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03.0 Dictionnaire etymologique — CRECERELE – DEBOUTER

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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CRECERELE. Jules Scaliger, dans ses Commentaires sur les livres d'Aristote de l'Histoire des Animaux, le dérive de querquerella : Est tinnunculus, cenchris Æliani. Eum ganivellam Itali : Vascones, segaitol; quod passeres e sepiibus fuget, & capiat : Franci, quercerellam, non corrupta voce, quasi cenchrelillam, ut ait Ruellius in Afilio, sed quasi querquerellam. Nam querquerum lamentabile dixerunt Veteres : semper enim strides, & queri videtur. M. de Saumaise le dérive de crepitacilla : Tinnunculus, crecerella nostra est, a voce quam edit inter volandum. Sic eam nominarum, quasi crepitacillam : Nam & crepitacilla puerorum lignea, similiter crecerella vocamus, & Latino salta dictione. Tinnunculum, vel tinnunculum, Latini ab eadem ratione neminarum, quod semper tinniat. C'est sur Solin, page 340. Je ne suis ni de l'avis de Ruellius, ni de celui de Scaliger, ni de celui de M. de Saumaise. Et je tiens que crecerelle a été fait de crecerella; qui l'a été de qui est une sorte d'oiseau dont la voix est fort aigue. xiiii, ippii, crecara, crecerella, CRECERELE. Nous appellons aussi crecerelle, ce petit moulinet dont nous nous servons le jeudi & le vendredi de la Semaine Sainte, au lieu de cloche. Pasquier, livre VIII. chapitre 61. de ses Recherches, croit que ce petit moulinet a été ainsi nommé à cause du son qu'il fait : mais il l'a été à cause de l'oiseau qui porte ce nom, à la voix duquel le bruit qu'il fait est semblable; comme l'a fort bien remarqué M. de Saumaise. M.
CRECERELE. On dit aussi creffelle, dans la signification de cet instrument dont on se sert le Jeudi & le Vendredi Saints, au lieu de cloches. Boileau, dans son Lutrin, Chant IV. Viens, Girot, seul ami qui me reste fidelle : Prenons du Saint Jeudi la bruyante Cresselle. Et deux vers plus bas : Il dit. Du fond poudreux d'une armoire sacrée Par les mains de Girot la Cresselle est tirée. Ils sortent à l'inflant, & par d'heureux efforts Du lugubre instrument sont crier les ressorts. C'est un abregé de crecerelle. Je veux bien croire, avec M. Ménage, que crecerelle a été fait du Latin crecerella, & que ce dernier l'a été du Grec xiiii, sorte d'oiseau dont la voix est fort aigue. Mais comme xiiii vient du verbe xiiii, qui signifie entre autres choses, rendre un son aigu & désagréable, & que ce verbe, de même que le François craquer, auquel il ressemble si fort, peut très bien avoir été fait par onomatopée; il s'enfuit que le mot crecerelle, soit pour le nom d'un oiseau, soit pour le nom d'un instrument, peut aussi avoir pour origine une onomatopée; & qu'ainsi Pasquier n'a pas tout-à-fait tort de croire que l'instrument appelle crecerelle a été nommé de la sorte à cause du bruit qu'il fait. Ce mot a de l'affinité avec le verbe Arabe karkara, qui se dit du gémissement de la colombe, du bruit que font les vents dans le ventre, des cris des chameaux, & des chants de ceux qui les conduisent. Ce terme Arabe semble aussi être une onomatopée. Voyez ci-devant Craquer.
CRECHE. De greppia : dont les Italiens se servent dans la même signification. Les Languedociens disent greppio. Greppio & greppia ont été fait de prasepe. Prasepe, prasepia, greppia, greppio. Nous y avons changé le P en CH : comme en proche, de prope, &c. Prasepia, au féminin, se trouve dans les Gloses anciennes : Prasepia, qu'il. M.
CRECHE. Quand il seroit vrai que ce mot François viendroit de l'Italien greppia, selon le sentiment de M. Ménage, il ne s'enfuit pas que le mot Italien vint du Latin prasepe. La dérivation n'est pas assez naturelle; quoiqu'il soit vrai que le P se change quelquefois en CH, comme dans proche, de prope. Tachons-donc de découvrir une autre origine, tant du mot Italien que du mot François. Nous la trouverons peut-être dans la Langue Teutonique; & pour cela je rapporterai ce que dit Wichter dans son Glossarium Germanicum, au mot krippe, où il s'exprime de la manière suivante : Krippe, peiten, & ob similitudinem etiam rastrum, instrumentum dencatum. Vox Celtica Armonicis crib est peiten, cribyn peiten, rastrum, sarculum. Camiris cribinio sarire, pectinare, sarculare. Qua vide apud Boxhornium in Lex. Ant. Brit. Hibernis quoque cribam peiten denatare, restis est Tolandus in Druidibus. Hic primus vocis significatus, quamvis extinctus. Krippe, prasepe. Belgis krib, kribbe, Anglis cribbe, Suecis kribba, Italiis greppia. Vox a Francis predominata, & reliquis veterum dialectis pene insistata. Nam praepeium, de quo agitur Luc. II. v. 12. 16. interpreti Gorbico dicitur uzeta, quasi linter ex quo pabulum comeditur, Anglo-Saxonico binne, quasi vannus. Soli Franci utuntur crippa krippha, & chripho, & qui Francos hodie imitantur Germani & reliqui. Tarianus, cap. v. 13. Inti gilegita inan in crippes, & reclinavit cum in prasepi. Quod Otridus in verum sic exprimit, lib. 1. cap XI. 113. In krippha man n'an legita, Tha man thaz fihu nerita. In prasepio ponebatur, Ubi pecus alebatur. Tertiam vocem, qua Notkori est, siffit Schilterns in Gloss. pag. 173. reliquas silentio præterit. De origine vocis nemo (quod fetiam) sententiam dixit præter Junium in Observationibus ad Villeranum, pag. 71. qua hujusmodi est. In vetuftioribus monumentis Anglo-Saxonicis nufquam adhuc, quantum memini, obtulit se mihi cribbe; sed ejus loco binne & bosge, vel bosge dicebant. Unde mihi prope-mudum liber fufpicari, pofteriorem patetum nostrorum ætatem vocabulum hoc, in honorem beati Salvatoris nostri, defumpfisse à upafam, vel upafam, lectus, grabarus. Spectate siquidem pietatis fideique homines, edocti divinum infantem aliquando in prasepi, haud aliter atque in grabatulo primos edidisse vagitus, omnia deinde prasepia, in tante rei memoriam, sic denominanda putaverunt. Hac ille loco allegato. Sed fallitur vir summus. Nam krippe proprie est sepes inter pabulum & sumentum, qua cum pectinis iustar dentata sit, nomine ejus affetta est, sensu à pectino ad cancellos, mox à cancellis ad alvenum tranfato. Quod adeo luculentum, ut mirum videri possit, neminem eruditorum id haftenus perspexisse. Vides, benevole Letter, quam necefarium sit Lingua Celtica ad voces Germanicas rite intelligendas studium, & quibus hallucinationibus contemptu sui vindicit. Somnerus & Benfonius tribunus quidem Anglo-Saxonibus nibus crybbe, sed furtis recentioribus, quos multa in Francis vocabula acceptaffe confias. Nam apud vetaefteres, quorum monumenta exmuſſe Juninis, eam vocem non reperiri, relatu ejus paulo ante accepimus. Ce paſſage eſt un peu long; mais j'ai cru devoir le rapportet tout entier, afin de mieux éclaircir l'origine de notre mot crèche, lequel vient, par conséquent, de même que l'Italien greppia, du Cœlique & Teutonique épippe, qui a d'abord ſignifié un peigne; enſuite un ratelier, à cauſe de ſa reſemblance avec un peigne; & enfin une crèche, parce qu'elle eſt ordinairement ſous le ratelier. Nous avons changé le PenCH, comme dans proche, fait du Latin propé. * * * CRE C.V. Nom de lieu. De Creciacum. Le Pere Sirmond prétendoit que Crecy ſur la rivière de Serre, laquelle entre dans l'Oile, étoit Carſiacum. C'eſt ainſi que ce lieu ſe trouve appellé dans les Capitulaires & dans les anciens Titres, ſeſon la penſée du Pere Sirmond. Quoiqu'il ſoit ſitué ſur la rivière de Serre, on l'appelle ordinairement Creſſiacum ad Iſaram, CRECY-SUR-OISE, par une erreur fondée ſur ces mots des Annales de Metz, en 741. Inde veniens (Charles Martel) ad Carſiacum, viſlam ſuper fluvium Iſeram, pernexit. C'eſt ce que m'a dit le Pere Sirmond; & qu'il falloit lire dans ces Annales, ad Carſiacum viſlam ſuper fluviolo Sera ſitam pernexit: conformément à l'ancienne leçon de ſon Manuscrit. Celle de ſuper fluvium Iſeram, y ayant été ajoutée d'une main récente. Cependant Duchesne, dans ſon troisième Tome des Hiſtoriens de France, où il a inſéré ces Annales, l'a préférée à l'ancienne. Et M. de Valois le jeune, dans ſa Notice des Gaules, a démontré que Carſiacus vicus étoit Quierci-Sur-Oiſe, à deux lieues de Noyon, où il y avoit autrefois un Palais Royal, où inouïrit Charles Martel; & que le nom de Carſiacum n'avoit rien de commun avec celui de Crecy; & que dans le Manuscrit du Pere Sirmond il y a Iſera. Boutroue, dans les Recherches des Monnoyes de France, page 348. & Dom Michel Germain, dans ſon Traité des Palais des Rois de France, ont ſuivi l'opinion de M. de Valois. M. CREDENCE de Prêlat. De l'Italien credenza, qui ſignifie la même choſe. Il ſignifie auſſi le buſſet ſur lequel on met l'argenterie: d'où vient cette façon de parler, ſar credenza, pour dire faire l'eſſay. Depuis quelque tems, on dit en France Credencier pour Sommelier, & ce mot ſe trouve en cette ſignification dans Rabelais, 4. 64. Credenz, en Alleman, ſignifie un buſſet. M.
CREDIT. Nous appellons crédit la confiance qu'on... en l'autorité, en la richeſſe & en la bonnefoi de quelqu'un. Il eſt certain que ce mot vient de credere, qui ſignifie confer: duquel on fit les mots Latins barbares creditus, & creditarius. Grégoire de Tours, livre 7. chap. 38. & 40. Statim miſit Rex virus qui hae deferent, cum uno pueræ quam valde creditum Mummelus habens, hac ei commendaverat. La Vie de Louis le Débonnaire: Per universſas Regni partes Fideles ac Creditarius à latere ſuo miſit; où creditus, & creditarius, eſt celui qui a crédit auprès de quelqu'un. Caſeneuve.
CREDIT. De creditum. M. CREDO. Les Mémoires de la Ligue, édit. de 1595, tome 4, page 738. Plus avant au conchant ce meſme mon ſura eſt regardé & touché au pied d'une autre montagne bien haute, nommée le Credo, mot ſignifiant mont eſlevé. Le Duchat.
CREIL. Vieux mot. L'ancien Dictionnaire Latin-François du Pere Labbe: CRATES. Creil, ou cloie. M.
CREMAILLERE. C'eſt une chaîne de fer, à laquelle, pour l'ufage de la miſine, on pend les pots & les chaudières. H. Etienne & J. Picard le dérivent de xipia, xipia, & xipia, qui ſignifient pendre. Je ne ſais fi elle n'auroit point été ainſi appellée à cremande; parce qu'elle eſt toujours expoſée au feu. Caſeneuve.
CREMAILLERI. Nicot, Jean Picard, & pluſieurs autres Etymologiſtes, le dérivent de xipia, qui ſignifie pendeo. On dit à Paris & en Normandie cremillere: & qui a fait croire à M. de Valois le jeune, que ce mot avoit été fait de caminaria, à cauſe qu'on pend la cremailere à la cheminée. M. de Caſeneuve le dérive à cremande. On prononçoit anciennement cramailere: & ce mot ſe prononce encore aujourd'hui de la ſorte en pluſieurs Provinces, & ent autres dans celle d'Anjou. Ce qui me fait croire que cramailere a été fait de cramacularia, qui a été fait de cramaculus, qui ſe trouve dans le Capitulaire de Charlemagne de Villis ſuis: Catenas, cramaculos, &c. C'eſt à l'article 41. Crommel, en Bas-Breton, ſignifie une anſe. M.
CREMAILLERE. De xipia, Huet. On l'appelle à Metz creman: ce qui montre qu'autrefois on a dit remail. Le Duchat.
CREMASTERES. Du Latin cremaſteres, fait du Greé xipia, Columelle, vi. 26. Teſlium nervos, quos Graci xipia, ab eo appellant, quod ex illis genitales partes dependent. M.
CREME. Le premier Scaligerana, au mot colostra: CREMA, eſt veruſſiſſimum velum Gallia, qua eſt Romanis Cſalpinia, nobis Longobardia dictā: unde Galli nomina fecerunt Cremonae, propter ſoli ubertatem. Inde cremor eſt vox Gallica veruſſiſſima, qua ſigniſſas ſuccum expreſſum ex aliquo grano aut ſemine: ut mulſio quatuor ſeminum frigidarum majorum. Cremores etiam ſunt lepenimum aut frumentacearum decelerum colatitia juſcula: ut celi hordei colatura cremor hordei dicitur. Crema ſe trouve dans Fortunat: Aſpexi digitus per laſſea munera preſſos, Et flat pilla manus heic ubi crema rapis. M.
CREME. Le Drappier, dans la Farce de Pathelin: Certes, drap eſt cher comme creſme. Item, Marot, dans ſon ſecord Coq-à-l'ane: Vendent leur chair cher comme creſme. Eſt-ce la crème qu'on lève ſur le lait, qu'il faut entendre dans ce proverbe? Le Duchat. CREME ſouettée. On appelle ainſi cette crème, parce qu'on la fouette; ce qui la fait devenir en écume: d'où les Grecs l'ont appellée xipia, Rabelais, 4. 59. l'appelle neige de crème. M.
CRENAN. Nous appellons une crenan une eſpèce de chaſſe, ou de carroſſe. De M. de Crenan, Gentilhomme Bas-Breton, qui eut le don de cette ſorte de voiture. M.
CRENEAU. De crentellum, diminutif de crena: d'où les Allemans ont enſſi fait kam. Crena ſignifie une ſente. Le Préfident Fauchet, dans ſon Traité de la Milice, dérive creman de cran, qu'il dit ſignifier buche. M. du Cange dérive CARNEAU, qui eſt la même choſe que crenean, de quarnelus. M.
CRENEAU. Barthius, ſur la Philippide de Guillaume le Breton, au mot quarnelli ſive ſeneſtra K k k du livre VII. vers. 668. Foramina quadrata in munis & munitionibus intelligit. . . . Erant autem eo fenestra quadratis cancellis munita : quare quarentiles vocab. Guillelmus nofer. Je ne crois pas qu'on ait jamais mis de grilles aux cretus : ainsi les quarentaux pourroient bien avoir été différens des cretus. Le Duchat. CREPE : sorte d'étoffe. M. Bochart le détroit de népmes. Il vient de crispus. Nicot dit de la crêpe, au lieu de crêpe. Voyez crêpandaille. ¶ CREPE. Lat. lagana : à cause qu'elles sont crêpées par les bords. M.
CREPIN. Nom propre d'homme. Du Latin Crispinus. Saint Crépin est le Patron des Cordonniers. C'est à cause de cela qu'en parlant de tous les outils qu'un garçon Cordonnier porte avec lui quand il va chercher de ville en ville à travailler chez les Maîtres, on dit figurément, qu'il porte tout son Saint Crépin. Ce qui se dit aussi dans le stile bas, de celui qui porte avec lui tout ce qu'il a vaillant, on tout ce qui lui est nécessaire pour gagner sa vie. *
CREPINE. Nicot : C'est une façon de frange entrelaisse en lozanges, un autre façon, dont le fil pendant d'icelle entrelaisse est endouant. Il semble venir de opéant être, dont Saint Matthieu, ou le Traduiteur d'icelui, chapitre 14. & Saint Marc, chapitre 6. ont usé pour la crispine, on frange, dont les Peuples Orientaux usaient pour bordures de leurs robes : comme il se voit à Rome en maintes statues de gens d'icelle courrée. Les Traduiteurs Latins l'ont rendu par ce mot fimbria : duquel vient le mot François frange. Il vient de crispina. M.
CREPIR. De crispire. Crispus, crispire, CRESPIR. M.
CREQUIER. Cerisier sauvage. Du Latin-barbare insisté cerascarius. La Maison de Crequi porte d'or à un crequier, ou cerisier nain, de gueules. Voyez les Généalogistes. M.
CRESSON. De crescio crescionis. Charle Etienne, dans son Traité de Re hortens : Nothi crestionem a crescendi celeritate appellant ou CRESSON. Lobel & Pena, dans leurs Adversaires : Hodie autem in acutariis usus plurimus (il parle du nafturtium) ; & notissima planta plebi, nemine CRESSON : sorti quia pereniti sobile summis servoribus, vel etiam bruma riguribus, crescit. Francigena etiam creston d'alensis, ab alendo sorti vocant. Il est indubitable qu'il a été dit creston, à crescendo. Mais il est difficile de dire pourquoi il a été appellé alensis. Lobel, dans ses Observations, la appellé alensis : ce qui pourroit favoriser l'étymologie ab alendo. Alere, almus, almensis, almensis : M en N : ALENOS. Les Allemands appellent le creston krosses, du mot François creston. M.
CRESSON. Wachter, dans son Gloss. German. au mot Kresse, dit ce qui suit : KRESS, nafturtium. Gloss. Per. Nafturtium cresto. Sucri dicunt kressa, Francigena creston. Menagius Gallicum vocem ducit à crescendo. Martinius Germanicam a kreus crispus. Crescis enim media byome & folia habet crispata. Vix tamen alterteri assentiri possum. Nam omnes ista voces quibus nafturtium designatur, videntur inverta ex antriquo-Saxonica carise, kerse, qua ettemnem Belga utuntur. Gloss. Elif. in nam. berb. Nafturtium tum kerse. Nafturtium autem Gracis dicitur naphthast : unde per apocopen, & minus listera mutatione, sit kerse pro kerde. *
CRETIN. Vieux mot, qui signifie une sorte de petit panier. Une ancienne Ballade, rapportée par Pierre Fabri, Curé de Méray, natif de Rouen, feuillet 41. de l'Art & Science de pleine Rhétorique : Avec jour de Saint Valentin, Guillot, Arnoul, Soyer, Betin, On autre, sans faire prière, Doit taître des biens du cretin. François Charbonnier, dans son Epière à la Reine de Navarre, Duchesse de Berri & d'Alençon, laquelle est imprimée au-devant des Œuvres du Poète Guillaume Cretin : Les choses susdites par moi confidérées, Madame ; & mesmenent, que s'ay en & prins nourriture avec son Maître Guillaume Cretin, on son vivant Chantré & Chamon du Palais Royal à Paris : contraint par la force véhément de la susdite vraye amérid & charité, me suis mis à recueillir aucuns petits écrits ; pour après sa mort le faire revivre, & demeurer en mémoire : attendu sa bonté, bounosteté, & savoir. Et confient de vorredite clémence & douceur, crainte getée à l'écart, me suis avancé, & prins la bardesse vous en faire un présent. C'est un petit cretin, Madame, plein de bons & notables dits, sentences fruituentes & graves. C'est un cretin, non de joncs, & mufier, ou de fettu ; mais d'argent, plein de mots dorés. De cratinus, diminutif de crates cratis. Je remarquerai ici par occasion, que Guillaume Cretin s'appelloit Guillaume du Bois, & que Cretin n'étoit que son nom de guerre : ce qui paroît par ce quatrain qu'il a fait à Frère Jean Martin, feuillet 170. v°. Le G du Bois, alias, dit Cretin, En plumentant sur son petit pulpitre, A minuit cette présente Epistre, Pour l'envoyer à frère Jean Martin. Les Anglois, de cratillus, autre diminutif de crates, ont fait cri en la même signification. M.
