans quelques autres Provinces, la lie de l'huile. De fraces, dont les Larins ont usé dans la même signification, & qui se trouve dans Pline, livre xv. chap. 6. & dans Columelle, livre vi. chapitre 13. & dans Aulugelle, livre 2. ch. 13. M.
BREUSSE. Rabelais, liv. 1. chap. 5. Goubeles de voler, breusse de tinter. Et livre 2. chap. 27. Une breusse où ils saussent. Et livre 4. chap. 1. La dixième, une breusse de odorant agalloche..., perfide d'or de Cypre, à ouvrage d'Azemite. M. Guyet, sur le second passage, a remarqué à la marge de son Rabelais, qu'en Anjou on prononce brusse; & le Dictionnaire Anglois de Miège interprète par goder le mot Anglois bowl, que le Traducteur de Rabelais en Anglois a employé pour rendre le mot breusse dans le premier passage. De brochus, dans la signification d'un vase à grosses lèvres. Voyez brochet. Le Duchat. B R E. B R I. 271
BREUVAGE. Voyez BREVAGE.
BRIBÉ. Nicot interprète ce mot par partis mendicatus : ce qui me fait souvenir de ces Vers Macaroniques allégués par Rabelais, livre 4. chapitre 13. Hic est de patria natus de gente belistra, Qui solest antiquo bribat portare bisacco. Les Espagnols disent bribat, & brivar, pour mentier; & brivia, brivoneria, & brivonismo, pour guenserie; & briviatica, pour l'art de guenserie; & brivie & brivon, pour un caimand. Voyez brisse. M.
BRIC. Le Dictionnaire François & Anglois de Cl. Hollyband, imprimé in 4°. a Londres en 1593. Bric, as, prendre son adversaire au bric; to take advantage upon the word of his adversary, or when word unwarily spoken is taken for a confession. Au bric, en le suivant à la trace, peut-être, ou en marchant sur ses brises. Ce mot ne viendroit-il point de l'Alleman brechen, rompre! Le Duchat.
BRICHET. C'est ainsi qu'on parle à Paris. Nous disons brichet dans les Provinces d'Anjou & du Maine. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M. Le brichet, ou brechet, c'est l'os fourchu de la poitrine. Or comme les deux fourches de cet os le sont ressembler à un os rompu, ce mot ne viendroit-il point de l'Alleman brechen, rompre! L'Alleman appelle la poitrine bruse. C'est peut-être aussi de là que vient le mot brechet. Le Duchat. Je dérive brichet, ou brechet, du mot brèche, qui vient de l'Alleman brechen, rompre, couper. Le brechet ressemble à une espèce de brèche.
BRICOLE. Machine de guerre. Magius, livre 1. de ses diverses Leçons, chap. 1. Sunt Trabucchi, machina lithobola, (eijidem generis ferò sunt & Bricolæ vocata) quibus, avorum nostrorum memoria, vasti molares in hostes saciebantur, quibus Turcatum Imperatorem, dum Eubram expugnaret, usum esse, atque his nedum saxa pragrandia, sed etiam equorum integra cadavera patrescentia, intra urbem esse ejaculatum constat, &c. illud non est ignorandum, Bricolis ex editioribus lucis, turribus quo ipsis, saxa ejaculari consuetisse: cujus rei nos admonet liber 3. Juris Municipalis Florentinorum; in quo cives privatum in turribus bricolas habere prohibetur. Le Président Fauchet, livre 11. de son Traité de la Milice: Les Fondeises lachaient aussi des pierres, ainsi que les frondes à main, lesquelles se nommaient aussi Bricolles, quand elles estoient instruments de guerriers, pour la reverberation & sauts que les pierres rondes faisoient, heurtant les murailles, ce dit Abou, parlant des Normands, qui emploient cet instrument au siège qu'ils tenoient devant Paris l'an 887. Turri properantes, quam feriunt fundis. Tout de mesme que l'estant bas celles d'un feu de Pauline, qui s'appelle à Bricolle, quand il n'y a qu'un toit du cofsi du service; à la différence des Jeux faits en halles, qui ont des tuits & galeries de cofse & d'autre: tels Jeux appellez Bloules à Orléans, pour le son de l'estant heurtant dans le fond de ces lieux caves, au bout desquels il y a des nattes pour rabattre le coup, afin qu'il ne rejailliss dans le fer, ains tombaï dans le trou de la blouse. Le Père Labbe improuve ce discours du Président Fauchet. Les Bricolles, dit-il en la deuxième partie de ses Etymos- 1 i ij logies Françoises, n'ont point été transportées des machines de guerre dans les Jeux de Paumes; mais les uns & les autres viennent des briques. On jettouit des briques, des cailloux, par le moyen de ces bricolles, qui violent communes aux Affligés & aux Affligeans. Je ne comprends pas bien le raisonnement du Pere Labbe; les bricolles des Jeux de Paumes ne jettant point de pierres. Le mot de briccola, au reste, a été fait de trabucus, en cette manière: trabucus, trabuculus, trabucola, buccola, byccola, BRICOLA: par l'insertion de TR: comme en bretonica, de bettonica. Cette étymologie n'a pas déplu à M. Ferrari. Relée autem Menagius à trabuculo deducit briccolo. Licet enim diversa machina, de qua infra, ob similitudinem tamen, & quid illa minor est, briccola dici potuit. Ce sont ses termes dans ses Origines Italiennes, au mot briccola. M. M. de la Noue, Dictionnaire des Rimes Françoises, p. m. 241. Bricoles. Ce sont toiles ou retz dont on tend aux cerfs ou aux sangliers. On appelle aussi bricole en Languedoc & en Normandie, certain harnois de chevaux de carroffe & de charette; auquel sens ce mot me paroît compose de bride & de col. Les bricoles étoient aussi des especes de frondes, dont les branches étoient de fortes courroies ou bandes de cuir: & à Metz on appelle Wercolier ou Bricolier un ouvrier en longes de cuir servant aux harnois. Le Duchat. BRICON: vieux mot François insitée, qui signifie jirpon, coquin, maiorru; & qui se trouve en cette signification, selon le témoignage de Bourdeloz, dans Raoul de Houdan, vieux Poete François. De l'Italien briccone, qui signifie la même chose. César Oudin dérive l'Italien briccone de briaco, c'est-à-dire, vigne. M. du Cange le dérive de brica. Voici ses termes: BRICA, pro briga, rixa, injuria. Gloss. God. Lat. BRICA, brigue, tençon. Hinc forte nostris bricon, & trans briccone, pro impudente, & qui facile rixatur. Chron. Ms. Bertrand du Guelclin: Coment, ce dit li Prince, estes-vous si bricon? Joan. Villaneus, lib. 7. c. 60. Non vi dissi io che Pietro d'Aragona era uno fellone briccone. Dans cet endroit de M. du Cange, au lieu de Gall. Lat. il faut Lat. Gall. car c'est du petit Dictionnaire Latin-François publié par le Pere Labbe, que M. du Cange veut parler. M. M. du Cange a raison. Seulement devoit-il ajouter, que brica & briga viennent de l'Alleman brechen, c'est-à-dire, rompre; & que bricon est proprement un homme rompu à toutes fortes de ruses. Le Duchat.
BRIDE. De jou, traba. You, jurele, jura, (d'où jurep, duquel mot il fera parlé ci-après) jure, jura rta, bryta, brida: d'où le François BRIDE, & l'Espagnol brida. De brida, on a fait le diminuti brida, d'où l'Italien briglia. jurep se trouve pour habena dans Homère, Iliade v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. Vivius R. C. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. Sur lequel lieu Joannes Diaconus a fait cette re- marque: jura, v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v.
BRIDE. Du vieux Saxon bridel, bridl, & bridels, qui signifie la même chose. Le Duchat.
BRIDOYE. Nom d'un juge de Rabelais, livre 1. chap. 57. & suiv. où l'on voit qu'il jugeait les procès au sort des dez. Au Prologue du livre 1. Rabelais met les oisons brides, les lièvres cornus, & les cannes bâtées, au rang des figures inventées pour faire rire. Et au chap. 12. du même livre, cherrant un oyson, & mener une truye en loise, sont, selon lui, deux extrémités également désagréables. Le Duchat.
BRIE, Province. Pierre Pithou, en son Traité des Comtes de Champagne, page 460. dit que cette Province a été ainsi appelée du mot abri, à cause que le pays de la Brie est sort couvert: J'ose dire que la Brie (laquelle la Chorre du Toilemme de Dagobert) semble appeller en son Latin Brigeum, & les plus anciens Mémoires de l'Abbaye de Rebais sur la fin d'Aymonias, Brigenisen (satur) a été ainsi appelée du mot François qui signifie proprement ce que les Veneurs en leur terme appellent couvert, l'opposant à la campagne; lequel mot on usurpe encore aujourd'hui assez communément quand on dit, se mettre à l'abri. Le Pere Labbe, dans ses Etymologies des mots François, page 4. improuve cette étymologie de P. Pithou. Dans un ancien Mémoire de Sens, dont M. Belly fait mention dans son Histoire des Comtes de Poitou, page 97. cette Province est appelée Bieria: & je crois que c'est de ce mot que nous avons fait celui de Brie. Strabon & Stephanus disent que quia signifie Ville. M. Dom Du Plessis, dans son Histoire de l'Eglise de Meaux, tome 1. pag. 16. & 638. prouve que l'Abbaye de Faremoutier dans son origine a été appelée Brige, c'est-à-dire, Pons; que ce nom s'étant communiqué à tout le territoire voisin, on l'a appellé Salsus Brigenis; & que de-la s'est formé celui de Brie.
BRIEU. Nom propre d'homme. En Latin Briocus, Briomaclus, Briomacles, ou Uriomaclus, S. Brieu, que quelques-uns font originaire de la Grande-Bretagne, vivait au septième siècle. Chasse, dit on, par les Saxons, il se réfugia sur les Côtes de l'Armorique. S. BRIEU, Ville Episcopale de Bretagne en France, a pris son nom de S. Brieu son Patron, & en quelque sorte son Fondateur. Car ce Saint étant mort dans un Monastère qu'il avait bâti en cet endroit, entre Lexobie & Aleth, la réputation de sa sainteté & l'éclat de ses miracles y attirerent tant de monde qu'il s'y forma bientôt une Ville. Ce mot vient du Latin Briocus, dont d'abord en retranchant l'homme en beaucoup d'autres, on a dit Briocus ou Briox, car x & es sont la même chose. Ensuite on a dit Brioux, comme on écrit encore souvent; puis pour adoucir la prononciation, l'usage a changé l}x en s. Brioux: enfin il a retranché l's, & l'on dit Brieu. Ceci montre que Briocus est le véritable nom Latin, plutôt que Briomaclus ou Briomacles. D'Argentré, M. Fleury, & le Pere Lobineau écrivent toujours Brioux, comme aussi sont tous les anciens titres.
BRIFFAU. Voyez briffer. M.
BRIFFER. Manger goulument. Nicot le dérive de *Brija*. Voici les termes : *Brifau*, *brifer*, *Brija*, *id est*, *infant*. *Mine forte* *brifau*, *discofauta purorum veracitate*. Mais *Brija* ne signifie point *infant*, c'est *Brija* ; duquel mot *Brija* Borel fait venir *briffer*. Il ajoute, ou de *bifaux*. M. Bochare & M. Huet le dérivent du Bas-Breton *dibriff*, qui signifie *manger* ; qui est une étymologie allez vraisemblable. Voyez ci-dessus *tribe*. M.
BRIGADE. De l'italien *brigata*. Voyez *briger*. M. L'italien *brigata* vient de l'Alleman *brechen*, *rompre*, d'où le François *brifer* & *briche*. La *brigade* suppose un plus grand corps de Troupes, dont elle a été dérachée. Rabelais, au refus, a emploi le mot *brigade* dans la signification de *troupe d'amis* ; c'est livre 12. *La Duchat*.
BRIGANDS. Nous appellons ainsi les voleurs ; & *Brigantins*, les vaisseaux des Ecumeurs de mer. Les Anglois appellent aussi *brigands*, les voleurs. Camden, dans la Bretagne, est en doute si ce mot est de l'ancienne Langue Gauloise, ou de la Britannique, & si les anciens peuples de la Bretagne, appellés *Brigands*, ont eu ce nom pour avoir été adonnés aux voleries ; d'autant que, comme écrit Pausanias, ils furent privés d'une partie de leurs possessions par Antoninus Pius, à cause des ravages qu'ils faisoient sur les terres des voisins. Strabon appelle aussi *Brigands*, certains peuples des Alpes adonnés aux mêmes voleries. Et dans Tacite, il est fait mention d'un *Julien Belga*, homme hardi jusqu'à la témérité, surnommé *Brigandicus*. Pour moi je ne saurais présentement donner la vraie étymologie de ce mot ; & tout ce que j'en puis dire, c'est qu'il y a environ trois cens aux qu'en France il y avoit des gens de guerre appelés *Brigands*. Froissart, vol. 1. chap. 40. parlant de l'Armée du Duc de Normandie, où étoit le Conviable & les Maréchaux de France : *Ils étoient six mille hommes armés*, & *huit mille*, tant *Brigans*, que autres gens de l'Ost, *poursuivans*. Et au chap. 148. *Si pouvaient être cent hommes d'armes*, & *deux mille Archers*, & *deux mille Brigans*. Et au chap. 198. *Or vindrent les Brigans François*, qui n'avoient pas pu si tout venir que les *Gens d'armes* ; car ces *Brigans*, qui *est* bien *mort* *cons*, *est* *étoient à pied*. Or comme anciennement les Soldats des gardes des Rois, qui étoient appelés *Lartones*, comme qui diroit *Lartones* ; s'étant enfin abandonnés aux larchs & aux voleries, donnerent le nom à toute sorte de lartons & de voleurs ; de même les soldats *Brigands* ayant fait bande à part, & s'étant dérachés des Armées pour faire des voleries, furent cause qu'on appelle de leur nom toute sorte de voleurs & de lartons. Le même Froissart, vol. 1. chap. 148. parlant de certaines troupes de gens de guerre, tant François que d'Angleterre, qui durant la Trêve faite l'an 1348. entre les Rois de France & d'Angleterre, ne laisseront pas de continuer le défordre de la guerre, les appelle *Brigans*. Et au chapitre suivant, parlant de la Bretagne : *Il y avoit*, dit-il, *Brigans qui guerroyaient Villes*, *Forteresse*, & *bons Chasteaux* ; & *les robaient* & *trouient*. De ces gens de guerre appelés *Brigands*, est venu *Brigada*, qui signifie une troupe de gens de guerre ; & *Brigadum*, qui est une espece de bastion de guerre. *Cafeneuve*.
