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03.0 Dictionnaire etymologique — LAMBEAU – LIVET

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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LAMBEAU. De limbellum, diminutif de limbus. Ou plutôt de lambellum, diminutif de lamba, dit pour lamina. Les Gloses: Sapula, Sapula. Ou plutôt, de lamella. Les Gloses: Sapiu, lamella. ¶ Lamella, lamellum, lambellum, LAM- BEAU: comme flambeau, de flammellum. Voyez lame d'épée. ¶ Dans Festus, lamberat est interprété par scindit ac laniat. ¶ Limbus vestis, signifie l'ex- trémité d'une robe: magmillon; ce qui n'a rien de commun avec notre mot lambeau. M.
LAMBEAU. Les lambeaux sont proprement les freloques d'un habit déchiré; & je ne doute point que ce mot ne vienne de labellum, dans la signification de guenilles qui pendent aux balafres des haillons. Lame est le simple de lambeau dans ces vers de Jean Marot, page 120. de ses Poëfies, édition de 1723. — lui ravit une lame De son harnoys, pour la déconstruire Mieux approuver à la belle qu'il ame. Ce harnois n'étoit autre chose que l'habit des Ja- cobins. I. Duchat.
LAMBEAU. Je le dérive du Latin lambeaux, dont parle Festus, & qui signifie scindere, lama- re. *
LAMBEL. Terme de Blafon. Sorte de bri- sure. M. Richelet dit qu'on ne dit plus lambel, & qu'il faut toujours dire lambeau. Je ne demeure pas d'accord de cette règle. M.
LAMBERT. Pontus Heuterus, en son livre intitulé, Etyma variorum nominum urtiusque Sexus hominum Germanica originis, dit que ce mot est d'origine Allemande, & qu'il signifie puissance, & escu d'une grande Seigneurie, ou Province. Lam- pretil, Lambertus, ditionis ac Provincia patentia, & scutum. Cafeneuve.
LAMBERT. Selon Vachter, dans son Glossar. German. au mot land, Lambert signifie popularis clarus, étant composé de land, qui signifie patria, & de ber, qui signifie clarus. Cette étymologie est certaine. Voyez ci-dessus Berthier, & Wach- ter, Gloss. Germ. au mot land. *
LAMBREQUINS. Terme de Blafon. De lambeau. M.
LAMBRIS. C'est la menuiserie dont on cou- vre les parois & le haut du plancher des cham- bres; laquelle quelques-uns enrichissent de ta- bleaux, enfemés dans de belles corniches. Ce n'est pas sans raison que Budée explique lambris par materia311e incrustatio. Voici ce qu'il dit: Materia- 311e incrustationem Galli lambrissuram vocant. Car en effet, cette menuiserie tient lieu des plaques de marbre dont les Romains couvroient les parois des chambres: ce qu'ils appelloient incrustare. De sorte que je crois volontiers que nous avons for- mé lambris de sauphis, qui signifie reluisant: parce que ces plaques de marbre étant bien polies, elles reliufoient comme des glaces de miroirs: ou bien, parce que la menuiserie, dont on se sert à leur imi- tation, est d'ordinaire peinte de couleur reluisante à force de vernis. Cafeneuve.
LAMBRIS. Festus: AMBRICES, sunt regula, qua transversa, asseribus & tegulis imponuntur. Turnébe, livre xiv. de ses Adversaires, chap. 12. Lego in Festo, ambrices, regulas esse, non tegulas: id quod sensus ipse declarat. Sed & Francorum lin- gna, qua, articulo addito, tabellas quibus lacunaria texuntur, lambrices vocat: quod cum sit, adez lam- bricari, pro ambricari, dicit. M. de Cafeneuve le dérive de sauphis, resplendissant: en quoi il n'a pas bien rencontré. M. LAME d'épée. Gr. & A. Du Latin lamina. Lamina, lamina, lama, lamella. Les Gloses: Sapiu, lamella. De lamella, par le pléonaisme de l'A, on a dit alamella, & ensuite alumella: d'où le François ALUMELLE. Lamella, c'est gladii la- mina, ou lamina. M.
LAMIE. Monstre marin extrêmement goulu. On l'appelle autrement chien de mer. On donnoit autrefois le nom de lamies à certains monstres fa- buleux, qui, sous la figure de femmes, dévoroient les enfans. Horace en parle dans son Art Poëti- que: Neu pransa Lamia vivum purum extrabat alvo. Quelques Auteurs les ont appellées lamia, à la- niando. Bochart prétend que le mot lamia étoit pris de la langue Phénicienne. Sa raison est, que la fable des lamies venoit de Lybie. Car Hély- chius, & Doris ou Duris dans Suidas, disent que Lamie étoit une femme de Lybie. Avant eux, Euripide avoit dit qu'elle étoit Africaine. Il paroît de plus par Diodore de Sicile, livre xx. où il parle d'Ophellas, Roi de Sicile, il paroît, dis-je, que ce mot étoit en usage jusqu'au fond de l'Afrique. Ainsi Bochart croit qu'il vient du verbe לְהַחֲלָה labham, manger, dévorer; d'où לְהַחֲלָה labham, pain, nourriture, aliment; & לְהַחֲלָה labham, viande, chair. Les Arabes disent labhima, aimez la chair, dévorer la chair; labh, viande, chair; labhim, qui aime la chair, qui dévore la chair; & en particulier un lion. Le mot Phénicien, en passant dans le Grec & le Latin, aura perdu sa lettre gutturale, comme il arrive souvent. Il est parlé de lamies dans l'Écriture Sainte, selon la Vulgate. On lit dans les Lamentations de Jérémie; iv. 3. Sed & lamia nidaverunt mamam; lactaverunt carulos fuos. Et dans l'faie, xxxv. 14. où il est parlé de différemies animaux sauvages: ibi cubavit lamia. Dans le premier passage le texte Ebreu dit חֲנָת thannin, qui signifie, un monstre marin, un grand poisson, un dragon; & les Septante traduisent ἀμάνθη. Dans ce second passage, l'Ebreu dit לְהַחֲלָה lilith, que l'on croit être une sorte d'oiseau de nuit, ainsi appellé de לֹא וְגוֹז nuit; & en Latin firix, à cause de ses cris lugubres, a fer dore querula vocis. Il n'est pas néanmoins bien constant que le firix des Latins soit un oiseau réel. Pline dit qu'on ne fait ce que c'est. Les Poètes en font une femme allée comme les harpies; & les Rabbins font de semblables contes de la lilith de l'Écriture. Ils disent que c'est un démon femelle, qui enlève & tue les enfants. C'est pourquoi les Juifs, de peur qu'elle ne nuise aux enfants nouveaux nés, écrivent sur les quatre murailles de la chambre où une femme fait ses couches, ces quatre mots, חֲנָת חֲנָת לִלְיָה, c'est-à-dire, Adam, Eve, hors d'ici Lilith. Ce sont sur tout les Juifs d'Allemagne qui pratiquent ces superstitions. Voyez Buxtorf, dans son Dictionnaire Rabbinique, page 1140. & Bochart, Hieroz. part. 11. liv. vi. chap. 9. Les Septante traduisent l'Ebreu לְהַחֲלָה lilith par ἀμάνθη. On ne fait pas trop la signification de ce mot.
LAMPAS. Lampas, ou lampaſt, dit Nicot, mal qui vient les bouches des chevaux, & les empêche de manger. C'est une tumeur du palais, laquelle les Italiens appellent lampasco. En termes de Blafon, nous disons lampasse de gueules, d'un lion a qui la langue fort. Guillaume Cretin a dit lempas, & a appellé figurément lempas un empêchement de langue qui fait qu'on ne peut parler. C'est à la page 77. & 78. de ses Poésies, édit. de 1713. où, parlant de deux Dames de sentimens contraires, & dont ni l'une, ni l'autre ne vouloit céder: Mais, dit-il, ce ne voit l'en pas guère advenir, sinon que le lempas ou fille fêt la parole empêcher. Le Duchat.
LAMPAS. Il se dit dans le title burlesque pour le palais, le dedans de la bouche. La Fontaine: Ab! ab! fire Grégoire, Vous avez sois, je vois qu'en vos repas Vous humettez volontiers le lampas. Et le Père du Cerceau: Compere, dites-moi, là ne pouvoit-on pas, Attendant le dîner, humetter le lampas! Je ne fais pas trop d'où vient ce mot. N'auroit-il point été fait du verbe lamper, qui signifie boire à grands coups? enforte qu'on auroit appellé le dedans de la bouche, le lampas, parce que c'est l'endroit dans lequel on verse la boisson quand on lampe. Et la maladie des chevaux, qu'on appelle lampas, auroit été nommée de la sorte, parce qu'elle attaque le lampas, c'est-à-dire, le dedans de la bouche, ou le palais. Voyez ci-dessous lamper.
LAMPE. On fait assez que ce mot vient du Latin lampas, qui est pris lui-même du Grec λαμπάς, fait du verbe λάμπω, luceo, splendeo. Je veux seulement remarquer, que les Ebreux ont לְעוֹד lappid, qui signifie lampas, fax, tada; & que ce mot est très-ancien dans la langue Ebraique, puisqu'il se trouve dans le Livre de Job, qui est, suivant toute apparence, le plus ancien de tous les Livres de l'Écriture. C'est au chapitre xii. 10. Comme donc le Grec λαμπάς ressemble extrêmement à ce terme Ebreu, & qu'il signifie la même chose, il y a lieu de croire que le verbe λάμπω, d'où il est formé, tire son origine des Langues Orientales; quoique la racine ou le verbe d'où aura été formé לְעוֹד lappid, ne se trouve plus aujourd'hui dans l'Ebreu, ni dans aucun des dialectes Orientaux: ce qui n'est pas étonnant; parce que dans ces Langues, ainsi que dans toutes les autres, il s'est perdu beaucoup de racines. Les Grecs auront fait aisément λάμπω de לְעוֹד lappid, en changeant le τ, ou dernière radicale, en μ, pour former la terminaison de leur verbe; & en ajoutant un μ devant le π, afin de rendre la prononciation plus facile, & le mot plus sonore. C'est ainsi que de λάμω ils ont fait λαμπάς, par l'addition du μ.
LAMPER. Boire à grands coups, à grands verres. Il ne vient pas de lampe; car il n'y a aucun rapport de signification entre ces deux mots. Borel le dérive du Latin lambo: mais lambo n'exprime pas le sens de lamper. Je le dérive du Grec λάμω, qui signifie boire en léchant, à la façon des chiens, ou des loups; & ensuite, boire à pleins verres, boire copieusement, se remplir de vin. On aura ajouté une m devant le p, afin de rendre la prononciation plus facile, & le mot plus sonore; & on aura retranché le r. Du Grec λάμω, vient aussi notre mot lappper, c'est-à-dire, boire comme les chiens: ce que les Latins appellent lambitare. Au reste, si l'on veut que le Grec λάμω, & le François lapper & lamper, soient des onomatopées, formées du son que font entendre les chiens ou les loups quand ils boivent, & les hommes quand ils boivent à grands coups, je ne m'y opposerai pas.
LAMPONNIER. Lamponnier, dit Bourdélot, a deux significations. Il se prend pour un qui fait des lampes, & pour un faustant. Et je croy que le Grec récent l'a pris de nous, quand je lis dans la Couronne Précieuse τλαμπωδία, pour badiner, & τλαμπωδία, pour un badin. Voyez lanternier. M.
LAMPROPHORE. Nom que l'on donnoit autrefois aux Néophytes, pendant les sept jours qui suivent leur Baptême, & cela à cause de l'habit blanc qu'ils portent durant ce tems-là. Ce mot, qui est Grec, signifie un homme qui porte un habit éclatant; & il vient de λαμπάς éclatant, & de φίμ je porte. Les Grecs disaient λαμπάς éclatant, pour λαμπάς blanc, à cause de l'éclat que rend la couleur blanche.
LAMPROYE. Du mot lampetra. Hermolaus Barbarus croit qu'elle est ainsi appelée, à lambendis petris. Il y en a qui croient que c'est le même même poisson appellé en Latin murana, & en Grec, γαλλ. Quelques-autres croient que c'est le poisson appellé murana : & en effet, on trouve dans les Glofes, lamperta, μύρατα. Voyez Scaliger sur Aulone. Caseneuve.
LAMPROYE. De lampreda : que M. de Saumaisse sur Tertullien de Pallio, dérive de λαμπυρές. Lampreda autem non lamperta, dicenda erat, ut Latini recentiores extulere. Et nos hodieque relict lampredam vocamus. Nec enim à lambendis petris dicta est : sed à colore. λαμπυρές, λαμπυρίδες : que colorem habet λαμπυρόν : unde lampyrida. Sic Persida, pro Perside; cassida, pro casside; Elida, pro Elide; & similia sexcenta. Inde lamprida & lampreda, & corruptus, lampreta, & lamperta. Aulonius in Mosella, de musella sive lampreda : Quis te Naturae pinxit color ? atra superne Puncta notant tergum, qua lutea circuit Iris. Lubrica cœruleus perducit corpora fucus. Hai λαμπυρίδα. Graci videntar vocasse, ἀνά τύς χρυσς λαμπυρίζον καὶ ὑποπυρίζον. Inde factum vocabulum lamprida. Galien, dans son Exposition des mots d'Hippocrate, explique λαμπυρὰ καὶ τὰ ἀφούδα : ajoutant, λαμπυρὰ τὰ ἀφούδα. Sur lequel endroit M. Guyet a fait cette Note marginale : Inde λαμπυρὰ, piscis : ab humore fluente. ¶ Au lieu de lampreda, on a dit, par corruption, nampreda. L'Auteur de la Vie de Saint Mermeland, premier Abbé d'Antre, écrite environ l'an 700. Aderat tum quifpiam, qui dicerer Nametensem Episcopum habuisse piscom, quem vulgo nampredam vocant. Car c'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas, selon les exemplaires imprimés, naupredam. Cette correction est de M. Hadrien de Valois. Les Italiens disent lampreda; les Espagnols, lamprea; & les Allemans, lamprid: ce qui montre que nampreda a été corrompu de lampreda, & non pas lampreda de nampreda. ¶ Lamperta se trouve dans l'Onomasticum Grec-Latin, page 77. Lamperta, μύρατα. Et à ce propos il est à remarquer, que le murana des Anciens n'est pas notre lamproie, comme plusieurs croyent, & comme le dit l'Auteur de cet Onomasticum. La murène est un poisson dévorant, ainsi appellé de μύρᾶ. Μύρᾶ, μύρατα, μύρατα. Hélychius : Μύρατα, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Μύρᾶ, μύρατα, ἀφούδα. Tome H. L A M. L A N. 97
LAMPROYON, ou LAMPRILLON. Ce sont petites lamproies, de la grandeur d'un doigt ou d'un vers de terre, dit Rondelet. Il ajoute, qu'on en vend beaucoup à Toulouse, où on les appelle Chatillous. Nicot dit aussi qu'on les appelle de la sorte à Toulouse : Tolosa vocatur Chatillou. Ne faut-il point Chatillon ? ¶ Voyez lamproie. M.
LANCE. Ce mot est tout-à fait nôtre. Car Diodore le Sicilien, liv. 5. écrit que les Gaulois appelloient les lances γαλλ. En quoi Varron se pouvoit être mépris, lequel, au rapport d'Aule-Gelle, liv. 15. chap. 30. assore que le mot de lancea est Espagnol. Car il y a beaucoup d'apparence que les Espagnols, aussi bien que les Romains, ont emprunté ce mot des Gaulois, leurs voisins. Caseneuve.
LANCE. De lancea. Diodore, livre 5. dit que ce mot est Gaulois. Προσωποῦν, γαλλ. (il parle des Gaulois), ἀς ἐκείναι ΛΑΣΚΙΝΑ, καλοῦν, πυκνάσαι, τύς φίλαις τύς σιδύραι, καὶ τύς μυρᾶς, ἀνά τύς μυρᾶς, ἀνά τύς μυρᾶς. Mais Varron, Auteur plus ancien que Diodore, dit dans Aulegelle, livre xv. chap. 20. qu'il est Espagnol : dont se plaint Casaubon. Vocem lancea Varro, Gallis inique adimens, Hispanis tribuit. C'est dans ses Notes sur Strabon, page 78. de la premiere edition. Cependant il est asea vrai-femblable que ce mot soit venu d'Espagne aux Gaulois : car outre que les Aquitains parloient demi-Espagnol, comme Strabon l'a remarqué; plusieurs villages d'Espagne ont pris leur denomination du mot lancea, comme l'a remarqué Voissus, de Vitis Sermonis, page 16. Voyez les preuves. ¶ Lanciarius, dont nous avons fait LANCIER, se trouve dans les Glofes anciennes. Λαχχαφίρ, lanciarius. ¶ Voyez M. Bochart, page 744. de ses Colonies des Phéniciens. ¶ J'oubliois à remarquer, que Pline, vii. 56. dit que les Ecoliens ont inventé la lance, & que Sifènia, dans Nonius Marcellus, semble attribuer aux Allemans l'invention de la lance. Gallia materibus, Suivi lanceis configunt. M.
LANCE. Diodore de Sicile & Varron ont raison tous deux quand ils disent, l'un que lancea est un mot Gaulois, l'autre qu'il est Espagnol. Il est effectivement l'un & l'autre; mais il est encore plus; car c'est un mot d'origine Celtique, & commun à tous les Celtes, soit Espagnols, soit Gaulois, soit Bretons, soit Germains. Ecoutons là-dessus Wachter. Voici comment il s'explique dans son Glossarium Germanicum, page 914. LANCE, spiculum, saculum. Armoricis lança, Hibernis lança, Gallis lance, Stalis lancia, Gracis λύγχα, Latinis lancea. Vox à Celtis relictta, & à Celtico servante in reliquas linguas traduitā. Hinc optimè Varro apud Gellium, lib. xv. cap. 20. dixit, LANCEAM non Latinum sed Hispanicum verbum esse. Dixit autem Hispanicum, quia Celtiberis usitatum; quod ante omnes Pozonia observatum in Abriq. Celt. pag. 281. Si ce mot venoit des anciens Espagnols, comme Varron le dit, il ne pouvoit venir que des Espagnols appellés Celtibères, c'est-à-dire des Celtes établis en Espagne. Opera pretium erat hoc describere, quia unico fossimi Varronis adbus singere interprete: Golii. Frat autem res & nomen rei (quod comes Varroum observandum) omnibus quondam populi. Celticis commune, non Celtis tantum Hispanicis, sed etiam Gallicis, Britani- nicis, & Germanicis; quod fute probat Cluvierius in Germania antiqua, lib. 1. cap. 44. Hodi est hostil longa & gravior, olim brevior & vibratilis, teste Diodoro, lib. v. ubi de Gallis & Germanis universe inquit: Hastas jaciunt, quas ipsi lanceas appellant. Hinc Poetis telum volatile dicitur apud Cluvierium. Halut autem nomen a vibrando, plane ut jaculum a jaciendo, & sper a endit. Radiceum cullodiunt in hunc usque diem Armorici in lanza jaculari; Galli in lancer, cujus synonymum est jettor; Itali in lanciare; Hispani in lanza. Omnes eodem significatu. Germanis radix perit. Modum jaculandi descriptit Cluvierius loco cit. quem vide. *
LANCELEE. Plante. C'est une espèce de plantain, appellé autrement plantage minor, & quinquenervia. Les Médecins de Lyon livre xi. de leur Histoire des Plantes, chapitre 22. Officina, quoniam folium arctius definit in acumen, & velut in lancea mucronam fastigatur, lanceolatam: vulgus lanceolam nominat. Il y a une autre plante que les Grecs appellent 20xxviii: mais pour une autre raison, qui est, que sa semence ressemble à un fer de pique, dit Dioscoride livre 3. chapitre 161. & Galien livre vii. M.
LANCEMAN. Nicot: LANCEMAN, est une diction dont le commun & bas peuple des François gaudit l'Allemand & le Suisse, assez ignoramment, pour n'entendre la signification du mot, ny la prolation, ny l'orthographe. L'Allemand l'escrit & pronome Landtsman; qui signifie homme du pays, compatriote, conterraneus. Et si l'on use de ce mot pour tureffer, ce seroit autant comme qui appelleroit un estranger & incognu, cousin, ou voisin, ou pays: comme, écoutez cousin, écoutez voisin, écoutez pays: dites ami, ou l'ami: dites compere, dites bon homme: Heus tu, amice: comme quand l'Epagnol, parlant a un incognu l'appelle hermano; l'Italien, fratello; & le François, mon Ami; quelque, ois aussi, frere ou compagnon. ¶ Voyez l'ansquicier. M.
LANCER. Budée, sur les Pandectes, le dérive de lanciare, traduisant en Latin lancer le cerf, par cervum lanciare: selon le témoignage de Bourdelot: car je n'ai pas rencontré cette etymologie dans Budée. Julien Tabouet, page 30. de Son de Republica & Lingua Francisca, lui donne la même origine. Et Mathias Martinius, dans Son Etymologique, au mot lancine: LANCINARE, est pungere, iltu secare: picten; quasi vicum; velut pectendo secare. Sic Gallis lancer, élancer, est pungere, lanciare: item, jaculari, vibrare. M.
LANCER. Il est aisé de voir, que lancer a la même origine que lance. Les Bas-Bretons disent encore aujourd'hui lanza dans le même sens que le François lancer; les Espagnols lanza; les Italiens lanciare. Voyez lance. * LANCERON: petit brochet. Rondelet dans Son Traité des Poissons de rivière, chapitre xi. qui est du brochet: Plusieurs en France l'appellent brocheton, quand il est bien petit: lanceron, quand il est un peu plus grand: quand il est bien fort, comme de trois pieds, ou plus, brochet. Ce mot est encore aujourd'hui en usage dans la Maison du Roi. M. LANCETTE de Chirurgien. C'est un diminutif de lance. Les Latins l'ont appelée de même lanceola. Plures occidit lanceola, quam lancea. M.
LANDE. Terre inculte. De l'Alleman landt, qui signifie pays, terre, région. Aimoin, de Gessis Francorum, livre 2. chapitre 13. Longobardi de Golanda pervenerunt in Ruginand, qua Latinè Rugorum patria dicitur. Nam Land lingua Germanorum, patria dicitur verbo Latina. Et de la, Lanceman, pour Landtsman, homme du pays. Voyez lanceman. Zelande; c'est-à-dire, Terre maritime. Parmi nous, ce mot lande signifie terre stérilo, vague, inculte, non labourée; comme sont les Landes de Bordeaux. Et à ce propos il est à remarquer que nous avons pris en mal plusieurs mots que nous avons empruntés de l'Alleman: comme rose, bouquin, hère, rapiere. ¶ Il me reste à remarquer que dans l'Indice des mots Biscains, imprimé par Bonaventura Vulcanius à la fin de Jornandes, landa est interprété ager. M.
LANDE. Ceux d'entre les anciens peuples Germains qui par la situation de leur pays n'étoient séparés de leurs voisins ni par aucune rivière, ni par aucune montagne, rendoient incultés leurs frontières, afin que leur stérilité les défendit des courses qu'on auroit pû faire sur eux. C'étoit proprement ces frontières défertes qu'ils appelloient landes; comme qui diroit, les collatéraux du pays. De la notre mot lande, pour signifier un pays désert. Le Duchat.
LANDE. Ce que dit Wachter dans Son Glosarium Germanicum, page 917. servira à éclaircir l'origine de ce mot: Voici les termes de l'Auteur: LAND, terra culta & inculta, ager privatus & publicus, regio parva & magna. Gothis & Anglofaxonibus land; Francis & Alamannis land; Belgis, Anglis & omnibus Septentrionalibus land. Frischio, qui hanc vocem multis & eruditis observationibus locupletavit, land, in primo & proprio significatu, est ager incultus, quales sum illi à Casare, lib vii. de Bello Gallico, cap. 23. descripti: Hoc proprium virtutis existimant, expulso agris suis finitimos cedere, neque quemquam prope se audere consistere. Hoc sensu Gallos, saltus Burdigalenes etiamnum vocare Landes de Bourdeaux, & hunc sensum à lumbis humani corporis, qui hodie lenden, desamptum esse affirmat: sic ut land propriè sit latum regionis, limes atque finis, & vastitas culturibus vacua. Italos eandem rem appellare langhe à veteri Theotisco lanchon lumbi, & hunc significatum superare apud Belgas in langhe, & apud Gallos in lunge, idem observat. Secundum hanc etymologiam, vox solitudinibus propria adhafis agris & regionibus, postquam solitudines coli & in agros converti cuperunt, idem doctissimus auctor tangis quoque controversiam inter Ducem Sabaudia & posessores Langarum in Italia de significatu vocabuli agitatam, & conira contemptores studii etymologici sic concludis: Dum utraque pars ad etymologiam provocat, eo ipso hanc nobilem artem in tribunali collocant, etiamni res tanti sit momenti ut integrum territorium concernat. Denique & composita solit tam vetera quam nova, quorum numerus, quamvis incredibilis, & monumentis Anglofaxonicis, Francicis, & Islandicis, novis accessionibus augeri potest. Aliam vocis originationem propinas Stadenins in Voc. Bibl. pag. 383. Land, inquit, est ab aqua. Ante a pontur Llitera liquida, & est la aqua. Post la, in fine additur D, & sit lad solum, dialecto Islandica. Sed dum aquam ex aqua producit, numquam efficit terram, nisi in litera D sit vis mirifica. Nos in voce land duos significatus distinguimus, soli, & soli sterilis. Illud Islandis vocatur lad: hoc Germanis led, ut ostendi in loco. Ab utroque proditi land, per epentheron: sed significatu adeo diverso, ut prater sonum nihil commune habeant. Nam land à lad est fundus, primo quidem bareditarius & forte divisus, postea omne solum. Contra land à led est terra sterilis. Prior significatus est antiquissimum, & ex monumentis Gothicis & Anglofaxonicis manifestus: alter recentior & sero natus, eoque ad etymologiam prioris ineptus. C'est de cette seconde signification qu'il s'agit ici. Voyez le même Auteur, au mot led.
LANDGRAVE. C'est un mot Alleman, qui signifie Juge de Province. Cujas sur le premier livre des Fiefs: In Legibus Ripuariorum, cap. 55. & 90. Si quis Judicem fiscalem, quem Comitem vocant, intereccerit. Idem Gravio, vel Graphio, appellatur, vel Paulo Diacono tefte, Historia Landgobardorum quinto: quo nomine Judex significatur. Et inde Landgravii; id est, Provincia Comites, sive Judices: & Marchegravii, limitis Comites: Pfaltzgravii, Palatii Comites, qui & Majores domus, & Prafecti, Rectoresque Palatii dicuntur; ut Eginhartus, Jornandes, Annonius, scribunt: Burggravii, arcis, praedisse Comites: Centgravii, qui in antiquis Germanorum Legibus, Centenarii dicuntur: & Gogravii, & Dinggravii, Judices pedatus. M.
LANDGRAVE, est proprement le Seigneur d'une province autrefois abandonnée comme déferte, comme étoient les landes expliquées plus haut. Le Land-gravia est une des nouvelles dignités assignées aux terres de l'Empire. Le Duchat.
