🔍 Nova Nova interroge toute la bibliothèque par « mot-clé ». Mode clair / sombre. 🔮 Oracle Oracle répond à une question posée en langage courant, en s'appuyant sur les passages les plus pertinents de la bibliothèque
🧵  Le Fil d'Ariane ?Le Fil d'Ariane s'adresse à qui aime feuilleter, sans but précis, simplement curieux d'un thème, on y parcourt notamment l'équivalent des tables des matières de ces grands bulletins de sociétés savantes — pour découvrir, au fil des pages, ce qu'ils renferment. Si vous trouvez une information éveillant votre curiosité, les deux outils ci-dessus : Nova et Oracle prennent le relais, interrogez-les !... ✦   ✦   ✦
03.0 Dictionnaire etymologique — CANTAL – CERCLE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

❧   ❧   ❧
↩   Retour au sommaire

200 entrées

Rechercher un mot dans toutes les sections de ce document.
CANTAL. Sorte de fromage : ainsi appellé de la montagne de Cantal en Auvergne. M. CANTINE : caisse, dans laquelle on porte des foles de vin en voyage. De l'italien cantina, mot de la même signification, & qui a été fait de canava ou caneva, qui se trouvent dans des Auteurs de la Basse Latinite pour une petite cave. Le P. Simond sur Ennodius, page 92. ANTE CANAVAM : cellam vinariam. Sanctus Augustinus Sermane IX. De Tempore : Multa sunt quæ de horreo, canava, vel cellario, proferre non possumus. Isidorus in Glofis : CANAVA, camera post concavulum. CANEVAROS hodieque Itali vocant pincernas, vel canava prapositos. Dans la règle de Sᵉ Célaire, sœur de S. Célaire Evêque d'Arles : Nulla de sororibus vinum occultum emat : sed quod transmissum fueris, prafente Abbot, la Poeticiaria accipiant, & canevaria tradare. Et plus bas : qua cellario sive caneva praponuntor. Voyez M. du Cange dans son Glossaire Latin au mot canava. Cantina descend de canava par cette échelle : Canava, canavata, canavatina. CANTINA. Dans le passage d'Isidore cité ci-dessus, au lieu de camera post concavulum. M. Guyes lisait, cavea post concavulum. Les Espagnols disent aussi canava, qu'ils ont pris des Italiens, selon le témoignage de Covarruvias. De canava, les Italiens ont fait canava, d'où ils ont dit ensuite canavato & canavario, pour celui qui a la garde du vin. Voyez canava dans mes Origines Italiennes. M. Ferrari déviroit le Latin canava de cavum. Cavum, cava, cavanum, cavana, CANAVA. Nous disons encore canavette, ou canavette, pour une cantine. M.
CANTINE. Vale à mettre du vin. Pour canneline, diminutif de canne. Huet.
CANTON. De canthus, qui signifie un coin. Canthus oculi, c'est le coin de l'oi. Les Glosses Anciennes : xixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixix
CANTON, ne viendroit-il pas plutôt de l'Alleman kam, ou du Breton v. v. Ecoutons là-dessus Wachter, dans son Glossar German, au mot kant. Voici ses paroles : KANT, ora, margo, extremitas rei, sive in circulum, sive in angulum desinat. Alla tamen est etymologia circuli, alia anguli, alia ora. KANT, orbis, circulus. Cambria cant est orbiculus circulus. Gracis xixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixixix CAORSINS ou CORSINS. C'étoient des Marchands d'Italie, fameux dans le treizième siècle par leurs usures, en France, en Angleterre, dans les Pays-Bas, & en Sicile. Saint Louis fit un Edit contre les Coarsins en 1268. Henri III. les chaffa d'Angleterre en 1240. Dix ans après ils revinrent, & furent chaffés une seconde fois en 1251. l'année d'après leur rétablissement. En 1260. Henri III. Duc de Brabant, ordonna par son Testament qu'on les chaffait aussi de ses Etats. Quelques-uns croyent qu'ils prirent leur nom de Cahors, Capitale du Quercy, où ils faisaient un gros commerce. D'autres croyent qu'ils venoient d'une famille de gros Négocians de Florence, nommés les Corsins. Quoiqu'il en soit, comme on enlèvoit souvent ces Marchands comme des Usuriers pour les mettre en prison, quelques-uns pensent que c'est de-là qu'est venue cette manière de parler proverbiale, enlever comme un Carfou, & qu'il faut ainsi dire, & non pas, comme un corps faîné, qu'ils croyent être une corruption que la ressemblance des mots à produire. D'autres disent que ce proverbe vient, de ce que les Carfou eux-mêmes étoient si cruels, qu'ils enlevoient leurs débiteurs, & les faisoient mettre en prison. La première opinion paraît convenir à l'usage du proverbe, & au sens qu'on lui donne. CAPDAL de Burc : qualité que prenoit le duc d'Epernon, comme Seigneur du Cap de Butayères de Bourdeaux. De Capitalis Boiarum. Voyez M. de Valois dans son Notitia Galliarum, page 319. Capitalis, en cet endroit, se prend pour un Vassal de marque, qu'elle commémédiatement du Chef, c'est-à-dire, du Suzerain. Et ce mot se trouve en cette signification dans Orderic Vital, & dans la Chronique d'Albertus Argentiniens. M.
CAPELAN. On nomme ainsi en Languedoc & en Provence les Ecclésiastiques Seculiers. Les Espagnols se servent aussi de ce mot. On le dit quelquefois d'un pauvre Prêtre qui cherche l'occasion de déservir quelque chapelle. Capelan vient du Latin capella. Voyez ci-dessous chapelle.
CAPELINE. Eppéce de chapeau que les femmes portent par galanterie & par ornement. La Capeline est faite d'ordinaire de paille à grands bords, doublés de taffetas ou de latin, & est fort couverte de plumes. Quelquefois ce n'est qu'un bonnet de velours bien garni de plumes. Ce mot est un diminutif de capet, qui est la même chose que chapeau, & qui vient de cape. Voyez ci-dessous cappe.
CAPENDU. Charles Etienne dans son Seminarium, dit que les pommes de capendu sont ainsi appelées, comme qui dirait de courpendu; parce que la queue, par laquelle elles tiennent à l'arbre, est tellement courte, qu'elle semble immédiatement sortir de la branche : Vulgo capendu vocantur, de courpendu, fortassis curtipendia, sive curtipe da, appellanda; a pediculi, e quo dependent, brevitate; ut ipsi veluti arbori inharere videantur, & e ramis, sive pediculo, prodire. Cafeneuve.
CAPENDU. Sorte de pommes. Rabelais, livre 3, chapitre 13, les appelle de courpendu. Vous mangerez de bonnes poires crustuménies, & bryas, mottes, une pomme de courpendu. Et tous les Médecins dans leurs Ordonnances les nomment curtipendula. Et vous trouverez dans Nicot, Pommes de CAPENDU, ou CARPENDU; quasi qui dirait courpendu : malum curtipendulum. Bourdelot dit la même chose. Et on prétend qu'elles ont été appelées courpendu, parce qu'elles ont la queue fort courte. Je doute fort de la vérité de cette étymologie. Elles sont appelées pommes de capendu dans un petit livret intitulé, Mémoire pour faire un écriteau pour un banquet, mentionné par Belon dans son Traité des Oiseaux, page 65. M. Merlet & M. de la Quintinye les appellent de courpendu. M. Catel, dans son Histoire de Languedoc, page 345. Caïpendu est un Chateau au Diocese de Carcassonne, nommé par Pierre, Moins de Valsernay, Caïtrum, quod dicitur Canis suspensus. Les Gelles du Comte de Montfort, que j'ai écrits à la main, l'appellent le Château du Chain pendu. Et il pourroit être que ces pommes auroient pris de la leur dénomination. Cette observation m'a été donnée par M. de la Piquetiere. M. CAPET : surnom d'un de nos Rois. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce surnom. Dans une Chronique manuscrite, qui est dans la Bibliothèque du Roi, cottée 1117, & qui m'a été communiquée par Meffieurs du Puy, dignes Gardes de cette Bibliothèque, il est dit que Hue Capet fut ainsi surnommé, parce que, comme il étoit enfant, il ne celloit d'ôter aux enfans leurs chaperons. Le Président Bertrand croit que ce fut à cause de sa grotte tête : CAPITONUM cognomina a capite della, Cicero author est, lib. 1. de Natura Deorum. Primus Ateierum, quid magno capite esset, (li juste d'Ateius Capito) CAPITONIS nomen ipsi tribulum, ad poferus transmisit; peculiari Romanorum more. Apud nos, cognomina, ab eventu uni ex quadam familia tradita, ad poferus ejus familia propagantur. Sic SILONIS, sic ICAVOLAS, sic LAREONES SYLLAS, aliosque innumerus, diffus fuisse apud autores legimus. Quem quidem morem veteres Galli non retinuere. Non enim poferos Hugonis Capeti Capetos diffus reperimus, licet eadem ratione a Gallis Capetus, qua Ateius à Romani Capito, nuncupatus sit. Sic Caroli Martelli successores Martelli cognomen non usurpatere, &c. C'est en la Vie d'Ateius Capito. Ainsi Milcolombe III. Roi d'Ecosse, fut surnommé Camore, à cause de sa grotte tête : car CAN, en Ecosois, signifie tête, & MORE, grand. Et à ce propos il est à remarquer, que les anciens François imposoient d'ordinaire les surnoms de quelque défaut corporel, comme l'a fort bien remarqué Buchanan, livre VII. de son Histoire d'Ecosse, en la Vie de Milcolombe III. de qui nous venons de parler : Sum qui tradant, cum primum captum ut nobiliores ab agris cognomina sumerent; quod equidem falsum puto, cum ea consuetudo ne nunc quidem apud priscos Scotus sit receptu : totaque tum Scotia prisco sermone & infinitus uteretur. Loco vero cognominis, more Gratarum, parris nomen proprio subjectibant : aut ex eventu aliquo, notave corporis aut animi, vocabulum affingebant : eumdemque tum fuisse morem Gallis, indicant illa regia cognomenta Crafi, Calvi, Balbi : item, multarum nobilium in Anglia familiarum cognomina : eorum maximè qui circuidem hac tempora Gulielimum Normanum fecuti, in Anglia sedes posuerunt. Apud reliquos etiam Gallos sero mos cognomina ab agris ducenti receptus videtur, ut ex Frosardi, Scriptoris minime commendii, Historia intelligi potest. Les Ecosois uient encore à présent de capet, pour tein, opiniatre, ce que j'ai appris de M. Salmonnet, avec plusieurs autres choses plus considérables : & ce qui ne confirme pas peu l'opinion du Président Bertrand. Je ne la tiens pourtant pas pour véritable ; ce mot de capet, selon notre Langue, n'ayant pas la terminaison d'un augmentatif. Et je suis de l'avis de M. Bely, qui dans son Histoire des Comtes de Poitou, page 48. dit que Hue Capet, depuis le jour de son Sacre ne porta jamais de couronne, se contentant du titre Royal, comme il se voit dans Robert d'Aulferre, & qu'il fut surnommé Capet, à cause qu'il portoit toujours un chapeau. ¶ Capa, capetta, capetus, CAPET. Il est vrai qu'il se trouve à Saint Maur les Fosses pres de Paris, un ancien Titre avec un seau, on est l'effigie de Hue Capet couronnée : mais à cela on peut dire qu'on représente ordinairement les Rois dans leurs seaux, comme ils sont vêtus le jour de leur Sacre, & non pas comme ils le sont dans leur à tous les jours. M. P 13 Le vrai surnom de ce Roi n'étoit pas Capet, mais Capuce, Hugo Capucini : & c'est ainsi qu'il est appelé par tous les Moines qui ont écrit l'Histoire de son temps. Il fut surnommé Capuce par forme de isobrique, notamment par les Moines, à cause que, selon l'abus du siècle, il possédoit plusieurs Abbayes, même-t-il celle de Saint Germain des Prés, déjà auparavant occupée par Hugue le Grand son père, & Robert son ayeul, qui eurent sous eux les appelles Doyens, Remy, Abbon, Gosmar, Gofbert, Abbon, Herry, Hubert Gauthier, Albert, jusqu'à ce que Hue Capet étant devenu Roi de France, un nommé Gualon, Vualon ou Vualdon reprit le titre d'Abbé. Ainsi appelloit-on ce Hue du surnom de Capuce, à cause que possédant des Abbayes, il devoit porter capuce en tête, non henaume, ni morion. Et pour cette cause il est appelé Abbi-Comes ou Abbe-Comte par la dix-septième des Epîtres de Gerbert, qui fut premièrement Précepteur du Roi Robert fils de ce Hue Capet, puis Archevêque de Rheims, & ensuite Archevêque de Ravenne, & enfin Pape, sous le Titre de Sylvestre second. Le Duchat.
CAPETTES. On appelloit ainsi les Boursiers du Collège de Montaigu, parce qu'ils portolent de petites cagnes. Hues.
CAPHARNAUM. Nom d'une Ville de la Terre Sainte dans la Tribu de Nephtali. Cette Ville est célèbre dans l'Évangile par l'honneur qu'elle a eu d'être la demeure la plus ordinaire de J. C. pendant les trois années de sa prédication. Le Texte Grec, & les Versions des Protestans, qui le suivent, portent Capernaum. La Vulgate dit Capharnaum, qui est plus conforme à l'étymologie Ebraïque ; car ce nom est Ebreu : mais il peut avoir deux différentes significations, suivant la différence maniere de l'écrire. En effet si on l'écrit avec un v au dans la dernière syllabe, il signifiera village agréable ; & si on l'écrit avec un n hberh, comme dans la Version Syriaque, il signifiera village de confellation. Le mot Ebreu ne sephar veut dire village ; ou naam, être agréable ; ou nisham, confoler.
CAPI-AGA, ou CAPI-AGASSI. Nom d'un Officier Turc, qui est le Commandant des portes du Serrail, ou le Grand-Maître du Serrail. C'est la premiere dignite des Eunuques blancs. Ce nom est composé de deux mots Turcs, de capi, qui veut dire porte, & de aga, qui signifie un homme puillant, un Seigneur, un Commandant, un Capitane. De capi est formé capigi, qui signifie un Portier du Serrail, & le chef de ces Portiers se nomme en Turc Capigi, Bachi.
CAPILOTADE. Les Italiens disent capirota, capirotada, & capirotata. Vénéroni dans son Dictionnaire Italien, explique ainsi en Italien le mot François capitolade : Capirotada, capirotata : insinuace per caponi, permici, e simili, tagliati in pezzi : ce qui donne sujet de croire qu'il a cru que ce mot a été fait de celui de chapon : & il est vrai qu'il en a été fait. Capus, capi, capirus, capirotus, capirota, capirotada, capilotade. Les Espagnols, disent aussi capirotada : que Covarruvias tire ridiculement de capirote, c'est-à-dire, couverture. Capus & capo est la même chose. Rabelais iv. 40. & 59. a écrit capirotade. ¶ M. de Cafeneuve derive capirotade de unvoies qui signifie brûlant, dont unvoies dans Athénée, pour une sorte de gâteaux. Cette étymologie n'a pas mon approbation. M.
CAPISCOL. On appelle ainsi en Provence & en Languedoc le Doyen des Eglises Cathédrales. De caput schola. Scaliger dans sa Lettre 185. De militiarum scholis, hoc cervi scias, quod in artificio erat collegium, id in militis fuisse Scholam. Schola autem proprii corpus erat militum, quod ad caput certum referebatur. Itaque in centuria militari erant decem Decuria, qua olim Tabernacula dicebantur. Unaquaque Decuria, qua ex decem militibus conflabat, ad suum caput referebatur, quem Decanum vocabant : aliter autem, Caput Scholæ, Hodie qui rei vestigia in Collegii Ecclesiasticis, seu, ut vocant, Canonici exsant. Nam decimum Collegii, alii Decanum, alii Caput Scholæ vocant. Itaque in tota Provincia Narbonensi, & meliori parte Italia Decanum CAPISCHOL, hoc est, Caput Scholæ, vocant. M. Il valoit mieux prendre la notion de ce mot dans du Cange pour ce qui regarde l'Ecclésiastique ; c'est le Préchantre ou Préchanteur.
CAPITAN-BACHA. C'est le nom de l'Amiral Turc ou du Bacha de la mer. Quelques Dictionnaires mettent aussi Capoutan Bacha ; mais nous ne parlons jamais ainsi en François : on dit toujours Capitan Bacha. Les Turcs disent Capoutan Bacha. Ce mot ne vient point de capi ou capon, qui en Turc signifie porte, mais de l'Italien Capitano, fait du Latin caput. La Langue Italienne a beaucoup de cours depuis long-tems dans la Grece & les Etats du Grand Seigneur ; & le terme Capitano y étoit en usage avant que les Turcs fuissent maitres de Constantinople. Sous les Empereurs Grecs ce nom se donnoit aux Gouverneurs de Provinces, qu'ils envoient en Italie.
CAPITANATE. Nom d'une Province du Royaume de Naples. C'est l'Apulia Daunia, ou une partie de l'Apulia Daunia des Anciens. Elle est appelée Capitanate, de l'Italien Capitano, depuis que l'Empereur Basile y envoya un Gouverneur, auquel il donna le titre de Capitano, c'est-à-dire, Capitaine, mot formé du Latin caput. Voyez l'article précédent.
CAPITATION. De capitatio. Salvien, liv. 5. de la Providence : Cum possesio à pauperculis re-cesserit, capitatio non recedit, proprietatibus carent, & vestigatibus obruntur. M.
CAPITOLE. Nom d'une montagne ou colline de Rome, fameuse par le Temple de Jupiter, qui en étoit le plus remarquable, par les trois noms qu'elle eut successivement, & par la mention fréquente qu'en ont fait les Poètes pour désigner la Ville de Rome par une de ses plus importantes parties. Le Capitole s'appelloit dans les commencements Mont Saturnien. Ensuite, c'est-à-dire, durant la guerre des Sabins contre Romulus, il fut nommé Tarpeien, du nom de Tarpeia, qui étant fille d'un Romain distingué commis à la garde de cette montagne, la livra aux Sabins. Il fut enfin nommé Capitole, ou mont Capitolin, du mot Latin caput, parce que sous le règne de Tarquin le Superbe, lorsqu'on y censoit bien avant dans la terre pour jeter les fondemens de plusieurs édifices, on trouva une tête d'homme, qui parut toute fraîche, ce qui donna sujet de consulter les Devins.
CAPITON. Soie non retorte. De l'Italien capitano, qui signifie la même chose. Voyez Vénéroni dans son Dictionnaire Italien. M.
CAPITOUS. On appelle ainsi les Echevins de Toulouse. M. Hauteferre, livre 3. des Choses Aquitaniques, chap. 4. Clarives etiam urbis Aquitania & Gallia sus Consules habuere, Roma urbis amule. De Burdegala, restis Anfonius : Diligo Burdigalam : Romam colo : civis in illa, Consul in ambabus. Justitos vocitant Burdegalenses. Habet hodieque Tolosa suos Consules, qui Capitolini vocantur; veteribus tabulis Capitulares, vel Domini de Capitulo; quod nomen barbarum non est, sed meri Romanum. Capitulanos dixit Symmachus, pro exactoribus prabitionis tyrorum : Capitularios horreariorum & tabernariorum, Caffiodorus, procuratoribus horreorum publicorum & tabernarum. Denique omnes fere Civitates Gallia suis reguntur Scabinis, seu Consulibus, quorum plerique jurisdictione temporali petiuntur, ut nonum etiam ipsis Pontificibus. Nonnulla etiam Civitates Aquitania & Gallia jus eligendi quemdam Magistratum, qui Major vocatur, LE MAIRE, prisca libertatis specimen incolume tuentur. Capitulare Caroli Magni : Ut Presbyteri, neque Judices, neque Majores fiant. Hoc jure latantur Bituriges, Burdegalenses, Pilaviennes : hoc jure superbierunt etiam Revelani, ad quos pertinet inscriptio Decretalis Epistola Honoris III. MAIORI ET BURGENSIBUS DE RUPELLA : sed eo, per scelus, excidere. ¶ On dit à Toulouse : Cil de Noblesse a grand titoul, Qui de Tolose est Capitulo. Dans les Lettres-Parentes que Louis Hutin fit expédier à Paris le 1. d'Avril 1315. en faveur des gens des Trois Ordres de la Province de Languedoc, lesquelles font au Trésor, des Chartres, Lapette Ligue des Nobles, les Capitous de Toulouse font appellés Capitularis : Item, cum percerent, nullum, qui villa Tolosa Consul, sive Capitularius, aut Decurio sit, vel fueris, aut filius ejusdem, pro aliquo crimine sibi imposto, illo dumaxar laſa Majestatis excepto, quaſtimibus ſubjici, cum de jure & uſu, vel antiqua & approbata conſuetudine, in ſimibus gaudeant ea, ut afferunt, libertate : conceſſimus & volumus, quod nullus de catere, qui dicta villa Tolosa Capitularius, Consul, vel Decurio, vel ejus filius sit vel fueris, quaſtimibus pro crimine ſibi imposto, ſupponatur contra jus, vel conſuetudinem juri conſonam, antiquam & approbatam, niſi pro dicto crimine laſa Majestatis, vel alio caſu, a jure ſpecialiter permisso, de quo habeaturvehemens ſuſpicio contra cum. M. Rabelais, livre 1. chapitre 16. a appellé Capitolyle Palais du Roi Picrochole. Je ne ſais s'il a entendu par la la Maison de Ville de Toulouse, ou quelqu'autre Maison de Ville. De caput, dans la ſignification de chapitre, on a fait capitulum, mot de la même ſignification. Et je ne doute point que ce ne ſoit de capitulus, diminutif de capus, que peut-être on aura dit pour capum, que vient le mot capitulus. Les Capitulis de même que les Echevins des autres Villes, étant proprement de petits chefs de la bourgeoisie, chacun dans la paroisse ou dans ſon quartier. Voyez ci-deſſous au mot Echevin. Le Duchat.
CAPITULAIRES. Comme quand on dit, les Capitulaires de Charlemagne, les Capitulaires de Charles le Chauve. De Capitularia, fait de Capitula, qu'on a dit des Canons & des Decrets des Conciles. M.
CAPITULER. C'est tranſiger ſur certain nombre d'articles, dont chacun fait un chapitre. Voyez l'Histoire de notre tems, &c. in-8°. 1570 pag. 356. Le Duchat.
CAPORAL. De l'Iralien Caporale. L'ancien mot François étoit Corporal. Henri Etienne, dans ſes Dialogues du Nouveau Langage François Italianiſe, imprimés à Anvers en 1579. Nous avions un Corporal, qui tenoit encore bon, & avoit opinion qu'il ne ſeroit pas chaſſé : oſtimant que celui qu'on nommoit Corps de Garde, lui porteroit ſaveur. Mais un je ne ſay quel Caporal vint portant des Lettres de recommandation de M. Capo, par le moyen deſquelles il ſue bien reçu, voire chéri & careſſé. Et peu de tems après la place de ce Corporal, qui eſtoit naſif du pays, fut baillie à cet eſtranger Caporal. M.
CAPOT. Voyez capot. M. CAPPARAÇON. Couverture de cheval. De cappa. Cappa, cappa, capparacius, capparacio capparaciens, capparacione; CAPPARAÇON, d'où le verbe capparaçonner. Voyez cappe. M. Rabelais au Prol. du liv. 4. Mais que ferons-nous de ce Rameau & de ce Galand, (Ramus & Galandus) qui caparaſſonez de leurs marmitons, ſuppoſs & aſtipulateurs, brouillent toute cette Académie de Paris ! Caparaſſonez, c'eſt-à-dire, entourés pour l'ornement. On a dit auſſi caparençon; du moins lit-on ce mot dans Amyot, liv. 3. de ſa traduction de l'Histoire Ethiopique, pag. 170. de l'édition in-16. à Lyon, chez Huguetán, 1589. Le Duchat.
CAPPE. De Cappa. Iſidore : Capitulum; quod vulgo capitulare; vel quod duos apices, ut liter. cappa, habeat; vel quod ſit capitis ornamentum. Hinc (ce font les paroles de M. de Saumaſie, ſur l'Histoire Auguste, pag. 390.) CAPPAS hodieque palliola, quibus mulieres caput tegunt; & capellas, vel capulas, noſtros pileus, quibus ad caput tegendum utimur, vocare conſurvimus; in vii naſſus; diminutivum caſſivus. Héſychius: caſſivus, ſuſurv. Voyez Wars, dans ſon Gloſtaire. Et Voſſius de Vitiis Sermonis, liv. 3. chap. 3. où il dérive le mot Latin cappa de l'Alleman kappe : lequel il dérive de caput. Le P. Sirmond, ſur l'Epître 3. du liv. v. de Geoffroy, Abbé de Vendôme, eſtime que capa a été dit a capiendo. Sic dicta videtur capa, ut capis, poculi genus, & capulum, ſen manubrium, ſen feretrum, a capiendo. Unde & capella. Au lieu de capella, on a dit auſſi capellus, qui ſe trouve dans Mathieu Paris; dont nous avons fait chap. 4. De cappa, les Eſpagnols ont fait l'augmentatif capparaçon; comme qui diroit grande cappe : lequel mot nous avons enſuite empuſté d'eux, comme l'a remarqué le Préfident Fauchet, liv. 1. de l'Origine des Armoiries. Voyez chaperon & capparaçon. M.
CAPPE. Pour éclaircir davantage l'étymologie de ce mot, je joindrai ici ce que dit Wachter dans ſon Gloſſ. German. au mot Kappe. Voici ſes paroles. KAPPE, tegumentum. Gloſſ. Pez. Operimento chappa. Idem Gracis eviens, a eviens tego. Cunſla ab Hebrao chapha tegere, operire, judice Martinio. Hic primus vocis ſignificatus, a tegendo, uti patet, deſumptus, & antiquius omnibus corporis tegumentis, ſacularibus & ſacris, virilibus & ſarmineis communicatus. Quod nunc per inductionem oſtendam, ſallo a capite initio. KAPPE, tegumentum capitis. Dicitur antiquius, primo de mitra, qua hemiſphariti inſtar verticem tegit. Inde Latino-Barbaris capellus, a diminutivo kapelein. Secundo de p. leo. Hinc pileus Cambris dicitur cap, cappan. Aeglosax. cappe, Gallis chapeau. Tertio de galero. Inde Graeis aurobo, quod apud Hefychium exponitur galea e pilis. Nugantur qui hac & similia a capite vel capillis deducunt. KAPPE, velamen capitis, sive tunica aut chlamydi asutum sit, ut olim, sive a reliqua vestitu separatum, ut hodie. Graeis inf. u. v. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. On voit par ce long passage, que le mot cappe est essentiellement le même en Grec, ancien & moderne, en Latin-Barbarés, en Langue Cambrique ou Galloise, qui est un reste de l'ancienne langue Bretone, en Anglo-Saxon, en Alleman, en Italien, en François. Le verbe bhaphab en Ebreu, signifie couvrir, cacher. Il en est de même en Syriaque & en Chaldéen. non bhaphaph en Ebreu & en Chaldéen a la même signification. non huppab en Ebreu veut dire obrectio, thalamus. non bhippoue en Chaldéen obductio, operimentum, tegumentum. Les Arabes ont le verbe bhaffa, qui signifie entre autres choses couvrir d'un habit. Le n bis des Langues Orientales a été changé en k dans les autres langues. Je conclus de tout cela que l'origine de cappe est très ancienne, puisqu'on reconnoit ce mot en tant de différents langages. De là sont venus les termes François chape, chaperon, chapel, chapel, capote, capel, capet, & autres semblables. CAPPE-DE-BEARN: à cause que les Béarrois ont introduit l'usage de cette sorte d'habillement. M.
CAPPRE. De capparis, fait du Grec u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u. u.
