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03.0 Dictionnaire etymologique — FLOC – FRISON

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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FLOC. De floccus. FLOCOS. De floccone, ablatif de flocco, dit par métaplaſme au lieu de floccus. Voyes frec. M.
FLOC. Wachter dans ſon Gloffarium Germanicum page 460. FLOCK, pars avulſa velleris, lana nivis &c. Latinis floccus, AngloSaxonibus flacea, Francis flocho, Anglis flake, Iſtandis floka, Italis flocco. Sommerus in Dill. AngloSaxon. flacea floccini, floccis nivis. Gloff. Pec. Iampa flocho. Verrelius in Indice : floka olpa floccus lana. Refer ad plücken, pfucken carpere, vellere. Voilà encore un de ces mots qui ſont communs à un grand nombre de langues.
FLOND. Pierre Gringore, dans ſes Menus Propos, folio 84. Et que la Dame, où tout mon cœur ſe ſonde, Avoit les yeux verdayans, ſace ſlonde. M.
FLOQUER. Vaciller. De floccare. Voyes M. du Cange. M.
FLOQUETS, ou FLOCONS de cheveux. De floccus. Floccus, flokgeius, FLOQUET. Les Anglois diſent lock of hairs. Et dans l'ancien Dictionnaire Alleman produit par Lipse dans la 44e Lettre de la Centurie de ſes Lettres ad Belgas, lockis eſt interprété par capilli. M. Brochart dérivoit floccus de whit? , ou de whit? M. FLOQUETS de neige. De floccus. Les Italiens diſent de même flocco de neve. Dans le Pſeaume 147. Qui dat nivem ſent lanam. M.
FLORAUX. Voyes Jeux Floraux. M. G g g g
FLORIN. Sorte de monnoye d'or, de la ville de Florence. Les Florentins l'appelle florino : que le Politi dérive de Fiorenza. Voici les termes : FLORINO, Moneta di Firenze : così detta da Fiorenza, dove primieramente fu battuta. E ciò ficava dal Dante, quando dice nel nono del suo Paradiso, parlando di Fiorenza : La tua citra, che di colui è pianta : E più volse le spalle al suo fattore, E di cui c'invidia tanto pianta, Produce, e spande il maladetto fiore. Mais il se trompe tout-a-fait. Cette monnoye a été ainsi appelée de la fleur des lis, qui font les armes de Florence, laquelle croit empreinte sur cette monnoye. Mᵒ della Cruica : FLORINO, Moneta d'oro battuta nella città di Firenze : e così detta, dal giglio fiore, impresa d'essa città, impressivi dentro. Le Borghini & le Davanzati dans leurs Discours des Monnoyes, ont fait la même remarque. La Cerda, sur ces vers de Virgile, Die quibus in servis injecti nomina Reum Nascantur flores, a écrit que le florin avoit été ainsi appelée de Lucius Aquilius Florus, qui avoit fait battre cette monnoye avec la tête d'Auguste d'un côté, & de l'autre, une fleur; avec ces paroles, LUCUS AQUILIUS FLORUS, III. VIR : qui est une étymologie tout-a-fait ridicule. On prétend que tous les florins de l'Europe ont pris leur dénomination des florins de Florence : car tous les Princes de l'Europe ont fait battre de la monnoye sous ce nom. Voyez M. le Blanc dans son Traité des Monnoyes, page 165. Il me reste à remarquer, que cette monnoye de Florence fut premièrement battue en 1252. M. FLORIN GEORGE. Monnoye. M. le Blanc page 244, de son Traité Historique des Monnoyes : Les Florins George furent faits à Orleans par l'ordre de Philippe Duc d'Orleans, quatrième fils du Roy Philippe de Valois. Je trouve qu'on leur donna cours au mois de Février 1340. Le Roy est représenté sur cette monnoye sous la figure d'un Saint George, terrassant un dragon : qui selon le manuscrit que j'ay déjà cité deux fois, signifie le Roy d'Angleterre. M.
FLOT, FLOTER. De fluctus, & fluctuare : si ce n'est qu'on veuille dire, que ces mots sont formés du bruit que font les vagues. Caïeneuve.
FLOT. De fluctus. Voyez floter. M. FLOTTE. Glaber Rodulphus liv. 1. ch. 5. de son Histoire, dit que c'est un mot de l'ancien Langage des Normans, lesquels, comme on fait, étoient fortis du Danemark & de la Norvège. Car parlant de Hasting, Général des Normans qui ravageoient la France : Clam egrediens ad pradictam Normanorum gentem, illis tantummodo primitus adhafis, qui assidue raptui servientes vittum caerts ministrabam; quos etiam illi communiter Floriam vocant. Cet ancien Historien veut dire, que ceux des Normans qui écumoient les Côtes de l'Océan, fournissent la substance à leur armée de terre : & que leurs vaisseaux qui étoient en grand nombre, portoient en leur Langue le nom de Flotte. De sorte qu'il est aité de juger que les François ont depuis empu unité ce nom des anciens Normans. Je ne sais pourtant si les Normans l'avoient formé de Flot & Flotte. Caïeneuve.
FLOTTE. De flotta. C'est un ancien mot : Et si on en croit Glaber, c'est un mot Normand. Les Espagnols disent aussi flotta. M. F L O. F L U. F O I.
FLOTTE. Wachter, Glossar. German. p. 462. au mot flot, qui est la même chose que flotte, le dérive du verbe Alleman fließen, nager. Flotte se dit en Anglo-Saxon flota, en Anglois float, en Flaman nion, en Grec 45°, ou 45°.
FLOTTER. Sylvius, à la p. 25. de son Introduction à la Langue Française, le dérive de flutare. D'autres le dérivent de flutare. Je crois qu'il vient de l'invité flutare, dit pour flutare. M. Pecessus, &c. ingravefcente infermi corporis fœbilitate, omnimodis hoc idem fœri non poſſe probatum habeo. Une Chartre, qui est dans le troisieme volume des Chartres de la Chambre des Comptes de Paris: Dominus Rex, & ejus Eleemosinarius, per suas Literas in fericis & cera viridi ſigillatus, daras Parisiis mense Septembri 1396. &c. Et ordinavit quod de burſis aut eleemosinis, nuncupatis Les Bourſes du Parloir aux Bourgeois, jampridem fundatis per Burgenſes aut habitantes villa Parisiensis, ad providendum pauperibus gentibus, antiquis, & ſtebilibus, qui non poſunt vitam ſuam lucrari. Et M. Guyet pretendoit que Tibulle ſétoit ſervi du même mot ſtebilis en la même ſignification dans ce vers, Et jaccam clauſam ſtebilis ante domum. Il est à remarquer, que dans la Picardie on prononce encore ſtebile, & que le petit peuple de Paris prononce auſſi ce mot de la forte. Et de la, le mot de Fincher, qui est un nom propre de famille. De ſtebilis, les Italiens ont fait de même ſievole: & non pas, comme le prétend M. Ferrari, de ſtebilis. Dans le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le Père Labbe, enervis est interprété par ſtoules. Sylvius s'est fort bien apperçu de cette étymologie. Flebilis, ſtebile, FERIA, vel PLEBE. Nos, pro debilis. Ce ſont ſes termes. Il paroît par toutes ces preuves, que M. Ferrari, qui m'a repris d'avoir dérivé le mot Italien ſievole, de ſtebilis, n'a pas eu raison. M. FOIE Voyez FOYE.
FOIGNER, pour bouder, ſe trouve au chap. 38. des Contes de Bonav des Periers. Peut-être de l'interjection ſoin. Le Duchat.
FOIRE, FOIREUS. De foria, & foriolus. Nonlus Marcellus: Foria, ſtercera liquidiora. Foriolus, qui foria ſacile emittit, ſoluti ſcilicet ventris. L'ancien Poëte Laberius: Foriolus eſſe videris, in coleos cacas. Les Gloſes: Forica, opulquis. C'est-à-dire une chaire percée. De-la eſt fait ſoricarius. La Loi 17. §. 5. au Digeſte De Uſuris: — ut ſolest à Foricaris, qui tardius pecuniam inferunt. Les Gloſes d'Iſidore: Foria, latrina, ſeceſſus. Caſeneuve.
FOIRE. C'est un Marché général & ſolemnel, qui ne le tient qu'à certaines ſaisons de l'année. Ce mot vient de Forum, qui ſignifie un lieu deſtiné à vendre les denrées. Il y avoit de deux ſortes de Foires. Les unes ſe tenoient dans certaines places particulières de chaque ville, affectées à la vente de certaines choſes; comme étoit dans Rome Forum boarium, Forum ſuarium, Forum olitorium, Forum piſcaridum: C'est-à-dire, Le Marché aux bœufs, le Marché aux pouceaux, le Marché aux herbes, & le Marché aux poiffons. Les autres ſe tenoient à certains tems de l'année dans certaines villes, où les Marchands venoient de diverſes endroits pour acheter & pour vendre. Feſtus: Negociations locus, ut Forum Flaminium, Forum Julium, ab eorum nominibus qui ea Fora conſſituenda curarum: quod etiam locis privatis, & in viis, & in auris, fieri ſolest. Dans Flodoard liv. 4. chap. 13. de l'Histoire de Reims, le mot Forum eſt pris clairement pour ce que nous appellons Foire. Quas quidam negociator emptas, per diverſa detulis fora, nec alicubi venundare paruit. On a dit auſſi forus & ſori dans le même ſens. Joannes de Janua: Forus ariam eſt ubi res venduntur. Le Gloſtaire de Papias: Forus & ſori dicuntur. Habent autem quatuor ſpecies. Primo, eſt locus in civitate ad exercendas nundinas reliſitus, &c. Il y a des Foires en France où eſt eta- bli un Juge pour terminer les différends qui pourroient ſurvenir entre les vendeurs & les acheteurs: & je trouve que ce Juge eſt appelle Judex fori. Adrevaldus dans ſon livre De Miraculis S. Benedicti, parlant de la foire de Fleury: Contentione oborta, Judex fori Engiarius vocabulo accurit. En Languedoc on dit Fiere & Fiere, pour Fiere: ſi bien qu'on auroit grande taïſon de dire que ces mots viennent de feria, puſique Feſtus dit: Nundinas Feriarum diem eſſe voluerunt antiqui, quo ruſtici mercandi vendendique causa in urbem convenirent. Cependant, quoique les Foires ſe tinifent les jours de Fete, les Foires & les Fires n'étoient pas même choſe. Auſſi Spelman, en ſon Anchecologue, ou Gloſtaire, dit qu'il n'a point trouvé d'Auteur ancien, où feria loit pris pour nundina, qui ſont les Foires. Feria tamen pro nundinis nuſquam, quod ſciam, accurit antique. Caſeneuve. FOIRE: pour mar. he. De feria. Un vieux Titre, écrit à la main: magnum forum, quod dicitur feria. Loiseau en ſon Traité des Seigneuries, chap. 8. §. 103. allègue deux anciens arrêts, dont l'un eſt du Parlement de la Pentecôte de l'an 1169. contre le Comte de Chatcauroux; qui porte, quod nullus in regno poteſi facere feriam ſine permisſu domini Regis. Le menu peuple en Touraine; & particulièrement à Amboiſe, ne dit pas foire, mais faire. Le peuple de Baſſe-Normandie parle de la forte. Les Eſpagnols diſent auſſi feria, & les Italiens, ſiera. Feria a été dit en cette ſignification, a feriando: à cause de la coutume qui le pratique de tous tems, de tenir des foires aux lieux où on célèbre des fêtes. Feſtus: Nundinas feriarum diem eſſe voluerunt Antiqui, ut ruſtici convenirent mercandi, vendendique causa, ennuque neſaſtum, ne ſi liceret cum populo agi, interpellarentur Nundinatores: S. Baſſe dans ſes Aſcériques, chap. 40. Nundinas, & publicum emporium, ex Martyrum tempore & loco facientes. Voyez Solime au livre xi. chapitre 3. & Spelman au mot feria. Nicot le dérivé du Grec pieus; qui, ſelon lui, ſignifie marchandise. M. FOIRE: pour ſtercus liquidius. De foria. Les Gloſes d'Iſidore: FORIA, latrina, ſeceſſus. Joſeph Scaliger dans ſon premier Scaligerana: FORIOIUS: à foria, id eſt, ſtercera liquida. Dicitur a feras adverbio. Laberius: Foriolus es, cacas in coleos. Et de la, conſcrire, pour conchier. Voyez Nonlus Marcellus. Il me reſe à remarquer, que Scaliger, en diſant que foria avoit été dit de foras, a voulu dire que ce mot avoit été dit de la forte, quia ſtercera liquidiora ſacile ſeruntur foras; & Forica ſe trouve dans Juvenal pour latrina publica: & ſoricarii, dans la Loi 17. au Digeſte de Uſuris, pour ceux qui ſoriaus conducent. M. FOIS: comme quand on dit, une fois, deux fois, tourefois, &c. De vices: dont les Eſpagnols ont auſſi fait vez, & vezes. V en F. Nos Anciens écrivoient toutevoye: & les Italiens diſent tuttavia. Voyez ci deſſous tourefois.
FOIS-DU-CORPS. On demande, s'il faut dire ſaux du corps, ſori du corps, ſori du corps, ou ſais du corps. Paſquier liv. viii. de ſes Recherches chapitre 62. veut qu'on ait dit par corruption, ſaiſer un homme par le ſaux du corps, au lieu de, par le ſori du corps. Ce qui fait voir que de ſon tems, on diſoit à Paris le ſaux du corps: car Paſquier étoit Parisien. C'eſt auſſi comme parle le Maréchal de Monluc au liv. 4. de ſes Mémoires: Tous les Princes vinrent voir notre beſogne: & M. d'Anguien me prenant par le ſaux du corps, me diſt: Vous avez eſſé mon soldat autrefois : à présent je veux être le vôtre. Et Montagne, livre 1. chapitre 35. Elle se fit lui & ait à her bien étroitement avec son mari par le faux du corps. On dit aujourd'hui à Paris plus commu- nement fois du corps. Charles Etienne dans son Di- cionnaire Latin François a écrit foye du corps. Me- diam mulierem complectitur. Terentius. Il l'embrasse par le foye du corps. C'est au mot medius. Mais au mot vitatus, il a dit faux du corps. VINCTO PIET- ORT VIRGO. Terentius. Serrée & estreine d'un tissu, ou entre chose, depuis le faux du corps jusqu'aux mammelles. Et le mot Grec est, qui signifie cette partie du corps dont nous parlons, confirme cette façon de parler faux du corps, ce mot ayant été formé de est, qui signifie vacuus : & cette par- tie étant comme vide en comparaison des autres. Si quidem inanis tota ea regio videtur, si tam cum isferis quam cum superis partibus, utrifque osseis, conferatur, dit Gorraus, ( en François, des Gor- ris, ) dans ses Définitions, au mot est. Cette étymologie de est, a été remarquée par Galien dans son Commentaire sur le xue Ierpus d'Hip- pocrate. En Bresse, on dit le defaut du corps : ce qui confirme encore faux du corps. Nous disons en Anjou, fais du corps : ce qui me fait croire que ce mot a été formé de fascis : le faux, ou le fois du corps, ressemblant à un fail- ceau. De fascis, nous avons dit fais : comme fail- ceau, de fascellus, diminutif de fascis. Au lieu de fascis, on a dit fascius : d'où les Italiens ont fait fascis. Par fascio d'ogni erba. De fasciui, nous avons fait faux, dans la signification de failceau : comme fait, nom d'arbre, de fagius, qu'on a dit au lieu de fagus. De fait du corps, on a dit en- suite faux du corps : & de fais du corps, fois du corps. Mais pour revenir à notre question : je dirais fois du corps, puisque c'est ainsi qu'on parle à Pa- ris, & que le langage de Paris est préférable à ce- lui des Provinces : mais sans blâmer ceux qui di- sent faux du corps, lesquels sont en grand nombre. C'est ainsi qu'on parle en Normandie. M.
FOIS-DU-CORPS. Faux, dans la signification de ce te partie du corps qui prend depuis le défaut des cuites jusqu'au commencement des côtes, vient de l'Alleman fald, qui signifie pli. C'est propre- ment l'endroit où le corps se plie. Le Duchat.
FOISNE. C'est ainsi que le peuple de Nor- mandie appelle une épée, par dérision. De 912, mercre. Huet.
FOISON. Abondance. Nous avons tiré ce mot de fusio, qui signifie épanchement, particuile- tement en matière de choses liquides : parce que lorsqu'on les verse elles s'épanchent. Ainsi disons- nous qu'il y a des choses à fusion ; comme qui di- roit ad fusionem, jusqu'à être épanchéés. Les Tail- les & les Tributs sont appelés fusiones, à cause de l'abondance des derniers que le public y contribue. Les Gloves : fusiones, flutissis, muncines, diopolis. Auquel sens ce mot se trouve pris dans la Loi 6. au Code Théodoise, De Indul. Debit. Consideran- tes Africa devotionem usque in initium Fufionis quin- ta, universa reliqua, qua tam ad arcam sublimium potestatum, quam ad largitiones pertinent, relaxare capitum. Quelques-uns disent que d'affatim on a fait à fusion, & ensuite, à fusion. Caïeneuve.
FOISON. De fusione, ablatif de fusio. Le Pere Labbe ne fongroit pas à ce qu'il écrivait, quand il a écrit que ce mot avoit été fait de fascis. C'est à la page 47. de la deuxième partie de ses Ery- F O L. F O N. mologies. Trippault a encore plus mal rencontré, le dérivant de 9000, merces, ou de fœtus. M.
FOL. FOLIE. Le mot folius est ancien en France. Besly, dans les Preuves de son Histoire des Ducs de Guienne, a donné un Fragment de la Chronique de Maillezais, où se lisent ces paro- les : Dejunilo Rege Ludovico, Regnum pro eo filius Carolus, cognomeno Infipiens, vel Minor, accepis, anno 913. & Remis factus est Rex. Hic fuit folius, qui posea a Roberto dejectus est de Regno Franco- rum. J'ai un Dictionnaire MS. où se lisent ces pa- roles : Follicia, vel folientia, vanitas, superbia, flutitia. Les Gloves d'Ifidore : Folientia, vanitas. On tient que ces mots sont formés, à vana follis inflatione. Joannes Januenfis, dans son Catholi- con : Folleico, id est, esse vel fieri follem, flutum, & vanum. Follicia, vel folionicia, id est vanitas, superbia, flutitia. Où, après ces paroles, on voit cette addition : Et quia follis infantur, quasi qua- dam re inani; vide est quod follis dicitur flutus, su- perbus, vanus, infatus. Quelques-uns tiennent que fol est formé de est, qui signifie une personne ridicule. D'autres le tirent de est, qui signifie quelquefois fol & leger : comme remarque Henri Etienne, au livre de la Précelle du Langage François. Caïeneuve.
FOL. Voyez fou. M. FOLE FARINE. C'est cette farine que l'a- gitation violente de la mesle du moulin fait voler en l'air, & qui s'attache ensuite aux parois. Peut- être de flos farina, par corruption. Messieurs della Crusca, dans leur Vocabulaire, au mot friscello : FRISCELLO, for di farina, che vola nel macinare. Oggi la chiamamo fuscello : è amara : e piglia l'a- mariitudine nello stare applicata alle mura del muli- no, che sempre sono umide : non s'adopera ad altro che a far pasta da impastare, e conginger le cose insieme. M.
FONCOUBERTE. Abbaye à quatre lieues de Narbonne. Fontis cooperti Monasterium, selon le Pere Labbe, dans sa Table des Conciles. P. J. Add.
FONTAINE. De fontanus, adjectif, on fit le substantif fontana, qui signifie même chose que fons. La Loi des Lombards, livre 1. titre 38. Loi 1. Qui ad arborem, quam Rustici sanguinum vocant, atque ad fontanas adoraveris. Innocentus, l'un des Auteurs Finium Regaudorum Alias fonta- nas sob se habens. Joannes Januenfis in Catholico : Fontana idem est quod fons. On a dit aussi fonta- num. Les Gloves 3 9000, Fontanum. Caïe- neuve.
FONTAINE. De fontana, formé de fons ; comme montana, de mons. Fontana se trouve dans les Auteurs de la basse Latinitè. M.
FONTAINEBLEAU. Maison Royale. Dans le Sire de Joinville, ce lieu est appelé Fon- tainebliau : & dans les Coutumes Latines de Lor- ris, qui sont du tems de Louis le Gros, il est ap- pellé Fons Blaaudi (a). Voyez la Notice des Gau- les de M. de Valois. M. (a) Fons Blaaudi apud Rigond, de Gellis Philip, Aug. Hist Franc. tom. v. pag. 15. FON: FOR.
FONTANGE. On appelle ainsi un certain nœud de ruban, que les Dames portent sur le haut de la tête. De Madame la Duchesse de Fontange, très-belle personne, du nom de *Deferailes*, & laquelle porta la première ce ruban noué sur le haut de la tête. La Terre de *Fontange* est appelée en Latin *Fontania*, & c'est de ce mot qu'est formé celui de *Fontange*. M.
FONTE. De *funda*. M. de Saumalée, sur Solin, page 1078. *Ferrum fustile hodie* funtam vocamus; pro funda: a fundendo. Sed & *massas quaes ex formace fluevere*, liquari ferri, vulgo vocant gumas, quasi fufas, vel *xeroc*. M.
FORAGE. De *forare*; c'est-à-dire, *percer*. C'est un droit qu'on prenoit sur chaque muid de vin qui se vend en détail. M.
FORAIN. De *foris*, on fit *forensis*: d'où nous avons formé *Forain*. Rapertus, dans son Livre de *Origine Monasterii S. Galli*, chap. 5. *Pradelus Episcopus assumens quemdam Presbyterium forensem*, &c. Les Capitulaires ajoutés par Charlemagne à la Loi des Bajuyariens, §. 8. *Tam in Monasterii virorum quam puellarum*, vel in *forensibus Presbyteris*. Caïeneuve.
FORAIN. M. de Caïeneuve le dérive de *forensis*. Il vient de *foranus*, fait de *foras*. M.
FORBANS. Sortes de Pirates de l'Amérique, ainsi appelés parce que la plupart d'entre eux sont des scélérats bannis de leur patrie. *Forbanni* est l'ancien mot dont *Forban* est une abréviation. *Le Duchat*.
FORBU. Henri Etienne, au Livre de la Précellence du Langage François, dit que c'est quand un cheval a *bu* ayant trop chaud, & *fors* le tems qu'il devoit boire. *Caïeneuve*.
FORBU. Voyez *fourbu*. M. FORÇAT. C'est celui qui, ayant été condamné aux Galères, est forcé & contraint d'y tirer la rame. Il est ainsi appelé, à la différence de ceux qui font volontairement ce métier. *Caïeneuve*.
FORÇAT. Galérien. De *fortiatus*; dont les Italiens ont aussi fait *forzato*, & les Espagnols *forçado*. Un *Forçat* est ainsi appelé, à la différence de ceux qui servent volontairement sur les Galères, appelés pour cette raison *Ronnevogles*. M.
