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03.0 Dictionnaire etymologique — QUINI-SEXTE – REFERENDAIRE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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QUINI-SEXTE. Terme d'Histoire Eclésiastique. On a donné ce nom à un Concile tenu à A a a EFERUS - Recherches & Classification numériques Constantinople en 691. pour marquer qu'il n'est que le supplément des deux derniers Conciles Généraux précédents, savoir de cinquième & du sixième, tenus tous deux pareillement à Constantinople. Car comme ces deux Conciles ne firent point de Canons, les Orientaux jugèrent à propos d'y supplicer par le Copcile dont nous parlons, dans lequel furent faits 101. Canons, qu'on attribue faiblement au cinquième & sixième Conciles Généraux.
QUINOLA. *Ecuyer de Dame : un Meneur.* De l'Espagnol *Quinola*, qui signifie proprement le valet de cœur, au Jeu de Reverti, mais dont les Espagnols se servent aussi en la signification du François *Quinola*. M.
QUINPERLAY. Ville de Bretagne. De *Quinper*, mot Bas-Breton, qui signifie *oppidum*; & d'*Ellay*, qui est le nom d'une rivière qui passe à Quinperlay. On a dit de même *Quinperorentin*; qui est le nom d'une autre Ville de Bretagne; de *Fanum Corentini*. M.
QUINQUAILLE. *A fono*, dit M. Bochart. Je croirois plutôt, que ce mot auroit été fait de *quisquilla*; comme *Quinquaillier*, de *Quisquillarius*. M.
QUINQUAILLE. Rabelais, liv. 1. ch. 10. Seulement *dy nous comment y font traitez les usuriers*. Je les *vy*, dit Epistemon, tous occupés à chercher les *espingles roulilles*, & vieux cloux parmy les *ruisseaux des rues*, comme vous voyez que *fom les coquins en ce monde*. Mais le *quintal de ces quinquaillieries ne vaut qu'un bonflin de pain*; encore y en a-t-il *mauvais de pdefche*. Je ne fais si *quinquaille* & *quinquaillierie* n'auroit pas la même origine que *quintal*: étant visible par ce passage de Rabelais, qu'originairement on appelait proprement *quinquaillierie*, les morceaux de vieux fer qui se vendent au cent, & encore pour un morceau de pain. Cependant, comme *cinquaille* se dit dans la même signification que *quinquaille*, ce dernier pourroit bien n'être qu'une corruption de l'autre, qui vraisemblablement vient de l'Alleman *clivgen*, qui veut dire *fomer*. En effet, il n'est point de mercerie si sonante que la *quinquaille*, qui confide proprement en toutes sortes de morceaux de vieux fer & de vieux cloux. *Le Duchat*.
QUINQUEMPOIX. Rue de Paris. On veut que cette rue ait été ainsi appelée des cinq Paroisses dans lesquelles elle est située : qui font, S. Leu S. Gilles, S. Jacques de la Boucherie, S. Merri, S. Jolle, & S. Nicolas des Champs : de la même façon qu'on a appelé *Cinq Eglises*, une Ville de Hongrie sur la Drave, à cause de ses cinq Eglises. Et M. Nublé a remarqué à la marge de son exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise, que cette rue est appelée dans les Titres Latins, *Quinque parrochiarum*. Et la même chose m'a été confirmée par M. de Valois le jeune. Il faudrait voir ces Titres. *Quinquempoix* est un nom de famille. J'apprens de M. du Fourny, Auditeur de la Chambre des Comptes de Paris, que dans un Titre de la Chambre des Comptes de Paris, il est fait mention d'un *Raoul de Quinquempoix*, Médecin de Philippe de Valois. Et présentement encore, il y a des Gentilshommes en France du nom de *Quinquempoix*. Et il est fait doute, que la rue de Quinquempoix a été ainsi appelée de quelqu'un qui s'appelait *Quinquempoix*. Dans l'Inventaire des Titres de Châtillon sur Loin, il y a un Bail, fait par l'angois de Quinquempoix, *Ecuyer*, sieur du Merz & du Caugesse; au nom, & comme Procureur de M. l'Amiral de Coligny; a Bernard Roillon, *Ecuyer*. L'acte est de 1562. M.
QUINQUENELLE. Répit de cinq ans. Faire *quinquenelle* au propre, c'est obtenir des Lettres de répit pour cinq ans. Au figuré, c'est s'affolbir, baisser, mollir, tomber en décadence. A Dijon, les enfans qui se divertissent à jouer au volant, disent qu'il fait la *quinquenelle*, quand il a quelque plume rompue, qu'il tourne ou pirouette mal; car c'est de *pirouetter*, que vient le Bourguignon *pirôica*, volant. On dit aussi en Bourguignon, qu'un chapeau dont l'un des bords baissés, fait la *quinquenelle*. Ce mot vient de *quinquennalis*, qui suppose *dilatario*. Glossaire sur les Noëls Bourguignons, au mot *quinquenelle*. Au lieu de *quinquenelle*, on a dit aussi *quinquenelle*, & *quinquenelle*. QUINQUENOVE : Jeu de dez. De l'Espagnol *cinco y nueve*. Ce Jeu nous est venu de Flandres. En 1663, étant aux Eaux de Bourbon-Lancy, je le vis jouer pour la première fois. Et en ce tems-là il étoit inconnu à Angers, où je le portais. M.
QUINQUINA, qu'on prononce *kinkina*. Lat. *pulvis febrifugus*. Jean-Jacque Chiflet, dans son Livre intitulé, *Pulvis febrifugus orbis Americani*, chapitre 1. *Hodie inter pra: qua natura miracula censetur a plerisque arbor qua nafctitur in Peruviano Americani orbis regno amplifumo; vocaturque ab incolis Jannanaperide; ab Hispanis*, palo de calenturas, *id est*, lignum febrium. *Vis ejus pracipua est in cortice*: Chinam febris nuncupant; qui *affumpus in pulverem, paroxysinos febriles fugat; incerta adhuc ratione & abdita in majestate natura*. L'arbre qui porte cette écorce, s'appelle *loxa*, selon le témoignage de Sebastianus Baldus, dans son *Cortex Peruvianus*. Les Italiens appellent le *kinkina*, la *poudre du Cardinal Lugo*. Voyez mes Origines Italiennes, au mot *polvere del Cardinal Lugo*. M.
QUINTAINE. Lorsqu'on se servoit de lances à la guerre, la Noblesse s'exerçoit à jouiter, ou rompre la lance contre une statue de bois, portant un écu qu'on appelle un *faquin*; ou contre un casque qu'on mettoit au bout d'un poteau de bois. Cet exercice s'appelle *Quintaine*. L'Histoire de Bertrand du Guéfein, chapitre 1. dit qu'étant jeune garçon, il faisoit dresser Quintaines, & y jouit, & faisoit jouiter. Raguera, en son indice sur le mot *Quintaine*, rapporte qu'en beaucoup de lieux de France les nouveaux Mariés sont obligés par les Coutumes locales de tirer à certains jours à la Quintaine, c'est-à-dire de rompre une perche contre un pal. Robert, Moine de S. Remi de Reims, livre 5. de l'Histoire de Jérusalem (a) : *Terra infixis fudibus scuta apponuntur, quibus in craftinum Quintana ludus, scilicet equestris, exercetur*. Le Roman de Girard de Rouffillon : *Quant le Reys ac mengat, dort miriana, Lhi donzel van burdis a la Quintana.* Cette sorte d'exercice est fort ancien. L'Empereur Justinien, L. 1. C. de *Alcatribus*, l'appelle *vibratio Quintana*, du nom d'un certain *Quintus*: *autretis nityraa, yquis vis usipne*: ce qui est interprété par *ludere vibratione Quintana, absque* (a) Ce n'est pas proprement l'Histoire de Jérusalem qu'il a faite; c'est l'Histoire de la guerre des Chrétiens contre les Sarrazins pour la Terre-Sainte. S. Add. EFERUS - Recherches & Classification numériques 37r Spiculo, sive aculeo, aut ferro : à quodam Quinto ita nominata hâc lufus specie. Ce font les termes de la Loi. En effet, un homme nommé Quintus étoit l'inventeur de cet exercice, comme le témo- igne Theodorus Balfamon fut le titre pénultième du Nomocanon de Photius. L'exercice de la Quin- taine étoit différent de celui que les Romains ap- pelloient Exercer ad Palum; dans lequel les Sol- dats langoient leurs javelots contre un pal : & le lieu où le falloit cet exercice s'appelloit Palana, comme le remarque le Grammatrien Sofipater. De forte que je me persuade que la coutume de lan- cer les dards & les javelots ayant été changée en celle de mettre la lance à l'arrêt pour aller cho- quer l'ennemi, ce Quintus, qu'on fait auteur de la Quintaine, inventa l'exercice de rompre les lan- ces contre un pal de bois. Et parce qu'en cette action il ne falloit que montrer son adresse & sa force à choquer de droit fil le pal, & y briser la lance, on se servit de lance sans fer, au lieu que dans l'ancien exercice du