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03.0 Dictionnaire etymologique — PIECE – POTELE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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PIECE. On trouve petia & petium dans les Auteurs de la très-baſſe Latinité, pour ſignifier un morceau, un fragment, une portion. Je crois que tous ces mots viennent de ſpatium. Le mot pieça, montre que pièce s'eſt dit du tems : car pieça c'eſt le même que, il y a pièce en eſpace de temps. Il s'eſt dit auſſi de la terre, car on trouve dans ces Auteurs du bas ſiècle, petium de terra, & petia terra, pour une pièce de terre : modus agri, ſpatium terra. Or comme tout eſpace eſt ſuppoſe faire par-tie d'une grandeur, on a appliqué ce même mot à une partie, ou portion, & de-la à fragment, ou morceau. On pourroit faire venir pièce de ſpecies. Optatus Milevitanus, livre 6. Calicum (ſracto-rum) ſpecies revoceſtis in maſſas. Et dans la ſigni-fication d'aſſimentum, on pourroit le dériver de pitracium. Au chapitre 9. de Joſué, la Vulgare s'exprime ainſi : Calceamenta perantiqua, qua ad indicium vetuſtatis, pitrachis conſuta erant. Ces éty-mologies ſont ſpéciéues; mais la première qui tire pièce de ſpatium, eſt véritable ; comme le montre manifeſtement le mot de petier, dans la ſignifica-tion de ſpatiari : qui ſe trouve dans Froſſart, l. 1. ch. 176. Hnet.
PIECE. Wachter, page 439. de ſon Gloſſar. German. dérive ce mot d'un vieux verbe Latin. Voici ſes termes : FITZ, lacinias, ſruſtum, ſegmen-tum. Relgis vod, vodde, Gallip pièce, Italis pez-za, Hiſſanis pieça, Latino-barbaris pecia. Cunita à Latino videre ſeparare, quod ſuperat in dividere, & a viris cruditis male confunditur cum viderélin-tueri, quasi dividere ſa bis videre, cum proprii ſis, in duo partiri. Ipsum vero videre oritur ab Etrusco iduare, ejusdem ſignificatus. Macrobius, lib. 1. Saturn, cap. 15. Iduare, Etrusca lingua, dividere eſt. Plura ad cognationem laſus verbi ſpectantia vide in waſſe orphanus. Ferrarius vocem Italicem derivat à Graco oriza limbus, parum proſperè, quia limbus eſt quidem pars veſtis, ſed non pars reſecta. La di-vertité des ſentimens ſur l'étymologie du mot pièce, fait voir que ſa véritable origine eſt difficile à dé-couvrir.
PIE'DE'STAL. Ceſt la baſe ſur laquelle une colonne eſt poſée. Quelques-uns dérivent ce mot EFERUS - Recherches & Classification numériques P I F. P I G. du Grec *miè pied*, & de *miè* *colonne*; comme qui diroit *pied* de *colonne*. Mais je ne vois pas la nécessité de recourir ici au Grec; puisque *pied* est un mot tout pur François; & *stal*, tout pur Teutonique. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1614. Stoltz, *bass*, *sulevum*, *Gloss. Book*, Stolum, *fouza*, *bass*, *Rufus* à *stellen* *stature*, *quia* *bass* *sunt* *carum* *retum*, *quibus* *supponuntur* *staminina*. Inde *Gallia* *piedestal*, *Belgies* *vocetital*, *pes* *columna*, *vel* *petrus* *sulevum* *pedestre*. *Ob* *candem* *candem* *era* *Scriporibus* *Sagaram* *vocatur* *stall*, *quia* *est* *sulevum* *cui* *villi* *ma* *imponitur*. Ainsi *piedestal* est un terme hybride, composé du François *pied*, & du Teutonique *stall*, qui entre autres choses signifie une base, un soutien, un appui. Voyez Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, p. 1580.
PIEGE. De *petica*. M.
PIERREFITE. Lieu dans le voisinage de l'Abbaye de Saint Denys en France. De *Petra* *fita*. C'est ainsi que ce lieu est appelé dans une donation de Charlemagne au Monastère de Saint Denys, rapportée par le Père Sirmond sur l'épître XVI. du deuxième livre de Gécifroy, Abbé de Vendôme. M.
PIERRE-MARTEAU. Nom de Libraire, sous lequel, depuis environ l'année 1651, à Cologne, à l'enseigne de la Sphère, on imprime toutes sortes de Livres défendus, & où personne n'est épargné, soit près, soit loin de l'Auteur. Ce nom imaginaire fait allusion à la devise *Cominus* & *cimicus*, en ce que la *pierre* atteint de loin, & que le marteau frappe de près. Pierre Marteau a fixé sa demeure à Cologne; c'est-à-dire dans une ville libre, où il est permis de tout dire: & il a pris pour enseigne la *Sphère*, pour signifier qu'en vain prétendroit-on le connoître plus particulièrement que sur le pied de *Cofinopolite*, ou de Citoyen du Monde. A Merle, dans la rue des Clercs, il y a pour devise sur une porte cochère, un tas de pierres sous un bras sortant d'une nuée, & armé d'une épée, avec ces mots: *De loin*, *de près*. Le Duchat.
PIERRE-PONCE. De *petra* *pumex*, *Pumex*, *pumicus*, *pumice*, *PONCE*. Il est à remarquer, que les Latins appellent cette pierre simplement *pumex*, & que nous joignons le mot de *pierre* à celui de *poure*. Les Espagnols disent de même *piedra* *esponja*. M. légèrement, pincer du bout des doigts. En effet, pignochet, c'est manger en personne dégoutée, qui se contente de pincer une petite partie des morceaux qu'on a servis devant elle. On peut encore dériver ce mot de spina, de même qu'on a fait pinoche, c'est-à-dire épinard, à spinole semine. Pignochet, c'est pincer du bout des doigts, comme si on cueillait une fleur entre des épines. Le Duchat.
PIGNOCHER. Je ne vois pas comment ce mot pourroit venir de panis; qui est l'étymologie de M. Ménage. Des quatre que donne M. le Duchat, les deux dernières me paroissent les plus vrai semblables. J'ajoute seulement, que j'aimerais mieux dériver pignochet du Latin spina, ou du François épine, non pas en tant que pignochet c'est comme cueillir une fleur entre des épines; mais en tant que c'est éplucher scrupuleusement ce que l'on mange, comme si l'on craignoit d'y trouver quelque épine qui dût piquer le goûter; & que c'est comme chercher les épines. PIGNON de pomme de pin. On a dit pinea elliptiquement, pour nux pinea. De pinea, on a fait pineum; de pineum, pinium; & de pinium, pinio pinionis; d'où on a fait ensuite pignon. M. PIGNON de maison. M. Bochart le dérivoit de tignum, par le changement du T en P. Je crois qu'il vient de pinna. Pinna, piunum, pinnium, pinnio, pinnionis, pinnione, pignon. La plupart des anciennes maisons des petites villes sont bâties avec des pignons; & ces pignons sont sur les rues. Et de-la cette façon de parler, avoir pignon sur rue, pour dire, être riche en fonds. M. Voyez ci-dessus penne.
PIGNON. Il ne se dit pas seulement du mur qui est à l'extrémité d'une maison, mais encore du sommet d'une montagne. Le Pignon de Velez, le Pignon d'Alger. Du Gaulois pin qui signifie la pointe d'une montagne, d'où l'Appennin & les Alpes Pennina, ont pris leurs noms. Les anciens Latins appelloient pennum & pinna, ce qui est aigu. Et c'est sans doute de-là que sont venus leurs mots de penis, & de penna, & de pipinna, & de bipennis. Ce mot a passé aux Allemans, qui appellent pen, ce qui est élevé & pointu. Comme de pen, montagne on a fait pignon, mur qui termine une maison, ainsi de l'Arabe giabal, montagne, on a fait gable, qui en Normandie, signifie le même que pignon. Huet.
PILE. Croix, pile. N'avoir ni croix, ni pile, c'est proprement n'avoir ni argent, ni monnoie. Cette façon de parler vient, selon moi, de ce qu'anciennement nos monnoies d'argent fin, comme les restons, les gros, & les sols, avoient la croix empreinte sur l'une de leurs faces, qui toutes les deux étoient plates; au lieu que la monnoie de cuivre, comme le pinart, étoit creuse en forme d'une petite écuelle, comme le sont encore aujourd'hui les Pennines d'Allemagne, qui ont pris leur nom de-là à cause de leur concavité. Or on aura appellé piles, ces monnoies de cuivre ainsi concaves, du Latin pila, qui signifie un mortier, & toute autre chose creuse de cette nature. Il se peut même que le pinart étoit aussi d'argent, mais si petit & si mince, que pour le prendre avec les doigts de dessus une table, on lui donna cette forme de records. Le Duchat.
PILIER. Pila signifient proprement des masses faites de pierre ou de brique; d'où est sorti le mot pilier, dont la colonne est une espèce; avec cette différence néanmoins, que la colonne est d'une seule pierre, & que le pilier est malhonné de diverses pieces. C'est pourquoi en la Loi Sicuri, si si servitait vandicetur, les piliers sont appelés columns structures. Où le docte Budée a fait cette remarque: Columna uno scapo constant, id est lapido oblongo perpetue. Pila structura constant aut lapidea, aut cementitia, aut latericia; propterea ab Uipiano structiles columnae dicuntur. Nostrates pilaria vocant. Caenene.
PILIER, PILE. De pile, on a fait PILE; & de pilarium, PILIER. Pilarium se trouve. Voyez Voissus, dans son de Vitis Sermonis, & M. du Cange, dans son Glossaire Latin. Au lieu de pilarium, on a dit aussi pilare. Guibert, Abbé de Nogent, livre 3. de la Vie, chapitre 5. Erat autem columnae appodiasque quiciam, quam pilare vocant. Pile, pour amas. De vixie confipo. M. PILLE à mil. Rabelais, 3. 17. La vieille resqueque temps en silence, pensive, & rechignante des dents; puis assise sur le cul d'un bosbeau, print en ses mains trois vieux fuseaux, les tourna & vira entre ses doigts en diverses manières; puis éprouva leurs pointes; le plus pointu retint en main, les deux autres jetta sous une pile à mil. M. PILLE à mil. Ce terme n'est guère connu que dans le Limosin, où l'on appelle de la sorte un morceau de bois arrondi, d'environ un pied de diamètre, & deux pieds de longueur, dans la concavité duquel, pratiquée à l'une des extrémités de ce bois, les habitans de la campagne plient le millet, pour en ôter l'écorce, qui n'est pas bonne à manger. Le Du hat.
PILLER. Ce verbe, comme les Latins compilare, & expilare; vient de vixie, qui signifie un laron dans Hésiode; dont le Dialecte Eolien a fait vixie. Festus Pompeius: Pilare & compilare à Graco trabitur: Graci enim fures Piletas dicunt. Caenene. PILLER: pour prendre, emporter. De pilare: dont les anciens Latins se sont servi en la même signification, comme il paroît par les composés, expilare, fuppiare, compilare. Amnion Marcellin, livre XIV. Cognitis pilatorum, caforumque funeribus, nemo deinde ad has flationes appulit navem. M. de Valois sur cet endroit: ita edidi, ex auctoritate scriptorum codicum; quibus editio quoque Romana & Augustana subscribit. Sic Marcellinus in libro ultimo loquitur de Hunnis: Nec castra inimica pilantes. Et rursus: Pilando villas, & incendendo. Eamque vocem ab Antiquis usitatam fuisse, testis est Festus in voce pilare: qua & in idiomate nostro adhuc manet. De pilare, les Italiens ont fait de même pigiare. Festus dérive pilare de vixie, qui se trouve dans Hésiode, pour brigand. Pilare, dit-il, & compilare, à Graco trabitur: Graci enim fures piletas dicunt. Je croirois gintor qu'il viendroit de vixie, qui signifie prendre. Hésichius vixie, qui signifie prendre. Hésichius vixie, qui signifie prendre. Et de-là, le mot pirate. M.
PILON. De pissilium. Pissilium, pissillo, pissillonis, pissillone, PILON. M.
PILOR. Bourgueville, dans ses Antiquités de Normandie, parlant de la ville de Caen: Au vieil manche est Eschofaut anciennement appellé Pilory. Ce Pilory estoit une grosse masse de bois, qui toaroit sur l'un des bouts de ces Eschofaut, où estoient FERRUS - Recherches & Classification numériques effoient punis les criminels, faussaires & parures, qui n'eftoient condamnez, a mort de ce temps-là : cette quelle punition effoit, que lesdits criminels effoient attachez, les pieds & mains en un cept, & les faisoit-on tourner par certains tours, pour effre vous par le peuple circonfant, lesquels tours de Pilory les rendoient infames. Cette groffe maffe de bois, qui n'eft plus en effence, a donné le nom au vieux marobe de Caen : car il s'appelle le Pilory. Une des places publiques de notre ville d'Angers, s'appelle aufil le Pilory : a caufe d'un poteau qui eft au haut de cette place, auquel on attache à un carcan ceux qui font condamnés à être mis au carcan. Dans plusieurs autres Villes de France, ces poteaux s'appellent piloris : du mot de pila. Pila, pilula, pilura, pilurica, piluricia, piluricium, PILORI. On dit encore en Gascogne una pilura, pour une balle, & pilurada, pour un coup de moustquet. M. PILOSELLE : Plante ainsi nommée du Latin pilos, poil, à cäufe que ses feuilles font couvertes de poil. Vergy.
PILOTE. Simon Marion, dans son cinquième Plaidoye, affure qu'il vient d'un ancien mot François pila, qui signifie navire. Ce qui eft d'autant plus vraisemblable, que nous appellons pile, le revers des monnoies, que les Latins appelloient navis. Car au jeu des enfans, qui jettant la monnoie en haut s'écrient croix ou pile, les anciens difoient capita aut navis. Macrobe, liv. 2. de ses Saturnales, chap. 7. Cum primus quoque Janus, qui creditur geminam faciem pratuliffe, ara signaret, servavit & in hoc Saturni reverentiam; ut quoniam ille navi fuerat advectus, ex una quidem parte sui capitis effigies, ex altera vero navis exprimereitur, quo Saturni memoriam in posteros propagaret. Et ita fuisse signatum hodieque intelligitur in alea lufu, cum pueri denarios in sublime jacantes, capita aut navim, lufu tefte vetustatis, exclamant. S. Augustin, dans son Traite De Anima, liv. 4. chap. 14. Et duas habebit imagines, à summa quidem Dei, ab imo autem corporis; sicut in nummo dicitur caput & navis. Mais la piete des Chrétiens a depuis marqué la monnoie de la figure de la croix, au lieu de celle du navire, & a reprefente au revers l'image ou les armes du Prince. Cafeneuve.
PILOTE. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Les Flamans disent qu'il vient de leur pill loote; c'eſt-à-dire, explorator vadorum plumbea bolide: mot formé de pillen, ou peplen, qui signifie fundum tentare, & de lood, qui signifie plumbum: qui eft une étymologie ridicule. Celle de Barthius, a pilleo, n'eſt pas plus raisonnable. Voici les termes de Barthius, qui font du chap. 1. du liv. 47. de ses Adverfaires : Nam & hodieque in Linguis a Latina descendentibus pilota navicularium hominem, inque mari navibusque degentem designat; vocabulo paullum corrupto: sed quod certum sit ex Latinismo talium temporum descendiffe. Utique autem a genere quodam pilorum nautico descendit hac appellatio: nam & Iffidorum in Gliffis PILRUM, calamacam expeuit; quod utique barbarum eft capitis tegumerorum. ¶ Plusieurs croyent que pile eft un vieux mot François, qui signifie navire: fondés sur le jeu de croix ou pile. Et là-dessus, ils alléguent ce passage de Macrobe, livre 1. des Saturnales, chap. 7. Quum primus quoque ara signaret; Macrobe parte de Janus, servavit & in hoc Saturni reverentiam; ut quoniam ille navi fuerat advectus, ex una quidem parte sui capitis effigies, ex altera vero Tome II. navis exprimereitur, quo Saturni memoriam in posteros propagaret. Et ita fuisse signatum, hodieque intelligitur in alea lufu, cum pueri denarios in sublime jacantes, capita aut navim, lufu tefte vetustatis, exclamant: & un autre d'Aurelius Victor, au livre qu'il a fait de l'Origine des Romains, qui porte la même chose. Et dans cette créance, ils décrivent le mot de Pilote de ce mot pile. Scaliger, dans son premier Scaligerana, page 115. eft de cet avis. Voici ses termes : NUMMUS RATITUS. Macrobius de Nummo ratto sic loquitur: ita fuisse signatum, hodieque intelligitur in alea lufu, cum pueri denarios in sublime jacantes, capita aut navim, lufu tefte vetustatis, exclamant. Ce qu'aujourd'hui nous appellons jouet à croix, ou à pile: car pile eft un vieil mot François, qui signifoit un navire. Undi pilote. Rattus nummus erat ex are: sic dictus, ab effigie ratis. Et M. Marion, dans un de ses Plaidoyes, dit la même chose. Mais comme ce mot de pile ne se trouve point en la signification de navire, dans aucun de nos Auteurs François, je ne puis être de cet avis. Et je crois toujours que pilote a été fait de prorita. Prorita, pirota, par métathée: pilotà, PILOTE. Prorita, c'eſt celui qui gouverne la proue: quapiro. M. Ferrari, dans les Origines Italiennes au mot pedoto, a fait mention de cette étymologie, en ces termes: retorto nauclerus, navis gubernator. Menagius a proreta, quod idem significat, qui in prora ventos obfervat. Sed cum durior litterarum flexus videatur, putarem dictum effe a pede. Qui scilicet veli curam haberet, & illud veniss aptaret. Nam veli funes, pedes dictos effe, notum eft. Hinc facere pedem: & Catullus utrumque pedem appellat. Si quis tamen a piloto, quod idem eft, pedoto factum putet; & piloto à proreta; haud quapam adversabor: quamquam pedoto a regendis & flefendis veli pedibus, rectus deducit videatur. Le Lefteur remarquera, s'il lui plait, que je n'ai point dérivé pedoto, de proreta, mais piloto: & pour cela, je prens la liberté de le renvoyer à mes Origines Italiennes, au mot piloto. Et la métathée de proreta en pirota, eft moins dure, que celle d'Alerda en Lerida, qui eft approuvée de tout le monde. M.
PILOTIS. De pila. Pila, piluta, pilutum, piluticium, piluticium, PILOTIS. C'eſt ce que Vitruve appelle depalationes. M.
PILOU. Nom de famille. De Pejor lupo. Ives de Chartres, épître 54. Defuncto enim Johanne, Aurelianensi Episcopo, Turonensis Archiepiscopus, qui in pradicta Ecclesia adhuc sibi usurpabat Praposituram & Archidiaconatum & quidam ejusdem Ecclesia Subdecanus, cognomine Pejot lupo. Et dans l'Inscription de l'Epître 151. (felon un Manuscrit de la Bibliothèque de S. Victor de Paris) Gaufrido Pejori-lupo, Belvacefium Episcopo. J'ai lu ce même nom en quelques autres Auteurs, qui me font échapés de la mémoire. M.
PILULE. De pilula, diminutif de pila: à caufe de la figure ronde. M.
PIMART. Voyez pivard. M.
PIMENT. C'étoit une boiffon composée de vin, de miel, & de certaines épiceries; telle, peut-être, qu'eſt l'hipoctas. Pierre, surnommé le Vénérable, Abbé de Clugny, dans les Statuts de son Abbaye, Statut XI: Statutulli eft in ab omni mellis ac specierum cum vino confectione, quodculgari no- EFERUS - Recherches & Classification numériques mine pigmentum vocatur ; cauâ Domini tantum ecceptâ, quâ die mil absque speciebus vino mistem antiquitas permifis ; omnes Cluniacensis Ordinis Era- tres abstineant. Le Roman de Guillaume au court nex, au charroy de Nîmes : Apportes li à manger à planté, Et pain & vin, & piment, & claré, &c. * Le Roman de la Rose : Quand je ne bouvray de piment Devant un an, se je cy ment. La Chronique MS. de Bertran du Guefclin : Tant luy ont présenté de vin & de piment, Qu'il fut tout enyvré, &c. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange, au mot Pigmentum. Caïeneuve.
PIMPANT. Moliere, dans l'Ecole des Ma- ris, page 14. Vous souffrez que la vôtre aille leste & pim- pante. Par corruption, pour pompant : de pompans pom- pantis. M. PIMPERNEAU : sorte d'anguille. Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 217. (1700) : anguillam nos, ab anguis simi- litudine, &c. Anguillarum genera summa duo : ma- rinum, & fluviale. Marino, sapor deterrior, &c. Marganium Vascones vocant (en François Margai- gnon). Fluviales rostro acuto, capite stricto; longè maximè marinis anteferenda. Adriatici ad Cyma- cii stagna tribus appellationibus tres ostendunt magni- tudines. Minimus, Buratellos nominant. Franci, Pimperneaus. Maximus, Melioramenta. Et con- tre Cardan, ccxxvi. 6. Santonica vox est Piballa. Pisciculus tenuis, vermiculi specie; anguillarum more natans; colore candido. Maritima natura con- sulti aiunt esse anguillarum prima rudimenta, &c. Atatis initia, piballa sunt : adultiores, pimper- neaus dicuntur a Francigenis : perfecta, communi nomine agnosciuntur. Il y a beaucoup d'apparence que le mot de pim- perneau a été fait de celui de piballa, de cette ma- niere : piballa, pibella, pibellina, pibellinella, pi- bellinellum, pimbellinellum, pimpernellum, PIMPER- NEAU : ou, comme on dit en Anjou, PIMPRENEAU. Je ne fais pas d'où piballa peut avoir été fait. M.