LANDI. Foire de Saint Denis en France. Quelques-uns dérivent ce mot d'edictum. Belleforest, tome & livre 1. de son Histoire, chap. 34. Ce fut aussi lors que le safdit Rey Dagobert fit de grandes fondations à l'Eglise & Abbaye Royale de Saint Denis, & y establit encore le Marché public, qui est célébré tous les ans après la feste de Saint Denis: ainsi le porte l'Histoire d'Aimon que j'ay ecrit à la main. Et par ainsi ce ne seroit pas le Lendit, &c. Et par ainsi, Gaguin n'a point tort de dire que c'est le Lendit que l'on devoit appeller Edit; d'autant que par forme d'Edit: le Roy fit l'establissement de cette sorte. M. de Vaugelas, en ses Remarques de la Langue Françoise, le dérive d'annus dictus. Il vient d'Indictum (a). La Chronique de Guillaume de Nangis: Carolus Calvus nundinas Indicti in platea S. Dionysii qua Indictum dicitur, quolibet anno insituit. L'Auteur de l'Opuscule de Rebus in admissitatione Sugerii gestis; qu'on croit être l'Abbé Suger même: De Indictio vero, quod Dominus Ludovicus pater Beato Dionysio dedit, tretentis solidos quiete & pacifice, &c. Les Constitutions de l'Abbé Suger, chap. 5. Notum fieri volumus, tam praesentibus quam posteris, quod ego Sugerius, Dei patientia Beati Dionysii humilis minijser, communi favore Capituli nostri, culturam, qua juxta Indictum est, quam gloriojus Rex Francorum Ludovicus Beato Dionysio dedit. Où il est à remarquer que Suger attribue le Landi à Louis le Gros, & non pas, comme Nangis & les autres, à Charles le Chauve. Voyez Jaques Doublet dans ses Antiquités de Saint Denis, livre 1. page 435. On écrivit anciennement Lendit. Marot: Martin s'en alla au Lendit. Juvénal des Urfins, dans la Vie de Charles VI. page 181. en 1401. Cependant que le Lendit se tenoit, qui estoit lors grand' chose des Marchands & marchandises qui y assuient, sur- (a) Voyez Boucher, part. 3. chap. 1. de ses Annales d'Aquitaine, p. 113. de l'édit. de 1444. Le D. vint soudainement grandes confiscations. ¶ Indictum, Endit, Lendit, Lendi, Landi. On a aussi appelé landi le salaire que les Ecoliers donnoient à leurs Maîtres. Maîterbe dans la Traduction des Bienfaits de Sénèque: Vous me direz qu'à ce conte-là, vous ne devez rien, n'y a votre Médecin, qui a eu sa pièce d'argent quand il vous est venu voir, n'y a votre Presepteur, a qui vous avez payé son landi. Il n'y a guère plus de soixante ans que le salaire des Régens de Paris se payoit à trois diverses fois. 1. Au commencement de l'année on leur donnoit un écu, ou un demi écu, pour les toiles qu'on attachoit aux fenêtres, afin de rompre le vent. 2. On leur donnoit aussi, trois semaines ou un mois après la Saint Remi, pour les chandelles, trois ou quatre écus d'or, selon les claifes; lesquels on attachoit au bout d'un cierge blanc. 3. Et six ou sept écus, vers la saison du Landi, lesquels on fichoit dans un citron, qu'on metoit dans un verre de crystal. Et on appeloit: Fripelandi & Croquechandelles ceux qui ne donnoient rien, ni pour le Landi ni pour les chandelles. Or comme on donnoit plus pour le Landi que pour les toiles & pour les chandelles; & que c'étoit d'ailleurs une pure libéralité, on appella de ce nom seul, le salaire que les Ecoliers donnoient à leurs Maîtres. Cette pratique ancienne des Collèges de Paris, que j'ai apprise de M. de Troye, fut abolie par un Règlement de la Cour, contre lequel M. Bourbon fit un Poème intitulé, INDIGNATIO VALERIANA, & pour lequel Messieurs du Parlement décréterent contre lui, & le firent prendre prisonnier. Il intitula ce Poème de la sorte, à cause de ce qui est dit dans Suétone en la Vie de ce Grammairien: Valerius Cato, ut monulli tradiderunt, Burseni cujusdam Libertus ex Gallia, ipse libello, cui est titulus Indignatio, ingenuum se natum ait, & pupillum relictum, eoque facilius licentia Syllani temporis exutum parimonic. C'est ce que j'ai appris de M. Bourbon: autrement, du Père Bourbon. ¶ Je remarquerai ici par occasion, que le Landi ne s'ouvroit point autrefois qu'il n'eut été béni par le Recteur de l'Université de Paris. Voyez Pasquier ix. 11. M. LANDIE: partie de la nature de la femme. De landica; qui se trouve en cette signification dans l'Excerpta ex veteribus Lexicis Graco-Latinis, au chapitre de Membris humanis: Landica, iugapalis. Il faut lire iugapalis. C'est-à-dire, iugapalis, iugapalis, ou iugapalis. H. Etienne, dans son Trésor de la Langue Grecque, au mot iugapalis: iugapalis est pudendum muliebre Eustathio. At vero Scholias Arisophanis, iugapalis pluraliter, iugapalis ejus vocari ait. M. Guyet dans sa Note marginale sur l'endroit de l'Excerpta ci-dessus produit: Landica, non est iugapalis proprie, sed parue, iugapalis Galli vis abulum retinuerunt landie. Cicéron dans une de ses épîtres à Patus, qui est la 22. du liv. ix. de ses Épîtres Familieres, dit qu'il y a de l'obscénité dans ces mots, an illam dicam? Cette obscénité selon M. Guyet, est au mot ani, genitif d'mas; & au mot landicam, accusatif de landica. M.
LANDIER. De l'Anglois hancron, qui se prononce handeiren; comme qui droit de fer. Nous avons mis l'article devant, lequel s'est incorporé avec le moqronisme en iug. & en lendemain, &c. Les Danois disent iug. pour dire du fer. ¶ Les Bas-Bretons disent landier, pour dire un landier: & notre mot landier, pourroit bien avoir été fait de ce mot Bas Breton. M. Nij
LANDORE. Rabelais au Prol. du liv. 3. Se grâsent la tête avec un doigt comme landores dés-goutez, basent aux mouches comme veaux de dis-me, chantent des oreilles comme aînés d'Arcadie au chant des Musiciens. Landores dégoutez, gens indolens, sans courage ni vigueur. Landore par corruption pour l'ancore, comme les Marseillois appellent l'hirondelle de mer. Ce poiffon n'a de vigueur pour voler qu'autant que des ailes carti-lagrenues qu'il a, conservent quelque degré d'hu-midité. Des qu'il est dégouté, pour me servir du terme de Rabelais, c'est-à-dire des que ses ailes cessent d'être moites, il tombe dans l'eau, & sou-vent même sur le tillau du vaisseau qu'il avoit fui-vi. Voyez les remarques sur Rabelais, liv. 1. ch. 25. au mot Landores. Le Duchat.
LANDRI, ou LANDRY. Nom propre d'hom-me. Il a été fait de Landeric. Il y avoit sous Clo-taire le jeune un Mâge du Palais qui s'appelloit Landeric. Ce nom est Teutonique, & signifie jun-dis deves, ou popularis potens; de land, terre, pa-trie, & de ric, ou rich, qui veut dire puissant, vaillant, riche. Voyez ci-dessus lande, & Genfe-rie. La ville de Landreci, dans le Hainaut, en Latin Landericiacum ou Landericia, a pris son nom de Landeric, ce Maire du Palais dont nous avons parlé. Voyez Hadrien de Valois, Not. Gall. pag. 160.
LANDRICHON. Il y a, ce me semble, par-tont entre les enfans, deux manières de glisser dans les rues, ou sur les rivieres gelées; l'une en se tenant debout, qui est commune entre les gar-çons; l'autre en s'accroupissant, qui se pratique entre les filles. Cette dernière s'appelle a Metz, glisser a landrichon. De l'Alleman land-ritschung, qui ne veut dire autre chose que, glissement en pleine campagne. Le Duchat.
LANFAIS. On distingue en Normandie de trois fortes de filace; la plus grossière s'appelle en certains lieux des epaïons, & vers Caen des pates; celle d'après est appelée éroupes; & la plus fine & la dernière s'appelle du Langais. Je crois avec M. de Brieux, & M. Boivin, que ce dernier mot a été formé de l'anssium, qui est un mot générique qui comprend tous les ouvrages qui se filent, soit de foie, de laine, ou de filace. D. Add.
LANGARD. Babilard. Les Latins ont dit de même linguax. Les Gloses anciennes: linguax, 2a, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 107, 108, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 129, 130, 131, 132, 133, 134, 135, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 164, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 172, 173, 174, 175, 176, 177, 178, 179, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 237, 238, 239, 240, 241, 242, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 258, 259, 260, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 267, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 275, 276, 277, 278, 279, 280, 281, 282, 283, 284, 285, 286, 287, 288, 289, 290, 291, 292, 293, 294, 295, 296, 297, 298, 299, 300, 301, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 321, 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 330, 331, 332, 333, 334, 335, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 344, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 355, 356, 357, 358, 359, 360, 361, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370, 371, 372, 373, 374, 375, 376, 377, 378, 379, 380, 381, 382, 383, 384, 385, 386, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 393, 394, 395, 396, 397, 398, 399, 400, 401, 402, 403, 404, 405, 406, 407, 408, 409, 410, 411, 412, 413, 414, 415, 416, 417, 418, 419, 420, 421, 422, 423, 424, 425, 426, 427, 428, 429, 430, 431, 432, 433, 434, 435, 436, 437, 438, 439, 440, 441, 442, 443, 444, 445, 446, 447, 448, 449, 450, 451, 452, 453, 454, 455, 456, 457, 458, 459, 460, 461, 462, 463, 464, 465, 466, 467, 468, 469, 470, 471, 472, 473, 474, 475, 476, 477, 478, 479, 480, 481, 482, 483, 484, 485, 486, 487, 488, 489, 490, 491, 492, 493, 494, 495, 496, 497, 498, 499, 500, 501, 502, 503, 504, 505, 506, 507, 508, 509, 510, 511, 512, 513, 514, 515, 516, 517, 518, 519, 520, 521, 522, 523, 524, 525, 526, 527, 528, 529, 530, 531, 532, 533, 534, 535, 536, 537, 538, 539, 540, 541, 542, 543, 544, 545, 546, 547, 548, 549, 550, 551, 552, 553, 554, 555, 556, 557, 558, 559, 560, 561, 562, 563, 564, 565, 566, 567, 568, 569, 570, 571, 572, 573, 574, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 582, 583, 584, 585, 586, 587, 588, 589, 590, 591, 592, 593, 594, 595, 596, 597, 598, 599, 600, 601, 602, 603, 604, 605, 606, 607, 608, 609, 610, 611, 612, 613, 614, 615, 616, 617, 618, 619, 620, 621, 622, 623, 624, 625, 626, 627, 628, 629, 630, 631, 632, 633, 634, 635, 636, 637, 638, 639, 640, 641, 642, 643, 644, 645, 646, 647, 648, 649, 650, 651, 652, 653, 654, 655, 656, 657, 658, 659, 660, 661, 662, 663, 664, 665, 666, 667, 668, 669, 670, 671, 672, 673, 674, 675, 676, 677, 678, 679, 680, 681, 682, 683, 684, 685, 686, 687, 688, 689, 690, 691, 692, 693, 694, 695, 696, 697, 698, 699, 700, 701, 702, 703, 704, 705, 706, 707, 708, 709, 710, 711, 712, 713, 714, 715, 716, 717, 718, 719, 720, 721, 722, 723, 724, 725, 726, 727, 728, 729, 730, 731, 732, 733, 734, 735, 736, 737, 738, 739, 740, 741, 742, 743, 744, 745, 746, 747, 748, 749, 750, 751, 752, 753, 754, 755, 756, 757, 758, 759, 760, 761, 762, 763, 764, 765, 766, 767, 768, 769, 770, 771, 772, 773, 774, 775, 776, 777, 778, 779, 780, 781, 782, 783, 784, 785, 786, 787, 788, 789, 790, 791, 792, 793, 794, 795, 796, 797, 798, 799, 800, 801, 802, 803, 804, 805, 806, 807, 808, 809, 810, 811, 812, 813, 814, 815, 816, 817, 818, 819, 820, 821, 822, 823, 824, 825, 826, 827, 828, 829, 830, 831, 832, 833, 834, 835, 836, 837, 838, 839, 840, 841, 842, 843, 844, 845, 846, 847, 848, 849, 850, 851, 852, 853, 854, 855, 856, 857, 858, 859, 860, 861, 862, 863, 864, 865, 866, 867, 868, 869, 870, 871, 872, 873, 874, 875, 876, 877, 878, 879, 880, 881, 882, 883, 884, 885, 886, 887, 888, 889, 890, 891, 892, 893, 894, 895, 896, 897, 898, 899, 900, 901, 902, 903, 904, 905, 906, 907, 908, 909, 910, 911, 912, 913, 914, 915, 916, 917, 918, 919, 920, 921, 922, 923, 924, 925, 926, 927, 928, 929, 930, 931, 932, 933, 934, 935, 936, 937, 938, 939, 940, 941, 942, 943, 944, 945, 946, 947, 948, 949, 950, 951, 952, 953, 954, 955, 956, 957, 958, 959, 960, 961, 962, 963, 964, 965, 966, 967, 968, 969, 970, 971, 972, 973, 974, 975, 976, 977, 978, 979, 980, 981, 982, 983, 984, 985, 986, 987, 988, 989, 990, 991, 992, 993, 994, 995, 996, 997, 998, 999, 1000.
LANGEAIS. Melons excellens: ainsi ap-pelles de Langeais, petite ville de Touraine, d'où ces melons qui sont les meilleurs de France, nous sont apportés à Paris. M. Richelet, dans son Dic-tonnaire, les a appelés lange: en quoi il n'a pas été bien informé du bel usage. Il est vrai que cette petite ville s'appelloit autrefois Langey, ou Langeay. Rabelais 3. 31. Seulement vous veux-je ra-mentervoir le doîte & preux Chevalier Guillaume du Bellay, Seigneur jadis de Langey: lequel, au Mont de Tarare, mourut le 10. de Janvier, l'an de son âge le cimarrère, & de notre suppuration l'an 1543. Dans la Bibliotèque de la Croix du Mai-ne: Cy gist Langey, qui de plume & d'épée A surpasse Cicéron & Pompée. Marot, dans l'Épitaphe de Guillaume du Bellay: Arresle toy Lisant. Cy-defous est gisant; Dont le cœur dolent j'ai; Ce renommé Langeay, Qui son pareil n'eut pas; Et duquel, au trépas, Jettèrent pleurs & larmes Les Lettres & les Armes. Et Guillaume du Bellay s'est ainsi appelé lui-même dans ses Mémoires. Et ce mot, pour le marquer en passant, a été fait du Latin Lengiacum, qui se trouve dans la Vie de Geoffroy le Bel, Comte d'Anjou, écrite par Jean, Moine de Marmoutier. L'ancien mot Latin étoit Allegravia. Voyez le Notitia Galliarum de M. de Valois. M.
L'ANGELY. Le Pere Bouhours, dans son quatrième Dialogue de l'Art de bien penser, parlant de certaines choses historiques dans les Auteurs, qui deviennent obscures par le tems: J'en dis presqu'autant, continua-t-il, du nom que porte Alexandre dans la Satyre contre l'Homme. Ce fougueux l'Angély, qui du sang altéré, Maistre du monde entier, s'y trouvoit trop serré. Cela est clair maintenant, parce que nous savons que l'Angély efoit un fou de la Cour, que le Prince de Condé avoit amené de Flandres. Et si cela devient obscur avec le temps, il ne faut pas s'en prendre à l'Auteur. Ce l'Angély avoit suivi en Flandre le Prince de Condé, en qualité de valet d'écurie. Etant de retour en France avec le Prince de Condé, il s'érigea en fou du Roi. Et quelque tems durant, il fut en quelque forte de faveur auprès du Roi: ce qui fit dire à Marigny, lequel avoit aussi suivi Monsieur le Prince; que de tous les fous qui avoient suivi M. le Prince il n'y avoit que l'Angély qui eût fait fortune. M.
LANGES. Drappeaux, dans lesquels on em-maillote les enfans. De lineum. Lineum, linium, linjum, LINGE, LAINGE, LANGE. Voyez linge. Ou plutoft, de laneum. Laneum, lanium: comme cavea, cavia: lanium, lanjum, LANGE. Les langes sont de laine. M.
LANGES. Le Roman de Lancelot du Lac, vol. 2, fol. 88. 1er. édit. in fol. 1533. Et ceux sur-ent si cruels & felons qu'il lui dirent qu'il ne ve-tiroit jamais linge ni lange. L'Enquête pour la Ca-nonisation de Charles de Blois, tom. 2. page 550. de l'Histoire de Bretagne par Lobineau: Dicit quod quando D. Carlus debebat intrare leitum, amove-bantur paramenta & culcitra plumea, & se ponebat supra pannum laneum, vocatum langeul Gallicò, seu super sargiam sine linteaminibus lineis, & ibi jacebat in blanchesto suo. Jean Marot, parlant du Teinturier Paul de Nove, que le peuple de Gênes avoit créé Duc: Bontainturier tant en lange qu'en linge. C'est à dire, tant en laine qu'en toile. Je suis surpris que Ménage ait pu croire un seul moment que lange venoit de lineum. Le Duchat.
LANGOUSTE. Subflantif féminin. C'est une forte de poiffon, appelé des Grecs &c. De locufta. C'est ainsi que les Latins ont appelé ce poiffon, de sa ressemblance à une sauterelle, à cause de ses cornes. Voyez Rondelet, dans son Histoire des Poiffons, livre 18. chapitre 1. De lo uftta, nous avons dit LANGOLIST dans la figuification de sauterelle: dans laquelle signification je me souviens de l'avoir lu dans une vieille version Françoise des Pseunmes. Les Espagnols disent languette dans la même signification. M. LANGUEDOC : province de France, appelée en Latin Occitania. Nicot dérive ce mot de Languedoc. Aucuns, dit-il, estiment que le pays de Languedoc a tel nom, parce que les gens d'iceluy voulant respondre affirmatives. et, usent de ce mot oc, signifiant ouy; & disent, qu'en différence de ce on dit le pays de Languedouy. Mais il en va tout autrement. Car Languedoc est un mot corrompu de cefuy Languegoth, qui estoit le nom que les François donnoient a la contre dudit pays, qui estoit de la Convenne des Wisigoths, desquels le siege Royal estoit en la ville de Tolose; tout ainsi que les François l'appelloient aussi par cet autre nom Gallegoth, & Gaulegoth; Gallia Gothica. Et au Provincial des Eglises Cathédrales du monde, est escrit ainsi: In Gothia, Archiepiscopus Narbonensis hos habet suffraganeos, Carcafonensis, Agathensis, Sancti Pontii Tomeriarum, Electensis, Megalonensis, Elnenis, Biterrenis, Lodovensis, Nemaucenis, Uticensis; qui tous sont de la convocation des Estats dudit pays. Et en maints anciens titres audit pays, se trouve ce mot Lingothia, syncope de cefuy Linguagothia, pour ce mot Languedoc. Et ores signifie un qui est nay en ce pays-la; comme Provençal, celuy qui est nay en Provence. Il y en a qui rendent ces mots par Linguacocitanus, & Linguocitanus; mais hors de raison. ¶ Et dans Rabelais, vous trouverez toujours Languegoth, & jamais Languedoc. Liv. 4. chap. 43. O, me disoit un petit enst, qui pourroit avoir une veffie de ce bon vent de Languegoth, que l'on nomme Cyerce. ¶ Julien Tabouet, à la page 36. de son Traité de Republica & Lingua Francica, a suivi l'opinion de Nicot. Voici ses termes: Ocitana Lingua patria, prius Romanorum provincia, deinde, a Narbona civitate, Narbonensis; pofisa a Gothis, Gothicana meruit appellari. Nofiris hisce temporibus, Ocitana Lingua, compta voce, pronuntiatur; cum dici debeat Gothicana Lingua: LA PROVINCE DES GOTHS. Sicut in Hispania, Gotholania, & oppidum Gothicum, a Gothis conditum, prope Moysacum: hodie, les Cathelans. Gothis siquidem a Romanis Imperatoribus, ut Italia cederent, Galliam Narbonensem acceperunt habitandam: in qua tria regna, suis distincta limitibus, posuerunt: Burgundiam, Gotholaniam, & Auxitanam Vasconiam. Honorius etenim, Romanus Imperator, a Vandalis, a Cimbris, a Teutonibus, & Munnis, bello multiplex pressus, Gallia dissident poffe in obsequio retineri, Gothis diripiendas, & Hunnis Pannonias attribuit. Hunni Pannonias a suo nomine vocarum Hungariam. Gothi a suo Narbonensem parriam dixerunt Gotholanlam. Multis idae sequilis nominata fuit Lingua Gothicana, nume Ocitana; ab aliis Auxitana; Le pays de Languedoc, & des Goths: vel potius, Le pays de la Ligue de Aux; id est, factio Auxitana, qua tuebatur Gothos adversus Imperatores Romanos. ¶ Goffelin, dans son livre des Anciens Gaulois, page 37. s'est déclaré fortement pour la même opinion. Voici ses termes: Priusquam tamen hoc caput claudo, divisionem unam Gallia omitterne nequeo perfacetam, & Hipatensum numine dignissimam; quo adfatim rideatis qua a nonnullis, ex diversa unius tocula pronuntiatione, influuta est. Ut enim iis qui a Ligeri in Germaniam usque vergunt, familiaris est vox ouy; sic iis qui ad Mediterraneum mare accedunt, frequens est Oo, vel Oc, in eadem signifiantione: hinc dicta fuerit hac quidem Gallia, LAN- GUDOC; illa autem, LANGUEDOUY. Camberinum hoc sonnium est. Nam liquet non in hisuis, Narbonensem Galliam, & magnam Aquitania patim, a Gothis fuisse possessam. Sidonius, loco ante dicto, Orosus libro vii. capite ultimo, & Jornandes in Historia Gothica: Ideque diclam Gothland, quasi Terram Gothicam: deinde, transpositione, & levi immutatione literarum, Langdog, pro Langedoth. Nicot, Rabelais, Tabouet, & Goffelin, se sont tout-à-fait trompés. Le Languedoc a été ainsi appellé du mot de langue, & de celui d'oc, qu'on dit dans le Languedoc pour oui. Coquille dans son Histoire de Niveenois, page 381. D'anciennes, en France, n'estoient que quatre Généralitez: celle d'Outre-Seine & Tonne, qui comprenoit les Généralitez qui sont aujourd'buy de Paris, Chaland, & Amiens; celle de Normandie, comprenant les Généralitez de Rouen & Caen; celle de Languedoy, qui comprenoit les Généralitez aujourd'buy de Tours, Orleans, Bourges, Moulins & Lyon; celle de Languedoc, comprenant aujourd'buy les Généralitez de Tholose, Montpellier, & Rion. En ce temps-là, Guyenne & Poitou estoient tenus par les Anglois; Bretagne avoit un Duc; Bourgogne avoit un Duc. Provence & Dauphiné sont hors du Royaume. Les mots de Languedoy & Languedoc ont esté dit selon le Dialecte des Provinces, esquelles ont dit oc, pour oy; & esquelles on dit oy. Languedoy comprenoit toutes ces Provinces, esquelles en vulgaire la diction affirmative est oy; & Languedoc, celles où l'on dit vulgairement oc. Et telle est la source de ces deux dictions, Languedoy, & Languedoc: qui n'a esté entendue par les Financiers, lesquels, a l'imitation l'un de l'autre, sans aucun fondement de raison, ont tousours escrit Languedoil: comme aussi faillent aucuns Historiens, que l'on tient pour exalts recherches de l'Antiquité, qui disent que Languedoc est dit par nom corrompu, & se deuft dire Languegoth, pour ce que d'ancienneté cette Province a obéy aux Goths. Mais il ne se trouvera en aucune Histoire, ou Mémoire antique, qu'auparavant l'establissement de ces Généralitez, il fuss mention, ny qu'on appellant cette région Languedoc, ou Languegoth. Je confesseray bien que les Goths ont commandé a partie de la Gaule Aquitanique & Narbonnoise, au temps qu'ils commandent en Espagne; mais toute la Province de Languedoc n'estoit pas de leur obéissance: & grande partie de Gascogne leur obéissoit, qui n'est pas comprise sous Languedoc; comme la Province & Archevesché d'Aux en Gascogne; comme se voit en Conciles Nationaux d'Espagne, célébrer a Tolée, au temps du Royaume des Goths; esquels les Archevesques de Narbonne & d'Aux, avec les Evesques suffragans, assistoient. Mais depuis la ruine du Royaume des Godes par les Mores, qui fut en l'an 714. lesdits Goths n'ont commandé a cette partie des Gaules; & plus de 500. ans après n'a esté cette Province appelée Languedoc. ¶ Dominicy, au chapitre 30. de son Traité du Franc-Aleu: Occitania est regiones amplectebatur, qua sus Romanum agnoscent, & qua cis Legerim sunt, quque Occitanize nomine veniunt; quod earum populi vocem Ouy efferant in Oc: quasi ii sint, quibus dedit ore rotundo Musa loqui; ut de Gracis locutus est Poita. Unde bisaria Regni divisio in Linguam d'ouy, & Linguam d'oc. M. de Valois dans la Notice des Gaules, au mot Septimania: Vulgo Languedoc a Nofiris dicitur, non, ut quidam existimant, a Gothis, quasi Land-Goth, seu Regio Gothorum; aut, ut Nicotio placet, a Lingua Gothica, quasi Lan- guegoth ; quemadmodum Rabelafus vocat : fed quoman oism totum Francia Regnum in provincias Lingua Ouy & Lingua Oc, dividebatur (de Languedouy, & de Langue d'oc) ; provincia Narbonensi prima, five Septimania, ant Gothia, qua una ex Lingua Oc, provincitis erat, nomen Linguadokii remansii. Languedoc. Quidam Occitanium ; alii, provincium Lingua Occitana vocat. Hac autem divago Francia facta est doas in Linguas, quod Vascones, Gothi, five Septimani, Provinciales, Dalfinites, altique Lingua torta populi, fed pracipue Gothi, pro ita, velutique, oc dicere confurverant ; id est, hinc : rateri francia imola, ouy. in Appendice Chouici Guillermi Nangiacensis, in anno MCCCXXVII. Septimania vocatur Lingua Occitana corrupte pro Lingua Occitana. Quidam nobilis homo de Lingua Occitana, qui Renaldus de Normannia vocabatur, Parifus, in platea Porcorum, fecuri, Judicio Regis, percutitur. Et ibidem, Barones de Lingua Occitana, ac Tolofani, memorantur. In Geitis quorumdam Episcoporum urbis Roma. Eo tempore (Clemente VI. sedente) fuit in Regno Francia, & præsertim in Lingua Occitania, carititia validissima. In Innocentiis PP. VI. Johannes Armaniaci, Locumtenens Regius in Lingua Occitana dicitur : & ibidem Johannes, Comes Pictavensis, deputatus pro regimine patriæ Lingua Occitana. M. du Cange, dans son Glossaire, au mot Lingua, a donné la même étymologie du mot de Languedoc. Voici ses termes : Hinc Languedoc & Languedoil, dicta Provincia Francica, in quibus oc, & oil, seu ouy, pro ita, bulgo usurpatur, ut censer Catellus in Historia Occitana, lib. 1. pag. 39. 40. Lingua Occitana, in Charta Ludovici Hutini, anni 1315. & aliis ab eodem Catello laudatis; quam Tortam Linguam dictam fuisse scribis Joinvilla in Historia Saulii Ludovici : cojus nomenclatura rationem nemo adhuc prodidit. Sed legendum forte Crotelangue (a), vel curta lingua : que est Novempopulania, seu Provincia Auscensis, Occitana contermina, appellatio in aliquot Notitiis MSS. quas laudant Bosquetus, illust. Episcopus Monspel. ad librum 14. Innocentii III. epistola 31. & Oybenartus, libro 3. Notitiis Vasconia, capite 5. ad discrimen majoris Vasconia, seu Provincia Burdegalensis. Sed & Linguam Auxitanam, quam alii Occitanam, vocat Diploma Philippi Pulcri Regis Francia, in Regello Charophylacii Regii, ab urbe primaria Novempopulania Auch. Constans tamen est sententia, Occitanian dictam, quod oc, & ocb, pro ita, passim in ea usurpetur. L'Ordonnance de Charles VII. de l'an 1444. qui porte l'établissement du Parlement de Toulouse, & d'autres Ordonnances du même Roi, inferées sous le premier & le 46. Titre de l'ancien Stile du Parlement, & sous le 18. Titre du premier livre des Grandes Ordonnances, font aussi mention de patria Lingua Occitana. Froissant a dit Languedoyl. Car toutes gens de Languedoyl, de quelque contrée & nation qu'ils soient, ils les tiennent François. M. Nublé croit que ce mot est le même que Languedoc : & que Languedoyl, qui est opposé à Languedoc & à Languedoyl, (a) Je crois que c'est toute qu'il faut lire dans Joinville, & que c'est comme qui diroit, une Langue Latine, à laquelle on a donné l'ensole. Ce qui revient à ce que dit quelque part le Scaligrana, que ceux qui savent le Latin, apprennent bien plus facilement le Galcon que le François. L'endroit de Joinville est du chap. 75. Le Duchat. signifie le pays Costumier : ce qu'il prétend prouver par ce qui est dit dans la Préface de l'Ordonnance que le Roi Jean fit dans l'Assemblée des Trois États de son Royaume, au mois de Décembre de l'année 1355. que ce Roi avoit fait appeller & assembler les bonnes gens de son Royaume de la Languedoil, & du pays Costumier. Mais M. de Launay croit au contraire, que Languedoc & Languedoil sont choses différentes. Et il se fonde sur ces mots des Lettres de Charles VI. de MCCCXXIV. Comme je pieça, seu nostre cher Seigneur & pere, le Roy Charles, que Dieu absoille, ayt permis, & consenti en son vivant, que plusieurs Juifs soient venus demeurer en ce Royaume, parmy certaines modifications, &c. Selon la teneur desquelles nos autres Lettres, ils ont demeuré jusques à ores en nostre des Royaume, tant en Languedoc comme en Languedoil. Je suis pour M. de Launay (a). Il est à remarquer, qu'on a dit Langue, pour Nation. En toute la Langue Picarde, dans les Antiquités d'Amiens, pag. 351. Voyez M. du Cange au mot Lingua. Il me reste à dire pourquoi on dit oc, pour ouy : ce que j'examinerai au mot ouy. M.
LANIER. Oiseau de proie. Nicot : Aucun le veulent rendre en Latin par ce mot lanarius : autres, par cesuy, lanarius. Mais tous deux sont hors de raison. Le Commandeur Francières l'escrit par S. Lainier; Asnarius. Et par aventure, luy a esté donné tel nom, parce qu'il est à tout faire, & se paissit de grosse viande, & est commun par tout pays ; ainsi que l'agne est commode, & fait à ces trois choses. A ce l'accorde le dire du Fauconnier Federico Giorgi; lequel, en son livre de Fauconnerie, parlant du lainier, qu'il nomme lainero, dit qu'il naissit le bois de Lombardie, & est de peu de courage, & qu'il le faut traiter en faucon villain; luy donnant curée d'eslouppe, & le mettant à toute heure en besogne : parce qu'il est si vile, que le laissant en séjour, on n'en pourroit tirer aucun plaisir. Cette étymologie est ridicule. Le François Lanier vient du Latin lanarius : & le Latin lanarius a été dit à laniaris avibus. M. de Thou, dans son Poème de Re Accipiteria : Hic verna est nobis : ubi fercula inempta parare Nobilium mensis, atque exercere culinam Dicitur. Inde etiam ab laniena est indita origo Nominis. René François, dans son Essay des Merveilles de Nature, au chap. 3. qui est de la Fauconnerie, dérive aussi ce mot à laniaris avibus : mais il ajoute vel à pilis, lanæ similimis. M. du Cange, dans ses Origines Françoises, a parlé de l'étymologie du mot lanier, en ces termes : LANIER, falconis species in lana educatus. Et dans son Glossaire Latin, au mot Lanarii, il en parle en ces termes : Ita porro ejusmodi falcones fortean dixerunt nostri, quod ita degeneres & ignavos vocarent, qui, ut semina, lanarum pensis operam darent. Et la-dessus, il cite plusieurs passages d'anciens Romans, où le mot de lanier, ou laner, signifie lâche, poltron. M.
