HAMEAU. Lat. *Viculus*. Bourdelot le dérive de *aqua* *simul* : parce que c'est un amas de diverses maisons. Le P. Menestrier, dans sa Méthode du Blafon, page 11. le dérive du Flaman *hamme* : AMYDE, ou HAMEYDE, est encore une barrière en Flaman, où les maisons de bois traversées se nomment *hamme* : d'où vient le nom de *hameau*, à cause des maisons de village, bâties de cette sorte, & 8 HAM. HAN. des barrières dont les chemins font fermés en Suisse et en Allemagne sur les avenues de ces hameaux. Il vient de hamel, diminutif de ham, qui signifie une boucade : témoin ces mots Anglois, Bucking- ham, W'alsingham, Nottingham. De hamel, on a fait hamelette, ou hamlette, qui se trouve dans une Ordonnance Françoise d'Edouard I. Roi d'An- gleterre, rapporté par Spelman dans son Glossaire, où je renvoye mes Lecteurs, & au mot ham du même Glossaire. Dans le Boulenois, la plupart des villages se terminent en ham, que les Picards pro- noncent hem. Ardinghem, Bessinghem, Eschinghem, Odinghem. Les Allemands disent heim. Openheim, Popenheim. ¶ Hameau est aspiré. M.
HAMEÇON. D'hamicione, ablatif d'hami- cio, dérivatif de hamus. Hamus, hami, hamicio: hamicio, hamicionis, hamicione, HAMEÇON. M.
HAMEYDE. Voyez hameau. M. HAMPE de hallebarde. Aspiré. C'est le man- che d'une hallebarde. L'ancien mot étoit hante. Et ce mot étoit encore en usage du tems de M. de Vaugelas, comme M. de Vaugelas le témoigne dans ses Remarques sur la Langue Françoise. Au- jourd'hui il est tout-à-fait hors d'usage. Mais il n'est pas ici question de son usage; il est question de son étymologie. J'ai remarqué dans la première édition de ces Origines de la Langue Françoise, que quelques-uns dérivoient hante de l'Alleman handhabe (a), qui signifie toute sorte de bâton, soit de fourche, de hallebarde, de mail, ou de marteau; & qui est composé de hand, qui signifie main, & de habe, qui signifie avoir, manier, & qu'on tient dérivé du Latin habere. Et M. de Cafe- neuve a écrit dans ses Origines Françoises, que comme nous avons fait manche de main, nous avons fait HANTI de hant, qui dans la Langue Tioise signifie main : comme il paroît par ces en- droits du Glossaire du Moine Kéron : Manu, HEN- TI : manuum, HENTEO : manibus, HANTUM. Cette étymologie est assez raisonnable. Et je la préfère présentement à celle que j'ai su vie dans mes Ob- servations sur la Langue Françoise, & dans la première édition de mes Origines de la Langue Françoise : qui est, que hante avoit été fait d'ami- re, ablatif d'amet amitis, dit par les Latins dans la signification d'une perche. ¶ Bourdelot, dans ses Origines Françoises Manuscrites, dérivoit ham- pe de l'ancien François henepée, qui signifie, dit-il, un manche, ou une poignée. Et pour prouver cette signification, il cite ce vers de Huon de Villeneuve : Ne de biens pareis une grant henepée. M. HANAP : aspiré. Lat. patera. Froissart ufe de ce mot : & il se trouve plus d'une fois dans l'in- ventaire des Meubles de Charles V. ce qui fait voir qu'il est ancien en notre Langue. M. de Va- lois le Jeune le dérive de hannipa, fondé sur ce passage de Volfangus, Auteur assez ancien : Vas, quod hannipa nominantur, quo mixtio agebatur, inter manus propinantium ita exinantium est. C'est au livre 3. des Miracles de Sainte Valpurge. Il y a dans un Manuscrit, hanniba. Dans le petit Dic- (a) Ce mot signifie proprement une poignée, une anie, & toute chose ou la main se prend pour enlever ce qui ne peut être commodément manié que par-là. Le D. tionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe; Scyphus est interprété henap : ce qui confirme la leçon des Imprimés. ¶ hein nap, en Alleman, si- gnifie une écuelle à oreilles. M.
HANAP, vient du Saxon hnap, calix, patera. C'est nap qui signifie en Alleman une écuelle à oreilles, & qui vient apparemment du Saxon hnap. M. Ménage a pris le pronom Alleman ein un, pour un mot qu'il a mal-à-propos aspiré, dans la créance que hein-nap devoit être quelque composé de hein & de nap. Or hein n'est pas un mot Alleman. Le Duchat.
HANCHE. Aspiré. Lat. cuxa. Du Latin-bar- bare anca : d'où les Italiens & les Espagnols ont auffi fait anca; & qui a été fait d'æx, qu'on a dit pour æxus. L'æx se trouve en cette signification de hanche dans Eustathius sur l'Iliade. vert. 215. μωϋ, u ραχματημια ϋτη, lω u ϋη ραχματη ϋηωα ΛΝΣΑΝ φωϋ. Eustathius fait encore mention du même mot sur l'Iliade de 4, vers 216. M.
HANCHE. Rabanus Maurus, dans ses Glosses Latino-barbares : Ilia, Lancha. L. S'étant perdué, de lancha on a fait hanche : comme de lazward, s'est fait acur; & comme de lynx on a fait ance. Huet.
HANCHE. Je dérive le François hanche, & le Latin-barbare anca, de l'Alleman anke, qui entre plusieurs significations a aussi celle-là. Voyez Wachter Glossar. German. au mot anke. Au reste je ne comprends pas ce que veut dire M. Ménage lorsqu'il avance qu'Eustathius sur Homère emploie le mot æx dans la signification de hanche; puis- qu'au contraire ce Commentateur le rapporte com- me un synonyme de ραχματημια, qui est la même chose que le gras de jambe, appellé μωϋ par Homé- re : ce qui est bien différent de la hanche, dont il s'agit ici.
HANEBANE. Aspiré. Plante, appelée au- trement jusquiame. Voyez jusquiame. Nicot : HA- NEBANE est une espèce d'herbe, que les Herboristes appellent altercum & hyosciamus : laquelle est poi- son aux poules : de forte que si le grain qui leur est donné à manger, en est frotté, elles meurent. L'An- glois dit henbene, qui signifie poison aux gelines, ou mort à gelines. Et s'il est tiré de-la, il faut écri- re henbene, ou henbane. Je ne doute point qu'il n'en soit tiré. Mais les Anglois écrivent henbane, qui est un mot composé de hen, qui signifie poule, & de bane, qui signifie poison. La hanebane est une herbe très-venimeuse, & qui pour cela, a été appellée par les Espagnols veleno; soit du mot La- tin venenum, ou du mot Grec subit, qui dans la Perside, selon le témoignage d'Aristote dans son livre des Plantes, signifioit un poison avec le- quel on empoisonnait les fléches. Et comme les Espagnols appellent aussi la hanebane, yerva del Balleferro (c'est-à-dire, herbe d'Arbalestrier), par- ce qu'elle sert au même usage; Bonaventura Vul- canius, dans ses Notes sur les Glosses Anciennes, page 89, a suivi cette étymologie. Eien au chapi- tre 7. du livre 1. de son Histoire Diverse, a aussi remarqué que les sangliers qui ont raté de la ha- nebane, tombent en convulsion. Mais ce qui ne fait pas peu à notre sujet, c'est ce que Bonaventura Vulcanius a écrit au lieu allégué, qu'aient pi- qué la crête d'un coc d'une aiguille frotée de hane- bane, le coc fit dans le même moment un faut en l'air, & tomba mort. M.
HANETON. Aspiré. Lat. scarabus arboreus. Gr. μακλώνα. De tabanus, de cette manière : taban- nus. H A P. H A Q.
HAPELOPIN. Paraîste : qui hape des lopins. M.
HAPELOURDE. Ce mot se dit de ceux qui paroissent être quelque chose, & qui ne sont rien. On appelle aussi de la sorte un diamant d'Alençon. M.
HAPELOURDE. Ce mot est composé de haper, & de lourd, pris dans le sens de lourdaut, de sot; parce que ces sortes de faux diamans, & les autres choses qui ont belle apparence & peu de valeur, prennent & trompent les sots. Voyez haper.
HAPER. De harpagare : ou de àymâcon, selon Périon; bien que Nicot ne soit pas de cet avis. Ce mot signifie accrocher, & prendre avec violence. Ainsi dans la Somme Rural de Boutillier, Saïsme de happée est quand on se saisit du bien d'autrui par force. Mais je crois qu'il vient de haper, qui en Langue Tioise devoit signifier prendre, puisque dans la Loi des Bajuvariens, tit. 10. hapich signifie capir. Car parlant d'un Faucon, ou Autour, il y est dit : De eo qui dicitur ganshapich, qui anferes capir. Et en un autre endroit, anethapich est celui qui prend les canards. Et dans la même Loi, tit. 10. canis hapichbum, est celui que la Loi des Frisons, tit. 4. appelle canis acceptoricus : car hunt, en Alleman, signifie chien. Caseneuve.
HAPER. Périon & M. Lancelot le dérivent de àymâcon. Bourdelot le dérive de l'ancien mot Latin aperre : d'où aprus, & adspisci. Il pourroit venir de capere. M.
HAPER. L'étymologie de M. Ménage a quelque vraisemblance : mais je préfère celle qui dérive ce mot de l'Alleman happen, qui signifie la même chose.
HAPLE. Aspiré. Vieux mot inusité, qui signifioit un devidoir. Le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe : ALABRUM. Haple, instrument, pertinent à femme, pour filer, desvider : eschancourt, desvideour. Il peut avoir été formé de ce mot alabrum, de cette manière : Alabrum, abrum, ablum, aplum, APLE, HAPLE. Ou plutôt de l'Alleman haffpel. Mathias Martinius, au mot hapfus : HAPSUS LANÆ, est portio lana coherentis. Et Germanis nata vox est. Kiliamus in Dictionario : Haff, hapf : vellus lanæ, & fila congregata, & ex alabro deposita, antequam glomerentur. Vulgo haffum, hapfum. Inde etiam haffe, & haffpel, rhombus, girgillus. M.
HAQUEBUTE, aspiré. C'est ainsi que nous appelions anciennement une arquebufe. Rabelais, 1. 44. A tous faisoit laisser leurs piques, espées, lance, & haquebutes. Marot, dans l'épigramme ci-dessus transcrit au mot guigner : J'en croy tous les Haquebutiers. M.
HAQUEBUTE. C'est proprement une arquebufe à croc, un double moufquet : & c'est ce qu'emporte ce vieux mot, qui n'est qu'une corruption de l'Alleman haken-buchse, composé de hake croc, & de buchse, qui signifie boite. Le Duchat.
HAQUENE. Puisque le verbe embler, qui exprime le pas & le train d'une haquene, est formé d'ambulare comme je l'ai fait voir en son lieu ; on peut aussi, par une transposition de quelques lettres assez ordinaire aux Langues, avoir formé haquene de l'ancien verbe Tiois anakau, qui signifie incedere, ambulare. Le Glossaire du Moine Kéron : Incedunt, anakane. Il se trouve dans le même Glossaire quelques autres infléxions de ce verbe ; comme, ambulans, kanganti, ambulantes, kangante, &c. Caseneuve.
HAQUENE, aspiré. Lat. equus gradarius. Le P. Labbe croit qu'on a dit haquene, au lieu de traquene, fait dit-il, par onomatopee, de même que traquenard. M. de Caseneuve le dérive d'anakan, mot Tiois, signifiant incedere, ambulare. Voyez sa Note. Elle est curieuse. D'autres le dérivent du Flaman hackeney, ou de l'Anglois hacney. Mais c'est au contraire le Flaman hackeney, & l'Anglois hacney, qui viennent du François haquene. Et le François haquene vient de Latin-Barbare hakinea, formé d'equus, de cette manière : equus, akus, akinus, akineus, akinea, HAQUENE. Au lieu d'akinea, on a dit kinea, par l'aphèrese : d'où l'Itaien chinea. D'akus, on a fait le diminutif akirus : dont nous avons fait HAQUET, qui se trouve dans nos vieux Auteurs pour un petit cheval : iemagou. Coquillard, dans le Monologue du Puis : Sus fus, allez vous-en Jaquet : Et pensez le petit haquet : Et luy faites bien la litiere. Nous avons fait de même HAQUE, d'haca. Haque, pour jument, se trouve : témoin le proverbe : Vin, qui est : Clerc, qui sçait : Haque, qui va. Entendez la Note. Le vin ne vaut rien : Le Clerc ne fait rien : La Haquene trote. D'ako, on a fait aussi éque, pour éque. Voyez éque ci-dessus. Les Arragonois, selon le témoignage de Nicot, au lieu de haca, disent faca, par le changement ordinaire de l'H en F. Et comme d'equus, on a dit equuleus : ce mot, pour petit cheval, se trouve dans les Glosses anciennes : de faca, on a fait facana : & ensuite, facana, mot qui est en usage parmi les Caillans. De facana, on a dit fana, par contraction : d'où, avec l'article Arabe al, les Espagnols ont fait alfana, pour une cavalle. Et les Italiens ont ensuite emprunté ce mot des Espagnols. L'Arioste, dans le second de son Furioso : Gradaffo avea una alfana la piu bella, E la miglior, che mai portasse sella. Et par-là il paroît, qu'Oudin & le Franciosin, qui ont dit qu'Alfana, dans l'Arioste, n'étoit pas un nom générique, mais un nom propre de Cavalle, se sont mépris. Les Italiens, au lieu d'alfana, ont dit buccalfana, pour une grande vilaine jument maigre. La Cruisa : BUSCALFANA. Bessia, grande, e magra : che anche diciamo, alfana : detto per ischerzo : Franco Sacchetti : Aveva accattato un cavalaccio, di quegli della tinta di Borgonissanti, che era una buccalfana, che parea la fame. Ce qui détruit la pensée du P. Bertet, que buccalfana avoit été fait de bucephalus. Bucéphal étoit un cheval fringant. On dit sec comme du bois : ce qui pourroit donner sujet de croire que buccalfana auroit été fait de bofco, & d'alfana. Il me reste à faire part ici à mes Lecteurs de cette belle épigramme que M. le Chevalier de Cailly a faite sur mon étymologie d'alfana. ALFANA vient d'equus sans doute. Mais il faut avouer aussi, Qu'en venant de-là jusqu'icy, Il a bien changé sur la route. M.
HAQUENÉ. Malgré toute l'érudition qu'employé ici M. Ménage, il n'y a guère d'apparence que haquenée vienne du Latin equus : mais il semble plutôt venir de bacnai, mot Breton, qui signifie equus gradarius, selon Boxhorn, dans son Lexicon de l'ancienne Langue Bretone. Hacnai ressemble fort au Teutonique naky ou hnaky, qui signifie equus ; & peut-être en a-t-il été formé par transposition de lettres. S'il est vrai que le François haquenée vient de bacnai, le Flaman hackney & l'Anglois en viennent pareillement, & non pas du mot François, comme dit M. Ménage. Voyez Wachtner, dans son Glossarium Germanicum, au mot nack.
HAQUET. Aspiré. Charrette qui n'a point de ridelles, & qui fait la bascule ; qui sert à porter du vin, &c. De vehicum. Vehicum, vehicestum, veceetum, vaceetum, hacetum, HAQUET. ¶ Dans la signification de cheval, il vient d'equus. Voyez haquenée. M.
HARAN. Le changement de la lettre l'en r est assez ordinaire dans la Langue Françoise : par exemple, d'ulmus on a fait orme ; de lufciniola, roffignol ; & ainsi du reste. Ce qui donne lieu de croire que de halec on a fait haran, qu'en Languedoc on appelle harenc. Dans les anciennes Constitutions de l'Abbaye de Fleury, qui sont dans le livre intitulé, Bibliotheca Floriacensis, les harenc sont appelés aremia, parce qu'étant séchés ils deviennent arides. Cafeneuve.
HARAN. Aspiré. Poisson. De l'Alleman haring, qui signifie la même chose. Haring, hareng, HARAN. Aremia, pour haran, se trouve dans les anciens Statuts de S. Benoît sur Loire. L'Alleman haring a été fait du Latin halec : & le Latin halec, du Grec àx mare. Dx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx, àx
HARANGUE. Comme c'est un discours prononcé avec contention de voix, je ne sais si ce mot n'a point été formé de l'ancien mot Trois haran, qui signifie crier. Le Glossaire de Karon : Clamat, haret : clamamus, haremees. Cafeneuve.
HARANGUE. Lat. Oratio habita in publica. De l'Italien aringa, qui signifie la même chose, & qui, selon M. Ferrari, a été fait d'arringo, qui signifie jouste, & le lieu où l'on jouste : mot formé d'arena. Arena, arenticum, arinicum, arincum, ARINGO. Ita nunc rengate, & arengate, sententiis, orationibus, in Foro, Comitio, & Senatu, contendere : & fuggellus, sive pulpitum, renga, & aringo, & ringhiera, appellatur. Ce sont les termes de M. Ferrari. M.
HARANGUE. Je crois bien que harangue a été fait de l'Italien aringa, en ajoutant l'aspiration, de même que haranguer d'arengare. Mais aringa ne vient nullement du Latin arena, comme veut Ferrari, qui donne presque toujours des Origines Latines à des mots visiblement dérivés des Langues Septentrionales. Aringa a été fait de l'Alleman ring, qui signifie un cercle, un anneau, une couronne, un lieu clos, & ensuite une assemblée, un auditoire, &c. Et on a attribué au discours le nom du lien où il se fait ; comme en Latin le mot concio, signifie assemblée & discours. M. le Duchat, dit que les harangues ont peut-être été appelées de la sorte, parce qu'elles sont des discours arrangés, & il cite le Vocabulaire de Droit, imprimé in-8°, à Paris, en 1538. où on lit : Arenga est apta & concors verborum sententia, qua ponitur post salutationem in privilegis arduorum negotiorum. Dans ce cas-là, harangue viendra toujours de l'Alleman ring, d'où a été formé notre mot rang, & ensuite arranger.
HARAS. C'est le troupeau de jumens qu'on nourrit pour la production des chevaux. J'ai déjà fait voir sur le mot étalon, qui est le cheval qu'on nourrit pour faillir les jumens du haras ; que ce mot est formé de ftallum, qui signifie une étable ; parce que l'étalon y est tenu en repos pour avoir plus de force & de vigueur : comme qui diroit ftallo ftallonis ; c'est-à-dire, un cheval qui ne sort point de l'étable. Et je crois qu'on pourroit aussi dériver haras de hara, qui signifie une étable. Car encore que ce mot se dise ordinairement d'une étable de pourceaux, il ne laisse pas d'être souvent pris pour une étable d'autres animaux. Donat, sur le Phormion de Térence : Hara est in qua pecora includuntur. Et même dans Varron, de Re Ruffica, liv. 3. chap. 10. & dans Columelle, liv. 8. chap. 14. il est pris pour une étable d'oisons. De sorte, que dans le déclin & la corruption de la Langue Latine, il pourroit aussi avoir été pris pour une étable de Jumens. Cafeneuve.
HARAS. Lat. equorum grex. Du Latin-Barbare haracium, qui se trouve en cette signification dans un nombre infini d'endroits allégués par Spelman & par M. du Gange, dans leurs Glossaires. Je ne sais pas d'où vient haracium. M. du Cange croyait qu'il venoit, ou du Latin hara, ou de l'Italien racza. Voyez sa Note. Je ne le crois pas. M.
HARAS. Suppose que haras vienne du Latin-barbare haracium, il s'agira toujours de savoir d'où vient ce dernier mot. Si on ne veut pas le dériver du Latin hara, on pourra le dériver de l'Alleman beer ou her, qui signifie entre autres choses une troupe, soit d'hommes, soit d'animaux.
HARASSER. M. Lancelot le dérive d'āpāurē, pulsare. M.
HARCELER. Je dérive ce mot de l'Alleman harke, qui signifie râteau. Harceler quelqu'un, c'est comme le piquer avec les dents d'un râteau.
HARD, HAR & HART. C'est la corde dont on étrangle ceux qu'on pend. Jean de Meun, au Roman de la Rose : Quel guerredon peut-il attendre, Fors la hart à lui mener pendre. Froissart, vol. 1. chap. 110. Si défendis le Comte sur la hart, que nul ne s'est mal à ceux de la Rie, il signifie aussi le lien avec lequel on attache les fagots. Robert Etienne, en son Dictionnaire : Har, ou harcelle, est le lien de jeune bois ; duquel, après qu'il est fors, on lie bien serrement un fagot ou bourrée : & semble que quelquefois on en ait effrangelé les malfaissieurs. Il pourroit bien être formé d'arifare, qui signifie serrer : de même que guinjal, qui signifie la même chose en Languedoc, pourroit aussi avoir été fait de vincire, qui signifie lier ; comme qui diroit vinjal. Cafeneuve.
HARD. Pontus de Tyard, dans son de Reita nominum Impositione, page 17. le dérive d'āyā, suspendo : Ab āyā, suspendo, vel āyā, laqueus, B ij fit Gallicum har, ou hart; id est, vinculum, quo fur- res suspenduntur & strangulantur. Dans un Titre de 1144. harda se prend pour des liens. Encore aujourd- 'qui en plusieurs lieux de Champagne, on appelle un lien de fagot qui se fait à la courant, la harr d'un fagot. Ce sont les termes de Pierre Pithou, sur le Titre VII. de la Coutume de Champagne. On dit, sur peine de la harr, pour dire, sur peine de la cor- de. Ce qui donne sujet de croire qu'on s'est servi autrefois de rameaux d'arbre, ou de branches d'arbustes, pour étrangler. Et cette pensée est con- firmée par cette ancienne inscription, alléguée par Guillaume Fournier, au chap. 10. du liv. 3. de ses Sélections : Hic stigmata Alta liberta Scripta sunt, veneraria, perfida, dolosa, duri petioris, & confirm sparским, unde sibi collum alliges, &c. ¶ Voyez Bodin, dans sa Méthode, chap. 9. ¶ Robert Etien- ne, dans son Dictionnaire François : HAR, ou HARCELLE, est le lien de jeune bois, duquel, après qu'il est tors, on lie bien serrement un fagot, ou bour- res : vinculum. Et semble que quelquefois on ait étranglé les malfaiteurs. Nicot : HAR, ou HARD, est aussi appellé le cordon duquel les malfaiteurs con- damnez à être pendus, sont étranglez. Selon ce, on dit, ils se sont rendus la harr au col. De dire que ce verbe François vienne de ce verbe Grec depuis, qui si- gnifie aussi l'ence & capio, parce que par la hard les brins des fagots sont liez ensemble, & que nous les prenons par la hard; il n'y a point de raison. Et non guère plus, de le tirer de ces autre verbe Grec, do, qui signifie lever en haut : ce qui seroit plus ap- proprié, quand il signifie le cordeau cy-dessus, que quand il est prins pour le lien de fagots; bien que tel, trousseaux de menus bois soient prins par la harr pour être levez de terre : car la hard est dite, parce qu'elle éteint & serre : de qu'y est venu, que le me- me bagage qu'on trouve avec corde pour transporter ca & la, est appellé au pluriel hardes : car harde au singulier vient d'ailleurs, & signifie autre chose. M. de Caseneuve dit qu'il pourroit être formé d'arbare : de même que guinfal, mot Languedo- cien qui signifie la même chose, pourroit aussi être formé de vincire; comme qui diroit vinfal. Cette étymologie touchant le mot de hard, me semble assez naturelle. Arclare, arclum, arctum, HARD, ou HART. M.
