🔍 Nova Nova interroge toute la bibliothèque par « mot-clé ». Mode clair / sombre. 🔮 Oracle Oracle répond à une question posée en langage courant, en s'appuyant sur les passages les plus pertinents de la bibliothèque
🧵  Le Fil d'Ariane ?Le Fil d'Ariane s'adresse à qui aime feuilleter, sans but précis, simplement curieux d'un thème, on y parcourt notamment l'équivalent des tables des matières de ces grands bulletins de sociétés savantes — pour découvrir, au fil des pages, ce qu'ils renferment. Si vous trouvez une information éveillant votre curiosité, les deux outils ci-dessus : Nova et Oracle prennent le relais, interrogez-les !... ✦   ✦   ✦
03.0 Dictionnaire etymologique — MITOYEN – NACAIRE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

❧   ❧   ❧
↩   Retour au sommaire

200 entrées

Rechercher un mot dans toutes les sections de ce document.
MITOYEN. Du Latin medianus.
MITRE. De mitra, fait de μίγας. M.
MITRON. Garçon Boulanger. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
MITRON. Ce mot vient de mitra, parce que les garçons Boulangers, quand ils font la pâte, ont un bonnet de papier qui ressemble en quelque façon à une mitre. Le Duchat.
MOCADE. Etoffe. Sorte de damas. M. du Cange le dérive de camoca. M.
MOCAARD. Sorte de camelot à ondes qui se fait à Valenciennes. Golnitz dans son Ulyssée Gallo-Belgique, au chapitre de cette Ville, page 147. de l'édition de 1631. Hic limenum Cameracen- se contextur; panni undulati & mocajarri, & alia mercium similium genera, conficiuntur. Les femmes appellent mocaiard, une espèce de cappe dont elles se couvrent la tête contre la pluye. Le Duchat. Voyez moncaiar.
MODERNE. De modernus: mot Latin-bar- bare, dont Cassiodore, dans la Préface des Col- lectanées de l'Ortographe; Bébe, de Morris; Pierre frère de Damien, liv. 2. épit. 3. Arnulfe de Li- sieux, dans son Poème à Henri; Evêque de Win- ton; Yves de Chartres, dans sa Chronique de France; Pierre des Vignes, liv. 3. épit. 18. Gerar- dus Niger, liv. 1. des Fiefs; l'Auteur de la Vie de S. Maurille, attribuée faussement à Grégoire de Tours; & plusieurs autres; se sont servis. Voyez Vossus de Vitis Sermonis, page 76. & 507. & M. du Cange, dans son Glossaire. ¶ Modernus a été fait de l'adverbe modu; comme qui étroit, qui modu vivit. M. MŒUF. Terme de Grammaire. De modus. M.
MOI, ou MOY. De me: comme Roi, de re. M.
MOIEN. De medianum. Voyez moyen. M.
MOIENNANT. De medionante. Voyez moyennant. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques MOIEU de ruse. De modidus. Voyez moyen. M. MOIEU d'auf. De modidus est. M.
MOIEUX. Sorte de prunes confites qui viennent de Franche-Comté, & qui font excellentes : ainsi appellées de leur ressemblance à des moyeux d'œufs, à cause de leur couleur jaune. M. MOIGN E. Vieux mot qui signifie Moine. Voyez Ameignes. M.
MOIGNON. Lat. rune : pulpa brachiorum & coxarum. De mus. Mus. muris, murium, muris murionis, muriane, moriens, MOIGNON. M. Parfait, Controleur de la Maison du Roi, homme très-intelligent en étymologies, le dérivé du Grec pour, qui signifie la souris du bras ; qui est ce que sont appelons moignon ; fait de joie, en la signification de muscle, à cause que cette partie a beaucoup de muscles. Mure, mortée, mortée, myence, myonies, myonies, myonies, MOIGNON. M.
MOIGNON. On appelle aussi de la sorte ce qui reste d'un bras coupé. De l'Istien mancone, fait du Latin mancus : d'où le François mancher. Le Duchat.
MOILLER. Vieux mot inuité, qui signifie uxor. De mulier, dont les Latins se sont servis en cette signification, & dont les Italiens ont aussi fait mortis, & les Espagnols muger : Le Jurisconsulte Scévole dans la Loi 93. De Legatis & Fidiece. 3. Sempronia, mulieri mea, reddi jubco ab baredibus meis centum auvans. Ulpien dans la Loi 1. De insipiciendo ventre. Temporibus Divorum fratrum, cum hoc incidisse, ut manicus quidam praeguantem mulierem diceret. Ce mot François se trouve dans Villon. Sardina, le preux Chevalier, Qui conquise le Rigne des Grises, Et vousse devenir moulier, Et filer entre pucelantes. Voyez le Clothiste Latin de M. du Cange au mot maine. M.
MOILON. Les Latins l'appellent camoufrem. Ce sont des pierres informes & sans façon, qu'on maçonne entre les pierres taillées. M. de Sammaise tient qu'elles étoient ainsi appelées, quasi medullones ; quod in frullura medii injurientum inter quadratae lapides. Caseneuve.
MOILON. Les monceaux de foin qu'on fait dans les prés après avoir fauché, s'appellent moilons : du Latin-Barbare mulle, qui signifie même chose. Orderic Vina. Inv. 24. Impeus autem irruentis & omnia involvensis ague fœnum fableyavir, & de loco ille multorum but & illus fuessentem lenge transfuli. Il y a quelque apparence que ce mot a été fait par corruption de mure, qui signifie des monceaux de terre servant à marquer les bornes des champs, qu'on appelait anciennement burina, botones, & betonini. La Loi des Ripuariens, tit. 60. chap. 4. Si autem ibidem infra terminationem aliqua judicia, sua arte, ambunina, aut mure, falla exiterum. Caseneuve.
MOINDRE. De minere : & MOINE de minus. M.
MOINDRE. De même que les Latins disent minus, minor, minimus, les Allemands & les Flamans disent min, minder, min, dans le même sens. En Gothique minta c'est minimus. Les Grecs disent minis partus, exilis, minis minus, Minis, en Islandois, & minika en Suédois, signifient aussi minne. Toutes ces ressemblances de mots de diver- ses Langues sont remarquables, & dont leur de juger qu'ils ont une origine commune. Et cette origine, selon Wachter, c'est le Celtique man, qui veut dire, petit, mince. Voyez même.
MOINE. De manne. Je remarquai ici par occasion, que plusieurs croyent que manne pour une Religieuse, a été formé de ce manne : en quoi ils se trompent. C'est un retranchement de sancti-mantalis, ou de casti-mantalis : ce qui a été fort bien remarqué par Voëssus, dans son de Vissis Sermonis. M.
MOINE. L'habit ne fait pas le Moine. Cette façon de parler s'emploie pour dire qu'il ne faut pas juger des personnes par l'extérieur, comme l'on dirait autrefois « voyant ». Elle est prise des Auteurs du Droit Canon, parlant de la capacité ou incapacité de posséder des bénéfices. Voici ce qu'en dit Godefroy sur la Courume de Normandie, au tit. de Juris. page 61. Il y a des bénéfices séculiers ; il y en a de réguliers. J'appelle réguliers, ceux qui sont déliens aux Moines & Religieux-Profes : car c'est une maxime générale à tous bénéfices, que reguiaria régulariens, sacularia sacularibus, sont conférends ; & partant les réguliers ne peuvent être conférés qu'aux Religieux du même Ordre. De la plus prédite on a pris occasion de douter, si pour obtenir lesdits bénéfices il suffit du Noviciat & de l'Habis, ou s'il faut être Profes. Mais enfin il a été conclu, que l'habit ne fait pas le Moine, & partant qu'il faut être Profes pour posséder lesdits bénéfices. Juvenal, Serp. 7. parlant des faux jugemens de son siècle, a dit : Parpura vendit Cassidicum, rara in tenui facundia paura. De frieux, Orig. de quelques Cont. anciennes page 96.
MOINEAU. Petit oiseau, qu'on nomme autrement passereau. Il vient de pince ou pince, qui signifie Solitaire : sur l'opinion qu'on a elle que ce lieu du Pseaume, s'est passer solitaris in octo, s'entendait de toute sorte de passereaux. Ulysses Aldrovandus, dans son Ornithologie, liv. 16. ch. 17. tient que le mot passer solitaris est pris de ce Pseaume. Et il ajoute qu'il y a en Hèbreu cypor, qui signifie toute sorte de petits oiseaux : de même qu'en Grec qu'on peut, qui signifie particulièrement un passereau, & généralement toute sorte de petits oiseaux. Caseneuve.
MOINEAU. Oiseau. Quelques-uns croyent que ce mot vient du Grec pince, qui signifie Solitaire, parce qu'il y a une espèce de monceau appelée de la sorte, dont il est parlé dans le Pseaume 101. Selon la Vulgate : Passer solitaris in octo : que les Grecs ont traduit 5 pince pince. Mure, monceau, MOINEAU. Et ils prétendent qu'on a transféré le nom de l'espèce au genre. D'autre croyent que cet oiseau a été ainsi appelé de la couleur grise, qui est celle que portent plusieurs Moines. Selon, dans son Ornithologie : C'est qu'il nomme un monceau, parce qu'il semble porter un froc de la couleur des ennuits. Et cette opinion me paraît la plus vrai-semblable. Les Italiens appellent de même monace, & monachine, l'oiseau que nous appelons vivine, & monachile, une espèce d'oiseau de rivière. Voyez mes Origines Italiens, au mot monace. ¶ Parulum Aboubium, Prieuré dans la Bourgogne, a été rendu en François par Paray le Moineau. Dans toute la Nor- EFERUS - Recherches & Classification numériques mandle on appelle les moineaux *moissus* : voyez M. Bochart dans son *Hierosicon* 1. 11. & en quelques lieux de France on les appelle *moines* ; ce qui ne confirme pas peu mon opinion : & ce qui réfère M. Ferré, qui dans ses Origines italiennes dérive le François *moineau* du Latin *moneula*. ¶ Dans l'Église de N. D. de Paris, on appelle *moineaux*, les cloches qui sont entre les déffus & les balles. De *medianum*. M.
MOINEAU. Terme de l'ancienne fortification. Rabelais, au Prologue du liv. 1. *Enduisement courtoises, produisement moineaux, valoient parapets*. Henri Etienne, dans son Traité de la Précellence du Langage François, page 187, prend ces *moineaux* pour ce que nous appellons aujourd'hui *casemates*. Mais je ne fais si ce n'étoit pas des guérités : & ce qui m'en fait douter, c'est que comme nous disons, *tirer sa poudre aux moineaux*, on disoit autrefois *tirer aux gironettes*, & *aux guérités*, dans la même signification ; parce que consûmer sa poudre à tirer à des *moineaux*, soit que ce soit des *moineaux* en vie, ou que c'en soit d'artificiels, plantés sur des tours ou sur des guérités, c'est toujours également mal employé son tems & sa dépense. *Le Duchat*.
MOIRE. Voyez *monaire*. M.
MOIS. De *mesis*. *Mensis*, *mesis* : d'où l'italien *mesé* : MOIS. M.
MOISIR. De *mucire* ; dit, par métaplasme, pour *mucere*. M.
MOISON. *Bailler sa terre à moison*, ou à *moyage*. Voyez Nicot au mot *moison*, & Brodeau sur la Coutume de Paris, tome 1. page 116. M.
MOISON. Je crois que ce mot vient de *misse* dans la signification de *semaille*, & qu'ainsi *bailler sa terre à moison*, c'est la donner à *semer* sur un certain pied. Le Roman de la Rose, fol. xi. 1. *La y en est d'autre moison*, *Lesquels tendent à leur saison*, *Et l'apreisonent d'espanoir*, *Et à perfection venir*. Ainsi d'autre *moison* voudroit dire, d'autres qui avoient été *semés* plutôt. *Le Duchat*.
MOISON. Vieux mot François, qui signifie *mesure*. Le Roman de la Rose M. S. *Le coisin de bonne moison*, *Grous affec, & long par réson*, *Si n'avoit tache ne malan* *N'y est jusqu'en Jérusalem*. Le même Roman : *Si en y est d'autre moison*. Ce mot vient de *mensis*, verbal de *metiri*, qui signifie *mesurer*. *Metier*, *mensus*, *mensio*, *mensionis*, MOISON. S. Add.
MOISSON. De *mesis* ; que les Latins barbares ont dit pour *mesis*. Je remarquerai ici par occasion, que *mesis*, selon Varron, a été fait de *medium*. Tertio *modo meriter* : *us sub urbe Roma & locis plurisque* : *us stramentum medium subfocent : quod manu sinistra summum prebendum* : *a quo medio*, *mellem dictam puro*. Le plus docte des Romains se trompe. *Messis* a été fait de *moto* : & *moto*, *d'æmo*. *æmo*, *æmo*, *inuité* : *æmo*, *moto*. Voyez l'Etymologique de Voissus. M. MOISSON : pour *moineau*. Voyez *moineau*. M.
MOITE. Ce mot, qui signifie *mouillé*, *humecté*, & *abrevé*, vient d'un ancien mot *matum*, qui signifie la même chose. Les Glofes d'Ifidore : *Matum est*, *humectum est*, *emolitum*, *infeitum*. M. Guyer, sur ce mot des Glofes d'Ifidore, a remarqué que *matum* a été dit pour *madus*, c'est-à-dire *madidus*. Caléneuve.
MOITE. De *matus*. Les Glofes d'Ifidore : *Matum est*, *humectum est*, *emolitum*, *infeitum*. Et *matus*, a été dit pour *madus*, primitif de *madidus*. M.
MOITIE. De *medietate*, ablatif de *medietate*. M. MOLE de *pore*. De l'Italien *molo*, fait du Grec vulgaire *mōlō*. Dans le quatrième de l'Anthologie, au chapitre *sic mōlus*, il y a une épigramme avec ce titre, *sic mōlus de xōmōrē vō dōlōmōrē mōlōmōrōs, & vōlōmōrōs* : sur lequel titre le savant Jean Brodeau a fait cette Note : *sic mōlus*. Munitiones *vocat D. Cypramus : Jōspēnus*, *mōmōlōmōs* : *mōles*, *nomōli* : *Veneti & Ligres*, et *molo* : *qualis Genua & Corcyra vōlōrōs*. *Procopius*, *mōlōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs vō lōmōrōs v Abium : appellant *huc* ad *molem* *noftram* *naviculam*. Les Glofes anciennes : *moles*, *mōlō*. ¶ Du Latin *moles* les Espagnols ont fait *muelo*, pour *signifier un monceau de blé dans l'aire*. M. MOLE de *femme*. De *mola*, fait de *mōlō*, qui signifie la même chose. De *mōlō*, on a fait *mōlō* *mōlō*, qui signifie *carnis mola*. M. MOLET de *jambe*. De *molterum*, diminutif de *molle* : parce que cette partie de la jambe est *molle* en comparaison de la partie antérieure, qui est *d'os*. Et de cette *molle* les Grecs l'ont appellée *mōlō* ; comme qui diroit, le *ventre de la jambe*. Les Espagnols disent de même *molledo* *dei braco*, pour dire le gros du bras. ¶ *Mole* se trouve dans *Villon*. M. MOLETTE d'*éperon*. De *sa rondeur*, *semblable* à celle d'une petite *meule*. M.
MOLUE. Voyez *morne*, & *merius*. M.
MOMIE. M. de *Saumaise*, dans ses Exerciations sur Pline, page 401, le *dérive d'amomum*. *Pretiosissimis quibusque ungentis amomum addebatur*, *us Plinius testatur*. *In sumeribus pracipui locum habebat* : *us & myrrha*, & *cinnamomum*, & *alia*. *Persus* : — *tandemque beatulus*, *alto* *Compositus lecto*, *crasisque lutarus amomis*, *In poetam rigidos calces extendit*. Amoma, *hic pro quibuslibet ungentis posuis*, *quibus ungentis corpora mortuerum*. *Inde* *amomum* *Recentiores vocaverunt illud enne quo medicabantur corpora defunctorum*, & *condiebantur*. *Momiam*, & *mniam universa hodie vocat Europa*, *nomēte inde dedusto*. *Scaliger* *avot* fait la même remarque, & en même termes. *Pretiosissimis quibusque ungentis amomum addebatur* : *sed pracipui locum habebat* is EFERUS - Recherches & Classification numériques in funeribus : unde mumiam appellamus corpora humana armatis condita. C'est dans le premier Scaligerana, page 9. Voëssus dans son de Vitis Sermonis lui donne une étymologie Arabe. MUMA : Core hominis, haisano vel myrrhè, & aloi aut asphaleo, adversus corruptionem, condita. Habe & conservandi vim mei, ac cera : ut propriis inde origo possi arcessi. Sanis Arabibus 1010 mum (a), cera. Cette opinion me paroît la véritable. Et elle a été suivie par M. Bochart dans son Hierozocion, page 331. de la dernière partie. M. Richelet a suivi celle de M. de Saumais & de Scaliger. M.
MOMIE. M. de la Croze dérive momie de l'Egyptien momni, c'est-à-dire puseus. Les momies, dit-il, se dépofoient dans des espèces de puits. Le Duchat.
MOMMERIE. De momaria. Mamus, momarius, momaria, MOMMERIE. M. du Cange le dérive de Mahomera, qui est le Temple des Mahométans. Je ne suis pas de son avis. M.
MOMMON, MOMMERIE. On appelle Mommon, des hommes masqués qui vont de nuit dans les maisons pour jouer ou pour danser. Quelques-uns croyent qu'ils sont ainsi appelés, parce que le masque les empêchant de parler distinctement, il semble qu'ils disent mon mon. Joachim Périon, dans son Traité De Lingua Gallica cum Graea cognatione, dit qu'ils sont ainsi appelés, de μομω, qui signifie masque. Le Lexicon Langolii : μομω, mormo (male, pro mormo) ; larva, terriculamenta puerorum. Les Glofes d'Isidore : Momar, Siculus, flutinus, qui cita moveur ad iram. Plantus : Quid tu, ô Momar, Sicule homo, præsumis. A quoi je puis ajouter que peut-être nous avons fait ce mot de Mamus, qui étoit le Dieu des moqueries. J. Lipse, dans l'Épître 44. de la 3. Cent. de ses Épîtres ad Belgas, veut que nous l'ayons pris de momar, qui en Langage Sicilien signifie jou. Momar, pro flutinus Siculus : quod abio a Galierum & nostro verbo in personatis. Caesum.
MOMMON. Périon : Inter cumum comunali interventer solum ludendi comis : quos nostro sermone mommons vocamus. Ita est, inquit : atque hoc verbum totum Gracum est : μομω enim larva appellantur a Graeis. Périon a approché du but. Mommon a été fait de momus. Mamus, mormo, momonis, momore, MOMON, MOMMON. Bourdelor, qui dans ses Animadversions du livre 1. d'Héliodore, dérive momon, mormon, n'a pas bien rencontré. Nous disons, pour un momon, en parlant d'un défi au dés, porté par des Masques. M.
MOMMON. Les Ordonnances sur le fait des Masques, imprimées à la suite des Arcsis Amorum commencent ainsi : Pour le bigo & utilité publique, franchise & liberté commun, il est permis à toutes gens aller en masque aux jours & heures, cy-après declairés, fors & excepté aux marchans & gens de haffo condition, ansqués le masque est du tout défendu, si n'est les veilles & jours des Fêtes de leur Paresse, esquels jours leur est loyable en user, selon toutes fois qu'il sera déjà cy-après. Et n'entend-on par ce les priver d'aller en momon, en robes rotonnes, barbouillés de farine ou charbon, faulx visages de papier, percant argent à la mode ancienne. On disoit couvrir le momon, c'est-à-dire accepter le défi du momon porté. Voyez la Noue, Disc. Polit. & Milit. Disc. 22. pag. 103. (a) Mon, pour signifier cies, est un mot Persan. Voyez Hofman Lexic. tom. 4.
MOM. MON. 217 Le porteur de momon n'ose parler; les autres de sa troupe parlent pour lui. Brantôme, Hommes ill. Fr. tom. 2. page 172. Le Duchat.