LANIERE. C'est une courroye. Percefotes, (a) Voyez Charles de Bovelles, de Hallucinatione Gallic. nom. chap. 1. qui établit la distinction de Languedoc & de Langued'ou, & des pays de Hincau (c'est à dire Hainaut), & de Hincau, sur les différentes prononciations de l'affirmation oui. L A N. L A P. vol. 2. fol. 37. 1°. Si allons seoir au pré, tant que nous ayons nos chauffes de fer relaffées; car au chemin que je fya, mes lafinieres en furent rompues. Peut-être de lanaria, fait de lana, à cause que ces lanieres étoient de laine. Le Duchat.
LANSQUENET. Jeu de cartes. Des Lansquenets, qui font des Fantaffins Suiffes, ou Allemans, leiquels ont apporté ce jeu en France. Land, en Alleman, signifie pays; & knecht, garçon, j'errirer, foldat: si bien que Landsknecht signifie proprement valet du pays; mais communément il se prend pour un pieton, ou fantaffin. Philippes de Commines, livre dernier, chap. 14. Il y en avoit d'autres, que nous appellons communément Lansquenets; qui vaut autant à dire comme compagnons de pays: & ceux-la haifent naturellement les Suiffes. Ils font de tous pays; comme de deffus le Rhin, & du pays de Souave. Il y en a aussi du pays de Vaulx en Senome, & du pays de Gueldres. Les Suiffes s'entr'appellent Landfman, comme qui diroit homme de mon pays; de même que les laquais, & toute autre forte de gens de bafle condition, qui font de même pays, s'appellent pays. Maître François, liv. 2. chap. 2. Voicy bonne provision, aussi bien ne beuvions-nous que lafchemment, non en Landfman. C'eſt ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas Lanceman, comme portent les éditions. Voyez Lanceman. Voffius de Vitiis Sermonis, pag. 16. explique Landsknecht par lancearius miles. L'autre explication de garçon de pays me plaît davantage. Ainsi nous difons, milice de pays. Les Latins ont fait de même miles de μίλαξ, qui signifie δυματικό. Hésychius: μίλαξ, πλεία, &c. δυκίξ γίγ δυματικό. Et les Grecs ont dit λαός pour exercitus. C'eſt aussi l'opinion du Continuateur de Jean de Serres, en la Vie de Charles VIII. où parlant de Maximilian, Roi de Bohème, il dit: Les Princes d'Allemagne luy oſtroyèrent un fécours de douze mille Landsknecht: ainsi le faut-il eſcrire, c'eſt-à-dire, proprement, valets ou gens de pays. Nous prononçons communément Lansquenets. J'ai dit, du Continuateur de Jean de Serres: car Jean de Serres n'a conduit ſon Inventaire que juſques à Louis XI. exclusivement. C'eſt un nommé Moollard, qui a continué cet Inventaire juſques environ 1600. Ce qui a été remarqué par Dupleix, dans ſon Inventaire des erreurs de De Serres. M.
LANSQUENET. Si on fait venir lansquenet de landsknecht, il signifie patria miles; & si on le fait venir de lansknecht, il signifie lancearius miles. Land en Alleman, c'eſt patria: & lans eſt le même mot que notre François lance, comme on a vu ci-devant. Voyez Wachter, dans ſon Gloſarium Germanicum, au mot knecht; & ci-deffus lance.
LANTERNE. De lanterna, que les Ecrivains de la Bafle-Latinité ont dit pour laterna: comme amphorifmus, pour aphorifmus; langena, pour lagena. Les Gloſes Anciennes: lanterna, φαγίς: ἰεία φλαγίως κεμίμη. Touchant l'explication de ces mots, ἰεία φλαγίως κεμίμη, voyez Caſaubon, dans ſes Animadverſions ſur Athénée xv. 20. Les Italiens diſent de même lanterna. Mais en Allemagne on dit latern. M.
LANTERNER. On dit lanterner, pour ce qu'on appelle autrement baguenauder, s'amuſer à la bagatelle, badiner: & on dit aussi lanterner quelqu'un, pour l'amuſer mal à-propos. Le Duchat.
LANTERNIER. De lanternarius, dit pour laternarius. C'eſt proprement un faſſeur, ou un porteur de lanternes. Figurément on appelle lanternier, un badin, un faînéant: dans laquelle ſignification, on dit aussi lamponner. Et ces deux mots, apparemment, ont été employés en cette ſignification; le métier de faſſeur de lampes & de lanternes, n'étant pas un métier conſiderable. M.
LANTURLU-LANTURE. Refrain d'un fameux Vaudeville, qui eut grand cours en 1629. L'air en étant bruſque & militaire, des vignerons ſéditieux attroupés l'année ſuivante à Dijon, un Jeudi au ſoir 28. de Février, & tout le jour du lendemain premier de Mars, furent de-la nommés Lanturlus, parce qu'ils faſſoient battre cet air ſur le tambour par la Ville pendant leur marche. Ils pillerent pluſieurs maïſons: & cette ſédition, quand on en parle, eſt encore appellée le Lanturlu de Dijon. Gloſaire ſur les Noëls Bourguignons, au mot Lanturlu-lanture.
LAPATHUM. Nom Latin d'une plante, mais qui ſe dit aussi quelquefois en François. Il vient du Grec λάπυβς. Et cette plante a été nommée de la forte en Grec, parce qu'elle lâche & ramollit le ventre, du verbe λάπυβς, ou λάπυβς, ou λάπυβς, évacuer, ramollit. Voyez Dioſcoride, liv. 2. ch. 3. Elle s'appelle en François patience. Voyez ce mot.
LAPEREAU. LAPIN. De lepore, ablatif de lepus, on a dit leporellus: dont nous avons fait LAPEREAU. Au lieu de lepus leporis, on a dit lepus lepi: dont nous avons fait lapin. Lepus, lepinus, lapinus LAPIN. Le lapin eſt une eſpèce de lièvre. Strabon, liv. 3. appelle les lapins λάπυβς γυμνός, lepuſculos terram ſodientes. Et Polybe appelle le lapin petit lièvre, λάπυβς μαυρός. Et la raiſon de ces appellations, eſt que les anciens Grecs n'ont point connu le lapin. Ils appelloient le lièvre λάπυβς & λάπυβς. Le mot de λάπυβς a ſignifié enſuite un lapin. Voyez M. de Saumaſſe ſur Solin, pag. 200. de l'édition de Hollande. Je viens à l'étymologie de lepus. L. Ælius d'étoit ce mot de celui de levipes: qui eſt une étymologie Stoicienne, c'eſt-à-dire, une étymologie d'allusion. Lepus a été fait du Grec λάπυβς. Ce qui a été très véritablement remarqué par Vatton, liv. 3. de Re Ruffica, chap. 12. L. Ælius putakat ab eo diſtum leporem à celeritudine, quod levipes eſſet. Ego arbitror, à Graco vocabulo antiquo, quod eum Æoles Bootti λάπυβς appellabant. Il ajoute: Cuniculi dicti, quod ſub terra cuniculos facere ſoleant, ubi lateant in agis: en quoi il ſe trompe. Le mot de cuniculi a été dit au contraire de cuniculus, en la ſignification de laperæ. Voyez ci-deffus au mot connil. Il me reſſe à remarquer, que λάπυβς a été fait de λάπυβς. M. de Saumaſſe, au lieu allégué: γίπυς dicitur, qui velociter pedibus it: ἀπό γίμν, vel γίμν, γίς φοί. Unde & Poeta γίπυδας vocarunt à celeritate natatus, quamvis careant pedibus. Æoles, ut Attici, N in A mutabant; & dicebant λάπυβς pro γίπυς: ut ἀπόζυς, pro ἀπόζυς: unde Latinum lutra: ἀπόζυς, pro ἀπόζυς unde pulmo. Si γίπυς, λάπυβς. Λάπυβς λάπυβς, lepus leporis: ut ἀπόζυς, corium. M.
LAPIS. Pierre précieuse bleue: appellée autrement lapis auli. C'eſt un mot purement Latin. Les Italiens diſent de même lapis, pour ſignifier un canon. M.
LAPPER. Le bruit que ſont les chiens en buvant. M. Dacier, dans ſes doctes & curieufes re- marques sur l'Art Poétique d'Horace : *Hombre est* *loue d'avoir dit le premier est, à la fin, & à la fin :* *dont le premier exprime admirablement le fisilement* *que fait un fer tout rouge, quand on le trempe dans* *leau : & l'autre imite le bruit que font les loups &* *les chiens quand ils boivent. Sur quoy nous avons* *fait notre mot lapper. Nicot a fait la même remar-* *que sur le mot lapper. M.*
LAPPON. Nom des peuples de Laponie. On appelle aussi ce pays *Lappie* ; les Allemans di- fent *Lappeland* ; & les habitans sont aussi nommés *Lappes* ; & *Lappes* ; les Allemans disent *Lappen* ; & *Lappelander*. On les appelle encore *Dikiloppes*. Ce dernier nom, dans la langue Ruffienne, signi- fie *Lappons sauvages*, qui ne demeurent que dans les bois : & c'est apparemment par abbreviation de ce mot qu'ils ont été aussi nommés *Kiloppes*. Ziegler croit que la Laponie a été nommée *Lappie* par les Allemans. Les peuples de cette région dit- il, ont aussi peu de jugement que d'adressé ; & en Alleman le mot *Lappe* signifie un homme qui fait & dit toutes choses mal-à-propos. Cela ne prou- ve rien. Les Allemans n'ont connu la Laponie que long-tems après qu'elle l'a été des Finnes ou Finnons, des Suédois, & des Ruffiens. Les plus anciennes Histoires d'Allemagne ne parlent en au- cune manière de la Laponie ; & la signification du mot *lappe*, pour dire stupide & mal adroit, n'est point particulière à la langue Allemande. Par toute la Russie, on appelle les habitans de la Lap- ponie *Lappes* & *Lappons* ; & comme la langue Ruf- ienne n'a rien de commun avec l'Allemande, il n'est pas vraisemblable que les Ruffiens aient em- prunté des Allemans le nom qu'ils donnent à un pays qui leur est limitrophe, & dont ils possèdent une partie. D'ailleurs les *Lappons* ne sont ni si stu- pides, ni si mal adroits qu'on veut le persuader. Ils ont des arts qu'ils cultivent. Ils sont des ouvra- ges à l'éguille, & ils portent des habits de leur fa- çon qui sont brodés d'or & d'argent. Ainsi il n'y a guère d'apparence non plus, que le mot *Lappon* vienne de *laper* ou *kohlaper*, qui signifie en Suédois pièce & *guenille* ; comme si par ce nom on enten- doit un peuple vêtu de haillons, & d'habits tout en lambeaux. Il n'y a pas, ce me semble, non plus lieu de croire qu'ils aient été appelés *Leupes* ou *Laper* d'un mot Suédois qui veut dire *courir*. Les *Lappons* ne courent pas, ils s'élancent ; & avec des fouliers propres à aller sur la glace, ils y glif- fent d'une extrême vitelle. Sans m'amuser davan- tage à combattre ces opinions, je crois, dit Schef- fer, qui a traité amplement de ce qui regarde cette nation dans un livre dont cet article est tiré, je crois, dit-il, que la Laponie a été appelée ainsi, parce qu'elle est habérée par les *Lappes*, dont le nom dans la langue des Finnons ou Finnes, ou Finnes, veut dire, chafés du pays & poulés jus- qu'aux lieux les plus reculés. En effet, cette étymologie convient aux *Lappons*, qui ont été for- ces à quitter la Finlande ; d'où ils sont originaires : & c'est pour cela que les Finnes, les Suédois, & les Ruffiens, les ont nommés *Lappes* & *Lappons*. Les Allemans ont reçu ce nom des peuples que nous venons de nommer ; & des *Lappons* s'est fait le nom de *Lapponie*, que l'on a donné à leur pays. Mais les *Lappons* eux-mêmes appellent la terre qu'ils habitent, *Schmiedachis*. Ils haussent le nom de *Lappes*, comme une épithète injurieuse. Ce nom est même assez nouveau : il est inconnu aux Grees & aux Latins, qui parlent des Finnes & de la Finlande, & ne disent rien de ce peuple sous ce nom-là. Saxon le Grammairien, Auteur d'une Hif- toire de Danemarck, qui florifioit sur la fin du XII. siècle, est le premier qui ait parlé de la Lap- ponie & des Lappons. Je ne fais si je dois faire ici mention du fenti- ment de Wachter, qui croit que le nom de *Lap- pons* peut signifier *enchanteurs*, si on le dérive du verbe Teutonique *luppen*, qui veut dire, enchan- ter, fasciner. Les *Lappons* parlent pour être fort adonnés à la magie & aux enchanteurs. Mais on a vu ci-devant, que le nom de *Lappons* ne venait pas de la langue Allemande. Le même Auteur ajoute, pour confirmer cette conjecture, que le mot *lepponed*, dans la langue de Laponie, lui pa- roit signifier la même chose que l'Alleman *zau- bern*, qui veut dire, s'adonner à la magie, exercer des enchanteurs, des maléfices, des prestiges. Mais cela prouve-t-il que *Lappon* signifie *enchan- teur*, magicien ! Voyez si vous voulez, cet Auteur dans son *Ginfarium Germanicum*, au mot *zau- bern*.
LAQUAIS, ou LAQUAY. Le Président Fauchet, liv. 1. de l'Origine des Armoiries, ch. 1. semble confondre ce mot avec celui de *Naquet*. Voici ses termes : *Par l'Histoire & Mémoires de* *Philippe de Commines*, il se voit que les *Pages* *ser-* *vans* les *Princes* & *Seigneurs de son temps*, *échoient* *nobles enfans*, qui partout *sutissent leurs maîtres*, *pour apprendre la vertu & les armes*. En France, il y a cent ans que les *Pages* *vilains*, *allans à pied*, *ont* *commencé d'être nommés* *Laquets* & *Naquets*, *pour* *la même raison que dessus* ; *à sçavoir*, *d'aller à pied*. L'Auteur des Antiquités de Cahors, dit que *La-* *quay* est un mot *Basque*, qui signifie *serviteur*. Et comme les meilleurs laquais nous viennent de Bif- caye ; car nous disons *jambe de Basque* ; il y a beaucoup d'apparence que ce mot nous est aussi venu de Biscaye. Et à ce propos, il est à remar- quer, que les Biscayans appellent un laquais *lecaio-* *va*, c'est-à-dire, *servus vadens*, *servus à pedibus* : *valet de pied* : *asphânés*. Vers la Biscaye, il y a un Bourg, dit *Sainte Lacate*, en Latin, *Sancta Lec-* *cafia*. Et comme ceux de ce Bourg sont les meil- leurs coureurs entre les Basques, M. l'Abbé Cha- telain, Chanoine de Paris, croit que de-là les la- quais ont été appelés *laquais*. Les Italiens disent *lache*, qu'ils ont formé sur le François *laquay* : car ce mot *lache* n'est pas ancien dans la Langue Italienne. Il ne se trouve point dans le Vocabulaire della Crucza. Les Espagnols disent *lacayo*, que Covarruevia dit être un mot d'origine Allemande. *LACAYO es vocablo alleman*, *introducido en España por la venida del Rey Filipo* ; *que antes no se avia usado*. Ramires de Prado, Es- pagnol, sur l'épigramme 47. du liv. 3. de Martial, le fait d'origine Françoise. Curfores, *servi vocabani-* *tur*, qui *in itinere faciendo*, *vel deambulando per* *urbem*, *vredam*, *vel equos*, *pedites pracedebant in* *comitatio*, *quos Galli Laquays* : & *inde Hispani* la- caios *vocamus*. *Lac*, on *loc*, en Langue Ethiopi- que, signifie un valet. Voyez la Bible Ethiopique, au verset 21. du Piseume 102. & le verset 26. du chapitre 22. de Saint Luc. ¶ Les Grecs moder- nes disent *d'ouin*. Ce mot, dans le Livre inti- tule *Corona Pretiola*, est interprété par *curfor*. M. C'est ce que j'avais autrefois remarqué rou- chant chant l'origine du mot de *laquais*. Depuis ce tems là, il m'est venu une autre pensée. J'ai fait venir *laquais* de *verna*. On s'est fort moqué de cette étymologie : ce qui m'obligea, lorsque je fis imprimer la deuxième Partie de mes Observations sur la Langue Françoise, de la justifier par ce Discours :[{"box_2d": [113, 140, 479, 572], "label": "text", "caption": "Les Latins ont appellé *verna*, un serviteur né à la maison : que les Grecs appellent *οἰκογείνες*, *domi natur* : à la différence de celui qui a été acheté, qu'ils appellent *ἰκογείνες* ; c'est-à-dire, *emptus*, *præto paratus* : d'où vient le nom d'*Epichète*, le Philôfophe : car Epichète le Philôfophe étoit *ferf*. *Verna* & *οἰκογείνες* signifient donc la même chose. Ce qui me fait décider qu'en cet endroit du livre premier de Marc-Aurèle, *ἐφί τὴ μυτινὴ τὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, μυτινὴ σοῦν, 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Vernulacus, *supréale*; comme *Ouvier*, de *Verus*, *Saxup*, de *Severus*. D'*supréale*, on aura dit par syncope, *obéant*. Il me reste à remarquer, qu'on ne dit plus *laquais*. M.
LAQUAIS. On disoit autrefois *laquay*, dont le plurier étoit *laquais*. Ces mots font corrompus de *naquet* & de *naquets*. Comme pour *leurilles* le peuple de Paris dit *nantilles*, *laquais* & *naquets* se prononçoient autrefois indifféremment, & signifióient la même chose. Fauchet, de l'Origine des Chevaliers, liv. 1. part. 1. *En France, il y a cent ans que les Pages voisins, allans à pied, ont comme d'être nommés laquets, & naquets*. *Naquet* vient de l'Alleman *knecht*, par transposition des lettres : *knecht* signifie *valet*, & *soldat* fervant à pied, *santassin*. *Laquais* signifie présentement *valet de pied*; & autrefois il signifióit un *santassin*. Jean d'Auton, dans l'Histoire de Louis XII. part. 2. chap. 6. *Leur transmit soixante laquais Gascous, & ne leur voient bailler gens de cheval*. Huet.
LAQUAIS. Selon Wachter, le François *laquais*, & l'Espagnol *lacayo*, viennent de *lakyi*, terme Gothique, qui signifie *coureur*, *valet de pied*, & que les Goths répandirent dans les Gaules & en Espagne lorsqu'il y a etablirent. La termination de ce mot en *ei* montre son origine; car *ei* est une termination purement Gothique. Il est formé du verbe *lakya*, qui signifie *courir*, *sauter*, & qu'on ne trouve que dans l'idiome Gothique. En Suedols *lacka*, c'est *courir*; & *lackay*, c'est un *coureur*. Cette étymologie me paroît simple & naturelle, & je la préférerais à toutes les autres. Voyez Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *lakyi*, où il appelle *jucundum*, *sed difficile* & *cercobrosum iter*, cette longue route par laquelle M. Ménage fait venir *laquais de verna*. Le même M. Ménage remarque savamment que *lac* ou *lo*, en Langue Ethiopique, signifie un *valet*. J'ajoute à cette remarque, qu'en Ebreu, en Chaldeen & en Syriaque, le mot *malac*, qui signifie un *Ange*, veut dire proprement un envoyé, un *mefager*; & que ce mot est fait de la racine *ph*, qui, à la vérité n'existe plus aujourd'hui dans ces trois dialectes, mais qui signifióit, suivant toute apparence, *envoyer*, *dépêcher*; comme elle signifie encore en Ethiopien. *Malac*, en Arabe, signifie pareillement un *Ange*, c'est-à-dire, un envoyé, un *mefager*; du verbe *alac*, envoyer, dépêcher; *alouc*, dans la même Langue, est un envoyé, un *mefager*; *alouca*, un envoi, une députation, une dépêche. S'il étoit permis de faire remonter si haut l'origine du mot *laquais*, on trouveroit du moins que le son & la signification de ce mot conviennent très-bien avec le son & la signification des mots Orientaux que nous avons rapportés. * LAQUE de l'envie. Sorte de couleur rouge. *La laque*, dit M. Félibien, *se fait avec de la cache-nille, ou avec de la bourre d'écarlate, ou du bois de Brésil, ou d'autres différents bois*. On en fait de plusieurs pièces; cette couleur ne subjuste pas en l'air. Ce mot a été fait du Latin *lacca*, fait du Grec *nage*. Il y a grande contrefaion touchant l'étymologie de ce dernier mot entre M. de Saumais & Bodeus à Stapel. M. de Saumais sur Solin, page 1162, prétend que ce mot est d'origine Grecque, & non pas Arabe; & que les Arabes l'ont plus de l'envie, & qu'il a été formé de *nage* par transposition de lettres. Bodeus à Stapel sur Théophraite, page 835, prétend, au contraire, qu'il est d'origine Arabe, & qu'il a passé des Arabes aux Grecs modernes. Voyez leurs raisons. Je n'entreprends pas de juger entre deux si grands hommes. Voyez aussi dans Bodeus à Stapel l'histoire de la *laque*: elle est très-curieuse. M.
LAQUEDRILLE. Coquin de *laquais*. Terme de mépris pour *laquais*, comme *soudrille* pour *soldat*. Ce sont des diminutifs à l'Espagnole. *Laquedrille* est fort usité à Dijon pour petit *laquais*. *Ladreville*, dans la huitième Satire de Repnier, est un nom de *laquais*. *Glossaire* sur les Noels Bourguignons, au mot *laquedrille*. *Voyez ci-dessus LACRE.
LARCIN. Du Latin *latrocinium* par abregé : *latrocinium*, *larocinium*, *larcinium*, *larcinium*, LARCIN. Nous avons beaucoup de mots faits de cette manière par le retranchement de quelques lettres; comme, par exemple, *priere de presbyter*, *hôtel d'hospitale*, *idolatrice d'idololatria*, *cité de civitas*, *Châlons de Cabillonum*, & quantité d'autres. *
LARD. Juvénal : *Moris eras quandam festis fervare diebus, Et natalitium cognatis ponere lardum, Accedente nova, si quam dabat hostia car- nem.* Dans les Glosses anciennes, *nage* est interprété par *laridus*. M.
LARDS, au plurier. Le Journal de Paris, &c. 1719. p. 49. sous l'année 1418. *Et tant en mourut* (de peuple) vers la fin de Septembre, & si hâtivement, qu'il convint faire et cymétières de Paris *grans fosses*, où on en metoit trente ou quarante en chacune; & estuient arrangés comme *lars*, & puis un peu poudrez pardessus de terre. Je crois que ce mot, qui, soit dit en passant, ne se trouve dans aucun Dictionnaire, signifie proprement une flèche, ou, comme on parle en Lorraine, une bande de *lard*. Il se peut aussi qu'autrefois on appelloit *lard* un porc gras, & qu'arrangez comme *lars* signifie rangés sur une ligne, comme des porcs qu'un boucher vient de tuer, & dont il veut flamber les soies. *Le Duchat*.
LARDON. Espèce de Gazette de Hollande. Ayant consulté M. Bayle, Prosecteur de Rotterdam, touchant l'étymologie du mot de *lardon*, dans cette signification de Gazette, voici ce qu'il me répondit : *Je croy que c'est à Paris que le titre de lardon a été donné à nos petites Nouvelles raisonnées*. Car dans le *tems que personne ne les appelait de la sorte en Hollande*, & qu'elles n'y étoient connues que de peu de gens, mon frère m'écrivit de Paris qu'on y voyoit le *Lardon* toutes les semaines; s'exprimant, comme si c'est été un nom déjà établi. On croit qu'on a nommé ces Gazettes de la sorte, du mot lardon, dans la signification d'un trait piquant: & que la figure longue & étroite du papier sur lequel on imprime ces nouvelles, a aussi contribué à les faire appel de la sorte. M.
LARGUE. Terme de Marine. *Vent largue*. De l'Italien *largo*. On a dit *largue*, pour *large*; comme *cargue* pour *charge*. M.
LARIGOT. C'est un ancien mot François, qui signifie un *flagelet*; qui est une espèce de flute. Ronsard, dans son *Eglogue* v. Herbes, qui boutonnez, vertes ames facrées, Si sous mon larigot reverdi je vous voy. Comme notre Langue a été formée de la Latine, j'ai cru que ce mot pouvoit être venu de fistula, de cette manière: fistula, fistularis, fistularius: comme epistola, epistolaris, epistolarius. Fistula- rius je trouve. Les Botanistes appellent herba fistu- laria, ce qu'ils appellent autrement crista Galli. Et on appelle Epistolier en plusieurs Eglises de France, celui qui dit l'Epître à la Grand Messe: ce qui fait voit qu'on a dit Epistolarius. De fistula- rius, on a fait fistularius, d'où, par retranche- ment des deux premières syllabes, on a dit lari- cus. Voyez laquais. De laricus, on a dit laricatus: d'où nous avons fait larigot: comme salot de paies: & tricot, de ridica. Voyez salot & trique. Et com- me nous avons de grands vertes, faits en forme de flute, nous avons dit fluter, figurément, pour dire boire à longs traits: & ce mot est encore au- jourd'hui en usage parmi le peuple en cette signi- fication. Nous disons aussi jouer de la flute d'Alle- man, en la même signification. Voyez Bellingen, dans son Explication des Proverbes François, page 204. Et parce que en beuvant, on attire la li- queur qu'on boit, on a dit BOIRE A TIRE LARIGOT, pour dire, boire à longs traits. A tire larigot, c'est- à dire, trahendo vinum, quod est in ciacho: le con- tenant pour le contenu: comme quand on dit, boire un verre de vin. Les Latins ont usé de trahere, en la signification de haurire; comme il paroît par cet endroit de Cicéron, ex puteis jugibus, aquam calidam trahit; & par notre façon de parler, boire à longs traits; qui vient de la Latine, ionis trac- tibus bibere. Dans le petit Dictionnaire du Pere Labbe, hauritus est expliqué par attraiemens. C'est l'étymologie que j'ai donnée au chapitre 101. de la seconde partie de mes Observations sur la Langue Françoise: dont je fais qu'on s'est fort moqué: mais je me moque de ceux qui s'en sont moqués; leur étymologie est tout-à-fait ridicule. Ils disent qu'à Rouen il y a une cloche nommée Rigaut; & ainsi nommée d'Odo Rigaut, Corde- lier, Archevêque de Rouen, qui la donna à l'E- glité de Rouen: laquelle on sonne tous les soirs une heure durant, dans le tems que l'Archevê- que de Rouen est à Rouen; pour avertir le peu- ple que l'Archevêque est en ville; & que celui qui la sonne est payé par l'Archevêque; à la santé du- quel, après l'avoir sonnée, il boit copieusement avec ses compagnons; & que de-la on a dit, boire à tire larigot, pour dire, boire copieusement; par corruption, au lieu de dire, boire à tire la Rigaut. Celle de Je bois à ti, Alaric Got, rapportée par Fleury de Bellingen, livre 2. chapitre 26. de son Explication des Proverbes François, est encore plus ridicule. Et celle de M. Borel, de larynx, c'est-à-dire gofier, n'est guère plus raisonnable. Et c'est avec raison que le Pere Labbe, à la page 35. & 36. de ses Etymologies Françoises, l'a déf- approuvée. Le Pere Labbe, au reste, & Fleury de Bellingen, ont fait mention de mon étymologie avec quelque sorte d'approbation; mais sans me nommer. M. L A R I G O T. Dans le proverbe, boire à tire la- rigot, le mot larigot signifie un chalumeau, tel qu'on en voit à certains vertes anciens. Par le moyen de ce larigot, on attiroit, si on vouloit, jusqu'à la dernière goutte de la liqueur contenue dans le verre. Et c'est ce qu'exprime cette façon L A R. L A S. de parler proverbiale. On a dit aussi arigot, pour larigot: & arigot, synonime de jire, se trouve au titre d'un livre de l'année 1596. pag. 183. de A- bloth. Fayan. Paris 1723. Le Duchat. L A R M I E R S. Budée sur les Pandectes, pag. 102. & 103. Projectur à l'irruvio, prominenta just, & veluti supercita quadam parietum, arendis fil- liciditis inventa. Fabri larmiers appellant & intabu- lamenta. Nicot: L A R M I E R, est la prête de la tuile, on autre chose, issant du couvert d'une maison, outre l'aplomb de la muraille de deffous, pour jetter le dé- gout coulant de la couverture, au loing d'icelui mar- raille, & garder que ledit degout ne la reticuler. Et est un mot usité en maçonnerie, par imitation de ce mot Latin lacryma, que le François ait laine; comme si on disoit lacrymarium: parce que les gou- tes chêant des tuiles, semblent à des larmes de coulant des yeux: quia guttas stillicidit, ceu lacrymas ca- dentes, rejcit à pariete. Robert Etienne, dans son Dictionnaire François: L A R M I E R : qui guttas stillicidit, ceu lacrymas cadentes rejcit à pariete. Et dans sa Grammaire Françoise, pag. 101. il dérive aussi larmier de lacrymarium. Larmier, entre Mareschaux de chevaux, est la veine plus proche de l'œil du cheval: ainsi appellée, de ce qu'elle joint d'icelui: vena ocularis, dit Nicot. M. L A R R I S. Nicot: C'est une terre laissée en rié, en friche, en savand. Incultum & develitum solum. Ce qu'il a pris mot pour mot de Robert Etienne. L'origine de ce mot n'est pas connue. Les Latini- seurs l'ont appellé larricium. Voyez le Glotlaire de M. du Cange au mot larricium. M. L A R R I S. Il est indubitable qu'il vient de lais- ser & de rié, que Nicot explique par le mot de friche. Mais la question est de savoir d'où vient rié. Je le dérive de radice. Radice, rice, rié. Les ter- res en friche sont ordinairement pleines de raci- nes. A Metz on les appelle rayen, que je dérive de radicosus. Le Duchat. L A S. Exclamation. De l'italien laffo. Voyez helas. M. Nam vitare, plagas in amoris ne laciamur, Non ita difficile est, quam, &c. Et au même livre : Quæ lacere in frandem posent, vindosque tenere. De sorte qu'il est croyable, que lax a été pris par metaphore pour tromperie; & lucere, pour tromper: & que du mot lax il nous est demeuré laqueus, duquel nous avons formé le verbe illaqueare. Ca- feneuve.