HARDE. Terme de Venerie : pour dire, une troupe de Cerfs. Il vient de l'ancien mot Tiois har- do, qui signifie beaucoup, & trop. Le Glossaire que Lipse a inféré dans le troisième livre de ses Epières ad Belgas : Hardo, valde nimis. Car c'est de-là qu'on doit avoir formé harde : de la même façon qu'en Latin on a fait multitudo, de multum, & en François, troupe, de trop. Caseneuve. HARDE de cerf. Aspiré. Les Anglois disent herd, pour dire on troupeau de bêtes à cornes ou à laine. M. de Caseneuve dérive le François de l'ancien mot Tiois hardo, qui signifie beaucoup, trop, & qui se trouve dans le Dictionnaire de Lip- se, inféré dans la 44. Lettre de la 3. Centurie de ses Lettres ad Belgas. Il ajoute, qu'on a fait harde de ce mot Tiois, de la même façon qu'on a fait en Latin multitudo de multum, & en François troupe, de trop. M.
HARDE. Troupe de cerfs. Puisque les Anglois appellent herd un troupeau de bêtes à cornes ou à laine, n'est-il pas tout naturel de dériver de-là notre mot harde, ou de l'Alleman herde, qui signi- fie la même chose; sans aller chercher une autre étymologie. *
HARDEAU. Charles des Bouvelles, au mot hard, explique HARDEAU, par puer mala indolis. Ce qui ne s'accorde pas avec cet endroit de Rabe- lais, 3. 41. Il est un fils, nommé Tenot Dendin, grand hardeau, & galant homme. N'l avec celui-ci du petit Dictionnaire publié par le P. Labbe : ARDELIO, hardieux, ou lechour. Je crois pourtant que ce mot de l'ardeau a été fait de celui d'ardelio : Ardelio, ardelus, ARDEL, HARDEAU. Dans les Glosses anciennes, ardelio, est interprété par wawonjunt. M.
HARDEAU. Je dérive hardeau de hard, dans la signification de branches d'arbre; & ce mot défi- gne un jeune homme, entant qu'il est une branche du tronc paternel, & qu'il est encore pliable au bien & au mal, comme les hards ces petites bran- ches vertes qu'on plie & tortille comme on veut. Quand Rabelais dit que Tenot Dendin, qu'il appelle grand hardeau, étoit galant homme, il parle par ironie, comme les paroles d'enfuite le font voir; & c'est à quoi M. Ménage n'a pas pris garde. Le Duchat.
HARDER. Du mot hardes. C'étoit originaire- ment troquer hardes contre hardes. Depuis, on s'est servi de ce mot pour exprimer l'échange de toutes les choses mobilières. Voyez hardes. M.
HARDES. Tout l'équipage d'une personne; habits, linge, valise, &c. Je ne sais d'où vient ce mot. Borel le dérive de celui de hard, en la signi- fication de lien; parce qu'on lie ensemble les har- des : qui est une étymologie qu'il a pris de Nicot. Voyez ci-dessus le mot hard. M.
HARDES. Si, comme le veut M. Ménage, nous avons fait fardeau de fortellus, fait de fortus, nous pouvons avoir fait harde de forta, par le chan- gement de l'y en h, ordinaire dans notre Langue; puisque ce qu'on appelle les hardes d'une perfon- ne, c'est, comme le remarque fort bien M. Méné- age, tout l'équipage (ou le fardeau) d'une perfon- ne, habits, linge, valise, &c. La Légende dorée, édit. de 1476. ch. 31. de la Septuagésime : Et aussi comme ils travailloient encore à roqueillir leurs cho- ses, & en apporter leurs fardelles. Ici fardelles est pris pour hardes; & je crois que les hardes ont été nommées de la forte, parce que c'est proprement de ce que nous appellons hardes, qu'un voyageur composé le fardeau qu'il charge à son cou. La Duchat.
HARDI. De l'ancien Tiois harr, ou hert, qui signifie dur. Le Glossaire du Moine Kéron : Dura, hertin : duros, herten. Goropius, liv. 1. de ses Ori- gines d'Anvers : Hart durum significat-(a), vel com qui est habet & duritiem ad bellum. Aussi les hom- mes vaillans & hardis ont été appelés duri par les Auteurs de la dernière Latinité; & duri, par nos anciens François. Matthieu Paris, en la Vie de Henei III. Impetus militum duorum & Martiorum sufinere non prevalens. Proiffart, vol. 1. chap. 160. Trois cens armeures de tous les plus appertis & hardis, duri & entreprenans. Ils ont aussi été appelés indu- rati; & en François adorés. Orderic Vital, liv. 12. de son Histoire Ecclésiastique : Caterium indurati bellatores animos & vires resumpterunt. Le Roman de Guillaume au court nez : Looys vient & ses riches Barnés, (a) Canut II. Roi d'Angleterre, fut surnommé hardi par ses sujets Anglois, de l'Anglo-Saxon harr, qui répond au François dur, & dont nous avons fait hardi, par la raison qu'en donne ici Goropius. Voyez Rapin, Histoire d'Angleterre, 1734. tome 1, page 410. Le D. La Prix de France de Vassaux adurés. Caseneuve.
HARD. Ašpiré. De l'Italien ardite. J'ai écrit dans mes Origines de la Langue Italienne, que l'Italien ardite venoit d'andere. Andere, andere, aldire, ardire : ou du Saxon hard, qui signifie cœur. Je crois maintenant, avec M. de Caseneuve, que le François hardi & l'Italien ardite, viennent de l'ancien Tiois hart, ou her, qui signifient dur, comme il paroît par cet endroit du Moine Kéron : DURA, berien : DUBOS, herteen. Et à ce propos, M. de Caseneuve remarque très-véritablement, que les hommes vaillans & hardis ont été appelés duri par les Ecrivains de la Baise-Latinité ; & duri, par nos anciens Ecrivains François. Voyez sa Note. M.
HARD. Wachter, dans son Glosarium Germanicum, au mot hart, après avoir rapporté différentes significations de ce mot, qui toutes viennent de celle dur, comme de la primitive, parle ainsi à la pag. 670. HART, audax. Cambris hydr non folium fortum & strenum, sed etiam audacem significat. Et sic in aliis quoque linguis fieri soler, ut fortis & audax communis habeant vocabula. Nec id prater rationem. Nam audax est ipse fortis, quatenus modum excedit in aggredienis periculis. Hinc quando Galli & Itali dicunt, hardi & ardite audax, hardiment audaller, hardiesse audacia, ardite andere ; hoc ex Germanico fonte habent, non ab addendo, aut aliunde. Voyez le reste de ce que dit le même Auteur, sur le mot hart.
HARD. Monnoye de Guienne. Voyez M. le Blanc, dans son Traité Historique des Monnoyes, pag. 306. M.
HARDOUIN. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie vaillant guerrier, ou hardi guerrier. Il est composé de hart, qui veut dire vaillant, hardi ; & de veine, guerrier, combattant. Hardouin, en l'interprétant hardi guerrier, signifie précisément la même chose que Baudouin. Voyez ce mot ci-dessus. Le mot hart, en la signification de vaillant, convient pour le son & pour le sens avec le Grec caprojoe ; car les lettres H & E se mettent facilement l'une pour l'autre : & il entre dans la composition de plusieurs autres noms d'origine Teutonique, comme Ardabure, Bernard, Gerard. Voyez-les ci-dessus, & particulièrement Ardabure.
HAREILLE. On a ainsi appelé une sedition arrivée à Rouen sous le règne de Charles VI comme il se voit par une vieille Chronique, intitulée La seconde Partie du Rôfier de France, qui m'a été communiquée par Messieurs du Puy : ou, après le discours des Maillotins de Paris, l'Auteur ajoute : Et quand ceux de Rouen s'ennuient ce qui étoit avec aux habitants de Paris, pourceque pareillement ils avaient fait commotion contre les Officiers Royaux, que l'on appelle LA HAREILLE, ils envoyèrent vers le Roy requérir miséricorde. Parquoy le Roy envoya à Rouen Messieurs Jean de Vienne, Admiral de France, qui en fit executer aucuns : & après, leur pardonna la peine criminelle, qui fut convertie en civile : dont grandes finances furent levées. Juvénal des Urfins, dans l'Histoire de Charles VI en 1381, à la page 11, parle de cette sedition, lorsqu'il dit que ceux de Rouen firent leur Chef, comme Roy, un Marchand de draps, qu'on nommoit le Gras, pource qu'il estoit gros & gras ; & le mirent sur un chariot, en maniere de Roy, voulust ou non. Voyez le Catholicon, page 16, de l'édition de Ratisbonne, c'est-à-dire, de Hollande. Le nom de Harel est un nom assez commun dans la Province de Normandie : ce qui donne sujet de croire que ce Marchand s'appelloit de la sorte, & que de son nom on appelle HAREILLE cette sedition. M.
HAREILLE. Ce mot harelle est un diminutif de l'Alleman beer, qui entre autres choses, signifie armée. Les Bretons appelloient ainsi dans le douzième Siècle harelle, c'est-à-dire, petite armée, l'armée de l'Evêque de Nantes, dans les guerres de ce Prélat, pour la distinguer de l'armée du Duc. Voyez Lobineau, Histoire de Bretagne, tom. 1. pag. 104. Ainsi dans ce vers de Villon, fol. m. 31. Haro, haro, le grand & le mineur. Haro le grand, c'est proprement l'armée du Prince ; & haro le mineur, c'est la harelle ou petite armée, en tant que composée des seuls habitants du pays. C'étoit une espèce d'arrièreban, convoqué par autorité privée, au lieu que l'armée du Prince l'étoit par une légitime clameur de haro. Harelle est proprement une cohue. A la page 8, du tom. 4, des Mémoires de la Ligue, les Ligueurs sont traités de harelle & de maillotinerie, c'est-à-dire, de cohue, semblable à celle des Maillotins de Paris, en 1413. Anciennement les Rois de France avaient deux sortes de troupes ; les unes réglées, qui composaient le grand Haro ou l'armée Royale ; les autres de milices, ou des communes des Villes. Celles-ci composaient Haro le mineur, comme parle Villon, & c'étoit la harelle. Le Duchat.
HARELEURRIER. Celousima venatorium : venatorium hortamentum. Je crois qu'on a dit harellevrier, pour ha levrier. M. HARER les chiens après le loup. Lat. instigare canes. Je crois qu'on a dit harer, pour haler ; & qu'haler a été fait d'agulare, diminutif d'agere. Voyez haler un bateau, & houlette. M.
HARFLEUR. Voyez HONFLEUR. Le Duchat.
HARGNEUX. Ašpiré. Nicot : HARGNEUX, ou HERGNEUX : car il semble qu'il vient de herniofus : herniof enim sunt admodum moros, ob acrem dolorem quo sape cruciantur. Cette étymologie est assez vraisemblable. M.
HARICOT. Ašpiré. De faba. Faba, fabarius, fabariens, fabariens, faricatus, haricot : par le changement ordinaire de l'F en H : comme en hors, de foris ; en habier, de fabulari, &c. Voyez mon Discours du Changement des Lettres. Les haricots sont des feves de diverses couleurs : d'où elles ont été appelées feves peintes par les Botanistes. M.
HARIDELLE. Ašpiré. Méchant cheval maigre. Peut-être d'aridella, en sous-entendant equa. Aridus a été dit, non-feulement de la chose, mais de la personne. Dans les Priapées : Uvis aridier puella paffis. M.
HARIDELLE. Ce mot vient peut-être aussi de veredella, diminutif de vereda, féminin de veredus, qui signifie un cheval de poste. L'v consomme aura été changé en H, comme dans bucher, fait de vocare. Le Duchat.
HARLEQUIN. Nom de Comédien. Sous le règne de Henri III. Il vint à Paris une Troupe de Comédiens Italiens, parmi lesquels il y avoit un jeune homme fort dispos, qui hantoit chez M. de Harlay de Chanvalon : d'où il fut appelé par ses compagnons Harlequino : à la mode des Italiens, qui donnent souvent le nom des Maîtres aux Vaits, & celui des Patrons aux Clients. J'ai ou dire cette particularité à M. Guyet, qui m'a dit l'avoir apprise de Harlequin même, au second voyage qu'il fit en France, au commencement du règne de Louis XIII. Et elle m'a été confirmée par M. Forget, Grand-Maître des Eaux & Forêts d'Orleans, qui m'a dit avoir ou Harlequin sur le Théâtre appellier, M. de Chanvalon, son parrain. Cependant, j'ai appris de M. le Gros, Curé de Droué, que le nom de Harlequinus, se trouvait dans une lettre de Raulin. Voici l'endroit, qui est de la pag. 28, de l'édition de 1521. & d'une lettre à Jean Scandouk : Numquid martuis facies mirabilis? aut Medici suscitabunt tibi, ut mortuus faculo, iterum vivat mundo? An in me vis antiquam illam Herlequini familiam (a) revocare, ut videatur mortuus inter mundana curia nebulas & taligines equitare? Dans l'Anti-Chopin, pag. 22, il est parlé d'Harlequin en ces termes : De Afino Æsopus in Fabulis pulchram Miltioram recitavit, quod semel haudetus, ille cum esset in suis gaillardis cogitationibus, se travestivit in leonem, & superinduit pellem illius; non ut faceret mascaradam, vel ut luderet personam Herculis, vel Harlequini (b) in Comadia, sed ut terreret terribili suo aspectu. M.
HARNOIS. Il signifie maintenant l'équipage, & les ornemens d'un cheval, ou les armes complètes d'un Gendarme. Nos anciens François le prenoient pour le bagage & pour l'entier équipage d'un homme de guerre. Jean de Meun, au Roman de la Rose : Car puis qu'il a fait enmaller Tout son harnois pour s'en aller. Froissart, vol. 1, chap. 272. Arroutèrent tout leur harnois & leur charroy. Ils disaient aussi harnas. La vieille Chronique de Flandre, chap. 3. Il s'en isfit hors de la ville par nuit, & toute sa gent; & y laissa grande partie de son harnas. Et au ch. 15. Quand ce vint au lendemain le Roy sift armer son Off, & trousser son harnas. Il vient de l'ancien mot Tiois harnask, qui signifie même chose. Parmi les Loix & les Ordonnances que l'Empereur Frédéric établit pour son armée, faisant la guerre en Italie; rapportées par Radevicus, liv. 1, chap. 26, de l'Addition à la Chronique d'Othon de Frifingen; il y en a une conçue en ces termes : Si miles vociferatione signi litem commoverit, auferetur ei omne suum harnascha. Ce que Gunterus, liv. 7, de son Poème intitulé Ligurinus a ainsi traduit : Neu belli signum, nisi forte domestica quarens Agmina, vociferet miles: si secerit ista, Ejecto castris, & turpia plurima passe, Eripetur ei castrorum tota superlex. Où l'on voit que le mot harnascha de la Loi est traduit par le Poète castrorum superlex. On pourroit dériver harnaska de l'Hébreu arneki, qui signi- (a) M. Toinard, selon M. de la Monnoie, veut qu'on lise fabulam. Mais celui-ci a légué Delrio, Disquil. Mag. I. 1, quæll. 17, où il est parlé deux fois de Hellequini femilia, page 131. & 139. édit. in-fid. Ajouter que Delrio, au premier endroit, parle des Milites Herlemini, qu'il lit Hellequini, de Pierre de Blois, Epist. 14. (b) Ce mot Harlequinus se trouve dans les Après-dinées de Cholices, f. 187, de l'édit. de 1588, quatre ans avant celle de l'Anti-Chopin, M. de la Monn. fie une longue bourse : car les Gens de guerre enferment leurs équipages dans de longues bourses, ou étuis, appelés en Latin mantica, qu'on prend quelquefois pour une partie de l'équipage des Gens de guerre. Orderic Vital, liv. 4, de l'Histoire Ecclésiastique : Tentoria & manticas, in vasi, & armis, & multimoda suppellectili, celeriter abeuntes, reliquerunt. Quelques Auteurs de la dernière Latinité appellent le harnois arnesium & arnesia : ce qui a fait dire à Goldast, que ces mots venoient d'ἀγώμαι, qui signifie capio, recipio. Caïeneuve.
HARNOIS. De l'Italien arnefe : de l'étymologie duquel mot le Castelvetro, dans son Addition au premier livre des Proses du Bembo, a parlé en ces termes : ARNESE, & seconde che io estimo, propriamente parlando, mobile, non reformato d'anima : e vogliono alcuni che sia detto arnefe, quasi armese; sapendo che la significazione dell'arma si diffendo ad ogni mobile non animato. Il che, nè approvo, nè riprovo. Ma dirò bene che si potrebbe credere che potesse venire da ornare, quasi ornefe, ed ornamento, poiche O passa senza difficcato in A, come già è stato detto. E potrebbe ancora venire dal verbo Graco ἀγώμαι, che liberare significa e difendere: si come pare che spezialmente significi l'arme da difesa; laqual voce poi pare che sia stata trasportata a qualunque mobile, che ci possa liberare e difendere da disagio. Laonde Dante; avendo riguardo alla difesa; alquanto arditamente, ma vagamente, la trasporta a cosa immobile; dicendo : Siede Peschiera, e bello e forte arnefe. E'l Petrarcha la trasporta, avendo riguardo alla mobila, a cosa animata; modificando l'arditezza della trasformazione, con l'agiunto di strano : Si che egli era a vederlo strano arnefe, Sopra un grande elefante un Duce losco. Au sujet de ce que dit le Castelvetro, qu'arnefe pourroit bien venir d'ornare, je remarquerai ici, que Bourdelot dans ses Etymologies Manuscrites, qui m'ont été obligeamment communiquées par M. Bourdelot Bonnet, célèbre Médecin de Paris, son petit neveu, dit que Cujas dérive harnois, d'ornamentum. Mais il n'est pas vrai que Cujas dérive ce mot François de ce mot Latin. Il dit seulement, que le mot ornamenta signifie harnois. Voici ses termes, qui sont de sa Note sur la Loi 74, de Verborum significatione : Inter cetera, qua caventur Ædilito edicto, datur actio in venditorem, de ornamentis venditorum jumentorum restituendis; vel jumentis, ob non restituata ornamenta, reddibendis, L. 38, de Edicto, ubi Ædiles vocant ornamenta inquærum, le harnois. M. Ferrari dérive l'Italien arnefe d'armitium. Et à ce sujet, il est à remarquer, que harnas en Flaman signifie armes. Je crois que l'Italien & le François viennent de l'Alleman harnisch, ou arnsich, qui signifient toute sorte de fourniment de maison, toute sorte d'équipage. C'est l'origine que j'ai donnée de ces mots dans mes Origines de la Langue Italienne, imprimées long-tems avant que j'eusse vu les Origines Françoises de M. de Caïeneuve : où il dérive aussi harnas, qui est le même que harnois, du mot Tiois harnask, qui signifie la même chose que harnois. Voyez sa Note : elle est curieuse. Les Auteurs de la Basse-Latinité ont dit arnesium, arnesia : que Goldast dérive d'ἀγώμαι, capio. M.
HARNOIS. Il n'y a pas lieu de douter, que ce mot ne soit d'origine Teutonique. Ecoutons là-dessus Wachter : voici comme il parle dans son *Glossarium Germanicum*, pag. 667. HARMISCH, *gravis armaturae*, tota ex ferro vel chalype, & totum sape hominem tegens ; cujus partes pracipua sunt, lorica, qua peltoris, galea, qua capitis, ocrea, qua crurum sunt monumenta. Verelus in Indice : hernef-kia lorica, brynia. Idem Anglis harneff, *Belgii harnas. Inde scriptoribus medii avi harnafcha, Gal-lis harnois, Italis arnefe. Vax iis temporibus nata quitas Galli & Germani corpus are tegere coporum. Cel. Hickes, qui scriptis suis amplissimis litteratu-ram Antiquo-Germanicam prissino splendori restituit, vox Germanica in sensu primario est galea, sive munimentum capitis, vel potius cerebri, quod Gothis appellatur hairna (quamest non cernè confet, quo modo vox Gothica legenda sit), Danis hierne, vel hiarne. Quod perfecte respondet pileo illi ferreo quem galeam appellamus. Verum cum eadem etymologia reliquis armatura partibus minime conveniat, nec verosimile sit, totam corporis armaturam à desensione cerebri nomen accepisse, hinc gloria originii illis Dialectis relinquenda, in quibus ferrum iren & haiarn dicitur, adeoque vel Anglo-Saxonica, vel Cambro-Britannica. Nam hinc relle sit harnisch ferren, & adjective in substantivum verso, armatura ferrea. Res spfa, & terminatio vocis insolita, hanc etymologiam exigunt. Nam adjective in isch desonentia aliquoties substantivari, multa declarant exempla, in Prolegomenis Sott. vi. adducta : qua cernè cla-ria sunt quam ut in dubium vocari possint. Ab hoc substantivo formatur Galli verbum harnaches. Cer-mani agnosunt participium geharnisch, carapbra-ctus, id est, ferro undique tectus & munitus, quod de homine & equo dicitur. Inventum hufus arma-tura tribuitur Marti. Heraclides in Allegorii, ex edit. Thoma Gale, pag. 451. Mars dictus est &c &c, sive aneus, quod universum corpus are tegebat.* H A R O. En Normandie, le cri de *Haro* sert pour implorer, dans l'oppression, le secours du Prince & de la Justice; comme anciennement à Rome le *Porre Quirites*. Nuis voyons-nous dans Froissart, vol. 1. ch. 110. que Boucicaut faisant semblant d'être poursuivi par les ennemis, dit aux Habitans de Mante, *Harou*, *binnes gens de Man-te*, *ouvrez les portes*. On croit que ce mot est compoisé de *ha*, & de *Rol* ou *Rolle*, qui est le nom d'un ancien Duc de Normandie, qui par son exacte & sévère justice s'est rendu recommandable à la post-térité. Mais cette origine est si peu vraie, qu'il est certain que *haro* signifioit *cri* & *clameur*, long-tems avant la naissance de ce Duc *Rolle*, qui vivait sous le règne de Charles le Simple. Car le Moine Ké-ron, qui étoit du tems de Pepin, père de Charle-magne, a mis dans son *Glossaire*, CLAMAT, *hareet* : CLAMAMUS, *harences*; ce qui montre clairement que *haro* est un mot de l'ancienne Langue Tioise. Aussi nos anciens François prenoient absolument *haro* pour un cri & un bruit. Froissart, vol. 1. chap. 49. Quand la nouvelle & le *Haro* en-vint en *Landreches*. Et au vol. 1. chap. 113. Le *Haro* commence à monter, & les *Villes* voisines commencèrent à sonner les cloches. Caseneuve. H A R O. Nicot : HARÔ, ou HARÔ, est le cas vocatif de ce nominatif Harô, que *Aimoinus Mon-achus*, an 4. liv. chap. 110. de ses *Annales*, ap-pelle Harôludus; & est un *escri* & reclame à secours de Justice, que fais celuy ou celle qui sont oppresses, d'excec criminel seulement, comme d'embrasement, laxcin, meurtre, ou éminent peril, par assaut à glai- ve dégainé. Auquel *escri*, tous ceux qui l'ont ou doivent *issir*, & appréhender le malfaiteur, ou crier *Harô* sur luy; autrement, sont tenus de l'amender au Prince, s'il y a péril de vie ou de membres, ou de laxcin, selon que le contient la *Couflume* du pays de Normandie; auquel seul la *Clameur* de *Haro* a lieu; l'effet duquel *Harô* ne tend qu'à la rétention du malfaiteur pour le mener en Justice, & l'esercizio aussi, pour, selon qu'il apperra le *Harô* avoir été justement ou induiment crié, en faire jugement & décision. Car antiennement le Duc de Normandie ayant seul la Court dudit *Harô*, & à présent les *Hauts-Justiciers* qui l'ont telle que le Prince, & les *Moyens* qui ne l'ont que du *Haro* de sang & playe, doivent respectivement faire enquête s'il a été crié à droit ou à tort, & punir l'un ou l'autre. Ainsi dit-on, crier *Harô* : Harôludum, *aut* cernè Harôludum in-clamare; id est, Harôldi opem atque fidem. Et le mot *Harô*, est, Harôlde tuam fidem, scilicet invo-co: & *Clameur* de *Harô*, Harôldi fidei implora-tio; id est, fidei publice invocatio ob publicam, violatam, ac temeratam tranquillitatem. Si que le mot *Harô* soit simple, & que l'origine de ce cri dé-ponde de Harôld, *Roy* de Danemarc, qui l'an huit cent vingt-six recent le Baptisme à Mayence, & fut grand conservateur de la Justice. Autres diens, que *Harô* sont deux mots, & qu'il ne le faut escrire aspirément, ainsi *Aa* Roul, savoir est, Aide-moi, ou venge mon injure; & pour cette opinion, se peut alléguer que Roul, *Danois*, fils de Guyon, Seigneur du pays-bas de Danemarc, s'estant fait Duc de Nor-mandie, tint la main si rude à la punition des maf-saits & seurte publique, que de son vivant ni long-temps après son decec, ne se trouva audit pays an-cun qui tolliff ne emblaît à autruy; & que chevau-chant un jour par son pays de Normandie, ayant fait pendre à une potence au bord d'une mare (qui s'appelle encore aujourd'hui la Mare aux Anneaux, & le village d'auprès, Rommare (a)) sur le grand chemin passant, les anneaux d'or qu'il portait, ils y furent bien fort long-temps sans qu'oncques en fussent osex, oris qu'ils fussent pendus si bas qu'assument ou y puff atteindre: si que pour la bonne paix & justice qu'il maintint audit pays, ses Subjects prindrent cette usance, tant de son vivant qu'après sa mort, de crier *Aa* Roul, quand on les outrageois de quelque effort de violence. Le Président Fauchet, liv. xi. de ses Anti-quitez François, chap. 8. Quant à Guillaume le Normand, il fut laissé en la tutelle de Ro-bert Comte de Paris: & de luy vindrent les Ducs de Normandie, qui voquirent depuis, poilrent, & rangrent à l'obriance du Christianisme & des Loix, leurs Sujets. De manière que les François Bourguignons, & autres, prirent alliance avec eux. Car Raoul fut bon Justicier. Et le pays à lui sujet, de son temps semblait estre gouverne comme une seule maison, par un bon père de famille: tant grande estoit la concorde de ces nouveaux Chroftiens. Car (disent les Chroniques de la Normandie) ceux qui contre raison détenoient l'autruy, qui mentoient, ou nioient, ce qui leur avoit esté preste ou baillé en gar-de, estoient tenus ou chasties comme larrons. Telle-ment que la mémoire de sa justice est demeurée en la bouche de ceux du pays: qui estant grevez l'appel-ient encore à leur aide, criant *Haro* contre ceux qui les forcent. J'agoit que d'autres pensent que ce mot (a) Voyez la grande Histoire de Mezeray sous Char-les le Simple, Paris 1646. tome 1. pag. 314. & 315. sous l'an 912. vienne de Harouenna, qui en vieil François Teulch, signisioit le lieu ou se tenoit la Justice; comme si celuy qui crie Haro, appelloit sa patrie à l'Harouenne, ou lieu de la Justice, pour avoir raison de sa violence: ainsi qu'au temps passe l'on tiroit l'oreille aux assisans, pour se souvenir de l'assignation que les parties s'entredonnoient, se trouvant en Justice, obtotto collo; & dont s'ay parlé dans mes Origines. Georges Colvenerius, dans ses Notes sur le Chronicum Cameracense de Baldricus, pag. 513. Rollo, vel Rol, pracipuus Nordmannorum Ductor, qui tandem ad Fidem Christi est conversus & baptizatus anno 912. ut scribis Math. Westmonast. & Baronius, tom. 2. qui deinceps, ad finem usque vita, tantus suit amator justitia, ut recordatione ipsus etiam hodie Normani, dum eis infertur injuria, exclamare soleant HA ROU vel HA ROU; quasi suspirantes, & invocantes eum ad faciendam ipsis justitiam. M. de Cafeneuve a improuve cette étymologie, en ces termes: Mais tant s'en faut que cette origine soit vraye, qu'il est certain que haro signisioit cri & clameur, long-temps avant la naissance de ce Duc Rollo, qui vivoit sous le regne de Charles le Simple: car le Moine Kéron, qui estoit du temps de Pepin, pere de Charlemagne, a mis dans son Glossaire: CLAMAT, hareet: CLAMAMUS, haremees: ce qui montre clairement que haro est un mot de l'ancienne Langue Tioise. Aussi nos anciens François prevoient absolument haro pour un cri & un bruit. Froissart, volume 1. chap. 49. Quand la nouvelle & le Haro en vint en Landreches. Et au volume 2. chap. 113. Le Haro commença à monter & les villes voisines commencèrent à sonner les cloches. Je suis de l'avis de M. de Cafeneuve. M.