FORÇAT. Nous avons fait ce mot de l'Italien; car l'ancien mot François étoit *forcé*. Rabelais, livre 1. chap. 37. *Car trop mieux sont traités les forcés entre les Maures & les Tartares*. C'est comme on lit dans l'édition de 1541, & dans celle de 1555, & dans ce passage de Rabelais, *forcé* veut proprement dire un esclave: car les Maures n'ont guères de Galériens volontaires, & les Tartares n'en ont point du tout, ni des uns, ni des autres. *Le Duchat*.
FORCE. Du Latin barbare *fortia*. La Loi des Bajuyariens, titre 1. chap. 5. *Per fortiam hostilem aliquid degradari volueris*. Et titre XI. chap. 5. *Cui Deus dederit fortiam & victoriam*. La Loi des Lombards, livre 3. titre II. §. 5. *Neque per suam fortiam in mansione armanni se applicet*. Marculfe, livre 1. Formule 18. *Eidem terram suam fortiam tuissem*. Caïeneuve.
FORCE. De *forcia*, ou *fortia*, qui se trouve en cette signification dans les Capitulaires de Char- les le Chauve, dans les Loix Ripuaires, dans Marculfe, & ailleurs. *Fortia* vient de *fortis*. De *fortia*, on a fait *confortiare*, qui se trouve dans le Glossaire ancien. *Confortiar*, *muxvictus*: & *difortiare*; & *defortiare*; qui se trouvent dans Matthieu Paris. Voyez les Notes du Père Sirmond, sur les Capitulaires de Charles le Chauve, page 13. Celles de M. Bignum sur Marculfe, page 124, de la dernière édition, & *Vossus de Fittis Sermonis*, livre 1. chapitre 11. & livre 3. chapitre 12. M.
FORCENE. Henri Etienne, au livre de la Précellence du Langage François, dit qu'il est formé de *for*, c'est-à-dire *hors*, & de *fens*: auquel cas il faudrait écrire *forfene*. Caïeneuve. FORCENE: pour *forfene*. De l'Italien *forfennato*: c'est-à-dire, *hors de fens*. Le Bembo prétend que *forfennato* est un mot Provençal. M. FORCES: grands ciseaux. De *forfices*, plurier de *forfex*. M.
FORCHIER. Coffre fort. L'Histoire du Connétable du Guéclín, chap. v. *Puis alla a son forchier*, & *en trayi sem flourins*, qu'il lui donna aussi. A. Chartier, p. 103, de ses œuvres, édit. de 1617. *Fortune a le forcier cassé*, ou *l'epargnoye ma richesse*. De l'Italien *forzierre*. Le Duchat.
FOREST. Les Anglois trouvent l'étymologie de ce mot dans un vieux Livre, qu'ils appellent le Livre noir de l'Ethiopier, en ces termes: *Foresta*, est *tuta ferarum mansio*; non *quarumlibet*, sed *sylvaticarum*; non *quibustibet in locis*, sed *certis* & *idoneis*: *Unde Foresta dicitur*, quasi *feresta*, id est *ferarum ftatio*. Camden, dans la Bretagne, trouve cette origine ridicule: mais elle ne le fera pas tant à celui qui la voudra rapporter à ce vers de Virgile: *Itur in antiquam sylvam, flabula alta ferarum*. L'Auteur de la Vie de Saint Hugon, ou Hugues, Evêque de Lincolne, que Surius a inférée dans son fustéme volume, rapporte, dans le chap. XI. l'origine du mot *Forestiers*, que le xéle de la justice avoit-fait inventer à ce saint Prélat, avec plus d'industrie que de vérité. *Videm autem syvanodam Forestarorum*, ait: *recte quidem Forestarii dicti sunt isti, quia foris flabunt extra Regnum Dei*. Je crois que *forestis*, *foresta*, & *forestum*, d'où nous avons fait *foret*, signifioient originellement le droit que le Prince se réservoit sur les bois & sur les rivieres, qui étoit d'en pouvoir défendre la coupe & la pêche; & que ces mots viennent de *foris*, qui signifie le *dehors* & les *champs*. En effet, *rus*, en Latin, est pris pour les *forets* & les *paturages*. Servius: *Ruta dicebam sylvas & pascua*. Un Auteur sans nom, de *Lincisibus*: *Ruta Feteres incultos agros dicebam*; id est, *sylvas & pascua*. Aussi les Grecs appelloient *Gardes des champs*, ceux qui étoient commis à la garde des forêts. Les Glofes: *Saluarius*, *ἀγιωφώως*, *χωμωφώως*, *Saluarius*. Il n'y avoit anciennement que les Rois en France qui puissent établir des forêts; c'est-à-dire, comme j'ai dit ci-dessus, se réserver sur les bois & sur les eaux le droit de coupe, de pêche, & de paturage. Les Capitulaires de Charlemagne, livre 4. titre 42. *De forestibus noviter institutis*, qui est de Louis le Débonnaire: *Ut quicunque illas habet, dimittar; nisi urte indicio veraci offendere possit quod per infusionem, seve per permissionem Domini Caroli, Gentioris nostri, eas instituisset*. Et au titre 65. *De forestibus nostris ut ubicunque fuerint, diligentissim* inquiunt quomodo salva sint & defensa; & ut Comissibus denuntent ne ullam forestem noviter instituant, & ubi instituas sine nostra jusione invererint, dimittere pracipiant. La même Ordonnance se trouve rettere au livre 3. titre 36. de la Loi des Lombards. Depuis ce tems-la les Fiefs étant devenus hereditaires & patrimoniaux, les Seigneurs s'attribuent le pouvoir d'établir des forêts; d'où vient que nous voyons en France tant de bois sous le nom de forêts. Quant à ce que j'ai dit que le mot de forêt s'entendait aussi bien des eaux que des bois, on en pourra voir les raisons & les preuves dans le Recueil des Rois de France de du Tillet: a quoi j'adoute seulement ces mots du Glosaire de Goldsart: Forests, prohibito in aqua piscandi, aut in sylva venandi. Au reste, il ne faut pas trouver étrange que de foris on ait fait forests; puisqu'on en a formé forasticus, qui signifie de dehors. Saint Boniface, Archevêque de Mayence, épit. 3. Presbyter forasticus. Caseneuve.
FOREST. De foresta, ou forests, qui se trouve en cette signification dans plusieurs Auteurs de la basse Larinité. Le Capitulaire de Villis suis, attribué à Charlemagne, article 36. Ut sylva, vel forestes nostra, bene sint custodita. Vossus doute si ce mot vient du Latin foris, quia sylva foris est, sive extra urbem & agris; ou de l'Alleman forst, qui signifie la même chose. Je croirois plutôt qu'il viendroit de l'Alleman: contre l'opinion de Spelman, qui le dérive de foris, ou de foras. Della ab adverbio foris, seu foras; quasi pars forastica, seu exterior, hoc est, foris culta & habitata. Sic Gallis for & rest, Iialis fore & rest, illud notant quod foris restat. Eodem sensu desertum dicimus, quasi quod desertum & foris relinquitur. Hinc afforestare & desertare, idem sunt quod cultum in forestam & desertum adigere: de forestare & assertare, idem, quod forestam & desertum in cultum redigere, quod assertum vocant; hoc est, deferto contrarium. Vocem autem forestam a Normanis reor introduclam, &c. Voyez-le dans son Glosaire, au mot foresta, & Vossus, de Villis Sermonis. Foret semble avoir signifié, comme le mot garenne, un endroit, tant d'une rivière que d'un champ, d'où quelqu'un avoit droit d'exclure les autres. Pithou, en son Glosaire sur les Capitulaires de Charlemagne: FORESTIS, IV. 42. In Pragmatica Childeberis: Has omnes piscationes que sunt & fieri possunt in utraque parte fluminis, sicut nos tenemus & nostra forests est, tradimus ad istum locum. Charlemagne, chap. 18. Capitulorum ex triplici lege, cité par le Père Sirmond sur les Capitulaires de Charles le Chauve, page 107. De forests: ut Forestarii bene (Ilia defendata) simul custodiam bestias & pisses; & si inns foreste foramen unum aut magis dederit, amplius ne prendat, quam illi datum est. Pasquier, 2. 14. Mais puisque sommes arrivées sur ce mot Forester, dont vient nostre Jurisdiction des Eaux & Forests, laquelle après avoir passé par les mains de Lieutenans Généaux en diverses contrées, abutissent puis après par appel pardevant le Grand Maître & ses Conseillers establis et Tables de Marbres, aux Palais de chaque Parlement: car, s'il vous plaist y prendre garde, vous trouverez qu'il n'y a pas grande communauté entre les rivieres publiques navigables, & les forests; qui nous a induit de n'en faire qu'une Jurisdiction. Quant à moi, je pense n'y avoir plus belle résolution que celle du Jurisconsulte, quand il dit qu'il est mal aisé, voire impossible, de dire dont provien- nent les choses que nous tenons en foy & hommage d'une longue ancienneté. Et néantmoins, s'il m'est permis de deviner en une matière obscure, je vous diray avec le Gresier du Tillet, au lieu par moi privilégié, qu'en vieux langage François le mot de forest convenoit aussi bien aux eaux qu'aux forests. Qu'ainsi le voyons-nous en estre usé par nostre Roy Childebert, en sa fondation de l'Abbaye Saint Vincent (depuis nouveau Saint Germain), quand il luy donne son domaine d'Issy, avec la pescherie de Vannes, & autres choses qui s'éloient en la rivière de Seine, depuis le pont de la Cité jusqu'au ru de Seine, entrant dedans la rivière, telle que sa forest est. Et dit encore du Tillet, avoir vou deux anciens titres de l'Abbaye Saint Denis en France, par lesquels nostre Roy Charles le Chauve luy donna par l'un la Seigneurie de Cavache en Thierarche, avecque la forest des Pesches de la rivière de Seine: par l'autre, la terre & Seigneurie de Ruel, & la forest d'eau, depuis la rivière de Seine jusqu'au lieu amplement désigné, &c. Parellement, qu'en l'Abbaye Saint Benigne de Digeon, y avoit autre titre, par lequel le même Roy donnait aux Religieux, Abbé & Convent de ce lieu, sa forest des poissons de la rivière d'Aische. Tous ces titres sont Latins, que je n'ay veu, & ne doute point qu'en iceux ne soit usé du mot de forest corrompu pour rivière, tous ainsi que nous voyons en la donation du Roy Childebert, de sa terre & Seigneurie d'Issy, insérée dedans l'Histoire d'Aimoin le Moyne, chap. 10. livre 1. Has omnes piscationes (dit ce Prince) que sunt & fieri possunt in utraque parte fluminis, sicut nos tenemus, & nostra forests est, tradimus ad istum locum. En ces deux titres de Saint Denis, & celuy de Saint Benigne, finit du Tillet. Ausquels j'ajustierais volontiers par forme de commentaire, si me permettez de le faire, que ce mot de forest estant anciennement employé, tant pour les eaux que pour la terre, cette Jurisdiction sur dire des Eaux & Forests; & depuis, le mot de forest ayant esté par succession de temps aux bois, esquels il falloit Reiglement comme aux eaux, nous appellons cette Jurisdiction des Eaux & Forests. M.
FOREST. Les Allemans appellent aussi forester un forester: & il est bien sur que notre mot forest vient de l'Alleman forst. Voyez J. H. Ortius, dans sa Franco-Gallia, imprimée à Bâle en 1670. p. 135, au mot Forest. Le Duchat.
FOREST. De foraculum; formé du verbe forare, qui signifie percer. Les Gloses: Tiberet, foraculum. Le Glosaire de Papias: Foro, as; penetro: inde dicitur foramen. Caseneuve.
FOREST. Instrument à percer le vin. De foratum, pour foratorium: comme forester, de foratum, pour foratorium. Foratorium a été fait de forare. Petrus Cellenus, livre 9. chap. 5. Tentius foratur, ut vinum habatur. Foraculum se trouve dans les Gloses anciennes; pour foret. Tiberet, foraculum, perforaculum. M.
FOREST. Petite Province de France. On écrit aussi Forais, ou Fores: mais il ne faut pas écrire Forest, ou Foret; comme si ce pays avoit tiré son nom d'une foreste dont il avoit été autrefois couvert, ce qui n'est pas véritable. Il fait partie du pays des anciens Seguisens, & il a tiré son nom de la ville appelée par les anciens Forum Seguisanorum, & aujourd'hui Feurs. Ce mot Forum signifie le lieu du pays où les peuples s'assembloient, pour leurs affaires concernant la justice & le negoce: ce qui marque la grande antiquité de Forum Segu- fianorum, dont Prolomée fait mention, & qui est aussi marqué sur la carte de Peutinger. De la Mure, dans son Histoire du pays de Forez, livre III. chap. 1. 2. 3. 4. observe qu'avant que ce pays fût uni à la Couronne, son nom s'écrivait déjà Forez, par un simple e, comme nous l'écrivons : qu'auparavant sous les vieux Comtes du nom de Forez, il s'écrivait Fourais, ou Foures : que dans un titre de l'an 1120. Il se trouve écrit simplement Forez, en Latin Provincia vocata Forez ; & que plusieurs Auteurs qui sont venus ensuite l'ont écrit de même : que la vraie manière d'écrire ce nom est Forez ou Forez : que le nom appellatif de Forsian en est une preuve : que Forez est plus conforme au nom Latin Forsian, & depuis Forsian, d'où s'est formé le nom François Forez : que ce nom n'a point été donné à ce pays, à cause des forêts dont il étoit plein : que son nom Latin n'a rien d'approchant de cette signification : que ce seroit Patria Silvanellensis, & non pas Forensis, ou Forsianis : que le premier nom que l'on trouve de ce pays est Patria Forensis, ensuite Forensium, ou Patria Forsianis, & enfin Forensium : que le nom de Forez vient de celui de la ville de Fours, qui est le Forum Segofianorum ou Segofianorum de Prolomée, livre VIII. Tab. 3. qu'almi Forez vient de Forum : que c'est le sentiment d'Ortelius, de du Chêne, du Pere Foderé, Cordelier, en sa description de la Province de Saint Bonaventure, de Paul Mériala, de Papyre Maison, de François des Rues, & de l'Auteur du Nouvel Atlas.
FORFAIRE. De forsacere. Les Glofes d'Isidore : Forsacio ; offendo, nocce. De forsacere, les Italiens ont fait forfante, d'où nous avons fait notre forfante. Voyez Loyfeau, des Offices, livre 1. chap. 13. 4. 2. M.
FORFAIRE. Forsacere, ou forsacere, d'où notre mot forfaire, est un mot hybride de la basse Latinité. Il est composé de facere, & de la particule barbare for, autrement far, ou fur, qui, dans ses composés, marque souvent le vice de l'action. Ainsi en Anglo-Saxon, Iaran, c'est enseigne, forfaran, c'est séduire, radan, c'est conseiller, fur-radan, c'est mal conseiller. En Anglois, furear, c'est jurer, forfurear, c'est se parjurer. Le Latin barbare se sert de for, fore, & foris, dans le même sens, dans les mots hybrides. Ainsi forfare, c'est malfaire, & forfatium, d'où forfati, c'est un mé-fait. Voyez Wachter, dans son Glosarium Germanicum, au mot Forlegani, & au mot Verwalken.
FORFANTE. Voyez forfaire M. FORGAGE. C'est un droit de retirer son gage. On l'appelle autrement forgas, qui est un mot de Normandie. M. Huet dérive forgage de forcapia, qui, dans les Capitaines de Charlemagne, se prend pour des serviteurs fugitifs & repris par leurs maîtres, sans que ceux chez qui ils se sont réfugiés, s'y puissent opposer. Et il ajoute qu'on appelle autrement ce droit forgas, & que forcapia vient de foris capere. Je ne doute point que ce mot n'ait été fait de foris vadium. Voyez gage. M.
FORGE. FORGER. De fabrica. Fabrica, fabricia, fauricia, FORGE. Fabriciare, fauriciare, FORGER. Les Glofes : iuxa voin, fabrico. M.
FORGES. Lieu dans la Province de Normandie, où l'on va prendre des eaux. De Fabricia. C'est comme ce lieu se trouve appellé dans les anciens titres Latins. M.
FORISSIR, FORISSU. C'est-à-dire, bannir, banni. On fait affez que ces mots viennent de l'Italien ufer iuxa, & iuxufito : aussi mon deilein n'est-il ici que de faire voir que le mot forfale s'est pris autrefois chez nous, non pour fortir dehors, comme signifie proprement ufer iuxa, d'où il a été fait, mais dans une signification active, pour mettre dehors. Ce qui se prouve par Rabelais, qui, au Prologue du livre 3. parlant des preparatifs que faisoient les Corinthiens pour résister au Roi Philippe, dit, qui entre autres mouvements qu'ils se donnoient dans cette voie, ils forfaisent patronnes ; c'est-à-dire, qu'ils mettoient des patronnes en campagne. Il est vrai que les éditions modernes portent en cet endroit forfaisent : mais c'est une faute de copiste, qui n'a été cominité que pour avoir voulu en éviter une autre, en mettant, comme dans l'édition de 1547. & dans celle de 1553. forfaisent : au lieu que si les copistes avoient vu celle de 1552. & celle de 1616. qui a été faite sur son modèle, ils auroient remarqué que forfaisent ne s'étoit mal-a propos glissé dans ces deux anciennes éditions, que parce que ceux qui en avoient pris soin ne s'étoient pas apperçus que forfaisent qu'ils rejettoient, étoit très-bon dans une signification active, comme il devoit être pris dans cet endroit. Le Duchat.
FOR-L'EVESQUE. Prison de Paris. O dit For-l'Evesque, & Four-l'Evesque. For-l'Evesque est le plus usité : Et c'est comme il faut dire, nonoestant l'étymologie de Furnus Episcopi. C'est comme ce lieu est appelé dans les anciens titres : ce qui a été très-véritablement remarqué par M. de Valois, dans la Préface de sa Notice, pag. 16. & 17. en ces termes : Fuit Parissis, estque etiamnum, domus, vulgo dicta Furnus Episcopi : LE FOUR-L'EVESQUE : in vice Sancti Germani Amisfandorensis, ad flumen Sequanam posita. In supra laudato libro Privilegiorum ad Episcopum Parissis pertimentium, legi Litterae anno 1256. datas, quarum inscripto talis est : Littera super x. solidis capitalibus accipiendis super quadam platea in vice Sancti Germani, versus Seamam, ibi memorari in venio, quandam plateam, quam Dominus Episcopus habebat absque adificio in confiva atque in dominio suo sitam Parissis, consignam domus Dominus Episcopi, qua dicitur Domus Furni Episcopi, ex una parte, &c. Ibidem : alia Littera, data anno 1258. hujusce Furni Episcopi mentionem farium, his verbis, v. solidus super quandam domum sitam versus Furnum Episcopi. Locus a re habebat nomen. In eo enim Furno homines Episcopi papet cophere, & pro collione, pecuniam date jubebantur, compellebantur : quales Furnus bannarios appellabant, &c. Furnus Episcopi, in vice Sancti Germani, hodique appellatione vulgari aperiffime omnibus indicar, quod olim fuerit. Quippe verus nomen servas, & vocatur le Four-l'Eveque. Sed furno pridem diruio, domus nunc carcerem, nunc & auditorium habet, in quo Judix, vel Radivus, nomine Archiepiscopi Parissensis, jus reddit. Quâ decrepit re, Carolus Molinans Jurisconfultus, & recentiores omnes Striptores, ignari antiquitatis, Forum Episcopi vocare, quem Furnum Episcopi convenit appellari. Voici l'endroit de du Moulin, qui est de son apostille sur la Glosé du chapitre Quod Clerici, aux Décéteales : Imo ibi non habet Episcopus Jurisdictionem temporalem, nisi in certo limitato loco, quem Forum Episcopi vocare. M.
FORLIGNER. De fortineare. C'est-à-dire, fortir hors de la ligne : dégénérer. M. 608 FOR. FOS. FOU.
FORMARIAGE. C'est l'amende que paye un homme serf, époufant une femme franche; ou celle que paye un homme franc, époufant une femme serve. Voyez M. de Launay sur cette Règle des Institutions Counmieres d'Antoine Loisel, En formariage, le pire emporte le bois: qui est la 21. du liv. 1. Voyez aussi M. Bignon sur Marcuse, liv. 2. ch. 29. pag. 325. de la derniere édition. M. FORME de foulier. Les Latins ont dit de même forma calcei. Le Jurisconsulte Julien, en la Loi 3. §. 3. du Digeste Ad Legem Aquitiam: Suter puero discenti ingenuo filiosamilias, parum bene facienti quod demonstraverit, forma calcei, cervicem percussit, ut oculus puero perfundereur. Le Glossaire Grec-Latin aui eruc, forma calcei, norma: Car c'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas, calcis, comme portent les éditions. M.
FORME. Une fosse d'eau où l'on prend des canards sauvages, est appelée forme, a la pag. 118. du livre des Quinze Joyes du mariage, édition de 1606. & de même dans le traité des Ruses innocentes, liv. 3. ch. 26. du Latin forma, qu'ont employé en cette signification les Auteurs du onzième Siècle. FORMA, dit la quavis fosse aquas continentes, aquarum receptacula, &c. dit du Cange; à qui soit dit en passant, il faut s'adresser pour savoir cela; aucun de nos Dictionnaires, au moins que je sache, pas même celui des Arts de Thomas Corneille, ni celui de Trevoux, n'ayant le mot forme en la signification dont il s'agit. Voyez aussi les Mélanges de Vigneul Marville, Paris 1713. tom. 2. pag. 142. Le Duchat.
FORS. De Foris. M.
FOSSE. De fossatum, ou fossatus, formés de fosse. Modestin le Jurisconsulte, au paragraphe 3. de la Loi 4. au Digeste de Re Militari: Qui a fossato recedit, capite puniendus est. Innocentius, de Casibus litteratis: Fossatum, qui rivus interpretatur. Latinus & Myrientius: Fossatos, quo: Augusteos appellamus. Abbo, dans son Pocme du Siège de Paris: Dicere forte trucei secum conantur Odanem, Qui primum feriendo, falx fossata volatu Transiluit propero, clypenum, gestansque cateiam.
FOUARRE. Voyez fourrage. M.
FOUCHET. Sorte de marre ou de bêche dont les paysans des environs de l'Isle, en Flandres, se servent à creuser des fosses. De sodicentum, fait de sodicare, diminutif de fodere. Le Duchat.
FOUDRE. De fulgure, ablatif, de fulgur : anciennement on écrivait fondre. On a dit fulgur, pour fulmen : ce qui a été remarqué par Casaubon sur ces mots de Capitolin, en la Vie d'Antoninus Pius, & fulgur, cæle ferene, fine moxa, in ejus domum venit. Il a fait la même remarque sur Suétoine; liv. 2. Voyez M. de Saumais sur Solin, pag. 1135. M. FOUDRE de vin. De l'Alleman fuder, qui signifie un tonneau de vin contenant 24. mesures, appellées en Alleman obum. Et un obum tient 24. pintes. Et ainsi, 24. pintes font un obum, & 24. obum, font un fondre. M. M. Ménage a été mal-informé. Un obum tient 24. pots, c'est-à-dire, 48. pintes, & par conséquent, un fondre contient le double de ce qu'a cru M. Ménage. Le Duchat.
