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03.0 Dictionnaire etymologique — ORES – PARQUET

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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ORES. Maintenant. En Espagnol on dit aorā, & en Languedoc are. Ces mots sont formés, par contraction, de hac hora. Et dans les anciennes Chartes on trouve souvent écrit, de hac hora in aurea, pour ce que nous disons d'ores-en-avant. Caffeneuve.
ORFEVRE. Du mot d'or, & de celui de févre, vieux mot François, qui signifie ouvrier, & qui a été fait du Latin faber. Alain Chartier, dans le Livre de l'Espérance, ou Confoliation des trûle Vermis: Est-il advenant la deloure l'émouve contre le Charpentier, ou le martiau se rebelle à son févre, & luy demande manche plus à son appétit, que au prouette de l'ouvrage? Du nom orfèvre, on a fait le verbe orfavevrer. Philippes de Commines, liv. 1. EFERUS - Recherches & Classification numériques 262 ORF. ORG. Chap. 3. parlant de la bataille de Mont-l'héry : C'estons tous Archers orf. orf. & bien en point. Malherbe a dit : Ces Archers aux cacaques petites. M.
ORFIS. On appelle ainsi en Normandie le poisson que les Latins appellent acus ; & les Grecs, Badiere ; & les Languedociens, aiguille ; & les Espagnols, aquilla ; & les Vénitiens, acicula : à cause de son bec long, menu, & pointu comme une aiguille, dit Rondelet. Rondelet ajoute, qu'on'appelle en Normandie arphyes. On l'y appelle orfis, comme il vient d'être dit. Et on l'y appelle de la sorte, de l'Alleman hornisch, c'est-à-dire poisson cornu, dit M. Bochart. M. bien chauds, & les appliquer au lieu de la douleur, les singulants avec un peu de poudre d'orthus. On fait qu'il y a des gens qui vantent la merde com- me un remède singulier & souverain contre le mal de dents, & que plusieurs personnes ont essayé ce remède. Le Duchat. ORIERE d'un bois : c'est le même que l'orée d'un bois. D'oraria, fait d'or. Voyez orée. M.
ORIFLAMME. Guillaume Guyart, dans son Roman des Royaux Lignages : Oriflamme est une bannière, Aucun poi plus forte que guimple, De cendai roufuyant & simple & Sans pourtraiture d'autre affaire. Et cette bannière fut ainsi appelée d'aurea flamma. Guillaume le Breton, livré à de sa Philippide : Quod cum flamma habeas vulgariter aurea nomen, 80è. à cause de la flamme d'or qui y étoit empreinte. Pierre Pithou, dans ses Comtes de Champagne & de Brie, page 724. Nos Rois faisoient porter en guerre avec eux la chappe de Saint Martin : com- me depuis ils se sont armez de l'Oriflamme, ou Ori- flamme, déviée du mot flammula, dont une Végée : on plusfol, oriflamme, on oriflamme, des derniers Grees, en Meschopulus, qui en est en un ou un. Et estoit une hant, ou glaive doré, avec une bannière ver- meille au bout, qu'ils avoient accoustumé prendre de dessus l'Autel de Saint Denis en France, par les mains de l'Abbé du lieu, avec grande folemnité, & la bailer en la main d'un preud'homme & vail- lant Chevalier, qui faisoit serment de la garder à l'honneur du Roy & de son Royaume. Cela ay-je ap- prins d'une ancienne harangue faite à un de nos Roys, en prenant cette Oriflamme, & des Annales de Ri- gendus, natif de Languedoc, Médecin de Philippe Dieu-donné, sous l'année M. C. XC. ensemble de l'Histoire de la Bataille de Bovines, describe desors en vers Latins par un Poëte François; desquels il semble que Messrs Raoul de Presle l'a emprunté, pour le rapporter de mot à autre ou Prologue de sa Translation Françoise du Livre de Saint Augustin de la Cité de Dieu, dédiée au Roy Charles Cinquié- me. Voyez Augustin Galland, Avocat au Parle- ment, dans son Traité de l'Oriflamme. M.
ORIFLANT. C'est ainsi qu'on nomme un éléphant dans nos anciens Romans. Rabelais, liv. 1. chap. 16. parlant de la jument de Gargantua. Car elle étoit grande comme six oriflans. C'est une cor- ruption d'éléphant. Eléphant, olifant, orifant, ORI- FLANT. Le Duchat.
ORIGINAL. D'originale. Les Glofes : Ori- ginale, original. M.
ORINE. Dans la Farce de Pathelin : Hen hen, quel mefanger vous esles! Vous n'en yftriez pas de l'orine Du pere. C'est une contraction du mot origine. M.
ORIPEAU. Les Italiens disent orpelle; que la Crucica Bérive d'oro, & de pelle. M. Ferrari le dérive plus vrai-femblablement d'avri petalum. M.
ORIPEAUX. Les Angevins appellent ainsi une forte de mal d'oreilles que les Parisiens appel- lent orillous. Frere Jean des Entomeures, dans Ra- belais, liv. 1. chap. 39. Je n'étudie point de ma part. En nostre Abbaye nous n'étudions jamais de peur des asripcaux. Ce mot est aussi en usage dans la Baffe-Normandie. Je le tiens une paragoge d'aur- ris. Auris, auripus, auripellus. Joubliois à remar- quer, que le peuple de Baffe-Normandie prononce omipeaux. M.
ORMAYE. D'ulmetum. M.
ORME, d'ulmus. ORMEAU, d'ulmellus. En Anjou on prononce encore oumeau. M.
ORME. Juges de desfous l'orme. C'est-à-dire, petits Juges de village, qui n'ont point de Tribu- nal : en Latin, Pedanesi Judices : en Grec, Xaque- lenaea : qui tiennent leur Jurisdiction la plupart du tems devant la porte du manoir Seigneurial, & sous quelque orme, chêne, ou autre arbre. Voici ce que Loyfeau en dit au chap. 10. de son Traité des Seigneuries : La porte est prise dans l'E- criture pour l'auditoire des Juges, parce que c'étoit- la que les Juifs redoient la Justice. Ainsi en Fran- ce, la Justice de la Maison du Roi s'exerçoit ancien- nement à la porte de son palais, & s'appelloit les Pleds de la Porte : & il se voit communément, que les Justices des Seigneurs se tiennent à la porte de leur maison, d'ordinaire sous quelque orme qui s'y trouve planté : pourquoi les Juges de village sont communément appelés Juges de desfous l'orme. Et l'antique Comédie de Querolus dit que de roborn Sententias dicunt, & sont dits Juges de sous l'or- me, ad differentiam majorum Judicum qui habent jufum tribunal. Dans quelques autres Coutumes ils sont appelés simples Voyets, parce que n'ayant point d'auditoire fait exprès, ils rendent la justice en la voye. De Brieux, Orig. de quelques Cout. anciennes, p. 60.
ORMIER. C'est de l'or pur; non mêlé. Le Roman de Garin : Grant fu l'offrande du Baron Chevalier. Girbert offrit qu'arty bezans d'ormier. D'aurum merum. Voyez M. du Cange. M.
ORNE. Riviere qui passe à Caën. D'Olena, qui se trouve dans Ptolomée. Quelques-uns déri- vent Olena du vieux mot Gaulois elin, qui, selon Camden, signifie coude; parce que cette riviere est tortueuse & courbe en forme de coude. Elin vient d'ores. Cette remarque est de M. Huet, Evêque d'Avranches. S. Add.
ORNIERE. D'orbitanaria, inusité. Orbita, orbitana, orbitanaria. Ou plutôt: Orbita, orbitina, orbitina, orbitinaria, ornaria, ORNIERE. M.
ORO-JE-LE-VOY. Cri des Fauconniers. Bourdeloz le dérive d'iso, video : qui est une éry- mologie sans apparence. M.
ORPIDON. Ce mot se dit en Bourgogne d'une femme mal-propre. Rabelais, 1. 49. a dit loupidon. Puis s'en alla le pauvre colérique... Puis passant l'eau au Port Huaux, & racontant ses mo- ses fortunes, fut avisé par une vieille loupidon, que son Royaume lui seroit rendu à la venue des Coqueci- grues. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques 264 ORP. ORT. ORV. OS. OSC. OSE.
ORPIDON. Peut-être de horridus, d'où l'on a fait ord. Horridus, horripidus, horripidi, horripido: Horripido, horripidonis, horripidone, ORPIDON. Ensuite on y a inféré l'article; ce qui a fait l'ourpidon, suivant l'ancienne prononciation: comme en cousté & cousté; au lieu de cousté & cousté. L'italien dit lordo, pour ord; & lordone, pour un sale villain. La Duchat.
ORPIMENT. D'auripigmentum. C'est ce que les Grecs appellent iussus. Nous l'appellons aussi orpin. Voyez orpin. Les Espagnols disent, orpi-mente, par métaplasme, au lieu d'orpimento. M.
ORPIN. Herbe, que les Latins appellent telephium, & crassula major, & auripigmentum. ¶ Auripigmum, auripigminum, auripinum, ORPIN. M.
ORTEIL. Par corruption, pour arteil. D'articulus. Ce mot se dit plus communément du gros doigt du pié (que les Latins appellent allux), & du petit doigt du pié. Le gros orteil: le petit orteil. Des autres doigts, on dit ordinairement, le second doigt du pié; le troisième doigt du pié; le quatrième doigt du pié. ¶ D'articulus, les Latinifeurs ont fait ortilus. M. du Cange en cite un exemple dans son Glossaire Latin, au mot ortili. M.
ORTOLAN. Oiseau. De l'italien ortolano, fait du Latin hortulamus: à cause que les ortolans habitent volontiers dans les haies des jardins. M.
ORVIETAN. Contrepoison: ainsi appellé d'un Charlatan d'Orviète, ville d'Italie. Ce Charlatan vivait à Paris il n'y a pas long-tems. Voyez mes Origines Italiennes, au mot orvietano. M.
OS-CORBIN. Galton de Foix, dans son Miroir de la Chaise, fol. 37. v°: Os-corbin; os au-dessus du trou du cul. De sa ressemblance à un bec de corbeau. M.
OSCHE. Nicot: Osche; c'est cette petite taillade & crénelette qu'on fait en nombrant sur une petite taille de bois: qui est la façon des villageois, & de ceux qui prennent quelques denrées à crédit chez quelque Marchand: créna. Hermolaus Barbarus sur Pline, liv. 2. chap. 37. Les osches d'une taille, cerné tallex. ¶ Ce mot est fort en usage en basse-Normandie. Voyez coche, & ceste-mal-taillée. Les Flamans & les Anglois disent nocke. M. Voyez hoche.
OSCHER. Nicot: Oscher, est faire des osches en une taille, dont le donneur garde la moitié; & le preneur, l'autre; pour tenir compte de quelque chose. Voyez osche ci-dessus. M.
OSEILLE. D'axalis, fait d'axalis, formé d'axil, acetum. Les Italiens l'appellent acetosa: & les Normans, surelle; de sur, qui signifie acide. Dans l'Anjou & dans la Touraine, on l'appelle de la vinette: & en Angleterre, sewer; c'est-à-dire, acerba. M. Voyez ci-dessous ozeille.
OSER. D'aussare: d'où les Espagnols ont aussi fait oser. ¶ Audeo, ausus, aussare. M.
OSER. On lit toujours auser dans les vieux Rabelais. La Duchat. Onagrius, Saxonum Dux, cum navoli hoste Ande- gavis civitatem vehic. Et au chap. 17. Praeopis an- tem Rex hosti suo, ut nec cibum, &c. Et au chap... Domi cum Rege suo, nomine Cochlago, cum na- vale hoste per altum mare Gallium appetunt. Or- deric Vital, livre 9. de son Histoire Ecclésiasti- que: Mos est Gentilium in hostem copiosas opes de- ferre. Caſeneuve. O T. Voyez host. M. OSTAGE: ou plutôt O T A G E. Voyez ci-deſſus bêtage. Caſeneuve. OSTER: ou plutôt OTER. La ſignification de ce verbe est mainteſſant fort générale. Aucienne- ment il ſigniſſoit ſeulement deſendre à quelqu'un le chemin, & s'oppoſer au paſſage; ou, pour ſe ſer- vir du même verbe, ôter la ſaculté, ou la liberté d'aller par un chemin. Il vient de obſtare, c'est-à- dire empécher & réſiſter. La Loi des Ripuariens, tit. 80. Si quis Ripuarius ingenuum Ripuarium de via ſua obſtaverit, xl. ſol. culpabilis judicetur; aut cum vi jurat, quod ei viam ſuam cum armis nun- quam contradixerit. Et la Loi des Allemans, tit. 98. Si perarius ligatus de via obſtatus vel battutus fuerit. Caſeneuve. Voyez ci-deſſous ôter.
OSTROGOTHS. C'est-à-dire, Goths Orien- taux. Voyez Paſquier, 1. 8. M.
OTAGE. Voyez host. M.
OTELLES. Terme de Blaſon. Ce ſont des bouts de fers de piques, qu'on a appellés amandes petites; par abus; parce qu'ils en ont la figure, dit le Pere Méneſtrier. M.
OTER. De hauſtare, fait de hauire. Hauire, hauſi, hauſtum, hauſtare, O T E. Henri Etienne, Trippault, à Nicot, qui le dérivent d'ouſſus, n'ont pas bien rencontré. M. du Cange le dérive d'ob- ſtare. M. Voyez ci-deſſus oſter.
OTER. Eccard, page 133. de ſon Leges Fran- corum Salice, ſur ces mots du Titre 33. De via Lacina, n°. 1. Si quis Baron viam ſuam obſtave- rit. Obſtare, impedire denotas. Si autem alicui adi- tum ad aliquid impedio, demo illi rem deſideratam. Hinc Gallicum ôter, ab obſtare ſermatum, pro de- mere, auferre, in uſum venis. Le Duchat.
OTFRID. Nom d'un célèbre Moine Alleman, qui a mis les Evangiles en vers Tudeſques rimés, & qui est quelquefois cité dans cet Ouvrage. Son nom est Teutonique, & ſignifie, ſelon Wachter, deſenſer felicitatis. Il vient de od, bonheur, fél- cité; le d changé en r, qui est une lettre de même organe; & du verbe frieden, protéger, défendre. Voyez Wachter, dans ſon Gloſſaire Germanique, aux mots od & frieden.
OTHON. Nom d'un Empereur Romain, & de plusieurs Princes Allemans. Il est remarquable que ce nom, qui ſemble être propre à la nation Germanique, ſe trouve auſſi un nom Romain. Wachter reſtout cette difficulté, en dérivant Orbon de od, qui, dans la Langue Celtique, ſignifie Temc II. exculent, éminent, ſuivant le témoignage de Bot- homius, dans ſon Lexicon Antique-Britannicum. La Langue Teutonique vient en partie de la Cel- tique; & on fait que plusieurs mots de la Langue Latine en viennent auſſi. Od ſigniſſe en Teutoni- que, biens, richeſſes, félicité; & apparemment que ces dernières ſignifications ſont dérivées de la ſignification Celtique. Voyez Wachter, dans ſon Gloſſar. German. au mot od.
OTION, ou AUTION. Riviere d'Anjou. D'Altrio. C'est ainſi que cette riviere est appellée dans les titres Latins. M.
OU. Adverbe de lieu. D'ubi; dont les Ita- liens ont auſſi fait ove. Ubi a été fait du Grec 2. M.
OU. Conjonctiou. De l'Italien; fait du La- tin aut. Les Allemans diſent oder. Les Italiens di- ſent evero; d'aut verum. M. OUA I. Sorte d'interjection. Du Grec ad, qui ſe trouve dans Euripide; & du Latin obe, qui ſe trouve dans Horace, Serm. I. 1. Satyr. 5. Obe, jam trecentos ingeris. Huet. OVA LE. D'ovulis: à cause de ſa reſſemblance à un œuf. Les Eſpagnols diſent ovado. M.
OUATÉ. Sorte de coton, dont les femmes garniſſent leurs robes. M.
OUATÉ. On prononce onette en Province. La Note ſur le vers 44. du Chant IV. du Lutrin de Boileau, veut que la onate ſoit proprement ce mol duvet dont parle Rabelais, liv. 1. chap. 13. & qu'il eualte ſi fort dans les oïſons; & que ce mot vienne d'ome; comme nos anciens diſoient, pour oie, ainſi qu'onette pour oïſon. Mais la onate n'eſt pas de la plume, mais de la bourre de ſoie: d'ail- leurs onate eſt un mot nouveau; & je ſouçonne qu'il pourroit bien être Indien ou Perſan, puſique dans ces pays-là, d'où viennent tant d'étoffes de ſoie, la onate doit être d'un grand uſage pour four- rer les veſtes, qui y ſont ſi communes. Le Du- chat.
OUATREGAN. Canal. C'eſt un mot Fla- man. Voyez M. du Cange, au mot Watergan- ga. M.
OUBLIAGE. Droit d'oubliage. Voyez ci- deſſus obliage. M.
