🔍 Nova Nova interroge toute la bibliothèque par « mot-clé ». Mode clair / sombre. 🔮 Oracle Oracle répond à une question posée en langage courant, en s'appuyant sur les passages les plus pertinents de la bibliothèque
🧵  Le Fil d'Ariane ?Le Fil d'Ariane s'adresse à qui aime feuilleter, sans but précis, simplement curieux d'un thème, on y parcourt notamment l'équivalent des tables des matières de ces grands bulletins de sociétés savantes — pour découvrir, au fil des pages, ce qu'ils renferment. Si vous trouvez une information éveillant votre curiosité, les deux outils ci-dessus : Nova et Oracle prennent le relais, interrogez-les !... ✦   ✦   ✦
03.0 Dictionnaire etymologique — CERCUEIL – CHEOIR

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

❧   ❧   ❧
↩   Retour au sommaire

200 entrées

Rechercher un mot dans toutes les sections de ce document.
CERCUEIL. C'est la caisse avec laquelle on ensevelit les morts. Nous l'avons autrement nommé que les anciens François, qui l'appelloient sercus: ce qui me porte à croire qu'il vient de sarcophagus, qui signifie même chose. Enguerrand de Montrelet, vol. 1. ch. 96. parlant du corps de Montagu, Grand Maître de France, qui avoit été décapité: lequel fut joint avec le chef, & enclos en un sercus: & au chapitre dernier du troisième volume, parlant du Duc Philippe de Bourgogne: Le cœur & le corps du bon Duc furme mis chacun par soy en un plat sercus, couvert d'une bière de bois d'Irlande. Caseneuve.
CERCUEIL. M. de Saumaise sur Solin, page 1204. le dérive de Sarcophagulus. SARCOLIUM dicimus quamlibet arcam sepulcbratem, voce detorta ex sarcophagulus. Et Mareschal, au chap. 2. de son Traité des Droits Honorifiques, le dérive de sarcophagus. Et au sujet de son opinie 1, il cite ce vers de Juvenal: Sarcophago contentus erit, &c. M. de Caseneuve en donne la même étymologie. Sarcophage étoit une pierre dont on faisoit anciennement les tombeaux, & d'où on a appelé ensuite sarcophages toute sorte de tombeaux, quoique 33r faits d'une autre matière. L'Auteur de la Vie de S. Abbon, chap. 20. après avoir dit qu'Abbon étoit mort d'une blessure qu'il avoit reçue : *Mano feria quarta, Abbo cum ipsis quibus indutus erat vestimentis, ut mos est interemptos sepeliri*, (remarquez cette coutume,) *inlusus lapideo sarcophago in interiore crypta ante ipsius Santii Patris Benediti altare tumularur*. Voyez Cujas dans ses Observations livre 21. chap. 13. & M. de Saumaisé au lieu allégué. D'autres le dérivent de *eupē, zāpē, eupic, sarcolium*. Comme on a dit *offuaria*, pour dire le lieu où l'on met les os des morts, (lequel mot se trouve dans Ulpien en la Loi 2. de Sepulchro violato) en peut avoir dit *sarcolium* pour le lieu où l'on met les *cerps marts*. Et au sujet de ces deux étymologies, il est à remarquer que nous écrivions anciennement *sercœuil*, & que ce mot se trouve ainsi écrit dans Nicot ; & que Monstrelet écrit *sercus* : ce qui a été remarqué par M. de Caïeneuve. M. Guyer dérive *cercœil d'arca, Arca, arcula, arcula, arcolium, sarcolium*, SARCUEIL, CERCUEIL. Cette étymologie ne me déplaît pas ; ou plutôt, elle me plaît extrêmement. On a préposé un C à *cercœuil*, comme à *carcasse*. M.
CERDEAU. Voyez *Serdeau*. M.
CEREMONIE. Ce mot vient du Latin *ceremonia*, qu'on a dit, *quasi Cereris munia*, des oblations à Cères, parce qu'on faisoit plus de *ceremonies* aux gerbes qu'on lui offroit, qu'en toute autre offrande : ou, avec Valere maxime, à *Cere & munia*. *Cere* étoit une ville près de Rome, où les Romains firent des offrandes avec un culte extraordinaire, à cause de la crainte qu'ils avoient alors des Gaulois. D'autres dérivent ce mot de *cerus*, vieux terme Latin, qui signifie saint, *lâcre*, confacré. Quelques-uns le font venir du Grec *zaliper* se réjouir, être en bon état, parce que les *ceremonies* ont d'abord été employées dans les choses de religion, qui tournent à notre avantage. Enfin il y en a qui disent que le mot de *ceremonie* vient de l'Ebreu *crux hberem*, qui signifie une chose confacrée à Dieu, une chose dévouée. Les deux premières étymologies font plus naturelles & plus vrai-semblables.
CERE'S. Déesse du Paganisme, qu'on honoreoit comme la Déesse des blés. Ce nom *Ceres* est la même chose, si on en croit Varron, que *Gères*, & il s'est fait de-là par le changement du G en C. Cette Déesse, dit-il, fut appellée Gères, *quod geras fructus*. D'autres prétendent que supposé que *Ceres* ait été d'abord appellée *Gères*, ce nom vient du Grec *tupus Geryes*, & de vrai Hésychius dit qu' *Achéro*, *Ops*, *Hellé*, *Geryes*, la Terre, & *Ceres* font la même chose. Or *tupus* au sentiment de ces Auteurs, est un nom Ebreu, qui vient de *crux gueres*, qui signifie, selon eux, du blé moulu, broyé. Il est vrai qu'on trouve ce mot dans l'Écriture, Levit. 11. 14. & 16. dans le sens de *contusio*, & joint au mot *crux carmel*, qui en cet endroit signifie un épic vert, & il est formé du verbe *crux qui*, en Ebreu & en Chaldéen, veut dire *frangi*, *commisus*. Le texte porte, verf. 14. de ce chap. du Lévitique : Si vous présentez au Seigneur des épics verts en oblation de prémices, vous les ferez *retir au feu* & vous les *briser*. On ajoute que *Ceres* portoit à Cnide un nom approchant de *tupus*, qui est *kūpu* : mais ce nom lui fut donné, dit-on, parce qu'elle étoit *crux zāc*, c'est-à-dire, maitresse de la terre ; ce qui n'a point de rapport avec l'étymologie Ebraique de *tupus*. D'autres tirent le mot *Ceres* de l'Ebreu *crux hberes*, qui signifie le Soleil, auteur de tous les fruits de la terre ; & ils confirment cela par l'autorité de Plutarque, qui dit que *Cyrus* en Persien, signifie le Soleil.
CEREUSE. C'est ce qu'on appelle autrement *blanc de plomb* : parce qu'il est composé de plomb, dit M. Régis, dans son Dictionnaire des mots philosophiques. Nicot dit la même chose. Du Latin *cerus*. Voyez Vitruve. Il faut dire *cerus*. M.
CERFEUIL. Herbe de jardin. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Charles Etienne dans son *de Re Hortensi*, chap. 169. CEREPHILLUM, du cerfeuil : *dictum quod cerea folia, hoc est, flexibilia, vel cerei coloris, habeat*. Vous trouverez dans les Gloses anciennes, *cerefolium, 2010, 2011* & dans les manuscrits de Palladius, au mois de Février, chapitre 23. & au mois de Septembre, chap. 13. *cerefolium*, au lieu de *cerefolium*, ce qui favorise cette étymologie. D'autres écrivent *2010, 2011, 2012* dont les Botanites ont fait *charefolium*, & on prétend que *2010, 2011, 2012* a été dit à *foliorum luxuria*. Janus Cornarius sur le livre d'Odo, de *Materia Medica*, qu'on a publié sous le nom de *Macer*, afin de le rendre plus agréable aux lecteurs, comme l'a remarqué Gaudentius Merula, au livre 1. de ses Antiquités de la Gaule Cisalpine : *Charefolium nulla alia herba est quam qua vulgo Nostratibus kerbel, corrupta, ut apparet, ex certifolio voce, appellatur. Et ego Jane Ipsam ex apii generibus esse puto, 2010, 2011, 2012* que dictam *Gracis, quod multis parvis foliis redundet, atque hac oleris vice, coquuntur ac eduntur. Quare etiam Columella breve charephylon dixit*. Johannes Bodæus sur le VII. livre de l'Histoire des Plantes de Théophraste, page 807. *2010, 2011, 2012* nominari *putatur, quod luxuria foliorum sacunditate & largioro coma gaudet, vel quod gaudium hilaritatemque folia excitent*. M. de Saumaisé se moque de cette étymologie. Voici ses termes, qui font du chap. 17. de ses Homonymes des Plantes, page 15. *Hoc Ipsum*. (Il parle du mot *charefolium* : *corruptio profantur vulgo* : & *ridiculi primarii in his litteris viri, qui charefolium arbitrantur dictum à foliorum luxuria, quasi foliis gaudent, ex Graco ac Latino composita appellatione. Sic nec Gracum esset, nec Latinum. Glosa cerepolium vocant. Libri Pinianti, cerepolium, pro charepolium, in his verbis lib. xix. cap.* 8. Atriplex, malva, lapathium, cerepolium, quod Graci paderota vocant. *Indicat Latinum esse nomen cerepolium, vel cerepolium, & Gracæ vocari paderota. Columella cerepolium in versu dixit* : Et breve cerepolium, & torpenti grata palato Intuba. Non *aliam patitur versus lectionem : quam & adstrum libri. Ergo cerepolium, vel cerepolium, huius herba vera appellatio : cujus atiginem in Latin non quasisem frustra, si invenissem. Gracum esset 2010, 2011, 2012*. M.
CERFOUIR. CERFOUETTE. M. de la Quintinye : SERFOUETTE, est un petit outil de fer renverse, qui a deux branches pointues d'un côté, & n'en a point de l'autre : *dequai, estant emmanché d'un manche d'environ quatre pieds de long, on se sert pour mower la terre ; c'est-à-dire, donner un petit labour autour des petites plantes : par exemple, laitues, chicorées, pois, &c. Et cela s'appelle serfouir*. Au lieu de *fodere*, on a dit *fodire*, par métaplasme : d'où nous avons fait FOUIR. Et de *circumfodire* nous avons fait ensuite CERFOUIR, par le changement de l'1 de *circum* en E : comme Trij en CERCIÉ, de circulus, & en CERNER, de circina- re. Et comme de fodire, on a dit fœdiculum, & en- suite fœdiculatum, & fœdiculata; de fœdiculata, nous avons fait FOUETTE; & CERFOUETTE, de cir- cum fœdiculata. Par cette étymologie, il paraît que cerfouie & cerfouette doivent s'écrire par un C, & non pas, comme M. de la Quintinye les a écrits, par une S. M. Rabelais avoit déjà écrit ferfouette par un S. C'est ou chap. 10. du livre 5. Mais au chap. 21. du li- ve 1. on lit cerfouette, dans l'édition de 1542. Le Duchat.
CERILLE. Voyez cedille. M.
CERISE. Tout le monde fait que cerise a été fait de cerafum : mais tout le monde ne fait pas d'où cerafum a été fait. On prétend qu'avant la victoire Mithridatique, remportée par Lucille l'an 680. de la fondation de Rome, les cerises étoient inconnues en Italie, & que ce fut Lucille qui les apporta le premier à Rome, & qu'il les y apporta de Cerafonte, ville de Pont : & que du nom de cette ville, elles furent appellées cerises. Pline, livre XVIII. chapitre 23. Cerafi, ante victoriam Mi- thridaticam L. Lucilli, non fuere in Italia. Ad Ur- bis annum DCXXX. is primum vexit à Ponto : anni- que 130. trans Oceanum in Britanniam usque perve- nere. Eadem, ut diximus, in Ægypto non potuere gigni. Laurans, dans Athénée, livre 2. chap. XI. ἀγορύειν 5, ἐτι Ἀνάκωσ 6 Ἀμυρίων φραγῆν, ὁ τὴ Μαδελφῆναι καὶ Τηραιδὼν κατηγορεῖν, φρᾶς ἀνάκωσ εἰς ἰταλίαν τὸ φυτὶς τύτ, ἀπὸ Κερανὺς, Πατῆναι φίλους, καὶ ὄνες ἰδοί, ὁ καὶ τὴ καρπὶς καλή- σας ΚΕΡΑΣΙΟΝ, ἐμνημῶς τὸ φίλῃ. Saint Jérôme, livre 1. de ses Epitres, épître 35. Cerafa, Ponto & Armenia fufugatis, de Cerafonte primus Romam pertulis Lucullus : unde & de patria arbur nomen acceptit. Tertullien, dans son Apologétique : Cate- rum, si propterea liber Deus, quod vitem demonstra- vit, male cum Lucillo album, qui primus cerafa, ex Ponto, Italia promulgavit, quod non est propterea confectatus, ut nova frugis auctur, quia inventor, & ofensor. Je remarquerai ici en paftant, que Tet- tullien, ne se souvenant pas de ce qu'il avoit dit en cet endroit de son Apologétique, ou ne l'ap- prouvant pas, a écrit dans le livre 2. ad Nationes, que c'étoit Po. pée qui avoit apporté le premier les cerises en Italie. Cerafum Cn. Pompeius de Pon- to ... Italia provolguivit. Je reviens à l'étymolo- gie de cerafum. Il est faux que ce fruit ait été ainsi appellé de la ville de Cerafonte. C'est, au contrai- te, la ville de Cerafonte qui a été ainsi appelée de ce fruit. Ce qui a été très-véritablement remarqué par Cæfubon sur le lieu d'Athénée ci-dessus rap- porté : Sciendum etiam ceraforum appellationem ip- fins Cerafuntis urbis natalibus esse priorem & anti- quiorem : nedum ut Lareusis vera sit sententia. (C'est ce Laurans dont nous venons de parler). Κερανὺς indubitantier dicta, ἀπὸ ἦλ κερανὺς : ut ἠγορὺς, ἠγορὺς ἠγορὺς, ἠγορὺς, Μαρβίους, Σαλιὺς, Μαρβίους, & similia his, ab aliis plantis locorum ac- dutia nomina. Et dans le Banquet des Dipnofophi- stes d'Athénée, Daphnus, un des convives, ré- pond fort bien à Laurans, que long tems avant Lucille les cerises étoient connues parmi les Grecs: ce qu'il prouve par un paftage de Diphilus Siph- nius, qui vivoit tous Lysimaque, un des succef- feurs d'Alexandre. A quoi il pouvoit ajouter le té- moignage de Théophras, Auteur plus ancien que ce Diphilus, lequel a fait mention des cerises au livre 3. de son Histoire des Plantes, chap. 13. Dio 5 77 φύσιν ἀνάκωσ ὁ κερανὺς ἰδοί. Il reste à pa- ler de l'étymologie de κερανὺς. M. Guyet le déri- voit de κερανὺς, κερανὺς, κερανὺς, κερανὺς, κερανὺς, κερανὺς, ΚΕΡΑΣΟΣ, ΚΕΡΑΣΙΑ, mot qui se trouve dans les Géoponides. Servitù, sur ces mots du se- cond des Géorgiques, ut CERAFIS UEMISQUE, parle des cerises en ces termes : Cerafus, civitas est Ponti, quam cum delefet Lucullus, genus hoc ponti inde advazit, & a civitate cerafum appella- vit. Nam arbor, cerafus, pomum, cerafum dici- tur. Hoc autem etiam ante Lucullum erat in Italia, sed durum : & cornum appellabatur, quod postea, mixto nomine, cornocerolum dictum est. Ce qui donne sujet de croire, que κερανὺς a été fait de κερανὺς, & que les cerises ont été appelées κερανὺς, de leur ressemblance au fruit du cornouiller, κερανὺς, κερανὺς, κερανὺς, ΚΕΡΑΣΟΣ. M.
CERNE. Voyez cerner. M.
CERNER. De circinare. Scaliger, dans ses Etymologies imprimées à la suite de ses notes sur Vatron : Orbare, seu urbare, Galli dicunt cerner, quasi circinare. De circinus, nous avons fait de même cerne, & de circinellus, cernæan. Nous ap- pellons cernæaux des noix fraîches cernées. Les Ita- liens les appellent garugis, de carullum, formé de κερανὺς, qui signifie noix. Κερανὺς, κερανὺς, caru- lium, c'est-à-dire petite noix. De κερανὺς, on a fait de même corylus. Κερανὺς, κερανὺς, κερανὺς, corylus. Nous disons noisette, & noisille, & noisille, pour dire petite noix, qui est le corylus des Latins. Voyez gouver. M.
CERQUEMANEUR. CERQUEMENAGE. Ces mots se trouvent en beaucoup de Coutumes du Royaume. Du verbe circare, qui signifie tournoyer, & faire le tour : les Glofes : circat, κουδίωσ; com- me je fais voir sur le verbe chercher : & de mane- rium, qui signifie demeure, logement ; comme je fe- rai voir sur le mot manoir, est formé Cerquema- neur, qui est un Officier Juré pour planter les bor- nes, & connoître des différends touchant les limi- tes des maisons & des champs, lequel est ainsi ap- pellé, parce que, pour faire la Charge, il était obligé de faire le tour des lieux. La Coutume de Lille, au titre des Bonnages, appelle Cerquemenages les Porteurs & Mesureurs : Pour valablement planter & asseoir bonnes, est requis le faire, présent Justice, par Patteurs & Mesureurs sermentés. La Coutume de Mons, article 30. Que les francs Cer- quemaneurs de nostre ville de Mons, pour estre prisens à planter & asseoir nouvelles bonnes, ayant de chascun seps sols. Caseneuve. CERQUEMANEUR : CERQUEMENAGE. Voyez M. de Caseneuve. M.
CERS, ou CYERCE. Vent. C'est le con- traire de l'Autan. Goudelin, en son Chant- Royal : Quand le Cérs & l'Autà se gourmon toutis dous. Rabelais, IV. 43. O, me disoit un petit enfil : qui pourroit avoir une veffie de ce bon vent de Langue- doc que l'on nomme cyerce ! Le noble Scuron, Mé- decin, paftant un jour par ce pays, nous contait qu'il est si fort, qu'il renverse les charrettes chargées. On prononce cerce en Provence, & cers en Langue- doc. De circulus, ou cercius. Caton, dans Aulugel- le, 2. 23. Ventus cercius, cum loquare, buccam im- plet ; armatum hominem, plaustrum oneratum, per- cellis. Sénéque, livre v. de ses Questions Naturel- les, chap. 17. Venti quorumdam locorum proprii. Atabulus Apuliam infestat, Calabriam Iapix, Galliam Circius : cui adificia quassanti, tamen incola gratias agunt, tanquam salubritatem cali debeant ei. Disus certe Angustus templum illi, cum in Gallia moraretur, & vovit, & fecit. Favorin, dans Aulugelle, au lieu allegue : Nostri quoque Galli (Favorin étoit d'Arles) ventum, ex sua terra flantem, quem savissimum patuntur, Circium appellant : a turbine, opinor ejus, ac vertigine. Pline en a aussi fait mention, 1. 47. Item, in Narbonensi Provinciae, clarissimus ventorum est Circius, nec ulli violentia inferior, Othiam plerumque recta Ligustico mari perferens : idem, non modo in reliquis partibus cæis ignotus, sed ne Fiennam quidem, ejusdem Provinciae notem, astringens, paucis ante limitibus iugit modici occursu tantus ille ventorum coercitus. Et Lucain : Solus sua litora turbat Circius, & tuta prohibet Statione Monaci. Strabon en fait aussi mention, disant qu'il jette les hommes à bas de leurs chariots, & qu'il leur emporte leurs armes & leurs habits. M. Isiure croit que Circius est un mot Gaulois. Les Bas-Bretons disent cyrch, pour impétuosité & violence. Voyez Camden. M. Le vent de cers est le même que le nord-ouest. Le Duchat.
CERVELLE. De cerebellum. Les Glofes : Cerebellum, ἰχώρα. ¶ Cerebellum, cerebella, CERVELLE. Voyez Lindembrog, dans son Glossaire des Loix antiques, au mot cervella. M.[{"box_2d": [103, 416, 472, 939], "label": "text", "caption": "CERVOISE. De cervisia, qui est un ancien mot Gaulois. Pline, livre xxii. chapitre dernier : Et frugum quidem hac sunt in usu medico : ex ifidem fium & potus : zythum, in Ægypto ; cælia & ceria, in Hispania : CERVISIA, & piura genera, in Gallia, aliisque Provinciis : quorum omnium spuma cœtem. feminarum in sacis nutrit. Africanus, dans ses Certes, page 199. αἰχώρα γῆν ὄνθρωπος, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κῆν ἠσθέν, κ C E R. C E S. Harum enim usus, ut Cancris, brachiorum. Mouffet: Cornua illi duo integra, sine articulis, ramosa, cervi instar. ¶ Par métaphore, on appelle cervolants, ces machines de papier que les enfans font voler en l'air au bout d'une longue corde. En Basse-Normandie on les appelle écoutes. Voyez écoutes. M. C E R U S E. Voyez ci-dessus céneuse. M. C E S. Dans la signification d'interdit, se lit dans le Journal de Paris de 1719, part. 2, page 20. De cessare. Le cès, ou l'interdit, est une cessation du Service divin. Voyez Nicot, au mot cesser. Le Duchat. C E S A R. Nom propre de la famille Romaine qui a établi l'Empire Romain. Quelques anciens Grammairiens prétendent que ce nom vient du mot Latin casaries : ainsi César voudroit dire la même chose que chevelu, & le premier qui ait porté ce nom ne l'auroit eu que parce qu'il avoit de beaux cheveux. Mais la plus commune opinion est que le nom de César vient à céss mairis utero, de ce qu'il fallut ouvrir le ventre de sa mère pour l'en faire sortir. De-la le nom de Césarienne, qu'on donne à cette opération. Janus Bicherodius, dans son ouvrage sur l'ordre de l'Éléphant, prétend que le nom de César vient de ce que celui qui le porta le premier tua un éléphant en guerre, à céss elephants. Il appuyé ce sentiment sur une médaille, où l'on voit un éléphant, avec ce mot CÉ S A R. Cette preuve me paroît des plus foibles, & je ne vois pas qu'on en puisse rien conclure par rapport à l'étymologie dont il s'agit. Du mot César plusieurs villes ont eu le nom de Césarée, parce qu'elles ont été bâties, rétablies, ou consacrées à l'honneur de quelqu'un des Césars : comme Césarée de Palestine, bâtie par le grand Hérode à l'honneur d'Anguste César, & appellée auparavant la Tour de Straton : Césarée de Philippe, nommée auparavant Paneas, & rétablie à l'honneur de Tibère par Philippe le Tétarque, fils d'Hérode : Césarée de Cappadoce, nommée auparavant Mazaca, & quelques autres. Une Province de Mauritanie a été appelée Césarienne. * C E S T E de Vénus. J'ai employé ce mot dans mon Oïseleur : Elle avoit en ses yeux, en sa voix, en son geste, Plus de charmes divers que Vénus en son ceste. Et ceux qui m'en ont blâmé, m'en devoient louer; car ce mot est fort beau, représentant une belle image. La beauté d'un mot ne consiste pas seulement dans la douceur de la prononciation, mais dans l'agrément de la chose que ce mot représente à l'esprit. Κυπὲς ἐγώμισα, τὸ πρὸς τὴν ἀνάδων, ὁ πρὸς τὴν ἐκέτασθαι, ὁ τὸ ὄντα δυογλίαν ἐγώμισα. C'est la définition que Théophraste, dans le Traité de l'Élocution attribué à Démétrius Phalereus, donne de la beauté d'un mot. Le Taïse a aussi employé dans sa divine Jérusalem le mot de ceste, où il fait un bel effet. Le François & l'Italien viennent du Latin cestus. Martial, xiv. 26. Collo nelle, puer, meros amores, Ceston de Veneris sinu calentem. Et le Latin cestus a été fait du Grec κεφίς. Et κεφίς signifie piqué à l'éguille. La plupart des Grammairiens expliquent ce ceste de Vénus d'une ceinture C E S. C E T. qu'avoit Vénus, dans laquelle étoient tous les charmes. Et M. Despréaux a suivi cette opinion dans sa Poétique : On diroit que pour plaire, instruit par la nature, Homere ait à Vénus dérobé sa ceinture. Les autres l'expliquent d'un corset. Voyez M. Rigaud sur Onolandre. M. C E S T R I N. Rabelais, 2. 21. Ce dit qui vouloit tirer ses partenaires, qui estiment de cestrin. C'est une sorte de bois dont les Portugais font des chapelets. M. Je crois que c'est le bois de cèdre. Le Diction. Ital. & Fr. d'Antoine Oudin. Citrino, couleur de citron ou cèdre. Rabelais, livre 4. chap. 1. parle de l'odorant agalloche, que, dit-il, on appelle aloes. Et Delon, dans sa Relation des Indes Orientales, part. 1. chap. 13. dit qu'on appelle vulgairement cestrin l'excellent aloes qui croit dans l'Île de Socotora, proche de la mer Rouge. Le Dict. Ital. & Fr. d'Antoine Oudin : Aloe citrino, aloes cicotrin. Il est indubitable que cicotrin a été fait de socotora, & que cestrin & cestrin sont des corruptions de cicotrin, premiere corruption de socotorin. Le Duchat. C E T. Le Cap de Cet en Languedoc. De sa ressemblance avec le grand poissôt de mer appellé en Latin cetus. Golnitz, page 574. de son Ulysses Gallo-Belgique, où il parle de l'Île de Maguelone : Mons Ceti, cuius caput, dorsum & caudam representat. Le Duchat. C E T E R A C. Herbe : espèce de scolopendre, appelée autrement asplenium. Les Botanistes le dérivent de στίχος. Bodæus à Stapel sur Théophraste, page 1164. Asplenium pteryga dicci Dioscorides scripsit. Nomen illud impositum, quod cum filice aliquam habet similitudinem. Vulgo ceterach vocant. Quam vocem à pteryga manasse volunt, atque P in C sape mutari scribunt. Sic ex pteryga, ceteryga, & corrupte ceterach. M. C E T H I M. Il est parlé dans l'Écriture du pays de Cethim, & il y est pris pour la Macédoine. On lit au livre 1. des Machabées, v. 1. Après qu'Alexandre, Roi de Macédoine, fils de Philippe, qui regna le premier dans la Grèce, fut sorti du pays de Cethim. Et au chap. viii. v. 5. du même livre : Ils (les Romains) avoient vaincu Philippe, & Persée, Roi des Cethiens. Et au livre des Nombres, xxiv. 24. selon l'Ebreu : Il viendra des vaisseaux du pays de Cethim. Et dans Daniel, xi. 30. Des vaisseaux Cethiens viendront contre lui. La Vulgate porte : Les Romains viendront contre lui sur des vaisseaux. Et dans le passage précédent : Ils viendront d'Italie sur des vaisseaux. Ainsi il paroît que l'Auteur de la Vulgate a entendu par Cethim l'Italie, & Bochart l'entend de même. Il est vrai que Balaam & Daniel, dans ces deux passages, paroît tous deux de la Flotte Romaine; mais ils l'appellent vaisseaux de Cethim, parce qu'elle étoit dans les ports de Macédoine, lorsqu'elle partit sous la conduite de Caius Popillus, pour aller attaquer Antiochus, Roi de Syrie. Ainsi la Flotte de Cethim, ou de Macédoine, est aussi la Flotte Romaine dans cette rencontre. Le nom de Cethim pour la Macédoine, vient de Cethim, fils de Javan, & frère d'Elsa, de Tharis, & de Dodanim, dont il est parle, Gen. x. 4. Javan étoit fils de Japheth, dont les enfans partagerent entre eux les Illes des Nations, & s'établirent en divers pays, où chacun eut sa langue, ses familles, & son peuple particulier. Ce sont les termes de l'Écriture, v. 5. du même chapitre. Dans ces premiers tems les pays portoient le nom des Chefs qui les avoient peuplés. *
CEVENNES. Montagnes de Languedoc. De *Gebenna*, ou *Cébenna*. C'est ainsi que ces montagnes sont appelées dans César, dans Lucain, dans Pomponius, dans Pline, & dans Aufone. M. Bochar, livre 1. chap. 42. des Colonies des Théniens, dérive *Cébenna* du Bas-Breton *kṛven*; lequel mot, selon le témoignage de Camden, signifie *le dos d'un mon*: ce qui convient fort bien aux Cévennes: lesquelles sont définies par Strabon, *le dos d'une montagne*; *juzze iqavō wpić ipōōt; tō itujōm*. Et il dérive le Bas-Breton *kṛven* du Syriaque *yūza gebina*, qui signifie *supercilium monii*. M.
