ESQUIPO. En Languedoc on appelle esquipot un petit plat, une petite écueille. Ce mot vient de l'Alleman schiff qui signifie bateau, duquel mot vient aussi notre esquif, dans la même signification. Et je ne doute point que l'esquipot des Chirurgiens n'ait été appelé de la sorte de ce qu'anciennement ce n'étoit qu'une espèce de gondole ou d'écueille. Le jeu de cartes appelé esquipot doit aussi avoir été appelé de la sorte, soit de quelque écueille où l'on met l'argent qui est au jeu, ou de ce qu'on le met dans une carte repliée par les côtés en forme d'un petit esquif. Le Duchat.
ESQUISSE. Terme de Peinture. On appelle ainsi le premier crayon d'un tableau. De l'Italien schizzo, Le Vafari, chapitre 16. de son Traité de la Peinture, imprimée à la tête de ses Vies des Peintres : Gli schizzi chiamiamo noi una prima sorte de disegni, che si saumo per trovare il modo delle attitudini, e il primo componimento dell'extra : e sono fatti in forma di una macchia, & accennati solamente da noi in una sola bocca del tutto. E perché dal furor dello artifice sono in poco tempo con penna, o con altro disegnato, o carboone, espressi, solo per tentare l'animo di quel che gli sovviene, perciò si chiamano Schizzi. Schizzare, vale saltar fuori, scaturire con impeto. Voyez schizzare dans mes Origines Italiennes. M.
ESQUISSE. Wachter dans son Glossarium Germanicum page 1185. SCHATTIN, umbra & obscuritas. Gorbis skadan Marc. IV. 32. Luc. 1. 79. Anglofaxonibus scua, fceade, scadu, scaduwe; Francis scuwa, scata, scado, scatue; Belgii schadue; Anglis hodiernis shadow; antiunis Shaw, teste Skinnero. Tatianus cap. IV. 18. In scuuuen todes fizzent, in umbra mortis sedent. Notkerus psal. XXII. 4. In mittemo statue des todes, in medioumbra mortis. Psal. XVI. 2. In kedingo an den scado dinero fettacho, spero in umbra alarum tuarum. Psal. CI. 11. Mine taga uuanchton also scato, dies mei declinaverunt scut umbra. Cunila Graca originis, omnium eruditorum confensu : & scua quidem a exia umbra, scato vero & resigna huts similia a exia & tenebra, vel a scua per epimhesin. Quacunque ab his simplicibus vel componuntur, vel derivantur, cum vulgo nota sint, non debent me detinere. Hoc unum indicio opus habet, quod paucis aut nullis perspicuum, Belgas a scata umbra, quod Fran- E S Q. E S S. cicum esse vidimus, formasse verbum schetſen edum- brare, rudibus ſignis exprimere, & inde ſchets in- choati operis rudis delineatio, creta, carbone, vel pemcillo, ſacla. Piſtores noſtri eſuſmodi delineatio- nem vocant ſchitz vel ſkitze, imitatione Belga- rum, qui artem pingendi pra catenis excluerunt. Iraſtrum ſchizzo, & Gallicum eſquiſſe, ex eodem ſonte ſunt.
ESQUIVER. Se ſauver avec légèreté & promptitude. Ce mot vient d'eſquiſ, petite bar- que propre a s'enfuit; comme échapper a été fait de ſcapha. Voyez ci-deſſus eſquiſ, & échapper.
ESSAIN. D'examen apum: comme érain, d'aramen, & mairrain, de materia-men. Ceux qui dérivent eſtain d'iolui, qui ſe trouve dans le Sco- liaſte de Callimaque, pour le Roy d. abet-ies, ſe trompent manifestement. Trippaut eſt de ceux- la. Ce qu'il dit pourtant douteuſement. Voici ſes termes: Poſſible, de iolui, iſcy des moſſches: dit aiſſe eſſain, parce que les moſſches ſuivent leur Roy. Jean Brèche, qui dans ſon Appendice ſur le 3. ar- ticle de l'ancienne Coutume de Touraine, qui eſt des épaves mobiliaires, le dérive d'iolui, n'a pas mieux rencontré. Voici ſes termes: Barbara ſanè admodum eſſe videntur hac verba, eſſain d'abeilles, que ſigniſcant examen apum: quod à Graciſi iolui dicitur: unde arbitrar ſluxiſſe hoc verbum eſſain: de qua re latiſſime ſcripiſmus in Commentariis ad hunc locum. ¶ Je remarquerai ici par occaſion, que le mot iolui a été fait de celui d'io, ex, exo. M. ESSANGER du linge. C'eſt le laver dans de l'eau froide, le décraſſer dans la premiere eau, avant que de le mettre à la leſſive. L'étymologie de ce mot eſt fort cachée: & je crois être le ſeul qui l'ai découverte. Ce mot François a été fait du Latin barbare inuſité eſſaniare, compoſé de la par- ticule ex, & du verbe ſaniare, fait de ſanies, qui dans cet endroit de Pline, qui eſt du livre ix. chapitre 38. Rurſuſque tarminata mergitur, donec omnem ehibat ſaniem, ſignifie cette ordure qui s'at- tache à la laine des brebis. Et il en a été formé de cette maniere: eſſaniare, eſſaniare, ESSANGER. On a changé l'i voyelle en J. conſonne: comme en ſinge, de ſimia; en tige, de tibia; en pigeon, de piſtione, ablatif de pipio, &c. M.
ESSANGER. Je crois que ce mot vient plu- tôt de ſang que de ſanies. La dérivation eſt bea- coup plus naturelle & plus ſimple. Pour faire eſ- ſanger de ſang, il n'a été beſoin que d'ajouter l'é privatif au commencement du mot, & la ter- mination François à la fin. D'ailleurs on a plus ſouvent occaſion d'oter du ſang des linges, que d'en ôter de la ſanie; & par conſéquent il y a plus d'apparence qu'eſſanger a été fait de ſang.
ESSARS. Voyez eſſarter. M. ESSARTER. Ce n'eſt pas proprement ce que les Latins appellent collucare: car ce verbe ne ſignifie autre choſe, ſinon couper certaines bran- ches d'un arbre tellement touffu qu'il empêche la vue. Eſſarter, c'eſt défricher entièrement un bois: & ce mot vient du Latin eſſariare, qui ſignifie dé- ſer de un bois, un pré, un chemin. La Loi des Bavariens tit. 26. §. 1. où il eſt queſtion d'un champ & d'un pré: Labores de iſto campo ſemper ego tali; nemine contradicente eſſariati. L'Addition 1. a la Loi des Bourguignons, tit. 1. §. 1. Obſervan- siam clam publicum, vel inter agros communiter di- viſam, nec poſſidari, nec intercludi, nec eſſariari poſſe. Le verbe eſſariare eſt formé d'eſſarius, d'où nous avons formé Eſſart. La Loi des Bourgui- ignons tit. 13. Si quiſ, tam Burgundio quam Roma- nus, in ſylva communi eſſarum ſecerit. Mathieu Päris dans le Charta Libertarum Joannis Regis An- glia: De omnibus purpraſſuris, vaſtis, & aſſartis, ſaclis in illis boſcis. Et dans ſes Additions aux Vies des Abbés de S. Auban: Quantum valet imbla- datio ſingulorum aſſartorum, qua nunc inveniuntur imbladata. Caſeneuve.
ESSARTER. D'eſſartare, qu'on a dit pour eſſaritare. Une Chartre de Charles le Chauve pour le Monſtier-Ramey: Sibi locum & licentiam dari ad eſſarlandi ſive concidendi, atque emundandi ſive procurandi, tanti ſipatii terram. Une autre du Com- te Thibaut de l'année 1263. Ducenta arpenta nemo- rum, cum terra & tresſundo ipſorum arpentorum, &c. ad eſſartenda, &c. Le 18. Canon du Concile III. d'Orléans, qui eſt de l'année 138. Quia per- ſuaſum eſt populis, die Dominico agi cum caballis aut bubus & vehiculis itinera non debere, neque ul- lam rem ad viſtum preparare, vel ad nitorem do- mius vel hominis pertinentem ullatemus exercere (qua res ad Judaicam magis quam ad Chriſtianam obſer- vantium pertinere probatur), id ſtatuimus, ut die Dominico quod ante fieri licuit liceat. De opere ta- men rurali, id eſt, araco, vel vinea, vel ſeſtione, meſſione, excuſſione, exarto, vel ſepe, cenuimus abſtinendum. M. de la Coſte dans ſon Commen- taire ſur le titre de Jure Emphytenico, qui m'a été communiqué manuſcrit par M. le Premier Prêſi- dent de Lamoignon: Vereres Franci, agros incul- tos, ſilvas, vel ſaitus, dederunt ſub lege rompendi, ſcindendi & aperiendi, quod vulgo dicitur, à la char- ge de rompre & ouvrir les terres. Et Inde terra iſta vel poſſiſiones rupta, ſciſſa & aperta, detortis à Latina lingua nomnibus, dicta ſuerunt, ruptur, ſcinde quaſi ſciſſe, & apriſtiones quaſi apeſtionum, pro nevalibus, qua lingua Franciæ Tectoniiæ di- cuntur exarta; & inde, eſſartare in Capitulariibus Caroli Calvi, vulgo ESSARS, & ESSARTER. Voyez Pierre Pithou ſur la Coutume de Champagne tit. x. & François Pithou dans ſon Cloſaire. M.
ESSAY. L'Abbaye de l'Eſſay, de l'Ordre de S. Benoit au Diocéſe de Coutance en Balſe-Nor- mandie. J'apprens du Pere Jacob qu'elle s'appelle Exaquium ou Exaquense Monaſterium. Il y a auſſi en ce pays-là un lieu qu'on appelle les Landes de l'Eſſay. S. Add.
ESSAY. Voyez eſſayer. M. ESSAYER. Julien Taboët de Repub. & Lin- gua Francica, dit que ce verbe ſe dit proprement des habits; & qu'il eſt formé de ſaye, comme s'il ſigniſoit éprouver ſi un habit ſiet bien. Eſſayer, dit-il, à ſagum; id eſt probare ſagum, induendo. Caſeneuve.
ESSAYER. De l'Italien aſſaggiare, qui ſigni- ſie la même choſe, & qui a été fait de ſapor, en cette maniere: ſapor, ſapos, ſapus, ſapa. Sapa, ſapagium, ſapagiare, ſapgiare, adſagiare, ASSAG- GIARE: qui ſignifie proprement gouſer légèrement de quoi que ce ſoit, pour en connoître la ſaveur. Les Toſcans diſent autrement aſſaporare: ce qui conſirme tout-à-fait mon étymologie. Sapa a été uſité. Voyez ci-deſſous au mot Seve. Nicot s'eſt trompé, en diſant que l'Italien aſſaggiare venoit du François eſſayer. Voyez mes Origines Italiennes au mot aſſaggiare. M.
ESSEAU. Voyez eſſieu. M. ESSEMER,
ESSEMER, ou ESSIMER. On dit que les abeilles effement, ou effiment, quand elles tortent par effain. Voyez effain, & effimer. M.
ESSERPILLERIE. L'ancienne Coutume d'Anjou & du Maine, non imprimée : Quand l'on tous a homme le sien, de nuits ou de jours, en chemin en bois, tel larrecin est appelle efferpillerie : & tous ceux qui font ce meffait, doivent être treines, & pendus, & tous leurs meubles seront au Baron. Pithou, sur ces mots de la Coutume de Troyes, titre de Donations, page 363. Et le serpault, que on appelle en aulcuns lieux le trousseau : Inde deferpilleurs, deftrouffeurs. Mesmes les Coutumes d'Anjou, 44. & le Maine, 51. conjoignent les defrobbeurs & defferpilleurs de paffants les chemins : Et pareillement Boutillier, en sa Somme Rural liv. 1. tilt. 28. escrit, qu'en Normandie on appelle efferpellerie, violence, si comme de tollit à aultruy le sien, en voye, ou en chemin, par les champs, ou en lieu public. Et au Livre intitulé, La Eftats dou Royaume de France : Escharpellerie, volente. Jean, Sire de Joinville : Entre les Chevaliers que Meffire Jean de Vallance ramena d'Egypte, j'en congneu bien quarante de la Court de Champagne, qui estoient tous defferpilles & mal atournez. Lesquels tous quarante je feis abiller & veftir, à mes deniers, de cotes, & furcots de vert, &c. Encore à présent, en quelques endroits, les Marchands appellent la couverture de leurs ballots & fardeaux de marchandises, serpilliere. On l'appelle ainsi en Anjou. Comme on a dit détrouffer, de rousseau ; on a dit de même defferpiller, de serpilliere. Voyez serpilliere. M.
ESSIEU. D'axiolum, diminutif d'axiom, inuifté, fait d'axis. On prononçoit anciennement aiffcul. Nicot : AISSEUL, est cette groffe pièce de bois aiguant aux deux bouts, laquelle paffe sur le lit de la charrette, & fort de chacun bout à travers les moyeux des roues. Axis. Duquel mot Latin il est fait. ¶ De l'ablatif axe, on a formé axellus : d'où nous avons fait ESSEAU. M.
ESSIL. Nicot : ESSIL, dont on couvre les maifons. Scandula. Peut-être qu'on l'écrivit mieux aiffil : car ce sont de petits ais fendus. Il est indubitable qu'effil a été fait d'axillum. On les appelle effentes, en Normandie & au Maine. M.
ESSILLER. Mot Picard, qui signifie dépenser, employer. J'ai beaucoup effillé d'argent ; c'est-à-dire, j'ai beaucoup employé d'argent. M.
ESSIMER. On dit, en terme de Fauconnerie, effimer un Faucon, quand, pour lui ôter la graffe & pour l'amaigrir, on lui donne diverses cures, dit Nicot : lequel dérive ce mot d'aximere. Il ajoute, qu'il faudroit dire effymer, c'est-à-dire, dit-il, abaisser, ou ofter le fuif. M.
ESSOINE. C'est l'excuse légitime qu'on peut alléguer pour n'avoir pas paru en Justice. Les doctes ne sont pas d'accord touchant l'origine de ce mot. Quelques-uns le font venir du verbe d'Exorubus, qui signifie s'excuser avec ferment. Cujas, sur la Loi 22. au Digeste de Obligationibus & Actionibus, le forme du verbe Latin barbare exidoneare, qui, selon son opinion, signifie affurer qu'on n'est pas propre & idoine à quelque chose. Néanmoins je trouve que le verbe exidoniare, ou, comme lit Lindeburgius, exidoneare, qui se trouve dans le Décret de Taiffon, & dans la Loi des Allemands, titre 18. §. 5. ne signifie pas cela, mais bien procurer la liberté à une fille de libre condi- tion, qui l'avoit perdue pour avoir épousé un esclave. Si parentes ejus non exidoniaverint eam, ut libera fuifes. Car quant au verbe ideonare, doint il est composé, il signifie se fuifiser, & se purger d'un crime par ferment, selon les Capitulaires de Charlemagne, livre 3. titre 64. & livre 2. titre 29. M. de Saumafle, dans ses Notes sur l'Historien Julius Capitolinus, sur ce que dit Aule Gelle, livre 20. chap. 3. que le mal caduc, appelle morbus fonticus dans les Loix des mil Tables, est pris pour toute sorte de maladie extrême & violente, soutient, après M. Bignon, sur le chap. 5. du liv. 1. des Formules de Marculfé, que les Auteurs de la dernière Latinité ont fait fondra & fonnia, de fornicus ; & que nous en avons formé effoine. Quoi qu'il en soit, le mot funnis, ou funnis, comme tient Pithou en son Gloffaire sur les Loix Saliques, signifie empèchement. Et en effet, dans la Loi des Ripuariens, titre 52. §. 1. & dans la Loi Salique, titre 2. §. 1. & dans les Capitulaires de Charlemagne, livre 3. titre 45. on lit ces paroles : Si quis Legibus ad mallum mamienus fuerit, & non veneris ; si cum funnis non detinueris, xv. sol. culpabilis judicetur. En la Loi des Lombards, livre 3. titre 13. §. 3. il est dit en termes plus clairs & plus exprès, que funnis est un empèchement : Nisi aliquibus funnis, aut caseris impeditueris, qua Legibus continentur, detentus fuerit. De funnis, funnis, ou fonnium, selon Marculfé, au lieu ci-dessus allégué, on fit exonia. Hincmar, dans une épître à Charles le Chauve : Qui mittens ad dominationem veffram, excusurianum impedituratis sua illuc veniendi ; requifia est quam patrioticis Lingua nominamus exonia, quia venire nequiverit. Le chap. 33. des Formules, fecundum Legem Romanam : Nec exonia numciavit, nec fnum placirum adimplevit. D'exonia a été fait effoine, que nos anciens François prenoient aussi pour toute sorte d'excuse. Froilart, volume 1. chap. 134. Le Roy de France manda à son fils, que toutes effoines mises derrière, il se deflit du Siège, & retournaît en France. Caïeneuve.
ESSOINE. Voyez exoine. M.
ESSONIER. Terme de Blafon. C'est un double orle qui couvre l'écu dans le sens de la bordure. Ce mot vient du Grec Quim, qui signifie ceinture. En effet, c'étoit autrefois une ceinture ou enceinte où les chevaux des Chevaliers étoient placés, en attendant qu'ils en eufent besoin pour le tournois, & où ils étoient séparés par des barres & traversés, comme ils sont à présent dans les écuries. *
ESSOR. D'exaurum, fait d'aura. Exaurum, effaurum & efferum, ESSOR. Exaurare, ESSORER. Nicot : ESSOR, c'est quand le vent & le hasle sont à la seichereffe. Et ainsi aucuns la rendent par ce mot Latin siccitas : & semble qu'il vienne de ex, & aura ; comme si on disoit effaur : exaura, que, ut plurimum deficcat. Ainsi dit-on un oiseau avoir pris l'effar, on offre allé à l'effar, quand il a pris l'amour, suivant le vent. Les Gafcons disent effchaver. Cette étymologie est indubitable. M.
ESSORILLER. Gr. uverquis. D'exauriculare. M.