CAPRIOLE. Voyez cabriole. M.
CAPRON. Les Jardiniers appellent caprons les grosses fraises. Lobel, dans ses Observations, pag. 196. les appelle chapirons: Fragaria, & fraga majora alba, Gallobeigis des chapirons. Capron, est une contraction de capiron: mais je ne fais ce que c'est que capion, si ce n'est un diminutif de l'Italien capo, qui signifie tête. Capus, capirus, capiro, capirone, CAPIRON. De la ressemblance de ces fraises à une petite tête. M. Ces fraises sont appelées caprons à cause de leur aigreur approchante de celle des cappris. Succus est vinous cum gratia acerbitates, dit Jo. Bruyerin. de re cibaria, liv. ii. ch. 11. pag. m. 198. où il parle des fraises. Les Italiens, qui appellent fragola marina notre capron, appellent de même marine & marinette des cerises aigres, ou comme nous dirions, mariniés. Le Duchat.
CAPROTINE. Du Latin Caprotino. Epithète que les anciens Romains donnoient à Junon & aux Nones du mois de Juillet. Après que les Gaulois eurent quitté Rome, les peuples voisins croyant que la République étant épuisée ils pourroient aisément se rendre maîtres de la ville, vinrent se présenter devant sous la conduite de Lucius, Dictateur des Fidenates. Il fit demander aux Romains leurs femmes & leurs filles. Les esclaves, par le conseil d'une d'entre elles, nommée Philotis, prirent les habits & les ornemens de leurs maitres, & allierent se présenter à l'ennemi, qui les prenant pour les Romains qu'il avait demandées, elles furent distribuées dans tout le camp. Elles feignirent célébrer ce jour la une fête, & exciterent les capitaines & les soldats à se réjouir & à bien boire. Ensuite quand ils furent enlevés dans le sommeil elles donnerent le signal à la ville de dessus un figuier sauvage, nommé en Latin capris us. Les Romains aussi-tôt fondirent sur leurs ennemis, remplirent le camp de carnage, récompensèrent le service de leurs esclaves de la liberté, & d'une somme d'argent qu'on leur donna pour se marier, & instituèrent une fête à Junon, qui, en mémoire du figuier sauvage du haut duquel le signal avait été donné, fut surnommée Caprotine; & le jour que Rome fut ainsi délivrée, & qui étoit les Nones de Juillet, Nones Caprotines.
CAPUCINE. Plante qui nous a été apportée des Indes, & qu'on a nommé en François capucine, à cause que le calice de sa fleur est terminé à sa partie postérieure par un éperon creux, qui ressemble au capuchon d'un Capucin. CAPUCINS: car c'est ainsi qu'il faut dire, & non pas CAPUCHINS: Religieux de S. François: ainsi appelées de leur capuchon. Plusieurs Religieux de l'Observance ayant obtenu du Pape Clément VII. la permission de mener une vie solitaire, avec pouvoir de recevoir des Novices dans la forme ancienne & dans l'habit de S. François, se retirerent des Religieux de l'Observance. Le Général de l'Observance ayant eu avis de cette Bulle, fut à Rome pour la faire révoquer, où il obtint, sur sa Requête, une excommunication contre ces particuliers. Ces particuliers s'enfuirent dans des déserts, où ils se firent appeler Fratres minores de Vita Eremitica. Quelque tems après, ils s'assemblèrent dans la Calabre sous la protection de Ferrand Caraffe, Duc de Nucérie; où ils tinrent un Chapitre, dans lequel ils élurent Louis de Folsembrun pour Vicaire Général, & Louis de Regge, pour Vicaire Provincial. M.
CAPYROTADE. C'est une soupe mêlée de fromage & autres friandises, laquelle se mange bien chaude. Et c'est pourquoi elle est ainsi appelée, de *xenogic*, qui signifie *tralanc* : & c'est ainsi que les gâteaux, & autres pièces de four, qui doivent être mangées bien chaudement, sont appelées *xenien*. L'ancien Gloffaire : *Kawogis*, *crusum*, *Kawogis*, *crusum*. Et dans Athénée, livre 3 : *xenies* & *xenopilus*, sont des espèces de gâteaux. *Cafeneuve*. On ne dit plus *capyrotade*, mais seulement *capitotade*. M. Menage, ci-dessus au mot *Capitotade*, a désapprouvé, & avec raison, l'étymologie de M. de Cafeneuve, qui dérive *capyrotade* du Grec *xenogic*. Pour lui il croit & il assure, que le mot *capitotade* vient de celui de *chapon*, & il l'en tire à l'ordinaire par une longue chaîne qu'il forme à sa volonté. Mais je ne sais si cette étymologie vaut beaucoup mieux que celle de M. de Cafeneuve. J'aimerais mieux dériver *capitotade* du verbe Latin-barbare *capitare*, ou *scapellare*, qui signifie couper par morceaux. Ce verbe vient apparemment de la Langue Tcutonique. Les Allemands & les Flamans, disent dans le même sens *kappen*, les Anglois *chippe*, les François *couper*. En Grec c'est *xenon*, & à l'Aoriste second *xenon*. Les Perses appelloient *copis* une épée qui frappe de taille, & non pas d'estoc. *Kens*, en Grec signifie une faulx, une épée, une hache; *xen* une coupure, une incision; *xen* en dialecte Eolique, une épée. *Capo* en Latin, d'où le François *chapon*, est un coq coupé; aussi les Allemands le nomment ils *kapp-han*, c'est-à-dire, *capitatus gallus*. *Cap* en Anglo-Saxon, signifie une poutre, un bois taillé; *kapp-mes* en Flaman, un couteau; *chip* en Anglois, un copeau, un morceau de bois; *chip-ax* une hache, une doloire; *kipper* en Allemand, un coupeur ou rogneur de monnole. De la même source vient le François *coup*, en Latin *litus*; & aussi *cep* un farment, une branche de vigne coupée; & *cipp* un tronc d'arbre, ancien mot Gaulois dont César fait mention. Les lettres *k* & *c* se mettent aisément l'une pour l'autre; voyez Wachter, dans son *Gloff. German*, au mot *Kappen*. On peut juger de tout ce qui vient d'être dit, que le mot *capitotade* n'a pas été formé de celui de *chapon*; mais que ce dernier a la même origine que *capitotade*.
CAQUE. Nicot : CAQUE, est une espèce de *futille*, qui contient le quart d'un muid, & est à vin, à eau, à poisson salé, à poix noire, à poix résine, & autres choses, comme on s'en veut servir : Cadus : duquel on estime ce mot François être venu. Mais le cadus des Latins estoit fait à la façon d'une pomme de pin, & de terre cuite, comme on peut comprendre du liv. 17. chap. 4. & du liv. 32. en Pline : selon la déscription duquel le cadus estoit de la façon de la Tinaja des Espagnols, ou de la Vettina de Reme. Aucun ont pensé que ce mot caque vient du Latin cacabus : d'autant par aventure que l'Allemand dit kakhel, pour cacabus. Mais les significations sions des deux mots cacabus & caque, n'ont rien de commun. La mesure & sauge dudit caque est de dix-huit septiers par l'Ordonnance des jauges. ¶ De cadus. Cadus, cadicus, cacus, CAQUE. M.
CAQUEROLES. Rabelais, liv. 3. chap. 2. Quand étoit bonne année de Caqueroles & Hanettons de requêtes. Ant. Oudin, dans son Dict. Fr. Ital. explique ce mot par *conchiglia* à *limace di mare*, coquilles ou limaçons de mer. Mais je ne sais d'où vient *caquerole*, si ce n'est peut-être de ce que ce coquillage lâche le ventre. Rondelet, dans son Histoire des Poissons, liv. 3. ch. 13. parlant du poisson que Pline nomme *mama*, & qu'en France, lui avant les différentes Provinces, on appelle tantôt *mendole*, tantôt *jufele*, & tantôt *cagerel*, lequel mot Jo. Bruyerin. De *re cibaria*. liv. 20. ch. 7. a rendu en Latin par *caracola*; prétend que ce poisson a été appelé de la sorte par quelques-uns à caule qu'il lâche le ventre à ceux qui en mangent. En Languedoc, on appelle *caqueroles* ce qu'à Paris on nomme *moules de mer*. Le Duchat.
CAQUET. Pasquier, VIII. 6. Je ne veux oublier le coquetier des *cocs* & *pouies* : qui est le langage dont ils nous rompent la tête quand ils s'entressent l'amour, & dont nous avons formé, par une belle métaphore, caquetier, lorsque quelques habillards nous repaissent de paroles vaines : & de-la *mesme*, les *médifans* ont appelé le caquet des femmes. *Mesme* que l'on appelle une femme Coquette, qui parle beaucoup sans sujet. M.
CAQUETER. Dire & parler beaucoup. Les François ont retenu ce verbe de l'ancien Teudifique. Kéron, en son Gloffaire-Latin-Teudifique : *Dicatur*, *kiphurum* : dict, *kiphurum* : dicitur, est *kiphurum*, *dicto versu*; *cachuetan*, *verso*. Cafeneuve.
CAQUEUX. Il y a en Bretagne une certaine espèce de gens, que le reste du peuple a toujours regardé avec une extrême aversion, prétendant que c'est un reste des Juifs, & qu'ils sont tous infectés de lèpre de pere en fils. On les nomme *Caqueux*, *Cacobus*, & ils exercent ordinairement le métier de Cordier. Hevin, avant Jurisconsulte, a fait voir de nos jours, que cette aversion étoit mal fondée, & a obtenu un Arrêt de Parlement en leur faveur : mais il est difficile d'ôter cette prévention de l'esprit de la plupart des Bretons. Il y a même plus de 150. ans que les Evêques, dans la même prévention, ont ordonné que les *Caqueux* se tiendroient au bas des Eglises, & ne baiseroient la paix qu'après tous les autres, & ils leur ont défendu, sous peine de cent sols d'amende, de toucher aux vaies de l'autel. Dans les Registres de la Chancellerie de Bretagne de 1473, il y a un mandement contre les hommes & femmes nommés *Caqueux*, auxquels il est fait défense de voyager dans le Duché sans avoir une pièce de drap rouge sur leur robe, pour éviter le danger que pourroient encourir ceux qui auroient communication avec eux faute de les connoître. De plus, il leur est fait défense de se mêler d'aucun commerce que de fil & de chanvre, & d'exercer aucun métier que de cordier, & aucun labourage que de leurs jardins seulement, à peine de confiscation : défense à tous sujets de leur vendre autre marchandise que fil & chanvre, & de leur affirmer aucun de leurs héritages, à peine de confiscation & autres rigueurs. Cette dernière défense est modérée pour les *Caqueux* de l'Evôché de S. Malo par une Ordonnance de 1477. Voyez Lobineau, Hist. de Bret. tom. 1. pag. 847. & tom. 1. pag. 1350. & 1610. Si l'on compare maintenant ce qui vient d'être rapporté des *Caqueux* avec ce qui a été dit ci-deffus touchant les *Cagots* à l'article *Cagots de Bearn*, il fera facile de s'apercevoir qu'ils ne diffèrent pas beaucoup les uns des autres, ou plutôt qu'ils ne diffèrent point du tout. On voit en effet, que les *Caqueux* & les *Cagots*, sont également l'objet de l'aversion publique, & les malheureuses victimes du préjugé populaire, qu'ils sont également accusés d'être infectés de lepre, également obligés de vivre séparés des autres hommes, & également bornés à exercer seulement certaines professions; de sorte qu'on ne fauvoit presque douter qu'ils n'aient tous deux la même origine; & il y a grande apparence qu'ils descendent de ces *Satraïens* qui restèrent en France après leur défaite par Charles Martel. Quant au nom de *caqueux*, il est au fond le même que celui de *cagots*. La différence de terminalisation ne fait rien ici; & le Q & le G étant des lettres du même organe, se mettent facilement l'une pour l'autre dans toutes les langues. On fait d'ailleurs, combien le même nom, soit par la longueur du tems, fait en paillant par la bouche de différents peuples, éprouve d'altérations. C'est ainsi qu'au lieu de *cagots* on a dit aussi *capots*. L'étymologie de *cagots* est donc la même que celle de *caqueux*; & comme ces deux noms sont indubitablement des termes d'injure & de mépris, je tire cette étymologie du Latin *cacatus*, qui est la même chose que le *cacagatus* de la Loi Salique, duquel M. de Marca fait mention en parlant des *cagots* de Bearn. En Gascogne au lieu de *cacare*, on lit *caga*; ce qui convient avec la prononciation de *cagots*. D'un autre côté les *caqueux* de Bretagne sont appelés en Latin *cacof*, mot qui ressemble très bien à *cacati*. De savoir maintenant pourquoi le mot *cagot*, en le supposant dérivé de *cacatus*, ainsi que *caqueux*, a été ensuite employé pour signifier un hypocrite, un faux dévot, c'est ce qui n'est pas aisé. On peut dire néanmoins que cette signification est venue vrai-femblement de ce que les *Cagots* étant obligés de vivre dans un état d'humiliation & de dépendance, ils furent aisément regardés comme des gens qui pour gagner la bienveillance de ceux parmi lesquels ils habitoient, affectoient des dehors de piété & de soumission. Les hommes sont naturellement portés à interpréter en mauvaise part les actions des autres; & les significations des mots viennent souvent de certaines idées bloatres & mal fondées. Voyez ci-deffus *Cagots de Bearn*. C A R. Budée, Henri Etienne, Jean Picard, Pétrion, Lancelot, & les autres Hellénistes, le dérivent du Grec 7$^{a}$. Il vient du Latin *quare*: & c'est pour cela que nos Anciens l'écrivoient par un Q: *quar*. Dans les Libertés de l'Eglise Gallicane, tom. 1. pag. 134. & 135. *Quar nul plus sage & plus fort n'y soufflissent pas*, &c. *Quar il queroit son profit & sa volenté*, &c. *Quar oncques par sey, ne par autre, ne regarda*, &c. *Quar qui folie dit, folie doit oir*, &c. *Quar si Boniface pour sey*, &c. Anciennement ces mots *quamobrem, quamquam, quando, quare*, &c. se prononçoient *camobrem, cancam, cando, care*, &c. Voyez mes Observations sur la Langue Françoise, tom. 1. ch. 1. Le P. Labbe a fort bien remarqué que le 7$^{a}$ des Grecs ne commence jamais la période, & que le *quare* des Latins la commence toujours. M. C A R. B. S. Succin ou ambre jaune. Ce mot nous est venu de l'Arabe *cabraba*, qui signifie la même chose, & qui a été pris du Persien *cabrubah*, mot composé de *cah*, qui veut dire *palea*, & de *rubah*, qui veut dire, *rapiens* ou *atrahens*. Les Grecs appellent le succin *arqueo-qui*, qui enlève la plume. C A R. B. N. Ce mot signifie deux choses: du blé *farafin*, & un Cavalier. L'origine de ce mot en ces deux significations, ne n'est pas connue. M. de Médon, Confeiller au Présidial de Toulouse, parle ainsi de l'origine de ce mot, en la seconde signification, dans une de ses Notes marginales sur les Origines Françoises de M. de Caïeneuve: *Les Carabins sont des Arquebofiers à cheval, qui vont devant les Compagnies des gens de guerre, comme pour reconnoître les ennemis, & les escarmoucher. Je croy que nous avons emprunté ce mot des Langues Orientales. Jean Leunclavius, dans le Vécabulaire des mots Turcs & Persans, qu'il a mis à la fin de son Histoire Musulmane des Turcs: CARAVUII, speculatores; exploratores*. M. Je crois que les *Carabins* sont proprement cette milice appelée *Calabriens* dans la Chron. Scandal. sous l'année 1465. où il est parlé d'elle comme faisant partie de l'armée du Comte de Charolais pendant la guerre du bien public. On les aura appelés *Carabins* par corruption pour *Calabriens*. Jean, Duc de Calabre, étoit leur Prince & leur chef, à tous allarmes toujours le premier armé, dit Commines, liv. 1. ch. xi. Aussi servoient-ils principalement pour reconnoître l'ennemi & pour escarmoucher. Le Duchat. C A R. B. N. Quoiqu'il soit parlé dans la Chronique Scandaleuse, d'une milice appelée les *Calabriens*, & quoique ce nom ait quelque ressemblance avec celui de *Carabins*, il ne s'enfuit pas de-là que les *Calabriens* fuissent la même chose que les *Carabins*, & que ce dernier nom ait été corrompu de l'autre. Ainsi je ne saurais goutter cette étymologie. Gaja, dans son *Traité des armes*, croit que le mot *Carabin* vient de l'Espagnol *cara*, qui signifie visage, & du Latin *bius*, qui signifie double, comme qui diroit, gens à deux visages, à cause de leur manière de combattre, tantôt en fuyant, & tantôt en faisant volte face. Cette étymologie n'a pas la moindre vraisemblance. Wachter, dans son *Gloff, German*, au mot *Kerkner*, approuve l'opinion de Ferrari, qui dit que *Carabino* est un terme Alleman. Pour lui il le dérive de *cearfan*, ancien verbe Saxon, qui signifie tuer, & dont Bensonius fait mention; en sorte que, selon Wachter, *Carabin*, signifie proprement *incerfèllor*. Pour moi, quand je considère que les *Carabins* étoient des troupes qui alloient devant les compagnies des gens de guerre pour reconnoître les ennemis & les harceler dans leurs poètes; qu'ils servoient à se saisir des passages, & à charger les premières troupes que l'ennemi faisoit avancer; j'aime mieux dériver ce nom d'un mot des Langues Orientales qui lui ressemble parfaitement, & qui exprime très bien la principale fonction des *Carabins* qui étoit de s'avancer les premiers contre les ennemis & de les attaquer. Ce mot est l'Ebreu *ברק karab*, qui signifie s'approcher, & combattre. De-la *ברק karab*, qui s'approche: *ברק karab* : approche, attaque, combat. Les Chaldéens, les Syriens, ont le même verbe, & dans la même signification de s'approcher cher cher & de combattre ; les Arabes dans celle d'approcher. Ainsi *Carabin*, selon cette étymologie, sera comme qui diroit *acceffer*, un homme qui s'approche, qui s'avance, soit qu'on tire ce mot de l'Ebreu, ou du Chaldéen, ou du Syriaque, ou de l'Arabe. *
CARABINE. C'est l'arme que portent les Carabins : d'où elle a été ainsi appelée. M.
CARACALLE. Summ de Marc Aurele Antonin Baffien, Emperieur Romain. En Latin *Caracalla*. Ce Prince eut ce surnom, à cause d'une sorte de vêtement, appellé *caracalla*, dont il fut l'inventeur, selon Spartien & Xiphilin, qui disent qu'il le donna au peuple, & ordonna que les soldats le portaient. D'autres entendent seulement qu'il l'apporta des Gaules. Saumaise sur Spartien, Scaliger, Paradin, Hist. de Lyon, liv. 1. ch. 34. & apres eux du Cange, croyent que c'est de-là qu'est venu le mot de *cajaque*, qui s'est dit pour *caragne*. La *caracalle* avoit un capuchon. Le peuple l'appelloit Antoninienne, à cause que le Prince qui l'avoit donnée, avoit pris le nom d'Antonin. *
CARACATAY. Grand Pays de l'Asie Septentrionale, au nord & à l'occident de la Chine. Quelques Géographes d'Europe l'ont pris pour le Catay, & se sont trompés faute de savoir que le Catay est la Chine même. Le nom de *Caracatay* fut donné à cette partie de la Scythie après une guerre furieuse que les Scythes firent aux Chinois. Ceux-là eurent d'abord le dessus, & enfles de leur succès, ils pénétrèrent dans la Chine. Mais ayant perdu une bataille considérable, ils furent obligés d'en sortir, & de se retirer chez eux. Le Roi de la Chine, pour ne pas perdre le fruit de sa victoire, fit poursuivre ses ennemis par deux Généraux d'Armée, qui les vainquirent & les réduisirent entièrement sous son obéissance. Et de peur que les Scythes ne se révoltaient, il leur donna pour Cans ces deux Généraux, qui firent bâtir des Forts & des Villes, pour des troupes & des colonies Chinoises qu'il y envoya. Lorsque le Roi de la Chine, établit ces deux Généraux dans cette Scythie, il la nomma *Caracatay*, lui donnant le nom de son pays pour marquer l'acquisition qu'il en avoit faite, avec l'épithète *cara*, mot Tartare & Turc, qui signifie noir, pour distinguer les deux Pays. Cependant on les a confondus, sans considérer l'Épithète qui en fait la différence, & sans songer que le *Caracatay* est stérile & désagréable, au lieu que le *Catay*, c'est-à-dire, la Chine, est beau & rempli de toute sorte de biens. *
CARACHE. C'est le tribut que les Chrétiens payent au Grand Seigneur. De l'Arabe *karatch*, qui signifie *tribus*. M. Le terme Arabe d'où vient *Carache*, c'est *kharage*, ou *kharage*, & non pas *karatch*. Et ces mots sont formés du verbe *kharagta*, qui signifie sortir. Le tribut a été nommé de la sorte, parce que c'est un argent qui sort de la sorte de ceux qui le payent. Au lieu de *caracol*, avoit mieux de dire *carage* ; & c'est aussi de cette sorte, que disent quelques livres. *
CARACOL. De l'Espagnol *caracol*, qui signifie un *limaçon* ; mais qui se dit aussi en la signification dont nous usons de ce mot de *caracol* en France, je veux dire, pour ce tour en rond que fait un homme à cheval ; ce que nous appellons *caracoler*. Ce mot de *caracol* se dit encore en Espagne d'un escalier qui va en tournoyant. Les Es- *Tune I*. pagnols ont pris ce mot des Arabes. Les Arabes disent *carcara*, pour dire, *tourner en rond* ; *in gyrum convertere*. L'Arabe *carcara* a été fait du Chaldéen *tōcrac*, qui signifie *invadbit*. De l'Espagnol *caracol*, les Italiens ont aussi fait leur *caragolo*. M.
CARACOLLE. Plante légumineuse étrangère, qui a été nommée de la sorte à cause des entorillements de sa tige & de ses branches, ou à cause de sa fleur, qui est tournée en spirale comme un limaçon. L'origine de ce mot est la même que celle de *caracol* de l'article précédent. *
CARAFFE. Sorte de petite fiole, ou bouteille de verre. De l'Italien *caraffa*, qui signifie la même chose. Caninius, dans ses Canons, dérive l'Italien *caraffa* de l'Arabe *garaba*, qui signifie, dit-il, une sorte de vase. M. Ferrari le dérive de *giraffa*, diminutif de *giraffa*, qui est aussi une sorte de vase. Les autres le dérivent de l'Alleman *gerci*, qui signifie *vrai ex viminitus concursum*. Toutes ces étymologies sont assez vrai-semblables. La dernière est la moins vrai-semblable ; un vase fait d'ofier ne pouvant servir de vase à boire. M.
CARAITES. Secte particulière entre les Juifs. Ce nom vient de l'Ebreu *karam*, qui veut dire, gens attachés au texte & à la lettre de l'Écriture ; & *karam* est fait de *kara* ou *kara* *karia*, mot Targumique & Talmudique, qui signifie l'Écriture, comme qui diroit *telture*, parce que c'est un livre qu'on doit lire ; du verbe *kara* *kara*, qui signifie entre autres choses, lire, & par excellence, lire l'Écriture Sainte. En effet, les *Caraites* s'attachent principalement au texte Sacré. Ils sont opposés aux Rabbanistes, c'est-à-dire, aux Secateurs des Rabbins, en ce que les Rabbanistes admettent toutes les traditions des Anciens ; au lieu que les *Caraites* ne reçoivent les traditions qu'après les avoir bien examinées, & s'être affurés qu'elles n'ont rien de contraire au texte & à l'esprit de l'Écriture. Les *Caraites* qui vivent aujourd'hui dans la Pologne & dans la Lithuanie, prétendent être descendus des dix Tribus qui furent emmenées en captivité par Salmanasar. On croit vrai-semblablement que les *Caraites* ne parurent que vers le huitième siècle ; ou du moins que leur fêche fut alors rétablie par un nommé Ananus, lorsque les Thalmudistes voulurent autoriser leurs traditions, & les mettre au rang des vérités, & des pratiques les plus facrées de la Religion. Alors un nombre de Juifs, a été pour la Loi s'y opposé, & fut nommé *Caraite*, comme uniquement attaché au texte de l'Écriture. Les Rabbanistes ont voulu imputer aux *Caraites* la plupart des erreurs des Sadducens, comme de nier l'immortalité de l'arme & l'existence des esprits : mais les *Caraites* rejettent ces accusations, & montrent la pureté de leur foi & de leurs sentimens sur ces articles. Ils n'ont ni phylactères, ni parchemins aux portes de leurs maillons, ni les fronteaux que les autres Juifs portent sur leur front dans les Synagogues. Ils expliquent figuèlement les passages où il est parlé des phylactères, que les autres Juifs entendent à la lettre. On trouve des *Caraites*, non-feulement à Constantinople, en Syrie, en Palestine, & au de-là de l'Euphrate ; mais aussi en Pologne & en Lithuanie. *
CARAK, ou CARK, ou CRAK. Ville d'Asie, sur les confins de la Syrie & de l'Arabie Pétrée. Les Chrétiens l'ont occupée fort long-tems pendant les guerres de la Terre-Sainte. On croit Q 9 que c'est l'ancienne Petra Deferri, qui a été autrefois Métropole, & que nos Historiens ont appellée Crak de Montréal. Ce nom est Syriaque & Chaldeen, & signifie une Forteresse, une Ville fortifiée. Il vient du verbe כִּי־יִרְעוּ, qui veut dire envelopper, couvrir, fortifier d'où crat & craça en Chaldeen, & carca en Syriaque, une Forteresse, une ville fortifiée. *
CARAMEL. Sucre fondu sans eau, & glacé. De l'Espagnol carameles, qui signifie une sorte de tablette, bonne pour l'estomac. Covarruvias : CARAMELES : fou unas tabletas, o pastillas de boca, hechas de acucar cande de redoma, y acéyte de almendras, y otras cosas a propósito, para ablandar el pecho. Es nombre Arabigo : y trae origen de carama, que vale tanto como regalo, porque se ha de traer en la boca & irse regalando poco a poco, por la garganta al pecho. ¶ Caramel, chez les Arabes, signifie un chameau à deux boîtes, ou un dromadaire, & un gaban, ou autre chose semblable, propre à lier les cheveux des femmes. Mais toutes ces significations n'ont rien de commun avec notre caramel. M.
