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03.0 Dictionnaire etymologique — PARREIN – PIECE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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PARREIN. De parrinus. Le Concile d'Arles, en l'an 813. chap. 19. Ut parentes filios fuos, & parrinus quius de Fonte lavacri suscipium, erindire somnoperè fludeant. Ce Concile se trouve dans les Conciles de France du Pere Sirmond, tome 2. p. 171. ¶ Voyez le Glossaire de M. du Cange, au mot parrinus. ¶ Parrinus, parrinus, PARREIN. On a signifié le 73 comme en arrement, d'astramentum. Froissart : C'estoit une pauvre maison sale & enfumée, aussi noire qu'arrement. L'édition de Sauvage porte arrement : mais arrement est la vraie leçon. M.
PARS. On appelle ainsi en Bourgogne, & en quelques autres lieux de France, les Rudimens des petits enfans : ou à cause d'un Rudiment ainsi intitulé, & dont il est pitié dans Rabelais, livre 1. chap. 14. Hugotio, Ebrard, Grécisme de Doctrinal, les Paris, le Quid est, &c. ou bien, à cause des parties de l'Oraison, c'est-à-dire, du Discours ; desquelles il est traité dans ce Rudiment : & c'est peut-être dans ce sens qu'il faut entendre le Doctor in Partibus de cet épitaphe, que M. Naudé a produit dans son Dialogue de Mascurat & de Saint Ange : Hic jacet fodeous, Qui fuit Roma coquus, Magister in Artibus, Et Doctor in Partibus ; Et de gratia speciali Mortuus in Hospitali. M.
PARTIE-ADVERSE. Grégoire de Tours, liv. x. Tunc nobis percunclantibus causam adversa partis. M.
PARTIES-CASUELLES. Les Romains appelloient casus militia, l'argent qui se payoit aux héritiers des Officiers domestiques de l'Empereur : comme il se voit par la Loi Omnimoide, au Code de Inglisio Teflamento ; & par la Loi xi. de Proxenesis Sacri scrini ; & par la Loi derniere de Pignoribus ; & par la Novelle 53. & 57. de Justinien. Et c'est de là, selon Loiseau, au ch. 8. du liv. 2. des Offices héréditaires, que nous avons pris le nom de Parties Casuelles, pour la finance qui provient des Offices venaux. Voyez Loiseau, au lieu allégué. M.
PARTIR. Du Latin partiri, partager, séparer. Partir d'un lieu, c'est s'en séparer. Voyez clédissus séparat.
PARTISAN. De particianus, fait de pars, partis. Particus, particus, particianus, PARTISAN : comme ARTISAN, d'artilianus ; & COURTISAN, de corticianus, fait de cors, cortis. Particus se trouve. Les Glosses d'Isidore : Particus, negotiatus. M.
PARVANCHE. Voyez Pervenche.
PARVIS. C'est le porche ou le cloître qui est à l'entrée d'une Eglise. Il vient de paradisus, qui étoit anciennement pris pour l'enclos ou le cloître d'un Couvent. Fulbert, Evêque de Chartres, ép. 71. écrivant à Guillaume, Abbé de Dijon : Suà culpà de vestri cumobi paradiso se conquerebatur expulsum. La Chronique de Laureshein fur l'année 948 : Paradisum totum plumbo operuit, pulpita ante portas ejusdem paradisi fabricavit, refectorium augmentavit, dormitorium renovavit. Leo Marficanus, liv. 3. chap. 16 : Atrium ante Ecclesiam, quod nos Romana consuetudine paradisum vocamus. Caseneuve.
PARVIS. Place devant une Eglise. Lat. atrium templi : pasophorium. Le Parvis de Notre Dame de Paris. De Paradisus : par le changement du D en v : comme en plaire de gladius. C'est ainsi que ces places sont appelées dans les anciens Livres. Le Chanoine Romanus, dans sa Description de la Basilique Ratienne, chap. 49. note 1. Dicimus Paradisum nihil aliud esse, nisi locum ante Basilicam. Un peu après : Atrium, sine implutatum, quod Paradisus dicitur, D. Papa marmoreis quadris construxit. Léon d'Ostie, livre 3. chap. 18. Fecit & atrium ante Ecclesiam, quod nos, Romana consuetudine, Paradisum vociamus. Anastase le Bibliothecaire, fur Danus I. Hic atrium beati Petri, quod Paradisus dicitur, estque ante Ecclesiam, magnis marmoribus struxit. Fulbert, Evêque de Chartres, épître 71. qui est écrite à Guillaume, Abbé de Dijon : Suà culpà de vestri Cumobi paradiso se conquerebatur expulsum. La Chronique de Laureshein, fur l'année 948. Paradisum totum plumbo operuit, &c. Paul Diacre, livre v. chapitre 33. Ecclesia locum, qui Paradisus dicitur, Voyez Lindembrog, fur cet endroit de Paul Diacre. Une Charre de l'Abbaye de Fulde, donnée par Browerus, chap. 6. livre 1. des Antiquités de Fulde : Vernerus, omni devoutine diligens decorem damus Dei, fecit Paradisum in orientali parte Ecclesia. Cette partie orientale, c'est le devant de la grande porte : car l'Eglise de Fulde a les Fonts à l'occident, commet toutes les autres anciennes Eglises d'Allemagne & de France. Du Brueil, dans ses Antiquités de Paris : La grande place qui est devant la grande Eglise, belle & nette, s'appelloit anciennement Paradis, représentant le Paradis terrestre, auquel il ne nous faut arrefter, ainsi passer outre, pour parvenir au Paradis céleste, signifié par l'Eglise. Cette diction a été usitée à Rome, & depuis usurpée par les François ; lesquels, par substraction de quelques lettres, pour Paradis, ont prononcé & escrit Parvis. Toutefois, en quelques Livres manuscrits de Notre-Dame de Paris, il se lit encore Paradis, & non Parvis : spécialement au grand Pastoral, livre 10. Charte 31. datée de l'an 1221. au mois de Décembre : qui est l'octroy d'une moitié de maison auprès le Parvis, fait par le Doyen & Chapitre de Notre-Dame, à un Chapelain de la Chapelle Saint Augustin. Dedimus et dimidiam domum sitam in Paradiso. Aymon, livre 4. chap. 35. au commencement du règne de Clovis II. dit que le Papa fit payer de grandes pierres de marbre blanc le lieu dit Paradis, qui est devant l'Eglise Saint Pierre Apostre. Leo Marficanus, livre 2. de la Chronique de Montcassin, chap. 9. faisant mention de l'Empereur Orba II. il dit : Mortuus est, & Rome in Paradiso, id est, in utrio Ecclesiae beati Petri Apostoli, sepultus, anno Domini 983. Et an livre 3. EFERUS - Recherches & Classification numériques chap. 15. en parlant de la nouvelle Eglise de Mont- caillon, construite par l'Abbé Didier (qui depuis a été Pape, nommé Victor III.), il adjointe : Fecit & atrium ante Ecclesiam : quod nos, Romana confuetudine, Paradisum dicimus. Et en icelle place, encore nommée Paradis, Elgaria, femme du Duc Robert, a voulu être inhumée, par la grande dévotion qu'elle avoit à l'Eglise de Montcaillon : comme il esprit au quatrième livre subséquent, cha- pitre 8. Après toutes ces autorités, & plusieurs autres femblables, mentionnées par M. du Cange, il n'y a pas lieu de douter, que parvis n'ait été fait de paradisus. De paradisus, on a fait premièrement paravi- sus. Dans le livre 19. du grand Paftoral de l'Eglise de Paris, charte 49. en 1170. Paravisii susista prout se comportar per circuitum muri exsidentis ante domum Dei Parisiensis, neque ad Ecclesiam Sancti Joannis Rotundi : & a dicto muro, prout lineatur protenditur ad Ecclesiam Parisiensem. Et de para- visus, on a dit par contraction parvisus. Un titre de l'Eglise de Notre-Dame de Paris, de l'année 1157. Aucherus Marandé, & Sedilia, uxor ejus, afferuerunt, quod ipsi tertiam partem habebam in quodam operatorio, sito Parisiis in parviso, prope domum Domini Parisiensis, subitus Scholas Beata Maria Parisiensis, contigum cuidam domui domus Dri. Un autre, de 1168. contenant une Sentence de Simon, Cardinal Légat, contre un Chanoine, nommé Geoffroy : Contra multos Scholares Clericos, qui ante portas Ecclesia Parisiensis, in loco qui dici- tur Parvisum, & ibi circa horam septimam, tum pe- regrinationis, tum disputationis gratia, conven- rant : exeuntes armati, & in ipsos Scholares temere irruentes, ex iis aliquot graviter vulnerarunt. Ma- theu Paris, en 1150. Pro illa substantiola perso- venda, cogebatur ille pauperculus, multis dicibus Scholas exercens, venditis in Parviso libellis, etiam famelicam & Codrinam protelare. Wats, dans son Glossaire, expliquant ce passage de Mathieu Paris, a écrit, que Parvisum avoit été dit à parvis pueris ibi edoctis. Voici les termes : Sané, aliquando pars quadam in inferiori navi Ecclesia, Schola exercenda definata, à parvis pueris ibi edoctis, Parvis, vel Parvisum; the parvis, dicebatur. Senfuis igitur est, pauperculum istum, non tantum coactum suisse Scho- lam docere, sed & exemplaria libellorum pro parvu- lis suis exscribere, eisque vendere. Adhuc in cele- berrima Academia Oxoniensi, postquam Magistri Quedlibeta sua, sive Disputationes magnas in Scho- lis publicis absolverint, Juniores parvis suis pome- ridianis se exercens, & Parvinas appellant. Etiam & in Collegiiis Jurispericorum nostratum, exerci- tum, sive colloquium studentium Janorum, the parvile vocabatur : quod nunc moote dicimus. En quoi il est trompe. Mais, comme la direction des Ecoles appartient aux Evêques, il peut être qu'au bas de la nef des Eglises il y eût anciennement un lieu pour l'instruction des enfans. Au lieu de parvisus, on a dit aussi parvimen- tum. C'est comme le Parvis de l'Eglise d'Angers, appellé vulgairement Placire, du mot de place; est appelle dans une Conclusion du Chapitre d'An- gers, du 17. Novembre 1469. Cette Conclusion porte, que M. Guillaume Fournier, lors Chanoine de l'Eglise d'Angers, il fut depuis Pénitencier de la même Eglise, offre de donner au Chapitre deux censécus d'or neufs, de monnoie ayant cours, pro construction, seu adisfactione unius parvimensi; Gallicé Parvis, in confecetis dicta Ecclesia. Une autre Conclusion du même Chapitre; qui est du 25. Octobre 1475. porte que ce Parvis; que bon y nomme encore parvimentum; sera réconcilié, parce que quelques particuliers y pourroient choi- lit leur sepulture, comme ce M. Fournier y avoit choisi la fienne. Et il y fut en effet enterré en 1480. Et a ce propos il est à remarquer; qu'ancien- nement on enterroit dans les Parvis des Egli- ses : ce qui a été remarqué par M. du Cange dans son Glossaire Latin, au mot paradisus. Dans un Procès-verbal de Visite de la Paroisse de S. Mau- rice d'Angers, faite par des Commissaires du Cha- pitre d'Angers, ce Placitre de S. Maurice n'est plus appelé Parvimentum, mais Parvisum. Il me reste à rendre la raison pourquoi ces pla- ces devant les Eglises ont été appelées Paradis. Elles l'ont été du mot de paradisus, dans la figni- fication de lien où l'on se prononce. Hefychius : magalius : vir & in & magmoris. M.
PAS. Négative. Charles de Bouvelles : PAS à passu. Aller pas à pas. Incedere pedetentim. Est & pas in ore Parthisorum vox, negationibus adjunge solita : ut, non pas moi; il n'y est pas. Nos Belga dicimus ejus loco, point : non point moi; il n'y est point. Nam & ea vox cralla est a puncho : quia scilices puncho nihil est minus. Ideo per punctum sape rerum negationem significamus : quod & sape sit per granum; per gutram : uti etiam minima quadam : il n'y a grain; il n'y a goutte. Sic & in consuetu- dinem venit dicere, il n'y a point; quasi, il n'y a riens; id est, non est res. Nam riens tractum est à re. M.
PAS-D'ASNE. Plante : Lat. suffrage. De sa figure semblable au pied d'un âne : d'où les Italiens l'ont aussi appelée unghia di -avallo. M.
PASCALINE. Machine d'Arithmétique : ainsi appelée de l'illustre M. Paschal son auteur, & Auteur des Lettres Provinciales. Madame Per- rier, femme de grand mérite & de grande vertu, dans la Vie de ce M. Paschal, qui étoit son frère : La Paschaline est une Machine d'Arithmétique, par laquelle on fait non-seulement toute sorte de supputa- tion, sans plume & sans lettons; mais on les fait même sans savoir aucune règle d'Arithmétique, & avec une secrete infaillible. Cette Paschaline a été considérée comme une chose nouvelle dans la Nature; d'avoir réduit en machine une science qui réside toute entière dans l'esprit; & d'avoir trouvé le moyen d'en faire toutes les opérations avec une entière certitude, sans avoir besoin de raisonnement. M. Paschal n'a- voit que dix-neuf ans lorsqu'il inventa cette machi- ne. M.
PASQUE-FLEURIE. Le Gesta Consolum Andegavensium, dans la Vie de Foulque le Jéro- folimitain : Eo die, quo Pascha floridum celebrant. M.
PASQUIN. PASQUINADE. De l'Ita- lien Pasquino, & Pasquinata. L'Itaien Pasquino a pris sa dénomination d'un Tailleur de Rome, ap- pellé Pasquino, chez qui on faisoit des médisances : ce que j'ai appris du Cathelerico, dans ton Livre intitulé Ragioni d'ou une cofe segnate nulla Cancro de Meffer' Annibal Caro. L'endroit est curieux, & il mérite d'être rapporté en ce lieu. Le voici : Non sara male, che io serviva qui appresso una brieve isto- ria de l'origine e della natura di Maestro Pasquino, EFERUS - Recherches & Classification numériques che Antonio Tibaldon da Ferrara; il quale fu nome di rivendia e grande autorità per le sue singolari virtù e per la sua rara dottrina; a suoi dì, essendo già piano d'anni, soleva raccontare. Diceva adunque, che fu in Roma, essendo egli giovinetto, un Sartore affai valente di suo mostiere, chiamato per nome Maestro Pasquino; il quale teneva bottega in Pa- riore; nella quale egli, o i suoi Garzoni, che molti n'aveva, facendo vestimenti a buona parte de' Corti- sianti, parlavano liberamente, e sicuramente in bia- fimo de' fatti del Papa, e de' Cardinali, e degli al- tri Prelati della Chiesa, e de' Signori della Corte: nelle vilane parole de' quali, siccome di persone basse e materiali, non era tenuto conto nismo, né a loro data pena niana, o mala voglieria portata di ciò dalla gente. Anzi, se avveniva che alcun per nobil- ta, o per dottrina, o per altro riguardante, rac- comasse cosa non ben fatta d'alcun maggiorente, per richitare l'odio di colui, che si potesse riputare offiso dalla parole fine, e potesse nonvergli, si faceva scudo della persona di Maestro Pasquino, e de' suoi Gar- zoni; nominandogli per autori di simile novella: in tanto, che in processo di tempo passo in usanza co- mune, e quasi in preverbio vulgare, l'attribuire a Maestro Pasquino, che cadeva nell' animo ciaf- cuna maniera d'uomini, di polefare infamia de' Capi Ecclesiastici, e Secolari della Corte. Ma poscia, marto lui, avvenne, che lafricandosi, o mattonan- dosi la strada di Parione, una statua antica di mar- mo, in parte tronca e spezzata, figurativa d'un Gladiatore, la quale era mezza sotterrata nella via pubblica, e col do so serviva a' caminanti per trapasso, acciocché non si bruttafvero i piedi nelle stagioni fango- se, fu dirizzata in piede per me' la bottega, che fu di Maestro Pasquino, perciocchè giacendo, come faceva prima, rendeva il lafricamento, o il matto- namento, meno uguale, e men bello. Alla quale essen- do, dal popolo imposto il nome di colui, che quivi vicino soleva dimorare, e dimoninandosi Maestro Pasquino, a quella assegnarono d' assegnano i femi- menti della lor mente, quando vollero vogliono signi- ficar quello, che non si poteva, o non si può, facen- dofene autori, raccontare, o scrivere senza evidente pericolo; siccome avviene a chi a ardimento di muo- ver la lingua o la penna in disonore di coloro che possono e vogliano nuocer per cagioni ancora vie più teggiare. La onde ancora, secondandosi la maniera del parlare delle persone grosse e rozze, quali furono que' Garzoni col suo Maestro, il luogo de' quali quanto a ciò era stato occupato dalla predetta statua, indare e l'ufano vocaboli e modi di dire vili e ple- bei, e senza uficir fuori de' termini della capacità degli' negeni fatti come erano que' di quella la bri- gata, si narrarono e si narrano, si vituperarono e si vituperano, que' vizii e mancamenti de' Prelati, e de' Signori, che il l'olgo comprende e intende: & essi comprendendogli & intendendogli, solevano nar- raro e vituperare per vizii e per mancamenti, come omicidi, ruberie, bellamie, femonie, adulteri, sodomie, e simili cose. M. PASSACAILLE: Sorte de danse. Voyez passecaille. M. PASSAGE de livre. Nicot a donné une expli- cation de ce mot, & il le dérive du Chaldéen po- sek, qui, dit-il, signifie un vers, un membre de période, ayant Sentence entière; qu'on dit aussi un verset, & la période même: ou de certains mots Ebreux qui signifient partie, particule. Il se peut que Nicot dise vrai: mais comme je ne faut- toi en juger, voici ma conjecture sur le mot pas- sage en cette signification. Dans nos anciens Ro- mans de Chevalerie; il n'est rien de plus fréquent que le mot pas, pour dire certain passage qu'il falloit que les Chevaliers errans traversifient pour aller aux aventures qu'ils avaient entrepris d'ache- ver. A ce pas ou passage; il y avait ordinairement un perron, sur lequel etoit une inscription qui ap- prenoit au Chevalier passant, à quelle condition le passage qu'il demandait, lui croit ouvert. Je crois donc que c'est de l'inscription mise au perron de cette sorte de pas, qu'on aura appelé passage l'en- droit qu'on cite de quelque livre que ce soit. Le Duchat. PASSAGE de Livre. Il est vrai que puse pa- souk en Ebreu Rabbinique, signifie un verset de la Bible, un texte, une période; du verbe Chal- déen puse pesak, couper, trancher; comme qui dtroit, un texte coupé & séparé des autres: & que puse piska, ou puse piskeba, dans le même langage, & du même verbe, signifie une partie, une particule: mais je ne vois pas qu'il soit pour cela nécessaire d'aller chercher si loin l'origine du mot que nous examinons. Celle qu'en donne M. le Duchat, me paroît aussi tirée de trop loin, & trop subtile. Je pense qu'il est tout simple & tout naturel de le dériver du verbe passer, ainsi que pas- sage, pris en d'autres sens. Passage, en parlant d'un lieu, a été appelé de la sorte, parce qu'on passe de ce lieu pour aller dans un autre. Ainsi, on a dit de même, passage d'un livre, parce qu'on passe de cet endroit d'un livre, à un autre endroit. Pour ce qui est de l'érymologie du verbe passer, voyez ci-dessous passer.
PASSECAILLE. Ce que M. de Cailliere a écrit de l'érymologie de ce mot, & de celui de falsala, mérite d'être ici rapporté. C'est à la page 168. de son Traité des Mots à la mode. Voici les termes: Puisque nous sommes sur l'invention des modes, assim-bien que sur celle des mots nouveaux, dit le Duc, Monsieur le Commandeur fait-il ce que c'est qu'un falsala! Non, dit le Commandeur. Un falsala, re- prit le Duc, est une bande d'étoffe plissée, que les femmes portent au bas de leurs juppes, ou autour de ces petits tabliers qu'elles portent présentement. C'est sans doute, repliqua le Commandeur, quelque Mar- chand Turc ou Arménien, qui lui a donné ce nom de la langue de son pays; de même qu'on appelle un fosa, une espèce de lit de repos à la manière des Tures. Nullement, repartit le Duc: & je crois pou- voir vous assurer que le Courtisan qui a enrichi no- tre langue du beau nom de falsala, n'est pas savant dans les Langues Orientales. Il fait peut-être des cho- fes plus utiles, repliqua le Commandeur: mais il me semble qu'en matière de mots nouveaux, quand on fait tant que de vouloir en inventer, il faut qu'ils ayent quelque rapport à la chose qu'ils expriment. Cela ferait bon, dit le Duc, parmy des gens de Let- tres, qui se piquent de savoir leur Langue & de cher- cher l'origine des mots qui la composent: mais par- my le commun des Courtisans ou n'y cherche pas tant de façons: & on y en fait souvent qui ne signifi- ent rien, ou qui signifient toute autre chose, que ce a quoi on les applique. Monsieur le Commandeur croît, par exemple, qu'une passecaille ne veut dire autre chose qu'un air de l'Opera. Il est vrai, dit le Commandeur; & c'est un terme Espagnol, qui s'est introduit dans notre Langue, depuis qu'on y joue des Opera, pour y exprimer cette espèce de composition en Musique, que les Espagnols ont appelé de ce nom, EFERUS - Recherches & Classification numériques qui veut dire passe-tue, comme nous appellons en France des vaudevilles, certaines chansons qui centrent dans le public. Cependant, repris le Duc, une passe-caille veut dire présentement un portemanchon. Et une Chaconne, qui est aussi une autre espèce d'air de l'Opéra, signifie encore depuis peu un certain ruban pendant du col de la chemise sur la poitrine de certains jeunes gens qui vont à demi-debou-seance. Ce Courtière qui a enrichi notre Langue du mot *falbala*, c'est M. de Langlée, Maréchal des Logis de la Maison du Roi. Et il l'en a enrichie sans y penser. Voici l'histoire. M. de Langlée étant avec une Courtière, qui lui montrait une jupe, au bas de laquelle il y avoit une de ces bandes plissées, il lui dit en raillant, que ce *falbala* étoit admirable; & il lui fit accroître qu'on appelait ainsi à la Cour ces fortes de bandes. La Courtière apprit ensuite ce mot à une de ses compagnes, qui l'apprit à une autre; & ainsi de main en main, ce mot a passé dans l'usage. M.
PASSEFILLONS. Lat. *capilli calamifrati*. M. PASSEFILLONS. On a appelé de ce nom des cheveux frises artificiellement sur un fer chaud; & cette mode qui avoit été particulière aux Dames & aux Demoiselles, ayant été usurpée par les Courtières, fit place environ l'an 1578. à une autre coiffure de femme, appelée *raquette*. Mais je ne fais si le *passefillon* n'étoit pas, même une espèce de raquette, puisque son nom me le représente comme des cheveux qu'on faisoit passer à travers d'un treillis de fil d'archal ou autre, à peu près en forme de raquette. Touchant les *passefillons* & les *raquettes*, voyez Henri Etienne, en son premier Dialogue du nouveau Langage François Italianise, page 1. 148. & suiv. Le Duchat.
PASSEFLEUR. Fleur, autrement appelée *anémone*. M.
PASSEFOURDIN. Groise roche à quelque distance de Poitiers, ainsi appelée, parce que les Ecoliers nouveaux venus à l'Université de Poitiers, ne sont réputés denaisées qu'après que les plus anciens les ont fait passer sur cette roche. Belleforest, Hilt. 32. de ses Traductions du Bandel: D'autant que le bon homme n'étoit point encore passé sous l'arche de S. Langin à Mantone, pour être denaisé; mais sous le roc de passefourdins à Poitiers, pour se bien former la cervelle. Le Duchat.
PASSEMENT. On appelle ainsi toute sorte de galon ou dentelle, d'or, d'argent, ou de foie, qui se met sur les habits des hommes ou des femmes; parce que ce passement passe sur les habits. M.
PASSEMEZE. Sorte de danse Italienne. De *passo a mezo*, qui se trouve dans Oudin. Brantôme, Dames III. pag. 258. appelle cette danse *pazza mens*. C'est une danse de Venise. Tableau, &c. de Sainte Aldegonde, tom. 2. fol. 84. édit. de 1605. Le Duchat.
