GOITRE. De gutteria ou gutturnia. C'est une éniure du gozier causée par une maligne qualité des eaux, à laquelle sont sujets ceux qui habitent certaines vallées des Alpes & des Pyrénées. Cette maladie n'a su trouver un nom propre & particulier dans la vraie Langue Latine; à moins qu'on ne l'y veuille entendre sous celui de Struma, ou Scrofula, qui signifient proprement les écrouelles. Cependant Ulpien, dans la Loi 12. 8. 2. au Digeste de Additio Edifice, se sert de gutturosus pour signifier un homme qui est attaqué de ce mal. Mais comme gutturosus a été formé de guttur, la der- R r r i j niere Latinité en a fait aussi *gutteria* & *gutturria*. Baldricus, dans la Chronique de Cambrai, liv. 1 ch. 16. Si *famima*, *vitio*, *quad vulgo dicimus* Gut- turium, *semper non carrer*. La Vie de S. Viſmar, écrite par Rathier, Evêque de Vérone, qui se trouve dans Surius, au 18. d'Avril: *Orta est inejus collo java nimis infirmitas*; *qua* Gutteria *dicitur ser- mine Gallico*. Les Gloiés d'Ílidere: *Gutturria*, *gu- turis inflatio*. De-la en fit *gutturrosus*. Hincmar, en la Vie de S. Remy: *Omnes qui hoc egerunt*, & *qui de eorum germine nati fuerint viri*, *ponderos fiant*, & *famine gutturrosa sint*. Caſeneuve.
GOITRE. GOITRE. GOITREUX. De *guttur*, on a dit *gutturosus*, *gutturia*, & *gut- teria*. De *gutturosus*, nous avons fait *goitreux*: & *goitrie*, de *gutteria*, ou *gutturia*. Au lieu de *guttu- ria*, on a dit *gutturia*. Les Gloiés d'Ílidere: GUT- TURNIA, *gutturis inflatio*. *Gutturosus* se trouve dans la Loi 12. au Digeſte de *Edilitis edilo*; qui est d'Uplon. Si *quis natura gutturosus* se, *aut oculos eminentes habeat*, *fanus videtur*. Et dans le Scho- liafte de Juvénal, sur ces mots de la Satire 13. QUIS TUMIDUM GUTTUR MIRETUR IN ALPIBUS! *Quis potest*, *inquit*, *faſta ſcelera ſuis in locis*, *ubi omnes tales ſunt*, *mirari* tanquam ſi in *Alpibus gutturoſoi homines admireris*: *ubi tales ſunt plurimi ſcilicet*: *nam lata* & *inſtata colla habent*. M.
GOLFARINS. C'est la même chose que *golfarins*, que le Dictionnaire François Italien, d'Ant. Oudin, interprète par *mangione*, *gourmans*. Le Traducteur de Platine de *Obſonitis*, dans le pe- multisme chapitre du liv. 8. qui est le dernier dans l'original, fol. 81. 2. édit. de 1505. *Golfarins*, *gou- lus* & *vora es*. Je crois que ce mot vient de l'Ita- lien *golare*, *engoufret*. Le Duchat.
GOLFE. De l'Italien *golfe*, fait de *zōnō*. Voyez *golfie*. M.
GOLGOTHA. C'est le nom Chaldéen ou Syriaque, que portoit du tems de N. S. la colline que nous appellons *Calvaire*, & qui étoit hors des murs de Jerufalem. Ce mot *Golgotha*, de même que *Calvaire*, signifie *cran*: c'est une corruption de l'Ebreu 1922 *gulgoleth*, qui signifie la même chose, & qui est formé du verbe *ſſa galal*, rou- ler. Le crâne a été ainsi appellé en Ebreu, parce que c'est une chose ronde. Lorsqu'il est dit dans S. Jean xix. 17. que le Calvaire se nomme en Ebreu *Golgotha*, il faut entendre par cet Ebreu, le langage que parloient les Ebreux de ce tems-là, c'est-à-dire, le Chaldéen ou Syriaque, lequel ne différoit pas beaucoup du véritable Ebreu. Il y a apparence que la colline du Calvaire fut nommée de la forte parce qu'elle avait la forme du crâne humain Voyez *Calvaire*.
GOLIARD. Vieux mot, qui signifie *bouſſon*. Il y a des Canons contre les Clercs *Goliards*: & la gloſe reconnoit que ce mot est François, & qu'il nous appartient. M. du Cange dérive de la l'Ita- lien *gagliardo*, & notre François *gaillard*. Voyez *Gaillard*.
GOLILLE. Collet que les Eſpagnols por- tent au haut du pourpoint, ou du juſte-au-corps, & qui entoure le cou. Ce mot vient de l'Eſpagnol *golilla*, qui signifie la même chose: & *golilla* est fait de *gola*, qui en Caſtillan signifie la gorge, & qui vient du Latin *gola*. La *golle* est ce qui en- velope la gorge ou le cou.
GOMBETTE. On a ainsi appellé la Loi des Bourguignons. De *Gombata*: par corruption, pour *Gundebada*. De *Gondebaut*, Roi & Légillateur des Bourguignons. Hincmar, Archevêque de Reims, au livre où il parle pour Lothaire, dans l'affaire de Tietberge: *Tamen fi Chriſtiani ſunt*, *ſeiant fe*, *nec Romans in die Judicii*, *nec Salicis*, *nec Gundeba- dis*, *ſed Divinis* & *Apoſſolicis Legibus ſudicandos*. Et de-la vient que les Bourguignons ſont appellés *Gunhodingi* dans le Concile de Francfort, Canon 45. & *Gundebodingi*, dans le Capitulaire d'Aix, chap. 63. *Gombata*, pour *Gundebada*, se trouve dans une Inſcription Eccléiaſtique de Charlema- gne: *Ex Capitulis*, & *Lege Salica*, *Romana*, & *Gombata*. Sur lequel lieu, voyez le P. Simond, dans ſes Notes sur les Conciles de France, tome 2. pag. 248. M.
GOMEAU. Mot uſité dans le Beauvoſiſs, pour ſignifier un *pot-a-cau*. De *cucumellum*. Voyez *coquemar*. M.
GOMEINES. Groſſes cordes de navires. Les Eſpagnols diſent *gumena* en la même ſignifica- tion; & les Italiens, *gumena*, *gumina*, & *gomona*; & les Arabes, *algiommel*. Tous ces mots viennent de *camelus*, dans la ſignification de *chable*. Voyez *chable*. Je me ſuis trompé dans mes Origines de la Langue Italienne, en détivant *gomona* de *gumina*. M.
GOMMIERS. C'est une eſpèce de chaouſſures des payſans des Pyrénées. Et ce ſont des peaux liées aux pies avec des cordes. M. GOND de porte. De *gomphius*: qui se trouve en cette ſignification dans la Préface du livre de Hebernus, des Miracles de S. Martin: *Oſium fu- ſile*, *quod gomphiis*, & *virrevellis*, & *quator cla- vibus ſirmabatur*. ¶ *Gomphius*, *gomphidus*, *gom- dius*, *gomdus*, GOND. ¶ Le Latin *gomphius* vient du Grec 540, qui signifie *cuneus*, *clavus*: d'où les dents molaires ont été appellées 1000 *quod clav- orum modo genis inſgantur*. ¶ Les Languedociens appellent un gond, *gaſou*. M.
GONDEBAUD. Nom propre d'un Roi de Bourgogne. En Latin *Gundibalidus*, ou *Gundebal- dus*. Il vient de *gund*, qui signifie *bellum*, & de *bald*, qui signifie *audax*, *fortis*, *intrepidus*. Wach- ter, dans ſon *Gloſſar*. German. pag. 614. GUND, *bellum*, *pralium*. Fox *Francica* & *Vandalica*, *ſed paulum deſtellens ab Anglo-Saxonica* guth *equidem ſignificatus*... *Celtas* *codem ſenſis dicere cat*, *ſu- pra demonſtravi in loco*. A *Celtico* cat *igitur eſt Saxonicum* guth; a guth, *Francicum* gund *per epen- theſin*; a gund, *Iſlandicum* gunn *per apocopen*. Nam hoc *viſtum paſſa eſt vox Francica apud ſepremtriona- les*. *Verelius in Indice*: gunn *pralium*. *Interſt rei mymoſogica has mutationes moſe*, *quia*, *his niſi probo- cognitis* & *perſpelitis*, de *nominibus propriis ſudicium ferri nequit*. De *nominibus* a cat *oriundis vidimus ſupra in voce*. Reſtat *ut ea qua* a guth & gund *oriun- tur*, *perpendamus*. *Huſſmodi ſunt*: GUNTHARIS, Guntharis, Gunther, *pugnax bellicoſus*. *Godigi- ſeli Vandalarum Regis filius, apud Procopium*. GUN- DERICUS, *bellipotens*. *Rex Vandalarum in Hiſpania*, *apud Iſidorum in Chronico*. GUNDEMUNDUS, *vir bellicoſus*. *Rex Vandalarum in Africa*, *Giſſerici ma-* qui nepot, apud Procopium. A mund vir. GUN-TRAMNUS, bello validus. V. ram. Real Francorum, apud P. Diac. GUNDBALDUS, bello Sprox. Recurris in bald audax. Grotius, quoties gund effendis in nominibus propriis, benevolum aut benevolentiam interpretatur. Quod minime secisset, si verum vocis significatum, qui nunc primum in lucem prodit, cognitum habuisset. A Saxonico guth est GUTHRERTUE, bello clarus. Quo nomine clarust quidam Sanctus. Pour ce qui est du mot bald, qui forme la seconde partie du nom Gondebaud, voyez Baudouin.
GONDEMAR. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, de même que le précédent, savoir de gund, bellum : voyez Gondebaud : & de mare, ou maru, qui signifie illustre, célèbre, & qui entre dans la composition de plusieurs noms propres d'hommes. C'est la même chose que l'Alleman mare. Voyez Wachter, dans son Glosser. German. à ce mot.
GONDOLE. Vaisseau pour boire. Le Président Fauchet, ch. 1. de son Traité de l'Origine des Chevaliers : Nous appellons gondole un certain vaisseau à boire, de la ressemblance qu'il a avec les petits bateaux passagers, dont on se sert à Venise pour passer les canaux. Les Latins ont appelé de même cymbium, un vaisseau à boire : de cymba, espèce de navire. Pompeius Festus : CYMBIUM. Poculi genus : à similitudine navis, qua dicitur cymba. Macrobe, liv. v. de ses Sarcunales, chapitre dernier : CYMBIA autem hac, ut ipsius nominis figura indicat, diminutive à cymba della : quod & apud Graco, & apud nos, ab illis trahentes, navigii genus est. Il ajoute : ce qui fait extrêmement à notre propos : Ac sane animadverti ego, apud Graco multa pocularum genera a re navati cognominata : ut carchefia supra docui : ut hac cymbia : pocula procera, ac navibus similia. On peut ajouter exequat à ces exemples. Le mot François gondole, selon le Président Fauchet, a donc été fait de l'Italien gondola, en la signification de petit vaisseau de mer. Mais il peut aussi avoir été fait de gondolus, diminutif de gondus : lequel mot gondus se trouve dans les Gloses anciennes interprété scyphus, & patera : & qui vrai-femblement a été dérivé de ciss., qui dans Helfychius, est interprété auvique Basilegens : & ciss., que j'explique d'un vaisseau de mer. Ce mot de ciss. se trouve en cette première signification dans les Septante, au chapitre XLIV. de la Genèse, verset 1. & au chap. LI d'Elane, verset 17. M. Ferrari dérive gondola de contus : quod navicula hujusmodi contis, non remis, agantur. Covarruvias dit la même chose. M. Guyet dérivoit gondola, de ciss. ciss., cumba, cumbula, combola, GONDOLA. Je ne trouve point que les Italiens, ni les Espagnols, se soient servis de gondola en la signification de vaisseau à boire. M.
GONDOLE. Le Scholiaste de Juvénal, sur la cinquième Satyre : Gondola, genus navis quo Afri bruntur. Huet.
GONFANON. C'est une Enseigne & un Drapeau de guerre. En armoiries, il est représenté avec trois queues pendantes. Et je le trouve distingué des autres Enseignes. Le Roman de Guillaume au court nez, décrivant une Armée de Sarazins : El premier chef à quarrevingt; Enseignes; Et dix Dragons; & Gonfanons cinquante. L'ancienne Chronique de Flandre, chap. 67. Et secuit en sa main une lance a quoy l'oriflame estoit attachée d'un vermeil samit, à guise de gonfanon à trois queues. Aussi Froissart, vol. 2. chap. 123. dit que l'oriflame étoit faite en manière de gonfanon. L'origine de ce mot est de difficile recherche. Ces Pannons ou Drapeaux, que nous appellons Pannonceaux Royaux, & que le Droit Romain appelle vela Regia, dont on se sert pour marque de Cisse ou fauvegarde du Roi, étoient appellés, en Langage du Nott, wiffa. La Loi des Bajuvariens, tit. 9. ch. 12. Qui autem signum quod propter defensionem pontur, aut injustum iter exsciundendum, vel pascendum, vel campam defendendum, vel amplificandum, secundum morem antipsum : quod signum Wiffam vocamus; abfulerit, vel injusti recederit, cum uno solido componat. La Loi des Lombards, liv. 3. tit. 3. §. 6. parlant de ceux qui ont refusé par trois fois de payer la dime, se sert du verbe wiffare, pour ce que nous appellons saifer : Si verum contemptores existant, tunc per publicam authoritatem domus vel casa eorum wiffentur, quousque pro ipsa Decima, sicut supra dictum est, satisfaient. En la même Loi des Lombards, liv. 1. tit. 27. §. 8. il y a guiffare : Si quis sua authoritate terram alienam sine publico iussu guiffaverit, dicendo quod sua debeat esse, &c. C'est parce que les Langues du Nord prononcent les lettres G & V de la même façon. Lindenbrog, dans son Glossaire sur les Loix Barbares, rapporte une Glosé ancienne, laquelle expliquant ce titre du Code, Ut nemo privatus titulos praditis suis vel alienis imponat, vel vela Regia suspendat, fait cette remarque : quod vulgo Longobardico more guiphare dicitur, apud nos saistre. Puis donc que wiffare, ou guiffare, signifioit suspendre ou attacher les Pannonceaux Royaux, c'est-à-dire, de petits Drapeaux ou Guidons aux armes du Roi ; il est aise de juger qu'on fit de la gonfanon : si ce n'est qu'on veuille dire qu'il est formé de guifa, & de janon, qui signifie aussi un petit Drapeau. Caesneuve.
GONFANONIER. La Coutume de Boulenois, art. 7. dit Gonfanier. Quelques-uns l'écrivent Gonfanonier ; à l'imitation des Italiens, qui disent Gonfanoniere. C'est celui qui porte l'Enseigne & le Gonfanon. Les Capitulaires de Charles le Chauve, parlant des Abbés & Abbeffes, qui envoyerent à la guerre leurs hommes, c'est-à-dire, leurs Vassaux, titre 32. chapitre 13. Qualiter unaquisque Episcopus, vel Abbas, vel Abbatis, cum omni plenitudine & necessario hostili apparatu, & ad tempus, suas homines illuc transmisferint, cum Guntanomario. Car comme les Prélats avoient des Vassaux qu'ils étoient obligés d'envoyer à la guerre pour le service du Prince : il y avoit un de ces Vassaux, au Fief duquel étoit attaché le devoit de porter la Banniere ou le Gonfanon de l'Evêque ou de l'Abbé duquel il relovoit : comme le Comte de Vexin, qui étoit obligé de porter à la guerre l'Oriflame, qui étoit la Banniere de l'Abbé de S. Denis, de laquelle son Comte relovoit. Mais enfin Gonfanonier a été pris pour la première dignité d'un Royaume. Le Roman de Guillaume au court nez introduit un Roi des Sarazins, parlant de cette sorte : Qui me prendra Guillaume le guerrier, De mon Reaume sera Gonfanonier. Et l'Histoire du Connétable du Guesclin, dit que le Connétable de Fiennes, rendant l'épée au Roi Charles, l'affura qu'il n'y avoit point d'homme qui la méritait mieux que Bertran du Guesclin : & que le Roi lui témoigna, que s'il avoit tout le monde en la Seigneurie, & qu'il voulût avoir un bon Gonfanonier pour garder sa terre, il n'en élitoit point d'autre. *Cafeneuve*.
GONFANONIER, ou GONFALONIER. De *Gonfaponarius*: mot qui se trouve dans les Capitulaires de Charles le Chauve. GONFALONIER, c'est un étendard. GONFALONIER, c'est celui qui porte l'étendard. *Gonfalon*, a été dit pour *confanan*, mot composé de la partie *con*, & du *fufantif fano*, *fanonis*, fait de l'Alleman *fane*, qui signifie *vexillum*. Voyez le P. *Sirmond*, sur les Capitulaires de Charles le Chauve; *Voffius de Vittiis Sermonis*; M. du Cange, dans son *Glosfaire*; & mes Origines Italiennes au mot *gonfalone*. M.
GONFANONIER. Il n'est point vrai, selon Wachter, que *gonfanon* ait été dit pour *confanon*, & que *con* soit la particule *con*. *Gonfanon* vient de *gundfane*, mot purement Teutonique, composé de *gund*, qui signifie guerre, combat; & de *fane*, qui signifie étendard. Ainsi *gonfanon* veut dire, étendard de guerre. Au sujet de *gund*, voyez ci-devant *Gondebaud*. *Sommerus*, dans son Dictionnaire Anglo-Saxon, explique *guth-fana* par *labarum*; c'est-à-dire, *vexillum militare*. *Guth* est la même chose que *gund*. Voyez *Gondebaud*. *Verelius*, dans son Index, explique aussi *gundfana* par *vexillum militum*. L'Italien *gonfannone*, a la même origine que le François *gonfanon*. Pour ce qui est de *fane*, il est certain qu'il signifie étendard. Voyez ci-devant *Fanon*. Mais dans sa signification primitive, c'est un drap de laine, un linge: ensuite une bande, une envelope, une serviette, un mouchoir; & enfin un étendard, à cause de la ressemblance d'un étendard avec toutes ces choses. Wachter, dans son *Glosfai-German*, pag. 411, dérive *fane* du Latin *pannus*; & le Latin *pannus* du Grec. 2-3, qui signifie *rela*, *textura*. Le même Auteur parle aussi à la page 411. FANE, *vexillum*, *Anglo-Saxonibus fana*, fœna; *Francis* & *Latino-Barbaris fano*. *Quibus convenit vox Cambrica* penwn. *Plerique fane deducunt à band fascia*, quod *ejufmodi fascia perficis alligata prficis erant pro vexillis*, sed *revera notionibus* & *dialectis differunt*. Nam band *Gorbica lingua est signum*, & *Langobardica signum militare*, ut *demonstravi in voce*; fane, *Francica*, *lintelum ex hastili dependens*, *fensu à mappulis*, *ab labara* & *vexilla ob manifestam similitudinem traefiato*. *Pracipuum* & *antiquissimum compositum*, *quod mire exercuit ingenia eruditorum est gundfane*, *quod explicavi in loco*. Voyez l'Auteur à ce mot.* GONFLE: pour *enflé*, *bouff*. De l'Italien *gonfanto*, fait du Latin *confiatus*. M. GONIN: comme quand on dit, c'est un *maître gonin*. Bodin, dans sa Démonomanie, & dans son Discours contre Wier, dérive ce mot *maître gonin*, de l'Ebreu *megonim*, qu'il dit signifier *maître sorcier*: qui est, ajoute-t-il, ce que signifie parmi nous le mot de *maître gonin*. Cette étymologie n'est pas recevable. M.