PIMPRENELLE. En Latin bipinella, à bi- nis pinnis : parce que ses feuilles, qui sont tou- jours doubles, s'élèvent en pointe, & repréfen- tent la figure que les Latins appellent pinnam. Ca- ïeneuve.
PIMPRENELLE. Herbe de salade. Par corrup- tion, pour pimpinelle. De pimpinella. C'est ainsi que les Botanistes appellent cette herbe, à cause de sa ressemblance à une plume d'oiseau. Pinna, pimpinna, par réduplication : pimpinella, PIMPR- NELLE. Ceux qui le dérivent de bispinna, le trom- pent. Charles Etienne est de ceux-là. Voici ses termes, qui sont de son Traité de Re Hortens: BIPINNELLA : de la pimprenelle : dicta, quod folia habeat circum ipsum cauliculum alternatim divisa, ac semper gemina : ut veluti in duas pinna: assurgere videatur. ¶ Au lieu de pimpinelle, on a dit pimpre- nelle : & c'est comme on parle encore en Anjou. On a dit ensuite pimpernelle, & pimprenelle. On dit a Paris pimprenelle. Nicot a écrit pimpernelle : P I M. P I N. & c'est comme on parle dans la Baffè-Normandie M.
PIMPRENELLE. Jeune fille, jeunes filles. Proprement de jeunes pimprenelles, sont de jeunes éveillées, fringantes, évaporées. On trouve pim- prenelle dans Menot, pour debauche, en ces ter- mes : O quot bona hodie perduntur in talibus abus- bus, en telles pimprenelles. Cependant, comme il ajoute immédiatement : nam ha misera rodant leurs paillars jusques aux os : on pourroit croire que par pimprenelles, il a entendu débauchées. C'est en son Carême de Paris, au Sermon de l'En- fant Prodigue. Tabourot, ch. 19. de ses Bigarru- res, a dit, petit pimpreneau, pour petit éventé. Les mots de pimprenelle & de pimpreneau, dans le sens marqué, viennent de ce que l'herbe dite pim- prenelle, échauffe le foie, si l'on en croit les Mé- decins, réjouit le cœur, & donne de la vivacité. Je ne doute pas non plus, que ces jeunes anguilles dont parle Jule Scaliger contre Cardan, ccxxvi. 6. & sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 217. n'ayant été nommées pimperneaus de la légère- té de leur mouvement, & de leur fretillement continuel. Glossaire sur les Noëls Bourguignons, au mot pimprenelle. *
PINACE. Vaisseau de mer. Les Italiens di- sent pinaccia; & les Espagnols, pinaza. Tous ces mots ont été formés de pinus. M.
PINARD. Espèce de petite monnoie. Rabe- lais 2. 30. Je vy Maistre François Villon, qui de- mandoit à Xerxes : combien la demée de moutarde? Un denier, dist Xerxes. A quoy dist ledit Villon : Tes fièvres quatraines, vilain : la blanchée n'en vaut qu'un pinard; & tu nous surfaie icy les vi- vres. M.
PINARD. Voici un autre passage de Rabe- lais, où le mot pinard, au lieu duquel M. Guyet a cru qu'on devoit dire penard, en la signification de vieillard, signifie un homme riche. Il est pris du liv. 3. chap. 23. où l'Auteur parle en ces termes de Jean Dodin, Receveur du Coudray : Le pinard rencontrant sur la rive Frere Adam Cossoli, Cor- delier Observantin de Mirebeau, luy promis un ha- bit, en condition qu'il le passait outre l'eau à la Ca- bre morte sur ses épaules... Quand ils furent au plus profond du gué, au dessus de la roue du moulin, il luy demanda s'il avoit point d'argent sur luy. Do- din répondit, qu'il en avoit pleine gibbessere, & qu'il ne se dessait de la promesse faite d'un habit neuf. Il est donc sur que pinard désignoit aussi quel- quefois un richard. Et c'est en ce sens, que dans le livre des Amours de Pamphile & de Galathée, imprimé en 1424. on lit : Tu vois ung poure loricart, Par artificiel office, Devenir un riche pinard, Et acquerir grant benefice. De dire présentement, pourquoi on appelloit un homme riche, pinard, du nom d'une petite mon- noie appellée de la sorte; peut-être, étoit-ce par la même raison que depuis on a appellé mille-sou- dier, un richard, parce qu'on ne pouvoit nom- brer la quantité de sous qu'il avoit. Du reste, la petite monnoie appellée pinard, est apparemment la même que Patelin appelle épinoche dans ces vers : EFERUS - Recherches & Classification numériques Hé dea, s'il ne pleut il degoutte : Au moins auray-je ung espinoche : J'auray de lui, s'il chet en coche, Un escu ou deux pour ma peine. On appelloit autrefois les épinars espinoches, dit Borel, à spinofo semine, selon Charles Etienne, dans son Pradium rusticum, page 76. de l'édition de 1554. Et le peuple de Metz, appelle encore aujourd'hui pinoches, les épinars : de sorte qu'il est très-vraissemblable que la petite monnoie à la- quelle au tems de Patelin, on donnoit le nom d'espinocho, est la même que Rabelais a depuis appellee pinard. Peut être aussi que pinard, en la signification de riche, vient de pecuniardus : pecu- nardus, pecunardus, penardus, PINARD : ou plu- tôt de pecuniarius, qui se trouve dans du Cange. Pinard, dans la signification de riche, veut dire proprement un homme tout cousu de piftoles : commencicare, un homme qui n'a pour tout ha- bit qu'une cuirasse. Les Montagnards du haut Dauphiné appellent pinos un denier : & dans le Languedoc, on dit d'une personne, qu'elle n'a ni denier ni pinacle, pour dire, qu'elle n'a ni denier ni maille : ce qui donne lieu de croire, que le pinos, le pinard, ou le pinacle, c'est la maille ; c'est à dire, la plus petite de nos monnoies. Tous ces mots pourroient venir de pilla, d'où nous avons fait pite. Pilla, pictina, pina. Pina, pinacus, pinaculus, PINACLE. Pina, pinus, pini, pino, pinacius, PINOS. Pina pinacus, pinardus, PINARD. Mais je ne sais s'ils ne viendroient pas plutôt de pinax, acis, qui, com- me le Grec missus, du &, d'où il vient, signifie un petit plat, ou une petite écuelle, comme sont les moules à faire des Mazarines, ou cette espèce de Jonchée qu'on appelloit autrefois recuitte, ou brose. Le denier en Allemagne, s'appelle piening, du mot pian, qui signifie une poele, parce que cette monnoie est si petite, qu'on n'auront pu la zamaille de dessus la table, si on ne s'étoit avisé de la faire concave, comme une tête de petit clou de chaise ou de carrossie renversée. Et le holier, autre monnoie d'Allemagne, encore plus petite que le piening, est aussi appelé de la sorte, du non hol, qui signifie creux, ou enfoncé, par la même raison que le piening. Pinax, acis, ace, pinacus, Pinacus, pinaculus, PINACLE. Pinacus, pinaci, pinacius, pinarcius, PINAS, & PINARD. De pinas on aura fait par corruption PINOS : comme de bolas, bolas, qu'on lit souvent dans Rabelais. Les Italiens appellent un pot ignanta. Et dans le Traducteur du Traité de Platine de Obsonitis, liv. 20. chapitre du Romb, & chapitre des Truites, pignate ou pinate, c'est cette feuille criblée, de cuivre, ou de fer blanc, ayant deux poignées, qu'on met dans le fond d'un chaudron où l'on veut cuire le poisson, afin de pouvoir l'en retirer bien entier. Le Dictionnaire François Italien d'An- toine Oudin, au mot pinatelle, dit que la pinatelle est une espèce de monnoie de cuivre. Le Du- cher.
PINCEAU. De penicellus, dit pour peni-il- lus. On appelle pincelier le vase où l'on nettoye les pinceaux. René François le nomme la pince- liere. M.
PINCHER. De pungere. Pungo, punctus, punc- tium, puntium, punzium, punzicare, pincicare, PINER. L'Italien piczicare à la même origine, & la même signification. La Crucsa : PIZZICO dicta- mo anche allo strignere in un tratto la carne altrui con due dita, che più comunemente diciam pizzico- to, e pulcefecce. M.
PINÇON. Oiseau. Lat. fringilla. Pierre Be- lon, livre vii. de la Nature des Oiseaux, ch. 18. le décte de piner. Voici ses termes : Quand l'on prend un pinson, il se revenge du bec, & pince les doigts bien serré. C'est de-la qu'il a gagné son appel- lation Françoise : car piner est quand l'on empon- gne quelque chose des ongles : & le Pinson serré si sort de son bec, qu'en pinsant les mains, il en sais sur- tir le sang. Il vient de spinthio. Les Grecs ont nommé cet oiseau amica, & missus. Au lieu de missus, ils ont dit amica, & missus, & pardi- minution, missus : d'où les Latins ont fait spin- thio : comme struthio, de quidius : pipio, de mi- nus, & damalio, de damalios. Et au lieu de spin- thio, ils ont dit ensuite pinthio : d'où nous avons fait PINSON. M. de Saumais sur Solin, page 445. Fringillam esse quem hodie pincionem vocamus, satis gerium est. missus Vetere plurique hanc avem dixere. Glosa : Fringillus, missus. Hesychius : missus, missus : de ave intelligit. Et paulo post : missus, insidapius est. missus. Ergo missus, & missus, & missus, iidem. Inde missus : ex quo spinthio, spinthionis, & pinthio : ut missus, damalio, missus, struthio; missus, pipio. Hinc igitur, & pinnionem, vel pincionem, vulgo dici- mus fringillam, quam Graci missus & missus, sive missus, nominant. M.
PINDARISER. Binet, dans la Vie de Ron- sard : Les aures, qui sembloient procéder avec plus de jugement, dissoient que ses esprits estoient pleins de vanterie d'obscurité, & de nouveauté : & le renvoyent bien loin avec le Odes Pindariques, stro- phes & autstrophes ; tournant toute chose en crise : dont est venu mesme le Proverbe, quand quelqu'un veut parler & mignarder son langage, ou escrire d'un style obscur & nouveau, ou non accoutumé, ou mesme affecté, de dire, il veut pindariser. Toutes lesquelles médisances il n'a point voulu celer lui- mesme en ses esprits : comme on peut voir en une de ses Odes, où il dit ainsi : Si dès mon enfance, Le premier de France J'ay pindarise ; De telle entreprise, Heureusement prise, Je m'en voy prise. Robert Etienne & Nicot ont mis ce mot dans leurs Dictionnaires. Voici les termes d'Etienne : PIN- DARISER, tinnule disserere : hoc est, loqui cum fastu, voceque plausum captanti, & vibranti. Nicot a dit la même chose, mot pour mot. Le Dictionnaire François de Robert Etienne où ce mot a été mis, est de 1549. Et Henri Etienne s'en est servi dans la Préface de son Traité de la Conformité du Langage François avec le Grec. De ma part, dit- il, je puis asseurer avoir ony souvent ses espous en bonne compagnie, de la bouche de ceux qui plus s'écoutoient parle, & pensaient le mieux pindariser, &c. Et Rabelais, 2. 6. Sans doute ce gaillard veut contre- faire la Langue des Parisiens : mais il ne fait qu'écor- cher le Latin, & cuide ainsi pindariser. M.
PINDARISER. Marot, suivant l'édition de ses Œuvres faite par Dolet l'an 1542. au Pseaume 211. de sa Version : Plaise au Seigneur toutes lèvres flatanter S. 1611 EFERUS - Recherches & Classification numériques Pour tout jamais à travers inciser : Parvilement les Langues éclatantes, Qui termes hauts veulent pindariser. Les Pindariseurs sont proprement ceux que la Folie d'Erasme, page 179, édition de 1676, appelle pignat, magna loquentes; en vieux François la grande gorre; ou, comme à parlé Henri Etien- ne, chap. 18, page m. 171, de Ion Apologie d'Hé- rodote, la grande bouche. Le Duchat.
PINEAU. Sorte de raisin dont on fait du vin de même nom. Rabelais, livre 1, chap. 5. C'est de la devinière : c'est vin pineau. O le gentil vin blanc. Et au chap. 25, du même livre : Carnotez que c'est viande céleste, manger à déjeuner raisins avec fouace froide, mesmement des pineaux, des féez, des mus- cadeaux. Item au chap. 38. Puis bent-on horrible trait de vin pineau. Par le premier de ces passages, il semble que le pineau doive être une épice de raisin blanc. Cependant à Metz on appelle pineau certain raisin noir fort gros, dont les grains sont extrêmement ferrés : de sorte que pour le dépouil- ler il faut en pincer les grains un à un. Peut-être que pineau vient de pinelus, fait de pinus. Le pi- neau à la figure d'une pomme de pin, & ses grains sont pressés comme les feuilles qui font l'écorce de la pomme de pin. Ce mot peut venir aussi de pignatella, diminutif de pigni, mot Italien, qui signifie un pot. À Metz, quand on veut exagerer la beauté d'une grappe de pineau, on dit qu'elle est grossée comme une chopine. Le Duchat.
PINGLE'RE. Subit. masc. On appelle ainsi à Metz une très petite chique : de sa ressemblance avec la tête de certaines grosses épingles. Pingière est aussi à Metz le nom de ce petit poisson que Rondelet appelle pissicolus aculeatus, à cause des aiguillons qu'il a sur le dos & sous le ventre; & on l'appelle de la sorte, à cause de ces aiguillons qui piquent comme des épingles. En François on le nomme épine, de spinosus, à cause de ces mêmes aiguillons qui piquent comme des épines. Le Duchat.
PINGRES. On appelle en Anjou le jeu des pingres, ce qu'on appelle à Paris le jeu des osselats. Rabelais, liv. 14, en fait mention en ces termes : Les Dromagelles jouaient aux pingres. Et au chapi- tre des Jeux de Gargantua, qui est le, 11, du livre premier : Aux martres, aux pingres. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. À Bourges, on ap- pelle ce jeu le jeu de cobles : de cubulus, diminutif de cubus. On l'appelle à Caen, le jeu de martres. M.
PINGRES. Dans le Rabelais Anglois, liv. 4, chap. 14, le mot de pingres est traduit par celui de rish-pin; c'est-à-dire, jeu d'épingles. Et je ne doute point que pingres ne vienne effectivement de scina : d'où notre mot épingle : soit que par le jeu de pingres on entende un jeu d'épingles : ou le jeu des osselats, auquel jeu des osselats on peut avoir joué avec des os de l'épine de certains ani- maux : spina signifiant tantôt une épine, & tantôt l'échine, ou épine du dos. Le Duchat.
PINTADE. Oiseau, appelé autrement poule d'Afrique, ou de Barbarie. Cette sorte de poule a été nommée pintade, à cause de ses taches noires & blanches, dispersées sur son plumage avec tant de juste, qu'elles semblent avoir été peines. Les Grecs & les Latins appellent les pintades de Méle- grèdes, parce que, selon la Fable, Ovide-Métain, livre 8, les sœurs de Méleagre furent changées en ces oiseaux. Varron, livre 3, de Re Rust, en parle ainsi : Gallina Africana sunt grandes, varia, gib- bera, quas pignatus appellant. Vergy.
PINTE. Budée, & après lui Baif, remarque que de mison, qui signifie boire, les Grecs ont formé pitina, qui signifie un pot de vin; & par contra- ction pitna : duquel ils dérivent pinte. Case- neuve.
PINTE. Mesure de vin. Nancel, en la Vie de Ramus, page 17, le dérive de miso. PINTAM sic vocant noitrates ex Graco miso. Périon le dérive de miso. M.
PIOCHE. Instrument à remuer la terre. Pi- cus (d'où Pic, autre instrument à remuer la terre), picutium plicutia, pliccia, piochia, pioche. M.
PIOLE. Comme quand on dit, riolé piolé. De piculatus; c'est-à-dire, piqueré. Les Gascons appellent pigaillat, ce qui est marqueté de petites taches. M.
PIONNIER. La première signification de ce mot étoit un homme de pied, parce qu'à la guerre les gens de pied étoient anciennement employés à faire les tranchées, & tels autres travaux de guerre. De-là vient qu'on appelle aujourd'hui Pionniers, ceux qu'on emploie seulement à cet usage. Joseph Scaliger, sur le Poème d'Atna, qui est aux Cata- lectes de Virgile, remarque que les Romains ont aussi appelé les Pionniers Pedites; & il le prouve par ces vers du même Poème : Cernis & in sylvis spatiofa cubilia rurro, Antraque demissis Pedites sodisse latebris. Et il tient que de pedites on a fait peditones, & de- là Pionniers. Caseneuve. Voyez pions.
PIONNIER. Voyez pions. M. PIONS. De peditones, diminutif de pedites. Cornelius Severus, dans son Atna : Cernis & in sylvis spatiofa cubilia rurro, Antraque demissis pedites sodisse latebris. Scaliger, sur cet endroit : PEDITES; quos vulgo peones dicimus : corruptè pro peditones : qui mili- tare opus factum; aggerem, sodas. ¶ Pedites, pedi- tones, peones, piones, PIONS. Peonarii, PIONNIERS. ¶ M. Bochart dérivoit le mot de pionniers, à Pao- nibus Mysianis, Asia populis : quibus mos erat specus subterraneas effodere, pro domiciliis, & ad persecu- tandum aurum. M.
PIONS. On a appelé pions les rejettons qu'un arbre poule par le pied. Charles Etienne, dans son Seminarium, édit. de 1536, page 21. Pion s'est dit aussi d'un buveur, & dans cette signification il vient de poto, onis. Rabelais, livre 2, chap. 26. Ce fut icy que mirent à bas culs Joyeusement quatre gaillards pions, Pour banqueter à l'honneur de Bacchus, Beuvant à gré comme beaux carpions. Pintam dicimus à visu bibo : unde alind quoque vocabulum deduftum habemus ung pion, pro potere & belluone, dit Baif en son de Pasculis, page 38, édit. de 1536. La Biblioth. de Dufay, Par. 1725, page 279, fait mention d'un vieux in-4°. Goth. en vers, intitulé le Testament de Tuflevin, Roy des Pions. Le Duchat. PIOT : pour dire du vin. Rabelais, 2, 1. Mais tout ainsi comme Noé, le saint homme, auquel nous EFERUS - Recherches & Classification numériques sommes obligez & tenus de ce qu'il nous planta la vigne, donc nous vient cette nellarique, délictieuse, spatiente, céleste, joyense, & déligue liqueur, qu'on nomme le pioq. De potus. M.
PIPE. Le tuyau avec lequel on tire la fumée du tabac, est ainsi appellé, à cause qu'il ressemble aux pipeaux avec lesquels les Chasseurs appellent les petits oiseaux qu'ils veulent prendre : lesquels pipeaux sont ainsi nommés du verbe pipire, qui exprime le cri des petits oiseaux. Les anciens Chrétiens, lorsque les Lays, ou Lauques, prenoient le Corps de Jésus-Christ sous les deux espèces, appel- loient pipas, ces petits tuyaux d'or ou d'argent, avec lesquels ils humoient le Sang dans le Calice. Le Comte Saint Evrard, mari de Gille, fille de l'Empereur Louis le Débonnaire, dans son Teita- ment, qui se voit au Code Donationum piarum d'Aubertus Miraeus, légue entre autres choses, thun- ribalum argenteum unum, pipam lauream unam. Caïencuves.
PIPE. Ce mot signifie originairement un petit tuyau de bois que les Oiseleurs mettent dans leur bouche pour contrefaire les pippis des oiseaux, d'où ce tuyau a été nommé pipe. Il a signifié en- fuite une petite canne. Et, en cette signification, nous disons une pipe de tabac. Dans le Teitament de Saint Evrard, rapporté par le Mire, ce petit chalumeau d'or, avec lequel on prenoit le Sang de Notre-Seigneur (ce qui se pratique encore à Saint Denis en France les Fêtes & les Dimanches, à l'égard des Diacres & Soudiacres), est appellée pipa. Pipa aurea ad Jugendam Sanguinem de Ca- lice. Et à cause que ces chalumeaux sont de figure oblongue, on a appelé ensuite pipes de vin, ces tonneaux de vin, de forme oblongue, tels que sont ceux d'Anjou. Lequel mot est aussi usité en cette signification parmi les Anglois. M.