HARO. L'étymologie de M. de Cafeneuve est la seule véritable. Haro vient de haren, ancien verbe Teutonique, qui signifie crier, appeller, & qui étoit fort en usage chez les Francs; mais dont les Allemands ne se servent plus aujourd'hui. Cette étymologie est aussi celle que donne Wachter, dans son Glossarium Germanicum pag. 668. Voici ses termes: HARO, clamor excitatus vicinis convocandis ad fuppetias ferendas in casu tragico. Obtinet paissimum in Normannia. In Codice Legum Normanicarum ab ill. Petro de Ludewig publicato, cap. LVI. cujus inscriptio. De clamore HARO, sequentia leguntur. Art. 1. Non enim debet exclamari nisi in discrimine criminoso, ad ignem videlicet, vel ad latrocinium, homicidium, vel robertum, vel in aliquo hujusmodi imminente periculo, ut si quis acepto gladio irruat in alium furiosè. Art. 4. Ad hunc autem clamorem omnes debent exire qui illum audierint, & si maleficium vite vel membrorum periculosum viderint, vel latrocinium, propter quod malefactor penam deberer reportare amissionis vite vel membrorum, ipsum debent retinere, & clamorem supra dictum post ipsum increfere & levare. Aliter enim tenerentur emendare Principi, &c. Hinc jurisdictio criminalis Ducum Normannia appellari soler jus de haro. Vocem origine Germanicum esse, reille iudicat Casanova. Est enim ab obsoleto haren clamare, verbo Francis & Alamannis admodum familiar, de cujus progenie alium supra. Inde haro clamor, & interjectio clamantis. Idque etymon probatur etiam Menagio. Schiltero tamen in Gloss. pag. 455. inclamatio illa Normannica derivatur a Francisco hera huc. Quod nescio au sit praferendum. Utuntur hac interjectione etiam non Normanni. Sed apud reliquos Gallis haro non solum est interjectio, sed vel ipsa conclamatio ad arma, vel rumor atque fama cujusvis rei atrocis nuncia, pracipue tumultus, aut hostilis irruptionis. Froissardus apud Casanovam: Quand la nouvelle & le Haro en vint en Landreches. Et alibi: Le Haro commença à monter, & les villes voisines commencèrent à sonner les cloches. Et hic quoque sensus manifesto est ab haren clamare.
HARPAGON. C'est le nom que Moliere a donné à l'avare de sa Comédie de l'Avare. On l'emploie aussi quelquefois dans le stile familier, comme un nom générique & appellatif, pour signifier un avare, un homme qui pille, qui acquiert des biens par des voies injustes. Il a été fait du Grec ἰγνῶζω rapio; d'où ἰγνῶζω raptus.
HARPE. Christophorus Browerus, sur ces vers de Fortunatus, Romanusque lyrà plaudas tibi, Barbarus harpa, Gracus Achilliaca, crosta Britanna canat. Harpe barbaricæ hujus Etymon à Gracis deduxere, quia hoc in instrumento perpetuus nimirum est raptus solum; ita ut qui harpa cantis, videatur manibus rapere sedes, & quod dicunt, yudicæ iymidæ. L'origine que Papias en donne est fort peu vrai-femblable. Arpa ditta, à gente Arporum (c'est un peuple d'Italie), qui hoc instrumentum Musicum invererunt. Ponticus Verunnius, dans son Histoire de Bretagne livre 4. dit que cet instrument est appellé en Latin Sambuca, & en François Bandofe. Sambuca est Musicum instrumentum (Harpam dicunt vulgo) triangulare; cujus pars lata & concava tenetur ad pictus; digiti per chordas crepitant: Gallicæ Bandofam vulgariter vocant. Je ne sais s'il est vrai qu'en France on ait autrefois appellé cet instrument Bandofe: car la Gloré du Dictionnaire de Jean de Garlandia; dont la copie que j'ai en main paroît avoir été écrite il y a plus de trois cens ans; se sert en François du mot Harpeur. Cytharifetæ sunt cytharædi, qui canum in cytharis: Gallicæ Harpeurs. Porphyre, in Ptolomai Harmonica: Sambuca, triangulum instrumentum est, quod ex inaequalibus longitudine, sicut & craffitudine, nervis efficitur. Je crois au reste que, selon les vers de Fornatus, la Harpe n'étoit en usage que parmi les Barbares; & sur-tout parmi ceux du Septentrion. Lex Anglorum & Werinorum tit. 5. §. 20. Qui Harpatorem, qui cum circulo harpare potest, in manum percusserit, &c. Camden, parlant des Hibernois: Musica in primis deleitantur, cytharique maxime chordis anei, quas adunctis ungubus numeroe pulsant: où il est aïse de voir qu'il entend la harpe sous le nom de cythara. Et Silvester Giraldus dans son livre intitulé Topographia Hibernia, distinct. 3. chap. 11. parlant de l'excellence des Hibernois en l'art de jouer des instruments de Musique, assure qu'ils se plaisoient au jeu de la harpe. Aeneis quoque magis utantur chordis, quam de corio factis. Et c'est à mon avis pour cette raison que l'Irlande a une harpe pour Armes. Caseneuve.
HARPE. Du Latin harpa. Fortunat livre vii. vers 8. Romanusque lyrà plaudas tibi, Barbarus harpa. Le Latin harpa vient de l'Alleman herp, ou harp. Voyez Scaliger sur la Sphère Barbare de Manille, Voëssus de Vittis Sermonis liv. 2. chapitre 19. & 23. Lindembrog dans son Glossaire au mot harpa- ter, H A R. H A S. H A S. H A T. ter, & Isaac Pontanus dans son Glossaire au mot HARPA. M.
HARPE. Comme la harpe est un instrument qui vient des Nations Septentrionales, c'est aussi dans les Langues de ces Nations qu'on doit chercher l'origine de ce mot. Wachter dans son Glossarium Germanicum pag. 664. HARPE, harpée, instrumentum lyricum, fidibus tenum. Anglofaxonibus, harpæ lyra, cithara; harpæ citharadus, fidicus; harpæ citharifare, harpa canere. Cuncta apud Semnerum. Extat & in Evangelio Anglofaxonico Luc. VII. 32. We Sungon eow be harpan, and ge ne faltudun, cantavimus vobis ad lyram & non falcatus. Eadem vox Francis notiffima. Orfidus inter abietamenta vita cæfætis quibus spiritualibus modis fræmur, refert organa musica, lira, fidala, fuegala, harpha, rotta, lib. v. cap. XXII. 395. seq. In Glossis Peciæis extat compositum salmharipha psalteria. Et consentium Septentrionales apud Verelium in Indice, ubi harpa, haurpa, lyra, ila harpa pulsare fides, harpæ lyrista, & similia. Idem Belgis & Anglis harp, Suecis harpa. Transit ex Germanico idiomate in Latinum medii avi. Inde harpa instrumentum musicum à lyra diversum, apud Venantium Fortunatum lib. VII. carm. 8. & hinc parō harpæ fidibus canere, & harpæ citharadus. Galli à Francis habent harpe, Itali à Gothis vel Longobardis arpa. Alias tamen origines quam Germanicas pro more solatur Ferrarius, Papam laudans, qui à gente Arporum, quas instrumenti huius inventores vocat, nomenclaturam petit. ibidem alios memorat, qui à Gracæ apen, quod in extrema parte incurverur, falcatum dixerunt. Stadenio est ab haren clamare, in Voc. Bibl. pag. 190. Aliis ab horchen auscultare. Reltius, opinar, dicitur ab apatior resonare, sonum edere, quia harpa non clamat, nec auscultat, sed resonat. Hodie est trigonum instar Delta, & digitis pulsatur, non plecæ. Otim verò omne instrumentum fidibus tenum videtur de notasse. Nam harpæ etiam dicitur is qui circulum træbat.
HARPE. On dit qu'un Levrier est bien harpé, lorsque son estomac descend fort bas & que son ventre remonte fort haut; parce que son estomac & son ventre ainsi disposés repesentent le côté courbe d'une harpe, qui est fort large par le haut, & étroit par le bas. C'est par cette même raison qu'on dit qu'il a le jarret bien herpé, par corruption pour bien harpé. Huet.
HARPIES, ou HARPYES. Nom de certains oiseaux fabuleux, dont parlent les Poètes, qui leur donnent un visage de femme, avec des pieds & des mains crochues. On dit proverbialement d'une femme avare, que c'est une vraie harpie. Ce mot vient du Grec apraus, dérivé du verbe apraus, qui signifie ravit, enlever, emporter. On prétend dans la Bibliothèque universelle tom. 1. qu'il vient de l'Ebreu nam arbeb, qui signifie sauterelle; & on dit que les Harpies que les Argonautes trouverent chez Phinée n'étoient que des sauterelles.
HARSOIR, ou HERSOIR: par corruption, pour hier au soir. Ce mot est usité dans les Provinces d'Anjou & du Maine, & de Normandie: Et Ronfard s'en est servi dans un de ses Sonnets. Les Italiens disent de même iérfera. Voyez hersoir. M.
HASE. Aspiré. C'est la femelle du lièvre. De Tome II. l'Alleman hafe, qui signifie un lièvre; soit maffe, soit femelle. En Normandie hafe se dit aussi d'une lapine. M.
HASMONEENS, ou HASSAMONE'ENS. C'est le nom que donnent les Juifs à la postérité de Mathathias. Il vient de l'Ebreu town bhaschman, qui signifie un Grand, un Seigneur. On écrit aussi ce nom sans H. Voyez Asmonien, Les Hasmoneens, ou Asmoneens, sont appelés plus communément Machabées. Voyez ce mot. HATE: aspiré. C'est une broche dans le Nivernois & dans la Lorraine. De hafe. Et de là, contrehafer, pour un landier. Et le Hâteur: c'est ainsi qu'on appelle dans la Maison du Roi celui qui embroche: de haftar. ¶ Les Toulousains disent as, pour dire une broche. Mena l'af, c'est tourner la broche. M.
HATER. J. César Scaliger, sur le 4. livre de l'Histoire des Animaux d'Aristote, assure que ce verbe vient d'avlu, ou avou, en y ajoutant l'aspiration. Et il dit que ce verbe se trouve pour festina, incite, dans Sophocle in Trachinis; encore que d'ordinaire ce verbe Grec signifie bonder, sauter, & se jeter sur quelqu'un. Caseneuve. HATER: aspiré. Lat. festinare. Jules Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, livre IV. page 817. le dérive d'avu. Potius dicerem sollicitantur. Hoc enim est, & avlu, & avou: quo verbo usus est Sophocles in Trachinis, pro incitare, festinare: & adhuc durat apud Gallos, leni spiritus in aspiratum verso: HATER: mixtum ex utraque promuntiatione: avlu, avou. Casubon, sur Suétoine, lui donne la même origine. Ne viendrait-il point plutôt de festare, primitif inuité de festinare? in, i'du, festo, festino? Ou de l'Alleman haften, qui signifie la même chose. M.
HATER. Cette dernière étymologie de hâter est la seule véritable, & le mot François vient immédiatement du mot Teutonique; quoiqu'il se puisse faire que le dernier soit venu du Grec avlu ou avou, cum impetuferur. Les Allemans disent haften hâter, les Flamans haften, les Anglois to haft, les Suédois & les Bas-Bretons hafta.
HATEREL. Ce mot est encore en usage en Picardie. C'est proprement le derriere du col. Le Carbolicon Parvum: Cervix, hafterel. L'Histoire du Connétable du Guéclin chap. 10. Je le feray pendre par le hafterel. Enguerrand de Montrelet vol. 2. Lequel les fist pendre par les haftereaux aux arbres. Parce que le derriere du col, appellé cervix, est dur, à cause des os qui joignent la tête au reste du corps; un homme opiniâtre & endurci est appellé cervix, & durà cervix: ce qui est proprement le Grec ariplus, irripum, & aripum. Je ne sais si de là on n'auroit point formé hâterel; à cause de sa dureté. Caseneuve.
HATEREL, HATEREAU. Montrelet, parlant de la révolte des Gantois contre le Duc de Bourgogne, chapitre 7. volume 1. Par le jugement de la Ley de Bruges, eurent les haftereaux coupes, ledit Chopin, le Doyen des Feuvers, le Couvrier, & un autre. Et ensuite au même chapitre: Coppin Coppin eut le hafterel coupé, avec deux autres. Il emploie le même mot en plusieurs autres endroits. L'Histoire du Connétable du Guéclin chapitre 10. Je le feray pendre par le hafterel. C'est la nuque du cou. Rebours de Picardie: Et fait aller le mafterel Jusques au col, ou hafterel. Le Roman de la Rose : Ses belles treffes blondes chieres, Et tout le haterel derriere. Nicot : HASTEREL, ou HASTEREAU, mot Picard. Idem quod collum : le col, & taffettes. L'ancien Dictionnaire Latin-François du Père Labbe : CER- VIX, hatelel ( il faut, haterel ) : OCCIPUT, le ha- terel. Ces mots viennent de l'Alleman hales, qui fi- gnifie le cou. Dans le chapitre 59. du livre. iv. de Rabelais, prent les mets que les Gaffrelatres faccifioient a leur Dieu Ventripotent, il est fait mention de faucifions, jambons, hures de fanglier, venaifon fallée aux na- veaux, haftereaux. Je crois que ces Haftereaux, font des parties d'animaux d'auprès le cou : com- me des collets de mouton. M.
HATEREL. Le mot hasterel se trouve souvent auffi dans la même signification dans Perceforet, notamment au chapitre 32. 33. & 52. du vol. 1. Mais au ch. 68. du même volume il se prend dans un autre sens. Voici le passage : Et quand ce vint entour la minuyt il croit venir ung ancien homme veftu de vefture blanche, & avoit la barbe fi longue qu'elle luy venoit jusqu'au hasterel. On voit ici que par le mot hasterel l'Auteur du Roman en- tend les parties de la poitrine & de l'estomac jus- que vers la ceinture. Et ce sont ces mêmes parties du porc qu'à Metz, où Rabelais avoit été, on en- tend encore aujourd'hui sous le nom de menue hafte ou haftille : auffi est-ce uniquement du foye de cet animal que sont faits les hafterets ou haftereaux qu'on y mange rôtis sur le gril à la hâte. Il y a bien de l'apparence que c'est de ces haftereaux que Rabe- lais veut parler dans cet article de M. Ménage, & que la haftille de Rabelais, de laquelle M. Ménage a composé l'article suivant, a été ainsi appellée, soit parce que le foye, qui en fait la principale partie, doit être rôti à la hâte, soit particuliere- ment parce que tout ce qu'il y a de mangeable dans les intestins des animaux ne se pouvant gar- der, doit être mangé sans délai, de peur qu'il ne vienne à se corrompre. Ce qui auffi, si l'on en croit Laurent Joubert, au ch. 12. de la deu- xieme partie de ses erreurs populaires, a donné lieu à l'usage, lorsqu'on a fait tuer un porc à la maifon, d'envoyer à des amis du boudin, & mé- me du foye, de la ratelle, & du poumon de ce porc. Le Duchat.
HATILLES. Rabelais, 3. 41. Il n'estoit tué pouccant en tout le voifinage, dont il n'euft de la haf- tille & des bondins. M. Furetiere parle de ce mot, & de son étymologie, en ces termes : HASTILLE. Vieux terme de campagne, qui se dit en cette phrase: Quand on a tué son cochon, on envoye à ses amis de la hafille & du boudin. C'est-à-dire, qu'on accom- pagne le boudin de quelque pièce bonne à rôtir; pro- pre à mettre au haster, ou à la broche. J'approuve cette étymologie. Haft, haftille, haftilia, HASTIL- LE. On prononce hafille : & ce mot est aspiré. M.
HATILLES. M. Furetiere & M. Ménage se font trompés. Ce qu'on appelle haftille n'est pas une pièce propre à mettre à la broche. C'est le foye & autres parties des entrailles du porc, ainsi ap- pellées parce qu'elles doivent être mangées à la hâte, si on ne veut qu'elles se gâtent. Le Duchat.
HAU-BRA. On appelle ainsi à Metz une harengere, qui crie plutôt qu'elle ne parle. De braire-haut. Le Duchat.
HAVAGE. Aspiré. Mefure de grain au pays Chartrain. Une Cartulaire de l'Evêché de Char- tres : Quilibet Burgensis debet medietatem havagii, & quilibet alius similiter, nisi habeat defenferem bladi, avena, fabarum, piforum, & aliorum fruc- tuum. Quilibet Clericus, quilibet Miles, aut Reli- giosus, quartam partem havagii. Item, medietatem havagii mina currentis ad Portam Guillelmi. Item, medietatem havagii mina currentis ad Portam Dro- cenfem. Item, medietatem havagii mina currentis in valleia. Item, medietatem havagii mina currentis ad Portam Sparrarum. M.
HAVAGE. Ce mot ne viendroit-il point de l'Alleman hafen, qui signifie un pot de terre ? Dans Richelet Avage est un droit que lève le bour- reau tous les jours de marché sur plusieurs fortes de marchandises. Havée, qui dans Villon signifie une poignée, & qui est un lynonyme de havage, vient de haper, par le changement du p en v con- sonne. La havée d'une choie, c'est ce qu'on en peut haper avec la main. Le Duchat.
HAUBERGEON. Aspiré. C'est un diminutif de haubert. Voyez haubert. M.
HAUBERT. Haubert, & Haubergeon. C'est une cotte de mailles de fer, appelée par quel- ques-uns chemise de fer. La Chronique de Colmar, partie 2. Desuper camifiam ferream, id est veftem ex circulis ferreis contextam, per qua nulla fagitta arcus poterit hominem vulnerare. Le Roman de Guillaume au court nez : Un blanc haubert maintenant endosta : A mailles d'or un Fèvre le forja. Les Grecs appelloient cette forte de cuiraffe Sūpō & sūpō, c'est-à-dire, lorica catenata. Les Romains appelloient auffi catena, les mailles dont ces cuiraffes étoient tiiffues. Stace liv. 12. de la Thébaide : Multiplicem tenues iterant thoracæ catena. Il dit multiplicem, parce que pour n'être pas si facilement froiffées, on les doubloit : & c'est pour- quoi l'épithete ordinaire de haubert est doublier. Le Roman de Guillaume au court nez : El dos lo veftent un blanc haubert doublier. On les doubloit même quelquefois en quatre. Le Roman de Gerard de Rouffillon, écrit en ancien- ne Langue Provençale : Del aufferg fo falsat lhi quatre plei. Ce mot vient de halffergâ ou halffergâ, formé de l'ancien Alleman hals, qui signifie le col ; & de bergen ou pergen, qui signifie garder, conserver. Le Gloffaire de Rabanus Maurus, des Parties du Corps : Collum, hals. Et Goldatt, sur les ancien- nes Poëfies Allemandes de Winthoeke, remarque que gebergen signifie conserver. Quelque tems après que j'eus fais cette Note, le livre de Vitis Ser- monis de Gerard Voiffus aiaut été donné au Public, je trouvai qu'il avoit fait la même remarque au livre 2. chapitre 9. en ces termes : Halffergâ vel halffergâ, vox ex Saxonica ; proprique fignat thoracem ferrem five armaturam colli & peltoris : ab hals collum, & bergen tegere, protegere, munire. Iseque in Giollario Theotifco est : Collicium, halfberga. Quomodo & in Legibus Ripuariis cap. 36. §. 11. Bainberga, pro occa five crurum armatura, a bain, five been, tibia, & eodem bergen. Quolque le haubert ne fut que l'armure du col & de la poitrine, je trouve néanmoins que la couverture dont on bardoit les chevaux à la guerre, étoit appellée haubergerie, parce qu'elle étoit faite de mailles de fer. La vieille Chronique de Flandre : Messire Miles de Noyers, qui étoit monté sur un grand déstrier couvert de haubergerie, &c. Fief de Haubert. C'est un Fief qui oblige le affal de fervir son Seigneur à la guerre, avec le haubert; ou de lui fournir un ou plusieurs hommes armés de cette forte d'armures. Une Constitution de Challes le Gras : Construngentes en muté plures halfpergas de benscitis futs sibi ducere, quam illi fatemur se poise vel debere. Quelques-uns l'appellent Feudum lorica. Robertus de Monte, dans son Appendix ad Chronologiam Sigeberti, & une Chronique de Normandie qu'André du Chesne a inférée dans un Recueil des Historiens de Normandie, parlant de Henri I. Roi d'Angleterre, lorsqu'il alloit affléger Toulouse : Sumptis 60. folidis Andegavensibus de Feudo uniuscujusque lorica. Un dénombrement des Fiefs de Normandie, que le même du Chesne a mis à la fin du Recueil cidesfua allégué, appelle Servitium cum plenis armis, le devoir du Fief de Haubert. Guillemus de Fresnofa, servitium cum plenis armis : Renaldus Rufus, servitium cum plenis armis. Car il y avoit des Fiefs qui n'obligeoient de fervir à la guerre qu'avec le seul Ecu : c'est pourquoi le droit auquel ce devoir étoit abonné s'appelloit Scutagium. Joannes Sarifberienis, Epit. 128. parlant du Roi d'Angleterre : Verum interim Scutagium remittere non potest, & a quibusdam ex actionibus abstinere. Les douze Vafaux de l'Abbare de Lauresheim n'étoient pas obligés de porter d'autres armes que l'Ecu. Le Chronicon Laurishamense, parlant de l'Abbé : Qui communicato 12. illustrium virorum, fidesium suorum, consilio; quo numero etiam benscitalis summa militaris clypeit (qui vulgo dicitur Herschildi) Laureshamensis Ecclesia aditiniens includitur, &c. Caesneuve.