FOUET. Diminutif de fou, fagus. Les fouets se faisoient autrefois d'une branche de fouteau, comme houffine, diminutif de houx. Huet.
FOUGADE. De focara. Huet.
FOUGE-MERDE. Nous appelons ainsi une sorte de scarabée; parce qu'il se plaît dans la fiance des animaux. M.
FOUGERE. De filicaria. Filix, filicis, filice, filice : d'où l'italien fêce : comme eice, d'ilex ilicis, filice, filicus, filica, filiculus, filicaria, FOUGER : ou, comme on prononce en plusieurs Provinces, FEUGER. De filix, filicis, filicus, les Espagnols ont fait de même heloche. ¶ La Ville de Fougeres en Bretagne, est appelée Filicaria, & Filicaria : de filix. Adrien de Valois, dans sa Notice des Gaules : Filicaria, vel Filicaria, à filice band dubie nomen habent, qua circa Castrum Filicarias plurima nascebatur. ¶ Le P. Labbe, qui dérive fougère, du verbe fougère, c'est-à-dire, fouiller, s'est tout-à-fait compé. Voici ses termes, qui font de la pag. 245. de la première partie de ses Etymologies : Et d'autant que les parcs & sangliers qui aiment à fougère & à fouiller dans la terre, aiment fort la racque de la fougère : filix : elle en a pris de la son nom en notre Langue. ¶ Le Latin filix, a été fait du Grec vulgis. Voyez l'Etymologicum de Voëtius. Pontus de Thyard, Evêque de Chalons sur Saone, dans son livre de Rècla nominum Impositione, pag. 49. parle ainsi de l'étymologie de filix : Illa vero agricolis invisa filix, Latine della a vetere quodam Grammatica, quod se minime felix arvois, quodque si sterilis, & inculturis foli amatrix : qui est une étymologie ridicule ; quoiqu'elle soit du Grammatien Caper. Celle d'Isidore, a singularitate foli, n'est pas plus raisonnable. A l'égard de vulgis, Pontus de Thyard, a fort bien remarqué, que les Grecs ont ainsi appellé la fougère, ab effigie expansarum alarum. M.
FOUGUE. Ce mot ne viendroit-il point du Latin fuga. Une fougue ressemble assez bien à une fuite, & arrive tout d'un coup comme une fuite. En faisant fougue de fuga, on aura seulement eu égard à l'impétuosité avec laquelle un homme épouvanté prend la fuite, & on aura fait abstraction de la lâcheté dont la fuite est souvent accompagnée. Les mots, en passant d'une langue dans une autre, & même en différents tems, changent souvent de signification ; & tel qui se prenait dans une langue en bonne part, se prend dans une autre en mauvaise part ; & au contraire. Ce qui arrive par les différentes manières & les différents côtés dont on envisage la signification des termes. *
FOUGUEUX. M. de Valois le jeune croit que ce mot a été dit premièrement des chevaux ; & qu'il a été fait de fucus, fait de jucus dans la signification d'un fœlon : parce que les chevaux piqués de ces mouches entrent volontiers en fougue. Et ce qui peut servir à confirmer cette conjecture, c'est cette façon de parler, quelle moi ne le pique ? Les autres dérivent fougueux, de l'italien fucus. M.
FOUILLER. Henri Etienne, au livre de L'atinitate falso fufpella, ch. 8. est porté à croire que de folliculum, qui signifie une bourse, on a formé fouiller, comme qui droit folliculare : parce que l'on dit ordinairement fouiller la bourse. Caleneuve.
FOUILLER. De fudiculare, diminutif de fudere. M. de Valois le jeune le dériroit de follare, fait de follis, comme qui droit, manum in follum mittere, mettre la main dans la poche. Henri Etienne, dans son livre De L'atinitate falso fufpella, ch. 8. a eu la même pensée : ce qui a été remarqué par M. de Caleneuve. M.
FOUILLER. Ne pourroit-on pas dériver ce mot, avec plus de vraisemblance, de l'Alleman wulien, qui signifie tourner, renverser, fonder, rechercher. Wachter, dans son Glossar. German, pag. 1932. WULEN, wulen, versare, voluntare, sich wulen voluntari. Idem quod wullen volvere, hac und tantum differentia, qua tamen mort arbitraria est, quod sensus ad motum in loco restringitur. Et in vulgo tantum dicitur de iis qui terram vertum, sive instrumento, ut fosfores, sive manibus, ut puri, sive rostre, ut sus & talpa, vel in terra aut cæne voluntatur. Et ensuite : wulen, wulen, ferutari, rimari, explorare. Cambris chirilio, Gallis fouiller. Dulta similitudo à fosforibus, qui dum terram vertum, eam ferutari videntur. Cette étymologie de fouiller me paroît préférable à celle de M. Ménage. Nous avons changé w en v, comme en plusieurs autres mots. *
FOUILLOUSE. Rabelais, liv. 3. ch. 29. Plus d'aubert n'étois en fouillouse, pour folliciter & poursuivre. C'est-à-dire, ils n'avoient plus d'argent en bourse. Fouillouse vient de folliculosa, fait de follis. C'est un mot de l'Argot. Le Diction. Franç. Ital. d'Ant. Oudin : Fouillouse, parola di cargo, facoccia, poche, pochette. Le Duchat. FOUINE : instrument de pêcheur. L'Auteur des Russes Innocentes de la Chaise & de la Pêche, pag. 352. de la seconde édition : FOUINE, est un instrument de fer qui a trois branches, lequel fort pour prendre des anguilles dans la vaise. Il est ainsi nommé des Flamans, parce qu'il cherche le poisson dans le fond de l'eau, sous les arbres & parmi les berbiers, ce qu'ils appellent fouiner. Il est ainsi nommé du Latin fufcina. Voyez fouine, animal. M.
FOUINE. Animal. M. de Saumais dérive aussi ce mot de fufcina. C'est sur Solin, pag. 1009. Voici ses termes : Meles igitur, aut id est quem pulgo cattum putofum, id est, putentem, nuncupamus : aut ea qua hodie fufcina dicitur : a fufco pilo : vulgo fouinam vocamus ; id est, fufcinam. Nam fufcinam tridentem, pifcatorium instrumentum, in plerifque Gallin doctis fouinam appellant : & fit. Feteres mofti vocabam. Sonus uirinfone nominis idem, sed urigo diversa. Fufcinam pro fufco, infima L'atinitas dixit : ut aucinum, pro aureo : marmorinum, Hhhh pro marmoreo : aurichalcinum, & familia. Sic ful- cina ditta, quia fuficum habent pilum. M. Bochart le tire de fagina, & cause que les fouines se plai- fent parmi les fouetaux : & pour cela, il cite Gei- ner, pag. 766. & il ajoute, que cette étymologie est indubitable. Les Italiens disent fatina; & les Espagnols fayna : ce qui peut favoriser l'opinion de M. Bochart. Fatina pourroit auffi avoit été fait de quise. Quise, fatina, fatina : & famine, de fulvina. M.
FOUIR. De fadire, dit par métaplafime, pour fodere : comme colligire, pour colligere, d'où CUEIL- LIR : tenite, pour tenere, TENIR : acquirire, pour acquirere, ACQUERIR. M.
FOULE. Foule de monde, grande foule. De fouler. Voyez fouler. Nous disons presse dans la mé- me signification. M.
FOULER. De Fullo, qui signifie Foulon, on forma le Latin-barbare fullare, d'où nous avons fait fouler. Le Catholicon Parvum : Fullo, fullas; fouler, appareiller draps. Car en effet, le métier de Foulon est d'appareilier les draps en les foulant sous les piés : d'où vient que nous avons étendu ce verbe à tout ce qui est mis sous les piés. Et ainsi foule signifie une presse de gens si grande, qu'on y est quel- quefois mis sous les piés des autres. Caïeneuve.
FOULER. Scaliger le dérive de fullo. C'est dans les Conjectantes, sur ces mots de Varron, APUD TULLONEM, VESTIMENTUM CUM COGITUR, CONCILIARI DICITUR. Voici ses termes : Imo con- ciliare, a ciliis : & Grace adina, dicuntur. Ex its coalita vestimenta, vulgo beltra vocamus. Nempe, va in verum suum Sijum. Unde conciliare, fullo- nium verbum, to eucum, uicum, iux, caiveux- viva. A quo & Galli quoque fouler dicunt. Hoc intellexis Titissimus Fuliomus : — terra hac nova est : Quafi ubi tu follus pedibus argutarier, Dum compefcis cretam & vestimenta eluis. Unde fatus fullonius Seneca epifola 15. Curfor & cum aliquo pondere manus mota : & fatus, vel ille qui in altum corpus levat, vel ille qui in lon- gum mitrit, vel ille, ut ita dicam faliaris, vel, ut coutumelofols dicam, fullonius. FOUER a été fait de fullare, fait de fullus, qu'on a dit pour ful- lo. M.
FOULQUE. Nom propre d'homme. Encore que les Auteurs Latins le disent Falco, je crois que l'un & l'autre font formes de falco, & qu'origi- nairement on disoit Falco. Ce qui me le perfua- de, c'est que dans le Recueil des anciennes Poé- fies Provençales, j'ai lu des vers que Guillaume Duc de Guienne, père de ce Guillaume qu'on croit Saint, compota lorsqu'il entreprit le voyage de la Terre-Sainte, du tems de la premiere Croi- fade : dans lesquels il recommande à Foulque Com- te d'Anjou (qu'il appelle son Coufin) ses Terres, & son fils Guillaume, qui étoit encore fort jeune; & où il l'appelle par-tout Falco. Pus la partirs me ait an grieu Del fembrage de Peyrieu Et garde la Falcon d'Angiens Tota ma terra mon Coufi. Si Falco d'Angiens noh Serur El Reis de cuy jeu tene m'enor, Mal li faran tug li plusor Qu'el veyran iovonei mafihi. Caïeneuve.
FOULQUE. Oiseau, autrement dit poule d'eau. De fulica, que les Latins ont dit par contraction, à fuligine, à cause de sa noirceur : & c'est pour- quoi, comme dit Charles Etienne, on l'appelle diable en Guienne. Il vit dans la mer & dans les lieux marécageux. Isidore, liv. 12. ch. 7. donne une autre origine du fulica : Fulica ditta, quid caro ejus leporinam fapias : haric enim lepus dicitur: unde & apud Gracos haric dicitur. Caïeneuve. FOULQUE : oiseau de mer. De fulica : mot ancien. Isidore, liv. xii. ch. 7. parle ainsi de l'éry- mologie de ce mot Latin : Fulica, ditta quid caro ejus leporinam fapias : haric enim lepus dicitur: unde & apud Gracos haric dicitur. Ce que je n'entends pas : n'y ayant guère de rapport de fulica avec haric. M. de Caïeneuve dérive fort bien fulica de fuligo : à cause de la noirceur de cet oiseau : pour laquelle nous l'appellons diable de mer. Et c'est auffi l'érymologie qu'à donnée de ce mot Jules Scaliger, sur le livre 9. de l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 1079. M.
FOULQUE. Nom d'homme. Foulque Nerva; Foulque Rechin, Comte d'Anjou. Guillaume, Duc de Guienne, dans des vers qu'il fit en partant pour le voyage de la Terre-Sainte, par lesquels il re- commande ses terres & son fils à Foulque Rechin, Comte d'Anjou, appelle ce Foulque, Falco d'An- gius : ce qui a fait croire à M. de Caïeneuve que ce mot de Foulque avoit été fait de Falco. Voyez sa remarque. Ces vers sont imprimés dans le Re- cueil des Poefies Provençales. M.
FOULQUE. Nom d'homme. Quelques-uns le font venir de vozy, qu'ils disent être un mot Alle- man qui signifie genoux. Cette étymologie n'a pas la moindre vraisemblance. Skinner le dérive, avec plus de raison, de l'Anglofaxon fole, qui fi- gnifie peuple : de sorte que le nom de Foulque, dit Skinner, répond au nom de Publius chez les La- tins, & a ceux de Damon & de Demophile chez les Grecs.
FOUPIR. Froisser, chiffonner. Rabelais liv. 1. chap. 16. Monftrans leurs paniers rompus, leurs bonnes fupis, leurs robes déchirées. C'est propre- ment fouler aux pieds ; & c'est de fouler & de pié que vient le mot de fupir : comme de prédictrus, a, nous avons fait pierri, &c. Le Duchat.
FOUQUET. Nous appellons en Anjou un écureuil un fouquet. Et je-là vient que M. Fou- quet, Procureur Général du Parlement de Paris & Surintendant des Finances de France, qui étoit originaire de la ville d'Angers, portoit un écureuil dans ses armes. Fouquet est un diminutif de Foul- que : Et Foulque est un nom propre, comme il yent d'être remarqué. Nous avons donné des noms d'hommes aux animaux. C'est ainsi que nous avons appellé un écourneau, un fanfumer : c'est-à-dire, petit Samfon : un perroquet, un perroquet, c'est-à- dire, petit Pierre, &c. Voyez renard. M.
FOUQUET. Il y a aussi le jeu du fouquet, dont Rabelais parle en ces termes au Prol. du livre 4. Et ferons en figure origine équilatérale au grand tem- ple de Paris, ou au milieu du parvis, posées ces crois pierres marées, en office d'extraindre avecques les nez, comme au jeu du fouquet, les chandelles, tarches cierges, fougées, & flambeaux adunés. Je crois que fouquet en cette signification pourroit bien venir de focus feu ; à cause que ceux qui jouent au fouquet sont exposés à se briller le nez avec le feu que rendent les chandelles &c. qu'on emploie à ce jeu. Le Duchat.
FOURBE. De l'Italien *furbo*, mot de même signification. On ne fait pas bien d'où vient *furbo*. Dans mes Origines Italiennes, j'ai dit qu'il venoit, ou de *fur*: *fur*, *furis*, *furis* (d'où le mot *Siennols furo*, pour un *larron*) ; *furus*, *furje*, *furbo*: comme *carabo*, de *gremium*, ou plutôt de *furvus*, c'est-à-dire, *noir*, & *méchant*: dans laquelle signification de *méchant*, les Latins ont aussi employé *niger*. Horace : *Hic niger est*, *hunc tu*, *Romane*, *cavato*: & les Grecs, *michac*, Marc-Aurélie, liv. 4. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ. μ.
FOURBIR. Les Italiens & les Provençaux disent *furbire*. L'origine de ce mot ne m'est pas comme. M.
FOURBIR. De l'Anglois *furbib*, *polir*, *éclai-cin*, *Huet*.
FOURBIR. Ce mot, selon Icquez, est dérivé de *furbier*, qui dans la langue des Francs signifie *netoyer*, *polir*, & qui revient à l'Anglois *furbib*, d'où M. Huet dérive *furbier*. Skinner dit qu'il y a des Auteurs qui le dérivent des mots Latins *furvus* & *fervus*. Pour lui il aime mieux le faire venir de l'Alleman *farb* couleur ; d'où *jarben* donner de la couleur, mettre en couleur.
FOURBU. Cheval *fourbu*. C'est ainsi qu'il faut dire, & non pas *fervu*. Henri Etienne dans son livre de la Précellence du Langage François, dit que ce mot a été fait de *for*, & de *ben* comme qui diroit, un cheval qui a bu hors le tems qu'il devoit *boire*. Le Pere Labbe dit la même chose. CHEVAL FOURBU : qui a *ben* à contre-tems. C'est à la page 54, de la 1. partie de ses Etymologies. Cette étymologie est insoutenable : car on ne dit pas qu'un cheval à *fourbu*, mais qu'il est *fourbu*. Pour moi, je crois que ce mot a été fait de *fombur* ; c'est-à-dire, *male imburu* ; *mal abrevé*. M. FOURBU Quelques Auteurs disent que *fourbu*, en vieux François, signifie *fourvoyé*. Si cela est vrai, il aura la même origine. Voyez ci-dessous *Fourvoyé*.
FOURCHE-FIERE. Je crois que ce mot a été dit pour *fourche-ferrie*. C'est ainsi que ce mot est écrit dans Phœbus. Voyez *fœrabras*. M.
FOUREAU. Latin *vagina*. Grec *Equibus*. De *fœrulus* : qui est le même que *fœrulus*, qui se trouve en cette signification dans ces vers de Guillaume le Breton, qui sont du liv. 12. de la Philippide : *Francorum gladius, nimia jam cade madentes, Fix feruli agnoscent; quosque emisere nientes, Tabo sordenti mutatos pone repellunt.* Ce mot, parmi les anciens Auteurs, signifie *armire à livres*. Trippault s'est apparu de cette étymologie. Voyez *fourrer*, dans la signification de *metre dedans*. M.
FOURGON, à *four*. De *furcone*, ablatif de *furco*. *Furco* a été fait de *furca*: ce *fourgon*, originellement, étant *fourchu*. Les Éspagnols disent de même *horgonero*. De *fourgon*, nous avons fait le verbe *fourgonner*. M. FOURGON : pour *charier*. Du même mot *furco*. Au timon du *fourgon* sont unis deux limons : ce qui représente une *fourche*. M.
FOURMILLER. De *formiculare*, diminutif de *formicare*, fait de *formica*. Les Grecs ont dit de même *mopuniois*. Formicare se trouve. Le P. Labbe reprend mal-à-propos M. Lancelot pour avoir dérivé le Latin *formica* du Grec *mopunio*, acculatif de *mopunio*. M.
FOURNEAU. De *furnellus*. Dans le Sermon 72. de *Tempore*, attribué à S. Augustin, mais qui est d'un Auteur postérieur à S. Augustin : *Furnellus, panibus coquendis*. M.
FOURNIR. H. Etienne le dérive de *mopuniois*. Périon le dérive de *mopuniois*. Voici ses termes : *Sic mopuniois*, *id est*, *suppeditare*, *FORNIR*, *sac fyllaba detractione*, *dicitur*. Cette étymologie est tout-à-fait ridicule : ce qui me fait souvenir de produire ici le jugement que Scaliger a fait du livre de Périon de la Langue François : *Perionius Aristoteles omnino pervertis*, *ad Ciceronianum fyllum vocabula Philosophia accommodans*, *urriusque Lingua parum peritus* ; *ut fatuo libro offendit de Ratiore Lingua Graca cum Latina*. C'est dans son premier Scaligerana. FOURNIR vient de l'Italien *fornire*, qui signifie la même chose, & qui a été fait d'*omare*, si on en croit M. Ferrari célèbre Profefleur de Padoue : lequel mot *omare* se trouve en la même signification dans les Auteurs anciens. Lucrèce, livre 1. *Fervere cum videas classem, lasique vagari, Ornatamque armis, belli simulacra cientem.* Nepos : *Effectit*, *ut ea elephantus ornatus ire pisset*. GARNIR, selon le même M. Ferrari, a la même origine. Voyez *garnir*. Turnébe, dans les Mémoires qu'on a trouvés de lui après la mort ; en son cabinet, dérivait *fourmir* de *furnus*. M.
FOURNOYER, FOURNAIER, signifiant *enfourner* ; & ce sont des termes de coutumes, où ils désignent l'obligation des sujets d'aller-crire leur pain aux fours bannaux des Seigneuries où ils résident. Voyez la coutume d'Anjou, art. 15. & celle de Poitou, art. 46. *Le Duchat*.
