ENGOUER. D'angere. Huet.
ENGOUER. On appelle s'engouer, quand on met de si gros morceaux dans la bouche, qu'on ne les peut quasi avaler. Je crois que ce mot a été fait d'ingustarus. Le Duchat.
ENGOURDI. Il est dit proprement du corps & de l'esprit par métaphore. On dit engourdi de froid, & engourdi de parefe. Il vient de gurdus, qui signifie stupide, lem, inutile, & groffier. Les Globes d'Isidore: Gurdus, lentus, inutilis. Celles de Papias: Gorda, inutilis, inepta, flulta. Sulpice Sévere, Dialogue 2. de la Vie de S. Martin, appelle hominem gurdonicum, un homme groffier & ruftique: Verrer ne effendat voftras, humus urbanus aures sermo rufticior. Audietis me tamen, ut gurdonicum hominem, nihil cum socce aut cethurno loquentem. Caïeneuve.
ENGOURDIR. Voyez gourd.
ENGRAINER. Le Roman de la Rose, Mif, cité par Borel au mot engraigne: Se l'ire jalousie engraigne, Elle est moult fière & moult griffaine. A quoi se rapportent ces paroles du fol. 79. t°. de la révision de Marot, édit. in-fol. de 1571. Mais supposé que je le prenne, A jalousie la griffaine, Que pourrons-nous adoncques dire, Bien s'ay qu'elle enreigera d'ire. C'est de ce mot engraignur qu'est venu le mal engrain, qu'Ant. Oudin explique par mauvaise humeur castivo humore: duquel mot s'étoit déjà servi Rabelais, livre 3. ch. 10. où il parle du mal en grain de la Parque jelone. Je ne fais pas bien d'où vient ce mot. Le Duchat.
ENGRESLE. ENGRESLURE. Terme de blafon. Le Pere Ménestrier, dans son livre de l'origine des Armoiries, dérive ces mots de gracilis; parce que les engreftures sont minces & délicates, comme des pointes de tresses: ce sont ses termes. Upton les dérive de gradus. Arma cum bordura ingradata, quandoque portantur: Et talis fimbria, sive bordura, vocatur fimbria ingradata, quia ejus color gradatim infertur in campum armorum. Et ensuite: Portat arma de auro fimbriata, sive bordura- la de nigro ingradata, cum une lesse nephée de rubie: Et Gallicé, Il porte d'or une bordure engraide de fable, un leon rampant de gèvles. C'est au liv. 4. de Milit. M.
ENHASE. Nicot: ENHASE, c'est embefoigné : celui qui est plein d'affaires & de grandes brioignies. Henri Etienne, page 138. & 144. de son Discours de la Précellence du Langage François, & page 514. de son Dialogue du Langage François Rollaniè, dit que ce mot est un mot Parfien. Il est aussi en usage dans la Basse-Normandie, où l'on dit, cet homme-la-fait l'enhofé; pour dire fait l'affaire. Les Espagnols disent hazer, pour dire faire : & c'est de ce mot Espagnol que vient le François enhafé; comme qui dirait enaffaire, enbaza. M.
ENHERBER. Vieux mot François inuité, qui signifie empoisonner. Un vieux Poète Anonyme : Sous giff le frais serpent en herbe. Puyez, enfans : car il enherbe. Il vient d'inherbare, fait d'herba, dont les Auteurs Latins se sont servis, pour dire du poison. Virgile : Mescuernuque herbas, & non innoxia verba. La Loi Salique, tit. xxi. Si qui alteri herbas dederit bière, & mortuus sueri. Voyez François Pithou sur la Loi Salique, tit. xxi. & M. Bignon sur les anciennes Formules, page 607. & 608. Les Espagnols disent encore à présent enerboler, pour dire empoisonner; & enerbolado, pour dire empoisonné. M.
ENNUY. C'est une fâcherie ou maladie d'esprit. Il vient sans doute d'irritant, qui signifie une forte application de l'entendement à quelque chose. Et en effet dans l'ancienne Langue Provençale, & encore en Espagnol, ennojar signifie ennuyer. Joannes Januenis, dans son Catbolicon : Ennoyat componitur ab en, quod est in; & noys, quod est mens : inde ennoyan, id est, in mente; id est accidens quod dicitur esse in mente Caseneuve.
ENNUY. ENNUYER. Fédéric Morel, dans son petit Dictionnaire Latin-François, le dérive du mot Gree chia, qu'il explique par fâcherie. C'est une faute d'impression, il faut lire quia. Les Espagnols disent enoja & enojo, dans la même signification : & c'est de-là que nous avons fait notre mot ennuy. L'Espagnol a été fait d'in, particule intensive, & du substantif noxa. Noxa, innoxum, innoxum, innox, enoxo, enojo, ennuy : enoxar, enojar, ennuyer. Ou bien de cette sorte : Noxa, innoxo, enoxo, enojo, ennuy; enojar, ennuyer. De noxa on a fait noxia; d'où l'italien mia, pour dire ennuy. M.
ENORME. Prodigieux, excessif. De norma; comme si on dirait praeter normam. On a dit dans la Basse-Latinité immemis & immis pour immensus. Borel témoigne qu'on dirait autrefois anorme & anormol, pour dire, contre la règle commune. *
ENOSSE. Ce mot se dit d'un chien qui a le goûter embarraffé d'un os. D'inoffatus. M.
ENP. ENQ. ENR. ENS. 533
ENPAN. C'est la distance qu'il y a du pouce au petit doigt, lorsque la main est étendue en largeur. Quantum expansio manum: mensum. Nos anciens disoient espan. Nicole Gilles en la Vie de Charlemagne : Il avais le visage d'un espan & demi de long. M. Guyez dérivoit espan d'expalmus : & empan, d'impalmus : comme empanmer d'impalmare. Palma, c'est la paume de la main. M. du Cange, dans son Glossaire au mot spanna, dérivoit pan; qui est la même chose qu'espan & empan; du Latiu-Barbare spanna, mot de même signification, fait de l'Alleman spannus, qui signifie rendre. Dans la Loi des Frisons, titre 22. §. 65. Vulmi, quid longitudinem habrat quantum inter pollicem & complicati indicis articulum, spannum non impleat, 3. fol. componatur. Quod integra spanna longitudinem habuerit, hoc est, quantum index & pollex extendi possunt, &c. Je crois qu'il faut s'en tenir à cette érymologie. ¶ Les Grecs disent au-Daud, en la même signification. M.
ENPAN, vient de l'Alleman spann, qui signifie la même chose. Le Duchat.
ENPESER. D'impiciare, formé de la préposition in, du substantif pix picis, nous avons fait enpeser; comme d'impicium, enpois. M.
ENQUERRE. Vieux mot, qui signifie enquerir. D'inquirere. Ce mot est encore en usage parmi ceux qui se mêlent du Blason, qui disent Armes à enquerre, en parlant des Armes irrégulières; c'est-à-dire, Armes pour lesquelles il faut s'enquirir de la raison de leur irrégularité. Dans l'Académie Française on dit encore aussi à présent, Mots à enquerre. Voiture s'est servi de ce mot dans ses Etrennes pour la Taupe : Oui, lui dis-je, Mademoiselle, Je suis Taupe pour vous servir : D'où venez vous présentement, Commença-t-elle de s'enquerre ?
ENRAYER. Lat. Saffaminare. D'inradiare. M.
ENRIME. On dirait autrefois emrine, pour embumé. Marot, dans sa petite Epître au Roi : Et en riment bien souvent je m'emrine. Le Duchat.
ENROLBER. D'intrulare : comme controller, de contrarculare. Voyez rolle. M.
ENROUE. Du Latin rancus. *
ENS, ANS. Vieux mot François, pour dans, dedans. C'est un adverbe de lieu, dont Nicot & le Dictionnaire des Arts ont fait mention. La mort de Séneque est racontée en ces termes dans le Roman de la Rose : Fift Neron ung haing approfter, Et fift ens le prend humus merre, Et puis feigner, co dit la lettre; Et tant lui fit de sang espandre, Qu'il lui convient son ame rendre. Ce mot vient du Latin *imus*; & à cause de cela Borel prétend qu'il falloit écrire *ems*, pour mieux conserver l'origine. Cet Auteur prétend aussi que le changement d'orthographe fait perdre les étymologies des mots. Cela se peut: mais nonobstant tout ce qu'on peut dire là-dessus, il sera toujours nécessaire de se conformer à l'usage.
ENSEIGNE. C'est une marque particulière, qui, aidant à discerner quelque personne, ou quelque chose, d'avec une autre, la fait connoître: l'enseigne d'une maison, d'une hotellerie, d'une Compagnie de gens de pie; une enseigne qui se portait autrefois au chapeau, ou en quelqu'autre endroit; l'enseigne d'un Sergent, ou d'un Meisager; qui est une chose semblable à ce qui s'appelle l'*email*, à l'égard des Hérauts d'armes. Et de la cette façon de parler, à telles enseignes. D'*insigne*, ou d'*insignum*. M.
ENSEIGNER. Il y a grande apparence que, comme remarque M. de Saumaise, ce verbe vient d'*insinuare*: parce que dans les Glossaires on trouve *insinuate*, *indinuare*; c'est-à-dire, *éclairciéze*, *enseignez*, *déclarez*; & *insinuatio*, *indinuatio*, c'est-à-dire, *doctrine*, *enseignement*. S. Grégoire, Homélie 10. *In eo namque quod admoniti faciunt*, *nobis profecto insinuant quid faciamus*. Toutefois je suis grandement porté à croire, que comme enseigne vient d'*insigne*, enseigner doit venir d'*insignare*, qui signifie *marquer*, & rendre *connoiffable* une chose par certaines marques. *Caseneuve*. Tu n'esbois Priour, ne Chanoine, Mais Frere Jean de Lecitamure. (Il faut, Mais Frere Jean de l'Entamure) Maintenant es en la bonne heure Pourvu, & beaucoup mieux à l'aise; Puisque fais paisible demeure En ton Priorat de Sermaise. Les Bas-Bretons disent emamiff, pour dire emamer, & tam, pour dire un morceau. Je trouve que Budée, dans ses Commentaires de la Langue Grecque, page 212, dérive aussi le mot François emamer du Grec écriرنens. M.
ENTE. M. de la Coste, au commencement de son Traité sur le Titre du Code de Jure Emphyteutico, le dérive du Flaman impoten. Voici ses termes: Emphyteutis nemo est qui nefriat esse Grecum nemur Romana civitate donatum, quo significantur initio furculi in arbore: & inde detorta vox Latino-barbara, impotus, de qua Joannes Lydius in Glossis Latino-barbaris, & ex qua etiam hodie Belgas impoten dicere, pro inferere, idem Anilor natat: & nos Aquitanici vulgo euphault: Franci vero compendio, emptor, & empte. M. de la Coste se trompe: ce qui soit dit avec le respect qu'on doit à un si grand homme, le plus savant Jurisconsulte de France, après M. Cujas. Ente a été fait d'infitia. Le Capitulaire de Charlemagne de Villis propriis, article 62. Quid de insitis ex diversis arboribus, &c. M. de Saumalise sur Solin, page 26. Insita, sunt vi iispera, ut Glossa interpretantur. Intas, vei entas, dicimus quasi insitas. Nous disons en Anjou une entue, au lieu d'une ente. M.