MOMMON. Le Latin momus, d'où a été fait momon, vient du Grec μω, qui signifie tache, opprobte, blâme, répréhension, reproche, & ensuite le Dieu Mamus, qui rallie, qui reprend, qui blâme tous les autres Dieux. Et le Grec μω a une convenance manifeste avec l'Ebreu 1012 mom, le Chaldéen 1010 mom, & le Syriaque mom, qui tous trois signifient tache, souillure, vice : ou plutôt il tire son origine de ces mots Orientaux. *
MOMMORISME. Voyez mommorisme. M.
MON. Comme quand on dit, savoir mon : vrayement c'est mon, &c. Nos Hellenistes, non sans apparence, le tient de μω. Voyez Périon, Trippault, H. Etienne, & M. Lancelot. M.
MON. Henri Etienne, dans sa Grammaire Françoise, au chap. des Adverbes, page m. 77. Unum est (adverbium), dit-il, quod in responsione affirmat, videlicet, c'est mon, pro c'est moult ; tanquam quis diceret Latiny, est multum. Ultimum eo pro his verbis, il est ainsi que tu dis. Nicot écrit ment, & c'est mon, & il le dérive pareillement de mulum. Au lieu de c'est mon, on disoit aussi say mon dans le même sens. Le Roman de Mabriant, ch. 28. Beau fils, dit l'Admiral, say mon, c'est-à-dire, je sais que ce que tu dis est vrai, & je lis sais fort bien. Joinville, ch. 59. Tu est venu de c'est des Tartarius ! Sire, fir-il, se suis mon. C'est-à-dire, il est très-vrai que je viens, comme vous dites, de l'armée des Tartares. Le Roman de Galien restauré, ch. 75. Galien lui va dire : Mamis, moult avec eu de pourré depuis que tu vous vis. Hilas, dis la Dame, say mon. On a dit aussi, qu'ils essayent mon, c'est-à-dire seulement, Expression singulière, qui se lit dans une Apologie des Réformes en 1560. page 121. du tome 1. du Recueil des choses mémorables, &c. depuis la mort de Henri II. jusqu'au commencement des Troubles, 1565. in-12. Le Duchat.
MONCAIAR. Sorte d'étoffe de foye. De l'Italien moncaiare : qui est un mot Phrygien, selon le témoignage de Jules Scaliger, dans son Exerctation CLEXXIIE. article 4. contre Cardan. Voyez mes Origines de la Langue Italienne, au mot moncaiarde. M. Voyez-ddisous Moncayur, & monaire.
MONCEAU. Nous le prenons non seulement pour un lieu moyennement élevé, mais encore pour un amas & un tas de quoi que ce soit. C'est un diminutif de mon. Aussi vient-il de monticellus, qui se trouve dans Latinus, De terminis : & dans Innocentus, l'un des Auteurs des limites, ou Finium Regundorum. De sorte que je trouve étrange qu'on ait reproché à Calepin l'invention de ce mot. Caesum.
MONCEAU. De monticellus. De monticulus, les Italiens ont fait de même munchie. Le Stiglini, qui dans son Orchialé, sur ce vers du Chant XIII. de l'Adoné du Cavalier Marin, Tengen grani mucchi, e cumuli raccolti, le dérive de cumulus ; & le Monosini, qui dans son Flos Italica Lingua, le dérive du Grec μω, qui dans le Traité des Dialectes, attribué faufferment à Corinthus, signifioit parmi les Dorietis au E e ÉFERUS - Recherches & Classification numériques mouca de paillet, &c l'Alessant, qui dans la Ré- planée à l'Océanie au Stigieux, le dérive du mé- me mot Grec piégue, se sont manifestement trom- ples. Voyez aux Origines italiennes en mot mac- réus. M.
MONGE. Vieux mot, habité, qui signifie Ménus, Du Maître. M.
MON-JOYE. Cri de Bataille de nos vieux François. Océanie Vital, livre 12. de son Histo- re, page 1119. Enclavées vers son siramine, sa- hité prénopérate, & Regale, signum Anglorum, de plebe vociferantes, ad moribitem euterorum. Sed ingressi, Meum gaudium; quod Francorum si- gium est; versa vice clamaverum. Mathieu Paris: Et facto congressu, acclamatum est terribiliter, ad arma, ad arma: hinc Regales, Regales: inde, Montis gaudium: scilicet Regis utrisque insigne. Le Roman de Roncèvaux, Montjoie crient, par lor gent rallier. Maïstré Vace, natif de l'Isle de Gerzay, Chanoi- ne de Baleux, surnommé le Clerc de Caen: A restorer Gaudier ont fait grant estormie. Francheis crient Monjoie; & Normans, Diez nie. Francheis crient Aïcas: & Angevin, Valle: Et li Quens Thobaut, Chartres & Passavant crie. C'est ainsi que M. du Cange cite ces vers, & dans son Glossaire Latin, & dans la Dissertation du Cri d'armes. Et dans cette Dissertation; pour le mat- quier en passant; il explique ce Cri des Angevins de cette portion de l'Anjou, appellée aujourd'hui la Valse. Mais au lieu de Valse, il faut lire dans les Vers de Vace; Rake: qui étoit le Cri des Ange- vins. M. du Cange a eu une mauvaise copie du li- vre de Vace. Voyez mon Histoire de Sable, page 4. & page 144. Je viens à l'étymologie du mot de monjoie. Il y a diversité d'opinions touchant cette étymologie. Nicot en parle en ces termes: Montjoie, compo- sé de Mont & Joye, est le Cry de guerre, ou pour mieux dire de bataille, usé par les François; lequel du règne de Hlevis ils prendront en la bataille en la- quelle ici lui Hlevis déconflé le Roy Andat, Sara- nin; qui avoit assiégé Conflans Sainte Honorine, près Pannuise; lequel confie commença en la vallée, et fut achevé en la montagne, en laquelle est la Tour de Montjoye: qui fut la cause de l'institution dudit Cry de bataille; auquel depuis furent adjousté ces deux mots, Saint Denys: estant l'entier Cry d'ar- mes, Montjoye Saint Denys. Nicola Gilles en ses Annales, & Robert Gagnin en son Traité des Hé- roules: Le Roy-Louys faisant Louys de Roussi son Roy d'armes, ordonna qu'il fût nommé Mont- joye: qui est le Cry de tous les Rois & Princes François. Et depuis c'est un Montjoye, tous les au- tres principaux & premiers Rois d'Armes des François ont esté ainsi nommé. ¶ Pasquier, livre 1121, chapitre 11. de ses Recherches, fait mention de cette étymologie, mais en l'improuvant. Voici ses termes: Or, dont ce mot Saint Denys Mont- joye ait pris son origine, je ne l'ay jamais tu dans les vieux Ambeurs: y'entends de ceux qui nous font de quelque mérite. Maïstre Raoul de Prestes, en la Préface qu'il a faite sur les livres de Saint Augustin de la Cité de Dieu, par lui traduits, qu'il adoresse au Roy Charles VI. ait sur le sujet qui s'offre, tel- les paroles: Clovis, premier Roy Chrestien, com- batant contre le Roy Dandat, qui estoit venu d'Allemagne aux parties de France, & qui avoit mis & ordonné son Siège à Conflans Sainte Hono- rine, dont combien que la bataille commença en la vallée, toutefois fut elle achevée en la mon- taigne, en laquelle est à présent la Tour de Mont- joye: & là fut pris premièrement & nommé vo- tre Cry en armes: c'est à savoir Montjoye Saint Denis. Ces paroles sont mal couchées: lesquelles je ne vous ay rapportée à autre fin, que pour monstres que du temps de Charles VI. cecy estoit tenu pour sa- milier en la bouche de tes Roys: & au surplus, que Maïstre Raoul le rapporteur au Roy Clovis, comme aussi font tous les autres. Vray que plusieurs sont en doute de l'occasion pour laquelle Clovis usa de ce mot Mont-Joye: & semble aucunement que ces Ambeurs le veuille attribuer à cette montagne, en laquelle il dit estre sinée cette tour. Toutefois quelques-uns sont d'advis que Clovis ayant esté par plusieurs fois ad- monesté de sa femme Clotilde, de recevoir le saint Sacrement de Baptiste; finalement s'accléminant à la guerre qu'il eut contre les Allemands, il lay pro- miss qu'en cas de bon succès de ses affaires, il accom- plirent son vouloir. Par que je trouvais, pendant le conflit & peste-meste de la Journée Tolbiac, en grand danger de sa personne, réclama soudainement le Saint grandement rêvé en France, & que nous appellons notre Apostre; qui est Saint Denys: di- sant, Saint Denys Mont-Joye: comme s'il eût voulu dire, qu'en cas que Saint Denys eût savoir se sont entreprise, il eût de là en avant rêvé comme son Jupiter; que lors, comme Etruique, il adorait sur tous les autres Deux; & que depuis on aurait fait d'un Mon-Jove, un Mont-Jove: comme par succession de temps il est aisé d'esthanger plus estran- gement les paroles. Cette-cy est l'opinion de Messrs Robert Cénal, Evesque d'Avranches, en ses Péri- ques de la Gaule. Toutefois, si en cecy la divina- ition est excusable, je croirais (si tant est toutefois que Hlevis ait esté premier Ambeur de cette parole), que si lors de cette mécessité (qui fut certes l'une des plus grandes que courus jamais ce brave Roy) il in- voqua l'aide de Saint Denis, il usa du mot de Mon- joye, sans aucun changement: comme s'il eût voulu dire que S. Denis estoit sa joye, son espoir, & sa consolution, & auquel il avait toute sa fiance; usant touzefois d'un article impropre, de mon, pour ma; ainsi que nous voyons les Allemands, Augéols, Et- coffois, pratiquer assez so-vous lorsqu'ils n'ont par- faite information de notre Langue; comme il est à présumer qu'estoit Clovis, qui jamais n'avait fait est pas des armes, entre ses Gendarmes François; la plupart desquels estoient extraites du pays de la Germanie. Ainsi ayant esté mis ce mot en avant par Clovis, par le moyen duquel il pensait que ses affaires demi-desespérées lui réaffirment à bon estoit: les Roys qui de lui furent successeurs, s'attachant estre- tement à cette parole, comme sacrée & pleine de grand mystères, la misère femblaissement en œuvre, lorsqu'ils se trouverent profiés en quelque rencontre de guerre; sans juger s'il falloit dire ma joye plus est que mon joye. Je fais de l'avis de M. du Cange, qui dérive le mot de Montjoye de celui du mon. Ah ce mon- titule ad Lutetium, in que Sanctus Dionysus man- ryrians subit, Decio Imperante. Ce sont les termes de son Glossaire Latin, au mot mon gaudii. Et à ce propos, il faut se souvenir que le Cri entier est Montjoye Saint Denis. Et le mot de Montjoye a été fait de mon, de cette manière: Mon, non- EFERUS - Recherches & Classification numériques ris, monteurus, monicodus, monicodius, monicodia, monicodia, MONTIOYE. Et il a originairement signifié une petite montagne. Et ensuite, un arros de plusieurs choses : dans laquelle signification, il est encore en usage. M. de Balzac, dans une de ses lettres à M. le Chancelier Segnier ; qui est la quarante-trolisième du livre XVI. Tant qu'il ne se présentera au Sean que ces Gladiateurs de plume, ne soyez point avare des graces du Prince : & relaîche un peu de votre sévérité. Si la chose estait nouvelle, il se peut que je ne serais pas l'afecté de la suppression du premier libelle qui me dirait des injures. Mais à cette heure qu'il y en a pour le moins une médiocre Bibliothèque, je suis presque bien avisé qu'elle538e : & je prends plaisir à faire une monique des pierres que l'envie m'a jettées sans me faire mal. Et on a employé ce mot en cette signification d'amas, de la même sorte qu'on a employé celui de monicodia dans la signification de monceau. Voyez monceau. M. du Cange a fort bien remarqué, que du François Monique les Latinifeurs avaient fait Mons gaudii : &, ce qui est fort remarquable, il a aussi fort bien remarqué, qu'on a ainsi appelé une colline du Vatican : ce qu'il juftise par un très-grand nombre de passages d'Auteurs. Voyez son Glossaire Latin, au lieu allégué, & sa seconde Dissertation sur Joinville. M. MONNOIE : pour le lieu où l'on bat la monnaie. De monera : dont les Latins se sont servis en la même signification. Les Glosses Anciennes : 1700, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, 38, 39, 40, 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, 48, 49, 50, 51, 52, 53, 54, 55, 56, 57, 58, 59, 60, 61, 62, 63, 64, 65, 66, 67, 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74, 75, 76, 77, 78, 79, 80, 81, 82, 83, 84, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91, 92, 93, 94, 95, 96, 97, 98, 99, 100, 101, 102, 103, 104, 105, 106, 107, 108, 109, 110, 111, 112, 113, 114, 115, 116, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 125, 126, 127, 128, 129, 130, 131, 132, 133, 134, 135, 136, 137, 138, 139, 140, 141, 142, 143, 144, 145, 146, 147, 148, 149, 150, 151, 152, 153, 154, 155, 156, 157, 158, 159, 160, 161, 162, 163, 164, 165, 166, 167, 168, 169, 170, 171, 172, 173, 174, 175, 176, 177, 178, 179, 180, 181, 182, 183, 184, 185, 186, 187, 188, 189, 190, 191, 192, 193, 194, 195, 196, 197, 198, 199, 200, 201, 202, 203, 204, 205, 206, 207, 208, 209, 210, 211, 212, 213, 214, 215, 216, 217, 218, 219, 220, 221, 222, 223, 224, 225, 226, 227, 228, 229, 230, 231, 232, 233, 234, 235, 236, 237, 238, 239, 240, 241, 242, 243, 244, 245, 246, 247, 248, 249, 250, 251, 252, 253, 254, 255, 256, 257, 258, 259, 260, 261, 262, 263, 264, 265, 266, 267, 268, 269, 270, 271, 272, 273, 274, 275, 276, 277, 278, 279, 280, 281, 282, 283, 284, 285, 286, 287, 288, 289, 290, 291, 292, 293, 294, 295, 296, 297, 298, 299, 300, 301, 302, 303, 304, 305, 306, 307, 308, 309, 310, 311, 312, 313, 314, 315, 316, 317, 318, 319, 320, 321, 322, 323, 324, 325, 326, 327, 328, 329, 330, 331, 332, 333, 334, 335, 336, 337, 338, 339, 340, 341, 342, 343, 344, 345, 346, 347, 348, 349, 350, 351, 352, 353, 354, 355, 356, 357, 358, 359, 360, 361, 362, 363, 364, 365, 366, 367, 368, 369, 370, 371, 372, 373, 374, 375, 376, 377, 378, 379, 380, 381, 382, 383, 384, 385, 386, 387, 388, 389, 390, 391, 392, 393, 394, 395, 396, 397, 398, 399, 400, 401, 402, 403, 404, 405, 406, 407, 408, 409, 410, 411, 412, 413, 414, 415, 416, 417, 418, 419, 420, 421, 422, 423, 424, 425, 426, 427, 428, 429, 430, 431, 432, 433, 434, 435, 436, 437, 438, 439, 440, 441, 442, 443, 444, 445, 446, 447, 448, 449, 450, 451, 452, 453, 454, 455, 456, 457, 458, 459, 460, 461, 462, 463, 464, 465, 466, 467, 468, 469, 470, 471, 472, 473, 474, 475, 476, 477, 478, 479, 480, 481, 482, 483, 484, 485, 486, 487, 488, 489, 490, 491, 492, 493, 494, 495, 496, 497, 498, 499, 500, 501, 502, 503, 504, 505, 506, 507, 508, 509, 510, 511, 512, 513, 514, 515, 516, 517, 518, 519, 520, 521, 522, 523, 524, 525, 526, 527, 528, 529, 530, 531, 532, 533, 534, 535, 536, 537, 538, 539, 540, 541, 542, 543, 544, 545, 546, 547, 548, 549, 550, 551, 552, 553, 554, 555, 556, 557, 558, 559, 560, 561, 562, 563, 564, 565, 566, 567, 568, 569, 570, 571, 572, 573, 574, 575, 576, 577, 578, 579, 580, 581, 582, 583, 584, 585, 586, 587, 588, 589, 590, 591, 592, 593, 594, 595, 596, 597, 598, 599, 600, 601, 602, 603, 604, 605, 606, 607, 608, 609, 610, 611, 612, 613, 614, 615, 616, 617, 618, 619, 620, 621, 622, 623, 624, 625, 626, 627, 628, 629, 630, 631, 632, 633, 634, 635, 636, 637, 638, 639, 640, 641, 642, 643, 644, 645, 646, 647, 648, 649, 650, 651, 652, 653, 654, 655, 656, 657, 658, 659, 660, 661, 662, 663, 664, 665, 666, 667, 668, 669, 670, 671, 672, 673, 674, 675, 676, 677, 678, 679, 680, 681, 682, 683, 684, 685, 686, 687, 688, 689, 690, 691, 692, 693, 694, 695, 696, 697, 698, 699, 700, 701, 702, 703, 704, 705, 706, 707, 708, 709, 710, 711, 712, 713, 714, 715, 716, 717, 718, 719, 720, 721, 722, 723, 724, 725, 726, 727, 728, 729, 730, 731, 732, 733, 734, 735, 736, 737, 738, 739, 740, 741, 742, 743, 744, 745, 746, 747, 748, 749, 750, 751, 752, 753, 754, 755, 756, 757, 758, 759, 760, 761, 762, 763, 764, 765, 766, 767, 768, 769, 770, 771, 772, 773, 774, 775, 776, 777, 778, 779, 780, 781, 782, 783, 784, 785, 786, 787, 788, 789, 790, 791, 792, 793, 794, 795, 796, 797, 798, 799, 800, 801, 802, 803, 804, 805, 806, 807, 808, 809, 810, 811, 812, 813, 814, 815, 816, 817, 818, 819, 820, 821, 822, 823, 824, 825, 826, 827, 828, 829, 830, 831, 832, 833, 834, 835, 836, 837, 838, 839, 840, 841, 842, 843, 844, 845, 846, 847, 848, 849, 850, 851, 852, 853, 854, 855, 856, 857, 858, 859, 860, 861, 862, 863, 864, 865, 866, 867, 868, 869, 870, 871, 872, 873, 874, 875, 876, 877, 878, 879, 880, 881, 882, 883, 884, 885, 886, 887, 888, 889, 890, 891, 892, 893, 894, 895, 896, 897, 898, 899, 900, 901, 902, 903, 904, 905, 906, 907, 908, 909, 910, 911, 912, 913, 914, 915, 916, 917, 918, 919, 920, 921, 922, 923, 924, 925, 926, 927, 928, 929, 930, 931, 932, 933, 934, 935, 936, 937, 938, 939, 940, 941, 942, 943, 944, 945, 946, 947, 948, 949, 950, 951, 952, 953, 954, 955, 956, 957, 958, 959, 960, 961, 962, 963, 964, 965, 966, 967, 968, 969, 970, 971, 972, 973, 974, 975, 976, 977, 978, 979, 980, 981, 982, 983, 984, 985, 986, 987, 988, 989, 990, 991, 992, 993, 994, 995, 996, 997, 998, 999, 1000.
MONOPOLE. L'érélution, état d'un homme qui est combattu diversément, sans savoir à quoi se déterminer. Le Roman latituel, *Cénalogie de Godéfory de Boulien*, Paris 1499, au feuillet v. précédent la lettre g. i. de la réclame : *Et tellement que au conseil d'iceule Payens est très-grande altercation, & furens mis en monopole. Car les uns soutiennent l'opinion dudit grand Soudan estre hant...* Et à l'opposite estient les autres d'opinion contraire. Rabelais a employé ce mot dans la même signification. *Le Duchat*.
MONOPOLER. Ce mot, qui ne signifioit originairement que vendre seul, a été pris ensuite pour faire des complats. Voyez Nicot & M. de Ca- fenettre. Les Espagnols disent monipodie, au lieu de monopolis. M.