FOURRAGE. De *foderagium*, qui a été fait de *foderum*, qui signifie *alimenum*, *pabulum*. Aimoin, en la Vie de Louis le Débonnaire : *Inhibuis a plebeis ulteriis annonas militares, quas vulgo foderum vocant, dari*. L'Empereur Conrard, dans la Constitution de *Beneficiis*, qui se lit au cinquième livre des Fiefs : *Fodrum autem de Cuffelii, quod nostri Antecoffores habuerunt, habere volumus*. Cujas, fur ce lieu, *Quintum capus est de fodro, nel le se in eo exigenda morem antecofforum fuscum excedere*. *Fodrum Annonius*, v. c. 3. *Annonam militares esse interpretatur*. *Ergo a Germanico vocabulo* FUTER. *Fridericus*, de Pace *Constantia*. Nobis intrantibus in Italiam *fodrum consuetum praetabunt*. *Latharius & Carolus in suis Legibus*. Missi curam habeant, ne homines nostri vicinos tempore astatis, quando ad herbam caballos suos mittunt, vel tempore hyemis, quando Marefcalos illorum ad fodrum dirigunt, depredentur, aut opprimant. *Gustberus* : Id quoque quod *Fodrum vulgari nomine dicunt*, H h h h ij Et Capitolicium certo sub tempore censum, Hæc Ligures sacro tribuerunt omnia fisco. Sic in C. præterea, de Jure Patronatus, & Otho- mis 1. cap. 12. 23. Radevici 4. cap. 10. 15. 34. Voyez diligemment Vossus de Vitis Sarmouris liv. 1. chap. 6. où il ne dérive pas comme Cujas, fode- rum de l'Alleman futer, qui signifie ce que man- gent les chevaux; soit grain ou fourrage; mais de l'Alleman foden, ou voeden, qui signifie paître, & dont les Hamans ont fait voeder, pour ignifier la même chose. De ce mot foderum, nous avons fait celui de fourre, pour dire de la paille; qui est encore en usage à Paris, & pour lequel on a dit au- si feurre, témoin le Proverbe, faire à Dieu gerbe de feurre, qu'on a depuis corrompu en herbe de feurre; comme l'a remarqué Pasquier en ses Re- cherches. Rabelais 1. xi. Faisoit gerbe de feurre aux Dieux. Il y a une rue à Paris près la Place Maubart, qui s'appelle aujourd'hui du fourre, & qui s'ap- pelloit autrefois du feurre, & qui dans les titres Larius est appelée vicus straminum. Joannes Major sur le chap. 11. de Saint Matthieu: In straminum vico, Parissis, affusus Sophista, spiculorum phare- trà onustus, sic auspicatur: Benigna cum venia Pra- sidis, cathedram circumspellissime moderantis, om- nium Philofophorum hujus faculi facile Principis, Baccalaureus duabus facilibus argumentationibus op- pugnabo. Il y a apparence que cette rue a été ainsi appellée, à cause de la paille qu'on y vendoit pour joncher les Ecoles de Philofophie qui étoient en cette rue; & celles de Médecine, qui en font pro- che; sur laquelle paille les Ecoliers se mettoient, lorqu'on faisoit des Actes publics. Ramus, en sa Préface pour la Réformation de l'Université de Paris, faisant mention de la dépense des Ecoles de Médecine: Pro tapetis & stramine Quodlibetaria, 10. fol. di. In Cardinali, pro tapetis & stramine, 10. foliis. Anciennement on jonchoit de même la falle de l'Evêché de Paris, quand on y donnoit le bon- net de Docteur à quelqu'un; ce que j'ai appris de M. de Launoy, Docteur en Theologie de la Faculté de Paris, mon ami particulier. M. Bochart a écrit en marge de son exemplaire de la première édi- tion de ces Origines, qu'il y a une autre rue près Saint-Inno eût, appelée la rue aux Feurres; que plusieurs dissent aux Fers; & que c'est celle où il étoit logé chez M. Bidal. Mais écoutons André du Chesne dans ses Notes sur Petrus Venerabilis, Abbé de Cluny, pag. 110. MATTAS ANTIQUUM MONACHORUM OPUS COMPO- NE. Sic & Epist. 4. lib. 1. mattam Monachicam dixit, qua non tantum à Monachis compon; sed & in qua Monachi, & minus honorati quique tam in collationibus quam disputationibus & congregationi- bus publicis sedere confueri. Nec mente excidat, in- quit loco jam citato, quod Episcopo locum Abbas, ut dignum erat, in sede propria tribuit, reluctant- em sedere coegit: ipse ei in matta Monachica, quæ sedi illi contingua erat, assedit. Collatio, non de imis, sed de supernis habita est. Et ante eum Sanctus Ambrofus in Epistolam primam ad Corin- thios cap. xiv. Sedentes disputent, seniores digni- tate in cathedris, sequentes in subselliis, novissi- mi, in pavimento super mattas. Unde & Urbanus V. reliptio cavisse dicitur, ut Scholares Universi- tatis Parisiensis audientes suas lectiones, sederent in terra coram magistris, non in scannis, vel sedi- bus elevatis a terra, ut occasio superbia: a juveni- bus seclideretur. Et in eadem Universitate strami- neus vicus nomen adhuc à straminibus hodie retinet, in quibus olim disputaturi Scholaris, & Magiste- rium in Artibus consequenti, sedebam. Quod & Petrarcha libro ix. Epistolarum atingere videtur, cum de Gallii loquens, ait: Et quid, oro, tot tantarum rerum studis quod objiciant labeus, nisi forte, ut est genus sibi placens & laudatrix sui, unus his omnibus fragosus straminum vicus objectitur? Et Epistola 1. libri x. Nosti, ut in illo surgenis vitæ flore, quem Grammaticorum in stramine, velut in deliciis, egimus, cum semel parens nreus, patru- nique simul tuus, ad Carpenteracensem, quam modo dicebam, civitatulam, de more venissent, patrum ipsum quasi advenam voluntas cœpit, ut vicinitate, credo, & novitate rei orta, præclatis- simum illum fontem Sorgia videndi. Et avant Pétrarque, Dante avoit fait mention de cette rue du Feurre. Papyrus Maffo, en la Vie de Philippe le Long: Menje Julio, Dantes, Poë- ta, decessit, quem Carolus Valesius anno trecentes- mo-primo Florentia excedere passerat, quod fallioni Alborum deditus foret. Unde Boninam, semper ali- quid discendi causâ, mox Lutetiam venit. Vici Stra- minei, ubi Philofophia Profefores dicebant, & Si- gerii, excellentis Philofophi, meminit. Petrarcha quoque vicum illum propter strepitum disputantium auditorum, fragosum appellat, epistola ad Urbanum V. Aliâ quoque ad Thomam Messanensem, eamdem Lutetiam, nutricem studiorum sui temporis esse dicit. Rabelais fait aussi mention de cette rue du Feur- re liv. 1. chap. 17. J'eus un autre procès bien ord & bien sale contre Maître Fifi & ses scipolis, à ce qu'ils n'eussent plus à lire clandestinement de nuit, la Pipe, le Bussar, ne le Quart des Sentences; mais de beau plein jour, & ce ex Escholes du Feurre, en face de tous les Artiens Sophistes. Et au chap. 16. parlant des Maîtres et Arts: Un jour que l'on avoit assigné à iceux se trouver en la rue du Feurre. Et au chap. 10. Et premierement, en la rue du Feurre, tant contre tous les Régents, Artiens, & Orateurs. De foderum, on a dit, foderarius; d'où nous avons fait fmirier. Le Pere Sirmond, sur les Capi- tulaires de Charles le Chauve pag. 16. FODRUM, five FODIRUM, interdum est annona militaris. Et à fodro, FODRARII, qui fodrum exigunt. Apud nos, FODRARII hodie dicuntur metatores manfionum; & hoc munere in equestribus turmis qui funguntur, Ma- rescalci hospitiorum nuncupantur. Voyez le Préfi- dent Fauchet au Traité qu'il a fait des Maréchaux & Fourriers des logis, & au livre vi. de ses Anti- quités Françoises chap. xi. M.
FOURRAGE. Nicot le dérive de farrage, qui signifie la même chose en Latin dans le sens pro- pre, & qui a été pris dans le sens figuré, pour un mélange de toutes sortes de choses. Farrage a été fait de far, qui signifioit autrefois toute sorte de blé ou de grain. Si fourrage vient de fodrum, il aura une origine Teutonique; car on ne sauroit douter que celle de ce mot Latin-barbarthne soit telle; & qu'il ne vienne du verbe Germanique fo- den, paître, nourrir, pour lequel on a dit furen, & furen; & d'où est formé l'Alleman futer, qui signifie la même chose que le Latin fourrage. L'An- glois fodder ou fother, a aussi la même signification. Voyez Wachter, dans son Glofarium Germanicum, aux mots Foden, Furen & Futer. FOURREA U. De forulus. Guillaume le Bre- ton, liv. 12. de sa Philippide: Francorum gladiis nimia jam cede madentes. Vix foruli agnoscunt; quosque emisere nitentes, Tabo serdemi mutatus pane repellunt. Foruli cependant, signifie en bon Latin, les équis des livres. Juvenal, Sat. 7. Hic libros dabit & forulos. Où l'ancien Interprète explique ce mot par Armariam sive Bibliothecam. Suétoue, en la Vie d'Auguise, chap. 31. Parlant des livres des Sibylles: Hos quoque, delectu habito, condidit daobus forulis auratis, sub Palatini Apollinis basi. Les Gloses Arabico-Latines: Forulus, ubi codices ponuntur. Caïeneuve.
FOURREAU. Voyez fourrau. M.
FOURREAU. Voyez FOURRER. * FOURRER: terme de Monnoyeurs. Pièce fourrée: médaille fourrée. Bouterou, pag. 162. Cette fraude est pratiquée en plusieurs manières. On l'on couvre avec des lames d'or & d'argent fondées par les bords, un faon, s'est-à-dire, une pièce non marquée, soit de cuivre ou de fer, ou de métaux mêlés; & après, on la passe dans les fers pour la monnoyer. Et les anciennes médailles fourrées sont faites de cette façon. On on applique l'or ou l'argent sur le faon, enforte qu'il ne fasse qu'un corps, & ait un son semblable à celui des bonnes espèces: qui étoit l'invention d'un nommé Merlin, fameux Faux-Monnoyeur. La moyen de découvrir cette fraude, est de peser l'espèce contre une autre, fabriquée en bonne monnoye, & de voir si le volume n'est point trop estendu, ou trop espais. Les anciens avoient de ces pièces fourrées, comme il paroît par ce mot vigneux orézaux, qui se trouve dans Julius Pollux, livre vii. ch. 24. section 2. M.
FOURRER. De foderare. Caïarius Heisterbachtenis, dans ses Histoires Mémorables, liv. 8. ch. 59. Girardus cappam suam foderatam, bonam satis, qui se togeret iens cubitum, transmisii. Aux Clémentines De Vita & bonestate Clericorum, ch. 2. Clerici usentes epitogio seu tabardo foderato. Et dans le livre De Statu Monachorum vel Canonico-rum Regularium, ch. 1. In vestibus fendatum pro foderaturis non portent. Et au ch. 2. Pannis fericis, variorum foderaturis. Je crois que foderatus & foderare, sont formés de foderum & foderum, qui signifient les choses nécessaires à l'entretien des gens de guerre. L'Auteur de la Vie de Louis le Débonnaire: Inhibuit à plebeitis annonas militares, quas vulgo Foderum vo-ant, dari. Car il est certain qu'on leur fournisoit des habits. Vegetius, liv. xi. ch. 19. In congruum videbatur. Imperatoris militer, qui vestes & annona publica passebatur, utilitatibus vacare privatis. Et parce que ces habits étoient sans doute fourrés; sur-tout lorsqu'ils étoient à la guerre dans les pays septentrionaux, où le mot foderum étoit en usage; il est croyable que de-là on prit occasion d'appeller toute sorte d'habits fourrés, vestes foderatas. De foderare on fit ensuite furare ou furare, d'où nous avons tiré fourrer. Le Concilie de Salisbourg, tenu l'an 1274, qui se voit dans le premier volume des anciennes. Leçons de Canilius: In pileis suffuraturas non habeant. Caïeneuve. FOURRER: pour doubler. Ital. foppamare. De foderare: qui se trouve en cette signification dans un nombre infini d'endroits des Ecrivains de la Baffé-Latinité. Voyez Voëtius, & M. du Cange. M. de Caïeneuve prétend que foderare, a été fait de foderum, qui signifie les choses nécessaires à l'entretien des gens de guerre: & que comme les habits entroient dans ces choses nécessaires, & que ces habits étoient fourrés, on a dit depuis foderare dans la signification de doubler. Voyez la remarque. M.
FOURRER. Le Latin-barbare foderare vient de l'Alleman futeron, qui signifie la même chose. Le Duchat. FOURRER: pour doubler. Il est certain que l'origine de ce mot est Teutonique, soit qu'il ait été fait immédiatement du Latin-barbare foderare, comme veulent M. de Caïeneuve, M. Ménage & M. le Duchat; soit qu'il soit venu immédiatement de la Langue Teutonique. Ecoutons là - deffus Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 511. FUTTERM, füttern, tegere, munire panno, pelibus, vel alia quacunque materia. Latino-Barbaris foderare apud Caïanovam, italis foderare, Belgis verderen, Gallis fourrer, quod imitantur Angli in to furt. Dicitur in derivatis de aperimento interno & externo. Ad priorem claffem spellat vox Gothica fodi vagina, in Cod. Arg. Joh. XVIII. II. unde italis fodro della spada eodem sensu: Anglo-Saxonica fodder theca, apud Junium in Gloss. Goth. pag. 164. Germanica futter theca, capsa, bogen-futter pharetra, flaschen-futter, lauten-futter, & alia satis nota, futterat theca, furulus, loculamentum. Ad secundam claffem spellant iustus Germanica futter pannus vestis interior, & quidquid voce panni adhibetur; unterfutter fubtegmen. Unde Latino-Barbaris fodratura pellicium que vestis armatur, apud Cangium. Arborem & ramos video, radicem non video. Pofit tamen futern idem esse quod fendere munire, tueri; defendere, expulso N. vel idem quod opertare frequenter operire, quod habet festus. Gallica fourrer & fourreau sunt & Germanico fonte, & manifesta syncope laborant. * FOURRER: pour mettre dedans. Fourrer quelque chose en quelque lieu. Je ne sais pas d'où vient ce mot en cette signification: car il ne vient pas de ferre, d'où Nicot le dérive, ni de opusio, d'où Périon le fait venir. opusio enim excubare est: quod qui faciunt, locum insidies aptum exquirunt: ce sont les termes de Périon. Ne viendroit-il point de forare? fait de forus, qui a signifié un étui: theca: comme il paroît par son diminutif forellus, dont nous avons fait fourreau, & par son autre diminutif forulus, qui signisfoit chez les anciens Latins une armoire à livres. Nous disons en Anjou & à Paris, il a été coffré, pour dire, il a été mis en prison; & on dit en Baffé-Normandie, il a été geollé, pour dire, il a été mis dans la geole: & qui donne sujet de croire, qu'on peut avoir dit forare, pour inforare: c'est-à-dire, in foro poirere: in theca poirere. Cette étymologie ne me déplaît pas. M.
FOURRIER. Ceux qui avoient la charge d'aller querit les vivres & les autres provisions pour la subsistance des armées, furent appelés Fourriers, du mot foderum, dont je viens de parler; comme qui diroit Foderarii. Et parce qu'ils arrivoient les premiers aux quartiers où l'armée devoit loger, on leur donna depuis la charge de marquer les logis pour les Chefs & pour leurs Compagnies. Mais parce que, sous prétexte de faire les provisions de l'armée, ils enlevoient avec violence tout ce qui tombait sous leurs mains, & commettoient toute sorte de désordres, les mots de Fourrier, Fourreur & Fourrier, dont ils étoient appelés, furent donnés aux gens de guerre qu'on envoie dans les Terres ennemies pour y faire le dé- gas. Guillaume de Nangis, dans les Gelfes de S. Louis : Rex Francia potem aqua cum suo exercitu pertransiens, suas usque ad Xantoni praecptit currere Ferratores. Froillart, vol. 1. chap. 159. Leurs Fourreurs ne trouvant que fourrer. Le Roman de Guillaume au court nez : Le cuen Guillaume a les Fourriers mandés Parmy la terre pour le pays gaffer. De Fourreur & Fourrier, on fit le verbe fourrer, qui signifie piller & gater. La vieille Chronique de Flandre, chap. 90. Deux mille Anglos se partirent du siege de Calais pour fourrer le pays. Et au chap. 91. Et joli ces contrées ardus & fourrer en plusieurs lieux. De la vient qu'a Toufoule, on appelle Fourrou, les foldats du guet de l'Hôtel de Ville; a caule de la violence avec laquelle ils traînent les personnes en prison, ou font les exécutions ordonnées sur les biens meubles. Caseneuve.
FOURRIER. Voyez fourrage. M.
FOURRIERE. Dans la Maison du Roi, il y a des Officiers qu'on appelle Officiers de la Fourriere. Ces Officiers fournissent le bois & la paille. Et c'est de la paille qu'ils ont pris leur dénomination. Voyez fourrage. M.
FOURVOYER. Se fourvoyer, c'est-à-dire, à c'estrer de la voye. C'est un mot hybride, composé du mot François 1000, & de la particule prépositive for, qui est de l'ancienne Langue Germanique, & signifie souvent le vice de l'action. C'est ainsi que forfait signifie méfait. Voyez ci-dessus forfait.
FOUSSON. Instrument à fouir la terre, farculum. La légende dorée, imprimée en 1476, dans la Légende de S. Clement : Il prit son petit foisson, & en ferit légèrement soule, le pie de l'agne. De l'adre, folio, jute, folium. Folio, onis, one, FOUSSON. Le Duchat.
FOUTEAU. Arbre. Lat. fagus. Nos anciens dissolvent fœu & feu : qu'ils avoient forme de fagus. M. Huet, croit que du même mot fagus, ils ont aussi fait fouteau. Fagus, fagi, fagitelus, futeilus, FOUTEAU. M. Guyet le dérivoit de futeilus, mot barbare, inufite, fait de fustis. Fustis, fustus, futeilus, FOUTEAU, FOUTEAU. Voyez futeau. Cette seconde étymologie ne me déplaisait pas autrefois. Aujourd'hui, je suis pour la première. Ce mot de fouteau, au reste, est fort usité dans nos Provinces d'Anjou & du Maine. A Paris & en Normandie, on dit hantre. Et les Parisiens & les Normans croiroient dire une ordure, en disant fouteau. Je rapporterai ici à ce propos un conte que fait Montagne touchant cette obécenité prétendue. Il est plaisant. Le voici : Nous desfons les filles, les l'enfance, aux entremises de l'amour. Leur grace, leur attiffare, leur science, leur parole, toute leur instruction ne regarde qu'à ce but. Leurs Gouvernantes ne leur impriment autre chose que le visage de l'amour; ne fait qu'en le leur représentant continuellement, pour les en déguster. Ma fille, c'est tout ce que j'ay d'enfants; est en l'âge auquel les Loix excuent les plus échauffées de se marier. Elle est d'une complexion tardive, mince & molle : & a été par sa mère électre de même : d'une fume retirée & particulière : si qu'elle ne commence encore qu'à se désintariser de la navette de l'enfance. Elle lisait un livre François de 1000, le mot de fouteau, y rencontra : nom d'un arbre connu. La femme qu'elle a pour sa conduite, l'arveilla tout court un peu rudiment : & la fustis par de ses cœnages pas. Je la laif- say faire, pour ne troubler leurs règles : car je ne m'empêche aucunement de ce gouvernement. La police féminine a un train mystérieux. Il faut le leur quitter. Mais si je ne me groupe, le commerce de vint laquais n'eût su imprimer en sa fantaisie, de six mois, l'intelligence & usage, & toutes les conséquences du son de ces syllabes scélérées, comme fait cette bonne vieille par sa réprimande & son interdiction. C'est au ch. 5. du liv. 3. M.
FOYE. De ficatum. Les Glofes de Papias : Ficatum, jecur. Joannes Januenis in Catholico : Ficatum, id est jecur, sive hepar. Caseneuve.
FOYE. M. de Saumalie sur Solin, pag. 1055, le dérive de ficatum. Stultus est si quis in nam conficiendo putat locum habuiffe aloen hepatida, qua nihil habet aromaticum. Sycotinum hodie vocamus; hoc est, ad verbum, inuvida, vel inuvidurans : nam Gracia infima exuvia pro jecore dixit, cum antiqua jecur anferit, aut perculo, fustis pufis, in delictis haberet, & sic vocaret. Vintine evanensis in dicuntur Polluci, qua aliis exuvia. Inde Recentiores exuvia quodlibet jecur appellarum, & eos imitati Latini, ficatum. Quo nomine hodieque jecur in nolto idiotismo nuncupamus. Lexicon Vetus : exuvia, inuvia. Cyrilli Lexicon : xio & 1000, inuis exuvia. Scaliger, dans son premier Scaligerana, pag. 114. de la première édition, avoit fait la même remarque. Et Vincenzo Tanara, au livre troisième de son Economia del Cittadino in villa, demie aussi la même étymologie au mot Italien fegato : Marco Apicio ingraffata porci con fichi secchi, e davagli da bere acqua, o vino mellato : dal cui dolce cibo facevano il fegato grandissimo e gustissimo. E ne venne, che per allusione mucifia dall'invenzione di cofini il nome Latino di jecur in ficatum : qual poi fegato in Italiam a dirsi fegato. Qui est aussi celle que lui donne Erythree, dans son Index Virgiliam, & Ferrari, dans ses Origines de la Langue Italienne. A quoi j'ajoute cet endroit de Mathias Martinius, au mot ficatum : Transfit hac appellario ad plures gentes pro jecore in genere. Ita hodie Graci est inuvia, & exuvia, & exuvia, pro exuvia; Italia, fegato; Hispanis, higado; Galis, foye. Nam Italia ficus est fico; Hispanis, higo. An potius ergo a fici figura? Mais nonobitant toutes ces autorités, je suis assez de l'avis de M. Guyet, qui dérive l'Italien fegato, & l'Espagnol higado, & le François foye, de hepar, en cette manière : hepar, hepatis, hepatum, (hepatum, est un ancien mot Latin. Voyez ci-dessous gefer. Et il a été fait du Grec inuvia). Hepatum, ecatum, fecatum, FEGATO. Hepar, hepatis, hepatum, fecatum, ficatum, higado. L'E en hepatum, a été changé en l'a cause de la prononciation de l'eta en iota. Hepar hepatis, hepate, hepar, hepa, heca, fego, fea, FOYE. Les Italiens, de hepar, ont fait de même epa, dans la signification de ventre, de pance, Touchant le changement de l'E en H, & du P en C, voyez mon Discours du changement des Lettres. Il est à remarquer, que la seconde en fegato est breve, & que régulièrement, si ce mot venait de ficatum, il faudrait dire fegato, & non pas fegato. Mais je n'appuie pas sur cette raison, ayant appris de M. Carlo Dati, Gentilhomme Florentin, un des premiers sujets de l'Académie della Cruzia, qu'en quelques lieux d'Italie en prononçant fegato, & les Espagnols d'ailleurs prononçant higado, & non pas hi- F O Y . F R A . F R A . gade. Il me reste à faire part ici à mes Lecheurs de l'opinion du P. Labbe touchant l'étymologie du mot de foye. Il veut qu'il vienne du mot Latin focus, en la signification de foyer. Voici ses termes, qui sont de la seconde partie de ses Etymologies Françoïles, au mot feu. Pour le Foye, jeeur, hépar, il est aussi venu de focus, en la signification de foyer, qui a velui focus est in corpore animato: d'autant qu'il est le foyer de l'animal, pour cuire les viandes qui font dans l'estomach, comme dans un pot à cuire. Barbins, au chap. 3. du liv. 56. de ses Coléfiens, dis que Papias, & quelques autres, appellent le foye figatum ou ficatum, & que ce mot foye parvoit bien venir de-là. Mon ancien Glossaire Manuscrit Latin-François, dit PICATUM, Joïser: qui signifiait aussi cette même partie du corps chez nos ancêtres, de laquelle nous parlons. Cette étymologie du P. Labbe est ingénieuse: mais elle n'est pas véritable. ¶ Il me reste à remarquer, que les Turcs appellent le foye, gigber. Voyez gifser. M. F O Y E R. De sicarium ou fuculare. Joannes Jamandis in Carbalien: Focarium, locus in quo fi signis. La Loi des Lombards, liv. 1. tit. 19. §. 2. Si qui fucum super novem pedes a fuculare portaverit. Les Constitutions Néapolitaines, liv. 1. tit. 100. Si mille fucularia ipsa Universitas habeas. Où fuculare est pris pour maison. Caïeneuve. F O Y E R. De sicarium. M.