PASSEMEZE. Cette danse confistoit à faire quelques tours par la falle, & à la traverser par le milieu. C'est de-la qu'est venu son nom.
PASSEPASSE. Faire des tours de passe-passe. Ce mot vient des Joueurs de gobelets, qui disent souvent en faisant leurs tours, *passe*, *passe*. M.
PASSEPIED. Sorte de danse. M.
PASSEPORT. Pasquier, VIII. 62. croit que ce mot a été dit par abbreviation, pour passe-par-tour. Il se trompe. C'est un mot composé de port, & de passer. M.
PASSEPORT. Passe le porteur; ou, l'assez passer le porteur: formule des Passeports. De-là le mot. Le Duchat.
PASSEPORT. Wachter, dans son *Gloffarium Germanicum*, page 1184. donne une autre étymologie de ce mot, qu'il dérive en partie de la Langue Celtique. Voici ses termes: PASS-PORT, libellus commentus. Anglis passport, Gallis passport, *italis passaporto*. *Vulgâ ducisur* à portus vel porta, *quasi esse transitus per portum vel portum*; *quod literis minima convenis*. *Portus est auxilium transitus*, à *pass transitus*, & *Cambre-Britannico* porth *auxilium*, *subsidium*: & *dicitur de literis commentus*, *quia liberum transitum iuvant testimonio*. *Nam hoc auxilio deftituri transire non passunt*.
PASSER. Nous disons qu'une femme & une beauté se passent, lorsque l'une vieillit, & que l'autre se fane & se flétrit. Et en ce sens-là passer vient de *passum*, qui signifie *rida* & *flétri*. Lucille, livre 9. de ses Satyres: *Rugosi passique fense eadem omnia quarunt*. D'où vient que les raisins qu'on fait sécher, lorsqu'ils sont ridés & flétris sont appelés *uva passa*. Nonius Narcellus: *Passum proprie est rugosum*, *vel siccatum*. *Unde* & *uva passa est*, *quod se rugis implicata*. Caïeneuve.
PASSER. De *passare*. M. de Saumaisé sur Solin, page 946. PASSUS, *vi flassa*: *quod passis cruribus*, *id est expansis*, *explicetur*. *Inde* & *verbum passare infima Latinitatis*, *pro ambulare* & *transire*. *Ita* & *varicare eodem sensu*, *ac varare quoque*, *vatus Latinitas usurparit*, &c. *Inde passaticum infima Latinitas dixit via hiscense*. Voyez marcher. M.
PASSERAGE. Herbe. Lat. *Lepidium*. Les Arabes l'appellent *schaitragi*. M.
PASSEREAU. De *passereus*, diminutif de *passer passaris*. Voyez passe. M.
PASSETEMS. Montagne, liv. 3. chap. 13. Cette phrase ordinaire de passe-temps, représente l'usage de ces prudentes gens, qui ne pensent point avoir meilleur compte de leur vie, que de la couler, & échapper, de la passer, gauchir; &, autant qu'il est en eux, ignorer, & fuir. M.
PASSEVELOURS. Fleur: ainsi appelée, à cause qu'elle est veloutée; pour laquelle raison, les Italiens l'appellent *sur veluto*. On l'appelle autrement *amarante*. C'est ainsi que ce mot doit être écrit. Ce que je remarque, parce que la plupart de nos meilleurs Ecrivains, & même Messieurs de l'Académie, dans leur Dictionnaire, écrivent *amarante*. Le Grec est *amparare*. M.
PASSEVOLANS. Soldats, supposés par des Officiers qui n'ont pas leurs Compagnies complètes. M.
PASSOT. Villon, dans une de ses Ballades, page 75. de l'édition de Courtelier. *Pour son amour, ceings bouclier & passat*. On appelloit épée de *passer*, l'épée bâtarde, qu'étoit proprement celle de Franc-Archer. Voyez le Mémoire pour l'habillement & l'armure de cette Milice, présenté au Roi Louis XI. par le Bailli de Mante, en trois endroits de la page 176. de l'Histoire de la Milice Françoise du P. Daniel, édit. de Hollande. 1724. *Passos* s'est dit d'une grande épée, en la même manière qu'on appelloit arbalète de *passe*, cette sorte d'arbalète qui se posoit sur les EFERUS - Recherches & Classification numériques tours, & qui passoit en grandeur les arbalètes communes. Le Duchat. P A S T. Nicot : C'est la viande & biche qu'on donne à l'oiseau de proye. Ainsi les Fauconniers disent, paître le Faucon de paît vif ; c'est-à-dire, de quelque oiseau eisant en vie. Il vient de paîcor, Latin. Et se prend aussi pour le même que repas ; paîcus, cibus. Ronfard, liv. 1. de ses Amours : Du jour que je fus amoureux, Nul paît, tant soit-il savoureux, Ne vin, tant soit-il délectable, Au cœur ne me fus agréable. M. P A S T E L. C'est une herbe qui sert à teindre les draps. Les Latins l'appellent glaftum, & les François guedde. On l'appelle communément paîtel : comme l'a remarqué Ruellius ; qu'a redigitur in paîtilles : c'est-à-dire, parce qu'on en fait de petits pâtés. Car ceux qui ont vu en Laurageois comme se fait le paîte, ont pu remarquer qu'après que l'herbe a été réduite comme en une espèce de pâte, on en fait comme de petits pâtés, que ceux du pays appellent coco, qui est le masculin de coco, qui en Languedoc, dont le Laurageois est une partie, signifie gateau. Cafeneuve. P A S T E L. De paîtellus : qu'on a dit pour paîtillus. M. de Saumais sur Solin, page 1331. Zofimus Panopoltianus, quinquimarginalis in ca aitis temperatura quam minis zonis fœtōn vocat : inca lacum inca tu quinquimarginalis, tu ipōōōō, tu apōōōō. Id vocabulum de nomine ipso publicum paîtillum videtur sonare. Nam Graci posteriores wāgāllus, vel wāgāllus, appellant, qui Latinis paîtillus. Videtur ca voce intelligere colorem illum quem vulgo vocamus aurantium paîtellum : ORANGE-PASTEL : qui croceus est color, in rubrum, vel coccinum vergens. Alias paîtellum simpliciter dicimus aliud genus coloris quo coruleum tingitur. Is conficitur ex herba Išatide ; quam ipsam vulgo paîtellum appellant, quod contusa in paîtillos digeratur. Graci quoque recentioribus wāgāllō pro Išatide, &c. Scaliger, dans une de ses Lettres à Vertunien ; qui est la 11. du liv. 1. de ses Lettres. Vitrum, Latinè est quod Grace loanc : neque aliter Latini umquam vocarum. Vitruvius, lib. 1x. Vitrum, inquit, quod isatim vocant. De Britannis : vitro se inficiunt. Idem Casar. Sed in omnibus depravata erat lectio Pliniana, lib. xxii. capite. 1. Modo lutum, modo ultro, modo glasso, excusum erat. Nos veteres codices sequimur. Marcellus Empiricus isatim, vitrum manisesto vocari scribit. Neque mirum. Galli, ut hodie Lauracientes Teclosages, colebant eam herbam, quam hodie in paîtillis digerunt : unde & paîtillum vocant. Ipsi, inquam, Galli glaftum, auctore ipso Plinio, vocabant. Atqui glaftum, est vitrum. Et Germani hodie ita vitrum appellant. Il dit la même chose, & presque en mêmes termes, dans son premier Scaligerana. Vitrum Latinè est quod Grace loanc. Britannii vitro se inficiunt. Vitruvius, lib. 1x. Galli glaftum vocant. Colebant eam herbam, quam hodie Lauracientes Teclosages in paîtillos digerunt ; unde & paîtillum vocant ; PASTEL. Il est à remarquer que Vertunien est celui qui a recueilli ce premier Scaligerana. ¶ Voyez guefde. M. P A S T E N A D E. C'est le paftinaca des Botanistes : duquel mot paftinaca, celui de paftenade, a été formé. Les Médecins de Lyon ont écrit que paftinaca avoit été dit a paſcendo : quia sponte in agris naſcitur, eamque plebs ſapiffine depaſcitur. M. P A S. P A T. P A S T I L L A T R E. Les Médecins de Paris appellent ainsi une de leurs Théses ; parce qu'anciennement le Bachelier qui la ſoutenoit, étoit obligé de donner ce jour-là un pâté à chaque Docteur. Le mot Latin est, Thetis paſtillaria. M. P A S T O U R E A U X. Voyez patoureant. P A T. Le Pat ou Mar ſuffoqué ; terme du Jeu des Echecs. C'est quand le Roi, n'ayant plus de pièce qui se puise jouer, & se trouvant environne des pièces ennemies, sans être en échec, ne peut changer de place sans se mettre en échec : auquel cas, on n'a ni perdu ni gagné. De l'Itaien patto ou patta, qui ſignifient la même chose. L'origine de ces mots Italiens est difficile. M. Ferrari dérive patto de paſtum ; & Meſſieurs della Cruſca dérivent patta d'épaſta, c'est-à-dire, 'paſte. Voici les termes de Meſſieurs della Cruſca, au mot patta : E perche nel primo anno del Mondo furono aggiunti nudici giorni (che fu la prima patta), per pareggiar l'anno ſolave con l'anno della Luna, ſi dice pattare, per pareggiare. Onde giuoco pattato, cioè, levato del pari. Je ne comprens pas bien le raiſonnement de ces Meſſieurs. Et je ne comprens pas mieux ce qui a fait dire à M. Ferrari, que patto, en cette ſignification de patta, avoit été fait de paſtum. De partizate, ablatif de paritas, les Italiens ont fait parita. N'auroient-ils point fait ensuite patta, de parita ? Le double 7, en patta, ne s'accorde pas à cette dérivation. Je remarquerai ici en paſtant, que les Eſpagnols & les Portugais diſent mania, en la même ſignification. Voyez le Dictionnaire Eſpagnol-François de César Oudin, & le livre du Jeu des Echecs, composé par Damiano Portoghefe, imprimé à Rome en 1514. in-octavo. M. P A T A C. Voyez patar. M. P A T A C H E. Vailſeau de guerre, qui ſuit un grand vaiſſeau, ou qui mouille à l'entrée d'un port, pour aller faire la découverte. M. P A T A F L E. Taux de denrées par forme de placard ou de patente. Ce mot, qui se trouve dans une Ordonnance de Police, émanée des Magistrats de Lyon, en 1559. ſemble venir du verbe Latin patto, es. Voyez G. Iſafadin, liv. 3. ch. 26. Dans le Dictionnaire François - Italien d'Antoine Oudin, paraſterie & ſottife, ſont ſynonimes. De Duchat. P A T A G O N. Voyez patar. M. P A T A G O N S. On lit dans les Grands Voyages de l'Amérique, tome 1. part. 4. chap. 14. que les Patagons, gens de haute ſtatuire, qui habitent le long du Détroit de Magellan, furent nommés Patagons, parce qu'au lieu de chaussure, ils portoient des pieds de bêtes enveloppés de peaux ; de ſorte qu'ils paroissent avoir des pieds de bêtes. Peut-être que la monnoye, qu'on appelle des patagons, a pris ſon nom d'eux. Car Rio della Plata, d'où elle venoit, n'eſt pas éloigné de leur pays. Huet. P A T A R. On appelle ainsi un ſou en Picardie : du Flaman, ou de l'Alleman, patar, qui ſignifie la même chose. Patac, en Avignon, eſt auſſi une eſpèce de monnoye, qui répond à notre double, & qu'on appelle dans la Provence, dans le Dauphiné, & dans l'Auvergne, & en d'autres lieux voſſins de ces Provinces, patac d'Avignon. A Lyon, on dit patar. ¶ Villou a dit patac. EFERUS - Recherches & Classification numériques Ce Limousin ; c'est chose vraye ; Qu'il n'avoit vaillant un patac. Et Rabelais, liv. 3. ch. 16. Tant que le sac de bled ne vaille 3. patacs, & le bussart de vin que six blancs. De patac, on a fait patagon : qui est une autre espèce de monnoye de Flandres, qui répond à nos pièces de 58. sous, aux Rèales d'Espagne, & aux Richedalles d'Allemagne. M. P A T A R. Le patac d'Avignon ne vaut que la spectème partie d'un fou. Il est de cuivre rouge ; & à l'une des faces est empreinte la Croix, & à l'au- tre sont les clefs de S. Pierre en sautoir. Or com- me le patar de Flandre a sur l'une des faces l'im- age de S. Pierre, il se peut fort bien que patar & patac, soient corrompus de Péter. Au cette, je n'ai jamais entendu parler de patagons de Flandre. Je sais seulement, que les piastres & les patagons d'Espagne sont une seule & même monnoye, laquelle ayant peut-être été d'abord frappée au pays même des Patagons de l'Amérique, & de l'argent tiré des mines de la contrée, en aura re- tenu le nom. Le patac & le patagon, sont égale- ment maltravaillés ; ces derniers étant ce qu'on appelle sous cornus, parce qu'ils sont coupés au ciseau d'après une lame d'argent, qu'on rogne en- suite jusqu'à ce qu'on l'ait réduite au poids qu'elle doit avoir. Le Duchat. P A T A U D. Il se dit proprement d'un jeune chien qui a de grosses pates ; & figuèrement d'un gros enfant postelé. Voyez pate. P A T E. De platus : d'où plat. Voyez plat. Pla- tus, plata, palta, pata, PATE. Et platus a été fait de maris. Au lieu de platus, on a dit aussi platus, & platus, c'est-à-dire, pié-plat. De plata, les Ita- liens ont dit piota, pour une pate. Les Gaïcons di- sent palta, & les Espagnols pata. M. P A T E. Wachter, dans son Glossarium Germa- nicum, pag. 1201. PROTE, pes animalis. Belgis poot, Gallis pate. A Celtico pedd pes. Gracis etiam widic de pedibus animalium usurpatur. Je préfère cette étymologie à celle de M. Ménage. P A T E. Il vient de pastus, qui signifie ce de quoi on se repaît : parce que la pâte dont se fait le pain est la pâture ordinaire des hommes. On appelle pourtant pâte, par métaphore, tout ce qui, pour être mis en maffé, doit être paîtri comme de la pâte. Caïeneuve. P A T E. De la pâte. Du Latin-Barbare pasta : dont les Italiens & les Espagnols ont aussi fait pasta. Le Latin pasta a été fait de pinso, c'est-à-dire, subigo. Pinso, pinso, pisum, pista, PASTA. M. P A T E. Il vient du Grec music conspersus. Dans la premiere Epître aux Corinthiens, v. 6. Ut sitis nova conspersio. L'Apôtre appelle conspersio, qu'oua, ce qu'il avoit appellé un peu auparavant massa, pour signifier de la pâte. Pastibus, qui vient confinamment de music, prouve la même origine. Huer. P A T E. Il est ainsi appellé, parce qu'il est fait de pâte ; ou bien il vient de pastibus, qui est, à mon avis, un diminutif de pastus ; comme qui ditroit petit manger, & petite viande. Et en effet, il y a apparence que nos anciens François disoient pastel. Le Roman de Guion de Tournaut : Amis, ce dit Guion, je vous suis suppliant, Qu'a manger me donnies pastels, tartes, ou sans. Les Espagnols l'appellent encore pastel. Caïeneuve. P A T E. Nicot : Pasté vient de pasta, fluminis : d'autant que la chair, ou autre viande, y est enclosé de paste, comme d'une boite. On le rend par arto- creas : vocable Grec assez à propos : car il est fait de chair & de paste plus communément. Mais d'autant qu'il y a pasté de poisson, de coings, & autres telles viandes, on le devroit rendre par un mot formé & fait de massa, Latin : comme massatam, ou massa- le, ou autre meilleur : car ce mot pasté, masculin, n'est dit pour autre raison que l'enclosure faite de paste à ce qui est dedans. Voilà comme on appelle assez improprement pasté en pot, cette chair menu hachée qu'on fait cuire dans un pot ; ven qu'il n'y a point de paste. Les Grecs ont appellé de même ophiés de la chair en pâte. Casaubon sur Athénée, XIV. 13. ophiés, placenta, carnes immixtas habuisse, aux intus rece- pisse, instar earum quas vernaculus sermo pastas vo- cat, suadet nomen, nam ophiés, apud nescio quem, exponitur ab Hesychio, ophiés. M. P A T E L I N. P A T E L I N E R. Etienne Pas- quier, VIII. 59. Nos Anciens trouveront ce Maître Pierre Patelin avoir si bien représenté le personnage pour lequel il estoit introduit, qu'ils mirent en usage ce mot de patelin, pour signifier celuy qui par beaux semblans enjauloit ; & de luy, firent uns pateline, & patelinage, pour mesme soies. Et quand il ad- vient, qu'en commun devis quelqu'un extravague de son premier propos, celuy qui le veut remettre sur ses premières bricées, luy dit, Revenez à vos moutons, dont a uſi à mesme effet Rabelais dans son premier livre de Gargantua. M. P A T E L I N. Coquillart, dans son Monologue des Perruques, composé environ l'année 1478. Les ungs, par leur fin Jobelin, Fourmisent à l'appointement. Les autres par leur Pathelin, D'ung cedo bonis nettement. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 97. v°. Chascun joue du Pathelin, Chascun scet bien son Jobelin. C'est une corruption de Paterin, dans la significa- tion d'Hérétique, qui séduit les auditeurs par son beau langage. On a dit de même Matelin, pour Maturin. Voyez le Glossaire de du Cange, au mot Paterini, qui désigne les Vaudois, &c. Dans le Marryrol. Univ. de Châtelain, Paris in-4°, 1709. pag. 149. Les Patelins du douzième siècle sont les Vaudois d'Italie : Patareni. Voyez aussi Henri Etienne, dans ses Dialogues du Nouveau Langage Fr. Ital. page m. 136. & 137. Le Duchat. P A T E N E. De patena. M. P A T E S. On appelle ainsi en Lorraine, les étoupes de chanvre. De stupa, stupa, stupata, pata, PATES : comme rade, dura, orata, rata, rada, RADE. Le Duchat. P A T I E N C E. Plante : appellée autrement parelle, Lat. lapathum. De lapathum. Lapathum, lapata, lapatacia, lapatancia, LAPATIENCE. M. P A T I N. De pate. M. P A T I R. De patiri, inusité, qu'on aura dit au lieu de pari, comme on a dit moriri, au lieu de mori. Voyez mourir. M. P A T O I S. C'est proprement sermo patrius. Patrius, patriensis, patriensis, patensis, patese, PATOIS : comme Milanois de Milanese. M. P A T O I S. Dans certains lieux du Languedoc, Etes-vous Patois ou Patoise ? signifie : êtes-vous de EFERUS - Recherches & Classification numériques de notre Province, ou du canton où l'on parle le même patois que chez nous : Patois pourroit bien venir proprement de pater; d'où patroniis, dans la signification de langage paternel. De Pater noiter, nous avons de même fait pate-notre, que le peuple prononce pate-nore. Le Duchat.
PATOUILLE. Nicot : Patouiller, est touiller avec la pate; car il est composé de ces deux-là. Aucun y entremoient une n. : patrouiller. Il vient de pate, de cette maniere : Pata, patula patulliare, PATOUILLER. Voyez patrouille. M. PATOUREAUX; ou, comme on écrit ordinairement, PASTOUREAUX. De pastoris, diminutif de pastores. M.
PATROUILLE. Nicot : patrouille, rutabulum. On appelle à Paris patrouille, le gue qui se fait la nuit, soit à cheval, soit à pied. J'apprens du Dialogue du Nouveau Langage François-Italianise, page 173. qu'on dit patrouille, & patrouille : ce qui me fait croire que l'ancien mot étoit patrouille; & que ce gue a été ainsi appellé, parce que ceux qui le font, patouillent la nuit dans les rues. Voyez patrouiller. M.
PATROUILLE. Si, comme le veut M. Ménage, on a fait pate de platus, on aura pu faire patrouiller, de platea, & de rotulare, diminutif de rotare, d'où je crois avec M. Ménage, que nous avons fait roder : de sorte que patrouiller sera proprement in plateis rotulare : ce qui est la véritable occupation de la patrouille. Il est pourtant vrai, comme Nicot l'a remarqué plus haut au mot patrouiller, qu'on a dit patrouiller dans la même signification. Rabelais, liv. 1. ch. xi. Il marvoit dedans sa soupe, & patronilloit par tous lieux, & benvois en sa pantoufie. Le Duchat.
PATURE. On appelle ainsi en Basse-Normandie ce que Nicot appelle entraves. Et les pâtures ne diffèrent des entraves que dans la matière. Nicot dit que les entraves sont de fer : & les pâtures sont de bois. L'un & l'autre fert à empêcher les chevaux de courir quand on les a mis dans une herbage. On a appellé cette machine pâtures, parce qu'elle retient un cheval par le pâture. Mais je ne sais d'où vient pâture. Il y a des exemples de pasturale en cette signification, dans M. du Cange, qui explique ce mot par pâtureau. S. Add. Voyez pâture.
PATURON. Partie du bas de la jambe du cheval, qui est entre le boulet & la couronne. Toupet de poil à la jointure du pié du cheval. Les Italiens, selon Vénéroni, l'appellent pasturale. Et dans le Vrachulaire della Cruica, pastula est interprété quella fune che si mette a piedi delle bestie da cavalcare, per dar loro l'ambio. Et nous appelons pâture, les entraves qu'on met aux deux pieds des chevaux pour les empêcher de courir, & pour les faire aller l'ambie. Ce qui s'appelle pâture, quand il n'y a qu'une entrave à un pié : laquelle le met ordinairement à un pié de devant. Du substantif pâture, on a fait le verbe empâtur. Empâtur un cheval, c'est lui mettre des entraves. Les Italiens disent de même parere impastoir, d'un homme qui a peine à se remuer. Dans mes Origines Italiennes, j'ai fait venir pastula de pedica, de cette maniere : pedica, pedicastum, pedicastorium, pestorium, pastorium, pastoria, PASTOLA. Et du même mot pedica, j'ai dérivé notre mot François EMPESTRER : de cette maniere : pedica, pedicastum, pedicastorum, pedicastura, impedicastura, EMPESTRER. Et je persevere dans mon opinion. Et je ne puis être de l'avis de M. Ferrari, qui dérivé pastula de pastus. De pedica, nous avons fait de même pâture, de cette maniere : pedica, pedicastum, pedicastorum, pestorum, pastorum, pasturum, pastura, pasturensis, PATURON. Et ce mot, qui signifioit originairement le lien qu'on met au pié du cheval, a été dit ensuite du lieu où l'on le met. M. P A U. De palus pali. M.
PAVANE. Sorte de danse. Passerat sur Properce, liv. 3. elegie 15. page 503. dérive ce mot François du Grec *vener*. Disiturpean hymnus *vener* vi *vener*, cessare facio : quod in sedanda peste *cameratur* : quasi *vener*, unde *nostris genus chorea* La Pavanne. Cette étymologie n'est pas digne de Passerat. Les Italiens & les Espagnols disent *pavana*. L'Italien *pavana* est le pere de l'Espagnol *pavana*, & du François *pavane*. Et l'Italien *pavana*, peut avoir été fait de *Pava*, qu'on aura dit pour *Padova*, qui est le mot dont les Italiens appellent la ville de Padoue : où il est vraisemblable que cette danse a pris son origine. L'Italien *pavana* peut aussi avoir été fait de *pavoneggiare*. Voyez *pavoneggiare* dans la Cruica. Au lieu de *pavana*, les Italiens ont aussi dit *pavaniglia*. M.
PAVANE. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, est la véritable. J'ai vu un livre de musique Italienne, où en tête d'une danse, qui étoit une *pavane*, l'imprimé portoit *Padoue*. Le Duchat.