HAUBERT, ou HAUBERG. Arme. Fief. On appelloit ainsi anciennement une cotte de maille à manches & gorgerie. Au livre 2. des Amadis : Neantmoins Amadis se releva de grande légèreté, encore qu'il luy fut demeuré un tronçon de lance dedans la manche de son haubert. Et au 1. livre : Amadis l'attaignis, & lui donna un coup du bout de l'espèce, de laquelle il luy fendit le haubert tout le long des reins. Le Président Fauchet en son liv. 2. de la Milice & armes, le dérive d'albus. Deffus ce gambeson il avoiens une chemise de mailles, longue jusques au dessous des genouils, appellée AUBER ou HAUBER, je croy du mot albus : car albumen se tourne en François auibin : Alburnum, aubier, qui est le blanc de tout bois : Alba, aube, & autres semblables : & celuy-cy en auber, pour ce que les mailles de fer bien polies, fourbies, & reluisantes, en sembloient plus blanches. Et au chapitre des Chaltelains : Je croirbis bien que tous Lendes Nobles de ce temps la estoient hommes d'armes, & fervant à cheval, parce que la force des François (c'est-à-dire Nobles) gisoit en la Gendarmerie & Chevaliers vestus de loriques, appellées Haubers, possible pour ce qu'ils estoient blancs & reluisoient à cause des mailles de fer poli, dont estoient faites les loriques. Témoin ce vers de Virgile : Loricam confertam hamis, aurique trillicem. Autant en dit Silius Italicus au v. livre : Loricam induteur : tortos huic nexilis hamos Ferro scamma rudi, permitoque asperat auro. Sidoine Apolinaire en dit autant au Panégyric d'Anthémie : Circulus impactis loricam texuit hamis. Grégoire de Tours, livre vii. chapitre 38. Et inmit-sà lancea voluit eum transfigere, sed repulsa articulis lorica nihil nocuit; repréente le Haubert fait de mailles jointes & passées l'une dans l'autre : dont vient le Proverbe : Maille à maille se fait le Haubert. Ce qui encore fait appeller Haubergeonniers les fiefs de chemisés de maille. M. Betly, dont ses Remarques sur les Mémoires de la France Aquitanique page 172. improuve cette étymologie, & avec raison. Le mot Hauberg, dit-il, quoique que de le Président Fauchet en ses Origines des armes, est un mot pur Thinis, qui signifie armé s'empresser, ou tout le corps, ou qui couvre tout le corps. Tout ainsi qu'les Capitulaires de Charlemagne, Bejuberge signifie des cuiffons, ou armes qui couvrent les cerises. Ce qu'a remarqué le Comte Hermanus à Nuenare, de Origine Francorum. Et c'est de-la qu'il faut interpréter que c'est que Fief de Haubert en ce Royaume; & principalement en la Conflume de Normandie, où cela se peut aisément vérifier, & peut servir à un docte personnage de ce temps pour corriger ce qu'il en a doctement écrié en ses livres des Seigneuries. Ne faut pas aussi confondre Fief de Haut Ber & de Hauberg. Ce docte Personnage, c'est Loiseau, dont voici les termes : Pessioie que de-la est venu que les Seigneurs des Baronnies, à la distinction, soit des hauts Juficiers, soit des autres encore moin'res, qui se qualifioient Barons, se sont appelés hauts Barons, ou hauts-Bers : car il est bien certain que dans tous les vieils livres de Pratic, & notamment en la Somme Rurale ; Ber & Baron, est même chose : mesmement au livre institute, l'Établissement du Roy pour les plaids de Paris, d'Ovident, & de Baronnie, &c. Haut-bert & haut-Baron & confondu comme synonymes : & de-la, sont doute, originellement a esté dit le Fief de Haut-Ber, dont le Seigneur investitus est à Principe, de plebe vel plebis parte, comme parle le titre quis dicatur Dux, &c. Mais pour ce que Haut-Ber, ou Seigneur du Fief de Haut-Ber, estoit tenu servir le Roy en Guerre avec armes pleines, dit la vieille Conflume de Normandie, chapitre 85. c'est-à-dire, armé de toutes pièces, & conséquemment avecque l'arme du corps, qui estoit lors la cotte de mailles : de-la est venu que cette arme a été appelée Hautber ou Haubergeon ; dont a succession de temps est advenu que le Fief de Haubert a esté pris pour toute espèce de Fief, duquel le Seigneur est tenu servir le Roy avec le Hauber ou Haubergeon : & partant, on a pensé qu'il faut ainsi appellé à cause du Haubergeon : qui est ce que dit Cujas sur le titre 9. du 1. livre des Fiefs, que le Fief, de Haut-Ber est dit, ab armorum genere, quo possessor Regi fervire debet : Combien qu'on puisse dire qu'au rebours Haubergeon vient de Haubert ; & estoit l'arme du Hauber : & cette erreur est cause qu'aujourd'hui en la Conflume réformée de Normandie, Fief de Haubert est moins que Baronnie, estant par les art. 155. & 156. d'icelle, le relief de la Cij Baronnie taxé à cent livres, & celuy du Fief de Hauber entier à quinze livres seulement. Le même Monfieur Bessy, dans quelques Mémoires manuscrits qui m'ont été communiqués par M. du Puy, improuve encore plus au long cette opinion de Loifeau : *Multa hic sunt errata* : ce sont ces paroles, parlant de celles de Loifeau que nous venons d'alléguer : *nam Cujacus immerit reprehenditur. Car HAUER, pour arme, & HAUT-BER, pour Baron, ont divers origine. De vérité ce sont mots étrangers. Mais Bet vient de Baron, qui est en usage de six à sept cent ans, pour signifier grand Seigneur. Hincmar Epist. 1. ad Ludovicum Balbum : Nam si illi boni Barones (il les avoit nommer Primores Regni) post mortem Pipini cum duobus fratribus sic sano consilio egerunt, &c. Et Hauberg vient de ale, qui signifie tout en Alleman, & de bergen, qui veut dire cooperire. Comme BEN-BERG & cuissots, in Leg. Ripaul. Reinbergas bonas. Arma quibus teguntur crura. BEM enim crus significat Germanice, ut scribit Herman. Nuenar. lib. de Origin. Francorum. Ce qui 4 grande apparence; parce que premierement il y a la taxe de l'espe avec ses heudes, haudes, ou poignée. Il est vray que l'on a appellé depuis Haubert, la cuirasse, corset ou corsées, avec ses longs pans où se venoient rendre les chausses de mailles. Et parce que la coiffe de maille pour la teste estoit partie du Haubert, il est advenu que quelquefois on a dit Haubert simplement pour l'armet. Or pour retourner au point, l'étymologie du mot monstre que justement Fief de pleines armes est moins prisé que Baronnie, parce qu'il faut quatre fiefs de haubert pour faire une Baronnie. Le diminutif haubergeon fait voir qu'il faut écrire hauberg. M.*
HAUBERT. La seule véritable étymologie du mot haubert, ou plutôt hauberg pour arme, est celle que donne M. de Caseneuve, savoir, qu'il vient de halberga ou halberga, formé de l'Alleman *hals*, qui signifie le col, & de bergen, qui signifie garder, conserver, couvrir. Quoique ce mot ne signifie proprement que couverture du col, on l'a ensuite employé pour exprimer une cotte de maille, une cuirasse, parce qu'outre le col elle couvroit encore la poitrine. Voyez Wachter dans son *Glas. German.* au mot *bergen* page 153. & 154.*
HAUDRIETTES. Nom de certaines Religieuses. Etienne Haudry, l'un des Secretaires de Saint Louis, l'ayant suivi à la Terre-Sainte, & ensuite étant encore allé à Saint Jacques en Galice, & sa femme Jeanne Dalon ayant été un tems considérable sans avoir de ses nouvelles, elle s'enferma dans une maison qui lui appartenoit dans la rue de la Mortellerie à Paris, avec quelques autres femmes, s'y consacra aux exercices de piété, & fit même venu de chasteté. Son mari, qui à son retour voulut la reprendre, n'obtient du Pape la dispense du venu de sa femme, qu'à condition qu'il laisseroit à la maison où elle s'étoit retirée, un fonds pour y entretenir douze pauvres femmes. Il le fit, & on appella ces femmes les *Haudriettes*, du nom de leur fondateur. Elles formerent une Communauté Religieuse, & leurs statuts furent confirmés par le Cardinal de Pise, Légat du Pape Jean XXIII. Ces Religieuses, dont le nombre augmenta, y sont appelées les bonnes femmes de la Maison-Dieu, ou Hopital & Chapelle fondée par feu Etienne Haudri, ou ses successeurs auprès Grève à Paris. Sous le Pape Gregoire XV. elles furent agrégées à l'ordre de Saint Augustin. En 1612. elles furent transportées dans la rue Saint Honoré, où elles ont bâti un fort beau monastère, & une rotonde pour Eglise, sous le titre de l'Affomption de Notre-Dame, dont elles ont pris le nom, au lieu de celui d'*Haudriettes*, qu'elles avoient conservé jusques-là.*
HAVE. Ce mot est usité en cette phrase, les yeux havés. Voyez *havir*. M.
HAVE. C'est-à-dire échec. HAVER, donner échec. Le Roman de la Rose, fol. 41. v.* *Puisque des échecs me souvient, Si tu y suz rien il convient Que ci soit Roy que l'on dit havés, Quand tous ses hommes sont esclaves, Et qu'il se voit seul en la place, Et ne voit rien qui le soulace; Ains s'enfuy par ses ennemis, Qui l'ont en tel povreité mis. Don ne peut autrement haver.* D'ave & avere. Ave, c'est-à-dire bonjour; & avere saluer. Et Rabelais, liv. 5. ch. 25. où il représente la manière de jouer aux échecs, s'est servi des termes de bonjour & de Dieu vous gard, aux endroits où le Roman de la Rose veut qu'on dise *have* : au lieu de quoi nous disons aujourd'hui *echec*. Le Duchat.
HAVE. Monnoye. Villon dans son Grand Testament : *En ma bourse quatre havées*. Je ne sais ce que c'est que cette Monnoye. M. le Blanc n'en fait point de mention. M.
HAVE. Dans la *Franco-Gallia* de J. H. Ottius, imprimée à Bâle en 1670. *Havée* est interprété par le Latin *prada*, & par l'Alleman *hab*, *haab*. Comme c'étoit la même chose que le *havage*, qui étoit une certaine mesure de grains qu'on payoit pour droit, peut être que ce droit se payoit quelquefois en argent, & qu'on aura appellé *havée*, la petite pièce de monnoye qu'on donnoit pour cela. Le Duchat.
HAVERON. Sorte d'avoine, dire *aerion* en Grec, & *agilops* en Latin. C'est une contraction d'*aveneron*. On dit en Basse-Normandie, que l'avoine a été havéronnée quand elle a été trop avancée par la chaleur. M.
HAVERON. L'avoine s'appelle en Alleman *habr* & en Flaman *haver*. C'est de la que vient le mot *haveron*, sans qu'il soit besoin d'avoir recours à une contraction d'*aveneron*. *
HAVET. Aspiré. Lat. *uncus*, Périon le dérive de *aerion*. *Quin etiam*, dit-il, *aduncum illud instrumentum, quo ex ollis carnes extrahuntur, & a Parisis havet appellatur, hinc orum est*. Il parle du mot *aerion*. *aerion enim*, *vel aerion et detracta literæ, & P in V mutata, havet pane remanebit*. Il vient de *hamus*, de cette manière : *hamus hami, hamivus, hamivetus, havetus, HAVET*. M.
HAVET. Il vient peut-être de *haper*, & de même *havée*, qu'on disoit autrefois pour *havage*. Le Duchat. Voyez le second article *havage*, & le second article *havée*. *
HAVER. On dit *havi*, pour brûlé. Lat. *torridus, retorridus*. De l'insuité *avire*, fait d'*aerion, siccus*; ou plutôt d'*aerion, sicco: *aerion, aerion, aerion, aerion*. D'*avere* on a fait de même *aerion siccitas*. M.
HAULA. Le patois Meffin, qualifie de *mairrehaula*, un petit compagnon qui fait le maître. C'est un synonyme d'*ambrelin*, fait de l'Alleman *hamerlein*, c'est-à-dire, petit marteau, pour dire un homme qui fait plus de bruit qu'il n'est gros. *
HAVRE. Du vieux mot François *hable*, qui signifie *port de mer*. La Courtoune de Boulogne, au chapitre des Coutumes locales de la Ville, Baise-Ville, &c. de Boulogne sur la mer, art. 22. *Item aufditis Maire & Escheviens appartient mettre prix sur sol, grains, vins, harens, poisons, & toutes autres marchandises arrivées en cette dite Ville, Hable, Bourgaigne*. Ce mot se trouve encore dans les deux articles suivants de la même Courtoune. Guillaume Guiart, dans son Histoire de France manuscrite: *Et grans nés profondes & larges, Chafeurs fermée a chable, Plus de cinq cens dedans le hable.* Et en un autre endroit: *Mortiniers estuignent le hable.* *Habulum & habula* se trouvent aussi en cette signification dans les Auteurs de la Baise-Latinité. *Cafeneuve*.
HAVRE. Aspiré. De *aber*: qui est un vieux mot Gaulois, qui signifie l'embouchure d'un fleuve dans la mer, ou dans un autre fleuve. Sylvester Giraldus, liv. 2. de son Itinéraire de la Cambrie, ch. 1. *Aber, lingua Britannica dicitur locus omnis ubi fluvius in fluvium cadis*. Et dans la Description de la Cambrie: *Aber, Britannica dicitur locus omnis ubi aqua in aquam cadis*. Voyez M. Bochart, liv. 1. des Colonies des Phœniciens, ch. 42. où il estime que le mot Gaulois *aber*, vient de l'Hébreu *van habar*, qui signifie *confeciari*, d'où vient *un haber socius*, & *un beber confociatio*. Voyez aussi Camden, pag. 693. où il dit que *Abrauanus*, qui est un Promontore d'Angleterre, dont il est parlé dans Ptolemée, signifie *estium amnis Ruan*; & que ce mot est composé du mot *aber*, qui signifie *estium fluminis*, & du mot *Ruan*, qui est le nom propre d'un fleuve. D'autres le dérivent de l'Alleman *haffen*, qui signifie *un port*. Les Danois disent *haffen*, pour *haffen*. Et de la leur *Kobenhaff*, pour *Copenhagen*, Capitale de Danemark: *hagen*, pour *haffen*; d'où vient *Copenhagen*; comme qui droit, le port des Marchands. M. du Cange le dérive de *haula*, mot Latin - Barbare de la même signification. Voyez son Glossaire, au mot *haula*, & au mot *habulum*. (a) M.
HAVRE. Il est hors de doute, que notre mot *havre*, vient des Langues Septentrionales. Les Cambriens ou habitans du pays de Galles en Angleterre, disent *aber* & *haffé*, les Allemans *haffen*; les Danois *haffé* & *haffé*, les Flamans & les Anglois *haven*. Il est remarquable que les Hébreux appellent un port *van hof*, mot qui ressemble beaucoup aux précédents, & qui vient du verbe *van haphaph*, qui signifie *coeur*, *mettre à couvert*.
HAVRE-SAC. Les Chartiers & les Fiacres, appellent ainsi un sac de toile, dans lequel ils donnent de l'avoine à leurs chevaux dans les rues. C'est un mot Alleman, composé de *haber*, qui signifie de l'avoine: & de *sack*, qui signifie *un sac*. Les Italiens l'appellent simplement *sacco*: témoin leur proverbé, *fa come il cavallo della caretta: mangia col capo nel sacco*. Les soldats fantassins se servent aussi de cette sorte de sac, quand ils vont en campagne: ce qui a été fort bien remarqué par M. Richelet, dans son Dictionnaire. Quelques-uns prononcent *habrefac*: ce qui approche plus du mot Alleman: & les soldats ne disent jamais autrement. M.
HAUSSAIRE. Monstrelet, édit. de 1571, fol. 58. 6. sur l'an 1430. *Anunx haussaires tenans le parry du Roy Charle: c'est à s'aveoir, Jean de Beauvain: Jean de Saumain*. On appelait autrefois *haussaires*, ceux qui s'élevant au-delà de la petite Nobleille, prennent aujourd'hui le titre de *haul* & *puissant Seigneur*. Le Duchat.
HAUSSECOL. Peut-être de l'ancien Tiois *haltan*, qui signifie *garder*; & de *collum*. Le Glossaire de Kéron: *Cuffodire, haltan*. Peut-être aussi est-il composé de deux mots de même signification, mais de deux Langues différentes; savoir de l'Alleman *haul*, qui dans Rabanus Maurus, & ailleurs, se trouve pour *collum*; & du même mot *collum*, comme qui droit *hals collum*. *Cafeneuve*.
HAUSSE-COU. Aspiré. M. de *Cafeneuve* a écrit *haussecol*. Il faut dire *haussecol*. Et M. Furetière qui dit qu'on dit *haussecol* & *haussecol*, & M. Richelet qui préfère *haussecol* à *haussecol*, n'ont pas été bien informés de l'usage. Mais il est ici question d'étymologie. M. de *Cafeneuve* dit que *haussecol* peut avoir été fait du Latin *collum*, & de *haltan*, mot Tiois qui signifie *garder*: ou qu'il est composé de deux mots qui signifient une même chose: du Latin *collum*, & du Tiois *hals*, qui signifie *le cou*. Pour moi, je suis très-perfoudé que *haussecol* est un mot purement François, composé de *cou* & de *haussecol*; parce qu'originairement le *haussecol* étant immédiatement sous le cou, fait-houffé le cou. M.
HAUT. On croit communément que ce mot vient du Latin *altus*, auquel on a ajouté l'aspiration. Wachter prétend néanmoins qu'il a été fait de l'Alleman *hat*, qui signifie la même chose. Voyez cet Auteur, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *hat*. On pourrait demander si l'Alleman *hat* ne viendrait point lui-même du Latin *altus*. L'aspiration du mot Alleman ne prouve-tient rien contre cette étymologie. Il n'est pas rare que les mots en passant d'une langue dans une autre, perdent leur aspiration s'ils en avaient une, & en prennent une s'ils n'en avaient point. M. Ménage n'a point parlé du mot *haut*, apparemment parce qu'il n'a pas cru que son étymologie pût souffrir aucune difficulté. *
HAUT-BOIS. Instrument de Musique. M. de *Saumaise*, au ch. 6. de ses Homonymes des Plantes, le dérive de l'Arabe: *En capite*, Avicenna *HAUD, Arabico vocat; quod lignum communiter significat apud Arabes, & in numero multitudinis, ligna. Haud etiam tibiam illis signat. Hodie quoque nobis tibia lignum dicitur, Hautbois. Quod fortasse ex Arabico, & ipsius interpretatione compositum*. Le Pere des Etymologies, l'admirable M. de *Saumaise*, n'a pas bien rencontré en cette étymologie. Il est sans doute, que *Hautbois* a été dit en cette signification d'instrument de Musique, parce que le ton en est plus haut que celui des violons. Et d'un autre côté, c'est *houd* qui signifie en Arabe *lignum*, & non pas *haud*, selon Golius & Giggeius. M.
HAUTECLAIR. Nom de famille. Ce nom fut donné du tems de Henri II. a un Maître des Requêtes, par une rencontre assez plaifante. Ce Maître des Requêtes alloit souvent au Louvre. Un jour qu'il grattait à la porte du Cabinet du Roi, ou de la Reine, comme les Huilliers lui demanderont (a) Voyez aussi Skinner au mot *Haven*. son nom, il n'osa le leur dire distinctement, à cause de l'obscénité. Les Huissiers ne l'entendant pas, ou feignant de ne le pas entendre, lui dirent qu'il dit son nom haut & clair; d'où il fut ensuite appellé Hauteclair. Je tiens cette Histoire de M. du Puy, qui l'a apprise de M. de Thou, lequel au lis. VIII. de son Histoire, pag. 161. de l'édition de Genève, fait mention de ce changement de nom; mais en passant. Negotium datum P. Alto-claro, Labelorum Supplicum Magistro, qui pudendo alio cognomine indigitabatur, ut negotium Regium, &c. M.
HAUTE-CONTRE. C'est ainsi qu'il faut dire, & non pas Hauteconte, comme disent les provinciaux. Et cette prononciation est conforme à l'étymologie: la Hautecontre étant la partie de Musique qui est contre le dessus: comme Baffi-contre, celle qui est contre la taille: baffi tenor. Voyez mes Observations de la Langue Françoise, au chap. 17. de la première Partie. M.
HAUT-GOURDIERS. Dans le Catholicon, pag. 100. Et que tant de bons matois banqueranters, Jaffaniers, defespérez, haut-gourdiers, & forgeurs, &c. L'Auteur des Notes sur le Catholicon, qui est M. du Puy, n'a point expliqué ce mot. M. HAUT-GOURDIERS & SORGUEUX. C'est ainsi qu'il faut lire ces deux mots dans le Catholicon d'Espagne. Par le mot haut-gourdiers, on entend ces compagnies de gueux & mendians qui vont par la campagne, souvent sous le prétexte d'un pèlerinage. Et l'Auteur du Catholicon, les appelle de la sorte, à cause de l'usage qu'ils font de ces gourdes & calebasses que chacun d'eux porte à son côté pleines de vin ou autres liqueurs potables, selon les pays où ils passent. Il n'est bonne chère que de gueux, dit le proverbe. Quand il leur prend envie de boire, celui qui s'en avise le premier, s'arrêtant tout court, dit: allons haut la gourde, c'est-à-dire, haussons la gourde & buvons; car ils ne se servent point de taise pour boire. Pour ce qui est du mot Sorgueux, il désigne une autre espèce de vagabonds, de libertins & débauchés qui font de la nuit le jour, ou qui font à la faveur de la nuit des choses qu'ils n'ostentent entreprendre de jour. Ce mot est un adjectif, formé du substantif Sorgue, qui dans le Dictionnaire de l'Argot réformé, signifie la nuit. En voici des exemples tirés de ce petit Dictionnaire. Rabateux ou doubleux de Sorgue, c'est un larron de nuit. Et plus loin dans le Dialogue du Malingreux & du Polison, le Polison dit: Jamais je ne fus Sorgueux ni doubleux; c'est-à-dire, jamais je ne fus coureur de nuit ni voleur. Et dans un autre endroit le même Polison dit: Car la Sorgue approche, attrapous la pluie; c'est-à-dire, la nuit approche, gagnons le cabaret. Cette remarque sur les Haut-gourdiers & Sorgueux du Catholicon, a pour Auteur M. Simon de Val Hébert, qui a eu la bonté de me l'envoyer. Le Duchat.