FRACAS. FRACASSER. Le P. Labbe, pag. 58. de la seconde Partie de ses Etymologies, prétend que ces mots ont été faits par onomato-pée. Ils ont été faits de l'italien fracasso, & fracassare. Et fracassare a été fait de la particule fra, & du verbe cassare, fait de quassare: car je ne suis pas de l'avis de M. Ferrari, qui dérive fracassare de frangere. Voyez mes Origines de la Langue Italienne, au mot fracassare. M. F R A D E T. On appelloit ainsi anciennement le fer d'une petite flèche & la flèche qu'on met-roit dans une arbalestre à jailer. Le frader lui est demeuré dans la cuisse. C'est la même chose que raillon. Voyez raillon. Et de-la vient que la Maison de Frader, Maison de Berel, porte d'or, à trois raillons, ou fers de dard, de sable, deux, & un. Je ne sais d'où vient ce mot, s'il ne vient de ferrarorum, diminutif de ferrarum: en sous-entendant, lignum, ou reum. M. F R A I N T E, d'hommes, de chevaux, c'est-à-dire, fracas. L'Histoire de R. du Guesclin, ch. 41. Lesquels eyrent la Frainte de la venue de ... & de fer chevaux. De frangere, comme enfraindre, d'où l'adjectif enfraint. Le Duchat. F R A I O N. Le Messin nomme ainsi l'écorchu-re d'entre les cuisses pour avoir fraité l'une contre l'autre en marchant. Le Duchat. F R A I S. En Languedoc on dit fresc, & au féminin fresque. Ces mots signifient nouveau & ri-cens. Ainsi disons-nous un œuf frais, encore qu'il soit chaud: ce qui fait voir que c'est abattivement qu'on dit frais & fraîcheur, d'un froid modéré & temoïdu. Ce mot vient de l'Alleman frisch. Le Dictionnaire de Dafypodius: Frisch, recens. Les Anglois disent aussi frisch. Spelman, en son Archéologue: Fortis frisea dicitur vis receiver illata. Ce mot signifie aussi resieux & de bonne humeur. Le même Dictionnaire de Dafypodius: Frisch, alacer; parce qu'en effet, toutes choses nouvelles ont je ne sais quoi de gracieux qui réjouit & récrée: ainsi disons-nous un teint frais, pour dire, un teint col-ore: & nos anciens François disoient qu'une fem-me trois frisque, lorsqu'elle était galante & de belle humeur. Froissart, vol. 1. th. 48. Et bien lui eforti advis que occupés il n'avoir ven si noble, si frisque, ne si noble Dame. Le même, au vol. 4. ch. 6. par-lant du Roi Charles VI. lorsqu'il était à Montpellier: Dansuis & Athelui avec ces frissues Dames de Montpellier. Caïeneuve. F R A I S. De frescui, dit pour frescum, fait de frigue. Frigue, frixi, frixum, frescum, X en SC: comme en affeilla d'Axilla. De frescum, les Italiens ont fait fresco: & les Allemands, frisch, de frescum. Les Latins ont employé le mot de frigue en la signification de frais. Virgile: Umbras & frigura caprant. Frigue caprabis matum. Ils n'ont point de mot particulier pour dire frais. ¶ Voyez fresque. ¶ M. du Cange dérive ce mot de frais, de frescum, en la signification de terre défrichée: Voici ses termes: Foces porro nostris moas, frés; pro re-cens, novus; frechement, pro recenter: eau frech-che, pro aqua recens; ab rigidiendi atriis licentii, & nondum profi-ssii, etymum ducere admodum proba-bile est: unde & Novalium, id est, recentium, ap-pellat one etiam donantur. Je persévère dans mon étymologie. M. F R A I S. Ce que dit Wachter, dans son Glossa-rium Germanicum, pag. 492. éclaircira encore da-vantage l'origine de ce mot. Voici comment il s'ex-plique: Friezen, algere & golare, frigere & frigo-re confringi. Sommetus: fryzen golare. Gloss. Pec. gelaverit gifrius. Idem Belgie vriezen, Anglis treze, Scandis fryia. Quibus confensis quatu quatu horrea prima frigere, deinde metu. Ab hac verbi forma derivantur frisch, frost, friezel, &c. FRISCH, refrigerans, erfrischen refrigerare. Dicitur tantum de frigere remisso & recreante, quamvis ex eodem fonte. Inde Italii fresco frigus amabilis. Gallis vent frais aura lenis & refrigerans, rafraichit refrigerare, rafraichissement refrigeriam, refrigeratio. FRISCH, recens. Armoncis fresc, Belgiis versch, frisch, An-glis fresh, Svecis fersk, Gallis frais, fraiche, Itu-lis frisco. Ferrarius arcessis a virecens, quod re-cens, ob vigorem, simile sit florenti & virenti. Alius a vires, quod recens sit vegetum. Forte primi inventores respexerunt ad frigus, quo vigor rerum naturalium conservatur. Quo posito, frisch propriè erit frigidus, a friezen frigere, & seuis trasfaro recens, dulia similitudine ab iis rebus qua frigere conservantur. Ita videtur sentire Helviginus in Orig. Dict. Germ. Imè etiam Maristinus in voce recens; quamvis etiam a viresco vel frigo deducit poffe pu-ter. Framisi hunc significatum hand signatum nec inofetatu fuisse, poftea patchit ex dicendis in frisch-ling. FRISCH, alacer, vividus. Semur, a recens ad alacrem vividum & spiritum plenum, translatus, quia scilicet omnia fere summa & recentura spiri-tibus abundant, antiqua vapificum & clangueficum. Nous employons pareillement en François le mot frais dans la signification de robuste, vigoureux, qui est en bon état: & cela par la même raison, savoir parce que ses choses fraîches & récentes sont ordinativement dans toute leur force, n'ayant pas eu le tems de s'affoiblir en vieillissant. Ainsi nous disons, qu'un homme, quoiqu'âge, est en-core frais, c'est-à-dire, robuste; qu'il a le teint frais, c'est-à-dire, vif, bien coloré, & sans ri-des. On dit de certaines choses, qu'elles se con-fervent long-tems fraîches, c'est-à-dire, sans trop seicher. Un vent frais, en terme de marine, est un vent qui a de la force, & qui fait bien avancer le navire. FRAISE de Justice. Il se dit maintenant de toute sorte de dépens, bien qu'originalement il ne se dit que des dépens de Justice. Pour bien établir l'origine de ce mot, il faut savoir que c'est seulement depuis Charles IV. dit le Bel, que ceux qui perdent leur Cause sont condamnés aux dépens du procès envers leur Partie, pour les dédommager de l'indue vexation; comme a remarqué Antoine Loisel, au liv. 6. de son Mannel. Car auparavant, celui qui avoit perdu sa Cause, étoit quelquefois condamné aux dépens envers le Roi; & cette espèce d'amende étoit appellée Freda, Fredum ou Fredus. La Loi des Allemans, titre 4. Adificum similiter alios LX. solidos pro Freda solvas. Mais ordinairement elle étoit appliquée à celui qui avoit jugé l'affaire, comme pour se payer de ses peines & vacations. La Loi Balique, tit. 55. §. 2. Freda Graffoni solvaror, tanquam si de ipsa cause convictus fuisset. Et au Décret de Clotaire, §. 12. Freda tamen Judici, in cujus pago est, refervetur. Et c'est de cette sorte de dépens, appellée Fredum, qui on forma le mot freda, que nous écrivons maintenant frais, & qui, comme j'ai déjà dit, ne s'entendoit anciennement que des dépens de Justice. Pour ce qui est de l'origine du mot fredum, les Doctes ont déjà remarqué qu'il vient de l'ancien Alleman Tiois frid, qui signifie paix; parce que c'est comme une amende à quoi on est condamné pour avoir sans raison, violé la paix par cette sorte de petite guerre, que nous appellons procès. Casseru. FRAISE: pour ornement de cou. Peut-être des Italiens fregio, qui signifie ornement. Voyez mes Origines Italiennes, au mot fregio. M. FRAISE de veau. De sa ressemblance à une fraise, en la signification d'ornement de cou. M.
FRAISE. Je crois que la fraise, en la signification d'ornement de cou, a été ainsi appelée à cause de ses replis, qui font une espèce de frisure, & que ce qu'on appelle une fraise de veau, a été nommé de même, à cause de sa ressemblance à une fraise de cou. Le Duchat. FRAISES: fruit. De frage. Virgile; & humi nascentia frage. Ovide: montanaque frage legem. Nicot a remarqué que nos anciens disaient frage. M.
FRAIZ. Comme quand on dit, fraiz & dépens. Du Latin-barbare fredum, qui se trouve dans les Loix des Lombards & dans celles des Frisons, pour l'amende qu'on payoit à l'Empereur, au Roi, aux Comtes & autres Seigneurs, lorsqu'on avoit rompu la paix faite avec eux. Grégoire de Tours, ch. 16. du liv. 4. des Miracles de S. Martin: Asumavit Rex, quaddam ex his qui absoluti fuerunt, ad se venisse; compositionemque Fisco debitum, quam illi fredum vocant, à se indultam. Voyez Lindembrog, sur les Loix anciennes, Matthias Martinius, dans son Etymologique, François Pithou & M. du Cange, dans leurs Glossaires, & sur-toux, M. Bignon, dans ses Notes sur Marculfe, pag. 256. & 257. de la dernière édition, où il parle de l'étymologie de fredum, en ces termes: Fredum verò Joachim Vadianus & Amerpachius à Germanica voce frid deducunt; quasi dicas, violata pacis panam; pacis namque observanda, & ne quis eam infringere audeas, multis ab annis Germani student. Quod quidem Germanis expendendum relinquo. M. Voyez ci dessus FRAIS.
FRAMBOISE. Lat. frullus rubi Idai. Il y a deux opinions touchant l'étymologie de ce mot. Bourdelot, dans ses Etymologies Françoises Manuscrites, qui m'ont été obligeamment communiquées par M. Bonnet Bourdelot, célèbre Médecin de Paris, son petit neveu, le dérive de fragum bosci; comme qui diroit, fraise de bois. Voici ses termes: FRAMBOISIER: fruise de bois; boiser, comme nous disons maisons boisées; fragaria lignaria; suivant l'observation de Dalechamp. Voici ses termes, qui sont du chap. 1. du liv. 2. de son Histoire des Plantes: Rubus Idaus appellatus est: il parle du framboiser 1 non, ut Plinius existimavit, quod in Ida, non alias (il vouloit dire alibi) nofaver: sed quod copiosus in Ida proveniat, Dioscoride auctore. Et certe Theophrastus Ida peculiares arbores recensens, inter eas Rubum Idaum non numerat. Eum fruticem Herbariorum major pars esse censet quem Galli Framboiser vocant, quasi fragariam ligneum, aut silvosam. Germani, hindoever: ut propendulum id se extra controversiam. M. de Saumais, dans ses Homonymes des Plantes, ch. 25. pag. 25. dérive framboiser de Francus rubus. Voici ses termes: Rubus Idaus punicea mora fert: qua ruba. Propertio: Et dare puniceis plena canistra rubis. Nobis hodie francus rubus: FRAMBOISIER. Je suis pour l'étymologie de M. de Saumais. Le même M. de Saumais au même livre, chapitre 67, page 125. Francum pro libero vocamus: hinc eam vocem omnibus feris rebus accommodamus, qua in suo genere optima sunt. Frullus, qui salit proveniunt, hoc nomine discernimus ab ageribus: zativi quippe meliores. In generibus quoque arborem & herbarum distinguendis, franca appellamus optima quaque ac mitiora. Graci, abditus vocant: ut urtusum adniter, iidos abditus, uopupai abditus Xenophonti, & similia. Liberi homines sunt ac vocantur, minimoscuti, fucarique, simplices & aperti, verique, qui quod sentium, libero loquuntur. Inde & liberum pro veto, quod Graci abditus, & uopupai. Charles Etienne, dans son Seminarium, page 32. & 33. Silvestres plantas appellat Plinius, quas vulgus nostrum vocar des sauvageaux: zativas autem, des plantes franches. Je reviens à notre mot de framboiser. Il a été ainsi formé de francus rubus: Francorubus, franrubus, franrubosus, framboisus, framboisarius, FRAMBOISIER. Il me reste à produire ici ce que Pasquier, au chapitre 62. du livre VIII. de ses Recherches, a remarqué touchant le mot de framboise: Avec tout cecy, nous pouvons aussi adjourner, que les bons Gourmets, tastant du bon vin, disent, qu'il sent sa framboise, lorsqu'ils le veulent haut-loner: ne s'advisant pas toutefois, que si un vin sentait sa framboise, il n'y a celui qui en voulut boire aisément. Parquoy il faut indubitablement dire d'un bon vin, qu'il sent son franc boire: c'est-à-dire, qu'il n'a aucun vice. Je ne suis pas du goût de Pasquier. M.
FRANC. De Francus. Horman chap. 5. de son Franco-Gallia: Sed ratio postulat, ut de hoc FRAMCORUM nomine paulo attentus consideremus, quod nusquam in Germania descriptione reperiri superius diximus. Ne dinius teneam, necesse est, vel Francorum gentem, tenuem obscurumque fuisse, à qua tamen tantarum rerum gerendarum initia nata sunt: quemadmodum in Suits, tenuissimo Helvetiorum pago, usuventi; à que, cum recuperanda libertatis auctores F R A: F R A: antioris oris primum subsum, Subcaricorum simen in Helvetius omnes propagatum est : xvi, quod mihi ve- rismilius videtur, sittem ex re & occasiam appella- tionem suisse; cum ii qui se libertatis recuperanda principis atque auctores prosterentur, Francos se no- minasum : qua voco liberus & servitatis expertis; apud Germanes intelligi, satis inter ermilus & li- teratos Germanos confere videa. Indique Francum populari lingua pro libero & immuni; & franci- fiam, pro uyllo usurpamus; & franciare, pro in li- bertatem aferere. Itaque relissimè Ant. Sabelicus Emnæa. X. lib. 3. Francos, inquis; Itali liberos appellant: quippe cum Itali ex Germanorum eluvi- nibus promenerunt. Ejus autem rei primum argumen- tum est, quod Procopius lib. Gort. Bell. 1. memoria prodidit, Francos antiquitus; genitali nomine, Ger- manos appellatos suisse. Post vero quam & sinibus suis excepterunt, Francorum nomen obtinuisse. Alterum est, quod Cornelius Tacitus Eiss. lib. 19. ubi de Ca- ninefatibus loquitur (quæ Francorum finitimus, vel putius populares, atque adeo Francos epsus suisse of- tendimus), eorumque primam adverius Romanus vic- terium describis, his verbis aeter: Clara ea victorie in præfens; in posterum usui: armaque & naves quibus indigebant adepti, magna per Germanias Galliisque famè, libertatis auctores celebrabantur. Germanus statim misere Legatos, auxilia offeren- tra. Valeat igitur amen; ut Franci vero proprique dicantur, qui Tyrannorum servitute depulsa, hous- tam, etiam sub Regum auctoritate, libertatem sibi retinendam putarum. Non enim Regi parere, servi- tus est: neque qui Regi parent; continuò servi haben- di sunt. Sed qui Tyranni libidini; aut latrum, aut carnisci; tampum pecudes; lanioni sese subjicunt, ii demum vilissimè servorum nomine appellandi sunt. Itaque Reges semper Franci haburum; etiam tum, cum afferiores se ac vindices libertatis proste- bantur: & cum sibi Reges constituerunt, non tyran- no aut carnisci; sed libertatis sua cudodes; pro- fectos, tutores; sibi constituerunt. Quemadmodum ex Franco-Gallica Reipublica forma posterius intellige- tur. Sic Salustius Regem primis temporibus à Roma- nis habitum scribis; conservanda libertatis atque au- genda Reipublica causa. Ubi vero suam libertatem labefactari Regum infamis sonerunt; tum iis pulbis, suam sibi tuendam libertatem iudicarunt. Qua vero Johannes Turpinus necio quis, Monachus certò sto- lidus atque imperitus; qui Caroli Magni, non vi- ram, sed fabulam, conscripsis, de Francorum voca- bulo nugatur, ut qui pecuniam ad Dionysianum tem- plum adificandum contulisset, Francos, id est, liber ulicereur; quasi nomen illud Regis illius Caroli zem- pare demum natum sit; me memuratu quidem dignum est, me magis quam reliqua illius omnia fabulis an- libus ac deliriis referta. Nostram perro de Francorum nomine conjecturam adjuvar, quod Gregorius Tur- nensis, Aldo Vienensis, Sigeberus, Abbas Urspen- gensis, Godfridus Viterbensis, scribunt, Francos à libertate, & (ut illi ad vocis nationem alludentes lo- quuntur) à ferocitate nomen invenisse; propetroè quod Valentiniani Imperatoris stipendarii esse; tri- busque aliarum nationem more pendere recusarum. Non quò Francorum nominis morcio non multò an- siquier sit Valentiniani Imperatoris atate. Nam, ut superius demonstratum est, amplius centum ante cumi- sub Gallienis Imperatoribus usurpata est. Sed quia finitimi populi, cum Francorum exemplum virtutim- que imitatorum, sesque ex Romanorum tyrannide in libertatem vindicarunt, corundem etiam nomen usur- pandum putarum. Nam quod Hanibaldus ait, no- Tome I. minatos à Francos. Antharii Sicambrosum Regis; id- que factum addit Oilaviano Anguise filio imperante; Primum, ab omnium Romanorum & Graecorum His- toriss album est, apud quos nulla tam antiquis tem- peribus Francorum nomine reperitur; ut superius de- monstratum est. Deinde, cum illi populi Regem sibi crearem (sicuti & jam prius dictum est, & postia di- cetur), perabsurdum est, populam à Rege potius, quam Regem à populo denominarum. Multò vero ab- sardus est, eodem dicere Francos & Sicambros suis- se propter hemisfichium à Divo Remigio in Clodoveo baptisando usurpatum: — Mitis depone colla, Sicambet. Nam alios Francos, alios Sicambros, suisse, versus illi Sidonii Apollinaris declaram: Francorum & penitissimas paludes Intrares, venerantibus Sicambris. Quare, ut illud à Remigio usurpatum hemisfichium concedamus, tamen alludendi potius, quam veri no- minis designandi causa; id factum esse prehabite est. Verum, ut ad infinitum redeamus, illud verissimè dici ac prædicari potest, amen Francorum nominis, hoc est (ut Cornelius Tacitus interpretatur) anclu- rum libertatis ita saustum, felix fortunatumque suisse, ut ex eo victoria prope imumerabilis conferuta sunt, &c. Voyez Spelman aux mots Ferancus & Francus, & le Chronicon attribué à Yves de Chartres, &c Nicot dans son Trésor de la Langue Françoise, &c Vendelin dans son Natale solum Legis Salica; où il montre que ce mot Francos, est vox, non pas Attica, comme il se dit dans Isidore, &c dans la Chronique d'Yves de Chartres, mais Atuatica, ou Adustica. Mais écoutons M. Rigault en son Apologétique pour le Roi Très-Chrétien: Imò tam pertinax suis etiam apud ingratos veritas, ut ipsimet Hispani tradidoriter, ab imunitate illa qua cum Franci per Hispania loca jure optimo fruebantur; atiamnum imunitis & ingenua conditionis homines, vulgari Hispanorum lingua Francos nominari. M.