CHA. Mot Messin qui signifie une taillade sur quelque membre, ou dans un habit dont on auroit retranche une pièce. De l'Alleman *schad*, qui signifie *perte, dommage, plaie, ulcere*. Le Duchat. CHABLE: grosse corde. Quelques-uns le dérivent de l'Hébreu *chebel*, qui signifie la même chose. Les Languedociens disent *cable*. Les Glosés d'Anfiteubus: Caplum, *funis*: à capiendo *diēlus*. Les Glosés d'Ifidore: Caplum, *funis*. Caseneuve.
CHABLE. Nicot & Mitalier le dérivent de l'Ebreu *hebel*, qu'on prononce *chebel*. Nicot ajoute, *ou du Grec* *māhac*. Il vient de *capulum*. Ifidore, livre 10. chapitre 16. CAPULUM, *funis*: à capirenda: *quod eo indemita jumenta comprehendantur*. M. Guyet dérivoit aussi *capulum* de *capio*; mais par une autre raison. *Capulum*, *capium*, *cable*, *vel* CHABLE. Capulum *autem*, *tō xopōthōōt; xopioō*: à capio. C'est la Note qu'il a faite sur cet endroit, *capulum*, *funis*, du petit Glossaire intitulé *Vocabula variora colletta* à *Glossis veteribus*. D'autres dérivent *capulum* de *māhac*, qui signifie un *chable*, *funis nauticus*. Cœlius Rhodiginus, livre VII. chapitre 18. CAMELUM *ufurpant quidam, litteris mi immutatis, genere tantum diverso, pro anchorario fune*. *Ut illud Evangelicum; quanquam de animante intelligere maluit Hieronymus*: Camelum facilius est per foramen acos intrare, quam divitem in regna cœlorum. *Sed doctifimi Grammatici, & Aristophanis Interpres, & Suidas quoque, per I malum scribere CAMILOS*. Théophylacte sur Saint Matthieu, XIX. 24. *Tatōc h KAMHAON, u tō cōōt wāōt, āōd tō wāōt xopioōt, u xōōtā oī vōōtā wōōt tō jōōtōt tō āōōtōt*. Suidas: KAMHAOS, *tō āōōtōōt; cōōtōt... KAMHAOS h, tō wāōt xopioōt*. Le Scholiaste d'Aristophane sur les Guêpes: *māhac*, *tō wāōt xopioōt, āōōtōt*. Druſius, sur Saint Matthieu, au lieu allégué, croit que cet endroit du Scholiaste d'Aristophane a été corrompu, & que ce Scholiaste avoit écrit *māhac*: *Quod apud Aristophanis Scholiastem māhac, perſupellum mihi de mundo. Nam antiquus cavalier litera. M idem erat cum charactere litera B, ut alibi documus. Hinc plurimi errores in libris. Fortè igitur māhac scribem-* *dum: unde & Belgicum CABEL. Cui cognatum quod Hebrai compedem ex appellam. Sit hoc arbitrarum, non certum*. Druſius se trompe, comme il paroît par les lieux de Théophylacte & de Suidas ci-dessus rapportés. Mais je croirois volontiers qu'on auroit dit *māhac*, ou *māhac*, en la signification de *chable*, par corruption pour *māhac*, ou *māhac* & que *māhac*, ou *māhac*, en cette signification de *chable*, auroient été faits de l'Ebreu *hān*, qui est un mot dont se servent les Chaldéens, les Syriens, les Arabes, & les Ethiopiens. Les Anglois disent aussi *cabel*. ¶ CAMELUS, dans le petit Glossaire Arabico-Latin, est interprété par *funiculus*. M. Voyez ci-devant CABLE.
CHABLEAU. Corde longue de moyenne grosseur qui sert à tirer & remonter les bateaux sur la rivière. Ce mot est un diminutif de *chable*, que l'on difoit, il n'y a pas fort long-tems, au lieu de *cable*, & il a la même origine. Voyez *chable*, & *cable*. De *chable* on a fait *CHABLE*, c'est-à-dire, attacher un fardeau à un *cable*, le haler, l'enlever, comme il se pratique dans les atteliers. Du même mot on a formé aussi *CHABLEUR*, nom d'un Officier de la Ville qui est commis sur les rivieres, qui sert à faire partir les cèches & les bateaux, & à les faire passer sous les ponts, & par les autres endroits difficiles. Cela ne se peut exécuter qu'au moyen des *cables*. *
CHABOCIER. Mot Messin, qui signifie se donner réciproquement des coups sur la tête, lorsqu'on se bat à coups de poing. De *caputiare* fait de *caput*. Le Duchat.
CHABOGNE. Mot Messin, qui signifie un opiniâtre, un eneté. De *caput*. *Caput*, *capum*, *copo*, *cabo*, *cabonius*, *cabognus*, *cabogne*. Le Duchat.
CHABOT. Espèce de poisson. Rondelet dans son livre des Poissons, dit qu'il ne fait pas pourquoi ce poisson a été ainsi nommé. Il l'a été à cause de sa grosse tête. *Copo*, *capote*, *cabot*, *CHABOT*. On prononce encore aujourd'hui en Languedoc *cabot*. Les Grecs, pour la même raison, l'ont appelé *māhac*, & les Italiens *cēfalo*. Rondelet fait différence entre les chabots & les cabots. ¶ On appelle *chabot* en Anjou, & a Paris *fabor*, ce qu'on appelle *cilleurs capie*: & on appelle une coupie de la sorte à cause de sa grosse tête. ¶ Nous avons en France la Maison de Chabot, qui est une Maison illustre, laquelle porte pour armes des chabots. ¶ Il me reste à remarquer, que *chabot* parmi les Arabes est un nom de poisson; mais ce poisson n'est pas notre chabot: car les Arabes le représentent petit de tête. Voici comme en parle Damir; *Pifcis est cauda tennis, latus medio, parvo capite*, &c. (a) Antoine Oudin, dans son Dictionnaire, appelle *chabot* une espèce de panier que les Italiens nomment *botta trisa*. Les Messins le nomment *chabot* & *chaboteau*. Et le nom de *chabot* ou *chaboteau* a été donné à ce panier, qui est d'ozier, à cause de sa forme qui ressemble à une tête. Il est seulement assez plat par le bas pour pouvoir être ferme sur la base; puis il s'élargit & se retrécit comme une boule, à la réserve d'une ouverture de quatre pouces de diamètre qu'on a laifiée tout au haut du panier; alentour de laquelle, est cousu un linge de la longueur de la tige d'un bas de rolle. C'est en empoignant ce linge que ce panier se ferme, (a) Voyez Boehart, *Hieropoici* p. ij. I. 5. 6. 15. & qu'on y peut tenir des oiseaux comme dans une cage : ce qui est proprement l'usage du panier appelle chabut. Le Duchat.
CHABRUN. Mine austere, retroignée. Peindre de l'Italien caprone, c'est-à-dire, bouquin. Car à Metz faire le chabrun, c'est proprement prendre la chevre ou bouder : que nous disons aussi, faire le bouc, ou bouuer. Le Duchat.
CHAC. Mot que dit à Metz une personne qui se plaint qu'elle a bien chaud. Je crois que c'est une onomatopée. Le Duchat.
CHACLON. Qu'on prononce avec une L mouillée. Mot Meffin qui signifie proprement certain jeu que les enfans appellent chatelet, & qui consiste à mettre sur le pavé ou dans le chemin trois noix ou trois chèques en triangle, couronnées d'une quatrième, espèce de chatelet, qu'ils tâchent ensuite d'abattre de quelques pas avec une autre noix ou chèque qui leur part de la main. Au reste ce mot Meffin qui n'est qu'une corruption de chabillon, diminutif de chatel, signifie encore à Metz un compte ou un nombre de quatre dans les fruits ou autres denrées qu'on vend au cent, comme noix, noifettes, chataignes, ou prunes : car dans ces sortes de choses le cent fait vingt-cinq challons, & c'est ainsi que comptent les Revendeuses. Du reste Erasme parle du jeu du chatelet dans son Colloque intitulé dispar convivium : Sed, dit-il, ad singulas convivium tetradas appone patinas cernas, sic ut quarta media promeneat, quemadendam pueritribus nucibus imponunt quartam. Le Duchat.
CHACONNE. Danse. On m'assure que cette danse nous est venue d'Espagne. J'ai oui dire à M. Beauchamp, l'homme de France, le plus intelligent dans la danse, que la chaconne est venue d'Afrique. On appelle à Paris chaconne un ruban qui sert à attacher le col de la chemise, & dont on laisse prendre négligemment les deux bouts. Et c'est Pecourt, fameux Danseur de l'Opera, qui en a fait venir la mode; ayant lui-même parti un ruban de cette maniere, en dansant une chaconne à l'Opera de . . . M.
CHACONNE. Ce mot vient de l'Italien ciscuna, formé de cerone, qui signifie gros, aveugle, à cause que le mouvement en fut, dit-on, inventé par un aveugle.
CHACUN. De l'Italien ciscuno, fait de quelque unis. Voyez mes Origines de la Langue Italienne. M.
CHACUNIERE. Vieux mot, qui signifie maison, logis, lieu particulier de chacun. Mon père dit Montaigne, faisoit inferer dans l'eregrille des negeces de son mensage toutes les survenances de quelque remarque, & jour par jour les Mémoires de l'Histoire de sa maison, très-plaissante à voir, quand le tems commence à en effacer la souvenance, & très à propos pour nous effer souvent de peine . . . Usage ancien que je trouve bon à rafraîchir chacun en sa chacuniere, & me trouve un lot d'y avoir failli. En sa chacuniere, c'est-à-dire, chez soi. Et Rabelais : Ainsi chacun s'en va à sa chacuniere. Cyrano de Bergerac : Après cette distribution, par laquelle chacun fut mis dans sa chacuniere, les images de mon songe n'effant plus si distinctes, ne me laisseront apparcevoir que des peintures générales. Et Scaron : Chacun fit lors le pied derrière ; Et chacun dans sa chacuniere Se retira sans faire bruit, Qu'il étoit déjà noire nuit.
CHAFFOURER, CHAUFOURER. Barbouiller. Métaphore prise des chaufours ou jours à chaux, qui barbouillent ceux qui y travaillent, ou même qui en approchent. Rabelais, livre 5.ch. 11. appelle les Présidents & Conseillers des Parlements, Chats-fourrec. Anciennement, comme dans Brantome, Hom. Ill. Fr. tom. 1. page 36. on les appelloit Chaperons fourrec, à cause de leur habillement de tête. De-là par contraction ils furent nommez Chafourrec, d'où par allusion Rabelais à fait Chats-fourrec. Le Duchat.
CHAFFRE. Le Maréchal de Montluc, liv. 7. de ses Commentaires, tome 2. page 188. de l'édit. in-8. Paris, 1667. parlant de son second fils nommé Bertrand ou Baptôme, dit que par chaffre il lui donna le nom de Peyrot, au lieu du premier qui lui déplaisoit. Je ne sais ni l'origine ni la signification de chaffre, qui peut être un mot Gafcon, & qui apparemment signifie caprica. Chaffre mot Gafcon, répond au François sobriquet : ainsi ce fils de Montluc fut surnommé de la sorte, apparemment parce qu'il étoit bretteur. Les Pierrocs des Gardes François sont les bretteurs de ce Régiment. Le Duchat.
CHAFFRE. Nom propre d'homme. S. Chaffre, fils de Leuffroy Gouverneur d'Orange, & neveu d'Eude, premier Abbé de Cormery en Velay, se fit Moine dans ce Monastère, dont il fut Abbé après Eude son oncle, & dans lequel il mourut en 728. des bleifures qu'il reçut des Sarrazins qui y firent une course. Le Monstier S. Chaffre, c'est ce Monastère de Cormery en Velay, qui fut fondé depuis par Louis le Débonnaire, & qui prit le nom de S. Chaffre, son second Abbé. Ce nom s'est formé du Latin Theofredas, par corruption. Quelques-uns disent Thiefroy, & Theofroy.
CHAFOUIN. Injure. C'est un petit chafouin. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M. Les Chats font volontiers leurs petits dans le foin. Ne seroit-ce pas de-la qu'on auroit appellé chafouin un petit enfant mal propre, comme un petit chat que sa mere n'a pas encore pu lécher. Le Duchat.
CHAGRIN, ou CHAGRIN. Sorte de cuir. Du Turc figeri, qui signifie croupe. Ce cuir se fait des fesses de mulet, ou d'une, courroyes. Dans l'Orient le bon chagrain se fait de croupe d'une. La Lettre S de fagri, & le Chin de chagrain, ou chagrin, ne doit faire aucune peine, parce que ces deux lettres qui n'ont qu'une même figure, & qui ne diffèrent que par les points, se trouvent souvent mises l'une pour l'autre dans les livres Orientaux. Les Italiens disent cigrino. Borel, qui dérive chagrain de chat & de grain, comme qui diroit grain de chat marin, n'a pas bien rencontré. M. Pour confirmation de l'étymologie de M. Ménage, qui fait venir chagrain du Turc fagri, voyez la suite du voyage de Levant du Sieur Thevenot, livre 15 chapitre 7. page 115. de l'édition in-12. Paris, 1689. Le Duchat. CHAGRIN : pour le radium des Latins. L'origine de ce mot m'est tout-à-fait inconnue. Car je ne puis approuver ce qu'en a écrit le P. Labbe. Voici ce qu'il en a écrit : CHAGRIN, se chagriner, ne sont point venus de l'Argent, pour qu'Argent rude, revêche, sauvage, de la racine Argent, agier, champ. Il vaudroit mieux se taire que de débiter de semblables grotesques. Chagrin ne regarde pas tant les autres que soy mesme : & se chagriner, c'est estro inquiété, dégouflé; à qui tout fait peine, que rien ne contente; comme un malade, qui rebute tout, à qui rien n'agréé : & partant, si ce n'est un mot étranger, il vient plutôt d'ager, agrotus, que d'aucun autre endroit que je sache. Quequi'un pourroit dire, que comme nos ancêtres ont composé le mot de chahuant, ou cacornu, comme disent les Oualons, bubo, noctua, ulula; aussi auroient-ils composé de chagrin, c'est-à-dire, vieux chat, qui gronde en lui-même, & de-la, par fabriquer, au commencement, puis par usage, CHAGRIN; qui est non-seulement adjectif; un homme chagrin; mais mesme substantif : le chagrin le ronge. Je ne doute point que tout cecy ne soit plus agréable aux lecteurs judiciaux, que tous les Grécismes peu ingénieux de nos adversaires. On appelle aussi chagrin une peau rude, couverte & partagée de plusieurs grains, soit qu'elle vienne des porcs d'Allemagne, soit des chats-marains, ou autres animaux terrestres ou aquatiques. Encore une fois, l'origine de ce mot m'est tout à fait inconnue. S'il est vrai que hargneux ait été fait de berniosus, fait de hernia; à cause que ceux qui ont la hergne, sont de mauvaise humeur; ne pourroit-on point dire que chagrin a été fait de carchinus, qui signifie un cancer? Carchinus, cachinus, CHAGRIN : à cause que ceux qui ont un cancer, sont aussi de mauvaise humeur. M.
CHAGRIN, pour grandeur. Peut-être de casus grunniens. On a dit engroin, & malengroin, pour mauvaise humeur. Au Prologue du livre 1. de Rabelais, on lit chagrin dans quelques éditions. Peut-être de carcerinus, fait de carcer. Rien de plus chagrin qu'un prisonnier, rien de plus triste qu'une prison. Le Duchat.
CHAGRIN, dans le sens de grandeur. Puisque quelqu'un a fait venir ce mot du Grec à d'ens, pour qui d'ens ; Le Pere Labbe, d'ager, agrotus; M. Ménage de carchinus, qui signifie un cancer; M. le Duchat de casus grunniens, ou bien de carcerinus, fait de carcer; ne pourroit-on pas le dériver tout simplement de chagrin, dans le sens de cette peau préparée qu'on appelle aussi chagrain? Le visage d'un homme chagrin & renfrogné ressemble en quelque façon à cette peau inégale & rabouteuse.
CHAHUAN. Belon, livre 2. de son Histoire des Oiseaux, chapitre 32. qui est du hibou, le dérive de ces mots chat huant. Voici ses termes : Il prend les souris comme un chat; dont il en tient son appellation Françoise : car on le nomme aussi un chahuant ; d'autant qu'il crie la nuit en huant : & huer est un vieux mot François qui signifie appeller haut. Le Pere Labbe le dérive aussi de casus ululans. Il vient de cavannus. Eucherius, liv. 2. chapitre 9. Sunt qui ululas putent avec esse nocturnas, ab ululatu vocis quem efferunt, quas vulgo cavannos dicunt. Aldhelme, dans son livre de la Virginité, chapitre 28. Ungues, ritu falconum accipitum, seu certe ad instar cavannorum, acuntur : car c'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas calvanorum, ni calvanorum. L'Auteur des vers intitulés Versus in velo, quod à Chinitum, Rege, Romam directum est, imprimés par les soins de Dom Mabillon dans le premier Tome de ses Analectes, à la page 367. Tristis perspicua sit cum perdiere cavannus, Tome I. Junctaque cum corvo pulchra colomba cubet. Et cavannus a été fait de xexacō, qui signifie une chouette, & d'où le mot de chouette a aussi été formé. xexacō, xexacō, cicabanus, cabanus, cavanus, caianus, (par le changement ordinaire de l'V consone en U voyelle) CHAHUAN. Cicaba, cicabetta; cibetta : d'où l'italien civetta. Voyez mes Origines de la Langue Italienne au mot civetta. Voyez aussi ci-dessous au mot chouette. Nicot s'est fort bien apperçu que chahuan n'avoit pas été fait de chat huant. Voici ses termes : CHAHUAN est une espece d'oiseau qui va voletant & huant de nuit; duquel chant huant il est ainsi nommé : car son chant n'est que hu, & est piteux : pour laquelle cause les Latins l'ont appellé ulula; tiré, comme Servius dit, de ce mot Grec chouet, qui vaut autant que pleurer, gémir, & hurler; comme si vous disiez, chahurlant, &c. De ce que dessus se voit que de l'appeller chat huant; & pour la difficulté de la prolation Françoise en l'aspiration. Haprès la consone, dire que chahuant est fait de chat huant, il n'y a pas raison grande : veu que cette particule cha est ailleurs fort commune aux François; comme en ces mots, chatouille, chafouyn; esquele le mot de chat n'a que voir. Mais il n'a pas fil la véritable origine de ce mot. Les Bas Bretons disent caouen : & M. de Caseneuve dit que le Latin cavannus a été fait du François chahuan : en quoi il se trompe. M. L'Empereur Frédéric II. livre 1. chap. 34. de son de Arte venandi, &c. Avec raro moventes alas volando sum modi agrotum, albani, huani, milvi... dans ce passage huans vient de huan, qui est l'ancien mot François. Le Roman de la Rose, folio 37. v. Le huan avec sa grant hure, Prophète de mal adventure. Et J. Marot, page m. 111. Corbeau, huan, vautour, aigle ou millan. Le Duchat.
CHAIGNARDS. Scaliger dans son premier Scaligerana, page 38. Louis Chaignards, (id est, les Caignards,) sont les restes des Albigeois : ainsi nomme, en Dauphiné, & aux Montagnes. M. C'est une corruption de canars. Et ils furent appelés de la sorte à cause que pour les distinguer des autres Chrétiens, on les avoit obligés de porter sur leurs habits la marque du pie de canard, dont parle M. de Marca, dans l'endroit de son Histoire, rapporté par M. Ménage, au mot Cagots de Bearn. Le Duchat.
CHAIRCUTIER. De chair cuire. Un Chaircutier est un vendeur de chair cuire. On écrivait anciennement Chaircutier. On dit aujourd'hui indifféremment Chaircutier & Charcutier : mais on ne dit que charcuter. M.
CHAIRE. CHAISE. M. Nublé croyait que chaire avoit été fait de cathedra, & chaise, de casa. Il est vrai que la Chaise-Dieu, Abbaye en Auvergne, a été ainsi appelée de Casa Dei. Voyez Lindembrog en son Glossaire, au mot casa, & au mot Casa Dei. Mais chaise en la signification de siege, a été dit par corruption au lieu de chaire. On dit, une chaise à bras, une chaise à dos, Porteux de chaises, Mais on dit, une Chaire de V u Droit, une Chaire de Théologie, la Chaire Saint Pierre : ce qui a été très-bien remarqué par M. de Vaugelas. M. de Balzac, dans la Dissertation a M. Courant sur divers écrits, a dit, Chaire de Prédicateur. Il est vrai que je bornais mes prédictions à la gloire de bien dire, & au règne de la Chaire. Depuis quelques années on commence pourtant à dire, Chaire de Droit, Chaire de Théologie : & M. l'Abbé Chastelain, Chanoine de Paris, a dit la Chaire Saint Pierre. M.
CHAISE, au lieu de chaire, s'est dit par le changement de la lettre R en S, ordinaire dans notre Langue. Et comme la lettre S est d'une prononciation plus douce que la lettre R, il semble que le mot chaire soit particulièrement destiné à désigner les sièges à dos langés & garnis. Ce qui est sur, c'est qu'on ne dit pas une chaire de marbre, ni une chaire de velours. On écrivait autrefois chayera, & ce mot étoit de trois lyllabes. Le Roman de la Rose, fol. 101. r. Il s'offrit en une chayere, Dicote son Autel affise. Le Duchat.
CHAISE. On dit proverbialement, quand on voit un ignorant affis dans une chaire, que ce sont les Armoiries ou les Armes de Bourges, c'est-à-dire, un ané dans une chaire. Les Divestites curieuses nous apprennent l'origine de ce proverbe. On y lit que Cétar s'étant rendu maître de Bourges, il y établit Gouverneur un Officier Romain, appellé Aïsinus Pollio. La Ville fut ensuite affligée par les Gaulois tandis que le Gouverneur étoit malade. Comme la Ville allait être emportée dans un affaut que les Gaulois donnerent, Aïsinus se fit porter en chaire pour animer ses Troupes par sa présence; ce qui lui réussit. Le bruit s'étant répandu qu'Aïsinus s'étoit fait porter en chaire, Aïsinus in carbeara, les Romains reprirent de nouvelles forces, & chasserent les Gaulois. Dans la fuite, d'Aïsinus in carbeara, on a fait aïsinus in carbeara.
CHAISE. C'est l'étendue de deux arpens de terre auprès du Château. Voyez la Coutume de Touraine, article 148, 161, 173, & 197, & celle du Maine, article 335, & celle de Loudun, chap. 2e, paragr. 4, & 5e & chap. 18, paragr. 3. ¶ De casarum. M.
CHALAND. Il vient de calo. Le Glossarium Araeice-Latinum : Calo, id est, negociator. Papias : Calones; id est, negociatores, navicula. Car nos anciens François appelloient aussi chalans, certains vaisseaux; parce qu'on s'en servoit pour porter les marchandises. Froilart, volume 1, chapitre 111. Le Duc de Normandie, pour mieux fournir à celuy affaut, s'est venir sur la rivière grand plante de nefs & de chalans. Ces vaisseaux étoient aussi appelés chelandia. Paul Diacre, livre 22, de ses Histoires mêlées : Constantinus movit, mense mavio, folam chelandiorum duum millum, contra Bulgariam & ingressus ipse in rubra chelandia, motus est ad intrandum Daunbium. Li Etablissement le Roi de France, au titre De Merckesant qui trespaise paage : Merckesant qui va par cau, & mesme chalans; seil s'en amble, doit paage par aucun passage; & s'en le prend, il perd le Chalans & ce qui est dedans. Caseneuve. CHALAND : pour bateau. De chalandum, corrompu de chelandum, qui se trouve dans les Auteurs de la Baise-Latinité, pour une espèce de bateau. Voyez M. du Cange dans son Glossaire La- tin, au mot chelandum, & dans son Glossaire Grec. au mot xixixixix. Et de là, selon M. du Cange, PAIN CHALAND : qui navigio advechitur. ¶ Dans l'Anjou nous disons un chalou, dans cette signification de bateau. Et ce mot se trouve en cette signification dans le Dictionnaire François-Latin de Robert Etienne. M.
CHALAND, dans la signification de bateau, vient de l'Alleman s'phale, qui signifie proprement une coquille, & par métaphore, une de ces tailles à boire que nous appellons gondoles; duquel nom de gondoles se nomment à Venise les petits bateaux de passage. Et comme la pâte destinée pour chaque miche des plus petits pans repose ordinairement en de petites écuelles de bois jusqu'au tems de la mettre au four, il se peut qu'on ait appelé pains chalans ces petits pains, à cause de ces écuelles, qui sont comme autant de coquilles, que l'Alleman appelle schalen. Le Duchat.
CHALAND. Comme quand on dit, C'est un de mes Chalands, Trippault & Nicot le dérivent de xixixixix; parce que les Marchands appellent ceux qui passent, les conviant d'acheter leurs marchandises. Cette étymologie est ridicule : Chalands ne se disant pas de celui qui vend, mais de celui qui achete. Celle de Sylvius n'est guère plus raisonnable. Il veut que Chalands en cette signification vienne de calens calensis, participe du verbe caire, lorsque ce verbe signifie chalou, C'est dans la Grammaire, page 137. M.
CHALAND, dans la signification d'acheteur, vient peut-être de calans, par contraction pour capitulans, fait de capitulare, qui signifie marchandier, capituler. Le Duchat.
CHALCIDIQUE. En Latin Chalcidicum. On nommoit ainsi autrefois de grandes & magnifiques salles qu'on ajoutoit aux Palais, comme on l'a fait encore en des siècles postérieurs, ainsi qu'il paroît par les grandes salles des Palais de Paris, de Vannes, & de Bourges. Si le terrein que vous avez pour bâtir, est trop long, dit Vitruve, vous bâtirez au bout un Chalcidique. Je voudrois bien, dit Arnobe, voir vos Dieux & vos Déesses pêle mêle dans vos grands Chalcidiques, & dans vos Palais du Ciel. On écrit, dit-il ailleurs, que vos Dieux sont leurs festins dans de grandes salles à manger qui sont aux Cieux, & dans des Chalcidiques toutes d'or. Festus dit que cette espèce de bâtiment avoit pris son nom de la Ville de Chalcis, mais il ne dit pas pourquoi. C'est peut-être parce que le premier Chalcidique avoit été bâti dans cette Ville. Chalcis tiroit son nom du Grec xixixixix airain. Philandre veut qu'un Chalcidique fût un édifice dans lequel la Cour des Monnoies avoit son Tribunal, & qu'il ait pris son nom de xixixixix airain, matiere de la monnoie, & de bien justice. Mais si cela étoit, ce nom en Grec autoit l'accent sur l'antipénultième, & non pas sur la derniere. D'autres le dérivent de xixixixix airain; & insec maison; & ils disent qu'on frappoit la monnoie dans ces maisons là, qui étoient ce que nous appellerions Hôtels de la Monnoie. Mais que deviendroit l'a du mot insec? Comment l'accent seroit-il sur la derniere? Comment la pénultième seroit-elle breve? Pour former un nom de xixixixix & de Insec, il faut dire xixixixix, comme on l'a dit effectivement pour Minerve, dont c'est une des Epithetes.