CRETIN, étoit Tréiorier de la Chapelle du bois de Vincennes ; & comme il falloit sa demeure en ce lieu, pour raison de quoi son Epière à l'Évêque de Glandevres finit par esévir au bois, &c. ce pourroit bien être au contraire. Du Bois, qui seroit son nom de guerre, & Cretin son véritable surnom. C'est aussi le sentiment de M. de la Monnoye, dans une Lettre du 11. Août 1713. Vincennes est par excellence appellé le Bois, dans le Journal de Paris. Une Lettre de Cretin à Jacques de Bigue, page 106. de ses Œuvres, édit. de 1723. finit ainsi : Par Guillaume Cretin, l'un de tes bons amys, Qui en pleurant son nom icy a mis. Le Duchat
CRETINE. Vieux mot insisté, qui signifie alluvion. Une très-ancienne Traduction des Institutes de Justinien, citée par M. de la Thaumassiere dans son Glossaire : CRETINE, est un accroissement de ève, qui vient clémence : & il appuie que ce soit ajoint par cretine : qui est ajoint si petit à petit, que tu ne puis m'en emendre combien il y en a venu à chacun moment. De cretina, fait de cretso. Cresco, crevi, cretum, cretimum, cretina, CRETINE. M.
CRETINE. Le Roman de la Rose, fol. 109. v°. édition de 1531. Les poissons par leurs grans nommeres Et leurs délectables pastures, Et les Sautres & les Fées Sout mouls daulans en leurs pensées Quant ils perdent par tels fortines Leurs délicieuses gandines, Les Nimphes pleurent les fontaines, Quant des fleuves les trouvons plaines, Surabondantes & couvertes, Comme dolentes de leurs pertes. Le Duchat.
CRETIR. Se crèrir. Froissart, volume 2. fol. 108. 1°. édition de Verard : Quant celloy disner sur paffe, ils se mirent en ordonnance, & se crèrirent tous entre leurs ribandeaux. C'est-à-dire, se mirent entre des brouettes, en sorte qu'estremelles parmi ces brouettes, leur front paroissoit comme une muraille avec ses creneaux, qu'on a autrefois appellés crestaux, parce qu'ils étoient à pointes par intervalles comme les crêtes des coqs. Voyez Borel au mot crestaux. Crétir, de crestare, dit par métaplaïsme pour crestare, fait de crista. Voyez aussi Faucher, livre 2. de la Milice & Armes, fol. m. 22. v°. Le Duchat.
CRETTE, Cruste, Crute. C'est ainsi qu'on appeloit en Normandie des terres inutiles autour des maisons : & plusieurs ont pris ce nom en Seigneurie. En Angleterre il signifie demeure rotique. Il vient de Crusta, que les Saxons nous ont apporté, & qui est fort commun dans les anciens Titres d'Angleterre, comme on le peut voir par le Monasticum Anglicanum : Una virgata terra cum toffis, croflis, &c. Huet.
CREVEE. Sorte de piece qui soutient la poitrine des Dames lorsqu'elles sont en cette espece de deshabilité, qu'on appelle Andrienne depuis environ l'an 1720. que la mode en est venue. Aux deux côtés des boutons, que la crevée n'a que pour l'ornement, est une façon de brandebourgs larges. La crevée a été nommée de la sorte, comme si en soutenant la poitrine des Dames, elle les empêchoit de crever. Le Duchat.
CREVER. De crepare. CREVASSE a été fait de même de crepatis, & non pas comme le dit M. du Cange, de crepatura. M. CREVETTE : poisson de mer. Par corruption, pour chevrette. Quid caprarum more saliant, & cornibus, qua frunte gerum, ferire videantur, dit M. Huet à la marge de son exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise. On l'appelle autrement salicot ; à saliendo. Voyez l'explication des termes de Marine, imprimée à la fin de l'Ordonnance de Marine de Louis XIV. M.
CREUSEQUINS. J'apprens de M. Rouffeau, Auditeur des Comptes de Paris, que dans le Régime du Conseil du Parlement, du Samedi 18. Avril 1380. les gobelets sont nommés creusequins. Je ne doute point que ce mot n'ait été formé de celui de creux, & qu'il n'ait été dit originellement d'un gobelet fort profond, & tel que le demandoit Anacréon à son Orfèvre : Πονύσους ὁ πάντα Gess. Ruiz &c. 2. M.
CREUSER. Ce mot, suivant Etienne Guichard, a été fait du verbe Ebreu οὐσ carab, qui signifie en effet creuser, fouir la terre. L'Arabe cara signifie la même chose. D'autres le tirent de οὐσ kharašch labourer, graver ; d'où apparemment a été fait le Grec χοηάσου, qui signifie creuser, tailler, graver. Les Ebreux ont aussi le verbe γηι kharašs, qui veut dire couper, tailler. Les Arabes ont kharaša fendre, rompre, déchirer. Graben, en Alleman, signifie creuser. Grube, c'est une fosse. χοηάσου, en Dialecte Eolique, est un autre, une caverne. Cerich (prononcez Kerich), en Ebreu, signifie des fosses, des creux, & ressemble extrêmement au mot François creux. Je laisse au Savant Lecteur à décider duquel de tous ces mots est dérivé notre verbe creuser. Il me suffit d'avoir montré dans cette occasion l'affinité de ces diverses Langues.
CREUSES. Viandes creuses On voit dans l'Apologie pour Hérodote, chapitre 18. & dans les diverses leçons de Guyon, livre 2. chapitre 6. que ce qu'on a appelé autrefois viandes creuses étoit proprement toutes sortes de volailles, & de gibier à plume, à cause que dans ces animaux, où il paroissoit y avoir beaucoup de viande, il n'y avoit pas beaucoup à manger ; la carcaise contenant un vuide beaucoup plus grand sans comparaison, que n'étoit ce qui y avoit de mangeable. Le Duchat. CREUSET d'Orfèvre. De creux. Les Espagnols le nomment crisol, & les Italiens ; croctovolo. Voyez mes Origines Italiennes, au mot croctovolo. M.
CREUX. De scribis scribis. Scrubis, crobis, CREUX : comme QUIRUX, de crois ; & PREUX de probus. Les Allemans disent grube, pour dire une fosse : ce qu'ils peuvent avoir fait de serobe, ablatif de serobe. Voyez cruspir. M.
CREZIOU. Rabelais 4. 31. La plante comme un crezion. La signification de ce mot ne m'est pas connue. A Ville Dieu, en Baffle-Normandie, les Fondeurs appellent un crison, ce qu'on appelle à Paris un creuset, qui sert à fondre les métaux. M.
CREZIOU. Dans le Patois de Lyon & du Dauphiné, un creuset se nomme crezion. La Traduction Françoise de Merlin Cocaix, Paris, 1606. liv. 2. page 50. donne le nom de crezien à une sorte de vale à mettre de l'huile pour la salade. On appelle crezin en certains endroits du Comté de Bourgogne, une espece de petite lampe de cuivre, que l'on suspend au moyen d'un manche long & menù, qui est mobile & terminé par un crochet.
CRIC. Terme indeclinable qui exprime le bruit que fait une chose qu'on caise ou qu'on déchire. Il se joint ordinairement avec crac. Quand on romp quelque chose avec violence, on dit qu'elle fait cric crac. On dit aussi, que des souliers sont cric crac. C'est apparemment une Onomatopée. Voyez ci-devant crac & craquer.
CRICOARYTENOIDIEN. Terme d'Anatomie. C'est le nom que l'on donne à certains muscles du larynx. Ils sont ainsi appelés, parce qu'ils ont leur attache fixe au cartilage cricoide, & qu'ils se terminent au cartilage aryténoide. Ces deux cartilages sont du nombre de ceux qui appartiennent au larynx. Le mot cricoide est formé du Grec οὐσ, qui s'est dit par métathèse ou transposition pour οὐσ & cercle, anneau, & de οὐσ, forme. Le cartilage cricoide a été ainsi nommé, parce qu'il fait le tour entier du larynx à la façon d'un anneau : de la vient qu'on l'appelle aussi annulaire. Le mot aryténoide est formé du Grec οὐσ, κ. κ. κ. ι. Κ κ κ ι qui est une espece de petit baffin, ainsi appellé du verbe *apio je puise* & le cartilage *argénoside* a été nommé de la sorte, parce qu'il ressemble en quelque façon à un petit baffin, étant convexe à sa partie antérieure, & convexe à sa partie postérieure.
CRICOIDE. Terme d'Anatomie. C'est le nom d'un cartilage du larynx, ainsi appellé, parce qu'il est rond comme un anneau, & qu'il environne le larynx. Voyez l'article précédent.
CRICOTHYROIDIEN. Terme d'Anatomie. C'est le nom que l'on donne à des muscles du larynx. Ils sont ainsi appelés, parce qu'ils prennent leur origine au cartilage *cricode*, & vont s'insérer à un autre cartilage du larynx, nommé *thyroide* ou *soutiforme*. Ce mot *thyroide* est composé du Grec *Sopa*, qui signifie *janna*, & de *Sō* *sō* *jōrme*, & ce cartilage a eu ce nom, parce que sa figure approche de la quarrée.
CRIER. Le Gafcon dit *crida*, l'italien *gridare*, & l'Espagnol *gritar*. Tous ces mots viennent de *quiritare*, qui signifie *crier à haute voix*, & dont on forma le verbe *quirier*, & depuis, *crier*. Nonius Marcellus : *Quiritare est clamare*; *trailum ab iis qui Quirites invocant*. Ciceron dans ses Epîtres : *Et illi misero quiritanti*, *Civis Romanus fum*. Tacite, livre 16. de ses Annales : *Igitur fientes, quiritantesque, qui aderant*. Tite-Live, livre 40. *Nulla vox quiritantium inter supra & cades exaudiri poterat*. Publius Nigidius in *Commentariis Grammatici*: *Clamat, quiritat*. Après ces suffrages des Auteurs les plus approuvés, il n'y a point d'apparence de croire que *crier* vienne de *spicore*, qui signifie la même chose : moins encore de *spicore*, qui signifie proprement *stridere*. Cafeneuve.
CRIEB. De *quiritare*, dont les Italiens ont aussi fait *gridare*, & les Espagnols *cridar*, & qui signifie la même chose. Nonius Marcellus : *QUIRITARE, est clamare*. *Trailum ab iis qui Quirites invocant*. Nicot : *L'italien dit gridare : mais il le prend aussi pour débattre contendere verbis elatis*, altercari : *Et l'Espagnol, gridar*. *Les trois viennent du Latin quiritare, qui signifie, comme Varron dit, appeller à haute voix l'aide, secours & support des Quirites, c'est-à-dire, des Romains, comme en Normandie* clamer haro : *Quiritum fidem implorare*. Scaliger sur les Priapées : *Evclamatio Quiritantium*, FORRO QUIRITIS : *ut illud Laberii* : Porro, Quirites, libertatem perdimus. *Et quiritare verbum : Unde vulgo dicunt cridar, Italice, Hispanice & Galice*. Voyez mes Origines Italiennes au mot *gridare*. M.
CRIER. L'origine de ce mot est Celtique, selon Wachter, dans son *Glofar*. *German*, au mot *Krahen*. Dans la Langue du pays de Galles, *crio* signifie *crier* : & *cri* est la même chose qu'en François. En Bas-Breton *crier* est un *crieur*. Les Anglois, au lieu de *crier*, disent *crier* : les Allemans *krahen* & *schreien*; les Flamans *krahen* & *schreien*; les Ebreux *kōr* *kara*; les Chaldéens *kōr* *kōr*, les Greeks *kōr*.
CRIGNE. On appelle ainsi en Baffé-Normandie, la chevelure. De *crinis*. *Crinis, crinia*. CRIGNE. De *crinia*, les Espagnols ont dit *grena* en la même signification. M.
CRIN-CRIN. Moliere, dans ses Fâcheux : — *Monsieur, ce sont des Masques*, *Qui portent des crin-crins, & des tambours de Basques*. C'est une onomatope. M.
CRINONS. Sorte de petits vers qui viennent sous la peau des enfans, & qui sont en forme de gros cheveux courts ou de soye de fanglier : c'est pourquoi ils sont appelés *crinons*, du Latin *crinis* cheveu. On les nomme aussi *comedenes*, du verbe Latin *comedere*, manger, parce qu'en mangeant la nourriture des enfans ils les font tomber en maigreur.
CRIQUET. C'est ce qu'on appelle encore en Normandie un *grillon*, & dans le Lionnois un *griller*. De *gryllus*, *Gryllus*, *gryllis*, *gryllicus*, *grillicetus*, *gricettus*, *cricettus*, *cirkettus*, CRIQUET. C'est un insecte qui est ordinairement derrière les contrecours des foyers, à la campagne. M.
CRIQUET. Pour un petit cheval. Je ne sais pas d'où il vient. M. le Guyet le dérive de *sipio*, *cauda*. *Kipio*, *kerkus*, *kerkettus*, *krekettus*, *krekettus*, CRIQUET. M.
CRIQUET. Pour un petit cheval. C'est une comparaison hyperbolique du cheval avec le grillon, qu'on appelle *criquet*. Huet.
CRISE. Terme de Médecine. C'est un soudain changement dans une maladie, par lequel elle se tourne à la santé ou à la mort. Ce mot vient du Grec *spice*, qui signifie jugement, action de juger, & qui est formé du verbe *spice*, *judico*. La *crise* est comme un jugement qui décide de la maladie, soit en bien soit en mal. Hippocrate, pour être qu'il s'est fait une crise dans une maladie, dit que la maladie a été jugée. On lit, par exemple, dans l'Aphorisme xx. Section 1. *vā xeniṣṇa epi vā xapiṣṇa, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, iṣṭiṣṭ, i
CRISTE-MARINE. C'est une herbe maritime, que l'on confit avec du sel & du vinaigre, & qu'on mange en salade avec de l'huile. Dioscoride, livre 1. chapitre 157. l'appelle *xēpē*.
CRITHOPHAGE. Ce nom, qui est Grec, & qui signifie *mangeur d'orge*, est formé de *xēpē* *orge*, & de *xēpē* *se mange*. Saint Macédoine, Prêtre d'Antioche & Solitaire qui vivait dans le quatrième siècle, fut surnommé *Critophage*, parce qu'il passa quarante ans dans le nourrit d'aucune autre chose que d'orge broyé & détrempé avec du son.
CROASSER. De *sipē*, qui signifie *corbeau*. *Kipē*, *coraxare*, *crosassere*, CROASSER. M.
CROC. C'est un ancien mot François. La Loi Salique, titre 69. Si *qui hominem sine confensu Judicis de ramo ubi incrocatur, deponere prasumpserit*, &c. Il est aussi de l'ancienne Langue des Saxons. Arngrinus Jonas, dans son *Specimen Islandia*, pag. 40. *Thorarinus Krocur*; id est, *uncus*. Voyez au même livre, page 67. M.
CROC. L'Alleman *kroche*, le Flaman *kroche*, l'Anglois *crutch*, signifient une potence à marcher, une béquille. L'Anglo-Saxon *crice* signifie un bâton pour se soutenir, & un bâton pastoral. En vieille Gothique, brugg est un bâton de voyageur. En Suédois, éryéja signifie courber, éryé courbe, éryéja bâton pastoral, & bâton à s'appuyer dessus. Tous ces mots sont venus des Celtes; car dans la Langue des anciens Bretons, curcca signifie courbe. De l'illeleman sont venus ces mots Latins-Barbatts crochum croc; crocium croise, bâton pastoral; croccus, croca, crucca potence; & autres semblables, que M. du Cange dérive mal à propos de Cruce. Voyez Wachter, Glossar. German. au mot Kruck. CROCE en tombe. Les Espagnols disent, cancadilla. Les Angevins disent, la jambette. M.
CROCANS. M. de Thou, livre CVIL. de son Histoire. Hoc & anno : Il parle de l'année 1212 XCIII. longit periculosissimus mutus in Aquitania exurus, ex hoc occasions. Cum praeteritorum bellorum tempore populares, ac discursationibus militum, omni libidinis ac licentia genere grassantium, summopere vexati essent, neque vexari desinerent, cum ubique, tum praesertim in Petroceritis, Lemovicibus ac Pictounibus reglici, ex desperatione tandem arma capium, ad designiinem primò, mox, ut numero crevero, andacia crescente, Tribunus ac Ducos inter se creant, & formà justa militia institutà, ab injuriis quibus à se propulsandis sumpta arma inieix excusabant, minimi postrémis temperatè; arcium & aliorum locorum Praefelitis, à quibus se indigne admodium habitos querebantur, bello demuntiato, & velligalium regiorum negata Quateribus persistatione; prorsusque, Gualteranorum in agro Falesiano ante quadriennum à Mempensferio deleterum exemple, per illas Provincias, locorum gnari, vias & aditus cum armis insidebant, vicina nobilitari formidolosi, & jam ubique savientes atque obvia cuncta devorantes; ut vulgaris dictario CROCANS vocarentur. D'Aubigné, un chapitre 14. du livre quatrième du 1. Tome de son Histoire : Des mesmes occasions, ou approchautes, estuis née l'émotion ou la petite guerre des Crocans : pour ce que la première bande qui pris les armes, fut d'une Paroisse, nommée Croc, en Limousin, vers Saint Trier la Perche. Ceux-là incontinent suivie des Paroisses prochaines, s'étendirent bientôt par tout le Périgord, le Quercy, & l'Agenois. Mézeray préfère l'étymologie du Président de Thou à celle de d'Aubigné. Voici les termes de Mézeray, qui sont de la page 1184. de son Abrégé Chronologique, de l'édition in-40. Tandis que les Chers & les villes de la Ligue se préfèrent de se rendre au Roy pour se mettre en paix, les paysans & communes des pays de la haute Guyenne, se sousleverent & privent les armes, pour se défendre des pillages de la Nédesse, & des cruelles vexations des Receveurs des Tailles. On leur donna le sobriquet de Tard-adviseur, & les Gentilhommes rejeterent aussi sur eux celui des Croquants, dont ces paysans les avaient voulu charger, parce qu'en effet ils croquaient & dévoraient les pauvres gens de la campagne. L'étymologie du Président de Thou me paroît la plus vrai-semblable. M.
CROCANS. Ni l'une ni l'autre de ces étymologies ne me plaisent; & celle de d'Aubigné me plaît d'autant moins, que d'autres paysans qui se souleverent dans la Guienne en 1617. furent pareillement nommés Crocans, quoique vrai-semblablement cette dernière rébellion n'eût pas commencée par la même Paroisse de Croc en Limousin. Mais ce qui auroit fait nommer Crocans, ces paysans soulevés en effiltrens tems & en divers pays, pour- toit bien être, à mon avis, que ce n'étoit pour la plupart que de pauvres gens de la campagne, qui, au lieu de signer lorsqu'ils en étalent-requis, se bornolent à tracer d'une main lourde un crochet ou une croix, qui leur tenoient lieu de signature. On dit d'un billet marqué de la sorte, qu'il n'est que crocheté. Et dans Lobineau, Tome 1. pag. 109. de son Histoire de Bretagne, on voit que dans le XI. siècle, la manière de confirmer un Acte étoit d'y mettre son nom, ou d'y faire une croix. Le Duchat.
CROCE. Bâton d'Évêque : ainsi appellé, parce qu'il est crochu par un bout; c'est pourquoi il est appellé cambuta, du verbe ex. vlu, qui signifie ployer. Papias : Cambuta, soifentaculum, vel baculus flexus, pedum, crecia. Ce mot est de la Langue ancienne Théodique : car inrucare, dans la Loi Salique, signifie pendre, ou pour mieux dire, accrocher par-dessous le mentois un homme à une branche d'arbre coupée en forme de croc. La Loi Salique, titre 68. Si qui dominent fine confensu Judicis, de ramo ubi incroatur, deponere prafompseris. Cafeneuve. Voyez CROSSÉ.
CROCHET. CROCHU. Voyez croc ci-dessus. M.
CROCHETEUR. C'est un Porte-faix : ainsi appellé, du crochet qu'il porte sur les épaules, pour y mettre les choses qu'on lui baillie à porter. Ce mot signifie aussi un larrent, qui avec un crochet de fer ouvre les portes & les coffres. La Courume de Loudunois, tit. 37. art. 6. Crocheters, aussi larrents, qui ont fait bris, doivent être pendus & estranglés. Cafeneuve.
CROCODILLE. Le peuple de Paris dit crocodil. Et ce mot se trouve écrit de la sorte, dans le Dictionnaire François-Latin de Robert Etienne, & dans le Trésor de la Langue Françoise de Nicot. Les Florentins disent de même coccodile. Le bel usage de Paris est préfintement pour crocodile, conformément à l'étymologie du mot crocodil. L'Auteur du Grand Etymologique, pour le marquer par occasion, dit que cet animal a été appellé «pouil» & parce qu'il craint le saffran. M.
