MASURE. De mansura, fait de mansus. Mansus, MAS; mansura, MASURE. M. MAT : comme quand on dit eschet & mat. Voyez eschet. M.
MAT. Or mat, aurum impolitum. Hinc Spa- nische matton, Italicum matto, pro rudi & impto; Anglicum inadmann pro stuite. Omnia à Germanico mat, id est iners, ignavum, languidum. Miscellan- nea Leibnitiana, Leipf. 1718. page 430. Le Du- chat.
MATADOR. Ce mot, qui est Espagnol; signifie assommeur : & certaines cartes, au jeu de l'homme, sont ainsi appelées, parce qu'elles fem- blent assommer les autres par leur valeur. Il y a trois matadors naturels, espadille, manille & baf- te. Les autres triomphes peuvent devenir matadors avec ceux-ci, pourvu qu'ils faissent une suite sans interruption. Ainsi on en peut avoir neuf à la fois. Le Duchat.
MATAGOT. Sprit de Scimia; dit le Dic- tionnaire François-Italien, d'Antoine Oudin. Ra- belais, liv. 1. ch. 54. Cy d'entrez pas hypocrites, bigots, Vieux matagots, marmiteux boursoussiez, Torceux, badaux; plus que n'esthien les Gets; Ny Othrogots, précurseurs des Magots, Haires, Cagots, &c. Et liv. 4. ch. 51. Depuis elle engendra les Matagots, Cagots, & Papelars. S'il est vrai, comme le veut M. Ménage, que Magos vienne de mimus; com- ment en dériver Matagos, qui signifie aussi un fin- ge, &c.) Le Duchat.
MATAGRABOLISER. Rabelais, livre 1. chap. 19. Il y a dix-huit jours que je suis à mata- graboliser cette belle harangue. Et liv. 3. chap. 19. Je me sens tout matagrabolisé en mon esprit. Et liv. 4. chap. 63. Et restions tous pensifs, matagraboli- siez, sesolsiez & saschez. C'est un mon forgé à plaisir, qui signifie, être profondément appliqué à quelque chose; & il vient du Grec μυνηραιμία, cer- rigo, muto scribendo id quod scriptum erat. Voyez le Lexic. de Curio, au mot μυνηραιμία. De meta, pré- position Grecque, Rabelais a fait mata; & de me- tagrabel, il a fait matagraboliser, qui signifie proprement écrire en fou, après beaucoup de soins, de peines, & de recherches, toutes sortes de sottises & de bagatelles : car graboliser est un diminutif de grabel; & grabel est fait de gra- phein. Rabelais, liv. 1. ch. 10. a dit grabel un procès, pour l'examiner scrupuleusement. Et liv. 3. ch. 16. il appelle graban, une discussion trop exacte de matieres peu importantes. Le Duchat.
MATAMORE. Ce mot nous est venu des Comédies Espagnoles, où on introduit un Capitan Matamoros, c'est-à-dire, un Capitaine tue-mores. M.
MATASSINS. Espèce de danse. De l'Espa- gnol matachines. Voyez Covartuvias, dans son Trésor de la Langue Caissillane, au mot matachis. M. MATE de lait. En Espagnol nata : & de là naterones, fromages de crème. M.
MATELAS. De mataratium; qui se trouve en cette signification dans la Bulle de la Canonisa- tion de Rol. Lottis IX. Super lignum bellum pluta- tile, materatio simplici superjello. Et à ce propos il est à remarquer, que nous prononciens autre- fois materas. Mataratum a été formé de matra, c'est-à-dire, mare. M. M A T I L A 2. Wachter, dans son Glosterium Germanicum, pag. 1056. MATRAS, florea, teges viller. Cambis & Belgis matras, Anglis matreff, Italia materano. Latina matra non fuit ignota. Ovi- dius F. 6. In plaustro scirpea matra fuit. Idem Anglo-Samnibus meatta; Anglis matt., Belgis matra. Ab hoc medium annum duo formavit dimina- tiva, mattula, unde Gallis matelas, pro culcima; & materatum, unde Germanis & reliquis matras. Ipsum vero matt, quod ceteris simplicius, videtur eriri à melden tegere, de quo significatus album in- fria. M A T E L O T. De maft. On a ainsi appellé premièrement le Marinier qui servoit auprès du maft. On s'est servi ensuite de ce mot en général pour toute sorte de Marinier. Voyez maft. M. M A T E L O T. Ce mot ne viendroit-il point de manchiere, Marseillois? Les Marseillois jétoient très-intelligens dans la navigation. Ce mot nous servoit venus de la mer Méditerranée. Huer. M A T E R. Ce mot est ancien en notre langue. Gaffe, en la Vie de Richard I. Duc de Norman- die: A Robert fut le Rais à seyr recouffé Bien coïde avoir Normans mater & confusadus. Je ne sais pas bien d'où il vient. Peut-être de mat- tus. M. de Saumaisé sur l'Histoire Auguste, pag. 461. MATTUS, antiqua vox & Latina, qua emol- litum, subactum, & maceratum significat. Indo verbum mattare pro domitare, subigere & mace- rat. Isidores in Glosse: Mattum est; humectum est, emollitum, infectum. Hinc via matra Cicer- uni, via lutea, & humella, lib. Epist. ad Atti- cum xvi. epist. xii. Itaque co-die-mans Aquini. Longulum sans iter, & via matra. Ita enim eo loco libri veteris emnis confienter legunt. Feligo ex- cuditur: & via inepta: quod ineptum est. Indo per metapheram homo tristis, & contus comitique cer- dis, mattus dicebatur. Veteres Glosa, quorum ex- cerpta in suis adversariis protuis Turnebus: mat- tus, tristis. Hunc nos primi vocem cum aliis quam- plorans: colo Latina redunavimus, & optione lin- gna Latina uallari reddidimus. Originationis ta- men Graea est. Nam venit à verbo poëllu, quod est pino, & subigo, emollio. A quo pauris subalius & emollitus. Aque indo Latinum mattus, &c. M. M A T E R. De l'Alleman matt, folible, languis- sant; d'où mattan, on plute armattan, affollibir, énervet. Le Dechat. M A T E R A S. C'est un trait d'arthalite émousse. Ce mot nous est demeuré de l'ancienne Langue Ganioise; car materas étoit anciens, dont un ba- ton de guerre duquel les anciens Ganiois se ser- voient. L'Historien Sienna, au liv. 3. cité par Nonius Marcellus: Gali materibus, Suivi lanceis confignus. Et au liv. 4. Alii materibus aut lanceis medium perturbant agnus. L'Auterus de la Rhéto- rique ad Heromium, au liv. 4. Ut si quai Matedo- nas appellaris hoc modo: Non tam cito Santifia Gra- cia patita sunt: aut idem Gallos significans dicas: Nec tam facile ex Italia materis Transalpina fiqui- sa est. Strabon, liv. 4. parlant des armes des Gan- lois: qui compie, m'diu et 2.9. Caeserum. Voyez ci-delfons MATRAS. M A T I N, pour moul. De materium. M. M A T I N s'est dit aussi pour de mater dans la signification de demain. Les Vigiles de Charles VII. cité. de Paris 1724. tom. 2. pag. 188. Ne voyez-tu pas que tel aujourd'hui dance, Qui au matin si sera mis en terre? Le Duchat. M A T I N. Chien de Berger. Lat. Canis villa- ticus. Les Italiens disent de même maffine: & les Espagnols, maffin. Il y a diversifié d'opinions tou- chant l'origine de ces mots. Le P. Tomasfin, tom. 1. de ses Etymologies, pag. 407. dérive a à lui de l'Ebreu Satan, qu'il explique mingens si parierem. Covarruees dérive l'Espagne maffin de maffins: les maffins étant ordinairement, dit-il, des chiens fait par des chiens de deux espèces. Pierre Lefey- na dérive l'Italien maffine de maffins, indagare. M. Ferrari le dérive de maffins, c'est-à-dire, Chien de métairie. Maffa, maffa, maffinus, maffinus, MASTINO. C'est la véritable origine de ce mot. Voyez mes Origines de la Langue Ita- lienne, au mot maffine. Marco, maff, maffum, maffum: d'où notre mot François MAI, pour une demeure à la campagne. Voyez mes. De maffum on a fait ensuite maffa: & de maffa, maffa, maffu- mus, maffinus: dont MASTIN. Du substantif maffin, on a fait le verbe maffinier, qui s'est dit proprement des maffins qui convient des leverettes. Cette lice, cette leverette, a été maffine. Et figuement, nous disons en Anjou qu'une fille a été maffinée, quand une fille très-noble épouse un roturier. M.
MATOIS. De mate, comme quand on dit, en- fant de la mate. Je ne sais pas d'où vient mar. M. M A T O I S. De mare, qui étoit une place de Paris, où les filoux s'assemblent autrefois. Huer.
MATONS. Substantif plurier. Mot Meffin, qui signifie du lait caillé. Villon dans sa Ballade, intitulée, les Contredits de Franc-Gontier: Tout leur mathe, ne conte leur porte, Ne prise ung ail: se le dy sans meyfer. Sur lequel endroit Marot a fait cette Note: Ma- then, lait caillé. Il me vient deux pensées sur l'ety- mologie de ce mot, qui, comme on voit, est Fran- çois d'origine. La première, c'est qu'il pourroit bien avoir été formé de fermentum. Fermentum, fermenti, fermento, fermentois, fermentone, memto- non, MATON. On a de même formé menton, de mentone, fait de mentone: & au lieu de menton, on dit à Metz maton; ce qui me parfonde que maton s'est dit autrefois en France dans la signification de menton. Le lait caillé est un lait aigri & fermenté. On comme ce qu'on appelle proprement matons, c'est ce qu'en Normandie on nomme: a ille-bates, c'est-à-dire, du lait pris & coupé par morceaux; je ne sais d'ailleurs, si ces morceaux n'associent pas été appelés matons, comme qui dirait mentons, à cause de leur blancheur, & de la confusure dans laquelle ils sont dans le plat: où on les préféance: l'air ayant été dit de même mentonné, lorsque de petites mées blanches semblent à notre vue s'an- trechoquer & s'entasser les unes sur les autres, comme les moutons dans un parc ou dans une campagne. Il est vrai que Villon a écrit matons avec une b: ce qui ne s'accorderoit pas avec l'é- tymologie de fermentum, ni avec celle de menton: mais il faut savoir que notre ancienne orthographe A a ij M A T . M A U . M A U . droit souvent chargée de lettres textiles, & c'est la remarque que fait M. Beffy, Avocet du Roi, rencontrée par M. Ménage, au mot rome. Matous, que je supprime être un mot Loreille, pourroit aussi venir de motte. Les matons ne sont autre chose que du lait caille, dont il s'est formé de petites mottes. La Popelinière, in-foli 1581. tour. 1. fol. 108. 2. Il y eut beaucoup de gens tués & blessés des matons & éclats des parapets. La Du- chat.
MATOU. Chat mâle. Par corruption, au lieu de matron qui est l'ancien mot, & qui est en- core un usage dans l'Anjou, & dans les Provinces voisines de l'Anjou. Et à ce propos, il est à remar- quer que malchons en Arabe est un épithète de chat. Giggieux l'explique par mater : en quoi M. Bochart dit qu'il se trompe : lequel l'explique, par avidus, audax, ferus : & il dérive le mot François matron, de ce mot Arabe. Je crois qu'il vient de Marcellus, nom propre. Nous avons donné à un nombre infini d'animaux des noms d'hommes. Voyez perroques, fanfouers, martines. M.
MATRAS. Gros traits d'arbalète. De matras, mataris, ou mataris, qui est un vieux mot Gaulois, qui signifie une force de trait. Silenna, dans No- nus Marcellus: Galli materibus, Spani lancet con- figurat. L'Auteur à Hérentinus, liv. 4. Nec tam sa- cili ex Italia mataris transalpina depulsa est. Stra- bon, liv. 1v. parlant des armes des Gaulois : qui parrepte, auteu vi debe. César, liv. 1. de la Guerre des Gaules : Nommali inter carras, retaque, matres ac tragulas subjiciabant, nostrique vulnerabant. Tite- Live, liv. vii. Lavo bunsere, materi proprii trajolle. ¶ Matras, materacens, MATRAS, MATRAS. Voyez Turnebe 12. 7. ¶ Hinc matrasfer, olim pro accidare, dit Morisot, liv. 2. de les Lettres, Lettre 74. M. Bochart, liv. 1. chap. 42. des Colonies des Phoniciens, dérive matras de l'Arabe vnt ma- tara, qui signifie jaculari. Voyez-le. De matras, nous avons fait MATRASSER. M. Voyez ci-dessus MATRASS.
MATRICAIRE. Plante, ainsi appelée par- ce qu'on l'emploie avec succès dans les maladies de la matrice. On la nomme aussi Parthiaum, du Grec amphitrip, par la même raison. Elle est du nom- bre des plantes hysténiques; c'est-à-dire, des plantes propres aux maladies de la matrice, qui est appel- lée versée par les Médecins Grecs, comme qui di- soit infarence, parce qu'elle occupe le plus bas lieu entre les viscères. *
MATTES. On appelle ainsi à Rouen du lait caille. De matras, & matras, edidium ex lacte, oleo, & farina. Hoet.
MATTHIEU. On abuse de ce nom dans cette expression basée & vulgaine, fesse-Matthieu. Il y a apparence que cela s'est dit, au lieu de fesse- Matthieu, c'est-à-dire, face d'ufurier; parce que S. Matthieu, avant sa conversion, étoit Publicain ou receveur des impôts; & que ces gens-là sont ordinativement en horreur au peuple, & paient pour ufuriers. Voyez ci-dessus Fesse-Matthieu. * MATURINADE : pour extravagance. Par allusion au mot italien matro, qui signifie fus. On a dit que S. Maturin gratifiait de la folie : & de la viene le mot de maturinade. M.
MAU. On affaît autrefois mon pour mal, aljectivement; témoin ce Pierre de Druss, Duc de Bercugne, que son peu d'habille se formen- que Admodere; témoin ces ignis fater; nommé dans le Remain de la Rose maiden, fol. 156. tour- né, de l'édition de 1529. sans parler de ces pro- verbes qui restent encore : à mon char, mon rite c'est mon chaud, mon froid. La premier est dans Nicot : le second est dans Oufin, qui néanmoins aurait, ce semble, mieux fait d'active; c'est un chand, un froid; puisqu'il témoigne que cela se dit d'un homme qui passe d'un excès à l'autre, modé calidus, modé frigidus. A l'égard de man, pris né- verbalement, une infinité de composés, tels que manifade, manipieux, mandre, mangrier, &c. sont autant de preuves de cet usage. Gluffaire sur les Noëls Bourguignons, au mot man. *
MAUBERGEON. Tour du Palais de Po- tiers. De Mallobergum. M. Beffy, dans son Hifto- re des Comtes de Poitou, pag. 1. On appelait Mais au Mallobergs, les auditaires publics, parce que, suivant les Loirs de France, ils devaient être à l'a- bry & à couvert l'Este contre l'ardeur du Soleil : l'Hyver, contre la plie & autres injures de l'air : ce que le mot signifie. D'où vient qu'au Palais de Poitiers, anciennement celuy des Comtes; la princi- pale tour basée où saulois offre le Mallobergum, de laquelle relevant tous les Fiefs capitaux de la Pro- vince, s'appelle encore aujourd'hui Maubergeon, par une diction un peu fléchie : & accommodée à notre langue. Et dans les Remarques sur les Mémoires de la Gaule Aquitanique, pag. 171. Quant à Mau- bergeon, c'est une diction Thieffe, dite Mallober- gum & Capitulaires de Charlemagne, puis fléchie, & accommodée à la prononciation Françoise. Elle signifie un lieu à couvert pour exercer la Justice, lib. 3. Leg. Franc. cap. 57. en la Ley Salique, tit. 59. 3. 1. tit. 26. 3. 1. Mallobergum, tit. 57. 3. 1. tit. 60. 3. 1. tit. 75. 3. 1. De Mallus, qui est le lieu de l'assemblée de Justice, en a fait mallare, obmallare, admallare, admallatus, & omallatus. Il est naifon- nable de croire qu'au lieu où est de présent basée le Palais de Poitiers & la Tour de Maubergeon, an- ciennement, du temps des Rois, & de la première & seconde race des Rois de France, & des Comtes qui avaient la charge de la Justice aussi-hien que de la guerre, on y saulois elix & décider les différends des parties. Mais la tour qui est de présent, est un bâtiment moderne fait par Monsieur Jean fils du Roy, &c. Mallus ou mallum, a signifié d'ordinaire les Assises où les anciens Comtes renévoient la Jus- tice : mais il s'est pris aussi pour l'Assemblée des Etats Généraux. Les Capitulaires de Charlemagne, liv. vii. chap. 96. Ad mallum venire nemo tarder, num circa Æstatem, & alterum circa Antoumum. Voyez Isaac Pontanus, liv. 1. de ses Origines Françoises, chap. 7. & M. de Caïeneuve, en fort Traité des Etats Généraux de Languedoc, pag. 8. & 9. ¶ Vessus de Vitris Sermonis, pag. 240. déri- ve mallus du Saxon maïli. Mallus, est à Saxonibus antiquis, quibus maïli cum generatim signat congre- gationem, convenum (endo avontmaïli, conven- sus vespertinus, qui se una ne cibus capiaris in cu- na); cum particulatum autat congregatiorem, sive enom publicum ad maiores causas decidendas. Mais économis M. du Cange : Unde vero eusta vex MAUBERGEON, fée MALLOBERGEON, ipso satis produi nomenclatura : à mallum feticet, & berg. Quid se mallum, mox docenur : placinum nempe. Berg vero divertorium ac tutamen interpretatur Wandelinus in Gluffario Salice : nec vo loci montem significare contendit. Isa Kiliamus, brigh Hufandis de Slandriis promptarium, palubetorum, fœnile, de horreum esse detest. Perum dee mentum significare, plano aestum Leges Malcolmi II. Scotia Regis, uquire 1, paragraphe 2. qua Malbergium, per Montens placiti videtur supressis: ubi hac habetur: Dominus Rex Malcolmus dedis & distribuit totam terram Regni Scotia hominibus suis: & nihil sibi extinit in proprietate, nisi regiam dignitatem, & Montens placiti in villa de Scoma, & v. Ubi Absence mentem, seu locum intelligit, ubi Placita, vel Curia Regia de placitis & quatuor Subdicatum solens teneri, ubi Barones comparatam, & homagium, ac alia servitia debita offerant: & vulgo COMITE VERRA vocatur; quia ex terra mole & congeris excelsicatur, quam Regni Barones, atique Subditi ibi comparentes, vel coronandi Regis cantis, vel ad Comitia publica, vel ad causas agendas & dicendas coram Rege, in unum quasi cumulum & moniculum confirmant. Et ce qui fuit. Id.
MAUBERGEM. Ce qui a causit entre les Autents une différence de sentimens au sujet de ce mot, c'est l'équivocié de berg qui en compaise une partie, & qui signifie tantôt une montagne, & tantôt une fortification, un lieu où l'on est à couvert & en sûreté: car pour moi, qui fait l'autre partie du mot, on convient qu'il signifie comitia, coronatus, curia, forum, judicium; signification qui n'est que postérieure, & qui est venue de celle de discours, colloque, entretien qu'a en antérieurement ce terme mal. C'est ainsi que les François ont nommé Parlemens, les tribunaux Souverains de la Justice, du verbe parier. Maubergeon, en Alleman Malberg, signifie donc également collis judicii, & judicium in loco teo: mais il faut distinguer les tems. Sur quoi écoutons ce que dit Wachter, Givfar. German. au mot malberg. Voici les paroles: MALBERG, judicium in loco teo, collis judicii, malus montanus. Sensus vocis antiquissimus, à berg mot, collis. Lex Salica, tit. IVII. 4. Sachibarones vero in singulis Malbergis plafquam tres esse non debent. Causa appellandi suis, quod plebe & judices tourde Malis antiquitus ad colles & tumulus convenissim, sive naturales, sive ex terris cuiusque propriis symbolice congous, ut communis omnium locus esse, qua omnium congeries. Spolmamus huius aquisit moris clarissima vestigia afendit ex Legibus Malcolmi II. Scotia Regis, qui annu miv. imperafe fortur, ubi sequentia verba occurrunt. Dominus Rex Malcolmus dedis & distribuit totam terram Regni Scotia hominibus suis: & nihil sibi extinit in proprietate nisi Regiam dignitatem, & Montens Placiti in villa de Scoma. Placita sunt Comitia. In Comitiis vero totus populus corbas, non consustationibus tantum facendis, sed etiam causis condiondis. Nine Mots Placiti non solum mentem contriarum, sed & judicorum demens; idemque annum est quod Francis Malbergium. Eodem observance, apud Scutis & Hiberus communis juridice etiamnum parly-hilla, id est, montes interloquendi appellantur. Cangius sententiam Spolmamus ex veteri quadam charta confirmat, in qua missus regius, placiti & judicii causa, dicitur cumulum in confenio silva fecisse. Utrumque sequitur Eccardus in notis ad Legem Sal. pag. 14. Notum est, inquiens, judicia olim in collibus, etiam humana opera facis, & sub dio habita fuisse, ut judices uompe ab oculi populo conspecti possent. Restant colles huiusmodi in villis seu pagis uolitis, & in medio etiam plerumque, aut alius generis arbacem, habens, argumentum pluvio coelo. Annulans merens apud Bessense, Lumburgenses, & Mandus diu absumisse duct. Cl. Kyriforus in Antis. Sept. pag. 64. Et has ob causas malbergium in sensu primat & proprio entitus est satis judicii, vel curia montana. Wachter continue ensuite: MALBERG, judicium in loco teo, domus judicii, a bergen recepers. Sensus vocis recentior. Causa mutati significatus est mot corandi a Carole III. mutatus. Is enim Mallas, auta sub dio haberi juices, domum sub refla recepis. Capir. lib. 131. cap. 47. Ut in locis ubi Mallos publicos habere solent, testum tale constituatur, quod in hyberno & in estare observatum esse possit. Lib. IV. cap. 28. Volumus utique ut domus a Comite, in loco ubi Mallum tenere debet, constituatur; ut propter calorem folis & pluriam publico utilitas non remaneat. Hinc turris quadam apud Pilavientes etiamnum dicitur la Tour de Maubergeon, quod et loci pridem judicia & Malla publica exerceretur.