ESSOIFLER. D'exufusatus. M. ESSUIER. Bourdelot le dérive d'exfudare. D'autres le dérivent d'exhumidare. Il vient de l'Italien fciugare : pour lequel on dit plus communément afciugare. M. Ferrari dérive afciugare d'afsicare. Et il me reprend de l'avoir dérivé Aaaa d'exugare. Je persévère dans mon opinion. Exuge, frigo, scingo, scingare: adscingare, ascungare. Le Pergamin, pour le marquer en passant, dit qu'on dit ascungato, & scungato; mais qu'on ne dit qu'ascungare. Il se trompe. Le Cento-Novelle, de l'impression de Florence, qui est tres-correcte, Nouvelle 63. Fue uno filosopho, molto savio, loguale avea nome Diogene. Questo Filoso si era un giorno bagnato in una trofcia d'acqua, e stavai in una grotta a sole, a scingare. ¶ Du verbe essuier, & du substantif main, nous avons fait essuima: comme les Italiens scingamano, & les Grecs zoqipnuqipis. M. E S T. Vent. De l'Alleman Oest, qui signifie le Levant. Ostrogots; c'est-à-dire, Goths du Levant. Voyez bise. M. E S T. Il iera bon d'expliquer un peu davantage l'origine de ce mot. Wachter, dans son Glosarium Germanicum, page 1173. Oest, osten, oriens, plaga mundi orientalis. Anglo-Saxonibus east, Francis ost, Belgis oost, Anglis east, Gallis est, Suecis ost, Islandis aust. Martinus deduxit ab ostus, vel astus. Malim, si peregrina origine opus sit, ab iuit aurora, diluculum. Sed & hoc carere possumus. Nam osten est verbale ab ustun surgery, egredi; & dicitur de plaga mundi orientalis, quia sol ibi surgery & egredi videtur. Vestigia verbi antiquissimi haud obscura deprebendi in idiomate Gothico. Primum est usstoth surrexit, quod eo sensu ter occurrit in codice argenteo. Marc. VI. 1. usstoth jantho, egregus est inde. Luc. IV. 16. usstoth siguan, surrexit legere. Job. XI. 31. usstoth sprauto, surrexit cito. Alterum, ustaff, rosurectio, Job. XI. 31. Qua certè formam verbi usstun manifestis supponunt. De ce mot viennent les noms d'Osterlings, Ostrogoths, Austrasie, Autriche, Estonie, & plusieurs autres. Voyez ci dessus Autriche, & Austrasie. * E S T A C A D E. Lat. vallum ex sudibus defixit. De l'Italien steccada, ou steccato. M. Ferrari dérive steccato de stipicatum, formé de stipes. Je crois qu'il vient de l'Alleman stecken, qui signifie poinare, ou de stecken, qui signifie sicher, formé de stecke, qui signifie un bâton; ou de l'Italien stecco, qui signifie la tige d'un arbre, & que Jules Scaliger, fur le premier livre de l'Histoire des Plantes de Théophraste, dérive de φίλικς. Voici l'endroit de Scaliger: κωλικς, generis nomen est. Σχολικς, arborum tantum, stipes; unde & stirps; de solidioribus tantum, si typus sequare. Σχολικς ad hoc Italii vulgo exprimunt: Tametis corrupta voce stecco. M. E S T A C A D E. L'origine de ce mot est certainement Teutonique. Ecoutons Wachter, page 1579. de son Glosarium Germanicum, où il s'exprime de la maniere suivante: STAKETT, stipes in terram de fixus. Belgis staketel, Gallis estacade, Italiis stachetta. Diminutivum à stecken sudes, de quo intra. In plurali sensum habet collectivum, iustatque locum sudibus & stipitibus septum, aut mutitum, quam Italii vocant steccato. Firentus vocem Italicam petit à Latino stipes, unde illi sit primò stipicatum, quamvis absque auctore, mox steccatum pe synopen. Eundem errum tribuli verbo Germanico stecken (male scribit stecken), quod secundum ejus opinionem est à steccato, & non steccato à stecken. Et sic confitas obscurasque origines veris & manifestis usquam non prafert, amare lingua non tam patria quam Latina in transversa raptus. Le mot Alleman stecken ou steck, duquel est formé la diminutif stakete, signifie un pieu, & toute pièce de bois que l'on a taillée en pointe, afin de pouvoir la ficher en terre; & ce mot Alleman vient du verbe stecken piquer. Voyez le même Wachter, dans son Glosarium Germanicum, au mot steck. * E S T A F I E R. De l'Italien steffiere, formé de staffa, qui signifie un étrier, & que Voffius dérive de stapes, qu'il dérive à statum pedum. Voyez-le dans son de Vitiis Sermonis, page 33. où il produit cet endroit d'une ancienne Inscription: DOM VIRGUNCULÆ PLACERE CUPEREM, CASU DESILIENS, PES HÆSIT STAPLÆ, ET TRACTUS INTERII. Et cependant Filelse, dans sa premiere Lettre du livre 24. de ses Lettres, page 165. se vante d'avoir inventé le mot de stapes: An ignoramus esse verba propter res ipsas inventa? Ego primus ferrea illa retinacula, quibus equitamus pedibus indifimus, imitimurque, stapedes nominavi, & stando, & pedibus. Grapaldus parle aussi du mot stapes comme d'un mot nouveau: Ephippio, dextra ac sinistrā loris quibusdam ferrea machinula adduntur, quas stapedes elegantes & citaliter appellabimus; quia in his seffores, dum terga premunt equorum, pedes habere confuerunt. Apud maiores, ut in statuis equestribus apparet, non fuerunt. C'est au feuillet 98. de l'édition de Parme: mais où, par une faute d'impression, il y a strapedes, au lieu de stapedes. ¶ Si l'Italien staffa a été fait de stapes, il en a été fait en cette maniere: Stapes, stapis, stapia, stapa, stafa, STAPPA. Il me reste à remarquer, que de l'Italien staffa les Eipagnols ont fait estafa. Voyez étrier. M. E S T A F I L A D E. Marque au visage, faite par une épée, ou par quelque autre chose qui tranche. M. du Cange le dérive du Latin extra filata, à cause de la ressemblance qu'a une essuillade à un fil hors de sa trame. Les Italiens disent staffilata; mais dans une autre signification. Voyez la Crufca. M. E S T A I N. Bouc-estain. C'est un bouc sauvage; dont vous trouverez la figure dans les Singularités de Belon, livre 1. chapitre 13. L'étymologie de ce mot ne m'est pas connue. Belon, en plusieurs endroits de ses Singularités, dit que c'est un mot François. M. E S T A I N. Bouc-estain vient de l'Alleman stein-bock, nom que les Allemans ont donné à un certain animal, qui tient du chevreuil & du daim. C'est comme qui diroit, bouc de montagnes & de rochers. À Sterzingen, dans les montagnes sur la route d'inspruck à Trente, on mange de cet animal, dont la chair est fort délicate. Mison, Voyage d'Italie, Lettre 13. Rabelais parle du bouc-estain, livre 4. chap. 32. & 59. mais il l'y nomme stambouc, du mot Alleman qui est aujourd'hui seul en usage. Les François, suivant le génie de leur Langue, ont renversé le mot stein-bock, & d'abord ils en ont fait bock-stein, & ensuite bouc-estain. Le Duchat. E S T A M E. Comme quand on dit des bas d'estame. De stamine, ablatif de stamen. Stamine, stamina, stama, ESTAME. De stame, on a fait aussi le diminutif stamettum: d'où nous avons fait estame. M.
ESTAMOIE. Sorte de vafe. Dans l'Inven- taire des meubles de Charles V. imprimé à la fin de sa Vie, écrite par M. l'Abbé de Choisy : Six esfannoies d'or émaillez, avec un couvescle, pesant 177. marcs d'or. M.
ESTAMOIE. Je crois que ce vafe fut appellé de la sorte, parce qu'ordinairement on le falloit d'étain. Le Duchat.
ESTAMPE. De l'Italien sfampa, fait de typus. Typus, tympus, tympa, stimpa, STAMPA : d'où STAMPARE. D'autres le dérivent de l'Alleman stampfen, ou du Suédois stamp, qui signifie tun- dere, contendere. M.
ESTAMPE. Ce mot peut bien avoir été fait de l'Italien sfampa : mais il y a apparence que l'It- alien sfampa vient immédiatement de la Langue Teutonique, plutôt que de typus, puisqu'on trouve dans cette Langue un terme tout semblable. Wach- ter, dans son Glossarium Germanicum, page 1583. STAMPEN, calcare. Anglis to stamp. A simpliciori & inusitato stapfen, quod est à Graco quibus calcare. Propriè dicitur de pedibus, quatenus subjecta pre- munt, pulsant, terunt, postea etiam de instrumen- tis, qua similem effectum producunt, ut mox pare- bit. STAMPEN à pedibus transferitur ad instrumenta premendi, pulsandi, terendi, ob manifestam simi- litudinem, & tunc significat quantum potest, quan- tumque similitudo permitit. Inde nobis stampfen tundere mortario, stempfel pissillum, stampfmile pissinum, locus ubi momentum pilis conteritur, stempfel typus monetarius, quia malleo vel prelo tunditur, & metallum vicissim premis. Italis stam- pare, nummos cudere, stampa forma. Gallis estam- pe, effigies prelo expressa. Anglis stamper impres- sor.
ESTER. De stare. Ester à droit, ester en Ju- gement, c'est legitimam personam standi in Judicio habere. M.
ESTIER. On appelle ainsi un canal par où l'on conduit la mer dans les marais salans. D'as- tuarium. Huet.
ESTIME. Il vient d'afimia, & d'afimium. Festus : Aestimias, astimationes. La Loi des XII. Tables : Aeisque aestimiam. Julius Frontinus, dans son Traité de Limitibus : Pro aestimio uberatis pro- seffionem acerperunt. Hygenus : Posseffiones pro aesti- mio uberatis angustiores sunt assignata. Caleneuve.
ESTOC. ESTOCADE. Pontus de Thyard, page 18. de son de Recta Nominum imposatione : Quis ad excolosa, aut inocycia, id est, punctim ictum designo, nostrum ESTOCADE, & ESTOCURA non referat? Ces mots viennent de l'Italien stocco & stoccata. Stocco vient de l'Alleman stock, qui signifie un baton. ¶ ESTOC, comme quand on dit estoc & ligne. De l'Alleman stock, qui signifie tronc, souche. Le Glossaire Latin-Germanique : Truncus, STOCT. Ainsi en Isaie, chap. XI. la où la vieille version porte de Radice Jesse, Eusebe, Aquila, Symmaque, & Théodotion, ont interprété tronc, avi vii, & : ce que les Interprètes de Genève ont suivi. Perse : Stemmate quod Tufco ramum millefime ducis. D'où nous avons dit ramage, en la même signifi- cation. Les Ebreux ont dit de même ¹⁰⁰p eker, qui signifie radix, pour stirps & progeny. Voyez Nic- cot, au mot estoc, & Pierre Pithou, sur la Coutu- me de Champagne, art. VIII. Les Latins usent auffi en cette signification du mot stirpes, qui si- gnifie proprement une souche; comme nous de celui de souche; & les Italiens de ceppo, qui signi- fie un tronc; & les Espagnols de cepa, comme quand ils disent, di buena cepa. Nous disons aussi race: qui a été fait de radix, comme nous le montrerons en son lieu. M. ESTOC & ESTOCADE, ont été autrefois synonimes, dans la signification de coup de pointe : & en ce sens ces mots viennent indubitablement de l'Alleman stechen, pungere; d'où stich, une esto- cade. Le Duchat.
ESTOC. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot est très-certaine. Wachter la confirme dans son Glossar. German. page 1611. où il dit : Stock, stirps. Gloss. Pez. Stirps stock. Propriè est stirps arboris, compositè baumstock, à odeur quoin stehen stare, sic dicta, quod flet erecta & immuta, & stare faciat arborem; ut stamm à stan. Inde Ita- lis stocco, Gallis estoc, eodem sensu. Allegorici di- citur de stemmate gentili, prurfus ut Latinis stirps. Inde Anglis stock genus origo, profapia; Belgis stockgoederen bona paterna, avita hereditaria. Hoc Itali rufus imitantur in stocco origo gentis, quod Ferrarius perperam, & reclamantibus litteris deduxis à stipite. Le mot Alleman stock signifie auffi un tronc d'arbre, un baton, un pieu, un bois pointu, & plusieurs autres choses. C'est de stock, dans la signification de pieu, ou de bois pointu, que vient l'expression Françoïle, jrapper d'estoc, c'est-à-dire, de la pointe.
ESTOCCAGE. Ce mot se trouve dans la Coutume de Defurenne, & signifie le droit qu'on paye au Seigneur de Fief, quand on achete quel- que immeuble dans l'étendue de sa Seigneurie. M.
ESTOIRE. C'est une Flotte. Roger de Ho- veden, dans la dernière partie de ses Annales d'An- gleterre : Cum sexaginta tribus navibus magnis de storio Regis Anglia : Storium idem est quod navi- gium. Geoffroy de Ville-Hardouin, livre premier de son Histoire : Onques plus belles Estoires ne party de nulle part. Et au livre 2. Il fu envoyés en Serie en message, en une des Nés de l'Estoire. Cafe- neuve.
ESTOIRE. Vieux mot, & inusité depuis long- tems. Il signifie une Flotte, une Armée navale. Ville-Hardouin, n. 15. Vos prions par Dieux que vos aiez pitié de la Terre d'Osremer, & de la honte Jesu-Christ venger, comment ils puissent avoir Navire & Estoire. Le même Auteur, n. 25. Mule fui belle cette Estoire & riche, & multy avoit grant fiance li Cuens de Flandre & li Pelerin, parce que la plus gram plantez de lor bons ferian s'en allerent en cette Estoire. Ce mot semble avoir été fait de stolus ou stolium, dont les Auteurs Latins du moyen âge se servent souvent dans la même signification. Ou si l'on veut, avec M. de Caleneuve, qu'il vienne de storium, on aura dit storium, au lieu de stolium. Or stolus & stolium viennent du Grec ci- ×, qui signifie pareillement une Flotte, une Armée navale, du verbe φίλω j'envoie.
ESTORER. On se sert de ce mot en Nor- mandie, pour dire, se pourvoir, faire sa provision. Il vient d'authore. Huet.
ESTOUR. Vieux mot, & hors d'usage, qui signifie dans les anciens Romans combat, assant de voile. On disoit, l'estour de la bataille. On disoit auffi, l'estour des vents, pour dire, une rencontre de vents contraires. On a dit autrefois estourmir, pour dire, combattre. Ce mot vient, selon quel- ques-uns, de l'Italien stermo, qui signifie une A a a a ij assemblée de plusieurs personnes armées pour combattre. Mais je crois qu'il vient plutôt de *storm*, mot Teutonique, qui signifie proprement un tourbillon, une tempête, & figurément une attaque, un affaun, parce qu'il ressemble à une tempête. La lettre M, qui est à la fin de ce mot, ne lui est pas essentielle : elle sert dans la Langue Teutonique à former les noms dérivés : & *storm* vient, selon Wachter, du verbe *storm*, qui signifie troubler, agiter, ébranler, exciter des mouvements contraires. Cela supposé, la ressemblance est plus sensible entre le mot François & le mot Teutonique. Pour ce qui est de l'Italien *storm*, il vient apparemment du Latin *tarma*. Néanmoins comme il signifie aussi tumulte, alarme ; comme quand on dit, *sonare a stormo*, sonuer l'alarme ; ce qui ne signifie pas seulement convoquer la multitude au son de la cloche, mais encore la convoquer pour faire une attaque ; cela pourroit donner lieu de croire que ce mot Italien à la même origine que le François *estour*. Les Anglois se servent aussi de *storm*, pour dire, tempête, orage, boursaque ; brunt, vacarme, tintamare, trouble, désordre, sedition ; affaun, attaque. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *storm* ; & ci-dessous *Etour*. *
ESTOURGEON. Poisson de mer, dit en Latin *acipenser*. Voyez Rondelet, livre 13. des Poissons de mer, chapitre 8. De *sturio* : par le changement ordinaire de l'1 voyelle en l'1 confoné. *Sturio*, *sturionis*, *sturione*, *sturione*, ESTOURGEON. *Sturio*, est un mot de la base Latinité, d'origine Gothique. Jules Scaliger contre Cardan, 218. 3. *Quid igitur sturio veteribus* Non dubium est, quin Circassi, ceterique Maetidis accola, oxyrhynchum vocent. *Gluten namque quod ex eo sit*, colla xyrichi dicitur ab illis. *Caterum apud Atheneum fluviatilis magilis cognomen est*. *Quum divers diversa sentirent*, & *nomnuli acipenserem subpictati essent*, objeccant alii, non posse : quibus nos quoque assentiebamur ob validissimam rationem, qua dolissimo vivo, summoque antico nostro-Rondeletio, acipenserem iudicanti, accurrebamus. Si elupo esse acipenser, qui possit esse sturio acipenser ; quando acipenser squammis tegitur? Elops enim squammosus est : sturio vero curio, & osseis chartilaginibus. Tum ille nihil respondit mihi, assumant distinguendum esse ab elupo acipenserem ; si acipenser sturio suturus sit. *Quod silentium postea accuratissima pensavit animadversione*. Non enim solum eos separavit, ita ut dua species essent, verum etiam subtilissime adverius Nigidii historiam disputavit. *Hand esse in rem natabilis natura, squammarum situs ad caput obversarum : quales ex illius sententia apud Plinium recitantur*. Itaque & veterem sententiam probamur, qua sturionem putabat acipenserem : & dolissimo atque optimo vivo ut assentiamur, faciunt Athenei verba in septimo : qui similem quidem galeo Rhodiensi dicit, sed rostro porrectiore : cujusmodi sane sturio est. *Sturionis autem vocabulum Gothicum est*, & ab ea gente in Europam inferiorem importatum : sic enim etiamnum vocant, stur : non autem ab Asturia, ut ille salitabat. Pour l'intelligence de cet endroit de Scaliger, voyez Rondelet au lieu allégué. Plusieurs écrivent *esturgeon*: & c'est comme M. du Cange a écrit ce mot. Le grand & le bel usage est pour *esturgeon*. Le mot Latin barbare *sturio* est fait de l'Alleman *stor*, ou du Flaman *stur*, fait du Flaman *sturen*, qui signifie troubler. Voyez Voissus, de *Vitis* *Sermonis*, page 188. Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Artiste, page 47. dérive *sturio* de *sturus* : *Est sturus*, quem sturionem corruptis aliquat elementis, propinque vocamus sono. Ce sont ses termes. M.
ESTOURGEON. On dit présentement *esturgeon*. Selon Wachter, l'origine de ce mot n'est pas Gothique, mais Celtique. Écoutons-le parler lui-même. C'est à la page 1617. de son *Glosarium Germanicum*. *Stor*, *stor*, *quidem piscis*, qui *Latiné scribentibus sturio*, *sturio*, *sturcio*, *Anglo-Saxonibus styria* & *styria*, *Belys* *steut*, *Suecis* *storia*, *Italis* *sturione*, *Anglis* *sturgeon*, *Gallis* *esturgeon*. *Gloss. Ælf. in nominibus piscium*: *Rombus styria*. *Sonnereus in Dict. Anglo-Sax. Styria*, *styria*, *porcopiscis*, *porcus marinus*. *Cangius in voce sturcio*: Piscis qui maximo in motile honore habetur apud eos, in quorum fluminibus capitur : subit enim è mari flumina. *Hunc siturum* Paulus Jovius Aulsonii existimavit, ut & Voissus: Hermolaus *bicam* apud Atheneum : alii *tursonem* Plini: denique Rondeletus *acipenserem* Romanorum literis nobilitatum. *Huc usque Cangius. Ab usque longitudine (quam aliqui ad xiv. pedes extendunt) nomen pisci creavit Martinius, quia Danorum & Suecorum Linguæ stor magnum sonat*. *Quod non autem refellere, sed nec probare. Nam potius est porcopiscis à rostro porcino sic diffus. Sanè Cambriæ Linguæ turch est porcus, opinor à turio fodere, quod terram rostro esodiat. Hinc idem piscis alio nomine hicca vocari solet, ab huch sus, ejusdem dialetti, necnon hysca ab sus, & turio à turch sus. Non igitur est vox Gothica, ut Scaliger scribi apud, Menagium, sed Celtica & antiquo Britannica. Huic etymologia plurimum sido, etiam si libido fobandi elementum suum praxerit, quod fieri solet sapissim. Quemadmodum igitur stor est abscisum à sturcio, ita à sturcio factum est sturcio, styria, & reliqua*. Voilà un de ces mots qui sont essentiellement les mêmes dans différentes Langues. *
ESTRADE. Voyez LESTRADE. ESTRADIOTS. Philippe de Commine, livre dernier, chapitre 4. ESTRADIOTS, sont gens, comme Genevières, vestus à pied & à cheval comme les Tûres, sauf la tête, où ils ne portent cette toile qu'ils appellent toliban. Et sont dures gens ; & couchent dehors tout l'an, & leurs chevaux. Ils estoient tous Grecs, venus des places que les Vénitiens y ont : les uns de Naples de Romanie en la Morte ; autres d'Albanie, devers Duras. Et sont leurs chevaux bons, & tous de Turquie. Les Vénitiens s'en servent fort, & s'y sient. Guichardin, au livre 2. de ses Histoires : *Nel qual tempo si raccoglieva sollecitamente nel territorio di Parma l'esercito de Collegati, in numero di duo mila cinque cento nomini d'arme, otto mila Fanti, e più di duo mila Cavai Leggieri : la maggior parte Albanesi, e delle provincie circostanti di Grazia : i quali, condotti in Italia da Veneziani, ritenendo il nome medesimo che amo nella patria, sono chiamati Stradiotti. Cellius Rhodiginus, livre xvi. chapitre 10. *Illud exploratius*, *Caesorum Insulas esse paulo plures per ambitum Carpatho : quod monumentis Strabo prodidit : unde frequentissimum tempostate nostra defluxit calum rositis nomen : quam esse usui maximo simus Gracis militibus, quos Grace vocabulo passim Stratiotas vocamus omnes*. Le mot Grec est *spatiurus*, qui signifie *Soldats*. Les Italiens ont fait Stradiotti du Grec *spatiurus* ; & nous avons fait *Estradiots* de l'Italien Stradiotti. M.