ENTERINER. M. de Vaugelas, dans ses Nouvelles Remarques sur la Langue Françoise, le fait venir d'interim. Voici ses termes: INTERINER UNE REQUIETE ne vaut rien. Il faut dire entériner. Et il ne sert de rien d'alléguer que ce mot vient d'interim, comme il n'est pas sans apparence, sans que néanmoins je me veuille amuser à l'examen de cette étymologie. Sur lesquels l'Anonyme qui a publié ces Remarques, a fait cette observation: M. de Vaugelas ayant tardé à nous donner cette Remarque, M. Ménage en a profité, & a dit dans ses Observations qu'il falloit dire entériner, & non intériner. Ce qui est véritable: mais il tire ce mot d'un autre endroit. Voici la généalogie qu'il nous en donne: integer, integerus, interus, interi, interinare, ENTERINER. M. Ménage fait toujours venir les mots d'où l'on ne se serait jamais imaginé qu'ils vinissent. Car quel rapport d'integer, dans sa signification & dans son mot, avec entériner! Aussi c'est le besoin d'aller chercher integerus dans la base Latinitie: & encore cela ne lui aurait de rien servi, s'il n'avait trouvé interus, dont le fils interi a mis au monde interinare. Plaisante généalogie! Ne semble-t-il pas que ce soit ici la généalogie de quelque Roi Geth! L'interim, on l'interim, (car on l'écrit avec un M, & on le promène avec une N) de M. de Vaugelas, est une origine d'entériner bien plus vrai-femblaide. Les Protestants, dans leur établissement en Allemagne, présenteront une Requête à l'Empereur, pour avoir l'exercice de leur Religion par provision, jusqu'à ce que par un Concile, ou par une Diète, on eût remédié aux différends qui rognoncent pour lors dans l'Empire entre les deux Religions, la Catholique, & la Protestante. L'Empereur accorda cette demande. On appella ce Décret de l'Empereur l'Interim d'Allemagne. Et depuis on a dit, intériner une Requête pour l'accorder, & ensuite, entériner. Et voilà, n'en déplaise à M. Ménage, une origine plus raisonnable que la sienne, &c. A considérer les railleries que fait ici de moi cet Auteur sans nom, ne diriez-vous pas que j'aurois dit la plus grande impertinence du monde, & qu'il aurait dit la chose du monde la mieux dite! Et cependant mon étymologie est la véritable, & la sienne est ridicule, impertinente & extravagante, & contraire à l'Histoire. Je ne dis rien de M. de Vaugelas, qui a parlé de cette étymologie d'interim modestement, & sans affirmation. Premièrement: il est faux que nous disions l'Interim d'Allemagne. D'ailleurs, l'Empereur qui accorda l'Interim aux Protestants d'Allemagne, étoit l'Empereur Charles-Quint: & il le faut accorda en 1548. & en ce tems-la, il y avait plus de 200, ans que le mot d'entériner une Requête, étoit en usage parmi nous; comme il paroît par un nombre infini d'Arrêts du Parlement de Paris. Voilà donc l'étymologie de l'Anonyme détruite. Il faut présentement établir la mienne. Le mot Italien interv ne permet pas de douter qu'on n'ait dit interus. Et notre vieux mot François enterin, pour entier, ne permet pas non plus de douter qu'on n'ait dit interimus. Ce mot enterin se trouve dans le Roman de la Rose: De fin cuer net, & enterin, Sommes cy venus Pelerin. Voyez M. Borel, dans ses Antiquités Gauloises, où il dit qu'entériner signifie remettre en entier; & entériner, intégrité, & que ce mot d'entériner vient d'integritas; comme qui diroit, entériner. Et conformément à cette étymologie, nos Jurisconsultes traduisant en Latin entériner des Lettres regaux, l'ont traduit par integrare Litteras regias. Equinarius Baro, sur la Loi 19. au Digeste de Adoptionibus: Inde confiat Judices non debere indicare secundum rescripta principalia (quod integrare Litteras regias decum), nisi vocatis iis qui probabiliter contradicerem, & ladi possent rescriptis à Judice admissis. D'ailleurs, le mot Latin integrare est traduit dans le vieux Dictionnaire Latin-François publié par le Pere Labbe, par le François entériner. Il est donc confiant qu'entériner vient d'interim, & qu'on a dit interim dans la signification d'integrare. Mais il n'est pas bien confiant pourquoi on a dit entériner des Lettres, ou des Requêtes, pour dire en accorder l'effet. M. Nublé avoit quelque pensée que cette façon de parler avoit été premièrement dite des Lettres ou des Requêtes qu'on présentoit pour être restitué en son entier, & qu'elle avoit été dite ensuite de toutes sortes de Lettres & de Requêtes. Ce que je ne crois pas véritable. Et je crois qu'on a dit entériner des Lettres & des Requêtes, parce que ces Lettres & ces Requêtes ne peuvent être considérées comme entieres & parfaites, que lorsqu'elles ont été reçues & vérifiées par les Juges. Il me reste à remarquer, que nous disions anciennement intérieurement, & non pas intérieurement. Dans le chapitre 62. de la Coutume de Hainaut: Item, que quand aucun demandera l'exécution ou interinement d'un Jugement, ou Ordonnance. Car entérinement a été mis en cet endroit par une faute de l'Imprimeur, qui ne savoit pas qu'il n'y a que acc. ans qu'on met des points sur les I. Voyez les Diplomatiques de Dom Jean Mabillon, & mon Histoire de Sable, a la page 62. Et *intérimement* a cet formé d'*interinémentum*, & nos pas, comme l'a écrit Droëzus dans sa Méthode du Droit, selon le témoignage de Calvin dans son *Lexicon Juris*, d'*interinémentum*. Notre homme au reste, en disant que M. de Vaugelas ayant tardé à publier sa remarque, j'en ai profité, veut faire croire à ses Lecteurs que j'ai pris ma remarque de M. de Vaugelas. Il dit la même chose ailleurs de quelques autres de mes remarques : ce qui m'oblige de protester ici que devant la publication de ces Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas, je n'avois jamais oui parler de ces Nouvelles Remarques. ¶ Je finis ce long discours en disant que ce Monsieur l'Anonyme qui les a publiées, a rendu en cela un mauvais office à M. de Vaugelas : car elles sont indignes de M. de Vaugelas. Et ce Monsieur l'Anonyme a été obligé de les abandonner en plus de cent endroits. Et cet homme qui les a abandonnées en cent endroits, m'accuse d'ingratitude envers M. de Vaugelas, pour n'avoir pas suivi son opinion en 10. ou 10. de mes Remarques. J'avois fait cette remarque sur le mot d'*entériner*, & je l'avois même envoyée à Lyon à l'Imprimeur de cette seconde édition de mes Origines de la Langue Françoise, lorsque je suis tombé sur cet endroit de la seconde partie des étymologies Françoises du Père Labbe : ENTERINER, comme quelques-uns ont estimé, se disait au commencement, de ce qui s'homologisait & se vérisait à la Cour, comme par interim, en attendant une plus entière délibération & plus ample connoissance. Ou bien ENTERINER, c'est donner un interim, une forseance, un répit, le loisir de songer & pourvoir à ses affaires. Au moins l'Interim des Protestants d'Allemagne, nommés de la les Intérimistes, est assez connu. Et de plus, nos grands perles disaient endementiers, pour cependant : qu'ils avaient tiré du Latin interim, ou d'interibi, d'interdiu. Mon ancien Glossaire MS. Latin François, dit : INTERDIU, endementiers que jour est. Mais le même nous a fait voir la véritable étymologie de ce verbe en ces termes : INTEGRITAS, entérinetz. INTEGRARE, enteriner : d'un vieux mot ENTERIN, integer. Le même, en un autre lieu : SOLIDATUS, soldz fermez, enterinez. SOLIDARE, solder, entériner. J'ajoute à la remarque du Père Labbe, que dans les Reglustres du Conseil du Parlement de Paris du dernier d'Août 1514, contenant l'Arrêt de vérification des Lettres du 28. de Juillet de la même année, par lesquelles le Roi avait donné au Duc de Vendôme, & à ses Successeurs, le droit de lui présenter aux offices Royaux de ce Duché, il est dit. La Cour a ordonné, & ordonné, que sur lesdites Lettres sera mis, Registrata, audito Procuratore Generali Regis, Integrationem hujusmodi Literarum, in quantum Officia Electorum, Clerici & Graffarii eorumdem, ac Granaterii Contrarotulaturis, ac Receptoris Iuvaminum in Electione Vindofineni tangit, conentiente. Le Lecteur remarquera, que cet Arrêt est de 1514. & l'Interim de Charles Quint, de 1548. M.
ENTEROCEL. Terme de Médecine. Descente de Boyau. Hernie dans laquelle le boyau tombe dans l'aine ou le ferotum. Ce mot vient du Grec *tertius* intestin, & de *erba*, qui signifie tu- meur en général, & en particulier, tumeur du ferotum, & que Suidas dérive du verbe *xabax laxo*. Lorsqu'aulieu de l'intestin c'est l'épiploon qui est tombé, la tumeur s'appelle *epiplocele*. L'*epiplocele* est ainsi appellé de la préposition *iui super*, & de *erba navigo*, parce qu'il nage pour ainsi-dire sur les intestins. Quand la tumeur n'est que dans l'aine elle se nomme *bubonocelle*, de *bubon* aine. Quand la tumeur est formée par l'intestin & l'épiploon en même tems, elle s'appelle *entere-epiplocele*. Quand elle est au nombril elle se nomme *entere-epiploomphale*, *disiopo* à nombril. \*
ENTESER. Vieux mot pour dire *tendre*. Le Roman de la Rose, fol. 11. R$^{o}$. *Tantôt une flèche il a prise ; Et la-dessus la corde mise, Il entera jusqu'à l'oreille L'arc qui étoit fort a merveille.* il l'entera ; c'est-à-dire il le tendit. D'*interfure*, fait d'*interfure*. Comme de *tenfure* on a fait *testa*, d'où nous avons fait *toise*. Voyez M. Ménage au mot *toise*. Le Duchat.
ENTHOUSIASME. Fureur prophétique ou poétique qui transporte l'*esprit*. Ce mot est Grec, & nous n'y avons changé que la terminalon : il est formé d'*esprit*, qui signifie un homme animé de l'*esprit* de Dieu d'une manière extraordinaire, dans lequel Dieu est, *esprit*. De là on a fait le verbe *esprit* ou *esprit* être inspiré de Dieu, *esprit* et *enthousiasme*, *esprit* qui est sujet à l'*enthousiasme*. \*
ENTICHE. Taché ou atteint d'un vice ou d'une maladie, qui se montre au-dehors. De *tache*. C'est la même chose qu'*entache*. Voyez *tache*. Le Duchat. ENTIERCER : pour *sequestrer* : mettre en main tierce. D'*interciare*. Voyez la Loi Salique titre 49. & François Pithou sur ce titre : & du Moulin sur l'article 180. de la Couture d'Orleans, & Imbert dans ses instructions Forentes. M. ENTONNER une *chanson*. D'*intonare*, fait de *tonus*. *Intonat horrendum*. M. ENTONNER du *vin*. D'*intonnare*, fait de *tonus*. Voyez *tonneau*. M.
ENTORS. D'*intorius*. Les Gloses Anciennes : *Intertum*, *interpunctatus*. M. ENTRAGUES : petite ville d'Auvergne. D'*inter aquas*. M. de Thou dans son Histoire, a appellé *Inter-amnis* le Seigneur d'Entragues : en quoi il n'a pas eu raison ; car outre que d'*inter-amnis* l'analogie ne permet pas qu'on fasse *Entragues*, il y a un lieu dans le voisinage de Châteaugontier & de Laval, qui s'appelle *Entrammes*, lequel mot a été fait d'*Inter-amnis*. Et il y en a un autre dans l'Auxerrois appellé *Entrain*, mot fait aussi d'*Inter-amnis*. Voyez M. de Valois dans sa Notice des Gaules, au mot *Inter-amnis*. M.
ENTRAILLES. D'*intralia*, *intratus*, *intra*, *intrale*, *intralia*, ENTRAILLES. *Entrus*, *entratus*; d'où l'Espagne *entratus*. *Barnas entratus*. D'*intratus* les Latins ont fait *venter*. M.
ENTRAPE, ENTRAPER. Vieux mots, qui dans Oudin signifient *embarras*, *embarrasser*. Le Parois Messin les a conservés dans le même sens. Ils viennent du Latin-barbare *trappa*. Voyez *didesous nappe*. Le Duchat.
ENTRAVES. Nicot : ENTRAVIS, comme *manottes* (car il y en a toujours deux qui s'entretiennent), *sont un engin de fer à deux demi-cercles* et un verrou courant, qu'on met aux pieds des chevaux, soit quand on les met paître aux champs, à ce qu'ils ne s'efforcent; soit dans leur étable, s'ils font violence à eux dresser. De la particule in, du substantif *trabas*. M.
ENTRECHAT. Saut figuré : capriole entrecoupée. Les Italiens appellent un entrechat capriola intrecciata : ce qui donne sujet de croire que le mot François entrechat a été fait de l'Italien intrecciato, en sous-tendant *salo*. C'est ce que j'ai appris de M. Boudot, célèbre Libraire de Paris. Cette étymologie me semble indubitable. M.
ENTREGENT. Montagne liv. 1. chap. 13. C'est une très-utile science, que la science de l'entre-gene. D'inter gentes. M.
ENTREUIL. C'est l'intercilium des Latins & le *sacriopost*, ou le *sacruissus* des Grecs; c'est-à-dire, la partie qui est entre les deux yeux. Ce mot, qui n'est plus aujourd'hui en usage, se trouve dans plusieurs des anciens Ecrivains. L'ancien Dictionnaire du P. Labbe : INTERCILIUM, entreuil. M.
ENTULE. Le Roman de la Rose fol. 34. c. *Si suis-je plus saigé que Tulles. Bien seroye sol & entules, Si tels amours vouloye querre.* Et ailleurs selon Borel : *Que cil vilain entule & sot.* Et encore ailleurs suivant le même Borel : *Quel n'aura ja honte en tule, En bel accueil n'a autre bulle.* Je crois que le vrai mot est *tule*, & qu'il signifie *tire*; de *titulus*, *Titulus*, *tulus*, *tule*. En *tule* voudroit donc dire en *tire*; & fou en *tule*, fou en *tire*, *intitulé*. Peut-être aussi que *entule* vient de l'Alleman *doll*, qui signifie acariâtre, écorvelé. Le Duchat.
ENVELOPER. D'involvere, involpare. Huet.
ENVERS. Voyez L'ENVERS. ENVIE : pour *défir*. Invidia se trouve en cette signification dans Plaute Act. 3. Scen. 3. du *Trinummus*. Perlungum si *buie ducendi invidia abscesseris*. Et dans Virgile 2$^{e}$ livre 1. des Georgiques : *Jampridem nobis te cæli regia Cæsar Invidet, atque hominum queritur curare triumphos.* Où invidet signifie *defiderat*.
ENVIES. Ces petites peaux qui se détachent des extrémités des doigts près des ongles. De *redivia*. Huet.
ENVIRON. Comme nous avons tité *virer* de *gyrare*, il est aussi certain que nous avons fait *environ* de *in gyrum*, que je trouve signifier proprement *environ*, & *autour*. Les petites Annales de France, où est décrit un Siège fait par Charlemagne : *Eodem anno verni temporis, obfedit dominus Rex Carolus Herisburg, & Franci sedebant in gyrum*. Aymoin liv. 4. chap. 57. — *munitionem in gyrum, in modum arietum, insinuxit*. Glaber Rodulphus liv. 1. *Fuit pax cum Regibus in gyro regni sui positis*. De Roberto Rege loquitur. *Cafenene*. Tome 1.
ENV. EOL. EPA. 537
ENVIRON. C'est un mot composé d'en, & de *viron*. Il n'y a guère plus de cent ans qu'on disoit *viron* pour *environ*. Charles de Bourgueville dans ses Antiquités de la ville de Caen, livre 2. page 78. *Viron te temps-la, Monsieur Charles de Bretigny, Evesque de Castres & Abbé de Caen*. *Viron* a été fait de *gyrus*. *Gyrus*, *gyro*, *gyrone*, *VIRON*. M.
ENVOIER. D'inviare, c'est-à-dire, *in viam mittere*. Solin. chap. XI. parlant de l'Italie : *Verum, ne profus intalla videatur, in ea qua minus trita sunt, animum intendere haad absurdum videtur, & parcius depavita, levibus vestigii inviare*. Fulgence a dit de même *infemitare*: ce qui répond au Grec *intuition*. Les Espagnols d'inviare, ont fait *embar*. M.
ENVOISURE. Dans Borel envoisure signifie joie. *Envoisure*, luxurieux. Epitheté donnée au Duc de Bourgogne Philippe le bon, par Olivier de la Marche, liv. 1. chap. 13. page 159. C'est proprement celui à qui le beau sexe donne dans la vue. Le Duchat.
ENVOUTER. Vieux mot, qui signifie *enforceler avec une image de cire*. Mézeray, dans la Vie de Louis X. dit *Hortu*: parlant d'Enguerran de Marigny : Comme les poursuites traînolent, on découvrit que la femme abuse par quelques Enchanteurs, cherchoit à envoyer le Roi : *c'est-à-dire le faire mourir par des images*. D'invotare. Les anciens Latins se font servis de *devovere* en la même signification. M.
ENVOUTER, paroît venir plutôt d'involtare, fait de *vultus*. L'opinion commune est que les forciers charment par le seul aspect, & anciennement on appelait *vont* le visage. Ou bien parce que les images dont on se sert pour enforceler doivent être faites à la ressemblance de la personne à qui on en veut. On a dit aussi *vontoter de vultuare* dans la même signification. Voyez *vont*. Le Duchat.
EOLIPILE. Voyez *solipile*. M.
EPACTE. Terme de Calendrier. C'est le nombre des jours que l'année commune solaire a de plus que l'année lunaire, & ils sont nommés *epalte*, du Grec *innexo indulla*, parce qu'on les ajoute à ceux de l'année suivante, autrement parce qu'on les intercale. Ce mot *innexo* est fait du verbe *innexo induco intercale*.