CARAT. Alciat, sur la Loi 77, au Digeste de Verborum significatiore, le dérive de בְּרִבְעוֹר. Savot, au chapitre de la seconde partie de son Discours sur les Médailles antiques, improuve cette étymologie : & il dérive ce mot de בְּרִבְעוֹר. Voici les termes : La plupart des Doctes le fait descendre du Grec בְּרִבְעוֹר, entant qu'il signifie une espèce de petit poids. Je croy néanmoins qu'on le pourroit dériver plus à propos du mot בְּרִבְעוֹר, que Meurfius nous explique en son Dictionnaire Grec-Barbare pour un denier de tribut. Bulengerus, en son Traité, De Vectigalibus Populi Romani, le prend aussi pour une espèce de monnoye destinée à pareille fin. Car tout ainsi que pour la division du fin en l'argent, on s'est servi du nom d'une espèce de monnoye qu'on appelle denier, il y a beaucoup d'apparence de croire que pour celle de l'or, on se soit servi aussi d'une autre espèce de monnoye, appelée caract ; dont le nom en demeure encore a présent. J'estime que ce בְּרִבְעוֹר, qui croit le denier d'un certain tribut, c'est d'or : c'est pourquoy on l'a employé à la division du fin en l'or : car ou tems de bas Empire, principalement sous Justinien, la plupart de toutes les impositions de deniers se faisoit en or : & de-la sont venues ces sortes d'impositions, Aurum publicum, negotiatorium, coronarium, lustrale, globale, oblatirium, largitionale, auraria penicatio, praetario, functio, aurarius canon : & que les peines pécuniaires sont estimées & évaluées par sols & livres d'or : ce qui est le contraire de ce qui se pratiquoit du tems du haut Empire, & auparavant ; comme on le peut recognisitre en ces paroles de Pline, tirées du chap. 3. du 33. livre, Sed præter alia, equidem miror, Populum Romanum victis gentibus, in tributo semper argentum imperitalie, non aurum. ¶ Carat a été fait de l'Arabe alkarat, qui est une espèce de petit poids. En la Meque, c'est le quart du sixième d'un denier. En Perle, c'est le vingtième d'un denier. L'Arabe alkarat, a été fait du Grec בְּרִבְעוֹר. Cette étymologie me plaît davantage que celle de M. le Molne, qui dérive aussi notre mot carat du Grec בְּרִבְעוֹר. C'est dans les Prolegomènes de son livre intitulé Varia Sacra. Voici les termes : Falilior Budäus, cum caractas, quos gallicé dicimus caras : de l'or à 24. caras : a בְּרִבְעוֹר vocem detortam existimat. Nam est à בְּרִבְעוֹר, inculpo, & charactere quodam noto. Un de בְּרִבְעוֹר, denarius, & tributi cujuslam genus, quod Imperatoribus Constantinopolitans solvebatur, & quo adhuc, sub Turca, hodie Christiani onerantur, si non obuuntur. Touchant l'estimation du carat, voyez Bouteroua, pag. 145. & 146. M.
CARAVANE. C'est un mot Persian & Turc. Les Turcs prononcent kervan, qui signifie proprement un nombre de personnes qui voyageent ensemble : ce que les Arabes appellent caphila. Juées Scaliger contre Cardan, 219. 2. CAROVANA, Syrum nomen est : a Gallis, tropa ; ab Italiis, drapello ; a Troglodyis, negada dicitur ; comitatumque significat. M.
CARAVANSERA. Terme de Relations. C'est un grand bâtiment destiné à loger les Caravanes ou compagnies de voyageurs. Ce mot est composé de kervan ou kervan caravane, & de feras, mot Persian & Turc, qui signifie maison, hôtel, palais ; d'où est venu le mot ferrail pour dire le palais des femmes du Roi ou des Grands. Ainsi caravansera signifie maison, hospice de caravane ; auberge, hotellerie, maison publique pour loger les caravanes, & pour y décharger les marchandises. Le Chevalier Chardin appelle ces maisons caravanseras ; ce qui est plus conforme à l'étymologie alléguée ci-devant. Tavernier les appelle caravanseras. Voyez l'article précédent. *
CARAVELLE. C'est une espèce de vaisseau de mer. Il vient de carabus, qui étoit un bateau. Les Glofes d'Isidore : Carabus, parva scapha ex vimine & corio. Un autre Glofsaire : Carabus navicula. Caseneuve.
CARAVELLE. Sorte de vaisseau de mer. De carabus. Carabus, &, par metaplasme, caraba, carava, caravella, CARAVELLE. Carabus se trouve en cette signification de vaisseau de mer, dans Isidore. CARABUS : parva scapha ex vimine facta, qua contexta crudo corio, genus navigii prabes. C'est au chap. 1. du livre 21x. Et dans le petit Vocabulaire, intitulé Vocabula rariora collecta à Veteribus : CARABUS, navicula. Et carabus, a été dit de la ressemblance de ce vaisseau au poison, nommé en Latin carabus : qui est une espèce de cancre, ou écrevisée. M.
CARBONNADE. Rabelais, livre 4. chap. 59. met au premier rang des mets que les Gastro-latres offroient à Meiser Gatter leur Dieu, carbon-nades de six sortes. Nous appellons à Metz la viande ainsi apprêtée charbonne, & on n'y fait point de charbonnée que de chair de porc rotie sur le gril. Les mots de carbonnade & de charbonnée au reste ; viennent de ce que cette sorte de viande se rotit à la hâte sur des charbons. Jo. Bruyerin. De re cibaria, liv. 12. ch. 5. Qua in satagine friguntur carnes, & plerumque primis appountur mensis, siccius quoque suggerunt nutimentum : quas vel eo pra-fertim nomine damnamus quod jam costa ante fuerint & reposita, tum quoque carbonibus torteri carpta, quas à carbonibus carbonarias cognominant. Quorum invenum accipitraria reférot non dubitamus : quoniam anatis incins captas in frustra secant accipitrarii, qua & simponentes torrent. Quod genus cibi, in delicti & in cicipibus quoque est. Id verò transfiesse ad alias carnes confas, pracipue vero ver-vecinam & virulinam, quando fellicet per otium non licet paratui exquisitiori operam dare, & in cognorum aut escarum meliorum inopia ; quandoque verò in fastidio lautiorum epularum. Vidi non semel femi-collas vorari, ut pene ex ore sanguis efflueret. On pourroit dans ce passage trouver à peu-pres les six sortes de carbon-nades dont parle Rabelais. Le Dochar.
CARCAMUSES. Nos anciens François appelloient ainsi les Béliers, ou Machines de guerre dont on barroit anciennement les murailles des Villes. Abbo, livre 1. De obfess a Normannis Lutetia Pariforum : Arietes, carcamulas vulgo, refonatos dimifere duos, &c. Caefeneuve.
CARCAN. Les Grecs ont appellé un cancre appello : & de la reffemblance aux pieds d'un cancre, ils ont appellé du même mot une efpée de lien. De capis, en cette fignification, on a fait enfuite carkinus; & enfuite carkinus, & carkinus, & enfu, carkinus, dont nous avons fait carcan en la fignification de colier qu'on met au cou des malfatteurs : Et de la reffemblance à ce colier, on a dit carcan en la fignification du torques des Latins; c'est-à-dire, de colier de Dame. Carcanum se trouve en la fignification de lien dans la Vie de S. Tibar : Nommali etiam, a catenarum vinculis, & a catafle tormentis, & pedum ferreis, vel ligneis carcanis. Voyez le Glosaire de M. du Cange, au mot carcanum. Voyez auffi ci-defous au mot colier. M. CARCAN vient de l'Alleman kragen, qui fignifie la même chose. Le Duchat.
CARCAS. Vieux mot qui fignifie carquois. Alain Chartier : Quant amours et ony mon cas, Et vy qu'à bonne fin tendy, Il remit sa fêche au carcas. Borel défive ce mot de Carcassonne, nom d'une Ville de Languedoc, où il y avoit un grand magasin d'armes anciennes. Mais Carcassonne viendroit plutôt de carcas, que carcas de Carcassonne. D'autres ont recours à l'Ebreu, mais inutilement. Carcas a la même origine que carquois, fçavoir l'Alleman kocher, & il y a même apparence que carquois a été fait immédiatement de carcas, Voyez ci-defous Carquois.
CARCASSE. D'arca. Arca, arcaceus, arcacea, carcacea, carcacia, CARCASSE. D'arca, arcamen, carcamen, les Italiens ont dit de même carcame. Arcame se trouve dans le Morgante du Pulci : S'e' v'e reliquia, arcame, o carriofo Rimafo, o piedi, o capi di cappone. Sur lequel endroit Meffieurs della Crufca, dans leur Vocabulaire, ont fait cette Note : Forfe da arca, dove si ripongono le reliquie sulla menfa. Mais il est fans doute qu'arcame en cet endroit est le même que carcame. L'Italien carcame, & le François carcasse, ont été dits d'arca, à caufe de la reffemblance de cette partie concave du corps, accompagnée de coftes, a un coffre garni de douelles : Et de la vient que nous appellons cette partie du corps, le coffre. Les Italiens l'appellent caffaro ou caffero, ou cafo; qu'ils ont fait de capfa. M. Ferrari, dans les Origines de la Langue Italienne, au mot carcame, a fait cette Note sur mon étymologie du mot Italien carcame : Rellè Menagius, quasi arcamen : non tamen ab arca, sed ab arcu; quia coftarum crates arcuata. Je perfifte dans mon opinion. Celle de M. Ferrari est réfutée par le mot arcame du paffage du Pulci, & par le mot François coffre du corps. M. du Cange dérive le François carcasse du Latin carcassum, qui se trouve en cette fignification. De uno carcasse beno arietis. Carcassa muronum. Mais c'est le Latin qui a été fait du François. On appelle auffi carcasse une efpée de bom- be; de sa reffemblance à une carcasse. Ces fortes de bombes ont été inventees depuis 10. ou 12. ans. M.
CARCASSE. Wachter, dans son Gloff. German, au mot Karkaffe, nous fournit une autre étymologie. Voici ses paroles : KARKASSE, thica pyrobolica, pharetra fulminis bellis, ab Italico carcasse pharetra, quod est à Gallico carquois, & hoc à Germanico kocher, littera R. in medium repella. Latino-Barbaris carcassum est cadaver exenteratum, sceloton, ob femtitudinem cum pharetra. Hinc karkaffe dicitur etiam vulgo de vetula macilenta, cujus corpus cadaveris iustar arfafum; sed per contemplum tantum.
CARCASSONNE. Ville du Languedoc. Cette Ville, selon l'Histoire fabuleuse, fut bâtie & nommée ainsi par Carcas, l'un des sept Eunuques du Roi Afuerus, dont il est parlé dans le Livre d'Ethier 1. 10. L'opinion de ceux qui tireut son nom d'une certaine Dame appelle Carcas, laquelle fit lever le fêge a Charlemagne qui affiegeoit cette place, n'est pas plus recevable; puifque longtems auparavant, Pline, liv. III. ch. 4. la nomme Carcassum, Prolomée Carcassa, & Procope Carcassose. D'autres disent que c'est un nom Ebreu, que carcas, dans la Langue Sainte, fignifie la couverture d'un agneau ou d'un mouton, & que ce nom a été donné à cette ville, parce qu'elle est célèbre par les draps & par les laines qu'on y facture. Ils veulent dire que ce nom est composé de deux mots Ebreu, & car, qui fignifie mouton, agneau, & non casab, qui fignifie couvrir. Mais Carcassonne étoit-elle déjà célèbre par ses draps & par ses laines lorsqu'elle a commencé de porter ce nom : D'ailleurs cette étymologie n'est point d'un goût Ebraique. Disons donc plutôt qu'on ne fçait point l'étymologie de ce nom. CARCELIER : c'est-à-dire geolier. L'original François du fongé du Verger, liv. 1. ch. 54. Tournons le mantel & prenons le cas contraire. Le Juge par sa Sentence absolu le prisonnier de toute peine criminelle ou civile : neactmoins le geolier ou carcelier luy clouf l'uy & tient en la charre & denonce au peuple comme coupable. Pourtant quant à la vérité, ne doit-il pas être réputé pour coupable. De Carcerarius. Le Duchat. CARDER la laine. En Latin carminare. Les Anciens disoient carere. Plaute dans son Menachmus : Inter ancillas sedere jubrai, lanam carere. Janus Laurembergius, in Antiquario, croit que de ce verbe nous avons fait carder, par l'interposition de la lettre d. Joseph Scaliger croit que carere & cardus viennent de suipo inapio, qui fignifie tondre. Ce qui me fait croire que cardus a été ainsi appellé; d'autant qu'il servoit à carder : & que c'est pour cette raison que nous en avons tiré carder; car les Bonnetiers s'en servent encore à carder. Caefeneuve.
CARDER. De cardus, qu'on a dit pour cardus, & qui se trouve dans Marcellus Empiricus, chapitre 8. parce qu'on se servoit de chardons pour carder la laine. Cardus, carda, cardare. Mais on se servoit auffi de fers recourbes, comme on s'en fert encore présentement. Juvénal : Qui docet obliquo lanam deducere ferro. M.
CARDIALGIE. Terme de Médecine. Douleur violente qu'on fent à l'orifice fupérieur de l'estomac, accompagnée de palpitation de cœur, de défaillance, d'envie de vomir, &c. Elle est causée par des humeurs acres qui picotent cet ori- Q q ij fice & les parties voisines. Ce mot vient du Grec κορδία, composé de κορδία, qui signifie le cœur, & aussi l'orifice supérieur de l'estomac, à cause de la sympathie qu'il y a entre cet orifice & le cœur, & d'ἀνέξει, douleur. Les anciens appelloient l'orifice supérieur de l'estomac καρδία, comme Galien l'observe en plusieurs endroits, sur tout liv. II. De Placitis Hippoc. C'est ainsi qu'il traduit, καρδία, φίλοι, d'Hippocrate Prorrhet. par, φίλοι, γ' ἢ τ' γοφίς φίλοι, douleur à l'orifice de l'estomac. Et Comment. 5. in lib. 1. Epid. il traduit καρδία, φίλοι, γ' φίλοι, γ' κοίλους φίλοι, γ' ἢ τ' γοφίς φίλοι, ferdin de la douleur à l'orifice de l'estomac. Nous disons dans le même sens avoir mal au cœur. Le Scholiaste de Thucydide, sur le livre second, où cet Hittorien décrit la peste qui ravagea la ville d'Athènes, remarque aussi que l'orifice supérieur de l'estomac étoit appellé καρδία par les anciens.
CARDIAQUE. Terme de Médecine, qui signifie la même chose que cardinal. Du Grec καρδία, formé de καρδία cœur. On appelle remède cardiaque un remède qui entretient ou augmente la force du cœur, & par ce moyen les forces vitales. On appelle cardiaque la plante nommée autrement agripamée en François, parce qu'elle soulage dans les défaillances, & les désordres de l'estomac, dont l'orifice supérieur est appellé cardia. Voyez ci-devant Cardialgie.
CARDINAL. Voyez Barthius. 1111. 4. M. Ce mot vient du Latin cardo, qui signifie un gond. On appelle cardinal, ce qui est le principal, le premier, le plus considérable, le fondement de quelque chose, & qui est par rapport à elle comme un gond par rapport à une porte. Ainsi on dit les quatre vertus cardinales, les quatre points cardinaux de l'horizon, les nombres cardinaux. Le mot de Cardinal s'introduisit par la corruption de la Langue Latine. On usa de ce mot pour signifier premier ou grand. On l'appliqua ensuite en particulier aux Prêtres, aux Evêques & aux Diacres titulaires & attachés à une certaine Eglise, à la différence de ceux qui ne les servoient qu'en passant & par commission. Saint Gregoire emploie souvent ce nom pour exprimer une première dignité. Il appelle l'Archevêque de Naples, Evêque Cardinal, parce qu'à cause de sa dignité il étoit un des premiers entre les Evêques de la Pouille. Sous ce Pape, les Cardinaux Prêtres, & les Cardinaux Diacres, n'étoient autre chose que les Prêtres ou les Diacres qui avoient une Eglise ou une Chapelle à delier, c'est-à ce que le mot signifioit selon l'ancienne & véritable interprétation. Le titre de Cardinal demeura sur le même pied jusqu'à l'onzième siècle. Mais la grandeur du Pape s'étant depuis extrêmement augmentée, il voulut avoir un Conseil de Cardinaux bien différent de ceux qui avoient composé autrefois la plus noble partie du Clergé de Rome. L'ancien nom est demeuré; mais ce qu'il exprimait n'est plus. Le titre de Cardinal n'appartient plus qu'aux seuls Cardinaux de l'Eglise Romaine. On trouve aussi en France des Prêtres appelés Cardinaux. Le titre par lequel Thibaud, Evêque de Soissons, confirme la fondation de l'Abbaye de S. Jean des Vignes, appelle le Curé de la Paroisse, le Prêtre Cardinal du lieu; & le Roi Philippe I. en confirmant la même fondation, lui donne le même titre. Adrien II. appelle l'Archevêque de Bourges, Cardinal; & Jean VIII. appelle l'Eglise de Bourges Eglise Cardinale. On a dit aussi Cardinal en parlant des dignités séculières. Les principaux Officiers de la Cour de Theodose, sont appelés Cardinaux. On a aussi appellé Meffe Cardinale & Autel Cardinal, la Meffe solemnelle, & l'Autel principal d'une Eglise. On appelle Cardinal, un oiseau gros comme un petit perroquet, parce qu'il a le bec & le corps rouges. On a appellé autrefois pommes à la Cardinale, les pommes d'api, à cause de leur rouguer.
CARDINAL. Acte des Ecoles de Médecine de Paris. Du Cardinal d'Etouteville, qui ordonna cet Acte par la Réformation qu'il fit de l'Université de Paris en 1452. Voici les termes de cette Réformation, qui regardent cet Acte: Item: Statuimus & ordinamus, quod cum a principio Quadragesima usque ad festum Omnium Sanctorum nulli, vel pauci admodum, siam Alius in Facultate Medicina, prater Lectiones ordinarius, quas noulum intermitti, decernimus id in hac Facultate servandum, quod in aliis Facultatibus est laudabiliter institutum: videlicet, quod Baccalarius Licentiandus infra pradictum tempus publice in Disputatione ordinaria respondeat, ubi ad utramque partem propositarum Quastionum argutur. Baccalarii quoque argumenta proponantur Baccalarii replicem etiam decenter & modeste, juxta morem in Medicina Facultate hactenus observatum. Interdicimus tamen, hujus Disputationis pratextu, Baccalarios ad sumptus aliquos, vel expensas, adsfringi, vel coartari. Interfint autem dictis Disputationibus Magistri Regentes Ordinarii, ut de Baccalariorum sufficientia rectus perhibetant testimonium: quod perhiberi volumus & mandamus antequam admittantur. Inhibentes prateria Cancellario in virtute sancta obedientia, ne quemquam Baccalarium admittat, nisi prius sibi de dicta Disputatione confiterit (a). On donnoit aussi le nom de Cardinale à une pièce d'artillerie. Cardinale spetie d'artigliaria, dit Ant. Oudin; & peut être entendait-on par-là un canon de cuivre rouge. Beze, Hist. Eccl. tom. 2. page 655. Quarante-cinq pièces d'artillerie, que grosses, que menues, à savoir trois canons de fer de fonte, cinq cardinales, & le reste doubles & simples, &c. Le Duchat.
CARESME. Il est dit dans le Pénitentiel Romain, liv. 2. chap. 8. Fecisti perjurium per cupiditatem, 40. dies in pane & aqua, quod vulgus carinam vocat, & saptem sequentes annos ita observes, ut confusudo est, & quandiu vivax, omnes ferias sextas in pane & aqua jejunes. Ce qui a fait croire à Dominici, que le mot de carême venoit de ce mot carina. Voici ses termes qui sont de la page 124. de son livre de Communione peregrina: Hoc parintendi spatium, vulgus carinam vocabat, qua multotes pro gravioribus peccaris in pane & aqua statuitur peragenda: unde carina, vel carena, dicta, quod cibis careret: & inde nobis Carême. Cette origine est ridicule; quoiqu'il soit véritable que carina & carena se trouvent dans plusieurs Ecrivains, pour le temps du carême. Le mot de Carême a été fait de quadragesima, à cause de 40. jours de jeûne qui précèdent la Fête de Pâques. Les Empereurs Valentinien, Valens, & Gratien, en la Loi 6. au Code de Féris: Quadraginta diebus qui auspicio ceremoniarum tempus Paschale anticipant, omnis cognitio inhibetur criminalium quassionum. (a) Ce passage a été corrigé & mis tel qu'il est rapporté dans l'Histoire de l'Université, tome v. pag. 569. & 570. Ce nombre de 40. jours n'a pourtant pas toujours été pratiqué en tous lieux. Socrate, livre v. de son Hillelure Ecclésiatique, chapitre 21. Jejuniorum rationem qua ante Pascha siunt, aliter ab aliis observatam esse, facile est reperire. Nam qui sunt Roma, tres septimanas ante Pascha, sabbato & dominico exceptis, simul jejunani. Qui autem in Illyria & tota Gracia, quique Alexandria habitant, ante sex septimanas jejunia qua ante Pascha siunt, ordinatur: illudque tempus Quadragesimam nuncupant. Alii, prater horum consuetudinem, septem septimanas ante illud festum, initium jejunandi sucientes, quamvis quindecim die: solum, quibusdam intervalis interpositii, jejunent, nihilominus tamen, tempus illud Quadragesimam vocant. Unde non mediocris me capit admiratio, qua ratione isti, licet de numero dierum dissentiant, omnes eodem nomine Quadragesimam appellent. Alii autem causam huius nominis iupte ingenio excogitatam tradunt. Cassius, dans la Collation 21. chapitre 28. Unus ergo, quemadmodum diximus, idemque est jejuniorum modus; licet in hebdomadacum numero discrepare videatur. Sed profello, cum rationem hujusce rei humana obliterasset incuria, tebus hoc quo anniversaria, ut dictum est, decima Deo triginta & sex semis jejunis offeruntur, Quadragesimæ nomen accepit, quod fortasse, vel propter hoc, visum sit hoc vocabulo debere censeri, quod Moses, vel Elias, vel ipse Dominus noster Jesus-Christus 40. diebus jejunasse tradantur. Ad cuius numeri sacramentum, illi quoque 40. anni quibus. Israel est in solitudine commoratus, & 40. similiter mansiones quibus eam mysticæ pertransitisse describitur, non incongruiæ coaptantur. Et fortasse ipsa decimatio wille, quasi ab usu telonei, Quadragesimæ nomen accepit. Nous écrivions anciennement quaresme, conformément à l'étymologie. M.
CARESSER. De même qu'en une montre d'horloge les mouvements des routs, qu'on ne voit pas, marquent les heures; ainsi c'est sur le visage que paroissent les marques des mouvements intérieurs des passions de l'âme. C'est pourquoi caresser, qui signifie proprement témoigner par la gayeté du visage, l'amour qu'on porte à quelqu'un & la joie qu'on a de le voir, est formé de care, qui en Languedoc & en Gascogne, signifie visage, & qui signifioit même chose dans l'ancienne Langue Provençale: témoin la Poésie de l'Empereur Frederic Barberouffe, apportée par Nostradamus, & par Pasquier en ce vers: Las mans & kara d'Angles. C'est-à-dire, les mains & le visage d'un Anglois. Ce mot vient de napo, qui, dans Sophocle, est pris pour tout le visage d'un homme. Caseneuve.
CARESSER. De carisciare, fait de carus. Carus cari, cariscus, cariscius, carisciare. Méric Casaubon, page 194. de Lingua Anglica vereri, fait mention de deux autres étymologies de ce mot: Exantropical, demulcere, Galli suum caresser efforxisse, menini alicubi legere. Vulgo tamen, (sed non ita probabiliter) ex xapicæ, quod aliud est. Trippault est de ceux qui le dérivent de xapicæ. Il est dans doute qu'il vient de carus; dont les truites ont aussi fait carezzare & carreggiare. M. de Caseneuve le dérive du mot Gascon care, qui signifie visage. M.
CARFOU. Pasquier IV. 18. Nous avons deux sons de cloche extraordinaires en plusieurs villes: je veux dire, non anciennement cognens par nostre Eglise: l'un a mi, auquel les bonnes gens se ramennivent à Dieu par une Patmoste, & être Maria: l'autre en hiver sur les sept heures du soir, que l'on dit Sonner le Carfou. Quant au premier, il fut introduit par l'Ordonnance du Roi Louis XI. afin que pour avoir la paix, le peuple par cet avertissement, adressait la S. lutation Angelique à la Vierge Marie, en laquelle il avait grande confiance. Je l'apprens de Robert Gagnin en ses Chroniques de France; auquel j'ajoute plus de foi, d'autant qu'il en pouvoit estre temoing. Quant au second, je m'y trouve empoché: encores que cet empoché, comme une course pas beaucoup; d'autant qu'il y a plus de trosité en cette recherche que d'utilité. Nous disons Sonner le Carfou, le tintin d'une cloche, qui se fait en hiver sur les sept heures du soir: qui est une abbreviation de parole, tournée par succession de temps en corruption: comme ainsi juis qu'anciennement un appellant cela Sonner le couvrefeu: & depuis on l'abregea en courfeu: & finalement, de courfeu nous feismes ce mot corrompu de carfou, qui est un avertissement qu'on donnit au peuple de ne vaguer plus par les rues, ainsi de se rendre dedans sa maison jusques au lendemain. Voyez couvrefeu. M. Au lieu de carfou, on lit quaresme dans le Journal de Paris, &c. 1719. tom. 1. page 38. Cette coutume de Sonner le carfou ou couvrefeu fut introduite en Angleterre l'an 1069. par Guillaume le Conquérant, qui se défiant de ses nouveaux sujets, leur imposa sous peine d'amende la nécessité de n'avoir chez eux ni feu, ni clarté, dès huit heures du soir. M. Rapin, Hist. d'Angleterre, tome 1. page 26. A metz ce signal de Sonner avant sept heures du soir en hiver, & plus tard en été, par trois coups sonnés lentement de la plus grosse cloche de la Cathédrale. Le peuple prenait de mon tems ces trois coups pour un bonsoir souhaité au Roi, à la Reine, & au Dauphin. Il se pratique encore quelque chose de semblable dans toute l'Allemagne, où tous les soirs depuis dix heures en hiver, & depuis onze en été, jusqu'à une heure après minuit, lorsque l'horloge a sonné, un homme va corner dans toutes les rues des villes, & crier qu'il est telle ou telle heure, & que chacun ait à prendre garde à son feu & à sa chandelle, à ce qu'il n'en arrive aucun accident. Le Duchat.
CARFOU. Borel estime que carfou a été formé de gare-fou, & que le carfou étoit le signal qui avertisfoit les voleurs & les bandits de se retirer, de crainte d'être pris par le guet, qui commençoit à marcher lorsqu'on sonnoit le carfou. En Languedoc on appelle ce signal le chasse-ribaud; ce qui veut dire à peu-près la même chose.
CARGUAISON. Terme de Marine. De caricare. Carica, carca, CHARGE: caricare, carcare, CHARGER: caricatio, caricationis, caricatione, caricatione, CARGAISON. M.
CARIATHAIM. Ville de la Terre Sainte; située à l'orient du Jourdain, dans la Tribu de Ruben. Ce nom est Ebreu, & vient de m'pp kariath, qui signifie ville. Il a la forme des duels, peut-être parce que la ville étoit double ou divisée en deux. Il y avoit un autre Cariathaim dans la Tribu de Nephtali vers l'occident. Il en est parlé 1. Paralip. vi. 61. Elle est appelée Carchan dans Josué xxi. 32. & ce mot signifie la même chose.