CHALDEENIS. Peuples habitans de la Chaldée. Ils sont appelés en Ebreu xixixixix Cas- dim, & en Chaldéen *perme* *casdāim*, d'où s'est formé *Chaldéen*, par le changement de *w* ou *i* en *i*, comme du *d'd'ōkawō* en *i* dans *Ulyffe*. Philon, dans ses *Glofes* ou *Interprétations* des noms *Ebreux*, inter- prète ce nom *parrot*, *h* *parys*, *h* *qī* *hupāna*, c'est- à-dire, *devins*, ou *magiciens*, ou *comme démons*. Il est vrai que le mot *Chaldéen* a signifié *Devin*, *Astrolo- gue*; mais cette signification n'est que secondaire, & elle est venue de ce que les *Chaldéens* s'appliquaient beaucoup à la *Divination* & à l'*Astrologie*. C'est ainsi que le nom de *Mage*, qui originellement ne si- gnissait qu'un *Savant*, un *Philologie*, a été pris en- suite en mauvaise part, d'où est venu le nom de *magicien*. Quant à la seconde interprétation que donne Philon du mot *Chaldéen*, *savoir*, *or* *hupāna*, *comme démons*, *Saint Jérôme*, qui la suit, dit que personne ne doute que *Chaldéen* ne signifie *démon*. Cela supposé, il est clair que Philon & Saint Jé- rôme ont cru que ce nom était composé de *con- jonction* de *ressemblance* ou de *similitude*, & de *seine* *schedim*, qui signifie *démons*, & vient du verbe *seine* *schadad* ravager. Le *w* ou *i* s'est chan- gé en *i*, comme le *d'd'ōkawō* dans *Ulyffe*. Cette étymologie n'a pas la moindre vrai-semblance. Quelques-uns ont cru que les *Chaldéens* avaient été ainsi appelés de *sāre* *Cased*, dont il est par- lé dans la *Genèse*, xiii. 11. & qui était fils de *Nachor* fils d'*Abraham* : dans ces premiers tems toutes les *Nations* portaient le nom de leur *Fon- dateur*. Saint Jérôme est de ce sentiment dans ses *Questions Ebraïques*, & après lui *Bochart*. Mais le nom de *Chaldéens* semble être plus ancien que ce *Cased* fils de *Nachor*. On pourrait peut-être ré- pondre à cela que quand l'Écriture se sert du mot *Chaldéens* avant le tems de *Cased* fils de *Nachor*, c'est une *prolèpse* ou anticipation. Mais ce *Cased* n'est point le *Fondateur* de la *Nation* des *Chal- déens*, & on ne voit pas pourquoi ils auraient ti- ré leur nom de lui. Il faudrait plutôt dire que ce nom leur seroit venu de quelqu'autre *Cased*, plus an- cien que le fils de *Nachor*. D'autres croient que ce nom vient de celui de *Arphaxad*, que l'Hiliorien *Joseph*, *Ansig.* *Jud.* livre 1. chap. 7. appelle le père des *Chaldéens*, que ce nom en vient, dis-je, par apocopé, c'est-à-dire, en retranchant les trois premières lettres du mot, *savoir*, *भूष*, après quoi il reste *sāre*. Mais ce retranchement est trop considérable, & de plus la lettre Ebraï- que *w* est un *subin*, c'est-à-dire, *sch*, dans le mot *Arphaxad* ; au lieu qu'elle est un *sin*, c'est-à-dire un *i* dans le mot *Casdim*. J'ai- me donc mieux dire que ce nom vient d'un *Cased*, plus ancien que le fils de *Nachor*.
CHALEMIE. *Voyez chalomeau*. M.
CHALIBAUDE. On appelle ainsi en *Anjou* les feux de la *Saint Jean* : & en *Baise-Normandie*, un feu qui ne dure guère, comme un feu de bour- rée. Et en *Poitou*, on dit *albander*, pour dire, *faire* *un feu à la hâte*. Peut-être de *calidus*, *Calidus*, *ca- lidivus*, *calidivaldus*, *calivaldus*, *calibaldus*, *cali- bulda*, *CHALIBAUDE*. M.
CHALIT. De *capsa leclli*. Les *Angevins* di- sent *charlis*. Les *Toulousains* l'appellent *arcalieyt*, *d'arsà leclli*. M.
CHALLER. Vieux mot qui signifie *écalier*, ôter l'*écale* ou la *coque*. *Rabelais* : *Cependant les* *Métayers* qui là auprès *challoient* les *noix*, *accu- ronent* avec leurs grandes *gaules*, & *frapperent* sur ces *fouaciers*, comme sur *seigle* *verd*. Ce mot vient de l'*Alleman* *schale*, qui signifie *écaille*, *coque*, *co-* quille. *Voyez ci-dessous* *Écaille*, & *Écaller*.
CHALOIR. Vieux mot. *Hélinand* dans *foit* *Poème* de la *Mort*, *Stance* 16. —que nous *chaille* *De quelle ore mort nous assaillé*. Ce mot est encore en usage en ces façons de par- ler, *Il ne m'en chant* : *Mettre en non chaloir*. De *ca- lere*, dont les anciens *Latins* se sont servis à peu près dans la même signification. *Stace* dans *sa* *Thé- baide*, livre 4. vers 160. *Prostit* *audaci* *Martis percussus amore*, *Arma*, *tubas*, *audire calens*. Et plus bas : vers 356. *Bellator nulli caluit* *Deus*. De *un calere*, nous avons fait non-chaloir. Les Italiens disent de même, *Non mi cale* : & *Mettere* *in non calere*. Le *Cardinal Bembo* dit que les Italiens ont pris ce mot *calere* des Provençaux : de quoi il a été repris par le *Castelvetro*, qui le dérive aussi du *Latin calere*. La remarque que H. Etienne, dans son livre de la *Précélance* du *Lan- gage François*, a faite sur l'opinion du *Bembo* & sur celle de *Castelvetro*, mérite d'être ici rappor- tée. La voici : *Touchant ce mot calere*, aussi *Castel- vetro* n'est point de l'opinion de *Bembo* : mais je croy que s'il est bien entendu le *Langage François*, il en en est *est*. Car *Bembo* dit que les anciens *Toscane* voulans signifier que quelqu'un ne se souciait point de quoyque ce *sufi*, disoyent que le *poneva* in non *ca- lere* : ou à non *cale* : ou à non *calente* : *Et mon- stre comment* *Pétrarque* *mesmement* en a *use* en ce passage : Per una Donna ho *mefso* Egualmente in non *cale* ogni pensiero. Il est certain que ho *mefso* in non *cale*, est *comme* *si nous disions*, J'ai mis en non *chaloir*, & que *ca- lere* est *CHALOIR*. *Voyla pourquoy* je m'esbabi que *Castelvetro* reprend ici *Bembo*. Et io dico, (dit-il, après avoir allégué le passage de *Bembo*) che *calere* è *Latino* anchora in questa significatione : percio- che le *cofe* che si cuocono, ci si fanno curare. E quindi *Statio dice* : *Bellator nulli caluit* *Deus*. Il ajoute : adunque ponere, o mettere che che *sia* per non *calente*, o per non *calere*, cioè, per co- sa che non cuoca : e per *conseguente*, per cosa che non *sia* da curare. Je m'estonne *fort comment il* *a voulu ainsi forcer* ce mot a *recongnostre* son *origi- ne* du *calere Latin* : & *mesmement* du *calere* de la *cuiſine*. Et au lieu qu'il n'a pas *voulu* *conſeſſer* que *ſa nation* l'ait pris de la *noſtre*, je lui veux *conſeſſer* *volontairement* que c'est un mot *pluſſoſt Gaulois* que *François*, *veu* que les *Allemans* en *uſent* : car ils disent *chat* nits, quand ils *veulent* dire, Il n'im- porte point, c'est tout un : perinde est : *comme* *si* *nous disions*, Il n'en *chant* point. Il est vrai qu'ils l'eſervent avec un *S* devant, ſchat : & encore quel- ques-uns mettent un *D* devant *T*. ¶ L'Italien *calere* & le *François* *chaloir* viennent du *Latin calere* : mais non pas par la *raiſon* que dit le *Castelvetro*, qui est qu'on a ſoin des *choſes* qu'on fait cuire : & Henri Etienne a eu *raiſon* de ſe *moquer* de cette raiſon : mais parce que ce mot de *calere* a été dit pour *ſonhaiter*. M. Vu ij
CHALONGER, ou CHALANGER. Vieux mot François, inufité, qui signifie calumnier, & qui a été fait de calumniari, par le changement de l'Î voyelle en l'Î confonnet: comme en finge, de fimia, en tige, de tibia; en pigeon, de pipio. Calumniari, calumtri, CHALONGER. Chalonger un heritage, c'est repérer: inheritance, le vendiquer. Jean, Moine de Marmoutier, livre 1. de l'Histoire de Geoffroy le Bel, Comte d'Anjou: Angliam calumniabatur sponfus & sponfa. Voyez Belly, dans son Histoire des Comtes de Poitou, page 103. Et dé- la le mot de calumnia, pour proces, & débat. Un Titre de 1077. du Cartulaire de l'Abbaye de Ven- done, folio 109. Falta hac acquietatie & fedatio calumnia. ¶ Voyez Galland dans son Franc-Aleu, page 55. Ragucau dans son Indice, & du Chêne sur Alain Chartier. ¶ Calanger, en Normandie, signifie barguigner. M.
CHALONS. C'est le nom de deux Villes de France, l'une en Champagne, & l'autre en Bour- gogne. Mais quoique le nom soit le même en François, l'origine est bien différente. Le nom de Chalons en Champagne vient du Latin Caralaunum; & celui de Chalons en Bourgogne vient de cabil- lo ou cabilloum. L'Itinéraire d'Antonin nomme Chalons en Champagne Duro-Catelaunum. L'exem- plaire du Vatican porte Duro-catelaunou au plurier; ce qui montre qu'alors le nom de Catalauni étoit plus usité que le singulier Catalaunum. Quant à Duro, qui entre dans la composition de ce nom, c'est un mot qui signifie aqua, & trajectus fluminis; comme dans Bojodorum, Batavodorum, & autres; & il est d'origine Celtique, & même Phrygienne. C'est la même chose que chas en Grec, qui est un terme venu des Phrygiens. Duro en bas Breton & en Hibernois, & duv en Gallois, signifient en- core aujourd'hui aqua. Voyez Wachter dans son Giosfar. German, au mot Dur. On voit dans les Ta- bles de Ptolomée une Ville nommée Noviemagus Vadicaffium, que M. de Valois conjecture être la même chose que Catalauni & Duro-catelaunum. Mais ces noms n'ont aucun rapport, & on ne fait ce que c'est que Noviemagus Vadicaffium. Il n'est fait aucune mention de Catalaunum avant l'Empire d'Aurelien, qui vainquit près de cette Ville Tétricus, qui lui disputoit l'Empire. Cèsar, dans ses Comment. De Bello Gal. liv. vii. & Stra- bon livre iv. parlent de Cabillo ou cabilloum. Quelques-uns pour distinguer en François ces deux Villes, écrivent Chalons, quand ils parlent de Ca- talaunum, & Chalon quand ils parlent de Cabillo- num. Mais l'usage y est contraire, & pour ne pas confondre les deux Chalons, que l'on écrit de la même manière, on dit Chalons sur Marne, en par- lant de Catalaunum; & Chalons sur Saone, en par- lant de Cabilloum. *
CHALOUPE. Sorte de batreau. De capula. Capula, calupa, par métathée, CHALOUPE. Ca- pulus se trouve en cette signification dans les glo- ses anciennes: Lembus, nazicula bretis; ditta & capulus, & cumba, & lintris. Voyez chaland. M. Je crois que chaloupe, de même que chaland, dans la signification de l'ateau, vient de l'Alleman Schale, qui signifie proprement une coquille, ou une écaille (lequel mot vient de ce Schale). Slou- pe se disoit dans la même signification en 1632. Voyez les pièces curieuses ensuite de celles du fleur de S. Germain, in 4e. sur l'imprimé d'Anvers 1644. art. viii. des propositions faites à l'Infante pour gouverner les pays-bas. Ce mot me paroît Anglois. La Duchas.
CHALUMEAU. Le Glosfaire d'Anfileubus: Calamula, canina de qua canitur. Papias dit la mé- me chose. Cafeneuve.
CHALUMEAU. De calamellus, diminutif de calamus: comme CHALEMIS, de calamia. Vous trouverez chalamus, pour calamus, dans Mathieu Paris: Puffato clathis, sonantibus chalamis, quos burdones appellamus. Voyez bourdon. M.
CHAM, que l'on prononce Cam. C'est un des fils de Noé. Sa poétérite occupa l'Afrique, l'Egyp- te, l'Arabie heureuse, & la Palestine, ou terre de Chanaan, & regna même à Babylone. On voit tout cela par les noms des peuples qui habiterent ces différens pays, & qui sont les enfans de Cham, Gen. x. 6. 7. 8. 10. L'Egypte est appelée dans l'Ecriture les rentes de Cham. P. LXXVII. 51. & terre de Cham, P. CIV. 23. 27. CV. 22. Et dans Plutarque Chemie. De-la encore, selon Bochart, Phaleg, liv. iv. ch. 1. les noms de Chemmis, Pso- chemmis, Pstachemmis, données à des cantons ou contrées d'Egypte. De-la aussi le nom de Hau- mon, & celui de Cypocrypus, dans Etienne de By- zance. Le P. Lubin s'est trompé quand il a cru que la terre de Cham, dans les Pseaumes, n'étoit que la terre de Geffen, petite partie de l'Egypte, où habiterent les Hraélites. C'est toute l'Egypte. En effet le Pseaume CIV. 23. prend ces deux mots de Egypte, & de Terre de Cham, com- me synonymes. *
CHAMADE. De l'Italien chiamata, verbal de chiamare. Chiamare a été fait de clamare. M.
CHAMAILLER. Après que nos anciens François avoient rompu les lances, ils se méloient parmi les ennemis, & les frappoient à grands coups d'épées: ce qu'ils appelloient chamailler, & origi- nairement camailier; parce que les principaux coups étoient donnés sur le camail, qui étoit un armure qui couvroit la tête & le col; comme nous avons montré sur le mot camail. Froilfart vol. 2. chap. 66. Et coula tout outre le camail qui étoit de bonnes mailles, & lui entra au col. Cafeneuve.
CHAMAILLER. Nicot: CHAMAILLER, c'est frappér à coups d'épée, de hache, ou autre chose de fer, sur un harnois ou autre fer rude. Il semble que le mot soit ainsi dit, parce qu'anciennement les bom- mes d'armes étoient armés de hauberts, qui étoient faits de mailles de fer, sur lesquels étoient ruez, & donnez les coups en eux combatant; tafchant à les defmailler, & ouvrir. Au 2. livre d'Amadis: Mais Oriane voyant le piteux état auquel étoit Amadis, & la faute que lui faisoit son harnois defmaillé, cuida s'évanouir. Et peu après: Messieurs, Ama- dis est bien en grande nécessité, par faute de son harnois. Voyez son écu deshaché, & son haubert tant dérompu, qu'il n'a quasi de quoi plus se cou- vrir. Aucuns dient que ce mot vient de malleus & malleare, Latins: ce qui n'est pas du tout hors de propos. Il vient de capomaliare. M.
CHAMANT. Nom propre d'homme. Du Latin Amantius. Saint Amant, que nous appel- lons plus communément Saint Chamant, étoit ci- toyen de la ville de Rodez, dont il fut premier Evêque. Ce nom montre que nous avons ajouté quelquefois ch au commencement des mots dont la première lettre est une voyelle, & il peut fer- vir à vérifier quelques étymologies. *
CHAMARRER. Voyez cimarre. M.
CAMMARRIER. L'Histoire du Roi Char- les VIII. édit. du Louvre 1684, page 618, dans une lettre - patente aux gens des Comptes : *Ayons au chamarrier* & *Chapitre de Saint Paul de Lyon amor- ti & quitté la finance*, &c. *Le Duchat*.
CHAMBELLAGE. Droit que prenoient autrefois les Chambellans, & que prend aujourd'hui le premier Huifffier de la Chambre des Comptes de Paris. Voyez Palquier IV. 35. *M.*
CHAMBELLAN. De camera. Camera, ca- bera, cambera, camberula, camberla, camberianus, CHAMBERLAN, CHAMBELLAN. ¶ Voyez Nicot. ¶ On appelle a Paris chambellans, les gens de mé- tier qui ne font point maires, & qui travaillent en chambre. *M.*
CHAMBOUCLE. Terme du Lyonnois. Jo. Bruyerin. Dans son Traité de *Re Cibaria*, liv. 4. ch. 10. page m. 258. *Cernitur nonnumquam loium abundantiffime in triticum erumpere; aliquando pfeu- domitantition; alias aliud femen, vicia haud afsimi- le: indeque rara viciolam nuncupant. Interdum vero & atrum illud triticum & putre, quod nostri agrico- tu chambucum appellant, ac fi ambuitum dixeris. Id autem memoria patrum nostrorum, aut saltem avorum minimè vifum accepimus. Sed de eo forte ali- bi plenius difturi fumus, quippe parniciolum admo- dum vescentium vita perfusum habemus; panificia enim mire ingrata tum colore, tum odore, tum gufu reddit. Coti humore & nebularum habitibus quidam accidere autumant. Le Duchat.*
CHAMBRANLE. C'est l'ornement qui bor- de les trois côtés des portes, des fenêtres, & des cheminées. *M.*
CHAMBRE. De camera. On y a ajouté un *B*, comme en nombre, de numerus. Budée, dans les Annotations sur les Pandectes, traitant sur la Loi dernière de *Smaroribus*, de l'E- tabliffement du Parlement de Paris, a parlé des Chambres de ce Parlement, en ces termes : *Ur- gente porro caustarum multitudine, & rerum com- moditate poscente, hoc, ut ita dicam, Corpus, in membra quadam diftratum esse, quas Claffes pro- prie appellare, Decuriunque possumus. Cameras ap- pellant, nomine olim indito a locis seffionum conca- meratis. Et dans ses Forentes, page 255. Centum- viridis Concessus in quatuor Conffita sic tributus est, ut Roma Centumviri in quatuor hastas tributi erant. Quod Judicium longe autoritate cedet, si cum Curia nostra componatur. Claffes autem, Camera vocata sunt, a locis olim concameratis. Les Cham- bres du Parlement de Paris ont été appelées Cham- bres, du mot de camera, & non parce qu'elles étoient voutées originairement, comme il semble que Budée l'a voulu dire. Mais il est vrai que le mot de camera, qui se dit aujourd'hui de toutes sortes de chambres, tant voutées que non vou- tées, ne se diroit autrefois que de celle qui étoient voutées. *M.*
CHAMBRE. On ne fauroit douter que ce mot ne vienne du Latin camera. Mais on peut de- mander d'où vient à son tour camera. Selon Wach- tet dans son *Gloff, German*, au mot *Kamer*, il vient de *camurus*, qui est la même chose que *curvus*, suivant le témoignage de Servius, sur cet endroit de Virgile, au troisième livre des Géorgiques : —*Camuris hirta sub cornibus aures.* Servius : *Camuris, curvis; unde & camera appel- lata sunt.* Et Iidore remarque que *Camerinum*, au- jourd'hui *Camerino*, Ville considérable du Pic- num, a été ainsi appelée à cause de la courbure de la situation. Wachter ajoute : *sed unde Latinis curvus dicatur camurus, philologis ignorant. Versifi- mile est Latinus eam vosem ab Umbris accepisse, ut plu- res alias, qua pelfiminio novus terminationibus affella ad Celticus populos redierunt. Nam Celtica linguæ camm est curvus, & camm curvare. Prius a Cam- bris, poferius ab Armoricis etiamnum custodiri, tes- tis Boxhornus in Lex. Ant. Brit. Ergo camera, vi originis, erit opus fornicatum, aut similis strutura. Hic primus vocis sensus, qui poflea privatim ad omnia adium loca secreta & separata, cellas, cana- cula, dormitoria, publice ad conclavia rationum, & tribunalia principum, translatus est.*
CHAMBRE-ARDENT. Mézeray, dans la Vie de François II. page 992. de l'édition in 4°. *Le jeune Roi efoit persuadé que c'est excuter le Teftament de son père, que d'extirper tous ceux qui choquaient la croyance Catholique, il créa pour cet effet dans chaque Parlement une Chambre qui ne connoissoit que de ces cas-là. On les nomma Cham- bres-Ardentes, parce qu'en effet elles brussaient sans miséricorde tout ceux qui s'en trouvaient convaincus; & il ne falloit point d'autre preuve, que de les avoir trouvés dans quelque assemblée méchante ou claudif- ne. Le Président Saint André, & l'Inquisiteur De- mochares, y travailloient avec grande chaleur dans Paris; & les alloient relancer infoques dans le fond des caves, sur les dénonciations de quelques mou- chards; entr'antes, d'un Tailleur, & de deux Orfe- vres, qui avoient est de cette religion. Et de là, cette façon de parler, il sent le fagot; pour dire, il est suspect d'hérèse. *M.*
CHAMBRELAN. Voyez chambellan. *M.* CHAMBRETTE. Sorte de poire : ainsi ap- pellee, du Marquis de Chambray, Auteur de la Virgouleuse; dit M. Merlet dans son Abregé des bons fruits. Voyez virgouleuse. *M.* CHAMBRY : comme qui diroit chambrier. Mot Meffin qui signifie une treille de jardin. On lui a donné ce nom vrai-emblablement, parce qu'on dispose souvent ces sortes de treilles sur des lattes qui forment un berceau ou une espèce de chambre ou de cabinet. *Le Duchat*.[{"box_2d": [492, 602, 851, 946], "label": "text", "caption": "CHAMEAU. Ce mot vient du Latin came- lus, le Latin du Grec *καιωως* & le Grec de l'E- breu *ναιωως* gamal, qui signifie la même chose. En Chaldeen & en Syriaque, c'est *καιωως* gamla; & en Arabe c'est *gaml*. On n'a fait que changer le 2 guimel des Ebreux en K Grec, qui est une let- tre du même organe. Les Latins ont changé ce K Grec en C, d'où les François ont fait CH. Quel- ques-uns dérivent ce mot du Grec *καιωως* je tra- vaille, parce que le chameau porte de grands far- deaux. Cette étymologie ne vaut pas mieux que celle qui le fait venir de *καιωως* curvus, à cau- se des boîtes que le chameau a sur le dos. On de- mandera, si dans Saint Matthieu, XIX. 24. où il est dit : *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιωως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως* *καιως breu 𐀀𐀓 gamal, signifient aussi 𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀
CHAMEREIN. De *camus* & de *fronum*. M. CHAMOIS. De l'Italien *camuccia*, ou *camoccia*. Joseph Scaliger, sur ces mots de Varron de *Re Russica*, liv. 2. UT IN SAMOTHRACE CAPRA-RUM, QUAS LATINE rotas APPELLANT : *Sequor doctorum judicium*, qui 𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀 On a dit *vieux chamois*, dans la signification d'un vieux soldat de garnison. Par allusion au *chamois*, car comme le chamois, lorsqu'il lui arrive de descendre de la montagne, ne la quitte que pour une autre ; ainsi le soldat de garnison ne quitte jamais sa roquette ou citadelle que pour y rentrer, ou pour aller dans une autre. *Le Duchat*.
CHAMOS, qu'on prononce *Camos*. Nom d'une fauffe divinité des Moabites, dont il est parlé au troisième liv. des Rois xi. 7. 33, quatrième liv. des Rois xviii. 13. Jérémie xviii. 13. S. Jérémie, sur l'axe, dit que *Chamos* est le même Dieu que Béelphégor, parce que l'un & l'autre sont un Dieu des Moabites : mais il faudrait montrer que les Moabites n'avaient qu'une idole. Selden fait néanmoins ce sentiment, de *Dios Syri*, *Syn*. 1. ch. 1. Vatable & Sanctius disent que c'était Priape ; ce qui revient au même ; car, selon Selden, Béelphégor & Priape sont la même chose. D'autres, sur la ressemblance de *Chamos* & de *Camos*, prennent *Chamos* pour *Comus*, le Dieu de la bonne chère. Pierre Martyr prétend, que parce que 𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀 Le P. Kirker croit que *Chamos* est le même qu'Ofiris, ou le Bacchus des Egyptiens, & qu'il a été appellé *Chamos*, ou de l'Ebreu 𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀𐀓𐀀
CHAMP-DE-MAY. Nous trouvons dans un fragment de l'Histoire de France, imprimé ensuite de la Chronique de *Fredegarius* à *Capricus*, que le Roi Pepin fut le premier qui institua, ou, pour mieux dire, rétablit l'Assemblée Générale des Etats de France, sous le nom de *Champ-le-May*, à l'imitation du Champ de Mars, où les Romains délibérèrent des affaires les plus importantes de la République. Voici les paroles du fragment : *Evoluto igitur anno, commuto omni exercitu Francorum, usque Aurelianis veniens, ibi pluricum suum Campo Maii, (quod ipsus primus pro Campo Martio, pro utilitate Francorum instituti) tenens, multis numeribus à Francis, & proceribus suis, ditatus est*. Cette Assemblée étoit appelée *Champ*, parce qu'en effet elle se tenoit dans un champ. *Adelmus Benedictinus*, parlant du même Pepin : *Et Bituricum veniens, Conventum, mare Francise, in campo egir*. Mais pourquoi l'appelloit-on de *May* ? Ne seroit-ce point parce que cette Assemblée se tenoit au mois de May ? Car devant le règne de Pepin elle se tenoit d'ordinaire, ou dans le mois de May, ou du moins dans les jours de ses Calendes. *Fredegarius* Scolasticus, chap. 90, dit que Flaucat, Maire du Palais sous Clovis II. fit tenir les Etats Généraux au mois de Mai : & Aimoin, livre 4, chapitre 30, dit que le Roi Dagobert les avoit auparavant fait tenir le 10. des Calendes du même mois. Cette raison auroit de l'apparence, n'étoit qu'il est vrai que l'Assemblée Générale des Etats se tenoit le premier jour de Mars, qui étoit en ce tems-là le premier jour de l'année. Le fragment ci-dessus allégué nous le met hors de doute : *Evoluto anno*, Rex à Kal. Mart. omnes Francos, sicut mos Francorum est, in Berniaco, villa publica, ad se venire praecit; initoque consilio cum Proceribus, eo tempore, quo solent Reges ad bella procedere, &c. Ce n'est pas pourtant que, lorsque la nécessité des affaires y obligeoit, on laissait de la tenir aux autres mois de l'année: car nous avons déjà vu que par deux fois elle avoit été tenue au mois de May, il se pourroit donc faire que comme cette assemblée, selon l'ancienne coutume des François, se tenoit le premier jour de Mars, Pepin, introduisant une nouvelle coutume de la tenir dans un champ, à l'imitation des Romains, l'auroit appellée Campus Martius & de fait, dans un petit fragment d'Annales, imprimé avec le livre intitulé, Gesta Francorum Epitomata, nous lisons ces paroles: DCCLIV. venit Deffio ad Martis campum): mais que depuis on l'auroit appellé Campus Maius, par une corruption de langage que l'ignorance des siècles passés a rendue, assez commune dans la façon de parler des anciens François. Quoi qu'il en soit, nous trouvons qu'après le règne de Pepin, tous les mois de l'année furent indifférents pour cette assemblée, selon qu'on s'y trouvait obligé par l'occurrence des affaires; comme il se peut vérifier par la lecture de nos anciens Historiens, & principalement d'Adelmus Bened. et nos, qui marque à chacune année le mois & le lieu de la tenue des Etats. Or toutes les Assemblée des Etats Généraux, que nos Histoires appellent Placita & Conventus, portoit le nom de Champ-de-May. Ce qui se peut voir par la conférence du fragment des Annales ci-dessus alléguées, avec quelques lieux d'Adelmus Benedictinus. Car ce que le fragment dit en ces termes: DCCLXXV. Maii campus ad Dura, & Carolus Rex cum exercitu Francorum, in Saxonia, se voit dans Adelmus en ceux-ci, & en la même année: Habitoque apud Doriam villam generalis Conventus, Rheno quoque transmissis, cum regni viribus Saxoniam petiti. J'omets encore cinq ou six lieux de ces Annales, & d'Adelmus, tous pareils à ceux-ci; où, aussi-toi après la tenue de ces Etats, il est fait mention d'une expédition de guerre, où l'on peut remarquer que ce grand Empereur n'entreprenoit jamais de porter ses armes dans les terres de ses ennemis, que ce ne fut par l'avis des Etats Généraux de France. Au reste, les plus grands du Royaume qui se trouvoient à cette assemblée, faisoient des présens au Roi, comme nous voyons dans ces paroles du premier fragment que j'ai cité: Multiis mineribus à Francis & Proceribus suis ditatus est. Ce qui est confirmé par Adelmus, parlant des Etats Généraux que Louis le Débonnaire fit tenir l'an 827. à Compiègne: In quo & annua dona jufcepit. Marian Scot, Moine de Fulde, liv. 5. de la Chronique, de Regibus Merovingis: Porestas regni tota apud Majorem domus habebatur; excepto quod Charta & Privilegia Regis nomine scribebantur, & ad Martis Campum, qui Rex dicebatur, planterum bubus trahensibus vellus, neque in leva emnenti sedens, semel in anno a populis visus, publica dona solemniter sibi oblata suscipiebat; stante coram Majore-domus, & qua deinceps eo anno agenda essent, populis annunciante. Caïeneuve.