OUBLIES. Les hoſties, ou pain à chanter, que les Prêtres conſacrent à l'Autel, étoient ap- pellées oblata. Fulbert, Evêque de Chartres, ép. 1. Multa oblata propere vota offerentium, unus panis eſt propere unitatem Corporis Chriſti. Le cinquième Concile d'Arles, Can. 1. Ut oblata, qua in ſacre offeruntur altari à comprovincialibus Episcopis, non aliter niſi ad formam Arelatenſis offerantur Eccléſia. Et parce que les oublies de cuiſine & de pàtiſerie ſont faites de la même façon, elles furent auſſi appellées oblata. Geoffroy, Abbé de Vendôme, liv. 1. en décrit ainſi la façon: His panibus, quot oblatas appellant, conſciendis pariter & coquendis exhibebas miniſterium. Cumque ille inſtrumentum ſer- L1 EFERUS - Recherches & Classification humériques reum, ut sape vidissis, hujusmodi panibus coquendis calefecisset, & illas ferri patenas, qua sibi concatenata artificiosa diligentia nunc aperiuntur, nunc relaxantur, suscipendis qua coquenda eram, aperiusset. Frideric landembrog, dans son Glossaire sur le Code des Lois barbares, rapporte ces paroles d'Ison, de Miraculis S. Othmari, liv. 1. chap. 3. Quadam panis rotula, qua vulgo oblatæ dicuntur. Burchardus, chap. 6. N. hebdomadae Paschali, etiam in meridie, vnum & oblatas fratribus dari constituit. Cafeneuve. O U B L I E S. Par corruption pour oblayes. D'obla-ta: à cause de leur ressemblance aux hosties. Jean, Moine de Marmoutier, en la Vie de Geoffroy le M. Comte d'Anjou, page 50. Ventum erat ad epulas: & forte unus eorum qui in deliciis convivis panem ex simila conspersa ovis, & contuso pipere aspersa, solent ad gula irritamenta componere, aderat: & his panibus quos oblatas appellant, consciendis pariter & concouendis exhibebat ministerium. Goldstat, dans ses Alémanniques, tome 1. partie 1. page 214. Oblaten, sunt panes rotundi & cyus, quos olim in Ecclesia offerebant Christiani & voic aymus, ut loquitur beatus Judas Apostolus. Quos si consectabant, hostia dicebantur: si aymus conuens, & benedictus distribuebant in fratres. Eulogia: à posterioribus, oblatæ, ab offerendo. I. de Miraculis Sancti Othmari, libro 1. capite 3. Quadam panis rotula, quæ vulgo oblatæ dicuntur. Frequens earum apud Alamannos, sed in usum propanum, confectio: retinentque nomen antiquum. Jean de la Coste, à la fin de la Préface de son Commentaire sur le titre, au Code de Jure Emphyteutico: in hac vero Provincia, quasi invissum & obloquim sit Censis, id est, tributi, nomen; quemadmodum tributum quod Superindictum dicebatur, mutatum fuit in Canonis nomen, Lege prima, Codice Theodosiano de Ind. lenitate verbi tristitiam rei mitigamus; & census vocamus oblatas, quasi sint oblationes, & munera quadam; ut panes dulcario opere ex simila & saccharo confectus; quos etiam vulgo nominamus OUBLIES; oblatas, dictos fuisse, me docuit Joannes, Monachus majoris Monasterii, in Historia Gavridi, Ducis Normania & Comitis Andegyvia, libro 1. his verbis: His panibus, quos oblatas vocant, consciendis pariter & coquendis exhibebat ministerium. Cumque ille instrumentum ferreum, ut sape vidissis, hujusmodi panibus coquendis calefecisset, &c. Apud nos igitur obliæ dicuntur quasi oblatæ; qua & obligæ, in veteri instrumento, quod Pruditus auctor Notarum in Marculphum dedit ad Formulam XV. lib. 2. ubi obligæ, vel obliæ separantur à censu. Dans les anciens Arrêts du Parlement de Paris, portant Réglemens pour les Maîtres Pâtissiers de la ville de Paris, les oublies y sont appelées oblayes, & les Oublieurs y sont nommés Oblayeurs. Cafabon se trompe, dérivant oublie d'icusiæ, forte de pain. C'est dans le chapitre 25. du livre 3. de ses Animadversions sur Athénée. Voici ses termes: Solebar autem hic panis ita comedi, ut hodie oitur qui in Galliis vocatur oblies, à Greca voce icusiæ. Les Médecins de Lyon semblent être cependant du même avis: & coctura modo, disent-ils dans leur Histoire des Plantes, page 381. fit & panis obelias: quem vulgus eodem tere nomine vocat des oblies. ¶ Et Trippault est absolument du même avis dans son Cels-Hellénisme. Je remarquerai ici en passant, qu'Hésychius interpretant le mot icusiæ, dit que c'est du pain cuit sur de petites O U B. O U C. broches: & proctus in dicuntur in his libris. ¶ Sylvius, dans son Introduction à la Langue Françoise, page 78. s'est fort bien aperçu qu'oublie avait été fait d'oblatæ. Du François oublie, les Latinifieurs ont fait obliæ, qui se trouve dans un Titre de 1086. inséré dans le Bibliotheca Floriacensis, feuillet 24. Panis qui dicuntur obliæ, meditas ad Capellanum, altera ad Monachus, &c. Et dans Geoffroy du Vigeois, page 329. du second Tome du Bibliotheca Nova du P. Labbe: Sum qui depravant eulogias, quas vocamus obliæ & hostias, &c. Voyez le P. Labbe dans ses Origines Françoises, & M. du Cange dans son Glossaire Latin, qui dérivent aussi oublie d'oblatæ. Voyez aussi le P. Sirmond dans son De Azymo & fermentato. Nous prononcions anciennement obliæ. Le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le P. Labbe: AODA: creſſe de farine de froment, ou pure fleur de farine, de quoy l'en fait les obliæ. J'oubliais à remarquer, que du Latin oblatæ, les Espagnols ont aussi fait obliæ, & les Italiens oblatæ. M. O U B L I E T T E S. Prison perpétuelle où l'on condamnait autrefois certains criminels en France, dit Richelet; comme voulant dire que dela en avant un tel criminel étoit du tout oublié. D'autres veulent que les oubliettes soient un supplice où le condamné tombe sous des roues garnies de rafoirs qui réduisent sa chair en petites oublies. Ce supplice est décrit par Mezeray sur la fin de son Abregé de la Vie de Louis XI. Je crois qu'il a été appelé de la sorte d'oblatette, diminutif d'oblatæ, dans la signification de petites hosties de forme ronde; & que ce nom lui a été donné, soit à cause de la forme ronde de cette infinité de petits rafoirs qui fervoient pour ainsi dire à moudre le criminel, soit à cause de la forme des zests à quoi tout son corps étoit réduit par le moyen de ces rafoirs. Le Déchat. O U C H E. On appelle ainsi en plusieurs Provinces de France; dans l'Anjou, dans le Maine, dans la Touraine, & dans le Berri, un Jardin fermé de hayes, & planté d'arbres, sous lesquels on fême des légumes, ou du chanvre. D'ulca, ou olca, qui se trouve en cette signification dans Grégoire de Tours, de Gloria Confessorum, chapitre 69. Evat autem, haud procul à Basilica, campus tellure fucundus; tales enim incola (il parle des Champenois) olcas vocant. Dans le Tabularium Vindociense, chapitre 240. Dedit de terra sua quantum duo boves confueris fationibus arare possunt, & duas alias periones terra, quas rustice olchas vocant. Ives de Chartres, Epître 172. fait mention d'une Paroisse du Diocèle de Chartres, appelée Ulcba. Du mot François ouche, qu'on a dit pour ouche, les Latinifieurs ont fait ofca, ou ofcha. Une Chartre de l'Abbaye de S. Mémin à de l'année 1181. Ego Andreas, Deigratia Beati Maximini Abbas, & totum mecum ejusdem Ecclesia Capitulum, &c. Notum, &c. quod quadraginta & olio arpema terra Anfolo tradidimus excolenda. Tali modo ea colenda fufrepit, quod ipfe in eadem terra hebergagium habeat: in quo hebergagio duo arpema pro ofca habebit. Une autre de la même Abbaye, de l'année 1240. Pro uno quoque hebergagio ad Natale Domini oblitus nobis reddent. Videlicet, EFERUS - Recherches & Classification numériques numm foxtarium ordei, numm caponem, numm denatium, numm panem. Proceræa, de singulis ofchis suis nobis reddam decimam, &c. Ochia, se trouve en la même signification. Une Chartre de 1170. rapportée par du Chesne dans les Preuves de son Histoire de Broyes: Ego reddidi N. . . . in ochiis videlicet, & mafsuris, & terris, decem folidos de censu ad fœtum Sancti Johannis. Olchia, & ofchia, & ocha, se trouvent aiiffi. Voyez M. du Cange au mot olca. ¶ Il y a plusieurs lieux en France qui s'appellent Des-Ouches. Et à ce propos, je remarquera ici que l'illustre M. de Souches, Général de l'Empereur, & Gouverneur de Croatie, s'appelloit de Souches, par corruption au lieu de des Ouches. Je veux dire, qu'il s'appelloit des Ouches en sa Seigneurie; car son nom de famille étoit Rami. Il étoit fils d'un nommé Rami, Bourgeois de la Ville de la Rochelle. M. O U C H E. Nom d'une rivière du Duché de Bourgogne, & qui passe à Dijon. Ouche, & en ajoutant l'article l'Ouche, en Latin Oscarus, ou Oscara, suivant les divers manuscrits de l'Histoire de Grégoire de Tours, avant lequel nous n'avons nul Auteur qui ait parlé de cette Rivière. Le bon Robert Cœnalis appelle l'Ouche Oclodoram, sans qu'on puisse en deviner la raison. Un Auteur folatre, se fondant sur l'étymologie fabuleuse de D. via, à Divis, comme si durant la guerre des Gênes, Dijon, & non pas Memphis, avoit servi de retraite aux Dieux, à supposé plaisamment que chaque Dieu s'étant choisi pour son habitation un quartier dans cette Ville, le Forgeron Vulcain, mari de Venus, avoit fait élection de domicile dans la rue qui de-la est appelée la rue des Forges: que Venus, à cause de la malpropreté du métier de son époux, étoit obligé d'aller au bout de la rue se mirer à un coin, nommé par cette raison se coïg du miroir; mais qu'elle ne put longtemps jouir de cette commodité, parce que Junon & Pallas ayant toujours sur le cœur l'affront qu'elle leur avoit fait de leur avoir enlevé le prix de la beauté, lui cassèrent de dépit son miroir, enforté que la pauvre Déesse fut réduite à s'aller mirer dans l'Ouche: qu'alors ses deux ennemis triomphèrent, la tournant, autant qu'il leur étoit possible, en ridicule, trouvant en elle des défauts qui n'y étoient point, & voulant à toute force, parce qu'elle avoit l'œil fripon, la faire passer pour louche. Ce qu'elles répéterent si souvent, que le nom en est demeuré à la Rivière, où cette belle Déesse prétendue louche, se miroit. Je renvoie ceux qui chercheront des remarques plus sérieuses, à la Notice des Gaules d'Hadrien de Valois, pag. 393. & 394. me contentant d'ajouter, qu'onche, en bas Latin olca, & ofca, signifiant une terre labourable, la Rivière d'Ouche, qui passe le long de plusieurs de ces terres, a de la vraisemblablement tiré son nom. Glossaire sur les Noëls Bourguignens, au mot Ouche. Il y a une petite contrée de Normandie, qui se nomme le pays d'Ouche. Apparemment aussi du bas Latin olca ou ofca, parce que c'est un pays de terres labourables. O U C L A G E. Vieux mot, qui se trouve dans la Coutume de la Rochelle, en la signification de douaire. La femme après le décéd de son mari, a son choix de soy tenir à ses droits de mariage: qui sont, ce qu'elle a apporté à son mari, ou l'estimation qui en a été faite; avec ce qu'il lui a donné pour son onélage; avec ses anneaux, bagues, soyaux, OUD.OUE.OUI.OUL.OUR.267 & habillement de son corps: ou de soy rendre commune et biens meubles, et acquiesc immeubles, fait durant le mariage dudit deffonit & d'elle, &c. D'osculagium, fait d'osculum. La Loi XVI. au Code de Donationibus ante nuptias: Si a sponso rebus sponsa donatis, interveniente ofculo, ante nuptias hunc vel illam mari corrigeris, &c. Ofculo vero non interveniente, sive sponsus, sive sponsa obieris, totam informari donationem, & donatori sponso, vel herodibus ejus restitui. Quod si sponsa, interveniente, vel non interveniente ofculo; donationis titulo, quod raro accidit, fuerit aliquid sponso largita, &c. Une Chartre du Monastère d'Uferche, de 1068. rapportée par M. Justel dans les Preuves de la Maison de Turenne, page 25. Puerberga, Vicecomitissa, uxor Archambaldi Vicecomitis, &c. dedi Monasterio Ucercensi duos marsos, &c. quos dedit mihi Archambaldus, senior mens, in ofculo. Un Acte de 1374. inséré dans les mêmes Preuves, à la page 115. Quas summas dicta Domina Joanna de dacalitis & ofculo haber super bonis dicti quandam Raimundi de Banato, ejus primi viri, &c. Un autre Acte de 1298. inséré parmi les Preuves de la Maison d'Auvergne, page 177. Dedit uxori, nomine dacaliti, ofcili, seu donationis propter nuptias, &c. M.
OUDINS. Nous prononçons en Anjou bondins. C'est le rufcus des Latins, & le fupetis d'ou des Grecs. M.
OUDON. Rivière d'Anjou, dans le Craonois. D'Uido, ou Uidonium. Voyez Nuaifean. Il y a en Basse-Normandie une petite rivière qui passe à Caen, laquelle est appelée Odon, en François; & Uido, en Latin. M.
OUEILLE. D'ovicula. M.
OUEST. Le vent d'Ouest. De l'Alleman, du Flaman, ou de l'Anglois, West. Voyez Sud-ouest. M.
OUI. Voyez ony. M.
OULE. Vague de mer. D'undula: & non pas d'unda, par le changement du D en L, comme le veut Nicot. M. O U L E. Mot. Gafcon, qui signifie marmite. D'ola. M.
OURAGAN. On m'assure que c'est un mot Indien. M.
OURAGAN. Huracan, en la Langue de l'Isle Espagnole, vaut autant à dire comme un fort mauvais sens, ou une tempête étrange, n'estant en effet autre chose qu'un grand tourbillon de vents impétueux, entremêlé de pluye. S. Goulart, Hist. adm. & mem. tom. 2. pag. 771. édit. de 1620. Le vent, nommé Uracan par les Indiens, souffre redinairement au mois d'Août, Septembre, & Octobre, aux environs des Isles de la Havane, & de la Jamaïque, à quelques vingt lieues de l'Isle S. Dominique. Ce mot Uracan est un vocable des Infulaires, lequel signifie en leur Langue les quatre vents joints en fem- L 1 1 EFERUS - Recherches & Classification numériques 268 OUR. OUS. OUT. ble, & soufflans l'un contre l'autre. Histoire véritable de certains Voyages périlleux, &c. Nietr. in 16. 1596. page 75. Le Duchat.
OURCHE. Rab. liv. 1. ch. 11. Au louche, à la renette, au barignin, au tristrac. Et liv. 3. ch. 12. Je suis Jean? dit Panurge. Rien, rien? répondit Pantagruel: je pensais au jeu du lèche & triquetrac. Ant. Oudin a fait mention de ce jeu de tristrac, que le Dictionnaire Anglois de Miège prétend être le même que nous nommons aussi bredouille. Et dans son Dictionnaire Fr. & Ital. il l'a rangé sous l'1, & sous l'o, pour preuve que de son tems on le nommoit louche & ourche. Du Latin, orca, qui tantôt signifie un gros tonneau, tantôt un cabas à mettre des figues, & tantôt le cornet où l'on agite les dez' dont en joue au triquetrac. Le Calepin au mot orca: Quidam etiam orcam accipium pro vasculo Luforio, quo conjelli tali, agitatique, remittuntur in tabulam alcatariam; quod à Martiale dicitur turricula. Persius, Sat. 3. — Angusta collo non fallier orca. In hoc tamen loco Persii scribit Cornutus, orcam, vasis genus esse, collo angusto, in quo nucas jaciebantur distanti ex loco; & qui certo jailu missetbat, villor habebatur. Le Duchat. Voyez ci dessus louche.
OURLET. D'orletum, diminutif d'orlum, fait d'ora, c'est-à-dire bord. Ora, orula, orulum, orlum, orletum. Les Italiens disent encore aujourd'hui orlo, pour signifier la lisiere d'une étoffe. Voyez bord. M.
OURVARI. Du bas-Alleman her-weer, qui signifie deja, ou, impérativement, retourne: qui est ce que les Chasseurs en Allemagne crient à leurs chiens pour les rappeller. M. du Cange, qui le dérive de scandalum, n'a pas bien rencontré. M.
OUSANE. Comme les branches de Palmier ne se trouvent point dans nos Provinces, & que le buys y est fort commun, le peuple nomme l'oussane cet arbre & ses branches, qu'il porte à l'Eglise & dans les Processions le jour des Rameaux. De hosanna. Chevrana, tom. 1. Amst. 1700. page 81. Le Duchat. Voyez ci-dessus hosanna.
OUTARDE. C'est une espèce d'oiseau. Les Grecs l'appellent vivis, parce qu'il a des plumes qui ressemblent à des oreilles. Les Latins, selon Pline, le nomment asio. Quelques-uns veulent que ce mot soit formé de l'accusatif vivida. Mais H. Etienne, dans son de Latinitate salio suspecta, veut qu'il soit composé d'avis tarda. Et en effet, quelques-uns l'appellent Tarda; parce que, comme dit Xénophon dans Athénée, il vole si peu, qu'on le peut aisément prendre à la course. Le Glossaire: Avis tarda, vivis. Papias: Avis tarda; où qu'on gravis volatu sit. Caseneuve.
OUTARDE. Le Perroniana: OUTARDE. Oysseau, de la grandeur d'une oye, & plus. Il vient de oye tarde: car anciennement on disait que, pour oye: témoin la Rue aux Oues en notre voisinage, que quelques-uns appellent mal la Rue aux Ours. Elle est nommée Rue aux Oues, à cause des cèdres roisseries, où l'on faisait roiser ordinairement quantité d'oyes, qui estoient les délices de nos peres: O U T. O U U. ni ses termes, qui sont de la page 17. de son introduction à la Langue Française: *Ultra*, *oulre*, *oultrage*; *id est*, *injuria*: *ab ultragium*; *quod he- me ultra quam satis est agatur* & *impellatur in al- sum*: *oultrager*, *injuria afficare*, & *verberare in- jufis*. M.
OUTRAGER. Joachim Périon le dérive d'*o- vri- tes*, qui signifie *blesse*. Quelques autres veulent qu'il soit formé d'*ultra agere*. L'opinion de ceux qui tiennent qu'il n'est fait que d'*ultra* seul, me plaît mieux: *car outrager*, c'est commentre un excès de fait ou de parole; *ou- re*, c'est-à-dire *au- dela de la raison* & *du devoir*. Caïeneuve.
OUTRECUIDE. Qui pense & qui entre- prend au-delà de ce qu'il est & de ce qu'il peut. Joachim Périon le fait venir de *volée*, *même*, qui signifient *glorieux*. Mais je crois qu'il est formé d'*ultra*, & de *kidans* & *kedanka*, qui signifient *pensée* en ancienne Langue Teudifique, comme j'ai fait voir sur le verbe *Cader*. Ainsi *entrecuidance* est comme qui diroit, *ultra kedanka*. Caïeneuve.
OUTRECUIDE. Voyez *cuider*. M.
OUTREMER. Sorte de couleur bleue, fort nécessaire aux Peintres. On la nomme *outremer*, parce qu'elle vient du Levant. Richelet, *Le Du- chat*.
OUTRER. Pousser les choses trop loin, & au-delà de la mesure raisonnable. Du Latin *ultra* au-delà. On dit *outrer* quelqu'un, c'est-à-dire l'*ir- riser*, parce qu'alors on le pousse avec excès, & qu'on met sa patience à bout. *
OUUAILLE. George de la Boutiere, Autu- nois, dans sa traduction Française de Suétoine, Lyon, 1556. ch. 18. de la Vie d'Auguise: *Car certes la cité non ornée pour la majesté de l'Empire*, & *maïsme fort fugeste a inondations*, & *onnailles de feu*, il *repara tellement*, que ... *Ce fugeste à onnailles de feu* répond au Latin *incenditis obnoxium*. Le même traducteur emploie souvent ce mot *onnaille* dans la signification d'un grand incendie dont les flammes ressemblent aux ondes d'une mer agitée. Il vient, par métaphore, d'*undula*, comme *able* plus bas dans Ménage. *Le Duchat*.
OUVIERE. C'est dans les oiseaux, ce que la matrice est dans les autres Animaux. D'*ovarium*, parce que c'est là que les œufs se forment. *Hue*.
OUVRAGE. D'*operagium*, dérivé d'*opera*. M.
OUVROIR. C'est ainsi que plusieurs gens de métier appellent une boutique. M. du Cange le dérive d'*apertorium*; comme qui diroit *officina aperta*: ou d'*operatorium*. M. OUVROIR: ou comme on dit en Normandie, *Ouvreux*. C'est une boutique. Il vient d'*operato- rium*; comme *doroir de dormitorium*: & non pas d'*apertorium*. Et M. du Cange, qui a proposé ces deux étymologies, devoir bien opiner pour *opera- torium*; sans proposer son *apertorium*, qui peut aussi bien se dire d'une porte cochere, que d'une bou- tique. Une boutique n'a pas été appelée *ouvoir*, parce qu'on l'ouvre; mais par ce qu'on y ouvre: car on a dit *ou- ver*, pour dire *travailler*, *operari*; & c'est de-là qu'est venu notre mot *Jour ouvrier* en Normandie, & à Paris *Jour ouvrable*. Pour confirmer davantage cette étymologie, il faut remarquer qu'il n'y a que les boutiques d'ou- vriers; complice Menuisiers, Serruiers, Boulan- gers, &c. qui s'appellent *ouvriers*; & non pas cel- O U Y. O X Y. O Y E. 269 les des Marchands de Commerce, qui se nom- ment simplement *bonique*. S. Add. O U Y. Pour *etiam*. Quelques-uns le décrivent de *o-vrou*: & d'autres, du participe *ami*: comme qui diroit *andiram est*: je *vous entends*. Je crois qu'il vient de ces deux mots Latins *hoc est*. Présen- tement encore en Gascogne, on dit *oe*, pour dire *ouy*. Et de-là le mot de *Languedoc*. Voyez *Langue- doc*. Au lieu de *hoc est*, on a dit *hoc est*: *oe*, pour *est*: comme le disent les Italiens. Et ensuite, pour *oe* on a dit *oe*: & ensuite, *one*: comme on le disoit à Amiens, & dans le voisinage d'Amiens, du tems de Charles de Bouvelles; c'est-à-dire du tems de François I. comme il paraît par une Lille des dif- férentes façons qui sont entre les Nations touchant cette parole affirmative que les Latins expriment par *ira*; que Charles de Bouvelles a fait imprimer dans son livre de *Differentia vulgarum Lingua- rum*, & *Galici Sermonis varietare*, chapitre 17. & que Henri Etienne a insérée dans son Traité de la Précellence de la Langue Française, page 156. Et enfin, pour *oe*, & *one*, on a prononcé *oe*: & puis *ouy*. ¶ De ce mot *hoc*, pour *ouy*, est venu, comme je pense, cette façon de parler *Cela vous est hoc*. ¶ Nous disons, *dire ouy*, pour dire *consen- tir*. M. O U Y. Par le passage de Froissart que M. Mé- nage rapporte sur le mot *Languedoc*, il paraît que cet Auteur appelle *Langue d'eyl*, le pays que d'autres appelloient *Langue d'eyl*. Ainsi je m'a- magine que *ouy* s'étant autrefois écrit *eyl*, ce mot pourrait bien avoir été formé de *hoc- illud*, c'est-à- dire, cela même; comme *nemy*, qu'on disoit autrefois pour *nemy*, de *non illud*, c'est-à-dire, non pas cela. L'origine François du Songe du Ver- ger, liv. 2. ch. 175. *Certes onyl*; car *lic ont Palais*, *lesquels suffroient pour les Roys*. Le Duchat.
OUYVET. Mot populaire. Par corruption, pour *ouy- voire*. M.
OXYCRAT. D'*oxycratum*, fait d'*i- un par- y*; mot compose d'*i- ci*, qui signifie *vinaigre*, & de *a- u- i- r- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u-
OXYMEL. *i- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- O Y E. Lat. *anfer*. D'*anca*; fait d'*avis*. *Avis*, *avica*, *anca*, O Y E. Le Glossaire Grec-Latin: *xiu*, *anfer*, *anca*. Les Glosses anciennes: *anca*, *al- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- u- Nous prononçons anciennement *one*. Dans la Farce de Parelin: *Vous l'en avez pris par la mort.* *Il doit venir manger de l'on.* EFERUS - Recherches & Classification numériques Et à ce propos, il est à remarquer que la rue aux Ours de Paris s'appelloit autrefois la rue aux Ours. Et on l'appelloit de la sorte, parce qu'on y vendoit des eyes. ¶ Voyez autarde. M. O Y 2. On prononçoit autrefois Oni. C'est de la que sont venus les noms de Piedouï, de Culdone, dont parle Villon, & de Partedouï, dont parle Coquillart. Je crois qu'il vient de l'Arabe maçon. Huet. O Y 2. Petite-eye. Voyez ci-dessous petite-eye. OYSELETS de Chypre. Spatie di profumo, dit Oudin. Avant que d'examinez quel peut être le parfum qu'on nomme de la sorte; il est bon de savoir qu'entre autres Ecrivains François qui ont parlé d'Oyselets de Chypre, un Inventaire, insérée par Dom Lobineau, tom 2. page 311. de son Histoire de Bretagne, fait mention de deux cagettes d'argent voirées, a mettre Oyselets de Chypre. Le Roman du petit Saintré, chap. 43. conte aussi mijl (miftes) Oyselets de Chypre, parmi d'autres odesifiques odeurs, dont les Dames de Barcellone firent présent à Saintré: & il n'est pas jusqu'à Gratien du Pont, Sieur de Drusac, Auteur du feizième siècle, qui dans ses Controv. des Sexes Mascul. & Fem. liv. 2. au feuill. 11. 2. de l'édition de 1540. ne mette les Oyselets de Chypre au nombre des différents parfums dont utoient les Muguettes de ce tems-la. Or voici ce que c'étoit, selon moi, que ces Oyselets de Chypre. Le Moyen de parvenir, chap. 7. intitulé Couples, parle de certaines petites balettes remplies de vent parfumé, que la Courtifane Romaine /uperia falloit crever a propos pour embaucher ses jalans. Ces balettes, dit ce livre, étoient formées par de petites pellicules d'oiseaux, les plus déliées qu'on pût trouver. Or supposé, comme il est vraisemblable, que ces mêmes balettes fuissent de différente grosseur, il se peut que les Parfumeurs les collant l'une contre l'autre avec de la gomme, en compofoient des figures de ces mêmes oiseaux qui avoient foient les pellicules; & que c'étoit ces oiseaux factices qu'on metoit dans des cages vitrées, & qu'on appelloit oyselets de Chypre, par la même raison qu'on appelle poudre de Chypre, la poudre qui sert a parfumer les cheveux. Le Duchat.
OZEILLE. Nous l'avons formé de axalis; qui est le nom Latin de cette herbe; formé du Grec &c, qui signine vinaigre, parce que cette herbe en a le goût; & c'est pourquoi aussi les Italiens l'appellent acetoia. Caseneuve. Voyez ci-dessus oseille.
PACOLET. Cheval de Pacolet. Voyez le Roman de Valentin & d'Urion, chapitre 24. M.
PACQUET. Voyez paquet. M.
PADOU. Sorte de ruban: ainsi appellé de la Ville de Padoue. M.
PAELLE, ou Poille à frire. Comme ceux de Languedoc ont formé padine, qui signifie même chole, de patina: les François de même ont fait poelle de son diminutif patella. Et les Italiens, par la même raison, appellent padella une poelle à frire, car encore qu'ordinairement une poelle à frire soit appelée en Latin farage, le mot patina ne laifle pas quelquefois d'être pris pour un instrument de cuisine où l'on falloit cuire la viande. La Loi Cum de lanionis, ff. De instructio & instrum. legato: Coccabes & patinas in instrumento fundi esse dicimus, quia sine his pulmentarium coqui non potest. Pline, liv. 23. Decouditur in patinis cum sale & adip. Dans Columelle, liv. 12. chap. 43. il y a patina, au lieu de patina. Caseneuve. Voyez poelle à frire.