MAUBERT. Place Maubert. La place Maubert, à Paris, est appelée Platon Maubert par Guillaume de Nangis, dans la Vie de Philippe le Hard: Eodem anno 1180. Sequana, fiumen Gallia, circa principium mensis Januarii, se sus transcendis alvos, quid Parisus dues potes, & in aliis locis quemplores fregerit; atque ita circumquae inundavit civitatem Parisus, quod nequire a parte villa Sancti Dionysii absque navigio ingredi; & ex alia parte infra muros usque ad Cracem Hemondi, per totam Platon Maubert vasa natalia discoverant. Quelques Ecrivains modernes de l'Ordre des Frères Preschamps, pour recommander Albert, surnommé le Grand, Religieux célèbre de leur Ordre, ont écrit que ce Religieux avoit enseigné dans cette Place, & que de son nom d'Albert, elle avoit été appelée Place Maubert. Jamnis, dans l'Epistome de la Vie d'Albert, qui est au commencement des Oeuvres d'Albert, imprimées à Lyon: Undequique expéritum sui nuncium Vicarium Beatum Thomam elegis, ippique in Lefurem, ut vocant, cooptato, suas docendi partes tradidit, Parisique mortitur, ritu solenni Doctoris laurea exornandus, nec profscendus. Mirabatur celebritima totus Universi Academia tantum doctrina fidus. Confusant undique quiqueus erant Studios; ita ut ipso de superioro loco disputante, tanta undique reuter Andiorum turba, ut non satis ampla feret quanta esse gymnastic iuxitas, qua tantum vium repipere, & in vicum aut platem migrare cogereur: qua adhuc, nonnihii testam Magni Alberti nomine, MAUBERTI PLATRA dicitur. Un autre Religieux du même Ordre, a dit à peu-près la même chose, attribuant à Thomas de Chantpré les paroles suivantes: Tantus La-recia Parisorum ad andiendum Beatum Albertium, factus hominum concorsus, ut in Lurissimum illam Platon, nunc de ejus nomine dictam Gallicè, Place de Maubert, ex vocabulo corrupto, sed melius & verius, de Malbre Albert, ad legendum exire coalius fueris. Ces paroles ne se trouvent nulle part dans Thomas de Chantpré. M. l'Abbé Chatalain, Chanoise de Paris, croit que Place-Maubert, a été fait de Platon Maubert. Maudherus est un mot Touronique. Id.
MAUBUE. Vieux mot qui signifie mal-blanchi, mal lessive. On disoit autrefois bon, pour lessiver; & on dit encore en plusieurs Provinces buis, ou buis, dans la signification de l'Œme. Voyes el-dessus buis & man. Il y a Paris une rue qui se nomme Maubue.
MAUBIGE. Droit qu'on levoit à Paris fut le vis ; ainsi appellé de tous d'un Partisan. Ce Diois fut supprimé par Déclaration du Roi en 1848. M.
MAUDOULE. Vieux mot qui signifie mal- adroit. Rabelais 1, 12. Un Lycan pote-pelue ; un mandoule Curieux de la Toscane. De mali dolatus. Ce mot est encore aujourd'hui en usage dans le Boulenois. M.
MAUFEZ. C'est ainsi que les anciens nom- molent le mauvais esprit. Le Roman de Guillaume au court-nex, au Moinage Renoart : Tu fu plus noir qu'astrament détrempez : Diable semble, ou Luitons, ou Manfez. Le Roman de Guion de Tournaut : Car en la fin verras d'Enfer tous les Manfez. Je s'pay bien qu'en la fin y sera hofelez. Caseneuve.
MAUFEZ. Vieux mot qui signifiot mauvais. Le Roman de la Rose, parlant de Néron : Cil defleyaux que je vous nomme, Sénéquis meft il à martire, Son bon Maistre, & il fu astire De quel mort moitré il voudroit. Quand vis qu'eschaper ne pouvoit, Tans estois puissant le manfez, Dans sois, fais il, un bain chanfez ; Puisque d'eschapper n'est voilans, Je me feray seigner dedans. On a ensuite appellé de ce mot les Diables & les Démons. Le Roman de Garin : Seigner, dit-il, ceans a un Manfez. La Chronique manuscrite de Bertrand du Glei- quin : Il ne croit nostre Loy neant plus que li Manfez. Rampolens contre mon en huans com Manfez. Le Roman de Guillaume au court-nex : Tu fu plus noir qu'astrament détrempez : Diable semble, ou Luitons, ou Manfez. Celui de Guion de Tournaut : Car en la fin verras d'Enfer tous les Manfez. M. du Cange croit que ce mot a été fait de male- faïlus : à cause qu'on peint le Diable laid. Mais comme manfez a signifié originairement mauvais ; ce qui paroît par le paifage du Roman de la Rose ci-defus rapporté ; je crois que ce mot a été fait de maleficus : ou plutôt de malefaciens, qu'on aura dit comme bonifaciens, dans la créance que Bonifa- cius a été dit de bonum & de facire. Mais il a été dit de bonum & de farum. Ce qui paroît par les Grees, qui ont rendu ce mot par Bonifaciens. M. du Cange croit aussi que notre mot de mauvais a été fait de celui de manfez : ce que je ne crois pas. Voyez mauvais. M.
MAUGOUVERNE. Jouer à l'Abbé de Mangouverne. Jeu d'eufans où l'on se dépouille de tous les habits jusqu'à en jeter par terre toutes les pièces l'une après l'autre ; comme apparem- ment faisoit certain Abbé, surnommé de Man- gouverne, parce qu'il dissipoit les biens de son Ab- baye. Le Duchat.
MAUGOUVERT. Un homme fans con- duite. A Metz, où ce mot se dit dans cette signifi- cation, le peuple prononce mangouverne. Mais Ra- belais a dit mangouvert, liv. 1, ch. 12. Et Lau- rent Joubert, qui a employé le mot de mauvais- gouvert, au liv. 3. chap. 1. de la première partie de ses Erreurs populaires, s'en est servi pour expi- mer le mauvais régime d'un malade. Le Duchat.
MAUGRE. Du mali gratum : dont les ita- liens ont aussi fait malgrade. M.
MAULUBEC. Rabelais a employé ce mot au Prologue du livre 1. Pareillement le feu 3. An- toine vous arde ; man de terre vous vire ; le lanci, le manlubec, vous troufe ; la capuafangue vous vienne ; le man fin feu de rigueracque, aussi mon que poil de vache, renforté de vif argent, vous puiffe entrer au fondement, &c. Et livre 3. chap. 18. Quand la neige eſt fait les montagnes, la fondre, l'éclair, les lancis, le manlubec, le rouge gémus, le romarre, la tempête, tous les Diables sont par les vallées. M.
MAULUBEC. Laurent Joubert ; dans son explication des phrases & mots vulgaires, au mot man-loubet ; car il écrit ainsi au lieu de manlubec ; dit que par une imprécation, qui est ordinaire dans le Languedoc, on souhaite à quelqu'un le man-lou- bet, c'est-à-dire, des loups aux jambes : mal qu'il dit être incurable, si ce n'est par extirpation. Cela seroit bien bon si on disoit manlubec : mais manlu- boc se trouvant plusieurs fois dans Rabelais au sens d'une imprécation, il y a beaucoup d'apparence que Joubert n'a pas bien rencontré dans l'étymo- logie de ce mot, supposé qu'il signifie une maladie, comme il paroît qu'il en signifie une dans les Pro- logues du liv. 1. & 2. de Rabelais. Marot, dans son Elégie xi. parle de manbec, en la signification de bouche médifiante, & qui fait de mauvais & dangereux rapports. Voici ses termes : En cette nuit le Dieu d'amour refveille Ses Serviteurs, & leur va commandant De ne dormir, mais rire cependant Que faux danger, manbec, & jaloufe, Sont endormis au lit de fantaisie. Je ne sais si manlubec, dans ces deux paifages de Rabelais, ne signifieroit pas un chancre au visage, ou dans la bouche : ce qui est un mal incurable & très-dangereux, à cause du cerveau, qu'il a bien- tôt gagné. A l'égard du lanci, dans le paifage du Prologue du liv. 1. je crois que c'est l'efquinancie : les paysans appellent ainsi ce mal. Mais dans le der- nier paifage, c'est l'encis, que M. Ménage a expli- qué ci-defus au mot encis : & comme le manlubec y désigne une tempête, il se peut qu'on aura ap- pellé manlubec cette tempête, à cause qu'elle ne fait pas moins de ravages dans les champs que la maladie appellée manlubec en fait dans le visage. Le Dictionnaire Italien & François d'Antoine On- din : L'arme Senesi, la lupa : les armes de Sieune, la louve. Ce pourroit bien être là le premier des manlubecs de Rabelais. De malum lupicum, qui signifie une faim de loup, ou la rage de manger. Le Duchat.
MAUMARIEE. Mais nupta. Les Eſpagnois disent de même mal casuda. M.
MAUNET. Mais nitidus. M. MAUPITEUX. De mali pietefus. M. MAURE. Voyez mure.
MAUSOLEE. Tombeau magnifique. Hé- catomne, Roi de Carie, eut trois garçons & deux filles. Ses garçons furent Maufole, Idriens, & Pirudere : quelques-uns y ajoutent Pigea. Ses fil- les furent Artémise, & Ada. Maufole épousa Ar- témise, & Idriens épousa Ada : les Loix des Ca- rions permettant aux frères d'épouser leurs sœurs. Mausole lucré de l'Hécatone au Royaume de Carie. Artémise l'aime avec la passion la plus ardente dont jamais femme ait aimé son mari. Après sa mort, elle avala ses cendres. Elle ne se contenta pas de lui avoir donné ce tombeau vivant, pour user des termes de Valere Maxime; elle lui en fit faire un de marbre, & si magnifique, qu'il a été mis au nombre des feux merveilles du monde, & que de son nom de tonneau de Mausole, on a appelé *Mausoles* tous les autres tombeaux magnifiques. Elle insinué aussi des Jeux solennels à l'homme de Mausole, & proposa de grands prix à ceux qui le plus dignement célébreront ses louanges. Les plus fameux Grateurs de la Grèce, Ilocrate, Théopotape, Thénédette & Naurrite, furent à ces Jeux y disputer ces prix. Elle mourut d'affichant & de langueur. Et ainsi Artémise, parmi les Ecrivains, passe pour un modèle d'amitié conjugale. ¶ Voyez mes Observations sur Malherbe. ¶ *Muslaum*, pour *Mausolaum*, se trouve dans *Anastase* le Bibliothecaire, in *Leone III*. M.
MAUSSADE. Nos anciens disient *sade*, & *sadine*, pour propre, *genii*, élégant. Villon, dans ses Repues : *Il esoin mise, gens, & sade, Bien habitué & bien empoin : Robe fourré, pourpoint d'ostade, &c.* Coquillars, dans ses Droits Nouveaux : *Il n'est rien au monde plus sade.* Et ailleurs : *Sa chambre étoit fort sadinette. ¶ Tant de propos, tant de minettes, Et tant de façons sadinettes.* Et de-là le mot de *maussade*; comme qui dirait *mal sade*: ce qui a été fort bien remarqué par Henri Etienne, à la page 72, de la Précédence du Langage François. Et *sade* a été fait de *sapidus*. E ainsi *maussade*, c'est *malé sapidus*. Voyez *sade*, & *sadine*. Dans la première édition de mes Origines Françoises, j'ai dérivé *maussade* de *maleasus*: ce qui peut être défendu par le *malcriade* des Espagnols. M.
MAUVAIS. Sylvius: dans son Introduction à la Langue Françoise, page 68, le dérive de *male vacare*. MAIUS, mal, & mauvais: *fort à malé vacare*: *id est*, operant dans : *or Bellovacum*, BEAUVAIS, *orbs Belgica*: qui est une étymologie ridicule. MAUVAIS vient de l'italien *malvagio* qui a été fait de *malus*. *Malus*, *mali*, *malivus*, *maliva*, *malivaceus*, *malivacius*, *malvarius*, MALVAGIO. M. du Cange, qui le dérive de *mause*, vieux mot qui signifiait *mauvais*, n'a pas bien rencontré. Voyez ci-dessus *mause*. ¶ De l'adjectif *mauvais*, nous avons fait l'abîtrat *mauvaisii*, qui n'est plus en usage; mais qui mériterait bien d'y être: car si nous fait besoin quand il est question des choses inanimées. La *mauvaisii* d'une *trefse*, &c. M.
MAUVAIS. De *maleasus*. L'italien *malvagio* a été fait de *mauvais*. Je crois qu'on a prononcé premièrement *mauvais*. Huit.
MAUVIETTE. C'est un diminutif de *mauvais*. Voyez *mauvais*. M.
MAUVIS. Oiseau: espèce de grive. De l'italien *malvagio*, qui peut avoir été fait de *malus*. *Malus*, *mali*, *malivus*, *malivi*: *malivigius*, *mal-* MAU.MAX.MAY.MAZ.NEC. 108 *vigius*, MAUVIGIO: à cause du mal que sous les *mauvais* en mangeant les raisins. Belon, dans son livre de la Nature des Oiseaux: *Les mauvais sont contumiers de se paître des raisins, & faire grand dégât les vigues*: comme aussi *sont les éroumaux* (parque) l'on en prend beaucoup en vendanges, en diverses manières, & principalement avec un instrument qu'ils nomment Bret. ¶ M.
MAUVIS. Jo. Bruyérin. *De re cibaria*, livre 15, chap. 37, parlant des Grives: *Horum tria genera Aristoteles facit. Unum magnitudine picca, visicivorum, Ruptor Gracii dictum, et quod visico vescam, idque à vestris arbitrer malvicum cognominari*. Le Duchat.
MAXIME. M. Huit le dérive d'*axima*. Il vient de *maxima*: en sousentendant *sententia*. Les Grecs ont dit de même *supius* *belle*. Voyez mes Observations sur Laërce, en la Vie d'Epicure. *Maxima* se trouve en cette signification dans plusieurs Ecrivains. Voyez *Vossius*, de *Pietis Sermonis*; & *Matthias Martinus*, dans son Etymologique. C'est un mot de la *basse Latinitè*: ce qui a été fort bien remarqué par Schioppius. Mais Schioppius, qui a fait cette remarque, & qui a bâché ceux qui se sont servis de ce mot, s'en est lui-même servi. M. MAY à *pèterir*. De *maëtra*. Voyez *mair*. M. MAY. Un *may*. Arbre qu'on plante le premier jour du mois de May devant la porte d'une personne qu'on veut honorer. Les Italiens disent *maie* dans la même signification. Et comme les amans plantent originellement de ces arbres à la porte de leurs maîtresses, les Italiens ont dit *appicare* *il* *maie ad ogni uscio*, pour dire, être amoureux de toutes les filles. Voyez mon Livre intitulé *Medi di dire Italiani*, imprimé à la fin de mes Origines Italiennes de la deuxième édition. M.
MAZETTE. Mauvais cheval. Moliere, dans le Cocu Imaginaire : *Depuis huit jours entiers, avec vos langues traites, Nous sommes à piquer des chiennes de ma- restes*. M.
MAZETTE. Je ne doute point que ce mot ne vienne de *malus*. *Malus*, *malicus*, *malicettus*, *malicetta*, *macetta*, *mazette*; par le changement du c en 2. A Metz on dit *ma* & *mache*, pour *mauvais* & *mauvais*: ce qui ne laisse aucun lieu de douter que *malicus*, diminutif de *malus*, n'ait été en usage. *Mazette* signifie proprement un mauvais petit cheval. Le Duchat.
MECHANCETE. La Ménardiere, dans sa Poetique, part. 1, chap. 8, *perpinque avio*: d'où est *venu* méchanceté, *andresse pieine de malice*: & *enfou pour dépravation, stratageme & rose de guerre, chez Xenophon & quelques autres*. Matthieu Paris, en la Vie de Henri III. *Addens quòd malus mi-* M E C. M E D. les effets, fugitives & villas: quid est in Galliana Lingua mischancetè: & hoc verbum magna effervescens dans nos, &c. Caesumme. M E'CHANT. Ce mot est ancien dans notre Langue. Matthieu Plein, page 1119, de la première édition: Dixit quid malus ofet: Gallicana Lingua MEGCHANT: & hoc verbum maxima effervescens inter eos. Il a été fait de mécadere. Mécadere, mécadere, mécadere, MECHONIR: mécadere, mécadere, mécadere, MECHANT. Mécadentia, MECHANET. Mécadentietas, mécadentietate, MECHANET. On pourroit aussi le dériver de male cadens. Méchant est donc le même que malbureux, malencontreux; qui a mauvaise chance. Les Grecs ont appellé de même un méchant du mot yé-ô, qui signifie proprement malbureux; & les Italiens cattive, de celui de captives, qui signifie aussi proprement capif, chéfif, méférable. Cette étymologie me plaît d'autant plus, que le mot de chance vient affirément de cadentia; comme nous avons montré en son lieu, & que celui de méchance, pour méchanceté, se rencontre fort souvent dans les anciens Romans. Du tems de François I. Il étoit même encore en usage. Marot, Pécume v. Tu es le vray Dieu, qui méchance N'aime point, ny malignité: Et que le mot de méchant signifioit anciennement malbureux. Alain Chartier, dans son Curial, page 394. Adanc y feras-tu plus méchant de tant que tu y cuideras éstre plus heureux. Simon Greban, dans l'épistaphe de Charles VII. parlant des Bergers: Car par trompeaux s'affemblerent ex champ, Criants, ha Dieu, que ferons-nous méchans? Bodin, livre 2. de sa Républ. chap. 4. au sujet de notre ancien Proverbe, de méchant homme, bon Roy, estime que ce mot de méchant ne signifioit que fin & rusé du tems que ce Proverbe fut fait. Ainsi, dit-il, se peut entendre l'ancien Proverbe, qui dit, de méchant homme, bon Roy; qui est bien crud, si on le prend à la propriété du mot, qui ne signifie pas seulement un naturel austère & rigoureux, ains encore il tire avec soy le plus haut point de malice & d'impitié; ce que nos pères appellaient mauvais: comme l'on appelait Charles Roy de Navarre, le Mauvais; l'un des plus scélérats Princes ne son âge. Et le mot de mauvais, signifioit maigre & fin. Autrement, le proverbe que j'ai dit serois une confusion du juste Roy au cruel syran. M. M E'CHE. De myxa: qui signifie proprement mucus, mais qui se prend aussi pour lucerna ellychnium. Voëssus, de Pitis Sermonis, page 517. pú-ça, proprié quidem mucus; sed nervi pú-rapués, ellychnium, quodque emungitur de lucerna. Unde 2023. 9. 1940. 9. vol 2023. 9. Et de là cette façon de parler, moncher la chandelle. Ce qui a été remarqué par l'Auteur des Additions au Calepin, attribuées faussement à Paferat. Voici ses termes: Hinc etiam myxos prominens pars lucerna vocatur, ex qua preferrer ellychnium, quemadmodum ex moribus mucus. Quare Graci, quoties volunt ellychnium produci, ut luceat clarius, 2023. 9. 1940. 9. vol 2023. 9. et dicum: nostri verò, emungere lucernam. J'ai dit que ces Additions au Calepin étoient attribuées faussement à Paferat: en quoi j'ai suivi le sentiment de Schloppius. Ambrofi Calepini Lexicon, quevis superiorum est deterius: Etiam illud cui avaritia Typographi nomen Joannis Paferatii, cum maxima deftiffimi viri injuria, praferrere nihil du biscuit, dit ce docte Grammatrien dans les Confortations. ¶ Et M E C H A a été fait de myxa, de cette manière: Myxa, myfca, M E C H A: I en SC: comme en afcella, d'axilla. Nous appelons aussi mèche, le fer qui est au bout du villebrequin: dans laquelle signification l'étymologie de ce mot ne m'est pas comme. M. M E'CHEF. Défant. De minis, & de capum, dit pour caput. Voyez chef. M. M E'CHEF. Ce mot signifie aussi malheur: & en cette signification je ne fais s'il ne viendroit pas de male & de caput, en la signification d'ifine, comme en achever; qui veut dire, mettre à chef quelque chose, ou venir à bout de quelque chose. Peu de méchief, pour feu arrivé par méchéance, ou par accident, se trouve dans Monstrelet, édit. de 1572. vol. 3. fol. 72. a. Et méchief pourroit bien être corrompu de méchne, male caduta. Le Duchat. M E'CHOIR. Jean de Rey, à la fin de la première Harangue qu'il fit de la part des trois Etats du Royaume, assemblés à Tours en 1483. à Charles VIII. Il est éscris au vingt-deuxième chapitre de Jérémie, &c. qu'à éscrie de Rey appartient principalement de relever les pauvres d'oppression; & que si le Roy, par inadvertence ou autrement, les laisse opprimer, qu'il m'afcherra au Roy & au Royaume. De minus cadere: ce qui a été remarqué par Robert Etienne, &c par Niece. M. M E'CONIUM. On appelle ainsi, en terme de Médecine, l'excrément noir & épais qui s'est amassé dans les intestins d'un enfant, pendant la grossesse de la mère. On lui a donné ce nom, parce qu'il ressemble au suc de pavot, en Latin mecanium, pris du Grec annuitus, qui est fait de manor pavot. Et le pavot a été appelé de la sorte en Grec, selon Eustathe, 2023. 9. 1940. 9. à cause de sa longueur; c'est-à-dire, à cause de la hauteur de sa tige. M E'CREANS. De minus credentes. L'Auteur de la Vie de Saint Maurille, attribuée faussement à Grégoire de Tours, comme l'a fait voir M. de Launoy, dans sa docte & curieuse Dissertation de Saint René, qu'il m'a fait l'honneur de m'adresser: Quale verò quantunque miraculum super exmodem puerum Dominus per Beatum Maurilium, postquam sancta Andegaensis Ecclesia Episcopalis honorem accepit, operatus est; ad corroborandam fidem Fidelium, licet illud beatus Fortunatus propter minus credentes emiserit; immo, quia verum est, & res est digna memoria, non tacebimus. ¶ Minus credentes, mincredentes, mincredentes, M E C H A A N S; qu'on prononce M E C H A A N S. Voyez méfaire. M. M E'DAILLE. Les anciens gardoient aussi bien que nous, les monnoles anciennes; que la rareté, plutôt que la matière, rendit précieuses à l'égal de la pierre. Le justiconsuite Pomponius, en la Loi 28. 6. De ufusfritus, & Quemadmodum: Numismatum aureorum, vel argenteorum veterum, quibus pro gemmis uti solent, ufusfritus legari potest. Nous appelons médaille ces sortes de monnoles: de meralium, metalla; comme qui diroit métalles. Caesneuve. M E'DAILLE. Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot. Scaliger, dans ses Animadversions Animadversions sur l'Éuèbe, prétend que c'est un mot Arabe. Nourvable de bulge medallant vacance, Arabes etiam in ratio methala. Quod, nozio qua commercio, ab Arabibus ad Italos & Gallio delatum. Ita enim vocant numismata Christianorum, qua expressum caput humanum praferunt. Vassum, dans son de Vitus Sermonis, le dérive de medallum. Voici ses termes : Medallus, bulge medallum a vetera, qua-von amplius in ufo, sed solum ambiguitatis tamis aseveratur : ex Latinu medalla : quia de auro, argento, aro. De quibus Panopulus furiscedulatus : Nomismarum aureorum, vel argenteo non veterum, quibus pro geminis vel fœtus,牲畜fructus legari potest. C'est aussi le sentiment d'Antonius Augustinus, dans son curieux Traité des Médailles & celui de Jacques Godefroy, sur le Code Théodoïen, tome 3, page 183. Le Boughe, dans son Décours de la Monnoie de Florence, le dérive de medicarius. Ecoutons-le. Ma che monete di rame usafere questi nostri Antichi, Ioannici al 1210. non à fin qui trovata cosa che sicuramente credessi poter dire di loro, se già non fuo di questa forte quella che chiamava medaglia, chovò la monsa non Nevullum : e l'a ritrovata in antichiffimi Canti del Vassuvado : e valeva la metà del donato. E si pua credere la minor maura, e la più vile che si battesse : se però ella fu di rame, e non d'aviento anch'ella : che me lo fa credere, che se non fuo fiata di rame, appena per la sua piccolenza, si sarrabbo punta manggiaro, ch'ella non si fuo fra lo ditta smurrita. Et il nono non so se è cavato da quelle maggiori de gl' Imperadori, che a noi rappresenta una coale antica maestà per grandezza e bellezza veneranda. La più delle quali, &, ai scuro, le più ftimate, sono di bronzo, è di rame. Onde, per essere quello nobre di rame anch'olle, senza pensar più oltre, e averci dentro altra considerazione, fuo chiamate medaglie, e pur, poi contrario, per essere piccole, e non principale maura; ma battuta per servire ad un'altra, che valora la metà del donato, da questa metà, e medalla, fuo cui chiamate medaglia. Et a questa si accordano molti, e qui che moue bene anno scrivo de' noni e valore delle monete di que tempi in Spagna; nominando fra l'altre, questa della medaglia, si vede che la pigliano sempre per particella, e pozzamento, dirò così, d'un'altra quantunque piccola; e specialmente del donato; e non mai per moneta principale. M. Guyer le dérivate de modus, de cette manière : Modus, modalis, modale, modalum, modalia, MEDALIA, comme de modus, modellus, MODELIO, c'est-à-dire, modulus, typus. Je suis pour l'opinion de Vassius, d'Antonius Augustinus, & de Jacques Godefroy : qui est aussi celle de M. Ferrari, dans les Origines Italiennes, & celle de Boudelot, dans les Origines Françaises non imprimées; & celle de Trippault, dans son Cité-Hellénique. Touchant l'opinion de Scaliger, il est à remarquer, que metal chez les Arabes signifie image, forma, species (comme methala chez les Eternes), & qu'il ne leur était pas permis de représenter dans leurs monnaies des personnes vivantes. Et ainsi, s'ils se sont servis du mot de methala, pour signifier une médaille; ce que M. Bochart ne croyait pas, ils ne s'en sont servis que pour signifier les médailles des Chrétiens : qui est la pensée de Scaliger. Il me reste à remarquer, que dans le Boudelot, en France, on appelle les médailles anciennes, qui se trouvent assez fréquemment en terre Tome II. en ce pays-là, dermage : mot qui parole corrompu de celui d'image. On les appelle des mabons en Normandie. M.