PIPE. Ce mot, de même que le Latin pipa, vient de l'Anglo Saxon pipe, qui signifie fisula, & qui est la même chose que l'Alleman pfeisse. Voyez ci dessus jour.
PIPEAUX. Voyez pipée. M.
PIPE. Nicot : PIPE, est un mot fait & imité de la voix des oiseaux : comme aussi pipe, pipper, & pipeur : & signifie le fisier que l'Oise- lue fait avec une sueille de feu, ou d'autre arbre, ou de roseau, ou avec une pipe de bois : contrefaisant la voix d'iceux oiseaux. Selon ce on dit, prendre des oiseaux à la pipe : qui est, quand un homme caché dedans un boisson, & bien entouré de rameaux con- vers de glume, ayant un chat-huant ou bibon bran- ché & attaché près de lui, contrefaisant le pippis des oiseaux, ou bien, pressant les ailes ou les pieds d'un oiseau vis, le fait crier. Car les oiseaux advient à ce pippis, ou à ce cry, pour garantir leurs semblables du chat-huant, qu'ils cuident les teint : & se per- chent sur ces rameaux, & l'engluent. PIPE, par métaphore, se prend pour mine & contenance contre- faire. Selon ce, on dit de celuy qui contrefait le Sage, il fait bonne pipée. PIPE aussi est participe (émi- mie : ramme, Hellis a été pipée : decepta. M. de Saumafé sur Solin, page 444, parlant de la pipée : Hoc genus aucupis pipatam hodie vocamus a pipatu avium, nollum circumvolitantium. Inde pipare, pro decipere : quod proprium est aucupum : Volu- crem dum decipit auceps. Frere François Fortin, Religieux du Prieuré de Grammont, près de Tours, Auteur des Rufes innocentes de la Chaise & de la Pêche, livre 2, chapitre 19, a décrit la pipée avec tant de choses singulieres, que je ne puis m'empêcher de les rap- ter en cet endroit. Le Roite et dit-8, fera le pre- mier oiseau qui viendra voir le jour dans la loge. Après suivre la Gadrille, autrement Gorge-couge. Les Mésanges viennent ensuite : puis les Pinjons, qui se prennent les premiers ; capables de faire venir les gros oiseaux. D'abord que vous avez un Pinjon, il faut que quelqu'un le prenne, & lui rompe une aile, pour le faire crier de temps en temps, selon que le Pipeur l'ordonnera. Les Jays & les Pies, s'il y en a dans le pays, suivront les Pinjons. Pour-lors, il fau- dra se servir de pipeau, & prendre une feuille de la petite herbe, figure vingt-neuvième, ou le pipet de bois & de ruban, figure trentième, pour fouiller & contrefaire la Chevache, qui est la femelle du Hibon. Anfifit que les Jays l'auront entendue, ils se jette- ront de plein abord sur votre arbre, qu'ils se glueront, & tomberont à bas au pied de la loge. Quand vous aurez un Jay, rempez-lui une aile, & le faites crier, comme vous avez fait le Pinjon : tous les autres Jays & Pies viendront à la joule se poffer sur l'arbre. Et cependant les Merles approcheront sourdement autour de la loge, volans & sa-tans de branches en branches, pour découvrir ce qu'ils entendent : tellement qu'ils se prennent sur ses plaisses, & tombent à bas, ou on les entend crier. Il faut y courir promptement, le plus à couvert qu'on pourra. L'on a plus de peine à prendre ceux-ci que tous les autres, parce qu'ils courent em- portant le gluau qui les empêche de voler. Les Jays sont bien os pris, ou quittent le lieu, & l'enfuitent, lorsqu'ils ont découvert la rufe du Chasseur. Les Gri- ves viennent prendre leur place. Les unies se prennent aux plaisses : mais là plus grande partie se prennent sur l'arbre. Ces derniers oiseaux sont les plus faciles à prendre, d'autant qu'ils se posent tout du premier coup sur l'arbre sans aucune méfiance, & tombent à vos pieds : si bien qu'on n'a point la peine de courir après. Depuis que vous avez pris un Merle, ou une Grive ; ou bien un Touret, qui est presque la même chose qu'une Grive ; il faut cesser de faire crier le Jay, & se servir de la Grive, du Merle, ou du Touret. C'est le plus grand plaisir du monde de voir tous ces oiseaux étonnez, & curieux du bruit qu'ils entendent, se jeter & se prendre sur les glaux. Comme le Roite et le premier oiseau qui vient au bruit du pipeau, la Grive, ou le Touret, est aussi le dernier. C'est pourquoi, quand vous n'en verrez plus venir, quittez le lieu, & vous en retournez jusqu'au lendemain à la pointe du jour, que vous pourrez pi- per. Il se prendra encore quelque oiseau : un bien vous ramasserez tous les glaux pour une autre fois, que vous désirez faire la pipée dans un autre bois : car il ne fera pas bon tendre dans ce même endroit de plus de quinze jours : parce que les oiseaux qui au- ront échappé la première fois, seront sur les autres qui voudraient approcher : mais quinze jours leur peu- vent faire perdre le souvenir de la rufe, & de l'en- droit préparé. M.
PIPER. Tromper. C'est une métaphore, prise des chasseurs qui prennent les oiseaux à la pipe, c'est-à-dire par le fisier qu'ils font avec un pipeau ; ainsi appelle du verbe pipire, parce que, par le moyen de ces pipeaux ils imitent la voix de ces oiseaux, qu'ils attrent par là dans leurs filets. Ca- senceve. PIPER : pour tromper. De pipare, dit à pipatu EFERUS - Recherches & Classification numériques P I P. P I Q. avium. Voyez pipée. Quelques-uns le dérivent du Grec «enii», inuisté, qui signifioit tromper: témoin les mots de «mélorine» & de «un» Stémin. Pipère s'est dit par les anciens de la voix des poules & des poulets. Voyez Nonius Marcellus, page 156. & 450. M.
PIPER. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1199. PIPETTER, *tibia canere*. *Belgis & Saxonibus inferioribus* pypen, *Anglis* to pipe, *Suecis* pypa; *Latino-barbaris* pipare, *apud Canguum*. *Verbum à substantivo factum*. *Allegorie est allicere*. *Inde Gallis* piper, *allicere*, *deciperè*, *senso ab aucupio desampio*. Nam Fistula dulce canis, volucrem dum decipit auceps. *
PIPETTE. C'est cette petite queue de laine qui est au sommet des bonnets des enfans. Voyez Nicot. Peut-être *d'uppetta*. *Upupa*, *upupetta*, *pupetta*, *pypetta*, PIPETTE. M.
PIQUE. Ce mot vient sans doute du verbe *piquer*, à cause du fer pointu & piquant dont cette sorte de bâton, qu'on appelle *pique*, est armé au bout. Les Latins même l'appellent *contus*, du verbe *nistrum*, qui signifie *punge*. Je ne trouve aucune mention de cette sorte d'arme dans nos anciens Historiens; si ce n'est qu'ils l'ayent entendu sous quelque autre nom; comme chez Rigordus, en la Vie de Philippe Auguste, sous celui de *graciles lancea*, dans ce passage: *Pedites circumvallaverunt Regem*, & *ab equo uncinis & lanceis provolverunt*. Caseneuve.
PIQUE. Sorte d'arme. Tuanebe, livre xxi. de ses Adversaires, chap. 25. le dérive de *spica*; & PIQUER, de *spicare*. *Spicare*, *Gratius pro spiculo & ferro asperare posuit*. Quid Macedum immensos libest si dicere contos, Quam longa exigui spicant hastilia dentes. *Langas enim & supervacuas Macedonum sarissas exiguo profsicas esse ferro dicit*. *Inde putaverim apud nos hastam Macedonicum*, picam, *quasi spicam*, *vocari*: *quod ferro spicata sit exiguo*. *Inde picare*, *tanquam spicare dicimus*. Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois, appelle aussi nos piques *spicas*. M.
PIQUENAIRES. Nous appellons ainsi anciennement les Piquiers. Ce mot se trouve en cette signification dans Froissart, chap. 77. du quatrième Volume. Il se trouve aussi dans Olivier de la Marche. M.
PIQUENIQUE. Nous disons faire un repas à piquenique, pour dire, faire un repas où chacun paye son écot: ce que les Flamans disent, *parte bétail*; *chacun sa part*. Ce mot n'est pas ancien dans notre Langue: & il est inconnu dans la plupart de nos Provinces. M.
PIQUENIQUE. *A la Romaine*, chacun pour son écot. C'est comme on parle en Espagne, & comme on parloit en France, encore en 1644. Voyez la Traduction des Œuvres de Quevédo de cette année-là, part. 2. page 141. Repas à piquenique pourroit s'être dit originellement d'un repas fait dans un village nommé *Piquenique*, où chacun avoit coutume de payer son écot. Peut-être aussi que *piquenique* vient de l'Alleman *es beichnet nicht*. J'ai opinion que quelque Alleman avoit été mené à Paris chez quelque Traiteur, où, après avoir fait bonne, chère pour son écot, il se fera exprimé de la sorte dans sa Langue, pour dire qu'il ne plaignoit pas son argent; & que de-la les François, par corruption de ces mots Allemans, auront appelé *piquenique* tous les repas où chacun paye son écot. Peut-être aussi que *piquenique* aura été fait de *pecunia*, ou de quelque adverbe qui en fera venu. L'e aura été changé en 1, comme en *picarée*, qui vient de *pecus*, ainsi que *pecunia*. Le Duchat.
PIQUER. *Aiguillonner*, *poindre*. En Gascogne on dit *pica*, pour dire *bèquer*, ou *bèqueter*. L'origine de ces verbes vient, à mon avis, de bien loin. Cet animal, que les Poètes appellent *Sphinx*, & auquel ils donnent des ongles aigus & piquans, est appelé en dialecte Dorien *wiè*. De là les Latins ont surnommé *picati*, certaines gens qui avoient les ongles des pieds crochus & piquans. Festus Pompeius: Picati *appellantur quidam*, *quorum pedes formati sunt in speciem Sphingum*: *quod est Derii picas vocant*. De-là aussi les Latins ont appelé une pie *pica*, parce que la nature lui ayant mis toute la force au bec, elle se plaît à bèquer ou piquer du bec: & le pvert *picus*, parce que de la pointe de son bec, qui est dur & aigu, il bèquete si puissamment les chênes, qu'il y fait des trous pour se nicher: & c'est pour cette raison que les Grecs lui ont donné le nom *Evooohavlus*, composé de *epic*, qui signifie un chène, & de *oohavlus*, qui veut dire *caver* & *cisseler*. Caseneuve.
PIQUER. Gosselin, page 42. de son Histoire des anciens Gaulois, le dérive de *minor*. Péron lui donne la même étymologie. M. Guyet, à la marge de son Covarruvias, au mot *picar*, le dérive de *punge*, de cette manière: *Punge*, *punctus*, *punctare*, *pucare*, *picare*, PICAR. M.
PIQUER. M. de Caseneuve a raison de dire que l'origine de ce verbe vient de bien loin. Elle remonte, en effet, jusqu'au Cœtique. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1204. PICERN, bicken, *pungere*, *punctum ferire*, *acutum figere in aliquid*. *Cambris & Armoricis pigo*, *Francis picken*, *Gallis piquer*, *Suecis pica apud Stiernblum in Gloss. Uipb. Gorb. pag. 130. *Belgis bicken*. *Glossarium Freberi*: picken *fcalere*, *pungere*. *Primitivum Celticum*, de *quo nulla ratio reddi potest*, *nisi quod sit antiquissimum*, *multisque derivatis in omnibus Occidentis Linguis fucundum*. *Inde Cambris pig stimulus*, *cuspis*, *rostrum*; *bagvy cuspis*, *summitas*; *piccel jaculum*, *telum*, *pilum*. *Gracis moncis & moncis marum*, *quia pungit; *moncis punctus*, & fortasse etiam *moncis* pigo. *Latinis pungere per epenibesat*, *figere per literam convertibilem*, *spica per prothosia*, & *bine porri spicare*, *spiculum*, *spiculator*, & *speculator*... *Anglo-Saxonibus becca marra*, *rurum ligo*: *picung stigmata*, *nota pungendo facta*. *Suecis spyk clavus*, *pigg aculeus*, *stimulus*. *Italis picare clavis affigere*, *crucifigere*, *hodie suspendere*, *postquam furca cruci successis*. *Germanis picke hasta*, *lancea*, *quia punctum ferit*, &c. Et ensuite: PICERN, bicken, *rostro petere*. *Gallis becquer*, *Italis beccare*. *Rostrum Cambrica Lingua dicitur pig*; *Armorica*, *Anglica*, *Belgica*, *bec*, *beak*, *beck*; *Gallica antiqua becco*, *tette Quetonio in Vitello*, *cap. ult. hodierna bec*; *Italica becco*, *Hispanica pico*. *A picken pungere*. Voyez ci-dessus &c. * EFERUS - Recherches & Classification numériques
PIQUES. Renner de piques: pour ce qu'on dit aujourd'hui, rentrer de tresse: c'est-à-dire, faire un coq-à-l'âne, parler ou répondre mal-à-propos. Rabelais, liv. 1. chap. 45. C'est (dit le Moyne) bien rentré de piques. Je crois que c'est proprement jouer, par exemple, pique au lieu de tresse; ou, comme on dit, mettre du cœur sur du quarreau; ou, parler, comme on dit encore, juste & quarre comme une flûte. Dans Rabelais, liv. 5. chap. 53. on lit, rentrer de piques noires; comme les paylant en jouant aux cartes disent quarreau rouge, lorsqu'ils rentrent ou jouent quarreau. Rabelais se sert encore de cette expression, livre 4. chap. 51. Je ne sais si elle ne renfermeroit pas quelque allusion de piques noires à Piquenaires, qui est comme on appelait autrefois les Piquiers. Le Duchat.
PIRATE. Corfaire, écumeur de mer. Quelques uns le dérivent du Grec qui, qui signifie : en ; à cause que les Pirates ont couru de bruler les navires, & les habitations des lieux où ils font des décentes. L'orthographe de ce mot ne permet pas cette étymologie. Il vient de qu'au coeur, nitor, toute ; à cause des entreprises hardies des Pirates. D'autres le dérivent de qu'au tranfée, parce que les Pirates courent continuellement sur la mer pour attaquer les Navigateurs.
PIRE. De pejore, ablatif de pejor. Nous disions anciennement pejeur: & ce mot se trouve dans Perceforest. M.
PIREVOLLET. C'est un des jeux de Gargantua. Le Rabelais Anglois a traduit, at the whirling gigge, c'est-à-dire, à la toupie tournante. Ne ferait-ce pas proprement, à faire sauter sa toupie, du pavé ou du plancher sur la voie ou paume de la main, sans que pour cela elle cesse de pirouetter? La chose est facile & immanquable, lorsqu'on prend son tems au fort du mouvement de la toupie. Pirevollet peut aussi venir de pirouetter & de voler. Le faut de la toupie sur la main semble un vol, tant ce faut est subit. Le Duchat.
PIROLE. C'est une herbe qui a les feuilles semblables à celles d'un poirier: & c'est à cause de cette ressemblance qu'elle a été ainsi appelée. M.
PIRON. On appelle ainsi un oison dans l'Anjou. Dans le Maine & dans la Normandie, on dit pirat, & pirate. Et si on en croit Nicot, on dit pirat dans le Poitou. Il y a plusieurs familles en France du nom de Piron, de Pirot, & de Piron. L'origine de ce mot ne m'est pas bien comme. Je crois pourtant, que nous avons ainsi appelé un oison du nom de Pierre. Petrus; d'où l'italien Pietro; d'où Piero. Piero, piro, pirate, PIRON. J'ai remarqué plus d'une fois dans ces Origines de la Langue Françoise, que les hommes ont souvent donné des noms de Saints aux animaux. Voyez jouquet, perroquet, renard, sansonnet, guillemot. M.
PIROUETTER. Turnebe, livre xvii. chapitre 8. de ses Adversaires, le dérive d'ampirure. Lingua Gadica vocabulum habet piruetate: quod veterum reddet originem: nam ampirure prafsi Saliorum dicebatur, cum in saltatione motus edebat, gyrumque, aut saltum dederat; cui mox alii qui in choro erant, rodem gestu, motus reddebant: quod redantrure dicebant. Hinc versus ille: Praful ut ampruat, sic valgus redantruat ipsum. C'est us vers de Lucilius, rapporté par Festus. Turnebe se trompe. Pirouetter vient de giruettare. Gyrus, virus, viruettus, biruettus, piruettus; piruetta, piruettare, PIROUETTER. M. PIS: adverbe. De pejus. M. PIS: pour poitrine. De peitus. Lancelot du Lac dans sa Conquête du Saint Gréal, volume 1. feuillet 49. verso: Le Roy Ayrus obiessit Nabigan de la Roche, qui contre luy venoit de grand-puissance: & le Roy fiers des esperans de son destrier de si grand ire, qu'il vint rencontrer Nabigan emmy le pis. Voyez André du Chêne sur Alain Chartier, page 852. Les Laïques prèrent ferment en Justice en levant la main, & les Ecclésiastiques en la mettant au pis. Mornac sur la Loi Ad egregias personas, qui est la xv. au Digeste du Titre de Jurejurando, & sur l'Authentique Si Jullex, au Code de Episcopi & Clericis, essaye de rendre raison de cette différence. M.
PIS. Mammelle des vaches, des chèvres, des brebis, &c. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1206. Piz, mamilla. Gallis pis sunt ruma animalium. Gragis non in fuge.
PISCANTINE. Rabelais. 51. Et à boire, belle piscantine, & beau corné. C'est proprement de l'eau jettée sur du marc de vendange: appelée autrement de la piquette. Barthius, à la page 1341. 1342. & 1343. de ses Adversaires, à fait imprimer un Fragment d'un petit Glossaire Latin, où ce breuvage est appelé Jacinum. Jacinum; quasi-aquidum dicitur: est enim aqua, qua lavantur uva in torculari post expressum vinum: est autem potus vilissimus, servis aptus. Il a été appelé en François piquette, de son goût piquant. Mais je ne sais pas d'où il a été appelé piscantine. Ne l'auroit-il point été de piscantina, en sous-entendant potio; comme qui diroit, un breuvage de pécheur? M.
PISCANTINE. Je crois que le véritable mot, c'est piscantine, comme on lit dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin, pour une espèce de boisson, qu'au mot piscantine il interprète par vino inacquato, acquarella: & que cette boisson a été ainsi appelée, comme mêlée de deux cantines, dans l'une desquelles il y a de l'eau, & dans l'autre du vin. M. de la Crose m'a assuré qu'en Bretagne, on appelle piscantine, le plus petit vin du pays. Le Duchat.
PISSENLIT. Herbe, appelée par les Herboristes, taraxacum, & dens leonie: qui est une espèce de chicotée sauvage. Nous l'appellons pissenlit, parce qu'étant fort apéritive, elle peut faire pisser au lit. Nous appellons aussi pissenlit une personne qui en dormant pisse au lit; que les Latins appelloient submériaux. M.
PISSER. Lat. moiere. C'est ainsi que disent ceux qui parlent bien Latin; & non pas mingere. Dans l'ancien Glossaire Latin-Grec, sias est interprété, qui, ici opiunt: c'est-à-dire, il pisse: ce qu'il faut entendre d'un petit enfant. Au lieu de sias, M. Guyet corrigeois fissiat, qu'il croyait avoir été dit par corruption au lieu de sessiat. Lequel mot fissiat se trouve dans le même Glossaire, interprété par618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618, 618 EFERUS - Recherches & Classification numériques Vol les Italiens ont aussi fait *piscare*, & les Espagnols *pixar*. M. Ferrari, dans les Origines Italiennes, après avoir dit que l'Italien *piscare*, pouvoit venir de l'Alleman *pisson*, ou de *bofiction*, outre mot Alleman, qui signifie *vescam exonerare*; il ajoute : *vel, quod est verifmilus, à sono vox confata, quem reddit prafandus humor, cum e siphone defuit. Nisi a Graco crochet, quod idem significat*. Encore une fois, je le tiens formé de l'Alleman *pisson*. M.
PISSER. En Langue de Galle, *piso*. Huet.
