GAUSSER. Les Dictionnaires de Robert Etienne, de Nicot, de Morel, de Monet, n'ont point ce mot: ce qui me fait douter de ce que dit M. Richelet, que c'est un vieux mot. Je crois, au reste, que ce mot a été fait de celui de gaudir, qui signifie, comme l'explique Nicot, se moquer par jeu, & en riant. Au 3. liv. d'Amadis, chap. 6. Reprendent leur chemin, gaudissans l'un l'autre d'avoir été ainsi decens par la malice des femmes. GAUSSER, c'est une contraction de GAUDISSEUR. M. du Cange dérive gausser de caussare. C'est au mot caussare. Voici ses termes: Hinc apud nos causer, pro tricari, nogari, garrire: & gausser, pro tridere: Non enim erymon à Germanico kosen deducendum, ut vult Besoldus. M.
GAUT. Bois, en vieux François, comme nous l'enseigne Fauchet. De l'Anglois wood, qui signifie la même chose. Huet.
GAUT. Bois, forêt. J'aime mieux le dériver du Germanique wald, qui signifie la même chose, & d'où a été fait aussi le Latin-barbare gualda & gualdan, qui signifie pareillement bois, forêt. Du Cange dérive de gaut le verbe légaudir, qui a signifié d'abord prendre plaisir à la chaise, & ensuite, se divertir de quelque manière que ce soit. sur tout si les divertissemens qu'on prend demandent du mouvement & de l'agitation. Sur gaut, voyez Favyn, Hist. de Navarre, livre v. pag. 263, & 264.
GAUT, pour plaisir. C'est un mot du plus bas peuple; & dans cette signification il vient de gaudium. On dit, c'est le gaut des gauts; c'est-à-dire, le plaisir des plaisirs.
GAUTIER. Nom propre d'homme. Il est d'origine Teutonique, & on peut le dériver de deux mots Germaniques différents, savoir de wald, bois, forêt; ou de walt, qui signifie être autres choses administrateur, procurateur, negotiorum geller. Si on le dérive de wald, il signifiera habitant des bois, sylvestris; & il aura été formé immédiatement du vieux mot François gaut, pris dans le sens de bois, forêt. De la vient, dit Favyn, Hist. de Navarre, livre v. page 263, que les gens de factions & de brigandages sont appelés Gautiers, pour montrer que ces factions sont composées de gens de bois, de paysans, de brigands, qui tenant & ravageant la campagne, font leur retraite dans les bois. On dit en proverbe, c'est en fin Gautier, & on l'entend d'un homme qui fait bien son marché & ses affaires. L'origine de ce proverbe vient, selon quelques-uns, de l'échange que Gautier de Courance, Archevêque de Rouen, fit avec Richard I. Roi d'Angleterre, de la Ville d'Andeli, pour la Ville & la Seigneurie de Dieppe, la Ville & la Seigneurie de Louviers, la Terre & la Forêt d'Alihermont, la Terre & la Seigneurie de Bouteilles, les moulins de Rouen, & le Patronage des Bénéfices situés à Andeli même. Voyez Description Géogr. & Hist. de la Haute-Normandie, tome I. page 126.
GAUTIER-GARGUILLE. C'est le nom d'un fameux Baladin. De-la est venue cette façon de parler: c'est un franc Gautier-Garguille; pour dire, un franc fort, un franc gille.
GAUTIER. Paysans qui se soulevèrent en Normandie en 1589. M. de Montpensier les défit en diverses rencontres. Ils furent ainsi appelés du Bourg de la Chapelle Gautier, dans le voisinage de Vimontier, où ils commencèrent à s'assembler. Le Président de Thou, livre 95, de son Histoire: Certior, & tamen major fide, clades Gualteranorum in Neustria fuit rusticorum, à Capella Gualteris sic diclorum; quid si cettionis armata pro libertate ante biennium, contra graffatores milites, initium fecissent. Il, cum se in armis innoxii primum tenerent, mox crescente numero, ad vim versis sunt, & in quoddam, ad pradam licentioe differentes, invelti, captum ex iis unum inmani advo armificina laniaverunt, ut ne minima quidem caudaveris particula supersuerit: sanguine etiam à pueris & mulieribus epoto. Jamque late malum illud pervaserat, serpente facile exemplo; ita ut plus xvici, millia hominum interdum coirem, &c. Voyez Mézeray, dans la Vie de Henri III. page 626, de la première édition in-folio. M.
GAY. Isaac Pontanus, dans son Glossaire Celtique, le dérive du Flaman gay, que les Hollandois prononcent gaw; c'est-à-dire, dit-il, alacer, praecs, follers. Les Italiens disent aussi gais, pour dire allegro, lieto, bello, selevale. Le Cardinal Bembo a écrit que ce mot Italien étoit d'origine Provençale: ce qui a été réfuté par le Castelvero, qui Oooo 658 GAY. GAZ. dans ses Additions au livre premier du Bembo, & dans ses Additions aux Verbes, le dérive de *vœux*. L'Aleandro, dans sa savante Préface sur ses Institutes de Caius, le dérive de *caius*. Voici les termes: *Caterium*, *Caium nomen Romanis perquam celebre fuit*, *et etiam significat nuptialis illa formula*, *Ubi tu Caius*, *ego Caius*. Et *bilaris erat appellatio*: *nam Caii dicti a gaudio parentum, ait C. Titus Probus, qui libellum conscripsit de Nominibus, Pronominibus, &c. qui etiam Valerio Maximo adscribitur. Itaque nunc Herrucici, vernaculo idiomate, jucundat, lataque res, gaias quandoque vocant: quo vocabulo Dantes, Boccaccius, Perrarca, & cateri, ufi sunt*. L'Accartiso le dérive de *gaudium*. Le Pere Labbe lui donne la même origine. Et M. Guyet ne la déapprouvoit pas: car voici comme il faisoit la généalogie de ce mot: *7áu, 7áoc, 7áiz, gaius, carus*. Item: *7áu, 7áou, 7áou, gaudo*: d'où *gaudo*. De *gaudo*, *gausus*, *gausare*: d'où l'ispagnol *gozar*. Item: *7áu, 7áou, 7áou, 7áou*. Et de *7áou, 7áou, 7áou, 7áou, 7áou*. M.
GAYE-SCIENCE. Rabelais, liv. 1. ch. 13. Ces premiers jours je te serai passer Docteur en gaye-Science... car tu assaison plus que d'aage. Et cela à cause que le jeune Gargantua avoit retenu par cœur d'allez plaisans vers, & qu'il avoit trouvé l'invention de plusieurs anterges. Cette gaye-Science étoit celle des anciens Troubadours de Provence, & elle confistoit à inventer toutes fortes d'aventures fabuleuses, & à les publier en prose ou en rime, en langage Roman, c'est-à-dire, dans la langue du pays, mêlée, comme on fait, d'Alleman, de François, & de Latin corrompu. La même science, sous le nom de *gay faber*, s'est maintenue jusqu'à nos jours dans Toulouse, où les jeux Floraux qu'on y célèbre depuis l'an 1355, en sont une espèce d'Académie où d'école publique, quoique l'exercice en soit depuis long-tems borné à quelques pièces de vers. M. Huet a parlé de la *gaye-Science* ou du *gay faber* des Troubadours de Provence, dans son docte & curieux Traité de l'origine des Romans; & le Sieur de la Croix dans son Art de la Poesie Françoise page 131, de l'édition de Lyon en 1694, en a parlé encore plus particulièrement. Mais comme les prix s'en distribuoient lors de la célébration des jeux Floraux de Toulouse, & que ce dernier parle de ces jeux à propos du *gay faber*, je me trompe fort si l'un & l'autre n'ont été fort aidés dans leurs recherches par trois ou quatre personnes, que ci dessous à l'article de *Jeux Floraux*. M. Ménage cite comme ayant traité de l'origine de ces même jeux. *Le Duchat*.
GAY. ET. Rabelais 3. 41. Ses grosses patens-tres de Guyet. Voyez *geais*. M.
GAZE. Nom d'une ville fort ancienne de la Palestine, & qui subissise encore aujourd'hui. Ce nom vient de l'Ebreu *my azzab*, qui signifie forte, fortifiée, munie, & qui est fait du verbe *my azza*, fortifier, munie, être fort, être fortifié, être muni. *Gaze* étoit en effet très-forte, comme l'aliment Mela, Arrien, & Quinte-Curce. Les Grecs, enécrivant dans leur langue le nom Ebreu de cette ville, ont exprimé le *y am* par un G, comme si c'étoit un *gain* Arabe, parce qu'ils n'ont point, non plus que nous, de caractère qui approche davantage de cette lettre gutturale. En d'autres mots, ils l'ont omise entièrement, comme dans *Arabe*, dont la première consonne est pacielle- ment un *ain*. En d'autres ils l'ont changée en esprit rude, comme dans *Heber*. Le nom de la ville de *Gaze* ne vient donc point d'Azon, fils d'Hercule, ni de ce que le trésor de Jupiter *gaza Jovis*, y fut gardé: ce sont des fables. Le mot *gaza*, dans la signification de *trésor*, est perçu, comme témoigne Helychlus, & n'a rien de commun avec le nom de la ville de *Gaze*, appelée en Ebreu *my Azzab*, qu'une ressemblance bornate de son. Ainsi l'étymologie que nous avons donnée de ce nom est la seule véritable; & il ne faut pas chercher dans la langue des Perses l'origine d'un nom qui est pur Ebreu, & qui n'a été confondu avec *gaza trésor*, que faute d'avoir consulté le texte original, où il est écrit d'une manière qui ôte entièrement l'équivocé.
GAZE. Sorte de toile fort claire. M. du Cange croit que cette toile a été ainsi appelée de la ville de *Gaza*, dans la Palestine, d'où il dit qu'elle nous est venue. Et il produit un passage du Concile de Bude, où elle est appelée *gazatum*. M.
GAZELLE. Espèce de daim. C'est un mot Arabe. Belon dans ses Observations de plusieurs singularités, liv. 1. chap. 51. a donné la description de cet animal. M.
GAZETTE. Du mot Vénitien *gazetta*, qui signifie une relation, ou un Journal de ce qui se passe en quelque lieu. Ce mot Vénitien signifioit originellement une sorte de petite monnoye. Et comme pour cette monnoye, on avoit le cahier de nouvelles, on a transporté ensuite le nom de la monnoye au cahier. C'est ce que j'ai remarqué dans la première édition de mes Origines de la Langue Françoise, il y a plus de 40. ans & dans la première édition de mes Origines de la Langue Italienne, il y a plus de 10. ans. M. Ferrari a fait ensuite la même remarque dans ses Origines Italiennes: ajoutant, qu'il ne fait pas l'origine du mot *gazetta*, dans la signification de cette monnoye. Voici ses termes: GAZETA, *Veneta moneta*, *agentea*, *duorum affam*: *sed unde appellata sit, nondum mihi compertum est*. *Quo pretio, cum olim nuncii rerum toto orbe gestarum, qua Tacitus Diurna appellat, paraventur, ipsa Diurna Gazette vocitantur*. Comme M. Ferrari étoit Professeur de Padoue, qui est une ville de la domination de la République de Venise; & que c'étoit un des plus savans hommes de toute l'Italie; il est à croire que puisqu'il n'a pas su l'origine de ce mot, elle n'est pas connue. M. GAZON de terre. Mote de terre herbue, taillée en carré. Lat. *cespes*. Dans le Vieux Dictionnaire Latin-François, publié par le Pere Labbe, *cespes* est expliqué par *voazon*: ce qui donne sujet de croire que *gazon* a été fait de *voazon*, en y préposant un G: comme en *Gazon* de *Vasco*: en *guespe*, de *vespa*; en *gué*, de *vadum*. L'origine de ce mot *voazon* ne m'est pas connue. Nos Anciens disaient *gason*: & ce mot se trouve dans le Calepin, au mot *cespes*: ce qui pourroit favoriser l'opinion de ceux qui dérivent *gazon* de *gleba*. Trippault dérive ridiculement *gazon* de *gaza*, comme qui diroit *riche terre*. M.
GAZON, ou *Voazon*, vient de l'Alleman *wasen*, qui signifie la même chose. *Le Duchat*. zala, qui signifie, *amateuris fermane vel carmine demulcre*, & qui, comme on voit, ressemble extrêmement au verbe François. Si on ne veut pas prendre cette ressemblance pour une étymologie exacte, on la prendra pour une simple allusion. En tout cas elle vaudra peut-être bien l'étymologie que nous donne M. Ménage du mot dont il s'agit. J'avoue, comme dit ce savant Auteur à l'article *Galeras*, que les mots ordinaires de la Langue Française n'ont point été formés de ceux de la Langue Arabe. Mais lorsque nous trouvons quelques-uns de ceux-là dont nous ne pouvons découvrir ailleurs l'origine, & qu'en même tems ils ont beaucoup de ressemblance quant au son & à la signification avec ceux de cette dernière Langue; pourquoi ne voudrions-nous pas qu'ils en fuissent dérivés, quand même nous ne verriions pas clairement par quelle route ils auroient païse jusques dans notre langue! Il me semble qu'agir autrement, ce seroit être un peu trop sévère en matière d'étymologies.
GEAIS. Sorte de pierre précieuse. De *gagates*: d'où les Italiens ont aussi fait leur *gialetto*. Nous disions anciennement *gaiet*, qui approchoit davantage de *gagates*. Rabelais, 3. 41. *Ses graffes patemphres de gayet*. Le Latin *gagates* a été fait du Grec *gavatus*: & *gavatus* a été ainsi appelé de *Gagas*, fleuve de Lycie, où l'on trouvait beaucoup de ces fortes de pierres. Voyez Anselmus Boozius, dans son livre de *Historia Lapidum*. M.
GEANT. Du Grec *gavatus*, fait de *gavatus*, & de *gavatus* ou *gavatus* *nascar*; comme qui diroit *gavatus* *terra genitus*. Le P. Pezron va chercher sans nécessité dans la Langue Celtique l'origine de ce mot. Les Geans sont appelés dans le texte Ebreu de l'Écriture de trois noms différents: savoir *gavatus nephilim*, *gavatus nephalim*, & *gavatus nephalim*, Ils sont appelés *gavatus nephilim*, du verbe *naphal* tomber, se jetter, attaquer, se soulever; comme qui diroit *dejeillores*, parce qu'au moyen de leur taille monstrueuse ils renvertoient par terre les autres hommes; ou *dejeillores*, parce qu'ils se révoltoient contre Dieu par leur impeté; ou *irruptores*, parce qu'ils se jettouent avec violence sur les autres hommes, & les opprimoient. Ils sont nommés *gavatus nephalim*, du verbe *naphal* être foible, être affoibli; parce que la crainte qu'ils priorit leur taille monstrueuse, affoibliroit le courage des autres hommes, & les rendoit sans force. Ils sont nommés *gavatus nephalim*, c'est-à-dire terribles, redoutables. Le Chaldéen dit *gavatus* *eimthanin*, qui signifie la même chose. GEAY: olfeau. C'est un ancien mot Gaulois, si on en croit Goropius Becanus, livre 2. des Choses Gauloises. *Nostrates*, *picas varias* ; *olim*: *Gaias vocabant* : *unde Gazzas Itali quidam*, *Gothicum sermonem corrumpentes*, *vocarum*. *Eft enim avis*, *non folium eleganti plumarum varietate imprimis placens*, *sed himnari etiam sermonis imitatrix dexterima*. *Himn salum*, *ut Bistatus*, *peregrina avis*, *ob easdem doce Papen-gaia vocaretur : quia nimirum, non cujusvis, sed Sacerdorum & Pontificum*, *Gaias*, *sive pica varia*, *ob pretii magnitudinem*, & singularem elegantiam, *videretur*. Les Espagnols disent *gaio*. Les Anglois disent *jay*: ce qu'ils ont pris des François. Et les Piezards & les Normans prononcent, *gay*. Tout cela ne permet pas de douter que ces mots n'ayant été faits de *gaius*. Mais il est difficile de dire d'où vient *gaius* en cette signification. Quelques-uns le dérivent de *graculus*, qu'ils expliquent par notre mot de *geay*. Mais en cela ils se trompent doublement. Car outre que l'Analogie ne permet pas de faire *geay* de *graculus*, *graculus* ne signifie pas un *geay*, mais cette espèce de corneille que nous appellons *Choucas*: ce que j'ai démontré dans mes Aménités de Droit : avant l'édition desquelles, tous nos Dictionnaires généralement avoient expliqué le mot de *graculus* par celui de *geay*. Et de tous les Auteurs de Dictionnaires, il n'y a que M. L'Abbe Danet & M. Furtiere, qui ayant expliqué *graculus* par *choucas*: ce qu'ils ont fait par mon conseil : celui-là dans la dernière édition de son Dictionnaire Latin-François qui est de cette année 1691. & M. Furtiere, dans son Dictionnaire Universel, imprimé en Hollande en 1690. M. Bochart dérivoit l'Itaien *gazza*, qui signifie *une pie*, de l'Arabe *zag*, qui signifie la même chose : & il prétendoit que notre mot de *papegay*, dans la signification de *perrogam*, avoit été fait de l'Arabe *batga*, mot de la même signification : ce que nous examinerons au mot *papegam*. Pour moi, je suis persuadé que *geay* a été fait ou de *gaius*, dit pour *hitaris*: voyez *gay*: & qu'on a appelé un *geay* *GAIUS*, à cause de son *caquet*, qui est une marque de gayeté. La *joye* est babilarde. De *gaia*, les Italiens ont dit de même *gazza*, pour signifier *une pie*; qui est un autre olfeau babilard : Ou plutôt, que de *varius*, on a fait *gaius*. *Varius*, *vatus*; & par la préposition ordinaire du G. *gaius*, *GAIUS*: d'où le François GAY. Plusieurs Ecrivains Latins modernes ont appelé le *geay*, *pica varia*. M.
GEDEON. Nom propre d'un des Juges du peuple de Dieu. Il vient du verbe Ebreu *gaca gaia*, trancher, couper, détruire; & il convenoit, parfaitement à celui qui avoit taillé en pieces les ennemis de son peuple, qui avoit détruit l'Autel de Baal, & coupé le bois lactilège qui étoit autour de l'Autel. *Gedeon* fut aussi nommé *serobaal*, à cause de ce qu'avoit dit *Joas* son père : *Que Baal se défende lui-même contre celui qui a renversé son Autel*. L'Ebreu *gaca gaia* *tareb habbaal*, que Baal se défende : *tareb*, du verbe *gaca rab*, contester, disputer, défendre sa cause.
GEHENNE. *Gehenna*. Terme de l'Écriture, qui se trouve en plusieurs endroits du Nouveau Testament. Les Traducteurs de Geneve & les Lovanistes se sont servis de ce terme en notre Langue. Par exemple, les Trad. de Geneve, Matth. v. 2. *Qui dira a son frère*, *Racba*, *sera punissable par le conseil*. *Qui lui dira*, *sol*, *sera punissable par la gehenne du feu*. Les Lovanistes, Matth. v. 29. *Il s'est profitable qu'un de tes membres puisse*, & que tout son corps ne soit point jetté en la *gehenne du feu*. M. Simon est le seul de nos Traducteurs modernes du N. T. qui ait employé ce mot. Par exemple il traduit Matth. v. 22. *Celui qui l'appellera son, mériterait le feu de la gehenne*. Ibid. 29. *Il vaut mieux pour vous que vous perdiez entièrement un de vos membres, que non pas que tout votre corps soit jetté dans la gehenne*. Et Luc XII. 5. il remarque que le O o o o ij mot de *gehenne* signifie l'enfer ; mais que comme il a quelque chose de particulier, il a été à propos de le conserver. Les autres Traducteurs modernes, au lieu de *gehenne*, mettent ordinairement l'enfer. Ce mot *gehenne* a été fait de l'Ebreu *נוי* *gehennom*, Vallée de Hinnom, ou *נוי* *gehen-nonom*, Vallée du fils de Hinnom. On ne fait pas pourquoi cette vallée portoit le nom de *Hinnom*. Elle étoit près de Jérusalem. Il en est fait mention Jof. xv. 8. Et on lit dans Jérém. vii. 31. *Ils ont bâti les lieux hauts de Tophet*, qui est dans la vallée du fils de Hinnom, pour y consumer par le feu leurs fils & leurs filles. Il y avoit en effet dans cette vallée de *Hinnom* ou *Ennom* ; un lieu nommé Topheth, où quelques Juifs s'affoient leurs enlans à l'Idole Moloc, en les consumant par le feu. Le Roi Jofias, pour rendre ce lieu abominable, en fit un cloaque, où l'on alloit jetter toutes les immondices & les cadavres. On y entretendait un feu continuel pour brûler ces immondices. Et comme des cadavres confondus avec toutes les immondices, & brûlés continuellement avec elles, exprimentent assez naturellement aux Juifs l'image que la foi leur faisoit de l'enfer, ils donnerent à l'enfer le nom de ce lieu qui la représentait si bien. Il est parlé de la *gehenne* dans les plus anciens livres des Juifs, & entr'autres dans le Talmud. On lit dans le Traité *Sanhedrin*, chapitre 7. *Le Prince de la Gehenne a grincé des dents contre eux*. Et dans le Traité Nedarim, chapitre 4. *Sept choses ont été créées avant la création du monde*, savoir la Loi de Mosse, la Pénitence, le Paradis, la Gehenne, le Trône de gloire, la Maison du Sanchaire, & le nom du *Miffr*. Les Arabes appellent aussi l'enfer *gehennem*, mot tiré pareillement de l'Ebreu. Voyez d'Harbelot, *Ribl. Orient*, a ce mot.
GEHIR. Vieux mot qui signifie, faire dire la vérité par force. L'Auteur du Roman de Pepin, & Monstrelet, s'en sont servis. Monstrelet chapitre 23. *Broncette vainquit aussi-tôt son adversaire*, & *laur fit gehir de sa bouche le cas pour lequel il étoit appelle*. Ce mot vient peut-être de *jacere*.
