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03.0 Dictionnaire etymologique — MALANDRINS – MASTICATOIRE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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MALANDRINS. Sofiant à cheval. Valfin- gham, dans la Vie de Henri V. Roi d'Angleterre, pag. 388. *Reducius* *vsi ergo*, *coramque Consilio de- monstratus*, *non indumentis Religiositatis rediminens*, *sed, Brigatinorum more, Semivestitus, geflans, fagi- tas proves, qualiter utuntur Equites illarum partium* qui Malandrini dicuntur. Les Italiens lisent *Malan- drine*, pour un voleur de grands chemins : que la Cruisa dérive de *malē andare* : & M. Ferrari, de *malus latro*. Et Pier Lafena, dans son *Vetuxo*, 1. du liv. 1. de *mānē*. Pour moi, je crois toujours que ce mot a été fait de *malus*. *Malus*, *mala*, *malandus*, *malandrinus*. Voyez mes Ori- gines de la Langue Italienne. M.
MALARD, *anas ferus*. C'est le *male des tan- nes sauvages* : un *canard de rivière*, dit Robert Erlène dans son Dictionnaire François, pag. 675, de la seconde édition. De *masculardus*, produc- tion de *masculus*. Dans la Basse-Normandie, ce mot se dit de toutes sortes de canards, tant sau- vages que domestiques. Le *malard* & la *houre* : c'est le *canard* & la *canne*. M.
MALARD. En Bas-Breton, *maillard*. Il paroît de-la que l'on disois autrefois *maillard*, & que se nom de *Maillard*, qui est un nom propre d'hom- me, a été donné à un canard domestique, comme celui de *Margot* a été donné à une mie, & celui de *Margot* à une mie. *Hpet*. MALCUS : qu'on prononce *Malcus*. Nous appellons ainsi anciennement un couteau. Nicot : *Malcus*, *enfis falcatus*. Henri Erlène, dans la livéface de son *l'culte* de la conformité du Langage François avec le Grec : *Nos ancêtres*, de *la lance*, *alte* *l'40* en Grec, *ont fait un homme*, voire qu'ils ont *canards* : & *au contraire*, d'un homme dit Mal- chus, *ont fait une certaine sorte de glaive*. Nous appellons aujourd'hui de la sorte un demi Confessionnal ; comme qui diroit, un Confession- nal qui n'a qu'une oreille, parce que Malchus n'a- voit qu'une oreille ; S. Pierre lui en ayant coupé une. M.
MALDIVES. Illes de l'Ocean Indien. Elles ont été ainsi appelées de *Mala*, qui est le nom de la principale de ces Illes, & du mot *drive*, qui dans la Langue du pays, signifie une fille. * MALE : que Sénéque dans quelqu'une de ses Epitres, appelle *hippopera* ; ne se dit aujourd'hui que d'un petit coffre qu'on porte à cheval : bien que proprement ce soit un sac de cuir que les voyageurs portent attaché à l'action de la felle, ou sur la croupe du cheval. Dudon, dans l'Épilogue du liv. 1. De *Moribus* & *Albis Normanorum* : *Firmis & falcis illarum derfa perorna*, *Mala* & *franis confusis stringeque habensis*. Quelques-uns croyent que ce mot vient de *mānē*, qui signifie *peil* & *laine*, parce que d'ordinaire on les fait de peaux où la laine & le poil tiennent encore, pour mieux résister aux injures du sens. Le Glossaire de Papias en allègue une autre origi- ne, disant que ce mot vient de *mala*, qui signifie *machoire*, parce que la male pendant des deux côtés du cheval, à quelque ressemblance à deux machoires. *Mala*, *manica*, *quod duas quasi pen- dentes maxillas habeat*. Caseneuve. Voyez ci-des- sous MALE.
MALEBOSSE. De *mala pusa*. Grégoire de Tours, ch. 8. du sixième livre de son Histoire, parlant de la mort de S. Cibar : *Pulsularum mala- rum venenum crucis signo sape compressit*. Et livre ix. ch. 18. *Namatius vero Episcopus*, *dum recep- tis villis intra terminum Namatica urbis*, *quas olim parentes ejus perdiderant*, *ibidem mararetur*, *pulsula mala et tres orientur in capite*. C'étoit une maladie épidémique. L'Auteur du Rosier & Epitome His- torial, en l'année 1387. *Audis au fur en France merveilleuse & grande mortalité de bœffe & flux en- semble*. Et n'y s'creux *onque remede trouver*, tant qu'il fut avisé de faire *protection* & *dévote priere*. Et ainsi soudainement *vesta ladite peste*. Voyez *boffe*. M.
MALENGIN. *Dolus malus*. C'est l'action d'une personne ingénieuse à mal faire. Le Du- chat.
MALENGROIN. Rabelais, liv. 3. ch. 10. interprétant un vers de l'Iliade : *Par malengroing de la Parquefelone*, *Je fus occis par le fils de Latone*. Le Dictionnaire François-Italien, d'Antoine Ou- din : engroigné malengroigné *de cattive humore*. Le parois Messin, appelle *peut ou puc engroing*, un mal-plaisant & fâcheux grondeur. Le Roman de la Rose, fol. 18. v. *Il fut de trois accompagnés*, *Le lourd, villain, mal engroigné*. Et fol. 110. v. parlant du chien des Enfers, Cer- bere, & de la Parque Atropos, qui tranche le fil de la vie des hommes : *Cette laffe, cette chettive*, *Qui contre les viles effrive*, *Et des mers a le coeur fabaole*, *Neuvriss Cerberus le ribault*. Qui vous disons leur mourn, Que tout en fait de l'éphérie, Et de faire enragé mourn, Si elle ne l'affectionne, Car l'elle ne fait, il ne peut Jamais trouver qui le repens. Cette de luy paistre ne cessé, Et pour ce que soit le compresse, Ce maffin luy pend aux mournelles, Qu'elle a criples, moi pas gemelles. Ses trois grains en son sein luy muise, Tire fort, & grungeuse, & fusse: Car d'autre laïe il ne demande Estre repen; c'est sa viande. Le Duchat.
MALES. On dit proveeblement, les effets font mâles, & les paroles femelles, pour dire ce qu'Ajax disoit à Ulyssie: Non opus est verbis, tantum spectetur agenda. Contre ces Thrafons prompts de la langue, & leurs de la main. Voyez ci-dessus hardie langue, couarde langue. Cela se dit aussi contre ceux qui font cent complimens & protestation d'amitié, mais sans rendre nul service. L'infirmité naturelle & ordi- naire des femmes, & la force des hommes, ont fait que dans la plupart des Langues, le mot de mâle ou viril a été employé pour fort, & celui de féminin, pour foible. Florus a dit de nos an- ciens Gaulois, que leurs premiers efforts étaient plus que d'hommes, & leurs derniers, moindres que de femmes. C'est ce qui a fait que la plupart des nations belliqueuses ont réputé à honte de souffrir leur domination. Et du Tillet remarque en quelque endroit, que les Hongrois, pour ca- cher un peu cette littérature que la loi du pays leur faisoit, appelloient leur Reine, le Roi Marie. Nous avons vu dans notre siècle un Roi pacifique, être nommé le Roi Elizabeth, & une Princesse guer- riere se nommer la Reine Jacque. Cependant l'Histoire Sacrée & Profane nous fournit divers exemples de grandes Reines qui n'ont en rien cédé aux plus grands Rois, soit en valeur, soit en sa- gesse & savoir. Aussi le docte M. Bochar a-t-il remarqué, qu'en la Langue Sainte, la terminai- son féminine, marque de la grandeur & de l'ex- cellence, & que c'est celle du mot qui signifie le soleil: ce qui a fait qu'on l'a pris pour la Lune, quand on a traduit dans Jérémie, que les Idolâtres sacrificent à la Reine des Cieux: car l'original porte, qu'ils sacrificent au Soleil. De Beseux, Origines de quelques Comunes anciennes, page 67.
MALETOTE, ou MALETOUTE. De male tulta; comme qui diroit, quod male tollitur. Nos anciens ont appellé renite & tulture, ce que l'on ôtoit à quelqu'un. Guyot de Provins, dans sa Bible: Gent escommenée, Qui maintenez usure; Qui vivez de rapine, De tort, & de tulture. M. Bignon sur Marcuse, pag. 519. de la première édition: Vensilis Francis tollit. Et inde MALETO- TE. En 1296. on appella du nom de Maletoute, un impôt qui se leva par toute la France pour la guerre contre les Anglois: & qu'on leva premié- renens sur les Marchands & sur les Laïques: & en suite sur le centième, & sur le cinquantième de tous les biens, tant des Laïques, que des Ecclési- atiques: & que Nicole Gilles, en la Vie de Phi- lippe le Bel, nomme exaction grande & non ac- communée. Ce sont les mots de Nicot. Ceux de Nicole Gilles font pris de ceux-ci de Guillanne de Nangis: Exactio quadam, quam nominant Malam Toltam, per Regnum Francia, primè à Mercatori- bus tantum, deinde censeam, post quinquages- mam honorum omnium cuiuscumque, tam à Clericis quàm à Laïcis, propter Guerrum sibi tempero decur- rentem inter Reges Francia & Anglia, exactatur. Le Pape Boniface fit défenses à tous Rois, Prin- ces, &c. d'en rien demander: & à tous les Ecclé- siatiques d'en rien payer, à peine d'excommuni- cation, dont ils ne pourroient avoir déolution que du Pape. ¶ Dans le Registre Oïm, en l'année 1375. fol. 53. Plæcuit Domino Regi, quod Malatolta, qua apud Ratunagum levabatur, cofærer. ¶ Voyez le Glossaire de M. du Cange. At.
MALETOTE. De mala tulta, c'est-à-dire, mandite levée de deniers. On disoit anciennement male pour mauvaise ou mandite, de mala, féminin de malus: témoin male-bête, male-bouche. Dans la treisième siècle toutes levées de deniers, s'appello- ient tutes en Provence, & vraisemblablement dans toute la France. Si celle dont parle Guillan- me de Nangis, fut nommée maletute, c'est que l'invention & les inventeurs en furent mandits par les François. Voyez J. de Notre-Dame, pag. 104. de ses Poètes Provençaux. Dante, Chant xix. de son Enfer: E guarda ben la mal tulta moneta, C' effer ti fete contra Carlo ardito. Le Duchat.
MALGRE. De malum gramm: d'où les Ita- liens ont aussi fait malgrade. M.
MALHEUR. Il vient de male heure, qu'on prenoit pour désastre & infortune. Grégoire de Tours, livre 2. chap. 45. parlant de Rigonthe, file de Calipet, qu'on emmenole en Espagne: Jam vers une faciens putha, pès larymas & of- cula, cum de porta egredentur, une carruca effratia- xe, ennes mala hora dixerunt: c'est-à-dire, s'é- crierunt que c'étoit un présage de malheur & d'in- fortune. Almoin, livre 3. chap. 56. parlant de la même Rigonde, dit: Qui cum plurimi malam opta- rent horam, populus hoc pro auspicio fuccepis. Tout de même le mot de bonheur vient de bonne heure. Et quelque les mots de bonheur & malheur signi- fient, l'un la bonne, l'autre la mauvaise fortune; les mots de bien & heureux, bien que sans com- position, signifient fortune & fortune: de même que les mots de fortune & fortune ne signifient que bien & prospérité, quelque nous disions d'ailleurs bonne & mauvaise fortune. Caseneuve.
MALHEUR. De mala hora: comme non- HEUR, de bona hora. Voyez Grégoire de Tours, vi. 45. At.
MALINGRES. Les pommes de malingre sont ainsi appelées par Etienne, dans son Traité des Arbres intitulé Seminarum; comme qui diroit malactria; parce que le goût en est aigre. Casé- neuve.
MALINGRES. Sorte de poises. M. Cholet, très-docte Avocat du Parlement de Paris, croit que ces pommes ont été ainsi appelées de mala actria: à cause de leur aigreur. At.
MALLE. Lat. manica. Plusieurs le dérivent de sa vie, vellus. Périon: Qui autem villi Latinè décateur, & vellus; à Graeis, passé appelantur : malo MALLE chacun illam vestium; quà in via equi- tantes utimur, vocavimus; quid principiè, servium cum noilis; vel aliarum poculum, pelibus; confici falita: esse: quem quidem morem pristinum nominelli bulig rovacant. Trippault : MALLE, passé, vellus. Car anciennement les males effolent faites de praux de boîtes : comme encore en voit-on par fois. M. Lan- celer lui donne la même étymologie. Il vient de manicula, diminutif de manica. Manicula, man- la, malle, MALLE. Ou de l'Alleman maill. Voyez M. du Cange. Charles de Bouvelles dérive aussi malle de manica. M. Voyez ci-defus MALLE.
MALLE. En Bas-Breton mal. Huet.
MALOTRU. On dit en Languedoc malef- trus. Ces mots sont faits par corruption de malè instructus. Ainsi Pierre de Dreux, Comte de Bre- tagne, ayant fait hommage de la Bretagne au Roi, les Bretons, qui étolent lâchés de relever de la Couronne de France, lui donnèrent par moque- rie le surnom de Mancler, formé de malus cleri- cus, qui signifie ignorant. Car nos anciens Fran- çois appelloient les hommes favans, claves; & la selenou, clergie. Cafeneuve.
MALOTRU. Rabelais a écrit malastru. Ainsi les pauvres malastrus sont annunéfiés plus de trois femaines sans manger nerveux, ny volette. C'est au chap. 30. du livre 1. Pasquier a écrit malotru. C'est au chapitre 3. du livre 8. de ses Recherches : où il a remarqué que ce mot étoit ancien dans notre Langue, se trouvant dans Hugues de Ber- fy. En Languedoc on dit maleftrus : ce qui a don- né la pensée à M. de Cafeneuve de dériver mala- tru de malè instructus. Quitest une étymologie qui ne me déplaît pas. Malè instructus, maleftrustus, maleftrustus, MALOTRU. Dans le Grand Testament de Villon, il y a maleftru : ce qui ne confirme pas peu l'étymologie de M. de Cafeneuve. On a dit de même manclere, de malus clerius. Voyez mon Hiltoire de Sablé, livre 8. chap. 3. page 114. Henri Etienne dérive ridiculement malotru de malofer : & Trippault, d'aléz, M.
MALOTRU. J'aimerais encore mieux dériver ce mot de malè afructus, mal bâti; que de malè instructus. Mais sa signification emporte proprement celle d'un malheureux, qui par sa condition ab- jecte est sujet à ces impôts qu'autrefois on nom- moit trus, de tributa. De-là ce mot fera venu à désigner toutes sortes de gens, dont la naissance bâde les expose à mille incommodités dans leur condition; & c'est en ce sens que dans Rabelais, liv. 1. chap. 37. les pauvres écoliers du Collège de Montaigu sont traités de malastrus, par rap- port au peu de commodité dont ils jouissent en ce lien. Dans cet endroit de Rabelais, & dans ce- lui que cite M. Ménage, malastrus ne veut dire autre chose que malheureux, c'est-à-dire, nés à la malheure, ou sous une mauvaise planète. Ainsi je m'imagine que malastru, ou comme a dit Vil- lon, maleftru, pourroit bien venir de malè afructus. On a dit défastreux pour malheureux; & on dit en- core défastre, en la signification de malheur. De malè afructus, on peut avoir fait malastru & maleftru; comme d'alter on a fait autre; comme d'aperire on a fait ouvrir. Le Duchat.
MAL-PLAISANS. C'est-à-dire, mauvais plaisans. Rabelais, livre 4. chap. 10. Le seul en- droit où, selon moi, Rabelais ait pu trouver ce mot employé dans cette signification, est de Perce- forest, vol. 1. chap. 142. fol. 123. a. col. 1. où le Roi Gadifet d'Ecosse ayant engagé la pucelle Ly- riope, compagne de la Reine, à raconter devant la Chevalerie, comment cette Princesse avait vou- lu finement portée la pucelle à sortir du lit de la Reine pour y faire place au Roi, qui aurait voulu concher avec sa femme cette nuit-là; la Reine, à qui le discours de Lyriope avait donné de la confusion, le traite de peu honteux, & de mal- plaisant. Le Duchat.
MALTALENT. Avoir malvalent contre quelqu'un, c'est malè animatus esse erga aliquem. Robert Etienne, dans son Dictionnaire François : THALENT. Budens in Commentariis : idōterric, à nobis dicitur enthalentē; id est, φιδωμᾶ : & THALENT, voluntatem vehementem vocamus; quasi ti idōterric, à vi idōterric. Nicot : THA- LENT. C'est un grand désir : combien que soit aussi simplement désir : & qu'en dit, j'ai grand thalent de te festover : magno defiderio teneor. Ce mot est fort n'estes pays de Languedoc & Provence. Bu- dée, en ses Commentaires de la Langue Grecque, le titre du Grec, disant : idōterric, à nobis dicitur enthalentē; id est, φιδωμᾶ : ETTHALENT, vo- luntatem votamus; quasi ti idōterric, à vi idōter- ric. Aussi vient-il de Sōw, verbe Grec, qui signi- se volo; je veuill. Budée, Robert Etienne, & Ni- cot se trompent : avec le Castelvetro, qui a donné dans cette étymologie. TALENT, en cette signifi- cation, vient de talentum, qui se trouve en la même signification. M. du Cange, dans son Glof- saire Latin, au mot talentum : TALENTUM, animi decretum, voluntas, desiderium, cupiditas. Flore- simis & Hispanis, talento : nostris alim, talent. Te- ftamentum Stephaniae Regine Navarise, Garfie Regis uxoris, ara 1098. apud Sandovallium, in Episcopis Pamplimentibus, pag. 61. Igitur, si ve- nerit ad aliquam de meas filias in talentum Deo servire, & habuerit habitum, Deo devota perma- neat, &c. Hinc formata vox apud nostris entalen- tē, qui aliquid agere cupis, vult, decrevis, &c. Le Roman de Garin : Entalanté tu de Buegue vengier, Par mautalant à brochié le destrier. L'Ordene de Chevalerie : Après deux espérons li mit En ses deux piez : & puis li dit, Sire, tout autres i es maus, Que vos volez que vos chevaux Soit de bien corre entalentez, Quant vos des espérons ferez. Alanus Churterius, au Débat des deux fortunes d'Amour : Si recorde sa leçons en son lit. Très-ententis, Et d'an savoir du tout entalentez. Fluice voci oppantur alia, Maltalent, mala vo- luntas. Guilielmus Gniart : A grans flos de la ville faillent Mautalentis, & presque à guerre Vont les Fourriers Sain Loys querre. Alibi : Courrouciez, & mautalentis. Matthaus Villanens, libro 10. capite 9. Pleno di maltalento. Dicalenté de voler : de falcone qui vo- lare renuit, in libro de Falconaria Jani de Fran- chières, M A L. M A M. x6t chères, capite 7. Ab idèctèvèc vacit etymon actor- se Budau : quod video probari viris doctis. Mibi verò origines Linguarum vulgarium à Graca Lingua petita, minis arrident. ¶ Voyez le Dictionnaire de la Cruëca, au mot talento, & au mot talentare; & Covarruvias, au mot talante. M.
MALTE, ou MALTHE. Ille célèbre de la Méditerranée. En Grec Mьdèv, en Latin Melita. Quelques-uns croyent que ce nom lui est venu de la quantité de miel qui s'y trouvait autrefois. D'autres le dérivent du verbe Ebreu ou Phénicien d'ho, qui au paffé signifie être délivré, se délivrer, s'écha- per, se retirer : d'ho milles, à la conjugaison piel, délivrer, faire échapper, procurer une retraite : d'ho millour, délivrance, dans le Talmud. Dio- dote de Sicile dit que l'Ille de Malte servoit de retraite aux Marchands Phéniciens. C'est pour- quoi ils la nommèrent Melita; comme qui droit, lieu de retraite. Cette étymologie me paroît fort vrai-semblable. *
MALTHE. Ciment, ou enduit, dont on se servoit autrefois, & dont il y avoit de plusieurs fortes. De Latin maltha, pris du Grec μώβω, ou μώβω, qui signifie la même chose. Mais d'où vient ce mot Grec : Il vient incontestablement des Lan- gues Orientales. L'Ebreu d'ho meles signifie argile, terre glaise, mortier; & on le trouve en ce sens dans Jérémie, xiiii. 9. Melota, en Syriaque, & milás en Arabe, ont cette même signification : melas en Syriaque, & malata en Arabe, enduire d'argile, de terre graise, de mortier, de ciment : mélon bamlara en Chaldéen, l'enduit d'un mur, le mortier ou ciment dont il est revêtu. *
MALVOISIE. Sorte de vin excellent : ainsi appellé, par corruption de langage, au lieu de malvoise : de Malvasia, ville de la Morée, près Argos, dans le territoire de laquelle ville croit ce vin. Les Grecs modernes ont appellé cette ville Monembasia : d'où on a fait Malvasia. M.
MAMAN. Mot dont se servent les petits en- fans, pour dire ma mere. De mamma : Martial, 1. 101. Mammai atque tatas habet Afra : sed ipsa, tatārum Dici & mammam maxima, mamma potes. Caton : Pueri potum & cibum primum buas & papas vocant : & matrem, mammam; patrem, ta- tam. Les Grecs ont dit de même μώμω & μώμω. Voyez le Glorfaite Grec de M. du Cange. M.
MAMAN. Ce mot, de même que celui de pa- pa, est un de ceux dont il ne faut pas chercher l'étymologie, & qui est formé par la nature mé- me dans la bouche des enfans. Car dans tous les pays du monde les enfans commencent à parler en prononçant les lettres labiales, parce qu'elles font en effet les plus faciles de toutes à prononcer; & les premiers mots que l'on entend sortir de leur bouche enfantine, sont les deux noms de pere & de mere, qu'ils prononcent ab, ap, pap, &c. am, em, mem, &c. Ces mots, dictés ainsi par la na- ture, ont été ensuite adoptés par les peres & me- res dans toutes les Langues, & on les y reconnoit sans beaucoup de peine, nonobstant les altérations qu'ils ont souffertés par le génie des différents peu- ples, mais plus ou moins chez les uns que les au- tres. Ainsi, par exemple, en Ebreu, mere se dit tent em; en Arabe em; en Chaldéen non imma; en Syriaque ema; en Grec μώμω, μώμω & μώμω; en Latin mamma; en Italien de même; en Espagnol mama, en Gallois mam, en Flaman mem, en Alleman memme. Dans le Grec μώμω, le Latin mater, le Persan mader, l'Alleman mater, l'An- glois mother, &c. le ter ou der n'est qu'une addi- tion, ou pour mieux dire, une corruption du mot, laquelle ne vient point de leur nature, mais de l'institution des hommes. C'est une chose temata- quable, que juiques dans la Langue Chinoise, dont les termes ne ressemblent en rien à ceux des autres Langues, les noms de pere & de mere ne laissent pas néanmoins de se trouver essentiellement les mêmes que chez tous les autres peuples, savoir son pere, & mon mere : preuve certaine que ces deux mots sont formés par la nature seule, & qu'il n'en faut chercher l'étymologie que dans la bouche des enfans. Voyez ci-dessous papa. *
MAMBOURG. Vieux mot, qui signifie tu- teur. Froissart : Et seront mis quatre Mambourys en Angleterre, pour gouverner le Royaume. Olivier de la Marche : Mambour & pere de vous. La Chroni- que de Saint Denis : Bail, Garde-mambourie. Dans les Lois des Lombards, le tuteur s'appelle mun- dualdus, & la tutelle, mundiburnium. Ce mot vient de l'Alleman munder, qui signifie tuteur. Voyez Cujas, sur le quatrième titre du livre 2. des Fiefs, & M. Bignon sur Masculie, & M. du Cange au mot mambourus. Kilianus, dans son Dictionnaire : Mambour, member, mambour, mandhour, TUTOR. Voyez Ma- thias Martinius, au mot mandiburgus. Nous disons mambourie pour protection. Cujas, sur le livre 2. des Fiefs, titre 4. Femina nihil alienare poterant fine tutoris auctoritate, lib. 1. Lang. Qualiter mu- lieri libera alienare permissum est. Erant enim in per- petua tutela, sive, ut loquebantur, in mundiburnio, Langobardorum jure quibus tutor est, mundualdus, ut Germanis : qua eadem Gallii etiam olim fuere vo- cabula, ut in Chronici Sancti Dionysii, bail, gar- de, mambourie. Et Froissard : Et seront mis qua- tre Mambours en Angleterre, pour gouverner le Royaume. Olivario de Marchia : Mambour, & pere de vous. M.