GONIN. Je crois que *gonin* est un diminutif de *cuniculus*, dans la signification d'un *conil*, animal qui se cache dans les trous qu'il fait sous terre. *Cuniculus*, *cuniculinus*, *cuniculus*, *cuniculus*, *GONIN*. On traite de *maître conin*, un homme qui a mille faux-fuyans & mille cachettes pour s'empêcher d'être découvert dans ses ruses. Rien de plus fréquent dans notre langue que le changement du Cen G. *Le Duchat*.
GONNE. GONNELLE. Sorte de vêtement. De *gumna*, & de *gonnella*. Voyez *grifegonnelle* ci-dessons. M.
GONNELLE. Diminutif de *gonne*. De *gonne*, qui signifie *le genouil*. Car c'est une espèce d'habit qui couvre les genoux, comme une cote ou jupe de femme, dont les pans descendeut jusqu'aux genoux. De la vient le foudriquet de *Grifegonnelle*, qui fut donné à Geoffroy, Comte d'Anjou. Henri Spelman, dans son Archéologue, sur le mot *guna*: *A Graco guna*, *pro guna*, *id est genua*, *non malé dicatur*; *quasi vestis qua genua tegit*: *ut humerale, qua humerus*; *podera, qua podes*. Selon le *Glosfaire* de Cabaslas, cité par le Jésuite Gretier, sur le chap. 1. de Codin, *gundfane* signifie un vêtement qui pend sur les genoux. *Gundfane*, ou *gundfane*, étoit aussi un habit dont les Evêques Grecs se servoient au Sacrifice de la Meffe; lequel s'attachoit aux flancs, & leur descendoit sur les genoux; & duquel, comme remarque Balfamon, ils se servoient, en mémoire du linge que Jésus-Christ portoit lorsqu'il lava les pieds à ses Disciples. Cluverius, dans son Ancienne Germanie, tient que *gonne* & *gonnelle* sont formés de *gaunaca*, ou *caunaca*, qui signifient des *tapis*, ou des *couverures velues*. Car les Gloses d'Isidore expliquent *gaunaca* par *gaunfapa*, qui est une étoffe velue. *Cafeneuve*.
GONTRAN. Nom d'un Roi des François. Il vient de *gund*, *bellum*, & de *ram*, *validus*; & il signifie, par conséquent, *bello validus*. Voyez *Gondebaud*, & *Bertrand*.*
GORET. Petit pourceau. Du Latin-barbare inuisté *correctus*, diminutif de *corus*, fait de *gou*. *Corus*, *cora*, GORRE. *Corus*, *coru*, *coronis*, GORON. *Corus*, *cori*, *corinus*, GORIN. Et si l'on en croit Pontus de Thyard, Evêque de Châlons-sur-Saone, c'est un mot pur Grec. Voici ses termes, qui sont de la p. 19. de son Livre de *Rella Nominum Impositione*: *Quid? attendat quis verendas, subulcas, & porcarias, furs, dum à pastione redeunt, in hara vestibula, ad potinem vacantes; illud 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 107, 108, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 129, 130, 131, 132, 133, 134, 135, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 164, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 172, 173, 174, 175, 176, 177, 178, 179, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 237, 238, 239, 240, 241, 242, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 258, 259, 260, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 267, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 275, 276, 277, 278, 279, 280, 281, 282, 283, 284, 285, 286, 287, 288, 289, 290, 291, 292, 293, 294, 295, 296, 297, 298, 299, 300, 301, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 321, 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 330, 331, 332, 333, 334, 335, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 344, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 355, 356, 357, 358, 359, 360, 361, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370, 371, 372, 373, 374, 375, 376, 377, 378, 379, 380, 381, 382, 383, 384, 385, 386, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 393, 394, 395, 396, 397, 398, 399, 400, 401, 402, 403, 404, 405, 406, 407, 408, 409, 410, 411, 412, 413, 414, 415, 416, 417, 418, 419, 420, 421, 422, 423, 424, 425, 426, 427, 428, 429, 430, 431, 432, 433, 434, 435, 436, 437, 438, 439, 440, 441, 442, 443, 444, 445, 446, 447, 448, 449, 450, 451, 452, 453, 454, 455, 456, 457, 458, 459, 460, 461, 462, 463, 464, 465, 466, 467, 468, 469, 470, 471, 472, 473, 474, 475, 476, 477, 478, 479, 480, 481, 482, 483, 484, 485, 486, 487, 488, 489, 490, 491, 492, 493, 494, 495, 496, 497, 498, 499, 500, 501, 502, 503, 504, 505, 506, 507, 508, 509, 510, 511, 512, 513, 514, 515, 516, 517, 518, 519, 520, 521, 522, 523, 524, 525, 526, 527, 528, 529, 530, 531, 532, 533, 534, 535, 536, 537, 538, 539, 540, 541, 542, 543, 544, 545, 546, 547, 548, 549, 550, 551, 552, 553, 554, 555, 556, 557, 558, 559, 560, 561, 562, 563, 564, 565, 566, 567, 568, 569, 570, 571, 572, 573, 574, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 582, 583, 584, 585, 586, 587, 588, 589, 590, 591, 592, 593, 594, 595, 596, 597, 598, 599, 600, 601, 602, 603, 604, 605, 606, 607, 608, 609, 610, 611, 612, 613, 614, 615, 616, 617, 618, 619, 620, 621, 622, 623, 624, 625, 626, 627, 628, 629, 630, 631, 632, 633, 634, 635, 636, 637, 638, 639, 640, 641, 642, 643, 644, 645, 646, 647, 648, 649, 650, 651, 652, 653, 654, 655, 656, 657, 658, 659, 660, 661, 662, 663, 664, 665, 666, 667, 668, 669, 670, 671, 672, 673, 674, 675, 676, 677, 678, 679, 680, 681, 682, 683, 684, 685, 686, 687, 688, 689, 690, 691, 692, 693, 694, 695, 696, 697, 698, 699, 700, 701, 702, 703, 704, 705, 706, 707, 708, 709, 710, 711, 712, 713, 714, 715, 716, 717, 718, 719, 720, 721, 722, 723, 724, 725, 726, 727, 728, 729, 730, 731, 732, 733, 734, 735, 736, 737, 738, 739, 740, 741, 742, 743, 744, 745, 746, 747, 748, 749, 750, 751, 752, 753, 754, 755, 756, 757, 758, 759, 760, 761, 762, 763, 764, 765, 766, 767, 768, 769, 770, 771, 772, 773, 774, 775, 776, 777, 778, 779, 780, 781, 782, 783, 784, 785, 786, 787, 788, 789, 790, 791, 792, 793, 794, 795, 796, 797, 798, 799, 800, 801, 802, 803, 804, 805, 806, 807, 808, 809, 810, 811, 812, 813, 814, 815, 816, 817, 818, 819, 820, 821, 822, 823, 824, 825, 826, 827, 828, 829, 830, 831, 832, 833, 834, 835, 836, 837, 838, 839, 840, 841, 842, 843, 844, 845, 846, 847, 848, 849, 850, 851, 852, 853, 854, 855, 856, 857, 858, 859, 860, 861, 862, 863, 864, 865, 866, 867, 868, 869, 870, 871, 872, 873, 874, 875, 876, 877, 878, 879, 880, 881, 882, 883, 884, 885, 886, 887, 888, 889, 890, 891, 892, 893, 894, 895, 896, 897, 898, 899, 900, 901, 902, 903, 904, 905, 906, 907, 908, 909, 910, 911, 912, 913, 914, 915, 916, 917, 918, 919, 920, 921, 922, 923, 924, 925, 926, 927, 928, 929, 930, 931, 932, 933, 934, 935, 936, 937, 938, 939, 940, 941, 942, 943, 944, 945, 946, 947, 948, 949, 950, 951, 952, 953, 954, 955, 956, 957, 958, 959, 960, 961, 962, 963, 964, 965, 966, 967, 968, 969, 970, 971, 972, 973, 974, 975, 976, 977, 978, 979, 980, 981, 982, 983, 984, 985, 986, 987, 988, 989, 990, 991, 992, 993, 994, 995, 996, 997, 998, 999, 1000. Nos vieux François ont appellé *rime goret*, une rime non riche. Charles Fontaine, dans son Art Poétique, liv. 1. au ch. 7. qui est de la Rime: *En ces cinq espèces de rymes, je te pense avoir montré la meilleure part de ce qu'il s'en peut dire: car ce que les rofveurs du temps passent appelle la rymie goret, & j'appelle rymie de village, ne mérite d'être nombre entre les espèces de rymes, non plus qu'elle est usurpée entre gens d'esprit*. Pierre Fabri, Curé de Méray, natif de Rouen, dans son Traité de la Vraye Rhétorique, livre 2. fol. 14. Une autre fort basse rithme, que l'on appelle rithme de goret, ou de boutechouque; qui garde mesure en sylabes; mais en la rithme, a peu ou point de convenance: laquelle n'est approuvée qu'entre ruraux & ignorans, qui en font les dits, pour aller à la montarde: comme cy: Grand Guillaume. C'est bel ouvrage que de plaître, Quand on le fait bien mettre à point. C'est dommage quand on le gaste. A Paris, on appelle Goret le premier Compagnon d'un Cordonnier: lequel tient la place du Maître, en l'absence du Maître; a l'égard des autres Compagnons. M.
GORET. L'Auteur du Glosfaire sur les Noels Bourguignons, au mot gorai, qui est la même chose que goret, approuve le sentiment d'un de ses amis, qui dérive ce mot de verres, d'où, selon lui, on a fait verres, & ensuite goret.
GORGE. Ce mot signifie proprement le fond de la bouche. Et de-là, ces façons de parler, couper la gorge; coupe-gorge; mentir par sa gorge. Il a signifié ensuite la poitrine d'une femme. Dans la première signification, les Italiens disent aussi gorge, & gorgia: que M. Ferrari dérive de gola. Je crois que ces mots Italiens, de même que le François gorge, & l'Alleman gurgel; car les Allemans appellent une gorge gurgel; ont été faits de l'ancien mot Latin inuistē gurgum: d'où le mot gurgatio, pour le gavion. Gurgum, gurgium, gorgia, GORGIA. Les Espagnols disent gargama, & gargura: il y a apparence que tous ces mots ont été formés du Grec inuistē γαρτα: d'où γαρταγίω, qui signifie le gofer; d'où Gargamua, personnage de la Satyre de Rabelais. M.
GORGE. On dit par manière de proverbe: C'est un ris de Boucher, il ne passe point le nœud de la gorge. Ce proverbe, dit M. de Brieux dans ses Origines de quelques Coutumes anciennes, est commun parmi le peuple de la haute Normandie, & vient, ou de ce que d'ordinaire les Bouchers tiennent leurs couteaux à leur bouche, ce qui leur fait montrer les dents, & faire une contortion de lèvres imitant le ris; comme on dit qu'il arrive à ceux qui avoient mangé une certaine herbe de Sardaigne, ainsi qu'il se voit dans Erasine, a l'endroit où il parle du ris Sardonique: ou bien cette façon de parler a pour fondement une fausse plaisanterie, & allusion au mot de bouche; & ainsi le ris de Boucher ne voudroit dire autre chose, sinon le ris d'un homme qui ne rit que de la bouche, &, comme on dit autrement, du bout des lèvres. On se sert de l'un & de l'autre quand on voit quelqu'un témoigner à l'extérieur, qu'il a beaucoup de joie & de satisfaction, quoiqu'en effet il ne soit pas trop content: Nec gaudium gaudes genunum & intimum, atque in ipso penetrati cordis & anima vigens, comme dit élégamment Aulugelle.
GORGEROUGE. Petit oiseau: ainsi appellé de la rougeur de sa gorge; pour laquelle les Florentins l'ont aussi appellé pectoroso; & les Arétins, rossi-siale, & les Espagnols, pitiruxa; & les Anglois, roben redbresi; & les Allemans, rothbrustirin. Les Grecs l'ont appellé visua, qui signifie rougeatre: que Gaza a traduit rubecula. Nos payans d'Anjou l'appellent rubiette, mot formé de rubietta; & rubiana, mot formé de rubiana. Ceux du Malne, selon le témoignage de Belon, la nom- ment gadrile. Et l'Auteur des Rules Innocentes de la Chasse & de la Pêche, l'a appellée de même. C'est à la page 113. Ceux d'Anjou la nomment aussi gadile. Et ces mots, gadrile, & gadile, ont été faits de rubiadilla, rubiadilla, gadilla, gadilla: d'où GADILLE, & GADRILLE. On la nomme aussi roupie. Et pour ce qu'on la voit venir aux villes & villages, lorsque les roupies pendent au nez des personnes, les autres l'ont nommée une roupie, dit Belon. Belon se trompe. Elle a été appelée roupie, de rubia. Voyez roupie. Il me reste à remarquer ce que dit Belon, que cet oiseau a été mal appelé gorge-rouge, sa gorge n'étant pas rouge, mais orangée. Jules Scaliger, à la page 885, de ses Commentaires sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, dit qu'elle est le uupius d'Aristote: qu'il traduit hyriola. M.
GORGERE. Collet antique de femme, servant à couvrir la gorge & le cou. Les mots gorgerin & gorgerette étoient plus en usage à Paris. En Province on diroit plutôt gorgère. On les y portoit plus ou moins façonnées, suivant la condition. Sur quoi on peut voir le Règlement de Police imprimé à Dijon l'an 1580. Les gorgères des femmes avoient emprunté leur nom des gorgères des gens de guerre, lesquelles faisoient partie de l'armure; & c'est ce que depuis on a nommé haullée. Il en est de même des jaserans, ou colliers titus les uns à mailles d'or, les autres à mailles d'argent, à la manière des jaserans de guerre, ainsi nommés parce que c'étoient des cottes titus à mailles d'acier, en Espagnol acero, d'où le mot jaseran, ainsi écrit anciennement, a été formé. Ces colliers ou jaserans étoient plus ou moins ornés, suivant la qualité des personnes. Glosfaire sur les Noels Bourguignons, au mot Gorgeire.
GORGERETTE. Lat. mamillare. C'est un diminutif de gorgère, fait de gorge. Lepleigny: Que d'empoiser elles s'amusent Leurs gorgères & collerettes. M. GORGERIN: ornement de gorge. Les Espagnols disent gorgereina. ¶ C'est un dérivatif de gorge. M.
GORGIAS. C'est un mot substantif & adjectif. Quand il est substantif, il signifie cet ornement que les femmes portoient à leur gorge. Fascia pectoralis. Quand il est adjectif, il signifie habile élégamment. Et de-là, se gorgiafer. ¶ C'est un dérivatif de gorge. M.
GORGIAS. Rabelais, liv. 4. chap. 65. Ce gorgias Euripides, dit Panurge, toujours a maudite les femmes. Il semble que dans ce passage gorgias se doive prendre en la signification d'un Auteur qui a se stile mignard & délicat. Ou peut-être dans la signification de braillard, qui médiroit des femmes à gorge déployée: en vengeance de quoi aussi les chiens se gorgèrent de ce Poète, & le mangèrent tout vif, comme Panurge le remarque dans la suite de ce passage. Gorgias vient de gorge, témoin ce passage de Rabelais, livre 2. chap. 32. Lors commençai penser qu'il est bien vrai ce que l'on dit, que la moitié du monde ne s'ait comme l'autre vit; vœu que nul n'avoit encore oferit de ce pais-la, auquel son plus de vingt-cinq Royaumes habitez, sans les déferts, & un gros bras de mer. Mais j'en ai composé un grand Livre, intitulé l'Histoire des Gorgias: car ainsi les ay nommés, parce qu'ils demeurent en la gorge de mon maître Pantagruel. Le mot gorgias a signifié aussi habillé proprement; parce 688 GOR. GOS. GOT. que c'étoit la mode en France parmi les perfon- nes du beau monde, hommes & femmes, de por- ter des habits fort décolletés. Voyez Nicot, au mot Goyas, & H. Etienne, dans son Apologie pour Herodote, chap. 18. où il décrit les modes riches qui avoient cours en France au quinzié- me siècle. Le Duchat.
GORRE. Vieux mot François, qui signifie poupe & braverie. Et de-la l'adjectif gorrier, & gorriere. Coquillard: Gorriers, mignons, hantans banquets, Gentils, fringans, & dorelos. Jean Marot, dans son Épître des Dames de Paris, aux Courtisans de France étant en Italie: Et y veoit-on souvent la vieille ouvrière Eître gorriere, & faire la poupine. De yaïa, superbus, elatus. Rabelais, 1. 57. a dit palefoy gorrier. Théodoret, dans son Livre de la Providence, a dit de même, iunou vaenile. On appelle aussi GORRE une truie. Voyez goret. M.
GORRE. En Normandie signifie la vérole. C'est un mot d'origine Gauloise. Dans la Langue de Galle, & en bas Breton, goir signifie ulcère, pus, puffule. Huet.
GORSE. La Coutume de la Marche, Art. 330. Tertre & gorse estant entre un prey & une ter- re, appartient au Seigneur du prey, s'il n'appert du contraire. M.
GOSIER. Peut-être de gula, de cette manie- re: Gula, gulum, par métaplasme; gulicium, gu- licarium, gucarium, GOSIER. Voyez gosse, dans mes Origines de la Langue Italienne. M.