GEHON. Nom d'un des quatre fleuves du Paradis terrestre. On lit Gen. 11. 10. *D'Eden sortoit un fleuve pour arroser le Jardin* ; & *de-la il se partage* ; & *formoit quatre têtes*. Le nom du premier *fleuve* est *Phison* . . . *Le nom du second fleuve est Gichon* : c'est celui qui environne tout le pays de Chy. Ce mot de *Gehon* vient de l'Ebreu *ניחון* *gibbon*, que l'on dérive ordinairement du verbe *ניחון* *gombh*, *empit*, *eduxit* ; comme qui diroit un fleuve qui sort de son lit, qui se déborde. Mais on ne convient pas quel est ce fleuve, & ce n'est pas ici le lieu d'examiner cette question. D'ailleurs les savans sont si fort partagés la dessus, qu'il est impossible de rien établir de certain ; car il n'y a pas une seule de leurs opinions qui ne souffre des difficultés présumant. Quelques uns, qui ont cru que le *Gichon* étoit un bras de l'Euphrate du Tigre, dérivent ce nom de *ניחון* *gibbon* ventre, & donnent une raison bien singulière de cette étymologie, savoir que le *Gichon* fut ainsi nommé, parce que depuis sa séparation d'avec l'Euphrate ou le Tigre, il semble qu'il ne fasse plus que ramper sur le ventre comme sont les serpens & les autres reptiles. Un fleuve qui se nomme ventre parce qu'il semble ramper sur le ventre, ne paroît une chose des plus plaisantes. Joseph explique *Gichon* : *ניחון* ; qui est produit, qui sort de l'Orient. Il ajoute que c'est le Nil, suivant l'erreur des Anciens, qui confondent les Indes & l'ithiope, & croyoient que la source du Nil étoit à l'Orient de l'Egypte. Il dérive mal-à-propos le mot *Gehon* de *ניחון* *nagah*, qui signifie luire, éclater ; ne sachant pas que le mot Ebreu est *ניחון* *gibbon*, & non pas *ניחון* *gibbon* : en quoi il fait voir, comme en beaucoup d'autres endroits, que pour être Juif, il n'en étoit guère plus savant en Ebreu. Les Proestans prononcent *Gichon*, ou *Gichon* : c'est une valne affectation d'habileté Ebraique, ou d'un attachement inutile au texte Ebreu : car puisque l'usage en notre langue, aussi bien qu'en Grec & en Latin, est de dire *Gehon*, il faut dire ainsi, de même que nous disons *Anvers*, & non pas *Aten-peren*, comme en Flaman ; *Londres*, & non pas *London*, comme en Anglois ; *Westphalie*, & non pas *Westphalen*, comme en Alleman ; & ainsi de quantité d'autres noms étrangers, que nous prononçons suivant la manière qui est usée dans notre langue, & qu'il étoit ridicule de prononcer autrement quand on parle François.
GEINDRE. De *gemere* : comme *craindre*, de tremere ; *épreindre*, d'*exprimere*. M. GELEE : comme quand on dit, de la *gelée de veau*, de la *gelée de grosfelles*, &c. De *gelata* : pour lequel on dit plus communément *gelatina*. C'est ainsi que parlent les Médecins dans leurs Ordonnances. M. GELINE GELINOTE. De *gallina*, & *gallinota*. ¶ *Gelinote de bois*, c'est une perdrix, métive entre la perdrix rouge & la grise : & on l'appelle de la sorte, parce qu'elle fréquente les bois. Varron, parlant des gelines rustiques ; qui sont nos gelinotes de bois : *Neque fere in siviu ova ac pulice faciunt* (in serviture enim non furtant), sed *insiviu*. M.
GELINOTE. Voyez *geline*. M.
GEMARE. On appelle ainsi la seconde partie du Talmud des Juifs. C'est un Commentaire sur la Mifchne, ou premier partie du Talmud. Le mot *Gemare* vient du Chaldéen *ניחון* *ghemarah*, qui veut dire complément, perfection, & qui est fait du verbe *ניחון* *ghemar* perfectionner, achever, être perfectionné, être achevé. Et c'est en effet ce que les Rabbins ont prétendu signifier par ce nom. Ils appellent le Pentateuque simplement la Loi. Ils nomment la première partie du Talmud, qui n'est qu'une explication de cette Loi, une application de cette Loi aux cas particuliers, avec les décisions des anciens Rabbins sur cela ; ils la nomment, dis-je, *Mifchne*, c'est-à-dire, seconde Loi. Et la seconde partie du Talmud, qui n'est qu'une explication plus étendue de la même Loi, & une collection des décisions des Rabbins postérieurs à la Mifchne, ils la nomment *Gemare*, c'est-à-dire, perfection, complément, achevement ; parce qu'ils la regardent comme l'achevement de la Loi, & une explication après laquelle il n'y a plus rien à souhaiter sur cela. La *Gemare* se nomme aussi ordinairement Talmud, du nom commun de tout l'ouvrage. Il y a deux *Gemares*, ou deux G E M. G E N. Talmud : celsur de Jérusalem, qui est plus ancien, & que les Juifs estiment peu, parce qu'il est fort obé- cur : & celui de Babylone, qui est postérieur, & auquel ils donnent une autorité absolue, malgré les fables & les rêveries dont il est rempli. Voyez ci-dessous. Talmud. G E M A T R I E. Nom de la première espèce de la Cabale artificielle des Juifs. C'est une espèce d'explication géométrique, ou arithmétique des mots de l'Écriture. Elle le fait en deux manières, qui sont deux sortes de Gematrie. La première tient plus de l'arithmétique. Elle consiste à prendre la valeur numérique de chaque lettre dans un mot, ou dans une phrase, & à donner à ce mot ou à cette phrase, la signification d'un autre mot ou d'une autre phrase, dont les lettres prises de même pour des chiffres sont le même nombre. Car on fait que chez les Ebreux, comme chez les Grecs, il n'y a point d'autres chiffres que les lettres de l'alphabet. Ainsi donc un Cabaliste prenant ces deux mots de la prophétie de Jacob, Gen. XIX. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. 10. G E N A U X. Nous appellons ainsi anciennement ceux qui sont des nativités : ce qui a été remarqué par Trippault. Et GENOCHIS, les Devine- reffes. De genicialis. Voyez le Vocabulaire de M. du Cange au mot genicialis. Les anciens Latins ont dit geno, pour gigno. Ulpien, dans la Loi 17. paragraphe 1. de Legatis primo : Si quis ita legaverit : Si qua filia mihi genitur, &c. Julianus en la Loi 13. paragraphe 1ernier, de Rebus dubitis : Si quis mihi filius, aut filia, genitur, hares mihi esto. Pris- cien, livre x. page 898. GIGNO, genui : pro quo, GENO Vetulissini protulisse inveniuntur. Varvo in An- dabata : Sed quod hæc loca aliquid genunt. Cyrus infinitum passivum Lucretius in 3. proculis geni : Tanto magis inficiandum, Totum posse extra cor- pus durare, genique. M. G E N C I V E S. De gingiva. L'Auteur des Glo- fes Anciennes dit que ce mot ne se dit point au fin- gulier. GINGIVA singulare non habet : 2a & 2b id. GINGULA, singulare non habet : 2a & 2b id. Ce qui n'est pas véritable. Juvénal l'a employé au fin- gulier. Frangendus misero gingiva panis inermi. Sa- tire 10. livre 4. M. G E N E. Mestré quelqu'un à la gène. De gehen- na. C'est un mot Ebreu. M. G E N E R. On dit en Basse-Normandie, que quand le blé est dans un lieu humide, il gène, c'est- à-dire, germinant. Et c'est du mot germinare qu'à été fait notre gène. S. Add. G E N E S. Latin fidicula. Ce sont les cordes qui servent à bander un tambour. Voyez le premier Scaligerana au mot tympana. Et ces cordes ont ce appellées gènes, parcequ'elles donnent, pour ainsi- dire, la gène aux peaux du tambour. M. G E N E T. Arbisseau. De genista : d'où les Es- pagnols ont aussi fait genestra. Genestra, Latin, se trouve. M. G E N E T. Nous ajoutons ordinairement à ce mot celui d'Espagne : & nous disons, un genet d'Es- pagne. Les Anglois disent de même, genet of Spa- gne. Regnier, le Satirique, Satire 6. a dit genet de Sardaigne. Je me déchargeray d'un fais que je dédaigne, Suffisant de crever un Genet de Sardaigne. De l'Espagnol ginete : qui signifie proprement un Cavalier, avec sa lance & la targe, & avec les étriers courts; mais qui se prend aussi simplement pour un homme de cheval. Ainsi les Espagnols di- fent, et bon ginete, pour dire, il est bon homme de cheval. Les François ont transporté le nom du Ca- valier au cheval. Voyez Covarruvias dans son Di- tionnaire, où il rapporte plusieurs étymologies de ce mot Espagnol ginete. De ce mot Espagnol vient aussi le mot François ginette, en cette façon de parler, chevaucher à la ginette : c'est-à-dire, les étriers courts. M. G E N E T T E. Espèce de fouine. Favyn, dans son Traité de l'Ordre de la Genette, établi par Charles Martel en 716. La genette est un animal presque semblable à la fouine : approchant en gran- deur & grosseur aux chats d'Espagne. Il a le museau long & effuronné; le col & le corps grêle, fouille, & à délivre, comme un chat. Il est représenté après le naturel par Pierre Belon Médecin, au chapitre 76. du livre 1. de ses Observations, où il dit que cet animal s'approvise & se rend domestique comme un ébat : pour en avoir veu de priver à Constantinio- ple, & autres lieux en Levant. Il y a de deux sortes de Genette; la rare, & la commune. La commune est grise, mirouette, & tavelée de noir : l'autre qui est l'excellente & rare, a le poil noir, & luisant com- me un satin, ou panne de veloux noir. Elle est mar- quette & mirouette de plaques & taches rousses, qui tirent sur le rouge de merveilleuse beauté. La peau de cet animal échauffée, rend une odeur suave & douce comme de musc, &c. La Genette aussi bien que le putois, est apportée des fêles, de l'Atri- que, & provinces d'Orient : d'où viennent les riches peleteries. Ce Traité de Favyn est imprimé dans le premier Tome de son Theatre d'Honneur & de Chevalerie. Du Beloy, dans son Traité de l'Origine des Che- valiers, folio 177. a fait aussi mention de cet Or- dre de la Ginette, où je renvoye mes Lecteurs. J'apprens de M. Galland, qui a une connoisan- ce particulière du Turc & de l'Arabe, que ce mot de genette n'est ni Turc ni Arabe : ce qui me fait conclure qu'il est ancien François, formé de sa- ginetta, diminutif de saina. Faginetta, ginetta, GENETTE. La genette est une espèce de fouine : & le mot de fouine a été fait de sagina, selon M. Bo- chart. Voyez fouine ci-dessus. M. G E N E V E. Ville célèbre & ancienne. Les Al- lemans disent Genf, les Italiens Gineva. César l'appelle Geneva. Ce nom a été écrit de plusieurs manières différentes dans les Auteurs Latins. Quoi qu'il en soit, il est d'origine Celtique, & Wachter le dérive d'un terme qui signifie dos, & ensuite hauteur, élévation. La ville de Geneva est située sur une colline. Voici les termes de Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 113. Ruck, rücken, jugum montis, continuum & non continuum, aquae & gibbosum, sensu a dorso animalis accepto... Obtient hac translatio in aliis quoque linguis. Ita Graeis iorque qui est dorsum montis, Anglis ridge of a hill cacumen montis, observante Junio in noc. ad Will. pag. 115. Latinos quoque dorso appellationem montanus & alipetribus locis imposuiffe, multis Oratorum & Poitarum testimonii demonstrat Freherus in Orig. Palat. Addi possunt Cambri & Armorici, quibus cels non solum dorsum, sed etiam dorsum montanum significat. Et hinc antiquum montibus GEBENNICIS, quos hodie CEVENNIS vocant, nomen inditum esse, observat Bocharus in Orig. Gall. pag. 38. Nec aliud sonat in auribus meis GENE & GENEVA, quam locum montanum aut gibbosum, praesertim cum antiquissimi ejus urbis incola Celtica lingua nos sint, ut Allobroger omnes, a quibus etiamnum vocatur Colonia Allobrogum. Littera N, qua natura mobilis est, ut in prolegom. ostendi, neminem debes movere. Verum & primigenium nomen restituii Guntherus in Ligurino. Scilicet ut geminas illis in finibus tribes, Lufannam, gelidaque fitas in rupe GEBENNAS, Berchtoldus regeret.
GENEVOIS. On appelloit autrefois de la forte ceux de Gênes. De l'Italien Ginovefe, fait de Ginova, qui est le nom Italien de la ville de Gênes. M. Ménage, au chapitre 146. tome 1. de ses Observations sur la Langue Françoise, a blâmé nos Anciens d'avoir parlé de la forte, sans avoir deviné la raison qui les y avoit portés. Comme dans le Diction. Franç. Italien d'Ant. Oudin, d'où j'ai pris le nom Italien de la ville de Gênes, les u voyelles sont toujours confondus dans le corps des mots avec les v confonés, & que les Allemans appellent Genoa la ville de Gênes, je ne sais si dans ce Dictionnaire il ne faut pas lire Ginovefe, & Ginova. Mais en ce cas-la notre vieux mot Genevois, pour Genois, ne laiferoit pas de venir de Ginovefe par le changement de l'u voyelle en v confoné. Le Duchat.
GENICE. De junix. M.
GENIEVRE, ou GENEVRE: car on dit l'un & l'autre : arbre. De Juniperus. Le ju, en ge : comme en genice, de junix. De juniperus, les Italiens ont fait de même ginepro, & ginebro; & les hipagnols, eiebro. Je ne sais d'où vient juniperus. Toutes les étymologies que Mathias Martinus rapporte de ce mot, ne me faisent pas. Les Grecs appellent cet arbre à la cour, que je dérive dans mes Botaniques, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la cour, à la
GENOBALD. Nom propre d'un Capitaine Franc, qui vivait du tems de l'Empereur Valentinien, & dont il est parlé dans Grégoire de Tours, liv. 11. ch. 9. Ce nom signifie vir audax. Il est composé de deux mots Teutoniques, gun, vir, & bald, audax. Bald est la même chose que l'Anglois bald, & l'Italien baldo. Les Anglo-Saxons discient aussi bald, les Francs baldo & paldo. Ce mot ressemble au Latin validus. Il entre dans la composition de beaucoup de noms Teutoniques, comme HEROBAUDE, GUNDIBALD, BALDOMER, BAUDOUIN, VILLIBALD, ou VILLIBOLD, VINIBALD, LIONOLD. Dans le premier de ces noms, il le change en bande, & dans le dernier en poid. Le a & le p sont des lettres du même organe. BANTON, nom d'un célèbre Capitaine Franc, dans l'armée de l'Empereur Gratien, est aussi la même chose que bald, & signifie pareillement, courageux, hardi, intrépide. Il y avoit chez les Goths, une famille très-noble, appelée la famille des Balthes, du même mot bald. L'Historien Jornandes : De Reb. Ger. ch. 19. en parle de la manière suivante : Ordinant super se regem Alaricum, cui erat post Amalos secunda nobilitas, Baltharumque ex genere origo mirifica, qui diadem ob audaciam virtutis, Baltha, il est audax, nomen inter suo recuperat. Voyez ci-dessus au mot Baudouin; & Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot bald.
GENOU. De geniculum. On écrivait anciennement genouil, & genoil. De genicularia, nous avons fait GENOUILLERE. Et AGENOUILIER, d'adgeniculari; qui est un mot de Tertullien. Et GENOUILLET; qui signifie nom de chaume. M. GENOUILLEE : herbe. De geniculata. M.
GENSERIC. Nom d'un Roi des Vandales en Afrique, célèbre pour avoir pillé la Ville de Rome. Wachter croit que Generic a été dit par corruption pour Generic, & il explique Generic par Gesus potens, & Gesus par vir fortis. Mais il est bon d'écouter cet Auteur, parler lui-même, afin d'apprendre la signification de plusieurs noms propres, célèbres dans l'Histoire. Voici donc ce qu'il dit dans son Glossarium Germanicum, pag. 578. Gesus, vir fortis. Vox Antiquo-Gallica, quam custodivit Servius in S. Aen. Gesa hassas viriles, nam etiam viros fortes Gallis Gesa vocant. Oritur a gisen posse, valere, quod viris fortibus maxime proprium. Placuit hoc nomen Germanis antiquis, quamvis a labio eorum alienum, in multis nominibus propriis, ut ferè solent peregrina apud omnes gentes. De qua re memorabilis est locus Jornandis, cap. ix. de Reb. Ger. Nemo est qui ineccia, animadverti, usu plerique nomina gentes amplecti, ut Romani Macedonum, Graeci Romanorum, Sarmatz Germanorum, Gothi Hunnorum. Addo, ut Germani Gallorum. Idque nomen eo libentius amplectebantur nostri, quod illud ex verbo Germanico apud Gallos natum intellexerant. In compositis nunc adjectivum, nunc substantivum, ponitur. Malla sunt ex vetustissimis: ARIOGASUS, pralio fortis. Nomen Regis Quadorum apud Dionem, & pure Celticum, ab sex pralium, pugna, confictus. Similia composita vide in wet bellum. ARIGIS, eadem natione. Rex Langobardurum apud P. Diacorum. LANIOGAISUS, gladio fortis. Nomen nobilis Franci apud Marcellinum, & pure Celticum, a llain gladius. Latini ex eodem fonte habent Lanista gladiator, vel praefectus gladiatorum, & non a laniando, ut eulogio nugantur. RADAGAISUS, immensi exercitus ductor, & repentinus Italia terror. Gothus fuerit, an Vandalus, incertum. Germanica nationis fuisse nomen ostendit, quod celerem Gelsum denotat. Rad etiamnum est celer, in quibusdam dialectis. De expeditione Radagais vide Historiam Germania Mascovianum, pag. 343. Sq. in notis. GISERICUS, Gesus potens. Nomen geminum Regis Vandalarum in Africa. GIZERICUS Jornandi, GAISERICUS Idatio. Urinque eodem sensu. Grotio est viris fortibus pollens, sensu minus commode, quia laudem fortitudinis detrobit Regi, tribuit aliis. GENSERICUS. Idem nomen, & ejusdem Regis, sed per epenthesin vitiatum. Aventino est ganz-reich totus dives, vel integrum regnum. Inepte. Grotio planè pollens. Hoc interim suppositio, uni viro duplex nomen diversa interpretationis adhafoce, quod minimè opinabile, & à consuetudine priflorum alienum. WETGISUS, acer gesus, gesus bellicosus. Dux Saxonum, Hengisti & Hursi pater, Odini nepos, apud Bedam in Hift. Ecclesi. Somnerus in Dill. Anglofax. hwate, hwate, alacer, fortis, bellicosus. Confer wetsen incitare. VITIGIS, eadem notione. Rex Gorborum apud Procopium. Grotus exponit sapiens & fortis, contra mortem veterum, qui non solent duo adjectiva in eadem voce cumulat. Nummi hujus Regis habent Dn. WITICES REX, errore monetariorum sitius temporis, qui solent etiam si ulpere AUCUSTUS pro Augustus. WITTIGISUS, eadem notione. ILDIGES, nobilis gesus. Recurrit in alt nobilis, cum aliis ejusdem compositionis. HILDEGIS, eadem notione. ADALGIS, eadem notione, ab edel nobilis. Nomen Alamannicum in Indice Goldasti. GISELICUS, fortibus par, cum fortibus conferendus. A lic simulis, par, aqualis. Regis Alarici ex concubina filius, apud Procopium. Grotus interpretatur socialem, satis frigide. GISULPHUS, gesus juvans. Dux Venetiarum, Alboini, Regis Langobardorum, nepos, apud P. Diacorum. Prater composita occurris etiam simplex in nominibus propriis, & tribuitur non solum viris, ut Giso in Indice Goldasti, sed etiam suminis. Inde GISA mulier fortis, nomen Amazonicum Regina Rugiorum ab Odoacro capta. Hactenus. Ges fuit in honore. Postea (ut sunt vocabulorum fata) capit vilecere, & a viris fortibus transferri ad quoscunque viros, a viris ad famulos, & a famulis ad vilissimum quemque. Inde, Cambris gwas vir, famulus, de quo significatu mox erit agendum; & Gallis bodiernis gueux mendicus, gueuserie mendicitas. In qua voce explicanda splendide nugantur, qui illam quasi & semine Latino prognatam, vel a manganus, vel a questus, vel a vagus arcessum, vim rebus & auribus simul facientes. Le mot ric, qui fait la seconde partie du nom Genseric, signifie puissant. En Bas-Breton, c'est rich, suivant le P. L'eroun, Ant. Celt. pag. 456. En Gothique, c'est reiki, & au superlatif reiki; en Anglo-Saxon rice, en vieux Franc rich, en Ilandois rikur. Ce mot pris dans le sens de puissant, se rencontre dans beaucoup de noms propres Teutoniques: & apparemment que le rix, qui termine plusieurs noms Gaulois, comme Ambiorix, Eporedorix, Cingemorix, Vercingemorix, Viridorix, & semblables, signifie aussi la même chose. Ric ou rich, a été pris ensuite dans le sens de divers. De-la le François riche, l'Itaien rice, l'Espagnol rica & rica, le Latin-barbare ricus pour divers; & rici hominos des hommes riches, dans du Cange, au mot Ricus. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Henrich, se moque de ceux qui expliquent le mot Genseric par divers anseribus. Il est cependant vrai, que ganz, gans & gant, en Teutonique, signifie une oie. Pline, Hift. Nat. liv. x. ch. 12. Candidi anseres in Germania, verum minores, ganz & vocantur. Et l'Auteur de la Vie de S. Waldebert, §. 5. Anseres agrestes, ques a candore & somitu vocis gantas vocamus. Les Allemanis encore aujourd'hui appellent pareillement une oie ganz, gans & gant. En Bas-Breton, c'est ganz, & goaz; en Espagnol gansa & ganso; en Anglois goose; en d'autres dialectes, gas, gos & goas; en Arabe toux & maz; en Chaldéen RITIM toux. Le Lecteur remarquera, s'il lui plaît, la ressemblance de tous ces mots de différentes Langues. Ainsi il est certain que Genseric, en ne supposant rien d'ajouté à ce mot, peut très bien signifier anseribus potens, ou anserum duclor. Si ce nom n'est pas assez illustre pour un Roi, je n'y saurois que faire. Est-il absolument décidé, que les noms des Rois ou des Princes doivent toujours signifier de grandes choses? Et n'avons-nous pas plusieurs exemples du contraire. Par exemple, l'Empereur Velipsiens, ainsi appelé de vespa, guêpe, &c. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Gans, & au mot Reich.
GENT. Corps gent. Taille menue & dégagée, comme particulière & propre aux Dames & aux filles de qualité. Les Allemans disent proverbialement de cette sorte de taille, qu'elle convient à la Noblesse. Le Duchat.
GENTIANE. Simple, ainsi appelé de Gentius, Roi d'Eclavonie, qui le premier le découvrit, & en montra les vertus & les propriétés. Pline xxv. 7. Gentianam inventis Gentius, Rex idigerum: ubique nafsantem: in librio tamen prafuntissimum. Dioscoride, 3. 3. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100.