PISSER. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1205. PISSER, *urina. Vox Celtica, que Cambris assertur pisson; Belgis, Anglis, & Suecis, piss. Frischius in Vix. Bibl. effingit à jons cadentis lotii. Leibutibus in Glos. Celt. refert ad cognationem mentula, qua Cambricè vocatur pidyn, quasi pudendum. Martinius, in voce meio, videtur derivare à *meus*, quod in Cadmo, exponit irrigate; unde Gracis *meis* locus humidus, & *meus* loca humida. Secundum hanc etymologiam, pisse nihil aliud denotabis quam humidum. Alius fortasse derivaret à fusione. PISSER, *mingere, urinam reddere. Cambris piso, Belgis pisson, Suecis pissa, Gallis pissere. Italis piscare.*
PISTACHE. Sorte de noix. De *pistacium*; mot de même signification; dont les Italiens ont aussi fait *pistachio*. *Pistacium* a été fait de *ferfani* : d'où la ville de Pistance a pris son nom. Stephanus le Géographe : *PISTACHIO*, *PISTACIO* : *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, *PISTACHIO*, 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PISTALE. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1205. PISTOL. *Sclopetum equestre*, & *nummus aureus*. *Menaginis*, & *auclères ab illo allegari*, *prionem notationem defumunt ab urbe Hetturia* *Pistoria*, *posteriorem ab ipso sclopeto*, *quod, cum sit minoris moduli bombarda*, *aurea quque in minorem formam redallo nomen suum communicaverit*. *Ferrarius in illa urbe non sclopeta*, *sed pugiones laterales inventos esse*, & *his in loco & nomine successisse sclopeta*, *contendit*. *Melius rem expedit Skimerus*, *telum ducens à Latino fistula*, *quia sclopetum est fistula ferrea glandifera*, *aureum ab urbe Pistoria*, *ut vulgo Florenum a Florenia*. Cette dernière étymologie de *pistolet* & de *pistolet*, me paroît la plus vraisemblable. \*
PISTALE. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1205. PISTOL. *Sclopetum equestre*, & *nummus aureus*. *Menaginis*, & *auclères ab illo allegari*, *prionem notationem defumunt ab urbe Hetturia* *Pistoria*, *posteriorem ab ipso sclopeto*, *quod, cum sit minoris moduli bombarda*, *aurea quque in minorem formam redallo nomen suum communicaverit*. *Ferrarius in illa urbe non sclopeta*, *sed pugiones laterales inventos esse*, & *his in loco & nomine successisse sclopeta*, *contendit*. *Melius rem expedit Skimerus*, *telum ducens à Latino fistula*, *quia sclopetum est fistula ferrea glandifera*, *aureum ab urbe Pistoria*, *ut vulgo Florenum a Florenia*. Cette dernière étymologie de *pistolet* & de *pistolet*, me paroît la plus vraisemblable. \* (a) V. Salmas, de Homonym. & Relaud, de Ling. *Fres. Vosc. B. 2.*
PISTOL. Voyez *pistolet*. M.
PISTOL. Covagruvias le dérive de *fistula*. *Pistolete : arcabuz, pequeño, quasi fistulete*, que es el canon del *arcabuz*. *Ilviant de pistole*, ville d'Italie. Le Président Fauchet, liv. 1. de la Milice & Armes : *Cet instrument s'appelle depuis Haquebute*, & *maintenant a pris le nom de Harquebute*, que ceux qui pensent le nom *estre Italien*, *luy ont donné*; comme qui *droit*, *Arc à trou*, que les Italiens appellent *buto*. *Finalement, ces battons ont été réduits à un pied & moins de longueur*. Et lors ils sont nommez *Pistoles & Pistoles*, pour avoir *premierement esté fait à Pistole : comme aussi ayant les escus d'Espagne esté réduits à une plus petite forme que les escus de France, ont pris le nom de Pistoles, & les plus petits Pistoles, Bidets ; comme l'on appelle aussi les plus petits chevaux*. Henri Etienne, dans la Préface de son Traité de la Conformité du Langage François avec le Grec : *A Pistole, petite ville, qui est à une bonne journée de Florence, se souleient faire de petits poignards, lesquels estant par nouveauté apportez en France, furent appellez du nom du lieu, premierement pistolets, depuis pistolets, & en la fin pistolets. Quelque temps après, estant venue l'invention des petites harquebutes, on leur transporta le nom de ces petits poignards. Et ce pauvre mot ayant esté ainsi pourmené long-temps, en la fin encore a esté mené jusques en Espagne & en Italie, pour signifier leurs petits escus : & croy qu'encore n'a-t-il pas fait ; mais que quelque matin les petits hommes s'appelleront pistolets, & les petites femmes, pistolettes. Vous trouverez la même chose dans les Bigarures du Seigneur des Accords, au chapitre des Allusions. M.
PISTOL. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1205. PISTOL. *Sclopetum equestre*, & *nummus aureus*. *Menaginis*, & *auclères ab illo allegari*, *prionem notationem defumunt ab urbe Hetturia* *Pistoria*, *posteriorem ab ipso sclopeto*, *quod, cum sit minoris moduli bombarda*, *aurea quque in minorem formam redallo nomen suum communicaverit*. *Ferrarius in illa urbe non sclopeta*, *sed pugiones laterales inventos esse*, & *his in loco & nomine successisse sclopeta*, *contendit*. *Melius rem expedit Skimerus*, *telum ducens à Latino fistula*, *quia sclopetum est fistula ferrea glandifera*, *aureum ab urbe Pistoria*, *ut vulgo Florenum a Florenia*. Cette dernière étymologie de *pistolet* & de *pistolet*, me paroît la plus vraisemblable. \*
PITANCE. *Pitancia*, c'est la portion du manger & du boire qu'on donne aux Moines. On trouve souvent écrit *pietancia*, parce qu'en effet, le revenu des Moines provient de la piété des fidèles. *Wats*, dans son *Glossaire sur Mathieu Pâris : Pietanciam alti scribunt ; nam d'ages suas ad pietanem ducebant*. Pour la même raison, on appelle *misericordias*, certains festins qu'on faisoit aux Moines. *Mathieu Pâris*, dans les Vies des Abbés de S. Auban : *Ut detestables ingratitantes misericordiarum, in quibus provello non erat misericordia, prohiberetur*. Car les Italiens disent *pietanza*. *Caseneuve*. dicabant. Indicem quoque libris adxiu, qui nomen autoris praferent, veribus dicebantur, & vidus. Celfus splenia & emplastra, qua fronti ad dolorem capitis illinuntur, pittacus vocavit. Glossa: veribus, brevis, pittacium. Hygenus de Limitibus confitun- nis: Deinde ex decuris antequam fortes tollant, fingulorum nomina in pittacis & in forticulis, & id ipsis fortientur ut sciant quis primo aut quoto- cumque loco exeant. Cod. Theod. tit. de Erogatio- ne mil. ann. pittacus dicuntur breves specierum anno- nariorum, militibus erogandarum. Leg. xi. Suscep- tor antequam diurnum pittacium authenticum ab actuariis fufceperit, non eroget. Quod si abfque pittacio fuerit erogatio, id quod expensum est, dannis ejus potius fufputetur. Vide Leg. xvii. codem tit. & Leg. xvi. Nam secundum ea pittacus militibus evigabantur species annoraria, ut panis, vinum, acetum, lardum, caro vervecina capitum, & alia ejufcemodi. Hinc nos hodie pittancium, ad- dita littera, cibum & obfionium appellamus. Sic & lantemam pro laterna, dicimus. C'est auffi l'avis de Chron., dans les Observations sur le Droit Ca- non. Horm. Canonicum Prabendariorum sportu- lantium nomina in tabella seu pittacio descripta erant, & quantum quisque sportulam & portionem effet fufcepturus. Unde effluxit ut a noftris a pittacio illo, portio dicta fit PITAUX. Varia genera diftribu- tionam illis pittacis seu matriculis continebantur, aliquando pecunia, alias oleum, vinum, frumen- tum, alias panes: unde inveftiebantur olim Canonici per panem. M. Guyet eftime avec plus d'apparen- ce, qu'il vient de pietancia, qui a été fait de pietas. C'est auffi l'opinion de Voffius, dans son de Vitus Sermonis, page 543. Pittancia a pietate, dixere ferculum in Monasterii. M. de Valois le jeune croit que le monde pittance, se difoit au- trefois de la boifion feulement, a cause de cet en- droit du livre des Choies Mémorables faites par S. Bernard: Coebleria ex electuario salutiferam pi- tanciam. M.
PITAUX. Je crois qu'il vient de l'Ebreu ne pas, qui signifie un morceau de pain. On trouve auffi cumma perhorbum, dans la même significa- tion. Hort.
PITAUX. Peut-être ce mot vient-il de pe- tentia, dans la signification de ce que les Moines Mendians reçoivent dans leurs quêtes. Puisque nous avons le mot competentia, il faut qu'on ait dit auffi petentia: & le premier & se fera changé en i, comme en picoree formé de pecus. Le Duchat.
PITAUX. M. du Cange est le seul qui ait donné la vraie étymologie de ce mot. Pittancia, dit-il, portio monachica in efculentis ad valorem unius pita. Pilla, en François pite, est le nom d'une petite monnoie. Voyez ci-deffous pite.
PITAUX. Par corruption, pour l'etaux, qui étoient payfans, qu'on fevoit pour envoyer à la guerre. Le Président Fauchet, liv. II. de la Milice & Armes, chap. 1. Fressart, au premier volume, parlant du fief de Nantes: Mais aucuns Bidaux & Petaux, & aucuns Genevois, allèrent près des bar- rieres pour efcarmoucher & palleter à ceux de la Ville. Le mefme, parlant d'une chevauchée en Hai- naut: Si trouverent qu'ils étoient bien huit mille armures de fer, & douze mille Brigans, Tuffes & Termulons, que Bidaux, que Petaux, que autres gens: si comme garçons qui pourfuivoient volon- tiers l'ost. Et M. Trichant de Marveil: Oli qua- tre cens lances, fans les Bidaux. Le mefme dit: Plus de sept-vingts valfieux, fans les Hochebos. Et Time II. étoient bien Normans, Bidaux, Petaux, Genevois & Picards, quarante mille, qui étoient la encrez, &c. Et aucuns... du pays, comme font payfans, Tuffes, & Petaux, &c. Pour le regard des Petaux, nous appellons encore Pitaux les payfans. Fressart dit quelque part: & pouvoient être entouré (c'est à dire, environ) six bannieres, & deux cens Bac- lners, & environ six cens Bidaux, ou autrement dits Petaux, tous à pied, &c. M.
PITAUX. Pitaux vient de pedes peditis; com- me pion, de pedito peditonis: & bidant est une cor- ruption & un adouciflement de pitant, par le changement du p en b, & du t en d. Le Du- chat.
PITE. Petite monnoie, montant à la moitié d'une maille. Maître François, ou, comme l'ap- pelle M. Dacier, le Philofophe de Chimon, liv. 1. chapitre dernier: Pour moins de cinquante écus flour- delois, modérez à la douzième partie d'une pite, vous en aurez fait l'expérience. De Pilla, dit pour Pittavina. C'est une monnoie de Poitiers. Le Car- tulaire de Notre-Dame de Josaphat, en 1439. Ego Simon de Prasepibus, Miles, 16. folidos, 7. de- narios, & unam pittavinam census dedi. Ce mot de pittavina, se trouve souvent dans le Cartu- laire de S. Denis. Dans celui de Notre-Dame de Paris, il y a pittavienfis. Et dans plusieurs Titres François, cette monnoie est appelée poitevine. C'est la remarque que j'avois faite sur ce mot de pite, dans la première édition de ces Origines. Le P. Labbe l'a improuvée, en ces termes. PITE est un abrégé de petite: monnoie, autrefois en usage; demie obole; demie maille. C'est-à-dire, la quatrième partie du dernier tournois. Quelques-uns ont tiré son nom de Poitou. Il y a eu à la vérité une monnoie, autrefois appelée Poitevine: moneta Pittavensis; Pittavina: comme Turonensis, Giermenfis, Silvi- niacensis, &c. Mais que la pite soit cette monnoie Poitevine, j'ay peine à le croire: car ce fevoit une étrange abrégé de poitevine à pite, & où il y a peu de probabilité. C'est de pilla qu'il vient, & non pas de pittavina. M.
PITON. C'est le fer qui tient le doffier du lit, & celui dans lequel on met la trippue. M.
PITOYABLE. Du Latin barbare pietabilis: comme EQUITABLE, d'equitabilis. PITE a été fait de pietas, ablatif de pietas. Le P. Labbe, dans la première partie de ses Origines Françoïles, page 396. PITE, PITOYABLE, PITAUX, PITEUSEMENT, viennent de plus & pietas. Et nos Auteurs Fran- çois, tournant le surnom de Plus, donné à Louis I. Empereur, & Guillaume I. Duc d'Aquitaine, se servent de Pieux, Devot, Debonnâtre, Piteux, & Pitoyable: qui vaut autant que Compassif, & Mi- fericordieux. Il ne faut pas toutefois croire, que Maupiteux, qui semble être son contraire, signifie cruel, impitoyable, inhumain: mais bien celui qui contrefait le dolent & le misérable, quoiqu'il ne soit pas tel, seulement pour exciter à compassion à son en- droit, pour adoucir la colère de quelqu'un, & évi- ter quelque plus grande peine. Pietofus se trouve dans les Auteurs de la Baffé- Latinité, pour piteux. Voyez le Glossaire de M. du Cange. Et les Italiens ont employé le mot de pietofu, dans la signification de pieux. Le Taife, tout au commencement de sa Jérusalem: Canto l'armi pietofu, e'l Capitano. M.
PITRIOU. C'est un mot Tourangeau: qui signifie le mâle de la Cercetelle, selon la remat- T 1 EFERUS - Recherches & Classification numériques que de Périon, lequel dérive ce mot du Latin accipiter. Voici ses termes : Est quoddam accipitum genus, cujus feminam cercetelle hic tantum vocamus, marem autem, pitriou. Horum nominam nostrorum quam tibi origo videtur? Latini, inquam, querquedulam, sive marem, sive feminam, vocant. Cauda, qua Gracé cercan appellatur, a quo verbo illi cercan illud accipitis, ut opinor, genus, vel acripius, id est, a voce, quam multam & infnavem mittis, vocarum. Ac plerique nostri homines utrumque, ut vocant, sexum, quemadmodum paulo ante dixisti, cercetelle nominant : nos autem marem, pitriou, a nomine Latin accipitis, primis duabus derraicis syllabis, appellamus. Cette étymologie ne me déplait pas. Acipiter, accipitis, accipitrius, pitrius, pitriolus, PITRIOL. M. PIVER D. Oiseau, du genre des dryocolaptes. De picus viridis : à la différence de pica varia. Périon : Picum, pic, sed propter volorem piverd, appellamus : quasi uno nomine, cum duo sint : ut si Latine picus viridis nominaretur. Mais écoutons Nicot : PIC, nom d'oiseau. Picus aliopibus dicitur Piverd, quasi picus viridis : aliis piment, quasi picus Mazius, est enim avis Deo Marti dicata. Semile que de ce pic soit appellé pic d'un maïson : pource qu'il a le bec long, pointu, & fort : & en ce, ressemble à cet oiseau, lequel a le bec si pointu & si fort, qu'il en perce les arbres. A cette cause, en Picardie, on l'appelle becquebo. Plinius eadem de causa, picos vocat arborarios, & arborum cavatores. Semble aussi que de même mot vient, picque, picquer, picquoter. Ce qu'il a pris mot pour mot, de Robert Etienne. Nicot ajoute : Périonins dit qu'il vient de voleur. Il y a un autre oiseau du genre des dryocolaptes, appelé épeiche, en-rouge, ou pic-rouge. Je donnerai ici, par occasion, l'étymologie du mot d'épeiche. Un Helléniste ne manquerait pas de le dériver de pica : qui est comme Aristote appelle cet oiseau. Et il le dériverait de cette sorte : pipra, picra, spica, spica, EPICHE. Le Épen C : comme en opus, de pica. Mais pour moi, qui ne suis point Helléniste, je le dérive de picus, de cette sorte : picus, pica, spica, EPICHE. M.
PIVOINE. Ce mot signifie deux choses : une fleur, & un oiseau. Dans la première signification, il vient de paonia. C'est ainsi que les Latins ont appelé cette fleur, du nom de son inventeur. Pime xxv. 4. Vetrusissima inventa paonia est, nomenque auctoris retinet : quam quidam pentorobon appellant : aliis, glycisidem. Apulée le Médecin : Paonia porro, autoris nomen retinet. Pivoine, dans la signification d'un oiseau, a été fait de paonia : à cause de la ressemblance de cet oiseau à un paon, par le cou, par la poitrine, & par le ventre. M.
PIVOT. De pivoine, diminutif de piva, qui a été dit par métaplasme, pour piva, formé de tibia. Tibia, tivia, tiva : par le changement du T en p; comme en spino, mot Italien, formé d'extinctus. Le pivot, est un bâton droit qui ressemble à celui d'une flute. Les Italiens disent encore aujourd'hui piva. Meilleurs délia Crucea : PIVA. Comamus: da alcuni detta in Latino tibia utricularis. Et de-là, le mot Italien pivoine, pour un piquet. Tibia, tibium, tibiolem, tibolum, PIVOIO. Les Angevins disent pivoine. Voyez l'isoquet. M.
PIVOT. C'est un diminutif de piva, pour pivoine. Huet.
PLACART. Ce mot, selon Henri Etienne, vient du Grec σλάξ, dont l'acculatif est σλάκα, qui signifie une pièce de bois, ou de pierre, ou de telle autre matière plate & large. Caïenne.
PLACART. Du mot plaque : parce que les placarts s'affichoient sur une plaque. Voyez plaque. M.
PLACE. De platea : d'où les Allemans ont aussi fait leur place. M.
PLACEBO. On appelle ainsi en Normandie les Ecoliers qui rapportent en secret à leurs Maîtres les fautes de leurs Compagnons, pour leur plaire & gagner leurs bonnes graces. Mémoires de Villars, liv. 6. page 560. Si les Princes favorisent plutôt embraser les utiles conseils, que les passionnés & déguisés de leurs Ministres, qui vont, comme on dit, toujours à placebo. Huet.
PLACET. Présenter un Placer au Roy. Du Latin placer, dit pour placer. M. PLACET : petit siège. C'est un dérivé du mot place. M.
PLACITRE. Voyez parvis. M.
PLAGE. Dans le premier Scaligerana : Statio, in re nautica, significat quod vulgo plagam vocamus, id est, qui non est verus portus. Gracé vocant φίμω : videlicet suum in littore in quo est receptus navibus ad tempus, ad effugiendam tempesta-tem. Virgilius : Statio malefida carinis. Nicot le dérive de σλάτω. On le pourroit, dit-il, tirer de σλάτω, qui signifie illido, ESCHOUIR : parle qu'est telle sorte de cofres de mer, les navires, & autres vaisseaux de haut bord, aisément effouent, & se brisent, par faute de fond. Cette étymologie est insoutenable. Le mot de plage, en la signification dont nous parlons, vient, comme l'Italien piaggia & spiaggia, du Latin plagia. Servius, sur les mots de Virgile ci-dessus allégués, Statio malefida carinis : Statio, est, quam plagiam dicunt. Et plagia vient de σλάγις, obliquus. Ces plages sont sinueufes. Et le mot sinus, se prend pour un golfe. Scipio Gentilis, dans ses Origines de plusieurs mots des Pandectes, aux mots angiportus & statio : At multa infida & intura stationes dicuntur : quales sunt, quas nos Italicæ vocamus spiaggie, vocabulo rapto de Graco σλάγις. M.
PLAGE, pour région. De plaga. Les Glofes Anciennes : plaga, σλάγις, σλάμα. Et plaga, en cette signification, a été fait de σλάκα, acculatif de σλάξ. Πλάξ se trouve en la même signification. Eutathius, sur le 3. de l'Iliade, page 32. ligne 32. de l'édition de Rome : σλάξ γάντι σλάφω, το πανεῖν τωρίει. Et sur le 6. page 649. σλάκα φίμω σλάγις τα σλάγια. M.