PAGE. Les Savans demeurent d'accord que ce mot est formé par contraction de padagogium, qui signifie la troupe des Pages & des Enfans d'honneur, ou le lieu où ils sont élevés. Sénèque, epit. 1. 4. Omnium Padagogia velata facie vehantur, ne scilicet illis iter faciemibus sol faciem fuscares. Le même, De Tranquillitare Vita, chap. 1. Perfringit annum apparatus alicujus Padagogii. Et dans le livre De vita Beata, chap. 17. Quare Padagogium vesle pretiosa fucingitur. Ulpien, L. Quasitum est, §. 16. De fundo instruct. vel instrum. leg. Si instructum fundum legasset, padagogique ibi haberet, ut quum eo venisset praest estens, in triclinio legato continentur. Pline, livre 3. de ses Epitres, prend Padagogium pour le lieu où logeoient les Pages. Puer in Padagogia missus pluribus dormiebat. Ammien Marcellin les appelle Padagogianos, livre 29. Adultus quidam ex his quos Padagogianos appellant, ad observandam venaticam predam Spartam canum retinere dispositus. Et au livre 26. In Padagogiani speciem, purpureis operius tegminibus, &c. Où l'on voit que du tems de ces Auteurs, les Pages des Grands étoient vêtus de riches livrées, comme ils sont à présent. Caseneuve. P A G : jeune Gentilhomme qui sert un Seigneur sous la livrée. Il y a diversité d'opinions touchant l'étymologie de ce mot. Est qu' dici puet à Graco waie, dit Nicot. Boxhorn veut qu'il vienne du Perian Bagoei. La plupart des Doctes le dérivent de padagogium. Turnèbe, au chap. 9. du livre VIII. de ses Adversaires: Padagogia, sunt puerorum cæus, id est, servitia puerilis ataxis. Nos hinc pueros nobilium ministrus, Pagios, velus padagogianos puerus, ut Marcellinus nominus, solemnes appellare. Lipse, dans son Excorfus sur le XV. livre des Annales de Tacite, à la lettre B, lui donne la même origine. Et Loiseau, dans son livre des Ordres & simples Dignités, chap. 4. nombre 24. Voici ses termes, par lesquels il paroît que Ragueau a eu la même pensée: premierement, les jeunes Gentilhommes effuient Pages des Seignours, & les jeunes Damoiselles effuient Filles de Chambre EFERUS - Recherches & Classification numériques P A G. P A I. des Dames. Car, comme nous enseigne fort bien Raguan, les Pages, sont pédagogies, sive pedagogiani puer. Il ajoute: Combien que Pinel sur Pisse se dérive de Pagani, vel Pagenes. Cette opinion de Pinel est aussi celle de le Bon. PAGE, dit-il, vient de pages: quod ex viris & pagis famuli. C'est aussi l'étymologie qu'en donne Bourdeloit. Et cette étymologie plaisoit fort à M. Baluze: duquel j'ai appris, qu'en Languedoc & en Gascogne on appelle encore à présent un paysan, page: & que les deux laquais du Collège de S. Martial de Toulon se sont toujours appelées Pages dans les Comptes de la Maison, & non pas laquais. M. Guyet le dérivait de Sabeus, qui signifie un petit garçon. Les Gloises Anciennes: Sabeus, mais: Sabea, maizona. Et cette étymologie lui plaisoit aussi extrêmement. Et il la formait de la sorte: Sabeus, Sabeus, palis, palis, PAGE. Et elle ne me déplaît pas. Quoi qu'il en soit, il est constant que le mot page se prenoit autrefois pour un petit garçon. Le Président Fauchet, liv. 1. de l'Origine des Chevaliers, chap. 1. Au contraire, le mot de Page, jusqu'au temps des Rois Charles VI. & VII. semblent être seulement donné à de viles personnes; comme à garçons de pied. Car encore aujourd'hui les Tuilliers appellent pages, ces petits valets qui sur des pallettes portent secher les tuilles vertes (c'est-à-dire moiles, & fraîchement moulties); parce qu'aucun-sais il leur convient contre & doubler le pas, quand ils les portent loing, pour à point revenir prendre l'ouvrage cependant saisi & moultie par le Maître Tuillier. Aussi le mot de Page volontiers signisait petit, & jeune en ce temps-là. Le Jen-parry, en la Chanson XXVIII. dit: Mieux vaut un jayans que un Page, Et deux dîntes que un terrage. Et possible que les Espagnols, pour cette raison, appellent les Pages Moços; c'est-à-dire jeunes. Mais par l'Histoire & Mémoires de Philippe de Commines, il se voit, que les Pages servant les Princes & Seigneurs de son temps, estoient nobles enfans, qui par-tout suivient leurs maissres pour apprendre la vertu & les armes. En France, il y a cent ans, que les Pages vilains, allans à pied, ont commencé d'être nommes laquets, & naquets, pour la même raison que dessus; à sçavoir, d'aller à pied. Il me reste à remarquer, que dans l'Extrait de la Déposition de Frère Ferrier de Vergos, Cordelier, Professeur en Théologie en l'Université de Lérida, de l'origine du Schisme entre Urbain VI. & Clément VII. c'est-à-dire, de ce qui se passa à Rome avant l'élection d'Urbain; le mot de pages y est latinisé. Voici le passage, qui m'a été communiqué par M. Baluze: Item; dixit, quod post hoc, die electionis, modicum ante solis orrum, cum ipse esset in sua camera, & in suo locto, andivit pulsari campanam Capitolii ad martellum; & credidit, quod ad incitandum populum: & exivit foras ad plateam Judam: & vidit aliquos de populo quasi duodecim cum suis tablaeritis, & lanceis, & bacinatis, quos portabant sui Pages; alias, famuli; & ibang versus Sanctum Perrum currendo. Cette Déposition est du 7. Avril 1378. M. P A G. Outre les étymologies qu'on vient de lire de ce mot, Wachter, dans son Glossar. Germ. page 1179. en propose encore une autre, qu'il tire de la Langue Teutonique. Voici les termes de cet Auteur: PAGE, puer nobilis & famulatio viri principis. Gallis page, Iralis paggio. Stephanus derives à vous puer. Brieux ab Hippogius, qu'est inventeur futi seritis, qui imparaert Civiliamipolitano equum ad infidendum adnuncet: Bouburnius à Bagoas, politique Regis apud Persas & Macedones: Relandus novifilum a Turcico peti, ejusdem significatus. Crediderim, inquis, & page à Turcico & Persico peti, quod prortus idem notat quod page Gallis. In Dufert. de veteri L. Persica in V. Bagoas. Verifimile est, vocem a Gubis in Gallia & Italia proseminarum: Nam tota bodie Suecia puerum vocat polke: & hinc Italicum paggio pridem deduxit Verrilius in Indice. P A G. On dit en proverbe: Tirer de page, sortir de page. C'est rendre ou devenir maître de ses actions, tirer de la servitude & de la sujettion. Celle où l'on tenoit autrefois les Pages étoit grande, comme il se voit dans du Fauchet. Aujourd'hui cette éducation ou discipline a bien relâché de sa sévérité. Nos Histoires disent que ce fut Louis XI. qui mit les Rois de France hors de Page, c'est-à-dire, qui apprit à ses Succesfeurs & leur donna le moyen de commander de paillages Royale, & de dire, sic volo, sic jubeo. Louis XI. dit Mezeray, ayma mieux suivre ses fantaisies déréglées, que les Pages loix de l'Etat; & il se confiser sa grandeur dans l'opposition de ses peuples, dans l'abatissement des Grands, & dans l'élévation des gens de même: C'est ce qu'un autre a appelé, mettre les Rois hors de Page: il devoit dire, les mettre hors du sens & de la raison. De Brieux, Orig. de quelques Oout. anciennes, page 137. P A G N O T E. Lâche: sans cœur. De l'italien pagnuta. Les Italiens appellent Gentilnomini di pagnuta, ces Gentilhommes que les Seigneurs louent pour leur escorte aux jours de cérémonie: à cause qu'on leur donnoit des pains ce jour-là. M. P A G O D E. C'est ainsi que les Indiens appellent leurs Idoles, & le Temple de leurs Idoles. Ce mot est fait par corruption de Pont-Gheda, Temple des Idoles. Huet. P A G O D E. Selon d'Herbelot, Bibliot. Orient. pag. 534. ce mot vient du Pertien Paghedah ou Pobeda, qui signifie temple d'Idoles, ou Idole qui est adorée comme Dieu. Je ne sais pourquoi M. Huet écrit Pont-Gheda. P A I L L A R D. Rabelais, liv. 1. chapitre 16. Vous ne l'avez pas telle, vous autres paillards de plat pais. Et au chap. 29. du liv. 3. Paillards de plat pais: par Mahom, si aucun de vous entreprend combattre contre ceux-ci, je vous seray mourir cruellement. Par ces deux passages de Rabelais, il paroît qu'il a employé les mots de paillards de plat pais, en la signification de Ruffres, qui est le nom qu'on donnoit à notre ancienne Milice, composée pour la plupart de jeunes gens qu'on avoit tirés de la campagne, où ils avoient accoutumé de ne coucher que sur la paille. Ainsi il est évident que Rabelais dérivait paillard de palea. Paillard de plat pays est l'opposé de Gentilhomme. Le Roman du nouveau Tristan de Laonnois, Par. 1554. ch. 48. page 118. Vondriet-vous que mot honoré de l'Ordre de Chevalerie, allaise me présenter à l'ennemy en comme me paillard, on vilains? Le Duchat. P A I L L A R D E. Il y a apparence qu'il vient de paille: d'autant que ces femmes débauchées, qui profitent à vil pris l'usage de leur corps, exercent leurs saletés sur la paille. Ainsi les Ro- EFERUS - Recherches & Classification numériques mains les appelloient *prostibula*, parce qu'elles se semblent devant les portes des étables, où l'ame dou- te la paille leur servoit de lit. Nonius Marcellus : *Prostibula*, *quod ante stabulum stem*, *quasus diurni* & *nostrum causa*. Juvenal, Sat. 6. parlant de la femme de l'Empereur Claudius, qui aimoit mieux suivre les bordels que de s'attacher à la compagnie de son mari, prouve bien clairement que ces tem- mes prostituées n'avoient pour l'ordinaire d'autre lit que de natte, de paille & de jonc. — *Claudius andi* *Qua tulerit. Dormire virum cum feniferat uxor*, *Aufa Palatino tegetem praferre cubili*, *Sumere nocturnos meretrix Anguilla cucullus* *Linquebat*, &c. Toutefois Angelus Caninius dans ses Canons des Dialectes, dit que *paillard* & *paillarde*, viennent du Syriaque *gajar*, qui signifie *homme adultère*, & de *gajaria*, *femme adultère* ; en changeant le G en P : comme on a fait en *mapaia*, de *magalia*. De *paillard* on a fait *paillard*. Caïeneuve.
PAILLARDE. Henri Etienne, Gosselin, Trippault & Périon, le dérivent de *quassam* : & Charles de Bovelles de *pellex*. M. de Caïeneuve le dérive plus vraisemblablement de *palea*. Voyez ses termes à l'article précédent. Le Pere Labbe a fait la même observation. *Et* *d'autant*, dit-il, que la lubricité cherche des lieux *écartez*, & que les coureurs ; comme les Bohémiens, les *faidats débandez*, & *semblables canailles* ; s'af- semblent dans les *paillars* & *fenils*, pour commettre *mille méchancette*, de-la *font venus les noms de pail- lardise*, *paillard*, *paillard*. C'est à la page 91, de la seconde Partie de ses Etymologies Françoïes. J'ajoute à ces observations de M. de Caïeneuve & du P. Labbe, celle-ci de Trippault : *Je ne veux ici* *omestre*, que les anciens Gaulois appellent les *paillar- de* gauges : lequel mot je recherche de *gaufape*. *Et ainsi* *gaupe*, *édition prinse des couvertes au couchent en* *guerre les paillardes*. C'est au mot *paillarde*. M.
PAILLE, pour drap. Voyez *poile*. Caïe- neuve.
PAILLE, ou BALLE. C'est la couverture, dit Nicot, de toutes sortes de grains ; comme le blé, & *semblables*, qu'on appelle la paille, quand le grain *est fort*. C'est aussi le premier germe de toutes fleurs : qui est comme un petit ventre, qui s'enfle devant que jetter la feuille : utriculus. Dans la première signi- fication, il vient de *palea*. Voyez *balle*. M.
PAILLE-MAILLE. On appelle ainsi à Metz, une tirelire par corruption, pour *épargne-maille*. Louis Regnier, Sieur de la Planche, page 124, de son Histoire de France, sous François II. *Ils* *ferent aussi des knies* & *épargne-mailles* où ils contrai- guent les *paillars* de mettre argent pour les cierges & luminaires. Le Duchat.
PAILLET. Couleur. *Vin paillet*. M. Huet croît que c'est un diminutif de *bay*. Je le tiens un diminutif de *palle*, dans la signification de *pali- dus*. M.
PAILLETE. Monstrelet, livre 1. chapi- tre 64. 18. *Chevaliers voëus de vermeil*, à *beaux* *plumes paillette d'or*. De *paleolatu* ; formé de *palea*. M.
PAILLOLE. Les Ordonnances font men- tion d'un or qu'elles appellent *or de paillole*, dit Bouterone, page 128. M.
PAILLOLE. De *paleola*, diminutif de *palea*, d'où nous avons fait *paille*. Ce qu'on appelle *or de* *paillole*, ce sont de petites pailles d'or qu'entra- nent presque toutes les rivières du Languedoc en passant à travers les minieres du pays. Les pauvres gens s'appliquent à séparer cet or d'avec le fable : & il y a tel jour où une personne en trouve pour cent lous, plus ou moins ; & tel autre jour où l'on perd sa peine, ne se trouvant point d'or dans le fable qu'on aura tamisé pendant toute la journée. Le Voyage de France, dédié au Comte de Schlef- wich, page 116. de l'édition de Paris, chez Oli- vier de Varennes en 1643. partant du Languedoc : *Les fables de plusieurs rivières s'y trouvent mestez* *d'or* & *d'argent*, & *on trouve de l'or*, nommé de paillole, en presque toutes les rivières qui naissent des montagnes du pays. C'étoit de ces *pailloles* ou petites *pailles* d'or, que furent faites les premieres *paillertes* qu'on portoit autrefois dans les coiffures & fur les habits. Le Duchat. PAIN d'Ammonition. Par corruption, pour pain de munition. Voyez *Ammonition*. M.
PAIRE. De par. Par *boum* : par *columba-* rum. M.
PAIRLE. Terme de Blafon. De *parilis* : à cause que les trois branches de l'Y Gree que ce mot exprime, sont pareilles en longueur. M. PAIRS de France. Budée, Pasquier, & Loi- sel, dérivent ce mot de *Patricis*. Le Castelvetro, sur ce vers du second chapitre du *Triomfo della* *Fama*, de Pétrarque, *Cingean cystis* : *fusi dodici* *robustis*, le dérive, après le Villani, de *Patres*. Voici ses termes : *I dodici Paladini*, *che egli* (il parle de Charlemagne) *appello Francescamente Pari*, *per* *Padri*; *si como racconta Giovan Villani*. Il vient de *Pares*. Hotman, dans son Franco Gallia, chap. 13. *Supereft*, *ut de iis Magistratibus disferamus*, qui *vulge* *PARES FRANCIA nominantur*: *quan-* *quam vobis quidem non studium*, *sed monimentorum* *facultas deeft*. *Nam ex taxto librorum numero*, qui *Franco-Galia Annales* & Chronica *diuntur*, ne *unus quidem extat*, in *quo probabilis aliqua illius* *instituti ratio proferatur*. *Quod enim Gaguinus*, & *Paulus Æmilius*, non *tam Regum Gallorum quam* *Paparum Historicus*, & *alii pervulgati*, *scribunt*, *Magistratus illos*, *vel à Pipino*, *vel à Carolo Ma-* *mo institutus* *fuisse*; *id planè abfurdum esse* : *vel* *binc licet intelligatur*, *quod ex tam multis Germanis* *Historicis*, qui *Regem illorum atare* *aut paulo in-* *fra eorum atatem*, *Historias scripserunt*, *nullus planè* *Magistratum illorum mentionem vel tenuissimam* *interponit*. *Quintriam Aimoini de Francorum insti-* *turis* & *rebus goftis Historia*, *usque ad Ludovici* *Pii*, *ejusque Appendix ad Ludovici Junioris Regis* *XXXVII. atatem perdutia*, *nufquam horum Parium* *mentionem facit*. *Quare, tantifper dum certius ali-* *quid afferatur*, *institum ad Engenis Capetti reg-* *num referendum arbitrabor*: *qui, cum remoto here-* *de legitimo regnum occupasset*, *Proceris aliquot novo* *aliquo honore ac beneficio sibi devinciendos putavit* : *nam ejusmodi aliquid ab illo factum*, *omnes consen-* *tium*. *Ejus autem instituti exemplum facile intelli-* *gitur ex Fendali Jure sumptum fuisse*: *quo Jure* *Vassalli qui ab eodem Seniore ac patrono fenda rece-* *perum*, *Pares inter se*, *hoc est*, *quasi in utrum appel-* *lantur*: *quarum triplex hac potestat est*: *primum*, *ut qui in vassallorum ordinem cooptantur*, *pro eorum* *collegio coopterur*; *lib. Fend. 1. titul. 2. tum ut* *rogati testimonium de investitura dicant*; *lib. 2. tit.* *19. postremis*, *ut si qua*, *vel inter ipsos*, *vel inter* *Seniorem* & *ipsos controversa exoratur*, *ipsi judi-* *cium* & *civile* & *criminale exerceant*, *lib. 2. titul.* 46. & EFERUS - Recherches & Classification numériques 46. & tir. 52. & tir. 55. Et profecto ita est, ut Pares Francia hoc jure sum; primum, ut neque inaugurari, nisi pro collegio, neque abdicari, nisi causa in consilio cogniti, neque ad aliud ullum, nisi ad Collegarum judicium, vocari possint: quamquam Parisiensis Senatus hanc sibi auctoritatem ascivit, ut Pares causam apud se dicere jubest. Ac Budaus quidem, vir longe dollisimus, Pares idos Patritiorum nomine appellat: scribique videri sibi ab uno aliquo Rege institutio, ex eorum numero, qui Germanicum Imperium obtinuerum: propterea quod Justinianus Patres eos ab Imperatore delectus esse, quasi Reipublica patronos, tutoresque. Ego vero dollisimi viri sententiam non asperner: praesertim a Parium dignitate non alienam. Quis enim Romanorum Imperatorum posteriorum, atate Patritiatus, dignitas ab illa Parium non admodum dissimilis: partim quod Reipublica quodammodo patris erant, ut Suidas testatur: & de summis quibusque rebus ab Imperatore consulebantur: insignibusque iisdem, quibus Confules, utebantur: ac maiorem quidem Praefello Pratorio, minorem autem Confule, honorem atque auctoritatem habebant. Quod ex Justiniani Novellis, & Sidonio Apollinari, & Claudiano, & Cassidoro praesertim, cognosci potest. Sed translato in Germanos Imperii nomine, usurpatum hunc honorem non arbitror, neque verisimile est ulos ejusmodi Patritius ab aliquo Germanico Imperatore, qui idem Franco-Gallia Rex esset, institutio fuisse, ut non aliquo ex Germanicis Historicis ejus mentionem fecisset. Demique idem Budaus, eodem loco, hastans commemorat, ejusmodi Parium dignitatem apud catetas quoque vicinas gentes fuisse: atque in Regis Commentariis Scriptum esse, anno M. CC. XXIV. Joannem quemdam Nigellanum Flandrum, cui controversia in Flandria illata esset, a Comittisa Flandria, Pares Francia appellat: quod se aquo judicio apud Pares Flandria certare se non posse jurafset. Cumque a Comittisa ad Parium Flandria judicium revocaretur, tandem certis de causis decretum, ut ea controversia ad Pares Francia introduceretur. Causa autem translati judicii cuiusmodi fuerit, neque Budaus exponit: & qui in Jure Feudali versatus esset, nunquam pratemississet. Verum ut jam hujus Magistratus institutum paulo planius ac certius exponamus; primum omnium, ut jam ante dixi, constare inter omnes arbitror, nullam Parium nominis, neque apud Germanos, neque apud Gullos Historicus ante Capevingiorum Regum mentionem inveniri. Sed quoniam eruta quadam nuper versitatis monimenta video, atque in lucem edita, in quibus illorum Parium jura non minima ex parte designantur, opera pretium esse arbitror, qua ex illis Commentariis observavimus, breviter exponere: idque eo lidentis, quod ab eo ipso, a quo illi Commentarii nuper evaluati sunt, in aliam partem ac veritas & ratio postulatur, contorquentur. Ergo eorum quidem initiuendorum causam duplicem video fuisse: primum, ut Regis inaugurationi, atque (ut tum iequebatur) investitura, praesert; hoc est, ut Regem Imperii sui insignibus, atque infulis, solenniter in Principum atque Optimatum conventu, exornarent: deinde, ut si quis & Potentium & Principum Francia namere fraudis capitalis reus feret, judicium illud exercerent: nam cum antiquitus ea judicia in publico Gentis Concilio exercerentur (ut superius copios demonstratum est), atque is mos Majorum paulatim Capevingiorum institutio ad juridiciale Parlamentum (de quo posterius dicemus) traduci capisset; neque Principes regni facile illi Parlamento suas fortunas Tone II. committendas putarem: Regibus illis ad suas rationes commodissimum fors visum est, prater illius Parlamenti Curiam, suum hunc Parium confessum instituere, qua Parium Curia vocitata est: quorum tamen ordo ac numerus aliquandiu varius suis. Neque enim Duodecim viri semper fuerunt, ut eos ipso a quibus hac monimenta prolata sunt, ariolari video; sed interdum plures, interdum pauciores erant; proue Regi, a quo in summi honoris ac beneficii loco Magistratus ille deferebatur, commodum videbatur, &c. Et au même endroit: Etu insignibus versitatis testimonis, accedat etiam illud, quod ex Commentariis anni M. CCC. IX. prolatum est: unde intelligi potest, primum, quod jam aliquoties diximus, certum quidem ac definitum Parium numerum fuisse, sed ejus arbitrium summum penes regiam potestatem fuisse: deinde, honorem illum, non Patriotiatus, ut Budaus, & Budaum secuti crediderunt; sed Pariatus nomine appellatum fuisse: quamquam posterioribus saculis Paritatis quoque, & ex Gallica lingua consuetudine Parria, nomen illi tributum est. Verba autem illius Commentarii hac sunt: Et cum hujusmodi Ducatus dignitatis nomine, honorem supercededem honori, Parem Francia ipsum fecimus; statuentes auctoritate prædicta, ut ipse, quandiu vixerit in humanis, & dicti ejus heredes masculi de matrimonio legitimo procreati, post ejus obitum Duces Bituricenses & Arverniae ac Pares Francia nominentur, omnique Ducatus & Pariatus honore, cum nomine, jure, & quacunque alia prærogativa latentur, &c. Ejusdemmodi sire illud diploma est Regis Johannis, sub anno 1363, ubi honos ille, non Patriotiatus, sed Pariatus, appellatur: Ducatum Burgundiae in Pariatu, & quicquid juris & proprietatis habemus in eodem, nescion in Comitatu Burgundiae ex successione Philippi ultimi Ducis consanguinei nostri, charissimo Philippo filio nostro concessimus-tenenda & possidenda per eum, & heredes suos, in legitimo matrimonio, ex proprio corpore procreandos, perpetuo, hereditariæ, pacificæ, & quietæ. Sed posterioribus temporibus, Paritatis & Parria verbum (ut superius diximus) ex popularis lingua consuetudine usurpari capit: ut ex Commentariis anni M. CCC. XXV. cognosci potest; in quibus ita scriptum est: Eundem Johannem, consanguineum nostrum, ampliori volentum fulgere dignitate, & Comitus titulum supra dictum in majorem excelsioremque mutantes, dictum Johannem, consanguineum nostrum, in Ducem, tenore praesertium, sublimamus: dictumque Comitatum Alenconii erigimus in Ducarum, volentes ut prædictus Ducatus in Patria, seu Paritate, nobis teneatur: sub forma tamen & modis quibus antea idem Johannes saepe dictum tenebar Comitatum. Atque hac quidem ex Commentariis Gallicis, ut dixi, prolata sunt: in quibus, illud quoque notatione dignum est, quod dici & commemorari video; sed tamen sine testæ: cum Dux Armoricus lasa manifestatis reus factus esset, magnopere quasitum, a quibus judicium illud exerceretur: ac Iandem, cum Philippus Audax Burgundus idem ex Rege quasisset, Regem de consilii sententia promniciae, Parem nonnisi in Parium judicium adduci posse. VI. Non. Mart. ann. M. CCC. XXXVI. ac rufus Regi Carolo Septimo, quarenti a Senatu Parisiensis, apud quos Pares rei capitalis rei fieri possint, idem responsum XII. Kal. Maii, ann. M. CCC. XVIII. quod (ut superius dictam est) Juri Feudali, consentaneum est. ¶ Loiseau, dans son Traité des Seigneuries, chapitre 5. parlant des Pairs: Ils furent choisis, selon M m EFERUS - Recherches & Classification numériques la plus vray-semblable opinion, par Louis le Jeune, du tout à la maniere des anciens Païrs de fief, dont parlent les livres des Fiefs; & onf auff toutes les mofines charges qu'eux: à fafvoir, d'affifier le Rey en son inveftiture; qui eft son Sacre & son Couronnement; & de juger avec luy des différeus des Vaf-faux du Royaume. Et ont les uns & les autres efté ainfi appelez, non pas pour offre égaux à leur Seigneur, mais pour offre pairs & compagnons entre eux feulement, comme l'explique un ancien Arref donné contre le Comte de Flandres au Parlement de Toussain 1295, rapporté par du Tillet. ¶ Voyez Vignier, de l'Origine des Païrs & des Fiefs, dans la Chronique Latine de Bourgogne en 897. & 898. Pierre Pithou, dans les Mémoires des Comtes de Champagne; M. Flauteferre, dans ses Ducs & Comtes de Province; & M. du Cange, dans son Glosaire Latin. M. PAIRS de France. Joinville, page 99. Tes ennemis & adversaires donteront de l'affailir, & de mefprendre envers toi: par especial, tes Pareils & tes Barons. J'ai quelque opinion que Pair, qu'on pourroit bien avoir auffi écrit Per, n'eft autre chose que Baron; au lieu duquel mot on lit fouvent Ber dans nos vieux livres. On aura écrit Pair & Per, indifféremment, comme vair & ver, clair & cler, &c. & le B de Ber aura été changé en P. Le Duchat. PAIRS de France. Wachter n'eft pas content de l'étymologie ordinaire qu'on donne de ce mot, en le faisant venir du Latin Pares; & il aimeroit mieux le dériver de bar, mot Teutonique, qui fignifie entre autre choses hommes illustres, & duquel vient auffi Baron. Voici les paroles de cet Auteur, pag. 117. de son Glossar. German. à la fin de l'article BAR, vir illustris: Vide annou etiam PARES Francis atque Anglix, quamvis ferus nominati, & lingua Germanica potius, quam à paritate, ut vulgo volunt, appellationem acceperint. Splendidius sane Principes viri Reip. confituendæ, quam æquales dicuntur, quod frigidum. De cette maniere, le fentiment de Wachter se trouve au fond le même que celui de M. le Duchat. ¶
PAIS. Nicot le dérive de wariis, par le retranchement du v & du p. Il vient de pagus; dont les Latins se sont servis pour dire la même chose; comme a remarqué Scaliger sur Autone, livre 1. chap. 23. Late pater pagi appellatio, ut & civitatis. Sic in veteribus monumentis Christianorum Martyrum semper legitur pagus Velaunus, hoc eft, tota prepositura Velaunorum: & pagus Gabalus, & sic de aliis. Unde Gallica Lingua retinitis; fed corumpens, more suo. Dicit enim PAIS: non enim pronunciat o ante vocalem; ut pagare, quod ductum eft à pacare, PAYER; plaga, PLAYE, &c. Pleraque Gallia olim non solum per civitates, fed & per pagos habitabatur. Sic apud Plinium, pagus Gelforiacus intelligitur, non de uno vico, fed de magno modo agri, atque adeo de una gente quantumvis numero-fa. M. Bignon sur Marculfe, page 518. Pagi appellatio late pater. Neque enim vicus tantum hoc nomine dicitur, fed & Provincia, aut fatimagon exigua pars Provincia. Sic Plinio, lib. IV. cap. 17. Gelforiacus pagus, non pro vico accipitur, fed pro magno agri tractu & civitatis unius territorio. Sic & septem Helvetiorum pagi apud Cafarem: quod Gallica lingua retinitis, folita tamen mutatione o in païs namque dicimus, ut Josephus Scaliger, Phœnix ille literarum, observat. Gregorius Turonensis, lib. IX. cap. 9. Quicquid de pago Stampensi, vel Carnoteno. Fredegarius, in Appendice Gregorii; fiquidem illius eft, cap. 57. Concessisse pagum Tolofanum, Chartocinum, Aganenfem, Petrocorreum, & Santonicum. Unde pagenies dicti qui ejusdem pagi sunt. Nous avons fait PAISAN de pagamus: pour lequel on a dit pagensis; mot qui se trouve dans la Loi 7. des Lombards de ultima voluntate, & au titre 69. du livre 4. des Fiefs. Et les Latins ont dit pagenies, de même que les Grecs mofines; comme l'a observé Cujas sur les livres des Fiefs. Encore aujourd'hui, en Languedoc & en Provence, on appelle les païsans pages, & en Italie, on dit un mio païsano, pour dire un homme de mon païs. Nous disons le païs du Maine, le païs d'Annix, le païs de Rets, le païs de Galles, &c. Il me reste à remarquer, qu'au lieu de pagus, on a dit auffi paga au féminin. Ce mot eft fort familier à Aiferius Menevensis. Beurmensis paga Comes, &c. de quo flumine tota illa paga nominatur. M.
