🔍 Nova Nova interroge toute la bibliothèque par « mot-clé ». Mode clair / sombre. 🔮 Oracle Oracle répond à une question posée en langage courant, en s'appuyant sur les passages les plus pertinents de la bibliothèque
🧵  Le Fil d'Ariane ?Le Fil d'Ariane s'adresse à qui aime feuilleter, sans but précis, simplement curieux d'un thème, on y parcourt notamment l'équivalent des tables des matières de ces grands bulletins de sociétés savantes — pour découvrir, au fil des pages, ce qu'ils renferment. Si vous trouvez une information éveillant votre curiosité, les deux outils ci-dessus : Nova et Oracle prennent le relais, interrogez-les !... ✦   ✦   ✦
03.0 Dictionnaire etymologique — FRISQUE – GAUPLUME

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

❧   ❧   ❧
↩   Retour au sommaire

200 entrées

Rechercher un mot dans toutes les sections de ce document.
FRISQUE. Gay. M.
FRISSON. Selon l'opinion des Etienne, de Picard, & de Périon, il est formé de opium, qui signifie proprement frissonner : d'où vient opium, qui signifie frisson; horror ex frigore vel febre. Caïeneuve.
FRISSON. Ital. ribereza. Billus fur S. Grégoire de Nazianze, page 1148. le dérive de opiè, opiè, initium morus corporis significat. Galli, servata nominis origine, frisson vocant. Robert Etienne avolt fait la même remarque. FRISSON, dit-il dans son Dictionnaire, horror. opium est horror, seu horror frigoris : qualis fated exercere febrientes. opiè, vel opium, horree. Ce que Nicot a copie. Le Père Labbe le dérive de frigus. FRISSON & FRISSONTER. viennent, dit-il, de froid : frigus : en oftant l'O, pour approcher plus de la posture de ceux qui commencent de sentir le froid de la fièvre : frigore, frifiste : & non pas, de opiè, fremere. M. du Cange le dérive de frigiro, formé de frigus. Il en vient. M.
FRIT. C'est un panchement de muralla en dedans, vers le haut. Voyez Nicot. Je ne fais pas d'où vient ce mot. M.
FRITIGERNE. Nom propre d'un Capitaine des Goths, dont parle Ammiens Marcellin livre xxxi. chap. 5. 6. Ce nom fut fait pacis studiosus. Frith ou frith en Anglo-freconisme en langage Franc & Alémannique, fryse des dédois, friede en Alleman, signifient pax. Gern ou geern en Saxon signifie cupidus, du verbe geren désirer, souhaiter.
FROC. De flocus, & de flocellus. Le livre De Statu Monachorum chap. 1. aux Clémentines : Flocum, cucullam, aux capam clausam habeant. Et plus bas : Nomine floci, habitum qui longas habet manicas, nos intelligere declaramus. Geoffroy de Vendôme l'appelle flocellum, liv. 2. epit. 8. Dominus Ermaldus, quem Decanum vestrum diciris, si sibi secundum justitiam placuisset, teste Flocello de capite sua, potius in nostra, quam in vestra forte manere debutet. Les Glofés de Papias : Flucellum, floculum. Où je crois qu'il faut lire frocellum. Caïeneuve.
FRAC. De frocus ou flocus, qui se trouvent en cette signification dans Geoffroy Abbé de Vendôme, dans Matthieu Paris, & ailleurs. Voyez Vossus liv. 2. de Vissis Sermonis, chapitre 7. & dans l'Appendix pag. 803. Le Père Sirmond dans les Notes sur Geoffroy Abbé de Vendôme, page 27. Flocus, ut docet Clemens V. de Statu Monachorum cup. 1. ex est Monachorum vestis, qua longas, & amplias habet manicus. Floculus & flocellus, minor floccus. Nostrates hodie, liternia mutata, magnum & parvum frocum vocant. Il y avoit anciennement une touffe au bout des froces, comme nous en voyons au bout des capes Hierboïdes : ce qui a vraisemblablement donné le nom de flocus au froc. Au lieu de flocus, on a dit ensuite frocus ; qui se trouve fréquemment dans les Auteurs du bas fiècle. On a dit aussi floccus ; qui se trouve aussi souvent dans les mêmes Auteurs. Nicot parle de l'étymologie de ce mot froc, en ces termes : FROC DE MOINE, pour floc : à floccis, ex quibus confici soles floccus. M. FROC : Le mot de floc, qui a donné le nom à l'habit qu'on nomme froc, vient de l'Anglo-Saxon et ob fimbria. Le Duchat. FROC : pour terre inculte. M. du Cange le dérive de frasylum. Voyez son Glossaire au trusfium. M.
FROIDEUR. Du Latin-barbare fridor ou frigidor. Le Glossaire de l'Évêque Goth Antileubus : Fridor, frigus. Joannes Januenfis dans son Catholicon : Frigidor, oris ; id est, frigus. Caïeneuve.
FROISSER. De frissare; formé de frissus, participe de frendere, qui signifie briser. Et ainsi habe frissa sont les fèves froissées, ou comme l'on dit communément, frasées. Festus Pompeius : Frendere, est frangere; unde & fabae fresse. Ifidore liv. 17. chap. 4. Fabae fressa dicta, eo quod eam homines frondant, hoc est, frangant. Caton chapitre 9. Postea fabam fressam puram ei far purum facire. Columelle liv. 2. chap. 21. Ciceru bubus ervi loco fresa darur in Hispania Italica. Balbus in Catholico : Fresus, id est contritus, concussus : unde & fabam fresam dicimnt; quia habet thecam molitam, id est fructam, concussam. Caïeneuve.
FROISSER. De frangere. Frango, fregi, fructum, fructare, fraxare, fraffare, FROISSER. M.
FROLER. De frithulare, diminutif de frictare : duquel friflare, nous avons fait frater. Voyez frater. M.
FROMAGE. Robert Etienne a déjà remarqué que ce mot vient de forma, c'est-à-dire l'éclipse & le caferet où le fromage prend sa forme & sa figure. C'est pourquoi Theodore Gaza en sa Traduction de l'Histoire des Animaux d'Aristote liv. 5. chap. 10. l'appelle formage : Ex amphora latris caprini formagines obolu duo deviginti conficiuntur. Les Glofés de Papias : Caïeus dictus, quod carest sero : Formaticum, à Forma : iude sit diminutivum Formula; unde etiam Formella, qua etiam informationes cafei significat; unde & Formaticum dicitur. Les Capitulaires de Hincmar Evêque de Reims, qui sont au 5. Tome des Conciles de France : Quando parrochias circuitis, nolte graves est presbyreris, petentes friekingas, vel pisses, vel formaticus. L'Abbé Eghard epit. 23. dans le 2. volume des Histo-tiens de France de Du Chêne : Et qua nobis necof-faria sunt ad habendum, id est farinam, braten, vinson, formaticum. De-là vient aussi que les pains de cire sont appellés formella. Villafridus Weabs en la Vie de S. Gal, chap. 12. Pallula involvit formellam cera. Et Ifidore livre 15. chapitre 9. appelle formatum & formatium les parois de terre battut entre deux ais : Formatum sive formatium in Africa, vel Hispania parieres de terra appellantur, quo- niam in forma circumdatis duabus utrinque tabulis sufertuntur magis quam lafruntur. Les Glofes Ara- bico-Latines : Formatum, vel formatum, in Afri- ca & Spania parines à terra appellantur. Cafe- neuve.
FRONAGE. Charles de Bouvelles le dérive de fermer. Fromage, cafeus, à vulgari voce fermer pendet : quasi fermage : quia chudas mensam. Nam pone apud omnes in exitu mensa sunt cafeus inter bel- laria soles, tanquam elandens & informans tam men- fam quam formatum. Certe etymologie est ridicu- le. Fromage viens de formaticum. L'Ordo Roma- nus, au cte. de Sabbatho Sancto Pascha : Eodem die Dominus Papa, & cuseri Romani eva manducam, & formaticum, id est, cafeum. Formagium se trou- ve dans les Glofes Anciennes, mais dans une autre signification. Gaza, dans sa version du livre 3. de l'Histoire des Animaux d'Aristote a dit formage : qui est un mot qui se trouve dans Apulée, selon le témoignage de Badius sur ces mots de l'Eclogue IX. de Barille de Mantouce, Et que formatum cafeus or- be : Faginum. Voici les termes de Badius : id est, was roundum, quo imprimitur. Unde à forma, for- maginem vocar Apuleius. Unde Gallicum vocabu- lum. Il est sans doute que formaticum, formagium, & formage, viennent de forma, qui signifie l'éclif- se où l'on fait le fromage. Les Glofes d'Ifidore : Fiscella : forma, ubi cafei exprimuntur. Et de for- ma, en cette signification, on a fait le diminutif formella, qui se trouve en la même signification dans le chapitre 17. verset 18. du premier livre des Robi : Et decem formellas cafei, has deferet ad tri- bunum. D'où le formella di cacioles Italiens. M. Gro- tius dans son Florum Sparse, sur le Titre au Code de Aquadutta : Forma dicebatur id quod rem quam- que contrier. Inde cafei formati, id est, formis in- fuit : unde manet nomen apud Italos & Gallo. Egi- nhard, dans une de ses Lettres à son Vidame, ap- pelle le fromage, formatem : Farinam, bracem, vinum, formatem, & catara, tempore opportuno illur ventre facias. On lit dans Arnobe, liv. v. Repertum nefcia quis (Atydem) fumit : formas latio alit hirqui- no : mais où il faut lire, formis latio alit hirquini : En Auvergne on appelle encore forme, un froma- ge. Nous prononcions anciennement formage & formage : & on prononce encore de la sorte en Italie-Normandie & en plusieurs autres lieux de France. Et les Italiens disent formaggio. 9 Voyez Vossus de Vitis Sermonis livre 3. chapitre 11. & M. de Saumafle sur Solin page. 379. M.
FROMENTIER. Il y a des Familles du cosm de Fromentier : ce qui fait voir que ce mot a été en vulgari, pour un marchand de froment. De fromentarius : mot ancien Latin. Lucidius, dans Nordus Marcellus page 18. Fromentarius est, modium hic secum atque ru- tellum Unà affort.
FRONCER. C'est-à-dire pliffer & rider. M. de Saumafle, dans ses Notes sur Tertullien De Pallio, tient que ce verbe prend son origine des plis & des rides qui se forment sur le front : Fron- tiam vulgo rugam aut plicem appellamus, à fronte, qua rugis maximè contrahi soles & caperari : bien fronciare supercilium dicimus, vi cyptus, vi in- vium manum. De-là vient défoncer, qui figri- se le contraire de froncer. Jean de Meun en son Tellement : Cinglent effrole leurs treffes d'au lac & d'un chapel, Pour leur front défoncer & effendre la pel. Cafeneuve.
FRONCER. Comme quand on dit, froncer se fourcil : une robe fronde. De frontiare, qui a été fait de frons frontis. M. de Saumafle sur Tertullien de Pallio, pag. 335. Ruga in vestibus, alia cafu funt ; qua ex ipsa vestis redundantia, variis modis complicata ; noscontur : incendita, & inordinata alia : alia arte confiant ; qua ex industria fruntur ad aliquem vesti uriatum conciliandum. Troubus has Graci vocant : quas infine tunicarum certo modo acque ordine invicem nexus vinculam retinobet. Un- de quaderis gratus; qui rugit bujasmodi & plicis ftriabantur. Pollux : du 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100.
FRONCLE. De fornendus. Les Glofes An- tiennes : fornendus, Ibidis. M.
FRONDE. De funda : par l'infection de l'R : comme en Frontevaux. De funda, les Italiens ont fait de même fronde : au lieu duquel ils se ser- vent plus ordinairement du diminutif frondola. Il n'y a guère plus de 80. ans qu'on prononçoit fon- de. Et M. Bochart a remarqué à la marge de son exemplaire de mes Origines Françoises de la pre- miere édition, qu'en son enfance on se moquoit du petit peuple de Paris qui disoit fronde. Amiot a dit fondes : Ils fussent point de fondes en bataille. C'est dans sa Traduction de la Vie de Thésée du Plutarque. M.
FRONDE. En 1806. on disoit encore fonde. Ni- cot, dans l'édition de cette année-là. Fonde, fun- da. Dans Oudin Dick. Fr. Ital. imprimé en 1655. on lit : fonde frondola. Monet imprimé en 1636. n'a pas même le mot fronde; mais bien fonde; &c fondeur, pour un homme qui se sert de la fronde. Le Duchat.
FRONDEURS. Nom de parti, en ces der- niers troubles de l'année 1649. Ce nom a été don- né à ce parti, de cette sorte. M. le Duc d'Orléans étant allé au Parlement, pour empêcher qu'on ne mit en délibération quelques propositions qu'il ju- geoit des avantageuses au Ministère ; M. le Coi- gneux de Bachaumont, Conseiller au Parlement, dit à quelques autres Conseillers qui étoient au- pois de lui, qu'il falloit remettre la délibération à un autre jour que M. le Duc d'Orléans ne seroit point au Parlement : Et il se servit de la compara- ion des Frondeurs, qui ne frondent pas en présen- ce des Commissaires : mais qui frondent dès la lendemain, en leur absence, nonobstant leurs dé- fenies. Quelques jours après, le même M. de Ba- chaumont, ensandant opiner quelques-uns de 630 FRO. FRU. FUI. FUL. Meſſieurs du Parlement en faveur du Miniſtère, ſe ſouvenant de ſa comparaſſon, il dit à ces Conſeillers dont je viens de parler, qu'il alloit fronter cet avis. Ces mots aiant été reçus avec approbation par ces Conſeillers, & employés enſuite heureulement en vers par M. de Marigny, on appella Frondeurs ceux qui étoient contraires au Miniſtère & au Miniſtère : & on a dit enſuite fronter quelqu'un, pour dire le poſſer à bout. Moliere, dans la Préface de l'Eſcole des Femmes : Bien des gens ont fronde d'abord cette Comédie. M.
FRONTAIL. De frontale. Le Lexicon Grec-Latin, page 514. «quai» & frontale, capitale. On a dit de même cubitale. Le Lexicon de Cyrille «quai» & hoc cubital. M.
FRONTEVAUX. Abbaye célèbre du Diocéſe de Poitiers & de la Province d'Anjou. Par corruption, pour Fontevraux. De Fons-Ebraldi. C'eſt ainsi que ce lieu eſt appellé dans les anciens Titres Latins. Et cette origine fait que pluſeurs perſonnes diſent encore Fontevraux. Mais il faut dire Frontevaux, avec les peuples d'Anjou & de Poitou. Et il y a très-long-tems que cette corruption a été introduite en notre Langue : Et même, dans la Langue Latine. La Chronique de Savigny, pag. 315. Anno Domini 1189. obiit Henricus Rex Anglia, oſtavis Apoſſolorum Petri & Pauli : & ſepultus eſt apud Franţeval. Roger Hoveden dans la derniere partie de ſes Annales : Anno 1177. Front-Everoiſt. On y a inſéré une R, comme en fronde, de ſonde. ¶ Dans l'Epître 200. de S. Bernard, ce lieu eſt appellé Fons-Eberandi. M.
FRONTIERE. De frontaria. Voſſius de Vitiis Sermonis, livre 3. chapitre 12. FRONTARIA (unde Gallis frontiere, quod & Belgii in uſu), ſunt limites regiomum : ex eo quod, frontis inſtar, primo in conſpectum veniant. M.
FROTER. De friſtare. Frico, frixi, friſtum, friſtare, FROTER. De fricare, Les Italiens, ont fait fregare. ¶ Voyez froler. M.
FRUIT-FOUR. On appelle ainsi dans la Maison du Roi toute forte de patiſerie qui ſe ſert au deſſert. M. FRUSTE : adjectif. C'eſt-à-dire, uſi. Médaille fruſte, c'eſt une médaille effacée. De l'Italien fruſto. M. FUIARDS : pigeons fuiards. Voyez ci-deſſous fuie. M. FUI E. Coulombier. De fugia, dit, par méta-plasme, pour fugium. Refugium, fugium, fugia, FUE. La fuie eſt le réfuge des pigeons, ou, comme parloient nos Anciens, le refui. Le Blaſon des Fauſſes Amours : Son dernier refui, ce ſont larmes. Vous trouverez dans le Pſeaume 103. Petra, refugium herinactiis. De fuie, nous avons fait fuiard : & on appelle pigeons fuiards, les pigeons de fuie; à la diſſerence des pigeons domettiques. M.
FUIR. De fugire, dit pour fugere, par méta-plasme : comme fouir, de fodere. M.
FULBERT. Nom propre d'homme. Il vient F U M. F U R. de la Langue Teutonique, & fignifie plein d'éclat ou de gloire. Full en cette Langue, veut dire plein; & bert, veut dire illuſtre. Voyez ci-deſſus Berte. La nom de Fulbert répond à peu près pour la ſignification au nom de Lucius chez les Latins, & a ceux de Phoius & de Phoiusus chez les Grecs. * FUME E. De fumata, fait de fumus. M. FUME ES de cerf. Lat. cervorum ſtercus. De fumata. Fumata, fumata, FUME E. M.
FUMETERRE. Herbe : en Grec xantio, & xantios, c'eſt-à-dire, fumée. Elle eſt ainsi appellée, comme qui diroit fumus terra; parce que ſon ſue étant mis dans les yeux y cauſe même incommodité que la fumée. Les Latins l'appellent fumaria. Caſeneuve. FUMETERRE : herbe. De fumus terra; dont les Italiens ont auſſi fait fumoſterne, & fumoſterne. Les Grecs l'appellent de même ; & & M.
FUMIER. Encore que ce ſoit ſimatum, en bon Latin, on ne laiſſe pas de le former du barbare ſimatum. Le Gloſſaire de l'Evêque Goth Anſlieubus : Fimarium, ſterquilinium. Les Statuts de David II. Roi d'Ecoſſe : Si aliquis injuſſe & contra Legem alterius canem interſecerit, vigilabit, & cuſtodiet ejus ſimatum poſt annum & diem. Le Grand Paſtoral de l'Eglise de Paris, liv. 9. ch. 45. Nec non ſimatum, paleam & ſtramina exiſtentia in perpriſo, &c. Caſeneuve. FUR : comme quand on dit, au fur & meſure. Ce mot vient inconteſtablement de celui du forum. M. Auteſerre, dans ſon Explication de la Loi Cum ſocietas, imprimée à la fin de les Traités de Fictiomibus Juris : Unde forum ſumitur pro pretio rerum quod commune eſt in foro. Synodus Sueſſionensis : Civitatis legitimus forus, & menſura fiat, ſecundum abundantiam temporis. Albertus Argentiniensis in Chronico : Vina leviſori foro & pretio vendebantur. Et Matthau Paris : Quod cum Rex Richardus cognoviſſet, miſit Mareſchallos ſuos ad majores civitates, perens ut exercitui ſuo victualia venderentur foro legitimo. ¶ Voyez Ragueau, dans ſon Indice, aux mots feur & fur, & ci-deſſus le mot feur. M.
FURET. En Latin viverra. C'eſt un diminutif de furo, qui eſt le même animal dans Iſidore, liv. 12. ch. 1. Furo a furvo diſtus : unde & fur; tenebroſos enim & occultos cuniculos effodit, & eijicit pradam quam invererit. L'Eſpagnol l'appelle huron : & je crois que nos anciens François en faſſoient de même; car je trouve qu'ils appelloient les Mineurs Hurons. Froiſſart, vol. 1. ch. 288. Le Prince menoit par uſage toujours avec lui grand foſſon de Hurons, qu'on dit Mineurs. Et c'eſt parce que les Mineurs ſe font des chemins ſous terre, à l'imitation du furet : d'où vient auſſi que les mines ſont appellées en Latin cuniculi, qui eſt auſſi le nom des lapins ou connins que cet animal pourſuit ſous la terre. Caſeneuve.
FURET. Animal, appellé des Grecs xiv & levic. & des Latins viverra. De Furetus, diminutif de furus, qu'on a dit pour furo, qui ſe trouve en cette ſignification dans Iſidore, liv. 12. ch. 1. Voici les termes d'Iſidore : Furo, a furvo diſtus : unde & fur; tenebroſos enim & occultos cuniculos effodit, & 63t ejicit pradam quam invererit. Voyez M. de Saumaise sur Solin, pag. 1009. FURECTUS se trouve en la même signification, dans l'Empereur Frédéric II. liv. 1. ch. 1. de son Traité de Venatione : mais où je crois qu'il faut lire furettus, quoique M. du Cange ait employé furettus dans son Glossaire, fondé sur le témoignage de cet Emperent. On a pourtant dit valectus, pour valectus : ce qui favorise la leçon de furettus. De furettus, les Espagnols on fait huron. De furet, nous avons fait le verbe FURETER : que le P. Labbe dérive de fur, comme qui diroit, imiter les voleurs qui furettent par-tout : en quoi je ne suis pas de son avis. Fureter, c'est imiter le furet qui furette par-tout. M.
FURET. Furettus & valectus, pour furettus & valectus, viennent de l'ancienne orthographe Françoise, qui dans plusieurs mots a double t, comme datte, de datum; lettre, mettre, de littera, mittere, changeoit en c le premier t, & mettoit datte, lettre, mettre. Le Duchat.
FURETER. Voyez furet. M.
FURETER. Je suis pour l'opinion du P. Labbe, qui croit que ce mot vient du Latin fur : cas fureter, c'est faire de petites fripponneries avec subtilité ; & ce mot a été formé de furettare, fréquentatif de furari. S. Add.
FUSAIN. Sorte de plante. De fusanum, formé de fusum. On fait des fureaux de cette plante. Et de la vient que les Grecs l'ont appellée impuition, du mot impuition, qui signifie un fureau. Voyez M. de Saumaise, dans ses Homonymes des Plantes, pag. 106. & les Médecins de Lyon, liv. 1. chap. 69. M.
FUSIL. Toutes les pierres d'où se peut tirer le feu sont comprises sous le nom de silex. Virgile, au 6. de l'Encide : —Quartis pars femina flamma Abstrusa in venis silicis. Isidore, liv. 16. ch. 3. Silex est lapis durus, et quod exiliat ignis ab eo, dictus. Il y a pourtant une autre espèce de pierre dont le feu se tire plus facilement : nous l'appellons ordinairement fusil, ou pierre a fusil ; en Grec vulgari, & en bon Latin igniarium. Les Auteurs de la dernière Latinité l'appellent petra focaris. Isidore, au livre ci-dessus allégué, ch. 4. Est alius pyrites vulgaris, quem vivum lapidem appellant ; qui ferro vel lapide percussus scintillas emittit, qua excipiuntur sulphure, vel aridis fungis, vel foliis, & dicto celerius, profert ignem : hunc vulgus focarem petram vulgo vocat. Nous appellons proprement fusil, non la pierre, mais le fer dont on se sert pour en tirer le feu : de sorte que ce mot semble avoir été formé de focus, & du verbe elicio, comme qui diroit foci elicium. Joannes Januensis, dans son Catholicon, le tire presque de même source. Fugillus, ferrum quo extrabitur ignis de petra. Et videtur derivari a fos, quod est ignis ; & gero, tis, quasi fos gerens : unde fugillare, id est ignem de petra fugillo extrabere ; & hinc, per figuram, Fugillatores dicuntur umbra Damonum qui ignem ferunt. Mon opinion est que nous avons formé fusil de focillus, diminutif de focus, & d'où les Italiens ont aussi fait focillo. Cafeneuve.
FUSIL. Il y a deux opinions touchant l'étymologie de ce mot, qui sont toutes deux tres-vrai- semblables. Les uns le dérivent de l'Italien focile, ou fucile, fait de focus, en la signification de feu. Isidore : Est alius pyrites vulgaris, quem vivum lapidem appellant ; qui ferro, vel lapide, percussus, scintillas emittit, qua excipiuntur sulphure, vel aridis fungis, vel foliis, & dicto celerius, profert ignem; Hunc vulgus focarem petram vulgo vocat. Scaliger, sur le Poème d'Etna, le dérive de fusilis, en sous-entendant lapis ; comme qui diroit, une pierre fusile : xericis & Voyez Scaliger, au lieu allégué. Les Grecs l'appellent vulgari, & les Latins igniarium : ce qui favorise la première opinion. Et d'un autre côté, la seconde syllabe en fusilis, étant brève ; si focile, ou fucile, avoient été faits de fusilis, on auroit du dire focile & fucile, & non pas focile, & fucile. ¶ J'ajoute à ces raisons, cette autorité de l'ancien Dictionnaire du P. Labbe : FOCALIS, le fœnieux ; comme pierre qui fait feu. Voici une troisième étymologie de ce mot fusil. Le P. Labbe, à la pag. 31. dérive ce mot de celui de feu, & de celui de fil, contraction d'existre : quod ex ejus & lapidis attritu, ignis exiliat : qui est une étymologie Stoicienne ; c'est-à-dire, une trésmauviale étymologie, & qui n'est fondée que sur une allusion. Le même Auteur, au même endroit, dit, Compagnie des Fuxilliers. Il faut dire, Compagnie des Fuxilliers. C'est ainsi qu'on parle. Mais quand il est question de furettus de fusilis, il faut dire Fuxilliers. M.
FUST. Fust de presoir. Fust d'arquebufe. Fust de Croix. De fustis. François Pithou, sur ces mots du paragraphe premier du titre 63. de la Loi Salique, FUSTES ALMONS SUPER CAPUT SUUM FRANGAT : An inde fustis fractio in funere Regum nostrorum : & rompre le fust, ou festu, avec quelqu'un ? Sicut contra, moribus nostris, livrement de fust. In vereri Instruetem : Unde ejusmodi auctoramentum prius ibidem in Capitulo, quodam fuste ut moris est, fecit : & postea, eumdem fustem super altare posuit. Et alibi : Ex quo molendino, dum super altare donationem quodam fuste, ut moris est, faceret. Item : Postea, hoc Majus Monasterium in Capitulo nostro, quodam fuste, qui apud nos nomine ejus inscripto in testimonium servatur, præsente Domino Abbate Alberto, fecit guerpitionem. Voyez Lindembrog & Spelman, dans leurs Glossaires, sur ces mots festuca, fusilis, inveftiva; & Ragueau, dans son Indice, aux mots, fusil, & livrement de fusil. Voyez aussi M. Galland, dans son Traité du Franc-Alleu. De fusil, viennent furettare, & furettare. Voyez ci-dessous fusil. M.
FUSTER. Dérober, pilier. Monstrelet, édité de 1573. vol. 1. ch. 189. fol. 159. sur l'an 1418. Les Seigneurs des fusilés, avec leurs gens & infini peuple de Paris avec eux, fusterent plusieurs maisons des Gouverneurs des fusilés, & de leurs partisans. Ce mot revient souvent en cette signification dans Monstrelet. Mais je ne sais d'où il vient. Peut-être de l'Alleman fuser, d'où fourage. Fuster en ce sens, ou plutôt fuser, c'est fourager. Le Duchat.
FUTAILLE. Vaiffeau où l'on met le vin. Ce mot est un diminutif de fusil ou fus, qui vient du Latin fustis, & qui signifie la même chose. On dit qu'un vin sent le fus, pour dire, qu'il sent le tonneau. On a appelé un tonneau fus, & ensuite futaille, en donnant au tout le nom d'une partie, parce que chaque douve dont il est composé, ref- femble a un baton, qu'on appelle en Latin fustis. Le mot futaille, s'est dit autrefois pour futaie, qui vient pareillement de fustis : bois de haute futaille; pour bois de haute futaie. On lit dans l'Hif- toire de Bretagne, tom. 2. pag. 1531. dans un Acle fait en 1490. Pour ce que avons été avertis que les Françoys ont vouloir & intention de entrer en notre pays la grande puissance & armée pour nous y faire la guerre, & qu'ils ont délibéré faire un camp à la maison de Saudecourt & a l'environ, pour cause qu'il y a bois de haute futaille & tailleys, aussi preez & estang, qui sont choses fort nécessaires pour est & arrivée, &c. FUTAI NE. Sorte de toile. Fustanum se trouve en cette signification dans les Auteurs de la Basse- Latinité. Vous en trouverez des exemples dans Volfins, liv. 2. de Vitis Sermonis, & dans le Glos- faire de M. du Cange. Les Italiens & les Espagnols disent aussi fustana, & les Flamans, fustein. Quel- ques-uns ont cru que ces mots avoient été faits de fustis, parce qu'on faisoit une sorte de futaine d'un bois qui porte le cotton. Mais ils ont été formés de Fustat, Ville d'Egypte, où il y a quantité de cotton, & d'où on nous apporte cette sorte de toile. Fustat, c'est l'ancienne Memphis; ou Me- fer, qui est tout proche de Memphis. Voyez El- macin, dans son Histoire Sausine, liv. 1. chap. 3. ¶ En Arabe, on appelle alfusta, un logis dont les parois sont tapises de futaine. M. FUTE : comme quand on dit un oiseau fusté, un fusté merle. L'Auteur des Rufes Innocentes, pag. 180. de la dernière édition : FUSTER, C'est lorsqu'un animal s'échappe d'un piège où il s'est pris, ou bien qu'il apperçoit la rufe par laquelle on le veut prendre. Et pag. 352. Et par le terme de fuster, on entendra le poisson, qui ayant esté manqué, ou bien rebaut fréquemment des Pêcheurs, fuit & ap- préhende l'abord des filets. Je crois que ce mot a été fait de fustatus, formé de fusta, dit pour fustis, qui signifie toute sorte de bois. De fustis, fustus, ou fustum, nous avons fait FUST. Et de-là, Fust d'arquebufe, Fust de pressoir. Voyez fust. De fusta, nous avons fait FUSTE, pour une espèce de vaisseau de mer de bas bord à rames, De fusta, on a dit fustatus, & ensuite fustarellus, dont nous avons fait FUSTEREAU, mot Angevin, qui signifie un ba- teau. Du substantif fusta, on a fait aussi fustacia, dont nous avons FUSTAYE. Et de-là, Bois de haute fustaye. De fustellus, selon M. Guyet, nous avons fait de même FOUTEAU. De fusta, on a fait aussi fustare : d'où FUSTER : comme de fustatus, FUSTE. Toutes ces dérivations me font croire, que nous avons dit un fusté merle, pour dire, un fust merle : comme qui diroit, un merle qui a hanté les bois; qui a vu du pas : par opposition aux oiseaux niais : c'est-à-dire, aux oiseaux qui ne sont point forts de leurs nids; aux oiseaux béjaunes. Voyez niais, & béjaune. M.