pal, il étoit nécessaire que le javelot eût une pointe de fer, afin que de- meurant fiché contre le pal, il témoignât l'adresse de celui qui l'avoit lancé. Et c'est pourquoi en la Quintaine les lances étoient, comme dit l'Empé- reur, abfique Spiculo, sive aculeo, aut ferro. Or parce que nos anciens François rompoient d'ordinaire leurs lances contre un pal, on en forma le verbe paleter, qui signifie combattre à outrance, & tout de bon. L'ancienne Chronique de Flandres, ch. 67. Ains vinrent tous les jours au pied du Mont pa- leter aux Gens du Roy. Et paletis est pris pour com- bat. Enguerrand de Montrelet, vol. 1. Le lende- main y eut grand paletis, & plusieurs journées en- fortant. Et palere se prend pour l'exercice du pal. Papias : Palare, id est, milites ad palum exercere. L'Auteur De recuperatione Terra Sanita l'explique par combattre rudement. Palitando ferriter contra bottes. De-là les Espagnols ont formé leur pelear, qui signifie combattre. * Voyez paletare, dans le Glotfatte de M. du Cange. Caïeneuve. QUINTAINE Sorte de jeu & d'exercice. La Quintaine est une grosse pièce de bois, fichée en terre, à laquelle on attache un bouclier, & contre laquelle on jette en courant quelques dards, ou contre laquelle on rompt quelques lances. ¶ Robertus Monachus, livre v. de son Histoire de Jérusalem : Tentoria variis ornamentorum gene- ribus venustantur : terra infixis fudibus scuta appo- nuntur, quibus in craftinum Quintana ludus, scili- ces equifris, exercetur. Les Italiens se servent à peu près dans la même signification, du mot de quintana, ou chintana : car les Florentins disent correr alla quintana, pour dire, courir la bague; & les Siénois, pour dire, courir au faquin. Voyez mes Origines de la Langue Italienne. Parlons maintenant de l'origine du mot. Il est sans doute que le François quintaine, & l'Italien quintana, ont été faits du Latin quintana. On croit, avec beaucoup d'apparence, que ce Jeu est très- ancien : & que c'est le quintanus contax, dont il est parlé dans la Loi 1. au Code de Aleatoribus, allé sujet des Jeux licites. Deinceps vero ordinet quin- que ludus; c'est Justinien qui parle; Monobolon, Quintanum contacem, sine fibula, & Perichyten, & Hippicen; quibus sine dolo atque callidis machi- nationibus, ludere permittimus. Et on prétend que quintanus contax a été ainsi appellé d'un certain Quintus, qu'on en fait l'inventeur. Et pour cela, M. de Caïeneuve allègue ces termes, qu'il dit être[{"box_2d": [470, 60, 840, 305], "label": "text", "caption": "de Justinien en la Loi 1. au Code de Aleatoribus :\nDuntaxat autem ludere liceat paulo, id est cur-\nsa exerceri & cernare. Liceat item ludere notrumi-\nficibus, id est, saltu exerceri. Et item liceat ludere\nnotrumi n'itruen, xupic vuc wipur, id est, ludere vi-\nbratione Quintana, abfique Spiculo, sive aculeo, aut\nferro : à quodam Quinto nominata hâc lufus specie.\nMais cette Loi de Justinien a été écrite en Grec 1\n& dans l'original il n'est point parlé que ce Quin-\ntus ait été l'inventeur de ce Jeu. Ce Quintus, in-\nventeur de ce Jeu, est de l'invention du Traduc-\nteur Latin. Voici le Texte Grec : μίτως φωτιζει\nεξις μισιζειλες, εφί πυτατίς πυτατίς, χυρις νυς\nφίμνες, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς. Mais il est vrai que Balfamon, fut le\nNomocanon de Photius, titre 13. fait ce Quintus\ninventeur de ce Jeu. Κωνταρις πυτατίς, χυρις νυς\nφίμνες, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί πυτατίς, εφί\nπυτατίς, εφί 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Nous croyons en Anjou que le mot de quinta a été dit en cette signification à cause des cinq Chatellenies qui composent le territoire de cette Jurisdiction. La tenue des Affres d'Anjou, imprimée au-devant de la Coutume d'Anjou : La Ville & Quintes d'Angers, le dernier samedi : lesquelles Quintes sont cinq ; Brain, la Haye-Jouffain, la Membrule, Saint George, & la Ville. Ainsi le territoire du Prévôt de Bourges s'appelle la Séptaine de Bourges : de Sépteins, à cause des sept villages qui composent autrefois ce territoire : lequel nom est toujours demeuré à l'etendue de cette Jurisdiction, quoiqu'elle comprenne aujourd'hui jusqu'à 28 villages. Voyez Choppin sur l'article 35. de la Coutume d'Anjou. M. QUINTE : pour caprice : QUINTEUX : capricieux. Quinteux comme une mule. Oifeau quinteux, & ecarable. Peut-être, des quintes de Musique, qui sont inégales. M. QUINTE : pour caprice. Sans doute qu'on l'a dit en ce sens, des quintes de Musique, qui sont inégales. Rabelais, liv. 5. ch. 18. Mais, dis-je, d'un venex ? ou allez ? qu'apportez ? avez fenti la marine ? Icelui répond : de la Quinte ; en Tourraine, Alchimie, jusques au cul. Et quels gens, dis-je, avez-vous là avec vous sur le tillac ? Chantres, répondit-il, Musiciens, Poëtes, Astrologues, Rimaffeurs, Géomantines, Alchimistes, Horlogiers : tous tiennent de la Quinte : ils en ont lettres d'avertissement belles & amples. Le Duchat.
QUINTEFEUILLES. Terme d'Armoiries. Le P. Ménestrier page 511. de son livre de l'Origine des Armoiries & du Blafon : Les Quintefeuilles sont fleurs de pervenche, qui ont cinq feuilles, & qui sont naturellement ouvertes, ou percées, au milieu. On les a portées en Armoiries, comme fleurs de bonne augure pour des gens de guerre ; parce que la pervenche se dit en Latin vinca pervincæ : ce qui semble avoir du rapport à la Victoire. M.
QUINTIN. Sorte de toile. De la ville de Quintin, en Bretagne, où se fait cette sorte de toile. M.
QUIOSSER. Ce mot, en terme de Taneur, signifie ôter l'ordure du cuir en le frottant à force de bras avec une sorte de pierre à aiguiser, qu'ils appellent quiose, du Latin cor, qu'en vieux langage on nommoit queue ou queux, & aujourd'hui pierre à aiguiser. Vergy.
QUITTANCE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1226. Quittung, testimonium debiti liberati. Gallis, quittance, Latino-Barbaris quittantia. Non à Lat. cautio, nec à Lat. quietate ; estauci illud Helvigio, hoc Voffio se proba verit ; sed a queden testari, unde Francis se quit testimonium, & nostris quittung testimonium de pecunia soluta. Vide plura in fonte. A quitti rursus sit quittietei testimonium solutionis dare. Voyez quite.
QUITE, QUITER : Laisser. Il est dit de toutes choses, quoiqu'originalrement il ne se dit que des créanciers qui laissolent en repos leurs débiteurs, en ne leur faisant plus de poursuite. Jean de la Porte dans son Catholicon : Quieto, as, id est, quietum facere, & quandoque pro absolute à debito reddere quietum. Quidam tamen sit hac significatione subtrahunt E. & dicunt quito as, quittet, quitare ; quod magis vulgare est quam regulare. De la vient aussi l'Alleman quitiren, qui signifie quitter ; quis, quise ; & quitung, quitance : que Lin- dembrog croit être dérivés de ferquidum, qui se lit en divers endroits de la Loi des Lombards. Mais je ne sçais sur quoi il se fonde ; d'autant qu'en tous les lieux de ces Lois où ce mot se trouve, il y a ferquidum, id est similem. Il y a plus d'apparence qu'il vient de quietus ; parce qu'après qu'on a aquité ce qu'on doit, on est en repos. En la 2. Partie des Statuts de Robert I. Roi d'Ecosse, ch. 10. Nisi Capitalis debitor monstraverit se quietum esse adversus, &c. Les Statuts de Guillaume Roi d'Ecosse : De multura quietus erit. De quietus, comme nous avons déjà dit, on fit le verbe Latin-Barbaris acquiatare, d'où nous avons tiré acquiter. Les Ordonnances d'Ecosse Intitulées Regiam Majestatem livre 2. chap. 42. Harcditates instauratas, & de debitis acquitetas. Et au livre 4. chap. 24. Qualiter homo acquietabit se contra damnum juum. Caeseneuve.
QUITE. De quietus. QUITER. De quietare. Dans la premiere Session du Concile de Lyon de 1245. Acquietabat, si aliquod jus habuisset in electionibus Ecclesiarum pradichi regni. Voissus, de Vitis Sermonis, livre 19. chapitre 18. Quitare, uavò ovum, a quietare : pro camionare debitum, vel satisfactum sateri, atque ita quietum reddere debitorem, &c. Voyez ci-dessus payer. M.