PAVE. Bergier, dans son Histoire des Grands Chemins de l'Empire, liv. 2. chap. xi. En *nostris commun usage de parler*, ce mot de pavé a deux principales significations. Car nous appelons en France un *quarreau de grec*, de *cailloux*, ou autre *nature de pierres* ou terre *cuitte*, du nom de pavé. Et ainsi en *usens les Echevins des Villes qui ont le gouvernement & l'administration du pavé*, lors qu'en leur *estat de compte*, ils se servent de ces termes, un milier, ou un cent de pavez; pour un milier, ou un cent de quarreaux à paver. L'autre signification emporte avec *soy l'ouvrage entier*, composé des pavez, ou quarreaux particuliers, alliés ou battus avec arène sur la superficie de la terre. Que si quelque chose est jettée ou tombée par les rues, ou autres places qui en sont couvertes, on dit qu'elle est jettée sur le pavé, ou tombée sur les quarreaux. Mais les Latins, desquels est venu aux Francais le nom de pavé, l'estendent bien plus au large. Car ce qu'ils appellent pavimentum, & les Grecs *bénides*, *bénides*, *bénides*, *bénides*, signifie le sol ou le *paterre d'une place*, de quelque *matiere que ce soit* : *plastre*, *terre*, *arène*, *graves*, *cailloux*, *brique*, ou *quarreaux de terre cuite*, *marbre*, & autre *nature de pierres* ; pourvient que *ledis sol*, ou *paterre*, *ay est affirmi*, *battu*, *frappé*, & confidié sur la superficie de la terre, ou d'un plancher, pour en faire une croûte, & un plan ferme pour porter ce qui doit, reposer, ou passer par dessus. Pavimentum enim est *solidamentum*, *sive incrustatio*, *quam gradiendo calcamus*. *Aussi le mot pavimentum est originaire d'un ancien verbe*, à présent de peu d'usage ; qui est *pavite* : qui vaut autant que tunderé, *ferire*, *battre*, & *frapper* : à cause que pour faire un pavé qui soit durable, il est besoin de le battre & massiver à force de coups, de quelque *matiere qu'il puisse effor*. Pavimentum enim sunt à *pavire*, *quod ferire significat* ; qu'a fiebant, ut *funt*, & *lapidibus* & *testulis bene percussis*, ad- P p EFERUS - Recherches & Classification numériques dita calce, dit Grapaldus, en son livre de Partibus ædium, lev. 2. chap. 1. au mot pavimentum. Cicéron prend ainsi ce mot, &c. ¶ Voyez hie. M.
PAVER. De pavare, dit par métaplasme, pour pavire. Pavire est un mot ancien. Les Gloises anciennes : paviclat ibopso. Et de-là, pavimentum. Pavio a été fait de main, percutio. main, main, pavio : par l'injection du digamma Eolique : comme en ovis, d'isc; en ovum, d'ais; en avum, d'ais; en scavus, de exusic. M. PAVILLON ; dans la signification d'une tente. Du Latin papilio ; mot de même signification. Les Gloises anciennes : papilio, exiquis. Dans le Livre des Rois 11. XI. 11. Et ait Urias ad David, Arca Dei, & Israel, & Juda, habitant in papilionibus. Hugo de Cleris, Chevalier Angevin ; en François, Hugne de Cleers ; dans son Commentaire de la Sénéchaussée de France, héréditaire aux Comtes d'Anjou : Has fercula accipiet Senefcallus Comitis, atque dabit leprotis. Insuper, cum Comes in exercitu Regis perrexerit, Senefcallus Francia papilionem, centum militum capacem, ei preparabit, & sommarium, ad illum pertandum. Ce même mot se trouve dans la même signification, dans Pline, dans Tertullien, & dans Végée, selon le témoignage de Voëssus, dans son de Idololatria, livre 2. page 359. De papilio, en cette signification, les Italiens ont fait padiglione. L'Aleandri, dans la Réponse à l'Occhiale dello Stigliani, croit que le Latin papilio, dans la signification de tente a été dit de papilio, dans la signification de papillon, à cause de la ressemblance d'une tente à un papillon. La voce di padiglione viene da papilio ; che così i Latini de' tempi bassi cominciarono a nominare quello, che prima si dicea tentorium. E, se non m'inganno, prefero questa nominanza dal parpaglione, il quale era pur detto appo i Latini papilio : forse, perche posando i parpaglioni su qualche fiore, o erba, e stendendo quelle lor grand' ali all'ingiu, pare che mostrino la forma d'un padiglione. Cette étymologie est réfutée par M. Ferrari, en ces termes : Tentoria dicta sunt papiliones ; non quod id animal, dum flores delibat, alas, iostar tenorii, extendit ; sed quod generica voce culices papiliones dicti sunt : adversus quorum radium, compaa lecilis obienta, à quorum similitudine, tentoria militaria, pariter padiglioli sunt appellata. C'est dans ses Origines Italiennes, au mot farfalla. L'opinion de M. Ferrari ne me déplaît pas. ¶ Voyez papillon, & parpaillants. ¶ Néanmoins l'étymologie de l'Aleandri, est celle d'Isidore. PAPILIONES vocantur, à similitudine parvuli animalis, quod maxime abundat florentibus malvis. Ha sunt avicula, qua lumine accenso, conventum, & circa volitantes ab igne proximo interire coguntur. Ce sont les termes d'Indore, XIV. 10. M.
PAVILLON. Papilio ea forma dicitur ut vesperilio : à pappus, papilio, papilio : inséctum à similitudine floccorum : dit Becman, page 600. de ses Origines Latines. En quoi il a mieux rencontré que lorsqu'immédiatement après il ajoute : Postea & velum sic dictum, quod arcendis papilionibus obtenditur : sicuti concepem a existunt. Le Duchat. PAVILLON S. Sorte de moinoye de Philippe de Valois. M. le Blanc, page 141, de son Traité Historique des Monnoyes : LES PAVILLONS furent faits ensuite : & ne durerent que jusqu'au 7. Février suivant. Cette Monnoie fut ainsi appelée, parce que le Roy y est représenté assis sous un pavillon. M.
PAVIS. Sorte de pêche, ainsi appelée de la ville de Pavie, d'où elle nous est venue. Messieurs de l'Académie ont décidé qu'il falloit dire un pavie. On dit à Rouen & à Bourdeaux, & dans le Poitou, une pavie. Le grand usage de la France est, pour un pavis. Et ce mot se trouve dans l'Abrégé des bons fruits, de M. Merlet, chap. 6. & dans le livre intitulé, La Maniere de cultiver les arbres fruitiers, qui a été composé par M. d'Ormeson, le Maître des Requêtes, & par M. le Premier Président de la Moignon. C'est dans le chap. 5. Dans le Jardinier François, il y a pavie. Mais M. Perraut, surnommé le Moderne ; qui est M. Perraut de l'Académie Française ; a dit un pavi. C'est dans son excellent Poème sur le livre de M. de la Quintinye. Là brilloit le teint vif des pêches emporprées : Icy le riche émail des prunes diaprées : La, des rouges pavis le duvet délicat. Nous disons aussi en Anjou, un pavi. M.
PAULETTE. Droit annuel. D'un nommé Paulet, qui en fut l'inventeur. M. de Thou, page 1134. & 1135. de son Histoire de France, de l'édition de Genève : Extremo demum anno M. DC. IV. Ronii Marchione (a) aullore, perniciissimi instituti res invalidit, qua Officia, qua ferè apud nos innumera sunt, tam Judicialia quam Quasoria, per omnia exequata sunt, & turpissima nondinatiere aque propudisse prostare justa, annua penfitatione, qua à Pauletto nomen sumpsie, juxta taxationem de singulis fallam, imposita. Loiseau, dans son Traité des Offices héréditaires, liv. 2. chap. 10. qui est de l'Edit du Paulet : Get Edit est vulgairement appellé, l'Edit de Paulet, ab inventore : comme l'Action Paulique fut nommée du nom du Prétier qui l'inventa : ou plusfost, comme on donnoit aux Loix de Rome le nom de celuy qui les avoit propofées : pource que Maître Charles Paulet, Serretaire de la Chambre du Roy, en a donné l'avis ; au moins, en a présenté les Mémoires ; aussi qu'il a esté le premier Fermier & Partisan de la finance provenant d'iceluy : les quittances de laquelle estant par conséquent signées de luy, estoient, & sont encore, appelées vulgairement Paulettes. Aucuns le nomment l'Edit des Femmes : pour ce qu'il redonde principalement à leur utilité : entant qu'après la mort des maris, leurs Offices leur sont conférvez. Dans l'Anjou, dans le Maine, & dans la Bretagne, on dit le Paulet, & non pas la Paulette. Un nommé Palot prit le parti de ce Droit après Paulet : d'où ce Droit fut appellé la Palote : & plusieurs l'appellent encore à présent de ce nom. Paulet avoit une fille d'une grande beauté & de grand mérite, qui a été fort célébrée par les beaux esprits de son tems, & entre autres, par M. de Voiture, par M. Chapelain, & par Mademoiselle de Scudéry. Et j'ai ôti dire à Mademoiselle de Scudéry, que le jour que le Roi Henri IV. fut tué, il devoit, après avoit vu l'Arc de Triomphe, rendre visite à Mademoiselle Paulet. M.
PAULETTE. J'ai lu quelque part que ce fut la fille de Paulet qui présenta les Mémoires pour l'établissement de la Paulette au Roi, dont elle étoit fort aimée, & que le mot de Paulette vient plutôt d'elle que de son père, puisqu'elle s'appel- (a) C'est le Marquis de Rony, de la Maison de Béchune, Duc de Sully, Confident du Roi Henri IV. & Sur-Intendant des Finances. S. Add. EFERUS - Recherches & Classification numériques loit la Paulette. Voilà un beau raisonnement! Comme si quelqu'un disait que le mot de Tostine vient de la femme ou de la fille de M. Tostis. Celui qui a fait cette belle remarque ajoute, que ce droit a été ensuite appelé la Marville, du nom d'un Partisan qui l'affectera après la mort de Paulet. S. Add.
PAUME. Jeu de Palme. Voyez raquette. M. PAUMIERS. On appelle autrefois ainsi les Pèlerins qui venoient de Jérusalem : à cause des palmes qu'ils portoient pour témoigner qu'ils avoient été en Palestine. Le Roman de Guillaume au court nez, au Coronnement Loys : Nus born de chair, Pèlerin, ne paumier, Ne seufi tant errer & chevaucher. Mais enfin toute sorte de Pèlerins, de quelque part qu'ils vinissent, furent appelés Paumiers. Dans le même Roman, au Moinage Renoart : A ces paroles est gueurs un Paumier, Qui de S. Jacques venois par Dieu prier. Ainsi en Languedoc on appelle Romiens, toute sorte de Pèlerins, encore que l'on ne doit proprement appeler ainsi que ceux qui viennent de Rome. Casenove.
PAUMIERS. Nous appelions ainsi anciennement ceux qui avoient été à la Terre-Sainte. De palmaris : parce qu'ils en rapportoient des palmes. M. Hauteferre, dans ses Notes sur les Décrétales d'Innocent III. au chap. 3. du titre 11. de Clericis Peregrinis : Quam frequens fueris peregrination Hierosolymiana, & prioribus saculis, testatus Gregorius Nysianus proprio libello quem scripsit de centibus Hierosolymam. In laude fuit Hierosolymam adisse. De quo Hieronymus ad Paulinum : Non Hierosolymis fuisse, sed Hierosolymis bene vixisse, laudandum est, Canone Gloria, quafione 1. Ea propter redeuntis ab Hierosolyma, rames palmarum reportrant, in signum implata expeditionis : unde & palmarii dicti. Guillelmus Tyrius, libro xxi. de Bello Sacro, capite 17. His ita gestis, dictus Comes, cum Hierosolymis quasi per quindecim dies fuisse, completis orationibus, & lumptâ palmâ, quod est apud nos conumptæ peregrinationis signum, quasi omnino recessurus, Neapolim ablit. Et Abbas V. pergensis in Chronico : Nonnulli etiam palmati, de Hierosolyma redeuntes, Acram, quæ & Accaron, à nostris expungatam nunciant. Voyez M. du Cangre, au mot palmaris. M.
PAVOIS. Bouclier. De l'Italien pavese, mot de même signification. Dans mes Origines de la Langue Italienne, j'ai fait venir l'Italien pavese de parma, de cette maniere : Parma, palma, palmensis, palmense, palmefe, palbefe, palvefe, PAVESE. Pavese se trouve dans le Vocabulaire de Meffleurs della Cruca, avec plusieurs exemples d'Auteurs qui se sont servis de ce mot. Et de là, pavesa, pour coperta, e diffesa, fatta co' pavesi. L'M de parma a été changée en 2- comme en BELLETTA, fait de limus : & en SCABELLUM, fait de scamnum, ou plutôt de scamnum. Scamnum, scamellum, SCABELLUM. Scamellum se trouve dans les Glofes anciennes. Quintilien, 1. 4. Discas puer, quid in literis proprium, quid commune : qua cum quibus cognatus nec miretur cur ex scamno fiat Scabellum. Cette étymologie n'a pas eu le bonheur de plaire à M. Ferrari. Il l'a réfutée en ces termes : Origo incerta. Nam à parma de ductum, haud fa- cità credam : lange enim litera abeunt. Nisi quis dicat, sicus pistolele, sicam, sive pagionem latiorem, ab urbe Pistorio, quid ibi primam inventus sit; ita à Papia, PAVESE : nam Ticinenes Pavesi dicuntur. Je persiste, & fortement, dans ma première opinion. M.
PAVOT. Fleur. De pappus. Pappus, papputus, papputus, pavotus, PAVOT. Pappus signifie le duvet des pavots, & autres fleurs semblables : langue, fais languinsus. Et ce mot Latin a été fait du Grec 2, qui signifie la même chose, & qui a été formé de 2, avus. De 2, on a fait 2, dont le Latin papaver : & non pas, comme le prétend Vossus, page 14. de Vitis Sermonis, quia papa puerorum inderem papaver ad conciliandum somnum. Manilius, dans Varon, livre 6. de la Langue Latine, a dit pappus. 2, parlant de ce duvet des fleurs. Hic pappum simem esse subpictor cardiorum languinem, signum hominum canitiem amulanum : Graci 2, 2, appellant : dit Turnébe, livre 13. chapitre 16. de ses Adversaires. Le Scholiaste de Nicandre appelle 2, pour cette raison, la fleur de Fartichaut. C'est à la page 18. M.
PAVOTER. Endormir comme avec du suc de pavot. Le Reveil de Maître Guillaume, &c. 1614. dans le titre du Livre : Pour pavoter le soucy, Faut lire ce Livre icy. Le Duchat.
PAUPIERE. De pulpebra. M. PAUSADE. Ronfard, livre 1. de ses Poésies, page 59. de l'édition in-ollaue : De vif sufeau tout à l'entour estoient Des bancs sans art, qui d'herbes se vefeient ; Faisant d'eux-mesme une pausade aisee De pouliet, & de moisse fricée. De pausate. M.
PAUTONNIER. Vieux mot inuisté, qui, selon le témoignage de Nicot & de Fédéric Morel, signifie méchant. De palomarius : d'où les Italiens ont fait palomiere. M.
PAUTONNIER. Ce mot pourroit bien venir de ponton, d'où pontonniere, dans la signification de bateau : les bateliers étant communément brutaux & de mauvaises meurs. L'Histoire du Chevalier Bayard, Grenoble 1651. page 19. après avoir parlé d'un petit bateau, dans lequel Bayard & son compagnon de voyage s'en retournent à Lyon : Si feurent diligenter le pontonniere, qui les rendit jusques auprès des Changes, où ils se meurent à bord. Le Duchat.
PAVY. Dans les Epières Dotées d'Antoine de Guévare, de la Traduction Françoise de Guterry, fol. 93. v. du tome 1. Paris 1565. ce mot s'entend de cette partie de la mèche qu'on retranche de la chandelle avec les mouchettes, comme brulée, & offusquant la clarté. De l'Espagnol pavile, mèche de chandelle. Le Duchat.
PAYEN. De paganus : dit à pagis : parce que, dit on, sous les Empereurs Chrétiens, les Chrétiens étant les maîtres des villes, les Payens se retrouvent à la campagne. M. Héraud sur Arnobe, page 3. Cum Christiam Imperatores terrarum orbi praederent, & Ecclesia Christo ubique condemnetur; contra, Idolerum Templa ubique clanderentur & ever- P p ij EFERUS - Recherches & Classification numériques terentur; simul cum appellationis causa, appellatio quoque Ies mutata est: & pro Nationibus, Gentibus, Ethnicis, PAGANI appellari caperunt: quippe non amplius terrarum orbem occupantes, sed in angustum coarctati, & quasi pagis tantum concludi. Nec dubito, quin hac vera appellationis causa fuerit. Nam quod eruditi homines excogitatur, quodque postea Raronius Cardinalis in Martyrologium Romanum observavit, videntur ea omnia (quod eruditis morum hominum pace dixerim) a rei veritate paulo longius abesse. Atque sententia mea non inutiliter adfirmat; quod ab aliis etiam observatum est; incognitam fuisse appellationem istam, antequam ad Christianos Imperatores Imperium devolutum esset. Huc etiam pertinere videtur quod scribit Prudentius, libro contra Symmachum priore: Suit hac barbaricis gentilia numina pagis: Quos penes omne sacrum est, quidquid formido tremendum Sualit, &c. Nam quum ait, barbaricis pagis, significare videtur, Deos illos, nisi in pagis quibusdam, non coli amplius: neque etiam apud politas gentes, & in Imperio Romano, sed tantum apud barbaras nationes: atque ita ostendere, Deos illos & Idola non coli amplius a gentibus, id est, ab universis paulo hominibus, sed a paucis tantum veluti pagis, & a quibusdam barbaris. Quod autem apud euntiem, Romanus martyrio coronandus, ita gentilitatem assatur, Non erubescis, fiulte, pago dedite, Non videtur satis curiosis servasse & quim Prudentius. Necdum enim Pagani dicebantur Gentiles: necdum Christiana Religio superiorem gradum obtimerat. Videtur etiam hic locus ad aliam appellationis rationem traducere. Sed nondum satis constitutum habebat fortasse Prudentius, unde appellatio ista nata esset. Quod nequaquam mirabimus, si consideraverimus ejusmodi multa iis ipsis saculis, quibus naftici caperunt, esse obscura & incognita. Nam unde Huguenoti appellari fuerint, nec nos adhuc satis liquido scimus. M. de Saumaise sur l'Histoire Auguste, page 416. a réfuté cette étymologie de M. Hérand, en ces termes: Quos Graci & 1700; Latini, Gentiles; vulgus Paganos vocabat; hos à pagis, hoc est vicis, dictus volunt eruditissimi viri: quod in pagis, rusticorum superstitio fugiens, diu haferit, cum jam ab urbibus in totum esset fugata. Sed falluntur illi, Graci 1702, & Latini gens, idem. Hinc Latini gentiles, qui Graci & 1700. At Paganos vulgus pro gentilibus dicebat. Nam pagus apud Latinos, idem etiam quod 1702, vel gens; & quemvis amplium regionis tractum, totamque aliquam praefecturam, gentemque quamlibet populosam significat. Glossa: Pagus, 1700; 1700. Hinc Helvetiorum tota gens in quatuor pagos divisa apud Caesare. Hinc vox nostra Gallica pays. Sic Paganus & Gentilis, idem planè significat. Cod. Theod. de Harreticis, Lege XLVI. Judæi atque Gentiles, quos vulgo Paganos appellant. Hinc pagum, pro gentilitate ipsa usurpayit Prudentius. — & dedita nomina pago. Paganos intellexit: quo tamen loco, vulgo abutuntur eruditi homines, ut probent paganos a pagis, hoc est vicis appellans. Quos pluribus alibè conjuta- mus; nam hac hic obiter. Et cette réfutation ne me déplaît pas. Isidore, livre 8. de ses Origines, chapitre 10. donne une autre étymologie de ce mot: mais qui est très-ridicule. La voici: PAGANI, ex pagis Atheniensum dicti, ubi exerti sunt. Ibi enim, in locis agrestibus & pagis, Gentiles lucus, idolaque statuerunt: & a tali initio, vocabulum paganum fortiti sunt. Celle de Philastrius l'est encore davantage. Pagani, dit-il, post Judaos, sive à pago, hoc est loco, sive à province una, dicti sunt, sive à Pagano, rege; quod verum esse, ut ait Hésiodus, Gracius Poeta, manifestum est. Voici celle de Mathias Martinius: PAGANUS: ad pagum pertinens: in pago habitans. Tales homines agricoltura & rei pecuaria dediti, non solens militare. E. hinc, per metaphoram, ethnici & infideles dicuntur Pagani. M.
PAYEN. L'Empereur Constantius, partant d'Antioche pour aller combattre Magnence, assembla ses Troupes, & consella à tous ceux qui n'avoient pas encore reçu le Bastine, de le recevoir au plutôt, leur représentant les périls de la guerre, & déclarant que ceux qui ne seroient pas bastis, n'avoient qu'à quitter le service, & se retirer chez eux. Sur quoi M. l'Abbé Fleury dit dans son Hist. Ecclés. livre XIII. que peut-être donna-t-on le nom de Payen à ceux qui quitterent le service plutôt que de se faire Chrétiens: car paganus en Latin, ajoute-t-il, signifioit celui qui ne portoit pas les armes; étant opposé à miles: & de-la il peut-être étendu à tous les Infidèles en général. Peut-être aussi, continue le même Auteur, ce nom vient de pagus, d'où nous avons fait pays: car les Payans furent les derniers qui s'opiniatrèrent à conserver l'Idolatrice. Il est certain que paganus, en bon Latin, signifie non-seulement un paysan, un villageois; mais encore un homme qui n'est point Soldat, qui ne porte point les armes: & je crois que le nom de Payen vient de ce mot Latin, pris dans l'un ou l'autre de ces deux sens. Car pour ce qui est de l'opinion de Saumaise, qui dit que Paganus & Gentilis signifient absolument la même chose, cela n'est vrai que par rapport au sens secondaire que l'on donna au mot Paganus dans la basse Latinité, depuis que la Religion Chrétienne eut pris le dessus. Mais il ne s'enfuit pas que Paganus soit originalement la même chose que Gentilis: ce qui seroit néanmoins nécessaire dans ce sentiment: & la Loi de Théodose que cite Saumaise, ne le prouve point, puisqu'elle dit seulement: Judæi atque Gentiles, quos vulgo Paganos appellant. Or il s'agit ici de savoir, non pas si les Idolatres ont été appelés Pagani, mais pourquoi ils l'ont été: ce que Saumaise ne nous montre pas. Ainsi je ne vois pas qu'il détruis le l'opinion de ceux qui croient que le nom de Payen vient de Paganus, pris dans le sens de villageois, ni celle qui le fait venir de Paganus, en tant qu'opposé à miles: qui sont les deux seules opinions qui me paroissent vrai-semblables sur l'étymologie du mot Payen. Je conviens que pagus en Latin signifie quelquefois un peuple, une nation; & qu'alors c'est la même chose que le Grec 1702, & le Latin gens. Mais je doute qu'on trouve Paganus employé dans le sens de Gentilis, lorsque ce dernier mot signifie simplement un homme d'une nation, d'un peuple; & Saumaise nous auroit fait plaisir d'en citer des exemples. Il y a ici une équivoque. Paganus est la même chose que EFERUS - Recherches & Classification numériques Gentilis en Latin, & qu'ibracie en Grec, lorsque ces deux derniers mots signifient ce que nous appellons en François un Gentil, c'est-à-dire un Idolatre : mais il n'est pas la même chose lorsque ces deux mots signifient celui qui est d'une nation, d'un peuple ; ce qui est leur signification primitive.
PAYER. En Languedoc & en Gascogne on dit paga, en Italie pagare ; en Espagne pagar. Ces mots viennent de pacare, qui signifie appaifer ; parce qu'il n'y a rien qui appaise tant un créancier, que quand il se voit payé. Et c'est pourquoi en Latin-barbare on a dit pacare, au lieu de solvere. Dans les Ordonnances d'Ecosse, intitulées Leges Burgorum, chap. 130. Et si non pacaverint, non cæcutur plus commodare. Et dans celles qui ont pour titre Statuta Gilda, chap. 12. Pacabit mercatori, à quo pradicta mercimonia emit, secundum forum prius flatutum. Caïeneuve.