FUTE. Un fusté merle, c'est celui qui s'étant plus d'une fois posé sur la tiraffe, & n'en étant ja- mais échappé sans avoir été atteint du fust qui ré- gne le long des pans de ce filet, ne s'expose plus à y demeurer enfermé. Les Mémoires de du Bellai, liv. ix. sous l'année 1541. parlant du Roi François I. qui plus d'une fois s'étoit laisse affiner aux rudes de l'Empereur Charles V. Et combien que je ne l'estime si aise à tromper en chose si évidente, mesmerment estant déjà battu du fils, c'est-à-dire, atteint du fust du filet. Le Duchat.
FUTEREAU. Sorte de bateau. De fustis. Voyez fust. G A B. Voyez gaber. M. G A B A N. Vieux mot, qui signifie man- teau. Borel dit que c'est un manteau de feutre contre la pluie. De cappa : dont nous avons fait le mot de cappe. Cappa, cappanum, gappanum, GABAN. M.
GABARRE. C'est une espèce de bateau : & en Languedoc Garrabos, est un petit bateau. De xanthus, qui signifie un bateau, on fit carabus & ca- rabrum, & de-là gabarre. Isidore, liv. 19. chap. 1. Carabus, parva scapha, ex vimine facta, qua contesta crudo corio, genus navigii prabet. Florentius Virgo- nensis sur l'an 891. Occult de Hibernia fugerum; carabumque, qui ex duobus tantum coriis & dimidio faellum erat, intraverunt; mirumque in modum, sine velo & armamentis, post septem dies in Corinidia applicuerunt. Fulcherius Carnotensis, De Gettis pe- regnantium Francorum, liv. 1. parlant du Siège de Tyr: Quinque Pontius, secundà satis fortuna ufi, carabrum suum ingressi, domum unam dirique- runt. Caieneuve.
GABARRE. Espèce de bateau. M. Bochart le dérive de carabus, par transposition de lettres : qui est une étymologie assez vraisemblable. Isido- ce, liv. xix. de les Origines, chap. 1. qui est de Navibus : LIMBUS, navicula brevis, qua alia ap- pellatione dicitur & cymba & caupolus : sicut & LINTRIS; id est, CARABUS : quo in Pado, paludi- busque, utuntur. CARABUS, parva scapha, ex vimine facta, qua contesta crudo corio, genus navigii prabet. M. de Caieneuve le dérive du même mot. Et il remarque qu'en Languedoc on dit garrabus, dans la signification d'un petit bateau. Le Latin carabus a été fait du Grec saphius. M.
GABARRE. Etienne Guichard dérive ce mot de l'Ebreu עברו abarab, qui signifie un ponton, un bac, un bateau à passer une rivière, & dont la première lettre, qui est un ain, a une prononcia- tion qui approche de celle de gh. C'est ainsi que les Grecs & les Latins ont prononcé le nom de la ville de Gaza, qui dans l'Ebreu s'écrit avec un ain. Le mot עברו vient du verbe עבר bar, qui signifie passer. Cette étymologie est fort simple & fort naturelle, & je la préserais à toute autre. Il ne faut pas être surpris de trouver dans la Lan- gue Françoise des mots dérivés de l'Ebreu. Le commerce avec les Juifs, & le long séjour qu'ils ont fait en France, ont pu en introduire plusieurs.
GABATINE. Moquerie. Tromperie. Voyez gaber. M.
GABELLE. L'origine de ce mot fait beaucoup de peine aux Savans. I. Cardinal Baronius sur l'an 11. nombre 63. dit que le Prince des Publicains (c'est-à-dire, Partisans) étoit appellé Gabbe en Hébreu; & le reste des Publicains Gabbain: d'où il dit que peut venir Gabelle. Princeps Publicanorum dicebatur Hebraice Gabbe; cateri vero Publicani, Gabbain: unde fortasse deducitum nomen Gabella. Gaspar Waferus, liv. 2. De Antiquis nummis Hebraorum, ch. 17. confirme en quelque façon l'opinion de ce grand Cardinal, disant que Gabbain, en Langue Syriaque, signifie Exalteur. Henri Spelman, dans son Archéologue, dit que Gabelle est formé de gapel, ou gapel, qui signifie revenu en Langue Saxonne. Et sur le mot Gavelgilda, qui signifie celui qui paye les Cens; il dit qu'il est formé de gapel, qui signifie Cens & Tribut. Bodin, liv. 6. ch. 2. de la République, le fait venir de Javelle, faisant allusion de Gabelleurs à Javelleurs. Je ne sais s'il veut dire que les Gabelleurs étoient proprement ceux qui prennent le Droit des champs, ou tel autre, sur les Javelles de blé: car en Languedoc on appelle les Javelles Gabeles. Quelqu'un a voulu dire que Gabelle venait de l'Hébreu Gabel, qui signifie limitation de prix: parce que celui du sel est prescrit & limité dans les Greniers à sel du Roi. Quelqu'autre s'est persuadé que Gabelle venait de gabber, qui signifie railler; ne considérant pas que cette sorte de Tribut passe raillerie. Quoi que ce mot ne s'entende en notre Langue que du tribut que le Roi prend sur les ventes du sel; on a pourtant remarqué qu'il se prend aussi pour les impositions faites sur les autres denrées: comme la Gabelle du vin, & la Gabelle du Tonnieu, dont il est fait mention dans les Ordonnances des Ducs de Bouillon. Voyez là-dessus l'Indice de Ragueau. Aussi dans les Constitutions Néapolitaines, liv. 1. cit. 59. Gabella est le revenu qui provient, tant du Domaine du Prince, que des autres Droits de la Couronne: & Gabellori, ou Gabellati, en sont les Excuteurs; comme l'on peut voir au tit. 76. du même livre. Casenove.
GABELLE. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Bodin, au liv. vi. de la République, chap. 2. dit qu'il a été fait de celui de Javelle, a causé qu'anciennement on prenait pour tribut des Javelles de chaque faisceau. Voyez du Haïllan, dans l'Etat de la France. Ciron, dans les Paraities sur les livres des Décretales, chap. 39. croit que c'est un mot Ebreu. GABELLA dicitur; ce sont ses termes; ab Hebraica voce gabbia, quod est stips collatitia: vel a gab, quod apud Germanus est munus, ut annotavit Waferus, lib. 1. cap. 14. de Nummis Hebraorum: vel ab Hebraica dictione ghavel, qua significat legem iniquam, ut scribis. Villalpandus in Exechielem, diff. 1. cap. 2. lib. 2. Je remarquerai ici en passant, que l'Ebreu ghavel, ou plutôt avel, signifie iniquitas, & non pas lex iniqua. Et au liv. 1. de ses Observations sur le Droit Canon, ch. 9. il dit: Gabelle nomen ducitur ab Hebraica voce gab, qua significat nummum, munus, stipem collatitiam: vel a nomine gabe, quod publicanum sonar. Le Cardinal Baronius sur l'an 11. nombre 63. le dérive aussi de l'Ebreu, mais d'un autre mot. Princeps Publicanorum dicebatur Hebraice Gabbe; cateri vero Publicani, Gabbain: unde fortasse deducitum nomen gabella. Mézeray, dans son Histoire de France, en la Vie de Philippe de Valois, a aussi écrit que notre mot de gabella, étoit Ebreu d'origine. Caninius, dans ses Dialectes. Tome I. tes, dérive l'Italien gabella du Punique cabala: qui est aussi l'opinion de Gaspar Waferus, dans son Traité de antiquis Nummis, liv. 1. chap. 17. Et M. Bochart approuve cette opinion. Cette opinion de Caninius; c'est la remarque que M. Bochart a faite à la marge d'un exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise, de la première édition; est la véritable. Ce qui paroît, ajoute-t-il, par la Langue Espagnole, qui appelle la gabelle alcavala, avec un C, & avec l'article Arabo à la tête du mot. En Agabe alcavala, ou alcabala, signifie proprement recepte. La Gabelle, c'est la recepte du Roi, ou on reçoit les daces & les impositions. M. Bessy approuve l'opinion de Bodin. Et il croit que gabelle a été dit pour gabelle: & que gabelle a été dit de garde, qu'on a dit pour garde: témoin le proverbé, faire garde de fougère à Dieu; qu'on a corrompu en barbe de fougère. Et pour cela, il cite ce passage de Volfandus Hungerus in Tab. Bovill. au mot Javelle: Hoc quoque noftrate esse putabo diminutivum, nempe à garde: quomodo nobis gabelle; id est, parvus manipulus. Toutes ces opinions sont assez vraisemblables: mais la véritable, est celle de M. Grævius: lequel, dans une lettre qu'il m'a fait l'honneur de m'écrire, dérive notre mot de gabelle de l'Alleman. Voici ses termes: In Originibus tuis Italicis, voce gabella, varias recerbis hominum eruditorum sententias de illius origine. Nullus dubito Germania natales fuos eam debere. Nam in Anglo-Saxonicis monumentis pervetuftis sape, zacul, gabul; sapius, xacol, gabel; nomunquam, zakel, gabel, legitur, pro vectigali, tributo: ut in antiqua Persone Anglo-Saxonica, quam edidit cum Gothica Franciscus Junius; Matthai xxii. 19. Luca xx. 22. VII. 41. & xvi. 5. ut apud Venerabilem Bedam. Significat etiam in eodem codice sacrificium, oblationem; Luca II. 24. quasi tributum quod & Deo solvitur. Ab iis accepisse hanc vocem Gallos, Hispanos, Italos, mihi est vero similimum. C'est aussi l'opinion de Henricus Spelmanus dans son Archéologie: & celle de M. du Cange, dans son Glossaire, au mot gabella. Varias horum sententias collegit & expendit eruditus Menagius in Originibus Gallicis & Italicis: quem fugit Saxonicum etymon, ceteris ab eo allatis longe probabilibus. Ce sont les termes de M. du Cange. ¶ Le mot de gabella, se trouve en plusieurs Auteurs de la Balle-Latinité. Voyez le Dictionnaire de Lindembreg, & le Glossaire de M. du Cange, au mot gabella, & Vossus de Vitis Sermones. ¶ Dans les Ordonnances de Sicile, vous trouverez cabella au lieu de gabella. M.
GABELLE. Je crois qu'effectivement le mot de gabelle est Alleman d'origine: mais je suis persuadé que même l'ancien Saxon gabel, dont parle Grævius, dans la signification de tribut, duquel mot il prétend que vient gabelle, est un diminutif de gab, mot Alleman qui signifie don, comme gaben signifie donur. En effet, outre que la gabelle ne s'est d'abord exigée par les Princes que sous l'apparence d'un don gratuit, la gabelle Italienne dont il est parlé dans le Vocabulaire du Droit, est proprement ce qu'on appelle parmi nous, pour une bague, ou pour des épingles. Le Duchat.
GABELLE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 11. confirme le sentiment de M. le Duchat. Voici ses termes: GABEL, tributum, & quavis exactio summa potestatis, qua cum antiquum minutatum fere pendebatur, di'la est gabel, a gabel donum, quasi parvum munusculum. Nam finale diminutivi nota est, ut sape alias. Postea vox ad om- G A B. G A C. nes redéens & folutiones extensa est, pracipée apud Anglo-Saxones, quibus, gafol, gaful, est tributum, census; Marc. XII. 14. Luc. XX. 22. item fumus Matth. XXV. 17. gafol-gyld solutio census, usura; gafol-gyldan censum tribuere; gafol-land terra censualis; item land-gable census terra, apud Spelman. in Gloff. Latino-Barberi inde habent gablum & gabellas suas, cujusmodis sunt gabella salis & gabella vini apud Canguum.
GABER. C'est un vieux mot François, qui signifie moquer: comme gab ou gabi, moquerie. Guyot de Provins, qui vivait environ l'an 1200. Sur mon cherrat reflous li gabi. Hélinand, le plus ancien de nos Poètes (selon Antoine Loïef, lequel a publié ses Poésies), & qui vivait sous le Roi Louis VII. dit le Jeune, a employé le même mot dans son Poème de la Mort. Les Italiens disent aussi gabbare en la même signification: & gabbatina, pour moquerie; dont nous avons fait GABATINE. M. Bochart-croit que ce mot gaber vient du Bas-Breton. Et pour cela, il allègue le Dictionnaire Bas-Breton, qui explique goapas par moquer: au lieu duquel mot goapas, il croit qu'il faut lire goabaff; c'est-à-dire, se moquer de quelqu'un: ober, goab a eure bennac. Goabpaire, c'est un moqueur: & goabpoérez, signifie moquerie. Dans tous lesquels mots celui de goab est à remarquer. M.
GABER. De l'Arabe gabana, frauder, tromper. Huet.
GABER. L'origine de ce mot est Teutonique. Gabberen nugari, selon Kilian. Etymol. Teutonique. GABIE d'un navire. C'est la hune. De l'Italien gabbia, qui signifie cage, & qui a été fait de cavea. Voyez gabbia, dans mes Origines Italiennes. M.
GABION. De l'Italien gabione, qui a été fait de gabia, qui signifie cage. Les gabions ressemblent à de grandes cages. Nous les appellons autrefois mannes, de leur ressemblance à des mannes. Voyez manne. M.
GABLE. C'est le bout d'une maison. Gabalum se prend pour une croix. Nonius: GABALUM, extremus divi. Veteres voluerent. Althelmus, dans son Poème de la louange de la Virginité: Quando crucis gabulum sacrato corpore scandit. M. Huet croit que gable a été fait de ce mot Latin: les gables ayant ordinairement deux pièces de bois, qui meurent la hauteur & la largeur du gable. Ce qui doit s'entendre, dit-il, des gables faits de bois qui ont donné le nom aux autres. Les Allemands disent gable, pour signifier la même chose. M. du Cange explique gabalam, par irons addictus: & il designe ce mot de l'Anglois gable-head, ou du Haman gheek-vel. M.
GACHE. Terme de Serrurier. L'origine de ce mot ne m'est pas connue en cette signification. M.
GACHE. Aviron. Nicot: GASCHE, signifie une rame & aviron: remus, palmula. Mais il le faudrait écrire par GUA: comme aussi guascher, guaschement, guachis: qui viennent de guasche: car il est fait de ce mot Alleman waffer, que le François prononce guasfer (comme de Willelmus GUILLAUME: G A C. G A D. & de werpir GVERPIR); qui signifie eau, aqua. Si que guasche, par corruption de prononciation de la lettre S, pofferieure, sera dit l'aviron: parce que ceux qui voguent les vaiffeaux de rame, battem & froissem l'eau avec les remes: & guascher, pour bromiler parmy l'eau: comme on ait guascher du plâtre: gypsum aqua subigere. Et un guaschis d'eau: aqua inanis, incommodaque, ac fœda profusio. Et ores est verbe en l'impératif, en la secande & tierce persone. Ainsi le Maistre Maum dit a son Ayde, gasche: id est, gypsum aqua subigito, temperato. Et dites a un tel qu'il gasche: dit, gypsum aqua subigat, temperet. M.
GACHE. Outil de Maçon, qui sert à détremper la chaux, ou le plâtre. Lat. rutabulum, rurum. A caule du gachis que fait cet outil. Voyez l'article précédent. M.
GAD. Nom propre d'homme. C'est le nom d'un des fils du Patriarche Jacob; & ce nom, qui signifie bonheur, bonne fortune, lui fut donné, parce que, quand il naquit, Lia s'écria de joie et bagad, c'est-à-dire, à la bonne heure, à la bonne fortune, Genes. XXX. 11. Les Rabbins compilent ce mot du verbe es ba, venit; comme si Lia eût voulu dire: voilà une bonne fortune, un bonheur qui me vient. D'autres entendent le 2 du mot es bagad, comme une simple préposition. C'est ainsi que l'ont entendu les Septante, qui ont traduit ce mot par le voye, & aussi Saint Jerome, qui l'a rendu par feliciter. Mais cela fait toujours le même sens. Il est certain que l'Ebreu es gad signifie bonheur, félicité. La version des Septante & la Vulgate y reconnoissent ce sens à l'endroit de la Genese que nous avons indiqué. La Paraphrase d'Onkelos & la version Syriaque l'entendent de même. On peut confirmer ce sens par la Langue Arabe, dans laquelle giad signifie aussi bonheur, félicité; du verbe giadda, felix, fortunatus fuit. Quelques Interprètes aiment mieux expliquer l'Ebreu es gad par turma, le faisant venir du verbe es gadad, qui veut dire turmatum convenire, depopulari. Mais cette explication ne convient nullement, sur tout dans l'endroit de la Genese dont il s'agit ici. Il est vrai que Jacob semble y faire allusion, Genes. 49. 19. lorsqu'en parlant de son fils Gad, il dit: es tuin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin uin u
GADILLE. Oiseau. Voyez gergerouge, & gardes. M.
GADOUARD. Cœur de privés. De gadoue, qui signifie latrinarum excrementa. Mais d'où vient gadoue? Il vient de cacare. Cacare, cacatum: d'où l'Italien cacara, & l'Espagnol cagada. De cacatum, on a fait cacatura, mot nife par les Italiens; & ensuite, par le changement à l'Espagnole du Ten D, cacadura: & enfin, par contraction, cadura: d'où GADOUE: comme ferritura, ECROUE; prora, PROUE, &c. M.
GAGE. GAGER. De *vadium*, & de *vadiare*. *Vas vadis*, *vadium*, *vadium*, GAGE. *Vadiare*, *vadiare*, GAGER. Voyez François Pithou, Spelman, Lindembrog, Wats, & M. du Cange, dans leurs Glossaires; & M. de Saumais, dans son livre de *Modo Ufurarum*, page 586. 700. & 741. & Voissus, de *Vitis Sermonis*, 3. 54. De *gage*, nous avons fait GAGE. Cluverius dérive ce mot de l'Alleman. C'est au livre premier de son ancienne Germanie; chapitre 9. *Galli*, dit-il, si cum aliquo super aliquo re certantes in pignus deponant, id appellant gageure. *Eandem rem Angli* vocant wager, à Germanico haud-dubie verbo wogen, quod est rem in discrimen, sive in casum, dare. M. Grotius, dans son Dictionnaire Gothique, est du même avis. Voici ses termes > WAD, *Latino-barbare* vadium. WIDDI, pignus. Francis, gage. WADIARE, gager, pignus dare, &c. INVADIARE, est *vadio supponere*, id est, oppignerare: nam *vadium*, nunc pignus notat, nunc mulctam. Mais écoutons M. de Saumais, page 586. de *Modo Ufurarum*: *Quod vades olim dicebantur sponfores*, qui pro altero *vadimontum* promitebant, nomen inde *falium est à barbaris vadium*, pro pignore: quod *guadium* & *guagium ex eo vocamus*: ut *pregium*; & inde *plegium*; pro *prædio*, vel *præde*: & inde *verbum invadiare*, pro *invadiare*, & oppignerare. *Sape legi in variis Instrumentis Donationum & Testamentorum*, ante annos *fexcentos scriptis*, fundum *ca conditione donari*, vel *legari*; ne *vendi*, *invadiari*, aut *quocumque alio modo alienari poset*. *Graci quoque recentiores salus*, pro pignore; & verbum *salus*, pro invadiare. *Unde avelosacus in Basilicis*, qui rem jam *alteri oppigneratam iterum alii pignori* dant. ¶ *Vadium* a été fait de *vas vadis*. Touchant l'étymologie de ce mot *vas*, voyez M. de Saumais de *Modo Ufurarum*, page 692. ¶ Je suis pour M. de Saumais. M.
GAGE. Le François gage peut bien venir du Latin-barbare *vadium*; mais *vadium* vient lui-même de l'Anglo-Saxon *wed*, pignus, arrha. *La Duchat*.
GAGE. Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, page 1884, est du sentiment de M. le Dichat & de Grotius; c'est-à-dire, qu'il fait venir, comme eux, le Latin-barbare *vadium* de la Langue Teutonique. Voici ses termes: WETTE, *pignus*, *visculum fidei reale*. *Somnerus in Dict. Anglo-Sax. bad*, *wed*, *pignus*, *arrha*; *wedde* *syllan pignus dare*. *Verelius in Indicé*: *Væd pignus*; *vædsetta*, *vidsetta oppignerare*, *vædfa res pignori obligata*. *Inde Latino-barbaris vadium*, *vadium*, *pignus*; *vadiare pignori capere*; *invadiare pignori dare vel ponere*; *divadiare rem oppigneratam redimere*. *A wadio, quod Barbarum esse vidimus & origine Germanicum*, *itali habent gaggio pignus*, *insigni depravatione*; à gaggio, *Galli gager*, *pignore certare*. Je préférerais ce dernier sentiment. GAGES d'Officier. GAGES de Valets. De *vadia*, plurier de *vadium*. Voyez *gage*. Les Espagnols disent *gages* en la même signification: ce qu'ils ont pris, sans doute, du François *gages*. M.
GAGNAGES. Jacques du Fouilloux, ch. 32, de sa Venerie: *Il y a differentem* de Gaignages & Tailles: *car ce que nous appellons* Gaignages, *font champs & jardins ou croissent toutes espèces de blés & potages*. Et quand les Cerfs vont la viander, nous G A G. G A I. 635 disons qu'ils ont été aux Gaignages. Je crois que ce mot a été formé de *gagner*; parce qu'en cette sorte de champs il y a plus de profit à faire qu'au reste des terres incultes, comme sont les tailles, les brandes, & les bruyères. Vanhier de Dodan, *air-Roman de Perceval le Gallois*, les appelle pour la même raison *Gaigneries*: *Li Chastel si assis estoit*, *Que d'une part la mer battoit*: *De l'autre part est la Blayerie*, *Les Villes, la Gaignerie*. Cafeneuve.
GAGNER. De l'Italien *guadagnare*: que le Monosini dérive de *sophages*, qui est une étymologie assez vrai-semblable. *Sophages*, *herdanare*, *guerdanare*, *guardagnare*, GUADAGNARE. Pétron donne la même origine au mot François *gagner*. M. Guyet le dérivé de *vas*, de cette manière: *Vas vadis*, *vadium*, *vadamum*, *guadagnum*, comme qui diroit, *pretium vadationis*. Et M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, au mot *guadagnare*, a suivi son opinion. M. de Court le dérive de l'Alleman *winven*, ou de l'Angloir *winne*: qui signifient la même chose. Quoi qu'il en soit, il est certain que le François *gagner*, comme l'Espagnol *ganar*, ont été faits de l'Italien *guadagnare*. Le François *gain* a été fait de même de l'Italien *guadagno*: & Charles de Bovelles est ridicule de le tirer de *vagina*: *quia lucrum immititur in vaginam*, *crumena speciem habentem*. Voyez *gain*. M.
GAGNI. Voyez GAIN. M. GAGUI: comme quand on dit, *une grosse gague*; c'est-à-dire, *une grosse jeune femme*. Je ne sais pas d'où ce mot nous peut être venu. Dans l'Indice des mots des Nubiens (a), que Bonaventura Vulcanius a fait imprimer à la fin de son *Jornandes*, *gagi* est interprété *mulier*. M.
GAGUI. Je serois assez porté à croire que ce mot n'est qu'une onomatopée, & comme un terme enfantin. G A I. Voyez GAY.
GAILLARD. Jules-César Scaliger, contre Cardan, Exercit. 325. 13. tient ce mot formé de *Gallus*, à cause de la hardiesse des Gaulois: *A Gallica audacia*, *galliardus nuncupatur is qui fortiter adis pericula*. Ger. Voissus, de *Vitis Sermonis*, livre & chapitre 8. lui donne la même origine, mais d'une manière un peu différente: *Galliardum reperio apud nonnullos*; *ex Gallico gaillard*; *hoc est, agilis, hilaris*: *Unde & tripadis genus agile & latum*, *galliardum vocant*: *unde Gallica vox esset à Gallico ardore*, *qui agilitatem & latitans paris*; *nisi posterior vocis pars sit ab ard sive aest*, *significante ingenium atque indolem*. *Cafeneuve*.
GAILLARD. Scaliger, contre Cardan, 325. 13. parlant des chevaux: *A Gallica audacia*, *galliardus nuncupatur is*, *qui fortiter adis pericula*. Isaac Pontanus, dans son Glossaire Cétique: *Propertius Gallicum militem pro temerario usurpavit*. Et in *Ethicis*, *paramia Aristotelis*, *Gallica audacia*, *omnibus nunc est* (*licei Erasmus in Chiliadibus fugerit*) *celebratissima*: *ficus & illud Horatii ad Casarem Angustum*: (a) C'est l'Argot des Bohémiens d'Allemagne. L III ij Te non paventis funera Galliæ, Duræque tellus audit Iberiz. Quibus nunc illud additum insuper velim, vocem Gal, non solum Danorum, Cimbrorumque videri, sed & Theutonum, Gallorumque, antiquitus fuisse. Probatur, quia Galli etiamnum reliquias ejus reti- nent in gay, gaillard, & galloper. Galliard enim, latum, jutundum, quique animosæ ancipitia aggreditur, illis significas. Julii Scaligeri, qua su- pia afpexi verba, sunt ista: A Gallica audacia, "alliardus appellatur is, qui fortiter adit pericula. GALLOPER autem iisdem, est equum ad cursum incitare; se exultabundum in equo oblidiere, est gay, tam Flandris quam ipsis Gallis, est uistati- sumum pro alacri ac pracipiti item, pro cato, foller- tique: quamvis pro eodem gauw Batavis sit uista- tius. Vossus, dans son de Vitis Sermonis, dit la même chose. Je serois assez de l'avis de M. Ferrari, qui dé- rive l'italien gagliardo, qui est la même chose que le François gaillard, de validus, en cette manie- re: Validus, validardus, vegliardus, GAGLIARDO. M. de Launay, Avocat au Parlement, & Prosel- seur en Droit François dans l'Université de Paris, dans une Note marginale qu'il a mise dans son exemplaire de mes Origines de la Langue Fran- çoise, le dérive de goliardus, fondé sur ces mots du Concile de la Province de Touraine, tenu à Château-Gontier en 1231. titre de Goliardis: Item, in Concilio Provinciali, flatulimus, quod Clerici Ribaldi, maxime qui goliardi nuncupan- tur, per Episcopos, & alios Ecclesia Pralatos, pra- cipianus tondi, vel radi: ita quod non remaneat in eis tonsura clericalis, &c. Et au chap. 1. De vita & benefiate Clericorum in Sexto: Clerici, qui Cle- ricalis Ordinis dignitati non modicum detrebentes, su joculatores, seu goliardos faciunt, aut bufo- nes, si per annum, autem illam ignominiosam exer- cuerint, &c. M. du Cange, au mot goliardus, a fait la même remarque; où, après avoir allégué plusieurs autres passages, dans lesquels ce mot de goliardus se trouve en la même signification, il ajoute: Hinc Itali gagliardo, nostri gaillard, hau- serunt hand indubie, quidquid dicat Julius Scali- ger contra Cerdanum, Exercitatione 133, qui a Gallica audacia deducit; aut Vossus, qui a Gal- lico ardore; vel alii, a validus, validior. Guillel- mus Angoricus, in Philippo Angulo, anno 1201. Totamque munitionem illam vocavit gaillardum, quod fostat in Gallico petulantiam. Sic porro qui- dam ditto putant a quodam scarra, de quo Sicves- ter Giraldus in Speculo Ecclesia, libro 4. capite 16. &c. M.
GAILLARD. Je dérive ce mot de l'Anglo- Saxon gal, qui signifie libidinosus; luxuriosus, in venerem pronus. Le mot galand, pris dans le même sens, a la même origine. Le Duchat.