CHAMPAGNE. De Campania. Pierre Pithou, liv. II. de ses Adverfaires, chap. 1. Unum illud addam, Campania appellationem ejus quidem cujus hodie urbium nostra mater est, nondum me apud veriflorum poulo Scriptozem legere potuisse. Aclor sane Appendicis ad Marcellus Comitis de- florata, Remensem Campaniam vocat; ut & Gregorius Turonensis in libris Historiarum. Non defunt qui Catalaunicam appellent. Credo, camporum memorial induli, in quibus Attila villus est: qui & Catalaunici, & Mauricii dicuntur, &c. Et au liv. des Comtes de Champagne, page 459. Le premier que je trouve avoir appelé la Champagne de ce nom, est celui qui a continué la Cronique de Marcellinus Comes, si tant est qu'il soit (comme il semble) plus ancien que Georgius Florentius, Gregorius Evesque de Tours, Theganus, Aymonimus, & autres, qui l'appellent la Champagne de Rheims; & quelquefois de Chaillons: se soutenans, (comme il est vray-semblable) de la tant renommée bataille contre Attila, en laquelle les forces des Huns furent grandement assoubliées et champs qui portent ce nom: lesquels toutefois plusieurs dient être près la ville de Tholos: & aucuns autres, non tant quelque apparence de raison, près Mauriac, en Auvergne. Celui qui a continué l'Histoire de Grégoire de Tours jusqu'au temps de Charlemagne, haille aussi à la Champagne le nom d'Arciès, ville de laquelle est faite mention en l'ancien Itinéraire, & laquelle le même Grégoire met en la Champagne de Rheims: duquel lieu il faut rétablir ce mot au troisième livre d'Aymonimus au lieu de Marclacensis. Vray est que ces mêmes Auteurs usent plus souvent de ce nom de CHAMPAGNE pour celle qu'on appelle maintenant LA HAUTE: à laquelle, pour dire vray bien que nos Comtes, qui ont depuis porté ce titre, y eussent beaucoup moins qu'en la Basse) il appartient plus proprement; allant le pays découvert de labour, & champestre: qui est la vrayé étymologie, non-soulement de cette Champagne, à laquelle Seullus, Archevesque de Rheims, l'accommode en quelque endroit, mais aussi de toutes autres. ¶ Les Latins ont dit campania d'une plaine. Les Gloves: Campania, &c. Et c'est de là que nous avons fait le mot de CHAMPAGNE. M. CHAMPART: autrement Agrier, & Terrage. C'est un droit que le Seigneur prend sur le champ même qui lui fait la redevance: ainsi appelé parce que les Seigneurs prennent sur le champ la part ou portion des fruits qui leur est dûe; au lieu que les autres droits leur doivent être apportés jusqu'aux plus de leur demeure. Suger, Abbé de S. Denis, au livre De Rebus in adnimiti-atione sua gestis: Illum priorem Censum, quem parvissimum reddebant, remittentes, to-ius terra campiparism — nobis retinuimus. Caïeneuve.
CHAMPIGNON. De campinio: à cause que les champignons viennent dans les champs, sans y être semés. Campus, campi, campinius, campinio, campiniens, campiniens, CHAMPIGNON. Athénée, livre 2. les appelle pour cette raison, &c. Et Ciceron, terra nata: Lex Sumptuaria, qua videtur; trivura attulisse, ea mihi frandi fuit: nam dum volunt isti lauti terranata, qua lege excepta sunt, in honorem adducere, Jungus, helvellos, herbas omnes, ita condunt, ut nihil possit esse suavius. C'est dans l'Epître 2. du livre 7. de ses Epîtres familieras. Nous avons dit de même campi, pour fils de putain, de Campisius. Rabelais, liv. 3. chap. 14. Appellant un enfant en présence de ses pere, & mere, champis, ou avoistre, c'est honneflement, excitement, dire le pere coque, & sa femme ribaude. Ce mot est encore en usage dans la Saintonge, où on prononce campi. ¶ Les Touloufains appellent bragare une sorte de champignon, du mot bruc, qui signifie *bruiere*. Et en Languedoc, on dit *campairois*, pour dire des *patirons*. **CHAMPION.** De *campio*. Les Glofes d'Isidore : CAMPIONES, gladiatores, pugnatores. Voyez Pithou & Lindembrog dans leurs Gloffaires. *M.* Le mot *campio*, d'où M. Ménage dérive *champion* est très-ancien, quoiqu'il ne soit pas de la bonne Latinité, & il se trouve dans Grégoire de Tours. Du Cange dérive *champion* de l'Alleman *kampi*, qui signifie combat, & il remarque qu'on appelloit proprement *champions* ceux qui se battent pour ceux qui étant obligés selon la coutume d'accepter le duel, avoient pourtant une juste excuse pour s'en dispenser, comme pour être trop vieux ou trop jeunes, ou infirmes, ou Ecléfaïtiques, & en d'autres cas où ils étoient obligés de donner des *champions*. Wachter, dans son *Gloff. Germ.* au mot *Kampfen*, dérive aussi *champion* de l'Alleman : KAMPFEN, dit-il, pugnator. *Dicitur antiquitus*, (1) de *milite*. *Hinc miles Anglo-faxonibus vocatur* *campa Luc* III. 14. *Francis chempho. Gloff. Pez. tiro chempho. Tatian. cap.* XIII. 18. *Fragetum in tho thie kemphon, tunc interrogabunt eum milites*. (2) De gladiatore. *Gloff. Isid.* *Campiones gladiatores, pugnatores*. (3) De *Duellatore*. *Hinc Duellator Latino Barbaris appellatur* *campio, Italis campio, Gallis champion. Non quod in campum descendat pugnandi causa, quasi a loco nomen adeptus, sed quod cum adversario arma manusque conferat, a kempfen dimicare*. Il avoit dit auparavant sur ce dernier mot. KAMPFEN, pugnare, militare, praisari, sensu latissimo. *Armor. campa apud Pezron. Anglofax. campian, Alam. chemfau, Lat. Barb. campire. Gloff. Keron. militare chemfau, militans chamfanti, militanda sunt ze chamfanne sunt. Cuncta a kam manus. Quemadmodum enim Gracis a subm manus, relle & decenter derivatur submimus, dimico; Latinis a vola involare, a pugnus, pugnare: ita Germanis a kam manus, telo hominis naturali, & antiquissimo belli tam publici quam privati instrumento, venuste deducitur kempfen, pugnandi & certandi significati. Labiales M. P. F. se multio attrahunt. Et huic sensu pregeneriando vox Germ. longè (donior est Hebraæ caph manus cava, qua litera M. in medio destituitur.* **CHAMPIS.** Voyez *champignon*. M. **CHAMPOIER.** Dans la Coutume de Champagne, page 418, de la dernière édition de Pierre Pithou : *Pouvent mener champoier & vain posturer leuis belles*. De *campus*. *Campus, campi, campiare, campeare*, **CHAMPOIER.** Les Coutumes de Chaumont, de Meaux, de Sens, & d'Auxerre, uient du même mot. *M.* **CHANCE.** De *cadentia*, qu'on a fait de *cadere*, qui a été dit des dez. Térence, dans les Adelphes : *Ita vita est hominum, quasi cum ludas tefferis. Si illud quod est maxumè opus, factu non cadit, Illud quod cecidit fortè, id arte ut corrigas.* Les Grecs ont ué de *mèner* en la même signification : témoin ce vers : *M. 38. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100.* Et ce passage des Actes des Apôtres, 1. 26. est *amiti* à *ampiè* (en *Marxias*). Et de la *Marxias*, pour *infelix*. Les Hebreux disent de même *am. Voyez le livre de Jonas, chapitre 1. verset 17. Nous prononcions anciennement *cheance*. Le Poète Mounios, dans une de ses Chansons : *Les douleurs, & le contraire, Sont de meillore chéance, Que bien s'auroit son preu faire.* Voyez *méchant*. Cette étymologie de *chance* a été remarquée par Robert Etienne, dans son Dictionnaire François. *M.* **CHANCEL.** On appelle ainsi en plusieurs lieux de Normandie, le Chœur des Eglises. De *cancellum* : qui se trouve en cette signification. Les Capitulaires de Charlemagne, livre 1. art. 17. & liv. VIII. art. 134. & 291. *Ut nulla femina ad altare audeat accedere, aut Presbytero ministrare, vel intra cancellum stare, aut sedere*. M. **CHANCELER.** Il se dit du corps, lorsque la foibleffe se fait encliner ça & là : & de l'esprit, lorsqu'il est dans le doute & dans l'incertitude. Nous l'avons formé de *cancellare*, que Pierre de Blois, épit 11. prend pour *errer*, & *l'écarter de la verité* : *In hoc itaque modico cancellavit Plato, quod locum voluptatis in uno tantum intellexit*. Caïeneuve. **CHANCELER.** De *cadere*. *Cadens cadentis, cadentia*, **CHANCE.** Voyez *chance*. *Cadentia, cadentiella, cadentellare*, **CHANCELER** : comme qui diroit *cadenti similem esse*. On s'en est servi figuement. Pierre de Blois, dans son Epit. 11. *In hoc itaque modico cancellavit Plato, quod locum voluptatis in uno tantum intellexit*. Ce passage a été remarqué par M. de Caïeneuve. *M.* **CHANCELIER.** Turnébe, livre XI. de ses Adversaires, chap. 25. le dérive de *cancellare* : *Illic etiam Cancellarii sunt, (il parle d'un passage de Vopiscus) qui preces supplicesque libellos, cernuque scripta quibus Princeps subscridere nolebat, cancellabant, id est, ductis cancellatim lineis vitriabant, & inducebant : fortasse & Notariorum numero. Tandem in maximum togatorum fastigium evecti Cancellarii sunt, & apud Reges hodie secundas ferè tenent. Cancellarii non erant, Carino imperante, ejus ordinis & dignitatis, ut ad Praefeluram urbis vocari solerent; quam tamen uni mandavit, frementibus cunctis ob indignitatem rei*. Il semble que Satisberienis soit du même avis : *Hic est qui Regni leges cancellat iniquas, Et mandata pii Principis aqua facit.* Et Guillaume le Breton : *Cancello scribo, Cancello grammata findo.* C'est aussi l'opinion de l'Auteur d'un vieux Gloffaire cité par Loiseau, livre 4. des Offices : *Cancellarius est, qui habet officium scripta, responsaque Principis, neque mandata inspicere, & malè scripta cancellare, & benè scripta signare*. Et celle de Nicot : *Il cancelloit anciennement les lettres en signe de refus, à cause dequoy il porte tel titre : là ou depuis on leur rompt simplement la queue & le reply, ou leur passe-t-on le ganivet à travers*. Et celle de Chaïeneux dans son *catalogus gloria mundi*, partie septième, considération septième : *Cancellarius a cancellando, quod rescripta & privilegia, sigillo regio munienda (quod apud se est), priusquam eo muniantur, corrigit & cancellat. Unde Policraticus in Prologo :* Hic est qui leges Regum cancellat iniquas, Et mandata pii Principis aqua facit, Si quod obest populo, vel Legibus est inimicum, Quicquid obest, pereum desinit esse nocens. Et celle de Budée : Cancellarii nomen apud nos vereor ut jam consentaneum tanta rei esse possit. Qua est enim hodie dignatio ac majestas hujus honoris ? Tenuis hac appellatio, atque apud alias gentes pro- culcat, significatum suum sustinere ac perferre non potest. Latinum certe nomen non est : nisi fortasse credimus a cancellando (quod nec ipsum satis La- tinum est) Cancellarium dictum. Ils se trompent tous. Cancellarius a est dit a cancellis ; c'est-a-dire, des treillis, ou barres a claires-voies, qui enfer- mant le lieu où étoit l'Empereur lorsqu'il rendoit la justice, le garantifioient de la foule des Par- ties, & ne l'empêchoient point de les voir, ni d'en être vus ; la charge de ceux qu'on appelloit ancien- nement Cancellarii, étant de se tenir près de ces batreaux. Cassiodore, livre 2. de ses Institutions divines & humaines, parlant de Marcellinus : Pa- trius Iustiniani fertur egisse cancellos. Et au livre XII. de ses diverses Formules : Sic enim proprie hos- tres cancellos agitis, si laforum impia claustra solva- tis. Et au livre XI. des mêmes Formules : Hoc igi- tur laudabile prejudicium, fententiam gratias, militiam domesticam, a XII. Indictione, Cancello- rum tibi decus attribuit, &c. Respice quo nomine mancuperis ; latere non potest quod inter cancellos ege- ris. Tenet quippe lucidas fores, claustra patentia, senestratas jamas : Et quamvis studiois claudas, necesse est, ut te cunctis aperias. Nam si foris slete- ris, meis emendaris obturibus. Si intus ingrediaris, observantium non potes declinare conspectus. Le Moine Erricus, livre vi. de la Vie de S. Germain : Volusianus erat pracesso nomine quidam, Urbis Patricio, tori dilectus & urbi, Atque a cancellis prisso de more minister. Agathias, livre 1. de son Histoire, parlant de ceux qui étoient à cancellis auprès de Narses, Généralis- sime des Armées de l'Empereur Justinien : *vovre* § 50$^{2}$ *Vujanius en est eryshion inquisitans, qui vuc* *de vivus inquisitans*. Voyez soigneusement Pierre Pithou, livre 2. de ses Adversaires, chapitre 12. Cafaubon, sur Vopiscus, en la Vie de Carinus, M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, p. 483. Spelman, dans son Glossaire, Lolleau, dans son livre des Offices, où vous trouverez tout ce qui se peut dire sur ce mot. M.
CHANDELEUR. CHANDELEUSE. Fête. De candelor, & de candelosa. Candelor se trouve. Dans la liste des Paroisses de Rome de 1549. (ce que j'ai appris de M. Chastelain, Chanoine de Notre-Dame de Paris), il y a une Paroisse nommée Sancta Maria in Candelore. Candelosa se trouve aussi : Et mihi dixit hiatus, si sim quandoque morosa, In Candelosa semper ero rediens. Cette Fête, qui est celle de la Purification, a été appellée Candelosa & Candelor, à cause des cier- ges qu'on porte ce jour-là à la Procession & au Service. Et cette coutume de porter ces cierges, est apparemment fondée sur ce verset du Cantique que le Simeon, lorsque Notre-Dame porta le Fils de Dieu au Temple, Lumen ad revelationem gen- tium. Touchant l'origine de cette Fête, voyez Ba- Tome I. ronius, dans ses Annales, & dans son Commen- taire sur le second jour de Février du Martyrologe Romain.
CHANFREIN. De camus & de frenum. M. CHANGE. Convention par laquelle on donne une chose pour une autre. Ce mot vient du Latin cambium, qu'on a dit au même sens dans la basse Latinité, comme aussi concambio, & contracam- bium, pour contre-change. De la cambiare, pour changer. Voyez l'attitude suivant. Mais d'où vient le Latin cambium ? c'est ce qu'il faut tacher de dé- couvrir. Nous avons déjà remarqué ailleurs que les termes de la basse Latinité ont ordinairement leur origine dans la Langue Teutonique, & nous y trouverons peut-être aussi celle de cambium. Wachter, dans son Gloss. German, dérive ce mot du Teutonique kam, qui signifie main. Je rappor- terai ses propres paroles, au mot Kam : KAM, ma- nus. Significatum pridem soptium primus insfatura- vit Eccardus ex Lege Italica, tit. XXIII. 1. ubi cham haud obscure ponitur pro manu. Huie voci tan- tam tribuit antiquitatem, ut ex illa provenisse putet primo han, & deinde hand. Ipsum vero cham de- rivat a Grac. uion, vel haven, scindere, ob incisu- ras manus. Veritatem significatus evincit (1), quod eadem vox tribuitur omnibus rebus qua similes ma- nus habent incisuras, petini, crista, &c. (2) quod inde manisesto derivantur cambium subscriptio ma- nus & permutatio, cambire permutare, de manu in manum tradere, unde Istitis remanis cangiare, & ab illo Galis changer, judice Eccardo... Hodiè kam resat. Suprat tamen in derivatis, kempfen certare, bekommen accipere; qua certe originem ad manum referunt. Cette étymologie me paroît in- dubitable.
CHANGER. De cambiare, qui se trouve dans Columelle, livre 2. chap. 2. & dans Siculus Flaccus de Conditionibus agrorum, page 161. de l'é- dition de M. Rigault, & dans Carissus, & dans Priscien, & pour lequel on a dit cambear. Les Gloses : cambear, *bambear*. On a dit aussi cambire; qui se trouve dans Apulée & dans Priscien. Voyez Vossus, de Vitis Sermonis, page 75. & 167. De cambiare, les Italiens ont aussi fait cangiare. M.
CHANIGOT. Sorte de pomme sauvage qui croît dans les haies. C'est un mot d'Auvergne. M.
CHANOINIE. De canonia, qui se trouve en cette signification dans l'épître 15. du livre 19. des Epitres de Petrus Cellenis. De canonine, nous avons fait de même CHANOINE. M.
CHANSI. Adj. Rance, moisi. L'italien mu- sa, chancifure, se dit aussi de la fleur qui nage sur le vin ; d'où je présume que chansi, ou plutôt chan- ri, pourroit bien venir de canus, chenu. Canus, cani, chansi, ou chanri. Le Duchat.
CHANTEAU. De cantellum, diminutif de canton. Voyez canton, & échansillon. Les Bas- Bretons disent canton, pour dire un chanteau. M.
CHANTEPLEURE. Ce mot signifie pro- prement un atrosoir de Jardinier. Charles Etien- ne, dans son livre de re Hortensi : Nostri autem Clepsydris utuntur ad horros irrigandos ; une CHAN- TEPLEURE. Nicot : CHANTEPLEURE. Clepsydra. L'origine de ce mot est peu connue : ce qui a donne lieu à cette épigramme du Chevalier d'A- cilly, c'est-a-dire, de M. de Cailly : Depuis deux jours on m'entretiens Pour savoir d'où vient Chantepleure. Au chagrin que j'en ai, je meure. Si je s'avois d'où ce mot vient, Je l'y renverrois tout à l'heure. Il vient du mot *chanter*, & de celui de *pleurer*; le chant étant représenté par le bruit que fait l'eau de la chantepleure en sortant par les petits trous, & les pleurs étant représentés par l'eau qu'elle ré- pand. Et c'est pour la même raison, selon la pen- ice de Covarruvius, que les Espagnols appellent *cantimplora*, un grand flacon de cuivre à large goulot, dans lequel ils font rafraîchir, avec de la noïge, le vin & l'eau. Voici les termes de Covar- ruvius : *Dixoe Cantimplora*, *porque al dar el agua* *o el vino que tiene dentro*, *por razon del aire que ce* *encuentra en el dicho cuello*, *fuena en muchas di-* *ferencias* : *unas*, *baxas*, *y otras*, *altas* : *unas*, *tri-* *sites*, *y otras*, *alegres* : *que parece cantar y llorar jun-* *tamente*. En *Oriego se dizes cuan y cuan*; id est, ridens flens : à verbo *cuan*, *fleo*, & *cuan*, *rideo* : *Por* *esta mesma razon*, *llaman los Franceses* Chante-ple- ure a cierto arcadux, y regardera, con que *sacan agua* para regar los jardines. Les Espagnols disent *lorar*, pour dire *pleurer*, & non pas *plorar* : ce qui ne permet pas de douter que l'Espagnol *cantimplora* n'ait été fait du François chantepleure. En Nor- mandie, on appelle *chantepleure*, la cannelle, ou la fontaine, ou le robinet, d'un muid de vin, ou de cidre : à cause, vrai-femblablement, du bruit que fait le vin ou le cidre, tombant du muid dans le vaisseau dans lequel on le reçoit : lequel bruit tient quelque chose du chant, à cause du bruit que font ceux qui chantent ; & quelque chose des pleurs, à cause de la liqueur du vin, qui peut être comparée à des larmes. Et on appelle à Lyon du même nom de *chantepleure*, une petite cuve trouée en plusieurs endroits, dans laquelle on pile de la vendange, dont la liqueur s'écoule par ces petits trous dans une grande cuve. Et on l'appelle de la sorte, à cause de ces petits trous, semblables à ceux des arrosoirs des Jardiniers. On appelle aussi à Rouen, par raillerie, *chantepleure*, un enterre- ment ; parce que les Poêtres y chantent, & les pa- reus du mort y pleurent. M.
CHANTERELLE. La plus petite cor- de d'un instrument de Musique. De *cantarella*. M.
CHANTERRE. Vieux mot qui signifie Poëte. M.
CHANTIER. Nicot : CHANTIER, *est la bou-* tique, ou *magazin*, où les Marchands de bois d'aru- vre, comme poubres, solives, chevrons, ais & au- tres telles pièces, tiennent leur marchandise, & le bois de detail pour brûser : Et vient de ce mot *La-* tin cantherius*, qui signifie *ores une fchallat à fousté-* nir les maillots de la vigne, & *ores le magazin où* les Marchands tiennent toutes sortes de pièces de bois à vendre. Lignaria apotheca : afferum, lignorum- que venalium, conditorium, *Il se prend aussi pour* l'assemblée de bois à brûser. Lignorum strues, coa- cervatio. Et pour le lieu auquel il est entassé. Ligna- rium : le *boucher*. M.
CHANTIGNOLES. On appelle ainsi les pièces de bois qui servent à porter les pailliers sur lesquels rouleant les tourillons des cloches, & en matière de batimens, on appelle aussi de la sorte les pièces de bois qui portent les vaisseaux du bout des pannes du faîte. M.
CHANTOCEAU. Château dans le Dio- cese de Nantes. De *Castellum cossellum*. Ce lieu est appelée *Cossium cossium*, dans les Titres La- tus. ¶ Qui voudrait Chantocau prendre, Il faudrait du Ciel descendre, dit le dicton.
CHANT-ROYAL. Sorte de Poème. Char- les Fontaine, livre 2. de son Art Poétique, cha- pître 3. Toute telle différence y a-t-il entre le *Chant-* *Royal* & la *Balade*, comme entre le *Rondeau* & le *Triol*. Car le *Chant-Royal* n'est autre chose qu'une *Balade*, surmontant en nombre les couplets, & en *gravité de matière*. Aussi l'appelle-t-il *Chant-Royal*, de nom plus grave : ou à cause de sa grandeur & majesté, qu'il n'appartient être chantée que devant les Roys : On pourge que véritablement la fin du *Chant-Royal* n'est autre que de chanter les louanges, préminences & dignités des Roys, tant immortels, que mortels ; comme il est à présumer que la *Balade* ait esté ainsi nommée à cause du bal, auquel se peut croire que par son chant se soudoit accommoder au temps de son origine. M.
CHANVRE. De *cannabis*. En Anjou, en Tou- raine, au Maine, & en Normandie, on prononce *chambre*. M. Le Latin *cannabis* vient du Grec *cannabis*. Ce mot est presque le même dans toutes les Langues de l'Europe. En Anglo-Saxon c'est *hæmp*, en Anglois *hæmp*, en Suédois *hampa*, en Alleman *hans*, en Flaman & en Danois *kæmpe*, en Espagnols *an-* *namon*, &c. Le changement de *k* ou de *c* en *h* ou en *ch*, & de *h* ou *ch* en *k* ou *c*, est facile & or- dinaire. Il y a apparence que tous ces mots vien- nent originellement des Langues Orientales. L'E- breu *hæm kanah*, le Chaldé *cui hæm kenah*, ou *up* *kané* ou *up kæmia*, le Syriaque *kæmio*, signifient *calamus*, *culmus*, *arundo* *canna* ; l'Arabe dit *ka-* *nah*. Voyez ci-devant *canné* : Il est probable qu'on a donné ce nom au *chancré*, parce qu'il ressemble beaucoup à un roseau ; car il est creux & cassant comme un roseau. ¶
CHAOS. Masse informe & grossière ; mélange confus de tous les éléments. Les Poètes ont feint qu'il a servi de matière première à la production du monde, & qu'il substituit avant que toutes les choses fussent rangées dans l'ordre où elles sont. Ce mot est purement Grec, *zeic*, qui vient de *zeinu* *dehise*. ¶
CHAPE-CHUTE. Aubaine, épave, princi- palement en fait de bénéfice, comme d'avoir trou- vé la chape de quelqu'un qui l'aurait laissé tom- ber. Guy Patin, dans la soixantième de ses Let- tres de l'édition en 1. vol. 1692. On parle ici de la mort du Pape : si elle arrive ce sera une bonne cha- pe-chute pour son successeur. Le Duchat.
CHAPEAU. De *capellum*. Voyez *cappe*. M. CHAPEAU de roses. Voyez *cappe*, ci-dessus ; & *cappello* dans mes Origines de la Langue Ita- lienne. M. CHAPELER : comme quand on dit, *chape-* ler du pain. De *capellare*. Les Loix des Lombards : *Si quis caballo alterius caudam capellaverit*; id est, *seas detraxerit*. Un Vieux Glossaire, cité par Fran- çois Pithou sur le titre *vita* de la Loi Salique : Scap- ellare : id est, excédrère, frangere. La Loi Sali- que, au lieu allégué : *Si quis in sycia alterius ma-* *teriamen juratus jurit*, aut *incenderit*, vel *conca-* *pulaverit*. Celle des Bourguignons : *Quicumque* *ingenuis mulieri ingenua crines in Curie sua prafamp-* *serit capulare*, &c. Hincmar, Evêque de Reims : *Delatori*, aut *lingua capuletur*, aut *convillo caput* amputetur. Les Glofes anciennes : scapellat, κατταχίζω, κατταχίζω. Voyez Lindembrog & Spelman, dans leurs Glosfaires. Voyez aussi ci-dessous chapuis. Scapellare a été dit pour scalpellare, de scalpellum, en la signification de scalpum, c'est-à-dire, d'un instrument à tailler des pierres; mot fait de carpere. Carpere, excarpere, carperum, carprum, carpellum. Voyez mes Origines Italiennes au mot scarpello. M. de Saumais le dérive de scapus. Voici ses termes qui sont de la page 445, de ses remarques sur l'Histoire Auguste : Sed quid capus proprie sit quaramus. Verbum ipsum origine Gracum est : κατταχίζω idem quod κατταχίζω. baculum, vel fustum, & ramum, proprie significant hac tria verba. Ab eadem origine etiam κατταχίζω deducitur. κατταχίζω igitur, & Dorice κατταχίζω. Inde Latinum scapus. Helychius : κατταχίζω, κατταχίζω. Scilicet pro κατταχίζω. Sic & κατταχίζω & κατταχίζω. Scapus quoque Latinis idem proprie significat quod Gracis κατταχίζω : scapus enim est fustis vel baculus. Hinc diminutivum scapulus & scapellus : & verbum scapellare apud recensoris Latinitatis Anilores, pro fustibus concidere, & batuere. Ifsdarus in Glosfis : Scapulum, fustis longus. Gloffa : Scapellat, κατταχίζω, κατταχίζω. Inde & nostrum Gallicum chapeler. M. CHAPELET : pour Rosaire. De sa ressemblance à un chapeau de roses. Les Italiens, pour cette raison, l'ont appellé corona, & les Espagnols rosario. Voyez mes Origines de la Langue Italienne, au mot cappello; & ci-dessous, au mot rosaire. Chapeau, ou chapel de roses, se trouve dans les Coutumes d'Anjou, du Maine, de Touraine, & de Loudun. De chapel, on a fait le diminutif chapeler, qui se trouve souvent dans nos vieux Auteurs. Le Roman de la Rose, dans la Description de la beauté de Lieste : Si avoir un chapelet neuf, Si beau, que parmi trente-neuf En mon vivant voir ne pensoye Chapeau si bien ouvré de soye. Ronfard a dit aussi : Quand quelque fusture épouse, Aimant leur chef nouvellet, Soir & matin les arroufe. (Il parle des lis.) Et à ces nopces propouse De s'en faire un chapelet. M. On appelle en Poitou danser en chapelet, quand plusieurs personnes font entre elles un cercle (on appelle ce cercle une ronde carolle), & dansent des branches autour du bouquet. Voyez le Printemps d'Yver, Journée 3, page 192, & 201, de l'édition de 1562. Le chapelet au Rondeau, c'est la même chose que le refrain à la Ballade. Voyez ci-dessous M. Ménage au mot Patiens. Le Duchat.