GENTIL. C'est une espèce de Faucon. Le Faucon Pelerin & le Gentil sont tellement semblables, que l'Empereur Frideric, au liv. 1. ch. 4. De arte venandi cum avibus, n'en pouvant démêler la différence, est contraint de dire, que c'est une même espèce de Faucon, & qu'ils ont été appelées gentiles, c'est-à-dire, de même race que les Faucons Pelerins: Dicum mulus quid Falcones peregrini, & Falcones abfouti gentiles, sunt dua diversa species Falconum, & non una; vident enim majorem diversitatem inter Falcones peregrinos gentiles, & gentiles abfouti, quam inter peregrinos ad invicem, & quam inter gentiles ad invicem; videtices quod peregrini tardius mutantur, & majores & pulchriores sunt. Nos verò nullam videntes substantiam differentiam inter illos, dicimus quid sit una species Falconum, non diversa; sed sunt similes, & propinqui & utrique gentiles. Cependant Charles d'Arcuffia d'Españon, dans la Fauconnerie, chap. 18. dit que le bon naturel de cet oiseau lui a fait donner le nom de Gentil. Caseneuve.
GENTIL. Propre & bien ajusté. Charles Loiseau, des Ordres de la Noblesse, chap. 4. dit que comme gent signifie nation; ce qui est à la mode, & qui est trouvé beau dans le pays, est appelé en François gentil: & qu'il semble que ce mot est pris en ce sens dans Suétoine, en la Vie de Tibère: Capillo utebatur pone occiput subniffiore, ut cervicem etiam obtegeret, quod gentile ei videbatur. Caseneuve.
GENTIL-HOMME. C'est-à-dire, Noble homme. Dans la plus grande partie des anciens livres François, & particulièrement dans les anciennes Coutumes de Paris, intitulées Li Establissement le Roy de France, &c. ce mot se trouve divisé en deux, Gentis homme, Gentis femme. Dans ces mimes, coutumes, liv. 1. ch. 14. gentilment signifie noblement: car parlant du partage des biens fait entre les enfans d'une renti femme mariée à un homme Coutumier, c'est-à-dire, Roturier, il est dit: Si se despartem tousjours, mais gentilment: Et dans Froissart, vol. 2. ch. 116. Gentilesse est pris pour Noblesse. Environ quatre cens lances, toute fleur de Gentilesse. Les Romains appellent Gentiles, les personnes de condition libre qui portent même nom. Céron dans ses Topiques, sur l'autorité de Q. Mutius Scavola, dit que Gentiles sont, qui inter se eodem nomine sunt, ab ingenuis oriundi, quorum majoram nemo servitutem servivit. Sur le- quel endroit Boëce a fait cette Remarque : Gentiles sunt, qui eodem nomine inter se sunt, ut Bruti, Scipiones. Quod si servi sunt, nulla Gentilitas esse potest. Quoi si Libertinorum nepotes eodem nomine nuncupentur, Gentilitas nulla est; quoniam ab ingeniorum antiquitate Gentilitas dicitur. De forte qu'il semble que notre Noblesse ait pris le nom de Gentilhomme, de cette façon de parler des Romains; parce qu'environ le Regne de Hugue Capet, tous les Fiefs ayant été rendus héréditaires & patrimoniaux; les Nobles en France, qui, comme les autres hommes, n'avoient auparavant autre nom que celui du Baptême, prirent le lothom de leurs Fiefs, qui fut depuis celui de leurs familles; & ainsi ceux qui se trouverent porter le nom d'une famille Noble, furent appelés Gentilhommes; à l'imitation des Romains, dont les habitans des Gaules observoient les Coutumes, lorsqu'ils devinrent sujets des Rois de France. Mais encore que depuis, à l'imitation de la Noblesse, le reste du peuple prit des surnoms, il n'y a point de Gentilité ou Gentillesse pour eux, non plus que parmi les Romains, entre ceux qui étoient de condition fervile. Car il faut être peu verté dans les Antiquités de France, pour ne l'avoir pas qu'à l'exception de la Noblesse, le reste des hommes étoient tenus pour personnes de fervile condition, & étoient connus sous les noms de Returiers & de Pilavie, que nous opposons encore à celui de Noble. Je pourrois fortifier cette vérité par un grand nombre de preuves que je réserve pour un autre sujet. Il y en a qui tiennent que le nom de Gentilhomme vient de ce que les anciens François, qui étoient Gentils, c'est-à-dire, Payens; étant venus après la conquête des Gaules, à posséder avec la qualité de Nobles les biens qui leur étoient échus en partage, les habitans originaires du pays, qui étoient Chrétiens, les appelloient, par une espèce de dédain, Gentils & Gentilhommes. Je laisse à part quelques autres origines de ce mot que les Curieux pourront voir ailleurs. Caseneuve.
GENTIL-HOMME. De Gentilis homo. Bodin, liv. 1 de la République, ch. 8. après avoir cité ce passage de Tite-Live, de la Harangue de Décius contre les Patrices: Semper ista audita sunt, vos solos gentem habere, &c. ex quo satis innuit, nec servos, nec libertinos, gentem habuisse, & Gentiles fuisse qui ex ingenuit nascerentur. Hinc illa vos a nobris usurpata, et qui nobiles sunt, Gentiles dicantur. Gentilis se trouve à peu près en cette signification de Noble dans ce passage de Q. Mutius, rapporté par Ciceron dans les Topiques: Gropiles sunt, qui inter se eodem nomine sunt, ab ingenuis oriundi, quorum majorum nemo servitutem servivit, qui capite non sunt diminuti. Boëce sur ce passage: Gentiles sunt, qui eodem nomine inter se sunt, ut Bruti, Scipiones. Quod si servi sunt, nulla gentilitas esse potest. Quod si Libertinorum nepotes eodem nomine nuncupentur, gentilitas nulla est; quoniam ab ingeniorum antiquitate gentilitas dicitur. Caius dans les Institutions: Libertinorum, aut servorum, gentilitas non est. Loiseau, dans son Traité des Ordres, ch. 4. explique fort au long l'origine de ce mot Gentilis: & les paroles méritent d'être ici rapportées. Les voici: Je commencerai par l'explication des noms de Gentil-homme & Escuyer: & quant à celui de Gentil homme, je ne me départai point des deux etymologies que je lui G E O. G E P. 665 ou jalouise, Gentile, ou Gentile-hommes. Car, au surplus, je ne trouve nulle apparence en la fantaisie d'un autre moderne, qui veut référer l'origine de nos Gentiles-hommes & Étrangers, aux Gentiles & Scutarii, dont est souvent fait mention dans la Notice, & dans Ammian Marcellin; qui étoient les noms de certaines bandes ou compagnies de soldats Préviers; c'est-à-dire, destinée à la garde & désespoir du Prévire ou Palais de l'Empereur, & qui étoient partant sub dispositionne Magistri Officiorum. J'ajoute à ce long passage de Lolléau; la remarque que j'ai faite dans mes Origines Italiennes sur le mot Gentile-hommes: qui est, que le mot gens, pour noblesse d'extrusion, se trouve dans ces vers d'Horace, livre 2. Satire 3. Qui quantvis perjurus erit, sine gente, cruentus Sanguine fraterno, fugitivus; ne tamen illi Tu comes exterior, si possutes, ire recuses. Sine gente: c'est-à-dire, ignobilis. Il me reste à remarquer, que le mot Latin Patricius ne répond pas à notre mot Latin nobilis. Voyez M. Henri de Valois sur le livre 3. de l'Histoire Ecclésiastique d'Eusebe, pag. 49. M.
GEOLE. GEOLIER. Joseph Scaliger sur le livre 3. du Poète Manilius, & M. de Saumais sur l'Historien Fl. Vopiscus, disent que de cavea on fit cabia, & enfin gabia, d'où nous avons fait Geole & Geolier. Les Gloses: Gabia, γαλώσσα. Et un autre Glosaire: γαλώσσα, cavea. En Languedoc, on appelle gabia une cage: car quant au mot gabiola, qui se lit dans un Aote des Comtes de Champagne; rapporté par Pithou, dans la Coutume de Champagne, en ces paroles, à custodia villa, turis, & gabiola, il s'entend d'une garite, qu'on appelle en Languedoc gabion. Ce qui confirme davantage l'opinion de ces deux savans Personnages, c'est que ce mot γαλώσσα, que ces Gloses expliquent par cavea, & par gabia, signifie cage & prison: & qu'une cage & une prison se ressemblent, en ce que les hommes & les oiseaux sont enfermés contre leur gré, & n'y voyent le jour qu'à travers des grilles de fer, ou du fil d'archal. En effet, les cages ont autrefois servi de prisons aux hommes. Dorronsville, en la Vie de Louis III. Duc de Bourbon, parlant des enfans de Pierre le Cruel, que son frère Henri Roi de Castille tenoit prisonniers. Lequeis il tenoit en une cage de fer, & y filtrent mis en leur âge de huit ans. Philippes de Commines, en la Chronique de Louis XI. ch. 136. dit que ce Roi avoit fait de rigoureuses prisons, comme cages de fer; & d'autres de bois, couvertes de pates de fer par le dehors & par le dedans, avec terribles fermes de huit piés de large, de la hauteur d'un homme & un pié plus. Le premier qui les divisa, fut l'Evêque de Verdun, lequel en la première qui fut faite, fut mis incontinent, & y a couché quatorze ans. Plusieurs depuis l'ont maudit, & moi aussi, qui en ai raté sous le Roi présent huit mois. Caenence.
GEOLE. De gabiola, diminutif de gabia; mots, qui se trouvent dans le Vieux Glosaire: γαλώσσα, gabia: & page 484. (συγόνα, cαπολία; & dans une Charre de Thibault, Roi de Navarre & Comte de Champagne, de l'an 1209. produite par Pierre Pithou sur le premier titre de Tome 1. la Coutume de Champagne: Ipsos quittamus ab omni tallia, velta, demanda, custodia villa, turis & gabiola, ab exercitu & chevauchia, & ab omni alia exactione. Scaliger se trompe qui dérive GOLIER de Janicularius: Statores proprie, sunt carcerum aut adium custodes, quo vulgo jauclaros, corrupte pro Janicularis, vocamus. C'est dans ses Notes sur les Priapées. Gabiola vient de cavea. Cavea, caba, cabia, cabiola, gabiola, OLOLE. Gabiolarus, GEOLIER. Les Picards appellent encore aujourd'hui gaiole & geole une cage. Voyez Scaliger sur Manile, pag. 462. & M. de Saumais sur l'Histoire Auguste; pag. 437. De geole, vient engolier, par métaphore tirée des Oileleurs, qui, par le moyen d'un oiseau enfermé dans une cage, y en attirent d'autres. Et de gaiole, vient cajoler; qu'on a dit, au lieu de gaijoler; qui est proprement habiller & caqueter comme un oiseau en gaiole, c'est-à-dire, en cage. Voyez cajoler, M.
GEOMANCIE. Espece de divination, que Polydore Virgile définit, une divination qui se fait par le moyen des fentes ou des crevasses de la terre. Ce mot vient du Grec γα terra, & μανεία divinatio; c'est-à-dire, divination par le moyen de la terre. Autrefois on se servoit de petits cailloux.
GEORGE. Ce nom propre est venu en usage dans ce proverbe. Laissez faire à George, c'est un homme d'âge. Il s'est fait du tems du Cardinal George d'Amboise, Ministre d'Etat de François I. Car comme ce Ministre étoit fort habile, on disoit en parlant des affaires publiques: Laissez faire à George, il est homme d'âge; pour dire, qu'il falloit s'en rapporter à sa bonne conduite, & à sa grande intelligence.
GEORGE. Nom propre d'homme, diminutif de George. Le peuple a un vieux proverbe qui dit, que Georges, Croiset, Marquet & Urbanet, sont des jours funestes aux vignes & aux arbres; parce qu'il arrive souvent qu'il gèle ces jours-là; c'est-à-dire, le 23. d'Avril, jour de S. George; le 25. du même mois, jour de S. Marc; le 3. Mai, auquel on célèbre l'Invention de la Sainte Croix; & le 25. fête de S. Urbain. Ce proverbe vient, non pas de ce qu'il gèle en ces jours-là plutôt qu'en d'autres, ou que la gelée qui vient ces jours-là soit plus dangereuse; mais de ce que la gelée qui vient depuis la fin d'Avril jusqu'à la fin de Mai, est plus dangereuse pour les vignes & pour les arbres qui ont déjà poussé, qu'en un autre tems; & de ce que ce sont des jours plus remarquables aux paysans que d'autres jours, parce que ce sont en plusieurs lieux des jours de foires & d'assemblées.
GEPIDES. Peuple de la Sarmarie Européenne, que l'on confond avec les Gêtes & les Daces. Isidore prétend qu'on les appelloit ainsi parce qu'ils combattoient à pied. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Beiten, croit que ce nom vient du verbe Teutonique gebiden, qui signifie demeurer, séjourner, tarder, s'arrêter. Voici ses termes: Semnerus in Dill. Anglosax. Bidan manere, morari, cunllari, perflare, Bensonius in Voc. Anglosaxon. Gebidan manere. Si Graeux effem, inquit Skinnerus, derivarem à wuort wuort. Ego malim derivare à Celicia pedd pes; ut proprii sit pedem figere, perflare. Nam pes ad utrumque paratus est, ad standum & progredendum. Et hinc contraria verba ex nomine ejus oriri possunt. Ita à fus pes derivamus fuifen insifere. A simplici biden avitur bedd locus manendi, de quo supra; & hinc porro Bathaib mansio vel sedes Gépidarum, vetus rampe Dacia, in quo composito haib occupa- tum quid significat, ut dixi in habe. A composito gebiden nomen ducunt ipsi GEPIDE, residui Gotho- rum in Sarmatia, primo quidem a mora sequendi, & quia catris tardius progressi in magna illa Go- thorum ad Pontum migratione, mox etiam ab inge- nio tardo sic dicti, quasi cunctatores. Utriusque ap- pellationis causam commemorat Jernandes, cap. XVII. de Rebus Geticis. Sed ante Eccardum nemo radicem Gepidici nominis potuit investigare, ne Grotius qui- dem in Indice. Interim à beiten Itali habens badare, codem sensu, quod frustrā negat Ferrarius. Angli utuntur composito abide.
GERANCE. On appelle ainsi une machine dont on se sert en Hollande pour décharger les vaisseaux : c'est une espèce de grue. On l'appelle en quelques endroits de France guindoule. Le mot gerance vient apparemment du Grec γίμαις, qui signifie grue.
GERARD. Nom propre d'homme, il vient de la Langue Teutonique. Wachter, dans son Gioi- larium Germanicum, au mot ger & au mot hart, l'interprète bello serox; de ger, pris dans le sens de guerre, & de hart ou hard, qui signifie fort, courageux, hardi, violent; & d'où vient aussi no- tre François hardi. Voyez ci-dessus Ardabure, & ci-dessous Guerre. Le même Wachter, au mot gar, interprète Gerhart, qui est la même chose que Ge- rard, par valde acer. Voici ses termes : GAR, adverbium intendendi : gar off sapiens, gar gut optimé, gar recht rectissime. Somnerus in Diction. Anglo-Saxonico : geara bene, valde, satis, geara cennam bene scire vel noscere. Similiter & in nomi- nibus propriis auget significatum. Inde GERFAUT valde dilecta, GERBERT valde clarus, GERHART valde acer, GARIFUSIUS valde promptus. Itali imi- tantur vocem Germanicam in guari multum, quod Scriptores ultramontani malè derivant à Lat. valde, vel aliqua re. Girard a été dit par corruption au lieu de Gerard, que M. Ménage dérive de l'Alle- man geren, qui signifie defirer, en sorte que, selon lui, Gerard veut dire la même chose que Deside- rius en Latin, & Didier en François. Cette inter- prétation est confirmée par le nom d'Erasme, qui s'appelloit Gerart en Flaman & Desiderius en Latin. Voyez ci-dessous Girard.
GERBE. En Languedoc on l'appelle garbe. Anciennement les Ecossols appelloient garba, un trousseau ou faisseau de flèches. Les Ordonnances ou Status de Robert premier du nom, Roi d'E- cosse, ch. 17. Habeat unum arcum cum una garba sagittarum, scilicet vigimi - quatuor sagittas. Ce mot est formé de garivon, qui en Langue Tioise, signifioit un botean ou une javelle. Le Glossaire que Lipie a recueilli d'un ancien Pseautier, & qu'il a rapporté dans la troisième Centurie de ses Epitres ad Beigas : Garivon, manipulos : nos gerven. Cafe- neuve.
GERBE. M. Besly le dérive de germen. Les Alle- mans disent garbe : & il y a beaucoup d'apparence que le François garbe vient de ce mot Alleman : car anciennement nous prononcions jarbe : témoin le proverbe. Faire à Dieu jarbe de soarre : qu'on a corrompu en barbe de soarre. Nous avons aussi prononcé garbe : Et le mot de garba se trouve en cette signification dans un nombre infini de Titres Latinis : & entr'autres, dans la Chartre de la Fon- dation de l'Abbaye de la Trinite de Caen, qui est écrite il y a 600. ans. M.
GERBE. On ne sauroit douter que le mot La- tin-barbare garba, d'où a été fait notre mot gerbe, ne vienne originairement de la Langue Teutoni- que, puisqu'on le reconnoit encore en différentes dialectes de cette Langue, soit qu'il ait été formé de garipan, moillonner, ou de gripan, prendre, saiur, ou de quelqu'autre verbe semblable. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot garbe.
GERBE. De garbara. Voyez gerbe. M. GERBERT. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, comme il est aisé de le reconnoître; & il signifie valde clarus, si on le dé- rive de gar valde, ou bien bello clarus, si on le dé- rive de ger, pris dans le sens de bellum. Voyez ci- dessus Gerard. Bert, signifie illustre, comme dans Albert, Adalbert, Bertran, & autres noms. Voyez ci-dessus Berthier. Au reste, Gerbert est la même chose que Charibert, nom d'un Roi des François, fils de Clotaire : le a été changé en est, à cause de la restée blanche de la prononciation.
GERCER. Nicot : GERCER, est couper par petites fentes : in rimas scindere. On le dit de la bise, quand, par sa froideur extrême, elle détaille la peau du visage & des mains en petites fissures : faciet, manuumve pellem extimam rimatim secat. Je crois que ce mot a été fait de carpiscare, dimi- nutif de carpere, en la signification de découper. La Loi des XII. Tables : Mulier, genus ne carpite. Et de-la, carpiscus, pour une sorte de soulier dé- coupé. M. de Saumaisle sur l'Histoire Auguste, pag. 169. Carpus igitur, & carpiscus, & carpiscu- lus, calceoli species, & pura puta vox Latina est. Sic appellatur calceus multifarium scissus & casus, quem Graci & accipius vocant & accipius. Cephyso- dorus Trophonio : — euthiiā vi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi ʃi Carpere id Latinis significat. Carpus, à verbe car- po : ut dividus, à divido, qui divisus est : unde & dividia, & divisio, & divisio. Sic carpus, & accipi- sus : unde & carpia, quem Graci & accipius appellant. Glossa, & accipius & interpretatur : quam vocem badeque retinemus. On a fait gercer de carpiscare, par le change- ment du C en G, & de l'A en E : Voyez mon Dif- cours du changement des Lettres. Dans l'Anjou & au Maine, & dans la Basse-Normandie, on pro- nonce jarcer. M.
GERFAUT. C'est une espèce de Faucon, beaucoup plus grand & plus hardi que les autres : comme remarque l'Empereur Frideric, liv. 1. ch. 4. de Arte venandi cum avibus, lequel en donne l'origine en ces termes : Girofalco & al. a hiero, quod est facer : vel a kyrio, quod est dominus : iode Kyrofalco, id est Dominus falco, & in utrum Gra- cam Linguam. La premiere origine a beaucoup d'apparence de vérité : car le Grec vulgaire appelle un Faucon & al. bien que le vrai Grec dise & al. Le Corona Prosaia : Falco, & al. & al. & al. & al. & al. & al. Toutefois Albert le Grand, au Traité de Falco- nibus, & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. & al. tando ; quia diu gyrando acriger pradam insignitur. Cafeneuve.
GERFAUT. De gyrofalcus, comme qui diroit, faucon qui vole en rond. Voyez Volaterran. M.
GERFAUT. Je dérive ce mot de l'Alleman ger- falc, qui signifie pareillement une sorte de Fau- con plus grand & plus hardi que les autres. Gerfalc est composé de geir, qui en Alleman signifie van- tour ; & c'est peut-être dans ce sens-là, que les Flamans disent gierval, comme qui diroit vauour- faucon ; ou bien de ger, qui signifie entre autres choses cupidus, appetens ; & de falc, qui signifie faucon, comme qui diroit, falco prada appuyens. Mais écoutons Wachter, qui dans son Glossarium Germanicum, pag. 544. s'exprime ainsi : GEIR, vultur, non geier ut vulgo. Gloss. Pez. vulturem kir. Verelus in Indice : geir vultur, geir-fugel idem. Opinar ab avida natura. Nam geren est ra- per, & get cupidus, quod facile mutatur in kir & geir. Cupidus autem est, non prada, ut accipiter, sed cadaveris, & imprimis humani. Ennius: Vulturis in sylvis miférum mandebat homo- nem. Juvenalis, Sat. XIII. Vultur, jumento, & canibus crucibusque relictis, Ad fœtus properat, partemque cadaveris adfert. Hic est ergo cibus magni quoque vulturis. Creditur ova sua non omnia excludere, sed unum vel alterum tantum, reliquis e nido ejectis, ne aviditati naturali in tanta sobolis multitudine aliquando ca- daver deficiat. Ipse interim prada alterius volutris ex accipitum genere, quem Germani geirfalc, Graci inferiores, ad modulum Germanica vocis, iqua- quaxus vocant, quod vulturem appetat. Galli quo- que vocem nostram imitantur in gerfau, sed vitrose, ut plerumque. Et à la pag. 564. le même Auteur dit : GERFALK, falco major & foritor. Latino-Bar- baris, gyro-falcus, Belgis giervalk, Anglis jerfal- con, Galli gerfaut. Vox Latina ita concepta est ac si esset à gyro-faciendo : Belgica, ac si vulturem & falconem una conjungriet : Anglica, ac si herum h. e. facrum falconem denotaret ; quam etymologiam proponit Imperator Fridericus II. lib. 2. de Arte venandi, cap. 4. Verofimilus est, omnes ex eodem fonte banffas esse, nempe ab Antiquo-Britannico cut verberatio, ictus, vel curo tundere, puflare, verbe- vare. Nam hic falco alias vocatur flosf falc, à tra- dendo, quia majores oves impetu suo deprimit. Voyez ci-devant Faucon.