MONS. C'est ainsi qu'on disoit autrefois par abregé, au lieu de *Monfleur*, & on le trouve dans de très-anciens Actes. On ne s'en sert plus que dans le stile badin. M. de la Motre a dit : Hola, *Mons du Libraire, bola,* *Pour votre honneur retirez moi de là.*
MONSEIGNEUR. MONSIEUR. Voyez Seigneur & Sieur. M.
MONSEIGNEUR. MONSIEUR. Ces qualités, données aux Apôtres & aux Saints Prélats dans les anciennes Légendes, & celle de *Moffre* donnée aujourd'hui aux Curés, viennent de *Senior*, synonyme de *Presbyter*. Le Duchat.
MONSON. M. Guillet, dans son Dictionnaire de la Marine : MONSON, ou MOUSON : *mot Arabe*, qui signifie vent de saison, ou vent reigid. M. Voyez ci-dessous *Mousson*.
MONTAGE. Droit qu'on exige des bateaux qui montent. De *montagium*. Voyez M. du Cange. M.
MONTAGNE. De *montana*, qui a été dit pour *mont*, comme *fontana*, pour *font*. M.
MONTALAIS. Nom d'une famille illustre de la Province d'Anjou : ainsi dite, par corruption, au lieu de *Montelais* : fait du Latin de *Mutis Legibus*. C'est ainsi que ceux de cette Maison sont appelés dans le Cartulaire du Prieuré de la Primaudière en Anjou. Et *Montalais* a été formé de *Mutis Legibus*, de cette manière : *Montelais*, *Montelais*, *Montelais*, *Montelais*, *Montelais*, *Montelais*. Nos Anciens disaient *Lai*, pour *Lai*. Ils disaient *Licencié* à *Lai*, pour *Licencié* à *Lai*. Voyez mes Remarques sur la Vie de Guillaume Ménage, Avocat du Roi, d'Angers, page 418. M.
MONTCAYAR. Ce mot nous est venu du Levant avec l'étoile même qui le porte. Guillaume Postel, Hist. Orient. Parc. 1. l'appelle *mucajar*. Huet. Voyez le Levant *muncajar*.
MONTER. De *montare*. L'Auteur du livre intitulé de *Mirabilibus Scriptura*, faussement attribué à S. Augustin : *Et ab oppositis validibus, aquas in excelsum montare*. C'est au chapitre 1. Ce livre a été écrit en 617. *Montare* a été fait de *mont monis*, comme qui dirait, *aller à mont*. De *valis*, on a fait de même *advallaire* : & *devallaire*. De *devallaire*, nous avons fait *devallaire* : & *d'advallaire*, les Italiens ont fait *devallaire*. Les Italiens disent aussi *montare*. De *montare*, on a fait *montana* : d'où *MONTAGNE*. Et *montare* : d'où *MONTAR*. M.
MONTIER-RAMEY. Abbaye de l'Ordre de Saint Benoit, dans le Dioclé de Troyes. De *Monasterium Adremari*. Le Père Sirmond, dans ses Notes sur les Epières de Petrus Celièfini, sur ces mots, *Abbate Aremaroni*, qui sont de l'Opéra 1. du livre 2. *Monasterium est Ordinis Sancti Benediti*, *cujus originae andravuque Adremarum docet Epistola Lemis IV. ad Prudentium*, *Tricassium Episcopum*, *in cujus strum est Diocesi. Conditaeis nomen retinei ariam in vernacula : nam Montier Ramey vocant ; hoc est*, *Monasterium Adremari*. M.
MONTIRANDE. Abbaye, du Dioclé de Châlons-sur-Marne. De *Monasterium in Derve*, Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois, au mot *Dervensis saltus*. M. ÉFERUS - Recherches & Classification numériques E e ij 220 MON. MOQ.
MONT-MARTRE. Lieu proche de Paris-Abbon, dans son Poème du Siège de Paris, l'appelle Mons Martis. Fort de l'inde, et le cuneis cinctus galterum, Armipotens Montis super Odo cacumina Martis Entruit. Les autres l'appellent Mons Mercurii : les autres, Mons Martyrum. L'ancien mot étoit Mons Martis tir. M. de Valois, dans sa Notice : Mons mater fuberbarus, olim a simulacris Mercurii & Martis, mine Mons Mercurii, nunc Mons Martis appella- batur : postea, a passagee inciyterum Testium, Dio- rysii Episcopi, Rustici Presbyteri, & Eleutherii Diaconi, Mons Martyrum votatus est, us scribit Milduinus : atque ita hodieque non. patur, MONT- MARTRE. M. MONT MORISME. Nous appellons ain- si, il n'y a pas long-tems, ces rencontres qui ne consistent que dans un jeu de paroles, que les La- tins appellent annominations. Et nous les appel- lions de la sorte, à cause de Pierre Montmaur, Professeur du Roi dans la Langue Grecque, qui affectiont ces jeux de paroles. Les Grecs ont dit de même renomination : à cause du Rhéteur Gorgias le Leontin, qui affectiont aussi ces annominations. Voyez l'hilositate, dans son épître à Julie Au- guste. M.
MONTOIRE. Nom de lieu. Dans Geof- Skoy, Abbé de Vendôme, livre 3. épit. 15. le vil- lage de Montoire, au-dessus de Vendôme, est appellé Mons aureus. Et dans la même épître, il est fait mention d'un Hamelin de Monte aureo. Et dans l'épître 19. du liv. 1. d'un Pierre de Monte aurer. Et en Espagne, il y a un lieu appelé Mon- toire, appelé aussi en Latin Mons auri. Covarru- vias : MONTORO. Villa cerca de Cordova : olim, Mons auri. Vide Aulum Hirtium, de Bello Hispa- miensi. M.
MONT-ORGUEIL. Rue de Paris, ainsi appellée peut-être d'une sorte Tour de même nom, dans le voisinage de les vines. Voyez Mon- strelet, sur l'an 1428. vol. 2. fol. 40. édition de 1572. & 86. Le Duchat. MONTRE de Soldats. De monstra, dit pour monstratio. Dum Padua feret monstra militum; dans l'Hisboria Corynorum, liv. 1. chap. 5. du lieu de monstra, on a dit monstrum. Vous en trouve- rez des exemples dans Spelman. 2.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.6.
MONTREUIL. Nom de lieu. De Monse- trium. M.
MONTSAUJON. Ville & Comté en Cham- pagne de Mons Salionis. P. J. Add.
MOQUER, MOQUERIE. Ces mots sont tout à fait Grecs : car μυκία, μυκία, signifie se moquer ; & μυκία moquerie. Caïeneuve.
MOQUER. Pontus de Thyard, Evêque de Chilloux-sur-Saone, page 18. de son de Recta no- minum impositum, le dérive du Grec μυκία. A μυκία, & μυκία. subfannare, MOQUER. M. MOQUER. M. Guyet le désire de mungere. Voyez M O Q. M O R. ment tel que celui des mouches : fut quoi il cite les Paradoxes imputés chez C. Etienne en 1554, page 41, où on lit : Aouqué, opéré, ratifié avec gesticulations de mains & de bouche : & il ajoute, que ces dernières paroles le persuadent que c'est aussi faire la moue. Il dit ensuite, que mequer peut aussi venir de memus. Mamus, momicus, momicace, micare, moquer. Il cite un endroit de Rabelais où il est dit : être comme un tas de mouches : ce qu'il explique par, se rire de quelqu'un en limitant le bourdonnement des mouches. Je rapporte ces étymologies pour leur singularité. Plafleurs de celles de M. le Duchat sont dans le même goût. Il a sur-tout grand soin d'imiter M. Ménage, en donnant comme lui toutes sortes de formes aux mots pour les faire quatre avec celui dont il cherche l'étymologie, en les allongeant & les raccourcissant à sa fantaisie, & en confondant leur partie essentielle, si je puis n'exprimer ainsi avec celle qui n'est qu'accélérer, autrement leurs lettres radicales avec celles qui sont simplement paragogiques. *
MOQUETTE. Eroffe. L'origine de ce mot ne n'est pas connue. M.
MOQUILLE. Terme du jeu de l'Homme. C'est gagner le coup d'après que l'on a gagné codille. Muchillu, en Espagnol, signifie un sac, ou une besace. C'est comme nous disons, emporter le sac & les quilles. Le Duchat.
MOQUOISEAU. C'est une sorte de cerise : qui a été ainsi appelée, parée qu'elle ne rougit point, & que les oiseaux la voyant blanche, croyent qu'elle n'est pas mûre : & dans cette créance, ils ne la mangent point. C'est un mot d'Anjou. M.
MORCEAU. De morcellus, diminutif de morsus. Voyez M. du Cange, au-mos-morsus. M.
MORE. De Maurus. MORICAUT. De mauricaldus. MOREL. Voyez Moreau. M.
MORE. Homme noir, ou noirâtre. Wachter, dans son Gloffar. German. page 1089. MOR, niger, nigricans, fuscus, magis vel minus aice : moterd, & per apocopon, mot, terra nigra : moten, mot-rüben, rapa fusca. Verelus in Indice : mot, terra quadam species, unde color suffusus (subfuscus) confectus ad tingendum pannum. Forte a Graco aque, obserus, lucis expers ; quod est a privative a, & paque lucro, indice Martinis in Cadme, & optique dicitur de colore fusco, qui, qui obscurior est, ob minus lucem reflectit. Inde nomen MAURIS, populo Africano, de quibus Petronius : N auros habet tetra nox corporum. Hodie non solum Africanes, sed etiam Indus, & omnes populos in quorum corpore color est noctis, appellamus Moren. Nous avons appellé Mores, ou Maures, les Arabes qui avoient conquis l'Espagne, parce qu'ils venoient de Mauritanie, c'est-à-dire, du pays des noirs, ou noirâtres. Quelques qui dérivent le nom des Maures de l'Ebreu et le monbarium, qui signifie derniers, occidentaux. Les Maures sont à la partie occidentale de l'Afrique : c'est pourquoi les Arabes les ont appellés Magrebites, c'est-à-dire occidentaux ; du substantif magreb, qui signifie l'occident, & ensuite la partie occidentale de l'Afrique. *
MOREAU. Comme quand on dit, cheval mureau ; c'est-à-dire, noir. Les Italiens disent de même di pel morello. Le Taifoné, dans son Poème de la Secchia rapira, chant v. stance 42. Sopra un nobil cerfier di pel morello. Nicolo de gli Agostini, dans son Orlando Imamore, chant 1. du livre 5. Cavalca una gagliarda e bella alfana, Di pel morello, e di tre pie balcana. J'ai cru autrefois que ce mot avoir été fait de morus, dans la signification de mure ; à cause de la noirceur des mûres, qui a paillé en proverbe. Martial, 1. 75. Sic, qua nigrior est cadente mure, Carufata sibi placet Lyceris. Je crois maintenant qu'il a été fait de Maurus, dans la signification d'un More. Maurus, maurelius, MORELLO. Maurus a signifié ensuite noir. Voyez morille & morillon, & more. M.
MORESQUE. Sorte de danse : ainsi appelée, parce que nous l'avons prisé des Mores. M.
MORFONDU. De morbo fundatus. Voyez moro. M.
MORGANGEBE. C'étoit en vieux langage François ou Teudifique, le don que le mari falloit à la femme le matin après la première nuit des noces. Grégoire de Tours, livre 9. chap. 10. l'appelle morgangeba ; où quelques autres lisent morgangeba. De civitaribus vero, hoc est Burdega-la, Lemovica, Cadurco, Benarno, & Begorra, quas Galofovinum Germanum dumma Brunichildis, tam in deto quam in morgangeba, hoc est matutinalis de no, in Franciam venientem circum est adquisitio est appellé jus morgantificam, damile Chronique d'Alberus Argentinensis : Dans filia Preburg, &c. multas alias munitiones iere morgantice. Et plus bas : Afférens munitiones dominis de Riburg ad se spellare, tanquam matri sua per Rodelphum Regem altem morgantice iere donatum. Et c'est ce que les Allemand appellerent encore ein morgengab. Les Grecs appelloient operadificam les présens que le nouveau marié falloit à son épouse en récompense de son pucehage. Cafeneuve.
MORGANGEBE. C'est un mot Allemand, composé de deux autres, savoir de morgen qui signifie matin, & de gabe qui signifie don, & qui vient du verbe geben donner : ainsi morgangebe, ou morgengabe, est à la lettre la même chose que marnirium donum. Wachter, Gloffar. German. au mot morgengabe, parle ainsi : le Logibus antiquis Germanorum, pracipue Riparia, Alamannica, Burgundica, Longobardica, passim vocatur morgangeba, & morgangiba. De qua interquam aliquad dicam, banu abs re fuerit observatio, darem, hoc est donationem propter nuptias, non unam fuisse apud priscos Germanes, sed multiplicem, & unminibus discretum. Primum genus vocabatur viduit : De hac deto scrib : Tacitus, cap. XVIII. de Moribus Germanorum : Dotem non uxor marito, sed uxor maritus offert. Alterum genus vocabatur telf, eracque sacer denarius apud Francus, lege Salice stabilitus. Tertium genus vocabatur wittemon, eracque pretium nuptiale parentibus aux cognaris solvendum, pracipue apud Gorbos, Burgundiones, & Saxones, qui puellus suas non parvo munusculo, sed magno precio mibentibus vendebant. De hoc dare agis lex in fisgo-therum, lib. III. tit. IV. 7. Burgundionum, tit. XXIV. 1. Saxonum, cap. VI. Singulas voces explicavi in loco. Quartum genus (quod hujus loci est) vocabatur EFERUS - Recherches & Classification numériques morgengabe, hoc est donum matutinum; quia novus martius novae nupia post primum nolem illud offerebat, tanquam pretium virginitatis, ut apud Graecoe Aeneus. Hoc manus, apud Longobardos, erat quarta pars bonorum mariti, & a reliquis datibus possim distinguitur. Diserte Gregorius Turonensis, lib. ix. cap. 20. Tam in dote quam in morganegiba, hoc est, matutinali dono. In Jure Prov. Alam. morgengaube eodem occurrit sensu, cap. xx. *
MORGELINE. Sorte de simple. De morsus gallina. Les Médecins de Lyon, dans leur Histoire des Plantes, livre xi. chap. 11. *Adriae Gracee*, & *magistris*: *Latinæ etiam alstine*, & *auricula muris*; & *recentioribus quibusdam hippia dicitur: vulgo morsus gallinae: inde Galilis morgeline: quod gallinis & aviculis cibo grata sit, eaque, caveit incluca, ac cibum fastidientes, herba ista recreantur: Germanis, vogelkraut: Iralis, certione, pizza gallina, & panarina; quod junioribus anseribus gratum sit habulum. Alstine autem; quod lucus, qua Graci adnv vocant, umbrosaque loca & nemorosa amet: auricula muris; quod muris auribus folia similia habeas; sive ob magnam admodum cum vera myosotide foliorum similitudinem.* M.
MORGUE. Contenance. Je ne sais pas d'où vient ce mot. M.
MORGUE. *Mourre*, dans quelques Provinces méridionales de France, signifie *visage*. Il peut venir de *murus*, pour *morsus*, qui vient du Grec *quivi*, le nez. De *morsus* *musellus*, s'est fait *mureau*. De *murus*, s'est fait *murius*, *muriæ*, MORGUE. Scaliger, dans ses Commentaires sur Manile, dit que les Interprètes de l'Almageste de Ptolomée, traduisent le nez du cheval, *in* *fœ* *to* *trou*, tantôt *musendam*, & tantôt *grumium*. Le premier est mis pour *mureau*, le second pour *groin*. Fixe.
MORGUE. Comme *morgue* signifie *visage*, de là on a appelé *morgue*, le second guichet où l'on tient quelque tems ceux qui entrent en prison, afin que les guichetiers les regardent fixement, & s'impriment si bien l'idée de leur *visage* dans l'imagination, qu'ils ne puissent manquer de les reconnoître. De-la aussi on appelle *morgue*, un endroit du grand Châtelet à Paris, où les corps morts dont la justice se fait, sont exposés à la vue du public, afin qu'on puisse les reconnoître. De-la encore *morgue* le dit d'un regard fixe & sévère, par lequel il semble qu'on veuille braver quelqu'un, ou qui témoigne de l'orgueil, de la présomption. *Morguer*, c'est regarder fixement un prisonnier, afin de le reconnoître: & c'est aussi braver par des regards fiers, fixes & méprisans. Voyez *mourre*.
MORICAUT. Voyez *more*. M. MORILLES. Sorte de champignons: ainsi appelés de leur couleur noire. M. de Saumais, dans ses Homonymes des Plantes, chapitre 114, page 106. *In genere etiam fungorum sunt quas vulgo appellamus morillas: a miuro & nigro colore, quem cotta exhibent.* Les Médecins de Lyon. M.
MORILLON. Sorte de raisin. M. Merlet, dans son Abrégé des bons fruits, au chapitre des vignes, dit que le *morillon meunier* a été ainsi appelé, à cause qu'il a les feuilles blanches & farineuses. M.
MORION. C'est un petit casque, sans viserie. M. Bochiat le dérivant de *Maurus*, et *Maurorum* *mju*: *ut* Morisque, *salvatiensis genus*. C'est la Note qu'il avait mise dans un exemplaire de la première édition de mes Origines de la Langue Françoise. Les Italiens disent *morione*, & les Espagnols *morion*, dans le même sens. Je crois que tous ces mots ont été faits de *murus*, dans la signification de *noir*, fait de *Maurus*. Et ce qui me le fait croise, c'est que les Auteurs de la bulle Latinité ont dit *brunia*, pour une *cuirasse*; de la couleur brune. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange au mot *brunus*, & les Origines Italiennes de M. Ferrari. On peut de même avoir appelé un casque *morion*, de la couleur brune. On dit dans les corps-de-garde, donner le *morion*, pour dire, punir un *soldat*, en lui donnant sur les fesses des coups de croise de moudquer. M.
MORNE. Peut-être de *morinus*. *Mors*, *morris*, *mortuus*, *morivus*, *morivus*, *morivus*, MORNE. *Morne* est opposé à *vis*. Un *esprit* *morne*: un *esprit* *vis*. ¶ Fédéré Morel, dans son petit Dictionnaire Latin-François, a remarqué que le mot de *morne* étoit un mot Anglois. M.
MORNE. Je crois que Fédéré Morel a raison: car les Anglois disent *to* *mourn*, être utile. Ou si *morne* n'est pas un mot Anglois, il vient du moins de la Langue Teutonique, & nullement du Latin. Les Goths disaient *maurian*, les Anglo Saxons *murian*, & les Francs *murian*, dans le même sens que les Anglois se servent de *to* *mourn*. M. le Duchat dérive plaisamment *morne* d'un prétendu verbe *mucronicare*, fait de *murre*.
MORNIFLE. C'est l'herbe que nous appelons autrement *moron*: *Gr. *anavabic*. ¶ *Moro*, *moronis*, *moronitus*, *moronivus*, MORNIFLE. ¶ Je ne sais d'où vient *morsisse*, dans la signification de *coup*. M.
MORNIFLE. M. le Duchat, dans ses notes manuscrites, nous donne plusieurs étymologies singulières de *morsisse*, dans la signification de *coup*. Il dit donc, que la *morsisse* est un coup donné sur le *visage* à l'endroit du nez; qu'ainsi il se peut que *morsisse* en ce sens vienne de *mourre*, que Rabelais a employé pour *visage*, liv. 3. chap. 10. quand il dit: *Fais-luy en signe une gresse de coups de poing sur la mourre*. En ce cas-là, selon M. le Duchat, *nisse* ne séroit qu'une simple production. Mais il ne fait si *morsisse*, en la signification de *coup*, ne pourroit pas avoir été fait de *morre* & de *remiser*; parce qu'au son que rend ce coup quand il est bien appliqué, il semble que celui qui en est frappé soit un morveu qui renisse. M. le Duchat, peu content apparemment de deux étymologies aussi heureuses, en propose une troisième qui ne l'est pas moins; savoir que *morsisse* vient de *manipula*, dit pour *manipulus* poignée.
MORON. Herbe. *Gr. *anavabic*. Quelques-uns le dérivant de *murus*. *Murus*, *muro*, *moronis*, *murone*, *morone*, MORON: parce qu'elle croit ordinairement sur des vieilles murailles. M. de Caseneuve veut que cette herbe ait été ainsi appelée de *mus*, *muris*; à cause de la ressemblance à une oreille de souris: & cette étymologie ne me déplaît pas. Néanmoins les Espagnols l'appellent *muruys*, ou *muruys*. M.