PAISAN. On trouve aujourd'hui très-vicieuse la prononciation de ceux qui font païsan de deux fyllabes feulement: mais voici un paillage qui fait voir que c'étoit pourtant ainfi qu'on parloit dans le treizième siècle. Ce paillage eft du Roman de la Rose, fol. 25. & il eft conçu en ces termes: Que vous yrois-je devisant, Je ressemble bien le païfant, Qui gette en terre sa semence. Le Duchat.
PAISSE. On appelle ainfi en Anjou, & dans les Provinces mofines de l'Anjou, un moineau. De paffa: qu'on a dit pour paffer. Les Glofes: paffa: iqiu dlic. De paffer, on a fait pafferellus; d'où nous avons fait PAISEREAU. Paffer & paffa viennent du Grec miça, que les Aoliens prononçoient viça; d'où les Latins ont fait paffa; comme de miça, maffa. Voyez M. de Saumafle sur Solin, page 444. Anciennement on prononçoit paffe; & vous trouverez ce mot dans le vingtième Rondeau de Jean Marot, & dans le Pseaume civ. de Clément Marot, son fils. M.
PAISSEAU. On appelle ainfi en plusieurs lieux de France un échalas. De paxellus: qu'on a dit pour paxillus; comme vafcellum, pour vafcellum; & qui eft un diminutié de palus, dont les Latins ont ufé pour un échalas. Tibulle, parlant d'Ofiris. Hic docuit teneram palis adjungere vitem. Ulpien en la Loi 17. au Digette de Actionibus empti: Pali, qui vinea causa parati sunt, antequam collocentur, fundi non sunt. ¶ Palus pali, palicus, palicillus, palkillus, paxillus: comme talus, tali, talicus, talkillus, taxillus: velum veli, velicum, vexillum. Voffius se trompe, qui croit que palus a été fait par syncope de paxillus. Paxillare se trouve dans Pierre de Blois, Sermon xxvii. pour appuyer la vigne avec des échalas. Magnus namque labor impendet in vinea excolenda: utpote qua primum eft putanda; fecundo, fodienda; tertio, paxillanda; ad ultimum, ftercoranda. M.
PAISSON. Pâture de porca. De Paffo. M. PAITRE. De paffere: comme NAITAS de naffere: & clansorte, de clausa-porca. M.
PAIX. Comme quand on dit, paix-la, paix. M. Guyet, sur l'Heautontimoruménos de Térence, page 118. Pax, à mié Grace eft: id eft, wiiu. 75 mié, interjectio eft cohibentis loquela, & filentium sibi, aut alteri, indicentis. Nofter, infra, act. v. fcen. 3. Unus eft dies, dum argentum eri-
EFERUS. Recherches & Classification numériques plo. Pax. nihil amplius. Id est, silentium : hoc satis est : hoc sollicit. Gallicè, paix : mot. M.
PALADINS. Quasi palatins : dit Robert Etienne. Ce sont les Chevaliers Errans. Voyez l'Histoire de Charles VI. publiée & traduite par l'Abbé le Labourer, tome 1. lib. IX. chapitre XI. M.
PALAIS. Les lieux où les Parlemens de France rendent la Justice, sont ainsi appelés par l'une de ces deux raisons : ou parce que, lorsque nos Rois rendirent le Parlement sédentaire, ils donnèrent leur propre Palais ou Maison Roiale, pour servir de Tribunal aux Officiers de Justice; qui depuis aiant retenu le nom de Palais, l'a communiqué à tous les autres lieux où les Cours de Parlement rendent la Justice : ou bien parce qu'anciennément en France, & particulièrement du tems de Charlemagne, il y avoit dans le Palais même du Roi des Officiers appelés Comtes du Palais, qui rendoient Justice à toutes sortes de gens. Le Roman de Guillaume au court nez, au Couronnement Loys, parlant d'Aix-la-Chapelle, où Charlemagne tenoit sa Cour : Quatorze Comtes gardèrent le Palais : Par la Justice la pourre gens i vet, Nus ne se claime qui très-bon droit n'en ait. Eginhart, en la Vie de Charlemagne : Quum calciaretur, aut amiciter, non tantum amicos admittobat; verum etiam, si Combis Palatii litem aliquam diceret, qua sine jusu ejus definit non passet, statim litigantes introduci iussit, & velut pro Tribunali sederet, lite cognita sententiam dixit. Pour ce qui est du mot de Palais, les Maisons Roiales sont ainsi appelés, parce que comme écrit l'Historien Dion, livre 55. L'Empereur Auguste aiant bâti sa maison en un endroit de Rome nommé Palatium, non-seulement elle en retint le nom, mais encore les Maisons des Empereurs, en quelque part qu'elles fussent bâties, furent depuis appeléses Palatiis. Caiseuve.
PALAIS. Nicot : Palais, est proprement ( comme dit l'Empereur Constantin en la Loy unique De Palatiis & Domibus Dominicis, au second livre du Code ) l'Hôtel Royal ou Impérial, Domus Regia Augustana. L'origine du mot vient d'un des principaux monts de la ville de Rome, dit Palatium; auquel estant posée la première situation de ladite Ville, Romulus, premier Roy d'icelle, establit son Auberge Royale : ou depuis habiterent grande partie de ses successeurs Roys. Finalement, fut en ce mont establit le Juge de l'Empire, & l'hôtel Impérial : si que depuis Auguste tous les Empereurs Romains y habiterent. Et à cause de ce, est venu l'usage, que toute maison de Roy estoit anciennement appelée Palais. L'Italien & l'Espagnol retiennent ces usages encore : mais ils communiquent aussi ce mot à toutes grandes maisons d'édifice somptueux, avec qu'elles soient à Seigneurs particuliers, inférieurs à Monarques, & autres Seigneurs Souverains : ce que le François ne fait pas. Et si bien nos Roys ne se logent des jadis en leurs maisons, qui retiennent encore le nom de Palais; si y logoient-ils anciennement. Et pour manque de cette demeure Royale, voit-on au Palais à Paris faire célébrer les nopces & Festins Royaux; & des orfans de France; & les Monarques étrangers y est par grandeur logez & traitez. Nicole Gilles en la Chronique de Philippe le Bel : Ledit Roy Philippe, & ses deux jeunes fils, Philippe & Charles, le Roy d'Angleterre, & plusieurs Seigneurs, Barons, Chevaliers desdits Royaumes, se croiserent, &c. Et peu après : Et fut la feste tenue au Palais de Paris, que ledit Roy Philippe avoit de nouvel fait édifier de tres-bel & somptueux œuvre, par Enguertand de Marigny. ( Or estoit ceftuy Comte de Longueville, & Général Surintendant de ses Finances; & fut bafti ce grand Palais Royal de les la Sainte Chapelle, que le Roy S. Louys avoit auparavant fait édifier, & joignant le petit Palais, qui est à présent dit la Sale Saint Loyer ). Et pourfauvant ce propos, dit peu après : Et estoient à ladite feste lesdits trois Roys, de France, d'Angleterre, & de Navarre. Mais la demeure de nos Roys, n'y est plus usitée. La Cour des Pains, le lité Royal de Justice, le Parlement, le Thresor & Chartres de la Couronne, les statins de nos Roys par ordre successif de leurs regnes, avec la marque du temps de la durée d'un chacun d'icieux, & des années de leur trespas, escrito aux pieds respectivement de chaque effigie, les Comptes, & plusieurs Jurisdictions, y sont. La pladoirie y est exercée; les procès y sont demenez, & vuidez; qui est la raison que des Hostels auxquels sont tenues les autres Cours de Parlement en ce Royaume, ont aussi le nom de Palais : même ce mot Hostel, que plusieurs Officiers de la Maison du Roy retiennent encore, est allé en desusage pour la Maison Royale; & use-on de Chasteau, ou de quelque nom propre. Ainsi dit-on le Louvre, pour l'Hôtel Royal si à Paris, ou bien, le Chasteau du Louvre. M.
PALANDRIE. Sorte de vaisseau de mer. Villefard, page 18. On disparit ensuite les navires & palandries aux Barons. On prononce présentement palandre. M.
PALANQUIN. On appelle ainsi en France, depuis quelque tems, un lit qu'on suspend en l'air avec des cordes. C'est un mot Indien. Il a passé des Indes dans le Portugal, & du Portugal dans la France. M.
PALATIN. Le Palatinat du Rhin a été autrefois appelé Pallas : ce qui fait que plusieurs croyent que Palatin a été dit pour Palatin. Les autres croyent que les Palatins ont été ainsi dits du Palais de l'Empereur. Et c'est l'opinion de Pierre Pithour dans son livre des Comtes de Champagne. Et cette opinion est la véritable. M.
PALATINE. On appelle ainsi à Paris depuis quelques années, une fourrure que les Dames portent l'hiver sur leur cou. Et on l'appelle de la sorte, à cause que cette mode est venue du Palatinat. M.
PALEFRENIER. A parandis franis, dit Nicot, au mot Parefrenier. Il se trompe. Voyez palefroy. M.
PALEFROY. Nicot dit que palefroy se prend d'ordinaire dans les Romans, pour le cheval sur lequel alloient les Dames. Et il croit que ce mot est composé de ces trois fours, par le frein; à cause que les Eculiers des Dames menoient par le frein les chevaux des Dames. Cette étymologie n'est pas recevable. Et cependant Méric Casaubon, à la page 186, de sa Dissertation de l'ancienne Langue Angloite, l'approuve extrêmement. Voici ses termes : Gallicum palefroy; ut & Anglicum palefroy; cum proprie de equis insignioribus qui ad pompam aut honorem velterum manu ducuntur, usurpetur; quis non iis asfentiatur, qui est M m ij EFERUS - Recherches & Classification numériques Gallicis verbis par le frein, compositum verbum existimant? L'étymologie de Turnèbe, à pallis, n'est pas plus raisonnable. Voici les termes de Turnèbe; mais je ne fais de quel endroit de ses livres (a): Sed & quod olim nobiles & generosi equi, stragulis pulcherrimis, & tanquam pallis ornabantur, ut illud indicat: Instructos ostro alipedes, pictisque tapetis: ideiro Gallica Historia (ut id etiam abiter dicam) palliferos vocare solent pulcherrimos & ornatisimos equos. L'étymologie de Nicot, à parandis equis, est encore plus mauvaise. Palefroy a été fait de palefredus, qui se trouve dans Radevicus, livre 5, chapitre 26. & dans Guillaume de Tyr, chapitre 27. du livre 13. de la Guerre Sainte. Et Palefredus a été cortompu de parafredus, qui l'a été de paraveredus. Cujas sur le Titre de Cursu Publico; qui est le cinquantième du livre XII. du Code: Veredi sunt publici equi cursuales, qui à Gracia vœuopsius, ad Legem 8. hujus Titulis. Procopius, 2. de Bello Persico: & si innes voe duonies vœuopsius, où la BEPLAOTZ naniis vœuopsius. Et Julianus, Novella 130. qui est duonies innsus vœuopsius interpretatur veredorum cursum. Inde, qui pussu Principum hoc atque illuc cursu publico mittuntur, Veredarii, ab Hieronymo in Historia Esther: quos Josephus XI. Apæusopsius, Angaros. Et ad Euflochium, Clericus vagus, Veredarius urbis. Procopius de Bello Vandalorum: & si vœuopsius vœuopsius, où la BEPLAOTZ naniis vœuopsius. Prima origo nominis veredorum, quod vehant, sive ducant rhedas, auctore festo; qua & ipsa cursuales dicuntur, l. 9. Codice Theodosiano de Legatis & Dec. Lecl. &c. Sed cœpere etiam veredi appellari sine rhedas, &c. Paraveredi videntur esse maiores equi agminales, quos Poferiores parafredos vocarum. Ut in Lege Bajuvariorum: Parafredos donent, aut ipsi vadant ubi eis injunctum fuerit. Estque ca hodie equorum appellatio vGallorum, foulerum, Hispanorumque communis. Francorum Regi ab omnibus suis paraveredus solvi solitos, Caroli Magni Leges, a Benedicti Levita lecta, multis locis ostendunt. Voyez ci-dessus au mot dernier. Voyez aussi François Pithou, Lindembrog, & M. du Cange dans leurs Clofsaires; M. Bignon, sur Marcule; Voissus, de Vitis Serments, page 526, & 531. & sur tout, M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, page 128. où il improuve fort l'opinion de ceux qui dérivent veredus de vehere rhedas. Veredarii; ce sont les termes de M. de Saumais; in equis currehant: & sunt quas hodie Curreiros aiciinus. Nam veredi sunt equi cursuales; à Gracia voce vœuopsius aut vœuopsius, qua fugitivum aut fugacem significat. vœuopsius vœuopsius. Fallantur enim Grammatici, qui primam originem nominis veredorum hanc esse putant, quod veherent, id est ducerent rhedas. Le grand Etymologique fait mention de cette signification de vœuopsius. Les Italiens ont dit palafrene. Et Henri Etienne, dans son livre de la Précédence du Langage François, page 109. prétend qu'ils ont emprunté ce mot du François palefroy. ¶ De Palafrene, on a fait palafrene; dont nous avons fait palefrenier. ¶ Dans le petit Dictionnaire Latin-François publié par le P. Labbe, palefrois est l'interprétation de gradarius. Et dans le petit Dictionnaire François Latin de Fédéric Morel, il y a parefroy, au lieu de palefroy. M. (a) C'est dans Disparat. ad lib. Ciceron. de Fato, à l'endroit où il défend la note sur Quadrangula.
PALEMAIL. Nos peres appelloient ainsi le Jeu de mail. De palla, & de maliens: ce qui a été remarqué par Nicot, qui a écrit paillemaille. Les Italiens disent pallamagio. M.
PALERON. On appelle ainsi vulgairement cet os qui couvre le derrière des côtes, & qui est appelé omoplate en terme d'anatomie. Je crois qu'il a été nommé paleron, du Latin pala pelle; comme qui diroit petite pelle; parce qu'il jettebble en quelque façon à une pelle. * * * PALET: comme quand on dit, Jener au palet. Lat. disco ludere. Monsieur Bochart le dérivé de l'Arabe balat, fait de balat, qui signifie lapidibus flerner. Il n'y a point d'apparence que ce mot François soit dérivé de ce mot Arabe. Je le tiens dérivé de patulatus, diminutif de patulus, en foufentendant lapis. M.
PALET. En Langue de Galle, paled signifie une balle dont on joue à la paume. Huet. PALET PALIS. On appelle palet en Baffé-Normandie, un pieu fiché en terre. Palus in terram defixus. De palus. Palus, paletus. Et on y appelle palis une rangée de gros pieux enfoncés en terre pour faire quelque séparation: ce qui s'appelle autrement palissade. Palus palicium, PALIS: Paliciata, PALISSADE. On appelle ici depuis deux ou trois ans palissade, une certaine machine de fil d'archal formans trois cornes, que les Dames planteur sur leurs têtes pour tenir leurs coiffures élevées. S. Add.
PALETOT. On écrirait quelquefois palletot; & je crois que c'est ainsi que ce nom doit être écrit. De palla, forte de manteau, & de toc, qui en Bas-Breton signifie un chapeau. C'est donc une robe qui couvroit la tête & les épaules, comme les robes des matelots. Huet. Voyez palletot.
PALETTE. De paletta, diminutif de palla: à caufe de sa ressemblance à une pelle. Voyez pelle. M.
PALINODIE. Voyez palirot. M.