CARIATHARBE. Ville de la Terre Sainte dans la Tribu de Juda. Ce nom est Ebreu, & signifie ville des quatre, selon quelques-uns qui veulent qu'elle ait été nommée ainsi parce que quatre grands Patriarches, Adam, Abraham, Isaac & Jacob, y avoient été enterrés. C'est une erreur. Adam ne vécut point dans la Palestine, quoi qu'en disent les Rabbins, & ceux qui y placent le paradis terrestre. Il est bien plus probable que *Arbe* est le nom du fondateur de la ville, & de cette manière *Cariaharbe* signifiera *ville d'Arbe*. Au reste cette ville est la même que *Hebron*. **CARIATHIARIM.** Ville de la Terre Sainte. Ce nom est Ebreu, & signifie *ville des bois*, *קריית יערים*. Elle s'appelloit aussi *Cariah Baal*, c'est-à-dire, *ville de Baal*. Elle avoit d'abord été possédée par les Gabaonites, & ensuite elle fut donnée à la Tribu de Juda. **CARIE. CARIER.** De *caries*. M. **CARIE.** Ancien pays de l'Asie mineure. Quelques-uns disent que ce nom vient de *Cares* Roi de ce pays. Mais Bochart, liv. 1. *Chanaan* chap. 7. pr. prend qu'il vient de l'Ebreu *בר car*, qui signifie un beller, un agneau, & aussi un paturage, & qu'il fut donné à ce pays parce qu'il étoit fertile en moutons & en paturages. **CARIMARA.** J'ai une Sentence du Châtelet de Paris du Mercredi 18. Mai 1689, signée *Cadenet*, & rendue par Messrs Jean le Camus, Chevalier, Conseiller du Roi en tous ses Conseils, Maître des Requêtes Ordinaire de son Hôtel, Lieutenant Civil de la Ville, Prevosté, & Vicomté de Paris, dans le dispositif de laquelle il est fait mention d'une autre Sentence du Châtelet de Paris en forme de Règlement, qui fait défenses aux Marchands Fripiers, & autres, de vendre des marchandises de leur commerce dans les Places publiques, & aux Sergens d'en vendre aucunes, à peine de cent livres d'amende; & dans laquelle il est fait mention d'un Exploit de saisie, par lequel appert un nommé Gillet, Sergent à verge, avoir été trouvé faisant vente frauduleuse de plusieurs chartes, fauteuils, & autres meubles y mentionnés, autrement dit *Carimara*. Et les Libraires de Paris appellent un *carimara de livres*, un amas de livres qu'on vend en gros sans les examiner; ce que les Juriconfuites Latins appellent *aversione vendere*. Et dans la Picardie, on appelle les Bohémens des *Carimara*. L'origine de ce mot m'est tout, a fait inconnue. Il y a une rue à Florence qui s'appelle la rue de *Calimara*: de laquelle Ricordano Malefini, Ecrivain Florentin très-ancien, fait mention dans son Histoire de Florence, à la page 42. & 44. Et les Florentins appellent l'*arte di Calimara*, ou *Calimara*, le métier de certains faiseurs de draps. Jean Villani, livre 12. *I Fondachi dell'Arte di Calimara di panni Franceschi e Oltamontani*, &c. *Tolfe San Sebbie a' poveri della guardia dell'Arte di Calimara*. Pietro Buoninsegni, livre 1. de son Histoire de Florence: *Ne gli anni 1281*. &c. *Creoffi nuovo ufficio: e chiamaronfi Priori dell'Arte: e furono tre. E questo movimento fu trovato, e comincio pe' Consoli e Consiglio dell'Arte di Calimara, che erano i più potenti Cittadini di Firenze: & attendovano al procaccio della mercantizia: & amarono Santa Chiesa, e Parte Guella*. Antonio Pucci, dans son Capitolo, dans lequel il décrit la ville de Florence: *La prima è di Giudici e Notai, E la feconda, sono i Fondacchieri Di Calimara, si come udito ai.* Touchant l'étymologie de ce mot Italien, voyez mes Origines de la Langue Italienne. M. **CARIMARA.** Pathelin: *Oftez ces gens noirs marmara, Carimari Carimara: Amenaz-les moi, amenaz.* Et Rabelais, livre 1. chap. 17. *Commenceront à revenir. & jurer les uns contre les autres par ris. Carymari, carymara*. Le Duchat. **CARISTIES.** En Latin *Caristia*. C'étoit une espèce de fête chez les Romains, qu'on célébreit au mois de Février à l'honneur de la Déesse Concorde. On institua les *Caristies* pour rétablir la paix entre les familles qui étaient brouillées. On faisoit un grand repas où l'on n'invitait point les étrangers, mais seulement les parens & les alliés. La joie qu'inspire le repas étoit regardée comme un moyen propre à réunir des esprits divisés. Ovide parle des *Caristies* dans ses Faltés. Ce nom vient du Grec *χαίρια*, qui est fait de *χαίρι*, grace, union, paix; & il marquoit que c'étoit le jour que l'on revenoit en grace, que l'on se reconci- loit. M. Blondel & *Caristies* sans *h*, suivant l'usage, qui a retranché l'h de quelques mots qui s'écrivent en Grec par un *χ*, comme *carallere*. Mais d'autres retiennent cette lettre & écrivent *Charisties*. **CARIZE.** Etoffe de laine. M. de la Noue, dans son Diction. des rimes Françoises, édit. de 1596. page 11. Les *Carize* se font en Flandre. Miroir des arts, &c. page 81. A Metz lorsque les enfans jouent entre eux à contrefaire certains métiers qu'ils donnent à deviner, celui qui par ses gestes semble fouler, dit qu'il *carize* de son métier, & qu'on le devine si l'on peut. Ainsi *carizer* seroit proprement *fouler*. Le Duchat. **CARLET.** Poison. A cause de sa forme qui est quarree. M. **CARLINE.** En Latin *Carlina*, nom de plante. On dit qu'elle fut indiquée par un Ange à Charlemagne pour guérir son armée de la peste, & on croit que par cette raison elle porte le nom de cet Empereur. **CARLOSTAT**, ou **CARLSTAT**. Nom de plusieurs villes différentes. Il y a *Carlistat* en Suede, dans la Westrogothie ou Gothie Occidentale; *Carlistat*, en Croatie; *Carlistat* en Allemagne, dans la Franconie. Le nom de *Carlistat*, ou *Carlistat*, est aussi la même chose que celui de *Carlistat*; & ils viennent tous du mot *Carlot*, Charles, & du mot *Alleman flat*, qui signifie ville. Toutes ces villes ont reçu ce nom de quelque Prince nommé Charles. Le mot *Alleman flat*, autrement *flat*, ou *flad*, signifie selon Wachter, une demeure, une habitation, un édifice, & aussi une ville, parce qu'une ville est un lieu composé de plusieurs habitations & de plusieurs édifices; ensuite un royaume, une république, un état; & ce mot dans tous ces sens est formé du verbe *flatten*, qui signifie *ponere*, *collocare*, *constituere*, & qui convient avec le Latin *flature*, & avec le Grec *χαίρι*. *Stat* convient aussi avec le Grec *ἀνό*, ville, avec le Latin *flatus*, & avec notre François *état*. Voyez Wachter, dans son *Gloß. Germ.* au mot *Stat*. **CARMEL.** Nom de montagne dans la Terre Sainte. Il y en a deux qui ont porté ce nom. La plus fameuse étoit dans la Galilée, au midi de Ptolemaide, & sur la côte de la mer. C'est-à-dire que 31r le Prophète Elie fit mettre à mort les Prophètes de Baal. L'Écriture appelle ce mont Carmel le Carmel de la mer. C'est de celui-ci que les Carmes ont pris leur nom. L'autre Carmel étoit au midi de la Tribu de Juda sur les confins de l'Idumée, & dans les terres. C'est à ce dernier, selon quelques Auteurs, qu'il faut rapporter tout ce que l'Écriture dit des pâturages du Carmel, Jérém. 1. 19. Amos 1. 2. Mich. VIII. 14. Il peut néanmoins convenir aussi à l'autre Carmel. Ce nom est Ebreu, & composé; mais on n'est pas d'accord sur la signification. On dit ordinairement qu'il est composé de כל רב, qui signifie agneau, & pâturage, & de כל שחר, qui veut dire couper, circoncire. De-la vient que quelques-uns traduisent, agneau circoncis, & d'autres, champ ou pré que l'on coupe, qui se moissonne ou qui se fauche. Cette dernière explication semble mieux convenir aux deux montagnes du Carmel, qui étoient en effet très-fertiles, ou qui avoient au pied une vallée très abondante. Je ne saurois goûter néanmoins une telle étymologie, qui me paroît trop peu naturelle. Je remarque que כל רב Carmel, dans l'Écriture, n'est pas seulement un nom propre de montagne, mais encore un nom appellatif, qui signifie une campagne fertile. C'est pourquoi je pense qu'il est composé de כל ימ, & de כל שחר Dieu; & de cette manière Carmel signifiera vigne de Dieu: ce qui convient très bien aux deux montagnes qui portoient ce nom, & qui ne pouvoient manquer de produire d'excellent vin. On fait que c'est la coutume des Ebreux, quand ils veulent exprimer quelque chose de grand ou d'excellent, d'y joindre le nom de Dieu. C'est ainsi qu'ils disent, montagnes de Dieu, cèdes de Dieu, &c.
CARMENTE, CARMENTIS. C'est le nom d'une prophétesse d'Arcadie, mère d'Évandré, avec lequel elle vint en Italie, où ils furent favorablement reçus du Roi Faunus. Elle fut ainsi nommée apparemment a carminibus, c'est-à-dire, à cause des vers ou prophéties qu'elle faisoit, car son nom propre étoit Nicotrate. Il y avoit à Rome une porte de son nom, & une fête à son honneur. Mais selon Vigenere, Carmente fut ainsi appelée de carem mente, c'est-à-dire hors de sens, hors de soi-même, à cause de l'enthousiasme où elle envoût souvent, & cet Auteur soutient que carmen vient de Carmenta, parce que cette femme faisoit ses prophéties en vers.
CARMES. Religieux. Du mont Carmel en Galilée, où ces Religieux ont commencé, & d'où six d'entre eux furent amenés en France par Saint Louis. Jodocus Clichtoveus, dit en François Joffe Clitou, natif de Nieuport, Chanoine de Chartres, & Docteur en Théologie de la Faculté de Paris, dans le Sermon qu'il a fait de Excellentia & laudibus Ordinis Carmelitarum: Secundo, exordii dignitatem manifestat aperte locus in quo Carmelitanus Ordo primum infinitus est, & a quo nomen defumptit: utpote Mons Carmelus, quem in Terra Sancta Phœnicia & Palastina situm esse Divus Hieronymus super Itaiam auctor est. Jean Trithème au Livre I. de Ortu & progressu Ordinis Carmelitarum, chap. 2. qui est intitulé Quemadmodum Elias, Propheta Domini eximius, reelle & catholice Fundator Carmelitana Religionis dicitur, si ejus falta ex Regum voluminibus absque invidia descutiantur: Enimvero ipse Montem Carmeli primus inhabitesse legitur, a quo Fratres Carmelita nominantur. Et au chapitre 7. qui est intitulé Quare Carmelita, Fratres dicu- tur Beata Maria semper Virginis de Monte Carmelo: Sicut ergo a Carmelo, Carmelitæ, ita a Capella quam adscuaram, usque in bodierum diem, Fratres Beatissimæ Dei Genitricis & Virginis appellantur. Il est faux qu'Elie habitat au Mont Carmel. Il habitait vers le Jourdain. Il n'a été au Mont Carmel qu'en passant. Et il est aussi faux qu'il ait été l'Instituteur des Carmes. Voici l'Histoire de leur Institution, que je dois à M. l'Abbe Chastelain, Chanoine de Notre-Dame de Paris, homme très-verté dans l'Histoire Lécidialtique. Le plus ancien monument qu'on trouve touchant les Carmes, est un Voyage de la Terre Sainte, écrit par un Jean Phocas, Ascète en l'Île de Patmos, qui visita les saints Lieux en 1583. dont un Manufcrit fut trouvé dans l'Île de Chio par Leo Allatius, né en cette Île, qu'il croit être l'afrograsse, & dont il envoya une Traduction à Amsterdam à Barthold Nihufe, son ami, qui le fit imprimer en 1653. Voici l'endroit qui regarde les Carmes: Sequitur Mons Carmelus, de quo in veteri novaque Scriptura plurimus sermo est. Jugatum mons, ab ipso maris sinu qui circa Ptolemaidem & Casphem incurvatur, initium ducens, & ad Gallaea fines perveniens. In extrema parte jugi qua mare respicit, Propheta Elia speiunca speclatur, &c. Verum ante aliquot annos, quidam Monachus dignitate Sacerdot, capillitio albus, & Calabria oriundus, ex Propheta revelatione in montem appellens, ea loca, monasterii nempe reliquias, vallo perparvo cinxit, & turri adscuata, lemploque parvo extruto, ac fratribus, ferme decem, colletis, etiam humum illum ambitum colit. M. Le second monument est la Règle primordiale des Carmes, dressée par Albert, autrefois Chanoine Régulier de Sainte Croix de Mortare en Italie, depuis Evêque de Vercellles, & pour lors Patriarche Latin de Jerusalem, demeurant à Acre, créé Patriarche en 1106. & mort en 1214. Voici le titre: Albertus, Dei gratiæ Hierosolymitana Ecclesia vocatus Patriarcha, dilectis in Christo fitis, Brocardo, & ceteris Eremitis qui sub ejus obedientia juxta Fontem in monte Carmeli moratifur, salutem in Domino. Cette Règle contient xvi. articles. Dans le premier, il est ordonné que l'un d'eux soit élu Prieur, & que les autres lui promettent obéissance. Dans le second, que chacun ait sa cellule séparée. Il est dit dans le troisième, que personne ne changera de cellule sans la permission du Prieur. Et dans le quatrième, que la cellule du Prieur sera à l'entrée. Il est ordonné au cinquième, que nul ne s'éloigne de sa cellule sans nécessité. Et au sixième, que ceux qui savent lire disent les Pseumes, selon la division des Heures approuvée par la coutume de l'Eglise; & que ceux qui ne savent pas lire, disent pour les Nocturnes vingt-cinq fois Pater, les jours ouvriers, & cinquante fois les fêtes & dimanches: pour Laudes; & pour chacune des autres Heures du jour, sept fois: & quinze fois pour Vêpres. Il est dit au septième article, qu'aucun n'ait rien en propre. Et au huitième, qu'on bâtisse un Oratoire au milieu des Cèles, où tous se trouvent le matin à la Messe autant qu'il se pourra commodément. Et au dixième, qu'on jeûne depuis la Sainte, trois jusqu'à Paques: & au suivant, qu'on s'abstienne toujours de chair. Et au douzième, qu'on se mousse de Chasteté, de Foi, d'ispérance, & de toutes les autres vernis. Et au treizième, qu'on garde le silence depuis Vêpres qu'au lendemain à Tierces. Et au quinzième, que le Prieur soit humble. Et au seizième, que les Frères respectent le Prieur. Voilà leur première Règle, qui depuis a été modifiée en diverses manières. Le troisième monument est de Jacques de Vitri, Ev. que d'Acre, dans le Diocese duquel étoit le Mont Carmel, qui écrit en 1221. Après avoir fait l'enumeration des Monastères Latins de la Palestine, dont les uns suivoient la Règle de Saint Benoit, & les autres celle de Saint Augustin, la joure: Alis, ad imitationem & exemplum sancti viri & solitarii Elia Propheta, & maxime in parte illa qua superemines civitari Porphyria, qua hodie Cayphas appellatur, iuxta fontem qui Tons Elie dicitur, non loege a Monasterio beata Virginis Margareta, vitam solitariam agebant, in alvaribus modicarum cellularum, tamquam apes Domini dulcedinem spiritualem melifonantes. Le quatrième, cinquième & sixième monument, font les Bulles d'Honorius III. de 1216. de Grégoire IX. de 1230. & d'Innocent IV. de 1247. Ces Bulles commencent de la sorte: Honorius, (Gregorius, Innocentus) servus servorum Dei, dilectis filius Priori & Fratribus Eremitis de Monte Carmeli. Ce fut en ce tems-la que quelques Carmes commencerent à passer dans l'Europe. Ils furent d'abord en Sicile & en Provence, & ensuite en Angleterre. Ce qui paroît plus ancien que ces six monuments, dans les Ecrivains modernes, a été inventé par les Carmes. On ne peut révoquer en doute que leur Eglise du Mont Carmel n'ait été dédiée en l'honneur de la Vierge. Et la Fère qu'ils font le 16. Juillet, n'est autre chose que la Dédicace de cette Eglise. Quand Saint Louis fit venir de ces Ermites à Paris, ils avoient leur chappe barrée en face, de blanc & de tanne: d'où on les appella les Barres. Voyez ci-dessus, au mot Barres. Il me reste à remarquer à l'égard du Mont Carmel, qu'il y a deux montagnes de ce nom dans la Palestine: celle dont nous avons parlé, qui est dans la Galilée, près d'Acre, ville dite autrefois Prolemande: & une autre, qui est dans la Judée, d'où étoit Abigail, femme de David; laquelle, pour cela, au premier des Paralipomènes, chapitre 3, est nommée en termes formels, Abigail la Carmelite. Nos Anciens disoient, Carmes Deschaux. On dit présentement Carmes Deschaux. Voyez mes Observations de la Langue François, 1. 177. M.
CARMINATIFS. Terme de Médecine, qui se dit des remèdes qu'on emploie dans les maladies flatucus pour dissiper les vents. Ainsi on dit, fleurs carminatives, plantes carminatives. Ce mot vient du Latin carminare, qui signifie carder, tirer ce qu'il y a de grossier. L'Auteur du Dictionnaire Universel de Médecine le dérive de carmen vers. Ce terme, selon lui, paroît étranger à un grand nombre de personnes, parce qu'il ne semble point assez exprimer l'efficacité médicinale des simples qui passent sous cette dénomination. Il a vrai-femilablement pris naissance dans un tems où la Médecine étoit exercée par des Charlatans, qui n'étant point en état de guérir les maladies par l'usage des remèdes ordinaires, avoient recours aux charmes & aux prettiges pour en imposer aux simples, & cacher leur ignorance sous ces dehors imposans. On donna le nom de carminatifs aux moyens auxquels ils avoient recours dans la cure de certaines mala- dies, parce que le jargon dont ils avoient coutume de se servir pour rendre raison de l'opération des remèdes qu'ils employoient, & dont ils étoient hors d'état d'expliquer les effets, étoit ordinairement en vers, que les Latins appellent carmen. Comme les remèdes connus sous le nom de carminatifs opèrent avec beaucoup de promptitude, & font d'une efficacité surprenante dans plusieurs cas, puisqu'ils appaissent sur le champ les douleurs violentes que les vents occasionnent, on leur a donné le nom de carminatifs, comme s'ils opétoient par enchantement; leur effet paroissant trop prompt, pour qu'on puisse l'attribuer à une cause ordinaire. Jusqu'ici font les termes de l'Auteur du Dictionnaire.
CARNAVAL. De l'Iralien carnovale. Le Politi, dans son Dictionnaire, dérive Carnovale de carne, & de vale. Voici ses termes: Quasi carne vale. O perche prevaglia, e se ne mangi assai: oper il bando che da quel giorno in su si da alla carne, proibita dalla quaresima: come vale, alla Latina. Les Espagnols disent carnefoliendas: ce qui favorise l'étymologie du Politi. Cependant M. Ferrari l'improuve extrêmement. Voici ses paroles: l'ulgus ineptum, quasi caro vale: quod esoriates ferias quibus esus carnis interdictus, antecedat. Ergo carnalia: scilicet festa; in Saturnalia, Liberalia, & quod magis quadrat, Bacchanalia. Fiorentini, carnaciale: quo ganea & sargina triumphat. Cette étymologie ne me déplait pas. Mais il en faut faire l'échelle en cette manière: Car, carnis, carnivus, carnivalis, CARNOVALE, CARNOVAL. Mais celle de Politi n'est pas si inepte que dit M. Ferrari: & M. du Cange la soutient affirmativement contre M. Ferrari. Voici ses termes: Quidam Scriptores Irai. Carnovale dictum quasi carne, seu caro, vale: sed id etymon non probat Octavius Ferrarius. Ego sane sic diet istos, sed potius diem Martis, qui Quadragesimam antecedit, appellasse nostras existimo, Carnaval, quod sonat, caro abscedit, seu tempus carnes comedendi. Charta, an. 1195. apud Ughellum, tom. 7. pag. 1321. Et in Nativitate Domini, duas spallas porcorum, & sex pizzas, & in carnelevamine, unam gallinam, & tres pizzas, &c. Occurris semel ac iterum. Romualdus Salernitanus in Chronico Mf. sub finem: Comes autem Rogerius iuxta mandatum regium, usque in carnis levamen, Panormi nuncios Imperatoris expectavit, &c. ¶ Il semble que Rabelais ait visé à cette étymologie, ayant écrit Carnoval. C'est au chap. 14. du livre 4. M.
CARNAVALET. Nom de famille illustre de Bretagne. Par corruption, au lieu de Kernevenay. Voyez M. l'Abbé le Laboureur, dans ses Additions aux Mémoires de Castelnau, page 88. tome 2. M. M. du Puy, Prieur de Saint Sauveur de Brog, a dit Carnevenoy. Voyez son Indice Latin des noms propres tirés de l'Histoire du Président de Thou, au mot Carnevenoius. Le Duchat. CARNE d'une pierre, d'une table, &c. Lapidis, menfa, &c. pars acuta, seu anguins. De quaternus. Voyez carneau. M.
CARNE, ou CARNA. Nom d'une Déesse de la Gentilité, appelée autrement Cardinea, parce qu'elle présidait aux gonds des portes, qui se nomment en Latin Cardines. Il y a apparence que Carna est un abrégé de Cardinea. Cette Déesse est aussi appelée par Saint Augustin Cardena, de cardo. Il ne faut pas la confondre, comme on fait communément, avec une autre Déesse nommée au514. de 1 des, ou Carda, du Grec expéline cœur, parce qu'elle préfiédit aux parties nobles & aux parties vitales de l'homme, au cœur, au foie, & à tous les inté策ins, dont elle procuroit la santé. Le foin de conserver les entrailles de l'homme, & celui de veiller aux goûts des portes, font fi différem, qu'ils ne conviennent nullement à la même Divinité. On avoit tant d'attention de ne pas trop accabler les Dieux de travaux & de foins, & de les multiplier à chaque occupation différente que l'on concevoit dans le détail du gouvernement du monde, qu'il n'y a pas d'apparence qu'on ait chargé la même Déesse de ces deux emplois.⁴
CARNEAU, ou CRENEAU. L'incifure ou dentelure des feuilles de certaines herbes, s'appelle *crena*: comme aussi l'incifure de l'un des bouts de la flèche, par où on la fait tenir à la corde de l'arc, est appelée *crena*. De-la en veut que vienne le mot de *crenæau*, comme étant une espèce d'incifure faite dans le haut d'une muraille. Spelman, dans son Glossaire, veut que *carneau* soit dérivé de *cirnel*, qui, en Langue Saxonne, signifie *nodus*, *glandula*, *fruma*. Mais je ne vois pas assez de rapport de ces choses au *carneau*, pour l'en dériver. Je ne sais fi, parce que les *carneaux* sont de figure quarrée, ils ont été premierement appelés *quadrelli*, & ensuite, par corruption, *quarnelli*: car je trouve ce mot écrit de la sorte dans le livre 7. de la Philippide de Guillaume le Breton : — *Ubicumque patent quarnelli, five fenestra.* *Caseneuve.*
CARNEAU. Lat. *pinna muri*. M. du Cange, au mot *quarnellus*: *Gallis* CARNEAU, *a carne*, *vel quarne*, *quod* tem quadratam *fonat*: *frustra enim à Saxonico etymon accerfit Spelmannus. Willemus Brizo*, lib. 7. Philippides, pag. 180. — *Ubicumque patent quarnelli, five fenestra, &c.* M. de Caseneuve est du même avis. Selon moi, *carneau* a été dit, par l'etrathée, pour *crenæau*. Voyez *crenæau*. M.
CARNES. Termes du Jeu de Tricrac. *Quando in tefera jailu bis quatuor contingunt*. De *quaterni*. Quelques-uns disent *carmes*, par corruption pour *carnes*. M.
CARNIEN, ou CARNEEN. *Kajou* en Grec. Epithère que les Grecs donnoient à Apollon, dans qu'on sache trop pourquoi. Hérfchius dit, que c'est peut-être à cause de Carnus, fils de Jupiter & d'Europe; ou, selon le Scholiaste de Pindare, *myi fi xopou, myi fi apolavus*, du mot Grec *xopou*, qui signifie *brebis*; peut-être parce qu'Apollon, pendant son exil du Ciel, eut foin des troupeaux d'Admete. Mais, après tout, ce n'est qu'une fable, & peut-être *Kajou* = *Carnien*, ne signifie-t-il dans son origine autre chose que *rayonnant*; de l'Ebreu ou du Phénicien *pp kren*, corne, qui se dit aussi des rayons, comme il est clair par ceux qui fortifient du front de Moïse. Cependant le sentiment commun & le plus probable, est qu'Apollon fut surnommé *Carnien*, à cause de Carnus & des Fêtes Carniennes. Voici à quelle occasion. Sous le règne de Codrus, les Héraclides marchant dans l'Etoile contre les Athéniens, un devin Acarhannien, nommé Carnus, se préféna à eux, & leur prédit ce qui leur arriveroit. Ils le prirent pour un Magicien; & Hippotes, l'un d'eux, le perça d'une flèche, & le tua. La petite se mit aussi-tôt dans *Tome*. I. l'armée. On attribua ce malheur à la mort du devin Acarhannien. Hippotes s'exila : on résolut d'appaiser Carnus, & a ce dessein on institua les Fêtes Carniennes, *Kajou*, à l'honneur d'Apollon, qui de-la fut appellée *Kajou*.⁵
CAROGNE. Voyez *charogne*. M.
CAROLINE. Contrée de l'Amérique Angloise, sur la côte orientale de la Floride. L'Auteur de la Methode pour étudier la Géographie le trompe fort quand il dit, que cette contrée fut ainsi appelée du nom de Charles II. Roi d'Angleterre. Le nom de *Caroline* vient des François, & étoit en usage dès le règne de Charles IX. Roi de France. Sous le règne de ce Prince, un Capitaine François, nommé Laudonniere, étant parti de France au mois d'Avril 1164, aborda à la rivière de May dans la Floride, & y fit bâtir un Fort, qu'il nomma la Caroline, & c'est ce Fort qui a donné le nom au pays. Les François en ayant été chaffés par les Espagnols, les Anglois s'y établirent ensuite, & le poifédent encore aujourd'hui.⁶
CAROLLE. Vieux mot, qui signifie *danse*. Ronfard : *Divines fœurs, qui sur les rives molles* *De Castalie, & sur le Mont natal,* *Et sur le bord du chevalier crytal,* *M'avez d'enfance instruit en vœuf fêles,* *Si tous ravi des fautes de vos carolles, &c.* Muret sur cet endroit le dérive de *xopou*. M.
CAROLLE, danse en rond, *carola*. Diction. Fr. Ital. d'Ant. Oudin. Le Printemps d'Yver, Journée troisième, page 192, de l'édition de 1581. *Les quelles* (Damoifelles) ayant agrandi la *rondo carolle* commenteront à dire *force branles autour du bouquet*. C'étoient des branles de Poitou, & c'étoit en Poitou qu'on dansoit ceux-ci. *Carolle* vient du Bas-Breton *céral*, mot de la même signification. *Le Duchat*. CAROLUS : ancienne monnoie, de petite valeur. Saint Gelais, dans une de ses Epigrammes : *Bertelot donne à déjeuner* *A six, pour moins que Chatelus;* *Et Jaquelot donne à disner* *A six, pour moins qu'un carolus;* *Apres ces repas dissius,* *Chacun s'en va gay & salot.* *Quo me perdra chez Chatelus,* *Ne me cherche chez Jaquelot.* Rabelais, 3. 7. *Je l'ay mis dans ma gibosfère, en une verge d'or, accompagné de beaux & joyeux carolus.* Du Roi Charles VIII. qui le premier la fit battre. Nicot : CAROLUS : *Est un mot pour Latin, mais prononcé aigu par accent François; & signifie Karles. Il se prend pour une espèce de monnoye blanche Françoise valant dix deniers, en laquelle au commencement fut coingnée la lettre K, première du dit mot, (qui est autant que Charles) nom du Roy qui la mit en avant. Nicolle Gilles, en la Vie de Charles VIII.* Et s'en alla ledit Roy Charles visiter son pays de Picardie, où il fut honorablement reçu, & fit faire monnoye d'argent nouvelle, de dix deniers la pièce, qu'on appelle *Karolus*. Le premier coin de laquelle fut la croix couronnée en les quatre branches, avec une fleur de lys, & ce Letrier, *pro pomario* (s'il le faut ainsi dire) d'icelle monnoye, SIT NOMEN DOMINI BENEDICTUM. Et en la pile, ladite lettre K, couronnée & cofoyée de K r deux fleurs de lys, avec ce Letrier, KAROLUS, FRANCORUM REX. Es regnes successifs de Louys XII. & François I. demeurant ledit nom de Caro-lis, comme fait encore, à ladite espèce de monnoye, & leidits Letriers d'icelle, la croix en a été altérée au coin dudit Roy Louys, en ce que la première lettre de son nom a occupé les anglets, droit à haut, & bas à fenêtre d'icelle croix; & en la pile, au lieu desdites deux fleurs de lys, ont succédé deux lettres. Et au coin dudit Roy François, la croix en a été altérée, en ce qu'elle a été recrouvée, & sans couronise; qui sont toutes méfprisées, ou plutôt ignorantes, & trop hardies licences des Maîtres des Monnoyes, auxquels n'est lisite varier le coin premièrement imposé par le Prince souverain à la nouvelle monnoye, dépendant de la seule autorité du Prince. En cas de trop moindre importance, n'est-il permis à aucun faire mutation de nom, sans Lettres de son Souverain. Auquel cas en ay veu prendre Lettres en la Chancellerie de France, nonobstant le réscript des Emperons Dioclétien & Maximian. M. le Blanc, dans son Traité des Monnoyes, page 313. Outre les Blancs au soleil & à la couronne, Charles VIII. fit encore fabriquer des grands Blancs au K couronné, qui étoit la première lettre du nom du Roy. A cause de cela, cette espèce fut nommée Karolus. Elle avait cours pour dix deslires Tournois. Quoique cette monnoye ne passait pas le règne de Charles VIII. & que Louis XII. la décriait, elle se convertit, si on peut parler ainsi, en monnoye de compte, dont on se sert encore aujourd'hui parmy le peuple. Car quoique nous n'avons point d'espèce qui vaillie dix derniers, on se sert encore du terme de Karolus, pour marquer cette somme. M.