PLAGIAIRE. Chez les Romains, on appel- loit plagiaires, ceux qui vendoient un esclave qui ne leur appartenait pas, ou qui retenoient com- me esclave, un homme libre, qui l'acheroient ou le vendoient. Ils étoient ainsi nommés, parce que par la Loi Flavia, les coupables de ce crime plagis damnabantur. La Loi même s'appeloit Lex plagiaris, & le crime, plagium. Aujourd'hui on donne le nom de plagiaires aux Auteurs qui pillent les ouvrages des autres pour se les attribuer. Si l'on punifioit selon la Loi Flavia, les Plagiaires de notre tems, que d'Auteurs seroient fustigés ! Vergé. EFERUS - Recherches & Classification numériques
PLAIDER. De placitare, fait de placitum, d'où PLAID. Conan, dans ses Commentaires du Droit Civil, 1. 16. folio 69. expliquant ce que dit Ulpien en la Loi 1. au Digeste de Constitutionibus Principum, QUOD PRINCIPI PLACUIT, LEGIS HABIT VIGOREM : Quia vero jam nimis multi sunt, qui dictam Ulpiani traducunt ad eam sententiam, ut Principi omnia & in omnes licere putens, eorum error convincendus est. Quid enim aliud significat placitum, quam quod cuique libet facere? Placere, & libere, voluptatis sunt & libidinis vocabula, non rationis & consilii. Quque Anaxarches, idem discriu- ciaretur Alexander Clitum à se occitum esse, fertur dixisse, sine causa eum discriuari de Clito, quem jure occidisset: veteres enim omnes prodidisse, Justi- siam Levi, Deorum principi, semper assidere: ut scirretus quidquid Regi placuisset facere, aut dicte, id juste factum, dictumque esse. Capitalis sanè Anaxarches, & dignus qui tantam istam quam Alexandro dabat, potentiam, in se experiter. Si- millimum est serè quod Crispus Salustius, ut est apud Tacitum libro 1. Liviam monuit, videret ne Tibe- rias vim principatus resolveret, cuncta ad Senatum vocando: eam conditionem esse imperandi, ut non aliter ratio constet, quam si uni reddatur. Qua cau- sa est, inquit Plutarchus, ut Tyranni nolini de alio- rum sententià consilium capere, quod tanquam al- terum Principem in regni societatem, sic rationem timent in consilium cogitationum suarum admitere: nec bonum, quod unum noverunt sua potentia quic- quid liberiti, faciendi, communicato cum ratione imperio abjerdam: aliud enim rationem suadere, aliud libidinem. Libido potestati subjicit omnia: ra- tio vero potestatem aquitatis regulâ dirigit, efficit- que, ut quamvis praestens sit, unum se tamen de multis esse recognoscat. Quamobrem placere id Prin- cipi putavit Ulpianus, quod ratione & consilio ab eo factum esse. Nam & placere Latinis significat sta- tuere, probare, constimere. Unde placita Medico- rum appellat Plinius capite 1. libri 19. qua commu- ni Medicorum decreto rata sunt & approbata opinio- nes & regula. Graci & Quator vocant. Cicero, epi- tolâ Aino verecundiam, libro 12. Placet Stoicla, suo quemque tem nomine appellare. Placere enim à placo deducunt Grammatici: ut quod, post mul- tas utrinque disputationes, omnium concessu consiliu- tur, placitum dicatur: quasi quod ipsis, qui de eo diffidibunt, placatis, tandem visum est dignum & idoneum acquiescere: quomodo Ulpianus lege 1. de Pactis, pactum defunt, esse duorum pluriumve in idem placitum & consensum. Nam sicuti, inquit, convenire dicuntur, qui ex diversis locis in unum colliguntur, & venium; ita qui ex diversis animi motibus in unum consentiunt, id est, in unam senten- tiam decurrunt. Et quod Latini litigare, & judicio experiti dicunt, nos placitare; & litigatores placi- tatores vocamus: & ipsam causa actionem, placita- mentum. Sed & Senatusconsula & decreta omnium supremorum Judicum, à quibus non licet appellare, verbo Grace Areta nuncupantur: quod Latinis so- nat placita. Quare in Regius Diplomatibus, post de- claratas breviter rationes, quibus adductus est Prin- ceps ut quid judeat; veter, aut permitat; posfu- ma hac, tanquam rationum omnium clausula; sul- jungitur. Et quia tale est nostrum placitum: qui- bus verbis, voluntatem pro justo imperio & ratione habendam esse, non censet Princeps; sed vult inteli- gi, rem diam se de suorum Procerum consilio statuisse. Quod ipsum vel hinc probari potest, quod serè omnia ista Diplomata, non prius rata sunt, quam auctores exriterim ii ad quas scribuntur, Magistratus. Certè quod Principi placuit, pro lege haberi, lex est, nam id natura juri non deroger. Cujas, sur les Chapitres 1. & 2. de Feriis : Ut item abstineatur a mercaturis, sive nundinationibus faciundis, a istibus & jurgitis: & ita, ut sint his diebus, ut Plautus loquitur, alcohonia in foro; sive placita nulla, ut loquitur in capite 1. & Canone, placita 13. quatione 4. voce vulgo recepta, vel ex vulgo ducta potius: quod enim idiotismus, id vo- carum placitum, idees jurgium forense, concertatio forensis. Et sur les Chapitres 13. & 14. aux Décre- tales de Prajicoptiomibus: Alexander III. cuidam nobili, feudi jure, concesse pensionem annuum impo- sitam cuidam castello, &c. & banna, ut ait, idees, jus edicta proponendi; & jurisdictionem, qua hoc loco significatur placitorum nonum: quia barbarò placita vocant plaids, sive litigia, & coercitiones, sive multam delinquentium, qua etiam in idiotismo fortisfacta, FORFAITS. Choppin, liv. 1. de Juris- dictione Andegaensis, chapitre 46. Quamobrem in- sima Castellani judicia vocantur 121 PETITS PLAIDS CHASTELLALUS, colligitur ex hac veresta phrasi le- gum Francicarum Karoli Magni: Ut nullus ebrus suam causam in mallo possit conquirere, nec testi- monium ferre, nec placitum Comes habeat nisi jejunus. Idem significatur Legis Frisiorum clausula sequenti: Dicat ille qui homicidam interpellavit, se in placito publico eum interpellare velle, & ita faciat. Interpellent eum in placito coram judici- bus. Tit. 14. legis Frisiorum. Quod igitur prisci Ro- mani Conventum aut jurum agere dixerunt, id nostri placitum tenere dictitunt. Huc alludis Germanorum notatio PLATZ: qua plateram designat, ut Othomamus animadvertit, in tractatu Feudorum. Eo sensu in- telligitur locus Radevici, lib. 1. cap. 46. in hac ver- ba: Deinde generalem Curjam omnibus Italicis civitatibus, & Princeibus apud Roncallia in festo B. Martini celebrandam indicit. At in libro sequenti ab exordio: jam dies Placiti affuit, qui Romanum Principem ad Campestria Roncallia, sicut condic- tum, invitabat. Nec aliter Langobarda legi ad- scripta sunt istibac: Dominicus dies honoretur, & eum colere omnes studeant, ut hoc liberibus possint fieri omnia morcata & placita à Comitibus. Titulo de Feriis 49. lib. 1. Et à la marge: Placita quoque pro litibus accipiuntur apud Ortonem Frisengensem lib. Friderici 1. cap. 41. Hinc placitare, causas agere, PLAIDER. Sic Karolus Magnus in Donationè Monasterii Ulmenis (apud Nauclorum): Si advo- catus, inquit, in prædicta villa placitare voluerit, ut non pluribus quam 30 equis ad placitandum ve- niat. Placita etiam intendam pro convenibus Proce- rum Regni vel Imperii; quod & Curia dicitur; ac- cipuntur. Ex Gregorio Turmensi, lib. 7. cap. 13. & Aimovni, lib. 4. cap. 109. Le P. Sirmond, dans ses Notes sur Geoffroi, Abbe de Vendôme, page 60. sur ce mot PLACITUS de l'opice 36. du livre III. Lib. 111. Capitini. XXIII. Unusquisque Comitum placitum suum habeat, & justitias fa- ciat. Placitum dicebant Judicium aut conventum judicii causa. Unde & placitare, lib. 2. epiis. 14. Nec Judicii modo, sed injusti het negatii causa con- ventus agere, & conventiones ipsas transfationes- que rerum, quarum causa convenerant, placita vo- cabant: ut placitum Ticinense Caroli Calvi, anno DCCLXXVII. Principium, apud Ivonem epistola XXVIII. Fiodoardus in Chaviva, anno DCCLXXII. Placitum concordia ac pacis Rex & Hope viedliante Qua- dragesima iniere Suessionis. Placitum venditionis T i ij EFERUS - Recherches & Classification numériques Capit. lib. III. LXXV. Concilium Triburiensæ cap. IX. Cùm Episcopus Episcopatum circumneundo placitum Canonice decreverit, populumque illo invitaverit. Et à la page 35. PLACITANDI, idest, disceptandi, litigandi. Honorius II. Goffride Abbati Prohibemus ne ullus te vel aliquem successorem de his quæ ille venerabilis locus sub tricennali possessione tenuerit, cogat placitare. Item, in Placito Monachorum Sancti Albini & Sancti Sergii de controversa pro Campiniaco, anno M. LXXIV. Et cùm voluissent Monachi Sancti Sergii de minoribus rebus prius placitare, & postea de Campiniaco, visum fuit Judicibus hoc esse injustum, ut causa illa posterior discuteretur, pro qua Abbates vocati fuerant, & in unum convenerant. Horman, chap. XI. de son Franco-Gallia: Latinis consuetudine placitum id propriæ dicitur, quod re in multorum consilio quasita & deliberata tandem inter ipsos convenit: Unde Placita Philosophorum apud Ciceronem, & alios Auctores, dicta sunt. Gellius, lib. 18. cap. 3. Populus, inquit, Lacedemonium de summa Rep. quidnam esset utile & honestum deliberabat. Et mox: Consilium quod dabat, acceptum ab universis & complacitum est. Sic Roma, qua Senatus de majoris Senatorum partis sententia decreverat, his perscribohantur verbis; Placere Senatul: ut cum ex aliis veteribus S. C. cuius notum est, tum etiam ex iis qua in libris nostris extant; velut in L. Item veniunt 10. §. præter hæc. D. de hær. pet. & L. 1. D. ad Vellelan. Neque quicquam in histem libris frequentus est, quam placitum appellari, quod inter aliquos convenit. Velut in libro ultimo C. de Pignoribus. Pro tenore communis militantium placiti. Et placitum pro conventione in lege 33. Codice de Transfectionibus, lib. 1. C. de Padis, lib. 4. D. de Servitutibus, & aliis sexuensis locis. Qua cum ita se habeant, non absurda, opinor, conjectura nostra videbitur; quam aliis jam quibusdam in libris nostris exposuimus; vulgatam formulam, quæ etiam nunc regii Scriba in legum & constitutionum clausulis utuntur, ex illo Placiti vocabulo, natam esse: Quia tale est nostrum placitum. Nam cum illa Latinis literis Scriberentur (quod ex Aimoino & Capitulari Caroli Magni, & omnibus archiis, monimentisque Gallicis satis constat), postea Scriba regii, ubi populari sermone uti cuperunt, ita vel insistentia, vel malitia potius, converterunt: CAR TEL EST NOSTRE PLAISIR: Quoniam ita nobis placet. Maran, chap. 1. de ses Discours Politiques de la Justice: De ce que dessus, l'ensuit que ce qui est escrit en la Loy Romaine, seauoir que tout ce qu'il plaist au Prince ordonner universellement & pour le général, a force & tient lieu de Loy; & que la clause ordinaire que nos Roys employent en leurs Ordonnances, Car tel est nostre plaisir, ou car ainsi nous plaist, dérivée de cette source, ne se doit pas entendre d'un plaisir volontaire, particulier & licentieux, fondé en la seule opinion & phantaisie du Prince ou de son Conseil: ains que cette manière de parler fondée sur la Latine, ne veut dire autre chose, sinon qu'après avoir bien debatu & inexerement considéré & délibéré ce dont il est question, on s'est porté à telle résolution & conclusion, comme la meilleure & la plus saine. En ce sens-là, les Apostles mesnies ont dit en leur premier Concile, il nous a plu & au S. Esprit. Ce qui est passé comme en formulaire aux Conciles suivants, ou les Evesques opinent par le mot PLACIT, Il me plaist, qui est à dire, Je le trouve bon, C'est mon avis. En ce même sens, les conclusions & maximes diverses des Philosophes ont esté appelées placita; comme qui direit, ce qu'ils ont jugé plus à leur gré selon leur sens & raison. Et en cette sorte aussi les Jurisconsultes voulans dire modestement leurs servis sur les disputes & controverses du Droit, ont accoutumé de dire PLACIT; Il me plait: qui est autant en effet que quand ils disent VIDITUR; Il me semble. Ce qui a donné le nom de placita à leurs avis; & de mesme encore aux délibérations & arrests de ce grand Sénat Romain; & enfin, aux Ordonnances des Empérieurs. Le mot François de plaids, plaider, & plaidestir, a en some signification en son origine; & a esté dit en Latin placitum, & placitare, pour dire juger; qui est la conclusion de tant de procès d'autant que les Juges soulèvent user en opinant & prononçant, du mesme mot placet au videtur, suivant le général & commun formulaire cy-dessus rapporté, &c. M.
PLAINDRE. De plangere: comme soindre, de jungere; seindre, de singere; peindre, de pingere; teindre, de tingere, &c. M.
PLAINTE. De planctus. Planctus, plancta, PLAINTE. Les Statuts de S. Jean de Jérusalem, au Titre De Verborum significatione, XIX. 19. Plancta, vocabulum est Gallicum, & significat querelam. On disoit autrefois PLAINT. De planctus. M.
PLAISIR. De placere: C en S; comme en raison de racemus. Voyez plaider. M.
PLAMUZE. M. de la Noue, Dictionnaire des Rimes Françoises, page m. 148. PLAMUZE. Il lay a bailiè une belle plamuze, ou un beau sonstier, & quelque semblable coup sur le visage. Une plamuze, c'est un coup du plat de la main sur la muze, c'est-à-dire, sur le museau. De muze, nous avons fait museau; & de monze, nous avons fait moue. Talemouze, en la signification de coup, c'est une taloche sur la muze, ou sur le museau. Le Duchat.
PLANCHE. De planca: dont les Latins se sont servi en cette signification. Pline, livre VIII. chap. 43. Nec pontes ainsi transeunt, per raritatem plancarum translucentsus suviis. Paulus, Abbreviateur de Festus: Plancæ, tabula plana: ob quam causam planai appellantur, qui supra modum pedibus plani sunt. Le Glossaire: plancus, plancus. Planca vient de planus. Planus, planicus, plancus, planca, PLANCHE. Planketta, PLANCHETTE. Les Picards disent encore aujourd'hui planque & planquette. Les Allemans & les Anglois disent planke. De planca, on a fait plancarium, d'où nous avons fait PLANCHER. M.
PLANCHE. De planca, dérivé du Grec. planc, qui signifie la même chose. Huet.
PLANCHE. On a dit aussi plançon ou plançon, au lieu de planche. Le Roman de la Rose, fol. 6. v. L'autre des arcs fut d'une plançon Languet & de gente façon: Bien fait estoit & bien dolé. Aussi de plancus. Plancus, planci, planco. Planco, planconis, plancone, plançon: qu'on écrivait volontiers plançon, faute de la cédille, qui n'étoit pas encore en usage. Le Duchat.
PLANCHÉR. En Latin tabulatum. Il est ainsi appellé à cause des ais où planches dont il est fait. Festus: Plancæ dicebantur tabula plana. Le mot de planche signifie communément un ais servant à passer d'un lieu à un autre. Caseneuve.
PLANCHÉR. Voyez planche. M. PLANÇON, A la Picarde, au lieu de plan- EFERUS - Recherches & Classification numériques chou : forte de pieu. Froissart, édition de Jean Petit, vol. 1. fol. xi. 1°. Si coupaient plançons de boye à leurs espées & badelaires pour leurs chevaux lyers & vergos pour faire lagettes à eux boûter. Au feuillet suivant 1°. les plançons sont appelés pieux : & peuchons dans Monfrelet, édit. de 1572. vol. 1. fol. 223. a. Peuchon est un diminutif de pieu. Commines, liv. 1. chap. 3. Et trouvâmes tous les Archiers des bouffez, chacun un pal planté devant eux. Ce pal est la même chose que le plançon de Froissart. Le Duchat. fina barbarique dixerit, & prædes pro fidejussoribus. Unde bodisque plegios eos appellamus; voce ex Latina deterrà; quasi pregios, vel prejos, medità literà extrità, ut apud nos in omnibus mos est. Nam & Romani prædes, etiam in litibus privatis, qui se fidejussores constituerent, nuncuparunt. Hinc illud Aufonit: Quis, olim lis fuerit nummaria, quis dabitur præs! &c. Et à la page 586. Quod vades olim dicebantur sponsores; qui pro alieno vadimonium promitebant, nomen inde sacrum est à Barbaris vadium, pro pignore; quod guardium & guardium ex eo vocamus: ut pregium; & inde plegium; pro prædio, vel præde, &c. M. Huet le dérivoit de pluvium; mot de même signification. Voyez le Glossaire de François Pithou. M.
PLÈGE. Ludewig, sur le mot plegios du ch. 8. du Code des Loix Normandes, pag. 159. du vol. 7. de ses Reliquia M. S. omnis avi, &c. Id est, caverit, præsiterisque cautionem. Nam belegen idem est quam se obstringere. Le Duchat.
PLÈGE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1200. le dérive du verbe Latin obligare. Voici ses termes. PELIGEN, fidem obstringere. Factum ab obligare, per apharefide. Fèdie quidem coflar, sed pristinus usus colligitur, cum ex derivato pflicht sponfio, obligatio, quod non aliunde reftius deducitur; tum ex vocibus Latino-Barbaris plegius fidejussor, plegia fidejussore, & aliis ex eodem fonte oriundis apud Cangium: unde Galliis remanfit plège & pléger, caudio, & cautionem præsare.
PLÈSSE. PLÈSSER. Voyez plessis. M. PLESSIS. Il y a des lieux en France ainsi appellés, & qui ont donné le nom à des Maisons illustres. Ces lieux ont été sans doute ainsi nommés, à cause des bois qui servent d'ornement & d'embellissement aux maisons. Car ces sortes de bois s'appellent Plessis. La Coutume de Chartres, art. 12. L'arpent de bois en Plessis, que les Amiens appellent Touche. La Coutume de Dunois, art. 25. Pour chacun arpent de bois de touche, qu'on appelle embellissement de Maison. Caseneuve.
PLESSIS. Comme quand on dit, le Plessis les Tours; le Plessis-Macé; le Plessis-Bourré. Camden, dans sa Bretagne, le dérive de placere. PLESSIS Gallicé, a placendo. Ce sont ses termes. Il vient de plexicium, fait de plexum. Pleito, plexi, plexum, plexicium, PLESSIS. Un Plessis, c'est proprement un parc entouré de hayes pliées. On a dit aussi plessisum. Et c'est de ce mot que les Picards ont fait Plessis. De plexicia, au féminin, nous avons fait PLESSIS. Il y a un grand nombre de lieux en France qui s'appellent La Plesse. Du substantif plesse, nous avons fait le verbe plesser, pour dire plier des arbres, & les lier tellement ensemble, qu'ils engendrent des branches sur un autre tronc. M.
PLEVIER. Vieux mot inusité, qui signifie cautionner, promettre. Lat. spondere. Perceval: Je le vos plevis, & affie. M.
PLEVIER. C'est-à-dire, pléger, ou se constituer plège. Peut-être de plegium: ou de pluvium, dans la signification de plège. Le Duchat. Voyez plège.
PLEURESIE. Du Latin-Barbare, inusité, pleuritia, fait de pleuritis, qui est l'ancien mot Latin, fait du Grec Ἰαραίον. Cellius Aurelianus, liv. 2. ch. 13. PLEURITIS, à parte corporis qua magis petitur, nomen sumpsis: latus enim ipsa passione vexatur; quod Graci pleuron vocaverunt. M. P L O. P L U. deux passages, se pelandans signifie se prenant, ou se tenant au pas. Ainsi il est évident que Rabelais dérivait aussi pelander de pilus : si ce n'est peut-être de pillis. Le Duchat.
PLOM. PLOMIER. Périon : Genus salicis utuntur, quo vites ad pedamentum & adminichum deligantur. Id cur nos plomb vocamus ! A Latine, inquam, erum est, PLICARE enim plier & ploier dicimus. Hinc explicare. M.
PLOMBE. Rabelais, 1. 36. pensant des plombées & piéyes d'artillerie, que fussent mouches bovines. De plumbata. M.
PLONGEON. Olfens : ainsi appellé, à cause qu'il se plonge dans l'eau. Les Ebreux, pour la même raison, l'ont appellé par salac, du verbe par salac, qui signifie projicere : comme qui diroit, se jettant dans l'eau : & les Latins mergus; a mergendo. Les Espagnols disent somerguion; de submergere. M.
PLONGEONS. On appelle ainsi dans le Bourbonnois, & dans l'Auvergne, & en plusieurs autres lieux de France les gerbes entallées, & mises la tête en bas, qui se conservent de la forte l'hiver dans les champs. Desportes, dans ses Bergeries, s'est servi de ce mot en cette signification. Voici l'endroit : Ores demi-laffé, je me couche sur l'herbe : Ores plus mesnager, j'ayde a serrer la gerbe : A faire les plongeons, & les bien entasser, De crainte que le vent les fasse renverser. Les Latins ont appellé de même les gerbes mergites. Virgile, livre premier de ses Géorgiques : Aut fatit pecorum, aut Cerealis mergite culmi, Proventique oneret sulcos. M.
PLONGER. De plumbiare : par le changement de l'i voyelle en j'consonne. Plombiare, plombiare, PLONGER. On a dit plumbare dans la même signification. Guibert, Abbé de Nogent, livre 3. de sa Vie, chap. 8. Ejectes in fumine supplundabas. Et on a dit plumbare, & plumbiare, dans la signification de plonger, à cause du plomb avec lequel on fonde la profondeur de l'eau. Homère, parlant d'Iris, dans le livre dernier de son Iliade, vers 80. Ille plumbare in iulæ, ic fionis spous. In fundum delapsa Dea est, ut glandula plumbi. Le Site de Joinville, page 240. de l'édition de M. Ménard, Lieutenant de la Prévôté d'Angers : Un Mariner jella sa plombée en mer : & trouva que la ref n'ofoit pas a terre. On a cause de la pesanteur du plomb. Dans l'Exode, chap. xv. veriet 10. Submeris sunt quasi plumbum in aquis vehementibus. Les Pêcheurs mettent du plomb à leurs rets, pour les faire baisser dans l'eau. & Périon dérive ridiculement plonger de absian, lavare. M.