GERMAINS. Peuples qui occupoient autre- fois ce que nous appellons aujourd'hui l'Allema- gne. Selon Wachter, dans son Glossarium Germa- nicum, pag. 565. ce nom ne vient pas du Latin, comme l'ont cru plusieurs Auteurs après Strabon, qui dit que les Romains nommèrent ainsi les Ger- mani, pour montrer qu'ils les regardoient com- me les frères des Gaulois. Germani vient de deux mots Teutoniques, savoir de ger & de man ; dont le premier signifie telum, bellum, & cupi- dus ; & le second homo, vir, vir fortis. Ainsi Germani signifie à la lettre, vir telo armatus, ou vir bellicosus, ou vir cupidus. Les Germains ne s'appelloient pas ainsi eux-mêmes. Ils se nommoient Teutsch, comme ils se nomment encore aujourd- 'hui Teutscher, mot qui est la même chose que Teutschus, Teutschus, & Theotiscus, du Latin bar- bare. C'est le nom dont les Allemans se glorifient principalement, & il signifie terrigena. Quant au nom de Germains, ce furent les Gaulois qui le don- nerent à quelques peuples de Germanie, qui après avoir passé le Rhin, s'étoient emparés d'une par- tie de la Gaule ; ce qui arrivait avant le tems de César. Ensuite le nom de Germains passa peu à peu à tous les peuples que les Romains compre- noient sous ce nom. Mais il fera bon d'entendre Wachter parler lui-même. Voici donc ses termes à la page que nous avons citée : GERMANI, prin- ceps terrarum populus, & omnium bellicosissimus, qui virtute sua Imperium Romanum evertis, Gal- liani, Britanniani, Italiani, Hispaniani armis oc- cupavit, populisque devictis, Reges, Leges, imi- etiam linguam suam imposuit. De hoc nomine pri- mus sententiam dixit Strobo, lib. 7. ab init. Statim ergo trans Rhenum post Celicus populus, Orien- tem versus sita loca Germani incolunt, a Galli pa- rum differentes, si feritatis, corporum magnitu- dinis, & fulvi coloris excellentiam spectes : sed & formâ & victu & moribus adsimiles sunt Gallo- rum. Itaque recto mihi videntur Romani hoc no- men eis indidisse, cum eos fratres esse Gallorum vellent ostendere. Verum ex Casare & Tacito, si conferantur, nimis manisestum est, hoc nomen recens & nuper additum esse; non à Romanis, sed à Galli expulsis; non gentis universa, qua numquam suis anonyma, & tunc Tutica, hoc est terrigena voa- batur; sed quinque tantum gentis nationibus, Ebu- ronibus iniquam, Condrusis, Seguis, Cerresis, & Permanis, qui tunc Rhenum transgressi, Gallorum agris occupaverant : non aliquo fraternitatis affectu, quod Galli similes essent, aut consanguinitate jun- ti; sed metu victoris, sive populi, sive ducis; pos- tea vero hoc nomen, quamvis serius & paulatim, ad totam gentem Transfhenaham pervenisse, puta ab Eburonibus, & reliquis Quinque-Pagorum populis, de quibus videndus Casar, lib. 2. de B. G. cap. 4. & lib. 6. cap. 32. Hs populi, trajecto Rhevo, ve- teres colonos sedibus suis expulerunt, teste Casare. Qua re percussi Galli, cum priores Germani, quo- quor Rhenum transferant ante illos populos, neminem expulsent, sed vacua tantum cultoribus loca occu- passent, pradonibus illis Germanicum nomen indide- runt, vel à cupiditate occupandi (nam ger habendi cupidum significat), vel, quod omnibus magis pro- batur, à metu belli & armorum : quod etiam Tac- itus indicare videtur, cap. 2. de M. G. bis verbis : Caterum Germaniae vocabulum recens & nuper additum, quoniam qui primi Rhenum transgressi Gallos expulerint, ac nunc Tungri, tunc Germani vocati sint. Ita nationis nomen, non gentis, eva- luisse paulatim; ut omnes primam à victore ob metum, mox a sepsis invento nomine, Germani vocarentur. Locum a librariis ad illum esse non cre- do. Quocumque modo legatur aut restituiatur, illud aperte satis declarat, non affectum fraternum, sed metum quemdam, causam nominis fuisse. Nihil au- tem bello & jaculis terribilus, praferium inter iner- mes, quales tunc Galli fuisse videntur. Illud antiquis vocatur ver, hoc ger. Utrumque demonstrati in lo- co. Hinc ger cum annexo man denotare potest, vel bellatorem, vel jaculo armatum. Utrumque nomen terribile est, & primis illis Gallorum expulsoribus conveniebat, fiducia belli & ferri meruendis. De ja- cnis veterum Germanorum vide Tacitum, cap. VI. Non puto autem Gallos hoc nomen invenisse, sed à nomine Ducis Quinque-Pagesium, quem Tacitus Victorem vocat, arripuisse, & à duce ad populum transfulsif, quid idem nomen omnibus convenire videatur. Nam German, quod & partes compositi, & Indices Goldasli demonstrant, ab omni retro memoria fuit nomen proprium viri in Germania. Factum autem est gentile auctoribus Gallis, ut paulo ante offensum. Et primis quidem aliquandis in Quinque-Pagenstius substiti, postea & paulatim universi gemi Transfrenana tribus capit, cum ob eamdem metum, tum quid Gallis videretur Imperium Galliarum affellare. Nam ger, ut jam semel monui, antiquitus etiam cupidum significavit. Et hanc Germanorum cupiditatem graphice describit Cerialis in Oratione ad Treveros apud Tacitum, lib. 1w. Hist. cap. 71. Eadem semper causa Germanis transfundi in Gallias, libido atque avaritia, & mutandis sedis amor: ut relictis paludibus & solitudinibus suis, fecundissimum hoc solum, voique ipso possiderent. Pezzonius in Antiq. Celt. pag. 116. Germanos & Carmanos, tanquam ejusdem studii homines, ducit. Hac duo nomina, inquit, homines belli significant. Nam carm-man Celtis idem sonat quod gereman Germanis. Sed quid sit carm, non ducit. In Lex. Antico-Britannico Boehroni, garm reponitur clamor, vociferatio: & garmwyn milites, equites. Nos, donec melius constet quid proprii lingua Celtarum sit garm, assensum nostrum suspendimus. De nomine Germanico vide plura hoc spectantia in ger telum & ger bellum. Outre les opinions qu'on vient de lire sur l'origine du mot Germain, il y en a encore beaucoup d'autres. Quelques-uns l'ont dérivé de gerereimamia, parce que le pays appellé Germanie est bien peuplé, & que les habitans sont grands, forts, robustes & belliqueux. Enneas Sylvius le fait venir de germinare, parce que le pays qu'habitent les Germains est fort peuplé. On trouve des Auteurs qui vont chercher dans les Langues Orientales, l'origine du nom dont il s'agit. Les uns disent, que le mot Germani est formé de deux mots Ebreux, savoir ברים gherim étrangers, & קנדים anim pauvres. D'autres dérivent les noms de Germanie & de Germain, de Thogarma, nonobstant le peu de ressemblance qu'il y a entre le primitif & les dérivés. Ils confirment leur sentiment par l'autorité de la Paraphrase Chaldaique, où on lit ces mots, Province de Germanie, pour expliquer ceux-ci, maison de Thogarma, Ezech. xxxviii. 6. On voit suffisamment l'abfurdité de ces etymologies, dans qu'il soit besoin de les réfuter. C'est alluérément dans la Langue Germanique, qu'il faut chercher l'origine du mot Germain. Ceux qui l'y cherchent conviennent tous, que la seconde partie de ce nom, c'est-à-dire, man, signifie homme: ils ne sont de fôtimens différents que sur la première, qui est ger. Quelques-uns sont venir ce mot de gar, qui en Alleman signifie tout, tout-à-fait: de sorte que selon eux, Germain est la même chose que tout-à-fait homme, ou tout homme; c'est-à-dire, qui a des inclinations & des manières entièrement dignes d'un homme. Junius fait venir ger, de geers honorable; & selon lui, Germain signifie homme honorable. Chrétien Juncker dérive ger, de Ger, nom d'un fleuve de la Turinge; de sorte que, selon son opinion, les Germains dans leur origine n'étouent que les Tongres, appelés depuis Turingiens, qui habitoient les rivages du fleuve Ger. Goropius Becanus, tire ger de gerer assembler, parce que les Germains assembloient ou levoient toujours des troupes. Rudbeck, dans son Atlantica, dont l'extrait se trouve dans les nouvelles de la République des Lestres de l'année 1685, au mois de Fevrier, pag. 119, prétend que le mot Germain est Suédois. Cette opinion ne doit pas surprendre dans un Auteur qui trouve tout dans la Suede, & qui y a même placé le Paradis terrestre. *
GERMANDREE. Plante: appellée autrement, chesfrette. C'est le grand de Grecs. Les Allemans l'appellent gamander: & les Anglois germander: & les Italiens, camedrio, & calamandrina: & les Arabes, selon le témoignage de Dalechamp, damadrios, chamadrios, & kymadrius. Tous ces mots ont été dits par corruption du Grec xquad. Le François germandre a été fait de germandrata, fait de l'Alleman gamander. M.
GERMIER. Nom propre d'homme. De Waldomer, qui en Langue Teutonique, d'où il vient, signifie gouverneur celeber, & qui a été formé de malten gouverner, administre, & de morb, célèbre, illustre. Waldomer est la même chose que Waldemar. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Marre, & au mot Walt. De Waldomer on a fait Galmier, par le changement de w en o, de même que de vespa, giepe; de vasfare, gater; de Warnacharius, ou Varnacarius, Garnier; de Vasarius, Gaifier; de Walterius, Gautier; de Wentio, Ganelon; de Willemus, Guillaume, &c. Ensuite de Galmier, changeant l'en r, comme en cent autres, on a formé Garmier, puis changeant l'a en e, on a dit Garmier. *
GERONDIF. Terme de Grammaire: c'est un tems de l'infini qui représente un avènement comme circonstance & dépendance d'un autre évènement. Ce mot vient du Latin gerundivus, ou gerundium, qui a été fait du verbe gerere, parce que le gerondif représente la maniere & le tems d'une action. *
GERTRUDE. Nom propre de femme. De Gertrudis: qui vient de l'Alleman, ger, qui signifie omnino, plane; & de vrou, qui signifie fidelis. Voyez Voissus de Vitis Sermonis, liv. 2. ch. 5. & Goropius Becanus Gallicorum, liv. 4. pag. 102. M.
GERTRUDE. Nom propre de femme. Il est d'origine Teutonique, & signifie, valde fida, ou valde diletta: de gar particule intensive, dont il a été parlé au mot Gerard: voyez ce mot: & de draut ou traut, ou drut, ou trut, qui signifie fidèle, aimé, chéri, ami. C'est de-là que sont venus les mots Latins-Barbares Drués & Drués, pour signifier des vaissaux, & tous ceux qui ont promis fidélité au Roi. De-là étoit venu aussi le vieux mot François drut ami, & druerie, amitié. Voyez ci-dessus Dru & Druérie. De-là pareillement l'italien drués, pour ami & amant. Drués en Langue Cambrique, ou du pays de Galle en Angleterre, signifie de même charus, dilettus: ce qui montre que ce mot est aussi de la Langue Celtique. Encore aujourd'hui, truss en Anglois, veut dire confiance, dépôt; to truss, fier, confier, commettre à la fidélité de quelqu'un, se fier, se confier, mettre sa confiance: true, vrai, véritable, certain, affuré; truth, vérité; truly, véritablement. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Draut. *
GES. En Latin gefum ou gafum. Ancienne arme des Gaulois. C'étoit une espèce de trait ou de dard. Il en est souvent parlé dans les Auteurs Grecs & Latins: & on ne saurait douter que le nom, de même que la chose, ne soit d'origine Cel- tique. Les Chaldéens appelloient aussi dans leur langue un dard, on un trait, נָשָׁע ou נָשָׁע *giffa* ou *giffa* : & on trouve ce mot dans la paraphrase Chaldaïque 2. des Rois XVIII. 14. où il est dit : *Il prit trois dards dans sa main* : le texte Chaldéen, *trois giffin*. Wachter, dans son *Gisfarium Germanicum*, pag. 577. GIBUM, *vel gefus*, *pilum Celticum & vetufissimum*, *quod Chaldais dicitur giffa* 2. Sam. XVIII. 14. Sept. Interp. *gefon* *Jof.* VIII. 18. *Islandis kefia*. *Gloff. Isid. gefum*, *afta*, *jaculur*, *Babic Verellus in Indice* : *kefia gefum*, *pilum* : kefian skroggs naut, *pilum quo ufus est ikogus* : & *kytr* han kefiani at Ajaxe, *pilum vel jaculum in Ajacem conjicit*. *Cafari quoque gefa sunt missilia in vallum conjecta*, lib. III. de Bell. Gall. cap. 4. & *Hofychio*, *yavic exponitur*, *ipfichus obsoflectus*, *jaculum torum ex ferro*. *Que fequitur Cluvarius in German*. *Antiq. pag.* 288. *niff quod totum ferro confitisse negat*. *Singulos bina aut plura gefisse in bello vel itinere*, *ibidem ex Varro-ronet*, *Livio*, *Virgilio*, *demonstrat*. *Romanos geforum ufum ab Hispanis didicisse afferit Athenaeus*. *Contra Virgilius gefa Alpina Æneid VIII. vocat*, *tanquam à Gallis Cis-Alpinis ad Romanos venissent*. *Quidquid sit*, *Celticum certe inventum fuit*, *Romanisque sive a Gallis*, *sive à Celtiberis Hispania*, *communicatum*. *Non folium autem Gallis*, *fed etiam Germanis hoc teli genus uftatum fuisse*, *recto calligii Cluvarius ex his Taciti cap. vi. de Mor. Germ. verbis*. *Pedites & missilia spargunt*, *pluraque singuli*, *atque in impensum vibrant*. *Et argumento est*, *vetufissimum nomen get relum missile*, *de quo supra*. *Nam get & ges nomina haud diversa esse*, *ab aquis affirmatorius sa ilie impetrabe*, *si condideraverint*, *S & R in Dialectis continuo permutari*. *Caterum ab hoc telo omnes olim copia militares*, *qui Gefis stipendia merchantur*, *dicti sunt Gafati*, *ut a pilis pilati*, *ab haftis haftati*. *Hinc nomen Gefatorum & Gefatarum non est nomen gentis*, *etiamfi Reges & Duces illis tribunatur*, *fed exercitus conductitii*, *quamvis vox ipsa aliud sign fi et*. *Diferre Orefius*, lib. IV. cap. 13. *Gefatorum nomen non gentis*, *fed mercenariorum Gallorum est*. *Quanta aceris horum auxiliorum in bellis Seminum & Gallorum Insubrium adverius Romanos gefis celebritas*, *ex Polybio*, *Strabone*, *Livio*, *Plutarche*, *aliisque*, *manifesum est*. *Quos inter Polybius non tam in re quam in voce errat*, *dum lib.* 2. *Hifi. cap.* 12. *Scribis*. *Gefati & re dicti*, *quod ara bellando mereti foliti* : *id enim vox illa proprie significat*. *Nam vi vocis Gefati sunt Geligeri*, *non stipendiarii*, *etiamfi stipendia meruisse certum sit*. *Un de porro patet*, *quid de etymologia Cluvariana cendendum sit*, *qua Gefatos interpretatur famulos conductitios*, *tanquam nomen factum sit à Cambrio grefyn servulus*, *vel à Germanico gefind famulitium*. *Le nom de Gese*, *étoit encore en usage en Provence environ l'an 1300. car dans l'inventaire des meubles qui appartenoient aux Templiers*, *entre les armes & les infirmentes de fer*, *il y est nommé un gefus ou gefus*, *dans le procès verbal de la capture de ces Templiers*, *aux archives du Roi*, *de la Ville d'Aix*.
GESIER, ou GISIER : *car on dit l'un & l'autre*. *De gigerium*. *Nonius Marcellus : GIGERIA*, *intestina gallinarum*. *Lucillius*, *libro VIII. G geria sunt*, *sive adeo hopatia*. *Apicius : jocinera*, & *gigeria pullorum*. *Festus se trompe*, *qui interprète gigeria*, *cibum confectum ex multis obfoniis*. *Voyez Scaliger sur Festus*, & *Debordes Mercier sur Nonius Marcellus*. *Au lieu de geiser & de giser*, *on a aussi* dit *jofier*. *Gent. Galli-François*, *publié par le P. Labbe : FICATUM*, *jofier*. *Quelques-uns prononcent jofier* : *qui est une très-vicieuse prononciation*. *Dans les Gloses Anciennes*, *il y a gilerus gallinarum*, *et d'ans qui cendum* : *ou Bonaventura Vulcanius croit qu'il faut lire*, *giferius gallinarum*, *vi ivress qui est*. *M.*
GESINE. *De jacina*, *verbal de jacire*, *dit*, *par metaplasme*, *pour jacere*. *Voyez gifir*. *M.*
GESIR. *De jacire*, *dit par metaplasme*, *pour jacere*. *Nous prononcions anciennement gifir*. *Et de-la*, *le cy-gif des Epitaphes*. *M.*
GETHSEMANI. *Nom propre d'un lieu près de Jérusalem*, *dans lequel il y avait un jardin où N. S. J. C. fouffrit son agonie*, & *fut pris par les Juifs*. *Il en est parlé Math. xxvi. 36. & Marc. xiv. 32. Ce mot vient de l'Eoreu *ni gath*, *qui signifie pressoir*, & *de non rebemen*, *qui signifie huile* : & *ce lieu avait été nommé de la forte a cause de la quantité d'oliviers*, *qui s'y trouvoient*; *car il étoit situé sur la montagne des Oliviers*, *comme il paroît Luc. xxii. 39. où il est dit en parlant du même lieu*, *que J. C. alla selon sa coutume à la montagne des Oliviers*. *Quelques-uns ont fait venir Gethsemani de *ni ghe vallée* : mais cette étymologie ne s'accorde pas avec la manière dont ce mot est écrit*, *suivant laquelle il signifie pressoir d'huile*, & *non pas vallée d'huile*. *D'autres ont tiré semani de *ni giman signal*, *ni giman signaux*; *parceque selon eux*, *c'était de dessus la montagne des Oliviers qu'on donnait les signaux quand la nouvelle lune paroissoit*. *Mais cela est dit sans preuve*. *D'ailleurs que signifieroit pressoir des signaux* ? *Quel rapport entre un pressoir & des signaux*. *On n'auroit pas dit non plus vallée des signaux*, *mais montagne des signaux*. *Ainsi il faut s'en tenir à la première étymologie que nous avons donnée*.
GETS. *De jafti*. *Ce sont, en termes de Fauconnerie*, *les courroyes avec lesquelles on lâche ou on jette l'oiseau après le gibier*. *L'Empereur Frideric*, *au liv. 2. chap. 38. de Arie Venandi cum avibus : Jafti, *sunt laquei de corio fafti*, *imponendi pedibus Falconum*, *ut cum eis reinerantur & jaftentur ad pradandum* : *qui ob hoc jafti dicentur*, *quod cum eis jacuntur falcones & emittuntur ad pradandum*. *Cafeneuve*.
GETS, ou giez. *Vieux mot François*, *qui signifie liens & attaches*, & *qui est encore en usage parmi les Faulconniers*. *René François*, *dans son Efraî des Merveilles de Nature*, *au chapitre de la Fauconnerie*, *page 51*. *Les gets*, *c'est-à-dire*, *le lien des jambes*, *faites de cuir de chien*, *surlequelon en met un autre avec les sonnettes*. *Alain Chartier au livre des Quatre Dames*, *parlant des oiseaux de Fauconniers*, *a dit* : *— Ils les attachent Aux péchees où les gets se lafchent, Afin qu'après par faim pour haffent.* Et ensuite : *— Si suis liée Des giez d'amour, & alliée.* *De jafti* : *parce qu'on jette l'oiseau en lâchant les gets*. *Ce qui se doit entendre du Faucon*, & *non pas de l'Autour*. *On dit jeter le Faucon*, & *la/cher l'Autour*. *L'Autour part de son mouvement* : & *il* 670 GET. GEV. GIA. GIB. n'a point de chaperon. L'Empereur Fédéric liv. 1. de *Arre Venandi*, chapitre 18. *Jaëti : sunt laquei de curio faëti, imponendi peïshus Falconum, ut cum eis retinantur, & jaïtenur ad pradandum : qui ob hoc jaëti dicuntur, quid cum eis jaciuntur Falcones & emittuntur ad prædam.* M. G E T S. Le Roman de la Rose, fol. 50. r°. Tous mes biens vous sont obligés, Tant sont puissans d'amour les giez. Rabelais, liv. 5. chap. 5. *Et d'icieux les uns porter jers aux jambes bien beaux & préieux.* Cette orthographe du mot gers est conforme à l'étymologie qu'en donne M. Ménage. *Le Duchat.* GEVAUDAN., ou GIVAUDAN. Nom d'une contrée de France. De *Gabali*, nom des anciens habitans de ce pays, on a fait *Gabalitanus*, *Gabaldanus* & *Gavaldanus*, qui se trouvent dans les Annales de S. Bertin, & dans celles de Metz : & de *Gavaldanus* nous avons formé *Gevaudan*. Le pays se nomme en Latin *Gabalensis provincia*, ou *Gabalitanaregio*. Le nom de *Gabali* ou *Gabales*, a été altéré en *Gavaches*, & Belleforêt se sert de ce mot ; comme sont aussi les Espagnols, qui ont appellé il y a long tems, *Gavaches*, ceux du *Gevaudan*, qui habitant un pays rude & stérile en beaucoup d'endroits, alloient tous les ans en Espagne pour y gagner de l'argent, en s'employant à des travaux bas & pénibles : ce qui les faisoit mépriser par les Espagnols, qui donnent le même nom aux voisins du *Gevaudan* qui paissent aussi les Pyrénées pour le même dessein. Covarrus dans son Trésor a fort bien expliqué l'étymologie de *Gavache*. Voyez ce mot ci-dessus. *
GIAOUR. Terme de Relation. C'est un nom que les Turcs donnent à ceux qui sont d'une autre Religion qu'eux, c'est-à-dire qui ne sont pas Mutulmans. Il est d'origine Persane, & vient d'un mot qui signifie fourbe, impôture. Les Persans appellent *Gibauers* ou *Gibabers*, ceux qui conservent l'ancienne Religion des Perses idolatres, c'est-à-dire les adorateurs du feu. Nous les nom-mons de la en François *Gheères* ou *Gaurés*. Ce sont les mêmes que les Magions ou Mages, & ils portent aussi le nom de *Parsis*, à cause qu'ils sont profession de la Religion des anciens Perses. *
GIBBAR. On appelle ainsi en Saintonge, une balaine ; à cause, dit Rondelet, qu'elle a le dos vouté & boïu. M.
GIBE. Dans les Anciennes Coutumes d'Orléans, page 471. *La gibe de draps chargés à Orléans, soit trois fois au Roy.* En Bourgogne, les paysans appellent *gibe* leur cafaquin de toile. M.
GIBE. De-la *gipon*, & *engiponné*. La racine de ce mot est l'Alleman *jupp*, *jupparus*, d'où nous avons fait *juppe*. Le Duchat.