MORPION. Sorte de pou. De *mordens* *pedio*. Les Latins ont appelé un pou, *pedis*. Nonius Marcellus, page 210. *PEDIS*, *quem nos pediculum dicimus*, *generis masculini est*. De *pedis*, on a fait *pedius*. De *pedius*, on a fait *pedicus*: d'où *pediculus*. De *pedius*, on a fait aussi *pedio*, *pedionis*: d'où le François PION. *Pedione*, *peone*, *pione*, *pione*, PION: comme de *pedes*, *pedis*, *pedinus*, *pedione*, *peone*, *pione*, PION: c'est-à-dire, *Fantassin*. Voyez EFERUS - Recherches & Classification numériques pion. De mordens pedio, on a dit mordpedio : d'od MORPION. Et on a appellé mordens pedis un morpion, parce qu'il mord plus qu'aucun autre pou. Callus Aurelianus, livre 3. chap. 1. parlant des poix : P'ormi enim creantur, nunc per terum corpus, nunc per eas partes qua capillaturâ cooperta sunt, & nunc consueti atque simplicis forma, nunc ignoti, hoc est latiores, & duri magis, ac savientes morpsius vehementer, ques quidam ferales appellant. Nam sapè etiam sub capillis inveniuntur corpora penetrasæ. Sur lequel endroit Barthius, livre 36. de les Adversaires, a Lit cette Note : Sunt autem ferales pediculi, extreme turpes ; quos hodie Galli morphons vocant : quales evium ipsis carnibus inbarentes offendimus. Bourdelot a parlé de l'étymologie de ce mot, en ces termes : quasi mort à pigeons : pource que cette espèce de poux les fait mourir ; ainsi que l'a remarque Felix Platerus. M. MORS de bride. De morpus : parce que le cheval le moult. Et de-là, franum mordere, prendre le frein aux dents. Cicéron, dans les Epitres familières, liv. et. ép. 23. Si franum momorderis, percam si te omnes, quacquet sunt, conantem loqui ferre poterunt. Et dans la suivante : Sed, ut mones, franum momordi. Et de-là, orea frani : quod ori inferantur, dit Festus. Voyez M. du Cange, au mot morpsiu. M.
MORTAISE. C'est un terme de Charpentier & de Menuisier. Philandre sur Vitruve : Morteias, quasi mordeias, a mordendo, vocant; commissura scilicet genus. Cafeneuve.
MORTAISE. M. Bôchart le dérivoit de mordre & d'ais ; comme qui diroit, qui mord dans l'ais. Il vient simplement de mordere. Mordere, mordare, mordasia, mortasie, MORTAISE, ou MORTONIE : car on dit l'un & l'autre. Mortaise me semble le plus élégant. M.
MORTE-PAYE. Nicot : MORTE-PAYE, sont les Soldats ordinaires & perpétuels, qui sont sous les Capitaines aussi ordinaires & a vie, des Chasteaux, des Villes, mesme de frontieres ; pour la garde d'irelles forteresses. Statarii Milites. Coquille, sur l'article 17 de l'Odonnance de Blois : D'ancienneté sont établies mortes-payes, & gardes ordinaires en temps de paix & de guerre, en certaines Villes, Places fortes, & Chasteaux : comme en Pontorson, en Bretagne ; Cherbourg, en Normandie ; Chasteaux-Trompette, à Bordeaux, & autres : esquelles Places les Capitaines & Soldats, commis à la garde, doivent demeurer avec leurs mesnages, & y faire séjour ordinaire : pourquoi ils sont appelés mortes-payes. ¶ Les Espagnols disent de même pagennuetta. M.
MORTIER. Couverture de tête de Président de Parlement. Dans Hésychius, pourrop est expliqué par où & c'est-à-dire, par pieux. Un Hellénière qui auroit déconvert cette éruditio, ne manquerait pas de faire venir de ce mot Grec le mot François dont nous parlons. Il vient du mot de mortarium, a cause de sa ressemblance à un mortier d'Apothicaire. M.
MORTIER. De mortarium, fait de moretum. Scaliger, sur le Poème intitulé Moretum : Moreti nomine, omne intritum intelligitur. Sic in optimo veteri Glosario, moretum typiæ exponitur. Etymi ratio à Graca Lingua. In ea enim pourvis ; & Article, pourvis. Inde Moretum : u in : ut qu'un, folium; u in, mola. Deinde pro Moreto, Moretum : ut Papisius, Papyrius; Valerius, Valerius. M O R. M O S. Moretum patitis quam Moretum, dixerum : uisato scilicet, O in E, mutandi mare; ut elera, Apello, hemo. Cruci igitur pourvi nomine, nihil aliud quam alliatum intritum intelligens : ut & Latinæ quoque : unde moretarium alliatum Donato : quo Vascines ferè semper pro condimento utuntur. Idem Donatus, in proverbio, Tute hoc intristi; ribl'omme exedundum est, ait de moreto intelligendum. Mithi quoque videtur & Callimachus eodem allusisse; ex quo citant Grammatici, lui triplætro pourvis ; ut supplementum planè mihi videatur : Tui zpiu tyndetem, lui triplætro, pourvis. Ad verbum : Exedere hos decuit, sibi quod trivere, moretum. Dixit autem u pourvis, non vè pourvis, ut annotant Grammatici. Cruci Critici volunt, pourvis, non vè pourvis, ditum. Quo nomine fortasse ad etymos alluserit Poeta uofer : — fimo damnat sua prandia vultu. Hoc est, pourvis. Ut igitur moretarium alliatum vocabant, ita etiam pilam, hoc est, à vritiæ, ubi tundretur, eodem nomine moretarium; mox, extrità literâ, mortarium dixerum. Item, quod subigitur ex calce, aut arena, aut marmorato. Prateræ & locus ipse, in quo terretur, aut pineretur, mortarium Architectonibus dictum fuit. De la ressemblance à un mortier d'Apothicaire, on a appellé mortier une certaine pièce d'artillerie. M.
MORUE. Poisson. De maris lucus. Maris lucus, maris lucia, MOLUE, MORUE. Nous prononciens anciennement molue & moulue. Rabelais, 4. 31. S'il sueit, c'estoit moulue & beurre frais. Et plusieurs Provinciaux parlent encore de la sorte. ¶ Voyez merlus. M.
MORVE. De morbus. Morbus, morba, MORVE. Les Espagnols ont appellé de même muesmol & muermo la morve des chevaux : du même mot morbus. Morbus, morbulus, mormol, MUERMOE, MUERMO. ¶ Voyez morfondu. M.
MOSÁIQUE. Comme quand on dit, un ouvrage a la mosaïque. De mosaïcum : qui a été dit par corruption pour mosaïcum : qui l'a été pour mosaïcum, qui est l'ancien mot. Spartien, dans la Vie de Pescenninus Niger : Hure, in Commodianis hortis, in portica curva, pithum de musivo inter Commodi amicissimos videmus, sacra Ibidis ferentem. Musivarii se trouve dans Julius Firmicus, dans le Code Justinien, & dans le Code Theodosien. Voyez Vossus, de Vitis Sermonis, page 47. & 48. ¶ On prononçoit anciennement mosaïc. Philippe de Commines, livre vii. chap. 15. La Chapelle de Saine Marc (de Venise) ; qui est la plus belle & riche Chapelle pour n'avoir que nom de Chapelle ; toute faite de mosaïcie en tous endroits. Encore se vantent-ils d'en avoir trouvé l'art : & en font befougner au moffier : & l'ay veu. Scaliger, dans son premier Scaligérana, dérive mosaïcum de pourvie. Musivum & mosaïcum opus, Gallicè dicitur à la mosaïque : pourvie enim, concinné, scité, eleganter, sign sicar : sive tanta enim concinnitate quanta in musicis modulis cervitur. Musivum, est adiectivum. Dicitur & pourvie, musivus; EFERUS - Recherches & Classification numériques. & *museic*, *musicus* : unde opus *musicum*. ¶ Voyez M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot *musicum*; & dans son Glossaire Grec, au mot *musicus*. M.
MOSQUEE. On appelle *Mosques* les Temples des Turcs. Dans toutes les Langues Orientales *sagad*, signifie *adver*. Et de-la l'Arabé *mesged*, qui signifie lieu d'adoration. Et c'est ainsi que les Arabes nomment leur Temple. C'est aussi de ce mot que les Espagnols ont fait leur *meschita*, les Italiens leur *moscheta*, & que nous avons fait *Mosques*. M.
MOT. De *muttum* : dont les Italiens ont aussi fait *mota*. Feitus : MUTIRZ. *loqui*. *Eretus*, in *Tulephos*: Palam mutire plebeio, piaculum est. Lucilius : *Non audet dicere mutum*, Cornutus, sur la premiere Satyre de Perfe : *Proverbialiter dicimus*, Mutum nullum emiferis : *id est verbum*. Les Glosses anciennes : *Muttum*, 7.9. Scaliger sur l'endroit de Feitus ci-dessus rapporté : MUTIRZ, est ne *mu quidem audere facere* : quod *Graci* 7.9. Etiam in idiotismo dicimus, Ne mutum quidem audet dicere. Jean, Moine de Clugny, liv. 2. de la Vie d'Eudes, 2. Abbé de Clugny, duquel il étoit disciple : *Cacos nempe & claudos Paradisi assrebat futuros ostiarios* : *ideo nullus deberet eos pellere a sua domo*, ne *Paradisi eis portas clauderent in futuro*. Quod si *fortissis aliquis e nostris famulis*, non ferens eorum *improbitatem*, *aliquod mutum responderet eis aspera*, *ant mox illis assueta beneficia non consigeret*, &c. ¶ Spelman, au mot *saldivichi*, dit que *mot* & *gemot*, sont mots Saxons, qui signifient, *placitum*, *conventum*. ¶ Il est constant, par les passages ci-dessus rapportés, que *muttum*, est un ancien mot Latin. Et cet ancien mot Latin a été vraisemblablement fait du Grec *mōd*. Et Périon ne s'est trompé que d'un degré, dérivant notre mot de *mot*, de *mōdēis*. Voici les termes : *mōdēis*, *loqui*. In *boc* 6. in *verimus*: nec eo ferè *utimur*, nisi cum *negatione*, aut si *conjunctione*, dire moth *appellamus*. *Hinc M. sic cantionum suarum vocabula & contextum*, mothès nominant. M.
MOT. du *guer*. C'est proprement le nom de la nuit pour laquelle il doit servir. A Paris il se donne dans l'Hôtel de Ville, & c'est le Prévie des Marchands qui le donne. La Chronique Scandaleuse, sous le mois d'Octobre 1465, parlant de Robert d'Estouteville, qui venait d'être rétabli dans cette magistrature : *Et ce jour* (trentième du mois) *fui en l'Hôtel de ladite Ville pour les affaires du Roy* ; & la *luy fut baillé le nom de la nuit comme à Prévois de Paris*. Comme le mot du *guer* est ordinairement un nom de Saint, de là il a été appelé le nom de la nuit. Mais on ne parloit plus de la sorte des le tems de Rabelais, puisque liv. 4. chap. 40. il dit que *Nabuzardan* fut le mot du *guer* donné aux cuisiniers qui devoient combattre les andouilles. *Le Duchat*.
MOT. On appelait ainsi les maisons fortes. Orderie Vital, liv. 10. de son Histoire Ecclésiastique : *Allerias & Motam Galterii De Cimampo*, *Mamerez*, & *alias domos firmissimas quam plurimar*. Et au même livre : *Fortissimam*, *quam apud Balaonem possidebat*, *Motam Regi tradidit*, *per quam totum oppidum adversariis subastum paruis*. Mais proprement les *motes* étoient de grands monceaux de terre faits ou de gazon ou de terrein bien battus elles étoient rondes, & finissoient en pointe, & étoient le plus souvent environnées d'un bon retranchement. Les anciens s'en servoient comme on fait maintenant des forts : & lorsqu'ils y étoient attaqués, ils les couvroient d'Arbalestiers & d'Archers ; qui, pour être élevés les uns par-dessus les autres, pouvoient tirer sans s'incommoder. Guillelmus Gemmeticeniss, liv. 7. de l'Histoire de Normandie, chap. 11. parlant de Guillaume, Duc de Normandie, lorsqu'il étoit encore enfant, fait mention de cette sorte de fortifications qu'il appelle *aggeres*, c'est-à-dire, *motes* & *moneaux* de terre : *Sub ejus ineunte atate*, *Normannorum plurimi aberrantes ab ejus fidelitate*, *plura per loca aggeres erxerunt*, & *tutissimas sibi munitiones construxerunt*. On voit encore en Gascogne grande quantité de ces fortifications, que les gens du pays appellent *Motes*, & tiennent qu'elles furent faites du tems des Rodigous : c'est ainsi qu'ils appellent les Anglois. Ce sont ces maisons fortes & ces grands monceaux de terre, que la Coutume de Troye, art. 14. appelle *mothe*. *Le principal chastel ou maison forte*, *mothe ou place de maison Seigneuriale*. Et celle d'Auvergne, art. 51. chap. 12. *La principale place ou manoir*, *avec le vol d'un chapon*, *qui comprend mote*, *fossez ou douve*. Caseneuve.
MOT. Eminence de terre. De *mota* : dont les Auteurs de la basée Latinité ont usé en cette signification. Lambertus Ardensis, page 147. *Motam altissimam*, *sive Danjonem eminentem*, *in munitionis signum firmavit*, & *in aggerem coacervavit*. M. de Valois, dans sa Notice des Gaules, au mot *Mota* : Motam, *parvam montem*, *seu monticulum*, *nostri appellavere*. *Hinc Mota*, LA MOTA, *castrum impositum monti ad amniculum qui in Motam desluit*. *Hinc Mota Galterii*, *Orderico Vitali in lib. x. memorata*. *Mons Galterii ab aliis dicitur*, *vulgo* LA MOTA Gaultrie. *Est & Castellum de Nube*, *in pago Sagonensi apud Cenomanos* : quod *Ordericus* Montem de Nube, *at nostri*, la Mote de la Nue *vocitant*. *Ex quo apparet*, motam, & monticulum, *unum idemque esse*, &c. *Quin & tumerem vel eminentiam pudendi muliebris*, *Medici* Monticulum Veneris, *nostri motam appellant : glebas item vel cuspites duros & elatos*, *neudum vomere profissos*, *motas nuncupant agricola*. *Nomen autem Larinum est mota* : & *ut mons dictus est a movendo*, *quod minime moveat*, *ita & mota a supino motum appellatio sine dubitatione deducenda*. Cette étymologie de *mots* ne me plait pas, quoiqu'elle soit de Jules Scaliger, & de Gérard Jean Voissus. Dans la premiere édition de ces Origines de la Langue Françoise, j'avais dérivé *mota* de *mota*, par le changement de l'E en O ; comme en *route*, de *creta* : & je vois que cette étymologie est approuvée par M. Ferrari, dans ses Origines de la Langue Italienne. *Meta* se dit d'un tas de blé, de foin, de bois, qui va en pointe. Mais il est sans doute que *mota* a été fait de *mota*. Voyez M. du Cange au mot *mota*. M.
MOT. et de *musique*. De *modus*. *Modus*, *modetus*, *motetus*, MOTET. M.
MOT. Diminutif de *mot*, qui étoit une espèce de Poésie dans laquelle l'on tente, le Nocte faisoit des Stances, qui s'appeloient *Gloves*. C'est qui se répétoit, étoit proprement ce qui s'appeloit *mot*. L'on en voit un exemple dans la Dime de Montemayor, liv. 5. Jean de Notre-Dame, dans les Vies des Poètes Provenceaux, parle des *Mots*, comme d'une espèce de Poésie Provencale. De EFERUS - Recherches & Classification numériques De Mot on a fait Muret, qui a paffé de la Poëse à la Muifique; comme de Son on a fait Sonnet. Huet.
MOUAIRE. Sorte de camelot. Nous avons eu ce mot des Anglois avec la chofe : mais les Anglois prononcent moer. Et les Anglois ont eu de mot des Lévartrins, qui appellent moiacar une efpece de Camelot. Scaliger contre Cardan, exerci-tation 199. 4. parlant des bôucs de Phrygie : E molliore villo, pretiifus conficiunt pannos. Zarzacan vocant. E croiffore, moiacar : ex mediocri, il quod zambellot ; alii, camelot. M. Voyez ci-deffus MONCAIAR.
MOUAIRE. Au lieu de mouaire, on difoit ancignnement morée. La Legende de P. Faifeu, édit. de 1723. pag. 99. Jamis o toy ne feray demonerée, Et fuffe-tu tout veffu de morée. Le Duchat.
MOUCHARD. Sorte d'espion. Mézéray, dans son Histoire de France, en la Vie de François II, à la page 992. de l'édition in-4°. parlant d'Antoine Démocharès, Théologien de Paris, Inquisiteur de la Foy : Il se nommoit de Mouchy ; narif d'un village au Diocèfe de Neyon : & ses efpions s'appelloient Mouchards. Il se peut faire qu'on ait appellé Mouchards les efpions de Démocharès, par allusion à son nom de Mouchy. Mais je doute fort que le mot de mouchard ait été introduit dans notre Langue à cause des efpions que cet Antoine Démocharès envoioit dans les maifons des habitans de Paris pour y épier ceux qui faisoient profession de la Religion protestante. Et je croirois plutôt qu'ils auroient été ainsi appellés du mot de mouche ; les mouches allant cherchant par-tout leur pâture. Et c'est de-là, apparemment, que viennent ces façons de parler, Maître Mouche, & fine mouche : Rabelais 2. 16. parlant de Panurge : Et quand il changeoit un tefton, on quelque autre pièce, le Changeur eufit été plus fin que Maître Mouche, s'il n'eufit fait evanouir à chaque fois cinq ou six grands blancs. Marot, dans une de ses Epigrammes : Ifabeau, cette fine mouche, Clavier, tu entends bien Clement. Il est pourtant véritable, que le mot de mouchard n'est pas ancien dans notre Langue. Je ne le trouve point-au-deffus du tems que vivoit Démocharès. Le plus ancien livre où j'ai vu mouche, pour efpion, c'est le Dictionnaire François de Robert Etienne, imprimé en 1549. ¶ Mouchard, que nos anciens écrivoient mouchard, est un augmentatif de mouche. Musca, muscardus, MOUSCHARD. M.
MOUCHARD. Si Mouchard pour efpion, n'est pas ancien dans notre Langue, comme dit M. Ménage, on difoit pourtant mouchier, pour efpionner, dès le tems de Charles Bourdigné, qui vivoit en 1532. Et ce mot se trouve en ce fens, page 6, de la nouvelle édition de la Legende de P. Faifeu. Le Duchat.
MOUCHE. Comme les mouches irritent les animaux pour peu qu'elles les piquent, on dit, prendre la mouche, pour dire, se fâcher sans fujet & mal-à-propos, comme si l'on difoit, être piqué par une mouche. Auffi lorsque quelqu'un s'emporte, se met en colère, sans qu'on fache pourquoi, on demande qu'elle mouche l'a piqué. Boileau : Gardez-vous, dira-t-on, de cet esprit critique : On ne fait bien souvent quelle mouche le piqué.
MOUCHER. Mucus signifie la roupie, ou la morve qui coule du nez. Catulle : Mucusque & mala pituita nafi. Du mot de mucus a été formé le verbe Latin-Barbare mucare, d'où nous avons tiré le François moucher. La Loi des Ripuariens, tit. 5. Si nafum excuseris, ut mucare non paffis. Etienne & Nicot, difient que moucher a été dit, quasi monger : de mungere. Caïeneuve.