LASARTIE. En Latin, navalia instrumenta. Cujas, liv. 23. de ses Observations, chap. 25. Ac praterea, verius est, similem esse earum rerum cau- sam qua navis gratia parantur; id est, armamento- rum, qua vus iEuprius nomine significantur: unde in idiotismo lafartie: & earum rerum pro quibus aliquis artifex mercedem acceperit: puta, instrumentorum, quibus opus quod faciendum locatum est, facit: pro quibus, atque adeo pro manuprecio, pro faflura mer- cedem accipit. Touchant le mot iEuprius, voyez le Glossaire Grec de M. du Cange, au mot iEuprius. M.
LASTE. M. Guillet, dans son Dictionnaire de la Marine: Ce mot signifie le nombre de deux tonneaux. Une Flute de deux cents laftes; c'est-à- dire, lu post de quatre cents tonneaux. Le mot est Hollandais. M. Voyez LEST.
LASTE, est un mot Alleman & Flaman, qui signifie charge, fardeau. Le Duchat. LATE de Couvreur. De lata, féminin de la- tus: d'où les Allemans ont aussi fait latten, mot de la même signification. Des Glofes Anciennes, ma- nulettes: affer, lata recti. Papias: afferes, latas, Latinum est. Voyez le Glossaire de M. du Cange. M.
LATIN. Il y a le proverbe, parler Latin de- vant les Clercs. C'est ce qu'on dit en Latin à peu- près dans le même sens, sus Minervam: parce qu'autrefois le mot de Clerc & de Clergie se pre- noit pour science & favant. Et l'on difoit, c'est un grand Clerc, pour dire, c'est un habile hom- me: c'est un mauclerc, pour dire, c'est une bige. Ainsi fut appellé par ses sujets, Pierre, Duc de Bretagne, comme brutal & mal-avisé, à cause du grand préjudice qu'il fit à ses fucceffeurs par les soumissions & les hommages non accoutumés qu'il rendit au Roi S. Louis. Sur quoi le Sire de Join- ville, dit dans son Histoire: « Je ne fais si à » juste cause les Bretons lui donnerent tel nom, « parce qu'il devoit être bien sage, puisqu'il » avoit érudié si longtemps à Paris. De Brieux, dans ses Origines de quelques Coutumes ancien- nes, pag. 19. *
LATINIER. On appelloit ainsi ancienne- ment un Trucheman: à cause que le langage La- tin, du tems des Romans, étoit celui dont les Truchemans se servoient pour interpréter les Lan- gues étrangères. Le Roman d'Alexandre: Porus vend Alexandre son brane forri d'acier: Et dit en son langage que il l'avoit moult chier. Alexandre l'entend sans autre Latinier: Car de plusieurs langages s'étoit affaittier. Voyez Henri Etienne, dans son livre de la Pré- cellence de la Langue Françoise, pag. 160. On dit encore aujourd'hui en Bas-Breton un Latinier, pour dire un Trucheman. M.
LAVANDE. Sorte de simple. De lavanda. Charles Etienne, dans son de Re Hortensi, ch. 133. Nardus Celtica, ea est, au more Marcello, quam hodie lavandulam vocamus: de la lavande: dicta quidem Celtica, non quod crescat aut frequens sit in nostra Gallia circa Alpes, sed in Liguria montibus circa Genuam, in Gallia comata, versus Apenninium montem: item etiam in Pannonia. Lavandula autem dicta, quoniam magnum vestigai Genuensis mu- caribis prabet, quotannis in Africum eam ferenti- bus, ubi lavandis fovendisque corporibus Lybe, ea utuntur, nec nisi decolto ejus abluti, mane domo egrediuuntur. Hac Marcellus in Dioforidem. Périon, folio 96. Deinde, inquit, hanc, quam lavande: alii, ut Parisi, lavande vocant: eam, inquit, ita vocamus, à verbo barbaro lavandula: quod nomen ab us habuit; id est, à lavande & abluendo: quod la- vandis pedibus adhiberetur. M.
LAVANDIER. Oiseau. Lat. motacilla. Belon, dans son Ornithologie, liv. 7. chapitre x. Avant qu'entrer en la description de la Lavandiere, ferons entendre que les François ont deux oysseaux moult semblables l'un à l'autre, & qui sont ma- saisez à distinguer à qui ne les observe de bien pris: l'un est nommé la Lavandiere: & l'autre, Berge- rette. La Lavandiere tient cette appellation Fran- çoise, pource qu'elle est fort familiere aux missa- aux, ou elle remue toujours la queue en hochant le derriere, comme une Lavandiere qui bat ses drapeaux: ou bien, pourroit être nommée pour ce qu'elle tient com- pagnie aux Lavandieres sur les rivages des eaux. La premiere étymologie me paroît la plus vraisemblable. M.
LAVARDIN. Nom de lieu. On prononçoit anciennement Lavardin. Geoffroy, Abbé de Van- dôme, liv. 3. épit. 23. qui est dressée à Ildebert, Evêque du Mans: Sed veniamus Lavardinum, &c. où le P. Sirmond a fait cette Note: Lavardinense Castrum, in Vita Ildeberri, cui parria fuit Lavar- zinum; sive, ut hodie loquuntur, Lavardinum; Monti aureo, in adversa ripa, finitium. M.
LAUDANUM. Terme de Médecine. On appelle ainsi en général toutes les préparations d'opium, sous quelque forme qu'elles soient, liqui- de ou solide. Ce terme paroît être barbare; & il y a toute apparence qu'il est de l'invention de quel- que Chymiste enthousiaste, & qu'on a nommé ainsi le laudanum, à cause de ses bonnes qualités, comme qui diroit laudandum, de laudare. On dit dans le stile bas, donner du laudanum à quelqu'un, pour dire, le louer, le flatter. *
LAUDES. Heure de l'Office Divin, qui se dit le matin: ainsi appelée des louanges à Dieu, contenues dans les Plaumes qui se disent à cette heure-là. LAUDES: sic dicta, a Psalmis Laudum qui hac hora decantantur: olim, Matutinæ, quod mane persolverentur, appellata. Ce sont les termes des Rubriques du Breviaire de Paris, faites par M. l'Abbé Chastelain, Chanoine de Notre Dame de Paris. M.
LAVEDAN. Espèce de chevaux. Rabelais, liv. 1. ch. 12. parlant des chevaux factices de Gar- gantua: Voila mon Genet; voila mon Guildin, mon Lavedan, mon Traquenard. De la Comté de Lave- dan en Gascogne, d'où il nous venoit autrefois d'excellens chevaux. M. de Valois, dans la Notice des Gaules, au mot *bigerrones* : *Pagus Bigerricus confinet duos veteres Vicecomitatus* ; *Levitaneus*, & *Asterienfem*, in *radicibus Pyrenais pofios* : *ex quibus*, *Levitania* ; *LAVEDAN vulgo ditta* ; *equis generofis nomen*, *olim suum dedit*, in *gyrum verti folitis*, *etiam inter curendum* ; *quos Levitanos vocitant* ? *LAVEDANS*. Guillaume de Poitiers, dans son livre des Gettes de Guillaume Roi d'Angleterre : *Vasconia* & *Arventius*, *potentes et transmittibant*, *vel adducebant*, *equos*, qui *nominibus propriis vulgo sunt nobilitati*, *feroces*, & in *orbem agi doctos*. Monstrelet, vol. 1. ch. 61. En outre, *efloient venus au mandement du Duc d'Orleans en cette armée*, *grand quantite de Lombards* & *Gascons*, *lesquels avoient leurs chevaux terribles*, & *accouflumens de virer en courant* : *que ce point n'avoient accouflumé de faire les François*, *Picards*, *Flamans*, *Brabancens*, *de voir* : & *pour ce*, *leur fembloit estre grand merveille*. Voyez M. Hauteferre, liv. 2. de ses Aquitaniques, ch. 1. M.
LAVER. On dit en proverbe, *laver bien la tête à quelqu'un*. C'est ce que nous disons autrement, faire bien la leçon à quelqu'un, parler bien à son bonnet, lui faire de grands reproches, le goufiller de paroles. Les Grecs ont employé le mot de *mâsion* dans le même sens. *Lavare*, dit Artemidore, *abusive etiam redargueru veteres dicebant*, *veluti alicubi etiam menander* : *Si tu me uxori male inde dixeris*, *patrem tuum*, *teque* & *tuos*, *ego lavero*, *hoc est redarguam*. *Unde etiam his qui redargui timent*, *terribile est in somnis vestimenta lota gestare ac videre*. C'est au chap. 4. du liv. 2. Sur quoi voyez les Notes du docte M. Rigault, qui rapporte diverses autres autorités des anciens, pour confirmer la même signification de ce même mot. *De Breaux*, Origines de quelques Coutumes anciennes, pag. 169. * LAURIER : arbre. *Laurus*, *laurarius*, LAURIER. Les Espagnols disent *laurel* : de *laurellus*, diminutif de *laurus*. M.
LAY. Comme quand on dit, Conseiller Lay. De *laurus*. M.
LAY. Sorte de poëse. M. de Valois, le Jeune, le dérive de *leudus* : mot Gaulois, employé dans la même signification par Fortunat ; en cet endroit, où il parle à Lou, Duc de Champagne : *Nos tibi versiculos : dent barbara Carmina leudos*. C'est-à-dire, moi qui suis Citoyen Romain, je chanterai vos louanges en vers Latins : & les barbares ; c'est-à-dire, les François ; employeront sur le même sujet leur poëse barbare, qu'ils appellent *lays*. Quelques exemplaires, ont *lidos*, au lieu de *leudos*. Les autres le dérivent de *leffus* : & les autres, de l'Italien *lagno*, que M. Ferrari dérive à *laniando capillos in luellu*. J'ai quelque opinion que notre mot *lay* a été fait de l'inusité *laium*, fait de l'inusité *lamium*, fait de l'inusité *lamto* : d'où *lamentum*. *Lamium*, *laium*, LAY. Ou de *laffus*. *Laffus*, *laffus*, *laffus*, *laius*, *laio*, LAY. De *laffus*, nous avons fait de même *las* : & *helas*, d' *ahi laffus*. Il est à remarquer que les Italiens ne se servent de ce mot qu'au planier. Ils disent *las* ; & jamais *laio*. M. Voyez *Lai*. LAY : pour une sorte de poëse. Il vient de l'Alleman *leid*, qui signifie deuil, regret. Ou plutôt de l'Alleman *lied*, qui veut dire, une chanson. Ou bien du Saxon *leoth* ou *ley*, qui signifie la même chose. *Le Duchat*. Voyez *Lai*.
LAYE. C'est la femelle du sanglier. M. de Caseneuve croit que ce mot a été dit par syncope, de *laetena* ; & qu'il a été dit originalement de la femelle du sanglier lorsqu'elle allaitoit ses marcaffins. M. Voyez *laie*. LAYE : pour femelle de sanglier. Ce mot ne viendroit-il point plutôt de l'Alleman *leen*, qui signifie la même chose, & dont on auroit retranché l' finale. Wachter dérive l'Alleman *leen*, du Grec *gnuus*, sanglier, par le retranchement de la premiere lettre. *
LAYETTE. M. Borel, dans ses Origines Gauloises, le dérive de *lagena*. Il vient de *capsula*. *Capsula*, *capsulaca*, *capsulacetta* : *lacetta*, *laetita*, LAYETTE. M.
LAYETTE. Ce mot vient de l'Alleman *lade*, qui signifie un coffre, une caisse, une *layette*. On trouve *liette*, pour *layette*, dans le Dictionnaire François-Italien d'Oudin. *Le Duchat*.
LAZANON. Rabelais, iv. 57. *Le fond de vos chauffes feroit office de lazanon*, pital, *baffin fecal*, & de *felle percer*. Du Grec *haffans* que Rabelais a francisé : comme il a fait ailleurs le mot de *lazanophore*. M. LE : comme quand on dit un *lé d'étoffe*. De *laum*. Le Roman de la Rose, fol. 1. *Quand fus un peu avant allé*, *Je vis un verger long & lé*. C'est-à-dire, *long & large*. Villon : *Tant qu'il a de long & de lé*. M. Voyez *Laz*.
LE. On a dit aussi *laise*, dans la même signification. Le Dictionnaire François-Italien d'Oudin : *Laise*, *larghezza di tela o panno*. De *latia*, fait de *laum*. *Latium*, *lati*, *latia*, *laise*. *Laise*, en cette signification, se trouve aussi dans Rabelais, liv. 2. ch. 12. & liv. 3. ch. 36. *Le Duchat*.
LEANS. D'*illic intus*. Les Picards prononcent *lians*. Sylvius dans sa Grammaire, pag. 140. *Sed li*, *ut chi*, *cum intue vel intro*, *id est ens*, *tere jungimus* : *ut*, Il est *liens*. *Ab illic intus*. Vas *liens* : *id est*, *illic intro*. Je viens de *liens* : *id est*, *illic intus*. Vas par *liens* : *id est*, *hac intus*. *Sic*, il est *chi ens* : *id est*, *hic intus*. *Sed vulgus Galleram*, CEANS A BON LOGIS. Viens *chi ens* : *id est*, *huc intro*. Vas de *chi ens* : *id est*, *hinc intus*. M.
LECHEFRITE. M. du Cange dit que ce mot signifie une mesure de terre : & il le dérive de *lancea fricilora*. Voyez sa Note. Ce mot signifie aujourd'hui le *vafe* qu'on met sous la viande qui rôtit, pour en recevoir la graisse : dans laquelle signification on dit *lichefette* en plusieurs Provinces. Et en cette signification, ces mots viennent aussi de *lancea fricforta*. M. L E C H E F R I T E. Didier Christol, Médecin à Montpellier, dans sa traduction imprimée pour la première fois *in-fol.* l'an 1505, du traité de Cuisine de Platine, a dit *lechefrie*. Du Cange & Ménage s'équivoient terriblement sur l'étymologie de ce mot. Le premier, suivi aveuglement du second, après avoir prouvé que *lancea farratoria*, en bas-Latin, est une certaine mesure de terre, ajoute que c'est aussi une *lechefrie*, croyant sans doute que *farratoria* venoit de *farrato*, pocle à frire, & ne voyant pas que cette mesure de terre n'étoit appellée *lancea*, que parce qu'elle étoit de la longueur d'une lance : ce qui faisoit, comme le reconnoit du Cange lui-même, qu'elle étoit aussi appelée *hafa*, synonymé de *lancea*. On lui donnoit l'épithète de *farratoria*, parce qu'on s'en fervoit à mesurer certain espace de terre effartée. Quant à l'étymologie de *lechefrie*, lecher, *leccare*, ayant anciennement signifié être gourmand ; & la graisse qui tombe du rôt dans la *lechefrie*, étant une vraie friture ; il est visible que *lechefrie* est la même chose que *lechefrie*, c'est-à-dire, gourmande de friture : ce qui est confirmé par le nom *ghiota*, gourmande, dont les Italiens appellent une *lechefrie*, à cause de l'avidité avec laquelle il semble qu'elle reçoive cette graisse, que j'ai dit être une friture. *Glossaire* sur les Noels Bourguignons, au mot *lechefrie*. M. le Duchat remarque, que dans Rabelais, liv. 4. ch. 17. & 31. on lit *lechefrie*, selon les vieilles éditions ; & il conjecture que ce mot vient peut-être de *lancea ferrata*, de cette manière : *lancea ferrata oferta*, *freta*, LECHEFRIE : ou de *lancea fracta*. La plupart des *lechefries*, dit-il, finissent en droite ligne par un bout, en sorte qu'il semble que d'une bien grande on en ait fait deux petites, & cela, afin que quand il y a deux sortes de rôt à une broche fort grande, le dégoût des deux (c'est son terme) ne se mêle point. Ces deux étymologies sont aussi mauvaises l'une que l'autre, & je crois qu'il suffit de les lire pour en sentir l'abourdité. En effet, quel rapport y a-t-il entre une lance & une *lechefrie*. Le même Auteur remarque encore, qu'en Poitou une *lechefrie* est appelée une *lechefrie*, lequel mot, dit-il, peut venir de *lancea graisse*, dit pour *lancea graisse*, c'est-à-dire, d'autre. L'autre abordable. La véritable étymologie de *lechefrie* est celle que donne l'Auteur du Glossaire sur les Noels Bourguignons. L E C H E R, L E C H E R I E. Ces mots signifient proprement *gourmand* & *gourmandise*. Le Traité des Vertus & des Vices : *Ainsi com fait li lechieres la bonne viande qui aucune fois transoleutit le morel sans mascher*. Et de-la vient le verbe *lecher*. Quelques fois *lecherie* signifioit la lubricité & l'incontinence. Le même Traité des Vertus & des Vices : *C'est chasteté qui retient la lecherie de la chair*. Orderic Vital, liv. 9. de l'Histoire Ecclésiastique : *lucrit eradicantur, rebelles objurgabantur ; imontinentes de lecactique sua redarguebantur*. Herman de Valenciennes, au commencement du Roman de la Bible, voulant protester qu'il n'écrit rien de sale ni d'impuissance : *Cette chanson n'est faite de nulle lecherie ;* *Elle est de dame de la fils sainte Marie.* Mais le plus souvent je trouve que *lecherie* est un mot d'injure, lâché à dessein d'offenser généralement, plutôt que de marquer un vice particulier. Orderic Vital, liv. 12. de l'Histoire Ecclésiastique, introduit le Roi d'Angleterre, se plaignant en ces termes de Robert Duc de Normandie son frère, qui avoit donné ses principales villes à des hommes perdus & débauchés : *Sed frater meus perjaris lecatoribus ea tradiderat, & ipse tam pauper, ut clientum suorum stipe indigent, remanerat*. Le Roman de Guillaume au court nez, au Couronnement Loys : *Sempres diront li felen lofanger,* *Et li Normant lecher parutonnier* *De si fet Roy n'avions nous meftier.* Au Chartoy de Nifmes : *Fils à putain lecher parutonnier* *Dix vos confonde qui tot a à juger.* Et au Moignage Renouart : *Par maualent li a eu haut crié,* *Cuivers léchieres, com as-tu mal erré?* Encore aujourd'hui à Toulouse lec signifie *mignard* ou *glorieux*. Caseneuve. L E C H E R. Le mot *lecher*, d'où nos ancêtres ont fait *lecher* & *lecherur*, est Alleman ; & les Allemans, quand ils traitent de *lecher*, sans épithète, un petit garçon, prétendent seulement lui reprocher sa friandise : mais souvent ils y joignent l'épithète de *lofer*, c'est-à-dire, dissolu & abandonné à lui-même ; & alors ces mots qualifient de vrai fripon, celui à qui ils s'adressent, qui n'est pas toujours, ni nécessairement, un enfant. Un *lecher* est donc proprement un homme sujet à sa bouche, soit en friandise, soit en gourmandise. Que si dans la suite ce mot a signifié un fripon, c'est dans la supposition qu'un homme sujet à sa bouche est capable de tout faire pour se contenter. *Lecher*, dans nos vieux livres, se dit aussi du galand d'une femme mariée. Lancelot du Lac, vol. 2. fol. 101. v. de l'édition in 4. de 1520. *Si cuyde que ce soit le lecher de sa femme*. Et vol. 3. fol. 10. 19. *Encores veuil - je que tu luy dies que je ne prise ne elle, ne son lecher, vaillant ung esperon*. Le Duchat. L E C H E R. Je ne vois pas qu'il soit nécessaire de recourir à l'Alleman *lecher* pour donner l'étymologie du mot François *lecher*, puisqu'on peut le dériver fort naturellement, de même que *lecherie*, du verbe François *lecher*. On verra à l'article suivant d'où vient ce verbe. *Lacher* & *lecherous*, en Anglois, ainsi que *lecher* dans nos vieux livres, signifie un homme laïcif, un impudique : *lechery*, laïciveté, impudicité. L E C H E R. De *leccare* : mot, dont les Italiens se servent pour dire la même chose. *Leccare* a été fait de *lingere*, fait de *lingere*. On y a ajouté un N: comme à *denius*, fait de *lenius*, à *pinguis*, fait de *linguis anguis*, fait d'*linguis*. L'N s'est perdue en *leccare* : comme en *essigies* & en *ligula*. Les Italiens ont fait de même *spofo* de *spofus* ; & *misura*, de *mensura*. Dans le petit Dictionnaire publié par le P. Labbe, *lecca* est interprété par *lecherie*, *lecherre*. M. L E C H E R. Je ne sais s'il vient de l'Italien *leccare*, & ce dernier du Latin *lingere*, comme veut M. Ménage. Mais ce qu'il y a de vrai, c'est que c'est un de ces mots qui se ressemblent tout-à-fait dans un grand nombre de Langues. *Lacher* se dit *labe* *labe* en Ebreu ; *labe* *labe* & *labe* en Chaldéen & en Syriaque ; *labe* *labe* *labe* *labe*, Lahafa, en Arabe ; λιζωραι en Grec, lingere en Latin, laiguan en Gothique, licean & liceian en Anglo-Saxon, lechen en Alleman, lechen & lichen en Flaman, to lick en Anglois, leccare en Italien. Cette grande conformite donneroit lieu de croire que ce mot est une onomatopée. On trouveroit peut-être qu'il ne se ressemble pas moins dans plusieurs autres langues, si on vouloit se donner la peine de l'y chercher. On dit proverblalement, lécher cet ours : c'est-à-dire, retoucher cet ouvrage, l'achover, lui donner sa perfection. Cela est fondé sur ce que l'on dit que l'ours est le seul de tous les animaux qui naît enveloppé de ses membranes, que la mere lui être à force de les lécher : ce qui a fait croire à plusieurs que cet animal n'est d'abord qu'une chair informe, & qui ne se forme & ne se figure que par la langue de l'ours. Mais notre Daléchamp montre que cela est faux, par l'anatomie qu'il en fit faire d'une, où il vit cinq petits ours avec toutes leurs parties très achevées & très-distinctes. Les Grecs disent λιχμώσω, en cette signification. Oppien, livre 3. Ἀρτήσ λιχμώσω πώδως. Et ailleurs : λιχμώσω γλώσω φίλω γόλω. εἰς ὁρᾶς λιχμώσω φίλω ἀνεπλάκωτο πώδως. Pline dit la même chose. Et Elien : ἡ ὁρᾶς τίς τούς σάρκα ἀπῆσας ἀνά το γλωτῆ διορᾶς ἀνά τ. καὶ εἰσῆναι διορᾶς. Ovide, à la fin de ses Métamorphoses : Nec catislus, parta quem reddidit uſa recenti, Sed malè viva caro est : lambendo mater in artus Fingit, & in formam, quantam capit, ipſa reducit. De Brieux, Origines de quelques Coutumes anciennes. *
LE'DANGER. Villon, dans son Grand Testament : Et qui me voudroit lédanger De ce mot. Sur lequel endroit Marot a fait cette Note : LE-DANGER, hiasiner, Voyez laidanger. M. LE DOYER. Voyez laidanger. M.
LEGENDE. En termes de Monnoye & de Médailles, c'est l'écriture qui est sur les bords, ou dans le milieu de la pièce de monnoye, ou de la médaille. M.
LEGER. De leviarius, fait de levis. Voyez alléger. M.
LEGUMES. De legumina : dit à legendo ; parce qu'on cueille les légumes avec la main. Nonius Marcellus : LEGUMINA : Varro de Re Russica, lib. 1. dicta existim, non quod secentur, sed quod leguntur. Cætera quæ velluntur et terra, non subsecantur : quæ, quod ita leguntur, legumina dicta. Les Grecs les ont appellés pour la même raison, χέδρουα. Erotien : χέδρουα. Τὰ ἄσθα ἄντα κάλυψε εἰ λήθους. ἰγίως ἢ δῶ τὰ Κ γράφων, κέδρουα. Ἐφων-φίλως ἢ ὁ Γραμματεύς δῶ τὰ Χ γράφων, φωτὶ χέδρουα, τὰ φωτὶ ἢ οἴς ἄσθα. Εἰγίως γῶ φωτὶ τὰ τὰ χεῖρ. ἀνὰ ἀρὶνίωμ. ὡς καὶ Νικατῆρς ἐν Γερογενῆς φωτὶ, Χειρόφησις ἢ ἰγίως ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἄντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντα Ἅντ Pline XVIII. 17. Exceptis leguminibus qua velluntur et terra, non subsecantur : unde & legumina appellata ; quia ita leguntur. On a fait legumen de legos comme documen, de doceo : car par le nist documentum, il paroît qu'on a dit documen. M.
LENDES. Ce sont les œufs des poux. Du Latin lendes. Serenus Sammonitus, parlant des remèdes contre la phthriae : Unda maris lendes capitis deducit iniquat. Pline, livre xviii. chapitre xi. Quo cum aceto caiefaio, & lendes tchantur. Et quelques lignes après : Laite caprino lendes toti trauunt. Et livre xxix. chapitre 6. Lendes tolluntur adipe canino, vel anguibus in cibo sumptis, anguillarum modo. ¶ Il faut dire lentes. M.
LENTES. Voyez lendes. M.
LENTILLES. Taches & rouffeurs qui sont sur le visage. De leur ressemblance aux lentilles, qu'on appelle nantilles à Paris. Voyez nantilles. M. L'ENVERS a une etoye. Du mot envers, & de l'article le, qui s'est incorporé au mot envers : comme en lierre, en lueire, en lancier. Envers a été fait d'inversus. Sylvius, dans sa Grammaire, page 116. Versus, VERS : & ENVERS, ab inversus. Sed A LENVERS, pro facie veffium interna. RIVERS, pro brachitis versa jaculatione. Sed hac magis forte a verto fuerint. M.
LEON. Ville d'Espagne, capitale du Royaume de même nom. Elle fut bâtie par les Romains du tems de Galba, & appelée Legio Septima Germanica, à cause qu'on y mit une Légion Romaine de ce nom; & c'est de-la que le mot Leon s'est formé par corruption, ainsi qu'il est prouvé par des briques anciennes qu'on y a trouvées avec cette inscription. Leg. VII. P. F. Il y a aussi Leon, ville de France, en Bretagne : pareillement du Latin Legio ; apparemment parce qu'il y avoit de même en ce lieu une Légion Romaine. *
LEONART. Pontus Huterus, en son livre intitulé Etyma variorum nominum utriusque sexis hominum Germanica originis, dit que ce mot est d'origine Allemande; & qu'il signifie naturel, ou cœur de Lion. Lecunaert, Leonardus, leonina indoles. Leeuwenhart, Leonardus, cor leoninum. Caseneuve.
LEONART, ou LEONARD. Ce nom, selon Wachter, signifie fortis ut leo, étant composé de leon qui signifie lion, & de hart qui signifie fortis. Mais comme le cœur, qui en Alleman se dit here, se dit hart en Flaman, & heart en Anglois, je crois que Leonart peut aussi signifier cœur de lion. Voyez Wachter dans son Glofar. German. au mot hart. *
LEONINS. Vers Leonins. Ce sont vers Latins qui riment au milieu & à la fin du vers. Comme ceux-ci de Muret, sur le Recueil des Poésies de Lorenzo Gambara, de la ville de Bresse : Brixia, vestatis merdosa volumina vatis, Non sunt nostrates tergere digna nates. 112 LEO. LES. Voyez l'Antibaillet, page 9, de la 2. partie. Et comme ceux ci, faits sur le Pere Vapi, Jésuite, grand mangeur de moutarde: Hic situs est Vapi, solitus qui grande sinapi Permiscere dapi, nec tamen inde capi. Et ceux-ci; du Pere Grisel, Jésuite, de la ville de Rouen, sur le Pere Balée Breton, aussi Jésuite, lequel étoit ce que les Grecs appellent *ἀρμαινις*: Optat Normannus sit ut hic tibi barbifer annus: Ut faciat Janus, ne videaris anus. Et ceux-ci, par lesquels le Pere Balée répondit au Pere Grisel: Râdere de mento barham, Normanne, memento: Ne setofus aper, vel videare caper. Jules Scaliger, dans sa Poétique, livre 2. chapitre 29. parle de l'étymologie de ce mot, en ces termes: *Nominis causam ignoro. Nam tamenis leoni cauda est, tamen ea ventri nou est, vel par, vel similis: id quod talibus venit veribus. Nam quemadmodum in Echicis cauda cauda respondet; ita in Leoninis cauda venit: quamobrem æquivocos quidam appellavere.* Jules Scaliger n'a pas bien rencontré; quoique le Guazzo, dans son Dialogue *del Paragone della Poesia Latina, e della Toscana*, ait donné la même étymologie de ce mot. Ces vers ont été ainsi appelés d'un certain *Leonins*, Chanoine Régulier de Saint Victor de Paris, qui en a été l'inventeur. Voyez Pasquier dans ses Recherches livre VII. chapitre 2. René Moreau, Médecin de Paris, dans la Préface sur l'Ecole de Salerne; & Gabriel Naudé, dans son *Mafcurat*, pag. 332. Car c'est Gabriel Naudé qui a fait le *Mafcurat*. M.