ESTRAGON. Herbe. De draco. M. de Saumafé, dans ses Homonymes des Plantes, chapitre 47. page 51. Hadie dracunculus vocatur herba hortensis, qua vulgo utuntur in acctariis cum oleribus & lallucis : facie in totum diversa ab illis dracunculis Plinianis. Targonem vulgo vocant : Oliores nostri estragonem, corruptâ fortè diellione ex draco. M.
ESTRAMAÇON. De l'Italien stramazzone. Voyez mes Origines Italiennes au mot stramazzone. Scrammasaxus se trouve pour une sorte de glaive. Grégoire de Tours, livre 4. chap. 51. Tum duo pueri, cum cultris validis, quos vulgo scrammatisem vocant. Et scramfaxus. Dans le Gesta Regum Francia, chap. 55. Ipsi gladiatores percufferunt Regem (Chilpericum) in alvum scramfaxis. L'Auteur de ces Gestes vivoit sous Thierry. M.
ESTRAPADE. Les Italiens disent strappata. C'est une peine qu'on donne aux légères offensés. Ce mot vient de l'Alleman straff, qui signifie petit chatiment. Le Dictionnaire Allemand-Latin de Dafypodius : Staff, pana, damnatio, castigatio, fuppticum. Straffen, multare, panam sumere. Caseneuve.
ESTRAPADE. Supplice militaire. De l'Italien strappata. Mais d'où vient l'Italien strappata? Dans mes Origines Italiennes, au mot tarpare, je l'ai fait venir du Latin extirpare, en cette maniere : extirpare, strirpare, strappare, strappata, ESTRAPADE. Et M. du Cange, dans les Origines Françoïles a donné la même origine au mot estrapade, & à celui d'estrapementum. Mais la signification d'extirpare ne s'accorde pas avec celle d'estrapade. Et je suis présentement de l'avis de M. de Caseneuve, qui dérive estrapade de l'Alleman straff, qui signifie peine, chatiment, supplice. M.
ESTRAPONTIN. Nous appellons ainsi ce petit siège qui se met au milieu du carrosse. De l'Italien strapontine. M.
ESTRE'E. Chemin, de Strata. La Maison d'Estrées, porte à ses Armes Fretté de Sette. Ces Frettes sont des Armes parlantes, représentant des chemins qui se croisent. Huet. Voyez ETRE'E.
ESTREMADURE, ou ESTREMADOURE, ou ESTRAMADURE. Nom d'une contrée d'Espagne. Ce nom s'est formé, suivant quelques Auteurs, des deux mots Latins Extra Durnum, c'est-à-dire, au de-là du Douro ou Duero; & il fut donné à ce pays par les peuples qui habitoient au nord de ce fleuve, parce que c'étoit à leur égard le pays qui étoit au de-là du même fleuve. D'autres prétendent que ce nom vient de la dureté du terroir. Voyez ci-dessus Douro.
ESTREPER. La vieille Coutume d'Anjou & du Maine non imprimée : Quand l'on toute à homme le sien, de nuits ou de jours, en chemin ou en bois, tel larrecin est appellé efferpillerie, & tous ceux qui font ce méfais doivent être treinez & pendus, & tous leurs menûtes seront au Baron. Et s'il avoit terres ou maisons en la Baronnie, le Baron doit faire les maisons ardoir & les prez arer, & les vignes effreper, & les arbres trancher. Il vient d'extirpare. Voyez M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot effreper. Voyez aussi mes Origines Italiennes au mot tarpare. M.
ESTROPIER. De l'Italien stropipare, fait de quinu, qui signifie tordre : quinu, quinu, quinu, stropium. Voyez mes Origines Italiennes au mot stropio. M. Ferrari s'est trompé, dérivant l'Italien stropipare, du Latin torquer. M. E S T. E T A. 557
ESTROUSSER. Parce que parties des meubles qui se pourroient écarter sont portés aux encans, trouvés, c'est-à-dire, empaquetés; il faut de nécessité que, pour être livrés au plus offrant & dernier enchérifieur, on les estrouffé, c'est-à-dire, qu'on les tire du paquet. De-là vient qu'on dit estrouffer, & vendre estrouffer. Et quoique du commencement cela ne se soit dit que des biens meubles qui se vendent empaquetés, cela n'a pas laissé dans la suite de se dire aussi des immeubles. Aussi dans la Coutume d'Auvergne, chap. 14. art. 16. il y a Estrouffer les héritages vendus au plus offrant & dernier enchérifieur. Et dans celle de Nivernois, chap. 10. art. 1. Les fermes estrousses délivrées. Caseneuve.
ESTURGEON. Voyez ESTOURGEON.
ETABLE, féminin. De stabula; d'où les Italiens ont aussi fait stalla. Le féminin stabula se trouve dans les Glosses anciennes : stabula, ovile. M.
ETAGE. Il vient de quinu, qui signifie la même chose : d'où est sorti quinu, qui signifie le troisième étage. De-là les Auteurs du tems moien ont formé trislega, pour signifier le troisième étage. Suger en la Vie de Louis le Gros : Occupata munitionis argumentum, quod trislega turvis in eadem munitiona longa planitie supereminens apparebas. De-là est aussi sorti bislega, qui signifie le deuxième étage, ou un bariment à deux étages. Guillaume le Breton, liv. 4. de sa Philippide : Per loca bislega, castellaque lignea, surgunt, Ne subito Saladinus est invadere pestis. Et au liv. 7. Hand secus absunt bislegas, valla, domosque. Car c'est ainsi qu'il faut lire, au lieu de brislegas. Grégoire de Tours, livre 8. chap. 41. Dum epularetur cum diversis in trislega, subito effraelo pulpito vix semivivus evasis. Baudouin, Comte de Flandre & Empereur de Constantinople, dans sa Lettre touchant la prise de Jérusalem, appelle les étages stationes. Turribus autem superargumentum lignea turvis altissima, stationum sex. Ce qui témoigne que de son tems on vouloit dériver le mot étage de stacio, faute d'en sçavoir la vraie origine. Caseneuve.
ETAGE. Nicot, dans son Dictionnaire, & Caninius dans son Canon des Dialectes, le dérivant très véritablement de quinu. 2. vinu, quinu, stregagium, ETAGE. Ou bien : streg, ESTAGE, ETAGE. Trislega se trouve pour le troisième étage. L'ancien Scollasté de Juvénal, sur la Sat. 5. Telfe superiura, & trislega. M.
ETALER. De stallare : comme étau de stallum, diminutif de stabulum. Voyez étau & installer. M.
ETALER. Je veux croire qu'étaler a été formé du verbe Latin-barbare stallare : mais toujours est-il vrai que stallare vient du verbe Alleman stallen, qui signifie disposer, arranger, ou de stall, dans la signification de table où les Marchands exposent leurs marchandises. Le substantif stall signifie plusieurs autres choses en Alleman, comme entre autres, les sièges des Ecclésiastiques ou des Moines dans les Chœurs des Eglises. De-là notre mot de stalles, & celui d'inflaller. Wachter, dans son Glosar. German. page 1581. STALL, menfa vel pluteus mercatorum, in quo merces venales exponuntur. Latino-barbari inde habent Rallagium, id est locarium, seu jus exigendi reliquaticum a mercatribus, pro loco in foro. Hodie superat apud Gallos, quibus estal est pluteus mercatorum, estaler sa marchandise exponere merces venales, estaler son erudition eruditionem suam tanquam rem promercalem ambitiosus ostendere, estaleur prepola, qui merces exponit. Recentiores scribunt etal & etaler, sed malè. Nam litera & est index & cultus originis Germanica, quem illi non debebant eliminare. Et ensuite: STALL, subsellium in templo vel theatro. Sonnens in Dict. Anglo-Saxon. steal, stealle, podium subsellium templorum, sedes, sedile, cathedra. Benjamins in Voc. Anglo-Saxon. waard-taek spectacula ludicra. Propriè subsellium unde ludicra spectantur, à waren videre. Inde Latino-barbari's stallus & stallum subsellium Monachi in choro; & hinc pergo installare, locum in choro dare, unaque beneficium ecclesiasticum cum loco in choro conjunctum conferre. Testimonia vide apud Spelmannum & Cargium. Hodie superat apud Anglos, quibus à stall idem quod à sear in the church sedes in templo.
ETALON. Ces petits arbres, à qui en coupant un taillis on laisse un piè, pour repeupler un bois & le laisser à l'avenir croître en haute-furale, sont ainsi appellés de la particule négative ex, & du mot Latin talea, qui signifie la coupe d'un bois, ou ces petits sions qu'on coupe pour faire des entes; en Latin stolones: de même que nous disions effeuillé, qui est sans feuilles; & effereillé, qui est sans oreilles. Nonius Marcellus: Taleas, scissiones lignorum vel praequimina. Varron de Re Ruffica, liv. 2. chap. 40. De tenero ramo ex utraque parte aquatiter praesum, quas alii clavolas, alii taleas appellant. Caseneuve.
ETALON. Equus emissarius: un cheval de haras, qu'on garde pour couvrir les jumens. On les tient d'ordinaire dans l'étable, afin que par le repos & la continuelle action de la nourriture ils deviennent plus vigoureux. Et c'est pour cela qu'ils sont appelés étalons; de stallum, qui signifie étable: car encore les Allemans appellent une étable stall; & les Italiens stalla, & un étalon stolone. Dans la Loi des Wisigoths, liv. 8. tit. 4. L. Qui alienum animal, aut quemcunque quadrupedem, qui ad stadium fortasse servatur, invito Domino vel nesciente, castravet. Où Lindenbrog assure que dans les vieux Exemplaires il y a, qui ad stallum fortasse servatur. Caseneuve.
ETALON. Voyez eton. M.
ETAMER. De flannare: comme qui diroit, flanno inducere. M.
ETAMINE. De flaminia, ou flaminea, faits de flamen. Staminia se trouve en cette signification dans les Statuts de Clugny de Pierre le Vénérable, Abbé de Clugny. Voici l'endroit: Statutum est, ne flaminia, qua ex more antique propter graviora qualibet Fratribus actius flagellandis scindi solebant, & usque ad cingulum violenter detrahi, ulterius scinderentur: sed flaminia integra manente, verberibus subjiciendus Frater ex tuo exmeretur. Caussa instituti hujus fuit, ut & frequens damnum scissarum flaminiarum vitaretur, & plenius nudatus Frater expeditius verberaretur. Petrus Damianus, c'est-à-dire, Pierre, frere de Damien; a dit flamineum. Non mulle carbasinum, non flamineum delicatum. C'est dans la 2. épître du vi. liv. de ses Épîtres. L'Auteur de la Vie d'Oddo, Abbé de Clugny, a dit flamina: Lanea volte, quam vulgo flaminam vocant, a dorso abstrulla, illerum nuditatem cooperit. M.
ETANCHER. Du verbe flagnare, qui en bon Latin signifie faire regorger l'eau, & l'arrêter en forme d'étang, la dernière Latinité fit, par métaphore, flagnare sanguinem; d'où nous avons fait étancher, c'est-à-dire, arrêter le sang. La Loi des Allemans, tit. 65, §. 6. Si autem ferrum calidum intraverit ad flagnandum sanguinem. La Loi des Bajuvariens, tit 5. chap. 4. Si in ea venam percusserit, aut sine igne sanguinem flagnare non possit. Etancher la fois vient aussi du même verbe flagnare; parce que lorsqu'on arrête l'eau d'un ruisseau en forme d'étang, le lieu où elle est répandue en est abrevé: témoin ce vers de Virgile: Claudite jam rivas pueri, sat prata biberunt. Stancare se trouve aussi pour étancher. Serenus Sammonicus: Ad medendam rejectionem cibi & sanguinem flancandum. Et ce verbe a été formé de flagnare, par transposition de lettres. Caseneuve. ETANCHER: comme quand on dit, étancher le sang. De flancare: mot de la Basse-Latinité en cette signification, & qui se trouve dans Sammonicus: Ad sanguinem flancandum. Stancare a été dit par corruption pour flagnare, qui signifie firmare, & qui vient de gryotæus Justin, parlant du Lac Asphaltite, liv. xxxvi. Neque venis movetur, reissente turbinibus bitumine, quo aqua omnis flagnatur. Stace, liv. III. des Sylves, dans le Propempteion de Melius Celer: Cur vada defudant, & ripa coerceat undas Cecropio flagnatâ luco. Les Italiens disent encore à présent flagnare & rissagnare il sargue; & les Provençaux, flancar ton sang. ¶ Stagnare, slargare, flancare, ITANCHER. Voyez M. de Saumaisle sur Solin, page 577. dans ses Épîtres, page 147. & M. Bochart, livre 1. des Colonies des Phœniciens, & Pierre Pithou, liv. 1. de ses Adversaires, chap. 19. M.
ETANÇON. Voyez étayer. M. ETANDART: pour flandart; qui est comme on prononçoit anciennement. Burchardus, dans l'Épître qu'il a faite sur la prise de Milan, écrite l'an 1161. Venit populus cum Baneris, quod apud nos flandart dicitur. Voyez Voissus dans son de Vitiis Sermonis, page 188. au mot flantardus, où il dérive flandart de l'Alleman flanden, c'est-à-dire flare. Voici ses termes: Stantardus, vexillum Regium sive Reipublica; ex Belgico, & Anglico flandard: pro quo Galli estandard. Matthaus Parisius, &c. Non a standi verbo, sed Germanico, & veterum Belgarum flanden, hoc est flare. Unde hodieque, quod Belgis flaten, Anglis est flande. Standaerd igitur atque etiam flander dixere, quia esset vexillum flatarium. Voyez-le aussi à la page 608. au mot flandifer. M.
ETANG. De flagnum. Le Père Labbe qui le dérive à flantibus aquis, n'a pas bien rencontré en cette étymologie. Voyez étancher. M.
ETAPE. Nicot: ESTAPE. Est le lieu en une ville, ou port de mer, où les marchandises & denrées sont des chargées par les marchands forains. Nicolo Gilles en la Vie de Louis XII. L'Archéduc fit requête au Roi, faire tenir à l'Écluse & au Dan l'étape des denrées & marchandises de France qu'on envoie par mer, ou rivieres; esdin pays, comme auparavant les guerres. Trippault : ESTAPÉ : lieu auquel ordinairement s'expose en vente le vin et villes : de genis, qupe, uva paffa, ou bien, de qupa, vva. ¶ A Paris, c'est le lieu où l'on paye les droits qui sont sur le vin. Boxhornius, dans son Théâtre de la Hollande, page 100, à l'endroit où il parle de la ville de Dordrecht : STAPULA, est jus quo potestas conceditur aliunde invectis mercibus quali manum injiciendi, ab insititio cursu retrabandi, ac demique ita sittendi, ut non prius quam publico foro divendita ibi fuerint, alio transferantur. Ita autem dicitur a stapelen, quod, in unum aliquid coacervare, designat. Et page 110. In Legibus Philippi Burgundi A. 1446. Stabulari, est in stabulâ consisterre. Lege 1. Merces qua juri stabula subjicuntur, quales sunt, frumentum, pifa, faba, fal, lignum, carbones, calx, molendina, scandula, lupus salitarius, ustrina, aliague id genus, Dordrecht abique ulla excoctione stabulabuntur. Et ce qui fuit. Voissus, dans son de Vitiis Sermonis, page 186. STAPLUS pro loco, ubi publicum judicium exercetur. Est à Germanis; qui, ut monitum prastantissimo Lindembrygo, aiunt Im stapel siczen, und offentliche Deriche halten hoc est, In staplo sedere, ac publice judicium exercere. Legg. Ripuar. tit. xxxiii. Leg. 1. Si ad Regis staplum, vel ad eum locum, ubi mallus est, auctorem suum in praesente habeat. Similiter tit. LXVII. Leg. v. Item tit. LXXV. Scriptor Glogarii Clemangi appositi, exponit tegumentum, vel tapetium : sed perperam omnino. M.
ETAPIER. Le sieur Guillet. ETAPIER, ou Entrepreneur des étapes, est un particulier qui fait marché avec une Généralité, ou une Élection, pour la fourniture des vivres & du fourrage destinés au passage des gens de guerre. M.
ETAT. Si je fais mention de ce mot, ce n'est pas que son étymologie soit obscure ou incertaine, mais je veux seulement faire remarquer sa ressemblance pour le son & pour la signification avec le Latin flatus, d'où il vient apparemment; avec le Grec vinos, & avec l'Alleman flat. Le Grec vinos & vinos, le Perian fladen, l'Alleman flad, signifient tous la même chose, s'avoit flare, & conviennent aussi pour le son avec ce verbe Latin. Le Grec vinos, & l'Alleman flatten, ont aussi la même signification que le Latin flature. Voyez Wachter, dans son Glogarium Germanicum au mot flat.
ETATS. Voyez Nicot. M.
ETAU. De flallum, contraction de flabulum. Voyez étaler, & installer. M.
ETAU. Stallum, mot Latin-barbare, vient de l'Alleman flall, dans la signification de table de marchand, & ce n'est point une contraction de flabulum. Voyez ci-devant étaler.
ETAYE. C'est un pal, ou autre pièce de bois, qui soutient & appuye quelque chose. Dans la Loi Salique, tit. 29. §. 32. Si quis flatum, aut tremaculum, vel verruolum, de flumine furaverit. Pithou a noté là-dessus, qu'en quelques autres Exemplaires il y a flavam, qui signifie un pal, ou pieu, en Alleman flat. Il y a beaucoup d'apparence que de flava, ou comme prononcent les Septentrionaux, flaga, nous avons fait étaye : comme playe, de plaga. Caïeneuve.
ETAYE. Je crois plutôt que ce mot vient du Latin flata, ou du Teutonique flat, dans la signification de flatumen fulcrum. Voyez étayer.
ETAYER. De flatare. Sto, flati, flatum, flatare, STAYER. Voyez le Pere Thomassin, page E T E. E T H. 114. de la 2. Partie de son Traité des Langues. Bèze, dans la Lettre Macaronique qu'il a écrit sous le nom de Benedictus Paffavantius au Président Lilet, appelle les étayes effagios : Quia non facis bonos effagios : & ideo toti tui cuniculi cadens super tuum caput. De flata, nous avons fait de même STATE : & ETANÇON, de flatanicum. Stata, flatanus, flatani, flatanicus, flatanicum, flanticum, flancum, flancium, flancio, flancium, ETANÇON. Monsieur de Caïeneuve dérive étaye de flava, qu'il dit signifier un pas dans la Loi Salique, & qu'il dérive de l'Alleman flat. Voyez sa remarque. M.
ETEIGNOIR. Instrument pour éteindre les cierges & les chandelles. D'éteindre, fait d'extinguer, par l'addition du D : comme en cendre, de cinere; en poudre de pulvete; en poudre, de pomere, &c. Les Espagnols appellent cet instrument matacandeias, c'est-à-dire, tue-handelles. Au bout de cet éteignoir on met ordinairement une bougie pour allumer les cierges. Et cet éteignoir s'emmanche au bout d'un long bizon; & ce bizon est appellé canna dans les anciennes Rites des Moines de Dom Emond Martène. Voyez-le dans son Index Onomasticus, au mot canna. M.