HAUTS-BARROIS. On appelle ainsi en Lorraine & dans le pays Messin, une sorte de très-belle danse, qui apparemment a été inventée dans le Barrois où il se peut qu'on n'en trouvoit pas de moins belles que dans la vraie Lorraine, qui avoit fort la vogue à ce sujet, témoin ces vers du Roman de la Rose, fol. 6. r. Les anges sonnerent Milannoyes. Les autres notes Lorraineyes, Pource qu'on en fait en Lorraine De plus belles qu'en nul domaine. Rabelais, liv. 1. ch. 39. parle d'un Moine bon Compagnon, appellé Frère Claude de Hauts-Barrois, peut-être parce qu'il aimoit cette danse. Le Duchat.
HAYE. Lat. Sepes. Du Latin-Barbare haia. Les Capitulaires de Charles le Chauve, pag. 340. Et volumus, & expresse mandamus, ut quicunque istis temporibus castella, & formidates, & hais, sine nostro verbo fecerint, Kalendis Angusti omnes tales formidates disfactas habeant. Sur lequel lieu le P. Sirmond a fait cette Note: HAIAE, claufuras. HAIA, nobis hodie sunt sepes qualibet. Olim, ut hinc apparet, pro militari vallo & munitione usurpata. Haia, a été dit pour haga, de l'Alleman hag, qui signifie sepiomenum, sepium. Hag, haga, haja, Haia. Voyez Voissus, de Pistis Sermonis, pag. 119. & Spelman & M. du Cange, dans leurs Vocabulaires. La Haye, en Hollande, est appelée dans les anciens Titres, Haga Comitum. M. HAYNAUT ou HAINAUT. Nom propre d'une des Provinces des Pays-Bas. En Latin, Hannonia. Hainoum, dans les Annales Bertiniani; Hanoum, & Hanioum, dans les Capitulaires de Charles le Chauve de l'an 870. mais Hadrien de Valois croit que c'est une faute. L'Auteur de la Vie de S. Anibert de Rouen, Hagnauum: Sigebert à l'an 953. Hagnioum: & d'autres Hagnioia. Quelques anciens disent Hannonia, comme tous les modernes. Ce pays a pris son nom de l'Aisne, Haina ou Aina, ou Hagina & Hagna, rivière qui le traverse. De Haina ou Aina, ou a fait Haina ou Aina, qui est l'ancien nom que Louis le Débonnaire emploie dans la division de son Royaume: car il y faut lire Aina, & non pas Aina, comme a fort bien remarqué Hadrien de Valois. De Hagina s'est formé Hagnioum & Hagnioia: & de Hagna, Hagnauum, ou Hagnau. Les Allemans disent Henegau ou Hainegour. Hadrien de Valois, Not. Gall. pag. 140. De Valois ne veut pas qu'on écrive Hainaut, mais Haina, ou Hena. Cependant, c'est aujourd'hui l'usage d'écrire Hainaut, ou Haynaut.
HAZARD. C'est proprement ce que les Latins appellent alea, c'est-à-dire, pre de hazard: comme il paroît par le Dictionnaire de Robert Etienne. Les derniers Grecs ont appellé àzaga le jeu des dez, & autres Jeux de hazard; selon la remarque de Meursus, dans son Lexicon Grec-barbare sur le mot àzaga. Mais il est mal-aise de juger, si hazard vient d'àzaga, ou si àzaga vient de hazard. Quelqu'un a voulu dire que ce mot a pris son origine d'un château de Syrie appellé Haart, qui étoit au pouvoir des Chretiens, & duquel Guillaume de Tyr fait mention au liv. 4. chap. 5. & au liv. 17. ch. 10. où parlant de Baudouin III. du nom, Roi de Jérusalem, il dit: Rex vero Henfremum Constabularium, cum sexaginta militibus, ad tuendum Haart interea dirigit, ne a Turcis occupetur. Mais je crois que nos François lui avoient donné ce nom, à cause des diverses fortunes où ils avoient été exposés en le prenant, ou en le défendant. *Cafeneuve*.
HAZARD. J'ai cherché long - tems l'origine de ce mot, & je crois l'avoir enfin trouvée. Antoine Mornac, célèbre Avocat au Parlement de Paris, sur la Loi *Alearum usus*, qui est la dernière du Titre au Code de Religiosis & *sumptibus funerum*, a écrit que ce mot avoit pris son origine d'un lieu de Syrie, appellé *Haartb*. Voici ses termes : *Cum a militibus inventa quandam alea fuerit ; dum nempe coffarent ab armis, effenteque extra operas pugnatoriis, ut Imperator loquitur ; conflaque plus satis ex Homero, variis locis ; at vere maxime ex Alcidamante Oratore, qui traditi et vivendi. Haartb, *suppatiat, inventum alearum ludum a Palamede in Troja obsidione : mirum equidem, ut quod primum ad remittendos, allevandadque animos fuit, ad infames, stupendadque, poftea, & fortunarum, & animorum alienationes procefferit. Notabo enim, in transcurssu, vocari vulgo aleam* Jeu de hazard, *militari nomine, ut attingit Wilelmus Tyrius, Metropolitans Archiepiscopus, & Regni Balduini sv. apud Hierosolymitans, universamque pune Syriam, Cancellarius, libro VII. capite 1c. Belli Sacri : cum scilicet, circa annum c. 1000. transcretarent Christiana acios, ad deijciendos Syria, Palestina, ac Judas, Barbaros, & convenirent ad munissimum Syria castellum, captum a Francis, cui nemem Haartb, tantique frequentia, ut Ludus Hazard diceretur de more inter milites, Ludus aleatorius. Ita vidi semper conjicere ac sentire eruditeres ad eam Tyrii observatam : quemadmodum & Iudos Tertullianus ait, libro de Speltaculis, dictos esse a Lydis, Herruria populis ; unde usus Remam primum invectus est. Mais Guillaume de Tyr, au lieu allégué, non seulement ne parle point de cette étymologie, mais il ne parle pas même de ce Jeu de dez en ce Château. Et ainsi cette étymologie est une vision. M. Ferrari, célèbre Professeur de Padoue, dans ses Origines Italiennes, au mot *zara*, dérive l'Italien *azardo*, qui est le même que le François *hazard*, du Latin *alea*, de cette manière : *alea, dalea, darea*, *zara*: d'où *AZARARI*, dit-il, & *AZARDAKI*, pour dire *aleam subire*, *rem in casom dare*. Cette formation me paroît peu naturelle : & je ne puis être de l'avis de M. Ferrari. J'apprens d'un endroit des preuves de l'Histoire du différent d'entre le Pape Boniface VIII, & le Roi Philippe le Bel, lequel m'a été indiqué par M. Baluze, que les dez étoient appelées *azardi*. Voici l'endroit, qui est de la pag. *pag. de* d'édition de Cramoisy, in-folio : *item : dixit, quod iodem anno & loco vidit dictum Bonifacium Iudentem ad azardoi cum Domina sola pradicta. Et vidit quod dicit azardi erans punctati de aure*. Ce qui me donne sujet de croire, que les mots Latin-barbares, *azarum* & *azardum*, & les mots Grec-barbares, *azares, azares, azares*, qui se trouvent en plusieurs endroits, rapportés par M. du Cange, dans son Glossaire-Latin & dans son Glossaire-Grec, ont été faits du Latin *ressera*, dans la signification de *de* : & qu'ils en ont été faits de cette manière : *Tessera*, *zara*, *zara*. Le *T* a été changé en *Z* : comme en *Zio*, de *Sio et thius*, c'est-à-dire *oncle*. *Zara* est un mot Italien qui signifie le Jeu des dez. Voyez La Cruisa. De *zara*, on a fait *zarare* : ce qui a été remarqué par M. Ferrari. Et de *zarare*, on y ajoutant la particule *ad*, on a dit *azarare*, pour dire *hazard*, parce que le Jeu des dez est un Jeu de hazard. Et de-la le Latin-barbare *azarum*, & le H A Z. H E A. Grec-barbare *azares*. Voyez M. du Cange. Au lieu d'*azarum* on a dit enfin *azardum* : d'où l'Italien *azardo*, le François *hazard*, & l'*Espagnol azar*. *Tesserarius*, pour signifier un joueur de dez, se trouve dans cet endroit du livre 18. d'Ammian Marcellin : *Quidam ex iis, licet rari, aleatorum vocabulum declinantes, ideoque se cupientes appellari tesserarios. M.*
HAZARD. Je crois que ce mot est une production de *as* ou *az*, dans la signification d'un point unique au jeu de dez. Du moins est-il sûr qu'Alain Chartier a employé en ce sens le mot *azari*, & que même l'*h* ne s'y trouve point. Voici le passage : il est du Poème d'Alain Chartier, intitulé le Parlement d'Amour : *Jamais n'euss fait adroit son point L'Aman : car cette femme adez Le faisoit jouer mal a point, Pource qu'elle changeoit les dez. Aussi, Amours, vous commandez Qu'en vous servant deux cours se tienne Tout ung : car point vous n'entendez, Qu'en double voulent se tienne. Et elle faisoit a tous cours Son point double ; & c'estoit par l'art De ses délicieux aours, Soy gardant de geler azari.* Or comme au jeu de dez, l'*az* est le moindre de tous les jets, & qu'un homme qui y joue, court risque d'attraper ce point malheureux, on a dit *azarder* pour *risquer*, & *azard* pour *az*, parce que la terminalon d'un mot en *ard* dans notre Langue, contenant une idée méprifante de la chose signifiée par ce mot, elle étoit fort propre a caractériser le guignon attaché au jet de l'*az* ou point unique du *de*. Belleforest, dans sa traduction des Histoires tragiques, s'est servi du mot *hazard*, dans l'Hist. quarante-troisième & dans la cinquante-deuxième en la signification de *hazard* ou de *varable*. Le premier passage dit : *Fortune hazarde & envieuse*. Et le second : *Complexion farouche, hazarde, & sans respect*. Le Duchat.
HEAUME. Il est formé de *helmus*. La Loi des Ripuariens, tit. 36. §. 11. où il est parlé des armes : *Helmum cum directo pro 6. foliis tribnae*. Goropius, liv. 7. des Origines d'Anvers, dit que ce mot vient du Flaman *lem*, qui signifie *cacher & couvrir*. *Hinc* *helem*, *id est galea : quia caput celer & tegar*. Lindembrog, dans son Glossaire sur les Loix Anciennes, sur le mot *Helmum* de la Loi des Bajuvariens : *Helmum vax Germanica est Lat. Conus. Glossa. MSS. ad lib. Beda de Miraculis Garberti : Cono, id est *helme*. *Gloss. Latina-Therisis. Cassis*, *helm*, *heldenbuch* : Schilt und *fwert mit ehren*, *Helm*, *halfberg*, *si danam*, &c. *Unde Itali suum ielmo*, & *Galli* *heaume derivarum*. *Caleneuve*.
HEAUME. *Aspire. Lat. galea*. De *helmus*, qui se trouve en cette signification dans les Loix Ripuaires, au Titre xxxvi. paragraphe xi. & qui a été fait de l'Alleman *helm*, mot de la même signification : dont les Anglois ont aussi fait *helm*. *D'eia* mus, les Italiens ont fait elmo; & les Espagnols, yelmo; & les Grecs modernes, & qui. ¶ Mais écoutons Pasquier VIII. 3. Ce que nos Anciens appellèrent heaume, on l'appella sous François I. armet. Nous les nommons maintenant habilement de tête: qui est une vraye fœtée de dire par trois paroles, ce qu'une seule nous donnait. M. HE BERGER. Voyez auberge. Les Allemans disent herbergen. Et les Anglois disent harbourie, pour hospitum. Le Glossaire de Lipse interprète herberga, par i. Pra. ¶ Voyez Voissus de Vitis Sermonis, pag. 223. M. HE BERGER. Le mot Alleman herbergen, d'où vient le François heberger, signifie la même chose. Il est composé de her, multitude, & de bergen, garder, défendre, courir, donner retraite; comme qui dirait, multitudinem hospitio excipere. De-là aussi notre mot auberge, en Alleman herberg, fait quoi il faut remarquer, que comme berg dans ce mot vient de bergen, & signifie hospice, lieu de retraite, il diffère de berg, qui signifie montagne, colline, hauteur. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, aux mots berg, bergen, & her.
HEBREU. Nom propre de peuple. Je remarquerai d'abord que l'on varie sur la manière d'écrire ce nom. Préfé tous les Protestants, tant en Latin qu'en François, l'écrivent sans H. Quelques Catholiques aussi, mais en petit nombre, M. Huet, par exemple, écrit toujours Ebreu, comme on peut voir dans sa Dissertation sur le Paradis terrestre, & dans ses autres ouvrages François. M. Ménage écrit de même; & nous l'avons imité dans les articles que nous avons ajoutés à ce Dictionnaire Etymologique; quoique pour nous conformer à l'usage le plus commun, nous avons écrit ce mot par H à la tête du présent article. Au reste, lorsque nous écrivons Ebreu sans H, ce n'est pas seulement pour suivre l'exemple d'autrui, mais parce que cette orthographe nous paraît la plus raisonnable & la mieux fondée. Le mot que nous examinons s'écrit en sa langue, c'est-à-dire par un H, à un au commencement: lequel ain est une lettre gutturale très-différente du n h, ou du n h, & que par conséquent il ne falloit pas confondre avec ces aspirations: autrement il est fallu écrire pareillement Arabe par un H, puisque ce nom, dans les Langues originales, a de même un H, à un pour sa première radicale: ce que néanmoins on n'a jamais fait. Les Septante sont les premiers qui ont écrit Ebreu avec un esprit rude (ἐρῶς). Les Latins ont exprimé cet esprit rude par un H, & nos Langues modernes ont imité les Latins. Mais, dira-t-on, si l'on ne doit pas exprimer le H, à un des Ebreux par H, comment faut-il l'exprimer? Je répons que comme nous n'avons dans nos Langues aucune lettre qui puisse exprimer cette gutturale, il vaut mieux l'omettre entièrement, comme on fait dans Arabe, que d'en donner une fausse idée, ou de la confondre avec d'autres lettres qui sont très-différentes. Les Septante eux-mêmes, qui écrivent Ebreu avec un esprit rude pour suppléer à l'ain, ont quelquefois omis tout-à-fait cette lettre en d'autres mots, comme par exemple dans ἑορυγία, qu'ils écrivent simplement ἑορυγία, sans aspiration; & nous de même Aminadab. D'autres fois ils ont exprimé le H, à un par un G, comme dans le nom de la ville de Gaza; que nous écrivons ainsi d'après eux, & qui en Ebreu est πη Αγγλ. Il est vrai que comme le H, à un est une espèce de diminutif du ghan Arabe, il vaut encore mieux l'exprimer par un G, qui en approche un peu davantage, que par un H. Mais d'un autre côté, comme il se trouve alors confondu avec le 2 gimel, le meilleur, ainsi que nous avons déjà dit, est de ne point l'exprimer du tout. Pour ce qui est de l'origine du nom d'Ebreu, les Savans ne sont pas d'accord là-dessus. Quelques Auteurs, qui ne lavoient point la langue originale de l'Écriture, ont cru sur quelque ressemblance de son, qu'Ebreu venait d'Abraham, & que le peuple Ebreu avait pris ce nom, parce qu'il descendait d'Abraham. C'est une erreur si grossière qu'elle ne mérite pas d'être réfutée, quoiqu'elle ait été suivie par de très-grands hommes. En effet, Abraham est appelé lui-même πη Εβενη, Genes. XIV. 13. ce qui montre clairement que ces deux noms diffèrent entre eux, & que l'un n'est pas l'origine de l'autre.[{"box_2d": [489, 341, 851, 872], "label": "text", "caption": "Il y a deux autres sentimens bien plus raisonnables, & dont certainement l'on doit reconnoître que l'un ou l'autre est vrai. Le premier est que le nom d'Ebreu vient de la préposition Ebraique πη εβενη qui signifie au de-la, & que ce nom fut donné premièrement à Abraham par les Cananéens, parce qu'il venait d'au de-la du fleuve, c'est-à-dire, d'au de-la de l'Euphrate, comme l'entendent la plupart des Auteurs, puisqu'en effet, Abraham venait de la Mésopotamie. Les Septante expliquent le surnom πη εβενη que l'Écriture donne à Abraham, Gen. XIV. 13. par πη εβενη, c'est-à-dire, d'au de-la; & Aquila, suivant l'édition Romaine, par πη εβενη. Origène, dans les Chaines manuscrites Πη εβενη ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία ἀνάλογα ἑορυγία, ἑορυγία 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H E C. Bien doit être laffe clamée, Quand il aime sans être aimée. Et ailleurs : Bien est droit que je m'en repente, Lafe, fole, laffe, dolcme, Laffe, laffe, cent mille fois. Le Roman de Guillaume au court nez : Souvent se claime malheureuse & laffe. Les Italiens l'ont aussi pris en ce sens. Pétrat- que : Quante lagrime laffe ! & quanti versi ! Laffaris se trouve aussi pris en cette signification, chez les Auteurs Latins. Sidonius Apollinaris, Poem. 5. Et que laffatisnimium spes unica rebus. Laffatis, c'est-à-dire, miseris & afflictis, comme l'explique Savaron. Cafeneuve.
HELAS. Interjection. De l'Italien abli laffe ! fait de l'interjection ab, & du mot laffus. M.
HELAS. Dans Rabelais, liv. 1. ch. 28. Grand- goufier, & liv. 4. ch. 19. Panurge, disent holos holos, & ce dernier encore zalas, zalas, dans la signification de helas. Du reste, l'Italien laffare signifie laffer aussi bien que laffer, & l'un & l'au- tre viennent de laxare. Ainsi je ne fais si helas, de l'Italien abli laffe, ne signifieroit pas, ha pau- vre delaiffe que je suis. C'est du moins dans ce sens qu'on lit laffe dans Patelin, où Guillemette s'écrie, moi laffe, dans le dessein de faire croire qu'elle se croit à la veille d'être delaiffe de son mari qui contrefait le malade. Et le Roman de la Rose, fol. 55. v°, ne prend pas ce mot autrement dans ce vers : La très-malheureuse, la laffe. C'est-à-dire, l'abandonnée qu'elle est. Jean le Maire de Belges, dans son Poème intitulé, le tem- ple d'Honneur & de Vertus : Femininis cris vont par tout l'air trenchant : Chafcune pleure & se clame dolente, Et matag pafeur se dit las & mefchant. C'est-à-dire, delaiffe & malheureux. Le Duchat.
HELEPOLE. Terme d'Antiquaire. Machi- ne propre à battre les murailles d'une ville affié- gée. De Grec ibimbae, qui est composé de ibim prendre, & de abis ville. Demetrius, Roi d'Asie, fut l'inventeur de l'Helepole, ou du moins s'en servit utilement au siège de Rhode. Le grand usa- ge qu'il fit de cette machine, & d'autres fembla- bles, & le grand nombre de villes qu'il prit par ce moyen, le rendirent célèbre, & lui firent donner le nom de Poliorcete, ou affiegeur de villes.
HELIASTES. Nom de certains Magistrats d'Athènes, & l'un des six tribunaux qui connois- soient des marieres-civiles. Démostène en parle dans son oraison contre Timocrate. Ulpien, sur cet endroit de Démostène, donne deux etymolo- gies du mot Heliastes. Quelques uns, dit-il, le font venir de ibimbae soleil, parce que le lieu où les Heliastes rendoient la justice, étoit en plein air, & exposé aux rayons du soleil. Pour lui, il croit qu'il vient du verbe ibimbae j'affemble, fait de ibimbae, qui signifie sacis, abonde, conferrim, & que les Heliastes furent ainsi nommés, parce qu'ils s'af- sembloient pour juger. Ulpien se trompe. Les Heliastes eurent ce nom, parce qu'ils tenoient leurs séances dans une place d'Athènes, appelée ibimbae : & cette place fut appelée de la forte, il va iimbae, eui, eui ibimbae, c'est-à-dire, parce qu'elle étoit en plein air, & exposée aux rayons du Soleil. De-la vient qu'on disoit ibimbae & ibimbae, pour dire, juger dans la place ap- pellée ibimbae.
HELICE. Terme de Géométrie & d'Archite- cture. C'est une ligne tracée avec inclination & en forme de vis autour d'un cylindre; en quoi elle diffère de la spirale, qui est décrite autour d'un cône. On appelle helice, en terme de Médecine, tout le circuit où le contour de l'oreille de l'hom- me. Helice est aussi un nom qu'on donne à une constellation du ciel, qui est la grande ourse, à cause qu'on la voit toujours tourner autour du Pôle dans un petit cercle. Ce mot vient du Grec ibimbae tour, circuit, fait du verbe ibimbae rouler, tourner, faire rouler.
HELIOGABALE. Voyez ELAGABALE.
HELIOTROPE. Plante, ainsi appelée, se- lon Diocoride, liv. 4. chap. 193. ibimbae, c'est-à-dire, parce qu'elle tourne ses feuilles en même tems que le soleil baiffe : c'est pourquoi on la nomme aussi tour- nesol. D'autres disent qu'elle a été nommée helio- trope, parce qu'elle fleurit pendant le solstice d'été, lorsque le soleil retourne vers l'Equateur. Ce mot vient du Grec ibimbae, fait de ibimbae soleil, & de abis tourner. Heliotrope est aussi une pierre précieuse, verte, & rayée de veines rouges. Pline dit qu'elle est ainsi nommée, à cause que si on la jette dans un vaisseau plein d'eau, les rayons du soleil qui y tombent, semblent être de couleur de sang, & que hors de l'eau elle représente l'image du soleil.
HELOISE. Nom propre de femme. C'est la même chose que Louise, en ajoutant à ce der- nier nom l'aspiration. C'est ainsi que Clovis ou Chlovis, est la même chose que Louis : & Clotaire ou Chlotaire, la même chose que Lathaire. L'as- piration ajoutée à Louis & à Lathaire, a été chan- gée en c. Ce changement est commun. Voyez Clovis & Louis.
HELVETIENS. Helvetii. Ancien peuple de la Gaule Celtique. Les Chroniques Fabuleuses ti- rent ce nom d'un certain Helveticus, fils d'Erve- ton, & frère de Sequanus & d'Allobros. Aven- tin le tire d'Helveticus, fils d'Hercule, frère de Noricus, de Hannus & de Boius. C'est encore une fable. D'autres croient qu'il vient de Helvetier, c'est-à-dire, proche ou parent de Dis, que les Hel- vetiens appelloient Hellus, & de qui, selon César, prétendoient descendre les Gaulois, dont les Hel- vetiens faisoient partie. D'autres dérivent ce nom de Held-vater, c'est-à-dire, père des Héros : d'au- tres de helvus, mot qui signifie une couleur de rouge pâle, ou de blond ardent, parce que c'étoit la couleur qui plaisoit le plus à ces peuples. Simier croit que l'on ne peut rien savoir au vrai de l'ori- gine de ce nom. Wachter, dans son Glosterium Gastrum, pag. 731. le dérive de l'Anglo Saxon hill, qui signifie montagne & colline; & du verbe Teutonique heiten, qui veut dire, demeurer, s'ar- rêter. Voici les paroles de Wachter : HILL, mens & collis, Dialecto Anglica & Anglo-Saxonia. Hand dubte à notions alcitudinis, ne omnia montium H E M. H E N. nomina apud Germanos. Nam ha, hau, ho, in v-tustissimis Dialectis est altus; hoya & hean extollere : & L eji medium derivendi, ut offendi in Prolegomenis, sect. vi. Similia sunt collis & adven apud Latinos & Graeca. Sed hill simplicius est, & origini conformius, & ab illo nomen ducum referes monticola HILLEVISINES & HELVETII : Illi a wonen manere, hi a beiten manere. Suivant cette étymologie, Helvetiens, signifie habitans des montagnes, nom qui convient tres-bien à des peuples dont le pays est en effet tout rempli de montagnes. HEME E. S. Ange, pag. 5. de la seconde édition du Mascurat : La jour de Saint Sebastian que cette belle Hémée arriva, je tirai un coup de fusil : Je ne fais ni la signification, ni l'étymologie de ce mot. Le Duchat.