LEOPOL. Ville de Pologne, dans le Palatinat de Russie. En Latin *Lespoiss*, parce qu'elle a été batie par un certain Leon, Duc de Russie, dont elle porte le nom. Les Polonois la nomment *Lnow* ou *Lnow*, & les Allemans *Lemberg*.
LEOPOLD. Nom propre d'homme. C'est un mot hybride, composé du Latin *leo* lion, & du Teutonique *bald* ou *bold*, qui signifie hardi courageux. Le B a été changé en P, qui est une lettre de même organe. Voyez ci-devant *Baudouin*. Voyez aussi Wachter dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *bald*.
LES. La largeur d'un drap. Il a été fait de *latas*, qui signifie *large*. Le féminin *lée*, vient de *lata*, c'est-à-dire *large*. Jean de Mehun en son *Codicille*: Hahte, parfonde, longue & lée. Herman de Valenciennes, au Roman de la Bible: Et en *Hierusalem* qui est tant longue & lée. La Coutume de Bretagne art. 263. *Contiendra vingt cordes de long, & quatre de laisse*. Il se dit maintenant des lieux prochains; comme *lez-Paris, lez-Toulouse*; c'est-à-dire *auprès*. Il vient du substantif *latas*, qui signifie *côté*: car anciennement il se difoit des personnes; comme *lez-le-Pape, lez-le-Roy*; c'est-à-dire *au côté du Pape, du* *Roi*; & *auprès du Pape, du Roi*; ad *latus Papa, Regis*. Caleneuve.
LESINE. Lat. *Nimia parcimonia*. Du Livre Italien, intitulé *della famosissima Compagnia della Lesina*: lequel contient divers moyens de ménage. L'Auteur de ce livre; qui est un nommé *Vialardi*; seint que cette Compagnie fut ainsi appelée *di certi Taccagnoni, i quali, per marcia, miseria, & avarizia, si mettevano insino a rattacconar le scarpette e le pianelle, con le loro proprie mani, per non ispendere. E perche tal meftier del rattacconare non si puo fare senza lesina, anzi è lo fromento principale, presono questo nome della Lesina. Voyez ci-dessus au mot *alesne*; & mes Origines Italiennes au mot *lesina*. M.
LESINE. Je ne suis pas du sentiment de M. Ménage. On appelle *ladrerie*, comme *lesine*, une épargne sordide; & on dit d'un homme qui *lesine* sur tout, que c'est un vrai *ladre*; parce que n'ayant pour but que d'amasser & de s'enrichir, il n'écoute aucun sentiment, soit d'équité, soit d'honneur, ou de reconnoissance, lorsqu'il s'agit de faire sa bourse. En quoi il imite les *ladreries*, qui sont également misérables & insensibles à leur misère. *Ladre*, comme on fait, a été fait du nom de *Lazare*; & les Italiens appellent la *ladrerie* ou *lèpre Lazzarina*. C'est de ce mot Italien, dans la signification d'une *ladrerie* de l'âme ou de sentiments, que, selon moi, nous avons fait *lesine*. *Lazzarina*, & par contraction *lazina, lesine*. Le premier a s'est changé en *e*, comme en *lezard*, fait de *lacertus*. Le Duchat.
LESSE. Comme quand on dit, *mener en lesse*. Les Italiens disent, *laccio di cani*. Les Flamans, *lesse* ou *lisse*, & les Anglois *leasse*. Peut-être de *laqueus*. Huet.
LESSE. C'est un mot qui se dit en Champagne pour exprimer le son d'une cloche qui avertit de la mort de quelqu'un. C'est ce qu'on nomme ailleurs *le trépas*. Il vient indubitablement du Latin *lesum* ou *lesus*, qui signifie les gémissemens & les lamentations que l'on faisoit aux funérailles.
LESSIVE. *Lixus, lixivus, lixiva*, LESSIVE. *Lixiva* se trouve dans les Glosses anciennes, expliqué par *qu'lu*. *Lixus* a été fait de *lix*, qui dans les Glosses anciennes & dans celles d'Isidore est interprété *cinis*. Scaliger, dans le premier Scaligerana: *Lix, licis, apud ventissimos Latinos cinerem significat: & aquam: Unde Aquatores, in castris, licus dicuntur. Et sane proprius vero est, ut lix licis significat aquam, quam cinerem; quia lix & liquor, sunt ejusdem originis. A lix lixivum; Grace qu'lu: quia percolabatur olim per qualum*. M.
LEST. Terme de Marine, Latin *saburra*. C'est un amas de cailloux, ou de sable, qu'on met à fond de cale dans un vaisseau, afin qu'il ait sa juste pesanteur, pour le tenir dans une bonne assiette, & dans le contrepoids où il doit être contre les coups de mer qui le pourroient renverser; dit M. Guillet, dans son Dictionnaire de la Marine. Les Espagnols disent *laste*: que Covarruvias dérive de *lus*, c'est à dire, *lapis*. M. Goyet à la marge de son Covarruvias, le dérive d'*l'ouqur*, qui signifie, *id quod impellit aut impellitur*: ce que les Philosophes appellent *vertu elastique: vis elastica, l'ouqur, l'ouqur, l'ouqur, lastrum, lastra*; & par metaplasme, LASTRE. Cette étymologie est ingénieuse, mais je ne la crois pas véritable; les Italiens se servant du mot *lastra*, pour signifier un *pave*, qui est une grosse pierre large: ce qui a fait dériver *lastra* à M. Ferrari, de *latum*, de cette manière: niere : Latum, lata, latafrum, lafrum, LASTRA. Pour moi, je crois toujours que l'Espagnol lafre, & l'Italien lafra, & le François lefl, viennent de lapis. Lapis, lapidis, lapidaster, lafter, LASTRE, LASTRA. Lafrum, laflum, LEST. Voyez mes Origi- nes Italiennes au mot lafra. ¶ Du substantif lefl, on a fait le verbe lefter. Lefter un vaiffeau. Les Allemans disent lafl, pour dire une charge ; onus. M.
LEST. Quelle nécessité d'aller chercher l'étymologie de lefl dans des mots Grecs ou Latins qui n'y ont aucun rapport, ou du moins qu'un rapport fort éloigné, tandis qu'il s'en présente une toute naturelle dans le mot Alleman lafl, qui signifie charge, fardeau, & que M. Ménage rapporte lui-même ?
LESTE. Nous appellons ainsi ce qui est agencé avec beaucoup d'art : comme, un homme lefte ; c'est-à-dire vêtu avec beaucoup d'art & d'agencement. Ce mot vient de l'ancien Teudéque liste, qui signifie art. Kéron en son Glossaire Latin-Teudéque : Ars, liste ; artis, lish ; artifices, listara. Caïeneuve.
LESTE. Propre en habits. Ce mot est de difficile origine. M. de Caïeneuve croit avec quelque sorte d'apparence qu'il a été fait de l'ancien Alleman liste, qui signifie art. Ce qu'il prouve par cet endroit du Glossaire Latin-Tudéque de Kéron, Moine de S. Gal : ARS, liste ; ARTIS, lish ; ARTIFICES, listara : ajoutant, que nous appellons un homme lefte, un homme qui est vêtu avec art. M.
LESTE, propre. En Bas-Breton, lafte. Huet.
LESTE. Ce mot est tiré de l'Italien lefte ; & nous n'en avons point qui y réponde. Les Italiens disent un soldat lefte, à qui il ne manque rien ni en sa personne ni en son équipage pour se bien employer en son devoir ; & ainsi de toute autre chose qui a comme sa perfection pour être expéditives ce à quoi elle est propre. Brantome, Hommes illustres François, tome 4, page 81. J'avois conseillé à Monsieur de Strozze de nous tenir en ce lieu où il fut fait ce grand carnage, afin qu'aussi-toi la mine jouée nous fuffions plus prêts & lesfles pour aller à l'ayant. On voit par ce passage, que lefte ne signifie pas propre en habits, comme le veut M. Ménage, mais bien ce qu'emporte l'Italien lefte, qui se dit de celui à qui il ne manque rien, ni en sa personne, ni en son équipage, pour être en état de faire son devoir. Voyez aussi le même Brantome, page 111, du même volume. Le Duchat. LESTER un vaiffeau. Dans les Langues de Basse-Bretagne & de Galle, lefte signifie un navire. Huet.
LESTER. Je le dérive de l'Alleman lafl, charge, fardeau ; d'où vient lefl de navire. Cette étymologie ne souffre aucune difficulté. L'ESTRADE : comme quand on dit, battre l'estrade. De l'Italien strada, fait du Latin strata, qui se trouve pour chemin, rue. Les Glosses anciennes : Anguiss, strata, Les Empereurs Honorius & Theodose, en la Loi 4, au Code de Privilegiis domus Augusta : Absit, ut nos instructiones via publica, & pontium, stratarumque opera titulis magnum Principum dedicata, inter sordida munera numerum. Sur lequel endroit, Cypas a fait cette Note : Stratam dicit, quod Galli pavé. Cypit postea qualiber via strata dici ; ut haedam, tit. 3. Tis iuxu a uo oiaa euaia. Et tit. 5. Tis opeta xueia. Et tit. 7. Kata uo oiaa euaia. Voyez Tome II. L E S. L E T. 113 Meurfius & M. du Cange, dans leurs Glossaires Grecs. M.
LESTRIGONS. Nom d'un peuple barbaire & très-cruel, qui habitait la ville de Formies en Campanie. Pline, qui en parle liv. III. ch. 5. dit qu'ils étoient anthropophages. Aulegelle, liv. 15. chap. 21. les faits fils de Neptune, comme les Cyclopes, c'est-à-dire que c'étoient des gens de mer, des Pirates. Il y avoit aussi en Sicile des Lestrygons, appellés par les anciens Leontini, à cause de leur férocité, qui les rendoit semblables à des lions. Homère Odyf. liv. XI. dit que les Lestrygons étoient semblables à des Géans, & non pas à des hommes : Αντ'ωγ τρδωμω λαστρδωγνε ανοδωγ ανοε Μωγνε, ανοδωγνε εωκνε, ανοδωγνε. On dérive le nom de Lestrygon de Ανοδωγνε laisch tarek, qui signifie lion décevant : ανοδωγνε laisch en Ebreu & Ανοδωγνε lasch en Chaldéen, lion ανοδωγνε tarek, participe du verbe Chaldéen ανοδωγνε terak, qui veut dire mordre, ronger, dévorer. Cette étymologie est assez heureusement trouvée ; & le nom de Lestrygons, pris dans ce sens-là, convient, pour la signification, avec celui de Leontini, qu'on donnoit aussi à ces hommes féroces. Il est bon de remarquer en passant, que le Grec xie, dont les Poètes se servent au lieu de xion, lion, ressemble extrêmement à l'Ebreu ανοδωγνε laisch ou lass, suppose qu'il n'en ait pas été fait.
LETHARGIE. Maladie. Du Grec λαθοργία, ou λαθοργος, fait de λαθο oblivio & d'αργός, dit pour αργός, ignavus, iners, ou d'αργός, celer ; comme qui diroit, maladie qui jette dans l'oubli & l'inaction, ou maladie qui jette promptement dans l'oubli.
LETON. Cuivre mêlé avec de la calamine. Lat. aurichalcum. Du Grec λαθοργός, λαθοργός, λαθοργός, λαθοργός, clato, elatonis, latone, LATON, & LETON; car on disoit & on écrivoit autrefois laton : & ce mot est encore en usage aujourd'hui en plusieurs endroits. Et les Espagnols écrivent & prononcent ce mot de la sorte. λαθοργός se trouve en cette signification dans Hésychius : λαθοργός : ο τριέλω ανοδωγνε ξυγν τυ σοδωγνε ανοδωγνε τυς μυταδωγνε. Les Espagnols disent oro de lata, pour dire de l'or faux. Ce qui donne sujet de croire que laton, ou léton, peut avoir été formé de latum. Latum, lato, latonis, latone, LATON, LETON. Oro de lata, c'est lata lamina aurichalci. Les Italiens disent otone, par le retranchement de l'L : comme en uscignuolo, de lnsciniolus ; & en onzo, de lyncius. M.
LETON. En langue de Galle, latum. Huet. LETRIN ou léteri. C'est ainsi qu'on appeloit la chaire où se dit le Sermon. Le Roman de Guillaume au cours nez au Couronnement Loys: Uns Archevesques est el letrin montré Qui sermonna à la Chreftienté. Et le Maréchal de Ville-Hardouin liv. 1. parlant de Dandule, Duc de Venise, qui monta sur la Chaise de l'Eglise S. Marc pour haranguer au Peuple : Le bon Dux de Vanise, qui moix ere sage & pros, monta el leteri, & parla au peuple. Aimoin livre 5. De Gellis Francerum, chapitre 33. le nom- me lecturium. Et Joannes Januensis dans son Catholicon: Lectrum, 1: a lego, is, dicitur hoc lectrum, & hoc legium, gli, pro eodem, scilicet pro pulpito. Et les Gloies d'Illidore: Lectrum, analogium, super quo legitur. Pulpitum, analogium, lectrum: car anciennement l'Evangile le liloit sur la même chaire où l'on prêche; ce qui se pratique encore à S. Etienne de Touloule. Caseneuve. Voyez ci-dessous LUTRIN. LETTRE de cachet. Nicolas Bergier, dans son Histoire des Grands Chemins, liv. 4. chap. 15. Il y a néanmoins cette différence entre la forme de sceller des Empereurs, & des Rois de France, que les Empereurs scelloient d'un même scel, & leurs Patentes, & leurs Epitres; ainsi que l'on voit par ce lieu de Suécone. Mais en France, on scelle les Lettres Patentes en double ou simple queue, d'un grand scel de Chancellerie. Et quant aux Misives, ou Lettres cloises, elles ne sont scellées que d'un cachet tout simple, duquel elles ont eu le nom de Lettres de cachet. M.
LETTRE-FERITS. Montagne liv. 1. chap. 18. Mon vulgaire Perigordin appelle fort plaisamment Lettres-ferits, ces sçavanteaux; comme si vous disiez. Lettre-ferus, auxquels les Lettres ont donné un coup de marteau, comme on dit. M.
LETTRES-D'ESTAT. Ce sont des Lettres du Prince, que quelques parties plaisantes obtiennent, au moyen desquelles l'instance est tenue en surfeance. Dans la Préface d'une Ordonnance, non imprimée, de Charles VI. du 15. Août 1589. vérifiée le 27. du même mois: Plures ex ipsis aliat plerumque Litteras imperare conantur, & de facto obtinent, ad finem quod dicte eorum causa in suspenso, sive statu, usque ad longum tempus remaneant & tencantur. Voyez l'Indice de Ragueau au mot Estat. M. LETTRES DE MARQUE. Lettres de représailles. Bourdelot le dérive de marquer. Lettres de marque, dit-il, est une permission qui est donnée à un Marchand vole par : eiranger, de reprendre sur quelqu'un qu'il renovequera de cette nation, la même somme qui lui a été prise. Paretiere lui donne une autre étymologie. Ce mot dit-il, vient de ce que c'est. Jus concepium in alterius Principis marchas, seu limites, transeundi, sibique jus faciendi. M.
LEU. La Coutume d'Auvergne chap. 18. Il n'est leu ny permis. De licitum. M. Voyez ci-dessous loisir. LEU: pour lieu. De locus: comme feu, de focus; feu, de locus; peu, de paulus; &c. Voyez Pasquier livre VIII. de les Recherches, au chapitre 48. intitulé Sans feu & leu. Voyez aussi M. de Laune. Avocat au Parlement & Docteur en Droit François, à l'Université de Paris, sur cette Reigle, Feux feu font mancipation: qui est la trente huitième des Institutions d'Antoine Loisel. M. LEU: pour loup. François Pithou dans son Recueil des Evêques de Troyes, page 667. & 668. sous l'année 649. Lopus II. qui est Leufus: car nos Anciens appellent leu, ce que nous appellons loup. M.
LEVAIN. Latin fermentum. Du Latin-barbare, inuisté, levanum, dit à levande: d'où cette façon de parler, pain levé. Les Grecs, selon quelques Gammairiens, ont fait de même à vie (trans) d'ou, qui signifie lever. ¶ Les Eipagnols disent levadura; & les Italiens, levatura; pour signifier du levain. M.
LEUDES. Terme de Coutumes. On appelle ainsi des sujets & vaffaux. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 972. parle ainsi de l'origine de ce mot: LEUTZ, homines Obmoxii & fideles, vaffali, clientes, sive militent, sive non. Militabani autem plerumque, & arma pro Dominis portabani. Scriptores rerum Francicarum leudos, leudes & leudes vocant. Gregorius Turonensis, lib. III. 23. de Throdoberio Rege: Et L'odibus suis defenfatus est, & in regno fiabilitus. Id est à vaffalis & nexu feudali conjunctis, quos sequens atas Bationes appellavit. Nam Lex Burgundica, Additamento primo, 1st. 1. cap. XIV. 2. leudes diserrè à vulgo eximii. Quod opposere obfervat Spelmannus in voce. Cum enim de omnibus caverit Burgundionibus in genere, particulariter adijici: LEUDES verò, si hoc præsumpferit facere, tripliciter componat. Plura teflimonia, ex Legibus & Historiae Regum Francorum defumpta, dabunt Glossographi. Videmtur autem sic dicti, non à militando, ut legionarii, etiam si hoc etymon ab officio eorum non alienum sit; sed potius ab obsequendo, quasi fideles & sponte obsequentes. Vetus verbum scandicum est lyda obediere, quo etiam un utuntur Sueci. Verelius in Indice: lyda obsequi; all-lydin morem gerens, obsequens; vahlydin agrè auscultans, male obsequens. Hinc leudes & fideles in monumentis veterum sape conjunguntur. Hadie vocem cudodunt Galli, qui leudes in nobiles & ignobiles dividunt. Ita me docuit Spelmannus, cujus hac sunt verba: LEUDES apud Gallos, liberi sunt, aut serviles, vernacule leudes francs & leudes serfi. Hi rei rustica adscripti, tributa pendunt & opera servilia. Illi ad militiam designati, nobiles habentur & immunes à tributis.
LEVE'E. La levée: pour agere Ligeris; qui est le mot des Capitulaires de Charles le Chauve. De levata. M. Nublé croyoit que les Turcies étoient les remparts naturels que fournissent les côtaux dont les rivières sont environnées, lorsqu'ils sont proches du lit des rivières; & que les levées sont des remparts artificiels de terre, qu'on fait aux endroits où les côtaux sont éloignés du lit des rivières, pour en empêcher le débordement. Et en effet, il y a à Château-Gontier une place sur un roc, au pied duquel passe la rivière de Maine, laquelle place est appelée la Turcie, par les habitans de Château-Gontier. M.
LEVER. Il signifie eter: comme lever un doute, lever une excommunication, lever un soupçon: de la est formé enlever, qui signifie ravir, & eter par terre. Ils sortent du Latin-barbare levare, qui signifie eter & ravir. Aux Loix des Visigots, liv. 1. cit. 1. L. 4: Si vero post obitum parris fratres sororem suam raptori tradiderunt, vel raptori levandam concererunt. Et au liv. 6. cit. 4. Loi 2: Si ille qui in domum aeterum violenter ingressus fuerit, aliquod exude gurnent, unde dupli satisfactionem qui levavit ce fœtur exfoliere. Gregorius, lib. 6. cap. 45. Levares pecora, vel quicquid inveire peruisfere. Je fais bien que quelqu'un pourroit m'opposer que ce verbe est purement Latin, & alléguer la-dessus ce vers de Virgile, au second de l'Enéide: — Atque arcta levari Eucla iube: Priamus. Mais en ces lieux, & autres semblables, ce verbe signifie proprement soulager, & adoucir. Caſe-neuve. LEVEſE. Sorte de perſil. De leviſticum. Charles Etienne dans ſon de Re Hortensi page 77. & 78. Smyrniſon hodie quidam putant eſſe, quod noi leviſticum dicimus. Vulgus vocat de la leveſſe. ¶ Les Italiens diſent leviſtico. Leviſticum a été fait de adoucir. Voyez les Médecins de Lyon liv. vi. de leur Hiſtoire des Plantes, chap. 25. & liveſche, ci-deſſous. M.
LEVIATHAN. Nom d'un grand animal, dont il eſt parlé dans le livre de Job XL. 20. Enle-verez-vous le Leviathan avec l'hameçon, et lie-rez-vous ſa langue avec une corde? On ne convient pas quel eſt cet animal. Quelques-uns veulent que ce ſoit la baleine. D'autres prétendent que c'eſt le crocodile. Bochart a ſuivi ce ſentiment dans ſon Hierozieson part 1. liv. 1. chap. 7. & part. II. liv. v. chap. 16. 17. En effet tout ce que l'Écriture dit du Leviathan, convient aſſez bien au crocodile. Il y en a d'une grandeur prodigieuse, & quelques Auteurs diſent que l'on en voit qui ont juſqu'à cent pieds de long. M. Schultens, dans ſon ſavant Com-mentalre ſur Job, prétend que le Leviathan eſt un grand dragon. Ce qu'on lit dans Iſaie XXVII. 1. ſemble ſavoriser cette opinion: En ce jour-là le Seigneur viſitera avec ſon ipée dure, grand; & forte, le Leviathan, ce ſerpent prodigieux, ce ſerpent tor-sueux, & il tuera le dragon qui eſt dans la mer. Où l'on voit que le Leviathan eſt appellé ſerpent, & dragon. Mais ce n'eſt pas ici le lieu d'examiner cet-te queſtion: & ce que nous en avons dit, n'a été que pour tâcher de parvenir à connoître l'étymo-logie du mot Leviathan, ſur laquelle les Auteurs ne conviennent guères plus que ſur la ſignifica-tion. Quelques-uns dérivent ce mot de לֵית חניכא le-viath thannim, c'eſt-à-dire, conjonction de dragons; comme n'ſon avoit voulu dire, qu'il y avoit plu-ſieurs dragons dans le ſeul Leviathan, c'eſt-à-dire, qu'il en valoit pluſieurs lui ſeul. Bochart le dérive de l'Arabe lava, qui veut dire, ſiéchit, plier. Cet-te étymologie convient très-bien au dragon, qui ſe plie & replie facilement; mais ne convient guère au crocodile, lequel ne ſe plie qu'avec beaucoup de peine. Voſſius de Idolol. liv. iv. chap. 32. croit que Leviathan vient de l'Ebreu לֵית lavah, qui ſignifie additus, adjunctus fuit; & que ce nom marque la grandeur de l'animal auquel on l'a don-né. Je regarde an, qui termine le mot, comme une addition paragogique qui ſert à marquer la même choie. Je prêſtérois cette dernière étymo-logie. *
LEVIER. Lat. veſcis. De levarium, dit à le-vando. Les Italiens diſent de même liviere, & lieva. M.
LEUR. Pronom. Leur pere, leur maiſon. Il vient d'illorum. Autrefois on diſoit lor. Hugues de Bercy, dans la Bible Guyot: Et lor ſens & lor voye tiennent. Les Italiens diſent lore. Huet.
LEVRE. De labrum. Dans un ancien Gloſ-faire Alleman, inſéré dans la Lettre 44. de la troi-ſième Centurie des Lettres de Lipſe ad Belgas, lepera eſt expliqué par labrum. M.
LEVREUX. Vieux mot inuſité. Lat. labro; c'eſt-à-dire, qui a de groſſes lèvres. De labioſus. Le petit Dictionnaire Latin-François publié par le Pere Labbe: Labioſus, lévreus. M.
LEVRIER. De leporarius, en ſouſentendant canis. Guillelmus Neubringenſis, liv. 1. chap. 28.
LEU. LEY. 119 de ſon Hiſtoire d'Angleterre: Ex canum genere, quos leporarios vocam. Les Eſpagnols l'appellent galgo; de canis Gallicus. Voyez mes Origines Italiennes, au mot veltro. Ils l'appellent auſſi lebre; de leporarius. Leporarius, leprerus, LEUREL. Ou de lepus. Lepus, leporis, lepore, leporellus, leprellus, LEUREL. On a dit leporarium, d'une garenne à lièvres: témoin les Terres appellées Maulevrier. Voyez parc. M.
LEURRE. Terme de Fauconnerie. De lo-rum. Le Préfident de Thou, dans ſon de Re Acci-piraria, liv. 1. parlant de la différence des oï-ſeaux de proye: Namque pugillares alii, pugnumque magiſtri Protinus emiſſi repetunt, pradamque relinquunt. Aſt alii, tenues ſimul emittuntur in auras, Vix tandem redeunt, licet & revocentur herili Voce, & vibrato plumarilis indice lori. Les Grecs modernes ſe ſont ſervis du même mot. Voyez Meurſius & M. du Cange, dans leurs Gloſ-faires Grecs. Anciennement nous diſions loirre. Alain Chartier, au livre des quatre Dames, page 636. S'Amans aux biens paſſez regardent, Tant moins en ont & plus en ardent: Car Amour loirre Les cœurs, comme Faucon en loirre, A qui on fait bien ſouvent croire De donner ce qu'on veut accroire. Bourdeloit n'a pas bien rencontré, dérivant leurre d'ἀλωρά: ce qu'il a pris de Trippault. ¶ Les Fla-mans diſent lore. M.
LEURRE. Le Roman de la Roſe, ſol. 122. c. Aſſaulz mit en lieu de batailles, Entre eſperviers, perdis & cailes, Et ſit tournoyement ex nues D'auſtours, de ſaulcons & de grues, Et les ſit au loirre venir. Loyrari ſe lit dans-le de Arte venandi de l'Empé-reur Frédéric II. imprimé à Auſbourg en 1596. liv. 1. chap. 39. page 101. dans la ſignification de leurrer; & lodrum, en celle de leurre dans le Sca-ligerana, au mot Muta. Ce qui me perſuade que leurre ou lodrum, de l'Alleman loeder, qui ſignifie cuir, pourroit bien être proprement ce morceau de cuir rouge qui joint entrebible les deux ailes du leurre. Loyrum ſe lit dans la ſignification de leurre, dans le Prologue du livre 1. du Traité de Arte ve-nandi de l'Empereur Frédéric II. Le Duchat.
LEYDE. Ville de Hollande. Quelques-uns ont cru que ce nom venoit de Legia, dérivé de Legio, parce que les Romains, dit-on, y re-noient ordinairement une Légion. Mais ce ſenti-ment eſt deſtitué de preuves. Et quoique le nom de cette ville ait beaucoup varié dans tous les tems, cela n'empêche pas qu'il ne vienne de Lug-dunum. Les Anales de Fulde la nomment Lig-duin; ce qui approche davantage de Lugdunum. Pour ce qui eſt de ce dernier nom; quoiqu'il ſoit le mème que celui de Lugdunum des Gaules, il a néanmoins une étymologie bien différente. Voyez-la ci-deſſous, au mot Lyon. * Pij x:6
LEZ. Vieux mot qui signifie près, ou à côté. Saint Victor-lez-Paris, c'est-à-dire, près de Paris, ou à côté de Paris. Saint Nicolas-lez-Angers, c'est-à-dire, à côté d'Angers. M. Voyez ci-dessus L. 1.
LEZ. Il vient peut-être d'ad latus, à côté. Le Duchat.
LEZARD. De lacertus. Voyez ci-dessus lai-fard. M.
LEZARDES. Ou appelle ainsi les crevalles qui se font dans les murs de maçonnerie. De leur ressemblance à des lézards. M.
LIANES. On appelle ainsi dans les Isles de l'Amérique toutes sortes de plantes qui rampent sur les haies ou sur les arbres ; & on leur donne ce nom, du verbe lier, parce qu'on se sert de quelques-unes comme de cordages, tant pour la construction des maisons, qu'on appelle vulgairement cages, que pour fortifier les barrières, & pour plusieurs autres usages. *
LIARD. Quelques-uns le dérivent de *plantes*, qui se trouve dans Epiphane, dans Cédren, dans Suidas, & dans les Gloses Nomiques, pour une espèce de petite monnoie : de laquelle les Millelais de Portugal peuvent avoir emprunté leur nom, dit Bouteroue, page 164. Le Sieur de Clérac, dans son Traité des Monnoies de Guienne, qui m'a été communiqué manuscrit par M. du Puy, dit que les liards ont été ainsi appelés, par corruption, au lieu de les *hardis* (a), qui étoient une monnoie de Guienne : *li hardis*, LIARDS. Dans mes Observations sur la Langue Françoise, tome 2, chap. 75, j'ai dérivé ce mot de *leucardus*, qui signifie *blanchard*. *Leucus*, *leucardus*, *leardus*, LEARD, LIARD, qui est comme qui étroit *un blanc*, espèce de petite monnoie. Nous appelons en Anjou *leard*, une sorte de bois blanc : & les Italiens appellent *leardo* une sorte de poil de cheval qui tire sur le blanc. M. Allard, Président en l'Élection de Grenoble, a écrit dans sa Bibliothèque de Dauphiné, page 137, que Guigues-Liard, de Crémieu dans le Viennois, inventa en 1430, les *liards* : ainsi appelés de son nom. Et cette étymologie est confirmée par ces paroles de M. le Blanc, qui sont de la page 106, de son Traité Historique des Monnoies : *On fit encore des liards* & *des hardis*. Ces deux espèces furent particulièrement faites pour les Provinces de Guienne & de Dauphiné. Cette monnoie qui valait trois deniers, & qui par conséquent partageait le sol en quatre, étoit appelée *hardi* en Guyenne ; & *liard* en Dauphiné, & dans les autres Provinces qui sont en deçà de la Loire. Je parlerai plus amplement des *hardis* au Traité de la Monnoie des Ducs de Guyenne. Il paroit par l'Ordonnance de Louis XI, que d'ancienneté on avoit accoutumé de fabriquer des *hardis* en Guyenne, & des *liards* en Dauphiné. M.