GOTHS. Nom de peuple. Ce nom est aussi célèbre que l'origine en est incertaine. On ne peut cependant douter qu'elle ne soit Germanique, parce que les Goths étoient un peuple Germain, qui habitoit dans les commencements près de la mer Baltique, & aux environs de la Vistule. Il ne faut pas les confondre avec les Gites, qui étoient un peuple originaire de Scythie, & qui, ayant pubé en Europe, vinrent s'établir aux environs du Danube. Cependant une infinité d'Auteurs, même des plus illustres, ont confondu ces deux peuples. On donne trois différentes étymologies du nom de Goths. Les uns le sont veni de Goth, qui, en lan- gage Gothique, signifie Dieu, ainsi que God en Anglo-Saxon, & Gott en Alleman: &, suivant cette étymologie, Goths, en Latin Gothi, Coti, & Gots, signiñeroit Divins. Cornelius Agrippa, liv. III. De et ult. Phil. chap. 35. est de ce senti- ment; car voici comment il s'exprime: Nec alia ratione GOTHI nuncupati sunt, quam quod summum Deum eo: in lingua nuncupabant GOTTUM. D'au- tres dérivent ce nom, de gut, ou god, qui signifie bon comme qui diroit des hommes bons, sim- ples, & innocens. C'est l'étymologie que donne Grotius dans son Index. Voici ses termes: GOTHI, id est boni, id nomen a vicinis accepere ob hospitali- tarum, ut a contrariis moribus sum QUADI. Enfin d'autres dérivent le nom des Goths de 1st, terme Gothique qui signifie géant. Ecoutons la-dessus Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 599. où il parle ainsi: Gots, gode, longario. Ex Suevis a Juthurgis aut Alamensis relicta. Ixt ve- cabulum Gothicum est, quod gigantem significat, telle Wormio in Monum. Dan. pag. 523. Veretus in In- dice: jotun gigas, jertre homines monstrosa statura cateros mortales supergredientes. Suecis jxt, vel giætte, etiamnum giganteum demutat. Verofimile est GOTHICUM nomen, toto orbe celeberrimum, a vesti- tate corporum defumptum esse, etiamfi Veretio hoc etymon in Spelmanus displiciat. Gothorum magna corpora notavit Procopius, de Bello Vand. lib. 1. cap. 2. Cuts omnibus candida, flava cæfæles, cor- pus procerum. Loquitur de Gothis, Vandalis & Gepuis. Eadem ratio nominis JUTARUM (qui An- glo-Saxonibus geatas vocantur, quasi longu-iones), & forte etiam JUTHUNGOUM. Vide plura in Gothi. De ces trois étymologies, je préférerais la derni- re, comme la plus naturelle, & la mieux fondée en raison; au lieu que les deux autres n'ont en leur faveur que de simples convenances de son, les- quelles ne suffisent pas pour établir une bonne étym- ologie, lorsqu'elles ne sont pas appuyées d'au- tre chose. Il ne faut pas se laisser tromper par ces convenances de son. Un mot ne vient pas toujours de celui auquel il ressemble davantage. Et pour ce qui est du nom dont il s'agit présentement, quelle preuve donnent de cette bonté des Goths, ceux qui dérivent ce nom du mot Germanique, ou Teutonique, ou Gothique, qui signifie bon? Et d'un autre côté, par quelle raison les Goths au- roient-ils été ainsi appelés du mot qui signifie Dieu? Etoient-ils plus attachés au culte de la Di- vinité que les autres peuples? Je crois donc, en- core un coup, qu'il faut s'en tenir à l'étymologie qui dérive le nom des Goths de la grandeur de leur taille.
GOUDO. Terme Bourguignon. On le lit dans le XIII. des Noels Bourguignons, page 44- édic. de 1710. C'ai mai gorgeire, Mon jaseran, Mai clarceleire, Mon goudé blan. C'est une jupe plissée, faite ordinairement de plu- sieurs bandes de velours de diverses couleurs, te- nant à un corps bigarré, ouvert & lacé par de- vant, mais non plissé. Les goudé des villageoises n'étoient souvent que d'une couleur seule, & d'une croffe fort simple, la plupart même de toiles couflés. Celui dont il est parlé dans ce Noel, étoit de toile blanche. Feu M. Dumay avoit opinion que le goudé étant un habillement où il y avoit beaucoup à coudre, savoir le corps à la jupe, & cette infinité de godrons ou plis de la jupe, on l'avoit de la nomme coudé, quoique l'on ait dit par corruption goudé. J'incline plutôt néanmoins à croire, que cet habit où le corps tient à la jupe, en forte qu'il paroît rond, & qu'on ne sauroit le mettre que par dessus la tête, comme une che- mité, est appelé en Bourguignon goudé, de sa réfemblance à un godet. C'est par rapport à cet arrondissement qu'on dit qu'un chapeau fait le go- der. Glossaire sur les Noels Bourguignons, au mot go. do.
GOUDRAN. GOUDRON. C'est la liqueur liqueur qui distille du sapin mis par un bout dans fourneau. Voyez Pline, xvi. 11. & ci-dessus le mot godron. M.
GOUFRÉ. Joachim du Bellay s'étant servi de ce mot dans son Antérotique, il en a été repris par Charles Fontaine, dans son Quintil Censeur, en ces termes : A celle du Stygieux goulphre, Où d'une minière de goulphre. GOULPHRE pour goulphe ; qui vient de γιὰρ (il vouloit dire de γιὰρ), ou du moins il le devoit dire). Mais c'est pour venir à la rime. Charles Fontaine se trompe. Il faut dire goufre, & non pas goulphre. ¶ Voyez golfe. M.
GOUFRÉ. Wachter dérive ce mot de la Langue Teutonique. Voici ses termes, dans son Glofarium Germanicum, page 514. GAFFEN, os pandere, biare. Anglo-Saxonibus geapan, Belgis gaapen, Scandis gapa. Fortasse a kaw cavus, us proprii sit didulis labris cavum facere. In derivatis dicitur de omnibus rebus qua aperturam patiuntur. Inde Anglo-Saxonibus geaftas fauces; Islandis gap hiatus, foramen; Gallis goufre, gurges; Cambris gweft labrum, labium; Suevis vaffel rictus; & filio agreti os.
GOUGE. Outil de Menuisier. De guvia, mot Gaulois. Isidore, livre xix. de ses Origines, au chapitre 19. qui est des Ouvriers en bois; de Lignariis: Canterium: Gallia, guvia. On l'appelle encore aujourd'hui en bas Breton gwef. Et gouge a été fait de guvia, de cette maniere: Guvia, gubia, gouge. L'1 voyelle est devenu consone. ¶ Les Espagnols l'appellent aussi guvia. Guvia de carpintero. M. GOUGE signifie aussi la garce d'un soldat. Et en cette signification, il peut venir de goujat. Il se prend pour toute sorte de garces. Coquillart, dans son Monologue des Perruques : Payer la gouge tout comptant. Gouge, dans le Languedoc, se prend simplement pour une fille; comme garce, en plusieurs lieux de ce Royaume. M.
GOUGE. De αἰτή goja. C'est ainsi que les Juifs appellent les femmes Chrétiennes. Huer.
GOUHOURDE. De cucurbita. Le vieux Dictionnaire Latin-François publié par le Père Labbe: CUCURBITA, cobarde. De gobourde, on a fait gourde, par contraction : & ce dernier mot est le plus usité. M.
GOUJAT. C'est le valet d'un homme de guerre; en Latin corula, & calones au plurier. Comme garfon & garfe, qui signifient jeune homme & jeune fille, ont été pris pour valet & pour chambriere : ainsi goujat & goujate, qui, en Languedoc, signifient un garfon & une fille, ont été aussi pris pour valet & pour chambriere, bien que gouje signifie proprement une chambriere d'âge un peu avancé, & goujate une plus jeune. De-la vient que les valets des gens de guerre sont appelés goujats : & non pas de galearius, comme quelques-uns l'ont cru. Caesneuve.
GOUJAT, ou GOUJART. Goujart a été fait de galiarius, dont les Anciens se sont servis pour signifier un valet de soldat. Eusebe, liv. 1. de sa Chronique : Ἰωμαις τωμὶ μωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις ἑμαις τωμὶ κωμαις & equites, ipsosque equus; vel lixas, quos galearios vocant, ad naibundum exercere percommodum. Et au livre 3. chap. 9. Ex ipsis calomibus, quos galearios vocant. Isidore, dans ses Glofes: CALONES, galearis militum. Et galearius a été dit à galea; quod galeam portarent. Tibulle, livre 1. Eleg. 6. Levi galea qui sibi portat aquam. Au lieu de galiarius, on a dit galiaria: ce que le Grammairien Velius a condamné de solécitine. Militis puer, galiarius reëti dicitur: nam galiaria solacissimus. ¶ Voyez M. de Saumaisé, sur l'Histoire Auguste, page 55. & M. Bochart, page 74. de son Livre des Colonies des Phéniciens, qui dérive galiarius de l'Êbreu αἰτή galiar, ou de αἰτή galiar. On prononce aujourd'hui goujat. On a dit de même, soudair pour soldat. J'oubliois à remarquer, que les Maçons appellent goujat, celui qui porte le mortier sur l'épaule. M.
GOUIERE. Le vieux Dictionnaire Latin-François du Père Labbe: ARTOTYRA, tarte, ou gouiere. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
GOUINE. Purain. C'est un diminutif de gouge. Gouge, gougine, GOUINE. Voyez gouge. M.
GOUJON. Poiffon. De gobio, fait de αἰτή. Mofchopule, page 63. Κωμία, 3ημία 1x26. M.
GOULIAFRE. Glouton, homme qui mange avec avidité. Bourgoin dérive ce mot de gula, que le peuple appelle quelquefois goule, pour gue le; & d'alper apre, d'où l'on a fait afre. Suivant cette étymologie, gouliafre veut dire naturellement apre de la gueule.
GOULIARD. C'est un homme qui fait le bouffon par les maisons. Voyez Charondas, sur la Somme Rural, page 717. M. Voyez Goliard & Gaillard.
GOULIARD. Dans le Poème d'Alain Chartier, intitulé, le Parlement d'Amour, un gouliard c'est un gaillard, un homme qui se vante de bonnes fortunes, un menteur. On a dit aussi gouliardise. Ces mots viennent de gula. Le Duchat.
GOULOT. Le goulat d'une bouteille, d'une cruche, d'un arrofoir. C'est l'endroit par où l'eau entre dans la bouteille, dans la cruche & dans l'arrofoir. De gula. Gula, gulum, gulatum, GOULOT. M.
GOULOUSER. Je crois que c'est proprement convoiter, regarder avec des yeux goulus. Le Duchat.
GOULPETTE. C'est, en Languedoc, faire l'école buiffonniere: dit ainsi de vulpes, renard; comme qui déne, faire un tout de renard. Et le mot de buiffonniere vient de ce qu'en la fréquente si peu, que les ronces & buiffons y naïssent. C'est une des belles découvertes de M. Borel, dans ses premieres Additions à ses Antiquités Gauloises. Voyez l'Ecole buiffonniere de M. Ménage. S. Add.
GOUPIL. C'est une espèce de petit renard. Jacques Fouilloux, chap. 61. de sa Venerie: Tout ainsi qu'il y a deux espèces de baffets, il y a semblablement deux espèces de renards & de teffons; sçavoir est, des teffons de perchins & de chemins; & des renards, de grands, & de petits goupils. Ce mot est formé de vulpibus, diminutif de vulpes: aussi bien le même Fouilloux, au chap. 61. les appelle vulpini. En ancienne Langue Provençale volvih signifie la he & voltron comme un renard. Le Moine de Montaudo : 5 f f f E envoja me de fort mamira Hom volpith que porta banegra. Cafeneuve.
GOUPIL. C'est un vieux mot François, qui signifie renard : témoin le proverbe, A goupil en- dormis rien ne cher en la gueule. L'Auteur du Be- taire : Le goupil est moult arrillois, Quand il est anques familiels. Ce mot a été fait de vulpes, de cette maniere : Vulpes, vulpis, volpis, volpiculus, volpillus, GOU- PIL : comme GOUBE, mot Espagnol, de volpe, ablatif de volpis. Et vulpes a été fait d'abouté : pour lequel les Eoliens, avec leur digamma, ont dit GOUPILL. De vulpicularia, on a fait GOUPILLIERE ; c'est- à dire, renardiere. Il y a plusieurs personnes dans le Poitou, dans l'Anjou, dans le Maine, & en Normandie, qui s'appellent Goupil, & plusieurs Terres qui s'appellent la Goupilliere. C'est au sujet de cette remarque sur le mot de goupil, que la Reine de Suède, Christine, dit à M. Voßius, que je voulois savoir d'où un mot ve- noit, & où il alloit. M.
GOUPILLE. Les Horlogers appellent ainsi ces petites pointes d'épingles ou d'aiguilles, qui leur fervent de chevilles pour joindre & arrêter, par le moyen des piliers ou tenons, les deux pla- tines d'une montre. Ce mot vient de cufpicula, diminutif de cufpis. J'avois donné cette étymolo- gie a feu M. Ménage, qui a oublié de la donner en son lieu. S. Add.
GOUPILLON. Asperges. Lat. aspergillum. Gr. II. quavres. M. Furetiere parle ainsi de l'é- tymologie de ce mot : Ce mot vient de goupil, re- nard ; a cause de quelque ressemblance qu'il a avec sa gueule ; ou plutôt, parce qu'on se servoit autro- fois d'une vraye queue de renard pour un goupillon. On en trouve la preuve dans les vieux Titres du Chapitre de Notre-Dame de Paris. Du Cange le dé- rive de veffilio : ce quod ex caudis vulpium fierent. Il n'est point vrai que cette preuve se trouve dans des Titres de Notre-Dame de Paris, & il n'est pas vrai non plus, que M. du Cange dérive ce mot de veffilio : a cause qu'on faisoit des goupillons à queues de renard. M. du Cange parle de goupil- lon, dans la signification d'un torchon. Voici ses termes : VSPILIO, terforium, Gall. goupillon, vulpicula, seu cauda vulpicula : quod eufmodi terfora plerumque ex caudis vulpeculum fierent. Je crois pourtant que goupillon a été formé de vulpium, a cause de la ressemblance à une queue de renard : car il est ridicule de croire qu'on ait fait des asperges de vraies queues de renard. Il y a une herbe, qu'on appelle queue de renard, abouinque : qui pourroit avoir donné le nom de goupillon à ces asperges. Il me reste à remarquer, que Fédéric Morel a écrit goupillon : & qu'en Balle Normandie on dit cipillon. M.
GOURD. De gurdus, ancien mot Latin, qui signifioit un etourdi, & qui est Espagnol d'ori- gine, comme le témoigne Quintilien en ces ter- mes, qui font du chapitre 5, du livre 1, de ses Institutions : Gurdus, quos pro ftolidis accepit vul- ges, ex H. banta duxiffe originem audivi. Labe- rins s'est servi de ce mot. Voyez Aulugelle livre XVII. chapitre 2. Abbo, au livre de son Poeme du Siège de Paris, s'en est aussi servi : Æffibus accingunt carpentum arentibus arcis Ante fores Gurdi misfereanda gramine plenum. Où un Gloffateur a fait cette Note : GURDI, id eft, ftulti : & hic Normanni intelliguntur. Ce mot a été pris ensuite par les Latins comme nous le prenons en France, pour celui qui a les membres engourdis. Les Glofes d'Isidore : GURDUS, lentus, inusilis. Et c'est de ce mot, en cette signification, que nous avons fait le verbe gourdir, & son com- posé engourdir, qui est le plus en usage. Aujourd'hui, gordo, en Espagnol, signifie gras. Gordon, c'est-à-dire, en Espagnol, un gros gras- fet. Voyez Voßius dans son de Vitis Sermonis li- vre 2. chap. 8. M.
GOURD. Substantif. Ils se plongent dedans les gourds & creux prochains de la mer. Colmog. de Munster, édit. de Bâle 1556. pag. 1332. Ce mot revient souvent dans cet Auteur. Il vient appa- remment du Latin gurges. Le Duchat.
GOURDE. Voyez ci-dessus jouhoorde. M.
GOURDIN. Par ce mot nous entendons or- dinairement un gros bâton court, qui sert à un besoin d'arme offensive & deffensive : mais c'est proprement la corde qui sert à battre la chourme : & les Italiens appellent cette corde, cordino : ce qui fait voir que gourdin, que nous avons pris de leur cordino, vient de corde, fait du Latin chorda. Gourdin pourroit aussi venir de curtinus, en sous- entendant baculus. Le Duchat.
GOURET. C'est un mot Lorrain, qui signi- fie une boule. De gurettus, diminutif de gurus. M. de Saumale sur Solin, page 1123. Valgius in epi- grammate apud Charisium : Sint gurofa rotunda margarita. Gurofa sunt opaspium, pro gyrofa : ut gu- rate in silva, apud Varronem, pro gyrare. Unde Latharingi gouzet dicunt, quod Gadi boule. Alii goerate dixerunt, & goeros : alii guro : alii gui- ros scripsere. Membrana verustissima in epigramma- se de Circenfibus : Septem etiam guiris claudunt certamina pal- mâ. pro gyriis. Et in calculo decemnevali Dionysii Par- vi, Episcopi Alexandriini : Regulam Palchæ con- guirans in femetipfam : pro congyrans. M.
GOURGOUX. Froissard, vol. 2. fol. 18. ro. édit. d'Ant. Verard : A ce record que Messire Pierre fit, estoient plusieurs Chevaliers de la Cham- bre du Roy, & par especial Messire Jehan de Guif- talies de Haynault, cousin au Comte de Flandres, qui mettoit en gourgoue toutes les paroles du Cheva- lier, & tant que finalement il ne se put taire. Met- tre en gourgoue, c'est selon moi, garder sur le cœur, ou plutôt dans le goiser, sans pouvoir avaler la choix. Le Duchat.
GOURGUE. Le Dict. Fr. Ital. d'Ant. Ou- din. Gourgue de Moulin, canale. Ce mot ne vien- droit il pas de gurges ou de gurgulio ? Le Duchat.