GAILLARD. Ce mot a tout l'air d'être une production de la Langue Teutonique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 544. GIII, libidinosus, luxuriosus, in venerem pronus. Anglo- Saxonibus gal, Belgis geil. Somnerus in Dict. An- glo-Saxon, gal libidinosus, venereus, galax, ma- chus, petulens; gal fullice luxuriosæ; galneffe luxu- ria, petulantia, gelsa luxus. Verelius in Indice: giæmadur f. orator. Plerique vocem origine Cra- cam esse existimant. Reicius in Belga Graeisfame dérives a 7000 castratus, quia secundum Teren- tiam Eunuchi anatores mulierum maximi. Alias ab uyduratus later, exultus. Rursus alius a 7000 libidinosum & incontinentem esse: quod probarem, si verbum illud uspiam occurreret. Flandris lack est li- bidinosus, a laichen salire, lascivire, scorrari. At- qui lak & gal se mutuo producunt per anastropheu. Nescio an alia etymologia opus sit ad vocem intelli- gendam. Interim Befundus ad cognationem Germa- nica vocis refert gaillard, alii etiam gallum galli- naceum ab salastam. Le même Wachter, page 516. parle de gall, qui signifie infanus, furens. Voici ses termes: GALL, infanus, furens. Islandis gall, Suecis galen. Vox Phrygia. Verelius in Indis ce: gall infanus. Idem in Herraudi Saga, pag. 20. gall, galin, gaining infanus, gallus infanere, ga- lenskap infanta. Gallum fluvium in Phrygia me- morat Strabo, lib. 12. Geogr. Cujus aqua hausto bibentes infanos reddi, Ovidius, lib. 4. Fasterum ait: Cur igitur Gallos qui se exscidere vocamus? Cum tantum a Phrygia Gallica diitet humus. Inter, ait, viridem Cybelen, altaïque Celenas. Amnis it infanā, nomine Gallus aquā. qui bibit inde furit Et Sext. Pomp. Fostus, lib. VII. Galli, qui vocan- tur Marris magnæ comites, dicti sunt à flumine, cul nomen est Gallo, quia qui ex eo biberint, in hoc furere incipient, ut se privent virilitatis parte. Gratulabundum humano generi fuerit, si in sola Phry- gia infanus hic liquor flueret. Sed aut inde in om- nem terra partem se effudit, aut suos qualibet orbis regio infania fontes habet. Illud autem Auctorum iitorum verba efficere volunt, & exselos & infanus Gallos dici, & quidem a flumine Gallo. Sed scire velim a magnis istis viris, unde fluvio isti hoc no- men Gallus. Qui bibit inde, furit, aiunt. Propter furorem igitur fluvius iste dicitur Gallus, &c. Hac- tenus Verelius, docte & eleganter. Unde recte conclu- ditur, gall vocem Phrygiam esse, utpate Phrygio fluvio, & Marris Phrygia Sacerdotibus propriam, propter furorem; & hanc vocem ex Phrygia in Sep- trentionem usque migrasse, ubi pristino viget signifi- catu. Potuit autem oriri ab Attico 2000 furere, vel Atricum ab illo. J'ai été bien-aise de rapporter ce passage, afin d'éclaircir l'origine du mot Gallus, dans le sens d'un Prêtre de Cybèle. Il y a lieu de croître que gall pour infanus, étant si ancien, aura produit l'Anglo-Saxon gal, & l'Alleman & Fla- man geil, dans le sens de libidinosus. Il y a beau- coup de rapport entre ces deux significations, & la seconde peut fort bien être venue de la premie- re. Je crois donc pouvoir rapporter à ce mot gall Phrygien, comme à la première origine, non- seulement l'Anglo-Saxon gal, mais encore Gal- li, Prêtre de Cybèle, gallus coq, gallare de Nonnus, pour bacchari; le vieux mot François gale réjouissance, galla, usité aujourd'hui dans le Nord dans le sens de fête & de divertissement, & aussi notre mot gaillard. Il n'est pas difficile de montrer l'analogie de toutes ces significations, en les rap- portant à l'idée de fureur, ou de folie. On a vu ci-devant, que les Prêtres de Cybèle étoient appel- lés Galli, parce qu'ils devenoient furieux. Un im- pudique, en Anglo Saxon gal, est aussi une espèce de furieux. Un coq, auta été nommé gallus, ou propter falacitarem, ou parce qu'il le met aisément en fureur. Les réjouissances & les divertissements ont beaucoup de rapport avec la folie; & un gail- lard est une espèce de fou. *
GAIN. GAGNER. Les anciens François écrivoient guain & guaigner. Ces mots sont formés par contraction de gafaing & gafaigna, qui signifient même chose en ancienne Langue Provençale, comme encore en Languedoc & en Guienne. Pierre, Cardinal du Puy, l'un des meilleurs & plus anciens Poètes Provençaux, dans une belle Satyre qu'il a composée contre les Amoureux : Ane me gazanbei tant'en re, Com quan perdei m'amia : Car perden liey gazanbei me Cuy jen perdut avia. Petit gazanha qui pert se, Mas qui pert so que dan li'te Jen ore que gazanti fia. Je ne fais s'il faut croire que ces mots sont formés de gaza, qui, dans les bons Auteurs, signifie les trefoirs & les richefres ; bien qu'il se trouve quelquefois pris pour des choses de valeur médiocre. Virgile, au cinquième de l'Enéide : Gratatur reduces, & gaza latus agresti Excipit. N'étant pas hors d'apparence que ces mots en ayant été faits, comme qui diroit gafanium & gafamare ; & qu'on les ait pris ensuite pour toute sorte de profit & d'acquisition. Ganar en Espagnol signifie gagner. Covarruvias, dans son Trésor de la Langue Caltillane, croit que gain signifie proprement le profit qui provient del ganado, c'est-à-dire, d'un troupeau de bétail ; & que de-la on appelle ganancia, le profit provenant du principal & du capital de toutes choses. GANAR, el acrecentar, el ganado, y de alli qualquier otra hazienda ganancia, lo que se acrecienta al caudal. Puis il ajoute qu'en Hebreu gaine signifie gagner & acquerir. En Languedoc on appelle gafaille, le bétail qu'on loue à moitié de profit & de perte. Cafeneuve.
GAIN. Périon le dérive de asphaisus. Voyez cidefus gagner. Nos Anciens écrivoient & prononçoient gaain, & gaaigner. Et M. de Cafeneuve dérive ces mots de gafaing & gafaigna, qu'il dit signifier la même chose dans le Languedoc & en Guienne, & dans l'ancienne Langue Provençale ; & il croit que ces mots peuvent avoir été formés de gaza. Quoi qu'il en soit, il est constant que ces mots ont été dits originairement du profit qu'on faisoit à la campagne, en labourant les terres, & en nourrissant des beftiaux. M. du Cange en produit un grand nombre d'exemples. Voyez cidefus gagner, & mes Origines Italiennes, au mot guadagnare. M.
GAIN. Je crois que gain & gagner viennent originairement de l'Alleman winnen, ou de l'Anglois win, qui tous deux signifient lucrari ; ou même du Gothique geigan, qui signifie la même chose. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1912. WINNEN, lucrari, quafum facere ex quamque re . . . Anglo-Saxones oudem sensu dicere winnen, teftanit Lexicographi. *Hodie dicimus gewinnen, & inde gewinn & gewinft lucrum. Sed a simplici Galli & Angli habem gain, Belga & Sueci winft. Illud est verbale, hoc derivativum a winnen. Obiter hic obfervo, quod lucrari vel lucrifacere Gothis dicatur geigan. Marc. VIII. 36. Luc. IX. 9. 25. Nam hinc apparet, unde Gallis fit gagner, nempe ex Gothico fonte. Il me paroît donc G A I. G A L. 637 constant que gain & gagner sont des mots d'origine Teutonique ; & je crois qu'il en est de même des mots Italiens guadagne & guadagnare, quoiqu'ils aient souffert un peu plus d'altération. Il se peut que les Goths aient porté en Espagne leur mot geigan, ou quelque autre semblable ; que de-la se soit formé l'Espagnol gahar, qui signifie la même chose ; & que de gahar se soit fait le François gagner.
GAINE. De vagina : d'où les Bas-Bretons ont aussi fait leur gwaine. Le Langage Bas-Breton est tout plein de mots Latins. Camden se trompe, dérivant notre mot de gaine de ce mot Bas-Breton. M.
GAINIER. Arbre : appellé autrement Arbre de Judas. De la ressemblance de ses gouffes a une gaine, dit Daléchamp, livre 2. chapitre 52. M.
GAIVES. Choses gaives. Ce sont choses égarées, & que personne ne réclame : d'où vient le mot gaiver, ou guejver, qui signifie delaiffer ; & celui de gueivement, pour déguerpissement. Voyez la Coutume d'Orléans, art. 121. & 132. Et touchant la différence d'entre choses gaives, & varech, & trefer trouvé, voyez le Grand Coutumier de Normandie, part. 1. chap. 17. & 18. M.
GALAAD. Nom de montagne dans l'Ecriture. Ce mot vient de l'Ebreu 72 gal, qui signifie un amas, un monceau, & de 70 ed, qui veut dire, témoignage. Jacob & Laban s'étant fait des promesses mutuelles de ne point passer ces montagnes pour se nuire, & ayant élevé un monceau de pierres pour être le gage & le monument de leur traité, Jacob nomma en sa Langue Ebraïque ce monceau de pierres, 1072 gal-ed, c'est-à-dire, monceau du témoignage : & Laban le nomma en sa Langue Araméenne, autrement Syriaque, tegar fabadouha, qui signifie la même chose. Du nom que Jacob donna à ce monceau de pierres, la montagne où il l'éleva, fut appellée Galaad, comme prononcent les Grecs & les Latins. Le texte Ebreu dit gil-ad. Il semble néanmoins que la montagne de Galaad portoit déjà ce nom lorsque Jacob & Laban y firent leur traité, puisque le Texte sacré rapporte, que Jacob s'étant enfui de Méfopotamie, & ayant passé l'Euphrate, il s'avança vers la montagne de Galaad ; & que Laban ayant poursuivi Jacob durant sept jours, il le joignit à la montagne de Galaad. Mais on répond que cette montagne est ainsi nommée par anticipation, quoiqu'elle n'ait réellement porté ce nom que depuis Jacob. Voyez Genes. xxxi. vert. 21. &c.
GALACTITE. Pierre à laquelle on a donné ce nom, parce qu'étant broyée elle se réfout en une liqueur blanche comme du lait, qui est appellé en Grec 7024.
GALAND. GALANTERIE. Puisque Jules-César Scandri & Voffius viennent que gaillard est formé de Gallus, à cause de la hardesse & de l'agilité ou belle humeur des Gaulois ou François ; il me fera bien permis de dire que gailand & galanterie viennent de même origine : d'autant que la galanterie, c'est-à-dire la civilité, la courtoisie, & tout ce qui peut être compris sous le nom d'urbanité, sont des qualités que les François possèdent par éminence, par l'aveu même des nations étrangères. Guillaume, Moine de Malherbury, livre 1. chap. 1. décrivant comme Egbert, Roi d'Angleterre, vint à la Cour de Charlemagne pour s'instruire aux vertus Royales, attribue aux François la courtoisie & la galanterie par-dessus toutes les nations de l'Occident. Egbertus, transnavigato maii, Franciam venit: quod Dei confilo fallum intelligo, ut vir ille ad tantum regnum eleffus regnandi disciplinam à Francis accipere; est enim gens illa, & exercitatione virium, & comitate morum, cunfiorum Occidentalium facile Friseps. Guntherus, Poëte Alleman, au livre 9. de son Poème intitulé Ligurinus, leur attribue aussi, comme une qualité particulière, la courtoisie & la galanterie: Anglus, & urbanis illo qui tempore Gallis Rex erat, ambo viros ad regia castra fideles Legarant. Quelques-uns veulent que galand soit formé de gallantes, qui se trouve dans ce Fragment de Varon: Namque venustas hic adest gallantibus; & que Nonius Marcellus dérive de gallari, qu'il explique par bacchari, qui est faire le fou, à l'imitation de ces Prêtres enragés de la Déesse Cybèle, appellés Galli. Mais parce que la folie de ces Prêtres n'a rien de commun avec la discrétion & la belle humeur des galans hommes, je ne saurais approuver cette origine. Caïeneuve. GALAND: élégant, poli, agréable. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Charles de Bovelles le dérive de gai, quasi gayo-lant; id est, multa dicens & promittens, sape autem numero fallens: qui est une étymologie ridicule. Meffieurs della Crufca, dans leur Vocabulaire, au mot gala, dérivent le mot Italien galante; qui est la même chose que notre mot galand, de ce mot gala, qui signifie allégreffe, réjouissance. Et le Polki, dans son Dictionnaire, au mot galante, en a donné la même origine. Le Varchi, dans sa seconde Leçon degli Occhi, & le Citradini, au chapitre premier, ont dit la même chose. Périon, & le Monofini le dérivent de saire. M. de Caïeneuve le dérive du mot Gallus, à cause de la politesse des Gaulois. M. Ferrari le dérive à Gallus, à l'art. Deum, malabri ornatu incedentibus: qui est une étymologie surprenante (a). J'ai cru autrefois qu'il venoit de valente, ablatif de valens. Et je me fondais sur ce passage d'une Lettre de Cælius à Cicéron, qui est la quatrième du livre huitième des Epîtres familières: Lalius & Antonius, & id genus, valentes dico. Je crois présentement qu'il vient de gala. Les Espagnols se servent de ce mot pour dire braverie, magnificence en habites. Et ils disent galan, pour mignon, joli, brave en habites, & pour l'Amant d'une Dame: dans laquelle signification, nous disons aussi galand. Et cette étymologie a été remarquée par M. Guyet; car à la marge de son Covarruvias, au mot galan, il y a fait cette note: GALA, Italicum est. Crufca: GALA, ornamento che portan le Donne sul petto, alquanto fuor del busto. Et è una striscia di panno lino bianco, lavorato e trappunto con ago. E da gala, GALANTE; che val gentile, graziofo. A GALANTE Italico, Gallicum GALANT, vel GALAND: ex quo Hispanis GALAN: quibus tamen gala vestem splendidam notat. An u. gala, GALAN: (a) Ferrari n'a pas tant de tort. Du Chêne, dans sa série sur A. Charlier, page 202, cite gallare de Nonius, dans le sens de bacchari. inizio. Galandé (b) se trouve dans le Roman de la Rose pour orné: Belle fu, & bien aternée. D'un fil d'or estois galandée. M.
GALAND. Ci-dessus, au mot gaillard, j'ai dérivé galant, entant qu'il signifie un homme qui a de l'inclination pour les femmes, de l'Anglo-Saxon gal, qui a la même signification. Mais pour galant, dans le sens d'homme de mérite, je crois qu'il vient du Latin valente, ablatif de valens. Le Duchat.
GALAND. Voici une autre étymologie de galand, tirée de Rob. Cænalis de re Gallica, Perioch. ij. fol. 124. édit. Paris. 1357. in-fol. Man, dit-il, virum significat, land vero terram; ut cum dici solet, Scotman, intelligendum est homo Scotus; & Scotland, Scotica terra: unde & Normannus septentrionalis homo est, &c. ita Wallandia... nihil aliud significat quam terram Gallicam: unde & illius terra cultores Guallandi merito appellari debent, &c.*
GALATES. Peuples de l'Asie mineure. Ils étoient originellement des Celtes ou Gaulois qui passerent en Asie, & s'y établirent: & ce furent les Grecs qui les nommerent Galates au lieu de Celtes. Aussi l'étymologie de Galates, est la même que celle de Celtes. Voyez ci-dessus Celtes, & ci-dessous Gaulois.*
GALBA. Surnom d'une famille Romaine appelée Sulpitius. Ce surnom étoit ancien dans cette famille: mais on ne fait, quel fut le premier des Sulpitius qui le porta, & on ne convient pas des raisons qui le lui firent prendre ou donner. On en a rapporté plusieurs, dont quelques-unes paroissent même opposées entre elles & contraires. L'une est, par exemple, que ce Sulpitius étoit fort petit, & que galba, est le nom d'un ver extrêmement petit qui se forme dans la viande. L'autre est que Sulpitius étoit fort gras, & que galba venoit de galb, qui en Gaulois, signifioit un veau. D'autres ont dit que Sulpitius ayant assiégé longtemps une place d'Espagne, sans pouvoir s'en rendre maître, il y mit enfin le feu avec des faïcines enduites d'une gomme nommée en Latin galbanus, ou galbanum, & que ce fut en cette occasion qu'on lui donna le surnom de Galba. D'autres ont avancé que ce fut parce que dans une longue maladie qu'il eut, il uia beaucoup de certains remèdes enveloppés dans de la laine ou du coton, & qu'on appelait galbeum. Voyez Suétone, Vie de Galba, ch. 3. Cassiodore dérive, je ne fais pourquoi, le surnom de Galba à lurido colore, ou lucido, comme d'autres lisent. L'Empereur Servius Sulpitius a moins disputé l'Empire à ses concurrens, qu'on n'a disputé sur son surnom de Galba. Mais on peut en fixer la véritable origine, après avoir remarqué d'abord que toutes celles qu'on vient de rapporter ne sont fondées sur aucune bonne raison. Suétone dit dans la vie de Galba, chap. 3. que ce mot étoit Gaulois. Or galb en Gaulois, signifie gras. Il vient peut-être de l'Ebreu hhalab, qui signifie graisse, d'où hhalab, lait, parce qu'il est gras. Il n'est pas difficile qu'on eût changé l'aspiration forte n' h h en g: ainsi Sulpitius auroit été surnommé Galba, comme qui diroit en François Sulpitius le Gras. On a appelé autrefois galbe en François, la partie de devant du pourpoint, laquelle couvre (b) Il y a galonée dans tous les Mf. Borel a induit Ménage en erreur. le ventre, & paroit presque toujours enflée, même dans ceux qui ne font pas fort gras. Wachter, dans son *Glaffarium Germanicum*, 514, confirme cette origine du mot *Galba*. Voici les termes : *GALB*, *pinguis*. *Vox Celtica apud Pezzonium in Am. Celt. pag.* 430. *Imperatorem Galbam nomen inde tulisse, jam multis observatum, de quo differit Suetonius, cap.* 3. Nonnulli, quod præpinguis fuerit visus, quem Galli Galbam vocant. *Cum voce Celtica consentii Holvaa cheleb pinguedo. Item quod refina quadam Hebrais dicitur chelbenab, Gracis 200.000, Latinis galbanum, Germanis galban; quam a pinguedine sic appellari docet Marvinus. Pinguis enim est, & cum accenditur, flammam nutrit.* C'étoit une injure parmi les Celtes d'être appellé *Galb*, parce qu'ils regardent comme une chose honteuse d'être trop replet. On dit encore aujourd'hui dans le Dauphiné, qu'un homme est un bon *galb*, lorsqu'il a beaucoup de santé & d'embonpoint. Quelques-uns se fondant sur ce que dit Suétone en parlant de l'Empereur. *Galba*, ont cru mal-a-propos, que ce mot en Gaulois signifioit un *veau*. Mais Suétone dit seulement, que les Gaulois appelloient ainsi un homme gras & replet, & il ne parle point de *veau*. Ce qui a peut-être contribué à induire en erreur ceux qui ont été de ce sentiment, c'est qu'un *veau* s'appelle en Alleman *kalb*; en Anglo-Saxon, *cef, calf, calf, cealf*; en Flaman, en Suédois & en Anglois, *kalf & calf*. Mais quoique ces différens mots approchent beaucoup de *galb*, il ne s'enfuit pas que ce soit la même chose. Comme certains termes qui paroissent fort différens, sont quelquefois essentiellement le même ; il y en a d'autres qui nonoëtant qu'ils ayent entre eux beaucoup de ressemblance, ont néanmoins des origines tout à fait différentes. Et c'est à quoi il faut bien faire attention en matière d'étymologie ; sans quoi on tombera aisément dans des erreurs grossieres. **GALBANUM.** Terme de Pharmacie. C'est le nom d'une gomme ; & il vient de *חלבנה hbelbenab*, nom Ebreu de cette drogue : d'où a été fait aussi le Grec 200.000. Les Latins ont changé l'aspiration forte qui est au commencement du mot Ebreu & du mot Grec, en g : de quoi il y a d'autres exemples. Le *galbanum* a été nommé en Ebreu 200.000 *hbelbenab*, de *חלב hbelb*, graisse, parce que cette gomme est graisse. Le *galbanum* entroit dans la composition du parfum que Dieu ordonna de faire pour lui être offert dans le tabernacle, *Exod. xxx.* 34. Voici les paroles du texte sacré, traduit sur l'Ebreu : *Le Seigneur dit à Mosse : Prenez des aromates, du flatte, de l'onyx, & du galbanum, & avec ces aromates, de l'encens le plus pur, de chacun partie égale : Vous en ferez un parfum composé selon l'art.* On voit par ces paroles, que le *galbanum* qui entroit dans ce parfum, étoit d'une agréable odeur. Or comme comme celle de notre *galbanum* n'est rien moins qu'agréable, il s'enfuit que le *galbanum* dont parle Mosse, étoit fort différent du nôtre : ce qui n'empêche pas qu'il n'ait pu porter le même nom à cause de la qualité graisse, commune à ces deux drogues. La manne que Dieu fit tomber dans le désert, étoit aussi fort différente de la nôtre, quoique elle porte le même nom. On dit qu'un homme donne du *galbanum*, lorsqu'il promet beaucoup de choses pour en tenir peu, ou lorsqu'il parle en galimathias ; qu'il ne satisfait pas sur une demande, ou une prière qui lui est faite ; qu'il veut duper & tromper les gens. Ce proverbe vient de ce que pour faire tomber le renard dans le piège, on y met des rottes frottées de *galbanum*, dont l'odeur lui plaît extrêmement, & l'arrière en des lieux préparés pour l'attraper. **GALB.** Ré, uissance. Alain Chartier, dans l'œuvre des Quatre Dames : *Soit l'aventure bonne ou male :* Froissart : *Là dit le Duc de joyeuses paroles, & gales.* M. **GALB.** Réjouissance. Je crois que de ce vieux mot on peut fort bien dériver *gaillard*, & *galand*, dans le sens de réjoui. Et peut-être aussi que *gale* vient de l'Anglo-Saxon *gal*, d'où M. le Duchat dérive *gallana* & *galand*. Au lieu de *gal*, les Allemans disent *gels*, dans le même sens. Voyez ci-dessus *Gaillard*. **GALEMAR.** De *calamarium*. Les Cloves Anciennes : *alamehriarium*. Voyez Meur-sus & M. du Cange, dans leurs Glossaires Grecs au mot *alamehriarium*. M. **GALBOTE.** Devin, homme qui fait profession de prédire l'avenir. Les *Galeotes* étoient autrefois une espèce de Devin chez les Siciliens, comme nous l'apprend le Géographe Etienne. C'étoient les interprètes des prodiges. Ce mot vient du Grec 200.000, que *Bochart Hieros*. P. 1. liv. 10. chap. 7. croit avoir été fait de l'Ebreu 200.000 *galab*, qui signifie *revelavii*. Cela suppose que ce sont les Phéniciens qui ont porté ce terme en Sicile. *Galeota*, dans les Auteurs de la Basse-Latinité, a un autre sens : il se prend pour galérien, tameur d'une galère : & son étymologie est la même que celle de *galere*. Voyez *Galere*. **GALERÉ** : ou, selon les Anciens, *Galée*. Voyez Louis Servin, livre 2. Plaidoye 47. Je ne rapporterai point ici ce qui est écrit au livre attribué à Xenophon, intitulé de *Æquivoeis*, où il est fait mention des Gaulois ; lesquels, au temps des premières inondations, furent les premiers entre les hommes qui surmontèrent les eaux du Déluge ; ni ce qu'aucun ont observé, qu'ayant les premiers vogue sur la mer, ils ont donné le nom aux *Galeotes*. Je crois que ces mots viennent de *galin*, qui, en Langue Aramée, signifie *barque*. Il se peut faire aussi que le mot *Galère* soit formé de *gaulus*, qui étoit une espèce de bateau dont fait mention Aule Gelle, livre 10. chap. 25. Fessus : *Gaulus, nomen navigii*. Caïeneuve. **GALERÉ.** Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot. Vignaire sur Philostrate, au Tableau des Thyréniens, croit que ce mot a été fait de celui de *galerus* : les galères, selon l'opinion de quelques-uns, ayant été inventées sur la forme du chapeau de Mercure. Et le *Cafelvetro*, dans son livre, intitulé : *Ragioni d'alcune coje nella Canzone di Mefier Annibal Caro*, en a donné la même origine. D'autres le dérivent de *galea* : qui est un mot dont les Latins se sont servis pour signifier un *caique*. Et ils le dérivent de ce mot, à cause, disent-ils, qu'on mettoit ordinairement un *caique* sur la proue des navires. Vossus, dans son *de Vissis Sermonis : Non defunt, qui vocem galeæ, vel galeidæ, esse parent ex Latino galeæ ; quasi navim dicas galeatam : quomodo B. Hieronymus dixit Prologum galeatum : qui vulgari Bibliorum Verbium pramitii soler. Et fortasse crebro navis in proa ex xiaqis habuis galeam : uti illa qua Co-* rintho Ovidium vexit. Sic enim scribit libro 1. Trif- tium, Eleg. xi. Eft mihi, fitque, precor, flavæ tutela Mi- nervæ. Navis : & a picta caffide nomen habet. In puppi erat Minerva : in prora autem, caffis : unde et galeæ, vel caffidis, nomen. Ac fortaffe hoc mafuerum frequent : ut inde extensa fit significatio, efti id mafuerum non effet. Vel qui prima navis quam vidiffent, hoc mafuerum, & nomen fcrient, inde omnes naves longis sic nuncuparunt. Ce qu'il a pris de Joseph Scaliger, dans le livre qu'il a fait contre Robertus Titius, sous le nom d'Ivo Villo- marus : àvô tu mafuerum, navibus nomen imponi fo- litum diximus. Exigit teftimonium. Ovidius : Eft mihi, fitque, precor, flavæ tutela Mi- nervæ. Navis : & a picta caffide nomen habet. Lucianus : tuij inuit, uut, tuij inuit, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut, uut Cette étymologie me paroît fort raisonnable. Je ne crois pourtant pas que ce soit la véritable. Et je crois que notre mot galère, & l'Italien & l'Espagnol galera, ont été faits de galea. Il est à remarquer que l'ancien mot Italien est galea, & non pas galera. Scrivesi galea, e non galera, dit le Pergamini. Nous prononcions aussi ancienné- ment galée. Marot, dans son Eglogue sur la naïf- sance de Monseigneur le Dauphin : Pini voile au vent ne fera la galée, Pour trafiquer dessus la mer salée. qui est un mot, pour le marquer en paifant, dont Joachim du Bellay, s'est servi dans les Traductions qu'il a faites de quelques livres de l'Encide, comme il le témoigne lui-même dans sa Préface. Et nous difons encore aujourd'hui, vogue la galée. Et ce mot galea a été fait du Grec γαλία, mot de la mé- me signification. Le Grand Etymologique, au mot κυλωτζει : ἰς ὁ ἰδὸς πλῶλ λυφῆν, ὁ ἰς γαλία. Vous trouverez un grand nombre d'autres au- torités d'Auteurs Grecs modernes, dans le Glos- laire Grec de M. du Cange. On a dit aussi γαλία. Il est présentement question de savoir d'où vient γαλία. Je crois qu'il vient de γάλια, qui dans Hér- chius est interprété, ἰδῶρς ἰδὸς; c'est-à-dire, un lieu, un banc, où il y a plusieurs sièges : tel que font les galères. Γάλια, γαλία, γαλία, GALEA. La fe- conde en galea, dans cette signification, est lon- gue. In terris galeas, in aquis formido galeas. Inter eas, & eas, consulo tutus eas, dit un Poëte dans Matthieu Paris. Ce qui pourroit donner sujet de croire que notre galea auroit été fait de γαλία. Γαλία pourroit bien aussi avoir été dit en cette signification de galere, de γαλία, en la signification d'un certain poiffon, ainsi nommé, a caufe de sa longueur, du mot γαλία, qui signifie un chat. Et de la vient, dit Rondelet, livre 13. ch. 1. que tous les poiffons longs ont été appelés γαλία. Comme les galères font vaisseaux qu'on appelle longs, & qu'elles n'agent comme des poiffons, on peut avoir donné ce nom de galea aux galères. C'est l'opinion de Filippo Pigaffetta, dans les No- tes sur la Traduction des Tactiques de Léon. Voici les termes : Il nome e la figura della galea, fomi- glia al pesce Spada, detto in Gracò galeotis, da cui prima si dinominarono le galeotte : rettinendo più dell' antico nome e poi, le galee. Il pesce Spada, del- quale è preso conoscenza a Constantinopoli, a nel mu- so una spada, più d'un braccio lunga : che si confia col becco della galeotta, vasello. Onde Eliano, che su persona militare, ponendo forse mente à ciò, av- vertisce nel 14. libro degli Animali, che quella spa- da, cui nel naso pagagi, somiglia al becco d'una triremo : usando, massimamente la trireme, di ferire con lo sprone il nemico, a guisa del pesce Spada. Le pinne che il pesce galeotis tiene al ventre di qua e di la, disegnano li remi della galeotta, vasello : e la coda parimente di quel pesce, rappresenta il rimone, e la poppa : usando gli antichi Gracò di chiamar la poppa de' navili, coda. Ecco dunque, che le parti, e il nome del pesce galeotis rispondono al vasello ga- leotta. Alcuni stimano che galea si dinomini da un altro pesce, detto galeo, massimo nell'ifiora de' pesci. In che possi notare, che in buon volgare, si dice galea, e non galera : come per tutto à il Bocca- cio, e la ragione lo addita. Et ce qui suit : que vous pouvez voir dans mes Origines de la Langue Italienne. Cette opinion de Pigaffetta, ne me dé- plait pas. M.