QUITE. Le Roman de la Rose, fol. 108. 1°. Ià tant ne sauvoient menacer Ne de tempestes ne de glaces, Qu'ils ne risissent des menaces ; Et si carolleroiant lians, De perils quites & rians. C'est-à-dire ayant l'esprit en repos du côté des périls. Le Duchat.
QUITUS. Terme de la Chambre des Comptes de Paris, signifiant quittance. M.
QUOI. De quid ; l'I en OI ; comme en boire, de biere, en Loire, de Ligeris ; en noir, de niger ; en pois, de pisa ; en soit de sit ; en voie, de via, &c. M.
QUOLIBET. Nous appellons un quolibet, un méchant mot, une mauvaise pointe. Voyez les Nouvelles Remarques du Pere Bouhours. Questions Quodibétaires. C'est ainsi qu'on appelloit autrefois dans les Ecoles de Theologie de Paris, certaines Thées : parce que le Soutenant les chaffifsoit à sa volonté. Ce terme est encore aujourd'hui en usage dans les Ecoles de Médecine de Paris. M.
QUOLIBET. Question problématique, comme de l'œuf, & de la poule, lequel des deux a précédé. C'est un quod libet ; duquel on peut soutenir le pour & le contre. Sainte Aldegonde, Tableau des différens, &c. tom. 1. paer. 1. ch. 5. fol. m. 21. b. Le Duchat.
QUOLIBET. On prétend que ce mot est venu de la Theologie Scholastique, où l'on proposoit certains problèmes plus curieux qu'utiles, que l'on appelloit Questions Quodibétaires. On étoit si persuadé que c'étoit autant d'impertenences, qu'on a retenu le mot de quolibet, pour signifier quelque chose de sot & de ridicule. QUOUDE DE VACHE. Par corruption, pour Corps de vague. Nom d'une maison à deux lieues de la Rochelle, où il y a un petit canal pour la descente des moindres vaisseaux. La Popeliniere in-fol. 1581. tom. 2. fol. 118. a. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques
RAAMBRER, ou REAMBRER, ou RE'EMBRER. Vieux terme de Coutume. Raambrer une terre, c'est la racheter, ou la retirer par retrait lignager. Ce mot vient du Latin redimore : d'où redimrer, redemrer, rédemrer, réembrer, réambrer. RAAMBRER.
RABA-JOIE. C'est un mot composé du nom joie, & du verbe rabatre. M.
RABANS. Nicot : RABANS, en cas de navires, font ces trèsnes, au cordes a trois cordons, qui paîent à travers les lacets que fais le nervin d'estomac de la voile, & amarre ladite voile à sa vergue. Le sieur Guillet dit la même chose. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M. RABAT : pour collier. L'opinion de ceux qui le dérivent de l'Ebreu c'est, qui se trouve dans Eze-chiel pour un collier, est ridicule. Ce mot François, en cette signification, vient du François rabatre ; parce qu'autrefois le rabat n'étoit autre chose qu'un collier de chemise qui se rabatrait sur les épaules. M.
RABAT. On a appelée ainsi, par la même raison, le toit qui sert à servir les balles au Jeu de Paume, parce que les balles viennent s'y rabatre. Et ce mot, en cette signification, se trouve dans le x. des Paradoxes, &c. de Charles-Etienne, page 82. de l'édit. de 1354. On le trouve aussi dans Oudin. Rabat des courtines dans Montfrelet, vol. 3. fol. 136. a. édit. de 1512. Le Duchat.
RABATER. Je suis assez de l'avis de Nicot, de Pontus de Tyard, & de Trippault, qui le dérivent de jouvier, dont les Grecs se sont servis pour dire se promener haut & bas; frapper, & faire du bruit. Hefychius : PABATTEIN, d'un & nom pañon. Juis & ton'les, qui à la main, & apôtre, voie mois & de la main. Quoi qu'il en soit, on a appelé Rabats les Esprits : car c'est ainsi que Jacques de Clufa, qui a écrit de la façon de chasser les Esprits des maisons, remarque qu'ils sont appelés. Et on les nomme encore ainsi a présent dans les Provinces d'Anjou, de Poitou, de Saintonge, & de Normandie. Et vous trouverez dans la Bibliothèque de S. Victor de Rabelais, La Mommérie des Rabats & Lutins. Et en Normandie, quand on veut appeller une femme vieille diable, on l'appelle vieille Rabache : ce qui me fait ici remarquer que rabats, en Alleman, signifie une fille hagarde, & qui fait beaucoup de bruit. Les Cordeliers d'Amboise avoient autrefois de coutume, vers la fin du Carême, de disposer une grande quantité de petits cailloux sur plusieurs aix au-dessus du lambris de bois dont leur Eglise est vouée ; & le vendredi saint, aussi-tôt que le Diacre avoit prononcé, en chantant la Passion, les paroles auxquelles un chacun se prosterne, quelques Novices qui avoient ordre de se tenir pour cet effet au dessus de la voûte, renversoient, chacun successivement ; ces aix-la : & ainsi ces petits cailloux venant à rouler de haut en bas, & de chaque côté du lambris, faisoient un grand bruit : & cela s'appellait le Rabat des Cordeliers. Victorius, au chapitre 16. du livre xvi. de ses Diverses leçons, dérive aussi le mot italien arrabattare du Grec pañon. Tétatus alibi sum, multa verba, qua in confuetudine nostri sermonis nunc sum, videri ducta esse & Gracorum Lingua : atque id satis claris exemplis confirmavi. Addis autem illis potest, quod vulgo dicimus de quopiam, qui nulli labori parcens, rem suam procurat angustam, arrabatarii; eo enim verbo intelligitur festinatio quadam, creberque motus corporis : Gracis enim quoque idas, idem valet, ut testimonio veterum Grammaticorum intelligitur, quorum nonnulli affirmam significare su sum, deorumque cursitare : aliis autem, sonitum elere, strepereque manibus ac pedibus. Voyez ci-dessus au mot gobelin. M.
RABELAIS. Nom de famille. Pontus de Tyard, Evêque de Châlons sur Saone, dans son Traité de Rella nominum impositione, page 17. Hutus Luciani, nostro saculo, Gallicus non ineruditus imitator viguit, qui omnium mores hominum, regioneque, cavillari peritissimus, ludos faciens & delicias, nasque omnia suspendens, inter fannatores principium locum obtinuit; ipsius proprio cognomine, sacra etiam Lingua, id significantissime demonstrante. Ii est famosus ille Rabelez, qui ab Hebrais dictionibus, Rab, & letz, verissime irrisorum principis nomen habuit; quod Gallicé dixeris un maître moqueur. Id verò cognomen fato, ut mihi videtur, quodam illi (quamvis ex gener: & familia) est inditum. La rencontre est plaifante; mais l'érymologie est ridicule. M.
RABELAIS. D'autres ont trouvé rabig-bas dans ce nom. Voyez ci-dessus réver.
RABLE. Ce mot signifie deux choses : cet instrument avec lequel on mette le sable parmi la chaux : & le fourniment des reins ; lumbrus. En la première signification, il vient de rutabulum, diminutif de rutrum. Rutrum, rutabulum, ROUABLE, RABLE, lucum écrivant & phononcent rouable ; dont il est fait, dit Nicot. En la seconde signification, il vient de rapum ; qui a signifié la queue ; d'où le mot Espagnol rabo, qui signifie la queue d'un animal. Rabo de puerco : c'est la queue d'un porc. Remiego de cavallo que se enfrenta per el rabo, dit le Proverbe Espagnol, parlant d'un navire. Rapum, rapulum, RABLE. Nous disons le rable d'un lièvre ; le rable d'un lapreau ; le rable d'un sanglier : être fort de rable. M.
RABOT. Outil de Menuisier. Nicot parle de l'érymologie de ce mot, en ces termes : Semble que rabot, ou rabos, nomen habeat a radendo bosco ; id est, signo, quod pousus olim Hetrucici dixerunt, à pous, id est pasco ; unde etiam probofcis : ut nemus, à pous, id est pasco. Encore de présent, les Picaris appellent bois, m'bois, ce que les François disent bois. Nicot se trompe étrangement. RABOT a été fait du verbe rado : d'où le substantif inusité radum ; d'où radulum & radula, & par syncope radium & ralla. Les Gloses Anciennes : ralla, Eupig : radium, Eupig. De radum, on a dit radutum : d'où, par corruption, rabutum, & rabutum : d'où RABOT. M.
RABOUGRI. Arbre rabougei. Lat. Arbor EFERUS - Recherches & Classification numériques R A B. R A C. retortida. C'est un arbre qui ne profite point. D'abortus. Abortus, aborturire, abolturire, abolirire, rabolirire, raboliritus, RABOUBRI. C'est comme les paylans prononcent ce mot en plusieurs lieux de France. De rabondri, on a dit ensuite rabougri : D en G : par corruption de prononciation. Abortus a été dit des arbres. Pline, livre xii. chapitre 1. Namque & chamaplatani vocantur coalta brevitatis : quoniam arbo-uni etiam abortus invenimus. ¶ Voyez avoirre, & avorton. Voyez aussi Gabriel Naudé, dans son Livre intitulé : Causa Kempenis Compleio, page 170. M.