BRIGANDS. M. de la Mothe le Vayer le dé- tivoit de *Brija*, qui se trouve dans Pharque en la Vie de Brutus, dans la signification de *Goujass* ; *Les vœux qu'avoient* *étoient*, & *Brija* ; qui est une étymologie ridicule. Le Président Fauchet, dans son Traité de la Milice, chapitre 1. le dérive de *brig*, ou *brig*, qui est un mot Gauloise qui signifie *port* ; à cause que les passages des *ports* sont propres pour les voleries & les brigandages. Il est vrai que ce mot *brig* signifie *port*, comme nous le faisons voir au mot *brive* : mais ce qui m'empêche d'être de l'avis de Président Fauchet, c'est que le mot de *Brigand*, comme celui de *latre*, a autrefois été pris en bonne part : il signifie un homme de guerre armé de brigantine. Nicot estime qu'il peut venir de l'Alleman *berggang*, qui signifie un homme qui *erre parmi les montagnes*, un *bandoulier*. Et en effet, les Portugais appellent *bergante* ce que nous appellons *Brigand* ; & les italiens *bergantine*, ce Vaisseau de bas bord que nous appellons *brigantin*, & qui sans doute a été dit de *Brigand*, à cause que les Brigands de mer & les Corfaires se servoient ordinairement de ces sortes de Vaisseaux. D'autres croient que *Brigands* vient de *Brigantes*, peuples d'Hibernie, qui sous l'Empire Romain passèrent en Angleterre, dont ils ravagèrent toute la partie Septentrionale. BRIGANDS, *jura populi Hibernia Ptolemae*, qui flamme *Imperio Romano* in *Britanniam trajecerum*, *ejusque septentrionale latus populacionibus diu infessarum* ; de quibus *Jurvinalis* : Dirue *Maurotum Atregias*, *castella Brigantum*, *Postquam per multum tractum temperis Septentrionalem oram Britannia excursionibus & latrociniis vexafent*, *tandem ab Antonino Pio in ordinem rodacti*, *sinibus suis sefe continuorum*, *adducque Hibernicam linguam retinent*, *homines semiferi*, *quos Sylvestres Scotus vocant*, dit Scaligeri sur Eusebe, page 175, de la première édition. M. Ciron est de ceux qui dérivent le mot de *Brigands* de ces peuples d'Hibernie. C'est dans les Paratiles sur le Droit-Canon, page 410. où il propose encore une autre étymologie de ce mot : *Galli vocant Brigandos*, *vol portus Burgandos*, *a Burgando*, *infigni pradone*, *qui in partibus Aquitanicus*, *tempere Nicolai I. Papa*, *violentas depredationes exercebas*; *in liquus ex Can.* de Viro, 12. qu. 1. *Nisi originem longius reperentes à Brigantibus*, *populis Hibernia*, *latrocinio & prada deditis*, *deducere malimus*, *de quibus Tacitus*, lib. 12. *Annalium*. M. Ciron a pris son étymologie de Jean Quentin, Professeur en Droit-Canon à Paris, lequel sur le Synode de Gangre, page 109, en a fait mention en ces termes : *A cujus improbitate nefanda*, il parle de *Brigandus*, *puto graffatores*, *nostrato Lingua*, *captus appellari Brigands*. M. Ferrari dans ses Origines Italiennes, au mot *briga*, le dérive de ce mot *briga*. A *briga* & *brigata*, *fatii sunt Brigantes* : *in cujus vocis notatione erenda frustra viri dicti laboratum*. Nam *cum* *Brigate*, *in diximus*, *essent militum Cubortes*, *milites ipsi Brigantes dicti sunt*. *Lipsus*, lib. 3. op. 44. ad *Belgas*, ex *Alberto Argentinensi* : Turicentes *cum* *quatuor milibus peditum armatorum*, *duobus milibus Brigantum*, & *ducentis Equilibrio armatis egroffi*. *Atque*, *in olim milites banefo vocabulo Lartones dicti*, *quasi laterones*, *postra vox ad pradones & graffatores deflexis*; *tra* & *Brigantes pro latroxibus ac viarum infessoribus*. *Galli*, *Brigand*, *Bri-* grandeau, & brigandage. *Pracipue pro piratis* : unde lembi piratici, Brigantini hodie appellantur. *Galli*, brigander la mer, *piraticam exercere* : & brigandine, *genus lorica levioris*. Cette étymologie me semble la plus vrai-semblable de toutes celles dont il vient d'être parlé. Et c'est aussi celle qui a été embrassée par le savant M. Bochart, a marqué de son exemplaire de mes Origines de la Langue Françoïse, & par Lipse, au lieu allégué. Voici les termes : *Videntur pedites fuisse*, *sed levos aut inermis*. Et *inde* Brigantes *etiam hodie in convicio aut contemptu*. M. On a appellé autrefois *brigand* celui qu'on appellait en Latin *ruptarius*, c'est-à-dire, un paysan qu'on prenoit de la charrue pour en faire un soldat, & on l'a nommé *brigand*, de l'Alleman *brecher*, c'est-à-dire *rompre*, parce que son premier métier étoit de *rompre* la terre; ce qui étoit pareillement signifié par le mot *ruptarius*, fait de *rompre*. C'est dans ce sens qu'on traite aussi de *brigand* un jeune garçon qui *rompt* ses hardes, & à qui un habit ne dure rien. On a depuis appellé du même nom les voleurs, parce que ces *brigands*, qu'on avoit levés pour la guerre, se méloient, après la paix faite, de détruiser les passans. *Le Duchat*.
BRIGANTIN. Voyez *brigue*. M.
BRIGANTINE. Voyez *brigue*. M.
BRIGITTE. Nom propre de femme. Il signifie *clara*, *illustris*, de même que *Berte*, & à la même origine Teutonique. Les Francs dissolvent également *berth*, *berahs*, *breht*, *bereht*, pour *clarus*, *lucidus*, *celebris*, *illustris*. Les Allemands disent *breche* dans le même sens. Les Anglois *breichs*, qui ressemble encore mieux à *Brigitte*. Voyez ci-dessus *Berte* & *Albert*.
BRIGNOLES. Sorte de prunes. Voyez *brignoles*. M.
BRIGUE. Ce mot signifioit originalement *guerre* & *querelle*. Encore en Languedoc *bregue* signifie *querelle* & *diffension*. Albertus Argentiniensis, dans la Chronique : *Princeps autem intendebat facere brigam Duci Austria*. Et dans le même Auteur, *imbrigare* signifie *faire guerre* : *Francus se noile imbrigare cum ille quievis*. Quelquefois *briga* est pris pour un *tumulte* & une *émotion*. Le même Auteur, dans un autre endroit, dit : *Et magna facta briga in Basilea, omnes Monachi ei adharentes expulsi sunt*. Maintenant en François *brigue* signifie seulement les sollicitations qu'on fait pour gagner les voix & les suffrages; parceque souvent elles causent des querelles & des diffensions. *Casenove*.
BRIGUE, BRIGUER. De l'Italien *briga*, & *brigare*. *Brigare* a signifié premierement ce que les Latins appellent *ambire*, *follicitare*, c'est-à-dire, *folliciter des honneurs* : dans laquelle signification M. Ferrari le dérive de *precari*. *Preces*, *prece*, *preca*, *prica*, *briga*. Et comme dans les brigues pour les charges & les honneurs, il y a beaucoup de contentions, le mot *briga* a signifié ensuite *contention* & *débat*. Et de là, *imbrigare*, pour *embarrasser*. Et comme dans les brigues pour les honneurs, il y a})}{vouit grande assemblée de monde, on a dit *brigade*, pour une assemblée de monde en général; & ensuite, pour une assemblée de soldats. C'est la pensée de M. Ferrari. Et comme les soldats sont voleurs, on a dit ensuite, *brigands*, pour des voleurs & pour des Pirates. Et du mot de *brigands*, en la signification de *pirates*, on a dit *brigantin*, pour une espèce de vaissieu de mer dont se ser- voient les pirates. On a dit de même *brigantine*, pour une sorte d'habillement, du mot de *brigand*, en la signification de soldat qui est d'une brigade. Voyez M. Ferrari. *Briga* se trouve pour *lis*, *jugum*, dans les Auteurs de la Baffle-Latinité. Albertus Argentiniensis, en 1264. *Orta briga inter Henricum, Comitem de Bedenweiller, & Nevenburgenes*. Et en 1278. *Rex Boemia absque briga vivens quiete*. Vous trouverez dans le même Auteur *imbrigare*, pour *lisi involvere*. Voyez Voëssus de *Vitis Sermonis* II. 24. Spelman & M. du Cange dans leurs Glossaires. M.
BRILLER. De l'Italien *brillare*, qui signifie la même chose. Je ne sais pas d'où vient ce mot Italien. Messieurs della Crucisa disent qu'il peut venir de *berillus*, qui est une pierre précieuse qui brille : duquel mot *berillus* les Italiens ont fait *brillo* dans la même signification. Cette étymologie me semble plus naturelle que celle de Nicot & de Ferrari, qui dérivent *briller*, de *vibrare*. Mais ces deux Etymologistes ont sans doute entendu parler du diminutif *vitrificare*. Et cette étymologie ne me déplaît pas. M. Je crois que les Italiens ont fait *brillare* du François *briller*, & que nous avons fait *briller* de *radiculare*, comme *railler* de *radiculare*, & grille de *craticulare*. Le Duchat.
BRILLER, ou BRELLER. C'est *chaffer* de *unis aux oiseaux*, dit Nicot. M.
BRIMBALER. C'est *mal sonner les cloches*. Ces *sonneurs-la ne font que brimbaler*. Les Espagnols disent *bambalear*, pour dire *chanceler*, *dandiner*. Les Grecs disent, *Baucalon*, *Baucalon*, & *Baucalon*, en la même signification. Les Glosses : *Cuna* & *cunabulum*, *Baucalon*, & *Baucalon*, *Baucalon*, *Baucalon*. M. Lancelot dérive *brimbaler* de *Baucalon*, qui signifie *faire un bruit de hochets*, *clochettes*, ou *choses semblables*. Ce qui a été réfuté par le Pere Labbe, en ces termes : *Brimbaler vient plusfost du son des cloches*, *brimba*, *brimba*, comme une infinité d'autres mots semblables, que de *Baucalon*, *faire un bruit de hochets*, *clochettes*, & *choses semblables*. L'étymologie du Pere Labbe & celle de M. Lancelot sont également mauvaises. M.
BRIMBALER. Je ne sais pourquoi on prétend que l'Isle sonnante, où Rabelais dit qu'on ne pouvoit dormir à cause du perpétuel *brimbalement* des cloches, fût en Angleterre. Mais il est fût qu'en Anglois *bell*, c'est une cloche; *ring*, une sonnerie, & *a ring of bels*, une sonnerie pareillement. Sur quoi il est encore bon de remarquer que les Anglois disent *belfry*, pour ce que nous disons *befrey*. *Brimballer*, ou plutôt *bimballer*, c'est sonner de deux cloches, ce qui est la plus désagréable de toutes les sonneries, comme le *quarillon* à quatre cloches est la meilleure, & le *tréfallement*, comme on parle en Lorraine, c'est-à-dire, la sonnerie à trois cloches, un peu moindre. *Brimballer* vient de *bifballare*, d'où *bifbille*, pour une contention verbale de deux personnes. *Le Duchat*.
BRIMBELTTES, BRIMBELOTIER. Rabelais, livre 2. chapitre 7. Les *brimbeltes* des *voyageurs*. Et livre 2. chapitre 10. *Justinian brimbelotier*, ou *bimbelotier*, comme on lit dans l'édition de 1542. Cette variété de leçons me fait connaître, qu'on a dit *brimbeltes* pour *bimbeltes*, & *brimbelotier* pour *bimbelotier*; d'autant plus que liv. 3. chapitre 18. on lit *bimbelotier* pour *ammail-* leté en guise de poupée. Et au chapitre 5. de la prognostication Pantagrueline, charvutiers, bimbelotiers, maniliers, &c. dans lequel passage, comme dans celui du livre 1. chapitre 10. bimbelotiers & brimbelotiers sont constamment la même chose, & signifient des vendeurs de jouets de petits enfans. D'où je conclus que tous ces mots viennent de l'Italien bambo & bimbo, qui signifient tantôt un petit enfant, & tantôt une petite poupée : d'où les autres mots Italiens bamboia, bamboiita, & bamboio. Ainsi au passage du livre 1. chapitre 7. de Rabelais, brimbelettes ne veut dire autre chose que les bagatelles que souvent les voyageurs rapportent chez eux comme des choses bien rares & bien belles. Le Duchat.