MOUCHER. De mucare : fait de mucus. M. MOUCHET. Antoine Oudin, dans son Dictionnaire Italien & François : Moscardo, sorte d'espervier, mouchet. Et dans son Dictionnaire François-Italien : Mouchet, oifeau, moscardo. Nicot : Mouchet, efpece d'oifeau de proye ; c'est le tierceler de l'espervier. Belon, liv. 2. chap. 21. de son Histoire des Oifeaux, parle aussi du Mouchet ; & il dit qu'on appelle Mouchet, le mâle de l'épervier, parce qu'il a les plumes de deffous le ventre fort mouchetées par le travers. Mais liv. 7. ch. 32. il parle d'une efpece de petit moineau, par lui aussi appellé mouchet ; & il dit que cet oifeau a été appellé de la sorte, parce qu'il vit de mouches. A Metz on appelle le moineau, mouchet ; sans doute, parce qu'il vit aussi de mouches. Le Duchat.
MOUCHETE. De la ressemblance des mouchetures à des mouches. René François, dans son Eifay des Merveilles de Nature, chap. 4. MOUCHETER, a vray dire, c'est le vol de plusieurs mouches, on plutôt, le papillatage noir que fait un tas de mouches affises sur quelque effoffe, d'autre couleur, on vous voyez un monde d'axones noirs. De-là moucheter, c'est fursemer quelque effoffe d'une couleur, d'autres mouchetures & couleurs fures parpillées. Nicot : Moucheter ; est pincoter de notre couleur un champ de quelque autre couleur que ce soit ; intertingere nigris maculis. Ainsi Pline, liv. 36. chap. 8. dit : Thebaicus intercinctus aureis guttis. La métaphore du mot est prinse du papillatage noir que fait une quantité de mouches affise sur quelque autre chose d'autre couleur. Ainsi, dit-on, Ermine mouchetée ; Pellis murina nigris intermaculata, in muscarum infidientium modum, punctis. Mais l'on en use aussi pour moucheture de toutes couleurs ; ainsi dit-on, un cheval moucheté ; Equus intercinctus maculis. Et plus effoignément est dit moucheter, pour decouper un habilement à pincore de la pointe d'un ganyver ; punctis vestimentum aliquod intercindere. M.
MOUCHOIR. De mucus on a formé mucinium, d'où nous avons fait mouchoir. Arnobe, liv. 1. Indicet in ques habitus veffis fregula faella fit, mitra, frophium, faecia, pulvinus, mucicinium, &c. Caïeneuve. MOUCHOIR à moucher. De mucorium : fait de mucus. Comme ce mot de moucher donne une vilaine image, les Dames devroient plutôt appelier cela mouchoir de poche, comme on dit mouchoir de cou, que mouchoir à moucher. M. MOUCHOIR de cou. M. de Valois le Jeune, dans la Dissertation de Cæna Trimalcioni, p. 15. le dérive de muscarum. Exifirmavit Impofor, uti sua ac noffra ataxis matrona collum haberent sudaria linen circumdatum & tellum : quod vulgo Muscarum colli appellatur, quod collum tegis & defendit a muscis. Je crois que mouchoir en cette signification vient aussi de muscarum. Les Dames se fer- EFERUS - Recherches & Classification numériques vent souvent de leur mouchoir de poche, pour mettre sur leur cou. M.
MOUDRE. De molere. M.
MOUDRE. Le Latin molere, d'où a été fait ce verbe François, ressemble à plusieurs autres verbes, qui en différentes Langues signifient la même chose. Wachter, dans son *Glossar. German*, page 1096. MULEN, mulen, malen, conterere, in minutissimas partes confringere. Cambris malu, Gothis malan Luc xvii. 35. Francis & Alamanis mulen, mullen; Suecis maala, Gracismoun, Latinis molere. *Gloss. Boxb.* farmullen complodere. *Gloss. Keron. conterendum* farmulita. *Norkerus Psal.* xliiv. 8. Fermulende conterens: mulinde fleiliche conterens carnales. *Cuncta a primitivo* mill vel mill pulvis, quod ex antiquissima Hebraorum lingua petirum esse vidimus. En effet, *deu* moul, en Ebreu, signifie couper, tailler, retrancher; & suivant Loescher, *De Causis L. Ebr.* page 370. couper en parties menues. Voyez ci-dessus *meule*.
MOUE. Nicot: *Videtur nomen factum ab re ipsa: car on ne fauroit prononcer ce mot moue, sans faire la moue.* Etymologie ridicule. *Mouae* a été fait de *moca*; comme *nour*, de *rota*. Et *moca* a été dit pour *mocatio*: comme *promissa*, pour *promissio*; *conessa*, pour *conessio*; *consulta*, pour *consultatio*; *missa*, pour *missio*, &c. ¶ Voyez *moquer*. ¶ On peut aussi l'avoir fait, selon la pensée de M. Guyot, de *mungo. Mungo, mutus, mutare, mucare, moquer. Pythias emuncto incrata Simone talentum. Muncta, mucta, muca, muca, moca, M. O. U. E. Voyez *muffe*. De *moca*, on a dit *mosa*, mot Espagnol, qui signifie *moquerie*. M. MOUE: *faire la moue*. De *mouae*; *to valba myia amba vrya vry labia simul contrabere*: ferret les lèvres. Ce mot se trouve dans Aristophane. *Lysif.* Huet.
MOUE. Les étymologies que M. Ménage nous donne de *mouae*, sont trop forcées, & par conséquent ne sont pas bonnes. Celle de M. Huet est plus naturelle. Je ne crois pas cependant que *mouae* vienne du *Grec* *mouae*. La *mouae* ne consiste pas seulement à ferret les lèvres, mais à faire une certaine grimace avec la bouche. C'est pourquoi j'aime mieux dériver ce mot de l'Anglo-Saxon *muth*, qui signifie la bouche; ou de l'Anglois *mouth*, qui est la même chose, & qui signifie aussi une grimace faite avec la bouche. On dit en Anglois, *to make mouths*; comme nous disons, faire la moue, faire des grimaces. On dit aussi, *to move*, pour *to make mouths*: & *to move at one*, faire la mine à quelqu'un, se moquer de lui en lui faisant quelque grimace. M. le Duchat, dans ses Notes manuscrites, dérive *mouae* de *mouae*, qu'on aura dit pour *mufus*, d'où *mufflus*, dont nous avons fait *mufeau*. Il cite en conséquence ces vers de Villon, dans son Grand Testament: Pour bouer & fouter sa mouae.* Sur lequel endroit, Marot a fait cette note: *sa mouae. Sa mouae* *saou mufeau*. M. le Duchat ajoute, qu'on appelle *mufeau* *mufeau*, le bec ou le *mufeau* d'un fouillet à fouiller le feu. *Le Duchat*.
MOUELLE. De *medulla*; dont les Espagnols ont aussi fait *mouale*, en étant le D: au contraire des Latins, qui l'ont ajouté: car ils ont fait *medulla* de *mouale*. M.
MOUELLON. M. de Saumaisle semble le dériver de *medius*. *Parieres camenticii Vitruvio ex camentis, hoc est, lapidibus, fructi. Quod Veteres* camentum, vel camenticum *faxum appellarum, hodie medullonem vocamus; quod in fructura medius infernatur inter quadratus lapides*. C'est dans ses Exercitations sur Pline, page 480. M. le Fèvre, Professeur de Saumur, dans les Notes sur Longin, page 101. le dérive de *moles. aquasus: saxa filicer, qua pterumque impolita & abnormia inter lapides quadratus conjunctur, cum paries geminus extritur. Vulgo vocatur* templage, aut moellon; *quasi moleum: a lapide molare*. Et M. Guyot, dans ses Notes marginales sur Covarruvias, en donne la même étymologie. Il vient de *medullone*, ablatif de *medulla* augmentatif de *medulla*: parce qu'il est dans le milieu de la muraille comme la mouelle au milieu de l'os. Et c'est, sans doute, ce qu'a voulu dire M. de Saumaisle, au passage ci-dessus rapporté. ¶ Les Espagnols disent *mecio*, pour dire de la *moelle*: ce qui ne permet pas de douter qu'on n'ait dit *medullus*. M.
MOUETTE. Oiseau aquatique. En Latin, *gavia*; en *Grec*, *gavia*: d'où les Latins ont aussi dit *larus*: témoin le provébe, *Larus parturii*; contre les babillards: à cause des cris que fait cet oiseau sur les hommes qui approchent de son nid. L'origine de ce mot de *mouette* ne m'est pas connue. M.
MOUFFE. Mot Angevin. Voyez *mouffe*. M. MOUFFLARD. C'est un dérivé de *muffeau*. Voyez *muffeau*. M.
MOUFFLE. Ce sont des mitaines. Celles des anciens étoient proprement des gands fourrés de laine de mouton ou d'agneau: en quoi elles différolent des gands, qui étoient faits de peaux simples & sans fourrure. En la première addition au Capitulaire de Charlemagne, chap. 11. il est permis aux Moines de porter, *wantis in aflate, muffulas in hyeme vervecinas*. Et au chap 79. *Ut muffula vervecina Monachis dentur*. Ces mouffles sont ainsi appelés du mot *muffeau*; dont l'usage est demeuré en Languedoc; & particulièrement à Toulouse, où l'on appelle *muffeau*, une chose qui pour être remplie ou fourrée de plume ou de laine, est tellement molle, que les doigts y enfoncent, si on la presse tant soit peu: & ainsi on y appelle *moufflets*, les petits pains mollets. *Caseneuve*.
MOUFFLES. Ce sont gands d'hiver, appelés autrement *mitaines*. De l'Alleman *muffel*, qui signifie la même chose; & dont on a fait aussi la Latin *muffula*, qui se trouve en la même signification dans l'Addition aux Capitulaires de Charlemagne & de Louis le Débonnaire, chap. 11. *Abbas ommo provideat, ut unusquisque Monachorum habeat wantos in aflate, muffulas in hieme vervecinas*. Dans le Concile d'Aix la Chapelle, en l'an 807, chapitre 79. *Ut muffula vervecina Monachis dentur*. Ce Concile est imprimé à la page 442. des Conci-les de France du P. Sirmond. Remarquez en passant, qu'en ce tems-là ses Moines portoient des gands. Il ne leur est pas permis aujourd'hui d'en porter, si ce n'est en hiver, & dans de longs voyages. *Chirothecis ex curio uti non liceat. Ex pauno tamen, vel ex creffiori flamine, fufici vel niger coloris, folum longe itinerantibus, in hieme concedi poterum*, disent les Déclarations sur la Règle de S. Benoit à l'usage de la Congrégation de S. Maur. Turnebe le trompe, disant que les mouffles ont été ainsi appelées *quasi mamum infula*. C'est dans ses Commentaires sur les Oraisons de Cicéron *in Rullum*, page 9. de la première édition. Voici ses termes: *Nos hujus neminis vestigia retinemus, qui* EFERUS - Recherches & Classification numériques genus chirothocarum, vel manicarum bibernarum & villosarum, manifulas appellamus; quasi manuum infulas; & bibernas creptidas, pedinfulas dicimus. ¶ Voyez Voëssus dans son de Vitis Sermonis, page 247. & M. du Cange, dans son Glossaire Latin. On appelle mousses dans les Méchaniques plusieurs poulies entemble, avec Jefquelles on élève les fadeaux. Voyez Nicot & Robert Etienne. M.
MOUFFLES. Rabelais, liv. 1. chap. 15. Car leur sçavoir n'efoit que beferie, & leur fapience n'efoit que mousses, abafardifant les bons & nobles efprits, & corrompant toute fleur de jeunesse. Ici Rabelais, qu'on voit bien qui fait venir sçavoir de scire, puisqu'il écrit ce mot avec un c, compare à des mousses la fapience des Sophistes, mot qu'il favoit bien venir de fapier, qui signifie proprement feuter, s'aveuter; parce que comme une main garnie de mousses, qui font toujours ou de laine ou de drap, ou d'autre étoffe, ou de peau avec le poil ou la laine, ne peut rien discerner de ce qu'elle touche; de même, la teinture qu'un jeune homme avoit prîté dans l'Ecole des Sophistes, faisoit que loin d'y avoir appris quelque chose, il ne lui reitoit même plus de disposition à apprendre ce qu'on auroit pu lui enféigner de meilleur. Rabelais, liv. 2. ch. 30. de l'édition de 1555, compare le palais de Quarème prenant à une mousse; & preique à la fin du même chapitre, la discrétion aussi à une mousse. Item, toujours suivant la même idée, liv. 5. ch. 13. parlant de la Dame Quinte-effence, Reine des Chimistes & autres cerveaux dérégles, il dit qu'encore qu'elle eût de bonnes dents, & que les viandes requièrent mafication; elle ne mâchoit ni ne goûtoit rien de ce qu'elle mangeoit, parce qu'elle avoit le goûter doublé de fâtin cramois. Le Duchat.
MOUILLER. De molliare. Moliere, molliare, molliare, MOUILLER. Les Italiens disent de même, molle, mollicio, & mollezza, pour humidus, humidulus, & humiditas; & molliare, pour laxare, laxum facere. M.
MOULE. De modulus: d'où les Espagnols ont aussi fait modelo. Modus, modelus, MODELO. M. MOULE: pour coquille. De musculus. C'est ainsi que les Latius ont appellé ces coquilles. Les anciens Grecs les nomment sues; & les Grecs modernes, sub. Henri Huntingdron, liv. 1. de son Histoire: Inter qua sunt & musculus: quibus fape inclusam margaritam, omnis quidem coloris optimam, inveniant; rubicundam scilicet, & hyacinthinam, purpuream, & praesinam; sed maximè, candidam. On appelle à Rouen des catenes, des moules excellentes, qu'on péche à la pointe de Caieu. Caieu est un Marquisat appartenant au Marquis de Gamaches. M.
MOULE. Petit poiffon à coquille. Il me semble que ce mot François vient plutôt du Latin myrilus, qui est son véritable nom, que de musculus. Martial. liv. 3. Ep. 60. Sumitur inciso myrilus ore mihi. Horace, liv. 2. Satyre 4. — Si dura morabitur alvus, Mitulus & viles, poiffent obflantia concha. Pline en parle aussi en plusieurs endroits. S. Add. MOULEUR de bois. De molater; fait de moles molis: comme qui diroit mollum ftructor. M. du Cange dérive moule de bois, de modulus. M. MOULEUR de bois, ne vient point de molater, quasi mollum ftructor; car ce n'est point l'affaire d'un Monleur de bois de faire une voie de bois. Son devoir est de prendre garde si le bois a les qualités portées par les Reglemens. Ce mot vient de Modulator, formé de modulus. S. Add.
MOULIN. De molinum, ou molinus: dit pour molina. Molina se trouve dans Ammien Marcellin, liv. 18. Seissis calibus, molina ad calles arclandas adificata. M. Henri de Valois fut cet endroit: Sic molas & piffrina fequier Latinitas vocavit. In veteribus Glossis, molitur, obnarius; & molinarius, obnarius; & obnarius, aque molina explicantur. P. Victor in regione xiv. urbis Roma, ponit Diana molinas. Extatque id vocabulum in libro 8. Legum Wifigoth. quam etiamnum vocem Gallica Lingua retinet. ¶ Molina; se trouve dans la Loi Salique, tit. xxiv. art. I. Si quis ingenuus in molino alieno furaverit, ei cujus est molinus, &c. Et on l'article suivant du même Titre: Si quis ferradendum de molino alieno furaverit. ¶ Voyez meunier. M.
MOULIN-BANNIER. La Coutume de Touraine, article 4. Le Bas Juficier, qui a un, ou plusieurs fœds, est fondé d'avoir moulin-banquier. Jean Brèche fut cet article: Praterra, quod hic legimus Moulin banquier, quidam legum bannier, id est, Molendinum publicum, seu publico ferviens. Nam priscà Gallorum Celarum lingua, bennire erat publicare, & programmate publico celebrare, & citare. Neque vero ferendum est Chassanai, viri aliqui rei forensis non induti, fennum inquisitimum, in Titulum des Confiscations. 5. 1. Confuetud. Burgund. Quo loco putavit, Bannum dictum ex duobus verbis Graeis ( ut. erat ignarus omnino Graeca, ac tantum non Latina Lingua ); scilicet ban, & imo, id est; ut garrit, extra facio. Ego vero crediderim magis, dictum a verbo Graeis, &c. quod, Budæo interprete, significat unico anno extorrem esse. Nam apud Graeis, qui casu aliquem occidisset, is proscriptis bonis, annum exulabat patria. Hoc autem exilii genus ab illis dicerbarum apentautilmus; quasi abennatio. Et ex hac abennatione, Bennitos dictos scribis Alciatus, Parergum libro 2. capite 2. & Procopius lib. 4. de bello Persico. Ego quidem legisse memini apud quoddam antiquissimus Celica Lingua Scriptores, bennire verbum, tunc usurpatum pro eo quod nunc dicimus, vendre en public. Inde nunc dicimus, Bennies & Criees. Apud Germanos, Bennum significat territorium signiferum. Author est Procopius, olim Romanos dixisse Bennophorum vulga, quod nunc signiferum. Et nos etiam signa & vexilla appellamus bennieres, vulgari idiomate. Quare quod in nostris Consuetudinibus est scriptum, Moulin bannier, & Four à ban, intelligendum censeo de eo Molendino, quod publicis usibus Benesciarii alicujus pradii, & clientela, est destinatum: quo dominus pradii superioris, qui ea molendi facultate est pradius, potest compellere suos Clientulos qui molitum accedant; ut tradit Chassaneus, Titulo des Foresta, pafturages, & rivieres, &c. Et scribendum est, Bennier, non Bannier: proter Gracam imitationem. Il est indubitable, qu'en l'article de la Coutume de Touraine ci-dessus allégué, il faut lire Moulin bannier, & non pas Moulin banquier. A l'égard de l'étymologie que Chassaneus a donnée de ce mot, & de celle qu'en a donnée Brèche, elles font toutes deux également ridicules. Voyez ci-dessus au mot ban. M. Fij EFERUS - Recherches & Classification numériques
MOULIN-BANNIER. M. Ménage a grande raison de traiter de ridicules les étymologies que Chassaneus & Brèche ont données du mot ban, d'où est venue l'expression de moulin bannier. On dit aussi moulin bannais, de même que four bannais. Comme on peut voir ce qui a été dit au mot ban, nous nous contenterons de remarquer ici que ce terme est d'origine Ce-tique, & qu'il signifie plusieurs choses, savoir contrainte, obligation qu'on impose, édit, ordonnance, publication, citation, convocation, punition, défense, prohibition, juridiction, &c. Voyez Wachter, Glofar, German, au mot bann.
MOULINS. Ville, dans le Bourbonnois. De Molina. Voyez la Notice des Gaules de M. de Valois. M.
MOUFTI. C'est chez les Turcs le nom du Chef de la Religion Mahométane. Ce mot est Arabe, & signifie proprement un homme dont les réponses instruisent de la vérité, dont les jugemens servent de règle & de loi, un âge: du verbe asta, qui veut dire, instruire de la vérité ou du droit par ses réponses & ses jugemens.
MOURIR. La plupart de nos Etymologistes le dérivent de mori. L'analogie ne permet pas qu'on fasse mourir de mori. Voyez mes Observations sur la Langue Françoise, partie 1. chapitre 35. Henri Etienne, dans ses Hypomnées de la Langue Françoise, page 116. s'est fort bien aperçu que mourir avoit été formé de moriri, ancien mot Latin. Le Grammairien Cledonius, page 1918. Veteres dicebant moriri. Euphonia mori emendavit. Plaute s'est servide moriri: — moriri sese miseré mavole, Quam non perfectum reddat quod promiserit. C'est dans son Aimaria, acte premier, foëne premiere. Et dans son Vidularia, selon le témoignage de Nonius Marcellus, au mot mendicarier, il avoit dit: Malim moriri meos, quam mendicarier. Ce mot étoit encore en usage du tems d'Auguste: Ovide, livre xiv. de ses Métamorphoses, Table 5. aiant dit: — Mortemque timens, t. midusque moriri. Et il ne faut pas douter qu'il ne fût aussi encore en usage dans le tems de la nuisance de notre Langue, & de la Langue Italienne, & de la Langue Espagnole: les Italiens aiant dit morire, & les Espagnols morir, & nous mourir. M. de Saumaise, au chapitre v. de ses Observations sur le Droit Attique & sur le Droit Romain, prétend que la Langue Italienne a commencé vers le tems de l'Empire de Justinien. Voyez ses raisons. M.