CHAPELLE. De capella. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot capella. Ciron, dans ses Paratites du Droit Canon, page 261. Contenti erant Monachi hisce adiculis qua ita hoc miles erant, ut tabellis, seu pergulis, negotiatorum similes effens, quas κατταχίζω vocat Julius Pollux, & Helychius (a) κατταχίζω; quasi dicas κατταχίζω, tentorium, (a) La citation n'est pas juste. Il y a dans Helychius : κατταχίζω, κατταχίζω, & non pas κατταχίζω. Dans Robertson on ajoute : Hinc dorsan capella. stabulum, templum, apud Plutarchum : quo utuntur, ut plurimum, mercatores in nundinis. Similiter erge suens saecilia portatilia : maxime in castris, quibus ad Missas celebrandas utuntur Presbiteri qui Principes ad bellum sequebantur : unde dicti Capellani. Possumus etiam derivare capellam a prisco vocabulo Gallico chape, id est toga : unde chapeau : quia toum caput segit : & apud Vassones, capran, vel capelan, sit tegere : caperade, vel capelade, sit locus teitus & cooperus. Loca ergo sacra, quod tecta sint dicta CHAPELLES. Confirmatur ea opinio ex eo quod capsa in qua condita erant reliquia, dicebatur capella. Marculphus, lib. 1. Formulorum, 38. Non rejecimus tamen sententiam Walafri di Strabonis, qui Capellanos a cappa Sancti Martini deducit. Honoris in Sermone de Sancto Martino : Hujus inquis, cappa Francorum Regibus ad bella euntibus pro signo antefectatur, & per cum hostibus victis, victoria porticbantur : unde & custodes illius cappæ, usque hodie, Capellani appellantur. La plus commune & la plus probable opinion est de ceux qui dérivent ce mot de la Chasse de Saint Martin. Walafrius Strabon, qui vivoti en 700. ch. dernier de son livre, de Exordite & Incrementis Ecclesiasticis : Dicti autem sunt primitus Capellani a cappa Sancti Martini, quam Reges Francorum ob adjutorium victoria, in praitis solebant scum habere : quam ferentes, & confodentes cum cateris Sanctorum reliquis, Clerici Capellani caperunt vicari. Sangallenis, livre 1. chapitre 4. De pauperibus supra dictis, quemdam optimum Dictatorem & Scriptorem in Capellam suam adsumpsit; quo nomine Reges Francorum propter cappam Sancti Martini quam secum ob sit tuitionem, & hostis opprefsonem jugiter ad bella portabant, sancta sua appellare solebant. Durandus, livre XI. de son Rationale, chapitre 10. Antiquitus Reges Francia ad bella procedentes, cappam Sancti Martini secum portabant, qua sub quodam tentorio servabatur, quod ab ipsa cappa dictam est Capella : & Clerici, in quorum custodia ipsa capella erat, inde Capellani dicebatur : & consequenter, ab illis ad cunctos Sacerdotes nomen illud in quibusdam regionibus est transfusum. Il ajoute : Sunt etiam qui dicunt quod antiquitas in expeditionibus, in tentorio siebant domuncula, de pellibus caprarum supertecta, in quibus Missa celebrabantur : & inde Capella nomen tractum est, &c. Voyez M. Bignon, dans ses Notes sur Marculfe; Spelman dans son Glosfaire, au mot capella; & M. du Cange sur Ville-Hardouin, page 311. L'étymologie de Papias est ridicule; qui est, que capella a été dit, quod capiat κατταχίζω, id est populum. Et cependant cette ridicule étymologie est approuvée par Fungérus, dans son Etymologium Trilingue. M. Je ne sais si chapelle vient du François chape, d'où chapeau, ou du Latin cappa, comme le prétendent la plupart des Etymologistes. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'on a dit chape dans la signification de chapelle. Froissart, volume 1, folio 227, s. édition d'Antoine Verard : Adonc me tira en ung angle de la chape du chatel d'Ortais, & puis commença à faire son compte, & dist ainsi : Touchant l'opinion la plus commune, voyez aussi le Président Fanchet, dans son Traité de l'Origine des Dignités & Magistrats de France, chapitre 7. Le Duchat.
CHAPELLE. Poète Satyrique célèbre, fils naturel de M. Luilliet, Maître des Comptes de Paris, & Conseiller au Parlement de Metz : ainsi appellé, parce que sa mère accoucha de lui XX 1 dans le village de la Chapelle entre Paris & Saint Denis. Il est fait mention de la bataille de ce Poëte la Chapelle, dans les Légitimations de la Chambre des Comptes, en ces termes : Claude Emmanuel Lullier, fils de Me. François Lullier, Me. des Comptes, & de Marie Chant, femme mariée, & éloignée de son mari. Janvier 1642. M.
CHAPERON. Les anciens Latins, comme témoignent Festus Pompeius, & Nonius Marcellus, appellent caprona, tant le fouffet de crin qui pend sur les yeux des chevaux, que les cheveux des hommes & des femmes, qui leur descendent sur le front. Lucille, livre 7. de ses Satyres : Aptari capot, atque comas flaitare capronas Altas, frontibus immiffas, ut mos fuit illis. Apulée, livre 1. de ses Florides, parlant d'Apollon : Jan primum crimes ejus, pramulfis antiis, pramulfis capronis, anteventuli & propenduli. Janus Laurembergius, dans son Antiquaire, croit que le chaperon dont les femmes couvrent leurs cheveux, a pris de la son origine. Toutefois ce n'étoient pas les femmes seulement qui portoient anciennement des chaperons, mais encore les hommes, qui ayant leurs têtes couvertes d'un bonnet, se servoient de chaperon pour se défendre, ou de la pluie ou du soleil : & lorsqu'ils étoient à couvert, ils les mettoient sur leurs épaules; comme font encore aujourd'hui les Magistrats, lesquels pourtant ne s'en servent que comme d'une marque de leur Dignité. De sorte que, comme de capor nous avons fait chapeau, il est croyable que nous en avons aussi formé chaperon. Si ce n'est qu'on veuille dire que c'est un diminutif de chapeau : parce que c'est une petite chapea qui couvre la tête. Et de fait, en Latin-barbare on l'appelle capitum Caïencuve.
CHAPERON. De capparone, ablatif de capparone, fait de cappa, qui étoit un habillement de tête, comme nous l'avons fait voir au mot cappe. Anciennement les Officiers des Parliemens portoient leurs chaperons sur leurs têtes. Pierre de Beloy, Avocat du Roi au Parlement de Toulouse, dans son Ouverture des Audiences, le 23. Novembre 1629. Peu a peu est venu parmi ceux de notre Ordre l'usage des chaperons, dont nous portons encore les reliques. Et bien que ce soit un accouffrement commun, singulierment en France, a toutes sortes de personnes, néanmoins il estoit distingué selon les qualites & dignites d'icieux, ou par les couleurs, ou par quelque autre marque. Les Magistrats les portoient rouges, fourrez de peaux blanches; les Advocats, noirs, fourrez de mesmes peaux. Les Chroniques de France en rendent témoignage, ou elle: parlent des cougteraux & des signaux du Puy, que Guillaume de Chappuis bailoit pour les faire porter sur les chaperons : auquel passage, il dit que ces chaperons étoient tailles à la manière des capulaires que les Religieux des Abbayes portent. Et ne faut pas douter que par la mesme raison que les Chanoines ont receu l'usage de leurs ammuffes, nous n'ayons aussi retenu nos chaperons pour marque des dignites & des fouffions que nous faisions, avec la distinction de nos charges : ainsi qu'il se voit encore parmy les Advocats & les Procureurs. Le vieux Interprète de Juvénal fait mention de ces armilausa des Chanoines. Et Isidore Hispalensis, au chapitre 22. du livre 19. dit qu'elle s'appelle armilausa, quasi in armis tantum clausa. De fait, un vieux Glossaire écrit à la main, que j'ai vu, interprète armilausam, capulare. Desquels lieux il faut pareillement dire in Vita Gregorii II. Pontificis apud Anastasium Bibliothecarium, an & ante corpus Apostoli poneret mantum & armilausam, que cette armilausa, qui est l'aumusse, estoit anciennement portée sur la tête par les Chanoines. Et voila pourquoy le susdit Glossaire l'appelle capulare. Et cela se peut remarquer et anciennes statues des Chanoines. Depuis, par succession de tems, ils ont commencé de les porter au bras, pro insigni honoris Canonici. Tout ainsi & de mesmes sorte avons-nous fait : car nos peres de toutes qualites portoient les chaperons sur leurs têtes. Toutefois l'usage s'en est perdu petit à petit. Il est seulement demeuré parmy les gens de robe longue. Et en cela on s'avoit du bourrelet : la forme plus ancienne duquel estoit ronde, & duquel on couvrait le circuit de la tête : & le surplus du chaperon pendoit d'un coffe, & de l'autre on en environnoit le col. Mais d'autant que cette posture estoit pénible, & une grande charge de tête, il suit trouvé bon, peu à peu de retrancher tous ces grands appentifs du Chaperon, & réserver seulement ce qui representoit le bourrelet pour couvrir la tête. Il est vray que depuis on l'a mis sur l'espaule tout entier : & pour couvrir la tête, on s'est avisé de faire des bonnets ronds, qui représentent ces anciens bourrelets des chaperons, & de la mesme forme que sont les mortiers de Messieurs les Présidents. Trop bien se voit qu'on a commencé d'y apporter, depuis un siècle seulement, quelque forme ronde, ou de quadrature. Et c'est pourquoy on les appelle souvent bonnets ronds, ou bonnets carrés, comme si nous avions par hazard trouvé en iceux la quadrature du cercle. Et si peut-on rapporter cet accouffrement de tête aux galeries des anciens Flamines, & de que Tertullien, au livre de Pallio escris, habere privilegium galeri. Voyez Pasquier dans ses Recherches IV. 28. & M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot caparo; & Bouterone, page 381. où il remarque que le chaperon étoit une coiffure ordinaire en France, qu'elle se voit sur un grand nombre de monnoies de la premiere race, & qu'elle a duré pendant la seconde & la troisième, jusques aux règnes de Charles V. de Charles VI. & de Charles VII. sous lesquels on portoit encore des chaperons à queue, que les Licenciés et Loix, & les Docteurs & les Bacheliers de toutes les Facultés, ont retenu pour marque de leur degré, mais qu'ils ont fait descendre de la tête sur l'épaule. Voyez aussi ci-dessus, au mot bonnet quarre. M.
CHAPIFOU. Rabelais, livre 5. chap. 27. Le cahuet de leurs capuchons étoit devant attaché, non derrière : en cette façon avoient le visage caché... s'ils alloient de ventre, vous erffiez pensé que fussent gens jouans au chapifou. C'est le colin-maillard, que Rabelais, livre 1. chapitre 22. appelle déjà chapifou, mais qu'en Normandie on appelle capifoler. De capifolium. A ce jeu qu'est couvre le visage d'une feuille de papier, ou d'un linge en plusieurs doubles. On a dit aussi papifou dans la même signification. Jean Antoine de Baif, dans la Comédie du Brave, Acte 1. Scene dernière : — Chacune en fait Son plaisant, s'en rit, & s'en moque, Et s'en joue à la nique noque, On pour mieux dire au papifou. De papyri folium, à cause du masque de papier dont on se couvre le visage en jouant à ce jeu. Le Duchat.
CHAPITEAU. C'est le haut, ou le couronnement d'une colonne ou d'une muraille : voyez M. Felibien. De Capitellum. On appelle aussi chapiteau cette machine de carton qu'on met aux torches pour recevoir la cire qui en coule, de peur qu'elle ne tombe sur ceux qui portent ces torches allumées. M. CHAPITRE de Chanoines. Du lieu où on alloit tous les jours après Prime, lire un chapitre de la Règle. Papias : Capitula libroum dicta, quod breviter capiat & comineant aliquam sententiam : sive quasi caput & titulus majoris scripti. Unde Clericorum Capitulum dictum, quod capitula ibi exponantur. Voyez M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot capitulum. J'apprens de M. Chatelain Chanoine de l'Eglise de Paris, qu'on appelle encore présentement à Reims Pretiofa, le lieu où l'on va tous les jours chanter l'Office Capitulaire, qui commence par la lecture du Martyrologe, laquelle est suivie du Pretiofa. M.
CHAPITRE. Du Chapitre des Religieux, où l'on fait réprimande aux Religieux qui ont manqué à leur devoir. Les Allemands se servent de la même façon de parler. Goldstar, tome 1. partie 1. page 100. de les Alémaniques : CAPITULUM est Concilium vel Senatus Principum ac Primorum regni, civitatis aut collegii alicujus. Hinc Capitularia dicta leges qua in Capitulo communi, Primorum confensu constituuntur & ordinantur. Unde quia in Monasteriorum & Collegiorum Capitulis plerumque vitiois emendabantur, delinquentes corrigebantur, nata Germanorum phrasis einen capiteln, aut etiam capitel leſen, pro objurgare, aut corrigere. M.
CHAPON. De capo caponis. Papias : CAPO, vulgo dicitur gallus castratus. Capus vel capo, ex gallo gallinacao sit castratus. Les Gloses : annus, Gallus castratus. Capo a été fait de capus, qui signifie proprement un oiseau qui a les pieds comme un faucon, Iidore, 12. 7. Capus Italia Lingua dicitur à capiendo. Hum nostri falconem vocant, et quod incurvis digitis sit. Héric, livre 1. chapitre 47. de Vita, translationibus, & miraculis Sancti Germani Episcopi Autissodorenis, parlant des chapons : Capos, quos vulgo falcones nuncupant. Théodulte, Éveque d'Orléans, s'est servi du mot de capons en cette signification. Je remarquerai ici par occasion, ce qui a été remarqué par M. Moreau, Médecin de Paris, sur l'École de Salerne, que quoique la castration des poulets ait été inventée dans la Grèce, il n'y a point de mot Grec pour signifier un chapon. Jules Scaliger, dans les livres de la Subtilité contre Cardan, 277. 5. avoit fait une semblable remarque : Que tamen natio. (Il parle des Grecs) nomen pullum peculiare habei caponis, vervecis, porci. M.
CHAPON. De l'Alleman kapp-han, dont kapp signifie coupé, & han, poulet, coq. Wachter, dans son Glossar. German. page 813. KAPP-HAN, gallus castratus. Armor. cabon; Anglo-Saxon. cabun, in Glossis Aelfrici; Belg. kapoen, kapuin; Gall. chapon; Gr. inf. annus; Lat. capo. Primus & Latinis, quantum scio, Martialis, caponem nominavit : Plinio tacente, qui vocem illam ut barbaram videtur repudiae, Vox Germanica, qua ceteris clarior & melior, à castratione desumpta est. Castrantur autem galli, non lumbis adnitis candente ferro, Plinio persuasum, sed testicularum praesione. Et hinc illis nomen à kappen praetidere, amputare. Voyez cet Auteur au mot Kappen.
CHAPPE. De cappa. Périon est ridicule de le dériver de cærum qui signifie innegumentum. Voyez cappe. M. Le Roman de la Rose, folio 52. v. fait parler un jaloux à sa femme en ces termes : Vous faites de moi chape & pluye, Quand de presens pres vous m'appuye. Je vois bien que vous faites de moi chape, veut dire que vous faites de moi votre chaperon; mais je n'entends pas le reste du proverbe. Le Duchat.
CHAPTEL. Voyez ci-dessous chetel, & ci-dessus cateux. M.
CHAPUIS. Vieux mot, inusité, qui signifie Charpentier, comme l'a observé le Président Fauchet, livre 1. des Chevaliers, & qui est encore en usage en cette signification dans l'Auvergne, & dans le Dauphiné. Les Périgourdins disent aussi chapuis, pour dire couper menu, & un chapuier, pour signifier cette pièce de bois sur laquelle on coupe quelque chose, & qu'on appelle à Rouen un choquet, & un billot, dans la Balle-Normandie & dans les Provinces d'Anjou & du Malne. Tous ces mots viennent de capiture. Voyez chapeler. De chapuis, on a fait le diminutif chapuiseau, qui est aujourd'hui un nom de famille. Et ceux de cette famille, pour le marquer en paillant, portent dans leurs armes un chat qui puise de l'eau. J'ai vu ces armes gravées. Les Bordelois appellent chapus, le billot de bois sur lequel les Tonneliers taillent les douves. M. On a dit aussi chapuis, dans la signification d'un billot. Alain Chartier, dans une de les Ballades, pag. 805. de ses Œuvres : Princesse, las! selon ce contenu, Mourir m'en vois le chief sur le chapuis Les yeux bandez, à force detern, Puisque de vous approcher je ne puis. Le Duchat.
CHAR. De carrus, ou carrum. Les Gloses anciennes : naijor, reda. Carrum, disada. Voyez carrose. M.
CHAR. Le Latin carrus, d'où a été formé le François char, est d'origine Celtique, comme on voit dans les Commentaires de César, & il vient de carr. Encore aujourd'hui en Bas-Breton & en Hibernois on dit carr, pour une sorte de chariot. En Italien & en Espagnol c'est carro; en Alleman karr; en Flaman karre; en Suédois kerra. Quand César parle des chariots des Gaulois, & du Roi Aréovite, il les appelle carros; ce qui est une imitation manifeste du Celtique carr. En effet, si César n'avoit pas voulu exprimer dans sa Langue ce terme Celtique, il auroit dit carrus, & non pas carrus. Ceux qui aiment le bruit en matière de chariots, font venir carrus, du verbe Flaman karre, qui signifie fridere; en sorte que, selon eux, carrus seroit proprement planforum fridolum, comme dans cet endroit des Georgiques de Virgile. Montesque per alios Contenta cervice trabant frideatia planfra. C'est le sentiment de Vredius in Prodomo ad Hist. Com. Flandr. livre 11. chapitre 2. Mais nous n'a vons pas besoin de ce bruit pour trouver l'origine de carr. Il vient tout naturellement de l'ancien verbe karren, porter, transporter. De la l'Anglois carry, qui signifie la même chose; carry about porter ça & la, carry away emporter, carry before porter devant, carrier un porteur, un voiturier. De carr, s'est formé le Latin-barbare carriare, d'où le François charre. Les Espagnols disent acarrear. D'un autre côté, du mot carrus, que César a le premier introduit dans la Langue Latine, ont été formés d'autres mots Latins; comme carrago, qui veut dire un retranchement d'un camp par le moyen de plusieurs chariots joints ensemble, carropica, & carraria opera, servie que les paysans sont obligés de rendre par des voitures ou chariots; ce que les Romains appellent vehiculatio; de plus carreta charettes; carrare charger sur un chariot; discarrare décharger d'un chariot. Ces deux verbes se trouvent dans la Loi Salique tit. xxvii. 9. 11. Je ne parle pas de carriagium, de carriera, & d'autres mots, dont traite au long M. du Cange dans son Glossaire, ni des mots François carose, carole, & autres semblables, qui viennent indubitablement de carrus, fait du Celtique carr. Voyez Wachter dans son Glossaire Germanique, au mot karr. Mais il est bon d'ajouter ici ce qu'il dit ensuite, au mot karren. Voici ses paroles. KARRIN, ferre, portare. Latine gerere, Anglice carry. Omnia a manu, qua Gracis &c. Primo enim fert manus, & postea etiam instrumentum ad similitudinem manus. Ita Gracis &c. gestare, possit esse a kam manus, si barbarus adsit Interpres. Verbum confanter custodium Angli & soli. Inde illis carry about circumferre, carry away auferre, carry before prætere; carriet portiter, gestator, carried latus, gestatus. Sucus ab hoc significatu accepisse krax corbis, vasculum in quo aliquid portatur, mihi possesium est. Et ensuite. KARRIN, vebere. Id est curtu, vel simili vehiculo portare. Sarcis kora est vebere & vehi, kora med wagn aurigare, kortiæ anuriga, korelie aurigatio. Anglis carry by cart vebere, portare curtu. Idemque Gallis chariot & charter; Hispanis acarrear; Lat. Barb. carrire apud Cargium. Inde formata sunt vehiculum nomina in omnibus diatellis. Hinc vehiculum, sive una, sive diabus, sive pluribus rotis sit infernulum, dicitur karr, karr, quod Germanicum; cart, quod Cambris & Anglis uitatum; crat, quod Anglis Saxonicum. Somner, in Dis. crat carrum, carruca; twæga horfa crat biga, threora horfa crat triga, &c. Postea ex crat factum est crac, mutato T in K. Quod ideo observandum, quia barbara Latinitas & Saxonico crac multa plasmavit, qua hanc mutationem s'ppomum. Talia sunt, carruca vehiculum, carricare curtu onus transvehere, carrica navis corraria, Hispanis carraca, velut carrus marinus, judice l'esso, more loquendi Poetico. Catullus in nuptiis Pel. & Ther. vers 9. Ipse levi fecit voltantem flumine curtum. Carrocium currus bellicus. Syncedochice ponitur pro vexillo cornu iosc. Leticia Lingua katroghs etiamnum vexillum denotat. Carricare, carro portare, Italia carricare, & inde carrico onus. Cargare oecrare, onus corruca imponere, carga onus, discargare, exonerare, quod extat in Lege Salica a Cancio M. emendata, tit. xxix. 2. Inde Gallis charge, charger, décharger, notissimo significatu. Hispanis carga & cargaon onus nauticum, & metonymiæ catalogus mercium adveltarum. J'ai été bien aisé de rapporter tout au long ce passage, afin que l'on voie combien de mots en différentes Langues sont dérivés du Celtique carr, ou karren.*
CHARANSON. Voyez charenfon. M.
CHARBOT. ECHARBOTTER. Rabelais, livre 1. chapitre 28. Et le vieux bon homme grandgoufier, qui après souper se chauffe à un beau & clair feu, & attendant grailler les chataignes, écrit au foyer avec un bâton brûlé d'un bout, dont on écharbotte le feu. Les Dauphinois appellent charbon un tas de marrons qui cuisent tous des charbons; & en Dauphiné & ailleurs, écharbotter se dit pour écarter avec un bâton les charbons qui cachent & qui cuisent les marrons. Charbot vient de carborus, dit pour carbo, d'où il vient, & écharbotter vient d'excarborare. Le Duchat.
CHARDON. De carduus. Carduus, cardus, cardo cardonis, cardone, CHARDON. Voyez chardonneret. M.
CHARDONNERET. Oifeau. Gr. &c. On disoit anciennement chardonner. Marot, dans son Eglogue a François I. On pas à pas, le long des buissonets, Allois cherchant le nid des chardonnets. Et on parle encore de la sorte dans les Provinces d'Anjou & du Maine. Dans la Baise Normandie, on dit une chardonnette: & en Provence, une cardeline. De cardo cardonis, dit pour cardus, qui se trouve pour carduus, on a dit cardonerus, & ensuite, cardoneretus, d'où nous avons fait chardonneret. Et nous avons appelé cet oifeau de la sorte, a causé qu'il se nourrit de semence de chardons. Notre Chardonneret qui vient son appellation du chardon, semble estre celui que les Grecs nommèrent Acanthis: soufessis Acanthis n'est pas le chardonneret, dit Belon dans ses Singularités, liv. 1. chapitre 2. Semine carduorum pasteur, unde illud inditum nomen, dit Ravissus Textor, dans son Cornucopia, page 163. en parlant du mot de chardonneret. Somere, & viatores decherrentibus prouis sacra avis est &c. &c. (notat Ælianus) & &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. tins, Ecclesia Sanilii Nicolai de Cardueto. Carduetum, c'est un lieu planté de chardons. M. L'Eglise de Saint Nicolas du Chardon et a eu ce nom parce qu'elle est située dans le quartier du Chardon, ainsi appelé en 1255, parce que jusque-là on n'y avoit vu que des chardons. Voyez l'Histoire du Roi Saint Louis, Paris 1688. livre xi. sur cette année-là, tome 1. page 242. Le Duchat.
CHARENSON. Ver, qui ronge le blé. Lat. curvulo. Voyez Nicot. De calendra, inuité. Calendra, calendrum, calendricione, calendricio, calendricienis, calendricione, carendricione, carencione, CHARENSON. Je ne sais pas d'où vient calendra en cette signification. Les Anglois disent kalander en la même signification. M. On a dit aussi charanton & chardon, dans la même signification. Rabelais, liv. 5. ch. 1. La mangeaille des charantons & mourrins. Le vingt-cinquième des Arefla amorum : Car au moins tels biens d'amour ne se peuvent diminuer, & si ne les font point vanner pour les chardons. De charanton on a fait charum, & de charon on a fait chardon, par le changement du t en d. Le Duchat.
CHARGER. Nous l'avons formé de carricare, qui, en sa primitive signification, ne devoit être entendu que des charges qu'on met sur les chars & charrettes; car il vient sans doute de carrus : mais depuis on l'a étendu à toute sorte de charges. Le Glossaire Arabico-Latin : carico, onero. Rusticus Aquileiensis, dans ses Vies des Peres : Et carricabat animal cum illo. L'Epître 36. Traité 6. partie 1. qu'on attribue sauflement à S. Jérôme : Majoribus oneribus carricabat se. De carricare on fit dans la suite carcare : d'où les François ont immédiatement tiré charger ; & les Languedociens, carga. La Loi Salique, tit. 29. Et si inde fanum ad domum suam in carro duxerit, & discargaverit. Toutefois il faut remarquer que carricare signifie souvent charier. Les Lois des Wisigots, liv. 5. tit. 5. L. 1. Sin autem nimium cadendo. vel fâces carricando, aut quocunque onere, vel percussione, &c. Et au liv. 8. tit. 4. L. 9. Si quis botem alienum junxerit, sine conscientia domini sui ad aliquid carricandum. Et dans la Vie de Saint Médard, Evêque de Noyon : Discarricantes quod tulerant, laxati pergunt itineræ. Et comme nous avons formé charger de carricare, la Loi des Lombards, liv. 5. tit. 12. L. 7. nous apprend que charier ne prend sa source que du verbe carricare. Arare, seminare, carricare. Caleneuve.
CHARGER. De carricare, formé de carricus, diminutif de carrus. Les Glosses : carrico, onero. Carricare, c'est proprement mettre dans un chariot. De carricare, les Espagnols ont fait de même cargar ; & les Languedociens, carga ; & les Catelans, carregar ; & les Italiens, caricare ; & les Bas-Bretons, cargaff. Discargare, pour décharger, se trouve dans la Loi Salique, Titre xxix. paragraphe 21. Si quis inde fanum ad domum suam duxerit, & discargaverit. Et dans la Vie de S. Médard ; discarricantes que tulerant. M.