BRIMBORION. De breviarium, dont on a fait brebiarium, qu'on a prononcé ensuite brimborion. C'est l'opinion de Pasquier, vii. 62. M. Le Dictionnaire François-Italien d'Ant. Oudin. Brimborions, preghiere senza attentione. Item, ciarpe, ciarpame, barricature, bagatelle, c'est-à-dire, petites nippes, babioles, bagatelles. Aussi fait-on bien d'ailleurs que brimborions à ces deux différentes significations, c'est-à-dire, tantôt celle de prières marmonnées ou récitées sans attention ni intelligence, & tantôt celle de babioles ou jouets d'enfants. Au premier sens je veux croire que ce mot vient effectivement de breviarium, étant assez naturel aux Nonnains, aux Moines ignorans, & aux pauvres Prêtres qui n'entendoient pas le bréviaire qu'ils récitent, d'avoir appellé brimborium, au lieu de breviarium, le bréviaire, & même les prières : ils en récitent. Et de là sans doute les brimborions des Padres Céletins, au livre 1. chapitre 7. de Rabelais. Mais dans l'autre signification de brimborions, je suis très persuadé que ce mot vient de l'Italien bambo & bimbo & bamboiare, comme bimbelettes & bimbelotier, au lieu de quoi on a dit brimbelettes & brimbelotier. On lit briborions dans le Dictionnaire François & Anglois de Claude Hollywood, imprimé à Londres en 1593, & ce mot y est interprété en Anglois par mumbling words, c'est-à-dire, parole de marmotement. Briborion se trouve dans du Bouchet, Serrée 17. Le Duchat.
BRIN. Ce mot se dit de plusieurs choses. On dit, un brin d'herbe, un brin de marjolaine, un brin de blé, un brin d'ofier, un arbre de brin. Un chesne de brin, c'est un chesne qui s'emploie en batiniens sans avoir besoin d'être scié pour être équarri. On dit aussi d'un arbre fruitier, c'est un arbre d'un beau brin, c'est-à-dire, de belle venue, & qui est assez gros. Peut-être de ramus. Ramus, rain, brain, BRIN. Les Parisiens prononcent brin de la même façon qu'ils prononcent brain. M.
BRIN. De virga, virge, virge, vringe, bringe. En Normandie on dit des bringes, pour dire des vergettes; & bringer, pour dire, nettoyer avec des vergettes. On dit aussi bringes, pour dire des verges; & bringer, pour dire, fouetter avec des verges. On dit aussi brangé pour bringé, virgans : une vache brangée, dont le poil est rayé, virgata. De bringe, on a fait bring, & ensuite brin. Huet.
BRIN. De l'Alleman brechen, qui signifie rompre. Le Duchat.
BRINDE. Comme quand on dit en buvant, brinde à votre Seigneurie. De l'Italien far brindisi, ou brindesi; qui est une façon de parler Allemande. Jean de la Case dans son Galitée : Lo invitare a bere; laqual usanza, siccome non nostra, noi nominiamo con vocabulo forestiere, cioè, far brindisi, è verso di se biasimevole; e nelle nostre copraide non è ancora venuto in uso, &c. Bringen, en Alleman, signifie proprement apporter, & sigutement, boire, à quelqu'un, propinare alicui. Les Allemans disent de même, quand ils portent une santé, ich bring euch, qui veut dire, mot pour mot, je vous le porte. Touchant la coutume de porter des santes, voyée M. Ferrari dans ses Origines Italiennes, au mot brindisi. M.
BRINDE. Substantif. Sorte de vaisseau à mettre du vin. Rabelais, livre 4. chapitre 1. Une broude de fin or bricé. Et Hérodote, livre 8. page m. 484. de la Traduction Françoise du Père Saliat : Ils portaient pierres, briques, bois, jagots, fascines, avec brindes & hotes pleines de sable. Ce que le Traducteur Latin d'Hérodote a rendu par, lapides, & latères, & ligna, & cistus sabulo plenas, affrechant. La brinde que Rabelais, livre 5. chapitre 16. a appellé portoire, c'est proprement une cuvette faite en forme de paniers à deux petites anses, & on l'a appelée de la sorte de l'Alleman bringen, qui signifie porter; ou peut-être de brin, parce que les vrais paniers sont faits de brin de jonc, ou d'ofier, appelés ainsi vrai-semblablement de l'Alleman brechen, qui signifie rompre. Le Duchat.
BRINDESTOC. On appelle ainsi dans la Flandre ces bâtons avec lesquels on faute les canaux. Du Flaman sprinestok, qui veut dire la même chose, & qui est composé de springen, qui signifie sauter, & de stok, qui signifie baton. M. Je crois brindestoc un composé de brin, en la signification de fragment, & de stoc, qui proprement signifie un tronc d'arbre : d'où vient stoc-stich, poisson sans tête, ou poisson dont il ne reste que le tronc. Ainsi brindestoc sera proprement une grosse branche qu'on aura séparée du tronc. C'est encore de l'Alleman brechen, c'est-à-dire, rompre. Le Duchat.
BRINGUENARILLE. Rabelais, livre 4. chapitre 17. donne ce nom-là à certain géant, qu'il dit avoir été un grand avaleur de moulins à vent, c'est-à-dire, un rodomont, un avaleur de charettes ferrées, comme on parle & proprement un fendeur de nafeaux. De l'Alleman brechen, d'où briser, & debringer, mot qui a Metz signifie briser, & de narille, qui est un diminutif corrompu de nafeau. Le Duchat.
BRIOCHE. Sorte de pain qui se fait ordinairement chez les Parisiers. Le P. Thomassin le dérive de l'Ebreu bar, qui signifie frumentum. Amplus deliberandum censo. M.
BRIOCHE, pourroit bien être le nom du Parisier inventeur de ce pain. Le Duchat.
BRIQUE. De brica, dont on s'est servi vrai-semblablement dans les derniers siècles de la Latinité pour dire la même chose, & qui a été fait d'imbricare, qui se trouve pour imbricibus tegere, c'est-à-dire, courre de tuiles. Sidonius Apollinaris, livre 11. épître 2. Cum ab angulis quadrifuriam concurrentia dorfa cristarum, regulis interjacentibus imbricarentur. Le vieux Glossaire : imbrices, exhuv. Imbricat, exhuv. Imbrico. Les Glosses Grecques-Latines : exhuv. Imbrico. Pline livre 1. chap. 1. Superné tantum imbricatas flexibus vernobris. M.
BRIQUET. Voyez braque, & charnières. M.
BRIS. Ce mot signifie rupture avec violence. On dit par exemple : il a été permis d'entrer en cette maison par fracture & *bris* des portes. Le *bris* des prisons rend un accuse coupable, & sert de conviction. Il y a un article dans la dépense du compte des menus plaisirs du Roi, pour le *bris* qui se fait dans les voyages de la Cour. *Bris* se dit aussi des vaisseaux qui viennent échouer ou se rompre sur les rochers ou de bancs qui sont sur les côtes. C'étoit aussi le droit de s'emparer des effets des malheureux que la tempête faisole échouer sur les côtes. Les anciens Gaulois usoient de ce droit, parce qu'ils réputent tous les Etrangers pour leurs Ennemis. *Bris*, en terme de Blafon, se dit de ces longues happes de fer à queue patée, dont on se sert pour soutenir les portes sur leurs pivots, & pour les faire rouler sur leurs gonds. Quand on représente sur un écu ces pivots sur lesquels se meurent les portes ou fenêtres brisées, on les appelle *bris d'huis*. Ce mot vient du Celtique *brix*, qui signifie rupture. Voyez ci-devant *Bréche*.
BRISANS. On appelle ainsi des rochers à fleur d'eau, où se brisent les vaisseaux, & sur lesquels viennent se briser les flots de la mer. De *briser*. Voyez *briser*.
BRISANT. *Quartier brisant*. Rabelais, livre 5, chapitre 25. *Entrames en nos navires, entendans qu'avions vents en pouppe, lequel s'insuffons sur l'heure, à peine pourroit estre recouvert de trois quartiers brisans*. Le Prologue du livre 4. Édition de 1547. *Selon l'énergie, faculté & vertu des quartiers qu'ils eurent en leurs caboches, croiffans, initians, amphycères, brisans, & desinans*. Le quartier brisant de la lune, *luna corniculata vel falcata*, c'est l'état où elle se trouve le quatrième jour quand elle croit, & le-vingt sixième quand elle décroît. Ainsi trois quartiers brisans, soit que la lune croisse ou décroisse, sont le nombre de douze jours, parce que chaque quartier brisant est de quatre jours, à compter du premier jour du mois jusqu'au quatrième inclusivement quand la lune croit, ou du vingt sixième exclusivement quand elle décroît. Hugue Sureau, dans son Traité des marques de la vraie Eglise, Heidelberg 1574, page 31, où il parle des Latins, & du jour où ils célèbrent la Pâque : *Et prenoient le Dimanche qui eschet depuis la pleine lune, jusques au cartier brisant*. *
BRISEES. Voyez *briser*. M.
BRISER. Joannes Janueufin, in *Catholico* : *Briso brisas, id est frangere : & dicitur à briz, il est bien vrai que briz, signifie ordinairement dormir après le repas*. Mais Hélychius l'explique par *Bris*, qui signifie manger, dévorer, & *briser la viande avec les dents*. Catencuse.
BRISER. Quelques-uns ont cru que ce mot exprimoit le bruit que fait une chose qu'on rompt, & qu'il a été fait par onomatopée. Je tiens, pour moi, qu'il vient du mot Celtique *brix*, qui signifie rupture, comme nous l'avons dit au mot *briser* ou du Latin *brisare*, qu'on a dit pour *proser*, *espreindre*, ainsi que nous l'apprenons de Cornutus sur la 1. Satyre de Perse, & d'où, si on l'en veut croire, Bacchus a été appelé *Brisus*. *Brisa* se trouve dans Columelle, pour de la vendange foulée : *Polsa vimaceus calcare, adiecta recristismo musso, quod ex aliis uvis fallum fuerit, quas per triduum insolaveris : tum permisere, & subastam brisam praelo subicere*. C'est au chapitre 39. du liv. XII. & je crois que *brise* a été fait de *Brisa*, *premo jou de veis*, qui signifie aussi *premo*. Or comme on rompt les choses sur lesquelles ont pesé bien sort, on peut avoir dit *briser* pour rompre. De ce mot *briser*, on a fait BRISEES, qui sont proprement les rameaux que les Veneurs rompent en queftant la bête, & qu'ils jettent à côté parmi les bois pour reconnoître leur enceinte. Et de-là nous avons dit, par métaphore, *retourner sur ses brises*, pour dire, *retourner à son propos* : & *aller sur les brises d'un autre*, pour dire, *faire ce qui est du devoir d'un autre*, ou plutôt *achever ce qu'un autre a commencé*. M. Avec le François *briser*, convient l'Anglo-Saxon *brysan, brytan, & brittan*, l'Anglois *to bruise*, le Franc *bruttan, & bruzan*, le Suédois *brysa*, qui tous signifient rompre, briser, casser, écraser. *Bros* en Langue Cambrique ou du pays de Gallé, *bros* en Alleman, *bros* en Flaman, *brittle* en Anglois, signifient fragile. *Brose* en Alleman veut dire *mica*. *Briccia & bricciola* en Italien, *parva mica*.
BRISCOUTER. C'est ainsi que dans les éditions de 1553. & de 1626. on lit, au lieu de *biscoter*, au chapitre 27. du livre 3. de Rabelais. Mais ce n'est qu'un même mot, auquel on a ist inséré un *r*, comme en *brimballer*, & *brimbelotier*; au lieu de quoi on lit aussi *bimballer* & *bimbelotier*. De *biscotare*, fait de *bis*, & de *cutere*. Le Duchat.
BRISOIR. On appelle ainsi dans le pays Messin un *machoir* ou une *machoire*, c'est-à-dire, cette *machine* de bois, montée sur un chevalier, avec laquelle on brise la partie ligneuse du chanvre, pour en détacher les fibres. Le Duchat.
BRISSAC. Petite Ville près d'Angers. Voyez *brèche*. M.