HEMÉROCALLE. Fleur, ainsi appelée, parce que sa grande beauté ne dure qu'un jour. Hésychius : ἱμυροκαις, ἀνδ & φις μίαι ἱμυροκαις. Cette étymologie me semble plus naturelle que celle de M. de Saumaise qui est, que cette fleur a été appelée hémérocalle, parce qu'elle n'est belle que le jour. ἱμυροκαις dictum, quod cum die oriente pulchritudinem sui floris expandit : nam noctibus marcescit & clauditur : unde & ἱμυροκαις ναυσιν ναυσιν. Dioscorides : ἱμυροκαις, οἱ & ἱμυροκαις. Hac tantum vetsustissimus codex. Rationem etymis aperit Athenae, lib. xv. γι & ἱμυροκαις καυσιν ἱμυροκαις, οὐ & γις ἱμυροκαις. ἱμυροκαις. Il n'y a point de fleur qui ne soit plus belle le jour que la nuit, à la réserve de la Belle de nuit, ainsi appelée parce qu'elle est plus belle la nuit que le jour. Comme les Grecs ont appellé l'hémérocalle ἱμυροκαις parce que sa grande beauté ne dure qu'un jour; les Latins ont dit de même herba solstitialis, d'une herbe qui ne dure qu'un jour. Plaute, dans son Pseudolus : Quasi solstitialis herba, paulisper sui. Autone, dans ses Professeurs : Solstitialis velut herba solit, Ostentatus raptusque simul. Et c'est de cette herbe qu'a voulu parler Malherbe, quand il a dit : La gloire des méchans est pareille à cette herbe, Qui, sans porter jamais ny javelle ny gerbe, Croiss sur le toit pourri d'une vieille maison. On la voit seiche & morte, aussi-toi qu'elle est née : Et vivre une journée, Est réputé pour elle une longue saison. Il y a aussi un petit animal qui ne vit qu'un jour, & qui, pour cela, a été appelé par les Grecs ἱμυροκαις. Tous ces exemples ne confirment pas peu l'étymologie d'Hésychius. Il est au reste, à remarquer, que les paroles d'Athénée, alléguées par M. de Saumaise, sont de Théophraste. M.
HENNE. Hennart & Hennot. Ce sont trois mots fort usistes en Basse-Normandie. On y appelle vieille henne, une vieille jument, une vieille cavalle; & quelquefois aussi par mépris, une vieille femme; de même qu'on dit quelquefois une vieille roffe. Et on appelle hennart & hennot, un méchant petit cheval, un petit vide de quatre-vingt sont, comme dit le Gascon. Et tous ces mots viennent du Latin hinnus : d'où vient aussi le mot hennot. S. Add.
HENNIN. Sorte de coiffure, haute d'une aune & plus, que portoient les Dames Flamandes, en 1434. & dont Paradin fait mention, liv. 3. pag. 700. de ses Annales de Bourgogne, & encore Argentré, Histoire de Bretagne, liv. 10. ch. 42. peut-être de la Ville de Hennin en Flandre, d'où il se peut que vint la mode de cette coiffure. Voyez Bayle, Diction. Crit. édit. 2. pag. 964. c. Voyez aussi Montrelet, édit. de 1572. vol. 2. fol. 39. a. sur l'année 1428. Hennin vient peut-être aussi de l'Alleman bas un coq. C'étoit une espèce de crête. Le Duchat.
HENRI. H. Etienne, au liv. 3. de la Conformité du Langage François avec les Grecs, dit que Henrich est un mot Alleman, fait par contraction de benderis, composé de bende, qui signifie les mains; & de rich, qui signifie riche : comme qui détoit riche des mains, c'est-à-dire, illustre par ses actions. Mais Pontus Heuterus, dans son livre intitulé, Etymus variorum nominum utriusque sexus hominum Germanica originis, dit que Henri signifie celui qui possède une grande étendue de champs, Heinryc, Henricus, amplos possidens agrorum limites. Caseneuve.
HENRI. Dans les inscriptions du cheval de bronze du Pont-neuf à Paris, Henri IV. est appelé en Latin Erricus : ce qui suppose que le François Henri vient d'ehr-reich, qui en Alleman, signifie riche d'honneur. Le Duchat.
HENRI. Henricus. Ce nom, selon Wachter, peut signifier deux choses, savoir majoribus ou similia potens, & virtute potens. Il est composé de hen & de ric. Ric est la même chose que l'Alleman reich, qui signifie, puissant, vaillant, riche; & c'est de-là, pour le dire en passant, que vient notre mot riche. Ce mot de ric ne fait aucune difficulté : il n'en est pas de même de hen. En Langue Celtique ou Bretonne, hen signifie ancien, antique; hyn les ancêtres. En Teutonique, kin & kyn, signifient race, famille; & kyn signifie aussi valeur, & vaillant. Lex, dans Henri, aura pu être changé en v, changement qui arrive fréquemment. Mais écoutons Wachter parler lui-même. Voici ses termes à la pag. 706. de son Glossarium Germanicum. HENRICH, Henricus. Nomen multis Imperatoribus & Regibus nobilitatum, & ab initio (quod ex magnifica ejus significatione cognoscitur) Principum filius proprium, postea vulgari captum. Celtica lingua significare potest majoribus potentem. Boehornius in Lexico Antiquo Britannico : hen vetus, vetustus, antiquus : hyn majores, progenitores. Dubium autem non est quin magnis parentibus orri, ab antiquitate stirpis sua appellari possint majoribus potentes. Hoc enim de Turno dixit Virgilius Æmed. VII. 56. Turnus avis ataviique potens. Videamus quid Germanis significare possit. Verellus in Indice : kynrikk ex magnifica, splendida, & ampla familia natus. Hoc potuit mutari in Hynrik, Chunrik. Nam hanc mutationem sape obit littera x : & alias kyn & kyn in omnibus veterum Dialectis genus & cognationem significat, ut suo loco offendi. Praterea significare potest virtute pollentem, quia kun in multis nominibus propriis subflavative ponitur pro virtute & fortitudine. Et totidem interpretationes suscipit quoque nomen Vandalicum HUNORICUS, quod D ij H E O. H E R. certe ejusdem indolis est, vel potius idem. Nam quod in illis discretum videur, tantillum est, ut non attendi mercatur. Qui vetera verba ex hodiernis affimant, Henricum & similia nomina ita exponunt: Henricus dives gallinis, Geniericus dives anferibus, Fridericus dives equis, &c. Sed his carduis pascuntur affiat, non antiquitaris periti. Voyez le même Auteur, au mot reich, & ci-dessus Genieric & Frederic. Il semble néanmoins que le nom de Henri, est le même que celui d'Eric ou Eric, si connu dans les Etats & les Langues du Nord: & qu'on a dit Henri pour Eric, en changeant le premier R en R afin de rendre la prononciation plus douce. Les inscriptions qui sont au Pont-neut à Paris sur le pied est de la statue équestre, supposent évidemment que ces deux noms sont la même chose, puisque Henri IV. y est nommé Erricus. Dans ce cas-là, l'étymologie de Henri sera la même que celle d'Eric. Or on peut donner plusieurs étymologies d'Eric: car sans parler des deux que Wachter donne d'Eric, & qu'on peut voir ci-dessus à ce mot, & dans parler de celle que M. le Duchat donne d'Eric, qu'il dérive de l'Alleman ebr honneur; on peut en donner encore deux autres de ce nom, qui me paroissent assez vraisemblables. On peut le dériver de her, pris dans la signification d'armée; ou de her, qui signifie maître, Seigneur. Ainsi Eric signifiera exercitu potens, ou bien dominus potens. Le retranchement de la lettre aspirée ne doit pas faire peine. Les aspirations s'ajoutent ou se retranchent facilement dans les mots Teutoniques. Il est vrai que Skinner dit que le mot her n'est point de l'ancienne Langue Allemande, & qu'il vient du Latin herus: mais cet Auteur se trompe en cela. Voyez-en la preuve dans Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 718. Quelques-uns ont cru mal-à-propos, que le nom de Henri vœu originalement du Latin, & qu'il étoit formé d'honor: mais on ne sauroit douter que ce ne soit un nom Teutonique. Kilian le dérive de heym, qui en Teutonique, signifie maison, & il l'explique par domi dives. Cette étymologie n'est pas recevable. *
HEOUSE. Plante. Voyez yenfe. M.
HERACES. Ce sont des boucles qui attachent des pièces de bois. Et ce mot est des Méchaniques: appellé ab hærendo, comme veut Turnébe en ses Adversaires, dit Bourdelot. Voici les paroles de Turnébe, qui sont du chapitre 20. du livre xxv. de ses Adversaires: FIBULA, in Catone, sunt, quas ab hærendo Galli HERACES appellant, quibus aliquid adligatur. M.
HERAUD. Parce que les herauds étoient proprement des Officiers d'armée, ce mot est formé de heer, qui en l'ancienne Langue Tioise, & encore en Alleman & en Anglois, signifie camp & armée. Dans les Capitulaires de Charlemagne, & en plusieurs endroits des Loix Barbares, heribannus signifie l'amende qu'on payoit pour n'être pas allé. Herebergum étoit le camp ou le logement de l'armée. Le Glossaire que Lipse a inféré dans le troisième livre de ses Epitres ad Relitas: Heriberga, Cæstia. Et Charlemagne ayant fait d'enfer un logement pour son armée sur le bord de la rivière de Wexer, le fit appeller herifialium, c'est-à-dire, demeure & logement d'armée: comme dit l'ancien Poète Saxon, au Poème qu'il a composé de la vie de cet Empereur: — Wifura poſtis in litore caſtris Sedit, herifialique locum fuſtis vocitari. Et en un autre endroit: — Tum Gallica rufus ad arva Regrediens, hiemis tempus tranſegit in aula, Nomen herifialli dederat cui Barbara Lingua. Le mot here, outre la ſignification de camp & d'armée, se trouve auſſi pris pour armes: car le mot heriſtis, qui se trouve dans la Loi des Lombards, & dans les Capitulaires de Charlemagne, signifie quelquefois depoſſire armorum, selon un vieux Glossaire que cite là-dessus Lindebrogius. De sorte que le mot here ſignifiant armée & armes, il est certain que les Hérauds ont été ainsi appelés, comme étant Officiers d'Armées & d'armes. Froiſſart, vol. 1. chap. 112. dit qu'après la bataille de Crecy, le Roi d'Angleterre voulant ſavoir le nombre des morts, & quels Seigneurs y étoient demeurés, commanda à trois Hérauds de les aller reconnoître: Si furent ordonnés pour aller là, Meſſire Regnaud Gobeghen, & Meſſire Richard de Stanfort, & trois Héraux, pour recognoſtre les armes; & deux Clercs pour eſcrire les noms. Car là il étoit du devoir des Hérauds de reconnoître le Blaſon & les armes de la Nobleſſe. Le même, au ch. 242. du même volume, dit qu'à la bataille de Navarret, le Prince de Galles ordonna quatre Chevaliers & quatre Héraux, pour aller par les champs ſavoir quelles gens de prix, & quelle quantité, y étoient morts & demeurés. La Chronique Scandaleuse de Louis XI. dit qu'à la bataille de Nancy, où le Duc de Lorraine défit celui de Bourgogne, il se trouva vingt-deux mille ſept cens hommes de morts, par le rapport fait des Hérauds, qui pour faire ladite eſtimation ſe transporterent audit lieu. Lorsqu'il falloit présenter la bataille à l'ennemi, on l'envoyoit défer par un Héraud. Froiſſart, vol. 1. ch. 42. écrit qu'Edouard, Roi d'Angleterre, envoya défer le Roi Philippe de Valois, & lui demander bataille, par un Héraud. Le même, au vol. 2. ch. 54. rapporte que le Comte de Bouquinquan envoya défer le Duc de Bourgogne, & les François qui étoient dans Troye, par deux Hérauds, l'un appellé Chandos, & l'autre Aquitaine, vêtus & parés de ses cottes d'armes. L'Auteur de l'Histoire du Connétable du Gueſclin, ch. 45. dit que dès qu'il fut fait Connétable, Thomas de Grançon, Lieutenant du Connétable d'Angleterre, l'envoya défer par un Héraud. Il étoit auſſi de la Charge des Hérauds de ſe trouver, non-feulement aux batailles, mais encore aux combats particuliers. Doronville, en la Vie de Louis III. Duc de Bourbon, dit qu'en un combat qui ſe fit en la présence de ce Duc, dès que les Champions furent prêts, il leur fut crié par les Hérauds, Faites vos devoirs. Et même les Hérauds avoient quelquefois l'honneur de préfider en ces combats. Olivier de la Marche, liv. 1. ch. 21. écrit qu'au combat qui ſe fit au pas de la Fontaine de Plours, à Châlons ſur Saône, ſoutenu par Meſſire Jacques d'Alin, le Duc de Bourgogne y envoya le Roi d'armes de la Toiſon d'or, pour être juge en ſon abſence. Et Doronville, au ch. 48. rapporte qu'en un combat à outrance de quinze François contre quinze Anglois, qui se devait faire dans les prés de la Ville de Nantes, assiégée par le Comte de Bouquinquan; il n'y devait avoir autres Juges, sinon deux Hérauds, l'un de France, l'autre d'Angleterre. Bref, il paroît clairement que les Hérauds ont été ainsi appelés du mot *her-ah*, qui signifie *armée* & *armes*, eh ce que ceux des Princes Souverains sont appelés *Rois-d'Armes*; & que ceux qui prétendaient à la charge de *Hérauds*, étoient qualifiés *Poursuivans d'Armes*. Caleneuve.
HERAUD. Lat. *Fecialis*. Du Latin-Barbare *Heraldus*, dont les Italiens ont aussi fait *Araldo*. Le Latin Barbare *Heraldus* a été fait de l'Alleman *Her-ah*, mot de la même signification. Voyez *Vossius de Vitis Sermonis*, & M. du Cange dans son Glossaire; & sur-tout Spelman, dans sa Diatribe des Hérauds, imprimée dans son Glossaire, au mot *Heraldus*. François Pithou, dans son Glossaire, dérive le mot *Heraldus de here*. *HERE enim*, dit-il, *Francisco*, *Alamancico*, *Anglico*, *idiomate*, *caltra*, *sive exercitum significat*. Inde HERAULT, *Fecialis*. M. HERAUD ou HERAULT. Le mot Alleman *her-ah*, ou *herold*, d'où est venu le Latin-Barbare *heraldus*, & notre François *héraud*, ou *hérault*, ou *héraut*, signifie, selon Wachter, *praco nobilis*, en tirant *her* du vieux verbe Teutonique *haren* crier, appeller; d'où *hero*, ou *haro*, un crier chez les anciens Francs: ce qui est le même mot que le *haro* des Normans, lequel signifie *cri*, *clameur*, comme on a vu ci-devant. *Alt* signifie ancien, & ensuite noble. Voici les paroles de Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, pag. 716. HEROLD, *praco*, *vociferator*. *Vox. Francica & primigenia est hero vel haro*. *Gloss. Bozo. forta-haro praco*. *Unde hac vox oriasus, jam dixi in haren clamare*. *Horum praconum officium erat non publica trailiare negotia, aut legationibus defungi, sed in ludis equestribus clamando promulgare leges certaminis, & cum qui vicisset declarare victorem*. *Prius cognoscimus ex Poimate quodam Mambrunii a Menefrio in trailiatu de Torneamentis citato*, pag. 199. *Protrinus ingenti Praco sic voce Cluentus*: Hoc opus hæ leges ſunto certaminis: haſtâ Tres medio in curſu purâ ſinul auſerat orbes Victor Eques, mox & Regi ſe ſiſtat in armis. *Poſterius ex Virgilio*: Tunt ſatus Anchifa, cunctis ex more vocatis, Victorem magna Pæconis voce Cleanthum Declarat, viridique advelat tempora lauto. *Franci igitur veteres, qui circa originem Trojanam ultra gloriſi erant, hos ludos & hac certamina ludicra, ab Ænea Trojano in Latio inſtituta, frequenter imitabantur, praſertim cum a re bellica vocarent. Et in his ſpectaculis eum hominem quem deſcripiſi, ab officio clamandi appellabant haro, id est praconem, vel vociferatorem... Horum dignitas ab initio nulla aut exigua fuit: poſtea verò a Regibus-terris donari & ceremonias atque inſignibus praſici corporum. Idque officium maximè conſpicuum fuit in ſolemnitatibus nuptiarum, coronationum, torneamentorum, & honorum militarium diſtributione, &c. Ab illo tempore praefectus ceremoniarum dictus est herold, & Latino-barbare heraldus, hoc est nobilis praco, ab ait nobilis: imo etiam rex (vulgò wappen koni, Tall. toy d'armes), imita-* *tione Romanorum, qui florente adunc republica tegem dicebant qui ſacris praeſet ceremonias. Inde Gallis herault, Iralis araldo. De quibus vocibus mire nugantur iam Germani quam exteri, quotquot illas explicare aggreſſi ſunt. Diſcrimen, quod est inter praconem & ſectalem, vide in erenhold.*
HERBAN. En Latin-barbare *heribannus* & *aribannus*. Nieux terme de Jurisprudence Féodale: il a eu ſucceſſivement trois ſignifications. Dans la premiere, il marquoit un cri public fait par le Roi à les vaſſaux pour l'aller ſervir à l'armée. Enſuite il a ſignifié l'amende que les vaſſaux provient pour n'avoir pas obéi à cette convocation. Enfin on l'a étendu à toutes les charges & corvées que les Seigneurs avoient droit d'exiger de leurs ſujets. Ce mot vient de *her* & de *ban*, deux mots Teutoniques, dont le dernier ſignifie convocation, punition, levée des tributs, ordonnance, juriſdiction, &c. & le premier ſignifie Seigneur. Ainsi *herban* veut dire, *van du Seigneur*. Mais comme *her* ſignifie aussi armée, on peut expliquer *herban* par convocation de l'armée: & c'est ainsi que l'entend Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *herbann*. Voyez-le, & aussi au mot *her*, & ci-deſſus *ban*. Le mot *herban* se trouve dans *Gregentius*, Archevêque de Tephre en Ethiopie, comme ſi c'étoit un nom propre d'un Juif, au moins ſi l'on s'en rapporte aux Traducteurs. Mais le P. Soucier, Jéluite, dans un Recueil de Diſſertations ſur l'Œcriture, pag. 581. prétend que le Juif contre lequel *Gregentius* diſpute, ne s'appelloit point *Herban*; mais que quand *Gregentius* a mis le Juif *i-Cos Herban*, il a exprimé le mot *Hera harabban*, qui est la qualité que les Juifs donnent à leurs Docteurs; & que *Gregentius* ne diſputoit pas contre le Juif *Herban*, mais contre un Rabban ou l'locuteur Juif, ou plutôt contre le Rabban, ou Rabbin Juif, de la Ville, de la Syhagogue, ou de l'Académie Juive.
HERBAUT. Rabelais, liv. 4. ch. 52. *Frere Jean bannifioit du bout du nec, comme preſt a rouſſi-ner, ou baudouiner pour le moins, & monter deſſus, comme Herbaut ſur pauvres gens*. On pourroit croire qu'il y auroit ici une faute, & qu'il ſaudroit lire ou *Herbaut*, comme dans le Roman de la Roſe, fol. 107. v. ou *Herban*, comme dans Perceſoreſt, vol. 1. ch. 46. où par le nom de *Herban*, on entend le Dieu de pauvreté & de miſère. Mais ſi nous en croyons les Angevins, *Herbaut*, dans ce paſſage de Rabelais, est le nom d'un chien baſſet ou briquet; & c'est ici une comparaison proverbiale, dont on ſe ſert en Anjou. Lorsque quelqu'un s'est rué ſur un autre, on dit: *Il s'eſt jerte deſſus comme Herbaut ſur pauvres gens*, parce que ces animaux ſe ruent ordinairement ſur les gueux qui vont aux portes des gentilshommes. Voici le paſſage du Roman de la Roſe: *Ou ſi Herbaut devoit ſaillii*, *Qui tane ſiſt les biens deſſaillii*, *Que les gens de ſain mourir deuſſent*, *Pource que ung ſeul grain de blé n'euſſent*: *Tant en pourroit-on retenir*, *Avant que ce deuſt advenir*, *Par deux ans, ou par trois ou quatre*, *Que bien pourroit la ſain abattre*, *Au peuple tant gros que menu*, *Quant au Herbaut ſeroit venu*: *Comme ſir Joſeph en Egipte*, Par son sens & par son mérite ; Et faire si grand garnison, Que bien en pourroit garison, Sans sain & sans malaise avoir. Celui de Percefotes n'est pas moins remarquable. Le voici : Or chevauchons puisque ainsi est, si allons querce la chasteté, que Herban ( peut-être faut-il lire Herbon ), le Dieu de misère & de poureté, ne nous saille. Le Duchat.
HERBE. On dit en proverbe : il a bien fait, il aura de l'herbe. Ce proverbe, usité parmi nous, dit M. de Brieux, a quelque chose d'approchant du Latin, dare ou porrigere herbam alicui, c'est-à-dire, lui céder, lui rendre l'honneur & la récompense due à sa vertu, & le reconnoître pour vainqueur. Voyez Erasme en ses Adages, au titre vincere & vinci, ou il montre que par cette action le vaincu prétendoit témoigner qu'il quittoit le champ de bataille. Pline parlant de l'éléphant : Mirus pudor est elephantis, victuque vocem victoris fugit, terram ac verbenas porrigit, liv. 8. ch. 5. Et liv. 11. ch. 4. Summum apud Antiquos signum victoria erat, herbam porrigere victoris, hoc est terra, & alirice ipsa humo, & humatione, oos cedere : quem morem etiam nunc durare apud Germanos scio. Ou, sans aller si loin, ce proverbe peut être venu des Ecuyers & Cavaliers, qui donnent une poignée d'herbe aux chevaux qui ont obéi, & fait ce qu'on leur demande. Théophile, en dérision de ce premier couplet d'une chanson de Malherbe, cette Anne si belle, fit cet autre : Ce Poëte Malherbe, Qu'on tient si parfait, Il aura de l'herbe, Car il a bien fait. Peut-être encore cela peut-il venir de cette sorte de couronnes, qu'on appelloit gramineas. De Brieux, dans ses Origines de quelques Coutumes anciennes. * HERBE A LA REINE. Voyez Nicotiane. M. HERBE A L'EPERVIER. Lat. hieracium, ou accipitrina. Parce que les éperviers s'éclaircissent la vue avec le suc de cette herbe, disent les Médecins de Lyon. Vipoe signifie épervier. M. HERBE A LIMAÇON. Lat. trisolium exhibatum. Parce qu'elle porte des gouffes entre tillées comme des coquilles de limaçon, disent les Médecins de Lyon. M. HERBE DE LA TRINITE. Lat. hepatica. Parce que sa fleur est de trois couleurs. On l'appelle autrement pense. Voyez pense. M. HERBE ROBERT. Espèce de geranium. Daléchamp, liv. 21. de son Histoire des Plantes, chap. 35. Huijus geranii species, eodem Matthiolo autore, est herba, geranitis etiam adnumerata : qua, a caulium, foliorum, & fœrum rubro colore, primum Ruberta dicta est ; deinde Herba Robertiana, & Geranium Robertianum : haud dubie a superstitione aliqua Divi : qua superior atas mirifice imbuta fuit. Gallice l'Herbe Robert, Germanice Ruprechtskrant. M. HERBE S. JEAN. Nous appellons ainsi l'armoire, à cause qu'elle fleurit vers la S. Jean, & qu'on en orne les feux de la S. Jean. On prétend qu'elle a été trouvée par la Reine A temis : d'où elle est appelée artemisia. Voyez Diofsonide. M.