GALERIE. Comme c'est une espèce de bâti- ment qui ne sert qu'à se promener & à se donner du plaisir, il y a quelque apparence que ce mot est formé de l'ancien verbe François galer, qui signi- fie se réjouir ; comme encore aujourd'hui en Lan- guedoc gala signifie se donner du bon tems. Et ces mots semblent tirer leur origine de gallefcere, qui signifie s'éjouir & prendre au plaisir. Les Glofes : Gallefco, γαίω, γαίω, Caïeneuve.
GALERIE. Les Italiens disent galeria : mais, de leur propre aveu, ils ont pris ce mot de nous. Giuliano Riccio, dans son Priorifia, à l'endroit où il parle des Gaddi : GALERIA : Casi, con voce Francose, si chiamano oggi certi terrazzi, o legge in palco, alluminate da tutte le bande, eccetto che da Tramontana. Et le mot de galerie est un mot Fran- çois assez ancien : comme il paroît par cet endroit de Bardin, Conseiller au Parlement de Toulouse, dans sa Relation de l'Institution du Parlement de Toulouse, laquelle n'a été communiquée manuf- crite par M. de Mañau, Conseiller au même Par- lement, homme de grand mérite, & de beaucoup de vertu : Unum ambulacrum, quod nos galeriam vocamus. L'Auteur de cette Relation vivait en 1440. Parlons maintenant de l'étymologie du mot. Nicot a écrit que galerie avoit été dit, quasi alle- rie : du mot aller. Et Trippault & Périon ont dit la même chose. Dans mes Origines Italiennes, j'ai dérivé après Covarruvias, le mot de galerie de ce- lui de galère, a caufe de la ressemblance qu'à une galerie avec une galere. Galera, galeria, GALERIE. M. Ferrari, s'est fort déclaré contre mon étymo- logie, en faveur de celle de Périon. Voici les ter- mes : Non a forma galera, sive triremis : ut ineptè Covarruvias, quique tum sequuntur. Perionius, cum fermé ubique aberret, hac voce sequum terigit. Hinc porticus galeria, quasi aleria : ab, eundo, id est, aller appellavitum. Et cette étymologie de Périon me semble tout-à-fait ridicule : tant les opinions des hommes sont différentes. ¶ M. de Caïeneuve a eu une pensée particulière sur l'étymologie de ce mot mot. Il dit, qu'une Galerie étant une espèce de bâtiment qui ne sert qu'à se promener & à se donner du plaisir, il y a apparence qu'il a été formé de l'ancien François galer, qui signifie se réjouir. Je ne puis approuver cette étymologie : & je la tiens indigne d'un aussi grand Etymologiste qu'étoit M. de Caïeneuve. M.
GALERNE. L'étymologie que donne M. Ménage du mot galerie, ne me semble guère meilleure que celle de M. de Caïeneuve. J'aime mieux dériver tout simplement ce mot de l'Alleman wallen, ire, ambulare. Nous avons changé le w Germanique en g, changement qui est fort ordinaire en François. C'est ainsi que de Wilhelmus, nous avons fait Guillaume, de Walles, Galles ; & de même de Vafco, Gafcon, de vespa, guêpe, &c. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 1814, dérive pareillement le François galerie de l'Alleman wallen.
GALERNE. Vent de Septentrion, qui fait geler les vignes : d'où le dictum, Va tibi, Galerna, per quam fit clansa taberna. Ce qui a fait croire à M. Parfait, Controleur ordinaire de la Maison du Roi, homme très-versé dans les Etymologies, que ce mot avoit été fait de gelare, de cette maniere : gelare, gelarinus, gelarina, gelarna, galerna, GALERNE : en sous-entendant, aura. Nous avons un vent de Septentrion que nous appellons vent d'Ecosse, parce qu'il vient du côté de l'Ecosse : ce qui me fait croire que le vent de Galerne, qui vient du côté de la Principauté de Galles, a été ainsi appelé de Wallia, Wallia, Gallia, Galliarna, GALIERNE, GALERNE : en sous-entendant, aura, comme dessus. M.
GALERNE. C'est une sorte de pierre plate, qui se trouve sur le bord de la mer, & dont on leste les vaisseaux. Il y en a grande quantité vers Calais : ce qui a fait croire à quelques-uns que ce mot avoit été dit, par corruption, au lieu de Calais. M. Bochart, dans son livre des Colonies des Phœniciens, page 755, le dérive de l'Ebreu vto galad, qui signifie durefere : d'où vient, dit-il, le mot Celtique galed, qui signifie dur, & duquel Camden dérive le mot de Caledonius : Levi & facili maratiner, Britanni nostrates dicuni kalet, pro kaled : & nos, vernacule, coclacam GALET vocamus ; id est, littoreum calculum : quod filicis genus est durissimum. Et de-là, le Bas-Breton calidiff, qui signifie endurcir. Cette étymologie de M. Bochart, est également docte & ingénieule ; mais elle n'est pas véritable : car il est certain que galer est un diminutif de gal. M. Moisant de Brieux, dans une de ses Lettres Françoises à M. de Prémont Grain-dorge, imprimée à la fin de la seconde partie de ses Poesies Latines ; je veux dire, des Poesies de M. de Brieux : Venons a notre gal. Il signifie pierre, ou caillon, dans la septième Muse Normande. D'engagne qu'ils avoient après être fortis, Ils prirent de gros gaux, & caffirent les vitres. De gal, l'on a fait le diminutif galet : que l'on prend pour le grais dont l'on pave les rues ; étendre sur les galets, ou sur les carreaux : mais qui signifie proprement ces caillons que l'on trouve sur le bord de la mer. Nos Enfans appellent gals, ou gaux, deux pierres plantées & posées en telle distance que l'on veut, dans quelque grande place où ils jettent avec des crottes, dont ils frappent & poussent une balle, ou Tome I. autre chose, & partant promptement du lieu où est leur gal, rachent de la pousser jusqu'à l'autre gal : ce que s'ils peuvent faire, sans que leurs compagnons qui jouent contre eux, les en empêchent, cela s'appelle, avoit, ou gagner le gal, c'est-à-dire, gagner la partie. De-la, nous avons dit métaphoriquement, avoit le gal, pour dire, avoit l'avantage. Il faut présentement parler de l'origine du mot gal. Il vient de calculus. Calculus, callus, gallus, GAL : calculi, calli, galli, Gaux. On a dit-de-goter, pour dire commencer à pousser cette balle dont il vient d'être parlé. Et dans notre Province d'Anjou, quand celui qui la pousse, est sur le point de la pousser, il crie aux autres joueurs, Dégoz l'en va : & les autres joueurs lui répondent, Quand il voudra : ce qui montre que ce gaux a été aussi appelé got. De la ressemblance à ces pierres plates, nous avons appelé galerte, une espèce de nouveau plat. Cette opinion me paroît plus raisonnable, que celle de M. Bochart, qui dérive ce mot François de l'Ebreu Thalmudique m'to challera, qui signifie une galette : ni que celle du Pere Labbe, qui dit que galette est un abregé de ralelette, abregé de gateau : ni que celle de Sufus, qui le dérive de gaba. Il y a apparence que le Jeu du Gallet a aussi été ainsi nommé de ces pierres plates, cause qu'on y jouoit anciennement avec des galets. Le lieu où l'on prend ces pierres s'appelle galetiere. Il me reste à remarquer, qu'il y avoit à Chinon, il n'y a pas long-tems, une famille du nom de Galer. Galer, le Joueur, qui a fait bâtir à Paris l'Hôtel de Sully, étoit de cette famille. C'est ce Gallet dont Regnier le Satyrique a fait mention en ces vers de la 14. Satire : Galer a sa raison ; & qui sera son dire, Le hazard pour le moins lui promet un Empire. Toutefois au contraire étant léger & net, N'ayant que l'espérance & trois dez au cornet, Comme sur un bon fonds de rentes & de réceptres, Dessus sept ou quatorze il assigne ses deptres. Ulrich Galer, Maître des Requêtes de Grandgosier, étoit de la même famille : ce que j'ai oui dire à Galer le Joueur. M.
GALETAS. Le dernier étage d'une maison, non carré. Ce mot est de difficile origine. Pierre le Loyer, Gonfeller au Préfethal d'Angers, livre vnt. de ses Spectres, chapitre 9, le dérive de l'Arabe calata, qu'il dit signifier le lieu le plus éminent d'une maison : qui est une étymologie non recevable : car outre que ce mot signifie le donjon d'un château, & que cette signification ne convient point à celle du mot galetas, les mots ordinaires de la Langue Françoise n'ont point été formés de ceux de la Langue Arabe. Pierre le Loyer étoit un homme savant. J'ai eu l'honneur dans ma jeunesse de converger avec lui. Mais il étoit infatue de ses étymologies Françoises tirées de l'Arabe. Voyez je vous prie, ce que j'ai remarqué à ce propos dans mes Remarques sur la Vie de Pierre Ayrault, Lieutenant Crimmel d'Angers, mon grand père maternel. Après avoir cherché long, rem l'étymologie de ce mot galetas, je crois l'avoir enfin trouvée. Je crois donc que ce mot a été formé du Latin inuistè Valetofasum, mot composé de celui de valetus, qui signifie valet, & de celui de fasum, fait du Grec yaens, qui signifie demeure. Ivyasus, M m m m dans les Glofés anciennes, est expliqué par *beville* ; c'est-à-dire, *stable a bœufs*. *Valetofasum* signifioit donc originellement *Valetorum ftatio*, la demeure, l'habitation des Valets ; c'est-à-dire, des jeunes enfans des Seigneurs. Voyez ci-dessous. Et *galetas* a été formé de *valetofasum*, de cette manière : *valetofasum*, *valifasum*, *galefasum*, *GALETAS* : comme GASCON de *Vasco*, & GATTE, de *vastare*. Et on a dit *Galefasum* pour la demeure des Valets, de la même façon qu'on a dit *taperitopatus*, pour la demeure des Garçons : qui est un mot qui se trouve en cette signification-là dans Cedrenus. Écoutons Lipfe, dans la lettre 44, de la troisième Centurie de ses Lettres *ad Belgas* : *In Cedreno legas*, *Constantinopoli conflagraffe incendio* et *puerum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum* : *tacum Il me reste à remarquer que ce mot de *Valet* s'est dit originellement des enfans des Nobles qui n'étoient pas encore parvenus au degré de Chevalerie : Voyez ci-dessous au mot *valet* : & qu'il s'est dit ensuite des Écuyers, appellés en Latin *Armigeri* & *Suntigeri* : c'est-à-dire de ceux qui dans les armées porroient les armes & les boucliers aux Chevaliers : Et ensuite, des valets honorables : Et enfin, des valets de petite étoffe. Et comme on loge la valetaille aux derniers étages des logis, ce mot de *Valetofasum*, qui ne signifioit que *Valetorum ftatio*, a été pris enfin pour un *galetas*. M.
GALETAS. Peut-être de l'Ebreu & *gallit* & *gallit* ; *chambre-haute*. Huet.
GALETTE. Sorte de tourteau. Voyez *galet*. M.
GALGALA. Nom propre d'une ville de la Palestine, autrement *qu'il* y ait, tout l'enveloppe sous le nom de *Galade* : de même, sous la considération des noms, je m'en vais faire ici une *galimafree* de divers articles. Je ne sais pas d'où vient ce mot. *Galifre*, selon le témoignage de Charles de Bouvelles, signifié en Picard, *un gourmand*. M. GALIMATIAS. Discours confus & obscur : grand discours où l'on ne comprend rien. *Galimaties*, & *galimafree* sont confus germains ; mais je ne sais pas leur généalogie. M.
GALIMATIAS. Ce mot, à mon avis, a la même naissance qu'*Aliborum*, & a été formé dans les plaidoyers qui se faisoient autrefois en Latin. Il s'agifioit d'un coq appartenant à une des Parties, qui s'appelloit *Matthias*. L'Avocat, à force de répéter souvent les mots de *Gallus* & de *Matthias*, se brouilla ; & au lieu de dire *Gallus Matthia*, dit *Galli Matthias*. Ce qui fit ainsi nommer dans la fuite les discours embrouvillés. *Huet*.
GALIMATIAS. C'est ainsi qu'on appelle un *valifeau* qui est plus grand que les navires ; bien-que la terminaison de ce mot témoigne assez que c'est proprement un diminutif de *galée* : aussi étoit ce anciennement le nom d'un petit *valifeau*. Un ancien Auteur de l'Histoire de Jérusalem, qui se voit dans le Recueil intitulé *Gesta Dei per Frances* : *Verum quadam de galati nostris*, *quinam veniam*, *inquisitura occurris*, & *cum ea minor cumba*, *quam vulgo galionem vocant*. Et plus bas : *Galiones verò*, *une remorum ordine contenti*, *brevitate mobiles*, & *facilius stelluntur*, & *levius discurrunt*, & *c. Caseneuve*.
GALION. C' est ainsi qu'on appelle un *valifeau* qui est plus grand que les navires ; bien-que la terminaison de ce mot témoigne assez que c'est proprement un diminutif de *galée* : aussi étoit ce anciennement le nom d'un petit *valifeau*. Un ancien Auteur de l'Histoire de Jérusalem, qui se voit dans le Recueil intitulé *Gesta Dei per Frances* : *Verum quadam de galati nostris*, *quinam veniam*, *inquisitura occurris*, & *cum ea minor cumba*, *quam vulgo galionem vocant*. Et plus bas : *Galiones verò*, *une remorum ordine contenti*, *brevitate mobiles*, & *facilius stelluntur*, & *levius discurrunt*, & *c. Caseneuve*.
GALION. GALIOTE. *Gallia*, *gallia galionis*, *GALION*, *Gallia*, *gallia galia*, *galiota*, *GALIOTE*, *Gallia* se trouve. Voyez le *Glosfaire Grec* de M. de Cange. Voyez aussi ci-dessus *galere*. M.
GALION. Plante, appellée autrement *petit muguer*. De *galliere*, qui signifie la même chose, & que *Dioscoride* IV. 96. & *Galien* liv. VI. des Facultés des Simples, dérivent de *gallia* : parce que cette plante fait prendre le lait. Voici l'endroit de *Dioscoride* : *TAMION*, *al* 2 *TAMION*, *al* 3, *TAMION*, *al* 4, *TAMION*, *al* 5, *TAMION*, *al* 6, *TAMION*, *al* 7, *TAMION*, *al* 8, *TAMION*, *al* 9. Voici celui de *Galien* : *TAMION*, *al* 10, *TAMION*, *al* 11, *TAMION*, *al* 12, *TAMION*, *al* 13, *TAMION*, *al* 14, *TAMION*, *al* 15, *TAMION*, *al* 16, *TAMION*, *al* 17, *TAMION*, *al* 18, *TAMION*, *al* 19, *TAMION*, *al* 20, *TAMION*, *al* 21, *TAMION*, *al* 22, *TAMION*, *al* 23, *TAMION*, *al* 24, *TAMION*, *al* 25, *TAMION*, *al* 26, *TAMION*, *al* 27, *TAMION*, *al* 28, *TAMION*, *al* 29, *TAMION*, *al* 30, *TAMION*, *al* 31, *TAMION*, *al* 32, *TAMION*, *al* 33, *TAMION*, *al* 34, *TAMION*, *al* 35, *TAMION*, *al* 36, *TAMION*, *al* 37, *TAMION*, *al* 38, *TAMION*, *al* 39, *TAMION*, *al* 40, *TAMION*, *al* 41, *TAMION*, *al* 42, *TAMION*, *al* 43, *TAMION*, *al* 44, *TAMION*, *al* 45, *TAMION*, *al* 46, *TAMION*, *al* 47, *TAMION*, *al* 48, *TAMION*, *al* 49, *TAMION*, *al* 50, *TAMION*, *al* 51, *TAMION*, *al* 52, *TAMION*, *al* 53, *TAMION*, *al* 54, *TAMION*, *al* 55, *TAMION*, *al* 56, *TAMION*, *al* 57, *TAMION*, *al* 58, *TAMION*, *al* 59, *TAMION*, *al* 60, *TAMION*, *al* 61, *TAMION*, *al* 62, *TAMION*, *al* 63, *TAMION*, *al* 64, *TAMION*, *al* 65, *TAMION*, *al* 66, *TAMION*, *al* 67, *TAMION*, *al* 68, *TAMION*, *al* 69, *TAMION*, *al* 70, *TAMION*, *al* 71, *TAMION*, *al* 72, *TAMION*, *al* 73, *TAMION*, *al* 74, *TAMION*, *al* 75, *TAMION*, *al* 76, *TAMION*, *al* 77, *TAMION*, *al* 78, *TAMION*, *al* 79, *TAMION*, *al* 80, *TAMION*, *al* 81, *TAMION*, *al* 82, *TAMION*, *al* 83, *TAMION*, *al* 84, *TAMION*, *al* 85, *TAMION*, *al* 86, *TAMION*, *al* 87, *TAMION*, *al* 88, *TAMION*, *al* 89, *TAMION*, *al* 90, *TAMION*, *al* 91, *TAMION*, *al* 92, *TAMION*, *al* 93, *TAMION*, *al* 94, *TAMION*, *al* 95, *TAMION*, *al* 96, *TAMION*, *al* 97, *TAMION*, *al* 98, *TAMION*, *al* 99, *TAMION*, *al* 100, *TAMION*, *al* 101, *TAMION*, *al* 102, *TAMION*, *al* 103, *TAMION*, *al* 104, *TAMION*, *al* 105, *TAMION*, *al* 106, *TAMION*, *al* 107, *TAMION*, *al* 108, *TAMION*, *al* 109, *TAMION*, *al* 110, *TAMION*, *al* 111, *TAMION*, *al* 112, *TAMION*, *al* 113, *TAMION*, *al* 114, *TAMION*, *al* 115, *TAMION*, *al* 116, *TAMION*, *al* 117, *TAMION*, *al* 118, *TAMION*, *al* 119, *TAMION*, *al* 120, *TAMION*, *al* 121, *TAMION*, *al* 122, *TAMION*, *al* 123, *TAMION*, *al* 124, *TAMION*, *al* 125, *TAMION*, *al* 126, *TAMION*, *al* 127, *TAMION*, *al* 128, *TAMION*, *al* 129, *TAMION*, *al* 130, *TAMION*, *al* 131, *TAMION*, *al* 132, *TAMION*, *al* 133, *TAMION*, *al* 134, *TAMION*, *al* 135, *TAMION*, *al* 136, *TAMION*, *al* 137, *TAMION*, *al* 138, *TAMION*, *al* 139, *TAMION*, *al* 140, *TAMION*, *al* 141, *TAMION*, *al* 142, *TAMION*, *al* 143, *TAMION*, *al* 144, *TAMION*, *al* 145, *TAMION*, *al* 146, *TAMION*, *al* 147, *TAMION*, *al* 148, *TAMION*, *al* 149, *TAMION*, *al* 150, *TAMION*, *al* 151, *TAMION*, *al* 152, *TAMION*, *al* 153, *TAMION*, *al* 154, *TAMION*, *al* 155, *TAMION*, *al* 156, *TAMION*, *al* 157, *TAMION*, *al* 158, *TAMION*, *al* 159, *TAMION*, *al* 160, *TAMION*, *al* 161, *TAMION*, *al* 162, *TAMION*, *al* 163, *TAMION*, *al* 164, *TAMION*, *al* 165, *TAMION*, *al* 166, *TAMION*, *al* 167, *TAMION*, *al* 168, *TAMION*, *al* 169, *TAMION*, *al* 170, *TAMION*, *al* 171, *TAMION*, *al* 172, *TAMION*, *al* 173, *TAMION*, *al* 174, *TAMION*, *al* 175, *TAMION*, *al* 176, *TAMION*, *al* 177, *TAMION*, *al* 178, *TAMION*, *al* 179, *TAMION*, *al* 180, *TAMION*, *al* 181, *TAMION*, *al* 182, *TAMION*, *al* 183, *TAMION*, *al* 184, *TAMION*, *al* 185, *TAMION*, *al* 186, *TAMION*, *al* 187, *TAMION*, *al* 188, *TAMION*, *al* 189, *TAMION*, *al* 190, *TAMION*, *al* 191, *TAMION*, *al* 192, *TAMION*, *al* 193, *TAMION*, *al* 194, *TAMION*, *al* 195, *TAMION*, *al* 196, *TAMION*, *al* 197, *TAMION*, *al* 198, *TAMION*, *al* 199, *TAMION*, *al* 200, *TAMION*, *al* 201, *TAMION*, *al* 202, *TAMION*, *al* 203, *TAMION*, *al* 204, *TAMION*, *al* 205, *TAMION*, *al* 206, *TAMION*, *al* 207, *TAMION*, *al* 208, *TAMION*, *al* 209, *TAMION*, *al* 210, *TAMION*, *al* 211, *TAMION*, *al* 212, *TAMION*, *al* 213, *TAMION*, *al* 214, *TAMION*, *al* 215, *TAMION*, *al* 216, *TAMION*, *al* 217, *TAMION*, *al* 218, *TAMION*, *al* 219, *TAMION*, *al* 220, *TAMION*, *al* 221, *TAMION*, *al* 222, *TAMION*, *al* 223, *TAMION*, *al* 224, *TAMION*, *al* 225, *TAMION*, *al* 226, *TAMION*, *al* 227, *TAMION*, *al* 228, *TAMION*, *al* 229, *TAMION*, *al* 230, *TAMION*, *al* 231, *TAMION*, *al* 232, *TAMION*, *al* 233, *TAMION*, *al* 234, *TAMION*, *al* 235, *TAMION*, *al* 236, *TAMION*, *al* 237, *TAMION*, *al* 238, *TAMION*, *al* 239, *TAMION*, *al* 240, *TAMION*, *al* 241, *TAMION*, *al* 242, *TAMION*, *al* 243, *TAMION*, *al* 244, *TAMION*, *al* 245, *TAMION*, *al* 246, *TAMION*, *al* 247, *TAMION*, *al* 248, *TAMION*, *al* 249, *TAMION*, *al* 250, *TAMION*, *al* 251, *TAMION*, *al* 252, *TAMION*, *al* 253, *TAMION*, *al* 254, *TAMION*, *al* 255, *TAMION*, *al* 256, *TAMION*, *al* 257, *TAMION*, *al* 258, *TAMION*, *al* 259, *TAMION*, *al* 260, *TAMION*, *al* 261, *TAMION*, *al* 262, *TAMION*, *al* 263, *TAMION*, *al* 264, *TAMION*, *al* 265, *TAMION*, *al* 266, *TAMION*, *al* 267, *TAMION*, *al* 268, *TAMION*, *al* 269, *TAMION*, *al* 270, *TAMION*, *al* 271, *TAMION*, *al* 272, *TAMION*, *al* 273, *TAMION*, *al* 274, *TAMION*, *al* 275, *TAMION*, *al* 276, *TAMION*, *al* 277, *TAMION*, *al* 278, *TAMION*, *al* 279, *TAMION*, *al* 280, *TAMION*, *al* 281, *TAMION*, *al* 282, *TAMION*, *al* 283, *TAMION*, *al* 284, *TAMION*, *al* 285, *TAMION*, *al* 286, *TAMION*, *al* 287, *TAMION*, *al* 288, *TAMION*, *al* 289, *TAMION*, *al* 290, *TAMION*, *al* 291, *TAMION*, *al* 292, *TAMION*, *al* 293, *TAMION*, *al* 294, *TAMION*, *al* 295, *TAMION*, *al* 296, *TAMION*, *al* 297, *TAMION*, *al* 298, *TAMION*, *al* 299, *TAMION*, *al* 300, *TAMION*, *al* 301, *TAMION*, *al* 302, *TAMION*, *al* 303, *TAMION*, *al* 304, *TAMION*, *al* 305, *TAMION*, *al* 306, *TAMION*, *al* 307, *TAMION*, *al* 308, *TAMION*, *al* 309, *TAMION*, *al* 310, *TAMION*, *al* 311, *TAMION*, *al* 312, *TAMION*, *al* 313, *TAMION*, *al* 314, *TAMION*, *al* 315, *TAMION*, *al* 316, *TAMION*, *al* 317, *TAMION*, *al* 318, *TAMION*, *al* 319, *TAMION*, *al* 320, *TAMION*, *al* 321, *TAMION*, *al* 322, *TAMION*, *al* 323, *TAMION*, *al* 324, *TAMION*, *al* 325, *TAMION*, *al* 326, *TAMION*, *al* 327, *TAMION*, *al* 328, *TAMION*, *al* 329, *TAMION*, *al* 330, *TAMION*, *al* 331, *TAMION*, *al* 332, *TAMION*, *al* 333, *TAMION*, *al* 334, *TAMION*, *al* 335, *TAMION*, *al* 336, *TAMION*, *al* 337, *TAMION*, *al* 338, *TAMION*, *al* 339, *TAMION*, *al* 340, *TAMION*, *al* 341, *TAMION*, *al* 342, *TAMION*, *al* 343, *TAMION*, *al* 344, *TAMION*, *al* 345, *TAMION*, *al* 346, *TAMION*, *al* 347, *TAMION*, *al* 348, *TAMION*, *al* 349, *TAMION*, *al* 350, *TAMION*, *al* 351, *TAMION*, *al* 352, *TAMION*, *al* 353, *TAMION*, *al* 354, *TAMION*, *al* 355, *TAMION*, *al* 356, *TAMION*, *al* 357, *TAMION*, *al* 358, *TAMION*, *al* 359, *TAMION*, *al* 360, *TAMION*, *al* 361, *TAMION*, *al* 362, *TAMION*, *al* 363, *TAMION*, *al* 364, *TAMION*, *al* 365, *TAMION*, *al* 366, *TAMION*, *al* 367, *TAMION*, *al* 368, *TAMION*, *al* 369, *TAMION*, *al* 370, *TAMION*, *al* 371, *TAMION*, *al* 372, *TAMION*, *al* 373, *TAMION*, *al* 374, *TAMION*, *al* 375, *TAMION*, *al* 376, *TAMION*, *al* 377, *TAMION*, *al* 378, *TAMION*, *al* 379, *TAMION*, *al* 380, *TAMION*, *al* 381, *TAMION*, *al* 382, *TAMION*, *al* 383, *TAMION*, *al* 384, *TAMION*, *al* 385, *TAMION*, *al* 386, *TAMION*, *al* 387, *TAMION*, *al* 388, *TAMION*, *al* 389, *TAMION*, *al* 390, *TAMION*, *al* 391, *TAMION*, *al* 392, *TAMION*, *al* 393, *TAMION*, *al* 394, *TAMION*, *al* 395, *TAMION*, *al* 396, *TAMION*, *al* 397, *TAMION*, *al* 398, *TAMION*, *al* 399, *TAMION*, *al* 400, *TAMION*, *al* 401, *TAMION*, *al* 402, *TAMION*, *al* 403, *TAMION*, *al* 404, *TAMION*, *al* 405, *TAMION*, *al* 406, *TAMION*, *al* 407, *TAMION*, *al* 408, *TAMION*, *al* 409, *TAMION*, *al* 410, *TAMION*, *al* 411, *TAMION*, *al* 412, *TAMION*, *al* 413, *TAMION*, *al* 414, *TAMION*, *al* 415, *TAMION*, *al* 416, *TAMION*, *al* 417, *TAMION*, *al* 418, *TAMION*, *al* 419, *TAMION*, *al* 420, *TAMION*, *al* 421, *TAMION*, *al* 422, *TAMION*, *al* 423, *TAMION*, *al* 424, *TAMION*, *al* 425, *TAMION*, *al* 426, *TAMION*, *al* 427, *TAMION*, *al* 428, *TAMION*, *al* 429, *TAMION*, *al* 430, *TAMION*, *al* 431, *TAMION*, *al* 432, *TAMION*, *al* 433, *TAMION*, *al* 