LIVRE. Terme de monnoye. De *libre*, fait du mot *Sicilien* *Nirpa*. Bouteroure, pag. 145. Chez les François, la *libre* estoit au *commencement* au poids sur lequel ils reglaient la taille de leur monnoye. Lorsque cette taille fut arrêtée de vingt sols à la *libre*, la *libre* changea de nature : & *au lieu d'un poids*, elle devint *idopaque*, *colleatio nummorum*, & *libre de compte*: de *ferre que tous ce qui estoit compoût de vingt sols*, & *valoir vingt sols*, estoit *nommé livre*. Et depuis ce temps, qui fut environ le commencement du règne de Charlemagne, les marchés & les contracts se faisaient sur le pied de cette monnoye imaginaire, & de compte : qui a toujours *substi*, *queque les sols qui la compoûaient*, & qui *ont aussi est long-temps une monnoye imaginaire*, *soient changez de poids* & *de loy*. M. LIVRE de terre. Ce mot se trouve souvent dans les vieux Titres François pour *une livre en asfette de terre*. De *libre* *terra*, qui se trouve en cette signification dans les Titres Latins : comme aussi *librata terra*; & quelquefois *librata* seulement. Geoffroy, Abbé de Vendôme, liv. 3. Epit. 10. à Rainaldus Evêque d'Angers : *Praterna habebatis dispositum quod centum librata Ecclesiam nostra*, &c. Le P. Simond sur cet endroit de Geoffroy, prétend que *librata terra* est une mesure de terre. Voici ses termes : *Lib. 2. Epist. 30. & hujus libri Epist. 15. ducentas libratas, terra nimirum*. In *praeepto Sancti Ludovici Regis anno* M. CC. XXX. Dilecto & fideli nostro Joanni de Valeriaco, in augmentum feodi quod tenebat, dedimus centum libratas *terra*. In *Arvernis scilicet*, *apud Escurolas & Maissum schola*. Antiqui *mensores integras agrimensuras*, *ad similitudinem affis aut libra*, in *uncias & unica partes dividebant*, *ut videre est apud Columellam libro v. cap. 1. Varro de Re Rustica libro primo*, *capite* x. Ab hoc principio *mensores nonnunquam dicunt in subsicivum esse unciam agri*, aut *sextantem*, aut *quid aliud*, *cum ad jugerum pervenerunt*. Id *haber scrupula* CC. XXX. VIII. quantum as. *Quod ergo sebat in partibus*, *id etiam in toto à nonnullis factum est*, *ut integris agri mensuris à libra vel solido esse nomen darent*. *Libratam ergo terra dixerunt*, *integrum jugerum terra*, *arapenem*, *aut aliud simile*. *Dilta etiam ab eodem principio* *solidata terra*. In *Literis Seguini Episcopi Marficunensis anno* M. CC. LX. *Cum Guillelmus de Oblato*, Miles, ab *Ecclesiam Cluniacensi* IX. *solidatas terra teneret in feudum*, &c. En quoi il s'est mépris sans doute ; une livre de terre étant infailliblement une livre en assiette de terre, comme Pithou l'a fort bien expliqué dans ses doctes Commentaires sur la Coutume de Champagne, tit. XI. où il produit plusieurs anciens Titres Latins & François qui le justifient clairement : à quoi on peut ajouter ces preuves qui m'ont été données par M. de Launay Avocat au Parlement : Dans un titre de la Maison de Sullly, de l'échange fait entre le Roy Philippe & ly six Henri de Sullly, de la Terre de Lunel avec la Terre de Chaluter, Chalus, Chabrot, &c. Didi-mus mille libratas terra Aduroneses, quas eidem assignari fecimus & mandavimus assidri in villa Castro & Castellanla de Lunello in Seneschalla Bellicardi : nec non duo millia librarum ejusdem moneta rendualis, ad vitam duntaxat ipsius; quarum eidem mille assignavimus in Castro, Castellanla & villa de Lunello pradictas; & alias mille in rectis aliis lecis in Averniá, &c. Les Lettres-Patentes en François sur le même sujet, portent : Pieça donasmes à luy & à ses hoirs mille livres de terre atournois, lesquelles nous l'y assignasmes & mandasmes asseoir en la Ville, Chastel & Chastellenie de Lunel en la Seneschausse de Beauquaire : & avec ce, deux mille livres de rente atournois à sa vie tant seulement, &c. L'an M. ccc. xvii. xix. Novembre. Dans un autre Titre, qui a pour inscription : Compromis fait entre le Vicens de Meleux & Jeanne sa chere fournie, d'une part, & mon Sire Henry de Sullly, frere de ladite Jeanne, d'autre : pour raison du partage ou appennage qui estoit descendu à ladite Jeanne pour raison de son pere & de sa mere : Nous avons fait mise amiablement par commun accord de haut & de bas, en redoutable Pere Simon par la grace de Dieu Archevesque de Bourges, &c. Ledit Compromis daté à Paris l'an de grace M. cc. LXXIV. le Mercedy après les Brandois. Et au pled dudit Compromis, est la Sentence arbitrale : Nous l'Archevesque prononçons, &c. c'est à savoir, que ledit Messire Henry de Sullly est tenu asseoir audit Vicens de Meleux, au nom de Madame Jeanne, sa femme, sur dudit Henry, qui sera à héritage à ladite Dame & à ses hoirs, pour raison du partage & appennage, & d'où doit les dessusdit nous cens & soixante-quinze livres de terre atournois, au prix & à l'asseoir de deux Chevaliers, selon que l'on ses terre par usage de pays en Justice & en Seigneurie et lieux qui ensuvent : c'est à savoir, Morise, six cens livres de terre atournois : & ne sera prise la Maison-for, dessus Morise : & le surplus jusques à IX. cens luxe, livres de terre, il est tenu ledit Henry Sire de Sullly asseoir par la prise de deux Chevaliers sur la Maison de Iara, prise en assise de terre, selon ce que l'on a usé & accultumé de priser forteresse en partage. Dans l'Omologation de ladite Sentence : Philippus, &c. Notum facimus, &c. Quod cum inter Viccemitem Meleduni, ex una parte, & Dominam de Solisco, ratione liberorum suorum quos habet in bailo suo, orta esset dissentio super modo assidendi nogentas sexaginta, & quindecim libratas terra aduroneses, &c. Dans le partage fait entre Messire Philippes d'Artois, & les enfans de Madame de Sullly : Philippus, &c. Et est talis consuetudo Nivernenes, quod dictus Joannes de Solisco habere debuit melius herbergamentum, meliorem fundum, & meliorem servientem, & de centum libratis terra, centum solidaras, &c. Actum Parisiis, anno Domini millefimo ducentesimo nonagesima-primo, mense Maió. Dans le Contrat de Mariage de Petrinelle, fille de Madame de Bommen, Dame de Sullly, avec Geoffroy de Lexignan, Efeuier : Item : est accordé que ledit Geoffroy pourra ladite Damelfelle du mille livres de terre de tournois en un tenant, avec manoir convenable. Dans le Contrat de Mariage d'entre Geoffroy d'Aspremont, Chevalier, & Da- molfelle de Sullly, fait à Paris l'an M. ccc. xix au mois de Janvier : C'est à savoir, que il dit Sire de Sullly, pour cause dudit mariage, donne à ladite fille sept mille livres tournois en deniers, & le devant dit Sire d'Aspremont accorda, que pour la cause de trois mille & cinq cens livres, qui de la somme de sept mille livres devantdit serons premierement payées, il bailera & assignera tantest après que lesdit trois mille cinq cens livres ferons payées, trois cens & cinquante livres de terre au plus près du Chastel d'Aspremont, prises par deux prend'hommes; laquelle terre sera héritage à ladite Marguerite : en telle condition toutefois, que si elle moroit sans hoir, ledit Sire d'Aspremont seroit tenu à rendre audit Sire de Sullly les trois cens & cinquante livres de terre bailées & assignées pour les trois mille & cinq cens livres premierement payées, ou les trois mille cinq cens livres en deniers. Et côtoya ledit Sire d'Aspremont, que s'il trespassoit de ce socle avant fondis fils, ladite Marguerite sera douée don Chastel d'Aspremont, avec but cens livres de terre, assises & prises par deux prend'hommes, au plus près dudit Chastel, aux ux & costumes du pays, sans que ledit Chastel soit mis en prix de la terre, &c. Des Titres susdit, il résulte clairement deux choses : La première, que livre de terre est le prix & estimation de la terre, & non pas la mesure & la quantité de la terre, comme dit le Pere Sirmond : car ces mots, libratas aduroneses, & ensuite, ne non duo millia librarum ejusdem moneta, sont voir que libra terra doit signifier un morceau de terre valant une livre; autrement les mots duo millia librarum ejusdem moneta, qui ont leur rapport aux mots mille libratas aduroneses, seroient impertenens. Les mots mille livres de terre, au prix & à l'asseoir de deux Chevaliers, & ne sera prise la Maison-for, &c. & tous les autres mots employez auditis Titres, justifient la même chose : car au lieu des mots prix, prises, &c. l'on auroit dit mesurée, arpende : & conséquemment, solidara est aussi l'estimation, & non pas la quantité de la terre : contre l'opinion du P. Sirmond. La seconde chose, que libra terra ne signifie pas seulement un morceau de terre valant une livre, mais une livre de rente. Ce que le dernier Titre justifie pleinement : car donnant pour trois mille cinq cens livres en deniers, trois cens cinquante livres de terre, il est sans doute que ces trois cens cinquante livres de terre doivent être entendues de rente : premierement, parce qu'autrement la récompense ne soit pas égale : secondement, parce que les trois cens cinquante livres de terre sont justement au dernier dix, qui estoit lors le taux de l'Ordonnance, la rente desdites trois mille cinq cens livres. Aussi dans les Lettres du Roi Philippe au Sénéchal de Poirot, pour mettre en possession des choses données ledit Sire de Sullly sur l'échange susdit, il se voit : Notum facimus, quod cum nos donaverimus, &c. mille libratas terra, seu reditus : & il n'y a point d'apparence qu'une fille d'une Maison aussi illustre qu'estoit celle de Sullly, n'eusit que mille livres en fonds de terre à une fois payer. Donc libra, ou librata terra, est une quantité de terre valant une livre de rente. M. LIVRE E. Comme de librare, ou deliberare, verbe Latin, nous avons fait livrer ; & deliverer ; ainsi deliberata mot Latin barbare, dont Spelman dans son Glossaire apporte des autorités, nous avons fait livrée, qui signifioit anciennement ce qu'on bailloit à quelqu'un pour son entretient, &c 128 LIV. LOB. pour sa dépense. Froissart vol. 1. chap. 28 : Il tenuis grand est, & faisait grands livres & despens. Bien que maintenant livre signifie seulement la couleur des habits qu'on donne aux valets, auxquels on est obligé de fournir les vêtements. De-là vient que le même Froissart, chap. 42. du même volume, appelle délivrance, l'entretien & la dépense que les Seigneurs font à ceux de leur suite. Il advient que deux Chevaliers du Comte de Hainaut, & de sa délivrance &c. Et au chap. 57. Si y doit le Roy d'Escoffé à la délivrance du Roy de France, à belle rente de Gendarmes. Caleneuve.
LIVRER. De librata. M. Hauteferre livre III. chapitre XI. Libratas dixre id genus vestium, quid annuatum die solemni eas liberavnt suis, id est aregarent. M. de la Coste dans son Commentaire sur la Loi Quoniam; au Code de Testibus, qui m'a été communiqué manuscrit par M. Nublé, Avocat au Parlement, homme de grande érudition, & mon amt très-particulier : Exhibitis in libris furis usurpatur pro alimentorum praetatione; qua & liberatio dicitur in veteri Diplomat Philippi Audacis, Regis Francia, quo Capellanis Capella Regia Parisiensis concedit ad prandium, vel ad cœnam, unum liberationem integrum : videlicet VIII. denariatas panis : unum sextarium vini, de vino quod militibus liberatur; quatuor denarios pro coquina; & XII. frusta minoris candela, in perpetuum. Et ita apud veterem Anctorem Historia Francica passim legimus: Il avoit tant d'hommes à la livrance, ou à sa livrée. Quos scilicet exhibebat, vel liberabat, id est, quibus necessaria subministrabat. Ideique bodie hac voce LIVRER utuntur. Videlicet hi qui erant ex eadem familia & ex eadem habitatione, vestibus ejusdem colaris utebantur. Quod panci animadvertunt. Voyez au mot LIVRER. Celui de librata se trouve dans Thomas Walsingan en la Vie de Henri IV. Et quid ipsi, nec dignis illorum dei libratas, vel signa, &c. Les Italiens disent aussi livrea; & les Grecs du bas Empire Xcpia. Voyez le Glossaire de M. Rigault, au mot Xcpia, & au mot xcpia. A Caen, on ne peut faucher les Prairies publiques autrement appellées Communes; sans la permission du Magistrat : ce qu'il ordonne à un certain jour; & cela s'appelle faire courir la livrée. ¶ Voyez Spelman au mot liberatio. ¶ Les Officiers de la Maison du Roi ont encore à présent certains droits qu'on appelle la livrée (a). M.
LIVRER. De liberare, dont ont s'est servi pour dire dare. Dans les Capitulaires de Charles le Chauve, page 446. Post hoc bella Capitula, dedit omnibus licentiam, cum Dei gratia & sua, redeuendi ad propria; excepte his, quos specialiter pro specialibus causis considerandis, vel pro dona liberanda secum aliquantis diebus manere pracepit. Sur lequel endroit le Pere Sirmond a fait cette Note : Liberare, hoc loco, est dare; quod aliis deliberare, de LIVRER. A la marge de quelques anciens Regi-tres du Parlement; & à l'endroit de quelques Ar-rets que les parties n'avoient pas levés; sont écrits ces mots : Non deliberetur donec solvantur species. M.
LOBE. Vieux mot, inusité, qui signifie (a) V. du Cange, Glossar. aux mots liberatis & libera-ta. Ajoutez-y la passage de Budée, in Pandell. page 121. Sparvula sunt nostra tempore, in domibus Principum, id ge-nus corrugationis quod liberatas vocant linguæ vernaculæ... & liberationes.
LOB. LOC. LOD. LOE. LOF. tromperie. Dans la Farce de Pathelin : Quoy dea? chacun me paist de lobes. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
LOBE. Tromperie. Il vient peut-être de l'Alleman lob, qui signifie louange : loben louer. Les louanges ne sont le plus souvent que des tromperies : & paître quelqu'un de louanges, c'est proprement l'amuser & le tromper. On a dit aussi paître de bayes, dans le même sens que paître de lobes. * LOBES du foye. De lobi, plurier de lobus, fait de Xcpi. M.
LOCHE. Espèce de petit poisson. Rondelet, au chapitre 26. des Poissons de riviere, l'appelle cobites fluviatilis. Les Allemans & les Flamans disent lock; les Anglois, loche; les Espagnols, loxa; & les Italiens, locbia. M. LOCHE : pour limazon. Peut-être d'eruca, qui signifie proprement une chenille. ¶ Eruca, ruca, luca, LOCHE : afin de le distinguer du mot de roche. Ruca a été dit pour eruca. Voyez requette. M. LOCHER un arbre. C'est le branler; le crôler. M. Bochart le dérivait de loche, dans la signification de ce petit poisson qu'on appelle loche : qui valde est vibratilis, & miranda vivacitatis : unde locher; id est, faire branler. Ce sont les termes de M. Bochart. M.
LOCHER, est dit pour eslocher : d'exlocare, loco movere. De locheron a fait bocher, dans le même sens. Huer.
LOCHES. Ville. De Luca. C'est ainsi que cette ville est appelée dans Grégoire de Tours. Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois. M.
LODIER, ou LOUDIER. Couverture de lit, remplie de coton, ou de laine, ou de bourre, entre deux lays de farin, ou de taffetas, ou de toile, ou d'autre étoffe. De lodix. Martial : Lodices mittes docti tibi terra Catulli. Lodix, lodicis, lodice, lodica, lodicarum, LODIER. Il faut prononcer loudier. M. LODS & ventes. Voyez lots. M.
LOE. Droit, qu'ont quelques Seigneurs au pays du Baissin en Normandie, de prendre sur leurs sujets certaine quantité de poisson. Voyez Nicot. M.
LOF. Terme de marine. Voyez Nicot & M. Guillet. C'est un mot Flaman. Voyez le Dictionnaire Flaman. M. LOF d'un Vaisseau. C'est la partie depuis le mât jusqu'à un de ses bords, ou la moitié du vaisseau divisé par une ligne de poupe en proue. On dit tenir le lof; c'est-à-dire, serrer le vent : Aller au lof, ou bouter de lof; c'est-à-dire, prendre le vent de côté : être au lof; c'est-à-dire, être sur le vent : au lof, tenez le lof; c'est-à-dire, gardez ou serrez le vent. Les Anglois disent lof : & on voit aisément que ce terme est d'origine Teutonique. *
LOFRE. Lèvre. Des lèvres proprement sont de groffes lèvres, telles qu'on dit vulgairement que sont celles de la maison d'Autriche : touchant l'origine desquelles on rapporte qu'en 1530, la Reine Eleonor ayant eu, en passant à Dijon, la curiosité de voir dans les caveaux des Chartreux les corps de Philippe le hardi & de Jean sans peur, qu'on y conserve embaumés, s'écria, voyant leur groffe bouche relevée : Vraiment l'avois cru jusqu'ici que c'étoit de la maison d'Autriche que nous tenions nos lèvres ; mais je reconnois que c'est de la maison de Bourgogne, en la personne de Marie fille du dernier Duc, épouse de notre ayel Maximilien. Brantome, au 2. volume de ses Dames Galantes, pag. 210. de l'Édition de Hollande 1666. dit avoir appris cette particularité d'une Dame qui étoit présente lorsque la Reine dit ces paroles. Glossaire sur les Noels Bourguignons au mot lôfre.
LOGE. De l'italien loggia, fait de 2000. Virouve, v. 8. Ampliorem habent orchestram Graci; minoreque laticidine, pulpitum, que 2000 appellant. Ejus logeli altitudo, non minus debe esse pedum decem, non plus duodecim. Les Glofes anciennes : 2000. v. 10. 2000. Helfychus : 2000. Elbe uparupien : qui à vuc enivoc vuc, 10 à 2000. 2000. Il y a 2000. dans le Grand Etymologique. M.
LOGER. Il vient de locare. Conradus dans son Chronicum Maguntiacum : In claustro Metachorum iuxta muros se locaret. Eckehardus Junior, de Cassius Manasterii S. Galli chap. 16. In alta illa, quam Sindolfus V. Nuckero quondam claust, locatur caminata. Almoinus Momachus, liv. 5. chap. 41. Hugo Abbas, quibusdam sociis secum assumptis, profectus, Carolum adest pro pestisque partis regni, quam frater sunt Lodeficus in locarium accepterat. Caesneuve.
LOGIE. De locare. M.
LOGIS. Il semble, avec beaucoup d'appartenance, qu'il soit formé du verbe loger. Toutefois, il y en a qui le pourroient dériver du Grec. Lambertus Ardenis, qu'André du Chesne a fait imprimer en partie dans les Preuves de l'Histoire de Guignes, décrivant le château d'Ardres : Irem, à l'ame in logium, quod bene à procedame racione nomen accepit. Ibi enim sedere in deliciis solebant ad celiquemdum. A 2000. quod est sermo, derivatum. Et en effet les Grecs appellent 2000. l'endroit de la maison où les Anciens s'assemblent pour consulter les affaires d'importance ; & l'endroit du Théâtre où les Auteurs récitent leurs vers. Caesneuve.
LOGIS. 2000. logium, logicum, logis. M.
LOIGNON, ou LOIGNON. Nom d'une rivière qui traverse une partie du Comité de Bourgogne, & se décharge dans la Saone. Du Latin Ligne, mis.
LOIN. De longinus. M.
LOIN. Le gémant, dans l'ancien mot loing, fait voir que ce mot vient de longinques, comme ung d'unicus. Le Duchat.
LOIN. Rivière, qui passe à Montargis. Cette rivière est appelée Lupa dans les anciens Titres. Tome II. Au lieu de Lupa, on l'a nommée ensuite Lupinus & ensuite Lupinus : dont nous avons fait loing. L'Abbaye de Villeloin, en Touraine, est appelée de même Villa Lupa dans les anciens Titres : ce que j'ai appris de M. de Marolles, Abbé de cette Abbaye, homme de beaucoup de mérite, & que l'érudition, la piété, & la probité, rendent également recommandable. M.
LOIR. Animal. Villon, dans son Grand Testament : Pas ne dormant comme loirs, Qui trois mois sont sans s'éveiller. De glis gliris, Gliris, liris, liris, LOIR. Dans le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe, glis gliris est interprété par loirs. Au lieu de loirs, on a dit loir : de lore, ablatif de liris, dit pour liris, dit pour gliris. M.
LOIR. Animal. Il a aussi été nommé lore, & rat grieu. La Traduceur du Traité de Platine de Obfaniis, liv. 4. au chapitre où il parle du loir : Du lore ou du rat grieu, dit Pline en son 8. livre, qu'il dort & repose sous l'hiver & semble qu'il soit mort. Lore vient naturellement de lore ; & grieu vient de gliriolus, fait de glis. Le Duchat.
LOIR. Rivière d'Anjou : d'où la ville du Chateau-du-Loir a pris son nom. Cette rivière est appelée Ledeu par Sidonius Apollinaris ; & Ledeu par l'Auteur de la Vie d'Ildebert Evêque du Mans & Archevêque de Tours ; & Ledeu par Geoffroi, Abbé de Vendôme, lequel appelle Goffrou Ledeu en François Le Chateau du Loir. De Ledeu, on a dit premierement Ledeu ; & ensuite, par corruption, Loir. M.
LOIRE. Fleuve, le plus beau de France. Inter Francigenus Ligeris pulcherrimus annus, dit Buchanan dans son Desiderium Lutetia. De Liger, ablatif de Ligeris. On a dit ligeris, pour liger : car liger est l'ancien nom, & le véritable : ce qui a été très-véritablement remarqué par M. Hadrien de Valois. C'est comme parlant César & Tibullis. Scrabon a dit aussi 2000. Et à ce propos il est à remarquer, que dans Stephanus le Géographe, au mot 2000. on y lit, 2000. 2000. La Rivière de Loire passe par le milieu de la France, & la divise en deux parties égales : ce qui a donné la pensée à Camden, de dériver le mot Liger, du Bas-Breton loir, qui signifie milieu. Voyez-le à la page 579. Et à ce propos il est à remarquer, que dans les Titres de la sixième Armoire de la Chambre d'Anjou, qui sont dans la Chambre des Comptes de Paris, il y a partout Loire, au lieu de Loire. ¶ Dans les Glofes d'Isidore, Alliger est expliqué par Gallus : comme qui dirait, Alliger, c'est-à-dire, ad Ligerum habitans. Je remarquerai ici, par occasion, que le mot de Loire, que Joachim du Bellay a fait masculin, est aujourd'hui féminin par toute la France ; & que le Père Labbe, qui, dans ses Etymologies Françoises, partie 2. page 73. traite d'Allemans ceux qui disent la Loire, n'a pas été bien informé du genre de ce mot. Voici ses termes : Le Loir en Anjou, l'Escénité, le Tarn, l'Allier, l'Eraide, l'Orbe, le Rhône, le Rhin, le Cher, le Loire, & Ledeu, en Lidus, Scaldis, Tarnis, Elaver, ou Elaveris, Arguarais, Orobis, Rhodanes, Rhone, Caris, Liger, ou Ligeris, sont & ont toujours été masculins dans notre Langue ; aussi bien que dans la Latine. Et il n'y a que les Allemands, & semblables étrangers, qui n'ont dire en décrire. 130 LOI, LOL. les Provinces au de-là de la Loire : Orléans, ou Blois, sur la Loire ; &, le cours de la rivière de la Loire : & semblables façons de parler, qui contiennent une barbarie aussi insupportable aux oreilles véritablement Françoises, comme qui dirait, Paris sur le Seine, Meaux sur le Marne, ou Lyon sur la Rhôsie. Mais il est vrai qu'en Latin tous les noms de fleuves sont du genre masculin : Sequana, Matrona, &c. Voyez mes Observations sur la Langue Françoise, partie première, chapitre 74, à l'article de Loire. Il n'en est pas de même de la Langue Françoise. Il y a parmi nous plusieurs noms de fleuves, qui sont du genre féminin, & plusieurs qui sont du genre masculin. Voici à peu près ceux qui sont du genre féminin : la Loire, la Garonne, la Meuse, la Moselle, la Marne, la Seine, la Maine, la Sarte, la Saone, la Vistule, la Charente. Voici ceux qui sont du genre masculin, quoique terminés en E féminin : le Tibre, le Rhône, le Tage, le Danube. ¶ Je remarquerai ici par occasion, que ceux qui sont de ce genre, & qui commencent par une consonne, ont du au génitif, & non pas de. On dit, les rives du Pé, du Tibre, du Rhône, du Danube, du Thermodon, du Tage. M. des Préaux, au livre 3, de sa Poétique, a dit néanmoins : De Styx & d'Achéron peindre les noirs su- rens. Malherbe & M. de Marolles ont dit aussi, les rives de Caissée ; & M. de Segrais, les rivages de Loin. Voyez mes Observations sur la Langue Françoise, part. 1, chap. 300. M.
LOIRETTE. Petite rivière près d'Orléans, appelée en Latin Ligérinus. ¶ Loirette est un diminutif de Loire ; comme Ligérinus est un diminutif de Ligéris. M.
LOISIR. De l'ancien verbe loist, qui est le même qu'en Latin licet. Les Coutumes de Montargis, chap. 4, art. 18. Il loist au Seigneur à qui est l'héritage. Cafeneuve.
LOISIR. M. de Vangelas l'a dérivé d'otium. C'est-à-dire, qu'il a cru qu'il avoit été formé d'otiari, & de la particule le, laquelle s'étoit incorporée au mot otiari. Il a été fait de licere : comme gesir, de facere ; plaisir, de placere ; raisin, de racemus. Vous trouverez souvent dans les vieux Livres, il loist, pour signifier ce qu'on dit en Latin, licet. Et anciennement nous disions liser. L'ancien Dictionnaire Latin-François du Père Labbe : LICERE, avoir liser : laire. M.
LOISIR, dans le sens d'être permis ; & loisir, dans le sens d'otium ; sont mous tout-à-fait différents dans leur signification & dans leur origine. Le premier vient constamment de licere ; & le second d'otiari, d'où s'est fait oisir, avec l'article qui s'y est joint ; comme à hiero d'edera, d'où s'est fait licere. Huet.