CROCODILLE. Je ne sais si cette étymologie du Grand Etymologique est bien certaine. Quelques-uns aiment mieux dériver ce mot de «pouil» & rivage; parce que le crocodile, accoutumé à être dans l'eau, n'aime guère à venir à terre, où les hommes lui dressent ordinairement des embûches. Isidore croit qu'il a été ainsi appellé à croce colere. Au livre du Lévitique XI. 29. il est parlé du crocodile, dans le Texte de la Vulgate, & il est mis au nombre des animaux tropurs. Ce n'est pas du crocodile proprement dit qu'il s'agit en cet endroit, quoique le crocodile soit bon à manger; mais d'une sorte de lézard d'Afrique, aussi très-bon à manger, que le Texte Ebreu appelle «sab» les Septante, «pouil» & «pouil» & crocodile terrestre; & qui est la même chose que ce que les Arabes appellent dab. Le mot «pouil» & dans le Langage des Ioniens, signifioit un lézard. Buxtorfe, après les Rabbins, interprète le mot Ebreu «sab» par crapant, ou tortue, parce que ce mot signifie aussi «sab» & «pouil» & que le crapant s'enfle; & que l'écaille de la tortue lui sert comme de voute. La Version Angloise dit aussi la tortue. Mais il ne s'agit là ni du crapant, ni de la tortue. Je ne crois pas qu'il eût été fort nécessaire de défendre aux Israelites de manger du crapant : ce n'est pas un mets qui puise beaucoup tenter l'appétit. Mais le lézard d'Afrique est estimé dans le pays comme un mets très-délicat, & il a pu être nommé 24 1/2, en Ebreu, parce qu'en effet il a le corps gros & comme gonfée. CROISADE: Les Chevaliers qui alloient à la Terre Sainte, prenoient une croix pour marque de leur veu, laquelle ils attachoient sur leurs épaules; & c'est de-là que leurs voyages furent appelés Croisades. André Favyn, dans son Théâtre d'honneur & de Chevalerie, livre ix. page 1511. parlant de la Croisade du règne de Philippe premier: Elle est dit d'Croisade, parce que ceux qui s'éloient enroulez pour le voyage d'Outermer, prenoient de la main des Evêques & Prélats aux Croix de Hierusalem, faite de toile, ou de tafetas, qu'ils confoient sur leurs habillements du côté gauche, à l'endroit du cœur. Les François la porroient rouge; les Anglois de blanc; les Flamans & ceux du Pays-Bas, de verd; les Allemands, de noir; & les Italiens, de jaune; comme Mathieu Paris nous l'apprend. Voyez Ville-Hardouin, au commencement de son Histoire. En la Croisade contre les Albigeois, on portoit la croix sur la poitrine: à la différence des Voyages d'Outermer. Voyez Jean Besly dans son Histoire des Comtes de Poitou, page 112. Et pour les cérémonies observées par les Evêques à l'égard des Chevaliers qui se croisoient, voyez mon Histoire de Sable, livre vi. chap. 6. M. CROISEE de batiment. De cruciata: à cause que les croises étoient anciennement faites en forme de croix. Voyez aïste d'Eglise. M. CROISETTE: plante. C'est un diminutif de croix. Les Médecins de Lyon, livre xi. chap. 14. Facie & facultatibus adeo affinis est Gentiana hac planta, ut Dolfi Gentiana speciem faciant: quare Gentiana minor a quibusdam dicitur: vulgo Cruciata, prisco nomine nondum comperto. Sic autem nonsupasam quidam existimant, quid radix secundum tripartito aut quadripartito fissa fit: sed folitis cruciatim cauli incombentibus nominis etymum potius debetur. Gallicé croisiette, Germanice madelgeer nominatur. M. CROIX DU TIROIR. C'est le nom d'un carrefour de Paris, où il y a une croix. Brunehaut, Reine de France, fut condamnée par les Etats Généraux des François, d'être attachée par un bras & une jambe à la queue d'une jument indomptée, & traînée par la Ville de Paris, où elle mourut au lieu où depuis a été élevée une croix, dite la Croix du Tiroir, a trahendo, & par le vulgaire la Croix du Tiroir. Favin, Histoire de Navarre, liv. 1. page 37.
CROMORNE. Instrument de Musique, servant de Baïse aux Haubois; & qui, pour cette raison est appelé présentement Baïson. M.
CROMORNE. Je crois que c'est un composé de cer, fait de cornu, & de morne; parce que cette espèce de cornet rend un son morne. Le Duchat.
CRONE. L'Auteur des Rufes Innocentes de la Chaise & de la Pêche, page 351. Les Croises font des trous souterrains, dans lesquels le poisson fait sa retraite. Quelquefois ces croises se rencontrent aussi sous des rochers, des racines d'arbres, ou sous des moulins; & pour l'ordinaire, ils se trouvent entre deux eaux. C'est un diminutif de creux, fait de scrobs, comme il a été remarqué au mot creux. Scrobs, crobs, cros, crofuns, crofinnum, crofinnum, crosne, crone. M.
CROQUE. Terme de peinture. Pour signifier qu'un tableau, ou un désein, est fait avec peu de coups de pinceau, & peu hardis, & qui n'expriment qu'imparfaitement le sujet de l'ouvrage; on dit, Ce tableau n'est que croque. Il ne faut pas confondre croquer avec toucher. Ce dernier mot signifie peindre a grands coups de pinceaux: en sorte que l'ouvrage ne paroisse fini que dans sa distance. M. de Pille, un des hommes de France le plus intelligent dans la Peinture, croit que ce mot de croquer en cette signification vient de ces mots croc, que le peuple de Paris emploie souvent pour signifier visse, allons; allons: croc croc. Et je suis de son avis. M.
CROQUE. Je croirois plutôt que le croc croc des Parisiens pour vite vite, vient de ce que les Peintres qui croquent un tableau, y vont fort vite & avec des traits crochus, ou peut-être avec des traits donnés aussi vite que se châtent les notes crochues qu'on nomme croches. Le Duchat. CROQUER: pour manger. C'est une onomatope, selon Nicot. M.
CROQUIGNOLE. Rabelais, livre 5-chapitre 7. a intitulé l'un des livres de la Bibliotheque de Saint Victor, la Croquignole des Curves. Je dérive croquignole de curcinodula, fait de curvus & de nodulus. La croquignole est une espèce de chiquenande, qu'on prononçoit autrefois chiquenande, & que par cette raison je crois venir de quinque nodi. Et la croquignole, de même que la chiquenande, se donne avec les doigts recourbes, & montrant tous les nœuds. Le Duchat.
CROSSE. Lat. pedum Episcopale. De croc: parce qu'elle est crochue. Voyez croc. Voyez ci-dessus CROCE. M.
CROSSERON. Dans l'inventaire de Charles V. La Crosse que l'Archevêque de Sens donna au Roy. Et est le Crosseur de perles & pierreries. M.
CROSSETTE. Sion de vigne sans chevelu: ainsi appelé de la ressemblance à une petite crosse. M.
CROTAPHITE. Terme d'Anatomie, qui se dit du maison temporal, qui occupe la cavité des tempes, & qui tire la machoire inférieure en haut. Ce mot vient du Grec «pèv» & qui signifie la tempes, d'où «pèv» & temporal.
CROTE. De creta. Virgile dans ses Géorgiques: creta soldandatenaci. Servius sur ce vers de la première Eglogue, Et rapidum creta veniemus Oaxem: Creta, terra alba dicitur. M. tere : qui est une étymologie peu naturelle. M.
CROULIER. Ce mot, qui dans Nicot s'est prononcé autrefois croffer, & crofter, a eu ci-devant une signification active : comme dans Rabelais, livre 1, chapitre 16. où il est dit des soldats de Picrochole, que paissant sur les terres de Grandgoufier, ils crumloient tous les fruits des arbres. Aussi le même Nicot rend-il croffer & crofter par quatre. Or comme c'est ordinativement avec des crocs qu'on écoute le fruit des arbres, je ne doute presque point que croffer, au lieu de quoi nous disions autrefois crofter, & aujourd'hui crouller, ne vienne de croc ; comme selon M. Ménage, le mot de croffe en vient aussi. Le Duchat.
CROUPE. C'est la partie postérieure du dos d'un cheval ; laquelle, pour être plus graisse, plus épaisse & plus charnue, a été ainsi appelée du mot croupa, qui signifie une chose bien graisse & bien épaisse. Les Glofes : Croupa, *crouge* *crouge*. Les Romains appelloient crupellarios, certains Gladiateurs ; à cause de l'épaisseur & de la solidité des armes dont ils étoient couverts. Tacke, livre 3. de ses Annales : *Adduntur & servitiis gladiatura destinati ; quibus, mare gentice, continuum ferri regimen (crupellarios vocant) ; inferendis illibus inhabiles, accipiendis impenetrabiles, &c. Caïeneuve. Voyez CROUPE.
CROUPETON. Nous disons à crumpeton, adverbialement : être à crumpeton ; c'est-à-dire, être accroupi. Voyez crouppe. M.
CROUPETON. Le vieux mot étoit crumpeton, qui se dit encore à Metz. De *curvatione*. Le Duchat.
CROUPION. M. Bochart le détroit d'upervise, par aphérèse, *upervise uropygium, gropygium, gropium*, CROPION. Bourdelot, dans ses Etymologies Manuscrites, lui a donné la même origine. Il vient de crouppe. Voyez croupe. *Crupponus* se trouve dans le Traité de l'Empereur Frédéric II. de *Veneratione*, livre 1. ch. 36. M.
CROUPIR. Le mot d'accroupir, qui vient de crouppe, peut donner sujet de croire que celui de croupir en vient aussi. Mais comme le mot de croupir n'essaie affinité pour la signification avec celui de crouppe, je crois qu'il vient de l'invité crobre, fait de *scribis, scribis*, qui signifie une fosse. *Scribis, scribis, scribis, crohire, crohire, crohire*, CROUPIR. On en a été l'S : comme en *crenx de scribe*, ablatis de *scribis*. Voyez *crenx*. *Aqua scribe*, c'est de l'eau croupie : *aqua deset*. Les Allemands disent *grub*, pour dire qu'fosse : Et il y a apparence qu'ils ont aussi fait ce mot de *scribe*, ablatis de *scribis*. En changeant l'U en A, ils ont dit ensuite *graben*, pour dire *jouir*. M.
CROUPE. Semble qu'il vienne de crepides ; disent Robert Etienne & Nicot. Il vient du Latin barbare *croupa*, fait de l'Alleman *grub*, qui signifie *grus, grus, épais*. *Croupa* se trouve dans les Glofes anciennes : *croupa, *croupa* *croupi* : où Vossus, livre 1. de *Vitis Sermanis*, chap. 4. lit. *croupa* *croupi* ; c'est-à-dire, *junius densus*. Mais où Isaac Pontanus lit. *croupa* *croupi*. C'est dans son Dictionnaire Celtique, au mot *crupellarii* : où après avoir rapporté ce passage du livre 1. des Annales de Taccie ; *Adduntur & servitiis*, (Tacte parle des Gaulois) *gladiatura destinati, quibus mare gentice continuum ferri regimen (Crupellarios vocant) ; inferendis illibus, accipiendis inhabiles, impenetrabiles ; il ajoute, *Gloffar*, *croupa exponis, *croupi* *croupi* : quod erit, belle compactum, spissumque. Item, *croupa, *croupi*, que plexus, *sive implicatio quadam indicatur : qualem in juncis, & arborum radicibus, deprehendere est. Adeo ut ambigendum hand sit, vocis, notiniisque reliquius supereisse etiamnum in crupelaers. Item, croepel, & cruipen, & inghecropen. *Oba omnia, membrorum contraatione conturum quid, munitumque denatans*. Crupelaers *antem proprii* propepos possit interpretari. Postilenam *quaeque*, *croupier*, & *me*, & *Galli, dicimus*. *Plantes Caïon*: Ita aggerundit aqui incurvum te faciam probet, ut postilena ex te possit fieri. M. Huet croit que *crouppe* vient de *cruva*. *Cruva, cribas, croupa* CROUPPE. Et il confirme son opinion par le passage de Plaute, rapporté par Isaac Pontanus : *Ita incurvum te faciam, &c* Et cette étymologie me paraît assez naturelle. Il me reste à remarquer que cet endroit des Glofes, *croupes, *croupia*, confirme tout-à-fait la leçon de Vossus, *croupi* *croupi* : Et qu'il y a beaucoup d'apparence, que les Italiens, de ce mot *croupis*, ont fait leur *groupe* dans la signification de *nonud* & d'assemblage. Voyez mes Origines Italiens, au mot *groupe*, & ci-dessous le mot *groupe*. Je vois par les Origines de M. de Caïeneuve, qu'il dérive aussi *crouppe de croupa*. De *crouppe*, on a fait le verbe *accroupir*. Voyez *croupir*. M. Voyez ci-dessus CROUPE.
CROUPE. On a dit autrefois *accroupi* pour *accroupi*. Rabelais, livre 1. ch. 9. Et nous mena entapinois & silence droit à la cage en laquelle il estoit *accroupi, accoupagei de deux petits cardingaux*. Et plus bas dans le même chapitre : *Retournais à la bouvrie aperceusmes un vieil voessant à tes vers, lequel étoit accroupi, accoupagei d'un sonfegan*. Ce qui fait voir que suivant l'opinion de M. Huet, *crouppe* vient effectivement de *cruva*. Dans la coutume de Metz, *cruvée*, que le patois prononce *cruvée*, est une prestation gratuite que les sujets d'une haute justice doivent à leur Seigneur ; & entre les manœuvres, elle consiste à faire les foins du Breuil ou pré Seigneurial ; & entre les laboureurs, à mener ces foins, & à labourer pour leur Seigneur pendant quelques jours de l'année, ou certaine pièce de terre. Ce même droit a pareillement lieu dans le vignoble ; où la *cruvée* consiste à façonner certaines mousses ou certains jours de vignes. Et dans la ville de Metz même, où la *cruvée* ou *crouée* a lieu aussi envers le petit peuple, elle consiste dans le droit qu'à la ville, d'envoyer les petites gens & les servantes des Bourgeois, enlever les immondices qui s'accumulent dans le quartier ou dans les places publiques. Du reste, la raison pour laquelle cette prestation a eu le nom de *cruvée* ou *crouée*, c'est qu'il faut être presque toujours *combe* ou *accroupi* pour s'en acquitter. Le Duchat.
CROUSTILLEUX. Terme populaire, qui signifie plaisant, réjouissant. On dit d'un homme qu'il est *crouftilleux*, pour dire, qu'il est plaisant, *facétieux* : On dit d'une histoire, qu'elle est *crouftilleuse*. Ce mot vient de *crouftille*, qui est une petite croute que l'on s'amuse à ronger en buvoisant ; ce qui s'appelle *crouftiller*. Comme ceux qui s'amusent de la sorte, font souvent des contes plaisants & facétieux, & disent des choses bouffonnantes & réjouissantes ; de-la on a appelé *crouftilleux*, par métaphore, ce qui est plaisant, *facétieux*, bouffon, réjouissant. Il n'est pas besoin d'avenir, que *crouftille*, d'où a été fait *crouftilleux*, vient de *croufe*, & que *croufe* vient du Latin *crufa*.
CROYANCE, ou CREANCE. Il est 448 CRU. CRY. CU. formé du Latin-barbare credentia. Pierre de Blois, épit. 173. Fallacia veridica qua in credentia non habetur. Cafeneuve.
CRUCHE. Lat. hydria : pot à l'eau. Henri Etienne, dans son Tréfor de la Langue Grecque, au mot «zou»e, le dérive de ce mot «zou»e, qui dans Hélychius est interprété «Lpin». Il vient de l'Alleman «grug», qui signifie la même chose ; pour lequel les Flamans disent «cru»e, & les Anglois, «cru»e. ¶ ECRUCHE : se trouve dans le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe : TESTA, «cru»e, «esquaille», «ou» «trache». M.
CRUCHE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Krus, dit ce qui suit : KRUS, «vas potorium ex argilla». Belgis kroes, Anglis cru-fix, Sorabis & omnibus Trans-Albianis krus. Gracis «zou»e est ampulla, crater fœlilis, probante Junio in Observat. ad Willeramum, page 197. Hoc videntur Germani imitari in krus. Nisi malis eos cum Latinis loqui. Nam ex urceus, transposuis litteri sit krus. Quamvis nec hoc nec illud necessarium sit. Nam venter Celtica lingua dicitur croth. Et venter solet vasis ventrosis nomen suum communicare in omnibus linguis. Gallos à Germanis accepisse cruche, fœtetur Menagius. Il y a donc toute apparence que le mot cruche nous est venu de la Langue Teutonique. *
CRUCIFIX. Faire le demy crucifix. On s'est autrefois servi de cette expression pour dire mendier ; parce que les mendians tendent une main pour y recevoir l'aumône. Les Paradoxes imprimés chez C. Etienne en 1554, page 74. Et n'a ont laissé à faire grand chère sans avoir dit la patenostre Sainte Julien, ou fait le demy crucifix. Le Duchat.
CRUZADE. Mélanie de Portugal, battue d'abord sous Alphonse V. vers 1457. Dans le sens que Callixte III. y envoya la Bulle d'une croisade contre les Infidèles. Elle étoit frappée aux armes de Portugal, & porte à une croix sur le revers ; ce qui la fit appeller à la main, et est de la valeur de quarante. C'est le cœmeil ou dit cruzade, du Latin crux ; & il n'est pas nous avons fait cruzade. *
CRYPTE. Lieu de terrain ménagé, pratiqué sous terre, & principalement sous une Eulise. C'est la même chose à cet camombe. Dans Vitruve, c'est une partie, un bâtiment qui répond à peu près à ce que nous appellons cave ou caveau. Juvenal. Sat. v. verset 106, a pris ce mot pour cloque, égout, parce que les égouts sont des lieux cachés sous terre & voutés, que l'on pratique pour conduire les ordures dans une rivière. Ce mot vient du Latin crypta, pris du Grec «zou»e, qui est formé du verbe «zou»e abscondé. *
CU-BLANC. Sorte d'oiseau : ainsi appelé de la blancheur des plumes de son croupion. Belon, livre VII. de son Histoire des Oiseaux, chapitre 12. Tout le dessous de son ventre, comme aussi dessus & dessous le cropium, & partie de la queue, sont blancs : dont il a pris le nom de cublanc. Belon appelle cet oiseau autrement suivre. Nous appellons en Anjou cublanc un autre oiseau, qui est la seconde espèce de beccassine, lequel, tout le long du ventre & des cuisses, & dessous la queue, a des plumes blanches comme neige. M.
CU-DE-BASSE-FOSSE. Voyez Cu-de-fac. M.
CU-DE-JATTE. C'est un homme qui n'a point de jambes, & qui a le cu dans une jarte. Voyez jatte. M.
CU-DE-FAC. Nous appellons ainsi une petite rue qui n'a point de sortie, & pour user des termes du Jurisconsulte Ulpien, en la Loi dernière au Digette de Louis & itineribus publicis : que sine ullo exitu intermaritur, & que Varron appelle fundula. FUNDULA, dit Varron au livre 4. de Lingua Latina, a fundo : quod exitum non haber, ac pervium non est iter. Et nous l'appellons de la sorte, parce qu'un sac n'a point de sortie. Une valise en a une. Cu en cet endroit signifie le fond, le bout. Ainsi on dit, un cu de basse fosse ; le cu d'une charente, &c. M.
CUBEBE. Nom d'un fruit que l'on apporte des Indes Orientales. Ce sont des grains qui ressemblent en forme & en grosseur au poivre rond, qui croissent entassés de même que les baies de lierre, & qui ont un gout âcre & aromatique. Ce mot vient de l'Arabe cababah ; & les cubebes ont été nommés de la sorte, parce qu'elles croissent entassées ensemble comme un peloton de fil, qui se dit en Arabe cababah, du verbe cabba, qui signifie rouler, mettre en peloton. *
CUIDE. Sorte de raisin. Rabelais, chap. 9. de la Progn. Pantegr. En automne l'on vendangera... Les cuides ferons de saison, car tel cuidera vespe qui bandement fiamma. Et déjà au ch. 18. du livre 1. Car notez, que c'est viande céleste, manger à des fœtures raisins avec foncées fraîches, mesmément des pinceaux & des foirats pour ceux qui sont confusés du ventre; car ils les sont allés long comme un vouge: & souvent cuidant peser ils se conchient; dont sont nommés les cuideurs de vendanges. Le cuide est une sorte de gros raisin qui a la forme d'une pomme de pin, comme le pinceau: & Rabelais l'appelle cuide, de conoidatus, fait de conoides, mot Gret Latinise, qui signifie turbinatus; c'est-à-dire, ayant la figure d'un cote, ou pyramidal, comme la pomme de pin. Et comme ce raisin lâche le ventre, & est fort venetux, de sorte que tel qui après en avoir mangé, croit seulement lâcher quelque vent, rend souvent toute autre chose; Rabelais appelle cuideurs ces gens-là, non pas tant pour avoir mangé du raisin appelle cuide, que parce qu'il leur est arrivé bien autre chose que ce qu'ils cuideient. J'arrar est le nom que le raisin, appelle ailleurs cuide; a dans la Gascogne: & sa figure est telle que je l'ai dépeinte. C'est un raisin blanc. Le Duchat. CUIDER signifie proprement penser ou estimer. Ce verbe est resté aux François, de l'ancien Teudisque. Kéron, en son Glossaire Latin-Teudisque: Cogitario, & dauko: cogitatus, & edanc. Quelques-uns croient qu'il vient de cuider, se glorifier; parce que le mot d'outrecuidance est quelquefois pris pour arrogance. Caseneuve.