GOURMAND. En Italien ingordo, & gour- mandife, ingordezza, & ingordigia. Ce qui me por- te à croire que gord, ou gordo, est quelque mot de l'ancienne Langue Celtique, ou de la Tioife, qui signifie grand mangeur : duquel mot, & de celui de man, qui signifie homme en Alleman ou Tiois, on pourroit avoir formé Gourmand. Je fais bien que dans le Poème De Obfidieme Lutetia, du Moi- ne Abbo, on lit ces vers : *Æstibus accingunt carpentum arenibus arcis* *Ante fores Gardi miseranda gramine plenum:* Et que l'Auteur d'une Glosé marginale explique en cet endroit *gardi* par *stuli* ; entendant cela des Normans : aiant peut-être fait réflexion à ce que dans Quintilien *gurdus* signifie *stolidus* ; & dans les Glosés d'Ifidore & de Papias, *stultus*, *ineptus* ; comme j'ai fait voir sur le mot *Engourdi*. Mais parce que les hommes Septentrionaux sont grands mangeurs, on pourroit dire qu'Abbe les appelle *gurdus*, sur ce que peut-être les Parisiens les nommolent par déniion *Gourmans*, au lieu de *Normans*. Camden dans sa Bretagne dit que nous avons fortus *Gourmand* de *gormod*, qui en Breton signifie *trop*, *excessivement*. On pourroit aussi dire que de *gurdus*, qui signifie *stolidus* & *stultus*, comme je viens de dire ; & de *mando*, qui signifie *mangeur* ; on a fait *gourmand* ; comme qui diroit *gurde mando*, c'est-à-dire *mangeant follement* & à l'étourdi. Cafeneuve. **GOURMAND.** Les Italiens disent *ingardo*, pour dire un *gourmand* : ce qui a fait croire à M. de Cafeneuve que notre mot de *gourmand* avoit été fait de *gordo*, mot de l'ancienne Langue Celtique (qui peut, dit-il, avoir signifié *grand mangeur*) & de *man*, mot Alleman qui signifie *homme*. Camden, dans sa Bretagne, le dérive de l'ancien mot Breton *gormod*. *Galli*, dit-il, *GOURMOND*, *pro nimium educe*. *Britanni*, *GORMOD*, *pro nimium*, *vel supra modum*. Camden a cru que nous disions *gourmand*. Et à ce propos, il est à remarquer, qu'en 1518, il y avoit un Libraire à Paris appelé *Gilles de Gormont*. Voyez mon Antibailet au chapitre 113. M. Guyet le dérivoit de *gormans gormantis*, participe de *gormare*. Voyez *gourme* ci-dessous. Le P. Labbe le dérive de *gourmer*. *GOURMER* le *vin*, dit-il, *se dit des gourmets qui toflent le vin pour voir s'il est bon* : & de là, un *gourmand*. M. de Saumais dans une de ses Lettres à M. Peyrele, qui est la quarante-neuvième de ses Lettres, prétend que notre mot de *gourmand* est originaire de Perle. Voici ses termes : *Nous avons chez nous des mots tout part Persans, aussi bien qu'Alle-mans*. Comme *gourmand* est une *déction enivement* *Persique* : car *gout*, ou *chout*, c'est à dire mangeaillé : & *mand est une addition qu'ils mettent à plusieurs vocables*, pour en faire l'*attributif*. Il n'y a guère d'apparence que ce mot nous soit venu de si loin. M. **GOURMAND.** Un homme d'esprit qui a voyagé en Orient, confirme l'étymologie de Saumais, & croit que *gourmand* vient du Persien *gourmand*, qui signifie *mangeur*. **GOURMANDER.** Dans la signification de *manger goulument*, il vient de *gourmand* : & non pas, comme dit Trippault, de *saumais*. Dans la signification de *maltraiter*, M. le Gros, Curé de Droué, le dérive de *tormentare*. Il vient de *gorma*, dans la signification de *gourmette* : parce qu'on *gourmande* le cheval avec la *gourmette* de sa bride. Voyez *gourme*, à l'article suivant. M. **GOURME.** De l'Espagnol *gormar*, qui signifie *vomir*, & qui a été fait de *vomere*, de cette manière : *vomo vomis* : & par métaplasme, *vomo vomas* : & par le pléoname de l'R, *vomo vormas* ; comme *Frontevaux*, de *Fons Ebraldi* : dont ensuite, *gormo gormas*, en y préposant un G, comme en GUSPS, de *vespa* ; & en GUE, de *vadum*. De *vomitare*, fait de *vomitus*, les Espagnols ont dit 69r de même *gomitare*, pour dire *vomir*. De *gormo*, *gormas*, *gormare*, on a dit ensuite *gorma* : dont nous avons fait *GOURME*, *Jeter sa gourme*, c'est *vomir*. Les Latins ont appellé de même une *apostume*, *vomica*. ¶ De *gormans gormantis*, participe de *gormare*, on a fait, selon M. Guyet, *GOURMANT*, & *GOURMAND* : à cause que les *gourmands* sont sujets à *vomir*. *Edans*, *un vomant*, *vomunt*, *un edans*, dit Sèneque. *Ab hora tertia bibelatur*, *ludebatur*, *vomebatur*, dit Ciceron. Et comme les *goulus* aiment le vin, & qu'ils se connoissent en vin, nous avons appellé *GOURMET*, un homme qui se connoit en vin : & ensuite, un marchand de vin : les marchands de vin se connoissent aussi en vin. M. **GOURME.** En Langue de Galle, *gormes* oppression, violence, coup, pus. De *gourme* *gourmer*, *gourmade*. *Huer*. **GOURME**, & *GOURMET*, ne viendroit-il point de l'Alleman *gaum*, qui signifie le palais, le goûier ; & auquel on avoit apôtre la lettre, comme on a fait dans quelques autres mots. **GOURMER** : en la signification de *donner des coups de poings à la bouche*, *annex*, & *aux joues*. Le Pere Labbe : *GOURME*, ou *GORME*, *vomica*, se dit proprement des chevaux qui *havent*. Et de-la, on dit la *gourmette* : qui fait une partie du frein : & se *gourmer*, *gourmade*, bon *gourmeur*, de ceux qui se *donnent des coups de poings dans la bouche* & dans les joues. M. **GOURMER** un cheval. De l'inuité *gormare*, fait de *gorma*, qui a signifié *gourmette*, comme il paroît par son diminutif *gormetta*, d'où *GOURMETTE*. Voyez *gourme*. M. **GOURMETTE** de bride. Parce qu'elle se met sous la gorge du cheval à l'endroit où se fait l'abcès qui cause la *gourme*. C'est un diminutif de *gourme*, qui a signifié sans doute *gourmette*. Et de-la le mot de *gourmer*, pour dire, mettre la *gourmerte*. Voyez *gourmer* un cheval. M. **GOURNALL.** Terme de Bateliers : par contraction, pour *gournernaît*. Les Latins ont dit de même *gubernaculum*, pour *gubernaculum*. Voyez M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, p. 196. M. **GOURNAY**, sur Marne. Prieuré célèbre de Moines, dans le voisinage de l'Abbaye de Chelle, qui est une Abbaye de Filles. De *Gornacum*. On dit à Paris, en commun proverbe : *Elle a passé le Pont de Gournay* : elle a sa honte bene : que M. de Valois, dans sa Notice, explique de cette sorte : *In eo loco pous est flumini Matrona impositus, notatus in quibusdam Tabulis Geographicis, nomine Pontis Gornacensis* : Pont de Gournay : qui in *proverbii ludicrum venit*. Nam *Lutetia plebeia muliercula*, si cui *impudicitiam obijicunt*, ita lequi solent : Hac Pontem Gornacensem transit : ac pudorem exhausit : ELLE A PASSI LE PONT DE GOURNAY : ELLE A SA HONTE BEUS. *Nimitrum a Cala*, interfluente *Matrona*, *vix tria millia passuum abest*. *Atque olim Monachi Gornacenses ad Calenses Monachas*, vicinas suas, venitasse ; interdum etiam ipsa puella, transcio *Matrona*, ad *Gornacenses* seue contuisse, dicuntur. *Quod si qua fecisses*, tamquam qua virum aperte quareret, Pontem Gornacensem transisse, ac pudorem omnem extinxisse & consumptisse, ferebatur. Hac est haud dubie origo proverbii, poesa ad quasi liber libidinosas feminas, impudicasque, translat. ¶ Il n'y a plus aujourd'hui de Pont a Gournay. M. S f f f ij
GOUSSAULT. Sot, en Anjou. Mémo Hitt. &c. d'Amelot de la Houffate. Tom. 1. page 181. C'est comme qui diroit, un homme qui n'est jamais fort de sa gouffes, de son nid, de sa coquille. Rabelais liv. 3. chap. 18. Etant l'homme en son prive, on ne s'ait pas pour certain s'il est, non plus que d'une fève en gouffe. Le Duchat.
GOUSSE. G. 2. Cic., magacaphras. Latin follicatus. De l'Italien gufico. Gufico, gufica, coussi. Voyez mes Origines Italiennes au mot gufico, & au mot buccis. Gouffe peut avoir été fait d'excursa dont écoffe. Voyez écoffe. M.
GOUSSE. Les Ebreux ont le verbe קמח cash, qui signifie couvrir : & קמחו kefouh, une couverture, un vêtement. Les Grecs appellent avec une peau de brebis ; & רתש une partie du corps que la pudeur a foin de couvrir. Le Latin cafa signifie une chaumime. On dit en François coffe, lorsqu'on parle de cette membrane qui enveloppe les légumes ; & gouffe, lorsqu'on parle de celle qui enveloppe les grains. Tous ces mots ont ensemble une grande convenance de son & de signification : d'où l'on pourroit peut-être conclure avec fondement, que l'Ebreu קמח cash est la première fourée de tous les autres.
GOUSSE. C'est la mauvaise fenteur des aisselles. Parce qu'on dit puant comme un chien, ce mot pourroit bien être pris de gous, qui en Languedoc signifie chien, ou de son diminutif gouffes, qui signifie petit chien. Les Grecs ont aussi appellé cette puanteur 1647, & les Latins hircus ; c'est-à-dire, en l'une & l'autre Langue, bouc. Les l'apagons appellent un chien perro ; & ceux de Languedoc gops : & ces deux mots viennent de petrunculus, & de fregulus, qui étoit anciennement une cépée de chiens. L'Addition 1. à la Loi des Bourguignons, tit. 10. Si qui canem veltran, aut fregulum, vel petrunculum, prafumpfirit invalare, pulcmus ut convitus coram omni populo pafferina ipfus ofculeur. Cafeneuve.
GOUSSE. Ce mot signifie proprement ce petit bourfon dans lequel nous mettons notre argent. Et ce mot, en cette signification, a été fait de celui de gouffe ; à cause de la refemblaine de ce petit bourfon à une gouffe de fèves, ou de pois. Et parce qu'anciennement on mettoit la bourfe sous les aisselles, comme quelques paysans l'y mettent encore ; nous nous sommes servis de ce mot pour signifier ce morceau de linge de la chemise ; lequel est sous les aisselles, dit par les Italiens gherone. Voyez ci-dessus gironne. Nous nous sommes servis du même mot, pour exprimer la mauvaise odeur de dessous les aisselles. Ce que les Latins appelloient fentie le bouc : & ce que nous disons communément fentie l'épaule de mouton. M. de Malleville, de l'Académie Françoise, dans une de ses epigrammes non-imprimée :
MOMMOR, plus goulu qu'un pourceau, L'autre jour mordit un rouseau : Et le vouloit manger en somme. Et ce qu'il en fefoit, dit-on, C'étoit à cause que cet homme Sentoit l'épaule de mouton : Or comme les Grecs ont appellé cette odeur 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1647, & 1 sous les aisselles, venoit de l'Alleman goiff, qui signifie une chevre, & qu'en quelque Dialette Alleman, on prononçoit gouffe, dont on auroit ensuite formé le diminutif gouffes ; pour lequel on aura dit gouffes. En Bourgogne on dit la gouffette, pour dire le gouffes, dans la signification de bourfon : ce qui confirme aucunement ce que j'ai dit au commencement de cette Note, que le mot de gouffes, dans la signification de bourfon, avoit été fait de celui de gouffe. M. GOUSSE : pour odeur d'aisselle puante. Nos Etymologistes ont cherché avec beaucoup de peine l'origine de gouffes dans cette signification. Rien n'étoit plus facile à trouver. Ce morceau de toile, nommé gouffes, qui sert à faire tenir le corps de la chemise avec la manche à l'endroit de l'aisselle, ne pouvant manquer de contracter l'odeur de cette aisselle, qu'il touche ; on a dit de-la, fentie le gouffes, pour, exhaler une odeur semblable à celle qu'exhale ce gouffes. Il ne paroît pas que ce mot en cette signification soit ancien dans la Langue. Il ne se trouve ni dans Rabelais, ni dans Macot, ni même dans aucun de ces Poètes Satiriques dont fourmilloit le commencement du dix-septième siècle. Il est fréquent dans Scarron, qui a plaisamment imaginé, dans son Typhon, un gouffes particulier pour les Dieux, & pour les Deefles, auquel, quand on venoit à le fentie, on reconnoitifit qu'un Dieu ou une Deefle avoit paffé en cet endroit. Idée néanmoins qu'il pourroit avoir emprunté de ce Renardiere, qui au rapport d'Aubigné. liv. 4. de son Baron de Fenette, chap. 7. diroit qu'il connoitifit un Gentilhomme à l'odeur, & qu'il falloit qu'un vrai noble eût l'aisselle & les pieds un peu puans. Ménage au reste a été très mal informé lorsqu'il a écrit qu'on diroit en Bourgogne la gouffette au feminin dans la signification de bourfon. Gouffes, en quelque signification que ce puisse être, y est toujours masculin. Goutiere sur les Roots Bourguignons, au mot gouffes.
GOUSTER. On appelle ainsi à Paris le petit repas qui se fait entre le diner & le fouet. C'est ce que les Latins ont appellé merenda, & nos Anciens, réciter. De goutiere, que les Latins ont dit en la même signification. Voyez M. de Saumafie sur l'Histoire Auguste page 419. M.
GOUTIER. En Latin Guterius, Auteur d'un Traité de Jure Manium, cité par Bayle, Diction. critiq. troisieme édition lettre O n°. 114. de l'art. Hopital (Michel de L'), & de quelques autres mentionnés par le Long, pag. 126. & 373. de la Bibliot. Historique. C'est la même chose que Goutier, nom propre. Goutier, Goutier, par le changement de la lettre n en u, comme en conven. Guichenon, pag. 36. de son Hist. de Breise, a rendu ce nom par Goutiere trifyllabe ; en quoi il a eu raison : car c'est Guterus qui fait Goutier ; comme Guterius fait Goutiere. Le Duchat.
GOUTTE. Le Jefuite Lacerda dans ses Adversaria Sacra chap. 25. § 2. tient que le nom de cette maladie vient du Latin gutta ; parce qu'elle est causée par une humeur maligne qui coule insensiblement & goutte à goutte. Cafeneuve.
GOUTTE. Maladie. Du Latin-Barbare gutta, dont les Italiens ont aussi fait gutta. Reverovicius, dans son Idée de la Médecine des Anciens : Barbaris gutta dicitur, quod fit deflexio gutratum facta. Barthius liv. 43. de ses Adversaires, chapitre 20. LA GOUTTE, apud eodem Gallos, hodie signat poda- gram : non allumde quam quod Graco vocabulo abstinentes, cum Latinum non haberent, humorem pro eo usurparunt semiprisci Scriptores. Gregorius Magnus Homilia xxxvi. Cujus manus ac pedes (podagræ) humore tumefcenteis, & verti in vulneribus fuerant, & profuente fanie putebant. Anastasius, Pontifice, LXXXVIII. Sifinnius podagrico humoresita tenebatur constrictus, ut tibi cibum propriis manibus exhibere non valeret. Abbo Floriacensis, in rodem : Qui vit, podagrico & chitagrico humore ita detinebatur adstrictus, ut tibi propriis manibus cibum exhibere non valeret. M.
GOUTTE. Particule. Comme quand on dit, ne voir goutte. Nicot : Quia res est minuta, fermani veruatulo additur ad majorem negativem. JE N'EN AY GRAIN NE GOUTTE. Id est, hays nihil haben. JE NE VOY GRAIN NE GOUTTE. Id est, non video. Voyez poin ci-defous. M.
GOUTTE-GRAMPE. Voyez grampe. Les Angevins disent goutte grappe : & quelques autres provinciaux, disent goutte crampe. Il faut dire goutte grampe. Voiture : Quand nous fussmes dans Etampe, Nous parlassmes fort de vous. J'en fougriay quatre coups : Et j'en u la goutte grampe. M.
GOUVET. Rabelais livre 1. chap. 27. Mais cependant que les Prêtres s'amusioient à confesser les petits Moines, tous coururent au lieu où est le Frère Jean, & lui demanderont en quoy il vouloit qu'ils lui aidassent : A quoy respondit, qu'ils égorgessent ceux qui estoient portez par terre. Adonques laissans leurs grandes cappes sur une treille au plus pres, commencerent égorgeter, & achever ceux qu'il avait déjà meurtris. S'avez-vous de quels ferrements ? A beaux gouverts : qui sont petits demi couteaux dont les petits enfans de nostre pass cernent les noix. On appelle à Paris cet instrument avec lequel on cerne des noix, une cernoire. En langue Auvergnac, on appelle un goujou, ce demi couteau avec lequel on égorge les pourceaux & autres animaux. Gouvet peut avoir été formé de culter, de cette maniere : Culter, cultris, cultrivus, cultrivetus, gultrivetus, gulvetus, GOUVET. M.
GOUVET. Comme il est sur que dans ce passage de Rabelais que cite M. Ménage, on doit lire goues au lieu de gouver, qui est une faute, & que Perche-Goues est une Chatellenie du pays du Perche, renommée à cause des couteaux qui s'y sont ; je suis persuadé que les Goues dont parle Rabelais, ont été appelées de la sorte parce qu'on faisoit ces couteaux à Nogent le Rotrou, ville principale de la Chatellenie de Perche-Goues. Le Duchat.
GOYER. Sanglier. M.
GOYER. L'Amant d'une putain. M.
GOYS. Seditieux de Paris : ainsi appelées d'un nommé Goys, boucher, qui étoit leur chef. C'est ce qui m'a été dit par le Père Jourdan, Prêtre de la Compagnie de Jésus, Confesseur de Madame la Duchesse d'Orleans : car je n'ai lu nulle part cette particularité. M.
GOYS. Sorte de raisins. Ce sont ces raisins qu'on appelle autrement des furs : & dont il est parlé dans Rabelais, 1. 25. en ces termes : Car notez que c'est viande célebre, manger à desjeuner raisins avec fonaces fraîches : mesmement, des pineaux, des fiers, des muscadeaux, de la bivane : & des foyers, pour ceux qui sont confispez du ventre : car ils les sont aller long comme un vouge, & souvent cuidant peier, ils se conchient : dont sont nommés les Cuideurs des vendanges. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
GRABAT. Mauvais petit lit. Saint Amant, dans sa Chanson sur Mademoiselle de Gournay : Belle, qui dans ton grabat, Sans rabat. Du Latin grabbatus, fait du Grec adictus. Voyez Mathias Martinius. M.