EPAGNEUL. Chien. De *spagnolus*, à cause que cette sorte de chiens vient d'Espagne. Jean d'Archius, en son Poème intitulé *Canes* : *Sin autem vacui spatiofa per aquora campi Auritum tepido leporem exturbare cubili, Accipiteremque invat volucri pratendere aprica, Hic tibi sunt humiles villo brevioro legendi, Indidit ipsa suum quibus olim Hispania nomen.* Les Anglois appellent aussi ces chiens *spanik*. Voyez Ulitius dans ses Commentaires sur la Chaise de Nemeisen page 357. Anciennement nous disions *espagnols*, pour *espagnols*; & vous le trouverez ainsi écrit dans du Fouilloux. Rabelais 1. 12. *Avec un Tierceler d'Autour, demy-douzaine d'Hef-pagnols, & deux leviers, vous voila Roy des per-* Y y y drix & lièvres pour tout ces hyver. Or comme nous avons nommés ces chiens épagnols; a causé qu'ils nous sont venus d'Espagne, les Espagnols ont nommé le lévrier galgo; de gallicus; parce que les levriers leur sont venus de France, dont ces sortes de chiens ont été priés par les Anciens. Ovide, Liv. 1. de la M. ramorphoise: Ut canis in vacuo leparem cum Gallicus arvo Vidit, & hic pradam pedibus petit ville falu-tem. Catulle: ridentem catuli ore Gallicani. On a dit spagaius, pour hispaniolus, de Spania, que les Latins ont dit pour Hispania, comme les Grecs 2000: lequel mot 2000 se trouve dans les anciens Manuscrits d'Athénée, & dans ceux de l'Epître de S. Paul aux Romains, selon le témoignage de Cafaubon au c. 1. du l. XVIII. de ses Animadversions sur Athénée. Mais ce mot ne se trouve pas seulement dans les Manuscrits de l'Epître de S. Paul aux Romains, mais dans toutes les éditions. C'est au chap. xv. 24. 28. M.
EPAN. C'est le même qu'enpan. Voyez enpan. Mérie Cafaubon dans la Dissertation de l'Ancienne Langue Anglicane, page 337. dérive l'Anglois span; qui est la même chose que le François espan, qu'on prononce épan; du Grec andau. Epan peut avoir été fait d'expandus. Expandus, expandus, expandus. M.
EPAN. Quelle apparence que ce mot ait été fait d'expandus, qui est un terme imaginaire? N'y aura-t-il donc qu'à feindre des termes à la fantaisie pour en tirer des etymologies? La chose ne seroit pas difficile, & on s'épargneroit bien des recherches. Mais si épan ne vient pas d'expandus, viendra-t-il du Grec andau. Je ne le crois pas: la ressemblance entre ces deux mots n'est pas allée grande. Wachter dans son Gloffarium Germanicum pag. 1558, le fait venir de la Langue Teutonique. Voici ses paroles: SPANNE, spithama, menfura digitalis. Anglofaxonibus span apud Somnerum, spon & sponne apud Benfomum. Feretio in indice spanna. Belgis & Anglis spanne. Italis spanna. Gallis espan & empan vel enpan proprie et spithum seu extensio inter duos digitus extensos, o insigne a spannen rendere, quia digitorum extensione spatium illud mensuratur. Hinc antiquitus non solum spithama, qua spatio inter pollicem & minimum digitum extensos definitur, sed omnis longitudo a digito ad digitum extensum spanne vocabatur. Lex Frisonum, tit xxii. art. 66. Vulnus... quod integra spanne longitudinem habuerit, hoc est quantum index & pollex extendi pollum, vi. foliis componat. Et art. seq. Quod inter pollicem & medi digiti spannum longum fuerit, xiii. foliis componat. A spanne rufus sit spannen extensione digitorum metiri. Somnerus in Dict. Anglofaxon. Spannum manu a pollice ad minimum digitum extensa quod metiri, spithama mensurare. Ce passage montre clairement, ce me semble, que le mot épan ou enpan nous est venu de la Langue Teutonique, puisqu'on le reconnoit dans plusieurs de ses Dialectes. Ainsi il est inutile d'en chercher l'origine dans le Grec ou dans le Latin.
EPANCHER. D'expandure, formé d'expandum, supin d'expando. Expandum se trouve dans Pline, & dispandum dans Lucrèce. M.
EPANOUIR. D'expandure. Planus, pianus, d'où l'Italien piano, panus, expandus, expo- nire: d'où notre ancien verbe EPANIR: comme EPANOUIR, d'expandure. Les jours s'épanouifem, c'est-à-dire, sefexplanant, sefexplicant, seaperium. On diroit anciennement; la rose epanit. Voyez Nicot. On a fait de même evanouir, d'ex-vaguer. Voyez evanouir. M.
EPANOUIR. D'expandure. Huet. Ne viendroit-il point plutôt de l'Anglofaxon openiam aperire? C'est le sentiment de Wachter dans son Gloffarium Germanicum pag. 1163. où il dit: Anglofaxonibus openiam est aperire & patere, yppan indicare & prodere. Gallicum épanouir perperam ducitre a fictitio expandire, don manifello sit ab Anglofaxonico openiam aperire. Les Anglois disent to open dans le même sens. Les Allemans offen. Les Francs disoient effantuan.
EPARGNER. De parcere, qui signifie épargner, on a fait le composé comparcere, qui signifie même chose. Térence dans le Phoronion: Quod ille unicatum vix de demenso suo, suum defraudans genium, comparsit miser. Et Solin chap. 22. In hyreme compercit arbonum fructus. Sur lequel endroit M. de Saumais aïfure que de parcere on a fait ex-parcere & exparcinare: d'où nous avons formé le verbe épargner. Cafeneuve.
EPARGNER. D'exparcinare. M. de Saumais sit Solin pag. 250. Di. cham & exparcere, & exparcinare; ut intrico; intricino; inde nufrum EPARGNER. Les Allemans disent sparen, pour dire épargner, & les Anglois spare. M.
EPARPILLER. De l'Italien sparpagliare; fait de spargere. Spargo, spargico, spargiculo, spargiculare, spargiare, spargiare, & par reduplication, sparpagliare. M.
EPARS. D'exparsus. Nos anciens disoient épargre, de spargere. Végée liv. 1. de re militari, chap. 15. Sed molus est plures acies facere, quam volitem exspargere: c'est ainsi qu'il y a dans quelques manuscrits de Végée, selon le témoignage de Scriverius, & non pas spargere. M.
EPAVES. Ce mot, a proprement parler, signifie des bêtes effrayées, égarées & errantes, & sans garde, & dont le Seigneur est ignoté. D'expavesalta. La signification de ce mot s'est multiplice: car il se dit quelquefois des choses inanimées: & il se dit même quelquefois des hommes. Voyez Ragueau dans son Indice, au mot espaves, & Baquet au chapitre 3. du Droit d'Aubaine, & au chap. 33. des Droits de Justice. Voyez aussi ci-dessus au mot ébahir. Mais écoutons Coquille, dans ses Institutions au Droit François, au chapitre des Droits de Justice en commun: L'autre cas, est des espaves: qui est un mot François, signifiantes choses mobilitaires égarées, desquelles on ne fait le maître & propriétaire. Ce mot a donné occasion à aucuns Chrétiens de facile créance, de s'adresser par prières à Saint Antoine de Padoue, de l'Ordre de Saint François, pour recouvrer les choses égarées: parce que en ancien langage Italien, que les Contadins retiennent encore, on appelloit Pava, ce qu'aujourd'hui on appelle Padoue; en laquelle ville repose & est grandement vénéré le corps de Saint Antoine, dit de Padoue, ou de Pade, que d'ancienneté on appelloit S. Antoine de Pave. M.
EPAULE. De spalla, diminutif de spatula. Les Italiens disent encore aujourd'hui spalla. M.
EPAULIERE. L'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe: HUMERALE: efpauliere, efpod. M. E P E A U T R E. Nicot : Espèce de blé, qu'on appelle ainsi : Zea, femen. Les Italiens le nomment Spelta, & les Languedocs fœtute. Du Latin Spelta. Les Glofes anciennes : Spelta, Spelta, Spelta, &c. Au lieu de Spelta, on a dit aussi amiss. M. de Saumaise, dans ses Homonymes des Plantes, chapitre 17, page 68. Graci recentores &c in suis Laxicis interpretantur amissis. Gloffa latrica Nicomedis fœtophista : &c amissis. Hoc est, quam Speltam vulgo dicimus, veteri & ipso vocabulo. M. E P E E. De Spatha : mot de même signification ; dont les Italiens ont aussi fait Spada, & les Espagnols, espada. Spatha est un mot Gaulois. Diodore, livre v. parlant des Gaulois : ἀντί 3 τρ. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. E P E I C H E : en Grec &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. — Ferrique faces inspicatur acuto : Et que de Spicare, on aura dit avis Spica, pour dire avis qua pungit ; & que de Spica, nous aurons fait epêche, à cause que cet oiseau pique sans cesse les arbres. Les Grecs, pour la même raison, ont appellé le pivet &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. E P E L E R. D'appellare ; parce que les enfans nomment toutes les lettres en épelant : d'où vient que quelques uns disent encore aujourd'hui appeler ; pour épeler : & c'est ainsi qu'on parle à Blois, à Chartres, à Orléans, & à Châteaudun. Appellare literas se trouve dans le Brutus de Cicéron : Nam de fono vocis, suavitate appellandarum literarum, quoniam filium cognovisti, noli expellare quid dicam. Et appellatio literarum, dans Quintilien, xi. 1. Laudatur in Catulo suavis appellatio literarum. M. Bochart dérivoit épeler de l'Allemant Spel, ou du Flaman Spellen, qu'il disoit signifert la même chose. Spel, & Spelle signifient parabelia, fabulatio : & viennent de l'ancien Alleman bis- pilla, mot de même signification. Voyez Lipse ; dans la 44. Lettre de la troisième Centurie de ses Lettres ad Belgas. M. E P E R L A N, Poisson : ainsi appellé de sa couleur, semblable à celle d'une perle, dit Rondelet, au chapitre 18, des Poisons de riviere. Nicot dit la même chose : A nitido & splendido colore, quo unionem (perlam vocant) refert. M. E P E R L A N. Dans les anciennes éditions de Rabelais, livre 4, chapitre 60, on lit espelan, pour le nom de ce poison, & non pas espelan, comme on lit dans les éditions de Hollande. L'Epître aux Lecteurs, que Belon a mise au-devant de son Histoire des Oiseaux, porte aussi espelan ; & cette ancienne prononciation se conserve encore aujourd'hui à Caen, où l'on dit espelan, ou espelan. Le Duchat. E P E R O N. Ce mot vient de l'ancien Teudisque : car les Allemans disent encore sporen. Le Testament du Comte Everard, gendre de Louis le Debonnaire, qui se lit dans le Code Donationum Piarum d'Aubertus Miraus : Spourones duos de auro & gemmis. Cafeneuve. E P E R O N. Pontus de Thyard, page 18, de son de Recta nominum impositione, le dérive de &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. E P E R O N. Je joindrai ici, pour plus grand éclaircissement de l'origine de ce mot, ce que dit Wachter, dans son Gloss. Grem, page 1568. SPORN, calcar. Anglo-Saxonibus & Suecis Spota, Belgis spoor, Anglis spur, Islandis spori, Iralis sperone, Gallis esperon, Cambris barrog & yspardon. Menagius vocem Gallicam ab Italica, & hanc a Germanica petit ; Syncerior Ferrario, qui suam & nostram a Spola, textorio instrumento, effugit. Quamvis etiam a spherula, qua extremitati calcaris addi soler, haud ineptè deduci posse puter. Alii rectius & verius rationem nominis desumunt ab acicula, qua Gracis &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. E P E R V I E R. De Sparvarius : qui se trouve en cette signification dans la Loi Salique, titre vii. paragraphe 4. & ailleurs : & qui vient de l'Alleman sparver. Jules Scaliger, contre Cardan, cxxxiii. Sparverium aliquando e Graco deduxissem, &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. Y y y ij 340 E P E. E P H. liam simul Exarchatus cum Gracula Superbia impor- tat: mis Germanice cum sic appelloremus. Voyez Vossus, de Vitis Sermonis. M.
EPERVIER. Ce que dit Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1556, éclaircira en- core davantage & confirmera cette etymologie. SPIRBIR, dit cet Auteur, accipiter frangiliarius. Corruptum ex vero & primigenio sparw-ari, quo ve- tufissimi Francoum videntur ufi, quantum ex voce Salica sparvarius conjicere licet. Belga dicunt sper- wer, quod primigenio proximum. Nomen docit a passere, quem appetit, quo Gathis dicitur sparwa. Marth. x. 19. Genus ab aquila. Id enim significat ar, vel et, in fine compositi. Passerem & aquilam in voce sperber primus detexit oeleberrimus Eccardus in not. ad Leg. Sal. pag. 24. Feliciori indagine quam Vossus, qui sparvarium prater rationem de dictum putat quasi spar-var, pennas suas late spargentem. Hic accipiter Gracis inferioribus vocatur basca, omissione sibili, ut in aliis multis, qua hoc elemento restituto statim agnosuntur: Iialis sparviete, Gal- lis esperevier, imitatione magis vel minus vitisfe, manifetta tamen. Saxones antiqui alio utuntur com- posito, simili tamen quod sensum Gloss. Alis. in nom. avium: Accipiter vel raptor spear hafoe. Prior pars passerem, & quemvis avem minorem, altera accipiterem significat, ut offendi in spier & ha- bich.
EPERVIN. Mal de cheval: ainsi défini par Soleyfiel, dans son Maréchal Parfait: C'est une forte de maladie de cheval, qui vient au bas du jarret & au-dedans, & a l'endroit où la jambe se joint. Cette maladie provient de ce que le jarret est embarrassé par des matières crasses & visqueuses, qui defendent des parties d'en-haut, & s'arrêtent aux maîtres qui font le mouvement. Ce mot peut avoir été fait de celui d'épervier; les chevaux qui ont ce mal, marchant difficilement, & en levant les pieds à la façon des éperviers. M.
EPERVIN. Je derive ce mot de l'Alleman uber- bein, c'est-à-dire for-os, parce que la tumeur qui fait l'épervin embarrassé le jarret: ou plutôt de l'Alleman sper-bein, c'est-à-dire jambe roide. Le Duchat.
EPHOD. Nom d'un habit Sacerdotal, qui étoit en usage chez les Juifs. Ce mot est Ebreu, & vient du verbe 1008 aphad, qui signifie revêtir, habiliter, comme il paroît par l'Écriture, Exode xxix. 5. & Lévit. VIII. 7.
EPHORE. Magistrat qui étoit établi à Spar- te, pour balancer & réprimer l'autorité des Rois, & veiller sur les intérêts de la République. Ce mot vient du Grec 1000-1000 considered, observer, for- mé de la préposition 1011, & du verbe 1001 voir: 1002 est un Inspecteur. Les Ephores étoient les Inspecteurs de toute la République.
EPHRAIM. Nom propre d'homme. Le se- cond fils que Joseph eût en Egypte d'Aféphet, fille de Putiphar, Prêtre d'Héliopolis, fut nommé par son père Ephraim, parce que Dieu, en le lui donnant, faisoit croître ou fructifier la famil- le, Gen. xli. 12. Par où il est évident que deux Ephraim vient du verbe 1010 pharaoh, qui signifie fructifier. On dit & on écrit quelquefois Ephrem, au lieu d'Ephraim; mais c'est le même nom. Ainsi il est parlé dans l'Évangile de Saint Jean, xi. 54. d'une ville nommée Ephrem, la- quelle est appelée Ephraim au deuxième livre des Rois, XIII. 23. Il y a aussi Saint Ephrem, Diacre de l'Eglise d'Edesse. Les Syriens écrivent & pro- noncent Aphrem.