434, *TAMION*, *al* 435, *TAMION*, *al* 436, *TAMION*, *al* 437, *TAMION*, *al* 438, *TAMION*, *al* 439, *TAMION*, *al* 440, *TAMION*, *al* 441, *TAMION*, *al* 442, *TAMION*, *al* 443, *TAMION*, *al* 444, *TAMION*, *al* 445, *TAMION*, *al* 446, *TAMION*, *al* 447, *TAMION*, *al* 448, *TAMION*, *al* 449, *TAMION*, *al* 450, *TAMION*, *al* 451, *TAMION*, *al* 452, *TAMION*, *al* 453, *TAMION*, *al* 454, *TAMION*, *al* 455, *TAMION*, *al* 456, *TAMION*, *al* 457, *TAMION*, *al* 458, *TAMION*, *al* 459, *TAMION*, *al* 460, *TAMION*, *al* 461, *TAMION*, *al* 462, *TAMION*, *al* 463, *TAMION*, *al* 464, *TAMION*, *al* 465, *TAMION*, *al* 466, *TAMION*, *al* 467, *TAMION*, *al* 468, *TAMION*, *al* 469, *TAMION*, *al* 470, *TAMION*, *al* 471, *TAMION*, *al* 472, *TAMION*, *al* 473, *TAMION*, *al* 474, *TAMION*, *al* 475, *TAMION*, *al* 476, *TAMION*, *al* 477, *TAMION*, *al* 478, *TAMION*, *al* 479, *TAMION*, *al* 480, *TAMION*, *al* 481, *TAMION*, *al* 482, *TAMION*, *al* 483, *TAMION*, *al* 484, *TAMION*, *al* 485, *TAMION*, *al* 486, *TAMION*, *al* 487, *TAMION*, *al* 488, *TAMION*, *al* 489, *TAMION*, *al* 490, *TAMION*, *al* 491, *TAMION*, *al* 492, *TAMION*, *al* 493, *TAMION*, *al* 494, *TAMION*, *al* 495, *TAMION*, *al* 496, *TAMION*, *al* 497, *TAMION*, *al* 498, *TAMION*, *al* 499, *TAMION*, *al* 500, *TAMION*, *al* 501, *TAMION*, *al* 502, *TAMION*, *al* 503, *TAMION*, *al* 504, *TAMION*, *al* 505, *TAMION*, *al* 506, *TAMION*, *al* 507, *TAMION*, *al* 508, *TAMION*, *al* 509, *TAMION*, *al* 510, *TAMION*, *al* 511, *TAMION*, *al* 512, *TAMION*, *al* 513, *TAMION*, *al* 514, *TAMION*, *al* 515, *TAMION*, *al* 516, *TAMION*, *al* 517, *TAMION*, *al* 518, *TAMION*, *al* 519, *TAMION*, *al* 520, *TAMION*, *al* 521, *TAMION*, *al* 522, *TAMION*, *al* 523, *TAMION*, *al* 524, *TAMION*, *al* 525, *TAMION*, *al* 526, *TAMION*, *al* 527, *TAMION*, *al* 528, *TAMION*, *al* 529, *TAMION*, *al* 530, *TAMION*, *al* 531, *TAMION*, *al* 532, *TAMION*, *al* 533, *TAMION*, *al* 534, *TAMION*, *al* 535, *TAMION*, *al* 536, *TAMION*, *al* 537, *TAMION*, *al* 538, *TAMION*, *al* 539, *TAMION*, *al* 540, *TAMION*, *al* 541, *TAMION*, *al* 542, *TAMION*, *al* 543, *TAMION*, *al* 544, *TAMION*, *al* 545, *TAMION*, *al* 546, *TAMION*, *al* 547, *TAMION*, *al* 548, *TAMION*, *al* 549, *TAMION*, *al* 550, *TAMION*, *al* 551, *TAMION*, *al* 552, *TAMION*, *al* 553, *TAMION*, *al* 554, *TAMION*, *al* 555, *TAMION*, *al* 556, *TAMION*, *al* 557, *TAMION*, *al* 558, *TAMION*, *al* 559, *TAMION*, *al* 560, *TAMION*, *al* 561, *TAMION*, *al* 562, *TAMION*, *al* 563, *TAMION*, *al* 564, *TAMION*, *al* 565, *TAMION*, *al* 566, *TAMION*, *al* 567, *TAMION*, *al* 568, *TAMION*, *al* 569, *TAMION*, *al* 570, *TAMION*, *al* 571, *TAMION*, *al* 572, *TAMION*, *al* 573, *TAMION*, *al* 574, *TAMION*, *al* 575, *TAMION*, *al* 576, *TAMION*, *al* 577, *TAMION*, *al* 578, *TAMION*, *al* 579, *TAMION*, *al* 580, *TAMION*, *al* 581, *TAMION*, *al* 582, *TAMION*, *al* 583, *TAMION*, *al* 584, *TAMION*, *al* 585, *TAMION*, *al* 586, *TAMION*, *al* 587, *TAMION*, *al* 588, *TAMION*, *al* 589, *TAMION*, *al* 590, *TAMION*, *al* 591, *TAMION*, *al* 592, *TAMION*, *al* 593, *TAMION*, *al* 594, *TAMION*, *al* 595, *TAMION*, *al* 596, *TAMION*, *al* 597, *TAMION*, *al* 598, *TAMION*, *al* 599, *TAMION*, *al* 600, *TAMION*, *al* 601, *TAMION*, *al* 602, *TAMION*, *al* 603, *TAMION*, *al* 604, *TAMION*, *al* 605, *TAMION*, *al* 606, *TAMION*, *al* 607, *TAMION*, *al* 608, *TAMION*, *al* 609, *TAMION*, *al* 610, *TAMION*, *al* 611, *TAMION*, *al* 612, *TAMION*, *al* 613, *TAMION*, *al* 614, *TAMION*, *al* 615, *TAMION*, *al* 616, *TAMION*, *al* 617, *TAMION*, *al* 618, *TAMION*, *al* 619, *TAMION*, *al* 620, *TAMION*, *al* 621, *TAMION*, *al* 622, *TAMION*, *al* 623, *TAMION*, *al* 624, *TAMION*, *al* 625, *TAMION*, *al* 626, *TAMION*, *al* 627, *TAMION*, *al* 628, *TAMION*, *al* 629, *TAMION*, *al* 630, *TAMION*, *al* 631, *TAMION*, *al* 632, *TAMION*, *al* 633, *TAMION*, *al* 634, *TAMION*, *al* 635, *TAMION*, *al* 636, *TAMION*, *al* 637, *TAMION*, *al* 638, *TAMION*, *al* 639, *TAMION*, *al* 640, *TAMION*, *al* 641, *TAMION*, *al* 642, *TAMION*, *al* 643, *TAMION*, *al* 644, *TAMION*, *al* 645, *TAMION*, *al* 646, *TAMION*, *al* 647, *TAMION*, *al* 648, *TAMION*, *al* 649, *TAMION*, *al* 650, *TAMION*, *al* 651, *TAMION*, *al* 652, *TAMION*, *al* 653, *TAMION*, *al* 654, *TAMION*, *al* 655, *TAMION*, *al* 656, *TAMION*, *al* 657, *TAMION*, *al* 658, *TAMION*, *al* 659, *TAMION*, *al* 660, *TAMION*, *al* 661, *TAMION*, *al* 662, *TAMION*, *al* 663, *TAMION*, *al* 664, *TAMION*, *al* 665, *TAMION*, *al* 666, *TAMION*, *al* 667, *TAMION*, *al* 668, *TAMION*, *al* 669, *TAMION*, *al* 670, *TAMION*, *al* 671, *TAMION*, *al* 672, *TAMION*, *al* 673, *TAMION*, *al* 674, *TAMION*, *al* 675, *TAMION*, *al* 676, *TAMION*, *al* 677, *TAMION*, *al* 678, *TAMION*, *al* 679, *TAMION*, *al* 680, *TAMION*, *al* 681, *TAMION*, *al* 682, *TAMION*, *al* 683, *TAMION*, *al* 684, *TAMION*, *al* 685, *TAMION*, *al* 686, *TAMION*, *al* 687, *TAMION*, *al* 688, *TAMION*, *al* 689, *TAMION*, *al* 690, *TAMION*, *al* 691, *TAMION*, *al* 692, *TAMION*, *al* 693, *TAMION*, *al* 694, *TAMION*, *al* 695, *TAMION*, *al* 696, *TAMION*, *al* 697, *TAMION*, *al* 698, *TAMION*, *al* 699, *TAMION*, *al* 700, *TAMION*, *al* 701, *TAMION*, *al* 702, *TAMION*, *al* 703, *TAMION*, *al* 704, *TAMION*, *al* 705, *TAMION*, *al* 706, *TAMION*, *al* 707, *TAMION*, *al* 708, *TAMION*, *al* 709, *TAMION*, *al* 710, *TAMION*, *al* 711, *TAMION*, *al* 712, *TAMION*, *al* 713, *TAMION*, *al* 714, *TAMION*, *al* 715, *TAMION*, *al* 716, *TAMION*, *al* 717, *TAMION*, *al* 718, *TAMION*, *al* 719, *TAMION*, *al* 720, *TAMION*, *al* 721, *TAMION*, *al* 722, *TAMION*, *al* 723, *TAMION*, *al* 724, *TAMION*, *al* 725, *TAMION*, *al* 726, *TAMION*, *al* 727, *TAMION*, *al* 728, *TAMION*, *al* 729, *TAMION*, *al* 730, *TAMION*, *al* 731, *TAMION*, *al* 732, *TAMION*, *al* 733, *TAMION*, *al* 734, *TAMION*, *al* 735, *TAMION*, *al* 736, *TAMION*, *al* 737, *TAMION*, *al* 738, *TAMION*, *al* 739, *TAMION*, *al* 740, *TAMION*, *al* 741, *TAMION*, *al* 742, *TAMION*, *al* 743, *TAMION*, *al* 744, *TAMION*, *al* 745, *TAMION*, *al* 746, *TAMION*, *al* 747, *TAMION*, *al* 748, *TAMION*, *al* 749, *TAMION*, *al* 750, *TAMION*, *al* 751, *TAMION*, *al* 752, *TAMION*, *al* 753, *TAMION*, *al* 754, *TAMION*, *al* 755, *TAMION*, *al* 756, *TAMION*, *al* 757, *TAMION*, *al* 758, *TAMION*, *al* 759, *TAMION*, *al* 760, *TAMION*, *al* 761, *TAMION*, *al* 762, *TAMION*, *al* 763, *TAMION*, *al* 764, *TAMION*, *al* 765, *TAMION*, *al* 766, *TAMION*, *al* 767, *TAMION*, *al* 768, *TAMION*, *al* 769, *TAMION*, *al* 770, *TAMION*, *al* 771, *TAMION*, *al* 772, *TAMION*, *al* 773, *TAMION*, *al* 774, *TAMION*, *al* 775, *TAMION*, *al* 776, *TAMION*, *al* 777, *TAMION*, *al* 778, *TAMION*, *al* 779, *TAMION*, *al* 780, *TAMION*, *al* 781, *TAMION*, *al* 782, *TAMION*, *al* 783, *TAMION*, *al* 784, *TAMION*, *al* 785, *TAMION*, *al* 786, *TAMION*, *al* 787, *TAMION*, *al* 788, *TAMION*, *al* 789, *TAMION*, *al* 790, *TAMION*, *al* 791, *TAMION*, *al* 792, *TAMION*, *al* 793, *TAMION*, *al* 794, *TAMION*, *al* 795, *TAMION*, *al* 796, *TAMION*, *al* 797, *TAMION*, *al* 798, *TAMION*, *al* 799, *TAMION*, *al* 800, *TAMION*, *al* 801, *TAMION*, *al* 802, *TAMION*, *al* 803, *TAMION*, *al* 804, *TAMION*, *al* 805, *TAMION*, *al* 806, *TAMION*, *al* 807, *TAMION*, *al* 808, *TAMION*, *al* 809, *TAMION*, *al* 810, *TAMION*, *al* 811, *TAMION*, *al* 812, *TAMION*, *al* 813, *TAMION*, *al* 814, *TAMION*, *al* 815, *TAMION*, *al* 816, *TAMION*, *al* 817, *TAMION*, *al* 818, *TAMION*, *al* 819, *TAMION*, *al* 820, *TAMION*, *al* 821, *TAMION*, *al* 822, *TAMION*, *al* 823, *TAMION*, *al* 824, *TAMION*, *al* 825, *TAMION*, *al* 826, *TAMION*, *al* 827, *TAMION*, *al* 828, *TAMION*, *al* 829, *TAMION*, *al* 830, *TAMION*, *al* 831, *TAMION*, *al* 832, *TAMION*, *al* 833, *TAMION*, *al* 834, *TAMION*, *al* 835, *TAMION*, *al* 836, *TAMION*, *al* 837, *TAMION*, *al* 838, *TAMION*, *al* 839, *TAMION*, *al* 840, *TAMION*, *al* 841, *TAMION*, *al* 842, *TAMION*, *al* 843, *TAMION*, *al* 844, *TAMION*, *al* 845, *TAMION*, *al* 846, *TAMION*, *al* 847, *TAMION*, *al* 848, *TAMION*, *al* 849, *TAMION*, *al* 850, *TAMION*, *al* 851, *TAMION*, *al* 852, *TAMION*, *al* 853, *TAMION*, *al* 854, *TAMION*, *al* 855, *TAMION*, *al* 856, *TAMION*, *al* 857, *TAMION*, *al* 858, *TAMION*, *al* 859, *TAMION*, *al* 860, *TAMION*, *al* 861, *TAMION*, *al* 862, *TAMION*, *al* 863, *TAMION*, *al* 864, *TAMION*, *al* 865, *TAMION*, *al* 866, *TAMION*, *al* 867, *TAMION*, *al* 868, *TAMION*, *al* 869, *TAMION*, *al* 870, *TAMION*, *al* 871, *TAMION*, *al* 872, *TAMION*, *al* 873, *TAMION*, *al* 874, *TAMION*, *al* 875, *TAMION*, *al* 876, *TAMION*, *al* 877, *TAMION*, *al* 878, *TAMION*, *al* 879, *TAMION*, *al* 880, *TAMION*, *al* 881, *TAMION*, *al* 882, *TAMION*, *al* 883, *TAMION*, *al* 884, *TAMION*, *al* 885, *TAMION*, *al* 886, *TAMION*, *al* 887, *TAMION*, *al* 888, *TAMION*, *al* 889, *TAMION*, *al* 890, *TAMION*, *al* 891, *TAMION*, *al* 892, *TAMION*, *al* 893, *TAMION*, *al* 894, *TAMION*, *al* 895, *TAMION*, *al* 896, *TAMION*, *al* 897, *TAMION*, *al* 898, *TAMION*, *al* 899, *TAMION*, *al* 900, *TAMION*, *al* 901, *TAMION*, *al* 902, *TAMION*, *al* 903, *TAMION*, *al* 904, *TAMION*, *al* 905, *TAMION*, *al* 906, *TAMION*, *al* 907, *TAMION*, *al* 908, *TAMION*, *al* 909, *TAMION*, *al* 910, *TAMION*, *al* 911, *TAMION*, *al* 912, *TAMION*, *al* 913, *TAMION*, *al* 914, *TAMION*, *al* 915, *TAMION*, *al* 916, *TAMION*, *al* 917, *TAMION*, *al* 918, *TAMION*, *al* 919, *TAMION*, *al* 920, *TAMION*, *al* 921, *TAMION*, *al* 922, *TAMION*, *al* 923, *TAMION*, *al* 924, *TAMION*, *al* 925, *TAMION*, *al* 926, *TAMION*, *al* 927, *TAMION*, *al* 928, *TAMION*, *al* 929, *TAMION*, *al* 930, *TAMION*, *al* 931, *TAMION*, *al* 932, *TAMION*, *al* 933, *TAMION*, *al* 934, *TAMION*, *al* 935, *TAMION*, *al* 936, *TAMION*, *al* 937, *TAMION*, *al* 938, *TAMION*, *al* 939, *TAMION*, *al* 940, *TAMION*, *al* 941, *TAMION*, *al* 942, *TAMION*, *al* 943, *TAMION*, *al* 944, *TAMION*, *al* 945, *TAMION*, *al* 946, *TAMION*, *al* 947, *TAMION*, *al* 948, *TAMION*, *al* 949, *TAMION*, *al* 950, *TAMION*, *al* 951, *TAMION*, *al* 952, *TAMION*, *al* 953, *TAMION*, *al* 954, *TAMION*, *al* 955, *TAMION*, *al* 956, *TAMION*, *al* 957, *TAMION*, *al* 958, *TAMION*, *al* 959, *TAMION*, *al* 960, *TAMION*, *al* 961, *TAMION*, *al* 962, *TAMION*, *al* 963, *TAMION*, *al* 964, *TAMION*, *al* 965, *TAMION*, *al* 966, *TAMION*, *al* 967, *TAMION*, *al* 968, *TAMION*, *al* 969, *TAMION*, *al* 970, *TAMION*, *al* 971, *TAMION*, *al* 972, *TAMION*, *al* 973, *TAMION*, *al* 974, *TAMION*, *al* 975, *TAMION*, *al* 976, *TAMION*, *al* 977, *TAMION*, *al* 978, *TAMION*, *al* 979, *TAMION*, *al* 980, *TAMION*, *al* 981, *TAMION*, *al* 982, *TAMION*, *al* 983, *TAMION*, *al* 984, *TAMION*, *al* 985, *TAMION*, *al* 986, *TAMION*, *al* 987, *TAMION*, *al* 988, *TAMION*, *al* 989, *TAMION*, *al* 990, *TAMION*, *al* 991, *TAMION*, *al* 992, *TAMION*, *al* 993, *TAMION*, *al* 994, *TAMION*, *al* 995, *TAMION*, *al* 996, *TAMION*, *al* 997, *TAMION*, *al* 998, *TAMION*, *al* 999, *TAMION*, *al* 1000.[{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}][{"}] Signification de rogue, auroit été fait de galle dans la signification de noix de galle. Mais encore une fois, galle, en cette signification, vient de callus. ¶ Les Bas-Bretons disent gallus, pour galleux : ce qu'ils ont pris sans doute du François galleux. M.
GALL. Noix de galle. Gr. *muis*. Du Latin *galla*. Virgile, dans le quatrième de ses Georgiques. Proderis & *tunfum galla admiscere faperem*. Les Espagnols y ont ajoûté un A. Ils disent *agalla* M.
GALLEFRETIER. Rabelais, dans la Préface du v. livre, s'il est vrai que ce livre soit de Rabelais : *Quels trinquenailles ? quels gallefretiers*. Henri Etienne, vers la fin du chapitre 1. de son Apologie pour Hérodote, dit que nous disons *gallefreter*, au lieu de *gallefreter* : a *scabie fricanda*. Les Espagnols disent *gallofo*, & *gallofero*, & *gallarro*, & *gallaron*, pour dire un *mendiam* : & *gallofear*, pour dire *mendier* : & les Galcons disent *gallolou*, pour dire un *gueux revesu*, qui fait du *sufisant* : Et les Italiens, *gogioffo*, pour *vilain*, *coquin*. Il y a apparence que *gallefreter* a été fait de *gallofreter* : M.
GALLEFRETIER. Ce mot vient, selon moi, de l'Alleman *walfarer*, qui signifie pelerin, ou homme qui est en voyage pour aller visiter les tombeaux des Saints. On fait que sous l'habit de pelerin sont quelquefois cachés de mauvais garnemens, suivant le proverb : *Jamais cheval si homme n'amanda pour aller à Rome*. De là vient que ce mot a été pris en mauvaise part. *Wal* en Alleman signifie entre autres choses *mortuus* & *cadaver mortui*. *Farr* signifie, *profectio*, *iter*. Le Duchat.
GALLE. Vieux mot, inuûté, qui signifie se réjouir. Coquillant dans son Monologue des Perruques : *Frere Berufte*, & *Dom Eremin*, *Les attendent en lieu cédé* : *Sur queue de leur parchemin* *Leur bailent leur beau blanc scellé*, *Ont-ils bien gaudi & galle*, *En lieu de dire leurs Matines*. M. Voyez *galand*.
GALLES. Le pays ou la principauté de *Galles* en Angleterre, qu'on nommoit autrefois la *Cambrie*. C'est la que se retirement & se maintient les Bretons, lorsque les Anglofaxons s'empareront de l'Angleterre. Pasquier dans ses Recherches livre 1. chap. 1. prétend que le pays de *Galles* a pris son nom des *Gaulois*, premiers habitans de l'Île de la Grande Bretagne. Wachter croit que *Gallois*, signifie *peregrinus*, *migrator*, & il le dérive du verbe Teutonique *wallen*, qui veut dire *peregrinari*, *migrare*. Il donne la même signification & la même origine aux mots *Gaulois* & *Wallon*. Nous avons dit en François *Gallois* au lieu de *Walle*, qui est le véritable nom, en changeant W en G, comme en beaucoup d'autres mots. Mais pourquoi les *Gallois* ou habitans du pays de *Galles* ont-ils eu ce nom ? Écoutons le même Wachter, qui dans son *Glosarium Germanicum* pag. 1811. parle ainsi la-dessus : *WALL*, *peregrinus*, *aliens*. *Benjamins in Voc. Anglofax*. *Weal advena*, *Weallas Britanni*, *Weallife Wallicus*, *Cambricus*, *Corn-Weallas Cornubienfies*. Quibus addere poterat Bryt-Weallas *Wallo-Britannos*. *Laccenius in Lex. Juv. Suro-Goth*. Wallinkunna *extranei peregrini*. *Francos eadem voce vjos esse colligitur ex Palle Legis Salica Guelferby-* *tano*, *ubi Romani inter Francos degentes vocantur* *uuala leodi*, *homines peregrini*. *Tit. XL. §. 5. & ex Rythmo S. Annonis §. 13. ubi Italia vocatur Wallant, qua respectu Ænea erat terra extera*. *Cuncta a Simplicioris et alius*, *aliens*, *prafixo W. Inde Latinis GALLI, WALLI, WALLONES, WALLICI*: qua nomina proprii tribunatur populis qui vel alio fermane utuntur quam nostro, vel ex alia regione in eas quas nunc tenens sedes, *migrarunt*. De *Gallis vidimus supra*. De *Wallis in Britannia idem videtur flatundum*. *Cum enim Britannorum*, qui post amissam patriam cadibus superfuerant, *pars in Cambriam*, *pars in Cornubiam*, *serecepissent*; *Saxenes*, *hos quidem* *Cord-wealas*, *illos vero* *Bryt-wealas appellabant*, *ut docet Cel. Wilkjus in Cloff. voce Wallicus*. *Mirum quo jure*, *cum ipsi potius fuerint peregrini in Britannia*, *illi indigene*. *Hinc jertisse rectus vocantur migrantes*, *quam peregrini*, *a wallen migrare*. *Quidam etiam Belgicum nomen inde efformant*. *Nam a wale inquunt fit diminutivum walike*, *balike*, & *hinc porro BELGA per contractionem*. *Quod in medio relinquo*. *Gentilibus jungamus propria*, *pueris & puellis imposita*. *Nam hac quoque ex eodem eum illis fonte a parentibus hausta videntur*, *ut sunt WALAFRIDUS*, *peregrinorum afferter*, *a frieden tueri*. *WALPURGIS*, *peregrinorum tutrix*, *a bergen servare*. *WALPURGIS*, *peregrinus dilecta*. *Hodie superat incompositis & derivatis*, *cuyusmodi sunt walluuss aux exotica*, *wallen peregrinari*, *welisch*, *contracte welisch*, *exterus peregrinus*. *De voce Celica et, qua omnium ergo est, vide plura in loco*. Voyez aussi ci-dessus *Gaulois*. M.
GALLON. Ornement d'habit. De *callone*, ablatif de *callo*, fait de *callus*. *Callus*, *callo*, *callonis*, *callone*, *gallone*, *GALLON*. Le gallon est élevé au-dessus de l'étoffe. Voyez *galle*. M. GALLONNER le chef, pour *peigner*, *grater*, se trouve dans Froissart édir. d'Ant. Verard, vol. 1. fol. 16. v. *Le Duchat*.
GALOCHE. Il n'y a point de doute qu'il ne soit formé de *Gallica*, qui signifie proprement une espèce de chaussure qui ne couvre que le dessus du pié, dont le reste paroît nu au travers de certaines courroyes dont cette chaussure est attachée. Dans *Aule Gelle*, liv. 13. chap. 10. *Omnia ferme id genus*, *quibus plantarum calces tantum infima teguntur*, *catera prope nuda*, & *teretibus habens vincta sunt*, *foleas dixerunt : nonnumquam voce Gracia crepidulas*. *Gallicas autem*, *verbum opinor esse novum*, *non diu ante atatem M. Ciceronis usurpari captum*, *Itaque ab eo ipso positum est in secunda Antonianarum*. *Cum Gallicis*, *inquis*, & *lacerna cucurriti*. Son diminutif *gallicula* signifie *même chose*. Les *Gloses : zoxidum, gallicula*. Le *Glosaire d'Antilleubus : Gallicula*, *calceamenta postorum sunt*. Henri Spelman dans son *Archéologue* : *Sunt Galoches hodie apud Galles crepida seu calcei quidam liguri*, *quibus in rure utuntur coloni*. *Budée dérive galoche de nublow*, qui signifie *un foulier de bois*. *Cafeneuve*.
GALOCHES. Nérbisse, Baif, Perion, Favyn, M. du Cange, & plusieurs autres dérivent ce mot de celui de *gallica*, qui se trouve dans la seconde Philippine de Ciceron, pour une espèce de *foulier* : *Cum gallicis & dacerna cucurriti*. Et dans le chapitre 10. du livre 13. d'Aulugelle : *Omnia ferme id genus*, *quibus plantarum calces tantum infima teguntur*, *catera prope nuda*, & *teretibus habens vincta sunt*, *foleas dixerunt : nonnumquam, voce Gracia*, *crepidulas*. *Gallicas autem*, *verbum esse opinor novum*, *non diu ante atatem M. Ciceronis usurpari captum*, *Itaque ab eo ipso positum est in secunda Antonianarum*. *Cum Gallicis*, *inquis*, & *lacerna cucurriti*. Son diminutif *gallicula* signifie *même chose*. Les *Gloses : zoxidum, gallicula*. Le *Glosaire d'Antilleubus : Gallicula*, *calceamenta postorum sunt*. Henri Spelman dans son *Archéologue* : *Sunt Galoches hodie apud Galles crepida seu calcei quidam liguri*, *quibus in rure utuntur coloni*. *Budée dérive galoche de nublow*, qui signifie *un foulier de bois*. *Cafeneuve*. M m m i j nis usurpatum. Itaque ab eo ipso positum est in secunda Antonianarum. Cum gallicis, inquit, & lacerna cucurriffi. Et ce mot est expliqué dans les Glocfes anciennes par vusibus, zauvulus, gallicula. Oul Bonaventura Vulcanius a fait cette note: Galli etiam hodie galloches vocant. Henricus Spelmanus; ce qui a été remarqué par M. de Caleneuve; a fait une semblable remarque dans son Archéologue: Sunt galoches hodie apud Gallus; crepida cru calcei quidam lignei, quibus in rure utuntur coloni. Et Franciscus Silvius, sur les Epîtres d'Angelus Politianus; parlant du mot gallica: Gallicum fortasse est vocabulum: vocabulo enim domestico, nostri gallocias appellitant. Covarruvias a eu une autre pensée. Il croit que l'Espagnol galochas, qui est le même que notre mot galoches, a été dit à Gallicus, porque les Franceses, y specialmente les que abitan en los Alpes, las usan. Quelques-uns dérivent galoches, de calones, qui se trouve dans Festus, pour une espèce de fouliers. Cale, cala, caluca, galuca, GALOCHES. Budée le dérive de vusibus, Kudowne, lignea crepida, à nobis gallochus dicitur. C'est dans ses Commentaires de la Langue Grecque, page 212. de l'édition de Robert Etienne. Mais vusibus ne signifie pas un foulier, mais une forme de foulier. Voyez ci dessus forme de foulier. ¶ L'étymologie de Nébrisse, de Baïf, &c. me semble la plus vraisemblable. ¶ J'oubliois à remarquer que Poëtel a aussi dérivé galoches de vusibus. M. GALOISE: galante: gentille. Le livre des Pardons S. Trottet: Et puis l'en vont, pour faire les galoises, Lorsque devraient vaquer en Oraison. M. Voyez galand.
GALON. Mesure des choses liquides. M. de Brieux, dans ses Divertissements, en la Lettre à M. de Prémont: GALON, parmi nous, est une mesure, on un vaiffeau, qui tient deux pots. Dans Mathieu Paris vous trouverez cet evissae galones. Dans Proiffart, volume 2. chap. 19. Il leur convenoit acheter un pain mal cuit, six efterlins; & un galon de vin, 24. efterlins. Nous l'avons sans doute pris de l'Angelois à galon: que quelques-uns veulent tirer du Grec d'Argus, en transposant les lettres. ¶ Ce mot en cette signification, est fort usité à Caen: & c'est ce qu'a voulu dire M. de Brieux, en disant, galon parmi nous, &c. car M. de Brieux étoit de Caen. M.
GALON. Il vient de Gillo. Ce mot se trouve dans une ancienne Epigramme rapportée dans les Cataleées de Scaliger: Quem recreat fessum gillo facella melo. Et dans une autre de la compilation de Pithou: Gillo vomit gelidum vasilis singultibus omnem. Les anciens Glosfaires rendent ce mot par bancalis. Et Caffien: Gillonem fililem, quem bancalem nuncupant. Huet.