MAMBOURG. Je le dérive de deux mots Allemans, savoir man, & berg, dont le premier signifie homme, & le second signifie protection. Un tuteur est la protection & le rempart de son pu- pille. Voyez ci-devant Mainbourg, & Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 112. au mot berg. *
MAMMELUS. Milices du Soudan d'Egy- pte. Nicot : MAMALUC, & en pluriel MAMALUC, ou MAMALUQUUS, en Langue Surienne; qui est avss Arabesque, & conforme à la Moreque; est l'homme de cheval, armé à la légère, nourri aux Ordonnances de ce pays-là. Et sont les Mamelues dont est la Cavallerie ordinaire du Soldan, grande- ment redouté, & renommé, & tenus pour invinci- bles en tout le pays d'Asie, à cause de la grande science militaire & promesse qui sont en eux. De sorte que les Soldans mismes, qui ne peuvent avoir telle signité si n'est pas élection, doivent être reçues à la lice & compagnie d'iceux Mamelues; par divers lesquels est la surintendance du gouvernement du pays, & la puissance & autorité d'élire à telle de- gnité celui qui ayant été acheté, ou autrement est parvenu en leur puissance, n'ait aucunement servi. C'est un mot Arabe, formé d'almanluch, qui si- griffe *amptitus servus* ; que les Grecs appellent *enivrit*. *Malacha*, signifie *possidere* : & de-là, *Almilleh*, c'est-à-dire le Roi : *quem penes sous omnia*. Et ainsi, *Almambach* signifie proprement qui *ab alia possidatur*. M.
MANANS. De *manentes* ; qui se trouve dans *Helmodius*. M.
MANANS. Ce mot signifie les paysans qui habitent dans un village, ou dans une métairie. Et ensuite il s'est dit en manvalise part, pour signifier des gens grossiers, tels que sont ordinairement les paysans.
MANCHE. La manche d'un habillement. De *manica*. MANCHETTS, de *manicetta*. M.
MANCHE. Le manche d'un couteau, d'une hache, &c. Lat. *manubrium*. De l'inusité *manicum*, formé de *manus*. M.
MANCHE. Dans la signification de *manubium*, vient de *manica*, qui se trouve dans *Optatus Millevianus*, liv. 3. en la même signification. *Nemo tenens manicum arteri*. Huer.
MANCHON. De *manicone*, ablatif de *manice*, fait de *manus*. M.
MANCHOT. De *mancetus*, diminutif de *mancus*. De *mancus*, on a aussi fait le diminutif *mancetus*, qui se trouve dans les Glofes : & *mancinus* ; d'où vient le mot *Mancini*, nom d'une famille d'Italie. ¶ De *mancus*, les Italiens ont fait *manco*, pour dire *gauche* : la *man manca*, c'est-à-dire la *main gauche* ; à cause qu'on est moins adroit de la *main gauche*, & comme *manchat*. M.
MANDARIN. C'est ainsi que nous appelons généralement tous les Magistrats ou Commandants Chinois, tant dans les Armes que dans les Lettres, de quelque ordre ou degré qu'ils soient. Ainsi il y a des *Mandarins* d'Armes, & des *Mandarins* de Lettres. Ce terme nous est venu des Portugais. Comme ils furent les premiers d'entre les Européens, qui dans ces derniers temps pénétrèrent à la Chine, ils donnèrent à tous les Magistrats, Commandants ou Gouverneurs de ce vaste Empire, le nom de *Mandarin*, d'un mot Portugais qui signifie *commander*, & qui est fait du Latin *mandare*. Les *Mandarins* s'appellent en Langue Chinoise *Kaum* ; comme qui diroit, homme public, homme chargé du soin du public. Ce terme Chinois paroissant avoir quelque rapport de son & de signification avec l'Ebreu *pro cohen*, qui signifie un Prêtre, & en général un Commandant, un Gouverneur, un Prince ; cela a fait dire à quelques Auteurs qu'il en venoit. Mais comme la Langue Chinoise n'a aucune affinité avec les autres Langues, & pas plus avec l'Ebraïque qu'avec aucune autre, il est impossible de montrer que le mot *kaum* tire son origine de l'Ebreu. Il est vrai que les termes Chinois *fon* & *mou*, qui signifient *perr* & *mere*, sont essentiellement les mêmes que ceux qui dans les autres Langues expriment le même chose. Mais je réponds à cela, que ces termes sont uniquement l'ouvrage de la *naute*, qui chez tous les peuples les forme dans la bouche des enfans ; & qu'ainsi il ne faut point en chercher ailleurs l'origine. Voyez ci-dessus *manan*, & ci-dessous *papa*. Et pour revenir au mot *kyoum* ; la Langue générale de la Chine, & qui a cours dans tout cet Empire, s'appelle en Chinois, *kyoum hpa*, c'est-à-dire *langue commune*, ou, comme nous parlons, *langue Mandarine*.
MANDE. Lat. *sperta*. Voyez *mannequin*. M.
MANDE. La Cène. Une ancienne Chronique depuis 1400. jusqu'à 1467. publiée avec sa continuation, à la suite du Supplément aux Mémoires de Commines. Bruff. 1713. page 363. sur l'an 1470. dit que le Jeudi absolu 1470. le Duc de Bourgogne entra dans l'Abbaye de Corbie, où il fit le *Mande*, à treize pauvres. A la page 375, la note explique le *Mande* par le lavement des pieds. De *mande*, d'où *mandace*, parce que cela est le moment des pieds se faisoit pendant le repas. *Le Duchat*.
MANDILLE. Manteau de laquais. Voyez *manteau*. M.
MANDORE. Instrument de musique. Les Italiens disent *mandola*. L'Italien *mandola*, & le François *mandore*, ont été faits du Grec *manchopa*, mot de même signification. Helychius : ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 2 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 3 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 4 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 5 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 6 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 7 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 8 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 9 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 10 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 11 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 12 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 13 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 14 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 15 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 16 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 17 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 18 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 19 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 20 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 21 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 22 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 23 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 24 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 25 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 26 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 27 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 28 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 29 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 30 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 31 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 32 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 33 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 34 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 35 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 36 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 37 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 38 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 39 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 40 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 41 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 42 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 43 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 44 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 45 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 46 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 47 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 48 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 49 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 50 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 51 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 52 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 53 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 54 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 55 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 56 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 57 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 58 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 59 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 60 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 61 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 62 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 63 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 64 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 65 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 66 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 67 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 68 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 69 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 70 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 71 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 72 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 73 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 74 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 75 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 76 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 77 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 78 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 79 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 80 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 81 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 82 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 83 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 84 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 85 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 86 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 87 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 88 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 89 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 90 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 91 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 92 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 93 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 94 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 95 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 96 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 97 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 98 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 99 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ, 100 ΠΑΝΔΟΥΡΑΣ. Pan primus calamus cera conjungere plures Institui: Dalécamp, à la page 176. de la première édition de son Athénée, a écrit que le mot Célèbre *pandere*, a été fait du Grec *manchopa*. Je crois qu'il entend parler des Gaïcons, qui appellent *pandere* un tambour de Biscaye. ¶ Voyez Melbonius, sur les livres du Musicien Nicomachus. ¶ Les Allemands disent *pander*, & les Anglois *bander*. ¶ M. Bochart expliquait *manchopa* par *tera lignea*. M.
MANÉE. Vieux mot qui signifie *une poignée*. De *manata*. Voyez le Glossaire de M. du Cange. M. MANEGE & MANIER. Il y a quelque apparence que ces mots viennent de ce qu'on mène & gouverne les chevaux par la main. Les Glofes de Papias : *Manicare*, *per manum tenere*, *vel manu fingere*. Mais en effet, ils sont dérivés de *manus*, qui signifie *un cheval*, non-seulement dans les Auteurs Romains, comme dans Horace & quelques autres, mais encore dans ceux qui ont écrit depuis que le Langage François est sorti du Latin. Orderic Vital, livre 12. de son Histoire Ecclésiastique : *Manum autem Regis in crastinum et remiss cum fella & frane*, & *minii apparatu*, *cos Regem decuit*. De-la est venu *manicare*, qui signifie *aller à cheval*. Le même Orderic, livre 7 : *Pervé dictores ex bis illicit aij ensis equis recofferunt*, & *ad situ tutanda properaverunt*. *Inferiores vero clientuli*, *us magistros suos sic manicasse profpezerunt*, *arma*, *vasa*, *vestes & tinteamina*, *omnemque Regiam su-* policétien, rapuérum. Et au livre 10. parlant de ceux qui étoient avec Guillaume le Roux, Roi d'Angleterre, lorsqu'il fut tué en chafant dans une forêt : Mortua Rego piures optimatum ad lares suas de salim manicaverum, & contra futuras motiones quas timebant, res suas ordinamentis. Il est bien vrai qu'il y a un autre manicare, qui signifie marcher du matin : comme je trouve dans un vieux Glosaire manuscrit que j'ai : Manicare, manu tre, manu venire cum acceleration. Et c'est ainsi, à mon avis, qu'il faut entendre ce lieu d'Odo Cinabacensis, De vita S. Geraldò Aureliaruis Camici, livre 1 : Quas, in tardius venitus demurari violatur, manicare studuit, & priusquam : ucefæter, proficifci. Du Chesne, en ses notes, a pourtant expliqué ce mot par aller à cheval. Caleneuve. Voyez ci-dessous MANIER.
MANGER. De l'Italien maneggio. M.
MANGE. Saint Mange. De Sanctus Memmius. L'1 voyelle devient consone. Memmius, Menius, MANGE : comme Saint Pomange, de Sanctus. Paramius. Il y a un village près de Sedan, appellé Saint Mange, du nom de ce Saint. M.
MANGER. De manducare. Ou de mandere. Mandere, mandicare, mangiare, MANGER. Mangiare est le mot Italien. M.
MANGER. Il est veut manger. Ce qu'on dit autrement, il en veut découdre, c'est-à-dire il veut combattre. Dans des Estars, chap. 51. Toutefois, ou par crainte, ou pour obéir au Rey Armate, Alforan n'en voulut manger pour ce coup. C'est-à-dire, qu'il ne voulut point accepter le combat qui lui étoit offert. Et dans les grandes Chroniques de Bretagne, l'Auteur parlant de la journée de Marignan, où François I. défit les Suisses : Ils furent, dit-il, reçus verruesement, nonobstant qu'il y en eut que ne voulurent Jacques manger; & regardaient par où ils fuiraient. Il n'y a rien de plus commun en la bouche des enfans que de dire, en veux-tu manger pour gommer. Guichard, en son Harin. Erymol. page 475, dit que le même mot Ebreu lachem signifie se battre & manger... Par cette allusion, les grands mangeurs sont appelés en Grec en Hinous duuxus; comme il se voit dans Athénée & dans Ælien. De Brioux, Orig. de quelques Cont. anc. Guichard a raison lorsqu'il dit que l'Ebreu com lachem, ou plutôt labhanc, signifie également manger, & se battre. En effet, de ce verbe est formé le substantif com lebbens, qui signifie pain, nourriture, aliment, fettin; com lebbens, viande, chnit; com labhanc, combattant, guerrier; com le millhannah, guerra, combat. Si l'on demande comment ce verbe Ebreu a eu en même tems ces deux significations, je répondrai que cela a pu venir de ce que les animaux se servent de leurs dents pour manger & pour se battre; & que les premiers hommes ont fait peut-être la même chose, selon ce que dit le Poète : Uma antiqua manus ungues denusque fuerunt. Ainsi il n'est pas étonnant qu'on ait dit en François manger, dans la signification de se battre.
MANGEURS. On appeloit ainsi afféleusement ceux qu'on mettoit en garnison dans les maisons des débiteurs, pour les contraindre au payement de leurs dettes. Ragneau, dans son Indice : Mangeurs, desquels est fœture fait mention de anciens Arrests de la Cour de Partenau à Paris; & qui estoient ordonnez & envoyez en garnison pour contraindre un obligé au payement de son deu, qu'un condamné à souffrir l'exécution d'un Arrest, ou d'un mandement, & jusques à ce, l'on vivait en sa maison & en ses biens à ses despens : comme encore, à présent à Fribourg, quand le debiteur ne paye sa debts au jour affigné, le créditeur envoie un, deux, ou plusieurs serviteurs, en l'hostellerie; la despense desquels le debiteur est contraire de payer, jusques à tant qu'il ait satisfait à son créancier; ainsi que récite Simler, au second livre de la République des Suisses, &c. Boutillier, titre 9, de la Somme Rural : Gaffeurs & mangeurs de biens doivent être mis sur les biens des défaitants & contumax. M. Befly estime que ce mot mangeurs a été dit par corruption pour manieurs, l'1 voyelle étant devenue consong; & que ces manieurs ont été ainsi appelés ce ou qu'ad manebant in demo : quasi missi in possesseuem : ce qu'il confirme par la Coutume de Hainaut, chap. 69. Item : que les Gardes-Maneurs que les Sergens est obtirom sur les biens meubles qu'ils auront saisis, auront, aux frais d'icieux biens, huit fois par jour & nuit; & parmy ce, lesdits Gardes feront leur despense, &c. Et par celle de Valenciennes, art. VIII. 10. qui use aussi du mot de Garde-Maneurs. Celui de maniance se trouve dans Bouteiller, livre & titre 1. pour manoir, ou possesseu : En cas d'appel, celuy qui appellerait & seroit trouvé en la maniance de l'héritage, &c. Et en un autre lieu : Saisine & maniance, &c. emporter les meubles hors de la maniance de l'oblige. A quoi on pourroit ajouter, qu'il n'y a guères d'apparence, que la justice, qui est pour conserver à un chacun ce qui lui appartient, eût établi ces mangeurs, qui ne sont que pour la ruine des débiteurs. Que si l'opinion de M. Befly est véritable, il faut que cette corruption de manieurs pour mangeurs, soit fort ancienne; ces mangeurs étant appelés dans des anciennes Ordonnances Latines comestores. Louis Hurin, dans les Lettres-Parentes qu'il octroya à Paris, le premier Avril 1315, aux gens des trois Ordres de la Province de Languedoc : Item : cum pererent, quod Garnisons servientium, seu Comestores, non pomerentur pro debitis nostris, vel aliis exequendis; sed exequerentur in bonis & personio debitorum per Bajulos & Ordinarius locorum suorum : Conceissimus, quod pro debitis inter privatas personas contraffis sub sigilla nostris, Serviens noster requires Ordinarium loci quod ea exequetur. Nec ea exequetur diilius Serviens noster, nisi diilius Ordinarius, negligens, vel plus debito differens, fureis super hoc requisitus. Et si ad hoc debitor se opponer, remittetur cognicio ad sudicis Sigilli nostri examen : qui cognoscet de dubio emergenti. Nostra veni propria debita, ubicumque sint, per manum nostram, & non per aliam, exequetur. Nec pro hujusmodi debitis nostris exequendis ponentur Comestores, seu Servientium Garnisons, quandin inveniri poterunt bonarum emptores, nisi hoc exigere potentia, seu proterva contumacia debitoris. M.
MANGONNEAUX. On appeloit ainsi anciennement les pierres que jettoient certains instruments de guerre. Froissart, liv. 3, chap. 118. Et avoient les Brabanons de tris-grandis engins devant la ville, qui gelloient pierres de paix & mangonneaux jusques en la ville. Et ailleurs : Là fit le l'un charrier grand foison d'engins : & en y eut six molets, grans, lesquels gelloient nuit & jour grottes pierres & mangonneaux, qui abasteient les combles & le haut des tours. De mangonnelli, qui se trouve en cette signification dans les Ecrivains Latins du bas siècle. X ij Le Président Fauchet, liv. 2. de la Milice & Armes, avoue qu'il ne fait d'où vient ce mot de mangonelli. Il vient de manganum, qui signifie l'instrument qui jette les mangonneaux. S. Ambroise, liv. iv. ch. 10. de son Histoire, parlant de Néron : Manganum fut quoddam de ligne paravit, que se nevaret. Abbo, liv. 1. du fège de Paris, avoue aussi qu'il ne fait pas l'origine de ce mot manganum. Consilium longis aquè lignis geminatis Mangana, qua proprio vulgi libitu vocitantur, Saxia quibus jaciunt ingentia, &c. Il vient du Grec μαζίμαιν, qui signifie une machine. Hésychius : μαζίμαιν, μαζιμαιν. Les Glofes : μαζίμαιν, manganum. ¶ Voyez Meurfius, dans son Gloffaire, M. de Saumalie sur Solin, pag. 925. Voëffus de Vitiis Sermonis, pag. 490. & M. du Cange, dans son Gloffaire Latin, & dans son Gloffaire sur Ville-Hardouin, & dans son Gloffaire Grec. M.
MANGONNEAUX. Si on appelloit mangonneaux, les pierres mêmes, comme dit M. Ménage, c'étoit abulivement du nom de la machine qui les jetteit. Barthius, dans ses Notes sur la Philippide de Guilhante le Breton, au mot mangonellorum du liv. 1. vert. 669. Minora tormenta faciendis lapidibus sic vocantur barbarâ voce. Britto nofter, lib. vii. Interea grossis petraria misit ab intus Affidue lapides, mangonellusque minores. Meminis fapius hujus machina, ut & Rigordus. De minoribus faxis mangonellis vibratis etiam, lib. ii. Nunc mangonellus, Turcorum more, minora Sexa rotat. Mangene, item manganellæ, instar fundarum par- ne faxa rutantes, sunt apud Albertum Aquarium, lib. vi. cap. 18. Fax integra manga est, quà faxa fcilicet grandia excutiebantur. Radevicus, lib. ii. cap. 47. Obsides eorum, machinis alligatos, & eorum tormenta quæ vulgo mangas vocant, & in- tra civitatem novem habebantur, decrevit obji- ciendos. Le Duchat.
MANICORDION. Instrument de Musique. M. du Cange le dérive de μαζίμαιν, c'est-à-dire, mécà chorda constans, &c. Voyez-le. Cette érymologie me paroîtroit indubitable, s'il étoit vrai que cet instrument n'eût eu qu'une corde. Mais Jules Scaliger, livre 1. de sa Poétique, lui en donne trente-cinq. Voici ses termes, qui sont du chap. 48. du liv. 1. de sa Poétique : Fuit & Simi com- mentum illud, quod ab eo Simicum appellarum : quinque & triginta constabat chordis, à quibus eor- rum origò quos nunc monochordos vulgus vocat : in quibus ordine digesta pleccta subfiliensis reddunt fons. Addita deinde plecctis cervinarum pemarum cuspides, ex areis filis expreffiorem elicium harmo- niam. Me puro, Clavicymbalum & Harpichor- dum, nunc ab illis macromibus, Spinetam nominant. Scaliger veut dire, que cet instrument de musi- que a été inventé par un finge : & que du mot de mone, qui en italien signifioit un finge (ce qui pa- roît par le diminutif mentine, qui est encore en usage en cette signification), on l'a appellé me- nichordam (a). Je suis pour l'étymologie de M. du (a) M. de la Monnoye, Menagiana, nome 1. pège 107. remarque ici cinq ou six fautes, toutes plus ridicules les unes que les autres. Cange. Cet instrument a été appellé originaire- ment μαζίμαιν, parce qu'il n'avoit qu'une corde. Et quand il en a eu plusieurs, il a toujours confé- vé son nom. ¶ Nous avons dit manicordium, par corruption, au lieu de manicordium. M.
MANIER. De manicare; comme qui diroit, mann strallare. ¶ Manns, manicus, manicare, ma- niare, MANIER. Les Grecs ont dit de même χυμίμαιν. Les Glofes Anciennes : χυμίμαιν, gero, tracho. Et les Italiens, maneggiare. Cette étymologie me paroît très-naturelle. Et cependant M. de Caïeneuve dé- rive manier de manus, dans la signification de cheval. Voyez ses raisons. M. Voyez ci-dessus MANIER.
MANIERE. De maneries. Voëffus de Vitiis Sermonis, pag. 489. Maneries locutionis est apud B. Bernardum epist. 59. pro modo loquendi. Etiam Interpres Holy retinuit : atque hic quidem ex His- panico manero : uti Bernardus, ex Gallico maniere, pro quo Itali maniera. Imè & Saxenes ac Belga, manier. Si à Tentenibus Itali, Galli, Hispani, accepérint : pertineat maneries ad orru barbara. Sed originis sit Latina; àμίμαιν quidem, si, ut à luxus est luxuries, sic à manu sit maneries; àμίμαιν verò, si maneries accepium à Tentenibus : at Tentenicum illud sit à manu : quomodo ad verbum fonet, quod Germanis Belgisque aliter alittur handeling : quod tridem ab hand, hoc est, manus. M.
MANIGANCER. Faire des manigances. De manigantiare, fait de manicare. Manicare, mani- cans manicantis, manicantia, manicantiare, MANI- GANCER. Quasi manibus ludificare, uti agunt praafi- giatores, dit M. du Cange. M.
MANILLE. Terme du Jeu de l'Hombre. On devroit dire malille, c'est-à-dire, la petite mé- chanté, parce que c'est la moindre de sa couleur quand elle n'est pas triomphe. C'est le second Ma- tador, qui est le sept en rouge, & le deux en noir : elle ne peut être forcée que par l'Espaëlle. Le Dictionnaire Espagnol & Italien du Franciozin : Malilla, à il nove de danari al giroco de Tarocchi, che serve in equ'occasum di punto in quel giroco. Le Duchat.
MANILLIERS. Rabelais, iv. 51. Or ne- tex, Beuveurs, que durant la Messe fiche d'Homi- nax, trois Manilliers de l'Eglise, chacun tenant un grand bassin en main, se pourmeneient parmy le peuple, disans à haute voie; n'oubliez les gens beu- reux qui l'ont ven en face. C'est le même que Ma- gnilliers, pour la signification. A l'égard de l'éty- mologie, manilliers a été fait de manier. M. MANIVELLE d'un puits. Putei orificium. C'est ainsi que Frédéric Morel explique ce mot. M.
MANIVELLE. Ce mot vient de manilea. Huet.