CHARIER. Voyez charger. Caleneuve. CHARIER. Carrus carri, carricare, carriare, CHARIER. Carricare se trouve en cette signification dans plusieurs endroits allégués par M. de Caleneuve. M. Tous ces mots, soit carrus, soit carricare, soit cargare, & autres semblables, dont on a fait charger, & charier, viennent originairement des Lan- gues Septentrionales. On dit en Alleman karren, pour vehere, portare ; en Suédois, kara ; en Anglois, carry. Voyez ci-devant le passage de Wachter, au mot Char. *
CHARISTICAIRES. On appelleit ainsi parmi les Grecs des espèces de Donataires ou de Commendataires qui jouissent de tous les revenus des Monastères ou des Hôpitaux sans en rendre compte à personne. On rapporte le commencement de cet abus aux Iconoclastes, & particulièrement à Constantin Copronyme, le mortel ennemi des Moines, dont il donnait les Monastères à des étrangers. Après l'extinction de cette hérésie, leurs biens leur furent rendus : mais dans la suite les Empereurs & les Patriarches confierent des Monastères & des Hôpitaux à des gens de qualité, non par manière de don, & pour en retirer aucun profit temporel, mais pour les réparer & les orner, & en être les protecteurs. Ensuite on alla plus loin ; l'avarice s'y mêla ; on donna les Monastères & les Hôpitaux même qui étoient en bon état ; & puis même les plus riches. Sifimius, Patriarché de Constantinople s'y opposâ, mais en vain. Après lui le mal crut encore ; on donna toutes ces maisons, grandes & petites, riches & pauvres ; celles des femmes comme celles des hommes ; & on les donna même à des langues & à des gens mariés ; à des gentils même ; & quelquefois deux à une seule personne. Ce mot vient du Grec *xique*, qui signifie *grace*. *
CHARITÉ. Mais que à se cacher le visage. Rabelais : Le cabinet de leurs capuchons étoit devant attaché, non derrière : en cette façon avoient le visage caché, & se moquient en liberté, tant de fortune comme des fortunes, ne plus, ne moins que font nos damoiselles quand c'est qu'elles ont leur cacheté, que vous nommez toutes de nez. Les anciens le nomment charité, parce qu'il encore en elle de poche grande multitude. Rabelais se moque. Charité dans cette signification vient de *cara*, qui autrefois a signifié le visage. Voyez ci-dessous au mot *chere*. Le Duchat.
CHARIVARI. Il y a un nombre infini d'opinions touchant l'étymologie de ce mot ; ce qui est une marque que la véritable n'est pas bien connue. Trippault, dans ses Etymologies de la Langue Française, & Bourdelot, dans ses Origines MSS. de la même Langue, & M. Eveillon, dans son livre des Excommunication, & M. de la Ménardiere, dans sa Préface sur les Epîtres de Plière, le dérivent de *capuchons*, qui signifie, disent-ils, avoir la tête pesante. Savaron, dans ses Notes sur le Sermon de S. Augustin des Calendes de Janvier, improuve cette étymologie ; & avec raison : ce mot Grec, quand même il signifieroit ce qu'on veut qu'il signifie, ce qui ne me paroît pas, n'aient aucun rapport avec la chose qui est signifiée par le mot de *charivari*. Savaron, après avoir improuvé cette étymologie, fait venir *charivari* de *cervolus*. Voici ses termes : *La propter Gentiles Diis suis cervinum caput adpingebam, & simili capite insigniri fordes & adulteria Deorum suggillabant. Quod Franci, ritus huasmodi cultores, observare videntur, dum binobis, aut multinobis, illudunt : in hanc sententiam declines, quod polygamia sit adulterio proxima. Quæacilitas Andegavensis Synodo condemnatur, titulo de Matrimonio, die 15. Julii anno Domini 1448. Cui prauis Joannes, Archiepiscopus Turonensis. Cunque veterino errore nomen cervuli retinent nostri popu-* læres, & popularibus adfines; vocando chervali; necon illa Synodus Andegavensis: ubi praicerea legitur catimarium, & cherimali. Franci, charivari petius a cervello, quam a Graco napofoceae: fictitio vocabulo. Idcirco adversus eos qui tintinnabulari binubis & ad secnada vota transhumibus illudunt, & hujusmici conna pertendunt, & ominantur, competit injuriarum est: ut notat Faber Institutionibus de hujuris. §. 1. Siut factunt illi qui factunt cherevari: contra quos iste paragraphus. Melilis in Lege Item apud. §. generaliter. Nec credo quod possint se consuetudine excusare, cum sit contra bonos mores. Hanc conjecturam meam non adsitruo, sed testatans volo, & iudicio diclorum relinquo. Savaron a raison de n'appuyer pas sur sa conjecture: car elle n'est pas bonne. Cervolus, dans ces mots du premier Concile d'Auxerre; Non licet Kalendis Januarii vetula, aut cervello facere, signifie un cerf. Et ces mots veulent dire, qu'il est défendu de se déguiser aux Calendes de Janvier en vache ou en cerf. Si quis in Kalendis Januariis in cervolo & in vetula vadet, tribus annis peniteat: quia hoc damorum est, dit un ancien Pénitentiel. Vetula, en ces endroits, est dit a l'antique, pour vitula: ce qui a été très véritablement remarqué par le Pere Sirmond sur l'endroit du Concile d'Auxerre ci-dessus rapporté, & dans son Antirrheticus, p. 133. de la 2. partie. Et M. de Saumais, qui y a corrigé bicula, n'a pas eu raison. Voyez je vous prie ce que nous avons dit au mot biche sur cet endroit de ce Concile. Voyez aussi M. du Cange, dans son Glossaire au mot cervola. Scaliger, sur le Copa, fait venir charivari de calybarum. Chalibes, dit-il, sunt ara ad crotala & crepitacula: quorum quam fuerint studio? Orientales illi populi, satis novit, qui in Veterum lectione diligenter verbatus sit. Ea sunt qua Hebrai, nisi salar, vocant zizazalim: hoc est, ut ego interpretor, oicpa: qua & adalajic vocabant. Sine tibicine autem & crotalis numquam seret taberna erant: ut apud Propertium in Taderna: Nilettus tibiceus erat, crotalistria Phyllis. Sed in membrana Contii legitur, sunt topia, & calybar: reelle. Calyba, sive nalsca, est sonus, sive crepitus crumatum, de quibus alibi diximus ex Aristophane, Juvenale, aliis. In libro 3. nyroclor, capite oic yucaniac: & nalsca qui sire & divitris. Kalsca, vel nymura, vel nymura. Et in sequenti epigrammate: Η κρετάλεις ξεχωσείς, & παρά πιλαίς Και κάλως πλυνόμους ξεψαι επιχωμίτη. Nam in istis legitur vulgo nalsca pro nalsca. Hoc nomen penitus in Gallia retinemus. Nam calybarum in omni Gallico idiomate est crepitus aris, aut vasorum areorum, rudi anea, aut radio pulsatorum. M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 492. & 493. improuve fort cette étymologie de Scaliger. Voici ses Termes: At male vir summus, ita ut pejus non potuerit; calybarum, hoc est nalsca, in Copa carmine exponendum censit de sono vel crepitus areorum vasorum, baculo serreo pulsatorum: quod vulgo in Gallia CARIBARIUM appellamus. Ipse autem CALYBARIUM putat appellatum a calyba: qua vox sonum & tinuitum aris percussi significat. Sed quis Aulior unquam, vel Gracus vel Latinus, hanc significatiorem voci nalsca attribuit? quis calybarum in eo sensu usurpavit? Sed aliter accipi debet in hoc ipso poemate de Copa. Sic enim versus ille scribitur in antiquis membranis: Sunt topia, & calybar, cyathi, rosa, tibia, chordæ, Et trichila, umbrosis frigida arundinibus. Ibi calybar nihil aliud sunt quam quod omnis semper Gracia nomine nalsca intellexit: pergula nempe, & attegia: quales in meritoriis tabernis vulgo fieri solebant, in quibus ganeones potarent. Hujusmodé nalsca qua in diversoritis ad hunc usum struebantur, meminis Harmenopulus, libro 2. titulo 4. vulgis nymur. At in Graco epigrammate, aut vox nalsca mutanda est, aut aliter venit exponenda. Sic autem ibi legendum videtur: Ἡ Κυδία καὶ δυοᾶ, ἡ φιλοταίχμη Στυμωλία, μήτηρ δὲ ἐφίλαιν στόν. Sic enim & in sequente epigrammate: Ἡ κρετάλεις ξεχωσείς ἐμίχμη, ἡ φιλοταίχμη Και Κυδία πλυνόμους ξεψαι επιχωμίτη. Utrumque epigramma de mulieribus scriptum est Cybelus ministris, qua in ejus honorem caput jaltabani, & cum crotalis & cymbalis saltabani. Quod si utrobique legimus nalsca, ut in priore epigrammate etiam vetusissima membrana, quas quidmus, nalsca non erit sonitus crumatum, ut censebat vir summus, sed mago & adalajic matris Deum circa quam saltabani hujuscomodi mulieres, minijura & adalajic Cybeles, cum tympanis & crotalis. M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot caria, dérive charivari du mot Grec nupus, qui signifie une noix. Voici ses termes: Nostris Bonomenes, seu Morini, ubi contra injusta vectigalia reclamant, aut publicanos conviciis infectantur, etiamnum, cary, cary, inclamare solent: quasi ad seditionem, contra istismidi predatores, plebem excitare velint. A napus, seu napus, nux, vox, ut quidam volunt, deducla. Tradit quippe Servius in Virgilii Eglogam 8. in nupitis, ideo spargi nucus, ut rapientibus pueris, fiat strepitus, ne puella vox virginitatem deponentis possit audire. Quo casu, carya tumultum & seditionem significabit. Nota est vox apud nostris charivary: qua iudus turpis & nocivus innuitur, uti describitur Synodo Joannis Raguier, Episcopi Trecensis: per quem nupitis, potissimum secundis, detrabitur non modicum: qui iudus vulgo nuncupatur charivary 3 & efficiatur cum horridis & blasphemis vociferationibus, & obscena loquacitate, sub turpi transfiguratione larvarum injuriosarum, contumetiosque clamoribus binarum nuptia-rum. Julien Brodeau, célèbre Avocat au Parlement de Paris, avoit dit a peu-près la même chose dans son Commentaire sur la Coutume de Paris, article 37. Pour moy, dit-il, j'ay pense que notre charivary vient de nâver, sive napus, nux, & Baljazvis, sonare, saltare, clangere, apud Helychiura. C'estoit une costume usitée aux nopces des Romains, de jeter des noix dans la rue, afin que le bruit qu'elles faisoient en tombant, comme les Poètes les appellent loquaces, & celuy des jeunes enfans qui les ramassentent, empeschoff que l'on n'unis les plaintes & les dollances de la nouvelle mariée, &c. M. Graverol, Avocat de Nimes, homme de beaucoup de mérite dans les Lettres, improuve fort cette étymologie de Brodeau. C'est dans ses Remarques sur les Arrêts Notables du Parlement de Toulouse, recueillis par la Roche-Flavin, Président en la Chambre des Enquêtes du même Parlement. Voici ses termes: Je dis donc que Brodeau perd perd le titre de Judicieux qu'on a accoûtumé de lui donner au Parlement de Paris quand on le cite, lorsqu'il veut que le mot de charivary tire son origine de *nâqua* & de *pâquâri*, par rapport à la coutume usféée aux noces des Romains, de jeter des noix dans la rue, afin que le bruit qu'elles faisoient en tombant, & celui des jeunes enfans qui les ramassoient en chantant des chansons laïcives, dérobassent la connoissance de ce qui se pouvoit faire dans la chambre des nouveaux mariez, lors de leur première entrevue : quando illa multa tam jocosa siebant. Car à tirer la chose de *si loin*, outre que cela n'a nul rapport à l'isoire qu'on prétend de faire aux secondes noces par le charivary, il seroit aussi vray de dire que ce mot dérive plutôt, comme quelques-uns l'ont cru, des danses laïcives des Corybantes, qu'on imite souvent en païant le charivary. Et cela, sur ce qu'corpourroit alléguer que c'estait la coutume des Grecs, lorsqu'ils citébroient leurs noces, de faire des danses au son des cymbales. D'où vient cette défense du Concile de Laodicée, à *lii xeevayoi*, où *yauut anuy-zoiwi*, *bavliwi*, à *ipziwi*. Ceux qui ont voulu faire sentir ce mot de *xavacqui*, ont assez bien imaginé la chose. Mais s'il ne faut qu'imaginer quelque rapport pour donner l'étymologie d'un mot, pourquoy ne diroit-on pas que charivary dérive du mot *Chal-deen* charipot, qui signifie probrum, ignominia : ou de l'ancien mot Latin *carinari*, qui dans les vieux Auteurs & Glossaires, vaut autant que probra injicere, illudere, obtrectare : ou qu'en prononçant challibari avec les Thouloufains, il tire son origine du mot Grec *xavacqui*, c'est-à-dire, se jouer & se mocquer de quelqu'un ; puisqu'au fond les charivaris ne se font pas dans une autre veue. Aucune de toutes les Etymologies ci-dessus mentionnées ne me paroît véritable. Celle de Scaliger feroit la plus vrai-semblable, si *xavacqui* signifioit *sonitus crumbum*, comme il paroît le signifier dans l'épigramme Grecque alléguée par Scaliger, étant joint avec *fœ* &, qui signifie bruit. Il n'y a pourtant guere d'apparence, pour en parler sincèrement, qu'un mot Grec si rare & si extraordinaire ait païse en France. M. de Graverol croit que la plus vrai-semblable est celle de ceux qui dérivent *charivary de chalybarium*, formé de *chalybi*, qui signifie du fer, de l'acier, parcequ'on emploie, dit-il, ordinairement dans les charivaris, des sonnettes, des poëlles, des chaudrons, & autres telles bareries de cuisine, faites de métal *ex chalybe*. Et la-dessus, il remarque fort à propos, que les Italieus appellent *scampanata* un charivari : mot composé de *campana*, qui signifie une cloche. Le Politi, dans son Dictionnaire Italien : SCAMPANATA : *lo strepto di campanaci*, o d'altri strumenti, che fanno conadimi alle vedove, quando si rimaritano. Et Farinacius, dans sa pratique Criminelle, partie 3. question 105. paragraphe 93. traite de *faciente viduis scampanatas*. Mais comme les sonnettes, les poëlles, & les chaudrons, ne se font point de fer, je ne puis approuver non-plus cette étymologie ; quoiqu'elle ait été approuvée par Borel. Joannes de *Garronibus*, ce qui a encore été fort bien remarqué par M. Graverol ; appelle *Capremaritum* le charivari. C'est dans son Traité des Secondes Noces, sur la Loi *Hac ediclali*. Ce qui pourroit donner sujet de croire que les mots de *carimarnum* & de *chermali* du Concile d'Angers, où le charivari est ainsi appelé, sont les véritables mots avec lesquels on a appelé originaire- ment le *charivari*; & que le mot de *capremaritum* a été composé de celui de *caper*, en la signification de *cocu*, & de celui de *maritus*; comme qui diroit, *cocu de mari*. Voyez mes Origines Italiennes au mot *Becco*. Mais comme ce Joannes de *Garronibus* n'est pas ancien, & que le mot de *capremaritum* ne se trouve que dans son livre, je ne puis aussi approuver cette étymologie. En un mot, car il ne faut pas abuser davantage de la patience de mes Lecteurs, l'étymologie du mot de *charivari* m'est tout-à-fait inconnue. Il me reste à remarquer, que comme les charivaris ont été défendus par les Conciles, ils l'ont aussi été par les Arrêts des Parlemens. Par un Arrêt du Parlement de Toulouse du 18. Janvier 1537, du 11. Mars 1549, du 9. Octobre 1545, du 6. Février 1542. & par un autre donné au mois de Mars avant Pâques 1551. Par un Arrêt du Parlement de Dijon, du 26. Juin 1606, & du 14. Janvier 1640. Touchant ces défenses, voyez Aufreius sur la 140. de la Chapelle de Toulouse, Budée sur la Loi *Si hominem*, au paragraphe *quoties*, du Titre *Depositi* au Digeste; Chassaneus, sur la Coutume de Bourgogne, rubrique 6. en la Préface au paragraphe premier; Mornac, sur la Loi 1. au Digeste de *His qui notantur infamia*; Cyron en son Paratitle sur le Titre des Décrétales de *Secundis Nuptiis*; Denis Godefroy sur le paragraphe 27. de la Loi 15. de *Injuriis*; Petrus Gregorius Tolofanus, livre 38. Syntagmatum, chapitre 4. Vendelin, dans son Glossaire sur la Loi Salique, titre 47. la Roche-Flavin, & Brodeau, & Monsieur Graverol, aux lieux allégués. M.
CHARIVARI. Coquillart au Monologue de la botte de foin : *Toujours un tas de petits ris, Un tas de petites sonnettes, Tant de petits charivaris, Tant de petites fâonnettes, Petits gans, petites mainettes Petites bouches à barbeter. Ba, ba, ba, sont ses godinnettes Quant elles veullent caqueter.* Ici *charivari* se prend pour les minauderies d'une personne qui varie sa chere ou son village. Je ne fais si anciennement le *charivari* ne coussit pas proprement dans les différentes mines que faisoient les personnes qui suivoient un homme ou une femme qui se remarioient, en dérision de leurs nouvelles noces. Le même au Monologue du Puys : *J'ai vu que j'avoye Henriet A faire mes charivaris, Avec son compagnon Jacquet, Pour les bourguises de Paris.* Au défaut de pouvoir trouver l'origine du mot *charivari*, disons du moins ce que nous croyons avoir donné lieu à la chose qu'il désigne. Chacun fait que c'étoit anciennement la coutume de répandre des noix tout proche de l'appartement où couchoit la pucelle qu'on venoit de marier, afin que le bruit de ces noix & celui des enfans qui se batoient à qui en auroit, empêchassent qu'on n'entendait les plaintes de la nouvelle mariée. Or je ne doute point que le charivari, qui fait bien un autre bruit, n'ait été inventé pour se moquer d'une veuve qui vient à se remarier. Ceux qui font le *charivari* peuvent bien être avec les autres qui ont nu vont par les rues faisant si grand bruit qu'il n'est homme qui puisse reposer, dit la grande Nef des fous du monde, imprimée en 1499. fol. 54. c. Le Duchat.
CHARLATAN. Les Italiens disent Cerretano, qu'on dérive de Caretum. Calepin: C. A. R. T. U. M., Umbria oppidum, inter Spoleum ac Nursium, a quo Ceretani appellantur, totum orbem vano quodam ac turpi superstitionum genere ludificantes: ob quam causam fere continuo peregrinarum, familia atque uxoribus domi relictis. Callus Rhodigius dit la même chose, liv. xi. ch. 8. & Leandro Alberti dans son Italia illustrata, & Jean-Baptiste Sogliani, dans les Annotations sur la Comédie intitulée l'Uccellatoio. Voyez mes Origines Italiennes au mot cerretano. Et plusieurs croyent que le François charlatan a été fait de ce mot Italien cerretano. Ils se trompent. Il a été fait de Charlatano, qui signifie la même chose que cerretano, & qui a été formé de ciarlare, qui signifie parler beaucoup; & pour user de ces mots Italiens, cornatchiare, cicalare, chiacchierare. Ciarlare a été fait de circulus. Circulus, circulare, CIARLARE. Circulone, CIARLONE. Eloquentiam non voce, circulatoriam quamdam volubilitatem, dit Quintilien. On y a ajouté un A; comme en ciascuno, de quisque unus; & en leggiamo, & siamo, de legimus, & simus. Voyez mes Origines Italiennes au mot ciarlare. Circulator est expliqué dans les Glofes Anciennes par 1200 1200, & 1200 1200, qui signifient un charlatan. Le P. Labbe a désapprouvé cette étymologie. Charlatan, dit-il, ne vient pas de ce qu'il forme des cercles ou des assemblées en rond, mais des caroles qui signifient des théâtres, dressés au milieu des rues & places publiques pour danser, & ensuite débiter ses drogues & tromper les simples. Les Annales de Nangis en la Vie de Philippe le Hardi, Roi de France: Le Comte d'Artois manda les Dames & les Damoiselles du pays pour faire tréfiées & karoles avec les femmes des bourgeois (d'Arras) qui s'étudioient en toutes manières de danser, & d'épinguler, &c. Le P. Labbe qui accute les autres de « être trompes, s'est ici trompé, & très lourdement. Outre que l'analogie ne permet pas que charlatan vienne de caroles, caroles n'a jamais signifié des théâtres dressés au milieu des rues. Il a toujours signifié & signifie encore des danses. Tréfiées signifioit la même chose. Voyez mes Origines Italiennes au mot Tréfica M.
CHARLE. Nous l'avons formé de Carolus, dérivé de Garle, qui en Langue Teudique signifioit magnanime & genereux: comme remarque du Tillet, en son Recueil des Rois de France, & Pontius Heuterus, en son Traité intitulé Etymos variorum nominum nervosque sexus hominum Germanica origini: Carl, postea Carel, Carolus, durus, fortis, firmus, constans, Cafeneuve. L'interprétation que M. de Cafeneuve donne du nom de Charle, est très-véritable. Nous la confirmons en rapportant ce que dit Wachter dans son Giff. German, au mot Kerl. Après avoir montré que ce mot, dans sa première & « propre signification, veut dire un habitant d'un lieu commun, soit ville ou village, ensuite un époux, un père de famille, un mâle, il ajoute: KIRL, fortis, corpora rohno & animo virili praditus. Non occurrie nisi in compositis, nec alibi quam in Sagis septentrionalibus, nudes sunt Hervatar-saga Hervara vita, Torf-teins-saga Torfeini vita, Olafs-saga S. Olafs vita, Herands saga Heraldi vita, Gautreks saga Gan- treci vita, Trojomana-saga Trojonorum historia t unde sequentia dicerpsit Verelius in Inauce: karl, madri fortis, virilis; karlmen viri fortes, frenui; karmanlig fortis, virilis; karlmanlig quod virum fortem decet; karlmanliga fortiter, frenui; karlmeska virilitas, fortitudo. Hodie superat apud Suecis in compositio karlachtigt quod virum fortem decet. Ab hoc adiectivo interpretationem recipiunt quadam principum nomina apud Francos, cijnsmodis sunt, CAROLUS fortis, CAROLOMANNUS vir fortis. Quamvis autem Karl eo sensu in monumentis Franco-Theuticis, alissque veterum dialectis, non reperatur, (quam multa autem sunt qua nos hodie destituunt?) non ideo cessat esse antiquum. Nam hunc delectum supplet lingua septentrionalis, quam antiquissimis & alibi vix reperiundis refertam vocabulis esse, nemo temere negabit. Transtatio ad mosculo ad fortem nihil habis infolentia. Nam etiam manu primo virum, & deinde fortem virum denotat. Il avoit dit auparavant: KIRL, homo loci communis, sive locus ille sit urbs, sive villa, sive pagus & regio. Hinc primus & proprius vocis significatus, a primitivo ket, kit, petitus, quod in vetusissimis linguis, Scythica, Celtica, Phrygia, Hebraa, Gruca, communem habitandi locum significat. Vestigium vocis apud Scythas prabet regia Amazonum Themiscyta, in qua voce scyta, vel cyta videtur urbem & agrum denotare. Quo admiso, conciliari possunt antiqui scriptore apud Cellarium, quorum alii Themiscytam ut campum, alii ut oppidum notant. Scythis cat urbem significasse, Bocharus inde concludis, quod Car-palue urbs ad Mæroidem apud Tetzer exponitur 1200 1200 ut intelligamus suisse urbem a scythibus sic dictam. Celtica lingua & hodie Cambrica caet est urbs, murus, pagus, villa, teste Bocharum in Lex. Ant. Brit. Trojanos caet civitatem dixisse probat Bocharus ex Gervasio Tiberiensi in Orig. Gal. pag. 45. Fodem observant, Hebrass kit murum, kiriah vel kiriath urbem denotat. Adderre paterat quod etiam Gracis antiquis 1200 sit urbs; ager, provincia, & solum commune, & hodiernis viga civitas. Vocem celticam dialectus Anglofaxonica sibilo auxit Hinc pagus, & quavis regio, major vel minor, Saxonice dicitur tert, scyte, Anglis hodie fihre. Sed kit videtur antiquus, & ex lingua humani generis primitiva haustum, & per varias & vetusissimas gentes ad Germanos usque profoetum, qui inde formarunt ket, per medium derivandi L. Hinc ket, vi origini, significat, quantum potest, oppidanum, paganum, villanum, provincialem, &c. Reliqui significatus sunt a synecdoche generis. J'ai été bien aise de rapporter ce passage tout au long, parce qu'il m'a paru curieux, & propre, à faire voir l'affinité qui se trouve entre différentes Langues, entre lesquelles il sembleroit d'abord n'y en avoir aucune.
CHARME. De carmine, ablatif de carmen. Virgile: Ducite, urbe domum, mea carmina, ducite Daphnin. Une Ordonnance de Charles VIII. de 1490. laquelle est dans le vieux Stile du Parlement, part. 3. tit. 40. art. 1. Statulmus & ordinamus, omnes carminatores, divinitatores, &c. M.
CHARME. Arbre. Par corruption pour charme de carpinus: c'est ainsi que cet arbre s'appelle en Latin. M.
CHARMER. Comme de carmen on a fait charme, on a fait aussi charmer du Latin-Barba- re carminare. Le Catholicon Parvum : Carminare, faire dicher, charme, enchantement. Où dicher vient de dillamèn, que les Auteurs de la dernière Latinité prennent pour une preuve de cette ancienne composition. Casenove.
CHARNIÉ. Nicot : CHARNIE, on échalase, palus, pali, ridica, ridica, pedamen, pedamentum, flatumen. Trippault : CHARNIERS, qu'on appelle à Paris échalas : xéparis, pedamenta. Trippault étoit Conseiller d'Orléans. M. Le mot charnier, en la signification de charnie, se trouve plus d'une fois dans l'Histoire du Siège d'Orléans en 1428. Orléans 1626. Et le même mot se trouve aussi dans le Diction. F. Ital. d'Oudin. Le Ducat. CHARNIER : pour le lieu où l'on met de la chair. De carnarium, qui se trouve en cette signification dans Plaute. M. CHARNIER : pour le lieu où l'on met les os des morts : Le charnier de S. Innocent, &c. De carnarium, qui se trouve en cette signification dans la Chronique de Morigny, liv. 2. Hunc in Ecclesiam latenter introducunt, ipsis in carnario (qui locui intra septa Ecclesia illius, ossa continet mortuarum) fraudulenter absconditis. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange, & ci-dessus au mot cercueii. M.
CHARNIERES. M. Felibien sur ce mot : Ce sont deux pièces de fer, ou d'autre metail, qui s'enclavent et entrent l'une dans l'autre, & qui est un percée se joignent ensemble avec une riveure qui les traverse : enforte qu'elles peuvent se mouvoir en rond sans se séparer, tournant sur un même centre. Vitruve appelle verricoli des charnières. Et au mot couplets : COUPLETS, ou fiches a doubles nœuds, ou charnières. Ce sont deux pièces de fer jointes ensemble avec charnières & riveures. Les couplets servent de pentures pour des portes & pour des fenêtres. Il y en a qu'on nomme Briquets, qui ne s'ouvrent qu'à moitié, & servent pour des tables en autres choses qui n'ont pas besoin d'avoir un mouvement entier comme les portes, & où ne doit pas paroître la moitié du nœud comme aux fiches. De cardinaria, fait de cardo cardinis. Cardò, cardinis, cardinarius, cardinaria, CHARNIERE. On dit à Paris, en parlant des moutres, charnière de Milan, pour dire une excellente charnière, parce que c'est à Milan que se font les meilleures charnières. M.[{"box_2d": [90, 665, 464, 933], "label": "text", "caption": "CHAROGNE. Lipse, dans la lettre 44. de la 1. Centurie de ses Lettres ad Belgas, le dérive de charogium, mais sans en apporter ni raisons, ni autorités. Les Italiens disent aussi carogna, que Victorius, liv. 16. ch. 16. de ses Diverses Leçons dérive du Grec xéparis : Simile huie est quod cadavera belluarum: ejecta vocamus carogne; a furore. Graci enim xéparis loca quadam terrarum appellant, qua exhalant fœdos odores, ac sunt tanquam aditus quidam, faucesque Inferiorum. Inde igitur vocabulum nostrum conformatum puto, quod molestus odor mortuarum, projektarumque belluarum, idem quod loca illa praeter, faciatque ne illac transiri sine molestia possit. Le Monosini & la Crucsa sont du même avis. Xéparis se trouve en cette signification dans Gallien : Πονάσαις, & ἀπ' τὴ πονάσαις & μόναις πονά τὴ σπανθίαν ἡ δόξα, χίγγελος, καδωστής, & τὴ χορογνίτης, πονάσαις, χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τὴ χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή χορογνίτης, & τή faires, chap. 10. CHARPENTIER, Gallis falcium li- gnarium fonat : utique a carpentis faciendis, quo- rum maximus usus apud Barbaros, qui Imperium Romanum verterunt. Carpentarius se trouve aussi dans la Loi 2. au Code de Exculationibus artificum : mais dans la signification de celui qui clitellas ca- melorum facit. Carpentator se trouve dans le 2. To- me du Spicilege, page 318. M.