HERBELINE. Brebis maigre, pour hermeli- ne : d'où s'est fait le mot d'hermine. On a voulu marquer la petitesse & la maigreur d'une brebis, en la comparant à un si petit animal. Huer.
HERBERT. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & on peut l'interpréter Seigneur illustre, en le dérivant de her Seigneur, & her illustre. On peut aussi l'expliquer bello clarus, en faisant venir her de ar, ancien mot Celtique, qui signifie guerre, & dont les Cambriens ou habitans du pays de Galle en Angleterre, se servent encore en cette signification. Cet ar est la même chose que l'Anglo Saxon war & wer, le Franc aueri, l'Alleman wer, le Flaman verre, & l'Anglois war ; qui tous signifient pareillement guerre; & desquels vient le Latin-Barbare guerra & werra, & le François guerre. Voyez ce mot ci-dessus, & Wachter, dans son Glossar. German. pag. 1867. au mot wer. Pour ce qui est de ber, qui fait la seconde partie du nom de Herbert, voyez ci-dessus Birte & Berthier. Au lieu de Herbert, on a dit aussi Herbert, & en retranchant l'aspiration, on a dit Aribert. Les additions ou les retranchemens de l'aspiration sont fréquents dans les noms Teutoniques. *
HERBOLISER. Rabelais, 1. 14. a dit arboriser. Et au lieu d'arboriser, visioient les boutiques des Drogueurs, Herbiers & Aporhiquaires. Et au chapitre 15. du même livre : Ensemble des marrochons, des pinches, cerfouettes, béches, tranches, & autres instruments requis à bien arboriser. Et Ronfard, dans la Préface de sa Franclade, a dit arboriste. Tantôt il est Philosophe ; il parle du Poëte Héroïque ; tantôt Médecin, Arboriste. Oudin, dans son Dictionnaire Italien, & Nicot, dans son Dictionnaire François, au mot hanebane, & le P. Bouhours, dans ses Entretiens, pag. 419. de la seconde édition, ont dit herboriste. Je crois que l'ancien mot étoit herboliste. Les Grecs, de Juvia, qui signifie herbe, ayant dit Juvia, pour la science des Simplices & les Larins du mot herba, ayant dit de même herbarius, pour celui qui pratique cette Science; & les Italiens, erbolais, erboliste, & erborista; & les Espagnols, herbalario; & les Flamans, herbariste, il n'y a point d'apparence que nous ayons nommé la même chose du mot d'arbor, plutôt que de celui d'herba. Je crois donc, que du diminutif herbola, qu'on a dit pour herbula, comme servolus, pour servulus ( lequel mot herbula se trouve dans Cicéron ) ; je crois, dis je, que de ce diminutif herbola, nous avons fait premièrement herboliste, & ensuite arboliste, en changeant l'E-en A : comme en parfait, de perfectus : & que d'arboliste, les hommes de lettres ont fait, premièrement aussi, arboriste, s'imaginant qu'arboriste avoit été formé d'arbor : & que d'arboriste, le peuple a fait ensuite arboriste. Cette raison d'étymologie, jointe à la douceur de la prononciation, & à l'autorité de plusieurs personnes du métier, qui disent herbolist : & herboliser, fait que je préfère ces mots, non-feulement à arboriste & arboriser, mais encore à herboriste & herboriser. Ronfard a dit herbeur, pour herboliste. C'est dans son Ode à Phébus pour la guérison de Charles IX. qui est la sixième du livre v. de ses Odes. Voici l'endroit : Soit que tu suis Fluteur, O Phébus ; ou Pasteur, Dez les bords d'Amphryse ; On Herbeur; entendu-mey. Vien-t'en guérir mon Roy. Qui seul te favorise. M.
HERBOLISER. L'ancien mot étoit arboliffe, fait vraisemblablement d'herboliffe, par le changement de l'e en a, soit comme le prétend M. Ménage, ou suivant l'alage des Parisiens, & par la suppression de l'a, qui ne se prononce point. La grande Nef des fous du monde, imprimée en 1499. fol. 16. c. an chapitre des fous & infavans Médecins: Les ars de Pulidore, de Galien & d'Hypnores, ne querent point tels gens, mais ung grant tas de livres d'arboliffe en Français, pour mieux entendre pareillement médecine, & ses folles raisons & maurs: au moyen dequoy ilx, font morir plusieurs gens. Le Duchat.
HERBOLISER. On ne dit plus aujourd'hui herboliser, ni herboliffe; mais herboriser, & herborifle.
HERBSMONET. C'eſt-à-dire Septembre, dit Borel, dans ses secondes Additions. Ce mot eſt Alleman, comme la plupart de ceux que Borel a mis tous la lettre u dans ses secondes Additions; & les Allemans le prononcent herbs-monat, c'eſt-à-dire, mois des vendanges. Le Duchat.
HERCE. C'eſt un instrument pour applanir & émotier les champs enſémencés. Il eſt formé de herpex ou herpix. Servius fur ce lieu des Georgiques de Virgile, —Viminesque trahit crates: Ad agrorum ſcilicet ex aquationem, quam Rufici hirpicem vocant. La Loi Salique, tit. 16. §. 2. Si quis per alienam meſſem, poſtquam germina produxerit, herpicem traxerit, aut cum carro ſine via tranſierit. Caſeneuve. Voyez ci deſſous HERSE.
HERCE. C'eſt le rateliter, ou porte-couliffe, qu'en abbat pour fermer promptement les portes des Villes & autres lieux forts. Il eſt formé de ſpans ou ipas, qui ſignifie une barrière ou clôture, dont on environne une maillon pour la fortifier. Le Latin en a auſſi fait hercius. Célar, de Bello Cervi, liv. 1. Erat objeſtus portis hercius: Sed tamen neſtri virtute vicerunt; exciſoque hercio primum in majora Caſtra, poſt etiam in Caſtellum, quod erat incluſum majoribus caſtris, irruperunt. Où les doctes remarquent que la commune édition met mal à-propos oricius & oricio, pour hercius & hercio. Caſeneuve. Voyez ci-deſſous HERSE.
HERCE. Voyez herſe. M.
HERCULE. Nom propre d'un Héroe, ou d'un demi-Dieu de la gentilité. On croit communément que ce nom vient du Grec hipnarché, qui ſe dit par contraction pour hipnarché, compoſé de Hpa Junon, & de exile gloire, honneur, louange; & qui ſignifie, que les travaux qu'Hercule entreprit par ordre de Junon, lui donnerent occaſion d'acquérir de la gloire, & de mériter des louanges. Mais Wachter trouve dans la Langue Teutonique une autre étymologie du nom d'Hercule. Voici ſes termes, qui ſe liſent à la pag. 714. de ſon Gloſſarium Germanicum: HERKUL, Hercules, unus ex poſteris Titanum. Semnerus in Diſtionario Anglo-Saxonico: Ercol Hercules. Ercoles ſyla Hercules columna. Herculem in Germania ſuiffe, vetuiſtiſſura fama eſt. Tacitus, cap. III. de M. G. Fuiffe apud eos & Herculem memorant, primumque omnium virorum fortium ituri in prælia canunt. Eundine apud Germanus non ſolum canu, ſed etiam fa- crificiis cultum ſuiffe, & lucum apud Cheruſcor-hapuiſſe, rurſus teſtatur Tacitus, cap. IX. de M. G. & Annal. II. 12. Caſſa buſus cultus ignoratur. Veriſimile tamen eſt, Herculem ex Gracia coloniam in Germanium duxiſſe, & ſic in numerum Deorum receptum eſſe, moro antiqua coloniarum, duſtores ſons conſeſſtantium. Idque de Hercule Clavigero, non alio, intelligendum eſſe argumento eſt nomen, quod lingua Germanica facile accommodatur. Rudbekius illud eleganter componit ex her exercitus, & kull, caput. Verelius in Indice: herkolle dux ſeu caput exercitus. Qui etymologia lubens ſubſcriberem, niſi ſignum Hercules ad clavam me revocaret. Clava autem ſcythice dicitur keule, kyle, kule, eſſque telum ex ligno ſaſtum, quod etiam Gracæ vocatur xōxō. Et hanc clavam non poſtum dimittere, quia pridem animadveris, multa Deorum nomina ſic comparata eſſe, ut ſi cum ſimulacris eorum & lingua Scythica aut Celtica conferantur, nomen perſecto reſpondeat imagini, & imago nomini, & una ſit utriſſque loquia. Quemadmodum igitur Veſta a domo, Hermes ab ariete, Bacchus a capre, Ares a ferro, Artemis a cerva, Taranis a fulminex, alii ab alii attributis appellationes ſuas acceperum: ita ſuſpicor Herculem ſic dictum, quafi clava terribilem, ab her terribilis, vel etch eſſidem ſignificationis; quorum illud Germanicum, hoc Britannicum eſt. Caſſa nominis eſſe potuit, quod cum Hercules in varias urbis partes, & in Germaniam quoque, colonias deduceret, terram ſine ullis armis ſolo ligno a beſtiis repurgaſſet, que tempore homines adhuc inermes (at Diodorus ſcribit) à multitudine ferarum opprimebantur. Ad memoriam Hercules in Germania ſpectat adhuc, 1. quod Tacitus de columnis Hercules a Druſo in Septemtrione quaſtris, memoria prodidit, cap. XXXIV. de M. G. 2. urbis antiqua Juliacensis Erkelens, qua Latinæ ſcribentibus Herculanum & Hercules caſtrum vocatur. 1. nomen Hercules Argentinensis Krutzman, quod vide. Alii Hercules eſt mercator Phœnicus, ab Hebrao harochel ſic dictus. Et buſus ſententia auſtor eſt vir eruditionis gloriā nulli ſecundus, Joannes Clericus, in Bibl. Univers. tom. 1. Verum, uti plures fuiffe Hercules facile conceſſerim, ita clavigerum illum mercatorem ſuiffe, haud verſimile videtur, quia telum heroi potius quam mercatori convenit.
HER-DER-TEIFEL. Rabelais, au Prologue du livre 1. Faites confuſion à Her-der-teifel, ennemy de Paradis, ennemy de vérité. C'eſt ainsi qu'il faut lire, & non Herder-tifer, comme on lit dans les éditions Modernes, ni Her der tyſtet, comme en celle de 1616. Ce ſont mots Allemans qui ſignifient mot pour mot Monſeur le Diable. Le Duchat.
HERRE. Aſpiré. Comme quand on dit, un pauvre hère. Je crois que ce mot eſt venu de l'Alleman herr, qui ſignifie Seigneur; & que nous avons dit par moquerie, un pauvre hère, pour dire, un pauvre Seigneur; comme nous diſons un Prince malaise. Et à ce propos, il eſt à remarquer, que nous tournons ſouvent en dérision les mots que nous empruntons des Langues étrangères. Comme roſte, bouquin, rapiere, lande, habler, ſavare. M.
HERGNE. Aſpiré. De hernia, fait d'ipō, ramus. Scaliger fur les Catalectes, pag. 489. de la premiere édition: Laſcivia quâdam hernia nomen, wōpō vīipō ſemarunt, ut & ramicis: utrumque enim, quod cum inteſtinum incitrit in ſcretum dici-dere, videtur ramum ſacere. Pluſieurs diſent bar- gne. Mais le bel usage est pour bergue. Voyez bar- gueux. M.
HERISSER. Aspiré. Hérissér son poil. D'eri- ciare, inusité, fait d'ericins, qui signifie hérisson : d'où l'italien riccio, qui signifie la même chose. Et de-la, riccio, pour le fourreau d'une chataigne, appelle ici des Grecs, & erbinus, des Ennins, du même animal. Pline xv. 23. Armatum caftanis echoate calyce vallum, &c. mirumque, vitissima esse, qua tanta occultaveris cura natura. Voyez mes Origines Italiennes, au mot riccio, & ci- dessous hérisson, & ci-dessous herpes & burepoix. M.
HERISSON. Aspiré. Porc épi. Gr. ἀκατάσκεψε. Les anciens Latins ont appellé cet animal eres. Nemefianus, dans son Poème de la Chaise. Impositumque sinu spinos corporis herem. Jules Scaliger, dans son Exercitation 198. contre Cardan, a écrit que ce mot se trouvait en cette signification dans Gratius. Voici ses termes : A Gratio, poeta, erinaceum erem appellari, a paucis animadverum est. Horuit ille tamen, quo tempore purissime loquebamur. Il n'est-point vrai que ce mot se trouve dans Gratius. Mais il se trouve dans Plaute, Poète plus ancien que Gratius. I modo ; venare leporem : nunc erem tenes. C'est dans ses Captifs, acte 1. scène 2. Et il se trouve encore dans ses Ménecmes, selon la resti- tution de Ulitius dans ses doctes Commentaires sur le poème de Némésianus. Parlons maintenant de l'étymologie d'eres, connue à peu de Gram- mairens. Ce mot eres, qu'on a écrit quelquefois par une H, a été formé de χοίρρ. porcus, de cette manière : χοίρρ, χοίρρ, χοίρρ, heres hetis. On a dit ensuite eres eris, à la différence d'hares heredis. La plupart des Nations de l'Europe ont appellé porc cet animal. Voyez porc-ép. M.
HERITAGE. D'heritagium. Ce mot d'hérita- ge se prenait anciennement pour un fond de ter- re, échu par succession. Et dans le Dauphiné, & en quelques autres lieux, il signifie encore aujourd' hui succession. On l'a employé ensuite pour toute forte de domaine : & on l'oppose à menhles. Les Espagnols usent du mot eredad en la même signifi- cation ; je veux dire, pour heredium. M.
HERITIER. D'hereditarius. Voyez M. du Cange au mot hereditarius. M.
HERMAN. Nom propre d'homme. Il est Teutonique, & signifie homme d'armée, c'est-à- dire, un soldat, un guerrier : de her, pris dans la signification d'armée, & de man homme. On peut expliquer de même Arminius, nom d'un chef des Chetniques, peuple de Germanie. L'aspiration se retranche ou s'ajoute aisément dans les nom Teu- toniques. Voyez ci-dessus Arminius. Herman est peut-être aussi la même chose qu'Armand. Voyez Armand.
HERME. Terre inculte & herme. Appien, de la Traduction de Seyffel, Paris 1570. fol. 18. a. D'eremus, comme hermite. Le Duchat.
HERMINE. D'armellinus, qui est une petite hère à peau blanche, qu'on trouve dans le Septem- trium : d'où les Italiens ont aussi fait armelino. Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Ariëote, pag. 259. Pontici mures candidi sunt. Armenos pu- tarunt sacula deteriora : unde & nominarum armel- linos. Tanda munditia esse dicuntur, ut cæno cincti, mutit cupi quam sadari. Eos, non tam Pontus, qua est regio Asia minoris, quam Suecia, mittit. Alii sunt, qui varii, idcirco a pellitoribus appellan- tur, quoniam ventre tantum albi sunt, dorso suscius- cula. D'autres dissent hermelinus. Voyez Olaus Magnus, liv. 18. Mais écoutons M. du Cange, dans son Glossaire sur Villehardouin, au mot Her- mines : Il n'y a personne qui ignore que les Hermines sont les rats de Pont, (mures Pontici) des anciens : mais aucun n'a encore rendu la raison pourquoy la France, & toute l'Europe, les appelle hermines. Ce que Villehardouin nous apprend assez sur le terme d'hermines, qu'il donne à ces animaux, & aux peu- ples d'Arménie ; faisant voir par-là, qu'ils ont esté ainsi nommez, parce qu'ils venoient de cette Provin- ce, qui en abonde, & où l'usage des manteaux & habits faits de ces sortes de fourrures, estoit ordinaire, qu'ils appellent aurois selon Julius Pollux. Car comme les anciens ont donné à ces animaux le nom de Rats de Pont, parce qu'ils venoient de la Province de Pont en Asie ; ainsi nos François & autres peuples Latins, qui les faisoient venir de l'Arménie, où ils trafsquoient plus qu'en la Province de Pont, les ont appellez du nom adjectif usité en ce temps-là, d'her- mines, c'est-à-dire, Rats, ou fourrures d'Arménie, laissans le nom substantif, qu'ils sous-entendoient ; de mesme que les nouveaux Grecs leur donnèrent le nom de l'armée simplement, sans parler du nom de l'animal : n'estant pas d'ailleurs sans exemple, que le nom de la Province où telles peaux se déboient, & où ces animaux naissent, leur soit demeuré : puisque nous lisons que ces mesmes peaux ont esté appelées autres os peaux de Babylone, pelles Babylonica, in lib. 16. §. 7. v. de Pub. dans S. Hierosme en l'Ep. ad Lætam, & en la Géographie d'Atypius Antochenus. Voyez les Nares de Valesus sur Am- mian Marcellin, pag. 276. où il est constant que ces peaux de Babylone estoient peaux de rats, par les termes d'Allian au liv. 17. αἰγίπων, ch. 17. De forte qu'elles ont esté appelées indifféremment peaux de Pont, de Babylone, ou d'Arménie, suivant qu'il- les se déboient en ces Provinces, qui sont toutes dans l'Asie, & voisines les unes des autres : de mesme que le nom adjectif de Zibellines, ou Zebellines, a esté donné aux Martes, à cause que les marchands de Zibel, ou Zebel, Ville de la Torre-Saune (en Latin Biblium) en trafsquoient ; & que de-là elles se portoient en divers endroits de l'Europe. L'instrument des Charpentiers qu'on appelle hermine, a été ainsi nommé à cause de sa figure, qui est semblable à celle des moucherures d'her- mine en armoiries. M.
HERON. Oiseau. Les Italiens l'appellent ae- rone, airone, aghirone, anghirone, & arghirone ; & les Espagnols, ayrone. Jules Scaliger, dans son Exercitation 233. contre Cardan, dérive l'italien ae-ron, d'aereus. Ardearum duo faciunt genera ve- natores : aerorum Italus utrumque vocat ; quasi aereum à volatu arduo : unde nomen Latinum ; Graca origine, aiza doni. Périon, dans son Livre de Lingua Gallica cum Graca cognatione, derive le François héron du Grec iudic. Ardeam héron vo- camus : sed verbum hoc nostrum a Latino lon e dis- cedit. A Graco, inquam, ut Budans etiam monuit, ortum est : iudior enim Graci appellant : ex quo vocabulo, si dio detrabas, & terem spiritum mutes in asperum, héron exister. Le François héron peut avoir été fait du Latin erodius, de cette manière : Erodius, erodio, erodionis, erodione, erone, HE- RON. Du Grec iudic, les Latins ont fait premie- rement herodius, qui se trouve dans le Pseaume 103. 103. Herodii domus dux est corum; & ensuite, herodio, herodionis, qui se trouve dans le verset 19. du chap. xi. du Lévitique. Je crois pourtant que l'Espagnol ayron, & l'Itaien aerone, airone, aghirone, anghirone, & arghirone, ont été faits d'ardea. Ardea, ardia, ardius, arzius, argius, argirus, argiro, argirone, ARGHRONE, ANGHRONE, AIRONE (d'où l'Espagnol ayrone), AERONE. Et le mot Latin ardea n'a point été fait d'āpā hāro, comme l'a dit Scaliger au lieu allégué, & après lui, Vossus, dans son Traité de Litterarum permutatione, à l'article de l'U en E. Il a été fait d'ipōhōc, ipōhōc, ipōhōc, ipōhōc, ardius, ardia, ARDEA. Et le Grec ipōhōc, pour le marquer par occasion, a été formé d'ōhōc, qui signifie un marais. Iōhōc, ipōhōc, ipōhōc. Le hērōn aime les lieux marécageux. Notasque paludes de ferit, atque altam supra volar ardea nubem, dit Virgile dans ses Géorgiques. Aristote, dans son Histoire des Animaux: Nīpōhōc, pōhōc, pōhōc, pōhōc, pōhōc, pōhōc. Du même mot Iōhōc, un autre oiseau appelle iōhōc, dont parle Aristote, a aussi pris sa dénomination. Ces étymologies de ces mots Grecs, Latins, Italiens, François & Espagnols, ont eu le bonheur de ne pas déplaire à M. Ferrari, Professeur célèbre de Padoue. J'oubliais à remarquer, qu'il faut écrire erodius & erodio, & non pas, comme ont tous les exemplaires de la Bible, herodius & herodio. M.
HERON. Ce mot ne viendrait-il pas plutôt du Teutonique her, pris dans la signification d'alius, cēlēus, eminens, que du Grec ipōhōc. Cette dérivation est au moins très simple, & n'a besoin d'aucun changement de lettres. Le hērōn a les jambes, le cou & le bec fort longs; comme dit M. de la Fontaine: Un jour sur ses longs pieds allois je ne sais où, Le hērōn au long bec emmanché d'un long cou. Ainsi le nom de hērōn, dérivé de her, qui exprime la haute taille de cet oiseau, lui convient à merveille. Le mot hir, en Celtique, signifie long. Et comme il y a beaucoup de hērōns sur les côtes de Bretagne, le nom François hērōn peut aussi avoir été formé de ce mot Celtique. Mais cette seconde étymologie revient à la première que nous avons proposée, parce que le Teutonique her, & le Celtique hir, viennent l'un de l'autre, ou qu'ils ont une origine commune. Voyez Wachter, dans son Glosserium Germanicum, au mot her; où cet Auteur dit que ce mot est peut-être dérivé du Grec āpō, qui signifie élever, hauser.
HEROS. Du Latin heros, fait du Grec ipōc. Mais d'où vient ce mot Grec? Saint Augustin, livre 10. de la Cité de Dieu, dit qu'il y a de l'apparence qu'il y a eu quelque enfant de Junon appelle de ce nom; car en Grec Junon s'appelle ipōc; ou bien que les hommes illustres ont été honorés de ce nom, parce que, selon l'opinion des anciens, les personnes vertueuses habitoient après leur mort, la vaste étendue de l'air, qui est du ressort de Junon, selon la Fable. Platon tire ce mot du Grec ipōc amor, parce qu'il dit que les Heros venoient de la conjonction d'un Dieu avec une mortelle, ou d'un mortel avec une Deesse. D'autres le dérivent du Grec ōpō dicere. Les Heros étoient ceux qui par leur éloquence manioient les peuples comme ils vouloient, leur donnant de l'horreur pour le vice, en même tems que par Tome II. leurs paroles & leurs exemples, ils les portoient à la vertu. Quelques-uns dérivent ce mot du Grec ipō terra. Selon ceux-ci, les Heros sont des demi-Dieux, des Dieux terrestres. D'autres le sont venir d'āpō aer, parce que les Heros, comme dit Hēfiode, iōpō tānāpōs, iōpōōs, iōpōōs, iōpōōs. D'autres enfin le sont venir d'āpō virus, parce que les Heros surpassent les autres hommes en vertu. Le grand nombre de ces étymologies fait voir qu'on ne connaît pas trop bien la véritable. Peut-être aussi qu'il ne faut pas la chercher dans la Langue Grecque, mais dans les Langues Orientales: & dans ce cas-là, on pourroit, avec assez de vraisemblance, dérivé, Heros de l'Ebreu un hērō, qui signifie libre, noble, illustre. Rien de plus libre, de plus noble, & de plus illustre qu'un Heros. Ce mot Ebreu veut de verbe un hārar, qui, en Chaldéen & en Syriaque veut dire, n'est pas liberté. C'est le propre des Heros de délivrer les hommes de l'esclavage, & de les faire jouir d'une noble liberté. Le mot hhirō, en Syriaque, signifie libre, de même que l'Ebreu un hhirō, & il a pareillement beaucoup de convenance, non seulement avec le Grec ipōc, mais aussi avec le Latin herus, & avec l'Alleman her, qui signifie maître, seigneur: en sorte qu'il y a quelque apparence que le terme Latin & le terme Alleman tirent aussi leur origine des Langues Orientales.