LOLARDS, ou LOLLARDS, ou LOLARDS. Nom d'une scète qui s'éleva en Allemagne au commencement du xiv. siècle. Elle prit son nom de son Auteur, appelé Lollard Walter, qui enseignait plusieurs impiétés. Sa doctrine avoit tant de ressemblance avec celle de Wiclef, que les disciples de ce dernier furent aussi nommés Lollards. Quelques-uns donnent aujourd'hui en Angleterre le nom de Lollards aux Non-Consommistes ; c'est-à-dire, à tout ce qui n'est pas de l'Eglise Anglicane. En France on appella aussi Lollards les pauvres de Lyon, & Mécray les appelle encore de même, tome 1, page 500. Le Moine de Saint Augustin de Cantorbert dit que les Lollards furent ainsi nommés du Latin folium, parce que c'étoit de l'ivraie semé dans le champ du Seigneur. Cette étymologie n'est pas vraie. Jove, tome 1, page 74, dit que Lollard signifie tenant Dieu ; & que les Sectaires dont nous parlons, furent appelés de la sorte, parce qu'ils faisaient profession d'aller de côté & d'autre, en chantant des Pseaumes & des hymnes. •
LOMBARDS. Peuples de Lombardis. A longis barbis : selon l'opinion commune des Etymologistes. Paul Diacre, livre premier des Gettes des Lombards, article 9. Certum tamen est, Longobardis ab intalla ferro barba longitudine ; cum primitus Winili dicti fuerim ; ita postmodum appellatos. Nam juxta illorum linguae, LANG longam, BART barbam, significat. Guntherus, livre ..
LOMBARDS. Peuples de Lombardis. A longis barbis : selon l'opinion commune des Etymologistes. Paul Diacre, livre premier des Gettes des Lombards, article 9. Certum tamen est, Longobardis ab intalla ferro barba longitudine ; cum primitus Winili dicti fuerim ; ita postmodum appellatos. Nam juxta illorum linguae, LANG longam, BART barbam, significat. Guntherus, livre .. Dicitur à longis ea Longobardia barbis. Isidore, ix. 1. Longobardis vulgo ferunt nominatus à prolixa barba. Otho Friginiensis dit la même chose, au livre 1. des Gettes de l'Empereur Frédéric, chap. 13. Mais Voëssius, dans son de Vitis Sermonis, page 174, au mot faxa, désapprouve cette étymologie, & dérive Longobardis, à longis bardis. Voici ses termes : Addam illud, Saxonum gentem inclytam, non à Latina taxi voce nomen sortitam, tanquam durum genus, saxum hac parte referens ; quod variis traditum, præsume Isidoro, lib. 9. Originum, cap. 2. sed ab hisce cultivis, quas Germani saxos vocarent. Quomodo & Longobardi, non à Latina voce barbatum nuncupati ; sed à longis bardis, sive bartis ; hoc est, bipennibus quas gestarent : unde remansis hellebaert : puta ex hel, clarus, splendens, flameus ; & baerd, bipennis. M.
LOMBARDS. On dérive ordinairement ce nom de longue-barbe ; mais mal. Il tire son origine du vieux mot Alleman borde ou borde, qui signifie une étendue de pays : & cette étendue de pays qui va le long de l'Elbe depuis Tengau en Mifole, & par Magdebourg, jusques dans le Lunebourg, s'appelloit autrefois la Longue Borde ; c'est-à-dire la longue étendue de pays, ou le long espace : & les habitans se nommolent les Longs-Bards. M. Brefler, page 3090, du Dictionnaire Critique, troisième édition. Le Duchat.
LOMBARDS. Les Lombards, appelés en Latin Longobardi & Langobardi, étoient un peuple de l'ancienne Germanie, qui furent long-tems agités par des guerres avant que de s'établir en Italie. On sent assez que le nom François est une corruption du nom Latin. Il s'agit de savoir ce que signifie ce nom, si c'est longue barbe, ou longue hache ; autrement, si les Lombards ont été nommés de la sorte à cause de leur longue barbe, comme dit Paul Diacre, & plusieurs autres Auteurs ; ou parce qu'ils portaient de longues haches, comme prétend Voëssius. On ne dispute pas sur la première partie du nom, mais seulement sur la dernière. Bart, ou bard, en Alleman, signifie la barbe. Les Flamans diffent baard, & les Anglois baard. Mais barte, en Alleman, signifie aussi une barbe; & c'est ce mot qui fait partie de notre mot hallebarde. Or il semble que dans une chose de cette nature, on doit s'en tenir à l'autorité de Paul Diacre, qui étant lui-même Lombard, n'a pu ignorer le véritable nom de sa nation, & qui assure positivement que les Lombards ont été ainsi appelés, parce qu'ils portoient la barbe longue. Il est juste de l'en croire la-dessus, plutôt que des étrangers qui n'ont parlé que par conjecture. On trouve que certains peuples d'Asie ont été appelés Magiotouyutis, à cause de la longueur de leur barbe. Les Lombards suivent peut-être la coutume de ces peuples Germains dont parle Tacite, qui dévouoient leur barbe, & ne la coupoient qu'après avoir tué leur ennemi. Mais écoutons Wachter. Voici ce qu'il dit sur le nom des Lombards, dans son Gloss. German. pag. 913. LANGOBARDI, Longobardi. Populus Germania antiqua, de genere Suevico, ferox & bellis diu agitatus, priusquam in Italia consisteret, de quibus mira fabulantur medii avi Scriptores. Nomen Straboni, Velleio, & Tactio, sape memoratum. Somnerus in Dict. Anglo-Sax. Lang-beardas, Longobardi; Lang-beardna land Longobardia. Gloss. Pez. Italia Lancpartolant. Longitudinem in nomine gentis, omnes quotquot inspexi, agnosciunt. Et reitè. Nam longus apud antiquos promiscuè dicitur lang & long, ut demonstravi in voce. Hinc illa apud Scriptores varietas, ut jam Langobardi, jam Longobardi vocantur, nullo utrinque vitio. Sed quanam sit illa longitudo, barba, an bipennis, an primava habitationis, non convenis inter eruditos. P. Diaconus, qui res gestas Langobardorum descripsis, & nomen gentis sua ignorer non potuit, causam appellationis barbam fuisse, tradit, lib. 1. cap. 9. Certum tamen est, Langobardos ab intactæ ferro barbæ longitudine; cum primitus Winili dicti fuerint; ita postmodum appellatos. Nam juxta illorum linguam, lang longam; bard barbam significat. Aquum autem est, ut homini Langobardo in rebus domesticis credamus. Nec dubitat Cluverius, quin Paulus vera scripserit, tum quia in Asia quoque referuntur populi Magiotouyutis, à longa barba argumento sic dicti; tum quia maris Germanici erat barbam virtuti devovere: de qua re, cum maximè memorabilis sit, describam verba Taciti ex cap. xxxi. de M. G. Et aliis Germanorum populis usurpatum rarà & privatà cujusque audentis, apud Cattos in consensum verit, ut primum adoleverint, crimen barbanque submittere, nec nisi hostæ caso exuere votivum obligatumque virtuti oris habitum. Quid obstat ut Langobardos idem fecisse putemus quod Cattos, quedque in aliis Germanorum populis non nisi unus vel alter facere prasumebat? Ipse Diaconus similis quid tradit de exercitu Saxonum integro, lib. 111. Hisl. Lang. cap. 7. Sex millia quoque Saxonum qui bello superfuerant, devoverunt, se neque barbam, neque capillos incisuros, nisi de hostibus Suevis ulciscerentur. Qui barbam votivam Langobardis eripunt, videntur mihi partem virtutis una cum habitu oris eripere. Somnerus tamen pro barba laudat bipennim, quia barbe bipennis: & nomen Langobardicum ducis ab armis, ut Saxonicum à brevibus gladiis. Contra Reineccio nec barba probatur, nec bipennis, sed locus inter Magdeburgum & Halberstadium, quem incoluere Langobardi, quemque etiamnum appellari aiunt lange borde, id est, longum tractum. Adeo incerta sunt omnia, ubi ab antiquitate semel desciscitur. Interim Lombardiae & Lombardi vocabula ex antiquo gentis nomine, cui L O M. L O N. pars illa Italia novissimè paruit, viriata esse, apud omnes in confesso. On a appellé Lombards, en France, les Marchands Italiens qui venoient y commercer, parce qu'en effet Venise & Gênes faisant tout le commerce du Levant, les Marchands qui nous apportoient les marchandités de ces deux villes, étoient tous de cette partie d'Italie que l'on nomme Lombardie, & que les Lombards avoient possédée. Ensuite, parce que ces Marchands Lombards étoient ou païsoient pour être usuriers, on appella des usuriers du nom de Lombards. On a donné le nom de Lombards aux Gibelins, & à ceux de leur faction, qui s'établirent en France & en Allemagne, où ils faisoient le commerce & le change d'argent. La place du change s'appelle à Amsterdam la place Lombarde. Il y a à Paris la rue des Lombards, nommée de la sorte à cause des Marchands Lombards qui y demeuroient.
L'OMBRE. Jeu de cartes. Ce jeu nous est venu d'Espagne depuis quelque années, où il s'appelle hombre, c'est-à-dire, homme. Et en effet, ce jeu tient beaucoup du jeu que nous appellons l'homme. Les Espagnols appellent renegado, le jeu de l'ombre, quand on le joue à trois. Et quand on le joue à quatre, ils disent, jugar al hombre compañero. Et quand on le joue à cinq, ils l'appellent quintillo. M.
LONDRES. Ville capitale d'Angleterre. En Anglois London; en Latin Londinium, Londinium, & Lundinia; en Alleman Londen ou Londen. Ce nom est d'origine Celtique. Wachter le dérive de lan ou lon, qui en Celtique signifie aqua, fluvius; & de dun, en tant qu'il signifie ville. Voici les termes de cet Auteur: LONDINIUM, urbs regia apud Britannos, forte sic dicta quia flumini imposita, à Celtico lan, lon, fluvius, quod vide infra in loco. Hoc certè malo quam cum Baxtere nomen urbis contrahere ex Longavodunum, liquidi annis oppidum. Somnerus Londinium putat denominari à Cambro-Britannico-llawn frequens, plenus, & dyn homo; ut Lawndyn tantumdem sit ac si dicas, urbs frequens & hominibus referissima; prout sententiam ejus refert Junius in Gloss. Goth. pag. 189. Fortè respexit ad verba Taciti, Annal. xiv. 33. Londinium copia negotiatorum & commeanum maximè celebre. Town, en Anglois, signifie ville. Or town est la même chose que dun; ou, si l'on veut, il en est formé. Ainsi, en suivant l'explication de Wachter, Londinium signifiera une ville située sur un fleuve. Voyez ci-dessus Auran, & ci-dessous Lyon; & Wachter dans son Glossarium Germanicum, au mot dun.
LONGE-DE-VEAU. De sa figure longue: comme quarré de mouton, de sa figure quarrée. Scaliger, sur Varron, de Re Rustica, page 210. Tomacina sunt, qua tomacula aliter vocantur: ut, candiduli divina tomacula porci. Juvenalis. Graci vocant vissa, & vissa: unde & nomen ipsis. Tamiaca sunt oblonga ossa, à figura dicta, eo modo qua portulaca, pastinaca. Eas Graci vocant vissa, & vissa: quarum mentio apud Athenaum; hoc est, quia vissa, ut interpretantur Grammatici. Aqua re, à Gallis dicuntur, longes; quia longa. Les Espagnols disent de même, longa de tocino. Le Pere Labbe, page 71. de la seconde Partie de ses Etymologies Françoises, dérive aussi longe de longus. R ij 132 LON. LOO. LOP. LOQ. D'autres le dérivent de lumbus. Lumbus, lumbi, lumbricus, luncus, luncus, lunca, LONGE. M. Bochart est de ceux qui le dérivent de ce mot : & M. le Gros, Curé de Droue. M.
LONGE-DE-VR. 2. Je suis pour ceux qui dérivent longe de lumbus, & je suis persuadé qu'il en vient, comme allyau de lumbricus. La longe est proprement l'endroit du rognon. Le Duchat.
LONGI. Henri Etienne, dans ses Origines des mots François, imprimées à la fin de son Traité de la Conformité du Langage François avec le Grec, au mot acariastre : Il n'y a point de double que mes ancêtres n'ayant canonisé plusieurs mots Grecs ; quand des uns ils ont fait des Saints ou Saintes sans Office : comme de 1672, signifiant lance, ils ont forgé Saint Longi : de 1690, ils ont forgé Sainte Tiphaine, &c. M.
LONGIS. Mot assez usité, pour un homme bon à aller querir la mort, ainsi que le populaire parle. C'est-à-dire, homme musart, & qui, envoyé en quelque endroit, met un long temps à revenir. De 1675, tardo, motor, dit Trippault. ¶ De longus. Longus, longi, longicius, LONGIS. M.
LONIER. Le Roman de la Rose, fol. 50. v. Donnez du fruitif nouvel présent, En toualites ou en paniers. De ce ne soyez sa loniere. De longarius, fait de longus, dans la signification de lent ou long à faire quelque chose. Le Duchat.
LOOCH. Remède appellé par les Latins linctus : lequel est composé de poudres & de syrops béchiques. M.
LOOCH. Ce mot est d'origine Arabe. Il est formé du verbe laika, qui signifie lécher. Nous avons remarqué ailleurs que lécher est un de ces mots qui se ressemblent tout-à-fait dans un grand nombre de Langues. Voyez lécher, & éclegme. *
LOPIN. Les Allemans disent lapp, pour signifier un chanteau de pain. Et le François lopin peut avoir été fait de ce mot Alleman. Je crois pourtant qu'il a été fait du Latin-barbare inusité lobinus, diminutif de lobus, fait de 1675. Voyez lobes. De lopin, on a fait le verbe LOPINER, pour dire, diviser en lopins : qui est un mot qui est fort en usage dans le Palais d'Angers, où on s'en sert particulièrement au sujet des partages ; comme quand on dit : On doit autant considérer la commodité d'un partage que l'égalité. Et quand il y a plusieurs terres en une succession, on doit mettre en chaque lot les héritages qui sont de proche en proche. On y doit mettre les pièces de terre emieres, & non pas les lopiner. M.
LOQUET. Victor Brodeau, dans sa Réponse au Rondeau de Marot : Dames aux huis n'avaient clefs, ne loquets. Le Pere Labbe dit que c'est une onomatopée : ce que je ne crois pas. Les Anglois disent a locke, pour dire une ferrure ; & to locke, pour dire fermer : ce que les Flamans appellent leickes. Et les Grecs ont dit 1675, pour dire un verrouil. Hésychius : 1675, & vuc & opac & 1675. M.
LOQUET. A Metz on appelle un loquet, un clanche, & une sonnette, une clanchette. Ce qui me donne sujet de croire que loques pourroit bien avoir été formé de l'Alleman clock, qui signifie une cloche, & quelquefois une sonnette. On hausse & baisse le loquet d'une porte pour se faire entendre, lorsqu'on ne voit point de sonnette à une porte ; & il est probable qu'on n'a mis des sonnettes aux portes des maisons & des chambres, qu'à cause que le bruit des loquets ne s'entendoit pas bien, ni d'assez loin. On a appellé de même eliquettes, d'un mot Alleman clinges, qui signifie sonner, cet instrument composé de deux ou trois petits ais, qui sert de clochette aux ladres. Le Duchat.
LOQUETEUX. Rabelais, liv. 2. ch. 50. Paris estoit povre loqueteux. Nicot dit que ce mot est Picard, & qu'il signifie déguenillé, couvert de lambeaux : à propos de quoi il est à remarquer que les Wallons appellent loques, des haillons ou lambeaux. Mais loqueteux peut aussi venir de loques, comme pour dire qu'un pauvre loqueteux est un misérable, qui ne pouvant se résoudre à quitter le seuil d'un huis jusqu'à ce qu'on lui ait donné l'aumône, hausse & baisse de tems en tems le loquet avec bruit, pour faire entendre aux personnes du logis qu'il est toujours à la porte. Le Duchat.
LOREE. Rabelais, 1. 27. Porteguidons & Portenseignes avoient mis leurs guidons & enseignes lorée des murs. Et chapitre 44, du même livre : Les retenant avec soy lorée de la haye. ¶ D'ora, c'est-à-dire bord. Ora, orata, OREE. Voyez ourlet. M.
LORGNE. Substantif féminin. La Traduction Françoise de Merlin Cocale, Paris, 1606. page 638. Fracasse n'y pouvait cheminer que tout voûté ; car autrement il se fust donné de bonnes lorgnes en la tête contre le haut de la voûte. Lorgnes, ce sont des coups qu'on se donne lorsqu'on ne voit pas où l'on va. Le Duchat.
LORGNER. Il faut établir la signification de ce mot, avant que de traiter de son étymologie. Loucher, ou lorgner quelqu'un, c'est le regarder de travers, l'espier, & étudier ses actions à mauvais dessein, dit le Pere Labbe, à la page 117. de la première partie de ses Etymologies Françoises. ¶ LOUCHER, verbe neutre. Regarder un peu de travers. Elle louche, pour mieux frapper au cœur, dit M. Richelet. On fait des éventails à Paris, dans le milieu desquels il y a une petite ouverture garnie de verre, ou d'un petit treillis, par le moyen duquel les Dames voyent sans être vûes. Et ces ouvertures s'appellent des lorgnettes. Parlons maintenant de l'origine du mot. On dit en Basse-Normandie loriner, au lieu de lorgner : ce qui ne permet pas de douter que lorgner ne soit une contraction de loriner. Il est présentement question de savoir d'où vient loriner. L'origine de ce mot n'a été remarquée par aucun de nos Etymologistes. Un Helléniste ferait venir ce mot de opus, video, en cette manière : opus, orao, oreo, orio, orino, orinare, lorinare, LORINER : en y préposant une L : comme on a préposé un B à borgne. Orbus, orbinus, orbignus, LORGNER. Mais pour moi qui ne suis point Helléniste, je prétends que ce mot est d'origine purement Latine, & qu'il vient de lucus, de cette manière : Lucus, lucarius : d'où le François LOUCHARD ; lucarinus, lucarinare, lo- carinare, lorinare. L'S s'est perdue; comme en boquet, de boquet, &c. M.
LORICARD. Injure. Dans un Noël: Et toy coquart, Vieux loricart. Originairement ce mot a signifié loricà indutus; c'est-à-dire cuirassé, portecuirasse. Du tems de la Fronde on appelloit à Angers Loricards, les Frondeurs. M.
LORICARD, signifie un gueux, un misérable, qu'on appella peut-être de la sorte, comme voulant lui reprocher qu'il n'avoit pour tout bien que sa cuirasse, qu'il étoit obligé d'avoir toujours sur le dos, faute d'habits pour se couvrir; ou parce que les nombreuses pièces des haillons d'un gueux ressemblent en quelque façon aux écailles d'une cuirasse appelée en Latin lorica. Pline, livre 8. ch. 14. parlant de l'ichneumon: Mergit se limo sapius, siccatque sole: mox ubi pluribus eodem modo se coriis loricavit, in dimicationem pergit. C'est-à-dire, après s'être ainsi fortifié de plusieurs écailles artificielles pardelfus ses écailles naturelles. C'est dans ce sens de gueux qu'à Angers on appelloit loricarts, les Frondeurs, comme étant du caractère de ceux qu'on appella gueux en Flandre, du tems de la Reine Marie. J'ai trouvé dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin, que les Italiens appellent lorica une couverture de paille & de mortier, pour conserver le dessus d'un mur. Ne seroit-ce pas du mot lorica, pris en cette signification, que nous aurions appellé loricard, un misérable, pour dire, un malheureux qui n'a pour habitation qu'une chétive chaumiere bâtie de boue & de crachat. Loricard est le même qu'on a aussi appellé caligatus (à Metz changau, de caligalis). Le Vocabularius furis, imprimé in 8e. à Paris en 1518. au mot caligatus, s'exprime de cette sorte: Caligatus; id est, miserrimus. Inde caligatus miles dicitur, qui habes ferreas ocreas, vel caligas de coriis. Etiam idem est quod infirmus, vel obscurus. Le Duchat.
LORIOT. Oiseau. Belon dit que cet orfeau a été ainsi appellé, parce qu'il semble crier l'empere-loriot. Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 1001. dérive ce mot loriot du Latin aureolus. Rorbic veris, is est, quem etiam scriptus dicunt à colore; quemadmodum & tota Italia ab eo, aureolum. Et Gallia item, voce paullulum detorta, loriot. Budée, dans ses Commentaires de la Langue Grecque, page 212. de l'édition de Robert Etienne, le dérive du Grec xampius. xampius, avis, lururis magnitudine, ut inquis Aristoteles, à nobis loriot dicitur. Pontus de Thyard, dans son livre de l'Imposition des noms, lui donne la même origine. xampius: quia xampius D. ; id est, totus luteo flavescens: unde Gallia, voce corrupta, loriot. Remarquez que nous ne disons, ni loriot, ni loriot: quoique loriot se trouve dans Nicot. Périon le dérive du Grec loriot, qu'il dit signifier verd. xampius n'est pas un mot Grec. Loriot peut avoir été fait de xampius, de cette façon: xampius, chloris, chlorionis, chlorius, chlorionus, loriotus, loriot. Mais il peut aussi avoir été fait de luridus, de cette manière: luridus, luridatus, luridatus, loriotus, loriot. Et cette étymologie me plaît davantage que l'autre. Belon dit que le loriot a été appellé des Latins lurida, il me reste à remarquer, que Jules Scaliger sur le IX. de l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 1049. met de la différence entre l'oiseau qui s'appelle xampius, & celui qui s'appelle xampius, & celui qui s'appelle xampius. Sunt igitur tres aves affini nomine: xampius, xampius, xampius: xampius, grandis avis est xampius, est quem viridonem diximus, frisonem Itali: xampius, quam Vascones verdaugiam vocant; id est, viridem aviculam, minus crassam, & rostro minus robusti quam viridi. M.
LORMIER. Ouvrier qui travaille en petites choses de fer, appellées lormerie dans Nicot. L'ancien mot lormier comprenit aussi les Maîtres Selliers & Carroffiers. A faciendis loris. Dictionnaire Universel de l'an 1721. au mot lormier. Le Duchat.
LORS. Il est sans doute formé par contraction d'illa hora. Aussi les anciens François prononçoient lores. Le Roman de Guillaume au court nez: Lores s'adouberens & Comte & Palazin. Caseneuve.
LORS. D'illa hora. M. LOS: pour louange. De laus, laudis. ¶ Ce mot étoit un beau mot. Je souhaiterois fort qu'on le remit en usage: & pour cela, j'ai dit dans mon épître à M. Pelison: Sur ta lyre inimizable, Sur ton luth incomparable, Qui par les charmes puissans De leurs célestes accens Font ouir une louange De la Seine jusqu'au Gange, Fais-tu raisonner le los De FOUQUET, ton grand Héros? M.
LOSANGE. Comme ce mot est de difficile origine, il y a diversité d'opinions touchant son origine. Scaliger, dans ses Conjectures sur Varon, pag. 67. croit que les lofanges ou laufanges, ont été ainsi appelées, par corruption, pour lauranges, à cause de leur ressemblance à une feuille de laurier. LAUSANGIAS, quasi LAURANGIAS, à lauri folio, quod habet rhombi figuram. Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois, pag. 406. a écrit la même chose. Hasce plagulas, sive scutulas, Diodorus obiis dixit; hoc est, teffellas, aux latercules, quales bodie Galli lausangias vocant; quasi laurangias: à lauri folio, quod habet rhombi figuram. Et Daléchamp sur Pline, liv. VIII. chapitre 48. a donné son approbation à cette étymologie de Scaliger, en la citant comme une étymologie certaine. Le P. Labbe veut que les lofanges ayent été ainsi appelées de xagis, c'est-à-dire oblique, de biais: parce que les lofanges sont un quarté posé de biais & de travers. Et François Pithou dans le Pithoeana, non imprimé, avoit dit à peu-près la même chose. Voici ses termes: LOSANGE, à luxagine: parce que c'est un quarté luxé de sa droite carrure. D'autres le dérivent de xagis & d'angle, qui est une étymologie ridicule: ange, dans le mot de lofange, étant une production. Bourdelot dit que c'est un vieux mot François, qui signifie jalousie, ou treillis d'ofier: & que lofa est un treillis par lequel on regarde sans être regardé: ce qui est dit sans preuve. M. Guyot croyait que lofange avoit été fait de l'Espagnol lofa, dans la signification de carreau à paver. Nous disons un carreau de vitre, ce qui ne favorise pas peu cette étymologie. Et ce qui la favorise encore davantage, c'est que les L O S. L O T. Gres ont appellé les lozanges *wāhān*, selon la remarque de Goffelin : & *wāhān* signifie une petite brique à paver. ¶ *Lośa*, *lośnoga*, Losange. Cette étymologie ne me déplaît pas : mais je ne fais pas d'où vient l'Épagnol *lośa*. M.
LOSANGE. Jean de la Haye, dans ses Mémoires & Recherches de France & de la Gaule Aquitanique, imprimés en 1581. pag. 178. & ailleurs, dit toujours *loranges* pour *lozanges*. Et à la pag. 178. il donne pour armoiries à la Duché de Guienne, des *loranges* de gueules & d'or. Or je suis bien persuadé que les armoiries de Guienne sont des *lozanges*. Le Duchat.
LOSANGER. Voyez *lozenger*. M.