MOURON. En Grec d'ouin, parce qu'elle aime la d'ouin, c'est-à-dire les lieux opaques & ombragés. Nous l'appellons mouron, a muris aure, à cause de sa reffenblance à l'oreille d'un rat: c'est pourquoi Théodore Gaza explique: afoue par auricula muris. Caseneuve. Voyez ci-dessus MOURON.
MOURRE. Jeu. De l'Italien mora, ou morra. Les Toicans disent mora: mais les Romains & les Siénois, & les autres Italiens, disent morra. Mora & morra ont été faits de micatura, verbal de micare, dit elliptiquement, pour micare digitis: témoin le proverbe, dignus est, quicum in tenebris mices: allégué par Cicéron dans ses Offices, livre 3. Et mora & morra, ont été fait de micatura, de cette façon: micatura, miaura, miura, mora, MORA, MORA. Voyez mes Origines Italiennes au mot mora. Je crois être l'auteur de cette étymologie. ¶ Voici les termes de Cicéron: Cum fidem alicujus, bonicatemque Tantiam restici, dignum offdicunt, quicum in tenebris mices. Il en fait encore mention dans le second livre de Finibus. Dans l'Auvergne & dans le Languedoc, on appelle mourre un visage. M. Voyez ci-dessus mourge.
MOURRIN. Rabelais, 3. 1. Outre la calamité des mulats, le déschet des greniers, & la mangéaille des charentoni & mourrins. ¶ Mus muris, morinus, MOURRIN. M.
MOUSQUET. Avant l'usage de notre artillerie, on appelloit mousquetes, certaines arbalètes. Marinus Samutus Torfellus, lib. 1. part. 4. ch. 12. Baliffa, qua muscheta vulgariter appellantur. De la ont tiré leur nom ces groffes arquebuses dont on se sert maintenant à la guerre, parce qu'elles tiennent lieu de ces anciennes mousquetes, lesquelles furent à mon avis ainsi appelées, parce que leur trait lâché faisoit un bruit semblable à celui d'une groffe mouche. Caseneuve.
MOUSQUET. Covarruvias dit que l'Espagnol mousquete (c'est le même que le François mousque, & l'Italien moschetto) a été dit qu'ouf mouscote: per averlo inventado los Moscovias. Je suis fort de l'avis de M. de Caseneuve, qui le dérive de muscheta, forte d'arbalète. Marinus Samutus Torfellus, livre 2. partie 4. chapitre 12. Baliffa, qua muscheta vulgariter appellantur. Jean Villani x. 11. 3. Molti ne suro seriti e morti di moschetti, e di balestri di Genovesi. Jean Villani vivoit avant l'invention des armes a feu. M. du Cange le dérive du même mot. M. Guyet avoit quelque pensée que ce mot eût été fait d'emouchet, nom d'oiseau de proye, pour lequel on pourroit avoir dit mouchet: & j'ai donné autrefois dans cette étymologie. Et à ce propos, il est à remarquer que plusieurs instruments de guerre ont pris leur dénomination d'animaux. Voyez coolevrin. M.
MOUSSE. Cet excrément, ordinairement vert, que l'humidité engendre sur la terre, sur les arbres & sur les pierres, est appelé en Latin muscus, & en Latin-barbare mussula, d'où nous avons formé mousse. Grégoire de Tours, dans son Livre De Gloria Confessorum, chap. 44. In hoc loco & Tranquillus, bratus Confessor, requiescit, super terram sepulchrum habens: de quo magnum beneficium praestatur petentibus; nam de mussulis supertaxis medicamina populi prometerunt. Caseneuve.
MOUSSE. De muscus. Muscus musci, musscia, MOUSSE. De muscus, on a dit, par corruption, mussus: dont on a fait le diminutif mussula, & ensuite mussola. Voyez mousseron. Les Angevins disent de la mousse. M. MOUSSE de navire. Rabelais IV. 48. Pantagruel demandoit cependant à un mousse de leur esquis, &c. C'est un jeune Matelot qui sert de valet aux gens de l'Equipage. De l'Espagnol mous, qui signifie jeune garçon, jeune valet; & qui, selon M. Guyet, a été formé de muscus, c'est-à-dire novus, novellus, fait de muscus. Les Glofes muscus, v. 2. Nonius Marcellus: MUSTOM, non solum vinum, verum novellum quicquid est, reille dicitur. Navius, Gynostico: Utrum est mellus, virginemne an viduum uxorem ducere? Virginem, si musca est. EFERUS - Recherches & Classification numériques Si musta est : c'est-à-dire, que, tomma, furancula. Mustham vicum, c'est du vin nouveau. L'ST de musthus, a été changé en C : comme en Caragoga, qui a été fait de Cazar angusha. Cazar angusha, Caragoga, SARAGOSA. Ainsi d'astur, les Espagnols ont fait a. or. Astur, astur asturis, a. or. M.
MOUSSÉLINE. Sorte de toile, ainsi nommée de la Ville de Mossoul dans la Mésopotamie. La Nomenclature Arabique, qui est à la fin des œuvres d'Aviculture, page 409, colonne 2. In Mésopotamia se vrouin-lesa-que apud Syros & A. gyp- tisi, & apud mercatores f'envies, appellantur Mus- soli, ex hoc regionis nomine. M.
MOUSSÉRON. Sorte de champignon. De muscéro, fait de muscus, qui signifie de la mousse; parce qu'il croit dans la mousse. M. de Saumasse dans les Homonymes des Plantes, chapitre 114, page 205. Non igitur Antiquis cognitum videtur id genus volctorum, quod hodie primatum obtinet. Hi omnium ferme minimi, iidemque odorati, & sapo- re gratissim, non inter arbores, nec ex arboribus habent, earumque pituita, originem. Etenim sapo in meditis pratis nascumur, longe ab omni arborum satu, ubi brevissima est herba, & plerumque nonuisi muscus: unde & nomen apud nos invenerunt. Musce- rones quippe vocamus, à musco, ubi pignuoper; quam vulpe mustham dicimus. Dans l'ancien Lexi- con Grec-Latin, muscus est interprété florida, à vice vulgus & quistis evumptum. Mousseron peut aussi avoir été fait de musthus, dit pour musthula. Mus- sula se trouve dans la signification de mousse, dans cet endroit de Grégoire de Tours, du livre de la Gloire des Consefleurs, chapitre 44. In hoc loco & Tranquillus, beatus Consefser, requiefcit, super tor- ram sepulcrum habens: de quo magnum beneficium prafatur petentibus. Nam de musthus supernatis me- dicamina populi promenerunt: unde ego vada expe- rimatum tuli. Namque cum manus meo minutis es- ferbuifent pusulis, & dolores pessimos ob hoc grav- ter fufinerem; de hac musthula taitas, quiescente bu- more, protinus retuli sanas. Voyez Voissus de Fittis Sermonis, page 516. M.
MOUSSONS. Vents qui règnent dans la zo- ne Torride en certains temps réglés. Marée croit que ce mot vient de motions. Et Thevenot dit qu'en Arabe mouson signifie saison. Huet.
MOUST. De moustus. Voyez Mousse de na- vive. M.
MOUSTACHE. De mystax, fait de moust. Voyez le Dictionnaire Grec de Constantin. Les Italiens difent de même moustache, & les Espa- gnols, moustache. M.
MOUTARDE. Nous appellons ainsi la se- mence de l'herbe appelée en Latin sinapi: bien que proprement ce soit la composition qu'on en fait avec du moust, que J. C. Scaliger, Exercit. in Cardanum 148. dit être appelée moustarde, à musto & ardore. Caïeneuve.
MOUTARDE. La plupart des Doctes le déri- vent de mustham & d'ardor. Jules Scaliger contre Cardan 148. 3. Non erat ad manum commodior lo- cus, id quo semen. Libiopicum desemberemus. Et erat non condemnenda subtilitas. Tebba vocant se- men, lini figura, colore, magnitudine: ex quo, fi- cut & nasuctii quoque semine, plebs suos intinctus facit; ad eundem modum quo nos & sinapi. Quod eubamma, de musto, quod inditur a: quando, & ardore, MOUTARDAM volgens dicis non inepte. Ni- cor: MOUTARDE, Sinapi, vel sinapis: a nomine musthum, & verbo ardeo; parce qu'on la soulis sui- re de moust: comme encore fait-on à Dijon & Au- gers. La graine, ou le senevé, sert pour lui donner ardeur & pointe. Moust ardant. Dalechamp, livre v. de son Histoire des Plantes, chapitre 39. MOU- TARDE. Inde fortasse deduita appellation, quod cum musto acre illud sinapis semen ad intinctus cou- teri solent. Arde, en ce mot de moutarde, est uno paragoge, ou production. Mustham, mustardum, MOUTARDE. Il en est de même du mot bombar- de. Voyez bombarde. M. du Cange, dans ses Ety- mologies Françoises, qu'il a conquées en ma fa- veut; ce qu'il m'a dit plusieurs fois; a écrit que Joseph Scaliger à la page 572. de son livre de l'E- mendation des Temps, dérivoit moutarde de mus- tacea: ce que je n'ai point trouvé dans cet en- droit de ce livre. Dans la province d'Anjou, & dans plusieurs autres provinces de France, on appelle moutarde, la graine de senevé, Lat. sinapi, avec laquelle on fait la moutarde. M.
MOUTARDIERS. C'est un nom qu'on a donné aux Habitans de Dijon. Voici à quelle oc- caïon. En l'an 1382. Charles, Roi de France, al- lant avec son oncle Philippe le Hardi, Duc de Bourgogne, au secours de Louis, Comte de Flan- dre, contre les Gantois, qui étoient rebelles, la ville de Dijon leva à ses frais mille hommes pour grossir leur armée. En reconnaissance de quoi le Duc donna entre autres privilèges à cette Ville, celui de porter ses armes, & donna aux troupes qu'elle avoit levées, son cri de guerre, qui étoit moult me tarde, qu'on écrivait en forme de rou- leau: de façon que les deux mots, moult tarde, étoient l'un proche de l'autre, & comme dans la même ligne, au lieu que me étoit hors de la ligne, & dans un repli du rouleau, au-dessous des deux autres mots. Mais plusieurs par ignorance; ou par promptitude, ne lisioient que les deux mots d'qu- haut, moult tarde. C'est de là que ceux de Dijon ont été appelés Moutardiers, & non pas, comme bien des gens le croient, à cause de la moutarde qu'on fait en cette Ville.
MOUTE. Vieux mot, inusité, qui signifie mouture. De moult: comme mouture de moultura. Voyez M. du Cange. M.
MOUTIER. Vieux mot, qui signifioit Edi- se: & qui est encore en usage dans ce proverbe, Il faut laisser le Moutier ou il est: & dans cette fa- çon de parler, Mener la mariée au Moutier. De Mousserium. Et de là, Marmoutier, Noirmoutier, &c. Au lieu de Moutier, on a dit aussi Moutier. Voyez Montier-Ramey, & Moutirande. M.
MOUTON. Jean Picard, au liv. 4. de son ancienne Célopédie, croit que ce mot vient de moust, qui signifie une espèce de danse dans Pol- lux; à cause des sauts que sont les moutons. Je ne sais s'il le faut dériver de moustus, que la dernière Latinité prend pour une bête écornée; comme sont certains moutons qui naissent sans cornes, qui pourroient bien avoir été appelés pour cela moutons, & avoir donné le nom aux autres, quoi- qu'ayant des cornes. Le Glofsaire d'Anfieubus, Évêque Goth: Moutium, fine cornibus. Joannes Januenis dans son Carbolium: Mutilus, minutus, truncatus; fine cornibus, vel alia parte. Mutilare, minuere, velere, truncare; vel boum cernua derun- care. Bonaventura Vulcanus, dans les Notes sur les Glofsaires, dit que les Espagnols appellent mo- tion, une brebis tondue. Et peut être que les mou- tons qu'on tond tous les ans, ont été ainsi appelés. EFERUS - Recherches & Classification numériques Au reste, les moutons font proprement ceux qui font châtés, & les beliers, ceux qui font entiers. *Cafeneuve.*
MOUTON. Lat. *vervex*. Picard, dans son *de Prifla Celsopadiis*, liv. 4. le dérive de *mouton*, qui dans Pollux signifie une sorte de danse; à cause des fautes que font les moutons. M. Bochart, dans son Hierozocion, le dérive de *mout montis*. *Arietem Itali*: nos *vervecem idee* montonem *vocamus*, *quia montibus gaudet ovidium pesus*. Qui est une étymologie assez vraisemblable, & que j'avois marquée & suivie avant lui dans la première édition de ces Origines de la Langue Françoise. Les Espagnols disent *montere* pour un Chasseur, à cause des montagnes où il chasse. Périon, à la page 103, de ses Etymologies, le dérive de *muto mutonis*, dit pour *mutoniatus*; c'est-à-dire, *qui a un grand membre*. Et de-là, le Dieu *Mutunus*, dans Arnobe, dans Lactance, & dans S. Augustin, pour le Dieu *Priape*. Et à ce propos, il est à remarquer, que *montone*, en Italien, signifie le mâle de la brebis, non châté: *aries*: *devoget*. Parmi nous, c'est le *vervex* des Latins, c'est-à-dire, le mâle de la brebis qui est châté. Cette étymologie de Périon est aussi assez vraisemblable. Et, qu'il suive dans mes Origines Italiennes, sans doute qu'elle fût de Périon. Et M. du Cange l'a aussi suivie après moi. M. Ferrari dérive l'italien *montone*, de *montare*: parce que le belier monte sur la brebis. Mais de *montare*, conformément à l'analogie, il faudrait dire *montatore*. Dans un ancien Titre de l'Abbaye de S. Aubin d'Angers, produit par M. Galland, Avocat au Parlement, à la page 296, de son Franc-Alleu, au lieu de *montones*, il y a *moutones*. Et dans la Chronique de Bèze, en Bourgogne, imprimée dans le premier tome du Spicilège, il y a: *Deinde, multonem un-m, & porum*. Et dans les Anniversaires de Sainte Catherine du Val des Ecollets: *De cujus bonis habum: xxi. florens, ad mutonem*. M.
MOUTON. De *Muto*, dérivé de *mutus*. Ces animaux font fort silencieux; témoin ce passage d'Isaïe, III. 7. *Sicut agnus coram tondente se fine vo-e, sic non aperuit os suum*. Sénèque, épître 91. & 99. *Mutis aggregatur animal pabulò natum*. *Mutis peendes dicuntur ad differentiam ferarum*. Et ailleurs: *Cum inter se etiam mutis ac feris pax sit*. Huet.