EPICES. De species, dont les Latins se sont servis en général pour drogues. Marcian le Juris- consulte en la Loi xvi. §. 7. au Digeste de Publi- canis & Veltigabibus: Species pertinentes ad velt- gal, cinnamomum, piper longum, piper album. M. de Saumaisle sur Solin, page 1050. Drogam vocant speciem omnem, cujuscumque tandem sit odoris, ju- cundi vel ingrati, modo aliquid habeat opiunt. Inferior Latinitas speciem simpliciter dixit; ut & Graci ad 2. Hodiæ speciem strictum suminus de acri- bus tantus & morficantibus; ut sunt, piper, ca- nella, & similia. Speciarium tamen dicimus qui omne genus speciei vendit. Latini Seplafarium di- cebant. On s'est servi ensuite de ce mot pour dire des dragées & des confitures. Pierre, Abbé de Clu- guy, dans les Statuts de son Orbre, Statut xi. Statutum est, ut ab omni multis ac specierum cum vino confectione, quod vulgari nomine pigmentum vocatur, Cana Domini tantum excepta, qua die mel absque speciebus vino missum Antiquitas per- miss, omnes Cluniacensis Ordinis Fratres abstinant. Alain Chartier, page 89. de son Histoire de Char- les VII. Le Roy luy sit grand chiere; c'est de la Reine de Sicile dont il parle; & vint après sou- per, & après ce que ladite Reine eut faide la révè- rence au Roy, dancèrent longuement; & après l'en apporta le vin & les espèces; & servit le Roy, Mon- seigneur le Comte de Clermont, de vin, & mondial Seigneur le Conneftable servit d'espices. Philippe de Commines l'a employé en la même signification. De-là vient que nous appellons Epices l'argent que prennent les Juges pour les Jugemens des Procès: car anciennement les Parties qui avoient obtenu gain de cause, faisoient présent à leurs Ju- ges de dragées & de confitures; comme font en- core à présent à Paris les Officiers subalternes à leurs Rapporteurs, lorsqu'ils font reçus en leurs Charges. Loifeau, livre 1. des Offices, chap. 8. En France, du commencement, les Juges ne pre- noient aucuns salaires des Parties, au moins par forme de taxe, & contre leur volonté: car les espie- ces estoient lors un présent volontaire, que celuy qui avoit gaigne sa cause faisoit par courtoisie à son Juge, ou Rapporteur, de quelques dragées, confitu- res, ou autres espiceries, comme le dote Raguan a fort bien prouvé, rapportant trois anciens extraits du Gresse de la Cour, par lesquels il se voit comme les espèces ont esté changées en or. Lg 12. May 1569. le Sire de Tournon, par licence de la Cour, bailla vingt francs d'or pour les espèces de son Procès jugé, & les eurent les deux Rapporteurs. Le 4. Juillet 1571. un Conseiller de la Cour, Rappo- teur d'un Procès, eut après le Jugement, de cha- cune des Parties, dix francs. Le 17. May 1403. au Conseil fut ordonné que les espèces données aux Visiteurs des Procès, par permission de la Cour, ne viendroient en taxe de despens. Ainsi à succession de temps les espèces ou espiceries furent converties en or: & ce qui se bailloit par courtoisie & libéralité, fut tourne en taxe & en nécessité; & ce insensiblement: car on ne peut dire quand ce fut, n'ayant esté approuvé par aucune Ordonnance, qu'il ne fust long-temps auparavant estably en l'usage: & si ce ne fut pas en mesure temps par toute la France. Car le docile Conseiller de Bretagne Langlé, en son VII. Livre Ocii Semestris, chap. 1. nous apprend que cela ne commença en Bretagne que depuis l'an 1539. Mais un ancien Praticien sans nom, qui a éscris du temps de Charles VI. nous en a laissé une belle prophétie : On pense, dit-il, mieux faire de laisser prendre argent aux Joges pour les espèces ; mais ce n'est mie trop bien faict : la Justice n'en fera que plus chere, &c. Voyez André du Chesne, sur Alain Chartier, page 8 12. où il remarque, entre autres choses, que ce mot d'épices est encore en usage en la signification de dragées & de confitures aux festins solemnels des Ecoles de Théologie de Paris ; où l'on a accoutumé de demander sur le desert le vin & les épices. La même chose se pratique dans les Ecoles de Médecine. En la marge de quelques anciens Registres du Parlement de Paris, à l'endroit de plusieurs Arrêts, sont écrits ces mots, non délibérent, donc solvant sur species. M.
EPIER. Ce mot vient de la Langue Teutonique, & il est aisé de le reconnoître dans plusieurs de ses dialectes. Wachter, dans son Ginfarium Germanicum, page 1547, s'exprime de la maniere suivante : SPÉHEN, specularis, oculis insidiaris, ut exploratores in castris solens, qui aditus viasque omnes, & numerum motumque exercitus, catenque belli arcana curiosis observans : auspafen explorare. Nulcerus, Psal. x. 7. Giengen in ze mir daz sic mili irsphotin, ingrediebantur ut viderent. Id est veniebant explorandi causa. Et mox : Mih selben irsphota Judas, andere mine lide uuerdent irsphot fone manigen, meipsum exploravit Judas, alii merum explorantur a multis. Senfus ultimus & pesfimus, sed una cum reliquis a videndo legitime petitus. Sucri dicunt speya, Belga spien & spieden, Angli to spy, Itali spiare, Galli espier, Hispani espier. Hinc porro explorator Anglis vocatur a spy, Itali spia, spione, nobis spion, Galli espion, Hispanis espia, Cambis yspint, yspienner, yspienndyn. Ubique ab oculorum insiditis. Le même Auteur dérive le verbe Alleman sphohen, voir, de spu, mot Scythique, qui signifie œil. Voyez cidevant Arimafes.
EPIEU. Ce mot vient de l'ancien Théotisque. Le Glossaire Théotisque-Larin que J. Lipse a recueilli d'un ancien Pfeautier, & qu'il a inieré dans la troisième Centurie de ses Lettres ad Belgas : Spietis, haffa. Nos spieffe. Nomen primogenium a mucrone, spiets. Casenove.
EPIEU. Sorte d'arme. Peut être de l'Alleman spieff, qui signifie la même chose ; ou de spiculum. M.
EPIGLOTTE. Terme de Médecine. C'est le couvercle du larynx. Il a été appellé de la sorte, parce qu'il est fait comme une petite langue qui porte sur la fente du larynx, que Galien appelle glottis, c'est-à-dire languette : aussi épiglotte signifie surlanguette du mot Grec & mus ou & sur la langue, & de la préposition qui sur.
EPIGRAMME. Espèce de Poésie courte, qui finit par quelque pointe, ou pensée subtile. Ce mot signifie proprement inscription, du verbe in- & in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- fieurs. Ces petits Poèmes gardèrent le nom d'Epigrammes. Outre l'usage de l'institution, l'on s'en servit pour raconter un fait, ou pour caractériser une personne, & enfin pour toute sorte de sujets. Comme il y a dans l'Anthologie plusieurs Epigrammes qui n'ont pas beaucoup de sel, on a appelé pendant quelque tems Epigramme a la Grecque, une Epigramme qui n'est pas bonne, qui n'a point de sel.
EPILEPSIE. Nom d'une maladie, ainsi appelée du Grec in- & in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in- in-
EPINARS. Herbe. A spinofo semine, dit Charles Etienne, dans son de Re Horenfi. M.
EPINARS. On dit à Metz pinoche, & c'est ce vieux mot qui vient à spinofo semine. A l'égard de ce que dit Ch. Etienne, Platine l'avoit dit avant lui dans l'un des chapitres du livre 7. de son De bonesta voluptate. Le Duchat.
EPINE-DU-DOS. On appelloit anciennement en France le crime de Sodomie, le délit de l'épine-du-dos. Ce qui paroît par ce que dit Monstrelet, que quelques-uns furent brûles à la Grève, pour avoir commis le délit de l'épine : & par ces termes d'une petite Chronique Latine manuferite, composée par Frere Michel de Audars, de l'Ordre des Freres Mineurs : Johannes Pelubini, Mercator divittis affluent, de bareti Albigenium suspectus, & de delicto spina d'ori accusatus, a fiertraedo, Vicario Tolosa, incarceratur, & Inquisitori filici traditur : de supradictis criminibus convictus, ad flammas, ut baretus & Sodomus, condempnatur, & sententia condempnationis executiunt mandatur apud plateram de Salinis suxti pillorium. Voyez M. Borel, dans ses Antiquités Gauloises, au mot espine. J'apprends de M. l'Abbé Berault, que le mot pochi chez les Perfans, signifie le dos, & un Non-conformiste. M.
EPINE-VINETTE. Arbre, ainsi appelé de ses épines, & de son fruit, qui est aigre comme de la vinette, c'est-à-dire de l'ofcille. M.
EPINETTE. Instrument de musique. De l'italien spinetta. Jules Scaliger liv. 1. de la Poetique chapitre 48. Fuit & Simicommentum illud quod ab eo Simicum appellatum. Quinque & triginta conflabas chordis : a quibus eorum origo quos nunc Monochordos vulgus vacat : in quibus ordine digesta pleitra subsilientia reddunt sonos. Addita deinde pleitris corvinarum pennarum cuspides ex arcis filis, expreffiorem elicunt harmoniam. Me puro, Clavis cymbalum, & Harpichordum : nunc ab illis mucronibus Spineram nominant. Vetus monochordos unico nervo contentus erat : Arabum inventum. Trichordos autem, Affyriorum, quod Pandusar appellabant. Pentachordos, Scytharum fuit. Ex crada pelie bubula confellas chordas pulfabant plectro, quod ex ungula caprina optimum habebatur. Durat etiam nunc plectri usus in Hispania, & Pfalterii: cujus somum quissent cum sono tibia, loco tympani: quod iccicco Tympanum chordatum vocant: Itali, me puero, Tabasum. Trippault le dérivoit ridiculement d'ini, & de vivu. Voici ses termes: EPIGETTE, instrument de Musique, peut sentir de la préposition, & de vivu, diction que les Grammairiens interprètent, le son aigu d'une chorde, comme on pourroit appeller, le haut son d'une chanterelle. Suidas: vivu, & qu'esti qu'aient à 90, 95, 100, 105, 110, 115, 120, 125, 130, 135, 140, 145, 150, 155, 160, 165, 170, 175, 180, 185, 190, 195, 200, 205, 210, 215, 220, 225, 230, 235, 240, 245, 250, 255, 260, 265, 270, 275, 280, 285, 290, 295, 300, 305, 310, 315, 320, 325, 330, 335, 340, 345, 350, 355, 360, 365, 370, 375, 380, 385, 390, 395, 400, 405, 410, 415, 420, 425, 430, 435, 440, 445, 450, 455, 460, 465, 470, 475, 480, 485, 490, 495, 500, 505, 510, 515, 520, 525, 530, 535, 540, 545, 550, 555, 560, 565, 570, 575, 580, 585, 590, 595, 600, 605, 610, 615, 620, 625, 630, 635, 640, 645, 650, 655, 660, 665, 670, 675, 680, 685, 690, 695, 700, 705, 710, 715, 720, 725, 730, 735, 740, 745, 750, 755, 760, 765, 770, 775, 780, 785, 790, 795, 800, 805, 810, 815, 820, 825, 830, 835, 840, 845, 850, 855, 860, 865, 870, 875, 880, 885, 890, 895, 900, 905, 910, 915, 920, 925, 930, 935, 940, 945, 950, 955, 960, 965, 970, 975, 980, 985, 990, 995, 1000
EPINGLE. Il vient de spinula: car les épingles ont été ainsi appellées à cause de la ressemblance aux épines; ou bien, parce que du commencement les épines tenoient lieu d'épingles. Tacite De Moribus Germanorum: Tegumen omnibus sagum, sibula; aut, si desis, spina confertum. Caseneuve.
EPINGLE. Horman le dérive de l'Alleman s'pel, qui signifie la même chose. Les autres le dérivent du Latin spicula, dit par métaplasme, pour spiculum: d'où ils veulent que les Italiens ayent aussi fait spigola. Et les autres, de spinicula diminutif de spinula, diminutif de spina. Spina, spinula, spinicula, spingla, SPINGLE. Anciennement, on se servoit d'épines au lieu d'épingles: & les paysans, en plusieurs lieux de France, s'en servent encore à présent. Virgile liv. 3. de l'Enéide: confertum tegmen spinis. Tacite, parlant des Allemans: Tegumen omnibus, sibula; aut, si desis, spina confertum. Marcellus, élu Archevêque de Corfou, dans son Rituel des Cérémonies Ecclésiaftiques, livre 1. section 10. chapitre 5. décrivant le Pallium: Et illud cum Subdiacono aptat: non tamen infigit spinulas: & recipit illud ad ofculum paris. Cet Archevêque vivoit sous Sicre IV. Les Allemans disent aussi spingler: & les Anglois a spinne: & les Languedociens, spinlo: & les Toulousains, spillo. Cette etymologie me paroît la plus naturelle. M.
EPINOCHE. Pathelin, dans la Farce qui porte ce nom: Hé dea, s'il ne pleut, il dégouite. Au moins auray-je ung espinoché. J'auray de lui, s'il chet en coche, Ung escu ou deux pour ma peine. Je crois qu'épinoche dans ce passage est un poisson fort petit, qui a été ainsi appellé parce qu'il a sur le dos des épines ou aiguillons dont il se défend. En effet quand Pathelin dit, que s'il ne pleut pas, il dégoute, & qu'il aura au moins du berger une épinoché, il veut dire, que si l'argent ne pleut pas chez lui, au moins en tombe-t-il quelque peu dans sa poche; & que s'il ne fait pas une pêche considérable, au moins prendra-t-il un poisson, si petit soit-il. Le Duchat.
EPINOCHER. Terme populaire, qui se dit quand on prend des viandes ou du pain en petite quantité & par parcelles, comme en témoignant du dégoût. On dit d'une personne, qu'au lieu de manger, elle ne fait qu'épincher. Ce mot E P I. E P L. E P O. vient d'épinoche; comme qui diroit prendre garde aux épines de ce poisson.
EPIPLOON. Terme d'anatomie. C'est une membrane graisse qui semble nager sur les intestins. Ce mot est purement Grec, & vient du verbe vremilus, qui signifie surnager.
EPISODE. Incident, histoire ou autre action détachée, qu'un Pocte ou un Histoctio insere & lie à son action principale, pour remplir son ouvrage d'une plus grande variété d'événements. Ce mot vient du Grec vremilus, comme qui diroit adventitium, fait d'ini, super, & devit ingressus. Quelques-uns le dérivent mal-à-propos d'idi cantus.
EPITOGE. C'est cette fourrure que les Présidens au Mortier mettent sur leur robe. D'epitogium: qui est un mot hibride, c'est-à-dire, composé de mots de diverses Langues: car il est composé du Grec ini, & du Latin toga; ce qui a été remarqué par Quintilien liv. 1. chap. 9. M.
EPLUCHER. Robert Etienne parle de l'étymologie de ce mot en ces termes: Semble qu'il vienne d'explicare: car quand on veut éplucher des pois, ou autre chose, explicatur: c'est-à-dire, il les faut étendre, & comme desployer, pour voir ce qui est bon, & ce qui est mauvais. Le Picard dit éplucher. Nicot a dit la même chose, & en mêmes termes. Hélinand, dans son Poème de la Mort, a écrit éplucher. Nous avons fait peluche de pellicia: ce qui donne sujet de croire que nous avons fait éplucher d'expellicare; & que ce mot, qui aura été dit premierement des animaux dont on ôte la peau pour les accommoder, a été ensuite transporté à d'autres choses. M.