BRISSACH, ou BRISACH. Ville d'Allemagne en Alsace. Ce nom signifie, selon Wachter, *aqua rupta*. Voici ses paroles. BRISACH, *Mons Brissacus in dextera Rheni ripa. Vox Germanica aquam ruptam sonat, quod Rhenus ibidem insulis quibusdam rumpitur, & sorre montem ipsum, cui oppidum impostum, aliquando cinxit. Prior composit pars est a verbo Francico bruzan, rumgere & rumpi, quod vide in bros fragilis. Altera aquam & flumen significat. A monte Brissaco tous pagus seu regio circumjacens vocatur BRISGAU*. Voyez ci-devant *Briser*. Le même Auteur, au mot *acha*, s'exprime de la maniere suivante : *Aqua, flumen, & omnis aqua flens. Boxhorn, in Lex. Ant. Brit. Aches rivus, flumen. Glos. Kerou. Flumina aha. Quod pronuntandum ut acha. Plura Francerum testimonia siftit Glossarium Schiltrianum ex Versone Psalmorum Notkeriana, ubi Jordan & Nilus vocantur aho. An Gracia & idem significet, aliis inquirendum relinque. Gothi litteram Celticum in medio vocis transmutarum in chw, Latini in qu. Hinc flumina Gothis vocantur ahwa, Luc. VII. 38. & flumina aqua ahwos watins, Joh. VII. 38. & Jordan ahwai in casu obliquo Marc. 1. 5. Apud Latinos non solum elementum fluidum, sed etiam fontes & ipsa quoque flumina, acnato opere in urbem dedulla, vocantur aqua, ut patet ex appellationibus Aqua Martia, Aqua Claudia, Aqua Virgo, & similibus. In reliquis Dialectis nullum est littera Celtica vestigium. Nam flumen Anglo-Saxonibus dicitur ex plur. ex. Verello in ind. aa, Suecis xx, ubique duabus syllabis, ut supra estensum. Quibus conventi Graciunda, quod Helychio interpretatur sequua idævat, congregatio aquarum. Cuella a simplici et vel a, quod Saxonice aquam deumat. Et ex hoc fonte videntur etiam reliqua mana se. Alii tamen alias origines scellantur. Caninius aquam a susione sic decam putat, quasi à 2/3, quam etymologiam multis exemplis, plis, phis, in quibus articulus cum nomine coalescit, fustum Junius, in Gloss. Goth. pag. 63. Quamvis in Observ. ad Will. pag. 137. adhuc fustum: De Etymolo- gia, inquiens, nihil adhuc certi statuere possum: libet interim fusticari vetus a vol aba, ab axum abfcisum esse, quam Acheloum generaliter, ut Servius inquit, propter antiquitatem fluminis, fumum aquam veteres appellaverint. Quod ibidem ex Hefychio & Virgilio demonstrat. Martinio aqua derivatur ab ago, quod fluenta in perpetuo motu sint si natura sua permittantur. Varroni & Festo aqua di- citur fustantia a qual jurvantur, ineptiffime Scali- geri indicio. Primus cunctorum originem ad singis- ciffima initia reduxit Stiernhielmius in Gloss. Ulphi- la-Goth. pag. 6. Patet fons, inquit, unde deriva- tur vox aqua, nimirum à Linguae nostra mono- syllabo puriffimo a, id est aqua. Inde aa, aqua fluens: Inde aba (per litteram intercalarem), Grae- cis axa. Ac tandem ex abva, Latinis factum aqua. In cujus etymo oppido fudant qui origines vena- tur, ut videre est apud Volffum in Etymolog. Ita- que quidquid ubique litterarum inter duo aa in me- dio deprehenditum, sive sit h, sive ch, sive qu, à pronunciantibus, vel euphonia gratia, vel Scythicu brevitatis tadio, adjectum conferi potest. Video Cl. Frischium in specimine Germanico de permutatione litterarum, Francicum aha tanquam primitivum amplecti, & catera multo labore & ingenio ex illo deducere. Sed quominus adfentiar, cohibes me di- verfi aquae & fluminis significatus. Reitè interim mo- net, aha pro flumine, quamvis hodie extintium vi- deatur, vestigia tamen sui ubique in Germania re- liquisse, non folium in nominibus flaviorum Kinzach, Alterach, Mernach, Geifach, Kaflach, sed etiam oppidorum Rufach, Biberach, Bacherach, & si- milium, quorum nomenclatura hand dubie ab alluneti- bus fluviis defumpta est. Voyez ci-defus le mot Aa.* BRIVE LA GALLARDE. Ville dans le Bas-Limoisin. Cette Ville est appelée en Latin Bri- va Curetia, comme Pontoise, Briva Isara: ce qui a fait croire à plusieurs que ce mot Brive est un mot Gaulois qui signifie pont. Voyez Cluverius, livre 1. de son ancienne Germanie, chapitre 1. & le Président Fauchet, chapitre 1. de son Trai- té de la Milice, où ils estiment que Brioude, Ville d'Auvergne, a eu aussi 2e nom de Brioude, d'un arc, ou d'un pont de merveilleuse grandeur, bâti sur une rivière qui passe auprès de Brioude. Et en effet, elle est appelée Brivare dans Sidonius Apol- linaris: & bridge en Anglois signifie pont: comme bruck en Alleman Sarebruck, c'est-a-dire, Pont sur la rivière de Sarre; d'où vient que cette Ville est nommée en Latin Sarapons. Il y a plusieurs lieux dont le nom est terminé en briga; comme Sama- robriga, qui est Amiens, ainsi que M. Dubuison l'a manifestement démontré; & il y a apparence que briga est la même chose que briva. Buchanan, livre II. de son Histoire d'Ecolse, dit que briga si- gnifie ville. Ses paroles méritent d'être ici rappor- tées. BRIAM Strabo, lib. 7. & cum eo consentiens Stephanus, ait urbem significare: Id ut conferment, hac nomina inde facta proferunt, PULTOBRIA, BUTOBRIA, MISHIMBRIA & SELIMBRIA. Sed qua illis est Brutobria, aliis est Brutobrica; & qua Pro- limio fminatur in briga, Plinio exeunt in brica: ut verifimile sit Briam, Brigam, & Bricam, idem si- gnificare. Verum originem omnibus à Gallia esse, vel hinc apparet, quod Galli antiquitus in Thraciam & Hispaniam, non autem illi in Galliam, colonos missi- se dicuntur. Igitur apud Scriptores idontos hac fere hujus Tome 1. generis dicuntur, &c. Il cite après cela quarané- cinq noms terminés en briga, & les auteurs dont ils sont tirés. Saumur est nommé Robreca dans la Carte de Peutinger. M. Joignons ici pour plus grand éclaircissement ce que dit Wachter dans son Gloss. Germ. au mot Bri- ga. Voici comment il s'explique. BRIGA, Vau Cel- tica, qua in nominibus locum civitatem & pon- tem significat. Uterque significatus est origine Ger- manicus, ille à burg, birg, civitas, umus littera & valde mobilis transpositione, hic à brücke pont. In Veteri Hispania multa fuerunt Briga, quas in- ter Lacobriaga Prolemia, qua hodie vacatur Burgos, pra cateris memorabilis est; quia si nomen sacrum cum veteri contendas, statim apparet Brig & Burg interdum esse synonima. De significatu pontis posica videbimus in brucke. Ajoutons ce que dit le même Auteur sur ce dernier mot. Noms rapporterons en- core ses propres paroles: BRUCK, brück, pont. Anglo-Sax. bricg, brigge, Belg. brög, Angi. brid- ge. Heivigius & Casanonius transponunt a Graco scipua pont. Skinnerus, qui hunc pontem quo tam destia voces conjunguntur, inventre non potest, ori- gines Germanicas commendat, quales sunt ober- ruck supra dorsum fluvii, vel ober-ig supra aquam. Quamvis ig, prout ipse fasetur, non aquam sed insulam significat. Omnes supponunt bruck, bricg, & reliqua, esse nomen pontis, cum proprie sint pon- ticuli, & diminutiva a simpliciori bro, bru, quo totus Septentrio utitur. Verellus in Ind. bro pont, broa pontes stertere, bryggia ponticulus per quem è navibus in terram descendimus. Carmen Runicum in Lit. Run. Ol. Warmii: iiskolium bru breida, pla- cies pontum latissimus. Quendamudum igitur a son ignis sit funk igniculus, ita à bru pont sit bruk pon- ticulus, quia & est medium faciendi diminutiva. Restat ut ostendam unde sit illud bru vel bro. Veri- similiter est Graea originis, à vipa trans, ultra, supra, vel à vipa transeo, tragicio, ut bram po- to, de quo supra. Interim bauk, pro ponte, valde antiquum est, quod vel hinc colligere licet, quia briga multa oppidorum nomina terminat apud vete- res Hispanos, Gallos & Britannos, praecipue eorum qua ad ripas fluminum sua sunt; conjumadi sunt in Itinerariis antiquis, Briga Isara, pont Isara, hodie Pontoise: CATORRIGA, pont militaris, oppidum Hispania. V. Cat. SAMAROBRIGA, pont Samara. Qui fluvius hodie dicitur Soimme. Piura consigna- vis Cluverius, lib. 1. Germ. abet. cap. 7. Nec quau- quam morari debet, quod in Exemplaribus sape le- gimus Briva pro Briga. Nam G. V. W. sunt littera permutabiles in omnibus Dialectis. Adde quod Da- norum Lingua pont non solum broo, sed etiam brove dicitur. Fides sit potes Cluverium. Nescio an non Gambrivil huc speletem. Nam gam priscis virum si- gnificat, ut ostendi in breutigam. Hinc Brivigami, & praepostera compositione Gambrivii sunt pontium stratores, & soraffescis dicti, quod vegie eorum esset palustris, & pontibus abundaret. Ils enfiuit de-la que briga est véritablement la même chose que briva, comme le croit M. Ménage; & que briga signifie tantôt une Ville, & tantôt un Pont, suivant les diffé- rentes racines dont ce mot est dérivé. Quand il vient de borg ou birg, il signifie une Ville; & quand il vient de bricge ou brigge, il signifie un pont. C'ù pour raisonner plus juste, quand il signifie Ville, c'est une marque qu'il est dérivé de borg ou birg, qui veut dire la même chose; & quand il signifie pont, alors il est dérivé de bricge ou brigge, qui a la même signification.* K k 258 B R I. B. R O.
BRIVETE. Ou brivité. C'est-à-dire, pau- reté. Fredegarius Scolasticus, chapitre 28. de sa Chronique de France : *Infigante Brummichilde*, pe- de truncato, de rebus expoliatus, ad brevitatem per- ductus est. Où l'on a noté en marge, id est, pauper- tatem. De-la vient le mot de brives, qui signifie le pain & les reliefs qu'on donne aux pauvres. En- core en Gascogne *invand* signifie un guoux. Outre le témoignage de Fredegarius Scolasticus, nous avons celui d'Aimoin, livre 31. chapitre 93. In- sidis Brummicoidis pede truncatus, rebusque suis expoliatus, egens est redditus. Caïeneuve. BROC de vin. Budée, Henri Etienne, Trip- paule, Périon, Nicot, & M. Lancelot, le dérivent de *Brize*, *vas vinarium* : ainsi dit, *dri re Brize*, a fundendo. Ce qu'ils ont pris de ces mots de La- zare Barf, dans son Traité de *Vasculis* : BROCHUS vero a verbo *Graco Brize dicitur*, quod fundo *si- gnificat*. Est autem *vas fundendo vino accommodatum*, *implendis*, *deplendisque culeis*, & *vasis conditioris*, & *vino quocunque modo transvasando*. *Graci* cen- phorum *ex eo appellant*, quod *vino comportando ap- tum sit*. *Juvenalis* : Tandem illa venit rubicundula, totum Tenophorum sitiens, plenâ quod tenditur urnâ. Le Perre Labbe dit que c'est un mot Alleman : sans s'expliquer la-dessus davantage. Il est vrai que broc est un mot Alleman ; mais ce mot Alleman ne signifie point un *vaisseau à vin* : il signifie de petits morceaux de pain trempés dans du lait, ou dans de la bière. Quand ces morceaux sont trem- pés dans du lait, ou les appelle *milch-broch* ; & *biers-broch*, quand ils sont trempés dans de la bière. M.
BROC. Ce mot se trouve dans le Bas-Breton, dans la signification de *Buye*. Huet.
BROC. De *broccus* dans la signification d'un *vasé* a groffes lèvres. Voyez *Brochet*. Le Duchat.
BROC, signifioit autrefois une broche. Mais il n'est plus en usage qu'en cette phrase proverbiale ; manger de la viande de *broc* en bouche ; pour dire toute chaude, au sortir de la bouche. BROC, se prend en Dauphiné, selon Chorier, pour une diffi- culté qui se présente à celui qui fait quelque cho- che & qui l'arrête. On dit d'un homme qui par- lant en public hésite longtemps, qu'il a trouvé un *broc*. Cette manière de parler est du bas peuple. Chorier ajoute avec beaucoup de vrai-semblance qu'elle est Grecque, & que c'est celle dont Saint Paul le sert 1. Cor. viii. 35. *inxiu Brize* *vain* *inxiu*. Où P. R. a traduit : *Non pour vous faire tomber dans un piege*. Le Pere Bouhours : *Non pour vous tendre un piege*. M. Simon se sert aussi du mot *piege*. Je crois qu'il seroit mieux de dire : *Non pour vous faire de la difficulté* ; ou bien, pour *vous causer de l'embarras*. Quoiqu'il en soit, Cho- rier dérive *broc* en ce sens, avec beaucoup de rai- son, de *Brize*, un *lacet*, un *lac* ; en Latin *la- quens*.
BROCANT. Le Verger d'Honneur, &c. fol. h. 1. *prox braceletz*, *signetz*, *boucles*, *brocans*. Es- pece de boucle, ou de fermail. Le Duchat.
BROCANTEURS. On appelle ainsi à l'a- ris ceux qui sont métier d'acheter pour revendre. Quand ils achetrent une piece de tapisserie, ou au- tre chose, ils la prennent à condition que si dans 24. heures elle ne leur agrée, ils la sendront à celui duquel ils la prennent. M.
BROCANTEUR. De *recantare*, qui signifie se dédire. *Recantor*, c'est celui qui se dédit, comme ces revendeurs qui ont 24. heures pour rendre ce qu'ils avoient comme acheté. Le Duchat.