GALOPER. Kudowne & vusibus, dans quelques Auteurs Grecs, signifient une certaine manière de marcher ou le courir: de la sont dérivés vusibus & vusibus, qui signifient proprement faire aller un cheval à petits bonds. Budée, Adrien Junius, Ruellius, & plusieurs autres après eux, ont remarqué que de la vient galop & galoper. Voici les termes de Budée, qui sont de la page 212. de ses Commentaires sur la Langue Grecque: Kudowne vusibus, Graci dicunt, equum ad ingressum exultantem urgere. Nostri hoc callopare vocant; & callopum, quod G A L. G A M. illi vusibus dicunt. M. de Saumafé cependant, dans ses Notes sur l'Historien Julius Capitolinus, met de la différence entre le vusibus des Grecs, & notre galoper. Differebat tamen, dit-il, currendi modus ille in equis, quem Graci vusibus vocant, & quem nos galopum vocamus. Gracorum enim vusibus, cursus est quem trotum vulgo nuncupamus, qui medius est inter galopum & passum, ut vulgo loquimur. Mais il ajoute: Haud dubiè tamen inde effilia vox est illa nostra Gallica, &c. Caleneuve.
GALOPER. De calupare. M. de Saumafé sur l'Histoire Auguste, pag. 245. Ut à voce vusibus, qua cursum Graci significat, verbum vusibus, sic Latini calpare, vel calupare, dixerum, vusibus vusibus. Inde nostrum galopare, pro currere; de equis. Differebat tamen currendi modus ille in equis, quem Graci vusibus vocant, & quem nos galopum vocamus. Gracorum enim vusibus cursus est quem trotum vulgo nuncupamus, qui medius est inter galopum, & passum, ut vulgo loquimur. Haud dubiè tamen inde effilia vox est illa nostra Gallica unde diximus. Vossus, dans son de Vitiis Sermonis, a dit la même chose; & Ruellius, dans son Interprétation des Mots difficiles des anciens Médecins; & Périon dans ses Dialogues de l'Origine de la Langue Françoise. Bourdelot, dans ses Etymologies Manuscrites, a fort bien remarqué que Budée est le premier qui a fait cette remarque. Voici les termes de Budée; qui sont de ses Commentaires sur la Langue Grecque, pag. 212. de l'édition de Robert Etienne: Kudowne, vusibus, Graci dicunt, equum ad ingressum exultantem urgere. Nostri hoc callopare vocant; & callopum, quod illi vusibus dicunt; & ce qui suit. M.
GALOPINS. On appelle ainsi dans la Maison du Roi, les enfans de cuisine: qui sont ceux qui habillent les viandes, & qui les piquent. On appelle aussi à la Cour Galopins, les volontaires suivant la Cour: qui sont de petits gueux qui suivent la Cour. C'est un diminutif de l'Italien galoppo. Galoppo, galluppino, GALOPIN. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes: GALUPPO, Servus militaris: agaso: non à calo, sive calone; sed quod currentem equum pedes infequatur, aut pracedat: vel quod insar equi calpantis, cito cursus furtur. Voyez galoper. M.
GALVARDINE. Rabelais, 4. 31. La peau, comme une galvardine. La signification de ce mot ne m'est pas connue. M.
GAMACHES. Guêtres, couverture de bottes. Les Italiens disent aussi gamascia. M. Bochart prétendoit que ces mots venoient de l'Arabe giarmuk, qui signifie la même chose. Les Languedociens disent garamacho, & gamacho. M. du Cange dérive gamascia de campagus. M.
GAMALA. Nom propre d'une Ville de Palestine, ainsi appelée de l'Ebreu 'ma gamal chameau; parce qu'étant située sur le sommet d'une montagne, elle semblait représenter la boîte d'un chameau. *
GAMBADE. Voyez jambe. M.
GAMBAGE. C'est un droit dû aux Seigneurs par les Brasseurs de bière: dont il est fait mention dans la Courume de Boulonnais, art. 45, & dans celle d'Herly, art. 3. Ce droit a été ainsi appellé, par corruption, au lieu de cambage, du Latin camba, qui signifie le lieu où se fait la bière. Dans le Cartulaire de S. Michel de Trefport, en un Titre de 1141. Monachi ibidem Deo servientes, in furno & camba, absque foragio & cambagio, panem & cervifiam faciens ad propriam usum. Dans les Chastellenies de l'Ille, 180. Concess etiam est ut liceas in perpermum furnos & cambas facere. Cambarius signifie le Brasseur de bière; & cambum, le vaisseau où l'on met la bière. Camba vient de l'Alleman cam, qui signifie bière. Voyez M. Galland, dans son Franc-Alleu; & Vossus dans son de Vitis Sermonis, 12.4. & dans l'Appendix, pag. 801. Ce mot cam n'est plus en usage aujourd'hui chez les Allemans; mais il se trouve dans Ulpien, en la Loi si quis, au Digeste de Tritice, vino & oleo legato; & dans Priscus de Legat. pag. 55. de l'édition de Paris: 7.6. & 7.7. & 7.8. & 7.9. & 8.0. & 8.1. & 8.2. & 8.3. & 8.4. & 8.5. & 8.6. & 8.7. & 8.8. & 8.9. & 9.0. & 9.1. & 9.2. & 9.3. & 9.4. & 9.5. & 9.6. & 9.7. & 9.8. & 9.9. & 10.0. & 10.1. & 10.2. & 10.3. & 10.4. & 10.5. & 10.6. & 10.7. & 10.8. & 10.9. & 11.0. & 11.1. & 11.2. & 11.3. & 11.4. & 11.5. & 11.6. & 11.7. & 11.8. & 11.9. & 12.0. & 12.1. & 12.2. & 12.3. & 12.4. & 12.5. & 12.6. & 12.7. & 12.8. & 12.9. & 13.0. & 13.1. & 13.2. & 13.3. & 13.4. & 13.5. & 13.6. & 13.7. & 13.8. & 13.9. & 14.0. & 14.1. & 14.2. & 14.3. & 14.4. & 14.5. & 14.6. & 14.7. & 14.8. & 14.9. & 15.0. & 15.1. & 15.2. & 15.3. & 15.4. & 15.5. & 15.6. & 15.7. & 15.8. & 15.9. & 16.0. & 16.1. & 16.2. & 16.3. & 16.4. & 16.5. & 16.6. & 16.7. & 16.8. & 16.9. & 17.0. & 17.1. & 17.2. & 17.3. & 17.4. & 17.5. & 17.6. & 17.7. & 17.8. & 17.9. & 18.0. & 18.1. & 18.2. & 18.3. & 18.4. & 18.5. & 18.6. & 18.7. & 18.8. & 18.9. & 19.0. & 19.1. & 19.2. & 19.3. & 19.4. & 19.5. & 19.6. & 19.7. & 19.8. & 19.9. & 20.0.
GAMBOISON. Les Anciens couvroient, à la guerre, leur estomac & leur ventre d'une espèce de plaftron fait de lin ou de linge, tellement battu & ferré qu'il pouvoit résister à la pointe des armes les mieux, acérées. Æmilus Probus les appelle ioricas lineas; & Plutarque, en la Vie d'Alexandre, en décrit un dont ce Prince s'armoit aux jours de bataille. Nos anciens François l'appelloient gambison. Geoffroy de Ville-Hardouin, liv. 3. Et ne fu arnois que d'un gambison & d'un chavel de fer, son escu au col. Le Sire de Joinville, en la Vie de S. Louis, l'appelle gambison. Or il avim que je trouvay illec un gambison d'estoupe qui avoit esté à un Sarrafin: & je tournay le fendu devers moy, & en fis escu. Raimond de Agiles, dans son Historia Francorum qui ceperunt Jerusalem, écrit qu'au Siège de Jérusalem, les Turcs oppofoient aux coups des machines de guerre, des coites faites de gambison. Erant autem culcitra de gambosa: c'est-à-dire, faites de la même étoffe dont on fait les gambisons. Et parce que cette sorte de plaftron servoit particulièrement à la défonce du ventre, il fut appellé wambassa, d'où nous avons formé gambison: car en ancienne Langue. Thoife wamb signifie ventre. Rabanus Maurus, Abbé de Fulde, dans ses Glofes Latines-Barbares, des parties du corps humain: Venter, id est wamba. La Chronique de Colmar, part. 2. Armati reputabantur, qui galeas ferreas in capitibus habebant, & qui wambassa, id est tunicam spifam ex lino & stuppa & veteribus pannis confutam, &c. Albertus Argentinensis, dans sa Chronique: Quidam carnifex Episcopum super dextrario in rubea wambassa circumientem, & exercitum suum ad pugnandum incitantem, cuspide perforavit. Caseneuve.
GAMBOISON. Mot ancien, & inuise, qui signifie une sorte de plaftron, fait de linge, tellement pressé qu'il pouvoit résister aux armes les plus acérées. M. du Cange sur Ville-Hardouin, pag. 194. GAMBOISON. Cessoit une espèce de velement contrepointé, long, & pendant sur les cuisses, sur lequel le Chevalier endosoit le haubert ou la cotte de mailles. Guillaume le Breton, lib. XI. Philip. Tot ferri sua membra plicis, tot quisque patenis Peçtora, tot corlis, tot gambesonibus armant. Le Sire de Joinville, en l'Histoire de S. Louis: Je trouvay illec près un gambison d'estoupes, qui avoit esté à un Sarrafin: & je tournay le fendu devers moy, & en fis escu. Guillaume de Guille- G A M. G A N. 645 ville, Moine de Challis, en son Pèlerinage de l'Ame: Et tout ainsi comme fait est Les pontures, le goubison. (Alias, gambelon, ou gambison: ainsi que porto mon Manuscrit) Pourquoy pourpoint l'appelle-on. Et ailleurs: Car dessons va le gambison, Qui se veut armer par raison. Il semble que ce velement sur ainsi appellé, de l'esforfe qui estoit forte & espesse, afin que la cotte de mailles ne blessent la chair. Voyez M. de Caseneuve. M.
GAMELLE. Jatte ou plat de bois. Du Cange dérive ce mot de gamelum, qu'on a dit dans la Basse-Latinité, pour signifier la même chose. Il vient du Latin camella, qui signifie un panier fait d'un olier fort ferré. Il se trouve en cette signification dans le liv. IV. des Faltes: Dum licet apposita, velutit crater, camella, Lac niveum potes, purpureamque sapam. On appelle dans quelques Provinces, en stile bas & populaire, grande gamelle, une femme de mauvais air, qui a un grand cou.
GAMME. Guido Arétin, Moine de S. Benoit, après avoir été employé à corriger les Chants de l'Eglise, environ l'an 1024. composa une Echelle, conforme au Sistème des Grecs, y ajoutant quelques cordes au-dessus & au-dessous. Et depuis, il inventa sur l'hymne Us queant laxis rejonare fibris, &c. qui est de Paul Diacre, qui vivoit en 774. les six Notes, ou syllabes, Ur, Rz, M1, PA, SOL, LA: Et dans le livre qu'il composa du Chant, il dit que le Plein Chant étoit plus facile à apprendre en six jours par cette méthode, qu'auparavant en six mois. Il mit ensuite, à côté de ces Notes, une de ces sept lettres, A, B, C, D, E, F, G. Et parce qu'il accompagna la Note qu'il ajouta sous le Sistème ancien, de la lettre gamma, toute l'Echelle fut appellée Gamme: comme elle l'est encore présentement. Et à ce propos, il est à remarquer, qu'on a de même appellé gamma une certaine sorte de limite. Voyez Rigaud, dans son Glossaire des Agrimenseurs, au mot gamma. M.
GANACHE. Nous appellons ainsi, proprement, la mâchoire d'un cheval. Mais nous disons, figurément, qu'un homme est chargé de ganache, pour dire qu'il a la mâchoire pesante. Les Italiens disent ganaccia, & les Espagnols, ganassa. Merlin Cocaire a employé ce dernier mot dans ses vers Macaroniques: Si tibi dens caderet, quoties feris ore bugiam, Jam tua non posset pane ganassa frui. Ganaccia & ganassa, sont des augmentatifs de gena. Gena, genaccia, genassa, ganaccia, ganassa, De ganaccia, nous avons fait GANACHE, M.
GANACHE. De l'Arabe canachon, qui signifie le palais & la partie du menton qui lui répond, Il signifie aussi bec. Huet.
GANCHE. Le Roman de la Rose, fol. 54. v. Je ne vous peux à point tenir, Tant me faites & tours & ganches, De bras, de trumeaux & de hanches; Et tant vous allez défordans. Et fol. 55. r. Mais la chose est si mal partie, Que chasteté pers sa partie; Quand elle assaute ou se revouche, Tant peu sur debuter & gauche, Qu'il lui convient ses armes rendre. Je ne sais si gauche ne seroit pas le simple de revenche, ou le verbal de guenchie, qu'on disoit autrefois pour gauchie. Le Duchat.
GANGES. Ce sont les oreilles du poisson. Le Traducteur du traité de Oponis de Platine, liv. 10. ch. 1. où il parle des poissons en général : Les vui- deras & leur arracheras les ganges ou oreilles, qui sont rouges, & les laveras très-bien. Le Duchat.
GANGLION. Terme de Médecine. C'est une rumeur qui se forme sur les nerfs & sur les tendons. Ce mot vient du Grec γαργίας, qui si- gnifie la même chose.
GANGRAINE. Voyez CANGRAINE. M.
GANIF. Voyez canif. On prononce ganif en Anjou & en quelques autres Provinces. A Paris, on dit plus ordinairement canif. Les Espagnols di- sent ganivete. M.
GANO. Terme du Jeu de l'Homme. Le mot en Espagnol signifie, je gagne : pour dire, lâchez- moi la main. Le Duchat.
GANS. De wanti, ou wantones. Dans la pré- miere Addition au Capitulaire de Charlemagne, ch. 12. il est permis aux Moines de porter wantos in assate, muffulas in byeme verocinas. La Vie de S. Bethier ou Bethaire, Evêque de Chartres : Chi- rochecas, quas vulgo wantos vocant. La Chronique de Novaleze, De expeditionne Caroli Magni adver- sus Longobardos, décrivant comme l'Empereur Othon entra dans le Sepulchre de Charlemagne : Coronam auream erat coronatus, sceptrum cum wan- tonibus indutus tenens manibus, a quibus jam ipsa urgula proceferant. Il est certain que wanti & wantones sont des mots de l'ancienne Langue Tioise : Et je ne sais s'ils sont formés de hent ou hant, qui signifie la main en cette Langue ; comme encore hand en Alleman. Le Glossaire du Moine Keron : Manus, henti. Manuum, henteo. Manibus, hantum. Caesneuve.
GANS. De wanti : mot Latin-barbare, qui a été Fuit de l'ancien Alleman, ou du Flaman, wan- te. Jonas, en la Vie de Columban : Tegumenta manuum, que Galli wantos vocant, quibus in labo- ribus uti selebat, in lapidem deposuit. L'Auteur de la Vie de Betharius, Evêque de Chartres : Unus & Barbaris nisus est abstrahere a manibus ejus chiro- checas, quod vulgo wantos vocant. Voyez François Pichou & Lindembrog, dans leurs Glossaires, & Cluverius, dans son ancienne Germanie, liv. 1. ch. 9. & Voësius, dans son de Vitis Sermonis. En Picardie, on prononce encore à présent ouans. Et les Allemans appellent encore aussi aujourd'hui les gans handschuch & les Flamans, handschuen : qui est, comme qui diroit le soulier de la main. Hant signifie main, & schuch & schoen, soulier. Les Ebreux appellent de même les gans κωμωδίαν, hant iadaim, c'est-à-dire, les maisons des mains. M. GANS DE FRANGIPANE. Ces gans ont été ainsi appellés du Marquis de Frangipani, Seigneur Romain, inventeur du parfum avec lequel on les parfumois. M. de Balzac, dans une de ses Lettres a Madame Desloges : De son bon gré, il se fit hier votre tributaire, & l'obligea de vous envoyer tous les ans une raisonnable quantité de ses paftilles. Si vous les trouvez bonnes, elles auront plus de réputation que les gans de Frangipani. Mais parce que vos gens de Limofin se pourroient ici équivoquer, vous les avertirez, s'il vous plaiss, que ce parfumeur a trente mille livres de rente, & la premiere dignité de notre Province ; & que ce Gantier est Seigneur Romain, Mareschal de Camp des Armées du Roy, parent de S. Grégoire le Grand ; &, ce que s'estime plus que tout cela, un des plus honnefles hommes du monde. M. de Cerisante, dans des vers à M. de Voiture, imprimés parmi les Lettres Latines de M. de Bal- zac : Amice, nil me, sicut antea, juvat Pulvere vel Cyprio : Comam nitentem peltere : Vel, quas Britannus texuis subtiliter, Mille modis varias Jallare ventis tanias : Vel quam perunxit Frangipanes ipsemet Pelle, manum gracilem Coram puelis promere. Touchant l'étymologie du nom de Frangipani, voyez mes Origines de la Langue Italienne. Il me reste à parler de l'étymologie de Frangi- pani. Le P. Gilbert de Varenne, dans son Traité des Armoiries : FRANGIPANI, en Italie. D'azur, à deux mains d'argent ; qui tiennent un pain d'or, couper en deux moitiés : à raison qu'un de ses prédé- cesseurs fit au tems de la famine une très-grande li- béralité à tout plein de personnes nécessiteuses. Ceux de cette famille s'appelloient anciennement Fric- panes. Geoffroy, Abbé de Vendôme, liv. 1. épit. 8. Primo anno, quo, Deo volente, vel permitente, menem Abbatis fuscepi, audivi, pia recordationis Dominum Papam Urbanum, in demo Joannis Fri- capanem latitare. Sur lequel endroit, le P. Sir- mond a fait cette Note : Vetsifissima ac nobilissima apud Romanos familia nomen : nunc paullum in- flexum : Frangipanes enim dicuntur. Mais il y a déja long-tems qu'ils s'appellent Frangipani. La Chronique du Monastère d'Anchin, en l'an 1179. Schismatici, quietem non ferentes Ecclesia, iterum quendam Clericum, de progenie illorum, quos Fran- gipanes Romani vocant, centra Papam Alexan- drum, Antipapam flatunt : quem mutato nomine, Innocentem III. vocitarunt. Cette Chronique finit en l'an 1200. Corrad, Abbé d'Usperg, dans son Histoire, en 1217. Imperator convocavit ad se de civibus Romanis potenissimos & nobilissimos, de fa- milia eorum qui dicuntur Frangentes panem ; & de aliis ad quos pracipue habebat respectum Populus Romanus. Cet Auteur vivoit il y a plus de 460. ans. M. GANS DE NÉROLI. Par corruption, pour gans de Nérols : c'est ainsi qu'on appelle ces gans en Italie, d'où ils nous sont venus. Et on les a ainsi appellés, de la Princesse de Nérols, Duchesse de Bracclane, qui en a inventé le parfum. M.
GANS. En Flaman & en Suédois, un gans se dit encore aujourd'hui want ; &, comme on voit, nous n'avons fait que changer w en o, ainsi que dans plusieurs autres mots. Les Italiens disent gan- ti ou gaanto. Or le Teutonique want, est dérivé, felon Wachter, de gwain, qui felon Boxhornius, est un terme Celtique & Bas-Breton, & signifie choca. De sorte que wam, qui dans l'on origine ne signifioit qu'un étui, a été pris ensuite pour un étui du doigt, c'est-à-dire, pour un gang.
GANSE. Sorte de petit cordon de foye. D'ansa: à cause de sa ressemblance à une anie de pot. Anfa, gansa, GANSE. Vous trouverez dans mon Discours du Changement des Lettres, un grand nombre d'exemples du G préposé. On a dit de même un bouton de pourpoin, de sa ressemblance à un bouton d'arbre: & des glans de rabat, de leur ressemblance à un gland de chêne. M. GANTE: mot Languedocien, qui signifie un eye sauvage: ce mot est d'ancienne origine Germanique. Pline, liv. x. chap. 11. parlant des oyes: Candidorum alterum vectigai in pluma. Vel-untur quibusdam locis bis anno: rursus plumigeri vestuntur: mollierque, qua corpori quamproxima. Et è Germania, laudatissima. Candidi ibi: verum minores: ganzz vocantur. Quelques manuscrits de Pline, felon le témoignage de Daléchamp, ont ganta, & non pas ganza. Et cette leçon est confirmée par notre mot Languedocien gante: & par les Gloïes anciennes, dans lesquelles le mot de ganta, est expliqué par xiaxianus, c'est-à-dire, vul-panser. Mais d'un autre côté, la leçon de ganza est confirmée par la Langue Allemande & par la Flamande, dans lesquelles le mot gans signifie encore aujourd'hui une eye: & par la Langue Angloise, dans laquelle goesen signifie la même chose. À quoi s'ajoute, que l'Alleman gans peut avoir été fait du Latin anser. Isaac Pontanus veut que le mot ganza soit un mot Celtique. Ce qu'il prétend prouver par ces mots de Pline, au lieu allégué, Mirum in hac alite, à Marinis usque pedibus venire: qui ne le prouvent pourtant pas. Voyez mes Origines Italiennes au mot ganza. Le Pere Hardouin, dans les Notes sur Pline préfère la leçon de ganta, à celle de ganza. Voici sa remarque: GANTÆ VOCANTUL. Sic Regius, 1. 2. Paris, & Chiffl. Editi, minus reille, Ganzz. Veteres Glossa: Ganta xiaxianus: hoc est, vulpanser. Adso, in Vita Sancti Walberii, cap. 5. Anseres agrestes, quas à candore, vel sonitu vocis, more rustico, Gantas vocant. Gantas pariter & alii nuncupant, quas laudat v. cl. Ducangius in Glossario: & Gantes & Gantulas. Menagio tamen in Originibus Lingua Italica, pag. 430. magis arridet Ganza. Hodie certè Belga plerique anseres ganz vocant: Hispani, Ganso. M.
GANTELEE. Fleur. De gantulata: à cause de sa ressemblance à un gant; pour laquelle les Botanistes l'appellent digitalis. Nos Apothicaires l'appellent, pour la même raison, Gants Notre-Dame. M.
GAP. Nom propre d'une ville de Dauphiné. Du Latin Vapincum, par le changement de l'V en G, comme dans gater, de vaftare; dans guêpe, de vefpa; dans Gafcon, de Vasco. GARANCE: sorte de simple. De varantia. Le Glossaire Manuscrit de Messieurs du Puy: SAN-DIX, herba tinctura quam volgus varantiam vocat. Varantia a été dit, par corruption, pour varantia. M. de Saumaise sur Solin, page 810. de l'édition d'Utrecht: Verus Autor Glossarum notat, fandycem esse herbam tinctura aptam, quam Vulgus varantiam vocat. Hodie garantiam dicit vulgus Infectorum; qui colorem rubia sic appellat, qua est Gracis ipuquidus: sed antiquis: nam recentiores iubqibus & iubqibus appellam, pro iubqibus. Varantiam autem pro varantia, perperam promontivatis infimum Latinitatis avum. Verantia, pro vero colore; ut aurantia, pro antero, vel auratopomo. Prisci Latini verum colorem de rubro & coccineo dixerum; ut Graci, iubqibus. Myrepso rubia, vauiubqibus fœtus, vero colore inficit. Veteri Interpreti Aristotelis Rhetoricorum: uauius iubqibus, pannus ruber. Hecschius: uauiubqibus, ziaius iubqibus. Plura alibi notamus. Sic verans color, iubqibus, ziaius. Nam verare etiam dictum pro iubqibus. Satin vates verant zate in agunda! apud veterem Poitam; id est, iubqibus. Inde & varantia, tinctura varantis, vel veri colorii. Rubia tincturam sic vocarunt: & corruptè, varantiam, &c. Voësius de Vitiis Sermonis, page 635. Verantia, corruptius varantia: corruptissimè, garantia: fandyx, frutex: qui coccosimilum colorem facit. Verantia, à verando: quia tinctura ejus, verus est color; hoc est, vere ruber, & coccinus. Verare, iubqibus. Angelius in xviii. Nolium, cap. 2. ex Ennii Annalium 13. adducit, Satin vates verant zate in agunda! Atque inde Vates & Arioli, dicti Veratores: & Appuleio, in sequiori sexu, Veratrices, ut Belgis Waerleggers, & Waerleggers. Imo & pretium quod pro divinatione dabatur, ex eo veratria appellatur, in veteribus Burgundinum Legibus, Titulo xvi. lege 3. Ubi perperam editum, vegintura. Ut ad verantia redeam: sicut à constans, constantia, à substans, substantia; ita quoque, à verans, verantia: quia is color sit verans, sive verus; hoc est, ruber. Voyez M. de Saumaise sur l'Histoire Auguste, page 169. & 170. Dans le Capitulaire de Charlemagne de Villis suis, sect. 70. Parmi les herbes que Charlemagne désire qu'on mette dans ses Jardins, il est fait mention de Wacentia. Volumus quod in horto omnes herbas habeant; id est, lilium, &c. alita, Wacentiam. Je crois qu'il faut Warentiam. M.
GARANT. De warens, ou warantus, qui viennent de l'Alleman ware. Voyez Lindembrog & M. du Cange dans leurs Glossaires, & Voësius de Vitiis Sermonis, liv. 2. chap. 20. & 25. M.
GARANT. Il est indubitable que l'origine de ce mot est Teutonique: & cette origine est le vieux verbe waren, qui signifioit primitivement voir, confiderer, & ensuite, observer, soigner, garder, prendre garde. Wachter dans son Glossarium Germanicum, page 1826. WAREN, cavere, cautionem adhibere vel prastare, ne quid mali prater spem & opinionem accidat. Veteres plerumque habent warnen, quod vide. Sed & waren vel weren eodem sensu obiunisse ex compositis & derivatis eorum intelligimus. Bensonius in Voc. Anglosax. wet cantus, were cantio. Gloss. Pez. cautela geueri. Idem cognoscitur ex Latinitate Barbara vetutissimi avi. Nam à participio warend cavens, ante permuta sacula salta sunt warens & warantus fidejussor, warenda & warandia fidejussor, warendator fidejussor, warandare & warentizare, eviditiinem prastare, & alia apud Glossographos. Ex eodem fonte sunt Gallica, garant, garantit, garantie, & similia mei significatus. Plura ad samiliam verbi spellantia vide in wet cantio & paetio. Nous avons changé l'or en G, comme dans quantité d'autres mots. Voyez ci-dessous Gare.
GARBE. L'air, la mine d'une personne. De l'italien garbo. Ce mot garbo est de difficile origine. Voyez mes Origines Italiennes. M. der, *Italis* guardare. *Orfidus lib. 1. cap. ult. 17.* Témo-hirta fine uns uuarent, Iounish io glihalten. *Or pastores ejus nos custodians, Et nos quoque servent.* Inde nomen custodi vart in omnibus veterum dialectis, ut dixit supra. In qua derivatione nostri Graeca & Latinos habem consentientes. Meminisse enim debemus, quod cum primus verbi warten significatus, unde reliqui omnes oruntur, sit profipicere, custos a visu & observatione sic dicatur, plano ut Graeca et in a evenique, video, & Latinis æditus, templorum custos, ab idio video. De cette premiere signification du verbe warten, est venu le François regarder, & l'Italien guardare dans le même sens. De wart ou ward, dans le sens de custos, vient le François garde, & gardien. Et ce mot, dans le sens de tuare, defensor, se reconnoit dans plusieurs noms propres Teutoniques : comme ETHELVARD, qui signifie defensor patria, ou bien defensor nobilis; EDOUARD, defensor felicitatis; Voyez ce mot ci-dessus; SIGEVARD, tutor victoria; LUITVARD, defensor plebis; LUTVARD, defensor celebris. Voyez Wachter dans son *Glosarium Germanicum* au mot Wart.
GARDEROBE. Plante. Grec *apprentis*. *Quia fugat tineas in vestimentis*, dit Borel dans son *Florus Simplicium*. M.
GARDES. On appelle ainsi à Rouen des groseilles rouges. On les appelle aussi *grades* à Caen : & *gradilles*, dans la Basse-Normandie. Nous les appellons *castrilles* en Anjou. J'ai quelque opinion que tous ces mots ont été fait de *rubius*; à cause de la couleur rouge de ce fruit. *Rubius, rubicus, rubicardus, rubicarda, carda*, GARDES : & par métathèse, GRADES : d'où le diminutif GRADILLES. *Rubius, rubicus, rubica, rubicafter, rubicastillus, castillus, castilla, CASTILLES*. Nous avons ainsi appelé en Anjou *gadilla*, ce coiffeau qu'on appelle communément *pergerouge*. *Rubius, rubicus, rubicatus, rubicatillus, rubicatilla, catilla*, GADILLES. Les Manceaux, selon le témoignage de Belon, l'appellent GADRILLE. Ils y ont inféré une R. Voyez mon Discours du Changement des Lettres. M.