PLUME. Passer la plume par le bec. Cette façon de parler a sans doute été priée de ce qui se pratique à la campagne par les passans, qui passent effectivement une plume par le bec des oyes & des cannes, quand ils les veulent empêcher de couver. Un grand homme croit, que cela se dit par allusion à ce que les Clercs & Ecokers qui sont encore niais, portent souvent leur plume à la bouche, en sorte que les deux bouts paraissent : & ceux qui les veulent dénaisser, la tirant par le bout d'enhaut, leur barbouillent d'encre la bouche & les lèvres. De Brieux, Origines de quelques Contumes anciennes, page 57.
PLUMEROLÉ. On appelle ainsi en Basse-Normandie la fleur appelée communément primavere. De primulula. M.
PLUMITIF. On appelle ainsi dans le Palais l'original des Arrêts & des Sentences. C'est une corruption de primitif. Primitif, primitif, PLUMITIF. Dans le Chapitre de l'Eglise de Paris, on dit encore présentement primitif. M.
PLURIEL, & PLURIER. Voyez plusieurs. M.
PLUSIEURS. Quelques uns le dérivent de plures seniores. Il vient de pluriores. Les Gloises anciennes : planis, pluriora ; par le changement de l'a en 2. Pluriores, plusiores, PLUSIEURS. Pluria se trouve dans Aulugelle, au chapitre dernier de ses Nuits Artiques, & en plusieurs autres endroits d'Autours anciens. Et c'est de ce mot qu'on a fait pluralis. De pluralis, on a fait pluriers : & PLURIER, de pluriarius. Et M. de Vaugelas, qui veut qu'on ait fait pluriel de pluralis, n'a pas en cela bien rencontré. Mais écoutons ses raisons, & ses décisions touchant pluriel & plurier. Je mets, dit-il, PLURIER, avec une L, quoique tous les Grammairiens François ayant toujours écrit PLURIER, avec une R : au moins jusqu'ici je n'en ai pas vu un seul, qui ne l'ait écrit ainsi. La raison sur laquelle je me fonde, est, que venant du Latin pluralis, où il y a une L en la dernière syllabe, il faut nécessairement qu'il a retienne en la même syllabe au François : parce que je pose en fait, que nous n'avons pas un seul mot pris du Latin, soit adjectif ou substantif, qui ne retienne L, quand elle se trouve en la dernière ou pénultième syllabe Latine, où il y ait une L. Pour vérifier cela, je pense avoir jetté les yeux sur tous les mots Latins, où il y a une L à la dernière ou pénultième syllabe, & dont nous avons fait des mots François : mais je n'en ai pas rencontré un seul, qui, en notre Langue, ne garde L qui est dans la Latine. Il seroit ennuyeux de les mettre tous ici. J'en ai compté jusqu'à cent, ou environ. Ce qui a trompé nos Grammairiens, c'est, sans doute, qu'on dit singulier, avec une R à la fin. Et ils ont cru qu'il fallait écrire & prononcer plurier tout de même : ne songeant pas que singulier vient de singularis, où il y a une R à la fin, & que pluriel vient de pluralis, où il y a un L, & non pas une R en la dernière syllabe. M. de Vaugelas s'est ici trompé en plus d'un article. Premièrement, il n'est point vrai que tous nos Grammairiens ayant dit plurier. Vous trouverez pluriel dans le Traité de la Grammaire Françoise de Robert Etienne, imprimé à Paris par l'Auteur en 1569. & dans son Dictionnaire François, imprimé en 1549. & dans le Traité de Henri Etienne, son fils, de la Conformité du Langage François avec le Grec, page 57. & dans son Dialogue du Nouveau Langage François Italianise : & dans Nicot, aux mots anchoix, cappres, chartres, & en mille autres endroits : & dans les Commentaires de Méziriac sur les Epîtres d'Ovide, page 179. & dans les Sentimens de l'Académie sur le Cid, page 130. & dans l'Essay d'une parfaite Grammaire du Père Laurent Chifflet, Jetsuite. Il n'est point vrai non plus, que pluriel ait été EFERUS - Recherches & Classification numériques. fait de pluralis. De pluralis, on auroit dit plural; comme fatal, de fatalis; ou pluriel; comme tel de calis; & mortel, de mortalis. Et ce mot de pluriel se trouve dans le petit Dictionnaire Latin-François, publié par le Père Labbe; qui est un Livre qui a du moins quatre cens ans. Voici l'endroit: PLURALIS, pluriel. Pluriel a été fait de pluralis, comme il a été remarqué ci-dessus. Pluria, pluralis, PLURIEL: comme effemia, effemialis, ESSENTIEL: substantia, substantiadis, SUBSTANTIEL. Pour ce qui est de plurier, il a été fait de plurarius, qu'on a dit au lieu de pluralis: comme singularis, au lieu de singularis. Vous trouverez dans Aulugelle, xvii. 9. litera singularis. Et plurarius a été fait de pluraris, qu'on aura dit pour pluralis: comme jugaris (qui se trouve dans les Glofes anciennes), pour jugalis. M. de Vaugelas; ceci soit dit par occasion; dit qu'il dit toujours pluriel. Et moi, je dis toujours plurier: & je n'en trouve fort bien. Le grand usage est pour plurier. C'est ainsi qu'on parle dans la plupart des Collèges de France. Et c'est aussi comme parlent la plupart de nos Écrivains. Je prouveray par bons témoins, Que tous plurier n'en sont pas moins, dit Marot dans l'Épigramme à ses Déciples. M. de Vaugelas ayant produit cette Épigramme, y a fait mettre pluriels: mais dans toutes les éditions de Marot, il y a constamment plurier. Et ce même mot se trouve aussi dans la Préface sur les Œuvres de Villon. Mathurin Candier, dans ses Colloques, chap. 31. art. 13. Meigret & Ramus, dans leurs Grammaires Françoïes; & Peletier, dans son Dialogue de l'Orthographe; & Ronfard, dans son Abrégé de l'Art Poétique; & Pasquier, dans ses Recherches; & M. de Balzac, dans son Entretien 13. & l'Auteur de la Grammaire générale & raisonnée, qui est M. Arnaud; ont aussi dit plurier. Et le Père Laurent Chiflet, Jésuite, dans son Essay d'une Parfaite Grammaire, a fait une grande Observation contre M. de Vaugelas, pour montrer qu'il faut dire plurier. Et ce que M. de Vaugelas dit dans sa Remarque, que tous les Grammairiens généralement ont écrit plurier, suffirait pour prouver contre lui qu'il faut ainsi parler; puisque, selon ses maximes, il faut parler selon l'usage. Mais quelque j'estime plurier meilleur que pluriel; je ne condamne pas pluriel: ce mot, ensuite de la Remarque de M. de Vaugelas, ayant été mis dans le Dictionnaire de l'Académie; & employé par un très-grand nombre de célèbres Écrivains; & n'étant guères moins usité aujourd'hui, que celui de plurier. M.
PLUSIEURS. Le passage de l'Écriture, où les nouvelles Versions des Réformés ont mis, que celui qui fait la volonté de son maître, & ne la fait point, sera battu de plus de coups, portoit dans les anciennes plusieurs, au lieu de plus de: ce qui montre que plusieurs étant anciennement un comparatif, vient effectivement de pluriers, comparatif de plures. Ainsi ceux qui ont fait ce changement, ont eu plus d'égard à la signification qu'a aujourd'hui le mot plusieurs, qu'a sa propre & ancienne signification. Alain Chartier, dans son Poème intitulé, le Débat des deux fortunes d'Amours: Les plusieurs portent les couleurs fades. C'est-à-dire, la plupart. Et dans son Quadrilogue Invédit, page m. 411. de ses Œuvres: Dejeune, vos pensées de toutes affections qui vous meuvent à part; & vous P L U. P O A. P O C. cognosifrez que les plusieurs de vous laissent la Seigneurie dont vous êtes subjets, sans défense, exposée à toute fortune. Il dit les plusieurs; c'est-à-dire, la plupart. Le Duchat.
PLUVIER. Oiseau de rivière. Belon, liv. 5. de la Nature des Oiseaux, chap. 16. dit que cet oiseau a été ainsi appelé, parce qu'on le prend plus aisément en tems pluvieux, qu'en autre tems: ce qui me paroît peu vrai-femblable. Je crois qu'il a été ainsi appelé à cause qu'il aime la pluye. Belon au même endroit: Les pluvier, mettent les champs humides, afin que trouvons la terre molle, ils puissent mieux souffler dedans la terre, & tirer les vers au dehors. M.
POACRE. De podager. On écrivait autrefois poagre. Huet. Voyez pouacre.
POCHE. Lat. pera. Périon dérive ce mot de vix, vellus; parce que, dit-il, les pochettes se font de peaux. Il vient du Latin-barbare punga, qui se trouve en cette signification dans un grand nombre d'endroits produits par M. du Cange dans son Glossaire Latin. Les Grecs modernes ont dit dans la même signification vix, & vix, & vix, Voyez Meurtius, M. Rigault, & M. du Cange, dans leurs Glossaires Grecs. Le Latin barbare punga a été fait du Saxon pure; mot de même signification: comme l'a véritablement remarqué M. du Cange. ¶ De poche, on a fait le diminutif pochette; qui se dit aujourd'hui moins communément que poche: & M. de la Mothe le Vayer n'a pas eu raison de me faire railler dans son Hexaméton Rustique par M. Bautru, en lui faisant dire, qu'il laisse la poche aux Meuniers; & que les Dames & les Cavaliers eussent rougi autrefois, s'ils eussent dit poche pour pochette; le diminutif ayant quelque chose de plus convenable à leur condition. Je ne sais pas si du tems de M. Bautru, & de M. de la Mothe le Vayer, les Dames & les Cavaliers eussent rougi en disant poche pour pochette: mais je sais bien que les Dames & les Cavaliers rougiroient aujourd'hui en disant, mon mouchoir de pochette, pour mon mouchoir de poche. M.
POCHE. De pasceolus, diminutif de pasceus. Plaute, Lucille & Caton, se sont servis du mot pasceolus, que Nonius explique un sac de cuir. Et pasceus, vient du Grec vix, qui signifie une peau, selon Festus. Le mot Grec vix, d'où Turnebe fait venir pasceolus, vient au contraire de pasceolus, qui est fort ancien dans la Langue Latine; au lieu que vix ne se trouve que dans les Grecs du bas siècle. Pasceus a fait poche, comme lufcus a fait louche; musca, mouche; ascia, hache. Huet.
POCHE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1178. dérive ce mot du Saxon, comme M. Ménage. Voici ses termes: PACE, pera. Graco-barbaris vix & vix est sacculus, burfa, crumena ex curio, apud Meurtium in Glossario. Latino-barbaris punga, puncha, pochia, pera, apud Cangium in Glossario. Gallis poche saccus in veste, olim pera. Idem Anglis bage, pocke, pouch. Cunella ex fonte Saxonica. Somnerus in Diction. Anglo-Saxon. pocca, pochcha, poha, pera; pung caffedele, id est pera, marsupium, sacculus. Verelium in Indice: EFERUS - Recherches & Classification numériques Indice : Bagge faceulus, nestbaggi marfapium. Vox Saxonica videtur nos duceri ad verbum Gracum auy-vio, vel Doricum arfyn stringo, unde Latinis com-pingo; & proprii denotare loculum qui ligulis con-stringi potest. POCHER les yeux. Nicot écrit paucher; qu'il dérive de pollice elidere : ce qu'il a pris de cet en-droit de l'Ifagoge in Linguam Gallicam de Sylvius, page 7; Pollex, pollicis, POUÉCE, & PAULCE. Inde paulcer les yeux; un œuf : id est, pollice eli-dere. Il vient de pungere. ¶ Pungo, pugo, pupugi : pugio, puxi, puitum, puctare, pucare, pocare, POCHER. ¶ De pugo, on a dit folipuga. M.
POCHETTE. Voyez ci-dessus poche. M.
POELLE. Dais. Mot substantif masculin. Nicot : POILE. C'est un dais, ou c'est quarre, à pente et quatre cofres frangés ou non, porté à chasum des quatre coings sur un baston, dont on use les Procec-fions & entrées de Roys & Princes en leurs Villes : car & le Sacrement est sonis iceiuy poile, & le Roy en est forcouvert; estant : bascum desdits quatre ba-tions porté au poing par quelque personne d'honneur. Il semble venir de ce mot Latin pallium; & partant aucuns l'escrivent mal par s, POISLS. Budée l'inter-prete en Latin umbella, non trop hors de propos. Il est déférent du dais; parce que le dais est suspendu & dévalé en dedifer bien bas, & n'est porté nyfoutenu de bastons, ains pendant du plancher sur la table, ou fège Royal, où le Roy prend ses repas, ou se sied en authorité. Il est constant que le mot poelle, en cette signification, vient de pallium. M. Voyez ci-dessus poile. POELLE : pour le Drap sous lequel on met les enfans nés d'une concubine, quand on vient à l'épouser. De pallium. Guillaume, Abbé de Ju-mièges, dans le huitième livre de son Histoire de Normandie, chap. 36. Hac itaque de causa Comes Ricardus Gunnorem Comittifam, more Christiane, sibi copulavit; filique, qui jam ex ca nati erant, interim dum sponsalia agerentur, cum patre & ma-tre pallio cooperti sunt. M.
POELLE. Envy. De piselum; qui se trouve en cette signification dans les Auteurs de la basse-Latinité. Voyez M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot Gynaceum. M. Voyez ci-dessus poile. POELLE à frire. De patella; dont les Italiens ont aussi fait padella, & les Gascons padelle. M.
POICTOU. De Piclavium, qui a été fait de Piciones. C'est ainsi que les anciens Géographes ont appellé les Poitevins. M. Befiy, dans les Remar-ques sur les Mémoires de la Gaule Aquitanique : Quelques modernes, durant la barbarie des précé-dens siècles, ayant là ce que dit César, des Piètes qui subinguèrent l'Angleterre, lesquels se teignaient de gueade, l'ont appliqué aux Poitevins fort mal à pro-pos : aussi bien que Jean de Salisbury, Evêque de Chartres, qui a écrit sous le Roi Louis VII. a mal & inoptement dit, que avis picta urbi Piclavorum contulit nomen, lenitarem gentis colore & voce præfigurans, &c. Toutefois Messieurs de Poitiers, à l'entrée que le Roi Charles VII. fit en leur ville, lui présentèrent un oiseau d'argent doré, pour signifier Poitiers. M.
POIGNARD. On ne peut pas bonnement juger si ce mot vient ou de poing, parce qu'on l'empoigne facilement, & qu'il est quasi contenu dans le poing; ou bien s'il vient de poindre, de même que le participe poignant. La même diffi-culté se trouve dans l'origine de pugio, qui signifie même chose. Feltus Pompeius le dérive de punge. Pugio dictus est, quié en punctim pugnatur. Isidore, livre 28. chap. 6. de ses Origines. Pugio à pun-gendo & transfigendo vocatur. Quelques uns le font venir de pugnus; ab eo quié facile pugno apprehen-datur : de même que l'adjectif pugillaris, qui se dit de tout ce qui peut être contenu dans le poing. Caseneuve.
POIGNARD. De pugionardus, formé de pu-gio, pugionis. M.
POIL. De l'Italien pelo, fait du Latin pilus. Charles de Bouvelles a fort bien remarqué que ce mot ne rime avec aucun mot de la Langue. M.
POILE. C'est le drap soutenu avec des ba-tons, qu'on porte aux Procec-fions sur le Saint Sa-crement, sur les Reliques, ou sur les Rois quand ils font leur entrée en quelque ville. Il vient de pallium. Bertrand, dans les Antiquités de Tou-louse : In die Festi gloriosissimi Corporis Christi, Do-mini Capitularii portabant more solito pallium. De pallium les anciens François ont formé ralle, paille, & poile, qui signifie même chose. Olivier de la Marche, livre premier de ses Mémoires, chap. 7. Et les Citoiens apporteront un paille de drap d'or, porté par les plus notables Bourgeois. Et au chap. 37. Le corps gisoit en son chariot; & par dessus avoit un paille élevé. Et dans le même chapitre : La poile effervé sur southern par quatre des plus grands de Bour-gogue. Caseneuve. Voyez ci-dessus poelle, dais.
POILE. C'est un endroit de la maison où, par le moyen d'un fourneau, on entretient une cha-leur lente & modérée; & où, en pays froid, & durant les rigueurs de l'hiver, les gens font leur demeure ordinaire. Il vient de pyrale, dérive de wio, qui signifie feu. Eckehardus le jeune, de Ca-sibus Monasterii S. Galli, chap. 11. Veniunt in py-rale; & in eo lavatorium, ne non & proximum py-ralis scriptorium; & has tres regulatissimas pra on-nibus quam nquam viderins, astrebant esse offici-nas. L'Auteur sans nom du Livre intitulé Historia de Patribus conscriptis, qui est au tome 2. partie 2. des Antiquités d'Allemagne de Goldsat : His exa-this, idem liberalissimus Praful pyrale Congregatio-nis intravit, pettineque eburneis, magentaudine & artificio insignes, catenis fecit aereis ibidem suspendi, ac manutergias per singulos singulas adjungi. Caseneuve. Voyez ci-dessus poelle, étuve. POILE : pour étuve. Wachter, dans son Glof-sarium Germanicum, page 1219. PUSIL, pilsel, culina, Dialecto Frisica apud Cangium in voce Gyn-aceum. Longobardi, vel saltim Latino-barbari videntur eodem sensu dixisse pilsile, & pilsale. Si verus est significatus, deduci potest à Graco vivus, vius, coque, pisso, panem conficio. Gullos inde habere poisse hypocantum, hand abs te judicat Mabillonis. Cette étymologie me paroît préférable à celle de M. de Caseneuve; & elle confirme celle que M. Ménage donne de ce mot, qu'il écrit poelle. Voyez ci-des-sus poelle, étuve. POINÇON de Concurieres, avec lequel elles font des orillers. De punctione, ablatif de punctio : à pungendo. Nicot l'appelle pugionculus. ¶ De la ressemblance à cet instrument, on a ensuite ap-pellé poinçon une aiguille de tête, avec laquelle Vu EFERUS - Recherches & Classification numériques les femmes séparant leurs cheveux : *discerniculum*. On pourroit aussi l'avoir appelée de la sorte, à *pungendo* : parce qu'elle sert aux femmes à se grater la tête : pour laquelle raison les Latins l'ont appelée *casona*. Isidore, dans ses Glofes : CASONA ; *acus*, *quà mulier scalpit caput*. Car ce mot *casona* a été fait de *nuiu*, *scalpo*, *nuiu*, *nuiu*, *nueuu*, *cnaona*, CASONA (a). M. POINÇON de vin. On appelle ainsi à Orléans, ce qu'on appelle à Paris une demi-quinze de vin. L'origine de ce mot en cette signification ne m'est pas connue. M. POINÇON de vin. Le mot *poinçon*, en cette signification, vient de *piceone*, ablatif de *piceo*, augmentatif de *piceus*, *a*, *um*. *Piccom* (*sup. var*), *picet*, *piceo*, *Piceo*, *piceonis*, *piceons*, *piceone*, POINÇON. Originalement *poinçon* en ce sens, se prenait pour une outre, ou peau de chèvre polifée, coufue, & préparée pour y mettre du vin. Rabelais, livre 1. chap. 28. *Et burnet si net, qu'il n'y demeura une seule goutte des deux cent trente & sept poinçons*. Et plus bas : *Après qu'ils eurent bien tiré au chevrevin*. Le *poinçon* à Orléans est composé de douze jallages : & chaque jallage de seize pintes de la grande mesure d'Orléans. Article 493. & dernier de la Coutume d'Orléans. *Le Duchat*. POINDRE : pour *piquer*. De *pungere*. On a dit autrefois *poindre*, pour *peindre*, selon Borel. De *pingere*. *
POINT. Mal de côté. De *punctum*. Pline l'appelle *punctio*. *In rufi vetere radices buccharis tres quatuorve decoquuntur ad tertias partes*. *Hac potio mulieres ex aborta purgat, laterum punctiones tollit, & vesica calculos*. C'est au chapitre 19. section 77. du livre 23. de l'édition du Pere Hardouin. Et *punctum*, & *punctio*, ont été dits à *pungendo*. ¶ Les Grecs vulgaires appellent *vivre* la pleurée : ce qu'ils ont pris des Italiens, qui l'appellent *mal di punta*. M.