CAROSSE. L'usage & le nom des carosses n'est pas fort ancien en France. Je ne sais si nous en avons pris le nom de l'Italien carrocico, qui signifie un chariot à quatre roues, sur lequel les Italiens portent anciennement leurs étendants à la guerre : ou bien si nous l'avons formé immédiatement du Latin carroca, qui étoit un chariot servant à porter les hommes. Martial, liv. 3. épigr. 4. après avoir dit, plena Bassus ibat in rhoda, appelle incontinent après, carroca, le même chariot qu'il vient d'appeller rhoda. Aussi, comme en ce tems on imite la façon de ces anciens chariots, on en imite de même la pompe & le faîte : car les anciens Romains les enrichitioient d'or & d'argent, aussi bien que nous. Le même Martial, épigr. 62. Aurea quod fundi pretio carroca paratur. Pline, liv. 33. Carrucas quoque ex argento calari invenimus. Caenense. Voyez CARROSSE.
CAROTE. Sorte de simple. De l'Italien carota, qui a été fait de crocota, fait de vœu. Kpœ. recourt, crocotus, crocota, carocota, CAROTA. Et cette plante a été ainsi appelée à cause de la couleur jaune de sa-racine. Carota crocea; carota, radice flava; carota buxei coloris. C'est ainsi que la nomment les Botanistes. Voyez carota dans mes Origines de la Langue Italienne. M.
CAROTIDE. Terme de Médecine. C'est le nom qu'on donne à deux arteres du col. qui portent le sang au cerveau, & qui montent le long des côtes de la trachée artere, avec la veine jugulaire interne. Il y en a une de chaque côté. Les Anciens mettoient le siège de l'afloupissement dans ces arteres; c'est pourquoi ils les ont nommés carotides, du Grec vœu, qui signifie afloopissement. Par la même raison on les a appelées lechargiques & apoplectiques. On dit de certaine plante qu'elle ont une vertu carotique, c'est-à-dire, afloopissante; on dit affection carotique, symptôme carotique, &c. du même mot vœu.
CAROUBIER. Voyez ci-dessous CAROUBIER & CARROUGE.
CARPE. Sorte de poisson. Les Grecs appellent ce poisson vœu. Et c'est de ce mot Grec que vient le François carpe. Cuprinus, cuprius, cuprus, cupra, cupra, carpa, carpe. Carpe le trouve dans Cassiodore, livre XII. Epître 4. In principati convivia hoc profello deces exquiri, quod visum debeat admirari. Destinet carpam Danubius; a Rheno veniat anchorago exormis. Du même mot Grec, on a fait aussi carpio, d'où l'Italien carpione, qui est un poisson différent de la carpe, selon Rondelet: lequel poisson ne se trouve que dans le Lac de Garde. Vossus se trompe, ne mettant point de différence entre ces deux poissons. C'est dans son de Vitis Sermonis. Despaupéts semble être du même avis: CARPA, doctius CARPIO dicitur. C'est dans son de Arre Epistolica. Rondelet dit que l'Italien carpione a été fait de caro pione, & que ce poisson fut premièrement appelé pione : qui est une étymologie ridicule. Celle d'a carpendo auro, n'est pas plus raisonnable. Voyez mes Origines Italiennes au mot carpione. Les Italiens appellent une carpe reina. Et ils ont fait aussi ce mot de vœu. Kpœ. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. vœu. v
CARPOT. On appelle ainsi en Bourbonnois un droit qu'on leve sur le vin. Par corruption, pour quarpot, dit Loyseau, livre I. de la distinction des rentes. Voyez Ragueau dans son Indice, page 134. M.
CARQUOIS. Lat. pharetra. Les Grecs modernes disent vœu. & vœu. Voyez M. Rigault, M. du Cange, & Meursus, dans leurs Glossaires. Lipse dans la Lettre 44. de la 3. Centurie de ses Lettres ad Belgas, prétend que ce mot Grec moderne a été fait de l'ancien Alleman kpèker, mot de la même signification. Les Italiens disent carcasse, que M. Ferrari dérive d'arca. Voyez carcasse. Les Espagnols disent carcasse. Ce qui me fait souvenir de remarquer que nos anciens disaient calquas. Fauchet, page 322. s'est servi de ce mot. M. Nos Anciens disaient aussi carcas. Alain Chartier, page m. 531. au Poème intitulé Excursion, &c. Il remit sa flèche au carcas. On dit aussi turquois en la même signification. Perceforest, volume 6. chapitre 59. son arc avoir, & plusieurs s'agettes, toutes en son turquois; sur quoy il avoir grand fiance. Je ne sais si carquois ne seroit pas une corruption de cet ancien mot. Le Duchat.
CARRAQUE. Rabelais a écrit ce mot avec deux rr, livre 1. chapitre 4. ce qui me fait penser qu'il pourroit bien venir de carrus, Carrus, carra, carraca, carraque. C'est en effet un vaisseau mar- chand, destiné à transporter des marchandises par mer, comme on les transporte en chariots par ter- re. Ou bien on aura peut-être fait carraque d'ar- ca, comme carcafe. Le Duchat. CARREAU : pour du pavé. De sa figure quar- rée. Nicolas Berger, dans son Histoire des Grands Chemins, livre 2. chapitre 10. Le nom de tesfera est tiré par la même déduction de la Langue Grec- que que notre quarreau François de la Latine : d'au- tant que l'un & l'autre sont originaires du nombre de quatre, à cause des quatre coûtes & quatre coûti qui leur servent de figure. Tesferam, dit Turnèbe, à verbo Graco vicea dictam esse puto. Ce qui est confirmé par Isidore : Tessellae sunt e quibus domi- cella Hemuntur : à resseris nominata ; id est, à qua- dratis lapillis, per diminutiouem. Ainsi voyant-nous que le tesfera des Latins vient du vicea des Grecs, qui signifie quatre; & le quarreau des François, du quadratum des Latins, qui signifie quatre. M. CARREAU d'arbalefte. De quadriflorum : dont les Italiens ont aussi fait quadrelle dans la même si- gnification. Rigordus, dans les Gettes de Philippe Auguste, parlant du siège du Château de la Roche- au-Moine en Anjou : Fecit itaque quendam funi- culum subilem & fortem, tanta longitudinis, ut poset arringere ad eum quem pradiximus; alligavit- que capus funiculi quadrelle pennato, altero capite adherenti clavo cuidam iuxta illum. Emise ergo qua- driflorum de arcubalisa, &c. Quadriflorum, a été dit à cause des quatre pointes qu'avoient ces traits. Ga- lien dans son Glossaire sur Hippocrate : verperum sion, vâ vicea, &c. M. CARREFOUR : De quadriflorum. De furum, fait par métaplasme de furca, on a fait foure, pour signifier une chose qui se fourche. Nicot : Foure, c'est une chose qui fait un angle aigu. Ainsi diram, le foure d'un arbre, des doigts, d'un chemin, des rues : dont vient ce mot quarefour, par corruption, au lieu de quarre & four. Le P. Labbe, dans la 2. part. de ses Etymologies Françoises le dérive de quadriflorum, ou de quadriflorum. M. Huet le dé- rive de quadriflorum forum. M. Dans une vieille Traduction de Polydore Ver- gile, de Rerum Inventoribus, livre 1. chapitre 10. on lit ainsi : Alentour des villaiges, bourges & carrefour, chanteurs délect, &c. Cette orthogra- phe du mot carrefour fait voir qu'il vient effec- tivement de quadriflorum. Le Livre est imprimé à Paris en 1554. & ne contient que les trois pre- miers livres. Je ne sais si le reste a été traduit de- puis. On a dit autrefois quarron dans la même si- gnification. Et le Roman de la Rose, folio 92. v°. Cette si j'etoye larron Ravifant en bois ouquarron. Le Roman de Lancelot du Lac, vol. 1. fol. 701v°. Illec'defus à ung carrefour de sept voyes. C'est dans l'édition in-folio de 1533. Et c'est l'Orthographe constante de ce mot dans tout le Roman. Le Duchat.
CARRHES. Ancienne Ville d'Asie dans la Mésopotamie, fameuse par la défaite & le mal- hour de Crasus. Tout porte à croire que c'est la même Ville que Haran ou Charan, dont il est parlé dans l'écriture à l'occasion des Patriarches. Les Septante dans la Genese, & Saint Luc dans les Actes des Apôtres, écrivent xajjar, pour désigner le mé- me lieu que la Vulgate appelle Haran dans la Ge- nese, & Charan dans les Actes. Zonare le nommé Kajjar. Le Géographe de Nubie nomme Hbaran la Carres des Romains. Saint Jérôme in Lacis, dit que Charan, Ville de Mésopotamie au de-la d'Edesse, étoit appelée encore de son tems Char- ra, & que c'est la où l'armée Romaine fut défaite. Eusebe dit aussi que Charan étoit la même Ville qu'on nommoit encore de son tems Carra, & qui étoit dans la Mésopotamie. Selon ces deux Au- teurs, la Ville de Haran ou Charan des Patriar- ches étoit donc la même que Carres de l'Histoire Romaine. C'est aussi le sentiment du Savant Bo- chart. Phaleg, livre 11. chapitre 14. de Saumasse sur Solin, de M. le Clerc sur la Genese, xi. 31. de D. Calmet, & de plusieurs autres Savans du premier ordre. Ainsi en sachant l'étymologie de Haran ou Charan, nous fautons en même tems celle de Carres, puisque les noms employés par les Grecs & les Latins pour désigner cette Ville ne sont qu'un emprunt de ce premier nom. Or Haran ou Charan vient de l'Ebreu חרד hbarar, qui si- gnifie il a été brûlé; & cette Ville a été nommée apparemment de la sorte à cause des déferts voi- sins, brûlés par la chaleur du Soleil. C'est ainsi que Jérémie appelle חרד hbarar, des lieux secs & arides. Les Arabes nomment cette Ville Hba- ran, qui signifie la même chose que le mot Ebreu Hbaran, & qui exprime très-bien la fêchresse des environs. Cela contient parfaitement à Carres de l'Histoire Romaine. Car on lit dans la Vie de Crasus par Plutarque cette description des déferts où l'Armée de Crasus fut défaite, & d'où il s'en- fait à Carres. Ariannes, dit l'Historien, selon la Traduction de M. Dacier, tome v. page 132. après lui avoir persuadé de s'éloigner des rives de l'Euphrate, le menu au travers de la plaine par un chemin d'abord uni & facile, mais qui devint en- suite très difficile par des fables profonds où il se trouva engagé dans une campagne toute mise & d'une affreuse aridité, & où la vue ne découvroit ni fin ni borne, où l'on put espérer de trouver quelque repos & quelque rafraîchissement : de sorte que si la soif & la fatigue du chemin décou- rageoient les Romains, la vue les jettouit dans un dévelopoir encore plus terrible; car ils ne voyoient ni de près ni de loin le moindre arbre, la moindre plante, le moindre ruisseau, pas une seule colli- ne, pas une seule herbe verte : ce n'étoient par- tout que monceaux de brulantes arènes, comme les flots entassés d'une mer immense, qui dans ce défert enveloppoient & engloutifioient les Troupes. Appien Alexandris, in Parthicis, dit la même chose, & presque dans les mêmes termes.* CARRIERE : pour voye, chemin. De carre- re : dont les Espagnols usent en la même significa- tion, & qui a été fait de carra : comme qui diroit, le chemin des chars, des carrosses, des charrettes. En Basse-Normandie, & dans plusieurs autres Provin- ces on dit une charriere, pour dire un lieu par où passent les charrettes. M.
CARRIERE. Lieu d'où l'on tire de la pierre : Lat. lapidicina, ou lapididina. De quadraria, ou quadrataria : à cause que les pierres qu'on en tire, joint ordinairement quarres : a quadris, vel quadra- tis lapidibus. Suger, dans son Traite de la Consé- cration de l'Eglise de Saint Denis : Nov. quadraria Deo dante occurris, &c. Locus quadraria admi- rabilis, vallem profundam, non naturâ, sed industria cavam, molarum caferibus sui quastum ab antiquo offerebat. Les Espagnols disent cantaria. M. R r ij
CARRILLONNER. De quadrillonare, fait de quadrilla, mot Espagnol qui signifie un petit ofsadron, & qui est un diminutif de quadra : à cause que les carillons se faisoient autrefois avec quatre cloches. J'ai appris du Pere Jacob, Carme, qu'a Chalons sur Saône on dit tréseler, pour carillonner. Ce qui confirme l'étymologie dont je viens de parler. Car tréseler a été fait de tresellare, fait de tres. Tres, tresellum TRESEAU : tresellare, TRESELER. Nous appellons en Anjou, tréseau, trois hommes qui battent des gerbes. En Baise-Normandie, on dit galeter, pour dire carillonner. ¶ Voiture a dit : Le jour que naquit Chastillon, On sonna double carrillon, Par tous les clochers de Cythère. Je remarquerai ici par occasion, qu'on ne dit point sonner double carrillon; mais, sonner à double carrillon. M.
CARRON. CARRONNE. Carron, est un vieux mot François, qui signifie ce que nous appellons présentement carreau de brique : & carronne, signifie carrelé. Monconis dans ses Voyages, partie 3. page 18. dans la description de Séville : L'Alcacal, qui est comme un Chasteau ou vieux Palais, est une pièce incomparable. Il y a des fontaines de toutes façons. Les alliés sont carronnées. Les palissades sont toutes d'orangers. C'est aussi comme on parle encore présentement parmi le petit peuple de Lyon & des Villes circonvoisines. M.
CARROSSE. De carruca, ou carrucha : c'est ainsi que ce mot se trouve écrit dans les Pandectes de Florence. Carruca se trouve dans Lampridius, dans la Vie d'Alexandre. Carruca & vehicula. xapexus se trouve aussi dans les Gloises anciennes : & xapexus, dans Hélychius : folius, xapexus. Et carruca, a été fait de carrus. Carrus, carrucas, carruca, carrochia, CARROSSE : au genre féminin : duquel genre ce mot étoit autrefois. Dans le Catholicon, page 282. On murmura aussi, que les carrosses se voient censurées. Et il est encore de ce genre parmi les Gaïcons. Du bruit de la carrosse importunant le l'autre, dit Théophile. Et de carrochium, nous avons fait carrosse, au masculin. Le Pere Menestrier, dans son livre de l'Art du Blafon, pag. 96. a improuvé cette étymologie, en ces termes : Le carrosse, qui est si familier aux Dames, a une origine de cette nature, qu'il est bon de rapporter ici. Car quelque soin qu'ait pris M. Ménage de recueillir les Origines de notre Langue, il en est beaucoup échappé à sa connaissance : témoin la plus part de celles du Blafon, que je donnerai ailleurs. J'apprens de l'Histoire de Milan, que le mot de carrosse est Italien d'origine, & qu'il vient de carro rozzo, char rouge : à cause que les Florentins avoient coutume d'en faire tirer un de cette couleur, sur lequel ils mettoient la croix quand ils alloient en guerre : & le peuple lui donna ce nom carro rozzo, pour sa couleur. Currus, seu rhedæ, quibus modo Nobiles, Principes, Reges vehuntur, vulgo carrosses vocitantur, à Florentinorum, ut Historici allerunt, curru, ducto vocabulo : forte & invento : hos enim in aciem procedentes olim currus rubeus, albam crucem præferens, solebat præcedere : qui carro rozzo, seu currus rubeus, seu perpureus dicebatur. Peut-être aussi vient-il de carruca, comme l'a remarqué M. Ménage. ¶ Il est indubitable qu'il en vient. Voyez mes Origines Italiennes au mot carrozza. M. Voyez ci-dessus carrose.
CARROUBIER. C'est l'arbre siliqua, xapexus. Les Arabes l'appellent carroub, d'où s'est fait carroub. Huet.
CARROUGE. Nicot : CARROUGE. L'arbre, ou le fruit du carrouge. Siliqua : aliis, carroubier. M. le Moine, dans ses Prolegomenes sur le Recueil de ses Traités Ecclésiastiques : Non à voie xapexus, quod folliculum notat, ut vult vir doctus, sed à voie Arabica, Syriaca, Chaldacca. Sic vocem xapexus, reddiderunt Syrius & Arabs Interpretes. M. Bochart, liv. 2. chap. 56. pag. 708. de la 1. partie de son Hierozocion, avoit fait la même remarque. Plinio siliquas & ceraunia Syris & Habrais charub, Arabibus quoque & charrub : quomodo etiam siliquam & fructum vocant. Unde xapexa Graeis recentioribus, algarroba Hispanis, caroba Italiis, carrouge Gallis. ¶ Carrouge a été formé de carrubium, en cette manière : Carrubium, carrubium, CARROUGE. M.
CARROUSEL. De l'Italien carrosello. Le Pere Menestrier, dans son Traité des Carrousels, page 17. Tertullien dans son livre des Spectacles, attribue à Circé, cette fameuse Magazine, qu'on disait être fille du Soleil, l'invention des Carrousels ; & veut que ce soit elle qui ait commencé la première à dresser le Cirque & les Courses en l'honneur de son Pere. Quod spectaculum primum à Circe habent, Soli, patri fuo, ut volunt, editum affirmant. Ab ea & Circé appellationem argumentantur. Il y a plus d'apparence que c'est de la figure ronde ou ovale de ces Hippodromes, & des circulations ou courses, qu'il a en ce nom chez les Anciens, puisque Festus a remarqué que les Latins disent circuire, cirquer, aller en rond. Circus à circuitu dicitur, dit Cassidore. C'est aussi apparemment de Carrus Solis, Carro del Sole, Char du Soleil, que le mot de Carrousel a été formé, ou des chars & carrosses qu'on y menoit. M. CARROUSSE : comme quand on dit, faire carrousse, pour dire, faire débauche à boire. De l'Aleman garauf, qui signifie tout vuide : on sous-entend le verre. De garauf, on a fait premièrement carrous. Rabelais, au Prologue du livre 3. Je ne suis pas de ces importuns lifrelosres, qui par force, par outrage & violence, contraignent les gentils compagnons trinquer, boire carrous, & alluz, qui pis est. Et de carrous, on a fait ensuite carrousse. M.
CARROY. Mot de Touraine, qui signifie carrefour. M. Rabelais, livre 1. chapitre 26. Le grand carroy par de-la Séville. C'est-à-dire, carrefour, chemin qui en traverse un autre. Marot dans son 2. chant d'Amour fugitif : Quand fut en plein carroy, Sur ung haut lieu se mit en bel arroy. Rabelais, chapitre 1. livre 25. Auquel tems les Fonaciers de Lerne passioient le grand quarroy, menans dix ou douze charges de fonaces à la Ville. Le Duchat. CARTEL de défi. Charta, chartella, chartellum. M.
CARTHAGE. Grande & ancienne Ville d'Afrique. Son véritable nom c'est Carthada. Ce dernier mot est composé par contraction de deux mots Phéniciens, קידוא ודוד kartha bhadath, ou קידוא ודוד kartha bhadtha, qui signifient Ville neuve. De-la vient que les deux Carthages, savoir celle d'Afrique & celle d'Espagne, furent nommées par les Grecs *Karrā wīste*, qui n'est qu'une Traduction du nom Phénicien. C'est ce que l'on apprend d'Etienne de Byzance & d'Eustathe. Les Siciliens qui avoient cela de particulier de changer le *h* en *h*, comme dans *hōsōte*, au lieu duquel ils disaient *hōsōte*, usèrent du même Privilège à l'égard du nom de *Carthada*, qu'ils changerent en *Karyōdōte*. Le génie des Espagnols est de changer souvent le *d* en *g*, comme ils ont fait *gama* de *dama*, un daim ; *golphin* de *delphin*, un dauphin ; *tortuga* de *tortuda*, une tortue. Nous avons fait aussi la même chose, & changé le *d* en *g* dans *manger* de *mandere* ; dans *ronger* de *rudere* ; & en plusieurs autres mots. Les Espagnols changerent donc le *d* de *Carthada en g*, & c'est d'eux apparemment que les Romains prirent le nom de *Carthage*, dont ils se servirent en parlant de cette Ville, & d'où est venu le nom François *Carthage*. On ne saurait douter que Carthage ne fut une Colonie de Phéniciens venus de Tyr. L'Histoire l'assure en trop d'endroits. Polybe dit que peu avant la destruction de cette Ville, le Roi Démétrius voulant aller d'Italie en Phénicie, on fut obligé de lui procurer une place sur un vaisseau Carthaginois qui avoit abordé à l'embouchure du Tibre, & qui étoit chargé des dons sacrés que l'on envoyait à Tyr. L'Historien explique ensuite ce que c'étoit que ces dons sacrés. On a grand soin, dit-il, de choisir entre tous les vaisseaux qui sont à Carthage, ceux qui doivent porter à Tyr les prémices que le Carthaginois envoyait aux Dieux de la Patrie. Diodore, liv. 17. parlant des Tyriens assiégés par Alexandre, dit qu'ils comptoient beaucoup sur les Carthaginois leurs descendans, & qu'ils avoient résolu de transporter les enfans, les femmes & les vieillards, à Carthage. Tite-Live, livre 34. parlant du voyage d'Annibal à Tyr, dit qu'il y fut bien reçu par les Fondateurs de Carthage, & qu'il y trouva une autre patrie. Mais ce ne fut pas Didon qui y mena la première colonie. Ce furent les Chananeens. Les Carthaginois le donnoient eux-mêmes ce nom longtemps après qu'on l'eut presque oublié dans le pays d'où leurs ancêtres l'avoient apporté. Saint Augustin, né à Tagaste, & Evêque d'Hippone, deux Villes voisines de Carthage qu'il devoit bien connoître, dit dans son explication commencée sur l'Epître aux Romains, que quand on demandait aux paysans de ce pays-là qui ils étoient, ils répondaient qu'ils étoient *Chanani*, c'est-à-dire, Chananeens. On fait que les Chananeens étoient les mêmes que les Phéniciens. La femme Chananeenne de l'Évangile de Saint Matthieu, xv. 11. est appelée Syro-Phénicienne dans Saint Marc, vii. 16. Mais pourquoi Carthage eut-elle ce nom, qui, comme nous avons déjà dit, signifie Ville neuve ! On peut dire que ce fut par rapport à Tyr, dont elle étoit une Colonie ; ou plutôt parce qu'elle fut bénie à diverses reprises, n'ayant pas été tout d'un coup une Ville florissante. Le premier établissement est fort ancien, & se fit peut-être dès le tems même de Josué, lorsqu'à l'arrivée de ce Chef des Ebreux dans la Terre de Chanaan, plusieurs d'entre les Chananeens ou Phéniciens ayant pris l'épouvante, abandonnerent leurs pays pour se retirer ailleurs, & spécialement en Afrique. La Ville qui y fut fondée dès le tems de ce premier établissement eut différents noms. Elle fut appelée, au rapport du Géographe Etienne de Byzance, & d'Eustathe sur Denis le Périgege, *Kadusin Cadmea*, & *Kassūto Caccabé*. Le mot *Cadmea* veut dire *Orientale*, & vient de *per kedem*, qui est Phénicien, de même qu'en Ebreu, signifie Orient : & cette Ville aura été nommée de la sorte parce que ses Fondateurs étoient venus de Tyr, qui étoit du côté de l'Orient. On peut aussi dériver *Cadmea*, de *Cadmus*, qui, selon quelques-uns, étant abordé en Afrique, fut le premier Fondateur de la Ville dont nous parlons. Cadmus étoit Phénicien, & fils d'Agenor. En supposant cette fondation par Cadmus, il sera aisé d'expliquer ce vers de Virgile, Enéide 1. vers 342. où Vénus dit à Enée : *Punica regna videt, Tyrios, & Agenoris Urbem.* Le Royaume de Carthage étoit un Royaume de Phéniciens, parce qu'il avoit été fondé par des Phéniciens. Les Carthaginois étoient Tyriens, parce qu'ils étoient une Colonie de Tyr : & leur Ville est nommée Ville d'Agenor, à cause de Cadmus, fils d'Agenor. Ce dernier n'eut d'autre part à la fondation de cette Ville, que d'avoir eu un fils qui fit en Afrique des établissements entre lesquels on peut la compter. Cette difficulté n'arrêtera pas ceux qui font un Agenor bisayel de Didon, à laquelle ils attribuent la fondation de Carthage, & entendent de lui l'*Agenoris Urbem* de Virgile. Didon ne fonda pas Carthage ; elle ne fit que l'augmenter & l'embellir ; & c'est apparemment à elle qu'il faut attribuer la Citadelle que les Grecs nommerent *Byrsa*, par corruption de l'Ebreu & Phénicien *mura botrah*, qui signifie une Fortereise, une Citadelle. Voyez ci-devant BYRSE. Les nouvelles augmentations que cette Ville reçut ensuite, lui firent donner le nom de *Carthada*, c'est-à-dire, Ville neuve, en Grec *Karrā wīste*. Celui de *Ca cabé*, qui en Phénicien signifie *tête de cheval*, lui avoit été donné dès le commencement, parce que, suivant la tradition, on trouva dans l'endroit où on la bâtit, une tête de cheval, qui parut d'un bon augure, & que l'on prit comme un présage d'un peuple guerrier & victorieux. Virgile, Enéid. livre 1. vers. 447. n'a pas oublié cette circonstance : *Essodere loco signum quod regia Juno Monstrarat, caput acris equi.* thon; cependant il ne le donne pas à Carthage, mais à Adrumete, ville fameuse sur la même côte. Cothon n'est donc pas un nom tellement propre à un certain lieu, qu'il n'ait été donné à plusieurs. Ce n'est pas seulement une Ise, comme dit Strahon, mais aussi un port. Festus dit qu'on appelle Cothon, des ports de mer pratiqués par la main des hommes dans l'intérieur des Terres. Virgile, Eneid. livre 1. vers 431. dit en ce sens-là : Hic portus alii effedium, Sur quoi Servius fait cette remarque : c'est-à-dire, ils font le Cothon. Ce mot est masculin & neutre, & on dit également Cothon Cothonis, & Cothonum Cothoni. Comme il se trouve que jamais les Grecs ni les Latins ne l'ont employé qu'en parlant des villes d'Afrique, Bochart a raison de conclure que c'est un mot de la Langue Punique. En effet du verbe חַפָּה kōtam, qui signifie couper, tailler, & qui est employé par les Thalmudistes, est formé le participe חַפָּה kōtam coupé, & le substantif חַפָּה kōtam, ou חַפָּה kōtam, coupure. Ainsi kōtum ou kōthum étoit un port; mais seulement un port artificiel & taillé par l'art. Les Grecs, qui n'avoient point terminé de mot en m, changerent kōthum en kōthum & moyennant ce leger changement, ils admirent dans leur Langue ce mot étranger. Quant à Mégara, qui étoit une autre partie considérable de Carthage, c'est aussi un mot Punique, autrement Phénicien. Servius, sur cet endroit de Virgile, Eneid. livre 1. vers 371. Faiti de nomine Byrsam : Dit qu'autrefois Carthage avoit l'air d'une double ville, dont l'une environnoit l'autre. L'intérieur étoit appellée Byrsa, & l'extérieur Magalia. Et sur ce vers, Eneid. liv. 1. vers 426. Mirasur molem Eneas, Magalia quondam; C'est-à-dire, Enée est surpris de voir de si grandes maïses de bâtiments dans un lieu où il n'y avoit autrefois que des chaumieres; Servius remarque que cette réflexion est de Virgile : car, dit-il, Enée ne favoit pas ce qu'il y avoit eu en cet endroit. Il ajoute, que Virgile auroit dû dire Magaria au lieu de Magalia, parce que le mot Punique qui signifie une chaumiere, est magar, & non pas magal. Isidore dit de même qu'on a dit Magalia pour Magaria, parce que les Carthaginois appelloient une métairie magar. Dans le Prologue du Pseulius de Plaute on lit suivant les meilleures éditions : Cum nuirice una periere. A Megaribus Eas qui surriput in Analctorium devebit. Vendiditque has omnis, & nutriem & virgines. Le sens de ce passage est : son oncle Carthaginois avoit deux filles qu'il perdit avec leur nourrice. Celui qui les enleva de Megares les mena à Analctorium, où il vendit la nourrice & les deux enfans. L'édition de Gronovius dit, à Megaribus. Cela ne fait rien : l'un & l'autre peut s'appuyer sur des autorités. Servius, comme on a vu, dit magar, & Appien dit toujours megara au plurier : il ajoute que c'étoit un fort grand lieu dans la ville, & qu'il étoit contigu aux murs. C'étoit proprement le lieu où habitoient les citoyens & le peuple. Byrse étoit le quartier des gens de guerre, & C A R. C A S. Cothon celui des gens de mer. Ce nom de magar, megara, & par corruption magalia, fut conservé à cette partie de la ville, ou plutôt il fut donné à toute l'enceinte, quoiqu'il ne convint qu'à l'ancienne ville formée au tems du premier établissement. Les premiers colons ne commencent pas d'abord par bâtir une ville : chacun se loge comme il peut, & chaque maison est une espèce de métairie : c'est ce que signifie le mot magar. De l'Ebreu בְּרִי gōr ou בְּרִי gōr, qui signifie habiter, loger, a été formé le mot בְּרִי magōr, habitation, logement. Les Phéniciens ont dit בְּרִי magar. Bochart, de qui sont ces observations, explique ce mot par des maisons bâties en terre étrangère; quoique le mot Ebreu magōr signifie proprement toute sorte de maison. Le nom de Carthagone, ville, d'Espagne bâtie par Afdrubal, Carthaginois, prédécelleur d'Annibal, a été fait du Latin Carthago nova.