FRANC. Ce mot est d'origine Celtique & Teutonique, & il signifie libre. Les Allemans di- sent Franck, les bas Bretons franc, les Flamans vrank, les Italiens franco, les Espagnols franca, les Anglois frec. Les Anglofasons discient frec, frech & frig. Les Goths frie. Le mot franc peut avoir été formé de frig par l'infection de la lettre N. Le nom de Francs n'étoit pas au commencement le nom d'une Nation particulière, mais celui de divers peuples de la Germanie inférieure qui s'é- tant unis entr'eux pour se défendre contre les Ro- mains, prirent le nom général de Francs comme une marque du zèle qu'ils avoient pour la confer- vation de leur liberté. Ensuite ce nom devint pro- pre à cette partie des Francs qui se rendirent mal- tres des Gaules. Mais pour éclaircir autant qu'il est possible, l'origine d'un nom si illustre, & si cé- lebre, il sera bon de rapporter ce qu'en dit Wach- ter, qui dans son Glossarium Germanicum pag. 472. s'exprime de la maniere suivante: FRANC, liber, sua potestatis. Armoricis franc, telle Pectonio in Ant. Colt. pag. 427. Gallis franc, franche; Belgis vrank, Italiens franco, Hispaniens franca. Goths li- ber dicitur frie Job. VIII. 36. Anglofaxonibus frec frech, frig, Francis frec, Alamannis frig. Gloss. Keron. ingenuus frie. Nec aliud sonare videntur trojana voces phrys & phryges, quam liberos & in- genuos. Nemo tam malè audit, qui non sponte in- telligat, hac omnia non solum inter se, sed etiam cum Celtico vocabulo franc, quod usas etiamnum agnoscit, convenire. Nam franc in nulla re differt à frig, nisi unius littera infertione. Hoc adjectivum transsit in Latinitatem medit avi. Inde francus liber, francus tenens lavere tenens, franca femina libera femina, in Capitulari sexto Caroli magni anno 803. cap. 8. francus homo liber homo, in Capitulari Compendienti an. 757. cap. 5. & alia illustri Canguio pridem observat in Glosario. A Franc est Francifcius, hoc est ingenuus, à libero genitus. Ratiorem interpretationis vide inter Prolegomena Scl. vi. in isch. Hodie frank conjungi solet cum frei quia se solo obsoletit. Utrumque est ab antiquari frig, illud per epenchofie, hoc per apocopris. Vide place in frei. Ensuite le même Autour parle ainsi des Francs. FRANKEN, Franci. Saxonice Francan, Theotice Frankon. Testis vocabuli (ut alios nunc omittam) Ostridus, lib. 1. cap. 1. per totum, & in prof. ad Regem Lad. ab init. unde sequentes Glosas decerpo: Frankon Franci, Frankono Kuning rex Francorum, Frankono lant terra Francorum, Frankono thiofte gens Francica, Edil Franko nobilis Francus, Frenkifga xunga lingua Francica. Ab initio non fuit nomen gentile, ut postea, sed nomen sociale omnium gentium interioris Germania, Broncterorum, Chamavorum, Antivarorum, Churorum, Chancorum, Friflorum, Sicamborum, Ufipetum, Tenderorum, Cherufcorum, Saliorum, Angrivariorum, Dulgibinorum, Chaffuariorum, &c. quod primus animadverti, & multis veterum testimonis firmavit Claverius lib. 111. Germ. Ant. cap. 20. Quibus addi possunt Victor de Casaribus, in Galliere, cap. 53. Scribens: Francorum Gentes direpra Gallia Hispaniam possedisse. Et Eumenias in Panegyr. vi. cap. 5. scribens: Bataviam à diversis Francorum Gentibus occupatam. Idem alio loco intima Francorum gentes, & Nazarius innumeras Francorum gentes commemorat. Cauja nominis tot populis communis potuit esse ( & haud dubie fuit ) commune libertatis contra Romanos tuenda studium. Hæc est enim gens ( verba sunt Prologi Legis Salica ), quæ fortin dum esset & tobore valida, Romanorum pygum durissimum è suis cervicibus excussit pugnando. Non igitur Francis propositum fuit, ut Romanis pro stipendio militarem, aut limitem Romanum contra populares sus, interioris Germanos, defendent, ut quidam vir eximiè doctus in novo Systemate Monarchiae Francice existimare videtur. Nam hæc Francorum & Romanorum aterna amicitia, quæ pacto cum bellis tot seculorum savissimè gestis, aut cum refazione Salica, conciliari possit, nemo facile invenire. Cum ex adverso omnia rite coherent, si omnes illos populos, quos antiquitas Francorum nomine complexa est, inter se federatos fuisse, & in unum nomen coalusse, etiam si aliis nominibus distincti essent, cum Claverio statuamus. Nec defunt testimonia, quibus hoc fudus proberur. Quid enim est conjuratio festeris, apud Eumenium, Panegyr. iv. cap. 17. Quid conspiratio federata civitatis, apud Nazarium, Paneg. ix. cap. 18. Quid vis collativa, apud eundem, nisi federis Francici invidiosa descriptio? Nec causa federis obscura esse potest, quia, experientia esse, vis unita fortior, & facilius singuli quam omnes vincuntur. De qua re iuitus audire Claverium: Sic igitur existimo. Quum pra- dicta Rhenum inter & Albius nationes, variis jam inde à Julii Casaris avvo bellis à Romanis perita, dum alias manu superiores, alias inferiores existissent, se plurima ex parte jugo Romano, falso amicitiae societatisque obtenus, subjectas esse, indigne acerbeque jam dudum tulissent, tandem ubi vicinos suos Alemannos, Gallicam origine gentem, eoque Romano imperio merito addictiorem, rebellare contra Dominos, & in ipsam Dominorum provinciam pacatissimam, Galliam, crebeas incursiones audacter facere viderunt; sibi etiam eodem animos idemque consilium esse sumendum rati sunt. Quumque intelligenter, nulla alia re magis quondam libertatem suam à Romanis infractam fuppressimque fuisse, quam quod singulae illi seorum adgressi fuerant, dum ipsi in unum consulere, cominunemque hostem communibus inter se junctisque copris propulsare neglexissent: tandem plurimis experimentis edocti, innumerius damnis admoniti, conspirationis facti, in unum societatem in unumque fodea, atque adeo in unum corpus coivere; novo sibi haud dubie ab libertatis argumento, invento vocabulo, quo universi in posterum appellarentur thi FRANKON. De federe Francico vide plura in WRAK. Ex dictis manifestum est, quod vulgaris opinio, qua Francorum nomen à primo oru confesor nomen unius gentis, falsa sit, prajudicata, & rerum gestarum turbarix. Hoc monstrum ante omnia erat debellandum. Nam ex illo prodierunt non solum falsa etymologia, qua quia ne bilim quidem valent, indigna sunt quæ hic referantur, sed etiam falsa Francorum prigines, & primè quidem Trojana, postea Macedonica, deinde Pannonica, denique Baltica. De Trojana, qua aut nulla est, aut omnibus Germanis communis, vidobimus alibi. Reliqua urgentur iisdem incommodis. Nam undecuque venerat isti Franci, sive à seu Codano, sive à Pannonia, sive à Macedonia, necesse est ( nisi male coherentia dicant harum originum auctores ) illos incredibilia patrasse, & omnes fortissimasque Germanorum nationes, qua sunt inter Rhenum & Albius ad Oceanum usque, non solum imperio, sed etiam nomini suo subjugasse, antequam Romanis innoncerent. Quo quid dici potest fabulosus? Etymon Lutheri aliorumque vide supra in enke juvenis. Luther dans son livre de Nom. propr. German, dérive le nom de Franc du Tessentique fry, qui signifie libre, & de ank, qui signifie juvenis; & il parle ainsi du mot ank: ANCKE est adolescens juvenis; nomen hodie gentile multis familis: & enckel enckle diminutivè dicitur adunc juvenis arator, seu aratorum gubernans; ut appareat FRANCOUS fuisse pubem, seu juvenitatem qua se forte servili bello per seditionem in libertatem aferent, &c. Becman est du même avis dans ses Origines au mot Cyrus, où il dit: FRANCOUS, id est in his, & liber, à tre, aux fry, & ank. ANCKE enim est adolescens, juvenis; quod etiamnum in pagis audias, &c. Ludolf, dans son Commentaire sur son Histoire d'Ethiopie livre 1. n. xix. croit qu'on appeloit les Francs en Germanie, Franken; & que ce nom est composé de fry ou fri, qui signifie libre, & de l'ancien mot ank qui signifie homme: que de ces deux mots, pour éviter la cacophonie, on a fait par fynalephe Franken homme libre: que ank est encore en usage en Saxe, où dans les fermes celui qui est le premier après le maître Fermier, rappelle der ank: & que son diminutif ancklein est encore aujourd'hui d'un usage général dans toute l'Allemagne pour signifier nepos, comme qui diroit virunculus, ou petit hom- me. Althamerus avoit déjà donné cette étymologie parmi celles qu'il a mises à la fin de Tacite. Quelques-uns ont été chescher dans la langue Ebraïque l'origine de Franc ; & l'ont dérivé du verbe p'n farak, qui signifie liberavis. Les Syriens & les Chaldéens disent ferak dans le même sens. Si cette étymologie n'est pas vraie, il faut avouer du moins qu'elle est ingénieuse & naturelle, & que les trois lettres radicales essentielles du mot Germanique conviennent parfaitement avec celles du terme Ebreu, Syriaque & Chaldéen, tant pour le son que pour la signification : ce qui est presque tout ce qu'on peut désirer en matière d'étymologie. Le Sophiste Libanius dit que le nom des Francs vient du Grec quartic munisus, à cause des pays forts où ils demeuroient, qui sont les Illes & les marécages du Rhin. Cette étymologie n'est fondée que sur une légère convenance de son, & que conséquent ne mérite aucune attention. D'ailleurs Libanius étoit Grec, & on fait que la coutume ordinaire des Grecs, est de tout rapporter, bien ou mal, à leur propre langue. Chiflet, dans son Glefarium Salisum, prétend que Franc vient de vranche, mot Anazique, qui signifie acte, feroce, barbare, fier, cruel, & que ce nom fut donné aux Francs par leurs voisins, parce qu'ils étoient féroces & guerriers. La langue Anazique étoit la langue du pays de Liege & des environs. Cette étymologie ne vaut pas mieux que la précédente. Quelques uns, mettant, comme on dit dans le proverbe vulgaire, la charne devant les boufs, ont dérivé Franc de France, & ont avancé ridiculement que la France avoit été ainsi nommée, qu'alj se ferax, à ferendo grans, quasi feracia, comme Varron dérive Ceres, à gerendo & ferendo grans. Un autre Auteur dit que Franci s'est dit pour Franci, & Franci pour Frangones, qui est la même chose que Pherangones. Or angos est dans Suidas & dans Euflathe une sorte d'autre des François : Ainsi Pherangones, de qipm & ayis angos, signifie des hommes qui portent une arme appelée angos. Mais il est inutile de rapporter d'autres étymologies du mot Franc. La plus simple, la plus naturelle, qui est en même tems la plus commune, & la seule véritable, est celle qui dérive ce nom du Teutonique ou Germanique, & l'explique par libre. Les Orientaux appellent Francs, les François, les Européens & les Latins en général, & l'Europe Frankifian, c'est-à-dire, pays des Francs. La raison de cela est que la Nation Françoise s'est fait connoître & distinguer entre toutes les autres qui ont porté leurs armes en Orient au tems des Croisades. Les Arabes disent Afrange, & les Indiens, Pranguis. Le P. Goat, dans les notes sur Codin ch. V. n. 43. observe que les Grecs n'appelloient d'abord Francs, que les François. Ensuite ils donnerent le même nom aux Apuliens, & aux Calabrois, après que les Normans les eurent conquis. Cédrenus appelle aussi les Germains Francs, & de même Procope. Dans la suite, les Grecs ont donné ce nom à tous les Latins, & c'est ainsi qu'en usent Anne Comnene & Curopalate, qui pour distinguer les François les appellent les Francs occidentaux. On appelle Langue Franque, ou langage Franc, un jargon qu'on parle sur la mer Méditerranée & sur les côtes du Levant, & qui est composée de François, d'Italien, d'Espagnol, de Grec vulgaire, & autres langues. On voit aisément pourquoi elle a été appelée de la sorte. FRANC-à-cheval. Sorte de Monnoye du Roi Jean. M. le Blanc, dans son excellent livre des Monnoyes de France page 257. La sixième Monnoye du Roy Jean, est un Franc-à-pie qui posoit une drague trebichant. Elle fut ainsi nommée, à cause qu'elle valoit un Franc, ou une livre : c'est-à-dire, vingt fois. Le Roy la fit faire l'an 1560. lorsqu'il fut revêtu d'Angleterre. Cette Monnoye eut long-temps cours en France : & il n'y a rien de si fréquent dans les Titres de ce temps-là, que les Francs d'or. Cette espèce, qui ne valoit alors que vingt fois, ou un Franc, vaudrait aujourd'hui sept livres : ce qui fait voir combien la valeur de la livre est diminuée depuis l'an 1560. Les Francs d'or du Roy Françèrent aussi nommée Franc-à-cheval, à cause que le Roy y est représenté armé de toutes pièces, monté sur un cheval. M. FRANC-à-pie. M. le Blanc, page 281. parlant du florin d'or aux fleurs-de-lys, fabriqué sous Charles V. Pour le distinguer du Franc-à-cheval, on le nomma Franc-à-pie, à cause que le Roy y est représenté étant à pied. M.
FRANCARCHERS. C'est un mot composé de celui de franc & de celui d'archer. Nicole Gilles, dans la Chronique du Roy Charles VII. Le Roy donna, & muit jus, les Francarchers : qu'il voulait être armés & habileté par les habitans des Paroises de son Royaume, en manière qu'ils fussent toujours prêts pour le servir, quand il en aurait besoin, & qu'il les manderait au fait de ses guerres. Et afin que les Francarchers fussent à ce sujet, il les affranchit de toute taille, & imposit quelconques, qui seroient mis jus pour le fait des guerres : & aussi du guet, & garde des portes, quelque part qu'ils fussent leur demeurance. Et renvoyé Commissions aux Baillifs & Seneschaux, pour assûtre les qu'ils verraient être idolines pour servir au fait de la guerre. Paul Emile, en la Vie de Louis XI. Quator millia militum, ejus generis qui agroit deleti conscripti, Franci Sagittarii dicuntur, quod liberi a trebuit sanctiper sint, & liber gentili lingua Francius sic. Machiavel, dans son livre intitulé Rittarii di Francia, a fait mention de ces Francarchers, en ces termes : In ciascuna parochia di Francia, è uno buono pagato di buona pensione dalla detta parochia : & si chiama il Franco arciere : il quale è obligato tenere una cavallo buona, è stare provisto d'armature ad ogni requisizione d'el Re, quando il Re fusse fuori del regno per conto di guerra, è d'altro. Il est fait mention dans Rabelais, au chapitre de la Librairie de S. Victor, d'un livre intitulé Stratagemata Francarchieri de Baignollet. M.
FRANC-DU-COLLIER. Villon a dit franc au collier : Mil quatre cens cinquante-six, Je, François Villon, Eschoier, Considerant de ses rois, Le frein aux dents, franc au collier. C'est au commencement de ses Œuvres. Sur lequel mot Marot a fait cette Note : FRANC-AU-COLLIER, Travailleur volontiers : comme les chevaux qui franchement vivent au collier. M.
FRANC-ESTU. Sorte de pomme. Liebauit, Maison rustique, édit. de 1589. fol. 252.
FRANC-GONTIER. Villon, dans son Grand Testament : Item, à Maître André Courault, Les Contredits Franc-Gontier mandé. Marot sur cet endroit : En temps de Villon, Lecteurs, fut faite une petite œuvre, intitulé Les dicts 1 i i i j de Franc-Gontier : là où la vie païtouralle est estimée. Et pour y contredire, sur faite une autre œuvre, insinuée, Les Contredits de Franc-Gontier : dont le subject est prius sur un tyrant : & auquel œuvre la vie de quelque grand Seigneur, d'écluy temps, est raxe. Mais Villon, plus sagement, & sans parler des grands Seigneurs, s'est d'autres Contredits de Franc-Gontier : parlant seulement d'un Chaneyne : comme verrer cy-pris. Rabelais, dans le Prologue du livre 4. de son Pantagruel : Les Francs-gontiers, & Jacques Sens-homs du voisinage, voyant cette heureuse rencontre furent bien étonnés. M.
FRANC-GONTIER. Les contredits dont parle Marot ne sont pas du tems de Villon, comme l'a cru Marot. Ils sont de Philippe de Vliet, mort Evêque de Meaux en 1351. Voyez la Note sur cet endroit de Villon de 1723. Marot s'est encore trompé dans sa Note sur le nom de Franc-Gontier, en ce qu'il prétend que ce nom désigne un pauvre berger ; au lieu qu'on appelle de la sorte un py-fan qui est à son aise. Voyez la Note 88. sur le nouveau Prologue du livre 4. de Rabelais. Le Duchat.
FRANCFORT. Nom de deux Villes d'Allemagne, l'une située sur le Mein, & l'autre sur l'Oder. Les Allemands disent Francfort, & ce nom signifie Majestus Francorum. Wachter dans son Glosarium Germanicum pag. 508. FURT, varie usurpar un Dialectis. Cambris fford est via ; Irer. Anglo-Saxonibus ford trajellus. Nostris furt vadum, via per undas, locus ubi fumin upon aut curru transiri potest; anfurx litus, quo naves appelli possunt. Cuncta legitime facta a faren ire, transire transforate. Confer voces forarias. ferre & fatt. Ad Saxonicum significatum spectant, FRANCFORT, trajellus Francorum, ERFURT trajellus Gera, & alia versiflora apud Ptolemaum, ut font EUPFURDUM & TULIFURDUM, de quibus vide conjecturas Menas in Altingii in Expos. Tab. Ptol. Les Anglois conservent encore aujourd'hui le mot Anglo-faxon ford, pour dire un guet; & ils disent ce ford paissir a guet. On trouve aussi ce mot dans plusieurs noms propres de Villes en Angleterre; & apparemment que ces Villes sont toutes situées sur des tivieres, d'outelles auront pris leur nom ; comme Stafford, Waterford &c.
FRANCISQUE. Arme, dont se servoient les anciens François. Flodoard, liv. 1. de son Histoire de Reims, chap. 3. Rex (Clodovatus) instructas circumiens rite phalanges, ad eum qui dudum percusserat urceum, pervenit : spretisque ipsus armis, ejus tandem franciscam projecit in terram : ad quam recipiendam inclinato militi Rex in caput suam defigit bipenum. L'Auteur de la Vie de Saint Remi, imprimée dans le premier Tome des Ecrivains de l'Histoire de France : Unus Francus levis, cum vociferatione, elevata bipenna, qua alio nomine appellatur francisca, percussit urcum illum, &c. Accepit Rex franciscam ejus, qua vocatur bipenna, & projecit in terram. Almoln, liv. 1. chap. 12. Rex extensa manu, franciscam ejus terra dejecti; qua lipata dicitur. Ad quam recipiendam, cum se ille incitnasset, Rex suam vagina exenti, ejusque cervici valido conamine illiso. Le Président Fauchet, dans son Traité de la Milice, dit que c'étoit une façon de hache longue, que nos anciens François appelloient autrement an. on. En quoi il se trompe, a s'égard de l'ancon. Car il est certain que l'ancon, ou pluton d'ancon : car c'est ainsi que cette arme s'appelloit. Suidas : & fure, in v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. t. 1. page 1854. de l'édition de Rome, & Agathias, livre 1. & livre 2. l'appellent aussi de la sorte : il est certain, dis-je, que l'ancon étoit une sorte de lance, ou de Bache. M. de Valois le jeune, dans son premier volume de l'Histoire de France, page 456. Et ainsi quidem secures ancîpites, vus bipennus, vusgo franciscas à gente cognominatas; alii hastas lanceajos quas angones vocabans acuebans. Quidam scura rupta resarciebans. Demique facillime sua quisque arma suis manibus resciebas. Tum enim, ut ait Agathias, simplex & parabilis erat Francorum armatura, nec variis artificibus indigebas. Loricis & ocreis non utebantur, exceptis Regibus ac Primoribus gentis, equis admodum panci; propterque quod mure patrio pedestibus pugnis innurriti, & yuntidiana exercitatione assuefacti erant. Plurique capite erant nudo, galeis panci tegebantur. Gladio cincti & scuro telli, pralia inibunt : nec arcubus aut fundis, sed bipentibus tantum, & angentibus armabantur. Ilias, Sidonius fescures missiles; illas, lanceas uncatas appellat in lib. iv. epist. xx. Erant autem angones hasta media magnitudinis, ferreis laminis ita vestita, ut praterquam in ima hostilis cuppide, lignum nusquam nudum uppurret. Ex summo spiculo utrimque prominebant unci deorsum vernis incurvi. In pugna, Francus hanc hastam emitebat : & hostis quidem corpori si insixa esset, facile volli non poterat, propter supradibus hamos serros; qui & harebant penitus, & uerbus doloris movebant; advo ut leve volinus insamabile esset. Si vero hasta scuro incidisset, ex eo perforato pendobas, & circumagebatur; infima sui parte terram verrerus, neque evelli; propter uncorum tenacitatem; aut gladio ubscindi; propter ferreum tegumentum, poterat. Quod simul ac Francus animadverisset; confestim invadebat impeditum hellem, ac pede calcans innum hastile, corporis sui pondere ejus sentum deprimebat. Quo remisso, cum adversum es, pectasque hostis nudaretur, securum fronti ejusdem infigebat, aut jugulum alii hasta petebat. Militrem Francum gladio, cujus capulas esset brevissimus, scuro & una securi, armari solitum, auctor est Procopius in Belli Gothici, libro 2. securumque latissimne fuisse & acutissimne ferro, qua Francus in primo excursu jacta, scura perfringiret, hostisque interficere. M.
FRANCOLIN. C'est une espèce d'oiseau, que Covarruvias, dans son Trésor de la Langue Castillane, dit avoir été ainsi appelé, parce qu'il passe de France en Espagne. Dixos Francolin, a io que sospecho, per averis trago a España de Francia. Je ne sais si je dois croire que c'est le même oiseau que l'Empereur Frédéric, liv. 1. ch. 23. De Arte Venandi cum avibus, appelle Cortin. Aliu habent caput rotundum, ut Cortini, Vanelli, Pluviti, &c. Si cela est, on peut ajouter à l'opinion de Covarruvias, qu'en Espagne on l'appelle Francolin, comme qui diroit Francus Orinus. La-dessus je ne puis assez m'étonner de la hardiesse d'André Bosch, Religieux du Tiers-Ordre de Saint François, qui dans son Livré intitulé Samari, Index, o Epitome dels admirables y noblissimus titols de Monge de Cathadunya, Rofello y Cerdanya, livre 1. chapitre 25. osé dire qu'une des preuves que le Comté de Rouffillon n'est pas de la France, c'est que les Francolins, dont il abonde, ne se trouvent point ou France; & qu'au contraire, ils y trouvent, si on y en apporte. Car outre que l'opinion de Covarruvias fait voir le contraire, je suis assuré qu'il y a quantité de ces oiseaux en Gascogne, & sur-tout le long des Monts Pyrénées. *Cofontube*.
FRANCOLIN. Sorte de Folien. *Luc. oragen.* De l'italien. *francolino*, mot formé de *lagopus*. C'eit comme les Latins ont appellé une espèce de Francolin, à cause de la ressemblance de ses pieds à ceux d'un Lièvre. Pline, x. 4. parlant de cette espèce de Francolin : *Pedes leparino villo nomen vi hoc dedere*. Et *francolino* a été formé de *lagopus*, en cette manière : *Lagopus*, *flagopus*, *flagopulus*, *flagopulinus*, *flangopulinus*, *francopulinus*, *francolinus*, FRANCOLINO. Touchait l'F mise devant L. voyez mon Discours du changement des Lettres. Les Espagnols disent aussi *Francolin*. C'ovarrerias dit que cet oiseau a été ainsi appellé en Espagnol, parce qu'il est venu de France en Espagne, qui est une étymologie ridicule. *M.*
FRANCONIE. Nom propre d'une Province d'Allemagne. Les Allemands l'appellent *Franckesland*, qui, de même que *Francone*, signifie *pays des Francs*. On ne convient pas pourquoi cette Province a été appellée de la sorte. Quelques-uns croyent que c'eit parcequ'elle étoit le pays des anciens Francs, ou du moins qu'elle en étoit une partie, à laquelle ce nom est resté. D'autres croyent qu'elle n'a eu ce nom que depuis que Clovis eut vaincu les Allemands, ou que les Francs eurent subjugné le pays. *M.* FRANCS : espèce de monnoie. Bouteroue, page 144. *Depuis, en fabriqua des pièces d'or, qui vaincu vingt sols, & furent nommées francs : & par cette fabrication; la livre devint aussi une monnoye réelle; comme elle fut encore sans le regne de Henri III. en l'an 1575, lorsqu'il fit faire les francs d'argent : & en pouvait aussi nommer livre, en franc, les quarts d'éca, lorsqu'ils furent surbansées jusqu'à vingt sols. M.*
FRANGE. De *frimbia*, dit pour *fimbria*. M. de Saumalée sur Solin, page 761. *Diversi civii a fimbriis; quas, nomine iude fatto, appellamus frangus. M.*
FRANGE, se dit en Allemands *frances*, en Anglois *fringe*. J'aimerais mieux dériver de-la notre mot François, que du Latin *fimbria*. Peut-être vient-il de *brem*, autre mot Allemands, qui signifie aussi *frange*. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, aux mots *brem* & *Francis*. *M.*
FRANGIPANE. Voyez *gandis* de *Frangipane*. M.
FRANKISTAN. Terme de Relation. Les Orientaux appellent ainsi l'Europe occidentale. Ce nom signifie *pays des Francs*. Il est formé du mot *flan*, qui, en Langue Periane, signifie *pays*; & sert à terminer en cette Langue les noms propres de plusieurs pays; comme dans *Arabistan*, c'eit-à-dire, pays des Arabes, ou Arable; *Farissian* pays des Perses, nom d'une Province du Royaume de Perse; *Gurjistan*, pays des Georgiens, ou Georgie; *Indonesian*, pays des Indiens; *Turkestan*, pays des Turcs; &c. Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, page 1596. croit que *flan* est un terme d'origine Scythique; que c'eit la même chose que l'Alleman *flein*, pris dans le sens de *pays*; qu'il a passé des Scythes aux Perses & aux Germanis; que les Grecs l'ont initié dans le mot *vania*, en supprimant la lettre *filliante*; & que les Latins l'ont initié des Grecs dans les noms de pays qui se terminent en *tania*, ou *donia*. Voyez Wachter, à l'endroit cité; & ci-dessus, au mot *Aquitaine*, & au dernier article *Franc*. *M.*
FRANTAUPINS. Plusieurs dérivent ce mot de *vabris*. Gregorius Tolofanus, dans la seconde partie de son *Syntagma furis*, chapitre 1. Franci-Talpini, *id est, vavens, humilis rustici & bucolici mitites*, &c. M. Naudé, livre 1. de son *Traité de Studio Militari*, page 155. *Carola VII. Rege morum, cum Ludovicus XI: Helveticorum, quarum tunc, & profligatum Burgundia Ducem, magnum & celebre nomen erat; atque millia in Galliam vocaes; Sagittarii ipsi, qui prius in honore erant, evilere fenton; &, seu a voce Graea vavusis, qua depressum humilemque significat, seu alia quadam de caufa*, FRANCI-TALPINI nuncupati *fune, ut misa Lapamus, libro 1. de Mag. Franciscum. Atque hoc pedestris exercitus gloria tota pence exteros illos mitites fuit usque ad Franciscum 1. Il vient de Talpinus, qui a signifié un Mineur; a cause que les Mineurs foutifient en terre comme des taupes. Talparius se trouvé en cette signification dans la Chronologie du Moine d'Aufferte; qui vivait sous Louis VIII. Habebas quoddam artifices, quos Folices, vel Talparios, vocant; qui, ad modum talpa, subterranea judientes; qu'alliber marorum aut turrium firmitates ferramentis validis fimii perrumpobans. Les anciens Latins ont appellé de même les mines *cuniculus*, à cause des Lapins. Martial : *Gandet in effusio habitare cuniculus austris; Monstravis tacitas hostibus ille vias.* Et à ce propos il est à remarquer, qu'ils ont aussi appellé *taupes*, certaines machines de guerre. Ocho Frisingensis, chapitre 23, de l'Histoire de l'Empereur Frideric : *Casar autem reliquum apparatum; quem ad oppugnationes civitatis fecerat, talpas, vulpeculas, ericios, cattos; talibus enim censetur nominibus; missi exuri*. On a ajouté le mot de *Franc* à celui de *Taupius*, à cause des franchises & exemptions que les Rois leur accorderent. Voyez *Franc-Archer*. ¶ De Luan, dans son Recueil Alphabétique des Ordonnances Royaux : *Charles 12. par Edit de l'an 1565, exempla, en chacune Paroisse, une; deux, ou trois personnes, leurs maisons & familles, leur vie durant, de toutes Commissions, tant Royales, que de Commandeur, de gue, garde des Portes, de logement de Soldats, ou gens de Cour, corvées, & fumitous de chevaux & harnais; moyennant vingt osus*. Et cet Edit, comme l'a remarqué Guenois, est ordinairement nommé l'Edit des Frantaupins. Il est à remarquer, que cet Edit n'a point été vérifié; qu'au contraire, la Cour, au rapport de ceux qui ont fait ses Additions sur les Arrêts de Papon, l'improva par Arrêt du 15. Juillet 1574. plaidant Choart & Marion. Mais Henri IV. le renouvela à Caen en 1603. par Edit; qui a été vérifié. ¶ Voyez *Taupin*. M.