PAYER. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Voëssus, dans son de Vitis Sermonis, page 719, le dérive de pacare : celui qui paye, appaissant son créancier. Voici les termes de Voëssus : PAGARE : possévere, satisfacere : ut Ixalis pagare ; & paga, solutio. Ac Galli similiter dicunt payer, & payement. Charta Ducum Normæmia, & Regum Francia : Si quis eorum ad mandatum & summonitionem non venerit ; præconstitutam sibi emendationem pagavit. Robertus Stephanus, sive alius, in Dictionario Gallico-Latino, scribit payer, esse a pagus : quod pagorum incolæ sunt velut solutionis officinæ : vectigalibus enim premuntur præ cæteris. Mibi longe simplicius ac verius videtur, & Italicum pagare, & Gallicum payer, esse corrupta ex Latino pacare : et quod creditoris animus pacetur ac tranquilletur, si fiat persolutio. SIX PAVEMENT, quasi pacamentum : quia formâ dicimus sacramentum, & juramentum. Et cette étymologie avoit été remarquée par Scaliger sur Aisone, livre 1. chap. 23. & par Cujas, sur la Loi 6. de Negotiis gestis. Les paroles de Scaliger ont été rapportées ci-dessus, au mot pais. Voici celles de Cujas : Nam & simili figura, absolvere creditorem, Lege Et in contraria, de Ufuris. Et in Terentio, in Commedia : Ibo ad forum, ut hunc absolvam : afin que je le paye. Hunc hominem absolvitore. In idiatismo, absolvere creditorem, est pacare creditorem : d'où vient le mot de payer. M. de Saumafle, de Trapecitico Fanore, pages 517. 518. & 519. le dérive de paëtare. Voici ses termes : Latinitas recens ; & ex ea, Gracia ; vocem pactum usurpærum, & maxvit, pro paëzione qua ex paëto debetur. Sed & pro solutione ; item conductione, ac locatione, & venditione. Hinc & pact Belgicæ, pro censu, & vectigali, ac tributo. Ex eo paëter, vel paëtenaer, qui aliquid conducit, ex quo penfiones certas debeat locatori reddere. Gracis recentioribus maxvit, tributarius, qui censum ac tributem solvit. Inde & paëtare Latinis infimi avi, pro solvere : ex quo nostrum PAYER : & pactagia, pro vectigalibus : à quo pectagiarii, publicani, vel portiores, qui ea à publico redimant ; PEAGERS : qui & paëtarii. M. du Cange en a donné l'une & l'autre étymologie. Voyez son Glossaire, au mot pacare, & aux mots paëtare & paëtare. ¶ M. Guyet, dans une de ses Notes marginales sur le Tréfor de la Langue Espagnole, au mot pagar, le dérive de pango, de cette maniere : Pango, pangor, pacifcor, paëtis, paëto, paco, pago, PAGAR. Trippault le dérive de pagus. Je n'ametray ici, dit-il au mot pays ; encore qu'il puisse être trouvé quelque peu étrange ; que le mot de payer vient dudit mot de pagus : raison, que pagorum incolæ sunt veluti solutionis officinæ : nam pra cæteris premuntur vectigalibus. Ce qu'il a pris de Robert Etienne : dont voici les termes : PAYER : à nomine pagus : quod pagorum incola sunt velut solutionis officinæ : vectigalibus enim premuntur pra cæteris. Dans la première édition de ces Etymologies de la Langue Française, j'ai suivi l'opinion de ceux qui dérivoient payer de pacare. Et cette étymologie me paroissait d'autant plus vrai-femblable, que notre mot de quise a été formé de quietus. Voyez quise. Mais je suis aujourd'hui pour l'opinion de M. de Saumafle. Il me reste à remarquer que nos Anciens disaient payer ; & qu'en plusieurs lieux de France les payeons parlent encore de la sorte ; & que ce mot a été formé de l'Italien pagare. M.
PAYS. Voyez pais.
PAYSAN. Voyez paësan & pais.
PEAGE. Tribut. Du Latin-barbare paagium, Mathieu Paris en l'année CIOCCLIX. Violenter fecit reliare, donec paagium extorsisset. Et ensuite : Paagium jussu temperati. Et en l'année CIOCCLVI. Tolanium quod vulgariter dicitur paagium. Loiseau, au chapitre 9. de son Traité du Droit de Police, dérive peage de payer, ou plutôt de pays : a causé que Claudien appelle ce droit patrium vectigali. Et par cette raison d'étymologie, il soutient qu'il faut écrire payage. Et il blâme ceux qui dérivent péage de pedagium : qu'il dit être tourné du François : mais mal tourné. Voëssus, dans son de Vitis Sermonis, dérive paagium de paëtagium, par syncope. Les Italiens disent pedagio : ce qui réfute l'opinion de Voëssus. Et ce mot est dérivé de pes, pedis. Pes, pedis, pede, peda, PIDAGGIO. Jan Villani, IV. 33. 1. E per che la ftrata vi correa à ple, vi recogieano pedagogio. Et nous lisons dans la Continuation des Annales de Baronius de Brovius, en l'an 1252. article 5. Innocentius IV. Alphonso, Pictavia & Tolosano Comiti, fratri Regis Gallia, ut in recens extructo quodam portu novum pedagium imponere posset, concesse. Et en l'année 1255. art. 8. Alexander IV. Legato in regno Sicilia, ne indubiem à civibus Romanis pedagium exigere, imposuis. M.
PEAGEAU. La Coutume d'Anjou, article 179. Autres cas sont, lesquels le Sucerain ne rend point la cour, ne les causes à son Vassal : soit Baron, Chaffelain, ou autre : ne femblahement les Barons à leurs hommes & subjets : c'est-à-s'aveoir, d'empêchement de chemin peageau, &c. Et article 43. Celui qui a droit de Chaffelenie, est fondé d'avoir Chaffeau, ou merc de Chaffeau, grands chemins, peageaux, la conneissance des délects. Voyez péage. M.
PEAUTRE. Nicot : PEAUTRE : gubernaculum navis, clavus. Forte peautre, pour pleautre : quasi maxvit, 1. Nicot n'a pas bien rencontré en cette étymologie. Peautre a été fait de pala. Pala, palitra : comme pullus, pulitrus. Voyez poutre. Palitra, paleora, pelitra, pelitra, PEAUTRE. M.
PEAUTRE. De l'étain fin. Villon, dans son Grand Testament : De vieil machefer que fuft peautre. Ce mot, qui ne se met plus dans nos Dictionnaires, vient de pewter, comme les Anglois EFERUS - Recherches & Classification numériques appellent leur étain : & c'est ou du François pea- tre, ou de l'Anglois peuter, que les Italiens ont fait pelro, mot chez eux de même signification. *La Duchat.*
PECCADILLE. De l'Espagnol *peccadilla*, diminutif de *peccado*. Le mot François est féminin. Et M. Richelet, qui le fait masculin, a été mal informé du genre de ce mot. *M.*
PECH. Voyez *puy*. *M.*
PECHE. Ce fruit est appellé par les Latins *malum Perficum* ; d'où l'on fit par corruption *peff- cum*, d'où nous avons fait *peche*. Le Glossaire : *Perficum*, *mypereis*. Caïeneuve.
PECHE. Fruit. De *perficum*, corrompu de *per- ficum*. Les Glosses anciennes : *Perficum*, *mypereis*. *M.*
PECQUE. Moliere, dans ses Précieuses : *A-t-on jamais ven, dites-moy, deux Pecques Pro- vinciales faire plus les renchères que celles-là ? M.*
PECQUE. Si, comme je le suppose, *peque* dans ce passage de Moliere, veut dire la même chose que *pecare*, il est évident que ce mot vient de *pecus*. Le Duchat.
PECULE. De *peculium*. Cujas, dans ses Ré- citations sur le Titre de *Jure dolium*, & sur le Titre de *Pactis conventis*, au Code, prétend que *peculium* est un mot Gaulois, à cause de ces mots d'Ulpien, en la Loi 9. paragraphe 3. au Digeste de *Jure Dolium* : *Ceterum*, si *res dentur in ea qua Graci* *mapique dicunt*, *quaque Galli peculium vocant*. En quoi il a été suivi par Denys Godefroy, sur cette Loi, & par M. Hauteferre, au chap. 17. du livre 1. de ses Aquitaniques. Mais il est constant que le mot *peculium* est un mot pur Latin. Et par cette raison, M. Loyauté, très-doute Avocat du Parle- ment de Paris, mon compatriote, au lieu de *Galli*, corrigeoit dans le texte d'Ulpien, *alii*. C'est dans ses Notes sur le Livre de Saint Augustin *contra* *Julianum*. Mais il n'y a rien à changer dans ce texte : les Gaulois dont parle Ulpien, étant les Gaulois que les Romains appelloient *Cisalpins* ; lesquels parloient Latin. Servius, sur ce vers du livre 1. des Georgiques : *Quid dicam, jaillo qui semine communis . vva :* COMMINUS ; *id est*, statim, sine intermissionne. *Non* *est ergo ex propinquo : qui significatus frequentissi- mus est in Cisalpina Gallia. Vulgo enim dicunt*, Vado ad eum, sed communis. Et sur ces mots du VIII. de l'Enéide, VIRGATIS LUCENT BAGULIS : *Quia habebant in virgaum modum deduclas vias*. *Et bene allusse ad Gallicam Linguam, per quam* *virge purpura dicitur*. Virgatis ergo, ac si diceret purpuratis. Varon, livre 1. de *Re Rustica*, cha- pitre 12. *Cetaraque, qua alii l'gumina ; alii, ut* *Gallicani quidam, legaria appellant. Utraque, dicta* à legendo : *quid ea non recentur, sed vellendo le- gantur*. Cornutus, sur ces mots de la Satyre 1. de Perse : — *Grandes patina, Tucetaque crassa.* *Tuceta, apud Gallos Cisalpius, bubula dicitur ;* *cohimentis quibusdam crassis oblita & macerata :* *& ideò toto anno durat.* Cette interprétation touchant ce mot de *pecu- lium*, a eu l'honneur de plair à M. Fabrot, le Prince des Juries n'ofites de son tems. Voici com- P E D. P E G. me il en a parlé dans son Enarration sur le Para- title de Cujas, au Code de *Pactis conventis* : *Ego* *petius accedo Ægidio Menagio, & adora ; Gallos Cis- alpinos, qui Latinò loquebantur, ea qua extra do- tem sunt, peculium appellare*. Ce que je remarque ici pour réfuter les railleries qu'un de nos Juris- fiates à faites de moi au sujet de cette interpréta- tion. *M.*
PEDALE. On appelle ainsi le plus gros tuyau des orgues : à cause qu'on le touche avec le pied. *M.*
PEDANT. De l'Italien *pedante*. Et de-là vient que Joachim du Bellay a dit *pédante*, au lieu de *pédant*. *C'est pour le faire court, que tu es un pédante.* C'est dans le soixante-cinquième Sonner de ses Regrets. Et Bèze, dans son Histoire Ecclésiastique, parlant du Jurisconsulte Balduin : *Finalement*, *il est mort misérable pédante*. Il n'est pas aisé de dire d'où l'Italien *pedante* a été formé. On le déri- ve ordinairement de *més malus*, de cette maniere : *padus, padus, padus, padantis*, PEDANTE : qui est une descente peu naturelle. M. Ferrari le dérive de *pedaneus*. Les Latins ont appellé les Juges de village, *pedanei Judices*, & les Grecs *zogasubstani*. Et comme les Grecs appelloient aussi *zogasubstani* les Maltres d'Ecole, je crois que M. Ferrari a cru que les Latins des bas siècles pouvoient aussi avoir appellé *pedanei Magistri*, les Maltres d'E- cole ; & que de ce mot Latin *pedaneus*, on avoit fait l'Italien *pedante*, de cette sorte : *pedaneus*, *pedanus, pedans, pedantis*, PEDANTE. Mais cette étymologie est aussi peu naturelle. Le mot de *pédant*, au reste, n'est pas ancien dans notre Langue. Avant Joachim du Bellay, je ne trouve personne qui s'en soit servi. Voyez Pas- quier, VIII. 3. En parlant d'une femme, il faut dire *pédante*, & non pas *pédane*. *M.*
PEDAUQUE. C'est-à-dire, *pied d'eye : pes* *auca*. Rabelais, 4. 41. Et estoient largement *pattes*, *comme sont les oyes ; & comme jadis a Thouonse les* *portait la Reine Pedauque*. La statue de cette Reine avec ses pieds d'eye, se trouve à Dijon, dans le vestibule de l'Eglise de Saint Bénigne, & à Nevers, dans celui de l'Eglise Cathédrale (a). Cette Reine fut ainsi appellée sans doute, parce qu'elle avoit les pieds larges comme ont les oyes. Il y a en pont à Toulouse appellé le *Pont de la Reine Pedau- que*. M. Catel, dans ses Mémoires de Languedoc, page 128. dit que ce Pont a été ainsi appellé par le peuple, parce qu'il étoit si étoit, qu'un horo- me, ou autre animal, n'y pouvoit si commodé- ment passer que faisoit une oye : ce qui est dit sans aucune apparence de vérité. *M.*
PEGAD. Mesure de vin. Rabelais, livre 1. chapitre 22. *Après avoir bien joué, saffé, passé le* *temps, convenoit boire quelque peu : c'estoit onze pé- gad pour homme*. De picarum : à cause de la poix avec laquelle on enduit les pièces de cette sorte de (a) V. Voyage Littéraire du P. Martenne, tome 1. page 10. EFERUS - Recherches & Classification numériques P E I. P E L. valifeau. ¶ Ce mot est encore aujourd'hui usité à Toulouse; où on appelle de la sorte la plus grande mesure de vin; c'est-à-dire, un pot de vin; mais où on prononce péga. M.
PEINDRE. Voici une docte observation de l'Anonyme qui a publié les Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas sur la Langue Françoise. C'est à la page 22. PEINDRE, enfin, dit-il, vient de pingere. Car en changeant le q en D, nous avons premierement dit pindere: & dans la sorte, nous en avons formé peindre, à l'Allemandre; car les Allemandres mettent toujours l'R devant l'R. Ainsi, ils disent Padrebonne, Munstre, &c. Cette dérivation ridicule fait bien voir que cet Ecrivain Anonyme est un ridicule Etymologiste. Et cependant, ce ridicule Etymologiste me ridiculise sans cesse du côté de mes Etymologies. On n'a jamais dit pindere pour pingere: & peindre n'a point été fait de pingere par le changement du q en D, mais par l'addition du D. Pingere; pignere, à l'Italienne; PEINDRE. Le mot Italien dipignere ne permet pas de douter qu'on n'ait dit pignere. C'est ainsi que de cinere nous avons fait CENDRE; de pulvere, POUDRE; de sicera, SIDRE; de minore, MONDRE; de Bonior, BOINDRE, nom de famille; de Venula, VOINDRE, nom d'un village en Brie; de corylus, COUDRE; de confuere, COUDRE; de ponere, PONDRE; de molere, MOUDRE; de submonere, SEMONDRE; de tremere, CRAINDRE; de gemere, GEINDRE. Le q n'a donc pas été changé en D dans le mot de peindre; mais il y a été ajouté: comme en TEINDRE, de tingere; en ATTEINDRE, d'atingere; en FEINDRE, de fingere; en PLAINDRE, de plangere; en CEINDRE, de cingere; en L'RAINDRE, de stringere; en RESTRAINDRE, de restringere; en CONTRAINDRE; de confiringere; en L'TEINDRE, d'extinguere; en OINDRE, d'ungere; en IOINDRE, de fungere; en ENFRAINDRE, d'infringere; en L'PANDRE, de spargere; en SOURDRE, de furgere; en FOUDRE, de fulgure. Et il seroit ridicule de dire, que nous eussions dit premierement tindere, attindere, sindere, plandere, cindere, strindere, refrindere, confrindere, extinduere, undere, sundere, infrindere, spardere, surdere, & fuldure. M.
PELAGE. Galland, dans son Franc-Alleu: C'est un droit nongénéral à tous Seigneurs, au dedans des Bailliages de Mante & de Meulan, ainsi particulier à ceux qui ont lofasts Bailliages des terres & ports le long de la rivière de Seine, lesquels prennent un droit sur chaque muid de vin, chargé, ou déchargé en leurs ports, mis dedans les bateaux, ou qui en est tiré. Et semble ce mot pris du Latin appellere. PELLAGE: comme qui droit apellage. Les Sieurs de Hennecourt, d'Ison, les Celestins, près Mante, & plusieurs autres en jouissent; l'employent en leurs drouts, sous le nom de Pelage, autorisé par les Arrests. Il en est fait mention dans la Coutume de Mante. M.
PELERIN. De peregrinus. R en L; comme en lilium, de August. Les Italiens disent de même pellegrino. M.
PELETIER. Lat. pellio. Pellis, pellis, pellitus, pellitarius, PELETIER: qu'on prononce peliter. M.
PÉLEVE. Nous appellions ainsi anciennement celui qui a les cheveux droits sur le froid, appellé pélè, & pélè, par les Grecs; & licinus par les Latins. Les Glofes anciennes: Licinus, pélè; & de-là; Licinus, nom propre parmi les Romains. Apulée à dit comà relicinus. Quod eras & comà relicinus. Et ensuite: Eadem gratia relicina fruntis cerneretur. C'est dans ses Florides. On a dit aussi prilicinus, qui se trouve dans les Glofes anciennes. Prilicinus, pélè. C'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas prilixus. Je viens à l'étymologie de pélè. Ce mot a été fait de pilus levatus. Au lieu de pilus, on a dit pelus; & les Italiens disent encore pelo; & de pelus, nous avons fait pé: & on a dit pé-lè, pour poil-lè. On dit encore aujourd'hui enchaffé Normandie pé-lolet, pour poil-lolet. Et de-là vient que la Maison de Pélè portoit pour armes une tête avec des cheveux relevés. M.
PELICAN. Instrument pour arracher les dents. M.
PELISSON. En Italien pelliccia. De pellicum, dont se sert Cæfarius de Mirac. VI. 5. & XII. 15. Voyez Vossus, de Vitis Sermonis, page 540. M.
PELOSSIER. Prunier sauvage. L'étymologie de ce mot ne m'est pas connue. M.
PELOSSIER. On appelle à Metz poires blosses, des poires trop meures, dont la chair s'est fondue & noircie petit à petit depuis le cœur jusqu'à la peau. En cet état, où elles ont une aigeur désagréable, elles ne sont bonnes que pour des enfans, ou pour de pauvres gens. Or c'est le propre de toutes les poires sauvages, & de toutes les prunes sauvages, appellées prunelles à Metz, de n'être mangeables que lorsqu'elles sont molles ou blosses, comme dit le peuple de Metz. Je pense donc que le prunier sauvage n'a été appelé pelosser, que parce qu'il n'est bon à manger que lorsqu'il est pelus, ou blos, que je suppose être la même chose. A Metz on voit une sorte de prune fort commune, appelée blosse, de laquelle on a coutume de ne faire que de la marmelade, parce qu'elle se sont toute lorsqu'on veut la cuire comme les autres prunes que l'on confit. Voici une autre pensée qui me vient touchant l'étymologie de pelosser. Les prunes que cet arbre sauvage porte, sont âpres comme tous les autres fruits sauvages. Pour les manger, il faut les peler: autrement, on court risque d'en avoir les dents agassées, témoin Rabelais au Prologue du livre 4. Avoir-il mangé prunes aigres sans peler? Avoir-il les dents agassées? Je m'imagine donc qu'on aura appelé cet arbre, pelosser, de pellicarius; comme qui droit, un arbre dont il faut peler le fruit pour pouvoir le manger. Le Duchat.
PELOT. PELOTE. PELOTER. PELOTON. Sylvius, page 46. de son l'agoge in Linguam Latinam, dérive peloter, de plandere. Plaudere, PLOTER: activum. Unde, PLOTE, pro pila luforia, qua indomium manibus bios inde comploditur. Ce sont les paroles de Sylvius. Sylvius se trompe. De pila, on a fait pilum, par metaplasme. De pilum, on a dit pilutum; & de pilutum, pilutum; dont PELOT. De pilutum, on a dit piluta; dont pilota; dont PELOTE. De pilota, on a dit pilotare; dont PELOTER. De pilutum, on a dit pilota, pilutonis; dont PELOTON. M.
PELOUSE. De pilus. Pilus, pelus (d'où l'Italien; pelo), pelutus, peluti, pelutirius, peluticia, PELOUSE. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques 304 P E L. P E N.
PELUCHE. Etoffe ainsi appellée à cause de la longueur de ses poils. De pilus. *
PENADER. Ce mot a deux significations. Tantôt il signifie, se mirer dans ses plumes comme le paon ; & alors c'est le pavenggiere des Italiens : par lequel mot Antoine Oudin a rendu se pennader, dans son Dictionn. Fr. Ital. Tantôt aussi il signifie, étendre ses bras pour prendre ses ailes & pour se délaffer. Rabelais, liv. 1. chap. 21. Puis se gambayoit, penadoit, & paillardoit parmi le lit quelque-tems, pour mieux embandir ses esprits animaux. Et alors il vient de pennatare, fait de penna ; & s'est dit premierement des oiseaux, qui avant que de prendre leur vol & de s'élever dans les airs, sont quelque tems à battre des ailes, comme pour se dégourdir. Cette explication me paroît suivre naturellement des paroles de Rabelais : car quand il dit que le jeune Gargantua, avant que de se lever, commençoit pour se gambaye, se penader, & se paillardoit quelque tems dans son lit, il est clair que par ces trois choses, il entend que cet enfant mal élevé, s'étendoit les jambes, puis les bras, & enfin qu'il se rouloit tout le corps sur la paillasse, avant que de pouvoir se résoudre à quitter le lit. Le Duchat.
PENAILON. Vieux mot, qui signifioit haillon. Du Latin pannus. C'est aussi un terme de mépris. Rabelais, liv. 4. chap. 24. Notre Seigneur veut que nous m'dirions notre pain en la sueur de nos corps, non pas rien ne faisans, comme ce penaillon de Moine que voyez, Frere Jean qui boit. Ici penaillon veut dire déchiré, venu de haillons. *
PENANCIER. Pasquier, VIII. 37. Dans nos vieux Puites, je trouve hircé, pour hérédité ; main, pour marin ; forment, pour fortement : dont l'usage est pour le jourd'huy perdu. Aussi dirent-ils Penancier, pour Pénitencier : dont aussi a usé François Villon en ses Reques Franches. Vrayment, ce dit le Penancier, Tres-volontiers on le fera. M.
PENARD. Ce mot se dit en Languedoc d'une espèce de fabre ou cimeterre. Et par toute la France on dit un vieux penard, pour dire un vieux Rodrigue. Rabelais, dans la Préface de son livre 3. a dit : Chacun exerçoit son penard ; chacun dérouliloit son braquemart. On dit de même, une vieille dague, pour dire une vieille putain. Marot, dans un de ses Rondeaux : On le m'a dit, dague à rouelle. M.
PENARD. Pennard, pour une espèce de coutelas, se lit dans Froissart, édit. de J. Petit, vol. 1. fol. 214. r°. Et dans l'Histoire de Charles VI. de Jean Juvenal des Urfins, sur l'an 1411. page 216. & 217. de l'édition de 1655. pennart est un grand trait ou garrot empenné. On a dit anciennement pennet, pour pennart, dans la signification de flèche ; & ce mot se trouve dans le Roman de la Rose, dans ces vers du feuillet 41. b. de l'édition de 1551. Eschiec & mas lui alla dire Dessus son destrier anserrant, Du traicit d'ung bon pennet errant Au meillien de son eschiquier. Je suis persuadé que pennard est une corruption de poignard. La mode de porter un poignard avec une épée, étoit passée ; & d'ailleurs, on ne metoit que rarement la main sur le poignard. De-là vint que le poignard ou penard, étant réputé rouillé, on traita de penards les vieillards qui n'étoient plus bons à rien. Dans le passage de Rabelais que cite M. Ménage, par le penard est entendue la dague ; & par le braquemart, la longue épée. Penard est aussi un gros de Lorraine, appellé dolchen en Alleman, c'est-à-dire, poignard. Il y a des demi-penards, des quarts de penard, & au-dessous. Et toutes ces monoies ont pour crois une main tenant un poignard. A Bar-le-Duc, ces gros se nomment gros au poignard. Le Duchat.
PENAUT. L'origine de ce mot est difficile : & elle ne m'est pas connue. M.
PENAUT. Par corruption pour penoux, qui signifioit piteux, & qui est expliqué ainsi dans Nicot. Cretin, dans le Chant de misère : Monstre chiere penoux. Penoux vient de peine, d'où vient la semaine peineuse. Borel l'explique moqué. Huet.