RABOUILLERE. Rabelais, liv. 1. ch. 5. Il n'y a rabouillière en tout mon corps, au cefoy vin ne furette la soif. Et liv. 6. chap. 11. No Magistrat tant puissant, qui par force l'empêchait de les faire tous vifs là-dedans leur rabouillière felonument bruler. Nicot, au mot catenolle : C'est un petit creux que la connoine fait à l'escart, dedans lequel elle fait & nourris ses petits connoines jusques à ce qu'ils soient grandelées. Aucun l'appellent rabollière ; les autres houlette : nidus cunicularius. Et le Dictionnaire François & Italien, d'Antoine Oudin : Rabolière, buca della coniglia. Les Anglois appellent rabbet, un lapin, mâle ou femelle ; & rabbet-neff, c'est-à-dire, nid de lapin, une rabouillière. Peut-être ce mot François vient-il de ces deux mots Anglois. Le Duchat.
RABROUER. Ce mot est assez ancien dans notre Langue. Il se trouve dans le Roman du petit Saintré. M. Ferrari, dans ses Origintes Italiennes, au mot rampognare, le dérive, avec beaucoup d'apparence, de reimproperare. M.
RABROUER. Rambroner par injures, de reimprobare, se lit dans Seyfiel, liv. 3. chap. 7. de sa Traduction de Thucydide. Mais, selon moi, rabroner, vient de reabrogare, comme de Rogations, nous avons fait Rouaifons, qui se trouve dans Rabelais & dans Nicot. Rabrouer quelqu'un, c'est rejeter au loin ses prières. Le Duchat. R A C A. Mot Syriaque, qui se trouve dans S. Matthieu, v. 11. Celui qui aura dit à son Livre, Raca, méritera d'être condamné par le Conseil. La plupart de nos Interprètes conservent ce mot dans leurs Versions Françoises ; ainsi que l'Interprète Grec de S. Matthieu l'a conservé, & ensuite l'Auteur de la Vulgate. Le P. Bouhours l'a traduit, homme de peu de sens. Il est certain, que raca, est un terme de mépris. La plupart des Commentateurs le dérivent de l'Ebreu et rek, qui au propre signifie vuide, dans lequel il n'y a rien ; & au figuré, un homme de peu de sens, un imbécile ; comme qui diroit, un cerveau vuide, une tête sans cervelle. Les Talmudistes, se servent souvent du mot חנץ, dans la même signification. Quelques Auteurs néanmoins font venir raca du verbe Chaldéen & Syriaque חנץ, ou חנץ, cracher ; & ils l'expliquent, vii, abject, méprisable, comme qui diroit, conspundus, sputo dignus. Cette dernière étymologie me paraît préférable à la première. Elle est plus conforme à l'analogie Grammaticale : car il est tout naturel de faire raka de rak ; & non pas de rek, d'où l'on ferait plutôt reka, comme l'employent les Talmudistes. Le sens que présente cette dérivation, convient aussi très-bien à l'endroit de S. Matthieu, & beaucoup mieux que celui que four- nit la dérivation ordinaire : car si on explique raca par homme de peu de sens, comme a fait le P. Bouhours, on ne voit pas bien la différence de cette injure avec celle de fou, en Latin fatuus, en Grec propice, puisque un homme de peu de sens, un cerveau vuide, une tête sans cervelle, ne diffère pas d'un fou. Cependant, l'injure de fou est mise dans le passage de S. Matthieu, comme beaucoup plus grave que celle de raca, puisque celui qui aura traité son frère de fou, méritera d'être condamné au feu de l'enfer. Mais en expliquant raca par vii, abject, méprisable, la gradation paraît bien mieux observée. Et c'est aussi la seule explication que donne de ce mot J. B. Ferrarius, dans son Nomenclator Syriacus, où il l'interprète syutarilicus, levis, abjectus, vilis, contempus. Par où l'on voit clairement qu'il le dérive du verbe rak, expuit, qui précède immédiatement le mot raka.
RACAILLE. C'est un dérivé de race ; comme cavaille, de canis. Voyez cavaille. M.
RACE, RACINE. Ces mots viennent, à mon avis, de radix. Toutefois quelques-uns tiennent qu'ils viennent de ratio, qui est pris pour ce que nous disons race, dans le titre 63. de la Loi Salique : Us de juramento, & de harviniere, & de tota illorum se ratione tollat. Il est vrai que pour connoître la force de ce passage, il est à observer que ce titre est conçu en ces termes : De eo qui se de parentilla tollere, vuit. Caïeneuve.
RACE. De radice, l'accent sur l'antépenuitième ; d'où les Italiens ont aussi fait racca. Radix, radice, RACE. Efaie, chap. xi. Ecreditetur virga de radice Jesse. C'est la remarque que j'avais faite sur ce mot, dans la première édition de ces Etymologies de la Langue Françoise. Et ce qui ne confirme pas peu cette étymologie, c'est que les Latins se font servi du mot de stirps, qui signifie proprement une racine, dans la signification de progenies, c'est-à-dire, race, lignée. Ils ont dit aussi ramus dans la même signification. Perfe. Satyre troisième : Stemmare quod Tusco ramum millefime ducis. Sur lequel endroit l'ancien Scholiaste a fait cette Note : Au oporter et aregantia inflatum diffiire, quod in aliquo nobili Tusco stemmare millefimus à magno autore numeraris, & ramum aliquem, ac lineam successionis, à Genealogo in stemmare numeratus, obtineas. Et de-là, notre mot de ramage. Cependant M. Guyet dérivoit le François race, & l'Italien racca, & l'Espagnol raca, du Latin radius, c'est-à-dire, linea propaginis. Et il le dérivoit de cette manière : radius, radia, ratia, racia, RACE. Radius, radia, ratia, RAZZA, & RAZA. Mais comme de radix, on peut fort bien avoir fait l'Italien racca, & l'Espagnol raca, de cette manière, radix, radicius, radicia, &c. je persévère dans ma première étymologie. L'opinion de M. Ferrari, qui dérive l'Italien racca, de generatio, n'est pas recevable. Il me reste à remarquer, que François Pithou explique ces mots du paragraphe 1. du tit. 63. de la Loi Salique, Et de tota illorum se ratione tollat, par de toute leur race : en quoi il semble avoir voulu dire que RACE venait de ratio. Voyez M. de Caïeneuve. M.
RACHAT. C'est un mot formé de la particule, & du nom substantif achat, fait de l'Italien accatto, ou plutôt du Latin Barbare reaccapitum. Voyez acheter. M. de Vaugelas, dans ses EFERUS - Recherches & Classification numériques R A C. R A D. Nouvelles Remarques sur la Langue Françoise, a fait une remarque sur ce mot de rachat, qui mérite d'être ici rapportée pour sa nouveauté. La voici : RACHET, que dit M. de Malherbe, ne me semble pas si bon que rachat. Certes, je doute mesme que rachat soit bon. L'Avocat Anonyme qui a fait l'injure à M. de Vaugelas, de publier ces Remarques ; car ces Remarques sont tout-à-fait indiqués de M. de Vaugelas ; & celui même qui les a publiées, les abandonne en la plupart des endroits : cet Anonyme, dis-je, a fait la Note suivante sur Zette Remarque de M. de Vaugelas : Nous disons au Palais, & rachat, & rachat. Je trouve que le dernier est plus usiné ; sur-tout, dans le discours public. Rachet, comme plus doux, se dit plus communément dans la conversation, par les Dames, & par ceux qui n'ont pas un grand commerce avec les gens de Justice, & les gens d'affaires ; qui disent tous plus enlinairement rachat, qui est le mot ancien, comme Nicos nous l'apprend : des délicats ayant introduits depuis rachat ; qui devroit pourtant l'emporter, puisqu'on dit rachat. Mais l'Ufage se moque bien souvent de toutes ces ressemblances, & de toutes ces analogies. Il y en a qui disent trachat : mais mal. M. Richelet ne met que rachat : & il a fort bien fait. Cet Avocat sans nom fait bien voir ici qu'il est véritablement un Avocat sans nom, & qu'il n'a jamais fréquenté le Barreau. En 1631, je fus reçu Avocat à Angers, qui est le lieu de ma naissance ; & j'y plaidai ma première cause contre M. Ayrault, mon cousin germain, qui fut depuis Conseiller au Parlement de Bretagne, & Commissaire de la Chambre de Justice. Je vois à Paris en la même année, où je fus aussi reçu Avocat : & où j'ai plaidé pendant plusieurs années. En 1634, le Parlement de Paris alla tenir les Grands-Jours à Poitiers : où je plaidai aussi. Et c'est ce qui a fait dire à M. Collar, que comme il y avoit des Sergiens exploitans par-tout le Royaume, j'étois un Avocat plaidant par-tout le Royaume. Et c'est à cause de cela même, que le P. Jacob, Carme, m'a dit dans une de ses Listes des Livres Nouveaux, qu'il m'a fait l'honneur de m'adresser : Aque est un tré-licé par tibi même fure. Mais je n'ai jamais oui-dire rachat, ni au Préfidial d'Angers, ni au Préfidial de Poitiers, ni au Parlement de Paris : & ce qu'a écrit notre Avocat Anonyme, qu'on dit au Palais, & rachat, & rachat, est abîtoûment faux. Et il est très-faux aussi, que les Dames disent plus communément rachat, que rachat. Je n'ai jamais oui-dire ce mot à aucune Dame. Je doute même, que Malherbe l'ait dit. Si ce mot se trouve dans sa Prose, ce que je ne crois pas ; il faut que ce soit une faute d'impression. Car Malherbe, en matière de Langage, défendit extrêmement à l'ufage. Et je mets en fait, qu'il y a plus de cent ans qu'on dit rachat à Paris : ce qui paroît par le Dictionnaire François de Robert Etienne, imprimé pour la seconde fois en 1649, & par les Écrits de nos Jurisconsulies François, où le mot de rachat ne se trouve point. Mais non-seulement je n'ai jamais oui dire ce mot à qui que ce soit ; mais je ne l'ai jamais lu en aucun livre, si ce n'est dans le petit Dictionnaire de Morel. Il peut être néanmoins que ce mot ait été autrefois fort usiné ; celui d'âchet se trouvant plus d'une fois dans Papon, & une fois dans Belon. Voici l'endroit de Belon, qui est du 1. chap. du 1. livre de ses Singularités : Neantmoins n'ayant autre but que de bien employer son argent en achet de marchancife. M.