MANNE. Nourriesse miraculeuse des Israë- listes dans le désert. Ce mot vient originairement de l'Ebreu [Ω man], qui signifie la même chose. Mais les Savans ne conviennent pas de l'étymolo- gle du terme Ebreu. Quelques-uns le dérivent du verbe [Ω minnah], qui veut dire préparer : & se- lon ce sentiment, les Israëlistes en voyant la man- ne, dissolent [Ω man-hou], c'est de la Man- ne; c'est-à-dire, un aliment tout préparé : & ils l'appellent ainsi, parce que ne sachant pas ce que c'étoit, ils ne pouvoient la nommer d'un nom plus propre & plus particulier. Tel est le senti- ment de Rabbi Salomon, & de Rabbi Aben Esra. D'autres croyent que [Ω man vient de l'Egyptien man, qui, selon eux, signifioit quid, &c dont les Israelites, qui venoient alors de sortir de l'Egyp- te, avoient bien pu se servir au lieu de l'Ebreu noi, qui veut dire la même chose. C'est ainsi que l'entendent les Sepsants, les Paraphrates Chaldéens, Onkelos & Jonathan, le Syriaque & la Vulgate, qui tous traduisent 1077 no man bon, par qu'efce que cela? Quelques-uns, même d'en- tre les Juifs, ont voulu confirmer cette interpré- tation par la Langue Arabe; mais Abou Esta se moque d'ovr. En dit, ce pronom man, en Ara- be, ne signifie pas quid, mais seulement quid ou quid; & de même en Syriaque, & en Chaldéen; & ce man répond à l'Ebreu noi. D'ailleurs, il n'y a guère d'apparence que les Israelites aient parlé Arabe ou Chaldéen, dans le désert; & il feroit bien plus probable qu'ils se fussent servis d'un nom Egyptien. Entre ceux qui expliquent l'Ebreu noi man par quid, les uns croyent que ce mot étoit une marque de la joie des Israelites à la vue de la manne; & les autres croyent au con- traire, que c'étoit une marque de leur mépris, comme n'ayant pas reçu ce qu'ils attendoient, fan- malise ne convient pas de cette origine. Il dit que les Arabes & les Chaldéens, appelloient man, une espèce de rosée ou de miel qui tombe pendant la nuit dans plusieurs pays; & que les Israelites ne demanderent point par un mouvement de surprise, ce que c'étoit que ces grains ronds & blancs qu'ils voyoient tomber du ciel, & se diffuser par les rayons du soleil; mais qu'ils les appellèrent man, parce qu'ils tomboient avec la rosée, & à peu-près de la même manière que le miel céleste qui leur étoit très-connu sous le nom de man: qu'ainsi le miracle ne confisait point dans la formation d'une nouvelle substance en faveur des Israelites, mais dans la manière ponctuelle dont elle étoit dispen- sée par la Providence, en sorte qu'une si grande multitude en étoit pleinement raffalisée. Quelques- uns expliquent l'Ebreu noi man, par domus: & il est vrai que man, en Arabe, substantif formé du verbe manne, qui veut dire entre autres choses, benefecit, signifie domus: & ensuite la manne, dont on se sert en médecine, a été appelée de la sorte, parce qu'on croyait autrefois, qu'elle tom- boit du ciel, en forme de rosée ou de miel, com- me la manne proprement dite.
MANNE. Voyez mannequin. M.
MANNEQUIN. C'est un diminutif de man- ne, qui est un vieux mot François, qui signifie une espèce de panier: sporta: de la ressemblance du- quel on appelait aussi manne, ou mandes, des ga- bions. Voyez Gabion. M. du Cange veut que man- nequin ait été dit de manie, ainsi dit quod manu reflector. Je ne fais pas d'où vient manne. Ne vien- droit-il point de manda? Manda, mandina, man- na, MANNE. Mande est le même que manne. Et selon Charles de Bouvelles, il est dit à mandende: quod in ea cibi exportuniter. Les Anglois appellent a manne un grand panier. M.
MANNEQUIN. Je dérive manne, autrement mande, du Saxon mand, qui signifie une corbeil- le, un panier. Il y a une autre sorte de manne- quins, qui sont de petites figures d'hommes ou de femmes; & en cette signification, mannequin est un diminutif de l'Alleman manne, c'est-à-dire, homme. Le Duchat. MANŒUVRE. De manopera: qui se trou- ve pour servitium manuale, dans les Capitulaires de Charles le Chauve, & dans ceux de Charlema- gne. De manopera, on a dit manoperarius; d'où nous avons fait MANOUVERER. Manopera, c'est manus opera. Les Allemans disent de même, hand- leifung. M.
MANOIR. De manure on forma le Latin- Barbare manerius, qui signifioit une métairie, on maison champêtre; d'où nous avons fait manoir. Orderic Vital, liv. 4. de son Histoire Ecclésiastique: Villas quas à manendo manerios vulgo voca- mus. Cafeneuve.
MANOIR. De manerium. Milo Crispinus, dans la Vie de Lanfrancus: Vigini quinque maneria Ecclesia restituit. ¶ Manerium a été dit à manendo. M.
MANQUER. Faillir ou défaillir. MANQUE- MENT: faute ou défaut. Mancus, en bon Latin, signifie proprement un mancher, c'est-à-dire, qui a perdu un humain. Il se dit aussi du défaut des au- tres membres, même de ceux qui ne sont que dé- bilités: & quelquefois aussi, par métaphore, des choses manimées. Cicéron, liv. 3. De Finibus: Mancam sine aliqua accessione virtutem. De ce mot a été formé le verbe Latin-Barbare mancare, qui signifie couper un membre. La Loi des Allemans, vit. 12. 13. 14. Plagaveris, fustaverit, mancaver- rit. La Loi des Ripuariens, tit. 68. §. 6. Digito vel quecunquelibet membre mancaverit. Et dans le Testament de Charlemagne, art. 13. Aut occide- re, aut membris mancare, aut execuare. De-là est venu le verbe manquer, dont la signification est neutre, & duquel nous nous servons maintenant pour exprimer toute sorte de défauts: comme on dit: Il manque de jugement, Il manque d'adresse: ou bien pour dire faillir; comme quand on dit, il a manqué à cela. Cafeneuve.
MANQUER. De mancus: d'où les Italiens ont aussi fait mancare, & les Espagnols mancar. Ho- teman, dans son Marago de Maragonibus, pag. 194. dérive le François manquer, de l'Alleman mangien. M.
MANQUER. Ce mot, selon Wachtgr, vient originairement du Celtique man, qui signifie petit, menu, & qui est aussi un adverse qui marque le défaut. Voyez cet auteur, dans son Glofarium Germanicum, page 1033. Voici ce qu'il dit à la page 1041. du même Gloftaire: MANE, deficiens, de- fectu laborans. Ab adverb. defectu. man, per me- dium derivandi & Hinc omnibus defectibus conjur- cunque genitis sint, accomodari felci in Dialectis. Sic Latinis mancus est mutilus; defectus, imper- fectus. Belgis mank claudus; Missicis mank debi- tis; impotens. A mank rufus oriuntur multa tam verba quam substantiva. Inde Latin-Barbaris man- care mutilare, mancatus mutilatus, apud Cangium in Glofarin. Belgis manken deficere, desfe. Gadis manquer, eadem notione. Iialis manco defectus; piu o manco plus aut minus; manca sinistra, quia debilior dextra; mancare deficere.
MANS. Ville Capitale du Maine. La plupart des Villes Capitales de France, ont pris leur front de celui des peuples. Ainsi, de Cenoman, qui étoient les peuples qui habitoient le Maine, on a appellé la Capitale Cenomanum; duquel mot Ceno- manum, nous avons fait celui de Mans. Car je ne fais pas de l'avis de M. Guyot, qui croit que Mans a été fait de manfus, qu'on a dit pour manfis; d'où vient le mot Mas & celui de Meix. ¶ De Cenoma- nus, on a fait Mans: & de Manus, on a fait ensuite Manicus, & ensuite Manicellus, d'où nous avons fait MANGEAU. M. de Valois, dans sa No- cice : *Cenomanu* : *vulgò* les Manceaux : *quasi* Mancelli. *M.*
MAN. Monstrelet, édit. de 1572. vol. 2. fol. 16. b. appelle la Ville du Mans, le *Mans S. Julien*; comme qui diroit, la demeure de S. Julien, qu'on fait avoir été le premier Evêque du Mans. *Le Duchat*.
MANSALS. Sous Mansais. *Solsdi Cenomanense*. Le fou Mansais valoit un fou Normand & demi. Et si l'on en croit Choppin, c'est de-là qu'est venue cette façon de parler, un *Manceau* vaut un *Normand* & demi. Voici les termes de Choppin, qui sont du nombre 5. du ch. 3. du liv. 1. de son Commentaire sur la Coutume d'Anjou : *Nam jus moneta habebant prisci Gallicarum civitarum Reguli, shoque nunu & arbitrio pervuti nummum inebant. Etine Cenomanu, Comite suo aufore, feriebant montam : qua in vetusto libro montali sic describitur : MANESOSI deniers*, à 6. deniers de loi argent le roi, de 2. den. de poix, ou environ, au feur de 192. pièces de taille au marc. Les 13. pièces defités Mansois, valent 1. fols tourn. des petits den. de coling du Roi. *Cenomanico buie numismari impressum vidi Crucis insigne, hoc lemmate, SIGNUM DEI VIVI. Et in politica facie, coronam, cum flore liliorum, hoc titulo, CENOMANA MONETA. Sic Vincentiarii Cenobi apud Cenomanos, antiqua phras. Dedit Reginaldus Abba Hugoni Domino Firmitatis Bernardi, pro confirmatione Donationis Tuffiaci, trecentos folidos denariorum Cenomanorum : id est, moneta Cenomana, qua alterius cujusvis pretium assimilationemque superab. Unde vulgi voce percrebute, Cenomanum sesqui altero Normano aquivalere. Manceau vaut Normand & demi. Quod de nummo, non de homine, intelligendum. Bodereau, Commentateur de la Coutume du Mans, a fait la même remarque sur l'article 5. de la Coutume du Mans. *M.*
MANSARDE. Terme d'Architecture. C'est un comble coupé : appelle *Comble à la mansarde*, parce qu'on en attribue l'invention à François Mansard, célèbre Architecte. Voyez M. Davier, dans son Dictionnaire d'Architecture. *M.*
MANTE. Voyez manteau. *M.*
MANTEAU. Baif, dans son livre de *Re Vestitaria*, chap. 16. le dérive de *μακλία*. *Nos vocabuli Graci vestigia servamus. Μασκλία Graci, nos MANTEAU dicimus*. Il vient de *mantelium*, diminutif de *mantum* : d'où les Italiens ont aussi fait *manto* & *mantello*. Isidore, liv. xix. de ses Origines, chap. 24. *MANTUM Hispani vocant quod manus tegat tantum. Est enim breve amitium. Mantatus se trouve dans Martial*, liv. 14. épigr. 27. si l'on en croit M. de Saumais. *In Pompeiano tecum spectabo theatro. Mantatus populo vela negare solet.* Car c'est ainsi que M. de Saumais estime qu'il faut lire en cet endroit ; ou bien *mandatus*, comme il se trouve écrit dans un manuscrit de la Bibliothèque Palatine, selon le témoignage de Gruterus. *Mantatus*, ou *mandatus*, id est, *manto testus*, ou *mando testus*, qui est la même chose, dit M. de Saumais. M. de Saumais n'a pas bien rencontré en cette correction. Voyez M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes au mot *manto*. *Mantatus* se trouve dans les Gloses d'Isidore : *mandus*, *vestis virginalis*. Et *mantelum*, dans Plaute. De *mandus*, on a fait *mandilia* : d'où nous avons fait MANDILLE. Voyez. *Vossus de Vitis Sermanis*, pag. 493. où il dérive *mantum*, ou *mandum*, de *paternis*, ou *panthion*. M. du Cange dérive *mandille*, de *mantile*. *Mantile* ferait *mandil*. *M.*
MANTEAU. Je crois devoir rapporter ici ce que dit Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *mantel*. Voici ses paroles. MANTEL, *Species pallii*, *varii apud varres. Persis antiquis mandyas est genus vestis, chlamys, penula, aut simile quid, apud Relandum in Differt. De Vet. Ling. Pers. *Gracis μακλία*, *vestimentum militare*, *chlamys aut paludamentum. Latinis mantelium, genus pallii vel velamenti, saltem apud Plautum & Plinium. Latino-Barbaris mantum breve pallium, mantuelis penula. Cambris & Armoricis mantel dicitur lacerna, chlamys, pallium, apud Bozhormium in Lex. Am. Brit. Angio-Saxonibus mantel lena, pallium, chlamys, interprete Summoro in Deif. Gallic mante velum, reticulum ; manteau pallium, mantelet palliolum, mandille penula. Germanis & Belgis mantel ; Angis mantle, pallium. Vulgo derivari solet à manus, ut sit auticulum breve quod manus tantum tegit. Et eadem sonte, quamvis diverso sensu, derivant mantile, mantorgium. Unde Persis recentioribus mandel, pro sudario. Et hactenus quidem originatio haud mali procederet, si cum Latinis solis nobis res esset. At cum mandyas & *μακλία* sint vocabula antiquissima, & ad rem vestiarium veterum Perforum & Graecum spectantia, quos à Latinis aliquid accepisse haud verisimile, inquirendum annan in Linguis Orientalibus aliquid sit quod origini subserni possit. Je trouve dans la Langue Arabe *mandil*, qui signifie une serviette, une bande dont on s'envelope la tête, & qui vient du verbe *nadala*, lequel à la cinquième conjugalion signifie s'essuyer, s'enveloper la tête d'une bande. Le Persan moderne *mandel*, est pris suivant toute apparence, du mot Arabe, plutôt que du Latin *mantile*. Et quoiqu'on ne veuille pas dire que ce dernier en vienne aussi, néanmoins la convenance du terme Arabe & du terme Latin, quelque cause qu'elle ait, ne laisse pas d'être remarquable. \*
MANUEL. Comme quand on dit, *Le Manuel d'Epistole : Le Manuel des Prières*. De *manuele*. Isidore dans ses Gloses : MANUEL. *Liber ad gerendum aptus*, qui Enchiridion dicitur. *M.*
MANUEL. Nom propre d'homme. C'est un abregé d'*Emmanuel*. Voyez ce mot ci-dessus. Il y a eu quelques Empereurs Grecs qui ont porté le nom de *Manuel*. \*
MAPPEMONDE. De *mappa mundi*. Comme qui diroit, Description du monde, dans une feuille de papier de la grandeur d'une nappe. Properce a dit, *pictosque ostendere mundos*. Ces Cartes Géographiques, au reste, pour le marquer ici par occasion, sont de l'invention d'Anaximandre : ce que j'ai appris de Strabon. ¶ *Mappa mundi se trouve dans Papias*. *M.*
MAQUEREAU. Les uns le sont venir de l'Ebreu *macar*, qui signifie vendre : les autres, du mot *aquariolus*, en y ajoutant la lettre *m*. Festus : Aquarioli dicebantur *mulierum impudicarum sordidi affecla*. Lequel mot se trouve employé en ce sens par Apulée, en son Apologie, & par Tertu-
MAQ. MAR. 167 lien. Le Glossaire : Bacario, acquariolus [ * M. Guyet dit qu'il faut lire aquariolus, au lieu de bacario ]. Et ce mot vient de ce que les femmes débauchées se tenoient d'ordinaire sur les rives de l'eau : comme j'ai déjà remarqué au mot bordel. Cafeneuve.
MAQUEREAU. Plusieurs croyent que maquereau a été dit par corruption pour macareau, qu'ils dérivent de l'Ebreu macher, qu'il signifie vendre ; le métier des Maquereaux étant de vendre les filles. Machar Hebraï dicunt, quod Latini, transpositis literis, mercari, id est, vendere. Hinc nos Maquerellum vocamus lenonem & perductorem : qua in re Judae olim pracipnam, sedulamque, Christianis operam navaverum, dit Claude Micalier, dans sa Lettre à Jérôme de Châtillon, Président à Lyon, imprimée à la fin des Hypomnées de Henri Etienne. Turnébe, livre xiv. de ses Adversaires, chap. 12. le dérive d'aquarius. Voici ses termes : Aquarii, sunt, inquit Festus, impudicarum mulierum fordidi affecla. Hinc puro hanc significati, manasse, quod aquarii dicebantur, qui aquam in ades portabant : qua plurima egent ad balneum, seque eluendas, mulieres. Apud Plautum meretricula dicit : Aggerundáque aquá, sunt viri duo defesii. Hac occasione, amorum intermuntis, solebant eis uti. Hinc Juvenalis : Veniet conductus aquarius. Septimius Florens : Primi erunt lenanes, perductores, aquarioli : tum ficarii, venerarii, magi. Aquarioli autem, per diminutionem, ad contemptum, ut in vilissimis, & omnium vilissimi ipse dicuntur. Lampridius in Commodo : Aquam gestit, ut lenonum ministeris probrus natum magis quam ei loco crèderes ad quem fortuna perverit. Nos addito M. Macarios appellamus. Reperi & in Lexico Latino-Grace aquarium idopsius esse, & aquariolum, flacaria. Sed & baccariomem, usquebiscus. Touchant ces porteurs d'eau, voyes Casaubon sur l'Histoire Auguste, page 91. Trippault dans son Celt-Hellenisme, & Savaron sur l'épître 6. du livre IX. de Sidonius Apollinaris, dérivent aussi maquereau d'aquariolus. M. de Cafeneuve prétend que mulierum impudicarum affecla ont été appelés Aquarioli, à cause que les femmes débauchées se tenoient ordinairement sur les rives de l'eau. Voyes bordel. Pour moi, je suis de l'avis de ceux qui le dérivent de macularellus : les maquereaux, dans les anciennes Comédies, étant vêtus d'habits de diverses couleurs, comme l'a remarqué Donat, parlant des habillemens des personnages de Comédie. Leno, pallio varii coloris utitur. Tertullien, au Livre qu'il a fait de Pallio : Vespillo, leu, laxista, tecum vestiuntur; cum antea colorati essent lenones. Il dit la même chose au livre de Spellaculis. Et ce qui me confirme davantage dans cette opinion, c'est que le poisson que nous appellons maquereau, est bigarré sur le dos, & que nous appellons maquereaux, à cause de leurs diverses couleurs, ces caches qui viennent aux jambes de ceux qui chauffent de trop près leurs jambes. C'est ce que les Grecs appellent quierysse, & quiche. Galien, dans son Dictionnaire sur Hippocrate : PATZITES : napius mis si anii vā wupis de vaic napius transpositis nōdus iqōbis. Karayzngonis & qui si nōbis. Et au mot quiche, il l'explique par quierysse. Dans le Nivernois, on les appelle des vaches : qui est aussi comme les appellent les Italiens. Nous les appellons en Aujourd'hui des chevreaux. Les chevreaux sont bigarrés : & plusieurs vaches sont aussi bigarrées. Le peuple de Normandie appelle encore aujourd'hui maquerel, le poisson que nous appellons maquereau. Les Allemans & les Danois l'appellent makreel. Olaus Magnus, livre 21. chap. 2. Capitur etiam in literibus Norvegia, pracipis in scopulis Alborofibus, quidam pissis, in maxima multitudine, makreel dictus : sale sufficienter conditus, optimus. ¶ Dans la Picardie, machereau & maquereau, signifient rhume. ¶ Au lieu de maquerealage, nos anciens difoient maquerel. C'est ainsi que le mot lenocinium est interprété dans l'ancien Dictionnaire du Pere Labbe. M.
MAQUEREAU. Sorte de poisson. R. Etienne prouve que les Maquereaux des Comédie : étoient vêtus d'habits de diverses couleurs, par ce lieu de Donat : Leno pallio varii coloris utitur. Et il ajoute que ce poisson, pour être bigarré de diverses couleurs, principalement sur le dos, a été appelé maquereau. Cafeneuve.
MAQUEREAU. Ne pourtroi-on pas dire que maquereau, quand il signifie leu, vient de l'Alleman makeler entremetteur; mais pris ici dans un mauvais sens : & que maquereau, poisson, est ainsi appelé a maculis, parce qu'il est de diverses couleurs ! * B.
MAQUIGNON. Lat. mange, proprement un Marchand de serfs. M. Guyet le dérivoit de l'ancien mot Latin vacuna. Voici ses termes : Au vacuna, ridiculo numine : quod ab eis qui malè audiebant, colebatur, ut est a calumnia liberaret ? A vacuna, inquam, vacunio, bacunione, MAQUIGNON : ut varicare, barcare : MARCHIR, nomen, MIMBRE, Hispanicum. Huratius : Et fanum putre vacuna. M. du Cange le dérive de mange. Et c'est l'érymologie que j'en avois donné long-tems avant lui dans la première édition de ces Origines de la Langue Française. ¶ Manyon, marginone, machinone, MAQUIGNON. Je suis pour cette érymologie. C'est aussi celle du Pere Labbe. M.
MARABOTIN. Monnoie d'or d'Espagne, qui a eu cours en France. M. le Blanc, dans son Traité Historique des Monnoles de France, page 179. au chapitre des Monnoles de Philippe Auguste & de Louis VIII. Quant aux marabotins, je trouve qu'en 1211. Raymond Archamband doit donner tous les ans au Roy Philippe Auguste, pour avoir sa protection, marcam surl obolorum marabotinorum legitimorum. Il y a eu dans ces derniers temps de grandes contestations parmi les Sçavans touchant l'origine & la valeur des marabotins. Comme il est souvent parlé de cette monnoye dans plusieurs titres de la ville de Montpellier, dont les Evesques de Maguelonne ont eût eu partie les maissres, on a cru que le marabotin pouvoir eût une monnoye d'or de ces Evesques, qui ont long-temps joui du droit d'en faire battre. Cette opinion a semblé d'autant plus certaine à quelques-uns, qu'il paraît par deux vers de Théodulfie, Evesque d'Orléans, que la monnoye des Evesques de Maguelonne eût marquée avec des caractères Arabes. Ille gravi numero nummos fert divitis auri, Quos Arabum sermo, sive catacter, arat. De-là, on a conclu que le nom de marabotin avoit été donné à la monnaye des Evesques de Maguelonne, à cause de ces caractères Arabes, dont se fervent les Mures d'Afrique. Pour moi, je suis persuadé que cette monnaye d'or, qui est appelée ordinairement marabotinus, & quelquefois maurabotinus, marmotinus, marbotinus, marabotinus, marabotinus, & morbotinus, doit son origine à l'Espagne. Henri II. Roy d'Angleterre & Duc d'Aquitaine, rendit une Sentence arbitrale l'an 1177. entre Alfonse, Roy de Castille, & Sanche, Roy de Navarre, par laquelle le premier de ces deux Rois est condamné à payer au second chaque année, pendant dix ans, la somme de trois mille marabotins. Roger d'Hoveden, qui vivoit alors, & qui étoit domesique de Henri II. rapporte la Sentence toute entière. Mathieu Paris en fait mention, aussi bien que Radegus de Dicer, & Jean Brompton, dans son Chronicon. Quelle apparence que le Roy d'Angleterre eût condamné le Roy de Castille à payer une pension au Roy de Navarre en monnaye étrangère? ¶ Dans un Traité de Paix, fait l'an 1190, entre Philippe le Bal & le Roy de Castille, il paroît que la Reine Blanche, qui étoit de la Maison de Castille, avoit été dotée de vingt-quatre mille marabotins. Cæterum, cum præsata Blancha se reeditat pemeret ad perfectionem viginti-quatuor millum maurabotinorum de bona moneta, videlicet veterum Burgalensium, pro dotalitio suo, valestium annuarium septem millia librarum, centum & sexaginta librarum Turonensium nigrorum, ut dicebat, & sibi satisfiari in eadem moneta de provenribus quatuordecim annorum transitorum, postquam illa exivit de Castella gente nostra, &c. ¶ Il est fait mention dans plusieurs titres des Rois d'Aragon du treizième siècle, de marabotini boni Alfoncini, auri fini, & ponderis recti. De sorte qu'on voit que les Rois d'Aragon faisaient aussi battre des marabotins d'or. C'est pour cela qu'il en est si souvent parlé dans les titres de la ville de Montpellier, dont les Rois d'Aragon ont joui long-temps. Le Portugal avoit aussi ses marabotins, comme on le verra dans la fuite. Tout cela, ce me semble, prouve que le marabotin étoit une monnaye d'or, originaire d'Espagne. M.
MARABOTIN. Du Cange conjecture que ce mot vient de botina, qui veut dire butin en Espagnol, & de Maran, qui est le nom qu'on a donné aux Maures d'Espagne : de sorte que Marabotin, ou Maurabotin, car on a dit l'un & l'autre, voudra dire butin fait sur les Maures, dépouille des Maures : & on aura nommé ainsi cette monnoie, parce qu'elle fut faite de l'or qu'on avoit enlevé aux Maures. Si les marabotins sont la même chose que les maravidis, cette éymologie est fauise, selon Mariana, qui dit dans son livre des Poids & des Mesures, que les maravidis avoient cours en Espagne dès le tems des Rois Goths, & avant l'irruption des Maures : ce qui ne paroît nullement vrai-semblable. Voyez ci-dessous Maravidis. *
MARABOUT. C'est un mot Arabe, qui signifie un Religieux; & qui a été formé du verbe rabat, qui signifie menir une vie retirée. M.