LOT. On appelle ainsi les portions faites en un tage. Et parce que d'oïdinare la distribution s'en fait par le sort, nous avons retenu ce mot de l'ancien Teudisque *los*, qui signifie *sort* : *Los*, *sortem*, dans l'ancien Glossaire Latin-Teudisque recueilli par Juste Lipse, & rapporté dans la Centurie 5, de ses Epîtres *ad Belgas*. Caseneuve. LOT : partage. Du Flaman, ou du bas Alleman, *lot*, qui signifie *sort*. En haut-Alleman, on dit *loſz*. Le petit Dictionnaire Teudisque-Latin, imprimé dans la Lettre 44. de la troisième Centurie des Lettres de Lipse *ad Belgas* : *Los*, *sortem*. Les Polonais disent aussi *los*, en la signification de *sort*. Et à l'égard de ce mot, en la signification de *partage*, il est à remarquer que les Latins ont appellé les cohéritiers *confortes*. Dominicy dans son Traité, intitulé *Afferteris Gallii mens explicata* : *Terram autem Salicam*, *idem esse ac serrem Salicam*, *ipsum Alodis exymum*, *Terra Salica oppositum*, *liquido demonstrat*. *Illud enim clarissimus vir Casanova in Instruzione de Franco Allodio*, pag. 82. *ab elemento A*, & *voce Germanica*, *los*, *qua fortum sonat*, *apprime deducit : laudatque in id Glossarium Latino-Theosificum*, *à Lipse editum*, *in quo vox fors interpretatur : sicut & in Glossario Isaac Pontani*, *lozze*, *forte* : & *in altero Keronis*, *Monachi Sancti Galli*, *qui sub Carolo Magno vixit*, *verbum fortiantur Germanico redditur si erlozzan : unde deduita Gallica vox 107 : qua partitionem arbitrio familia erciscunda*, *inter confortes initiam*, *significamus*. De *lot*, en la signification de *sort*, nous avons fait *loterie*. Christophle de Longueuil, dans la lettre 33. du liv. 3. de ses Lettres, parle de l'étymologie de ce mot de *loterie*, en ces termes : *Nova ista alea ratio planè nostra est* : & *à nobis Loteris*, *mafi Vasculariam dicas*, *appellatur : ab argenteo scilicet vasorum ad abaci ornamentum apparatu*, *qui ita inter eos*, *quorum in sortem conjesta sunt nomina*, *distribuitur*, *ut cuique aliquod vas obligerit*. Je n'ai point lu ailleurs que *lot* signifiat de la *vasselle*. Je n'ai vu ce mot que dans la signification de *tribut*, dans celle de *partage*, dans celle de *sort*, & dans celle de *mesure de choses liquides* (a) : de toutes lesquelles significations, vous trouverez des preuves dans (a) Le Supplément à l'Histoire de Louis XI. Bruffell. 1713. page 391, sous l'année 1470. *Cote de la ville* (d'Arras) qui devolue le *liver le vin à trois deniers le lot*, *l'accorderent moyennant douze mulds*. Comme en fait de poids la demi-once fait le *lot*, je crois qu'en fait de *mesure de choses liquides* la *pinte*, ou le demi-pot, est le *lot*. Le Duchat. le Glossaire de M. du Cange. Et je crois que Longueuil s'est mal expliqué, & qu'il a voulu dire, qu'on appelle *Loteris* la *vasselle* d'argent d'un buffet, parce que de son tems on mettoit ordinairement à la loterie la *vasselle* d'argent d'un buffet. Il est au reste à remarquer, que par le passage de Christophle de Longueuil ci-dessus rapporté, il paroît que les Loteries ne sont que de son tems. Christophle de Longueuil mourut en 1522. âgé de 34. ans. Il paroît par le même passage, que le mot de *loterie* est François, & qu'il n'a point été fait de l'Italien *loteria*, ou *loteria*, comme plusieurs croyent : car quoique Christophle de Longueuil fût né à Malines, il se dirait François. Le mot Italien *lotto*, qui signifie *loterie*, a été fait de même de notre mot *lot*, dans la signification de *sort*. Touchant toutes les significations de *lot*, voyez Spelman & M. du Cange, dans leurs Glossaires. M.
LOT. Le mot Alleman *lot* ou *lot*, d'où notre mot *lot*, signifie *sort*, marque à tirer au sort ; fond de terre, héritage ; portion, partage. *Lot* signifie aussi *tribut*, récompense, poids, demi-once. Ainsi le mot Alleman a passé dans la langue Françoise avec ses principales significations. Voyez Wachter *Glossarium Germanicum*, aux mots *Les* & *Lot*.
LOTE. Poisson de lac. Lat. *mustella lacustris*. On l'appelle *motelle* à Genève : quasi *mustelle*, dit Rondelet. Ce mot de *lote* peut avoir été fait de *mustellota*, diminutif de *mustella*. *Mustella*, *mustellota*, *lota*, 1072. Ce poisson est fort estimé à Lyon, où l'on dit en commun proverbe, *Vens ta cote*, pour acheter une *lote* : qui est une imitation de ce proverbe Italien, *Vendi la tunica*, *per comprar la betonica*. Voyez mes *Modi di dire Italiani*. M.
LOTERIE. Voyez *lot*. M.
LOTHAIRE. Nom propre d'homme. Il vient de *lauter*, mot Teutonique & Celtique, qui signifie, brillant, éclatant, & ensuite illustre. *Luther* a la même origine, & la même signification. On a quelquefois ajouté au commencement de ce nom un c ou un n, & on a dit *Clotaire* ou *Histoire*, ou *Clotaire*. Ainsi *Clotaire* est la même chose que *Lothaire* ; de même que *Clovis*, est la même chose que *Louis*. Voyez ci-dessus *Clotaire* ; & Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *lauter*. LOTS : comme quand on dit, *Lots & Ventes*. C'est le Droit que le nouvel acquéreur d'un héritage censuel, afin de se faire agréer, paye au Seigneur au dedans duquel cet héritage est assis : comme les Ventes sont le Droit que le Vendeur paye au même Seigneur, afin d'obtenir la permission de vendre. Car ces mots *Lots & Ventes*, témoignent que telle est l'origine de ces mots. Aujourd'hui il n'y a que le nouvel acquéreur qui paye ce Droit au Seigneur ; ainsi que l'article 48. de la Coutume d'Etranges, & l'article 46. de celle de Nantes le portent expressément. Mais aux termes de l'art. 52. de la Coutume de Troye, le Vendeur doit les ventes, & l'Acheteur les Lots, & par moitié. Et aux termes des articles 21. 83. & suivans, de la Coutume d'Auxerre, on doit pour les lots 2. fois ; & pour les Ventes 20. deniers par chacune livre. Et aux termes de l'article 199. de la Coutume de Meaux, l'Acheteur doit la moitié des Lots & Ventes, & le Vendeur l'autre moitié, s'il n'est dit *francs deniers au Vendeur*. Voyez Ragueau en son Indice, & en son Commentaire sur le premier article du ch. 6. de la Cousine de Berry. Et Loiseau s'est tour-à-fait trompé en disant au ch. 9. du liv. 1. des Offices, qu'on a dit Lois et Ventes, pour Lois et Ventes. Après avoir parlé de la signification de ce mot Lois, il faut parler de son origine. Lois a été fait de laudo. Le Cartulaire de S. Flour, en 1682. Confinentes nos inde habuiffe pro laudibus & vendis, & investitura, 12. libras Tannenes. Budée sur les Panicelles, fol. 192. verso : Cæterum, à laudando, id est, nominando auctore, Laudimius opus vulgo elicimus, deductas esse puro. Empter enim nominare auctorem suum domino soli tenetur iuxta pances dies, & ab eo rem mancipio accipere : quod vulgo infidificant. Morum celloqui mulcta commititur. Quin & alandii appellatis est eidem verbo profecta esse videur : quid qui predia eo jure habeant, laudare auctorem suum nemini teretentur; ut qui nullum soli dominum agnoscens, nec patronum; id est, qui in nullius fide sint : sic enim Latinò diis debet. &c. Et par cette raison d'érymologie, Nicot veut qu'on l'écrive par un D. Lois, dit-il, substantis masculin pluriel, est ce que les Docteurs en Droit appellent laudimia : car il vient de laudo Latin, qui signifie j'approuve : & comme le François dit, je loue cela, c'est-à-dire, je l'estime & tiens pour bon; qui est la cause qu'on l'esprit par d, estant lot & lots toute autre chose. On l'accomple ordinairement avec ce mot, aussi pluriel, ventes, disant lods & ventes : qui sont la redevance qu'un Seigneur Confer a droit de prendre au jour du pris qu'un héritage estant en sa Confave aura esté vendu, & ce pour autant qu'il en lene & approuve la vendition, pouvant si bon luy semble, où droit de retenir a lieu, retenir à luy ledit héritage pour le pris qu'il a esté vendu, & en frustrer l'Achateur : & est en vendition de rature, ce qu'en vendition de sief est relief, quint & requint : & le dit-on tousjours en pluriel, lods & ventes; & point au nombre singulier, lods & vente. Voyez Issues. M.
LOUANGE. De laudantia, qui a été fait de laus laudis. M.
LOU-CERVIER. De lupus cervarius. C'est une espèce de lynx. On l'appelle lou, à cause de son avidité à manger; & cervier, à cause qu'il est ennemi du cœuf. Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux, pag. 784. Alibi decimus quare lupi, cum tamen nihil lupi prater aviditatem habeant, vocentur. Cervarii autem, quia cervorum hostes agerrimi. Lynces sunt; & Oppianus choas vocat: que etiam Plinius imperium genus esse ait. At videur, neque lupus cervarios, neque choas, neque lynces, nisi ex aliorum fide novifse. ¶ Marot, dans son Eglogue au Roi, a dit loucerve: Il me susse, que mon troupeau préserve Des loups, des ours, des liens, des loucerves. M.
LOU-GAROU. Comme on ne fait pas bien encore ce que c'est proprement que lou-garou; aussi est-on encore bien en peine de trouver l'origine du mot. Les uns disent qu'il est composé de loup, & de garou-vous, c'est-à-dire, détournée-vous, & gauchifée, à sa rencontre. Les autres s'imaginent qu'il vient de lupus varius, c'est-à-dire, loup bigarré; parce qu'on tient que les loups-garous sont marquetés de taches blanches. Pour moi je me tiens volontiers, avec Saumaisé, à la première opinion: & je crois qu'il est ainsi appelé, comme qui diroit lupus varosus; du verbe varare, qui signifie détourner, passer outre & à travers; dont je crois que vient aussi le verbe garer, duquel nous conservons encore l'impératif gare, qui signifie détourner-vous. Et parce que les lous-garous fuient la compagnie des autres lous, & vont tous seuls, j'ose croire que ce sont ceux-là que les Grecs appellent, à laude, c'est-à-dire lous solitaires: car aussi nous appellons lous-garous, les hommes qui fuient la compagnie & le commerce des autres hommes. Cætenus.
LOU-GAROU. Mitalier prétend que ce garou est un mot Juif. Lupus garouens Galli vocant solivages; qui etiam hominer invadunt ac devorant. Idem, à Luciano, ab Aristotele, aetorefque appellantur: quod vitum tum maximè eis usu venire scribit, cum eorum jam pra senio vires ac dentes laborare eis ac larguere caperunt. Quo sit, ut pusrus & multires ut plurimum adobientur. Vulgus imperitarum ex hominibus fieri arbitratur. Hebrel haraboth (à quo reor Gallicum vocem esse ortam) appellant, hoc est, noctivagos; ita tamen, ut meminrimus, prima hous vocabuli syllaba sonum proxime ad GA accedere; quasi garaboth legas. Virgilius: Non lupus insidias explorat ovilla circum, Nec gregibus nocturnus obambular. Proinde, Chaldanus Interpres πλωσμ debe deramscha (hoc est, lupos vesperæ, id est, vespertinos, seu nocturnos) transluits: quamvis non desint qui solitarios etiam interpretentur. Nam πλω harab, vox est apud Hebraos uouepervum. L'opinion de M. de Saumaisé est bien plus raisonnable: lequel la dérive de varare. Voici ses termes, qui sont de la page 946. de ses Remarques sur Solin: VARARE, transire, trajicete, hucus. Unde varatio fluminis apud Auctores de Limitibus, à hucus. Inde & vacas appellarunt ponticulos ex tabulis factus; quibus fluminum alvei varantur, id est, trajiciuntur apud Vitruvium. Ab eo verbo varare, nos fecimus guarare; hoc est, sugere, & uouepervum, & sugien- de sibi cavere. Sic ex vallare, GUASTARE; & velpa, GUISSAM. Inde evarati, vel exguarati, nobis dicuntur qui à recta via deerrarunt. Inde etiam lupi guaratores, guarosi, qui ceterorum luporum sugiuunt consortium, & soli incedunt: quo nomine & homines uouepervum, societatem & curum vitantes, silique viventes, solemne indigiterare. Graci uouepervum vocarum huusmodi lupus. ¶ Il me reste à cembacquer, que Pasquier VIII. 61. parle des lou-garoux, en ces termes: Pline, liv. 8. se moque de ceux qui de son temps croyient que quelques hommes estoient transformer, en loups: erreur, qui s'est transmis insignes à nous, quand nous les appellons loups-garoux. Fray que pour en user proprement, il le faudroit rapporter à la lycanthropie, maladie discourse par les Médecins, quand une personne assigée d'une imagination furieuse, pense estre transformer en loup. M.
LOU-GAROU. Peut-être de gyrovas. De garou s'est fait garouage, gyrovas. Huet.
LOU-GAROU. Ce mot est un de ceux sur lesquels on peut dire avec raison, que mirè nugantur eruditi. Garou ne vient ni de varare ou guarare, comme prétend M. de Saumaisé; ni de gyrovas, comme le conjecture M. Huet: mais de gar ouur, ancien terme Celtique, qui signifie vir, & qui est resté dans la langue Cambrique ou du pays de Galle, & dans le Basiliceton. Les Goths discient war, les Anglo-Saxons wer, les Francs unar. Le Latin vir ressemble tout-à-fait au mot Celtique, supposé même qu'il non-vienne pas. Fair & fear en Irlandois, & varun en Espagnol, signifient aussi vir. Ainsi lou-garou signifie proprement lou-homme; & c'est précisément la même chose que le Louis Dyon & des Grecs. Les Allemans disent werwolf, par une transposition de mots; c'est-à-dire, hom- me loup. Il ne fera peut-être pas mal-à-propos de rapporter ici ce qu'on lit dans Wachter, Glosar. German. au mot Werwolf: Caterum homines in lu- pos transformari, vetustissima fama est, qua apud Gracos vocabulum invenit & fidem. Scilicet, nul- lum tam impudens mendacium est, ut tefte ca- rest; sicut verissimo Plinius, cujus etiam has font: Homines in lupos verti, ruriumque restitui sibi, falium esse confidenter existimare debemus, aut credere omnia quæ fabulosa tot fœculis comperi- mus, lib. 8. cap. 18. Si res ex moribus hominum altimetur, lupos ex hominibus fieri, & ex lupis ho- mines, certissimum est, & omnium faculorum expe- rientia probatum. Posse etiam hominem atrabile affecitum imaginari se lupum esse, & tanquam lupum se gerere, medici affirmant. Hinc quidam initium fabula ad morbum quendam retulerunt. Sed perpe- ram. Prodium enim memoria est, eos qui sic ver- tuntur, sponie & voluntario in quacumque animalium formas mutari, quoties ac quandis vellent, & ad pristinam formam pro libitu reverti, quod certo non est hominis morbo correpti. Mela, lib. 2. cap. 1. Neuris statum singulis tempus est, quo, si vellut, in lupos, iterumque in eos qui fuere, mutentur. Idem de sacris Virginibus insula fena, quas Gallici cujusdam numinis & oraculi Antistites vocat, lib. 3. cap. 6. Has maria ac ventos conctiare carminibus, seque in quæ velint animalia vertere putant. Patet orgu hanc transmutationem, secundum antiquam cre- dulitatem, non fuisse morbum, sed rem liberam ac voluntariam. Quemadmodum autem omnis fabula est sermo falsus, à veritate quadam ortus; ita hanc queque fabulam ab iis ortam reor qui statis temporibus & mysteriorum celebrandorum causa pollibus anima- lium induebantur, propagatamque ab iis quorum in- tererat; ut vi numinis quod colobant mutari crede- rentur, non personati. Tales fuisse Virgines illas in- fulares, & verissimiliter Luna Sacerdotulas, mihi perfusis docissimus auctor Religionis Antiquo- Gallicæ; cujus nomen, etiam si libro inscriptum non sit, volat tamen per ora virum, & majorem ab occul- tatione claritudinem accipit. Anfam conjectura dedit signum Lunæ, Falconiaci in Lotharingia cum iisdem animalium formis effosum, quibus aliat mysteria Mithra celebrantur à larvatorum caterva. Nam hinc praclarus auctor colligit, Mitbram & Lunam iisdem ceremoniis cultam esse à Gallii, & Virgines Senenses (quas Drus vocat) navigantibus persuasisse, se in omnes animalium formas verti, & postea ad se redi- re. Idemque de Neuris, gente Scythica, statuo, quia non inviti, sed quoties vellent, nec omni tempere, sed stato tantum, hoc est, ut arbitrer, festive, & initiationibus dicato, in formas lupinas (lupus au- rem est fera Marti sacra) versobantur. Quas res Dra- cis fingendi anfam dedit, naturam eos mutare non vestem. Vide Martinum de cultu Mithra per adxi- sias ferorum & pecundum formas, lib. 2. cap. 35. De sacris Virginibus in insula fena, lib. 4. cap. 13. De Luna Lotharingica, lib. 4. cap. 20. & non pa- nitobit.
LOUCHE. Le Journal de Paris, &c. 1729. tom. 2. pag. 58. dit que chez le Duc de Boutgo- gne, le Queux devoit avoir en sa main une louche lorsqu'il fallait l'essai des viandes. Et le Commen- tateur prend pour une baguette cette louche; au lieu qu'on voit à la page suivante qu'il s'agit d'une torche. Le Duchat.
LOUCHET. On appelle ainsi en quelques endroits de Normandie, ce qu'on appelle à Paris une hèche. L'origine de ce mot ne m'est pas con- nue. M.
LOUCHET. Monstrelet, édit. de 1572. vol. 1. fol. 18. à Louchez, & autres instrumens pour refaire & abonier les chemins. Abonier, c'est appla- nir, mettre à l'uni, adunare. Louchez, dans la si- gnification de hèche, pourroit bien venir de luxe, as. Pline, liv. 17. ch. 24. parlant de la vigne &c de ce qui la rend malade: Vel etiam subatater im- prudens luxavit radices. Le Duchat.
LOUDIER. Voyez lodier. M. LOUER: donner des louanges. De laudare. LOUER: donner ou prendre à louage. De locare. Voyez ci-dessus loyer. *
LOUFIE. Jules César de Bernieres, dans son Etymologie des mots François: LOUPHIE. Mal de gorge, ou de col: à 259. Lat. collum. La significa- tion de ce mot ne m'est pas connue d'ailleurs. M.
LOUIS. Nous l'avons corrompu de Ludovi- cus, mot latinisé de l'ancien Tiois Luitwich, qui, comme remarque du Tillet, en son Recueil des Rois de France, est composé de luit, qui en la même Langue signifie peuple; & de wich, qui signifie homme excellent. Clovis & Louis sont un même nom: car les anciens François écrivoient Hindovicus, & Hlodeveus, & prononçoient Clo- doveus. Mais Pontus Heuterus, en son livre intitulé Etymos variorum nominum urriusque Sexis hominum Germanica originis, prend l'étymologie de ce nom d'une autre façon: Luitwich, Ludovicus, via po- pularis. Je ne sais si après avoir accordé que nous étions redevables à la Langue Tioise du mot de Louis, nous la rendrons respectivement obligée à la Langue Latine; comme veut Philippe Cluvier, dans ses Antiquités Germaniques, liv. 1. ch. 5. où il soutient que dans César, liv. 7. Litavicus. Princeps Eduorum, est même nom que Ludovicus. Caseneuve.
LOUIS. Il étoit bien raisonnable de donner l'étymologie de cet illustre nom: mais celle que présente du Tillet n'est pas juste; & encore moins celle de Pontus Heuterus. Le mot Ludovicus, d'où notre François Louis est abrégé, signifie clarus bel- later. Il est composé de lut, ou blud, ou chlud, qui en ancien Franc signifie illustre, célèbre; & de wig, qui signifie un homme vaillant, coura- geux, un guerrier, un héros. Au lieu de lut, les Allemans disent laut dans le même sens. Le Grec clovie & le Latin inclytus répondent parfaitement à ces mots Teudefques, soit pour le son, soit pour la signification. M. de Caseneuve remarque fort bien, que Clovis & Louis sont un même nom. Le c ou b devant le mot lut s'est quelquefois écrit & prononcé, & d'autres fois non. Ce qui fait paroî- tre différents, des noms qui sont tout-à-fait les mêmes. Clodion & Luteo sont le même nom, & signifient la même chose que lut. Louis le Pieux, dans Flodoard, livre 2. assure qu'il s'appelle de même que Clovis: & Clovis, en Latin Chlode- veus, se nomme lui-même Chlodevecbus. Voyez Wachter, dans son Glas. Germ. aux mots laut & wig; & ci-dessus Clovis. *
LOUISE-BONNE. Sorte de poire. La: La: iso-bonne, dit M. Merlet, est une grosse poire, tres-larque & en porte, blanchâtre, & tres-bourde quand on ne se presse pas de la manger; n'étant pas sujette à coronner, ni à mollier: elle viene de la Terre des Eifers en Peitou. La Dame du lien se nommeit Louise, laquelle avoit une amitié particulière pour ce fruit, qui lui a mérité le nom de Louise-bonne. M.
LOUP, dans la signification de masque de femme ou fille de qualité. De lobus, d'où lopin, pour dire une pièce ou un morceau de quelque chose que ce soit: le loup n'étant proprement qu'un morceau de velours destiné à cacher le visage. Croix au loup, est un monument d'architecture gothique à quelque cinquante pas du pont des Morts à Metz, ainsi appellé d'un nommé Nicole Louve, citoyen & Magistrat de Metz, qui le fit bâtir avec un pont de pierre tout proche, du tenu de Philippe le Bon, Duc de Bourgogne. Le Duchat.
LOUP-CERVIER. Voyez LOU-CERVIER. LOUP-GAROU. Voyez LOU-GAROU. LOUP E. Tumeur. Lat. ganglion. Les Espagnols l'appellent lobanillo: que Covarruvas & Nebrissensis dérivent de lobo, c'est-à-dire, un lou; comme qui dicot, instatio similis et qua à moris luporum oritur. Cette étymologie ne me revient pas, quoiqu'elle ait été approuvée par M. Guyot. Et la pensée de Robert Etienne & de Nicot, qui la dérivent de lobo, dit par métaplasme, pour lobus, me paroît plus raisonnable. Une loupe est un morceau de chair. Voyez lopin. De la ressemblance à une loupe, nous avons appellé loupe, ces petites lunettes avec lesquelles on discerne les plus petites choses. M.
LOURCHE. Sorte de jeu de Tristrat, appelé lourche par Rabelais, liv. 1. chap. 22. & liv. 3. ch. 12. & par Nicot, au mot Tristrat: & ourche par Ant. Oudin, dans son Diò. Fr. Ital. lettre O; & lourche, lettre L. D'orca. Le Duchat.
LOURD. LOURDAUT. Pontus de Thyard, Evêque de Châlons sur Saone, dérive lourdaut de Anglis. Voici ses termes, qui sont de la pag. 18. de son de Retta nominum imposetione: A. 2000, qui est incurvus, & parum utili habilique corpore, fallum Gallicum LORDAUT. Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois, pag. 42. lui donne la même origine. Mais écoutons Périon: 2000, simplex, humilis incurvus. Fime ces qui sont restés fuggentur officio, ob stuporem, lordaux; id est, 2000, perè ad verbum; & lourds appellamus: 2000, estre elordi; id est, ob stuporem non restés facere officium: & 2000, lordocie, ejusmodi vitum: quod à membrorum & vertebrarum luxatione interdium ad animum transferimus: idque interdium in membrorum officio consistit; ut si quis prætericus cadet, aut quia vestem pedibus obterat, vel suam, vel alterius, aut aliá etiam culpâ quam ca-teri sacile vitam, cum 2000, id est, lordos, vel, ut vulgo scribi soler, lordauit & lourdauld, nemi-namus. Est-ne, inquit, hoc verbum à quoquam ante te notatum? A nemine, inquam, quod sciam. Mir-r, inquit, ab alitis non esse animadverfion; præ-fertim cum tam sa trium & clarum. Aliá, inquam, sunt etiam permoitâa atque clara ex ferumis quai-diari consustudine, qua primus observavi: quorum partim jam cammereravi, partim deinceps idoneis locis præferam. M. Bochart a fait cette note dans son exemplaire de mes Origines de la Langue Française, au mot Tome II. lourd: Videus fallum ab Anglico lord; id est, no-bill: per convictum: comme si notre Noblesse est traité les Anglais de lourdauts. Bella inter Gallus & Anglas bis convictis locum fecere. Quamvis alloqui Angli Noblesse sint mirâ urbani. Cette étymologie ne me revient pas. M.
LOURE. C'est une grande musette. Ronfard, dans ses Eglogues, & Belleau, dans ses Bergeries, se sont servis de ce mot. De loure, on a fait le diminutif lourette. Ce mot se trouve dans des chan-fons champêtres: & loureur, pour celui qui joue de la loure. M. Bochart dérivoit loure, de lura, que Festus explique de cette sorte: es culei, vel etiam uris: unde lurcones, capacis gula homines. Les autres le dérivent de lyra. Lyra, lura (com-me lacrima, & lacrima), LOUR. M.
LOURE. Oyre, uter, vaisseau de cuir. Rabe-lais: Soixante & deux oires de vin. D'eyre, & outre, on a fait outre; auquel on a préposé l'arti-cle: L'oure: comme à loisir, & à l'terra. Huet.
LOURE. D'urre, ablatif d'uter, uris, d'où nous avons fait outre. Le t. a été retranché, com-me en pere, de patre; & l'i de l'article s'est glissé dans le mot. Le Calepin: Dtricularius, qui canit tibitis infixis utricula, quæ vocantur tibia ustricu-lares; Gall. Comemufour. On a dit oire, aussi-bien qu'oudre & outre; du même mot utre, fait d'uter, & dans la même signification, & aussi par le re-tranchement du t. Loure, dans les Poésies de Bel-leau, est féminin. Le Duchat.
LOUSCHE. Quelques-uns le dérivent de 2000, obliquus. Le P. Labbe croit que c'est un mot Testonique. C'est un mot François, dérivé de lof-cus, qui dans les Ecrivains de la Basse-Latinité a signifié la même chose. Les Glofes ancit non: 2000, strabus, lufcus. Aldhelmus, dans son Poë-me de la Louange de la Virginité: Mutos, & mancos, claudos, sur des que repertos, Lufcus ac strabus, qui torta luce frumatur. Mais peut-être qu'en cet endroit d'Aldhelmus, il faut ponctuer le dernier vers de cette sorte, Luf-cus, ac strabus qui torta luce frumatur. Car ancienne-ment ce mot de lufcus signifioit borgne, & non pas lousche. Martial, 3. 8. Thaida Quintus amas. Quam Thaida? Thaida lufcum. Unum oculum Thais non habet, ille duot. Et IX. 59. Aspicis hunc, uno contrarum lumine, &c. Hunc tu conviviam cantus servare mentento: Tunc furit, atque oculo lufcus utroque videt. Juvénal, Sat. 2. parlant d'Hannibal, qui étoit borgne: Cum Ganius Ducem portaret bellua lufcum. S. Marc, IX. 47. Quod si oculus tuus scandalisset te, ojice cum. Romm est tibi lufcum introire in reg-num Dei, quam dum oculus habentem, mitri in ge-hentem ignit. Justinien, dans ses Institutes, au Titre de Alhionibus, paragraphe 19. Si quis homi-nem clandon aut lufcum occiderit, qui in eo anno in-teger & magni presti fuerit. Et au paragraph 9. au titre de Lege Aquilia: Si quis hominem tuum, qui hodie claudus aut mancus, aut lufcus erit, qui in eo anno in-teger aut protiefus fuerit. Les Glofes anciennes: lufcus, 2000, 2000, 2000, 2000. Je crois néam-moins que lufcus a été pris pour strabus, dès le teus même de la bonne Latinité. Et ce qui me le fait croire, c'est ce passage de Pline xi. 39. Un animalisme homini oculi depravant. Unis cognomina Straboum & Patorum. Ab-lisdem, qui aitore inuitiertri nascerentur. Cocites vocabantur. Qui parvis urrisque, Ocella, Lusclini, injuria cognomen habuire: ce mot Lusclini ne pouvant être pris là pour borgnes, à cause de celui de Cocites, qui précède. Quoiqu'il en soit, il est constant qu'il y a longtemps que luscline se prend pour lusche, puisqu'il se trouve en cette signification dans les Glofes anciennes, dont le Compilateur a précédé la compilation des Pandectes, comme l'a observé M. de Sammalie, dans ses Observations sur le Droit Romain & Artique. Il me reste à remarquer, que lusche parmi nous a aussi signifié un borgne, si on en croit Charles de Bouvelles. Voici ses termes: Louvres, apud Francos, cocles & monoculus: vel is, qui obliquis, limisque oculis inspicit: quem Balga vocant warlougue. M.