RACHE. Mot Meffia, qui signifie rude au toucher, ou apre au goût ; comme sont les étoiles de laine grossière, ou les poires qui ne sont pas autres. De rudis. Rudis, rudicus, rucus, roche, que le patois de Metz prononce rache. Ou bien de radicius, fait de rado radis. Rado, radis, radicius, racins, RACHE. Le Duchat.
RACHE. Je crois qu'il vient plutôt de l'Alleman raub, qui signifie raboteux, inégal, que du Latin rudis, ou de rado. Les Grecs disent l'éxuduc dans le même sens, & les Anglois rough. Les Anglo-Saxons discient reob, & les Francs rub. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1247. Dans le Comté de Bourgogne, on appelle rache, la teigne, parce qu'elle rend la peau inégale & raboteuse. C'est ainsi que les Latins ont nommé par la même raison, la gale, scabier, & scabrities, de scaber, rude au toucher, inégal, raboteux. *
RACINE. Le P. Jacob, dit qu'il vient de radix. Cela est vrai : mais radix n'est que le grand père ; car radix a produit radicina, d'où racine a été formé. S. Add.
RACLER. De radiculare, diminutif de radere. M.
RACLER. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1250. lui donne une origine Teutonique. Voici ses termes : RACHEN, rafrum, instrumentum farriendi denicaum. Vox Saxonica. Glossa Aelfrici, page 1. rafrum vel rostellum, raca. Somnerus in Dili. Anglosax. race, rafrum, rutabulum, farculum; racian farriere, farculare, rafigo corradere. Inde Anglis rake farculum, Gallis racket radere. Suecis rycka est eradicum, & fortasse a root radix, mutato v in K. Hoc carris initium dedit. *
RACLET. Nom de famille dans Rabelais, au Prol. du liv. II. D'Heraclius, comme RACE & RACLOT, autres noms de famille. Le Duchat.
RACLETORET. Rabelais, liv. 1. ch. 30. Valentin & Orfon fervoiens aux effets et d'enfer, & estoient Racletorets. Rabelais, au chap. 31. du même livre, appelle rouret de nec, un masque : de sorte qu'ici, par les Racletorets des éruves d'enfer, il y a lieu de croire qu'il entend ceux qui fervoient à rache de destin le village des coquettes, le plâtre trop vieux, qu'il falloit faire tomber avant que d'y en remettre de tout frais. Le Duchat.
RADAGAISE. Nom d'un Roi Barbare, qui attaqua les Romains, sous l'Empire d'Honorius, avec une armée immense, laquelle fut entièrement taillée en pièces, & ce Roi tué. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, pag. 178. dérive ce nom de rad, mot Teutonique, qui veut dire, celer, & de gefus, ancien terme Gaulois, qui signifie vir fortis : & il l'interprète celerem Gefum. Voyez ci-dessus au mot Gonferie, où vous trouverez ce que dit Wachter sur le nom de Radagaise, & sur plusieurs autres noms barbares. Voyez aussi le même Auteur, au mot rad. *
RADE. Vaisseau à la rado. Peut-être de l'Alleman rand, qui signifie ora. Ou plutôt du Latin ora. Ora, orata, rata, rada, RADE. M.
RADE. Quelques-uns dérivent ce mot de radis, qui, selon eux, est un ancien terme Gaulois qui a signifié la même chose, & d'où est venu le véritable nom Latin de l'Ille de Ré, savoir Radis. ECERUS - Sephadnaves & Classification Summariques ou *Ratis*, ou *Infula Ratenfis*. Cette étymologie est sans doute excellente, s'il est vrai que *radis* soit un mot Gaulois, qui ait signifié la même chose que *rade*: de quoi il y a assez d'apparence; car ce mot François a tout l'air d'avoir une origine Gauloise. L'étymologie qu'en donne M. Ménage, ne me paroît nullement vraisemblable. Il y a trop de différence entre *rade* & *ora*, soit pour le son, soit pour la signification. Les Anglois appellent une *rade*, *road*: & pour dire un vaisseau qui est à l'ancre, ils disent, *A ship that rides at anchor*. R A D E A U. *Estre au radeau*; c'est-à-dire, être à l'abri. Voyez *rade*. M. R A D E A U. Vaisseau de mer. *Rada*, *radella*, *radellum*, R A D E A U. Voyez M. du Cange, au mot *rada*. *Rada* a été fait de *rate*, ablatif de *ratis*. Pli-ne VII. 56. *Nave primus in Graciam ex Ægypto Danaus advenit*: *ante*, *ratibus navigabatur*. Méziriac sur les Epières d'Ovide, traduit: *Danaus fut le premier qui dans un navire vint de l'Ægypte en la Grèce*: auparavant on ne navigeoit qu'avec des *radeaux*. C'est à la page 599. M. R A D I E R. La Démocorie de Jacque Tathuteau, Rouen 1589, au feuillet 179. a. *Ils les fit griller gaillardement dedans un beau radier de feu*. C'est-à-dire, dans un feu clair. De *radius* apparemment. *Le Duchat*. R A D I W A G O N. Vieux mot François dont Borel fait mention, & qui signifioit une sorte de chariot. Il est d'origine Teutonique; & Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1178, en donne l'étymologie suivante: REIT-WAGEN, *currus expeditionalis*, *sive impedimentis belli ferendis*, *sive pracipuo totius exercitus vexillo*, *quod cartocium vocant*, *vehendo*, *sive rumpendis bofium acibus*, *ut olim currus falcari*, *sive alterius uffus belli gratii fallus*. *Quis enim omnes enumeret? Vetus Francicum. Gloss. Lips. Radiuagon currus. Sic autem dicitur a reite militia, expeditio; & non a rotis junctis, ut Lipsio videtur. Nec obftat quod currus simpliciter nominatur in Glossa. Nam currus fape ponitur pro plaustro militari apud optimos scriptores. Offendant nobis currus sine rotis, qui hic Lipsium fequantur. Willeramus eundem currum vocat reithuagon in loco supra citato*. Posit entendre ce que dit Wachter dans ce passage, il faut savoir que *wagen*, en Alleman, signifie un chariot, & que *rad* signifie entre autres choses, une roue. R A D O T E R. Casabon le dérive du mot *Hérodote*. M. de la Mothe le Vayer, dans son Jugement d'Hérodote, page 6. *Casabon même a cru que les contes d'Hérodote avoient fait inventer nostre verbe radoter*: prenant pour une étymologie, ce qui n'est vraisemblablement qu'une simple allusion. *Radoter* a été fait de *readdubitare*. Le petit peuple du Bléfois, & de Normandie, dit encore aujourd'hui il *redoute*, pour dire, il *radote*. M. R A D O T E R. On a dit autrefois *redoute*, pour *radoteur*. Le Roman de Huon de Bordeaux, partie première, au chapitre, Comment l'Empereur Charlesmagne alla lui-même à Bordeaux, &c. Et me donne grande merveille, que si redoubé vous voy. La Passion à Personages, fol. 99. v. *Vous estes poures ignorans, Vieillars redoubtez & pesans, Qui ne scavez que c'est du monde.* Amyot, dans sa Traduction de l'Histoire-Ethiopique, liv. 5, page 181, de l'édition in 16. 