MARABOUT. On a dit ainsi au lieu de Marboun, participe passif du verbe Arabe rabat, qui signifie proprement lier. Un Marboun, ou Marabout, est un homme lié par la profession qu'il fait d'une vie dévore & retirée : & ce mot se dit chez les Mahométans, sur tout en Afrique, dans le même sens que chez nous un Religieux, ainsi appelé du Latin religare, parce qu'il est lié par des vœux, & consacré particulièrement au service de Dieu. Marabout est aussi le nom d'une Dynastie d'Arabes, que les Espagnols appellerent al-Maravides, c'est-à-dire, les Maravides, ou les Marabouts. Etant sortis d'Arabie ils passèrent en Afrique, & pénétrant jusqu'à la partie la plus occidentale de cette région, ils se cantonneront dans le désert de Sahra, pour y vivre séparés des autres peuples de l'Afrique, & y pratiquer plus librement & plus parfaitement tous les exercices de la Religion Musulmane dont ils faisaient profession. C'est de-là qu'ils furent nommés Marabouts, c'est-à-dire Religieux. Ils conquirent dans la fuite l'Espagne, & ils furent détruits par les Almoades, autre Dynastie d'Arabes. On appelle encore Marabout, une espèce de coquemar de fer blanc & battu, qui est fort large par en bas, & qui vient de Turquie. *
MARAIS. Lat. palus. Les Italiens disent maracco. De mara, dans la signification de mare. Voyez mare. Ou de mariscus, mot de même signification : d'où marécageux. Voyez M. du Cange, au mot mariscus, & au mot marescagium. M.
MARAIS. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1090. MORAIS, palus, palustria. Francis moraz, Belgis moeraz, Gallis marais, Italis marazzo. Glossa R. Mauri : marina moraz. Dicemannus legit marina, & Francisum vocem ducis à Celtica mot mare, quia loca paludosa mari ut plurimum sunt finitima. Sed hac etymologia mare cum paludibus confundit, qua, teste experientia, non solum in locis maritimis, sed etiam mediterraneis, & ab Oceano remnis, reperiuntur. Lege itaque morina, quod, secundum barbariem istius temporis, est collectivum à morus palus; ut montana à mons, palustria à palus. Idemque sentio de voce Francica moraz, qua catris originem dedit, & certè non est à mat mare, sed a collectiva morosa palustria. Littera Z, vel quod idem est TS, sapè transponitur in ST. Inde nobis moraft, pro moraz. *
MARAN-ATHA. Ce sont deux mots Chaldaïques ou Syriaques, qui se trouvent dans le Nouveau Testament, 1. Cor. xvi. 11. & qui signifient à la lettre, Notre Seigneur est venu. Quelques-uns croyent que l'Apôtre, qui immédiatement auparavant avoit prononcé une sentence d'anathème contre ceux qui ne vouloient pas reconnoître J. C. pour le Meffie, & apparemment contre les Juifs, qui anathematioient de la même manière les premiers Chrétiens; ils croyent, dis-je, que l'Apôtre met ensuite en Chaldaïque, qui étoit alors la Langue des Juifs, une espèce d'imprécation, qui répond, en quelque sorte, à celle qu'il venoit d'exprimer en Grec; & qu'en disant MNR P.D. Maran atha, c'est comme s'il désoit : Oui, notre Seigneur viendra bien-tôt : ou bien : que notre Seigneur vienne bien-tôt, pour juger & exterminer ces impies qui refusent de le reconnoître & de l'aimer. *
MARANCE. Dans les Statuts du Chapitre de l'Eglise de Soissons, article 18. S'ils sont marance, seront mulcées par l'advis du Chapitre. M. du Cange : Marancia, dolor qui concipitur ex alique damme. Fox à marrire, & marratio, deduella : unde postmodum tradulla ad ipsas mulcitas, aut pa-nas. Et ce qui suit : qui contient plusieurs exemples de cette signification. M.
MARANDE. On appelle ainsi en Lorraine & & en Bourgogne, le pont930 entre le dîner & le louper, c'est-à-dire, le goure ou la collation. Du Latin merenda, dans Plasse s'est servit dans le même sens. Maranda, c'est faire la collation. Dans quelques endroits du Comté de Bourgogne, les paysans appellent ce repas la merenda. Et com- me là le prennent vers l'heure de midi; car ils appellent dans le premier repas du matin; cela pourrait donner lieu de croire que le Latin merenda, d'où le François merenda, & merenda, aurait été fait de merides, parce qu'on prenait appa- rement ce repas vers l'heure de midi.
MARANES. Nous appelons ainsi, par inju- re, les Espagnols; qui appellent aussi de même les Juifs & les Arabes convertis. Quelques-uns dé- rivent ce mot de l'Ebreu 1710 marah, qui signi- fie charger; & ils croyent que de-là on appelle en Italie barche marane, ces barques sans pourr à doux timons; à cause qu'elles changent de voi- les sans qu'on les faise tourner. Les autres le dé- rivent du même mot Ebreu, en la signification de rebellis foie. Bonnin, dans son Traité des flanque- routiers, chap. 10. veut que les Juifs ayent été ainsi appelés à cause des bourres à la marrabais qu'ils éroient obligés de porter, pour être distin- gués des Chrétiens. M. de Marca, livre 1. de son Histoire de Béarn, chap. 2. dit qu'ils ont été ainsi appellés de Musa Maruane; & je éuisions volon- tiers à son opinion. Voici ses termes: Abdelaziz, triumphant des Espagnes, triumparta la Siège du Royaume de la ville de Cordane, où son père l'avait establigé, en celle de Séville; espansa la Reyne Egi- lane, vœuse de Roderic; autre plusieurs autres filles qu'il tenait pour ses concubines, suivant sa Rey; & sur tué par l'advis du Myre Aïmb; lequel donna com- missance au Roy de Damas, qu'il avait été obligé de s'en défaire, pour empêcher que suivant les ad- vis de sa femme, la Reyne Egiune, Abdelaziz ne seconnaît la domination des Arabes, & ne s'emparaît du Royaume d'Espagne. Ce meugre fait voir, que l'observation de Constantin Porphyrogeniste n'est pas véritable, lors qu'il e岁月 que le neveu de Mabias, Prince des Sarazins de Damas, ayant conquis l'Es- pagne, en transmis la possession à ses successeurs, qui s'y establisent en titre de Reyne & Amerannie particulière. D'où il eût arrivé que les Sarazins d'Espagne eûsin surmonnaç de son temps les Ma- bites. Car Maca eût bien neveu de Mabias; & en cette considération il est nommé blamanite par la Géographe Nubien. Mais il ne conquis pas ce Royan- me pour sa race; qui n'en pas seulement retenir le Gouvernement que pendant trois ans Niammalus le nom de Maruanes demeura aux Mores d'Espagne. D'où il est arrivé que l'ouïe la plus atout contre un Espagnol, est de le nommer Marane, c'est-à-dire Mahometain; ce convince prenait son origine de Musa Maruane, & un pas de l'agcommunication Maranatha, comme le Cardinal Bacchus a e岁月, après Mariana. Il y a encore dans le Languedoc plusieurs fa- milles sorties des Juifs, & qu'on soupçonne de ju- daiser. Et on les nomme aussi Maranes. Scaliger, dans le second Scaligerans, dit qu'il fut régale à Montpellier par un Avocat, appellé Saperle, le- quel eût Marane. J'oublions à remarquer, que M. Ferrari, dans ses Origines Ecriennes, a quelque opinion que le mot de Marano a été dit à Mauris: quasi Manri- tano. Il viendrait plutôt de Mauris, de cette ma- niere: Mauris, Mauris, Mauris, MARA- Tome II. ne. Cette étymologie me paroit assez réformé- ble. M.
MARAUS. La Popelindre, 10-fid. 1381, tome 1. part. 2. fol. 11. 2. Comme les Juifs attend- ient la venue du Messias promis, ils avaient ce mot Maran (c'est-à-dire, notre Seigneur) toujours en bouche. Au contraire, ceux des Écritiens qui s'as- sorient par soy, qu'il eût vieux, de son arrivée & de sa grace, leur disaient, Maranatha (c'est-à- dire, notre Seigneur est venu). De là peu à peu s'en- gendre une rute; au plus est intimité, des Chrétiens contre les autres, qui ubient la venue de la Déité prendra; ce qui les faisait appeler Maranites, les déssient comme sefit abominables. C'est pourquoi les Filiastes avaient ce mot si souvent en bouche: d'où le prendront les Espagnols & autres, contre les révol- tees, & tous ceux qui dogmatisaient au préjudice de la Religion Chrétienne. Le Dachat.
MARASTRE. Ce mot est formé de matrafra, qui se trouve dans le Glossaire Arabico-Latin, au- quel est relatif filialiser. Les Gloses d'Isidore: Fi- liaster, privigans. Le Glossaire Arabico-Latin: Vi- triens, patrafs. Caseneuve.
MARASTRE. De matrafra: d'où les Espagnols ont aussi fait madrafra. En Périgord on dit ma- rafra: & patrafre, qui a été fait de patrafs, qui se trouve dans le Lexicon intimité Glossa. Glossaire Arabico-Latino. Vitricus, patrafs. On a dit de même filialiser. Les Gloses d'Isidore: Fi- liaster, privigans qui ont natu est d'où nous avons fait filaire, qui est en usage dans le Lyonnois pour gendre. ¶ Matrafra se trouve dans le Glossaire Arabico-Latin: mais sans aucune interprétation. M.
MARAUD. Guinn. Les Ebreux disent ma- rend, en la même signification. Ce mot se trouve dans Estie, IVIII 7. & dans les Lamentations de Jérémie, I. 7. & III. 19. M.
MARAUD. L'Ebreu 1710 marand signifie un exilé, un fugitif, un vagabond. Si notre mot ma- rand vient de-là, il faut qu'il nous soit venu par le commerce avec les Juifs. Ne serolece pas plu- tôt une corruption de Marane; que je crois avoir été fait de Mauris: Voyez Marane!
MARAUDE. Voyez MARAUD. MARAVEDIS. Petite monnaie d'or d'Es- pagne, qui a eu cours en France. P. Mathieu, dans son Histoire de Saint Louis, livre 4. page 379. Cette Couronne de Sicile & de Naples a de tout venu eût envies pour sa bourse & ses richesses. Les Normans en chassent les Grecs & les Maures. Roger, Duc de Normandie, en fut investi par Ana- clus l'an 1130. en promettant de payer pour chacun sing de burs du Royaume, en monspore. On tient que le maravidis d'Espagne est venu de ce mot. Ce n'est pas le sentiment de M. le Blanc, le plus intelligent homme pour les monnoyes qui soit au- jourd'hui en France. Penseurs, dit-il, à la page 181. de son Prairie Histoque des Monnoyes de France, on crue, que Covarrus et Marluna, de parlons point des Marabins, cette monnoye eût la même que le Maravidis. Si cela eût, il y a beau- coup d'apparence qu'ils nous en arrivent des assis chos, s'y de la peine à me persuader que le Ma- rabin & l'ancien Maravidis soient le même chas. Car en l'an 1119. le Marabain posait 76. grains, comme je viens de dire, & le Maravidis d'or, qui avait encore cours en 1110. posait 84. grains. Peu de tous après, il fut tellement affaibli, que les En métrollement faits, n'en valaient qu'un ancien. M.
MARCAS. Selon Cabanus, ce sont un Arabe, & est venu des Maries. Almenades, qui suffisent à l'Argent, dont la Sèrie la conquête, & qui imposent leur nom à cette monnoye, qui depuis par corruption, a été ap- pellé. Marcadus. Car en étant l'article de des Mar- ces, on a fait Marcadus. Voyez ci-dessus le Sénat, et en marche, & marche.
MARC. Les caisus. Lat. vinacea. Ce quatorze. Il amena, les Italiens ont fait marca & marcha; d'où apparemment, nous avons fait mar, par le changement de l'O en A. comme en Deme, de Domina. Marchus se trouve en cette signification dans le Synode d'Ende, Evêque de Paris, ch. 24. Probleant Sacerdales, per excommunicatium; & maximi tempore vindemiarum, singulis diebus De- quinius; ne aliquis Christiana; retinens apud sa mar- chium vindemiarum, quem Judæ caicant aliquimo- da; propter illam horribilem immundificam quem in contemptum Sacramenti aliaris facium. Si roman- sae, datur parcis: vel expandant ad opus pro fine. & M. en Arabe, c'est le contraire. C'est le suc, ou le jus de legrape. Lequel mot se trouve en cette signification dans le Deuteronome XXIV. 14. Et dans Avicenne, marca signifie de parage: qui est le suc de la viande. D'O marat, est le même en Ebreu; lequel mot se trouve dans les Juges VI. 20. & dans Ilaio, LXV. 4. M.
MARC. l'argent. De marca argent. Geoffroi. Abbé de Vendôme, liv. 1. épôt. 21. Alter quin- gentes folidos vobis pretium dedis conjugii: alter verri quindecim marcas argent. M.
MARC. d'or. Droit, que le Roi prend sur les Officiers. De tout tems, les Rois de France ont pris un droit de Serment, à chaque mutation d'Of- ficier. Henri III. après l'institution de l'ordre du S. Esprit, voyant que le fonds destiné pour les pensions des Chevaliers, qui se prenait sur la vê- te des Bois d'Alençon, manquait, ordonna qu'au lieu de ce Droit de Serment, on payerait à cha- que mutation d'Officier, un autre Droit, qu'il destina au payement de ces pensions. Et il l'appella marc-d'or: parce qu'alors il fut fait un rôle de ce que chaque qualité, ou nature d'Office payerait: & les uns furent axés à un marc-d'or; & les au- tres, à une once, ou demi-ones, ou trois gros d'or: selon leur valeur & estimation. Et de la taxe à un marc d'or, ce Droit fut appelé marc-d'or. Depuis, on a évalué ces poids en livres tournois: & on a augmenté de beaucoup la taxe pour ce Droit: lequel a toujours unan son ancien nom. Et l'argent qu'on retire de ce Droit, s'employe toujours au payement des pensions & des appoisate- mens des Chevaliers & des Officiels de l'Occident S. Esprit, & aux dépenses qu'il faut faire pour l'Ordre. M.
MARC. d'or. On donna ce nom à un certain poids d'or ou d'argent, à cause de la marque qu'on imprimait. Le Latin-Barbas marce, d'où son deux mots François mar & marque, vient de l'Alleman mar, qui est un centre de la première antiquité, & qui signifie un signe, aux marques, qui explient une enseigne, un étendard, un des- près, une borne, une limba, une droguère; une mesure, un poids, & aussi un cheval. Voyez Wachar, Glosar, German, un mot mar.
MARCASSIN. Petit singlier. Marcus mar- casus, marcasus. Il paraît par ce mot, que nous avons autrefois appelé un singlier du nom de mar: comme nous appelons un bandet du nom de Martin. Voyez parquet, fongue, fongue.
MARCASSIN. De marche, parce que cet an- nué ne va pas par trompette, & n'est pas d'Atari, mais va seul & sans complaisance. C'est pour cette raison qu'on l'appelle l'Argent, singulaire & simple. Le marie a tiré son nom de la même cause, mi- riola, quod maræ, id est sua volita, cernut de Varton; d'où vient qu'il est nommé qui est & dans l'Anthologie, liv. 1. ch. 60. Huit.
MARCASSITR. Lapis pyrites. En Arabe, marcassitrat Huit.
MARCHAND. C'est celui qui fréquente les foires & les marchés; pour y acheter & re- vendre; ou pour y vendre sa marchandise, & y faire ensuite d'autres emplettes. Le Duchat. Voyez ci-dessous: marché.
MARCHE. De marca: qui se trouve en cette signification dans les Constructions de Charlema- gne. Quomodo marca noctis sit ordinata, & qua per se fecerunt confiniates noctis, &c. Les Annales de Felde, en l'année 861. Expulis Ducat, quibus cathode commissa erat Pannonicis limitis, & Caran- tani, atque per suas marcani ordinavit. Le Gluffaire de Lipse, insécé dans la lettre 44. de la troisième Centurie de ses Lettres ad Belgas: GEMERRE, ter- minus. Marca vient de l'Alleman march, qui signi- se frontiere, & que Vossus dérive de merque, qui signifie marque. Ce mot de marca a été pris plus largement, & a signifié aussi une grande Province frontiere. De-là vient qu'on dit la Marche de Brandenberg, d'Anton, Trevisan, &c. On a ap- pellé de la Marchionne & Marchiss, ceux qui commencident dans ces Marches: d'où les Fla- mans & nous avons fait le mot de Marquis, & les Italiens celui de Marchese. Obertus se trompe, qui le dérive de mar: & Alcat, qui le dérive du mot Celtique march. Cujas sur le titre premier du livre premier des Fiefs: Marchionem autem Obert- us, lib. 1. ch. 10. intelligitur esse cum qui limiti carte regni praesus; sed impet vocabulum a mari de- ducebar, quod plerique limites sunt maritimi. Nota est Francorum, vel Germanorum, vox MARCH, sive MARCHE, pro limite. Almanius 5. cap. 1. Reliquit Marchiones, qui fines regni merentur, & hostium arcerent incuritur. Scio etiam antiquā Gallicum lin- guā, & Bairariorum, & Alamannorum, equum mi- tiarem MARCH appellari, cum ita Gallos equestrem pugnam instituisse Panfanius scribit, lib. 10. ut sin- gules equites selectus, equis fequerentur alii dies, qui domini equo occiso, suum subentiterent, quique domi- m & sibi invicem auxilio, vel supplemento, eifem: quo modo, aut simili, etiam hodie lauteae componi- mus: & hanc quidem equestris pugna infinitum est veruculā linguā vocalis PRIMARCHINIAN, quod singuli equites constarem ca tribus. Equum enim est marcham appellasse: & ita hodieque vocant Bri- ranes; quos prificam linguam Gallicam retinuisse; si- mul & Britannos sive Anglos montanes, quis Vales appellam & Romanus comprobavit. Nec enim fuit sa- dem praesus cum Germanica, cum Arievisum Ger- manum. Cæsar scribat longinqua in Gallis confuru- sius Gallicam-linguam didicisse. Et Tacitus, Gerbi- mus non esse Germanus, Gallicam linguam tearguer. Commenta tamen fuit illud march pro equo: ut in Lego Bairariorum: Si equus est, quem match di- cinus. Et alio capite: Si quis aliquem & equo fara depoluerit, quod march fali vocant. Et in Lego Alamannorum: Si talem equum involaverit, quem Alamanni march dicens. Sed non ideo adfam der Aliciæ, Marchionem interpretant: Profeßum equitum. Nicephorus Gregorus. 7. Cæus in vœt fœ- quibus operis, in vœt fœquibus servit, significat Marchio- nem imperatoris vestitum praenit. Cæst dans le Livre du Quel, qu'Alicæ est de cette opé- nion : de laquelle est auffi Rhenanus, dans les Annotationis sur Tacites & le Président Fœuchet, au livre 1. de l'Origine des Dignités & Magistras de France, ch. 3. qui est des Marquis, & que je vous conseille de voir. Mais ils se trompent tout. Marquis vient sans doute de Marce, comme nous avons dit. Le Pape Jean VIII. dans une Epître au Roi Charles le Chauve : Quidam videlicet ex con- finibus & vicinis nobris, quos Marchiones solito noncupatis. Voyez diligemment Voëlius, liv. 2. de Vitis Sermonis, chap. 12. & M. Hautefère, liv. 3. des Ducs & Comtes de Province, chap. 17. où vous trouverez plusieurs autres preuves de cette étymologie. M.
MARCHE. De mercatus, ou mercatum. Les Lois des Lombards II. 18. 2. Qui caballum in mer- care comparare valuerit, ante dnes velzrei homines cum emere deber, & non fecret. Et III. 18. Ut mer- catum nullo loco habeatur, nisi ubi antiquitas fuerit, & debes esse. Les Capitulaires de Charlemagne, li- vre 1. chap. 145. qui est de mercare : Ut mercatus die Dominice in nullo loco habeatur. Le même mot se trouve en plusieurs endroits des Capitulaires de Charles le Chauve, pag. 155. 256. 257. 313. 314. Voyez Cujas, dans son Paraitre au Code de Nondinis & Mercatibus, liv. iv. tit. 66. M. MARCHE : comme quand on dit, avoir quel- que chose à bon marché. De bona merces, qui se trouve en cette signification dans S. Grégoire le Grand, liv. 3. chap. 37. de ses Dialogues. C'est l'étymologie que donnoit de ce mot M. de Valois le jeune. Selon moi, ce mot a été fait de mercatus, dans la signification d'achat. M.
MARCHER. Julien Tabouer, en son livre de Republica & Lingua Franca: Marcher : id est ambulare; quia mercatores semper eum & currant, ut lucrum faciam. Et en un autre endroit : A mar- cha, qua vox equum significat : hinc marchare, id est equitare, marcher. Caïeneuve.
MARCHER. Sylvius, dans son Introduction à la Langue Françoise, pag. 17. le dérive de mer- caré. MARCHER, dit-il, id est, ambulare, et mer- caré forté : quia impiger extremos currit mercator ad Iudus. Et Julien Tabouer, dans son Traité de Rep. & Lingua Franca, le dérive du même mot. MARCHER : id est, ambulare; quia mercatores sem- per eum & currant, ut lucrum faciam. Mais dans un autre endroit du même Traité, il lui donne une autre étymologie. A marcha, qua vox equum si- gnificat, citus marchare, id est, equitare, MAR- CHER. Il vient de l'ancien Latin varicare, qui si- gnifie squarquiller, enjamber, passer un pié devant l'autre. Le Lexicon Grec-Latin : ensis, varice. Les Glofes anciennes : Varicar, insinuatus. Transva- ricar, insinuatus. Les Glofes d'Idoere : Varicar, di- verrit, ambulat. Varicavis, ambulavis. Varicer, li- vre 4. de la Langue Luine : Vallum : vel quod ea varicare nemo passat. Quintilian, liv. xi. chapitre dernier : Varicare supra modum, & in fiando, de- forme est, & accedente motu, prope abstemum. Et de-là, l'ancien mot Latin varicus. Ovide : Ille, velus conjunct Umbri rubicunda mariti, Ambulat, ingentes varica fertque gradus : qui est le festi endroit où ce mot se trouve. ¶ De varicare, lui Italiens ont fait valicare, & varicare. M. Ferrari dérive ces mots de vadum, de cette maniere : Vadem vadi, vadicare, valicare, val- icare, varicare. ¶ Les Italiens disent marciare, & les Espagnols marcher, qu'ils ont formé du Fran- çois marcher. M.
MARCHER. Je ne fais pourquoi M. Ménage rejette la seconde étymologie de Julien Tabouer, qui est la seule véritable, pour en de mer une qui est si peu naturelle. Car quel rapport entre mar- cher & varicare? & que prouvent toutes les cita- tions qui suivent ce mot Latin : Marcher vient donc uniquement de march, mot Alleman & Cel- tique, qui signifie un cheval, & qui encore ab- jourd'hui est employé dans le même sens par les Bas-Bretons & les Gallois, qui ont conservé une partie de l'ancienne Langue Celtique. March est la même chose que mark dans le sens de cheval. Marcher est proprement aller à cheval. Mais en- suite on s'est servi abufivement de ce mot, pour dire, aller à pied : de même que je verbe aller, qui signifie proprement, marcher à pied, a été employé pour dire, marcher à cheval. La même chose est arrivée à une infinité d'autres termes, dont on a refrainir ou étendu plus ou moins la signification, & cela dans toutes les langues. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, aux mots march & marchieren.