GIBECIERE. De *gibbiciaria*, fait de *gibbus*. *Gibbus*, *gibbicius*, *gibbiciarius*, *gibbiciaria*, GIBECIERE. *Gibbicius* a été fait de *gibbus*, comme *avaricus*, d'*avarus*. Et les gibecieres ont été ainsi appelées, à cause de la boîte qu'elles repréten- tent. Marot, parlant de son valet qui l'avoit volé : *Ce vénérable hillot fut averti* *De quelque argent que m'aviez, départi,* *Et que ma bousse avoit grotte apoftume.* C'est dans une de ses Epières à François I. Bourdelot s'est apperçu de cette étymologie. *Je ne sais*, dit il, si gibecere ne viendroit point à gibbo, à cause de son enfleure & tumeur. Et Beze y a visé, par ces mots de son Païlavantius page 159. *Et defenditis scuti histriones, ne quis respiciat quid sit in vestris gibberis.* Gall. Gibecieres. M. de Saumaise sur Solin, page 680. de l'édition de Hollande, dit que *«Ca chez les Etoliens, signifioit pera facculus : ce qu'il a pris d'Hésychius. Voici les termes de M. de Saumaise : vax «Coues Graea originis. Nam «Ca apud Æteles, pera, vel facculus. Unde & «Coues pro eodem, caters Graeis. Inde «Coues, arca quo aliquid includitur : fed & «Coues. Il y a «Ca dans Hésychius. Et selon l'analogie, notre mot gibecere pourroit bien venir de ce «Ca. «Ca, cibba, cibbacia, cibbaciaria, gibbaciaria, GIBECIERE. Je ne crois pourtant pas qu'il en vienne. M.*
GIBECIERE, vient de gibier, parce que les chafleurs y serrent leur gibier. *Huer.*
GIBECIERE. M. Leibniz dérive ce mot d'*Ægypia* Egyptienne, en supposant que ces coureurs, nommés vulgairement Bohémiens ou Egyptiens, ont été les premiers joueurs de gobelets. Eccard fait venir *gibecere* de l'Alleman *schibbecher*, formé de *schieben*, cacher, serrer, & de *becher*, coupe, gobelet ; une *gibecere* étant en effet un sac dessiné à serrer les gobelets & le reste de l'attrail de ces faïseurs de tours. Cette étymologie paroît assez vraisemblable : du moins je l'aimerois encore mieux que celle de M. Leibniz, & même que celle de M. Ménage. Lorsque M. Huet dérive *gibecere* de *gibier*, il confond la *gibecere* des joueurs de gobelets avec celle des chafleurs. Mais d'ailleurs la *gibecere* des chafleurs n'a pas été nommée ainsi parce que les chafleurs y serrent le gibier. Elle ne sert point à cela. Les chafleurs y mettent seulement leur plomb, leur bourre, leurs pierres à fusil, leur tire bourre, & généralement tout ce qui leur est nécessaire pour la chasse. Cette *gibecere* a eu apparemment ce nom parce qu'elle ressemble en quelque sorte à celle des joueurs de gobelets. *
GIBEL. Nom d'une haute montagne de Sicile, qu'on appelle aussi *Ætna*, qui est son ancien nom. *Gibel*, vient de l'Arabe *gebel*, qui signifie montagne. Les Arabes s'étant emparés de la Sicile, nommerent ainsi le Mont *Ætna*, comme qui diroit montagne par excellence. On reconnoit ce mot Arabe dans plusieurs noms propres de lieux. Une partie de l'Idumée s'appelloit la *Gebalene*, parce que c'étoit un pays de montagnes. Eusebe & saint Jerôme, dans leurs Livres des lieux Ebreux, en font souvent mention. Il en est parlé au Piseaume LXXXII. 8. sous le nom de *Gebal*. Eusebe dit que c'étoit le territoire des environs de Petra. Joseph parle des *Gabalites* au midi de la Palestine, & Etienne le Géographe de la *Gabalene* dans l'Arabie. Une contrée de Perse, qui fait partie de l'Yerak Agemi, ou ancien pays des Parthes, a été nommée par les Arabes *al-Gebâl*, c'est-à-dire, les *Montagnes*, parce que c'est un pays rempli de montagnes. *
GIBELT. Voyez *guimbel*. M.
GIBELINS. On fait que les premiers *Gibelins* ont été les Ducs de Swabe Empereurs. Ils ne furent nommés de la sorte que parce qu'ils descendent de Conrad de Franconie, de la famille de *Weibelingen*; duquel ils descendent par la fille de l'Empereur Henri IV. (Agnès), qui épousa Frédéric Duc de Swabe. *Miscellanea-Labiniiana*. Leipzig. 1718. pag. 436. *La Duchat*.
GIBELT. Mathieu Paris, en la Vie de Henri III. *Horribile paribulum*, *quod vulgus gibertum appellat*. Et au même endroit : *Ignominose super machinam illam panalem*, *qua gibet appellatur*, *suspendio traditur*. Ce mot vient à mon avis de *gabalus*, qui signifie même chose. Le gibet est sans doute le plus haut & le plus élevé de nous les supplices. Celui qu'Aman avoit fait dresser pour pendre Mardochée, & où il fut lui-même pendu, avoit cinquante coudées de hauteur. Eisher, chap. 7. *En signum*, *quod paraveras Mardochas*, *fui in domo Aman*, *habens altitudinis quinquaginta cubitus*. C'est pourquoi les Doctes dérivent *gabalum* de l'Hébreu *gab*, qui signifie *haul élevé*, ou de *gabal*, qui signifie *une borne*, ou une pièce de bois plantée dans les champs. Franciscus Raphelengius, en son Indice des mots Perians, dit que *gab* signifie *haul élevé*. Et *gibel*, en Alleman, signifie *le geste & le sommet*. Le Dictionnaire de Dufypodius : *Gibel*, *fasigium*. En Arabe, *Gibel* est une haute montagne : d'où vient que celle qui a donné le nom au Détroit de Calis, ou Détroit de Gibraltar, est appelée *Gibel Tarik*, c'est-à-dire montagne haute, comme remarque Matthias Martinius dans son Lexicon Philologique. De sorte que, comme de *Gibel* on a fait *Gibel*, puisqu'on prononce *Gibraltar* & *Mon-Gibel*; il est aussi cruable que de la même façon nos François ont fait *gibel* de *gabalum*. *Cafeneuve*.
GIBELT. *Gibel*, en Anglois, signifie la même chose. Mathieu Paris, dans la Vie de Henri III. *Proper quas suspendendus*, *paratum est horribile paribulum Londonis*, *quod vulgo gibertum appellat*. Et au même endroit : *Primo igitur*, *a Westmonasterio*, *usque ad Turrim Londinensem*, & *inde usque ad panalem machinam*, *qua vulgariter gibertus licitur*. Les Anglois ont pris ce mot de nous. Les Italiens ont pris de même de nous leur *gibbertus*, comme le témoignent Messieurs *della Crucca* dans leur Vocabulaire. Et nous avons fait *gibel* de *gabalus*. C'est ainsi que les Latins ont appellé un gibet. Nonius Marcellus : *GABALUM*, crucem *dici Verres volunt*. Et là-dessus, il cite Varon. C'est l'origine que donnent de ce mot, Antonius Popma sur les Satyres Ménippées de Varon ; M. Guet, dans la Note marginale, manuscrite, sur le mot *gibel* du Dictionnaire de Nicot ; & François Pithou, dans le *Pithwana*, qui est un Recueil des Dits notables de François Pithou, fait par M. Pithou Conseiller au Parlement de Paris ; lequel est manuscrite entre les mains de M. le Pelletier Contrôleur Général des Finances. Pétion, ridiculement, à son ordinaire, dérive *gibel* de *jugum*. M.
GIBELT. Le mot Latin *gabalus* paroit venir de l'Alleman *gabel*, qui signifie une fourche & un gibet. Le mot de *fourches*, ou *furca*, est pris chez les Latins pour un *gibel* ; & nous le prenons aussi de même. *La Duchat*.
GIBIER. C'est proprement la *proye qu'on prend à la Chasse de l'oiseau*. Je trouve que *gibel* signifie *chasser avec un oiseau*. Vauhier de D- G I B. G I G. dan, au Roman de Perceval le Gallois : *Tant que un seul Chevalier vit,* *Qui gibeste d'un esprevier.* Je ne sais si ces mots ont pris leur origine de *gibbosus*, qui est le nom d'une espèce de Faucon estimé pour son excellence par-dessus les autres. Albert le Grand au livre de *Faleumbus*, *Affiribus*, *Accipitribus*, ch. 9. dit qu'il est *in genere Falconum Falco nobilissimus* : & après quelques lignes : *Gibbosus autem vocatur*, *si quod propter brevitatem coeli sui caput suum vix apparet*, &c. De sorte qu'on pourroit bien, à cause de l'excellence de cet oiseau, avoir appellé *gibecere*, le métier de chasser avec l'oiseau ; & *gibere*, la proye qu'on prend à cette chasse. *Cafeneuve*.
GIBIER. Dans la première édition de ces Origines, je l'ai fait venir de *cibarium*, conformément à l'opinion de Turnébe. Les Gloises anciennes : *cibarium*, *Deus*. Ce mot de *cibarium*, pour *cibus*, se trouve plus d'une fois dans la Genèse. M. de Valois le jeune m'a fait voir, dans les Statuts de Henri, Abbé de Clugny, le mot de *gibecere*, pour dire *gibecere* : *Nullus de Ordine nostro accipiteris & falcones ad gibicendum habeas* : Et *gibocere*, dans ceux de Jean, Abbé de la même Abbaye : *Nullus de Ordine nostro accipiteris & falcones ad gibocendum habeas*. Et *gibecere* se trouve dans la même signification dans le Roman de Perceval le Gallois : *Tant que un seul Chevalier vit,* *Qui gibeste d'un esprevier.* Et comme le gibier est proprement la proye qu'on prend à la chasse de l'oiseau : voyez Nicot : M. de Cafeneuve a quelqu'opinion que les mots de *gibere* & de *gibecere*, ont pris leur dénomination de *gibbosus*, qui est le nom d'une espèce de faucon. Voyez sa note. 9. M. Furetier a approuvé mon étymologie. M.
GIBOULE. Ondée. *Giboule de Mars*. De *nimbus*, de cette manière : *nimbus*, *nimbulus*, *nimbulata*, *gimbulata*, *gimbulata*, *GIBOULE*. On y a préposé un G : comme en *gnatus*, pour *natus*, en *gimbilis*, pour *nobilis* ; & en *gnoscere*, pour *noscere*. Voyez mon discours du changement des Lettres. GUILLE, qui signifie la même chose, à la même origine. *Gimbulata*, *gimbulata*, *GIBOULE* ; & par contraction, *GUILLE*. On a ôté l'N : comme en *gibel* de *guimbel*. M.
GIBRALTAR. Pour *Gibaltaric*, *Montagne de Taric*, par l'incorporation de l'o comme en *trifur*, de *thefaurus*, & en *Efrangerre* pour *Efrangerre*, d'*Efr-Anglia*. *La Duchat*.
GIBRALTAR. Du tems de l'Invasion de l'Espagne par les Mores ou Arabes, un de leurs Généraux, nommé *Tarik*, ayant débarqué son monde au pied de la montagne appelée anciennement *Calpe*, s'y cantonna d'abord, & s'y maintint malgré tous les efforts des Goths. En mémoire de quoi les Mores appellerent cette montagne en leur langue *Gibaltarik*, c'est-à-dire, *Montagne de Tarik*. De *Gibaltarik* se forma par corruption *Gibaltar*, & enfin *Gibraltar*. Voyez ci-devant *Gibel*. GIGOT de *monton*. C'est un diminutif de *gigue*, vieux mot, qui signifie *cuisse*. Nous disons en *Anjou grande gigue*, pour *grande cuisse* : Et on 672 G I G. G I L. dit est Normandie & a Paris, grande guigue, d'une fille grande & maigre; & qui est disposte, s'il m'est permis d'user de ce mot. Les Anglois & les Flamans disent aussi gigas; & les Italiens, gigotto; & les Espagnols, xigote, & gignite. GIGUS, a été fait de giga; & giga, de coxica, diminutif de coxa. Coxa, coxica, xica, giga, GIGUS. Les Espagnols disent encore aujourd'hui xigote: ce qui ne favorise pas peu cette descente. De giga, on a fait gigum; & de gigum, gigogum, d'où GIGOT. M. GIGUE: Instrument de Musique. Guyot de Provins: Cil Prince nous est fait la figue, En barpe, en viele, & en gigue. Les Italiens disent giga en la même signification. Dante, dans son Paradis, Chant 14. E come giga, ed'arpa in tempra tefa Di molte corde, fan dolce tintinno. M. Ferrari le dérive du Grec, 1/2/3/4/5/6, qui est une sorte de flute, selon Pollux. Il vient de l'Alleman geige, qui signifie la même chose. Nous appelons aussi gigue une pièce de luch fort gaye. Et ce mot parmi les Ecoffois a une signification fort approchante de celle-là: car il signifie un air de danse fort gay. Parmi les Anglois, il signifie la partie de l'homme qui ne se peut nommer honnêtement. M.
GIGUE. Fille qui a de grandes cuisses: paupressant. Voyez gigot. M.
GILBERT. Nom propre d'homme. Il vient de la langue Teutonique, comme sa terminaison le fait assez voir. On peut le dériver de geisel ou giss, qui signifie témoin, répondant, étage. Camden Britan, p. 100, dit que gisse, qui est la même chose que geisel, signifie en Saxon ou Anglo-Saxon un étage, ainsi qu'homerus en Grec. Somnerus dans son Dictionnaire Anglo-Saxon, explique aussi gisel, gisel, gisse, par obses: & Verellus dans son Index, explique de même giss & gissing. Bert veut dire illustre, comme dans Albert, Adalbert, & autres semblables. Voyez ci-devant Berthier. Selon cette étymologie, Gilbert signifiera témoin illustre, ou répondant illustre, ou étage illustre. Giss a la même signification dans GODEGISIL, nom d'un Roi de Bourgogne; & dans FREDIGSIL. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot geisel. De-là aussi Gissele, nom de femme. Au lieu de Gilbertus, on dirait autrefois Gissebertus, ou Gissebertus; ensuite on a dit Gissebertus, & Gissebertus, ou Gissebertus; & enfin par abregé Gilbertus. Skinner dérive la première partie de ce nom de gal, qu'il dit signifier blond-doré; & de cette manière Gilbert signifierait à peu près la même chose dans la langue Tudefique ou Teutonique, que Rufus, Rufinus, & Rutilus chez les Latins, & Pyrrhus chez les Grecs; & il faudrait l'interpréter illustre blondin. Si l'on voulait se jouer de même sur les étymologies, sans avoir aucun égard à l'abréviation de ce nom, on pourrait dire, que la première partie du nom de Gilbert vient d'une particule Teutonique intensive, que l'on trouve exprimée par wil, ou fil, ou wil, comme dans les noms propres Filibert, Filimer, lesquels signifient, selon Wachter, praclarus; & dans H. ibid & Wiligge, que le même Auteur interprète valdi fartis, & pravalidus. Cela suppose, Gilbert signifierait la même chose que Filibert; & on aurait changé W en G, comme dans Guillaume, de Wilhelmus, dans Galles, de Wallis; on V en G, comme dans Gascon, de Vasco; dans grée, de vespa; & dans plusieurs autres. D'ailleurs F, V, & W sont des lettres du même organe. On pourrait aussi dériver gil dans Gilbert, de l'Alleman weil, qui veut dire repos, tranquillité; & alors Gilbert signifierait repos illustre ou illustre par son repos. On bien on pourrait faire venir gil de l'Anglo-Saxon wela, qui selon Benfonius, dans son Dictionnaire Anglo-Saxon, signifie félicité, richesses, & qui est la même chose que l'Alleman weil. Selon cette dérivation, Gilbert signifierait prosperitate clarus, ou opibus clarus; toujours par le changement de W en G. Et il aurait la même signification que Gelimer ou Gilimer. Voyez ci-dessous Gelimer.
GILDUIN. Nom propre d'homme. Il vient de la langue Tudefique ou Teutonique, & on peut l'interpréter ferus bellator, en le dérivant de wild, qui veut dire feroce, farouche; mot qui se trouve aussi dans la langue Angloise; & de winn, qui signifie guerre, combat, guerrier, combattant; & qui est fait de winnen, combattre, faire la guerre. On a changé à l'ordinaire W en G, dans le commencement du mot. Voyez Gilbert. Le mot winn entre dans la composition de plusieurs autres noms propres Teutoniques, comme Bandouin de Baduinus, Winibald, &c. Il y a aussi dans la langue Teutonique un mot à peu près semblable, qui signifie ami, bien-aimé: c'est winn en Alleman, wine en Anglo-Saxon, nuino en vieux Franc, ven en Danois, wan en Suédois, vin, vinur en Istan-dois: mais cette signification ne semble pas pouvoir convenir dans le nom dont il s'agit présentement. Il y a Saint Gilduin, qui étoit de Bretagne. De Gilduin on a fait Gelduin; & de Gelduin, par le retranchement de L. on a dit Gedein ou Gedein, qui est devenu parmi nous un nom de famille.
GILIMEK. Nom du dernier Roi des Vandales en Afrique. On peut le dériver de l'Anglo-Saxon wela, qui signifie félicité, richesses, & au lieu duquel les Allemans disent wol; & de mare, qui, de même que ber, veut dire célèbre, illustre. Ainsi Gilmer ou Gelimer, par le changement ordinaire de w en G, signifiera, de même que Gilbert, félicitate clarus, ou opibus clarus. On reconnaît le mot mare dans plusieurs autres noms propres qui viennent de la Langue Tudefique; comme dans Merobandes, Filimer, Mérovie ou Mérovie, Gondomar, Valdomar, & autres; dans lesquels il signifie pareillement illustre, célèbre. Voyez quelques-uns de ces noms à leurs articles.
GILLE. Comme quand on dit, Il a fait gille; pour dire, Il s'en est allé sans dire mot: Il a disparu. Jacques Bourgoing. Conseiller de la Cour des Aydes de Paris, dans son Traité de Origine, ufu, & ratione vulgarum vocum page 43. le dérive d'agilis. Adde, qui s'qui expedit & palestrice se agie, agilem dici; quasi agilem: Italici, agevole. Intruditur porro scurrili incremento vocula, FAIRE GILE: G pre agile: agili cursu se pruriper. Cette étymologie est ridicule. M. Furetiere a remarqué dans son Dictionnaire Universel, qu'on dit, Il a fait gilles, pour dire, Il a fait banqueroute: Ce qui me donne quelque sujet de croire que ce mot a été fait de celui de guile, vieux mot François, qui signifie tromperie: G I L. G I N. tromperie : dans laquelle signification les Anglois disent encore aujourd'hui gile. Voyez ci-dessus barar, & ci-dessous guile. Or comme la banqueroute est une des plus grandes tromperies qu'on puisse faire, il est vrai-semblable qu'on l'a appelée de ce nom de guile, & qu'on a dit ensuite faire gille, pour dire faire banqueroute : & ensuite, pour s'en aller sans dire mot : ceux qui font banqueroute, s'enfuiant, & se cachant de peur d'être punis. Cette pensée est bien plus raisonnable, que celle de M. Furetiere, qui dit, que ce proverbé faire gille, vient de ce que Saint Gilles, Prince de Languedoc, s'enfuit secrettement, de peur d'être fait Roi : qui est une chose toute fabuleuse. ¶ Guile, & gille, est la même chose, comme il-paroit par le mot Anglois gile. On a premierement prononcé gile, & ensuite, gille. Ainsi nous avons dit gileuile, & guile : quoique ces deux mots ayent la même origine, comme nous le faisons voir en leur lieu. On a dit de même guimbelier & gible : mots aussi de même origine. Et le peuple d'Anjou dit barginer, au lieu de barguigner. M.
GILLE. Il est certain que faire gille, en la signification de faire banqueroute & de disparaître, ne s'est jamais dit que par forme de plaisanterie; ce qui ne convient pas à l'étymologie que M. Ménage donne de ce mot gille. Ainsi je m'imagine que gille dans cette signification pourroit bien n'être qu'une allusion a exil. Faire gille, c'est prendre le parti de l'exil. Le Duchat.
GILLE. On appelle ainsi le Boufon des Danseurs de corde : Et on l'appelle ainsi, apparemment, de quelque Boufon appellé Gille, qui aura donné son nom aux autres. Voyez Zani. Dans ma jeunesse, il y avoit un Bateleur à Paris qui s'appelloit Gille le Niais. M.
GILLE. Nous appellons ainsi en François le Saint que les livres Latins appellent Ægidius. Peut-être, d'Ægidillus, Ægidius, Ægidillus, Gidillus, Gillus, GILLE. M. Labbé Châtelain, très-intelligent dans la Nomenclature des Saints, comme il paroît par le Traité qu'il a fait des noms des Saints, qui est imprimé à la tête de ces Origines de la Langue Françoise, croit que ce nom François de Saint, a été fait du Latin Gillus, Gillus, GILLE : Gilla, Gilletta : GILLE, GILLETTE, Gillo, nom d'homme, se trouve dans Juvenal, Satyre 1. M.
GINDRE. On appelle ainsi à Paris le Maître garçon d'un Boulanger. Ce mot semble avoir été fait de gener : les garçons des boulangers, & de tels autres gens de métier, devenant souvent leurs gendres. Je marquerai ici par occasion, que le second garçon d'un Boulanger s'appelle à Paris Unet. C'est ainsi qui est appelé dans l'Etat de la Recette de l'Hôtel-Dieu de Paris, de 1663. M.
GINGEMBRE. De gingiber : dit, par corruption, zingiber. Voyez Vossus, dans son de Vitis Sermonis. Zingiber a été fait de Gryllus. Aristote a remarqué, au chapitre 11. de sa Poétique, que dans toute la Langue Grecque il n'y avoit que trois mots terminés en iota : qui sont mus, mus, mus, mus. Il y faut ajouter Gryllus. Mais on peut dire, pour la justification d'Aristote, que ce mot étant d'origine étrangère, peut n'être pas considéré comme Grec. Voyez M. de Saumalise dans ses Homonymes des Plantes, & Galien dans son Glossaire Tome I. sur Hippocrate, au mot injure. Il en est de même de mus, & de mus. M.
GINGEOLE. GINGEOLIER. Gingeolier, est un arbre : & gingeole, est le fruit de cet arbre. Lequel mot de gingeole, a été fait de Ziziphum, diminutif de Ziziphum. Dalechamp croit que c'est un mot Africain. Voyez les Médecins de Lyon, dans leur Histoire des Plantes, livre 2. chapitre 9. & livre 3. chapitre 14. & 15. Touchant les diverses significations du mot de Ziziphum, voyez aussi M. de Saumalise, au chapitre 69. de ses Homonymes des Plantes, & Bodeus à Stapel, dans ses Commentaires sur Théophras. Voyez aussi au mot injure. M.
GINGUER. C'est ruer du pié. Je nedoute point que ce mot n'ait été fait de giga, en la signification de cuisse. Giga, gigue, gingare, GINGUER. En Basse-Normandie on dit gingater : ce qui confirme mon étymologie. M.