LIART. On a dit anciennement liart, pour *blanchâtre*. Le Roman de Méluise, page 98, de l'édition in 4°, à Lyon 1599. Et Antoine étoit monté sur un grand *defrier* liart. Et page 103. Regnaut de Lufignan, qui étoit monté sur un *defrier* (a) D'Aubigné a écrit *hardis* le nom de cette monnoie. C'est dans son Fenette, livre 3, chap. 7, où l'on voit que c'est notre *liard*. Le D. *liart*. Le Roman de Perceforest, vol. 1, fol. 38, a appellé marbre *lyois* le marbre blanc. Cheval gris *liart* . . . . tout *liart*. Le Pere Daniel, Hist. de la Milice Françoise, tome 2, page 10. Le Duchat.
LIBAN. Nom d'une célèbre montagne de Syrie. De l'Ebreu *לְבָנֶל* *lebanon*, fait de *לְבָן* *laban*, qui signifie *blanc*. On ne sauroit douter que le *Liban* n'ait été ainsi nommé, à cause de la blancheur des neiges dont il est couver. Les Ebreux appellent l'encens *לְבָנֶל* *lebonah*, à cause aussi de sa blancheur : & c'est de là, pour le dire en naissant, que vient le Grec *בְּרָבֶל*, qui signifie pareillement de l'encens ; & non pas du nom de *Liban*, comme si cette montagne produisait de l'encens ; ce qui n'est pas vrai. Le Temple de Jérusalem, bâti par Salomon, est appelé poétiquement dans l'Écriture *Liban*, à cause du bois de cèdre dont il étoit bâti en partie, & qui avoit été pris sur le mont *Liban*. Ezech. xvii. 3. Un grand *Aigle avec de grandes ailes* . . . est venu sur le *Liban*, & a emporté la *moëlle* du cèdre. Le Prophète parle du Roi de Babylone, qui prit le Temple, le brûla, & enleva tous les trésors. Zachar. xii. 1. *Liban*, ouvre tes portes, & que le feu dévore tes cèdres. Il parle de la défoliation du Temple par les Romains. Un des Palais de Salomon fut appelé *Masjon de la forêt du Liban*, à cause de la quantité de bois de cèdre dont il étoit bâti. *
LIBELLATIQUES. Dans la persécution de Déce, il y eut des Chrétiens, qui, pour n'être point obligés de renier la foi, & de sacrifier aux Dieux en public, selon les Edits de l'Empereur, alloient trouver les Magistrats, & obtenoient d'eux par grace, ou à force d'argent, des certificats par lesquels on leur donnoitracte qu'ils avoient obéi aux ordres de l'Empereur, quoiqu'ils n'en eussent rien fait, & on défendoit de les inquiéter davantage sur le fait de la Religion. Ces certificats se nommoient en Latin *libelli* : d'où l'on fit le nom de *Libellatiques*, pour marquer ces lâches Chrétiens qui prenoient de ces fauve-gardes. * LIBERAL ARBITRE. Tous les anciens Ecrivains ont usé de cette façon de parler, pour dire *libre*, ou *franc arbitre*. Pierre Ayrault, Lieutenant Criminel d'Angers, dans la Préface de son Traité de la Puissance paternelle : *Il y a trois ans & plus que je suis à apprendre où les Jésuites tiennent mon fils*. Si je l'eusse pu découvrir, je lui eusse fait cette remonstrance en privé. Mais voyant que je perdois mon temps, & qui plus est, mon espérance, je luy ay voulu écrire comme aux contumax, par programme & annotation publique. Si vous trouvez ma plainte juste, & que vous apprenez où il est, je vous prie qu'il la voye. Cela fait, je lui laisse en son libéral arbitre de m'obéir, ou de ne m'obéir point. Plusieurs modernes usent encore de cette façon de parler. Je me souviens de l'avoir lue dans les Ouvrages de M. de la Mothe-le-Vayer, qui est un de nos meilleurs Ecrivains : & M. de Vaugelas, dans ses Remarques sur la Langue Françoise, ne l'improuve pas. Ce mot *libéral*, se trouve pour *libre*, en l'art. 84, de la Coutume de Champagne : *Et combien que le mary ait l'administration & disposition libérale par contrails entre vifs, de pouvoir aliéner les biens meubles & conquêtes immeubles communs & appartenants assidits mariez*, &c. Et celui de *libéralement*, pour *librement*, en l'ar- ticle 1. de la même Coutume : Et font tous lesdits non nobles franches personnes, s'il n'appert de fervi-tute au contraire, & peuvent libéralement eux ma-rier, & faire tous faits légitimes, comme franches personnes. ¶ Ce mot a été fait de liberale, qu'on a dit pour liberum. ¶ Voyez M. de Vaugelas, au lieu allégué. ¶ On ne dit plus aujourd'hui libéral arbitre. On dit libre arbitre, ou franc arbitre. M. LIBERAL ARBITRE. On lit dans Rabelais libéral savoir, pour la science des Arts libéraux; c'est-à-dire, dont la connoissance est du ressort des ames libres & nobles. Ainsi quand Rabelais dit ailleurs proverbialement, qu'un noble Prince n'eut jamais un fou, il entend que la libéralité est essen-tielle à la Nobilelse, & que l'avarice est le propre des esclaves. On a dit aussi cœur libéral, dans la signification de cœur franc & libre. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 173. r°. A vous plus qu'a homme qui vive, Mon amy tres-especial, Me recommande d'amour vive, De cueur parfait & liberal. Et fol. 182. r°. A tousjours, mais sans point y varier, Tiendra son cœur libéral & entier. Le Duchat.
LIBERTINS. Nom de certains Juifs, dont il est parlé aux Actes des Apôtres, vs. 9. Voici le passage : Surrexerum autem quidam de Synagoge qua appellabatur Libertinorum, & Cyrenensum, & Alexandrinorum, & eorum qui erant à Cilicia & Asia, disputantes cum Stephano. Le texte Grec dit de même, &c. primus; & le Syriaque, Libertin-nou. On ne fait pas trop ce que c'étoit que ces Juifs appelés Libertini, ni quelle est l'origine de ce nom. L'Abbé de Marolles le traduit par Liber-tins, & de même la Bible Angloise. Le Pere Ame-lotte, le Pere Bouhours, Messieurs de Sacy, Hu-ré, & plusieurs autres, le traduisent par Affran-chis. On dit communément que c'étoient des Juifs ou Profélytes, nés de peres qui avoient été escla-ves, & à qui on avoit donné la liberté; & que les autres Juifs ne voulant pas se mêler avec eux, les obliges oient de s'assembler dans une Synagogue par-ticulier. Libertinus signifie proprement le fils d'un affranchi; quoiqu'Horace l'ait aussi employé pour libertus, qui veut dire affranchi. Ainsi dans le pas-sage des Actes, il faudroit traduire fils d'Affran-chis, & non pas Affranchis. Mais je croirois plu-tée que Libertini est un nom de pays. Suidas, qui avoit pris ce mot des Actes, dit : &c. primus, inque ibne; c'est-à-dire, nom de peuple. Voilà déjà une autorité que l'on peut compter pour quelque cho-se. Il est à remarquer que le passage des Actes, parlant des Cyrenens, des Alexandriens, des Ci-liciens, & des Asiatiques, nomme en premier lieu les Libertins; ce qui semble indiquer que ceux-ci étoient appelés du nom de leur pays, de même que les autres. Qui empêche que les Romains, qui avoient de grands établissements en Afrique, n'y ayent envoyé une colonie qui ait porté le nom de Libertina, & que les Juifs, qui s'étoient déjà répandus à Alexandrie & à Cyrène, n'aient eu aussi des gens de leur nation en ce lieu de Liber-tina, sous le nom duquel ils étoient distingués quand ils venoient à Jérusalem! Il y avoit en Afrique un Siège Episcopal de ce nom : car dans la Conférence de Carthage on voit en même tems deux Evêques, qui prenoient la qualité d'Episcopo-pus Ecclesia Libertinensis. Le Pere Hardouin donne dans les Mémoires de Trevoux; je ne me souviens pas de quelle année; une autre explication du mot Libertini des Actes. Il le fait venir du Chaldéen, & prétend qu'il signi-fie gens qui sont des deux côtes, c'est-à-dire, des deux côtes de la Palestine; en sorte que Libertini désigne seulement en général les quatre peuples qui sont nommés ensuite, savoir les Cyrenens, les Alexandriens, les Ciliens, & les Asiatiques; dont les deux premiers sons d'un côté de la Pale-stine, & les deux derniers d'un autre côté. Cette explication est plus subtile que foulée, & on peut la mettre au nombre des idées singulières du Pere Hardouin: car outre que Libertini est manifeste-ment un terme Latin, & nullement Chaldéen, ou Ibreu; le texte des Actes, qui met une con-jonction après Libertinorum, & qui nomme les Li-bertins, de la même manière que les autres peu-ples dont il est parlé ensuite, ne double pas une telle explication. D'ailleurs on est-ce que le Pere Hardouin a trouvé dans l'Ebreu, ou le Chaldéen, ou le Syriaque, des exemples d'une semblable composition, laquelle est entièrement contraire au génie de ces Langues? LICE: comme quand on dit, Tapisserie de haute lice. De licia, au genre féminin. Les Clos-es anciennes: uis, licia, licium, filum. Une Tapisserie de haute lice, c'est de alta licia, id est, que sursum versus texitur: ad diff. reutiam ejus qua transversim, id est, transversis filis, texitur: dit M. Guyet sur cet endroit des Gloses. Je remarquerai ici par occasion, que Richard Graindorge, autrefois Marchand de Tolles à Caen, a inventé les toiles de haute lice. Jacques Caha-gnes, Médecin de Caen, dans le quinzième de ses Éloges, qui est celui des Graindorges: Prateritis feculis fuit textura tela rudis & simplex. Si aet te nostra magnis accessionibus autia est, & multis orca-mentis locupletata. Graindorgei, Cadomines, ar-tem texendi telas à patre, avo, proavo, & abavo, veluti per manus traditam, in hunc usque diem retu-nent. Unus ex his, cui prannem Andreas, ut erte ingenio promptus, primus vulgarem viam egretis & aliquid novi quod a disciplina non haberi, mo-liri ausus est. Telam enim qua prius nuda fuit, in-compta, & inornata, liliorum floribus, ocellis, ro-sis, & similibus flisculis, exornavit; quodque esse figurata, & scutulata, parvam figuram vocavit. Richardus, Andrea filius, ad hanc parris inventio-nem addidit quamplurima, que patri ignota, longo artis usu doctus (vixit enim ad alterum & ologesf-imum atatis annum), perceperat. Scilicet, atas & usus semper aliquid apportat nevi, estque dies posterior, priore doctior. Is in hac tela, præter scutulas, varia animalia, integra, dimidiata, trunca, mutila; præterea, domini arma & insignia gentilii, singu-lari artificio figuravit: eamque altum licium, a li-cio, ut opinor, quod est filum flamini ex transversio intertextum, appellavit. Nos Latini telam Damas-cenam, ob similitudinem quam cum albo Damasco habet (hujus enim ita amula est, ut primo intuitu ipsis etiam artifices fallas), nominare possumus. Is etiam primus mensam ex hac tela composuit; qua comprehendit mappam, quatuordecim mantilia, quo-rum duo tergendis manibus usui sunt; & abacum, singula definita longitudinis & latitudinis, miraque pulchritudinis. Michael, Richard primogenitus, hanc artem a patre acceptam amplificavit, & ex erudita officina eruditos artifices emisit, qui per Galliam dispersi, illis civitatibus, in quibus sedem cenerunt, huius elegantiis tela conscienda rationem communicavere. M.
LIC. Lieu ferme de barrières, servant aux Tournois. Nicot : LICE. Curriculum equestre, palis ac tela septum. Le lieu a faire tournois a cheval : ainsi appellé, parce qu'il est remparté de palis & traversant d'un côté & d'autre de la toile : lequel équipage s'appelle proprement lices. De palicium. Palus, pali, palicium, palicia, licia, LICE. LICIA, pour lices, se trouve en plusieurs endroits, produits par M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot licia : mais où M. du Cange dérive ce mot licia, a licis, seu flaminibus, vel funiculis; quod primitus licia ex funibus conficientur, vel quod, ut flamina, junitim erigantur. M.
LIC. En terme de Venerie, c'est la femelle du chien courant. Dans Virgile, c'est le nom propre d'une chienne : — Multum latrante lycissa. Où Servius a noté que lycissa est un chien engendré d'un loup & d'une chienne : ce qui me porte à croire, que les femelles des chiens courants pourroient être de-la appellés lyces ; parce que se trouvant souvent dans les bois avec les loups, le vulgaire s'imaginant qu'elles en ont été couvertes, leur auroit donné le nom de lyces, c'est-à-dire louves : car 20e & signifie loup. Les Glossaires anciens rapportés par Spelman sur le mot bracco, qui signifie un chien : Lycissa, bracco. Un autre Glossaire Latin-Teudifique : Lycissa, mist-bella, vel brechin. Les Anglois appellent brach une chienne qui quête un lèvre, que leporem ex odore persecutur. Caseneuve.
LIC. Fémelle de chien de chasse. M. du Cange écrit lisse. Et ce mot se trouve ainsi écrit dans un Registre des cens de la ville de Chartres, de l'année 1301. fol. 19. à l'article des Tanneurs : Item, il est accomplumé que nul Tanneur ne peut ne doit taurer nul cuir de chien, ne de lisse. Et il le dérive de letissa, qui se trouve en cette signification dans le Grécisme d'Ebrardus : Nascitur ibris aper, si porca domestica nubit : Patre lupo gaudet, matre letissa cane. Les autres Etymologistes le dérivent de lycissa, qui signifie un chien né d'un loup & d'une chienne. L'Auteur d'une ancienne épigramme, qui se trouve dans le Recueil de Pierre Pithou : Ha sunt ambigena qua nupiu dispasse constant. Apris, atque sue, serosus nascitur ibris. Et lupus & casula formant, coenudo, lyciscam. Servius, sur ces mots de Virgile, MULTUM LATRANTE LYCISCA : Lycissa sunt, ut etiam Plinius tradit, canes nati lupis & canibus, cum inter se miscentur. Isidore, livre xiii. chap. 1. Lycissi autem dicuntur, ut ait Plinius, qui ex lupis & canibus nati. Ulitius, dans ses Commentaires sur la Chasse de Gratius, croit que Servius & Isidore ont entendu parler de cet endroit de Pline, qui est du livre xiii. au chap. des Chiens : Hoc idem & lupis Galli, quorum greges suum quisque ductorem a canibus lyciscam habent. C'est ainsi qu'il estime qu'il faut lire en cet endroit. Il ajoute : Cujus vocabuli vestigium hodie, Gallica voce LICE, resfat, que canem libidinoam significat. Maxima enim libidine necesse est ut incensa fuerint, antequam adulterum & hostem sera admirerint. M. Besly, dans son Histoire des Comtes de Poitou, page 86. parlant de Lyfois, Sire d'Amboise, Général d'armée de Geoffroi Martel, Comte d'Anjou : Un vieux & expérimenté Capitaine, appelle Lyfois (a), qui estoit Sire d'Amboise, avoit la charge & la conduite de l'armée de Martel : ce qui luy sus un bon présage ; car ce nom, fort célèbre entre les vieux François, est cela même que les Perses disent Cyrus : les Italiens Can, ou Mastino ; les Latins, Lycissa ; par termination Grecque ; les Scythes, Alan : & les François, en langage poli, disent LICE. D'où vient que la Maison de Montmorency, l'une des plus illustres de la Chrestienne, porte une lice, ou un chien pour lymbre de ses armes : pource que le Baron, auteur & source de tant de magnanimes Seigneurs qui en sont issus, lequel se jetta dans le fonds de Baptisme avec le grand Clovis, avoit nom Lyfois, par un terme de bon augure. Ce qui a donné sujet au Philosophe Platon, de faire comparaison de chefs de la République avec des lices, animaux tres-prudens & fidelles. Mais je demanderois volontiers à M. Besly, s'il étoit en vie, où il a lu que les Perses appellent un chien cyrus (b). Le mot de letissa ne se trouvant nulle part que dans les vers d'Ebrardus, ci-dessus rapportés, je crois que c'est une faute de copiste, & qu'il faut lire lycissa. M.
LIC. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C.
LIC. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C. C.
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LIC. Pour joyeux. Vieux mot, qui est encore en usage en cette façon de parler, faire chère lie. Dans quelque endroit de Rabelais, Epistémén dit à Panurge : Vien s'en avec nous, nous te ferons un tronçon de chère lie. Au lieu de lie, on a dit lié. De laxus ; dont les Italiens ont aussi fait lieto. Saint Lie, c'est Santus Laxus. Voyez lisse. Voyez aussi André du Chesne, dans ses Annotations sur Alain Chartier, pag. 866. M.
LIC. Lat. fax. Limus, lima, lia, LIE. Papias : LIA, amurca. Charles de Bouvelles le tire ridicu- (a) Lyfois pourroit bien être corrompu de Lissus, qui dans Perceforest, vol. 6. chap. 10. & suiv. se lit pour Elisse, de même que Lissane pour Elisse. Le D. (b) C'est dans la 266. Exercitation de Jules Scaliger contre Cardan, où, au sujet de mot canis, qui a servi de nom aux Souverains de Vérone, il est dit : Et fané Cyrus nihil aliud significat. Mais c'est Cyrus qu'il faut lire, & non pas Cyrus. Ront, Ront, Cyrus, Cyrus, nom familier aux Italiens. Besly ayant trouvé Cyrus dans Scaliger, au lieu de Cyrus, n'a pas pris garde que c'étoit une faute d'impression, & c'est persuadé, parce que Cyrus étoit Persan, que Scaliger avoit voulu dire que les Perses appelloient un chien Cyrus. Voyez le Menagiana de M. de la Monnoye, Paris 1715. tome 1. page 134. Le D. lement de *Lyaus*, c'est-à-dire, *Bacchus*: ou de *l'ou*, *dissolvo*: qui a cum in vini *dolio*, *perventur* *usque* *ad* *fecs*, *solvendum* *sit* *dolium*. M. L I E. Les Italiens appellent la lie, *letto del vino*, c'est-à-dire, le lit du vin, parce que le vin repose sur la lie comme sur son lit. Peut-être que c'est de ce *letto* que nous avons fait *lie*. Le Duchat. L I E G E. Lat. *suber*. De *leve*. La légèreté du liège a pas en proverbe. *et à l'ou* *et à l'ou*. Horace, liv. 3. Ode §. *Tu levior cortice*. M. L I E G E. Nom de Ville. En Latin, c'est *Leodium*, *Leodicum*, *Leodica* & *Legia*. C'est apparemment de ce dernier nom qu'a été fait celui de *Liège* par transposition de lettres. En Alleman on nomme cette Ville *Luttich*, & en Hollandois *Luyk*. L I E R. Muret sur le Sonnet 107. du 1. liv. des Amours de Ronfard : *Ce mot abri*, *semble venir* du *Latin* *apricus*, *combien qu'il signifie tout le contraire*. *Ainsi* *cuidé-je* que le mot *liet* *vient* du *Grec* *l'ou*, *qui a toutefois contraire* *signification*. Muret s'est ici étrangement trompé. *Lier* *vient* de *ligare*. M. L I E R R. D'*hedera* : dont a fait premièrement *hierre* : mot qui se trouve dans plusieurs célèbres Auteurs. Dans Ronfard, Eglogue 2. *J'ay pour maison un autre*, & *un rocher ouvert*, *De lambruche sauvage* & *d'hierre couvert*. Dans du Bellay, Ode 2. *Sus donc, qu'un autel on m'apprête* *D'hierre à racine velue*, *Et de vervène chevelue*. Dans Baif, liv. 4. de ses Pafle-temps, pag. 99. *Ceignant ton chef d'ierrine feuillure*. M. de Studéry, qui a vécu de nos jours, s'est servi du même mot. *Icy l'on voit ramper l'hierre aux feuilles menues*. C'est dans son sixième Sonnet sur la Fontaine de Vaucluse. Et à ce propos il est à remarquer, que l'Abbaye d'Hierre est appelée *Hedera* dans les Titres Latins. L'article s'est incorporé dans le mot *d'hierre* : comme en *landier*, *lambris*, *lendemain*, *luette*, &c. Je remarquerai ici par occasion, que le Latin *hedera* a été fait du *Grec* *aïe* *l'ou* *et*, dit pour *aïe* *l'ou*. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. E. L I E R R. Vieux mot *inufite*, qui signifioit *larron*. Le Roman de la Rose : *Puis la laïfa le mal-fricherre*, *Le faux déloyal & tierre*, &c. ¶ *Malle-bouche est un bon tierre*, &c. ¶ *Ennis advient, si n'est tierre*. Héliand, dans son Poème de la Mort, Stance 21. *Mors va comme lierre la nuit*. C'est ainsi qu'Antoine Loisel qui a fait imprimer ce Poème, a rectifié ce vers de sa main, dans son exemplaire, qui m'a été communiqué par M. Joly, Chantre & Chanoine de Notre Dame de Paris, son petit-fils. Remarquez en passant, que *mors*, en ce vers, est mis pour *mort*. Je viens à l'étymologie de *liere*, en cette signification de *valeur*. Ce mot a été fait de *larrus*, dit par métaplaïsme, au lieu de *larro* : duquel mot Latin *larrus*, les Italiens ont fait *ladro*. Et il en a été fait de cette manière : *larrus*, LIERRE : comme *Petrus*, PIERRE. M. L I E S E. De *lartrisa*. Voyez ci-dessus *lie*. M. L I E S E. Notre-Dame de *Liefse*, par corruption pour *lience*. Le Journal de Paris sous Charles VI. Par. 1729. pag. 192. appelle ce lieu *Liefse* ou *Lianse*, lequel qu'on *venit* : ce sont les termes du livre. Voyez le Dictionnaire Universel de Trévoux, au mot *Liefse*. Le Duchat. L I E T T E. Brantome, pag. 141. de ses Dames illustres, parlant de la Reine d'Ecolte, raconte que la veille du supplice de cette Princesse, elle partagea entre ses femmes ce qui lui pouvoit rester de bagues, de carcans, de *liettes* & d'accoutremens. *Liette*, de *ligare*, doit signifier la une sorte de rubans, ou quelque chose de semblable. Dans le Dictionnaire Franc. Ital. d'Oudin, *liette* pour *layette*, est rendu par l'Italien *cafetino*. Le Duchat. L I E V E. On appelle ainsi dans le Berri un papier Terrier. Dans le Languedoc, c'est un Etat des Emphyteotes, sur lequel on livre des Droits Seigneuriaux : & c'est ce qu'on appelle en France, *Terrier de Recepte*. Voyez les Arrêts, de la Roche-Flavin, & M. de Graverol sur ces Arrêts, pag. 587. & 588. M. L I E U E. En Languedoc *lique*. Il est formé de *leuca*, ou *leuga*, dont les Gaulois se servoient anciennement pour une certaine mesure de chemin. Jornandes de *Rebus Geticis*: *Centum leucas* et *Galli vocant*. Iudore, liv. xv. de ses Origines, ch. 16. *Mensuras viarum* nos *milliaria dicimus*, *Graci* *stadia*, *Galli leucas*. Ammien Marcellin, liv. 16. parlant de l'Empereur Julien, étant en Gaule : *A loco unde Romam promota sunt signa, ad usque valum barbaricum, quarta leuca signabatur*. Joachim Perion, de *Lingua Gallica cum Graca cognatione*, dit que *leuca* est ainsi dit de *l'ou*, c'est-à-dire *blanche*; parce que les lieues étoient marquées par des pierres blanches. J'omets a dessein ce que dit *l'ou* *desus* *Ingulphe*, Abbé de Croylard, parce qu'il est contre la raison & l'histoire. *Cajeneuve*. L I E U E. De *leuca*, ou *leuga* : qui est un ancien mot Gaulois. S. Jérôme, ch. 3. sur Joel : *In Nilo flumine*, *sive in rivis ejus*, *folent naves funibus trahere*, *certa habentes spatia*, *qua appellant funiculos*, *ut labori defesorum recentia trahentium colla succedant*. *Nes mirum*, si *una quaque gens certa viarum spatia suis appellat nominibus*, *cum & Latini mille passus*, & *Galli leucas*, & *Perfa parasangas*, & *rastas universa Germania*, *atque in singulis nominibus diversa mensura sit*. Les Actes du Martyre de Sainte Geneviève : *Ab Auerlianense urbe usque Turonum civitatem*, *qua tertia Lugdunensis nuncupatur*; *perhibentur esse stadia sexcenta*; *milliaria septuaginta quinque*; *leuga*, *qua adhuc veteri Gallorum lingua nuncupatur*, *quinquaginta*. Iudore, liv. xv. des Origines, ch. 16. *Mensuras viarum*, *nos milliaria dicimus*, *Graci stadia*, *Galli leucas*. Jornandes, ch. 60. *Centum leugas*, *ut Galli vocant*. Et au ch. 16. *Leuga Gallica mille & quingentorum passuum quantitate metitur*. Hésychius : *Auerlianis, qui est si l'ou* *d'avi* : car c'est ainsi qu'il faut lire, ou *l'ou* *et* *e* *ci*, au lieu de *l'ou* *et* *ci*. Ce mot se trouve aussi dans Ammien Marcellin, l. xv. *Eximideque non millenis passibus*, *sed leugis, itinera metuntur*: & dans Yves de Chartres, & ailleurs. Ingulphe estime que *leuca* vient d' *l'ou* *et* *ci* que les lieues ont été ainsi appelées à cause des pierres blanches desquelles il dit qu'on marqua les distances des chemins lorsque l'Empereur Philippe se fit Chrétien : L I E. L I F. & cela en mémoire de la blancheur & de la pureté d'ame qu'il avoit reçue par le Batôme : ce qui est tout-a-fait ridicule. Il est pourtant vrai qu'on marquoit les lieues avec des pierres blanches. Et Périon, à cause de ces marques, dérive aussi leuca de l'ou, Voici ses termes : l'ou, candida, sive alba dicitur. Hinc lieue, duo milita passuum (quam vulgus, pane ad verbum, leue appellat) dicimus ex eo, ut mea fert opinio, quod locorum... intervalla, quondam, petris & lapidibus, qui candidi abique eifunt, designarentur. Et Spelman, dans son Glossaire, dit que ce mot leuca vient du mot Breton lead, ou leach, qui signifie pierre : & il croit que les anciens Gaulois, de même que les Romains, ont marqué les distances des chemins par des pierres. En quoi je vois qu'il est suivi par Voissus, livre 3. de Vitis Sermonis, chap. 19. Nithard, au lieu de leuga, ou leuca, écrit toujours leuva : & Barthius, dans ses Adversaires, livre XLVI. ch. 9. prétend que c'est ainsi que ce mot doit être écrit : ce qui approche plus encore du François lieue, Lelandus écrit lega, les Espagnols & les Italiens, leuga. Voyez Spelman, dans son Glossaire, Voissus de Vitis Sermonis, liv. 2. chap. xii. & livre 3. chapitre 19. Barthius au lieu allégué ; Pierre Pithou, livre 1. de ses Adversaires, chapitre 13. Lindembrog & M. Valois sur Ammien, Marcellin. Leuva se prend quelquefois absolument pour toute fort : de distance, comme nous l'avons fait voir au mot banlieue. M. Bochart, dans son Phaleg, pag. 752. découvre une autre origine de ce mot. Il dit que les anciens dissolent leica, pour leu a : & que leica a été formé de ces mots Phigniciens κελη-ραχος eleph-canin. M.
LIEVRE. Chevaliers du Lièvre. Du Tillet nous apprend ce que c'étoit que les Chevaliers du Lièvre. C'est dans son Recueil du Traité entre les Rois de France & d'Angleterre, qu'il conte ainsi la chose. » Les deux armées, du Roi Philippe & du Roi Edouard, se départirent sans mêlée : le jour se passa en contenances ; & n'avint qu'une riffée recitée par Froissart, d'un lièvre passant chemin devant le camp des François ; dont fut faite une nuée, & grand cry. Les derniers qui l'ouvrent, pensant que ce fut le commencement de la bataille, se disposèrent à faits d'armes. Aucuns & Ebuyers pour mieux faire, selon la Coutume, furent faits Chevaliers, toujours depuis appelées les Chevaliers du Lièvre. » De Brieux, dans ses Orig. de quelques Cout. anciennes, pag. 79. » LIEUX : pour latrine : comme quand on dit, aller aux lieux. De locus : dont les Latins ont usé en la même signification. Tertulien, dans son livre de Pallio : Et cum latrinam antistes sericem ventilat, & immundiorem loco cervicem monitibus consolatur. M. de Saumais sur cet endroit : Hoc vil, immundiorem latrinis. Locum, absolute, pro latrinis à dixie. Atque ita etiam hodieque loquimur. Graci quoque vivus dicunt : quod ex Athenao alibi notamus.