MARCHETTE. L'Auteur des Rufes Inno- centes : On appelle marchette, un petit bafon qui tient une machine en effet, & sur picy l'epsian vo- nant à marcher, se prend, on du moin, fait que la machine se détache. M.
MARCOMANS. Anciens peuples de la Germania. Wachter, dans son Glossar. German, pag. 1045. MARCOMANNI, gens Suevica. Videntur sic dicti a nistck times, veluti limitanel, quoniam ad limitam Romanum, inter Rhenum & Manum, in prifecti Helvetiorum sedibus, habitabant. Hoc enim Helvetiorum in Germania terminus fuisse, antequam à Marcomanniis polterentur, deces Claverius, lib. III. German. Ant. cap. 2. & 3. Rhenum antiquitas pro limite aguitum fuisse, non fulum à Romanis, sed etiam à Germanis, etiam si tam bi quam illi po- tentiam suam ultra limitam extendere subinde funt fint, dubio caret. Sigambet apud Caïarem, lib. IV. De B. G. cap. 16. Populi Romani imperium, Rhe- num finire, aliunt. Tacitus de M. G. cap. 29. Pro- tulit magnitudo populi Romani ultra Rhenum, ul- traque veteres terminos, imperii reverentiam. Aliant nominis interpretariam vide in mark equus. Ansi Marcomani, signifie hommes qui habitent fur les limites, ou fur les frontieres. Mais comme la mot Germanique mark, veut dire auffi cheval, Marcomani peut encore signifier, hommes de che- val, hommes qui savent combattre à cheval. Marek, pour cheval, est un terme d'origine Cel- tique, comme témoigne Pausanias & c'est la mé- me chose que march. Voyez ci-dessus Marichal, & Wachter, dans son Glossar. German. aux mots march & mark.
MARCOMER, ou MARCOMIR. Nom d'un Chef des Francs. Il signifie, princeps marca vel limitis, suivant Schilzer, dans son Glossario Teutonique, pag. 571. De mark, limite, fron- tiere; & de mar, dans la signification de Prince, Seigneur, commandant, Juvénée d'une haute di- goité. Mar, en Chaldéen & en Syriaque, & mir en Persan, veulent dire la même chose. Maran, Y ij mot Syriaque, qui se trouve 1. Cor. xvi. 2.4. signifie Dominus noser. Le mor Teutonique s'est prononcé dans les noms propres, tantôt en er, & tantôt en fr. Pontanus, dans les Origines des Francs, donne une autre interprétation du nom de Marcotier. Il s'explique foison prolator; du Teutonique mor, qui signifie anler, & anlie. Il explique de la même façon mor dans Ricimer, Theudomer, Siffriner, & anun, nom propres Teutonique. Voyez Vacher, dans son Glossar. German. pag. 1070. MARCOTE d'ailor. De mergus: dont les anciens Auteurs Latins se sont servis dans la même signification. Mergus, mergotus, mergota, MARGOT. Et de là, le verbe MARCOTER: comme quand on dit, marcoter une vigne, marcoter des œillers. Mathias Martinus: MERGUS, etiam est genus propaginis in vite. Palladius, lib. 1. cap. 16. Mergum dicimus, quoties velut arcus supra terram relinquitur, alla parte vitis infolia. Ea igitur causa appellationis est quod mergatur in terram. Vide Colomniam, lib. IV. 2. & 15. & lib. v. 5. Nude Galli vulgo mergum in vinea appellam marquotte; quasi mergottam; per diminutionem. Alii courson brin. Carolus Stephanus. M.
MARCOU. Un vieux chat mâle. M. de la Noue, Dictionnaire des Rimes Françoises, page m. 119. De Marculphus, nom propre: comme de Raoul, Rau; qui est le nom que le peuple de Metz donne à un chat mâle. Dans un Rondeau de Jean Marot, pag. 116. des Mémoires Littéraires de Témiscul, le Lion de S. Marr, ou de Venise, est appellé Marcon. Le Duchat.
MARE. De mara. Le Poète Brito, dans sa Philippide: — maras petare lutoas. Ce mot est ancien dans notre Langue. Guillaume, Moine de Jumièges, qui vivait il y a plus de cinq censans, liv. 1. chap. 10. de son Histoire des Normans: Sedens super lacum, quem, usu quotidiano loquendi, maram vocamus. En Alleman, maras signifie loca paludosa: d'où vient notre mot MARAIS. Mara a été fait vraisemblablement de mare, dont les Latins se sont servis pour palus: & il se trouve en cette signification dans Job xiv. 9. Compodo si recedant aqua de mari, &c. Aluis, ils ont dit, septem maria ad Padum. Isidore: Mare, est aquarum generalis collectio. Omnis enim congregatio aquarum, sive salsa sint, sive dulces, abusivea maria nuncupantur: iuxta illud, & congregationes aquarum vocavit maria. Propriè autem mare appellatum, eo quod aqua eius amara sint, ¶ M. de Launay, Avocat au Parlement & Professeur en Droit François dans l'Université de Paris, dérivoit mare d'aquae, susta. M. MARE CHAL. Turnèbe, liv. xxviii. de ses Adversaires, chap. 2. le dérive de major & de caballus. Sunt & apud nos Marechalli. Eas tanquam majores caballi, id est equitatus, esse interpretor. Nec ambigo quin illud veriloquium bodiègue in vestigii vocabuli apparat. Sic Senechallos, velut Sene caballi, id est, equitatus, esse arbitrar, &c. Mais il se trompe. Marechallus a été dit pour Marechalcus, qui se trouve dans les Loix des Allemans, tit. LXX. dans les Constitutions Napolitaines, & ailleurs; & qui est composé du mot Allemans mar, qui signifie cheval, & de celui de schalk, qui signifie serviteur. Le Glossaire Latin-Alleman: Cavallarius, Marischale: où cavallarius est dit pour caballerum Prafeclus. Les Bas-Bretons appellent encore aujourd'hui un cheval march; & les Anglois, une cavalle mare: qui est un mot ancien Gaulois, comme le remarque Pausanias en ses Phœliques: Radixus, qui devit si leps vis de la i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i. & i.
MARCOAL. L'érynologie que M. Ménage donne de ce mot est la seule véritable: & pour l'éclatcic encore davantage, je rapporterai une partie de ce qu'en dit Wachter, dans son Glossar. German. Voici les termes: MARSCHACK, servus ab equis, seufus latiflorum, & omnis ordinis servis, infani, medii, fupremi, antiquitus accommodato. Prur compositi pars significat equum, imprimis bellaterem, precipuum belli gerendi praefidium & instrumentum: unde Mars ipso Gracis vocatur huius, hoc est, equestris, quia sine equo bellum fieri non potest. Altera compositi pars denotas servum, in omnibus veterum dialetis, ut videbimus infra in schalk; redistissque non tantum servis proprii sic dictis, sed etiam liberis hominibus, ab ultima ad primam atque conditionem; adeo ut etiam Senifcalcus, regia demus apud Francos, curator, in ipso apice fortuna & dignitatis, nomen servi non detrollaveris. Hinc totum compositum significat quantum potest, fabrum ferrarium, medicum equorum, stratorem vel comorem equorum, praefidium equorum, & pro fortuna viri, praefidium stabulo, imò etiam praefidium equitum, totusque exercitus equestris, in quo potiffima vis belli sua est. Gallis Mareschal, Maréchal, fabrum ferrarium & praefidium equitum significat. Religis Mareschalck est medicus equarius & magister equitum, apud Kilianum. In Lege Salica Marifcalcus est servus à stabulo, à ftratore quidem & fabro ferrario distinctus, sed eodem cum illis pretio astimatus, tis. xi. 6. Si quis Majorem, Infestorem, Sicamionem, Marifcalcum, Stratorem, Fabrum Ferrarium, Aurificam sive Carpentarium, Vinitorem, vel Parcarum, vel Ministerialem furaverit, aut occiderit...fol. xxxv. culpabilis judicerut. In Lege Alamamorum Marifcalcus est servus xii. equis praefibus, tis. xxxix. 4. Si Marifcalcus, qui super xii. caballos est, occiditur, xii. solidis componatur. Eodem pretio taxatur ibidem servus qui xii. servis praest, & parcarus qui quadraginta parcos in grego habet, & alii satis humiles. Hunc vetulas etiam equarium, unde Gallis ecuyer, & Cavalierium, unde Gallis cavallier, appellavit. Nec alios Marifcalcus tulis prima Francorum atas. Spelmanus scribit, differentiam inter Marifcalcus & Comitem stabuli, imperante Carolo M. eam fuisse, qua est inter Dominum & famulum. Comes in Tabulo nunc, Marifcalci plures. Ille à Principe datus, hi à Comite assumpti. Imperium stabuli penes Comites, ministerium penes Marifcalcus. Fides so penes autorem. Qua voce Franci Comitem stabuli appellaverint, ignoratur. Suipicari tamen possimus, nomen Conftabler ab illis excogitatum esse, & Latino-Barbaros inde formasse Conftabularium. Post Carolingos, Comes stabuli non videtur refugisse nomen Marifcalci, etiam si id exemplis doceri non possit. Hoc enim nisi suppositio & concofio, concti non potest quemodo idem nomen ad belli duces pervererit apud sequiores. Verofimile autem est, Comitem stabuli, ab officiis domesticis ad militia praefituram evecium, Marifcalci nomen hunc dignitati intulisse. Le mot Teutonique mar, qui signifie cheval, & duquel est composé maréchal, est plus simple que march & mark, qui veulent dire la même chose; & ces deux derniers en sont formés par l'addition de ch, & de k, suivant la remarque de Wachter. March & mark, sont des termes Célèques. Voyez ci-devant les deux articles marcher. Je conclus de là, que mar est un mot très-ancien. Je crois même je reconnoître dans la Langue Chinoise, quoiqu'elle soit si différente de toutes les autres. Ma, en Chinois, signifie un cheval, de même que mar en Celui. Les Chinois auront retranché de ce dernier que la lettre R, qui n'est point en usage dans leur Langue; ou bien les Celtes l'auront ajoutée au mot ma, qui est le plus simple, & que l'on peut regarder, par cette raison, comme le plus ancien. Les Celtes & les Chinois, quelque fort éloignés les uns des autres, auront pu avoir ce terme commun avec les Scythies, qui, de même que les Tartares leurs descendans, faisoient beaucoup d'état des chevaux & de la cavalerie, & se sont répandus plusieurs fois, comme l'on fait, vers l'Orient & vers l'Occident. La Langue Célèque & la Scythique avoient plusieurs termes qui leur étoient communs; & l'on en voit des exemples dans ce Dictionnaire éymologique. A l'occasion du mot Chinois ma, donc je viens de parler, je remarquerai, que j'en trouve encore dans la Langue Chinoise, quelques autres qui ressemblent extrêmement à ceux des autres Langues. Par exemple, kan, en Chinois, signifie un roseau; de même que l'Ebreu nyp kanib, le Chaldéen vyp kanib ou kine, ou wyp kanib, le Syriaque kanib, le Grec naiya ou nina; le Latin canina, le François canine, l'Italie canina, l'Anglois cane, &c. Kionen, en Chinois, signifie un chien; de même que nina en Grec, canis en Latin, &c. Mien, en Chinois, signifie face, visage; & mien ou meen, en Anglois, veut dire la mine, l'air du visage; moina, en Bas-Breton ou Célèque, signifie la même chose; & M. Ménage croit que notre François mine vient de ce terme Bas-Breton. Voyez mine. Sim, en Chinois, signifie nomen; & de même l'Ebreu, le Chaldéen & le Syriaque canis fchem; & l'Arabe sim, qui se trouve précisément la même chose que le mot Chinois. Enfin yuen, en Chinois, signifie tell, de même que vyp ain en Ebreu, & dans les autres Langues Orientales. On pourrait peut-être trouver plusieurs autres mots Chinois qui ressemblent à ceux des autres Langues; & j'ai seulement remarqué ceux-ci en passant. On dira, si l'on veut, que cette ressemblance est un pur effet du hazard: mais je ne crois pas qu'il soit facile de se le persuader. Je ne parle pas ici des mots Chinois son & mon, qui signifient pero & mare, & qui sont essentiellement les mêmes que ceux qui expriment la même chose dans les autres Langues; car je regarde ces deux termes dans toutes les Langues, comme le pur ouvrage de la nature. Voyez maman & papa.
MARÉE. Scaliger dans le second Scaligerana: On appelle les truites de Genève & de Chambéry à Lyon, marée. Nous appelons en France marée, toute sorte de poiffons de mer. Il n'y avoit point aujourd'hui de marée au marché. C'est-à-dire, il n'y avoit point de poisson de mer. De mare. Mare, mara, marata, MARÉE. M.
MARFIL. On appelle ainsi l'yvoire dans les boutiques des Droguilles. De l'Espagne marfil, qui vient de l'Arabe fil qui signifie elephant. Alfil, arfil, MARFIL. M. MARGE de livre. De margo marginis. M. MARGE. Rabelais, liv. 5. chap. 18. a employé ce mot dans la signification d'un manche. Du Touloufain margue, qui signifie la même chose. Le Duchat. MARGEOLE de puits. De margiela, diminutif de margo marginis. En Normandie & en Bourgogne, on dit margelle; de margella, autre diminutif de margo marginis. Les anciens Latins ont dit margo, de la margeole d'un puits. Phèdre, liv. iv. Fable 8. Quom decidisse vulpis in patrum infcia, mot MAR: Et aliiere clandestine margine. En Touraine, on dit marelle, par corruption, au lieu de margelle. M.
MARGOUILLES. On appelle ainsi le fond du pot, lorsqu'il est épais, ou mêlé de lie ou de marc. Je ne doute point que ce mot ne vienne de margulus, diminutif de margus, qu'on aura dit par métaplâsme pour margo marginis, dans la signification des bords d'une riviere ou d'un étang; ces bords étant ordinairement limoneux & fangeux. Être dans le marguillis, comme on dit, c'est être, comme qui diroit, dans le bourbier, ou embarassé dans une affaire dont on ne fait comment sortir. De ce mot marguillis, le patois a fait ganilly, qui se dit communément d'un vin trouble, & de toutes fortes de mauvais mélanges en fait de ragoulis. Le Duchat.
MARGUERITE. Eufleur: appellée autrement pacquette. Les Médecins de Lyon, liv. vii. de leur Histoire des Plantes, chap. 31. parlent de l'étymologie de ce mot, en ces termes: Paramount auron Belides, fumetta illa Beli Danai Regis filia quinquaginta, qua totillum nupta maritis eos qualibet suum jugularum, his floribus nomen dedisse, quia multi visuntur inu grogatium, & belluli: unde vocantur vulga Marguerites; sunt enim glomeruli multi florum, quasi uniones, sive margarita. Les Latins appellent cette fleur bellis. M.
MARGUILLIERS. Ou, comme on prononçoit anciennement, MARIGLIERS. Dans un Arrêt du Parlement de Paris de 1380. mentionné dans les Libertés de l'Eglise Gallicane, tome 2. page 996. L'Arrest des Maregliers, qui est pour cause d'offrandes. Dans une Transaction entre les Chanoines de S. Benoit de Paris, & les Marguilliers Layts, & le Curé de la même Eglise, qui est de 749.3. il y a MARCLIERS. De matricularii. Cujas sur le premier titre du liv. v. des Sentences de Paul: Idémque alias obtinuit in Gallia, in eo qui pro feribus Ecclesia (hi sunt qui nunc MARGUILLIERS appellantur), pretio dato: idque hac vetus Formula a Matriculariis colletti infantis & disfradit indicat: Nos, in Dei nomine, Matricularii Sancti Martini, dum manè ad ostia ipsius Ecclesiae obser-vanda convenissimus, ibi infantulum sanguinolentum invenimus, & per triduum an quiquam eum suum esse diceret, y perquisivimus. Nullo in-remto, Gaio nuttendum dedimus, ut eum in suo servitio, juxta Legis ordinem, retineat, pro quo pretium accepimus solidorum x. M. Bignon sur ces mots, Nos quoque, in Dei nomine, Matricularii Sancti illius, du chap. xi. des Anciennes Formules selon la Loi Romaine: Matriculam, pro Indice al-bo, seu Notitia, accipi nonum est. Præter immone-ras Imperatorum Constitutiones qua eo vocabulo utun-tur, Vegetius de Re Militari, lib. 2. cap. v. Punctis milites inscripti, & matriculis inserti, jurare so-lent. Endem sensu, Matriculae Ecclesiarum, in Tes-lamento Boasi Remigii, dicuntur Catalogi pauper-um, qui ab unaquaque Ecclesia stipendia recipere saliti erant. Pæperibus duodecim in Matricula po-licis, ante fores Ecclesiae expectantibus stipem, duo solidi, unde se reciclant, inferantur. In Tes-lamento Animati, Remensis Episcopi, apud Flodardum, li-bro 11. cap. v. Ad Matriculam Remensis Ecclesiae, nonnulla contulit donaria. Carteris quoque Matri-culis, vel Congregationibus, diversia delegavit munera. Quom merem aperitissimæ describit Hinc-marus, epist. vii. cap. 30. Episcopi, de Matricula- MAR: ris pet singulas Ecclesias, juxta facultatem & pot-sibilitatem loci, curam adhibeant, ne Presbyteri pro locis Matriculae zenia accipiant, ne sius paren-tes sanos & robustos in eadem Matriculae collocent, nec opera ab ipsius Matriculariis exigant, non de Matriculariis bubulos & porcarios faciant, sed pauperes ac debiles, & de eadem villa de qua de-cimam accipiant, Matricularios faciant. Quo loci Matricularii dicuntur qui in matricula inscripti sunt; ut etiam apud Gregorium Turonensem, lib. vii. cap. 29. Nonnulli Matriculariorum, & reliquorum pan-perum, pro scelere commisso rectum cellule co-nantur everte. Sed in hoc capite, & alibi passim, qui in singulis Ecclesias Matriculae pauperum curam agebant, & eorum stipendia dispensabant, Matri-cularii appellantur: hodie MARGUILLIERS, rerum Ecclesia administrasores. Matricularios parte custe-des Ecclesiarum Vandalbertus Diaconus interpreta-tur. Vidis hanc Formulam Cujacius, ejusque partem describit ad Sententias Pauli, lib. v. ¶ Dans un passage du Nécrologe de l'Eglise de Paris, rappor-té ci-dessus au mot Chévocier: Tra tamen quod Ma-tricularii Laici habeant de dictis 14. libris, pro pul-satione campanarum, 6. solides. Voyez M. du Can-ge au mot capitulum. ¶ Maldonat, sur le 35. cha-pitre de Jérémie, verset 2. & 4. Erant multa exe-dra in templo, ubi ii qui vafa, uestisque custodie-bant, sedere possent: sunt in Gallia videmus, Thè-sauti Ecclesiastici Custodes; quos & Matricularios, MARGUILLIERS, appellant; in templo suas habere sedes, ubi Sanctorum Reliquias custodiunt, &c. J'oubliols à remarquer, que dans les Gloises d'Isidore, Matricularius est interprété par pauper, inops; & que M. du Cange interprète Matricula-rii, par pauperes in matriculam relati: ce qui avoit été remarqué par Cujas & par M. Bignon, dans les passages ci-dessus rapportés. M.
MARIAGE. De maricarium. Voyez M. du Cange, dans son Gloisaire. Les Latins ont dit matrimonium: quod qualibet uxor mater fiat, dit S. Augustin contre Fauste, liv. xix. chapitre 26. M.
MARIE. Nom propre de femme. Les Au-teurs varient beaucoup sur l'étymologie de ce nom. Quelques-uns, & entr'autres S. Grégoire de Nysle, dans son Homélie sur la Nativité de N. S. disent qu'il signifie grace. Peut-être ont-ils confondu le nom de Sainte Anne, mere de la Sainte Vierge; avec celui de la Sainte Vierge même. S. Jérôme rapporte, que de son tems la plupart interprétoient ce mot par illuminatrix; & ils le dérivoient par conséquent de l'Ehren mirab, qui est le participe actif féminin du verbe mir, éclal-ter. Marie vient du Chaldéen ou Syriaque Ma-riam. La Sainte Vierge est toujours appelée Ma-riam, dans la version Syriaque du Nouveau Tes-tament: & Marie, sœur de Moïse, est appelée Miriam dans le texte Ebreu. Mariam & Miriam sont la même chose. Quelques-uns expli-quent Mariam par amarum mare: d'autres l'inter-prètent filla maris; d'autres, filla maris; & en-fin d'autres, domina maris. Il est certain que Mariam, en Ebreu, & aussi en Chaldéen & en Syriaque, signifie la mer. Il n'est pas moins certain que Mariam, en Ebreu, signifie amarus, & aussi filla ou gatta: mais il ne signifie nullement filla, & je ne sais où l'on a été prendre cette signification. D'un autre côté Mariam, dans le sens de dominus, est Chaldéen ou Syriaque, & non pas Ebreu. Or comme le mot Mariam est proprement Chaldéen finitis marjolae, dans le sens que je lui ai donné chiffres. Le Duchat. MARJOLLET : pour Damolfeau. De marj- olle, marier, marjonne, marjarne, marjonne, MARJOLLET : comme marier, marier, marjonne, marjonne, marjolaine, marjolaine, MARJOLLET. M.
MARJOLLET. A Mers, on appelle marjole, on homme qui crie & annonce qu'il y a de vin à vendre en détail à tel & tel prix, dans quelque environ bourgeoise. Ce que quelques-uns dérivent de mori-gallus. Le mot marjole, en la signification de Damolfeau, se prend toujours en mauvaise gust; & il y'y prend en plus d'un endroit des deux premiers tomes des Mémoires de M. de Solly. On a dit aussi maride; & c'est un sobriquet qu'on chasse à la jeune noblesse Vénitienne. Voyez les Paradoxes impériés chez C. Etienne en 1554, page 59. La Coutume de Hainault, ch. 53. Recues d'hon- mer & de mariales. Sur lequel endroit Bagnam remarque, que par mariales, on doit entendre des témoins de nulle estime. Item chap. 97. Et pour chacun mariales qui seront emi en témoignage, quinc demier Tournis, comme il est actionné d'avoir pour autres témoins. Et au ch. 101, de la même Coutume il est parlé de petits fagots qu'on appelloit mariele. Cette réticition de mariele aux plus petits fagots, me fait croire que dans les deux chapitres, précédemment allégués, de la Coutume de Hainault, les témoins qu'on y appelle marien- les, sont de jeunes gens déjà grandelets. Le Du- char.
MARIONLETTES. Gr. tropommes. Lel. figillaria. Du mot de mariou, diminutif de Marie, c'est-à-dire, petites filles : en prenant l'espèce pour le genre ; comme qui diroit, petites mariens. M. Bochart n'a pas bien rencontré, en dérivant ce mot de celui de mariannettes. M.
MARLOTTE. Vêtement de femme. Rabe- lais 1. 56. En effet, quelques jours, en lieu de reb- ler, porteient belles Marlottes des parures fusilées : ou quelques Bernes, à la Morefque, de valeurs viales, à frifura d'or, sur canetille d'argent; ou à cardelières d'or, garnies aux rencontres de petites petites Indiques. M. du Cange l'interpétie d'une cappe de Bearn, & le dérive de melote, Latin, fait du Grec unharé j'approuve cette étymologie. Mais il faut que le Latin melote ait été dit ensuite de toute sorte d'habillement de femme : car unharé, qui signifie une peau, ne s'accorde pas bien avec ce que dit Rabelais, que les marlottes étoient un habillement d'été : d'agnep. M.