CUIDER. L'Avocat sans nom; je veux dire, l'Avocat anonyme, qui a publié les Nouvelles Remarques de la Langue Françoise de M. de Vauge- las, a traité dans ses Observations sur ces Remarques, de l'origine de ce mot. Et voici comme il en a parlé: Le verbe cuider écrit formé du Grec u- 3.6. glorior: d'où ensuite est venu au même sens; outrecuider & outrecuidance. Car cuider, au commencement, n'a signifié qu'avoir opinion, penser, estimer: & on n'étoit outrecuide, & on n'avoit d'outrecuidance, que parce qu'on voulait exiger un honneur & un respect qui n'est pas dû; c'est-à-dire, qu'on pensoit & cuidoit outre que l'on devoit penser & cuider. Car u- 3.6 gloria, vient de vire pario, & 3.6 reverentia. Ces étymologies sont également ridicules & pleines d'ignorance. Outre, que cuider ne vient point de u- 3.6. u- 3.6 n'est point un mot Grec. u- 3.6 n'est point non plus un mot Grec. C'est u- 3.6 qui signifie gloria. Mais ce que dit cet Auteur anonyme, que u- 3.6 vient de vire & de 3.6, fait voir qu'il n'a pas voulu parler de u- 3.6. mais de u- 3.6. Il me reste à remarquer, que 3.6 ne signifie point reverentia. Il signifie Dieu: mais il s'écrit avec un accent grave sur la dernière. Voilà l'homme qui parle sans cesse d'étymologies, & qui me ridiculise sans cesse sur mes étymologies. A l'égard de notre mot de cuider, il est indubitable qu'il vient du Latin cogitare, dont les Espagnols ont aussi fait cuydar, & les Italiens coitare. Ce verbe italien n'est plus en usage, non-plus que le substantif coto, fait de cogitatum. Le Castelverro, dans ses Additions aux Verbes du Bembo: il coto, usato da Dante, tratto per abbreviamento di cotato, non usato che viene a dire pensamento. Les députés de 1573. pour la correction du Décaméron de Boca- Tome I. ce: Affirma Monsignor Bemblo aver veduto; in un buon testo & autico, per transcurato sempre transcurato, e le altro voci di quello, per dir così, parentale. E dice vero: perché così si trova ne' nostri migliori, & in tutti qui' di qui' tempi; che buoni sono: e tracciato ancora; che con la S, e senza, indifferentemente si stive. E viene da verbo multo antico; e preso, come si crede, da' Provenzali, COITARE: lasciata la I, che qui' nostri Vacchi, come ad altro proposito si dirà, facilmente toglievan via in certo voci; come in atare. Ma in alcuni libri; e per l'uso comune di servirsi indifferentemente in certo voci, così de O, come de U, e pur per mezzo particolare de' Copiatori, si legge cultura: e pare, o da loro prima; o da noi senza loro cavata dal cogito Latino. E da quelle, sono, sotto, & coitato, e cuitato, per pensiero: e i composti, TRASCOTATO, & OLTRACOTANZA, che disse Dante. Onde: Esta oltracotanza in voi s'alleta; che un Provenzale disse, Et est grand' outrecuidance; e gli altri, &c. Pontus de Thyard, qui dans son Traité de Recta nominum imposatione, page 18. a dérivé CUYDER de u- 3.6 glorior, s'est tout-à-fait trompé. Trippault a donné à ce mot une semblable origine, le faisant venir de u- 3.6. glorior, efferter opinion non. Et c'est ce qui a trompé notre Anonyme. Trippault ajoute, que d'autres le font venir de cogitare: Et c'est la véritable étymologie. Sylvius s'est fort bien aperçu de cette véritable origine. OUTRECUIDE: id est, ambitiosus & arrogans: quasi, qui se ultra quam par est, cogitas. C'est à la page 156. de sa Grammaire Françoise. M. de Caseneuve a une autre pensée. Il dit que ce mot est resté aux François de l'ancien Teudisque. Et pour cela, il cite cet endroit du Glossaire Latin-Teudisque de Kéron: COGITATO, & dauko. COGITATUS, & edanc. Encore une fois, cuider vient de cogitare. Voyez M. de la Thomassiere, dans son Vocabulaire au mot cuider. M.
CUIDER. Le Poète Huon de Méril a dit, très-pensé, dans la signification d'outrecuide. C'est dans son Roman du Tournoisme d'Antochrist, cité par Fauchet, fol. 541. a. de ses Œuvres, édit. de Paris 1610. Le Duchat.
CUIDERÉAU. Un amoureux transi, un foireux, un chi-en-lit, un chi-en-chausses, un jeune homme sans force & sans vigueur. Villon, fol. 56. v. A cuideraux d'amour transi, Chaussans, sans méchaing, sauves boites. Et le Verger d'honneur, &c. fol. 116. ro. Pour ung badault, ung se aquariastre, Un cuyderaux, plumant chaflaigne en l'astre. C'est un diminutif de cuider, dans la signification d'un foireux qui cuidant peter, se conchie. Voyez la remarque 5. sur le ch. 25. du liv. 1. de Rabelais. Le Duchat.
CUILLIER. De cochleare, fait de cochlea. Martial, liv. 14. de ses Epigrammes: Sum cochleis habilis; sed nec minus utilis ovis: Numquid scis petius cur cochleare vocer! M.
CUIRASSE. De coriacea: parce qu'anciennement les cuirasses étoient de cuir. Tacite, livre 1. de ses Histoires: Cataphrallarum pondere: id principibus, & nobilissimo cuique tegmen ferreis laminis aut praduro corio confertum. Les Latins ont dit 450 CUL CUL. de même lorica, de l'anus & scutum, de cuivie, qui signifie du cuir : & galea, de yala, qui signifie une peau de chat, & pour lequel on a dit, par contractions, yala. Voyea Scaliger dans ses Etymologies sur Varron. Varron s'est trompé en dérivant scutum de fethura; & galea, de gale-rua : mais il a fort bien dérivé lorica à lorcis; qui de corio crudo pectoralia fablebant. Les premiers caïques étoient faits de peaux de bêtes : d'où ils sont appelés par les Poètes Grecs yala, xia, xia, xia, xia, xia, M.
CUIRE. De copiere; comme lire, du legere; conduire, de conducere. M.
CUISINE. Du mot Latin-barbare cucina. Les Glofes : μαγιφώτι, cucina, carnificina. Caïeneuve.
CUISINE. De cucina : qui se trouve pour coquina. Les Glofes anciennes : μαγιφώτι, cucina, carnificina. Les Italiens ont retenu ce mot de cucina tout entier. M.
CUISSE. De cosa, dit pour coxa. Voyez M. de Saumais sur l'Histoire Auguste page 60. M.
CUISTRE. De coquister, fait de coqus. M. CUITE. Rabelais, livre 1. ch. 31. C'est Monsieur du Roi des trois cuites. Dans l'édition de 1542. on lit, de trois pommes cuites. Et dans celle de 1553. de trois cuites, au lieu de des. C'est une façon de parler prise de l'usage de certaines provinces de France, où l'on célèbre la fête des Rois pendant trois jours, premièrement le propre jour des Rois, puis dans le milieu de la semaine, & enfin la huitaine révolue; ou premièrement la veille de cette fête, en second lieu le propre jour de cette fête, & enfin la huitaine d'après. Et comme il arrive quelquefois qu'une même personne se trouve être le Roi de la fête à ces trois différens jours, c'est celle la qu'on appelle Roi des trois cuites, parce qu'à chacune des trois cuites ou fournies de gâteaux elle s'est toujours trouvée Roi de la fête, La Duchat.
CUIVRE. De coprum. On l'appelle en Grec γαλαίς κίππους. Cuprene, & cuprius, se trouvent dans Pline & dans Palladias. Et il a été ainsi appelé parce qu'on le nioit des minieres de l'Ille de Cypre. M.
CULBUTER. C'est buter du cu. M.
CULBUTIR. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, prétend que ce mot est formé de kylle, qui chez les Suédois & les Irlandois, signifie encore aujourd'hui le sommet de la tête. Scull, en Anglois, signifie le crâne. Ecoutons cet Auteur parler lui-même au mot Kobold. Voici ses paroles: KOBOLD, rotatio corporis supra caput : kobold schießen, rotare corpus supra caput. Notum pueris in Marchia vocabulum, & a Gallico culbute transpositum, judice Frischio in voce. In Originibus Monagianis culbuter male exponitur buter du cu. Appellatio enim dulla est, non à podice, sed à vertice, qui Suecis & Irlandis etiamnum dicitur kulle. Au lieu de culbute, on dit aussi en vers culbute; comme dans les vers suivant : Je n'ai rien fait ni où de tout ce qu'on m'impute : Sans doute le désint a fait la culbute, Badinant sur nos dos, & d'un esprit jaloux, S'efforçant fortement à nager comme nous. Et au lieu de culbuter on a dit culbuter : par exemple : La mort qui se plait à la lute, Et qui les plus forts culbute.
CUNEGONDÉ. Nom propre de femme. Sainte Cunegonde étoit femme de saint Henri, qui après la mort d'Orhon III. fut élit & proclamé Roi des Romains. Ce nom vient de la Langue Teutonique, & signifie virago fortis. Il est formé de kun, qui signifie fortis audax, & de gund, qui signifie vira ou virago, & qui est fait de gun, c'est-à-dire, vir; de même que fœmba, qui signifie puella, est fait de furein, qui veut dire puer. Il ne fera pas mal de joindre ici ce que Wachter, dans son Glossar. German. dit sur le mot kun; afin d'éclaircir ce mot, qui entre dans la composition de plusieurs noms propres Teutoniques. Kun, kun, dit cet Auteur, fortis, audax animosus. Sommers in Dict. Anglosax. Con, coon, fortis magnanimus, ceux belliger, animosus, acer, audax, ferux : he was cene, and oft feaht an wig, magnanimus eras, & sape certamen inivit singulare : cenetta audacissimus, ferocissimus; cenlice audacter, insigniter. Similia habent Franci. Gloss. R. Mauri : belliosus chon, choner. Glossa Juniama in Observ. ad Willeramum, page 119. chuoni in uuge, belliosus, Id est fortis in bello. Orfidas lib. 1. cap. 1. 117. de Franci suis : Sie sint sofama chuani Selb so thie Romani. Fortitudine pares sunt Romanis. Author Epinicii de Ludovico R. vers. 101. Snel indi kuoni Thas uuas imo gekunni. Alacer & audax Hoc illi eras cognatum. Id est gentilium, infimum nativum. Helvigis ducit à conando. Martinus, à vœu ardens, ut audax ab 2.7. ardeo. Huic sensu progenendo aptius est verbum Colicum cynne incendere & incendii, quod hodie superat apud Cambros, teile Boehornia in Lex. Ant. Brit. Res ipsa convenit fortibus & audacibus. Quid enim audacia & animositate ardentus? Et nonne omnes Porta & oratores in hac loquendi formula consentium? Si quis tamen malis ab igne illo qui fortes urit, mentem abstrabere, hand inepte derivabit à kennen posse. Quemadmodum prim. Hebrais, à kun posse, sit ken potens; ita Germanis klin primè significare peruis validum, potentem, à kennen posse, postea etiam audacem, quia, ut experientia testatur, ex sensu virium naturaliter oritur presumptio & audacia, tantique major, qui magis unusquisque virtutis sua sibi conscius est. Ita stark ante validum & robustum quam fortem denotavit. Et huius indulis voces, à rubore & parentia ad audaciam & fortitudinem transfata, extant in omnibus linguis, & in nulla copiosus quam in Germanica, sicut passim offendo. Hodie non solum fortem & audacem, sed etiam temerarium significat, quia modus in affirmatione virium sape excediter. Quemadmodum autem a bald, eisdem significatiens vocabulo apud veteres, sit baldi audacia, fortitudo, & similia; ita a chun efforuit chuni virtus, fortitudo, &c. Certe in nominibus propriis antiquorum chun modo substantivè, modo adjectivè positur. Talia sunt, CUNIMUNDUS, vir fortis, magnanimus, bellicosus. A mund vir, & non a mund os, ut Grotius scribis in Indice. Rex Gepidarum apud P. Diacorum de Gestis Longobardorum lib. 1. cap. 27. HUNIMUNDUS, eadem notione. H & C. permuntantur. Dux Suverum apud Jornandem, cap. 53. Non os centurla; ut Index Grotiamus. Veteres non solent hominem appellare os. HUNORICUS, virtute pollens, non centurlis, ut Grotius in Indice. Rex Kandularum in Africa, apud Procopium lib. 1. cap. 5. CUNIBERTUS, virtute clarus. Non animi abundans. Nam bert est clarus, & à Grotius male confunditur cum brett latus, amplus. Rex Longobardorum apud P. Diacorum, lib. v. de G. L. cap. 37. HUNULPHUS, strenuus adjutor. Non centurlis auxiliator, ut rufus Grotius. Nobilis Longobardus apud eundem, loc. cit. cap. 2. CUNRADUS, virtute alacer. Primus post Cardilogos Germanorum Rex. Non consilium sciens, ut Libellus de nom. prop. Germ. & multo minus uxori imperium, ut index Verelii ad Harrandis fagam. Nam tad est celer in vertuissimis dialectis.
CUNIBERT. Nom propre Teutonique, qui signifie virtute clarus. De kun, valeur, courage, bravoure, & de bert illustre. Voyez l'article précédent, & l'article Berte. Il y avoit un Roi des Lombards, qui s'appelloit Cunibert. Ce nom peut aussi être interprété genere clarus. Wachter, dans son Glossar. German. page 895. KUNN, genus, generatio, cognatio. Gothis kun, Marc. VIII. 12. Anglo-Saxonibus cynne, Francis & Alamanis kun, chunn. Lex. Kun. kin. Gloss. Kerun. genera chunni, generibus chunnum. Ostridus, lib. 1. cap. VII. 23. Ion kunne zi kunne, de generatione in generationem. Lib. v. cap. XIII. 6. thax adalkunui, nobile genus. Tarianus; cap. v. 1. buon kunnes liber generatus. Verelius in Indice: kyn genus, kyn-bestur genere pra aliis honorato natus, kynrikr ex magnifica, splendida & ampla familia natus. Omnibus confensis Graeum 2/3, & Latinum genus. Refer ad kennen naesi. In nominibus propriis offertur kun & tum, quia C & H permuntantur. Et cum eadem voces etiam virtutem bellicam denotare possint, hinc interpretatio redditur ambigua, ut fape nectias quam sententiam possintimum amplectaris. Ita Cuniberti & Heinrici virtute clarus, & virtute pollentes, sed & genere clarus & genere potentes, significare possint. Confer nomina propria in kun fortis. Au lieu de Cunibert, on disoit en Dialecte Alamanique Chunibert, Chutiprebi, Cunibert, Humbert, Hunbrebi, Hunprebi.
CUNIMOND. Nom d'un Roi des Gepides dans Paul Diacre. Ce nom, qui est Teutonique, signifie vir fortis; de kyn vaillant, courageux, intrépide, & de mund, en tant qu'il signifie vir, & qu'il est la même chose que man. Les Danois disent mand, les Illandois madur, les Allennans mand & mund dans les composés. Les anciens Germains disoient mand, mund & mad dans les noms propres. Mund signifie aussi os, la bouche; & en ce sens c'est la même chose que l'Anglois mouth. Mais par une signification tirée de celle de vir, il se prend encore pour protection, tutelle; & pour protecteur, tuteur, défenseur. C'est pourquoi on peut aussi interpréter Cunimond par protection fortis; & ainsi de plusieurs autres noms où entre le mot mund, comme Edmond, Hartomond, Osmond, Pharamond, Richemond, Sigismond, Thorsimond; qu'on peut voir chacun en son lieu. Voyez aussi l'article Cunegonde, & Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Mund.
CURAGÉ. Sorte de simple, dit en Latin persicaria. Lobel, dans les Adversaria Nova, page 134. Gallii culraige vocatum est: ut cujus folia, qua quis publici (honor sit auribus), absergenii canis, affricueris, inurnum rabiem clumbus, sive, ut loquuntur Legulei, culo, M.
CURCUMA. Nom d'une plante, ainsi appelée parce que sa racine est jaune en dedans, & qu'elle teint en jaune comme le safran d'où vient qu'on la nomme encore safran d'Inde. Le mot curcuma vient de l'Arabe carcuma, qui signifie safran, de même que l'Ebreu carcuma; & aussi la racine jaune dont nous parlons, & qui a été nommée de la sorte à cause de sa couleur de safran.
CURE. De Curatus, que les Auteurs Latins du bas siècle on dit pour curator: comme Dictatus, pour Dictator: exploratus, pour explorator: speculatus, pour speculator. Voyez M. de Saumasse sur l'Histoire Auguste, page 481. & dans son livre de Primatu Petri, page 481. Berger, dans son Histoire des Grands Chemins, livre v. chap. 8. le dérive de Curia. L'autre sorte de Curia, dit-il, estoient celles ou les Prêtres & les Prêtres s'affembloient pour traiter des choses appartenantes à leurs religions & cérémonies. Illa & etiam Curia dicitur, ubi cura sacrorum publica. Et c'est d'où nous viennent les mots de Curés & de Curés. Curionum erat publici pro suis curialibus rem divinam facere, au rapport de Denis d'Halicarnasse. M.
CURÉ. Innocent Gentillet, page 217. de son Bureau du Concile de Trente: Mais parceque les Evesques des Citez, trouvoient à dire que ces Corévesques entrepronoient sur leur Charge d'Evesques, on osta enfin de leur nom de Corévesques le mot d'Evesque, & ne leur resta que le nom de Coré, qu'on a depuis appelle Curé, par corruption de Langue. Cet Auteur prétend qu'anciennement les Corévesques & les Curés étoient la même chose. La Duchat.
CUREE. Phébus Galton de Foix, dans son Miroir de la Chaise, a cru que nous avions dit curée par corruption pour curée. La cuyere du cerf, dit-il à la page 18. se doit faire où le cerf se prend. Et à la page 39. Et devez savoir que le fouail doit-on appeler de sanglier, ainsi qu'on doit appeler curée de cerf, parce qu'il se fait sur le feu, & curée sur le cuir du cerf. Il se trompe. Curée a été dit de curata, mot de la même signification, & qui a été dit pour curata. CORATA: intestini intorno al cuore, dit la Cruisa. Et de-là le vieux mot François CORAILLE, pour signifier les intestins. Voyez M. du Cange, dans son Vocabulaire Latin, au mot corallum. Dans le langage Lyonnois, cora se prend encore aujourd'hui pour le poumon & le foye. Et ceux de Narbonne; ce qui a été remarqué par Corbinelli sur Dante de Vulgari Eloquentia, page 49. disent encore aussi aujourd'hui corade, pour signifier les entrailles. Nous disons, courée de mouton, pour fressure de mouton. Voyez Nicot. M. CURER un puits. De curare. Dans un titre de l'Abbaye de Saint Victor de Paris: Curare etiam puerunt curum aqua. M.
CURIEUX. C'est le nom que l'on donnoit à certains Officiers de l'Empire Romain, sous les Empereurs du moyen âge. Les Curieux étoient des gens commis pour empêcher les fraudes & les mal- LII ij C U S. C U T. versations, sur-tout en ce qui regardoit les poëtes & les voitures publiques ; & pour donner avis à la Cour de tout ce qui se passoit dans les Provinces : ce qui les rendoit redoutables, & leur donnoit moyen de faire beaucoup plus de ntaf qu'ils n'en empêchoient. On les appelloit Curieux, dû mot cuve, foin ; quid curis agendis, & eretionibus curfus publici instituendis, operam darent.