PENAUT. On disoit autrefois penoux, dans la même signification. Et penoux veut dire proprement un homme qui souffre, tel qu'est un homme confus, auquel constamment sa confusion fait de la peine. Ainsi il vient de panna. Les Contredits des Sexes Masculin & Féminin, livre 2. fol. m. 217. r°. On si ce n'est, ils seront bien penoux, Si leurs maris ont leurs secrets congnoux. Et fol. m. 129. r°. Tousjours seront tristes, penoux, pensiez, Pastes, defaitez, maisgres, & fort plaintifs. Le Duchat.
PENAUT. On écrit aussi penaud : & l'Auteur du Glossaire sur les Noels Bourguignons, parle ainsi sur ce mot : Penaud, dit-il, étonné, confus. Le mot penaud, qui n'est connu que depuis quelque soixante ans, a succédé à penoux, qu'on disoit dans le même sens. Il a été bien penoux : il est demeuré tout penoux. Le premier, & de penoux, étoit alors féminin : au lieu qu'il devenoit masculin, & qu'on prononçoit penoux, quand ce mot signifioit pénible ; comme, par exemple, semaine peineuse, & non pas peneuse. Borel dérive très-ridiculement penaud de pes nudus, croyant sans aucun aveu, que penaud, qu'il a sans doute pris pour gueaud, signifioit gueux. L'étymologie de penaud a paru si difficile à Ménage, qu'il avoue n'avoir pu la trouver. Rien cependant n'étoit plus aisé. Il est visible que penaud, penoux, & penoux, viennent tous trois de peine. Puisqu'en effet, penaud, synonime de penoux, signifie, comme l'explique l'Académie Française, embaraissé, honteux, interdit ; ne s'enfuit-il pas que tout homme qui demeure penoux, ou penaud, c'est-à-dire, embaraissé, honteux, interdit, ne sauroit manquez d'être en peine ? A l'égard de l'ancien adjectif penoux, qu'on écrivoit régulièrement peineux, & dont le féminin nous reste dans la phrase semaine peineuse, il n'y a pas ombre de difficulté. *
PENCHER. Voyez pancher. PENDANS d'oreilles. De pendentes, qui se trouve en cette signification dans Arnulphus de Lucis sacris. Ornata virgis ferreis ; pendentes, brachialia, dextrocheria, murena, monilia, amuli, capitulares, cingella, irata, baltei, corona, imperium ex auro vel gemmis, & ornamenta plurima. Cet Arnulphus n'est pas imprimé : mais ce passage est EFERUS - Recherches & Classification numériques est produit par M. de Saumalise sur l'Histoire Auguste, page 149. où il remarque que les anciens Grecs ont aussi appellé les pendants d'oreilles *apprentique*, & les Grecs modernes, *apprentique*. Les Latins les ont appellés *inauces*, parce qu'on les porte dans des boucles qu'on met dans le bas des oreilles, en perçant le bas des oreilles : pour laquelle raison les Grecs les ont aussi appellés *inauces* : de la particule *la*, & du substantif *la*, qui signifie le bas de l'oreille. Je remarquerai ici par occasion, qu'Artiste, dans son Histoire des Animaux, ayant remarqué que cette partie inférieure de l'oreille s'appelloit *la*, il ajoute, qu'il n'y a point de nom en Grec pour exprimer la supérieure : sur laquelle remarque Jules Scaliger a fait cette Note : *Tanc jame carebat nomine ea pars. At Medici potierieux scitissime affixuerunt : aquis enim appellant, ab ala, quam imitatur, similitudine*. C'est à la page 75. *M.*
PENDU. De pendatus. La Loi Ripuaire, tit. LXXIX. *Et legitime superjuratus*, & *Judicio Principis pendatus*. Grégoire de Tours, au chap. 8. Au sixième livre de son Histoire : *Quodam vero tempore, dum pro furto quis ad pendendum deducereur*. Childebert, in *Decretione* ; qui est ensuite de la Loi Salique, ch. 7. *Similiter Cal. Mart. Colonia convenit : & ita bannivimus, ut unusquisque Judex criminisum latronem ut audierit, ad casam suam ambulat, & ipsum ligare facias : ita ut, si Francus fuerit, ad nostram praesentiam dirigatur : & si debilius persona fuerit, in collo pendatur*. Voyez Voëssus de Vitis Sermonis. M.
PENIL. M. Guyet le dérive de penicillus, diminutif de penis ; lequel mot penicillus a été dit de la verge de l'homme. Cicéron, dans son épître à Papirius Patus, qui commence par *Amo verecundiam : Caudam Antiqui* penem vocabant : ex quo est, propter similitudinem peniculus. *At bodie penis est in obscuris. At vero Piso ille Frugi in Annalius suis queritur, adolescentes peni deditos esse. Quod tu in epistola appellas suo nomine, ille victius* penem : sed jam multis factum est tam obscurum quam id verbum quo tu usus est. Festus : Penem *Antiqui* codam vocabant : a qua antiquitate etiamnum essa porcina cum cauda in canis paris offa penita vocatur ; & peniculi, queis calceamenta tergentur ; quod è codis extremis factebant *Antiqui* qui tergentur ea. Il vient de peitge. *Pellen, pellinis, pellinicus, pelliniculus, pellinellus, penillus*, PENIL : comme penilliere, da peniliaria. *Pellen*, qui signifie un peigne, signifie aussi le penil. Juvenal, Satyre 6. *Inquina traduntur Medicis jam pettine nigro.* Les Grecs ont usé de même du mot de *xviè* dans l'une & l'autre signification. De *pellen pellinis*, les Italiens ont fait *petrignone* & *petrigone*. Il me reste à remarquer, que dans l'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe, PUBES est interprété *premiere barbe*, ou pignil : & PUBE TENUS, *prez du paignil*. M.
PENNE, PIGNON. Les Charpentiers appellent *pennus*, les chevrons qui couvrent le faire d'une maison : d'où vient le mot de *pignon* ; comme qui diroit *pennon*. Et en Cacogne on appelle *pennes*, certains clochers dont les pointes sont faites en forme de chevron. Il y a beaucoup d'apparence que ces mots ont tiré leur origine de *penne*, qui signifiait autrefois la pointe d'un rocher ; qui a ordinairement du rapport avec la figure du che- vron. Et en effet, les Espagnols appellent *penna*, une roche. Et il y a deux villes bâties sur le sommet de deux rochers, qui pour cette raison sont appelées *Pène* : savoir *Pène* en Agenois, & *Pène* en Albigeois. Le Mont *Pennin*, ou *Appennin* ; tire aussi de-là sa dénomination. Car Tite-Live, liv. Decade, n'étant point d'accord avec ceux qui tiennent qu'il est ainsi appelé, à cause du passage des Pennes, ou Carthaginois, veut qu'il ait été nommé de la sorte, *ab eo quem in summo sacratum veritice Penninum Montani appellant*. Il pourrait bien être que tous ces mots eussent tiré leur origine de *pinna*, qui en Latin signifie une chose aiguë & faite en pointe : & ainsi *pinna murorum*, sont le sommet d'une muraille ; & *pinnaculum*, le fait d'une maison. *Cajoneux*.
PENNE. Le sommet, la pointe d'un rocher. Je dérive ce mot du Celtique *pen*, qui signifie le sommet, le haut, la cime. Voyez ci-après *Pennines*. L'Espagnol *penna*, qui nomme remarque M. de Caïeneuve, veut dire une roche, à la même origine : & plusieurs villes d'Espagne portent le nom de *Penna*, parce qu'elles sont situées sur des rochers. Une forteresse que le Roi Ferdinand fit bâtir dans une petite lile devant le port d'Alger, fut nommée *Pennon*, ou *Pennon*, ou *Pignon*, ou *Pignon* d'Alger, parce qu'elle étoit sur un roc. *Pennon*, ou *Pignon de Velez*, autre forteresse d'Afrique, bâtie aussi par les Espagnols, eut pareillement ce nom à cause de sa situation sur un rocher fort élevé. Voyez ci-dessous le troisième article *pignon*.
PENNINES. Alpes Pennines : en Latin Alpes Pennina, ou *Pamina*. Quelques-uns dérivent ce mot de *Pinnus*, Punique, Carthaginois ; parce qu'ils prétendent qu'Annibal conduisit par-là ses Carthaginois en Italie. Mais d'habiles Auteurs croyent qu'Annibal ne passa point par-là, & ils tirent *Pennines* de l'ancien terme Celtique *pen*, qui signifie le sommet, le haut, la cime. Cette étymologie est la véritable. Les Alpes *Pennines* ont été ainsi nommées à cause de leur hauteur. De-là vient aussi le nom du Mont *Apennin*. Voyez ci-dessous *Apennin* ; & Wachter, dans son *Ginfarium Germanicum*, au mot *Pfin*.
PENNON, ou PANNON. Sorte d'enseigne ou d'étendard à logique queue, qui appartenait autrefois à un simple Gentilhomme. C'étoit proprement un guidon à mettre sur une tente. Il est opposé à la bannière qui étoit quarree : car quand on faisoit quelqu'un Banneret, la cérémonie étoit de couper la queue de son *pannon* : d'où est venu un ancien proverbe : faire de *pannon* bannière : pour dire, passer à une nouvelle dignité. Les Capitaines de la Bourgeoisie de Lyon, s'appellent encore aujourd'hui *Pannons* ou *Pennons*, à cause des enseignes de leurs compagnies. Ce mot vient de Latin *pannus*, parce que ces étendards, ou enseignes, étoient faits de riches étoffes. *Pennoneau* ou *pannoneau*, est un diminutif de *pannon* ou *pannon*, parce qu'il n'étoit pas si grand que le *pennon*. Voyez ci-devant *pannoneaux*.
PENSE. Fleur. Lat. herba Trinitatis : autrement, *ciola tricolor*. Sylvius le dérive de *pensata*. PENSE, ce sont ses termes : *pro sententia & meme, ac etiam viola autumnali*, à pensata. C'est à la page 151. de sa Grammaire. Je ne puis comprendre comment *pense*, dans la signification de cette fleur, puisse avoir été fait de *pensata*. Selon moi, il l'a été de *pensata*, fait de *pando*, dans la Q4 EFERUS - Recherches & Classification numériques 306 PEN. P.E.P. signification d'expando. Cette fleur est fort épis-nouie. M. PENSER : pour songer. Lat. cogitare. De pensare : dont S. Grégoire & Yves de Chartres, usent en cette signification. Voyez Juret sur Yves de Chartres, épit. 10. M. PENSER : pour médicamenter. De pensare : dont les Latins se sont aussi servi, pour dire la même chose. Pétroine : Pensatis visibus, animosior verberum, potas arte contexi. M. PENSER : pour médicamenter. Dans nos anciens Livres, on lit dans la même signification, penser à playes & à maladie, & regarder aux playes & à la maladie. On disoit aussi, conseiller quelqu'un d'une maladie, dans la signification de le penser. Lancelot du Lac, vol. 1. fol. 171. v. édit. in 4e. de 1520. Car je ne fais sinon empirer, ne les Phisiciens ne me savent de ma maladie conseiller. Perceforest, vol. 5. chap. 10. Or n'ayez quelque soing de luy, car il est en l'eisable, & ay fait tres bien penser de luy. Item, au chap. 19. du même volume : Et par pitié mis telle peine de penser pour luy, qu'il euss la vie sauve. Le Duchat. PENSER un cheval. Les Espagnols disent de même pensar à cavallo. M.
PEPIE. Maladie de poules. Le P. Labbe le dérive de pipire. Il vient de pipita. Les Gloves Anciennes : pipita, vœuça. Les Espagnols disent petita : ce qui me fait croire que pipita a été dit par corruption, au lieu de pituita : lequel mot pituita, se trouve en cette signification. Palladius, livre 1. chapitre 17. Pituita his nasti solet (il parle des poules), que alba pellicula linguam vestit extremam. Hac leviter ungubus velitur. Columelle, liv. VIII. chap. 3. Aqua stercorosa pituitam concita. De pituita, on a fait pituita, par le changement de la voyelle en v. consonne : dont on a fait ensuite pituita, & ensuite pipita. M.
PEPIN. Après avoir long-tems médité sur l'étymologie de ce mot, voici ce qui m'est venu dans l'esprit. Les Latins ont appellé pipinna la ghighi d'un enfant. Et ce mot se trouve en cette signification dans ces vers de Martial, livre XI. épigr. 73. Drauci Natta sui vocat pipinnam, Colatus cui Gallus est Priapus. Et c'est de pipinna, que nous avons fait pinne ; mot de la même signification que ghighi. Pour pinne, nous disons binne en Anjou & au Maine : où l'on dit aussi bin, au masculin : d'où le diminutif Binet, qui est un nom propre de famille. Ces mots bin, & binet, témoignent qu'on a dit pipinnus. De pipinnus, nous avons fait pepin, pour signifier une pinne d'enfant. Et de-là, vraisemblablement, Pepin, nom propre d'homme. Pepin, Maire du Palais ; Pepin le Gros ; Pepin le Bref. De la ressemblance à une pinne d'enfant, nous avons ensuite appellé pepin, le noyau d'un raisin : car ce noyau ressemble tout-à-fait à une pinne : ce qui a été remarqué par Gaffarel, dans ses Curiosités Inouies. Voici les termes, qui sont du chapitre 5. On peut aussi remarquer quelque forme des parties honteuses, tant de l'homme que de la femme aux grains de bled, & aux pepins de raisin : & à mon jugement, suivant cette remarque, on peut philosopher par-dessus le commun sur ce proverbe, Sine P.E.P. P.E.R. Cerere & Baccho friget Venus. J'ajoute à cette autorité, que 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7i 7 Les Bas-Normans appellent repepin, l'oiseau que nous appellons rosetes : ce qui me donne quelque pensée que pepin a signifié petit ; & que ce mot repepin, veut dire petit-qui. M.
PEPIN. On dit encore à Metz pepin, dans la signification de pepin. Pepin vient de pappinus, fait de pappus, d'où le François pappes, qui se trouve dans Rabelais, au rang des espèces d'étuis qui couvrent les germes & les semences des arbres, arbitrageux, herbes & zoophytes. Les pepins de raisin brises font voir une espèce de coton, comme le pappin dont parle Pline, liv. 13. chap. 12. livre 11. chap. 16. & liv. 15. chap. 13. De pappinus, ou plutôt de son augmentatif pappino, onis, one, on aura fait pepin, qui est le vieux mot. Ou bien de pappinus pappini : pappinus, pappini, pappino : pappino pappiniens pappinone, & par contraction pappione, PEPION. Le Duchat.
PEPINIERE. Lat. seminarium. Du mot pepin : parce que les pepinières étoient ordinairement semées de pepins de pommes & de poires. M.
PERCE-FEUILLE. Plante : ainsi appelée, parce que sa tige passe par le milieu de la feuille : d'où elle a été appelée par les Latins perfoliata. M.
PERCE-OREILLE. Petit insecte : ainsi appelée, parce qu'il entre volontiers dans les oreilles des hommes. Les Normans l'appellent oreillere : du Latin auricularia : c'est ainsi que les Latins des bas siecles l'ont appellé. Voyez Moufet, dans son Histoire des Insectes, page 171. M.
PERCE-PIERRE. Sorte de simple. M. de Saumais, dans ses Homonymes des Plantes, ch. 36. Non unum genus nomine Saxifrage donatum est. Persuasum habent, quod calculos et corpore pelant, rumpantque. Hoc de calcifraga conceferim. Saxifragam vero propriè vocari credam, qua perrumpat et quibus enacitur : cui notioni affine est vocabulum Gallicum percepierre. On dit par corruption passepierre. Nous l'appellons en Anjou cassepierre : ce qui répond au calcifraga des Latins. M.
PERCE-PIERRE. Poisson de mer. Rondelet, liv. 6. chap. 12. parlant du percepierre : A cause que ce poisson vis dedans les trous des pierres, & la se foure, & se cache fort au profond, en Languedoc a été nommé percepierre. M.
PERCER. Du participe pertusus, abregé par le retranchement de la syllabe du milieu, a été formé percé, & de-là le verbe percer. Latinus, de EFERUS - Recherches & Classification numériques Terminis : Terminus, si transportus fueris: c'est-à-dire, transporté. Et ces paroles sont accompagnées de la figure d'une pièce quarrée & percée à jour. Caenouve.
PERCEA. De perturficare. Voyez pertruis. M. PERCEA. On difoit autrefois perchier, pour percer. Alain Chartier, dans son Poème intitulé, le débat des deux Fortunes d'Amours : Et pour perchier Jusques au cœur, & jusqu'au sang ficher. Percer vient donc de perturcare, fait de perrica : & percer est proprement un mot des anciennes joutes ou combats à la lance : laquelle lance étant faite ordinairement d'une perche ; témoin nos anciens Romans, qui racontent de plusieurs Chevaliers, qui ayant brisé les leurs en quelque combat, s'en fait l'ongue-vite une autre de la première branche d'arbre qui leur y paroissait propre ; on a de-là dit percer, pour traverser, pénétrer avec une perche. Le Duchat.
PERCHE. Dans la signification d'une gaule. De perrica. M.
PERCHE. Espèce de poisson. De perca. Au-fone dans sa Moselle : Nac te, delicias mensarum, perca, fitebo. Perca a été fait de vire, mot de même signification, fait de vire, nigris distinctus maculis. Voyez pers. M. PERCHE - GOUET. Province de France. De Guillaume Gouet, qui étoit Seigneur de cette Province. Voyez mon Histoire de Sable, page 303. M.
PERDIS. Le Roman de la Rose, fol. 122. r. Affaulx mit en lieux de batailles, Entre esperviers, perdis, & caillet. On voit par ce passage, que nos anciens prononçoient perdis au lieu de perdrix. Le Duchat.
PERDRIGON. Sorte de prune. De sa ressemblance aux eifomacs des perdrix rouges : pour laquelle les Italiens l'appellent aussi pernicona, & les Espagnols, perdigon. M.
PERDUS. ENFANS PERDUS. Terme militaire. Ci-deffus, au mot Enfans-perdus, j'ai renvoyé le Lecteur à Paul Jove, liv. 15. de ses Histoires, folio verso 175. Ce qui doit s'entendre de l'édition de Paris de Valcofan, MULVIL. Je n'y ai pas produit le passage de Paul Jove ; n'ayant pas sous la main, lorsque je fis cette note, les Histoires de Paul Jove. Comme le passage est curieux, je le produirai en cet endroit. Le voici. Illuc audacissimorum Juvenum globus, aliquanto certioro existio, quam victoria, pervadere non dubitavit. Erant enim ex omnibus pagis florenti atate, & singulari promptitudine, lecissimi; qui pervertulo gentis more, ut raros, ante proveclam atatem militia honores, aliquo insigni virtutis opere edito, confequantur, aspera quaque & difficilia belli munera utro sibi depofere, & fapius cum excitabili laude proposiam mortem subire confueverunt. Hos ab immoderata fortitudine Perditos vocant, & in summo honore atque admiratione habent. Licetque illis, una virtutis piragativia, & vexillum ferre, & ducere ordines, & duplicata per omnem atatem stipendia accipere. Neque alio felicis audacia insigni a ceteris Perdisi dignofcumur, quam candidissimis pennarum manipulis, quos, mare ducum, & pileis speciosa luxurie defluentes, in tergum vertunt. Il y a appa- rence, que c'est de ces jeunes gens que nous avons appellé nos Enfans perdus, Enfans perdus. M.
PERCE. La rue Sairz Pere à Paris, dans le Fauxbourg, S. Germain, s'appelle ainsi par corruption pour la rue S. Pierre. Il y avoit autrefois une chapelle dédiée à S. Pierre, dans l'endroit où on a bâti l'Hôpital de la Charité. Voyez Sauval, Antiq. de Paris, page 150. Vergy.
PERGOIS. Couteau Pergois. Rabelais, IV. 42. Et luy donna un beau petit couteau Pergois. Les couteaux de Nogent-le-Rotrou ; qui est une ville du Perche, sont fort renommés : ce qui me fait croire que ce mot de Pergois a été fait de Percenis; comme qui diroit, couteau du Perche. M.
PERGOIS. Couteau Pergois, pour Pragois. Bufbecq, dans ses Epîtres, épit. 4. Cubitum cultello (quod genus nos Pragenies vocamus) transfixum habebat. Huet.
PERGOIS. Couteaux Pergois. C'étoient de petits couteaux venant de Prague en Bohème : & c'est de là que nous les avons appellés Pergois ou Pargois, en corrompant leur véritable nom. On ne fauroit douté de cette vérité, si l'on fait attention à ce que rapporte M. de Bufbecq, dans l'Épître 4. de ses Ambaissades vers le Grand Seigneur. Voici ses termes : Anto me proxime pedites aliquot ambabant : horum unus veluti anfatus subnuxis nudis brachiis ingrediebatur, quorum arrumque supra cubitum cultello (quod genus nos Pragenies vocamus) transfixum habebat. Dans le passage de Rabelais, rapporté par M. Ménage, l'édit. de 1555. porte Pargoys : & dans un autre passage, pris du liv. 5. chap. 9. on lit Pergois dans l'édition d'Anvers en 1573. & dans celles de 1596. & 1626. Cette étymologie & ce passage de Bufbecq, se trouvent dans la dix-neuvième des Dissertations pulées par l'Abbé Tilladet, la Haie 1714. part. 2. page 141. laquelle Dissertation y est attribuée à M. Huet, comme envoyé par lui à M. Ménage le 12. Décembre 1691. Or ni cette même étymologie, avec le passage qui l'établit, ni deux ou trois autres que j'ai insérées dans mon Rabelais de 1711. & qui sont dans la même Dissertation, ne se trouvent parmi les Additions de M. Ménage, imprimées en 1694. D'où je concludis qu'on les a prises dans le Rabelais de 1711. pour les prêter à M. Huet, à qui on a prétendu en faire honneur en 1714. Le Duchat.
PERIGORD. Province. De Pericordia : qu'on a dit, par corruption, pour Petrocoria, & qui se trouve dans Theodulphe, page 201. Nos hinc digresos cepit Pericordia tellus. Il y a Pericordia dans quelques exemplaires : lequel mot se lit aussi dans les plus anciens Manuscrits de Paulin : ce qui a été remarqué par le P. Sirmond sur cet endroit de Theodulphe. M.
PERLE. Il y a une espèce de perles faites en forme de poires, appelées elenchi par les anciens. Pline, liv. 9. chap. 35 : Et proceribus sua gratia est [elenchos appellant], fastigata longitudine, alabastrorum figura in pleniorem orbem desinentes. Les Auteurs du tems moyen, les ont appelées perula & pirula; comme qui diroit poirettes, à cause de leur figure : d'où nous avons formé perle. Les Gloves d'Hidore, pour la même raison, & à cause de la ressemblance qu'il y a du bout du nez avec les poires & les perles, leur donnent le même nom. Perula, extrema pars nasi. Papias : Pirula, à formula piri. Les Gloves Latin-Barbares de Rabanus Qij EFERUS - Recherches & Classification numériques Maurus : *Ejus* [naſi] *extremitas* pirula *vocatur*, à *forma* *pomi*, *pyri*. Un ancien Interprète d'Horace : *Perulos*...\* M. de Caſeneuve en eſt demeuré là. Voyez ce que dit Caſaubon ſur la ſeconde Satyre de Perſe : & M. Ménage ſur le mot *perle*. Caſeneuve.