MARMAILLE. Henri Etienne, dans son Dialogue du Nouveau Langage François Italianisé, page 375. Dites-moi dans si vous avez jamais profi à ce mot Francis marmaille, d'où il venait. CLETO- PHILL JAMAIS. PHILADELPH. Je croy qu'il vient de piquance, dans un hien les Doriens, au lieu que les autres Grecs disaient piquance : on bien de leur po- quance (qui a son origine de piquance), au lieu que des autres Grecs disaient piquance. Et ce qui m'y a plus fait penfor, y a été que le Poire Theoriste mer- niere deux femmes qui vont voir la fileminée qui se préfère en l'honneur d'Adunis, & c'appelloit d'heine : chiffant arrivées & voyant une grande troupe de gens de toutes livres, hommes, femmes, petits enfants, sont en prison commun elles pourront paffer; & puis assent de ces mots, piquance et piquance, & m'ner. Com- me qui diroit, Vela des gens sans nombre & sans même. Mais je pense totalement que celuy qui inter- perdues ici, Vela de la marmaille infiale, renom- mente fort bien, & exprimera le mot Grec : qui pro- portera figurer fourmis. Comme aussi quand vous toulez pas de deux grands crêpes de perfumes, & précisible de des perfumes de bafs qu'elles, qui sont comme en effet les autres, sont dé- fiés, il y en a une forme d'eau, &c. Cette étymolo- gie est ridicule. Le mot de marmaille signifie pro- ponent une effondée de marnette ; c'est-à-dire, de petits enfants : & ce mot a été fait de marnette, dit pour marnette. Marnette, marnette, marni, marmalin, marmalin; à cause de ces petits enfants de marbre qu'on met dans les jardins. M. Ferrari : Marmotte. Anima in fœtus aguerum, in viis, an- que in aris & fœtus appellis; formis rade & deformis; in Sarguerum & Silvanorum. Voyez ca- maille. S. M. Ferrari le dérivit de l'Italien marma- glia, dans la signification d'une quantité de petits poisons, lequel il dérivit de maritimalia. Voici les termes : Marmaglia, poises minorulis, & maris qu'il qu'il. Maritima, maritimalia, MARMAGLIA. Inde pro minusculorum puerorum turba; sius ca- maglia turba comm, pro vilissima plebecula. M.
MARMELADE. Espèce de cortignac, dit M. Richelet. De l'Espagnol, on plutôt du Portu- gais mermelade, qui a été fait du Portugais mermel- de, qui signifie un coin : qualum vetereum : que les Espagnols nomment membrille : parce qu'on coupe les coins par membres; c'est-à-dire, par morceaux, pour en faire cette espèce de cortignac qu'ils appel- lent mermelade. De l'Espagnol membrille, les Por- tugais ont fait mermelé. M. Ferrari dérive mermel- ade, & membrille, de melinelle, qui signifie origi- nairement, melina mala, pourrons douces; mais qu'il dit avoir figuré ensuite des coins, fondé sur ces vers de Martial XIII. 24. sur les coins : Si tibi Cecropia farerata Cydonia melie, Puermur, dicas hac inelimela licet. Le Père Thomassin 1. de ses Etymologies, page 489. parle ainsi de l'étymologie du mot Espagnol membrille : MAMBRILLO, dans nous avons fait mar- melade : non pas de membrum, comme des car- riers de coins confies : car ce n'en sont point : mais une gelée claire & transparence; de l'Ebreu huar, metares, mundus, clarus. Le P. Thomassin n'a pas été bien informé de la signification du mot Es- pagnol mermelade. Les François, dit César Oudin, sont différenc entre cortignac & marmelade : mais il n'y en a point en Espagne, quant au mot. M.
MARMENTAUX. Bois marmentaux. La Coutume d'Anjou, article 36. Et est réputé brûl de forêt un grand bois marmentau, en taillis. Voyez les articles 103. 113. & 497. de la même Coutume, & les articles 136. & 124. de celle du Maine. Chop- pin, sur l'article 36. de la Coutume d'Anjou, dit que les bois marmentaux ont été ainsi appelés quasi arménides. Il se trompe. Ils ont été ainsi ap- pellés de materia : dont les Latins se sont servis pour figurer de gros bois à bâtir. Ulyien en la loi 55. au Digelle de Lagaris terris. Ligni appel- lante moyen generale est, en fin aliquid materia, ali- quid lignum. Materia est, qua ad adificandum, ful- ciendum notificaria est. Lignum, quidquid comburend & causa peratum est. La même Justificonolite en la Loi 12. en Digelle de L'afraille : Arboribus viriis, vel vi ventarum dejetis, usque ad usum suum, & villa, pofo asfufraitharium terra. Labes ali non ma- recia cum pro ligno ufurum, si habeat unde, utatur ligno. Tite Live: Maitum materiae vocideratunibus. Quintilien Quintilien liv. var. chap. 3. Opera circumstibio facti non est, taxa & materia, & contra militerati congenera milia, nisi disponendi est, collocandisque, artificem manis adhibatur. Et de là : le mot de Materiarius pour un Charpentier. Pleuse, dans la Comédie579. Adir. Clarifon, 1868. 1. scéne 46. Si me non materia, remorance. Et celui de materier, pour ligner. César livre. 7. de la Guerre des Gaules 1. Ense ce tempale, & materia, & fermentari, & tamas munis, fieri, necesse. Les Grecs ont, ille de 22 dans la même signification. Les Globes auctiques, &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c.
MARMES. Rabelais, au nouveau Prol. du livre 4. Marmes, cette-ry n'est mie la mienne, dit le bonhomme à qui Mercure présentait une autre coignée que celle qu'il avait perdue. La note fur cet endroit rend mal ce mot par merci de moi. Marmes, à l'antique, pour marme, c'est-à-dire, par mon ame. On a retranché la particule par dans cette façon de parler. Arme est dit pour ame, de l'italien alma, par le changement de la lettre 1 en r; comme dans armea, fait du Latin ulmus. Marmes, pour mon ame, comme m'amie m'amur, pour mon amie, mon amour. J'ai oui dire de même à des Languedociens m'afette, m'acude, pour mon affette, mon acude. Et nos vieux livres ont de ces fortes d'élisions joîques devant les mots aujourd'hui masculins. L'Histoire de Geoffr. de Ville-Hardouin, liv. 9. page 169. Et l'Empereur vient à ton fait, & se lota devant la ville. A tete fait, on plutée, fait, c'est-à-dire avec tous ses et, avec toute son armée. Le Duchat.
MARMETURE. J'ai appris de M. Rouffieux, Anditeur des Comptes de Paris, qu'au chapitre des deniers payés par ordre du Roi dans le Compte de Jean l'Alleman, Receneux Général des Finances de Normandie, qui est de 1461. &c. qui est dans la Chambre des Comptes de Paris, ce mot de marmestre se souvient pour une sorte d'armure. M.
MARMITE. De marmer. Marmer, marmes, marmes, (comme arbre, arbre, arbre, d'ou arbutum) : marmes, marmes, marmiste. Ce mot a été dit premierement d'un pot de macher, de la forme d'un mortier. M.
MARMITEUX. Vieux mot, qui signifie un mieux, un misérable; ainsi appellé parce qu'il vit Tomi II. aux dépens des autres & de leur marmère. Barrault 2.48 : On ne vienne un tel goutreux Qu'fant parvise marmions, Comme tel su goutte matins.
MARMOSET. L'Ant-Machlavel d'Imoncent Gemiller, Maxime 2. page m. 125. Vienne maintenant aux marmoses. Marmoses selon le Langage de nos anciens François vous aurant à dire que rapportent que y a fouillant à l'oreille du Prince des paroles qui sont fausses, ou qui ne desfient point être endites, y rapportent. Et me j'ouille que ce nom de Marmoses est fort propre à telles gens, & qu'il m'ait bien d'être rappelé en usage, & voy qu'il est tiré de ce que telles gens vous marmouant à l'oreille du Prince en ferret leurs propos addictives, lesquels ils n'orgent dire haut & clair en la présence de voluy de & sel ils détraillent & mesdisent. Le Duchat.
MARMOT. Soire de finge. Nicot : MARMOT. Cavoyibecus. Henri Etienne le dérive du pappes. Voyez Jaguin. M.
MARMOT. Pour ce que nous disons croquer le marme, les Galcons disent croquer le morse. Or qui ne voit que dans cette façon de parler Galconne, rouse le dit par aphérèse pour marmose, diminutif du Bas-Breton marmou, syacmine de marme! Je crois au relle, que comme les Galcons appellent morse un morse, le marmou des Bas-Bretons pourroit bien signifier à la lettre un muleau mal bâti comme celui des fanges. Malmou, marmou, par le changement de la lettre 1 en r, ordinaire en notre langue. Le Duchat.
MARMOTE. Espèce de grande touris, qui se trouve dans les Alpes. M. Rochart, dans son Hierozoicon, le dérive de mus montanus. J'ai dit dans mes Origines de la Langue Italienne, au mot marmora, que ce mot pourvoit avoir été fait du celui de mus, de cette façon: deux, maris, marmou, marmou, marmou, marmou, MARMOTTA. Les Atérins disent vés de marmora, en parlant d'une femme laide. Et ce mot, en cette signification, selon l'opinion de M. Rédi, Premier Médecin du Grand Duc de Tolcane, a été fait de pouin Voyez mes Origines de la Langue Italienne. M.
MARMOTER. C'est une métaphore tirée des fanges qui semblent parler entre leurs dents. Voyez marme. M.
MARMOUSER. Coquillant dans ses Droits nouveaux. Dieu s'est si le mary est triste : il funge, il marmose, il radette. Marmose, ici, c'est la même chose que marmose. Le Duchat.
MARMOUSET. Nicot : MARMOUSET, fait en façon d'une mormelle en une fontaine : par lequel l'eau fort : maffes. Et ensuite : MARMOUSTA, tels qu'on voit les fontaines, lettant l'eau. La Rue des Marmouists, qui est une rue de Paris, est appelée dans les Titres Latins victe Marmoreterum. Dans le troisième des quatre Nécrologes de l'Eglise de Paris, au 27. Mars : vi. 21. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. petits enfans de mettre qu'on eter dans les founties. Et c'est aussi l'érymologie qu'a donné Charles de Bouvelles de ce que marmoufier. Voici ses termes : Marmoufies : *Carmenula* *faux marmorea*, *vel ex quavis* *marmoufie* : *della fortaffe* à marmore ; *quia in domibus* *maguarum* in *marmoribus* *fsuperentur*. Mais comme les Bas-Bretons appellent un signe marmouf, il y a plus d'apparence de croire que marmoufier est un diminutif de marmouf ; & que marmouf a été fait de *maguarum*. Ces marmoufies de founties ; pour le marquer en passant ; s'appellent en Latin *Silani*, & *Tolili*. Voyez Cujes dans les Observations liv. xi. chap. 1. & liv. xiv. chap. 1. J'oubliais à remarquer, que Féderic Morel, dans son petit Dictionnaire Francois-Latin, parle du mot de marmoufier, en ces termes : Marmoufier, fait en façon d'une mammelle, en une fontaine, par lequel l'eau fort : mammoufie : *maguarum*. Ce qui pourrait donner sujet de croire qu'il aurait cru que marmoufier aurait été fait de mammoufier. M.
MARMOUTIER. Abbaye, près de Tours. De *Majus Monasterium*. Un Acteur Anonyme, Religieux de cette Abbaye : *Nomen quod dicitur Majus-Monasterium*, à *Martino*, telle Turonnesi Gregorio, *buii loco novimus* *fuisse impetium*. Si quidam cum *Majaris Monasterii mulia* *fans majara*, *quartier qua ratione tam excellentis* *nominis* *privilegium vindicaverit*. *Cui quostioni tripartita accurti* *filiatio*. *Nomen sequidem est*, & *faria celebre innocuit*, *quod beatissimus Archipraful Tivorum Martinus*, *tria condidit Monasteria* ; *primum Mediolanis* ; *secundum Pitlavis* ; *tertium viris* à *Turonis millieris* ; *quod respectu* & *comparatione duorum*, ve & *nominis* *Majus Monasterium appellavit*. *Est* & *alia ratio quare vocabulum tale forticum sit* ; *ficus* *Sulpirii Severi*, qui *jam dicti Archiepiscopi vitam* & *actus luculens* *fermone describit* ; *fides* & *veritatis plena docet assertio*. *Idem beatus Archipraful*, *tumultuantis vita mordaec* *curas declinans*, *in hac secretiora loca tamquam in portum quieris fereciferat*. *Ejus aut. in sancta clientela efloginta adbarobam viri*, qui *nobilis inftar Magistri*, *in same* & *fiti*, *in timere* & *cillicis*, *fese dammantes*, *mundum sibi* & *se mundo crucifixerant*. *Hi omnes sigillatim in singulis mansionibus tamquam in Monasteriolum*, *per totam bebdemadam* & *sejamitis vacantes*, *die tantum Dominica ad grande Monasterium* ; *cuius latiri perfofo Ducis* & *Defteris eorum lectus* & *mansio inbarvbat* ; *conveniebat*. *Harum igitur manfionum relativa comparationis respectu*, *Monasterium illud*, *qui, ut dictum est*, *convenire confusverant*, *Majus-Monasterium non immerit* *appellavit*. *Proposica resolutum questionis modo tertio taliter enucleatur*. *Cum Cifalpina Ecclesia mulia* & *numitificis florent Monasteriis*, *folius Martini Monasterium inter universa Ordinis pracipia* & *Sancta Religionis apicem praferebat*. *Quo enim esset Ecclesia aut Monasterium*, *ut ait Sulpirius*, *qua non de Martini Monasterio cupere Sacerdades* ! *Sanctitatis ejus merito* & *excelentia*, *pra ceteris virtutibus Malotatum tenibus*, *Majus-Monasterium*, *quadam meriterum pracoquens*, *mernis appellari*. *Duco igitur* & *praxemolo Archiprafule Martino*, *Majus illud Monasterium catenulis* *fissus ad mare Religionis sua patentes*, & *usque ad extremum terra Sanctitatis sua propagandis dilatavit*. *Voyez Maire*, & *Vimaire*. M.
MARNAS. Nom d'un Dieu des Syriens. Les habitans de Gera en Palestine adorent Jupiter sous le nom de *Marnas*. Ce nom est Syrien, & signifie Seigneur des hommes. *Mar Seigneur* ; & *noseb on nas*, homme. *Voyez el-dessus Marlo*.
MARNE. Sorte d'argile, dont on engraisse les terres. De *marna*, qu'on a dit pour *marga*, ancien mot Celfique. *Pline*, livre xvii. chap. 6. *Alia est ratio*, *quam Britannica* & *Gallia invenire*, *alelidi tertium*, *quod genus vocant* *margam*. *Spissier ubertas in ea intelligitur*. *Est autem quidam terra adeps*, *ac volut glandia in corporibus*; *ibi densante se pinguerudinis nucleo*. Et au chap. 8. du même livre, parlant des Bretons & des Gaulois : *Tertium genus terra condida* *gilichromargam vocant*. Les Allemans ; selon le témoignage de Cluverius, livre 1. de son Ancienne Germanie, chap. 8. appellent encore à présent la moelle des os, *marg*, *mark*, *march*, *marg*, & *march* ; selon leurs divers Dialectes. Les Anglois, au lieu de *marne*, *difens marrow* ; & ceux de la Province de Galles, *marle*. Et Cluverius, au même endroit, remarque que dans trois manuscrits de Pline, qu'il a vus dans la Bibliothèque du Roi d'Angleterre, au lieu de *marga*, il y a *marla*. Les Angerins, les Mauceaux, & les Bouleons, disent aussi *marle*, au lieu de *marne*. Néanmoins *marga* est la véritable leçon : *marla* étant dit par corruption de *marginella*, qui se trouve pour *marga*. Les Capitulaires de Charles le Chauve, page 116. *Ur ibi Coloni*, &c. *carropera* & *maropera ex antiqua confuetudine debent*, & *margilam*, & *alia quque*, *caricare*. Sur lequel endroit le Pere Simond a fait cette Note : *Que erge marga primum*, *eadem post margila dicta est*. *Hodie vulgo à plierique marna*, *ab aliis marla nuncupatur*. ¶ Et de-là *Aupcalie*, nom de lieu, en Latin *Alba Marla*. Et *Marle*, autre nom de lieu. Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois, au mot *Alba-Marla*. M.
MARNE. Riviere de France. Du Latin *Marrara*, par abregé. *Marrara*, *Marrina*, *MARNE*.
MARODE. On dit dans les Armées, *aller en marode*, pour dire, aller à la picorée sans ordre de son supérieur. *Vinge Soldati ont fait cette nuit un parti pour aller en marode*. On y dit aussi, *marode*. Ce sont des Soldats qui *marode* en cette maison. J'ai ou dire à ceux du métier, que ces façons de parler viennent du feu Comte Mérodes, Seigneur Flaman de grande Maison, qui servant dans sa jeunesse dans les armées de l'Empereur Ferdinand II. ne campoit jamais avec les troupes, mais cherchant toujours des maisons éloignées du camp où il étoit logé, il faisoit contribuer ceux qui les habitent. Et à l'heure même que j'écris cette observation, qui est le 7. Août 1690. J'apprends que M. le Maréchal de Luxembourg, à cause de cette étymologie, dit toujours aller en *marode*, au lieu de dire *aller en marode*. ¶ Il me reste à remarquer, que les Allemans appellent ceux qui vont en marode, *Marouden bruder*, c'est-à-dire, *frères de Marode*. M.
MARODE. Dans le Dictionnaire de Nicot, imprimé pour la première fois en 1668, on trouve *marouder* & *marandin* sous le mot *marand*. Et dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin, on trouve encore sous le même mot *mar-udaille*, *maroude*, & *marouderio*. Ce qui prouve sont choses ; l'une que *marouder*, ou *aller en marode*, est une façon de parler beaucoup plus ancienne que le Comte de *Mérodes*, dont il est fait mention ici par M. Ménage : & l'autre, qu'*aller en marode*, n'est pas imiter les Soldats du Comte de *Mérodes* ; mais faire le métier des marands, ou plutôt des marandes, qu'on fait être encore plus pillardes que leurs maris. D'où je conclus que l'étymologie que suivait M. de Luxembourg, est nulle. Et ce qui me confirme dans mon opinion, c'est que les Allemands, qui pourroient bien avoir pris ce terme de nous dans les guerres civiles du seizième siècle, disent maranden, & marander, & non pas meroden, ni meroder, pour marander, & marandeur. Le Duchat. Voyez marand.
MARONITES. Chrétiens Orientaux, dont la principale demeure est au Mont-Liban. Ils ont été ainsi appelés d'un certain Maron. Mais on ne fait pas trop bien qui étoit ce Maron, & les Savans sont partagés là-dessus. Plusieurs, fondés sur les témoignages d'Eurychius, Patriarche d'Alexandrie, de Guillaume de Tyr, de Jacques de Vitri, & d'autres Auteurs, prétendent que ce Maron étoit un hérétique Monothélire, & que les Maronites furent appelés de son nom, parce qu'ils suivirent ses erreurs; qu'avant leur réunion à l'Eglise Romaine, qui se fit vers l'an 1182, ils étoient tellement connus pour être dans cette hérésie, que les Chrétiens Orientaux écrivant en Arabe, n'ont point d'autre nom pour signifier les Monothélires, que celui de Maronites. Les Maronites disent, au contraire, que Maron, de qui ils tirent leur nom, étoit un saint Abbé qui vivait au commencement du cinquième siècle; & que c'est le même que celui dont Théodoret a écrit la vie: que les Disciples de cet Abbé Maron se répandirent dans toute la Syrie, où ils bâtirent plusieurs Monastères, & entr'autres un fort célèbre, sous le nom de Maron, près du fleuve Oronte; & que tous ceux d'entre les Syriens qui n'étoient point infectés d'hérésie, se réfugierent chez les disciples de l'Abbé Maron, que les hérétiques de ces tems-là nommerent pour cette raison Maronites. Voyez le Père le Quien, sur Saint Jean Damascène; la Relation du Père Dandini, Jésuite, écrite en Italien, & traduite par M. Simon, avec des Remarqués; Fauste Nation, Professeur en Arabe au Collège de la Suppence à Rome, dans son Apologie pour les Maronites, & dans son Écologie; & Allemand, dans sa Bibliothèque Orientale, tome 1.
MAROQUIN. Sorte de cuir: ainsi appellé du Royaume de Maroc, d'où viennent ces cuirs. Voyez cordonau. M.
MAROTE. Sceptre de fou. Rabelais, 3. 36. parlant de Seigny Joan, fou de Paris: Puis en majesté Présidentale, tenant sa marote au poing; comme si fait un sceptre. Et de-là ces façons de parler, j'en a marote; chacun a sa marote. Ce sceptre des sous a été ainsi appellé d'une tête de Marionnette, c'est-à-dire, de petite fille, qu'on mettait au haut de ce sceptre. Et à ce propos il est à remarquer, qu'on dit à Paris Marote pour Marion, c'est-à-dire, pour petite Marie; & qu'en Languedoc on appelle Maristes les Marionnettes. M.
MAROUFLE. C'est le cousin germain de marand. Marus, maradus, MARAUD. Marus, marulfus, marulufus, MAROUFLE. M.
MAROUFLE. Dans le Dictionnaire Fr. Angl. de Hollywood, un gros maroufle signifie proprement un gros & grand chat. On voit par cette signification de maroufle, dans le sens propre, que comme on appelle aussi un gros chat maréon, de Marculphus, nom propre d'homme, il est plus naturel de dériver maroufle du même mot, que de marus. Marculphus, marulfus, marulufus, MAR
ROUFLE. Après cela, je ne reconnois plus la parente de maroufle & de marand. Le Duchat.
MARPAILLE. C'est le même que marmaille. Voyez marmaille. M.
MARPAUT. Trippault le dérive de piégeaux: & il dit que c'est un homme qui grippe toujours quelque friandise. L'étymologie de ce mot ne m'est pas connue. M.
MARQUER. De l'Alleman merken, qui signifie la même chose: d'où les Italiens ont aussi fait marcare, & les Espagnols, marcar. ¶ Ce mot de merken a signifié aussi determinare, terminum assignare. Aragrimus Jonas, dans son Specimen Islandicum: MIRKEOIL, ruptura, montis: à determinando ditta. Gli autem montis rupturam significat. ¶ M. du Cange le dérive de marca. MARQUER: signare limites, seu marcas designare. Ce sont ses termes.
MARQUETTE, pour pucelage: qui est un mot dont Ragueau a fait mention dans son Indice, en la signification du droiteque le mari payoit à son Seigneur, pour se réclame de celui que le Seigneur avoit de coucher avec la nouvelle mariée la premiere nuit de ses noces. Buchanan parle de ce droit en ces termes, qui sont du livre VII. de son Histoire d'Ecosse, en la Vie de Milcolombe III. Uxeris etiam precibus dedisse festur, ut primam nova supra noltem, qua preceribus, per gradus quoddam, lege Regis Engenti debebarur, sponfus, dimidiata argenti marca, redimere poset: quam pensioem adhuc marchetas mulierum vocant. Ca Roi Eugene, étoit Euène III. Buchanan, en la Vie de ce Roi: Edero Succesus Eunmus tertius, indignus optimo patre filius: qui non contentus centum & nobilitate concubinis, ut suam sporcitum, latix legibus, in vulgus prudens. Tulis enim, ut curvis liceret, pro opibus quot alere poset, uxores ducere: Ut Rex, ante nuptias sponfarum nobilium, nobiles plebeiarum, prabiferent pudicitiam: Ut plebeiarum uxores cum nobilitate communes essent. Skenarus, sur le 31. titre du livre IV. de Regiam Majestatem Scotia, prétend que ce mot de marquette a été fait de celui de march, qui signifie cheval. Voici ses termes: MARCH, equum significat prista Scaerum Lingua; ut dixi, de Verborum significatione. Hinc, dedulla megaphora ab equitanda, marcheta mulieris dicitur, virginalis pudicitia prima violatio & delibatio, qua ab Euenu, Rege, dominis Capitalibus (To the King, and other Overlods, ag some Writs) fuit impii permissa, de omnibus nevis nupti, prima nuptiarum volis: sed piè à Malcolm III. sublata fuit. Et in hoc capite, certo vaccinum numero redimitur. Les Vénitiens appellent marcheta le pucelage d'une femme. Et comme les Italiens appellent il marchete les ordinaires des femmes, à cause des marques que sont ces ordinaires aux chemises & aux draps des femmes, j'ai quelque opinion qu'on a de même appellé marcheta le pucelage des filles, à cause des gouttes de sang que rendent les jeunes filles quand elles sont dépucelées: lesquelles gouttes de sang sont appelées par la Loi de Moise, marques de virginite. M.