MOUTON. Les différentes étymologies qu'on lit du mot *mouton* dans l'article de M. Ménage, me paroissent absurdes. Je ne suis pas content non plus de celle de M. Huet. Mais il est difficile de trouver la véritable. Puisqu'il est permis de hazarder des conjectures dans cette matière, ne pourroit on pas faire venir *mouton* du verbe Alleman *murzen* qui signifie *truncare*! Un *mouton* est la même chose qu'*aries castratus*. Ensuite on aurait étendu ce nom aux beliers, qui font entiers; comme M. de Cafeneuve dit, que certains moutons qui naissent sans cornes, pourroient bien avoir été appelés à cause de cela, *moutons*, de *mutibus*, & avoir donné le nom aux autres qui ont des cornes. MOUTON de *Berri*. Cujas sur la Loi *Spadomum*, 128. de *Verborum significatione*: *Spadomum ante annum xviii. testamentum facere non poterant*. *Paulus Sententiarum titulo de Testamentis*. *Ceteri poterant anno xiv. Moribus Biturigum, in omnibus exigitur annus xviii. quasi vervecibus: quo etiam nomine se nuncupant* Moutons de Berry. On a ap- appellé les Berruiers, *Moutons de Berri*, à cause que les armes de la Ville de Bourges font 3. moutons d'argent en champ d'azur. Et les Berruiers ont pris ces armes, à cause que la Province de Berri est abondante en moutons. On dit en commun proverbe, *marqué sur le nez comme un mouton de Berri*. Les Marchands de moutons marquent les moutons sur les nez pour les distinguer les uns des autres. M. MOUTON à la grand' laine. Monnoie d'or. Rabelais, au Prologue de son livre quatrième: *A Chinon, il change sa coignée d'argent en beaux teflons, & autres monnoies blanches: sa coignée d'or, en beaux saluts, beaux moutons à la grand' laine, belles rides, beaux escus au soleil*. Ecoutons M. le Blanc, page 186, de son Traité des Monnoies. Je trouve que S. Louis fit faire des deniers d'or à l'agnel, qu'on nomma dans la suite *Moutons d'or*. Cette monnoye étoit d'or fin: elle pefoit 3. deniers 5. grains trebuchants, & valoit 10. fois Paris, ou 12. fois 6. deniers tournois, qu'il faut toujours entendre des fois de ce tems-là, lesquels étoient d'argent fin, & pefoient environ une dragne 7. grains, comme nous le verrons dans la suite. Ce que j'avance de la Monnoye des Moutons d'or de S. Louis, se trouve en partie, prouvé par une Ordonnance de Philippe le Bel de l'an 1320. dans laquelle il dit: *Agnels que nous faisons forger comme au temps de Saint Louis*. Et je ferai voir sous ce Roi, que cette Monnoye étoit d'or fin, & pefoit 3. deniers 5. grains trebuchants: ce qui est encore justifié par quelques-unes de ces espèces, qui nous restent très entieres & très conservées. Louis Hutin, dans une de ses Ordonnances, fait encore mention d'une manière fort expresse des Moutons ou Agnels d'or de S. Louis. Voici ses propres termes: *Item, parce que c'est notre entente & volonté de garder en toutes manieres, les Ordonnances de M. Saint Louis, nous avons fait regarder en nos Registres sur le fait des Monnoyes de l'or, & avons trouvé qu'il fit faire le denier d'or, qu'on appelle à l'AGNEL: Et le fait faire & adjuster le plus lealement que il pot; & qu'il eut-cours pour 10. fois Paris tant seulement: & plus ne vaut-il, en regardant à la voine qu'argent vous*. Parmi les Auteurs qui ont parlé de cette Monnoye, les uns la font beaucoup poëterieure à S. Louis: mais leur opinion est condamnée par les deux Ordonnances que je viens de citer. Quelques-autres veulent que Louis VIII. soit le premier qui la fit faire: & ce sentiment ne paroît être détruit par un endroit des Ordonnances de Philippe le Bel, dans laquelle il dit, qu'il fera forger Monnoye d'or, qui est & sera appelée à l'agnel, lequel est du temps de S. Louis notre ayeul. M. de Peirec, qui, au rapport de M. du Cange, est un de ceux qui prétendent que les Prédécesseurs de S. Louis firent cette Monnoye, croit qu'elle fut fabriquée au temps de la guerre des Albigeois, pour payer les troupes de l'Armée des Croisies, & qu'on la marquait de cet Agneau (que nous appelons communément *Agnus Dei*) à cause qu'il étoit sur les drapeaux des principaux Chefs de cette Armée: Que depuis ce tems là, le Clergé de France, aussi bien que plusieurs Eglises, le mirent dans leurs armes. Quoique j'aye une grande vénération pour tout ce qui vient de M. de Peirec, j'aurais voulu qu'il eût marqué d'où il a tiré cela. Car j'avoue que je ne saurais soucrie à ce qu'il dit de l'antiquité de nos Moutons d'or, FERUS - Recherches & Classification numériques puisque les Ordonnances de Philippe le Bel, & de Louis Hutin, marquent clairement que ce fut S. Louis qui fit faire cette Monnoye. Il est impossible de deviner pourquoi il la fit ainsi marquer. Ce fut sans doute par un effet de sa piété qu'il y fit mettre le symbole sous lequel on a accoutumé de représenter le Fils de Dieu. Quoi qu'il en soit, je donnerai parmi les Monnoyes des Comtes de Tolose, deux deniers ; l'un de Raymond, dit de S. Gilles, & l'autre d'Alfonse, son fils, qui ont vécu avant S. Louis, sur lesquels cet Agneau & son guidon dont représentés. Le Mouton que l'on peint ordinairement auprès de S. Jean-Baptiste, a donné lieu à quelques-uns de croire que le Roi Jean avoit le premier fait frapper cette Monnoye, pour honorer son Patron. Froissard assure même que ce fut après la bataille de Poitiers. Je crois qu'il n'est pas nécessaire de dire que le denier d'or à l'Agnel fut ainsi nommé, à cause de l'Agneau qui est gravé sur l'un de ses côtés, & qu'on appelle *Agnus Dei* : c'est pour cela qu'on a mis cette inscription autour : **AGNUS DEI QUI TOLLIS PECCATA MUNDI, MISERER ENOBIS**. Cette Monnoye fut nommée dans la suite, *Mouton à la gravée laine*, & *Mouton à la petite laine*. Il n'y a rien de si fréquent dans les anciens Titres, que cette Monnoye, sous le nom de *Mutones*, ou *Mutiones*. Elle dura en France jusques au Règne de Charles VII. Et tous les successeurs de S. Louis, si on en excepte Philippe de Valois, en firent forger. Ils furent tous d'or fin, hors sous le Règne de Charles VII. Ils eurent grand cours dans toute l'Europe pendant fort long-tems, à cause de leur bonté : & plusieurs Princes, à l'imitation de nos Rois, firent faire des Moutons d'or. M. **MOUTONNER.** M. Guillet, dans son Art de la Navigation : *Quand il y a beaucoup de mer*, & que l'ouïe des lames blanchis, on dit, que la Mer moutonne : parce que les boules paroissent comme des moutons. La Mer Egée a été de même ainsi appelée, si l'on en croit Varron & Festus, des petites Illes qui sont dans cette mer, lesquelles ressemblent de loing à des chèvres. S'est les termes de Varron : *Egeum dictum ab insulis ; quod in eo mari sic scopulis vocantur, a similitudine caprarum*. Voici ceux de Festus : *Egeum mare appellatur, quod crebra in eo sint insula : ut procul apsiuntibus species caprarum videantur*. M. **MOUTONNER.** C'est aussi rendre frise comme la laine de la tête d'un mouton. On dit que le tems est moutonné, quand l'air est couvert de minces nuages, éparpilles comme de la laine de mouton ; ce qui est signe de vents & de pluie. On dit en proverbe : *Tems moutonné*, & femme fardée, ne sont pas de longue durée. **MOUTONNIER.** Mot burlesque. Il se dit de ceux qui à la manière des moutons, suivent aveuglément l'exemple des autres. **MOUTURE.** Droit de Monnage. De *motura*, contraction de *motitura*. Voyez les Institutes Coutumieres d'Antoine Loisel, page 283, de l'édition de M. de Launay. M. **MOY.** De *me*, accusatif d'ego. M. **MOYE**, féminin de *moy*. Le Roman de la Rose, fol. 12. v. 1. édit. de 1531. *Ben homme seuz-je les mains jointes :* *Et sachez que moult me fit cointes Quand sa bouche toucha la moye, Et fut-ce dans l'euz au cœur joye. Il me domanda lors offage.* On voit par ce passage, que *moye* est le féminin de *moy*, & que ce *moye*, qui vient de *mea*, signifie *mienne*, qui par conséquent vient de *meana*, produit de *mea*, & *mien* de *meanus*, produit de *meus*, duquel vient *moy* ; & non de *me*, accusatif d'ego, comme l'a cru M. Ménage. *La Duchat*. **MOYEN.** De *medianum*, fait de *medium*. *Medium* se trouve en cette signification, dans ce passage, cité par M. le Taneur à la page 17, de son Traité de *Sacra Ampulla*. *Primus namque diffus Rex Francorum Christianus, Sanctus scilicet Clodovau ante diffus, miraculosé per medium uxoris sua conversus*. ¶ De *medianus*, les Italiens ont fait *mediano* & *mezzano*, pour signifier *mediocre*. M. **MOYENNANT.** De *medianante*. *Medium*, *medians*, *mediantis* ; d'où l'italien *mediante* ; & le Latin-barbare, *mediantibus illis*. ¶ *Medium*, *mediantum*, *medianans*, *medianantis*, *medianante*, MOYENNANT. Voyez moyen. M. **MOYEU** d'*œuf*. I. *medium ovi*. M. **MOYEU.** C'est le bois où entre l'efiseu, & auquel, comme à leur centre, vont aboutir les rais de la roue. Il vient de *modolus*, qui signifie même chose. Pline, liv. 9. chap. 4. *Apparent & rota*, appellata à similitudine, quaternis distincta radiis, *modiolos earum oculis duobus utrinque claudentibus*. Les Gloses : *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*. **MOYEU** de *roue*. De *modolus*. Les Gloses : *modolus*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*, *xenile*. **MOYEUX.** Sorte de confitures. Voyez ci-dessus *moieux*. M. **MUCRE.** Le petit peuple de Basse-Normandie se sert de ce mot pour dire *humide*, *relan*. De *mucor*. *Mucor*, *mucus*, **MUCRE**. Voyez *remugle*. M. **MUE.** De *muta*. Frederic II. dans le Prologue de son livre 2. de *Venatione* : *Quadam in conservando sanas : etiam quando jam mutant pennas : ut domuncula, qua dicitur Muta*. Les Grecs modernes ont dit *muta* en la même signification : & *muta*, pour mettre en *mue*. Et ces mots se trouvent dans Demetrius Constantinopolitanus, liv. 2. chapitre 49. & 53. de son Hieracophion. Voyez Meurtius & M. du Cange, dans leurs Glossaires Grecs. ¶ Les Italiens disent *muta*, & *muda*. ¶ Voissus dans son de *Vittis Sermonis*, dérive le Latin *muta* de l'Alleman *moye*, qui signifie la même chose : & il improuve l'opinion de ceux qui le dérivent de *mutare*. M. **MUER.** De *mutare* : d'où les Italiens ont aussi fait *mudaré*. *Muer*, parmi nous, signifioit originellement *changer*. Pierre Gringore, dans ses *Monus Propos*, fol. 24. EFERUS - Recherches & Classification numériques 232 MUE. MUF. MUG. MUI. Sol rétrograde en oslant sa chaleur : Mais ses rayons sont muer sa couleur. M.
MUET. De mutetus, diminutif de mutus. An- ciennement nous disions mute. Rabelais, livre 5. chap. 26. Un jeune Gentilhomme Romain, rencon- trant au mont Célion une Dame Latine, nommée Vérone, mute & sourde de nature. Et livre 5. chapitre 47. Si Plutarque eufi icy trinqué Comme nous, il n'eufi revoqué En doute, pourquoy les Oracles Sont en Delphes plus muts que macles. On dit encore à préfeu rage mue, pour rage mue- te. M.
MUFFLE. Voyez mufeau & mouflard. M.
MUGLIAS. Voyez miglias. M.
MUGUET. De mufcatus. M. de Saumaife dans sa premiere Epitre de Cruce, page 471. uquor mugueix, quod Antiqui uquurini dixifent, vulgo mufcatum dicimus. Nam infimum avum Latinitatis mufcata vocitavit, qua Antiqui mup-lie, & uquur- ni, & iuboua. Hinc-lilium mufcatum : quod in nofro idiomate Gallicu nuncupamus du muguet. Ita enim avi noftri dixerunt, quod Latini mufcatum. Hinc & muguettos appellarunt homines unguenta exotica olentes, & nitide veftitos. Et quam nunc nu- cem mufcatam, vel mufcadam, nominarunt, vetus faculum nucem muguettam dixit : Noix MUGUET- TE. Inde & muguerellum vocitant Rustici Vexellen- fes, scarabam mufcatum : qui apud eos plurimus in vineis reperitur. Sanè & mufcum pro quolibet fuavi odore etiam antiqua Latinitas usurpavit : & hoc fenfu Avuleio, Arnobio, & Hieronymo legitur. Et fur Achilles Tatius, page 611. uquor, mufca- tum rofam vulgo dicimus. Nam omnia odorata nos à musco denominamus, ut Graci à uquor, id est, un- guento. Sic uquor, pyra mufcata : uquor, nux mufcata, quam Antiqui noftri vocabant noix mu- guette. Inde fati appellatus nobis du muguet, id est, lilium mufcatum : quod vulgo lilium convallium. Ex eo & homo unguentatus, & compus, ut folent amafii, nobis vocatur un muguet. Joachin du Bel- lay, dans fon Ode pour la naifance du petit Duc de Beaumont : Tu fuiras la vaine troppe, Et les bains accoufumés De ces Muguets parfumés, Poufufuvans de Pénélope. Voyez muuerer. M. MUGUETER : faire l'amour ; galantifer. De muguet : dans la signification d'un amant. Figu- rément on dit, mugueter une place : pour, avoir desfein fur une place. Voyez muguet. M. MUI de vin. De modius. Voyez M. du Cange. M.
MUI. Le Latin modius a du rapport avec l'E- breu סר, qui signifie mefure, & qui est fait du verbe סר madad, mefure : *
MULATRE. On appelle ainfi dans l'Améri- que, ceux qui font nés d'un Blanc & d'un Nègre. De Muler, animal né d'un âne & d'une cavalle. Huer.
MULE. On dit en proverbe, ferrer la mule. Voyez ci deflus ferrer. *
MULES. C'est une chaussure de pied, dont on se sert à la chambre. Ce mot vient de mulleus, qui signifie une espèce de foulier. Flavius Vopif- cus, en la Vie d'Aurelie : Calceor, mulleus, & ce- reos, & albos, & hederarios, virus omnibus tulis, mulieribus reliquis. Tertullien, dans fon Traité de Pallio : Mulleolum inducit calceum. Festus Pom- peius : Mulleos, genus calceorum aiunt esse, quibus Reges Albanorum primi, deinde Patricii, ufi sunt, &c. quos putant à mullando, id est, suendo, dictus. Papias : Mullei, calceamenti genus, dicti à rubro colore mullorum piscium. Caferneuve.
MULES. Espèce de fouliers. Le P. Labbe a pro- posé une étymologie de ce mot, qui est si plaifante qu'elle mérite d'être ici rapportée. Peut-être, dit-il, d'autant que les Presidens, & autres, qui alloient au Palais, & ailleurs, fur des mules, ne quittoient point leur chaussure de chambre, pour prendre leurs fou- liers. Celle-ci de M. du Cange, n'est pas moins gailliarde : MULE : Crepida nocturna : Sic dicta, quod & similiter mulis vehimur : ita enim ejusmodi crepidis mollius incedimus. Ce mot a été fait de mullei : comme je l'ai remarqué dans la premiere édition de ses Origines. M. Costar & M. de Vol- ture, dans leurs Entretiens, page 144. & 179. ont fait ensuite la même remarque. Les Latins ont appellé mullei une espèce de fouliers. Festus : MUL- LIOS, genus calceorum aiunt esse, quibus Reges Al- banorum primi, deinde Patricii, ufi sunt, &c. quos putant à mullando, id est, suendo, dictus. Scali- ger, fur les Priapées, approuve cette étymologie : & il dérive mullare de muguet, mot des Tarentins & des Siciliens, qui signifie persévore : vi muguet. Mais l'opinion d'Ifidore, qui a écrit que ces fou- liers avoient été ainfi appellés de la couleur rouge du poiffon que les Latins ont appellé mullus, me semble bien plus raisonnable. Dicta autem sunt à colore rubro, qualis est mulli pifcis. C'est au chapi- tre dernier du liv. xix. de ses Origines. Ces fou- liers étoient rouges, comme nous l'apprenons, outre le passage d'Ifidore, de celui de Dion, liv. 43. où il est dit que Jules César, qui descendait des Rois d'Albe du côté des Jules, portait de ces fou- liers des Rois d'Albe, lesquels étoient rouges. Et cette opinion est bien plus vraisemblable que celle de Fenestella, qui a écrit au contraire, que ce poiffon avoit été nommé mullus, de ces fortes de fouliers. Pline ix. 17. Nomen mullis Fenestella à colore mullorum calceamentorum datum putar. C'est auffi celle qui a été suivie par Turnébe, liv. ix. de ses Adverfaires, chapitre 19. M. de Saumaife fur l'Histoire Auguste, page 410. l'a aussi préférée à celle de Festus. Calces autem mullei à colore pifcis mulli appellari : non à mullando : ut aperit offendit nominis figura. Mais dans ses Notes fur le de Pallio de Tertullien, imprimées deux ans après ses Re- marques fur l'Histoire Auguste, il l'a defaprouvée : & il a dérivé mulleus de muguet, qui signifie repa- dus. Voici ses termes : Rubus calceos mulleos vo- cabant Romani : non tamen dicti mullei quod rubri effent, sed quod repandi : nam muguet & muguet, repandum EFERUS - Recherches & Classification numériques repandum significat. Tales erant veterum Thyrrenorum calcei, quibus Reges Albanorum primi, deinde & Patricii ufi sunt, ut scribit Festus in voce mullei. Rubri, inquam, erant, & repandi: Sed mullei dicebantur, quod essent μύωνω, hoc est, repandi; non quod rubri. Postea καταχρησμῶς calceum quemlibet rubrum, appellarum mulleum, etiam si repandus non esset. Et sane color mulleus pro rubro, nufquam nisi de calceis usurpatur. Quod si coloris nomen esset, de re qualibet qua colorem illum haberet, usurpatur. Atqui de calceis tantum dicebatur apud Romanus. Errant igitur, & qui mulleos calceo à colore mulli piscis dictos, & qui mullo piscis nomen inditum putant à colore mulleorum calcementorum, ut Fenestella apud Plinium. Mullus sane piscis Graeca voce etiam dictus est, quod μύω & esset: nam μύω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, κωμω & est, 1 Je suis pour cette dernière opinion de M. de Saumalie. A l'égard de l'étymologie de notre mot de *mules* dans la signification de *pantoufles*, il est à remarquer que la plupart de nos pantoufles sont rouges. *M.* M U L E S : mal aux talons. Lat. *pernio*. Je ne sais pas l'origine de ce mot en cette signification. Quelques-uns le décrivent de χίμινλα, plurier de χίμινλεν : qui est comme les Grecs ont appelé les *mules* aux talons. Hésychus : λίμινλεν. Τί ο χίμινλεν γίμινλεν ιλα & ιντι & χίμιν. Χίμινλεν, *chimetulum*, *chimetulum*, *metulum*, *metula*, *meula*, *mula*, *mula*. Les autres, avec plus d'apparence, croient que les *mules* aux talons ont été ainsi appelées, parce que ceux qui les ont, sont obligés de porter des *mules*, c'est-à-dire, des pantoufles. Encore une fois, je ne sais d'où vient ce mot. *M.* M U L E S. Ce que l'on appelle *mules*, dans la signification d'un mal qui vient aux talons, n'est qu'une engrèure, laquelle rend la partie gelée, rouge & lufante comme le cuir de Rouffé, dont on fait ordinairement les *mules* à l'usage des hommes. mes. Ainsi, suppose vrai ce que dit l'odore, que les *mules*, en la signification de pantoufles, ayant été appelées de la sorte à cause des fouliers appelés *mullei*, parce qu'ils étoient rouges comme le poisson appelé *mullus*; il se pourra de même qu'on aura appelé *mules*, l'engrèure du talon, parce qu'elle est rouge comme ce même poisson. Peut-être aussi que *mules*, en cette signification, vient de *molla*, plurier de *molla*, dit pour *mollin*, comme *promiffa*, pour *promiffo*. Et *mules* s'est dit premièrement des chevaux, à qui ce mal vient lorsqu'après avoir marché tout le jour en hiver dans les boues, on les mène à l'écurie ayant encore les pieds mouillés, & qu'on les laisse passer la nuit en cet état. Le traducteur de la Maréchalerie de Laurent Rufe, chap. 115. Les Mules ou Seracies : *Mules* ou *Seracies* n'ayent de *froit*, quant le cheval va par chemins *bouaux* en temps *froit*, & puis est mené de *nuit* avec les pieds mouillés, au *rateau*, & demeure *jus* la terre *toute* *nue* la *nuit*. *Adonc* les *humeurs* pour *jus* *travaill* qu'il a eu, *defcendent aux parties* de *derriere*, & la *font congelées* & *font enflure*. Cela *advent* en *tiver*, & en la *saison* du printemps : *car* en *est* & *autonne* *elles* *font* *câchees*, & *ne voit-on* *point* *l'enfleure*, *si* *elles* *ne* *font* *bien* *fort* *invérées*. *Mais* *en ce temps* d'*est* & *autonne* *elles* *font* *ainsi* *connues*. *Le* *poil* *qui est* *entre* l'*ongle* & *prochaine* *jointure*, *que* *nommant* *au-cuns* *pafourille*, *est* *toujours* *contre* *mont* *élevé*, *combien* *que* *foit* *mol* *comme* *foye* *de* *pourreau*. Le Duchat. M U L E T. Poisson. *Mullus*, *mulletus*, *MULET*. Rondglet, liv. ix. chap. 11. dit que les François appellent *mule*, le chabot. *M.* M U L E T T E. En terme de Fauconnerie, c'est le *jabot*. Les Espagnols disent *molleja*, que Covarruvias dérive de *mollicies* : qui est une étymologie très-vraissemblable. ¶ *Mollis*, *molliculus*, *mollicula*, *mollicula*, *MOLLÉIA*. ¶ Je crois que la François *mullette* vient de même de *mollis*. *Mollis*, *molle*, *molletus*, *molleta*, *mulleta*, *MULLETTE*. *M.* M U L E T T E, pour *Moulette*, *petite meule*. C'est ainsi qu'on appelle le *gealer* des oiseaux. Le *jabot* est *Ingluvies*, qui est le premier réceptacle de leur mangeaille, qui s'y échauffe, s'y amollit, & y reçoit la première coction. De la elle *passe* dans la *mullette*, ou *gealer*, qui est une partie *membria-neuse* & *charmue*, composée de deux *forts* *muscles* opposés l'un à l'autre, comme les deux *meules* d'un *Moulin*. Entre ces deux *muscles* est la *cavité*, où la mangeaille étant reçue, elle est broyée par le mouvement de ces deux *muscles*, & par le *secours* de *petites* *pierres*, & de *grains* de *sables* *raboreux*, que la nature fait avaler à ces oiseaux pour cet usage. Les *autruches* *avalent* même du fer quand on le leur présente. Et le *vulgaire* croit qu'elles le digèrent. Elles ne le digèrent pas, mais elle s'en fervent pour digérer leur nourriture. Et quand ces *pierres* & ces *graviers* *font* *devenus* *lissés* & *polis* par le *broyement*, alors la nature s'en décharge avec le *reste* des *excremens*. *Mullette* a donc été dit pour *petite meule*, ou *plutôt* *petit* *moulin*. *Huêt*. M U L L O N. *Amas de foin*. *Ordericus Vitalis* a dit : *Fani* *mullonem*. *Huêt* M U L O T. *Souris des champs*. Le P. Labbe : *On nomme les rats des champs* des *mulots* : *mures* *ruftiel* : & *les* *monceaux* *de foin*, des *mulons*, ou *mulors* : *d'autant que* *ces* *petits* *animaux* *s'y* *cachem*. Le P. Labbe n'a pas bien rencontré en cette étymologie. Le mot de *mulat* s'est fait de *mus* *muris*. Gg EFERUS - Recherches & Classification numériques 234 MUM. MUN. MUR. Mus muris, murus, muratus, mulatus, MULOT. Le mulot est une espèce de souris. Virgile, liv. 1. de ses Georgiques : Sape exiguus mus Sub terris, posuitque demos, atque horrea fecit. On a de même appellé la taupe, une souris. Les Glofes anciennes : nequas, talpa, mus cocus. Hé- fychius au mot : har. lamas, plic roquies, vix yui vponis. ¶ Nos anciens ont dit mulate. Voyez M. du Cange. M.
MUMIE. Voyez mamie.
MUNBOURG. Voyez mambourg.