1589. *Redoute & hebeté en vieillesse*. Le Duchat. R A D. R A F. R A D O T E R. *Date*, en Anglois, signifie *radoter*, *réver*, *extravaguer*; *dating*, *radoterie*, *réverie*, *extravagance*; & aussi *radoteur*. Le mot François n'auroit-il point été formé du mot Anglois, en y ajoutant la particule augmentative *re*, que l'on auroit ensuite changée en *ra*? R A D O U B E R. *Lat. reficere*. C'est un terme de Marine. *Radouber un vaisseau*, *donner le radoub à un vaisseau*. Ce mot est d'origine peu connue. Il a été dit au lieu d'étouper, & fait de *raftuppare*. *Raftuppare*, *ratupare*, *radupare*, *radubare*, R A D O U B E R. M. de Saumafé sur Tertullien, de *Pallio*, page 146. *Rima navium etiam stuppi stipabantur*: *unde & stuppare hodieque dicimus obturare*. Le sieur Guiller, dans son Dictionnaire de la Marine: R A D O U B, est le travail qu'on fait pour réparer ce qu'il y a de brisé au corps du vaisseau: y employant des planches, des étouppes, du bray & du goudron. M. R A D O U B E R. M. Ménage ne s'est pas souvenu ici de l'origine qu'il avoit donné d'*adouber*, dont *radouber* n'est que le composé. Mais je crois que *radouber* ne vient pas plus de *raftupare*, qu'*adouber* d'*addoptiare*. Je dérive l'un & l'autre, du mot *douve*, c'est-à-dire, *tabula dollaris*, qui vient lui-même de l'Alleman *darube*, qui signifie la même chose. C'est aussi le sentiment de Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *dauk*. Nous avons rapporté ses paroles ci-dessus, au mot *Douve de tonneau*, page 486, du vol. 1, où le Lecteur peut les voir. Voyez aussi *adouber*. R A F A R. Sorte de *raisin*, qui est mauvais. Ce mot est fort connu dans l'Anjou. Je n'en sais pas l'étymologie. M. R A F A R. Peut-être de *racemus viridis*, comme *fard*, qui vient pareillement de *viridis*. *Raisin verd*, *raiverd*, *raverd*, R A F A R. *Le Duchat*. R A F E R. De *rapere*: d'où les Italiens ont aussi fait *raffa*, c'est-à-dire, *rafe*, & *raffio*, qui signifie ce ferrement crochu que les Latins ont appellé *harpage*. M. R A F L E R. M. du Cange le dérive du Latin-Barbare *riestare*, mot de même signification, & d'origine Saxonne. Voyez son *Glossaire*, au mot *riestare*. M. R A F L E R. Ce qu'on a dit *rafer*, & les Italiens *raffare*, pour *raffer*, fait voir qu'on a dit *rapere*, pour *rapere*: & je ne doute point que de *rapere* n'a fait *rapulare*, d'où nous aurons fait *raffer*. O. Duchat. R A F L E R. On peut fort bien, ce me semble, dériver *raffer* de *rapere*, par l'insertion de *ls*; de même que M. Ménage en dérive *rafer*; en sorte que *raffer* ne soit qu'une espèce d'augmentatif de *rafer*. Mais *raffer* & *raffer* peuvent fort bien venir aussi du verbe Alleman *raffen* ou *rappen*, qui signifie enlever promptement; ou de *rauben*, qui signifie enlever de force; ou du Saxon *raefan*, qui signifie la même chose. Sur quoi il est bon de remarquer la convenance qui se trouve entre les verbes que nous venons de rapporter, & le Persan *rubaden*, le Gothique *birauban*, le Flaman *rooven*, l'Anglois *to rob*, le Suédois *refua*, le Latin-Barbare *raubare* & *reffare*, l'Espagnol *robar*, le François *ravir* & *rober*, l'Italien *rubare*, l'Arabe *raphaa*; qui tous signifient *auerre*, *rapere*. Convenance qui semble prouver que tous ces verbes ont une origine commune EFERUS - Recherches & Classification numériques R A G. R A I. mune, & que cette origine doit être des plus anciennes. Voyez ci-devant au second article dérober, ce que Wachter dit là-dessus. * R A G E. Rabies, rabis, rabia, rabya, RAGE. Les Italiens disent raggia. M. R A G O T. On appelle un cheval rage, un cheval qui a les jambes courtes, la croupe large, & la taille renforcée; & qui diffère du goussant, en ce que le goussant a plus d'épaules & l'encolleur plus épaisse. Ce sont les termes de M. Guillet. Je ne sais pas bien d'où vient ce mot de rage. Ne viendrait-il point de racourci? de cette manière: racourci, racourcice, racice (nom propre de famille), racer, RAGOT. M. R A G O T. Ce mot ne se dit pas proprement d'un homme ou d'un cheval qui a la taille courte, mais de celui qui l'a ramasse, & qui pour cela même a des membres plus forts; ce qu'autrement on appelle traversé. Traversé, membre, dit le Dictionnaire François-Italien, d'Antoine Oudin. Ainsi je crois que rage, peut venir de traduire, d'où nous avons fait dragom; ou de transversus. Tradux traducus, traducus, traducicatus, tracicatus, tracatus, RAGOT, par le retranchement du qui est au commencement du mot. Transversus, transversicus, transversicatus, traversicatus, tracicatus, tracatus, RAGOT. Mais comme le mot de rabis, qui désigne une espèce de rage, vient de rapus, qui signifie une sorte de navet gris & court; j'aime mieux dire que rage vient de rapa ou rapum, qui signifie proprement une de ces grosses raves du Limousin, qui ne croissent qu'en rondeur, dit Rabelais, liv. 2. ch. 17. De rapa, ou de rapum, on aura fait par métaplisme rapus: & de rapus, rapicus, rapici, rapico, rapicatus, & par contraction, racatus, RAGOT, qui se trouve aussi pour un nom de famille dans Rabelais. Rage peut aussi venir de radix, dans la signification d'une espèce de rave. Radix, radicis, radicicus, radicicatus, racicatus (d'où Racice, nom de famille), racatus, RAGOT. Le Duchat. R A G O U T. Ce mot qui est nouveau dans la Langue, n'étant ni dans Nicot, ni dans Monet, vient de regufus, parce qu'un rageus remet en gout, facis et reguilemus. Glossaire sur les Noëls Bourguignons, au mot rageu. *
RAIE. Voyez raye.
RAIL. Voyez raye. RAI FORT. Les Médecins de Lyon dans leur Histoire des Plantes, livre 5, chapitre 36. ont écrit que les François avoient ainsi appellé cette sorte de rave, comme qui dirait racine sorte; c'est-à-dire, acre. Et cette étymologie avoit été auparavant remarquée par Nicot: & elle est véritable. Radix a été dit par excellence du raifort. Varon, livre IV. de la Langue Latine: RADIX; sic enim antiqui Graci, quam nunc raphanum. Marcellus Empiricus, dans son Livre des Médicaments, chapitre 9. Raphani quoque, id est radicis qua manducatur, succus, auricula dolenti infinitum prodest. Et dans l'ancien Glossaire Grec-Latin, iques est imprété par radix. Et dans l'Excerpta ex veteri Lexico, radix est interprété par iques. A Amiens, on appelle encore les raiforts des radix. M.
RAILLE. Jones raillées: c'est-à-dire, ridées Le Roman de la Rose, fol. 62. v°, où il fait un portrait de la faim: Vis paë, & batièvres seichées, Jones rayillées & entaichées. De radius, comme raillon; parce que les rides de joues sont comme des espèces de rayes. Voyez M. Ménage au mot raillon. Le Duchat. ont signifié bal & danse. Voyez M. de Caïeneuve aux mots rainceau & rameau. ¶ De ramus : comme main de manus. De ramicellus on a fait rainseau, qui se trouve pour rameau dans Perceforest. M.