EPLUCHER. M. Ménage m'avoit presque persuadé que ce mot venoit d'expellicare: mais ayant rencontré dans la lecture d'un auteur le mot espulgar, dont la suite de la période me fit connoître le sens; je n'ai pas douté que ce mot Espagnol n'ait été fait du Latin expulicare, formé d'ex & de pulex, pulicis: & j'ai trouvé dans un Dictionnaire Espagnol le mot espulgar, rendu en François par éplucher & épucer. La signification propre & primitive d'éplucher, c'est donc épucer; c'est-à-dire, hier les puces: & ce n'est qu'improprement & par métaphore qu'on a dit éplucher des herbes, &c. Eplucher vient sans doute de l'Espagnol espulgar, par métathesé de l'U en L. S. Add.
EPLUCHER, vient tout naturellement de l'Alleman pflucken, ou du Flamand plucken, ou de l'Anglons to pluck: car ces trois verbes qui ont la même origine, signifient aussi la même chose que le verbe François.
EPOQUE. Terme de Chronologie. Tems certain & fixe d'où l'on commence à compter les années. Du Grec vryx, qui signifie remora, retentio; formé du verbe vryx, remorari, cohibere. L'époque définit & détermine un certain espace de tems.
EPOUSER. De sponfare. Il est à remarquer que ce mot signifioit autrefois fiancer, & non pas épouser. Dans la Loi 18. au Digeste de Ritu Nuptiarum: Si quis officium in aliqua provincia administrat; inde oriundam, vel ibi domicilium habentem,
EPO. EPR. EPU. EQU. ERA. uxerem ducere non potes : quamvis spongare non prohibetur. M.
EPOUSSETTE. Nicot écrit espoussette. Et il dit qu'il vient de poudre, qu'aucuns disent poudre & poussere; comme qui droit expulveratinium. Il vient d'expulsetta. Pulsare, pulsa, pulsetta, expulsetta, EPOUSSETTE. Epousseter, c'est battre un habillement avec une baguette, pour en faire sortir la poussere. M.
EPOUVANTER. D'expavemare : d'où les Italiens ont aussi fait spaventare; & les Espagnols spaventar. M.
EPREINDRE. D'exprimere. Voyez peindre. M.
EPURGE. Simple : ainsi appellé de la faculté qu'il a de purger. Ab expurgandis facultate. Ce sont les mots de M. de Saunais sur Solin, pag. 1054. M. EQUERRE : en Latin Norma, regula. C'est un instrument dont on se sert pour faire les angles carrés. Je ne doute point qu'il ne soit ainsi appellé, a quadrando; puisque les Italiens l'appellent squadra, & les Espagnols esquadra. Cependant j'ai cru autrefois que c'est un mot de l'ancienne Langue Gauloise, parce que j'avois lu dans la Vie de S. Abbo Abbé de Fleury, composé par Aymoin le Moine chap. 16. que le lieu de la Réole, auprès de Bourdeaux, nommé en Latin Regula, était anciennement appelé Squiris. Mais il y a apparence que notre équerre n'est pas de l'ancienne Langue Gauloise; mais bien de la Romaine; & que c'est la même chose que le Latin exquadra. Caleneuve.
EQUERRE. De quadra. Quadra, exquadra, EQUERRE. Feu M. Bignon, Avocat Général au Parlement de Paris, avoit une Vie manuscrite d'Abbo, où il est parlé de la Réole, comme d'un lieu qui s'appelloit Squiris, en langage vulgaire, & Regula en Latin. M.
EQUILLE. Sorte de petit poisson de mer, qu'on appelle en Latin acus, acicula : d'où équi-le. Huet.
EQUIPPAGE. EQUIPPER. De l'Alleman schiff, qui signifie un navire. Equipage, c'est le corps ou la troupe des officiers mariniers, des soldats, & des matelots, qui montent un vaisseau. Equipement, c'est la provision & l'affortissement de tout ce qui peut servir à la subsistance, à la fureté, & à la manœuvre de l'équipage. Equipper un vaisseau, c'est le fournir de ses agrais, de ses apparaux, & de ses vituailles. M.
ERABLE. , arbre, appelle acer par les Botanites. De ce mot acer, en cette façon : acer, acerum, acera, acerabum, acerabulum, erabulum, ERABLE. Les Italiens disent acers : ce qui fait voir qu'on a dit acerum. Scaliger dans son premier Scaligerana, a écrit que notre érable est l'opulus, & non pas l'acer des Latins. M.
ERAGE. Vieux mot, qui signifie race. Rabelais 1. 1. Et dit-on qu'en Bourbonnois encore dure
ERA. ERE. ERG. 543 l'érage. Et 3. 32. Saint Iago de Breffuire : en est-il encore de l'érage ? De radix : en cette manière : radix, radicis, radicium, extradicium, ERAGE. M.
ERAILLER. Comme quand on dit, yeux éraillés. De raderie. Rado, rajo, rafum, raficum, raficulum, raficulare, raculare, RAILLER : exraculare, ERAILLER. M.
ERAIN. D'examen : dont les Italiens ont aussi fait rame. On a fait érain d'examen, comme escain, d'examen, & maitrain, de materciamen. M.
ERE. Chrétienne, en Latin Era. D'annus erat Anguys : mots qui s'écrivoient par abbreviation A. E. R. A. mais dont l'ignorance des siecles suivans a fait ara en un seul mot. Voyez Genes. Sepelveda, cité par Becman pag. m. 58. de ses Orig. Lat. Wittemb. in 8°. 1613. & Guevare, Epit. dorées, tom. 1. fol. 92. 6. edit. de Paris 1565. in-8°. La Lettre est écrite de Tolède & datée du 12. Décemb. 1526. Le Duchat.
ERE. L'étymologie que donne de ce mot M. Le Duchat après d'autres Auteurs, n'est rien moins que certaine : elle a même peu d'apparence de vérité. Isidore fait venir ara d'as artis, à cause de la pièce d'argent que l'Empereur Anguste imposa par être sur tous les sujets de l'Empire. Cette étymologie n'est pas plus vraisemblable. Quelle preuve donne-t-on que cette pièce d'argent ait servi à établir une époque ! D'autres ont cru avec encore moins d'apparence, que a-t s'est dit pour hera, de herut, maître, seigneur. Quoi de plus ridicule ! Favyn dans son H. de Navarre liv. 1. prétend qu'ara se trouve dans Ciceron & dans Lucilius, qui le font plurier, & qu'il signifie la même chose que commentaria, les feuilles d'un livre de compte & papier journal d'un marchand, où il écrit ce qu'il achète & débite tous les jours, tant en gros qu'en détail. Mais quand il seroit vrai que Ciceron & Lucilius emploient ce mot ara en cette signification, cela ne nous en apprend pas l'étymologie, & il faudrait toujours montrer comment il a été déterminé à signifier une époque. Concluons de cette variété de sentimens si peu fondés, que le mot ere ou ara est un de ceux dont on ignore l'origine. C'est savoir quelque chose que de connoître qu'on ne fait pas.
ERESIPELE. Nom d'une maladie. On fait assez qu'il vient du Grec iparismis, mais l'origine de ce mot Grec n'est pas trop clairement connue. Quelques-uns le dérivent d'ionis rouge, & de m'sia voir, livide, parce que la rougeur de l'érsipale devient ensuite livide. J'aime mieux suivre le sentiment de l'Étymologiste Grec, qui écrit qu'iparismis a été dit xopa vi iparismis iwi vi m'sia, qui confides voir m'sia iparismis, c'est-à-dire, parce qu'il s'étend de proche en proche, & se jette sur les parties voisines.
ERGO-GLU. Nous nous servons de cette expression, lorsque nous voulons dire qu'un raisonnement ne conclut rien : qui est une expression qui nous est venue de l'Université. On disait anciennement, ergo gluc. Dans le Catholicon page 120. de la dernière édition : Or est-il, que tous les 544 ERG. ERI. ERM. jeunes Curz, Prêtres, & Moines de notre Université, & nous autres Docteurs, pour la plupart, avons été Promoteurs de cette Tragédie. Ergo gluc. Janot de Bragmardo, dans Rabelais, livre 1. chapitre 19. Omnis clocha, clochabilis, in clocherio, clochando, clochans, clocativo, clochare facit clochabiliter clochan. es. Parisius habet clochas. Ergo gluc. Théodore de Bèze, dans la Lettre sous le nom de Benedictus Passavantius, au Président Lizet, page 166. Secundo, sic argumentatur Dominus, nunc Abbas, ad provandum quod hoc pertinet ad Romanum Prafulum: Interpretatio Legis pertinet ad summum Sacerdotem, qui fuit typus Romani Prafulis: Ergo gluc. M. ERGOT de coc. Nicot, au mot argot, qui est la même chose qu'argot, renvoie le Lecteur au mot berigoter, où il dit, ces mots: HERIGOTIORE. Fouilloux au 9. chapitre: Autres ont voulu regarder aux jambes de derrière, aux hérigneures. Il parle des chiens: que s'il n'en y a point, c'est bon signe: & s'il y en a une, que c'est aussi bon signe: mais s'il y en avoit deux, feroit mauvais. Ainsi, il semble dériver ergot de hérigot: qui est un mot dont l'étymologie ne m'est pas connue. Nos Anciens prononçoient argot: & plusieurs prononcent encore de la sorte: & les Italiens appellent artiglio les ongles crochus & piquans des animaux de proie, tant terrestres que volatiles: mot formé du Latin articulus, diminutif de l'inusité articus: ce qui me donne sujet de croire que le mot d'argot a été fait de ce mot inusité. Articus, articatus, arcatus, argotus, ARGOT. M.
ERGOT. ER. Quelques-uns le dérivent d'argotari. Je croirois plutôt qu'il viendroit d'ergot: à cause que les argumens de nos Dialecticiens finissent par ergo. M.
ERIC. Nom propre de plusieurs Rois Danois. Wachter dans son Glossarium Germanicum pag. 389. nous fournira l'étymologie de ce nom. Voici comment il s'exprime: ERICH, videtur aliquando fuisse nomen Martis. Nam apud Austriacos Erchtag est dies Martis. Celtica lingua, & hodie Cambrica, erch dicitur horrendus. Fertè quasi herich, ab het terribilis. Talis autem fuit Mars, utpote non suum concessis animalibus, sed etiam occidente hostium, & victimis humanis placatus, teste Tacito, cap. ix. de M. G. & Annali, cap. 57. sed & bellipotentem, & ferro potentem, significare potest. Nam ex Cambris est bellum, pralium; & ex Anglofaxonibus as, ferrum; sicut rich popens, in plerisque & vetustissimis dialectis. Hoc nomen rufus convenit Marti, nec Marti tantum, sed etiam regibus bellicosis. Et hanc fortasse ob causam multi Danorum Reges dicti sunt ERICI. Ce nom peut aussi signifier legibus potens, de eu ou eu, vieux mot Teutonique, qui veut dire loi; & alors Eric fera la même chose que Euri: ou Evaric, nom d'un Roi des Goths. Voyez Wachter, Glossar. German. au mot Ehe, & pag. 1867. au mot Wer.
ERMES. Terres en friche. De vâ ignis. Voyez Ragueau dans son Indice, & Cujas sur la loi quatrième au Code de Censibus. M.
ERMINE, ou ERMINETTE. Instrument de Menuisier pour dégrosser le bois. M. Bochart le dérivoit de l'Arabe determin, qui se trouve dans le Nomenclateur Coptique entre les instruments de Menuisier, & que Kirker a mal traduit par scalpume. M.
ERMINE. Lat. mus Ponticus. D'terminum. Galfridus Monumeth livre ix. chapitre 3. Omnes herminio indus, &c. cujus Dapiter erminio ornatus. Ce mot est commun à toutes les Langues de l'Europe. M. du Cange dans son Glossaire sur Ville-Hardouin, a fait une belle Note sur l'étymologie de ce mot, & qui mérite d'être ici insérée. La voici: Il n'y a personne qui ignore que les hermines sont les rats de Pont (mûres Pontus) des Anciens: mais aucun n'a encore rendu la raison pourquoi la France, & toute l'Europe, les appelle Hermines. Ce que Ville-Hardouin nous apprend assez sur le terme d'Hermines, qu'il donne à ces animaux, & aux peuples d'Arménie; faisant voir par-la, qu'ils ont été ainsi nommés, parce qu'ils venoient de cette Province, qui en abonde, & où l'usage des manteaux & habits faits de ces sortes de fourrure, étoit ordinaire: qu'ils appellent pourri, selon Julius Pollux. Car comme les Anciens ont donné à ces animaux le nom de rats de Pont, parce qu'ils venoient de la province de Pont en Asie; ainsi nos François, & autres peuples Latins, qui les faisoient venir de l'Arménie, où ils trafiquoient plus qu'en la Province de Pont, les ont appelés du nom adjectif, usité en ce temps, d'Hermines, c'est-à-dire, rats ou fourrure d'Arménie: laissant le nom substantif, qu'ils sous-entendoient: de même que les nouveaux Grecs leur donnerent le nom de Hermines simplement, sans parler du nom de l'animal: n'étant pas d'ailleurs sans exemple que le nom de la Province où telles peaux se débitent, & où les animaux naissent, leur soit demeuré; puisque nous lisons que ces mêmes peaux ont été appelées autrefois peaux de Babylone: Pelles Babylonica: in Lege 16. § 7. de Publicamis: dans S. Hierosme, en l'épître ad Latam, & dans la Géographie d'Alypius Antiochenus. Voyez les Notes de Valefius sur Ammian Marcellin, page 171. où il est constant que ces peaux de Babylone étoient peaux de rats, par les termes d'Allian, au livre 17. vixij Quos, chap. 17. De sorte qu'elles ont été appelées indifféremment, Peaux de Pont, de Babylone, ou d'Arménie: suivant qu'elles se débitoient en ces Provinces, qui sont toutes dans l'Asie, & voisines les unes des autres: de même que le nom adjectif de Zibellines, ou Zebellines, a été donné aux Martes; à cause que les Marchands de Zibel ou Zebel, ville de la Terre Sainte (en Latin Biblium), en trafiquoient, & que de-la elles se portoient en divers endroits de l'Europe. M.
ERNER. D'erenare: qui est comme qui diroit, renes luxare, renes frangere. M.
ERNER. D'autres disent éreinter. Mais si éreinter se peut dire, je pense que ce n'est que du cheval. Le Du-hat.