CUSANÇON. Borel interprète le mot de cusanson, par ceux de danger & saccherie : mais il pourroit bien se tromper ; du moins est-il sur que cusanson, & cusanser quelqu'un, signifient foin, & soigner quelqu'un. Les Gettes de Godefroy de Bouillon & de les freres, Roman imprimé à Paris, ou du moins translaté en François en 1499, dans un des chapitres de la seconde partie : Certes, dit le Truchement, voicy un très-notable Abbé, & qui prent grant peine & cusanson à nous bien servir. A Mera cusanser une personne, c'est prendre un très-grand foin de la bien traiter : Et ailleurs, lettre q. 1. Et sembloit assez qu'ils n'enfent pas grant cusanson de cette affaire. Cusanser vient de cogitantare ; & cusanson, de cogitantario. Le Duchat
CUSCUTE. Nom d'une plante parasite, qui ne donne jamais de feuilles & qui ne pouffe que des filets longs qui s'attachent aux corps voisins. Cerre plante s'appelle en Arabe cochoutha, d'où a été formé le Latin cuscuta, d'où le François cuscute. CUSTODE : pour cibaire. De custodia. Périon : Vasa illa in quibus, quia verum Christi corpus, more, institutique majorum, panis specie custoditur, ex eo custodes appellata existimo. M. CUSTODE : comme quand on dit, avoir le fouet sous la custode. De custodia, en la signification de prison. Les Glofes anciennes : custodia, qu'ami. M.
CUTHBERT. Nom propre Teutonique. Il y a eu un Saint, nommé Cuthbert. Ce nom signifie, selon Wachter, bello clarus ; & il est formé de guth, mot Saxon qui veut dire guerre, & de bert, qui veut dire illustre. Wachter, dans son Glofar. German. page 614. GUND, bellum, pralium. Vox Francica & Vandalia, sed paulum deflectens ab Anglo-Saxonica guth ejusdem significatus. Somnerus, in Dict. Anglo-Saxon. Guth bellum ; guth-herge legio, turma militatis ; guth-lac belli munus militia ; guth-spell belli munium, pralii narratio. Celtas eodem sensu dicere cat, supra demonstrarsi in loco. A Celtico cat igitur est Saxonicum guth ; a guth, Francicum gund per epenhefin ; a gund, Islandicum gunn per apocopen. Nam hoc vitum passa est vox Francica apud Septentrionales. Verelius in ludice : gunn pralium. Interest rei etymologica has mutationis noffe, quia his nift probe coguitis & perspectis, de nominibus propriis antiquorum iudicium ferri nequit. Pout ce qui est de bert, qui fait la seconde partie de Cuthbert, voyez ci-dessus Berte.
CUTHEENS. C'étoient des peuples de l'Orient, ainsi nommés à caule du pays de Cutha, d'où ils furent transplantés par le Roi Salmanasar dans les villes de Samarie, après la destruction du Royaume d'Israel. Il y a apparence que ce pay de Cutha étoit la même chose que le Chosfian, ou ancienne Sufiane. Voyez ci-dessus Chuteens, & Chus.
CUVE. De cupa : par un seul P. M. de Saumalfe sur l'Histoire Auguste, page 153. Sciendum praterrea est, cupam de majore vasa vinario, scribendum esse unico P. & cuppam de minore, scribi debere : & urinusque vocabuli diversam esse originem. Cupa enim a Graea voce uum, qua navis genus est. Hefychii Gloffa : uum, &c. cuv. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c.
CUVERT. Vieux mot François, qui signifie serf. L'ancienne Coûtrine manuscrite d'Anjou & du Maine, au Titre de Homme effrange & cuvert : Si Gentilobems a homes cuvert en sa terre, & il se muert, le Gentilobems aura la moitié de ses meubles. Et se il se muert sans haie & sans lignage, toutes les choses sont au Seigneur : mes il rendra ses debtes, & il sera l'aumose avenant. Si le Cuvert avoiraquoit aucunes choses en la terre a autre Vavassene qu'a celui de qui il soit home, les autres Seigneurs ny prendraient rien : mes il ne perdroit pas de ceti les cens & les confumes : ainsi conviendroit que il leur en baillaft homme Contumier qui l'en servif. C'est ainsi qu'il y a dans le Manuscrit de M. Brodeau, célèbre Avocat du Parlement de Paris, qui est un Manuscrit très-ancien. Dans celui de M. Jufsel, qui est plus récent, mais qui ne laisse pas d'avoir plus de deux cens ans, il y a, Si Gentilobemme a Cuvert en sa Terre ; c'est-à-dire, serf : ce qui ne permet pas de douter que le mot de cuvert n'ait été fait de celui de colibertus : qui a été dit d'un homme qui servoit, comme je l'ai fait voir ci-dessus au mot conillant, & dans mon Histoire de Sable à la page 50. & 51. Et comme on a fait cuvert de colibertus, on a fait culvertage, ou culvertage, de colibertagium. Mathieu Paris, en l'année 1213, page 162, de l'édition de Paris : Tunc Rex Francorum rem diu desideratam intelligens, accinuit se ad pugnam : atque sua dirbosis homines, Ducos videlicet, Comites, & Baronet, Milites, & Servientes, cum equis & armis, justi in Ollauis Pascha, sub nomine culvertagii, apud Rhonomagum ita potenter convenire, ne crimine lafa Majestatis damnum exheredationis incurrete viderentur, vulgariter sub nomine Felonis, &c. Et page 163. Et quid nullus remaneat qui arma portare possit sub nomine culvertagii, & perpetua servitutis, &c. Ce sont les termes d'une Lettre du Roi Jean sans Terre aux Vicomtes de son Royaume : après laquelle Mathieu Paris ajoute : His ergo literis per Angliam divulgatis, convenerunt ad maritima in locis
CUV. CY. CYC. CYL. CYM. divertis, &c. nihil magis quibus opprobrium cativorum et mermentis. ¶ Antoine Leifel, dans son petit Gloi- saire des mots anciens du Poète Hellinaud, a ex- pliqué le mot de cuivrer par celui de traître : en quai il s'est mépris. Voici l'endroit d'Hellinaud, qui est de la Stance vingt-troisième de son Poème de la Mort : Mors fait Franc boitier de Cuivrer. C'est-à-dire, la mort fait un homme libre d'un homme serf. ¶ Il y a des familles du nom de Cu- ivrer. ¶ Il me reste à avertir mes lecteurs, que le Manulet de M. Juhel, ci-dessus mentionné, est aujourd'hui dans la Bibliothèque de M. de Har- lay, Prégniste Président du Parlement de Paris. M.
CUVIER. De cuparium. Cupa, cuparium, cuvarium, CUVIER. Voyez cuve. M.
CY. D'hicce. M.
CYCLADES. C'est le nom ancien d'une partie des Isles de l'Archipel, qui font une espèce de cercle autour de Délos ; ce qui leur fit donner ce nom : car vus en Grec signifie cercle ; & de- la vusie vusie, un anas de plusieurs choses disposées en rond, en cercle. Bochart va plus loin, & veut que ce nom leur ait été donné par les Phé- niciens, & qu'il vienne du Phénicien : Car, dit- il dans son Chaman, liv. 1. chap. 14. vusie vigla signifie en Phénicien un cercle. CY CLOPE. C'est un nom que les Poètes ont donné à des habitants de la Sicile, qu'ils ont feint être des ouvriers qui travailloient sous Vulcan, pour forger les foudres de Jupiter. Ils ont été ainsi normés, parcequ'ils n'avoient qu'un œil rond au milieu du front. Les Cyclopes furent les premiers habitants de la Sicile. Leur taille gigantesque, leur barbarie, leurs brigandages, & leur voisinage du mont Etrus, donnerent lieu aux fables. Ce mot vient de vusie circulus, & de vusie oculus, fait de vusie vide. Quelques-uns croient que Cyclope signifie qui regarde tout autour à la ronde ; & que ce nom fut donné aux premiers habitants de la Si- cile, grands Pirates, parcequ'ils étoient toujours sur la côte à considérer s'il ne paroissait point quelqu'un à la ronde, pour le voler.
CYLINDRE. De cylindrus. M. CYMAISE : Terme d'Architecture. De cy- matium, fait de vusie. Ce qui a été remarqué par Trippault & par Nicot. Mais écoutons M. Fé- libien : CYMAISE, c'est dans l'Architecture, un nombre dont la moitié est convexe, & l'autre, con- ce. Les cymatium : du Grec vusie, undula, petite onde ; & non pas de cyma, qui signifie l'ex- trémité de la rige, & la pointe la plus tendre des herbes. Car ce qu'un homme cymaise, & qui sert d'ornement au haut d'une corniche, ne tire pas son nom de ce que ce membre en fait l'extrémité & la plus haute partie, mais plutôt de ce qu'il est taillé d'une forme endouante. Aussi Virruve, livre 5. cha- pire 7. se sert d'unda, pour cymatium : qu'il nom-
CYM. CYR. 453 me aussi quelquefois l'ylis, qui, en Grec, signifie rup- rer & séparation : a causé que les corniches font la séparation d'une partie de l'Architecture d'avec une autre ; comme du piedestal d'avec la colonne, & de la frise d'avec la corniche. Les Italiens l'appellent goletta, pour parva gula, ou cymaia, &c. M.
CYMBALES. Instrument de musique chez les anciens. Les cymbales étoient d'alrain, &c avoient la forme de nos cymbales, mais n'étoient pas si grandes. On les frappait l'une contre l'au- tre en cadence, & elles rendoient un son très- aigu. Le mot cymbal vient du Latin cymbarium & & celui-ci vient du Grec vusie, qui a été for- mé de vusie cavité. Les cymbales avoient la figure d'un bassin. C'est pourquoi Cassiodore & Isidore les appellent acetabulum ; c'est-à-dire, entre autres choses, la cavité d'un os dans laquelle un autre os s'emboite ; parceque les cymbales ressemblent à cette cavité. C'est encore pour cela que Properce les appelle des instruments d'alrain qui sont ronds, & que Xenophon les compare à la corne d'un cheval qui est creuse. Cela paroît encore, parce que le mot cymbal s'est pris non-seulement pour un instrument de musique, mais encore pour un bassin, un chaudron, un gobelet, un casque, &c même pour un sabot, tel que ceux qu'Empedocle portoit, & qui étoient du cuivre. Du reste, les cymbales ne ressemblent point à nos cymbales, & l'usage en étoit tout différent. Les j'ils avoient aussi des cymbales, qu'ils appelloient vusie selim, vusie messithaim, ou du moins ils avoient un instrument que les anciens Interprètes Grecs & Latins nomment cymbales. Il est impossi- ble de savoir au juste ce que c'étoit que cet in- strument ; mais on fait qu'il faisoit beaucoup de bruit : aussi dans le Pleaume CL. est-il appellé vusie vusie schema, cymbales d'un son re- trénissant, & vusie vusie theronah, cym- bales d'un son éclatant. Les vusie messithaim dont il est parlé, 1. Paralip. 27. 19. étoient, com- me on le croit avec beaucoup de raison, le même instrument, & il est marqué qu'il étoit d'alrain. Mais on jouoit avec deux ensemble ; comme la forme de duel qu'a ce mot messithaim, semble ne pouvoir pas en laisser douter.
CYME. De cyma, formé de vusie. Voyez ci- me. M.
CYMETTES. Rejectons de chou. De cyma, Cyma, cymetta, CYMETTE, Voyez cime. M.
CYRUS. Nom du premier Roi de Perfe. Les Anciens ont dit, que ce nom en Langue Per- sienne signifioit le Soleil. Wachter l'interprète au- trement. Voici ce qu'il dit là-dessus dans son Gloi- saire Germanicum, page 1409. SCHIER, luci- dus splendidus. Gloi. Lips. Scieri lucidum. Cum album pra careris coloribus lucem reflectat copiussif- mam, hinc nomen suum sapè communicat rebus splen- didis, aut accipi ab illis. Exempla vide in blank & schie. Substantive possum, significat (1) sub- stantiam lucidum. Inde Perfis Chur Sol. Quam vo- cem in Lexico Clodiano invenie. Graeis quoque avie- res interdum pro sole est, us Osiris Egyptis. Et aviera sunt altra ; id est lumina, lucet, ignet. (2) Substantiam pollucidum. Inde Islandis skiat fenestra ex tenui & pellucida membrana confecta. SCHIER, clarus, illustris. Quia lucida & splendida similis. Somnerus in Dict. AS. Scite clarus, illus- tris. Verelius in Indice : Skir clarus. Gloff. Lipf. Ploicire praclarus. Idem significare potest Cyrus, si astimato nominis, ut par est, ex cognatione utriusque Lingua Persica & Germanica defumatur. Quamvis enim veteres Scriptores Cressias, Plutarchus, Helychius, & alii Cyrum, Perfarum Monarcham, a sole sic dictum tradidarius, non tamen persuadens. Quis Ianus hominem appellat Solem? Aut quis Solis ceteri aucti nomen Dei ad hominem transferre, etiam si fuerit Rex, aut filius Regis? Error inde natus videtur, quod eadem vox adjectivis, lucidum & illustrem, substantive Solem significat. *
CZAR. C'est le titre que prend le Souverain de Russie ou Moscovie. Ce mot significat Roi chez les anciens Scythes, de qui les Russiens & les Tartares sont deicendus; & il ne vient point des Césars de Rome, si long-tems inconnus à ces peuples. Ceux qui l'ont cru ainsi, se sont fondés sur la ressemblance qu'il y a entre ces deux noms. Mais cela ne suffit pas pour prouver que l'un vienne de l'autre. Le fils aîné du Czar est appelé Czarowitz, c'est-à-dire, fils du Czar. M. Sperlingius, dans une Dissertation du nom Koming, qui, en Langue Teutonique signifie Roi, dit que les Souverains de Moscovie n'ont porté le nom de Czar, que depuis que les Russiens ou Moscovites ont embrassé la Religion des Grecs. Il prétend qu'auparavant ils s'appelloient Kudger, c'est-à-dire Roi. * A : comme quand on dit, oui-da. M. Bochart, livre 1. des Colonies des Phéniciens, chapitre 42. estime que cette façon de parler vient de celle des Grecs où vis sia: Est cur mirumur in Diis Gallorum non censeri Plutonem, à quo se prognatos dicebant, siquidem Cæfuri credimus. Galli, inque, se omnes ab Dite parte propositos prædicant: idque à Druidibus proditum dictat. Faller, an Dispatet Gallis idem fuit qui Disfuitet; id est, Juppiter, summus Deorum: nomine facto ex Graco sia, vel ex Hebrao vt dai. Id videtur posse probari ex composito nomine Divona pro Dei fonte, vel divino fonte. Ita explicat Ausonius in hoc versu: Divona, Celiarum lingua, Fons addite Divis. Et hodieque apud Cambrus, Diu Deum significat, & Vonan, fontem. Quo pertinet vernaculum, oui-dea, cum affirmamus; sumptum ex Graco où vis sia. Théodore de Bèze avoit fait la même remarque: Species quadam diphongi in oui-dea, ut majores nostri loquebantur, pro eo quod nunc dicimus oui-da, affirmationem augentes: quam particulam subtiliter nonnulli volunt esse Gracorum &, Dorice rutatum. Hoc verò ne cui videri possit inane commentum, sciat apud Aurelios uistatissimum esse juritijurandi speciem ma-dia; id est, ma sia: & ni-da; quod est manifeste Gracorum où sia. C'est à la page 51. de son Traité de la véritable prononciation de la Langue Françoise Rabelais, livre 4. chapitre 5. a dit, ma dia. Le Diable l'emporte, si je le veux: Je ne le veux pas pourtant, ma dia. Trippault le dérive de où sia. Da, ou dea, dit-il, diction affirmative, & par fois négative; que mettons ordinairement après ces deux mots, ouy, nenny, non: comme, ouy-dea, nenny-da: «ou sia, ita fanè: «sia, non profecto. ¶ Il est à remarquer que Garnier, dans la Tragédie de Bradamante, a commencé un vers par ce mot da: Dea, mon frère, bé pourquoy ne me l'aviez-vous dit? M. DA: Il avoit une épée da. C'est un habile homme da. Du Chaldéen 1871, qui signifie hic, hac, hoc, Huet.
DACE. Rabelais, livre 1. chap. 33. Labeck, Norwege, Sweden, Rich, Dace, Gothic, Engroveneland, les Éthélins. Le pays, connu communément sous le nom de Dace, fait partie de la Scythie Européenne: de sorte qu'on ne voit pas comment un homme du savoir & du jugement de Rabelais, aura pu le comprendre parmi ceux qui avoisinent la mer Baltique, ou la mer Glaciale. Aussi n'a-ce pas été son dessein de parler ici de l'ancienne Dace; mais du Danemark, appelé par quelques-uns, & même communément de son tems, Dacie, pour Dania. Æneas Sylvius, dans sa Description de l'Europe, chap. 33. De Dania, sive Dacia. Et dans le corps du chapitre: Dania, sive Daciam, dicere volumus consuetudini servientes, Cherronei formam habeas: hanc quoddam Cimbri tenuere. Le Duchat.
DACE. Tribut, imposition. Il vient de dacia, formé du verbe dare. Prolomæus Lucensis, sur l'an MCCIX. Obligaverunt se per juramentum datias & colletitas solvere. Caïeneuve. DACES : tribuis. Pierre des Vignes uve du mot de dacia en cette signification: Quod dacia, vel collecta, non auferantur ab iis qui in servitio Curia non auferebantur. C'est le titre du chap. 39. de son livre cinquième. Mais il est difficile de savoir si le Latin vient du François, ou le François du Latin. Vossius, livre 3. de Vitis Sermonis, chapitre 8. croit que dacia a été dit par corruption, pour dacia: à dando; comme tributum, de tribuo: & que c'est comme qui diroit dacus, ou dacio. M.
DACTE, pour dace, dans la signification de dare d'une Lettre, ou autre écrit. Dans l'ancienne orthographe, plusieurs changeoient en C le premier T de tous les mots que d'autres écrivoient avec un T redoublé. De-la vient que dans nos vieux Livres on rencontre souvent comelle, lettre, mettre, &c. pour comette, lettre, mettre, &c. Le Duchat. D A D. D A G.
DADA. C'est ainsi que les petits enfants appellent un cheval. Voiture a employé ce mot dans la Réponse pour Madame de Montanier, à la Lettre de Monsieur le Prince : J'admire dedans vivre lettre Celui qui dit que son dada Demoura court à Lérida. Et dans les Vers à la façon de Neufgermain à M. d'Avaux : Le Délivrer d'Androméda Vir moins de mers, de ments, de vanx, Monté sur son aïsté dada, Que n'en canne ce grand d'Avaux. Et à ce propos il est a remarquer, que les petits enfants qui ne s'avent pas encore parler, disent de la da, quand ils demandent, ou qu'ils veulent nommer quelque chose. Jérémie, vch. 1. Et dixi A, A, A, Domine Deni, ecce nescio loqui, quia puer ego sum. M.
DAGOALD. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie *militum profetum*. Il est formé de *degen* ou *thegen*, qui en Teutonique signifie un militaire, de quelque rang ou condition qu'il soit, simple, éclat, chef, Capitaine ou Général, & de *wale* ou *wald*, qui signifie *Commandant*. Voyez Wachter, dans son *Glafsarium Germanicum*, au mot *Degen*, & au mot *Walt*.
DAGOBERT. Nom de deux Rois de France. Ce nom vient de la Langue Teutonique, de même que *Dagoald*, & signifie *miles clarus*. De *degen* ou *thegen*, dont il a été parlé dans l'article précédent, & de *vert*, qui signifie *illustre*. Voyez ci-dessus *Borte*.
DAGON. Nom d'un faux Dieu des Philistins. On prétend, après les Rabbins, que ce Dieu étoit représenté comme on représente les Tritons, c'est-à-dire, sous la forme d'homme, depuis la tête jusqu'à la ceinture, & le reste sous la forme de poisson. On se fonde sur la signification que l'on donne à ce mot, lequel on fait venir de l'Ebreu et *daz*, poisson. Mais cette idée de *Dagon* demi-poisson, n'est qu'une conjecture Rabbinique. Il y a plus d'apparence que *Dagon* fut ainsi appellé de *per dagan*, qui signifie blé, froment. C'est aussi le sentiment de Philon de Biblos, qui interprète *Dagon* par *zerin*, c'est-à-dire, *fromentarius*, & qui dit qu'il fut nommé de la sorte, *erudis iops ceros*, parce qu'il étoit l'inventeur du blé. C'est ainsi, & pour la même raison, que les Syracuseans appellent Ceres *zerin*. Le même Philon dit que *Dagon* passait aussi pour être l'inventeur de la charrue, & que pour cela on le nommoit *zuiq opireg*. Voyez Bochart Hieroz. Part. 1. liv. 1. ch. 6. où il établit le sentiment de Philon de Biblos. Tout ce que l'on dit d'ailleurs touchant Dagon, est extrêmement incertain.