CHARPIE. De carpia ; qui se trouve dans les Glofes. Carpia, iunapic wixic. M. de Saumais sur Solin, page 766. vixic ex filis lintei carpii fie- bant. Carpiam hodie vocamus veteri vocabulo : etsi carpiam iunapic wixic interpretator vetus aulis Glof- farum. Les Grecs l'ont aussi appellé iuxis. Voyez le même M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, page 363. & dans son livre de Modo Usurarum, pag. 881. où il dit que carpia a été dit a carpendo. En Picardie on prononce carpie. Nous disons en Anjou i harpi : de carpillum. M.
CHARRETE. Voyez cherrie. M.
CHARRETTE. De carreta, diminutif de carrus. Carra se trouve dans Mathieu Paris : Nui- lus Baillius noster vel Vicecomes, vel alius, capiat equos vel caretas alicujus pro cariaria faciendo. Voyez Voëssus de Vitis Sermonis. De carreta, on a fait carretaria ; d'où nous avons fait charretterie. Villon, dans son grand Testament : On dit, & il est vérité, Que charreterie se boit toute. Sur lequel endroit Marot a fait cette Note : Char- reterie se boit toute. Quelque vin que l'on charroye, soit bon, soit mauvais, se boit tout. Dans un petit Dictionnaire Polonnois, manuscrit, que m'a don- né le Révérend Pere Jourdan, de la Compagnie de Jefus, Kareta est interprété pilentum, carpen- tion. M.
CHARRON. De Carrone, ablatif de Carro, fait de carrus. Charron, c'est celui qui fait des cha- riots & des charettes. M.
CHARROUX. Abbaye du Diocese de Poi- riers. De Carroph, ou de Carroffum. Théodulfe, liv. 3. de ses Poeises : Est locus ; hunc vocitant Carroph cognomine Galli ; Quo patet eleelis aulica porta poli : Quo salvatoris sub nomine pranites aula, Quove Monasterii claustra decora manem. Enitet hic rutilo Sanctorum pignore fretus, Vivit & eximié turba fidelis ibi. Denique Rotharius, Comes ingens, inclytus Heros, Conjuge cum Euphrasia, condidit istud opus, &c. L'Auteur de la Vie de Louis le Débonnaire : Et quidem muita ab eo sunt in ejus ditione reparata, immo à fundamentis adificata Monasteria ; sed pra- cipue hac, Monasterium Carroffi, Monasterium Con- caia, &c. Fulbert fait aussi mention de ce Monaste- re dans son Epître 107. où il l'appelle Carroficum : Et Rabelais, liv. 4. chap. 7. en ces termes : Par le digne vers de Charroux, &c. Voyez Beisy dans les Preuves de son Histoire des Comtes de Poitou. M.
CHARRUE. De carruca, qui se trouve dans Grégoire de Tours, liv. 2. des Miracles, & dans la Loi Salique, Tit. 40. Il se trouve aussi dans l'Onomasticon Grec-Latin, où il est interprété par iuterie. Voyez Lindembrog dans son Glosaire des Loix Anciennes, au mot carruca, & François Pithou sur le Tit. 11. de la Loi Salique. Rapium se trouve dans les Glofes Nomiques. V. Δ. 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100.
CHARRUE. On ne sautoit douter que ce mot ne vienne du Latin-barbare carruca. Mais d'où vient carruca ? Wachter le dérive avec assez de vrai- semblance du Teutonique scaro, qui signifie un soc de charrue, & qu'il tire du verbe scheren, rompre, couper, diviser. Voyez cet Auteur dans son Glosar. German. aux mots schar & scheren.
CHARTE. Dans la signification de l'ABC. qu'on donne à apprendre aux enfans. Rabelais, liv. 1. chapitre 14. De fait l'on luy enseigna un grand Docteur Sophiste, nommé Maître Thubal Holopher- ne, qui lui apprit sa charte si bien, qu'il la disoit par cœurs au rebours ; & si fut cinq ans & trois mois. Le Traducteur du Rabelais en Anglois a rendu ce mot par l'ABC. & M. Simon de Val- Hébert l'a expliqué de même à la marge de cet endroit de son Rabelais. Apparemment on aura appellé charte, l'alphabet qu'on mettoit à la main des petits écoliers, a causé qu'il étoit composé de gros caracteres qui emplisoient toute une feuille de gros & grand papier, & même de carton, en- core moins sujet à le rompre entre leurs mains. On appeloit autrefois charte, le grand & bon pa- pier, tel que celui des livres d'Eglise, ou qu'on employoit à l'impression des volumes de Droit Canon. Charta grandis, Augustana, sive Imperia- lis, que de rebus sacris hieratica nominatur, qualis viderur in libris sacrarum adium, dit L. Vives, en celui de ses Dialogues intitulé Scripto, fol. m. 46. 1°. Le Duchat.
CHARTI. C'est le corps d'une charette. Re- gnier, Satire xv. Que le Payson recueille, emplissant à mil- liers Greniers, granges, chartis, & caves, & ce- liers. M.
CHARTOPHYLAX. C'étoit dans l'Eglise de Constantinople un Officier considérable, préposé à la garde des Chartes & des Actes. Ce nom est Grec, & il est composé de xyrne, d'où le Latin charta, duquel s'est formé notre mot charte ou charte ; & de xyrne gardien, fait du verbe xyrne, se garde. Ainsi Chartophylax signifie à la lettre garde-charte. Dioscoride, livre 1. chapitre 116. 2. xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne & xyrne CHARTRE : pour prison. De carcere, abla- tif de carrer ; par le changement du C en D : com- me en sidre, de ficera, en Suede, de Suecia : le D se change ensuite en T. Saint Vincent de la Char- tre près le Château-du-Loir est appellé Carcer dans Geoffroy Abbé de Vendôme, épître 15. du livre 3. & dans la Chronique de Saint Aubin d'Angers. Voyez le Père Simond, sur l'endroit de Geoffroy de Vendôme; sur lequel il remarque, que le Prieuré de la Chartre, qui est à Paris, a été ainsi appelé à cause que c'était la prison de ce Saint. queum, & in captionem, & in retributionem, & in scandalum. Les Glofes Anciennes: *obipis, captacio* : *Supervicio captator: Supervicio captator, venator*. Horace, liv. 1. Sat. 1. — *Leporem venator ut alia* *In nive scellatur, postum sic tangere nolit.* *Cantat, & appoint: meus est amor, huic similis: nam* *Transvolat in medio posita, & fugientia captat.* Properce, liv. 1. Eleg. 19. *Incipiam captare feras, &c.* Sylvius se trompe donc aussi, dérivant *chasse*, en la signification de *venatio*, de *cassis*: *quod ea cassibus perisci consuevit*. C'est à la page 70. de son *Isagoge in Linguam Gallicam*. M. de Caseneuve a suivi l'opinion de Sylvius, mais sans savoir qu'elle fût de Sylvius. *M.*
CHASSER. A Metz on dit *chacier*, & c'est ainsi qu'on parloit du tems d'Alain Chartier: *Chaste d'espoir, banny d'allegement*. C'est ainsi qu'il exprime dans sa complainte contre la mort. *Le Duchat*.
CHASSER. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *Hetzen*, dérive de la Langue Teutonique le Latin-barbare *caciare*, l'Itaien *cacciare*, & le François *chasser*. Ecoutons le parler lui-même. HETZEN, dit-il, *venari, persequi feras*. *Anglo-Saxon*, *huntiap*, *Angl*, to hunt, *Island*, *hudza*, *Suec*, *hidse*, *Lat*, *Barb*, *caciare*, *Ital*, *cacciare*, *Gall*, *chasser*, *Verel*, *in Indice*, *hudza venari*, *Fox Saxonica est ab hund canis; *scandica* & *reliqua qua litteram N. non habent in medio*, a *Cambro-Britannico* *huad canis venaticus*. *Ita Gracis a vui cane sit exuvia venari*, *Quid enim est venari, nisi canis opera in persequendis feris uti? Et nonne ab omni exo quodam inter hominem & canem venandi suis soci tas? Plinius, lib. viii. cap. 40. de canibus*: Sed in venatu *solaritia* & *sagacitas pracipua est*. Scrutatur *veiligia atque persequitur*, *comitantem ad feram inquisitorem loco trahens*: *quá vitá, quam ilem & occulta, quam significans demonstratio est, cauda primum, deinde rostro? Pontisset hisce plura adderé & majora, si aprova canibus teneri, urios dicerpi, cervos laisari, vidisset*. Hinc etiam *premium venatus*, *partem prazde, tanquam socii laboris*, a *venatoribus accipiunt*. *Dianam quoque encritos coronantem canes Porta inducit*. *Fox Latino-barbara caciare*, & *reliqua Germanica orfani per litteras convertibles*, & *non a Lat. cassis*.
CHASSIE. CHASSIEUX. Les Espagnols appellent *recauso* un *chassieux*: mot formé de *cacaire*, qui signifie *aveogler*: Ce qui me fait croire que le mot François *chassieux* a été fait de *cacaciosus*. *Cacus, caca, cacacius, cacaciosus, caciosus*, CHASSIEUX. *M.* On dit d'un *chassieux* que ses yeux distillent le beurre & le fromage. Ce qui me donne lieu de *deriver chasse de casses*, & *chassieux de cassesus*. *Cassus, casses, casses, casses, chasse*. Le Duchat.
CHASSIS. De *capsicum*, formé de *capsum*, qu'on a dit par *metaplasme*, pour *capsu*. *M.*
CHASUBLE. Les Chrétiens Grecs appellent l'habit que les Prêtres portent en célébrant la sainte Mette *chassus*, ou *chassus*. Parmi les Latins, il est appellé *rhaneta*, & *cassus*: & c'est de ce dernier que les François ont formé *chassuble*, & les Espagnols *cassulla*. Rabanus Maurus dit qu'elle est ainsi appelée, *quia sicum casa quodam, alia omnia regis*. Joannes Januenis, in *Catholico*, est de même sentiment: *Cassula, parva casa*. *Cassula etiam vulgo dicitur planeta presbyteri; quia parva casa infartitum hominem tegit*. Caseneuve. disent *pata* pour *cata*. Le Latin *catus* a été fait du Grec *navic*, qui signifie *vivorra* : pour lequel Homerte a dit *nive*, par contraction. Indore se trompe, qui le fait venir de *cattare*, qui signifie *videre*. Le Grec *navic* peut avoir été fait de l'Ebreu *hum* *chatoul*, qui signifie *un chat*. Les Latins disent *catulus*, pour signifier les petits de toutes sortes de bêtes ; qui est un diminutif de *catus*, & qui n'a rien de commun avec le *chatoul* des Ebreux. *M.*
CHAT-BORGNE. Dans la signification d'un homme facile à se mettre en colère. Matthieu Condiez, dans son livre de *core. ferm. emendatrice*, édit. de 1559. chapitre 58. n°. 16. Il est dépiteux comme un chat-borgne. *Est iracundus, stomachosus est*. La prononciation qu'on fait de ce mot à Metz, où il signifie un homme dépiteux, mais principalement un opiniâtre, ne permet pas de croire que ce soit un composé de *chat* & de *borgne* : car on prononce *chabogne*; au lieu que s'il s'agissait d'un *chat borgne*; comme dans le *patois* de Metz *chat* n'a qu'un genre, qui est le féminin, on dirait *chate bogne*, ou plutôt *nune* (une) *chate-bogne*, au lieu qu'on dit toujours & seulement de *chabogne*. Ainsi je suis très-perfusé que *chat borgne*, dans la signification de dépiteux & d'opiniâtre, est une corruption de *chabogne*, dont on n'entendait pas la signification, & qui vient de *capum*, dit par métaplaïsme pour *caput*. *Capum*, *capi*, *capo*, *cabo cabonus*, *cabanus*, *chabogne*; & que c'est *chabogne* qu'on a dit originellement, & non pas *chat borgne*. Le Duchat.
CHAT-CHASTEL. Ce mot dans la signification d'une machine de guerre, comme celle qu'on appelait *Tortue*, se trouve plus d'une fois dans les Mémoires du Sire de Joinville. Le même, chapitre 26. ii (Le Roi Saint Louis) *fit faire deux beaufrois qu'on appelait chat chateils; pource qu'il y avait deux chateils devant les chats; & puis deux maifons derrière qui étoient pour recevoir les coups que les Sarrazins jettouent avec des engins qu'ils avoient fait faire jusqu'au nombre de seize, lesquels demeuroient tout droits, & jettouent de groffes pierres à merveilles*. Comme ces bérois dont le *chat-chatel* étoit une espèce, étoient une sorte de tour ou de château de bois, & que le *chat-chatel* étoit une de ces tours, accompagnée des deux autres moindres tours qui la couvroient ; il est visible que ce mot vient de *castro castellum*, par le retranchement de l'r, comme en *chaton* fait de *cathorne*. Dans l'Histoire de Charles VI. page 50. de l'édit. du Louvre 1653. cette machine est appelée *char* (carrus) ; & c'est peut-être de *char* qu'on l'aura appelée *chat*, par corruption. *Le Duchat*. CHATEAU DU LOIR. Ville. Voyez *loir*. *M.*
CHATEAUGONTIER. Ville de l'Anjou. De *Castellum Gunterii*. Le Père Sirmond, dans les Notes sur ces mots de l'épître xi. du livre v. de Geoffroy Abbé de Vendôme : *Arelardum de Castro Gunterii*, page 88. *Castellum Gunterii Meduana fluvio impositum in pago Andegaveni ad veterem vicum Basilicarum, nobilem sorvitum est conditorem Falconem III. Comitem, sed nomen ignobile a villico Falconis Gunterio. Rem narrant antiqua Tabula Monasterii Sancti Albini de Castro firmato in Curte Basilicarum, quibus Fulco ipso suscripsit anno 1037. Earum hoc initium : Anno ab Incarnatione Domini M. VII. Indictione v. Goffridus Martellus natus est : Et pater ejus Fulco, nobilissimus Comes An- decavorum, filius Goffridi fortissimi Comitis, qui cognominatus est *Griffa Gunteria*, firmavit Castellum super Meduanam fluvium in Curte quæ vocatur *B. filica* : quam ipse ante plurimos annos pro quadam Curte quæ nuncupatur *Undanti vitia*, in pago Belvacensi sita, Reinaldo, Abbati, & Monachis Sancti Albini, commutaverat, eisque foli- dans & quicam, cum omnibus ad quum pertrun-ribus, in perpetuum p. fildendam tradiderat. Firmato itaque castello, eoque, ut poterat, munito, ex nomine cujusdam villici sui, illud *Castellum Gunterii* appellavit. *Villicus*, dans les anciens Auteurs Latins, signifie un *Concrege*, mais dans les Ecrivains de la Baille-Latinité, il signifie un *Capitatine de Chateau*. Voyez *M. du Cange*. Et c'est apparemment en cette signification qu'il doit être pris dans l'endroit ci-dessus allégué : quoique Meffieurs de Sainte Marthe, dans leur Concologie de Chateaugontier, imprimée, dans l'Histoire d'Alençon de Gilles Bry, livre 3. chapitre 2. aient aussi traduit par *Fermier* le mot *villicus* de ce Titre de S. Aubin d'Angers. Voyez mon Histoire de Sable, livre 3. chapitre 17. *M.* CHATEAUNEUF : petite Ville de la Province d'Anjou sur la rivière de Sarte. Jean, Moine de Marmoutier, livre 1. de l'Histoire de Geoffroi le Bel, Comte d'Anjou : *Eupropter proprius Consul, ut terra, hostium patens inarsibus, tatior estet, Castellum novum super Sariam re & nomine adis-cavit : quod ficus sui & decore inimicis invidiam, suis obiectamentum parit & se aritatem*. Voyez mon Histoire de Sable, livre vi. chapitre 2. *M.* CHATEAUROUX : petite Ville du Berry. De *Castellum Radulfi*. *M.*
CHATEMITE. M. Bochart le dérivoit de *catamitus*, qui se trouve pour *Ganymedes*, & pour un bardache. Touchant l'étymologie de *catamitus*. Voyez *M. Vossius* sur Catulle, page 112. *M.* L'étymologie que Bochart donne de *chatemite* est ridicule. Ce mot, qui signifie l'affectation d'une contenance humble, douce & flacuse, pour tromper quelqu'un, ou pour attrapper quelque chose, est un composé de *cata*, *chate*, & de *mictis* doux. Rien ne pouvoit mieux exprimer une mine douce & flacuse que ces deux mots joints ensemble. On fait quelle est la mine du chat quand il veut flater. On dit aussi *catamiti* à peu-pres dans le même sens que *chatemite*, & l'étymologie de ce mot est la même.
CHATEPELLEUSE. Les Normands appellent ainsi une chenille. Les Anglois disent *caterpillar*. *M.*
CHAT-HUANT. Oiseau nocturne, qui à caufé des yeux qu'il a semblables à ceux des chats, & du cri qu'il fait de nuit, est ainsi nommé *Eucherius ad Salonium* liv. 2. chap. 9. *Sunt qui ululas putent avec esse nocturnas, ab ululatu vocis quem efferunt ; quas vulgo cavannos dicunt*. Aldhelmus, dans son de *Laudibus Virginitatis*, chap. 18. *Unde ritu falconum, accipiterum, seu ceste ad inflar calvanorum, atuntur*. Je crois que *cavannus*, & *calvanus*, ont été formés de *chat-huant*. Caïe-neuve. CHATON de bagne. Lat. *pola*. Gr. *opulatus*. De *cathorne*, ablatif de *castro* : d'où les Italiens ont aussi fait *cathorne*. Les Espagnols disent aussi *engastar*, pour enchaffer une pierre précieuse. Voyez mes Etymologies Italiennes, au mot *cathorne*. *M.*
CHATOUILLER. Julien Taboet, dans son livre de *Republica & Lingua Francisca*, & quel- ques autres après lui, disent que nous avons fait ce mot de *catullere*, qui signifie proprement le prurit & la demangeaison des chiens lorsqu'ils font en chaleur; mais qui depuis a été dit de toute sorte d'animaux. *Cafeneuve*.
CHATOUILIER. De *catullare*, qu'on a dit par métaplaïsme pour *catullere*. Les Normands & les Picards disent encore *catouiller*. Nous disions anciennement : *viller*, & *catilllement*. L'ancien Dictionnaire Latin François du P. Labbe. TITILLATIO, *Catilllement*. TITILLARE, *Catiller*. Ce passage ne permet pas de douter de cette étymologie. Bouteillot, qui dérive *chatouiller* de *catouiller* n'a pas bien rencontré. Julien Taboet, dans son livre de *Republica & Lingua Franca*, l'a aussi dérivé de *catullere*. M.
CHAUD. De *caldum*: qu'on disoit du tems d'Auguste pour *caldum*. Quintilien, liv. 1. chap. 6. *Sed Augustus quoque in pistolet ad Catem Cafarem scriptis, emendat quod is dicere calidum quam calidum malit : non quia illud non sit Latinum, sed quia sit odiosum; & ut ipse Graco verbo signifi. avit, & 1. chap. 11.* Vous trouverez *vasa caldaria*, dans Vitruve, qui vivoit du tems d'Auguste. Anciennement nous disions *calt*. Ekeckardus de *Cafibus Monasterii Sancti Galli*, chapitre 10. *Cum autem etiam Ekkgardus ipse per se esset eleemosynarius, jocundum quiddam de eo dicemus. Hominem quemdam domesticum, cum ad hoc quidem destinaverit ut si quo pauperes vel peregrinos diceres, clam in domo ad hoc decreta lavaret, raderet, vestitos reficeret, & noctibus, jussos ut nemini dicerent, a se emitteret : accidit quadam die, ut ei Contraetum, (Gallum genere) carruca adveetum, ut solebat, committeret : quem ille, grossum quidem & crassum, cum toto virtutum annis, clauso super se solos, ut jussus est, hostio, vix in vas lavacri provolveret, maledicens : erat enim irscibilis, vere, ait, simpliciorem quam dominum meum hodie nescio hominem; cui bene faciat, discernere nescit : mihi quoque tam pis rem bellionem dorso festollere injunxit. At Contraetus, cum aqua sibi lavacri nimis videretur calida, Gallicé rustice, kalt, kalt est, ait. At ille, quoniam in Tentonum lingua, frigidum est, sonat : & ego, inquit, calefaciam; hangtamque de lebete ferventi lavacre oriundit aquam, &c. Sur lequel endroit voyez Goldast dans ses Alémaniques, tome 1. section 1. page 205. ¶ Les Anglois disent aussi *cold* pour *froid*. M.
CHAUDEAU. Nicot : CHAUDEAU : *Juscalum, forbellum, forbitio*. De *caldellum*, parce qu'on le prend chaud. Dans la Règle de S. Césaire : *Biberas ad refectionem, id est, in astate merum, & tres caldellos, &c.* Les Latins ont fait de même jus de *zou, ferveo. zou, zou, zou jus*. Voyez mes Aménites de Droit, au chapitre des Etymologies des Juridiconfultes. M.
CHAUDECOLE. L'Auteur de l'ancien Stile du Parlement, chap. 31. *Et faciunt differentiam inter murum & occitionem. Quia murtrum dicunt esse, quando fallum est scienter, & pensatis insiditis : occitionem, quando fallum est sine propisito, sed in rixa, que Gallicé dicitur chaude-cole. De calida chola. Chola, c'est zou. Et de-la cholera*. Nicot : CHOLE ou COLE. *Ire, courroux, cholere : zou. Il est, ira, fil, bilis : ce qu'il a pris mot pour mot de Robert Etienne*. M. On a dit *chole* en la signification de *chaude-chole* : & je pense que l'un & l'autre de ces mots sont opposés au *guit a pens*. Rabelais, liv. 1. ch. 4. de l'édition de 1542. (c'est le 49. des éditions modernes) Picrochole ainsi désespéré s'enfuit vers l'île Bouchars, & au chemin de rivière son cheval broucha-par-terre; à quoi tant fut indigné, que de son espée le tua en sa chole. Le Duchat.
CHAUDIERE. De *caldarium*, ou *caldaria*. Les Gloes : *caldarium, xicou*. Un autre Glossaire : *Squapio, caldaria*. Cafeneuve.
CHAUDIERE. Les Gloes : *Squapio, caldaria*. *Caldarium* le trouve en cette signification dans Cogitofus, en la Vie de Sainte Brigié, pag. 618. du V. Tome de Canifus : *Nam cum illa asquando in caldario lardum adveniemibus hospitibus coxerat*. Et dans les Gloes anciennes : *Caldarium, xicou*. *Caldaria* le trouve aussi en cette signification. Heremannus, dans son livre de *Restauratio* S. *Martini Tornacensis*, chap. 22. *Protimus vero vas eneum, maximum, quod vulgus lebetem, seu caldarium; vocat, publice in foro, &c.* Voyez M. du Cange, dans son Glossaire Latin. M.
CHAUDRON. De *caldarione*, ablatif de *caldario*, fait de *caldus*, contraction de *caldus*. Les Grecs ont appellé de même *Squapio* un chaudron, *moi vi Squapio, a calore*. Voyez François Pithou sur le Titre de la Loi Salique de *aneo*. M.
CHAUFER. De *calfare*, fait par contraction de *calfacere*. M.
CHAUFERETTE. Réchaud. Ch. Etienne croit qu'elle est ainsi appelée *moi vi xauua qipio*; parce qu'elle porte le feu : ce qui a d'autant plus d'apparence que Pollux l'appelle *cogipio* porte-feu. Mais il semble que nous l'appellons ainsi, parce qu'elle sert à chauffer ou réchauffer les viandes : d'où vient aussi le mot de réchaud. Cafeneuve.
CHAUFERETTE, ou CHAUFERETTE. L'étymologie de Lazare Barf, qui dérive ce mot de *xauua qipio*, est ridicule : Et je ne puis assez m'étonner que M. de Cafeneuve l'ait approuvée. Voici les termes de Barf : *xoua u vero, & xoua u, fartaginem dicimus, ut opinor*. Nos vulgus Galli la poaille, ut vocabuii Graci non leviter pressa vestigia retinere videatur : *usque adeo Galli sunt qu'ualanc*. Illam vero, quam chauferettam dicimus, Julius Pollux *wupio dicit, & wupio. Apud nos dicta videtur *moi vi xauua qipio*, chaufette. Sed de his satis. Ridebunt enim, ut video, istum meum Gallicarum d'illonum *wupio Germanis simul & Itali : sed rideant, modo valeamus*. C'est dans son Traité de Vasculis. ¶ Chauferette a été fait de *calfacere*. Calfacere, calfare, calfaretum, calfaretta, CHAUFERETTE. Ce mot est fort usité en Anjou & à Paris. M.
CHAUFOUR. C'est un four à chaux. De *calx* & de *fumum*. CHAUFOURNIER, c'est celui qui fait la chaux : de *calcifurnarius* : qui se trouve dans les Loix Bavarolises, Titre 1. chapitre 14. M.
CHAUGAU. On dit à Metz qu'un homme est un *chaugau*, pour dire qu'un homme est méprisable & par sa mine & par toutes ses qualités personnelles. Et un *chaugau* est aussi ce que le François appelle un *grigou*. On comme M. Ménage croit que *grigou* pourroit bien venir de *grecus*, la plupart des Grecs qui viennent en France étant fort misérables; & qu'il y a une sorte de culotes ridicules, qu'on croit avoir été appellées *grecques*, ou *gregacques*, de ces Grecs qui en portoient de semblables : je ne doute point que le Messin *chaugau*, que le François prononceroit *calgal*, ne vienne de *caligalis*, & que ce terme de mépris n'ait été inventé du tems que les habits longs longs longs étant à la mode pour les honnêtes gens, il n'y avait que les gens de rien qui portaient des cu- lotes ou des habits courts : auquel tems aussi fut inventé le terme de courant, autre terme de mé- pris, qui désigne aujourd'hui particulièrement les garçons de boutique chez les Marchands de Drap. On a dit aussi caligatus pour caligalis. Le vocabu- laris Juris, impr. en 1538, au mot caligatus : Ca- ligatus, id est miserimus. Inde caligatus miles di- citur qui habeat ferreas orreas : vel caligas de ca- rio. Estam idem est quod infirmus vel obscurus. . . . Dicebantur autem milites caligati, tenuissima foris & pedremarum clathium milites, qui ocreas anae getiabari. Autor est Livius lib. 1. ab urbe condi- ta, Caligatus voce caligatus. Le Duchat.
CHAUME. De calamus. M.
CHAUMENI. Rabelais, 1. 30. Quelque morceau de pain chaumeni. M. Dans cet endroit de Rabelais, imprimé en 1542, chez Etienne Dole, on lit chaumofy, & non pas chaumény. Mais dans les éditions de 1547. 1555. & de 1626. on lit chaumény au ch. 28. du livre 3. Je crois que pain chaumény vient de calamus, & que c'est de gros pain où il entre du chaume. Calamus, calaminus, calaminius, chaumény. Le Duchat.
CHAUMONT. Nom de plusieurs lieux. Il y a Chaumont en Baffigni ; Chaumont dans le Vexin François ; Chaumont en Touraine ; Chaumont en Sologne ; Chaumont dans le Retelois en Champa- gne ; Chaumont dans le Charolois ; Chaumont dans le Genevois, &c. Ce nom vient du Latin Calvus mons, montagne chauve ou pelée; & il a été don- né à ces lieux parce qu'ils sont situés sur des hau- teurs stériles, qui ne produisent rien, ou presque rien.
CHAUSSE. De caliga; comme fraise, de fraga. Caliga, calga, CHAUSSE. L'Auteur de la Vie de S. Udalric, chap. 25. Abstrahere sibi fecit caligas & calceamenta, ut nudis illicc pervenires pe- dibus. Guillaume le Breton, livre 2. de la Phillip- pide : Brugia, qua caligis obnubit crura poten- tum. Voyez Franciscus Angelus Rocca Camers sur le chapitre 84. du livre 4. de la Vie de Grégoire le Grand, de Joannes Diaconus, où il traite ample- ment de la signification du mot caliga, & Pierre Pi- tou dans ses Adversaires, au ch. de campago & cali- ga. ¶ Caliga a été fait de caligo, qui est une sorte de peau. Voyez M. de Saumalie sur L'uffoire Au- guffe, page 290. De caliga, les Grecs modernes ont fait caligatus. ¶ Chauffe, a été fait de caliga, en cette manière : Caliga, calga, calca, CHAUSSE : Et c'est pourquoi, pour suivre l'étymologie, il fau- droit écrire chauffe. On a écrit chauffe, pour chau- ffe; comme fraise, pour fraice, de fraga. ¶ De ca- liga, on a fait caligo caligonis; d'où nous avons fait califon, & chauffon. ¶ De caligas les Efp- gnols ont aussi fait caligas. Caligas, caligas, caligas. M.