ERNEST. Nom propre d'homme. Wachter, dans son Glossarium Germanicum pag. 191. dit qu'il signifie la même chose que le Grec dege?, c'est-à-dire,
ERR. ERS. ERT. ERU. ESC. c'est-à-dire, fortissimus, & voici comment il en parle : ERNST, certamen singulare. Vox Celtica. Boxborn, in Lex. Ant. Bris. ornest duellum, monomachia, ornestwr pugil. Somnerus in Dict. Anglofaxon. cornest duellum, monomachia. Ipse ab arrhis dictum existim, quibus se mutuo obligabant pugiles, qua hodienam Anglis vocantur earnest. Ego malim ab incitrix soriter pugnare, ob perpetuum Lingua Celtica & Greca consensum, quia duellum, secundum veteres, est facinus strenuum, quod lites ferro terminat. Litera N in medio vocis neminem debet morari. Hoc enim commune satum omnium penè vocabularum in alias linguas transciunt est, ut vel mutentur in medio per epenthissim, ut hoc loco, vel in capite per apharesim. Sic ab decorum, alia dialetto, sit reist virtus, unde nobis remansit rustic fortis, quod vide. Atque hinc porro patet, quid proprii sit ERNESTUS vel ERNST, quatenus est nomen proprium viri, nempe idem quod Gracis decorum fortissimus. Hoc malo, quam cum aliis transponere & Latino strenuus. ERRE : comme quand on dit, Il va grand' erre. Peut-être d'itura. M.
ERRE. Froissart, édition de Jean Petit 1518. tom. 1. fol. 5. v°. Et cependant fist-elle appareiller son erre & ses besignes. C'est-à-dire son départ. Item fol. 8. v°. errer, pour avancer chemin. L'ancienne orthographe d'erre étoit oire, qui vraisemblablement vient d'itura. L'Hist. de Geoff. de Ville-Hardouin, liv. 9. pag. 178. de l'édition de Vigenère, Paris 1585. Et retournerem leur oire vers Andrinople. C'est-à-dire, reprirent leur allure vers Andrinople. Le Duchat.
ERRES. Comme quand on dit, donner des erres au Coche. D'arba, fait d'envie, mot de la même signification, mot d'origine Ebraique. M.
ERS. Sorte de légumes. D'ernum. M.
ERTE. Comme quand on dit, être à l'erre. D'erellus. M.
ERUSSER. Belon livre 3. de son Ornithologie, chapitre 8. parlant de l'oiseau appelle bien : Sa queue est ronde comme celle des oiseaux de rivière. Mais la voyant erruisse par le bout, avons eu occasion de penser qu'il se perche, & fait son nid par les rochers & sur les arbres. Nous disons en Anjou erruiser le chanvre, pour dire arracher la graine du chanvre avec un certain bâton fendu. Peut-être d'eruo. Eruo, erruo, erussare, ERUSSER. Dans le passage de Belon, erruisse semble être dit pour heroise. M.
ESCADRE. Escadre de galeres. Chef d'Escadre. De quadra. Quadra, exquadra, ESCADRE. Les Espagnols disent aussi esquadra. Esquadra de galeras : Cabeça de esquadra. M.
ESCADRON. De l'Italien squadrone, fait du Latin squadro, qu'on a dit pour quadro, Tome I. comme squadra pour quadra : d'où notre mot ESCADRE. Et on a dit quadra pour un escadron, de sa figure quarrée. Tibulle livre 4. Seu sit opus quadratum acies consistere in ag- men, Retus ut aquatis decurrat fronsibus ordo. Nous disons anciennement scadron. Garnier, au commencement de sa Tragédie de Porcie : De scadrons en scadrons : animer au carnage. Le Cardinal du Perron dans son Poème intitulé l'Ombre de M. l'Amiral de Joyeuse : Il se promettait lors que sa dextre guerriere Apprise à repousser les scadrons en arrière. Et M. de Racan, de l'Academie Françoise, n'a pas fait difficulté d'en user dans le Sonnet qu'il a fait sur la mort de son pere : Aux scadrons ennemis on a vu sa valeur Peupier les monumens, & déserter la terre. Cette étymologie du mot escadron me semble très-naturelle. Cependant M. du Cange dérive ce mot de scala, ou de scara, qui se trouvent dans les Auteurs de la Basse-Latinité en cette signification. Guillaume le Breton livre 3. de sa Philippide : — ut subit quaque Tribuno Scala suo, &c. Deposuitque acies per scalas, perque cohortes Ordine compositas recto. Et livre 10. Efficient animis scalam concorditer unam. Et livre 11. Quos inter, Regemque, viri virtute corusc. Atlant continua serie, scalasque suorum Quisque magistrorum densant, dum buccina savum Obstrepas, ut celeri levitate ferantur in hos- tem. Ce que nos anciens Ecrivains François ont rendu par eclelle. M. du Cange en produit plusieurs exemples. Voici quelques-unes de ses autorités touchant le mot de scara en la même signification. Hincmar, dans son épître aux Evêques du Diocese de Rheims chap. 3. Bellatorum acies, quas vulgaris sermone scaras vocamus. Aimoin, livre 4. chap. 16. Collegit è Francia bellatoribus scaram, quam nos turmam, vel cuneum appellare consuevimus. Il ajoute : Alamannis schaar idem sonat. Hinc nosicatibus Poetis es- quierre. Unde nata vox avo hoc usurpata eodem sen- su escadron. Je persévère dans mon opinion : qui est aussi celle de Covarruvias. ESCADRON, dixo mas que esquadra : parte del exercito, que por llevar formu quadrada, se dixo esquadron. Et celle de Scaliger sur les Catalectes : QUADRONIS quadras phalanges vocant. Et celle de M. Ferrari dans ses Origines Italiennes. M.
ESCALADER. De scala. Scala, scalata, sca- latare. M.
ESCALIER. De scalarium. Voyez M. du Can- ge. M.
ESCALIN. Petite monnoie d'argent, qui a cours en Lorraine, en Allemagne, & en Flandre, & qui vaut sept sols & demi. Ce mot se trouve 2 2 2 dans le Dictionnaire de Richelet. De l'Alleman schilling, qui signifie la même chose. M.
ESCALQUE. Pour Ecuyer Tréchant. Rabelais 4. 64. s'est sévé de ce mot. De l'Italien scalco, qui signifie la même chose, & qui a été fait de l'ancien Alleman scale, qui signifie servus, minister. Voyez mes Origines Italiennes au mot scalco, & ci-dessous, au mot marechal. M.
ESCAMOTER. De l'Espagnol camodar, c'est-à-dire, jouer des gobelets. CAMODADOR, c'est un joueur de gobelets. L'Espagnol camodar a été fait du Latin commutare. M. du Cange n'a pas bien rencontré, faisant venir escamoter de Scamares, qui sont des voleurs. Voyez son Glossaire Grec au mot mauphys, & ses Origines Françoises imprimées à la fin de son Glossaire Grec. M.
ESCAMPER. De scampare, d'où cette façon de parler, Avoir la clé des champs. Voyez ci-dessous escapade. M.
ESCAPADE. De l'Italien scappata : verbal de scappare, qu'on a dit pour scampare. Voyez scampare dans mes Origines Italiennes. M.
ESCARBILLARD. Un éveillé. Les Languedociens disent escarrabillas, & les Touloufains, scandrillas. M.
ESCARBOT. De scarabutus, formé de scarabous. Les Gaïcons disent escarabas. M.
ESCARBOUCLE. Pierre précieuse. Carbunculus, excarbunculus, ESCARBOUCLE. M. Ce mot s'est dit aussi pour Charbon de peste. Le continuateur de Mousteret, sur l'an 1476, vol. 3, fol. 191, a. édit. de 1572. La quarte fus d'une plaie qu'il avoit en une espaule, à cause d'un escarboucle que autrefois il y avoit eu. Le Duchat.
ESCARCELLE. De scarcella, fait d'excarcella. Voyez échar. M.
ESCARCELLE. Grande bourse de cuir à l'antique, qui se fermoit avec un ressort de fer. On le dit aussi dans le stile familier, plaisant, burlesque, de la poche & de la bourse en général. On dit, fouiller dans l'escarcelle. Ce mot vient de l'Italien scarcella, qui signifie bourse, & qui a été fait de scarso, qui signifie avare.
ESCARCINE. Monconis, tome trossème de ses Voyages, page 56. décrivant une Cavalcade de Janissaires : Ils ne portent d'autres armes que des récarcines, ou contelas, ceints au coisé. M.
ESCARE. Terme de Chirurgie, qui signifie la croute d'une plaie. De scara : qui se trouve dans les Médecins Latins en cette signification, & qui a été fait d'ignise. M.
ESCARE. Sorte de poisson. De scarus, qui signifie la même chose. Le mot d'escare se trouve en cette signification dans Montagne, livre 2. chap. 12, page 261, de l'édition de Journel. M.
ESCARGOT. Sorte de limaçon. De scarabus, scarabus, scarabi, scarabicus, scarabicatus, scaracatus, ESCARGOT. M.
ESCARMOUCHE. C'est proprement le combat que rendent quelques bandes de soldats détachés du corps de l'armée. Il est croisiable qu'il vient de s'épu, qui signifie combat : d'où est venu le Latin-barbare carmulum, qui signifie émeure & sedition. La Loi des Balvariens, tit. 2. §. Seditionem excitare, quod Bajoarii carmulum dicunt. Si ce n'est qu'on le veuille dériver de scara, qui étoit anciennement une troupe de gens de guerre; comme qui diroit escaramouche : car aussi bien une escarouche est un combat qui se fait par bandes. On trouve encore scamara dans la signification de pillage. Dans une Epière du Pape Etienne au Roi Pepin : Quotidie scamara & depredations eorum finibus faciebant. Caïeneuve.
ESCARMOUCHE. De l'Italien scaramucia, fait de l'Alleman schirmen, qui est le velitari des Latins. Schirmen, schirmare, scharmare, scharamare, scaramacare, scarmucare, scaramucciare. On de scara, qui signifie turma. Voyez le P. Sirmond sur les Capitulaires de Charles le Chauve, page 102. Scara, scaramus, scaramus, scaramucius, &c. Voyez aussi mes Origines Italiennes au mot scaramucciare, & ci-dessous, escrimer. M.
ESCARPER. De l'Italien scarpare, fait de carpere. Carpere, carpere, excarpere. Voyez écharpe. M.
ESCARPIN. C'est une espèce de foulier fort léger, & à simple femelle. Il vient de carpisculus, qui est aussi une espèce de foulier. Flavius Vopiscus, en la Vie de l'Empereur Aurelien : Carpisculum enim genus calciamenti esse satis nonum est. M. de Saumais croit qu'il vient de carpere : mais je ne sais s'il ne tire point son origine de saumais, qui signifie léger. On dit encore en Languedoc escarpina, pour dire courir légèrement. Caïeneuve.
ESCARPIN. De l'Italien scarpino, qui signifie la même chose. Les Latins ont appellé carpi une espèce de fouliers découpés : de carpere, en la signification de scindere. Au lieu de carpi, on a dit ensuite excarpi : d'où on a fait scarpi ; & ensuite, scarpini, par diminution : d'où nous avons fait escarpins, par l'addition ordinaire de l'E devant l'S. Cælius Rhodiginus 2. 2. 15. Carporum verò in Europa copias ab Aureliano afflictas, prodit Historia : quo nomine Carpicum Senatus cum appellavit. Quod indignè is ferens, Superest, inquis, Patres Conscripti, uti Carpisculum etiam me dicatis. Erat autem eo nomine calceorum genus notissimum : unde calceis forsan indita modo plebeia nuncupatio. Voyez M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 369. M.
ESCARPIN. Hésychius, au mot vilius, parle de certains fouliers nommés saumais, & saumais. Huet.
ESCARPOLETTE. De l'Italien scarpoletta, qui signifie la même chose ; & qui est un diminutif de scarpola, diminutif de scarpa, qui signifie une écharpe. Originairment, on brandilloit à l'escarpolette dans une grande écharpe. M.
ESCAUDE. Petite barque dont on se sert sur les marais, & sur les petites rivieres. D'excavata. Huet.
ESCIENT. De sciente, ablatif de sciens. Les Ecrivains Latins des bas siècles ont dit suo sciente, pour dire à son escient. Voyez M. du Cange dans ses Origines Françoises imprimées dans le second volume de son Glossaire Grec. M. ESCLAME : habit de pelerin. Nicot : C'est une façon de manteau long, que les pelerins parvoient anciennement, comme se voit au Roman de Guy de Warvic. Aucuns l'appellent escludine. Panula chlamys. Mais on peut dire qu'au lieu d'esclamme & d'escludine, il faut lire escludine, ou scludine. Voyez escludine. Toutefois du Fouilloux chap. 20. de sa Venerie, dit que des cerfs bruns, y en a qui sont grands, longs, & esclames : qui est à dire, de grand corsage & manteau. Aussi dit-on le manteau du cheval, pour le poil & la peau dont il est emmaneté. M.
ESCLANDRE. De scandalum, qui se trouve en ce sens dans le Catholicon Parvum, & ailleurs. Caïeneuve.
ESCLANDRE. Vieux mot, qui signifie scandale. La Coutume d'Anjou art. 148. Et pourreque aucun qui pour leur maléfice ont été bannis par Justice du pays, n'en tiennent compte, mais y fréquentent & habitent comme auparavant, & autres se dissimulent de lieu en lieu, par le support & soustrait de ceux qui les retirent chez eux. Ce qui tourne au grand esclandre de la Justice. Dans les libertés de l'Eglise Gallicane, tome 2, page 136. S. Pol qui dit ainsi, Se mon frère étoit esclandre, &c. Pour esclandre eschever, l'en doit faire, &c. L'en ne purt nié qu'il ne sceuît tel esclandre. C'est dans la Requête du Peuple de France à Philippe le Bel contre Boniface VIII. De scandalum. L'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe : SCANDALUM, esclandre. L'ancienne Version des Pseaumes, Pl. 136. 6. Et s'enferent esclandre vers le chemin. Il y a au Latin, Juxta iter scandalum posuerunt mihi. On y a ajouté une L : & on a dit, esclandre, au lieu d'esclandre. M.
ESCLANDRE. Escande se lit chez Alain Chartier, page m. 356. dans l'ouvrage intitulé L'Esperance, &c. Elle (l'Évangile) ne induit à croire chose qui ne fait en la louange de Dieu, à prendre forme ne estant dont naïve est escande, ne dissiu exemple. Le Duchat.
ESCLAVE. Nous prenons aujourd'hui ce mot pour toute sorte de sers & de captifs, quoiqu'originalement il ne s'entendit que de ceux qui étoient esclaves de nation. Il y a dans le tome 2. du livre de Wiguleius Hundius, intitulé Metropolis Salisburgensis, un Acte de Louis, Roi de Germanie, fait en faveur de l'Abbaye d'Aitah, où se lisent ces paroles : Homines ipsius Monastrii, tam ingenuem quam servos, sclavos, & accolas, super terram ipsius communes. Car durant les grandes & longues guerres que Charlemagne & Louis le Débonnaire eurent contre les Sclaves, il y en eut un si grand nombre qui subirent le joug de la captivité Françoise, qu'à la fin toute sorte de sers & de captifs, de quelque nation qu'ils fussent, furent appelés esclaves. Ditmarus Meriepurgensis liv. 3. Omnia nostram prius Ecclesiam respectientia, divisa sunt miserabiliter, Sclavonica rita familia, qua accufata venundando dispergitur. Il n'y a plus aujourd'hui qu'une partie de l'Illvrie, qui porte le nom de Sclavonie, quoiqu'autrefois la plus grande partie des nations Septentrionales fut prise sous le nom de Sclaves : car dans les Annales de Fulde, Bohemia, ou Bohemia, Sorabi, Dalmatis, Marahenses, Margenes, Limones, Suiss, sont appelés Sclaves. Et Helmodus, dans sa Chronique des Sclaves, liv. 1. chap. 1. & 2. comprend sous ce nom les Russiens, Polonnos, Prussiens, Bohèmes, Messyres & Sorabes, & un grand nombre d'autres nations. Caesneuve.