PALINOT. Espèce de poëse. Pierre Fabri, Curé de Méray, natif de Rouen, dans son Grand & Vray Art de plaine Rhétorique, liv. 2. feuillet 37. PALLINODE, est terme Grec, qui signifie semblable consonance: lequel terme nos peres ont appliqué en c'est art, en deux manières; c'est assavoir, pour les dernières lignes de Chant Royal, qui se reprennent à chacune clause; & sont appelées le Pallinode; & en Ballade, l'on les appelle refrain; & en ce présent lieu pour espèce de frunte, & différente des autres espèces: & est cette forme de pallinode assez près semblable à l'espèce de Chappelot; & n'y a différence, sinon que le Chappelot se pratique & dépend du Rondeau; & la forme de pallinode se pratique sur une clause de Lay, ou Virelay, communément; on sur autre clause de quelque autre espèce de douce lignes, ou plus, ou moins, à la volonté du facteur: mais qu'il y ait toujours trois ou quatre, ou plusieurs lignes closes & ouvertes pour bien doucement rentrer, ainsi qu'il est dit du Rondeau. Exemple: Reyno des cieux, très Vierge mere, &c. Charles de Bourgueville, dans son livre des Antiquités de Caen, page 134. De tout temps, ceux de cette Université de Caen célèbrent la feste de la Conception Notre Dame, comme la feste des Normans, au Corvent des Cordeliers, avecque grande solennité: où ils faisaient porter un pain benif, avecque les infirment, flambarts, & armoiries. Et es- EFERUS - Recherches & Classification numériques toit advenu, que le chanteau dudit pain benif, avoit eſté bailié à Maistre Jean le Mercier, sieur de Saint Germain, Advocate fameux; lequel, au jour de ladite feſte, adjoſſa à ce qu'on avoit acconſtumé d'y faire, une publication précédente, qu'il entendoit eriger un Puy de Palliot, comme a Rouen: ce qu'il eſt ſiavouſt par placards mouliez, a toutes les bonnes Villes du Normandie. Et de vray, y commença ledit Puy le jour de la Conception Noſtre Dame, en l'an mil cinq cents vinge-fept, avec une grande magnificence & banquets ſoiennels, tant au diſner pour les Suppoſts de l'Université, & hommes honorables, Officiers du Roy & de la Ville, que au ſoir, pour les Damaiselles & Dames. Auquel Palliot, dont il fut le premier Prince, furent préſentez, plusieurs œuvres, tant Grecques, Latines, que Françoiſes. Or pour ce que plusieurs parlent de ce terme de Palliot, leſquels ignorent de la ſignification, je le nous faire entendre à ceux qui ne la ſiavent. Palinodia, eſt autant à dire chez les Grecs, comme, un eſtant contraire à un autre. Et pource qu'aucuns hérétiques ont eſté ſi mal affeſtez contre l'honneur de la Vierge Mere, ainſi que Hérididius, & aucuns Pvovſtans de ce temps, leſquels par leurs œuvres ont eſcrit & chanté qu'elle eſtoit tachée du péché originel, comme toutes autres; l'on compoſe à ſa louange d'autres chants contraires, pour ſouſtenir, par certains exemples, qu'elle a eſté exempte en ſa Conception de tout péché, du vouloir de Dieu, parce que ſon Fils bien-aymé Noſtre Seigneur, a prins ſon humanité de ſon pur ſang, lequel n'a ſouffert corruption, comme je l'ay plus amplement déduit à mon tiers livre de l'Eglise, Religion & Justice. Et voilà que c'eſt que Palliot, ou Palinodie. Le Prince du Puy eſt celuy, lequel y tient le premier lieu; & qui vaut autant à dire, comme un deſſenſeur. Il reçoit les Chants & Eſcrits que l'on préſente au Puy; dit Podium, à pedum poſitione; qui ſignifie un lieu ferme, haut, élevé, comme un Théâtre pour une viédure gaignée de la pure Conception de cette Vierge immaculée, par la grace ſpécialle de Noſtre Seigneur ſon Fils, ſeconde Perſonne de la Trinité: du pur ſang de laquelle il print noſtre humanité, comme nous dit Saint Jean, Verbum caro faſtum eſt: Et Saint Paul, Fælum ex muliere, ex ſemine Abrahæ. Nous diſons, Chanter la Palinodie, pour ſe ré-trailler: dire le contraire de ce qu'on a dit. Le Pere Vavaſeur, dans ſes Remarques ſur la Langue Latine, a blamé, cette façon de parler, recantare palinodiam; le mot de palinodia emportant une récantation. ¶ Touchant le mot de πωληθία, voyez l'ocrate, dans la Louange d'Hélène; & Conon, dans Photius. M. P A L I S. De pallium. M. P A L I S S A D E. C'eſt une barrière ou clôture faite de pieux ou despaux plantés bien avant dans la terre. Les Anciens François l'appelloient pailis. Doronville, en la Vie de Louis III. Duc de Bourbon, chap. 50. parlant du Siège de Liembourg: Ils livrer de mauls belles armes au pailis. Guillaume le Breton, livre 7. de la Philippide: Paliciumque triplex, quod erat Gaillardica ſubus Mœnia, quadratis paſti, & robore duro, Usque ſub extremas protenſum fluminis oras. Caleneuve. P A L I S S A D E. De paliciata, formé de palicium, P A L. P A M. P A N. 277 fait de palus. Guillaume le Breton, livre VII. de ſa Philippide: Paliciumque triplex, quod erat Gaillardica ſubus Mœnia, quadratis pailis, & robore duro, Usque ſub extremas protenſum fluminis oras. M. P A L L E. Pour la carte qui couvre le Calice. Dans les livres Latins des Cérémonies Eceléſiaſtiques, on l'appelle palla. M. P A L L E. Terme de Blaſon. De palliatus; c'eſt-a-dire pallio ſen aulais diverſi coloris diſtinctus, dit M. du Cange. M. P A L L E T O T. Petit manteau. De palliatum, diminutif de pallium. M. Voyez paletor. P A L L I E R d'eſcalier. Peut être de pailarium: cet endroit de l'eſcalier étant beaucoup plus large que les degrés. Les Italiens diſent pianeristens. M. P A L L I E R. Couvrir, dequifer. Il vient de pallium, dont on a formé le verbe palliare; comme qui diroit couvrir d'un manteau. Auſſi diſons-nous ſe couvrir du manteau d'autrui, quand on s'excuſe ſur quelque autre. Orderic Vital, livre 8. de ſes Annales Eceléſiaſtiques: Carmen Adonice metro nuper edidit, in quo palliatus horum hyporriſis ſuperſtiones ſubtiliter & copiose propalavit. Innocent III. De Authoritate & Uſu Pallii, chap. 3. Tu ergo quod faſtum eſt ſic ſtudeas palliare, ut in confuſsinem tuam & ſedis ampla opprobium non redundes. Guillelmus Gemmeticensis, liv. 4. chap. 14. de ſon Hiſtoire de Normandie: Ad aliuit palliata prodi-tionis argumentum, hortante Theobaldo, iteratio de-volvitur. Plaute, dans ſa Comédie des Captifs, Sc. 3. Act. 3. s'eſt auſſi ſervi de cette métaphore du manteau, par le mot mantelum, qu'il prend pour pallium. Nec mendaciis ſubdolis mihi uſquam mantelum eſt meis: pour dire qu'il ne trouve point de quoi couvrir & pallier ſes menſonges. Caſe-neuve. P A L L I E R. Verbe. De palliare; formé de pallium; comme qui diroit, couvrir d'un manteau. C'eſt l'érymologie que j'avois donnée de ce mot dans la première édition de ces Origines: & je vois avec plaiſir que M. de Caſeneuve a eu la même peniée. M. P A M E R. P A M O I S O N. De amieſus. Spaſma, ſpaſmus, paſmus, paſmare, P A M E R. Spaſma-tio, ſpaſmatione, P A M A I S O N, P A M O I S O N. M. P A M P R E. De pamperinus: Men C; comme en Diacre, de Diaconus. M. Voyez acre. P A N: portion de muraille. De pannus. Voyez le Gloſſaire de M. du Cange, au mot pannus. M. P A N. Rabelais, liv. 1. ch. 19. J'y gagnetray ſix pans de ſauiſſes. Et liv. 2. ch. 5. Une groſſe roche, ayant environ douze toiſes en quarre, & d'épaſſeur quatorce pans. C'eſt la même choſe qu'erpan, mot fait de l'Alleman ſpan, qui a la même ſignifica-tion. Le Duchat. P A N A C E E. Herbe. Gombaud, dans ſon Epigramme à M. Menjot, célèbre Médecin de Paris: Menjot, loin des erreurs de la troupe igno-rante, Tu prens la panacée où je prens l'amarante; EFERUS - Recherches & Classification numériques Sur un mesme sommer, dans un mesme vallon. Et cherchant les vertus dans la mort est char- mée, Par des arts différens, sous un mesme Apollon, Tu conserves la vie, & moy la renommée. De panacea, fait du Grec *maviana*, qui signifie guerrifiant tout. Pline xxv. 4. Panacei, ipso nomine emnium morborum remedia primitit. Les Grecs ont ainsi appellé la grande centaurée. Voyez Diofco- ride 3. 6. M.
PANACHE. De l'Italien *gemnachio*, fait de penna. Penna, *pennaculum*, *pennaculum*, PERNA- CHIO. M.
PANADE. Du Latin-Barbare *panata*. Sylvius dans son Introduction à la Langue Françoise, pa- ge 46. *Panata*, PANADE: *aetua cum pane faptus* *transvasta* & *esuriata*. Sic balade, gambade, pe- nade, & *propè infinita in sermone Italorum*, & *Narbonesium*. M.
PANAIS. Plante. De *pastinaca*. M.
PANARIS. Nous appellons ainsi un mal qui vient au bout des doigts; appellé des Latins *redu- via*; & des Grecs, *mavonia*: duquel mot *mavonia*, le-François *panaris* a été formé. *mavonia*, *mavonia*, *paranacis*; l'O en A; & par transposi- tion de lettres, *panaracis*; & par contraction, *pa- naris*. Jules Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Arithote, page 106. *Summorum articulorum* *tand* *pars*, *latinica*: *summa*, *incae*. Unguium partes in- tima, *incae*: *extima*, *incae*. *Labra*, *quibus utrin- que obsidentur*, *mavonia*; à quibus & morbus, quod barbari nostri panaricium vocant. Turnébe prétend; pour le marquer ici par occasion; que ce mal doit être appellé en Latin, *reluvia*; à re- luendo, *hoc est*, revolvendo. Voyez-le au chapitre 8. du livre xvii. de ses Adversaires. M.
PANCALIERS. Sorte de choux: ainsi ap- pellés de la ville de Pancaliers, en Piémont; d'où ces choux ont été apportés en France. M.
PANCARTE. De *pancharta*, fait de *mavonia*. Scaliger, contre Guillandin, dérive *pancaris* de *paisus*. *Postquam captum est in frantibus epistolarum* *appuni* *paisus*, ex eo natum nomen epistolari libello *paisus*. Unde chartam epistolarem Martialis vocat chartam salutatricem. Je croitois plutôt qu'il vien- droit de *paisus*. Je reviens au mot de *pancarte*. Il se trouve dans Anastasie de Bibliothequaire, en la Vie du Pape Constantin. *Imaginem, quam Gra- ci panchartam vocant, sex continentem sanitas* & *universales Synodes, in Ecclesia Beati Petri erene- runt*. M.
PANCE. C'est la grosseur & l'enflure du ven- tre, ou naturelle, ou limitée par l'artifice d'un pourpoint cotonné, tel qu'on le portoit du tems de nos Peres. Les Allemans appellent *ein panzer*, un corps de cuirasse, parce qu'il représente une pance. Ce mot vient de *pantex panticis*, qui signi- ne un gros ventru. Martial, liv. 6. de ses Epigram- mes: *Quid cum panticibus laxis & cum pede grandi*. Caseneuve.
PANCE. De *pantex*. Plaute, dans son *Pseudou- lus*, 1. 2. 51. — *Vino modè cupida estis*. Et vos vestros panticesque adeo madesacitis, cum ego sim hic siccus. Virgile, dans les Catalectes: *Noctuque sovis pan-* *tices*. Martial: *Quid cum panticibus laxis & cum* *pede grandi!* ¶ *Pantex, panticis, panicius, pan- ticia, pancia*, PANCER: d'où les Italiens ont aussi fait *pancia*. Cette étymologie me paroît indubita- ble. Néanmoins Scaliger croit qu'il y a plus d'ap- parence que ce mot vienne de *pancia*. A panti- ce, *vulgo ventrem vocamus panciam*. *Nisi sit a pa- ne*; quasi panciam: *quod facile crede*. C'est dans ses Commentaires sur les Priapées, sur ce vers de l'impulsance de Tibulle: *Latex jacente pantice abditus specus*. Les Picards prononcent *panche*: & ils appellent le Mardi gras *Saius Panchard*. M.
PANCE-D'A. Voiture, dans une de ses Lettres à M. d'Avaux, qui est la 184. Si je voulais rece- voir tous les ans vos quatre mille livres, sans faire jamais une *pance d'A*, ny mere quelconque de mes mains pour votre service, vous seriez l'homme le plus propre à me laisser faire. Ce mot *pance d'A*, ne se dit que d'un petit a: & on appelle *pance*, la partie ronde du petit a, à cause de la ressemblance à une pance. M.
PANCHER. L'Anonyme, qui a publié les Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas sur la Langue Françoise, parle ainsi de l'origine de ce mot, à la page 371. Ce mot (*disons cecy en pas- sans*) vient au Latin pendere, en changeant le d en ch: car on a écrit autrefois pencher: d'où vient que plusieurs écrivent encore aujourd'hui pencher, & penchant, plutôt que pencher & panchant. Et la maniere de faire un d en *Italique*, n'a pas peu contribué à changer ce d en ch. Ce qu'il a pris de cet endroit de Nicot: PANCHER; *rectius pencher*, à pendere, d *mutato in c*. Nicot & l'Anonyme se trompent. *Pancher* vient de *pandus*, qui signifie courbe. ¶ *Pandus pandi, pandicus, pandicare*, PANCHER. M.
PANCOUSSIE. Terme de Languedoc, & de quelques autres Provinces au-delà de la Loire, qui signifie un Boulanger qui ne cuit que de gros pain. Le Dictionnaire de la Langue Tolosaine, imprimé à la suite du Goudoul: *Pancoussie*, Bou- langer. De *pan*, que les Languedociens pronon- cent au lieu de *pain*; & de *cece*, qui chez eux si- gnifie *cuire*. Ordinairement ce sont les femmes qui se mêlent de ce métier: d'où vient que dans la Confection de Sancy, liv. 1. ch. 5. il est parlé d'une maîtresse du Roi de Navarre, nommée Pi- cotin, *Pancoussaire* à Pau. Voyez les Remarques sur ce chapitre, édit. de 1699. *Le Duchat*.
PANDECTES. Terme de Jurisprudence. C'est la compilation ou collection faite du tems de l'Empereur Justinien des décisions ou réponses des anciens Jurisconsuls sur toutes les questions de Droit. Ce mot vient du Grec *mavianus*, fait de *mavianus*, & de *incae capio*; comme qui di- roit, livre qui comprend tout.
PANEE. On appelle ainsi à Metz une pièce de toile en l'état que le Tisseran l'a rendue, c'est- à-dire, non encore entamée. De *pan*, dans la si- gnification de certaine mesure. C'est comme qui diroit, certain nombre de *pans* de toile. Voyez du Cange, au mot *panalata*. Voyez aussi *pan*, ci- dessus. *Le Duchat*.
PANETIER. De *panis*. *Panis*, *pane*, *pane- tus*, *panetarius*. M. PANETIERE de Berger. C'est la poche où le Berger met son pain. M.
PANICAULT. Herbe. Rabelais 1. 53. Ils PFERUS - Recherches & Classification numériques n'y faut que ravasser : & mieux leur vandruis s'aller frotter le cul au panicaule, que de perdre ainsi le temps à disposer de ce dont ils ne fâvent l'origine. De mon côté, je ne fais point non plus l'origine du mot panicaule qui, selon Mathiola, Bauhin, Robert Etienne, Nicot, Morel, Moner, & Po- mey, est l'eryngium, où le centum capita des Sim- plistes. Clusus, liv. 1. des Plantes d'Espagne, chap. 8.1. fait mention d'un eryngium, qu'il appelle pu- mulum; & qu'il décrît de cette sorte : Il croît qua- si par tout sur les collines des environs de Salaman- que, de la hauteur d'une panne, ou d'un pied; avant la tige graite, avec beaucoup d'ailerons & de branches. Ses feuilles qui sont auprès de la raci- ne, sont assez grandes, larges, & tendres; couchées par terre à l'entour de la racine tout en rond; de la figure d'une roue. Mais celles qui sortent par la ti- ge au dessous de ses ailerons, sont fort découpées, menues, & piquantes. A la cime de ses branchet- tes, il y a pour la plus part huit toiles rondes, gar- nier tout à l'erreur de petites feuilles piquantes, dis- posées à la mode d'étoiles, & découpées tout de mes- me. Le mot de panicaule d'ailleurs, est un mot fort usité dans le Languedoc; où l'on dit, par une façon de parler proverbiale, alliez vous frotter le cul au panicaule; pour dire, alliez vous promener. Et le Languedoc est voisin de l'Espagne: ce qui pourroit donner sujet de croire que le mot pani- caule auroit été fait de spanicaldas, dit, par cor- ruption, au lieu de spanicus cardus, c'est-à-dire, chardon d'Espagne; & que le peuple auroit con- fondu ensuite cet eryngium d'Espagne, avec l'ery- gium, dit centum capita. ¶ Cardus a été dit pour cardus. Voyez artichaut. Les Etymologistes con- fondent ainsi souvent une espèce avec une autre espèce. Les Italiens, par exemple, appellent une perdits cotornice; lequel mot signifie originaire- ment une caille. Et à l'égard des plantes, il y a tant d'homonymes, que M. de Saumais a fait un volume entier des Homonymes des Plantes. ¶ A l'égard du mot de spanicus, personne n'ignore qu'on n'ait dit Spania pour Hispania. ¶ Nous avons une plante que nous appellons chardon d'Es- pagne, parce qu'elle nous est venue d'Espagne: ce qui confirme encore mon étymologie de Spani- cus cardus. Il me reste à remarquer que M. Callard de la Ducquerie, Médecin de Caen, dans son Lexicon Medicum Etymologicum, a écrit que le centum ca- pita est appelé panicaulis, quod panos discutiat. Mathias Martinius dit quelque chose de sembla- ble. Voit ses termes : Gallis panicaule. An à pa- nis caulium : quia panos (globosa capitula) multa fert in caulibus : etiam strumas, parotidas, panos discutis. Je ne trouve point ailleurs que les Fran- çois aient appelé cette plante panicaule. M.
PANICLES. Robert Etienne & Nicot : Pa- nicles; quasi paniculi, seve parvi panes, paſtili. Budaus. M.
PANIER. Quoique les corbeilles d'ofier soient ainsi généralement appelées, ce mot néanmoins ne s'entendoit du commencement que de celles qui servoient à porter le pain. Aussi vient-il de panarium, qu'on prenoit seulement pour une cor- beille destinée à cet usage. Le Glofsaire : Pana- rium, obsequitur. Caſeneuve.
PANIER. De panarium; qui a signifié originai- tement le lieu où l'on metroit le pain. Varron, au livre 4. de Lingua Latina: Panarium, ubi panem ſervabant : ſicut granarium, ubi granum frument condebant. Les Gloſes anciennes : panarium, obve- quitur, panarium, abſoſion. Il a signifié enſuite un panier en général. Suétone, dans la Vie de Caligu- la : Sparſie & miſſilia rerum, & panaria cum obſo- nio viritim diviſit. Stace, livre 1. de ſes Silves : Hi panaria, candidaſque mappas Subveſtant, epuſſique lautiores. Et de-là, le diminutiſ panariatum. Martial : Cum panariotis tribus rediſti. Les Gloſes d'ſidore : pana- rium, excipulum. Lipſe ſur ces mots de Suétone, en la Vie de Domitien, chapitre 4. Senatui, Equitique, panariis, &c. ea per piſeros diſtribuebat : panarium diviſit. Galli hanc vocem reſinent, & di- cunt paniers. M.
PANIQUE. Terrer panique. Hygin, liv. 1. parlant d'Ēgipan; &c. etiam dicitur, cum Jup- ter Titanas oppugnant, primus objeciſe hominibus timorem, qui variſi appellatur; ut ait Exaſſoche- nes. Voyez Angelus Politianus dans ſes Mélanges, chap. 18. M.
PANIZ. Sorte de grain, ſemblable au millet. De panicum. Voyez Pline xxii. 25. Columelle 1. 9. & Palladius 4. 3. M.
PANNE. Sorte d'étoſſe. Comme quand on dit, Manteau doublé de panne. De panna, dit par métaplaſme, pour pannus. Dans le Lexicon Bri- tanno-Latijum de Boxhornius, pan est interprété par pellitium, pini molliores : mais où je crois qu'il faut lire pili molliores. ¶ Voyez Cataubon ſur Suétone, dans la Vie d'Auguſte, chapitre 21. M.
PANNE. Mot Angevin. C'est ce grand vaſſeau de terre où l'on fait la leſſive. Dans la Recette de la Prevoté d'Angers, imprimée à la fin de la Cou- tume d'Anjou : Tous Marchands de pannes à faire huée. Peut être de patulus. Patulus, patulatus, pa- tulatus, pana, panna, PANNE. M. PANNE de Chœur d'Eglise. C'est cette pièce de bois, qui traverle le Chœur; ſur laquelle on poſe le luminaire. Il y en avoit une à Saint Denis en France, il n'y a pas ſix mois. M. PANNE de Chœur d'Eglise. Ce mot qu'à Metz on prononce penne, y signifie encore générale- ment toutes fortes de poutres deſtinées à traverser les bātimens, & on les appelle de même lorsqu'el- les ſont miſes en œuvre. Elles ſont communément de ſapin; & leur groſſeur & leur longueur les ſont diſtinguer entre ſimples & doubles pennes. Le Du- char. Voyez ci-deſſous penne.
PANNEAU. Donner dans le panneau. De pan- nullus, diminutiſ de pannus. M.
PANNONIE. Nom d'une ancienne Provin- ce d'Europe. Dion, liv. xlix. dit que le nom de Pannonia fut donné à cette Province, à pamis, c'est-à-dire, à cauſe des bandes d'étoſſe, que les habitans coupoient en lambeaux pour s'en vêtir apres les avoir aſemblés en les coſant les uns apres les autres. *
PANONCEAUX. Marques de biens ſaiſis. M. de Manſſac ſur Harpocration, page 235. 29, tabella erat, qua affura, deſignabas ades, aut pra- dia, & alias poſſſiones hypothec ſubjectas. Galli vocant has tabellas, des panonceaux, ou des bran- dons, ut dominus ſupra in acceus. Et ce qui ſuit. Voyez Cujas, liv. xvi. de ſes Observations, cha- pitre 12. In his titulis, ſen ſuoc, aſcriptem erat, quoc ſalenti oppigneratum eſſet uopſes ſen clica : idque ipſſes dicebatur, &c. dit M. de Valois ſur Harpo- EFERUS - Recherches & Classification numériques cration, page 315. Voyez M. de Saumafée de Modo Ufurarum, page 648. où il reprend M. de Maulac, pour avoir confondu signa & 1900. On appelle aussi panonceaux les givouettes : Indices ventorum, dit Nicot, après Robert Etienne. Je crois que ce mot, en cette signification, a été formé de pinna, de cette manière : Pinna, penna, penno pennoni, pennonius, pennonicus, pennoniculus, pennonicellus, pennoncellus, PENNONCEAU; qu'on a prononcé panonceau. De penno, pennonis, les Espagnols ont fait PENDON pour enseigne, banniere, etendart. Touchant le mot 1902, dans la signification de panonceau, je remarquerai ici par occasion, que Loiseau dans son Traité du Déguerpissement, livre 1. chapitre 1. a accusé Amiot de s'être mépris dans la traduction de ce passage de Plutarque, en la Vie de Solon, 1902, 1903, 1904, 1905, 1906, 1907, 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945, 1946, 1947, 1948, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, 2030, 2031, 2032, 2033, 2034, 2035, 2036, 2037, 2038, 2039, 2040, 2041, 2042, 2043, 2044, 2045, 2046, 2047, 2048, 2049, 2050, 2051, 2052, 2053, 2054, 2055, 2056, 2057, 2058, 2059, 2060, 2061, 2062, 2063, 2064, 2065, 2066, 2067, 2068, 2069, 2070, 2071, 2072, 2073, 2074, 2075, 2076, 2077, 2078, 2079, 2080, 2081, 2082, 2083, 2084, 2085, 2086, 2087, 2088, 2089, 2090, 2091, 2092, 2093, 2094, 2095, 2096, 2097, 2098, 2099, 2100
PANONCEAU. Espèce d'enseigne. Ce mot vient du Latin pannus : & le Latin pannus a été fait apparemment du Grez: 1902, tela, textura. Voyez ci-dessus Fanon & Gonfannier. P ANSE. Voyez Page.