GINGUET. Sorte de vin verd. Pasquier liv. 8. de ses Recherches, chapitre 43. parle de ce mot en ces termes : il y a des mots qui naissent entre nous par hasard, & auxquels le peuple donne cours sans savoir pourquoi. Et l'an 1554. nous enfume des vins infiniment verdis, que l'on appelle ginguets. En l'an 1557. il survint un mal de tete, accompagné d'une perpétuelle fluxion de pituite par le nez, que l'on nomma coqueluche. Et pratiquant encore ces deux mots en mesmes matières, quand les occasions s'y présentent. Toutefois il est impossible de rendre raison de l'un & de l'autre. Il suffit de montrer au doigt quand ces mots furent mis en usage. J'ai rendu raison du mot coqueluche au mot coqueluche. Pour ce qui est de ginguer, je n'en puis dire autre chose, si ce n'est qu'à Laval, & aux environs de Laval, & dans la Basse-Normandie, & même à Paris, on dit un habit ginguer, pour dire un habit trop court, ou trop étroit. M.
GINGUET. Les paysans du pays Messin ont une danse fort gaie, qu'ils nomment Ragin-gaut, lequel mot vient de gigue. Je ne sais si un habit ginguer, ou trop court, ne seroit pas proprement un habit qui découvre les giges ou les cuisses. Les vins verts ou ginguets font tropigner des jambes, aussi bien qu'ils font branler la tête. Le Duchat.
GINSENG. Nom d'une plante merveilleuse, que l'on n'a encore trouvée jusqu'ici que dans la Tartarie & en Canada. Le Révérend Pere Laiteau, Missionnaire Jésuite, & naturellement amateur de la Botanique, l'ayant découverte dans les Forêts du Canada, la présente ensuite à Monseigneur le Duc d'Orléans, Régent du Royaume, à l'honneur duquel elle fut nommée Aureliana, Simenfou Gin-feng, Jnoquais Garent-guen, R. Patris Laiteau. C'est la racine qui contient l'agrincipale vertu. Avez souvent à quelques doigts de sa tête, elle se sépare en deux branches, qui font que cette racine ressemble en quelque sorte à un homme, dont ces deux branches représentent les cuisses. C'est ce qui a fait donner à la plante le nom de gin-feng, qui, en Chinois, signifie ressemblance de l'homme, ou représentation de l'homme. Gin, en Chinois, veut dire homme, feng, ressemblance ou représentation. Ceci est tiré du R. P. Jartoux, Missionnaire Jésuite à la Chine, qui a donné de cette plante la plus exacte description qu'on eût encore vue. Il est remarquable que le nom Iroquois du gin-feng signifie à peu près la même chose que le nom Chinois. Les Tartares le nomment orbita, c'est-à-dire, la première des Q 199 674 GIO. GIP. GIR. plantes ; & les Japonais le nomment *nisi*. Dans l'Ambaïade des Hoilandois à la Chine, part. 11. chap. 13. où l'on parle du *gin-feng*, il est dit que les Japonais l'appellent *nisi*, & qu'on lui a donné en Chinois le nom de *gin-feng*, à cause qu'il a la forme d'un homme qui écarte les jambes ; *gin* en Langue Chinoise signifiant homme. Le Pere le Comte, dans ses Mémoires de la Chine, tome premier, page 496. écrit *gin-fem*. *Gin*, dit-il, veut dire homme ; & *fem*, plante ou simple ; comme qui dirait *simple humain*, simple qui ressemble à l'homme. Le Pere Jartoux paroît mieux instruit que tous les autres sur cette matière : ainsi nous le suivons, tant pour l'interprétation du nom de *gin-feng*, que pour la manière d'écrire ce nom. *
GIORE. Terme d'Histoire Ecclésiastique, & d'Antiquités Judaïques. Il signifie un Juif né de parens, dont l'un est Israelite, & l'autre Prosélyte. Africain, dans Eusebe, *Hist. Ecclés*. liv. 1. chap. 7. rapporte qu'il avoit appris de la tradition de ceux qui reistoient en Palestine de la famille de Notre Seigneur, appellés en Grec par cette raison Deïpoïynes, que le vieil Hérode, pour couvrir la balleille de son origine, avoit fait bruler tous les Mémoires que les Juifs conservoient pour connoître leurs généalogies, & pour distinguer les Israelites d'origine d'avec les Prosélytes, & ceux qui étoient mêlés de l'un & de l'autre sang, & qu'ils appelloient *Giores*. Ce mot est pris de 712 *ghor*, ou 1112 *shora*, terme Chaldéen & Rabbinique, qui signifie *étranger*, & qui est fait du verbe 712, qui, en Ebreu & en Chaldéen, veut dire, être étranger, voyager dans un pays étranger, s'y arrêter, y habiter. Du même verbe vient l'Ebreu 712 *cher*, qui signifie pareillement étranger, & aussi Prosélyte. Le Chaldéen 712 *ghor*, outre la signification que nous avons vée, en a encore une autre, qu'il ne faut pas confondre avec la première c'est qu'il signifie aussi adultère. Voyez Buxtorf, dans son Lexicon Chald. Talmud, page 411. *
GIP. Sorte de plâtre. La Chronique du Chevalier au Cyne, part. 5. chap. 1. *Car il fit maniere de fuor donner profieurs beaux dons, & mesmement une grande quantité de farines, avec lesquelles il fit ventre & mettre eip, crepe & chanta vive*. De l'Alleman *gips*, qui signifie la même chose, & qui est formé du Latin *gipsus*. A Metz on dit *gips* des vitres, pour coler du papier sur les chaffis contre le vent & le froid; parce qu'autrefois les fentes des chaffis se bouchoient très-commodement avec du *gip*. Guy de Flandres, Rabelais, liv. 1. ch. 53. c'est du plâtre ; en Flaman *plaesier-gips*. Les Allemans le nomment simplement *gips*, du Latin *gypus*. Le Duchat.
GIPON. (JEAN) Le sobriquet de Jean Gipon, que les Mémoires de du Bellai, liv. 1. page m. 42. sur l'an 1517. donnent au Roi d'Artagon Ferdinand, mari d'Isabelle de Castille, taxe ce Prince de s'être laïse gouverner par cette maître femme, de laquelle, pour ainsi dire, il endofoit la *impe*, pendant qu'elle portoit les chauffes. Brantome, vol. 1. page 94. de ses Hommes Illustres Etrangers, parle aussi de ce sobriquet, fondé principalement sur ce que par le contrat de mariage de Ferdinand avec Isabelle, celle-ci s'étoit retérencé le pouvoir de disposer de tout en Castille, & n'avoit laïse à son mari que le titre de Roi; jusques-la qu'elle avoit stipulé expressément, que dans tous les Actes son nom seroit mis avec celui de Ferdinand. Le Gendre, Vie du Cardinal d'Amboise. Rouen, 1714. tome 1. pag. 176. & 177. *Le Duchat*.
GIRAFE. Animal : appellé des Grecs *camelopardalis* ; à cause qu'il est bigarré comme un léopard, & qu'il a le cou long, comme a le chameau. Les Egyptiens l'appellent *zurnapa*. Voyez Belon, au livre 2. de ses Singularités, chap. 48. Et c'est de ce mot de *zurnapa* que nous avons fait *girafe*. *Zurnapa*, *zirnapa*, *zirnafa*, *girnafa*, *girafa*, GIRAFE. M. qu'il y avoit de son temps à Louvain un Docteur en Droit, partant son nom. Est hic alter Erasmus Doctor, ad quem scriptas literas, inciens nuper legi, putam ad me scriptas. Il se trouve aussi une Vierge & Martyre, nommée Erasma, dont Gallo-nus fait mention en son livre de Cruciartibus Martyrum. M. Voyez Gerard.
GIROFLE. De caryophyllum, fait de napo-quos. Voyez cloux de girofle. ¶ On appelle en Anjou poire de girofle, la poire de rousselot, à cause de son eau qui a le goût de girofle. M.
GIROFLEE. Fleur. Jean Picard dérive ce mot de youquas: quod ejus folia in orbem per frondes crescant. Il vient de caryophyllata. Voyez les Botanistes. Les Languedociens appellent un œillet giroflado. M.
GIRON. Anciennement on appelloit girons les pans d'une robe, ou de celle autre forte d'habit long: de gyrus; parce qu'ils sont à l'entour des habits in gyrum: & c'est de-là que nous avons formé environ; comme j'ai fait voir en son lieu. Le Roman de Guillaume au court nez, parlant d'une broigne, c'est-à-dire d'un haubert, ou cotte de maille: Vesti Guillaume la grand broigne treilice, Grant & pleine, moit bien faite & massifle; Aux esperons tot li giron en trainent. Vanhier de Dodan, au Roman de Perceval le Gallois, appelle aussi girons les pans d'un pavillon: Un si très-riche pavillon, Que nuit li pan & li giron Furont de diverses colors, A oyseaux, à bestes, à stars. Et Pline, livre 5. chap. 10. comparant la ville d'Alexandrie à une casaque de guerre: Ad effigiem Macedonia chlamydis orbe gyrate laciniofam. Maintenant giron est ce que l'on appelle en Latin gremium, c'est-à-dire le pli qui se fait au corps d'une personne assise, depuis la ceinture jusqu'aux genoux, parce qu'en cette posture on reçoit dans le giron, ou dans le pan de la robe, les choses dont on se veut servir. François Pithou, sur ces paroles du titre 48. de la Loi Salique, Festucam in laxum jactet, remarque qu'une Glosé explique in laxum par in sinum; & il ajoute que c'est ce qu'on appelle au Droit François, tendre le giron. Caleneuve.
GIRON. Geron, au lieu de giron, se trouve dans le Livre intitulé les Menus Propos, au feuillet 90. v°. Et les paysans de Basse Normandie disent gron en la même signification: & une gronnée de pommes, pour dire une gronnée de pommes: ce qui m'a fait croire autrefois que giron avoit été formé de gremium. Je crois présentement, avec M. de Caseneuve & avec M. du Cange, que ce mot a été fait de gyro gyronis: quod hac parte vestis gyret. Giron; & en Latin, gremium; c'est le pli qui se fait depuis la ceinture jusqu'aux genoux au corps d'une personne assise. Ce sont les termes de M. de Caseneuve. Voyez sa Note. Dom Edme Martene dans son Onomastique, imprimé à la fin de son livre de Antiq. Monachorum. Rit. GYRO, Gyrolacinia, id est pars vestis ac toga qua laxior sit, & in superiori parte contralta, in largiorem formam in imo se explicat: sic dicta, quod hac parte gyret vestis, id est circuli figuram efficiat. M.
GIRON. H. Offius, dans sa Francogallia, dérive giron de l'Alleman geron, qui signifie la même chose. Geron se lit pour giron dans la Légende dorée, imprimée en 1476. dans la Légende des Trépasses. Le Duchat.
GIRONDE. C'est le nom que l'on donne à la Garonne après sa jonction avec la Dordogne. On ne convient pas pourquoi elle a eu ce nom. Au confluent de la Garonne & du Drot, & au voisinage de la Réole, il y a un village appelé Gironde. Adrien de Valois croit que ce lieu s'appelloit anciennement Garunda, & que c'est de-là que la Garonne a été appelée d'abord Garunda, & ensuite Geronde. Lurbe & Masson nient que la Garonne ait pris de ce village le nom de Gironde. Ils se moquent de ceux qui tiennent cette opinion, qu'ils traitent d'erreur ridicule. Adrien de Valois se moque d'eux à son tour. Il est certain que le nom de Gironde a été fait du Latin Garunda; & il patoit que Garunda n'est qu'une légère altération de Garunna, & que c'est au fond le même nom. Symmaque écrivant à Aufonne, qui étant de Bourdeaux devoit bien connoître le nom de cette rivière, dit: Gallicana facundia haustus requiro, non quod his septem montibus eloquentia Latiaris excessis; sed quia pracepta Rhetorica pellori meo senex olim Garunda alumnus immulsi. Est mihi cum Scholis vestris per Dolorem juxta cognatio. Quidquid in me est, quod scis quam sit exiguum, celo tuo debeo. Il entend dans ce passage l'Ecole de Bourdeaux, qui étoit alors très-célèbre, comme cela se prouve d'ailleurs par Aufonne; & il appelle Garunda alumnus, un homme qui avoit étudié à Bourdeaux. Ainsi il donne le nom de Garunda à la même rivière, qui se nomme aussi Garunna. Henri Kingot, qui écrivait l'Histoire d'Angleterre avant l'an accce, s'explique ainsi: Applicuerunt (les Anglois) in Vasconia apud Castillon (Castillon de Médoc), qua situatur in littere suminis de GIRUNDE: deditque se cis Dominus urbis, & profecti sunt usque Burdeaux (Bourdeaux), qua distat per v. leucas ab urbe Blaive (Blayes); manseruntque in opposito civitatis illius in flumine de GIRUNDE per dues dies. On voit que l'Auteur de ce passage appelle la Garonne Gerunde, même à Bourdeaux, & par conséquent avant que cette rivière soit jointe avec la Dordogne. Ce qui confirme que Garunda, d'où s'est fait Gerunde, & ensuite Geronde & Gironde, est essentiellement la même chose que Garunna: quoique maintenant on ne donne à cette rivière le nom de Gironde que depuis sa jonction avec la Dordogne. Pour ce qui est de l'érymologie de Garunna, voyez ci dessus Garonne.
GIRONNE. Terme de Bason. De l'Iralien gherone, qui signifie pièce à un habit, gouffet, D'où vient le proverbe, quelle che non va nelle maniche, va ne' gheroni. Gherone est un mot d'origine Allemand. Pontanus, dans son Glossaire Celtique, est mot biberriga: Quamquam & ipfom hoc biberentes nostri quoque sit idiennatis, modo attentior ad vlliterarum sonum, quafisfidium, exigamus. Nam Belga, Batavique, gheeren & gheerden, appellant infinitos illos vestium limbos, laciniasque: ex-jufmodi hodieque, Helvetitis prefertim, alissque Germania popolis, licis parxius, uforpantur. Les Siennois, pour le marquet en passant, disent garone, au lieu de gherone. M.
GIROVAGUE. Terme Monastique. C'est une sorte de Moines dont parle Saint Benoit dans Q1991 fa Règle, chap. 1. Les Girovagues étoient des Moines qui erroient toujours de Monastère en Monastère, sans s'attacher à aucun. L'amour de la liberté & de l'indépendance leur falloit préférer ce genre de vie à celui des Cénobites. Girovague veut dire coureur, vagabond, & il vient du Latin Gyrevagus, formé de vyrus & de vagari.
GIROUETTE. A gyrando; parce qu'elle tourne au gré du vent. Ainsi gyraculum étoit ce jouet des enfans que le vent fait tourner au bout d'un bâton. Joannes Januensis, dans son Catholicon: Gyraculum est illud cum quo pueri ludum; quod in fammitate baculi volvitur, & contra ventum cum impetu fertur. Il paroît de-là que girouette a été formé de gyraculum. Caïeneuve.
GIROUETTE, ou GIROUET. De gyrus. Gyrus, gyrus, gyrus, GIROUET. Gyrusta, gyrustetta, GIROUETTE. M.
GISANS. De jacentes. M.
GISARME, ou JUISARME. C'est un bâton de guerre dont le fer est tranchant. Le Roman de Guillaume au court nez: De la gisarme l'a si bien assent, Qu'il l'a fendu jusqu'a l'arçon doré. Et en un autre lieu: Et plus tranchant que rasoirs, ni gisarmes. Ce mot est formé de gésum, qui étoit une lance ou javelot dont les Gaulois se servoient: & cette sorte d'arme leur étoit propre & particulière, comme pilon aux Romains, & sarissa aux Macédoiniens. Servius: Pilum proprii est hasta Ramana; ut Gésa Galiorum, Sarissa Macédoinum. Jean de Garlandia, dans son ancien Dictionnaire: Gésa Gallicorum. Où la Glofe fait cette remarque: GESUM, Gallicé Juifarme. A gero, is: unde versus: Non amas ille Jésum qui fert ad pralia gésum. Joannes Januensis, dans son Catholicon: Gésa: à gero, ris, dicitur hac gésa æ, genus armorum, quod Gallicé dicitur gisarme: vel gésa æ, à cœdendo: & gésa vel césa Galiorum; pila Romanorum; sarissa Macédoinum. Je trouve qu'on difoit aussi gisarum. Les Statuts de Guillaume, Roi d'Ecoiffe, chap. 11. Habeat gisarum, quod dicitur hand axe, arrum & sagittas. Cette sorte d'arme étoit en usage en France du tems du Roi Charles... Et estoient leurs valets armes de salades, brigandines, haubergeons, & haches ou juifarmes; & ceux qui les portuient étoient appelées Juifarmiens. Caïeneuve.
GISARME. Bâton de guerre, dont le fer étoit tranchant. Dans le Roman de Guillaume au court nez: De la gisarme l'a si bien assent, Qu'il l'a fendu jusqu'a l'arçon doré. Et dans celui de Rou: Et vous avez lances agues, Et guifarmes bien émolues. M. du Cange & M. de Caïeneuve le dérivent de gésum, arme des Gaulois. Voyez leurs remarques. M. Voyez GUISARME.
GISARME. La gisarme étoit une bésague, ou hache double, à la différence de la hallebarde, qui ne tranchoit que d'un côté. De bis-arma. La Duchat.
GISBERT. Nom propre d'homme. Il est d'origine Teutonique, & même en partie d'origine Gauloise, selon Wachter, qui l'explique gésa-clarus, le faisant venir de gésa, ancien mot Gaulois, qui signifie vir fortis, comme le témoigne Servius sur le livre VIII. de l'Enéide, lorsqu'il dit: Virus fortes Galli Gésos vocant. Voyez ci-dessus Genseric. Le mot bert, qui fait la seconde partie du nom de Gisbert, est Teutonique, & signifie illustre. Voyez ci-dessus Berthier. Ne se pourroit-il pas aussi que Gisbert ne fût qu'un abrégé de Giseisbert, d'où s'est fait, suivant quelques-uns, Gisbert; & qu'ainsi Gisbert & Gisbert ne fussent au fond que le même nom: Voyez ci-dessus Gisbert.
GISERIC. Nom d'un Roi des Vandales en Afrique. Wachter l'interprète gésa potens. Jornandes dit Gizericus, & Idace Gaisericus. Le Roi Giseric est le même que Genseric, qui pilla la ville de Rome; & Wachter prétend que le nom de Genseric n'est qu'une altération de celui de Giseric, faite par épenthése, c'est-à-dire, par l'insertion de la lettre N. Voyez ci-dessus Genseric.
GISIER. Voyez gésier. M. GISPE. Sorte d'arquebuée, usitée particulièrement dans les Pyrénées & dans la Catalogne. M.
GISTE. C'est le lieu où l'on couche; la couchée. Il vient du verbe gésir. Froissart, vol. 4, chap. 8, parlant du Maréchal de France, & du Sire la Riviere, que le Roi Charles VI. envoie vers le Comte de Foix: Et vindrent gésir en une Cité assez bonne en Tolosain. Gésir est formé de jacere. En Languedoc on appelle jas, le giste du lièvre; & jasen s'y dit d'une femme qui est en gésine. Le droit de Gite, dont il est fait mention en quelques anciens Arrêts, est un droit pareil à celui qu'on appelle Aibergue; c'est-à-dire, le droit de logement qu'on a depuis abonné, & converti en certaine redevance. Caïeneuve. GISTE de bois. Appoggio, colonna, sofregno, dit le Dict. Fr. 1c.1. d'Ant. Oudin. Ce mot, dans la signification de ces poutres sur lesquelles gisent ou posent les planches d'un pont, se trouve dans Froissart, vol. 1. fol. 114. b. Et le parois Messin appelle jeunes ces poutres sur lesquelles posent les tonneaux dans une cave. Du Latin jaceo; parce qu'elles sont gisantes, & non pas debout. Le Duchat.
GITE. Jacere, jacire, GESIR. Jacire, jacitum. GITE. M.
GIVRE. Terme de Blafon & d'Armoiries, qui signifie serpent ou couleuvre. De vipera. Voyez GUIVRE. M.
GIVRE. M. de la Quintinye: C'est une maniere de gelée blanche, qui est si épaisse, qu'elle s'attache aux branches des arbres, & y fait quelquefois des glaçons pendants. Peut-être de gelatura, de cette maniere: Gelatura, getura, getura, girura, GIVRE. M.
GIVRE. Le mot givre, dans ce sens, vient d'imbre, ablatif d'imber. Imbre, libre, gibre, givre. Le Duchat.
GLACE. Nous appellons ainsi le verre d'un miroir. Il est croyable que nous avons emprunté ce mot des Langues du Septentrion. Car glas, en Flaman; & gles en Suédois, signifient verre : comme témoigne Goropius Becanus, livre 5. de ses Origines d'Anvers. Il en est de même de l'Alleman glass, & de l'Anglois glass. Mais je crois que tous ces mots sont formés de glacies; à cause de la ressemblance qu'à le verre avec la glace. Cafeneuve. GLACE de miroir. De la ressemblance du verre à la glace. Les Grecs se sont servis en ce sens du mot de glaciens, qui signifie glace. Hélychius : glaciens, & de la volée. Les Allemans appellent glass toute forte de verre, soit vitre, miroir, ou verre à boire. Et, apparemment, ils ont pris ce mot du Latin glacies : car la Langue Allemande; je parle de la Langue Allemande ancienne, a beaucoup de mots Latins : ce qui a été remarqué par Voëtius, dans la Préface de son de Vitis Sermonis. Il me reste à remarquer, que glacia, pour glacies, se trouve dans les Glofes anciennes. Glacies, & glacia : glaciens, & varys. M.
GLAIEUL. Nous l'avons formé de gladiolus, parce que sa feuille est faite en forme de lame d'épée. C'est aussi pour la même raison que les Grecs l'ont appellé glaciens, qui signifie une petite épée. Cafeneuve. Voyez ci-dessous GLAYEUL. GLAIRE d'œuf. De clarum ovi. ¶ Clarum, clari, claria, GLAIRE. M.
GLAIRE. On disoit autrefois claire pour glaire. La Maréchallerie de Laurent Rufe, translatée de Latin en François en 1533. chap. 57. fol. 39. de l'édition de 1541. Si anicum sang apparait en l'œil du cheval, tu le pourras oster avec la glaire ou claire de l'œuf mise dessus & apposée. Le Duchat.