ESCLAVE. Du Latin - barbare sclavus : d'où les Italiens ont aussi fait sclavus. Sclavus a été fait de l'Alleman flac, ou flave, qui signifie la même chose, & qui, selon la pensée de Voëssus, a été dit en cette signification à cause des peuples d'Esclavonie : Censeo apud Germanos id primus nomen habuisse eos, quos & forti Slavorum gente captos in servitatem redegissent : inde latius extensam significatium ad cuiusis gemis captivos, vel servos. C'est dans son de l'istiis Sermonis, au mot sclavus, page 278. M.
ESCLAVINE. Nicot : ESCLAVINE est une maniere de robe longue jusqu'a demi-jambe, a collet haut & quarre, & manches courtes : d'eslosse gressie- re, dont les marinieris matelots, & barqueritis, usent l'hyper allans sur mer. Le mot vient du pays & peuple d'Esclavonie, & l'usage de tel volemont aussi. L'italien dit sclavina, & sclavina. Toutefois ce n'est l'eslosse grossiere qui fait le nom de Esclavine, comme de gausape Latin : ains la façon de la robe. Car les Capitaines, & autres chefs des vaissants de mer, en portent de si riche eslosse qu'ils vendent. ¶ Plusieurs de nos habillements ont été appelés du lieu d'où ils nous sont venus : hongreine, brandebourg, &c. M.
ESCLOTS. On appelle ainsi les sabors dans le Périgord, dans le Limousin, dans l'Auvergne, & dans le Languedoc. Rabelais, livre 1. chap. 17. parlant de la Sibylle de Panzouil : Depuis je vis qu'elle déchassisa un de ses esclets : nous les appellons sabors : mit son devantam sur sa tête. Et au chapitre 52. du même livre : Comme sont les Limousins à bel esclet. Et au chap. 27. du livre v. il appelle l'isle de Esclots, l'isle des Religieux qui portent des socques, & qui pour cela sont appelés socolanti par les Italiens. Ce dernier passage de Rabelais m'a fait trouver l'étymologie d'esclots. Il est sans doute que ce mot a été fait de celui de socus, en cette maniere : socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus, socus. Plus haut dans le même chap. on lit : Le Prevost de Paris a plus de soixante hommes à cheval, essus, par la porte sainte honoré, & suivit les Esclots de Messy Pierre de Ceaux. C'est-à-dire les pas des chevaux. Et ce mot, qui se trouve encore en plusieurs endroits de Froissart en la même signification, est commun dans nos vieux Romans, & particulièrement dans Perceforet. On trouve aussi esclet pour un sorcat de galere, au vol. 5. d'Amandis, chap. 8. Car le geant l'avon mit à la caderne, & lui saissit tirer la rame comme aux autres esclets. Le Duchat.
ESCOFION. Habillement de tête de femme. De scaphium. Voyez mes Origines Italiennes au mot confia. M.
ESCOFION. Ce mot est un diminutif de coise, & par conséquent il a la même origine. Voyez ci-dessus coise, & coise. Voyez aussi cappe.
ESCOGRIFE. Par corruption pour hypogryphe. Huet.
ESCOGRIFE. Le mot hypogryphe, d'où M. Huet tire escogrie, vient du Grecocryne, qui signifie, un peu crochu. Un escogrie est une espece d'escroc, qui ne cherche qu'à attraper quelque chose, qui prend hardiment sans demander. J'ai peine à croire que ce mot soit une corruption d'hypogryphe. Je croirois plutôt qu'il a été formé d'escroc & de grise, & qu'au lieu d'escroc grise, on aura dit pour la facilité de la prononciation, escogrie, en retranchant R & C du mot escroc. Ces retranchemens sont ordinaires. Par le mot escogrie, qui est un terme populaire de raillerie, ou d'injure, on a voulu désigner un escroc qui est comme armé de griffes, qui cherche à prendre & à attraper de tout côté ; enforte que ce mot est aussi en quelque façon une onomatopée. Escroc & grise signifient tous deux quelque chose de crochu. Escroc vient de croc. Voyez ci-dessous escroc, & ci-dessus croc. On peut dériver grise du Grec yvorie, qui signifie crochu, ou bien de la Langue Teuto- Z 2 2 ij nique. Les Allemans disent kappen & kappen, faî- fir avec le bec, ou avec les ongles, ou avec un croc. Crapp & crapp en Alleman, crof en Langue Cambrique ou du pays de Galle, & grapple en Anglois, signifient un croc, un crochet, une main de fer, un grapin. De-la vient le François agraffe. Le Grec 1904 signifie un oiseau qui a le bec cro- chu: de-la le François grifon. Le mot greif en vieux Alleman veut dire la main, parce qu'elle fert à faîfir. Greiffen en Alleman signifie prendre, faîfir. En Gothique c'est greipan, en Anglo-Saxon gri- pan, en Alemannique creiffen, en Flaman grypen, en Suédois grypa, en Anglois grype. De-la en François griper, agriper. Gripe en Anglo-Saxon, signifie une poignée; grip en Ilandois, l'action de faîfir; griff en Alleman, une poignée, un manche, l'action de faîfir. Le Grec 1904 signifie un filet, 1904/1904 prendre du poisson, pêcher. Je laiffe aux scavans à décider quelle est l'origine du Latin agrippa. On voit entre tous ces mots de diverses Langues, une convenance parfaite. Voyez ci-def- fous Gripe.
ESCONDIRE. Cacher. D'abfcondire, dit par métaplafme pour abfcondere. Le Roman de la Rofe, fol. 10. v. De ces pierres je vous veuil dire, Quelque chose sans efcondire. Le Duchat.
ESCORNE. De l'Italien scorno, fait de fcher- nire, fait de spernere; ou de l'ancien Alleman fcer- ni, qui signifie fubfannatio, illufio. Voyez mes Origines de la Langue Italienne au mot scorno & au mot fchernire. M.
ESCORTE. De l'Italien ftrata, fait de fcor- gere. Voyez mes Origines Italiennes. M.
ESCORTE. Quelques-uns dérivent de mot du Latin coboris coborris: Il y a du moins quelque ap- parence que l'Italien scorta en vient, hypofè que le François efcorte ait été fait immédiatement de ce mot Italien.
ESCOUADE. Terme militaire. Le tiers d'u- ne Compagnie de gens de piè. De fquadrata. Ou par corruption, pour efcadre. Voyez efcadron. M.
ESCOUPETTE. De l'Italien fchiopetta, fait de fcloppus, qui fe trouve dans Perfe, Sat. v. pour le bruit que font les joues enflées quand on frappe deffus. Nes fcloppo rumidas inendis rompe- re baccas. fcloppus, fchopus, fchopus: fchiopo, fchiopetto, fchiopetta, fSCOUPETTE. M. du Cange le dérive de fcopetum, fait de fcopa: à caufe, dit- il, de fa refemblance à un balay. M.
ESCOURGE'E. De l'Italien fcorreggiata. M.
ESCOUSSE. D'excufta, fait d'excutio. Les Italiens d'excufus, ont auffi fait fcuffo. M.
ESCRENE, qu'on prononce écrene. M. Mé- nage a parle ci-deffus du mot écrene. Et comme nous n'avons pas mis en cet endroit ce que nous avions à dire fur ce mot, nous le mettrons ici. M. Ménage nous dit bien qu'écrene vient de fcreu- na ou fcreona, mais il ne nous apprend pas quel- le est l'origine de ce mot Latin-barbare. On ap- pelloit autrefois ecrenes ou écrenes, ces maifons que les payfans creufent fous terre, qu'ils cou- vrent de fumier, & où les filles vont faire la veil- lee. Elles étoient autrefois en ufage chez les Alle- mans, comme il fe recueille d'un paifage de Ta- cite. C'est ce qui a donné le nom aux écrenes Di- jonoifes & Champenoifes, dont parlent quelques Auteurs. Les paroles de Tacite font du chap. xvi. de Mor. Germ. Les voici: Solent & fubterraneos fpe- cus aperire, vofque saulto infuper fimo onerant, fuf- fugium hirni, & receptaculum frugibus. Tabourot au Prologue de fes Ecraignus Dijonoifes, dit que de fon tems, écraigne à Dijon étoit une hute faite avec des perches fichées en rond & recourbées par en haut, d'une maniere qui refembloit à la forme d'un chapcau, le tout couvert de gazon & de fumier, fi bien lié & mêlé, que l'eau n'y pou- voit pénétrer. En ce tems-là les vignerons de cha- que quartier avoient leurs écraignes, où après fou- peils s'affembloient en hiver avec leurs femmes & leurs filles pour faire la veillée jufqu'à minuit. Ecraigne fe prend & pour le lieu de l'affemblée, & pour l'affemblée même. Les pauvres gens ne bâtiifent plus à Dijon de ces fortes de tandis. Ils tiennent leurs veillées l'hiver en quelques caves, & ces affemblées conférvent encore le nom d'é- craigne. Le mot fcreona, ou fcreona, d'où écrène ou écraigne, vient apparemment du Teutonique fchrein, qui signifie un coffre, une chaine, une chaumiere, une hute, une loge fouterrafne. Ein- denbrog dérive fcreona du Grec 1904 caverne, en ajoutant la lettre S au commencement du mot. Au lieu de fchrein, qui est le mot dont fe fervent les Allemans, les Flamans difent fchryn, les An- glois shrine, les Suédois skyn, les Italiens ferigno, les Cambriens ou Gallois yfgrn. Wachter, dans fon Gloffarium Germanicum, page 1465, dérive tous ces mots, de même que le Latin - Barbare fcreona, & le François efcrire du Latin fermium, qui a été dit comme fi c'étoit fcernium. M. Ména- ge dérive auffi écrain de fermium.
ESCRIMER. De fchermire. Schermire, fcher- mare, &c. De l'Alleman fchirmen. Matthias Mar- tinius, au mot fcrama: Germanicum est fchirmen, pugilare: deinde pugilando tarri. Compositum bef- chimen; & veteribus Germanis, fcherm, ars gla- diatoria: unde Italiis fchermo & fchermire: Gal- lis, efcrime, efcrimer. Voyez ci-deffus efcarmou- che. M.
ESCRIMER. Wachter, dans fon Gloffarium Germanicum, page 1418, confirme cette étymo- logie. Voici ce qu'il dit. SCHIRMEN, pugilare. Rhythmus de S. Amone. §. 9. Ninus leirti fini man fchiezin unti fchirmin, Ninus docuit milites fuos jaculari & pugilare. Belga eodem fenfu dicunt fcher- men, & inde fcherm-meeffet fanifta. Hoc verbum cum pracedenti non debes conjundi, quia pugilare plus est quam ab iltu defendere. Junius illud deduxis a Graco 1904 pugna, prapofito fibilo; Martinius à fcrama, quod in lege b'ifiguborum, lib. ix. tit. 11. 9. ponitur pro telo, & forte pro gladio. Uterque ea verifimilitudine, ut nefcias cui potifimum affemia- ris. Pro Martinio est, quod idem verbum apud anti- quos non folum fchirmen, fed etiam fchirmen efferri confuervit. Inde Gallis efcrimet pugilare, & Anglo- Saxonibus fchimbre gladiator, apud Sonnerum & Benfonium. Voyez le même Auteur, page 1463, au mot fchrammen.
ESCROC. ESCROQUER. Plufieurs Etymologiftes; & eunt autres, M. Lancelot, déri- vent efcroquer d'deymologie, qui signifie celui qui fait un gain fordide. Le P. Labbe improuve fort cette étymologie, & dérive efroc de croc: & efcro- quer, de croquer; comme qui diroit, prendre quel- que chose avec un croc. Le François efroc vient de l'Italien fcroco: & efcroquer, de fcrocare: mais l'Italien fcrocare vient du Latin-barbare excroca- E S C. E S M. É S P. re, qui veut dire, cruce, sive hamo, extrahire. Non fuit Autolyci tam pienata manus, dit Martial: ou comme M. Guyot prétendoit qu'il falloit lire, sam pice talla manus. Et nous disons d'un homme qui est sujet à prendre, qu'il a les mains crochues: habet unias manus. M.
ESCUEIL. Ce mot & l'Italien scoglio, vien- ment de l'Ebreu vipo fekli, qui signifie un rocher. De-là vient le nom de Scylla, qui étoit un rocher; & le mot de Scollis, qui s'appelloit autrement ole- nia perra. Huet.
ESME. Dans la signification de ce que les ma- riniers appellent efimes. Voyez la Note 8. fur le ch. 10. du L liv. de Rabelais. L'ancienne orthogra- phe étoit aefme, fait du Latin adaltimare. l'Hifi. de Guill. de Ville-Hardouin, liv. 8. p. 158. de l'édit. de Vigenere. Paris 1585. Et aemmerne que ils avoient bien quatre cens Chevaliers, & que ils n'en avoient mie plus. Aefmer d'adaltimare; com- me aorer, d'adorare; & aorer, d'adornare. Le Du- chat.
ESPADILLE. On appelle ainsi l'as de pi- que au jeu de l'homme, parce qu'en l'Espagne, d'où ce jeu vient, la figure de cette carte est une épée, appelée en Espagnol espadilla. C'est rou- jours le premier matador en telle couleur que l'on joue. Il ne peut jamais être forcé ni pris. Le Du- chat.
ESPADON. De l'Italien spadone, augmen- tarif de spada. Voye épée. M.