GARDES. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, pris dans le sens de *groseilles rouges*, paroîtra, je crois, assez singulière. C'est une chose plaifante de voir comment les mots *grades, castrilles*, & *gadille*, viennent également de *rubius*. Ce sont des enfants qui ne ressemblent guère à leur père, & qu'on croirait être d'une autre race. Il faut néanmoins, en matière d'étymologie, qu'on puisse apercevoir dans ceux-là quelques traits de ressemblance avec ceux qui leur ont donné le jour. Il en est de cette étymologie de M. Ménage, comme de celle de *francolin*, qu'il fait venir de *lagopus*, de celle de *fregata* qu'il fait venir de *remus*, & de quelques-autres. Il n'est pas permis de tronquer les mots à la fantaisie, de les allonger, de leur forger des diminutifs, & de les tourner de tant de façons qu'on les amène enfin au point où l'on veut. C'est le moyen de *quidvis ex quovis exculpere*: mais c'est aussi le moyen de donner de trioménalités étymologies. Je ne dis pas cela pour dépriser celles de M. Ménage : j'en suis bien éloigné, & il me conviendrait mal de le faire. Mais comme les fautes des hommes vulgaires peuvent être négligées sans inconvénient, celles des grands hommes au contraire doivent être remar- quées, parce qu'elles tirent à conséquence. M. Ménage nous donne un si grand nombre d'excellentes étymologies, qu'il est aisé de lui en passer quelques-unes où il n'a pas si bien réutilisé, & qu'il est très-difficile, ou peut être même impossible, de découvrir. — *Non ego paucis* *Offendar maculis, quas aut incuria fudit, Aut humana parum cavis natura.*
GARD'INFANT. Sorte de grand vertugardin. C'est un mot Espagnol. M.
GARDON. Poisson. J'ai traité de l'étymologie de ce mot, au chapitre 71, de la deuxième partie de mes observations sur la Langue Française : & voici comme j'en ai parlé : Nous avons fait GARDON de *leucus*, ou de *leuciscus*. De *leuciscus*, qui signifie *blanc, éclatant : candidus* : & qui a été fait de *leucus*, *videus* (*leucus*, *leuciscus*, *leuciscus*, *videus* (*leuciscus*), *leuciscus*, *leuciscus*) : de *leuciscus*, dis-je, les Grecs ont fait le diminutif *leuciscus* (c'est-à-dire, *blanchastre*), pour signifier un *gardon* : parce que le *gardon* est un poisson blanchastre. Voyez Rondelet dans son livre des Poissons. Les Latins ont appelé de même une ablette, *albulia*, à cause de la couleur blanche : & c'est de ce mot *albulia*, que nous avons fait celui d' *ablette* : *albulia, albulietta, ABLETTE*. Voyez mes Origines de la Langue Française. Et à ce propos, il est à remarquer que les Pêcheurs appellent de la *blanchaille*, les ablettes, les gardons, les dards, & autres semblables petits poissons de couleur blanche : & que nous disons à Paris *alviner un étang*, pour dire le *peupler* : & l'*alvain d'un étang*, pour dire le *peuple d'un étang* : & que le premier de ces mots a été fait d'*albinare* ; & le second d'*albanem* : les étangs étant peuplés ordinairement de dards & de gardons, & autres petits poissons, compris sous la *blanchaille*. De *leuciscus*. Les Latins ont fait *leucus* : & de *leuciscus*, *leuciscus* : duquel mot *leuciscus*, les Italiens ont fait *lasca* pour signifier un *gardon*. *Leuciscus, leuciscus, leuciscus, lasca*, *lasca*. Voyez mes Origines de la Langue Italienne. De *leucus*, on a fait *leucardus* : comme *blancardus*, de *blancus* : duquel mot, *blancardus*, nous avons fait *blanchard*. Et de *leucardus*, on a fait, par aphérèse, *gardus*, & *gardo gardonis*. De *gardone*, ablatif de *gardo*, nous avons fait GARDON : & de *gardus*, GARD : qui est comme nos Anciens appelloient un *gardon* : & comme les Picards l'appellent encore présentement, selon le témoignage de M. du Cange. Cette étymologie ne me déplaît pas. M. du Cange dérive le François *gardon*, du Latin *gardio*. Mais c'est le Latin *gardio* qui a été fait du François *gardon*. *Gardio* ne se trouve que dans la Topographie d'Ibernie de Silvester Girardus, qui est un Auteur très-moderne. Je remarquerai ici en passant, que nous disons par une commune façon de parler, *sain comme un gardon* : & que Rondelet l'explique de cette sorte : *Ce poisson est allégé, & léger; d'où vient le proverbe des François, parlant d'un homme disposé & sain* : Il est sain comme un gardon. *Autrement ce poisson est de chair molle, & de peu de nourriture*. On dit en Basse Normandie : Il est sain comme un poisson ; sans spécifier le poisson. M.
GARE. C'est l'impératif du verbe *garré*, qui n'est plus en usage ; encore que *gara*, qui signifie même chose, soit encore usité en Languedoc. Ce verbe signifie *se conserver, prendre garde à soi*, & Nunn se défendre. Il est mal-aise d'affûter s'il est de la Langue Françoise ou de l'Allemande, parce qu'il s'en trouve des marques en l'une & en l'autre, puisqu'en Langue Saxonne waran, selon Spelman, ou waren, selon Voëssus, signifient se défendre; de sorte que je me persuade volontiers que ce verbe est de l'ancienne Langue Celtique, qui étoit anciennement commune aux Germains & aux Gaulois, quant à la racine des mots. Caïeneuve. GARE: comme quand on crie, gare, gare. M. de Saumais sur Solin, p. 946. le dérive de varare: Varare, transire, trajicere, ducainere. Unde varatio fluminis apud Aultores de Limitibus, à ducainere. Inde & varas appellarunt ponticulos ex tabulis fallus, quibus fluminum alvesi varantur, id est, trajiciuntur, apud Vitruvium. Ab eo verbo varare, nos sicimus guarare, hoc est, fugere, & anamarius, & fugiendo sibi cavere. Sic ex vallare, GUASTARE; ex veïpa, GUESPAM: Inde evatari, vel exguarati, nobis dicuntur, qui a relia via deerrarum. Inde etiam lupi guarois, qui caterorum luporum fugiunt confertum, & soli incedunt: quo nomine & homines paupoiens, societatem & catum vitannes, sibique viventes, solemnis indigitare. Gráci paupoiens vocarum hujumodi lupus. Voyez guérite. M.
GARE, L'étymologie de M. de Saumais ne paroît guère naturelle; & je la crois même entièrement fauffe. Je dérive gare du vieux Teutonique waren, qui signifie cavere, cuffodire. Quand on dit gare, c'est comme si l'on disois: prenez garde à vous, gardez-vous. C'est aussi le sentiment de M. de Caïeneuve, qui croit avec raison que ce verbe waren vient de l'ancienne Langue Celtique. Sa signification primitive est videre, speitare, inturri. C'est pourquoi Wachter le dérive du Grec opium video, auquel on a ajouté le v Germanique. Il croit aussi que le Grec opium & le Teutonique waren peuvent avoir été faits également tous deux de l'Ebreu חור or, qui signifie lumiere; parce que c'est au moyen de la lumiere que l'on voit & que l'on est vu. Voyez cet Auteur dans son Glossarium Germanicum, au mot Waren.
GAREAU. Bigarré. Nos paysans d'Anjou, en parlant à un bœuf Ligarré, l'appellent gareau. De varellus, diminutif de varus: qui est le même que varius. Voyez verote, & bigatreau. M.
GARENNE. Je viens de dire que garer, en vieux François, & waren, en Saxon, signifient entre autres choses défendre. De la vient sans doute Garenne. Car comme le mot de Foret signifient anciennement les bois & les rivieres, où il étoit défendu de chasser & pécher sans le consentement des Rois, comme je l'ai fait voir sur le mot Foret: ainsi par celui de Garenne, on entend des bois & des étangs appartenant à des particuliers, où la même chose est défendue. La Coutume du Perche: Garenne à eau & commis. Je trouve aussi qu'en Guienne les Garennes étoient anciennement appellées Desés, du verbe défendere; ou Bedas, de verare. Dans diverses Coutumes locales de Gascogne, les Garennes sont entendues sous ces paroles, Desés de claps, de conits, & de pesquers. Et dans les Coutumes générales du Comté de Fessac arrêtées l'an 1185. Il est permis aux Gentil-hommes, le Comté d'Armagnac d'établir auprès de leurs Châteaux des Bedats; c'est-à-dire, des Garennes. Item fuit ordinatum & concussum per nos cuilibet circa castrum suum Bedatum suum rationabiliter facere, salvo jure alterius. Caïeneuve.
GARINNE. De warenna, fait de l'Alleman warande: lequel mot; ce sont les termes de Voëssus de Fistis Sermonis, 1. 10. primo, proprique, notas custodiam: à waren, s'ou bewaten, custodire. Particulares vers significations habes complures. In his, illam, qua fumitur pro loco opto, ubi fera, animantique custodiumur, & adservantur: qualis Graeis opiudus, Latinis dicitur robotarium, leporarium, vivarium. Ainsi nous disons, garenne à commis, garenne à eau. Loisel, dans ses Institutions Coutumieres, xi. 1. 10. On ne peut tenir riviere en garenne ou deffense, s'il n'y a titre, ou prescription. Mathieu Paris s'est servi du mot garenna dans la Vie de Henri III. M.
GARGARISER. De gargarisare, fait de 2007. 2008. qui signifie la même chose, & qui est formé de 2007. 2008. qui signifie gutur. M.
GARGOTE. Lieu où on donne à manger pour un prix très-médiocre. Dans le Glossaire de Vendôme, GURGUTA est interprété loca aaberna-rum tenebrofa. Il y a apparence que GARGOTE a été formé de ce mot Latin. Gurgutium, gurgutum, gurgotum, gurgota, gargota, GARGOTE. Gurgutium est interprété dans Festus, genus habitationis angustum. L'U a été changé en A. Voyez mon Discours du changement des Lettres. M.
GARGOTE. Les Allemans appellent une gargote gar-buche, c'est-à-dire parata culina; parce qu'on y trouve toujours quelque chose de prêt à manger: & c'est de là que je dérive notre mot gargote. Le Duchat.
GARGOUILLE. Nicot: GARGOUILLE, est ce petit canal de pierre, ou d'autre chose, iflant en forme de couleuvre, ou d'autre bête, hors d'œuvre, au-dessous des couvertures des Eglises, & tels autres grands bastimens, pour jeter au long l'eau pluviale qui en descend. Fistula, aquam pluviam à pariete longé emittens, arcens: canalis aquæ pluvia enlifarius. Le nom est par onomatope, du gargouilles & bruit que l'eau lait, courant par telles gargouilles. Le Pere Menestrier dit la même chose à la page 129. de son Livre de l'Origine des Armoiries. Et j'avais aussi remarqué la même chose dans mes Origines de la Langue Italienne, au mot gorge. Le Pere Menestrier ajoute, que ces gargouilles ont été nommées par corruption gringoles: & que c'est de là qu'est venu le terme de gringole, pour ces titres de serpens qui terminent certaines croix que l'on nomme en Blafon gringoles: & qu'on dit encore en langage Picard, dégringoler, pour dire tomber d'enfant, comme l'eau qui coule par les gargouilles. On se sert du même mot en Normandie, pour dire la même chose. A Rouen, on appelle la gargouille la figure d'un gros serpent qu'on porte en Procession le jour des Rogations, & le jour de l'Ascension; auquel jour on délivre le prisonnier qui a levé la fierté. Voyez fierté. M.
GARGOUILLE. Du Grec gorgopa, canal par où l'eau s'écoule. Huet.
GARGOUILLE. Ce mot ne viendroit-il point du Latin gurgutio ou de grandis gula? Le Duchat.
GARGOUILLE. Nom propre; mais qui dénote ordinairement un quidam duquel on fait peu de cas. C'est une corruption de grand & de Guillaume, dans la signification de sor: le nom de Guillaume, par allusion à vieil homme, vieux rêveur, se disant ordinairement sur le pié d'injure. De grand on a fait gar; comme en gargouille, formé de grandis gula. Le Duchat. 65r
GARINTHES. Sorte de fourrures. Voyez Favyn, dans son Théâtre d'Honneur & de Chevalerie, livre 3. page 519. M.
GARITE. Du verbe inusité garer : parce que les garites ne sont faites que pour s'y défendre, & mettre à couvert des coups des Afiégeans. Guillaume le Breton, livre 2. de sa Philippide : Nonnifranus erat qui muris staret in aliis, Omnibus ad tutas fugientibus ulto garitas. Et au livre 7. Hi cryptas, illi curvas fubière garitas. De-la vient le Proverbe des couards : se sauver à la garite, ou prendre la garite. Caïeneuve. Voyez ci-dessous GUERITE.
GARNACHE. Sorte de robe. Dans le Compte d'Erienne de la Fontaine, Argentier du Roi, rendu en 1351. Pour vingt aunes & demie de fin veluau vermeil des fors, pour faire une garnache, ou long mantel, fendu à un côté, & chaperon de mesme, tout fourré d'ermines, &c. Pour deux pièces de fin veluau blanc, pour faire une cote, & une garnache, fourrée d'ermines, pour le Roy, à ladite Feste de l'Estoille. Et au chapitre des Pernes : Pour fourrer un furcot, une garnache, un mantel à parer, & un chaperon que le Roy et de fin blanc de Bruisselles, &c. Pour soixante ermines, à fourrer les manches d'une garnache blanche, pour ledit Seigneur. Goffredus Vossienis, partie 1. chap. 74. Nevissimè nisi sum ampla quadam veste, inflar Monachi, fine manicis : quod Franci vocarum garnacha. C'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas garnacha : ce qui a été fort bien remarqué par M. du Cange. Les Italiens disent aussi guarnacca, & guarnaccia : que j'ai dérivés dans mes Origines Italiennes du Grec-barbare γραινεῖα. Meurisius, dans son Glossaire : Γραινεῖα. Vestis Imperatoris, prolongis manicis, & ad talos usque dependentibus : qua non cingebatur. Translata vero erat ex Assyria. Codinus, de Officiis Aula Constantinopolitana : ἕτη καὶ ἀπὸ ἦλ. ἄσθαιναι ΠΡΑΝΑΤΖΑ λιγόβριος, ὅτι καὶ φερὶ ὁ Βασιλείας ΠΡΑΝΑΤΖΑ λιγόβριος, ὅτι καὶ φερὶ ὁ Βασιλείας ἦλ. ἄσθαιναι ΠΡΑΝΑΤΖΑ, ὡς ἐφίλιος Jules-César Boulanger, Profeſſeur de Pise, livre 2. de l'Empereur Romain, chap. 4. Vestis Constantinopolitani Imperatoris, granatza dicta : reliquorum Principum, lapatza. Granatza quidem, quasi laxis & fluentibus manicis trabea, & vestis nitens : ex duobus vocibus Syris, charana tzach. Contra, capatza, pro lappatzach, constricta trabea : quia manica erant cincta, & in zonam impacta : ut Codinus : ἕτη καὶ ἀπὸ ἦλ. ἄσθαιναι ΠΡΑΝΑΤΖΑ λιγόβριος, ὅτι καὶ φερὶ ὁ Βασιλείας ἦλ. ἄσθαιναι ΠΡΑΝΑΤΖΑ, ὡς ἐφίλιος, inquit, fluxit geſtamen quoddam, ad noſtros usque Imperatores dictum granatza : quod Imperator fert ſine zona. Les Eſpagnois ont auſſi dit garnacha. Covarruvias ſe trompe tout-à-fait, dérivant ce mot Eſpagnol de guarnire ; en quoi néanmoins il a été ſuivi par l'Aleandro. Voyez mes Origines Italiennes, au mot guarnello. M. Ferrari, dans les ſiennes, a dérivé guarnacca du Grec agrar, qui, dans les Gloses anciennes, eſt interprété peſſe lanata. M.
GARNEMENT. Mauvais garnement. De garnir : parce que les fainéans & gens inutiles ne ſervent que pour garnir ; c'eſt-à-dire, pour remplir & fournis le nombre des hommes. Horace : Nos numerus ſumus, & fruges conſumere nati. C'eſt la remarque de M. Huet ; & celle de Sylvius & de Nicot. Voyez garnir. M.
GARNIR. De warnire, qui ſignifie ſe pourvoir, & t'équiper des choses néceſtaires. Les Capitulaires de Charles le Chauve, titre 16. Unſquisque infra patriam, cum pace, & ſine oppressione pauperum & circummanentium, conſſtat ; & in hoſtem, vel ad placitum ſive ad curtem veniens, de ſuo ſic warnitus, & de domo ſua meveas, ut cum pace venire, & nobſicum ſtare, & ad domum ſuam redire poſſi. Caïeneuve.
GARNIR. Sylvius, dans ſon Iſagoge in Linguam Gallicam, page 71, le dérive de granire, fait de granum. Voici les termes : A granum, granarium, GARNIR : GARNIR, id eſt, munire, a granire. GARNISON, a granito ; id eſt, munito urbis aut caſtelli, qua granis vel maximè conſtat ; ſed etiam praſidio militum, quos etiam garnison vocamus ; unde, per ſyncopen ni, GARSON, id eſt, nequam, à conſueta illorum nequitia. Unde etiam malos vocamus mauvais garnemens, à granimentum. Cette étymologie eſt ingénieuse ; mais elle n'eſt pas véritable. Garnir vient de warnire ; comme garni, de warnitus. Le Pere Sirmond, ſur ces mots des Capitulaires de Charles le Chauve, De ſuo ſic WARNITUS, titre XIII. chap. 24. Et ad hic omnes warniti ſint, id eſt, parat & necoſtariis rebus inſtrutti. Qua nunc in vernacula noſtra ejus vocis eſt notio. Ut, cum domum warnitam dicimus emni inſtrumento, & ſupellectile ſua, ornatam atque inſtruttam, &c. Warnitus a été fait de l'Alleman waren, ou bewaren, qui ſignifient garder, conſerver. Voyez Voſſius de Vitiis Sermonis, page 322. Ou de garn, qui ſignifie paratus. Lipſe, dans ſon ancien Glossaire, inſéré dans la Lettre 44. de la troſième Centurie de ſes Lettres ad Belgas : Garo, paratus : & garn, idem. M. Guyet dérivait auſſi garnir de granum. Granum, gran, granire, garnire, GARNIR. M.
GARNIR. Il eſt vrai que le François garnir, d'où garnison, vient du Larin-barbare warnire. Mais warnire ne vient pas de l'Alleman waren ou bewaren, qui ſignifie :arder, conſerver. Il vient de warnen, autre verbe Alleman, qui ſignifie munir, fournir des choses néceſtaires. Wachter, dans ſon Glossarium Germanicum, page 1829. WARNEN, munire, inſtruere armis . . . . . Latino-barbaris warnitus, armatus, armis inſtrutus, in Capitularibus Regum Francorum. Gallis garnison praſidium militare, Italis guarnire munire. Poſtea ſenſus ab apparatu militari ad quemcunque apparatum tranſiatus eſt. Inde Iſlandis warnadut utensilia, Gallis & Italis garnir, guarnire inſtruere ; quod à Ferrario malè ab ornare derivatur. Similem tranſiatio nem à defendendo ad veſtiendum faſtam, vide infra in weren, defendere, voſtire.
GARNISON. De garnir, formé de warnire. C'eſt ainsi qu'ont appelle aujourd'hui les gens de guerre ordonnés pour la défenſe ou conſervation d'une Place. Ce mot s'entendoit anciennement des proviſions d'argent & de vivres, & des autres choses néceſtaires à l'entretien d'une ville de guerre. L'Histoire du Connétable du Gueſclin, chap. . . . . En ladite Ville conqueſtée ſue trouvée mainte noble N a n i j ricbeffe; comme joyaux & monnoye d'or & d'argent, & très-grand garnison de bleds & de bons vins. On diroit aussi garnefume, pour garnison. Mathieu Paris, en la Vie de Henri III. Civitatem Da- mata cum fustentamentis, qua garnefures vulgares appellant. Cafeneuve.
GARNISON. C'est le verbal de garnir. Voyez garnir. M. de Cafeneuve a fort bien remarqué, que ce mot, qui signifie aujourd'hui les gens de guerre ordonnés pour la défense ou la conferva- tion d'une place, signifioient anciennement les provisions d'argent, de vivres, & autres choses nécessaires à la confervation de cette place. Ce qu'il prouve par cet endroit de l'Histoire du Con- néable du Guéclen : En ladite ville conquête, fut-trouvée mainte noble richeffe; comme joyaux, & momnoye d'or & d'argent, & très-grand garnison de bleds & de bons vins. Et par celui-ci de Mathieu Paris, dans la Vie de Henri III. Civitatem Da- mata, cum fustentamentis, qua garnefures vulga- res appellant. Garnifio se trouve en plusieurs Ecri- vains de la balle Latinité. M.
GARONNE. Le nom de ce fleuve est, à mon avis, de l'ancienne Langue Celtique. Car comme du verbe Alleman rinnen, qui signifie cou- ler & fluer, a été fait le nom du Rhein, selon l'o- pinion de Goldatt; de même de son prétexte geron- nen, ou, comme prononcent les Allemans gueron- nen, fut formé le nom de la Garonne; tant à cause de son cours ordinaire, que du flux & reflux de la mer. Je ne fais si Guillaume le Breton, qui, dans sa Philippide, l'appelle Gerumna, avoit fait réflé- xion à cette origine : Quum post retrofium pelage crescente Gerun- nam. Camden, en sa Bretagne, le dérive du Breton ou Anglois garu, qui signifie rapide. Nobilissimum Gaius flumen Garumnam torrentsibus, & quasi exas- peratis undis ferri noissimum est : unde Poetis vali- dus Garumna aquorens : rapidus garu Britannice designat. Cafeneuve.
GARONNE. Fleuve. De Garumna : qu'on croit avoir été formé de garan, mot Gaulois, qui signi- soit rapide. M. Bochart, page 757. de son livre des Colonies des Phoeniciens : GARU, vel GARAN, rapidum sonat : etiam Britannis noftratibus. Unde sulpicatur Camdenus nomen habuiffe Garumnam. De quo Claudianus in Rissimum, libro 1. — pernicior unda Garumna. Et Sidonius Apollinaris, carmine 11. Est locus irriguâ quâ rupe Garumna rotatus. Ut ut sit, ad garaw alludit Arabicum נָף garaph, prope ejusdem significationis. Giggienus סוּר נָף (sail garaph) torrents omnia awebens. M. de Cafeneuve lui donne une autre étymolo- gie : voyez sa Note. M.
GARONNE. Je préfère l'étymologie de M. de Cafeneuve à celle de Camden. L'Alleman run, qui signifie un fleuve, une rivière, un torrent, vient du verbe rinnen couler, d'où a été formé le nom du Rhein. Ga, dans la Langue Germanique, est souvent une partienne aggregative. Ainsi Gar- run, en Latin Garumna, d'où notre François Ga- ronne, c'est comme qui diroit aggregatio Fluvio- rum. On fait que la Garonne reçoit plusieurs au- tres rivières, & qu'elle coule avec beaucoup de rapidité. Wachter, dans son Glossarium Germa- nicum, page 1318. RUN, fluvius, torrents, chrysus aquarum. Guthis rinnis Jab. XVIII. 1. Anglo-Saxo- nibus tyne, Francis & Alamanis runs. Isidorus, cap. 6. Dhurah Jordanes runis, per Jordanius fluen- ta. Refer au rinnen fluere. Simile est RHEIN Rho- nus, & fortasse etiam GARUMNA Aquitania, qua petest esse Garunna; host est, flumen quod alios flu- vius recipit, & secum in mare desert; vel etiam confluentia. Nam ga, quod hodie effertur ge, fupè eis adverb. aggregandi. Le nom François Ga- ronne conferte tres bien les marques de cette origine; car il ressemble encore mieux à Garun- na, qu'au Latin Garumna. Prolomée nomme aussi cette rivière rauive, fupose qu'il n'y ait point de faute dans ce mot; car les copistes peuvent bien avoir oublié un μ.
GAROU. Voyez loup-garou. M.
GAROUAGE. Aller en garouage. Voyez loup-garou. M.
GAROUAGE. Je dérive ce mot de gyrovaga- tio.
GARRIGUES. En Languedoc garric est un petit chêne : c'est pourquoi on y appelle garr- gues certaines terres incultes qui ne produisent que de petites broffailles de chêne, particule- rement de celui que Pline, au livre 16. chap. 6. appelle ilex, aquifolia, qui produit les environs de Montpellier & de Narbonne la graine nommée kernes, ou cochenille. Cafeneuve.
GARRIGUES. Terres incultes. Belon, liv. 1. de ses Singularités, chap. 1. Combien que l'herbe que nous nommons vulgaterem et thym, croise co- pieusem sauvae et guaiques de Provence & de Languedoc. M. de Cafeneuve, au mot garrigues : En Languedoc garric est un petit chêne : c'est pour- quoi on y appelle garrigues certaines terres incultes qui ne produisent que de petites broffailles de chêne. M. Borel a dit la même chose dans ses Origines Gauloises. Voici ses termes : GARRIGUES; c'est-a- dire, des landes, ou broffailles. De garric; c'est-a- dire chêne. On en voit quantité au bas Langue- doc, ou on les appelle ainsi. Quoi qu'il en soit, ce mot de garrica se trouve dans un grand nombre d'endroits d'Auteurs de la balle Latinité, produits par M. du Cange. M.
GARROT. Trait d'Arbalète. Marot, dans ses vers sur le cheval de Viart : Grison sus bédard, Qui garrot & dard Passy de vitesse. Le Président Fauchet, dans son Traité de la Mi- lice, dérive garrets de quadrell; dont il dit que les Latiniseurs se sont servis pour exprimer cette forte de traits d'arbalète : & il croit qu'on les a appellés garrets, par corruption, pour garreaux, ou carreaux. Il se trompe touchant l'étymologie. Garrot vient de verutum. Nonius Marcellus : Ver- utum, est telum breve & acutum. Saluste, livre 3. de son Histoire : Saxaque ingentia, & axe juneta trabes, per pronum incitabantur; avibusque emine- bant in modum ericii militaris veruta binum pedum, &c. Le même mot se trouve en la même signifi- cation dans César, & dans Silius Italicus. Verutum est un diminutif de veru. Veru, verutum, verut- tum, verutum, guerrotum, guerrotum, GARROT. De guerrotum, on a fait guerretto, guerretionis, guerretione; d'où les Italiens ont fait verretione. Voyez carreaux. Du mot garrot, est venu celui de garrotter, pour dire lier; à cause qu'on se sert d'un garrot quand on veut lier quelque chose : ce qu'on appelle lier & garroter ; comme nous le voyons pratiquer par les Embleurs, qui se servent d'un bâton pour lier & serrer plus étroitement ce qu'ils embalent. ¶ Les Espagnols disent garrote ; que M. Guyet, à la marge de son Covarruvias, dérive de varrus, de cette manière : Varrus, varrus, varrarum, garro, & par méraplaïsme, varrote, GARROT : d'où, selon lui, le François GARROT. Cette étymologie ne me déplaît pas. Varrus signifie stipes impolitus. Voyez Mathias Martinius. M. GARROT de cheval. C'est le haut des épaules du cheval. Je ne sais d'où vient ce mot en cette signification. M.
GARROT. Le Traducteur de la Maréchallerie de Laurent Ruse, chap. 34. Une chose toutefois est utile, que le chevaucheur en trotant, ou galopant, en menant à la course, tire si fort les reines de la main, environ le dos contre bas vers la garesse, que le cheval en courbant ou pliant le col, encine la tête près de son lomac. Et au chap. 72. Pareillement advient au col du cheval, près les guarets, semblable roigne ou teigne, déracinant du tout les poils. Dans ces deux passages la garesse & les guarets, c'est le garrot du cheval. Garrot, guarets, & garesse, viennent d'arcus. Arcus, arci, arco, arcosus, carous, garrot. Arcus, arcosus, carous, guaret & garesse. Cette inversion, qui se rencontre aussi en ardillon, fait de radillone, augmentatif de radius, & en bruter, fait de ruptarius, est fort familière dans la Langue Française : & on ne peut douter que garrot, &c. ne viennent d'arcus, puisque le haut des épaules du cheval, qui est ce qu'on appelle garrot ou les garets, est un os plat, & arrondi comme un arc. Le Duchat.
GARS. Voyez garfon. M.
GARSE. Voyez garfon. M.
GARSON, GARSE. L'origine de ces mots est tellement cachée, qu'on n'en a encore pu trouver aucune qui me plaise. Isaac Pontanus, dans son Glossarii Prisio-Gallii Aullarium, sur le mot Baro ou Varo, dit que de varo on a fait warso; & de-là warfon ou garfon. Lipse, livre 3. épit. 44. ad Belgas, le forme de garrio, à garritu, à cause du caquet des petits garsons. Je n'en sais point d'autres, si ce n'est que gars, dont garfon est le diminutif, doit être de l'ancienne Langue Celtique, en laquelle il signifioit jeune homme : & que comme puer est pris pour un jeune enfant, & pour un serviteur; & que valet, qui signifioit anciennement un jeune homme, est maintenant pris pour un serviteur, garfon & garse ont aussi signifié dans la suite un valet & une chambriere. Traimundus, Moine de Clairvaux, en l'Épître première dans le quatrième volume du Recueil des Historiens de France de du Chesne : Regem puteris prodire, non praisidem ; tantus est equorum exercitus, tanta caterva Comitum, tantus praecedentium populus garcionum. Le Roman de Guillaume au court-nez : Les murs d'Orange choisis sur la terriere Tiox trois cens Dames et a une apoiere, Il n'y avoit garse, ni chambriere. Il y a des lieux en France où garse est encore pris en bonne part, & signifie une fille de chambre : de sorte qu'il en est de ce mot, comme de l'Espagnol manceba, qui se prend aussi bien pour une fille honnee, que pour une debauchee. Cafeneuve.