GRABEAU. GRABELER. Calcul, discussion, calculer, discuter. Rabelais liv. 3. ch. 16. Remettons à votre retour le grabeau & belutement de ces matieres. Du Latin gravelium, gravellare, fait de grave, fait de glarea. Voyez Grave & Gravelle. Le Duchat.
GRABUGE. De l'italien garbuglio : que je crois formé de turba, Turba, turbula, turbullum, curbullum : comme ciurma, de turma : crabullum, garbullum, GARBUGLIO. Les Anglois disent grabulie. M.
GRADUEL. Terme de Rubriques. On appelle Graduel, certains versets de l'Écriture, qui se chantent à la Messe après l'Épître. Ils ont été nommés de la sorte à cause des degrés de l'ambon sur lequel ils se chantent autrefois. On donnoit aussi par la même raison le nom de Graduel au livre dont on se servoit pour chanter ces versets.
GRADUELS. Pseaumes. Salignac, Professeur du Roi en Langue Hébraïque : Cantica, qua dicuntur Graduum, dicuntur Hebrais ab ascendendo, machaloth : quod dicitur Ascensionum : id est, qua populus, cum ascenderet & peteret Jerofolymam, canebat. Sise enim pri, ad solemnia seba, ex Dei pracepto, properantes, confirmabant his canticis, & folabantus. Cui & hoc consonat, quod est in Canticis Ascensionum ; Lertatus sum in his quæ dicta sunt mihi, in Domum Dei ibimus. Salignac se trompe. Ces Pseaumes, qui sont au nombre de xv. depuis le cxxix. jusqu'au cxxxiii. inclusivement, sont ainsi appelées des xv. degrés qu'il y avoit depuis le parvis qu'on appelloit Azara, jusqu'au Temple Heal, sur lesquels les Lévites étant assis, chantent ces Pseaumes. M.
GRAFIGNER. C'est la même chose qu'egrafigner, & égratigner. Il se trouve dans Nicot, qui dit qu'il n'étoit usité de son teins que dans le Languedoc. Il le fait venir de l'Ebreu et garaph, arracher, entraîner de force. J'aimerais mieux le dériver du Grec 2040, dans la signification de déchirer, blesser, comme lorsque Homere dit : 2040 si à trois âges âges humores, Voyez égratigner, & égratigner.
GRAFIONS. Sorte de cerises. Ce sont des bigarreaux. Voyez bigarreau, & grefes. M.
GRAFIONS. En Latin Graphiones. Nom que les François donnoient autrefois aux Juges pour les affaires qui concernoient le Fisc. Quelques Auteurs écrivent Gravions. Les lettres & vérant du même organe, se mettent facilement l'une pour l'autre. Les sentimens sont fort partagés sur l'origine de ce mot. Linse, Vredins, & Wendelinus, le dérivent du Grec 2040 scrho, à cause de sa ressemblance avec ce terme Grec. L'opinion la plus commune est que les Graffons ont été ainsi appelés du Teutonique grau, vieux, ancien; comme qui diroit les anciens du peuple. Wachter, dans son Glossarium Germanicum pag. 606, dérive ce mot de l'Anglosaxon gerefa, qui signifie compagnon. Sur quoi je dois remarquer, que Graffon, ou Gravion est à peu près la même chose que Graf ou Grave en Alleman, qui signifie un Comte, Comes, ainsi appelé, de même qu'en Latin, parce qu'il accompagnoit le Roi ou le Prince. Ensuite ce mot Alleman signifie un Capitaine, un Gouverneur, un Commandant, un Juge, un Receveur des revenus publics; en général, un homme établi de la part du Souverain ou de ses Lieutenants pour exercer quelque jurisdiction. Ecoutons Wachter, à la page 607, où il parle ainsi: GRAF, judex provincialis, comes Ducis, vel Refloris provincia, & inde nomen a comitatum. Comites apud Germanos vocat Tacitus qui comisabantur Principes, iura per agros vicofque reddentes, cap. XII. de M. G. Comites legere vel accipere negotiorum in provincia gerendorum, profus Romanum est, multisque exemplis probatum a Doctissimo Brummero in Traci. de Scabinis, pag. 183. Hinc Comites Latinis appellati, qui profides in provinciam cunctus comitabantur. Similiter & Franci, imitatione majorum vel Romanorum, duos pracipuos magistratus ad regendas provincias mittebans, alterum Ducem, alterum Comitem Ducis; quorum ille rem militarem, hic causas forenses tractabat. Hoc fensu occurris Graffo in lege salica, tit. XIII. 3. tit. LIV. 1. 2. Et hoc fensu judex territorii etiamnum Westphalis dicitur gow-gref. Anglosaxones eundem fere-gerefa vocant, quasi-comitem pagensem, a fere pagus, unde Anglis remanfit sherif, per concullionem. Dicitur & Vice-comes, quia Duci vel Comiti erat a vice. Et quelques lignes plus bas: GRAF, exactor pecunia tam publica quam privata. Publica apud Francos. Nam Graffonis officium erat non folum jus dicere, sed & mulctas exiger. Hinc Graffo in Lage Ripuar. tit. XIII. Judex fiscalis, alibi vero & passim exactor dicitur, quia filico debita exigebat. Utrinsque apud Anglosaxones. His enim gerefa latissime patet, & non folum exactores regios, parvos & magnos, sed etiam rei familiaris dispensatores compleditur. Je crois qu'on peut au moins conclure de-la que l'origine du mot Graffon est certainement Teutonique.
GRAIGNEUR. Vieux mot qui signifie plus grand. Villehardouin. n. 35. Or oirez une des plus grand merveilles, & des graignors avantures que vos onques oissies. Le même n. 213. Une des graignors dolors, & des graignors domages. Alain Chartier: Les péchés & des ordonnances descendent des graigneurs aux petits. Froissart vol. 3. ch. 45. Et lui fut fait le graigneur honneur qu'on put. Ce mot vient de grandier, comparatif de grandis. On diroit & on écrivoit aussi greignour, & grener. Voyez la Nouvelle Histoire de Bretagne, p. 417. & 453. & le Gloisaire du Pere Lobineau. Voyez aussi ci-dessous greignour.
GRAILE, ou GRELE. C'est une petite trompette qui a le son bas, aigu, & enroué; dont on se sert à la guerre, lorsqu'on ne veut pas être entendu de loin: on l'appelle autrement sourdine. Ce mot vient de gracilis. Gauterius Cancellarius, en son livre intitulé Bella Antiochica: Jubetique praconari voce propatula, ut universi, andito primo sonum Gracilis, festinent bellicis indus. Et en un autre endroit: Gracilibus, tibitis, tubis clangentius. L'ancienne Chronique de Flandre chap. 13. Ils coururent aux armes, & firent sonner une graille de cuivre. Où Denis le Sauvage a mal-à-propos remarqué que c'étoit une cloche. Le Roman de Guillaume au court nez: A cinq cens grelles ont sonné la retraite. Et en un autre endroit, parlant d'un festin des Sarrafins: Mille Echanfons y fervent, & corent appreter, A quinze grelles ont fait l'eau corner. Tote la ville en son retentir & sonner, Car c'est lor enseigne, Payens veulent laver. Vanhier de Dodan, au Roman de Perceval le Galois: Un Seneschal a fait sonner Une grelle pour l'eau donner. Quelquefois grele signifie le son aigu d'un Cor ou d'une Trompe. Le Roman de Guillaume au court nez: Li Cuens Guillaume mit à sa bouche un Cor, Trois fois le sonne & en grelle & en gros. Cafeneuve.
GRAILER. Terme de Venerie. C'est sonner du cor, sur un ton bas, & enroué. De gracillare, fait de gracilis, qui a signifié une petite trompette au son bas & enroué; de laquelle on se sert à la guerre, quand on veut déloger à la sourdine; & qui pour cela, s'est appelé sourdine. De gracilis, nous avons fait graille, & grelle, qui se trouvent en la même signification dans nos anciens Auteurs. Tout cela a été fort bien justifié par M. de Cafeneuve, par les passages suivants: Gauterius Cancellarius, dans son livre des Guerres d'Antioche: Jubetique praconari voce propatula, ut universi, andito primo sonum Gracilis, festinent bellicis indus. L'ancienne Chronique de Flandre, chapitre 13. Ils coururent aux armes, & firent sonner un graille de cuivre. Le Roman de Guillaume au court nez: A cinq cens grelles ont sonné la retraite. Et ce qui suit: que je vous conseille de voir. GRAILLE: pour Corneille. Les Provençaux & les Marchands de Marseille qui sont dans les Echelles du Levant, appellent les Corneilles des grailles: ce qui marque infailliblement que ce mot vient de graculus: car, comme M. Ménage l'a fait voir dans ses Amménites de Droit, le mot graculus ne signifie pas un Geai, mais une Corneille. Adrien Junius pag. 15. de son Nomenclator en huit langues, imprimé à la suite du Dictionnaire de Nicot infol. nomme aussi graille en François, le mot Latin cornix. Il y joint même graillat, diminutif de graille, comme cornicula l'est de cornix.
GRAIN. Scaliger dans le second Scaligerana: GRAIN. Au Lévitique: Le fil teint de grain. C'est-à-dire, en écarlate: car on l'apporte d'Espagne en graine. Graine de cochenille: coccinum. M.
GRAIN. Les mariniers de Normandie appellent grain, un tourbillon de vent, qui après avoir arrêté tout court un vaisseau tout à l'instant, tempête si fort dans les voiles du navire, qu'il le renverse quelquefois sens dessus dessous. Voyez l'Histoire de l'Amérique par Jean de Lery, chap. 16. de l'édit. de 1585. Grain dans cette signification, vient de gyrare, tourner. Le Duchat.
GRAIN. Particule négative, comme quand on dit, je n'en veux grain. Elle est limitée de poin, pas, mie, goutte, & autres négatives, prises de la comparaison des plus petites choses. Le Duchat.
GRAINDRE. Vieux mot François qui signifie plus grand. Guill. Guiart : Car François, li graindre & li mendre, Veulent à force terre prendre. Ce mot s'étoit formé du Latin grandior.*
GRAIS, ou GRÈS. Pierre dure & grise. On le dérive de craig, vieux mot Celtique ou Breton, qui signifie une pierre. On dit proverbialement, casser du grais; c'est-à-dire déguiser les choses, donner lustre à ses mensonges pour tâcher de tromper quelqu'un. Peut-être cette métaphore est-elle prise de ce qu'on lustre & qu'on donne le poli aux tableaux avec le grais cassé menu, & passé par un tas, & empiété avec l'eau. Nous appelons ici un crayon gray, ce menu calloutage qui se trouve aux carrières avant que l'on rencontre la bonne pierre. Le Crau, dit M. Bochart dans la Dissertation für Gottelin, est un champ de six ou sept lieues entre Marseille & Arles, tellement parsemé de pierres, qu'on diroit qu'il en est pavé. Strabon, liv. 4. *ἀνέξειν ἀνέξειν*. Pline. liv. 3. chap. 4. Campi lapidei. Mela, liv. 2. chap. 5. *Littus lapideum*, in quo Herculum contra Albionem & Bergiana Neptuni liberus dimicantem cum tela defecissent, ab invocato Jove adjutum imbre lapidum ferunt. Credas pluisse; adeo multi & passim late jacent. C'est une fable formée sur le modèle de l'Histoire qui se lit au chapitre 10. & 11. de Josué. Eschyle & Solin content la même chose; mais ils mettent ce champ en Ligurie, parce que les Ligures étoient alors voisins de Marseille. M. de Peyré, a voulu rechercher la cause naturelle de cette merveille, suivant qu'il est rapporté au chapitre 242. de la vie. Rogatus Petrekus à Jacobo Hallas Parisiens, rationum magistro, de lapidibus Crantia, Herculorumque camporum, census, totam illam planitiem potuisse alium reshagare, exundante potissimum seu Druentia seu Rhodano, & lapidisque geminestim delvello, coagulante. Argumento fuit quod in salium concretione observamus: quippe ut in vase, ex quo aqua sale commista evaporatur, testella majores in fundo quam ad latera reliquuntur, quod illic salseio uberis diutisque residas; sic in medio Crantia, quod depressus est, majores longe lapides quam ad oras observantur. Quoi qu'il en soit, le grais, le cray, le gray, & crau, viennent tous du vieux mot Celtique & Breton crat, qui signifie une pierre, ou roche. Crac en Chaldéen signifie une roche ou Forteresse, batie sur un roc. Brochart en sa Description de la Terre Sainte: Transfées terram Moab usque ad Petram deferti, qua nunc Crac dicitur. In Stephano de Urbibus vocatur *χαράσματα*, id est petra Moab. De Breuil, dans ses Origines de quelques Contumes anciennes. Voyez ci-dessus Carab & Crau.*
GRAISSE. De crassies, on fit par contraction crasses; d'où nous avons formé graisse. Le Catholicon Parvum: Crassitudo, crasses, graisse. Crassio, vel crasso, engraisser. Casenove.
GRAISSET. Petite grenouille. Lat. rubeta. Grec *φίλια*. Peut-être, de rana, de cette manière: rana, ramisa, ramiscenta, graniscenta, graiscenta, graiscentum, GRAISSET. M.
GRAISSET. Ce mot vient de coaxare, d'où nous avons fait coaxer & croaxer, qui est le cri des grenouilles. Coaxare, aussi bien que le Grec *φίλια*, a été fait par onomatopée, a causé que la grenouille qui crie, fait coax, croax; mais particulièrement le crapaud, duquel le graisse est une espèce. Nous écrivions & prononctions autrefois *crasset*, & ce mot désignoit la grenouille verte. Le Duchat.
GRAMALLE. Gramalla. Nom d'un habit de deuil, qui étoit long. On en voit encore fuquelques tombeaux, & dans les ouvrages de sculpure du bas Empire. Ce mot vient, selon Magri, de grandis malla. Le mot grandis marque que cet habit étoit grand & ample; & celui de *malla*, qui veut dire la même chose que *callofa*, marque la qualité de l'étoite dont on falloit cette sorte d'habitude. Malla vient du Grec *φίλια*, qui signifie une toison, de la laine, de la laine longue. On appelle encore aujourd'hui *gramaglia* en Sicile & à Malte, un habit long de deuil.*
GRAMPE. Goutte grampe. Les Danois & les Flamans disent *crampe*: & les Allemans, *gramps*: & les Italiens, *granchio*. M. GRANDS JOURS. Voyez jour. Casenove. GRANDS JOURS. Comme quand on dit, Les Grands jours de Troye, Les Grands jours de Postiere. Dupleix en la Vie de Louis XIII. en l'année 1614. croit que ces Grands jours ont été ainsi appelés par une allusion au Grand Jour du Jugement. Le Parlement de Paris, dit-il, est de si grande étendue, qu'il ne peut pas toujours faire sentir de près les effets de sa justice et provinces ésoignées. De sorte que plusieurs crimes s'y commettent avec impunité. Pour cette considération, nos Rois de temps en temps; & mes-menement durant le calme de la paix; ont accoutumé d'ordonner des Commissaires, pris du Corps du même Parlement, pour se transporter les Provinces où ils jugent être plus nécessaire que la Justice soit d'autant plus sévèrement exercée, quelle y a été longuement languissante: A raison de quoy, ils appellent de-là tenir les Grands Jours, par quelque allusion au Grand Jour du Jugement terrible que Dieu exercera à la fin du monde. Dupleix se trompe bien fort. Ces Grands Jours ont été ainsi appelés, comme qui diroit Les Grands Plaids. L'oiseau: Les Grands Jours sont ainsi nommés à la différence des Jours, c'est-à-dire, des Plaids Ordinaires. Voici au reste la définition des Grands jours: Coquille sur l'article 206. de l'Ordonnance de Blois: GRANDS JOURS sont une Assemblée d'aucuns Présidents, Maîtres des Requêtes, & Conseillers de la Cour, en certain nombre: députés par Lettres-Patentes du Roy, qui s'étoit en la ville ordonnée par le Roy, & pour les Provinces déclarées par lesdites Lettres, pour y juger toutes matières criminelles sans distinction, & les matières civiles, esquelles est quefien de six cents livres de rente, ou dix mille livres pour une fois seulement; pour les appellations verbales, & autres, qui ont accoutumé d'être plaisées & jugées en l'Andience, & instruites à la Barre. Et jugent desdites matières par arrest comme si c'étoit en Parlement étant. Touchant les Grands jours, voyez l'Ordonnance de Philippe le Bel de 1302. au commencement du premier Titre de la troisième Partie de l'ancien Style du Parlement; & l'ancien Style du Parlement, Titre 22. & la-dessus, du Moulin. Voyez aussi Joannes Galli, Questions 15. & 19. & 130. les Mémoires de Du Tillet, au chapitre des Pains; Pierre Pithou, dans son Traité des Comtes de Champagne ; Coquille en son Histoire de Nivernois, & sur la Coutume de Nevers ; Ragueau dans son Indice, au mot Grands Jours ; Loiseau, des Seigneuries, chapitre vi. nombre 55. & suivans ; & chapitre viii. nombre 64. & suivans ; le Grand Coutumier, livre iv. chapitre 5. la Conférence des Coutumes par Guenois, en la première partie, à l'endroit où il est parlé du Reifort ; & la Conférence des Ordonnances. M.
GRANDIOURS. Je crois qu'on a appelé les plaids, jours, parce qu'on y étoit ajourne, c'est-à-dire affigné à certains jours. Patelin : Laiffe m'en paix, va t'en & garde Ta journée, se bon te semble. Le Duchat.
GRANGE. De granea, ou granica. La Loi des Allemans tit. 8. §. 2. Si enim domum infra curtem iucunderit, aut scuriam, aut granicam, vel cellaria. Additio 4. Ludovici Pii, §. 93. In suis utiliter graneis collectas habeat. La Loi des Bajuvariens tit. 14. §. 5. Stabulare, familie, granicam, &c. &indebrogii Formula Solemnes, Form. 175. Colomiam, vel cameram, & granicam. De granica les anciens François firent granche ; & de là, grange. Suger, Abbé de S. Denis, en son livre de Rebus in Administratione sua Gessis, ch. 10. Nec granchia aliqua, nec quicquam dominicum in tota villa existeret. Caïeneuve.