PERLE. Il y a diverſité d'opinions touchant l'origine de ce mot : & toutes ces opinions font aſſez vraſſemblables. Hotman, dans ſon *Matago de Matagonibus*, le dérive de l'Alleman *berlen*, qui ſignifie la même choſe : à quoi on peut ajouter, que les Polonois diſent *perla* dans la même ſignification. Caſaubon, ſur la ſeconde Satyre de Perſe, le dérive de *perula*. *Margaritas infima Latinitatis Scriptores vocant perulas* : *quod nomen Idisma noſtrum ſervavit*. *Extat apud veterum Interpretem Horatii*. M. de Saumaſſe, ſur l'Hiſtoire Auguſte, page 323 dit la même choſe. *Uniones autem, hoc eſt margaritas, hodie perulas vocamus* : *voce ex Latino deſlexa; quaſi pilulas; quaſi parvas pilas*. *Unde & pirula Iſidoro, rotunda illa naſi extremitas, pro pilula*. M. Bochart, dans ſon Hierozocion, part. 1. liv. 2. chap. 45, page 490. & 491. le dérive de *perna*. *Talmudici Doctores, qui Babylone degebant, de mercibus India ſui temporis potuerunt citius & certius edoceri quam Graci*. *Tale eſt quod margarita, in Gracia diu ignota, à Jobo & Solomone celebrantur diſertis verbis*. *Atque ipfum nomen obſtus peninim, videtur ex pinna factum : tranſſato concha nomine ad gemmam in ea incluſum*. *Quomodo nos perlam appellamus, voce ex perna deſlexa*. *Quippe etiam perna dicitur concha margaritifera : quia perna figuram utcumque imitatur*. C'eſt de Pline dont M. Bochart a pris cette étymologie de *perna*, dans la ſignification de *perle*. Voici l'endroit de Pline, qui eſt du chapitre dernier du livre 32. *Appellantur & perna concharum generis aſſica Ponticas Inſulas frequentiffima*. *Stant velut ſuillo crure longo in arena deſſiga, hianſeſque*. M. du Cange, après avoir produit cet endroit de Pline dans ſon Gloſaire Latin, au mot *perna*, donne enſuite la même étymologie de *perle*, que M. Bochart. Voici ſes termes : *Ita vero Latinis dilla concha marina & quibus colliguntur margarita, ſeu uniones : quos inde perlas vocamus, quaſi pernulas*. Et d'autres enfin dérivent *perle* de *pyrum*, c'eſt-à-dire, une *poire*, à cauſe de la reſſemblance des groſſes perles aux petites poires. *Pyrum, perum, pervium, perula*, PERLE. Les Eſpagnols & les Portugais diſent *perula*, pour ſignifier une petite *poire* : & les Italiens *pero*, pour ſignifier une *poire*. Toutes ces étymologies l'ont, dis je, aſſez vraſſemblables. M.
PERLE. Wachter donne une autre étymologie de ce mot, & voici comme il en parle dans ſon *Gloſar. Germ.* page 1186. PERL, *unio. Gallis perl, Latino-Barbaris perla*. *Gloſ. Pez. unio perla*. *Vocabularium Noeſianum : perl enola*. *Ubi Somnatus pro enola legit gemmula, lunula, mutanula*. *Olim deduxi a Latino ſpharula*. *Sed nunc magis aſſentior Martinio, cui perle eſt ipfum diminutivum beerle baccula*. *Favet huic origini, quod unio Latinis paſſim vocatur bacca*. *Horatius*, lib. 11. Sat. 3. Filius Æſopi detractam ab aure Metella, Scilicet ut decies ſolidum exſorberet, aceto Diluit inſignem baccam. *Ovidius, Met. Ibi* x. Ornat quoque veſtibus artus, Dat digitis gemmas, dat longa monilia collo: Aure leves bacca, redimicula pectore pendent. *Auſonius in Meſella* : Concharum germina baccas. *Unde Latinis ſit unio, eleganter explicat Plinius, lib. ix. cap. 35*. Dos omnis in candore, magnitudine, orbe, lævore, pondere, haud prompis rebus in tantum ut nulli duo reperiantur indiſcreti : unde nomen unionum Romanæ ſcilicet impoſuere delicia. Nam id apud Græcos non eſt, ne apud Barbaros quidem, inventores ejus, aliud quam Margaritas. *Ubi notandum, quod nomen margaritas ad voces Barbaras refertur a Plinio*. Et reſti *uniones*. *Nam Barbari noſtri unionem vocant maregrot, in Evangelio Anglo-Saxonico, Matth. xiii. 45. & merigroz, in Harmonia Evangelica Tatiani, xxxix. 8*. *Unde ? niſi à mer mare, & grut lapillus, de quo ſignificatu aſtum in Gries*. Ut adeo margarita interpretatione Barbarica ſo lapillus marinus. *Marinus autem dicitur à mari rubro, Martialis, lib. ix Epigramm. 3*. Splendet Erythraſis pellucida mecha lapillis *Silius Italicus, lib. xii.* Lucet in aure lapis rubris advectus ab oris. *Latini etiam inaures vocant, quia ab auribus pendent*. Nam ad hoc excogitata ſunt aurium vulnera, ut ait Tertullianus, imo Plinius ante eum. Il étoit bon de remarquer en paſſant, pourquoi les perles ont été appellées *uniones* par les Latins : & le paſſage de Wachter en nous apprenant l'origine de *margarita*, dans la ſignification de *perle*, éclaircit davantage celle de *Margarita* nom propre de femme.
PEROT. La Coutume d'Amiens, art. 119. appelle *perot*, un arbre qui a deux âges de la coupe du bois. C'eſt un diminulit de *père*, parce qu'un tel arbre eſt cenſé avoit produit un autre arbre, qui eſt déjà en coupe. *Le Duchat*.
PEROT. Les Mémoires de l'Etat de France ſous Charles ix. ſeconde édition, vol. 1. feuil. 199. b. *Dont y eut une balle qui tua en une ſenestre en perot, une ſemme, une nourrice, & l'enfant qu'elle tenoit*. A la Rochelle & en Poitou, les vieilles maïſons ont aux ſenêtres qui donnent ſur la rue, des rebords de pierre en dedans, où l'on peut s'aſſeoit pour voir commodément ce qui ſe paſſe au dehors. C'eſt ce que l'Auteur appelle ſenêtre en *perot* ; d'autres, ſenêtres en *perme*, parce que ces rebords ſont de pierre de taille. *Le Duchat*. Voyez *perron*.
PEROU. Selon Dom Juan Garcilaço de la Vega, dans ſon Hiſtoire des Incas, le nom de *Perou* a été donné à cette garde de l'Amérique, du nom du premier Indien qui fut pris par les Eſpagnols avant qu'ils en euſſent fait la conquête. Cet Indien s'appelloit *Peru*, nom qu'il répétoit continuellement, & qui pour cela fut donné à ce Royaume, & à un fleuve qui le traverse. Augustin de Zarate, autre Auteur Eſpagnol, qui a fait l'Hiſtoire de la découverte & de la conquête du Perou, nous donne une autre étymologie de ce nom. Il rapporte que l'an 1525. trois principaux habitans de la ville de Panama, qui eſt dans la Province qu'on nomme la Caſtille d'or, formèrent le deſſein de découvrir par la mer du Sud la côte Orientale de la terre ferme du côté EFERUS - Recherches & Classification numériques qu'on a depuis nommé le Perou ; & que François Piçarte, un des trois, s'étant embarqué avec cent quatorze hommes, découvrit à cinquante lieues de Panama, une petite & pauvre Province, nommée Perou, qui depuis a fait donner improprement le même nom à tout le pays qu'on découvrit le long de cette côte jusqu'au Chili. Verg.
PERRIER. Comme quand on dit canon perrier. De petrarius. Petraria se trouve souvent dans les Ecrivains du bas siècle pour cette machine de guerre que les Grecs ont appellée : &c. 1. Paulus Diacoma, v. 8. Belli machina quam petrarium vocant. Turpin, des Gestes de Charlemagne, ch. 9. Aptatis juxta murum petrariis, & mangarellis, & troiis, & arietibus. L'Auteur Anonyme de la vie de Charlemagne : Deoque voiente petrariis quas paraverum, in fac plus damno femferunt, quam illi de Costello. Ado Viennensis, parlant des Saxons : Cum pravararent machinas petrarias & cleta. L'Auteur de l'Histoire d'Auxerre, page 105. Castrum quod vel petrariis, vel aliquibus vix poſſet machinis expugnari. M.
PERRON. Ce mot se prend aujourd'hui pour une montée de pierre, avancée à l'entrée d'un appartement : il est formé de petra ; comme perriere, de petraria. Aussi ſigniſoit-il anciennement une pierre. Le Roman de Guillaume au court nez : En un perron contre terre a heurté. Et en un autre endroit : Prend cel perron qui eſt grans & quarres, Et ſi le liève par tes grandes fiertés. Caſeneuve.
PERRON. Dans le ſecond Scaligerana : perron ſignifie un eſcalier double. ¶ De petrone, ablatif de petro, fait de petra. M.
PERONNELLE. Terme de mépris. On dit à une femme par réprimande : vous êtes une plaiſante Perronnelle. Ce mot vient de Perronilla. S. Add.
PERROQUET. C'eſt un diminutiſ de Perrot, diminutiſ de Pierre. Nous avons donné des noms d'hommes aux animaux. C'eſt ainsi que nous avons appellé un merle, Sanſonnet ; une pie, Margot ; un corbeau, Colas ; un geay, Richard ; un ane, Martin ; un ſinge, Robert ; un écureuil, Fouquet ; une chèvre, Guionne ; & en Baſſe-Normandie ; l'anne. Les Anglois diſent parver, pour dire un perroquet. M.
PERROT. On dit en proverbe, gai comme Perrot. Et dans Rabelais, liv. 4. ch. 14. gaillard comme un pire. C'eſt-à-dire, comme un perroquet, qui, comme on fait, chante toujours. Le Duchat. Voyez perroquet.
PERRUQUE. Claude Mitalier, Lieutenant Général de Vienne, dans la Lettre à Jérôme de Châtillon, Président de Lyon ; le dérive de l'Ebreu pro perab, ou du Chaldéen pro pervab, qui ſignifie capillos verticis. J'eſtime, dit le Pere Labbe, à la page 101. de la ſeconde partie de ſes Etymologies Françoiſes, que perruque vient de quelque Pierre qui s'en eſt ſervi le premier, ou qui les angloiſes fort ſoliment. M. Guyot dérivoit ce mot du Grec «nien», qui ſignifie la même choſe, & qui ſe trouve en cette ſignification dans les Dialogues des Courtifanes de Lucien. Et il le dérivoit de cette ſorte : «nien» penica, perica, peruca, PERRUQUE. Il vient du Latin pilus ; & il en vient de cette maniere : pilus, pelus (d'où l'Italien pelo), polutus, peluticus, pelutica, perutica, peruca, PERRUQUE. Les Latins ont appellé de même la perruque, capillamentum, du mot capillus. Suétoue, dans la Vie de Caligula, ch. xi. Quin & gaueas atque adulteria, capillamento celatus, & veſte longa, noctibus obiret. Pétrone : Evocatumque me, non minus decoro exornavit capillamento. Tertullien, de Culiu feminarum, à l'article 11. Aſſigitis praerea neſcio quas enormitates ſutilium capillamentorum ; punc in galeri modum, quaſi vaginam capitis & operculum verticis ; nunc in cervice retro ſuggeſtum. Et le mot de «nien», qui ſignifie «non» «nien», «nien», «nien», c'eſt-à-dire, coma addicitia, &, comme parle le Guarin, dans ſon Pastor Fido, teſta finta ; a été formé de «nien», qui ſignifie originairement ſiamen, ſilum, lana ; mais qui a ſignifié enſuite une «reſſe de cheveux». Dans laquelle ſignification il le trouve dans une épigramme ancienne, produite par M. de Loir, dans la Relation de la Grèce, qu'il m'a fait l'honneur de m'addreſſer. Πλῶς μὴ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοὶ γέλτως, ἰδοί. Et il en a été formé de la ſorte : «nien», «nien», «nien». Et «nien» a été fait de l'inuſite «nien», qui ſigniſoit denſo : doil vient «nien», «nien», «nien», «nien», c'eſt-à-dire, «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», «nien», « — Son tuſſ ſpinioi I bei capei : cercate ſale in zacca : Perch' Abſalon mori per la parruca : mais dans la ſignification de chevelure. Le mot de perruca dans la ſignification de caecera poſticia, c'eſt-à-dire, de perruque, eſt nouveau dans la Langue Italienne, où il a été introduit de la Langue Françoiſe depuis moins de cent ans : de laquelle il a aussi paſié dans les Langues, Allemande, Angloiſe, Flamande & Eſpagnole. Il me reſte à remarquer, que les Grecs ont appellé la perruque qu'on ; comme qui diroit impoltere : car qu'on ſignifie impoltere. Et par ce mot, & par celui de «nien», qui ſont très-anciens dans la Langue Grecque, il paroît que l'invention des perruques eſt très-ancienne. M.
PERRUQUE. Les étymologies que M. Ménage rapporte de ce mot, ne ſont guère ſatisfaiſantes, & celle qu'il préfère aux autres, ne me paroît guère naturelle. Wachter dérive perruque du Grec «nien» & ſulvus, parce que les premieres perruques étoient de couleur jaune, c'eſt-à-dire, de cheveux blonds. Ecoutons le parler lui-même. Voici ce qu'il dit ſur ce mot, dans ſon Gloſſarium Germanicum, page 1187. PERRUQUE, perrücke, coma addicitia, capillamentum ſutile. Stilurus scribit barücke, & interpretator velum capitis. Eſt enim, inquit bar caput, & hlike peplum. In L.L. Lonsboard. appellatur. walabautz, eodem etymo. Wala enim caput ſignificat, & bautz ornatum, ſive peplum. Hinc anputzen ornare ſe. Vulgus à Gallis decepus scribit perrücke : dicum enim Galli perruque. Sic noſtra ſpernimus, aliena ſiſtiè amplexamur. EFERUS - Recherches & Classification numériques Hac ille, quamvis prater-rem vulgo iratus Nam bar nusquam significat caput, nec hūke pepium. Quamvis enim Somnerus ex Vocabulario D. hoc est Deuuesiano hanc Gloffam afferat: hicæ paruca: addit tamen, non liquet. Fortasse, inquit, perru- qua, i. galericulus. Dixit praterca, Anglis hūke calyptram denotare. Sed in meo Lexico hūke est pal- la, toga. Hallenus igitur & hicæ & paruca est vox incerta notionis, prout optimæ judicas Cangius. De voce Longobardica alibi videbimus. Illa de qua nunc agitur, omnino exotica est, & ex Graco & fulvus formata, quod prima capillamenta adscrita esent flavi coloris, & ex capillis Germania confuta & contexta. Nihil enim magis in admiratione erat apud Romanos quam flammeum caput Germanorum. Tacitus, cap. iv. de M. G. Habitus corporum, quanquam in tanto hominum numero, idem om- nibus: truces & carulei oculi, rutilæ comæ. Has comas captivis derondebant Romani, deronsasque Romam mitsebant ad illustriores terminas vel ami- eas, qua inde galericulos suos concinnabant. Ovi- dius ad puellam: Jam tibi captivos mittet Germania crines; Culta triumphata munere gentis eris. Confer capita Augustarum in Nummis, & locum Tertulliani, cap. 7. de Cultu Familiarum. Non so- lum autem mulieres, sed sape etiam viri hoc capitis gessamine delelibantur. Disertè Herodianus de Ca- racalla, lib. iv. cap. 7. Flavam capitè cæfariem imposuit, ad modum tonsura Germanica. Hujus autem modi inventores erant non ipsi Germani, ut næesse sit nomen ab illis repetere, sed potius Roma- ni, natura in Germanis artg imitati, cum vellent parere auricomi. Quid ergo mirum, rex exteram extero nomine appellari? Cette étymologie du mot perruque me paroît également savante & ingé- nieuse.
PERS. Couleur. Des yeux pers. De *wipō*, qui signifie *subniger*, *varius*; d'où le verbe *wipō* qui se dit des raïmus noirs qui commencent à meurir. Ou plutôt de *wipō*, qui signifie *porreau*: d'où *pra- sinus color*. M.
PERS. Couleur. De *perfeus*, qui se trouve dans Lactantius Placidus, sur le sixième de la Thebaïde de Stace. Ergo, dit-il, *qua Admeti regis perfeo colore fuerunt*. D'autres écrivent *perfus*. Il ne faut pas confondre *perfus* avec *prefus color*, qui signifie une couleur foncée. Huet.
PERS. Ce mot se dit de la couleur tirant sur le bleu. Les Italiens l'appellent *perfo*. Acarisius, cité par du Cange, dit que cette couleur étoit venue de *Perfe*, d'où elle avoit pris son nom. *Perfo* è colore della *Perfa*, donde prende il nome, cioè è *azuro scuro*, e non aperto Vergy.
PERSERVIR. Celui qui fert & ne *perfert*, son *loyer pert*, dit proverbialement le Roman du petit Saintré. La note sur cet endroit de l'édition de 1714. prétend que *perfert* y signifie *perfevere*; de manière que ce proverbe reviendroit à cet au- tre: *Qui fert & ne continue, sa récompense est per- due*. Mais Messieurs les Journalistes de Paris, dans le mois de Septembre 1714. ont rejetté cette ex- plication, prétendant que la *perfert* est la même chose que *percoit*. Cela est vrai pour le sens du proverbe, puisque celui-ci revient à cet autre, qui est que *toute peine mérite salaire*. Cependant *per- fervir* & *percevoir*, ne pouvant être regardés com- me synonimes, il faut voir si le premier de ces deux verbes n'auroit pas ici une signification moins éloignée de son origine. Pour moi je suis persuadé, que dans le proverbe en question, *perfervir* est une corruption de *pourservir*, au sens de *servir pour loyer*. On a dit de même pays de *permission*, pour pays de *permission*; & *perscript*, pour *proscript*. Le Duchat.
PERSES. Nom de peuple. Quelques Auteurs prétendent que ce nom vient de l'Ebreu *wipō pa- rasch*, qui signifie *un cavalier*; & que les *Perfes* furent appelés de la sorte, parce qu'ils avoient beaucoup de chevaux, & qu'ils excelloient à les manier. Il est vrai qu'ils ne porterent ce nom que dans les tems postérieurs. De-là vient qu'on ne le trouve dans aucun livre de l'Écriture qui ait été écrit avant Cyrus, & qu'il se rencontre fréquemment dans ceux qui l'ont été du tems de ce Roi, ou postérieurement. Mais je demanderois volon- tiers, pourquoi le nom des Perfes écoit tiré de la Langue Ebraïque, plutôt que de la leur propre. Les noms des peuples viennent ordinairement de leur propre Langue. D'ailleurs, les *Perfes* ne sont jamais appelés *wipō parrasch* dans le texte original de l'Écriture, mais toujours *wipō paras*, soit en Ebreu, soit en Chaldéen: or ni dans l'un ni dans l'autre de ces idiomes, *wipō paras* ne signifie *un cavalier*. J'avoue que *paras*, en Arabe, veut dire un cheval; & *faris*, un cavalier; & que dans cette Langue, les *Perfes*, & même la *Perfe*, sont aussi appellés *Faris*. Faudra-t-il dire en conséquence, que le nom des *Perfes* est Arabe? C'est ce qui ne me paroît nullement vraisemblable. Je conclus de tout cela, que la véritable origine de ce nom ne nous est pas connue; & que si on veut la décou- vrir, il ne faut la chercher que dans la Langue même des *Perfes*.
PERSICO. C'est une sorte de *rossoli*, ainsi nommé, parce qu'il se fait avec des noyaux de pêches. Ce mot nous est venu de Savoye. M.
PERSIL. Cette herbe est appelée en Grec *edistres*, & *apium* en Latin. Mais parce qu'en Ma- cedoine, elle naît sur les roches des montagnes, on l'appelle *petroselinum Macedonicum*: d'où nous avons formé *persil*: *persil de Macedoine*. Café- neuve.
PERSIL. Herbe. De *petroselinum*: d'où les Allemans ont aussi fait *petersigen*; & les An- glois, *persile*. *Petroselinum*, a été fait du Grec *myrodisus*, fait de *myro*, *petra*, *lapis*, & de *edistres*, *apium*. Dioscoride, livre 3. chap. 79. dit que *myrodisus* est un mot Gilicien: *myrodisus*, *myro* *de Kōkai*, *myrodisus* *myrodisus* *myrodisus*. Il est à remarquer qu'on prononce présentement à Paris *persi*, & *souci*. Du tems de Villon, on y prononçoit *soucil*, & *persil*, comme il paroît par ce Rondeau: *Repos éternel donne à cil* *Sire, claré perpétuelle,* *Qui vaillant plat ny escuelle,* *N'eust oncques ung bril de percil.* *Il fut rez, chef, barbe, & sourcil.* Voyez *soucil*. Il est encore à remarquer, qu'on dit à Paris un carré gourmand de *persi*, pour dire, un haut-côté de *monton*, *lardé de grans brint de persi*. ¶ Dans le Languedoc, on appelle le *persi* *jalbert*. M.
PERSONNIER. Celui qui a part au *tragic*. Par corruption pour *portionnier*. Huet.
PERTUISANE. Sorte d'arme. R.b.lais, EFERUS - Recherches & Classification numériques dans le Prologue du livre 3, a dit *partisane* (a) : comme si cette arme étoit une arme des Parishes. Il faut écrire & prononcer *pertuisane*. Et c'est ainsi que ce mot se trouve écrit dans Nicot, & dans Robert Etienne. Et-il a été formé de *pertundere* : *facile enim pertundis*, dit Robert Etienne. ¶ *Pertundo*, *pertufus*, *PERTUIS*: *pertufa*, *pertufana*, *PERTUISANE*. M. *PERTUISANE*. Je tiens qu'il faut dire & écrire *partisane*, à la manière des Parisiens, qui changent en a le qui devoit entrer dans la première filibbe ; & Rabelais qui a écrit *partisane*, voyoit bien sans doute, que ce mot venoit de *pertica*. *Pertica*, *pertifica*, *pertificana*, *PARTISANE*. La *partisane*, non plus que la lance, n'est effectivement autre chose qu'une perche armée. L'ô dans *partisane*, comme Rabelais a écrit ce mot, est une de ces lettres inutiles dont abonde notre ancienne *phagraphe* ; ou peut-être, l'y a-t-on insérée à distinguer entre cette arme, & *partisane* féminin de *partisan*. Le Duchat. *PERTUISANE*. Du Cange croit que ce mot vient de *pertisane*, qu'on a dit dans la Baise-Latinité pour *perforare*. Guibert en sa Vie, liv. 1. chapitre 12. *In quarnmadam sinus*, dit-il, *flamma subintroiti* : *pedules ac soleas pertusando per extrema prograditur*, *Hinc*, ajoute du Cange, *fonte nostris nomen mansis ejusmodi majori securi quam pertuisane dicimus*. Vergy. *PERTUISANE*. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page. 1183, tire ce mot de la Langue Teutonique. Voici ses termes : *PARTISAN*, *hastia tam fere*, *Gallis pertuisane*, *Itaitis partigiana*, *Suecis bartisan*. A pertuado *derivat Menagius* : *quod non placet Ferrario*, qui mavult *inter ignota referre*. Sed *neuro opus est refugio*. Nam barte *est securis*. A barte *sit bardice securicula* : *a bardice barducium : vax Cedreni apud Martinium* : *a barducium pertuisane*, *auctoribus Gallis*. Je laisse au savant Lecteur à prendre son parti sur ces différentes étymologies. *PERVENCHE*. Sorte d'herbe. De *pervince*. On a dit aussi *parvenche*. Le Roman de la Rose, fol. 6. v. *Aucune fleur en esté n'est* *Qui n'y fust, ne fleur de genest,* *Ne violette, ni parvenche*. Le Duchat. *PESCHE*. Voyez *pêche*. M. *PESER*. Parce que pour *peter* une chose, il la faut venir suspendue dans le bassin de la balance, de-là vient que *pensare*, fréquentatif de *pendeo*, signifie *peter* ; que nous avons tiré du Latin-Barbare *pesare*, formé de *pensare*. Le Glossaire Arabico-Latin : *peso*, *libro*. Caseneuve. *PESER*. De *pensare*, formé de *pendere*. *Pendo*, *pens, persum*, *vesum* ; d'où l'Italien *peso* : *pesare*, *PESER*. Les Glosses du Glossaire Arabico-Latin : *peso*, *libro*. *Pensare*, pour *peter*, se trouve dans le *Synodus Francofardensis*, chap. 5. De *denarius*, si *moro sunt argento*, & *pleniter pensantes*. M. *PESLEMESLE*. Nicot le dérive de ces trois mots *parla mestée*. Il vient de *pressule-miscule*. *Premo*, *presum*, *pressulum*, *pressule*. *Misceo*, *miscui*, *misculus* : d'où *miscellus* : *miscule*. Voyez *mester*. M. (a) Amiot écrit de même. Vie de Settecim. *PESME*. L'Histoire de Villehardouin, Paris 1585, page 37. *Et dedans est séjour lor avim une mesaventure qui fut pesme & dure*. De *pessima*. Le Duchat. *PESNE*, ou plutôt *pène*. En Grec *metius*, *metius*, *metius*. M. *PESON* de *fuseau*. Lat. *verricillus*. *Pesum*, *peso pesonis*, *pesone*, *PESON* : à cause du poids qu'il donne au fuseau. M. *PESSAIRE*. C'est un rouleau de laine, ou de charpie, fait en forme d'un doigt, & de la grosseur d'un doigt, & trempé dans quelque ongueur, lequel rouleau on met dans le col de la matrice, & au bout duquel on attache un fil pour le retirer. Voyez Celse, liv. 5. chap. 21. & Paul-Eginete, liv. 3. & liv. 7. De *pessarium*, diminutif de *pessum*, qui signifie la même chose, & qui a été fait de *metes*, mot de même signification. *metes* a été formé de *metes*, *cado*, *metes*, *metes*, *metes*, *metes*. ¶ On l'appelle autrement *nascale*. Je n'en sais pas l'isoison. M. *PESTRIR*. Voyez *pétrir*. M. *PET*. Voyez *peter*. M. *PETARADE*. Ce mot se dit proprement de cette suite de pets que font les chevaux en ruant. M. *PETARD*. On appelle ainsi un rouleau de carton rempli de poudre à canon : & on l'appelle de la sorte, à cause du bruit qu'il fait quand on y met le feu. Les Italiens l'appellent *salterello*, à cause de ses sauts. M. *PETASITE*. Nom de plante. Selon les Botanistes, elle a été ainsi nommée du mot Latin *petasus*, qui signifie *chapena*, à cause que ses feuilles sont larges comme un chapeau. Vergy. *PETER*. Nos Etymologistes le dérivent de *pedere*, par métaplasme, & par le changement du p en r. Il vient du diminutif *peditare*, fait de *peditum*, fupin de *pede*. *Pede*, *pedis*, *peditum*, *peditare* ; & par contraction, *petare*, *PETER*. Dans la Bibliothèque de S. Victor de Rabelais : *Ars honestè petandi in societare*. Le Latin *pedere*, a été fait du Grec *metius*. Mais il n'est pas ici question d'étymologies Latines. ¶ De *pedis*, nous avons fait *pet*. M. du Cange veut que ce mot François soit une onomatopée : en quoi il n'a pas bien rencontré. M. *PETILLER*. De *peditellare*. *Peditus*, *peditellus*, *peditellare*. M. *PETILLER*. Ordinairement, petiller est un verbe neutre. Mais voici une façon de parler où il a une signification active : elle se trouve dans la Traduction de Sleidan, au liv. 22. en ces termes : *Et toutes les choses sacrées estant par eux polluées*, ils *petillerent la sainte hostie*. C'est-à-dire, qu'ils la foulerent aux pieds. Le Duchat. *PETIT*. Il pourroit venir de l'ancien mot Latin *petitum*, qui signifie *maigre*, *mince*, *delié*, & *petit*. Nonius Marcellus : *Petitum*, tenue, exile. Festus : *Petilam furam*, *siccam* & *substictam* *vulgò interpretatur Lucilius*. *Insignis avaris & crucibus*, atque *petitis*. Nicot croit qu'il vient du mot *pethi* : *quod apud Hebraos*, dit-il, *idem valet quod apud Latines parvulus*. *Caseneuve*. *PETIT*. Nicot le dérive de l'Ebreu *pethi*, qu'il EFERUS - Recherches & Classification numériques dit signifier la même chose : & cette étymologie ne déplaît pas à M. de Caïeneuve. Scaliger sur les Citalectes de Virgile le dérive de *putitus*, diminutif de *putus*. Voici les termes : *In veteri Glorifario* : *putus*, *pupice* : *puti*, *pupil*. *Etiam puerum hodie ita vocant in Italia* : & *Galii pusillum vocant* *petitum*; *detoria voce a* *putito*. D'autres le dérivent de *petitus*. Nonius Marcellus : *Petitum*; *tenue & exile*. *Lucillius*, *lib. xii*. 1. figuis varis crucibus & petilis. L's s'est changée en 1 ; comme en *caput*, de *capulum*. *Capum*, *capulum*, *capul*, *CAPUT*. M. Guyet étoit pour cette étymologie : & c'est aussi celle qu'a donnée de ce mot M. de Caïeneuve. M.