MÉDAISCHE. C'est un mot de Tiffron, qui signifie un écheveau, dit Boudelot. De metala, ancien mot Latin. Les Empereurs Arcadius, Hoorbis, & Théodoïe, en la Loi (c. ab Code de Murilegalis : Loras in paëterum sericellata & metala housmodis species inferri pracipimus, &c. Cujas, sur cet endroit : Metaxam Iml, dixit Luciline apud Pessum : que moda etiam Vassones Pyrenei loquatur. At de serice dicitur frequentus. Moschegalus : eup, a modis, a vis pirocae iperquae. & a enged lucum et pericari. Zmaras, in Nicena : in pericæ, idæne armonipina. Iuræ, si eugænia. Quod & alli Auctores comprobant multi. Sed errer in eo est, qu'il servitue quodens et nomina plerique significari putans. Nunc est sericum, & invibus, modum, neque cinthum, neque in fila didutum : & idæe separatur à nemate serice; Lege ulcina Digestis de Publisants, & hoc loco, à serice blatta; id est, à serice, in purpureum cuorem convergo, &c. Touchant l'érymologie de metala, voyez Marchias Martinios, dans son Écymologique. M.
MÉDIANOCHE. Repas qu'on fait la nuit entre le soupé & le déjeuné. De l'Épinguol medlanache, qui signifie la même chose. C'est la Rehae Anne d'Auriche; femme de Louis XIII, qui a introduit ce mot en France avec la chose. M.
MEDINE. Ville d'Arabie. Elle s'appelloit auparavant Tarreb. Le faux Prophète Mahomet ayant été obligé de s'enfuir de la Mecque si patrie, à cause des perfecutions qu'il y souffrait, se retire à Tarreb. Il fut très bien reçu dans cette Ville, de il la choisit pour y faire son séjour : c'est pourquoi elle pendit son premier nom, & pris celui de Médinae al Nabi; c'est-à-dire, Ville du Prophète; & qui abdiens Médinae, d'où Médine. Il y a en Épinguole plusienne. Villes qui portent le nom de Médina, qui leur est venu des Arabes. Ce nom signifie Ville, de même que Médine.
MÉFAIRE. De misfacere : comme MÉFRENDRE, de misfroidere. Les Capitulaires de Charles le Chauve, page 247. Et en elle homines, qui in illo Regno contra Semirium nativum dominum & archum misfroiderum, si se vicepharorum propter Demu, & propter fractis sui deprectatum, quidquid contra cum misfroiderant, eis volis indulgere. Le Peto Sirmond, sur cet endroit : Passerier azas tertiam vacalem in housmodis terbis in fecundam vertis : misfactum, MEFRAIT : misfroidere, MERFENDRE. Edemque modo in aliis : in quibus prima fyllaea idem sonar quod male ac petperam. M.
MÉFAIRE. Dans ce mot, & dans nos autres semblables, la première syllabe mé, ou mes, est purement Allemandé; & c'est de l'Alleman qu'elle s'est glissée dans plusieurs verités de la base Latinité. C'est la même chose que l'Alleman miff, particule prépositive, qui signifie estroit le défaut, tantôt l'erreur, tantôt le dérèglement. Les Allemans disent misbranchen, pour mermer, misfroident, pour mal-interpreter, & ainsi du reste; & cette particule vient du verbe Alleman misfro, c'est-à-dire manquer. J'ai même quelque opinion que dans méhaling & méhaigner, mé vient pareillement de l'Alleman miff. Le Duchat. B b
MEGARDE. Lat. *inadvertentia*. Grec vulgaire, *d'Ortia*. De *mis-guardare*. Voyez regarder. M.
MEGE, ou MEIGE. Médecin. Les Usages de Jérusalem, imprimés par le Père Labbe, porte que celui qui se dit elôine, doit montrer au Meige son pouls & sorine. *Sorine*, c'est-à-dire, *son urine*. Pierre Remond lou Proux, Toulousius, cité par Borel au mot *vac* : *Lou Mège que my pot guarir, Mi vol en diéta tenir, Comme les autres Méges fan.* De *Medicus*. On appelle *Mege*, à Bourges, celui qui remet les membres disloqués. M.
MEGEDUX. Mot que Ville-Hardouin, livre 3, page 46, de l'édition de Vigenère, a employé dans la signification de Maréchal d'Armée de l'Empereur Grec. Si Vigenère a bien rendu ce mot, ce sera un mot hybride, composé du Grec *pique*, & du Latin *dux*; & sa signification littérale sera *grand-chef*. Le Duchat.
MEGISSIER. C'est celui qui ôte le poil des peaux des animaux. De *morgre*. *Mergre*, *morgus*, *morgicius*, *morgicianus*, *morgissarius*, *morgissier*. On ôte l'R : comme en *pelo*, de *miglo* : en *chaton* (mot François), de *castrum*. Les Mégisfiers trempent long-tems dans l'eau les peaux des animaux, pour en ôter le poil. Et de-là vient que la Mégisferie de Paris étoit sur le bord de la Seine, & qu'aujourd'hui la plupart des Mégisfiers de Paris font dans le Fauxbourg de Saint Matceau, sur la rivière des Gobelins. Voyez Savary, dans son Parfait Négociant, page 17, de la féconde partie. ¶ Bourdeloit dit, que *mégisferie* a été fait de *mégie*: qui est de la cendre & de l'alun brûlé, dont les Mégisfiers apprêtent & parent les peaux de mouton : ce qui ne m'est pas connu d'ailleurs. M.
MEGISSIER. De *mégir*, préparer des peaux & des cuits. *Mégir* vient de *medicare*; comme *Mége*, mot usité en Auvergne pour signifier un *Médecin*, de *Medicus*. Huet. MEGUE de *lait* : petit-lait. Lat. *serum laftis*. Par corruption, pour *maigre de lait*. M. du Cange, au mot de *mesga*, produit un passage de l'Ordre de Saint Gilbert de Sempinghan, où ce mot est employé en cette signification. ¶ *Mégue* pourroit avoir été fait de *macricum*. *Macer*, *macri*, *macricum*, *macum*, *MEGUE*. M.
MEHAGNE, MEHAIGNE. Ronfard s'est servi de ce mot, en cet endroit de sa Franciade : — *La navire poussée, Ayant la prune & la poupe froissée, Allois mehagne.* Sur lequel endroit Ronfard lui-même a fait cette Note : MEHAGNE, perclus. *Nos Critiques se mequeront de ce vieux mot François. Mais il les faut laisser caquer. Au contraire, je suis d'opinion que nous devons retenir les vieux vocables significatifs. Nous lisons dans le Roman de la Rose* : *Faibles, & vieux, & mehaignez, Par qui pains ne sont plus gaignez.* Nous lisons dans le même Roman : *En cher malade d'un moulain, De converse, de glisain.* Tous ces mots ont été faits de l'Italien *magagna*, qui signifie *défaun*, *manquement*. Il *frusto* è *bel*, ma *dentro* à la *magagna*. Et de-là, *frusto magagnato*. Voyez mes Origines Italiennes, au mot *magagna*. M.
MEHAGNE. *Malgaing* est l'ancien mot, & se trouve page 176, du Journal de Paris, &c. imprimé en 1719. D'un homme *mehaigné*, on demande comment il a *gagne* son *mal*. Le Duchat.
MEHAIGNE, MEHAING. C'est-à-dire, *estropié*, *estropielement*. Le Livre intitulé, *Li Estabilisment li Roy de France*, liv. 1. où il dit qu'un estropiat, un sexagénaire, & un homme lourd & pesant, lorsqu'ils appellent quelqu'un de meurtre, de rapt, ou de trahison, peuvent faire battre un autre homme en leur place : *Se aucuns hams, mehaignies ou autres, qui aient passé soixante ans & un jour; ou un autre qui soit ses & lors, ou qu'il puisse montrer autre mehaigne*. Au liv. 2 : *Et se les parties avoient en mehainges apparaisans, & ils se misent avant, & ils en eussent fait mention ou retenue, ils pourreient bien mettre champions pour eux*. Le Traité des Vertus & des Vices, parlant des estropiats qui demandent l'aumône aux portes des Eglises : *Et qu'il est aussi comme li mehaignies qui giff au portal du Moflier, qui point n'a honte de montrer ses mehains à tous ceux qui passent*. Herman de Valenciennes, au Roman de la Bible, parlant de Jacob, qui resta boiteux de la lutte qu'il fit avec l'Ange : *Quand se sent mehaignie Jacob à loy parla.* Dans l'une des Chartres que Duchesne a fait imprimer à la suite des Histoires de Normandie, on dit ces paroles : *Concedimus quoque quid ipsi teneant per libertatem Rothemagi omnia placita & omnes mesleias infra Rothemagum, & infra banleugam Rothemagi, in quibus mors, vel mechaignies, vel placitum ensis non appendet*. Caïeneuve.
MELCO. C'est ainsi que les Toulousains appellent la rate. De l'Alleman *milax*, mot de même signification : d'où les Italiens ont aussi fait *milax*, & les Suédois *mielce*. M.
MELER. Du verbe *miscere*, est formé le Latin-barbare *misculare*, duquel la Langue d'Oc a tiré *mescia*, & la Langue d'Oul *mesler*. Hincmar, Evêque de Reims, en une épître à Charles le Chauve : *Per plurimorum ora vulgatur, vos dicere quantum de istis rapinis atque depradationibus nil vos debeatis misculare*. Les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 16, chap. 7 : *Qualificunque de vobis tali modo in isto facto commiscularis est*. Caïeneuve. Voyez ci-dessous MESLER.
MELER. Je veux bien croire avec M. de Caïeneuve & M. Ménage, que ce mot a été fait du Latin-barbare *misculare*. Mais il est bon néanmoins de remarquer la conformité du François *miser* avec l'Ebreu *misa mahal*, qui signifie la même chose, & qui se trouve en ce sens dans *Isae*, 1. 22. & celle du Latin *mēlōsō* avec l'Étros 700 *mašas*, qui veut dire aussi la même chose.
MELISSE. Plaque ainsi appelée de *mōs*, *mōs*, parce que les abeilles, à ce qu'on croit, y ramassent principalement leur miel. On la nomme aussi *citronelle*, parce qu'elle a l'odeur de citron.
MELUSINE. Voyez *Melusine*. M.
MELON. De *melons*, ablatif de *melo melonis*, fait de *mōs*, à cause de sa ressemblance à une pomme. *Mōs*, *mōs*, c'est une grosse pomme. Le mot de *melones*, se trouve dans Palladius, au mois de Mars, titre IX. Mais les doctes ne conviennent pas de la signification de ce mot. Scaliger, dans son premier Scaligérama : *Pepanes Veterum*, *funt reverta* nos melons. *Sed melones & melopepones*, *quid iis significens*, *res cognitu perquam disicitis*, *quaeque ne valde alias terfer : necatum*, *quid certi adfirmem*, *habos*. Et sur les Cataleches : *Melo*, *non est melo noster*, *præstansissimus fructus*; qui *veteribus omnino ignatus fuit*. *Nam melones veterum sunt in generibus cucumerum : & onerosis stomacæ scribis Plinius*. *Nibil eorum qua veteribus melonibus & peponibus suis*, *convenit melonibus nostris*; *quibus & omnis ambrosia & nellæ cedat licet*. C'est à la page 286. de la seconde édition : car dans la première édition, cet éloge des *melons* ne s'y trouve pas. M. de Saumais, à la page 959. de ses Exerciations sur Pline, a réfuté cette opinion de Scaliger touchant le mot de *melo* : & il l'a réfutée en ces termes : *Qui gufum hodie fœum ac palatum tantum consulunt*, *credere nequeunt veteribus in deliciis & amoribus non fuisse melonem*. Et *ex eo quid inter delicias tiborum non legum recenseri vis mōs, persuadent sibi mōs, non esse melonem*. *Quid de citroo malo dicent isti? Hodie habetur in manibus : in mensis manditur : commendatur, non odere tantum, sed etiam cibo*. *Antiquis exercarum odere piersique fuit; apud omnes, fori tibi abdicatum*. Dans ses Homonymes des Plantes, chap. 35. il persévère dans la même opinion. Voyez-le. M.
MELQUITES. Ce nom vient du Syriaque *Melec*, ou *Malco*, Roi, Empereur; & il signifie la même chose que *Reyolistes*, ou *Impériaux*. Les hérétiques qui ne voulurent pas se soumettre aux décisions du Concile de Chalcedoine, nommèrent autrefois de la sorte les Catholiques, voulant marquer par-là qu'ils étoient de la Religion de l'Empereur. On appelle aujourd'hui *Melquites*, parmi les Syriens & les autres Nations du Levant, ceux qui n'étant point de véritables Grecs, suivent néanmoins leurs opinions. C'est pourquoi Gabriel Sionita, dans son Traité de la Religion & des mœurs des Orientaux, leur donne indifféremment le nom de *Grecs* & de *Melquites*.
MEME. Voyez *mesme*. M.
MENACES. Il vient de *minatia*, ou de *minatio*, qui signifient même chose. Plaque, dans son *Rudens : Minacias ego istas flacci non facio tuas*. Cicéron, de *Oratore*, liv. 2 : *Exercitationes, admirationes, minationes*. Cæsneuve.
MENACES. De *minacia*. Plaque, dans sa Comédie du Soldat Glorieux, Acte 2. Scène 4. 1. *Non possunt mihi minacitis suis hisce aculi fodiri*. Et dans son *Træmterus*, v. 4. 55. *Melitis te munere certare mecum, quam minacitis*. Et dans son *Rudens*, III. 5. 16. *Minacias ego istas flacci non facio tuas*. M.
MENAGE. M. de Cæsneuve, au chap. 10. du livre 1. de son Franc-alleu, dérive ce mot, & celui de *mesnie*, *d'arimania*, dont les Auteurs de la base Latinhé se sont servis dans la signification de *famille*. Marculée, liv. 1. de ses Formules, chap. 18. *Relium est, us qui nobis fidem policentur inlaçam, nostro tucantur auxilio*. Et *quia ille fidelis*, *Deo proprio, noster, venique ibi in Palatio nostro, una cum arimania sua*, *in manu nostra trufem & fidelitatem nobis visus est conjurastis*. Mais, selon moi, l'un & l'autre ont été faits de *mansus*. *Manee, mansu, mansum : Mansum, mansus, masus* : d'où MAL. Voyez *mas*. *Masus, masinus, masina, masinagium*, MENAGE. Voyez la Vie de Guillaume Ménage, Avocat du Roi, d'Angers, page 51. & 52. *Masinus, masinus, masina*, MENIE. *Masnie* signifioit proprement la *famille*. L'ancien Dictionnaire Latin-Français, publié par le Père Labbe : FAMILLE, *masnie*. On l'a pris ensuite figurément pour le *train d'un Seigneur*. *Mesnage* a signifié aussi premierment la demeure de la famille, & ensuite l'administration de la famille. Et comme les bons pères de famille doivent épargner, il a été pris enfin pour l'épargne, & pour la parcimonie, s'il m'est permis d'user de ce mot. ¶ Les Gaïcons disent *ménage* (a), pour dire un *petit enfant* : ce qui me fait croire que *mesinagium* a aussi signifié *famille*. M.
MENAGE. A Paris, dans le XV. siècle, on appelait *Mesinagier*, ceux d'entre les habitants qui y tenoient *ménage*, sans jouir du droit de Bourgeoisie. Voyez le Journal de Paris, &c. 1719. tome 1. page 91. Souvent aussi ce mot semble y désigner les rentiers, particulièrement ceux qui possèdent des maïson. Voyez la note 3. sur le chapitre 67. du livre 4. de Rabelais. *Ménage*, en cette signification, se trouve dans le Moyen de parvenir, chap. 1. Anciennement *maignée* signifié *famille* ou *maïson*. *Monstrelet*, édit. de 1571. vol. 1. fol. 68. b, sur l'an 1408. *Fous aussi, Seigneur, Ducs & Comtes de cette maignée de France*. Le Duchat.
MENCAULT. Terme de l'Artois, où l'on appelle de la sorte un demi-sétier de blé. Voyez *Monstrelet*, édit. de 1571. vol. 3. fol. 97. a. Jean Molinet, dans sa Récollection &c. page 170. de la Légende de Pierre Falsu, édit. de 1523. *J'ay ven peuple en mes Livres, De famyne troublé, Et vendre quatre livres Un seul menaçant de blé; En cette propre année Avoir dessus l'Escaple, La chance retournée, Uny muy pour un menaçant.* C'est un diminutif de *manne*. Voyez ci-dessus *mannequin*. Le Duchat.
MENE. En Provence & dans le Languedoc, on use de ce mot en la signification d'*espèce*. Et plusieurs croyant que ce mot a été fait de l'Ébret (a) C'est *maïse* que disent les Gaïcons pour dire un petit enfant, & non pas *ménage*. L'Auteur a été trompé par Borel. B b ij quin, qui signifie la même chose : les Juifs qui ont habité ces deux Provinces, y ayant laissé plusieurs mots Ebreux. M.
MENEAU. C'est la réparation des grandes fenêtres. Voyez le Dictionnaire Universel. M.
MENÉES. Ce sont proprement des conseils secrets. Il vient du verbe Latin minare, qui signifie faire & traiter recrutement. Frédegaire, dans sa Chronique, chap. 9 : Flacobardus dubiceps inhomem. minabus consilium de interiis Willebadi. Cafeneuve.
MENER. De minare : dont les Latins se sont servis en la même signification. Apulée, livre 3. de sa Métamorphose : Nos duos afons minantes, bacalis exigunt. Autone, parlant de la vache de Myron : Ageret juvenas cum damum passer suas, Suam relinquens, me minabus ut suam. Paulus, abréviateur de Sextus, au mot agafones : Agafones : equus agentes : id est, bene minantes. Et au mot agere : Agere, modè significas ante se hellere, id est, minare. Dans l'Exode, 3. 1. Cumque minares gregem ad interiura deferti. Et dans les Rois, 2. 6. 3. Minabant plaustrum novum. Et en plusieurs autres endroits de la Bible. Le Jurisconsulte Paulus, au titre 17. de ses Sentences, a employé le même mot dans la même signification. Voyez Cujas, sur cet endroit de Paulus ; & M. Fabrot sur Théophile, au titre de Serviteuribus ; & M. Bochart dans son Hierozicon. ¶ De minare, les Italiens ont fait de même menare. M.
MENER. Wachter, dans son Glossar. German. page 1081. au mot mine, croit que le Latin minare vient de la Langue Celtique. Voici ses termes : Unde Latinis se hoc verbi, nemo hactenus investigavit. Martinius fuscicatur, factum illud esse ex Greco aia, a arceo, propello. Sed aliud est arceo, aliud ducere. Mibi persuasum est, illud ex semine Celicea orrum esse, nempe à menn locus, quo hodie ununtur Cambri ; & minare nihil aliud esse quam de loco in locum ducere. Diserrè Papias : Minare : ducere, de loco ad locum promovere. Inde Gallii mener, de loco in locum ducere ; & promener, expartiari ; manifesto ad locum relatu. *
MENESTRE. Potage. De l'Italien minestra, qui signifie la même chose. Voyez minestra, dans mes Origines Italiennes. M.
MENESTRE. L'Italien minestra vient du Latin ministra, duquel mot Erasme qui nous l'apprend, ignore lui-même l'origine en cette signification. Primo loco ; dit-il, dans son Colloque intitulé Opulentia sordida ; dabatur jusculum, quod illi, nescio quam ob causam, appellant ministram. Erasme, dans ses Adages, chil. 5. cent. 1. n°. 16. nous apprend de quoi proprement est composé le menestre des Italiens, en disant que c'est une soupe au fromage, appelée par Cicéron syrocarichus, manger particulier au petit peuple. Ce qui me fait croire que les Italiens auroient appellé menestre cette soupe, de minister, c'est-à-dire serviteur, parce que c'est un manger qu'on ne doit servir qu'à des domestiques. Le Duchat.