FRAPARD. Terme de mépris, pour désigner un Religieux qui ne l'est que de nom. *Rabelais*, liv. 1. ch. 34. *Haires, Cages, Caphore empanonises; Gueux mitonises; Frapars ecornilles.* Comme dans ces deux vers, les principaux Ordres des Moines sont désignés par leurs habits; il paraît que ceux que Rabelais appelle *Frapari ecornilles*, sont les Cordeliers, qui portent leur capuchon écorné, & plus court que celui des autres Moines. Je crois qu'on les traite de *Frapars*, à cause qu'ils se donnent la discipline. Rabelais, il vre 4. chap. 15. parle des Frapins, des Frapour & des Frapors. Le Duchat.
FRAPER. Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot ; qui est une marque que la véritable n'est pas bien connue. Le Pere Labbe, page 147. de la première Partie de ses 1 tymolo- gies des mots François, dit que c'est une omoma- topée. M. Lancelot, son adversaire, le dérive de jovelles. Et il en pourrait venir par l'injustice Javon, rapore, frapore, FRAPER. Les autres le derivent d'alapare. Alapare, lapore, flapore, fra- pore, FRAPER. M.
FRASQUE. Pièce qu'on fait à quelqu'un pour le choquer. De l'Italien frasca, qui signifie une branche, & qui a été fait de ramus, de cette manière : Ramus, rami, ramiscus, ramisca, ras- ca, FRASCA. Mais comme on embaraffe les che- mins avec des branches, on a dit de la infrascar, pour dire embaraffer : & ce mot est encore aujourd- 'hui en usage en cette signification dans la Lan- gue Espagnole ; dans laquelle signification nous di- sions anciennement enfrasquer. De combri, qui signifie un abatis de bois, les Italiens ont dit de même ingémbare ; & les François, encombrer. Voyez encombrer. M.
FRATRICELLES. Nom de Secte. De l'Italien Fraticelli, mot diminutif, qui signifie la même chose qu'en François Frères, ou petits Fré- res. On donna ce nom, vers la fin du XIII. siècle, à une Secte d'hérétiques qui s'éleva dans la Mar- the d'Ancone ; & on le leur donna, parce que c'étoient presque tous des Moines apoïtats, & que les Italiens appellent les Moines Fratelli. Pierre Maurato & Pierre de Follambroie donnerent com- mencement aux Fratricelles. Ayant obtenu du Pape Célefin V. la permission de vivre dans des folitu- des en Hermites, & d'y pratiquer la Règle de Saint François dans toute sa rigueur, plusieurs Moines faineans & vagabonds se joignirent aux vivans à leur fantaisie, & faisant tonister toute leur perfection dans la pauvreté. Boniface VIII. les condamna comme hérétiques. Ils se retirèrent en Sicile ; & lorsque Pierre Jean d'Olive de Seri- gnan eut fait paroître son Commentaire sur l'A- pocalypie, us en adoptèrent les erreurs. Ils trai- terent l'Eglise Romaine de Babylone, & en vou- lurent établir une plus parfaite. Ils soutinrent que la Règle de Saint François étoit la Règle Evangé- lique obéirée par J. C. & par ses Apôtres. Ils se firent un Général particulier & des Supérieurs, bâtrient des Monaffées, & se donnerent un habit fort étroit. Outre les erreurs d'Olive, ils soutin- rent que les Sacremens de l'Eglise étoient inutiles, parce que ceux qui les administreient n'avoient plus ni pouvoir, ni Jurisdiction. Voyez Sponde, à l'an 1207. FRATRISE E. Sorte de rime. Charles Fontaine, dans son Art Poétique, liv. 2. chap. der- nier : La Rime Fratrisee est nommée celle en la- quelle les vers fraternisent de telle manière, que le dernier mot du carme précédent est répété entier au commencement du mètre suivant ; fois en équivoque, ou autrement. De cette a ufe Marot en l'Epigramme dressant a Charon : Metz voile au vent, single vers nous, Charon ; Cat on t'attend : & quand feras en tente, Tant & plus boy bonum vinum charum, Qu'aurons pour vray. Donques, sans longue attente, Tente tes pieds a si décente fente, Sans te facher : mais en fois consent, tant Qu'en ce faisant, nous le soyons autant. M.
FRAXINELLE. Plante, qui a été ainsi ap- pellée, a causé de la ressemblance de ses feuilles avec celles du frêne, qu'on nomme en Latin fra- xinus : d'où vient qu'elle a aussi été appellée petit frêne.
FRAY. FRAYER. Ces mots se disent des poissons, & de la monnoye. Le fray des poissons, c'est frictus, quia pisces affricta coenor. Monnoye frayée, c'est monota fricuta, quod digitorum frictu ac concretatione nummi deterentur. ¶ Chemin frayé, a la même origine. M.
FRAYEUR. C'est proprement l'effet d'une peur soudaine & inopinée ; laquelle, pour l'ordi- naire, causé un frisson pareil a celui qui précède les accès des fièvres. Il pourrait être formé du La- tin-barbare frigor, qui signifie le froid des fièvres. Joannes Januenis, dans son Catholicon : Frigores, id est febres, qua faciunt homines frigere. Ou bien de fragor, qui signifie ce grand bruit qui surprend & effraye les esprits les plus fermes. Caeseneuve.
FRAYEUR. De fragor. M.
FREA, FREIA, FREYA, FRIA, FRIGA, ou FREY. Nom propre d'une Déesse des anciens Germains. C'étoit leur Vénus, & elle étoit fem- me du Dieu Wodan. On avoit donné son nom au sixième jour de la semaine, que les Allemands nom- ment encore freytag, & les Anglois friday, c'est- à-dire le jour de Frey ; de même que les Romains le nommoient le jour de Vénus. Les Anglo-Sa- xons disoient frigedag. Tatien dit frigetag, & Ot- frid friadag. Les Saxons, qui avoient donné le nom de leur Déesse Frea au sixième jour de la se- maine, avoient aussi donné au quatrième jour le nom de leur Dieu Wodan son mari, & au cin- quième celui de leur fils Thor ou Thur. Et encore aujourd'hui le quatrième jour de la semaine, ou Mercredi, s'appelle en Anglois Wodnesday, for- mé du Saxon Wodnesdag, c'est-à-dire, jour de Wodan ; & le cinquième jour, ou Jeudi, se nom- me en Anglois Thursday, en Danois & en Sué- dois Thursday, c'est-à-dire ; jour de Thor. Pour ce qui est de l'étymologie de Frea, qui est celle dont il s'agit ici, Wachter dérive ce nom de freyen, verbe Teutonique très-ancien, qui signi- fie aimer, rechercher en mariage, épouser ; de forte, que, selon lui, Frea est la même chose qu'amour, ou amour conjugal : signification qui convient très bien à l'idée que l'on a de cette Déesse Germanique, qu'on regarde avec raison comme la Vénus des anciens Germains. Le même Wachter croit que le verbe freyen a été formé de frey, mot Celtique, qui veut dire beau, aim- able, désirable ; parce que l'on est porté naturelle- ment à aimer ce qui est beau : c'est pourquoi il explique aussi le nom Frea par phleba, bella, amabilis : signification qui s'accorde très bien avec la précédente. Mais il est bon d'entendre Wachter parler lui-même de cette Déesse. Voici ce qu'il en dit dans son Glossarium Germanicum, page 481. FREYA, Dea promba. Vénus veterum Germanorum. Nomen hujus Dea adhuc inter nos perennare in sexta die septimana negari vix potes. Reipsa erat uxor Regis Wodani, qua cum adhuc inter mortales verseretur, à pulchriendine dicta est Frea, & post confecrationem Freia, Friga, & per syncepem Frea, Fria. Hine dies Feneris, qui hodie frey-tag, autiquis dicitur frige-tag & tria-tag, velus dies Friga vel Fria. Et ab hac quoque Deo cingulum Orientis in cuiis appellatum sinu Friggesch, colum Friga, quod post receptam Christianam Religionem Martiroch, sive cibus Maria, dictum fuit, ex annoyno Antium docet Marsebultus in Obfaro, ad Vers. Abiglo-Sarmo, pag. 314. Causa tam varii munus omnibus una censetur, etiam si in reddenda ratione non conveniam. Grutis videtur nomen Deo derivare a freien liberare. Sic enim scribit in Indice: Frea libera. Dez nomen apud veteres Germanos, quæ matrimonii præerat, per quæ virgines à manus patentum liberabantur. Seierchielmius, Deum a semine genitali, quod Suecis fro, sic didam putar, quasi Matrem universi seminarricem, in Gloss. Diph. Goth. pag. 49: Nobis post alius aliud senere fac sit. Nam Freya est amar, præsteraque mibii, a freyen amare; vel amar conjugalis, a freyen, unber, procari. Nec Matrem Phryglam, quam in Italiam secum voxit Æneas, aliud demetare puto quam Matrem Venerem, vel Matrem Amoreff, ob Lingua Phrygia & Germanica in multis vocabulis consonantiam. Voyez le même Auteur, aux mots Frey & Freyen.
FREDAINE. Peut-être de fraudana, fait de fraus fraudis. M.
FREDEGONDE. Nom propre d'une Reine des François. Ce nom est célèbre dans notre Histoire. Wachter l'interprète virage turrix; du verbe Teutonique frieden, qui signifie turri, *turi*; & de *gund*, qui signifie vira, *virage*, formé de *gun*, *vir*. On trouve ce mot *gund* dans quelques autres noms Teutoniques de femme; comme dans *Aldegonde*, ou *Adeigonde*, c'est-à-dire *virage mobilis*; dans *Cunegonde*, c'est-à-dire *virage regia*. Le mot *gund* a encore une autre signification dans la Langue Teutonique, savoir celle de *bellum*, *pralium*, & il entre sous cette signification dans un grand nombre de noms propres d'hommes; comme dans *Genthaire*, *Gonderic*, *Gondemond*, *Gontram*, *Gondebald*. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *Friedau*, & au mot *Gund*.
FREDERIC, ou FRIDERIC. Nom propre d'homme, qui, dans la Langue Teutonique, d'où il vient, signifie protecteur puissant. Il est formé du verbe frieden défendre, protéger, dont il a été parlé dans l'article précédent; & de *ric* ou *rich* ou *reich*, qui signifie puissant, vaillant; & ensuite riche, opulent: d'où est venu notre mot François riche. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *Reich*. Le mot Teutonique *frid* sert à composer quantité de noms propres d'hommes, dans lesquels il signifie de même protecteur, défenseur; comme dans BALDFRID, *afferter audax*; CUNDFRID, *defensor notus*; DIOTFRID, *protector populi*; ERINFRID, *defensor honoris*; OTFRID, *defensor felicitatis*; HEILFRID, *defensor salutis*, &c.
FREDON. J'ai cru quelque tems qu'il avoit été fait par contraction de *frequentamentum*, qui signifie même chose. Aule Gelle, livre 1. chap. XI. *Ita Graccho concionari numerus & modos*, & *frequentamenta quadam varia Tibicen incineret*. Ou bien qu'il avoit été formé de *frequent* & de *tenus*. Mais depuis j'ai remarqué qu'anciennement en France & en Allemagne on se servoit de deux ma- mères de Musique différentes; l'une appelée *Frigdera*, & l'autre *Occidentana*. Ekkehardus Juniors de *Cathous Menafteris S. Galli*, chap. 4. *Frigdera autem & Occidentana*, *quas sic nominabæ*, *jubilus illos animatus etiam ipse de suo exregiavit*. Celle qui portoit le nom de *Frigdera*, fut ainsi appelée, parce qu'elle étoit composée de tons *Phrygieus & Doriques*; & elle étoit usitée dans l'Eglise Orientale, où les Chantres faisant profession d'une Musique plus hardie, se servaient volontiers de ces gentilles, que nous appellons *fredon*, & qui, à mon avis, ont pris ce nom de leur Musique. Pour ce qui est de l'autre, appelée *Occidentana*; qui étoit le Chant Romain inventé par Saint Ambroise, & introduit dans toute l'Eglise par Saint Grégoire le Grand; comme elle étoit plus grave & plus austère, on n'y avoit voulu introduire l'afferterie des *fredon*. Céseneuve.
FREDON. FREDONNER. Aulugelle a dit *frequentamenta voxis*, pour des *fredon*: ce qui me fait croire que nous avons fait *fredonner* de *frequentonare*. M.
FREGATE. Vaisseau de mer, dont on se sert pour aller apprendre des nouvelles des ennemis. Lat. *naviaoxplaturia*. Gr. *nomeniensis*. De l'Italien *fregata*: d'où les Espagnols ont aussi fait *fregata*, & les Turcs, *fregata*. Il est difficile de dire d'où vient l'Italien *fregata*. Dans mes Origines de la Langue Italienne, je l'ai fait venir de *renus*; la *fregata* étant un vaisseau à rame. *Remus reni, renieus, renicatus, recatus, recata, frecata*, FREGATA. Ce qui a été désapprouvé par M. Ferrari, en ces termes: *Fregata navigii species*: *cuius etymus non est facile odorari*: *nans si a remo ducarur, omnes altauria fregate dicerentur*. Les Etymologistes ne regardent pas à ces subtilités: & il suffit, pour fonder cette étymologie, que les *fregates* soient vaisseaux à rame. Mais peut-être que *fregata* a été fait de *catus*, ou *gatus*, selon la pensée de M. du Cange, à la page 189, de ses Observations sur Ville-Hardouin; qui est un mot qui se trouve en la signification d'un *vaisseau de mer*, dans Guillaume de Tyr, dans Albert d'Aix, dans Jacques de Vitry, & autres Ecrivalis du moyen tems. Et cette étymologie de *catus*, ou *gatus*, qui signifie un *chat*, s'accorde fort bien avec celle de *galère*, formé du mot *yaxoi*, qui signifie aussi un *chat*. Voyez ci-dessous *galère*. Il me reste à parler d'une autre étymologie du mot de *fregate*, que je viens de lire dans l'Histoire des Aventuriers qui se sont signalés dans les Indes. Il y a une autre sorte d'*eyseaux qu'on nomme fregates*, dit cet Hiforien à la page 118, du premier Tome, à cause de leur vol, qui est extrêmement subtil. Ils volent en l'air, sans qu'on leur voye remuer aucune chose, & ne laissent pas d'avancer plus vite qu'aucun *eyseau*. C'est d'eux que les *fregates* ont pris leur nom; à cause qu'elles vont mieux à la voile qu'aucun autre navire; qu'elles ont l'avantage, aussi bien que de certains vaisseaux, de pouvoir également attaquer, se retirer, combattre, & se dégager sans rien risquer. Mais cette étymologie ne peut substituer; le mot de *fregata* se trouvant dans Bocace, qui est mort long-tems avant la découverte de l'Amérique. *Cervi Giovanni Cicitiani*, che da Napoli venivano con una lor *fregata*. C'est dans la Novelle, 46: 3. M.
FREGATE. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, n'a aucune vrai-semblance. Il vient originairement de la Langue Teutonique, ainsi que l'italien fregata, l'Espagnol fragata, & le Turc fargata. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 404, se moque avec raison de l'étymologie de M. Ménage. Voici ses termes : FARCIS, linter navicula, alias bark, quia labiales cum labialibus, & gutturalis cum gutturalibus, in omnibus linguis permutantur. Anglis barge & bark, ea saltem differentia usurpantur, ut (quod ex observatione Spelmanni scribo) illâ tanquam minore in fluviis tantum, hac in mari trajiciendo utantur. Sed servisque appellationis idem-fons, nempe verbum Gothicum farjan remigare, quod vide in faren ejusdem significatus. Latino-barbari inde habent barga, barca, barcus, & barica; Graco-barbari flupia, Galli barque, Itali barca, & varco; & hinc porro varcare, flumen rate trajicere; imo etiam fregata navis alluaria: quam vocem in medio reliquis Ferrarius, cantior Menagio, qui à catis & felibus lepidiffime deducit. Turca idem navigium sine ullâ transpositione vocant fargata, quod origini propinquus.
FRRELATE. Vin frelaté. De tranflatatus, dit par corruption pour tranflaticius; T en F: comme en fra, Italien, pour tra. Afconius Pedianus: Tranflaticia Veteres dixerunt, non nova nec nuper inventa, sed aliunde tranflata. M.
FRELATE. On peut dire ce me semble, de l'étymologie que M. Ménage nous donne de ce mot, qu'elle est elle-même tranflatata ou tranflaticia; c'est-à-dire, tirée de bien loin. Je dérive frelaté du Latin phaleratus, qui se prend dans le même sens.
FRELE. Fragile, aisé à casser; folible, peu assuré, peu durable. Du Latin fragilis, fait de franço. FRELO N. Latin. crabro. Je ne sais pas bien d'où vient ce mot. Le P. Thomassin le dérive de equisus, diminutif de equi, qui signifie une guepe, ou un frelon: car on confond souvent ces deux mots: ce qui a été remarqué par M. Bochart, dans son Hierozoicon. Et s'il en vient, il faut qu'il ait été formé de cette manière: equisus, quaio, phecium, phecillum, phecillo phecillonis, phecillone, frellone, FRELON. Mais il est difficile de s'imaginer que ce mot ait fait tout ce chemin-là. Dans Monfet, pag. 49. crabro est interprété en Alleman par froisen, & en François, par frefon & froisen; & dans Nicot, il est dit que frelon & froisen est la même chose. Tout cela pourroit donner sujet de croire que frelon auroit été fait de l'Alleman froisen, par le diminutif frefillum. Frefon, frefum, frefillum, frefillo, frefillonis, frefillone, frefone, FRELON ou FRELON: ce mot s'écrit de ces deux façons. Froisen est aujourd'hui un mot plutôt Flaman qu'Alleman. Dans le Calepin qu'on appelle de Paferat, quoiqu'il ne soit pas de Paferat, vefpa est interprété par guepe & bourdon. Ce qui pourroit aussi donner sujet de croire que frelon auroit été fait de fucus, qui signifie bourdon; que le peuple auroit confond avec crabro ou vefpa. Fucus, fuculus, fuculo fuculomis, fuculone, fulone, & par l'insertion de l'R; comme en Frontevanx, de Fontevraut & frulone, FRAULON. C'est ainsi que nos paysans d'Anjou prononcent ce mot. Il y a des exemples en notre Langue du changement du C en F: comme en RONFLE, de runculare, & en L'CONNIFLER, d'excarniculare: ce qui pourroit aussi donner là pensée que frelon auroit été fait de gracilis. Gracilis, gracilis, fragilis, fragilus, fragilone, frelone, FRELON. Les frelons sont grelles. Le Scholiate d'Aristophane sur le Pictus; a remarqué que pour cette raison les Grecs ont appellé equisus, les hommes grelles, & qui n'avoient point de ventre: via xuyupic via euyuen, qui qui mymurxius. Et Scaliger sur Varron, dérive crabro de crucere, qui signifie gracilum effe. Par toutes ces diverses opinions touchant l'étymologie de frelon, il paroît que la véritable n'est pas connue. M.
FRELORE. Vieux mot populaire, qui signifie perdu, gaté. Clément Jennequin mit ce mot fort en vogue du tems de François I. dans la chanson qu'il fit sur la bataille de Marignan que ce Prince gagna sur les Suisses. Tout est frelore, La timerole, Tout est frelore, &c. Cela veut dire, tout est perdu. Patelin, dans sa Farce dit: ... De ne bougez encore; Notre fait seroit tout frelore. Je crois que ce n'est qu'une onomatopée.
FRELU. Terme d'injure & de mépris. Le Catholicon d'Espagne, dans des vers qui sont inferés dans la harangue de M. d'Aubray: C'est un malheure & un frelu, Pire qu'un Turc ou Mammeln. De ce mot vient le diminutif freluquet, qui chez nous signifie un gueux dont les habits sont tout déchirés & chargés de freloquet. Le Dictionnaire Fr. Ital. d'Ant. Oudin. Freloques, filature. Freloque, filate, fracciato. Freluches, fochetti & bottoncini al capo delli bottoni groffi. Freluquet, moneta antica di Francia, mero quattrino. Item un membione. Mais dans ce passage du Catholicon d'Espagne, frelu ou gueux, veut dire hérétique; & c'est une allusion aux Réformés de Flandre, auxquels on donne le nom de Gueux, comme long-tems auparavant aux Vaudou le nom Anglois de Beggars, qui signifie la même chose. De frelu vient aussi freluquet, qui se dit d'un jeune homme qui se fait un mérite d'être frisé & godronné, à l'exemple des mignons du Roi Henri III. Le Duchat.
FRELUCHES. De l'Italien fanfaluca, qui se dit des choses frivoles & badines. Voyez mes Origines Italiennes, au mot farfalla. M. Voyez Fanfreluches.
FRELUQUET. Voyez FRELU.
FRESANGE. C'est le droit de porc qui appartient aux Maîtres des Eaux & Forêts. Voyez Ragueau, dans son Indice; & ci-dessous, le mot fresingue & fresangeau. M.
FRESANGEAU. On appelle ainsi dans l'Orleanois un petit cochon, plus fort qu'un cochon de lait. De frischingellus, diminutif de frischingus, dit pour frischinga, qui se trouve en cette signification, dans les Capitulaires, & ailleurs. Voyez François Pithou, Lindembrog, & M. du Cange, dans leurs Glossaires; le P. Sirmond, sur les Capitulaires de Charles le Chauve; & Ciron, dans les Paraities. Les Touloufaisus disent fresinguel. Voyez flèche de lard, & fresange. M.
FRESANGEAU. Eicard, sur le mot friskinga, pag. 241, & 244, de son Leges Francorum Salica: l'ox frisching, vel ut nono promuntianus frisching, aut froesching, à frisch recens derivata, significat porcum vel ovem recentem, qua non est adulto satis aatis. Le Duchat.