POINT. Particule négative. De *punctum*. Nicot : POINT, *fermomi vernaculo additur ad majorem negatoriis expriſſionem* : IL N'IRAY POINT : *id est*, non *ibo* : *quasi dicas*, ne *punctum* quidem proprediat ut eam illuc. IL N'Y EST POINT : *id est*, non *est* illic : *quasi*, *illius* ne *punctum* quidem *ibi est*. *Sumitur enim punctum pra re minima*, &c. Ce qu'il a pris mot pour mot de Robert Etienne. Nous disons de même PAS de *passus*. Et nous disons anciennement MIS de *mica* : & les Italiens se servent encore à présent de *miga*, dans la même signification. Nicot : MIS, *ores est adverbe renforçant la particule négative qui le précède* ; car il n'est *onc usurpe sans autre adverbe négatif mis au-devant* ; comme, IL N'EST MIS HOMME DE BIEN : nullo pacto probus homo est. *Comme si on disoit*, ne probitatis quidem *ulla mica in eo est*. IL NE VIENDRA JAMAIS : *minimè gentium veniet*. NON MIS QUE IS VUILLE QU'IL M'OBIISE : non quidem, quod eum mihi obſequentem velim. *Aucuns eſtiment qu'eſtant adverbe, il vienne de cet adverbe Latin minimè*. Mais ne *sait* : *ains en toutes ſes ſignifications vient de ce mot Latin mica*. ¶ Voyez ci-deſſus *mie*. M.
POINT-SECRET. Bouteroué, page 151. C'est un petit point qui se met ordinairement sous les lettres des Légendes : comme en la monnoie de Paris il doit eſtre ſous le deuxième E de Benedictum, en la monnoie d'argent, qui eſt la dix-huitième lettre : à Rouen ſous le B, qui eſt la quinzième lettre. M. (a) Le vrai mot eſt *cnaſon*. Voyez dans Feltus *Cnaſon*.
POINT-SECRET. Dans tout ce que j'ai vu de monnoies de Paris, frappées depuis 1642. & non reſtappées, ce *point-secret*, qui eſt un petit triangle, se trouve ſous l'o de *Domini*, & jamais ailleurs. Du reſte, ce même *point-secret* eſt omis dans pluſieurs demi-écus blancs & quart-d'écus blancs, aussi de Paris, frappés ſous Louis XIII. Et, autant que j'ai pu le remarquer, on ne le trouve même plus dans les écus blancs depuis l'an 1666. inclusivement. *Le Duchat*.
POINTILLE. Chicane ſur un point de peu d'importance. *Le Duchat*.
POIRE. Sorte de boiſſon, faite de jus de poires. De *piratum*. *Piraticum* se trouve en cette ſignification dans Fortunat, en la Vie de Sainte Radevige, liv. 1. *Patum*, *prater aquam muliam & piraticum* (al. *piratum*), non *bibit*. Saint Jérôme, liv. 2. contre Jovinien : *Paulus Timotheo dolenti ſtomatum vinum ſuades bibere, non piraticum*. M.
POIS. Légume. Du Latin *piſom*, pris du Grec *miens*, qui ſignifie la même choſe, & qui eſt formé du verbe *miens contundo*, parce qu'on écaré les *pois* pour en faire de la purée. *
POIS-PILÉ. On appelle ainsi le marc des pois dont on a fait de la purée. De-là on a donné le même nom aux anciennes Farces, parce que le ſtile & les pensées en ſont depuis long-tems rebutés par les bons Poètes, qu'il ſi renvoient au burleſque, comme ne valant plus rien qu'à cela. Voyez le Baillet de M. de la Monnoie, tome 4. page 432. Note 1. Voyez aussi le Remerciment des Beurrieres, page 15. & Feneſte, liv. 3. chap. 10. *Le Duchat*.
POISARS. Rabelais, livre 1. chap. 38. *Et pour ſoy herberger celle nuit de peur des ennemis, s'eſtoient muſſez au jardin deſſus les poyzars entre les choux & laitues*. On appelle poyzars en Poitou, la tige ou le chaume des *pois* rampant ſur la terre, après qu'on en a détaché ou cueilli les gouſſes, comme cela eſt arrivé au tems des vendanges, qui eſt le tems auquel arriva l'aventure dont parle Rabelais. *Le Duchat*.
POISON. De *poione*, ablatif de *poio* : d'où les Eſpagnols ont aussi fait *ponçona* : comme *empoçonar*, d'*importionare* : duquel mot *importionare*, nous avons aussi fait EMPOISONNIE. *Potionatus* se trouve dans Suétoine, en la Vie de Caligula, pour *empoiſonné*. *Creditur potionatus* à *Cafonia uxore*, *amatorio quidem medicamento*, *ſed quod in furorem verterit*. *Poison*, dans nos anciens Livres François se trouve en bonne part : c'est-à-dire, pour *poion*, ou *brumage*. Perceforet : *Puis leur ſerent boire poisons, qu'elles ſeurent que bonnes leurs oſtoient, &c. & luy donnerent à boire d'unes poisons tant ſouveraines, qu'il n'eſt nuls tant ſoit fourment, ne traveilles, qu'il ne ſoit incontinent frais & nouveaux, ne que aucunement ſente bléchure, ne plaie qu'ils ayent*. Les Grecs ont uſé de même du mot *quiesnunt* en bonne & mauvaise part. M.
POISSON. Lat. *piſcis*. De *piſcione*, ablatif de *piſcio*, *piſcionis*, augmentatif de *piſcis*. M.
POISSON. Meſure. L'origine de ce mot, en cette ſignification, ne m'eſt pas connue. M.
POISSON. Meſure. Ce mot vient peut-être de *poio*. On diſoit autrefois *poſon* ou *poçon*. Voyez Nicot, au mot *poſon*. *
POITRAIL. Le *poitrail d'un cheval*. De *poiturale*. Les Gloſes anciennes : *poiturales*, *poiturales*. Les Eſpagnols de *poiturale* ont fait de même *petral*. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques P O I. P O L.
POIVRETTE. Voyez *nielle*, plante. M. POIX-RESINE. De *pix* & de *refina*, fait de *juvien*. M.
POLONOIS. Nom de peuple. Les uns le dérivent du *Pole* Arctique, & veulent que ce soit Charlemagne qui leur ait donné & nom. D'autres prétendent, qu'il vient de celui d'une Forteresse nommée *Pole*, qui étoit aux confins de la Poméranie. D'autres le font venir d'une ville de la Colchide appellée *Pola*, & disent que Lechus venant de ces quartiers là, en prit occasion de le donner à la nation qu'il gouvernoit. D'autres le dérivent du nom des *Polaques*, & celui des *Polaques* de celui de Lechus. D'autres le tirent de *Policna*, ville de la Sclavonie, d'où ils font sortir les Polonois. Un grand nombre d'Ecrivains veulent qu'il vienne du mot Polonois *pole*, qui signifie une campagne unie; parce que la Pologne a beaucoup de plaines. Un autre Ecrivain aime mieux le dériver de celui des *Bulani*, anciens peuples Sarmates dont parle Prolomée, livre 1. chap. 10. Il croit que *Polon* & *Bulani* peuvent être regardés comme le même nom, & qu'on peut d'autant moins en disconvenir, que les anciens Ecrivains Allemans ont appellé les Polonois *Bulani* ou *Bulani*. Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, page 1211, parle ainsi de l'étymologie de ce nom: POLEN, *Poloni*, gens Sarmatia Europaea nobilissima, & Colchide, ut videtur, oriunda. Nam *wiat* Colchica Lingua vocantur exules; quod ex Lycophrone & Calimacho probat Strabo in Geographia, lib. 5. pag. 217. & ex Strabone primus animadverti Herinus in Praetatione Originibus Gallicis *Boxhornii praxixa*. Ita autem Colchi bi, quod sede migrasent, Lingua fica dicti sunt. Mac etymologia catris a polo, vel planitie defumptis, & Hartnichio, lib. 1. de Rep. Pol. cap. 2. memoratis, et si Carolum Magnum habeat autorem, anteferenda est, quia non suum nominis, sed etiam gentis, originem pandit. Nec defunt exemplis vetusissimorum populorum, quibus migratio simile nomen conciliavit. Sic Celtæ, vi nominis sunt extorps, Purni exules, Batavi *jufi*, Alamanni *perverini*. Voyez le même Auteur, page 129. & ci-dessus *Celtes* & *Allemans*.
POLTRON. Les Italiens disent de même *poltrone*. La plupart des Etymologistes dérivent ces mots de *pollice truncus*. M. de Saumalie, dans son Livre de *Trapezitico farore*, page 784. *Veteranis*, qui situs armis gerendis habiles non sponte sua militia obtulissent, haud impunè fuit *Lego Valentiniani* & *Valentis*. Idem Imperatores flatterunt flammis *ultricibus comburendum cum*, qui ad fugienda *Sacramenta militia*, truncatione digitorum, damnum corporis expetisse. Multi enim illo tempore, quia necessitate ad bellum cegobantur, pra ignavia sibi pollice truncabant, ne militarem. Inde pollice truncos hodique pro ignavis & imbecillibus dicimus: sed, truncata voce, poltrones. Savaron, sur Sidonius Apollinaris, livre 1. épître 2. Lindembrog, sur Ammien Marcellin, livre xv. page 41. Bourdeloit, sur Petrone & Voissus, dans son Etymologique, au mot *murcus*: en ont donné la même étymologie. Et c'est celle qu'a suivie M. Ferrari dans ses Origines Italiennes. Il est indubitable que le François *poltron* vient de l'Italien *poltrone*: &, conformément à l'analogie, l'Italien ne peut pas avoir été fait de *pollice truncus*. Il faut donc cher- cher une autre étymologie de *poltrone*. L'Alimno, dans son Dictionnaire intitulé *Fabbrica del Mondo*, le dérive de *poltro*, qu'il dit signifier *un lit*. Voici ses termes: POLTRONE, *ignavis*: POLTRARE, *expergiscere*. Da *poltro*, *che significa* il letto: *onde sono detti poltroni quelli che sono affai nel letto*. Le Galefini, dans son Tréfor de la Langue Italienne, dit à peu près la même chose. POLTRIRE, *poltrone* *neggiate in letto*. Et le Landino, sur cet endroit de Dante, qui est du Chant 24. de l'Enfer: *Omai convien che tu così ti spoltre* *Difel Maestro: che seggendia piume,* *La fama non si vign, ne setto coltre.* Voici ses termes: POLTRO *significa* letto. *Onde diciamo poltrodi, gli uomini pigri, e dormigliosi. E spoltrire significa* uicir del letto: *cioè deflarsi, e lasciare il sonno e l'ocio, e darsi alle virtù; la via de'lequali è faticosa, & erta. E pone giacere in piume, e stare setto coltro, che è coperta del letto, per la vita somnolenta, pigra, oxioca, e voluttuosa: laquali è nemica di ogni virtù, e genitrice d'ogni virtù. Onde il Petrarca:* *La gola, il sonno, e l'otiofe piume,* *Auno del mondo ogni virtù fbandita.* Le Vellurello, sur le même endroit de Dante: POLTRO *significa* il letto: *e POLTRIRE, pofar in quello. Onde è poltrone, chi ufa troppo poltrire. Spoltrire adunque sera il suo contrario. Et questo c'erra P'igilio Dante: cioè, in ragion' il senso: perché seggendo, ci è, posando in piume, e setto coltre, non si vien' il fama. Onde il Petrarca. La gola, e'l sonno, &c. Le Teffone, dans ses Remarques manuscrites sur le Vocabolaire della Cruica, *che ces mots della Cruica, Spoltrire; Lat. socrendam abjicere. Dante, Inferno 24.* *Omai convien, che tu così ti spoltre,* dit aussi que *poltro* signifie *un lit*. Voici ses termes: *Io fitmo che spoltre fia di spoltrace, anzi che di spoltrire. E'l Commentator vecchio dice ivi: a trattare della predetta materia, vuole l'uomo spoltrace; quasi uscire di polledro; che per allegoria è significato l'appetito. Behè il Landino, e'l Vellurello, dicono che poltrire è stare in letto; e spoltrire, uscire. Così per ispoltronisti; ma più tofo spoltrace, che spoltrire; per che dieffe Fazio, Ditramendo, libro 3. capitolo 5.* *Et io a lui: da porto ad Androna* *La strada io: ma convien l'uomo si spoltri,* *Si comme va Delfin à Savona.* M. Ferrari dit aussi que *poltro* signifie *un lit*. Mais nonobstant toutes ces autorités, je donne fort qu'il le signifie; ne se trouvant point en cette signification dans les Auteurs anciens. Les Allemans appellent *polter*, un oreiller sur lequel on se touche, ou on s'affier. Et il pourroit être que les Italiens auroient fait de-là *poltro* dans la même signification; laquelle auroit passé ensuite dans celle d'*un lit*. Et en ce cas, l'opinion de ceux qui dérivent l'Italien *poltrone* de *poltro*, dans la signification d'*un lit*, seroit assez naturelle. Je crois néanmoins toujours, comme je l'ai écrit dans mes Aménites de Droit, que *poltrone* a été fait de *pullus*. *Pullus, pulli, pullitrus, pultrus, poltrus, poltro, poltronis*, POLTRONE. *Pullus* a signifié originellement *puer*. Et c'est de ce mot *puer* que *pullus* a été formé, selon l'opinion de plusieurs V u ij EFERUS - Recherches & Classification numériques P O L. P O M. Etymologistes : puer, puerulus, puellus, PULUS : car d'autres le dérivent de «dale». Et comme au fait de la guerre les jeunes gens sont timides, étant sans expérience : & non aldus «dæmūm ippe», dit Homere, parlant d'un jeune homme : on a dit poltrus pour timide. Messieurs della Crufca, au mot poltro. Dante, Purgatorio 24. Come fan bestie spaventate, e poltre : Benvenuto da Imola, interpreta giovincelle. Remarquez en passant ; ce qui a été remarqué par le Tassone, dans les Notes manuscrites sur le Vocabulaire della Crufca ; que ce Benvenuto n'est pas le Benvenuto da Imola, mais le Benvenuto appelle simplement le Benvenuto. ¶ Voyez mes Origines Italiennes. Les Espagnols disent aussi poltron. Mais, comme Covarruvias l'a très-véritablement remarqué, ils ont pris ce mot des Italiens. M.
POLTRON. Je ne sais pourquoi M. Ménage, après avoir dit que l'Italien poltrone, d'où le François poltron, pourroit être venu de l'Alleman polster, qui signifie un oreiller, aime mieux ensuite dériver ce terme Italien du Latin pullus. Cette dernière étymologie me paroît bien moins naturelle que la première. Poltrone ne ressemble guère à pullus, ni pour le son, ni pour la signification, & on ne peut l'en faire venir que par violence. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1212. dérive aussi poltrone de l'Alleman polster. Voici ses termes : Caerum à polster Itali priores caerum poltro lethus, per synecdo ben partis pro toto ; & hinc perro poltrone ignavus, quod optimis observatum Mongio in voce poltron. M. le Duchat observe que les bas. Allemans disent polter, au lieu de polster : & c'est de ce polter qu'il dérive poltron. ¶
POLYPODE. Nom de Plante. Du Grec «dò beaucoup», & «de pied». Cette plante a été ainsi nommée, parce que sa racine s'attache aux arbres & aux murailles par plusieurs fibres qui sont comme autant de pattes étendues de côté & d'autre. ¶
POMERANIE. Province d'Allemagne, située le long de la mer Baltique. Aussi dit-on que ce nom signifie près de la mer. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1212. Pomerani, gens Venedica ad mare Balticum, Statuomée Pomorai, à po'apud, & mot mare. Ita Lingue iftius periti nomen explicans, nec quicquam impedit ut sequamur, cum nominis Armorici par ratio sic. Vandalos antiquissimis temporibus has oras habitasse, & Venedos demum illis in solo vacuo successisse, pro certo haberi debet, etiam Vandalis & Venedii a multis cruditis confundantur. Ipsum Pomeranie nomen novum est, ab advenis & Sarmatia consilium, & ante saculum undecimum vix auditum. Quelques-uns, en badinant, donnent à la Normandie le nom de Pomeranie, à cause des pommes. ¶
POMMADE. De l'Italien pomata : que Messieurs della Crufca dérivent de pomum. Voici leurs termes : POMATA, ungufito fatto di grasso profumato, con diversi aromati, e mele appiulo. Onde da questi pomi, è forse desta POMATA. Mele appiulo, sont des pommes d'api. Cette étymologie est indubitable. La pommade a été ainsi appelée, à cause que la pulpe de la pomme fait le principal corps de la pommade. Il est à remarquer que nos anciens ont appellé le cidre pommade. M.
POMME-FIGUE. Espèce de pomme : ainsi appelée, parce qu'elle sort de son bois, comme fait la figue ; d'où vient qu'elle est appelée autrement pomme sans fleurir. Voyez M. Merlet, dans son Abrégé des bons Fruits, au chap. 10. qui est des Pommiers. M.
POMME. Cidre. De pomatum. M. POMMEAU d'épée. De sa ressemblance à une pomme. M. de Saumasse sur l'Histoire Auguste, page 21. μονανα Graci vocant enfis capulum, quod fungi formam referat. Nos pomale, à pomi similitudine vulgo appellamus. Graci quoque hodierni μοναρ, eadem de cause. M.
POMMELE. Cheval pommelé. De sa ressemblance à des pommes, par ses marques blanchâtres. M.
POMMELE. Tems pommelé. On appelle tems pommelé, quand les nuées sont séparées les unes des autres. Ce qui est un signe d'orage. Tems pommelé, femme fardée, N'ont jamais eu longue durée, dit le Proverbe. Et on l'appelle de la sorte, de la ressemblance de ces nuées à des pommes. Les Normans disent tems caillé. M. POMMES D'AMOUR. Lat. mala insana. Voyez mes Origines Italiennes, au mot melensane. M.
POMMIER. De pomarium. Les Glofes d'Isidore : MALARIUM, pomarium. M.
POMPE. Somptuosité ; appareil superbe & magnifique. Du Latin pompa, fait du Grec «pome». A «pome» mittere, quia totus ille ostentationum apparatus quem pompam vocamus, a missonibus, vel legationibus, orum duxit, dit Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot pompe. ¶
POMPE. POMPER. Une pompe, est une machine hydraulique. Ce mot vient de pompa, qui vient de «pome» : parce que la pompe est faite pour envoyer & conduire l'eau quelque part, en la poussant. Car/quoiqu'il y ait quelques pompes que l'on appelle aspirantes, dans lesquelles il semble que l'eau monte d'elle-même ; il est pourtant véritable qu'elle n'y monte qu'à cause qu'elle y est poussée : soit par la pesanteur de l'air ; qui est la seule cause qui fait élever l'eau dans les pompes ; soit par la compression du piston. Quand Vitruve décrit la pompe de Ctesibius ; qui est l'Auteur des pompes ; il ne fait aucune mention d'attraction. Il parle seulement de la compression des pistons : qui cogunt & extrudant pressonibus aquam in cæcinum. C'est au chap. 12. du livre 10. Ces mots de pompe & de pomper, nous sont venus d'Italie, où l'on dit pompa & pompare en la même signification. Et les Italiens ont emprunté ces mots des Grecs. Les Espagnols disent bomba. M. POMPE : pour machine hydraulique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1212. POMPE, pompe, machina hauseria : pompen, hauser, exantare. Utrumque apud Belgas, Anglos, Gallos, Italos, Hispanos, usu receptum. Au quia aquam sursum mittit, adoeque à «pome», ut antecedens ! Ita judicat Menagius in Originibus Gallicis. Skimero tamen est vox à fono assurgentis aqua filta. Sed prius videtur praferendum. ¶
POMPES. On a donné ce nom à certaines pièces du harnois d'un cheval. Rabelais, livre 2. chap. 27. Un chanjrain de cheval, des pompes, des EFERUS - Recherches & Classification numériques P O N. P O R. efficieres, des efferens, &c. On a aussi appellé nez à pompetes, un nez chargé de groffes verrues, ou excrolifances de chair. Rabelais, livre a. chap. 1. Et autres tant croissés le nez, qu'il fembloit la flure d'un alambic, tout diapré, purpuré, à pompetes, tout effraillé, tout bononné, & bridé de gueules. De la refemblaise de ces verrues avec les balles d'Imprimatur, appellées aussi pompetes, peut-être par corruption pour pommettes, à cause que ces balles avec leurs manches, ou poignées, refemblement à de groffes pommes. Le Duchat.
PONANDE. On appelle ainsi à la Chambre des Comptes de Paris, le premier apotille qui se met sur le commencement du Compte; & cette étiquette de parchemin de figure triangulaire qu'on met à la liaise des acquits du Compte. Et voici la raison de cette appellation. Du tems que les Arêts se délivroient en Latin, on écrivait sur cet apotille & sur cette étiquette, Litera & acquittamente super hoc Compuso relata, ponenda sum in tali camera, in tali facco. Ce mot de ponenda a été depuis, par corruption, changé par les Cleres en celui de ponande. M. PONANT: pour Occident. De l'Italien Ponente, fait de ponere; comme qui diroit le lieu où le Soleil se couche; ubi currum ponit, seu folevis equos, comme parlent les Poctes, dit le Pere Labbe, à la page 110. de ses Etymologies Françoises. M.
PONCE. Voyez pierre-ponce. M.