MENESTRIERS. Quelques-uns veulent que ce mot vienne de muncè, qui signifie celui qui recherche une fille en mariage. Mais en voici la vraie origine. Comme de ministerium on a fait mériter ; comme vous verrez en son lieu ; on a fait aussi Menestrier de Ministerialis, que les Auteurs de la moyenne Latinitè prennent bien souvent pour Artisan & homme de métier, qu'on appelle encore en Languedoc Menestrel. Hincmar, évêque de Reims. Plebeis quoque quibusdam personis, villarum scilicam ministerialibus, pro rebus ministerium suorum nonumquam scribens. De là vient qu'une Morale manuscrite, composée en François par le commandement de Saint Louis, que j'aviue dans le Collège de Foix à Toulouse, appelle les artisans, Menestriers. Se il fait encore composées, comme sont ci Labrenur & ci Menestrier. Or comme les meilleurs Auteurs Latins appellent quelquefois absolument Artifices, par excellence, les Joueurs d'instrumens (Quinte-Curce, liv. 5. Sed etiam Artifices cum fidibus sei generis ébam) ; nos anciens François, par la même raison, les appellèrent Menestriers. Froissart, vol. 3. chap. 39. Et y est là grand foison de Menestriers qui firent bien leur métier. Ce qui confirme clairement le rapport de ministerium avec ministerialis, par celui de métier avec Menestrier. Aussi nos anciens François prononçaient Menestrel. Guillaume de Loris, au Roman de la Rose : Là veisses Fluteours, Menestrels & Jugleurs. Cafeneuve.
MENESTRIERS. Ce sont Joueurs d'instrumens de Musique. Dans le Roman du petit Saintre, chap. 34. Partirent tout premier les Tabours : & après les Menestriers venaient plusieurs Seigneurs. Trippault dérive ce mot de muncè : parce que les Menestriers font les noces : qui est une étymologie ridicule. Menévrier a été fait de ministerianus : comme MENESTREL, de ministerialis : c'est ainsi que les Menéviers font appelées dans nos anciens Romans. Les Anglois disent Minestrel. Il est sans doute que le mot de Menévrier a été fait de ministerianus. Les Grecs ont appelé de même marie, & les Latins Artifices, les Joueurs d'instrumens de Musique. Voyez Caisubon, dans ses Observations sur Suétone, sur ces mots de Néron mourant, qualis artifex pereo ! ¶ Bourdeloit a donné une étymologie de ce mot, qui est si burleique, qu'elle mérite d'être ici rapportée. Il dit que Menévrier peut avoir été dit de Monstar, renommé Pantomime. Et là-dessus, il cite Leu'l d'Orléans, sur le xiv. des Annales de Tacite. C. Ile de Charles de Bouvelles n'est pas plus raisonnable. Charles de Bouvelles dit que ce mot a été fait de celui de minus, & de celui d'histrie. M.
MENESTRIERS. Lorsque nos vieux Romans, comme Perceforet, parlent de menestriers, qui devoient jouer de leurs instrumens à quelque fête, ils les considèrent, non comme étant tous d'un seul & même métier, comme violons ou harpeurs, mais comme devant jouer chacun de l'instrument dont il faisoit métier en son particulier. Le Duchat.
MENIN. Nom de lieu & de famille. C'est un vieux mot qui signifie habitation. Le Roman de Garin : N'y a méfion, ne borde, ne mesnil. Treflot le regne ont tourné à effil. De manus. Manus, manus, masinus, masinus, masinum, masinile, MESNIL : que nous prononçons Mémil. On a fait de même CHENIL de canille. ¶ Voyez ménage, & mar, & maison. M.
MENIN. Enfant d'honneur d'un Prince. De l'Espagnol menino, qui signifie mignon, favori. M. MENIN. L'Espagnol menino ne viendroit-il pas de Latin minutus? Je m'imagine qu'en pre- nois onlinirement pour Menus les plus jeunes & les plus petits enfans de la maison, pourvu qu'ils suisent en âge d'être produits. Le Duchat. dom, d'où les Grecs ont fait Erythron, & les Latins Rubrum, qui est ce que signifie le mot d'Edom en Ebreu. Voyez & enfis Edom. Une preuve que les Iduméens habitables près de la Mer rouge, c'est qu'il est dit au troisième livre des Rois, II. 16. & au second livre des Paralipomènes, VIII. 17. que la côte de la mer de Senph, qui est la Mer Rouge, est dans le pays d'Edom. Strabon, liv. XVI. & Pluse, liv. VI. parlent d'un certain Roi Erythras, qui avoit regné en ces lieux-là, & dont quelques anciens disaient que cette mer avoit pris le nom d'Erythrie. Il y a apparence que ce Roi Erythras n'est autre chose, qu'Esaï, ou Edom. Edom, en Ebreu, signifie rouge, de même qu'Erythras en Grec: & Esaï, comme en fait, fut nommé Edom; d'où le nom des Iduméens & de l'Idumée. Les Arabes appellent la Mer Rouge habbr Kolzom, c'est-à-dire, mer de Kolzom, à cause de la ville de Kolzom, qui est située sur l'extrémité de sa côte Septentrionale. Ils la nomment aussi Mer de la Mecque, parce que la ville de la Mecque, pour laquelle ils ont une extrême vénération, n'en est pas fort éloignée.
MÉRALLÈRESSE. Vieux mot insusé qui signifioit Sage-femme. Un Registre de la Maison d'Amboise, de l'année 1167. cité par M. du Cange au mot marallus: Emmetine le Hardie a osé receue à estre Merallèresse, par la relation de plusieurs femmes, qui s'avent comment Merallèresse se doivent contenir en ladite science. M. du Cange dit qu'il ne fait d'où vient ce mot. Ne viendroit-il point de paen, obstetrix? Maa, mara, meralla, merallia, metallicia, MÉRALLÈRESSE. Maia se trouve en cette signification dans les Gloïes d'Isidore: MAIA, media obstetrix. Corriges, medica. M.
MÉRALLÈRESSE. Peut-être de mater altrix: parce que les sage-femmes ont le premier soin des enfans nouveaux nés. Le Duchat.
MÉRANGES. J'ai appris de M. de Gyres, Avocat du Roi au Prédial d'Orleans, que ce mot se prend à Orleans pour un dévoyement d'estomac, causé par un excès de débanche: & qu'on y dit faire méranges, pour dire dégoubler: & que cette façon de parler venoit de ce qu'un nommé Antoine Chanoirier, dit Des-Méranges, Ministre de la Religion prétendue Réformée, venu de Genève à Orleans en 1559. vomit, étant en Chaise: & que c'est la tradition du pays: & que Maître François le Maire fait mention de cette Histoire dans ses Antiquités de la Ville d'Orleans. M.
MERC. L. Merci & remercier viennent de merces, qui signifie récompense, parce que savoir bon gré & remercier, ou dire grand merci, tiennent lieu de récompense. Hugo de Clériis, que le P. Sirmond a fait imprimer parmi ses Notes sur les œuvres de Geoffroy de Vendôme: Tradidi et grates & mercedes. Caseneuve.
MERC. L. Lorsqu'il signifie pitié & miséricorde, il vient aussi de merces, parce que par les anciennes Loix, & sur-tout par la Loi Salique, la peine même des plus grands crimes étoit rachetés par de l'argent; c'est-à-dire, convertie en une amende pécuniaire: ce qui est appellé componer. Et d'autant que cet argent étoit comme la récompense qu'on donnoit pour se résumer de la peine, on appelle cela prendre à merci: que depuis nous avons pris généralement pour pitié & miséricorde. Dans les anciennes Ordonnances d'Ecosse, intitulées Regiam Mojestaem, liv. 5. ch. 3. Amerciamentum est pris pour amende pécuniaire. Amerciamentum falsi Judicii contradicti est decem libranum. Caseneuve.
MERC. De merces mercedis: dont les Ecrivains de la moyenne Latiniè se sont servis en la signification de grace & de former. Grégoire de Tours, liv. 4. ch. 3. Cum jam Ingundem Chlotarissim conjugio accepisset, & tam unico amore diligent, sugestianem ab ea accepit dicente, Fecit Dominus meus de ancilla sua quod libuit: & suo me strato adscivit. Nunc ad complendam mercedem, quid lamula tua suggerat, audiat Dominus meus, &c. Ad Ingundem rediens, ait, Tractavi mercedem illam implete, quam me tua dulcedo expertit. S. Boniface de Mayence, épit. 104. écrivant à Pepin, Roi de France: Petentes, ut per pro mercedè vulva defendatis contra tales falsarios. Hugues de Clériis, dans son Traité de la Sénéchaussée de France, publié par le P. Sirmond, par André du Chesne, & par M. Baluze: Eum salutans ex parte Cemitis, reddidi et grates & mercedes. L'Autreur des Miracles de Sainte Walpurge, liv. 1. ch. 4. a employé le même mot dans la même signification. Du Latin merces, les Espagnols ont fait aussi leur merced. ¶ Il me reste à remarquer, que les Peres de la Mercy sont appelés de Mercade, dans les Tires Latins: & Mercenarios, en Espagne: où ils ont été premierement institués en Arragon. Voyez Covarruvias. Du substantif merci, on a fait le verbe mercier, qui se trouve souvent dans les vieux livres François: pour lequel on se sert aujourd'hui de son composé remercier. J'oubliais à remarquer, que M. Bochart vouloit que merci fût une contraction de misèresse: en quoi je ne puis être de son avis. M.
MERCURE. Dieu fabuleux de l'antiquité. Quelques-uns disent qu'il fut ainsi nommé mercibus, d'autant qu'il présidait au négoce. Wachter, dans son Glossar. German. pag. 1046. dérive ce nom de la Langue Celtique. Voici ses termes: MARE, signum, nota, characlir. Perfa marx, Cambris marc, Anglo-Saxonibus mearc, Anglis mark, Gallis marque, Hispanis marca. Quantvis vox Germanica duci possit à viaque per metatbeson, vel à paque divido, distinguo; dubitari tamen potest, ab insignem ejus antiquitatem; an Graca sit originis. Nam Perfa videntur tam accepisse à Scythis, Celia à Phrygibus, Phryges ex avo literarum invento anteriore. Idque satis clarum ex nomine MERCURI, qui primus literarum perhibetur inventor, quod etiam nomen ejus indicat, si componatur, ut par est, ex ur vir, & mark signum, Hoc nomen maximè conveniebat viro, qui paucis quibusdam signis & notulis, quibus vocales à consonantibus distinxit, universam vocem humanam, qua antea infinita videbatur, complexus est, & hoc invento tam admirabili & divino, non salum de commerciss hominum inter se, sed etiam de nostris erga Deum & veritatem studii, praclarissim meruit. Hunc quidam Egyptium, ego Phrygem, & Saturni ex Jove nepotem, status. Fama est, Saturnum, Jani hospitiæ exceptum, Aborigene Italia, prater alia multa & prabara inventa, literat quoque docuisse. Vide Tertullianum in Apologetico, cap. 10. & Minutium Felicem in Ollev. pag. 111. Opinar opera hujus Mercurii, qui Sanchoniatoni, vetustissimo scriptori apud Eusebium de Preparat. Evang. lib. 1. cap. 10. Saturni paqueurò dicitur. Nec desunt viri doctissimi, quibus eadem etymologia probatur. Quos inter numinasse sufficiat Stiermbielmium, qui in Gloss. Diph. Goth. pag. 112. hac scribis: Si consideremus quis fuerit Mercurius, nempe-scriba, notarius, nuncus, Des-rum, en merber, nescio an ullum in rerum natura appositus etymon ipsius officio competere possit. Judicium ejus rei prabet etiam Caduceus, gessamen antiquum Mercurii, quod, si rothii inspiciatur, origine literarum ex baculo rollo per baculos insexes, haud obscuri pandis. Confer Stab litera. Germanus Mercurium est-affe testis Tacitus, cap. 12. de M. G. Nec mirum, cum Hertha fuerit mater Titandum, Mercurius antemurus ex Titanibus, sicut alibi offendo. Unde mihi errave videntur qui Mercurium inter Deos Germanorum, interpretatione Romana iales, Germanis verò ne nomine quidem notes referunt. Nam ab his Diis, si qui sunt, omnino excipiendus est Mercurius, & omnes illi quorum nomina Germanica sunt. Cette etymologie me patult fort heureuse & fort naturelle. Comme Mercure étoit le messager des Dieux, on a donné le nom de Mercure à plusieurs Livres périodiques qui annoncent quelque chose de nouveau. Tel est le Mercure de France, le Mercure d'Hollande, &c. * M E R C U R E. Nom de lieu. Par corruption, pour Mercure: fait de Mercurium. Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois. M. M E R C U R E. Vif argent. Mathias Martinius: MERCURIUS: argentum vivum: metaphorico: quia mobile est: ut Deum Mercurium ferunt velocem. M. M E R C U R I A L E. Coquille, sur l'article 144. de l'Ordonnance de Blois: MERCURIALES, se dissent du mercredi, qui es Cours de Parlement, n'est pas jour ordinaire de plaidoyrie, ainsi est le jour de Conseil. Desdites Mercuriales est parti dans l'Ordonnance du Roy Louis XII. de 1499. article 27. en l'Ordonnance de l'an 1539. article 130. & en celle de Moulins, article 3. Mercuriales, sont Assemblées de tous les Présidents & Conseillers de la Cour, esquelles le Procureur Général du Roy doit avoir entrée. Et par ledit Procureur Général, doit être fait la proposition sur ce qui se trouve d'abus, contravention aux Ordonnances Royaux, sautes particulières qui se commettent en l'exercice de la Justice, & autres choses, qui désirent animadversion & correction, afin d'y pourvoir. ¶ Et de-là, la façon de parler, Faire une Mercuriale, pour réprimander. Remarquez en passant, qu'en cette façon de parler, Faire une verte mercuriale, le mot de verte signifie vigoureuse. J'ai tenu long-tems à Paris une assemblée de gens de lettres les mécredis: laquelle, à cause de ce jour là, s'appelloit Mercuriale. M. l'Abbé de Dangeau en tient une les maréis: laquelle, à cause de ce jour-là, s'appelle la Mariale. Et la Reine de Suède, lorsqu'elle étoit en Suède, en tenoit fine les jeudis: laquelle à cause de ce jour-là, s'appelloit la Joviale. Et dans une lettre qu'elle me fit l'honneur de m'écrire en ce tems-là, elle me disoit que sa Joviale étoit très-bumble servante de ma Mercuriale. Je remarquerai ici à propos de ma Mercuriale, qu'à cause de cette Mercuriale, M. de Balzac, dans une lettre non imprimée, qu'il m'a fait l'honneur de m'écrire, m'a appelé Mercurialium Cufus virorum. M. M E R D E. Tout le monde fait que ce mot François vient du Latin merda: mais tout le monde ne fait pas d'où vient le Latin merda. Joseph Scaliger dans son premier Scaligerana, le dérive d'erda. Voici ses termes: ERDA, apud veteres Romanus, stercus erat: ut videre est apud Senecaum, libro VI. capite 16. de Benedictus. Unde homerda, hominis stercus: bucerda, bovis stercus: muérda, muris stercus. Je ne trouve rien dans l'endroit de Sénèque, marqué par Joseph Scaliger, qui ait aucun rapport à ce mot erda: & je suis très-affuré que ce mot ne se trouve nulle part. Le même Scaliger, sur les Cataleches, page 468. de la première édition, a donné la même origine du même mot. Voici ses termes: Ut autem Suis, bovis, muris, stercus, sucerda, bucerda, mucerda: sic hominis prius homerda dicta suis. M. M E R E. Voyez maman. M E R E - G O U T T E. C'est le vin qui sort du rel- sin avant qu'on l'ait foulé dans le presfoir. De mera gutta. Les Grecs l'appellent &c. Voyez Hérfychus. M. M E R E A U. C'est une petite pièce de plomb, ou de telle autre matière, qu'on donne pour un témoignage de reconnaissance, ou pour recevoir quelque chose qui doit être distribué: les Latins l'appellent testera. Et lorsqu'il la donnoient pour recevoir le blé en la distribution générale qui s'en faisoit à Rome, elle étoit appelée testera frumentaria; comme en la Loi 42. B. De Judiciis; & dans Suétone en la Vie de Néron, chapitre XI. Et quand elle étoit baillée pour la distribution de l'argent, elle étoit appelée testera nummaria; comme on voit dans Suétone en la Vie d'Auguste, chap. 41. Mornac, sur la Loi 52. ci-dessus alléguée, croit que merra, qu'il appelle meritorius calculus, est même chose que testera; & qu'il a été ainsi appellé, parce qu'il est baillé à ceux qui le méritent: Mercure; meritorii calculi, quod tribuerentur mercuribus. Mais il est bien plus croyable que ce mot vient de mire, ou mire, qui signifie la part & la portion qui est baillée en la distribution de quelque chose. Voyez Budée, & le Trésor de la Langue Grécque. Cafeterove. M E R E A U. Voyez merelle. M. M E R E L L E. Sorte de jeu. De madrelle. Scaliger sur l'Eglogue de Lucain: Sed cave ne duodecim scriptorum ludum cum latrunculis confundas. Alius qu'en est: cujus inventorum tradiderum Palamdem. Ovidius de Arte, lib. 3. Est genus in totidem tenuit ratione redaeum Scripula, quot menses lubricus annus habet. Ita enim legendum: non, usculgo, spicula. Max nostrum hunc ita describit: Parva tabella capit ternos utrinque lapillos: E quibus hic labor est, continuare suos. Qui manifestis, insus hodie à gueris observatur. Nam qui lapillos in linea continut, is vencit. Folgus Aquitanum madrellum vocat: Galli, madrellas: à materulis. Mareres veteri lingua Galliana, virga, & baculi. Nostrates autem pueri saptus materum, aut bacillorum capitulis, pro lapillis, in eo insu utuntur. De materibus, Sifcuna apud Nentium. Apud Strabonem libro 4. de Gallorum armis: & mire, &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. prêtent. Dans cet endroit de Pontianus, au lieu de marella, je crois qu'il faut être marella. Mais ni marella, ni marella, ne sont point mais Italiens. ¶ De madrilions nous avons fait menue : qu'on prononçait archiquement merci. Les Us de la Viscount de l'Eau, en Normandie : Se l'en hait à cern le merci en quelque que il a acquitté sa marchandise en la Vienne de l'Eau, & il n'admène que il le perle, &c. ¶ Dans l'Eglise de Paris, la distribution de trois livres quatre sous à chaque Chanoine, se nomme un merue. M. M E R I A N E. Faire la mériane. Le dormir d'après-diné. De meridiana. Les Grecs disent de même (menuis) : & les Latins, meridiari, & les Italiens, meriggare. Voyez dîner. ¶ Ceux qui se piquent de bien parler, disent la méridiane. M. M E R I S E. Petite cerise. Peut-être de minor cerasa, par contraction. Les Italiens appellent cette cerise amarella : ce qui pourroit donner sujet de croire que merise amoit été fait d'amarun. Amarun, amari, amaricus, maricia, MARINI. Mais les merises sont douces : ce qui détruit cette étymologie. M. M E R L A N. Poisson. De maris lucus on a fait merius : & de merius on a fait merien. Voyez merius & morue. Le P. Labbe avois quelque pensée que merius & merien avoient été faits de meris, olseau, à cause de leur ressemblance à cet olseau. Mais comme le merius & le merien ne ressemblent point au meris, cette étymologie ne peut subsister. M. M E R L E T. C'est un creneau ou une embrasure de muraille. Les Italiens disent meris de muraglia. Il y a divertit de opinions touchant l'étymologie de meris. Dans mes Origines Italiennes, j'ai dérivé ce mot Italien du Latin. mina. Virgile : Manent opera interrupta, minque Murorum ingentes, aquatago machina cicio. ¶ Mina, minum, minulum, menulum, merulum, merium, MIRIO. M. Ferrari, dans les siennes, le dérive de murus. Les Espagnols disent almana, que M. Ferrari dérive de muria. M. M E R L E T T E S. Le P. Ménestrier, dans son curieux livre de l'Origine des Armoiries, pag. 115. Les Merlettes sont des armoiries qui marquent les voyages d'entremer, parce que ce sont des oiseaux qui passent les mers tous les ans. C'est un proverbe parmy les Italiens de dire. E' già di là dal rio passato il merio, pour parler d'un voyageur. On les a représentées sans bec & sans pieds, pour marquer sous ce symbol les blessures qu'on avoir recours en ces voyages, entrepris contre les infidèles. ¶ Le mot de meriere a été fait de meriere, diminutif de merula, qui signifie un meris : & les meries ne sont point oiseaux de passage. Et ce vers : E già di là dal rio passato il merio, ne s'entend point des voyageurs. Voyez mes Modi di dire Italiani, au chap. 1. qui a pour titre La meria a passato il Pi. Mais je ne sais point la raison pour laquelle on a représenté les merlettes dans les armoiries, sans bec & sans pieds. M. M E R L U S. Robert Etienne, dans un petit Traité des noms des poissons, dit que le poisson que les Grecs appellent 169, & les Latins afelus major, est le merius ou aigrésin. Jules Scaliger, sur le chap. 27. du liv. 6. de l'Histoire des animaux d'Aristote, dit que c'est le poisson que les Latins appellent lucus; & que les François l'appellent merius, comme qui diroit maris lucus. Cafo-nerve. M E R L U S. Poisson. De maris lucus. Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 45. Galli meriusum, quasi maris lucum, vocant. Pontus de Thymé, dans son Traité de l'imposition des noms, page 74. après avoir parlé du poisson nommé afelus par les Latins : Addam tamen, pisem hunc aristimari rum esse qui nobis Merius, id est, Lux de mer. Est autem Lux nomen Gallicum, iis qui Octani maris accola sunt id significans quod nobis Mediterraneis brochet : Latinis autem, lucus : qua dictio ex lux illo Gallicus, forsan ab Anfonis estilia est. De maris lucus, on a fait aussi molue : pour lequel nous disons aujourd'hui morue. Bertelot, le visage blefme, Aussit l'attaque en ce lieu, D'aussi bon cœur, que le carestme, Sortant du service de Dieu, Un petit Cordelier se rue Sur une pièce de morue, dit Bertelot, dans son Combat contre Regnier. Dans le Languedoc, on appelle meriace, ce que nous appellons ici morue : & merius, ce que nous appellons merian. Et à Berleux, ce qu'on appelle par tout le reste du Languedoc merius, on l'appelle luci. Je remarquerai ici en passant, que lucus a été fait de 169. M. M E R L U S. M. Ménage ne dit pas que le merin s'est autrefois appelé flocifc. Le Dictionnaire Latin-François de Robert Etienne, imprimé infol. à Paris en 1558. Salpa salpa, une force de poisson qu'on appelle flocifc, ou merin. Il est sûr qu'encore aujourd'hui dans toute la Lorraine, & dans les trois Evêches, on ne connoit le merin que sous le nom de flocifch. Mais d'ailleurs, contre ce que semble établir dans cet article M. Ménage, on y fait une grande différence entre le flocifch & la morue : cette dernière étant un fort bon poisson, qui se vend au sortir de la tonne, où il est conservé dans la faumure; au lieu que le flocifch, outre qu'il n'a plus de tête, se vend dur comme le bois, & ne s'amolit qu'à coups de marteau; après quoi encore ne vaut-il jamais rien que pour les pauvres gens. Le Duchat. qu'éconfi Raimond de Poirier, Second du Noël ; Prince d'Amioche. La famille ou branche des Lé- signans de France, n'a point eu de Méluine quoi- qu'aucun avent voulu attribuer ce nom à la mère de cet Aimory. 5. Roi de Jérusalem & de Chypre ; mais elle avoit nom Burgonia : & elle étoit de la célèbre Maison de Rancon, & fille de Geoffrey de Rancon, Seigneur de Taillebourg, Fontenay, &c. lequel avoit pour père, Aimory de Rancon, & pour mère, une autre Burgonia, dont la famille n'est pas connue. Mais il n'étoit pas fils de Ra- mondin, Comte de Forest en Bretagne, & de Marie de Poirier, fille de Gay, Comte de Poiron ; & Duc de Guyenne, comme veut le Roman. Ni cette imaginaire Marie ne peut pas avoir été dite Mélusine, à cause qu'elle est. 6. Dame de Melle & de Léignan : car ces deux Seigneuries nous ja- mais été utiles en une même famille. Cette Observation m'a été communiquée par M. du Puy. ¶ J'oubliois à remarquer, qu'on ne dit plus aujourd'hui que Mérusine. M.