GRANGE. De grania : qui se trouve en cette signification dans la Loi Salique, & dans les Capitulaires de Charlemagne. Voyez M. de Saumaille sur Solin pag. 763. de la première édition, & François Pithou dans son Glossaire au mot granea. ¶ Granum grani, grania, grania, GRANGE. Et de là, l'Espagnol granja. Les Auteurs de la Baise-Latinité ont aussi dit granja. Voyez Voëssus de Vitis Sermonis, liv. 1. chap. 8. & M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot granja. M.
GRANIT. Sorte de pierre très-dure, rude & mal polie. On l'appelle ainsi à cause qu'elle a quantité de petites taches qui sont formées de plusieurs grains de sable condensés. Il s'en trouve en Egypte d'une grandeur prodigieuse. *
GRAPIGNAN. Nom d'un jeune Procureur avide & fripon, introduit en diverses Scenes Françoises de la Matrone d'Ephese, Comédie Italienne. De-là tous les fripons de cette espèce, recouvreurs de débets, grabateurs, & autres maltotiers, peuvent être nommés Grapignans. Glossaire sur les Noels Bourguignons, au mot Grapignan : Ce mot a la même origine que grappin. Voyez grappin, & griper. * GRAPPE de raisin. Les Anglois disent grapp ; & les Allemans, raube. J'ai quelqu'opinion que tous ces mots ont été faits de racemus : premièrement par le changement de l'M en B ; comme en flambe & flambeau, de flamma & de flammellum. Quintilien, livre 1. chapitre 4. Dificat puer quid in litteris proprium, quid commune, qua cum quibus cognatio : nec miretur cur ex scamno fiat scabellum. Et ensuite, par le changement du B en P ; comme en cuppa de vico, & en canopus de vico, & en puteus de vico. Et enfin, en y préposant un G : comme en grenouille de ranuncula ; & en granie, de rapere. Voyez granie. Et grappe aura été fait de racemus, de cette manière : racemus, gracemus, gracebus, gracepus, grapus, grapa, GRAPPE. Et ce qui ne favorise pas peu cette étymologie, c'est que nous avons dit grapper & grappiller, pour cueillir les petites grappes que les vendangeurs ont laissées : de même que les Latins ont dit racemare. M. de Verderonne de Noirat, Chambellan de Monseigneur Gaston Duc d'Orleans : Car tel est las de vendanger, Qui dans un vignoble étranger Tout de nouveau grapille. Et nous appellons grapillens, ces petites grappes que les Latins ont appellées racemi. Turnèbe livre xxv. de ses Adversaires chapitre 16. Interest inter uvas & racemos. Uvæ, majores sunt, & crassoribus acinis : racemi minores, & minoribus granis : unde & racemari dicitur : ferò enim uva minores à vindemistore, sub pampina latentes, fallentesque, relinquuntur. Vignò, à Gracis vocari videntur racemi. Hinc racemosissimam vitem dicit Plinius ; quid racemos multos, non uvas, ferat. M. Lancelot s'est mépris, en disant que racemus signifie proprement un grain de raisin. ¶ J'oubliois à remarquer, que les Provençaux disent rapugar, pour dire grapiller. M.
GRAPPIN. On le dit en général de tout ce qui est crochu, & qui sert à anacher une chose à une autre. Grappin, en terme de Marine, est une ancre à quatre ou cinq pattes ou pointes, dont on se sert sur les galères & vaisseaux de bas bord. C'est aussi un croc qu'on jette sur les Navires des ennemis pour les accrocher. Ce mot vient de la langue Teutonique. Greiffen en Alleman, greipan en Gothique, gripan en Anglofaxon, creiffen en Allemannique, grypen en Flaman, grypa en Suédois, gripe en Anglois, signifient tous également, prendre, empoigner, saisir, accrocher, enlever. De là aussi le François griper, & griffe. Greif en vieux Alleman signifie la main, parce qu'elle est propre à empoigner, à accrocher, & à enlever. Greif signifie aussi en langage écyclique cet oiseau Hyperboréen, que les Grecs appellent 7544, les Latins grypa, grypbus, & nous griffon ; parce qu'il a le bec & les ongles crochus. Le Grec 7544 signifie courbé, crochu, qui a le nez crochu. Les Italiens appellent grappo ce que nous nommons grappin. Les Anglois le nomment grapple : & accrocher c'est le grapple. Les Flamans disent grabben dans le même sens. Les Allemans ont aussi le verbe kappen ou krapfen, qui veut dire saisir, empoigner, saisir avec les ongles ou le bec, ou avec un croc : krapf ou krapf, un croc, un crochet. Crap, en langue Cambrique ou du pays de Galle, signifie l'action de saisir ; craf, un croc, un crochet, un harpon, craps, une ancre. Les François ont agrafe. On voit aisément la convenance de tous ces mots de diverses Langues. Ils conviennent aussi en quelque sorte avec l'Ebreu 7544 garaph, qui signifient rouler, entottiller, enlever, entraîner, renverser ; d'où 7544 egroph, pugnus ; & avec l'Arabe giarafa qui veut dire prendre, enlever, emporter, entraîner. Voyez ci-dessous griper, & ci-dessus agrafe. Voyez aussi Wachter dans son Glossarium Germanicum, aux mots grief, geissen, & kappen. *
GRAS. De crassus. Le Catholicum Parvum : Crassus, gras. Caïeneuve.
GRASSETTE. Nom d'une plante. Elle est ainsi appelée parce que ses feuilles semblent graissées avec du suif. *
GRAT. Comme quand on envoie quelqu'un au grat. Oudin, dans ses Curiosités Françoises, & M. de Furetière, ont expliqué cette façon de parler, par, renvoyer un homme rudement, ou proprement l'envoyer où les poules gratent pour trouver des vers ou autre chose de quoi se nourrir. Et l'Auteur des notes sur le Catholicon d'Espagne, dans l'édition de 1699, sur l'art. 19, des vertus du Catholicon, a suivi l'interprétation de ces Messieurs dans l'interprétation de cet art. de l'édition qui se fit du Catholicon d'Espagne à Turin en 1594. Mais un Auteur plus ancien a expliqué ce proverbe, par, envoyer ou chasser quelqu'un bien loin, ou comme on diroit, aux Antipodes, Mat. Cordier, dans son livre de corr. ferm. emendatione, édit. de 1539, chap. 41. n°. 29. Mitram te ad Galatas, vel, se s'enverrai bien au grat. Ablegabo te qui digus es. Amitram te ad Garamantas & Indos. Te procul hinc abigam. Hinc te longissime repellam. Le Duchat.
GRATE-CU. C'est le bouton qui contient la graine des roses, & celui qui contient celle de l'églantine, espèce de roses, appelée rose de chien : uunquén. Et de la le proverbe : Il n'y a si belle rose qui ne devienne grateur. La graine de ces roses contenue dans ces boutons, est entourée d'une bourre piquante, mais presque imperceptible, de laquelle on se sert, par malice, pour mettre dans les draps, afin de piquer les fesses de ceux qui s'y couchent : lesquels se sentant ainsi piqués, se gratent les fesses. Et c'est ce qui a donné le nom de grateur à ces boutons. M.
GRATER. De cratare. De zupias, ou zupias; qui signifient graver, imprimer, & caver; les Auteurs de la dernière Latinité formerent le verbe caraxare, qui signifie entr'autres choses, grater, & égratigner. Prudence Hymne 10. Charaxas ambas ungulis, scribentibus genas. Et de caraxare, ou carattare, on fit cratare. L'Addition à la Loi des Frisons, tit. 3. §. 44. Si quis ungubus crataverit, ut non sanguis, sed tumor aquolus decurrat. Caseneuve.
GRATER. De grater, Latin-barbare, fait de raderre. Rado, rafi, rafum, ratum, racare, gratare, GRATER. On y a préposé un G, comme en GRENOUILLE, de ranuncula. Cratare se trouve dans la Loi des Bourguignons, titre 3. paragraphe 44. Si quis alium ungubus crataverit, ut non sanguis, sed humor aquolus, decurrat. Les Allemans disent aussi kratzen. Et le François grater pourroit bien avoir été formé de ce mot Alleman. Les Italiens disent grattare. M.
GRATER, ou GRATTER. De l'Ebreu TU garad, gratter. On dit en Grec 7páqu 7ipáqu, gratter, gratter. D'où vient égratigner. Huet.
GRATERON. Simple Grec 7páqu. Voyez glateron. M.
GRATERON. Nom d'une plante, dont les tiges sont quarrées, nudes au toucher, nouées, foibles, branchues, & s'attachent aux corps voisins. C'est de là que lui vient son nom; comme qui diroit, plante qui grate. Voyez grater.*
GRATIN. C'est la bouillie attachée au fond du poélon : ainsi appelée parce que pour l'avoir, il la faut grater avec une cuiller. M.
GRAVAS. Platras. Voyez grève. M. GRAVE : GRAVIER. De glarea. Glarea, gloria, glariya, glava, grava, GRAVE. Vin de Grave, c'est le vin qui croit dans le Bourdelois sur la grève, c'est-à-dire, sur les bords de la Garenne. Et de là, on a appelé la Grève, une place publique de Paris proche la Seine. De grava, on a fait gravarium : d'où notre mot gravier. Du même mot grava, on a fait gravensis : d'où notre mot gravois. ¶ Les bas Bretons disent grouan, pour dire du fable, & groa, pour dire grève. Voyez Grohan, & grève. M.
GRAVELLE. Maladie. C'est un diminutif de grave, fait de glarea. Voyez grave, & grève. Henri Etienne dans son premier Dialogue du Nouveau Langage François Italiánité, pag. 134. Il me mostra aussi comment la signification d'aucun mot avoit été restreinte : comme en ce mot de gravelle, dit du menu gravier d'une fontaine : au lieu que maintenant il ne se dit que de la maladie, qu'on appelle autrement le calcul. Et de cette signification ancienne, il m'allégua cet exemple, pris du Roman de la Rose : Je m'approchay de la fontaine, Pour l'eau voir très-claire & saine, Et la gravelle belle & nette, Qui au fond estoit très-parfaite. M.
GRAVER. Il vient de 7páqu, qui signifie écrire; non pas, comme nous faisons, en peignant sur du papier avec de l'encre; mais bien en gravant les lettres, comme sur de la cire : car les Anciens écrivoient de la forte sur des tablettes de cire, avec un poinçon de fer qu'ils appelloient stylus. Et d'autant que le burin grave maintenant sur le cuivre & sur l'argent, de même manière que faisoit ce poinçon sur la cire; de là vient que cela a été appelé graver, de 7páqu : car nos François changent souvent la lettre f en v, appellant, par exemple, Dantgrave, celui que les Allemans disent Langraff. Caseneuve.
GRAVER. M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, pag. 457. & 458. le dérive de cavare, que les Latins, dit-il, on dit pour sculpere (comme les Grecs 7páqu), & cavatores, pour sculpores. Il ajoute : Qui enim gemmas sculpunt, quasi quofdam fulcus in iis cavant, & foramina cœli imprimunt. ¶ Cavare, gavare, & inferio R, GRAVER. Et sur Solin, pag. 1146. de la première édition, il le dérive de cavare, ou de graphare. Les Allemans disent aussi grav n : qu'Hadrianus Junius dérive de 7páqu. Goffelin, pag. 41. le dérive de 7páqu. Il vient de graphare, fait de 7páqu. M.
GRAVIER. Voyez GRAVE.
GRAVIERE. Le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe : DISCERNICULUM, graviere a deviser les cheveux. Voyez grève, dans la signification de séparation de cheveux. M.
GRAVIR. On a dit rapere, dans la signification d'arripere : le simple, pour le composé. Au lieu de rapere, on a dit rapire, par métaplasme : d'où on a fait RAVIR, par le changement du P en V confonne. Et de RAVIR, on a fait ensuite GRAVIR : les animaux qui gravissent dans des arbres, embraffant ces arbres avec les quatre pattes. Il en est de même des hommes qui gravissent dans des arbres. Ils embraffent aussi ces arbres avec les piés & les mains : ce que les Grecs appellent 7páqu. M. le Grox, Curé de Droué, dérivait gravir, de l'Iralien gradire. M. Ttee
GRAULY. On appelle ainsi à Metz le Dragon S. Clément, que l'on porte en procession le jour de la S. Marc, & pendant les Rogations. De l'Alleman gruelice, c'est-à-dire, horrible, abominable. Voici deux passages de la Légende dorée, en François, imprimée en 1476, qui sont pris de la Légende, intitulée : De la grégueur & mineur Letanie. Le premier de ces passages est : Et en cette procession (des Rogations) l'on porte la croix, l'on forme les cloches, les barbières sont portées, l'on porte un dragon à une grave queue en aucunes Eglises. Le second : L'on a de coiffume en aucunes Eglises, & mesinement en celles de France, que l'on porte devant la croix, à la procession, un dragon à longue queue, & de pleine & enflée les deux premiers jours; & au tiers jour elle est toute vuitée & plate, & est portée ce jour après la croix; par lequel est signifié, que le premier jour, devant la loy, & au second, sous la loy, le diable régnit en ce monde : mais au tiers jour qui est de grave, par la passion de J'hesus-Christ, de son Royaume a été déchassé. Ces deux passages prouvent trois choses. La première est, que l'usage de porter un dragon en procession pendant les Rogations, n'est point particulier à la Ville de Metz, mais que plusieurs autres se pratiquent autrefois, particulièrement en France. La seconde est, que ce dragon est tout-à-fait symbolique, contre l'opinion du peuple, qui croit que ce dragon est la figure d'un dragon anciennement dompté par quelque S. Évêque ou Archevêque. La troisième est, qu'une partie de ce qui se pratiquent anciennement aux processions, ou pendant les deux premiers jours des Rogations, savoir que le serpent paroissit avec une longue queue fort enflée, mais qu'au troisième jour elle paroissit vuide & désenflée, ne se pratique plus, du moins à Metz, où pendant les trois jours des Rogations, la queue du grand est toujours également groise. Le Duchat. GRAYER ou GRUIER. Encore qu'il y ait quelque différence entre grayer & gruer, ce sont toujours des Officiers de Forcès : & ainsi il est croyable que ces deux mots viennent de même source. Il y en a qui les veulent dériver de gruer qui signifie un ruder, comme qui dirait druter. Mais il y a bien plus d'apparence qu'ils ont été formés d'arger. Les Glofes : arger, villi, rus. De sorte que comme rus signifie une forest : Servius : Rura dischantur sylva & pascina : de même arger vint aussi à signifier une forest. Et ainsi on peut avoir formé grayer & gruer, comme qui dirait, Agrarius, ou Agrarius. Ce qui est d'autant plus vraisemblable, que arger signifie un Forester, ou gardien de forests : qui est proprement la charge du graver, ou gruer. Les Glofes : arger, salmarius. Voyez ce que j'ai dit ci devant sur le mot Forest. Cafeneuve. Voyez ci-dessous GRUYER.
GRE. De gratum. D'où les Italiens ont aussi fait grade : comme quand ils disent, malgrado : ce que nous disons malgré qu'on dirait autrefois malgré. Les Italiens ont emprunté de nous ce mot de gré. M. Rédi, Premier Médecin du Grand Duc, dans ses Remarques sur son Bacco in Toscana, pag. 79. GRE. Pocce venuta di Francia, e usata dagli antichi Toscani ancora. L'antica Provenzale, & GRAT : dal Latino gratum : & ce qui suit. M.
GRE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 661. Le dérive de gr, mot Teuton- que, qui signifie entre autres choses, volontiers, de bon cœur, de bon gré, avec plaisir ; & il dérive ce mot Teutonique du Grec qu'au latre, bon sum antere. Voyez l'endroit.
GRE, s'est dit pour degré, de gradus. Le jugement des arbitres rendu en 1380, entre le Duc d'Anjou d'une part, & les Ducs de Berry, de Bourgogne & de Bourbon, d'autre part : Et que ledit Monseigneur d'Anjou aura la présidence & prérogative selon son gré de aimesse, & les trois autres Seigneurs, chacun selon son gré. Le Duchat.
GREAL. Voyez sang gréal. M.
GRECS. Les Grecs furent ainsi appelés, selon quelques Auteurs, ou du nom d'un petit bourg, ou de celui d'un Roi fort obscur : mais ils quitèrent bientôt ce nom, pour prendre celui d'Héliens, ou d'Achéens. Le P. Pezron, dans ses Antiquités Celtiques, prétend que le nom de Grecs vient de la Langue Celtique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 611. GRAU, vetus. Armorici grec, groec, grai, cette Pezronie in Antiq. Celt. pag. 147. Senfias a cantite ad feneitam translatas, quia vetusta & annosa solent canglcere. Inde Gracis 7000000 senfico, 7000000 anilis, 7000000 vetula, &c. Ex eodem fonte veteres Gracis colonos diclos esse GRAIOS & GRACOS, quasi anti-quos, ut gosent a novos adversis distinguit, observat deftissimus Abbas Pezronius in Antiquitasibus fape laudatis.
GREDIN. Homme de néant. Gr. 7000000. De grandius. Il y a apparence que ce mot a été dit des valets qui sont de garde sur le degré de la chambre de leurs maîtres. Les Latins ont appellé de même arienes, les valets qui servoient in atriis : & flatores, ceux qui étoient toujours auprès de leurs maîtres. M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, pag. 197. 7000000. Gracis dicitur, quem Latini flatorem vocant : qui semper flat, ad domini insa paras, nec ab ejus latere abfistis. Hinc 7000000. 7000000. Servii nomen in Comandis Gracis, & apud Latinos Comicos, Parmeno. M.
GREEL. De gradale. L'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe : GRADALE, grée : Livre a chanter la Messe. C'est le livre où sont les prières qu'on chante à la Messe ; c'est-à-dire, l'Intrate, le Graduel, le Trait, l'Offertoire, & la Communion. On l'a appellé gradale, par corruption, pour graduale. Et on l'a appellé graduale, à cause du Répons appellé graduale, qui étoit autrefois le seul Répons qui fut en ce livre. Et encore aujourd'hui, la veille de Pâques, on ne chante que ce Répons. Et ce Répons a été nommé graduale, parce qu'on le chantait sur les degrés du pupitre, où l'on venait de lire l'Épître. Présentement, on dit graduale en Latin, & graduel en François. Voyez Graduels. M.