MUNBOURG. L'office de Mambours, Mam- bours ou Maimbours, est tout commun dans les Hautes-Juîtres du pays Meffin, où les Maim- bours; car c'est ainsi qu'on les y appelle; sont des especes de Syndics, établis par une communauté pour veiller à ses affaires, & particulièrement à lever & percevoir ses reuses & revenus pour en payer ses dettes. Je ne sais pas si ce mot vient de l'Alleman munder; mais le mot Alleman munder, mis tout seul, ne signifie point tuteur. C'est ver- munder, qui est un composé de la particule ver, pra, & de munder, mot fait de mund, qui signifie bouche. De sorte que le mot ver-munder, duquel les Allemans se servent en la signification de tuteur, veut dire proprement un homme qui parle pour son pupille, & en la présence de ce pupille, qui n'est pas en âge de parler pour soi, ni de se défen- dre. Le Duchat.
MUNITION. Pain de munition. De munitio. Voyez ci-dessus ammonition, & M. du Cange au mot munitio. M.
MUNNIER. Poisson : ainsi appellé, parce qu'il se trouve souvent auprès des moulins, dit Nicot. M.
MUR-SARASINOIS. On croyait au- trefois que les vieux bâtiments d'ouvrage Romain, admirables pour leur soldité, & fussent tout pour la façon de leur ciment, qui n'est pas moins dur que les pierres, fussent faits par les Sarasins. Le Traité des Vertus & des Vices : C'est ainsi comme le bon ciment dont on fait les murs Sarrasinois, qu'on ne peut déconstruire à pic ny à perriere. Et Froissart, vol. 1. chap. 110. parlant du château de la Réole : Il estoit moult haat & de pierre dure; & fut jadis ouvré par mains des Sarrasins, qui faisaient les fondemens si forts, & les ouvrages si estranges, que ce n'est point de comparaison à ceux de maintenant. De-la vient qu'on appelle Château Sarazin, une Ville qui est sur la riviere de Garonne au-dessous de Toulouse, pour y avoir eu autrefois un Châ- teau de pareille structure. Car il n'y a point d'ap- parence que les Sarasins, auxquels Charles Martel donna si peu de loisir de faire des bâtiments, eussent en peu de tems dressé de si grandes maises en tant d'endroits du Royaume. Mais c'est que nos ancé- tres, qui avoient accoutumé d'appeller Sarrasins, toute sorte d'infidèles, enveloppoient sous ce nom aussi bien les Romains que les autres nations. Ca- feneuve.
MUR-SARASINOIS. C'est un mur fait à ciment indissoluble. Voyez M. de Cafeneuve. M.
MURAILLE. De muralia : dont les Espa- gnols ont aussi fait muralla. Muralia se trouve dans l'expédition d'Asie de Frédéric I. page 49. du tome v. de Canisius. Turci autem, muralibus vi esfractis, jam interiorum partem murorum diruerant. ¶ Murarius, pour un maçon, se trouve dans Egin- hard. Voyez M. du Cange. M.
MUSC. En Arabe, moscb ou muscb : en Grec Vulgaire, muscb, ou muscb. Voyez Meurissus, dans son Glossaire. L'Auteur de la Vie de Charlemagne : Repleverunt sepulcrum ejus aromatibus, pigmentis, & balsamo, & musco. M.
MUSCADE. De muscata, fait de muscus, en la signification de musque. M. de Saumalise, sur Achilles Tatius, page 611. Ctesias, in Indicis, arborem esse traditi satis proceram, foliis palma, fructum non ferentem, flore mascula lauri : qua ab issis Indis unguius dicitur; a Gracis, muscades. Muscatum rodam vulgo dicimus. Nam omnia odo- rata nos a musco denominamus, ut Gracis a musco, id est, unguento. Sic muscum, pira muscata : muscum, nux muscata. Quam Antiqui nostri vo- rabam noix muguette. Inde fios nobis appellatur du muguet, id est, lilium muscatum. Quod vulgo li- lium convallum. Ex eo & homo unguentatus & comptus, ut solent amasi, nobis vocatur un muguet. Et en sa premiere Epitre de Cruce, page 472. un- guer muscum, quod Antiqui muscum dixissent, vulgo muscatum dicimus. Nam infimum avum La- tinitatis muscata vocitavit, qua Antiquis muscum, & muscum, & obiocqua. Hinc lilium muscatum : quod in nostro idiomate Gallico nuncupamus du mu- guet. Ita enim avi nostri dixerunt, quod Latini mus- catum. Hinc & muguetos appellarunt homines un- guenta exotica olentes, & nitide vestitos. Et quam nunc nucem muscatam, vel muscadam, nominá- runt, vetus saculum nucem muguetam dixit, noix MUGUETTE. Inde & muguerellum vocitant Rustici Vexellenes scarabam muscatum qui apud eis in vi- neis plurimus reperitur. Sane & muscum pro quoli- bet suavi odore, etiam antiqua Latinitas usurparit. Et hoc sensu Apuleio, & Arnobio, & Hieronymo, legitur. ¶ Voyez muguet. M.
MUSCADET. Voyez muscat. M.
MUSCADINS. Petite pastille qu'on mange pour avoir bonne haleine : ainsi appellée du musc qui entre dans sa composition. M. Pellison, dans son Histoire de l'Académie, parle d'une question née dans l'Hôtel de Rambouillet, pour savoir s'il falloit dire muscadins ou muscardins, & agitée en- suite & décidée dans l'Académie, en faveur de muscadins : sur laquelle question M. de Voiture fit ces vers, pour se moquer de ceux qui étoient pour muscardins : Au siècle des vieux Palardins, Soit Courtisans, soit Citardins, Femmes de Cour, ou Citardines, Prononçoient toujours Muscardins, Et Balardins, & Balardines : Mesme l'on dit qu'en ce temps-là Chacun disoit roie muscarde. EFERUS - Recherches & Classification numériques J'en dirait bien plus que cela : Mais, par ma foy, se suis malarde ; Et même en ce moment voilà Que l'on m'apporte une panarde. M. de Balzac étoit pour muscardins ; comme il paroit par cet endroit de la Lettre 30. du livre 18. de ses Lettres. L'usage, dit-il, est pour muscardins ; bien que l'oreille soit pour muscardins : mais ici cem- me ailleurs l'usage doit tout régler. Et de plus, l'ori- gine du mot étant Italienne, quel droit avons-nous d'éter une lettre d'un mot qui n'est plus de notre Ju- risdiction ? Quoique cette lettre soit rude ; quoique elle ait été appelée canine ; quoique dans muscardins elle fasse mal à la petite bouche de Monsieur de ... (Voiture) ; elle ne laisse pas de tenir son rang dans l'Alphabet : elle murmure, elle gronde, elle mord impunément depuis tant de siècles : elle entre dans plusieurs mots où elle n'est pas moins rude, ni moins rabotense que dans muscardins, sans que personne s'en plaigne. M.
MUSCAT. Raisin. M. Bochart croit que nous avons ainsi appellé ce raisin à muscis ; de la mé- me façon que les Latins ont appellé apianas uvas, une autre sorte de raisin, à caule que les mouches en sont extrêmement friandes. Et il confirme son opinion par l'autorité de Pline, liv. 14. chap. 22. Apianis uvis apes dedere cognomen ; pracipne earum avida : & par ces paroles de Columelle, liv. 4. chap. 1. Afferunt apibus pradam, quarum voca- bulo propere hanc pradam cognominantur. Je suis per- suadé que ce raisin a été ainsi appellé à caule de son goût de musc. Voyez ci-dessus muscade. Pour cette même raison, nous avons appellé muscadet, une sorte de poires, & muscadins, une sorte de dragées. Mefiseurs de la Crucsa sont du même avis. MOSCADELLO ; nome d'uva, detta cois, dal suo sapor, che tien di muscado : onde muscadello, il suo vino. Diamo anche questo aggiunto a una sorta di pera piccola e odorosa. M.
MUSEAU. De musellus, diminutif de musus ; fait de musus, qui signifie le mec. Les Eipagnols ont dit de même rosre, pour dire le visage. Les bas- Bretons appellent la lèvre de desfus musell-ufelaf; & celle de desfous, musell-ufelaf. ¶ De musus, on a fait le diminutif musulus ; pour lequel on a dit musulus, d'où nous avons fait MUFFLE. De mu- sellus, on a fait musellaria ; d'où notre mot MUSE- LIERE. Voiture n'a pas fait difficulté d'employer le mot de museau. J'ai reçu un coup de ciseau Dans un lieu bien loin du museau. M. Guyet décrivit museau de mungo, de cette ma- niche : Mungo, munxi, muncus, mucius, mucus, musus, musus, musellus, MUSEAU. Voyez mu- selle. M.
MUSELIERE. Voyez museau. M.
MUSER. Cesser, demeurer oiss. Il vient de l'Alleman muss, qui signifie oissveté. Caseneuve.
MUSER. M. de Valois dans la Notice, au mot Picardia, le dérive de celui de Musa. M. le Vayer lui donne la même origine. Que voulez-vous ? C'est le propre des Muses de nous amuser inutilement. Et nos jours qui oppoisiens le vieux mot musart à celui de guerrier, ont assez témoigné qu'ils tenoient les hommes d'étude pour fort mal-propres à l'action. C'est dans la première de ses Lettres. Ce que M. Sor- biere a pris de lui. Le Sorberiana, page 169. C'est le propre des Muses de nous amuser. Musart, vieux mot opposé à guerrier. Et il semble qu'Adalberon, dans son Poème, page 145. ait visé à cette éry- mologie : Si Musas celebres, clames Musarde Sacerdot. Nos anciens appelloient musards, ceux qui jouoient de la musette. Voyez ci-dessus, au mot Madrigal, le passage de M. Huet. D'autres dérivent muser de musus, c'est-à-dire museau. Tratta la metafora, dit la Crucsa, dall'atto che fanno le bettie, quando per difetto di pascioma, o per istanchezza, o per mal- samia, o altra cagione, si stanno stupidamente col muso levato. C'est le sentiment de Benedetto Var- chi, de Vincenzo Borghini, & de M. Ferrari. Voyez mes Origines Italiennes. ¶ Les Latins ont dit musinari, à peu près dans la même significa- tion. Pline, dans la Préface : Dom esta musinamus, pluribus huris vivimus. ¶ M. de Caseneuve dérive muser de l'Alleman muss, qu'il dit signifier oissveté. M.
MUSER, être oiss, est dit pour vetrare Musis, parce que l'occupation des gens de Lettres les cloi- gnant de l'action, ils semblent être dans l'oissveté & dans l'inutilité. Et c'est ce qui a fait dire à Vir- gile, en parlant de lui-même : Studis florentem ignobilis ois. Huet.
MUSSER. De mussare, formé de mus, qui signifie se cacher. Mus, mus, muso, mussare. Et de-là, le mot mus, selon l'opinion de Scaliger sur Aussone, 1. 17. Mus, qui tu mus, id est, abdere se in latibula ; inlatebrare se ; quod sane mus facit. Ce sont les paroles de Scaliger. Je ne suis pas de son avis. Mus, selon moi, a été fait de sa, pro- duce. Voyez souris. Les paysans appellent une musse, un lieu propre à cacher quelque chose. Nos an- ciens discient musser, pour cacher. Christine de Pi- se, dans son livre ms. de la Cité des Danes, fol. 75. verso : Si ton crime est secret au monde, si n'est- il pas à Dieu musse. Ce manuscrit est dans la Bi- biothèque de M. Joly, Chantre de l'Eglise de Pa- ris. Muser & musser, est la même chose. Joinville, dans son Histoire de Saint Louis : Le visage nous devenoit tanné de noir & de terre, je rétemblance d'une vieille house, qui a été long-temps musée de- riere les coffres. M.
MUSTAPHA. Nom propre d'homme par- mi les Turcs. Il est Arabe, & signifie élu, choisi, particulièrement de Dieu : c'est le participe passif du verbe istafa, qui veut dire choisir, élire. Ce nom est très-illustre chez les Mahométans, & il se donne par excellence à Mahomet. On s'en sert dans notre Langue en parlant de gens gros, sur- tout s'ils n'ont pas trop bonne mine ; & même en parlant de petits garçons gros & malpropres : mais il ne se dit jamais qu'avec le mot de gros. Mustapha est devenu chez nous une espèce d'onomato- pée : & comme ce nom, dont la signification ne présente d'ailleurs rien que de noble & de relevé, remplit bien la bouche quand on le prononce, nous n'avons fait attention qu'à ce son, & nous l'avons employé en conséquence dans le stile fami- lier, pour signifier un homme gros & gras. Voilà comment un nom très-noble en lui même est de- venu parmi nous un terme bas & populaire.
MUSULMAN. Nous appellons ainsi un Mahométan. C'est un mot Turc, qui signifie un homme qui croit ce qu'il faut croire. Leunclavius, dans son Onomastique : MUSULMAN : Orchoforus, re le credens. Voyez le Glossaire Grec de M. du Cange, au mot piceus paulo. G g ij EFERUS - Recherches & Classification numériques M. l'Albe Berault sur cette note a dit : Le mot Musulman n'est point Turc. C'est un mot Arabe. Il vient du verbe Allam, qui, entre plusieurs significations, se dit encore de celui qui remet à Dieu sa personne & toutes ses affaires. Et de-là les Mahométans ont donné le nom d'Allislam à leur Religion. Au reste, ce fut Mahomet qui donna le nom de Musulman à ses sélecteurs. M.
MUTANDE. C'est ainsi que les Capucins appellent leurs calçons. De l'italien mutande : mot de même signification. Vgyez Matthias Martinius, au mot mutatorius. M.
MUTE. Nom de la plus grosse cloche de l'Eglise de Saint Etienne, Cathédrale de Metz : ainsi appelée de mota, dit pour motio ; parce que de tems immémoriabou la sonne pour donner l'allarmie en tems d'imeure, ou lorsque le feu prend quelque part dans la ville. Le Duchat.
MUTIN. Querelleux, seditieux, qui émeut des contentions. Il pourroit être formé du verbe movere, duquel on fit le Latin-barbare movita, qui signifie contention, querelle, & dispute. Les formules solennelles, Form. 120. Et in sua orta contentione, vel in sua movita, atque per suam culpam, in ipso loco ipsum interfecti. Ce mot peut aussi être un composé de moveo & de hutin, comme qui diroit meut-hutin : car en vieux François, hutin signifie querelle & contention. Paul Emile, en la Vie de Louis X. surnommé Hutin : Hutinus cognomeno di-ctus : qui voce apud Francos patrio serment vis turbatiens tumultusque significabatur. Le Roman de Guill. ame au court nez : Hurlent & bravent, demènent grand hutin. Caseneuve.
MUTIN. Plusieurs croyent que ce mot a été fait de l'ancien mot Hutin : qu'on dit signifier la même chose. Thomas Reineius, dans ses diverses Leçons : Ludovico X. cognomen est Hutinus : de quo varia commenti sunt, qui a magnitudine capitis ; quod Germania inferioris dialecto est heut, & huit ; ita diitum volunt : Latini nominare capionent. Sunt qui ideo cognominatum tradunt, quod pugnarum, rixarumque fuerit adpetentior, eaque eum Flandris exercuerit pertinacius. HUTIN enim Gallis significare turbas, vim, tumultum, &c. Voyez Meyer, dans ses Annales de Flandres ; & de Serre, dans la Vie de Louis Hutin. Pour moi, j'ai quelque opinion que mutin a été fait de mutinus, qu'on aura dit à movendo. Et ce qui me confirme dans cette opinion, c'est que meute se trouve dans nos vieux Livres François pour mouvement. La Chronique Françoise : Mais c'est la terre d'outremer pourquoy ils se meurent, n'amenda anques guère pour leur meute. Et que les Allemans disent encore à présent meute, pour mutinerie ; & meutemaker, pour mutin : & que l'Alleman meute, & le François meute, ont été faits du Latin mota, comme émeure, d'exmata : & que nous disons mouvement, pour sedition & mutinerie : & que les Espagnols disent motio, pour mutin. C'est ce que j'avois remarqué sur le mot de mutin, dans la première édition de mes Origines de la Langue Françoise. Et j'ai lu avec plaisir que le savant M. de Caseneuve étoit aussi de mon opinion. Mais j'ai vu avec déplaisir, qu'il ajoute : Si ce n'est que ce mot soit un composé de moveo, & de hutin ; comme qui diroit, meut-hutin : car en vieux François, hutin signifie querelle & contention. M.
MYRABOLANS. Sorte de fruit. De μυροσάκας ; c'est-à-dire, glans unguentaria. Rabelais, 3. 50. Myrobalans, que les Arabes appellent been ; car ils semblent à gland, & sont onctueux. Actius, liv. 1. Βαλα & μυροσάκας, les μυροσάκας γυμίζω. Martial : Quod nec Virgilius, nec carmine dixit Homerus, Hoc ex unguento conflat & ex balano. M.
MYRE. Voyez mire. M.
MYRRE. Gomme. Du Grec μυροσάκας, que quelques-uns dérivent du verbe μυροσάκας couler, découler, parce que cette gomme découle d'un arbre. Mais comme la myrre vient des pays orientaux, je crois que c'est dans les Langues orientales qu'on doit chercher l'origine de ce nom. La myrre se dit ους mir en Ebreu & en Chaldéen ; mora aussi en Chaldéen ; & moore en Syriaque ; mor en Arabe : & dans toutes ces Langues elle a été appelée de la sorte à cause de son amertume ; d'un verbe qui signifie, être amer ; & qui est ους marar en Ebreu, ους merar en Chaldéen, mar en Syriaque, marra en Arabe.
MYSTÈRE. Chose cachée & secrete, impossible ou difficile à comprendre. Du Grec μυροσάκας, qui signifie la même chose. Mais d'où vient ce mot Grec : Plusieurs le dérivent du verbe μυροσάκας qui veut dire, instruire sur les choses sacrées amitter : & ils font venir μυροσάκας de μυροσάκας, parce que ceux qui font initiés, doivent fermer la bouche, & garder le silence sur les choses saintes. Cette étymologie de μυροσάκας ne vaut rien ; car on n'y rend pas raison de la sétère, qui se trouve dans ce mot : mais rien de plus simple & de plus naturel que de le dériver de l'Ebreu ους mirbar, qui signifie un lieu où l'on se cache, une chose cachée, & qui est formé du verbe ους farbar, se cacher, se tenir caché. Les Chaldéens & les Arabes ont le même verbe, & dans la même signification. Mestime, en Arabe, veut dire cache. EFERUS - Recherches & Classification numériques
NABOT. J'ai cru autrefois qu'il venait de nanottus, diminutif de nanus : en quoi j'ai été suivi par M. Lancelot & par le Pere Labbe. Je crois aujourd'hui qu'il vient de napus, qui signifie un navet. Les navets sont gros & courts, tels que sont les nabots : & c'est pour cela qu'un navet a été appellé en Grec *flamen* de *flame*, qui signifie tumeur. M. Lancelot propose une autre étymologie du mot de *nabot*, qu'il a pris de moi : qui est *vulces*, qui, dans l'élévychus, est interprété *pygmies*. D'autres, entre lesquels est Bourdeloë, dérivent *nabots* de *vulces*. Encore une fois, *nabot* vient de napus. *Napus*, *napottus*, *nabottus*, NABOT. Les Éspagnols difent, *nabo*, pour dire un navet : ce qui ne favorise pas peu mon étymologie. *M.*
NABOT. Puisque M. Ménage a jugé à propos de faire venir *nabot* de napus, ne seroit-il pas aussi permis de le faire venir de *nabe*, mot Alleman qui signifie un moyen de roues. On fait qu'il est parlé dans notre Langue un grand nombre de mots Allemans ou Teutons. Un *nabot* ressemble bien autant à un moyen de roues qu'à un navet ; & un moyen donne assez bien l'idée d'un petit homme courtoit. On peut ajouter, qu'il n'est pas besoin ici de substituer un *b* pour un *p* : ce qui favorise encore cette étymologie. *
NACAIRE. C'étoit une espèce d'instrument à fouiller, comme haubois, ou trompette. Froissart, vol. 1, chap. 13, parlant du jeune Despenser, que le Roi d'Angleterre faisoit mener-prisonnier : *Et le faisoit ainsi mener par dérision par toutes les villes où ils passaient, à trompes & nacaires, pour luy faire grand despot*. Caseneuve.