GLAIRE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 843. n'approuve pas l'étymologie que M. Ménage donne de ce mot. Voici ses termes : KLAR, eyer-klar, albumen ovi. Gallis glaire d'œuf. Propriété est glaucum ovi, à glat glaucus, caruleus, non clarum ovi, ut scriptor celebris existim. Hinc à Gallis rectius scribitur per G, quam à nostris per K. Caterium, quod Germanis & Gallis in ovi videtur glaucum, id aliis videtur album. Hinc albumen ovi Anglo-Saxonibus dicitur ages hwite, Suecis agge hwitte, Belgis eiwit. Et à la page 191. le même Auteur s'explique ainsi : GLAR, casius, glaucus, glatxugig glaucus oculus habens, eyer-glar, album ovi, proprie glaucum. Vex Celtica, sed a genuina glas glaucus, lividus, caruleus, qua etiam num utuntur Cambri, corrupta, elemento 5 in & mutato. Inde Anglo-Saxonibus glacen eage oculus casius, non à glas vitrum, sed à glas glaucus. Nec aliunde Gracis 7x6x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7x7 GLAIRE : gros fable. De glarea. M. GLAISE. Terre tenace. Terre forte & graffe. De glis glitis. Les Glofes d'Ifidore : Glis glitis : humus tenax. ¶ Glis glitis, glitia, gletia, glatia, GLAISE. M.
GLAIVE. De gladius. D en V : comme en PARVIS, de paradisus. Voyez parvis. M.
GLANER. C'est amaiser les épis du bic après les Moissonneurs. Glaues, sont les boteaux ou petites gerbes qu'on fait des mêmes épis. Ces mots sont formés de gelina ou gelima, qui signifie une gerbe. Spelman, dans son Archéologue : Gelina, fasciculus frument, garba. Hugo Cardinal. in Posit. Ruch. 4. cité par le même Spelman : Anchomium est acervus gelinarum, in imo latus, in summo acutus. Mathias Martinius, dans son Lexicon Philologique, rapporte ce lieu d'un vieux Dictionnaire : Gelima, garba, vel coma fegeis; & dicitur à genu & ligo; quid cum manu ligatur super genu. Cafeneuve.
GLANER. Nicot : C'est ramasser les espics demeures sur le champ, après les gerbes liées. Aucun estiment qu'il vient de ce mot glans glandis; parce que jadis le froment n'estant en usage, on vivait de gland; & que glaner est comme si on disoit glander, ou glandéer; amaiser du gland : spicilegium facere. Il est vrai que glaner a été fait de glans glandis. Glans glandis, glandinare, glaninare, GLANER. Mais non pas par la raison qu'allègue Nicot. Ce mot a été dit premierement de ceux qui, après la récolte du glan, alloient ramassant sous les chênes quelques glans échapés à la diligence de ceux qui avoient fait cette récolte. Et cette façon de parler a été ensuite transférée à ceux qui ramassent les épis demeurés dans les champs après les gerbes liées : ce que les Grecs appellent un quindicus, dans le Deutéronome, chap. 24. J'avois fait cette remarque, avant que d'avoir lu les Origines Françoises de M. de Cafeneuve, par lesquelles j'ai appris que ce savant homme dérivoit ce mot du Latin-barbare gelina, ou gelima, qui signifient une gerbe : qui est une étymologie également savante, ingénieuse & véritable. En voici la descente : Gelima, gelimina, glimina, glimina, glimina, geliminare, gliminare, GLENNER; que nous prononçons GLANER. Il reste à montrer que gelima a signifié une gerbe. Joannes de Janua : GELIMA, à genu, & ligo ligas, & manu, componitur : id est, garba, vel coma fegeis, qua cum manu ligatur super genu. Ebrardus, en son Grécisme, chap. 9. Dicatur gelima, genibus manibusque ligata. Si vous en désirez d'autres exemples, vous les trouverez dans le Glossaire de M. du Cange. M. du Cange, sans avoir lu les Origines de M. de Cafeneuve, a fait la même remarque. Voyez-le dans son Glossaire Latin, au mot gelima. M.
GLANER. Rabelais a dit glaner : c'est au liv. 1. chap. 12. en ces termes : Et si la Cour n'y donne ordre, il fera aussi mal glaner cette année, qu'il se ou bien fera des gobelots. Le Duchat.
GLAPIR. C'est proprement le bruit que fait le renard en chassant. Lat. gannire. M. Guyer le dérivoit de GLAST, de cette maniere : GLAST, lactire, glactire, GLATIR, GLAPIR. GLAST, c'est latratu profequi : & il a été dit des renards, non moins que des chiens. Voyez Pollux, xiv. 13. M.
GLAS. Sonner les glas pour un trépaillé. Quelques-uns le dérivent de le lait, qui signifie le cri qu'on fait dans les lamentations pour les morts. Les Glofes : leffus, &c. 1. Les xii. Tables : Mulleres genas ne raduno, ne le fessum toneris ergo habeno. Il vient de claffium, qui a été dit pour signifier le son des cloches des Eglises. Dans l'Ordinarium Sancti Laudi Rutenbergensis, imprimé à Rouen, avec le livre de Officiis Ecclesiasticis de Jean, Evêque d'Avranches, & Archevêque de Rouen: *Ad matutinum primo totum classificum pul-fetur, &, remanente claffico, duo minora figna fo-nent, donec fratres ad Ecclesiam conveniant.* Dans le *Gesta Guillelmi Majoris*, Evêque d'Angers, pa-ge 149, *pulfarent omnes classificum mortuorum.* Voyez le Glosaire de M. du Cange, où vous trouverez un grand nombre de semblables exemples. Nous disons en Anjou, & au Maine, *le clas.* On dit le *glas*, dans l'Orléanois & dans le Nivernois: & *le glais*, à Paris. *M.*
GLA. Dans la signification d'un fermoir de livre. Rabelais, livre 4. chap. 51. Je crois que ce mot vient du Latin *clandere.* Les Anglois appel-lent *slaffonne agraffe.* *Le Duchat.*
GLATERON. Simple: autrement dit, *rie-bilis, Gic. duquijin, & quavoleux, & quavoxum.* Voyez *craseron, & glouteron.* M.
GLAUCOME. Terme de Médecine. C'est une maladie des yeux, qui arrive lorsque l'hu-neur crystalline se change en couleur verdoyante ou azurée. Ce mot est Grec, & il est fait de *phou-né*, qui signifie verdâtre, couleur de verd de mer.
GLAYEUL. Sorte de simple. De *gladiolus.* Les Latins ont ainsi appellé ce simple, à l'imita-tion des Grecs, qui l'ont appellé *fio ci, & magor-quinor, de sa reellenblance* à une épée. Dioscoride, IV. 10. *fio, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si,
GLAZON. Voyez ci-dessus *gazon.* M.
GLENOIDE. Terme d'Anatomie. C'est un nom que l'on donne aux cavités externes des os, qui ne sont ni des plus profondes, ni des moins profondes & presque plates, mais moyennes entre les unes & les autres. La cavité de l'omoplate, qui reçoit l'humerus, est une cavité *glenoide.* Ce mot est Grec, fait de *phou-né*, qui signifie, selon quel-ques-uns, la prunelle de l'œil, & de plus, une ca-vité dans laquelle un corps en reçoit un autre qui s'y emboîte; & de *de* forme, façon, manière. Ainsi *glenoide* signifie, qui a la forme d'une cavité telle que nous venons de dire.
GLETTE. Terme de monnoie. On appelle dans les monnoies *glette*, ou *litbarge*, l'impureté des matières qui a coulé de la coupelle d'affinage. Ces deux termes sont synonimes; mais celui de *glette* est plus en usage dans les monnoies que ce-lui de *litbarge*. *Glette* vient évidemment de l'Alle-man *glett*, qui signifie la même chose. Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, page 595, parle ainsi de *de* mot Alleman: *GLETT, purgamentum arii, tax, spuma, scaria*: *silber glett spuma ar-genti. Graci vulgarium vocant, velui lapidem ar-genti. Qua ratione? viderint rei metallica periti. Nostrus imitatione Gracorum eandem rem à *LIS* *Latis appellatse glet per prothesin, satis manifestum.* Comme les Allemans se sont beaucoup appliqués à la Metallurgie, il n'est pas surprenant que nous* ayons pris d'eux des termes de cet Art.
GLEU. On appelle ainsi en Normandie de la *paille.* Du Syriaque *ghelo*, qui signifie la même chose. *Huel.*
GLIC. Sorte de Jeu. Villon, dans sa Balade de bonne doctrine à ceux de mauvaise: *Au ber-lan, du glie, aux quilles.* Il en est fait mention dans Rabelais, au chapitre des Jeux de Gargan-tua. *M.*
GLIC. Ce mot est pur Alleman, & signifie *chance*, ou plutôt *hacard heureux*. A Metz, où ce mot s'est conservé, & où on le prononce *glie* par corruption, il ne désigne aucun jeu particulier; mais c'est un des plus fréquents incidents d'un cer-tain jeu de cartes appelé le *Dix-croix.* Le Du-chat.
GLISSER. Robert Etienne dit que peut-être ce verbe vient de *phou-né*, c'est-à-dire *glissant*. Et je ne sais aussi si nous l'avons retenu de l'ancien Tiois. Le Glosaire que Lipse a recueilli d'un an-cien Pseautier, & qu'il rapporte en la troisième Centurie de ses Epières *ad Belgas*: *Glidir, lubricum*; & *glideri, lapsu.* Caseneuve.
GLISSER. Les Flamans disent *gliiden*, & les Anglois, *glide*: & dans le petit Glosaire de Lip-se, l'ancien Alleman *glidii* est interprété par *lubricus*: & les Grecs disent *phou-né*, pour *lubricus*. Tous ces mots ont beaucoup d'affinité avec *glisser*. Robert Etienne & Nicot ont quelque opinion que ce mot François a été fait du Grec *phou-né*. Et c'est aussi la pensée de Jules Scaliger, *phou-né*, est *lubricum*. *Etim nunc Galli ita loquuntur.* C'est dans ses Commentaires sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, à la page 197. Dans le Roman de Lancelot du Lac, vous trouverez *glacer* pour *glisser*: ce qui a donné sujet de croire à quelques-uns que *glisser* avoit été dit à *glacie*; n'y ayant rien de plus glissant que la glace. *Glaser, glisser, GLISSER.* On a dit *grisser*, dans la signification de *glisser*. Dans un épitaphe qui étoit aux Mathurins de Paris, rapporté par Borel dans ses Antiquités Gau-loises: *Mon vouloir estoit de monter A l'honneur, par labeur & soin: Mais Fortune n'a peu arrer, Et m'est le pied grisse bien loin.* Et nos Payans, en plusieurs Provinces, parlent encore de la sorte. En Bourgogne, le petit peuple dit *lisser*, pour *glisser*. ¶ M. Nublé dérivoit *glisser* de *glissere*. M. du Cange, dans le Recueil des Ery-mologies Françoises, insérées dans ses deux Glos-aires, prétend que c'est une onomatope. *M.*
GLISSER. Ce mot ne viendroit-il point plu-tôt de l'Alleman *glisschen*, qui signifie la même chose?
GLOCER. De *glocare*, qu'on a dit, par mé-taplasme, pour *glocire*: qui est le mot dont les La-tins se sont servis pour exprimer le son d'une pou-le qui veut couver. Festus: GLOCER, & GLOC-DARE, *gallinarum proprium est, cum ovis incubitu-ra sunt.* Columelle, liv. 8. ch. 5. *Observare itaque dum edant ova, & con'estim circumire oportebit cu-bilia, ut qua nata sunt, recolligantur; notenturque qua quoque die sint edita, ut quam recentissima sup-* ponantur glocientibus : sic enim appellant rufici avet cas qua volunt incubare. ¶ Je crois que ce mot glo- care est une onomatopée. M.
GLOIRE. Terme de peinture. En termes de Peinture, on appelle ainsi des Anges en l'air. De l'italien Gloria d'Angioli. L'Aleandri, dans sa Ré- ponse à l'Occisiale du Stigliani, part. 2. pag. 221. UNA GLORIA D'AMORI. Nota lo Stigliani quella esferi frose profana. Perché così la mmini, fosfelo egli folo. In termine è venuto da' Pittori, i quali dicono ordinariamente Una gloria d'Angioli, che depinger fogliamo sospezza sul' ali in aere. Et ensuite : Al meno ci avesse lo Stigliani insegnato, donde venuto sia che più An'oli figurati in aria, si dicono una gloria d'Angioli. L'origine, credo, sia fiata, per- che i primi che depinsero la nascita di Cristo Signor nostro, vi figurarono una moltitudine d'Angioletti, che sul' ali sostenendosi, mostravano di cantare Glo- ria in excelsis Deo. E benche negli altri quadri non vi si dipanga il breve, con queste parole, è gli An- gioli si formino ad altro fine che a far quel canto, tu- cavia da tal principio è passato il nome di Gloria d'Angioli; sempre che si figurano in ischiera pen- denti in aria. M.
GLORIETTE. M. du Cange, dans les Ad- ditions à son Glossaire Latin, insérées dans le se- cond volume de son Glossaire Grec, pag. 101. au mos glorieta, parle ainsi de ce mot glorieta : a- ficiorum altius. Nostris gloriere. Et il produit ensuite cet endroit des Statuts de Milan, ch. 148. de la seconde Partie : Si quis de catere confruere, vel construi facere, voluerit aliquam baltrescam, ponti- cellum, vel glorietam in ejus domo, super muro pro- prio, vel communi, per quam immediatei proprii pessit in domum vicini, hoc ei liceat. On appelle glorietes à Bruxelles, toutes les maisons de plai- sance. Et en Hollande, on appelle gloriete, le ca- binet le plus élevé d'une maison dans une Ville, & un cabinet, ou un pavillon, à la campagne. Les Espagnols disent de même glorieta, pour dire un cabinet de jardin. Et en Languedoc, on appelle gloriete, un retranchement qui renferme le der- riere du mur d'un four, & qui fait une espèce de petite chambre. M.
GLOSE. Du Latin gloria, fait du Grec γλώσσα, dans la signification d'explication de mots obscurs. Quintilien, liv. 1. ch. 1. Interpretationem Lingua secretoris, quas Graci glossas vocant. Varron, liv. vi. de la Langue Latine : Qui gloriemata interpre- tati sunt, id est, γλωσσα γλώσσα. Pollux, liv. 2. cha- piere, ... à vā qui vōc ποιητικα φυγά, γλωσσα γλώσσα. Aristote, chap. 21. de sa Poetique : Ἐναις γλώσσα, γλώσσα.
GLOUTE. J'ai appris de M. Doujat, célèbre Professeur en Droit de l'Université de Paris, que les Nourrises du Bas-Languedoc se servaient de ce mot pour dire la langue : & qu'elles disaient à leurs petits nourrissons, *Monsfre mi la glume*, pour dire, *Montre moi la langue* : & *Te couperai la glume*, pour dire, *Je te couperai la langue* : & que ce mot avoit été fait du Grec γλῶθις. M.
GLOUTERON. Simple. C'est l'ἀπαρίνω des Grecs. Les Allemands l'appellent *grosse klette*. M.
GLOUTERON. L'ἀπαρίνω des Grecs n'est pas le *glouteron*, mais le grateron. Le *glouteron*, c'est la bardane : en Latin *lappa*. Le mot *glouteron* vient de l'Alleman *klette*, qui signifie la même chose : & ce mot Alleman est formé d'un verbe qui veut dire *s'attacher*. Nous avons changé le x Germanique en c, qui est une lettre de même organe. Au lieu de *klette*, les Flamans disent *klette* & *klette*, qui signifie pareillement *glouteron* ; & ils ont le verbe *kletten* ou *kletten*, qui signifie attacher, s'attacher. Wachter, dans son *Glosser. German*, pag. 848. KLETTE, *lappa*. *Glosser. Aelf. in nom. herb. Bitum vel lappa* clate, vel clyf-wyrt. *Glosser. Pez. Lappa* chledda, *lappa* chelduurz, clibas. *Belgiss klette*, *Latinis gliss glissis*. *Cunella ab adharescendo*, ut docet *Martinus*, *cuius hac sunt verba* : *glis glissis*, *lappa*, *glisosus*, *lapposus*, *lappa seu glisse plenus*. Sic vetus Dictionarium. Vox Latinis scriptoribus incognita & barbara, tamen causa ejus idonea, quia *lappa* tenaciter adharet, & quasi agglutinatur rebus comprehensis, ubi se affigere poteit, ut panno. *Klette* & *klette* est *lappa* Belgis. Alii Germanorum dicunt *klette*. Flandris *kletten* est affigere, adharescere, aliter *kletten*. *Hac ille in voce gliss. Cum verbo Flandrico conveniunt quadam Scandica, cuiusmodi sunt apud Stiernhielmum, in Glosser. Uph. Gorb. pag. 90. Ioda, hloda, adharere, kladda, kludda, compingere, facere ut adhareat. Ad affinitatem videtur speclare, quod gluten farrum Germanis appellatur kleister, sive quia facile adharet, sive quia glutinat & compingit*. Si on aime mieux dériver notre mot *glouteron* de quelque autre mot Germanique que de l'Alleman *klette*, ou si l'on veut même le dériver de ce mot Latin-Barbare *glis*, dont parle Martinus : il fera toujours vrai de dire qu'il vient originairement de la Langue Teutonique. *
GLOUTON. Nous l'avons formé de l'ancien Latin *glutto*, qui signifie *gourmand*. Lucilius : *Vivite gluttones, comedones vivite ventres*. Perfe, Sat. 1. *Nec glutto sorbere salivam mercurialem*. Apulée, dans son Apologie : *gluttones omnes qui imperio pisces pretio a Piscatoribus mercantur*. Le goiser est aussi appellé *gluttus*. Les Gloises : *gluttus*, *glutius*. Caïence.
GLOUTON. Goulu. De *glutto* : mot ancien Latin, de la même signification. Les Gloises anciennes : *κυμωρές*, *glutto*. L'Auteur du trentième Sermon de l'Appendice du Tome 1. de S. Ambroise, qu'on croit être de S. Césaire d'Arles : *Sic amit Diabolus filios sus*, ut perdat, sicut *amat gluto porcellum*, ut comedat. Acto, sur Horace, liv. 2. Sat. 1. *Edax, vorax, glutto*. C'est ainsi qu'il faut lire, & non pas, comme ont les livres imprimés, *glutto* : qui est une correction de M. Huet. Au lieu de *glutto*, les Latins ont dit aussi *gluttus*. Et le-l, notre mot ancien GLOUT, pour *glouteron* : & le GNOUT des Italiens. L'ancien Dictionnaire du P. Labbe : *Avidus, glut. Glutto gluttonis*, & *gluttus glutti*, ont été faits de *gluttum*, qui signifie le goiser : *pars colli qua cibi transmittuntur*. Les Gloises d'Indore : *GUTUR, glutum*. Perfe, Sat. v. *Nec glutto sorbere salivam Mercurialem*. Car *glutto* en cet endroit, est l'ablatif de *gluttum*, comme Caïsubon l'a fort bien pris : quoique Cornutus l'ait entendu du nominatif *glutto gluttonis*. *Gluttum*, a été fait par onomatopée. C'est l'opinion de Caïsubon sur l'endroit de Perfe, ci-dessus rapporté, & de Vossus, dans son Etymologique. Ou de γλῶθις. *D673, γλωθία gluttus*. C'étoit l'opinion de M. Guyet. De *gluttum*, (car on a dit aussi *gluttum*) on a fait le verbe *glutire* : d'où le composé de *glutire*. M.
GLOUTON. Quelques-uns vont chercher l'origine de ce mot dans le Celtique ou Bas-Breton, *glut*, ou *gluth*, ou *gloiet*, qui signifie, dit-on, *gourmand*, *gouti*. Mais n'y a-t-il pas plus d'apparence que ces mots ont été pris eux-mêmes du Latin *glutto*, d'où le François, *glutto* se dérive si naturellement ? Et ne peut-on pas dire avec fondement, que beaucoup de mots que certains Auteurs regardent comme Celtiques ou Bretons, viennent de la Langue Latine ? On ne sauroit presque douter qu'il n'y ait dans le Bas-Breton, quantité de mots Latins. Mais le malheur est que quand on s'est entéré d'une langue on voudroit tout y rapporter. J'ajoute que le mot *glouteron*, ou *glutto*, a du rapport avec la racine Ebraique D. *laat*, qui se trouve dans la conjugation *hipbit*, pour, faire manger, donner à manger. Ceux qui voudroient dériver *glouteron* de ce mot Ebreu, diroient que l'on a fait une transposition de lettres, en mettant au commencement du mot François, le *am* qui est au milieu du mot Ebreu, & le prononçant comme un *am* ou *gain* Arabe. *
GLU. De *gluten*. Ou plutôt de *glux* : mot qui se trouve en cette signification dans *Aufone* : *Tergere dic clypeis accommoda qua faciat glux*. Budée le dérivoit de γλωθία. Voici ses termes : qui sont de la pag. 111. de ses Commentaires sur la Langue Grecque, de l'édition de Robert Etienne : γλωθία, *id est*, *viscum*, *glus a nostris dicitur*. Nicot a fait après lui la même remarque : & Bourdelot après l'un & l'autre. M.
GLU. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, paroît très-bonne & très-naturelle. Je remarquerai seulement, que le terme Latin *glux*, d'où il le dérive, a de l'affinité avec quelques mots Teutoniques dont il est parlé dans le second article *glouseron*. Voyez cet article. *
GLUL. Grosse paille, avec laquelle on couvre les maisons. Du Flaman *gheluye*, fait de *gelima*. M. du Cange, au mot *gelima* : *Flandri gheluye vocant, quod alii glemmam & gelimam*. *Unde nostri glui, & gluie, etiamnum vocant frumentaria calamos, paleam, stipulam : praterna fasciculos ex his confectus*. On prononce GLU en Basse-Normandie. M.
GNOMES. C'est un nom que les Caballistes donnent donnent à certains peuples invisibles, qu'ils sup- posent habiter dans la terre, & la remplir jusqu'au centre. Ils feignent qu'ils sont de petite stature : ils les sont gardiens des trésors, des minieres, & des pierreries. Ils disent que ces Gnomes sont ingénieux, ainsi de l'homme, & faciles à commander. Les Gnomides leurs femmes sont petites, mais fort agréa- bles : & leur habit est curieux. Au lieu de Gnomes, Vigenère dit Gnomons. Ces mots sont pris du Grec γνώμων, qui signifie connoisseur, prudent, habi- le, du verbe γνώμων connoître.
GNOMON, Terme de Mathématique. C'est le style qu'on met sur les cadrans pour marquer les heures. Ce mot est le pur Grec γνώμων, fait de γνώμων connoître. On a donné ce nom au style du cadran solaire, parce qu'au moyen de l'ombre il fait connoître les heures. De la γνώμων la gnomonique, qui est la science de faire des cadrans solaires, & que Vitruve dit être une partie de l'ar- chitecture.