PONCE. On dit en proverbe: C'est un Avocat de Ponce Pilate: & on le dit d'un Avocat, qui n'a point de pratique, ni de causes; parce que Pilate parlant de Notre Seigneur, dit dans l'Évangile, non invenio causam: par une équivoque à peu près pareille à celle dont Horoman en son livre intitulé Matagonis de Matagonibus, raille Baudouin, Jurifconsulte, en l'appellant un Docteur de nécessité, parce qu'il est dit que la nécessité n'a point de loi. De Brieux, Origines de quelques Contumes anciennes, pag. 90.
PONCEAU. Dans la signification de petit pont: de ponticellus. Dans la signification de la fleur appellée autrement coquelicte: de punicellus. M.
PONCET. Petit pont. De ponticellus, fait de pont pontis. Voyez ponceau. Le Duchat.
PONCIRE. De pomum cereum. M. de Saumais sur Solin, page 956. In ipsa citrerum specie multa alia species deprehenduntur: ut quas Limas appellant, & Limones; & Ponciras, quasi poma cerea. ¶ L'Espagnol dit poncil. M.
PONDRE. De ponde: en sous-entendant ova. Ovide, liv. viii. de ses Métamorphoses: Pontique in sepibus ova. Juvénal, Satyre 1. Ubi ponunt ova columba. Columelle, liv. 2. chap. 1. Cum panca ova gallina pesuerunt, inertes ad incuhandum. Les Grecs ont dit de même que nous, Ioh. 2. dans y ajouter le mot 2. Eutathius sur Homere, Odyssee M, page 46. de l'édition de Rome: Tecturis minus iens trout. De qui Dacus vii immensi Ioh. 2. Il parle des poules. Les Espagnols, à l'imitation des Latins, disent poner un huevo. Sobre un huevo pone la gallina, dit un de leurs Proverbes. M.
PONDRE. Alain Chartier a dit de même effondre, dans la signification d'exponere. C'est dans son Poème intitulé le Livre des quatre Dames, où on lit ces paroles: Force de deuil me vient femandre De mon cas tris-honoreux effondre. C'est-à-dire, empofer. De cette manière, un enfant peut être exposé de deux façons: l'âme par la mère, lorsqu'elle a affecté d'aller pondre en quelque lieu à l'écart: l'autre, lorsqu'après s'être délivrée d'un enfant chez elle, on transporte cet enfant par son ordre, & on l'expose, dans la vue que quelque personne prenne soin de le faire élever. Le Roman de la Rose, fol. 40. v. Et lay dit Phanie sa fille, Qui tam estuis saige & subtile, Et farvait les fonges effondre. Et fol. 108. v. Et bien voyse tout effondre, Plus opposer, & plus refondre. Le Duchat. PONT DE L'ARCHE. Appellé Pont des Archiers dans la Chronique Scandaleuse, sous le mois de Janvier 1465. Plus bas Pont de l'Arche. Le Duchat.
PONTE. On appelle ainsi un As rouge au jeu de l'Hombre, quand il est triomphe. De l'Espagnol ponto; parce que la figure de cette carte, qui est en Espagne une taise ou un denier, ne paroît qu'un point par rapport aux As noirs, qui font une épée & un bâton. Le Duchat.
PONTER. Terme de Bussette. De ponitare, augmentatif de ponere. Le joueur y est appellé ponteur, parce qu'il met son argent sur certaine carte qu'il a choisie au hazard. Le Duchat.
PONTINARE. Espèce de point coupé. De l'Italien pontinara qui a été fait de punto in aria. Nous disons par corruption pontignac. M.
PONTON. De ponto, qui se trouve dans les Commentaires de César pro genere Gallici navigii. Il se trouve aussi dans la Loi dernière, au Digeste, De Servis. pred. roff. M.
PONTS-DE-CE. Plusieurs croyent que ces ponts ont été ainsi appelés de César: en quoi il n'y a point d'apparence; quoiqu'il soit constant que du tems de cet Empereur, il y eût un pont en ce même lieu, par où Damnacus, Chef des Angevins, fit sa retraite, & où il fut battu par Fabius, & qui dans les Commentaires de César, est appellé Pont ad Ligerim. M. de Thou les appelle Pontes Ceii. Et ils sont ainsi nommés dans quelques Chartres. Dans un Titre sous le Roi Robert, de l'année 1003, le Pont de Cé est appellé Saiacum. Ecclesiam super ripam Ligeris in villa de Saiaco. M.
PORC-E'PI. Lat. ericius. Les Grecs l'ont appellé de même auxphopias, c'est-à-dire, port'épine. Ceux qui prononcent port-épic, prononcent mal. M.
PORC-E'PI. Un de nos vieux Romans; s'en ai oublié le nom; fait le conte d'un Chevalier qui tua un monstrueux porc, à qui des flèches qu'il dardoit sans cesse, tenoient lieu des foles qui couvrent la peau des autres porcs. Cette idée suppose, que du tems de l'Auteur de ce Roman, le mot d'usage & sa prononciation étoient port-épic. Le Duchat.
PORC-E'PI. Ce que dit M. le Duchat sur ce mot, semble prouver qu'il vient de parcus spica- EFERUS - Recherches & Classification numériques ru. Aussi l'écrit-on communément porc-épic. M. Ménage, dans la première édition de ses Origines de la Langue Françoise, fait mention de cette étymologie : mais il aime mieux faire venir porc-épic du mot épine ; à cause que les Espagnols appellent cet animal puerco-espin, les Italiens porco spinofo, & les Allemands flacheischwein, mot composé de flachel, qui signifie teinte, & de schwein, qui signifie porc. Les Anglois l'appellent aussi porcupine. Mais quoique tout cela revienne au mieux pour le sens, il me paroît néanmoins plus naturel, & plus conforme à la manière dont ce mot a été constamment écrit en François sans n, de le dériver de porcus spicatus.
PORCELAINÉ. Vases de porcelaine. Selon, dans ses Observations, liv. 1. chap. 71. parle de la porcelaine, en ces termes : il y a grande quantité de vaisseaux de porcelaine, que les marchands vendent en public, au Caire. Et les voyant nommez d'une appellation moderne, & cherchant leur étymologie Françoise, avons trouvé qu'ils sont nommez du nom que tient une espèce de coquille, nommée mutex. Car les François disent Coquille de porcelaine. Mais l'affinité de la diction mutex correspond à murchina. Toutefois ne cherchons l'étymologie que du nom François ; en ce que nous disons Vaisseaux de porcelaine : j'achant que les Grecs nomment la mirrhe de Smirna. Les vaisseaux qu'on vend pour le jourd'hui en nos pays, nommez de porcelaine, ne tiennent tache de la nature des anciens. Et combien que les meilleurs ouvriers d'Italie n'en sont point de tels, toutefois ils vendent leurs ouvrages pour vaisseaux de porcelaine ; combien qu'ils n'ont pas la matière de mesme. Ce mot porcelaine est donné à plusieurs coquilles de mer. Et pour ce qu'un beau vaisseau d'une coquille ne se pouvait rendre mieux à propos, suivant le mot antique, que de l'appeller porcelaine, avons pensé que les coquilles polies & lusantes ressemblant à nacres de perles, ont quelque affinité avec la matière des vases de porcelaine antiques. Joint aussi que le peuple François nomme les patensores faites de gros vignots, patensores de porcelaine. Mais écoutons Jules Scaliger, dans l'exercitation cxx. contre Cardan : Martiacotta, inquis, constat sale chali, alumine, & arena ; tum plumbo nigro vel albo, in calcem redacto. Hæ vasa figulina intinguuntur ; & in fornacem polia, nitorem vitri accipium. Negligenter admodum rem prodis haud ignobilum : hac enim incrustatione figlima, qua ex Valentinis & Majoricis fornacibus convetta, porcellanas amulatur, candidissima splendidissimaque efficientur. Et dans l'Exercit. xcii. Quemadmodum vero fiant ; il parle des porcelaines : atque unde importentur, si scripsero, spero iis qui hac ignorant, atque atiofi fruntur aliens laboribus, non ingratam rem facturum : praesertim cum historia hac haud vulgaris sit, & cui multa miracula attribuantur. Principio, pictura, qua vix apparent, si luci objeceris, emergent visui luculenter : aciem spatia reliqua transmitent. Deinde, quantum juscula intus occuparim, tantum calefieri : vicinas partes non calefieri. Hac scimus nos, cum haud paucas extare compersissimus adhuc inter miserias reliquias veteris ruina Scaligerorum. Quare tertiam quoque vim expertis sumus. Unius fragmenta natti, ex duobus collisis frustulis sape ignem excussimus nostra manu. Quantum addemus ex superstitione atque impostura Mercatorum. Negant veneno voise infici : disruptum enim. Fium hunc ad modum. Otorum poramina, & marinarum conchas umbilicorum (Porcellana species horum sunt ; unde & nomen), in tenuissimum redi- gunt polinem, quem aquâ subactum, vasorum facie informant, subusque terram condunt. Omentimo anno, pro perfectuessodiunt, ac venale opus habent. Quod eorum vita superest, beredi testamente transcribunt. Quotannis conficiunt, atque infodiens, referuntque tempora in commentarios, ex quibus cruunt matura. Ex provincia China optima advenuntur. Alii putant, non vasa, sed materia condi massam ; quâ extractâ, confiant vasa. Horum precia, cum & opes, & patientiam, postremi etiam fidam excederent, novo ingenio tam belle imitati sunt in Insulis Majoricis, ut sape difficile judicata sit, utra vera, utrave adulterina. Presello, nec formâ, nec specie, nec nitore cedunt : aliquando etiam superant elegantiâ. In Italia nunc audio tam perseita venire, ut cuivis caffitero, quod ibi vocatur peltrum, anteferantur. Ea, corrupta una literâ, à Balearibus, ubi dicuntur excellentissima fieri, Maiolica nominantur. Scaliger se trompe tout-à-fait. La porcelaine est une terre. L'Auteur du livre intitulé Ambassades Mémorables à l'Empereur du Japon : La terre dont on fait la porcelaine se tire des montagnes qui sont auprès de Hovicheu, ville capitale de Nanquin. Cette terre ressemble mieux à du sable extrêmement sin, dont les grains sont visibles, & extrêmement séparez, qu'à de la terre telle qu'elle soit. Elle n'est propre qu'à cet usage, qui plaist universellement. C'est pourquoi on la cherche avec plus de soin qu'aucune autre, & pour n'y estre point trompé, s'ost qu'on l'a périr en masse, on la cachette des Armes de l'Empereur, à un prix limité : puis on l'envoye au village de Sinthesimo, dont les sentes eaux ont l'avantage de luy donner la netteté & la transparence que tout le monde admire. Pour ce qui est de ceux qui la façonnent, ce sont d'ordinaire des paysans, nourris & élevez à ce travail dès leur enfance. La manière dont ils l'appellent, c'est, ou de la pétrir quand on la reçoit de Hovicheu, comme les poitiers de l'Europe périssent la terre commune, ou de la laisser parvenir à la dureté d'une pierre : après quoy ils la mettent en poudre, & l'ayant passe par un tamis fin, ils en font une passe qu'ils jettent en des moules de métail, où ils la façonnent comme il leur plaist. Ensuite, ils la laissent un peu à l'air : puis ils la mettent dans un jour fort chaud où ils la sont cuire durant quinze jours, au bout desquels ils la laissent froides autant de temps ; prenant bien garde que l'air n'y entre : ce qui la ferait toute casser. Ces trente jours étant passez, le jour s'ouvre en présence d'un Officier de l'Empereur : lequel les regarde pièce à pièce avec beaucoup de soin, & en prend la cinquième partie pour sa Majesté Impériale : ce qui s'est toujours pratiqué : le reste se vend à Ucinien, lieu situé près le Lac Poyan & la rivière de Can, &c. D'où il est aisé de juger que c'est par une erreur absurde qu'on a cru en Europe que la porcelaine se faisoit de Coquilles de moules, ou de Coques d'œufs, pilles bien menu : ou enfin d'une terre préparée d'une certaine manière que l'on laissoit cent ans sous terre, affis d'y prendre la disposition nécessaire pour cette beauté qu'on y admire. Je viens à l'étymologie du mot de porcelaine, dans la signification dont nous parlons. Ce mot a été fait de l'Italien porcellana ; mot de même signification ; qui l'a été du Latin porcellana, dans la signification de coquille de Venus : à cause que les vases de porcelaine sont liées comme ces sortes de coquilles. Il faut présentement traiter de l'étymologie du mot de porcellana dans la signification de coquille EFERUS - Recherches & Classification numériques P. O. R. P. O. S. 343[{"box_2d": [88, 50, 454, 384], "label": "text", "caption": "de Vénus. Gémér croît que ces coquilles ont été appellées *percelaines*, de leur ressemblance à un groin de pourceau, par leur bec pointu : ou du mot Latin *perca*, dans la signification de la partie naturelle de la femme : laquelle ressemble à cette coquille. Et ce mot de *perca*, pour le marquer en passant, se trouve dans cette signification. Caton : *deperigini perca brafficam opponito*. On a dit *percus* dans la même signification. Varron, de *Re Rustica*, liv. 2. chap. 4. *Nostra mulieres*; *maximei nustrices*; *naturam qua femina sunt*, in *virginibus appellano porcum*, & *Grace zeigot. zeigot* se trouve en la même signification dans les Acarnées d'Atistophané : & dans son Scholiaite. Et de-là, le *zeigot* se, fabriquet de Bacchus parmi les Sicyoniens, selon le témoignage de Clément Alexandrin, dans son Admonition aux Gentils. Et c'est aussi de-là qu'on a dit *zeigot*, pour une *coquille*; comme qui diroit, *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : *zeigot* : 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Et c'est de-la, dit Fra Paolo, autrement Pietro Soave Polano ; dans son Histoire du Concile de Tren-te, livre 4, page 354, de l'édition de Genève, que la Théologie Poïstive a été ainsi appelée. *Con questo uvo modo, che chiamavano Poïstivo, voce Italiana, tratta dal vestire semplice & senza superflui ornamenti, si dava nell'inezzio*. Cette étymologie est indigne d'un aussi grand homme qu'étoit Fra Paolo : & c'est avec raison qu'elle a été critiquée par le Cardinal Palavicini, dans la Réponse à Fra Paolo, liv. 12. chap. 10. novembre 19. & 20. page 312. Voici ses termes, de la Traduction de M. l'Abbé Gaulon, Chanoine de Rouen. *Il n'est pas vray que le mot de Poïstive vienne de l'Italien, comme Soave le suppose avec beaucoup d'ignorance. Il vient du Latin : & son usage est très-ancien ; non pas dans la signification que lui donne Soave, mais dans celle que luy donnent les Législes, & S. Thomas. Il n'a signifié en Italien que long-tems après un habit simple : par rapport aux Grammairiens, qui distinguent les adjectifs, en positifs, comparatifs, & superlatifs*. M.
POSSON. Voyez *poisson*.
POSTE. Cujas, dans ses Observations, liv. 24. ch. 29. le dérive d'Apostoli. *Libelli dimissori*, qui & litera *dimissoria*, & *Apostoli dicuntur* : pro quo in idiotismo des postes : unde & *Veredariis*, quasi Apostolis, nomen. Il dit la même chose dans son Commentaire sur le chapitre *Diletis* ; ; au titre des Décrétales de *Appellationibus* : *Quam quidem appellationem, etiam ipse Officialis approbaveras & receperat, Decano concedendo apostolos ; ut etiam vocantur in Jure Civili : id est Literas, vel Libellus dimissorius ad Romanum Pontificem ; quos idiotismus noster vocat des Postes ; in Curia Ecclesiastica scilicet : in Curia enim seculari apostoli non sunt in usu. Et ex eo certo-conjicere licet, unde Cursoriis aut Veredariis vulgo idem inditum fuit nomen ; qu'on appelle des Postes ; quasi Apostolos. *Nibit vertus*. Bourdelot en a donné la même étymologie. Cujas, qui croit avoir bien rencontré en cette étymologie, s'est tout-à-fait trompé. Le mot François poste vient de *posta* : à *positis equis*. Et *posta* a été dit par contraction, pour *posita*. Virgile : *maest alta mente repotum*. Et il faut sous-entendre *jumenta*. Voïssus, dans son Etymologique, au mot *veredus* : *Veredarius, nuncius publicus, qui equis certo loco positis ; unde Itali, Celta, Belga, Hispani, postam appellant ; maxima quam celerit me itineria conficit*. Stevechius, dans son Commentaire sur le livre 1. de Végée, page 7. *Nostrates hoc genus veredorum* posten vocant, quasi *positos*, collocatque certis in locis, & semper in *procinctu excubantes*. Berger, dans son Histoire des Grands Chemins, liv. 4. chapitre 4. *Pour ce qui est du nom de poste que l'on donne aux Courriers publics, Du Tillet meisme dit, que Louis XI. voulut qu'on les appellant ainsi : comme qui diroit appareillez & dilpoyez à bien courir*. Stationarios Cursores idiomate Gallico. *Postes*, quasi *bene dispositos ad cursum*, appellari voluit : à *Graeis, avasus*. Cursores Regii. *Que il m'estoit permis d'en dire ce que j'en pense, je croirois plustos que le nom de Postes vinit à positione, sive dispositione equorum, cursui publico deputatorum : c'est-à-dire, de l'estabilisement & dispositione des chevaux de poste en certaint lieux ; que les Latins appellent Stationes, quasi positiones, & que du nom des Postes, Stations ou logement des chevaux, les Cour-* *riers qui l'en servent, ont eu le nom meisme de Postes*. Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois, ch. 36. après avoir rapporté ces paroles de César, au sujet des Gaulois : *Gamare per agros, regioseque signipant : hinc alii deincepis excipiunt, & proximis tradunt ; tanta celeritate, ut ad sexaginta millia passum ab orto sole ante primam vigilam audiatur ; il ajoute : Eijumodi seri erant Persarum nuncii, sive 1000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000000*
POT. Les Gloves Vendomoises : Poculum ; potum, vel vas ad bibendum. M.
POT. Du Cange le dérive de *potus*, que l'on a dit dans la Basse-Latinité dans le même sens. Dans les Statuts que Philippe le Bel, Roi de France, fit en 1302. pour la réformation de son Royaume, on lit dans l'article 30. *Item non poterunt recipere vinum nisi in barilitis, potis seu boellis, sine fraude au: sorde qualibet*. L'on diroit aussi *potus vini*, suivant les autorités rapportées par le même du Cange, dans son Glossaire. *Vergy*.
POT. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, pag. 1213. POT, *oia. Consentiemibus Belgiis, Suecis, Gallis, &c. a top, per anofrophen*. *Anglis pot est vas ad bibendum; quod, Judice Junio, est abscissum à Graco 40. 2. 1. 1. 1. ut kanne à 2. 1. 1. 1.*
POTAGE. Du Latin-Barbare, inusité, *potagium*, fait de *potaticum*. Sylvius, dans son *Isagoge in Linguam Gallicam*, page 77. Potage, a *potagium : idest, jusculum rerum elixarum, quod vice potus sorbere solemus*. Voyez le Glossaire de M. du Cange, au mot *potagium*. Du François potage, les Italiens & les Espagnols ont fait *potaggio*. Je remarquerai ici par occasion, que les Polonnois ont aussi emprunté des François leur mot *potage* : c'est ainsi qu'ils appellent le potage : car ne mangeant point ordinairement de potage, ils n'ont point de mot Polonnois pour exprimer le *potage*. Voyez *pot*. M.
POTEAU. Du Latin *postellum*, qu'on a dit dans la Basse-Latinité, pour signifier un poteau & un carcan. Le Concile de Beziers, chap. 12. *Pilarium seu postellum in cemeterio & locis sacris affigunt*. Mais poteau, en termes de Charpenterie, vient du Latin *postes*. Virgile : *Havent parietibus scala, postesque sub ipsos nituntur gradibus*. Le même : EFERUS - Recherches & Classification numériques Hic plurimus ignis Semper, & affidua potes fuligine nigri. Vergy.
POTELE. Voyez Pongelé. M. POTENCE : pour gibier. De sa ressemblance aux anilles, appellées potences. Voyez potences. M. POTENCES : pour anilles. Potentia se trouve en cette signification dans la Vie de S. Louis, écrite par Guillaume de Chartres, Chapelain de ce Roi. MICHAEL, diffus HAMIAGE, per sex annos non potent sine duabus potentiis, &c. JOANNEY de Pata Bandes, detenta fuit corporis infirmitate : ita quod per q. annos non potuit sine duabus potentiis ambulare. Ce qui peut donner sujet de croire que les potences ont été ainsi appelées du mot potentia, à cause qu'elles donnent la puissance de marcher aux infirmes, qu'on appelle impotens. Et ce qui peut servir à cohumer cette pensée, c'est que les Latins ont fait imbrillus de la particule privative in, & du nom substantif bacillus : comme qui diroit, sine baculo. M. POTE N TILLE. Plante : ainsi appelée du Latin potentia, à cause des grandes vertus qu'on lui attribue. Vergy.