MÉLUINE. Mélusine, MÉLUINE, par le changement de la première 1. en 2. comme de Mélus & de vallet, nous avons fait Merlin &c varier. C'est suivant cette même règle que Bodin, liv. 4. de sa République, page manuscrite 347. & 348. a fait d'Arliac du Latin de Alliace. Au reste, du tems de Brantôme on diroit déjà Mérusine. Voyez ses Hommes Illustres François, tome 3. pages 188. & 196. Le Duchat.
MÉROBAUDE. Nom d'un Illustre Franc, dont parle Aurélius Victor. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie, selon Wachter, illustre chef; de mare, célèbre, illustre, & de bod chef. Maroade, dont il est parlé dans Strabon, & dans Patercule, signifie la même chose, & ne diffère de Meroade, que par une orthographe un peu différente. Atar ou mer entre dans la composition de plusieurs noms propres Teutoniques. Voyez Wachter, dans son Glossar. German. aux mots ma- re, page 1018. & au mot bod; & ci-dessus Gande- mar & Gitiner. *
MÉROUE. En Latin Merveus & Mervei- cus. Nom d'un Roi de France, qui a donné son nom à la race des Rois Mérovingiens. Meroué a été fait de Merveus; & Merveus a été abrogé de Merveus. Ce nom, qui, comme on voit, est d'origine Teutonique, signifie illustre guerrier. Il est fait de mare, illustre, célèbre : voyez ch-de- vant Meroade : & de wig, qui veut dire, cou- rageux, vaillant, guerrier, héros. Voyez Wach- ter, dans son Glossar. German. au mot wig, page 1898. & 1899. Dans Merveus le 6 a été changé en c, qui est une lettre du même organe : mais l'on a dit aussi Merveus. Il est à remarquer que ce nom signifie précisément la même chose que celui de Louis & de Clovis. Voyez ci-dessus Louis & Clovis. *
MÉRREIN. De materia, qui signifie souvent en Latin du bois à bâtir (Virtuve, liv. 1. chap. 7. Materies cadenda est à prions automne, Le Glossai- re : Materia, Boula), la moyenne Latinité a fait marriamen, & par contraction materiemen. La Loi Salique, tit. 8. §. 4. Si quis in sylva alte- rius marriamen furatus fueris. Et de marriamen nous avons formé merrein. Caïeneuve. Voyez ci-dessus MATRREIN.
MÉRVEILLE. De mirabilia : féminise. ¶ Mirabilia, mirbilia, mirbilia, MERVEILLE. L'Italien maraviglia a la même origine. M.
MES. Il n'est dit pour Messager. L'Histoire de Geoffroy de Ville-Hardouin, liv. 9. page 171. de l'édition de Vignière, Paris 1787. Emplis que est offant commençant le Samowy mémé, l'en voir un Mes bataillon Conflantoupin. De miffus, comme Messe de messe. Le Duchat.
MESAIS. De minus etinus. Minus etinus, Iul. mesais, MESAIS. M.
MESANGE. Olfans. De 29. par. 9. De l'Al- leman messe, qui veut dire la même chose. Mese- ke, messe, MESANGE. Le P. Labbe, qui croit que la messe a été ainsi appellée du mélange de ses plumes, n'a pas en cela bien rencontré. ¶ Nous disons messe dans l'Anjou, & dans les Provinces volines de l'Anjou : à Paris, on dit messe. M.
MESANNE. Selon Wachter, les Allemans ap- pellent cet oileau messe, les Namens mer. Les Anglo-Saxons disolent mase. Ces mots ont beau- coup de ressemblance avec le Grec insuffit sur parvus, & il y a apparence que la messe a été ainsi nommée à cause de sa petiteesse. Aussi les Sué- dois l'appellent-ils terra, & les Anglois ritmose, vraisemblablement du Grec voble parvus. Voyez Wachter, Glossar. German. au mot messe. *
MESAVENI. De me adventure. M. MESCHANT. Voyez mechant. M.
MESCHIN, MESCHINE. C'est-à-dire, jeune garçon & jeune fille. Le Roman de Guillaume au court nez, au Chartoy de Nîmes : Quand je tu juenes meschin & bachelor, Je devins tierres merveilleux pour ember. Le même, aux Enfances Vivien : À Chevaliers, & as Bourgeois meismes, Et as Pacelles, & as genres meschines. Et en un autre lien : Enter si furent si vieil & si meschin. Herman de Valenciennes au Roman de la Bible : La Meschine sa belle & de gentil façon. Caïeneuve.
MESCHIN, MESCHINE. M. le Duchat, dans sa Note manuscrite sur meschine, dérive ce mot de l'Alleman magdin, dissimulé de magd, qui proprement signifie une fille à marier, mais qui ordinativement signifie une fille servante. Je ne vois aucune vraisemblance dans cette étymologie. D'ailleurs on n'y trouve point celle de meschin, qui a été dit, suivant les apparences avant son fé- minin. Meschine a signifié servante, comme il pa- roit par un passage du Roman du petit Saintré que cite M. Ménage au mot mesquin, & par un autre du Roman de la Rose, que rapporte M. le Duchat dans sa Note sur meschine. Il se peut même que cette signification soit la primitive, & que celle de jeune fille ne soit que secondaire. Je dis la même chose de meschin, savoir qu'il aura peut-être signi- fie valet, avant que de signifier jeune garçon. Cela suppose, je dérive meschin & meschine, de l'Ita- lien meschine, qui signifie pauvre, & d'où nous avons fait mesquin. On aura aisément employé ce mot pour signifier un valet, un serviteur. C'est uniquement la pauvreté qui oblige à faire le métier de valet & de servante. Voyez ci-dessous, au mot mesquin, l'origine de l'Italien meschine. * C 6 EFERUS - Recherches & Classification numériques
MESCHINAGE. Comme de manche, qui signifie jeune fille, le Espagnols ont dérivé manche, qui signifie un bordel ; ainsi du mot meschine, non-anciens François une tire meschinese, qu'ils prenaient pour boîtier. Dans le livre intitulé Le Républicain le Roy de France, Ire. 1. après qu'il a été dit, que le fils est, traverser & pousser, qui s'en est allé par le pays ; revenant après la mort du père peut prétendre autant de part en ses biens que celui des frères qui a aidé à les acquérir, il est ajouté : Et tout ainsi une des fleurs, s'elle s'en écrira allée au meschinese, ni en autre lieu ailleurs, pour lui jouer ; si francogorée elle par doute avec les autres frères comme il fait. Cafeneuve.
MESLE. C'est ainsi qu'on appelle une neffe dans les Provinces d'Anjou, du Maine & de Normandie. De mesphium. Voyez neffe. Meffe se trouve dans Rabelais 1. 1. ¶ De mesphium, les Auteurs de la Baise-Latinité ont fait mespha, pour un lieu planté de neffliers. Voyez M. du Cange. M.
MESLER. De meschinare, diminutif de meschine. Hincmar, dans une de ses Lettres au Roi Charles : Per plurimarum ora vulgatur, vos dicere, quoniam de istia rapinis atque depredationibus nihil vos debeatis meschinare ; mensquisque sua defendae ut pateti. Nous disons de même, en François, vous ne vous devez point mesfer de cela. Les Capitulaires de Charles le Chauve, page 150. Quia qualificamus de vobis tali modo in isto facto commiscalatus est. De meschinare, les Italiens ont dit de même meschinare ; & les Espagnols, mesclar. Voyez pette-mesfe. De meschinare, on a fait mescolata : d'où le François mesfer ; pour lequel les Latinifeurs ont dit melleia. Vous trouverez souvent dans leurs écrits calida melleia, pour dire chaude mesfée. M. Voyez ci-dessus MESER.
MESME. Ce mot, comme je l'ai remarqué dans mes Observations sur Malherbe, & dans mes Observations sur la Langue Françoise, est tantôt pronom & tantôt adverbe. Quand il est pronom, il vient de l'Italien medesimo, qui a été fait du Latin metipfissimus, qu'on a dit, par renvertement de mots, pour ipfissimus met. Voyez mes Origines Italiennes. Il se décline alors, & fait, indispensablement, mesme au singulier, & mesmes au plurier, de la même façon qu'on dit en Italien medesimo ou medesima, au singulier ; & medesimi ou medesime, au plurier. Malherbe n'a pas su cette règle, ou s'il l'a sue, il s'est dispensé de la suivre, ayant dit mesme en la signification de medesimi, au lieu de mesmes. Les Immortels eux mesme en sont persécues. Et en cela, il a été suivi par quelques Modernes ; & entr'autres, par le Révérend Pere le Moine, qui a dit dans le huitième livre de son agréable poème de S. Louis : D'autres sont élèves sans armes, & paisibles : Qui braves contre eux mesme, & sur eux mesme forts. Marot a dit au contraire mesmes en la signification de medesimo, au lieu de mesme. Prenez-vous-en à vous-mesmes aussi, Qui bien vouliez qu'ils fussent tous ainsi. C'est dans l'épître qu'il perdit à la Condannade. Ce qu'il a sans doute imité de ces vers de la dernière Ballade de Villon : Je connais cuivres & blefures : Je connais mort, qui tout confonne ; Je connais tout, fort que moy-mesmes. Vous trouverez aussi moy-mesmes dans Alain Chartier, en son livre des Quatre Dames. Quand mesme est adverbe, on veut qu'il vienne de maxime : & c'est pourquoi il se devroit écrire sans S à la fin. Pardoux du Prat, dans son Commentaire sur l'Ordonnance de Moulins de 1566, expliquant le mot de mesmement : Ce mot mesmement, au lieu duquel les Latins disent maxime. ¶ De Saullus Maximus, nous avons fait S. Mesme : ce qui ne favorise pas peu cette origine. Mais non-obstant cette raison d'étymologie, nous disons mesmes, pour mesme, non-feulement en vers, mais en prose. Marot, dans son Épître à Me d'Alençon, écrite du Camp d'Attigny, a dit de mesmes : ce qui est remarquable. Avec le cœur de mesmes. Pour conquérir propres & diadesmes. Ce qu'il a encore imité de Villon, qui a dit dans la Balade ci-dessus alléguée, Je connais quand tous est de mesmes. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, au mot medesimo, dérive aussi l'adverbe mesme de medesimus. Et, ce qui ne sert pas peu à confirmer son étymologie, c'est que les Italiens ont dit medesimamente : dont nous avons fait mesmement. M.
MESNIL. De manie ; comme de sideo, sedile ; de cubo, cubile. Huer. Voyez menil.
MESQUAN. Rabelais 1. 19. Les perdrix nous mangeront les oreilles mesouan. C'est-à-dire, cette année. De medesimo hoc anno. Voyez annan. M.
MESQUIN. Lat. vilis. De l'Italien meschino, qui signifie pauvre, malheureux. L'Italien meschino a été fait de l'Arabe elmeschin, qui signifie pauvre : mot formé de la racine sechene, qui signifie quievit, sedatus fuit. L'Arabe elmeschin vient de l'Ebreu 1200, qui signifie aussi pauvre (a) : En Normandie & en Picardie, on appelle une servante une méquine. Voyez Poitel. Et ce mot se trouve en cette signification dans le Roman du petit Samré. Et que quant il servit payé, qu'il lui donnait encore dix escus, pour le service des varies & meschines de l'hoitel. M. Ferrari dérive l'Italien meschino de misellus. Misellus, misellinus, meschinus. Cette échelle n'est pas naturelle. L'analogie voudroit, misellus, miselli, misellicus, misellichinus. Et il n'y a guère d'apparence qu'on ait dit misellicus. M. Ferrari propose une autre étymologie. La voici : Mendicus, mendiculus, mendicinus, meschinus. Charles de Bouvelles dérive mesquin de mechanicus. M. Voyez ci-dessus MESCHIN.
MESQUIN. On ne sauroit douter que l'Italien meschino, d'où le François mesquin, ne vienne des Langues Orientales ; & c'est inutilement que Ferrari en va chercher l'étymologie dans le Latin misellus, ou dans mendicus ; & Charles de Bouvelles celle de mesquin dans mechanicus. La ressemblance du mot Italien & du mot François avec l'Ebreu & le Chaldéen 1200 misleu, & fut-tout avec l'Arabe miskin, & le Syriaque meskino, est sensible & frappante. Ces trois mots Orientaux signifient tous également, pau- (a) V. Cl. Miralier in Epistol. De vocabulis qua Galli à Iudais didicorum. EFERUS - Recherches & Classification numériques vre, malheureux, misérable. Le terme Arabe est formé du verbe secant qui yose dire être pauvre, être misérable. M E S S A G E. De *mifaticum*, qui se trouve en cette signification dans les Capitulaires de Charles le Chaine. M. M E S S E. De *Mifas*: qu'on a dit pour *mifas*, ou *dimifas*: comme *remifas*, pour *remifas*. Tunnés, fut le second de *Legibus* de Clotron, p. 147. Deducam hic deductionem *interpretar*. Sic *remifam*, pro *remifione*, dicit *Divus Cyprinus*. Et *Mifam* cedem modo *de re divina*, pro *mifione* *afurpanus*. Nam *quod* Ite *Mifas* est *prometianus*, id est *quod* a *Gracis* dicebatur *depos* *haice*. S. Alcinae Avir, Evêque de Vienne, qui viroit au cinquième fêcle, épit. 1. a *Gundeband*, Roi des Bourguignons; *Pute* vos *autem* hoc *ferment* *ordiri*, *revera* *ipfrem* *specialius* in *epifola* *memoralis*, *quod* *vel* *nude* *dithum* *fi*. Non *mifam* *facilis*, *quod* *memius* *nihil* *et* *aliud* *quam* Non *dimitrix*. A *mius* *proprietare* *fermentis*, in *Ecclesis*, *Palatifque*, *fave* *Prateritis*, *Mifas* *fieri* *prometiar*, *cum* *populus* *ab observatione* *dimittitur*. Nam *genus* hoc *neminis*, *etiam* in *farniaritis* *Antoribus*, *misi* *memoriam* *pultum* *per* *accumitans* *latin* *defuncta* *subterfugit*, *invenietis*. La P. Simond fut det endroit: *Redarguit* *primum* hic *locus* *caffum* *laborem* *illorum*, qui *Mifas* *nomen* *exoticum*, id est, *Hebraicum*, *fugere* *ausi* *funt*, non *Latinum*, *quod* *res* *est*, & ex *Aviri* *verbis* *peripinum*. *Dices* *deinde*, *quod* *haud* *fcio* *an* *ququam* *hatis* *proditum*, non in *Ecclesis* *modo*, *verum* *etiam* in *Palantis*, *Praterifque*, *afurpari* *Mifas* *nomen* *confusio*, *cum* *populus* *a* *conventu* *dimitebatur*. Ab *hac* *igitur* *mifas* *fou* *mifione* *populi*, *qua* *re* *peralia* *fiebar*, *transfata* *vax* *fuit* *ad* *significandum* *res* *ipfati* *qua* *peribantur*. Nam & *Mifas* *matutinæ* & *velpertinæ* *appellata* *funt* *Liturgia*, *fou* *folenaria* *Officia*, *qua* *matutinis* *ant* *velpertinis* *boris* *celebrabantur*. *Quod* *fani* *mirum* *es* *minus* *videri* *debut*, *quod* *vice* *verfa* *fynasia* & *collecta* *vocabula*, *qua* *proprio* *convenium* & *congregationem* *ad* *divina* *officia* *significam*, *pro* *ipfis* *queque* *divinis* *Officis*, *num* *matutinis*, *num* *velpertinis*, *pufum* *afurpata* *meminimus*. Cujas fut le chap. *Significatum* xi. de *Probandis*: *Mifas* *autem* *verbum*, *quo* *vittur*, *quodque* *recytum* *vulgo* *est*, *noli* *putare*, *re* *pietique*, & *eruditissimi* *tamen*, *offe* *id* *Hebraicum*, *vel* *Syriacum*. *Et* *enim* *verti* *Latinum*, & *antiquam*, *Promiscu* *enim* *dicitur* *mifas* & *mifiso*, *remifiso* & *remifas* *promifas* & *promifiso*. *Evel* *Mifas* *igitur*, *qua* *Gracis* *dicitur* *quae*: *mifiso* *populi*, *quam*, *peralia* *facre*. *Diaconus* *prometiar*, *hac* *vel* *fermentis*, *vel* *fens* *ide*, *tre* *licet*: *vel* *ine*: *Mifiso* *est*. Id est, *jus* *aboundi*: *haic* *ipfara*. *Gracis*: *res* *peralia* *est*. *Itaque* *pater* *fatis* *ex* *Laudicea* *Synodi* *capite* 19. *quo* *afenditur*, *res* in *Ecclesis* *peragi* *felitus* *elam*, *mifione* *auditerum*, *qui* & *Catechum* *epi* *dicitur*: *mifione* *Pamientium*, & *ad* *extremum*, *mifione*, *fave* *mifas*, *Fidelium*. *Mifam* & *remifam*, *hac* *fens* *dicerum* *Ambrosius*, *Tertullianus*, & *cateri*. *Quin* *fina* & *Cicero* in *Orator*. *Brachii* *prospetione* in *contentionibus*, *contractione* in *remifas* id est, in *remifionibus* opus *alle*. *Promifam* *verti* *farnatum* *Pirmentium* *fexptum* *an* *aporte* *Lax* xx. de *Proscriptis* *verbis*. *Promifas*, *imput*, *prathabitur*. Id est, *promifiso*. *Hinc* *fatium* est, *re* in *Legibus* *Caroli* *Magni*, & in *mem* *Historiographis*, & in *idiotisme* *Germanica*, *et* *um* *dicatur*. *Mifas* *Sanchi* *Joanna*, *Mifas* *Sanchi* *Andrex*, *non* *per* *mercant*, *fave* *nandinis*, *ut* *quidam* *putare*, *fod* *pro* *ipfis* *dibus* *fælis*: *quod* *fælis* *periflorum* *dibus* *paragamus* *ad* *refuria* *dominei* *fængensis* & *torperis*. *Scetiger*, *dans* *fou* *farnati* *Schilgerum*, p. 119. *Mifas* *dith* *inde*. *Ite* *Mifas* est: *Iquae* *Gracorum*, *haic* *depos*. *Gracis* *Lacquae* *Syri*, *corban*. *Mifas* *privata* *antiquam* *a* *Pateribus*. *Iudore* vi. 18. *Mivita*, *tempore* *færificii*, *est*, *quando* *Catechum* *fara* *minimatur*, *clamare* *Levitæ*. Si *quod* *Catechum* *fara* *minimatur*, *clamare* *Levitæ*. Si *quod* *Catechum* *fara* *minimatur*, *clamare* *Levitæ*. *Et* *inde* *Mifas*: *quae* *Sacramenio* *divinis* *interoffe* *non* *pufum*, *qui* *nundum* *vigerarati* *nefcentur*. *Voffius* *dans* *fou* *Erymologique*, *au* *mot* *Mifas*: *Superdium* *canum* *appellatium* *exponamus*. *Et* *verti* *accumit* *duplex*. *Una* *est*, *re* *Mifas* *dicatur*, *qui*, *ut* *apud* *Gracis* *cancum* *fœlia* *dici* *filius*, *haic* *depos*, *tra* in *Ecclesis* *Romana*, *re* *divina* *peralia*, *dici* *felicat*, *Ite*, *Mifas* est: *hac* *est*, *Fidelium* *mifiso*, *fave* *dimifiso*. *Fel* *ut* *tra* *dicatur*, *quae* *interficebatur* *inter* *duas* *mifas*, *fave* *mifiones*. Nam *vax* *una* *mifas* *Catechum* *cancum*, *atrem* *intitarium*. *Catechum* *cancum* *intitarium* *trui* *divinum* *fue* *filius* *non* *emitebatur*, *hac* *voce*, *Si* *quis* *non* *convenient*, *det* *locum*: *fice* *apud* *Gregorius* *est*: *vel*, *ne* *apud* *alius* *est*, *Si* *quis* *cit* *Catechum* *cancum*, *creet* *fortus*. *Intitati* *autum*, *peralia* *piani* *re* *divina*, *dimitebatur* *hac* *voce*, *Ite*, *Mifas* est. *Nathenus* *de* *prieri* *neminis* *caufa*. *Alicra* *verti* *est*, *ut* *cama* *Dominica* *ex* *co* *Mifas* *nomen* *intitum* *fo*, *quod* *alius* *celebrati* *felicat* *ex* *dunis* *a* *popula* *mifas*: *pane* *nempo* *ac* *vino*: *i* *quibus* *varium* *fami* *feler*, *quatorum* *ad* *Eucharistia* *administeriatum* *fuficere*. *Dana* *hac* *Coefantionopoli* *mitti* *felicat* *in* *vas* *ingen*, *quod* *vita* *ex* *offici* *templi* *regione*: *ubi* *qua* *ad* *Sacramenium* *offent* *accumenda*, *eligi* *felicat*, *quod* *admodum* *refatur* *Evagrius*. *Alius* *queque* *alii* *adverum* *variante*, *car* *a* *mintendo* *nomen* *accepisti* *pufus*: *fod* *minis* *var* *rifimiles* *tis* *quas* *camen* *varavienne*. Cette *feconde* *étym* *logie* *du* *mot* de *Mifas*, est de *Ramires*: *ce* *quod* *et* *appris* de *M. Ferrari*, lequel fut cette *érymologie* *dans* *fou* *Origines* *Italiennes*. *Mifas* *loupé* *e* *rissimiter* *quint* *vulætur* *Ramiretti* *in* *Pentecostari* *in*, *inde* *nomen* *dutium*, *ab* *oblatimibus* *quas* *simil* *silique* *Fidelium* *miterbar*. M. Ferrari a mal *rencontre* *dans* *fou* *choix*. Il est indubitable que le mot *la* *Mifas*, pour le *Sacrifice* de *la* *Messe*, a été *fue* *définit* de *mifas*, *dans* la *signification* de *mifas*: *q* *Voyez* *Picherel*, *dans* *fou* *Traité* de *la* *Messe*; *Isaac* *Pousanus*, *liv.* 1. ch. 6. de *fou* *Origines* *Franquées*; *Codure*, *dans* *fou* *Livre* de *l'Antibélie* de *la* *Cène* de *notre* *Seigneur* *Jefau-Christ*, & de *la* *Cène* *Chérinienne*; & le *Cardinal* *Bona*, *dans* *fou* *L'Antigène*. Ceux qui ont dérivé *Mifas* de l'Ebreu, font *Reschlin* & *Claude* *Saindres*. *Voyez* *Voffius*, *dans* *fou* *Erymologique*. M. M E S S E A N T. De *mali* *fedeur*. Les *Latins* ont dit de même *bene* *fedeur*, pour *blocel* *fau* *Opus* *illion*, *livre* xx. chap. dernier. Nam *fra* & *fedeur* *malius* *toga*, & *camineur*. *Pline*, *dans* *fou* *Paué* *griique* de *Trajan*: *Cum* *abunde* *expertus* *offici* *quim* *bene* *humoris* *tuis* *federus* *Imperium*. L'Odo *Battheus*, *donné* *dans* *la* *Bibliothèque* des *Poles*, *tome* 8. de l'*édition* de *Cologne* de 1618. art. 9. *Pamifon* *per* *mianus* *Subdiacantum* *vigilantiorum* *mutans* *veftinenta* *folenaria*, *ordinabiliter* *composites* *per* *Primericum* & *Sacundicarium* *veftinenta* *opus* *et* *bene* *fedeur*. Les *Rallens* *difant* *fou* *bona*, *dans* *fou* *même* *fens*: *de* *les* *Allemans*, *et* *fother* *fini* *vold* *an*: *c'est-à-dire*, *cela* *lui* *fied* *bien*. M.