LOUTRE. C'est un animal amphibie. Du Latin lurra, qui signifie même chose: & qui doit être dérivé du Grec hodier, qui signifie laver; d'où vient l'ouvoyer, qui signifie le lieu où l'on se baigne. Virtue, liv. 5. chap. 11. Frigida lavatio, quam Graci n'ouvoyer vocant: parce que cet animal vit ordinairement dans l'eau. Caseneuve.
LOUTRE. Animal amphibie. Du mot Latin lurra, qui signifie la même chose, & qui a été fait d'endroit, l'ouvoyer; mots de même signification que lurra; & ainsi dits, parce que le louvre est un animal acatique, ou aquatique; car on dit l'un & l'autre. M. Richelet a même aucunement préféré acatique à aquatique: ce que je remarque ici en passant, pour répondre à ce que le Révérend P. Gaudin, Jésuite, a écrit contre moi sur ce mot, dans une Remarque imprimée à la fin de son Dictionnaire. M.
LOUVIER. Vente oblique navigare. En bas-Breton, lava, ramer. Huet. Voyez l'ouvoyer.
LOUVOYER. Terme de marine. Courir plusieurs bordées, ou faire plusieurs routes, tantôt à bas-bord, tantôt à ftribord, pour chicaner le vent. C'est la même chose que l'ouvier; mais on dit plutôt l'ouvoyer. Je ne saurois goûter l'étymologie de M. Huet, qui dérive ce mot du bas-Breton lava, ramer. Il y a bien de la différence entre l'ouvoyer & ramer. Ainsi j'aime mieux le faire venir de l'Arabe lava, qui signifie tourner, détourner, tortiller. L'ouvoyer n'est autre chose que faire des tours & des détours. Qu'est-ce qui empêche-troit qu'un verbe François n'ait pu être formé immédiatement d'un verbe Arabe? Au lieu de l'ouvoyer, on dit aussi berdeger, parce qu'on vogue tantôt à bas-bord, tantôt à ftribord; c'est-à-dire, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre. Sur la Méditerranée on dit carreger. *
LOUVRE. Maison Royale de Paris. Daviler, dans son explication des termes d'Architecture, dit que le Louvre a été ainsi appellé, de l'hotel d'un Seigneur de Louvre en Parfils, lequel étoit à l'endroit où étoit bâti le vieux Louvre. ¶ Il vient de Lupara. C'est ainsi que ce lieu est appellé dans les anciens Titres Latins. Turris Lupara: c'est la Tour du Louvre. ¶ Dans un vieux Glossaire Latin-Saxon, Lacvar est interprété Castellum: & dans la Frise, il y a une place appellée Levarden; en Latin Leovardia. M.
LOUVRE. Maison Royale à Paris. Il vient sans doute de Lupara. Mais M. Ménage ne nous ex- plique pas l'origine de Lupara. Le sentiment le plus commun est que ce nom vient de lupus, & qu'il fut donné à ce château, parce que c'étoit auparavant une ménagerie où l'on gardoit des loups. Quelques Auteurs ont cru que Louvre s'est dit d'abord pour l'œuvre, c'est-à-dire, l'œuvre, l'ouvrage; & que ce Palais fut ainsi appelé par excellence, comme étant un ouvrage admirable: qu'enfuite on ne fit qu'un mot de l'article & du nom, & qu'on dit l'œuvre, comme on a dit, suivant quelques-uns, laifir, pour l'oisir. Cette étymologie est ridicule. *
LOY. Licence, permission. G. Cretin. p. 101. Je n'ay loy de l'ouvir, si n'est présent partie. On di-soit autrefois, il laif, pour le licor des Latins: & c'est du Latin licore, que vient ce mot loy. Le Duchat.
LOYAL, LOYAUTE. Legalis. Legalitas. M.
LOYER. Récompense. Il vient de locarium, qui en vrai Latin signifie ce qu'on donne pour arriver quelque tems en une étable, ou en une boutique. Varron de Lingua Latina, liv. 4. Locarium; quod datur in stabulis & taberna, ubi consistant. Almoinus Monachus, liv. 5. chap. 61. Ad quod placirum Hugo Abbas, quibusdam sociis secum assumptis, profellus, Carnium adit pro petiione partis regni, quam frater sans Ludovicus in locarium acceperat. Dans la 143. Formule que Lindembrog a fait imprimer au Code des Loix anciennes: Et si hoc facere contempsero, aut exinde negligens apparuero, ad duplum ipsum locarium vobis rodderis spundeo. Caseneuve.
LOYER. De locarium: qui a signifié originalement ce qu'on donne pour avoir logé dans une hôtellerie. Varron, liv. 4. de Lingua Latina: Locarium; quod datur in stabulis & taberna, ubi consistant. Il a signifié enfuite toute sorte de loyer. Voyez M. de Caseneuve. M.
LOZENGER. Vieux mot inuisté, qui signifie tromper: comme LOZENGIER, trompeur. Alain Chartier, dans la Belle Dame sans mercy: Amour est cruel lozengier. Messire Graces Brulex, Chevalier, dans une de ses Chantons: Faux lozengier & tricheour, Vous m'avez mort, pour voir le sai. Dans le Catalogue de quelques anciens mots Allemans, tirés d'un très-vieux Pseautier, & produit par Lipse, dans sa Lettre 44. de la troisième Centurie de ses Lettres ad Brigas, LOZEN est interprété delosum: & LOZEN, delozo: & LOZONGA, deloz. Les Italiens disent aussi lusingare. Pétrarque:
AMOR, con suo promesse lusingando, Mi ricondusse alla prigione antica. Et les Espagnols, lusingear. Le Stigliani, dans son Orchiale contre le Marin, dérive l'Italien lusinga, qui signifie tromperie, du Latin luscinia, c'est-à-dire, rossignol. Bourgoin dit la même chose. Ad-blandiri vero & adulari, lusingare Italici; quasi luscinare. Suavissimo quippe inter volucres cantu avides, adalaique auribus, decepique lusciela : vique & satura cantileta adalaium, etiam Syllabatin virere videnter. Il ajoute, que l'Espagnol lissiger vient de lingere ; ou de litare, dit pour oblitare. Le François, l'Espagnol & l'Italien, viennent de l'Alleman losis. M. du Cange veut que les Italiens ayent emprunté de notre lozenger leur lozenges. J'ai cru autrefois, que l'Alleman losis pouvoit avoir été fait du Latin lusus. Lusus, lusi, lusingus, lusinga, lusinga : car il n'est pas vrai qu'il n'y ait point de nous Latins dans l'ancienne Langue Allemande. M.
LOZENGER. Les Allemands appellent loser-pub, & bell-losen-pub, un déterminé, un garçon qui a la bride lâchée, qui abandonne le soin de son salut, pour courir à tout ce qui peut le perdre de corps & d'âme. Loser est fait de losen, qui signifie laxare, solvere. Le Roman de la Rose, fol. 8. v. Maime trahystres & maime envyex Souventes foys sont bien joyeux De despriser ou de blasmer Tout coula qui sont mienle à aymer ; Par devant, comme moquerie, Lutent les gens en flaterie, Et par doulces paroles oygues : Mais après de leurs flèches poignées Par derrière jusques à l'oc, Et abaisent des bons les lac, Et desleuvent les alouze. Maint prud'homme ont desalance, Les lozenges par leurs lozenges, Et fait tenir de cours estranges Coulx qui desent estre prince, Que mal puissent estre arriere, Tels lozenges ou pleins d'envie ; Car nul prud'hom n'ayne leur vie. Le Duchat.
LOZENGER. Le mot Alleman los a plusieurs différentes significations, qui dérivent de diverses racines ; mais il signifie entre autres choses un menteur, un fourbe, un trompeur. On ne sauroit guère douter que le François lozenger, l'Italien lozenghiere, & l'Espagnol lissingere, qui tous trois signifient un trompeur, un flateur, n'aient une origine l'eutonique, & ne viennent de ce mot-là, ou de quelqu'autre semblable. Que les Italiens aient emprunté leur lozenger du François lozenger, comme veut M. du Cange, ou que les François aient emprunté leur terme des Italiens, peu importe, puisque l'origine est toujours la même. En Anglo-Saxon leas & lease, signifient de même qu'en Alleman, un menteur, un trompeur. En Anglais leasing, signifie un mensonge. Quant à l'origine du mot l'eutonique, duquel vient lozenger, il n'est pas nécessaire de l'aller chercher dans la Langue Latine, puisqu'on peut la trouver dans la Langue Allemande. Mais quand bien même on ne l'y trouveroit pas, il ne seroit pas pour cela nécessaire de l'aller chercher dans le mot Latin lusus. Voyez Wachter Cleser. German. au mot Los.
LUBIN. Frere Lubin. Moine hypocrite qui cache un cœur de loup sous les apparences d'un agneau. De lupinne, diminutif de lupus. Faux-femblant parle ainsi dans le Roman de la Rose, fol. 69. v.
LUB. LUC. LUE. 139 Je m'en plaindray tant seulement A mon bon Confesseur nouvel, Qui n'est pas mon Frere Louvel : Car ferment se courroseroit, Qui par sel nom l'appelleroit ; Et sa n'en prendroit patience, Qu'il n'en euf cruelle vengeance. On voit qu'anciennement, au lieu de Frere Lubin, on disoit Frere Louvel ; de lupinus, autre diminutif de lupus. Ma désinition de Frere Lubin, s'accorde avec le portrait que fait de lui Marot, dans sa Ballade intitulée, d'une qu'on appelle Frere Lubin. Le Duchat.
LUBRIQUE, LUBRICITÉ. Il semble étrange que de lubricus, qui signifie glissant, on ait fait lubrique, qui signifie enclin au péché de la chair ; & lubricité, qui est l'inclination qu'on y a. Mais c'est parce que le naturel de la jeunesse se laissent plutôt glisser aux vices de l'impureté qu'à toute autre sorte de débauche ; cette inclination vicieuse, ou pour mieux dire, cette foiblessie, a mérité d'être appelée lubricité, par antonomais, comme prévalant par-dessus toutes les autres. Car le Droit, & les bons Auteurs Latins, appellent lubricum aatis, & lubricum adolescentia, la foiblessie de l'âge imparfait, ou les inclinations qui portent la jeunesse à la débauche. Neque enim lubrico aatis capens est adando locuplatem hereditatem. L. 11. §. Si locupleti, ff. De Minaribus. Pline 3. liv. 7. Eplt. 3. Cui in hoc lubrico aatis non praecepter modo, sed cultus etiam, reilorque, quarendue est. Ainsi Tacite, liv. 6. de ses Annales, a dit Juventa lubricum. Et liv. 14. Adolescentia lubricum. Et Ciceron en l'Ortalion pro Celio : Via adolescentia lubrica, quibus illa insifere, aut ingredi, sunt casu aliquo, aut pro-lapsione, via potesi. L'édition de Schrevelius dit, aut prolasione. Caseneuve.
LUC. Sorte de petit vaisseau de mer. Louis Guyon, liv. 4. ch. 15. de ses diverses Leçons : S'il se trouve seulement deux Carfaires de compagnie, ils oferont bien entreprendre d'affaillir une Squiraffe, une Marcilienne, un Luc, & autres tels petits vaisseaux de marine. Il est évident que cette sorte de vaisseau que Louis Guyon appelle Luc, est la même que Rabelais appelle Luc. Ainsi je ne doute pas que Luc, dans cette signification d'un petit vaisseau de mer, ne soit une corruption du mot luc, & que ce vaisseau n'ait été appellé de la sorte à cause de sa ressemblance avec l'instrument de musique qu'autrefois on appelloit Luc, & qui aujourd'hui le nomme Luc, conformément à son étymologie, qui vient de l'Alleman laute, mot de même signification ; lequel est formé de lauten, autre mot Alleman, qui signifie sommer. Le Duchat.
LUCARNE. Fenêtre dans la couverture d'une maison. De lucarne. M.
LUETTE. C'est cette particule charnaise qui perd sur le goiser. Les Latins l'appellent uva, d'où nous avons tiré le mot luette, en ajoutant l'article au mot Latin : disant du commencement l'uvette ; & depuis, par contraction, luette. Elle est appelée uva, de uvidus, qui signifie humide, parce qu'elle 5 ij est sans cesse humechée par la défluxion du cerveau. Et c'est pourquoi Martial, liv. 1. Epig. 16. l'appelle *stillantem uvam*. Ou bien, elle est ainsi appelée d'*uva*, qui signifie *raïfin*, à cause qu'elle ressemble à un pepin de raïfin; mais c'est seulement lorsqu'elle est ronde & enflammée par la défluxion : car quand elle est longuette, qui est sa naturelle forme, on l'appelle *columella*; ce qui a fait dire à quelques Médecins que *uva* est le nom du vice, plutôt que de la chose même. Les Grecs l'appellent *vorphorris*, c'est-à-dire *lingula*, vel *ligula*. Caïeneuve.
L'UTTE. C'est ce morceau de chair qui est dans la gorge à l'entrée du canal qui va du nez au palais, & que les Latins ont appellé *uva*, & les Grecs *φωωὰ*, à cause, dit M. Richelet, de sa ressemblance à un grain de raïfin. Et c'est de ce mot Latin *uva*, que le mot de *luette* a été fait. Et il en a été fait de la sorte : *uva uetta*, UTTT, LUTTE. L'article s'est incorporé au mot : comme en UTERE, en LANDER & autres mots. Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, pag. 88. blâme ceux qui disent que la luette ressemble à un grain de raïfin. *UVAM appellarum Veteres satis aptè, quia pendet : tamen uniformis est, non acinosa*, &c. *Uva igitur esto, quia pendet*. Mais M. Hauterette a aussi écrit que la luette avoit été ainsi appelée de sa ressemblance à un grain de raïfin. *Uva, est pellicula, qua in ore penitiore circa fauces pendet : quas in acinum immemocentes Graci φωωὰ vocant : Latini uvulas, à similitudine uva : c'est la luette : Latinis uva : qua, per diminutivum, vulgò uvola dicitur : ut notat Glæss. C'est sur la Loi 14. au digeste de Edilicio Edilio*, pag. 529. M. de Caïeneuve veut que le mot Latin *uva*, dans la signification de *luette*, ait été dit d'*uvidus* : en quoi il n'a pas bien rencontré. Le mot *φωωὰ*, dont les Grecs ont appellé la luette, ne permet pas de douter que le mot de *luette* n'ait été fait d'*uva*. M.
LUI. D'*illius*, génitif d'*ille*. Nous avons fait de même *aurmi d'aiterius*. Les Italiens ont dit aussi de même, *lui*, & *aitru*. Ils ont aussi fait *lui*, pour signifier un *roitelet*, de *regalius*. Voyez mes Origines Italiennes. Le mot de *lui*, au reste pour *illius*, se trouve dans des Auteurs de la moyenne Latinité. Masculfe, liv. 1. de ses Formules, ch. 21. *Propterea subentis, ut dum taliter utriusque decrevis voluntas, imemoratus ille vir omnes causas lui, ubicunque profoqui, vel admallare deberet*, &c. Sur lequel endroit M. Bignon a fait cette Note : LUI, *corruptè, pro illius, infinitis locis occurrit. Indique dictio nostra, lui, rodem omnino sensu : quod semel adnotasse scifi-rat*. M.
LUIRE. Substantif féminin. De *lui*, fait de *lorum*, dans la signification d'une bande propre à couvrir & à entourer le cou. Voyez du Cange, au mot *lorum*. Le Laboureur, dans ses Additions aux Mémoires de Caïeina, tom. 2. pag. 602. dans une Lettre au Roi, du 13. d'Avril 1547. *Se vanrent de m'y arrefter* (en champ clos) d'une *luire de fer*. Voyez le mot *Badelaire*. Le Duchat.
LUNEBOURG. Ville de la Basse-Allemagne, & Capitale du Duché de Lunebourg. Rien n'est plus ordinaire que de chercher des étymologies des noms des Villes qui sont devenues importantes avec le tems. Plus les commencements en sont obscurs, plus les étymologistes ont beau jeu, sur-tout quand un nom est susceptible de plusieurs allusions. Celui de Lunebourg a donné lieu aux conjectures. Les uns le décrivent de la Lune : car il n'est ici question que des deux premières syllabes ; la dernière ne laisse aucune difficulté. Pour trouver un rapport entre la lune & Lunebourg, on a imaginé que Jule-César, que l'on suppose gratuitement avoir pénétré en Germanie jusque-là, dressa sur le haut de la montagne qui est au-dessus de la Ville, une statue de la lune, qui y demeura, dit-on, jusqu'au tems de Charlemagne, qui la renveria. Quantité d'Auteurs ont adopté cette fable. Presque tous s'accordent à mettre un culte de la lune établi dans ce pays par les Romains, pour base du nom de Lunebourg ; & ils le disent sans en apporter aucune preuve qui fait recevable. Les Poètes n'ont eu garde de négliger une pareille idée : aussi ont-ils appelé Lunebourg, *Urbs Luna*, ou *Phobes*, & *Selenopolis* : & cette opinion a même tellement prévalu, qu'on a mis une lune dans les armes de la Ville, & sur la monnoie. Cette opinion néanmoins, quoique si généralement reçue dans des tems d'ignorance, n'a pas la moindre ombre de vraisemblance. Quelle apparence en effet, que des Germains aient été prendre un mot Latin & un mot Teuton, pour en composer le nom de leur Ville : Si ces peuples adoroient la lune, ils avoient dans leur Langue de quoi la nommer. Albert Crantz, Hiftorien sage & savant, se moque ouvertement de cette fable de l'idole de la lune. Il tire l'origine de Lunebourg, d'un lieu voisin, nommé *Lune*, où étoit un Monastère de filles. Ce Monastère de *Lune* est fort connu, & il donne le nom à une des portes de Lunebourg, nommée la porte de *Lune*. Si l'on étoit bien sur que *Lunebourg* n'eût été bâtée qu'après le Monastère de *Lune*, l'étymologie d'Albert Crantz seroit très-bonne. Quantité de Villes doivent leur origine & leur nom à des Monastères. Mais il y a apparence, au contraire, que Lunebourg est plus ancien que le Monastère de *Lune*. D'autres décrivent *Lunebourg* du nom de la rivière qui y passe, appelée *Ilmenew*, & qu'ils disent avoir été appelée anciennement *Lunow*. L'inconvénient de cette opinion, c'est que le nom de *Lunow* ne se trouve donné à la rivière de *Lunebourg* par aucun ancien Ecrivain, & qu'il ne s'en trouve aucune trace, ni dans les anciens actes, ni dans aucun titre. D'autres décrivent ce nom du *lin*, qui, selon eux, croit abondamment dans ce pays. Mais il n'y en croit pas plus qu'ailleurs, & ce qu'il y en croit ne valoit pas la peine qu'on en donnât le nom à la Capitale du pays. Je ne parle pas de ceux qui décrivent *Lunebourg* de *Lennum pyrgon*, c'est-à-dire, *tour des Lions* : mélange bizarre de la Langue Grecque & de la Langue Latine. Wachter dans son *Glaffer-German*, pag. 917. dérive ce nom du mot *Celtique lan*, ou *lan*, ou *lan*, qui signifie eau, rivière, & qui est aussi le nom propre de plusieurs rivieres, tant en Angleterre qu'en Allemagne. Voici les paroles de cet Auteur : LAN, *lan*, *lin*, *aqua*. *Vox Callica*. *Box-hormus in Law*. *Ant. Brit. Ilynn liquor. Vavelius in Indice* : hlanæ *liquefacere*; thad hlanæ *feigus & gela/resolvitur*. *Dicitur de aqua flagmente & fluente, & superat hodie in multis fluviorum nominibus*, non solum apud Britannus, sed etiam apud nos; manifeste satis indicio, primus Germania incolas Celticâ locutes; & nos, qui nomina ab illis relicta non intelligimus, à lingua eorum desciivisse. Equismodi sunt: LAN, lon, dîn, annis Anglia, qui Lancastrum aliuit, & nomen urbi dedit. Lat. Luna. LANE, fluvius Germania sup. qui post longus errores in Rheum labitur. Gieffenses Lonam vocant; alii Lanum; scriptores medii ovi Loganam, à lauge aqua. LENNE, fluvius Thuringia, qui Gotham praterfluit. LANE, fluvius Saxonia inferioris, qui Hanveram-aliuit. Lat. Lynius. Appellative occurris in nomine illustri, Lüneburg, quod certe non à cultu lunæ, sed à situ sic dicitur, velut Castrum ad amnem, etiamæ annis ille non Lüne, sed Ilmenau appellatur. Nomen provinciali ab urbico est. Simile compositum est Lancastria, imo etiam Londinium. Je préfère cette derniere étymologie à toutes les autres. Voyez ci-dessus Londres.
LUNETTES. De leur ressemblance, par leur rondeur, à une lune. Voyez ci-dessus besicles. Les Italiens les appellent occhiati; comme qui diroit, oculares; & les Espagnols, antojos, d'anteculi. Je remarquerai ici, par occasion, qu'il n'y a pas encore tout-à-fait 400. ans que les lunettes ont été inventées: ce qui paroît par cet endroit des Prédications Manuscrites de Frere Jourdan de l'Ordre des Prédicateurs, c'est-à-dire, des Dominicains: Non è ancora venti anni, che si trovò l'arte di fare gli Occhiati, che fanno veder bene: che è una delle migliori arti, e delle più necessarie. Cet endroit est rapporté par Messieurs de la Cruïca, dans leur Vocabulaire, au mot occhiate. Et ces Prédications furent faites depuis l'année 1300. juïques à 1336. comme l'a remarqué dans ses Avertissements le Salviat, avec plusieurs autres particularités curieuses touchant ces Prédications, & leur Auteur. M. du Cange croyoit que les lunettes étoient un peu plus anciennes, & qu'elles étoient en usage dès l'an 1130. ce qu'il prétendoit prouver par ces vers de Prochoprodromus, dans son Poème écrit en vers politiques contre Hegumenus, qui est un Manuscrit de la Bibliothèque du Roi: L'Excellat, plâtrures iodice, xparties vêt opcypiés vû: Quques agi vû enicada portâ vû ielâ. Prochoprodromus parle en cet endroit des Médecins de l'Empereur Comnène, dont il se rallie. Ils viennent, dit-il, & aussi-toi ils regardent les choses. Ils touchent le pouls; & avec un verre ils considèrent les encrêmes (a). M.