CARTIPEL. M. de la Roche Flavin, Président aux Enquêtes du Parlement de Toulouse, pag. 123. de ses Arrêts notables de la 2. édité. Que la saisié faite, le Sergent est tenu afficher à la porte de l'Eglise Paroissiale une attache qu'aucun appelent placard, ou cartipel. M. Graverol sur cet endroit : Ce mot signifie proprement un parchemin, comme qui diroit charta ex pelle. J'ai remarqué dans l'ex... M.
CARTON. De chartone, ablatif de charto chartonis, augmentatif de charta. M.
CARTOUCHE. De chartucia, augmentatif de charta. C'est une grosse carte, dont on se sert pour charger le canon. M.
CARYBDE. Nom d'un gouffre du détroit de Messine, vis-à-vis du rocher appellé Scylla. Ce lieu s'appelle aujourd'hui Capo di faro, ou Capo faro, à cause d'un phare qu'on a placé là. Homere fait de Carybde une description poétique qui fait frémir, & les anciens s'accordent à dépeindre Scylla & Carybde, comme deux dangers presque inévitables : de-là le Proverbe Latin : Incidit in Scyllam qui vult vitare Carybdim. Ce dernier mot vient du Grec χορόδις, & χορόδις, selon Bochart, dans son Chanaan, au livre 11. de la Géographie sacrée, vient de l'Ebreu où Phénicien בְּרִי חַפָּה kōtam, c'est-à-dire, foramen perditionis, trou ou gouffre de perdition. Bochart, veut par conséquent que ce soient les Phéniciens qui aient donné ce nom à cet endroit du détroit de Messine.
CAS. Aspect. son cas. Rabelais, livre 5. chapitre 28. voix casse, voix obtusa. De cassare, casser. voix casse et. une voix cassée. Le Duchat.
CASAL. Les Languedociens appellent ainsi une maison ruinée, qui n'a point de toit, Du Latin, cassale. M.
CASANIER. De casa. Casa, casana, casanarius, CASANIER. Casarius se trouve dans les Glosés anciennes, interprété au 2. édité. M.
CASAQUE. Juste Lipse, Epître 44. de la troisième Centurie de ses Epîtres ad Belgas, rapporte les paroles d'Agatharsidas, où il dit que les Egyptiens appellent casas, certains vêtements faits de feuilles; dont il juge que les Flamans ont pris le mot casack; ce que nous pouvons aussi bien dire de casaque. Caseneuve. C A S A Q U E. Les Flamans disent casacke, que Lipse dans la Lettre 44. de la troisième Centurée de les Lettres ad Belgas, dérive du Grec *uēna*. *Apud Ægyptios*, *qu'āne vrac wōkāne*, verba sunt *Agathar-cida*, *wpeu opiōnes uēne*. *Id est*, vestes quaedam coactiles, vocant *cafas*. *Acne in ultima*, *hades ca-fack*; *difficili alias originatio*. Leunclavius sur Xenophon, page 1045. en donne la même étymologie, en ces termes: *Ego relicta Hesychii auctoritate*, ad *Julii Pollucis sententiam nunc potius accedo*, qui *uēna esse scripsit innuo zrtūna*, *tunicam equestrem*. *Itaque Xenophonti uēne* significare saga militum equestria, *eaque de comfa jam sic interpretatus sum*. *Sape etiam ab hoc uēna derivari per metatheſim quandam*, *existimare quis possit*. *Ca-facas Galli & Hispani vocant*. *Italis cafachi & ca-fachini*: ( *cafaki & cafakini ab ipſis pronuntian-tur*) *postrore innuozeux* & *sic effecto*: *que nomina videntur ab hoc Graco uēna; emanasse*. Voyez Vof-fius, de *Vittis Sermonis*, liv. 3. chap. 3. D'autres dé-rivent *cafaque de caracalla*; qui est un mot Gaulois. Aurelius Victor, en la Vie d'Antoninus Caracalla: *Cum è Gallia vestem plurimam devexisset*, *talaref-que caracallas*, *coegissetque plebem ad se salutandam indutam talibus introire*, *de nomine hujusce vestis Caracalla cognominatus est*. Voyez Scaliger sur Eu-sebe, page 118. M. de Saumalfe, sur l'Histoire Auguste, page 165. & Isaac Pontanus, dans son petit Gloffaire Celtique, au mot *caracalla*. M. Guyet croit que *cafaque* a été dit par corruption, pour *cafaque*, & que cet habillement a été ainsi appellé des Cosaques; comme *hongreline* des Hongrois: ce qui me paroît assez vrai-femblable. Le Père Labbe désapprouve cette étymologie, disant que le mot *cafaque* vient de *sagum*, ou de *ca-fa*. M. C A S C A D E. De l'Italien *cafcata*. *Cado*, *ca-fum*: *cafus*, *caficus*, *cafica*, *caficare*, *cafcare*, *caf-atum*, *cafcata*, C A S C A D E. M. C A S C A V E A U X. On appelle ainsi en Provence & en Gascogne, ces petites sonnettes de bois dont se servent ceux qui dansent; appelées dans le bas Languedoc *cafcavelles*, & à Paris *caftagnettes*. Voyez ci-dessous *caftagnettes*. De l'Es-pagnol *cafcabeles*, qui signifie la même chose, & qui vient du Latin *scabilli*. Scaliger sur le Copa: *Neque aliud intellexis Arnobius per scabillorum crepitus*. *Quam vocem hodie Hispani & Aquitani retunem pro similibus crepitaculis*. *Dicunt enim pau-lo depravatiore inflexu*, *cafcabillos*. *Apud Luta-tium in Thebaide Statii lib. v 11. ad illum locum*: —Et ad inperata rotari Buxa: Buxa, *inquit*, tibia vel scabellum, quod in facris Tibicines pede sonare confueverunt. *Extax quoque apud Suetonium: sed vulgo non intelligitur*. Ce mot se trouve aussi dans l'Oraion de Cicéron pour Cellius: *Deinde scabila concrepant, aulum tollitur*. Et dans Saint Augustin, liv. 4. de la Musique: *Quaro ex te, utrum possint copulati sibi pedes, quos copulari oportet, perpetuum quemdam numerum creare, ubi nullus finis certus appareat: veluti, cum Symphonici scabella & cymbala pedibus feriantur, certis quidem numeris, & his qui sibi cum aurium voluptate junguntur, sed tamen renore perpetuo: ita ut si tibias non audias, nullo modo ibi notare possit quensque procrunt connexiis pedum, & unde rursus ad caput redeatur*. Le lieu de Suétone est dans la Vie de Caligula: *Repente magno tibiarum & scabellorum crepitus, cum palla tunicque talari profi-luit*. Sur lequel lieu Isaac Casaubon a fait cette Note: *Salutores & Salutrices, cum in scena pui-pito saltabant, praer illum pedum, varia instrumenta sono edendo apta adhibebant*. *Fere enim junge-bantur, ut Lucianus wōi opiōnes indicat, vpu-ura, vpu-viquura, wōi vōi*. *Inter alia organa ejus generis, & scabelli fuerunt*. *Eam vocem non magis Latinam puto esse quam barbibus, sambuca, nabla, & alia plerique omnia instrumentorum musi-corum nomina, qua simul cum usu rerum quas signi-ficant, in civitatem Romanam sum adonſſa*. *Assen-tior autem doctissimo amicissimque Scaligero, qui scabellos, sive scabella, esse putat apud Suetonium & Arnobium, quos Hispani & Aquitani cafcabel-los dicunt: quam ai-tionem Rabbi Jona uſurpat in explicatione vocis mi hbach*. Rabbi Jonna a écrit *hā pwp kaſchak-bil*, & non pas, *hbach*. Voyez le même Casaubon sur Athénée, livre v. chap. 4. Il est à remarquer, au sujet du mot de *cafcabeles*, qu'il se trouve aux Indes une espèce de serpents, que les Espagnols appellent de ce mot, à cause de certaines petites peaux qu'ils ont aux oreilles, qui font un bruit, quand ils se remuent, semblable à celui des cafcaveaux. M. de Marigny m'a dit avoir vu en Danemark, à Copenhague, dans le ca-binet de M. Sperlin, Médecin du Roi de Danne-mark, un de ces serpents, long de trois à quatre pieds. Il est encore à remarquer, à propos de ces cafcaveaux, qu'au sujet de quelques impositions qu'on vouloit établir dans la Provence, il y a près de 40. ans, il s'émut une édition à Aix, qu'on appella les *Cafcaveaux*, parce que tous ceux qui n'étoient, portoyent des cafcaveaux. Dans le Languedoc, on appelle *cafcables* ces petites son-nettes rondes qu'on met au cou des animaux: & ces sonnettes s'appellent en France des grelots. M. C A S E. Terme du Jeu de triétrac. De *capsa* ou *cafa*. M. de Saumalfe sur l'Histoire Auguste, page 465. *uēna*, *vel uēna*, *vel uēna*, *sunt loculamenta calculorum in tabula*: & ce qui suit, que je vous conseille de voir. M. C A S E M A T E. De l'Espagnol *cafamata*, ou de l'Italien *cafamatta*. Le Père Labbe, dans ses Etymologies Françoises: *Guy Co-quille fait venir cafemates de zōmura*: & *moy de l'Italien cafa a matti: de de calfatura, en la Chre-nique d'Auxerre, fous l'an 1:10*. C'est dans la 1. partie, au mot *cabane*. Covarruvias, au mot *ca-famata*, dit que *cafamata*, a été fait de *cafa*, qui signifie *maison*, & de *matis*, qui signifie *baffe*. M. Rabelais distingue entre *cafemates* & *chafmates*. C'est en Prologue du liv. 3. où il parle de *cafemates*, en termes de fortifications, & au liv. 4. chap. 62. où il dit qu'*Euphorion* écrit avoir vu des *bester nommées Neades*, à la *seule voix desquelles la terre fondeit en chafmates* & en *abysmes*. Le Schollafte du Rabelais de Hollande, sur le mot *chafmates* du liv. 4. ch. 62. prétend que les *cafemates* du Prolo-gue du liv. 5. font la même chose que le Grec *zōmura*. Ainsi ce Schollafte est à cet égard, de même avis que Gui Coquille. *Le Duchat*. C A S E R N E S. Ce sont de petites chambres, qu'on fait ordinairement entre le rempart & les maisons d'une ville de guerre, pour loger les fol-dats, à la décharge & au soulagement des Bour-geois. *Cafa, cafarius, cafarinus, cafarina, cafarina, CAFERNE*. M.
CASIER. Garde manger à mettre des œufs, du fromage, &c. De *casarius*. Voyez la 73e des Nouv. Nouvelles. *Le Duchat*.
CASQUE. Il est croyable qu'il vient de *zac*, qui signifie *s'ent'ouvrir*, ou bien, regarder avec la bouche *ceane* : car le casque s'ent'ouvre quand on haufle la visiere. Et quand un homme armé veut voir clairement, il regarde à travers de l'ouverture de la visiere, qui est en quelque façon, regarder avec la bouche de la visiere *beante*. Caseneuve.
CASQUE. M. de Caseneuve n'a pas ici bien rencontré. Casque a été fait de *casis*. *Cassis*, *cassis*, *cassus*, *casque*. M.
CASSANDRE. Sorte de danse du *teens* de Ronfard : ainsi appelée de Cassandre, Maitreffe de Ronfard, fille d'un Bourgeois de Blois. Cette danse fut composée sur l'air de cette chanson : *Je suis Cassandre, Qu'est descendue des cieux, Pour vous apprendre A vous autres Messieurs, &c.* Cette danse fut renouvelée il y a environ 40 ans. M. CASSE ; pour *l'chefrite*, ou *l'chefrite*. De *capsa*. Ce mot est fort usité en cette signification dans l'Anjou, dans la Normandie, dans le Maine, & dans le Beauvoisin. Le mot de *casse* à Lyon se dit pour une *poile*. M.
CASSE. Médicament purgatif. De *cacia*, qu'on a dit pour *acacia*. M. de Saumaire sur Solin, page 539. *Acacia usus & ratio hodie prorsus ignoratus : qui succus erat Ægyptia spina candida. Casta-ohim nectebatur, qui succus est filiqua, & nigra spina Ægyptia. Nomen ipsum quo hodie casiam appellamus, satis indicio est, id verum esse quod diximus. Casiam infirma atas dixit, quam acaciam vetus dicebat, more tralattio posterioris Latinitatis, C in S vợtende : quod & idiotismus noser in multis retinuit. Sic ex Latino placere secimus PLAISIR, &x racemo, RAISIN. Saccire dicebant veters vœuxis; nos, SAISIR. Infima etiam Latinitas fasite, ut ex Marcusi Formulis constat. Ita Sarracenos vocamus SARASINOS. In aliis sexentis hoc ita se habere compries. Acacia igitur Veterum, casta nostra est. Certe ex illo nomine nomen istud efficitum est : nec enim tam stupidi sumus, ut dicamus acaciam Veterum, esse casiam nostram, aut eadem potestate utramque conferri. M.*
CASSER. De *cassus*, qui signifie *vain*, inutile, & qui n'est bon à rien, a été formé le verbe Latin-barbare *casse*. Joannes Januenis, in *Carbolico : Casso, cassas, cassavi, cassum ; id est, frangere, deseurere, annihilare, vanum facere. Et derivatur à cassus. De *cassare*, nous avons fait *casser*, qui signifie *congédier* : comme, *casser des gens d'armes*. Caseneuve.
CASSER. Lorsqu'il signifie *rompre*, *briser*, il vient de *quasso*, fréquentatif de *quatio*, qui signifie non seulement *ebranler*, mais *rompre*, & *briser*. Ovide, livre 1. *Trist. Eleg. 2.* *Solvere quassata parcite membra ratis.* Ainsi nous disons, *casser* une *noix*, *casser* la *tête*, & *casser* un *Testament*. Caseneuve.
CASSER. De *cassare*, qui se trouve dans Ives de Chartres, épître 48. 59. 62. 87. & 109. Et dans les Gloses Anciennes : *cassum, casso, casso, quas-* *S. Cassare* a été dit, pour *quassare*, qui se trouve en cette même signification. Lucrèce, liv. 3. *Nunc igitur quandam, quassatis undique vasis, Dissuere humorem.* Virgile : *Quassataque rates, & non tralattabile casum.* Juvénal : *Quassatum calycem, &c.* *Quassa olla* se trouve aussi dans Plaute, pour *fracta olla* : Les Gloses : *cassa, quassatus, fragilis : cassa, quasso*. Voyez M. de Saumaire sur le Droit Artique, page 199. Par une étrange rencontre, l'Arabé *cassara* signifie *casser*, & *lethara, acheter*. De *quassare*, on a fait le composé *conquassare*, d'où nous avons fait *concasser* : S. Augustin sur le Pseaume 45. *Aliud est conquassari, aiud* contri. Conquassari *minus est quam* contri. M.
CASSERON. Nicot : CASSERON, loligo parva ; *poisson, comme une petite seiche ; fréquent a la Rochelle, & en Poitou*. M.
CASSETTE. De *cassetta*, diminutif de *cassa*. Voyez *casse*. M.
CASSINE. Mot Provençal, qui signifie *une petite maison de campagne*. De l'Italien *cassina*, fait de *casa*. Rabelais 4. 13. s'est servi de ce mot. M.
CASSITERIDES. Nom de certaines Isles Britanniques, ainsi appelées anciennement du Grec *nuevris* & *étain*, parce qu'on en tiroit beaucoup d'étain. C'étoient les Phéniciens qui dans les premiers tems faisoient seuls ce commerce ; & ils avoient grand soin de cacher aux autres peuples la situation de ces Isles, comme écrit Strabon, liv. III. de la Géographie. Ainsi il n'est pas étonnant qu'Hérodote, liv III. ch. 105. avoue qu'il ne les connoit pas.
CASSOLETTE. De l'Italien *cassoletta*, diminutif de *cassola*, diminutif de *cassa*, fait de *cassa*. M.
CASSONADE. Voyez *cassonnade*. M.
CASSOTE. Qu'on prononce *quassate*, mot qui dans le patois Messin signifie *une terrine*. Peut-être de *quassare* ; la vaisselle de terre étant sujette à se *casser*. L'Italien appelle *cassa* une *casse* à puiser de l'eau dans un *seau*. *Le Duchat*.
CASTAGNETTES. Petites machines de bois qu'on attache avec des rubans aux pouces pour marquer la cadence en dansant. De l'Espagnol *cassanetas*. Les Espagnols ont ainsi appelé les castagnettes, de la ressemblance qu'elles ont avec des châtaignes. M.
CASTAGNEUX. Sorte d'oiseau de riviere, appelé autrement *petit plongeon*, & *Zoucet*. Selon dans son Ornithologie, au chap. du Zoucet : *Sa grosseur est d'une petite sarcelle ; de la couleur d'une chastagnette : dont il semble que la cause pourquoy on l'a nommé castagneux, est venue de la*. M.
CASTELOGNE. Couverture de lit. Par corruption, pour *Castelogne* : car ces sortes de couvertures de lit nous sont venues de *Castelogne* : & c'est sans doute pour cette raison qu'on appelle à Lyon ces sortes de couvertures *castalognes*.
CASTILLE. Nom d'une grande contrée d'Espagne. Ce mot a été fait de l'Espagnol *castel*, qui l'a été du Latin *castelium* ; & il a été donné à cette contrée à cause du grand nombre de châteaux qu'elle contient : d'où est venu, selon quelques-uns, ques-uas le proverbe de bâtir des châteaux en Efpagne.*
CASTILLE. Diffension, débat. Peut-être de queffa, plainte, qu'on aura dit pour queffus. Queffa, queffilla, keffilla, caftilla, caftille. Perceforest, vol. 5, ch. 3. Et tant en dura la caftille, que exilé vers qu'il avoit atteint Norgal sur la dextre efpaule qu'il avoit déarmée. Le Duchat.
CASTILLON. En Latin Caftellio ou Caftilia. Nom propre de Ville. C'est un diminutif de caftel, qui signifie château. Apparemment que les villes qui font appellées de la forte, n'étoient d'abord que de petits châteaux, & que leur nom est venu de-la.*
CASTINE. Coquille, dans son Histoire du Nivernois, page 502. de la dernière édition: Cette contrée est commode aux forges, tant à cause des petites rivieres dont elle abonde, qu'à cause des bois & des minieres. Les fourneaux y font pour fondre la mine de fer avec l'aide d'une maitiere appellée caftine; qui est une terre pierre. Les pièces de fer fondu, qui se tirent des fourneaux, sont appelées guifes, &c. M.
CASTONNADE. Par corruption, pour caftonade. C'est ainsi qu'on a appelé originairement cette forte de fucre: de caftonada, mot Portugais, fait de cafton, qui signifie cafton, & qui est un augmentatif de capfa. Capfa, caffa: d'où le François CAISSE: capfum, caffum, cafo caftonis, cafo ne, cafton. Et on a appelé ce fucre de la forte, par ce qu'on le met dans des caiffons. M. Richelet dit que l'usage déclaré est pour caftonade. J'ai dit dans mes Observations sur la Langue Françoise, que le plus grand usage étoit pour caftonnade; mais que je ne blamois pas ceux qui disioient caftonnade: Et je perfevere en cette opinion. L'usage est partagé à Paris entre caftonnade, & caftonade: Mais il y est partagé de forte que le plus grand nombre est de ceux qui disent caftonnade. Et c'est comme on parle à Rouen, à Tours, & à la Rochelle, où il y a un grand débit de cette forte de fucre. Et c'est aussi comme on parle dans la plupart des Provinces. Le Pere Pomey a dit caftonade. M. Joh. Bruyerinus, dans son Traité de re cibaria, liv. 6. ch. 4. Craffum saccharum, hoc est secundarium (caftonadam dicunt). Ce mot n'est pas bien nouveau dans notre Langue, puisque le Livre de Bruyerinus est de 1560. Cependant le patois de Metz a retenu caftonade; ce qui prouve que c'est l'ancien mot. Le Duchat.
CASTRES. Ville de France dans le haut Languedoc. Ce mot vient du Latin caftra ou caftrum. Les Romains avoient coutume de fortifier des camps dans les Provinces dont ils devenoient les maitres, & d'y avoir des corps d'armées pour tenir les peuples dans la foumiffion. Ces camps dans la fuite font devenus des villes qui en ont gardé le nom. C'est de-la qu'est venu celui de Castres. Plusieurs de nos villes de France ont commencé par-la; & quoiqu'en Francois elles ne portent plus ce nom depuis plusieurs siècles, elle l'ont néanmoins porté; & l'on trouve, par exemple, dans les anciens titres, Castrum Cabillonense, Castrum Matiscoense, Châlons, Mâcon, Castrum Juliense, Castrum Melodunense, Castrum Meroliacense, Cameracense, &c. CASTRO en Italien & en Efpagnol signifie la même chose que Castres en François; & nous nous en fervons en Francois pour les lieux d'Italie & d'Efpagne qui porteent ce nom. Ainsi Tonte I. nous disons, le Duché de Castro en Italie; Castro, Ville du Royaume de Naples; Castro de Urdia-illes, petite ville d'Efpagne, sur la côte de la Biscaye. Ce mot vient du Latin Caftra ou Castrum, de même que Castres.*
CATACOMBES. Voyez combe. M.