MESSIER, MESSILLIER, ou MESSELLER. En *Languedoc* *Messignis*. C'est celui qui a la C c ij EFERUS - Recherches & Classification numériques charge de garde les blés & les vîns qui font sur la terre. Ces mots font formés de messis comme qui l'aimir Garde des messis. La Coutume de Messis, art. 406 : Un Sergent en Messis. Celle de l'ou, art. 109 : Messis en Garde de l'ou, Celle de l'ou, art. 109 : Sergent, Garde, un Messis. Celle de l'ou, art. 109 : Sergent Messis. Celle de l'ou, art. 111 : Sergent Messis. D'un celle d'Auance, art. 170. Il est appelé Blender, de blé; comme Garde de blé: La Sergent ordinaire Blender, un Messis. Il y a dans la Coutume de Loudun une autre lore de Messis, qui avait la charge de mesurer les grains, & qui est ainsi appelé du verbe metier. Chap. 5, art. 4. Messis, un Messis. Les Coutumes du Conté de Bourgogne, art. 66. Les Conté à la garde des fruits de la terre, que l'on nomme en autres lieux Messis, & en autres Bannets. Césienne.
MESSIER. C'est celui qui garde les vignes, quand le raisin est noir : en Espagnol, Guardasinas. Peut-être de messis, dit Nicot. Il en vient sans doute. Messis, messis, Massura. On a premièrement ainsi appelé celui qui gardait la moision & ennuée, celui qui gardait les vignes & les autres fruits. Or, à l'ou, et. Et de là, Sergent Messier, que la Coutume de Troyes appelle Messier : Un Sergent Messier est cru de sa prinse, insigne à cinq fois tournois. C'est à l'article 111. Mais écoutons Jean Robert, livre 2, de ses Anfumeurs de Droit, chap. 9. Messis dictionnem, non namum de frugibus, sed & quurnumque fructum decerpiens, dici posses confus; ac per sequens, uvarum : m de vitibus & uvarum collectione loquens Virgilus, lib. 2. Georgie. Postremus metio, inquit. Quod ita reddit Servius illic : Metio, id est vindemato. Menuque Virgil. 4. Georgie. Pupureusque metis flores. anciens, non de l'den dans, la man de l'ouvert, et aussi, par les plus, mais qu'en que le parable en Latin. Les prentes la délination de perles, l'autre, des plus de mande. Note laquelle cette, ne fument pas à travers en quelques vives. Contras que fort minier en Latin, tel que l'inélimité de temps portés lors, que tels Férentes font appelées d'un mot burhure Medinani : qui vont autant que elle confère, elle appelée Pavlo di, De-pais, comme toutes chafes prentes divers plis, aussi s'est cette particularité de moulines d'ungée : de manière que soit que l'on balle en argent, ou en hien, ou à moulée, nous les appelons tous de l'ouvert : tout ainsi que nous avons vu de notre temps en cette France toutes fortes d'hérédiques avoir été appelées Lachésens, bien qu'il eufent quelque opinion léparée de Martin Luther : mais parce que les affaires de l'Opale et les bien composées, Luther avoir été le premier qui, de temps de non, remua Visum de notre Religion. M. M E T E I L. De minade : parce que c'est un mélange de félige & de fémont. Pline, liv. 18. chap. 16. Secale, Taurite sub Alpinus dilans vocant ; devirum, & tamim ad arendum fantes utile : formada, fud gracilis, fupula aigrisus riffis, pendere pracipum, ad amfionum hude fur, & mirige amarindium ejus, & tamen se quque ingratiffimum ventri. M. de Summelle, dans les Homonymes des Plantes, page 48, chap. 59. Hude, ne plurium, félige mirique iridicum ferium ; quod mitrale appellum in ille Crusum Rumanis Cadius & se quque num vocatum. Hoc of, quod etiam Fiumis dicis, fecali fur admifceri ad mitigandam ejus amarindium. Sed in paue cantum conficienda, non in ferenda femina, eam fieri mixterum inuelligit. Hude se inter feminandum. ¶ Les Médecins de Lyon, dans leur Histoire des Plantes, livre 17. chap. 11. le délivens de mitfella. Miscellanum hanc figerem Galli miteli, quai miscellum, vocant. Encore une fois, il vient de querale. M. M E T I E R. Il vient de miniforium, qui fignifie même chose dans les Auteurs de la moyenne Latinité. Joannes Mackenius, liv. 2. chap. 50 : Eret quim ille magister de miniferie Pannificum seu Textorum. Les Capituloises de Charles le Chauve, titre 11. chap. 23 : Ipp Manutarii jurum quid ipsum miniforium, quatorum scierum & punerius ; félétier faciam. La Chronique de Normandie : Tota civitas ferietis, pannis, & cerimis, certis erna, & omnia abutatis minifloris novis voftinatis induca. Caissative. M E T I E R. De miniforium : d'où les Italiens ont aussi fait leur mesure. ¶ Nous appelons de paris minier, une forte de frambois. Voyez minifra, dans mes Origines Italiennes. M. M E T I N. Qui est de la ville de Metz. De Metinus, dit pour Monnes. Mastro, c'est le pays de Metz. M. M E T I N. M. Ménage a pris cette distinction entre Meffia & Moin, de la Guide des Chemins de France, doc. page 57, de l'édition des Paris chez C. Ederme, 155. La parlance de la ville de Metz & de son territoire : Le pays duquel Metz, dit en Livre, s'appelle encore aujourd'hui Meffia, & le peuple Moin. M. le Duc de Nevers a dit paye Maissin. C'est dans les Mémoires, tome 2. page 117. en Traité de la prise d'Armes en Janvier 1789, item paye Meffia, fôlé, page 69. De Mets, nom Latin de la ville de Metz, on a fait Metinus, d'où Moin, comme du François Metz, d'autres ont fait Meffia, qui fut le moyen d'un an de la page d'ouvert fait le peuple, fait le pays. Le Duc. M E T I S. de M E T I P. Chien, entre le milieu & la levette. Mastro, meffia, meffium, M E T I N. Vous trouverez dans M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I N. M E T I V E S. C'est ainsi qu'en Tottoline, & en quelques autres lieux de France, on appelle la meffia. De meffia, fait de mets. Mets, mets, mervus. On a dit de même meffia, & meffia. Les Inérites font appelées Meffia fortis, dans la Loi 2. en Code de Perlis. A dit viz. Kukend, Julii, meffia in Kukend, Anguile, Meffia fortis concadatur. Il est vrai que Cujas, in chap. 1. de son Traité de Diversis Temporalisus prabrotubatus, & le Comte, dans son livre intitulé Prabermilla, & dans les Notes sur le Code, témoignent que cette Loi ne se trouve point dans les anciens manuscrits, & que les Grecs & nos anciens Interprètes font ignorée, & que c'est l'inérite des éditions de l'ouvert qui l'a premièrement inférée à l'endroit où elle est : à quoi ils ajoutent quelques rafons, pour montrer qu'elle ne peut être de l'Empereur Théodore, à qui elle est arrêtée. Mais Cujas vient qu'elle est de Théodore, autrement Thierri, Roi de France : & le Comte, qu'elle est d'Anan, c'est-à-dire, de l'Abbéviateur du Code Théodore, quel qu'il soit. M. addition, et par amnie aborde hominerie atténuerer. Conchillage, qui n'a été envenouant par M. L'Arcy de Charalain, Chancine de l'Eglise de Paris, est rapporté dans le De arctique Aumacherum, Sultane du Pere Dom Edmond, tome 1, page 141. Je remarquai ici par occasion, que comme nous disons mettre au habit, les Lartins disaient de même penser veillent. M. de Somnesse, dans les Notes sur Tarnellien de Palle, page 169. Nonce veillent dans par induite : Gracorum more, qui S. 1. & 2. & 3. & 4. & 5. & 6. & 7. & 8. & 9. & 10. & 11. & 12. & 13. & 14. & 15. & 16. & 17. & 18. & 19. & 20. & 21. & 22. & 23. & 24. & 25. & 26. & 27. & 28. & 29. & 30. & 31. & 32. & 33. & 34. & 35. & 36. & 37. & 38. & 39. & 40. & 41. & 42. & 43. & 44. & 45. & 46. & 47. & 48. & 49. & 50. & 51. & 52. & 53. & 54. & 55. & 56. & 57. & 58. & 59. & 60. & 61. & 62. & 63. & 64. & 65. & 66. & 67. & 68. & 69. & 70. & 71. & 72. & 73. & 74. & 75. & 76. & 77. & 78. & 79. & 80. & 81. & 82. & 83. & 84. & 85. & 86. & 87. & 88. & 89. & 90. & 91. & 92. & 93. & 94. & 95. & 96. & 97. & 98. & 99. & 100.
MEULAN. Ville sur la Seine, au-dessous de Paris. De Melleum, fait de Melleum. Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois. Bucanan, qui croit qu'elle s'appelle Medielanum, se trompe manifestement. C'est au livre 2. de son Histoire d'Ecolte. Voici ses termes : Medielanum infidrum; alterum in Santonis; aliud in Aulercis Eburacis; aliud ad Ligerum; aliud ad Sequanum; quod nunc, opinar, dicitur Meulan. M.
MEULE. Wachter, dans son Glos. German, page 1096. Mule, mule, muleudinum, machina trufarilis. Fox Celtica: qua Cambris effertur melin, Armoricis milin & meul, Hiberis mulinn, Galis neule, moulin, Danis molle, Anglis mill, Brigis menies, Gracis suba, Lartinis mola, Lartina barbaris molinum. Cuella à milen conterere, Gothicum vocem vide in quern. Saxones atraque videtur us. Sic enim logo apud Samnerum: mylen muleudinum, mylenitan lapis malaris. Le verbe Testonique mulen à de la convenance avec l'Ebreu 710 meul, qui veut dire couper. Voyez ci-dessous mendre.
MEUNIER. Par corruption, pour manier. De molinarin, qui se trouve en cette signification dans la Loi Salique. M.
MEUNIER. Drop de Meunier. D'un nommé Meunier, du bourg d'Elbeuf en Normandie, qui fut l'inventeur de ce drap. M.
MEURETE. Maroc, dans son Livre intitulé le Cimetiere: dans l'épithaphe des trois Enfans frères: Couelle mort, mort plus froide que marbre, N'a-t-elle tort de faire choir de l'arbre, Un fruit sans jeune, un fruit sans monsté? De maturitate, ablatif de maturitas. Nous disons aujourd'hui maturité. M.
MEURTE. On appelle ainsi en plusieurs lieux le myre. De mortis. Les Gloises anciennes: Martine, mande, M.
MEURTE. Lambert d'Ardres, dans l'Histoire des Comtes de Guines, ne sachant pas la vraie origine de ce mot, l'a voulu dériver du Latin, appellant mortidæur un meurtrier. Max quæstis mortidaceribus, & prediteribus, & confecis, & confuliariis, & multis inventiis, alias invetavit, alias impartitavit. Mais il est certain qu'il vient de l'an- dérone Langue Tondisque, qui appelle mortis mortidæur un meurtrier, non toute force d'humicide, mais seulement celui qui est fait par trahison & sécontentement. La Loi de Lombards au time 7. qui est De March: Si quichomicidium in abscessis perpetuum, La Loi des Ripuariens, tit. 18. & 2. Si quise liberum accidentis furtum modo, & in flumen ejectoris, vel in salem lucum ut cadaver rudderum non putaturis, quod Bajavarii muridido dicitur. La Loi des Ripuariens, tit. 15. Si quis ingrenum Ripuarium interjaceris, & non cum rume operariis, vel in pures, seu in quocumquelibet loco calum valutis; quod dicitur moridido. Depuis on l'appella murt & mordrum, d'où nous avons fait meurtre, on murdre. Chordicon Morigniaceus Monastierii: Nefandissim & abominabisi super omnia genere mortis, quod vulgo murt vacantur, & hentium innoctorem nolle suffacevis. Mathieu Paris, en la Vie du Roi Jean, & pissim mortis genere, quod Anglii muridum vocant. Vous en trouveres plusieurs autres exemples dans le Glossaire Latin de M. du Cange au mot merch. Cafeneuve.
MEURTE. De mordrum, ou mordrum, qui se trouvent souvent en cette signification dans les Auteurs de la base Latiute. Mathieu Paris, dans la Vie de Jean-Sans-Terre, Roi d'Angleterre: Confusando est in Regno Francia, quod ex quo aiquis accusatur coram suo Judica, de cum crudeli homicidio quod mordrum appellatur, & ille qui accusatur, non venit, nec modo legitime se excusat, pro convilla habetur: & tamquam convillus, per omnia judicatur; & etiam ad mortem; ac si praefens esset. & Mordrum, & mordrum, ont été faits du Saxon mort, ou du Flaman mord. Voyez Lindembrog, dans son Glossaire; & Voissius de Vitis Sermonis; & Horman, dans son Matago de Maragonius, page 194. où il dérive le François meurtrier (c'est ainsi qu'il écrit ce mot), de l'Alleman morier. M.
MEURTE. De mortuarium. Huet. MEURTRIERES. Ce sont ces ouvertures dans les murailles des villes, par où l'on tire sur les ennemis. Nous les appelons autrement archives. Voyez archives. Les Grecs les appellent vendus. Cujas, livre xiii. de ses Observations, chap. 30. Symmachus in Exechielem; c'est un des Interprètes de la Bible; fenestras obliquas & anguillores, velini quibus etiam hodie tela emitii solent adversus hodie, vendus vocat. Et ita in his qua ex Juliano, Archisele, ytulis Harmenopulus, vendus interpretari eportet, non arcus, sed fenestras anguillores, &c. Caiaubon sur Athénée, v. xi. Appello vendus, cum Symmacho & Gracis furifconsulitis, fenestras longas & anguillas, ad emitenda potius tela, quam ad lucem admitendam fallas. M.
MEUTE. Vieux mot, qui signifie émeute: à movenda. Meuve, mevé, morum, mota, MEUTE. La vieille Chronique Françoise: Mais l'estat de la terre d'entremer, pourquoi ils se méurent, n'amenda enquer guère pour leur meute. M.
MEUTE. C'est une troupe de chiens courants, il n'y a point de doute que ce mot ne soit formé de mays, participe de meuve (ou plutôt de mota): parce que nos anciens François appellent meuve, en termes de Vénerie, ce que nous disons courir le cerf & le sanglier: d'où vient qu'on dit que les chiens sont bien amenés, quand ils courent d'une égale force. La Loi Salique, tit. 35. de Venarione, § 4. Si quis cervum, quem alterius canes meuerum aut laffaverum, occideris. Et an § 5. Si quis aprum EFERUS - Recherches & Classification numériques Lafour, qu'en valent nous meurent, acciderit. La Caution, de Bourgogne, chap. 18: La boîte mure de la chasse d'aucun ayant droit & pouvoir de faire chasser, se peut poursuivre en autre Justice ou Seigneurie. Caïeneuve. MEUX de chiens. Encore de chiens, se trouve dans l'Amalia, pour meure de chiens. Ce c'est entre de grand-midier: car il est suivi par une emoure de chiens. Ce qui ne permet pas de douter que le mot de meure, en cette signification, n'ait été fait de mure; & cela, à cause du bruit que fait une meure de chiens, ressemblant à un tumulte. Bourdelot dit, parce qu'au moins émeut le gibier par sa musique: qui est une étymologie non-recevable. M.
MEZEAU. Vieux mot, qui signifie ladre: comme MIZALERIE, l'adversé; qui est un mot qui se trouve en cette signification dans le Sire de Joinville, page 8. Les Normans, les Gafcons, & les Picards; au lieu de meséon, disent mesél. La plupart de nos Etymologistes dérivent meséon & mesél, de meséolus. Du Bois, autrement Sylvius, dans son Introduction à la Grammaire Françoïse, page 8. MISELLUS, mesél Picardis, meséon Gallis; id est, leprosus: quòd illius conditio miserrima putetur. Nicot: MEZEAU, ou MEZEL. Semble qu'il vienne de misellus; quòd illius conditio putatur omnium miserrima. Le Pere Labbe, dans ses Etymologies Françoïses, page 310: Nos ancêtres ont appelé la lipre mezelerie, & les ladres mezeaux, du mot Latin misellus, miset. J'avois découvert il y a long-temps cette étymologie dans la lecture des anciens titres de nos Princes & Seigneurs François: mais depuis je l'ay rencontre en la page 89, de l'Introduction à la Langue Françoïse de Jacques du Bois, en ces termes: MISELLUS, mesél Picardis, meséon Gallis; id est, leprosus: quòd illius conditio omnium miserrima sit. Nicot l'en, est servi ou son Dithionnaire, sans citer l'Auteur duquel il l'avois emprunté: comme il fait ordinairement en semblables occasions. Mais; ce que le Pere Labbe n'a pas sit; Nicot a pris mot pour mot cette étymologie, non pas de Sylvius, mais de Robert Etienne. Le Pere Thomas, tome 1. de ses Origines, page 407. l'a désapprouvée. Et il a fait venir le François meséon de l'Ebreu mezora, qui signifie lépre. M. Guyet le tiroir de mezzello, diminutif de mezzo, mot Italien, dans la signification de pourri, gâté, corrompe. Mezzo: promutiare con Z aspro, ed Estretto, è proprio delle frutte, e significa eccesso di maturità, quasi vicino alla infracidare, dit la Crucza. M. MEZEAU: lépreux. De l'Ebreu MIE, meséor, qui signifie la même chose. Huet.
MEZIERE. Mezery. De Maceria, Macériarum. Huet.
MIAULER. Le cri que font les chats. C'est une onomatopée. Les Italiens disent de même miagolare. M.
MICHE. C'est une espèce de pain, qui, à cause de sa petite, a été ainsi appelé de mica. Joannes Januenis, dans son Catholicon: Mica etiam ponitur pro modico pane qui sit in curiis Magnarum, vel in Monasteriis. Aussi Budée explique le mot de miche par agelibus, qui signifie un petit pain. Caïeneuve.
MICHE. M. Lancelot: MICHE. De pinès, Durique, pour pinès, petit. Une miche est un petit pain. Le Pere Labbe, l'adversaire de M. Lancelot: MICHE & MICHO, viendront anfitioù de mica. Latin; pour leur petitioù; ou parce que cette sorte de pain se seichere aisment, est sujette à l'mier; que de pinès, Durique, pour pinès. Trippault: MICHE. Possible de pinès: Dorice, pro pinès: d'autant que miche est un petit pain. Mica en semble plus loing. Il est sans doute que miche a été fait de mica, unité des Auteurs de la basse Laintité dans la même signification. Joannes Januenis, dans son Catholicon: MICA etiam ponitur pro modico pane qui sit in curiis Magnarum, vel in Monasteriis. Voyez M. de Caïeneuve. Ce mot de miche est ancien dans notre Langue. Héliand, dans son Poème de la Mort, flance 31. Qui plus a gothiaux, plusfoss miche. Villon, Ga. Tebam. fiz. 1. Peu m'a d'une petite miche, Et de froide eau com me est. M. de la Mothe le Vayer a fort bien remarqué dans son Hexameron Rustique, que c'est à cause de ce mot miche, que les Boulangers avoient pris Saint-Michel pour leur Patron. M.
MICMAC. L'on appelle Mi.mac dans le Pérou, les Colonies envoyées d'une Province dans une autre. Cela s'apprend de plusieurs endroits de l'Histoire des Yucas de Garcillafo de la Végia. Ce mot semble avoir passé en Espagne, & de-là être venu jusqu'à nous. Huet.
MICOCOULIER. Atbre. Gr. Jurée. Les Médecins de Lyon, livre 3. de leur Histoire des Plantes, chap. 11. LOTUS: Gallis micocoulier; qui & frichum micocoui appellant: nomine preculabio ex. fono deslexo; quòd pinès juri nepristo. Cette étymologie n'est pas recevable. La véritable ne m'est pas connue. M.
MICROSCOPE. C'est cet instrument avec lequel on regarde les petits objets. De microcopium. Le mot de meperium ne le trouve point dans les anciens Auteurs Grecs. Il a été fait par les Savans des derniers siècles. M.
MIDI. De meridies, dit pour medidies. Cicéron, dans son Orateur: Ipsum meridium, cur non. medidium? Credo, quòd eras infanvins. M.