DAGORNE. Vieille dagerne; par corruption pour *dragone*. Huet.
DAGUE. Ce mot ne signifie pas toujours un poignard : il est souvent pris pour les pointes de fer D A G. D A I. 455 dont les deux bouts d'une hache d'arme étoient garnis; desquels anciennement on se servoit à donner, ou dans les visseries des casques, ou dans la maille des hauberts, ou dans les défans de cuiras, lorsqu'on ne se pouvoit servir du tranchant de la hache. Olivier de la Marche, livre 1. de ses Mémoires, chap. 16. Et tenuis en sa main *ferrebre* une hache très-bonne, à dague dessus & dessus. Et au même chapitre : *Mestre Jacques jette le fomb d'en-bas de son baron* (c'étoit une hache,) par deux ou trois fois après la visserie du bacinet de son adversaire; & si souvent le continua, qu'il l'enferra en la visserie, & ne tint pas la prise si peu; non, car la dague rompit. Et chapitre 18. Et au-dessus de la hache une bume forte dague. Le mot dague vient de Daca, c'est-à-dire, *Daneise*, parce que les haches d'armes, garnies de ces pointes de fer, étoient appelées Daca secures. Guillaume le Breton, livre 2, de sa Philippide : *Hastis confrattis mucronibus atque cutesis* *Infinitum, Dacisque fecuribus excerbrant se.* Les poignards dont les lames étoient semblables à ces pointes de fer, furent appelées *dagues*; mot dont même on se servoit anciennement en Ecoffe. Les Stants de Guillaume, Roi d'Ecoffe, chapitre 23. *Enfem*, & *cuteselium qui dicitur* dagger. *Casse-nerve*. DAGUE : pour une petite épée. De l'Alleman *dagge*, ou *dagen*, qui signifie la même chose : d'où les Italiens ont aussi fait *daga*, & les Anglois & les Ecoffois, *dagger*. Valfingham en la Vie de Richard II. page 152. de l'édition de Camden : *Max, extralib cutesilo, quem dagger vulgo dicimus, illum militi minabatur*. Voyez Hotman en son *Matagomus de Matagomibus*, page 19. & Voysius de *Vitis Sermonis* 2. 5. Les Ecrivains Latins des bas fœcles se sont servis du mot *daga*. Il se trouve dans le second Concile de Pise, page 159. *Nec dagas, seu cutesilos, feram ultra longitudinem palmi unius, praeter Palafranarios, cum Dominoes suos comitabuntur*. Guillaume le Breton a dit *daca* plus d'une fois, dans l'onzième livre de sa Philippide. M.
DAGUER. C'est l'action du cerf avec la biche. De la ressemblance du membre du cerf à une dague. M. DAGUES de cerf. On appelle ainsi, ces petites cornes de cerf, sans rambre : de leur ressemblance à une dague. Voyez Nicot, & ci-dessus *dague*. M.
DAGUET. Cerf, qui est à sa seconde année. Lat. *subula*. On l'appelle ainsi à cause de ses dagues. Voyez *dagues*. M.
DAIL. C'est une faux. Rabelais, dans le Prologue du livre 4. *La mort, six jours après, le rencontant sans coignée; avec son dail l'euf fauché & cervé de ce monde*. On l'appelle un *dard* en plusieurs provinces de France. Voyez *dard*. En Languedoc, on dit *cavili* pour *faux*, & *dailler*, pour *faucher*. Dans l'Auvergne on dit *dail* & *daille*. M.
DAIS. C'est le ciel ou le poile dont on couvre les Autels, ou les sièges & les tables des Grands. Ce mot vient du verbe Alleman de *ben*, qui signifie *convir, voiler*, & *ombriger*. Le Dictionnaire Alleman-Latin de Dafipedius : Bedecken, *operire*; operculare, velare, umbrare, adumbrare. Decken, operculum. Cafeneuve.
DAIS. De doffium, fait de doffium, qui se trouve dans les Glofés, & qu'on a dit pour doffium. De doffium, nous avons fait dos. Les Italiens de doffium, ont fait de même doffio. De doffium, nous avons dit premièrement dois. On m'assure que ce mot se trouve écrit de la sorte dans quelques vieux Romans : Et j'apprens d'une note marginale de M. Guyet à la page 571. de ses Glofes de Philoxène, qui se trouve dans un vieux livre François, intitulé L'Entrée du Roy Charles le Sage, & de Charles IV. Empereur. Nous avons dit ensuite dois. Nous avons dit de même ders & derselot, de doffium & dorsileum. L'Ordre du Roi Henri II. à la page 321. du Cérémonial de Godefroy : Contre la cheminée de ladite chambre, y avoit un riche Ders, tout couvert, pentes, fonds, & doffier, de broderies à personnages. Et à la page 335. Le Roy se vin mettre à table sur un haut Ders, fait & préparé en la grande salle du logis Archiepiscopal, sous un grand Ders : le fond duquel estoit tout d'or. Et à la page 333. Ledit Seigneur se mit à genoux sur un grand drap de pie, & deux carreaux, sous un grand Dercelot de velours cramois. On appelloit anciennement Dois, Dois, une table entourée de bancs à dos, couverte par enhaut, afin que la poudre du plancher ne tombât pas sur les viandes. Horace, livre second de ses Saryres, Saryre dernière, fait mention de cette sorte de couverture de table : In parinam fecere, trahentia pulveris atri. Depuis, le nom de Dois ou Dois, qui étoit commun à toute la table, est demeuré à cette couverture d'enhaut. En Angleterre, le dois, qu'on appelle the clothe of state, c'est-à-dire, drap d'Etat, se met encore à présent à l'endroit du plancher sous lequel est la table. ¶ Doffalium se trouve à peu-près en cette signification dans un Titre de S. Florent de Saumeur : Doffalia duo, egregia, qu'axtenduntur in chori. Et Dorsale, dans l'Histoire des Evêques d'Auffere, chapitre 50. Dedit Ecclésa pallium ingens optimum, quod vulgo Dorsale dic. v. Pallium, en cet endroit, c'est un poisse : Voyez poisse. Et un poisse est un dois portatif. Dofium se trouve aussi, mais dans une autre signification, en cet endroit des Coutumes Manuscrites de S. Germain des Prés, produit par Dom Edmond Martène, dans son Traité de Antiquis Monachorum Ritibus, livre 1. chapitre XI. page 109. Cumque Conventus per ante illum tranferit qui tympanum pulfabis, omnes inclinabum capita sua corum en tranfeuentes. Conventus ascender ad mensas : sed non fodebunt quousque Prior federit ad Dofium, & federit super fodem. Car il paroît par ce qui est dit ensuite dans ces Coutumes : Et tunc ibunt illi quatuor ordinate, unus iuxta alium, versus Dofium : & illis inclinatis corum primo grade : scensus Dofii, Cantor incipiet BINDICTE, que Dofium en ces endroits est une etrade : & non pas, comme l'interprète Dom Edmond, regimen, umbraculum, Gallicé UN DAIS. Mais peut-être qu'anciennement au-dessus de cette etrade, il y avoit un Dais. Quoi qu'il en soit, ce mot Latin Dofium a été fait du François Dais. Il me reste à remarquer, que Dofium ne se trouve point dans le Glossaire de M. du Cange. M.
DAIS. Ce mot a signifié aussi le dos, la boisse, ou le milieu d'un bouclier. Hérodote, livre 7. de la traduction de Pierre Saliat, fol. m. 392. r. Il avoit en toute armes faits environ comme ceux des Grecs, vestus de jergots de toile, portans escus sans dois, & le dard en la main. Et plus bas : En après les Egyptiens fouroissient deux cens vaiffeaux, portans en toute armes fourches, avec escus creux garnis de longs dois. Ce dois est l'ambo des Latins, & il a été rendu de la sorte dans la traduction de Laurens Valle. Le Duchat.
DAIS. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Dicke, fait venir, comme M. de Cafeneuve, le François dois du verbe Teutonique decken couvrir. Voici ses termes : DICKE, operimentum cujuscunque rei. Anglo-Saxonibus theccene, Francis theki. Tatianus, cap. xv. 4. Obanentiga thekki des tempales, primorulum templi. Proprie supremum templi tecium. Verelus in India: thekia tecium. Conventus Graeum 4670 & 4670; Latinum tegmen, teges & tecum; Latino-barbarum dagus; unde Gallis dois pro umbraculo. Cunella affinia, a decken operire. A simplici est diminutivum deckel operculum. *
DALE. Dans la Normandie, c'est un évier, DALOT, c'est le canal par où fort l'eau de la dale. M. DALE de Saumon. C'est ainsi qu'on dit en Normandie, pour darne de saumon. Voyez ci-dessous darne. M.
DALE, que l'on prononce delle en Normandie, vient de l'Anglois-deale, & signifie portion. L'Anglois vient de l'Alleman theil, qui signifie la même chose. Le Gallois & le Bas-Breton disent darne dans le même sens. Ainsi l'on dit en Normandie dalle de saumon, & ailleurs darne de saumon. Dale & delle se prennent plus souvent en Normandie pour une certaine mesure de terre. Et il est remarquable que comme le mot Ebreu neph signifie portion & champ, de même dale en Normandie a ces deux mêmes significations. Huer.
DALE, a encore en Normandie la signification d'évier, égout, trou par où les eaux s'écoulent. Et l'on en a fait le diminutif dalot. Dale pourroit venir en ce sens de l'Anglois dale, vallée. Car comme les rivieres & les ruiffeaux s'écoulent par les lieux bas & par les vallées; ainsi l'on auroit donné le nom de vallée aux conduits par où s'écoulent les eaux des égouts, parce que ces endroits doivent être plus bas que les égouts mêmes. Huer.
DALMATIQUE. C'est une espèce de chauble courte qu'ont les Diacres en officieux. De Dalmatica. Lampridius, en la Vie de Commode : Dalmatica in publicum procefis. Voyez Cafaubon, sur cet endroit de Lampridius. Dalmatica, a été dit absolument, comme parlant les Grammairions, pour vestis Dalmatica : à cause que cette sorte de vêtement, lequel fut d'abord l'habit des Romains les plus mondains, leur étoit venu de Dalmatie. Ce mot fut ensuite transporté à l'habit Ecclésiastique dont nous venons de parler. Au lieu de Dalmatica, on a dit Dalmatarium, d'où nous avons fait DAUMOIRE. C'est ainsi que nous appellons en Anjou une Dalmatique. Dalmata, dalmatarium, dalmarium, DAUMOIRE : comme armoire d'armarium. On l'appelle en Touraine & en Saintonge COURTIRAUT, de curtum tibiale. Voyez courrebant. Dalmatica, dans les Glofes d'Ifidore, est interprété, vestis Sacerdotalis candida, cum clavis purparris. parois. 9 Voyez Spelman en son Glossaire, au mot dalmatica. M.
DAM. S'il fait mal, à son dam. Du Latin suo damas. M.
DAMAS. Nom d'une ville de Syrie, très-ancienne & très-célébre. Nous la nommons ainsi par abrégé, du Latin Damascus, qui a été pris du Grec Δαμωτιά; & le Grec Δαμωτιά a été fait de l'Ebreu ρυσή dammesek, qui est le nom que cette ville a ordinairement dans le texte original. Je dis ordinairement, parce qu'il y a trois endroits où elle est appelée un peu différemment. Au 1v. livre des Rois xvi. 10. elle est appelée ρυσή dammesek; & au 1. livre des Paralip. xviii. 5. & 6. ρυσή dammesek. Il y a toute apparence que ce sont des fautes des copistes, qui auront d'abord ajouté un 1 après la première lettre de ρυσή, lequel 1 d'autres auront pris ensuite pour un 1, comme cela est arrivé souvent. Quant à l'origine & la signification de ce nom, on n'en fait rien de certain, & toutes les étymologies & les interprétations que l'on en donne n'ont pas la moindre vrai-semblance. Quoi de plus ridicule, par exemple, que de dire de ρυσή vient de ρυσή sang, & de ρυσή sak, un sac. Ceux qui interprètent de la sorte ce nom, ne conviennent pas de la raison qui le fit donner à cette ville. Les uns disent que ce fut parce qu'il croisoit d'excellent vin dans son territoire, & que ρυσή dam désigne le sang de la vigne, c'est-à-dire, le vin. Mais quand cela ferait ainsi, que signifie-roit sac de vin? Un sac est-il un vase à mettre du vin? Il aurait plutôt fallu dans ce cas-là nommer cette ville, tonneau de vin, ou cuve de vin. D'autres prétendent que Damas fut appelée sac de sang, à cause du sang d'Abel qui y fut répandu par Cain. Mais cela est fondé sur le sentiment faux de ceux qui croient que le paradis terrestre, & la terre voisine qu'habita Adam après en avoir été chassé, étoit le pays de Damas & les environs. La plus commune opinion des Orientaux, tant chrétiens que Musulmans, est que Damas a tiré son nom de Dammesek, Eliecer, Intendant de la maison d'Abraham, & que ce Patriarche en est le fondateur. Il est vrai que dans la Genese xv. 1. l'Intendant de la maison d'Abraham est appelée Dammesek, Eliecer, & que le mot de Dammesek est le même que le nom Ebreu de la ville de Damas. Mais cela prouve-t-il que Damas eût tiré son nom de ce Dammesek? ce leroit plutôt lui qui aurait tiré le sien de celui de cette ville, puisqu'elle subisait déjà auparavant. Peut-être aussi que Dammesek, Eliecer signifie que cet Eliecer étoit de Damas, comme quelques uns l'entendent? Mais indépendamment de tout cela, il pouvait porter le même nom que Damas, sans qu'on en puisse rien conclure pour l'origine du nom de cette ville. D'un autre côté il n'y a pas la moindre apparence qu'Abraham ait été le fondateur de Damas. Quelle preuve en donne-t-on? Ce Patriarche qui ne bâtissait pas même de maison pour sa demeure, se ferait-il occupé à bâtir une ville? Le nom Arabe de Damas est Dimiscik, qui est fait évidemment de l'Ebreu ρυσή Dammesek. Les Arabes appellent aussi cette ville Scham, qui est le même nom qu'ils donnent à la Syrie, suivant leur coutume de donner à quelques villes capitales le nom des provinces dont elles sont capitales. C'est ainsi qu'ils ap- pellent Mesr, non-seulement l'Egypte, mais encore sa ville capitale, qui est le Caire. Le mot Scham en Arabe signifie la gauche, c'est-à-dire le septentrion; du verbe Schaama, qui signifie être à gauche, aller à gauche; & les Arabes ont donné ce nom à la Syrie, parce qu'elle est au septentrion de l'Arabie: car ils entendent par la gauche, le septentrion, & par la droite le midi: c'est pourquoi aussi ils appellent l'Arabie heureuse Temen, c'est-à-dire, la droite & le midi.[{"box_2d": [486, 183, 850, 386], "label": "text", "caption": "DAMAS. Prunes de Damas. De la ville de Damas en Syrie. Pline, livre xv. chapitre 13. In peregrinus arboribus dicta sunt damascena, a Syria Damasco cognominata: jam pridem in Italia nascentia; grandiore quamquam ligno & exiliore carne, nec unquam in rugas Siccata, quoniam soles sui defunt. Dioscoride, livre 1. chapitre 175. Τῇ 3 Σωρανῶν, καὶ μάλιστα ἢ ὁ δαμωτιά χειρεῖν. &c. Athénée, livre 2. Πλῶς ἐὰ τὸ ἢ δαμωτιά, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ 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καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκυμωλό, καὶ χῶα τὸ κοκκ D A M. D A N. Mes-Dame : sans aucun vasserme Vont en voyage bien matin En la chambre de quelque Carme, Pour apprendre à parler Latin. Frère Beruste, & Dam Fremin, Les attendent en lieu celle. Les Moines & les Religieux avoient pris ce nom des Ecclésiastiques séculiers, parmi lesquels c'étoit un nom de dignité. Voyez Onuphrus au livre qu'il a fait des mots Ecclésiastiques, & Barthius, dans ses Adversaires, livre xix. chapitre 19. & Voëssius de Vitiis Sermonis, livre 3. chapitre 10. De Dame, on a fait le diminutif DAMOISEAU, & DAMOISELLE. Dominus, domus, domus, damus, damicus, damicellus, damicella, (d'oïl'Italien damigella) DAMOISEAU, DAMOISELLE. Ce mot Damoisean, ou Damoiselle, signifioit aussi anciennement Seigneur : Et le Seigneur de Commerci se qualifie encore aujourd'hui Damoisean. Mais le plus souvent ou donnoit ce titre, non pas aux Seigneurs des terres, mais à leurs enfans, & aux Gentilshommes qui n'étoient pas Chevaliers. Ainsi au 3. livre d'Amadis, chapitre 3. les titres de Damoisel & d'Ecuyer sont donnés à Norandel, qui demandoit Chevalerie : lequel l'aiant reçue, n'est plus qualifié de ces titres, mais de celui de Chevalier. Les anciennes Loix d'Angleterre, qui se trouvent manuscrites dans la Bibliothèque de M. de Thou, au chapitre, Quod Etheling dicitur Domicellus : Etheling, vel Edeling, dicunt Domicellum. Alii Baronum filios dicunt Domicellos. Angli verò, nullus nisi natos Regum. Quod si expressius volumus dicere, in quadam regione Saxonum, LING imago dicitur : & adela Anglicè, nobilis Latinè : quod simul conjunctum, sonat nobilis imago : adeling. Unde etiam Occidentales Saxoni, scilicet Excefrenfes, habent in proverbio summi dispetus, HINDERLING, &c. Voyez Nicotæn son Dictionnaire, M. Galland, Prêtre de l'Oratoire, au Traité qu'il a fait de la Folie & Seigneurie de Commercy, & sur-tout, Etienne Pasquier, dans ses Recherches, liv. VIII. chap. 3. Jean Picard, dans sa Celtopédie, dérive ridiculement Dame de Sôgnap : ce qui a été fort bien remarqué par Barthius XIII. 4. en ces termes : Omnon joculare est, Dame deducit à Uracus, quod Iliad. 5. apud Poetam sit uxor : cum Dame è Latinò Domina, teneritate Francica Lingua, deducatur, non secus atque donna apud Italos; donna & donzella apud Hispanos. M. DAMER le pion. C'est une métaphore prise du jeu de Dames. M. DAMOISEAU : pour dameret : gentil. De domicellus. Hugue, dans les Statuts de Cluny : Statutum, ut Priores & Monachi Cluniacenses, Samulus habeant maturus state, vità bonestus, non suspectus, non domicellos. Voyez Dame. M.
DAMOISEAU. Titre d'honneur. Voyez dame. M.
DAMOUDOT. Poire. Voyez amadute. M.
DANDINER. Touchant la signification de ce mot, voyez Nicot & M. Richelet. M.
DANDINER. Au chap. 39. du liv. 3. de Rabelais, est le nom d'un bon homme, & de bon sens, qui de son sens appointoit ou terminoit tous les procès des bonnes gens de son voisinage, quelque juge ne fut, mais homme de bien, dit Rabelais dans le même chapitre. Et Rabelais, en lui donnant ce nom-là, nous le représente comme un homme, qui au lieu de monter à l'audience, & là s'assoit sur des fleurs de lis, les pieds posés sur un marchepè, comme sont tous les Juges Royaux dans leurs sièges, prenoit sa séance sur le premier tronc d'arbre renversé, ou sur la première pierre qu'il trouvoit, pour haute qu'elle fût; auquel cas, comme les jambes lui pendioient souvent, il leur donnoit le branle, comme un homme simple qu'il étoit, & faute de savoir se donner une contenance plus grave. C'est-là proprement ce qui s'appelle se dandiner, par une métaphore prise du branle des cloches, appellé dandinorum par Rabelais, par onomatopée, à cause que dans leur branle le ba-tan fait dandin, dandan. A Metz, sur la place d'armes, on voit encore bienientier, & en très bon état, un assez haut banc de pierre de taille, sur lequel, avant l'établissement du Parlement, le maître Echevin expédoit les moindres affaires en se dandinant, c'est-à-dire, en donnant le branle à ses jambes, qui lui pendioient comme à Perrin Dandin. Le Duchat.