LUNETTES. Dans Rabelais, liv. 4. chap. 30. il est dit. de Quarméprenant, qu'il avoit les amygdales comme lunettes à un œil. Et liv. 5. ch. 27. où il est parlé des frères Fredons, on lit: Ainsi battez & espéronnez dormeïens, ou ronsaient pour le moins; & dormant avoient bezicles au nez, ou lunettes pour le pire. Ce qui fait voit que ce qu'on appelait lunettes du tems de Rabelais, c'étoit des lunettes à un seul verre; les bezicles d'alors étant proprement nos lunettes d'aujourd'hui: & par conséquent il semble que Rabelais dérivoit lunettes d'unus (oculus), & bezicles de bis oculi. (a) & en cet endroit un signifie pas un verre, mais les urines. V. du Cange, au mot d'hier. Le Roman de la Rose, achevé par Jean de Meun, du vivant de Charles d'Anjou Roi de Sicile, fol. 110. & suiv. sous le nom de miroirs parle de plusieurs sortes de lunettes, tant de celles qui grossissent les objets, que de celles qui les appellent ou diminuent; & même il vante beaucoup un certain livre, intitulé le Livre des Regars, qu'il attribue à un nommé Alheram, mort il y avoit déjà plusieurs années, & duquel Alheram il parle ainsi: Cil sit le livre des regars. De ce doit il science avoir, Qui venit de l'arc du Ciel sçavoir: Car de ce doit estre juguer Clerc naturel & regarder: Et sache de Glomérrie, Dont nécessaire est la maïstrie Au livre des regars prouver. Lors pourra les causes trouver, Et les forces des miruers, Qui tant ont merveilleux pouvoirs, Que toutes choses très-petites, Lettres gresses, très-loing ofcriptes, Et poudres de sablon menues, Si grand & si grosses sont venues, Et si apparant aux mirans, Que chassun les peuls chassir, ens Que l'on les peuls lyre & compter De si loing, que qui raccompter Le vauldroit, & qui l'auroit ven, Si ne pourroit-il estre creu D'homme qui point ven ne l'auroit, On qui les causes n'en sauroit. Si ne seroit-ce pas créance, Puisqu'il en auroit la science. Le Duchat. LUNETTES DE GALILÈS. On appelle ainsi les lunettes à longue veue, parce qu'on croit que Galilée en a été l'inventeur. Le Cavalier Marin, dans son Adone, livre x. Chant 43. parlant de ces lunettes avec lesquelles on voit les moindres taches de la Lune: Del Telescopio, a questa etate ignoto, Per tefia, Galileo, l'opra composita; L'opra, chi al senso altrui, benche remoto, Fatto molto maggior l'oggetto accolta. Tu solo osservater d'ogni suo moto, E di qualunque à in lei parte nascosta, Potrai, senza che vel nulla ne chinda, Novello Endimion, mirarla ignuda. E col medesimo occhiati, non solo in lei Vedrai dapreso ogni atomo diffimo, Ma Giove ancor sotto gli auspicii miei Scorgerai d'altri lumi intorno cinzi: Onde lassu del Arno i Semidei Il nome lasceran sculto e dipinto. Che Giulio a Cosmo ceda aller sia giusto, E dal Medici tuo sia vinto Angulo. Aprendo il sen de l'Ocean presendo, Ma non senza periglio e senza guerra, Il Ligure Argonauta al basso mondo Scoprira nuovo cielo e nuova terra. Tu del Ciel, non del Mar, Tifi secondo, Quanto gira spiando, e quanto serra Senza alcun rischio, ad ogni gente assise Scoprirai nove luci, e nove cose. Sen dei tu molto al Ciel, ch'ti disopra L'invention de l'organe celeste; Ma viè più! Cieù alla tua nobil' opta, Che lo bellezza sue fa manifeste. Dogna è l'imagin tua, che sia là sopra Tra i lumi accolta, onde si fregia o veste, E delle tue Lunette il vetro frale. Tra gli eterni zaffer resti immortale. Non prima, no, che de lo Stelle istesse Estingua il Cieù i luminosi rai, Effer de lo splendor, ch' al crin ti toffe Onorata corona, estinto mai. Chiara la gloria tua vivrà con esse, E tu, per fama in lor chiaro vivrai, E con linguo di luce ardenti e belle, Favelleran di te sempre le Stelle. Mais il n'est pas vrai que Galilée ait été l'inventeur des Lunettes à longue veue. Et il l'avoue lui-même dans son Saggiatore : en ces termes : Quel parte io abbia nel ritrovamento di questo strumento, e s'io possa ragionevolmente nominar mio parte, t'è, gran tempo, manifestato nel mio Avviso Sidero : scrivendo, come in Vinezia, dove allora mi ritrovavo, gulunsero nuove, che al Signor Conte Maurizio era stato presentato da un Olandese un Occhiade, colquale lo cose lontane si vedevano così perfettamente, come se fusero state molto vicino : nè più aggiunto. Su questa relazione, io tornai a Padova, dove allora stanziavo : e mi possi a pensar sopra tal problema : e la prima notte, dopo il mio ritorno, io ritrovai. Ed il giorno seguente fabbricati lo strumento, e ne diedi conto a Vinezia a i medesimi amici, ce' quali il giorno precedente ero stato a ragionamento sopra questa materia. M'applicai poi subito a fabbricarne un altro più perfetto; il quale, sei giorni dopo, conduffi a Vinezia, dove con gran meraviglia fu veduto quasi da tutti i principali Gentilumini di quella Repubblica, ma con mia grandissima fatica, per più d'un mese continuo. Finalmente, per consiglio d'alcun mio affezionato patrone, lo presentai al Principe in pieno Collegio : dal quale, quanto ci fusse stimato, e ricevuto con ammirazione, testificato le Lettere Ducali, che ancora sono appresso di me; contenenti la magnificenza di quel Serenissimo Principe, in ricondurmi per ricompenza della presentata invenzione, e confermarmi in vita nella mia Lettura, nello studio di Padova, con duplicato stipendio di quello che avevo per addietro; ch' era poi più che triplicato di quello di qualsivoglia altro mio antecessore. Ce Hollandois étoit un certain Jacques Métius. Ce que j'ai appris de cet endroit du premier Discours de la Dioptrique de M. Descartes : Il y a environ près de 30 ans, qu'un nommé Jacques Métius, de la ville d'Almar, en Hollande; homme qui n'avait jamais étudié; bien qu'il eufi un père d'un frère qui ont fait profession des Mathématiques; mais qui prenoit particulièrement plaisir à faire des miroirs & des verres brûlants, en composant mesme l'hiver avec de la glace; ainsi que l'expérience a montré qu'on en peut faire; ayant à cette occasion plusieurs verres de diverses formes, l'avisa par bonheur de regarder au travers de deux, dont l'un étoit un peu plus épais aux extrémités qu'au milieu, & il les appliqua si honnêtement aux deux bouts d'un tulan, que la première des Lunettes dont nous parlons, on fut composée. Et c'est seulement sur ce patron, que toutes les autres qu'on a venus depuis, ont été composées. Ce livre de M. Descartes fut imprimé la première fois en 1637. Mais il n'est pas vrai que ce Jacques Métius ait été l'inventeur des Lunettes de longue veue. Et Cornelius Drebellius, que d'autres en font l'inventeur, ne l'a pas été non plus. Ça été un nommé Zacharias Jovannides, Zélandois, de la ville de Middelbourg, Marchand, faiseur de Lunettes : ce qui a été démontré par M. Borel dans son Corieux Traité de Véro Inventeur Telecopii. Voyez ses preuves. Et plusieurs croyent que même en Marchand Zélandois n'a pas été l'inventeur de ces Lunettes, à cause de ce que Dom Mabillon a écrit dans son Voyage d'Allemagne, au sujet d'une Chronique, qui est dans la Bibliotheque de l'Abbaye d'Uttemburen dans la Suabe, écrite par un certain Conradus, Moine, & écrite avant l'an 1140. Voici les paroles de Dom Mabillon : Conradus, Monachus, Chronicum illud ab anno 1096. incboravit; atque ad suum tempus, id est, ad seculum XIII. deduxit. Stephanus, Abbas, ad nostrum producit; & in lucens emiti curavit anno 1613. Idem Conradus manu sua varios exaravit codices membranes, ab Aventino laudatos : quorum unus, Magistri Petri, cognomeno Comeftoris, Scholasticam Historiam continens, in quinque primis foliis imagines repraferunt, promissa Beata Maria effigie, cum his, aliisque, Scriptoris verbis : Chonradus peccator, auctor, & scriptor hujus operis. Deinde, in secundo folio pisto, Musica; & in tertio, Astronomia exhibetur, adjunctum habens à dextris, Prelemia effigiem; sidera contemplantis, ope instrumenti largioris, quod in modum tubi optici quatuor ductus habentis, concinnatum est in hunc modum [ Dom Mabillon a représenté en cet endroit la figure de cet Instrument ]. Conradum, hujus Codicis Scriptorem, ante annum 1141. vixijis affirmat Stephanus, Abbas, in limine pradicti Chronici : ubi qua de illo tubo vidimus & scribimus, observat; conjicitque, Conradum hoc instrumenti genere usum fuisse. Ciffat, dans son Traité des Comètes, chapitre 7. dit à peu près la même chose. Voici ses termes : Usum tubi optici antiquis etiam familiarem fuisse, testatur liber antiquissimus in Bibliotheca Monasterii Scheurensis, scriptus ante 400. annos. Quo in libro, catara Schemata; etiam Astronomus, per tubum opticum in calum intentus, sidera contemplans, visitor. Et à ce propos il est à remarquer que Jean Baptiste de la Porte au chap. 10. du livre XVII. de sa Magie Naturelle, imprimée en 1549. a enseigné la fabrication du Télécopie. ¶ Voyez Francesco Fontana, Néapolitain au chapitre 1. de son premier Traité de Tubi optici inventeur. ¶ Mais il est certain, que les Lunettes de longue veue, sont une invention de nos jours; & que ces instruments optiques dont il vient d'être parlé, doivent être entendus de l'instrument appelé Dioptra. Il me reste à remarquer, que Nicolas de Baye, Grefier de la Cour du Parlement de Paris, dans un Ecrit que j'ai produit à la fin du Chapitre XVIII. de mes Aménites de Droit, parle des Lunettes comme d'une chose qui n'étoit pas nouvelle en France, en 1416. Car aussi estois-je aucunement débilité de ma veue : & ne pouvois-je pas bien enregistrer, sans avoir lunettes. Voyez M. Francesco Redi, Premier Médecin du Grand Duc de Toscane, dans son Traité des Lunettes (a). (a) C'est-à-dire dans la Lettre, l'eterne all'inventione degli Occhiali, al Signor Paulo Falconieri, in Florenza, 1678, page 14. 40. V. la Disfertat. Degli Occhiali del Naso, page 43. Opuscoli, same 4.
LUSEAU. Lieu, où l'on met les morts. Chaise de Saint. Latin feretrum. De locellus, dit pour loculus. Voyez M. du Cange. M.
LUSTANIE. Nom d'une partie de l'Espagne, dans les divisions anciennes : aujourd'hui le Portugal. Wachter, après le Père Pearon dans ses Antiquités-Celtiques, l'interprète, regio Lustrarum. La seconde partie de ce nom, qui est tania, signifie pays, région, comme dans Aquitania : & ce mot, suivant ces deux Auteurs, est d'origine Scythique, & répond au Persian plan, qui sert dans cette langue à terminer les noms de pays, comme Farshan, Arabistan, &c. Voyez ci-dessus Aquitaine. Selon Bochart, le nom de Lusitanie vient des Phéniciens. Ces grands navigateurs appelleront souvent les lieux du nom des fruits que la terre y produisent. Or n'i laue, en Ebreu, & laue, en Arabe, signifie amygdala. Et comme il croit en Portugal des amandes excellentes, le nom de Lusitanie pourroit avoir été formé de là, aussi bien que celui de Luca, donné à Bethel, Gen. xxviii. 19. xxxv. 6. Jof. xvi. 1. xviii. 13. Voyez Bochart, Chaman, liv. 1. ch. 35.
LUSTRE. Sorte de chandelier de cristal. Lucca, luxi, luthum, luthum, luthum : d'où illustré, cœlthre. M.
LUSTUCRU. Terme d'injure & de mépris, composé de ces mots l'enfoss-tu-cru; à l'exemple de Cana-hier, & de Bous-tun-cuire; autres sobriques composés de plusieurs mots. Le Duchat.
LUT. Cet instrument de Musique pourroit bien être tiré du verbe λυ, qui signifie entr'autres choses relâcher & appaissir ; parce que la douceur de son harmonie relâche l'esprit, & appaissir les fâcheries de l'âme. Il pourroit aussi tirer la dénomination de l'alle, qui est ce que le Latin dit solutilis; c'est-à-dire, ce qui étant fait de diverses pièces, se peut réduire & résoudre en diverses pièces; car les Luts sont toujours façonnés de diverses pièces de bois, ou d'ivoire, ajusées & rapportées ensemble. Les Grecs appellent le Lut γέλας, & les Latins γέλας, c'est-à-dire tortue. Et c'est non-feulement à cause de la ressemblance qu'à cet instrument avec la coquille de la tortue, mais parce qu'on tient qu'il en fait premièrement fait : car nous lisons dans Pausanias, en ses Arcadiques liv. 8. que Mercure forma le premier Lut d'une coquille de tortue; & que le Mont Parthenius en produisait d'alle, grandes pour en faire de pareils instruments de Musique. Or par ce que nous lisons dans Pline, au liv. 32. chap. 4. de l'Histoire Naturelle, qu'il y a une espèce de tortues appelées testudines lutaria, parce qu'elles se nourrissent dans la boue; il pourroit être que nos anciens François cessent tiré de là le nom de Lut, ou à cause de la ressemblance qu'il a avec les tortues, ou bien parce que peut-être de leur tems un faisoit le corps de cet instrument de coquilles de tortues. Car il est certain qu'il y a une sorte de tortues de mer appelée γέλας par les Grecs, qui est d'une grandent admirable : comme l'on peut voir chez Strahon liv. 16. & chez Pline, liv. 6. ch. 16. Voyez Joseph Scaliger sur la Sphère Barbare de Manlle page 419. de l'édition de Raphelengius. Gerard Voßius, de Vitis 143. Sermonis liv. 1. chap. 21. dit Laudis, pro Cithara vel Testudine; ex Germanico laute : uti hoc à lauten, hoc est sonare, resonare, tinniere. Godfridus Viterbienis dans la Chronique part. ix. Mira videre meat celebri plandente chorea: Lande, tuba, cithara, fofta canuntur ea. Cafeneuve.
LUT. Instrument de Musique. De l'Espagnol laud : d'où les Italiens ont aussi fait lince. Les Bas-Allemans disent lince, & les hauts Allemans, laute : & Pontus de Thyard écrit toujours lince. Nous prononcions anciennement luc. 13. ce mot se trouve ainsi écrit dans Rabelais livre premier, chapitre 23. & livre 1. chapitre 12. & dans Belon, livre 3. de ses Singularités, chapitre 47. & 48. & dans Nicot. Joachin du Bellay ne parle jamais autrement. Dans son Ode 6. Un ami familier, Et belle amie aussi, Qui de son luc, qui de sa voix, &c. Et dans la Musigneomachie : Le dulle luc rante vanté, Qui la mort de l'ignorance Parmy Loudun a chandé. Et au Sonnet 60. de l'Olive : Divin Ronsard, qui de l'art. à sept cordes Tiras premier au but de la Mémoire Les traits allez de ta Françoise gloire, Que sur ton luc hautement tu accordes. Et dans ma jeunesse, plusieurs personnes, & et tr'autres Madame la Conneffe de Vertus, prononçoient encore de la sorte dans notre province d'Anjou. Cette prononciation a fait croire à Trippault, que ce mot de luc en cette signification, venoit de γέλας, par le retranchissement de γέλας, & signifié originalement une tortue. Mais il a signifié ensuite une barpe; soit que cet instrument de Musique ressemble à une tortue, comme le dit le Scholast d'Arai; ou qu'il est été fait d'une tortue, comme l'a écrit Hésychus. Les Espagnols ont eu le mot laud des Maures. Scaliger, dans ses Notes sur la Sphère Barbare de Manlle : Hispani à Mauris hoc instrumentum vocans laud : hoc enim est altatit, cum punito vocali, quo elipb in articulo non prononciatur, Itali ileuto. Unde Alciatus putavit quasi Dauris dictum, quod scupham plicatoriam ipsi referre visum sit. Mutris modis, decliffunt viri sententia mercuraturi rantum, sed explodi possit, si tanti offer auguri. M. Bochart, livre 1. des Colonies des Phéniciens, chapitre 2. Barbitus, Galice, luc; Hispanius laud; & Arabica, n'ira alaud, articulo prafixe. Les Allemans & les Flamans disent luyde, pour dire resonant : qui est le participe de luyden, qui signifie sonner. Voyez Spelman dans son Glossaire Latin, au mot laudis; & Meuritus dans son Glossaire Grec, au mot laue; & Voßius de Vitis Sermonis, page 233. Pétrarque, dans son Testament, a lazhise ce mot de luc. Thoma Bambasia de Ferraria, lege leutum meum bonum; non ne cum fenti pro vacitate feculi fugacis, sed ad laudem Dei aterni. M.
LUT. On a appellé luc, une sorte de petit vaisseau de mer à cause de la ressemblance à l'instrument de Musique qui porte le même nom, Rabelais liv. 4. ch. 12. Voyez cy près notre néant deux lues, trois flénius, cinq chippes, huit volontaires. quatre gondoles, & six frégates. Lintu, un lut, forte de barque, dit Ant. Oudin. Il pourroit ajouter que le lut est une barque connue sous ce nom-là par les Provenceaux, qui s'en fervent, je pense à transporter le sel. Nous avons dit ci-devant au mot luc, que le nom de lut instrument de Musique, venoit de l'Alleman laure, mot de même signification, & formé du verbe lumen, qui signifie jamer. Au lieu de lut, on disoit anciennement luc, par le changement du t en c; comme en lettre, qu'on écrivoit anciennement lettre. On écrivoit de même comette, mettre, remettre, pour comette, mettre, remettre. On a dit de même le foe de la mer. Voyez l'Utopie de Thomas Morus de la traduction de Barthelemi Aneau, page 130. & 196. de l'édition in-16. à Lyon chez Saugrain 1559. Le Duchat.
LUTECE. Lutetia. Ancien nom de Paris, ville capitale des Parisiens. Camden prétend que ce mot vient de Leucotcia, & que Leucotcia signifie belle tour en langue Britannique, qui est la même que la Celtique. Voyez le passage de Camden ci-dessous, au premier article Lyon. Chorier, dans son Histoire de Dauphiné, liv. 11. page 96. fait venir ce nom de lut, vieux terme Celtique, qui signifie une multitude qui habite quelque ville, ou quelque endroit considérable d'un pays. Comme l'île dans laquelle étoit sinée la ville de Lutetia, étoit fort bourbeuse, plusieurs Ecrivains se sont imaginés que son nom venoit de lutum, de la boue; mais cette conjecture est mal fondée. On voit par les Commentaires de César, qu'avant que les Romains fussent établis dans les Gaules, la eide des Parisiens s'appelloit à la Lutetia. Ainsi ce nom lui avoit été donné par les Gaulois ou Celtes, dont la langue n'avoit aucun rapport avec le Latin: de sorte que Lutetia ne vient pas plus de lutum, que Parisi, de Paris, fils de Priam. L'étymologie de Camden, & celle de Chorier, ne sont pas plus certaines; & il faut avouer de bonne foi, qu'on ne fait du tout point l'origine de ce nom, & que tout ce qu'on en peut dire se réduit à de vaines conjectures. Dans la suite Lutetia, ainsi que plusieurs autres villes, prit le nom du peuple dont elle étoit la capitale, & fut appellée Parisi, d'où s'est fait le nom de Paris. mot nisté; comme il paroît par le *Lutris* de M. Des-Préaux. Villon a dit *lectri*. *Deux pauvres Clercs parlant Lutris,* *Paissibles enfans sans escri,* *Humbles, bien chantans au lectri.* C'est dans son Grand Testament; où Marot a fait cette Note: LECTRI. *Lectrain*. M.
LUXEMBOURG. Ville des Pays-Bas. Les Auteurs varient sur l'origine de ce nom. Quelques-uns le dérivent de *Lucilii burgus*, ou *Luciliburgus*, dont on a fait *Lucilibur*, *Lucalebore*, *Lucelenburg*, *Lucelenbourg*, *Lucembourg*, LUXEMBOURG. Tous ces noms se trouvent dans des Auteurs anciens. Voyez Adrien de Valois, *Not. Gall.* page 189. D'autres croyent que *Luxembourg* a été ainsi nommé, à cause de la rivière d'*Elze* ou *Elze*, sur laquelle il est situé; & que ce nom a été formé de cette manière: *Elzenburg*, *Lelzenburg*, LUXEMBOURG; c'est-à-dire, ville de l'*Elze*, ou qui est proche de l'*Elze*, ou qui est sur l'*Elze*. D'autres prétendent trouver l'origine de ce nom dans les fables de Mélufine. Toutes ces étymologies font peu satisfaisantes. Wachter dérive *Luxembourg* de l'Alleman *lützel*, qui signifie *parvus*. Voici comment il s'exprime dans son *Glas. Germ.* page 989. A lützel *parvus*, *sunt nomina urbium Germanicarum*; LÜTZELBURG, *id est, parva civitas, quod, observante Palchenio, nunc vulgo, nulla de causa*, *Luxemburgum dicitur, nomenque à luce, loco, inxuve ha. re. apriissim creditur*; & LÜTRELSTEIN, *parva, cera, Gallicis* petite pierre. Voyez cet Auteur, au mot *lützel*.
LUZERNE, Plante. Espèce de trêfle. Lobel, dans ses Adversaires sur les Plantes, page 383, parlant de la luzerne: *Vulgus, in Gallo Provincia, vocar lauserdo*. De *lauserdum*, on a fait le diminutif *lauserdinum*; d'où nous avons fait *luzerne*. *Lauserdinum, lauserdina*, LUZERNE. M.
LYBIE, ou LIBYE. Pays d'Afrique. Ce nom vient, selon quelques-uns, de *Libye*, femme de Neptune. Mais il n'est pas question ici de la fable. Selon Saint Jérôme, il vient de *Laubim*, fils de Mefraim, & dont il est parlé Gen. x. 13. On pourrait peut-être le dériver de la racine Ebraique *sui labab*, d'où le substantif *maum rhabambab*, qui se trouve dans le texte Ebreu de l'Écriture, Osée XII. 5. & signifie *sichereffe*: ou bien du verbe Arabe *labba*, qui veut dire *avoir soif*; d'où est formé le substantif *lambab*, qui dans cette langue, signifie *lieu pierreux*, & qui est aussi le nom dont les Arabes appellent la *Libye*. En effet, la *Lybie* est un pays sec & stérile, & où l'on est fort exposé à *souffrit* de la soif.
LYOIS. Adjectif masculin. Le Roman de Perceforest, vol. 1, fol. 38. a, appelle *marbrelyois*, le marbre blanc. *Le Duchat*.
LYON. Ville. De *Lugdunum*: pour lequel *Tome II*. on a dit *Lugdunum*. Cujas, liv. 17. de ses Observations, chap. 33. In *Archerpe Pandellarum Florentinarum scriptum est Lygdonenes, lib. ult. de Cressibus: ut non abs re majores nostri etiam scriptorius Lyon, & Lyonnois. Lugdunum, Lygdunum, Lyum, Lyon. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine du mot *Lugdunum*. Il est constant que cette ville fut premièrement appelée *Lugdunum*.[{"box_2d": [471, 152, 844, 837], "label": "text", "caption": "Dion: 1. Ἐν ἀνέβησε βίαι ἐπιμακίαν, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε. Et ce mot se trouve ainsi écrit dans les anciennes inscriptions. Plutarque le jeune, au livre qu'il a fait des Fleuves, au chapitre de la rivière de Saone, dit que Momorus & Atepomarus, chasses de leur Royaume par Seferoneus, bâtirent une Ville par le commandement de l'Oracle sur une colline, au lieu où est Lyon, & que comme ils jettorient les fondemens de cette Ville, il y survint un grand nombre de corbeaux, qu'ils couvroient tous les arbres d'alentour; & que pour cela Momorus, très-expert en la science des augures, la nomma *Lugadunum*, de λυγώβησε, qui signifie *corbeau* en langage Celtique, & de λυγώβησε, qui signifie *lieu éminent* en la même Langue. Μυμωρᾶς, λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, 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λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε, νῦν ἂν ἀνέβησε λυγώβησε, λυγώβησε gine obstruii, vix meridiani fervere referari, exprobrantur Sidonio Apollinari; cui amicus gratulatur, quid aliquando videns fidem, quem hibitor Araricus ruri afpenerat, lib. 1. opist. 8. M.
LYON. Je crois, avec Wachter, que la véritable étymologie de *Lugdunum* est celle que rapporte Plutarque, savoir que cette ville a été ainsi nommée de *lug* & de *dun*, deux mots Celtiques, dont le premier signifie *corbeau*, & le second *éminence*. Encore aujourd'hui *lug* signifie un corbeau en langage bas Breton & en langage Hibernois, selon Foland, dans son Vocabulaire Harmonique de ces deux Langues. Ainsi il n'est pas besoin d'aller chercher, avec Bochter, l'origine de ce mot dans la Langue Arabe. Il est vrai que *lug*, en Langue Cambrique, ou du pays de Galle en Angleterre, signifie lumière & lumineux, & que le verbe Alleman *lugen*, en Anglo-Saxon *locan* & *locian*, en ancien Franc *luagan*, en Angloïste look, signifie voir, regarder : mais rien n'empêche que le corbeau n'ait été appelé *lug* en Langue Celtique, à cause de sa vue perçante. Quant au mot *dun*, qui est le second dont *Lugdunum* est composé, on fait que la ville de Lyon étoit ancienne- ment située sur une montagne, & il est certain que *dun* en langage Celtique signifie une colline, une montagne, une éminence, grande ou petite; en quoi ce mot convient avec le *lupic* des Eoliens. Mais ce qu'il est important de remarquer, c'est que *dun* n'a pas seulement cette signification, comme ont cru plusieurs Savans; & qu'il signifie outre cela une clôture, un lieu clos; comme une maison, un jardin, une forêt, une maison de campagne, un village, un bourg, une ville. Par exemple, dans *Lugdunum Batavorum*, en François Leyde, *lug* signifie lumière, étant la même chose que *lug* en Langue Cambrique; & *dun* ou *dunum* signifie ville; en sorte que ce *Lugdunum* signifie *clara civitas*; nom que cette ville porte à juste titre. Une preuve que *dun* ne marque pas toujours une hauteur, c'est qu'il se trouve dans la dénomination de plusieurs villes, qui n'ont jamais été ni p't être situées sur des hauteurs; comme entre autres dans celui de *Lugdunum Batavorum*, dont nous venons de parler. Les Auteurs se sont souvent trompés, en reétriant à une seule signification un terme qui en a plusieurs différentes. Voyez Wachter, dans son *Glosser. Germ.* au mot *dun*.
MACAF. C'est ainsi que les Imprimeurs appellent ce tiret qui joint deux mots ensemble : comme, c'est-à-dire. Du Chaldaïque *makkaph*, dont les Rabbins se servent en la même signification, & qui signifie *complexum*, ou *complexio*. Les Ebreux l'appellent autrement *raphé*, si nous en croyons Bèze, dans son Traité de la Langue Françoise, page 81. *Subunionem caperunt accurutiores Typographi notare linea diversas dictiones interjungente, quam Hebrai Raphé appellant : ut dis je, dit-il, fit-il, dirastu. M.*
MACAF. Bèze se trompe. Les Ebreux appellent *raphé*, un tiret qui se mettoit autrefois sur certaines lettres Ebraïques pour en adoucir la prononciation; au lieu que le *makkaph* ne sert qu'à joindre deux mots ensemble, & ne s'appelle point *raphé*. Ce dernier mot signifie *remissus, debilis*; & il est formé du verbe *ramraphah*, qui veut dire *remissum esse, debilem esse*.
MACARONS. De l'italien *maccaroni*, ou, comme prononcent les Florentins, *maccheroni*; qui signifie *vivanda di pasta con formaggio*. Et à ce propos il est à remarquer, que de tout tems les Italiens, & particulièrement ceux de la Pouille & les Siciliens, ont affaîonné leurs mots avec du fromage : témoin ces vers d'Archefratus, cités par Athénée : Μὰ ᾖ φροΐδω οὐ φρὶς τῦν· ἦν τῦν· φοιῆντι, Μῦν· Ἰωραίωσθ μῦδῶς, μῦν· Ἰωλαίωσθ. Οὐ γῶ ἰνίωσθ· χοροῦς οὐωσῆμῃς ἰχδῶς, ἐλα διοφδῆμῃς οὐωσῆντι ὀντῆντι. L'italien *maccarone* a été fait du Grec *μαχαρ*, qui signifie *hureux*; comme qui diroit le *mets des hureux*; qui est comme Aristophane appelle les banquets magnifiques : *μαχαίμῃς ὠντῆντι*. Les Grecs anciens ont usé de *μαχαίμῃς*, en la signification de *maccarone*. Hésychius : *μαχαίμῃς, βρῶμῃς ὠντῆντι*. Et les Grecs d'aujourd'hui disent encore *μαχαίμῃς* en la même signification. Nos *maccaroni* de France sont excellens; mais les *maccaroni* d'Italie ne sont pas fort délicats : d'où vient que les Italiens appellent *maccarone* un homme groffier & de peu d'esprit. Cælius Rhodiginus, liv. xvii. chap. 1. en donne une autre raison. *Sunt & in eo terrarum situ* (il parle du pont) *Macrones quoque, quos ab Eubea colonos arbitrantur; unde & nomen; quoniam Eubea quandique Macris sit nuncupata: quod Dionysius Chalcedensis significat. Alii verò dici Macronas putant, quia apud eos plures compariantur macrocephali, &c. Ex hac doctrina, cuius auctor mihi est Apollonii Interpres, demanasse puto, ut bebeti iudicatu rudesque homines Macaronas dictitet simplex plebecula, cui sape imprudenti allinitur quippiam ex vetustatis colore succulento. Mais en cela il se trompe sans doute. De-là vient aussi que les Italiens ont appellé *Macaronici* cette sorte de vers groffiers; tels que sont ceux de Merlin Coccaie, comme il le dit lui-même dans l'Apologétique qui se lit au devant de ses Macaronées. *Art ifta Poetica nuncupatur* Ars Macaronica, à macaronibus derivata; qui *macarones sunt quoddam pulmentum, farina, caeso, butyro compaginatum, grossum, rude & rusticam. Ideo Macaronite ni nisi grossedinem, ruditatem, & vocabulaezas debet in se continere*. Et dans l'invocation de son Poème : *Phantasia mihi quadam phantastica venit, Historiam Baldi grossis cantare Camamis.* Voyez, je vous prie, M. Naudé, dans son Dialogue de Saint Ange & de Mâcurat, où il rapporte plusieurs choses curieuses touchant les vers Macaroniques; & entre autres, que Merlin Coccaie a été le premier qui a, sinon inventé, du moins cultivé cette sorte de Poésie; qu'il étoit Maine Bénédictin, maif de Manjoué, & que son véritable nom étoit Thiephilo Felengis. Maître François Rabelais fait mention de cette Poëzie Macaronique, livre v. chap. 13. Arrivant à la cafes, de loin il apprenant Tappecois, qui retournait de quelle; & leur dit en vers Macaronique: Hic est de parria, munis de gente belisira, Qui soles antiqua bribas portare bisarea. Et livre 1. chap. 1. il cite Merlin Coccaie. Qui engendra Morgan, lequel premier de ce monde, sous aux des avec ses besicles. Qui engendra Fracassus, duquel a écrit Merlin Coccaie: dont nasquit Etragus. Ce qui est pris de la seconde Macaronée de ce Poëze: Primus eras quidam Fracassus prolo gigantis, Cojus stops olim Morgano venit ab illo. Et au chap. 21. du livre 1. où il le cite, lib. 1. de Patria Diabolorum; lequel titre de livre se trouve dans le Catalogue de la Bibliothèque de Saint Victor, Merlin Coccaie n'a point fait de livre, que je sache, intitulé de Patria Diabolorum; mais il a décrit l'Enfer dans sa Macaronée 13. 24. & 25. qui est, je pense, ce que Rabelais appelle le pays des Diabies. Puisque je me suis engagé si avant à parler de ce Poëze Macaronique, & de Maître François; je ne veux pas oublier à remarquer ici, que l'Histoire de Dindenaur & de ses moutons est prise de ces vers de l'ouzième Macaronée: Fraudifer ergo loquis Pastorem Clingar ad unum, Vis, compagne, mihi caftorem vendere grassum? &c. M.