CATACOMBES. Grottes; lieux souterrains pour la fépulture des morts. On appelle ainsi en Italie les fépultures des Martres qu'on va visiter par dévotion, & dont on tire des reliques qu'on envoie dans tous les pays Catholiques. C'étoient des grottes où se cachoient les premiers Chrétiens, & où ils enterroient ceux d'entre eux qui avoient été martyrisés. Ce mot vient du Latin barbare catacumba. Mais d'où vient le Latin catacumba? Quelques-uns le dérivent de cata, qu'ils prétendent avoir été dit pour ad, & de tumba, dont a changé le r en c; enforte que selon eux Catacumbas est la même chose que ad tumba; En effet Dadin de Hauteferre, dans ses Notes sur les Vies des Papes, par Anaflafe le Bibliotécaire, page douze & treize, montre que l'on a dit autrefois Catacumbas, & non pas Catacumbas, & qu'il faut corriger ainsi le texte d'Anaflafe dans la Vie du Pape Corneille, où on lit Catacumbas. De tumba vient notre mot tombeau; & tumba a été fait du Grec vúzō, qui signifie la même chose. D'autres dérivent Catacumba de deux mots Grecs, xavā, préposition, & vúzō, qui veut dire cavité, enfoncement, vaiffeau creux, fond de vaiffeau; ce qui convient parfaitement à l'idée de Catacombes, c'est-à-dire à des lieux souterrains: & on l'aura appliqué aux tombeaux, ou aux lieux où étoient les tombeaux, comme en François on a appliqué les mots cave & caveau. De-la venoit l'usage d'appeller catacombe la cave où étoient les corps de S. Pierre & de S. Paul. Du Grec vúzō a été formé vúzō, une nacelle, une gondole; d'où le Latin cymba; parceque c'est une chose creuse. De-la aussi apparemment le vieux mot François combe, pour une vallée entourée de montagnes. Ce mot se dit encore en quelques endroits. Les Anglois disent comb dans le même sens.*
CATADOUPE, ou CATADUPE. Chuté d'un fleuve, qui d'un lieu haut se précipite dans un plus bas. Les plus fameuses Catadoupes font celles du Nil. Ce mot signifie la même chose que cataracte en parlant d'un fleuve. Il vient du Grec xavāđena, nom plurier, qui est formé de xavāđena, composé de la préposition xavā, qui dans la composition signifie quelquefois tendence, inclination vers le bas, situation baffe, & de dōrō, bruit: de forte que xavāđena, est proprement le bruit que fait une chose en tombant. De-la le verbe xavāđena, faire du bruit en tombant, & vā xavāđena les chires d'un fleuve, ainsi appelées à cause du grand bruit que font les eaux en tombant. Les anciens donnoient aussi le nom de Catadoupes, xavāđena, aux peuples qui habitoient proche les catadoupes ou cataractes du Nil. Le mot dōrō semble avoir été fait par onomatopée.*
CATAFALQUE. Représentation d'un cercueil dans une pompe funebre. Ce mot vient de l'Italien catafalco, qui signifie proprement un échaffaud. Mais d'où vient l'Italien catafalco? C'est ce qu'il n'est pas aisé de découvrir. Comme il est permis de hazarder des conjectures dans une ma- tière si obscure, je soupçonne que *catasalco* est un mot hybride, composé de la préposition Grecque *xarā*, & de *falac*, terme Arabe, qui signifie une élévation, la partie la plus élevée de quelque chose, une élévation de table dans une campagne, une onde de la mer, la sphère céleste. Il se peut que les Italiens aient tiré de ce mot Arabe joint à la préposition Grecque la dénomination de cette espèce d'échaffand décoré qu'on élève dans les pompos funebres pour représenter un cercueil. *
CATALEPSIE. Sorte de maladie. Ce mot vient du Grec *xarā* : qui signifie la même chose, & qui est formé du verbe *xarā* : *cacum*, occuper, détenir, saisir. Cælius Aurelianus exprime la *catalepsie* par *apprehenso*, *oppressio*. Hippocrate & Diocles l'appellent *æposia*, c'est-à-dire, perte de la parole, & Antigène *æposia*, qui signifie la même chose. *
CATALOGNE. Province d'Espagne. En Latin *catalania*, ou plutôt *catalonia*. Ce mot s'est formé de *gothalania*, terre ou pays des Goths, parce que les Goths s'établirent autrefois dans cette partie d'Espagne; & *gothalania* s'est dit pour *gothalandia* ou *gothlandia*, de *land*, qui dans toutes les Dialectes de la Langue Teutonique, signifie terre, pays, partie. *
CATAPAN. Nom de charge. C'est le nom que les Grecs ont donné dans les derniers tems, c'est-à-dire, dans le dixième & onzième siècle, au Gouverneur, de ce qu'ils possédoient encore en Italie. Guillaume de la Pouille, dans son Poème de *Gessis Normannorum*, liv. 1. dit: *Qui Catapan fuerat Gracorum missus ab urbe, Cui Constantinus nomen dedit.* Quelques-uns disent aussi *Catipan*, *Catipanus*. Et dans *Leo Ottensis*, liv. 11. ch. 68. dans *Lupus Protopathaire*, dans l'Auteur anonyme de Barri, qui a écrit la Vie de S. Vital de Sicile, & dans *Ughellus Ital. Sacr.* tom. iv. c'est la même chose que *Capitanus*, comme si ce n'était qu'une métathèse ou transposition. Guillaume de la Pouille, liv. 11. derive ce nom de *xarā* : *juxta*, & *xarā* : *omne*; en sorte que *Catapan* signifie un Gouverneur général, un Officier, un Magistrat préposé généralement sur-tout, qui à la direction de tout: *Quod Catapan Graci, vos juxta dicimus omne. Quasquis apud Danaos vice jungitur hujus hominis.* *Diffusioe populi, parat omne quod expedit illi. Et juxta quod cuique dari deces omne ministrat.* Et quoiqu'en dise M. du Cange dans les Notes sur l'Alexiade, cette étymologie n'est peut-être pas si mauvaise. D'autres prétendent que ce mot vient de *xarā* : *xarā* : *cælis*, c'est-à-dire, après l'Empereur. C'est le sentiment de l'Auteur de la Vie de S. Lietbert de Cambray, ch. 41. qui dans ce sens appelle le *Catapan* un second maître, ou second Seigneur, *secundus Dominus*. M. du Cange à l'endroit cité, page 275, veut qu'il vienne de *xarā* : *que les Grecs ont dit de tout Capitan*, ou Gouverneur, & même de tout homme de condition. *
CATAPLASME. Terme de Médecine. *Cataplasma*. Du Grec *xarā* : *qualium*, qui signifie *oblino*, *obliro*, penduis, j'applique par-dessus. *
CATARACTÉ. Maladie d'yeux : *oculorum* *subiis*. De cataracta, *xarā* : *cataplasma*, c'est-à-dire, *definiere*, *ruere*. M. CATARACTES du Nil. Du Latin *cataractes*, fait du Grec *xarā* : *formé de xarā* : *qualium*, qui signifie *tomber avec impetuolité*. Pline v. 9. *Vectus aquis properantibus*; il parle du Nil; ad lucum *Æthiopum*, qui *Catadupi vocatur*, *novissimo cataracte*, *inter occursantes scopulos non fluere immenso fragore creditur*, *sed ruere*. M.
CATASTROPHE. C'est le changement & la révolution qui se fait dans un Poème Dramatique. Il se dit aussi figurement d'une fin funeste & malheureuse, parce que d'ordinaire les actions qu'on représente dans les poèmes dramatiques, se terminent d'une manière funeste. Ce mot vient du Grec *xarā* : *qui signifie renversement, bouleversement, & qui est formé du verbe *xarā* : *tenverser*, bouleverser, terminer. *
CATECHESE. Terme d'Histoire EcléSIASLÉGIQUE. Instruction qui apprend les choses qu'un chrétien doit savoir. C'est la même chose que Catéchisme. Ce mot vient du Grec *xarā* : *instruction*, formé du verbe *xarā* : *qui signifie faire du bruit aux oreilles de quelqu'un, l'instruire de vive voix, enseigner les premiers principes d'une science, & en particulier les principes de la Doctrine Chrétienne, de *xarā*, & *xarā* : *voix*, son. De-la on a appellé *catéchommes* *xarā* : *ceux que l'on instruisoit pour les disposer à recevoir le baptême. *
CATERRE. Par corruption, pour *catarre*. Il y a déjà long-tems qu'on prononce *caterre*. Henri Etienne, dans ses Hypomnées, page 10. *At vero Aulici ne persuadere quidem sibi possunt, reclè dici Catarrhe: ideoque Catarrhe pronuntiant. Prafertim vero Aulica mulieres, & qua earum sunt assécia, aliaque extra anlam multa, qua aliquid confragosum habentes sermonem, sua nobilitati convenire non existimam; quum littera *xarā* : *valde oderint, multis in locis illam in E mutant: adeo ut aliquando earum quibusdam persuadere non potuerim, dicendum esse, sequendo Gracam originem, catarrhe, & cataplasme, non autem catarrhe & cataplasme*. M.
CATEUX. Bouteiller : *Aucuns Sages mettent difference entre meubles & cateux. Si sachez que cateux sont meubles & immeubles. Si comme vrais meubles sont, qui transporter se peuvent, & ensuivir le corps : immeubles, sont choses qui ne peuvent ensuivir le corps, ne est pas transportées. Cateux donc comprend les deux ; assévoir meubles, & immeubles, & tout ce qui n'est point en héritage. Loiseau, livre 3. des Offices, chapitre 4. Cateux sont entre autres, les bleds & fruits pendant par les racines, que les Latins appellent ségées, & les jurisconsultes, fructus pendentes. Nos *Cousfumes*, des blées, emblures, & ableds, selon le divers langage des Provinces, Les *Cousfumes* de Beauquesne, d'Artois & autres, disent que Bleds verdis jusques à la Mymay sont réputés héritages ; sont réputés, *cateux* ; & le pied coupé, meubles, &c. Vray est que les *cateux* comprennent aussi, comme disent ces *Cousfumes*, plusieurs bés孫nes rustiques qui peuvent être transportées commandement hors de l'héritage : comme les buis, les fenêtres, les granges & estables toutes de bois, & autres choses semblables ; qui semble être à peu-près ce que les Romains appelloient ruta cœsa : Et disent ces *Cousfumes*, que ces *cateux* sont partagent comme meubles. Du Moulin en l'Apothille de la Coutume d'Artois, dit que *cateux* sont immobilis caduca, rencontrant plus à propos à la signification qu'à l'étymologie. J'estime de ma part, que les catenés de Picardie sont à peu-près ce qu'au pays de Beaujois nous appellons CHASTELS. Car c'est chose victoire, que le Dialecte Picard change volontiers CH en C, &c. L'opinion de Loiseau me semble très-véritable. CATEUX a été fait de catal- da, qui l'a été de capitalia. Voyez Spelman aux mots capitale & catalla, & Ragueau en 6m Indi- ce au mot catenés, & Voïssius de Vitiis Sermonis, page 100. & 201. & M. du Cange, dans 6m Glof- faire, & M. de Launay dans 6m Institutions Cou- tumières de Loisel, page 176. Les Anglois appel- lent Chastels réas, bona realia, & Chastels personal, bona personalia. M. On appelle à Metz chatel de vaches une certai- ne condition faite entre un bourgeois & un paysan, en vertu de laquelle le bourgeois ayant laïté au paysan a titre de chatel refaissant, comme on dit, une certaine quantité de vaches, estimée entré- ux à certaine somme, le paysan s'oblige entr'au- tres conditions, de donner annuellement au bour- geois par tête de chaque vache à lait une pinte de beurre fondu. Cet usage fait voir que le mot de chatel en cette signification vient apparemment de capitale, fait de caput. Le Duchat.
CATHARES. Nom d'anciens hérétiques, ainsi appelés du Grec κωδαις, qui signifie purs, parcequ'ils se croyoient plus purs que les autres Chrétiens. Le mot κωδαις est formé du verbe κωδαις purgo, mundo. On a donné dans la suite le nom de Cathares à quelques-autres hérétiques qui ont prétendu se distinguer par la pureté de leurs mœurs. Entre les Sèches qui ont pris ce nom faïtuaux, sont les Apotactiques, ἀνεῖντιναι, com- me qui droit Renoctateurs, ainsi nommés du ver- be ἀνεῖντιναι, ou ἀνεῖντιναι renuncio, ejuro, parce qu'ils faisoient profession de renoncer à tout. On a donné le même nom par antiphrase, ou par ironie, aux Patarins, aux Albigeois, &c. Mais ceux que l'on appelle plus ordinairement Cathares, & dans l'antiquité, & en notre Langue, sont les Novatiens. Les Calvinistes de la Grande Bretagne, & sur tout ceux d'Ecosse, se nomment Puritans, qui est le même nom en François, que celui de Cathares en Grec. Du verbe κωδαις purgo vient aussi l'adjectif κωδαις, d'où le mot catharti- que, dont on se sert en Médecine, en parlant des remèdes qui évacuent par haut ou par bas, autre- ment des vomités & des purgatifs. *
CATHERÉTIQUE. Terme de Mé- decine & de Chirurgie. Il veut dire, qui ôte, qui emporte. On appelle remèdes cathérétiques, ceux qui confluent, qui emportent les carno- siés, les chairs baveuses & les extroissances. Ce mot est Grec, il est formé de la préposition κωδαις, & de κωδαις j'ete, j'emporte. Quelques-uns appellent ces remèdes sarcophages, c'est-à-dire, qui mangent les chairs; de κωδαις chair, & κωδαις je mange. *
CATHOLICON. Electuaire: ainsi appelé, parce qu'il est bon pour toute sorte de maladie. M.
CATILLER. Montrelet: Envoya devant, pour regarder la maintien des ennemis, & pour les catiller. De capillare, diminutif de captare, qui signifie videre. Isidore, xii. 2. Musio appellatus, (il parle du chat) quod muribus infestus sit. Hunc vulgus captum, a captura, vocant: nam tanto atu- te cernit, ut fulgore luminis noilis tenebras superet; unde & a Gracis venit catus; id est, ingeniosus: ἀνεῖντιναι. Les Gloses Arabico-Latines: Mussium, catum; ab eo quod catat, id est, videt. ¶ Captare, cattare, catillare, CATILLER. M. On trouve castiller dans la même signification que catiller. Montrelet, Edit. de 1572, vol. 3, fol. 127. v°. D'autre part, le Conneftable de France, qui se fut loger sur la rivière au-dessous de la mon- tagne, fait abbattre de engins une tour corniere qui ... les castillois. Corniere, c'est-à-dire, a cre- neaux. Le Duchat.
CATIMINI. On dit, faire quelque chose en catimini, pour dire, en cachette, en particulier. M. Nublé dérivait ce mot de κωδαις qui sont les pur- gations auxquelles les femmes sont sujettes tous les mois: dont elles se cachent fort scrupuleuse- ment: Et, ce qui pourroit favoriser l'opinion de M. Nublé, catimini dans les Curiofités Françoïles d'Oudin, est interprété par fleurs de la femme. Nean- moins, je ne doute point que mini dans catimini, ne soit une production, comme en grippemini, & en brouillamini. Mais je ne fais pas d'où peut venir ce mot. N'auroit-il point été dit par contraction au lieu de cachettimini? Cette conjecture ne me déplaît pas. M. Faire quelque chose en catimini, ne signifie pas seulement en cachette, mais particulièrement sans bruit, comme fait le chat qui guette une souris. Et parce que le chat s'appelle aussi minon, cela me fait croire que ces deux mots sont renfermés dans celui de catimini, & que faire une chose en cati- mini, pourroit bien désigner l'imitation des dé- marches & du silence du chat ou minon lorsqu'il chasse une souris. Le Duchat.
CATOPTRIQUE. Seconde partie de la science qui explique la vision, qui enseigne com- ment les objets peuvent être vis par la réflexion qui se fait sur les miroirs, & autres surfaces po- lies. Ce mot est Grec, & vient du verbe κωδαις, ἀνεῖντιναι, perspicio, perspicio, qui est composé de la préposition κωδαις & de κωδαις video. *
CATOPTROMANCIE. I spèce de divi- nation, qui se fait par le moyen d'un miroir. C'est ce qui lui a fait donner le nom de catoptromancie, qui est Grec, composé de κωδαις miroir, & de κωδαις divination. Le mot κωδαις, de son côté, est fait de κωδαις & de κωδαις video. *
CATTES. Ancien peuple de la Germanie, extremement belliqueux. Aussi leur nom vient-il de cat, vieux mot Celtique, qui signifie guerre, combat. Baxhornius, dans son Lex. Ant. Brit. s'exprime de la maniere suivante. Cad prailium, pugna; bngad boum pugna; cadisareh equus bel- licus, a farch equus; cadlys palatium caestense, a lys aula, curia, forum; catorfa, catyrfa, multitu- do militaris, a tyrfa tuba. C'est de la que vient, suivant toute apparence, le Latin caterva. Végéce, liv. II. Insinue allex clairement, que ce mot est d'origine Celtique, lorsqu'il dit: Galli atque Celti- beri, plureque barbarica nationes, catervis uteban- tur in pratio, in quibus erant fena millia armato- rum. Romani Legionis habent. Les anciens Saxons appellent la guerre guth, par le changement du C en G. Dans Benfotius, hate est explique militia. Ceux qui savent que les lettres H & C, se met- tent continuellement l'une pour l'autre dans les dialectes, ne trouveront que très-peu de différence entre hat & cat, & cette différence ne change pas l'essence du mot. Le T & le D, se mettent pa- reillement l'un pour l'autre, étant des lettres de même organe. Cette signification du mot cat sert à découvrir l'étymologie de plusieurs noms de hé- ros, de peuples & de lieux. En voici quelques exemples. Nous avons déjà dit, que le nom de S i ij CATTIS venoit de cat guerre, combat; ainsi il signifie belliqueux. Les Cattes passent en effet, pour les plus belliqueux des Germains. Tacite, dans son Liv. de M. Germ. ch. 30. Alios ad pra- lium tre videas, Cattos ad bellum. Il semble que dans les tems les plus reculés ils ne se nommoient pas eux-mêmes simplement Cattes, mais Cat- wees, Cattes-Sueves, c'est-à-dire, Sueves guer- riers, parce qu'ils étoient dévoués à la guerre; sur quoi on peut voir Tacite de Mor. Germa. ch. 31. Celia les appelle toujours Sueves, & Tacite Cat- tes, comme Cluvier l'a démontré d'une manière invincible, Germ. Ant. liv. iii. ch. 5. Mais il n'est pas vrai-semblable, que l'un ou l'autre de ces deux Auteurs, leur ait donné un faux nom; & c'est ce que Cluvier ne fait pas voir. Dans la fuite, au- lieu de Catti, ils furent appelés Haffi, les lettres C & T, étant changées en H & S, comme dans beaucoup d'autres mots. Les CATTUARIENS, autre peuple Germain, & qui fut vaincu par Ger- maitres, furent ainsi nommés de cat guerre, & du Celtique wer ou war ou ur, qui signifie vir; & leur nom signifie hommes belliqueux. Voyez ci-de- vant, au mot Bajouriens, & Wachter, Glos. Germ. au mot wer. Du même mot cat, & de mer, autre mot Celtique, qui signifie grand, célèbre, vient le nom de CATUMER, Prince des Cattes, du- quel Tacite parle dans ses Annales, xi. 16. 17. & ce nom veut dire, bello clarus. Voyez Wachter, dans son Glos. Germ. au mot mer. Tacite, Annal. ii. 62. fait mention d'un jeune & illustre Goth, nommé CATUALDA, qui dépouilla Marobode de la royauté. Ce nom signifie bellipotens, de cat bellum, & de walt, mot Teuton, qui veut dire, potent. Le mot cat entre aussi dans la composition de plusieurs noms propres de lieux: comme dans CADOMUM, nom Latin de la Ville de Caen, le- quel signifie civitas belligerantium; voyez ci-dessus Caen: dans CATOBRIGA, Ville d'Espagne, dont le nom signifie pons militaris; voyez ci-dessus Brive: dans CATWICK, qui signifie locus ou vi- ras monitus, ou flatio militaris, ou oppidum muni- tum. Voyez Wachter, au mot Wib. Cet Auteur dérive aussi le mot caesemate de cat, guerre, & de mwd, terme Celtique, qui signifie telfum; enforte que caesemate veut dire, selon lui, telfum militare; & il dit que c'est un mot venu des Celtes, d'où il a passé aux François, aux Espagnols, & aux An- glois. Dans quelques Dialectes, cat se change en cas. Le même Auteur dérive aussi caeserne de cat, & de l'Anglo-Saxon erne ou earne, qui signifie caes; & il explique caeserne par caes militaris. Voyez-le aux mots Cat, Kaesemate, & Kaesernen.
CATZ. De l'Italien cazzo, qui a été fait de caput, qu'on a dit pour signifier bout, & dont les Espagnols ont aussi fait cabo en cette signification de bout. Caput, capitis, capitium, capitio, cazzo, CATZ. M.
CAVALCADOUR. C'est celui qui chez le Roi, & dans les Maisons Royales, commande l'Ecurie des Chevaux de la personne. De l'Espa- gnol, Cavalcador. M.
CAVALERISSE. Le sieur Guillet, dans son Art de monter, à cheval: C'est un vieux mot tiré de l'Italien, & maintenant hors d'usage, pour signifier une personne savante en l'art de dresser & gouverner les chevaux. Il fut inventé par M. de la Broue qui le trouvait d'autant plus expressif, que le mot d'Ecuyer signifie différentes choses en France. ¶ Les Italiens disent Cavallerizzo. M.
CAVALOTS. Monnoye de Louis XII. ainsi appelée, à cause que S. Second y est représente à cheval, dit M. le Blanc, pag. 321. de son Traité des Monnoyes. M.
CAUCAIN. On appelle caucains en Basse-Normandie, vers Coutances, particulièrement dans le voisinage de Hambie, certaines plaques de fer en forme de fer à cheval, que les laboureurs, char- tiers, & gens de fatigue appliquent avec des clous sous les talons de leurs souliers pour les conserver. Ce mot vient de calcanei, formé de calx, qui si- gnihie le talon. S. Add.
CAUCASE. Montagne de l'Asie septentrio- nale. C'est une branche, ou une continuation du mont Taurus. Bochart, dans son Phaleg, liv. iii. ch. 13. tire ce nom de l'Ebreu. Selon lui la terre de Gog & de Magog, étoit une partie de la Scy- thie, le long du Mont Caucase, que les habitans de la Colchide & les Arméniens, dont le Dialecte étoit demi-Chaldeen, appelloient jen 212 Gog bhasan, c'est-à-dire, fortification de Gog: de-la les Grecs, en adoucisant la prononciation, firent Kouan. Pline, liv. vi. chap. 17. pretend que Caucasus s'est dit pour Grancasus, qui est le nom que les Scythes donnoient à cette montagne tou- jours couverte de neige, parce que ce nom dans leur langue, signifie blanc de neige. Voici les paro- les de Pline: Scytha CAUCASUM montem appello- vere GRAUCASUM, h. e. nive candidum. Le mot cas, dans la Langue des Scythes, signifioit blanc: c'est ce que témoigne aussi Isidore, dans ses Origines, liv. xiv. chap. 8. Grau, dans la même Langue, signifioit neige; & il signifie encore au- jourd'hui en Alleman canus, albicans. Cette ety- mologie paroît être la véritable. Celle que donne Bochart, est tirée de trop loin. Les Persans d'au- jourd'hui appellent le Caucase cau-cas, c'est-à-dire, mont Cas; de cas qui en Langue l'Persane, veut dire montagne. Mais il y a apparence que le nom Persan cau-cas, est une corruption de cau-cas, qui signifie montagne blanche: autrement qu'on nous montre ce que veut dire cas dans le nom l'Persan de cette montagne. Voyez Wachter, dans son Glos. German. aux mots Grau & Grau.
CAUCHEMAR. Par corruption, pour cau- chemare. C'est ainsi que nos anciens prononçoient ce mot. Nicot: CAUCHEMARE. Qui empêche de reprendre son haleine en dormant. Incubus, suppressio nocturna, ephialtes. Picardi proforum cauquemare. Et l'origine favorite cette prononciation; ce mot ayant été formé de calca mala, c'est-à-dire, mala oppressio. Du verbe calco calcas, les Auteurs de la Basse-Latinité, ont fait le verbal calca, pour cal- cario: comme missa, pour missio; promissa, pour promissio; consulta, pour consultatio; procura, pour procuratio, &c. Mais l'usage d'aujourd'hui est pour cauchemar. C'est donc comme il faut dire, sans s'arrêter à l'étymologie. Les Lyonnois disent cau- che-vieille. M. Scarron a dit cauchemare: Puis-je avoir la cauchemare. M.
CAUCHOIS. Nous appellons à Paris pigeons cauchoix; de gros pigeons. M. Despreaux, Sa- tire 3. Je riois de le voir avec sa mine étique. Son rabat jadis blanc, & sa perrisque an- tique. En lapin de garenne ériger nos clapiers, Et nos pigeons cauchoix en superbes ramiers. Ce mot est venu à Paris de Normandie, où on appelle ces pigeons de la sorte, a causé que les pigeons de Caux sont plus gros que ceux des autres lieux de Normandie. Cauchoix, c'est celui qui est né au Pays de Caux. Et ce mot a été fait de Ca- leticois, fait de Caleticum, fait de Caletum, fait de Caletes. Voyez Caux. M.
CAUDEBEC. Ville de France en Norman- die sur la Seine. Du Chêne & M. Corneille, disent que cette Ville a pris son nom du Pays de Caux. Cependant comme les noms Latins sont fort diffé- rens; que le Pays de Caux s'appelle Caleticois ager, & Caudebec Calidobecum; que cau, dans ce nom, peut très-bien s'être formé de calidus; que dans le Nord de la France on dit cand au lieu de chaud; il semble qu'on ne doit point recourir ici au nom du Pays de Caux; & que Caudebec, en La- tin Calidobecum, est la même chose que calidus vivus. Car bec en Gaulois, comme bach en Alle- man, signifie ruiffeau, rivière. En Anglo-Saxon, c'est becc, en Suédois back, en Flaman beck, en Anglois becke. Voyez Wachter, dans son Glossar. German. au mot Bach.
CAUDEBECS. Chapeaux: ainsi appelés de la Ville de Caudebec en Normandie, où l'on fait ces sortes de chapeaux. M.
CAUDIOTS. Le peuple de Basse-Norman- die appelle ainsi un Feu de joie. Il vient d'Ignis de gaudio. Feu de joie. Huet.
CAVE. De cavus. Cavus, cava, CAVE: en sous-entendant cella vinaria. M.
CAVEÇON, ou CAVESSON. De cavez- zone, augmentatif de cavezza, mot Italien de la même signification, & qui a été fait de caput. Ca- put, capitis, capitius, cavitius, cavezzus, CA- VEZZA. Les Latins ont dit de même profiomis; « à tu cissai ». Nonius Marcellus: PROSTOMIS: c'est ainsi qu'il faut lire: dicitur ferrum, quod ad calidentum equorum tenacium, naribus, vel morfui, imponitur: « à tu cissai ». De caput, les Latins ont fait aussi capistrum. M.
CAVIAL. On appelle ainsi en Provence les œufs de poisson salés: comme les œufs de muge, &c. Il est fait mention de ces œufs dans Rabelais, liv. 4. ch. 18. Frit jeller en leur naus soixante & dix-huit douzaines de jambons, nombre de cavials, dixaine de cervelats, centaines de boutargues. Et au chap. 60. du même livre: D'entrée de tables, ils lui offrent, cavial, boutargues. De l'Italien caviale, qui signifie la même chose, & qui a été fait du Grec vulgaire naus. Le P. Thomassin dit zoum. Et il dérive de l'Ebreu garai, qui signifie doux, déli- ciieux: d'où il dérive aussi garum. Voyez-le, tom. 2. pag. 557. M. Rabelais, dans les éditions de Hollande, liv. 4. ch. 18. a dit caviars: ce qui favorise l'opinion de M. Ménage, qui fait venir ce mot du Grec vul- gaire naus. Jo. Bruyerin. De re cibaria, liv. 18. ch. 14. parlant des œufs de poisson salés, qui don- nent de l'appétit: Sturionum ova inter ea practipus hodie habentur, ut scribit Jovius, & caviaria vo- cantur, consciunturque in Ponto. Ova sale condita in grandem formam coguntur, deinde cadis reponun- tur, & ad nos convehuntur. Eduntur autem cruda aut patum tofin. Cephalorum ova recentibus eximun- tur, & inter luyarguas referuntur, quin etiam lupo- ram. Caterum la illa vie, & tum diffi ulter perfi-
CAU. CEA. 325 ciuntur, tum difficulter corrumpuntur. Ci-dessus, au mot Boutargues, M. Ménage dit que ce sont les œufs de muge, & ici au mot cavial, il compte encore les œufs de muge au nombre des cavials. Mais si Jo. Bruyerin en est cru dans ce passage, il n'y a que les boutargues qui soient des œufs de mu- ge, & le cavial sera composé d'œufs d'estur- geons. Le même Auteur, liv. 10. ch. 12. Ex ejus (flurionis) ovis caviaria confici omnes fatentur. Le même, liv. 10. ch. 16. Hodie caviaria ex flurio- num ovis funt in Ponto, qua appetentiam recreant, maxime in senibus, & vini aviditatem augent. Le Duchat.
CAVIN. Terme militaire. On appelle ainsi un lieu creux naturellement, propre à couvrir les Troupes, & à favoriser les approches. De cavinum, diminutif de cavum. M.
CAULAIN. NE. Adj. Terme d'injure, qui se dit à Metz, d'un homme ou d'une femme, a qui l'envie de parler d'autrui fait souvent forger des menionges, plutôt que de paroître n'être pas informé de ce qui se passe dans les familles. Du François colle, qui signifie une menterie: lequel mot se trouve dans le Dict. Er. Ital. d'Ant. Oudin, lettre C. Le Duchat.
CAUMUSE. On dit à Metz, d'une personne qui s'est engagée dans une mauvaise affaire, qu'elle en payera la caumuse, c'est-à-dire, la folle enche- re, les pots cassés. Le Duchat.