MIE. Lat. mica. De ce mot mica. M.
MIE. Négative. Charles de Bouvelles le dérive du Latin minime. MIE, apud Belgas vox est frequentissima. Apud catenus Gallis, vix anditur. Pender à minimo: & significat minime: l'emperque anditur cum negatium: valens tamentum quantum vox point: Il n'y est mie; il n'y est point: Il n'est mie chi; il n'est point chi. Qua apud Latinos simons. Non est, vel minime: non est hic; minime est hic. Interdum apud Belgas anditur, je ne l'y ny mie mis mi, minime posui ego. Trippault le dérive du Grec μè, qui signifie non: étymologie qui est blâmée par le Pere Labbe. MIE, dit le Pere Labbe, ne vient pas de μè, non: ny de μia, una: mais EFERUS - Recherches & Classification numériques M I E. M I G. de mica. Mie, miette, émier, ou émincez son pain: in micas friare. Et de-là le proverbe, il n'y en a mie: ne mica quidem: pris sur ce vers de Martial. Non est in tanto tempore mica salis. Remarquez, en passant, que ce vers est de Catulle, & non pas de Martial: & il n'y en a mie, n'est point un proverbe. Il est indubitable, que la mie dont nous parlons, vient de mica. Nos anciens ont joint à leurs négatives des termes qui signifioient de petites choses: comme point, pas, mie, grain. M.
MIEVRE. Ce mot se dit à Paris des enfans qui sont remuans, & qui font toujours quelque petite malice, ou quelque petite friponnerie. En Normandie, on dit mèvre: ce qui me fait croire que mièvre a été fait de nebulo, de cette manière: nebulo, nebulus, mèvre, mèvre. M.
MIGLIAS. MUGLIAS. Dans l'inventaire des meubles précieux de Charles V. imprimé à la fin de l'Histoire de Charles V. de l'Abbé de Choisi, page 11. Un Mantel, frony d'une escarlata rouse fourée d'ermines, à trois boutons d'or, garnis de Miglias, & à lettres en la pance. ¶ Une Houpelande, un Mantel, & un Chaperon de veluan vermeil cramoisy, souri d'ermines; à trois boutons d'argent dorés de Miglias. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
MIGLIAS. On trouve encore une autre signification du mot muglias dans ces vers de Coquillard, rapportés par Borel: On ne sentoit que Muglias, Marjolaines & Romarains. Ici muglias, c'est du muguet. Le Duchat.
MIGNAN. On appelle ainsi dans le Berri un Chaudronnier. Les Italiens disent magnano pour un serrurier. L'un & l'autre mot ont été fait d'aramen, Aramen, araminis, aramininus, araminianus, minianus, MIGNAN, MAGNANO. Voyés mes Origines Italiennes au mot magnano. M.
MIGNATURE. De miniatura, fait de minium. M.
MIGNON. Un favori, un bien-aimé. Il n'y a point de doute que nos François n'ayant retenu ce mot de leur ancienne Langue Teudisque. Le Glossaire Latin-Teudisque de Kéron: Amor, minna: amori, mina. Diligere, minnoon: diligit, minnoot: diligunt, minnont. Goldast, dans ses Notes sur les anciennes Poésies Allemandes, remarque que Minne y est pris pour le Dieu ou la Déesse d'Amour. Caenewue.
MIGNON. C'est le dilectus des Latins, & l'aramont des Grecs. Makionat, sur le chapitre 6. de Jérémie, verset 16. Memini, Athanasius contra Arrianus disputantem adnotoise, à 7000000, dilectum, non solum in Sacris Literis, sed apud profanos etiam Poetas, idem valere quod unigenitus: Gallicè mignon. ¶ Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot. Marquardus Freherus le dérive de l'Alleman minna. Teutonibus minna, est amor, affectus, charitas: minneri, amare: unminna, discordia, diffidium: minnelich, amabilis, lepidus: minnohast, amans: minnaluit, & minnafami, dilectio. Et quod nobis superioribus Germanis jam inter verba nupta relatum, Belgis intemera- tum manet. Beminte, wolbeminte, dilecta, procara. Noque aliunde nata Gallica, mignon, mignone, mignard, mignardè, mignardise. Ipsa Dea amoris, olim noffris, MINNI. Et alicubi lege, MERMINNE, Biren; quasi quadam Venerilla marina. C'est sur le Traité des frères Rois, Louis & Charles, inlevé par André du Chesne dans le second Tomé des Hiftoriens de France, page 181. Les Bas-Bretons disent encore à présent mignou pour ami: ce qui ne confirme pas peu l'opinion de Freherus: & ce qui réfute celle de ceux qui dérivent mignon de l'Espagnol mi nino, c'est-à-dire, mi puer, mot de caresse; ou de nino, autre mot Espagnol, qui signifie un petit enfant, un petit garçon: autre mot de caresse. On dit pourtant à Paris, un petit mion, & en Anjou, un petit maignon, pour dire un petit garçon. Dans l'ancien Dictionnaire Latin-François du B. Labbe, juvenilis est interprété mignon. Il semble, au reste, que mignon soit dit pour mignon, dans ces mots de l'Histoire de Charles VII. page 51. Si trouveront manière d'eux eschapper d'iscelle Ville, par le moyen d'un Escuyer Gascon, parent d'aucuns d'eux; lequel estois mignon du Roy d'Angleterre: si secus ledit Roy d'Angleterre, que iceley Mignon avoit sauvé iceux Capitaines; & pour ce, lui se couper la toffe. Je remarquerai ici en passant, que cette Histoire de Charles VII. mal attribuée à Alain Charlier, est de Berri, premier Héraut de Charles VII. ce que j'ai appris du célèbre André du Chesne, dans sa Bibliothèque des Hiftoriens de France. Mignon, se trouve pour élégant dans ses habits, dans le livre manuscrit de Christine de Pise, intitulé la Cité des Dames. Et que femmes, posons qu'elles voulissent être amées, se penaissent pour celle cause d'être jolies, bandes, mignotes, & curieuses. C'est au chapitre 64. de la seconde Partie. Ce livre manuscrit est dans la Bibliothèque de M. Joly, Chantre & Chanoine de l'Eglise de Paris. M.
MIGNON. Le Journal de Pierre de l'Etoile, imprimé en 1719. tom. 1. sur l'année 1576. rapporte à cette année le commencement des Mignons des Rois de France. Cependant la lettre du nommé Villemadon, du 16. d'Août 1559. page 503. du Recueil des choses mémorables, &c. depuis la mort de Henri II. jusqu'au commencement des troubles, parle des Mignons du Roi Henri II. Au reste, il y a long-tems que ce mot est en usage en France dans la signification d'un jeune Gentilhomme chéri de son maître. La dixième des Cent Nouvelles Nouvelles, imprimées dès l'an 1505. Advim, certaine espace après, que par le conseil de plusieurs de ses parens, amis & bienveillants, Monseigneur se maria . . . dont plusieurs furent très joyeux, & entre les autres notre Gentilhomme, qui mignon se peut bien nommer. L'Epître des Dames de Paris aux couritis qui avoient suivi en Italie le Roi François I. page 197. de la nouvelle édition des Œuvres de Jean Marot, commence par ces mots: Nobles mignons, couritisans pleins d'honneur. Le Duchat.
MIGNON. Ce mot vient certainement de la Langue Teutonique, & l'étymologie qu'en donne M. Caenewue & M. Ménage est la seule véritable. Wachter la confirme, page 1081. de son Glossar. German, où il parle ainsi: MINNEN, amare; minne, amor. Obsoleta, sed Francis & Alamannis EFERUS - Recherches & Classification numériques M I G. M I L. mannis olim uſtatissimus. Gloff, Kerou, amor minna, caritas minna, amare minnon, diligere minnoon, &c. Plura & veterum penu congeſta vide apud Schi- terum in Gloff. Hodie utuntur Belga, quibus minne amor, minnen, beminnen, amare, beminde carus, dileſtus, &c. Inde Gallis vocabula bandientia mignon, mignard, mignardife, quorum ſignificatio ſatis nona. Apud Germanus viguis aliquando ammin amabilis. Cambris mynnu eſt velle, Gracis uſtus cupere, idemque nobis meinen. Et amare quid eſt niſi bene velle & bene cupere? Hinc ſenſus a ſimplici voluntate ad propenſam videtur tranſtatus, quemodo etiam Latinis voluntas de imoriere aſſeltu dicitur. M. Le Duchat, dans ſa note manuſcrite, ſur le mot mignon, au lieu de s'en tenir à l'étymologie de M. Ménage, en donne pluſieurs autres, que voici: Mignon, dit-il, mignard, mignardife, mignar, & mignoffe, ont la même origine; & je crois qu'ils viennent du Gaulois ou Bas Breton moina, d'où nous avons fait mine, en la ſignification de grimace. Un mignar eſt un faſſeur de mines. Peut-être auſſi que mignon, pour lequel mot on dit en Anjou maignon, vient d'amoenus, i, o, amoenus, onis, amoenone, moenone, maignon, MIGNON. Le même Auteur dit enſuite, que mignon, mion, & maignon, peuvent venir d'amicus; & de même mignar, comme amyot. Amicus, amycinus, amicino, onis, one, micinone, MIGNON. Amicus, amice, onis, one, amicone, MION. Il ajoute, que mignon, dans la ſignification de petit maître, vient de domino, onis, augmentatif de domine. Domino, onis, one, & par apherſſe minone, d'où MIGNON. Toutes ces étymologies ſont également mauvaise. M. Le Duchat eſt plus croyable lorſqu'il écrit que mignar ſe dit encore à Metz dans la ſignification d'enfant gâté, & amignoter dans celle de gâter ſon enfant, en ſorte que tout ce qu'il fait eſt trouvé bon. J'ajoute à cela, que mignar ſe dit de même dans le Comté de Bourgogne; & qu'au lieu d'amignoter, on y dit mignoter, dans le même ſens.
MIGNONNE. Eſpèce de prune. Elle eſt des plus eſtinées en Touraine, ou par ſa bonté, elle a mérité le nom de mignonne, dit M. Merlet dans ſon Abrégé des bons fruits. M.
MIGRAINE. Robert Etienne: MIGRAINE, ou DEMIGRAINE. Morbus, quo capitis media pars inſſeſtatur, uſtuparia, vel uſtuparia: hemicraina, vel hemicrania. Il vient de uſti, id eſt, ſemi, & uſtuparia, id eſt, calvaria. Nicot: MIGRAINE. Ceſt un vocable extrait du Grec, uſtuparia, ou uſtuparia: hemicraina, ou hemicrania: non par apherſſe de la lettre i, ains par preſque ſemblable compoſition Françoiſe; diſant le François miparti, pour demiparti, & à michemin, pour à demichemin. Et ſignifie une eſpèce de maladie, laquelle fait douloir la moitié de la teſte: ſemicalvaria: ſi ainſi dire ſe peut: & de ce mipartiment prent ſon nom de migraine: car uſti ſignifie ſemi en Latin, demi en François: & uſtuparia, calvaria: calvaire, ou eſt de la teſte. Rabelais, dans ſes Notes ſur ſon quatrième livre: HEMICRAINES. Vous les appellez migraines. Ceſt une douleur comprenant la moitié de la teſte. Jean Picard le dérive auſſi de uſtuparia. M. de Saumaise, ſur Solin, page 763, le dérive de migrana. GRANAM, pro capite dixerum: nonde & migranam morbum capitis, qua uſtuparia, aut uſtuparia Gracis. Voyez Henri Etienne dans ſes Expoſitions des mots Grecs de Médecine, page 341. & 342. Les Latins, au lieu de uſtuparia, ou uſtuparia. Tome II. qu'aunt, ont dit, ſinciput. Les Gloſes Anciennes: ſinciput, uſtuparia. Ces ſinciput, c'eſt ſemica- put: dont il a été fait. M. MIGRAINE: pour écarlate. Rabelais 1. 36. parlant des habits des Religieuses de l'Abbaye de Thélème: Elles portaient chauffes d'écarlate, ou de migraine. Les Latins ont appellé rubens granum une forte d'écarlate. Voyez ci-dessus onduelle. Ce qui pourroit donner ſujer de croire que migraine, en cette ſignification, auroit été fait de micans granum. Micans granum, migranum, migrana, MIGRAINE. M.
MIGRAINE. Poisson. Nicot: MIGRAINE, eſt un poïſon dit urſus marinus. Sic autem vulgo dicitur, quia & figura & colore valde reſert malum punicum. Rondelet, livre XVII. chapitre 17. qu'i eſt des héliſons: En Languedoc, Urlin. D'aucuns eſt nommé Caſtagne de mar: parce qu'il eſt couvert tout de piquons comme une chaſſai ou avec ſa premiere eſcorce. A Marfeille Urſins & Deucins l'appelle ceux que l'on mange, en eſt qu'ils ne ſuient doux. Les plus grands, que l'on ne mange point, Raſcaſſes: en Languedoc, Migraines; a cause que les piquons eſtant uſes & tumbis, iſs demeurent comme l'eſcorce d'une migraine. Les Allemans l'appellent meerigel. M.
MIGRAINE, MIGRAINIE. Nicot a employé le mot migraine dans la ſignification d'une pomme de Grenade, & le traducteur du Traité de Platine, intitulé de l'honête volupté, dans l'un des chapitres du liv. 2. les appelle de même; & migrenier l'arbre qui porte ces pommes. C'eſt au chapitre intitulé des Pommes grannées. Ce nom de migraine, donné à la pomme de Grenade, me fait douter ſi Rabelais, lorſqu'il parle de migraine de feu, n'a pas entendu parler de ce que depuis, en terme de ſeux artificiels, nous avons nommé Grenade. Il ſe peut au reſte qu'on aura appellé une pomme de Grenade migraine, par contraction, ou par corruption, pour mille grains, à cause de la quantité de grains ou de pepin que renferme cette pomme; & que, comme M. Ménage remarque ci-dessus qu'on a appellé micans granum, une forte d'écarlate, ç'aura été celle dont la couleur eſt à peu près la même que celle des pepin de grenade. La Duchat.
MILAN. Ce mot a été formé de milvus. Il y en a qui tiennent qu'il eſt ainſi appellé parce qu'il vit mille ans. Et cette opinion eſt rapportée par P. Chabot ſur l'Epode 6. d'Horace. Caſeneuve.
MILAN. Oiſeau. Lat. milvus. Gr. lat. 2. Quelques-uns ont cru que cet oïſeau avoit été ainſi appellé, parce qu'il vivoit mille ans. Mathias Martinus dans ſon Etymologique, au mot milvus: Quod de molli volatu dicitur, P. Chabotus in Horatii Epod. 6. explicat, quod molliter, & ſuſpens in aëre, tamquam porreſtus in molli leſto, voler. Addit: aut, quod temum edat volum; aut, ut alii volum, quod degat vitam milviarium: unde vocatur à Gallis, le milan, M. de Caſeneuve. Il y a qui tiennent qu'il eſt ainſi appellé parce qu'il vit mille ans. Et cette opinion eſt rapportée par P. Chabot ſur l'Epode 6. d'Horace. Ce Pierre Chabot a fait des Commentaires ſur Horace: & entre ces Commentaires, il a fait une Expoſition Analytique ſur le même Pocte. C'eſt dans les Commentaires qu'il a débité cette ſorte étymologie. Je n'ai point vſi ces Commentaires. J'ai ſon Expoſition Analytique, ou EFERUS - Recherches & Classification numériques Il se dit en Latin, Petrus Gualterius Chabanius, Pelto, San-Lapensis. ¶ La milan a été ainsi appellée de milius, qu'on a dit pour milius. Térence, dans son Phormion, 2. 3. Quia non recio accipiteri tenditur, neque mitus. ¶ Milius, milianus, milanus, MILAN. Cette érymologie est indubitable. Pour ce qui est de celle de milius, je suis de l'avis de ceux qui croyent que c'est une onomatopée. Voyez Voëtius dans son érymologique. Et à ce propos il est à remarquer; ce qui a été remarqué par Isidore, XII. 7. que plusieurs oiseaux ont pris leur dénomination de leur voix. M.
MILIEU. De medius locus: d'où les Italiens ont aussi fait miluque. M.
MILLE-DIABLES. Duplex, dans la Vie de François I. en l'année 1522. & 1523. En ce temps, la licence des gens de guerre est si desordonnée par tous le Royaume, que sous ombre de ce qu'ils se disaient estre mal payez du Roy, ils ravageaient le plat pays, violeaient les femmes & les filles, & commuteraient impunément les cruantez, les plus exécrables qu'on eût pu attendre d'une nation infidelle & harbare. Entre les plus brutaux, sont remarques, ceux qui avaient esté des troupes de Chandien: lesquelles, queyque congédiées, rodèrent encore par la Guyenne. Ces voleurs, pour se rendre encore plus effrayables, se faisaient nommer les Milledibles: d'où est venu le mot, Mefchant comme les Milledibles. Les Italiens, pour le marquer en passant, disent Trente mille Diables. Le Taifoné, dans ses Remarques Manuscrites sur le Vocabulaire della Crucca, au mot Sabbato: I Gentili, accerati da' Diavoli, facevano gl' Iddii loro di numero trenta mila. E perche tali Iddii erano, o mullo, o Diavoli, quindi nacque iidir folle d' alcuni corrucciari, col nome di Trenta mila Diavoli. E quindi poi anche il Pulci nel suo Morgante, Canto v: Diffe Rinaldo; non temer Dudone, Se ben fuffe la Morte, o'l Trentamila. M.
MILLE-PERTUIS. Herbe, ainsi appelée, parce que ses feuilles paroissent avoir un grand nombre de petits trous: d'où les Herbolistes Latins l'ont appelée perforata. M. MILLE-SOUDIER: pour riche. Ce mot a été dit originalement de celui qui avoit mille sous à dépenser par jour. M.
MILLE-SOUDIER. R. Censis dans son de veru mensurarum ponderumque ratione, fol. m. 164. c. *sestertiarum, chiliafles diarius, vulgato nomine millefoldarius appellatus, Gallicò mille-Souldier, ut qui quatidiana messe colligat sestertium numm, seu sestertius nummos mille, hoc est libellas Turonicas quinquaginta. Eu messu annuo proventam assurgit ad trecentena sexagenta quina sestertia, totidemve nummorum sestertiorum millia. Qua nostro are assimatiu nem subent librarum Turonicarum 18. 50. Anno vero bissentii uno adiecto sestertio, nempe unius dici accessione, 18. 00. Le Duchat.* MILLERETS: ou MILLERAIS. Ducats de Portugal. Le premier Scaligerana: Millerais, est nummus aureus Lasticanicus, cuius appellatio corrupto est, cum verum nomen fuerit Multi Ratis: ab Arabe Rege, qui primus ejusdem ponderis & valoris numisma in illis parcibus Hispania percussis. M.
MILLERETS. De militum, diminutif de militum. M. Richelet dit qu'on écrit millet, mais qu'on prouence toujours millies. Je n'en demeure pas d'accord. Les Angevins disent mil. M.
MILORD. Cretin, dans l'Epître à Charles VIII. Ce sont thouyus, qui leurs ventres chérissent, Et ont grand peur que vivres enchérissent. Ce sont Milnards, qui ne vousissent point D'hostes avoir. Henri Etienne, dans son Dialogue du Nouveau Langage François Italianisé, page 50. Ce mot Milord ne peut estre trouvé etrange aux François: pour ceque, défa long temps a, on a accomplumé de dire par joyonseté. Un gros Milort, en signifiant un grand Seigneur: encore qu'on parle d'un qui ne soit pas de France. Milord, est un mot Anglois, qui signifie Mon-Seigneur; & qui est composé de mi qui signifie mon, & de lord, qui signifie Seigneur. M. Bochard avoit quelque créance que lord étoit une contraction de l'ancien mot Anglois laford, qui signifie liberal; ex consequenti, comme parlent les Grammairiens; signifiant proprement, qui donne du pain. M.
MINAGE. Droit qu'on paye au Seigneur pour le mesurage du blé. De minagium. Mina, minagium, MINAGE. Voyez le Glossaire de M. du Cange. M.
MINARDE. Antoine Minard, Président au Mortier du Parlement de Paris, aiant tenu l'audience de relevée le 12. Décembre 1559. retournant en son logis sur les six heures du soir, fut tué par des Afaffins près de sa Maison, dans la vieille Rue du Temple. C'est ce qui obligea Mef-fieurs du Parlement d'ordonner qu'à l'avenir l'Audience de relevée, qui ne finifioit qu'à cinq heures, finitoit l'hiver à quatre heures. Et cette Ordonnance fut appelée La Minarde. Voyez Blanchard, dans ses Présidents au Mortier du Parlement de Paris, à l'article de notre Antoine Minard. M.
MINARET. Petite tour ronde, & menue comme une colonne, qui est jointe aux Mosquées, & d'où l'on appelle à haute voix chez les Mahométans le peuple à la prière. Ce mot vient de l'Arabe menarab, qui signifie proprement un chandelier, une lanterne, un phare, & ensuite la petite tour dont nous parlons: & ce substantif menarab est formé du verbe nara, qui veut dire luxis, splendus. Les Ebreux ont de même mence menarab, les Chaldéens menara, menartha, menartha, & les Syriens menartha, pour signifier un chandelier, une lanterne.
MINAUDERIE. Voyez mine. M.
MINCE. De minutus, fait de minutus, fait de minutus, minne. Plusieurs ont porté le nom de Minutus: Minutus Felix; Minutus Natalis, Jurisconsulte; Publius Minutus, Prafecius Annona, dont il est parlé dans Pline, livre xxxiv. chapitre 5. Minutus Augurinus, dont il est parlé dans le même Auteur, livre xviii. chapitre 4. Minutus Fundanus, Proconsul en Asie, sous Hadrien, auquel cet Empereur récrivit touchant les Chrétiens, comme nous l'apprenons de la Chronique d'Ensebe. M.
MINCE. L'origine de ce mot est la même que celle de menu, & elle remonte jusqu'au Celtique. Voyez ci-devant menu.
MINE, MINIERE. Ce sont les lieux sou- EFERUS - Recherches & Classification numériques tertains d'où l'on tire quelque-métal que ce soit. Il vient de *minium*, qui est une espèce de vermillon qui se trouve particulièrement parmi le mercure dans les mines d'argent. Les lieux où il se trouve, sont appelés *miniaris* dans Pline, liv. 33. chap. 7. Les François ne se sont pas contentés d'étendre ces mots aux mines de toute sorte de métaux : ils ont encore appelé *mines* ce que les Latins appellent *cuniculi* ; & *Mineurs* ceux qui travaillent à ces Mines. Marinus Sanurus Torfellus, *cum secretis fidelium crucis*, lib. 3. part. 12. cap. 21. *Fecis fieri pluvi minus sive cuniculos*, *respondentes ad terram novam*. Les anciens François appelloient les Mineurs, *Hurons*. Froßart, vol. 1. chap. 288. *Le Prince menuis par usage toujours avec luy grand foison de Hurons*, qu'on dit Mineurs. *Cafeneuve*.