LIFRELOFE. La Chronique Scandaleuse : Audit lien arrivèrent plusieurs Lifrelofes, Calabrais & Suisses, qui avoient telle rage de faim aux dents, qu'ils prenoient fromages sans peler. Voyez Maître François. M.
LIFRELOFRE. Rabelais, liv. 2. chap. 2. Préfisant une grande partie du ciel, que les Philosophes appellent via lactea, & les Lifrelofes nomment le chemin de S. Jaques. Et au Prologue du liv. 3. Je ne suis de ces importuns Lifrelofes, qui par force, par outrage & violence, contraignent les lans & compagnons trinquer. Et au ch. 8. du même livre : Par la dive eye Guenet (s'écria Pantagruel), depuis les dernières pluies tu es devem grand Lifrelofre, voire, dy-je Philosophe. Et enfin la dernière des questions Encyclopédiques de Pantagruel, imprimée après l'Épître du Limousin : Utrum le scorpion pourroit souffrir solution de continuité en sa substance, & par l'effusion de son sang obscurcir & embrunir la voye Laitée, au grand intérêt & dommage des Lifrelofes Jacobites, ou Jacobipetes, comme on lit dans l'édition de 1596. Dans le premier passage, & dans le dernier, lifrelofes, à mon avis, pourroit bien venir de l'Alleman lieber lauffer, c'est à dire, un homme qui aime à courir ; & par ce mot, Rabelais entend les Pèlerins, & particulièrement les Allemans, qui, outre qu'ils voyagent volontiers, faisoient en ce tems là, par dévotion, en foule, le voyage de S. Jaques en Gallice, & autres. Voyez l'Onus Ecclesia, ch. 32. n°. 1. fol. 94. v°. de la vieille édition, & Froissart, tom. 2. fol. m. 173. 1°. Dans le Prologue du liv. 3. sous le nom de Lifrelofre, Rabelais entend les buveurs Allemans ; & il les appelle de la sorte, parce que ce mot est composé de syllabes dont le son revient souvent dans la langue Allemanade, & que c'est un baragouin qui approche beaucoup du bredouillement d'un Alleman qui est ivre. Et dans le passage du ch. 8. du liv. 3. lifrelofre est une allusion au mot de Philosophe : & c'est comme si Pantagruel disoit à Panurge. Voulant philosopher à présent que chacun s'en mêle, tu fais comme un grand nombre d'Allemans, qui entreprennent des pèlerinages depuis que le tems est beau & que les pluies ont cessé. Voyez le Continuateur de Monstrelet, édit. de 1572. vol. 3. fol. 146. 1°. Lifrelofre est proprement un pèlerin, & particulièrement un de ceux qui visitent le trou S. Patrice en Irlande, dans une Isle que forme la rivière de Liffer ; & ce mot vient de l'Alleman Liffer lauffer, comme qui diroit course de Liffer. Voyez la note 5. de la pag. 308. des Colloques d'Erasme, Roterdam, in-8. 1693. Voyez aussi la Chron. Scandal. sous l'année 1465. Le Duchat. L I G E. Voyez la Table de du Tillet. Caseneuve. L I G E. & L I G U E. Comme quand on dit, homme lige. Voyez Voissus de Vitis Sermonis, pag. 77. & 478. M. L I G E. Homme Lige. De leudis, vassal. Ce mot se trouve dans Grégoire de Tours. Les Allemans disent lieden, & les Saxons leod. Huet.
LIGNAGE. De lineagium, fait de linea, qui se trouve en cette signification. Paul Diacre, dans son Histoire des Lombards, liv. 2. chap. 9. Longobardorum faras, hoc est, generationem, vel lineas. Les Glosses anciennes : linea, requi 7. 1. et de la notre mot LIGNE, dans la signification de race ; comme quand on dit, effus & ligne : & notre mot LIGNE. 9. Linea, lineata, LIGNE. M.
LIGNAGE, est aussi certain vin rouge qu'on boit presque tout le long de la Loire, & qui se fait de toutes sortes de raisins. Voyez le Dictionnaire de Trevoux. En ce sens ce mot vient de l'Italien legaggio, qui signifie proprement l'alliage des mé- taux. Antoine Oudin, dans son Dictionnaire François-Italien: Lignage, *legaggio* : qui est le mot dont il dit que les Italiens se servent pour désigner un alliage. Le *lignage*, en fait de vin, est un alliage de différentes fortes de raisins noirs. *Le Duchat*. LIGNE de Pécheur. De *linea*. Sénèque dans le Chorus du 1. Acte de l'*Hercules Furens* : *Semi tremulum linea piscem.* Martial, x. 10. *Spéclatus alii lineam trahit piscis.* Voyer Columelle, liv. 8. chap. 4. *Linea* a été dit à *linea*, parce qu'anciennement les lignes de Pécheurs étoient de lin. Virgile, liv. 1. des Georgiques : *Atque alius latum fundâ jam verberat amnem, Alta petens ; pelagoque alius trahit humida lina.* Les Grecs ont usé de même de *vives*, en cette signification : & ce mot se trouve dans Homère. *Linearius*, dans les Glofes d'Isidore, est interprété *retiarius*. M.
LIGNE. Voyez *lignier*. M.
LIGNE. Il signifie *race*, & vient de *linea*. Un Auteur incertain, de *Episcopis Salisburgenibus*, qui est dans le premier volume de Canisius : *De regali secundum carnem egregius Linea*. Les Glofes : *Linea* : *supp* *vives* la ligne de la race. Paulus Diaconus, dans son Histoire des Lombards, liv. 2. ch. 9. *Longobardorum faras, hoc est generationem, vel lineas*. Cafeneuve.
LIGNE. Voyez *lignage*. M.
LIGNEUL. Les Cordonniers appellent ainsi le fil dont ils se servent pour coudre les souliers. De *lineolum*, fait de *linum*. M.
LIGNIER. Vieux mot inuité, qui signifioit le lieu où l'on met le bois. Une Chartre de 1445. cité par M. du Cange : *Et encore vous dois une autre charrette garnie de quatre bours, pour aider à charrier le bois de vostre lignier de nouvel*. De *lignarium*. Les Glofes anciennes : *lignarium*, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, 2030, 2031, 2032, 2033, 2034, 2035, 2036, 2037, 2038, 2039, 2040, 2041, 2042, 2043, 2044, 2045, 2046, 2047, 2048, 2049, 2050, 2051, 2052, 2053, 2054, 2055, 2056, 2057, 2058, 2059, 2060, 2061, 2062, 2063, 2064, 2065, 2066, 2067, 2068, 2069, 2070, 2071, 2072, 2073, 2074, 2075, 2076, 2077, 2078, 2079, 2080, 2081, 2082, 2083, 2084, 2085, 2086, 2087, 2088, 2089, 2090, 2091, 2092, 2093, 2094, 2095, 2096, 2097, 2098, 2099, 2100, 2101, 2102, 2103, 2104, 2105, 2106, 2107, 2108, 2109, 2110, 2111, 2112, 2113, 2114, 2115, 2116, 2117, 2118, 2119, 2120, 2121, 2122, 2123, 2124, 2125, 2126, 2127, 2128, 2129, 2130, 2131, 2132, 2133, 2134, 2135, 2136, 2137, 2138, 2139, 2140, 2141, 2142, 2143, 2144, 2145, 2146, 2147, 2148, 2149, 2150, 2151, 2152, 2153, 2154, 2155, 2156, 2157, 2158, 2159, 2160, 2161, 2162, 2163, 2164, 2165, 2166, 2167, 2168, 2169, 2170, 2171, 2172, 2173, 2174, 2175, 2176, 2177, 2178, 2179, 2180, 2181, 2182, 2183, 2184, 2185, 2186, 2187, 2188, 2189, 2190, 2191, 2192, 2193, 2194, 2195, 2196, 2197, 2198, 2199, 2200, 2201, 2202, 2203, 2204, 2205, 2206, 2207, 2208, 2209, 2210, 2211, 2212, 2213, 2214, 2215, 2216, 2217, 2218, 2219, 2220, 2221, 2222, 2223, 2224, 2225, 2226, 2227, 2228, 2229, 2230, 2231, 2232, 2233, 2234, 2235, 2236, 2237, 2238, 2239, 2240, 2241, 2242, 2243, 2244, 2245, 2246, 2247, 2248, 2249, 2250, 2251, 2252, 2253, 2254, 2255, 2256, 2257, 2258, 2259, 2260, 2261, 2262, 2263, 2264, 2265, 2266, 2267, 2268, 2269, 2270, 2271, 2272, 2273, 2274, 2275, 2276, 2277, 2278, 2279, 2280, 2281, 2282, 2283, 2284, 2285, 2286, 2287, 2288, 2289, 2290, 2291, 2292, 2293, 2294, 2295, 2296, 2297, 2298, 2299, 2300, 2301, 2302, 2303, 2304, 2305, 2306, 2307, 2308, 2309, 2310, 2311, 2312, 2313, 2314, 2315, 2316, 2317, 2318, 2319, 2320, 2321, 2322, 2323, 2324, 2325, 2326, 2327, 2328, 2329, 2330, 2331, 2332, 2333, 2334, 2335, 2336, 2337, 2338, 2339, 2340, 2341, 2342, 2343, 2344, 2345, 2346, 2347, 2348, 2349, 2350, 2351, 2352, 2353, 2354, 2355, 2356, 2357, 2358, 2359, 2360, 2361, 2362, 2363, 2364, 2365, 2366, 2367, 2368, 2369, 2370, 2371, 2372, 2373, 2374, 2375, 2376, 2377, 2378, 2379, 2380, 2381, 2382, 2383, 2384, 2385, 2386, 2387, 2388, 2389, 2390, 2391, 2392, 2393, 2394, 2395, 2396, 2397, 2398, 2399, 2400, 2401, 2402, 2403, 2404, 2405, 2406, 2407, 2408, 2409, 2410, 2411, 2412, 2413, 2414, 2415, 2416, 2417, 2418, 2419, 2420, 2421, 2422, 2423, 2424, 2425, 2426, 2427, 2428, 2429, 2430, 2431, 2432, 2433, 2434, 2435, 2436, 2437, 2438, 2439, 2440, 2441, 2442, 2443, 2444, 2445, 2446, 2447, 2448, 2449, 2450, 2451, 2452, 2453, 2454, 2455, 2456, 2457, 2458, 2459, 2460, 2461, 2462, 2463, 2464, 2465, 2466, 2467, 2468, 2469, 2470, 2471, 2472, 2473, 2474, 2475, 2476, 2477, 2478, 2479, 2480, 2481, 2482, 2483, 2484, 2485, 2486, 2487, 2488, 2489, 2490, 2491, 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2658, 2659, 2660, 2661, 2662, 2663, 2664, 2665, 2666, 2667, 2668, 2669, 2670, 2671, 2672, 2673, 2674, 2675, 2676, 2677, 2678, 2679, 2680, 2681, 2682, 2683, 2684, 2685, 2686, 2687, 2688, 2689, 2690, 2691, 2692, 2693, 2694, 2695, 2696, 2697, 2698, 2699, 2700, 2701, 2702, 2703, 2704, 2705, 2706, 2707, 2708, 2709, 2710, 2711, 2712, 2713, 2714, 2715, 2716, 2717, 2718, 2719, 2720, 2721, 2722, 2723, 2724, 2725, 2726, 2727, 2728, 2729, 2730, 2731, 2732, 2733, 2734, 2735, 2736, 2737, 2738, 2739, 2740, 2741, 2742, 2743, 2744, 2745, 2746, 2747, 2748, 2749, 2750, 2751, 2752, 2753, 2754, 2755, 2756, 2757, 2758, 2759, 2760, 2761, 2762, 2763, 2764, 2765, 2766, 2767, 2768, 2769, 2770, 2771, 2772, 2773, 2774, 2775, 2776, 2777, 2778, 2779, 2780, 2781, 2782, 2783, 2784, 2785, 2786, 2787, 2788, 2789, 2790, 2791, 2792, 2793, 2794, 2795, 2796, 2797, 2798, 2799, 2800, 2801, 2802, 2803, 2804, 2805, 2806, 2807, 2808, 2809, 2810, 2811, 2812, 2813, 2814, 2815, 2816, 2817, 2818, 2819, 2820, 2821, 2822, 2823, 2824, 2825, 2826, 2827, 2828, 2829, 2830, 2831, 2832, 2833, 2834, 2835, 2836, 2837, 2838, 2839, 2840, 2841, 2842, 2843, 2844, 2845, 2846, 2847, 2848, 2849, 2850, 2851, 2852, 2853, 2854, 2855, 2856, 2857, 2858, 2859, 2860, 2861, 2862, 2863, 2864, 2865, 2866, 2867, 2868, 2869, 2870, 2871, 2872, 2873, 2874, 2875, 2876, 2877, 2878, 2879, 2880, 2881, 2882, 2883, 2884, 2885, 2886, 2887, 2888, 2889, 2890, 2891, 2892, 2893, 2894, 2895, 2896, 2897, 2898, 2899, 2900, 2901, 2902, 2903, 2904, 2905, 2906, 2907, 2908, 2909, 2910, 2911, 2912, 2913, 2914, 2915, 2916, 2917, 2918, 2919, 2920, 2921, 2922, 2923, 2924, 2925, 2926, 2927, 2928, 2929, 2930, 2931, 2932, 2933, 2934, 2935, 2936, 2937, 2938, 2939, 2940, 2941, 2942, 2943, 2944, 2945, 2946, 2947, 2948, 2949, 2950, 2951, 2952, 2953, 2954, 2955, 2956, 2957, 2958, 2959, 2960, 2961, 2962, 2963, 2964, 2965, 2966, 2967, 2968, 2969, 2970, 2971, 2972, 2973, 2974, 2975, 2976, 2977, 2978, 2979, 2980, 2981, 2982, 2983, 2984, 2985, 2986, 2987, 2988, 2989, 2990, 2991, 2992, 2993, 2994, 2995, 2996, 2997, 2998, 2999, 3000 On dit que Herbert Lanier, Fondateur du Prieuré de la Papillaye, près d'Angers, eut un fils, nommé Geoffroy Lanier, & surnommé l'Argévin, parce qu'il étoit d'Angers ; lequel fit bâtir à Paris la rue Geoffroy Lanier, & la rue Geoffroy l'Angévin ; & que ce Geoffroy eut un fils, nommé Roland ; lequel s'étant retiré à Angers, il fit confisurer un Port, appellé de son nom, le Port Lanier, & depuis par corruption, le Port-Lignier, & enfin le Port-Lenné : ce qui paroit peu vraisemblable. Il est vrai néanmoins, que ce Port a été appelé autrefois le Port-Lanier. Ce qui a été remarqué par M. Ménard dans son Histoire MS. d'Anjou, au chapitre de la Description de la Ville d'Angers. Régis Urbis attera de laer et de l'Andégavens, quand vous, par la part de l'Andégavens, le port-Lignier, c'est le lieu où l'on met le bois. Les Glofes anciennes : *lignarium*, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, 2030, 2031, 2032, 2033, 2034, 2035, 2036, 2037, 2038, 2039, 2040, 2041, 2042, 2043, 2044, 2045, 2046, 2047, 2048, 2049, 2050, 2051, 2052, 2053, 2054, 2055, 2056, 2057, 2058, 2059, 2060, 2061, 2062, 2063, 2064, 2065, 2066, 2067, 2068, 2069, 2070, 2071, 2072, 2073, 2074, 2075, 2076, 2077, 2078, 2079, 2080, 2081, 2082, 2083, 2084, 2085, 2086, 2087, 2088, 2089, 2090, 2091, 2092, 2093, 2094, 2095, 2096, 2097, 2098, 2099, 2100, 2101, 2102, 2103, 2104, 2105, 2106, 2107, 2108, 2109, 2110, 2111, 2112, 2113, 2114, 2115, 2116, 2117, 2118, 2119, 2120, 2121, 2122, 2123, 2124, 2125, 2126, 2127, 2128, 2129, 2130, 2131, 2132, 2133, 2134, 2135, 2136, 2137, 2138, 2139, 2140, 2141, 2142, 2143, 2144, 2145, 2146, 2147, 2148, 2149, 2150, 2151, 2152, 2153, 2154, 2155, 2156, 2157, 2158, 2159, 2160, 2161, 2162, 2163, 2164, 2165, 2166, 2167, 2168, 2169, 2170, 2171, 2172, 2173, 2174, 2175, 2176, 2177, 2178, 2179, 2180, 2181, 2182, 2183, 2184, 2185, 2186, 2187, 2188, 2189, 2190, 2191, 2192, 2193, 2194, 2195, 2196, 2197, 2198, 2199, 2200, 2201, 2202, 2203, 2204, 2205, 2206, 2207, 2208, 2209, 2210, 2211, 2212, 2213, 2214, 2215, 2216, 2217, 2218, 2219, 2220, 2221, 2222, 2223, 2224, 2225, 2226, 2227, 2228, 2229, 2230, 2231, 2232, 2233, 2234, 2235, 2236, 2237, 2238, 2239, 2240, 2241, 2242, 2243, 2244, 2245, 2246, 2247, 2248, 2249, 2250, 2251, 2252, 2253, 2254, 2255, 2256, 2257, 2258, 2259, 2260, 2261, 2262, 2263, 2264, 2265, 2266, 2267, 2268, 2269, 2270, 2271, 2272, 2273, 2274, 2275, 2276, 2277, 2278, 2279, 2280, 2281, 2282, 2283, 2284, 2285, 2286, 2287, 2288, 2289, 2290, 2291, 2292, 2293, 2294, 2295, 2296, 2297, 2298, 2299, 2300, 2301, 2302, 2303, 2304, 2305, 2306, 2307, 2308, 2309, 2310, 2311, 2312, 2313, 2314, 2315, 2316, 2317, 2318, 2319, 2320, 2321, 2322, 2323, 2324, 2325, 2326, 2327, 2328, 2329, 2330, 2331, 2332, 2333, 2334, 2335, 2336, 2337, 2338, 2339, 2340, 2341, 2342, 2343, 2344, 2345, 2346, 2347, 2348, 2349, 2350, 2351, 2352, 2353, 2354, 2355, 2356, 2357, 2358, 2359, 2360, 2361, 2362, 2363, 2364, 2365, 2366, 2367, 2368, 2369, 2370, 2371, 2372, 2373, 2374, 2375, 2376, 2377, 2378, 2379, 2380, 2381, 2382, 2383, 2384, 2385, 2386, 2387, 2388, 2389, 2390, 2391, 2392, 2393, 2394, 2395, 2396, 2397, 2398, 2399, 2400, 2401, 2402, 2403, 2404, 2405, 2406, 2407, 2408, 2409, 2410, 2411, 2412, 2413, 2414, 2415, 2416, 2417, 2418, 2419, 2420, 2421, 2422, 2423, 2424, 2425, 2426, 2427, 2428, 2429, 2430, 2431, 2432, 2433, 2434, 2435, 2436, 2437, 2438, 2439, 2440, 2441, 2442, 2443, 2444, 2445, 2446, 2447, 2448, 2449, 2450, 2451, 2452, 2453, 2454, 2455, 2456, 2457, 2458, 2459, 2460, 2461, 2462, 2463, 2464, 2465, 2466, 2467, 2468, 2469, 2470, 2471, 2472, 2473, 2474, 2475, 2476, 2477, 2478, 2479, 2480, 2481, 2482, 2483, 2484, 2485, 2486, 2487, 2488, 2489, 2490, 2491, 2492, 2493, 2494, 2495, 2496, 2497, 2498, 2499, 2500, 2501, 2502, 2503, 2504, 2505, 2506, 2507, 2508, 2509, 2510, 2511, 2512, 2513, 2514, 2515, 2516, 2517, 2518, 2519, 2520, 2521, 2522, 2523, 2524, 2525, 2526, 2527, 2528, 2529, 2530, 2531, 2532, 2533, 2534, 2535, 2536, 2537, 2538, 2539, 2540, 2541, 2542, 2543, 2544, 2545, 2546, 2547, 2548, 2549, 2550, 2551, 2552, 2553, 2554, 2555, 2556, 2557, 2558, 2559, 2560, 2561, 2562, 2563, 2564, 2565, 2566, 2567, 2568, 2569, 2570, 2571, 2572, 2573, 2574, 2575, 2576, 2577, 2578, 2579, 2580, 2581, 2582, 2583, 2584, 2585, 2586, 2587, 2588, 2589, 2590, 2591, 2592, 2593, 2594, 2595, 2596, 2597, 2598, 2599, 2600, 2601, 2602, 2603, 2604, 2605, 2606, 2607, 2608, 2609, 2610, 2611, 2612, 2613, 2614, 2615, 2616, 2617, 2618, 2619, 2620, 2621, 2622, 2623, 2624, 2625, 2626, 2627, 2628, 2629, 2630, 2631, 2632, 2633, 2634, 2635, 2636, 2637, 2638, 2639, 2640, 2641, 2642, 2643, 2644, 2645, 2646, 2647, 2648, 2649, 2650, 2651, 2652, 2653, 2654, 2655, 2656, 2657, 2658, 2659, 2660, 2661, 2662, 2663, 2664, 2665, 2666, 2667, 2668, 2669, 2670, 2671, 2672, 2673, 2674, 2675, 2676, 2677, 2678, 2679, 2680, 2681, 2682, 2683, 2684, 2685, 2686, 2687, 2688, 2689, 2690, 2691, 2692, 2693, 2694, 2695, 2696, 2697, 2698, 2699, 2700, 2701, 2702, 2703, 2704, 2705, 2706, 2707, 2708, 2709, 2710, 2711, 2712, 2713, 2714, 2715, 2716, 2717, 2718, 2719, 2720, 2721, 2722, 2723, 2724, 2725, 2726, 2727, 2728, 2729, 2730, 2731, 2732, 2733, 2734, 2735, 2736, 2737, 2738, 2739, 2740, 2741, 2742, 2743, 2744, 2745, 2746, 2747, 2748, 2749, 2750, 2751, 2752, 2753, 2754, 2755, 2756, 2757, 2758, 2759, 2760, 2761, 2762, 2763, 2764, 2765, 2766, 2767, 2768, 2769, 2770, 2771, 2772, 2773, 2774, 2775, 2776, 2777, 2778, 2779, 2780, 2781, 2782, 2783, 2784, 2785, 2786, 2787, 2788, 2789, 2790, 2791, 2792, 2793, 2794, 2795, 2796, 2797, 2798, 2799, 2800, 2801, 2802, 2803, 2804, 2805, 2806, 2807, 2808, 2809, 2810, 2811, 2812, 2813, 2814, 2815, 2816, 2817, 2818, 2819, 2820, 2821, 2822, 2823, 2824, 2825, 2826, 2827, 2828, 2829, 2830, 2831, 2832, 2833, 2834, 2835, 2836, 2837, 2838, 2839, 2840, 2841, 2842, 2843, 2844, 2845, 2846, 2847, 2848, 2849, 2850, 2851, 2852, 2853, 2854, 2855, 2856, 2857, 2858, 2859, 2860, 2861, 2862, 2863, 2864, 2865, 2866, 2867, 2868, 2869, 2870, 2871, 2872, 2873, 2874, 2875, 2876, 2877, 2878, 2879, 2880, 2881, 2882, 2883, 2884, 2885, 2886, 2887, 2888, 2889, 2890, 2891, 2892, 2893, 2894, 2895, 2896, 2897, 2898, 2899, 2900, 2901, 2902, 2903, 2904, 2905, 2906, 2907, 2908, 2909, 2910, 2911, 2912, 2913, 2914, 2915, 2916, 2917, 2918, 2919, 2920, 2921, 2922, 2923, 2924, 2925, 2926, 2927, 2928, 2929, 2930, 2931, 2932, 2933, 2934, 2935, 2936, 2937, 2938, 2939, 2940, 2941, 2942, 2943, 2944, 2945, 2946, 2947, 2948, 2949, 2950, 2951, 2952, 2953, 2954, 2955, 2956, 2957, 2958, 2959, 2960, 2961, 2962, 2963, 2964, 2965, 2966, 2967, 2968, 2969, 2970, 2971, 2972, 2973, 2974, 2975, 2976, 2977, 2978, 2979, 2980, 2981, 2982, 2983, 2984, 2985, 2986, 2987, 2988, 2989, 2990, 2991, 2992, 2993, 2994, 2995, 2996, 2997, 2998, 2999, 4000 Aginghys, Lanerius : quem scilicet stratum ex anno 1392. docemur e Conclusionibus rerum publicarum aliquot, quas vidimus. Dans les Comptes de Pierre le Bouteillier, Receveur d'Anjou, qui fuifent en 1474. Ce Port est aussi appelé Port-Lanier. A James Louis, Confeiter du Roy de Sicile, & Tréforier d'Anjou, jour le louage d'une maison du Port-Lanier, où est a présent l'un des poix duis Seigneur. C'est dans le Compte des années 1463. & 1464. Ces Comptes font aujourd'hui entre les mains de M. de Créty de la Mabiliere, Procureur du Roi au Siège Prédial d'Angers, Venerum ad pofernam Boleti : c'est la Porte-de-fer, pres la Fontaine Frie de Boulet : laquelle Fontaine a été ainsi appelée de Podium Boleti : comme Pie du Faux, ou Pie du Fou, de Podium fagi : je non pas, comme dit Hret, après Bourdigné, de Fontaine Bouchante. Dans l'inventaire des Chartres du Roi, au Titre d'Anjou, nombre 55. Le Portail du Puy de Bolet. Il y a ensuite dans ce titre du Ronceau : Ilique scidit unis eorum, alter vero per vicum, qui est a dextra parte propinier Ubi, iura domum Giraldi Calvelli, ad Portum lignorum. Bourdigné, au chapitre 14. de la 1. partie de les Annales d'Anjou : Quand les Bretons eurent paffe le Port & les Arches de Maine, ils vindrent a une des Portes de la Ville, qui lors est fait : laquelle de présent l'on appelle la Porte-Chapelle : & de la, sur la rive du fleuve de Maine, s'y pardient en la place ; laquelle, pour l'abondance du bois & buche qui y son, l'on appelle le Port Lignier. Je conclus de tout ce discours, que ce Port-Ligne a été appelé originellement Le Port-Lignier, ou le Port-Lignier, de Portus lignarius, en prononçant lignari-s l'italienne ; que de Port-Lignier, on a dit ensuite Port-Lanier : & qu'on a dit enfin Port-Lanier : ou par le changement de LE, en A, ou a cause de quel- 122 LIG. LIL. LIM. quelque personne du nom de Lanier, qui avoit fait quelques réparations à ce Port. M.
LIGUE. Du Latin-barbare liga, formé du verbe ligare. Nous disons lier une partie, pour dire faire une espèce de confédération. Grégoire de Tours liv. 9. de son Histoire de France chap. 10. Inter pafatos reges pura & simplex, id est, in nomine Domini, concordia inligata. De-la on a fait liga. Albertus Argentinensis, ad an. 1338. Inter Principem & Franum interpofitis juramentis, & confektiis Listeris, Liga perpetua est firmata. Gerard Voffius De Vitis Sermonis liv. 3. chap. 10. Liga vinculum; faderatio nempe, a ligando dicta. Caſeneuve.
LIGUE. Du Latin-barbare liga, mot de même signification: ainsi dit à ligando. Voyez Voffius & M. du Cange. M. LIHONS en Santerre, petite ville de Picardie. A l'antique, pour les Hommes... comme font nommés en France plusieurs lieux qui tiennent lieu de Paroiffes. Dans le supplément au Traité des Aydes, Paris 1643. in 8°. Le Duchat.
LILAS. Arbriffeau. Les Flamans prononcent lillae. Voyez Dodonée. Ce qui me fait croire que cet arbriffeau a été ainsi appellé de liliacum, à cause du rapport de son odeur avec celle du lis. Mais nonobstant cette etymologie, il faut dire lilas. Et lilas, conformément à l'analogie, pourroit bien avoir été fait de liliaceum, ou de liliacum. M.
L'ILLEBONNE. Ville du pays de Caux en Normandie. Sigebert Orderic Vital, Turnébe, & Papirius Maſſo, appellent cette ville Juliobona. M. de Valois, dans la Notice, prétend qu'ils se font tous trompés, & que l'illebonne est lilebona. Voyez ses rations. M.
LIMAÇON. Limax, limacis, limacius, limario limacovis, limazione, LIMAÇON. M.
LIMAGNE. Partie de l'Auvergne. Scaliger, dans son premier Scaligerana: ARVERNIUM, Auvergne. Dictilitar la montanum & planum. Planum, dicitur Alimania: quod nomen jam obtinebat tempore Gregorii Turonensis. Scaliger s'est trompé; ce qui a été remarqué par M. de Valois dans la Notice des Gaules, au mot Arverni, en ces termes: Ex his apparet, Josephum Scaligerum faliò ſcripiſſe, planum Arvernium Alimaniam dici, & jam inde ab arate Gregorii Turonici ita diclam eſſe. Quippe pars tantum plana Arvernia vocata est olim Lemone: & nunc dicitur Limania, non Alimania. M.
LIMANDE. Poifſon. L'origine de ce mot ne m'est pas conique. M.