GARSON. Isaac Pontanus, dans l'Augmenta- G A R. G A S. 633 tion de son Glossaire Celtique, au mot Baro, le dérive de Varo. Nec aliud serè exostimo intelligi hodique Gallis per garfon, quam olim per hoc vocis varo. Nam si emutireus, dicitur garfon, quasi warfon : Omnia enim in W. notatata ita stellunt Galli. Lipse, dans la Lettre 44. de la troisieme Centurie de ses Lettres ad Belgas, le dérive de garrio, substantif, qu'il estime avoir été dit à garritu. Jam verè, dit-il, & Gallerum garsons manifestò sunt garriones Latinis; a garritu; sed Imedià in consonantem fortius trarrlata. In Cedreno legas, Constantinopoli conf. gasse incendio, vò poieiuòv vò poieiuòv daunueic, vò poieiuòv Taperocouciòv. Id est, Mediam aulam Templi magni, que Garsonofasum dicitur. In margine libri, notatum : Taperocouciòv, iupi boiòv, washociòv : Taperocouciòv, vò poieiuòv, vò poieiuòv. Id est, Garsonofasum mihi videtur esse puerorum statio. Garsonium enim Latinis, est puer. Optimè ille. Et nescio an hoc faciat Luitprandi Ticineniis Scripto : Chmili mancipia quatuor Carismatia, Imperatori nominatis omnibus gratiosora. Carismatium autem Græci vocant, amputatis virilibus & virga, puerum Eunuchum. Imo hoc facis : & Græci illi inferiores leviter coruperunt. Garfon est un diminutif de gars. Et ainsi l'étymologie de Lipse ne peut substituer. Je ne sais d'où vient gars. En Anjou, en Bretagne, dans le Maine, & dans la Normandie, garse ne se prend pas toujours en mauvaise part. Ce mot quelquefois y signifie simplement une fille. Pierre de Blois, Rigordus, & Guillaume le Breton, se servent du mot garrio, qui a été fait du François garron. Voyez Vossus, de Vitis Sermont, livre & chapitre premier. ¶ Garsons, parmi les Wallons, est une injure, comme garce parmi nous. ¶ De GARCE, nous avons fait GARCAILLEUR : comme les Latins mulierarius, de muster : & femellarius, de femella. Les Gloes d'Isidore : Femellarius, feminis deditus. Les Espagnols disent, magerrigo. C'est ce que j'avois remarque sur le mot garfon, dans la première édition de ces Origines. A quoi j'ajoute, que l'écriant dérive ridiculement garfon du Grec n'P. M.
GARSON. M. de Cafeneuve a raison lorsqu'il dit que gars, dont garfon est le diminutif, doit être de l'ancienne Langue Celtique. Il en est effectivement. Gur, gwr, ur, wer, wair, bar, fair & fear, suivant les différents dialectes, signifient la même chose que le vir des Latins, & l'ouï des Grecs; & on voit aussi que ces deux derniers mots ont beaucoup de ressemblance de son avec le mot Celtique. Gars signifie donc proprement masculus : garfon ou garfon, vir, pusillus, & simplement aussi masculus : garse ou garce, c'est proprement mascula, virago. Et garou vient de la même source, & signifie pareillement vir. Ainsi loup-garon, est la même chose que loup-homme, loup-garon. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 626. au mot Gur, & page 1864. au mot Wer. *
GASPILLER. H. Otrius, dans la Franco-Gallia, le dérive de l'Alleman verspillen, qui signifie proprement perdre au jeu; & je crois qu'il a raison. Le Livre intitulé, la Fameuse Compagnie de la Lésine, part. 1. fol. 205. v. édit. de 1604. a dit guespiller. Ce qui me fait croire que ce mot pourroit bien venir de *vespa*, *Vespa*, *vespilla*, *vespillare*, *guespiller*, *Guespiller*, c'est vivre à la maniere des mouches *guêpes*, c'est-à-dire, du labeur d'autrui, sans rien faire. *Le Duchat*. **GASPILLER.** Quoique je ne désapprouve pas l'étymologie qui fait venir *gaspiller* du verbe *Allemant verspiller*, qui signifie prodiguer, dépenser mal-à-propos; j'aimerais néanmoins encore mieux le dériver du Saxon *gespillan*, qui signifie consumer, corrompre, gâter, & qui est composé du verbe *spillan*, & de la particule *ge*, laquelle se joint souvent à la tête du mot dans la Langue Teutonique. Au lieu de *ge*, on dit aussi *gi* & *ga*. Les Islands disent *spilla*, dans le même sens que *gespillan*. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1775, fait venir, comme Ortius, *gaspiller de verspillen*. Voici les termes: VESPEILLEN prodigere, dilapidare bona, dialecto Belgica. *Gallis gaspiller*. *Proprié est dissipare*, à *manier* jacere, *pra-posito* S. \* **GASSENDI.** Nom de famille de Digne en Provence, devenu très-célébre par le père de la Philosophie l'illustre M. Gassendi (a). Ce mot a été fait du Latin-barbare *Gassindus*, qui se trouve dans Marcule, & ailleurs, pour un serviteur, domestique important. Voyez M. Bignon sur Marcule, Spelman & M. du Cange dans leurs Glossaires, & Gérard Voissus dans son de *Vittis Sermonis*. M. Bignon, au lieu allégué, ayant cité une ancienne Formule manuscrite, où *Gassindus* est appelé *Ministralis de intus casa*, Gérard Voissus a conclu de-là, que *Gassindus* étoit un mot composé de *casa* & *d'intus*. En quoi il s'est tout-à-fait trompé. Si ce mot vient de *casa* (car il n'est pas bien certain qu'il en vienne : voyez le Glossaire de M. du Cange), il en vient de cette maniere : *Casa, casina, cassini*; d'où le mot Provençal *CASINE*. *Cassina, cassindus*, *GASSINDUS*. *Indus*, en ce mot, n'est qu'une paragoge, ou production. De très-grands hommes ont fait de très-grandes fautes en matière d'étymologies, pour n'avoir pas pris garde à ces productions. C'est ainsi, pour ne parler que du même Voissus, qu'il a dérivé *mussarda*, de *mussum ardens*, & *bombarda*, de *bombus*, & d'*ardeo*. M. **GASTALDOUR.** Pionnier, ou homme qu'on mène à l'Arcée pour applanir les chemins. On disait autrefois *Gastador*: ce qui montre que le mot vient du Latin *vassare*. **GASTALDE**, ou **CASTALDE**. Nom d'un Officier de la Cour de différens Princes. Ce terme étoit en usage au temps du bas Empire. Il est souvent parlé des *Gastalde*: dans les Loix des Lombards. Macri croit que ce nom vient de l'Arabe *Clazendar*, qui signifie *Pourvoyeur d'une maison*. Cette étymologie est tirée de trop loin : d'ailleurs *Gastalde* est un nom Teutonique; par conséquent, c'est dans cette Langue, & non dans aucune autre, qu'il faut en chercher l'origine. Voici comment Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 511, parle de ce mot : **GASTALDUS**, *rector loci*, *sive locus ille sit curtis regia*, *sive civitas*, *aut castrum*. Nam Gassaldorum *munus* & *officium varium* *fuisse ac diversum*, *pro temporum* & *principium ratione*, *ex Legibus Longobardicis* & *Scriptoribus medii* *avi observat Cangius in voce*. *Proprié est constitutus*, *vel auctoratus*. *Sonnervus*, in *Diet. Anglo-Saxon*. *gest-eald constitutus*. A (a) Gassendi signoit *Gassende*. stellen *constituere*, *vel stallen auctorare*. *Grotius in Ind. nom. appellativ*. *Scriptoribus Gothicis prefixo*: **GASTALDUS**, exponitur qui curtim gubernat, *proprié positus*, qui vicem gerat : *ga* & *ge*, augmenta pro dialectis variant. Alii *ca* pro eodem ponunt, unde *Castaldus*. *Hac ille*. *Spelmannus* & *Amerbachius derivationem instituunt* à *gast hespes*, *aliqua tamen differentia*. *Ille Gassaldum interpretatur hospitum samulum*, *ab aldius servus*: *hic hospitum receptorem*, *ab halten tenere*. *Uterque erronice*, *quia officium ejus non fuit peregrinos excipere*, *sed pra-dium Regis curare*, & *subiectis ius dicere*. *Nominis Longobardici adhuc servantes sunt Itali*, *quamvis in infimo significatu*, *quibus Gassaldo est villicus*, *qui domus curam gerit*, *absente Domino*. *Quod ex cafticium villa*, & *aldius verna*, *more suo componis Ferrarius*. \* **GASTON.** Nom propre d'homme. Il vient du Teutonique *gast*, qui signifie puissant, & de plus, Chef, Prince, Commandant, Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 518, parle ainsi de ce mot : *Gast*, *potens*. *Oritur a giesen pose*, *valere*, *quod tempus*, *ut alia multa*, *dilevit*. **GASTO**, *apud Italos* & *Gallos etiamnum est nomen proprium*, *nec aliud quam validum* & *potentem designans*. *Eodem senso manifesto satis occurrit in multis compositis veterum*, *cuiusmodi sunt*: **SEGESTES**, *victoria potens*, *a sieg victoria*. *Princeps Chernuorum*, *Arminii sicer*, *de cujus rebus gestis prolixè agis Tacitus*, *lib. 1. Annalium*, *cap. 55*, & *sequentius*. *Scribendum fuisse Segestes*, *nisi Tacitus auctoritatem Strabonis*, *quam pronunciationem Chernuorum*, *sequi maluisses*. **HELDGCASTES**, *vel HELDGCASTES*, *bellipotens*, *ab hild*, *quod apud Benfonius*, *in Voc. Poet. exponitur praxium*. *Nomen Germani nobilis*, *Franci*, *Marcomanni*, *aut alterius apud Vopificum in Aorel*, *cap. 11*. **ARBOGASTES**, *armipotens*, *ab sit velum*, *sagitta*. *Nobilis Francus*, & *Dux belli in exercitu Gratiani* & *Valentiniani II. Imperatorum*. **NEVOGASTES**, *vel NEBOGASTUS*, *dominus potens*, *a Celtico nas dominus*. *Rex Chamavorum*, *rebus cum Juliane Imp. gestis clarus*, *apud Ennapium* & *Pernum Parric in Excerpt*. **Lagat**, **HENGISTUS**, *majoribus potens*, *a Celtico hyn majores*, *progenitores*. *Dux* & *autior imperii Saxonici in Britannia*, *è familia qua Deos* & *Reges Saxonibus dedit*, *oriundus*. *De cujus natalibus ita scribit Beda*, *lib. 1. Hist. Eccl. cap. 15*. *Ducus fuisse perhibentur eorum primi duo fratres*, **HENGISTUS** & **HORSUS**, *è quibus Horsus postea occisus in bello à Britonibus*, *hactenus in orientalibus Cantii partibus monumentum habet suo nomine insigne*. *Erant autem ut filii WETGISI*, *cujus pater VICTA*, *cujus pater VODEN*, *de cujus stirpe*, *multarum Provinciarum regium genus originem duxit*. *Solent autem Heroes*, *magnis parentibus oris*, *à stirpe sua appellari potentes*. **Virgilius**, *En. vii*. *Turnus avis ataviique potens*. *Aliud erymon*, *sed tanto Principe indignum*, *vide in hengst equus*. *Scio*, *de his aliisque nominibus aliter judicare celoberrimos Legum Salicarum interpretas*, *qui illis*, *vel praefectos locorum*, *vel incidas regionum denotari putant*. *Sic Wendelino Nebrogastes est Prafectus Novesi*. *Eccardo Segestes*, *maritimus provincialis*. *Sed vereor ne ha interpretationes majoribus nostris ineptias affingant*. *Quid enim ineptius quam pueris recens natis a praefectura aut solo natali nomen imponere? Quam aliena hac sint à genio & usu Germanorum*, *sexconis hactenus exemplis patuit*, quibus veteres in excogitandis puerorum suorum nominibus ad virtutem & claritatem unici respecifere docemur. Le même Auteur ajoute ensuite : GAST, Dux, Princeps, unus ex Potentioribus, qui caieris praest, & in compositis Praefellus hujus loci cui annellitur, alias Toparcha. Inde nomina appellativa (nam propria ignorantur) Procerum Francorum in Prologo Legis Salica, WISOGAST, Dux pagi inter Amafim & Vifurgim. BOLOGAST, Dux Batavia, SALOGAST, Dux pagi Salici. Confer dicta in Salgaft & Sal-gow.
GATEAU. Parce que sa figure est vaste & étendue, étant plus appliati que le reste des pains, il fut ainsi appellé, de vaftelium, formé de vaftus. Les Loix d'Ecoffe, intitulées Iter Camerarii, ch. 9. qui est de Pistoribus : Quid non faciunt quodlibet genus panis ut Lex Burgi requirit ; videlicet quachetum, fimmellum, vaftelium. Mathieu Paris, dans les Vies des Abbés de Saint Auban : Abbas folus prandobat, supremus in refectorio, habens vaftelium. Caeseneuve.
GATEAU. Le Pere Cossart, Jésuite, le dérivé de ʒægæ, qui est une espèce de gâteau. Voyez Casaubon sur Athénée, livre 14. chap. 14. Sylvius, dans son Introduction à la Langue Françoise, page 87. le dérive de vaftelium, diminutif de vaftum. Voici ses termes : OUASTEL, Picardis : GATEAU, Gallis : a vasta pannis hujus magnitudine, tanquam a diminutivo vaftelium. Nicot a dit la même chose. GATEAU : nomen habet a vaftitate, seu vasta hujus panificii magnitudine ; quasi VASTILLUM. Car un gâteau est de large estendue. D'autres le dérivent de paftelium, diminutif de paftum, en la signification de pâte. Pasta, paftum, paftelium, vaftelium, gaftelium, GATEAU. Voyez pâte. L'étymologie de Sylvius & de Nicot, est la véritable. GATEAU, ou, comme prononcent les Picards, OUASTEAU, a été dit originairement d'un grand gâteau, tel qu'est celui qu'on fait pour le jour des Rois. Les Grecs ont dit de même vœu, pour dire une fouace ; à cause de sa largeur. Ce mot, au reste, est ancien dans notre Langue. Hélinand, dans son Poème de la Mort : Qui plus a gaftiaux, plufloft miches. M.
GATER. Jules Scaliger, à la page 91. de ses Commentaires sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, le dérive de ʒæcæ, venter. Voici ses termes : Ventris umbilicum radicem dicere videtur; iccicæ, quia totius hominis radix est : alitur enim inde fetus, quemadmodum radice sua planta. Venter autem, tanquam minijfer, aut sequefter. Itaque facete in libris de Semine genitali dicebamus, immerit accuatum a membris ventrem in Apologo veteri, qui est apud Livium; quod ei servirem omnia inerti atque ignavo. Nam in creatione atque constitutione totius, membris omnibus aliis a ventre cibus est suppeditatus. Et illud ipsum vix in uti qui vix in, secundum materiam. Etiamnum nunc vulgus, a ventris avara receptione, gaftare, consumere, ait. Jules Scaliger se trompe tres-fort. Gater a été fait de vaftare, en y préposant un G ; comme en GASCON, de l'Vasco : en GUESPE, de vespa ; en GUE, de vadum. Trippault a suivi l'opinion de Scaliger, mais sans le nommer : & par une autre raison que celle de Scaliger. GASTE, dit-il, de ʒæcæ : celui étant perdu & gafté, qui sert a son ventre. M. G A T. G A U. 655 GATINE : Pays. De Waftina, ou de Vaftinum. Voyez M. de Valois, dans sa Notice des Gaules. M.
GATINOIS, ou GASTINOIS. Nom propre d'une contrée de France, nommée en Latin Vaftinium, Pagus Vaftinensis, ou Waftinensis, ou Vaftinensis, & de là en François Gatinois, par le changement ordinaire de W ou V en G. Ce nom vient du Latin vaftum, qui signifie inculte & désert ; & il fut donné par les François au pays dont nous parlons, parce que c'était une contrée presque par tout inculte & inhabitée. Le mot gatine, ou gaftine, a la même origine ; & Gatinois, si l'on veut, aura été formé de gatine ; ce qui revient au même. On appelloit dans le moyen âge vaftina, ou waftina, une terre inculte & déserte. Dans la convention passée entre le Duc de Brabant & le Chapitre de Sainte Vaudru à Mons, l'an 1109. & rapportée par Aubert le Mire, Dipl. Belgic. page 160. on lit : Omnes vaftin, qua terra silvestres dicuntur. Il est arrivé qu'après que des lieux qui auparavant étaient incultes & déserts, ont commencé d'être cultivés, on leur a conservé néanmoins le nom de gatine ; comme il se voit dans une Chartre de Robert, Comte de Flandres, de l'an 1089. où on lit ces paroles : Omnem decimationem nova terra qua vulgo waftina vocatur. Ainsi il n'est pas étonnant qu'il se trouve en France plusieurs lieux qui portent le nom de Gatine ou Gaftine. Quelques-uns disent que le nom de Gatinois vient de petites montagnes fabloneuses qui y sont, & que les habitans du pays appellent gatines. Cela revient encore à ce que nous avons dit. Ces fables ont été appelés de la sorte, parce que ce sont des lieux stériles, & par conséquent, incultes. Le Gatinois est, en effet, fablonneux en Sieurs endroits.
GAU. Voyez galet. M.
GAVACHE. Les peuples montagnards du Gévaudan, que César appelle Cabalos, & Strabon tabulus, & Pline Gabales, sont appelés Gavachos par les Efpagnols. Et comme ces peuples vont en Efpagne pour gagner leur vie, où ils exercent les métiers les plus vils, on y a appelé de leur nom les personnes sans cœur, & mal vécues. Yogez Covartuvias, dans son Dictionnaire Efpagnol, au mot gavachos. Et c'est de ce mot Efpagnol que le mot François a été fait. M.
GAUCHE. GAUCHER. Après avoir long-tems médité sur l'origine de ces mots, qui est une des plus difficiles de toute la Langue ; voici ce qui m'est venu dans l'esprit. Du Grec vœux, qui signifie gaucher, les Latins ont fait scavus, par l'insertion du digamma Eolique. Ainsi d'où, ils ont fait ovum ; d'ouin, avum ; & d'ouin, ovis. De scavus, ils ont fait ensuite le diminutif scavola, substantif masculin ; lequel existe, comme il paroît par le nom de Mucius Scavola. Au lieu de scavus, ils ont dit aussi scava, au genre masculin. Ulpien, en la Loi 11. au Digeste de L'Addito Edello : Sciendum est, scavum, non esse morbosum, vel vitiosum, præterquam si imbecillitate dextra, validius sinistræ utitur : sed hunc non scavam, sed mancum esse. Et c'est de ce mot scava, qu'a été nommée la famille de Sceva en Italie, & celle de Scéve en France. Et comme de scavus on a fait scavola, on a fait scavalus de scava ; & de scavalus, scava valicius. Ces mots n'existent pas. De sevalicius, on a dit, par aphérèse, valicius, & par contrac- tion, valius, & ensuite galcius, par le change- ment ordinaire de l'V en G; comme en Gascon, de l'asso, en gué, de vadum, en guespe, de ves- pa. De galcius, on a fait galciarius. De galcius, nous avons fait GAUCH, & de galciarius, GAU- CHIR. Mais tous n'est que conjecture. M.
GAUDINE. Le Roman de la Rose, fol. 84. 1. De Lyre vous donne congé, Malgré tres tous les Chevaliers, Et par chambres & par celliers, En prex, en jardins, en gaudines, Sous pavillons & sous courtines. Borel, qui a trouvé ce mot aussi dans les Romans de Perceval & de Gauvin, l'interprète par une lande. Pour moi, je crois que gaudine signifie un bocage; & je dérive ce mot de l'Alleman wald, un bois, une forêt. Le Duchat.
GAUDIR. De gaudire, dit par métaplasme pour gaudere. Périon le dérive ridiculement de voyageur. M.
GAUDIR. De gaudir, formé de gaudere, on a appelé gaudisseur un homme qui dissipe son bien à se donner du bon tems, un mauvais ménager. Du même mot gaudere, on dit en proverbe, faire gaudeamus. Le Duchat.
GAUFRE. Latiné crustulum. Du Latin bar- bare gaurum. Voissus, de Vitis Sermonis, 2. 8. GAFRUM legas apud Barbaros, ex Germanico wa- fel, quod etiam apud Belgas obtinet. Similiterque An- gli waffre. W converti solet in G; unde & Galli pro eo, gauffre, vel goffre. Sic gaurarium legas pro eo quod Belgas waffel-vfer. Hadriani Junii in Nomen- clatore opinio est, quam Belga waffel, Galli, gau- ffre vocant, eam crustulum Horatio, lib. 1. Sat. 1. & lib. 1. Sat. 4. dict. At idem utensile, quo co- quuntur, artoptam esse arbitratur. De quo dissentio. Casabon sur Athénée, xiv. 14. le dérive de yōqē, qui signifie une espèce de gâteau. Reman- sis, dit-il, hoc pissoris operis nomen in Gallicor ser- mane leviter cornutrum, gaudros enim dicimus. De la ressemblance à l'instrument avec lequel les Patissiers font les gauffres, on a appelé gauf- re un certain fer à friser. Et de ce mot gauffre, on a fait le verbe gauffer pour friser. Et de là étoffe, gouffre. M.
GAUGUES. On appelle en Basse Norman- die noix gaugues, les groises noix, à la différence des noisettes, qu'ils appellent petites noix. Le noyer produit les premières, & le coudrier les dér- nieres. Gulloca se trouve dans Lucile en cette si- guification: & Fr. Doufa, dans les Notes sur cet Auteur, dit qu'il se trouve dans les Gloses an- ciennes. Les Gloses: Gulloca kapua paupa waa Aouetis. Les mêmes Gloses: Gulloca kapua paupa Il se trouve aussi dans Festus: GULLIOCA, nucum jnglandam summa & viridita putamina. Mat. Mar- tinius rapporte l'endroit des Gloses de cette sorte: Glosa: Gulloca, kapua paupa; Gutilli ocæ kapua paupa, waa Aouetis. Lege, inquit Scaliger, Gu- lioca, kapua paupa. & Add. GAVION: gofer; Lat. jugulum. De cavus. Cavus, cavi, cavio, cavione, gavione, GAVION. M.
GAULE. Petit bâton. Janus Laurenbergius, dans son Antiquaire, croit que ce mot est formé d'agolum, qui signifie le bâton dont les Bergers touchent les brebis. Festus Pompeius: Agolum, Pastorale vaculum quo pecudes aguntur. Caseneu- ve.
GAULE. Lat. pertica, virga. De vallus, qui signifie un pieu. Vallus, valla; par métaplasme, galla, GAULE. M.
GAULOIS. De Gallenfis, fait de Gallus. Clu- verius, liv. 1. de sa Géographie ancienne, ch. 9. le rire de l'ancien verbe Celtique gallen, qui signi- fie voyager. M.
GAULOIS. Les Gaulois ne se nommoient pas ainsi eux-mêmes, mais Celtes. Les Romains les appelloient Gaulois, & les Grecs Galates. On n'est pas d'accord sur l'origine & la signification du nom de Gaulois, & les Auteurs sont à l'ordinaire fort partagés la-dessus. Favyn, dans son Histoire de Navarre, livre v. page 161. & suiv. prétend que le mot Gallus peut avoir signifié un homme qui demeure, qui se retire dans les bois; que pour, qui signifie un bois, en vient; qu'encore aujourd'hui en Breton on dit ge pour forêt, & en Fran- çois une gaule, pour une branche d'arbre propre à faire une perche. Goropius dit que Galli vient d'un mot Cimbrique, qui signifie jote, gareté, parce que les Gaulois étoient des hommes gais & aimans la joie. D'autres dérivent ce nom du Grec gala, qui veut dire lait, & prétendent qu'il a été donné aux Gaulois, à cause de la blancheur de leur teint. Borel le dérive de Wallon, & Gallia, de Wallia: mais cela ne nous apprend rien. Wach- ter, dans son Glossarium Germanicum, page 516. rapporte les principaux sentimens des Auteurs sur l'origine du nom des Gaulois, & donne ensuite son propre sentiment. Voici les termes: GAULI, nomen quondam commune omnium populorum, qui vastissimum illud terra spatium, quod est inter Ro- num & Oceanum, Pyreneas & Alpes, incolerunt. Dichi autem sunt Galli à Romanis, & Galate à Gracis non à serpsis. Utrumque nomen Celtico recent- ius. Pausanias Attic. cap. 1. Serò usus obtinuit, ut Galate (& Galli) appellarentur. Celtas enim cum ipsi se, tum alii eos nominatur. Idemque memoria prodidis Casar, lib. 1. de B. G. & init. Ipsorum Lingua Calix, nostris Galli appellantur. Cluverius existimat, Gallos tunc primum sic dictus esse, quum exundans domi multitudo, patriâ reli- ta, cateras petere regiones capissis, parte eorum in Italiam, parte in Illyricum, atque inde in Graciam & Aisiam, parte in Germaniam, delata: idque no- men a re ipsa accepisse, nempe a gallen, vel wal- len iter facere, quasi peregrinatores, lib. 1. Germ. Ant. cap. 9. Alia etymologia, nec minus speciosa, nomen Gallicum derivat a verbo Celtico gallu posse, valere, unde Armoricis gallus extat apud Buxbor- nium in Lex. Ant. Brit. trofus ex re desumpo vo- cabulo, quia fuit antea tempus quum Germanos Galli virtute superarent, & ultro bella inferrent, ac propter hominum multitudinem, agrique ino- piam, trans Rhenum colonias mitterent, ut sum- mus auctorum Jul. Casar scribis, lib. vi. de B. C. Ita sentire videtur Pexionius, Gallia sua decus, in Antiq. Celt. pag. 370. Suppictor Celtas tunc primum Gallos à Romanis appellatos esse, cum partem Ita- lia Romanis subjectam occupasent, non quod migra- tionibus deleclorantur, aut permitia sua Romanis in- cumberent, etiam sit utrumque verum sit; sed quod moribus & lingua essent alieni, & in solo alieno so- dem collocasent. Nam al, Celtica lingua, est alie- nus, peregrinus, inimicus, ut prolixt demonstravi in vocula el. Ab al vero sit primo wale per possib- sin,
GAU. GAY. 657 fè, & mox, W in G converso, gale, eodem sensu. Boxhornius in Lex. Ant. Brit. alon inimici, alieni; galon inimici, alieni. Hinc alli & galli antiquitus dicuntur omnes populi, qui in solo quod occuparum non sunt indigena, sed vel aliunde adducit, vel armis nova sede potiti. Sic coloni quidam vocantur ALLORROGIS, quod ex alio loco in Galliam Narbonenem essent transati, apud veterem Scholiastem ad Sat. 8. Juvenalis. Similiter & Belga & Celtis delii sunt Walli, vel Wali, hoc est alieni, alienigena, cum traiecto Rheno Galliam Belgicam vi occupat. A quibus pars Flandrorum etiamnum vocatur Walen, Wallons, Wallones. Imo etiam Cambri non aliam ob causam videntur appellari Walli, Anglice Wales, quam quid ab initio hospites essent in illo terra angulo, sive bello Saxonico eo pulsisse & praximo Gallia litore in Britanniam transvesti. Voyez ci-dessus les mots Celtes, Galates, & Galles.
GAVOTE. Sorte de danse. M. Huet, dans son Traité curieux de l'Origine des Romans, page 114. Les Martegales & Madriga, & one pris leur nom des Martegaux, peuples montagnards de Provence; de même que les Gavots, peuples montagnards du pays de Gap, ont donné le nom à cette danse que nous appellons gavote. Cette étymologie me paraît très-véritable. M.
GAUPE. Trippault, au mot paillarde: Je ne veux ici omettre, que les anciens Gaulois appelloient les paillardes gauges; lequel mot je recherche de gaulape. Et ainsi gaupe, diction prinse des couvertures où conchoient en guerre les paillardes. Gaupe ne m'est pas connu en cette signification de paillarde. Ce mot aujourd'hui parmi nous signifie une servante, ou une grosse femme mal-propre; dans laquelle signification il vient de galuppa. Voyez ci-dessus galopins. Gaulapa, selon le témoignage de Varrón, étoit un vêtement très-grossier. Et le mot François gaupe, dans la signification d'une femme mal-propre, pourroit avoir été fait de ce mot Latin. M.
GAUPLUME. On appelle ainsi en Normandie, celui dont les cheveux sont mal peignés. Il vient de gau, qui signifie coq, gallus, & de plume. Huet.