ESPAGNE. Wachter, dans son Gloffarium Germanicum, page 1549. SPANIEM, Hispania, vel petius Spania. Nam Spania non est vox medii avi ex Hispania in compendice redalla, ut Speria ex Hes- peria, qua Cangiis opinio est, sed nomen antiquum & sacris listeris proditum. Rom. xv. 24. de ius or- piumque de vin Iunian. Unde fieri potuit primo Tspania, aulloribus Celis, qui hoc inceptivo delec- tansur in multis vocibus apud Bukhorinum in Lex. Aur. Brit. & max, prafixo halitu Hispania. Sed quid sit Spania, aut unde della, nondum satis pro- batum explicatumque est. Bicharto in Geographia sacra sic dicitur quasi Schephania, cumiculosa, ab Hebrao Schaphan cumiculus. Quod in regione illa cuniculi ianta olim fuerim frequensia, ut continuis suffissimibus oppida subverterem, idque animal His- pania quasi peculiare sit. Contra Hillerus in Onoma- sitio sacro Celticum nomen esse credis, originem du- cens a span socius, quod & alii populi cum Pheni- cibus in Hispaniam venissent, & omnium nomen in unum & sociale transisset. Panes antiquissimus tem- poibus partem Hispania occupasse certissimum est. Nam & urbem Carthagini cognominem ibi condi- cerum, & non nisi seru a Romanis Hispania pulsi sint. Hinc alius fortasse nomen Spania a Petris vel Punis haud impie deduxerit, cum idolus ab iusto vocis sapè iubibrium vulgi sit. Bicharti tamen con- jecturam commendar nummus Adriani, in quo His- pania montibus Pyreneis imixa cum cuniculo ad pe- des cernitur. L'étymologie de Bichart me paroît la plus vrai-femblable de toutes. Comme les Phé- niciens ont été les premiers qui ont connu les ports d'Espagne, ce seront eux qui auront donné à l'Espagne un nom Phénicien, tiré tout naturel- lement d'un animal qu'ils voyoient en si grand nombre dans ce pays-là. On fait que la Langue Phénicienne étoit la même que l'Ebraïque, ainsi le mot Ebreu vpo schaphan, qui signifie curriculus, & qui se lit dans le Texte sacré, étoit sans dou- te pareillement en usage chez les Phéniciens. On s'est moqué avec raison de ceux qui ont dérivé Hispania d'Hispan, fils d'Hercule, ou d'Hispal, Roi très-ancien. L'opinion de ceux qui ont cru que l'Espagne fut nommée Pania de Vian, Lieu- tenant de Bacchus, & que commesse nom lui étoit commun avec le Pésoponefe, ou du moins avec l'Arcadie, on y ajouta la syllabe His, qui en Langue Teutonique signifie l'Occident; cette opinion, dis-je, ne mérite pas d'être réfutée férieu- lement. Les anciens ont aussi appelé l'Espagne Hesperia, c'est-à-dire occidentale, du Grec fem- pe, qui signifie l'étoile du soir, & qui se prend aussi chez les Poètes pour occidental. Les Grecs donnerent le nom d'Hesperie à l'Italie, parce qu'elle étoit à leur occident; & les Latins le don- nerent à l'Espagne par la même raison. ESPALIERS de fruits. Mède la Quintynie: ESPALIER se dit des arbres fruitiers, plante, le long des murailles, & palisse, c'est-à-dire, dans les branches sont attachées depuis le pied joignez en haut à un treillage qu'on a appliqué à ces murailles, &c. L'origine de ce mot ancien peut venir du mot de pallissade, qu'on a connu de tous temps par les al- liés des Paris & des Jardins, qui sont ornées & ac- compagnées à droit & à gauche de certains arbres propres à être tendus & tailles, & retenus en forme de murailles; savoir, charmes, charmilles, éra- ble, &c. Le mot François espalaire vient de l'Ita- lien spalliere, dit pour spalliera. Meffieurs della Cruica, dans leur Vocabu'aire: SPALLIERA: Quell' affe, o iusto, o altra si fatta cosa, alla quale, fedenda, s'appoggia le spalle, &c. Unde per similitudine, dictamo spalliera a quella verryza, che con artificio si fanno copre le mura degli orti. & Espaliera de Galere, à la même origine. La Cruica: SPALLIERA si dice a primo bancho della gala, vicini alla poppa: e SPALLIERI, a quei che vi vagano. M.
ESPARGOUTTE. Cette herbe est appelée en Grec vop-trius, & en Latin matricaria. Nous l'appellons espargoutre, comme dit Ch. Etienne dans son livre de Re Hortensi; a guttis spargendis: parce qu'étant broiée & appliquée à la bouche pour la douleur des dents, elle fait sortir la pitu- te goute à goute. Cafeneuve.
ESPARGOUTTE. Herbe appelée autre- ment mariciaire. Charles Etienne dans son de Re Hortensi, section 125. Matricaria Latinis dicitur, quod cumosa, matricis dolores sanct. Fulgus nostrum vocat hanc herbum de l'espargoutre; a guttis spar- gendis: quod ejus folia trita, & adnuta ori & atri- bus, in dolore dentium, guttis pinnita spargam & dictam tenuendo. M.
ESPAVILADOR. Mot Espagnol, qui signi- fie celus qui manche la chandelle. Espavaladeras, signifie les monchrites. Pavila, c'est ce que les La- tins appellent fungus, & les Grecs solani: d'où le Latin fungus, manus, quinæ, mancus, fungus. Men F: comme en formica, de piquum, accusatif de piquæ. M. ESPECES: dans la signification de monnoye. De species, qui se trouve en cette signification dans Grégoire de Tours, v. 19. Cumque prætex- tarus Episcopus ea qua Rex dixeras, salta negaret, advenenum falsi tefies, qui offendeban species ali- quas, dicentes : Hac & hac nobis dediffi, & Merovecho fidem promittere deberemus. Ce mot se trouve en la même signification dans Aymoin liv. 4. chap. 16. a l'endroit où il est parlé du partage des trésors de Dagobert entre Sigebert & Clovis, ses enfants. Et dans la Notice de l'un & l'autre Empire, au chapitre de inhibenda largitare, il y a : Formas & species commodas, atque pro temporibus diversas, variaque veterum provisiones ex primicororum qualitatibus properavi. M.
ESPETER. La Coutume de Troye, article VI. XX. X. Quand aucun laboure, & traverse, en labourant, un chemin royal, ou autre grand chemin, & voye publique, il y a amende de 60. sols tournois. Et s'il fait ruye ouverte au long desdits chemins, en entreprenant sur iceux, y a pareillement amende de soixante sols tournois. Et s'il y espere, y a seulement cinq sols tournois d'amende. Pierre Pithou sur cet article : ESPETER, à ce qu'on dit, est quand en tournant la charrue au bout du filien sur le grand chemin, il touche audit grand chemin. Lors il n'y a pas si grand dommage, pour ce qu'il touche seulement le bord. ¶ D'exspatiare. Exspatio exspatias, exspatiatum, exspatiatare, exspatare, ESPETER. M.
ESPIEGLE. Nous appellons ainsi un homme qui fait des petites tromperies ingénieuses. L'origine de ce mot est fort cachée : mais je l'ai enfin découverte. La voici Ulespiegel, autrement Euliespiegel, ou Euliespiegel, est un mot Alleman, qui signifie miroir de hibou : miroir de chouette : & qui est composé du mot eule, qui signifie hibou, chouette ; & de celui de spiegel, qu'on prononce spiegel, qui signifie miroir. Un Alleman, du pays de Saxe, nommé Till Ulespiegel, qui vivait vers 1480. étoit un homme célèbre en ces petites tromperies ingénieuses. Sa vie ayant été composée en Alleman, on a appelé de son nom dans l'Allemagne Ulespiegel un fourbe ingénieux. Ce mot a passé ensuite en France dans la même signification : cette Vie ayant été traduite en François, & imprimée avec ce titre, Histoire joyeuse & récréative de Till Ulespiegel, lequel par aucunes fallaces ne se laissa surprendre ny tromper. M.
ESPIEGLE. Le prologue qu'on a mis à la tête de la traduction Françoise de la vie de l'Espiegle, dit que ce plaisant mourut en 1550. Au chap. 495. du tom. 1. des Jocoferia de Melander : Olim scura fuit nostris notissimus oris, Saxonicam gelidus qua rigas Albis humum; Nolua Cecropia dederas cui sacra Minerva Et speculum falsis nomen imaginibus. La vie de Till Ulespiegel, traduite de l'Alleman, fut imprimée à Lyon in-16. par Jean Saugrain l'an 1559. Cette vie fut traduite en vers Latins sous ce titre, Agidii Periandri speculum nolua, omnes res memorabiles variaque & admirabiles Tyli Saxonici machinationes complellens, &c. Il y en a une édition à Amsterdam 1563. sous ce titre. Ulularum speculum, alias Triumphus humana flutitia, vel Titus Saxo, &c. Le frontispice représente une chouette tenant de sa pate gauche, un miroir où elle se regarde. Le Duchat.
ESPINGALE. Machine de guerre. De spingarda. C'est un mot d'origine Alleman. Voyez M. du Cange. M.
ESPION. De l'Italien spione, augmentatif de spia, mot Italien de la même signification. L'Italien spia a été fait de spica : d'où nous avons fait aussi épie. De spica, on a fait aussi spico spiconis : d'où l'Italien spione, & le François espion ; & non pas d'explorare, comme veut Caninius dans ses Canons des Dialectes. Spica a été fait de spicare, mot ancien Latin, qui signifie aspicere, & qui a été fait du Grec enum. 2.10. annu, spico, & spic. Et de-la, conspic, suspic, despic, &c. De spicare, on a dit spiare : d'où l'Italien spiare, & le François épier. Spicio pour aspicio, se trouve dans Nonius Marcellus, de Proprietate sermonis : EXTISPIES, proprié. Harnspices dicti sunt, qubd extra spiciant. Les Anciens ont aussi dit specio. Et de-la, ces mots, species, speculum, spectrum, spelle, &c. Vairon de Lingua Latina. livre v. Spectare, dictum est de specio, antique : quo etiam Ennius usus. Voyez mes Aménites de Droit, au chap. 19. qui est des Etymologies des Jurisconsultes, au mot speculum. Voissus, dans son de Vitis Sermonis, dérive l'Italien spia & spione, de l'Alleman spien, qui signifie contempler. Mais l'Alleman, comme l'Italien, est d'origine Latine. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, dérive spia, & spione, du Latin speculor, en cette manière : speculor, speculum, speclone, spione. Specula, spia. Je persévère dans ma première opinion. M.
ESPION. Le François espion, l'Italien spia & spione, l'Espagnol espia, l'Anglois spy, viennent également de la Langue Teutonique. Espier ou épier se dit en Alleman spaben, en Flaman spien & spieden, en Suédois speya, en Anglois to spy. Les Gallois ou habitans du pays de Galle appellent aussi un espion yspiv & yspiennour, comme qui diroit homme espionneur ; car le mot wr signifie homme en Langue Celtique. Voyez ci-dessus épier. *
ESPONTON. Espèce d'arme. Demi-pique dont on se sert particulièrement sur les Vaisseaux quand on vient à l'abordage. C'est aussi un arme d'Officier d'Infanterie. Elle a été ainsi appelée de l'Italien spontane, parce que c'est un arme pointue & aigue. *
ESPORLE. Terme de Coutumes. C'est la reconnoissance des devoirs à l'égard du Seigneur. Ce mot vient du Latin sporula, diminutif de porta, qui signifie ce que le vaillal donne ou offre à son Seigneur pour obtenir de lui l'investiture de quelque fief, ou ce qu'il lui donne pour relief lorsqu'il y a mutation. Voyez du Cange dans son Glotfaire au mot spora, & M. de Lauriere sur Ragueau au mot. espore. *
ESPRELLE. Sorte d'herbe, dont la tige est fort rude. D'asperella. Huet.
ESPRELLE. Le vrai nom de cette plante est prele, autrement queue de cheval, en Latin equisatum. Le nom Latin asperella, d'où le François esprelle, a été fait d'aspera ; & cette plante a été appelée de la sorte, à cause que sa tige est rude. *
ESPRINGUER. Sauter. Le Roman de la Roè, fol. 117. vº. Et espringue, sauteille, & bale, Et suit du pied emmy la sale. De l'Alleman springen, qui signifie la même chose. Le Duchat.
ESPRIT-DOUX. Le voyage de Bachaumont, parlant de M. d'Ofneville & de sa femme : Elle est jeune, riche, espritée : il est jeune, riche, esprit-doux. Esprit-doux, par corruption, pour es- prirux : de l'Italien spiriso. Ce mot, autrefois fort à la mode, a eu diverses significations, & particulièrement celle d'homme de Lettres, aimant la vie douce & aisée. Le Duchat.
ESQUIF. C'est la petite barque qui sert pour aller des grands vaisseaux au port, & pour se sauver en cas de naufrage. Nous l'avons formé de scapha, fait de exaque, qui signifie la même chose. Il est vrai que quelquefois scapha signifie un vaisseau qui n'a point de rapport à un plus grand : mais le plus souvent il est pris en la première signification. Les Commentaires de César, liv. 4. Quod cum adnimadvertii. Cæsar, scaphas longarum navium, item speculatoria naviga militibus compleri iussit. Ciceron l. 2. De Inventione : Postia aliparato ipsis quoque tempestas vehementius jailare cœpit, usque adeo ut dominus navis, quum idem gubernator esset, in scapham confugeret. C'est pourquoi ce petit vaisseau étoit compté entre les infirmenés & la dépendance d'un navire : comme il paroît par la Loi 29. du tit. 7. au Dig. De Instruito vel Instrumento legato. Le Latin scapha, comme j'ai déjà dit, est formé du Grec exaque, qui vient de exaque, qui signifie caver, creuser, parce qu'originalement ces petits vaisseaux étoient faits d'un seul tronc d'arbre avé & creusé. Cæsenave.
ESQUIF. De l'Italien schiffo. M.
ESQUIF. Les Allemans appellent un vaisseau, schiff, les Flamans schip, les Anglois ship, les Istandois skip, les Suédois skepp. Les Goths disaient skip, les Anglo-saxons scep. Les Francs skeff, shef. Les Grecs ont dit anciennement exaque dans le même sens. Les premiers vaisseaux n'étoient que des troncs d'arbres creusés. De-la les Grecs ont appelé exaque, les Latins scapha, les Bas-Bretons scaff, les Italiens schiffo, & les François esquif, une sorte de petite barque. On voit clairement que tous ces mots qui se ressemblent si fort, quoique de diverses Langues, ont une origine commune, qui ne sauroit être que la Langue Celtique, ou la Scythique, dans laquelle scif ou skip signifie un vaisseau. Voyez Wachter, Glossar, German, au mot schiff.
ESQUILLE. Terme de Chirurgie. De squidilla, diminutif de squidja, formé de xiius affula. M.
ESQUINANCIF. : qu'on prononce esquinancie. Maladie. Par corruption, au lieu de syanchie. Les Grecs ont appelé cette maladie exaque, de la particule exaque, & du verbe axaque, qui signifie originalement cœgo, confringo, coerceo : d'où vient axaque, necessitas : mais qui a signifié ensuite strangulo, suffoco, confringo sauces. Arétée & Alexander Trallianus ont fait mention de cette étymologie de exaque. Voici l'endroit d'Arétée, qui est de son livre premier des Maladies aiguës, chapitre 7. exaque, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre. Voici celui d'Alexander Trallianus, qui est du livre 4. chapitre 1. vii exaque, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est de son livre, qui est des chiens. Voici ses termes : Ut exaque sit canum : exaque, quasi exaque & exaque : exaque, luporum canisdicorum. M.
ESQUIPO. C'est le tronc des Chirurgiens; c'est-à-dire, une petite boîte faite en forme des troncs des Quêtrusés, dans laquelle on met ce que gagnent les garçons Chirurgiens, & qui est ensuite partagé entre eux & leurs Maîtres. M. le Noble dans la Fradine : Et qui de l'esquipot hureusement tirée Du lit d'un Malotier tu te vois honorée. Par corruption, pour estipot, formé de stipus, qu'on a dit pour stipes; c'est-à-dire, un tronc, & qui a été fait de exaque, qui signifie la même chose. Stipus, stiputus, stiputus, estipot. Les grands troncs des Eglises ont été de même ainsi appelés de truncus. Le Pape Innocent III. dans une de ses Epitres à l'Archevêque de Magdebourg : In singulis Ecclesiam-rumum concavum poni pracipimus, tribus clavibus consignatum. On appelle aussi esquipot un jeu de cartes. Je n'en fais pas la raison. M.