GREFFE. Le lion ou petite branche d'arbre qu'on ente. De 7000000, qui signifie même chose. Les Glofes : arger, surculum, surculus : car surculus, est proprement une gresse. Varron, liv. 1. De Re Rustica, ch. 40. Ex arbore, & qua quis vult habere surculum, in eam quam inferere vult, ramulum traduci. Ciceron, De Gratore, livre 2. Amabo se, da mihi ex ista arbore quis seram surculos. Cafeneuve. GREFFES d'arbres. Selon quelques-uns, de la ressemblance qu'elles ont à la pointe d'un filier, appellé des Latins grapleum, mot formé du Grec 7000000. Ceux de la Religion P. R. se sont seris de ce mot gresse, pour exprimer un instrument à écrite, lorsqu'ils ont ainsi traduit le 1. verset du chap. 17. de Jérémie : Le péché de Juda est écrit d'un gresse de fer. Il y a une épigramme dans Fortunat, dont le titre est, pro poum & graphialis : sur lequel titre Browerus a fait cette Note : grafiola accipio pro furculis. Et hops significatiens hodie vestigia durant in idiomate Gallic GRÉFFES : Et proprie infirum significat : idque furculi practium, quod, Varronne teille, de Re Rustica, capite 40. clabulas alii, sive taleas, appellitabant. Mais grafiola, en cet endroit, pourroit bien signifier des cerises appelées bigarreaux. Voyez grafiens. M. de Caïeneuve dérive, avec beaucoup d'apparence, gresse, en la signification dont est question, de ne pas, qui, dans les Gloes anciennes, est interprété furculus : car furculus est une gresse. Cicéron, au livre 2. de Oratore : Salfa sunt etiam, qua habent suspicionem ridiculi absconditum : quo in genere est illud Siculi, cui cum familiaris quidam querere tur, quod diceret uxorem suam suspendisse se de fico; Amabo te, inquit da mihi ex ista arbore quos feram furculos. M.
GREFFIER. Périon le dérive de papice : & à cause de cette origine, il l'écrit par un Y. Il vient de graphiarius, fait de graphare, fait de papan. Graphiarium se trouve dans Martial pour une écriture : Et theca graphiaria, dans Suétone : Et graphium, dans Ovide & ailleurs, pour une plume & un pinceau. M.
GREGUES. Voyez feu grégés. M. GREGUES. Culote. Sorte de haut de-chauffes. M. Scaron a appelé les Pages, la gent à grégue rétrisifée. J'ai quelque opinion que ce mot vient de Graca; comme qui diroit, culotte à la Grecque : & ce qui me le fait croire, c'est cet endroit du premier Dialogue du Nouveau Langage François Italianise de Henri Etienne, pag. 112. Depuis votre départ, on a fait à Paris des habits à l'Espagne, à l'italienne, & particulièrement, à la Napolitaine, à la Languenette, à la Flamande, à la Martingale, à la Marine, à la Matelotte, qui est encore une autre sorte qu'à la Marine. Et à la fin on s'est mis à en faire sans brayette, que les uns ont appelé chauffes à la Grégésque, on a la Garguesque, les autres, tout en un mot, Grégésque ou Garguesque, en Garguesque. Et depuis, on a dit, des chauffes à la Provençale, à la Picarde, & à la Poulonnaise. ¶ Les Espagnols disent grégues; que César Oudin a traduit par gurguesques. M.
GREGUES. En Langue de Galle guregis, ceinture. Huer.
GREIGNEUR. Vieux mot inusité, qui signifie plus grand, & qui a été fait de grandis, de cette manière : grandis, grandier, en étant le D. Dans le Coutumier Général, au Procès Verbal de la Coutume du Maine, il y a, Jean de Vassé, dit Greigneur, Seigneur de la Chastelanie dudit lieu de Vassé. Sur lequel endroit Michel de la Roche-Mailler, Avocat au Parlement, mon compatriote, a fait cette Note marginale : Alias Groignet. Mais il faut Graigneur : qui en vieil langage signifie l'aîné : comme le Juveigneur signifie le pulmé. La Roche-Mailler s'est ici lourdement trompé. Il faut lire, Jean de Vassé, dit Groignet, comme il y a dans toutes les autres éditions généralement. Groignet, est le sobriquet des aînés de la Maison de Vassé. Car les cadets de cette Maison, qui sont MM. de Vassé de S. George, ne sont pas fondés à prendre ce sobriquet. Ce qui fait voir que le nom de Vassé est le nom de la famille, & non pas celui de Groignet, comme le prétendait M. du Bouchet, célèbre Généalogiste. M. GRELE : pour menu. De gracilis, fait de grandis, diminutif, inusité, de gorgée. ¶ Du même mot gracilis, on a fait GRELE dans la signification d'une petite trompette. Voyez M. de Caïeneuve, & ci-dessus le mot grailler. M.
GRELE. Lat. grande. De grandine, ablatif de grande. Grandine, grève, GRELE. M. du Cange le dérive de gracilis : quod minutatim cadas grande. Je ne crois pas que gracilis puisse être dit de la grève. Diroit-on des grains de millet, qu'ils sont greles ! ¶ En Basse-Normandie, on appelle grève la grosse grève, & gresse, la monue. M. GRELER de l'avoine. C'est un mot d'Anjou : qui signifie ce qu'on dit à Paris crible de l'avoine. Et GRELE en Anjou, c'est le crible. Dans la Recette de la Prévoté d'Angers, imprimée à la fin de la Coutume d'Anjou : Tous Marchands de tas de greles, doivent chacun deux tas, & semblablement deux greles. De cribulum, & de cribulare. M.
GRELER. On appelle à Metz pois greles, des pois que les enfans font griller sur la pocle à feu, comme on grille les chataignes dans une pocle perstuise à la façon d'un crible. Et je ne doute point que le mot de greler, en cette signification, ne vienne de grele, qui se dit en Anjou pour un crible. La Duchat.
GRELOT. Petite sonnette. De gracilatum, diminutif de gracilis. Voyez grailer, ci-dessus. M.
GRELU. Pauvre, comme qui diroit grève, par opposition à gras & à gros dans la signification de riche & puissant. Du Latin gracilis. Voyez ci-devant grève, pour menu. M.
GREMIL. Plante. Gr. 20. 20. 20. De granum milii. Les Herboristes l'appellent milium Saft. ¶ Au lieu de grémil, on a dit grémil, mot qu'se trouve dans Nicot : ce qui pourroit donner sujet de croire que ce mot auroit été fait de granillum, diminutif de granum ; & qu'on auroit dit grémil, par corruption, pour grémil. M.
GRENADE. De granata, plurier de granatum, on a fait le singulier féminin granata. Granatum, en la significatin de grenade, se trouve dans Columelle, xii-44. & dans Pline, xv. 12. Et la grenade a été ainsi appelée de la multitude de ses grains. M.
GRENAT. Pierre précieuse ; ainsi appelée, parce qu'elle ressemble de couleur & de forme à un grain de grenade. M.
GRENETIER. De Granatarius : dont les Auteurs de la basse Latinité se sont servis pour frumenti Prafecius : quod grana, xix-44. & dans Pline, xv. 12. Et la grenade a été ainsi appelée de la multitude de ses grains. M.
GRENOBLE. Dans le Scaligerana : GRATIANOPOLIS, dictia a Gratiano, cum ante vocaretur Cularo. Extras Inscriptio, ubi ita vocatur. Vide Notitiam Gallia, Josephum Scaligerum, & Sirmundum ad Sidamum. In Episcopio Gratianopolitano eras lapis, ubi urbillia ita vocabatur, Cularo. Et ita emendandum est in epistolis Planci ad Ciceronem. Nous prononcions anciennement Grenople : comme Conflaninople. Voyez mes Observations de la Langue Françoise, au chapitre 112. de la seconde Partie. M.
GRENOUILLE. Les Anciens disolent renouille, qu'ils avoient forme de ranella. Le Catho- Test ij G R E. G R I. licon parvum : Ranella, petite renouille. Rana, raine, renouille. Si ce n'est qu'on l'ait fait d'agrenula. Le Glossaire de l'ancien Evêque Goth Anfiteubus : Agrenula, rana parva in sicco merantes. Cafeneuve.
GRENOUILLE. De rannuncula ; en y préposant un ci comme en grince & en gravie. Le petit peuple de Pontoise dit encore aujourd'hui renouille. Et Nicot a remarqué que plusieurs écrivent & pronocent de la sorte. M.
GRENOUILLE. L'ancien mot c'est renouille ; & ce mot revient jusqu'à trois fois au chap. Eudes Cent Histoires de Troye, Livre de Morale, imprimé in-4e. chez Philippe le Noir en l'année 1522. Le Duchat.
GRES. Voyez GRAIS.
GRESIL. Petite grêle. Cretin, dans son Chant Royal : Grefil, frimas, grefle, vent despitieux. De grandine, abletif de grande. Grandine, grandine, grandile, GRESIL. Ce mot est en usage en Picardie & en Normandie. M.
GRESILLER, GRILLER : pour periller, trépiner. Rabelais, livre 3. chap. 7. Je grêfile d'être marié. Et au chap. 33. du même livre : La déchise ne fut si très faite, qu'elles grilissent en leurs encodement d'avir de voir qu'avoit dedans la boire. C'est une métaphore prise du bruit & des bonds que fait le grêfil, en donnant contre les vitres & en tombant sur le pavé. Le Duchat. GREVE de jambe. Rabelais, 1. 8. Et notez qu'il avoit très-belles grèves, & bien proportionnées au reste de sa stature. Les Espagnols disent grève en la même signification : & grève, pour dire des jambieres, c'est-à-dire, des bas de fer que chauffent ceux qui font armés de toutes pièces. M. Coyet, dans les Remarques manufactrites sur Covarnuvas, dérive ce mot de celui d'crea. Occa, orrea, GREVE. M.
GREVE. Je ne vois pas que grève de jambe puisse ou doive signifier autre chose que gras de jambe. Brantome distingue la grève d'avec la jambe. C'est dans la Vie de la Reine Catherine de Médicis, où il dit que cette Princeise avoit la jambe & la grève très-belle. Le livre intitulé, la Fâmeuse Compagnie de la Lefine, edit. de 1604. fol. 143. v. Combien que les juveureaux de l'enise, & ces Méfiteurs les abîmes pissot, allargent & affirent malicieux la fontane au dessus, afin de faire voir leur belle grève, & en repassif les yeux aux Damoiselles. Le Duchat. GREVE : séparation de cheveux sur le sommet de la tête. Dans le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le Père Labbe : DISCERNICULUM, gravière, à déviser les cheveux. Ce mot, en cette signification, a été fait de cernère, en la signification de discernere, c'est-à-dire, séparer, déviser. Varnon, dans le quatrième de Lingua Latina : Discerniculum, est, que discernitur capillus. Nonius Marcellus, page 35. DISCERNICULUM : arus, que capillus musicum ante frontem divinit : ditta a discernendo. Et il en a été fait de cette manière : Cernu, crevi, cretum, creturum, cretiva, creva, GREVE. Ou de radius. Ridius, radia, d'où RAYE. Voyez raye : Radia, radiva, graviva, GREVE. M.
GREVE. A Metz on appelle grave cette séparation de cheveux qu'on appelle autrement grève. Ce qui donne sujet de croître que grève en cette signification pourroit bien avoir été formé de radius. Le Duchat. GREVE : pour gravier. Glarea, gloria, glativa, grava, GREVE. Et de-la, la Greve, place publique de Paris, parce qu'étant voisine de la rivière, elle étoit pleine de graviers. Au lieu de grève, on prononçoit anciennement grave. Et ce mot se prononce encore de la sorte à Bordeaux ; où le vin qui vient sur la grève de la Garonne, s'appelle Fin de grave. De grava, on a fait gravarium, dont nous avons fait GRAVIER. Au lieu de grava, on a dit aussi gravam, par metaplasme : d'où gravenis : d'où GRAVOIS ; & par corruption GRAVAS. Les Maçons de Paris appellent gravas les plâtras. Voyez grave. M.
GREVURE. C'est la hernie, ou descente des boyaux : & grèves, font ceux qui en font incommodes. Nicot dérive ces mots de crepo. Mais il est croyable que gravure est formé de gravado ; & grève, de gravatus : d'autant que cette maladie est appelée ponderositas ; & celui qui en est incommodé ponderosus. La Loi des Wiligots, liv. 6. titre 4. §. 3. 4. L. 3. Qui ponderositas salta fuerit, centum solidi demur in compositione. La Loi des Lombards, liv. 1. titre 16. §. 4. Et per ipsas feritas ponderosi, aut ponderosa effecit fuerint. Cafeneuve.
GREVURE. C'est une hergne. GREVE. C'est celui qui a une hergne. Nicot : GREVEZ. Herniosi, ruptis. Et vient en cette signification de crepo : quia qua franguntur, crepitant. Nicot se trompe : ce qui a été fort bien remarqué par M. de Cafeneuve ; lequel a aussi fort bien remarqué, que ce mot de grève avoit été fait de gravatus : la hergne étant appelée dans les Écrivains des bas siècles, ponderositas ; c'est-à-dire, pesant u : & ceux qui font incommodes de ce mal, y étant appelés ponderosi. M.
GREZ, signifie tantôt certaine pierre qui se forme de grains de grève, ou de gravier & tantôt certain argille propre à faire de la poterie. Je crois que ce mot a la même origine que grève, dans le sens de gravier. Le Duchat. Voyez GRAIS.
GRIBLETTE. Richelet : Morceau de porc délié & taillé en long, qu'on leve sur la flèche du lard. De ripp, comme les Allemands nomment une côte d'animal. La chair de la griblette est attachée aux côtes. On a présigné un g. à ce mot, comme à grenouille, fait de rannuncula. Le Duchat.
GRIBOUILLIS. Rabelais, liv. 2. chap. 14. Se donna a tous les diables, appellant Grigoth, distaret, Rappalus, & Gribouillis, par neuf fois. Dans ce passage Gribouillis est le nom d'un diable. Mais liv. 4. chap. 4. c'est le nom de l'un des cuisiniers qui entreront dans la truye. Au premier sens, je crois que c'est une corruption de Griboury, qui, chez nous, signifie un esprit follet, ou la bête dont on fait peur aux enfans. Le Dict. Fr. Ital. d'Ant. Oudin : Griboury, il ban, spirito joliette, farfadeilo, demonio : & alors j'estime que ce mot vaut autant que gris bourru, ou le moine bourru, lequel moine on suppose avoir été un moine gris : car bur, d'où bourru, signifioit certain drap de couleur grise, comme font encore la plupart des draps qu'on appelle burruux. Le Duchat. GRIC a Moar. C'est le cri de la Maison de Molac, Maison illustre de Bretagne ; lequel signi- fie, paix à Molac; silence à Molac. GRIC, en Bas-Breton, veut dire silence. Ainsi le cri de la Maison de Lazé étoit Paix à Lazé. M.
GRIEF. De grave. M.
GRIESCHE. Comme quand on dit, pie griesche, perdrix griesche, orise griesche. C'est-à-dire, de Grece. Nous ditions anciennement Grien, pour Grec. Ce mot se trouve dans Ville-Hardouin. Et le vulgaire, selon le témoignage de Trippault, dit seu grisis, pour seu griseois. Les Italiens disent de même griseo; & les Espagnols, griego; & les Allemans griseo. Le Brunetti, dans son Tesoro, dit que les François appellent griesche une caille. Cotornice, e un uccelle che i Franceschi chiamano greoice, perocche su prima trovata in Grecia. Nous appellons griesche la perdrix, & non pas la caille. Et à ce propos il est à remarquer que les Italiens des bas siècles ont appellé la perdrix cotornice: ce qui a été remarqué par Messieurs della Cruica. Dans le Gatinois, on appelle perdrix griesche, & par corruption, perdrix gonesches, les perdrix rouges. Et nous tenons en Anjou, que ce fut René, Roi de Sicile, qui les apporta en Anjou, & qu'on les lui avoit envoyées de Grèce. Pour les perdrix grises, elles sont anciennes en France; les François les ayant reçues des Romains, & les Romains les ayant connues, mais seulement du tems des guerres d'entre Othon & Vitellius, comme nous l'apprenons de Pline, livre x. chap. 49. Et c'est pourquoi, selon la conjecture des Doctes, elles furent appelées externa; d'où vient le mot Italien janna. Externa, sterna, STARNA. En Bas-Breton, gones signifie sauvage. Et M. Huet croit que c'est de ce mot Bas-Breton que nous avons fait griesche, & gonesche. M.
GRIESCHE. Dans Alain Chartier, on lit griesche en la signification de grise. C'est dans son Poème intitulé le Livre des quatre Dames, & en voici le passage: Ce qui l'empeche, C'est mort ou prison très-griesche. C'est-à-dire très-grise. Le Duchat.
GRIFE, ou GRIPHE. Discours énigmatique, description obscure & ingénieuse d'une chose. Du Grec 7010, qui signifie la même chose, & qui a été fait de 7010, qui veut dire un filet, un très à prendre des oiseaux, des poissons, &c. Un grise est comme un filet dans lequel sont pris, en quelque façon, ceux qui ne peuvent en deviner le sens. On l'appelle aussi quelquefois loge-grise, c'est-à-dire, discours énigmatique. Voyez ci-dessous, au mot griper.
GRIFFAIN. Le Roman de la Rose, fol. 79. 1°. Mais suppose que je la prenne A jalousie la griffaine, Que pourrons-nous adonçues dire? Griffaine se dit d'une plante sauvage qui n'a point été griffe, & ce mot se dit encore à Metz, des noix que portent les sauvages. Or que ce soit la le sens de ce mot, cela se prouve par le texte même du Roman de la Rose manuscrit, cité par Borel, au mot engraigne, en ces termes: Se l'ire jalousie engraigne, Elle est moul fiere & moul griffaine. Fiere vient de feras; & fiere & griffaine s'expliquent ici l'un par l'autre. Le même Roman deja cité, fol. 24. 1°. Se jalousie lors égraigne, Elle est moul fiere & moul griffaigne. Le Duchat.
GRIFFE. Ongle crochu de certains animaux, ou des oiseaux de proie. Ce mot vient de la Langue Teutonique. L'Alleman greffen, le Gothique greipan, l'Anglo-Saxon greipan, l'Allemanique creffen, le Flaman grepen, le Suedois grepa, & l'Anglois gripe, font tous verbes qui signifient faissir, empoignet, accrocher. Les Allemans ont aussi le verbe keppen ou kappen, qui veut dire, faissir, & faissir avec les ongles, ou avec le bec. Le griffon, oiseaux hyppéit, en Grec 7010, a été ainsi nommé à cause de son bec crochu & de ses griffes; & son nom, selon Wachter, est d'origine Scythique. Le Grec 7010 signifie courbé, crochu, qui a le nez, ou le bec crochu. Voyez ci-dessus grappin, & ci-dessous griper. Voyez aussi Wachter, dans son Glosserum Germanicum, aux mots greiff, greiffen, & keppen.