ETELON. Voyez ETLON. M.
ETEPÉ. Les Poitevins appellent ainsi un pieu qui sert à soutenir une treille. De stipes, à stipande. M.
ETERNUER. De sternuare, qui se trouve dans Plaute pour sternuere, & sternutare. M.
ETESTES. Vents anniversaires & réguliers, qui soufflent chaque année dans la même saison. Ce mot vient du Grec vinos, formé d'1/2 année. ETESTER des arbres : c'est en couper la cime qui leur tient lieu de tête. D'extestare. Les Latins ont dit de même decacaminare arbores : & ce mot se trouve dans Columelle, liv. 4. ch. 7. & liv. 5. ch. 4. M. ETEUF : qu'on écrivait anciennement estœuf. Bouteroue, dans les Recherches Curieuses des Monnoyes de France, le dérive de tufa. Ce qui est à remarquer; il parle d'une monnoye de Mérovée; est la boule qui est au haut de l'Enseigne; qui est ce qu'ils appelloient tufas : d'où vient nostre mot estœuf. Végèce, livre 3. chap. 5. Inter signa militaria, Aquilas, Dracones, vexilla, flammulas, tufas. Les Gaulois s'en fervoient : & portèrent cette coufume en Angleterre. Beda, liv. 2. chap. 16. parlant du Roi Edwin : Incédente illo per plateas, illud genus vexilli, quod Romani tufam, Angil appellant thouf, ante eum ferri solebat. Les Turcs s'en fervent encore : & pèrent une balle au bout d'une lance, où est attachée la queue d'un cheval. Gosselin, chap. 5. Lipse explique de même par pilas le mot de tufas dans l'endroit de Végèce ci-dessus rapporté : mais où, selon moi, il signifie une touse. Voyez ci-dessous touse. ¶ Eteuf peut venir de stupens; c'est-à-dire, fait d'étoupe. On fait dans nos provinces des étoufs de bourre. M.
ETEULE. Voyez étoufle. M.
ETHELBERT. Nom propre d'homme. Il y a saint Ethelbert, Roi de Kent en Angleterre. Ce nom est formé de deux mots de la Langue An- glo-Saxonne. Ethel signifie noble, & c'est la même chose qu'édel, ou adel en d'autres Dialectes Teutoniques. Bert signifie brillant, illustre. Ainsi Ethelbert est la même chose qu'Adelbert, ou Adelbert. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum aux moes Adel & Edel; & ci-dessus Berthe.
ETHELRED. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique. On peut l'explique noble Conseiller. Ethel signifie noble. Voyez Ethelbert. Red est la même chose que rat, qui veut dire conseiller. Wachter, dans son Glossarium German. page 1240. explique autrement la première partie de ce nom. C'est à la page 1240. de son Glossarium German. où après avoir montré que le mot Alleman rat signifie consilium, il ajoute: RAT, consiliarius, consulter, auctor consilii, ex eodem fonte. Ibidarum Hispalensis, in frugimento contra Judæ, cap. v. 2. Endit uutriti siu namo chinemnit uundarulii, chirado, & vocabitur nomen ejus admirabilis consiliarius. Ergo simplex est rado consiliarius. Hoc sensu occurrit in nominibus propriis, qua prisci tam Saxones quam Franci & Alamanni, boni ominis causa pueris suis imposuerunt. Cujusmodi sum; ETHELREDUS, consultor patria, qui patria bene consilii. Nam terra parens Anglo-Saxonibus dicitur ethel. CUTHREDUS, consultor prudens. A cuth expertus, quod itidem Anglo-Saxonicum. Vel certè, consultor bonus: quem sensum etiam admitit Guthfrédus. FOLCRAT, consultor populi. HIRIRAT, consultor exercitus. LANTIRAT, consultor patria. MARCRAT, consultor limitis. Et alia innumera, tam masculina quam feminina, qua summo studio ex Indicibus Alamannicis Goldasti collegit Junius, & Observationibus suis in Willeramum inferuit, pag. 152. Verum cum ad eum vobis significatum quem ex Isidoro modè produximus, non attendisset, consilium pro consule substitut, hoc modè: Folcrat, populi consilium; Herirat, exercitus consilium; Lantirat, regionis consilium; Marcrat limitum consilium. Junium sequitur Somnerus in voce red. Atitur tam magnis viris tam frivolum interpretamentum placere potuisse. Quid enim? Virumne appellabimus consilium, an consultorem? Samiora hic habet Lutherus in Libello de Nom. prop. Germ. Omnia, inquit, nomina in rat (desinentia) sunt Germanica. Et moes: Rat significat ipsos consiliarios. Ex hoc principio omnes Juniaria interpretationes facile emendari possunt ab iis qui veteris Lingua peritia non planè destinuntur. Ce passage servira à faire entendre la signification de plusieurs noms propres qui viennent de la Langue Teutonique.
ETHIOPIEN. Ce mot vient du Grec à 1/2, fait du verbe à 1/2 uro, ardeo, & d'1/2 facies; comme qui diroit à 1/2 uro, qui a le visage brulé: parce que le climat des Ethiopiens les expose à être brulés par les ardeurs du Soleil; ou parce qu'ils sont noirs comme ce qui a été brulé. Le Grec à 1/2 signifie entr'autres choses noir; & Homère donne cette épithète au vin. L'Ethiopie est désignée par le mot de Chus, dans quelques Livres de l'ancien Testament. Voyez ci-devant Chus. S. ETIENNE DES GRECS. Eglise de Paris. Par corruption, pour S. Etienne des Grecs. M. de Launoy, Docteur en la Faculté de Théologie de Paris, dans sa docte & curieuse Dissertation sur la Vie de S. Denis, Evêque de Paris, chap. 6. Caterium hujusce rei quam perfequitur Fortunatus, vestigium hodique perseverat ea in ade, qua à Dionysio Passo Ecclesia B. Dionysii de Passu corruptè nuncupatur. Id in hac, quod in aliis quibusdam Parisiensibus Basilicis annorum vires obtinuorum, ut ex Latinis nominibus Gallica locutio nostra primum derivata sit: deinde ubi amissa est temporum detrimento genuina nomenclatio, ex Gallica locutione non tam Latinus quam Barbarus Ecclesiarium titulus os multorum, librosque occupavit. Testatur hoc Ecclesia Sancti Stephani ad Portam San-Jacobam, qua, cum non ita pridem de Gressibus appellatur, nunc ex aliena quadam vernacula lingua imagine & affinitate de Gracis appellatur. Illud quoque testatur Ecclesia Sancti Andrea vulgo de Arcubus, aut etiam propter Academia confinium de Artibus dicta, qua ex territorio Abbaria Sancti Germani subjecto quondam de Laaiso certissimè vocabatur. Le même M. de Launoy en son Examen à la Réponse à la Dissertation des deux Denys chapitre 18. Quinta utilitas oritur ex assertione veri tituli, quo I. Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus apud Parisiensis insignita est. Qua enim Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus quondam appellata est, non ante multos annos de Gracis appellarum, ut Hidalinians causa suffragaventur. Sed antiqua nomenclatii fidem facis Charta, qua institutam in hac Ecclesia Capiceria dignitatem continet: Omnibus præsentes litteras inspecturis, Decanus, totumque Capitulum Parisiensi, Salutem in Domino. Cum Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus ad nos & ordinationem nostram immediatè pertineat, &c. Datum anno 1250. II. Alia Charta de ejusdem Capiceria fundatione: Universis præsentes litteras inspecturis, G. Decanus & Capitulum Parisiensi, in Domino Salutem. Cum Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus ad nos & ordinationem nostram immediatè pertineat, &c. Actum anno Domini 1269. Hac utraque Charta nuper Lutetia edita est. III. Alia Charta Simonis de Buciaco Parisiensis Episcopi scripta anno 1290. Ubi Ecclesiam Sancti Stephani de Gressibus legere licet. Hac refertur in libro Antiquitatum Parisiensium. IV. Joannes de Sancto Vellore, qui Philippo Pulcbro Rege vixit, in Memoriali Historiarum ad annum 1218. Hoc anno, inquit, in Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus inventæ sunt plurimorum Sanctorum reliquiae, &c. V. Alia Charta qua Capicerii prerogativas complectitur: Universis præsentes litteras inspecturis, Decanus, totumque Capitulum Ecclesiae Parisiensis, æternam in Domino Salutem. Cum discretus vir D. Jacobus dictus Paignant, Capicerius Ecclesiae Sancti Stephani de Gressibus, &c. Datum & actum anno Domini 1331. Hac Charta Lutetia edita est anno 1626. VI. Charta exceptioum, quas Monachi Sancti Dionysii contra Parisiensiam Canoniorum rationes dederunt in ea lite, qua tempore Gersonis super aliquam Dionysiani Capitis partem inter eodem Monachos & Canonicos motæ est: Item Decanus & Capitulum producunt clausulam ex libro Chronicorum haustam, in qua sic habetur: nunc inventæ sum Parisiis in Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus reliquiae, &c. Hac Charta asservatur in Archivis Parisiensis Ecclesia. VII. Ubiumque in hujus Ecclesia Commentariis occurrit Collatio Prebendarum Ecclesia Sancti Stephani, in iis semper nominatur Ecclesia Sancti Stephani de Gressibus. Infinitum est loca Commentariorum singula recensere. Hac de monumentis eorum ad quos res ipsa pertinet. Nunc externorum testimonium audiatur. E T L. E T O. 558 diatur. I. Liber Procuratorum Gallicana Nationis in Academia Parisiensis ad annum 1470. Procurante Nationem Cantiano Hueo. Convenetum; inquis, singularum Facultatum Magistri & Doctores in vico Sancti Jacobi intra Portam Civitatis, & Porticum Prædicatorum, miro modo ordinati de latere Sancti Stephani de Gressibus. II. Rursus idem liber ad nundem annum: Universitas convenit ad portam Sancti Jacobi de latere Sancti Stephani de Gressibus Reginam salutatura. III. Joannes Muneratus Theologus Parisiensis anno 1490. in libello de Dedicatione Parisiensis Ecclesia nominat Baslicam Sancti Stephani de Gressibus. IV. Sententia Commissariorum Episcopi Parisiensis in Causa Capituli Sancti Germani Antissodariensis, & Parochi Sancti Euflachii qua sic incipit: In nomine Domini. Amen. Viso procesi coram venerabilibus vitis Magistis Matthæo Lelieux, Ecclesiae Parisiensis Canonico, & Lucentore, & Nicolao le Blan, Canonico & Capicerio Ecclesiae Sancti Stephani de Gressibus, Judicibus à Dominis Vicariis R. P. Episcopi Parisiensis in hac parte nominatis, &c. anno 1514. 5. Febr. V. Regesta Domini Rectoris Parisiensis ad annum 1596. Cardinalem Florenthum ad Henricum IV. Gallia & Navartæ Regem Christianissimum, de latere Legatum, Rector except in Ipsis Sancti Stephani de Gradibus, vel de egregi de valvis. An autem Academici, quis fueris verus hujus Ecclesia titulus, ignora verum, aliorum iudicio, permittio. Ut quamquam hac vera sunt, Gallica tamen locutio Antonium Democharem sefollit, qui non Milletum quidem, sed alios complures in eundem secum errorem abduxit: Scilicet ex Gallico nomine quod his verbis de Gressibus respondet, novum nomen Latinum efficulum est; obfitericante Areopagitica missione, cujus idulum ante oculis. Auctorum nova Latinitatis oberrabat. Hujus corrupti sermonis seu novitaris index est Gallica inscriptio, qua subsentanti Crucem ad vicum lapidi incisa est anno 1595. In ea siquidem habet: L'Eglise de Monsieur Saint Etienne des Grecs. Hac autem inscriptio, ut apparet, recentissima, decepti nuper Monachum Sancti Dionysii, cognomen to Doubletium, qui cum eam antiquissimum credetet, in Sancti Stephani vita, quam edidit, verum hujus Ecclesia titulum esse de Gracis, non de Gressibus, digna auctore suo confidentia, scripsit, &c. M. ETIQUE: comme quand on dit, un homme etique; s'vere etique. Par corruption, pour hectique: de hecticus, fait du Grec invic. M.
ETIQUETTE. Bourdelot & M. Huet le dérivent de viz. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2. 2.
ETIVAUX. Vieux mot inusité, qui signifioit une sorte de bottes, ainsi appelées du mot Latin estivale; d'où les Italiens ont aussi fait leur stivale; & dont les Allemans ont fait aussi leur stiefel, si l'on en croit M. Ferrari. Ce mot etivaux, que l'on écrit estivaux; & les mots de stivalia & astivalia, se trouvent en cette signification de bottes en plusieurs lieux, rapportés par M. du Cange dans son Glossaire-Latin au mot astivalia: Et ces bottes ont été ainsi appelées, parce qu'on s'en servoit l'été. Il y a dans le Diocese du Mans une Abbaye de filles, appelée Etrival en François, & Astivale, en Latin. ¶ J'oubliois à remarquer, que dans le petit Dictionnaire Latin-François publié par le P. Labbe, il y a OCRIA, l'envie, ou est. Tome I. etivaux, ou esquembaux, pour chaucier les gembes, Il faut, estivaux. M.
ETLON. Admissarius equus. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. On appelle aussi étalons, ces petits arbres qu'on laisse en pié dans les taillis, pour repeupler le bois. Et si on en croit M. de Cafeneuve, on les appelle de la sorte, d'ex particule négative, & de ralea, qui signifie coupe. Je croirois plutôt qu'on les auroit appellé de la sorte, de stolons: qui font ces rejettons qui naissent au pié des arbres. M.
ETLON. On dit plus ordinairement étalon. Ce mot, dans le sens d'equis admissarius, peut bien avoir été fait de l'Italien stallone, comme pense M. Ménage. Mais je ne crois pas que l'Italien stallone vienne de stabulis stabulonis, qui est un terme imaginaire, ni aussi de stabulum. Il est bien plus naturel de le dériver du Teutonique stall, dans la signification de stabulum, præspe. Les Flamans disent stall, dans le même sens, & les Italiens stalla. Les Grecs ont aussi qu'un, qu'Hedychius interprete raumis clus, receptaculum jumentorum, & qui, comme on voit, ressemble entièrement au Teutonique stall. Ainsi il est toujours vrai de dire que l'étalon est ainsi nommé parce qu'on le garde dans l'écurie, appellée stall en langue Teutonique; duquel mot stall a été formé l'Italien stalla, & ensuite stallone. Un étalon se dit en Anglois stallion; mot qui vient pareillement de stall. C'est le François stalle, qui a été fait du Latin stabulum. Voyez M. Voyez aussi Wachter dans son Glossarium Germanicum au mot stall. *
ETOFFE. C'est ainsi qu'on appelle aujourd'hui la matière dont on fait quelque chose, & particulièrement celle dont on fait les habits. Ce mot vient du Latin-barbare stuffare, qui signifie garnir, équiper & pourvoir. Les Statuts de Robert, premier du nom, Roy d'Ecosse, chap. 5. Quod quisque dominus venias stuffatus ad exercitum de carriagiis & victualibus. Froissart vol. 4. chap. 14. faisant parler quelques-uns qui faisoient bonne chère: Nous estions gouvernés & estoffes comme Royt. Cafeneuve.
ETOFFE. De stuffa. ETOFFER, de stuffare. Etoffer, dit M. du Cange au mot stuffare, est pannis instruere, ac calorem stuffarum hocce sibi vestitu conciliare. Vossus de Vitis sermonis, pag. 198. le dérive de stoffa, qu'il dit signifiet materies, sive id ex quo aliquid sic. M. B b b b.
ETOUPE. Ce mot vient des langues septentrionales. Wachter dans son Glossarium Germanicum pag. 1614. STOFF, apparatus. A vivum paro. Utraque mutatio, tam ea qua sibilus prafgitur, tam altera qua CH in F veritur, exempla habet innumera. Dicitur alias zeug, & ex eodem fonte. Uferpari autem sole duobus modis: (1) de quacunque subflantia ex qua aliquid sit vel fieri poroff. Inde Anglis stuffi materia. Belgis stuffi pannus, laneus & sericus, quia sicut ex materia sit materialum, ita ex panno vestis. Gallis estoffe, eodem & latiflorum senfu. Cambris yftof flamen, forte quia initium tela. 2. De quacunque re parando falla. Inde Anglis houshold-stuffi fupellex. Et pag. 1579. STAFFIEREN, instruere. Belgis staffieren, Gallis estoffer, Latin-barbaris stuffare. Non certe à stube balneum aut vaporarium, ut se quasi vestibus frigus depellere, aut calorem, qualis est in stubis conciliare, qua Cangi interpretatio est. Nec à stoffi materia quod voluit-Voffius: sed à stoffi apparatus. Nam proprio est apparatu instruere, & dicitur antiquitus non folum de paimis, alisique textilibus, ut hodie, sed etiam de apparatu expeditionati & nautico, ut pluribus offendis Cangius in voce barbarum.
ETONNE. Dextonatus. Tonus, tonatus, extonatus ETONNE, comme qui diroit etourdi du bruit. Voyez mes Origines Italiennes au mot intrunari. Extonatus à été dit pour extonitus: qui est le même qu'antonitus. Les Glofes: K. P. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D. D.
ETORER. Bâtir. Le Roman de Guillaume au court nés, au Charroy de Nîmes: Se veiés le Palais de la Ville, Qui tos es fés à volte & à lice, Si l'efora Grifonés d'Aumarie. Le Matéchal de Ville-Hardouin l. 1. Onques se gram affaire ne fu empris de si pou de gens, puisque li monde fu efloré. Froissart chap. 7. vol. 7. Depuis que le monde fut premierement édifié & eflauré. Ca-feneuve.
ETOUBLE. Tuiau de blé: chaume. De stipula. Le petit Dictionnaire Latin-François publié par le Pere Labbe: STIPULA, effouble. C'est ainsi qu'il faut lire, & non pas effouble. On appelle étouble en Normandie le chaume qui reste sur la terre quand on a lié le blé. Virgile a ufé de stipula en cette signification. Sape etiam fœtiles incendere profuit agris, Atque levem stipulam crepitantibus urere flammis. Stupa, stupula, stipula, ESTOUBLE, qu'on prononce ETOUBLE. Au lieu d'étouble, les Picards disent ETEULL: & ce mot se trouve dans le Dictionnaire François-Espagnol d'Oudin. Et ce mot a aussi été fait de stipula, en cette manière: stipa, stupa, stupula, ETEUBLE, ETEULE. Et de-là ETEULE, & ETIOLS. Stipulatus, stibulatus, effiolatus, &c. M.
ETOUFFER. Du verbe vœper, qui signifie allumer, & brûler; d'où vient le nom vœper, qui signifie brûlure: les Latins ont formé stufa, qui signifie érave. Car dans Palladius, le titre du chap. 40. est de Balnois & Stifis. De stufaré, fait de stufa, nous avons formé étouffer, qui signifie suffoquer. Et de fait, nous disons étouffer de chaud, & chaleur étouffante. Ca-feneuve.
ETOUFFER. De stufare: comme qui diroit, empêcher la respiration par une chaleur excessive. Voyez étous. M.
ETOUPE. De stuppa. Les Glofes anciennes: a. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A.
ETOUPE. Le Latin stupa ou stuppa, d'où le François étoupé, vient du Grec vœu ou vœu, qui signifie la même chose, & qui a été fait, suivant quelques uns, du verbe vœu spifo, fringo, parce que l'étoupé fert a boucher les trous & les fentes. D'autres le dérivent avec moins de vraisemblance, de vœu verbero.