DANDINER. Wachter dans son Glossarium Germanicum, page 173. de ce mot de l'Italien dadi, & l'Italien dadi, de l'Italien dadi, qui signifie la même chose, savoir, chose plaifante, badinerie. Ecoutons cet Auteur parler lui-même. Voici ses termes : DANTEL, ludere, ludicè agere Gallicè dandiner. Unde Gallis veniat hoc verbum, Menagius non explicavit. Videtur autem descendere per epenthosin ab Italico dadi teftera, sic ut primò fuerit ludere aleis, mox sensu translatò ludicè agere, & ineptè gesticulari, ut lufores folent. Vocem Italicum quidam derivant à ludo datorum. Quos reprehendit Salmasius apud Ferrarium in Originibus, quia, tefte Cicerone, calculi dabantur non tefferæ. Hinc Ferrario simplicius visum, ita appellari, quod in ludo etiam solitario tefferanum, fine calculis, mutuo tefferæ denur & recipianur à ludentibus. Sed falitur vir Dolus. Nam dad, ded, det, est vox Arabica, significans lufum, rem ludicam, & aleam, tefte Hydio in nerdiludio, page 18. Inde Italia dadi, Hispanis dados, Gallis dez, Cambris dis, talus, teftera, alea, cubus. A dez porto sic ludus deciorum, Gallicè jeu de dez, quod Cangius malè interpretatur judicium Dei, quasi est et de Deus. Differt à tenteln magari, quod vide.
DANGER. Ceux qui le dérivent de damnum gerere, se trompent. Il vient de damniarium. Damnum damni, damniarium, damniarium, DANGER, & Voyez Tiers & Danger. M.
DANGER, pour péril, vient de damniarium, comme songer, de somniare. Danger, dans le sens qu'il a lorsqu'on dit tiers & danger, vient de decimarium. Huet.
DANGER. M. Ménage ne s'est pas souvenu de nous donner l'article de Tiers & Danger, & il n'a pas parlé non-plus de danger dans la signification de mari jaloux, qui se trouve employé dans le Roman de la Rose, & dans nos autres vieux Romans. Le Commentateur de l'Aresia amorum, sur le mot danger de l'Arret 3. Hac vox marinum signat : ab Alano Auriga, & ceteris Gallia vulgaribus antiquis autoribus accommodat a, qu'a semper marinum intelligunt; apposite quidem, propter periculum, ubi viri uxorum amores praeserint. Rabelais, liv. 1. chap. 4. C'est-à-dire, domestiques de maris jaloux. Le Duchat.
DANOIS. Nom d'un peuple d'Europe, qui habite le Danemark. Ce nom est venu de celui des Godanes ou Codanes, qui habitoient autrefois le même pays. Wachter, dans son Glosar. German. page 151. DANNIN Dani, Dannemark-Dania, regnum Dania, marchia Danica. Sommerus in Diël. Anglosaxon. Dena, Dani, Dacô. Dena-lage lex Danica, Denam-earc Dacia, Denisc Danus, Dacus, Danicus, tha Deniscan Dani. Ol. Wormius Danus sus ab Israelitis orinodes contendis. Sed popularis ejus Torfans rellius initia gentis ad Odinum refers in ferie Regum Dania lib. 11. cap. 2. Dani igitur, cum sint colonia Odini, nomen sum non aliunde quam ab ipso dulore, quem vulgus Godan appellavit, habere videntur. Paulus Diaconus, lib. 1. de Gestis Longobardorum, cap. 9. WODAN quem adjecta literâ GODAN dixerunt. Cerre Selandia, ubi hodieque est capus regni, antiquitus dicta est Codanonia, & incola istius insula Codanones, & totum fretum insulis circumstium, Sinus Codanus. Unde, nisi à Godano, imperii Danici primo fundatore, Duce & De gentis! Hinc Dania, ut credere par est, reapso est Codanonia, & Dani sunt Codanones, puta per aphorresin. Solent enim voce, sapissimè capite truncari, & in compendium redigi ab ignavis, lucri causa, ne ille ait apud Plantum in Trucul, qui tabonem pro arrabonem dixeras: — ar facto lucri, Ut Prænestinis conia est ciconia. Quo magis minor Leibnitium, qui ab extremo & vix semel nominare flavis Dina celeberrima gentis nomen deducis? Le mot Danemark signifie marche des Danois, dans le même sens que l'on dit Marche de Brandebourg, Marche Trévifane. Le Teutonique mark, d'où le François Marche, & Marquis, veut dire frontiere, ou pays frontiere. Quelques-uns ont dit ridiculement, que le Danemark a été ainsi appellé du Latin dare, parce qu'il donne beaucoup de biens; Daniam quasi prolificam parentem & multorum bonorum datricem appellari. D'autres, avec aussi peu d'apparence, ont cru que mark avoit été formé de maris archia, c'est-à-dire, empire de la mer; comme si l'on eût voulu marquer par ce nom, que le pays qui le porte, avoit l'empire de la mer. D'autres veulent que Danemark soit composé de Dan, nom du fondateur de la Monarchie Danoise. Mais ce Dan est un homme imaginaire, à moins que ce ne soit le même que Godan ou Wodan, dont parle Wachter, dans le passage rapporté ci-devant, & qui auroit été appelé Dan, par le retranchement de la première lyllabe de son nom; de même que les Danes ont tiré le leur, comme l'on croit, de celui des Godanes ou Codanes, anciens habitans du pays, & appelés de la sorte de Godan ou Wodan, autrement Odin, qui fut le chef de la colonie qui vint s'y établir.
DANS. De deintus: que l'on a dit pour intus. Fulgence: Promos & condos appellari volunt Cellaritas, & quod deintus promant. Dans l'ancienne Tragédie de Médée: Vox deintus, chorus. On a dit deintus pour intus, comme decontra, pour contra; desub, pour sub; desuper, pour super; desoris, pour furis; desocus, pour secus, &c. Voyez M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 171. On a dit aussi dedeintus, dont nous avons fait dedans. Voyez dedans M. Dans les Lettres du Louis XII. on lit très-souvent déans pour dans. Le Duchat. DANSÉ de Saint Jean. Voyez l'Histoire de Charles V. de M. l'Abbé de Choisi, page 317. M.
DANSER. Je m'étois imaginé que de cadence on avoit fait danse, & de-la le verbe danser. Car en effet toute la danse ne consiste qu'à marquer par des pas mesurés la cadence des airs & des chansons. Toutefois je me tiens volontiers à l'opinion de M. de Saumais, qui croit que danser vient de dansare, qui est l'action du Foulon, qui trepigne & bat des pieds sur le drap, parceque par ce moyen il le rend plus dense & plus épais. L'ancien Glossaire: içunoba, acupedium, addensario, içunobu, addenso, denso. Car içunobu signifie proprement trepigner, & battre dru & menu det pieds. Caseneuve.
DANSER. M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 146. le dérive de dansare: Fultones dum vepimenta cogerent & densarent, saltabant. Hinc dansare hodieque dicimus pro saltare: nam & qui saltant, içunobu. Et de-la, saltus fullonios dans Sénéque. Sunt exercitationes & saciles & breves, qua corpus & sine mora laxent, & temporis parcant. Cujus pracipua ratio habenda est. Cursus, & cum aliquo pondere manus mota: & saltus, vei ille qui corpus in altum levat, vei ille qui in longum mistis, vei ille ut ita dicam, saliaris, eut, ut commeliosus dicam, fullonios. C'est dans son chapitre xv. Méric Calaubon, à la page 172. de son Traité de Lingua Anglica vetere, seu Saxonica, le dérive du Grec S牲. qui dans Hésychus est interprété & c'est-à-dire, chorus ducre, tripudiare, M. Bochart le dérivoit de l'Arabe tanza, qui signifie danse, & qui a été formé de tanaza, qui signifie gesticulari, histrionem agere: d'où il dérive aussi le Grec vulgaire virre, & l'Italien danza, qui signifie danse. Je tiens ce mot Grec vulgaire fait de l'Italien danza: & je crois que l'Italien danza a été fait de l'Alleman danizen, qui signifie danser, d'où on a fait aussi l'Italien danza. M.
DANUBE. Nom de riviere. Homere n'a point parlé du Danube; mais Hésiode en parle, Theogon. v. 339. Et c'est le plus ancien auteur qui en ait fait mention. Le Géographe Etienne dit que les Scythes l'appelloient Maroas, qui signifioit la même chose en leur Langue que danser en Grec, c'est-à-dire, qui ne fait pour de mal: & qu'ils lui donnoient ce nom parce qu'ils passioient très-souvent, & toujours sans danger: mais qu'ayant une fois fait quelque perte en le traversant, ils le nommèrent Sarsus, qui veut dire, auteur du dommage; d'où est venu le mot Danubius: mais ce n'est là qu'une fable. Quelques-uns croient que ce mot a été formé de Dan, qui en Langue Celtique signifie bruit, & que le Danube fut ainsi nommé à cause du bruit que sont ses eaux. D'autres prétendent que ce nom lui est venu d'Alleman, ou Alnoba, en Suabe, nom du lieu où il prend sa source; & qu'en ajoutant l'article Die, le fleuve s'est appelé Die abnaw, & par contraction Danaw, comme en effet les Allemans le nomment encore à présent. A quoi il faut ajouter que c'étoit vers sa Mmm ij fouce qu'il avoit ce nom. Ifidore prétend que c'est la quantité des neiges qui grossissent ce fleuve qui l'a fait appeler Danubius, comme si l'on disoit Danivius. Ces trois opinions ne me paroissent guères vrai-femblables; mais celle d'Ifidore est des plus mal-fondées. Il y a apparence que le nom de Danube vient du Celtique Don, qui signifie unda, aqua, & que ce fleuve a été nommé ainsi par excellence, de même que le Don ou Tanais, fleuve de Scythie, & la Duna, fleuve de Livonie, en sorte que tous ces noms qui semblent d'abord fort différents, ne font essentiellement que le mot Don avec quelques changements accidentels, qui n'empêchent pas qu'on ne le reconnoisse parmi les diverses altérations qu'il a souffertés en passant par la bouche de tant de peuples si éloignés les uns des autres. Ecoutons là-dessus Wachter dans son Glossar. German. page 197. L'endroit est curieux, & je le rapporterai ici dans les propres termes de l'Auteur: Don, aqua, unda. Vox Celtica & antiquissima. Roxbormus in Lex. Ant. Brit. Tonn unda, tonnog undofus. Meretur hac vox notari, quamvis Leibnitio in Glossario Celtico neglecta, quoniam ab illa per varias flexiones prodierunt nomina fluviorum verustissima, cujusmodi sunt, DONAU, dona, Anglofaxonice Donua, Latine Danubius, & in nummia Danuvius, id est, aqua. TANais, fluvius Scythie, Europam & Asfam determinans, qui a suis accolis etiamnum vocatur Don, hoc est, aqua. Inde est quod Tanais & Danubii nomina tanquam idem significantia sape confunduntur a scriptoribus. Testis mihi Zosimus, Lib. 1. page 7. Scythæ Tanam transgressi vicina Thraciæ loca prædis agendis infestabant. Id est, Gethi Danubium transgressi, ut pridem observavi in Annalibus Alamannicis. Rem ipsam vidit quoque Periconius, quamvis notionis qua Celtica voci adbaret, ignarus, in Q. Curio Ruso vindicato, page 118. Apud Scythas communiter omnes majores fluvius Tana, vel Dona, aut Donau, dictos putem: id porto nomen Graecos in sua lingua, terminatione sibi solita pronunciaste Tanais, Romanos Danubius, vel Danuvius. Certis item foisse nomen Danubii ex Germania per Pannoniam & Daciam in Pontum Eustinum se exonerantis, & Tanais ab septentrione per Merotim in eundem Pontum se estundentis, vix dubito. DAUMUS, fluvius Britannia, unde Doncaster, arx ad fluvium Daunum. Mirror Eduardum Ludidum in appellationibus fluviorum Britannia nomen Don omississe. DUNA, Dyna, fluvius Livonia. DINA, apud Geographum Ravennatem, est fluvius Holfatia, qui hodie Eider, eodem utrinque significati, ut demonstravi in Oder. Omnes ista fluviorum appellationes a Celtis, cum ex Oriente in Occidentem & Septentrionem migrarem, suis quoque locis relicta sunt, & præter aquam nihil significant. Qua cum nobis hodie sint obscura, discessum lingua nostra ab antiqua nobis obiciunt. Stadenius hac fluviorum nomina a sonitu & fragere, qui nobis dom, a Donen sonare, desumpta pusia, in Voc. Bibli. page 160. Quod uti nec refellere, ita nec adoptare sustine. Latinos à Celtica voce per metathesin formasse unda, Francos und, quivis absque monitore intelligit. D A Q S. Ville dans les Landes de Bordeaux. D'Aqua Tarbellica, si on en croit Scaliger sur Aufone, livre 1. chap. 6. Voici ses termes: TARBELLA, Aqua sunt, non ea qua ad radices Pyrenorum D A Q. D A R. sta sunt prope Tarbam Bigerionum, sed ea qua ad ostia Aturri sunt. Volgo nomen retinem: nam etiamnum Aqs vocantur. Nimis argutantur qui Ptolemai DOROS opinantur esse illam civitatem. Ut non satis mirari possit primum stuporem hominum, qui non videns tantum abesse hoc nomen ab illo appido, quantum Tarbelli absunt a Gabalis, post quas Darios collocat Ptolemans. Deinde & imprudentiam, qui, cum sint Vascones, tamen ignorant morem lingua sua, qua vocibus a vocalis incipientibus soles, hiatus vitandi causa, D. praponere, queries praecedes vox in vocalem desonit. Mais M. Samion foutiens qu'Aqua Tarbellica est Bayonne, & non pas Dacqs. Voyez le Traitcoqu'il a fait d'Aqua Tarbellica. M. de Valois, dans la Notice des Gaules, est pour Scaliger. M. D A Q S. Froissard nomme cette ville tantôt Ast, & tantôt Daft. Voyez-le au volume 1. de son Histoire, fol. 178 r. de l'édition de 1520. Rabelais, livre 2. chapitre 33. la nomme Daft, à la Gascogne, suivant la remarque de Scaliger. Le Duchat. D A R D. Je ne sais d'où vient ce mot. Les Irlandois & les Bilcaïens se servent du même mot. Les Anglois & les Bas-Bretons disent d'art. Les Italiens & les Espagnols disent d'ardo. Dardus le trouve dans Abbo, livre 1. du Siège de Paris: At torris nocturna gemit d'ardis terebrata. Et ensuite: Arce ruit, dardumque ferens casella petipit. Et dans les Homélies de Haïmo: Ex omnibus gentibus erant scholæ in Roma. Quidque exercetur sagittis ut ferent Sagittarii: quidam vero cum d'ardis & cæteris exercitis. Voyez Spelnam dans son Glossaire, & Vossus de Vitis Sermoni, livre 2. chapitre 3. Dans le Nivernois, dans le Berri, dans le Poitou, & dans la Baffe-Normandie, d'ard se prend pour une faux à faucher. Dans l'Auvergne, on dit d'ail & daille. Rabelais s'est servi de d'ail au Prologue du livre 4. Voyez ci-dessus d'ail. Dans le Poème de Pierre Gringolre, intitulé Les Menus Propos, vous trouverez, au feuillet 91. La darde de l'Amour, pour le d'ard de l'Amour. M. D A R D. Ce mot se trouve dans la Langue de Galle, dans la même signification. Huit. D A R D. Il n'y a guère lieu de douter que ce mot ne vienne originellement de la Langue Celtique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 259. D A R D, jaculum, teium missile. Armoricis & Anglis d'art, Latino-Barbaris d'ardus. Abbo de Obsid. Luter. lib. 11. Scuta tonant, d'ardique volant. Rem & nomen rei Celticum esse plerique existimant, etiam sine Claverius nec Bocharus inter arma Celtica d'ardorum mentionem injecerint. Familia vox hodie superat apud Gallos, quibus d'ard, jaculum, dardeur jaculator, dardeur jacere, jaculari. Cum postemo convenit Iudurus, quod apud Hefychium exponitur jacere, observante Junio in notis ad Willeranum, pag. 272. Probabile est fuisse spiculum seu parvum hastam. Pro hac sententia flas Martinius in voce tagitta, ubi d'ard deflectit à Greco Iudurus, quod est diminutivum a 4.000 hasta. Hac etymologia omnibus quas vidi palmam præcipit. Mibi tamen persuasum est, utramque vocem, tam Gracam quam Germani- cam è Celtico fonte petitum offè, nempe à taro ferire, quod omnibus telis, sive casum ladam, sive punctum, convenit. Confer Careta. * D A R D : Sorte de poisson : ainsi appellé, dit Rondelet, à cause qu'il se lance comme un dard. Nicot dit la même chose. M.
DARIOLE. Voyez dariolette. M. DARIOLETTE : pour soubrette. De Dariolette, Confidente d'Elliène, mere d'Amadis & femme de Petion de Gaule. Voyez le 1. chapitre du 1. volume des Amadis. Dariolette, est un diminutif de dariole. Et dariole signifie une sorte de guiseau. Rabelais, livre IV. chapitre 5. Ces porphyres & ces marbres sont beaux : je n'en dis point de mal ; mais les Dariolets d'Amiens sont meilleures. L'Origine de ce mot ne m'est pas connue. M. DARNE de saumon : ou, comme disent les Toulousains, darne de saime ; c'est-à-dire, tranche de saumon. De l'Anglois deale, qui signifie portion. Deale, dala, dalina, dalina, darna, DARNE : dont l'Anglois darn. En Bourgogne, on dit des darnes de mouton, des darnes de veau, des darnes de bœuf, pour dire, des tranches de mouton, des tranches de veau, des tranches de bœuf. On dit dale de saumon en Normandie. Et en fait de terre, on y dit delle. Notre-Dame Delivrande, près de Caen, sur la mer, c'est Notre-Dame de la delle d'Ivrande ; c'est-à-dire, de la portion de terre nommée Ivrande. Mais écoutons M. Moisant de Brignix, dans une de ses Lettres à M. de Prémont Graindorge : Vous savez ce que c'est que delle, & dellage : & vous ne doutez pas que nous n'ayons tiré ces mots de l'Anglois deale, qui signifie portion : d'où vient le nom de Delivrande : c'est autant comme qui diroit, l'Eglise, ou la Chapelle, bâtie sur une portion de terre qu'on nomme Yvrande : ainsi que Robert Cenal, Evesque d'Avranches, l'a remarqué dans son Traité de Re Gall. lib. 2. Perio. 4. fol. 156. Nous avons encore conservé ce mot Anglois de deale, quand nous disons une dale, pour une portion de saumon. M. D A R T E, vient du Bas-Breton darn, de même signification. Ant. du Pinet a dit darnes, pour rendre le mot d'incifuris distincta de Pline, livre 15. chapitre 11. où il parle des coins dorés ou francis. Ce sont des coins à côtes, comme certains melons & autres fruits. Ainsi une darne de saumon, de mouton, &c. c'est proprement, non pas toute sorte de tranches, mais une tranche qui contient une des vertebres du saumon, du mouton, &c. Le Duchat.
DARSINE. On appelle ainsi sur la Méditerranée la partie d'un port de mer la plus avancée dans la ville, bordée d'un quai, & fermée d'une chaîne, qui le : à retirer les bâtiments de mer, & à tenir à flot les bâtiments des armés. Je dérive ce mot de dâr & de senâah, deux termes Arabes, dont le premier signifie masfour, & le second travail, du verbe sanaa, qui veut dire, préparer, faire, achever. Ces deux termes joints ensemble signifient à la lettre demus opificis : ce qui convient très-bien à la signification de darsine, qui est aussi l'endroit où l'on bâtit & où l'on raccommode les vaisseaux. Les Italiens appellent darsina le lieu où ils mettent leurs galeries. Ce mot ressemble encore davantage aux deux mots Arabes dâr-senâah, & en vient pareillement. Je crois même que le terme François a été pris immédiatement du terme Italien, & que celui-ci a été pris immédiatement de l'Arabe. Au lieu de darsine, on dit en quelques endroits darsé par abregé. C'est ainsi qu'on dit, la D A T. D A U. darse de Toulon. Le mot arsenal vient pareillement, selon moi, de l'Arabe dâr-senâah, d'où l'on a retranché le p initial, & où l'on a ajouté t à la fin. Voyez ci-dessus l'article Arsenal. * DARTRE : ou, comme on prononce dans les Provinces, DARTRE. Nous appelons herpes, une certaine sorte de dartre : du Grec ipne, fait de ipne, serpe ; parce qu'elle serpente sur la peau : ce qui me donne quelque pensée que notre mot de dartre pourroit bien avoir été fait du planter ibpne, d'Derpeta, derpeta, derpta, derta, DART, DARTRE, DARTRE. Plusieurs prononcent derte & darte. M. Scarron, dans son Impréciation contre le larron de son Juvénal : S'il perdoit tous son bien aux cartes : S'il lui venoit quatre ou cinq dartes. En Anjou, nous disons derte : ce qui approche davantage de derpeta : ibpne, signifie proprement penetro serpendo. Au sujet de vu ingn'ik, il est à remarquer que les neutres passifs terminés en A, deviennent souvent des nominatifs singuliers de la première déclinaison : comme tu Gicaz, biblia biblia. M.