PETIT. Je crois que ce mot a été formé de *petitum*, fait de *petere* demander ; & qu'il fait allusion à la coutume qu'ont les mendians ou qu'aimans de demander un peu de pain, un petit liard. Ceux qui mendient, étant ordinairement boncieux de demander beaucoup, on aura appellé *petit* le peu qu'ils demandent : & de-là *petit*, tout ce qui n'est pas grand. Et de-là encore sera venu qu'ost aura fait de *petit* un adverbe en beaucoup de phrases ; comme un *petit* de pain, un *petit* d'argent ; c'est-à-dire, autant qu'un pauvre a coutume d'en demander, ou d'en obtenir sur sa demande. *Le Duchat*.
PETIT-GRIS. Animal, dont la peau sert à faire des fourrures, qu'on appelle *petit-gris*. *Un manchon de petit-gris*. Covarruvias : Grises, *son ciertos animales*, de *cuyas pieles se suelen hacer aforros* : y *dieronles este nombre por la color parda que tienen*. M.
PETITE-OYE. Ce mot se dit proprement, de la tête, des ailes, & des pieds d'une oye, conjointement : ce qu'on pourroit appelier *accumens anseris*. Et il se dit figuement des faveurs des Dames au deçà de la dernière. Il se dit aussi figuement de l'afforissement d'un habit, c'est-à-dire, des aiguillettes, des rubans, &c. Il y a dans les Gloïes de Philoxène : *Gileras gallinarum*, *vò dops vòs iqvius*. Ce que M. Guyet a remarqué sur ces mots mérite d'être ici rapporté, *vò dops vòs iqvius*, la petite oïe. *Sed legendum forte gigerus*, *vel gigerius*. *Fesus* : Gigeria ex multis obsonis decept. *Gigerius*, *vel gigerium*, *de ventriculis gallinarum propriè*, *et ex Gallicifimo confias*. *Sed omi vòs dops vòs iqvius etiam dici*, & *hinc & ex Festo argutur*. *Itaque gigerus*, *vel gigerius*, *vel etiam gigerium*, *erit id quod Gallice vocamus* la petite oïe : *totum à parte*. *Lucillius somnino genere gigerias dixit*. *Scaliger male Fesum reprehendit*. *Gigerium propriè Gallicè* le gesier, ou glisier. *Variant Idiomata Gallicana*. M.
PETITS-PERES. On appelle ainsi les Augustins Déchausses, qui ont leur demeure près de la porte Montmartre à Paris. De la *petitesse* de leur hospice en ce quartier. Vie du Frere Fiacre, &c. page 8. citée page 179. de la Bibliothèque Française ; j'entens le tome 1. imprimé à Amsterdam, 1713. D'autres veulent, que ce nom leur soit venu de ce qu'à l'arrivée de ces Religieux en France en 1619. l'un d'eux, qui étoit de petite taille, faisant la révérence au Roi Louis XIII. qui ne le connoisoit point, & ce Prince ayant demandé, qui est ce petit Père : le nom de *Petits-Pères* leur est demeuré. Voyez Dan. Maichell. Introductio ad *Hifi. Literariam*, *Cantabrigia*, 1711. page 100. *Le Duchat*.
PETTO. Nos anciens ont dit, *estre sur le poto*, pour dire, *demander*. Ce mot est pris du Latins, *peto*, qui signifie *je demande*. M.
PETON. Rabelais, liv. 1. ch. 3. *Mon peton, que tu es joly*. De *pedito*, d'où nous avons fait *pion* & *piéton*. *Peton* veut dire la petit valet, ou vaissal, qui, dans la suite, deviendra chevalier. Les paysans du pays Meissin appellent de même leurs garçons, leurs valets, leurs petits valets. *Le Duchat*.
PETONCLES. Sorte de coquilles. De *petunculi*. Voyez Rondelet, liv. 1. des Poissons couverts de test dur, chap. 13. On les appelle à Rome *gongole* : de *conchola*, diminutif de *concha*. On les appelle en Normandie *hamour*, dit Rondelet. M.
PETRARQUISER. C'est faire l'amoureux grand, comme Pettarque. Ronfard s'est l'envie de ce mot. M.
PETREAUX. C'est ce que les Latins ont appellé *fialones*. Voyez M. de la Quinque, au mot *bouture*. M.
PETRIR. *Pinto*, *pintui*, *pistum*. De *pistum*, les Latins-barbares ont fait *pistire*, & ensuite *pistire*, d'où le François *pestir*, que nous prononçons *pétrir*. M.
PETUN, pour *betun*. C'est ainsi que cette herbe s'appelle dans l'Amérique. *Huet*.
PEU. De *paucum* : comme *PEU*, de *focus*; *PEU*, de *locus*; *LIEU*, de *locus*, &c. M.
PEUFFE. C'est un mot usité en Normandie, pour dire *fripere*. En Anglois *pelfe*. *Pensare*, *fripere*. M.
PEVOINE. Voyez *pivoine*. M.
PEUPLIER. Arbre. De *popularius*, dit pour *populus*. M.
PEUR. De *pavor*. Anciennement on prononçoit & on écrivoit *pavor*. Ville-Hardouin, p. 139. *Et por ce*, dit-on, que *muit fait mal*, qui *por paor de mort fait chose qui luy est repronvée a trojors*. M.
PEUSINE. Dans le Roman du petit Saintre, chap. 79. *Lors chascun armé de ce qu'il devoit*, prend *fa* *peusine en sa main fenestre*. M.
PEUSINE. Sorte de petit pavois. Je crois que c'est une corruption de *pavoisine*, diminutif de *pavois*. *Le Duchat*.
PEUTE. Laide. *Peut*, qui se prononce *peue*, comme *queue*, est le masculin de *peute*. Il paroît venit de *putidus*, ou plutôt de *putis*, qu'on trouve dans quelques manuscrits de Lucrece, vers 383. du troisième livre : *Aque ideò tantà mytatum penè ruinà* *Conciderit corpus penitus*. Ainsi *putidus* se prend non-seulement pour puant, mais pour désagréable ; & nous disons en François que ce qui est laid nous *put*. Cette expression *no son peute sin*, est très-élégante en Bourguignon, où *faire peute sin à quelqu'un*, c'est le mal mener, le tourmenter au dernier point, le pousser à bout. On dit aussi, *faire tete peute sin ai quelqu'un* : ce qui est encore plus énergique. *Faire pute sin*, pour *faire mauvaise sin*, se trouve dans le Livre intitulé *les Evangiles des Quenouilles*, chap. 1. de la Soirée du Jeudi, en ces termes : *Quand deux jones gens, fils & fille, sont pour lever un enfant*, le *Prière se doit mettre entre-deux*; *car s'il devoit qu'ils pressent l'un l'autre à mariage*, *jamais n'auroit paix entre eux*. Gloie : *Une vieille qui étois là*, dit tan- EFERUS - Recherches & Classification numériques P E U. P H A. sis sur cet article, qu'il étoit certain & vrai; & autre, que s'ils avoient enfans, ils frouient tous pute foi. Borel, page 391. de son Tréfor, expliquant ces deux mots, putefi & putefoi, les distingue, en ce qu'aller en putefi, c'est aller en perdition, faire la fin d'une putain; & que putefoi dans ce vers de Perceval, Tant cruel & de putefoi, signifie de mauvaise foi. Il auroit eu plutôt fait de dire, que putefi signifioit mauvaise fin, comme putefoi mauvaise foi. Maître Eloi d'Amernal, Prêtre de Bethune, chap. 43. du liv. 1. de sa grande Diablerie, a dit en ce sens: Traîtres vilains de pute affaire. C'est ce que les Italiens appellent persone di mal affaire. La même raison avoit fait donner le nom de Vaupute à cet endroit de la Savoie, où du tems de Menot il y avoit grand nombre de sorciere. Ivisitis ne ad montes Sabandia, à la Vaupute, qui sunt propé suburbia inferni? Dicitur quod ibi est multitudo fortilegarum mulierum, qua facium mori unum hominem super pedes, & nefcit quid habet, & hoc per venena diabolica. Menot, Sermon du Lundi du premier Dimanche de son Carême de Paris. Glossaire sur les Noels Bourguignons, au mot peut.
PEUX. Je peux. Je puis vient de possum, & je peux, comme on a long-tems écrit, vient de poule. A Metz, au lieu de nous pour ons, le peuple dit encore poulons, poulez, poule. Jacques Pelletier, cité par M. Ménage; page 139. de la première partie de ses Observations sur la Langue Françoise, seconde édition, a cru mal à propos que poule venoit de putefi, & que par conséquent il n'y falloit point d'l. Coquillart, dans ses Droits nouveaux: Mais à peine peuient-six plaire. Le Duchat.
PHANAL. Voyez fanal.
PHARAMOND. Nom du premier Roi de France. Il est d'origine Teutonique. Il peut signifier, selon Wachter, virum, projectionis bellica, si on le dérive de fara dans le sens d'expeditio, & de mund dans le sens d'uomo, vir. lequel mot mund a été fait du Teutonique & Celtique mai homme. Et Pharamond peut aussi signifier, selon le même Auteur, protetior familia, si on le dérive de fara, dans le sens de race, famille; & de mund dans le sens de tuteur, protecteur, défenseur. Ce mot mund se rencontre dans un grand nombre de noms Teuténiques, comme Edmond, Osmond, Kiebe-mond, Sigismond, &c. Voyez ci-dessus Edmond. Wachter interprète Osmond par vir praffant, prenant si comme la même chose que od, qui, en Langue Cambrique ou Britannique, signifie praffant. Voyez cet Auteur, dans son Glossarium Germanicum, aux mots faren, man, mund, & od.
PHARAON. Nom commun aux anciens Rois d'Egypte. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1358. dit avoir appris de M. de la Crote, que ce nom signifioit en Langue Cofte le Roi: pha étant l'article de cette Langue, & ro signifiant Roi.
PHARE. Nom que l'on donne communément aux Tours bâties sur les hauteurs des côtes où des ports de mer, & où l'on allume du feu pour guider Tome II. la nuit les vaisseaux. Les Etymologistes, dit Dom Bernard de Montfaucon dans la Différation sur le Phare d'Alexandrie, ont, à leur ordinaire, tâché de découvrir l'origine de ce mot. Isidoré prétend qu'il vient du Grec où, qui vent dire lumiere, & de où, qui signifie voir. Le Liceti en donne une autre étymologie, qui ne vaut pas mieux. Que des gens qui ne lisoient pas les Auteurs Grecs, se soient ainsi exercés inutilement à tirer ces étymologies, cela est encore moins surprenant que de voir Isaac Voissius, qui lisoit Homère, chercher dans la Langue Grecque l'origine du nom de l'Ille de Phares. De quicon lore, dit-il, vient appuie: de quipie, & cela après avoir cité lui-même un vers qui dit: ἐγὼν ἢ ἀποφύγετε, ἀφῆτε; ἐκπέπτετε. L'Ille s'appelloit donc &c, Phares, sept ou huit cens ans avant qu'il y eût ni tour, ni fanal; puisque ce fut Ptolemée Philadelphe qui fit bâtir le Phare de cette Ille. Cela fait voir que les Etymologistes de profession tirent quelquefois des étymologies sans consulter la raison. Il est donc certain, à n'en pas douter, que le Phare d'Alexandrie a pris le nom de l'Ille de Phares. Ce nom Egyptien devint depuis appellatif. On appella la Tour le Phare d'Alexandrie, pour la distinguer des autres Tours, faites sur le même modèle; & pour le même usage, qui furent aussi appelées Phares. Ces Tours, dit Herodien, qu'on bâtit sur les Ports pour éclairer les navires qui abordent la nuit, sont ordinairement appelées Phares: c'est-à-dire qu'elles prirent le nom de la première qui avoit été bâtie, & qui servit de modèle aux autres; tout de même que le superbe tombeau fait par Artemise pour le Roi Mausole, donna le nom de Mausole à tous les tombeaux que leur magnificence rendit célèbres. Le nom de Phare s'étendit bien davantage que celui de Mausole. Grégoire de Tours le prend en un autre sens. On vit, dit-il, un Phare de feu qui servit de l'Eglise de Saint Hilaire, & qui vint fondre sur le Roi Clovis. Il se sert aussi de ce nom pour marquer un incendie. Ils mirent, dit-il, le feu à l'Eglise de S. Hilaire, & firent un grand Phare; & pendant que l'Eglise brule, ils pillèrent le Monastère. Ce nom se trouve souvenu dans cet Auteur au même sens: de sorte qu'en ce tems-là un incendiaire & un bruleur d'Eglise étoit un faiseur de Phares. On appella Phares, dans des tems postérieurs, certaines machines où l'on metoit plusieurs lampes ou plusieurs cierges, & qui approchoient de nos lustres. Ce mot Phare a encore été pris dans un sens plus métaphorique. On appelle quelquefois Phare, tout ce qui éclaire en instruisant, & même les gens d'esprit qui peuvent éclairer les autres. C'est dans ce sens que Ronfard difoit à Charles IX. Soyez mon Phare, & gardez d'abyfmer Ma nef qui nage en si profonde mer. Mémoires de Littérature de l'Académie Royale des Inscriptions & Belles-Lettres, tome 9. page 186.
PHARISIENS. Célèbres Sectaires parmi les Juifs. Ils ont été ainsi appelés, parce qu'ils étoient séparés de tous les autres par leur genre de vie, faisant profession d'une plus grande sainteté, & d'observer plus religieusement les Commandemens de la Loi. C'est ce que signifie, dans la Langue R t EFERUS - Recherches & Classification numériques Syriaque & Chaldaïque, le mot Pharisch, d'où a été formé en Grecs, & en Latin Pharisans. Pharis & Pharisch est le participe passif du verbe Syriaque & Chaldéen, qui veut dire séparer, distinguer, diviser. Saint Jérôme & plusieurs Rabbins ont appuyé cette étymologie, qui convient très-bien à l'état des Pharisans, lesquels croient distingués des autres Juifs, non-seulement par leur genre de vie, qui étoit fort aufrère, mais aussi par leur habit. Saint Jérôme : Pharisi a Judaïs, divisi, propter, qu'alliam observationes superflamas, nomen quoque a diffidio suscepens. C'est au chap. 8. contre les Lucifériens. *
PHILARIA. Plante. Par corruption, pour phillyrea, fait du Grec, C'est ainsi que les Grecs appellent cette plante. Voyez Dioïcoride, livre premier, chapitre 126. Je ne sais d'où vient, Daléchamp, au lieu de, croit qu'il faut dire, c'est-à-dire, ; c'est-à-dire, ; c'est-à-dire, ; voyez-le au livre second de son Histoire des Plantes, chapitre 14. Dioïcoride dit, que le philaria a la feuille d'olive : M.
PHILIBERT. Nom d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie, selon Wachter, praziaris, ou valde celebris. Voyez ci dessus Filibert. *
PHILIPPINE. On appelle ainsi l'Ordonnance pour la Régale, a causé qu'elle est du Roi Philippe le Bel. Elle est datée de Vincennes, au mois d'Août 1334. M.
PHILIPPUS. Monnoie. Rabelais, 1. 32. Davantage, pour les contener entièrement, voilà sept cens mille & trois Philippus que je luy livre. Et 3. 37. Le Faquin lui mit en main un Tournois Philippus. Nous avons eu plusieurs Rois du nom de Philipp. Je ne sais duquel de ces Rois étoient ces Philippus, dont il est parlé dans ces passages de Rabelais. Cette monnoie étoit d'or. Dans l'Histoire de l'Abbaye Royale de Notre-Dame de Soissons, de Dom Michel Germain, page 331. Agnès du Heussay donna cent florins d'or, appellee de bons Philippes. M.
PHILONIUM. Terme de Pharmacie, qui se dit d'une certaine opiate, ainsi appelée du nom de Philon, Médecin, son auteur. *
PHRYGIENS. Ce nom, selon Wachter, a la même origine & la même signification que celui de Franc, qui veut dire libre. Voici les paroles de cet Auteur, page 477. de son Glosarium Germanicum : F. 1. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. 173. 174. 175. 176. 177. 178. 179. 180. 181. 182. 183. 184. 185. 186. 187. 188. 189. 190. 191. 192. 193. 194. 195. 196. 197. 198. 199. 200. 201. 202. 203. 204. 205. 206. 207. 208. 209. 210. 211. 212. 213. 214. 215. 216. 217. 218. 219. 220. 221. 222. 223. 224. 225. 226. 227. 228. 229. 230. 231. 232. 233. 234. 235. 236. 237. 238. 239. 240. 241. 242. 243. 244. 245. 246. 247. 248. 249. 250. 251. 252. 253. 254. 255. 256. 257. 258. 259. 260. 261. 262. 263. 264. 265. 266. 267. 268. 269. 270. 271. 272. 273. 274. 275. 276. 277. 278. 279. 280. 281. 282. 283. 284. 285. 286. 287. 288. 289. 290. 291. 292. 293. 294. 295. 296. 297. 298. 299. 300. 301. 302. 303. 304. 305. 306. 307. 308. 309. 310. 311. 312. 313. 314. 315. 316. 317. 318. 319. 320. 321. 322. 323. 324. 325. 326. 327. 328. 329. 330. 331. 332. 333. 334. 335. 336. 337. 338. 339. 340. 341. 342. 343. 344. 345. 346. 347. 348. 349. 350. 351. 352. 353. 354. 355. 356. 357. 358. 359. 360. 361. 362. 363. 364. 365. 366. 367. 368. 369. 370. 371. 372. 373. 374. 375. 376. 377. 378. 379. 380. 381. 382. 383. 384. 385. 386. 387. 388. 389. 390. 391. 392. 393. 394. 395. 396. 397. 398. 399. 400. 401. 402. 403. 404. 405. 406. 407. 408. 409. 410. 411. 412. 413. 414. 415. 416. 417. 418. 419. 420. 421. 422. 423. 424. 425. 426. 427. 428. 429. 430. 431. 432. 433. 434. 435. 436. 437. 438. 439. 440. 441. 442. 443. 444. 445. 446. 447. 448. 449. 450. 451. 452. 453. 454. 455. 456. 457. 458. 459. 460. 461. 462. 463. 464. 465. 466. 467. 468. 469. 470. 471. 472. 473. 474. 475. 476. 477. 478. 479. 480. 481. 482. 483. 484. 485. 486. 487. 488. 489. 490. 491. 492. 493. 494. 495. 496. 497. 498. 499. 500. 501. 502. 503. 504. 505. 506. 507. 508. 509. 510. 511. 512. 513. 514. 515. 516. 517. 518. 519. 520. 521. 522. 523. 524. 525. 526. 527. 528. 529. 530. 531. 532. 533. 534. 535. 536. 537. 538. 539. 540. 541. 542. 543. 544. 545. 546. 547. 548. 549. 550. 551. 552. 553. 554. 555. 556. 557. 558. 559. 560. 561. 562. 563. 564. 565. 566. 567. 568. 569. 570. 571. 572. 573. 574. 575. 576. 577. 578. 579. 580. 581. 582. 583. 584. 585. 586. 587. 588. 589. 590. 591. 592. 593. 594. 595. 596. 597. 598. 599. 600. 601. 602. 603. 604. 605. 606. 607. 608. 609. 610. 611. 612. 613. 614. 615. 616. 617. 618. 619. 620. 621. 622. 623. 624. 625. 626. 627. 628. 629. 630. 631. 632. 633. 634. 635. 636. 637. 638. 639. 640. 641. 642. 643. 644. 645. 646. 647. 648. 649. 650. 651. 652. 653. 654. 655. 656. 657. 658. 659. 660. 661. 662. 663. 664. 665. 666. 667. 668. 669. 670. 671. 672. 673. 674. 675. 676. 677. 678. 679. 680. 681. 682. 683. 684. 685. 686. 687. 688. 689. 690. 691. 692. 693. 694. 695. 696. 697. 698. 699. 700. 701. 702. 703. 704. 705. 706. 707. 708. 709. 710. 711. 712. 713. 714. 715. 716. 717. 718. 719. 720. 721. 722. 723. 724. 725. 726. 727. 728. 729. 730. 731. 732. 733. 734. 735. 736. 737. 738. 739. 740. 741. 742. 743. 744. 745. 746. 747. 748. 749. 750. 751. 752. 753. 754. 755. 756. 757. 758. 759. 760. 761. 762. 763. 764. 765. 766. 767. 768. 769. 770. 771. 772. 773. 774. 775. 776. 777. 778. 779. 780. 781. 782. 783. 784. 785. 786. 787. 788. 789. 790. 791. 792. 793. 794. 795. 796. 797. 798. 799. 800. 801. 802. 803. 804. 805. 806. 807. 808. 809. 810. 811. 812. 813. 814. 815. 816. 817. 818. 819. 820. 821. 822. 823. 824. 825. 826. 827. 828. 829. 830. 831. 832. 833. 834. 835. 836. 837. 838. 839. 840. 841. 842. 843. 844. 845. 846. 847. 848. 849. 850. 851. 852. 853. 854. 855. 856. 857. 858. 859. 860. 861. 862. 863. 864. 865. 866. 867. 868. 869. 870. 871. 872. 873. 874. 875. 876. 877. 878. 879. 880. 881. 882. 883. 884. 885. 886. 887. 888. 889. 890. 891. 892. 893. 894. 895. 896. 897. 898. 899. 900. 901. 902. 903. 904. 905. 906. 907. 908. 909. 910. 911. 912. 913. 914. 915. 916. 917. 918. 919. 920. 921. 922. 923. 924. 925. 926. 927. 928. 929. 930. 931. 932. 933. 934. 935. 936. 937. 938. 939. 940. 941. 942. 943. 944. 945. 946. 947. 948. 949. 950. 951. 952. 953. 954. 955. 956. 957. 958. 959. 960. 961. 962. 963. 964. 965. 966. 967. 968. 969. 970. 971. 972. 973. 974. 975. 976. 977. 978. 979. 980. 981. 982. 983. 984. 985. 986. 987. 988. 989. 990. 991. 992. 993. 994. 995. 996. 997. 998. 999. conveniat, rationibus satis luculentis offendi in Praxatione ad Germanos, 3. xix. Il dit dans cet endroit : Hoc nomen (liber) apprimè conveniebat antiquis illis Phrygibus, ab Ascanio Japberi ex Gomaro nepote orris, cum quod a prima origine fuerint sui juris, nec nmoquam alterius populi imperio subjeiti, tum quod artibus liberalibus & ingenuis unicè intenti, homines a beljuina ad cultiorem vitam revocarent, & officio mitione celo, agriculturam & reliqua vita præsista primi docuissent. Horum linguam Scythica similitram juifè, jam supra ex appellatione viri perspeximus. Pura hujus confensus & insignia documenta submistratibunt nobis Lingua Occidentales (9) as Scyth. as esse ex antecedentibus præsipperem, in confisus Phrygitis. Voyez ce que dit le même Auteur dans les 6. 10. 11. 12. & 13. de cette Préface. Voyez aussi les deux articles Franc ci-dessus. *
PHYSICIENS. On appellei ainsi anciennement les Médecins, a causé que la Médecine consiste particulièrement dans la contemplation de la Nature. Rabelais, 1. xi. Mais les Physiciens dissocient qu'a son arène ils ne connaissaient si que évident. L'Auteur de la Bible Guyot, parlant des Médecins : Fisiciens sont appellee, Sans ly ne sont-ils point nommés. Alain Chartier, dans son Histoire de Charles VII. parlant de ce Roi : Et j'orgues a ce que les Physiciens iny disent, que s'il ne m'a eût, il eſtoit mort. Parelin, dans la Farce de Patelin 1. Les Physiciens m'ont tué De ces breuillis qu'ils m'ont fait boire. Dans le titre d'une Bulle adressée au Roi Jean : CLIMENS, &c. Comment le juy & la Kaine ne sont tenus de jetons aux jours de jenques jeunables, ne eux abjecte de manger chair aux jours défendus a manger chair, si leur Confesseur & leurs Physiciens le confieillent : lesquels en sont chargées en leurs consciences. ¶ Dans un Règlement fait pour la nourriture des Religieuses de Notre-Dame de Soissons, par Béatrix de Martinnont, Prieure, imprimé dans les Preuves de l'Histoire de l'Abbaye Royale de Notre-Dame de Soissons, de Dom Michel Germain, page 464. Derechief, Nous établissons, que nous aurons des-ores-en-avant un Fisicien Juré & Pensionnaire a noſtce Convent, &c. Ce Règlement est de l'année 1282. Les Anglois usent du même mot en la même signification. M.