ETOUPER. De stuppare. C'est boucher avec de l'étoupé. M. de Saumaisle sur Termitien de Pallio, page 146. Rima navium etiam stuppa stipabantur: unde & stuppare hodieque dicimus obturare. La Loi des Allemans titre 59. Si ex ipsa plaga cervella exierit, & Medicus eam cum medicamento, aut ferico, stupparit. Ce mot a paffé à toutes les Nations. Les Allemans disent stupffen; & les Flamans, stuppen; & les Anglois stup; & les Italiens, stupare; & les Espagnols, stupar. M.
ETOUR. Nous le prenons d'ordinaire pour combat ou mêlée. Il vient du Latin-barbare Sturmum, qui signifie une fédition; ou bien, le désordre qui se fait en une fédition lorsque deux partis contraires viennent à s'entrechoquer. Ptolomée Evêque de Luques, sur l'an 1188. Et Sturmum magnum factum est. Et sur l'an 1188. Fuit Sturmum in Burgo Sancti Fridiarii inter Martines & Faitinellos. Les Sturmariens, Peuples de Saxe; dans la Province desquels est l'ancien Archevêché de Hambourg; furent ainsi appelés, à cause des fréquentes féditions qui s'élevolent entre eux. Adam, Chanoine de Brême, dans son Histoire des Archevêques de Brême, ou de Hambourg: Tertii; qui & Nobiliores Sturmarii dicuntur, eo quod seditionibus illa gens frequenter agitur. Le mot Sturmum vient de l'ancien mot Allemand Stier, qui signifioit Sédition. Jean Chapeaville, en ses Notes sur l'Histoire des Evêques de Liège d'Argidius Monachus Aurez Vallis, rapporte ces paroles d'un ancien Titre de l'Empereur Henri, en date de l'an 1108. In seditionibus quas vulgo stuer & burinne dicimus. Nos anciens François dissolent effemir pour combattre & effarmoucher. Le Roman de Guillaume au court nez: Moy & mon frere le petit Guielm, Irons as loges per payens efformir. Ca-feneuve.
ETOUR. Conflit de bataille. Voyez Nicot. Nos Anciens écrivoient effour: que le Pere Thomasfin, pag. 866. de la 1. partie de son Traité des Langues, dérive de l'Italien storme, qui signifie une multitude d'hommes assemblés pour combattre. Il vient, comme storme, du Latin-barbare sturmum, qui signifie fédition, & le désordre qui se fait dans une fédition; & que M. de Ca-feneuve dérive de l'ancien Alleman stier, qu'il dit signifier fédition. Voyez sa remarque. M.
ETOUR. Le Latin-barbare sturmum vient de l'Alleman sturm, qui signifie tempête, & ensuite fédition, attaque, affaut qu'on donne à une place. Voyez ci dessus effour.
ETOURDI. Le Président Faucher, chapitre 1. de l'Origine des Chevaliers, croit que ce mot vient de celui d'étour, & qu'on a premierement appellé étourdis, ceux qui dans les étours étolent affoiblis, & comme endormis, à force de coups. Il vient de l'Italien stordito, fait de stolidus. Stolidus, stolidire, stolidire, stordire, ETOURDI. Stolidito, stolidito, stordito, ETOURDI. M. E T O. E T R.
ETOURDI. Wachter dans son *Glossarium Germanicum*, page 139, condamne l'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, & il le fait venir, de même que l'Italien *flordito*, de la Langue Celtique. Voici ses termes: BISTURET, *percussus*. *Lutherus habes* verftürat *alt.* 11. 6. *quod idem*. *Quemadmodum percussus Latinis alio vocabulo dicitur* attonitus, *Gallis* eftonné, *Germanis* eſtaunt, *notione a fragore petita*; *ita rufus idem nobis vocatur* beſtürat, *Gallis* eftoutdi, *Italis* flordito, *a Celtica voce twrdd* *freptius*, *clanger*, *ioniru*, *quam ſofit* *Roxbornius* in *Lex. Ant. Brit. Ita etiam Gracis a ſtorrō fit iſchōtōrō* attonitus. *Spartius origines* (quales ſunt ſurdatus & ſtolidatus) qui ſcire deſiderant, adeant *Ferrarium* in *voce Italica*, *Menagium* in *Gallica*.[{"box_2d": [118, 270, 485, 436], "label": "text", "caption": "ETOURNEAU. De *flupellus*, diminutif de *flurnus*. Nous appellons *poil d'étourneau*, un certain poil de cheval, de ſa reſſemblance au plumage des étourneaux. Et à ce propos il eſt a remarquer, que les Grecs appelloient *étourneaux*, les chevaux qui étoient de ce poil. Euftahius ſur l'Iliade, page 1216. de l'édition de Rome: *in* 2 in *fup* *fupic*, *fivru* *fupic* *fivr*, *a* *furn* *fup* *fup* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* 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*fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, *fup* *fupic* *fupic*, Romain. Pour moi je pense que les peuples du septentrion en furent les inventeurs : parce que leur humeur guerriere, & la qualite de leurs pays marreageux, les obligeoit d'aller d'ordinaire a cheval; & que, loriqu'ils se repaindrent sur les terres de l'Empire, ils y en porterent l'usage. Ce qui me confirme dans cette opinion, est que le plus ancien Auteur qui faite mention des etrieux; est S. Jérôme, qui vivoit quelque tems apres que ces peuples commencèrent a se deborder sur l'occident : car dans une de ses epitres on its ces paroles, Jumentum conscientorum jam pedem habuisse in hiftapia; car en ce tems-la on appelloit les etrieux hiftapia, ou fapia, comme il se lit dans une vieille inscription, rapportée par Hieronymus Magnus, au livre ci-dessus allegue. Mais ce n'est ni de l'un ni de l'autre de ces deux mots qu'il faut deriver celui d'eterie; mais bien de strepa, qui signifie meme chose. Cæfarius, Moine de Heilterbach, livre v. de ses Histoires Memorables, chapitre 36. Nunquam equum suum ascendit, quin ille praparatus esset, & genu flexo strepam teneret. Et au liv. 7. chapitre 33. Apprehendensque strepam equi ejus, ut ascenderet pracepit. L'Histoire des Archevêques de Brême : Dufcendenti de equo tenuit strepam. Metellus Tegerseensis, dans ses Quirinalia : — Haret pes sibi dexter In strepa. J'omets encore a dessein plusieurs autres lieux, par lesquels il paroît combien Marcellus Donatus s'est meconté dans ses Dilucidations de Suétoine, sur le chapitre 3. de la Vie de Caligula; où il avance ces paroles: At quis ignorer Strepas non esse Scaffas, sed potius genus calciamenti seu crepida, ita dictum, a verbo strepo, quod est pedibus vel alio quocunque modo jireptum facere. Or il est vrai-semblable que strepa vient de quipus, ou de quipus, qui signifie tourner; parce que les etrieux étant pendus a l'etriviere, le tournent facilement de tous cotes. M. de Saumaise veut pourtant qu'etriviere vienne d'afraba, qu'il prend pour l'eterie; fondé sur cet endroit des Gloves d'Isidore: Aftraba, tabella in qua pedes requiescent : où pourtant il n'est fait mention ni de ielle, ni de cheval. D'ailleurs, il est contraint d'avouer que acquo, dans Suidas, signifie l'arson de la selle; & que ces paroles de Nicetas, en vix acquo, acquo, signifient desarponner. Mais puisque nous avons fait voir que strepa est un etrieu; il est bien plus vrai de dire que de streparia on a fait etriviere. Dans les Gloves, strepus, quipus, c'est le lien avec lequel on attache la rame à la cheville. Ce mot vient de quipus. Caenewue.
ETRIEU, ou ETRIER. De streparium, fait de strepa : lequel mot strepa se trouve en la meme signification dans les Auteurs de la Basse-Latinite. Cæfarius-Monachus, livre v. de ses Histoires Memorables, chapitre 36. Nunquam equum suum ascendit, quin ille praparatus esset, & genu flexo strepam teneret. Et livre vii. chap. 33. Apprehendensque strepam equi, ut ascenderet pracepit. Matthieu Paris, dans la Vie de Henri III. en l'année 1244, parlant d'Engelrame de Cuscly. Equino pede ad aliquod offendiculum titubante, corruit supinus in profundum; ad quod tamen propria strepa pertrathus est, violenter, & tunc infoliciter. Et en l'année 1241, parlant de la mort du Comte Gillebert : Vacillare, & post paullum corruit ab equo semivious; ipsum una streparum retinente, & peragram spatio aliquo sic trahente. Et strepa a été fait de l'Alleman stref, mot de même signification. De strepa, les Espagnols ont aufil fait effrho. Ils ont dit afraba en la meme signification. Isidore, qui étoit Espagnol: ASTRABA, tabella, in qua pedes requiescent. C'est ainsi que M. de Saumaise sur l'Histoire Auguste, page 163. & 164. explique cet endroit d'Isidore : dont M. de Caenewue ne demeure pas d'accord. Acquo dans Hésychius, est interprété in vix est Ierum Etrus, & quipus, si audis, qui. Mais comme ce mot dans Suidas signifie l'arson de la selle, il n'est pas bien constant que dans le passage d'Hésychius acquo, signifie un etrier. ¶ De strepa, on a fait streparia, dont nous avons fait ETRIVIER. Il me reste à remarquer, que les anciens Grecs & Romains n'avoient point l'usage des etriers : ce qui paroît par leurs medailles & par leurs statues : & le plus ancien Auteur qui en ait fait mention, c'est S. Jérôme. Voyez Voissius de Vitiis Sermonis, livre 1. chap. 7. M.
ETRIF. ETRIVER. Voyez M. de Caenewue. M.
ETRIVER. C'est débattre de paroles. Etrif, c'est-à-dire, contention & débat. Le Traité des Vertus & des Vices : Etrif & contens, est quand l'un dit à l'autre, si su non su. Il y a grande apparence qu'il vient du verbe Latin-barbare striviari, qui signifie meme chose. L'Auteur anonyme des Vies des Peres, traduit en Latin par Pelagius, Diacre de Rome, au livre 16. raconte comme quelques Religieux rencontrèrent certains jeunes enfans qui étoient sous la discipline d'un bon Abbé, lesquels débatoient entre eux avec des paroles sales; & qu'ayant été voir l'Abbé, ils lui dirent : Quomodo a quiescis tecum habere pueros istos, & non pracipis eis ne strinentur! Où en ce cas il faut lire strivientur. Rufin, liv. 3. de ses Vies des Peres, qui raconte la meme Histoire, rend le meme discours en ces termes : Quomodo, et non pracipis ut non ita vociferentur? Or ce qui confirme d'autant plus mon opinion, c'est que le Jésuite Heribertus Roisvelius, sur cet endroit, semble être de ce sentiment. Flandris Strijen est contendere; et Gallis est triver, litigare. Nesccio an allusione ad hoc verbum Latinum. Ce sont ses termes. Caenewue.
ETRIVER. Il y a toute apparence que le Latin barbare striviari, d'où nous avons fait etriver, & qui signifie, contendere, rixari, vient de l'Alleman streben, ou du Flaman streven, ou de l'Anglois strive, qui tous trois ont la meme origine, & signifient la meme chose que striviari. Wachter, dans son Glofar. German. page 1623. STREBEN, niti, omnibus viribus conari; widerstreben obniti, resistere, repugnare. Belgis streven, & tegenstreven; Analis strive, & strive against; Suecis strafwa & strafwa emoot. Martinius in voce nitor: Germanis niti est streben, eleganti voce, quasi expiatis (formam vim) adhibere. Gallis vettorcer, Italis sforzarsi. Stadenius tribuit etiam Gallis estrever. Ipsum vero streben deduxit a straf rigidus, durus, astrictus. Secundum hanc etymologiam, niti est astringi, contrahi, & obfirmari, ad aliquid consequendum; & nisus, astrictus virium, qualis illa apud Virgilium Eneid. 32. Verte omnes tete in facies, & contrahe quid quid Sive an uis sive arte vales. * E T R. E T U.
ETRIVIERE. Voyez étriu. Caïeneuve.
ETRIVIERE. D'afrabarum, fait d'afraba. Les Glofes d'Ifidore: Afraba, tabella in qua pedes requiessunt. Voyez M. de Saumafse fur l'Hiftoire Auguste, page 163. & 164. Ou plutôt de fteparia. L'ériu est appellé ftruwa dans un manufcrit de la Bibliotheque du Roy. Voyez étriu ci-dessus. M.[{"box_2d": [117, 161, 476, 543], "label": "text", "caption": "ETRON. De ftrunus: dont les Latins se font servis en la même signification. Les Glofes anciennes: ftrundius, five ftrunus, avius. Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & vix. & Bonaventura Vulcanius corrige truncus, & 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EUD. EVE.
EUCHOLOGE. C'est ainsi qu'on nomme le Rituel des Grecs, où l'on trouve tout ce qui appartient à leurs cérémonies, soit dans leurs liturgies, soit dans l'administration des Sacremens, soit dans la collation des ordres. Ce mot est Grec, & signifie littéralement discours de prières, de *exo priere*, & *exo discours*.
EUDISTES. On appelle ainsi une Congrégation de Prêtres séculiers, parce qu'elle a été instituée par le Père Eudes, qui était frère de Mersey, Historiographe de France. Le Père Eudes avait été Prêtre de l'Oratoire, & il en sortit pour établir sa Congrégation. Il l'établit d'abord à Caen; d'où elle s'est répandue dans la France, & sur-tout en Normandie.
EVE. Vieux mot François, inusité, qui signifie deux choses : de l'eau, & une jument. Dans la première signification, il vient d'aqua; comme *évier*, d'aquarium. *Aqua*, *aqva*, EVE. *aquarium*, *aquarium*, EVIER. Dans la seconde signification, il vient d'aqua. *Equa*, *eqva*, EVE. Et ce mot se trouve en cette signification dans l'ancienne Costume d'Anjou & du Maine, non imprimée, au titre le *Hers est pendu*. *Le Hers est pendu*, quand il emble chevaux, ne éves. Les Gaïcons disent *éque*, dans la même signification. Voyez ci-dessus *égue*. M.
EVE, dans la signification d'eau. Je crois que ce vieux mot vient du Saxon *ea*, qui veut dire la même chose, plutôt que du Latin *aqua*. Voyez ci-dessus *Eau*.
EVE. Nom propre de la première femme. Elle fut ainsi appelée par Adam, du verbe Ebreu *mn hbaah* vivre, parce qu'elle était la mère de tous les vivants, comme il est dit Gen. III. 10. *Eve* se dit en Ebreu *mn hbaah*, d'où l'on a fait le Latin *Eva*, par le retranchement des aspirations, ainsi que dans plusieurs autres mots. C'est l'écriture qui nous donne elle-même l'étymologie de ce nom. Quelques Rabbins néanmoins qui veulent jouer sur les mots, ne laissent pas d'en donner une autre. Ils décrivent le nom d'*Eve* du verbe *mn hbaah*, qui signifie *indiquer*, *découvrir*, *faire connaître*; & ils disent que la première femme fut appelée *Eve*, parce qu'elle découvrait ce qu'elle savait, c'est-à-dire parce qu'elle aimait beaucoup à découvrir. De-là cette Sentence des Rabbins : Dix mesures de paroles sont descendues dans le monde, & les femmes en ont enlevé neuf.
EVEILLECHIEN. Nom de famille du Loulinois. Cette famille a été ainsi appelée de l'alliance de Renée Eveillechien avec François du Plessis, premier du nom, Seigneur de Richelieu, quatrième ayeul du Cardinal de Richelieu. M. du Chesne, au chapitre 8, de son Histoire du Plessis de Richelieu, rapporte l'origine de cette Renée Eveillechien à Herbert, ancien Comte du Mans, qui, dans les guerres qu'il eut contre Fouques le vieux, Comte d'Anjou (lequel avait contraint Hugues, Comte du Maine, son père, de lui faire hommage), fit plusieurs courses sur ses terres, & épouventa tellement les hommes & les chiens par les furieux ailleurs qu'il livra, tant à la ville d'Angers, qu'aux autres plus fortes places du pays, que chacun était contraint de veiller sans intermission; d'où il fut surnommé *Eveillechien*. Odericus Vitalis, livre IV. de son Histoire de Normandie : *Herbertus Cenomanorum Comes ex profapia*, *ut fester*, *Caroli Magni originem duxit*; & *vulgo*, *fed parum Latini*, *cognominari* Evigilans-canem *pro ingenti probitate meruit*. *Nam pest mortem Hugonis patris sui*, *quem Fulco senior sibi violenter subjugat*, *in eumdem arma levanu nocturnas expeditiones crebro agebat*; & *Andegavenfes homines & canes in ipsa urbe*, *vel in operibus oppidis terrelat*; & *horrendis assultibus privides vigilare cogebat*. M.
EVEILLE-FOU. On appelleait ainsi chez les Moines libertins, la cloche qui sonnait les matines. Ils traitaient de tous ceux qui se levoient de bon matin pour aller chanter à l'Eglise. Dans une Charte de l'Hôtel-Dieu d'Angers de l'an 118, on trouve *tintinnabulum*, *quod evigilans flutum dicitur*. Au contraire, à l'entour du timbre ou de la cloche qu'on sonnait pour aller au réfectoire, quelques uns avoient mis un vers, en cessermes, ou à peu-près : *Vox mea vox grata est, quia prandia dico parata*. Il y a encore de ces timbres dans quelques Monastères de Bénédictins, qui sont maintenant très-regles.
EVENTAIL. D'exventabulum. Le Glossaire de Vendôme : *Flavellum ventabulum*. M.
EVESQUE. On fait assez qu'il vient du Grec *inieuens*, & je ne parle de ce mot que pour faire observer l'altération qu'il a souffert en passant dans la Langue Française. Cette altération n'est pas toutefois si grande qu'il semblerait d'abord. Le premier P. d'*episcopus* a été changé en V, qui est une lettre du même organe. Le changement d'I en E n'est rien. On conservait autrefois la lettre S, puisqu'on écrivait *Evesque*, à quoi on supplée aujourd'hui par l'accent circonflexe. Ainsi il n'y a proprement de retranché que le dernier P, & l'O; & selon la méthode étymologique de M. Ménage, *Evesque* aura été fait d'*Episcopus* en cette manière : *Episcopus*, *Evescopus*, *Evescopus*, *Evesc* *Evescus*, *Evesque*, *Evesque*. Quant au mot Grec *inieuens*, il signifie *surveillant*, ou *inspecteur*; du verbe *inieuens*, *inibio*, *visito*. Les Athéniens appelleaient de la forte ceux qu'ils envoient dans les provinces de leur dépendance, pour voir si tout se passe dans l'ordre. Les Latins ont aussi donné ce nom à ceux qui étaient Inspecteurs & visiteurs du pain & des vivres. On voit par une lettre de Cicéron qu'il avait eu lui-même cette charge. *Episcopus ora Campania*. On appelleait aussi *Diocese*, *Iisum* , l'étendue d'un Gouvernement ; & Cicéron s'en est servi en cesser. Ces mots ont été pris des Payens, & depuis consacrés par les Chrétiens, comme une infinité d'autres.
EVIER. Lieu pour vuider les eaux d'une cuisine. Voyez ci-dessus *Eve*. M.