GRIFFON. Nom d'un oiseaux. Voyez griffe.
GRIFONNER. Ecrire mal. Ce mot vient de griffe; comme si on écrivait avec les griffes d'un oiseaux, fort mal propres pour écrire. Voyez griffe.
GRIFOUL. On appelle ainsi dans le Languedoc, une fontaine dont l'eau sort par des tuyaux. De grypheplus, diminutif de grypheplus, dans la signification de grifon; à cause des griffons qui font souvent l'ornement des fontaines, & par le bec desquels on fait jaillir l'eau. Les Romains faisoient ainsi jaillir l'eau de leurs fontaines par quelques animaux. Ulpien, en la Loi 17, au paragraphe dernier de Adionibus empi & venditi: Conflat, personas, ex quorum rostris aqua salire solet, villa esse. Et c'est ce qu'ils appelloient Tollis, Silanus. Voyez Cujas, au chap. 1. du livre xv. & au chapitre 13. du livre xiv. de ses Observations; & M. Rigault, sur les Auteurs Emium repundorum, M.
GRIGNE. GRIGNON. Grigne, & grignon, c'est une croûte de pain prise du côté qu'il est le mieux cuit, & le plus appetissant, dit Furetiere. Et de-la, le verbe GRIGNON. Je ne sais pas d'où vient grigne. Ne viendrait-il point de grinser? Ringo, rixxi, rinxina, grinxina, grina, GRIGNA. Il y a comme un grinsement au pain, à l'endroit où est le g. g. r. M.
GRIGOU. Mesquin. M. Furetiere dit, que quelques-uns devrivent ce mot de Graculus la plupart des Grecs qui viennent en France, étant des miserables. Cette étymologie n'est pas sans apparence. Gracus, gracus: d'où l'Italien griseo; & l'Espagnol griseo; & l'ancien François griseo. Et à ce propos, il est à remarquer, qu'il y a une famille à Paris du nom de Grieux. Gracus, graculus, grigulus, grigulus, grigulus, GRIGOU: comme MARCOU, de Marculus; PIRDOU, de Perdulus; ARNOU, d'Aroulus. M.
GRIL. Voyez grille. M. GRILLE. De craticula, diminutif de crates; d'où les Italiens ont aussi fait graticula. Henri Etienne, page 144, de ses Hypomneses de la Langue Françoise: Nom grille vis quequam ex ullo Latina Lingua diminutivo retinere videtur: & tam en est a Latino diminutivo craticula. Sed cum ex craticula Iacum primo faisses craticule, atque id. progresu temporis, mutatum esset in cratille; postea per syncopeu dictum fuit crille; deinde, & litera c in c veria, grille. Verum ne hac quidem syncope & mutatione contentum fuit volgus, sed apocope etiam usum, ausum est ex disyllabo facere monosyllabum gril. Ina craticula, ex craticule in cratille, ex cratille in grille, ex grille in gril, transit: sic tamen ut non minus illud tertium quam hoc quartum in usu sit. M.
GRILLON. Sorte de scarabée. De grillone, ablatif de grillo, dit pour grillus, dit pour gryllus, fait de grotte. M.
GRILLON. On a dit grillons, pour grillons. Alain Charrier, au livre des quatre Dames, page m. 595. La buvoient les grillons, Apres que des grillons, Des mouschettes & papillons Ils avoient pris leur pasture. Le Duchat.
GRILLONS. Petites cordes avec lesquelles on serre les bras de ceux qu'on mène prisonniers. Les Espagnols disent grillos en la même signification. Les Autours de la basse Latinité ont dit grillons. Voyez M. du Cange, au mot grillones. M.
GRILLONS. Je suis persuadé que grillons, dans ce sens, n'est qu'une contraction de grillons. On appelle grillons ce petit instrument de fer dont on serre les pouces d'un criminel, à qui on donne la question. Or grillon, dans cette signification, vient indubitablement de gracilone, ablatif de gracilo, onis, augmentatif de gracilis. Ce qu'on appelle aujourd'hui donner les grillons, s'appelloit du tems de Villon grillonner les pouces & les doigts. Nicot: Grillons, ou grillons, genus termenti, dactylestrea. Bud. Mettre aux grillons, dactylestrea confessionem exprimere. Le Duchat.
GRIMACE. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. M. de la Peyraté de le dérivait d'agrimenor, à cause des poëtres & des grimaces que font les Arpenteurs en mesurant les terres. M. Bochart prétend que les François ont apporté ce mot de leurs voyages d'Orient, & qu'il vient de l'Arabe termas, qui signifie se rider, ou tordre le visage. M. Lancelot le dérive d'ayoi & agri, agrestis imago. Ce qui est improuvé par le Pere Labbe; lequel le dérive de grise mine. Le Pere Thomassin a quelque opinion qu'il a été fait de grima, en la signification de vieille forcière. Je crois pour moi, qu'il a été fait de l'Italien grimo, qui signifie ride. Grimo, grima, grimacus, grimacia, GRIMACI. Et de-la l'Espagnol grimacus, terme de peinture, signifiant poëtres extravagantes. Grimacium, grimacio, GRIMAZO. Grima, en Espagnol, proprie est horror ex pavore, cum corpus quasi fregore contrabatur, & rugas facit, dit M. Guyet à la marge de son Covarruvias. De l'Italien grima, substantif, nous avons fait grime, qui est un vieux mot François, qui signifie moue. Faire la grime, c'est faire la moue. Et l'Italien grima a été fait de ringo. Ringo, rinvi, ridus, rigmen, & par metaplatine, rigma: comme grama, mot Espagnol, de gramen. De ringere, les Italiens ont fait de même grinzare: à cause des rides des chiens irrites. Et ils ont dit, visage de chien: xiso cagnazzo, pour signifier un visage ridé. Dante, dans son Enfer, xxxii. Poëcia, vid' io mille vifi cagnazzi Fasti per freddo. Onde mi vien riprezzo, E verra sempre de gelasi guazzi. Où le Landin a fait cette Note: Per freddo grinzi, come di cani. Ce passage de Dante s'accorde fort bien avec l'explication de M. Guyet du mot Espagnol grima. Il me reste à remarquer, que de l'Italien rinzare, nous avons fait grincer, & que les Anglois disent grimme; pour dire affreux & épouvantable à voir; & grimmely, pour dire affreusement. M.
GRIMACE. Je dérive grimace de grimm, qui, en Alleman & en Flaman, signifie mine retrognée, chagrine, sévère. Les Anglois disent grim dans le même sens, en qualité d'adjectif.
GRIMAGIO. Ce mot est de difficile origine. Les Italiens disent grimaldello, pour signifier cet instrument de fer, avec lequel on ouvre les serrures sans clef, & que nous appellons un rossignol. Et c'est un diminutif de grimaldo: lequel mot grimaldo, est formé de rimari, c'est à dire, chercher, fureter; parce qu'avec cet instrument on cherche & on furette tous les endroits de la serrure, afin de trouver celui par lequel on la peut ouvrir. Et ce mot, par sobriquet, est devenu un nom de famille. Il y en a en Italie une grande & illustre Maison du nom de Grimaldi. Le Prince de Monaco est de cette Maison. Il y a en Provence des Gentilshommes, & en Normandie des payfans, du nom de Grimaud. Et nous avons en Anjou une famille considérable du nom de Grimaudet, de laquelle étoit François Grimaudet, Avocat du Roi d'Angers, homme illustre, dont j'ai fait l'éloge dans mes Remarques sur la Vie de Pierre Ayrault, Lieutenant Criminel d'Angers, page 137. Mais ce mot Italien grimaldo n'a rien de commun pour la signification avec notre mot François grimaud, qui est le mot dont on appelle dans les Collèges les petits Ecoliers. Rabelais, 4. 48. Et dura ce cris plus d'un quart d'heure. Puis y accourut le Maître d'Eschole, avec tous les Pedagogues, Grimauds, & Escholiers. Et 2. 8. Mais par la bonté divine, la lumière & dignité a été de mon âge rendue et Lettres: & y voy tel amendement, que de présent a difficulté serois-je receu en la première classe des petits Grimaux. M. Richelet, dans son Dictionnaire au mot grimaud, pour autoriser l'usage de ce mot en cette signification, a cité cet endroit de la Sat. 4. de M. des Preaux: — Ses vers, d'épithetes enfles, Sont des moindres grimaux chez Ménage siffés. Il est très-faux que les Assemblées qui se font chez moi, soient remplies de grimaux. Elles sont remplies de gens de grand mérite dans les Lettres, de personnes de naissance, & de personnes constituées en dignité. Et ces vers n'ont pas dû être écrits par M. des Preaux: & ils pouvoient n'être pas allégués par M. Richelet. M. Furetiere dit que ce mot est dérivé par quelques-uns de Grammaticus. Mais l'analogie ne permet pas qu'on fasse grimaud de Grammaticus. On appelle grime dans les Collèges un grimaud. Et il est sans doute que grimaud est un augmentatif de grime. Grima, GRIMI. Grimaldus, GRIMAUD. Mais je ne puis dire d'où vient ce mot de grime en cette signification; si ce n'est qu'on ait voulu faire allusion par ce mot a celui de Grammaire. De grimo, on a fait le diminutif grimello : d'où le verbe grimellare, dont nous avons fait grime-ler. Et de ce diminutif grimello, on a fait grime-li-ble, diminutif de ce diminutif, dont nous avons fait GRIMELIN. M.
GRIMAUD. Dans le passage de Rabelais cité par M. Ménage, les grimaux étant mis immédiatement après les Pédagogues, & avant les Ecoliers, il y a de l'apparence que grimaud est proprement un Ecolier déjà un peu avancé, qui commence à rimer, c'est-à-dire, à faire des vers Grecs & La-tins, tant bien que mal. Ainsi grimaud pourroit bien venir de l'Italien rima, c'est-à-dire rime. Ri-me, rimand, grimaud, par la préposition du g, comme en grimoire, fait de rimoire, & en gre-nouille fait de ranuncula. La Confession de Sancy, livre 1. chap. 1. J'ay oui dire à la Broffe, que quand il étoit Régent de la Proisieme en Bourgogne, il eût fouetté ses grimaux, s'ils n'eussent mieux fait. Le passage montre que les écoliers qu'on traite de grimaux, ne sont pas ceux des dernières classes, mais ceux de la troisieme, où on commence à ri-mer en Grec & en Latin. Le Duchat.
GRIME. Voyez grimace, & grimaud. M.
GRIMOIRE. Nos nouveaux Dictionariistes définissent ce mot, Livre pour évoquer les Di-mons. M.
GRIMOIRE. Ce mot vient de l'Italien rima-rio, qui signifie proprement un livre de rimes, & auquel on a ajouté un g, comme dans grenouille, fait de ranuncula. Le Duchat.
GRIMPER. Henri Etienne le dérive de grime-ner. Je crois qu'il vient de repere. M.
GRIMPEREAU. Oiseau : ainsi appellé, dit Belon, parce qu'il grimpe & descend tout ainsi que sont les Pict-vers. Voyez Belon, livre VII. de la Nature des Oiseaux, chap. 17. & 31. M.
GRINGOLE. Voyez GARGOUILLE.
GRINGOTER. Fredonner en chantant. Mellin de Saint Gelais : Notre Picaire, un jour de feste, Chanteit un Agnus gringote, Tant qu'il pouvoit a pleine teste, Pensant d'Amette estre écouté. M.
GRINGOTER. Quelques-uns dérivent ce mot du Latin fringulaire. *
GRINSER. De rinxare, formé de ringe. Rin-go, rinxi, rinxare, rinsare, GRINSER. M.
GRINSER. Ou, comme on écrit aujourd'hui, GRINCE. Ce mot a de la ressemblance avec l'E-breu prn bharak, avec l'Arabe bharaka, & avec le Grec bhrzu, qui tous trois signifient grincer les dents. Il semble même que ces trois mots sont des onomatopées, parce que leur son exprime très-bien le grincement de dents. *
GRIOTES. Groffes cerises noires, à courte queue. Cerasia acida : quasi AIGRETTES, dit Nicot, après Robert Etienne. Les Médecins de Lyon, dans leur Histoire des Plantes, chapitre 8. dérivent aussi ce mot ab acere. Et cette étymologie est selon l'analogie. Atrium acri : ce mot se trouve dans les Gloves anciennes : Atrium, acriorum. Mais comme la plupart des griotes sont douces, quel-ques-uns doutent de cette étymologie, & dérivent griote d'arque : Atrium, agriorum, gristum, GRIOTE, comme qui diroit, cerise sauvage : acria-ricum. Mais comme les griotes ne sont point cerises sauvages, cette étymologie est encore moins recevable que la première. J'ai cru autrefois que les griotes avoient été ainsi appelées de cerasioa, augmentatif de cerasia, ces cerises étant les plus groffes de toutes les cerises Cerasia (ce mot se trouve pour cerasia), cerasioa, crassioa, racista, crista, griota, GRIOTES, par contraction : comme MOURRE, de mictura. Mais cette étymologie étant moins naturelle que la première, & y ayant des griotes aigres, je crois présentement que GRIOTE a été fait d'acriorum. Le Pere Monet a remarqué qu'en quelques lieux de France on dit agriotes. M.
GRIOTES. Le Traducteur du Traité de Obso-nits de Platine, livre 6. au chapitre des l'afres de crises & cerises de Pouletz : L'oucaine cerises aigres ou agriotes friches mettras de dans le paté. Et plus bas, livre 8. chapitre des Turtres de cerises ou griotes : Les cerises aigres, qui sont dites griotes, exos-ses, pileus au mortier. Dans le premier passage Platine avoit dit : Hac omnia cum cerasis acribus ac siccis ad quadragima misfeste. Et dans l'autre : Cerasia acria, qua vel merendas licet appellare, exosata in mortario contundito. Par où l'on voit que ce qu'autrefois on appelloit agriotes ou griotes, c'étoit proprement les cerises que nous appel-ions cerises aigres, & qu'on les a appelées de la sorte à caule de leur aigreur. Le Duchat.
GRIPER. C'est proprement rapiner. GRIP, c'est-à-dire, rapine. Ainsi on dit, Il vit de grip, c'est-à-dire, de rapine : & quand les Corfaires ar-ment pour aller piller sur mer, ils disent que c'est pour aller au Cap de grip. Nicot dérive ce mot griper, ou de grime, qui signifie un filet à prendre des poiffons, ou de grime, qui signifient pécheur, ou de grime, qui signifie une ancre de navire & le croc dont on accroche le bord d'un vaisseau en combattant, ou de grime, qui est celui qui a le nez aquilin, qui est un signe de rapacité. M. de Saumaire pag. 197. de Hellenistica, le dérive de grime. Grighten, Persicé est capere, Gracé grime, Germanice greffien, Belgice grijpen. Et dans son livre de Modo Ufurarum, page 333. grime pro plicari, proprié ; at per tralastum, pro cape-re. Unde Rappime?, avarus & tenax : & grime, ra-pax : ut plicar, & plicar significat, & mutato ac-centu vis plicar & histrionem. Persa, qui multa habent cum Gracis communia vocabula, griphtan pro capere & apprehendere usurpant, & pro captu-ta & apprehensione. Graci grime pro reti dicunt. Unde grime anigmata, & perplexa tortuosque dicta, more retis implicata & involuta, vel quod irretant eos qui ab his se non possunt expedire. Gri-pare etiam pro capere hinc bodique dicimus, & Germani Belgique grijpen. Barthius, livre XIII. de ses Adversaires, chapitre 4. dit que c'est un mot Alleman. GRYPER, GRYPIUR, Tyutonica, litteris & significatione. D'autres le dérivent de grise : & ce qui favorise cette opinion, grisen, en Haut-Alleman, signifie & griper, & les griffes d'un oi-fenu. D'autres le dérivent de grypes, qu'on a dit pour gripes. Servius sur cet endroit de l'Eglogue v. de Virgile, En quatuor aras, &c. Grypen, qua cum etiam terarum numero offendit : c'est ainsi qu'il faut lire en ce lieu de Servius, comme il paroît par cet autre lieu du même Grammairien, sur ces mots de l'Eglogue VIII. Jungentur jam Gryphes equis, &c. Gryphes autem, genus ferarum in Ety-pribereis naticum montibus, omiti parte lemes sunt, alis & facie aquilis similes, equis vehementer to-festi, Apellini consecrati. Et c'est aussi comme il est représenté dans le manuscrit de M. Sarrau, Con- feiller du Parlement de Paris, un des plus favans hommes de notre fêcle. Il y a dans les Imprimés, *Grippheanum*, *quod & terramnum numan offendit*. Dans Philippe de Commines, *grip* se prend pour une fêche de petit navire. *Ils ne se dontoient que de petits navires, comme gripe, dont il y en avoit plusieurs au port d'Albanie*. C'est au chap. 14. du liv. VIII. Et ensuite: *Et n'enf est le grip qui passa outre, dont le Patron estoit Albanais*. Je crois que ce vaissieu a été ainsi nommé de griper, comme brigandin de brigandier. On dit en Normandie, c'est sa gripe, pour dire, c'est sa manie : il en est infaune. M.
GRIPESOU. On appelle ainsi à Paris ceux qui reçoivent les rentes sur la Ville pour les Rentiers, parce que les Rentiers leur donnent un fou par livre. M.
GRIPPEMINAUD. Chef de la Justice *Grippeminaudiere*, au liv. 5. de Rabelais, ch. 12. 13. & 14. Homme qui avec toutes ses feintes & ses minauderies ne laisse pas de griper quand il peut. Dans l'édition de 1542. liv. 1. ch. 26. on donne *Grippeminaud* pour chef aux avanturiers, parce que cette milice ne recevant point de solde, devoit-être & étoit en effet fort pillarde. *Le Duchat*.
GRIS. Je crois que c'est un mot de la Langue *Tioise*. Et bien que les Allemands disent *gri*, je pense pourtant qu'ils disoient anciennement *glis*; dont depuis on fit *gris*, par le changement de la lettre *l en r*, assez ordinaire aux Langues. Dans un ancien Fragment d'Histoire, intitulé *Historia de Frambus Conscriptus*; qui se voit dans le 2. volume *Rerum Allemanicarum* de Golds, il est dit, parlant de quelques prêens faits aux Moines de S. Gal: *Quibusdam autem palliata viridia cum camissibus seu glicis donavit*. Auquel lieu *glicum*, ou *glicus*, est, à mon avis, l'étoite grise dont on fait les chemis des Moines. Et plus bas: *Mensaeque omnes operimentis mandavis gliciis vestiri*: qui dovolent être des napes ou des tapis de couleur grise. *Cafeneuve*.