PANTAGRUEL. Si dans Rabelais il y a un seul mot forgé par l'Auteur, c'est, selon l'opinion commune, celui de Pantagruel, dont il a fait le nom d'un de ses héros. Cependant c'est un vieux mot François, qui dans notre vieux Langage, signifie les angoisses de la mort : & c'est sur le pied de cette signification, que liv. 1. chapitre 6. & liv. 3. chapitre 49. il est dit de ceux qui sont en danger d'être étranglés, que Pantagruel les tient à la gorge. Le Verger d'Honneur, &c. parlant d'un vieillard parvenu au dernier période d'une longue vie : Aussi pour trop grant nourriture, Tourner luy peult en pourriture, Faye, cueur, pornon, tripe, rate, Ou le Penthagruel le grate Si treffort dehors & dedans, Que parler ne peult, & de dents Ne peut ronger d'un an appeine. Poignquy ? pource qu'il n'en a point. Le Duchat.
PANTALON. Calçon ou haut de chauffe, qui tient avec les bas. Ce mot nous est venu d'Italie, où les Vénitiens qui portent de ces sortes de hauts de chauffees, sont appelés par injure Pantalon. Et ils sont ainsi appelés de S. Pantaleon, qu'ils nomment Pantalone, au lieu de Pantaleone, mot corrompu de Pantelemone, qui signifie tout miséricordieux. Ce Saint étoit autrefois en grande vénération parmi eux : & plusieurs, 1. caule de cela, s'appelloient Pantaleoni dans leurs noms de baptême : d'où ils furent tous ensuite appelés de la sorte par les autres Italiens. C'est ainsi que le Tassone, dans son Poème de la Secchia rapita, appelle les Boulonois Petronii, & les Modénois, Geminiani : per la moltitudine de Cittadini de la parte e della ditta, che anno questi nomi ; non per disprezzo alcuno : poiche per altro sono nomi de Santì Proterteri di quelle due citta. Ce sont les mots du Commentateur. M.
PANTIERE. Un ret ou filet pour surprendre les oiseaux. Il vient de pantiera, qui signifie même choiré. Vatton, de Lingua Latina, livre 2. Ferarum vocabula item partim peregrina, ut panthera, leo, utraque Craca : a quo etiam & rete quoddam panther. Ulpien, L. 12. §. fin. ff. De altumbus empti & venditi : Veluti, cum futurum jaltum retis a piscatore emimus ; aut indaginem, plagis positis, a venatore ; vel pantheram, ab aucupe. Il est bien vrai qu'Alciat dans ses Parerga, explique pantheram par universam venationem : c'est-à-dire, toute la prise que l'oiseleur pourroit faire : comme dérivant ce mot de 1902, qui signifie tout, & de 1902, qui signifie chasse. Et je crois volontiers que le mot panthera signifie un ret propre à prendre toute sorte d'animaux : car on fait que les anciens se servoient de rets, non-seulement pour prendre les oiseaux, mais aussi pour prendre les lions, les sangliers, & presque tout ce qu'il y a de bêres sauvages ; car aussi bien 1902, & 1903, signifient une bête sauvage. Caseneuve.
PANTIERI. Nous appellons ainsi en Anjou, ce qu'on appelle en Normandie une volée : qui est ce grand filet qu'on rend dans l'ouverture d'un bois pour prendre des beccasses. De panthera : dont les Latins se sont servis dans la signification d'un rets a prendre des oiseaux. Ulpien, au paragraphe 18. de la Loi 12. de Altumbus empti & venditi : Veluti, cum futurum jaltum retis a piscatore emimus ; aut indaginem, plagis positis, a venatore ; vel pantheram, ab aucupe. Panthera a été fait de 1902, 1903, 1904, 1905, 1906, 1907, 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945, 1946, 1947, 1948, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2005, 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022, 2023, 2024, 2025, 2026, 2027, 2028, 2029, 2030, 2031, 2032, 2033, 2034, 2035, 2036, 2037, 2038, 2039, 2040, 2041, 2042, 2043, 2044, 2045, 2046, 2047, 2048, 2049, 2050, 2051, 2052, 2053, 2054, 2055, 2056, 2057, 2058, 2059, 2060, 2061, 2062, 2063, 2064, 2065, 2066, 2067, 2068, 2069, 2070, 2071, 2072, 2073, 2074, 2075, 2076, 2077, 2078, 2079, 2080, 2081, 2082, 2083, 2084, 2085, 2086, 2087, 2088, 2089, 2090, 2091, 2092, 2093, 2094, 2095, 2096, 2097, 2098, 2099, 2100 M. de Saumafée, dans son de Modo Ufurarum, page 352. 1902, 1903, 1904, 1905, 1906, 1907, 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945, 1946, 1947, 1948, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000 M. de Saumafée, dans son de Modo Ufurarum, page 352. 1902, 1903, 1904, 1905, 1906, 1907, 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945, 1946, 1947, 1948, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000
PANTOIS. Rabelais, 1. 39. M. de la Bellonnière m'avoit promis un lanier : mais il m'écrivait n'aguères qu'il est devenu pantais. Richelet sur le 64. Sonnet du livre 2. des Sonnets de Ronfard pour Hélène de Surgeres, le dérive de 1902. S'il en venoît, il en viendroit de cette sorte ; 1902, 1903, 1904, 1905, 1906, 1907, 1908, 1909, 1910, 1911, 1912, 1913, 1914, 1915, 1916, 1917, 1918, 1919, 1920, 1921, 1922, 1923, 1924, 1925, 1926, 1927, 1928, 1929, 1930, 1931, 1932, 1933, 1934, 1935, 1936, 1937, 1938, 1939, 1940, 1941, 1942, 1943, 1944, 1945, 1946, 1947, 1948, 1949, 1950, 1951, 1952, 1953, 1954, 1955, 1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1961, 1962, 1963, 1964, 1965, 1966, 1967, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977, 1978, 1979, 1980, 1981, 1982, 1983, 1984, 1985, 1986, 1987, 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999, 2000 ON prononce à Paris pantois. M. PANTOM. Vieux mot qui signifioit celui dont la respiration est embarrassée par quelque asthme ou fluxion ; un asthmatique. L'étymologie que Bochart donne de ce mot, paroît être la véritable. Pantaleon ou pantass, en Anglois, signifie courte haleine de Faucon : ce que nous appellons pantolment, en terme de Fauconnerie. To have the pantais. EFERUS - Recherches & Classification numériques P A O. P A P. 281 tais, c'est avoir le pantomien, autrement la courte haleine. •
PANTOUFLE. Budée, dans ses Commentaires de la Langue Greeque, page 215, de l'édition de Robert Etienne, le dérive, après LaScaris, de pantophellos. Voici ses termes : ««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««[{"}] Rabelais, dans ses Notes sur son quatrième livre de Pantagruel ; & Trippault, dans son Celt-hellénisme ; & Perlon, dans son de Lingue Gallica cum Graca cognatione ; & Vigenère, sur Tite-Live, 1. page 958. lui donnent la même origine. Voici les termes de Perlon : Obscurior mihi crepidarum quar pantoufles vocamus, origo videtur. Ea, inquam, plané Graca est, ut Budaus primus docuit. ««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««[{"}] Pantoufle, & Trippault, dans son Celt-hellénisme ; & Perlon, dans son de Lingue Gallica cum Graca cognatione ; & Vigenère, sur Tite-Live, 1. page 958. lui donnent la même origine. Voici les termes de Perlon : Obscurior mihi crepidarum quar pantoufles vocamus, origo videtur. Ea, inquam, plané Graca est, ut Budaus primus docuit. «««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««[1. & ilie sunt tabula, lamma, suber,at. Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau,"}]
PANTOUFLE. Pour éclaircir davantage l'origine de ce mot, je rapporterai ici ce qu'en dit Wachter, dans son Glofar. German. page 1180. Voici ses termes : PANTOFFEL, genus calceamenti, quod sandalia & crepidas vocant. Anglis pantofle, Gallis pantoufle, Italia pantofola. Vix ulla vox est, qua plures & magis discrepantes ingenii partus produxerit, dum alii eam ad sontem Gracum, alii ad Latinum, alii ad Germanicum revocare, tonantur. Gracis quai est suber: bine, inquunt, ««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««[1. & ilie sunt tabula cum theca, sed fobis, inquai, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, Dau, D"}] Tene II. voce, ut infra monui in loco, Sneci & Sueci etiamum utuntur. Postquam verò solea epirimeno muniri & in formam theca aptari esperunt, pristino nomini accestu augmentum wari vel wari, quod postea usus mutavit in pan vel pant, quia w & v sunt litora convertibile. Atque hinc jam patet quid sit pantoffel vel pant-toffel, vi compositioni, nempe theca tabulata, sevo tabula cum theca. Dixi, crepidas ab initio non fuisse-thecas, sed soleas tantum. Toflis mihi Gellius, lib. XIII. cap. 10. Omnia ferme id genus, quibus plantarum calces tantum infime teguntur, cetera prope nuda, & teretibus habenis juncta sunt, soleas dixerunt : nonnumquam voce Graca crepidulas. •
PAONACE. Couleur. Thylesius, chapitre x. de son livre des Couleurs, le dérive de puniceus. Voici ses termes : A Phanichus color phaniceus ; puniceus quoque dictus : flagras velus viola flammea : atque ita a multis olim purpura vocata fuit violacea. Hodie pane nomen servat : nam paonacius, quasi puniceus dicitur : est aliqui vocem hanc vernaculam a pavonis colore factam volunt. L'opinion que Thylesius rejette, est la véritable. Paonace vient de paonacium. Et cette couleur a été ainsi appelée de la ressemblance aux plumes de paon. M. de Saumais, page 131. de la Conputation des Animadversions de Kercoetius : Paxonacium, pro violaceo, Veteres dixerunt, & pavonarum. Etiam hodieque Itali pavonazzo dicunt de violaceo colore. Paxonacium Veteres Galli nostri de purpura aut pretiosa vofte dixerunt. Geoffreus, vetus Poeta Rhymicus, qui circiter tempora Philippi Pulcheri vixit, in Soryra, cui titulum fecit LEE PATINOTRIS, dicit, amoris delicias, aque sub vii vofte ac sub purpura, vel vade pretiosa, latere : quod hoc verum expressit ; Auffi-bien sous bureau, comme sous paonace. Jules Scaliger contre Cardan, ccxxxv. 17. Puniceus vero assinis oftri est adeo, ut cum ostrum sit purpura, & purpura sit in viola martia ; cocci vero color rubet ; tamen, quia purpura quadam in ruborem inclinaret, ob ea natura confinia, sanguinem tum puniceum legimus, tum purpureum. Purpura igitur, est & sanguine cognominis concha fieret, ac propterea ostrum ab ostraodermo genere diceretur, tamen maris colorem ait Plinius imitari. At nos hunc morellum dicimus, à Moris. Veneti, à pavone, pavonaceum. Le Dictionnaire de la Cruca : PAONAZZO, colore, tra accurro e nero : forte detto dal colore delle penne del paone. C'est une chose indubitable. M.
PAPA. Du Grec ««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««[1. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA."}]
PAPA. Ce mot, de même que celui de mama ou maman, est formé par la nature dans la bouche des enfans, & il n'en faut pas chercher ailleurs l'étymologie. C'est pourquoi on le retrouve essentiellement le même dans la plupart des Langues, nonobstant les diverses altérations qu'il a souffertés par le génie des différents peuples. Et pour en donner ici quelques exemples : pere se dit au ab en Ebreu, «««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««[1. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA. M. PAPA."}] N n EFERUS - Recherches & Classification numériques tare, *kappa* en Langue Malayenne, *fon* en Chinois, *pader* en Perlan, *baba* dans la Langue des Isles Antilles en Amérique, *bo* dans celle des Hottentots; *paraboli*, *paraboli*, *paraboli*, en Grec; *pader* en Italien, en Espagnol; en Portugais; *feter*, *fader*, *vater*, *vader*, &c. dans les différents Dialectes Teutoniques. Le *ter* ou *der*, ou *dre*, & autres semblables sons, ne font que des terminations que les hommes ont ajouté à ce mot, & qui n'en changent point l'essentiel. Le *b*, *ly*, ou *ph*, étant des lettres labiales, se mettent facilement l'une pour l'autre dans toutes les Langues, & il y en a une infinité d'exemples. Voyez ci-dessus *mamam*.
PAPÉ. Du Latin *papa*. Sabinus, dans une de ses Épigrammes à Carlon, a ainsi parlé de l'étymologie du mot *Papa* : *Unde Papa fallum sit nomen, Cario, quaris, Pastoremque sum cur ita Roma vocet. Vox ea, si nectis, mammam sonat; atque papilla, Quod quasi nutritor sit Papa, nomen habet. Ennivire pius Christi sit deces alumnus, Uveribus natos ut sua mater alii.* C'est une étymologie burlesque. Pour parler sérieusement de l'origine de ce mot *Papa*, il a été fait de *dama*, qui selon Eutathius, est le mot dont les enfans se servaient pour appeller leurs pertes. *dama* a été fait d'*dama*. Voyez ci-dessus au mot *Abbe*. Et *dama* a été fait du Syriaque *KAR*, qui l'a été de l'Ebreu *28*. Touchant le tems que ce mot a commencé d'être affecté à l'Évêque de Rome, voyez le Cardinal Baronius sur le x. de Janvier du Martyrologe Romain, & le P. Sirmond sur Ennodius, liv. 4. épître 1. M.
PAPÉGAU. LAPÉGAU. Lat. *psitacus*. Les Épagnols disent *papagayo*, les Italiens, *papagallo*; les Anglois, *papengeay*, les Arabes, *babga*. De *papagayo*, nous avons fait *papegay* : & de *papagallo*, *PAPIGAU*. Sylvius, dans son Introduction à la Grammaire Française, page 89. *Psitacus* *PAPIGAU*: a *papagallus*. Les Grecs modernes disent *paragallo*. M.
PAPELARD. Vieux mot qui signifie *hypocrite*. Le Roman des Fausses Amours : Que je fasse le chateumite, Papelardant comme un Hermite. Voyez M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot *papelardus*. L'origine du mot *papelardus* ne m'est pas connue : car je ne puis être de l'avis de M. du Cange, qui le dérive de *papa*, ou de *papas*. Voici ses termes : *PAPELARDUS*. *Hypocrita*, *Adulator*, *Simulator* : qui *papa frequenter exclamar* : *vel qui*; *ut infantis*, qui *papas parentes vocare solent*; *voce adulatoria uti consuevit*. M.
PAPELARD. On voit dans le Roman de la Rose, composé sous le Regne de S. Louis, une description de ce que nous anciens appelait *papelardite*. Mais comme cette description ne contient rien qui tende à nous faire découvrir l'origine du mot *papelard*, voici un passage de Rabelais qui peut-être y contribuera davantage. Il est pris du liv. 1. chap. 11. & il est conçu en ces termes : *Pour ce jourd'huy* (dit le Maître d'hôtel) si nous sommes *roflés*, *ja au feu ne bruserons*; *car nous sommes lardez a peiull*, *à mon advis*. *O petit mignon*, *tu nous as baissé foin en corne* : je te voeux quelque *jour Pape*. Je l'entends (dit-il) ainsi : *mais lors vous ferez papillon* : & ce *gentil papegay sera un papelard tout fait*. Je m'imagine encore, que *papelard* pourroit bien venir de l'Alleman *papelard*, d'où je crois aussi que nous avons fait *vabillard*. Ce qu'on appelait autrefois *papelardae*, confisait essentiellement dans un continuel récit ou marmotement des heures de l'Office ou du Bréviaire; en quoi il y avoit souvent beaucoup d'hypocrite. Et de la vient, selon moi, qu'au dire de l'Auteur du Roman de la Rose dans la s'allege de l'Office de la Papelardie, ce vice n'est, a proprement parler, qu'une hypocrite complète & universelle dans le culte Religieux. Les Flamans prononcent *paff*, le mot Alleman *paff*, qui signifie *prêtre* : & dans le Roman de la Rose, de l'édition de Galin du Pré, la *papelardie* est représentée par un prêtre qui est à genoux & a les mains jointes, comme un homme qui veut faire croire qu'il prie Dieu avec beaucoup de zèle. *Papae* est un diminutif de *paff*, & signifie *préfini* : & de l'Alleman *paffein*, on fait très naturellement *papecin*, d'où pourroit bien être venu le mot *papelard*, dans la signification d'*hypocrite*. Peut-être aussi que *papelard* est une contraction de *pape-pelard*, fait de *pape-pelne*, qui s'est dit des hypocrites, & au lieu duquel on a dit aussi *papeln*, mot qui dans la même signification se trouve dans les Fables de la Fontaine. *Le Duchat*.
PAPELARD. Ce mot ne pourroit-il point venir du Latin, *palper*, qui signifie *flater*, *carellier*, *amadouer*; ou de *palpator*, qui veut dire un flateur, un patelin ?
PAPELIGOSSE. Rabelais, liv. 1. chap. 15. après avoir parlé dans le chapitre précédent des Sorbonistes & autres Sophistes, qui avoient très mal dirigé les premières études du jeune Gargantua : *De quoy*, ajoute-t-il, (le Roi son père) se complaisant à Dom Philippe des Marais, Viceroy de Papeligosse, entendit que mieux luy vaudroit rien n'apprendre, que tels livres sous tels préceptrés apprendre. Papeligosse est proprement un pays où l'on se gaufse du Pape, tel qu'il l'Île des Papeligoses, du liv. 4. ch. 45. 46. & 47. & je me trompe fort si le traducteur du Rabelais en Anglois, n'a fort bien rencontré de prétendre que le pays de Papeligosse, étoit la Navarre, mise à l'interdit avec son Roi Jean d'Albret, par le Pape Jules II. Ce Prince s'étoit gaufse de Jules en ne voulant pas déférer à la Bulle Papale qui lui ordonnait de renoncer à l'alliance qu'il avoit avec le Roi de France Louis XII. Jules a son tour, lui fit la figue en je faisant dépouler de la meilleure partie de son petit Royaume : de sorte qu'après une révolution si funeste au Roi de Navarre, il ne faut pas s'étonner si dans si peu qu'il lui restoit de pays; & le Pape, & ses suppôts, comme les Sorbonistes, y étoient mais & méprises, comme ils l'étoient par Dom Philippe des Marais, Viceroy de Béarn. *Le Duchat*.
PAPELINE. Sorte d'étoffe. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
PAPELINE. *Papalin* est un nom de parti, comme le terme d'Imperialiste. Peut-être que la *papeline* a été ainsi appelée du nom de ceux qui l'inventèrent, ou du parti que tenoit la Ville où l'on fabriquoit cette étoffe. *Le Duchat*.
PAPERAT. Rabelais, liv. 1. chap. 19. Si l'avoit-je bien quoté en nom *paperat*. Antoine Ou- EFERUS - Recherches & Classification numériques din, dans son Dictionnaire François-Italien, explique ce mot par libro di conti. Je crois qu'en effet paperat est un livre de compte : mais je crois que c'est proprement le livre que les Marchands appellent *Brouillant*, parce qu'ils y brouillent & raturent ; & je m'imagine qu'on a appellé ce livre *paperat*, comme qui diroit *papier à ratures*. Le Duchat.[{"box_2d": [66, 161, 433, 228], "label": "text", "caption": "P A P I E R. De papyrus, fait du Grec σέσπορ : qui est un mot Egyptien d'origine. Phrynichus : σέσπορ. τυπέσουι ἄγις ἐγένετο ἄνω τυπέσουι σέσπορ. σέσπορ. τυπέσουι ἄγις ἐγένετο ἄνω τυπέσουι σέσπορ. Σεσπορ. τυπέσουι ἄγις ἐγένετο ἄνω τυπέσουι σέσπορ. Σεσπορ. τυπέσουι ἄγις ἐγένετο ἄνω τυπέσουι σέσπορ. Σεσπορ. τυπέσουι ἄγις ἐγένετο ἄνω τυπέσουι σέσπορ. Σεσπορ. τυπέσουι ἄγις ἐγένετο ἄνω τυπέσουι σέσπορ. 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Ainsi, parce que l'Ange extermin teur qui alloit de maison en maison, tuant tous les premiers nés des Egyptiens, païloit celles des liraclites, c'est-à-dire, n'y entroit pas, & n'y faisoit pas mourir les premiers nés, la fete instituée par ordre de Dieu en mémoire de ce bien-fait, fut appelée Paage. De l'Ebreu ne refaib, en changeant le n h en x & ajoutant à la fin un aliph, à la maniere des Chaldéens & des Syriens, les Grecs ont fait «ex», que les Latins ont exprimé païcha, d'où nous avons fait Paque. *2 PAQUE BOT. Les Anglois appellent ainsi un petit vaïsteau deftiné à porter le paquet de Lettres: qui est un mot composé de boat, qui est une espèce de petite barque, & de paquet, qui signifie paquet. M.
PAQUET. C'est un petit fardeau trousse & lié; ou bien un fac que les voyageurs portent attache à leurs épaules. Il vient du Latin-barbare païculum, qui signifie un petit fac. Les Glofes d'Iffodore: Païculum, faïculum, païseolum. Quelques-uns croient qu'il vient de «ex», dejus, ferré, empaqueté. Caïentuve.