EUPHRATE. Nom propre d'un fleuve d'A- fie. C'est une erreur de croire que ce nom est composé de son nom Ebreu *mœ pherath*, & du pro-nom *mœ hou*, qui se trouvent joints ensemble, Gen. II. 14. ce que plusieurs habiles gens ont pourtant cru. Les Grecs ont changé *Pherath* en *Euphrates*, en ajuissant ce mot, ainsi que tous les mots étrangers, au génie de leur Langue: comme s'il étoit dérivé du verbe *iopparius reimur*, à cause de l'agrément que porte l'Euphrate dans tous les lieux de son passage. Cette étymologie a été reçue de plusieurs, comme Saint Ambroise l'a remarqué. Peut-être aussi que les Grecs ayant là que ce fleuve étoit nommé de la sorte à cause de sa fécondité, ils ont rapporté l'origine de son nom au mot *ioppares*, qui signifie *ferrii*, & y ont accommodé ce nom. Peut-être, sans avoir en vue ces étymologies de *Pherath*, ils ont fait *Euphrates*, comme de *Thabor* ils ont fait *Aubryius*, & de *Derceto*, *Ater-gatis*. La Langue Françoise aime pareillement à commencer plusieurs mots par un *e* qui ne se trouve point dans leur racine. C'est ainsi que de *cipe*, nous avons fait *etage*; de *spiritus*, *esprit*. Il y a plus d'apparence que les Grecs entendant nommer ce fleuve *mœ* *happhphath*, avec l'article *n he*, joint à un *pathach*, c'est-à-dire un *a* clair, dont le son approche d'un *e*; & changeant, comme il est très-naturel de le faire, & qu'il s'est souvent fait en plusieurs Langues, le premier *ph* en *n*; de *happhphath* ou *happhphath*, ils ont fait *Euphrates*, & avec la termination Grecque *ioppares*. Quoi qu'il en soit, le mot Ebreu *mœ pherath* ou *phrath*, comme l'a remarqué M. Huet, dans sa Dissertation sur le paradis terrestre, & presque tous ceux qui en ont cherché l'origine, vient du verbe Ebreu *mœ pharath*, qui signifie *fruciper*, *croitre*, *Lang-menzer*; & dans la conjugation hiphil *ferrii*, *revdre* *fécund*; parce que ce fleuve en s'augmentant, porte par ses innondations la fertilité dans tous les lieux qu'il arrose. C'est le sentiment de S. Jérôme, de la plupart des interprètes de l'Écriture, & des Rabbins. Jofephe écrit le nom Ebreu de l'*Euphrate*, par *quà*, le prononçant à la manière des Arabes, & il l'explique *exubation* à *dô-loc*, *diffpation* ou *fleur*, le dérivant du verbe *mœ phour*, qui signifie *se déurnire*, *se diffpier*, à cause de l'écoulement, & pour ainsi dire, de la diffpation des eaux de l'Euphrate; ou du verbe *mœ pharath*, *fleurir*, *germer*, parce que les eaux de ce fleuve font fleurir & germer les terres qu'elles baignent. On s'étonneroit qu'un Juif allât chercher des origines si éloignées & si forcées, ayant celle de *mœ pharath*, si proche & si naturelle, si l'on ne savoit d'ailleurs qu'il ne raffinoit pas sur la Langue Ebraïque. E V R E U X. Ville de Normandie. D'*Eburonices*. Les peuples de ce pays-là ont été appelés *Eburonices*, parce qu'ils font sur la rivière d'Eure. D'Eur. *Eb*, en bas Breton, signifie *fur*, *près*. On a de même appellé ceux de Liège *Eburones*, à cause qu'ils font sur la rivière d'Ours: & Yorch, *Eburacum*, parce qu'il est sur la rivière d'Ouse, qu'on nommoit anciennement *Urus*. Voyez Camden, page 571. *M.* E U R I P E. Détroit de mer entre la Béorie & l'Île d'Eubée ou Negrepont, où les courans font si violens qu'on dit que la mer y flue & reflue sept fois par jour. On a depuis attribué ce nom à tous les endroits où l'eau étoit dans un grand mouvement, ou une agitation irrégulière. Il vient du Grec *ioppares*, fait de l'adverbe *i, facile*, & du verbe *iou* *pracipite*, ou *iou* *iou* *ventio*; comme qui dirait, *ioppares* *iou* *iou* *iou* *ventio*. E V R O L E S. Nous appellons ainsi en Anjou, les ampoules ou veffies qui viennent sur le corps humain. D'*aquariola*. Voyez *aërole*, dans les Origines de M. de Cafeneuve. *M.* E U R O P E. Une des quatre parties du monde. Ce nom est fort ancien. Les Grecs ont dit *Euppares*, & les Latins *Europa*. On ne convient pas de l'origine de ce nom. Les Poètes ont dit que Jupiter pour faire honneur à Europe, fille d'Agenor, qu'il enleva, donna son nom à une des parties du monde. *Tua felitas orbis nomina ducer*, lui dit Venus dans Horace, livre III. Od. 27. Hérodote, dans son IV. Livre, appellé Melpomène, avoue qu'il ne fait ni d'où vient le nom d'*Europe*, ni qu'il a donné à la partie du monde qui le porte. Béchart dans son Phaleg, livre IV. chapitre 33. croit qu'il vient du Phénicien *mœ* *mœ* *mœ* *appa*, c'est-à-dire, *blanc de visage*, ou *visage blanc*; & que les Carthaginois nommèrent de la sorte cette partie du monde, à cause de la blancheur du visage de ceux qui l'habitent, lesquels ne font ni bazaînés comme les Asiatiques méridionaux, ni nous comme les Ariquains. D'autres croyent que l'*Europe* a été ainsi nommée d'une contrée qui étoit dans sa partie orientale, proche de l'Asie, & que l'on rencontroit la première en venant d'Asie. Elle fait la partie orientale de la Thrace, & s'étendoit tout le long de la côte qui regarde l'Asie mineure, depuis le pont Euxin, jusqu'à l'Archipel. Ce dernier sentiment paroît fort probable. Dans l'antiquité & dans les siècles poltérieurs, & même jusques à nos jours on a souvent donné à tout un grand & vaste pays, le nom de la première contrée que l'on rencontroit en y abordant. Les deux autres parties du monde conaués dans l'antiquité, savoir, l'Asie & l'Afrique, doivent leur nom à cet usage. Il en est de même de l'Allemagne, du Canada, & de plusieurs autres régions. Mais ce sentiment, quelque probable qu'il paroisse, ne nous découvre pas l'étymologie du nom d'*Europe*, qui est ce que nous cherchons. Wachter, dans *Soc. Glufserium Germanicum*, page 399. en propose une qui mérite d'être rapportée ici, quand ce ne seroit qu'à cause de sa singularité. La voici dans les termes de l'Auteur: *EUROPA*, *paris mundi occidentalis & borealis. Euflatinus dictam vult, quasi ioppares latam afpectu, pulchram. Feltus*, *ab Europa Agenoris filia. Boeberus Parnis ait Europam dici ut appa, quasi terram inuonipour, quia Europæ Africanus candore faciei multum superant. Quid si Europa sit terra illustrium, sicut Asia est patria Deorum, & Africa regio finiarum? Nonne optimus verborum sensus in singulis, conjectura reddit opinabilem? Atqui at Celtica lingua est terra, & rose Anglo-Saxonica clarus, celebris, illustris, à ropén, rufen celebrare. Reliquas orbis partes vide in loco. Les peuples de l'Asie appellent l'Europe *Franckistan*, c'est-à-dire, en Langue Persienne, *pays des Francs*, ou des *François*; & ils appellent tous les Européens *Franckis*, parce que les François font les peuples qu'ils ont le plus connus, à cause des grandes expéditions de ceux-ci en Asie. Les Européens sont enfans de Japhet: car l'Europe fut peuplée après le déluge par les enfans de ce fils de 568 EUS. EXA. EXC. EXE. Noé ; & les payens même ne l'ont pas ignoré. Ils le nomment Japet. *
EUSE. Ville de . . . . . La Coste, page 168, de ses Commentaires sur les Décrétaits de Grégoire IX. Et in Concilio Agathensi subscripsisse reperto Clarum Elusa Metropolitanum, & Nicerum Auxiorum Episcopum. Sed Elusa diruta, de qua Claudianus illo loco : Invadit muros Eluse, potissima dudum Tecta petens. Diruta, inquam, Elusa, qua hodie sine Episcopo est, & in vicum redacta, vulgique vocatur Euse, Metropolitanum Sedem obtinuit Episcopus Auxensis : sic vocatur apud Flodeard, lib. 2. cap. 5. Hist. Ecclesi. Rhem. Et ita lege in veteri Provinciali Ecclesia Romana Ms. Vasconiam divisam esse in Vasconiam curtam, & Vasconiam longam : Vasconia longa caput esse Burdegalam, Vasconia curta Anxium. P. J. Add. EXAMINE : pour uſi. Un manteau bien examiné. Papias : Confecta, debilitata, imminuta, examinata. M.
EXARQUE. Vicaire de l'Empereur d'Orient, ou Préfet qu'il envoyoit en Italie, & qui demeuroit à Ravenne, pour la défendre contre les Lombards. Exarque, dans l'Antiquité Ecclésiastique d'Orient, étoit une dignité qui répondoit à celle de Primat. C'étoit aussi le nom d'un Supérieur Général de plusieurs Monasteres. Ce mot vient du Grec. Ἑαρχή, qui signifie Chef, Commandant. Homère, Philon, & d'autres Auteurs, donnent le nom d'Exarque aux Maîtres des Chantres d'un Chœur, ou à celui qui chante le premier. Car le verbe ἀρχω signifie également commencer, & commander. *
EXCOMMUNIE. On appelloit ainsi anciennement un scélérat & un méchant. Philippes de Commines, livre v. chapitre dernier : Ne स्नto-vil pas plus juste envers Dieu & le monde, de lever par cette forme, que par volonté désordonnée ? car nul Prince ne le peut autrement lever par oëtre, comme dit est, si ce n'est par tyrannie, & qu'il soit excommunié. Matthieu Paris, en l'année 1251. Conſturbant ad ipſorum conſortium fures, exules, fugitivi, excommunicati, quos omnes Ribaldos Francia vulgariter conſuevit appellare. M.
EXCOMTE. D'excompun, Touchant la définition du mot, voyez Savary, dans ſon Parfait Négociant, partie première, chap. 2. & 29. On prononce eſcomte : & ce mot ſe trouve ainsi écrit dans le Dictionnaire de M. Richelet. M.
EXEDRE. C'étoit chez les Anciens un lieu où diſputoient les Philoſophes, les Rhétoriciens, &c. Budée croit que ce que les Anciens appelloient exedres, convient aſſez avec ce que nous appelions Chapitres, dans les Cloîtres de Moines, ou de Chanoines. Le mot exedre vient du Grec Ἑδρα, fait du verbe Ἑδραμῶ ſedeo, & ainsi nommé à cauſe du grand nombre de ſicere qu'il y avoit dans ces lieux, & de la commodité qu'on y trouvoit pour s'aſſeoir. Il ſemble que dans Cicéron exedra ſe prend pour un Cabinet d'étude, où il y a un petit lit pour ſe repoſer. Vitruve empoſie ce mot en pluſieurs ſignifications. *
EXILE. Comme une terre-arie & exilée : laquelle expreſſion ſe trouve ſouvent dans Froiſſart, & chez nos anciens Auteurs, dans la ſignification d'une Province détruite & gâtée par le fer & par le feu. A Metz on dit d'une choſe gâtée, ou réduite à rien qui vaille, qu'elle eſt chillée : ce qui eſt proprement l'exile de Froiſſart. Et je ne doute point que ce mot ne ſoit un compoſé de miliare, fait de nihil, qu'on prononçoit autrefois nichil. Le Duchat. non venit ; si eum aut infirmitas, aut Ambascia Dominica detinuerit, vel forte aliquem de proximis mortuum inter domum suam habuerit, per ista sun- nis se potest homo excusare : alias de vita componet. Similiter Leg. Ripuar. tit. XXXII. §. 1. & Longo- bardica sapiens. Item in Constitutionibus Karol. Si quis ad manuum Legibus mannitus fuerit, & non venerit, si eum sunnis non detinuerit, xv. solidis culpabilis judicetur. Eum ad locum annotavit Vitus Amerpachius, putare se sunnis esse reconciliationem cum adversario, a Germanico sunen, versunen : aut cere generale esse vocabulum, quodvis notans ne- cessarium impedimentum. Posterius malo. Nempe ut sit à sunen, versumen, sicut diximus. Glossa : Sunnis, impeditio. Sonnis impedimentum. Apud Papiam pro eo est sunnis ; quod proprius accedit ad Germanicum saumnis, vel Belgicum versuymonia. Nec solum sunnis, sunnis vel sonnis ; sed etiam sun- nia dixere, vel sonnia. Marculphus Monachus, li- bro 1. Formul. 17. Ipse nec venisset ad placitum, nec nulla sunnia nuntiasset. Hoc est, nec impedi- menti nos fecisset certiores, quo foret excusarior. Vir summis (c'est M. de Saumaise), à sonrico morbo, vel causa-sonica, sonniam nomen deflexum suspi- cabatur. Sed omnino vox est à Germanis, ut dixi- mus. Ac ab eodem somnis, vel sunnis, est Gallicum LISGINE, vel EXGINE, 2 ante 2, more gentis, pra- misso. Indeque Barbarum essonia iridem pro impe- dimento, non ex Latino-barbaro exidoneare ; quod traditum nonnullis : plurimum enim significatio ho- rum distas. C'est dans son Livre de Vitiis Sermonis, page 189. Voyez François Pithou sur la Loi Sali- que, titre 1. & dans son Glossaire ; & Lindem- brog, aussi dans son Glossaire. Ce mot est ancien dans notre Langue. Hinc- mar au Roi Charles le Chauve : Qui mittens ad Dominationem vestram, excusationem impossibilitatis sua illuc veniendi mandavit, requisita est, quam pa- triotica lingua nominamus EXONIA, quia venire ne- quiverit ; quod haellenus est inauditum. C'est ainsi que M. du Cange a rapporté ce passage, que je trouve autrement dans Vossus de Vitiis Sermonis, où il y a, Quò mittens, &c. Il n'y a point de man- davit, & ce mot gâte le sens. M.
EXOINE. Je ne sais s'il ne viendroit pas d'af- vin, qui, dans la Langue de Galle, signifie ab- sentia excusario. Huet.
EXPLOITER. Voyez la remarque sul- vante. M. EXPLOITS militaires. D'explicare : qui se trouve pour facere. Valère Maxime 2. 9. 7. Equestris quoque ordinis bona magnaque pars qua- dringenti juvenes censorium notam patiente animo sustinuerunt : quod M. Valerius, & P. Sempronius, quia in Sicilia ad munitionum opus explicandum ira juss, facere id neglexerant ; equis publicis spoliatos in numerum arariorum retulerunt. Martial livre 1. Epigramme 104. Deque decem, plures semper servantur oliva : Explicat & canas unica mensa duas. Explicatum, explicitum, explicitum, expletum, EXPLOIT. Explicitare, EXPLOITER. Cette etymolo- gie est confirmée par cette remarque de Bourde- lot sur le mot exploiter : Dans des Arrests de la Cour : Ballivum malè expletasse. Quelquefois il s'y trouve, explectare, & explectavit, & explecta- verunt. ¶ EXPLOIT, terme de Palais, a la même origine : comme qui diroit, l'intention expliquée. Nous disons EXPLOITER UNE TERRE, pour dire, la faire valoir, en jouir. Ce que les Ectivains La- tins des bas siècles appellent expletare : comme les revenus, expleta. Sur lequel mot expletare M. du Cange a fait cette Note : Couvellus vocem ab explé deducit : quod vix crediderim. Forte, quod ex placito, seu paulo, cum Firmariis Domino cedit ex preventibus agri. Exploiter, en cette significa- tion, pourroit bien aussi venir d'explicitare. M.
FABLIAU. Vieux mot, qui signifie Poë- me. Voyez le Président Fauchet. De fabu- la. Fabula, fabulum, fabulellum, YABLIAU, FABLIAU. M.
FACE. Termes d'Armoiries. Bethune & Sain- te Maure portent d'or à la face de gueules. Par cor- ruption, pour fasce. De fascia. On a dit de mé- me face : de fasciatus. Voyez fesse. M.
FACHER. De fascinare. Les Glosses d'Isidore : Fascinat, gravat. Ce verbe est formé de fascis. Ainsi d'SSS, qui signifie un fardeau, une charge, est pris pour un déplaisir & une fâcherie. Car de fas- cis & fasciculus, qui furent pris par métaphore pour les douleurs & les déplaisirs dont le cœur d'une personne affligée se trouve chargé, on for- ma fâcherie. Adam de Brême, dans des vers qui se lisent après son Histoire des Archevêques de Brême : Tu solvis populi duram cervice catenam ; Fasciculusque graves ab onusta plebe repellens ; Afflicta gentis marorem in gaudia vertis. Caseneuve.
FACHER. Henri Etienne dans ses Hypom- neses de la Langue Françoise, à la page 112. le dérive de fascis : Nonnunquam metaphoricam La- tino vocabulo significationem dedimus, vel potius dederunt illi maiores nostri, quam id ex Latio in Galliam migrare vellent. Veluti quam ex fasce feci- mus fâcher : deinde, ex hoc verbo nomen fâcherie. Sed tantum abest ut hunc metaphoricum usum repre- hensione dignum existimem, ut contra festivissime pa- riter & elegantissime dictum quempiam arbitrer, ex Virgilio, Ego hoc te fasce levabo, significare vo- lentem quod dicimus, Je vous ostray cette fâche- rie : vel, de cette fâcherie. M. de Caseneuve a eu la même pensée. FACHER, dit-il, de fascinare, &c. Voyez l'article précédent. Charles de Bovelles le dérive de fastidire. FAS- C c c c
CHIER, dit-il : *inde fâcherie, à fâstidio*. Et Bourdelot ; FÂSCHER, *fâstidire*. Ce sont les termes de Bourdelot. Il ajoute : FÂSCHIUX, *fâstidiosus ; vel à fâce, eſtré à charge*. D'autres le dérivent de *fatigare*, que les Latins ont dit pour *offiner*, & *piquer par brocards & par railleries*. Donat sur ce vers de l'Éunuque de Térence, *Quo pacto Rhodium tetigerim in convivio* :
TETIGERIM, *luſerim, fatigaverim*. Le vieux interprète de Juvenal sur cet endroit, *Et falcins nſum moſſe facetus : id eſt, facetis urbicis abundans : id eſt, urbanus : id eſt, qui folebas in conviviis jocis omnes fatigare*. Aurelius Victor : *Condiſcipulis quoque qui eum in auditorio verbi fatigatione taxaverunt, pernicioſus-fuit*. Sévère Sulpice dans les Dialogues : *Facis, Sulpici, tuo more, qui nullam occaſionem ; ſi qua tibi perreſta fuerit, omittis, quin nos eſtacitatis fatiges*. Et peu après : *Sed ſuperſedendum eſt, no Gallus ſeſe exiſtimet fatigari*. Et ailleurs : *Tum ille, ſicut eſt verecundiffimus, aliquamulum erubeſcens, dum fatigationem meam accepit*. Valerien Homélie v. 1. *Otiſa verba ſunt ſignata convitia, ſtulta fatigatione compoſita*. Gregoire de Tours VIII. 42. *Dum à Fredegende Beppoleus Dux valde fatigateur, nec juxta perſonam ſuam ei honor deſtus impendereſtur*. Voyez M. de Saumâſe sur l'Histoire Auguſte page 482. J'ai autrefois ſuivi cette dernière opinion : qui eſt celle de M. de Valois le jeune. Aujourd'hui celle de Henri Etienne & de M. de Caſeneuve me plaît davantage. *Fâcis, fâcins, fâcins, fâcins, fâcins, fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâcins : fâc
FAÇON. FAÇONNER. De *fâctio*, qu'on prend pour *ornement* & *agencement*, on fit *façon*. Les Gloſes : *Factionem, everwiſt*. De *fâctio* on fit *facionarius*, qui ſigniſa celui qui agence & qui orne. Les Gloſes : *everwiſt, facionarius*. Et de *facionarius* on forma *facionare*, dont nous avons fait *façonner*. Caſeneuve.
FAÇON. De *fâctio* ; comme LEÇON, de *lectio* ; CUISSON, de *colcio* ; MAUDIſSON, de *maledicatio* ; MINISSON (qui eſt un vieux mot qu'on a dit pour *benédication*, & dont on ſe ſert encore en Touraine dans la ſignification d'*époſailles*), de *benédicatio* POINÇON, de *puntio*, &c. M.