LIMANDE. Rondelet appelle ce poifſon paſſer aſſer; à cause de la peau rude à peu près comme du chagrin: & c'est de-la que vient le nom de limande, dans la signification d'une espèce de lime. Timande, au chap. 18. des Contes de Bonav. des Peiers, est une eſpécée de bâton quarré, à l'usage des menuiſiers. Le Duchat.
LIMBES. Le lieu où l'on dit que font les enfants non baptisés. De limbi; comme qui diroit, le bord du Paradis, & celui de l'Enfer. Voyez Mathias Martinius & M. du Cange, dans leurs Gloſaires. M.
LIMESTRE. Serge de limestre. Rabelais 4. 6. De la toſon de ces moutons, ſeront faits les fins draps de Rouen. Les louſchets des balles de Limestre, au prix d'elle ne font que bourre. Renier, dans la fameuse Macette: Combien, pour avoir mis leur honneur en ſequeſtre, Ont-elles en velours eſchangé leur limestre? On dit que les Serges de limestre ont été ainsi appelées du nom de celui qui en a fait le premier: ce qui est dit ſans preuve. Ce ſont Serges drapées, croiſées, qui ſe font aujourd'hui à Rouen, & à Darnetal proche de Rouen; & qui ſe faisoient auſſi autrefois en Eſpagne. Et elles ſe font de fine laine d'Eſpagne. M.
LIMIER. Chien. Nicot: On le peut tirer le limen, Grec Latinife, qui ſignifie port, demeure, ſtation: quia veſtigando, indagandoque, e cubitibus feras eliminat; id est, expellit, detrudit, emovet: ayant dit Ennius: Medea, quod ſic extra xdes eliminatur: & Accius, Phanicis: Egredere, exi, eſſer te, elimina urbe: & Horace: Ne hidos inter amicos Sit, qui dicta foras eliminet. Il vient de liminarius; parce que c'est le limier qui commence la chaſſe, & qui fait partir la bête. Cette étymologie a été remarquée par François Pithou dans le Pithaana. M.
LIMITROFE. De limitrophus; qui a été dit, par contraction, pour limitotrophus. Fundus limitotrophus, ſignifie une terre deſtinée à la nourriture des ſoldats qui ſont ſur la frontiere. Voyez Cujas ſur le Titre au Code de Fundis limitrophis. Depuis, ce mot limitrophus, a été pris, par abus, pour limitaneus, comme l'a remarqué Cujas ſur la Loi 13. au Code de Fundis Patrimonialibus. Voici ses termes: Legendum limitotrophos, non limitrophos. Cujus verbi vitium pervenit ad Gallos, qui fundos in limitibus, conſtitutos vocant limitrophos. Iidem etiam, ignorantia ſignificationis Latina, adnotationis & protocolli appellationibus utuntur perperam. M.
LIMOGE. Ville: capitale du Limouſin. Bodin, livre v. de la République, dit que la province de Limoge a été ainsi appelée du mot Grec Iiſſis. LIMOGIA: ſic enim incula pronuntiant: verbo plane Graco: non quidem, maſſa viſi Iiſſis, cum in montibus poſſa ſic, & ſalutaribus aquis uſquequaque irrigua, ſed maſſa viſi Iiſſis: quia ſame interire propter agri ſterilitatem, aut aliunde frumentum advehere, neceſſe eſt. Mon ſavant compatriote n'a pas bien rencontré en cette étymologie. Limoge a été fait de Lemovicia, fait de Lemovix. M.
LIMON. LIMONADE. Le limon est une eſpèce de citron. Et ce mot limon, est un augmentatif de lima. Et le mot de lima est un mot Eſpagnol qui ſignifie petit-limon. Limas dolces de Valencia. C'est le cri que font à Madrid, & dans les autres villes d'Eſpagne, les vendeurs de limons. Et l'Eſpagnol lima, a été fait de l'Arabe lim, mot de même ſignification que lima. De lima, les Eſpagnols ont fait limon, & les Italiens limone, & les Latinſeurs Botanifles, limo limonis. De limone, les Italiens ont fait limonata, & les Eſpagnols limonada: d'où nous avons fait LIMONADE. Et de limonade, nous avons fait LIMONADIE, pour ſignifier un venacur de limonade: qui est un mot L I M. L I N. nouveau dans notre langue ; les Limonadiers n'ayant été établis à Paris, que sous le Ministère du Cardinal Mazarin. ¶ Toutes les étymologies du mot limon, d'un certain Ferrari, auteur du li- vre intitulé les Hesperides, sont ridicules : & elles ne méritent pas d'être ici rapportées. M.
LIMONADE. Voyez limon. M.
LIMONIER. Cheval limonier. C'est le che- val qui est au limon. Et limon, en cette significa- tion, c'est le devant d'un brancar, d'un chariot, ou d'une charette, où est attelé le cheval qui por- te une selle, laquelle est appellée selle à limons. Il y a apparence que ce mot limon a été dit pour ti- mon, par le changement de T en L. Voyez Nicot. M.
LIMOSINAGE. Toute Maçonnerie faite de motion à bain de mortier, & dressée au cordeau avec parements bruns : à laquelle les Limousins travaillent ordinairement dans les fondations. On l'appelle aussi Limosinier. Et c'est ce qui peut être signifié dans d'itrume par le mot empaction. Ce sont les termes de Daviler dans son Explication des ter- mes d'Architecture. M.
LINCEUL. De linteolum. M.
LINGE. De linium ; dit pour linum : com- me cavia, pour cavea. ¶ Linum, linum, LINGE. M.
LINGE. Vieux mot François, inuisté, qui si- gnifie mince, délié. Dans le Roman du petit Jean de Saintré, chapitre 1. Combien que sa personne ef- toit & fut toujours linge & menu. Et chapitre 5. Deux paires de fins draps linges. Mehun dans sa Re- montrance de Nature : Car son sens est trop nud & linge : Si me contrefait comme un singe. Gaston de Foix, dans son Miroir de la Chasse, page 5. Fureur ira coucher en son lit, en beaux draps frais & linges. Ce mot est encore en usage en cette signification dans le Languedoc & dans la Provence. M. LINGE : pour mince, délié. Ce mot est aussi en usage en ce sens dans le patois Messin. Linge, en cette signification, ne viendrait-il pas de le- mis, au sens que lene vinum s'est dit d'un vin dé- licat. Le Duchat.
LINGOT. De lingua. Lingua, linum, par métadienne : linotum, LINGOT. M.
LINON. Sorte de toile fine. De linum. On dit aussi linomple. M.
LINOT. C'est une tête de linot. Cela se dit d'un homme de peu de sens. Le linot, ou la linote, est un oiseau qui a la tête fort petite : & ceux qui l'ont telle, ont ordinairement peu de cervelle & d'es- prit. Quand donc on dit, grosse tête, & peu de sens ; ou c'est une façon de parler par antiphrase; ou il le faut entendre d'une grosseur extérieure & charnue, comme il se voit aux bœufs & aux au- tres botes, qui par cette raison sont toujours pen- chées vers la terre ; & non de la grandeur du cra- ne qui contient beaucoup de cervelle, & où les esprits agissent avec plus de liberté, comme on le voit aux hommes. Pronâque cum specient animalia carteria terram, Os homini sublime dedit, culumque tueri Jussit, & erectos ad sidera tollere vultus. De Brieux, Orig. de quelques Coutumes ancien- nes. *
LINOTE. Oiseau. On ne convient pas de l'étymologie de ce mot. Pierre Belon, soi disant du Mans, quoiqu'il eût pris naissance à la Soul- letierre, proche le Bourg de Fouilletourte, com- me il le dit lui-même au chapitre 7. du livre 1. de ses Voyages, a parlé de cette étymologie, en ces termes, qui sont du chapitre 16. du livre VII. de son Histoire des Oiseaux : Notre vulgaire a nommé cest oysaeu, ou pour la semence de lin, pour ce qu'elle est de la couleur, ou pour ce qu'elle le man- ge sur son herbe. Mais on la nourrit communément de semence de navette : & pour ce qu'elle a le bec trop petit, ne vit pas bien de chenevis. Il y en a qui ai- ment mieux donner étymologie à la linote de la lai- ne, & dire leinote, d'autant qu'elle remboure fort bien son nid de laine. C'est à ceste-cy à quoy nous ac- restons. Jules Scaliger, sur l'Histoire des animaux d'Aristote, page 1060. a suivi l'opini 70 de ceux qui ont cru que la linote avoit été ainsi appellée parce qu'elle vit de graine de lin : Que vusgo in Galitis, quod lini semine delectetur; quamquam & canabino & rapino alatur; linote vocatur. M. de Voiture le dérive de lino. Ne croyez-vous pas, dit- il, dans une de ses Lettres à M. Costar; qui est la 125. des Entretiens de M. Costar & de M. de Voiture, que ce mot de linote peut venir de lino ? Je n'en jay pas l'accent, mais je jay bien que c'est à dire une chanson. Il n'est pas vrai que lino signifie une chanson : mais il est vrai que lino, dans le Le- xicon des mots d'Herodote, est interprété par corde de lyre, & par nom de chanson. Robert Etien- ne, dans son Dictionnaire François, a écrit qu'u- ne linote s'appelle en Latin ligurinus, selon le té- moignage de Budée : car c'est ce que veut dire son B. Et Nicot, dans son Trésor de la Langue Fran- çoise, a parlé de la linote en ces termes : LINOTE : Nomen avis. Ligurinus, spinus, acanthis : spinam enim appetit ut carduelus. Dicitur & ligurinus. Aliis quibus hac non placent, linaria vocatur : nimirum à lini semine. Sum qui etiam agithum vocent. Fédé- ric Morel, Professeur du Roi, dans son petit Di- ctionnaire François-Latin, dit aussi qu'une linote est nommée en Latin, ligurinus. Et comme ce mot Latin vient du Grec 2000, qui signifie celui qui chante mélodieusement, & que dans nos provinces d'Anjou & du Maine, nous disons un linot, & non pas une linote, j'ai cru autrefois que ces mots de linot & de linote, avoient été faits de ligurinus, de cette manière : ligurinus, ligurinosus, linotus, LINOT, LINOTE. Mais n'ayant trouvé ligurinus, en cette signification, dans aucun Auteur ancien, j'ai changé d'avis : & je crois présentement, avec Scaliger, que la linote a été ainsi appellée à cause qu'elle vit de graine de lin. C'est aussi l'étymolo- gie que donne de ce mot M. du Cange. Voici ses termes : LINOT : avicula sic dicta, quod in linartis versetur. Et ce qui me confirme tout-à-fait en cette opinion, c'est que les Ecossols appellent une lino- te linariere : qui est comme qui diroit linaria : lin, en Ecossols, signifie du lin : & que les Alle- mans l'appellent flache-fink : mot composé de flache, qui signifie du lin ; & de fink, qui signifie pinfon ; comme qui diroit, pinfon de lin ; ou parce que la linote vit de lin, ou parce qu'elle habite dans les linieres. Les Allemaas appellent de même un chardonneret disfel-fink : mot composé de disfel, qui signifie chardon ; & de fink, qui signifie pinfon, comme il vient d'être remarqué ; comme qui di- Qij roit, plesus de chardon : parce que le chardonne- ret vit de graine de chardon, Voyez chardonne- ret. On parce qu'il se plait sur les chardons : d'où vient que les Allemands l'appellent aussi dissi-curig : moi composé de dissi, qui signifie chardon, com- me il vient d'être remarqué ; & de curig, qui fi- gnifie romain. M.
LINTSAU. Pièce de bois, pour fermer le haut d'une oreille ou d'une porte sur ses piédroits. Virtue l'appelle limen superius : ce qui me fait croire que ce mot a été formé de limen, de cette ministre : limen liminis, liminus, liminicus, lin- ine, liminibus, LINTIAU. ¶ De limen, les Espagnols dut aussi fait lumbré, pour le feuil de la porte. Limen, liminis, liminale, luminale, luminale, lum- rale, LUMBRAL. M.
LION. Animal. On fait que ce mot vient du Latin leo ; & le Latin leo, du Grec hion. Mais Wachter prétend après le P. Pearson, que le Latin leo & le Grec hion, sont d'origine Celtique. Voici comme il s'explique dans son Glossarium Germani- cum, pag. 774. Law, leo, hion. Vox Celtica. Cam- bris llew, Anglo-Saxonibus leo, Francis louuuo, Serabis law. Notigerus, Psal. LIII. Louuuo fone Judon chunne, leo de tribu Juda. Cum lewa Ar- moricis sit devorare, teste Petzonio in Celticis, pag. 397. & hlewan Anglo-Saxonibus mugire, boare, apud Lexicographos, & luon Francis rugire, apud Lipsium in Glossis, qua singula leoni conveniunt : hinc fortè Delisimo Abbati Gallico haud malè ceci- dit conjectura, dum nomen animalis Gracum & La- tinum iis vocibus accenset qua è lingua Celtica de- sumpta sunt. Nulla enim ratio est cur vox à lingua putetur aliena, qua originem ejus custodit ; aut cur propria sit iis linguis, in quibus nullum origini nec cognationis vestigium deprehenditur. Nam quid Per- plyrius leones dictet vult à his video, quid visu sint acerrimo, jejunum est, & lyncibus magis, qu- rum oculi in proverbium abierunt, quam leonibus, congrum. Quis non videt, leonem reilius & con- ciuntis à devorando vel rugiendo, quam à Spellando appellari ? Quamvis enim leones satiati sint innuxii, hominem tamen appetunt in sometta, quando vires ad persequendas feras non superant, & in same etiam juniores. Tunc enim obsident urbes : eaque de causa crucifixos vidisse se cum Scipione in Africa Polybus apud Plinium refert, quid ceteri meru pana similis absterreantur eadem max. Quari potest qui fiat ut Germanis vocabulum demi nascatur, cum in Germa- nia nulli sint leones, nec forte unquam extiterine ? Et quibus auctoribus ad Graces & Latinos pervene- rint ? Respondeo Germanos non semper imitari exti- ros in animalibus denominandis, sed interdum li- bentius suis uti vocabulis, sive apud se natis, sive à majoribus traditis. Sic simiam vocant affe, quam- vis bestiam Africanam, & elephantum helfant, quamvis bellam Orientis. Verum hac vocabula qui- bus antiquitus utimur in Germania, non omnia apud nos nata sunt, sed partim Phrygos habent autores, partim etiam Gallo-Graces. Phrygos enim lingua ufos afio Germanica simili, jam sape attendimus. De Gallo-Gracis idem testatur S. Hieronymus in Prof. ad lib. 11. Comment. ad Galatas. Quid obstat ut nomen leonis à Phrygibus profeminatum sit in Gracia & Latio, ut nion & canis, teste Platone in Cra- lyle ? Quamvis enim in Phrygia non sint leones, fosse tamen in Gracia, inter Aebolium Neftumque ontes, verbus profanioris iis quo Africa aut Syria gignunt, Plinius ex Aristuele tradit, lib. VIII. cap. 18. *
LION. Golfo de Lion. C'est ainsi qu'on appelle par corruption un grand golfe de la Méditerranée qui est entre l'Espagne, le France & l'Italie ; au lieu que l'on devrait dire le GOLFE DU LION, Sims Leonis, & non pas Sims Lugdunensis. La Ville de Lyon n'a rien de commun avec ce Golfe, dont elle est si éloignée, puisqu'elle est sur le Rhô- ne à plus de soixante lieues de son embouchure, même en comptant pour rien les-détours qu'il fait en serpentant de-là jusqu'à la mer. M. l'Abbé de Longuerue, dans sa Description de la France, part. 1. pag. 255. remarque que le Golfo de Lion a été ainsi nommé à cause des grandes tempêtes dont il est fréquemment agité, & des bas-fonds qu'on trouve à ces côtes-là, qui font périr les valissaux qui y abordent, ou qui y font portés par la tempête : de sorte que l'on compare la cruau- té de cette mer orageuse & dangereuse, qui en- gloutit ceux qui y navigent, à celle d'un lion dé- vorant. Plusieurs Auteurs ont très-bien expliqué ce mot-là. Je me contenterai de citer Guillaume de Nangis, qui vivait, il y a plus de quatre cens ans, & qui dit dans la Vie de S. Louis, que cette mer du Lion est ainsi nommée parce qu'elle est toujours agitée, orageuse & cruelle. Mare Leonis ideo sic nuncupatur quid est semper asperum, flui- tusum, & crudele. Les Espagnols l'appellent par cette raison Golfo Leone. Cette origine paroît certaine. *
LIPERQUAM. Le Verger d'Honneur, &c. fol. c. III. 1º. Parmy la Ville, & du long des Fauxbours, Chacum vouloir trancher du Liperquam. Mais on n'y fut seulement que trois jours, Qui ne vînt pas bien secundum Lucam. Le Duchat.
LIPPE. LIPPU. Sylvius, dans son l'agoge, pag. 18. Labiolus, lipu, vel lippu : vitio oculis pro- prio ad labra traduito ; qualiter fauces fame lippire dixis Plautus. Vel potius lypu, à hom, id est tristitia, qua pueres plerabundos facit labiolos : unde, faire la lype, pro tristati, & labra exerere, Galli dicunt. Ces deux étymologies sont tout-à-fait ridicules. Lippe vient de l'Alleman ou du Flaman lep, ou lip, qui signifient la même chose. Voyez M. de Saumalfe, dans son de Hellenistica, pag. 396. ¶ De lippe, les Latiniseurs ont fait lipata, dont nous avons fait lipée, vieux mot, mais qui est en- core en usage dans cette façon de parler provre- biale, franche-lipée. M. Huet croit que l'Alleman & le Flaman lip, ont été faits du Latin labium. M.
LIPPE. Le mot Teutonique qui signifie lévre, & d'où vient le François lippe ou lipe, se trouve en plusieurs Dialectes Teutoniques. En Anglo- Saxon, c'est lippa ; en ancien Franc lep, lipp ; en Alleman, en Flaman & en Anglois, lip ; en Suédois lipp. Les Bas-Bretons aussi disent lap & lipp, & les Persans lib, dans le même sens. Tout cela me fait croire que ce mot est d'origine Celtique, & qu'il ne vient pas du Latin labium. *
LIRIPIPION. Quelques-uns appellent ainsi le chaperon des Docteurs. Rabelais, liv. 1. ch. 18. L I R. L I S. L I S. L I T. Maistre Jumeux, tendus à la Cissartine, vestu de son lyripipium à l'antique. Et au liv. 2. ch. 7. Lyripipii Serbonici moralisarianes per M. Lupolium. C'est un mot Latin-Barbare, qui a été fait du Flaman lieropipe. Voyez Voissus de Vitis Sermonis, pag. 238. & dans l'Appendice, pag. 807. M. L I R P I P I O N. Les Epières Obscur. Vir. vol. 2. fol. 5. de l'édit. de 1556. Et obviuerunt nobis duo viri, qui apparuerunt satis bonesti quantum ad aspectum : & habuerunt nigras tunicas & magna caputia cum liripipii suis : Et dans la lettre xvi. de la seconde partie, même édition : Est autem habitus magisterum nostrorum, sicut scitis, caputium magnum cum liripipio. Becman n'est pas du sentiment de M. Ménage, sur l'origine de ce mot. Cleropepium, dit-il, pag. 537. de ses Origines Latines, id est singulare ornamentum ordinis Clerici, quod nunc corruptium liropipium peplum & peplus, ex Grace oron & : at xvi & . id est, sors, clerus. Le Duchat. L I R O N. De lirone, ablatif de lire lironis, fait de glis gliris. Les Espagnols, disent comme nous, licen ; & les Italiens, ghire. M. L I S E R O N. Voyez liste. M. L I S E T. Fleur. C'est le convolvulus ; autrement, volubilis, & campanella; en François, de la veillée. Il a été appellé liste, à cause de la ressemblance aux lis. Pline, dans son chapitre du lis, qui est le 5. du livre 21. Est si so, non dissimilis illi, in herba quam convolvulum vocant, nascens per fructeia; nullo idore, nec crucis intus, candorem tantum referens, ac veluri natura rudimentum lilia facere condissentis. Le P. Rapin, liv. 1. de son livre de Cultura hortorum : Et tu rumpis humum, & multo te flore profundis ; Qui riguas inter crescis, Convolvule, voles : Dulce rudimentum meditantis lilia quondam Natura, cum sepe opera ad majora parabat. L I S E R O N. est la même fleur que le liste. Et ce mot a la même origine que celui de liste. M. L I S E T. Ver, qui ronge la vigne. Voyez urec. M. L I S E T T E. Nom propre de femme. Diminutif de Liste. M. L I S I E R E. Le bord d'un drap. Il vient de licia, qui font les fils de la trame du Tiferan : dont ce mot a été formé ; comme qui diroit liciaris. Caseneuve. L I S I E R E. Le bord de toute sorte détoffe ; comme de drap, de toile, &c. De liciaris, fait de licia, qui signifie les fils de la trame. Ou plutôt, de liflura, qui se trouve en cette signification dans Mathieu Paris, en la Vie de Henri III. Panni duas ulnas habeant latitudinis infra lifluras. Hoveden, dans la Vie de Richard I. Lanei panni, ubicumque fiant, fiant de eadem latitudine; scilicet, de duabus ulnis infra lifluras. On appelle aussi lisiere le tara, c'est-à-dire, le cordon qui sert à soutenir & à promener les petits enfans. Et on appelle de la sorte, parce que ce cordon se saissit originalement d'une lisiere de drap. J'apprens de Charles Fontaine, liv. 1. de son Art Poétique, ch. 13. & de Pierre Fabri dans son Grand & vrai Art de pleine Rhétorique, qu'on appelloit anciennement lisiere, la mine ou terminalon du vers. M. L I S E E ; d'où l'on a fait lisiere, polir, unir, levigare; vient du Grec &c. levis, glaber. Huet. L I S T E. De liste : que le Glossaire interprète 7000, & d'où Liste dans son épiste 44. de la 3. Centurie de ses Lettres ad Belgas, dictée aussi l'Alleman liste. Scaliger sur le Coça : Sublesa, &c. Sublesa pictura, est tantum primis lineamentis, ac nullis coloribus adumbrata. Eagne Grace dicitur 10000. Liste est 7000, teste ille votere Glossario. Si & hodie linum vulgo vocamus in Gallia. Dilia liste, & lianus ; pint; ut gultum, unibus, spatium; avubi, studium. Hincivum pictura primum, hoc est, ad verbum, sublesa. Inde ad alia translatum, sumitur pro evanido, tenui, languido : ut vinum sublesum. Voyez Voissus de Vitis Sermonis, pag. 238. M. L I S T E. Le Latin-Barbare liste, d'où notre mot liste, & d'où M. de Caseneuve & M. Ménage dérivent aussi le mot litre, vient de l'Alleman liste, qui signifie une bordure, une bande, une bandelette. Les Flamans disent liste. Une liste est une espèce de bande. L I S T E A U, ou L I S T E L. Terme d'Architecture. C'est une petite moulure quarree, qui sert à en accompagner une plus grande, ou à reparer les cannelures d'une colonne : appelée autrement filet, & quarre, dit Daviler. De l'Italien listello, fait de listellum, fait du Latin liste, dans la signification de ligne. Voyez liste. M. L I T de Justice. Par corruption pour Elite justice. Une remonstrance faite en Mars 1571. au Roi Charles IX. par le Parlement de Paris : Sire, votre Cour de Parlement à Paris ... est la Cour des Pairs de France : la Cour des Droits de Régale : la Cour du Domaine de votre Couronne : la Justice Estive, autrement nommée lici de votre Justice. Voyez l'Hist. Chronol. de la Chancelle de France, Paris in-fol. 1676. pag. 154. Le Duchat. L I T A N I E S. De litania ; fait du Grec &c. qui signifie litatio, deprecatio. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. L I T O R N E. Oisean : espèce de grive, décrite par Belon, liv. 9. de son Ornithologie, ch. 34. L'origine de ce mot m'est inconnue. J'ai cru autrefois qu'il pouvait avoir été formé de l'article ancien li, &c. de tordus. Tordus, tordus : d'où l'Italien tordo : tordinus, tornus, torna, LITONNA. La litorne est une espèce de touret. M. L I T R E. C'est la bande, ou ceinture noire qu'on fait dans les Eglises en marque de deuil, après la mort des Seigneurs Justiciers. Elle étoit primitivement appelée liste. Le Dictionnaire François de Robert Erlenne : Liste, Eglise ou chapelle entourée d'une liste ou ceinture de deuil : vittatum templum ; ambitus monumenti vittatus ; vitta lagu- bris. Ce mot vient de *lifta*, qui dans les anciens Auteurs de la moyenne Latinitè, signifie *une bande de une bordure*. Anastase le Bibliothecaire, dans la Vie du Pape Leon IV. *Forts inurus fortis verum* *lineum unam*, *habentam in gyro lifta* *de fudate*. Et ailleurs, *Obrolis voftem rubrum unam*, *habentam in gyro lifta* *de argente*. Leo Marficanus in Chronico Cañonisi, liv. 1. chap. 11. *Tunicam cum lifta antra &640mils auris*, & *lifta antram marginitè insignitum*. Les Espagnols appellent aussi *lifta*, une bande étroite. Je me persuade, volontiers que de *lifta* on fit le diminutif *lifella*, ou *lifela*, duquel nos François ont fait *libre* ou *libre*: comme de *epifola*, *épire*. La Coutume de Loduniois, ch. 5. art. 1. *Il pourra avoir & ruteir liftres à ses armes & armoiries à timbres*, & *autres*, *au-dedans & debots ladite Eglise*. Quoi qu'il en soit, les Siénois, au rapport de Céliz Oudin, en son Trésor des trois Langues, appellent *lifta*, ce que les autres Italiens disent *lifta*. Et en Languedoc, *libre* est une pièce étroite de quoi que ce soit. *Cañonice*.
LIT. M. Hautefere, liv. 3. chap. 3. des Comtes & Ducs de Province, le dérive de *Nirpa*. *Moribus nostris*, *patrones & capitades dominus luges Ecclesia, fascia*, *seu vista funebris*, *schemate*, *genititis distincto flemmetis*, *circumqueque cinctu*: *librem vocitum volgo*. *Satis recens inventum*; & *vix alibi inventum*, *quam in nonnullis Confinetudimibus* (il entend parler de la Coutume de Touraine & de celle de Louduniois). *Vocis eymam à litura duxis Marescallus* (c'est au livre qu'il a fait des Droits Honorifiques, ch. 5.). *Sed spongiâ liturâque verè digna notatio*. *Vero proprius* *libre matricem dixerint Gracum* *Nidops*, *quod circulum & coronam significat*: *unde & Clericorum corona Confiantim in Epifoliad Sylvestrum*, & *Balsamoni*, *nuncam idopa dicitur: nam hujusmodi vista*, *seu limbi genus*, *Ecclesiam ambic corona in speciem*. Ciron est de ce même avis dans ses Observations sur le Droit Canon, liv. 1. ch. 10. où il blâme aussi l'opinion de ceux qui dérivent le mot *libre* de *litura*. Mais M. de Saumalfe, dans son Traité de *Coma*, pag. 105. estime qu'il faut lire dans *Balsamon* *nuncam*, c'est-à-dire, *tunfura Papalis*. *Nam* *folvere capillos infima Latinitas dixit*, *pro* *tondre* & *radere*: ce sont les termes de M. de Saumalfe. ¶ On pourroit dire que *libre* viendroit de l'Italien *lifta*, qui a été dit par les Siénois pour *lifta*. Le Vocabulaire de la Cruïca : *LITTA* : *Senesi ancor lifta*. *Striscia*, *prezo di panno*, *di drappo*, *o d'altro che fia lungo*, *e stretto affai*: *Lat. limbus*. *Par Catalogo*, *e Indice*; *Lat. Index*: *liftare*, *liftare*. M.
LIT. E. Le testament du Roi René en 1474 dit *libre*. Une *libre* de *bougran*. Voyez le Commines de 1706. tom. 3. pag. 201. Peut-être de *lata*, dit pour *latum*, d'où le François *id*. La *libre* étoit apparemment de toute la largeur du *bougran*. *Le Duchat*.
LITRON. Sorte de mesure de grains & autres choses non liquides : comme, *un litron de pois*, *de féves*, *de sel*, &c. De *Nirpa*, qui signifie *libre*. M.
LIVESCHE. Plante. Rabelais 1. 50. Ligusticum : c'est *livesche*; *apportée de Ligurie*: c'est *la coffe de Gennes*. ¶ De *liguriviscum*, *formé de liguria*. *Liguria*, *ligurivum*, *liguriviscum*, *liviscum*, *LIVESCHE*. Trippault : *Livesche*, *herbe* : *Nucumis*. Voyez *levesse*. M.
LIVET. Terme de Jeu de Billard. L'origine de ce mot m'est tout-à-fait inconnue. M.
LIVET. De *libellatum*, diminutif de *libellum*, d'où nous avons fait *livem*, qu'on disoit *nuncum* au lieu de *nivem*. Le terme de *livet*, au jeu de Billard, se dit de deux joueurs qui n'ont encore entre-eux aucun avantage sur la partie, ou sur le coup qui se joue, à cause que les deux billes sont dans un espèce de *nivem* par rapport à la *passe*. Alain Chartier, pag. m. 193. Et qui ne commence son œuvre sur *affection verumse*, & ne la conduit au *livem*. A la marge on lit *nivem*. La Duchat.
LIVET, est aussi une sorte de couleur de poil de cheval, dans le P. Daniel, Hiltolre de la Milice Françoise. C'est le même poil qui tom. 2. pag. 10. est appellé *gris liar*, *non liar*. *Livre* & *livet* sont ici synonimes. *Le Duchat*.