MACARONS. M. Ménage se trompe quand il dit que Merlin Coccaie n'a point fait de Livre intitulé de Patria Diabolorum, & cela sans doute pour n'avoir pas lô dans le volume des Poëzes Macaroniques de Merlin Coccaie l'Œpite qui précède l'Apologétique qui se lit au devant des Macaronées; car dans cette Épître on voit page 13. de mon édition, qui est de Venise en 1564. que le Poëze Merlin avoit composé, de même stile que le reste, cinq livres de Stanciis Diabolorum. Or le mot Stancia, qui est Italien, veut dire proprement la demeure, l'habitation, ou le pays natal de quelqu'un. De savoir ce que sont devenus ces cinq livres, c'est ce que l'Auteur de l'Œpite ne dit pas, se contentant de nous déclarer, que de tout ce qu'il trouva des Œuvres de Merlin dans une cafes, il ne se chargea que de ce qui a depuis été imprimé par ses soins. Le Duchat.
MACE. Nom propre d'homme. De Matthaus, Matthaus, Maccans, Maccans, MACE. Le Plessis Macé, Terre considérable d'Anjou, est appellé dans les Titres Latins, Plessiacum Matthai. De Matthaus, on a fait aussi Mabe, nom de famille de Bretagne.
MACECLIER. Vieux mot qui signifie boucher. De macellicularis. Macellum, macellicum, macelliculum, macellicularis. Voyez macellarius & maculae, & dans les Glossaires de M. du Cange. M.
MACELLE. Perceforest, vol. 1. chap. 38. Son sceptre sur ses genoux, & sa main à sa macelle. Et plus bas: Ne voyez pas qu'il avoit la main à sa macelle, qui signifie des confitures de Roy. Ce mot doit signifier la macloire, & sans doute qu'il vient de maxilla. Le Duchat.
MACHABEES. On appelle ainsi les fils du Prêtre Mathaitas, à cause de Judas Machabie, qui le premier porta ce nom. Il n'y a même que lui qui soit appelé Machabie dans le texte de l'Écriture. On ne fautoit doute que ce nom ne vienne originellement de l'Ebreu Fou du Chaldéen; mais on ne fait ni ce qu'il signifie, ni pourquoi il fut donné à Judas fils de Mathaitas. Quelques-uns disent que Judas ayant fait mettre dans ses dispeaux ces lettres Ebraiques. 2. 3. 4. on en forma le surnom de Machabie. Ce sont les lettres initiales des premiers mots du verset onzième du chapitre xv. de l'Exode, et 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. & ces mots signifient, Quis similis tibi in factibus, Demine? D'autres prétendent que c'est-à-dire fausse opinion inventée par les anciens Rabbins, & que Judas porta le nom de Machabie dès sa jeunesse. Joseph Ben-Gurion, dont on a une histoire en langue Ebraique, dit que le courage de Judas, fils de Mathaitas, lui fit donner le surnom de Machabie: ce qui a fait croire à quelques Savans que ce mot étoit formé des mots Ebreu 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. & c'est-à-dire, plaga per me. Or le dérive encore du verbe Ebreu 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. & qui au participe actif de la conjugaison piet fait 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. & c'est-à-dire, extingue; surnom qui convient fort bien à Judas Machabie pour avoir éteint les dissensions domestiques de sa Nation. Il y a encore d'autres étymologies semblables de ce mot; mais qu'il est inutile de rapporter, parce qu'elles sont toutes également incertaines.
MACHAU. C'est-on vieux mot qui signifie une grange, & qui vient de machalus, qui se trouve dans la Loi Salique tit. xviii. 5. 2. Si qui, spicurbus, aut machalum, cum munca incendier. Le Glossaire: machalum, horrum sine salo. On plutôt de machale, qui se trouve en plusieurs lieux, rapportés par M. du Cange. Voyez Pishou sur ce titre de la loi Salique, & Lindembea, dans son Glossaire au mot machalus, & M. du Cange, au mot machale. Dans le Bouchois, on appelle marchaus, les granges & les étables. M.
MACHE. Ce mot se dit à la Rochelle, & dans quelques provinces volsinés, des fruits meurtris, ou salés, comme on parle en Lorraine. Il a la première syllabe breve, & il vient de l'italien maccare qui signifie ravager, briser, fracasser; d'où maccare, fracas, foulure. Le Duchat.
MACHEFER. Ecume de fer. Par corruption pour maille-fer; comme qui diroit, du fer maille. L'écume de fer est toute maille & pleine de trous comme la pierre ponce. Le Duchat.
MACHEFOIN, ou Machafain. Par corruption pour mache-faine; c'est-à-dire, mangeur de ces glands que porte le hêtre (sagis). Ces glans sont en effet les plus mangeables de tous en tems de famine. Voyez Pline, liv. 16. ch. 5. La grande Nef des fous du monde, imprimée en 1499. fol. 53. v. Pour ce, vous machefoins, qui vilipendez & desprisez, pourret, sachez que vous serez bannis & exilez, du Royaume des Cieux. Rabelais, liv. 1. ch. 54. Ce n'entre pas, machefoins praticiens, clercs basauchiens, mangeurs de populaire. Et liv. 5. ch. 15. parlant encore des gens de l'alais: Au tems passé en les nommois machefoins; mais las: ils n'en maschent plus. Nous de présent les nommons machelevreaux, macheperdrix, &c. Le Duchat.
MACHER. De parique, qui se trouve expliqué dans les Glosses par monde. Caïeneuve. T ij
MAGON. De *masticare*, qui signifie la même chose, & qui a été dit pour *masticare*, par le changement ordinaire de l'A en I. M. de Sannai-fa de l'Histoire Angoise page 48. Masticare, pro *masticare*, *quod significat* gündere : *qua voce ofus Marcellus, aliique, quamplurium : a Grae paque, paque, qua Iesum significat, & manium, & manilum : unde masticare. Sic xenopi, lepidia, au-velo, patina; Maurius, Maffilia, & infinitia talia.* De *masticare*, on a fait *masticarium*, dont nous avons fait *masticare*, qui est un terme de Médecins. Voyez *masticare*. M.
MACHICOTS. On appelle ainsi dans l'Eglise de Paris six ou foix d'entre les Ch229. qui sont destinés pour faire par semaine la fonction de Choristes les jours fendouibles. Malinges, dans ses Antiquités de Paris, page 70. parle de l'étymologie de ce mot, en ces termes : Macros, *qu'une diction corrompue : & sans dire Manfichors : à un nombre, & choro : pourqu'ils sont dépuers à être assidés au Chour, assidés des Diacres & Sondiacres absents. Malinges le trompe. Les Machicots n'ont jamais été établis pour suppléer au défaut des Diacres & des Sondiacres. Leur état est appelé *Macrosia*, dans les Archives de l'Eglise de Paris. Et il y a dans ces Archives un Titre de *Medicoecipendi ad Masticorum*. Et dans l'Antiphonier, il est parlé d'une manière de chanter les *verses* de Répans, appelée *Macricotarium* : en François, *Machicoe-ge*. Ce qui réfute encore l'étymologie de Malinges, laquelle est outre cela réfutée par les preuves suivantes. Dans l'Eglise, de Milan, il y a un certain ordre de Subalternes, qui se mettent aux tuffes chaises du Chour, & qui, à la différence des autres Officiers du Chour, ont leur carnaît doublé de taffetas verdi : Et ces Subalternes se nominent *Macricotri* en Italien, & *Macricotri* (a) en Latin. Le Proceffional de Milan, de l'Édition de S. Charles, page 5. *In Sancto Fifiero, Macricotri dierum ter Kyrii Elefion subniffia voce, & Pagli-nes alternatim*. Et dans l'Eglise Métropolitaine de S. Laurent de Gennes, il y a aussi un ordre d'Officiers de Chour, Subalternes, nommés *Macricotri*. Et dans quelques Eglises de France, il y a un certain Ordre d'Officiers, qu'on appelle *Ecotiers*. Et par un Titre de l'Eglise de Paris, il paraît qu'il y a eu un Chanoine de cette Eglise, nommé *Machico*. ¶ Je dois cette Observation à l'honnêteté & à l'érudition de M. Chaftelein, Chanoine de l'Eglise de Paris. M.
MACHICOULIS. M. Huet dérive ce mot de *machine coulis*. M.
MACHICOULIS. On voit des portes à *machicoulis*, représentées en taille douce, de la figure d'une grande gueule dentelée de broches de fer : ce qui me persuade que *machicoulis* pourroit bien venir de *magna gula* : comme *torticolis* de *tortum collum*. On en aura retranché l'n, comme dans l'Italien *fipso*, fait de *fipous*. Le Duchat.
MACON. Ville. Bodin, dans sa Méthode de l'Histoire, livre 1. chapitre 3. *Urbs est la fœtus Burgundiorum : qua fie dicitur, quod in longitudinem extensa fit : quam imperioi Macriconem vocant*. Il est sans doute que *Macon* a été fait de *Macricor* & mon favant Comparitote n'a pas ici bien rencontré. M. (a) V. *Macricotri* & *Macricotri*, dans le nouveau de Cange. M A C. M A D.
MACON. De *machio*, qui se trouve en cette signification, & qui a été fait de *machinu*. Saint Isidore livre aux de ses Origines, chapitre 2. *Macricotri*, *difti a machinis, in quibus infilium propter altitudinem parietum*. L'Ile livre 1. de ses Paliocétiques chap. 3. *Sed d'enduliones altitudina*, machina. *Unde Isidore machiones ; qui machinis infilium : propter altitudinem parietum. Inreligio nostris hodie & Gallicum Maliones (originem vocis difeite) , sive fabrus commentarios qui olim a machina, MACHINONS : postea Machiones, promontiam ille Hispanico & Gallico, & CH pingue S vale*. Pithou, sur la Coutume de Champagne, page 464. a aussi dérivé *Macon* de *machio*, avant cité sur ce mot de *Macon* l'endroit d'Isidore qui vient d'être rapporté. Ce mot, au reste, étoit autrefois plus honorable qu'il n'est présentement. C'est ce qu'a remarqué M. Félibien le fils, dans ses Architectes, en ces termes : *L'Eglise de Saint Lucien de Beauvais a été bâti vers l'au 1071, par deux Ouviers que l'on ne qualifie que du nom de Commentarii dans un ancien Hérénage : parce que le mot d'Architecte étoit alors peu en usage, & qu'un damont la qualité de Macon a sous ceux qui faisaient profession de l'art de bâtir*. ¶ Au lieu de *machio* : on a dit *macron*. Voyez le Clothaire de M. du Cange. M. Voyez *macron*.
MACREUSE. Oifeau. Graindorge, Médecin de Caen, dans son Traité des Macroses, page 67. *Les Hollandois les appellent Mercoot : & ceux de Frise, Marcol : d'où est venu notre nom de Macrosie : & ensuite Macrosie. M.*
MADELEINE. *Pécho-Madeleine*, qui fond en eau comme la Madeleine est dépeinte fondante en larmes. On a de même appellé *perruque-Madeleine*, les perruques à longue fuite, & dont les cheveux font sur les personnes qui en font coiffées le même effet que faisaient les cheveux épars de la Madeleine sur les épaules de cette femme. *Le Duchat*.
MADRE. *Bois madre : Leopard madre : c'est-à-dire, racheté. De mazer, mazerum, ou mazerum, force de vafe à boire. Et de-là, Hama de madre, en plusieurs endroits du Comte d'Etienne de la Fontaine, qui est dans la Chambre des Comptes de Paris, rapportés par M. du Cange au mot mazer : où je renvoye mes Lecteurs. De la variété de ce bois, je veux dire de ses taches, on a dit figurément *madre* pour *raze*. Voyez *grivelle*. ¶ Le Père Labbe : ce que j'oubliais à remarquer ; dérive *madre* de *maculatus*. M.
MADRIER. On appelle ainsi ces grosses tables des Charcutiers & des Pailifiers. De *macerarium*. L'Île *Madera* a été dite de même de *maceraria* : parce qu'elle est fertile en bois. Voyez *macerarium*, & *macrerin*. ¶ Au lieu de *madrier*, quelques uns prononcent *madier*. M.
MADRIGAL. Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot. Le Cardinal Bembo dans le 1. livre de ses Profes, à l'endroit où il parle de l'étymologie du mot Italien *madria*, ou *madrigal*, qui est la même chose que le mot François *madrigal : Sans medofinamente regulare le Seline, ingeniosa ritrovamento di Provenzoli Compositori. Libere poi sono quell'altre che non anno alcuna legge, o nel numero de' verfi, o nella maniera dei rimargli - ma ciascuno, si come ad esse* place, ou de forma. E queste universalmente sono russe madriale, che si è perchietto da prima c'è materiali e gestiti di stamadore di quella mandria di vitae fucida, romateriale altresi e pure, perché così più che in altre modo pettorali amori, & altri loro boccarocò avventurati e piantare quelle genti; nel- la guifa che i Luchai e i Grici ragionate nelle Ege- ghe loro, il nome della Cancale formabile, e piglian- da delle mandrie. E Mandrie, & mandria, c'è b- dire bergerio; & mandriale, bergerio. Voyez mes Origines de la langue Italienne au mot mandra. La première de ces deux étymologies est inapte. En seconde est assez vrai-femprable: & elle a été série par le Dolce dans le 4e livre de ses Ché- vations. Voici ses paroles: I Madriuli presero no- me da mandra; perciocche in loro pettorali amori, e boccarocò avventurati, si cantavano. Onde il Pe- traria, come qui pochi vo ne facesse, in tutti vi pufe, e erbo, e neque, e esse che io volle, e a fa- leceri717i si apparengem. Et à ce propos il est à remarquer que les Païteurs ont été les inven- teurs de la Poësie. Les paroles de Jules Scaliger sont considérables à ce sujet; & elles méritent d'é- tre ici rapportées. Les voici, Vessifissimum Poïma- nis gemis au antiquifume vivendi mare d'album 457, par est. Tria vers saularum genera: Païteris, Ve- meris, Auteris. Ac Venatores quidem, quia sunt in motu, minus ad verba propensi existunt. Quin mariquam saultum putamus in venatu loqui: nidum ne cantus aptus judicetur. Relique duo genera can- times suas meditata sunt. Et sans Païteres, quam Auteres, antiqui magis: qumammodum & Varre probas; & ne Thucydide colligi potest. Ad hac, Ara- ter in opere: Païter aisius. Videtur autem modulatio in païtiunibus inventa primum, vel natura impiiis, vel andcularum imitatione, vel arborum sibilis: atium enim valuptaris ac lascivia pater. C'est au chap. 4. du liv. 1. de sa Poetique. Nous avons de même appellé Villamelle; du mot de villa, qui fi- gnifie Maison de campagne; une autre sorte de Poësie. Et les Italiens; & nous, appellons Païte- rales, des Dialogues de Païteurs & de Bergeres. M. Ferrari, dans ses Origines de la Langue Ita- lienne, a écrit que le mot Italien madrigale avoit été fait de l'Espagnol madrugar, qui signifie se lever matin, diluculo furgere; &, at ita dicam, maturinare, dit M. Ferrari. Il semble que M. Fer- rari ait voulu donner à entendre par ce mot ma- turinare, que l'Espagnol madrugar en venoit: mais s'il a eu cette pensée, il s'est trompé. Ce mot vient de maturare. Maturus, maturi, maturicus, matu- ricare, matricare, MADRIUAR. Je reviens à l'étymologie de M. Ferrari, tou- chant le mot Italien madrigale. Elle est aussi assez raisonnable. Nous avons de même dit aubades; du mot alba, qui signifie l'aube du jour; pour une sorte de chansons. M. Huet, dans son docte & agréable Traité des Romans, croit que les Madrigaux & les Marregales sont la même chose; & que ces deux mots ont eu leur origine des Martegaux peuples du Provence. Voici ses paroles, qui sont de la page 124. de la dernière édition de ce Traité des Romans: Les Troubadours, les Comics, les Con- teurs de Provence, qui composaient les ouvrages; les Cannadours, les Jongleurs, les Violards, & les Ma- sards, qui les chameleins; & enfin, ceux de ce pays qui exerçaient ce qu'on appelle encore aujourd'hui dans quelques lieux de la France Méridionale; le gay fabet (c'est-à-dire, la Science gaye, dont les premiers commencements avoient paru sous Louis le Débutnaire); renverseront tout de loin du temps de Hue Capel; & tourment la France, débitant leurs Romans; & Fabliaux; leurs Tragédies, Comédies, & Païtorales; leurs Chants, Chansons, & Chante- rels; leurs Soirs & Soumets; leurs Lays & Virelays; trumadots & Moëts, avec les Glozes; leurs Soir- les, Sexoines, & Syroves; leurs Deposés, Mo- ranx, & Tenseurs; leurs Balades, Aubades, & Marregalies; que l'on a depuis appellée ridicu- lement Martingalies; & d'en, selon ma conjecture, s'est formé le mot de Madrigal; terme, dont l'origine a été jusqu'ici plus inconnue que celle du Nil. Et ces Mar- regalies & Madrigaux ont pris leur nom des Marte- gaux, peuples monnagnards de Provence; de mesure que les Gavots; peuples monnagnards du Pays de Gaps; ont donné le nom à cette danse que nous appeli- lons Gavotte. Cette étymologie est fort ingénieu- se: & elle ne me déplaît pas: mais celle du Dolce, qui est aussi celle du Berché, me paroît plus na- torelle: & c'est aussi celle de Covarruvias dans son Trésor de la Langue Castillaire; au mot mandra: I de aqui se dixo Madrigal, cancion de païteres, quando se recogen a seiftar en las mandras a caver- nas; quasi madrigal. Et au mot madrigal: Madrigal, Villa famosa par el ham vino. Madrigal, quasi Madrigal; cancion de las que les païteres cantan setteando un lug cavernas. Les Italiens ont été l'N en Madriale; du Mandriale: comme en spoje, de sponsus; en misfora, de mensura; en proje, de prebensus, &c. Il me reste à remarquer, que nous disions anciennement Madrigale, & non pas Madrigal: & ce mot se trouve ainsi écrit dans Mel- lin de Saint Gelais, page 60. J'apprens du passage de Covarruvias ci-dessus rapporté, & de ces mots de Papirius Malis, qui sont de la Vie du Pape Eugène IV. Alifonium Tofta- tum, Hispania excellentium ingeniorum parentis, in Madrigale, tenui vico, genuit; qu'il y a en Espa- gne un lieu appellé Madrigal. N'auroit-on point appellé de ce lieu les Madrigaux? de la même fa- çon que de la Valée de Vire, on a appellé Vande- villes, les Vaudevilles. M.
MAGASIN. Angelus Caninius, dans ses Ca- nons des Dialectes, tient que ce mot vient de ma- zen, qui signifie même chose en Langue Punique. En Languedoc amaga signifie ferrer, cacher, & en- fermer quelque chose. Et les Nomides, comme ni- lidore liv. 15. ch. 12. appelloient magalia (com- me qui diroit magaria), certains batimens faits en forme de carine & fond de navite, ou bien en forme de four: de magar, qui signifie, en Lan- gue Punique, village bari naguères. Magalia adi- sicia Nomidarum agrestium oblenga, incurvis laor- bus stella; ita quasi navium carina sint; sive canda, in modum furnorum: & magalia ditta, basi maga- ria: quia magar Punici novam ville, dicunt, &c. De sorte qu'à bien considérer cette sorte de bati- mens, il semble qu'en les bécifans on n'ont autre dessin, que de s'y aller cacher. Althamnus, dans ses Commentaires sur la Germanie de Tacite: Magum pricis Gallii domum significavit. Sic ha- bruns Drufomagum, Drufi Domum; id est Rempe- ten, in R'ania: Borledomagum, in Vangiemius; hoc est Wormatium: Brucomagum, Bromat: Ri- gomagum, Rhitimegen: Duromagum, Durme- gen: Noviomagum, Nymegen, in Batavis: Ro- tomagum, Roan, in Gallia. Isus Pontanus, apete avoir dit à peu près la même chose dans son Gloffaire du vieux Gaulois, ajoute: *Vuit ergo Althamnus*, magum *Gallia antiquatus* domum *signiflorum*: nec *Gallia tanum*, sed & *Belgia Germanisque ego censum*. Argumente *fini locorum modo recitata munica*: quibus *addo hodisque in Dania queque pages mihi notatus istius modi appellationis*. Nam *prope Ebschildiam*, *Cathedrale Selandia oppidum*, *Vite Magie & Store Magie invenies*; id est minor & major Magus. Item Amage, *quod Haplomenium pous possit dicere & Galli interum typi atque Itali referare etiamnum videntur in Magesine, quod rerum vendium majorumque mercium prompturium illis, sive reconditorium, denotat*. De-là on pourroit conclure que *magasin*, *maczen*, *amaga*, *magar*, & *magalia*, descendent de quelque ancien mot Punique, qui signifie *cacher*, *ferrer*, & *enfermer*: car aussi bien *magazin* est proprement le lieu où les Marchands cachent, ferrent, & enferment la marchandise qu'ils ne veulent ni étaler, ni exposer publiquement en vente. *Cafeneuve*.
MAGAZIN. De l'Italien *magasino*, qui vient de l'Arabe *in me machazin*, qui est le plurier de *in me machzan*, qui signifie le lieu où l'on met les richesses, & qui a été formé de *in chacun*, qui signifie *posseder*: d'où vient le mot de *gaza*: d'où *gazophylacium*. Voyez M. Bochart, livre 2. de son Phaleg, chap. 11. Caninius dans ses Canons des Dialectes; & Claude Mitalier dans sa Lettre à Jérôme de Châtillon, Président de Lyon, imprimée à la fin des Hypomnètes de la Langue Françoise de Henri Etienne. *M.* M. l'Abbé Berault a fait la remarque suivante sur cette Note: *Le mot Arabe maczen, d'où vient le mot magazin, ne signifie pas proprement le lieu où l'on met les richesses. Il signifie un grenier, ou quelque lieu que ce soit où l'on serre quelque chose; & le verbe kazan d'où il vient, signifie ferrer, mettre à couvert, & non pas posséder. Et le mot Latin gaza ne vient point de ce verbe*. S. Add.
MAGDALÉON. Cylindre d'onguens Rabelais s'est servi de ce mot, liv. 1. chap. 11. *Et passaient leur temps à la faire revenir entre leurs mains, comme un beau magdaleon d'entrain*. De *magdalis*, mot de même signification, fait de *magdalium*. Marcellus Empiricus, ch. 20. *Catera viens optima madefalla simul in mortario colliges: ex quibus trochisi, vel magdalia, fiens*. Alexandre, l'latrosophiste, liv. 1. des Passions: *Iterum cum vino teres, & magdalia facies*. De *magdalium*, on a fait le diminutif *magdalium*, qui le trouve dans Avitus, épil. 78. *Praterea magdalisila illa qua promiffii, pofce ut cum observationis breviculo dirigi jul. satis*. Sur lequel endroit le P. Sirmond a fait cette Note: *Seplafariorum officinis notum vocabulum*. Magdaleones *enim hodisque vocitant teretes cylindrus, in quas composita emplastra redigere solent*. Scribonius Largus, de Chiringi Tryphonis emplastro subviridi: Dum definit fervere, manibus subigetur, & redactum, in rotundas ampliores, quas *magdalis* dicunt, reponetur. ¶ *Magdalis* se trouve dans le Gloffaire de Galien sur Hippocrate: *MAGALIA*, vi, vi *fara magalia qui compa, qui vitæ compa* *magdalis*. Et *magdalis*, dans Athénée, ix. 18. Voyez M. du Cange, au mot *magdalium*. *M.*
MAGDEBOURG. Vite de la Baffé-Allemagne, ainsi appelée de deux mots Germaniques, *magd*, & *bourg*, dont le premier signifie une vierge. Voyez ci-dessus *bourg*. Cette Ville fut nom- mée de la suite par l'impératrice Edine, qu'il l'avait reçue en présent de noces, de l'Empereur Othon son mari. De-là viennent les noms de *Parthongyga*, de *Parthongyalis*, & de *Parthongype*; que lui donnent certains Amours.
MAG. Nom que les Perses donnoient à leurs Sages & à leurs Philosophes. Le terme François vient, comme on fait, du Latin *Magus*, ou du Grec *Magis*. Mais on est en peine de l'origine de ce mot Grec même, & les savans ne sont pas d'accord là-dessus. Hérodote, Plæon, Mérophon, Strabon, Pline & plusieurs autres, disent qu'il vient de la Langue des Perses, & qu'il y signifie Prêtre, ou qui a soin de la religion; comme un Druide chez les Gaulois, un Gymnosophiste chez les Indiens, un Lévite chez les Ebreux. Cette opinion est assurément la plus raisonnable & la mieux fondée; & il est naturel de croire, lorsqu'il n'y a pas de preuves du contraire, qu'un mot appartient à la langue d'un peuple chez qui il sert à exprimer quelque chose de propre & de particulier à ce peuple, comme étoient les *Mages* chez les Perses. D'autres disent, sans aucune vraisemblance, que les Perses avoient pris ce mot des Grecs, & que *magas*, qui veut dire *grand*, ayant passé de Grèce en Perse, il est revenu ensuite en Grèce sous la forme de *Magis*. Quelques-uns le décrivent du verbe Chaldéen *magas* *magas*, dont on prétend que les Rabbins se servent dans la signification d'*innuere*. Il est vrai que les Chaldéens appellent *magas* *magas*, un enchanteur, un magicien: mais je soutiens qu'ils ont pris ce mot des Perses, l'ayant employé en mauvaise part, comme les Grecs ont ainsi employé en mauvaise part *Magis*, & les Latins *Magus*; parce que les *Mages*, non content de s'attacher aux choses de la religion, s'adonnèrent aussi à l'Astrologie, aux divinations, aux enchanteurs & aux maléfices. Nos mots François *magis* & *magicien*, viennent de ces mêmes mots, pris pareillement en un mauvais sens. Les Arabes appellent les *Mages*, *Magicus*; & ils ont emprunté ce mot des Perses, de même que les autres peuples. Ils appellent un Mage, *Magicus*; & le Magisme ou la Religion des Mages, *Magicus*. Voïssus va chercher l'origine de *Mage* dans l'Ebreu *magis* *magab*, qui signifie méditer, & d'où il forme *magis* *magabim*, en Latin *meditabundi*. De toutes ces étymologies, la première est sans contredit la meilleure; comme nous avons déjà remarqué.