FACQUE. Etui, pochette. Rabelais, liv. 4. chap. 6. de l'édition de 1548, qui répond au chap. 16. du même livre dans les éditions ſuivantes : *Adonçues miſt la main en ſa facque* : au lieu de quoi ces éditions ont : miſt la main à ſon eſcarcelle. *Farque*, de l'Alleman *fach*, étui, petite bourse. Ailleurs dans Rabelais on lit encore *facque* dans les éditions nouvelles, comme auſſi *faque*, liv. 1. chap. 16. *Le Duchat*.
FACTISTE. Jules Scaliger de *Cauſis Lingua Latina*, livre 4. chapitre 98. *Sunt etiam duo alti modi verbales ; tuſt, uſt, uſt : ut Grammatitis ; & tuſt, uſt, uſt : ut uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & uſt : & u F A C. F A D. F A G. toris vocem qua illam exprimeret, maluerint oleariorum cancellis circumſcribere : eum enim ſolum qui oleum facit, cum pro conſuetudine caſte, tum pro ſignificatione ſtute, appellare licet. Remarquez que nos Anciens diſoient Fatiſte, & non pas Fatiſte. Paſquier livre 7. deſes Recheſches, chapitre cinq : *Au Chant Royal*, le Fatiſte ( *ainſi nommerent-ils le Poëte d'un mot François ſymboliſant avec le Grec* ) étoit obligé, &c. M.
FACTISTE. On appelloit les Hiſtoriens également & *falcins* & *fatiſtes*. Voyez la Préface d'André du Chefne sur les Œuvres d'Alain Chartier. Et c'eſt en ce ſens qu'au liv. 1. ch. 8. de Rabelais, l'Auteur ſous le nom d'*Alcofribas*, ſe qualifie le bon *falcins* de Gargantua. *Le Duchat*.
FACTUM. Les Factions ont été ainſi appellés, parce qu'originairement ils ne contenoient que le fait du procès. Je remarquerai ici par occasion, que Jean-Jacques de la Vergne, Sr de Guilleragues, Avocat au Parlement de Paris, gendre de M. le Maistre, Premier Président au Parlement de Paris, a été le premier qui ait fait un Faction. C'eſt ce que j'ai appris de cet endroit du Dialogue des Avocats, d'Antoine Loïfel ; *De la Vergne, fut celui qui commença à faire imprimer des Factions au procès qu'il eut contre M. le Premier Président le Maistre, ſon beau-père : lequel il gagna qu'ait d'une voix : jusqu'à faire dire à M. le Premier Président qu'il acquieſſait à ſon appel ; autrement, qu'il ſeroit condamné en l'amende : ce qui montre combien on était lors ſévère en Juſtice pour ce regard, & combien les plus avives plaideurs ſe trompent ſouvent en leur fait*. Ce Jean Jacques de la Vergne étoit fils de Pierre de la Vergne, Président au Parlement de Bordeaux. M.
FADAISE. De *fatuacia*, fait de *fatuus*. Voyez *fade*. M.
FADE. De *fatuus* : dont les Latins ſe ſont ſervis en cette ſignification. Martial : *Ut ſapiant ſatua ſabrorum prandia beta, O quam ſape peier-vina piperque coquus !* *Fatuus* a été dit premierement pour un homme inopte. M.
FADRIN. Rabelais 1. 4. *L'Aſemblée de tous Officiers, Truchemens, Pilots, Capitaines, Nauchiers, Fadrins, Heſpailers, & Matelots, fut en la Thalamége*. A Barcelonne on dit *ſadrin*, pour dire *garſon*. C'eſt un bon *ſadrin* : c'eſt-à-dire, c'eſt un bon *garſon*. M.
FAGOT. Il y en a qui le tirent de *fagots*, qui ſignifie un *faſſceau* : ou bien de *fafcis*, comme qui diroit *fafot*. Mais je crois qu'il vient de *fagus*, qui eſt l'arbre que nous appellons *fau*, *fouteau*, ou *haitre*. Car bien que les fagots ſe faſſent de branchage de toute ſorte d'arbres, il eſt croiable qu'ils ont été ainſi appellés, de *fagus* ; parce que les Anciens ont ſouvent compris ſous le nom de cet arbre, preſque toutes les eſpèces d'arbres qui portent le gland ; lequel, ſelon leur opinion, aiant été la viande des premiers hommes, fut appellé *faine*, *d'ouſi, v'ouſi*, qui ſignifie *mangent*. Quoi qu'il en ſoit, *fagus* étoit jadis le droit qu'on avoit de pouvoir faire des fagots dans un bois. Henri F A G. F A I. Duc de Lorraine & de Brabant, dans la Fondation de l'Abbaye de Sainte Gertrude de Louvain, qu'Albertus Miraeus a donnée au public dans le livre intitulé *Notitia Ecclesiarum Belgii : Et Usum lignorum in Sylva mea, qua dicitur blendar, accipiendorum ad necessitatem eorum, & cum uno plaustro tantum : qui usus in nostro vulgari Fagus appellatur. Caesneuve.*
FAGOT. De *facoltus*, formé de *páxē*, qui signifie *fascis*. Ce mot *páxē* ne se trouve point : mais par son diminutif *páxē*, qui se trouve dans Ammonius, au livre qu'il a fait des mots semblables & différents, il paroît qu'il a été autrefois en usage. Voici l'endroit d'Ammonius : *ΦΑΚΕΑΟΣ* qui *ΦΑΚΕΑΟΝ* *δωφίσει*. *ΦΑΚΕΑΟΣ* 1657 *ἐν φαντίον ξύλου*. *Φακείδω* : *φακείως δωμ ἀρχαίος*. *ΦΑΚΕΑΟΝ*, 1 *γεννά φακείουσις ἀποχίσει*. De *páxē*, les Grecs ont dit *páxē*, pour signifier de la *fauge*, à cause que les branches de *fauge* sont comme fagotées les unes avec les autres. De *páxē*, les Latins ont fait *fascis* : & de *fascis*, *fasciculus*. ¶ M. de Caesneuve dérive *fagot* de *fagus*, qui signifie un *fouteau* : prétendant que les premiers *fagots* ont été faits de *fouteaux*. Par ces mots de la Lettre de Paffavantius au Président Lister, page 153. *Tu es unus Lutheranus, qui bene fentius tuos fasciculos*, il paroît que Bese a cru que le mot de *fagot* avoit été formé de *fascis*. M.
FAGUENA. Mauvaise odeur. L'origine de ce mot m'est tout-à-fait inconnue. M.
FAIANCE. Sorte de poterie : ainsi appelée de la ville de Faiance, près de Boulogne en Italie, d'où elle nous est venue. Les Italiens l'ont appelée de même *maiorica*, & *maioica*, de l'Île de Maiorque, d'où elle leur est venue. Jules Scaliger contre Cardan, Exercitation 92. *Ea vasa in Italia nunc audio tam perfeita venire; ut cuivis caissiero, quod ibi vocatur peltrum, anteferatur. Ea, corrupta una litera, a Balearibus, ubi dicuntur excellentissima fieri, maiolica nominantur. Le Taifone dans son Poème intitulé la Secchia Rapita, a fait allusion à cette poterie de Faiance; Di maiolica sina erano armati. Il parle de ceux de Faiance. M.*
FAIANCE. Il se fait aussi de la faiance en Provence dans la petite ville de Faiance : & Mezerat, dans sa Gr. Histoire, Paris 1651. tom. 3. pag. 978. prétend que c'est de-là, & non pas de *Faiance* d'Italie, que cette poterie a pris son nom. *Le Duchat.*
FAIDE. Vieux mot qui signifie le droit de vengeance permis par les Lois barbares aux parens d'un homme tué, quelque part qu'ils trouvaient le meurtrier. Ce mot vient du Latin-barbare *faida*, qui se trouve par tout dans les Capitulaires, & dans les Lois des anciens Germains, & qui est par conséquent d'origine Teutonique. Il signifie proprement inimitié ouverte, vengeance, poursuite. En Anglofaxon on dit *fahtō*; en Islandois, *fad*; en Alleman, *fede*. De-là le Flaman *verde*, & l'Anglois *feud*, qui se prennent pour toute sorte d'inimitié.
FAILLIR. De *fallire* : qui se trouve dans la Loi Salique, Titre XIX. qui est de *Fulmeribus*, paragraphe premier : *Si quis volueris alterum occidere, & colpus ei fallieris : vel cum fagita toxicata enim* *percutere volueris, & ei ictus fallieris. Fallire a été fait de l'Alleman foelen, ou fallieren, qui signifient la même chose : dont les Anglois ont aussi fait *to fail*. Il pourroit aussi avoir été fait du Latin *fallere*. ¶ Voyez *Vossus de Vitis Sermonis*, IV. 8. & *Spelman* dans son *Glossaire*. M.
FAILLIR. Du Latin *fallere*. D'où c'est fait aussi le verbe inusité *falloir*. Ces deux verbes ont en quelque tems une même signification. Il me faut, c'est la même chose que il me manque. Il me faut du pain, c'est la même chose que il me manque du pain. Mais l'usage a donné à ces deux verbes des inflexions & des significations différentes. *Huer*.
FAIMVALLE. Faim canine. Gr. *fouissio*. De *fames caballa*; qu'on a dit pour *fames caballina*. Martial a dit de même *Gallus*, pour *Gallicus*. *Debet enim Gallum vinere verna liber*. Il y a un million d'autres exemples, où le substantif est employé pour l'adjectif. Les chevaux sont sujets à la boulimie. Voyez *Soleysfel* dans son Parfait Mareschal. Et c'est pour cela qu'on a dit *faim caballine* pour *boulimie*; de la même façon qu'on a dit *faim canine*, à cause de la faim presque continuelle des chiens. Ce mot de *faimvalle* est fort usité dans l'Anjou. J'y ai souvent oui dire : *ce petit garçon ne fait que manger*. Je crois qu'il a la *faimvalle*. Ce mot au reste ne se dit plus à Paris que de la boulimie des chevaux. Il me reste à remarquer, que *faimvalle* a été formé de *fames caballa*, de cette manière : *fame caballa*, *fame cavalla*, *fame valla*, *FAIMVALLE*. Je remarquerai ici par occasion, que dans les Glofies anciennes, *fouissio*, *fame vauvée*, est interprété par *furcilla*. Ce mot de *furcilla* en cette signification m'est tout-à-fait inconnu. M.
FAINE. C'est le fruit du *fouteau*. De *fagina* formé de *fagus*. Au lieu de *fagina*, on a dit *fata*, par contraction : d'où nous avons fait FAVE. La Loi des Lombards liv. 1. tit. 19. Si *quis roborem, aut quercum, seu cerrum; quod est modo laiscum; aut glandem; quod est fata; incideris, componat pro arbore remissos duos*. ¶ De *faginus*, nos Anciens ont aussi fait FAIN, pour signifier un *fouteau*. *Deux beaux vaisseaux, & deux potis figurez, De fain faits, & très-bien mesurez.* C'est ainsi qu'un ancien Traducteur des Bucoliques de Virgile, dont la Traduction se voit à la tête de celle qu'Octavien de Saint Gelais, a faite de l'Eneide, a traduit ces vers, *tibi pocula sumam Fagina*. Voyez *fau*, & *fouteau ci-dessous*. M.
FAINE. M. Ménage fait voir que de *faginus* nous avons fait *fain*, ou plutôt *fain* : mais il n'a pas pris garde que *foin* de *fanum*, & *faim*, en Latin *fames*, ont été écrits & prononcés aussi *fain* par nos Anciens. Le Roman de la Rose, fol. 62.v. *Se pauvreté vous veut baller Elle vous fera tant dévaler Sur ung peu de chaulme ou de fain, Que mourir vous ferade fain.* Ce que je ne remarque que pour avoir occasion d'en venir à l'origine des *machefain*, que quelques-uns écrivent *machefoin*. Cette origine est d'autant plus difficile à découvrir, qu'à cela près qu'on voit bien que c'est un terme d'injure & de mépris, on ne fait s'il signifie une personne qui se nourrit de *faine*, qu'on dirait anciennement *fain*; ou de *foin*, que le Roman de la Rose écrit *fain* aussi ; ou une personne qui mâche à veide, & qui par conséquent a toujours *faim* ou *fain*. C c c c ij 572 F A I. F A K. suivant l'orthographe du même Roman. *Mache-fain*, dans la signification d'un homme qui se nour-rit du fruit du fouteau, peut signifier un groffier, un avare, ou un miférable. Dans la signification d'un homme qui mange du foin, *machefain* désigne un brutal : & dans la signification d'un homme qui a faim, il convient aux Praticiens de l'ancien tems, lesquels n'étoient pas si gras que ceux d'au-jourd'hui. *Le Du-hat*.
FAINEANT. De faire, & de niant. Voyez le Président Fauchet liv. 10. de ses Antiquités Françoises chap. 16. M.
FAISANT. Oiseau. Du fleuve Phasis dans la Colchide, d'où il en vient quantité. Voyez Belon dans son Histoire des oiseaux, liv. 5. ch. 12. & Bruyerin. de *re cibaria*, liv. 3. ch. 2. *Le Duchat*.
FAISCEAU. De *fascellus*, diminutif de *fas-cis* : dont les Italiens ont aussi fait *fastele*, par le changement du C en T. M.
FAISTE. De l'inuité *fasum* : d'où *fasigium*. M.
FAITARD. De *faciens tardé*. Villon, dans sa Balade & Oraison sur Maître Jean Cotard : *De bien boire ne fut oncques* *Faitard*. Marot, sur cet endroit : FAITARD, *paresseux*, qui tard fait quelque chose. Et dans son Grand Tef-tament : *Car de lire je suis faitard* : Où Marot a fait la même Note. De *faitard*, on a fait le substantif *faitardise*. M.
FAITISSIER. Comme quand on dit Serge *faitifère* : qui est un mot fort usité dans la Pro-vince d'Anjou. De *faititarius* : à la différence des étoffes étrangères. On a dit aussi *faitis*, de *faitirius*. Le Drapier dans la Farce de Pathelin, parlant de son drap : *Je l'ay fait faire tout faitis* *Ainsi des laines de mes brebis*. M.
FAITURIER. On appelle ainsi en Nor-mandie le Sindic d'une Confrairie. De *Faituriarius*. Huet.
FAKIR. Espace de Religieux Mahométan qui court le pays, & vit d'aimones. *Fakir* est la mé-me chose que Derviche comme d'Herbelot l'a remarqué dans sa Bibliothèque Orientale. Les Per-sans & les Turcs appellent Derviche, un pauvre en général, tant celui qui l'est par nécessité, que celui qui l'est par choix & par profession : & les Arabes disent *Fakir* dans le même sens. C'est pour-quoi il y a des pays dans le Musulmanisme, où les Religieux font nommés Derviches, & d'autres où on les nomme *Fakir*, comme l'on fait particulie-rement dans les Etats du Mogol. Le mot *Fakir* est Arabe : il signifie un *pauvre*, & vient du verbe *fakira*, qui veut dire être pauvre, être dans l'in-digence. Dans une Lettre écrite par le P. Carli-nus de Grimaldis sur la mort de trois Peres Cor-deliers martyrises à Arfenga en Arménie par les Sarrains, & rapportée par Wading dans les An-nales, on trouve ces paroles : *Tune Cadi*, *voca-sis Senioribus Saracenorum*, & *Falqueris*, *id est Religiosis*. N'y a-t-il point une faute ? *Falqueris* ne feroit-il pas mieux que *Falqueris* ? Car on dit *Fakir*, & non pas *Fakir*.
FALAISE. On appelle ainsi les rochers droits & escarpés qui bordent le rivage de la mer. Il est croable que ce mot est formé de *fakir*, qui selon l'étymologique Grec signifie *un écueil* & *un rocher* qui paroît dans la mer : d'où vient aussi que les Alle-mans appellent *fales*, ou *fés*, un rocher. *Cafeneuve*.
FALAISE. On appelle ainsi en Normandie & en Picardie ces *cotaux*, qui font le long de la mer. De l'Alleman *fales* qui signifie *une roche*. Joseph Scaliger sur le 5. livre de Varron de *Re Rustica* : *Doctissimus ver quidam dixit de Falere* : *in quibus*, *quid a candore dictum putat*, *mibi non persuadet*. (C'est de Turnebe dont il parle. Voyez les Ad-verfaires de Turnebe livre 11. chapitre 13.) *Sed quod falesas*, *lingua Normannorum a faleribus dic-tas conatur probare*, *id homini ulli Septentrionali non persuadabit*. *Interroga enim de hoc Vocabulo Sa-xonem hominem*, *aut Germanum*, & *quemvis ex illis paribus unde originem trahum Normanni*, *flatim respondebis Fales*, *aut Fels*, *esse rupem* : *neque aliud esse mis id quod Normannum vocant FALESE*. Lipse dans l'ancien Glossaire Alleman, infère dans sa lettre 44. de la troisième Centurie de ses Let-tres *ad Belgas* : *FELIS*, *rupem*. Et *Falaise*, ville de Normandie, a été ainsi appelée de ses *falaises* sur lesquelles elle est située. Guillaume le Breton dans son Histoire de Philippe Auguste : *Anno ab Incarnatione 1203*. *Philippus Magnanimus*, *flatim post oclavas Pascha*, *cum ingenti multitudine arma-torum intravit Neostriam*, & *venit usque ad oppi-dum quod Falesiam vocant*, *proper firmitatem rupis qua sedet & circumdatur*. Le Sieur de Bourgueville dans ses Antiquités de Normandie : FALAISE est une autre Ville & Vicomté, qui prend sa dénomina-tion à cause des grandes roches qu'on appelle *falaise*, qui l'environnent à l'un des *fauxbourgs*. Voyez M. Hadrien de Valois dans son *Ninitia Galliorum*, au mot *Falesia*. On appelle aussi en Normandie *falaises* ces monceaux de neige que le vent forme. En Touraine, & particulièrement à Amboise, on appelle de la *falaise* du sable menu. M.
FALAISE. Ville de Normandie : ainsi appel-lée, parce qu'elle est bâtie sur des rochers appelés *falaises*. Guillaume le Breton liv. 8. de sa Philippide : *Vicus erat*, *scabra circumdatus undique rupa*, *Ipsius asperitate loci Falesia vocatus*. Cafeneuve.
FALARIQUE. Nom d'une ancienne arme. Grégoire de Tours en parle, *Hist. Francor*. liv. 12. chap. 35. & il semble que c'étoit une espèce de lance, de hallebarde, ou de pertuisane. Sulpitius, dans ses Notes sur Lucain, dit qu'elle ref-ssembloit à une lance ou pique, & étoit armée d'un puissant fer ; que l'on enduisoit son bois de soufre, de résine, de bitume ; qu'on l'entouroit d'étoupes, sur lesquelles on vertoit de l'huile qu'on appelloit *incendiaire* ; & qu'on le décochoit avec une ballite. D'un autre côté il semble que la *fala-rique* étoit une flèche que l'on lançoit contre les tours de bois : car Tite-Live liv. 34. chap. 14. dit que le trait appelle *falarique* étoit terrible, F A L. F A N. 173 quand même il ne feroit entre que dans le bouclier sans toucher l'homme. La ration qu'il en appor- te, c'est qu'on le lançoit demi-enflammé, & que le feu s'augmentant en l'air par le mouvement, on étoit obligé de jetteer les armes pour n'être pas brû- le, & de demeurer ainsi à découvert. Végéce dit, liv. IV. chap. 18. que souvent on mettoit le feu aux machines faites en forme de tours, par le moyen des jalariques. Tite-Live, à l'endroit que nous avons cité, parle de la falarique des Sagun- tins. Ainsi de cet Auteur & de Grégoire de Tours on peut inférer que c'étoit une arme propre des Celtes ou Gaulois, & des Espagnols : & peut-être ceux-ci l'avoient-ils reçue des Celtes qui s'établi- rent le long de l'Ebre. Quelques-uns dérivent ce nom du Grec qu'ici, fait de qui luce, splende. Si cette étymologie étoit vraie, la phalarique auroit été ainsi appelée parce qu'elle étoit une arme en- flamme. D'autres disent que son nom lui venoit du mot Latin jala, qui signifie une tour, & cela parce qu'on se ferroit de la falarique pour com- battre de dessus les tours, & parce qu'on la lan- çoit aussi contre les tours de bois afin d'y mettre le feu.