FRESAYE. Oiseau. De *prasaga* : à cause que cet oiseau est de mauvais *prasage*. Les Poitevins disent encore aujourd'hui *prasaye*, pour *fresaye*. Les Gaëcons disent *bresague*, comme l'a remarqué Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Artiste, pag. 251. Et pag. 1068. Il dit, *A Gallis effraye & fresaye : a Vasconibus bresaga, quasi prasaga*. Nos Anciens écrivaient *frase*. Guillaume dans son Beflaire : *Or dirons de nycticerace, Un oiseau de mauvaise trace, Frase a nom en droit Roman.* M. FRESEES : *Fèves fresées*. De *faba fresata* : pour *fresa*. Ce sont des *fèves* dont on a ôté la peau : autrement dites *fèves dérobées*, c'est-à-dire, *fèves* dont on a ôté la robe. Voyez *dérober*. M. FRESINGUE : porc. Voyez ci-dessus *fresangeau*. M.
FRESQUE. *Peindre à fresque*. De l'italien *dipignere a fresco*. MM. *della Crusca*, dans leur Vocabulaire, au mot *fresco* : *Dipignere a fresco : è il dipignere sopra lo'ntonacato del muro non rasciutto*. M. FRESSURE de *monon*, *Fresure de veau*. Lat. *exta vervecina : exta vitulina*. De *frixura* : parce qu'on fait des *fricasées* de ces sortes d'entrailles. Le P. Monet, *Jesuite*, dans son Dictionnaire : FRESSURE, FRESURE : *corée : partie vitale de l'animal, feye, cœur, poumon : dont on fait fricasée*, &c. *fricasée de fresure* : *frixum ex estis*, &c. *fricasée de fresure de chevreau* : *frixum ex bodinis visceribus : exta badina frixa*. J'ajoute à l'autorité du P. Monet, qu'encore aujourd'hui en Saintonge on appelle *fricasée* la *fresure*. Ainsi quand un *paysan*, par exemple, veut vendre un *veau* à un *boucher*, & qu'il veut en retenir la tête & la *fresure*, il dit, *en retient la tête & la fricasée* : ce qui ne permet pas de douter de mon étymologie. M.
FRESSURIER. Qui a *fricasé* son bien, un *diffipateur*. Les Mémoires du Duc de Nevers, tom. 2. pag. 134. *Fresuriers, safraniers, banqueroutiers*. Le Duchat.
FRET. *Nicot : FRET signifie la conduction d'un vaisseau de mer, ou plutôt, le prix pour lequel il est tout pour transporter d'un port à un autre, soit marchandises, soit passagers*. Naulum. *Selon ce, on dit accorder du fret ; payer pour le fret : de naulo pacifci ; naulum pendere. Il semble que ce nom, comme aussi le verbe freter, soient faits de ce vocable Latin fretum, qui signifie un estroit de mer, & le vaste de la mer même*. Les Espagnols disent *flete*, pour *fret de navire* ; & *fletar*, pour *dire freter un navire* : ce que les Bas-Bretons appellent *fretta* un *left*. Les Anglois disent *fraigot*, & les Flamans, *vrach*, pour *dire fret*. Tous ces mots viennent de *fretum*. *Fretum, freto*, & par *metaplasme flete*, FLET, c'est-à-dire, *fretario, transfretario ; transfretationis pretium : comme feur, de forum*. Au lieu de *flete*, les Espagnols ont dit *flete* ; comme *firme*, pour *firme*, &c. Toubeau, dans les Institutes du Droit Consulaire, liv. 2. tit. 8. *dérive aussi fret*, de *fretum*. Il ajoute : ou de *ferre* : qui est une mauvaise étymologie. M.
FRET. Sans aller chercher si loin des étymologies forcées, je dérive tout simplement *fret* de l'Alleman *fretten* onerare, gravare, qui peut-être vient du Grec *fremont onerare, hiè & onus*.
FRETEL. Le Roman de la Rose, fol. 125. *Droit est que mon fretel effraye, Car beau chanter souvent ennuye.* *Fretel*, c'est la *fleute* qu'on donne au Dieu Pan, particulière aujourd'hui aux Chaudronniers : ce mot vient de *fractellum*, diminutif de *fractum* : les différens tuyaux de cette *fleute* semblent avoir été faits d'un *roseau* rompu en autant de parties inégales qu'il y a de tuyaux dans le *fretel*. Le Duchat.
FRETER. On dit *Freter un Navire*, quand on l'équipe si bien de toutes choses nécessaires, qu'il est prêt à être régi & gouverné par le Pilote. Il est croyable que ce mot a été fait de *fretare*, Latin-barbare, qui signifie *régir & arrêter*. Les Gloves d'Ilidore : *Fretat, regit, coercet*. Qu bien d'*ex-fretare*, qui signifie *naviger*. Les mêmes Gloves : *exfretat, navigat*. Ces verbes sont formés de *fretum*, qui signifie *la mer*, ou un *déroit de mer*. Caïeneuve.
FRETILLE. Dans Bouchet, *Serée onxième*, tom. 1. fol. m. 365. a. *coucher sur la fretille*, c'est *coucher sur de la paille brisée*. De *fractare*, augmentatif de *frangere*. Le Duchat.
FRETILLER. De *fritillare*. M. de Saumais, sur l'Histoire d'Auguste, pag. 470. *A fritillum, verbum fritillare ; quo etiam hodie utimur, pro eo quod dicebant veteres fringutire, & fritinnire : cum motu scilicet & fono subfilire, & crebra prifugne agitatione concurti*. Et sur Solin, pag. 70. *Fritinnire, est moveri, & subfilire*. *Inde nomen fritinnus, motio, & subfultatio : à quo diminutivum fritillus, & fritillum*. *Sic vocarum Latini pyxidem, qua tefera concutiabantur, prifugnam in pyrgum mitterentur*. *Gracé Iopæcibus vocabunt : pyrgus enim & fritillum differebant*. Pyrgus, *erat turris lignea in modum modis facta, qua in parte alveoli barbat, in summo aperta, & gradus intus excisos habens, in imo vero foramen quo tefera effundebantur in tabulam : at fritillum erat pyxis qua manu tenebatur, & movebatur cum tefereis qua inde in pyrgum mittebantur, ut perscamilios intus excisos crebro subfultantes, in tabulam demum exciederent*. *Atque ex eo dictum fritillum, à concutiendis tefereis : & fritilla avis, quod caudam crebro quartat, motacilla etiam appellata, & Gracis Iuovnyris, & ouovnyris : qui tu ouovnis tu ovrful*. Catullus : Di boni salopuglum disertum ! *Ita enim scribendum ex veteribus Catulli & Seneca membranis, qua salupucium habent. Vax compoesta, à où &, qua uitnes significat, & ovrful*. Inde ouir, motitare, & Latinum salifatio, : ouvru. *Sic vocavit ille Calvum, pusillum hominem, assidue subfultantem & fringutientem, ab ave illa fritilla, quam Gracé ouovnyris dixire*. Inde & nostrum FRETILLER. M.
FRETIN. *Nicot : FRETIN est un terme usité entre Poisonniers, Moruyers*. Ainsi ils disent, un cent de *morués*, meilleur *Fretin*, ou grand *Fretin*, ou de *rebut*, ou menu *Fretin*, qui sont les quatre *degrés de triage de morues*, qui se fait par les marchands Poisonniers Moruyers *vshales de Paris*. Lesquels termes ne sont *festez* ou autres *espécées de poisson*. Et de ce *procédé* que pour *estre le menu Fretin* (en triage de *morués*) les *moindres d'icelles*, on dit par *transfation*, menu *Fretin*, en une *ville*, *compagnie*, ou *assemblée*, ce qui reste de *menu peuple*, les *prins* K k k k F R E. F R I. cipaux bourgeois, & plus apparens hors : Vulgus plebecula. M.
FRETIN. Les rettes, le rebut de la marchandise. De l'Anglois Farting, petite monnoye de cuivre, qui vaut la quatrième partie d'un denier Merlin. Huét.
FRETIN. Je le dérive de fraelium, diminutif de fraelium. C'est la menuaillé, ce qui paroît en quelque sorte avoir été retranché des plus gros morceaux. Le Duchat.
FRETTE. Terme d'Armoiries. Le P. Ménestrier, dans la Méthode du Blafon : Frette, est le comble d'un toit, qui se fait le plus souvent de perches croisées & entrelaissées, comme les frettes du Blafon. De fratta. M.
FRETTE. On appelle ainsi en Basse-Normandie, cette longue bande qui sert à emmailloter un enfant. M.
FRETTE', en la signification de rusé, se trouve au Prologue du liv. 4. de Rabelais, & dans du Pinet, en sa traduction de Pline, liv. 34. ch. 8. De fraelatus, fait de frangere, d'où par métaplasme on a fait fraelare. De sorte que frette, en cette signification, veut dire rompu à toute sorte de rusés. Le Duchat.
FREUX. Oiseau, appellé autrement grae, ou grotte; en Latin, graeculus; en Grec amygloide. De frugilegus. Belon a écrit dans son livre des Oiseaux, que les Latins avoient appellé cet oiseau frugilega. Et ils l'ont ainsi appellé, à cause qu'il vit de grain, qu'il tire de la terre avec son bec : qui est la raison pour laquelle les Grecs l'ont aussi appellé amygloide, & amygloide. Freux a été formé de frugilegus, de cette manière : frugilegus, frugilegus. U en O : comme fromentum, de fromentum : frolegus, frogus, FREUX : comme Drogus, DREUX : probus, FREUX. M.
FRIANT. De frigente, ablatif de frigens, participe de frigere, Charles de Bouvelles : FRIANT, id est, delicatus; vel incerta originis est, vel dictus a verso frigo, frigis : à quo frixuræ, ciborum delicta; quod ejusmodi frixuras is amet quem vulgus friant appellat. M.
FRIBOURG. Nom d'une Ville d'Allemagne & d'une Ville de Suisse. Il est composé de deux mots Allemans, & signifie Ville ou Château libre. Fret ou frey libre : burg ville, château, forteresse. Voyez ci-dessus, Franc & Burg.*
FRICANDEAUX. On appelle ainsi à Paris des morceaux de rouelles de veau, piqués, qu'on fait cuivre dans une casserole. Et on les a ainsi appelés, parce qu'originairement on les fricassoit dans la poile. M.
FRICHE. Terres en friche. M. du Cange dérive ce mot de friscum, on fraelium, qui se trouvent en la même signification dans plusieurs endroits qu'il produit. Voyez son Glossaire Latin, aux mots fraelium & friscum. Bourdelot le dérive de poin. L'étymologie de M. du Cange est la véritable. M.
FRICFRAC. Mot dont le peuple se sert pour exprimer un bruit qui se fait entendre en frapant à droite & à gauche. On dit, donner des coups fric-frac. On dit aussi, donner des foufflets flac. Ces expressions sont des onomatopées, de même que v. v. v. Aristophane a mis dans ses Comédies, plusieurs expressions de cette nature. *
FRILLEUX. De frigorifus. L'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe : frigorifus : freilleux. On a changé l'R en L. Frigorifus, frigorifus, FRILLEUX. On peut aussi avoir formé frilleux de frigulfus. M.
FRIMAS. Je crois que ce mot a été fait de frigus, frigi, dit, par corruption, pour frigus, frigeris : & qu'il en a été fait de cette manière : frigus, frigi, frigimus, frimus, frima, frimatium. M.
FRIMAS. Ce mot ne viendroit-il pas plutôt de fremitus? Les frimas font frémir & frissonner. *
FRIME. Faire frime; c'est-à-dire, faire semblant. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
FRIME. Je le dérive de forme par transposition de la lettre r & changement de l'o en i. Faire quelque chose pour la frime, c'est comme qui diroit, pour la forme, c'est-à-dire, pour sauver les apparences. *
FRINGANT. Pontus de Thiard, Evêque de Chalons sur Saone, pag. 18. de son de Retta nominum impositione, le dérive de operadus inveneris. Bourdelot, M. Lancelot, & son adversaire, le P. Labbe, lui donnent la même origine. M.
FRINGANT. M. le Duchat, croit que fringant pourroit venir du verbe Alleman springen, qui signifie sunter. Ne pourroit on pas le dériver aussi de l'ancien mot Latin fringutire, qui signifie, cum motu & fono subsilire, & dont parle Saumaise, dans le passage que rapporte M. Ménage, sous le mot Fretiller? *
FRINGOTER. Entrecoupez son chant. Vocem cantando interfringere. De frangere. Frango, frangito, frangitare, frangotare, fringotare. M. FRINGUER un verre. Ce mot peut avoir été fait de rinser. Rinficare, rincare, ringare, fringare, FRINGUER. Voyez rinser. M.
FRIPER. FRIPERIE. FRIPIER. FRIPON. L'origine de ces mots ne m'est pas bien connue. J'ai cru autrefois que fripon, pouvoit avoir été fait de rapo raponis, qui signifie un gourmand. Joseph Scaliger, dans ses Conjectures sur Varron, pag. 131. Varro : cum hic rapo umbram quoque speit devoraissis. Rapo, id est, proprii abquae. Apud Ulpianum, Trebatius ait, non esse morbofum, os alicui oler, ut hircofum, strabonem : hoc enim ex iuluvie oris accidere. Ego abquae, ut lurcofum, raponem : hoc enim ex iuluvie oris accidere. Iugluvium vocat vis abquae, ex qua oris graveolentia confatur : ut in leone notat Aristoteles. FRAPATÆ VESTES se trouve : sur lequel mot M. du Cange a fait cette Note : Nescio an inde petendum sit vocis fripiers apud nos eymon, provefium interpalatribus : ita ut is furtin, qui vestes detritas, frepatas, & laceratas, venum exponebant : patius, à ferpe, & ferperie : licer horum vocabulorum notio, non omnino mihi comperta sit. In veteribus Statuis pro praegis Parisiensis civitatis, Titulus habetur inscriptus, Ferperie. Deinde sequuntar hac verba : Couvertoum de vair, 6. deniers. Mantel, fourré de vair, 4. deniers. Chacune penne vaire, 3. deniers. Item, tous garnemens fourrez de vair. Ibi tamen la Ferperie diffinguitur de la Pelleterie. Vocis vero Ferpe meminit Guillelmus Gutiari anno 1504. Fust tout l'oest du Roy atournes, Sus baux garnemens & sus ferpes, Ça & la de blanches escherpes. M.
FRIPER. On peut dériver ce mot de l'Alleman *werfen*, qui signifie *jetter*. *Frepata* *vettes*, sont des hardes qu'on a jettées pour ne les plus porter. La *Friperie* est le lieu où s'achetent & se revendent ces fortes de hardes. *Fripener* les hardes, s'est dit d'un fils de famille qui les vend à des *friper* à l'insu de ses parens, ou qui les désigne plutôt qu'il ne les use : & on appelle *fripun* un homme qui consume son bien en débauches; parce qu'à la longue il faut qu'il use de mauvais moyens pour substituer. *Friper* a signifié aussi manger goulument; & ce mot a la même origine que *friper* dans la signification de *friper* ses hardes. *La Duchat*.
FRIPIER. Voyez *friper*. M.
FRIPON. Voyez *friper*. M.
FRIQUET. Instrument de Cuisinier dont on se sert pour tourner le poisson de friture. De *frigere*. *Frige*, *frixi*, *frisium*, *fricticum*, *friticettum*, FRIQUET. M.
FRIQUET. Oyfeau : moineau de noyer. Peut-être de *fritillur*. *Fritillus*, *fritillicus*, *fritinus*, *frillicetus*, *fricettus*, FRIQUET : à cause de son mouvement. On a de même appellé *fritilla* la hochequeue. M.
FRIQUET. On appelle quelquefois *friquette* une petite fille éveillée & qui paroît avoir du penchant pour les hommes. C'est la même chose que *fretillante*. Le Duchat.
FRIRE. De *frigere*, infinitif de *frige*. Le Père Labbe prétend que *frire* & *fricasfer* sont des onomatopees. M.
FRISE. C'est en Architecture, la bande qui sépare l'architrave d'avec la corniche, & que l'on voit ordinairement entaillées de figures de basse taille. Les Grecs & les Latins l'appellent *cophare*; & les Italiens *friggia*, d'où nous avons formé *Frise*. Guillaume Philandre sur le chapitre 1. du livre 1. de Vitruve, croit qu'elle fut ainsi appelée, à *Phrygionibus*; parce que les Phrygiens représentent en broderie, avec l'aiguille, toute sorte de figures : *At non in earum copharis* (qua *frigia vulgo vocantur*; *voce*, *in exsistimo*, à *Phrygionibus*, *qui acs fucinus*, *ducta*. *Ut enim illorum opera acu pilla figuris quibuslibet insignuntur*, *ita zophororum ferre ratio scalpturam desiderat*) *triglyphi scalpuntur*. Caïeneuve.
FRISE. Terme d'architecture. C'est la partie de l'entablement entre l'architrave & la corniche. De *fregium*. Daniel Barbarus : *Zophorus*, *pars est supra epistyllium*. *Fregium nostri dicunt* : *Graci Quapipt* : à *ferendis imaginibus*, & *sculptris*. Bernardin Balde : *Caerum freisa* à *Phrygionibus dici*, *Philander pluribus docet*. Voyez Philander sur Vitruve. De *fregium*, les Italiens ont fait de même *fregio* dans la signification d'ornement. Et les Latins ont appellé *Phrygiones* ces faïseurs d'ornement. Pline livre VIII. chapitre 48. *Acu facere*, *Idat Phrygos invererunt* : *ideque Phrygiones appellari sunt*. Voyez Philander sur Vitruve livre 1. chapitre 2. & *Vossus* dans son étymologie, au mot *Phrygiones*, & M. de Saumais sur l'Histoire Anguste, page 510. ¶ Les Espagnols disent aussi *frisa*. M.
FRISE. C'est une espèce de drap plus velu que l'ordinaire, dont on fait des fourrures. Turnébe liv. 24. chapitre 19. de ses Adversaires, dit que les Anciens appelloient *Phrixianus vestes*, les habits dont l'étoffe étoit velue & frisée; comme la Toison d'or, qui étoit appelée *Phrixianum villus*, à cause de *Phrixus*, qui en fut le premier poëssieur. *Sunt autem*, dit-il, *Phrixiana vestes*, que *Phryxai velleris crispus* & *eminentes villoc imitantur*. Ce qu'il prouve par ce lieu de Sénèque liv. 1. chap. 1. *De Benedicis : Inveniam alium Poetam, apud quem praciugantur*, & *spissis aut Phrixianis prodeant*. Et cette sorte d'étoffe se trouve opposée à une autre qui n'est pas velue, qui pour cette raison est appelée *rasa*. Pline livre 8. chapitre 48. *Togas rasas*, *Phrigianaque*, *Diva Auguste, novissimis temporibus, cepisse scribit Fenefella*. Où, selon le même Turnébe, il faut lire *Phrixianus* au lieu de *Phrigiana*. Il y a apparence que de là nous avons formé *Frise*, puisque c'est une même manière d'étoffe : si ce n'est qu'on veuille dire qu'elle ait pris ce nom de la *Frise*, pays d'Allemagne; car je trouve dans les anciens livres une espèce d'étoffe appelée *Frisonica*, ou *Frisonica*. Le Moine de S. Gal livr. 1. de la Vie de Charlemagne : *Palla Frisonica alba*, *cana*, *vermiculata*, *vel Saphyrina*. Et plus bas : *Inferieribus vero saga irefonica omnimodi coloris darentur*. L'Auteur de la Vie de Saint Othon Evêque de Bamberg, livre 1. chapitre 41. parle d'une étoffe appelée *Fricatii*; où j'estime qu'il faudrait lire *Frijatii*: *Fusiani* & *purpura*, *purniati*, *fricatii quoque*, *sen alterius cujuslibet optimi generis vel coloris pannorum*. Caïeneuve. FRISE : pour une sorte d'étoffe. Les Italiens disent *fresone*. C'est une étoffe velue des deux côtés : *supium*. M. du Cange le dérive de *phrygium*. M.
FRISE, étoffe. Lipse croit que ce mot vient de *Phryxiana*. C'est sur le Traité des Bienfaits de Sénèque, qui parle de *Phryxiana vestes*, c'est-à-dire, faites de laines ainsi nommées de la toison de *Phryxus*. Lipse se trompe. La *Frise* a pris son nom de ce qu'elle est velue, & comme frisée. *Hnet*.
FRISER. Lat. *crispare*. C'est le substantif *frise*, dans la signification d'une sorte d'étoffe, qui a formé ce verbe. M.
FRISER. Il est dit pour *feriser*. *Ferro crispare*. Friser des cheveux, *crines calido ferro vibrare*. On disoit aussi autrefois *friser*, pour *marguer avec le fer*. Amlot dans la Traduction du Traité de Plutarque, *De sera nominis vindicta*, dit que les *Thraces frises leurs femmes au visage : compungunt notis Thraciis*. Rendant ainsi le mot Grec de Plutarque *vicoum*. Il dit qu'elles, *friseres* & *egratignures au visage*, *Fluens*. M.
FRISON. Les noms de la *Frise*. L'étymologie de ce nom est fort obscure. Je me contenterai de rapporter ce qu'en dit Wachter dans son *Glossarium Germanicum* pag. 491. où il parle ainsi : FRISE, *Frise*, *Frissus*. Friesland *Frissa*, *terra Frisserum*. Anglofaxonic *Frysa* & *Frylland apud Semnerum* & *Benfimium*. In *sententia Bodini* Fries est *Phryx*, *hoc est Phrygius vel Trojanus*. *Quod Claverius male inde refelit*, *quod Germani sint indigena*, *nullisque aliarum gentium adventibus mixti*. In *sententia Baxteri* Fries & *Phryx sunt nomina communia omnium popularum in regione frigida habitantium*. Nam *quod Latine dicimus frigus*, *id Gracis*, *inquis est 1/2*, *Pelasgis 9/2* & *8/2*. *Hinc iudicio ejus* Phryges, Bryges, Brigantes, Frixi, Friisi, Frisones, Britones, Britones, Britanni, *imbetiam Thraces*, *sunt eadem nomina*, *a regionis frigore desumpta*. Vide *doctissimi viri* Glossarium Antiquitatum Britannicarum pag. 48. *Sed hnic etymologia non auum fidem meam interponere*. *Alii Patintem nominis in studio libertatis quarunt; quod non ita frigidum est ut antecedens*. Nam *vereres Frisoo libertatis tenacissimos fuisse*, *res gesta cum Olennie alisi*. K k k k ij que declarant. Sed qua lingua fries liberum defignet, ipsi ignorant : Admitti tamen potest, si derivetur à fry liber, vel freot libertas, quod Anglo-freconitum. Helvetica lingua friesen est agrum conciliare folliore, & fries follor, teste Pictorio in Dict. Hinc Ricardus in Praf. ad Collectanea Etymologica Leibnitii, pag. 11. optime colligit, Frifium, vi nominis, esse terram fossis refertum, & Frifium agrifolorem. Sed bonam causam malè defendit ex hodierna Frifia natura & conditione. Hoc pracipuum in etymologia, non quod hodiernis conveniat Frifis, qui veterum Conchorum sedes tenent, sed quod antiquis, qui inter Canchos & Caninefates, Oceanum & lacum Flaviorum, medii habitabant, & in hoc sin ram humili & paludoso se tueri non poterant absque magno follarum numero. Interim cum verbo Helvetica friesen convenit exaltè Graeum ipæum fœdio, si digamma Acolicum prafigatur. Convenit etiam frieden munire.