HERPER, ou HERUPER. C'est un vieux mot, qui signifie se hērōsonner, se roider en dressant le poil. Du Fouilloux, parlant des signes d'un bon chien: La cuisse trouvée, & le jarre droit & bien herpé. D'horripilare. On a dit HERPELU, d'horripilatus, fait d'horripilum. Joseph Scaliger, au chapitre 22. du livre 2. des Animadversions qu'il a faites sous le nom de Villiomarus contre Robertus Titus: qōōcēra, horripilum Tertuliano, & aitis. Unde Galli idem, eodem nomine paulo deprivatore, HERPELU. Les Gloses anciennes: Horripilatur, iōpōcēra. Les Gloses d'Isidore: HORRIPILATUR, horret. Voyez Hurepoix. M.
HERSE. Aspiré. Instrument de Laboureur. De hirpeh, hirpicis, ou herpex, herpicis: quod est genus raftorum ferreorum, quod piures habes dentes, ad exstirpandas herbas in agris, dit Festus. Ecce mot a été fait de āpō. Voyez M. de Saumais sur Solin, page 719. M. Voyez ci-dessus HERCE.
HERSE. J'aimerais mieux dériver herse de l'Alleman harke râteau. La herse est une espece de râteau.
HERSE. Porte coulisse de ville. Aspiré. Lat. Catarella. Quelques-uns le dérivent de sa ressemblance aux herres des champs. D'autres le dérivent d'erycius militaris. Salluste: Axiusque eminebam, in modum erycii militaris, veruta binorum pedum. César, livre 3. de Bello civili: Erat obiellus portis eritius. Hic paulisper est pugnatum, quum irrumper nostri conarentur, illi castra defenderent, &c. Sed nostri tamen virtute vicerunt: excisoque eritio, primo in majora castra, post etiam in castellum, quod erat inclusum majortibus castris, irruperunt. Et Nicot a suivi cette étymologie. Et il a remarqué que dans César il faut lire eritius: & que ce mot a été fait d'ericus, en la signification d'un hērōson. Et il reprend ceux qui écrivent herse, au lieu de herce. M. Voyez ci-dessus HERCE.
HERSELE. Rabelais, liv. 1. chap. 23. Quoi qu'un tas de badeaux Médecins, herselez en E l'officine des Sophistes, conseillent le contraire; c'est-à-dire, bâtis à la fourche, & polis comme avec une herse. Herfélé s'est dit aussi pour pique de toutes parts, comme avec les dents d'une herse. Rabelais, liv. 1. chap. 40. Mais si entendiez pourquoy un singe en une famille est toujours moqué & herfélé. C'est de ce mot que nous avons fait harfélé, dans cette dernière signification. Le Duchat. HERSOIR : pour &er au soir. De beri ferò. Les Italiens disent de même ierfera. Je me souviens d'avoir lu herfoir dans Ronfard. Pasquier, VIII. 17. a remarqué que Vigénaire, s'étoit iervi de ce mot au commencement de son Ville-Hardouin. Voyez harfoir. M.
HERSOIR. Marot commence ainsi la treizième Elégie dans l'édition de ses Œuvres, faite en 1541. Le juste duel remply de sascherie, Que eufes herfoir par la grand refverie De l'homme viel. Celle de 1548. à Paris dit arfoir. Le Duchat. HERTHE. Nom d'une fauffe Déelfe qu'adoroient les Rendignes, les Avions, les Anglois, les Varins, les Endofes, les Suardons, & les Nithons, anciens peuples de Germanie, qui habitoient vers la mer Baltique. Tacite, qui parle de cette Déelfe, dans son Livre des Mœurs des Germains, chap. XI. la nomme Herthus, & dit positivement que c'étoit la terre. Voici les termes de cet Auteur : In commune Herthum, id est, Terram Matrem colunt, eamque interventre rebus hominum, invubi populis, arbitrantur. Aussi le nom de la Déelfe Herthe est le même que celui de la terre en Langue Teutonique. Or la terre s'appelle en Anglo Saxon eard, eord, eothe, en Gothique airtha, en vieux Franc erda & herda, en Alleman erde, en Anglois earth, en Flaman aard. On voit par les monumens qui nous restent du dialecte des Francs, qu'ils afipioient souvent ce mot, de même qu'il est aipité dans le nom de la Déelfe Herthe. On remarquera aussi que les noms de la terre dans les dialectes Teutoniques conviennent, pour le son & pour la signification, avec ceux des dialectes Orientaux. La terre se dit en Ebreu rms erres; en Chaldéen & en Sylvaque 1578. 1. le x changé en 1. en Arabe arde. En Grec c'est 1.9. Ne pourroit-on pas avancer avec fondement, que ce mot Grec, & les mots Teutoniques dont nous avons parlé, viennent originellement des Langues Orientales : Voyez Wachter, dans son Glosarium Germanicum, au mot Herthe.
HERUPER. Voyez herper. M.
HESE. Aipité. C'est une effece de barriere, ou clôture, pour fermer les cours des métairies, ou les chemins particuliers. La Coutume de Boulenois, article 165. Un chemin sentier, appelle fente, se peut clorer & ouvrir d'une hese. Peut-être d'ercus, contraction d'ercus. Ericus, ericus, erica, HERC, HESE. Ces fortes de barrières sont ordinairement pointues par le haut. M.
HESTRE. Voyez haire. M.
HESUS, ou ESUS. Nom d'un Dieu des anciens Gaulois. On lit Hesus dans Lucain; Esus dans Lactance, & même dans les manuscrits de Lucain; à ce que dit Grotius. Bochart, dans son C. 1. chap. 41. croit que Hesus croit le Mars des Gaulois; que ce nom signifie proprement sors; qu'il vient de l'Ebreu ou Phénicien 1517. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. Et quibus immitis placatur sanguine divo Teutates, horrenique feris altaribus Hesus. Meminit & lapis Parisiensis anno hujus faculi undecimo una cum aliis multis Paganismi Gallici ex avo Tiberii monumentis erutus, in quo homo robustus virgulam in summitate arboris conspicuum iltu petit, ramis inferioribus excelsis, cum inscriptiones Esus. Hic lapis communem eruditorum opinionem, Esum esse Marten Celtarum, arguit esse salsam & prejudiciatam; quod auctor anonymus, qui de Religione veterum Gallourum integro libro erudite disferuit, optime annotavit. Quid enim Marti cum arboribus? Sed dum pro Marte verum & summum Deum substituit, in eundem lapidem impingit. Qui aperte satis declarat, hunc Esum ante fuisse hominem quam Deum; meruisse autem inter Dios referri, quod auream illam visu virgulam, quam non sua seminat arbos, à visu & cognitione hominum remotam, primus ostendisset. Nam hoc est illud inventum, quo inter suos unice innotuit, quodque à Druidibus tanquam donum cofeste & omnia sanans tantiopere extolitur, & cultui seu fundamentum substernitur, apud Plinium lib. XVI. cap. ultime. Et hanc obi, in lapide cernitur cum securicula, vel fimi, & fragem edens ramorum, & adit & viscum in vertice arboris conspicu, & esus, & manifesto satis indicio istius meriti, quo i, & ades faculi sui homines divinitatis opinionem consecutus est, ut tanquam Deus quercuum coleretur. Nec aliunde est reliquorum Deorum apud Gentiles origo, quam ex hominibus. Perseus, inquit Cicero, Zenonis auditor, eos dicit habitos Deos, à quibus magna utilitas ad vitæ cultum esset inventa. Lib. 1. de N. D. Hic est vetutissimus referendi bene merentibus gratiam mos, inouit Plinius, ut tales numinibus adictibantur. Quippe & aliorum nomina Deorum, & quæ supra retuli syderum, ex hominum nata sunt meritis. Lib. 11. cap. 7. Id quod per omnes eundo Deos, innumeris auctorum, & sanctorum quoque Patrum testimonii, firmare possem, si vellem. Hac concipi ab omnibus possunt & intelligi: cum ex adverso in novo systemate Religionis Gallica, multa sint malè coherentia & difficilia digestu. Enim vero si Religionis Druidica obiectum suis verus & summus Deus, cur nomen ejus robori includitur tanquam electa ab ipso sedi, cum totus mundus, secundum sapientes, sit templum Dei? Unde religio illa circa viscum, rem tam frivolam, cum totus mundus donis Dei sit refertus, & longe majoribus illo a turdis cacato? Unde tam sava superstitiones, & ritui Deo indigni? Cur immolare homines Deo? Cur immolatos mandere? Quo paulo hac & similia cum vera Dei idea, cultu & sensu considere possunt, me quidem fugit. Sed hac nunc mitto, & ad etymon vocis accedo. Hoc aberndito Autore petitur ex voce Armorica heus terror; ut adeo Esus lingua Celtarum sit terribilis. Nesto quid aptius dici possit. Nam hac etymologia optime convenit cum verbis Lucani, & cum ipso idolo victimis humanis metuendo. Et tamersi etiam verus Deus in sacris literis dicatur terribilis, male tamen argumentum divinitatis pro Eso Gallorum inde peti, pluribus offendit R. Abbas MOSHEMIUS in Systemate Cudworthiano, pag. 146. Reliquas Auctoris hallucinationes circa nomen Eius vide in As Deus.*
HETOUDEAU. Petit chapon. Ce mot me paroît dérivé d'uffus. Et voici comme il m'en paroît dérivé. Les anciens ne chaponnoient point par l'incifion, comme nous faisons. Ils chaponnoient par le feu, en brulant avec un fer chaud les lombes des poulets, ou leurs croupions, ou leurs ergots. Columelle, livre VIII. chap. 2. Nec tamen id pariuntur amissis genitalibus, sed ferro candente calcaribus inuffis. Varron, livre 1. de Re Rustica, chap. 9. Gallos castrant, ut sim capi, inurentes ad infima crura, usque dum rumpatur: c'est-à-dire, usque dum rumpatur infimum crus, ou calcar. Pline, livre 10. chap. 21. Definunt canere castrati: quod duobus sit modis: lumbis adufis candente ferro, aut imis cruribus. Aristote, au chapitre dernier du livre IX. de l'Histoire des Animaux, a aussi fait mention de cette maniere de chaponner par le feu. Ἐκκλησιαστικὴ οἱ μὴ ὀρθῆνε κατὰ τὸ ὀρθῆνε, καὶ ὁ ὀρθῆνε ὀρθῆνε ἐξεχωρᾶς. Ἐγαλῶς καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ 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ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ 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ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ 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ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, καὶ ἐξεχωρᾶς, 1 Haistaldi se trouve dans les Ecrivains de la base (a) Dans la Farce intitulée Condamnation des Banquets, au livre de la Nef de Santé, Paris, 1507, in-4°, Souper dit: Apporte-nous ces Histordieux. La Motin. H E T. H E U. Charles de Bouvelles : Heur, id est, prosperitas. Ab hora pendet; quia quondam Astrologi prosperam, vel sinistram fortunam singulis ab hora nativitatis & horoscopo pravidebant. Belga dicunt horeux & malhoroux, Latinitati propriores. Nous disions anciennement bonhe heure, & male heure, pour bonne & mauvaise fortune. Et nous disons encore présentement à la bonne heure, & à la malheure. Et de la bienheureux, & malheureux. M. de Saumaise, dans les Climatriques, page 247. HORA, sapò pro horoscopo. Quod in idiomate Romanitatis infima mansit, ut non HORA HORA, pro bona genitura usurpata sit vulgo, & MALA HORA, pro infortunio, quasi, ex mala genitura procedente: & nous avons dit heur, & horeux, en bonne part, de la même façon que les Latins ont dit aussi en bonne part fortunare, & fortunatus; quoique formés du mot de fortuna, qui est un de ces mots que les Grecs appellent va mien, c'est-à-dire mitoyens, lesquels se disent en bonne & en mauvaise part. Perion, Henri Etienne, & Gosselin, dérivent horeux d'oys: & Nicot, d'oys: & M. Lancelot, d'oys: Toutes ces étymologies sont nulles de toute nullité. Je remarquerai ici par occasion, ce que j'ai déjà remarqué dans mes Observations de la Langue Françoise, que quoi qu'on dise heur, bonheur, & malheur; il faut dire, horeux, bienbureux, & malbureux. L'usage le veut ainsi. M.
HEURES. Comme quand on dit, Dire les Heures. Quod Preces per horas disponrentur: Prima, Tertia, Sexta, Nona, dit Bourdelot. M.
HEURLER. Voyez hurler. M.
HEURT. Sommet d'une colline, ordinairement pierreux. Voyez Nicot. De l'Alleman hart, qui signifie dur. Dans la Maison Rustique bâtir en heurt, c'est bâtir sur le sommet d'un côteau. Le Duchat. HEURTER. Goldast, sur les anciennes Poësses Allemandes de Tyrol, Roi d'Ecosse, dit que heurter signifie proprement le choc qui se fait des écus & des boucliers en un combat; d'autant que hurr, en Trois, signifie écu. Puis il ajoute: Hurt, Franco-Gallis, impuise. Il hurt de la bataille, au livre De Septem Sapientibus, id est le choc; congresus militum cum impetu; quando nimirum scuta scuta oppuntat atque impetuit. Id vocant heurter. Vetus Glosfarium Franco-Latinum: Heurter, allidere, impingere, congresu cum impetu. Le Roman de Perceval: Les armes de ces qui venaient, Et jouant heurtoles as armes. E. ij
HETOUDEAU. Petit chas, Comte, Holsites, Manfionarii, qui in prædis dominorum manfiones habent. Et M. du Cange, dans son Glossaire Latin, dérive de ce mot le François estaudeaux: Ab eorum scilicet a quibus aluntur, nomenclatura dedulla. Je persévère dans ma conjecture. M.
HETUDEAU. Voyez hurler. M.
HEURT. Sommet d'une colline, ordinairement pierreux. Voyez Nicot. De l'Alleman hart, qui signifie dur. Dans la Maison Rustique bâtir en heurt, c'est bâtir sur le sommet d'un côteau. Le Duchat.
HEURTER. Goldast, sur les anciennes Poësses Allemandes de Tyrol, Roi d'Ecosse, dit que heurter signifie proprement le choc qui se fait des écus & des boucliers en un combat; d'autant que hurr, en Trois, signifie écu. Puis il ajoute: Hurt, Franco-Gallis, impuise. Il hurt de la bataille, au livre De Septem Sapientibus, id est le choc; congresus militum cum impetu; quando nimirum scuta scuta oppuntat atque impetuit. Id vocant heurter. Vetus Glosfarium Franco-Latinum: Heurter, allidere, impingere, congresu cum impetu. Le Roman de Perceval: Les armes de ces qui venaient, Et jouant heurtoles as armes. E ij 36 HEU. HEY. HIB. Verbum est a Francis in Gallia proseminatum. Ca- feneuve.
HEURTER. Peut-être d'aristare. Plaute, dans le Truculentus : Quis proterve nostras ades arzetas? Nous disons de même, heurter a la porte. Mathias Martinus, au mot petra, semble le dériver de l'Alleman hort. Voici ses termes : Germanis, petra est hort : ab hart ; quia dura, firma : aut ab hort (Belgis nota voce), illisus : ut Gallis heurt, An- glis hurt, Gallis heurter, illidere, puto, propriè in faldum. Bourdelot le dérive de vixit, qui est une étymologie non-recevable. Les Italiens disent urtare : que M. Ferrari dérive d'urgere. Il vient du Latin-barbare ortare, fait du Flaman horten. Got- teridus Vendelinus, dans son Glossarium Salicum vocum Atracticarum, au mot hortare, titulo XXVII. (Palli Legis Salica) : horten : Gallicè HURTER, impellere, ferire, impingere, ladere. Si quis de campo alieno aratrum anteortaverit. Varia lectio, intra prohibuerit. Et au titre xxxiv. de la même Loi, paragraphe 1. Si quis Baronem de via orta- verit, aut impinxerit. Et au paragraphe 2. Si verò mulierem ingenuam de via sua ortaverit aut impin- xerit. Hart, en Anglois, signifie nuire. M.
HEURTER. Hurdà, en Langue de Galle, signifie un belter. Ainsi heurter est proprement arie- flare : & peut-être aussi en vient-il. Hurt.
HEURTER. Heurter vient de l'Alleman hur- ten, trudere, impellere, pulsare, & heart, vieux mot François qui signifie thos, vient aussi de l'Al- leman hort, qui signifie la même chose. Les Fla- mans disent hurt & hort. En Langue Cambrique, ou du pays de Galle, c'est hurdà ; mot qui, dans cette Langue, signifie aussi un belter, appelle de la sorte parce qu'il frappe de la corne. *
HEUS. Sorte de Navire. Les Saxons disent holk, les Allemans hulk, les Anglois hulkg, les Italiens holca. Du Grec 2000. M.
HEUSE. Voyez HOUSEAU. M.
HEUSSE. Alpirè. Nicot : HEUSSE, est la cheville de fer, plate & large par en haut, & ronde en bas : laquelle passe a travers la happe, & les bouts de Paissel, sortant hors le museau des moyens des roues, & les contrevient qu'elles ne s'échappent dudit aissel. L'origine de ce mot ne m'est pas connuè. M.
HEUSSE. Ce mot ne viendroit-il pas de l'Al- leman eisen, qui signifie un fer, ou du fer. Le Duchat.
HEYDUC. Dans les Armées d'Allemagne, on appelle Heyduc, l'Infanterie Hongroise. C'est un mot Hongrois. Albert Molnar, dans son Dic- tionnaire Latin Grec Hongrois, & Hongrois-Grec- Latin : HAVDU, Veles, Mites expeditus. J'ai ce Dictionnaire. Il est imprimé à Heidelberg, 1621. Typis Vidua Johannis Geyden, Academia Typogra- phi : Impensis heredum Wechelianorum, Danielis & Davidis Ambriorum, & Clementis Schleichii. Voyez Hussas. M.
HIBOU. Oiseau. Lat. bubo. Pasquier dit que ce mot a été fait par onomatopée. Perion dit la même chose, ajoutant que quelques-uns le dériv- vent du Latin bubo. M. Huet le dérive de hi. bubo. Bourdelot dit que les Septante prennent lbis pour roclas : ce qui lui donne la pensée que hibou pour- roit avoir été fait d'Ibis. Je crois qu'il a été fait de bubo, de cette manière : Bubo, bubus, vubus, bubus, hybus, hibus, hibuvins, HIBOU. M.
HIBOU. Le hibou, en Latin bubo, est le même oiseau que le Traducteur de la Légende dorée, imprimée en 1476. a appelé huan, dans la Lé- gende de Saint Pierre ad vincula. Et je suis per- suadé que hibou vient de bubo, aussi bien que huan ; mais je crois qu'il en vient de cette manière : Bubo, bubus, vubus, bubus, hybus, hibus, hibo- lus, hibau, HIBOU. Nos ancêtres changeaient fort souvent l'au final en ou ; comme dans avec : au lieu duquel mot on a d'abord dit au, puis on dans la suite. Peut-être même que dans hibou, l'h a été ajouté, au lieu du b retranché de bubus, fait de bubo. Voyez Huan. Le Duchat.
HIBOU. Je dérive le mot hibou de l'ancien Franc huwo, qui signifie la même chose. *
HIDEUX. Hispidus, hispidus, HIDEUX. Ou de hirtus. M.
HIDEUX. On trouve hyde pour horreur. La Passion a personnages, fol. 203. parlant du larron Barrabas : Il a belle hyde. Le Duchat.
HIE. HIRE. Lat. fistuca. C'est cette machine avec laquelle les paveurs coignent le pavé. Hier, c'est coigner le pavé. Voyez Nicot. Peut-être de figere. Figo, fixus, fictus, fica, HIE : ficare, HIER : par le changement de l'F en M. Fica, ficatura, fira, hira, HIRE. Ou de fistuca. Fistuca, fica, HIE : Fi- catura, fira, hira, HIRE. M.
HIEBLE. Plante. D'ebulum. Les Glofes an- ciennes : Ebulum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum, xamaxum. M. de Saumaise, dans sa Préface des Homonymes des Plantes, page 2. reprend Pline, pour avoir distin- gué l'ebulum des Latins d'avec le xamaxum des Grecs. M.
HIER. De heri, pour hefi, fait de xix. M. HIERRE. Voyez lierre. M.
HILDEBRAND. Nom propre d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie guer- rier illustre, ou enfant illustre. C'est la même chose que Childebrand. Voyez Childebrand. Il signifie aussi la même chose que Hildebert, & Childebert. Voyez Childebert. *
HILDEGARDE. Nom d'une des femmes de l'Empereur Charlemagne, dans Eginhard, Vie de Charlemagne, chap. 18. Ce nom, comme l'on voit, c'est Teutonique. On peut l'interpréter hortus pue- rorum, ou bien hortus bellatorum, suivant que l'on dérivera hild, ou de child enfant, comme il se dit encore en Anglois, ou de hild guerrier, vai- lant homme, qui est aussi un mot Alleman & Fla- man. Gard est un terme Celtique & Teutonique, qui, entr'autres choses, signifie jardin : & c'est de-là que vient notre mot jardin. Voyez Wach- ter, dans son Glossarium Germanicum, aux mots child, gard, garren, & held. *
HILDERIC. Nom propre d'homme. Il vient, comme les deux précédents, de la Langue Teutonique, & c'est la même chose que *Childeric*. Voyez *Childeric*. *
HILLIOT. Marot, parlant de son valet, qui l'avoit volé : *Ce vénérable hillot fut averti* *De quelque argent que m'aviez départi.* Rabelais, 1. 6. *Par ma foy, mes bons hillots, je ne fçay comment ils se porteront.* C'est un mot Gafcon, qui veut dire fils. *Vafcones* hilium, pro filio, diium; dit Goffelin à la page 52. de son Histoire des vieux Gaulois. M.
HIN-HA. Cri de l'âne. Jean Girard de Dijon a employé cet *hin-ha* dans une de ses Epigrammes Latines. Et de nos jours un Professeur en Humanités donnant une représentation publique du Mystère de la Nativité, y introduïsoit quatre animaux, le bœuf & l'âne de la crèche, le coq de la Paffion, & l'agneau de Saint Jean-Baptiste, les faisant parler chacun à leur manière. D'abord le coq entonnoit d'une voix perçante comme celle du coq de Saint Jean de Lyon, *Christus natus est*. Le bœuf avec un long mugissement demandoit, *ubi* prononçant à l'Allemande *onbi*. L'agneau répondoit, *in Bethlehem*, traînant beaucoup la première syllabe de *Bethlehem*. Sur quoi l'âne concluoit, *hinhamus, hinhamus*; ce qui en son langage signifioit *eamus*. J'ai ou dire à diverses personnes, qui ont connu M. Courtin, dont nous avons plusieurs Traités de Morale, comme de la Civilité, de la Paresse, &c. que quand il rioit, on croyoit ouit braire un âne : *rudebat, non ridebat*. Glossaire sur les Noels Bourguignons, au mot *Hin-ha*. *
HINGUER. C'est un mot Picard, qui signifie *râcher, s'efforcer*. Je n'en fais point l'étymologie. M.
HINGUER. Ne feroit-ce point une onomatopée, formée du son qui fort de la poitrine d'une personne qui s'efforce dans un travail corporel où elle fatigue beaucoup? *Le Duchat*.
HIPPOCRAS. Les Apothicaires appellent ce breuvage, *vinum hippo-raticum*, comme je l'appeins du Dictionnaire Pharmaceutique : ce qui me fait approuver la conjecture de ceux qui dérivent *hippocas d'Hippocrate*. *Quelques-uns croyent que l'hippocas est ainsi nommé, a cause que cette composition fut premièrement faite par Hippocrate, ou Hippocas : car ce nom se trouve écrit de la sorte dans le Roman de la Rose, & les autres vieux Auteurs*, dit M. Moisant de Brieux, dans une de ses Lettres à M. de Prémont Graindorge, imprimée à la fin de la seconde partie de ses Poésies Latines. M. Voyez ci-dessous *hypocas & ipocas*.