GNOSTIQUE. Du Grec γνώμων, qui signi- fie connoisseur, savant, intelligent, du verbe γνώμων connoître. Les Gnostiques, anciens Héréti- ques, adopterent ce nom, parce qu'ils preten- doient avoir seuls la véritable connoissance du Christianisme : aussi regardoient-ils les autres Chrétiens comme des gens simples & grossiers, qui expliquaient les livres sacrés d'une maniere basse & trop litterale. Il y eut d'autres Sectaires appelés Gnostiaques, γνώμων, parce qu'ils étoient ennemis des connoissances recherchées de la Religion, disant que Dieu ne demandait autre chose du Chrétien, que des bonnes œuvres, & qu'ainsi on ne devoit songer qu'à bien vivre, & nulle- ment passer son tems à l'étude de la Sainte Ecritu- re. S. Clément d'Alexandrie appelle Gnostique, le parfait Chrétien, comme étant le véritable savant, & possédant les plus sublimes connoissances. G O. Entrer tout de so. Entrer senza picchiare, dit le Dictionnaire François-Italien d'Oudin. C'est comme qui diroit entrer sans façon, à la Gauloise. L'Ovide boursou, liv. 2. pag. 151, parlant du tau- reau & de l'enlèvement d'Europe : Voile tems de saire esquaque, Et l'emmene de Gallico. C'est de gallico, en sous-entendant more, qu'on a fait de go, par contraction & par le changement de gau en go. Gallus, gau, go, comme de Paul on a fait Pol. Le Duchat. G O. Tout de go. Façon de parler adverbiale, pour dire, tout d'un coup, sans préparation. L'Au- teur d'une Epître, imprimée dans le Mercure de Mars 1735, dit en parlant des cérémonies & des formalités du Mariage : Jadis tout allois plus de go : Une main mise l'une en l'autre, Sans Curé, ni sans Conjungo, Fît leur hymen, & rompt le nôtre. On se marieit in petto, Quelquefois même incognito, Sans cierges ni sans patenôtre. Je dérive ce mot du verbe Anglois go, qui signifie aller, s'en aller, marcher, passer, partir, & qui est d'un grand usage dans la Langue Angloise. Go, dans cette Langue, signifie aussi allure. On dit, Tome I. en parlant d'un cheval : This horse has a good go with him, ce cheval a une bonne allure. Je crois qu'une étymologie aussi simple, & où il n'y a pas la moindre chose à changer, est préférable à celle de M. le Duchat, qui fait venir par un long che- min go de gallico, en sous-entendant outre cela more. Je ne saurais goûter des étymologies si peu naturelles.
GOBBIN. Petit boursu. De l'Italien gobbino, di- minutif de gobbo, fait de gibbus, fait de cic, mots de la même signification. cic, gobus, gibbus, cuus. Le plurier cic, est interprété par Galien, dans son Glossaire sur Hippocrate, par xoproi, c'est-à-dire, bours : & cic, par xoproi, c'est-à-dire, bours. Au lieu de cic, on a dit cic, insusité, dont cic, dont abdomen. M.
GOBE. Noix-gobe, autrement appellée noix Lombarde. De cuba, à cause de sa figure à peu- près cubique. Le Duchat.
GOBELET. Jules Scaliger, dans la vingt- sixième de ses Lettres, laquelle est adressée à Jean Cortade, le dérive de cymbius, detralla litera tu- midiore. Budée le dérive de vus, quasi CUPELET. Mérille, dans le livre vii. de ses Observations sur le Droit, chapitre 2. le dérive de caveolus. Il vient de cuppelletus, formé de cuppa : d'où vient aussi l'Espagnol gobeleste. Cuppa, cuppus, cuppellus, GO- BEAU : cuppellus, cuppellettus, gobellettus, GOBELET, & GOBELET : ce dernier mot se trouve dans Ra- belais, 1. 24. M. de Saumais, sur l'Histoire Au- guise, pag. 253. CUPELLA, vus admodum exicuum designat, quod Graci γνώμων dicunt. Cupellum, γνώμων, mutatis in suas affines, gobellum, vel gobellum, appellamus vas quo bibitur. De cupa, on a fait le verbe cupare : dont nous avons fait GOBER. J'oubliais à remarquer, que Mitalier n'a pas bien rencontré, dérivant gobeles de l'Ebreu ghabiali. Voyez coupe. M.
GOBELIN. Le P. Labbe, au mot gober, à la page 261. de la première Partie de ses Etymolo- gies : On appelle en quelques contrées gobelin, un esprit folet, qui fait du bruit la nuit, remuant les gobellets ou autres vaisselles, ou bien les nettoyant & faisant le ménage. Ordéric Vital, Moine de Saint- Evroul en Normandie, parlant de S. Taurin, Evé- que d'Evreux, au liv. v. de son Histoire Eccléfi- sique, dit ces mots : Dæmon, quem de Diana fano expulit, adhuc in eadem urbe degit. Hunc vulgus gobelinum appellat. On appelle encore ainsi en Normandie un esprit folet. On y menace les petits enfans du Gobelin. Le gobelin vous mangera : Le gobelin vous prendra. En plusieurs Villes de France, on menace ainsi les petits enfans de quelque bère. A Toulouse, on les menace de la malabète. Voyez Lafaille, dans ses Annales de Toulouse, en 1496. pag. 275. Voyez aussi ci-dessous au mot rabar. Il me reste à remarquer, que ce que dit le P. Labbe, que cet Esprit folet avoit été appelé go- belin, parce qu'il remuoit les gobellets, est dit sans apparence de vérité. Ce mot, au reste, se trou- ve dans le Dictionnaire de Vénéron. M.
GOBELIN. M. Ménage, blâme avec raison, ce me semble, l'étymologie que le P. Labbe don- ne de ce mot : mais il n'en donne lui même point d'autre. Je le dérive du Grec γνώμων, qui signifie un homme fourbe, trompeur, impôtteur, malin : & de plus, une sorte de Dæmon mal-faisant & cruel, suivant le Scholiaste d'Aristophane. Nous avons changé le x en 6, qui est une lettre du mé- me organe. Du même mot Grec, vient aussi, se- G O B. G O D. lon Wachter, l'Alleman *kobold*, que cet Auteur dit signifier un Démon railleur & moqueur. Voyez-le dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *kobold*.
GOBELINS. Lieu près de Paris où l'on teint l'écarlate: ainsi appelle d'un nommé *Gobelin*, Teinturier célèbre, lequel y établit le premier la teinture. Rabelais, xii. 22. Tous les chiens y accouraient de demi-lieux, & compiffaient si bien la porte de sa maison, qu'ils y firent un raiffeau de leur urine, auquel les cannes eussent bien nage. Et c'est celui ruiffeau, qui de présent passe à S. Victor: auquel *Gobelin* teint l'écarlate. Et ailleurs, au même livre, il appelle ce lieu, la Folie *Gobelin*. ¶ Depuis que ce lieu a été appelé les *Gobelins*, on a appelé la rivière qui y passe, la rivière des *Gobelins*, qu'on appelait auparavant *Bièvre*: en Latin *Beveris*, ou *Bevera*. C'est ainsi qu'elle est nommée dans les Titres Latins. Et c'est de cette rivière que la rue de Bièvre de Paris a été ainsi appelée. M. de Valois, dans la Notice, parlant de la rivière de Bièvre: *Nomen suum dedit intra muros Lutetia vico Levera*: la rue de Bièvre: *quo usque olim sofia adductus fuisse creditur. Nunc nomen quidem vici manet: certum rei argumentum. Fossa hujusce, & alvei intramuri Bevera, nulla supersunt vestigia*. M. de Valois n'a pas été bien informé de cette particularité. Les vestiges de l'Arcade, par laquelle cette rivière entroit dans la Seine, paroissent encore. A l'égard de la rivière, elle a pris son nom du village de Bièvre, près de Paris, appelé *Biveris* & *Bevera*, où elle prend sa source. C'est ce que j'ai appris de Papirius Maïso, dans son livre des Fleuves de la France. Aujourd'hui la famille des Gobelins, est une famille de Paris très considérable. M.
GOBER. Voyez *gobeler*. M.
GOBET. Pour goûter. Terme populaire, qui ne se dit qu'en cette phrase, Prendre un homme au *gobet*, pour dire, au goûter, au collet. Il a été fait du verbe *gobet*. Le *gobet* est l'endroit par où on *obet*, c'est-à-dire, par où on avale.
GOBETS. On appelle ainsi à Paris, les grofées cerises de Montmorency. M.
GOBIN. Voyez GOBIN.
GODALE. Espace de ginguet en fait de bière. Marot, dans une de ses Ballades, fol. 55. v. édit. de 1542. *Princes remplis de hanté-los meritoire, Faijons-les tous, si vous voulez m'en croire, Aller humer leur cervoise & gadale: Car de nos vins ont grand désir de boire, Sur les climats de France Occidentale.* A Metz, encore aujourd'hui, on appelle *godale*, ce qu'ailleurs on nomme *ginguet*. *Godale* est un mot composé de l'Anglois *good ale*, qui signifie proprement *bonne bière*. *Ale* est une sorte de bière douce, sans boublon. Or comme cette bière n'a rien de piquant, de la vient qu'en France, où l'on a de bon vin, on traite de *godale*, toutes les boissons fades. *Le Duchat*.
GODARD. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Tudeique ou Teutonique, & signifie *valde bonus*. En Teutonique, c'est *gothart*, d'où nous avons fait *godard*. Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, pag. 618. Gut, *bonus*. *Gothis*, god, gods, goda; *Anglo-Saxonibus god*; *Francis* guat, guot; *Anemans* cuat... *Inne Gothis god* fait *bonum* *jai Luc*. xiv. 34. goda hardens *bonus* *pastor* Joh. x. 14. *Anglo-Saxonibus god* treow *bona arbor Luc* vi. 45. god *weorc* *bonum opus Marc*. xiv. 6. *Convenit Arabicum* glad *bonus*, & *giada bonus* *juis*. *Convenit & Graum* *gadale*, & *gadale*. *Nam Theocritus*, *Idyll. 1. pro & 2. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. 173. 174. 175. 176. 177. 178. 179. 180. 181. 182. 183. 184. 185. 186. 187. 188. 189. 190. 191. 192. 193. 194. 195. 196. 197. 198. 199. 200. 201. 202. 203. 204. 205. 206. 207. 208. 209. 210. 211. 212. 213. 214. 215. 216. 217. 218. 219. 220. 221. 222. 223. 224. 225. 226. 227. 228. 229. 230. 231. 232. 233. 234. 235. 236. 237. 238. 239. 240. 241. 242. 243. 244. 245. 246. 247. 248. 249. 250. 251. 252. 253. 254. 255. 256. 257. 258. 259. 260. 261. 262. 263. 264. 265. 266. 267. 268. 269. 270. 271. 272. 273. 274. 275. 276. 277. 278. 279. 280. 281. 282. 283. 284. 285. 286. 287. 288. 289. 290. 291. 292. 293. 294. 295. 296. 297. 298. 299. 300. 301. 302. 303. 304. 305. 306. 307. 308. 309. 310. 311. 312. 313. 314. 315. 316. 317. 318. 319. 320. 321. 322. 323. 324. 325. 326. 327. 328. 329. 330. 331. 332. 333. 334. 335. 336. 337. 338. 339. 340. 341. 342. 343. 344. 345. 346. 347. 348. 349. 350. 351. 352. 353. 354. 355. 356. 357. 358. 359. 360. 361. 362. 363. 364. 365. 366. 367. 368. 369. 370. 371. 372. 373. 374. 375. 376. 377. 378. 379. 380. 381. 382. 383. 384. 385. 386. 387. 388. 389. 390. 391. 392. 393. 394. 395. 396. 397. 398. 399. 400. 401. 402. 403. 404. 405. 406. 407. 408. 409. 410. 411. 412. 413. 414. 415. 416. 417. 418. 419. 420. 421. 422. 423. 424. 425. 426. 427. 428. 429. 430. 431. 432. 433. 434. 435. 436. 437. 438. 439. 440. 441. 442. 443. 444. 445. 446. 447. 448. 449. 450. 451. 452. 453. 454. 455. 456. 457. 458. 459. 460. 461. 462. 463. 464. 465. 466. 467. 468. 469. 470. 471. 472. 473. 474. 475. 476. 477. 478. 479. 480. 481. 482. 483. 484. 485. 486. 487. 488. 489. 490. 491. 492. 493. 494. 495. 496. 497. 498. 499. 500. 501. 502. 503. 504. 505. 506. 507. 508. 509. 510. 511. 512. 513. 514. 515. 516. 517. 518. 519. 520. 521. 522. 523. 524. 525. 526. 527. 528. 529. 530. 531. 532. 533. 534. 535. 536. 537. 538. 539. 540. 541. 542. 543. 544. 545. 546. 547. 548. 549. 550. 551. 552. 553. 554. 555. 556. 557. 558. 559. 560. 561. 562. 563. 564. 565. 566. 567. 568. 569. 570. 571. 572. 573. 574. 575. 576. 577. 578. 579. 580. 581. 582. 583. 584. 585. 586. 587. 588. 589. 590. 591. 592. 593. 594. 595. 596. 597. 598. 599. 600. 601. 602. 603. 604. 605. 606. 607. 608. 609. 610. 611. 612. 613. 614. 615. 616. 617. 618. 619. 620. 621. 622. 623. 624. 625. 626. 627. 628. 629. 630. 631. 632. 633. 634. 635. 636. 637. 638. 639. 640. 641. 642. 643. 644. 645. 646. 647. 648. 649. 650. 651. 652. 653. 654. 655. 656. 657. 658. 659. 660. 661. 662. 663. 664. 665. 666. 667. 668. 669. 670. 671. 672. 673. 674. 675. 676. 677. 678. 679. 680. 681. 682. 683. 684. 685. 686. 687. 688. 689. 690. 691. 692. 693. 694. 695. 696. 697. 698. 699. 700. 701. 702. 703. 704. 705. 706. 707. 708. 709. 710. 711. 712. 713. 714. 715. 716. 717. 718. 719. 720. 721. 722. 723. 724. 725. 726. 727. 728. 729. 730. 731. 732. 733. 734. 735. 736. 737. 738. 739. 740. 741. 742. 743. 744. 745. 746. 747. 748. 749. 750. 751. 752. 753. 754. 755. 756. 757. 758. 759. 760. 761. 762. 763. 764. 765. 766. 767. 768. 769. 770. 771. 772. 773. 774. 775. 776. 777. 778. 779. 780. 781. 782. 783. 784. 785. 786. 787. 788. 789. 790. 791. 792. 793. 794. 795. 796. 797. 798. 799. 800. 801. 802. 803. 804. 805. 806. 807. 808. 809. 810. 811. 812. 813. 814. 815. 816. 817. 818. 819. 820. 821. 822. 823. 824. 825. 826. 827. 828. 829. 830. 831. 832. 833. 834. 835. 836. 837. 838. 839. 840. 841. 842. 843. 844. 845. 846. 847. 848. 849. 850. 851. 852. 853. 854. 855. 856. 857. 858. 859. 860. 861. 862. 863. 864. 865. 866. 867. 868. 869. 870. 871. 872. 873. 874. 875. 876. 877. 878. 879. 880. 881. 882. 883. 884. 885. 886. 887. 888. 889. 890. 891. 892. 893. 894. 895. 896. 897. 898. 899. 900.
GODEFROY. Nom propre d'homme. Il vient comme le précédent, de la Langue Teutonique, savoir de *god*, qui signifie bon, & de *fried*, qui signifie paix, tranquillité, protecteur, défenseur. Aussi *Godefroy*, le dit il en Latin *Godefridus*, ou *Gothfridus*. Nous avons altéré *fried*, & l'avons changé en *froy*. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *Fried*. Et pour ce qui est de *god*, qui fait la première partie de ce nom, voyez *Godard*. Suivant cette étymologie, on peut interpréter *Godefroy* par bon protecteur. Mais il faut remarquer, que *god* ou *goth*, ou *goth*, ou *cor*, selon les différents Dialectes de la Langue Tudeique ou Teutonique, signifie aussi *Dieu*, & cette dénomination est prise visiblement de la signification de *bon*, conformément à ce que J. C. dit dans S. Luc, xviii. 19. Il n'y a de bon que *Dieu* *feut*. Dieu en Persan, se dit *choda*, mot qui ressemble tout à fait au nom Germanique. Voyez Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *goth*. Suivant cette seconde dérivation, on pourra expliquer *Godefroy* par *Dio pax*, ou *Dio tutela*. De *Godefroy* on a fait *Godefroy*, qui est la même chose. *Godefroy* vient aussi de la par abrogé.
GODELUREAU. Molière s'est servi de ce mot dans la Comédie de l'Ecole des Femmes. *Qui du Godelureau rompe tous les efforts*. C'est à la Scène 1. de l'acte quatrième. De *godellus*, nous avons fait *godeau*, qui est un nom de famille. Et de *godellus*, on a fait *godelurus*: & de *godellorus*, *godellurellus*, dont *godelureau*. Et *godellus* a été fait de *gode*. *Gode* est un nom de famille. Et de *gode* on a fait *gode godonis*: dont nous avons fait *Godeon*, autre nom de famille. De *gode*, on a fait aussi *godinus*, dont *Godein*, autre nom de famille. Au lieu de *godinus*, on a dit *godeon*, dont *Godein*, autre nom de famille. On a dit aussi *godeon*, dont *Godein*, autre nom de famille. Je crois que tous ces mots ont été faits du verbe *godeon*. M.
GODENOT. C'est un diminutif de *gode*. *Gode* dus, godinus, godenus, godenettus. On appelle ainsi cette petite marionnette dont se servent les Charlatans pour amuser le peuple. M.
GODERON. En Langue de Galle, godren signifie des franges. Huet. GODERONNER des manchettes : des fraises. M.
GODET. Vase. De guttettus, diminutif de guttus; qui est un ancien mot. Les Gloses anciennes : Guttus, wizet : guttum, 2000. 1. 1. 2. 3. 4. Voici l'endroit de Juvénal, qui est de la Sat. 3. — Domus interea secura patellas Jani lavat, & bucca-soculum excitat, & somat unfitis Strigilibus, & pleno componis lintea guttu. Au lieu de strigilibus, lisez strigilibus. M.
GODIVEAU. Pâté de godiveau. Godiveau est une espèce d'andouillettes. Rabelais, 3. 18. Mangeans ensemble un boisseau de godiveaux. Et 4. 41. Frère Jehan se tenoit que dedans sa truye, tout voyant & considérant; quand les Guodiveaux, qui estoient en embuscade, sortirent tous en grand effroy fuz Pantagruel. Et ensuite : En tels cris & esmente choquèrent les Guodiveaux, & à travers les Sauvissons. Et ainsi, les pâtes de godiveaux, ont été ainsi nommés des petites andouillettes qui sont dedans. M.
GODON. Nom propre, qui se donne également à un petit garçon, & à une petite fille. C'est un abrogé de Claude, comme qui diroit, petit Claude, ou petite Claude. Au lieu de Godon, on dit en quelques endroits Dodon, & même Dade.
GODRON. Sorte de poix. Par corruption, pour goudran, fait de l'Espagnol alquitran, fait de l'Arabe kitran. M. Bochart, liv. 1. des Colonies des Phœniciens, ch. 55. pag. 661. Pix Talmudicis vity itar, vity itra, & vity itran. Arabes 2 & p de more permutatis, pro vity itran, scribum vity kitran; & Hispani alquitran; & nos vernacule goudran, &c. Goudran est encore en usage. On dit : pour ôter cette tache de goudran, il faut du beurre frais. M. Voyez ci-dessous GOUDRAN.
GODRON. De Cedrium. C'est la gomme de l'arbre picea, comme on l'apprend de Pline. Cedria, est la gomme du cèdre. C'est de-là qu'est venu le kitran des Arabes. Huet.
GOFFE. Lourdaut. De gufa, ou cufa : qui est une espèce d'habillement de grotte étoffe. M. de Saumale sur l'Histoire Auguste, pag. 391. Guafam autem pro cufa scribit Isidorus in Glossis : BIGERA, voftis gufa, vel villata. Ubi gufam appellat, qua optimo Glossario cufa; pallum nempe & vestimentum spiffum & villosum. Inde nos gufum, & gofum, appellamus quidquid soloci fila & pingui Minerva fallum est. Je ne trouve point ce passage d'Isidore dans ses Gloses : auxquelles il est aussi attribué par Voffius, dans son de Vitiis Sermanis, 2. 8. & par M. du Cange, dans son Glossaire, au mot bigera : Voyez Voffius & M. du Cange. M.
GOFFRE. Voyez GAUFFRE. M.
GOGO. Nom enfantin que l'on donne aux petites filles qui s'appellent Marguerite. C'est un
GOG. GOH. GOI. 683 diminutif de Margot, autre diminutif de Marguerite.
GOGO. Comme lorsqu'on dit, vivre à gogo, avoir de l'argent à gogo, il vient peut-être de gaudium, d'où on a dit godin, ou gaudier.
GOGUE. Farce composée de fang & de plusieurs herbes potagères fortes, de lard haché, de fromage, & d'épice. En Latin, assitatum, dit Scaliger dans son premier Scaligerana, pag. 15. à nomme antique assit, sanguinem significante. & napien, est expliqué dans Erotien par Adhiz Thapa wizet & disart & expatr. M.
GOGUE. Plaifanterie; ou, comme on disoit autrefois, joyeuleté. On peut le dériver tout naturellement du Bas-Breton gog, s'il est vrai, comme dit M. le Duchat, que ce dernier mot signifie fatire. Goguette est le diminutif de gogue. Voyez goguettes. Peut-être aussi que gogue vient de gaudium, par le changement de p en g; comme dans l'italien giorno, fait de diurnum; dans oggi, fait de hodie; dans moggio, fait de modini; dans raggio fait de radius, &c.
GOGUELU. Nicot : GOGUELU, est un mot de mépris & moquerie, dont le François brocarde un petit compagnon qui se porte en superbe : comme quand il dit d'un glorieux qui se pavane, & se vente, par contenance hautaine, faire valoir, c'est un goguelu : & par plus grand desdain encore, goguelureau, diminutif de goguelu. De cucullutus. Cucullus, cucullutus, GOGUELU. Comme qui diroit, gravis in cucullo. M.
GOGUELUREAU. Voyez goguelu. M.
GOGUENARD. Du Flamand geoghelaart, farceur. Huet.
GOGUENARD. Voyez GOGUETTES.
GOGUETTES. Voyez gogue. M.
GOGUETTES. Chantez goguettes à quelqu'un. Du Bas-Breton gog, qui signifie fatire : d'où vient aussi goguenard, comme qui diroit, un satirique. La Duchat.
GOHOURDE. De cucurbita. Voyez goubourde ci-dessous. M.
GOINFRE. L'origine de ce mot m'est tout-à-fait inconnue. Surfin, Médecin d'Angers, dans sa Grammaire Greque, le dérive de coq; qui est une étymologie ridicule. M.
GOIRAN. Oiseau : dit autrement bondrée. Voyez Belon. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. Ce mot, selon l'analogie, pourroit être formé de geranus, fait de vityit; mais vityit est un autre oiseau. C'est une grue. Ne viendroit-il point de gutturanus, à cause de la grotteur du cou de cet oiseau. M.