BROCARD. Raillerie piquante. Sylvius dans sà Grammaire, page 104. BRONCUS, broche, bro- card, id est *Scomma*. Je ne sais ce que veut dire Sylvius avec son *broncus*. Voyez ci-dessous au mot *brocher*. BROCARD, peut venir de broche, Broca, *brocardum*, BROCARD. Et à ce propos il est à remarquer que les Critiques Grecs marquaient par la représentation d'une broche les endroits qu'ils voulaient reprendre dans les Auteurs : ce qu'ils appelloient *Brize*. M. Doujat, dans son Hifto- re du Droit Canonique, 1. partie, chapitre 25. croit que Burchard, Evêque de Wormes, Auteur d'une Collection de Canons, a donné le nom aux brocards de Droit, & ensuite, aux brocards en général. Les paroles de M. Doujat méritent d'être ici rapportées. Les voici : *Quelques-uns appellent Bur- chardus*, Brocardus, & son ouvrage Brocardica, ou Brocardicorum opus : & parce que cet ouvrage étroit plein de Sentences, que les *Scavans des Siècles* *voisins de celui de Burchart* avoient souvent à la bouche, on pris le mot de brocard, premièrement pour toutes sortes de Sentences, ou Maximes : & par l'abus de ceux qui débitoient mal à propos ces sortes de *Dichons*, & les appliquaient hors de leur véritable usage, ou les tournaient en ridicules, ou le pris enfin pour tous les propos plaisants, & mes- me pour des paroles de raillerie ou d'injure. Voiftrus dans son de *Vitis Sermonis*, veut qu'on ait dit *Brocardica*, quasi *protarchica*; *hoc est*, *muras* *in- xiu*, *prima elementa* : *us* Brocardica Juris Azonis. Et il semble que Cujas ait été du même avis dans son Africain, Traité 2. sur la Loi *Si emm ferum*, *Sed virumque tamen Doctorum quoracum plerumque* *falsum est*. C'est ainsi qu'il y a dans l'Africain de Cujas, de l'édition de Cologne, in-8°. Dans celle de Nivelle, in-follo, il y a *Doctorum Catholicum*. M. Nublé croyait, comme M. Doujat, que *Bro- cardica Juris* avoit été dit de *Burchardus*, Evêque de Wormes : comme il paroît par cette Note qu'il a mise dans son Exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise, au mot *brocard* : *Il semble* *qu'il n'y a point de raison de douter que ce mot ne* *viende du nom de Burchardus, Evêque de Wormes* ; *lequel digera par lieux communs environ l'an 1010*. *sous l'Empereur Henri, une Compilation de Décrets* *ou Règles Ecclésiastiques, en xx. livres*. Ce qui se recueille, entre une infinité d'autres témoignages qui en pourroient être allégués, de l'intimilation du cha- pitre 1. aux Dérétales de Grégoire IX. de Frigidis & maleficiatis. Car au lieu qu'il est vulgârement in- titule, ex Brocardico, libro x. ou xiv. ou xix. il y a déjà long-tems qu'il a été sort bien observé qu'il y falloit écrire, ex Burchardo, Episcopo Wor- macienfi, libro xix. Et s'estimervis qu'il pourroit *suivre d'y rétablir*, ex Burchardico. Quoiqu'il en soit, ce Chapitre se trouve, mot pour mot, & tout entier, au Chapitre 4. de la Compilation de Bur- chard, sous le titre de Dificidio conjugii. *Jeins que* *le mesme rapporte au xx. livre pincens automités* *dont, ce chapitre est composé* : comme aux chapitres 40. & 44. Voyez *Homan*, de la *Dissolution du* *marriage à cause d'impuissance*, & l'*Inscription du* *chapitre 8. de Accusationibus*, & *Antonius Au-* gostiens, dans ses Notes sur ces deux chapitres. ¶ Voyez le Lexicum Juris. M.
BROCAT. Etoffe, brochée d'or, d'argent, ou de foye. Les Espagnols disent brocado; & les Italiens brocato. Tous ces mots ont été faits de bro- caré, qui signifie brocher. M.
BROCÂTEL. Drap d'or ou d'argent. De broccelle, diminutif de brocato. Voyez brocaré, dans la signification d'étoffe. M.
BROCCOLI. Jeunes rejettons de choux: Voyez M. de la Quintinye. De l'Italien broccoli, qui signifie la même chose, & qui est le plurier de brocolo, qui signifie cime de chou. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, dérive l'Italien broccolo, de brachiolum, diminutif de bra- chium: en quoi il s'est trompé: broccolo étant un diminutif de brocco, qui signifie comme broccolo, la cime d'un chou. Messieurs de l'A- cadémie della Cruisa: BROCCO, per pipita d'Er- ba, che aquella de cavoli diciam broccolo. M. Guyet croyait que brocco avait été fait de pique, puluolo. Voyez mes Origines Italiennes au mot broccolo. Il n'y a pas cent ans que le mot broccoli a été introduit dans notre Langue. M.
BROCHE. De veru. Veru, veruca, beruca, bruca, broct, BROCHE. Les Italiens ont fait broca du même mot veru. M. Le Dictionnaire Fr. Ital. d'Aut. Oudin appelle hemorroides le mal des broches dont parle la deuxi- me des cent Nouv. Nouvelles. Et l'ancienne Bible de Genève, Sam. 1. 5. 6. appelle de même broches, & à la marge hemorroides ces fistules dont Dieu frappa les Azotiens. Je crois que ce sont propre- ment les hemorroides externes, à cause que leurs tumeurs enflammées ressemblent à ces groffes frai- ses de jardin qu'on nomme broches à Metz, parce que le bouton en ressemble à la tête de ces gros & longs cloux qu'on appelle broches. Voyez le Scali- gerana, lettre B. Le Duchat. BROCHET: poisson. Pontus de Tyard, à la page 73. de son livre de l'Imposition des noms, le dérive de broche: quod acuto sit rostro, veru mo- re, quod nos broche dicimus. Le P. Labbe est du même avis: BROCHET, & BROCHETON: à cause de leur Art pointu; de leurs dents aiguës; ou qu'ils sont longues, ou afflics comme des broches. C'est à la page 98. de ses Etymologies Françoises. Il vient de brochettus, diminutif de brochus; lequel mot bro- chus a été dit de celui de qui la lèvre est groffe & enflée. Les Glofes anciennes: brochus, 1. 5. 6. 7. Quum dentes failli sunt brocchi, & supercilia ca- na, & sub ea lacuna, ex observatu dicunt eum equum habere annos sedecim. Plaute: Varus, val- gus, compernis, brochus. Dans Trebellius Pollio, il est fait mention d'un homme appellé Junius Bro- chus. Ciceron, dans l'Oraison pour Ligarius, fait auffi mention d'un Titus Brochus. BRONCE, sunt produito ore & dentibus prominentibus, dit Nonius Marcellus. BROCHET pourroit bien auffi avoir été formé de xix, qui signifie un loup; & selon quel- ques-uns, un brochet: d'où le mot Latin lucus. Lucius est piscis, rex atque tyrannus aquarum. xi, lucus, brucus, brocus, broctus, BROCHET. Le P. Thomassin dérive brochus de l'Ebreu barach, un levier: ou bien de baraq, fulgur, ensis fulgens. C'est à la page 399. du II. Tome de ses Etymolo- gies. M. Jo. Bruyerin. de re cibaria, liv. 22. ch. xi. De Lucio: Nomen Brocheri apud nos forte inditum à suo riliu: bronchi enim dicti sunt qui produito sunt ore & dentibus eminentibus. Le Duchat.
BRODE. Une femme brode, c'est une femme noire. Peut-être de brunus. Brunus, brunidus, bru- dus, brodus, broda, BRODE. M. Le peuple de Metz appelle par dérision. les Al- lemans Brode-coue. Je crois qu'il a appliqué le So- briquet de coue des Anglois aux Allemans. De di- re pourquoi on a appelé les Anglois de la sorte, je ne le fais pas. Je remarque seulement que tous les chevaux qui nous viennent d'Angleterre, sont pro- prement des Anglois coue, puisqu'ils ont la queue coupée: ce qui le pratique pour réparer la difor- mité de leur croupe, qui ordinairement n'est pas belle. Le Duchat.
BRODEQUINS. C'est une espèce de chauf- sure qui couvre le pied & la grève: ainsi appelée parce qu'elle étoit anciennement faite de brode- quin, qui est une espèce de cuir. Froissart, vol. 4. chap. 119. parlant du Roi Richard d'Angleterre, surnommé de Bourdeaux: Après qu'il fut mort, il fut couché sur une littière dedans un char couvert de brodequin noir. Caïeneuve.
BRODEQUINS. Sorte de chaussure ancien- ne. Rabelais, liv. 1. chap. 16. Et parce que c'estoit en temps ferain & bien attrempe, son pere lui fist fai- re des bottes fauves. Babin les nomme brodequins. Villon dans sa Balade, par laquelle il crie merci à tout le monde: Chaussans sans mehains fauves bot- tes. Où Marot a fait cette Note: FAUVES-BOT- TES: la belle chaussure d'alors. Et il a fait cette au- tre: Chausses semellées, brodequins, sur ce vers du petit Testament du même Poète: Et mes bonfœaux sans avant-pied. paremment venoit d'Italie, à en juger par la termination de son nom. Je ne sais même si ce Babin, que Rabelais dit les avoir nommés de la sorte, n'étoit pas Italien. J'ai opinion que cette chaussure aura été nommée brosequin, puis brodequins, de sa couleur de bronze ou fauve, ou de ce qu'elle étoit découpée comme les chaussées à la Suisse, pour en faire sortir comme hors des fentes de ces chaussées enflées comme des bourses, quelque étouffe qui lui servoit de doublure. Cette mode ridicule avoit presque repris la vogue sous le règne du Roi Louis XIII. & même des celui de Henri IV. C'est au reste le Grand Nef des fous du monde, imprimé en 1499, qui nous apprend qu'autrefois on disoit brosequins, & que les brosequins étaient découpés. Car au fol. 7. v. ce livre s'énonce en ces termes : Les grans souliers ronds, comme boules, & puis après des autres quarres, brosequins découpés, pantoufles déhachées, & chaussées bigarrées, & nervées de drap d'or ou de velours. Il me semble que du passage de Rabelais, on peut conclure que le brodequin, ouplutôt brosequin, étoit essentiellement d'un cuir roux ou fauve. Ainsi brosequin ne viendroit-il pas de russus, dans la signification soit de roux, ou de ce que nous appellons russy ou cuir de Russie ? Russus, russicus, russicinus, en ajoutant b au commencement, comme à bruit, fait de rugitus. Le Duchat.
BRODER. De border, par transposition de lettres. Voyez ci-dessus bord, & Nicot, au mot border. M. du Cange le dérive de brusolus. Voyez son Glossaire au mot brusolus. Je suis pour la première étymologie. Les broderies se mettent ordinairement aux bords des habits. Pasquier viii. 61. prétend qu'on a dit, autant pour le brodeur, par corruption, pour, autant pour le bordeur. M. Rabelais, liv. 1. ch. 8. Pour les gands furens mises en œuvre seize peaux de lutins, & trois de long-garous pour la brodure d'iceux. On voit bien qu'ici brodure est mis en la signification de bordure. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 22. v. De gros saphirs, diamans & rubys, etoit le brot du long de ses habits. Le Duchat. Le P. Thomassin dérive broder de l'Ebreu vrt barad, qui signifie grêler, marquer des points comme fait la grêle, parce qu'il y a quelque chose de semblable dans la Broderie. Cette étymologie n'a pas la moindre vrai-semblance. Broder vient uniquement de border, de même que brodeur de bordeur. On ne brodoit autrefois que le bord des étoiles. On ne mettoit des embellissemens que sur les bords : d'où vient que les Latins ont appellés les brodeurs Limbularis.
BRONCHER. J'ai cru autrefois qu'il venoit de pronicare. Je crois présentement qu'il vient de l'Italien bronciare, qui signifie la même chose ; & qui a été fait de bronce, qui signifie un tronc ; mot fait de truncus. Les Latins ont fait de même cespitare, de cespes. Cespitare, c'est ad cespitem offendere. M. Lancelot, qui le dérive de broscor, qu'il dit signifier archeveler ; & son Antagoniste le P. Labbe, qui le dérive de broncus, qui signifie celui qui a les dents éminentes, & qui, par conséquent, bronche en parlant, se sont tout-à-fait trompés. M.
BRONZE. C'est un métail composé de... oui, pour être solide & grandement dur, sert à faire l'artillerie. De-là vient que nous disons un cœur de bronze & de diamant. Je crois que ce mot descend du Latin-barbare brunda, qui signifie fo- lida. Le Glossaire de Papias : Brunda, solida. D'où vient le mot brondel, qui signifie la partie du pain la plus cuite, & par ainsi la plus ferme & la plus solide. Caseneuve.
BRONZE. M. du Cange le dérive de brunda, en la signification de casque : à cause que les casques se font de bronze. M. de Caseneuve le dérive de brunda, qui dans Papias est interprété solida. Il vient de frontis, qui se trouve en cette signification dans S. Ouen, Archevêque de Rouen, en la Vie de S. Eloy : Itemque crissam & species de fronte magnificè composuit. On a changé l'F en B; comme en bièvre, de fiber. Les Italiens disent bronze, & les Espagnols bronze. L'Espagnol bronze est masculin, & le François bronze est masculin & féminin. Voiture l'a fait féminin ; & le P. Bouhours, masculin. Messieurs de l'Académie l'ont fait aussi masculin. Et il les en faut croire. Cuique in arte credendum. Et leur opinion est confirmée par les Médaillistes, qui disent du grand, du petit & du moyen bronze. M.
BRONZE, ne pourroit-il pas venir de russus en y insérant l'or comme en russin, qu'on a dit aussi russin. Le Duchat.