RAIN. Par rain & par baton. C'est une façon de parler, autrefois située dans la solennité des Invefitures. Bien des gens en ont parlé diversement. Cujas l'a fait mieux qu'aucun, ce me semble, dans ses Notes sur les livres des Fiefs, liv. 2. tit. 1. où l'on trouve ces mots : Purrigant invefsiendo alii baculum, alii gladium, alii bafam, alii vexillum, alii annulum. Otho Frifongensis, Regna per gladium, Provincias per vexillum, tradi ait. Episcopatus, imo & omnia fenda antiquo more Galli o, per annulum & virgam : quod dicebant, par rain & par baton. Rain pro auxulo, ut hodie Germanis ring. Adijciebant baculum; unde jallatur hoc vulgo & Gallerum moribis : le Vassal se peut jouer de son Fief, jusqu'à la main mettre au bâton : Vassallus fends sui liberam admiuistratiorem habet, modo si non se in alterius fidem Domini & clientelam cogiterat, nimicum ab alio accepto scipiome; quod aliis verbis, jusqu'à soumission de sol. L'aneau étoit la marque de la fidélité; & le bâton, ou la croffe, la marque du secours ou de l'affifance due par le Vassal à son Seigneur, & par l'Evêque à son troupeau. Voyez Voissus, de Vitis fermonis, liv. 3. chap. 16. Ce qui me fait un peu de peine, est que je ne trouve dans aucun de nos vieux Auteurs & Vocabulaires le mot de rain en la signification que lui donne Cujas; mais seulement ceux d'anel ou anaeau, du Latin annulus; bague, de bacca; verge, de viria ou viriola, dont Ulpien fait mention. Lisez Argumento 25. § 10. ff. de An. Arg. Mund. Ornamenta muliebria sunt, quibus mulier ornatur, veluti inauris, armilla, viriola... Tertullien, S. Ambroise, & Isidore, en parlent aussi. Et Melusine dit à Raymondin, au commencement de ce Roman : Tenez, mon doux ami; pour nos amours ensemble commencer, je vous donne ces deux verges ensemble, desquelles les pierres ont grande vertu : l'un a, qu'a celui auquel elle sera donnée par amour, ne pourra mourir par nul coup d'armes, tant qu'il l'aura sur soi : l'autre est, qu'elle lui donnera victoire sur ses malveillans, s'il se habandonne, soit en plederie, soit en mêlée. Et le Roman de la Rose, dans le racontentant fait au Jardin de Plaisance, de deux Amans fortunés d'amours : Façon d'agneaux, toute migoterie, Entaillement fait en pierreries, Fus par amour premierement trouvée Verge, & signet, & telle droguerie, Que les Ouvriers sont en orfèvrie. Et dans ce même racontentant, un peu plus bas vous lisz encore : Lors lui mis une verge au doi, Et là me promiss sur sa sey, Qu'a jamais pour l'amour de moy La garderoit. L' se change souvent en a. Abreviare, abreger; polentiarius, boulanger, salvia, sauge; fendria, frange... Et de l' on fait encore un 2. Viridis, vers: viridarium, varger; où vous voyez l'un & l'autre changement, comme en viriola ou viria, verge. On trouve encore le mot de signet, ainsi que nous l'avons vu ci-dessus, du Latin signum, sigillum; parceque c'étoit autrefois avec les bagues ou anaeaux que l'on scelloit & que l'on cachetoit les lettres. Nous disons encore en Normandie un jonc, qui est un anaeau sans chaton, comme notre teurtin est un anaeau d'or ou d'argent tors : & nous avons pu prendre le premier du Latin jocus, jocale; sous lequel la basse Latinité a compris non seulement ce qu'on nomme les bagues & joyaux, mais aussi tous les autres ornemens & bijoux. Mais rain ou rain, je ne le vois que pour rameau, d'où l'on a fait le diminutif rainseau, ramusculus. Alain Chartier, au Dialogue du débat du cœur & de l'œil : Nous quismes tant de toutes parts, Qu'enfin trouvasmes pour chacien, Grands cerfs en la soreft épars, Pour leur posture pourchacier. A donc je prins à embracier Plufieurs rainseaux d'orme & d'aubel, Desquels, pour mieux nous radrecier, Je fis les brises bien & bel. Du diminutif de rainseau, Du Baif en a fait encore celui de rainsoles. C'est en son Poème intitulé Les Roses, où il parle de la rosée. Je vis les rosiers s'éjonir, Cultivés d'une façon belle : Je vis sous la clarté nouvelle Les belles fleurs s'épanouir. Les perles blanches qui pendoiens Aux rainselets roseyans nées, Leur mort du Soleil, attendoient A ses premières rayonnées. Je vois aussi rain de sore, en l'Ordonnance du Roi Charles V. de l'an 1376. mot que Ragueau en son Indice interprète par ceux de lisiere & lieux voisins des bois, orte, ora. Et dans l'Ordonnance de François I. de l'an 1515. Pour obvier aux fraudes, défendons qu'aucuns Charpentiers ou Ouvriers de neuf, de vaisseaux à vin, ne tiennent atteliers d'orefnavant et terres, ni au Rain des sorefs. Voyez Hotoman, en son Traité des Fiefs; Loyseau des Offices, tit. des Seigneuries; Ragueau, en son Indice; & Nicot, au mot Rain : où pas un d'eux ne met entre ses significations celle d'aneau ou de bague. De Brieux, Orig. de quelques Cens. anciennes, page 24. 25. 26. 27.
RAINCEAU. De ramus nos vieux François firent raim, dont rainceau est le diminutif; comme qui diroit ramicellus. Ce mot signifioit anciennement bal & danse. Froissart tom. 4. chap. 6. C'étoient tous rainceaux, dances & foulas. Car la Coutume étoit, comme elle est encore pratiquée en beaucoup de lieux, que celui qui devoit donner le bal à son tour, en étoit averti par un rameau qu'on lui présentoit. Tels bals ou danses s'appelloient rameaux, ou rainceaux. Voyez ci-dessous rameau. Caïeneuve. RAIN E : grenouille. Villon dans une de ses Ballades : Raines, crapauds, & bêtes dangereuses. De rana. M.
RAINETTE. Voyez reinette RAINSER ou RINSER. On dit rainser un verre, quand on le nettoie. Ce mot vient de rainceau, diminutif de raim, qui en vieux François signifioit un rameau; parce qu'on a accoutu- EFERUS - Recherches & Classification numériques mé de nettoyer les verres avec de petits rameaux de vigne ou de figuier. *Cafenoue*, Voyez ci-dessous rincer.
RAIPONCÉ. Voyez réponce.
RAIS. De *radins*. De *radine*, ablatif de *radio radimis*, augmentatif de *radins*, on a fait RAYON. M.
RAISIN. De *racemus*. C en S : comme en plaisir, de placere. *Racemus*, *racimus*, RAISIN. M.
RAISIN-D'ABRICOT, *est ainsi* appellé, à cause qu'il est jaune & doré comme un abricot. C'est une espèce de Bourdelaire, dont la grappe est belle & des plus grosses, dit M. Merlet dans son Abregé des bons fruits, au chapitre des Vignes. M.
RAISINE. Sorte de confiture : ainsi appellée, parce qu'on la fait avec du raisin cuit.
RAISOIR. Lat. *reticulatum opus*. La Bible Françoise Huguenote, dans Ésaïe xix. 9. *Ceux qui tissent les raisoirs*. Dans les Proverbes vii. 16. *J'ay entouré mon lit de tours de raisoirs*. ¶ *Rete*, *retium*, *retiorum*, RAISOIR. Voyez *réfuit*. M.
RAIZ. Duché en Bretagne. Voyez *Retz*. M.
RALE. Oiseau. *Râle de genêt*. Courir comme un *râle*. On croit qu'il a été ainsi appellé par onomatopée. Isidore a remarqué que plusieurs oiseaux avolent pris leur dénomination de leur voix. M.
RALLER. Ce mot se dit de ceux qui agonisant font du bruit de la gorge, à cause des flegmes qui descendent de leur cerveau dans leur estomac. C'est une onomatopée : ce qui a été remarqué par Nicot. M. RAMAGE : pour le chant des oiseaux. *Deramagium*, dérivé de *ramus* : à cause des rameaux sur lesquels chantent les oiseaux. M.
RAMAGE. C'est proprement le chant du bois, avant que l'oiseau soit approuvé. Jean Marot dans son voyage de Gênes, page 12. de l'édition de ses œuvres 1723. *L'oiseau toujours retourne au chant du bois.* Le Duchat.
RAMAGE. Terme de Généalogies : ainsi dit, à cause des Arbres Généalogiques. Perfe, Satyre 3. *Stemmate quod Tusco ramum millefime ducis.* L'ancien Scholiaste, sur cet endroit : *An oporte te arrogantia inflatum diffitire, quod in aliquo nobili Tusco stemmate, millefimus a magno auctore numereris, & ramum aliquem ac lineam successiis à Genealogie in stemmate numeratus obtineas?* M.
RAMASSE. Nicot : Ramasse, est une façon de civière, à deux cornes longues de deux pieds sur le devant, que celui qui conduit la ramasse, tient, une à chacune main, & a un siège où celui qui est ramasse, est assis; des accoudoirs, & un doffier; soufienne par derrière par un autre homme, qui tient les pieds en contraire des marche de ceux du premier; avec laquelle, en temps de grandes nèges, et monts du Piedmont, Genève, & Seny, on descend les pas- passagers du haut du mont jusqu'au pied d'icéni. Et est telle façon de civière appelée Ramasse; de ce qu'auparavant l'agencement d'icelle, ou ramasse les passagers sur de grosses branches d'arbres, tirées avec une corde par celuy qui ramasse. Et sans s'avoir que ledit conducteur de cette ramasse a a chaque corne un grand anneau, fait de hard, qu'il laisse couler le long desdites cornes quand il veut allentir le cours de la ramasse; & un baston ferré, pour l'arrefter tout court quand il en est besoin. M.
RAMASSE. A Metz après la Procession de la Fête-Dieu, les enfans se promenent l'un l'autre sur les branches d'arbres feuillues dont on avoit orné le devant des maisons : ce qui est une espèce de ramasse. Donner la ramasse à quelqu'un, c'est le traiter à coups d'un bâton qu'on impose avoir été pris d'un rameau d'arbre. Et ramasse quelque chose, comme des épingles, ou autres choses de cette nature, c'est proprement les rassembler avec un balay; qu'en quelques Provinces on nomme un *ramon*, parce qu'il est composé de plusieurs petits rameaux. Le Duchat.