MAGISTRAL. Rabelais liv. 4. ch. 44. *Abatis le vent pœnis qui en fortoit, comme d'une magistrale Oelopile*. Et ch. 51. du même livre: *Viande ne fut apportée... en laquelle n'y enſt abondance de farce magistrale*. Jean le Maire de Belges, liv. 2. ch. 21. de ses Illustrations de Gaule: *Paris Alexandre*, richement armé, (mais prochain de mort) *banda son fort arc, tira une fiefche de sa treufte, & la mie en corde, si la defcoccha magistralement: mais il faillit à attaindre son adversaire*. Le Paradoxe du Procès, imprimé chez C. Etienne en 1554. *Ce qui leur a servi d'un bon régime, & fynop plus que magistral*. Il n'est point ici question de l'étymologie de ce mot, mais seulement de sa signification dans les passages sus-allégués. A l'égard du premier, l'explication s'en trouve au mot *Aelopile*, dans l'Alphabet de l'Auteur François, imprimé à la suite des éditions Hollandoises de Rabelais, où *magistrale Aelopile*, s'entend d'un maître fessier. Farce *magistrale*, est une farce copieuse, ou une mal- treffe farce, comme on paëzeoit aujourd'hui. Dé- cocher magistralement une flèche, c'est la décocher en maître tireur, en tireur expérimenté & robuste. Pour ce qui est de fyrop magistral, je crois que c'est fyrop laxatif. Les Italiens appellent majstra, une sorte de lessive avec du savon. Le Duchat.
MAGNAN. C'est-à-dire, un Chandronnier. En plusieurs lieux de France, les Chandronniers crient par les rues, magnan, magnan. Les Ber- ruiers disent Mignan en la même signification. Et je crois que c'est l'ancien mot : & que ce mot a été fait d'examen, de cette manière : aramen, arami- nis, araminius, araminiamus, miniamus, MIGNAN. Les Italiens disent magnano, pour dire un serrurier. Et M. Ferrari tire aussi ce mot d'examen. Aramen, araminarius, ramagnarius, MAGNANO. Voyez les Origines Italiennes, & les miennes, au mot mag- nano. M. MAGNY : petite Ville à mi-chemin de Paris à Rouen. De Magniacum : qui se trouve en cette signification dans Fulbert, Evêque de Chartres, éptre 16. M.
MAGOT. Sorte de singe. Jules Scaliger con- tre Cardan 113. MAGOT, genus illud similarum ma- ximum Galli vocant. In aula Regis unus fuit qui diu bipes deambulabat, amicus sagulo militari, enficulo accinctus. In sella justus, continuit sese per- nex, aut perdus, publico spectaculo : ita ut non des- sent qui hominconem putarent verum. De minus. Minus, mimicus, miniscus : macus, macutus, magustus, magustus, MAGOT. Les Grecs modernes ont appellé un singe *magos*. Voyez mes Origines de la Langue Italienne au mot *manna*. M.
MAGO. Il vient d'imago. On a ainsi appellé des figures mal peintes, qui ressemblent plutôt à des singes qu'à des hommes. On appeloit aussi ces figures marmones, de *magos*, qui signifie un singe. Mago dans la signification de l'argent caché d'un *avancieux*, vient de *muro meub pecunia*. Ce ver- me est en usage chez les Rabbins. En quelques lieux on dit *migeolle*. En Normandie on prononce *migos*, & il signifie un lieu à conserver les fruits ; *enopophiator*. Huet.
MAGUS, ou MAGUM. Terminaison Lati- ne de plusieurs Villes de France. Buchanan, liv. 2. de son Histoire d'Ecosse : MAGUS item, vox anti- qua in omnibus provinciis, in quibus publicus fuit us Gallici sermonis, in nominibus sebium expri- mondis admodum frequens, qua res Gallicam eam fuisse indicat. Verum è declinatis ab ea magis sus- picari possimus quam pro certo affirmare, domici- lium, utbem, aut ædificium, ea indicari solitum. In libro de Notitia Imperii Populi Romani legitur, Præfecum Numerorum Pacensium in præsidio Ma- gus. Item, in eodem libro, Tribunum Cohortis fecun- dæ Magnis collocatum. Magnos item in Itinerario Antonini invenimus. Umum ne oppidum, an diversa sint, non ausum pro certo affirmare. Verum magis inclinas animus, ut credam diversa. In magus au- tem exemplis, hac ferè legimus. Ex Prolemio, No- viomagus in Santonibus, Noviomagus Lexoviorum, Noviomagus in Vadecaffis, Noviomagus Ne- metum, Noviomagus in Tricaffinis, Noviomagus Biturigum, Juliomagus in Andegavis, Rotoma- gus in Venclocaffis, Cæsaromagus Bellovacorum, Rotomagus Nerviarum, Borbetomagus Vangio- nium, in Germania prima; Vindomagus in Volcis Arecomicis. Item, ex Itinerario Antonini, Argan- tomagus : & in Germania prima, Noviomagus Et libro de Notitia Imperii Romani, Noviomagus
MAG. MAH. 157 Belgica fecundæ. In Rhatia, Drufomagus Ptole- mas. In Britannia, ex Itinerario Antonini Aug. Cæ- saromagus, Sitomagus, Noviomagus in Regnis, Vacomagi, Magiovinium. Vicomagi, pars Pito- rum Ptolemas. M. Bochart, liv. 1. de ses Colonies des Phéniciens, ch. 42. Multè plura in magum *defonunt*; ur Rhotomagum, Cæsaromagum, Neo- magum, Noviomagum, Drufomagum, Argento- magum; & alia triginta minimum, ferè Gallica, aut Britannica; aut Germania circa Rhenum. Fal- luntur qui vadum explicant : neque enim Rhotomagi Sequana vadosus est : nec Padus Bodincomagi, ubi pracipua Padi altitudo incipis. L'ode est quod Ligu- rum Linguæ Bodincum ibi vocant; id est, fundo carentem. Ita Plinius, lib. 3. cap. 16. Proinde Rhe- nanum, & Ortelium, & Camdenum sequor potius, qui domum, aut oppidum interpretantur; sanquam anchore Plinio, cui, eo loco quem citanimus, Bodin- comagum est oppidum ad Bodincum. Hanc interpre- tationem maximè firmat lingua Phonicum, quà *magu* magon, est habitaculum. Et ce qui fuit, que je vous confielle de voir. Goroplus Becanus, liv 1. de son Gallica, pag. 23. a donné à peu-près une semblable liste des mots de ville terminés en *ma- gus*. Ce qu'il dit, ensuite de l'étymologie de *ma- gus*, est si ridicule, que son étymologie ne mérite pas qu'on en fasse ici mention. M.
MAGUS. On ne fauroit douter que *magus* ou *magum*, qui se trouve dans le nom de plusieurs Villes, tant de la Gaule que de l'Allemagne, ne soit un mot d'origine Celtique. Selon Wachter, il ne signifie dans ces composés ni *vadum*, ni *trajec- tum*, mais principalement deux choses, savoir *ager* on *campus*, & *colonia* ou *oppidum*. Voyez cet Au- teur, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *Magus*. *
MAHAUD. Nom propre de femme. Il a été fait du Latin *Mathildis*, comme *Brunehaud* l'a été de *Brunechildis*. Voyez ci-dessus *Brunehaud*. On dit aussi quelquefois *Mathilde*: mais il faut toujours dire *Mahaud*, en parlant de la Comtesse de Boulogne & de Dommartin, épouse de Philippe de France, fils de Philippe Auguste, & ensuite d'Alphonse, qui fut Roi de Portugal, troisième du nom. On dit, *Mahaud* de Châtillon, *Ma- haud* de Courtenay. *
MAHEUTRE. Dans le Catholicon, pag. 106. de la dernière édition : C'est un Mahentre, & un freu, Pire qu'un Turc, ou Mammel. Et page 189. Les Mahentres & Politiques, Quoyqu'ils se disent Catholiques, Ne seront jamais bons Romains : Les Huguenots, encore moins. Et pag. 183. comme Hérétique & Mahentre ¶ L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
MAHEUTRE. Peut-être de *mahemiaire*, Me- haigneut, qui *mahemium alteri inferebat*. *Maha- nium* mutilation. Voyez du Cange, *Glossar*. *Lat.* & les Notes nouvelles sur le Catholicon de l'édi- tion de 1696. & 1699. Dans ces Notes on renue- que que l'Antichopin dit, que chaque syllabi du mot *Mahentre* désigne une espèce particulière d'Hérétiques, ma les Mahomérans, *hu* les Hu- guenots, & *tres* ceux qu'on nomma *Traditures*, vers l'an 302. sous Dioclétien. Du reste, on appelle 158 MAH. MAI. Mahentres dès l'année 1590. ceux qui combattuient sous les enseignes du Roi Henri IV. encore Huguenot. Inventaire de Serres, édit. de 1619. in-11.
MAHENTRE. Je ne sais si Mahentre ne viendrait point de l'Alleman Meijter, maître ou cavalier : comme on dit, vingt maîtres, pour dire vingt cavaliers. En effet, la figure qu'on voit sur le revers du titre du Dialogue entre le Mahentre & le Manant, représente le Mahentre par un cavalier armé de pied en cap. Ainsi, de même qu'en France on a retenu le nom de Langquenet pour désigner l'Infanterie Allemande, on aurait pareillement donné le nom de Mahentre à toute la Cavalerie Allemande, qui étoit venue plusieurs fois au secours de nos Rois & des Huguenots, puis à toute la Cavalerie de leur parti. *
MAHOMERIE. Vieux mot qui veut dire mofquie, ou temple des Mahométans, ainsi appellé parce qu'on y exerce la religion de Mahomet. Voyez Mahomet. Joinville a dit : Es étoit le Maustier en la Mahomerie des Turcs. *
MAHOMET. Nom propre d'homme. L'Auteur de la religion Mahométane a rendu ce nom fameux. Il a été fait, par corruption, de l'Arabe Mohammed, qui est le vrai nom, & qui a été formé lui-même du verbe bhammada, qui signifie valde laudavit, & qui est la seconde conjugaison de bhamada, laudavit. Ainsi Mohammed veut dire, valde laudatus, ou valde laudavidus. Mahomet, dans l'Alcoran ; je ne me souviens pas maintenant de l'endroit ; fait lui-même allusion à la signification de son nom, lorsqu'il introduit Dieu, qui lui dit : Ana Abhmed, waanth Mohammed ; c'est-à-dire, moi, je suis très-digne de louange, & toi, tu es fort digne de louange. C'est de là aussi que les Mahométans prétendent que le nom de Mahomet est marqué dans le texte Ebreu de l'ancien Testament, & cela à cause du verbe Ebreu ton bhamad ; lequel néanmoins ne signifie pas laudavit, comme le verbe Arabe bhamada, mais seulement desideravit. Ils avancent encore plus follement, se fondant toujours sur la signification du nom Mohammed, que ce nom se trouvait autrefois dans l'Evangile de S. Jean, xvi. 7. où on lit : Si je ne m'en vas point, le Paraclet ne viendra point à vous : mais si je m'en vas, je vous l'enverrai. Ils disent donc, qu'au lieu de Paraclet, qu'enverrai, il y avoit autrefois dans le texte Grec, qu'enverrai, qui signifie très-illustre : mais que les Chrétiens l'ont effacé pour y substituer un mot d'une autre signification : que qu'enverrai, veut dire la même chose que Mohammed, & que par conséquent c'est le même nom. Mahomet a accusé faussement les Chrétiens d'avoir corrompu leurs Ecritures ; & ses Secateurs en font de même à son exemple. *
MAIDIEU. Serment. Par corruption, pour m'aide Dieu : comme qui diroit, ita me Deus adjuvet. Voyez Henri Erlenne, dans son Apologie d'Hérolote ; & Pasquier, dans ses Recherches, xvi. 17. M.
MAJESTE. L'Histoire du Siège d'Orleans, &c. 1606. pag. 45. Et voulut (le Roi) qu'elle (la Pucelle) eût un effondard, auquel, par le vouloir d'elle, on fait poindre & mettre pour devise, Jesus Maria, & non-Majeste. C'est-à-dire, une image, ou de la Trinité, ou de quelque Saint. Voyez du Cange, au mot Majestus. A la pag. 75. on voit que cette Majeste étoit la figure de deux anges, tenant chacun une fleur de lis en leur main ; & l'image de N. D. ayant devant elle un ange qui lui présentoit un lis. La Duchat.
MAIGNE. Vieux mot, qui signifioit puiné, cadet. De minor nam, c'est la même chose que maisine, & mainne. Voyez ci-dessus aise, & ci-dessous mainnes. *
MAIGNIER. Vieux mot qui signifioit une sorte de domestique ou de bedeau, sur-tout chez les Ecclésiastiques. En Latin-Barbare, Maygnerius, Mainerius, ou Magnerius. Ces mots viennent originairement du Latin mansio. Mansio, mansio-narius, mansinarius, maisinarius maygnerius, ou mainerius, MAIGNIER. Voyez ci-dessous maison. Dans l'Acde de cession faite en 1538. par le chapitre de S. Maurice en faveur du Dauphin Hunibert, de la garde de la ville & des châteaux de Vienne, il est fait mention expresse de cette espèce d'Officiers parmi ceux du Chapitre. C'étoit le même que Serviens ou Apparitor, Sergent ou Bedeau. Les fondations des Maigniers, étoient d'assigner, d'exploiter, & de mettre sous la main de Justice, d'exécuter les ordres & les lettres des Cours dont ils étoient Maigniers ; selon leur forme & teneur. Voyez Valboun, Mém. pour l'Hist. du Dauphiné, ch. 13. Maignier du Meunier, est devenu le surnom de quelques familles. *
MAIGRE. De macer, fait de maigre : quod macri longi sint : ut tenuis, et a vi vivum, dit Joseph Scaliger, dans sa Réfutation des Etymologies Varroniennes. M. MAIGUE de lait. Petit lait. Par corruption, pour maigre de lait. M.
MAIL. De maileus. Ce mot signifioit anciennement un mailet. Hélinand, dans son Poème de la Mort, stance 10. Rome est le mail, qui tout assome. Il n'est plus aujourd'hui en usage que pour signifier le Jeu de mail, & le mail avec lequel on joue au mail. ¶ Je remarquerai ici par occasion, que palmail, pour signifier ce Jeu, n'est plus du bel usage. Ce mot, au reste, avoit été fait de palla, & de malleus. Palla, c'est la boule avec laquelle on joue au mail. ¶ Ce que dit le P. Labbe, que Mail, pour Jeu de mail, peut venir de la maille, c'est-à-dire, du rond & anneau de fer dans lequel il faut faire passer la boule, est dit contre toute sorte d'apparence de vérité. C'est à la pag. 74. de la seconde partie de ses Etymologies Françoises. M.
MAILLE. Espèce de petite monnoye. Le Sieur de Clérac, dans son Traité des anciens Poids & Monnoies de Guyenne, qui m'a été communiqué manuscrit par M. du Puy, dit que cette monnoie a été ainsi nommée du vieux mot François maille, qui signifie quarre, ou figure quarre, & une boucle de rets. Et en effet, cette monnoie ne ressemble pas mal, quant à la figure, a une maille de rets. D'autres dérivent ce mot de maicula, en sousentendant monera. Geoffroi, Abbé de Vendôme, liv. 1. épit. 21. à Girard, Evêque d'Augouleme, & Légat du S. Siège : Abbari Angeriacensis, ut dicitur, promissitis, quod si trecentos solido Picavienfium Maiculorum vobis dares, Rainaldum Chefselli deponereis. Sur lequel endroit le P. Simond a fait cette Note : Maeculi Picaviennes ; peculiaris nota nummi : ut Fortes Lugdunenses. In Testamente Guichardi de Bessique, quem Sybilla uvar literis suis anna M. CC. profofsa est Ecclesia Cluniacensis, Chalacres, pro anniversaria suo legasso in singulos annos X. libras Partium Laigdanensium : mais Bouteroue, pag. 163. de son livre des Monnoies, croit que ce mot de maille a été formé de metallum : & cette opinion a été suivie par M. du Cange. La véritable étymologie de ce mot est celle de Clérac. Et c'est aussi celle du P. Labbe. Voici les termes du P. Labbe, qui sont de la seconde Partie de ses Etymologies Françoises, au mot macule, pag. 74. Les mailles, en mommy, ont été dites, d'autant qu'elles n'étoient pas plus grandes qu'un petit trou de files, ou qu'une boucle de cotes de maille. Anciennement, le denier & la maille étoient la plus petite monnoie. Et de-là, cette façon de parler, n'avoir ni denier ni maille. M.
MAILLE. Comme le denier est rond, & que la maille étoit quarrée, n'avoir ni denier ni maille, signifie n'avoir aucune sorte de monnoie ni ronde ni quarrée. R. Cœnalis, dans son de vera mensurarum ponderumque ratione, imprimé à Paris en 1547. fol. 55. v. parle d'une monnoie d'or appelée maille, comme dans les Pays-Bas, & particulièrement dans les Provinces voisines du Rhin ; & il en nomme de cinq sortes, qui sont toutes de différents carats. A Metz, on fait aussi ce que c'est que la maille d'or, & on en fabrique pour distribuer au peuple aux années où l'or a fait de nouveaux bases des Fermes de la Ville, parce que ceux qui les ont prises, sont censés avoir payé chacun aux Messieurs de Ville quelques mailles d'or pour le pot de vis. Comme ces mailles d'or n'entrent point dans le commerce, & que ce sont proprement des médailles, je suis persuadé que maille, dans la signification d'une pièce d'or ou d'argent (car à Metz on en fait aussi d'argent), est une contraction de médaille : lequel mot médaille vient pourtant, selon moi, de metallum, comme le croit aussi M. Ménage. La Duchat. MAILLE de rets. De macula : dont les Italiens se sont servis en cette signification. Cicéron, dans son Oraison VII. contre Verres : Reticulum ad nares sibi admovebat, tenuissum limo, minutis maculis, plenumrosa. Columolle : Rete grandi maculi. Ovide, dans sa Métamorphose : Maculis distinctumque reia serve. Et dans son Epître d'Oenone à Paris : Retia sape, centes, maculis distincta retendi. Stace, liv. 2. de la Thébaïde : Qualis nbi, andico venantum murorum, tigris Horruit in maculas, semnosque excelsis inertes. Bella cupis, &c. Job, XVIII. 8. Immigr. cum in rete pedes suos, & in maculis ejus ambulat. Ce que l'Auteur de la vieille version Françoise a ridiculement traduit : Er il va en ses macules. Ceux de Louvain l'on traduit de même : Et chemine en ses macules. De ce mot macula, en cette signification, on a fait tremacium, qui se trouve dans la Loi Sallique, tir. XXII. paragraphe 32. Si quis tremacium de sumine foraveris. Et de tremacium, on a fait ensuite tramallum. Un Titre de l'Abbaye de Vendôme, de 1080. Traitus rets, quod vulgo vocare tramallum, ad capionibus pisces : d'où nous avons fait tramail, & tremail. Nous disons en Anjou tremail. On dit tramail, en Normandie. On appelle MACLES, en termes d'armoiries, des mailles de rets. Ceux de la Maison de Rohan Tome II. portent de ces macles dans leurs armes : & pour devise, sine macula, macula. M. MAILLE en l'avil. De macula, dans la signification de rache. Les Italiens disent, macchia d'occhio. M.
MAILLE. Maille de hasbergen. Cotte de maille. De macula, dans la signification de maille de rets : à cause de la ressemblance des mailles d'une cotte de maille aux mailles d'un rets. Macula se trouve dans cette signification de maille, de cotte de maille, dans la Vie de Geoffroy le Bel, Comte d'Anjou, par Jean, Moine de Marmoutier. Inditur lorica, maculis duplicibus intexta. Calciatus est caligis ferreis, ex maculis duplicibus compactis. M.
MAILLOT. Lat. cune. Les Hellénistes le dérivent d'āpāna, manipulus, fasciculus. Voyez Trippault. Il vient de mallus, c'est-à-dire, ériffe velue. Māñic, mallus, mallāva, MAILLOT. Immallotare, IMMALLOTER. Nos anciens disloient MAILLON. Ce mot se trouve dans Jean de Meun & dans Villon. ¶ Māñic, mallus, malle, mallānis, mallāne, MAILLON. M.
MAILLOT. Le maillot d'un enfant. Ce mot ne vient ni d'āpāna, ni de māñic; mais de maille, en Italien maglia, en Latin macula, maille de rets; parce qu'on lient de bandes les enfants à divers tours, qui se traversant l'un l'autre formèrent comme des mailles de rets. Glossaire sur les Noels Bourguignons, au mot maille. ¶
MAILLOTINS. Séditeurs du teens de Charles VI l'an 1413. ainsi nommés à cause des mailles, que ces Séditeurs trouverent dans l'Hôtel de Ville de Paris, dont ils s'armèrent. Rabelais, liv. IV. ch. 56. Et à bon droit est jusqu' à présent de prudence grandement l'ami Charles, Roy de France, sixième de ce nom, lequel renouvant villarieux des Flamans & Gamais en saubonne Ville de Paris, & au Bourget en France, entendant que les Parisiens avec leurs maillots ; dont furent surnommés Maillotins ; c'estient hors la Ville issue en bataille, jusqu'au nombre de vingt mille combattants, n'y voulus entrer (quequ'ils renouvraient que ainsi c'estient mis en armes, pour y'se honorablement le recueillir, sans autre sition, ne s'assoisait affection) que premièrement ne se fussent versées, en leurs maillons, & desarmes. ¶ L'Auteur de la Vie du Pape Clément VII. après avoir parlé d'une Sédition arrivée dans le Languedoc, & faite par des gens qu'on appelait Coquitur : Eodem feré convexum quo & pramissa inhaluerum, eis similia Cives Parisienses machinari sunt attentare : quorum directores, & promotores esse decreram illes qui, Malicatores, son Mallet, vulgariter nominatur. Sed eis deduciis ad meiciam Regis, quoique ex eis culpabiles invenit sunt, morte damnati, aut bonis spoliati, aut in exilio damnati fuerunt. Arma insuper omnia Civium praditorum ad Palatium Regium delata fuerunt ; & ultra punas, tam pecuniarum quum alias eis impetitas, ad adificandum suis sumptibus & expressis Cafrum Sancti Amanti patens, introitum & exitum liberum, incus & aurea munda civitatis, condemniat exiterum, ad alterum verorum, dimorimique de refabilem machinationis supradita. Et quia inter cator, hujus rel culpabiles, necus fuifis dicitur unie Advocatus Parliament Regii, qui Adagiter Juanes de Marquis dictus est, somniam futili cutiam. De ejus tamen damnati, varii varia modo sunt locuti. Cette Vie de Clément VII. est impôtée dans l'Histoire des Papes de M. Bosquet. Je remarquera ici en passant, que François Baldwin sur la Loi Quisquis, au Code, ad Legem Juliam Majestatis, après avoir dit que Charles VI. fit pen- dre trois cens Bourgeois de Paris, ajoute : Suverres fuis Joannes Maresus, qui Regius aliqui Advocatus erus. Hujus cadaver facuis insiputum annis 23. fod tandem, hoc est anno 1406. decreto Curia per- missum est ut septimber. Voyez la Chronique de Du Tillet, de 1381. Vi- gner, en 1381. Gaguin, page 170. Foolifard, 2. volume, chap. 84. en 1382. chap. 129. année 1383; de la faction des Maillotins; & Nicole Gil- les. M. MAIN de papier. De manus, dit vrai-fembla- blement pour manua, qui se trouve dans la signi- fication de poignée. Les Gloses anciennes : Anjou, manipulum, manua, dragma. Celles d'Ifidore: MANUA, manipuli. Les Espagnols disent manaje. Voyez Turnébe, sur la Préface de Pline, au mot aleam; & Casauhon sur Suetone, en la Vie d'Au- gnife, chapitre 71. M.
MAIN. Vieux mot inusité, qui signifie marin, & qui a été fait de mane : comme demain, de de- mane. Sylvius, dans sa Grammaire, page 142. Manu, zualn. Unde in rythmis crebrò leges foit & main; a serò & manè. Sapine matin; a maturino, lyneque tu, dicinno. Ceza, nos demain; a dema- ne; quasi mane proximo intelligas. Unde addimus fape, demain au matin. Voyez André du Chef- ne, sur Alain Chartier, page 860. M.
MAIN-PERME. De mansfirma. Voyez l'In- dice de Ragueau, & le Glossaire de M. du Can- ge. M.
MAIN-LEVEE. De mamlevata. Parce qu'on donnoit la main-levee sur une caution, & qu'on appelloit mamlevato una caution, parce que ceux qui cautionnoient prêtoient ferment, & qu'on prête le ferment en levant la main. Et de-là, l'Italien mallevadore. M.