BROQUETTE. Petit clou à tête. Il vient de vertu, comme broche. Brochette, & à la Picatée broquette. Le Duchat.
BROSSE. BROUSSAILLES. De bruscus, comme l'Espagnol brusco. Bruscus a été dit pour ruscus ; qui est l'Exposoire des Grecs. C'est ce que nous appellons bandins en François. Les Bas-Bretons appellent bruscus un bocage. De brosse, on a fait brosser, pour dire, courir à travers les bois ; qui est un terme de chasse. M. BROSSE : vergette. Il y en a qui sont composées d'une poignée de petites branches de certain bois. Ce mot vient de bruscus, comme brosse dans la signification de brossaille. Le Duchat. BROSSE de lait, autrement recuite. Sorte de fromage, fait de caillé. Voyez ci-dessous au mot Recuite. Brosse, dans cette signification vient de l'Alleman brechen, qui signifie rompre, & qui au préterit fait gebrochen. Cette brosse étant une espèce de jonchée qui semble avoir été rompue & partagée en autant de morceaux qu'il y a de petits plats où on la sert & mange. Le Duchat. BROU de noix. C'est la première écorce verte de la noix. Forté relictus brouil : car il brouille les doigts, dit Nicot. Cette étymologie est ridicule : Mais je n'en sais pas de meilleure. Les Latins ont appellé gullisca ces écorces de noix. Feltus : qu'il 110c, a, nucum juglandium simma & virida putamina : de 7/10, &, qu signifie cavus. M. Le brou, c'est la robe de la noix. Ainsi brou pourroit bien venir de robum, qu'on aura dit pour robe. Robum, broum, brou. Le Duchat.
BROUAGE. Port de mer du pays d'Aunis, ainsi appellé du canal qui vient de Broue. Aubigné tom. 1. liv. 1. chapitre 16. page m. 923. Le Duchat.
BROUAILLES. C'est-à-dire, intestins. De barbalia. Le petit Glossaire intitulé Vocabula variora, collella è Glossis veteribus : BURBALIA, intestina. On prononce bruilles en Normandie ; où l'on dit ébruiller du poisson, pour éventer du poisson. M.
BROUDIER. On appelle ainsi le cul en Basse-Normandie. M. Je crois que c'est une onomatope, du son que rend le cul d'une personne qui nette plusieurs fois de suite : sinon comme les précieuses appellent un clystere un bouillon des deux sœurs, il se peut en on aura dit brouiller de l'Alleman brouder, c'est-à-dire frere, pour signifier les deux jumeaux que les précieuses traitent de fleurs. Le Diction. Fr. Ital. d'Ant. Oudin: le brouder il culo. Les Anglois appellent bras un petit foireux. Le Duchat.
BROUET. Voyez brouir. M.
BROUET. Bouillon, patage. Nous l'avons tiré du Latin-barbare brodium, que Gaudentius prend pour un bouillon fait de chair. Caïeneuve.
BROUET. Pontanus le dérive de l'Anglois broad, ou broet, qui signifie pain. Il vient de broderium, diminutif de brodom, qu'on a dit pour brodium, qui se trouve en cette signification dans Gaudentius au 3. Traité de Païchate. Non gustavit de brodie Juris, difuit Cujas de quelqu'un qui étoit ignorant en Droit. Brodium vient de brodium, x en y comme grama de 7.000. Hélychius: brodium, 1000. Voyez M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 411. Cist, dans cet endroit d'Hélychius, c'est jusculum: & c'est du mot Cist, que celui de jus, en la signification de brouer, a été formé. Voyez mes Aménités de Droit au ch. 39. De brodium, les Italiens ont fait brode, & broda. Voyez mes Origines Italiennes. M. Je dérive brouer du vieux Saxon broth, jusculum, d'où vient aussi l'Alleman brod, duquel on a fait brodium ou brodium. Dans le Brandebourg & dans la Saxe on appelle bieren-brod une soupe à la bierre. Le Duchat.
BROUET, BROUETTE. C'est une petite charrette. Son premier emploi étoit d'emporter l'ordure & les boues. Enguerrand de Moultrie, vol. 1. chap. 71. Auquel brouer a boué ils le travaillièrent & traignèrent. En Languedoc on appelle broues la boue fort détrempée: & en Gaëcogne braude, qui vient sans doute de brodium, qui comme je viens de faire voir, signifie bouillon ou patage; parce que cette sorte de boue ressemble au brouet: & ainsi l'on pourroit dire que la brouette a été ainsi appelée, parce qu'elle étoit originairement faire pour porter la boue. Bruech en Flaman est un lieu marécageux & boueux: comme témoigne Goropius Becanus, livre t. de ses Origines d'Anvers. Caïeneuve.
BROUETTE. De birottera, diminutif de birota, qui se trouve en la Loy viii. de Curfu publico au Code Théodoïen. Dans le même Code, en la Loy 1. de Curfios, vous trouverez birotum: & dans l'Onomasticon Grec-Latin, page 18. birotum, divy. On a dit birotum & birota, à cause des deux roues qui étoient à cette espèce de carrofle; comme on a dit petoritum, à cause des quatre. Festus: Petoritum, & Gallicum vehiculum esse, & numere ejus dictum existimam a numero quatuor rotarum. Alii Osee, quod ii quoque petora quatuor vocent. Alii Grace, sed inoue dictum. M. Bochart dans son livre des Colonies des Phéuciens, page 746. PETORITUM Festus dici existimam a numero quatuor rotarum. Nempe Massifienium, a quibus Galli numerus didicerant, dialextus erat Aolica. Nam ex Phoca venerant, qua est urbs Aolidis. Aolibus autem inoue, inoue, & inoue, idem sunt quod Ionius inoue. Cambri hodie dirum peduvar, & Britanni Gallia, pevar. Scaliger sur les Cataleciles: Cifium, proprium fuit Gallia Cisalpina, ut Petoritum Oserum. Quod ita diitum, quod quatuor rocas haberet: nam inoue pro inoue Tarentium dicebant. Aujourd'hui notre brouette n'a qu'une roue; comme le pabo, dont les Gioses d'Isidore sont mention. Pabo, vehiculum unius roca. Et carruca. L'O- nomasticon Grec-Latin: carruca, inoue. Voyez Guthérius, liv. 3. de Officiis Domus Anguita. M.
BROUHAHA. Acclamation de Théatre. Molière, dans ses Précieuses: Et le moyen de connoire où est le beau vers, si le Comédien ne s'y arreste, & ne vous avertit par là qu'il faut faire le brouhaha? C'est une onomatopée. M. Je crois que c'est une corruption du mot baraha, employé par les Juifs dans leurs acclamations du Sabat. Ant. de Guévare, ch. 5. de son Traité de Galères, tom. 3. fol. 121. v. de ses Epitres dotées, de la traduction de Guterry, Paris 1561. Et n'est permis se scandaliser de voir faire aux Mores leur Zala le Vendredi, & le Samedi le Baraha aux Juifs. La Satire des Satires, imprimée en 1669. A tous les beaux endroits que l'auteur y rencontre, je fis le brouhaha. Le Duchat.
BROUILLAMINI. Voyez brouiller. M.
BROUILLAMINI. Terme corrompu par les Apotiquaires ignorans, de Bois arveni, qu'ils trouvoient dans les ordonnances des Médecins. Hnet.
BROUILLARDS. Voyez brouiller. M.
BROUILLER. Confonde, mêler. Il y a apparence que ce verbe est formé de brodium, qui signifie la confusion & le mélange de diverses arbuïtes qui se voient en beaucoup d'endroits des bois & des forêts, que nous appellons maintenant forts & buissons; & qui, à cause de leur épaisseur, servent de retraite aux bêtes sauvages. Une Charte qui se voit dans l'Appendice ou suite de l'Histoire de Rheims, de Hodoare: Cum folos, & dimidio brolis ad eam pertinente. Les Coutumes de France l'appellent Breuil, ou breil. Celle du Maine, art. 40. Qui n'a forest ou brueil de forest, qui est entendu buisson, tel que convenablement les grosses bêtes se puissent retirer. Celle d'Anjou, art. 36. est réputé breil de forest, un grand bois marmenteau, ou taillis; auquel telles grosses bêtes ont accomplumé soy retirer, ou fréquenter. Besly, en ses Preuves sur son Histoire des Ducs de Guienne, cite une Charte des Archives de Saint Jean d'Angely: Dono alodia mea, id est silvam, id est brodium Merini. Caïeneuve.
BROUILLER. De l'Italien brogliare: dont le composé imbrogliare, duquel nous avons fait embrouiller. J'ai cru autrefois que brogliare avoit été fait de brodium, en la signification de parc. Et c'est aussi l'opinion de M. Ferrari, célèbre Professeur de Padoue, dans sa Lettre à Daniel Justiani, Sénateur de Venise: Relle tu quidem conjicis, brogili nomen (ut ab ea voce ordiamur, qua sicut publica rei summa, ita utinam sine summa sit) inde deducum esse, quod is locus quo Patricii convenient, & qua ad bonorum peritorum, ac forensem ambitum pertinent, peragunt, olim arboribus confitus erat. Qui locus, Graca voce corrupta & depravata, & tunc, & hodie, appellatur. Nam, ut reille noisi, inoue, & inoue, locum septum, & maceris, sive manibus, circumdarum significat: ferme coriendis seris. Nunc, à palis, sive sudibus defixis, parcum appellam. Mais je crois présentement avec M. Guyer, que l'Italien brogliare a été formé de turba, en cette maniere: turba, turbula, turbulum, turbulum, brodium, BROGLIARE. Du verbe brogliare, on a fait le substantif brogliamen, brogliaminis, d'où nous avons fait brouillamini, pour brouillerie. Voyez catimini. On appelle aussi BROUILLAMINI, une sorte d'ongueur pour les chevaux. Et en cette signification, il a été dit par corruption, au lieu de *bol d'Arménie*. Cet onguent est appelé par les Apoticaires *bolus Armenius*. Cette dernière étymologie a été remarqué par Bourdelot dans ses Origines *Mif. M.*
BROUINE. Muret, sur le excviii. Sonnet de Rönfard, le dérive du mot François *bru*. Il vient du Latin *pruina*, par le changement du *P* en *B*: d'où les Italiens ont aussi fait *brina*, en la signification de *gelée blanche*. La *brina*, *sorella della neve*, dit Dante. *M.* non folum de iis qua viro nondum tradita sunt, sed etiam uxoribus, quia feilicet omnes uxores sunt & appellari amant sponja, nupta, ornata. Wormius in Epiced. Regneri Laddrog, froph. XIII. Brudur poetice quamlibet terminam significat. Imo non poetice tantum, sed communiter; & usuloquendi vulgari. In de Cambris & Armor. priod conjux, priodas nuptia, matrimonium. Gothis bruth nurus, Matth. x. 35. quod imitantur Galli in bru. Sit & apud Latinus nurus, & apud Gallus epoufe omnibus uxoribus tribuntur, etiam filii uxori filii, hoc sponja proprium sit.
BRUGES. Ville de Flandres, en Latin Bruga. Il y a eu des Hiftoniens qui ont soutenu que cette Ville tire son nom de la beauté & de la magnificence de ses ponts, parce que brugh en Flaman, signifie un pont. Mais d'autres, au sentiment desquels il est plus naturel de donner quelque croyance, d'autant qu'il est appuyé sur d'anciens titres, veulent que Bruges ne tire son origine, non plus que celle de son nom, que d'un seul pont nommé Brugh-flock, qui avoit d'abord été bâti dans le lieu où est situé cette Ville, proche de la Cathédrale.
BRUGNOLES. Sorte de prunes, ainsi dites, par corruption, au lieu de brignoles, de la ville de Brignole en Provence, d'où elles viennent. M. Richelet qui a décidé qu'il falloit dire brignoles, n'a pas été bien informé en cela de l'usage de Paris. On dit brugnole à Paris; & c'est comme M. Merlet a écrit ce mot. Dans un titre de l'an 157. gardé aux Archives du Chapitre de Notre-Dame de Paris, la ville de Brignoles est nommée Bruniolacum: ce qui donne sujet de croire que son plus ancien nom est Brignoles. M.
BRUIERE. Erica, rica, ryca, bryca, brucaria, BRUIERE. Bruarium, bruaria, & bruera, se trouvent en cette signification dans les Auteurs de la Basse-Latinité. Voyez le Glossaire de M. du Cange. Les Lombards l'appellent brun. Jules Scaliger contre Cardan, 36. ERICA. Lombardis brun; & nefratibus vicinis, brecole; & Rutenis, qui sunt in Gallia, brughiera; Vasconibus, brana. Joseph Scaliger, dans ses premiers Scaligerana, page 80. prétend qu'Erica signifie des ageons, & non pas de la bruière. ERICA, est quod Galli ageons vocant. Nam à Varrone flos illi luteus assignatur: non purpureus, comme à notre bruière. M.
BRUIERE. De Myricaria, dérivé de Myrica. Huet. BRUIR: brûler. Montrelet, édit. de 1572. vol. 1. fol. 246. b. Car nouvellement ils ont fait ardoir & bruyr les lettres-patentes du Duc de Bourgogne. D'urire, dit par métaplasme pour urere. On y a préposé un b, comme à bruit de rugitus. Le Duchat.