PHYSICIENS. Mezeray, dans son Abrégé Chronologique, parmi les maitres Ecclésiastiques, donne une autre raison que M. Ménage, pourquoi les Médecins ont été appelés Physiciens, & je la rapporterais, parce qu'elle ne paroît plus solide. Voici les termes de Mezeray : Comme tous les Suppôts de l'Université étoient L'Indiffat, la Jurisprudence & la Médecine étoient a ſſi en leurs mains, & le Pape étoit recouru pour Chas de ce Corps, & de tous les gens de Latines. Pour la Médecine, ils n'en enſchonoient guère que la theorie ſons le nom de Physique, laillans la pratique des remèdes aux Laïques. Il y a dans le Roman de Lancelot du Lac, vol. 1. fol. 12. v°, de l'édition in-4°, de 1320. un passage qui établit allez bien cette vérité. En voici EFERNS - Recherches & Classification numériques les termes » Car je ne fais sinon empirer, ne les Phisiciens ne me savent de ma maladie conseiller. On voit, dis-je, que les Phisiciens, qui étoient les Médecins de ce tems-là, se contentoient de conseiller, laissant la pratique des remèdes à d'autres personnes. Le Duchat.
PIAFFER. Nicot : PIAFFE ; dont vient tant le verbe plaffer, que le nom plafteur ; signifie bravette : qui est, quand un écorité, par superbe & hautaine contenance de visage, les bras courbes, en anse, & de fière démarche, se porte superbement, contemnant & naçant les autres. Et parce que telle engrance de gens est prompte à fouler de menaces les autres, & les gourmander, il semble qu'il peut être extrait de ce verbe Grec « », qui signifie opprimer, angarier, outrager, battre. Cette étymologie est nulle de toute nullité. La véritable ne m'est pas connue. Pasquier, viii. 1. parle de ce mot, comme d'un mot introduit de son tems dans la Langue. M.
PIAILLER. De pipilare. Les Glofes d'Isidore : PIPILARE, refonare. M.
PIASTRE. Monnoie du Mexique. M.
PIAULER. Crier comme un jeune poulet. Je crois que c'est une onomatopée ; de même que le Latin pipire, & pipilare. Les Anglois disent le pip, dans la même signification. Je crois aussi que piailler est pareillement une onomatopée.
PIBOLE. En Poitou c'est une sorte de flute : mais par tout ailleurs en France, c'est une cornemufe. Rabelais, livre 4. chap. 16. Marchantes vers nous au son des vœzes & piboles. De l'Italien pivo-la, diminutif de piva, fait de tibia. Tibia, tivia, tiba, & par le changement du t en p, piva. Voyez M. Ménage, au mot pivot. Le Duchat.
PIC. Voyez piverd. M.
PIC. Picois. En Langue de Galle, & de Basse-Bretagne, pig signifie un aiguillon, une pointe : & piquet, bequeter. Hien.
PICARDANT. On appelle ainsi à Montpellier une sorte de mufcat : parce qu'il est piquant & ardent. Et à ce propos il est à remarquer, qu'en Italie les mufcats sont si ardents, que pour les manger il les faut faire tremper dans de l'eau. 21.
PICARDIE. Le Président Fauchet, livre 1. de la Milice & Armes, le dérive du mot de pique. Quant aux Piquenaires, ou Piquiers, dit-il, c'est-toient ceux qui portoient les hautes memes de bois long de quinze & dix-huit pieds, comme la Sarisse Macédoinienne. Et l'on cuide que les Flamands en ont ramène l'usage : car l'on pense que ce soit leur goden hoc : avec lequel baillon ils renverferent les Contres d'Artois & de Saint Paul en un fosse voisin de Cour-tray, l'an MCCCII. Si j'ay bonne mémoire pour retenir ce qu'a dit de ce fait d'armes Vilani. Et possible que la picque vient du pays, qui, pour telle sorte d'armes en a retenu le nom de Picardie : d'autant que les gens de pied de ce pays-là (plus volontiers que les autres vaciens) n'oient de ce long bois, appelle aussi hokebos : d'autant que son effet conf- floit au heure que le Piquenaire fait après avoir secoué & vébranlé son hokebois ; depuis appellé picque, pour ce qu'il poind & pique. Car le mot de Picardie n'est pas an:ten ; ainsi se trouve seulement depuis trois cens ans. Et Pierre de Blois, en ses épistres, semble être le premier qui en fasse mention, si j'ay encore bonne mémoire. M. de Valois, dans sa Notice des Gaules, in. prouve cette étymologie du Président Fauchet. Et il croit que les Picards ont été ainsi appelés, parce qu'ils sont querelleux, & se piquent volontiers. Voici ses termes : Picardes autem dictus arbitror, non a pilis quas picas vocamus, quibus in praliis primi sunt ufi; quales olim Picquenaires dicebantur, nunc Piquiers : sed quod vino aut levi convictio facile ad iracundiam concitaventur. Iracci autem sine causa, Nostri dicunt picati, seu pungi, se piquet; & rixam, une pique. Igitur majoris partis Belgica secunda incolas, quoniam temere ac subito excandescere rixarique confueverant, Picardos, Picards; & eorum regionem Picardiam appellaverunt, la Picardie. Quam appellationem primum Lutetia in Scholis ortam esse existim, petulantia Scholasticorum, Clericorum, condiscipulis Belgis levitatem & iracundiam exprobrantium, Picardosque per jocum vocitantium : deinde à Scholasticis ad totam Geniem Provinciamque transisse. Vidi qui a pica nonen Picardorum deducere mallet. Est enim avis maximè contumax & iracunda, infanisque clamoribus & intento rostro hominem, a quo provocata est, in sequitur obstinate, ac vix abigi placarique potest; atque etiam non raro inopinantes aggreditur. Sed prior etymologia mihi magis arrides. Sic enim Flandrostes, qui Picardis & finitimi, & moribus similes, atque ad iram non minus ipsis promi sunt, Flamingos, aut potius (uis Appendix Chronici Guillelmi Nangiacensis semper vocat) Flammingos, vulgo Flamens, aut Flamans, equorum, Nostri appellavere, quod facilimè ac temere iraferentur, ac tape sine causa flammatio essent corde, ac furore incederentur; nec ad rixas modo, sed etiam ad seditiones, atque ad bella, cum civilia tum externa, igneo quodam ac subito impetu effervescens. Eodem modo phanicopteros à flammeo colore alarum flammanes Latine, vulgari ac patria lingua Flamans nuncupamus. Sanè animadverto nomina, quibus vitia animi & corporis apud Nostris per jocum designabantur, pleraque in ard desisse, seu syllaba ard suisse terminata. Sic Picardi dicti, qui ad iram facile concitaventur ipsi, aliosque concitaventur, rixosi, iracundi : loquaces, linguardi, languards : babilardi, babillards : bavards, bavards : pulsator, botardus, boutard : irrisor, gogenardus, un goguenard. Oriofoe & cessatores, qualei vulgo habentur litterati ac studios bonarum Artium, Musardos nostri vocavere, Musards : Mulierorum, palcardum, paillard : spurium, baillardum, bátard : failacem, tricardum, trichard : Guilcardum, vel Wicardum, guilchard, erronem : plenis hominem genis, giffardum, giffard : firabonem, luschardum, luschard : virum mocha, cornardum, cornard : pigrum, a tarde faciendo, faitard : levem & petulantem, gaillardum, gaillard : exordem & pusillantem ac timidum, caudardum, couard. Piquet, necon Picot, idem quod Picard Nostris fuit, & pervicacem, rixosum, ad iram proclivem, ad iracundiam concitare concitarique facilem significavit : qua hodique nonmularum Lutetia, & aliis in Gallia lotis, familiarum sunt nomina. M.
PICAVERET. Sorte de linote. Belon, livre vii. chapitre 16. de son Ornithologie : Le picave- R r ij EFERUS - Recherches & Classification numériques res est si semblable à la linote, que comme on a peine à le sçavoir connoistre & le distinguer, tout ainsi il y a peu d'enseignes qu'on puisse écrire à discerner l'un de l'autre. Ce qui est de plus évident, est le bec de couleur jaunâtre, & les jambes & les pieds noirs. Au reste, sont mouls semblables aux carines jumelles, & de mesme corpulence : & ont mesme madrure & plumes comme les linotes : aussi chantent de mesme maniere ; car ils sont de la mesme espèce. On l'appelle à Paris cabaret ; mot qui a été fait de celui de picaveret, de cette maniere : Picavarer, cava- re, cavaret, CABARET. Je ne sais pas d'où on a fait picaveret. Ne l'auroit-on point fait de pica varietta ! Le plumage de la linote est de diverses couleurs. La linote est de couleur de chataigne. Mais le dessus de son dos est marqueté de brun & de jaune. Elle a quelques plumes aux ailes & à la queue, qui sont tressées en long avec du blanc, pour user des termes de Belon. Belon ajoute, que les linotes ont la poitrine & le dessus de la tête, une grande partie de l'année, de couleur entre rouge & orangé : & qu'elles ont sur la fin du Prin- tems la couleur si vive, qu'elles ressemblent à du sang. M. au plumage des érourneaux. Voyez ci-dessus, au mot érourneau. M.
PIE-DOT. Nicot : Bot, moussé, tronqué en rond par contrefacture. Ainsi pied-bot, c'est-à-dire, contrefait, en rond & moussé, dont peut partir boiter, boitoufer, & boiteux. Bot, en Poitou, est un sabot ; calceus ligneus. Les Espagnols disent loto en la même signification de moussé, obus : d'où endorar les fils del espada ; c'est-à-dire, émousser le fil de l'épée ; retondere aciem. Parmi les Bas-Allemans, bot signifie difforme, mal fait. Et dans le vieux Glosfaire, bot est interprété l'loc & ilus & l'ouy-ueinus. Bot, en langage Poitevin, signifie sabot ; comme la remarque Nicot : & il signifie la même chose en Picard ; & il a été formé de fable, par aphérèse. M.
PIE-DU-FOU. Maison illustre de Poitou. Par corruption, pour Poy du Fan, ou du F. C'est-à-dire, de Padio Jagi. C'est ainsi que les Scignours de cette Maison sont appelés dans les anciens titres Latins. Voyez l'extrait d'une Lettre de M. Beilly à M. du Puy, imprimée à la fin de l'Histoire de Poitou de M. Beilly. Voyez aussi ci-dessus son-tean, & pay ci-dessous. M.
PIE-FOURCHE. Droit qu'on lève aux portes de Paris : ainsi dit des bœufs, des vaches, des moutons, & autres bêtes qui ont le pied fourchu, sur lesquelles ce droit se lève. M.
PIE-PLAT. C'est un rufte, un paysan, un homme de peu de chole. Ce mot tire son origine de ce que ces sortes de gens portent ordinairement des fouliers tout plats, & presque sans talons. M.
PIE-POUDREUX. Ce mot signifie un étranger inconnu, un vagabond, un petit marchand, qui va à pié de foire en foire vendre sa marchandise. On a appelé dans la basse Latinité ces gens-la pede-pulveris ; d'où le François pié-poudreux a été formé. Si qui extraneus mercator, va dans par regnum, non habens terram, vel ma-fouum infra Vice-Comitatum, sed vagans, qui vocatur pié-poudreux, hoc est Anglice duftie-foote. Leger Bargorum Scoticorum. Christophle de Saint-Germain, sur les Coutumes d'Angleterre, chap. 1, non apprend que ces pié-poudreux avoient dans toutes les foires une Justice particulière, où l'on jugeoit sommairement & sur le champ leurs différends. In omnibus nundinis & feritis haletur quadam Civia cissum feritis incidens, qua vocatur Civia pedis-pulverisati. Les Anglois appelloient ce Tribunal pié-poudreux. Vergy.
PIEÇA. Vieux mot : pour pièce a : où pièce est dit pour pièce de tems : comme l'Italien pezzo di tempo. H. Etienne, dans sa Conformité du Langage François avec le Grec, a fait cette observation sur ce mot de pieça : l'ouy dont est venu ce mot pieça ; depuis, pour que maintes personnes n'ont à creus, & sans l'avi et le moment, les autres le rejet-tem, aussi bien que bonne pièce, comme s'est au top leur Place-Ma-bert, j'en citai mon opinion : & par même moyen, mon freray un usage de ce pieça, qui peut beaucoup éclaircir cette façon de partir Grec que, mais à la 2014. Je dis donc, que quand nous par-ions alors, pieça qu'il est venu, c'est au 2014, si nous disons, il y a bonne pièce de temps qu'il est venu. Toutefois ce pieça n'y a meilleure grâce en la fin qu'au commencement : en changeant l'ordre des mots ainsi, il est venu pieça. Comme aussi on dit, j'ay parlé à lui n'a, t'ores, au lieu de il n'y a guères que j'ay parlé à lui. Auquel ordre ainsi renversé, doivent s'ongueusement prendre garde ceux qui sont fédieux de la Langue Grecque, afin de ne trouver etranges ces locutions (lesquelles je s'ay avoir donné beaucoup de peine à plusieurs, & a moy le premier), qui sont assez communes, il n'a, que je me suis à 2014; &, où, à 2014, que je me suis à 2014. Et de fait, si on pense accorder ces façons de parler avec le Latin, on se tourmentera beaucoup, en perdant sa peine. Car jamais ni Priscian, ni aucun de ses compagnons, ne consentira qu'on die, venit ad me, non multum tempus, ou non venit ad me, tam multum tempus. Et même, qui ne maniera dextrément ces deux locutions Grecques, il n'a, que je me suis à 2014; &, où, à 2014, que je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2014, je me suis à 2 Or combien que mon intention soit de m'estudier à brieuvant en ce Trait, tant qu'il me sera possible, au moyen de que je n'aye délibéré d'entre en plusieurs contestations, sur lesquelles il me seroit jurée d'extravaguer; si faut que je prie le Lelieur de prendre en patience une digression que je feray icy, à propos de ce que j'ay tantôt dit, qu'aucun rejélovent pieça, & bonne pièce (en la signification de « 2014 »), comme sentant trop leur Place-Ma-bert. Et croy qu'il ne plaindra le temps qu'il aura employé à la lecture de mon discours. Car autre ce que la matière en est plaisante & prouissable, j'espère que la conclusion en sera trouvée bonne. J'entray un jour en dispute avec quelques-uns qui faisoient pro'sion & avoient aussi le bruit de bien parler notre langage. Le motif de la dispute vient des vers suivants, de la traduction du quatrième livre de l'Enéde de Virgile : Pieça la Roine étant au vif touchée D'un grief souci, à sa plage cachée, Donnoit dedans ses veines nourriture : Et la disante & secrete poincture Du feu couvert, qui la bruite & enflamme, Alloit toujours gangnant place en son ame. Laquelle traduction (qui n'a point encore esté mise en lumière) j'opposois a ces deux autres, qui sont imprimées il y a sa long-temps. L'une est : Mais cependant la Roine en sa pensée D'un grief souci durement offensée, Nourrit la plage aux languissantes veines, Schant d'un feu secret en tristes peines. L'autre est : Mais cependant la Roine sa blesse D'un grief souci, nourrit en sa pensée Ce qui la blesse, & sont dedans les veines L'aveugle feu des amoureuses peines. J'opposois (dis-je) cette première traduction, qui j. EFERUS - Recherches & Classification numériques commence par ce mot Pieça, aux deux suivantes, comme de l'or à de l'argent : & monstrois comment le Traducteur avoit uſé de mots bien choissis, ayans grande force & énergie, & remplissans doucement les oreilles; & au demeurant non moins propres en leur endroit que les Latins : item, comment il n'a-voit rien perdu du sens de son Autour, mais il avoit recherche meſme la propriété des épithètes : bref, com-ment il me ſembloit avoir ſait devoir de bon Tradu-cteur trop mieux que les deux autres. Sur quoy on commença incontinent à l'attacher à ce mot pieça, comme indigne de tenir un tel lieu. Et alléguient pour toute raison, que c'eſtoit un mot vil, & (il eſtoit licite d'ainsi parler) roturier : pource que le populaſe en uſoit. Sur quoi ayant ſait plusieurs ré-picques, & quelques queſtions ſeyouſes touchant les degrez de nobleſe qui eſtient entre les mots (à pro-pos de ce qu'ils appelloient ceſtuy-la roturier) ; pour toute reſponse, ils me renvoyèrent à la Cour : & ce-pendant pour ce ſoul mot, condamnéent cette tradu-ction : de l'excellence de laquelle je ſay ſuger les Muſes Françoiſes. Or afin qu'on ſache à quoy tend ce discours, je di que par ceci on peut connoiſtre le pauvre ordre qui eſt pour le jourd'huy au Langage François (de quoy je me ſuis deſſa plaint cy-deſſus). Car l'Auteur de cette traduction a eſté nourri des ſon enſance en Cour, comme auſſi ceux contre leſquels je diſputois : & toutesſois le mot que ceſtuy-la avoit approuvé, ceux-cy le rejéſtoient totalement. Et nous eſſabilions-nous du deſordre qui eſt pour le jourd'huy en notre Langage, vus que ceux qui ſe vantent d'en pouvoir ordonner, & en donner loix aux autres, ne l'accordent pas enſemble ? Mais quelle pitié ſera-ce ſi nous voulons bannir autant de mots que nous trou-verons eſtre en uſage entre le populaire : & principa-lement quand il n'y en a point d'autres, ou pour le moins de ſi propre ? Il eſt certain que c'eſt le vray moyen de faire noſtre Langage béliſtre & coquin. Car quand il aura perdu le ſien, ne ſera-t-il pas force qu'il coquine l'autruy ? Or quant à moy, pour conclu-ſion, je di, puſſque l'oſage de nos mots eſt ſi mal aſſeuré qu'on le peut dire (par maniere de parler) eſtre fondé ſur la glace d'une nuit, à l'endroit de ceux qui le veulent aujourd'huy gouverner ; que c'eſt une grande folie de l'y arceſter : & qu'au lieu de rejéſter ce qui eſt de l'ancien Françoi, quand il aura paſſé par la bouche du commun peuple, nous devons dire ce que diſoit Cicéron, rachant de l'Orthographe La-tine, ! ſien loquendi populo conceſſi, ſcientian mihi reſervavi. Et ſpouſlement, quant à pieça, d'aura t'ſi auſſi-vous grand tort (à mon juge-ment) de le vouloir bannir de notre Langage, que nous voyons que les Italiens, à notre imitation, ont dit un pezzo. Je di davantage ; que ce Traducteur a pri demment ſaſſi, d'avoir voulu exprimer la vraye ſignification du mot de Virgile jamdudum ; & qu'au contraire, les deux autres ont trop légèrement changé en interea ; disons cependant, de peur d'uer de pieça. Et toutesſois en ores euſſent-ils peu trouver l'interprétation de jamdudum par autres mots (s'ils ne tortoient par un ſoul), en omettant la particule at. Car elhy qui a dit, Mais cependant la Roine en ſa peuſée, pouvoir dire, Jà de long-temps la Roine en ſa peuſée. Et me ſemble que onltre ce qu'il eſt plus fidèlement traduict le ſens, le vers eſt en pour le moins arſſi bonne grace. Autant en eſt-il de l'autre : car au lieu de dire, Mais cependant la Roine jà bleſſée, il eſt peu dire, Jà de long-temps la Roine eſtant bleſſée. Et meſme, en gardant la particule at (laquelle, à dire la vérité, je n'eſſe voulu laſſer), il pouvoit dire, Mais de long-temps la Roine eſtant bleſ-ſée. M.
PIECE. En Eſpagnol pedage, en Italien pezzo, en Anglois pece. De pecia. Voyez Mathias Mar-tinus, en Ion Etymologique. Pecia vient, ſant doute de pitracium, qui ſe trouve en la même ſignification en divers endroits, & entr'autres au verſet 5. du neuvième chapitre de Joſué, ſelon la verſion vulgaire : Calceamentaque perantiqua, qua ad indicium vetuſtatis, pitrachis conſuta erant. Ce que Vatable explique ainſi : Qua varia ſtrata verſi aſſuta habebant : c'eſt-à-dire, qui eſt est rapetaiſſes. Et en ce mot rapetaiſſes, les veſtiges de celui de pitracium & paroissent manifeſtement. Voyez ce qui a été remarqué ſur le mot pitraque. M.