MAIN-MORTE, & MORTE-MAIN. Avant que de parler de la différence qu'il y a en- tre main-morte & morte-main, il faut rechercher l'origine de main morte. Main signifie usage & possession : de-là vient que maintenir signifie assurer la possession de quelque chose; & main-mise signifie saisir & prise de possession; & changer de main, c'est changer de possession. Et parce que les biens des Eglises, Chapitres, Collèges, Confréries & autres Communautés, ne peuvent pas changer de main, c'est-à-dire, ne peuvent pas être alienées, leurs possesseurs sont appelés gens de main-morte; c'est- à-dire, main inussie & sans fruit : d'autant que les Seigneurs, desquels tels biens sont mouvans, n'en peuvent pas retirer les droits qui leur écherroient par le changement de main, tels que sont les ven- tes, quints, requints, reliefs, & tels autres droits Seigneuriaux qu'ils auroient, si les biens étoient possédés par des particuliers; outre le droit de con- fication, en cas de condamnation à 1807 pour crime. Car dans le Droit François, mort signifie inutile, & sans fruit. Ainsi mort-bois, comme tout le monde fait, est le bois vent qui ne porte point de fruit; & dans la Coutume de Bretagne, arti- cle 696. vives mortes, sont des fenêtres par où l'on ne sauroit regarder; & veins, ou verre-mort, les vitres qu'il n'est pas permis d'ouvrir. Voici les pa- roles de la Coutume : Vives mortes, qui sont enten- dues faites au dessus de sept pieds & deux sur plan- cher, à votre mort, n'emporteront droit, ou posses- sent sur l'héritage du voisin; en sorte qu'il ne soit loiable au voisin de bâtir au sien, & empêcher les- dites vives, il n'y a titre de servitude expresse. Il y a une autre force de gens de main-morte, dont les biens sont appelés main-mortables. Telles gens étoient de condition fervile, ordinairement appel- lés gens de corps; & dans les Coutumes de Tou- louse, & dans le Cartulaire d'Alfons, fêre de Saint Louis, Comte de Toulouse, hommes de cor- pre & de casdaggie; tels qu'étoient parmi les Romains ceux qu'on appelloit a(r)pristus, on ad- diffus gleba. La Coutume de Vitry, art. 141. Les Seigneurs qui ont des gens de corps, qui sont de main- morte. Et art. 14. Homme en femme de serre condi- tion. Telles gens étoient appelés gens de main- morte, parce qu'ils ne pouvoient allener les biens qu'ils possédoient sous la condition de main-mor- te : voire même venant à mourir, ne les pou- voient transmettre qu'à leurs enfans légitimes. La Coutume de Troyes, article 59. Héritages redeva- bles de Coutume, escheables envers le Seigneur au premier bailleur; comme de chair, paix, ou grain; affis en la Prévoyée de Troyes; sont escheables & main- mortables, en quelque effet qu'ils soient, envers le Seigneur desdites charges, quand le possesseur des- dites héritages trespassé sans boir de son corps nay ou marriage, & oftent en icolle, & ne les peut changer, obliger, arenter, n'asservir au préjudice de ladite main-morte; leurs biens ne pouvant non plus être consiquez au préjudice du Seigneur de la main- morte. La Coutume de Sens, art. 14. après avoir dit que les biens d'un homme condamné à mort sont consigués aux Seigneurs Justiciers, en la Justice desquels ils sont affis, ajoute : excepté tou- tefois en cas & crime de lèce-Majesté; & quand les héritages sont main-mortables envers aucun Seigneur. La Coutume de Châlons est pourtant bien plus favorable pour les gens de main-morte; laquelle porte, que gens de condition fervile & de main-mor- te, peuvent donner, vendre & engager leurs meubles & héritages, & eux amortir à qui bon leur semble, pourvu qu'ils ne soient malades de maladie, dont après ils servient vray-semblablement décédés; mais par Testament ne pourront aucune chose donner, ne léguer, de ce qui est en morte-main, sinon que jus- ques à la femme de cinq sous tournois. Il y a toute- fois différence entre main-morte, & morte-main : d'autant que main-morte est proprement la condi- tion sous laquelle un bien est tenu en main-morte; & morte-main est l'effet de cette condition, c'est- à-dire, le cas auquel les gens de main-morte ve- nant à mourir sans enfans légitimes, le Seigneur de la main-morte doit succéder. Casemone.
MAIN-MORTE. De manus mortua. Voyez l'Indice de Ragueau, & le Glossaire de M. du Cange. M.
MAINBOURG, MAINBOURNIE. Tuteur, tutelle. Vieux mots, qui viennent de l'Alleman man, & bergon, comme qui diroit ca- cheur d'homme, cachette d'homme. Les pupilles sont comme cachés & couverts sous la protec- tion de leurs tuteurs. Voyez Mambourg. Le Du- chat.
MAINE. Rivière du Maine & de l'Anjou. De Madonna. C'est ainsi que cette rivière est ap- pellée dans Rhegino. Ou de Meduana : comme l'appelle Lucain. In ripit, Meduana, tuis marces perofus Andus, jam placida Liguris recreatur ab nnda: S'il est vrai que ces vers soient de Lucain : ce que je ne crois pas ; ne se trouvant dans aucun ancien manuscrit, comme je l'apprends des Notes de M. Grothus sur Lucain. Nous tenons en Anjou, par tradition, qu'ils font de Marbodus, Evêque de Rennes, & Moine de Saint Aubin d'Angers ; & que Marbodus les avoit inférés dans Lucain, à l'honneur de l'Anjou, sa partie, de la même sorte que Solon, à l'honneur de la sienne, en avoit inféré dans Homère. Voyez mes Observations sur Laërce, en la Vie de Solon. ¶ Théodulfe, Evêque d'Orléans, à appellé Mediana, la Province du Maine. M. MAINE LA JUNIE. Petite ville de la Province du Maine ; ainsi appelée de Messire Juhès de Mayenne. Voyez du Tillet ; & mon Histoire de Sable, livre vi. chap. 7. page 182. M. MAINNES : pour puisées. Pasquier, VIII. 30. Nous appellons frères puîtres, ceux qui sont nez après leurs aisnes. Et par aventure nous pourrions appeler non improprement puîtres, ceux qui sont nez après le décédé de leurs peres, qui furent par les Romains appelés posthumes : & maines, ou maines, ceux qui se vendent ou tiennent en aages leurs aisnes ; quasi moins nez. Car pour le regard du mot d'aisné, il est composé de deux, ores que de prime face, il ne le semble pas. Aisné, ainsné, c'est devant né ; parce que ce mot de ains se prend souvent en cette signification de devant. Nicot : MAINNE, ou MOINNE, ou MAINE : car tous trois se lisent : & en signification de puisé : qu'on prononce puisé : Miner natu. Et est relatif à aisé. M.
MAINT. Vieux mot. De multus. Multus, multus, monus, monus. De monus, on a dit MOINT : comme point, de punitum ; oint, d'unitus ; oint, de junitus. Et on a dit ensuite MAINT, pour le différencier de MOINS, fait de minus. C'est la pensée de M. Guyet. De tam multus, on a fait de même l'italign tamante. Tam multus, tammontus, tammont, TAMANTO. M.
MAINT. Il ne vient point du Latin multus, mais de la Langue Teutonique. Les Goths disaient manag, les Francs manag. Les Allemans disent manis, & par contraction manch, les Flamans menig, les Suédois manig, les Anglois manig. Ou bien il vient du Gallois & Bas-Breton maint, dont il est parlé à l'article suivant. *
MAINTE. En Langue de Galle & de Basse-Bretagne, maint & mens signifient quantisé, grandent, Huit.
MAINTENANT. Du mot de manus, & de celui de tenere. Maintenens, manutenents, MAINTENANT. D'où les Italiens ont aussi fait immanenten. Les Grecs & les Latins ont dit de même, les choses qui sont dans la main, pour signifier les choses présentes. Marc Auréle, livre 1. section 1. a. & c. & d. & e. & f. & g. & h. & i. & j. & k. & l. & m. & n. & o. & p. & q. & r. & s. & t. & u. & v. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. & x. & y. & z. & w. J'avois fait cette remarque, lorsque je suis tombé sur cet endroit de la Grammaire de Sylvius, à la page 141. MAINTENANT, & INCONTINENT : à manum tenente, & in continenti. Qui enim alicuius manum tenens, aut in continuo sunt, vicini quoque adeo sunt, ut nulla merà prafo adeo possint. Ego hic nunc aderò : Je seray chi mainte- nant, vel incontinent. Perinde ac si dicas. Tain, ceieriter atque is quem matin tenes, aut qui in manu tenet, ibique continens est. Et iude pro quamprimitus, nos, incontinent : pro cum primitus, nos, incontinent que. M. MAIRE de Ville. Du Latin Major, & non pas de l'Alleman Meyer. Jean de la Cote, dans son Sommaire sur le Titre XXXIII. du livre premier des Décrétales de Grégoire IX. page 207. A majoribus dicta Majoritas : ut a superioribus, Superioritas. Petrus Cameracensis in libello de Reformatione Ecclesia. In Conciliis frequentes sunt contestiones de Majoritate & Superioritate : qua verba, posteriore saculo eadem elegantiia videnter esse formata, qua vetus Poeta Lucilius maximitatem dixit. Majores, & Seniores, dictus fuisse, novratione aatis, sed amplitudinis & dignitatis, nemo est qui nesciat. Sic Major populi Neapolitani dicitur plebeius Magistratus, apud Grey-viens I. libro 7. Registri, apistula 17. Major Rupeille in inscriptione capitis praestiti de consuetudine : Major-domus, in Canone Volumus, 89. distinctione : Major Palatii Francici, apud veteres Francos : vulgo Maire du Palais. Errant enim qui hant vocem dedultant esse confect à Germanica voce Meleca. Nam Monasterium Sancti Martini in pago Turonico, quod in Authoribus Latinis, & in capite 8. de Transatlantibus, dicitur Majus-Monasterium, eadem formâ hodie vocamus Maremonitier. ¶ En Picardie, on dit Mayeur de ville. ¶ Du Latin Major, les Allemans ont aussi fait leur Meyer. M. MAIRE de Ville. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1060. prétend que ce mot ne vient ni du Latin Major, ni de l'Alleman Meier, ou Meyer, mais qu'il est d'origine Celtique. Voici les termes de cet Auteur : MEIER, villicus minor. Vox Celtica, Cambria & Armericis hodieque uistata. Bacterium in Lex. Ant. Brit. maer, villicus, villanus, maer y bilwall, colamus, villicus, latharius, cui rei rustica cura commissa; maredres, villa, praedium. Britannicum vocem esse probat, quod Armericis miter est custodire, miter & mireres custos, miter an defuet opilio, miter an gueir custos caprarum. Et Britannice olim custodem significasse verisimilis est. Hoc ille. Quibus in folium subscribo. Custodem autem significavit ab insima ad supremum usque conditionem : quod hinc colligo, quia eadem linguâ maer dicitur prapositus, praer, praestus, & maerunt vel maeronaeth praestura. Hinc atianum summi viri, & pracipui ii, quibus urbium equientissimum custodis est commissa, Galli & Anglis vocantur Maires. *
MAIRE-LAINE. C'est la haute tollon des bêtes à laine. Nicot le dérive de major lana. Je crois qu'il vient de mater lana. Lana mater, c'est lana potier : lana melior. M.
MAIRREIN. M. Lancelot le dérive de major, dividere. On disoit anciennement materien : ce qui ne permet pas de douter que mairrein ne vienne de materiem. Cette étymologie a été très-rétitablement remarquée par Pasquier, VIII. 37. en ces termes : je trouve en un vieux Registre, parlant des loges des bois [ Il faut, de bois ], qui avaient été faites dans Rheims, au Sacre du Roy Philippes le Bel, qu'en elles furent vendues beaucoup moins qu'elles ne volaient en materien & façon : qui me fait dire : que de ce mot est issu notre marrien, que nous avons retenu, & rejetté le materien. Materiemem sa trousse en cette signification dans le Capitulaire de Marlemagne, par blé par Hermannus Continguis. Quid de Signa- ris & Saulis, quid de aulis, & alio materiami- ne. C'est à l'article 61. Materiamen a été fait de materia, qui se trouve dans les anciens Ecrivains en la même signification. Ulpius, en la Loi 55. au Digeste, de Legalis servis: Ligid appellatis, no- met generale est; sed sic separatur, ut sit aliquid materia; aliquid lignum. Materia, est qua ad adi- ficandum, fulcendum, necessaria est: Lignum, quid- quid commuendi causa paratum est. Et dans la Loi 11. au Titre de Ufufrulis: Arboribus vivalis, vel vi numerum dejelitis, usque ad usum suum & villa pisse ufufrutuarium ferri, Laboe ait: nec materia cum pro ligno ufurum, si habeat unde utatur ligno. Tire-Live: Multam materiam ceciderat miles. Quintilien, VII. 1. Opera extremibus, facti non est, saura & materiam, & catena edificandi conge- rere uvilla, nisi dispoinendis eis, collocandisque, arti- ficum manus exhibeatur. L'ancien Traducteur des livres de Joseph, de la guerre des Juifs, livre 1. chap. 39. page 819. a traduit Iuñi n'ypō, par ferm materiarum; c'est-à-dire, le marché où l'on vend le bois à bâtir. Les Gloïes anciennes: ma- teria Euaia. Et de-là, le mot de materiarus, pour un Charpentier. Plaute, dans son Miles Gloriosus, 5. 3. 46. Si nos non materiarus remoratur. Et ce- lui de materier, pour ligner. César, livre VII. de la Guerre des Gaules: Erat eo tempore, & mate- riari, & frumentari, & tantas munitiones fieri ne- cese. Les Grecs se sont servis de Dua, qui signifie materia, dans le même sens. Hésychus: A.H. Euaia vā iōu n'æpiin, i n'æpiō vīrō, iē i levo- viāru vi 4yō. Et de-là Dua, pour un char- pentier: & Dua, pour de la charpente. Et c'est de ce mot Dua, que celui de Eua, qui signifie du bois, a été formé. Et Dua a été fait d'æ, produce: d'où qui. De materiam, on a fait materiam. Et de materiam, par une seconde production, on a fait materiam: d'où nous avons fait MARMENTAU; qui se trouve dans les Coutumes d'Anjou & du Maine, pour un grand Bois de haute siège. La Coutume d'Anjou, article 36. Et est réputé Breit de forst un grand Bois marmentau, ou taillis. Voyez les articles 103. 114. & 497. de la même Coutume: & les articles 116. & 114. de celle du Maine. Celle de Bourbonnois ule du mot de marmau: qui a été fait par contraction de ma- teriam: Chopin, sur l'article 36. de la Cou- tume d'Anjou, & Mornac, sur la Loi 10. Ex stiva, au Digeste de Ufufrulis, & quemadmodium quisuta- tur, ont écrit que les Bois marmentaux avoient dé ainsi appelés, quasi arménides: en quel ils se sont tout-à-fait trompés. M. Voyez ci-dessous MERRIN.
MAIS. De magis; dont les Latins se sont ser- vis en la même signification. Virgile, dans la pre- miere de ses Eglogues: Non equidem invides: miror magis. Cet miror magis, en cet endroit, signifie immo mi- ror; sed miror: tomme Canindus la fort bien in- terpreté dans les Cations des Dialectes, à la lettre gamma. Properce, livre 1. élégie 1. a employé le même mot dans la même signification: Quom non lucra, magis Pero sermosa curgit. Anciennement ce mot de mais significat plus, da- vantage: comme Latin magis. Villon, dans son Grand Testament: C'est son parler, ne meint ne mais C'est-à-dire, ne meint, ne plus, comme Marot l'a remarqué. Et de-là vient qu'on dit encore en quelques Provinces, J'en ay bien mais que lui: Je l'arme mais qui tey. Les Portugais, de magis, oit aussi fait mais en cette signification de plus: & les Espagnols, mus: & demas, de demagis. Voici une remarque de Scaliger sur ce mot de mais. IL N'EN PEUT MAIS, se dit en Latin, non po- test magis: ce que M. de Bece dit, in Pafswan- tium, non possum sed: pour magis: mais: MAR. Belgorum; MA, Italorum; MAIS, Gallorum; MA- OIS, Latinarum. Voyez mes Observations sur la Langue Françoise, part. 1. chap. 62. Nous disons aussi mais dans la signification de quand. Exemple. Je te donnerai de l'argent, mais que tu ayes fait cela. Et en cette signification, Trippault & Périon le détivent de perd. Voici les termes de Périon: De futuro dicimus, més que j'aye soupé; id est, possquam comavore: quod perd, cum infinitivo junctum efficit: ut perd u horrib. Allo més animur, pro sed Latino: à Gracis mit vo, in secum- de mimbro orationis. Cette dernière étymologie est impertinente. Mais, en cette signification, vient de magis, comme nous venons de le faire voir. Mais dans la signification de quand, Périon & Trippault, n'ont pas mal rencontré. Et en cette signification, on prononce més: ce qui ne favorise pas peu leur étymologie. M. MAISHU Y. Vieux mot. Je ne sortirai mes- buy d'ici: c'est-à-dire, Je ne sortirai d'aujourd- 'hui d'ici. De magis hodie. M.
MAISIERES. Muraille sèche. De maceria. L'ancien Dictionnaire du P. Labbe: MACERIA, Maisieres. M. de Hauteferre sur Grégoire de Tours, pag. 317. Maceria, est paries sicco lapide confuc- tus. Maceria, sunt comenta, quibus paries sine calce & arena strullus est. Inde sumptum nomen oppidi, quod vocatur Maceria: de quo Gerbertus epistola 94. Mosomum, & Macerias, multitudine militum communite. Volge Maisieres. Une muraille sé- che, pour le marquer en passant, s'appelle en Grec aquæd: mot formé d'æ, simul. Voyez mes Aménites de Droit. M.
MAISON. Il n'y a point de doute que ce mot ne vienne de mansio. Toutefois Jean Picard, liv. 1. de son Prisca Celsopolla, après avoir remar- qué que Berofe écrit, que Magus, Roi de Gau- les, fils de Samothis, bâtit plusieurs villes en di- vers endroits de ses Etats, lesquels ont depuis por- té son nom, comme Juliamagum, Rothemagum, Neviemagum; & que de-là vient aussi le nom de maison: d'autant, dit-il, que selon l'opinion de Joannes Viterblensis, les anciens Gaulois l'appel- loient magus, & que pour preuve de cela encore en quelques endroits de la Bourgogne on dit en- core magien... Cofermure.
MAISON. De mansio: qui se trouve en cette signification dans la Loi 8. qui est des Empereurs, Valentinien, Théodose, & Arcadius, au Code de An- matis & Tributis. Nemo possessorum ad instruendæ mansiosus, vel conferendæ species, longius delege- tur. Sur lequel endroit Cujas a fait cette Note: MANSIONES vocant Dua, sive diversoria, in qua se recipient milites expeditionis tempore, vel etiam Sacer Comitatus. Possessores dicere mansus: utrum- que; & manendo. Et inde manentes in Historia Helmadii: & Gallis, malfons. Villa sic possunt ap- lari: occupata, Clementi in Petro: arpodiens tard in M A L M A L vulcanla. Manfio se trouve aussi dans Sudone, en la Vie de Titus, chap. 10, dans Apulée, liv. 4, dans Lampridias, en la Vie d'Alexandre Severe, dans Thinerales d'Antonin, dans l'Exode, & dans Salonius Appollinaris. Voyez M. Bignon sur Marcelle; & Volinus, liv. 3, de V. Lili Sermonis, ch. 23. ¶ Les Italiens disent magisme. Les Espagnols disent meson; mais pour une bofellerie; dans laquelle signification, le mot de manfio se trouve dans Apulée, liv. 4. Quand in praxinus nobis habenda esset manfio. Et de-là, diversoria manfionatica. Voyez M. de Saumale de Uffuris, pag. 351. Périon est ridicule, dérivant maifon d'Ills. Voici les termes: Domum, MAISON, inquam, appellamus; qui à manfione, quid in ea mantemus; vol à Grace verbo Ills, quid in accusandi casu, does facit. Nam si per prothesis M. praponas, & C. leniter, m. S., promunties, molçon habebis, quemadmodum namulli per O., non per A., quasi originem Graeum retinentes, preferunt. Et c'est avec raison que Joseph Scaliger a traité Périon d'inepte, au sujet de cette étymologie. C'est dans son premier Scaligerana. Voici ses termes: Prostra laborant Perianius, Memicus Stephanus, & alii, in Gallica: Lingua ex Graea repetenda origine; quasi res ita se habere; cum certissimum so, & hans, & Hispanum, Italamque, à Latina, Romanque, corruptas fuisse. Eloc non mirum, si sapissim ineptant in suis etymologis frigidissimis; ut, vol ex hoc une Perianie exemple passe, qui maison deducti à Grace Ills: cum fine dubio, originem trahar à manfione. Dans le même Scaligerana, le même Scaliger parle encore plus des avantages des étymologies de Périon. Perianius, dit-il, Aristoteles emmuio pervertis, ad Cicerotianum syrium, vocabula Philophila accommodans; mirusque Lingua parum peritus; ut farus libre offendis, de Ratiens Lingua Graea cum Latina. Henri Etienne n'en a pas parlé plus avantageusement. Assin aussi qu'on ne s'amuse à chercher des étymologies phantastiques de plusieurs mots, je vous bien avarie que je les ay omises expressément. Si renrefait quelqu'un droit si curieux que d'en vouloir avoir quelques-unes, il trouvera assez bon nombre de telles, en un livre de nostre Maître Périon; je ne dis pas seulement de phantastiques, mais de fœttes & inoptes; & si lourdes & asinères, que, si étaient les autres témoignages que ce pauvre Maine nous a laissés de sa lourderie & afinier, on pourrait penser ces œuvre être supposé. C'est dans l'Avertissement sur son Recueil Alphabétique des mots François dérivés du Grot. M. M A I T. à partir du pain. De maître: d'où les Italiens ont aussi fait malice. Le Latin maître a été fait du Grec, par la, pinto, subigo. Plusieurs écrivent may. M. M A I T R. Comme, quand pour dire qu'on a dîné on soupé sans quelqu'un qui s'est fait trop attendre, on dit qu'il a été passé maître. Je crois que ce proverbe vient de ce que lorsqu'il est question de recevoir quelqu'un à quelque maîtrise que ce soit, il faut que celui qui aspire à cette maîtrise soit absent du lieu où l'on délibère sur sa réception, afin que les fustrages soient censés avoir été libérés. Le Duchat. M A I T R. Comme, quand on dit qu'une Compagnie de Cavalerie est composée de cinquante Maîtres. Autrefois en France, chaque homme d'Armes ou Cavalier avoit un ou plusieurs valets: de-là vient le mot de Maître, dans cette signification, pour dire qu'une Compagnie a tant de Ca- vallers, sans les valets, qui étoient aussi montés, & même armés, mais différemment du maître, ou de l'homme d'armes. Alain Chartier, au Quadrilogue investif, pag. 446, de ses œuvres: Et tant y a de choverains & de maîtres, que à peine trouverait le compaignage de varleux. Le Duchat. M A I T R. Petit-maître. C'est properrement un jeune Seigneur que les courtisans traitent de mon maître, comme lui-même & eux reconnaissent le Souverain pour leur maître commun, & pour le maître par excellence. C'est en ce sens, que dans le Vassor, à l'endroit où est raconté le supplice de Cinq-Mars & de M. de Thou, il est dit du premier, qui, comme on sait, avoit été Favori de Louis XIII. que M. de Thou le traîne de mon maître, en l'invitant par honneur à monter le premier sur l'échaffaud. Le Duchat. M A I T R. Petit-maître. C'est un nom qu'on a donné aux jeunes Seigneurs de la Cour. On prétend qu'il commence à être en siège dès le tems que le Duc de Mazarin, fils du Maréchal de la Meillerale, fut reçu en survivance de la Charge de Grand-Maître de l'Artillerie. On donna ce nom de petits-maîtres aux jeunes Seigneurs qui étoient de même âge que lui. Ensuite il a passé sans distinction à tout ceux qui prennent l'air & les manières des gens de qualité, qui décident de tout souverainement, qui se prétendent les arbitres du bon goût & de la politesse, pour donner le prix à tout, & faire la loi aux autres. M A I T R. ALI BOURDE. Voyez aliborum. M. MAITRE MARTIN. Il y a 10. ans qu'on appelait à Paris un juif ascors, un maître-martin: à cause d'un certain Maître Martin, Louvetier du Roi XIII. qui le premier porta de ces juif ascors. M. M A L A C H I T E. Pierre précieuse. De malachites, fait de malachites. Pline XXXVII. 8. Non transfuscus malachites, spissus virens; à calver maître romaine accégée, malachite & malachite est la même chose. M. M A L A D E. En Languedoc on dit malauc, en Italie malauc. Les Glozes: vrye; c'est-à-dire, trifle. Il est, à mon avis, formé de male, & du mot Barbare aus, qui signifie sain & feyoux, duquel les François ont dérivé le mot bais, qui signifie sain & feyoux, & bien disposé, comme témoigne Robert Etienne, qui le veut faire venir de Iohée, c'est-à-dire, servin. Nos anciens François disaient bais. Montrelet, vol. 1. Et parant échappa sain & bais. Froissart, vol. 1. ch. 185. Entendirent à mettre à point les deshaités & les navris. Ville-Hardouin, liv. 1. Trunca son Seigneur le Comte Thihans malachit & deshaité. Cafeneuve. M A L A D E. Robert Etienne, Henri Etienne, & Nicot, le dérivent de malacus, mollis, retrofissus, languidus. Il vient de malacus, qui se trouve dans les Glozes anciennes: où il est interprété par vrye & M. de Saumale sur Solis, pag. 1122. a écrit: Malacus, qui male se habit, qu'on malachis varum. Gloze malacus, vrye, feyoux. Dans cet endroit des Glozes Anciennes, M. Guyer, au lieu d'asp, a corrigé & ce qui me semble bien corrigé. Bonaventura Vulcanus avoit corrigé & vrye. De malacus, les Italiens ont dit animalum, ou lieu de malacus, on a dit, par corruption, malacus: dont nous avons fait malacus. Ceux qui dérivent malacus de l'Arabé marade, qui signifie agri- tare; ou d'almarade, morbus, se trompent mani- fellement. Les Flamans appellent les ladres, *melaius*, c'est- à-dire *malades*. Et nous disons *maladerie*, pour le lieu où sont les ladres. Les Grecs ont appelé de même l'épilepsie, *myōnē* : & nous l'appellons *haut-mal*. M.
MALAGA. Ville d'Espagne. On prétend que les Phéniciens, qui en ont été les Fondateurs, lui donnerent le nom de *Malacha*, de *tōn malada*, qui dans leur Langue, signifie *saler*, parce qu'on y faisait un grand commerce de poisson & de chair sâle. De *Malacha*, on a fait *Malaca*, & ensuite *Malaga*. *
MALANDRES. Ce sont des crevasses qui se forment au pli du genou du cheval : d'où il coule des eaux rousses, acres & mordicantes, qui lui causent une douleur qui le fait souvent boiter, & qui, au sortir de l'écurie, lui tient ordinairement les jambes roides. Ce mot a été fait par abus, de *malandria*, qui est une maladie de chevaux, qui les fait touster. Voëssus de *Vitis Sermonis*, pag. 486. MALANDRIA, *morbus jumenti*, que *tussis*. *Unde malandrious. Utrique usus Marcellus Empiricus*. *Gracis recentioribus* *mānē*: *quod apud Hesychium* : *vel mānē*, *us Aplyrio in Happlativitis*, libro 1. *capite* 2. *item Hierocli*, & *Theomnesis. Viderum nomen esse ex eo quod jumenti vires, velus mallo*, *prosternat. Sani nuncupat Vegetius in Malamedicina*, libro 1. *capite* 2. Cette étymologie de Voëssus est de Végée. Végée & Voëssus se trompent : & Theomneitus, qui dérive *mānē* de *mānē*, dans la signification de *blanc. Malandria*, & *mānē*, ont été formes de *mānē*, mot inusité, qui signifiait *malam*. Voyez mes Origines Italiennes, au mot *malandra*; & mes Aménites de Droit, chap. 3. M.