MARQUIS. Voyez ci-dessus marche. M. MARQUIS. Ce que dit Wachter, page 1049, de son Gloss. German. au mot Marc-graf, confirme l'étymologie que M. Ménage donne du mot Marquis. Voici les termes de Wachter: MARC-GRAF, Dux, Comes, Prafes limitis, vel Precincta limitanea; & inde nomen à mark limes, non à ma- 2 ij si, quod plurique limitet sint meritium, aut mari almanum; et multo minus à meck equus, quasi equitum magister; etiam non deum quibus hac proberetur. Latin-barbari Marchionem vocant; Graci inferiari & compozion, voce hybrida, ex Lat. & Gr. compozia. Talis erat ille princeps, si nomen speltus; si afficiunt, exultus limitis. Nam costudium limitum Marchionibus commissari fruisse, testator Aimonius, lib. v. cap. 2. his verbis: Carolus mi- fis, & accgriorx filium suum (Hindericum pur- rum); bene equitantem, cum omni populo mili- tari, relictis tantum Marchionibus, qui fines tegni tunentes, omnes, si forte ingroserent, hostium ar- cerent incurius. Franci enim (sicus optimi Vadia- mus) Romanos imitati, extremis deviolarum gentium fuiibus illustris & rei militaris peritus viros imponu- bant, ad coercendas videlicet finitium incurio- nes: qui deinde à marca, hoc est, limite, Marchio- nes vocati vulgo; quas & Margrafios vocamus. Hac ille tem. III. Rer. Alam. Gold. pag. 66. Ex omnibus Francerum Marchionibus, primus nominatur Gero, Marchio contra Sclavos, qui limitem Saxonicum te- miit an. 950. Reliqui, quamvis non nominati, an- tignitatem tamen suam ad avam Carolinum produ- cere videtur, in ex Aimoniis testimonio patet. Gal- licum Marquis, & Italicum Marchese, i Germanico fonte sunt.
MARRAINE. De matrina: comme parrain, de parrimus. Voyez Vollius, de Vitiis Sermonis. M. MARRE. Instrument de Laboureur. Du La- tin marra. Columelle, dans son Poème de Cultu Hortorum: Mox bene cum glabis vivacem cespitis herbum Contundat marra, &c. Juvénal, Sat. 1. Ne marra & sarcula defint. Le Latin marra a été fait du Grec μυρρ. Hésychius, MAPPON: i praxen estupus. Voyez tintamarre. M.
MARREIN. Bois à bâtir, de materiamet, qui se trouve en cette signification dans la Loi Sa- lique. Voyez Marmentaux. Le Duchat.
MARRI. Triste, affligé. MARRIZON, tristesse, affliction. Ils viennent de martirio, qui signifie dem- mage, injure, ou tel autre sujet de tristesse & d'af- fliction. Les Capitulaires de Charles le Chauve, libre 16. chap. 13. Suis fidelibus aliquod damnum, am aliquam marritiemet, non faciet. Dans la Cen- turie des vieilles Chartres recueillies par Goldast, Chartre 16. où il est parlé de certains serfs: Post obitum vero meum, absque ulla marritione ad jam. abitum Monasterium perpetualiter possidenda. Et en la Chartre 61. Sin autem ipsa rei sine ulla marri- tione ad ipsum Monasterium revertantur. Toutefois Joachimus Vadianus, dans quelques Notes qu'il a faites sur un ramas d'anciens Actes, nous veut faire croire que martirio signifie tergiversation & calom- nie, sous prétexte qu'en Alleman marrasen signi- fie contester & debatre. Caseneuve.
MARRI. De marritus. Marritio; d'où notre mot marrison; se trouve dans les Capitulaires de Charles le Chauve, pour une sacberie arrivée par quelque perte. Vollius croit que ce mot a été dit par corruption pour murmuratio: ou qu'il vient de l'Alleman ou du Flaman marron, qui signifie mur- murer. Voyez-le au chap. 24. du livre 3. de Vitiis Sermonis; & le Père Sirmond, dans ses Notes sur les Capitulaires de Charles le Chauve, pages 18. & 19. Goldstat, dans ses Alémaniques, tome 3. page 72. Intervertant ces mots d'une ancienne do- nation: Post obitum vero meum, absque ulla marri- ciens ad jam. dictum Monasterium firmiter permit- ment, perpetualiter possidenda, explique le mot de marricio, par celui de calomnie, ou de tergiversa- tion. Marricione, pro tergiversatione & calomnie, accepisse videtur. Martire enim, verbum in alle- mania pure natum; abcesset & calumniari figui- ficat: nam vulgo ataminum marrasen dicunt, levi- bus de rebus altercari. M.
MARRI. Je dérive ce mot des Langues Orien- tales. Le verbe Ebreu סרדי, le Chaldéen סרדי, & l'Arabe marra, signifient tous trois être amer, être dans l'amertume. Ceux qui sont tristes sont dans l'amertume. Au Livre de Ruth, I. 20. Noëmi dit à ses deux belles-filles: Ne m'ap- pellez plus Noëmi (c'est-à-dire, belle); mais ap- pellez-moi Mara (c'est-à-dire, amère); parce que le Tout-puissant m'a toute remplie d'amertume. Les mots סרדי & סרדי meriri, en Ebreu, veulent dire amer, affligé: & de même סרדי & marir ou marir, ou סרדי & marira, en Chaldéen; marir ou mariro, en Syriaque. Un endroit du désert où passèrent les Israelites en sortant de l'Egypte, fut nommé Mara, à cause de l'amertume de ses eaux, Exod. xv. 13. Amertume se dit סרדי & marir, סרדי & marrah, & סרדי & marir, & סרדי & marir, & en Ebreu; merer, merar, merara, en Chaldéen; merer en Syriaque, marrah, en Arabe. On voit aisément la convenance de son & de signi- fication de tous ces mots Orientaux avec le Latin amarus, & le François amer; & avec le Latin mar- rere, être éché, être affligé, être triste.
MARRONNER. Se faire marronner: se faire porter par des Marrons dans les Alpes. Voyez Mar- rons. M.
MARRONNER. Friser en grosses boucles. On a appelé marrons, de grosses boucles de cheveux, parce qu'elles ressemblent en quelque manière à ces grosses châtaignes qu'on appelle marrons. Voyez ce mot.[{"box_2d": [513, 540, 879, 795], "label": "text", "caption": "MARRONS. Grottes châtaignes. De l'Italien\nmarrone, qui est un mot Milanois. Crescentius, v.\n6. 1. Alcune sono che fanno i frutti molto grossi,\niguali i Milanesi chiaman marroni. Les Florentins\nont le même mot. L'Italien marrone a été fait du\nGrec moderne μυρρ, qui se trouve en cette si-\ngnification dans Eustathius, for l'Ostisse κ. σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; σ' 3\nnapius duris; Eustathius parle du châtaigne; 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σ' 3\nnapius duris; E de l'alumance d'alleghant, qui, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, qui, d'alleghant, 1.
MARSEILLE. Ville. De Massilia. Touchant l'étymologie de Massilia, voyez, je vous prie, mes Aménités de Droit, au chapitre 3. M.
MARSILLANE. Sorte de vaisseau de mer. C'est un bâtiment Vénicien, qui fait souvent la traversée du Golfe Adriatique jusqu'aux Zambes, dit M. Gailler. Il est vrai-femblable qu'il a été ainsi dénommé de la ville de Marseille, où il a été premierement bâti. M.
MARSOLEAUX. Nous appelons ainsi en Anjou les linoteaux qui ont la gorge rouge : du mois de Mars auquel elles naissent. Et nous y appelons de même nom, pour la même raison, les cochons qui naissent au même mois. ¶ Mars, marsus, marsolus, marsoleux, MARSOLEAU. M.
MARSOUIN. C'est un pourceau de mer ; comme qui dirait maris sus, ou maris suillus. Car Isidore, livre 11. chap. 6. dit que tels poiffons sont appelés suilli. Parci marini, qui vulga vocatur suilli, qui cum escarum marus, more suis, terram sed aquis sedium. Adnoin, Moine de Fleury, en la Vie de Saint Abbon, chapitre 5. les appelle percipisses, & marsuspas : d'où nous avons peut-être tiré ce mot : Repente conspicuum marsuspas & percipisses in suillius Iudore. Calenceuse.
MARSOUIN. De marinus sus : à cause de sa ressemblance à un pourceau. Maris suinus, marsuinus, MARSOUIN. Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 134. Adeo pinguefcis, us & inde, & a capitis similitudine, marinum fuem Galli appellarius panis corruptare voce marsouin. On de l'Alleman meresfoucin, qui signifie la même chose. Meer, en Alleman, signifie mer; & schmerie, pourceau. Les Grecs ont de même appellé le destin (qui est le même que le marsouin). Anjou : de Anjou, qui signifie un petit parc. Voyez Scaliger contre Cardon, cexxiii. 5. Nous disons en Anjou par injure à un homme gras, que c'est un gros fouin. Isidore xii. 6. rend une autre raison de la dénomination de porcus marinus : qui est, qu'il remue la terre comme un pourceau. Pour le maris, qui vulga vocatur suilli : qui il est, qu'il est, mais suis, verras sed, aquis sedium. C'est, qu'il est, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, mais, 1.
MARTAGON. Espèce de lis, qui a la fleur amenaise, et la feuille verrouille. C'est un mot modenai. Mathiste, sur le chapitre 30. du liv. 3. de Diefioride : Cserius & ilud inter lilia miris amenaeari poti, quod martagon Chymilia appellant. M. de Meuve, dans son Diefioride Phartepacolique, au mot perifion, dit que Gallen, en parlant de ce perifion, dit qu'il y a une autre espèce de lis, fort commun dans les Jardins d'Italie, entamé par les gens du pays Martagon. Cela ne se trouve point dans Gallen. ¶ Les Italiens disent martagon : & c'est des Italiens que nous avons emprimé ce mot. M.
MARTÉ. Animal, appellé autrement marre, par corruption ; car ce mot vient de marre, marris. Mathias Marrinus dit que ce mot Latin marre se trouve dans Martial : Venator, capta marre, superbus adiff. Et c'est en effet comme ce vers, qui est de l'Epigramme 37. du livre X. se trouve imprimé dans la plupart des Editions. Mais où il faut lire capta marre : ce qui a été remarqué par M. de Saunafis sur Solin page 1009. ce mot Latin marre ne se trouvant point dans les Auteurs Latins. Et cette leçon a été approuvée par Scriverius. Les Espagnols l'appellent marre. Les Allemans l'appellent marrer : & c'est apparemment ce mot Alleman qui nous a fait prononcer marre pour marre, & qui a fait appelier cet animal marra par les Ecrivains Latins des bas siècles. Endmarus, au liv. 1. de la vie de S. Anfeline, nombre 5. Et ecce in via qua gradiebarre, bestiola quem marritam vocant, perdicem in ore ferbar. Voyez le Clothaire de M. du Cange, au mot marrer. Gefier croit que cette petite bête a été appelée marre, quod marria, id est, paguas & feria bestia se : sagulas enim mores, gadimas, & aves cateras. J'oubliois à remarquer que les Italiens l'appellent marrerella, qui est un diminutif de marra, dit pour marra. M. MARTI Sublime. Par corruption, pour marre cibelloe ; ou comme il ya dans Nicot, marre sombine. M. Isaac Voffius a fait une belle Observation sur ces Martes, laquelle mérite d'être ici rapportée. C'est sur ce vers de Catelle. Auratum optantes Colchis avarare pellem. La voici : Licet vellere aureo nihil se mutus, cum in verorum Scripterum, & pracipia Puttarum libris, atramque faciat paginam; neminem tamum hailem inveni, qui causam & originem huius fabula, qua, ut catera, non ex nihilis est orra, fatias satis tradideris. Chymici, auri conficiendi variam Colchis mitam fuiso volute. Verum, & magas mirramus, hac ennuque fabula de aureo vellere verifima est ratio, quod he nunc, & quque olim, & munibus faculis, non pracipia tamum, sed & sola Colchorum apes, in pracipiaum pellum, & pracipiaum Zibellinarum, ut vulga vocatur, sita fuerim cummire. Pelles ifte ex vicina Colchis libria deforbatur : nec tamen ibi provedebatur, sed in regians magis Sepen-triunali, qua hoc quoque tempere, adjuffia, pro mare, fibilante litera, nomen servat; Siberia quippe dicitur. Nufquam vice terramum orbe usque harum pil- liens, georgies, quom in illonges, Quidquid ali Sibes, Persis, & Europa, illos, praes, laius maris deferris, inde feris, plesus, iens, un- mal, ut hic tempore, non uno appellatur, nundus: liquidem Sibel, Sibel, & Simmet, dicitur: in quae, ulos, vatis, modis, duorum, hoc fuo, vocabu- lum. Et Parthias, Persis, appellarum, suis, xue, conflus ex Herpice, Sed & ridens, dicitur, iens, ad- dens, inde, illos, iens, nempe, Afluricus, Rho, 20- cuen, & Sibiles, & V. Iones. Et fane, mulos, vari- similis, ab hoc animalis, nemes, accepisse, iens, quom in Europa, iens, & N. Methodorum, et esse civilis, Jernandes, Saphithus, vocat, peles, quo & Eutentis ad Romanus, deportabantur, famosas, ni- gredue. Si quidem & nunc, quatu, nigriens, tam- to, majoris, sunt preti. Romanus, posteriores, peles, if- sinendi, appellarum, Parthias, quod ex Parthorum deprobantur, dicimus, & negotiatores, barum, Par- thicarios: ut ex Jure cognoscimus. Satis ex his pla- to, ni fallor, possit, confici, quare, ab antiquarius Gracis, Colchi, aucti, vellens, possit, suis, dican- tur. Aureum vero, ideo, quod, aucti, contra, carum, esse, & infinites, ipse, preti, suis, purpura. Gracis, cum pro- sum, id esse, animal, nec aliud, vellus, quam, evium, conflus, aguerum, Scythicum, peles, esse, credent, niblio, majori, ratium, quam, qui, possita, multilarum, sen, murium, Punicarum, genus, esse, dixer, cum, sit sui, generis, animal, & nihil, cum, aliis, habeas, com- munis. Cum, inter, Smedos, versaremur, non, senes, vi- va, etiam, conspeximus, hoc, animalia, & Moschristi ex Siberia, et deportata. Et miror, illos, qui, animalium, scripsire, histeriam, eorum, non, appo, suis, imaginum. ¶ Voyez, ermine. M.
MARTEAU. De martellus. Pline VII. 56. Tegulas, invenit, Cynira, Agriopa, filius, & metalla aris: utrumque, in Insula, Cypre. Item, forcipem martellum (c'est ainsi, qu'on les, anciennes, éditions, & non pas, marculum), velleus, incudem. Papias: Martellus, mediocris, malleus. Le Clusilate, Fran- çois-Latin: MARTEL, martellus. On a, auffi, dit martulus. Un Fragment de Pétrone, rapporté par Joannes Salliberiensis, Polycrat. IV. 5. Mar- riolum, de sum, poferens, vitrum, correxit, aptissimus. Les Italiens, disent de même martelle, & les Ef- pagnols, martille. Caninius, dans ses Canons des Dialectes, dérive l'Italien, martello, de marculus: C en T: comme en fastello, de fasciculus: mais & l'Italien & l'Espagnol, viennent sans doute, comme le François, de martellus, qui est un, di- minutif, de marus. Martus, se trouve dans des vers, ciés par Conradus de Fabaria, Prêtre de Saint Omer, au livre qu'il a fait de Cassius, Monasterii S. Galli in Alamamia: Ex, incude, mala, martis, quasatur, ut, aula. Sur lequel endroit voyez, Goldstat, dans ses Alé- maniques, tome 1. partie 1. page 224. Caper, le Grammairien, dans son traité de l'Orthographe, dit que marculus, qui est la même chose, que mar- tellus, est dit à marte: ce qui fait voir qu'il faut dire marculus, & non pas marculus. M.
MARTEAU. Wachter, dans son Glossarium German, pag. 125, le dérive du verbe Alleman, bar- rin, frapper, par le changement du x en M, qui font des lettres du même organe. Voici les termes de cet Auteur: Martus, martellus & mar- telus, pro, malleus, sunt à bartem, pulsare, & ne- quaquam à marte. Labiales, permutari, quid, magis obvium?
MARTEL. Nom d'un Maire du Palais, pere de Papas, le Beef, & aïeul de Charlemagne. De martellus. Le Président, Bertrand, en la Vie de Athis, Capito: Poësores, Hugoni, Capori, Capetos dillos, non, reperimus; iens, eadem, ratiens, à Galli Capetus, quà, Atticus, à Romanus, Capito, nuncupa- tus, sic. Sic, Caroli, Martelli, successores, Martelli, co- gnomen, non, usurparere. Quod, quidem, magna, auc- teritatis, Scriptores, impassimum, et suisse, patens, quia sicuri, malleus, qui, MARTEL, Gallicè, dicitur, ferrum, conscindis, & multis; ita, ipse, multas, gentes, devicit, eterumque, vires, congregit. Ego, vero, sic, nuncupatum, acvissimus; quod, caput, ad, similitudinem, mallei, quem ut, diximus, Galli, MARTEL, vocatur, habuerit. Sic, Tu- dit, non, cognomen, inditum, quod, caput, ad, mallei, fur- mam, haberet. Tudites, enim, mallei, sunt, autore, Festus, à, tundenda, ditis. Goldstat, dans ses Alémaniques, tome 21. partie 1. page 224, parlant du mot, mar- tellus: Quo, nomine, Carolus, Magni, Imperatoris, avus, qui, & CHALLE, MARTIAUS, appellatur, à, Guil- lemo de, Nangis, in Chroniciis, Regum, Francorum, Lin- gui, maternâ, ab, se, sciptis, insignitus, est, quod, hostes, suis, non, sicus, domaret, atque, faber, in, incude, for- rum. Quo, poëto, Babylonia, vocatur, malleus, universi- se, terre, ab, Jeremia, Propheta, cap. 50. vers. 23. ¶ Geoffroy, Comte d'Anjou, fut de même, sur- nomné, Martel. Guillaume de Malmesbury, dans la Vie de Guillaume I. Roi d'Angleterre: Et, tempo- re, erat, Comes, Andegavorum, Gauritibus, cognomeno, Martellus; quod, ipse, sibi, usurparerat, quia, videba- tur, sibi, felicitate, quadam, omnes, obsistentes, contunde- re. Sigebert, dans sa Chronique: Gauritibus, Mar- tellus, hoc, cognomen, sibi, usurparerat, quia, videba- tur, omnes, sibi, obsistentes, felicitate, quadam, contun- dere. Foulque, Rechin, Comte d'Anjou, son, ne- ven, dans son Fragment de l'Histoire d'Anjou, publié par Dom d'Acherl: Propter, qua, omnia, be- la, & propter, magnanimitatem, quam, ibi, exercebas, merit, Martellus, nominatus, est: quasi, suis, conturens, hostes. C'est, la, visitable, origine, de, ce, simmon. L'Auteur de l'Histoire de Saint Florent, a, écrit, que, ce, Geoffroy, Comte d'Anjou, fut, appellé, Martel, parce qu'il, avoit, été, élevé, à, Loches, par la femme d'un, forgeron: ce, qui, n'est, guere, vrai- semblable. Voyez, mon, Histoire de, Sable, page 117. M.
MARTIN. On dit: Pour un point, Martin perdit, son, à, pour dire, il a, perdu, la, partie, faute d'un point. Cardan, rapporte, l'origine, de, ce, proverbe, & dit, qu'un, nommé, Martin, qui, étoit, Abbé, d'une, Abbaye, appellée, Asello, avoit, fait, écrire, sur le, portail, de, sa, maison: Poria, patens, esto, nulli, claudaris, bonesto. Mais l'ouvrier, par, mégarde, ou, par, ignorance, avoit, mis, le point, après, le mot, nulli; ce, qui, don- noit, au, vers, un, sens, tout, contraire. Le Pape, pas- sant, par-là, fut, indigné, de, cette, incivilité, &, pri- va, l'Abbé, de, son, Abbaye. Le, Successeur, fit, réfor- mer, cette, mauvaise, ponctuation, du, vers, auquel, on, ajouta, le, suivant: Pro, solo, punito, caruit, Martinus, asello. Mais, parce, que, le mot, Italien, Asello, signifie, en François, à, on, a, ainsi, tourné, le, proverbe. Pour un point, Martin, perdit, son, à, au, lieu, de, dire, son, Abbaye. On, appelle, l'ivresse, le, mal, saint, Martin, parce, qu'autrefois, on, tenoit, des, foires, pour, la, vente, du, vin, vers, la, saint, Martin, où, l'on, buvoit, beaucoup. MARTIN-6aton. Rabelais, liv. 3. ch. 12. Jo M A R. M A S. la barrage enigne, scelle un fâche : Martin-hévin en fave l'efice. Le Martin, qui parole le nom de la- chute d'un homme qui s'appelloit : Bâtion, d'eft qu'une épithère du mot hâme : & Martin vient de morts fait de mars ; comme martran : Martin, Martinus, MARTIN. Le Duchat. MARTIN de Cambray. Rabelais au Prologue du liv. 4. En originale antique attache à sa ceinture de cuir, & s'en ceins sur le cul comme Martin de Cambray. C'est une petite figure qui frappe les heu- res à l'horloge de la Cathédrale de Cambray. On a donné à cette figure le nom de Martin, tant parce qu'elle est accoutré comme un petit Mars, qu'à cause que c'est avec un martinet ou petit mar- tran qu'elle frappe les heures. Le Duchat.
MARTINER. Rabelais, liv. 1. ch. 18. Par- quer un chacun de l'armée commence à martiner, chapiner, & trinquer de même. Martiner, c'est-à- dire, boire comme on fait à la Saint Martin. Le Duchat.
MARTINET. Olfeau. C'est une forte d'hi- rondelles, qu'Artiste appelle évele, c'est-à-dire sans pile : parce qu'alant les plés ferres contre le ventre, elles paroissent n'avoir pas de plés. Je crois que c'est de-là qu'on a appellé martinet, un petit chandelier à queue & sans patte. S. Add. MARTINET pefcheur. Olfeau : espèce d'hal- cyon. C'est un diminutif de Martin. Nous avons remarqué en plusieurs endroits de ce livre, que nous avons donné des noms de Saints à plusieurs animaux. Voyez perroquer, fanfouret, guillemer. Nous avons ajouté le mot de pefcheur, au mot de martinet, parce que cet olfeau prend des poli- sons : & pour le diftinguer du martinet, espèce d'hi-rondelle, qui n'est point pefcheur. M.
MARTINETS. On appelloit ainsi autrefois dans l'Université de Paris, les Ecoliers qui chan- goient souvent de Collèges. César Egaffe du Bou- lay, tome 5, de son Histoire de l'Université de Paris, page 648. Die 9. Othéris 1465. Facultas Artium decemis adversus vagus fabelares, vulgi Martinatus, qui de Collegio in Collegium difcurre- hans ; renovasque flatatum alias folium ; Reclere M. Joanne Peron. Et ailleurs il les appelle Martin- atus : Martinatus. M.