CAUSER. Ce verbe, qui signifie habiller, & parler beaucoup en matière de peur de conséquence, est tiré du babil des Avocats, qui, pour suppléer au défaut du droit de leurs parties par l'abondan- ce des paroles, crient à pleine tête dans un Bar- reau. Car causari signifie plaider une Cause. N- nius Marcellus: Causari, causam dicere vel deffen- dere. Guntherus, liv. 9. Inter causamis creberrima jurgia turba, Et querulas variis ex urbibus undique lites. En la Loi des Baivariens, tit. 16. parag. 3. Causa- ticus est un Avocat: comme Causator, tit. 60. de la Loi Salique. Caseneuve. CAUSER: pour jaser. De causare, qu'on a dit pont plaider. Les Loix des Lombards II. 51. 1. Si quis causam alterius agere, aut causare prasum- peris in praesentia Regis. Voyez Nicot, au mot causer: où il remarque que les Gascons appellent Languaces les Avocats sous l'orme, à cause de leur babil. Causidicus est pris de même en mau- vaise part par les Latins. Voyez M. de Case- neuve. M. En Alleman, kosen signifie loqui, sermocinari. Les Grecs ont dit, « à loqui; & de-la sur- saire, multa loqui. Chez les Lombards, kosen étoit un terme de Barreau, & la même chose que causam dicere. Ensuite ce mot a été pris en mau- vaise part. De-la en François causer pour jaser. Voyez Wachter, Gloss. Germ. au mot Kosen.
CAUTE'RE. Du Latin cauterium. M. CAUX: Pays de Normandie. De Caletes. C'est ainsi que César appelle ce Pays. Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois. M.
CEANS. De hicce inns: comme dedans, de dedeimus: leans, d'illic inns. Nous disions ancien- nement rians: & les Picards parlent encore au- jourd'hui de la sorte. Sylvius, dans la Grammaire, pag. 147. Il est chi ens; id est, hic intus. Sed vul- gus Gallorum, Ceans a bon logis. Et pag. 141. Hic intus chi ens, non ce ans, cum Parthijensum insignibus: Le maistre de chi ens; a de hic intus, &c. M. De Etritus est venu deans, qu'on disoit autre- fois pour dans. Mercurin Gattinare, a Marguerite d'Autriche, dans une lettre du 28. Fevrier 1512. tom. 4. pag. 55. & 56. des Lettres de Louis XII. Mais tant y ha que celluy qui debout exécuter la- dette entreprinse le Samedy au soir alla boire son fans! deans le Doule. Mat. Cordier, dans son de corrupti ferum. emend. edit. de 1539. ch. 2. n°. 29. Jam diu est quod ego sum intus. Il y a deja long- tems que je suis demourant cy ens. Je demeure cy ens ja long-temps y a. Et n°. 30. y a il long-temps que tu demoures cy ens? Le Duchat.
CEDILLE. On appelle ainsi la virgule qu'on met sous la lettre C, pour la faire sonner comme une S devant A, O, & U: & qui se marque ainsi, C. De l'Espagnol cedilla, ou cerilla, qui signifient la même chose. Cette marque est de l'Invention des Espagnols. Jacques le Pelletier, dans son Dia- logue de l'Orthographe, & de la Pronunciation Françoise: Lars, dit Sauvage, quant a cela, &c. Car nous avons pris le C a keue, qui est semblable a la lettre S, en figure & en puissance. Bien, dit Dau- ron, je trouve elle bien bon, & j'en use assez volon- riers; & j'ai bon gré a ceux qui nous l'ont apporté. Et a non avis, nous ne le devons a autres qu'aux Espagnols, auxquels il a esté & est fort frequent de longuemain. Les Espagnols disent cedilla, & cerilla indifféremment; mais le mot de cedille est le plus ussité en France. M.
CEDRON. Torrent ou ruisseau de la Pa- lelline, dans une vallée a l'orient de Jérusalem, entre la Ville & la Montagne des Oliviers. Il en est parti plusieurs fois dans l'Ancien Testament, & une fois dans le Nouveau. Il est dit 2. des Rois, xv. 11. Le Roi passe aussi le torrent de Cedron, & 3. des Rois 11. 17. Si vous en sortez jamais, & que vous passez le torrent de Cedron. Et 4. des Rois, xxiii. 6. Il fit oter de la Maison du Seigneur, le bois sacrilège, & le fit porter hors de Jérusalem dans la vallée de Cédron, on l'ayant brise & réduit en cendres, il en fit jeter les cendres sur les sépulcres du peuple. Dans tous ces endroits-la, le Texte Ebreu porte pelle nahhal kidron. Le mot Ebreu nahhal, signifie également vallée & torrent, parce que les torrens coulent pour l'ordinaire dans les vallées; & il se prend dans l'écriture, tantôt dans l'une de ces deux significations, & tantôt dans l'autre, sui- vant que le sens l'exige. Voilà pourquoi dans le dernier des passages cités, nous avons traduit la vallée de Cedron, & non pas le torrent, parce qu'on n'allume pas du feu dans un torrent. Ainsi au verter 4. du même chapitre, où il est dit, que le Roi fit jeter hors du Temple du Seigneur, tous les vali- seaux qui avoient servi pour Baal, & les fit bru- ler hors de Jérusalem dans la vallée de Cedron, le Texte Ebreu n'emploie pas le mot pelle nahhal, mais il met pelle schadmoh, plurié de pelle schadmoh, qui signifie proprement un champ, une campagne, soit qu'elle soit entre des monta- gnes ou non, & qui peut par conséquent, se pren- dre aussi pour une vallée. D'ailleurs le torrent de Cédron est presque toujours à sec quand il ne pleut pas. Ce mot, qui est Ebreu, comme on a vu, signifie noirceur, orseurite, & il vient du verbe pelle kadar être noir, être obscur. On appelle de la forte la vallée & le torrent qui portoient ce nom, ou parce que la vallée étant fort profonde, & peut-être ombragée de beaucoup d'arbres; elle étoit aussi fort obscure; ou parce que les eaux du torrent étoient troubles & boueuses, a cause des égouts de la Ville qui s'y déchargeoient. On lit dans le grand Dictionnaire Géographique de M. de la Martinière, au mot Cedron, que l'Ebreu pelle peut venir aussi de la racine pelle qui dans la Langue Arabique, signifie être saï, en Latin, spurcari. C'est une erreur. Cette racine ne signifie point dans la Langue Arabique, être saï; mais être puissant, déterminer, regler. La racine qui dans cette Langue, signifie être saï, c'est pelle. L'Auteur a confondu pelle kadara avec pelle cada- ra, deux racines fort différentes. En S. Jean, xviii. 1. le Texte Grec, au lieu de torrent de Cedron, pelle voulque, comme porte la Vulgare & la Version Syriaque, dit, torrent des Cedres, pelle voulque. Grotius fou- tient cette leçon & la préfère a celle du Latin; mais il se trompe: c'est une faute de copiste. Elle s'est aussi glissée dans les Septante en quelques endroits. Mais la vraie leçon s'est conférée dans les bons exemplaires. On n'a aucune preuve qu'il y ait jamais eu de cèdes près du torrent de Cedron. D'ailleurs, cedron n'est point le nom du cèdre, ni en Ebreu, ni en Syriaque. Le nom de cet arbre en Ebreu, c'est pelle, & en Syriaque arce, deux mots qui n'ont pas la moindre ressemblance avec celui de Cedron. Si l'interprète Syriaque avoit en- tendu des cèdes par le pelle du passage de Saint Jean, il l'auroit rendu par arce ou arcin, & non pas, comme il a fait, par kedroun, terme qui dans la Langue, de même que kedron en Ebreu, est un nom propre de lieu, & ne signifie nullement un arbre. La version Angloise, conformément à la version Syriaque, porte, over the brook Cedron, c'est-à-dire, au de la du torrent de Cedron.
CEDULE. Pafferat, selon le témoignage de Pierre le Proust sur la Coutume de Loudun, pag. 563. le dérivait de fedulo. Voici les termes de ce Pierre le Proust: Me trouvant par rencontre au Collège Royal a Paris, on le défendit Pafferat étoit gagé, il tiroit le mot de scédule de l'adverle Latin fedulo, parce que celui qui a promis de payer, ne le peut faire trop tois. Il vient de schedula, diminu- tif de scheda. Ragueau, sur la Loi Contrallus, au Code, de Fide Instrumentorum: Obfertabis hoc loco schedam separari a mundo. Mundum opportun schedæ. Scheda vulgo appellatur la premiere note, ou minute d'une obligation ou contrat. Ab ca voce partita est vulgaris dictio schedule. Sic appellatur chirographum, chirographaria & domestica cantio qua manu debitoris scripta est, vel signata: 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. Rabelais, edit. de 1513. liv. 1. ch. 5. Si le papier de mes schedules, et que aussi bien que je fais, mes C.E.I. C.E.L. crédites auriens bien leur vie quand on viendrais a la formule de exhiber. Le Duchat. de Celtes d'Acene, qu'il prétend avoir été appellé Celte. Picard, dans sa Cellopédie, le dérive de je ne sais quel Jupiter Celte. D'autres ont cru que Celtes signifie Heros, parce qu'encore aujourd'hui les Allemans appellent les Heros beldon : d'autres, que ce nom est la même chose que le Grec d'Antias cavaliers : d'autres, qu'il veut dire calframetantes, parce que cels en Alleman, est une tente : d'autres, qu'il signifie migratores, parce que kallidan, dans les Gloes de Keron, est expliqué discedens : d'autres, qu'il signifie Sacerdontes, parce que kerekelt, dans les Gloes de Boxhornius, est expliqué ceremonia. Lazius dit que Celtes est fait de Galates par contraction. Mais quand cela seroit ainsi, il s'agiroit toujours de savoir d'où vient le nom de Galates. Bochart, dans son Plating, liv. iii. ch. 6. prétend que les Celtes furent ainsi nommés parce qu'ils avoient communément les cheveux blonds. Il montre par plusieurs témoignages de l'Antiquité, qu'ils avoient en effet les cheveux blonds, & qu'ils ont été appelés Quabres, & Quabriens, &c. c'est-à-dire, gens à cheveux blonds, nations blondes. Cela étant certain, il croit que ce nom vient de Malus bhaltha ou bheltha, qui dans le Thalmud, au traité Niddah, signifie du Safran, & qu'ainsi Celte est la même chose que Quabriens blond. Qui aurait jamais pensé qu'il fallût aller chercher dans le Thalmud l'étymologie de Celte ? Wackius, Auteur Alleman, en donne une qui n'est pas moins singulière. Il croit que les Celtes sont les mêmes que les Chaldéens, & il s'efforce de prouver au long cet étrange paradoxe par une prétendue ressemblance de la Langue Chaldaïque avec la Langue Bavaroise : car Wackius étoit de Ratifbone. Mais comme le nom de Celtes vient de la propre langue des Celtes, suivant le témoignage de Céfar & de Pausanias, que nous avons chez ci-dessus, c'est dans cette même Langue qu'il faut en chercher l'étymologie, & non dans aucune autre. Dom Pezon tire les noms de Celte, de Gaulois, & de Galate, que nous avons dit être la même chose, du verbe Celtique gallu être puissant, être vaillant, qui, selon lui, subiste encore dans le Bas Breton. Selon cette étymologie, les Celtes auront été ainsi appelés à caule de leur valeur, & de leur puissance, qui dans la Langue Cambrienne, c'est-à-dire, dans la Langue du Pays de Galle en Angleterre, se dit encore aujourd'hui gallu & gallued, suivant le témoignage de Boxhornius, dans son Lex. Ant. Brit. Baxter ne donne pas au nom de Celtes une origine si illustre : il le dérive du mot coit, qui dans la Langue Hibernolée signifie encore présentement une forêt, comme il écrit, au mot Caledonia ; enforte que, selon lui, Celtes veut dire, hommes qui vivent dans les forêts. Wachter interprète Celte par profugus & fugatur, & il le dérive de ciliad ou cylydd, qui a cette signification dans la Langue Celtique, comme témoigne Boxhornius, dans son Lex. Ant. Brit. Les Celtes, selon le même Wachter, ont été appelés de la sorte à caule de leurs différentes migrations. Voici comment il les explique dans la Preface ad Germanus. Dans les premiers tems, dit-il, le nom des Scythes fut célèbre, ensuite celui des Phrygiens, puis celui des Celtes. Les Phrygiens possèdent aucunement un vaste empire, & occupèrent par leurs colonies, non-feulement une partie de l'Asie, mais encore la Grèce, la Thrace, & presque tout l'Occident. L'illustre Dom Pezon l'a fait voir dans ses Antiquités Celtiques, d'une manière si claire, qu'il est difficile de n'en pas tomber d'accord. Les Grecs fortifiés par des colonies venues d'Égypte & de Phénicie hâterent la ruine de la puissance Phrygienne. La fameuse Ville de Troye, qui étoit comme le siège de l'Empire Phrygien, ayant été détruite, & la puissance des Grecs augmentant chaque jour, plusieurs d'entre les Phrygiens, par la crainte des vainqueurs, se retirèrent dans l'intérieur de la Scythle, sous la conduite de Scamandre, fils d'Hector & d'Andromaque. D'autres, sous la conduite d'Enée, s'enfuirent par mer en Italie. C'est un fait attesté par les anciens Auteurs, & les modernes qui le révoquent en doute ne méritent aucune créance. D'autres, sous la conduite d'Antenor, s'enfuirent dans la Vénérie. Ce sont les Hénetes, touchant lesquels on peut consulter Strabon dans sa Géographie, liv. 1. pag. 48. liv. xii. pag. 543, 544. liv. xiii. p. 608. Tite-Live, Virgile, Justin, &c. D'autres Phrygiens se retirèrent par terre dans la Germanie, sous la conduite de Tutiicon. Cette migration se prouve par une tradition ancienne, reçue constamment chez les Allemans, & qui témoigne que leurs ancêtres étoient originaires des Troyens. Les François se sont glorifiés de la même origine, & les Écrivains du moyen âge ne se sont trompés, ce semble, qu'en ce qu'ils attribuent aux seuls Francs une origine qui leur étoit commune avec les Germains. Tacite à cru que les ancêtres des Germains n'étoient pas venus d'ailleurs, & étoient nés de leur propre terre, ce qui est tour-à-fait ridicule, & indigne d'un si grand historien. Il cite les vers qui tenoient lieu d'Annales aux Germains, & qui parlent, dit-il, d'un certain Dieu Tutiicon, né de la terre, & l'Auteur de leur Nation. Mais il est sûr que Tacite interprète mal les vers des Germains. Ces peuples pouvoient louer leur Dieu Tutiicon, non comme né de la terre, puisque les Dieux ne naissent pas de la terre, mais comme ayant été mis au rang des Dieux ; ainsi que les autres Nations divinaîtoient leurs Fondateurs, soit par reconnaissance, soit pour faire croire qu'elles étoient elles-mêmes d'une race divine. Ce qui a pu donner lieu à cette erreur, c'est le nom de Tutiicon, qui signifie en effet terrogens, du mot reut terre, d'où vient aussi Tectonique, & qui est la même chose que l'Alleman tench, d'où est formé Tencher, qui est le nom dont les Allemans se nomment dans leur propre Langue, & qu'ils aiment préférablement à tous les autres. Il y eut d'autres Phrygiens, qui selon le témoignage d'Ammien Marcellin, liv. xv. ch. 9. ou plutôt de Timagene, qu'Ammien Marcellin a copié, vinrent dans la Gaule, alors déferte & sans habitans. Strabon témoigne en plusieurs endroits, liv. 1. pag. 48. liv. xii. pag. 572. liv. xiv. pag. 6-8. que depuis la guerre & la ruine de Troye, il arriva une grande confusion parmi les Barbares, enforte qu'il se fit alors beaucoup de migrations, & que les fuyards occupèrent diverses parties de l'Europe. C'est de ces migrations que vient le nom de Celte, qui comme nous avons déjà dit, signifie profugus & fugatur. Ces fugitifs furent ainsi appelés par les Grecs, d'un mot tiré de leur propre Langue. Cif signifie encore aujourd'hui chez les Cambriens ou Gallois, fuite, retraite, & ciliad ou cylydd, qui est la même chose que Celte, signifie fuyard, & qui met en fuite ; témoin Boxhornius. Ce double sens convenoit à ces peuples, C E M. C E N. qui tandis qu'ils fuyoient les Grecs, mettoient fouvent à leur tour d'autres peuples en fuite, com- me il arrive d'ordinaire dans les migrations. Voyez Wachter, dans son Glossar. German. au mot Cei- ra, & dans sa Préface ad Germanos, §. 24. 15. 16.
CEMETIERE. Voyez cimetiere. M.
CENDAL. Le Roman de la Rose, fol. 116. v. Puis les lui ofte, & se ressaye, Comme lui fiet Robbe de soye, Cendauix, mollequins, mollebruns, Indes, vermelis, jaunes & bruns, Satins dyaprec, camelots. Borel croit que le mot cendal désigne une cer- taine couleur. Le Duchat.
CENDRE. De cinere ablatif de cinis: en y ajoutant un D; comme en pondre, de ponere; en gendre, de gener; en rendre, de tener. Il est à re- marquer que les anciens Latins ont dit cinis au féminin genre. Nonius Marcellus: CINIS, femi- ninum apud Caſarum, & Catullum, & Calvum, lectum est; quorum vacillat authoritas. Nous les avons imités en cela. M.
CENGLE. De cingula, dit pour cingulum. Le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe: CINGULA: rengle. M.
CENOBIARQUE. Supérieur d'une Com- munauté, d'une maison de Moines vivans en commun. Ce nom est composé de trois mots Grecs, *extris* commun, *sic* vie, *extris* commandement; & signifie proprement celui qui a le commande- ment sur des Cenobites, c'est-à-dire, sur des per- sonnes qui vivent en commun.
CENOTAPHE. Tombeau vuide; mému- ment dressé à la gloire d'un mort illustre. Ce mot vient du Grec *extris* vuide, & *extris* tombeau.
CENTAURE. Monstre fabuleux, demi- homme & demi-cheval. Ce mot vient du Grec *extris*, composé de *extris* punge, & de *extris* taurus. Il signifie littéralement *pique-tau- reau*. Les Centaures étoient vrai semblablement certains bergers riches en bestiaux. Palaphate, dans ion Livre des choses incroyables, raconte que sous le règne d'Ixion, Roi de Theftalie, un trou- peau de taureaux qui devinrent furieux sur le mont Pellon, ravageoit le pays, & rendoit la montagne inaccifible. Quelques jeunes gens qui s'étoient avisés de dresser des chevaux pour les monter, en- treprirent de nettoyer la montagne de ces ani- maux. Pour en venir à bout, ils les poursuivoient à cheval, & les perçoivent à coup de trait. C'est pourquoi ils furent nommés Centaures, c'est-à-dire, *perce-taureaux*. Cet heureux succès les rendit inso- lens, en sorte qu'ils insultoient les peuples de la Theftalie, qu'on appelloit alors les Lapithes: & comme ils prenoient la fuite lorsqu'ils étoient atta- qués, la rapidité avec laquelle ils se retirèrent les faïsoit paroître demi-hommes & demi-chevaux. D'autres disent que les Centaures étoient un peu- ple de Theftalie grossier & féroce; & qu'on les représentait demi-hommes & demi-chevaux, Tome I. C E N. C E P. parce qu'ils furent parmi les Grecs les premiers qui dompterent des chevaux, & qui apprirent aux Grecs à combattre à cheval. CENTAURE E. Nom d'une plante, qui a été appelée de la sorte à cause du Centaure Chi- ron, qui fut guéri, à ce que l'on prétend, d'une bleifure qu'il avoit au pied, par l'usage de cette plante.
CENTON. Ouvrage composé de plusieurs vers ou passages empruntés d'un ou de plusieurs Auteurs. Proba Falconia a écrit la Vie de J. C. en *centons* tirés de Virgile. Nous en avons aussi une en *centons* tirés des Poches d'Homère. Ce mot vient du Latin *cento*, qui signifie un habit fait de pièces rapportées; & le Latin vient du Grec *extrus*, qui signifie la même chose, & qui est formé du verbe *extris* punge, parce qu'il falloit bien des points d'équilles pour coudre ces habits faits de pièces rapportées. Les *centons* tirés d'Ho- mère s'appelloient *caput* ou *caput* *caput*. S. Jérôme en fait mention.
CENTRE. Le point qui est au milieu d'un globe, ou d'une figure circulaire. Ce mot vient du Latin *centrum*, pris lui-même du Grec *extrus*, qui signifie pointe, équillon, & ensuite *centre*, & qui est formé du verbe *extris* piquer.
CEP. Un instrument de bois où l'on attache les prisonniers par le pié. Il vient de *cippus*, qui signifie en Latin la même chose. Et tous deux for- tent de *cippus*; qui est ce que les Latins appellent *numella*, c'est-à-dire, un collier ou anneau de fer qu'on met au col des criminels. *Cafeneuve*. Voyez CEPS.
CEP, ou SEP de *vigne*. Il est ainsi appelé à cause de sa forme tortue & courbée. Car dans Ho- mère *cippus* signifie *courbe* & *boſu*. Et les Grecs ap- pellent *cippus*, un baton tortu & ployé. *Cafeneuve*. CEP de *vigne*. Plusieurs le dérivent de *capo*, que les Italiens ont dit pour *caput*. Les Latins ont appellé *caput* *vinea* les racines de la vigne. Et ce mot se trouve en cette signification dans Virgile, dans Columelle, & dans les Lois des XII. Tables, comme l'a remarqué Scaliger sur Festus, pag. 191. Et de-la, les mots de *capes*, *concapes*, *procapes*, pour *des provins*: *pro vinea propaginibus*, *qua ab uno capire descendunt*. Mais il vient de *cippus*, qui dans les Gloïes est interprété *cippus*, c'est-à-dire *tronc*. M. de Caïeneuve le dérive de *cippus*, c'est-à- dire, *tortu*, *boſu*, *courbe*. Encore une fois, il vient de *cippus*. M.
CEPENDANT. Henri Etienne dans ses Hy- pomneses de la Langue Françoïse, page 101. *Exempla huius de qua differo depravationis, extant non pauca, & in quibusdam vocabulis e Latino fer- mone sumptis*. Ex quibus est spandant, pro interim: *ita enim sape multos, ut promuntianes, ita etiam scribentes vidi: (sed ex iis praferim qui e vulgo erant) quum & promuntianum & scribendum sit, cependant; id est, hoc pendeinte: subaudiendo, tempore. Atque adeo istud nomen non minus fre- quenter addimus ad eandem rem significandam. Ne- que enim vero diimus etiam ce tems pendant; id est, hoc tempore pendeinte. In hac autem re, sicut in aliis inputitis, con uetudinem Graecorum sequuti simus: in hac ellipsi, inquam: ita enim illi sape post pronomen relinquunt subaudiendam vocem qua tempus significant. Dicunt enim, & tuum, suba- T 1 dientes vō xōtō: sunt & quom dicum, & vō xōtō. Sic xōtō vōtō, pro xōtō vōtō vō xōtō. Item: & cōtō, pro & cōtō vō xōtō. Scribiter autem & conjuncte cependant. Sed malim, neque conjuncte, neque omnino disjuncte scribere: hoc nimirum modo cependant. ¶ Aujourd'hui tout le monde écrit cependant en un seul mot, laus liaison. Pour revenir à l'origine de cependant; ce mot a été fait d'hocce pendente. M.
CEPHALALGIE. Terme de Médecine, qui se dit en général de toute sorte de douleurs de tête, & en particulier d'une douleur de tête récente, quand elle est invétérée, on la nomme cephalique. Ce mot vient du Grec xōpōō tete, & xōtō douleur.*
CEPHALIQUE. Terme de Médecine, qui se dit de tout ce qui appartient à la tête, ou à les parties. Du Grec xōpōō tete. Ainsi on appelle remèdes céphaliques ceux qui sont propres pour les maladies de la tête. Il y a une veine qui monte le long de la partie externe du bras, & qui va se terminer à la veine axillaire: on la nomme cephalique, parce que les anciens avaient coutume de la faire ouvrir dans les affections du cerveau; ce que sont encore aujourd'hui les ignorans & les superstitieux.*
CEPHAS. C'est le nom que J. C. donna à S. Pierre après qu'il eut confesse la divinité. Ce nom est Syriaque & Chaldéen, xōtō ou xōtō cepha (prononcez kepha). Il signifie pierre; & J. C. le donna à Simon, fils de Jonas, pour lui déclarer qu'il seroit après lui la pierre sur laquelle il bâtiroit son Eglise, & qu'il en seroit le Chef visible. Quelques-uns ont cru mal à propos que cephas renoit du Grec xōpōō tete ou chef: ce qui n'est point nécessaire pour signifier que Saint Pierre seroit le chef visible de l'Eglise; de même qu'il ne l'est point, quand ce mot est dit de J. C. pour marquer qu'il eût le chef de l'Eglise, dans laquelle tout sera appuyé sur lui, comme 1. Ep. de S. Pierre 1. 6. où la version Syriaque se sert du même mot xōtō. L'allusion que J. C. fait dans ces mots, vous êtes Pierre, & sur cette pierre je batirai mon Eglise, n'est pas une chose rare dans l'Ecriture. Lamech en fait une sur le nom de son fils Noé, Gen. v. 19. Jacob sur celui de Juda, Gen. xlix. 8. Il y en a plusieurs autres exemples. Le traducteur Grec de l'Évangile de S. Mathieu, ne l'a pas gardée si exactement: il a mis xōtō & xōtō. Il pouvait répéter xōtō, qui se dit très bien en Grec pour une pierre. Notre Langue rend heureusement ce jeu de mots. Il en est de même de la version Syriaque.*
CEPTER. Vieux mot, qui signifie Geolier, & qui se trouve en cette signification dans le Roman de Jolié le Triste. Nicot le dérive de Cer, qu'il dérive de cercer. Il vient de cipparius, fait de cippus. Voyez ceps & chepier. M.
CEPS. Entraves de fer ou de bois, qu'on met aux pieds des criminels. De cippus, dont les Latins se sont servis en la même signification. Les Gloises anciennes: Cippus: xōtō xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, Grégoire de Tours v. 49. Mox disruptis vinculis, confracte cippo, referato ochio, Sancti Medardi Basilicam nocte, nobis vigilantibus, introivit. Balaticus dans la Chronique, livre 1. chap. 72. Alio indemnator & implicatus in cippo vilissimo conclade. Cippus a été dit par corruption pour cuppus, fait de xōtō. Voyez M. de Saumaise de Mado Ushurum, page 81. De cippus, les Italiens ont aussi fait ceppo, & les Eipagnols, cepo. M.
CERCÉAU. Voyez cercle. M.
CERCELLE. Oiseau appellé en Latin querquedula. De querquedula, Querquedula, kerkedula, kerkella, cercella, CERCELLE. Triquoit le dérive de xōtō. M.
CERCLE. De circulus. Ce mot Latin est un diminutif de circus, qui est pris du Grec xōtō, lequel signifie un cercle, un lieu circulaire. On appelle cercles les différentes parties de l'Empire d'Allemagne, parce qu'elles ressemblent à des cercles. BRUMMERUS de scabinis, ch. 4. dans Wachter, Glos. Germ. au mot Kreis: Omnium gentium institutum fuit, Regna in Provincias, Provincias in minores partes distribuere. Sic. Egyptus in Minores; Hispania in Conventus; Thema Orientale, confectudine Romanorum, in xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, xōtō, x CERCLE de muid. De circulus. Pline, livre xiv. chap. 11. Magna & collectio jamvino differentia in cella. Circa Alpes, ligneis vasis condum, circulisque cingunt. Un Moine de S. Gal, dans la Vie de Charlemagne, livre 2. Terra, inquebat, Hunnorum novem circulis cingebatur. Et cum ego, alios circulos nisi vimineus cogitare nescius, interrogarem, quid illud miraculi fuit, Domine, respondis, &c. Les Actes de S. Thyrie & de ses Compagnons, nombre 2. Et posuerunt caput ejus intinam, & cum vellent aquam immittere, dissoluta est a circulis & dogis, quasi concisa esset securibus. ¶ A Paris on dit, un cerveau, de circellus, diminutif de circulus. M.