BRUIRE. De rugire: comme BRUIT, de rugitus: dont les Espagnols ont aussi fait ruido. Rugitus, pour bruit, se trouve, dit-on, dans le Légendaire de S. Denis: Tantum fragorem, tantumque tumultum, intra capiam suam concitavit, ut rugitus putertur. On y a préposé un B, comme à BLISSIR, de lafare, & à BRAIRE, de rugire: ainsi les Herbo-listes on dit bruscus, pour ruscus. Rugitus, a été dit non-feulement du rugissement du Lyon, mais encore du bravement de l'asne. Job. vi. 5. Nunquid rugiet onager cum hapueris herbam? Et du cri de l'homme: Antequam comedam suspiro, & tanquam inundantes aqua, sic rugitum meus, dans le même livre, ch. III. 24. Et du rut des cerfs. Voyez rus: Méric Casaubon, dans son Traité de Lingua Anglica vetere, page 204. parle de l'étymologie du mot François bruit; en ces termes: Addit autem Etymologicum, (c'est au mot [sic] idens instrumentum [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic]
BRUIT. Un bas-Breton brun signifie la même chose. Et dans la Langue de Galle, brun signifie une Histoire. Huet.
BRULER. M. de Valois le jeune, homme de profonde erudition, croit qu'il vient de prussure. M. Guyct le dérive de brussure; & je suis de son avis. De [sic] qui signifie spumam epicere, & quasi florem cantiere, [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] & [sic] Je crois que ce mot vient de perussulare, diminutif de perussare, augmentatif de perustere. Peru-ro, perussis, perussum, perussare, perussulare, brûler; que plusieurs écrivent encore bruster. Le Duchat.
BRUN. M. du Cange le dérive de brunia, que les Auteurs de la basse-Latinité ont dit pour signifier un casque. Et il veut qu'on ait dit brun de brunia, à cause de la couleur brune des casques. C'est tout le contraire. On a dit brunia de brunus. M. Ferrari dérive l'italien bruno de prunum, c'est-à-dire une prune. Mais de prunum on auroit dit brunus, & non pas brunus. Brun vient de l'italien bruno: & l'italien bruno vient de l'Alleman brun, ou du Suédois brun. Scaliger contre Cardan, CCCXXV. 37. Quod brunum vocant Tufci, Germanica diellone brun. Brunus pour fuscus, se trouve dans Turpin, en la Vie de Charlemagne: & dans Turotus, en son Histoire de Hongrie; & dans d'autres Ecrivains allégués par M. du Cange. M.
BRUN. On ne sauroit douter que ce mot ne vienne de la Langue Teutonique; car il se trouve dans ses différentes dialectes. En Anglo-Saxon & en Franc c'est brun, de même qu'en François; en Anglois c'est brown, en Alleman brunn, en Flaman bruin, en Suédois brun & brun. Wachter dit que l'Alleman brunn signifie proprement brulé, du verbe bremen être brulé, & qu'il se dit de la couleur brune, parce que ce qui est brun ressemble à ce qui est brûlé. Nam braun proprié est nisus, à bremen uri, incendi, torveri; & dicitur de fusco, quia fusca adostis similia sunt, sive igne torreantur ut omnes sive igne ut Æthiopes. Him. braun incompositis colorem nigricantem significat. Ce sont les paroles de cet Auteur. Voyez-le dans son Glossar. Germ. au mot Brunn.
BRUNEHAUD. Nom propre de femme. Ce mot s'est formé du Latin Brunechildis, & Brunechildis est la même chose que Brunechildis: car ça été la coutume d'écrire ch, au lieu de b, simplement; michi pour mihi, nichil pour nihil. Outre cela, l dans les noms propres, avec la voyelle qui la précède, comme ai, ei, il, &c. se change communément en au: ainsi childis à dû se changer naturellement en haud, la terminaison Latine is étant retranchée. Brunechildis signifie, selon Wachter, puella clara. Ce nom est composé de brun & de child. Il faut examiner chacun de ces noms en particulier. Child en Anglois, ou cild en Anglo-Saxon, signifie puer & puella. C'est la même chose que chiud en Franc & en Alémanique; la lettre a changée en l, suivant la coutume des Saxons. Or quoique cild soit éloigné de l'idiome des Francs, on sçait néanmoins d'ailleurs qu'il étoit du bel usage chez eux d'initer l'idiome Saxon: aussi trouvons-nous plusieurs noms Francs, soit d'hommes, soit de femmes, dans lesquels le Saxon cild est expliqué par hitt, ou hild, ou child, dans la même signification. Quant au mot brune, qui fait la première partie du nom dont il s'agit. Voici ce qu'en dit Wachter: BRENNUS, BRINNO, BRINIO, & BRUNO, idem demore possunt nempe clarum, si derivatio institutum a verbo islandico bruna coruscare, quod siftit Verelius in Indice. Voyez cet Auteur dans son Gloss. German. aux mots Brennus & Child. Quelques-uns ont dit que Brunehand signifie Dame brune. Brunehand, fille d'Athanagil, Roi des Vitiques établis en Espagne, épousa Sigebert I. Roi d'Australie. On trouve aussi Brunecheul dans quelques vieux Auteurs. Parad. Ann. de Bourg. page 58. dit: Meronet, fils de Chilperic, étant allé à Rouen pour la délivrance de ladite Royne Brunecheul, se trouva tellement épris de sa beauté, qu'il ne cessa qu'elle ne lui eût accordé mariage Il dit Brunecheul & Brunechaud dans son Hist. de Lyon, liv. 11. ch. 14. BRUNETTE: sorte d'étoffe. Dans le Roman du petit Salintré, chapitre 6. Ces chaudes de brunette fine de Saint Lo. Dans la Farce de Pathelin: Me faut trois quartiers de brunette, ou une aulne. Ceux de la Religion prétendue réformée appellent autrefois à la Rochelle, & en quelques autres lieux de France, brunette, ce que les Catholiques appellent drap mortuaire. M. C'est qu'anciennement noire, brunière & brunette, étoient-la même chose. Voyez le recueil des anciens Poètes François, par le Président Fauchet, page 93. de la première édition. De sorte que sous le mot brunette étoit sous-entendu celui d'étoffe, ou de serge. Le Duchat.
BRUNIE. Vieux mot qui signifie casque ou cuirasse. De brunia ou brunea. Bryn, en vieux Saxon, signifie casque: ce qui a fait croire à Volfau que brunia signifie un casque. Mais d'un autre côté, thorax & lorica sont interprétés dans le Dictionnaire Latino-Théodique par le mot de brunia: ce qui lui a fait croire qu'il signifioit une cuirasse. Voyez-le, au liv. 2. de Vitis Sermonis, chap. 3. & 9. & dans l'Appendix, page 805. Quoiqu'il en soit, brunia se trouve en plusieurs lieux des Capitulaires de Charlemagne. Voyez Pithou & Lindembrog dans leurs Glossaires; le Père Sirmond, dans ses Notes sur les Capitulaires de Charles le Chauve, page 76. le Président Fauchet dans son Traité de la Milice, chapitre 1. où il prend brunie pour une arme défensive; & M. du Cange dans son Glossaire Latin. M.
BRUNIE, est un mot Teutonique Franc, qui signifie une arme défensive qui couvre la poitrine, une cuirasse. Wachter, dans son Gloss. German. au mot Brun, va nous apprendre l'origine de ce terme. Voici ses paroles. BRUN, pettus. Vox Celtica, qua Cambris Celtica lingua custodibus effertur bron, Suecis & Islandis bringa diminutive. Verelius in Ind. Lingua pettus thorax. Cum pettus inflar monticuli su- pra costas assurgat, dubium non est, quin appellatio ejus tropica sit, & a colle petita, qui Celtica Lingua vocatur bryn. Auiter etymi elegantissimi est Boxhorn. in Lex. Ant. Brit. brynn collis, bron pettus mamma, uber, mamilla... sed unde sit brynn pro colle non indicat. Mamfesso autem est a Gracouque opus, eminentia. Hic est primus noctis significatus, qui postea a colle ad pettus, & a pettore ad tegumenta pettoris tranfletus est. Wachter continue ainsi. BRUN, munimentum pettoris, thorax lorica. Anglosax bryn, Francis brun, & diminutive brunia, Suecis bringa, Islandis bryn & brynia, Sorab. brun, Lat. Barb. brunia, brynia. Sommer. in Dict. As. byrn thorax, gehringed byrn lorica. Gloss. Pez. Thorace prunni. Ostfidius Lib. v. cap. 1. 29. De signaculo crucis: Ist uns thaz girusti Brunia ala festi. Qua verba ita sunt reddenda: Nobis est hoc instrumentum Thorax valde firmus. Additur ibidem: Ioh helm ubar thaz, & galea praterna. Quia crux non solum in pettore, sed etiam in frunte signari, soler. Verel. in Ind. brynia lorica annulis ferreis concatenata, bryniolaus non loricatus, fine lorica, brynjumeistatar fabri loricarum, brynia lorica armare. Propriè est pectorale. Quemadmodum enim Latine thorax primo eam corporis partem quam pectus vocamus, postea vero armaturam qua pettus cingitur, significat; ita nostris a brün pettus sit brün pectorale, & ferro velcorio praparatum. Errorem nostratum, qui bruniam galeam cristatam interpretantur, merito notavit Loccenius in Antiq. Sueo-Gub. Lib. III. cap. 2.
BRUNO, ou BRUNON. Nom propre d'homme, qui signifie clarus, du verbe Teutonique bruna, coruscare. Voyez ci-devant au mot Brunehand. En parlant de S. Bruno, fondateur de l'Ordre des Chartreux, on dit toujours Bruno, & non pas Brunon; quoiqu'en parlant de certains autres personnages, on dise également des deux manières.
BRUNSWICK. Ville d'Allemagne. En Latin Brunsviga, Brunsvicum, Brunspolis, Brunonis vicus. Les Allemands écrivent Brunschweig. Henri Meibenius dit que ce nom tire son origine du mot Latin vicus, & de celui de Bruno. Il fonde son opinion sur ce que la plupart des noms Saxons ont, dit-il, une origine Latine, & que la plupart des Historiens étrangers, & même ceux du pays, nomment cette Ville du nom de Brunonis vicus. D'autres dérivent ce mot de l'Alleman wik, qui signifie un golfe formé par un lac, un fleuve, ou par la mer; ainsi qu'on le voit dans ces paroles d'Albert Crantz, in Metropol. liv. 11. ch. 3. Civitas Brunswicensis, quasi Brunonis vicus, aut potius sinus, qui Lingua Saxonum sonar wick. A quoi ils ajoutent que de tous les lieux terminés en wick, à peine seroit-il possible d'en trouver un seul qui ne fut situé sur un golfe de la mer, d'un fleuve, ou d'un lac. Il est certain d'un autre côté, que wik signifie non-seulement un golfe, mais aussi un château, une tour, une forteresse, un poste militaire, un village, un bourg, une ville, & même un monastère; apparemment parce que les monastères que bâtirent les Saxons, étoient environnés de murailles & de tours, & ressemblent à des forteresses. Wachter, dans son Gloss. German. au mot wik, dérive toutes les différentes significations de ce mot du verbe Teutonique wigen, bellare, parce qu'un château, team,
BRU. BSI. BU. 265 teau, un fort, est le siège de la guerre, & qu'on peut s'y défendre; que plusieurs bourgs, villes & villages en Germanie ont commencé par des forts, des châteaux; qu'un golfe de la mer, d'un fleuve, ou d'un lac, est comme une forteresse naturelle, & propre à exercer la piraterie; comme faisoient les Saxons maritimes, chez qui ce métier étoit honorable, & qui ne furent d'abord connus aux Romains, que parce qu'ils pilloient les côtes de la Gaule & de la Bretagne. Au reste, soit que *wick*, dans le nom *Brunswick* signifie golfe, ou ville, ou forteresse, presque personne ne doute que cette ville n'ait été bâtie dans le neuvième siècle; par Bronon, fils d'Adolphe, Duc de Saxe, & qu'elle ne tire son nom de celui de son Fondateur. Il y a en Angleterre plusieurs lieux dont les noms se terminent en *wick* ou *wich*, comme *Varwick*, *Sandwich*, & semblables; lesquels doivent être expliqués dans un des sens que nous avons rapportés.
BRUSC. Sorte d'arbisseau, appellé *myrtus filvebris* des Botanistes. De *ruscus*. Columelle: *Hirsuta sepes: nuve horrida rusco*. ¶ *Ruscus*, *bruscus*, BRUSC. Les Grecs l'appellent *ἐφωφάνια*, Voyez *oudis*. M.
BRUSQUE. Prompt, rude. De l'Italien *brusco*, qui signifie un homme aspre, rude, colère. La Cruïsa: BRUSCAMENTE: *Con modo brusco, rigidamente. Lat.* iracundé. Les Italiens disent *vino brusco*, pour dire du vin verd. Crescent dans son Livre de l'Agriculture: *Ma il vin brusco, il quale acerbo è detto*. Ce qui a fait croire à M. Ferrari que *brusco* avoit été fait de *labrusca*, qui est l'*argentum* des Grecs, c'est-à-dire, *vigne sauvage*. Et ce qui peut favoriser cette étymologie, c'est que *labruscum*, dit pour *labrusca*, se trouve dans le Culex de Virgile. Et si cette signification est la signification primordiale de ce mot de *brusco*, cette étymologie est la véritable. Mais si au contraire, on a dit originellement *brusco* pour âpre, ce mot aura été fait en cette manière: *acrus*, *acruscus*, *ruscus*, *bruscus*, BRUSCO. *Acrus* se trouve. Les Gloses anciennes: *Acrum*, *ἀφωφάνια*, *ἀφωφάνια*. M. BRUT: non poli. De l'Italien *brusto*. Voyez mes Origines Italiennes, au mot *brusto*. M.