PAQUET. De païleum, diminutif de païlum, qu'on a fait de paugere, qui a signifié lier, paquet, comme le témoigne fort composé compingere. M. cu : *disans*, que paragon est res que allis composita ac collata, illas delet sua excellenta : *Et le tirent dudit majoryat* : *selon ce qu'il signifie aussi* praeterre : *duquel le participe est majoryat* : *aussi dit-on en François*, il a passé tous les autres en proueffe, de celuy qui excelle en proueffe sur tous les autres : *d'aucun qu'il se trouve quelquefois ofrit parangon* : *comme aussi l'italien l'escrit & prononce* : *& ils le veulent extraire de majoryat* : *qui signifie obviou & adnotos cubito amolior* : *d'aucun que le paragon ne peut avoir son pareil en son espèce*, *& que le François dit aussi* nompareil, *pour ce moyen* : *mais c'est le repartier trop long*. Nicot n'a pas bien rencontré en cette étymologie. Le François *paragon*, ou *parangon*, comme l'italien *paragone*, ou *paranone*, a été fait de *par paris*. *Par paris*, *paricus*, *parico pariconis*, *paricone*, *paracone*, *PARAGON*, &c. Ou bien : *par, paris, paratum* (d'où *parage*), *paraticum, paratico, paratone*, *PARAGON*. ¶ Henri Etienne, dans son Livre de la Précellence du Langage François, page 140, soutient que les Italiens ont pris leur *paragone* de notre *paragone* : *Mot ancien*, dit-il, *que nous avons pris des Grecs*. Et dans sa Liste des mots François tirés du Grec, il dit, comme Nicot, que *paragon* vient de *majoryat*, participe de *majoryat* : ou plutôt *parangon* de *majoryat* : *Ce sont ses termes* : *qui sont aussi ceux de Nicot*. Je ne fais point qui est l'original des deux ; Nicot & Henri Etienne ayant écrit en même tems. Les Italiens appellent aussi *paragone* une pierre de touche. Le *Vafare*, dans son Introduction à son Livre de la Vie des Peintres : *Cavasi del medesimo Egitto*, *e di alcuni luoghi di Grecia ancora*, *cetta forte di pietra nera*, *detto paragone* : *la quale a quello nome*, *perché volendo faggiari oro*, *l'arrivata su quella pietra*, *e si conosce il suo colore*. *E per questo*, *paragonandovisu*, *viene detto paragone*. Anfémé Bocce, dans son Traité des Pterteries, l. 2. ch. 2. 2. donne une autre étymologie de ce mot *paragone*, dans la signification de *pierre de touche*. Voici ses termes : *Vocant Itali hoc marmoris atri genus paragone* : *quia eo, lapidis Lydii vice, utuntur ad annum examinandum*. Les François ne se servent pas de ce mot en cette signification de *pierre de touche* : mais ils s'en servent pour signifier une sorte de marbre noir. Voyez M. Félibien. M.
PARAPET. Plusieurs disent *parapel* : *qui se trouve dans le Prologue du livre 5. de Rabelais*. Il faut dire *parapel*. De l'italien *parapetto* : *detto cost*, *perché su la sponda l'appoggia il petto*, dit la Crufca. M.
PARAPHERNAUX. Terme de Jurisprudence. On appelle biens *paraphernaux*, ceux que la femme apporte au-delà de sa dot. Ce mot vient du Grec *majò au-delà*, & *quità dot* : & *quità vient*, *selon Hésychius*, du verbe *quò* porter, apporter ; parce que la dot est un bien que la femme apporte à son mari. Le verbe *pamaphren* en Chaldéen, & *pamaphri* en Rabbinique, signifie *doter* : *phèran* & *phèran* en Chaldéen & en Rabbinique, & *phèrnitho* en Syriaque, une *dot*. Mais tous ces mots ont été faits du Grec *quità*. Voyez Buxtorf, dans son Lexicon Chald. Talmud. R. page 1819. \*
PARAPLUIÉ. Ce mot a été fait à l'imitation de celui de *parasol*. Voyez *parasol*. M.
PARASANGE. Ancienne mesure de Perfe, différente suivant les tems ou les lieux. Ce mot est Perfan d'origine, & nous le tenons des Grecs & des Latins. Les Chaldéens l'ont abrogé, & ont dit *qu'à parsa*, que l'on trouve dans la Paraphrasie Chaldéique de Jonathan, & dans les Rabbins. \*
PARASOL. Lat. *ambella*. Gr. *ambella*. Ce mot n'est pas ancien dans notre Langue. De l'italien *parasole* : *quia solem arcer*. M.
PARAVENT. De l'italien *paravento*. Voyez *avanti*. M.
PARC. Nous le prenons maintenant, ou pour la clôture de bois où l'on tient les brebis enfermées aux champs, ou pour l'enceinte des bois, vignes, vergers, ou autres dépendances d'une maison champêtre. Ce mot vient de l'ancien Teudifique *parch*, qui signifie indifféremment toute sorte de clôture servant à la ménagerie des champs. La Loi des Bajuvariens, tit. 9. chap. 1. *De illo granaro*, *quod parch appellant*. La Loi des Anglois, tit. 7. *Qui gregem equarum in parco furtatus sueri*, Celle des Ripuariens, tit. 81. §. 2. *Si qui procilium alienum in meffe adprehensum ad parcum menare non permiserit*. De *parc* nous avons fait *parquer*, qui signifie *se rerancher*, & *se camor*. Caleneuve.
PARC. Dans le premier Scaligerana : *Leporarium*, *propriè doit debelat locis in quo lepres incudebantur*. *Sumitur tamen pro eo quod vocamus un parc*. *Leporaria aliter vocantur robusttea & toborea*; *vel vivaria*; *quia viva animalia in iis incudebantur*. *Vulgo vocamus parc*: *L'imitato in R: nam pale dicendum erai*, *ut pate quod de iis vivariis propriè dicatur*, *qua palis circumdabantur & concludebantur*: *Cujismodi parc multi sunt apud Petrocorios*. *Vide Gellium, ex Oratione Scipionis Africani*. Les Anglois usent du même mot en la même signification. Polydore Virgile, en la Vie de Henri I. Roi d'Angleterre, page 196. *Ejus opera sunt, Cœnolus aliquot, tum in Normania, tum in Anglia, & prafertum illud unum Redyngienè*; *& Villa opere magnifica, procul Oxonio, circiter septem millia passum, ad Vodeflocum pagum: ubi loci condicit vivarium muro circumseptum; quo viva fera teneruntur*. *Hac vulgus parcos appellat: in quibus dama & cervi in primis clansi servantur: qua propriè apud Anglos toboraria, sicut antiqui dixerant, nominari possant; quod eijismodi loca vibreris fudibus terè ubique circumdentur*. ¶ Voëssus, dans son de *Vittis Sermonis*, page 157. le dœtive de l'Alleman *phirch*, ou du Flaman *parch*, ou *perch*. *Parcus, pro septo, a Germanico phirch*; *Belgis parch*, *vel perch*; *Anglis parke*; *tino & Gallis parc: unde istom parquet*; *Belgis parket*. Et ce qui fait, qui contient plusieurs passages d'Ecrivains de la moyenne Latinité, où le mot de *parcus* est employé dans la même signification. ¶ Voyez M. du Cange, au mot *parcus*. De *parc*, nous avons fait le diminutif *Parquet*, dans la signification d'*Audivore*, & de *Salle d'Audience*. M. de Saumais sur l'Histoire Auguste, page 485. *Aviques & proprie dicebatur totum fori judicialis conseptum, quod ex tabulis compaelum erat, & pluteis undisqueae mutum*. *Parquetum hodie vocamus, diminutivè: nam parquum, majò* *cò* *sò*, *hoc est septum, appellamus*. M.
PARC. Ce mot est d'origine Celtique. Voici ce qu'en dit Wachter dans son *Glofar. German*, page 1195. *PIRCH, Jocis septus. Vax Celtica. Armericiis parc idem quod enclos, telle Petronio in Ant. Cels. pag. 455. cum quo significans convenis idioma Anglo-Saxonicum, secundum quod peartoc est septum, circus, clathrum, interpreto Sumero & Benfono. Salmasus in Hist. Aug. pag. 485. Parcum, *mò* *cò* *sò*, *hoc est septum, nominamus*. *Hac pri* EFERUS - Recherches & Classification numériques ma vocis notio, & omnibus idonea sensibus, quibus mune & olim affecta, nec aliunde nisi a bergen (quod Alamannis effertur pergan), arcere, munire, oriun- da. De quo amplissimo verbi significatu album supra in loco. Dicitur antiquitur, primo de granariis, ubi frumenta aservantur. Lex Boierum, tit. IX. cap. 11. 2. De illo granario, quod parch appellant, tribus solidis componat. Deinde de septo, quo animalia domestica includuntur. Lex Angliorum & Werino- rum, tit. VII. Qui gregem equarum in parco futa- tus fuerit, in tripium componat. Denique etiam de vivario, in quo fera, & pracipui cervi, dama, Principium venationi declinata, nutriuntur & coher- centur. Lex Angliorum ibidem: Hoc de cervo, bove, vacca, ove, porco, judicatum est. Scili- ct ut tripium componat, qui cervum ex parco fura- tus fuerit. Somnerus in Dill. Anglo-Caz. peatræc Salus. Veretus in Indice: park, certa filiva circa villas regias, arces, aut civitates, venationibus Re- gis deputata, aliis prohibita. Primus sensus obsolet- cit. Altero utuntur Germani, quibus locus in agro, vel filiva septus, ubi oves stabilantur, triumnum di- citur pferch, telle Stiler. Tertius viger extra Ger- maniam. Ita vivarium ferarum Belgis vocatur perk, Anglis pack, Gallis pare, Italis parco. Ferrarius vocem nostram deducit ab innsitato. Latino parco, id est coerceo. Idem vocem Italicam perit a palis, hoc est a sudibus, quibus vivaria muniri solent, unde judicio ejus existit palicus, palcus, parcus. Sed ve- rosimile non est, eam vocem habere peculiarem & a reliquus, quibuscum sono & significatu convenit, dis- tintem originationem; quidquid dicat Clofater Ita- licus, vir alias excellenter doctus, sed Lingua Ger- manica ignarus, qui dum peregrina omnia Latina, tanquam matri, vindicare studet, sape in tricas de- labitur. Veram radicem primus animadvertii Ecar- dus, in Not. ad Legem Ripuar. tit. LXXXII. 2. nisi fortè Hungerus, quem citat, jam praocenpargerit. A parch Latino-barbari habent parcus, impacare, imparcamentum, parchetum, parcarius, & simi- lia, qua vide apud Cangium. Le Parquet des Juges a été ainsi appellé de parc, à caule qu'il est ordinairement entouré d'une ef- pèce de cloison, ou de balustrade. Et comme il étoit autrefois rabulis compaëum, suivant le pas- sage de Saumalfe, rapporté par M. Ménage, de- la est venu apparemment le nom de parquet de Menuiferie. Voyez ci-dessous parquet. 4.
PARCHEMIN. De pergamenum, dit pour pergamena charta. Les Latins ont ainsi appellé cette forte de papier, à caule de la ville de Pergame où il a été inventé. Pline, XIII. 12. Max imitatione circa Bibliothecas Regum Ptolemae & Eumenis, sup- primente chartas Ptolemae, idem Varra membranas tradidit repertas. Isidore, VI. 11. Pergameni Reges cum charta indigerent, membranas primo excogita- verunt. Unde & pergamenarum nomen hucusque, tradente polteritate, sibi servatum est. Pergamenum, pour pergamena, se trouve dans Pierre, Abbé de Clugny, livre 4. épître 19. Paratus sum inciperet, si Domino Priori Claustri mandatis, ut pergamenum prabeat. Et même dans Saint Jérôme, épître 43. ad Chromatium: Chartam defuisse non puto, & gy- pto ministrante commercia. Et si alicat Ptolemae maria clausisset, tamen Rex Attalus membranas à Pergamo miserat, ut penuria charta pelibus persa- retur: Unde & pergamenorum nomen, ad hunc us- que diem tradente sibi invicem polteritate, servatum est. ¶ Voyez Daléchamp, sur le lieu de Pline qui vient d'être allégué. M. de Saumalfe sur Solin, page 939. Voësius dans son Livre de l'Idolatie, page 1107. & dans son Etymologique 1 & mes Origines de la Langue Italienne, au mot pergam- ena. M.
PARÇON, ou PARCHON. PARÇONNIER. De pars. Pars, partis, partius, partio, partium, PARÇON, ou PARCHON. Les autres le dérivent de portio. Voyez Ragueau, dans son Indice, au mot parçon, & au mot personnier. Les Auteurs de la Coutume de Lille, article 7. disent parchonnier. Dans le Droit Civil de Normandie, commenté par Terrien, liv. 6. chap. 3. art. 2. il y a: Les uns sont principaux parçonniers, les autres seconds. Les Auteurs des Coutumes d'Angoumois, art. 25. & 27. & de Nevers, en divers endroits du Titre des Communautés & Associations, qui est le xxii. di- sent parçonnier. Et ceux de la Coutume de Bode- bonnois, art. 140. disent personnier. La premiere édition des Institutes Coutumieres d'Antoine Loi- sel, livre IV. titre 2. règle 13. a. Compersonniers. Mais M. Nublé m'a dit avoir vu un exemplaire de cette édition, où Antoine Loisel avoit corrigé de sa main, Compersonniers. M.
PARDI. Quelques-uns pourroient croire que dans cette espèce de jurement le nom de Dieu se trouveroit implicitement réclamé: mais ils se tromperoient. Ce di est le jour des Picards. Voyez ci-dessous le mot toualis. Et pardis ne veut dire au- tre chose que par le jour qui nous éclaire. Laquelle maniere de jurer nous est venue du College, ou des Universités. Mat. Cordier, dans son livre De currup. Serm. emendationi, edit. de 1539. cit. 41. nº. 34. Per diem, non ita remanebit: ne ille haud inultum feret. Vrayement il n'en demeurera pas ainsi. Et dans Rabelais, liv. 1. chap. 19. Vuitis etiam perdonos? Per diem, vos habebitis, & nihil peuabitis. Le Duchat.
PARDONNER. Du verbe Latin-barbare perdonare. Les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 26. Et pro illius gratia totum perdono quod con- tra me misfecerunt. Caleneuve.
PARDONNER. De perdonare. Cujas, sur la Loi 116. De Verborum significatione: Quintilianus, in Declamationibus, perdonare usurpas: id est, errati plenam veniam dare: quod est Gallicum & Latinum nomen. Nam si donare aliquid dicimus, cur non & perdonare; quod significat pleniem in- dulgentiam? Les Capitulaires, liv. 4. chap. 17. Omni modo ad partem nostram persolvat: nisi fortè talem firmitatem de parte Dominica habrat, per quam ipsum tributum sibi perdonatum possit offende- re. Les Italiens disent aussi perdonare. L'étymolo- gie de M. Lancelot n'est pas supportable. Il le dé- rive de nepalusque. M.
PARE. PAREE. Comme quand on dit au Palais, Acte paré, Exécution parée. Loiseau, dans son Traité de la garantie des Rentes, chap. 12. paragraphe 2. C'est un terme (il parle du mot de pare) écorché du Latin, & emprunté d'un mot qui a été supposé pour un autre en la Loy 16. de Mino- ribus: qui est fort à propos de cette matière. Minor 25. annis, cui fideicommissum solvi pronuntiarum erat, caverat id se acceptisse, & cautionem ei de- bitor, quasi creditæ pecuniae, fecerat, in lote- gram restitui potest, quia partam, ex causa judi- cari, exequitionem, novo contractu ad initium alterius petionis redegerat. On vulgairement on lit partam exequitionem, au lieu de partam. Et de- la, nous avons pris en nostre Pratique Francuise, le mot d'Exécution parée. Je ne suis pas de l'avis de EFERUS - Recherches & Classification numériques Loiseau. On dit au Palais *Acle paré*, d'*Albus paratus* : parce qu'il est prêt à être exécuté. Il en est de même d'*Exécution parée*. M.
PARE. Vin *paré*. Le Roman de la Rose, fol. 55. v. Et de l'eau simple buveient, Sans quérir pigment, ni claré; Car on ne buvoit vin paré. On *pare*, c'est-à-dire, on meurt les poires & les pommes sur la paille. Et à Metz les enfans mettent de l'eau & de la réglisse dans une bouteille, & après avoir bien remué cette eau ainsi mêlée pour y faire lever de l'écume, ils mettent cette bouteille au soleil jusqu'à ce que l'eau soit bien *pare*, comme ils disent : ensuite de quoi ils en boivent, & en donnent à leurs camarades dans des coquilles de noix, faute de tailles. Dans toutes ces significations, *paré* veut dire *préparé*, parce que c'est qu'après une telle préparation que les poires & les pommes se peuvent manger, & ceux d'un boire. Mais comme au tems dont parle en cet endroit le Roman de la Rose, on ne connoissait ni la vigne, ni le vin, je ne sais ce qu'entend l'Auteur par du vin *paré*. Il y a pourtant de l'apparence qu'il entend par-la ce qu'on a depuis appellé du vin *poivre*, c'est-à-dire où il entre du poivre : *Piperatum vinum*, *piperatum*, *peratum*, *peré*, PARÉ : & que Jean de Meun a voulu opposer ce rafinement de son siècle à la simplicité de l'âge d'or, duquel il parle. *Le Duchat*.
PARELI. Il vient du diminutif Latin-barbare *pariculus*; comme œil d'*oculus*; vieil, de *vetulus*. Marculphe, Formule 141. *Unde duas Epistolas pariculas* une *tenore conscriptas manu eorum*, *vel bonorum hominum firmatas*, *inter se fieri & sinuare rogaverunt*. C'est à dire, *ils firent faire deux lettres toutes pareilles*. Et ainsi ceux qui prennent *paricula* pour un substantif, se trompent. *Cafeneuve*.
PARELI. De *pariculus*: comme *vermeil*, de *vermiculus*; *sommeil*, de *somniculus*; *soleil*, de *solei ului*; d'où l'italien *solecchio*. *Paricula* se trouve dans la Loi Salique; & *paricula*, abregé de *paricula*, dans les Formules de Marcule. Voyez M. du Cange, au mot *paricula*. Dans le Code Justinien, & dans le Code Théodosien, il y a un Titre de *Sententes ex periculo recitandis*; mais où le Père Sirmond prétend qu'il faut lire *ex periculo*. C'est au chap. 11. de son second *Amhereticus*. Cette leçon a été fort approuvée par M. Grotius, dans son *Forum S. arso*, & par M. Héraud, au chapitre dernier de ses Observations de Droit, & au chap. v. de ses Observations contre M. de Saumais. Mais elle a été fort improuvée par M. de Saumais, dans son *de Modo Usurarum*, chap. 15. & dans ses Observations sur le Droit Attique, chapitre 6: Cujas, dans son Paraitile, & au chap. 20. du livre v. de ses Observations, est pour *ex periculo*; & Savaron sur Cornelius Nepos, est du même avis. Voyez les arguments des uns & des autres. *Non nostrum, hos inter, tantas componere lites*. M.
PARELIE. De *parelia*, fait de *maestus* Sénèque, liv. 1. de ses Questions Naturelles, chap. 11. *G. acti woydeae appellant*: *quia in propinque fere a sole vifantur*, *aut quia accedunt ad aliquam similitudinem feliis non enim totum imitantur*, *sed imaginem eius, figuramque*. M.
PARELLE. Herbe : appellée autrement pa- tience. C'est le *admodus* des Grecs, & le *nomen* des Latins. De *paratella*. Le faux Macer : *Herba solet lapathi, vulgo paratella vocari*. *Illus species dicuntur quatuor esse*. *Par tamen est ferme vis omnibus in Medicina*. D'où les Espagnols ont aussi fait leur *paratella*. *Paratella* a été fait de *pratum*: à cause que cette herbe aime les prés. Horace, dans l'Ode 1. des Epodes : *Aut herba lapathi, prata amantis*. M.
PARENCHYME. Terme d'Anatomie, qui se dit de la propre substance de plusieurs parties du corps des animaux, comme du cœur, des poumons, du foie, de la rate, des reins. Etraitant la nomme de la sorte, parce qu'il croyait qu'elle n'étoit autre chose qu'un amas & une effusion de sang coagulé entre les vaisseaux de ces parties. Les modernes rejettent avec raison ce sentiment; mais le nom de *parenchyme* ne faille pas d'être resté à cette substance. Il vient du Grec *woydeae*, qui veut dire chose formée par épanchement : *woydeae prater, doxum effundo*.
PARENT. De *parens*; dont les Latins ont usé en cette signification. Lampridus, dans la Vie d'Alexandre Séveré : *Amicus & parentes Alexander, si malos reperit, aut punivit; aut, si vetus vel amicitia vel necessitudo non svis puniri, dimisit à se*. Capitolin, dans la Vie du jeune Maximin : *Quam Grammatico daretur, quadam parens sua libros Homericoi omnes purpureos dedis, aureis litteris scriptos*. Vopiscus, dans la Vie de l'Empereur Tacite : *Cornelium Tacitum, Scriptotem Historia Augusta, quod parentem suum eumdem diceret, in omnibus Bibliothecis collocari jusc.* Dans le Code Théodosien, dans les Refcrits des Princes aux Préfets & Proconsuls, vous trouverez souvent, *Ave parens charissime Augusti*: où il est constant que ce mot *parens*, ne signifie autre chose que *parent* & c'est ainsi, pour le dire en passant, que les Empereurs écrivaient aux personnes de grande condition; comme nous voyons que les Rois de France écrivent *moi Cousin* aux Ducs & Pairs, & aux Officiers de la Couronne. Jornandes, chap. 17. de *Rebus Geticis*: *Quomodo vero Grac Grpidaque sint parentes, paucis absofram*. Le livre premier des Fiefs, chapitre 25. *Si quis fine filio maculo morinus fuerit, & reliquerit filiam, filia non habe it beneficium parris, nisi a Domino redemerit*. Si autem *Dominus ei dare voluerit propter fervitium & amorem parris, non revocetur ab ullo ex parentibus suis, neque damnetur*. Sur lequel lieu Cujas a fait cette Note : *Ex PARENTUS : Ex agnatis filia, five defuncti*. In his libris *sape parentes accipiuntur pro cognatis; militari & vulgaris sermone, ut Hieronymus ait adverrius Ruffinum*. *Quo sensu, plerique etiam plaet parentelam accipi Julii Capitolini loco illo*: Gordianus duxit uxorem, &c. Voyez Cafaubon, & M. de Saumais sur l'Histoire Auguste; où ils citent plusieurs autres exemples du mot *parens* en cette signification. Voyez aussi *Vossus, de Vitis Sermonis*, livre 111. chap. 52. ¶ Les Espagnols disent de même *parientes*, & *parentesco*: & les Italiens *parenti*. M.
PARER. *Parer aux coups*, c'est se couvrir contre les coups : & nous appellons *paresol*, ce qui nous sert à nous couvrir du soleil. Il vient sans doute du verbe *parare*, que je n'ai pu encore trouver, & qui devoit être déjà en usage du tems du Poëte EFERUS - Recherches & Classification numériques Aufque, qui dans l'Épître 5. ad Theorem, appelle paradas, certains bateaux couverts. Expositum subter paradas, leftque jacentem, Corporis ut tanti non moveatur onus. Sidonius Apollinaris, liv. 8. ép. 12. fait aussi mention, & en même tems la description de ces vaisseaux. Hic superplexa crate paradarum, sereni brumatis infida vitabis. Cafeneuve. M. du Cange reprend Scaliger, qui, dans ses Notes sur Autone, a expliqué le mot paradas, cité dans l'un des vers ci-dessus allégués, par naves voluptarias & cubiculatas, undique teclas. Et il dit que ce mot ne signifie autre chose, sinon cette partie d'un vaisseau où l'on se retire, & où l'on se met à couvert. Et cette pensée se trouve confirmée par ces paroles de Wower sur le paradas de Sidonius: Paradæ, inregumenta navium ad arcendum solem. S. Add.