MARTINGALE. Chanses à la martingale : qui est un petit-levis du cul, pour plus aisément fien- ter, dit Rabelais livre 1. chapitre 10. Bête, dans sa Lettre sous le nom de Benediktus Palfavantius au Président Lillet, page 163. Quantité non plus facile ad proposum, qu'un si canonico Mitfam, ne sacres tenum (tu bene me intelligis) in caligis suis ad martingalam. Les Italiens disent, dans la même signification, alla martingale; & les Espagnols, a las martingalas. Ces Chanses furent originaire- ment portées par les Martégaux, peuples de Pro- vence. Et c'est de ces peuples qu'elles ont pris leur dénomination. Voyez grégor. On a dit de même des Chanses à la Suisse. Voyez Rabelais, en lieu allégué. Je me suis trompé dans mes Origines Ita- liennes en dérivant l'Italien martingala, de gala, qui signifie made, & de Martin, nous propre d'homme. M.
MARTINGALE. Les Martégaux donnèrent aufil leur nom à certaine rime que de leur nom on appelle Martégale. Voyez J. de Notre-Dame page 43. de les Poètes Provençaux. Ce sont les Madrigaux d'aujourd'hui. Goyer, de l'Origine des Romans. On a dit Martingale pour Martégale, par corruption ; comme dans Froissart ou de Par- tingal pour Paringal. L'Ille de Martégue est en Provence. Bête, l'Ille. Eccl. tome 1. page 141. Le Duchat.
MARTRAY. Voyez martray. M.
MARTRE. Voyez marre.
MARTROY. Place publique de la Ville d'Orléans. Elle est appelée Marre dans la Chro- nique de Guillain de Nangis, en l'an 1514. à l'endroit où il est parlé du supplice de Philippe & de Gautier d'Aumoy, frères, accusés d'avoir dé- buché les femmes des enfants de Philippe le Bel. In communi placée Marre, cunfii videntibus, vivi exteriant, &c. & ad commode partibulum traditi, &c. M. de Gives, Avoix de Roi au Prédidial d'Or- léans, avoit quelque opinion que ce mot avoit été fait de patrie, en la signification de témolgu- ge, à cause des témoins de blé que les Députés de la Police vont tirer tous les famedis, qui font les jours de marché, afin de mettre le prix au pain pour la fémaline, sur le prix & la qualité du blé. D'autres le dérivent de martyrum, dans la signi- fication de martyre : prétendant que c'étoit le lieu où l'on supplicoit les Martyrs. Et j'apprens de M. Formentin, Grand-Vicalte de M. d'Orléans, que ce lieu se trouve appellé de la sorte dans quelques titres Latins. Ce qui me fait remarquer ici que la Toussain dans le Languedoc est appelée Mar- ron, parce qu'on nommoit autrefois cette fête Follum Martyrum : comme on voit par ces paroles d'Uffard, au premier de Novembre : Feltritas Beata Dei Gemiricis, & omnium Martyrum, quam Bustifacus Papa celebrum & generalem infinitis. Uffard ajoute, parlant de Grégoire IV. Gregorius Punifex postmodum decrevis eadem in honore om- nium Sanctorum folenumier obfervari. Sur quoi Du- rand de Mende, livre vir. de son Rationel, cha- pire 14. a dit : Clou singula idola Romanorum Ro- ma Templum habere non possem, Romani annem Tem- plum in honorem Cybello, Martis Diorum, & om- nium Diorum iperum, sicerum, quod diffum est Pan- theon, &c. Succesphoror temporis, Bustifacus Pa- pa peritis à Phoca Cifare, Imperature Conflamine- politiam, qui prærar Romanis, Templum illud sibi dari. Quo obtento, abfeclis inde Idolis, dedicavit illud quatro Idus Malfi, ad honorem Beata Maria Virginis, & omnium Martyrum. Et diffum est Fol- lum illud, Beate Marie ad Martyres : nondum enim fiebant Folia de Confessoribus, sed folium de Martyri- bus, &c. Statuit ergo idem Papa, us singulis annis illa die celebrareur Folium de Martyribus : sicut in Calendia ejusdem monst. celebratur Folium Apo- folorum, &c. Verum Gregorius IV. hoc Folium Mar- ryrum translucit ad Calendus Novembris, ut tunc, colletis terra frugibus, convenienter ad hoc Folium, possent explosus vitinalia inveniri : infituens tunc fieri Folium, non folium Apollorum & Martyrum, sed etiam Trinitatis, & Angelorum, & Confeso- orum; generaliter omnium Sanctorum & Sanctorum; & etiam Electorum. A S. Clou, pria de Paris, & à Boligency, sur Lolre, il y a aussi une place publique appelée le Martray : ce qui s'accorde fort bien avec l'opinion de ceux qui dérivent Marrey de Martyrum : mais ce qui ne s'accorde pas de même avec plusieurs petites Terres particulières, appelées le Marrey. Marre & Marrey, paroissent avoir été formés de Martyricum. M. M A S. Vieux mot qui signifie maffei. Rabelais, dans le Prologue du liv. 4. de son Pantagruel. 5. Il en achepte force massacres, force granges, force con- flit, force mas, force bords & bordieux, force caili- nes, &c. De mansus, fait de manne. Manne, man- se, mansus, masus, mas. M. M A S. Terme de Jeu de Des. De l'Espagnol mas, qui signifie davantage, &c qui a été fait de magis. Du sabbancif mas, on a fait la verbe massac. M.
MASCARADE. Voyez massac. M.
MASCARET. Dans la Garogne & dans la Dordogne, on appelle massacres, ce premier flot, on cette première pointe de la marée, qui com- menece le reflux en ces rivières-là. Dans la Garo- gne, dont le lit est droit & fort large, il n'est pas si considérable que dans la Dordogne, dont le lit est tortueux, &c beaucoup moins large que celui de la Garogne. Dans cette rivière, particulièrement aux équinoxes de Mars &c de Septembre, on en- tend de plus d'une lieue le bruit que fait le masca- ret à son arrivée. Et comme il tient toute la ri- viere d'un rivage à l'autre, il semble une vaste cascade de la hauteur d'une pique, laquelle s'avan- ce à grands pas. Il paraît alors admirable à la vue. Mais il est si semble, qu'il renverse d'ordinaire tous les bateaux qu'il trouve de côté : car ceux qui se présentent à lui par la proue, le fendent facilement. Dans les autres mois de l'année, il n'est ni si grand ni si fort. Il a cela de particulier, qu'il est plus rapide sur les rivages, que dans le mi- lieu de la rivière. Il ne manque jamais de venir à l'heure de la marée. Et c'est un spectacle agréable dont jouissent une fois le jour ceux qui habitent sur les bords de la Dordogne. L'étymologie de ce mot n'est pas connue. M.
MASCARET. Je crois que ce mot est un di- minutif de Macar ou Macary, qui est la pronon- ciation Gasconne de Macaire. Saint Macaire est le nom d'un Bourg situé le long de la Dordogne, & de la dépendance de Bourdeaux. Jod. Sincer, en son itinéraire de France, pag. m. 407. Qui hoc (Dordonia fluvio) ascendere ulterius cupinus, illi quotidie horam unam atque alteram, antequam reſtuit aftus, vocantur à nantis Cadillacensibus, Macarens- ibus, Langenensibus, aliis, qui ſtatinum suam ho- bert inter portam S. Michaelis & S. Crucis, sol- vunque veniente aſtu, ac reliores quinerum ſolida- rum meycede ſolita perſerunt. On voit par ce paſſa- ge, qu'entr'autres bateliers, ceux de S. Macary font des premiers employés par les paſſans qui de Bourdeaux veulent remonter la Dordogne, &c évi- ter la fureur du mascaret. Et il y a apparence qu'on se ſert d'eux volontiers dans cette vue, parce que, comme voſſins de la Dordogne, ils ſavent mieux que bien d'autres, comment il faut rompre le mas- caret, qui peut-être se voit ordinairement de chez eux dans toute ſa force. Macar, macaret, masca- rei. On y a inſéré une :, comme dans uſſensiles, d'uſſensilia. Le Duchat.
MASCAUT. Les Comtes d'Eutrapeille, fol. m. 60. 1. en chapitre inſitué Dibas & Accard, &c. Car il avoit trouvé le maſcant & argent de ſon peu bien eſſil. C'est, je pense, ce qu'on appelle auſſi maſ, &c magant, dans la ſignification d'une bonne ſienne d'argent, à laquelle le propriétaire ne touche point. Le Duchat. MAſEE. Fumier. Maſſure, lieu où l'on aſſem- ble ce fumier. C'est ainsi que le peuple parle en Normandie. Par corruption de marie, &c de mar- liere. Huet. Voyez marie.
MASQUE. M. de Saumaise, dans les Notes sur Tertullien de Pallio : Mandus, Iiuius interpre- teur Heſychius. Eadem & ſuiera dicebatur. Idem : ſuiera, iuaia, ſueuaia. Et notabis, ſueuaia, & moſcaendua, res turpiculas, & deformes larvas, Gra- cis appellari, qua ad avertendum faſcimum adhibe- hantur. Cum ſuiera & miſera diceretur, inde maſcas Lacini recentiores de larvis & perſonis uſurparunt : & ita etiam hodie vocamus. Caleneuve.
MASQUE. Les Italiens disent maſchera, &c les Eſpagnols, maſcara. Le Francioſini veut que l'Italien soit dérivé de l'Eſpagnol, &c que l'Eſpagnol soit composé de cara, qui signifie viſage, &c de mas qui ſignifie plus; comme qui ditch un viſage de plus; un ſecend viſage. Voici les paroles du Francioſini : MASCHERA, ſaccia, o toſta ſinta, di varia peſta, o di coſa ſimile. Ed è puramente voca- bulo Spagnuolo : ma è corrotto, poiche in Caſtigliano ſi dice maſcara, che è compoſto da mas, o carà, che ſignifica più viſo. Le Francioſini ſe trompe exraſ- ment. Et ceux-là ne ſe trompent pas moins, qui dérivent l'Italien maſchera du Flaman miaſch, qui ſignifie macula : citant à ce propos ces mots de Pline xii. 14. Perſona adjectitur capiti, denſuſe- que reticulus. L'Italien maſchera de l'Eſpagnol maſ- cara, ont été faits de maſcha, mot de même ſi- gnification. Aldhelme, dans ſon Poème de la Vie- ginité : Sic quoque maſcharum facies criſtata facelſit, Cum larvam & maſcham miles non horreat audax. Mais écoutons M. de Saumaise, dans les Notes sur Tertullien de Pallio, page 70. Mandus, Iiuius interpreteur Heſychius. Eadem & ſuiera dicebatur. Idem : ſuiera, iuaia, ſueuaia. Et notabis, ſueuaia, & moſcaendua, res turpiculas & deformes larvas, Gracis appellari, qua ad avertendum faſcimum adhibebantur. Cum ſuiera, etiam miſera diceretur, inde maſcas Lacini recentiores de larvis & perſonis uſurparunt : & ita etiam hodie vocamus. On lit à l'article 14. des Capitules d'Hincmar, Ar- chevêque de Reims, imprimés dans le troſtième Tome des Conciſes de Frapce du P. Simond, à la pag. 611. Larvas Damonum, quae vulgo tala- maſcas dicunt. Burchardus, liv. 1. chap. 161. dit la même choſe. Théodulfe, Evêque d'Orleans, & quelques autres Ecrivains, ont employé ce mot de talamaſca dans la même ſignification. Voyez M. du Cange, dans ſon Gloſaire Latin, aux mots maſca & talamaſca; Dom Jean Mabilon, à la pag. 186. du premier tome de les Analeſtes; &c M. Baluze, dans les Notes sur Rhéginon. Dans l'endroit d'Heſychius, ci-deſſus rapporté, au lieu de Iiuius, M. Bochart corrigeoit Iiuius, fondé ſur ces autres paroles d'Heſychius : Iiuius; incite, iuiuiiua, à une de la ſiua viſt opſi, qui qui opſi. Je reviens au mot maſca. Il ſe trouve dans Ro- tarius, liv. 1. cit. xi. chap. 3. des Loix des Lom- hards, dans la ſignification de Sorciere. Nullus pro- ſumis aldiam alienam, aut ancillam, quaſſirigam, qua dicitur maſca, occidere. Et liv. 1. cit. 19. cit. 3. Si, qui, mandium de puella libera, aut libera ma- liere habens; cum ſtrigam, quod eſt maſca, riame- veris. Nicolas Remigius, liv. 1. de ſa Démomola- trie, chap. 18. veut que les Sorcieres ayent été ainsi appellées, à cauſe qu'elles ſe cacholent ſons des maſques. L'opinion de M. de Saumaise, qui a écrit qu'elles avoient été ainsi appellées de ſuiera est est plus vnaffemblable: Je rntarquerai pourtant ici en paffant, en faveur de Remigius, que nous appellons une putain une masques; & qu'anciennes ment dans la Grèce les bordels étoient hors des villes; & que les femmes qui s'y proftiuoient étoient masquées, afin que les hommes qui couchoient avec elles, ne les reconnaissent pas. C'est ce que nous avons appris du Philosophio Chryfipe, au liv. 4. d'Origène contre Celis. Mais apparemment nous appellons les putains masques, parce que la plupart étant fardées, on peut dire qu'elles sont masquées: De peur du hâle, elle porteit deux masques; L'un de peinture, & l'autre, de voleurs: dit notre Poëte Maynard, dans une de ses Epigrammes. Ergo mihi nunquam nisi personata videnda est dit Buchanan dans une de ses Elégies. M. M. A. QU. E. Grotius le fait venir de la Langue Gothique. Masca, dit-il, Venefica, Saga. Vianet vox Longobardis in Italia. Proprié est larva. Huet. M. A. QU. E. Le Tréfor de la Langue Allemandé d'un certain anonyme, qui a pris le nom de Spaten ou de Tardif, Nurembl. 1691. in-4°. Masche die, labus, foramen retis, à maïe macula, quia & ipsa hoc foramina macula dicuntur. Marke, die, est à masche, foramen retis, quia primitus velai aut capita retibus, antequam larva ex compaella masa & fecibus fierent: unde etiam Gallica vox le masque originem trabit. Le Duchat. M. A. QU. E. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 1055, parle ainsi sur ce mot: M. A. QU. E. larva, facies ficta. Anglis mask, Gallis masque, Italis maschera. Salmasus, in notis ad Pallium Tertulliani, deducit à Greco faenina, quod interpretatur res turpiculas ad avertendum sacrinum adhibitas: Martinius, in voce masca, à Belgice masche, reticulum, quo facies obvelatur: Skinnerus ab Arabico mascara, lufus, jocus. Madem à Longobardico masca. Quemadmodum enim Latini larvas à lemuribus & speckris transluerunt ad facies ficta: ita vox Longobardica à strigibus ad facies strigibus similes, & deterrendis pueris sacra, commodè traduci potuit. Postea, quod ab initio erat puerorum terticulamentum, bilaritati inferviro expis. Qua in re vulupas videtur imitata mertrices Gracorum, qua larvas portabant ante faciem, ne à congrendientibus cognoscrentur, quod ex Origene contra Celsum, lib. 4. observat Menagius. Priores Belga has larvas appellabant talmaschen, fortè à talen ludere, velut larvas ludicras; vel à Celtico detw, dull, effigies, imago. Certè apud Killanum talmasche est larva; & talmaschen, larvam induere. Inde Latino-Barbaris talamasca, quam Theologi. Francorum larvam demonis vocant, opinor ab auctore Diabolo, non quod ea sit vis vocis. M. A. S. A. R. E. Serama étoit anciennement une sorte d'épée. Les Loix des Wifigots, liv. 9. tit. 2. Loi 19. Spatis, scramis, lanceis, sactisque infrutilus. Et sax, un poignard: comme j'ai déjà dit sur le mot Assassor. De ces deux mots sur forme Seramasaxus, qui étoit une épée propre à faire des meurtres: comme j'ai déjà dit sur le mot Sforim. Grégoire de Tours, liv. 4. ch. 46. dit que le Roi Sigebert fut massacré cultris validis, quo vulgo scramasaxus vocant. Je crois que de ce mot Seramasaxus a été fait massacrer; comme qui diroit Seramasaxus. Caseneuve. M. A. S. A. R. E. De massaculare. Massa, massaculum, massaculare, MASSACRER. Scaliger sur la Tome II. Chronique d'Enfèbe, pag. 85. de la première édition: Ancyanace, Gallis dicitur assommer, massacrer: de que in Cammbus satis diximus, 'um hanc besariam trabaremus. Hinc vuxuamptis veteribus. Latinii fuftuarium. Polybius vertis Cæmnesis: vulgo massaculum. Hinc etiam Helychio quavumptis, & abutis. M. de Caseneuve le dérive de Seramasaxus, qui étoit une sorte d'épée, propre à faire des massacres. Vbyex sa Note. M. M. A. S. A. R. E. Montrelet, vol. 1. fol. 30. b. édit. de 1572. parlant du Duc d'Orleans, massacré en l'année 1407. En outre, la le retournerent, & si très-terriblement le massacrèrent, qu'il fut présentement mort très-pitueusement. Le Duchat. M. A. S. A. L. E. N. S. Anciens Hérétiques, ainsi appellés d'un mot Chaldéen qu'Syriaque qui signifie priant, parce qu'ils croyoient que la seule prière suffisoit pour être sauvé. Le verbe 'in tsalli en Chaldéen, & tsali en Syriaque, veut dire oravit; d'où le participe metsafe, ou metsafe, priant, qui prie. Salla, en Arabe, oravit; messali priant; salar prière. M. A. S. E. De massa, fait de sacta. De massa, où a fait massalis, & massaliter: mots qui se trouvent dans Tertullien. Voyez Voffius de Vitis Sermonis. M. M. A. S. E. Parler à masse. Féneste, 1. 11. parlant de certain Latinifte, bon escrimeur pourtant, avec qui il s'étoit pris de querelle, dit qu'ils auroient parlé à masse, n'eût été qu'il lui survint un voyage de guerre, qui l'empêcha de faire appeler cet homme. Cette expression est du Langage François-Italien, & proprement du Royaume de Naples, où combattre a la mazza, se dit de ceux qui vulgent leurs querelles, non pas en champ clos, & couverts d'armes défensives, mais aux champs parmi les haies & les buissons, avec l'épée, la dagne, & la cappe, sans plus. Et ce mot mazza vient de l'Espagnol mata, qui signifie un buisson, un hallier; & que les Napolitains ont emprunté de cette nation, qui a long-tems dominé chez eux. Le Duchat. M. A. S. E. PAIN. De massa & de panis: d'où les Espagnols ont aussi fait masapan, & les Italiens, marzapanes. Cressolius, liv. 3. de Persella Oratoris actione & promuntiatione, pag. 121. Cornarius dulciaria in genere liba intelligit: & maximè & saccharo panes: quas marzapanes, corrupta, & massa panis voce, vulgo nominant. Cellius Rhodiginus, liv. xx. ch. 12. MADDAM promuntiant Megarenes (Suldas le témoigne). Hinc correpsit seran mazapanis, vulgo nunc uchi promissent, appellatio. Eriansus non improbatum eruditis est, marcipanes posse ab auctore principe nuncupari: quando & Marciatum legimus unguentum. Quin etiam Marci patillos in medendi ratione celebrant Graci. Par ces paroles, non improbatum eruditis, Cellius Rhodiginus, entend parler d'Hermolaus Barbarus: ce qui paroît par ces paroles d'Hermolaus Barbarus, qui sont d'une de ses lettres au Cardinal François Piccolomini, imprimée parmi les Lettres de Politiën, liv. xii. Quod verò ad munus ipsum attinet, scito saccharas tuas placentas, non modè fasunans & voluptuarias nobis fuisse, verum etiam eruditoris cujusdam interpretationis occasonem dedisse: ut videlicet, aut ab inventore, Martios appellatos dicamus: nam & Martios patillos, & Martiatum unguentum, in medicina levimus: aut, si hoc parum placer, a maza & pane, mazapanes vocatos existimem, &c. Et dans une autre de ses lettres à Pierre A a. Cara, imprimée dans le Recueil des Lettres Cla- rerum virorum : Etiam placenta, nucibus, amygda- lis, ex saccharo confecta; quas vulgo martios panes vocamus. ¶ L'étymologie de massa, ou de maza panis, est la véritable. Hésychus : MATA, Digen mariorum, Digen magor, Suidas : MATA, majus, & typus & dux; Digen & vix. Tupæ & paecum. M.
MASSER. Terme de Jeu de dez : formé de mas. Voyez mas. Les Espagnols disent parar, pour dire masser. M.
MASSON. Les échafaudages que les Massons dressent pour bâtir les mutrailles, sont appelés en Latin machina. Et ainsi Budée a traduit le machi- nari d'Ulpien par échafauder. C'est pourquoi les massons ont été appelés machiones, à cause de ces machines, ou échafaudages, dont ils se servent. Le Glossaire de Papias : Machines, Conflutures parie- tum; dicti à machinis quibus insinuus propter alti- ndines parietum. Isidore, liv. 19. chap. 8. dit la même chose. Orderic Vital, liv. 6. de son Histoire Ecclésiastique : Ipse cum macione & maturis, ne- cessariisque ministris, reliquias in maceria recondi- dis. Caseneuve. Voyez mason.
MASSON. Je crois qu'il vient de mas, vieux mot qui signifiens maison, & qui est le nom de plusieurs familles. Masson, qui fait des mas, c'est- à-dire, des maisons. Huet.
MASSORE. Terme de Théologie Judaïque. C'est une Critique que les anciens Docteurs Juifs ont inventée pour fixer la lecture du texte Ebreu de la Bible, & le garantir de toute altération. Ils ont nommé cette Critique, m'moa masorab, ou m'moa masorab, d'où massore, c'est-à-dire, tra- dition; du verbe 'moa masor, tradidis; parce qu'en la faisant, ils ont pris pour règle la tradition qu'ils avoient reçus de leur peres. On tient que ce sont les Docteurs Juifs de l'Ecole de Tibériade, qui ont fait ou du moins commencé cette massore. C'est pourquoi ils sont appelés Massoretes; comme qui diroit Traditionnaires. Les Arabes ont fait la même chose sur l'Alcoran, que les Massoretes sur la Bible. Il y a une grande & une petite Massore. Voyez là-dessus le P. Morin, Richard Simon, & Buxtorf dans son Commentaire Massorétique qu'il a intitulé Tiberias. *
MASSUE. Du Latin-Barbare maxuca. Orde- tic Vital, liv. 8. de son Histoire Ecclésiastique : Quidam enormis statura, ferens ingentem maxucam, presbyterum properantem prevenit, & super ejus ca- pire levato, &c. Caseneuve.
MASSUE. De maxuca. Orderic Vital, livre VIII. Quidam enormis statura, ferens ingentem ma- xucam, super caput ejus levato vette, dixit, &c. Maxuca a été fait de massa, dont nous avons fait MASS. Et nous avons fait MASSUE de maxuca, comme VERRUE de verruca, LAITUE de lactuca, CHARRUE de camuca. Massue se trouve dans Hé- linand, à la Stance première de son Poème de la Mort. Hélinand vivait il y a près de 500. ans ¶ Massa, massuca, maxuca. Massa, pour une pe- tire massue, se trouve. Joannes de Janua : Clava qui vulgariter dicitur massa. M.
MASS. A S T de navire. De l'Alleman mast, mot de famine signification, & usité par les Flamans, & par les Anglois. Les Espagnols ont aussi fait de-là leur mastel, ou masil. M.
MASTIC. Du Latin mastiche, fait de mavigo. Masticinum se trouve dans le Glossaire Arabico- Latin, expliqué par quod colorem masticis habet. M. M A S. M A T.
MASTICATOIRE. De masticatorium. Voyez mâcher. M.