BRUTHIER. Nicot: BRUTHIER, *oiseau de proye vivant aux champs de vermine; lequel jamais on ne peut faire au poing, ne au leurre. De-la vient le proverbe François: Jamais tu ne feras d'un bruthier un éprevier: c'est-à-dire, d'un garfon de méchante nature, un homme de bien. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. On dit autrement: On ne fait point d'une buse un éprevier: Et comme BUSC a été fait de *buteus*, dit pour *buteo*: voyez *buse*: il y a apparence que BRUTHIER a été fait de *butearius*. *Butarius*, *brutarius*, par l'insertion de l'IR, (comme en FRONTEVAUX de *Fons Ebraldi*.) BRUTHIER. M. La Farce de Pathelin: Onq lard ès pois n'escheut si bien.* Ce que Nicot remarque de cet oiseau, qu'il vit aux champs, me fait penser que son nom pourroit bien venit de *ruscus*. *Ruscus*, *ruscarius*, *ruscarius*, brutier, en préposant le b, comme au mot *brus*, fait de *ruscus*. Et de la rusticité de cet oiseau qui ne s'aprovoise jamais, viendroit dans Pathelin la comparaison du rustique & intraitable marchand Guillaume, avec le *brutier*. Peut-être aussi que *Tome I*. *brutier* vient de *ruptarius*, routier, ou roturier: ce qui s'accorde pareillement avec le sens qu'a le mot brutier dans Pathelin. Voyez ci-dessous au mot *Routier*. Le Duchat.
BRUXELLES. Ville des pay-bas. Son nom Latin a été d'abord *Brussella*, *Brussola*, *Brussola*, *Brussola*, puis *Brussola*, & enfin *Brussola*. Il y a diverses opinions sur l'origine de ce nom. Les uns veulent qu'il vienne d'un fort que les *Sennoneis*, peuple venus d'Angleterre dans le dessein de s'emparer de quelque partie de la France, bâtirent dans le lieu où est aujourd'hui *Brusselles* d'autres le désirent du mot *Russ*, *Russ*, parce qu'ils ont trouvé auprès de Louvain une montagne des Russes. Ils ont prétendu qu'on avoit d'abord appellé cette ville *By-Russel*, qui veut dire, auprès du siège ou de la demeure des Russes; & qu'enfuite de *By-Russel* on avoit formé *Brusselles*. D'autres ont avancé que les différentes sources d'eau que l'on trouve aux environs en quantité, ont occasionné ce nom, parce que le murmure des eaux se dit en Langue du pays *brussel* & *ruysel*. Enfin d'autres, dont l'opinion paroît la plus vrai-semblable, ont dit que cette ville a pris son nom du marais où elle a été fondée; le mot *brush*, qu'on écrit aujourd'hui *brush*, signifiant un marais. Ce mot est peut-être essentiellement le même que le vieux mot François *brus*, qui signifioit fange, boue, & auquel on aura ajouté l'aspiration finale. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il n'est fait aucune mention de *Brusselles* jusqu'au milieu du dixième siècle: & ce n'est que des ce sens-là que l'on connoit que c'est tout un lieu habité, ou un palais dans lequel l'Empereur Othon II. demeura quelque tems, & où il donna deux lettres en faveur du Monastere de S. Bayon de Gand, dans la dixième année de son Empire, l'an 976. On voit dans l'une & dans l'autre de ces patentes ces mots, *Album Brubasella*.
BSI-D'HERI. Sorte de poire qui nous est venue de la basse-Bretagne, où *bis* signifie une poire, & *Heri* est le nom de la forêt où elle se plaît le plus. Voyez *Besse-d'Heri*. Le Duchat.
BU. Terminaison de plusieurs villages de Normandie: *Bourguebu*, *Longbu*, *Ménilbu*, *Tournebu*. C'est un ancien mot Normand, qui signifie *village*; & qui a été fait du Saxon, ou du Danois, *Bub*, qui signifie la même chose. *Bourguebu*, c'est *Burghefi villa*. *Ménilbu*, c'est *Ménilville*, *Mansionis villa*. *Tournebu*, c'est *Tomi villa*. Et de-là, *Bub sur Rouvre*. Cette remarque est de M. Huer, M. Une infinité de villages en Angleterre, en Danemarck & en Suede, sont terminés en *bi*, que les habitans prononcent *bu*. Dans l'isle de Seeland ou Zélande, près de la ville de Rhinsted (*Ringsted*), non loin de Copenhague, il y a un village nommé *Kerkbbi*, qui est précisément le même nom que *Carquebu*, village du Cotentin, qui signifie village d'Eglise. *Tournebu* est le village de Thorn, Divinité Gothique; *Bourguebu* le village de Bourgaise; *Ménilbu*, le village de la demeure du Seigneur. *Bu* a été changé en *beuf* dans plusieurs noms. De-là *Brebeuf*, qui signifie village du pont; *Marbeuf*, village de Marie; *Quillebeuf*, village de la fontaine; *quell* en Alleman veut dire une 266 BUA. BUB. BUC. source. Bu est un terme Celtique & très-ancien, qui signifie domicile, habitation, & ensuite village, ville, lieu où l'on habite en commun. En Tuandeis c'est hu & bo, en Alleman bau, en Conthique baua, en Anglo-Saxon bye, en Suédois by, en Gallois peu. Voyez Wachter, dans son Glos. Germân, au mot Bau.
BUANDIERE. Voyez buée. M.
BUBE. Voyez bubon. M.
BUBON. M. de Saumaise, dans la Dissertation qu'il m'a fait l'honneur de m'adresser touchant la Tragédie d'Hérodes Infanticida, page 113, le dérive du Grec β. Cuy. Buçuy, Grace, secus est inter femora & pudendum. Endem nomine signatur & tumor qui in illis paribus oriri soler. Unde & β. Cuy. dicuntur qui co morbo laborant. Hinc & Galli bubon vocant omnem tumorem; & pracipue qui in peste correptis se ostendit; modo in illo quem dixius, modo in aliis paribus corporis. Sed sapius inter femur & pudendum pestifer β. Cuy. surgere confuevit. Unde & β. Cuy. & xum pro peste apud Graeco, & recentiores. Luem inguinariam, qui corum scripta Latine verterunt, vocare solent, ut Historia Tripartita Aultor & Anastasius. Non ea est iure tene-rea, ut quidam interpretati sunt, sed lues pestifera & contagiosa. Inguen autem Latini id nominarum, qui Graeci est β. Cuy. Hinc. a loci vicinitate pudenda ipsa vocarum inguina. Nos Gallicie vocamus les aines, qui Graeci β. Cuy. Covarruvias dérive aussi le François bube du Grec β. Cuy. C'est au mot bubas, qui est la même chose que le François lube, & qui en a été fait. Mais M. Guyer veut que notre mot bube ait été fait de papa, d'oustapola, & papilla. Papa, papa, (d'où l'Italien) papa, BUB. M.
BUCCELLAIRES. Nom d'une espèce de Soldats, que les Empereurs Grecs entretenoient dans les Provinces & dans les campagnes. Buccellarii, buccellae. Le nom de Buccellaire vient de bucca, bouche, & buccellae bouchée, d'où on a fait Buccellarius à Rome, & buccellae à Constantinople. Les Buccellaires furent ainsi appelés parce qu'ils étoient entretenus par l'Empereur. C'étoit l'Empereur qui faitoit leur dépensé de bouche. Ils étoient dans les Provinces ce que sont à la Cour ceux qui ont bouche en Cour, qui sont commensaux. Il y avoit encore une autre sorte de Buccellaires sous les Empereurs Grecs. C'étoient des Grecs de Galatie, buccellae, qui fournissoient du pain aux Soldats. Voyez Constantin Porphyrogen. Les Glosa Nomica interpretent Buccellaire, envoyé, qui porte quelque chose; & encore, Soldat stationaire, ou qui demeure chez quelqu'un & qui est à son service. La même explication se trouve au livre 60. des Bailliques, où il est dit que ce mot vient de buca, c'est-à-dire, bucca, qui, dit-on, signifie pain, à l'ou, & les Buccellaires, continue-t-on, étoient ainsi appelés parce qu'ils mangeoient le pain d'une personne à la charge de demeurer chez lui. Chez les Visigoths on appeloit Buccellaire en général, tout chent, tout va- fal, parce qu'ils vivoient aux frais de leur Seigneur. C'est en ce sens que le prennent les Loix des Visigoths dans Papias, liv. v. tit. 1. §. 1. & Anastasie le Bibliotécaire, dans la Vie du Pape Zacharie. Voyez sur ce mot M. du Cange, & le Glosaire de Cedrenus. Au reste, les Empereurs d'Orient ne sont pas les seuls qui ont eu des Buccellaires; & d'autres que les Empereurs en avoient. En effet on trouve au milieu du ve siècle un Buccellaire du fameux Actius dans Grégoire de Tours, Hist. Franc. liv. 11. ch. 8. à moi, qu'on ne veuille dire que c'est une prolepse ou anticipation de cet Historien, ce qui ne paroît pas. D'ailleurs l'origine & la forme Latine de ce nom persuadent aisément qu'il a passé de Rome à Constantinople, plutôt que d'être venu de Grece en Italie.
BUCCINATEUR. Terme d'Anatomie. On appelle ainsi un des muscles communs des lèvres, parce que c'est lui qui s'enfie & fait la joue grosse en soufflant ou en sonnant de la trompette, appelée en Latin buccina. On le nomme aussi par la même raison Trompetteur.
BUCENTAURE. C'est le nom d'un grand vaisseau dont le servent les Vénitiens pour faire la cérémonie d'épouser la mer; ce qui se fait le jour de l'Ascension en grande pompe. Pierre Justiniani, dans son Hist. de Vemise, liv. xiv. donne une description très détaillée du Bucentaure, & il ajoute que l'on en rapporte l'origine à l'an 1111. de J. C. Ce mot vient du Grec β. Cuy. & compote de βu, particule augmentative, dont on se sert pour marquer une grandeur extraordinaire, & de β. Cuy. Centaurus, Centaure. Un des vaisseaux d'Enée dans Virgile, portoit le nom de Centaurus. On a donné & on donne encore aujourd'hui aux vaisseaux les noms de différents animaux. Justiniani ajoute encore deux étymologies à celle-ci. Les uns tirent le nom Bucentaure de bis & de Centaurus. Les autres veulent qu'on ait dit Bucentaurus au lieu de Ducentaurus, mot forgé pour signifier un vaisseau qui peut tenir deux cens hommes. Ces deux dernières étymologies sont visiblement ridicules, & la première qu'on a rapportée paroît être la véritable.
BUCEPHALE. Ce mot signifie tête de bœuf, du Grec β. Cuy. & x. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t. & t.
BUCHE. Voyez bois ci dessus. M.
BUCHER. De b. & M.
BUCHETTE. Belon, dans sa Dédicace au Roi Henri II. du livre vii. de son Histoire des Oiseaux, le dérive de bucetum. Voici ses termes: Et pour faire voir que ne nous sommes trompez en pro- nonceant ce mot buchettes, voulons montrer que c'est pure & naive diction Françoise, pour exprimer ce mot virgultum, qui est nom moult antique, venant de la Langue Latine; issue du mot bucetum; de l'autorité de Marc Varro en Aulugelle, parlant au commencement du premier chapitre de l'onzième livre des Nuits d'Athènes, en cette maniere: Timaus, & M. Varro in Antiquitatibus rerum humanarum, Italiam de Graco vocabulo appellatam scripserunt; cum boves' Graeca Linguæ Iuæni id est, visuli, vocitati sint, quorum in Italia magna copia fuerit; bucetæque in ea terra gigni, pascique solita sint compluria. Tellement que le mot de buchettes a prius son origine de bucetum, pouce que les bases les paissent volontiers. Ce sont les rejents des arbitrageaux sauvages, sur lesquels telles mamieres de petits oiseaux que nommeront cy-apro... se seent communément. Belon se trompe. BUSCHETTE est un diminutif de BUSCHE, qui vient de bofcum. Voyezuis. M.
BUDE. Ville Capitale de Hongrie. Quelques-uns croyent que ce nom vient d'un frere d'Attila: ce sentiment trouve ses partisans & ses censeurs. Selon Wachter, Bude signifie maison, habitation, & tout ce qui ressemble à une habitation. Ecoutons-le parler sur ce mot: Bude, donus, mansio, habitatio, & quidquid habitationi simile, ut diversorium, taberna, &c. Vox antiquissima, qua Hebrais effertur beth, Cambris bod, Sorab. buda, Polon. bauda, Lat. Barb. boda apud Cangium. Boxborn. in Lex. Ant. Brit. bod mansio, habitatio, bwh tugurium. Frenzel in Orig. Sorab. pag. 427. buda, bauda, in genere mansio, sedes, locus, hespi-tium, in specie taberna, tugurium mercatorum, & taberna meritoria, popina, diversorium, flabulum. Vox Celtica & Slavonica videtur & Germanico femine orta, vel a beiten manere, vel a byan, buan, adificare. BUDAM Hungaria, & alia locorum, quibus a tabernis initium fuit, nomina, inde deducit Frenzelius. A bude porro existit diminutiv. budel mansioncula, domuncula, quod hodie effertur hittel in nominibus locorum WOLFENBUTTEL, & EISENBUTTEL, qua certe nihil aliud significant quam Guelfonis & ifonis mansionem, ut reite docet Eccardus in Hist. stud. Etymol. pag. 118. Les Allemans appellent Offen la ville de Bude. Ce nom d'Offen veut dire jour en Alleman, & vient de certains fours à chaux qui étoient en cet endroit.