DARTRE. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot me paroît tirée de trop loin. J'aime-tons mieux le faire venir de ibpne excoriatio, ou de ibpne excoriatus, qui sont formés de ibpne excorio. Les dartres produisent des excoriations ; ou bien elles causent des démangeaisons violentes, qui obligent de se grater jusqu'à enlever la peau. * DATE : pour de l'urine. Ce mot est encore en usage en quelques lieux de France. Il se trouve dans Nicot. M.
DATE, pour de l'eau qu'on a rendue, vient apparemment de data. On aura introduit ce mot pour éviter l'obsenité de celui d'urine. Le Duchat. DATE de lettre. De dare, parce qu'une lettre se donne à un messager, & que celui-ci la donne à son adresse. Le Duchat.
DATERIE. De Dataria. C'est le lieu à Rome où l'on prend les dates pour les Bénéfices. M.
DATTES. Fruit du palmier : De dactyli. A digitorum similitudine, dit Isidore XVII. 7. M.
DAUBER. De dealapare. Alapare se trouve dans le petit Dictionnaire Latin-François du Père Labbe. ALAPARE, buffoier. M.
DAUBER. Le verbe dealapare, d'où M. Ménage fait venir dauber, étant un verbe imaginaire, ne peut servir à fonder une étymologie. D'ailleurs il y a bien de la différence entre donner des soufflets, & dauber, qui signifie proprement, barrer sur le dos à coups de poings. Ainsi il faut chercher à ce mot une autre origine, & je crois la trouver dans le verbe dubba, qui dans une Dialecte Teuronique signifie frapper, & vient apparemment du Grec vuv'lu, ou vuv'lu percutio, vebero : à moins qu'on ne veuille que le François dauber ait été fait immédiatement de ce verbe Grec ; à quoi je ne trouve aucune difficulté. Le t & le p sont des lettres du même organe, & se mettent facilement l'une pour l'autre : il en est de même du p & du B. Le second T dans le Grec *verſu* n'est qu'une lettre ſurnuméraire, qui ne doit être comptée pour rien, & il ne faut avoir égard qu'au Pi Grec II, qui dans le Teutonique *dubba*, & le François *dauber*, a été changé en B. Wachter dans ſon *Gloſſarium Germanicum*, page 22, dérive du même verbe *dubba* le Latin-barbare *ad-bare*, qui ſignifie *equitem creare*, parce que c'ui qui créoit un Chevalier, le frappoit ſur le chignon du col; en ſorte que la ſignification primitive de ce mot *adobare* eſt *percutere*, & que celle de *equitem creare*, n'eſt que ſecondaire. Du mot *dauber*, nous avons appellé *daube*, une viande cuite à petit feu dans une ſauce de haut gout, parce qu'outre qu'on la bat ſouvent pour l'attendrir, avant que de la mettre cuir, elle ſe macere dans la ſauce où elle cuit, & devient extrêmement tendré. *Dauber*, dans le ſens figuré, ſe prend pour médire de quelqu'un, le raiſſer; parce qu'alors on le frappe à coups de langue. De la le mot *daubeur*, pour un médiſant, un raiſſeur. M. de la Fontaine s'eſt heureuſement ſervi de ce mot dans ſa Fable du Lion, du Loup & du Renard. Il applique cette Fable aux Courtifans qui ſe *daubent* les uns les autres: *Meſſieurs les Courtifans, ceſſez de vous détruire;* *Faites, ſi vous pouvez, votre cour ſans vous nuire.* *Le mal ſe rend chez vous au quadruple du bien.* *Les, Daubeurs ont leur tour d'une ou d'autre manière.* *Vous êtes dans une carrière* *Ou l'on ne ſe pardonne rien.* DAUFIN: pour le fils aîné des Rois de France. Humbert céda le Daufiné au Roi Philippe, à la charge que le fils aîné des Rois de France ſeroit appellé *Daufin*. Voyez Paul Emile & Nicole Gilles dans leurs Histoires, & Paulus Mérida dans ſa Coimographie, partie 2. livre 3. chapitre 17. Il faut écrire *Daufin*, & non pas *Dauphin*. C'eſt la remarque de M. de Valois dans ſa Notice des Gaules. *M.*
DAUFIN. Ce mot vient du Latin *Delphinus*, formé du Grec *δῶψις* ou *δῶψις*. On ne fait pas trop bien pourquoi les Princes du Viennois porroient le nom de *Daufin*, qui devint enſuite celui de la Province de *Daufiné*; & les Auteurs ſont extrêmement partagés la deſſus. Les uns ont cru que ce nom étoit venu des *Auffinates*, ancien peuple, dont Ptolonée & Pline ſont menſion. Mais ces Auteurs logent ces *Auffinates* au de-là des Alpes dans la Gade Cifalpine. D'autres écrivent, que les Allobroges l'ont apporté de *Delphes* en ce pays. D'autres, que les Princes du Viennois cholſitent pour armes un *Daufin*, comme un ſymbole de leur douceur & de leur humanité, & qu'en conſéquence ils furent nommés eux-mêmes *Daufinis*. Thaboct s'eſt figuré que ce mot eſt Gothique. Claude de la Grange croit que ce mot a été formé de celui de *Viennois*, qui étoit celui de la Province, *Provincia Viennenſis*. Quand on demandoit, dit-il, à un homme de cette Province d'où il étoit, il répondoit, *do Viene*; & le Prince de ce pays s'appelloit le Prince *do Viene*; enſuite l'V ſe changeant à l'ordinaire en F, le Prince *Doſiene*; d'où par le retranchement des deux E, & le changement de l'O en AU, s'eſt fait *Daufin*. Mais ce n'eſt là, ſelon Chorier, qu'une ſubtilité ridicule. Le ſentiment de M. le Préfident de Valbonnet paroît le plus raſſonnable de tous. Selon lui, Guigue le Gras, fils de Guigue le Vieux, épousà Mathilde, que l'on a cru ſortie d'une Maſſon Royale, parce qu'elle eſt nommée *Regina* dans pluſieurs titres. Ils eurent un fils nommé Guigue, qui eſt appellé *Delphinus* dans un acte puſſa entre lui & Hugue M. Evêque de Grenoble, vers l'an 1140. *Guigo Comes*, qui vocatur *Delphinus*. C'eſt pourquoi il n'eſt point néceſſaire, pour découvrir l'origine du nom de *Daufin* & de *Daufiné*, d'avoir recours à des voyages d'Outremer où les Princes du Viennois aient pris pour armes ou marques de diſtinction ſur leurs écus un *Daufin*, & s'en ſoient fait enſuite un nom de dignité. En effet cette conjecture n'eſt appuyée d'aucune preuve. Il n'eſt pas vrai d'ailleurs, que la première & la ſéconde race de ces Princes ait eû pour armes un *Daufin*, puſqu'à peine en peut-on trouver aucun avant Humbert I. qui l'ait mis dans ſon écu. Il eſt plus vrai ſemblable, que le ſurnom de *Daufin*, que ce Guigue porta le premier, plut aſſez à ſes Succéſeurs pour l'ajouter à leur nom, & pour s'en faire un titre, qui s'eſt conſervé enſuite parmi ſes Deſcendans. Rien n'étoit plus commun en ces tems-là que de voir les noms propres devenir des noms de famille, ou de dignité. Les Ademars, les Arthauds, les Aynards, les Allemans, les Berengers, & une infinité d'autres, ne doivent leurs noms qu'à quelqu'un de leurs Ancêtres, qui a tranſmis dans ſa famille un nom qui lui étoit particulier.
DAVID. Outil de Menuiſier. C'eſt ce que l'on appelle autrement, & plus communément un *Serpent*. Voyez le Dictionnaire de M. Félibien, & ci-deſſous le mot *davier*. M.
DAVIER. C'eſt un inſtrument de fer dont les attacheurs de dents ſe ſervent pour attachet les dents: que les Grecs appellent *ἀνταίχος*. Les Latins l'appellent *dentiducum*. Cœlius Aurelianus, livre 2. chapitre 4. *Erasſtratus ait, plumbeum ἐλνταίχος*, quod nos dentiducum dicere poterimus, apud *Delphos* in *Apoliſnis* templo oftemurſonis causà propoſſium: quo demonstratur oportere eos dentes auferri qui ſunt ſaciles, vel mobilitate laxati, vel quibus ſuſſiciat plumbei ferramenti conamen ad ſummum. Dans Rabelais 4. 30. f. y à *davier*. L'inteſſin jeun, comme un *davier*. Et 2. 16. il y à *davier*. Un *davier*, un *pelican*, un *crochet*; & quelques autres ferremens, dont il n'y avoit parte ni coſtre qu'il ne crochetait. Et *davier* en cet endroit, doit s'entendre de quelques ferremens de ſerrurier. Les Menuiſiers appellent *david* un de leurs outils, qu'ils appellent autrement un *ſergent*. ¶ Dans le petit Dictionnaire François-Latin de Frédéric Morel, *davier* eſt interprété par *forceps*. M.
DAVIER. Je dérive ce mot de l'Alleman *raube*, qui ſignifie un pigeon; parce que la pince de cet inſtrument eſt faite comme le bec d'un pigeon: le pelican ayant par une ſemblable raiſon donné ſon nom à un autre inſtrument, que Rabelais, liv. 2. chapitre 16. nomme enſuite du *davier*. Le Duchat.
DAUSSE. Terme de Blaſon. Dans le Roman du petit Saintré, chap. 18. *Le Seigneur de Branchamp*, qui perroit à une *dauſie* de *queule* au *chief*, à une orle de *fix merlettes* de *meſme*. M. D E' à jouer. Voyez *dez*. M. D.2. Terme d'Architecture. M. Félibien : On appelle de le milieu des pédestaux, c'est-à-dire, la partie qui est entre leur base & leur corniche, à cause qu'elle est souvent de forme cubique comme un dé. C'est ce que Varnue, liv. 3. chap. 3. nomme truncus. M. D.2. à coudre. Nos anciens François disaient deil, en Languedoc didal. Ces mots sont formés par contradiction de digitale ou digitabulum. Le Catholicon Parvum : Digitabulum, Deel à mettre au doit d'un Conurier. Caseneuve. D.2. à coudre. De deux, barbare & inusité. Digitus, ditus, detus, D.2. Nous disons en Anjou deau, pour dé : de decale, fait de digitale. Scaliger, dans son premier Scaligerana, c'est servi de ce mot. Digitabula : deux à coudre. Ex corio primum febant ad colligendas eivas. D.2. à coudre, Grace. Ce sont les termes de Scaliger. Deau est de Province : on dit un dé à Paris. A Toulouse, on dit didal, de digitale. ¶ Les Allemans appellent un dé, fingerent : qui est comme qui diroit, le chapeau du doit. Finger en Alleman, signifie doigt, & but, chapeau. Je remarquerai ici par occasion, que les Allemans appellent aussi un grand handschuch, c'est-à-dire, fouiller de main. M.
DEAN. Voyez Doyen. M. DEAU. Voyez dé. M.
DEBACLER. Comme quand on dit : la rivière a débaclé cette nuit ; pour dire, que la glace s'est rompue tout-à-coup. Ou bien : débacier une maison ; c'est-à-dire, ôter les barres des portes & des fenêtres d'une maison, & les ouvrir. On appelle débacleur un Officier de ville qui commande sur le port quand il faut débacier, pour faire sortir les vaisseaux vuides qui sont sur le rivage, & en faire approcher les autres qui sont plus éloignés. Débacier est formé de bacler, & de la particule dé, qui dans la composition de plusieurs mots, donne une signification contraire : & bacler vient du Latin baculare, fait de baculum. Voyez ci-dessus Bacler. *
DEBAGOULER. C'est dire indiscrètement tout ce qui vient à la bouche. En Basse-Normandie on dit bagoulier, pour dire un menteur, un homme qui parle à tort & à travers. Ce qui suppose le verbe bagoulier, auquel on a joint la particule dé, qui dans la composition de plusieurs mots François, ne sert pas toujours à changer la signification, mais aussi quelquefois à l'augmenter, comme dans demontrer, decoupler, &c. Ainsi en joignant cette particule augmentative à bagoulier, on a formé débagoulier. Mais d'où vient bagoulier ou bagouilier ? Si on trouvoit dans une Langue ancienne, quoiqu'étrangere, un terme qui eût la même signification, & le même son que celui-là, ou du moins les mêmes lettres radicales ; deux qualités requises pour fonder une bonne étymologie ; qui empêcheroit qu'on ne pût dériver le mot François de ce mot étranger ? Or je trouve dans la Langue Syriaque le terme bagoule, suivant la prononciation des Syriens Occidentaux, ou bagouila, suivant celle des Syriens Orientaux. Ce terme, comme on voit, ressemble tout-à-fait à bagouilier, quant aux lettres radicales : & il lui ressemble aussi dans la signification ; car il signifie un menteur, un bavard, un diseur de fadaises & d'impertences. On peut aussi comparer le mot bagouilier, avec celui de bégueule, qui est proprement la même chose que gueule bée, c'est-à-dire, gueule ouverte ; & se dit populairement d'une femme qu'on taxe de bétise & d'impertence, comme qui diroit, une femme qui a toujours la gueule ouverte. Ne se pourroit-il pas aussi que débagouiler eût été fait, par transposition, de dégoubiller, pris au sens figuré. Ces formes de transpositions n'ont rien d'extraordinaire, & on pourroit en citer plusieurs exemples. Voyez ci-dessus dégoubiller. *
DEBAIL. Terme de Coutume. Etat d'une femme qui devient libre par la mort de son mari. Débail est le contraire de bail. Quand une femme ou une fille se marie, il y a bail, parce qu'elle est en la puissance de son mari. Quand le mari meurt, & que la femme survit, il y a débail. Bail vient de bailer. Voyez ci-dessus Bailer. *
DEBARASSER. Ce mot vient de barre, avec la particule négative dé. Débarasser quelqu'un, c'est comme qui diroit, ôter les barres qui le tenoient enfermé. Voyez ci-dessus Barre. *
DEBATTRE. De battu, avec la particule augmentative dé. Voyez ci-dessus Batte. *
DEBAUCHER. C'est un mot composé de dé & de bouche. Et bouche est un vieux mot qui signifie boutique, & qui a été fait de l'Italien botega, qui l'a été d'apotheca. Voyez boutique. Embaucher, parmi les hommes de métier, c'est mettre quelqu'un en boutique : & parmi eux il y a des Embaucheurs, c'est-à-dire, des gens qui placent ceux qui cherchent condition. Debaucher, c'est donc proprement tirer quelqu'un de la boutique où il travaille, & figurément, le détourner de son exercice. M.
DEBAUCHER. Ebaucher, embaucher. Bauche, est l'enduit qu'on met sur les murs de terre pour les conserver. Cet enduit est de terre & de paille. Debaucher est ôter cet enduit : ebaucher & embaucher, c'est le mettre. Et par métaphore, debaucher se prend pour dépouiller quelqu'un des principes de sagesse & de vertu, dont on avoit pris soin de le revêtir. Huit.
DEBET. Terme de pratique, qui se dit de ce qui se trouve dû par un comptable après l'arrêté de son compte. Ce terme est par Latin. On dit, un débit de clair, ou d'une somme liquide. On dit, faire la recherche des débes des comptables. Ce mot se dit aussi des parties données à crédit, qui sont sur les livres des marchands. *
DEBITER. Vendre promptement & facilement sa marchandise. Quelquefois débiter se prend dans une signification plus particulière, & signifie vendre en détail. Je dérive ce mot du Latin debiter, fait de debre, & c'est comme qui diroit, rendre débiteur : car la première signification de débiter étoit de vendre à crédit : ce qui est le vrai moyen de faciliter une vente. De débiter, dans la signification de vendre, on a employé ce mot figurément, pour réciter, racouter, parler. On dit, par exemple, d'un Prédicateur, qu'il débite bien. On dit, débiter des vérités, débiter des mensonges, débiter des nouvelles. *
DEBITIS. Sorte de lettres Royaux, ainsi appelées, parce qu'en vertu de telles lettres, un Créancier contraint son débiteur à lui payer ce qu'il lui doit par bons tiffres. Le Duchat.
DEBLAYER. C'est ôter d'un lieu ce qui em- peche. De debladare : qui a signifié originairement cier se blr. M.
DEBOUTER. Voyez botte. M.
DEBONNAIRE. Henri Etienne en son Traité de la Précédence du Langage François, page 93, le dérive de ces trois mots de bonne aire. Quant à ce mot debonnaire, dit-il, c'est celui duquel l'origine pourroit être encore moins reconnue, pource que de trois on n'en fait qu'un : car on dit debonnaire, au lieu de dire de bonne aire : étant par ce mot aire signifié le nid de l'oiseau de proie. Or faut-il bien que debonnaire ait une grande emphase, veu que nos ancêtres, pour montrer la bonne nature du Roy Louis I. l'appellerent par forme de surnom Debonnaire, ou le Debonnaire, choisissant ce mot entre plusieurs, comme le plus convenable. Ce qui nous montre la grande commodité qu'apportent à notre langage aucuns vocables tirez de cette belle science de la Fauconnerie : de laquelle commodité toutefois est privé le langage Italien, non moins que les autres. Et dans ses Hypomnéses, page 103, dicitur debonnaire, vel potius, adhibi à apostrophie not à debonnaire. Etique ab avibus quas prædattices vocamus, translatio, quarum nidus proprie appellatus fuit aire : vel feminino, quod magis placet, vel masculino genere. Quod tamen sitta est, dictum olim fuit & scriptum, de bonne aire. Pasquier dans ses Recherches, Nicot dans son Dictionnaire, René François dans son E'lay des merveilles de Nature, & le Pere de Bouhours dans ses Doutes sur la Langue Françoise, ont écrit la même chose. Mais il est sans doute que debonnaire a été fait de debonarius, qu'on a dit pour bonarius; comme demane, pour mane, & demagis, pour magis. Voyez mes Origines de la Langue Italienne au mot bonarieta, & mes Observations sur la Langue Françoise, tom. 2. ch. 34. M.
DEBONNAIRE. Les Italiens disent bonario, pour debonnaire, & nous-mêmes avons dit bonnaire pour debonnaire : & bonnaire, en la signification de bonario, se trouve dans le Diction. Fr. Ital. d'Ant. Oudin. Item Jean le Maire de Belges, dans sa plainte sur le trépas du Vicomte de Falaise : Bonnairetez, amitiez, loyantez, Attraîts joyeux, honnêtes privantez. Au reste Henri Etienne n'étoit pas le premier qui avoit dérivé debonnaire de ces trois mots de bonne aire. Marot, dans son Epître au Roi, fol. 150. v°, de l'édition de 1541. Car votre argent de très-bonn'aire Prince, Sans point de saulte est sujet à la pince. Le Duchat.
DEBOUQUER. Terme de mer. C'est sortir des bouches ou des canaux qui sont entre deux Isles, ou entre une Isle & la terre ferme. Ce mot vient du Latin bucca, bouche, & de la particule négative dé. Le débouquement c'est la sortie des bouches.
DEBOUT. Etre debout, se dit de route chose longue, assise, & plantée sur l'une de ses extrémités; car il ne se peut dire d'une chose assise sur les côtés. La Coutume de Mons, chap. 48. Les avoit à deux, debout & côtés; c'est-à-dire, aux deux extrémités, & aux côtés. Voyez ce que j'ai dit sur le mot bout. Caïeneuve.
DEBOUT. Lat. stare. Du mot bout. On dit, estre debout, pour dire estre sur ses pies; comme les Poitevins & les Gaïcons disent, estre de verrou, pour dire estre à genou. Les deux bouts de l'homme sont les piés & la tête. Et ainsi, quand on est sur ses pies, on est sur l'un des deux bouts : & sur le bout, a commencer par sa tête. M.
DEBOUTER. Pelle, pulsum, pulsum, pulta-re, buttare, Bouter : d'où le composé debuttare : dont nous avons fait DEBOUTER. Debouter quelqu'un de sa requette, c'est, rejeter sa requête. M.