CHAUSSE. Il n'y a guère d'apparence que ce mot vienne du Latin caliga, comme le veut M. Ménage. Cette étymologie me paraît trop forcée. Je crois qu'il vient plutôt des Langues septentrio- naies. Les Allemans disent hofen, les Flamans hou- fen, les habitans du pays de Galle hofan, Les An- glosaxons, les Francs & les Lombards, disont hofa. De-la le Latin barbare ofa & hofa, & le vieux Tome I. mot François houfeau. Tous ces mots signifient différentes sortes de chauffures. Nous avons ajou- té un C au commencement du nôtre, ainsi que dans plusieurs autres. Ecoutons Wachter dans son Gloffar. German, au mot Hofen. Voilà comment il s'explique : HOSEN significat, quarum potes, bra- cas, tibialia, feminalia, caligas, &c. Oritur enim, ab huten regere, per liquationem T. in S. Unde mi- rum non est, hoc derivatum apud diversus diversa vestimenti genera demolare, cum omnibus tegumen- tis significandis aptum natum sit. Vox omnibus popu- lis Celticis ab antiquo communis, qua Cambis es- fertur hofan; Anglosaxonibus, Francis, & Longo- bardis, hofa; Belgis kouffen. Inde Latino-Barbatis ofa & hofa; Gallis chauffe, & chauffer; qualifi- go male ducuntur à Latino caliga. Boxbornius in Lexico Ant. Brit. hofan tibiale, crurale, caliga. Benfonius in Voc. Anglosaxon. hofa caliga, hofe- bendas periscelides, scin-hofae ocrea, à scina crus. Gloff. Pez. caliga hofum, corrigta caliga hofane- ftila. P. Warnefridus de Gestis Longobardorum lib. iv. cap. 23. Vestimenta eis erant laxa, & maxi- mé linea, qualia Anglosaxones habere folent, or- nata infittis latioribus, vario colore contextis. Cal- cei vero eis erant usque ad fummum pollicem pe- ne aperti, & alternatim laqueis corrigiarum reten- ti. Postea vero corperunt Hofis uti, super quas equitantes tubrugos birreos mitrebant. Quid sint Tubrugi explicat Cangius in voce.
CHAUSSE. C'est une espèce de digue, où levée, pour arrêter l'eau d'un érang ou d'une ri- viere. Elle est ainsi appelée, comme qui diroit calcata, du verbe calcare; parce que d'ordinaire les chauffées sont faites, non de matériaux rangés par art de maffonerie, mais entaissés confusément, & foulés aux pieds pour être plus fermés. Les Au- teurs Finium Regundorum disoient que les pierres qui servoient anciennement de bornes, étoient af- fermies tout à l'entour par cette sorte de maffon- nerie. Siculus Flaccus : Adjellis etiam quibusdam faxorum fragminibus circumcalcamus, quo firmius stareg. Vitalis, & Arcadius : Atios tegularum frag- minibus circumcalcamus. Et l'Hiftorien Hirtius, de Bello Hispanico, appelle pour cette raison cal- catas les fascines dont on se sert pour combler les foilés des Villes : Secumque extulerum calcatas, ad foilat implendas. Cafeneuve.
CHAUSSE. Pasquier liv. 8. de ses Recherches, ch. 62. croit que ce mot a été dit par corruption pour baufée & qu'on a dit baufé de baufé comme levée, de lever. Pasquier se trompe. Chauffe a été dit de calciatas, d'où les Italiens ont aussi fait calcata, & les Efpagnols calcada. Voyez Spelman & M. du Can- ge dans leurs Gloffaires, au mot calcata. Berger, dans son Histoire des Grands Chemins, dérive calceata, de calx, pour la plaine des pieds : Quant au nom François de CHAUSSE, il ne vient d'ail- leurs, sinon à caleibus; c'est-à-dire, des plantes des pieds, desquelles ces chemins sont ordinativement bat- tus en marchant : de même déduction que Callis, à callo pecudum vocatum, sive callo pecudum per- duratum, comme dit Isolare. C'est d'où vient que nos vieux ferres, qui servoient leurs titres en tel Latin qu'ils portoient, il y a 200. ans & au def- sus, appellent ces chauffées Calceias & Calciatas, ainsi que nous avons dit, lorsque nous avons pa- lé des chauffées de Rennehauls, que les questions es- criores nomment Calceias Brunethildis. M. Je suis fort de l'avis de Sommer, qui croit que le mot calciata, dans la signification d'une char- fée, a été formé de calx calcis, qui signifie de la chaux, parce que les chauffées sont faites de fortes pierres, & cimentées de chaux & de sable. On les appelle en basse Normandie Chauffée, & Perrée, indifféremment, a chuté de la pierre & de la chaux dont elles sont faites. S. Add.
CHAUSSE. On prononçoit autrefois chauffée : ce qui me donne lieu de croire que ce mot pourroit bien avoir été fait de calcara, venant de calco, as. Froissart, vol. 1, fol. 114. v. édit. de J. Petit. Pour ce y eut sur la chauffée devant la terre grant horribleté de gens occis, navrez & abbatus. Mat. de Coucy, page 617. & 618. de son Hist. ch. 7. édit. de 1661. & dit cauchée pour chauffée. Le Duchat.
CHAUSSER. De calcare. M.
CHAUSSETRAPE. Rabelais, 3. 44. Pourrant seroit-ce souvent meilleur, c'est-à-dire, moins de mal en aviendroit, et parties controverses, marcher sur chauffes, que de son droit se déporter en leurs respontés & jugements. Comme jinhabirat Caton de son tems, & conseilloit que la Cour Judiciaire sus de chauffes payées. Nicot : CHAUESTRAPE, est un petit engin de fer à quatre pointes aigues, dont (comme descrit Végée liv. 3. chapitre 24.) les trois l'appuyant, & la quatrième est dressée amant, & est celle qui picque. Ceux qui suvent s'en servent, en semant plusieurs par ou 10 l'évadent, & même à heure nocturne, à ce que ceux qui les poursuivent s'enferment courants après eux, & se blessent les pieds, ou de leurs chevaux, ou soient détenus de crainte de s'enfermer; & par ce moyen, puissent les fuyards prendre la garite. Ainsi est dit les Annales de Nicole Gilles, que les assaisateurs du Duc d'Orléans se retrayant à l'herbe du Duc de Bourgogne, j'ostient derrière eux en fuyant plusieurs chauffes; ou bien pour empêcher l'abord de la Cavalerie des ennemis, comme soit Darius, au récit de Q. Curvins liv. 4. & les Romains contre les chars à faux des Rois Antiochus & Misbridates : ou pour empêcher les failles des assisages; ce que faire sur conseille à Scipio F. milion, tenant une ville assisée, comme est en l'alère, liv. 5. Murex terreus, ainsi l'appellent Cercius & l'alère est his lieux. On Tribulus, qui est le nom que Végée, audit passage, luy donne, le des rivaux, propugnaculum quatuor spiculis confium, & quod quoquomodo abjeceris, tribuit radiis stat, & erecto quarto infolium est. Et est pur Gree visco, & auquel Piutarque adjousté est & la raison duquel mot d'elle serrée, machine de guerre, est tirée de la figure de l'herbe assisée Tribulus, dont est faite mention au 7. chapitre de Saint Mathieu, & 6. de l'Epist. aux Hérrieux, & au 4. livre, ch. 14. de Dioscoride, & au liv. 5. de Théophraste : On parce (comme dit Dioscoride), que le Tribulus aquatique est & le crein resconce ses picquons, aussi les chauffes (comme soit ledit Darius) se mettent souvent entre deux terres, pour les celer à l'ennemi : On parce que ladite herbe porte la graine à trois picquons; Budée estant d'opinion que ladite chauffes est aussi tout à trois poinçons comme à quatre, Murex. C'est au contraire l'herbe qui a pris la dénomination de l'engin. Et l'engin a été dit de calcitrapa. Et calcitrapa, a été fait de calx, cal. is, & d'attrapare. M.
CHAUSSIN. Ita appellantus retrimenta illa, qua e muris putribus decidunt, vel qua e lapidibus exerumur, dum lavagantur manu arisbis. De calcium, formé de calx. C'est ce que M. Huet a remarqué à la marge de son Exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise de la première édition. M.
CHAUVESOURIS. C'est un mot composé de celui de chauve, & de celui de souris : parce que la chauvesouris est une souris volante; mais qui n'a point de plumes aux ailes : d'où vient que Lucien l'appelle qu'enfuit, alas membranaeas habens. Et pour cette raison de ressemblance à une souris, les Lyonnois l'appellent ratetolage : & les Languedociens, ratepenne, & ratepennade; comme qui diroit, rat empenné. Et ce mot de ratepennade, pour le marquer par occasion, a été donné par fabriquet à un Bochard, Comte de Vendôme. Voyez Ives, Evêque de Chartres, épître 119. Les Espagnols, pour la même raison appellent une chauvesouris muricigalo; comme qui diroit souris aveugle; parce qu'elle ne voit point en plein jour. Mus cacus, mus circulus, mure ciecolo, MURCIE-GALO. Caculus se trouve dans Virgile pour un nom propre. ¶ Belon a remarqué dans ses Singularités, que les chauvesouris des pyramides d'Egypte avoient une queue semblable à celle de nos souris. M.
CHAUVETE. De calvitare, ablatif de calvitas. Ce mot a vieilli. Nous disons aujourd'hui plus communément calvitie. M. Richelet a pourtant mis chauveré dans son Dictionnaire. Je remarquerai ici par occasion que Jule Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, veut que calvus ait été fait de capillis vacuus. M.
CHAUX. Pierre calcine. Ce mot vient du Latin calx; & le Latin calx est fait du verbe calco. La chaux se fait de pierres échauffées & brûlées. Les Allemans la, nomment kalk & kalch; les Gallois ou habitans du pays de Galle en Angleterre, calch, qui signifie aussi de la craie, ainsi que chalk en Anglois. Les Italiens disent calciné. Les Espagnols cal. Tous ces mots ressemblent beaucoup au Latin calx, & ils en viennent apparemment. Mais selon le Pere Pezron, qui tire presque tout du Celtique, le François chaux & le Teuton kalk sont faits du Celtique calch.
CHAYERE. Vieux mot qui signifie chaire. Il est encore en usage dans quelques Provinces, & on le trouve dans le Roman de la Rose : Sans plus faire longue prière, Il s'agit en une chayere, Jouxte de son aute assise. Ce mot vient du Latin cathedra, pris du Grec cathedra, qui est fait du verbe cathedra sedes. Voyez ci-devant chaire.
CHEF. De l'Itaien capo, qui a été fait de capum, qu'on a dit par métaplasme, au lieu de capus. Ceux qui se dérivent du Grec capus, comme Henri Etienne dans son Discours Préparatif pour l'Apologie d'Hérodote, page 161. se trompent : ce qui a été remarqué par Caninius, dans ses Canons des dialectes. ¶ Dans une lettre de Hincmar à Charles le Chauve, non imprimée, il y a, sacre de sue capite, id est, non conscio quocunque. Episcopo. C'est ce que nous disons en François, faire quelque chose de son chef; ou, de sa telle, sans en communiquer à personne. M.
CHEF. Les Grecs, outre capus, ont encore vus, pour signifier capus. Les Allemans disent kopf, les Flamans lyp. Les Goths, les Saxons, & d'autres peuples Teutons disolent *hamb*, terme qui est essentiellement le même que les précédents, la différence de H & de K estant rien. Quelle est la première origine de tous des mots? Est-ce le Grec, ou quelque autre Langue, d'où les Grecs même aient tiré leur *mœa*? L'Italien *capu*, & le François *chef* ont-ils été formés du Latin *caput*, comme veut M. Ménage, ou bien du Teutonique *kopf*, selon le sentiment de Wachter? Le Latin *caput* vient-il lui même du Grec *suppāna*, ou *mœa*? Questions étymologiques que je n'entreprendrai pas de décider. Il me suffit d'avoir montré la convenance de ces différentes Langues dans un mot qui leur est commun dans la même signification. J'ajouterai seulement, qu'en Langue Galloise, qui est un reste de l'ancienne Langue Gauloise ou Celtique, *coppa* signifie *cortex*, *apex*, *crißa*, & que *cop* ou *coppe* en Anglofaxon, signifie *apex*, *cacumen*, *fastigium*. Wachter dit que *gopha* en Ebreu veut dire *altitudo*, *elatio*, & *gaphah*, *altum*, *elatum* *esse*. Je ne trouve point cela. C'est *nau gabah*, qui dans cette langue signifie *altum esse*, *extollere se* 1 *nau gabah*, *altitudo*, *elatio* 23 *gab* en Ebreu & en Chaldéen, & 273 en Chaldéen, *eminentia altitudo*. Ces mots ressemblent assurément beaucoup à ceux des autres langues que nous avons rapportés, & peut-être même leur ont-ils donné naissance. Le Teutonique *kopf*, de même que le Gallois *coppa*, signifie aussi *summitas*, *fastigium*. Voyez Wachter dans son *Gloß Germ.* au mot *Kopf*. Au lieu de *gopha*, dont parle cet Auteur, il y a en Ebreu *nau gaphah*: mais ce mot veut dire *corpus* & non pas *altitudo*.
CHELIDOINE. Nom d'une plante qu'on appelle autrement grande Eclaire. Le nom de *Chelidoine* vient du Grec *suppāna*, qui signifie une hirondelle; & il a été donné à cette plante, parce qu'on a cru, dit Pline, qu'elle fleuritioit au retour des hirondelles, c'est-à-dire au premier printemps; ou parce qu'on s'est imaginé que les hirondelles s'en servaient pour rendre la vue à leurs petits à qui on avait crevé les yeux. Dioscoride dit qu'on le croyait de son tems. Aristote l'a cru de même; mais c'est une erreur que Celise a réfutée. L'expérience montre que dans moins d'une heure un animal voit fort clair, quoiqu'on lui ait percé la cornée jusqu'à faire fort plusieurs gouttes de l'humour aqueuse. Ainsi le nom de *chelidoine*, suppose qu'il vienne de-là, doit son origine, ainsi que plusieurs autres mots, à une opinion fausse & erronée.
CHELITE. *subst.* fem. Ce mot a été employé jusqu'à trois fois pour *traineau* par le Mercure François, tom. 1. fol. 172. b. de l'édition de J. Richer, Paris, 1611. Il vient de l'Alleman *schlitten*, qui signifie pareillement un *traineau*, & qui est aussi un verbe qui signifie *glisser*. Le Duchat.
CHEME. Mot Meffin, qui signifie un tabouret fait en forme d'un petit banc, ou d'une escabelle fort basse. De l'Alleman *schemel*, mot de même signification, qui, selon moi, vient de *scannulum*, diminutif de *scannum*. Un vieux Picautier en Roman, imprimé en Gothique environ l'an 1460. au Picaume *Dominus regnavis*, *irafantur populi*, &c. *Exauces Dieu Notre-Seigneur*, & *adomex le chemel de ses pieds*, pource qu'il est Saint. Voyez l'article CHEMMER. *Le Duchat*.
CHEMER, se chêmer. T. 3me populaire, qui se dit particulièrement des enfants qui ont du chagrin, du dégoût, ou quelque mal inconnu qui les fait crier, & les empêche de prendre nourriture, & de profiter. On le dit quelquefois des personnes un peu plus avancées en âge. Je dérive ce mot du Latin *gemere*, par le changement du « en est, qui est facile & ordinaire ».
CHEMIER. Vieux terme de Costume. C'est l'aîné d'une famille noble, ou celui qui le représente dans un partage de Fiefs comme qui droit, *chef premier*. Tous les puîtres sont appelés *paragers*, parce qu'ils partagent également *encr'eux*.
CHEMIN. De l'Italien *camino*. Je suis assez de l'avis de M. Ferrari, qui dérive *caminare* de *campinare*, diminutif de *campare*, formé de *minum*, c'est-à-dire la *jambe*, *gamma*; & qui dérive *camino* de *gambinare*. Bourdelet avait donné avant lui cette même étymologie. *Camino*, c'est le lieu où l'on marche. L'opinion du Pere Labbe, qui dérive *chemin* de *semita*, est insoutenable. Le Pere Labbe a pris cette étymologie de Charles de Bovelles. Celle d'Etienne Guichard, dans son Harmonie Evangélique, n'est pas meilleure, quoiqu'approuvée par Nicolas Berger, dans son Histoire des Grands Chemins, livre 3, chapitre 49. Voici les termes de Berger: *On tient que le nom iter est fait du supin* : ab eundo : quippe jux est hominis eundi. *Ce qui est conforme au dire de Varro : Quà ibang, ab itu iter appellirunt. On en peut autant dire du mot François, si ce qui se trouve de son étymologie est véritable. Car encore que ce soit un nom purement *môtre*, & qui n'est emprunté ny du Grec, ny du Latin, mais dans l'un qui nous est resté de l'ancienne Langue Gauloise; si est-ce qu'il peut bien avoir pris sa source de l'Hébraïque, avec laquelle on trouve qu'il l'a un *Galloise* ?*Gauloise* avait quelque affinité. *Et de fait, l'Alleman de l'Harmonie Etymologique estime que les mots de chemin & cheminer viennent du verbe Hérlien* non *chamae*, qu'il expose par ces mots : circuler, ambrer, declinare, elongare se, ire, & ambulare. *Et par ce moyen, l'originaire signification de chemin conviendra fort bien avec celle d'iter; l'un & l'autre signifiant un lieu par lequel on peut aller & marcher, les prenant en leur signification spécifique*. M.
CHEMINÉ. Du Latin-barbare *caminata*, formé de *caminus*. M.
CHEMISE. En Languedoc *camise*. Ce mot vient du Latin-barbare *camisa*. Le vieux Interprète de Lucain, sur ce vers: *Suppara nudatus cingunt angusta lacertus*: *Supparum est genus vestimenti quod vulgo camisa dicitur, id est, interula. Gubertus, dans son Histoire de Jérusalem, livre 3. Lineam interulam, quam nos camisa vocamus. Et livre 8. Camisa concissum, quam subuculum vocant. La Loi Salique, titre 61. In camisa discinibus & disculacias: qui est ce que nous disons, être en chemise. Au reste, camisa vient de cama, qui signifioit anciennement un lit; comme il fait encore en Langue Espagnole; parce que c'est le seul habit que nous portons d'ordinaire dans le lit. Isidore, livre 19. chap. 21. Camisa vocamus, quia in his dormimus in camis, id est, in fratris nostris. Le Glossaire d'Antileubus: Camisa vocantur, quid in his dormimus in camis. Caïeneuve.*
CHEMISE. De *camisa*, qui se trouve en cette signification. Paulus, Abbréviateur de Fethus, au mot *supparus*: *Supparus*, *vestimentum puellarum* 2 x ij linenum, quod & subucula, id est camisa dicitur. Le Schoilaite de Lucain, sur ce vert. Suppara nudates cingunt angusta lacertes: Supparum, est genus vestimenti quod vulga camisa dicitur, id est interula. Saint Jérôme, dans l'épître à Fabiola touchant l'habillement Sacerdotal: Vole pro legentis facilitatee abuti sermone vulgare. Solent militantes habere lineas, quas camisa vocant, sic apias membris & adstricitas corporibus, ut expediti sint, vel ad cursum, vel ad pralia. Camisa a été fait de cama, comme Scaliger l'a très-trétable- ment remarqué sur le lieu de Paulus ci-dessus rap- porté. Voici ses termes: CAMISAM usurpas Pa- lus: verbum sua aatis ac suorum hominum elegan- tia dignum. CAMA est barbarum vocabulum, la signi- ficat lectum. Hadisque in idiutibus suo vestione His- pans: Camas enim lectos vocant. Ab eo tunicam li- neam nocturnam vocarum camisam. Autior Iside- rus, & ipse homo Hispanus. Vossus veut que le Latin camisa vienne du François chemise: en quoi il se trompe. C'est dans son de Vitis Sermatis, livre 1. chapitre 4. Touchant le mot de camisa, voyez Lindembrog, & M. du Cange, dans leurs Glossaires, au mot camisa & Vossus, au lieu allégué, & Casaubon sur Saint Mathieu, v. 40. Eustathius expliquant le mot xylos, dit que c'est ce qu'on appelait de son tems vulgare. Les Ara- bes disent camis. Ce mot se trouve souvent dans la Version Arabe du Nouveau Testament, pour si- gnifier ce que les Grecs appellent iparus, xylos, vestimus M.
CHEMISE. On ne sautoit douter que ce mot n'ait été fait du Latin-barbare camisa. Mais est-il bien vrai que camisa l'ait été de cama, comme prétend M. Ménage, après Scaliger? C'est ce que je ne crois nullement; cela est trop forcé. D'ail- leurs quel rapport entre une chemise & un lit, pour que l'un soit tiré de l'autre? Il faut, pour une bonne étymologie, une certaine convenance non- seulement de lettres, mais encore de sens. Ainsi j'aimerois encore mieux dériver camisa de l'Arabe camis, ou plutôt kanis: la dérivation leroit au moins plus naturelle. Wachter, dans son Glosa- rium Germanicum, au mot Hemd, fait venir ca- misa de ce mot Teutonique: Hemd, dit-il, indu- sium, interula linea. Proprié notas tegmen, & di- ctur per synecdochen generis de quavis indumento, ut demonstravi in heimen tegere. Indo Gracis ipar- us pallum, Francis hemida vestis, tunica. Not- kerus, Psalm. xxi. 19. Umbe mina hemide unur- fen sie loz, super tunicam (vestem) meam miserunt serem. Lacum observavit Schillerus in Glosario. Hoc imitantur Latino-barbari in voce camisa: quam Scaliger, ad Festum, deduxit à cama lectus; ut proprie sit vestis lectualis & nocturna. Hunc reliqui ut grues ducem sequuntur. Verum qui aures habent litterarum mutationibus adfuitas, camisam ex he- mida factum dubitare non possum. Quid enim magis obvium, quam H in C, & D in S converti? La- tino-barbaras postea imitati sunt Galli, Itali, His- pans, in vocibus chemise, camice, camisa. Qui- dam Hellenista nobis offendum iphum indumentum, & ex illo vocem Germanicam faciunt per metathe- sin, majori erga Gracas liceras affectu, quam lingua patria notitia. Et auparavant au mot Heimen, le même Auteur avoit dit: Heimen, tegere Stieru- helminis tribuis Smecis hamma, in Glosar. Ulph. Goth. pag. 81. 88. Kiliamus Belgis heymen, in Etymologico. Uterque regendi significatu. Quamvis autem hoc verbum in priscurum monumentis non re- periatur, verum tamen esse, & antiquitius usurpasum, multa evincunt derivata, qua tanquam pignoria pa- rentem referunt. Hujusmodi sunt, quod Anglo-Saxo- nibus hamod est tectus, sucis-hamod incarnatus, carne tectus, haam superpeticicum, hom eolobium; Islandis hamur exuvia; Gracis iparus pallum; Latino-barbaris camisa, tunica linea; Germanis hemd induxium, camisol subucula, inducula, him- mel tectum suspensum, & cœlum. Qua cum nos- quam aptius quam ad metinem regendi referti posse videantur, verbi perennis imaginem in se tanquam in speculo considerantibus objeciunt. Et his jam con- sidentius addimus heim, quatenus tectum & locum tectum significat. Voyez l'Auteur au mot Heim.
CHENAPAN. Vaurien, bandit. Ce mot est tiré de l'Alleman. Voyez ci-dessous, Schna- pan.
CHENEAU. Substantif masculin. Canal qu'on pose le long des bords d'un toit, & qui sert a en faire écouler les eaux. De chêne, parce que ce canal se fait de bois de chêne. Les Messins écri- vent chenau, & sont ce mot féminin. Chenau, substantif féminin, est aussi un écoulement de l'eau de la mer, sujet au flux & au reflux. Voyez les Mémoires de la Ligue, tome 1. page m. 6. Le Duchat. CHENETS: petits landiers. Par corruption, pour chienne, à cause qu'on les faisoit ancienne- ment en façon de chien: & il s'en trouve encore à présent dont les pates ressemblent à celles des chiens. A Rouen, où on dit quener pour un petit chien, on y dit aussi quemer pour ces petits che- nets sans branches; ce qui ne permet pas de dou- ter de la vérité de cette étymologie: & ceux qui la traitent de ridicule, sont eux-mêmes ridicules. On disoit autrefois chienne, pour dire un petit chien. Villon, dans son Grand Testament: Un beau petit chienne couchant, Qui ne laitra poulaille en voye. Et en Périgord, on dit encore chiner. ¶ Tous ces mots ont été faits de camis, de cette façon: camis, cane, canettes, CHANET, CHIENNET, CHENET. Cannetus, QUENOT, CHINOT. Il y a plusieurs per- sonnes qui s'appellent Chanet. M.
CHENEVIS. C'est la graine de chanvre. De cannabisum. Voyez chanvre. Huile de chene- vi, dont se servent les Peintres. C'est à peu près ce que dit Héfychius: canis & canis & canis is inconsistent, opi & canis. M.
CHENEVOTTE. Périon le dérive ridi- culement d'axis vus, quod scapus ille inanis sit & vacuus. Il vient de cannabis, qui signifie du chanvre. Cannabis, cannabinus, cannabinatus, cannabinata, CHENEVOTTE. M.
CHENIL. De canile: d'où les Anglois ont aussi fait kennel. Canile a été fait de canis; com- me aguile d'agnus. Les Glosses anciennes: aris, i viris, aguile. Et comme caprile, de caper. Les mêmes Glosses: aris, i parile, caprile. Maisha aris, caprile. Et comme bovile, de bos. Les mê- mes Glosses: bovis, bovis, bovis. Le Glo- saire intitulé Excerpta ex verri Lexico: bovile, bovis. Et comme ovile, d'ovis. Le même Glo- saire: ovile, bovis, et comme equile, d'equus. Le même Glossaire: equile, iovis. M.
CHENILLE. De canicula, à cause de la ressemblance qu'ont certaines chenilles à de petits chiens. Il n'est pas extraordinaire de dénommer de petits animaux de la ressemblance qu'ils ont à de grands animaux. On a dit *camelion*, de la ressemblance qu'à ce petit animal pour la tête & pour la queue à un lion. Nous appellons les cloportes des *porcelles*, de leur ressemblance à des pores. Et les Grecs les appellent *chevau*, de leur ressemblance à des *huets*. Le Père Labbe, page 18, de la deuxième partie de ses Etymologies Françoïles, improuve cette étymologie : mais sans en donner d'autre. En voici une autre, que je propose à mes Lecteurs : *Eruca*, *erucana*, *erucanilla*, *canilla*, CHENILLE, *M.* C H E M I L E. Elle est appelée en Grec *cui cienne*, par le Poète Antiphanès dans l'Anthologie manuscrite : à 5 *xius holius* *xuyx* 9. Ainsi *chenille* veut dire *petite chienne*. Huet.
CHENINS. Sorte de raisins. Rabelais, 1. 2. *Et avec gros raisins chenins est que les jambes de Forgier mignonement : si bien qu'il fut tantôt guiri*. Peut-être de *caninus*. M.
CHENU. De *caninus*. Les Gloves : *cubis*, *caninus*. Cette étymologie est indubitable : & je ne puis assez m'étonnes que M. Borel ait *dixité chenu*, qui est le même que *chenu*, de *chef nu*. Outre que *chef nu* ne vient point de *caninus*, *caninus* ne signifie pas *chouve*. M.
CHEOIR, ou CHOIR. Du Latin *cadere*. CHEOLER, CHOLER, ou CHOULLER : mot Picard, qui signifie *jouer au ballon*. De *cheollare*, qui se trouve en la même signification dans Lambert d'Arles. Voyez M. du Cange & M. de la Thaumassière, dans leurs Gloffaires. M.