MINE. Lat. *sodina* : *cuniculus*. *Vossus de Vitis Sermonis*, page 146. parle ainsi de l'étymologie du mot François *miniere* ; qui est le même que celui de *mine* : MINERA, à *Germanice mine*: *nude suum vocabulum accepere cum Itali*, *Galli*, *Hispani*; *tum Angli item*. *Notat matricem*, *sive venam terra metallicam*. *Sic utitur* : *urea Bulla Karoli IV*. *Indeque Philophis*, *mineralia*. *Fortasse autem minera à minando*, *posteriorum focularum verbo*, *pro ducere*: *ac particularim*, *pro facere ductus subterraneus*, *sive cuniculos*. *Sani*, *ut mine cuniculus*, *ita mineren*, *Barbaris minare*, *Latinis agere cuniculos*. *Atque hittè* : *Minitores*, *fosfores qui cuniculos agunt*. *Comes Sancti Pauli*, *epistola de Constantino-poli capta*, *ad Ducem de Lovanio*, *sive Brabantia*, *exarata*: *Super Turri autem illa locuti suimus cum Duce Veneti*, *viro prudentiissimo* & *difereto*: *dicentes ei*, *quod nullo modo posset capi*, *nisi per Minitores* & *petrarias caperetur*. *Et post aliqua multa* : *Minitores vero*; *muros inferius subcavantes*, *unam turrim stravertunt*. M. Guyer & M. de Cafeneuve dérivent *mine*, dans la signification de *miniere*, du Latin *minium*, qui signifie *vermillon* : les mines où se trouve le vermillon, étant appelées *miniaris* dans Pline, xxxiii. 7. L'étymologie de *Vossus* ne me déplaît pas. *Minarius*, pour un *Mineur*, se trouve dans Guillaume le Breton, liv. 2. de sa Philippide : *Fossis jam plenis*, *parmas ad omnia miles* *Appediat*: *sub eisque secare Minarius inflat*. M.
MINE. En Latin *sodina*. *Vossus* a raison de le dériver du verbe *minare* : c'est la véritable étymologie. Wachter, dans son *Glosser. German*, p. 1081. MINE, *cuniculus*, *ductus subterraneus*. *Italis & Hispanis* mina, *Gallis mine*. *Unique* à minando, *loc est*, *ducendo*. *Quamvis enim minare*, *pro ducere*, *infolens sit Latinis auribus verbum*, *legitur tamen apud Apuleium*, *Fossum*, *Hieronymum*, *aliisque*, *quos vide apud Martinium in mino*. *Utuntur & Leges quam frequentissime*. *Lex. Sal. tit. x. 6*. Si pecora in domum minantur : *id est ducuntur*. *Lex. Aijour. tit. xxxiii*. 1. Si quis peculium alienum in messe adprehensum ad parricum minare (*ducere*) non permiserit, *xv. sol. culpabilis judicetur*. *Lex. Alam. tit. xxxiv*. 2. Foris minetur (*ducatur*), & dicatur domino ejus, ut veniat videre quale dam num fecit. *Lex. Anglior. tit. xvii*. Qui quadrupedia alterius in sepenc cjusubet, seu fussam, minaverit : *id est*, *duxeris*. *Similia extant in Lege Longobardica*. Le même Auteur prétend que ce verbe *minare* est d'origine Celtique, & vient de *men* qui signifie *locus*, & dont se servent encore aujourd'hui les habitans du pays de Galle. Voyez ci-devant, au second article *menor*, ce qu'il dit là-dessus. Il ajoute ensuite : *A mine cuniculus*, *nascitur Latinis minera marrix metallica*, & *mineralia fossilia* : *Gallis vero miner cuniculus facere*, *quod imitantur Germani in mineren*.
MINE. Mesure contenant six boisseaux. De *Medimnus*. M.
MINE. En Latin *mina*. Pièce de monnoie des anciens, qui pesoit plus ou moins suivant les différents pays. Le Latin *mina* ou *mina* a été fait du Grec $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ ; & le Grec $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ vient des Langues Orientales. L'Ebreu $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *manio*, formé du verbe $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *manab*, *supputer*, *compter*, signifie la même chose. Les Chaldéens disent $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *mané*, ou $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *mana*, & les Syriens *manio* ; du verbe $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *mena* ou *meno*, qui signifie pareillement *supputer*, *compter*. MINE : comme quand on dit, *il a bonne mine* ; *manvaise mine*. Leunclavius sur Kénophon, page 1078. *Sunt qui Gallica Lingua cognationem esse quandam cum Graca sibi persuadent*. *Hoc si verum est*, *videri queat*, *vocem mine Gallicam*, *ab hac Graca $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ promanaesse* ; *cum dicunt faire mine*; *ac frequenter*, *faire bonne mine*, *pro egregiè pratexere*, *vol simulare*. En Gaulois, en Bas-Breton, on dit *moina*. Voyez Camden. Et c'est apparemment de ce mot Gaulois & Bas-Breton, que vient notre mot François. J'oubliais à remarquer, que Périon dérive aussi *mine de $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$*. De *mine*, en cette signification, on a fait *minander*, & *minanderie*. M.
MINE. Air, disposition du corps, & sur-tout du visage. Quoique ce mot dans cette signification puisse venir du Bas-Breton *moina*, qui veut dire la même chose, ou du Grec $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$, marque indice ; on peut fort bien aussi le dériver de la Langue Teutonique. Les anciens Francis discient *meino*, pour signifier toute sorte de signe, du verbe *meinan*, montrer, faire connoître. Les Allemands disent aujourd'hui *mine*, dans le même sens que nous ; les Anglois *meen* ou *mien*. L'Ebreu $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *themounab*, qui veut dire figure, ressemblance, est formé de $\mu\bar{\nu}\bar{\alpha}$ *moun*. Je remarquerai aussi, que *mien*, en Langue Chinoise, signifie *fase*, *visage*.
MINERVE. Déesse de l'Antiquité Payenne. Wachter, dans son *Glosser. German*, page 1135, donne une étymologie de ce nom. La voici: NEIV, *filum. Gracis vobis*, *Armoricis* neut apud *Pecorum in Ant. Celt.* p. 356. *Quibus conveniunt quadam Serabica apud Frencelium*, *nitsch filum*, *nitka filum subtile vel minus*. *Minervam Ægyptis appelari Neith*, *idem in transitu observat*. *Quod cum à re sit*, & *viam nobis ad etymologiam aperiat*, *pluribus nunc ostendam*. *Plato in Timæ, Chalcidio interprete* : Conditrix urbis (*Sais nomine*) Dea, *Ægyptiacâ lingua censetur Neuth* : *Gracâ dicitur Athena. Meurſus in notis ad translationem Chalcidi* : *Scribe Neith* : *nam ita est apud Platonem, Neid*. *Arnobius ita etiam de se Minervam loquentem introducit*, lib. 4. *Quod si fidem inquiris facti*, *Ægyptios & ego-toſtes dabo*, *quorum Neith lingua dicur*. *Hefychius*: *Neid*, *i 1084a 4a* *heychius*. *Ita scribendum*. *Minus recâ editur vulgo Neid*. *Hac ille*. *Sed noſtrâ nihil refert*, *quocunque modo scribatur*. *Et alias scriptura Hefychii non videtur contemnenda*, *quia ex illa per metaplasmum fieri pateras Athena*. *Fuit autem Mineura*, D & ij EFERUS - Recherches & Classification numériques apnâ Gentiles, coli, lanificis, & textrina, inventrix; & verosimiliter sic dictæ; vel à jugo texterio, qui flamen circumvalvatur, quod Hebrais menor 1. Sam. 2.vii. 7. vel dicatur à manat textere; prout ill. Maffens, in Originibus Etruscis, ab amica nostro Lastero ex Italico Sermene in Latinum conversis, scribit, p. 29. Hinc fufpicur, filum, quando vocatur uelt, nomen de nomine inventricis traxesse. Solent enim nomina Deorum inventis eorum adharere. Ita Mars ponitur pro pugna, Ceres pro pane, Liber pro vino, imo etiam Minerva pro flamius. Et quamvis Arnobio, lib. 5. adversus Gentes, circumeliosum videatur, res frivolas nomine Deorum insignire, negari tamen potest, vinum, panem, & flamen, res frivolas esse. Idem autism dicere de filo, quod certe non est res frivola, sed humane generi utilissima, & digna omnino qua ad perpetuum rei memoriam nomen inventricis gerat. *
MINIATURE. Sorte de peinture délicate qui se fait à petits points. Ce mot vient du Latin minium, vermillon, parce que c'est une couleur qu'on y emploie ordinairement. *
MINIERE. Voyez mine, dans la signification de fodina. M.
MINIMES. Religieux. S. François de Paule, Fondateur de l'Ordre de ces Religieux, les appella de ce nom par humilité; à l'exemple des Frères Mineurs. Hotman, dans son livre intitulé l'Errille de Papyrius Maffo: Menachi omnes dicebantur olim Fratres. Poftea, quidam dicti sunt Fratres Minores. Alii poftea, dicti sunt Minimi. ¶ Rabelais 3. 14. appelle Salut François de Paule, Salut François le jeune. M.
MINOIS. C'est un dérivé de mine. Mineye, dans le Dictionnaire Argotique, signifie le nec. M.
MINON. C'est ainsi qu'on appelle un petit chat. M. le Duchat dérive ce mot d'amamone, ablatif d'amamo, enis, augmentatif d'amatons. Il y a plus d'apparence que c'est une contraction de mignon. Voyez ci-devant mignon. *
MINORATIF. On appelle ainsi en Médecine, un remède qui purge doucement. De minorativum, fait de minor, minoris; comme qui droit, remède qui purge moins qu'un autre. On trouve dans la Bible minoratio, pour diminution, action de rendre moindre; & minoratus, pour diminué, amoindri, inférieur. *
MINUTE. Ce que nous disons menu, les anciens l'appelloient mine. Dans la Costume de Bretagne, art. 91. Minute & déclaration de terre: & art. 360. Advens & minus; sont les Advens & dénombremens que les sujets doivent bailler par le menu & en détail à leur Seigneur. Aussi ce mot est formé de minutus; & c'est pour cela que nous appelons minute la première teneur d'un contrat qu'on dresse pour le faire voir aux parties avant qu'on le couche sur le Registre: & elle est ainsi appelée, parce qu'on l'écrit de petites lettres, minutus litteris: quoique minute soit proprement ce qui est écrit sur le Registre ou Protocole des Notaires. L'Ordonnance de François I. de l'an 1539. Esquels regestres & Protocoles fermini mises & inférées au long les minutes des Contrasts. Marcellus Donatus dans ses Dificidarious sur Suétoue, chap. 18. Notas appellavère furifia, quas poftea transcribunt Notarii in proprio Codice: quas vulgo appellant minutas, eo quod minutus litteris scribantur. Caseneuve.
MINUTE. Lat. autographum. A minutus litteris: parce qu'on l'écrit ordinairement en petite lettre: au contraire d'une Groffe, qu'on écrit en groffe lettre; & qui pour cela, est appelée Groffe. Le Bernis: La lettre à minute che si nota: Pei si distendero con altera penna. M.
MION. M. Richelet: Mion, mot qui vient du Grec, & qui signifie plus petit. Il signifie parmi nous un petit garçon. Selon moi, c'est une contraction de mignon. Voyez mignon. Le Grec, dont entend parler M. Richelet, c'est qu'un minor. Bourdelot dérive aussi ce mot François de ce mot Grec. M.
MIRABELLE. Prune de mirabelle. Quelques-uns l'appellent prune admirable: ce qui peut donner sujet de croire que ce mot a été fait de mirabilis. M.
MIRABOLANS. Voyez myrabolans. M. MIRAILLE. Terme de Blafon. Papillons miraillés, ce sont papillons de diverses couleurs. Nos Savans en Blafon le dérivent de miraliatum, c'est-à-dire, plains de petits minuts. M.
MIRAMOLIN. C'est ainsi qu'on a appellé autrefois parmi nous un Roi d'Afrique Mahométan: & on le nommoit de la sorte par corruption, au lieu d'Emir el Monmenin, mots Arabes qui signifient Commandant des Fidées. C'était le titre qu'il prenoit, à l'initiation des Khalifes, successeurs de Mahomet, entre lesquels Omar, second successeur de ce prétendu Prophète, fut le premier qui le prit. Voyez ci-dessus. Emir. *
MIRE. C'est un vieux mot François qui signifie Médecin, & Chirurgien. Alain Chartier, dans son Histoire de Charles VII. page 114. Et ainsi que ledit Messire Bernard se rétrahioit de ladite escarmouche, fut frappé d'un coup de coulevine, qui perça son pavés: & entra la plombée en sa jambe, entre les deux os: qui dedans fut tirée: & sadite jambe si bien gouvernée par les Mires, que le péril en fut hors. André du Chesne a remarqué sur cet endroit, que les Maîtres Chirurgiens de Paris, dans les anciens Titres de leur Confrairie, sont communément appelés Maîtres Mires. Il faut présentement examiner d'où ce mot de Mire peut avoir été formé. Nicot le dérive de μίρφ, unguentum. Voici ses termes: MYERE: qu'on dit aussi MYRE. En langage ancien, c'est Médecin. Et vient de ce mot Grec μίρφ, unguentatus, lequel vient de cet autre μίρφ, qui signifie dignement. Et par cette raison Myere sera pris pour le Médecin qui exerce la Chirurgie, & application d'emplastres: ainsi que Guidon dit la Médecine & la Chirurgie avoir esté exercée par mesmes Maîtres. Et en cette signification est entendu le proverbe, duquel Phœbus fait récit en son Miroir de la Chaffe, Après le cerf, la bière: après le fouglier, le Myre. M.
MIRE. Médecin. En Perfe, on les appelle Mir. On disoit aussi Miere. Je crois que l'un & l'autre viennent de Medicarius. Huet. MIRER: pour viser. De mirari. M. MIRLICOTONS. Sorte de pêches. M. de la Quintinye: Mirlicoton, est une sorte de groffe pesche jaune, & de pavie jaune; qui meurtit sur la fin de l'automne. Ce mot est un terme de Jardiniers de Gasogne. Les Gascons ont pris ce mot des EFERUS - Recherches & Classification numériques M I R. M I S. Espagnols, qui appellent ces pêches mirificateurs, par corruption, comme je crois, au lieu de melocotones. ¶ Jule Scaliger contre Cardan রোগ. 1. l'appelle myroctone. Myroctoneum Galli vocant. Nous disons en Anjou miricator. M.
MIROIR. De mirar, c'est-à-dire, regarder, parce qu'on se mire dans un miroir. On a dit mirari dans la Baille Latinité, dans le sens de regarder. Les Espagnols disent mirar dans le même sens. *
MISAILLE. Gageure. De mistere. Misse, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis, mis
MISAINE. Mât de misaine. Voyez le Dictionnaire des Tennes de Marine. M.
MISAINE. Mât de misaine. De Medianus, parce qu'il est placé entre le mât de beaupré & le grand mât. *
MISAINE. Sorte de panne ou de pluche, moitié foie, moitié laine, ou poil de chameau. La Conférence de Sanel, liv. 1. ch. 1. Mauteau doublé de micaine. De l'italien mexicaine. Le Duchat.
MISE. Dépenée d'un compte, de missus, missa, missum. *
MISERE'RE. Mal d'ineffins. Parce que celui qui a ce mal crie miséréré, c'est-à-dire, avec pirie de moi. Nous avons ainsi donné des noms Latins à des certaines maladies. Noli me tangere: cholera morbus, &c. M.
MISERICORDE. Petit poignard de nos anciens Chevaliers : ainsi appellé, parce qu'ils en trahent leur ennemi atterré, s'il ne leur crioit miséricorde. C'est l'opinion du Président Fauchet, dans sa Lettre à M. de Galoup, & celle de M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot miséricordia. Il en est parlé dans le Roman de la Rose. Pitier, qui a tous bien s'accorde Tenuis une miséricorde En lieu d'espée. M.
MISERICORDE. On nomme ainsi en diverses Eglises, cette petite avance de bois qui tient à chaque Italie des chaires du chœur, & sur laquelle on est assis en quelque façon, lorsque le Italie est levé. De miséricordia, parce que c'est un petit soulagement sans lequel on seroit presque continuellement debout, l'usage dans les lieux où l'on n'a pas innové, étant de ne s'assoir à Stalles haïssées, qu'aux Laçons avec leurs Répons, & à l'Epître avec son Graduel. Au livre du premier Esprit de Clément, imprimé à Paris chez Gervais Aliot en 1655, j'ose ces mots à la page 232. acc. 3. Depuis le Scyre jusqu'à la fin des Figures, ils s'y semènent en enclure sur les Miséricordes, ou proseront sur les formes, selon la diversité des jours de Suite ou de Férice, aux Festes de douze Laçons, au temps de Pasques, & pendant les Olcaves Salemnelles, ils s'inclinent sur les Miséricordes, chacun se tenant modestement assis sur le haut du siège de sa chaire & encliné. &c. Il appelle Formes, le haut des chaires d'enbas. Le même, page 259. section IV. Se proseront sur les Formes sous offices ordinaires, & sur les Miséricordes aux services solennels. Cette Note m'a été donnée par M. l'Abel Chatechin. M.
MISNE, ou MISCHNE. Partie du Talmud des Juifs. Elle en est le texte, & la Gemare en est le commentaire. Ce mot vient de l'Ebreu ruwm mischnab, qui veut dire répétition, réité- M I S. M I T. ration, & qui est fait du verbe row schahab, répéter, réitérer. Les Juifs dissengue la Misne est sa répétition de la Loi, & que Moïse après l'avoir reçue par écrit, la reçut ensuite de bouche. Ainsi Misne est la même chose que Deuterose. *
MISTE. Vieux mot, qui signifie beau, gentil. Pierre Gringorre, dans ses Menus Propos, fol. 80. L'un a beau vis, & le corps misle & gent. Et fol. 114. verso : Femmes qui sont vensées, & encore misses. Cretin, dans sa Déploration sur le trépas d'Olergan : Lors se leva David royal Psalmise, Des Muses droit servant commençant misle. De mixtus. Peut-être, à cause du mélange des lis & des toées sur le visage des belles personnes. Candida purpureis lilia mixta rofis. M. Gardo-toi, tant que tu vivras, De juger des gens sur la mine.
MIT. On appelle ainsi en Normandie, la butte d'un jeu de Billard. De l'ancien Saxon méd, qui signifie la même chose que le Latin meta, & qui en est dérivé. Voyez Angrimus Jonas, dans son Gracienn Islandicum, page 44. ¶ Cette Observa- tion est de M. Huet. M.
MITAINES. Gands d'hiver qui sont four- rés, & qui sont sans division des quatre doits. Je crois que ce mot a été fait de celui de mit, dans la signification de chat; parce qu'on fait ordinai- rement les mitaines de peau de chat. Les Latins ont dit de même galea, de rahin, à cause qu'on fourot les casques de peau de chat. Tahin signifie un chat. ¶ Les Anglois appellent mitons les mitai- nes. M.
MITAN. De medietanus. Périon, page 149. le dérive ridiculement de μνταζι. M.
MITAN. Milieu. On trouve dans nos vieux Auteurs mitan: & en 1636. Monet, dans ses Dic- tionnaires, a donné milieu, meilleur, & mitan, comme trois synonymes également bons. Périon le dérive ridiculement de μνταζι, dit Ménage, qui avec raifon, le titre de medietanus. Glossaire sur les Noëls Bourguignons, au mot mitan.
MITES. Vers qui rongent les vieux fromages. Robert Etienne & Nicot, le dérivent de midas, qui est un mot Grec qui signifie un cofon; ver qui ronge les rêves. Helychius: μιδας. Θηβηθις, δωδωτς τυς κωμως. Théophrafte, livre IV. des Caufes des Plantes, chap. 16. Oi μις εφι ας κωδωλ, τυς κως: ος κωμως, τυς κως νις κωμως. MISAN. Les Anglois disent mir. ¶ Voyez cofon. M.
MITES, dans Froissart, vol. 2, fol. 112. v. de l'édition de Verard, est le nom d'une petite monnoie de Flandres. Voici le passage: Et le pain qui y avoit valu un vieil gros, n'avoit pas trois sep- maines, n'y valait que quatre mites. Le Duchat.
MITHRAS. Nom d'un Dieu chez les an- ciens Perses, qui étoit le Soleil. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1077. en parle ainsi: Michel, magnus quantitate & qualitate, mumero & potentia. Simplicissimum est mich, quod in antiquissimis Dialectis ponitur pro magne & mul- te. Ita Persis mih est magnus, michter major, mih- tras maximus. Hinc Persa Solem aspicientes cum appellabant mihtras, & transposita gustorali MI- THRAS, velut maximum inter sydera, & reliqua- rum dominum. Cum positivo Persico mih convenit exacti Graum μίγας magnus; & quod Cambris myg est gloriosus, mecbdeym monarcha, summus imperator; & Anglis mug multus. MITON MITAINE. Nous disons un onguent miton mitaine, pour dire un onguent qui ne fait ni bien ni mal. La raison ne m'en est pas connue. Nous disons de même ribon ribaine. Voyez ribon ribaine. M. MITON MITAINE. De mixtum mixtanum. Onguent mixte ou composé de plusieurs drogues sans vertu, mais qui ne sauroient faire grand mal. Peut-être aussi, que par onguent miton mitaine, on entend seulement un grand soin de mitonner ou de choyer le mal, en envelopant de mitaines la partie malade: ce que beaucoup de gens simples croyent souverain contre les blessures, & qui en tout cas ne sauroit faire bien du mal. Le Du- chat. MITON MITAINE. Je dérive cette façon de
MIT. MOC. MOD. MŒ. MOI. parler du Latin mitis doux. Un onguent miton mi- taine, est un onguent qui adoucit simplement le mal, sans produire d'autre effet.
MITONNER. Du Latin mitis doux. Miton- ner, c'est adoucit. Un potage mitonné, est un po- tage dont le pain est ramolli, & par conséquent rendu plus doux.
MITOUCHE. Sainte mitouche. Faire la fain- te mitouche. De Brieux, dans ses Origines de quel- ques Coutumes anciennes, page 151. dit qu'il faut écrire Saint-n'y-touche; & que cela signifie un hy- pocrite, un homme qui fait tellement du saint & du scrupuleux, qu'il fait conscience de toucher, quand ce ne seroit que du bout du doigt, à rien qui soit souillé, ou estimé profane. Je crois plutôt que mitouche est un diminutif du Latin mitis, & qu'il en a été fait comme maroufle de marand. Ce qu'on appelle une fainte mitouche, c'est une per- sonne qui a fait doucereux, & que l'on croiroit, comme on dit, ne pas savoir troubler l'eau.