FALBALA. Voyez Pafecaille.
FALSALA, vient de l'Alleman fald-plat, qui veut dire proprement une feuille pliée ou pliée. M. Leibnitz, de qui je tiens cette étymologie, dit que ce mot est commun dans la haute Allema- gne pour désigner une sorte de jupe qui a tout l'air de celles qu'on appelle falsalai. Le Duchat. FALE : mot Normand qui signifie jalot. L'o- rigine de ce mot ne m'est pas connue. M.
FALLOPE. Voyez FARLOUSE.
FALOT. Je ne fais s'il est formé de qu'ici, qui signifie reluisant, formé de qui luce, comme dit l'étymologique Grec : ou bien si c'est un diminutif de jala, qui dans Nonlus Marcellus, dans Servius, dans Isidore, & dans plusieurs autres Auteurs, si- gnifie une tour, parce que d'ordinaire les falots font faits en forme de tour. Caïeneuve.
FALOT. Florent Chrétien, sur la Paix d'A- ritophane, page 687. le dérive de phallus : & il blame ceux qui le dérivent de qu'ici. Sunt, dit-il, qui parent Gallicam vocem FALOT, esse deterram a qu'ici. Non habent ejus sententia auctores me aetipu- latorem. Nam laterna illa qua harent tereti ligne, & sublimes fursum feruntur, lingua nostra FALOTS vocantur : fortasse, quia velut phalli, vel etiam irp- phalli, ab imitatione gestationis illius orthophallica, ut nomen ipsum prodit. Je crois que Florent Chré- tien se trompe, & que jalot a été fait de qu'ici. Qu'ici, phanus, phanutus, phanutus, FANOT, FALOT : N en L : comme en BOLOGNE de Bononia. Du tems de Nicot, quelques-uns disaient encore fame : comme Nicot l'a remarqué au mot jalot, & au mot fanal. M. Lancelot dit que jalot, pour inepte, érou- di, est un diminutif de sol : ce qui n'est pas véri- table. M.
FALOT. L'étymologie de M. de Caïeneuve qui dérive ce mot de qu'ici, paroît assez naturelle, puis- que qu'ici signifie splendidus, aussi bien que qu'ici. Du Cange dit qu'on appelloit autrefois cerropha- lum un jalot de cire. lequez va chercher l'origine de jalot dans l'ancien mot Saxon bal ou bal, étoit les Francs formerent balé dans leur Langue. Ces mots, selon lui, veulent dire bucher, grande flam- me : on y a changé, le h en v, ensuite l'v en f, & l'on a ainsi formé le mot de jalot. Guichard prend une autre route qu'lequez, & il dérive jalot de l'Ebreu vna peled, qui signifie une torche, un flambeau, il prononce. le h comme ph : il y a apparence qu'autrefois les Ebreux le prononcoient toujours de cette manière comme font encore aujourd'hui les Arabes : & il change le d en r, changement qui est ordinaire dans les Langues, parce que ce sont les lettres du même ce- gane. Il semble que vna peled ne soit qu'une trans- position de vna lappid, qui signifie de même une torche, un flambeau, & qui a quelque affinité avec le Grec auctori.
FALOURDE. Nicot : FALOURDE, est un gros sagot, ou trusseau, de menu bois de sagotage. Vic- gultorum fascis major. Au uns estiment ce mot estre compasé de fais & lourd : fais pesant : parce que la falourde est plus fournie de bois, & plus lourde a por- ter que le sagot. M. FAN de biche. D'infant. Les Latins ont dit de même innulus, & innuleus, pour dire un fan; du Grec 1972, qui signifie un enfant. Isidore : Ismaili filii sunt cervorum. Les Grecs ont dit aussi, qui in- fan, des petits animaux : & qui c'hap, d'un fan : & qui c'hap, des poulains. Et dans le Pseaume 18. les agneaux, ou, pour parler avec les Pari- siens, les anneaux, sont appellés les enfants des bélers. Et les Ebreux disent vna p ben babar, filius vacca, pour dire vitulus. Voyez M. de Saumai- se sur l'Histoire Auguste, page 106. Nous avons été la première syllabe d'infant, à l'imitation des Italiens qui ont dit fame, pour infam. Nicot se trompe, dérivant fan (qu'il écrit fion) de qui 2. Théodore de Bèze, dans son livre de Reila Lingua Francisa pronunciarice, page 43. à remarqué que quoique le mot François fan, se prononce fan, on prononce néanmoins fanmer tout entier : In PAON. pavo, & FAON fortus, O qu'ici : pronunciamus enim pan, & fan. At in verbi faonnet, quod de cer- vorum partu dicitur, manse & scriptum & pronun- tiatio hujus diphtongi integra. Aujourd'hui à Paris on prononce fanmer. M.
FANAL. De qu'ici, lanterne : qu'ici, & qu'ici, petite lanterne. Caïeneuve.
FANAL. De phanalum, fait de qu'ici : R en L. M.
FANATIQUE. On appelloit fanatiques chez les Anciens, des espèces de devins, ou prétendus prophètes. Ils étoient ainsi nommés du Latin fa- num, parce qu'ils demeuroient dans les temples. C'étoient sur-tout les Prêtres d'Ilis, de la Meré des Dieux, de Bellone, & quelques-autres, qu'on nommait fanatiques. Il y a dans Gruter pag. 512. n. 17. une inscription dans laquelle un L. Corne- lius Januarius est appelé fanaticus. On trouve, pag. 513. n. 1. Fanaticus de ade Bellona, & pag. 654. n. 7. Fanaticus ex vice Bellona. Comme ces Prêtres passifioient furieux & extravagans dans leurs sacrifices, on a appelé ensuite à caule de cela fanatiques, tous ceux qui s'imaginent avoir des révélations & des inspirations, qui se croyent trans- portés d'une fureur divine. Du même mot fanum, qui signifie proprement un temple de Payens, les premiers Chrétiens donnaient le nom de fanatiques à tous les Idolaires. Les vieilles Chroniques de France ont appelé Clovis, Fanatique & payen. Fa- natique est aussi un nom de fècte. Il y a beaucoup de fanatiques en Angleterre, en Hollande, & en Allemagne. Il y a eu en France les Fanatiques des Cévennes, excités par les prétendues prophéties du Ministre Jurieu. *
FANE. M. de la Quintinye: FANE & feuille, c'est la même chose, & on s'en sert indifféremment à l'égard des Plantes. La fame, on feuille de cette plante, est différente de celle de cette autre. Je n'ai point lu ailleurs ce mot en cette signification. M.
FANE. Je dérive ce mot de fœnum. *
FANER. De fœnum. Nicot: FENIR, que les François prononcent par A obscur, comme ente, sente, fente. M.
FANER. Comme ce mot vient de fœnum, quand on le dit dans le sens propre, en parlant d'une prairie que l'on fame; je crois qu'il en vient pareillement quand il signifie se flétrir, se sécher: car comme le foin quand on le fame se flétrit & devient pâle; de même on dit dans le sens figuré se faner, de tout ce qui perd sa première couleur, sa beauté, son air vif. Quelques-uns ont dérivé ce mot de vanefère, en changeant l'V en F, qui est une lettre du même organe: mais cette étymologie paroît tirée de trop loin. *
FANFAN. Terme populaire, dont les peres & les meres se servent à l'égard de leurs enfans. Mais le moyen qu'on s'en défende! C'est le papa, c'est la maman, C'est le pauvre petit fanfan, Qui par ses cris me le demande. Nouveau choix de vers. Ce mot est formé de fan, & de son républicatif; & fan est l'abrége ou la dernière syllabe d'enfant. La répétition de cette dernière syllabe est une espèce de mignardise, comme dans papa, maman, tata, joujou, & autres termes dont on se sert avec les enfans qui commencent à parler. Je crois que ce sont les enfans eux-mêmes qui ont formé, ou qui ont donné occasion de former ces mots; parce que quand ils commencent à parler ils ne disent que quelques syllabes des mots qu'on leur suggère, la première, ou la dernière, & la répétent souvent deux fois, sur-tout quand ils s'animent. *
FANFARE. Nicot: FANFARE, proprement est quand ceux qui veulent jouître se monstrent en la lice avec trompettes & clairons. Pasquier vus. & dit que le Fanfare des Clairons, & que le Trançtrat du Corps des Chasseurs, est une onomatopée: de même que le Tarentara des Trompettes Romaines. Les Espagnols disent fanfarris. ¶ FANFARON. Les Espagnols disent fanfarris, que Covarruvius dérive de fer, faris, qui signifie loquer. C'est un mot Arabe. Farfar, en Arabe, signifie levis, inconstans, garrulus, qui plura promittir qu'am potoft prassare. M.
FANFARE. On appelloit fare une certaine fête de Pêcheurs qui se faisoit autrefois vers le mois de May, où les Pêcheurs s'assembloient, & quelquefois les Officiers des Eaux & Forêts, pour faire une pêche folemnelle & de réjouissance. Il est défendu par la dernière Ordonnance de 1679. d'aller à la fare, à cause que cela dépeuploit les rivières. Ce terme de fare, suivant le P. Menestrier, est l'occasion du mot de fanfare, parce que l'on faisoit ces fares, ou fêtes de pêches avec grand bruit de trompettes, de tambours, de haut-bois, de flutes, & autres instruments; & le peuple disoit fanfare, pour dire, ils font fare. Au reste fare, dans le sens de fête & de réjouissance, vient appa- remment de la Langue Angloise, qui emploie fare, dans la signification de chère; comme quand on dit, good fare bonne chère, fiender fare mauvaise chère. *
FANFARON. Voyez fanfare. M.
FANFARON, est, selon moi, un homme dont les vanteries sont autant de fanfares que le vent emporte. Le Duchat. *
FANFRELUCHE. De l'Italien fanfaluca. La Crufca: FANFALUCA. La frafca fecca, le cui frundi abbruceiunate si lovano in aria. Lat. stipula volans. E da queffa similitudine si dicono fanfaluche, le cose del mondo fondate in aria. ¶ Fanfaluca a été fait de fanfala, mot de la même signification que fanfalla, qui est ce papillon qui se brule à la chandelle. Je vous prie de voir mes Origines Italiennes au mot fanfalla. M.
FANFRELUCHE. Trippault dérive ce mot du Grec σομφιδός, qui signifie une petite bouteille qui s'élève sur l'eau quand il pleut, ou qu'elle bout: σομφιδός est un diminutif de σομφιδός. Du Cange témoigne qu'on a dit dans la basse Latinité fanfaluga, & fanfaluca; & que ces mots sont tirés du Saxon, où ils signifient une chose de rien, une ordure; & qu'on en a fait fanfreluche. Le second chapitre de Rabelais est intitulé, les fanfreluches antidotes, trouvées en un monument antique. *
FANGE. De fimia. Fimus, fimi, fimia, fimia, FANGE. Et à ce propos il est à remarquer, qu'Appulée a dit fima, pour fimus. Voyez fente. M. Ferrari dérive l'Italien fangoso du Latin famicosus: fondé sur ce passage de Festus: Familiosam, vel famiosam, terram palustrum vocabani. L'Italien fango a été fait de même de fimus. Fimus, fimius, fimicus, fimicus, finicus, finicus, fancus, FANGO. M.
FANION. C'est, dit le Sieur Guillet, un Etendart, qu'un valet de chaque Brigade de Cavallerie & d'Infanterie porte à la telle des menus bagages de sa Brigade, pendant la marche des bagages de l'armée, pour en régler le rang & l'ordre, & éviter l'embarras de la marche des Equipages. Voyez gonfanon. M.
FANION, vient de l'Alleman fane vexillum. Ce mot au reste se trouve dans les Ordonnances militaires de Louis XIV. du 25. Avril 1672. & du 22. Mai 1673. Le Duchat. FANON de bœuf. Lat. paleare, ou palearium. Les Glofes anciennes: νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσουαν, νύσου
FANON. Le mot Alleman fane, d'où a été formé le Latin-barbare fano, fanonis, signifie un drap de laine, un linge, une bande, une envelope, une nappe, une serviette, un mouchoir, & enluite un étendart. Wachter, dans son Glofar. German, pag. 411. dérive ce mot du Latin pannus; & le Latin pannus, du Grec σομφιδός, textura. Voyez cet Auteur au mot Fane. *
FANTASSIN. De l'Italien fantassino, diminutif de fante. M.
FANTASSIN. Fante pour Fantassin, se trouve dans Cl. de Seyffel, fol. 463. b. de sa traduction d'Appien in S. Paris 1570. item fol. 465. a. En- F A Q. F A R. fans à pie pour fantassons, se trouve dans le Journ. de Paris 1729, tome 1, page 358, dans une lettre du Duc de Bourgogne du 12. Mars 1475. Ils ont été nominés ainsi à cause de leur jeunesse. Le Duchat.
FAQUIN. Homme de néant. Gr. *virilus*. Ce mot a signifié originairement un crocheteur, un porte-faix. Rabelais 3. 36. A Paris, en la rotière du petit Châtelet, au devant de l'ouvrir d'un Rotisseur, un Faquin mangeois son pain à la fumée de son rois, &c. Le roisseur repliquait que de fumée de son rois n'ofisit tenu nourrir les Faquins : & reniût, en cas qu'il ne le payait, qu'il lui ôserait ses crochets. Et comme on prenait ordinairement des crocheteurs pour courre contre eux au Faquin, ce mot a signifié ensuite un faquin. Casaubon sur Athénée IV. 15. qui le dérive de *quais*, n'a pas bien rencontré. Voici ses termes : *Sed videntur Graci paus, appellasse a cibi hujus* (il parle des lentilles) *vilitate homines abjectus & nihilis*; *hoc est, eos qui hodieque Italiis & Gallis Faquini nominantur. Non enim caret joce, quod ait Cynicus, plenum esse Alexandriam pausus*. Casaubon se trompe. Le mot François faquin a été fait de l'italien *facchino*. Il reste à examiner d'où vient *facchino*. Ceux qui le dérivent de *facchino*, à cause que le crocheteur se baisse pour recevoir le fardeau, sont ridicules. Covarruvias le dérive de *fascis*. Et cette étymologie me paraît assez naturelle. M.
FAQUIN, vient de l'Arabe *fakiron*, gueux, mendiant. *Huet*.
FARAILLON. C'est un fare, autrement une tour élevée sur le bord de la mer, au haut de laquelle on allume du feu, ou un fanal, la nuit, pour avertir les pilotes que la côte est dangereuse, afin qu'ils l'évitent. En la ville des Sables d'Olonne, sur la côte de Poitou, il y a une semblable tour que l'on nomme la tour du *Faraillon* : on y met toutes les nuits un fanal. De *fare*, ou *phare* on a fait *pharillon*, qui veut dire un petit fare; & dans la suite, par corruption, on a dit *faraillon*. Le mot de *fare* ou *phare* vient de *Pharos*, Ille près de la ville d'Alexandrie en Egypte. Il y avoit dans cette Ille une tour d'une grande hauteur, que Prolomée Philadelphie avoit fait élever. On allumait toutes les nuits au-haut de cette tour des lumières & des fanaux, qu'on voyait de loin en mer, & qui assurolent la navigation. Cette tour s'appelloit aussi *Pharos* ou *Phare*, de même que l'Ille; & c'est de là qu'on a donné le nom de *phare* ou *fare* à quelques tours & hauteurs qui sont sur le bord de la mer, & qui servent à la même fin que la tour de l'Ille de Pharos. Il y a le *Fare* de Messine.
FARAMAN. C'est un nom que l'on donna dans le sixième siècle à une partie des anciens habitans de la Province Viennoise dans les Gaules, après que les Bourguignons en furent les maîtres. Les Bourguignons s'étant rendus maîtres de cette Province, firent un traité avec Constance, qui avoit succédé à Stilicon, & commandoit dans les Gaules pour les Empereurs Romains. Par ce traité les Bourguignons devoient avoir les deux tiers de toutes les terres de la province Viennoise, & le tiers des ferfs. Mais ce traité qui désoisit tant de familles, ne fut pas exécuté rigoureusement, ni en tous lieux. En quelques-uns on introduisit un nouveau droit qui fut appelé l'Hospitalité. Les premiers habitans demeureront propriétaires de leurs possessions; & de-là ils furent nommés *Faramans*. *Fara* veut dire génération, famille; *man* homme; & ces deux mots joints ensemble signifient les habitans originaires naturels de condition libre. C'est ce qu'apprennent les Loix des Lombards, où en divers endroits il est parlé des *Ari-mans*, qui sont la même chose que les *Faramans*. Une Paroisse de Dauphiné, près du bourg de la côte Saint André, à six lieues de Vienne, est appelée *Faramans*; sans doute parce que sous la domination des premiers Bourguignons, ses habitans ne furent point troublés dans la possession de leurs fonds. Tout ceci est tiré de Chorier *Hifi de Dauph*, tome 1, page 460. & 557. M. du Cange entend par *Faramans*, des étrangers à qui on a accordé des terres pour habiter; en sorte que, selon son explication, ce ne furent pas les anciens habitans de la Province Viennoise qui eurent le nom de *Faramans*, comme dit Chorier; mais les Bourguignons eux-mêmes, parce qu'ils avoient été reçus dans le pays comme étrangers & comme hotes, & qu'on leur avoit accordé des terres pour y habiter. *Faramans*, dans la signification d'*etranger*, peut venir du verbe Teutonique *fara*, qui signifie aller, partir, passer, & dont Verelius fait mention dans son *Index*. De cette manière *Faramans* signifiera à la lettre *homme qui voyage, homme qui passe*, c'est-à-dire, un étranger. Il est sur d'un autre côté que *fara*, chez les Lombards, signifié génération, famille. Paul Diacre de *Gestis Langob*. Liv. II. ch. 9. *Gisulphus non prius se regimen civitatis & populi suscepturum edixit, nisi ei quas ipse eligere valuis-fet Langobardorum pharas, hoc est generationes vel lineas tribueret*. La Loix des Lombards, Livre III. Tit. 14. Si *quis liber homo migrare voluerit aliquo, potestatem habeas cum fara sua migrandi quo voluerit*. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *Faren*, & aussi au mot *Arimanni*.
FARCE. Mélange de diverses sortes de viandes. De *farcie*. *Farcie*, *farsi*, *farsum*, *farsa*, FARCE. M.
FARCE. Espèce de Comédie. Du même mot *farsa*: à cause qu'originairement c'étoit un mélange de diverses choses, comme la Sante des Romains. *Ergo & hoc carmen* Saturam *appellaverunt, quia multis & variis rebus refertum est*, dit Porphyron sur Horace. Et comme la *frutola* des Italiens. Voyez mes Origines Italiennes au mot *frutola*. Les Italiens disent *farsa* en la même signification. Sur lequel mot Messieurs de l'Académie della Crucia, ont fait cette Mote: *FARSA, Commedia mozza: imperfetta. Dal Graco qupeze, che vale vesta mozza*: en quoi ils n'ont pas bien rencontré. M.
FARCIN. Il est formé de *farciminofus*. *Vegetius Renatus*, liv. I. de son de *Arte Veterinaria*, chapitre 14. *Farciminofus autem morbus a similitudine farcimini appellatus est: quia velut percipulas quasdam inter curem & carnem corruptus humus emanet, & per toum corpus collectiones plurimas facit*. Caseneuve.