PARER. Bien-que ce mot signifie proprement orner, il ne laisse pas d'être formé de parare, qui en bon Latin signifie préparer, apprécier: parce que lorsqu'une chose est ornée, elle est bien préparée & apprêtée; c'est-à-dire, assortie de tout ce qui lui sied bien. Le Comte Saint Everard, mari de Gifle, fille de l'Empereur Louis le Débounaire, dans son Testament, qui se lit dans le Code Donationum Piarum d'Aubertus Myraeus: Vestitum unum de auro paratum; mantellum unum de auro paratum, cum filula aurea. Ainsi paramenta étoient les ornemens. Dans le même Testament: De paramento vero capella nostra cyboreum cum cruce aurea: &c. Cafeneuve.
PARER. Orner. De parare. Properce, liv. 2. Elég. 19. Et se plus uni si qua parare potest. Huet.
PARER. Je me contente de remarquer sur ce mot, qu'il a quelque ressemblance avec l'Ebreu "un pier", qui signifie de même, orner, décorer.
PARESSE. Je crois que ce mot vient du Grec *vâtois*, qui signifie relâchement, affoiblissement, langueur, abattement. Il est remarquable que l'Ebreu "un pigger", qui veut dire, être paresseux, foible, languissant, convient très-bien pour le son & la signification avec le Latin *piger*. Je laisse à juger aux habiles Etymologistes, si cette convenance n'est que fortuite, ou si le mot Latin ne viendroit point de l'Ebreu. PARIER: pour *gager*. De parare: parce que ceux qui parient, gagent d'ordinaire pareilles sommes, ou des choses de valeur égale. Parare se trouve dans Tertullien, mais dans un autre sens; assavoir, pour parem esse. Pariant inter se Christus & Adam. C'est au chapitre 53. De Resurrectione carnis. M.
PARISIS. Voyez Tournois. M.
PARLEMENT. Du Latin-barbare *parlamentum*, dérivé de parare. Voyez parier. Budée, dans ses Annotations sur les Pandectes, traitant sur la Loi dernière de Senatoribus, de l'établissement du Parlement de Paris, & des diverses Chambres dont il étoit déjà composé de son tems: Ha tres primum sineunt. Una in maxime tribunali constituita, quod Parlamentum olim peculiariter, ab allicoribus, altercationibusque Advocatorum, appellatum esse video. Voyez Miraumont, pages 17. 21. 22. 26. & 27. de ses Mémoires de l'établissement du Parlement; & du Luc dans ses Arrêts, 3. 1. 5. Comme on a dit Parlement, du verbe parier; on a dit Auditoire, du verbe ouir. Emparliers, pour Avocats, se trouve souvent dans nos vieux Auteurs. M.
PARLER. Voyez parole. M.
PARMENTIER. Vieux mot, qui signifie Tailleur. De paramentarius. Voyez M. du Cange, au mot permentarius. M.
PARMI. De per medium: comme emmi, d'in medio. M.
PAROCHIMEN. Sorte de vin d'Espagne. D'un certain Flaman, nommé Pierre Simon, qui appêta en Espagne le premier plan de la vigne qui porte ce vin. Paulus Merula, livre 2. chap. 3. de la seconde partie de sa Cosmographie: Vites Germanica superioribus annis in Hispaniam à Belga quodam, Petro Simonis filio, transportata, Hispanicoque folo infida, jamque mirum in modum multiplicata, experimur quotidie quam grata producant vina, nomen ejus qui transfevis, ririnentia. Les Espagnols appellent ce vin, vin de Pedro Ximenes: ce qui me fait douter de l'étymologie de Mérula. Ximenes est un nom propre en Espagne. M.
PAROISSE. De parochia, dit pour paracia. Budée, page 112. de ses Commentaires sur la Langue Grecque: *mappixias*, nos parociam dicimus, hoc est Curiam; unde olim Curiones dicti: pro quo parochia absurdè obrepsit, cum parecia vicinia conventum significat. Voyez Mathias Martinius, au mot parochia, & au mot parochus; & M. du Cange, dans son Glossaire Grec, au mot *mappixia*; & dans son Glossaire Latin, au mot Parochia. M.
PAROLE. De parabola: dont les Ecrivains des bas siècles se sont servi en la même signification, & d'où les Italiens ont aussi fait leur parola, & les Espagnols leur palabra: ce qui a été remarqué par Maldonat sur le chapitre 13. de Saint Mathieu, en ces termes: Parabola nomen est apud Ecclesiasticus Aultores adeo usitatum, ut quemadmodum in nonnullis superiorum sacularum Scriptoribus observavi, omne verbum parabolam appellaverint: unde Italiis & Gallis parole; Hispanis, palabra, quasi parabola falta est. Radevicus, au chapitre 41. du livre 1. des Gettes de l'Empereur Frédéric: Per parabolam Friderici Imperatoris, vel nuntii ejus. Un Acte rapporté par Fray Diago, livre 2. chap. 50. de l'Histoire des anciens Comtes de Barcelonne: Non dicam illas parabolas, quas vos dixeritis ad me, & mandaveritis mihi ut celem eas. De parabola, on a fait le verbe parabolare, qui se trouve dans les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 12. chap. 1. titre 21. chap. 2. & 3. & titre 23. chap. 4. Et c'est de ce mot parabolare, que nous avons fait premierment PAROLER, qui se trouve dans le Roman de la Rose; & ensuite, par contradiction, PARLER: que Budée, l'Arteftographe du Luc, Henri Etienne, le Russelli, le Monouni, Gosselin, & Vossius, dérivent mal de *mappixias*. Voici les termes de Budée; qui sont de la page 113. de ses Commentaires sur la Langue Grecque: *mappixias*, etiam esse puto, quod Lingua vernácula pro verbo loqui, verba facere, dicti; & *mappixias*, quod locutionem & sermonem, vel *mappixias*: quamquam *mappixias*, *pampos* significat. Voici ceux de Vossius; qui sont de la page 720. de son de Vitis Sermonis: PARABOLARE, notat loqui; ac parare Gallicum, ex parabolare fallum, *mappixias*. Id verò à Graco *mappixias*: unde & Gallicum parole: nisi cum aliis malis à *mappixias*: & ce qui suit. Périon le derive EFERUS - Recherches & Classification numériques dérive encore plus mal de *hahān* : en quoi pourtant il a été suivi par Trippault. Voici ses paroles : *Quantum autem unde orta sum nomina Coriarum qua aliis subjella sunt, dixisti, volim earum qua summa sunt, & a quibus nulla est provocario, qua Parlamenta vulgo appellantur, origo qua sit, exponas. Neque enim nomen illud Latinum est; neque nostrum, ex illo duitum hoc; PARLEMENT, a Latino originem habere arbitror. Rette, inquam, putas. A Graco enim ortum est; hahān enim Grace, loqui Latinum dicitur. A autem si in v mutetur, nostra Linguæ paler, id est, loqui, nostri sermonis productione remandibit. Itaque monnili populi in Gallia; maximeque nostri, in quibus prisca Linghii nostra vestigia perseverant; sine v, paler, nunc etiam dicunt: ex quo intelligi pur est, prisca illos Gallos uſos fuſſe hoc vocabulo. Faltum est autem earum diligentiæ qui elegantia loqui student, ut quemadmodum in plerifque alici veriti alia litera adduntur vel derrabuntur; sic v in hoc per epenthos interpoſta sit. Ab hoc perro verbo noſtro, quod parler dicimus, PARLEMENTER narum est: quod ad colloquium Principum inter se de rebus controversis, ſive pace, ſive bello, tranſſerimus. Nunc PARLEMENT appellata est Curia Principis, a qua nulla est, ut dixi, provocatio. M. Lancelot n'a pas mieux rencontré, dérivant parler de *mopāhāhān*, conferre. M. Ferrari s'est auſſi trompé, dérivant l'Italien parlare de *fabulari*. Encore une fois : PARLER vient de *parabolare*. Les Italiens appellent encore aujourd'hui un grand parleur, *parabolano*, & *paraboloso*. Caninius, dans les Canons : *Hoc modo, è *mopāhāhā*, paravola; & *crasi*, parola: ut auricula, orcæcio. Nam Hifpani, qui multa incorruptus ſervarunt, dicunt palabra, per metathoſſim, pro parabta: ex quo ſit parlare & parler: non à *mopāhāhān*: quod longe aliud est. Quin etiam loquæem Itali vocant parabolanum. De parlare, contraction de *parabolare*, on fit ensuite *parlamentum*, qui fut pris premierement pour toute forte de traités & de pourparlers. Ville-Hardouin, livre I, de ſon Hiftoire, parlant d'un Conseil que tinrent les Seigneurs qui entreprennent le voyage de la Terre-Sainte : *Après prifrent li Barons un Parlement à Soiſſons, pour ſcaroir quand ils voldoient murtor, & quelle part ils voldoient runer*. Et nous uſons encore à présent du mot de *parlementer* en cette ſignification. Le mot de *Parlement* ſignifie ensuite l'Aſemblée des Etats Généraux : il le ſignifie encore en Angleterre. Et on appella cette Aſemblée *Parlamentum magnum, grande & generale*: pour la diſtiſigner des autres Aſemblées, où l'on ne traitoit que d'affaires particulières. L'Auteur de la Vie de Louis le Jeune : *Eodem anno, Cajtro Vecelace magnum Parlamentum congregavit. Ibi Archiepiscopi, & Episcopi, & Abbatei, & magna pars Baronum Francia, convenerunt*. L'Auteur de la Vie de Louis VIII. *Anno Domini 1224. Ludovicus, Rex Francia, apud Parifſos Parlamentum generale tenuit*. Guillaume de Nangis, dans la Vie de Saint Louis : *Eodem anno, infra adagari Santi Dionyſi, convocavit Rex Francorum Ludovicus grande Parifſos Parlamentum*. Et enfin, ce mot a ſignifié une Aſemblée de personnes pour décider les affaires des particuliers : qui eſt la ſignification en laquelle il eſt en uſage parmi nous. Voyez M. de Caſeneuve, au Traité qu'il a fait des Etats Généraux de Languedoc. Voyez auſſi ci-deſſus le mot *Parlement* : & dans mes Origines Italiennes, le mot de *parlare* : & dans le Gloſſaire de M. du Cange, celui de *parabola*. M.
PAROTIDES. Terme de Médecine. Ce ſont les orillons, ou oripeaux. Du Grec *mopāhāhā*, qui ſignifie la même choſe : mot compoſe de *mopāhā* & d'*arīc*: comme qui diroit, près les oreilles. Je remarquerai ici en paſſant, que les Grecs ont auſſi appellé les parotides *hāreungis*, c'eſt-à-dire *Caſſor & Poilux*, parce qu'elles ſont de bon augure dans les maladies, comme ces frères jumeaux dans les tempêtes. Caſſus l'latroſophithe, Problème xxx. *le vœu mopāhāhā* & *zahāru vœu mopāhāhā*, *de vœu mopāhāhā* & *zahāru vœu mopāhāhā*, *de vœu mopāhāhā* & *zahāru vœu mopāhāhā*, *de vœu mopāhāhā* & *zahāru vœu mopāhāhā*, *de vœu mopāhāhā* & *zahāru vœu mopāhāhā*, Eufathius ſur l'Iliade 3. a više à cet endroit de Caſſus : *le iutopāhā* & *hāru vœu mopāhāhā*, *mopāhāhā* & *zahāru vœu mopāhāhā*. M.
PARPAIGNE. L'ancienne Coutume de Paris, chap. 6. art. xi. *N'eſt loſſible à un voſſin mettre poultres dedans le mur moitoyen, ſans y mettre jambes, parpaignes, ou doſſerasses, cheines & corbeaux de pierre de taille, ſuffiſans pour les porter*. Voyez *parpain*. M. PARPAILLAUTS : pour *Huguenots*. *Parpaillon*, en langage Gaſcon, ou *parpaillon*, comme on prononce dans le Languedoc & dans l'Auvergne, ſignifie *papillon*. Rabelais x. xx. a uſé du mot de *parpaillon* en cette ſignification. *Gargantua courois volontiers après les parpaillons, deſquels ſon pere tenoit l'Empire*. Il avoit dit auparavant, parlant de Grandgouſier, pere de Gargantua : *En ſon âge viril, eſpoula Gargamelle, fille du Roy des Parpaillons*. Et ce mot a été fait de l'Italien *ſarſalla*, qui l'a été du Grec *gāhā*, qui ſignifie cette forte de papillons qui volent autour des chandelles. Heſychus : *gāhā*, *z hāru vœu mopāhāhā* : car *z hāru vœu mopāhāhā* parmi les Latins, a ſignifié cette forte de papillons. Heſychus : *z hāru vœu mopāhāhā*, *z hāru vœu mopāhāhā*, Valerius, dans les Catholiques : *Po ſyllaba terminata, producuntur: ut vampo, vapponis. Animal eſt, quod vulgo animas vocant*. Et de-là vient, que dans un Bas-relief, produit par M. Spon, Médecin de Lyon, dans les Mélanges, il y a auprès de la figure de *Pſy. hē*, un de ces papillons. Les Suédois appellent pour la même raison ce papillon *hierng ſiei*; c'eſt-à-dire *ame de vieille*. Au lieu de *ſalla*, on a dit, par réduplication, *ſafalla*; & ensuite, *ſarſalla*: qui eſt aujourd'hui le mot Italien qui ſignifie cette forte de papillons. Come talora, al caldo tempo ſole Semplicata *ſarſalla*, al lume *avvezza*, *Valar negli occhi altrui per ſua vaghezza*, dit Pétrarque, dans un des Sonnets qui commence de la ſorte. *Nel ſuo fondo un lume acceso porremo: e quivi i ſarſalloni ſi raguneranno*; dit le Creſcenzio ix. 39. 7. ¶ De *ſarſalla*, on a fait ensuite *parpalla*; & *parpilla*; & *parpilla*. De *parpilla*, on a fait l'Italien *pardiglione*, & *pardiglione*. On a dit auſſi *papilla*: d'où le Latin *papillo*: d'où l'Italien *paveio*. Il me reſte à dire d'où le Grec *gāhā* a été formé. Il l'a été de *gāhā*, qui ſignifie *hāre*: & de là, *gāhā*, dans la ſignification de *hāre*; les choſes blanches étant luſiantes. De *gāhā*, on a dit *gāhā*; qui eſt le même que *gāhā*. De *gāhā*, on a dit auſſi *gāhā*; c'eſt-à-dire *chauve*: les têtes chauves étant luſiantes. Voyez ci-deſſus *balzan*. Or il n'y a pas lieu de douter qu'on n'ait dit *gāhā*, au lieu de *gāhā*: *gāhā* ſe trouvant dans la même ſignification que *gāhā*; c'eſt-à-dire, pour ce papillon qui ſe vient brûler à la chandelle. Car c'eſt O o EFERUS - Recherches & Classification numériques ainsi que les Rhô-tiens appelloient ce papillon. Le Schollaite de Nicandre : « AAINA : *Vidius iens iensia, iensia si acrii tu vizii vie uzyne ucriiis, iensia uci iensia*. Et c'est de ce qui, que les Italiens ont fait *farsalla*: mot de même signification que *farsalla*. Je suis l'inventeur de cette étymologie de *farsalla*; laquelle a été fort approuvée par M. Ferrari. *Multa autem de farsalla*; *prout a Graco originem trahit; praclare disputat Menagius: quem videre opera sit*, dit M. Ferrari dans ses Origines de la Langue Italienne. Et à ce propos, je veux bien avertir ici mes Lecteurs, que ce que M. Sorbière a dit dans son *Sorberiana*, que la Reine de Suède difoit de moi, que j'écois l'homme du monde le plus incommode, & que je ne me contentois pas de savoir d'où venoit un mot, que je voulois encore savoir où il alloit, est faux. Il est vrai qu'elle difoit, que je ne me contentois pas de savoir d'où venoit un mot, que je voulois encore savoir où il alloit: mais elle le difoit pour me louer: & elle n'ajoutoit point que je fuisse en cela l'homme du monde le plus incommode. Voyez ci-dessus au mot *gupil*. J'ai répondu dans un *Discours* particulier aux choses injurieuses que M. Sorbière a dites de moi dans ce *Sorberiana*, sans que je lui en aye donné le moindre sujet. Et je ferai imprimer ma Réponse en tems & lieu. Cependant, je fupplie mes Lecteurs de croire, que ce n'est point à ma prière qu'on a supprimé dans les derniers Exemplaires qu'on a débités du *Sorberiana*, ces choses injurieuses que M. Sorbière avoit écrites de moi: & qu'au contraire, je me suis fort plaint de cette *Suppression* à M. Pellifon, le Maître des Requêtes; & à M. Fermat, Conseiller du Parlement de Toulouse; qui l'ont procurée. Et pour montrer que je n'approuve point cette *suppression*, j'ai produit ce *Discours* tout de son long dans ma Réponse à M. Sorbière. Mais poursuivons notre étymologie de *parpaillauts* dans la signification de *Huguenots*. J'ai ou dire à plusieurs personnes de la Religion Prétendue Reformée, que ceux de cette Religion furent ainsi nommés au Siège de Clérac, après que les afflégés eurent fait une sortie, couverts de chemises blanches, dans un tems où l'on vovoit beaucoup de papillons blancs voltiger en l'air. Ce qui me fait souvent de ces vers de Plaute: *Sed quatuum illac avis est, qua huc cum tunicis advenit?* *Nummam is a balneis, circumduelus pallio?* C'est dans son *Penulus*, à l'endroit où il parle du Carthaginois qui avoit une casaque volante. M.
PARPAILLAUTS. On a imprimé à la suite du petit livre intitulé, *La Politique du Clergé de France*, une lettre sur la mort du Marquis de Saint-Priyas, dans laquelle lettre se lisent les paroles suivantes: *Avant l'Edit, ceux de Rome & d'Espagne citant unis ensemble pour persécuter & défiler toute la France, on appelait les Protestants Parpaillouts, à cause que François Fabrice Serbellon, parent du Pape, avoit fait décapiter à Avignon Messire Jean Perrin, Seigneur de Parpaille, Président à Orange, le 8. Août 1562. C'est de-la qu'est venu le mot de Parpaillouts, qui fut renouvelé au Siège de Montauban, mais qui n'a pas été de durée. Il y a un Recueil des choses mémorables arrivées en France sous Henri II. François II. Charles IX. Henri III. & Henri IV. imprimé en 1568. dans lequel je pense avoir là la même chose, ou du moins, que les Huguenots de Provence avoient été appelés *Parpaillouts*, dans les premières guerres civiles, du nommé le Sieur de *Parpaille*, l'on de leurs chefs dans ce pays-là. Ainsi, il se peut bien que l'histoire que rapporte M. Ménage, n'ait regardé que les *Parpaillouts* du Languedoc, je veux dire ceux au sujet desquels ce sobriquet fut renouvelé au Siège de Montauban, comme le rapporte l'Auteur de la Lettre. *Le Duchat*.
PARPAILLOLE. Sorte de monnoie. M. le Blanc, page 321. de son Traité Historique des Monnoies de France, parle de cette monnoie en ces termes: *L'Armée du Roy l'étant entièrement rendue maîtresse de tout le Duché de Milan, par la reddition du Château de la Capitale, qui arrive le 16. Septembre 1499. le Roy partit de Lyon, & se rendit à Milan. Pendant le séjour qu'il y fit, il ordonna qu'on fabriqueroit à Aft plusieurs espèces de monnoie, pour la commodité de ses troupes. On fit des Gros, qui valoient six fois; des Testons; des Cavalots, qui étoient à six deniers de loi. Cette monnoie fut nommée ainsi, à cause que Saint Second y est représenté à cheval. Le Roy ordonna aussi, qu'on fabriqueroit à Milan des doubles Ducats, à 23. karats 7 huitièmes, & de 35. au marc; des Testons à onze deniers 18. grains de loy AR. de 15. au marc. Sur ces deux espèces, Saint Ambroise, Archevêque de Milan, est représenté, ou assis dans une chaire, ou monté sur un cheval, tentant un fouet à la main. Outre ces monnoies, on fit encore des Ducatons, des demis & des quarts; des Parpaillouts, des Biffons, des Soldes, & quelques autres espèces dont le nom & la valeur me font inconnus. Pithon, dans son Histoire de la Ville d'Aix, liv. 3. chap. 8. en parle autrement. René de Sicile, dit-il, fut contraint de donner cours à une tri-mauvasse monnoie de fort bas alloy, qu'on fabriquoit en la Ville de Tarascon. Ces pièces furent appelées Parpaillouts: desquelles il en falloit 33. pour un écu. Et comme nos Religionnaires du siècle dernier les remirent en usage, les Catholiques de Provence les appellèrent Parpaillouts; qu'on pourroit expliquer Faux Monnoyeurs; ou de leur chef, Parpaillouts. M.*
PARPAILLOLE. Robert Cénalis dans son *De vera mensurarum ponderumque ratione*, édition de Paris en 1547. fol. 6. s. *Soldus Venetus*, vulgo ung solde, quatuor denariolis nostris astimatur. Tres soldi implent valorem solidi nostri Turonici, quem vulgo Itali appellant Parpaolam Regalem. Est autem alia Parpaola simplex, qua aquat valere Caroleum nummum. Idem soldus, Marquerus alio nomine dicitur. Et au même feuillet v. parlant des monnoies de la Lombardie: *Parpaola simplex, idem qui apud nos Caroleus nummus: Larga vero, solidus Turonicus. Dicitur autem Parpaola, quasi diversis, ad solvendum, hoc est, pour pager. C'est-à-dire, selon moi, pour payer au bateau: comme le Barguerin, autre monnoie: de laquelle l'Auteur parlant au même feuillet v. Barchatinus, dit-il, vulgo Barguerin, puto esse precium trajellus aqua per barcham. Le Duchat.*
PARPAIN. On dit qu'un mur fait parpain, lorsque les pierres, dont il est construit, le traversent, & en font les deux paremens. Voyez parpaigne. Peut être de la préposition per, & du mot panus, dit pour pannus, dans la signification de pan de muraiise. Voyez pan de muraiise. Per- EFERUS - Recherches & Classification numériques parus, PARPAIN : comme qui diroit une chose qui passe au travers du pan de muraille. M.
PARPAYER. C'est achever de payer ce qui est dû, dit Nicot. De perpace : comme parpaye, de perpaca. M.
PARQUET. C'est le barreau, ou l'enclos, où se placent les Avocats dans les salles où se tient l'Audience. Il ne faut pas douter que ce ne soit un diminutif de parc, qui signifie clioure : c'est ainsi que de caula, qui signifie un parc de brebis, on a fait caules, qui signifie le barreau, ou le parquet des Avocats. Le Glossaire d'Isidore : Caules, cancelli Tribunalis, ubi sunt Advocati. Quintilien, liv. 12. ch. 1. Colletum fori. Caseneuve.
PARQUET. Voyez parc. M.