RAMASSIER. Le Journal de Paris 1729. tom. 1. pag. 181. a. parle de Jeanne la Bavarde & d'une autre Jeanne Ramassieres, & Herites (c'est-à-dire Hérétiques) en 1470. Ramassier est un synonyme de *Chevaucheur d'escouette*, comme nos vieux, lières appellent un Sorcier : & ce mot vient de l'italien *ramazza*, qui veut dire un *ramon*, un balay. On fait que l'opinion du peuple est, que pour se rendre au Sabat, la monture des Sorciers est un balay. Anciennement en France, nul Hérétique, nul Vaudois, qui ne passait pour Sorcier. Le Duchat.
RAMBERGE. Vaisseau de mer : mot Anglois. Voyez M. Guillet. Nous appelons en Anjou *ramberge*, l'herbe appelée autrement *mercuriale*. Ces melons sentent la *ramberge*. Il y a 16. ans que je cherche l'étymologie de ce mot dans cette dernière signification, sans la pouvoir trouver. M.
RAMBERGE. Barque à rames. C'est un composé de *rame*, & de *berge*, qu'en quelques lieux de France on dit encore pour *barque*. Si M. Ménage souhaitait d'être suivi dans la recherche de cette façon de parler, ces melons sentent la *ramberge*, au moins devoir-il dire ce que c'est en fait de melons que cette odeur ou ce goût de *ramberge* dont il parle. En attendant que nous le sachions d'ailleurs, voici ce que je m'imagine que ce peut être. On dit que pour empêcher qu'un melon meur ne meurisse trop, il faut le mettre sur le grenier au fond d'un tas de blé. Or comme il est impossible que dans ce lieu le melon ne contracte un goût particulier, ne seroit-ce pas ce goût qu'on auroit appellé *ramberge*, parce qu'il se prend dans un tas de blé, qui pour l'ordinaire a la figure d'un vaisseau long, tel que la *ramberge* : Peut-être même que dans le pays où ce secge a été trouvé, on appelle figuement *ramberge* un tas de blé, soit à cause de la figure de ce vaisseau, soit peut-être parce que c'est ordinairement dans cette sorte de vaisseau qu'on transporte par mer le blé d'un pays à un autre. On aura pu dire une *ramberge* de blé, comme un chariot de blé, un chariot de foin. Le Duchat.
RAMBERGE. L'origine que donne M. Le Duchat de cette façon de parler, ces melons sentent la *ramberge*, ne me paroît guère vraisemblable. B b b j EFERUS - Recherches & Classification numériques ble. Je suppose que des melons qui sentent la ramberge, sont des melons qui n'ont ni bonne odeur ni bon goût, & qui sont semblables à ceux que nous disions qui sentent la courge. Dans ce cas-là, comme selon la remarque de M. Ménage, l'herbe qu'on appelle mercuriale, se nomme en Anjou ramberge, il y a apparence qu'on a dit que des melons sentent la ramberge, pour dire qu'ils ont une odeur fade & un goût douceâtre, comme la mercuriale. De dire maintenant pourquoi la mercuriale a été appelée en Anjou ramberge, c'est ce que je ne sçais pas. J'imagine encore une autre origine de cette façon de parler : Je prens ramberge dans la signification ordinaire, qui est celle de barque ou de vaisseau ; & je dis que sentir la ramberge est peut-être la même chose que sentir le bateau ; c'est-à-dire avoir un mauvais goût, ainsi que les pommes qu'on amène en bateau, & que par cette raison on estime peu. *
RAMBOUR. Sorte de pomme, ainsi nommée de Rambures dans le territoire d'Amiens, où ces pommes ont commencé à être connues. Voici comme Charles Etienne page 163, de son Seminarium en parle après Jean de la Ruelle : Alisa fune iis (tenetis) non inferiora sapere, sed pragrandia, rotunda, callo fragili, tenero, qua in Ambilantusi municipio, inquis Ruellus, vulgus Rambura nominum, Mira sunt & suavitate gustus, & teneritudine, ita ut in ore frusta liquificans. Antoine Oudin ne les appelle aussi que Rambures, mais mal. Rambour, en prenant poëtiquement l'espèce pour le genre, est ici dit pour pomme. Glossaire sur les Noëls Bourguignons, au mot Rambor. *
RAME. Aviron. De remus. ¶ Remus, rema, par métaplasme, RAME. M. RAME de papier. Les Flamans disent riem paper ; & les Allemans, riess papier ; & les Anglois, ream of paper. M. Bochart le détroit de l'Alleman riem, qui signifie courroye : car une rame de papier, disoit-il, est comme une llasse de papier : ce que les Latins ditoient scapus. M. RAME de papier. Au lieu de rameau, qu'on dit aujourd'hui pour une petite branche d'arbre, on disoit autrefois rame au feminin ; qui se dit encore à Metz ; & je pense que c'est de ce mot rame que nous avons appelé rame de papier, la quantité de vingt mains de papier empaquetés ensemble au sortir de la Papeterie ; & cela parce que sur l'enveloppe de la rame, on voit ordinairement le chiffre du papier entouré d'un ou de deux rameaux pour ornement de ce chiffre, qui tient lieu d'armoiries à la plupart des Marchands. Le nom de riess, que les Allemans donnent à une rame de papier, n'est qu'une corruption du mot reis, qui chez eux signifie une greffe, un rameau, ou un jeton d'arbre. On peut dire que la rame de papier est un rameau, dont les mains sont les branches, & dont les feuilles sont comme les feuilles qui pendent à la branche. Le Duchat.
RAMEAU. Comme j'achevois l'Origine de Rainceau, j'ai trouvé que pour la donner parfaite, il étoit important de rapporter ici beaucoup de passages qui conviennent à l'un & à l'autre. Ces mots donc signifient Bal & Danse ; qu'en Languedoc on appelle encore Rameler ; lequel mot signifie un bouquet de fleurs, ou plus proprement un petit rameau ; de même que rainceau, qui est un diminutif de rain, qui signifie un rameau, comme j'ai déjà fait voir au mot Rainceau. Ce qui se voit encore clairement représenté dans ces patrolles de Froissart au chap. 41. du vol. 4. quartant du Roi Charles VI. qui étoit allé voir le Pape à Avignon : Le Roi de France, & le Duc de Touraine j'en frere ; & le Comte de Savoye, quoique les fusions logis de l'le Pape & les Cardinaux, ne se voulaient ni ne pouvaient venir qu'ils ne fussent en dammes, en caroles ; & en ébatements, avec les Danies & les Damodelles d'Avignon : & leur administreurs leurs rameaux le Comte de Genève, lequel efois frere du Pape. Et plus bas : Le Roi de France fut avec le Pape & les Cardinaux, je ne s'ais quant jours, en joie, en rameaux, & en ébatements : Car bal a efoient aussi appelés rainceaux en rameaux. Denis le Sauvage, qui n'avoit jamais pu entendre ce que signifient ces mots, a noté sur la marge de Froissart, qu'il falloit lire revaux, au lieu de rameaux : mais c'est une pure rêverie. Caesneuve.
RAMENTEVOIR. Les Gloses Anciennes : Remontus, anacrionis. Sur lequel endroit M. Guyer a fait cette Note : A remontus, rementeo, rementere : unde ramentoir ; pro quo ramentovoir. Les Italiens dis nt mentevore : ce qui favorise la production de ramentevoir. M.
RAMEQUIN. Roie de fromage. De l'Alleman ramkjin, qui signifie la même chose, & qui est un diminutif de raum, qui signifie de la crème. M.
RAMEQUIN. Ramkjin n'est pas un mot Alleman ; & quand c'en seroit un, fait de l'Alleman raum, qui signifie de la crème, ce ne seroit pas de là que viendroit notre ramequin, lequel n'est point fait de crème, mais de fromage. Il est très sur qu'autrefois ou se seroit de rameaux au lieu de gril, temoin la remarque sur le mot Meffin raina ; & que plusieurs choses se cuisoient sur le gril, qui aujourd'hui se cuisent dans une tourtiere, comme le ramequin. Ainsi je dérive ce mot de ramus. Ramus, ramicus, ramicinus, ramequin. Le Duchat.
RAMIER. Pigeon ramier. De ramarius : à cause que cette sorte de pigeons perche sur les branches des arbres : ce que les autres ne sont pas : & c'est pourquoi les Critiques ont trouvé à dire à ces vers d'Horace : Piscium & summa gemis haste ulmo : Nota qua sedes fuerat columbis : qui peuvent être défendus par l'exemple des autres Poètes. Anacreon, dans la Colombe : Ti zep pu du aviradus Cpu tu zgi aut azpouz, Raj hivepurt nadifert ; Virgile : Fix ea farus erat, gemina cum furie columba, Ipfa sub ora viri culo venere volantes, &c. Inde ubi venire ad fauces graveolentis Averni, Tollunt se ceteres ; liquidomque per aira tapfa, Sedibus optatis gemina super arbore fidunt. M.
RAMINAGROBIS. Nicot : C'est un mot de gaudiferie, que le François a forgé à plaisir ; pour gaudir un qui contrefais le grave & le fevere. Tragicie gravis : alto fastu surgidus. Faire le Raminagrobis : incedere magnifice : submixis alis se inferre : cum fastu incedere : vel se se oftentare. ¶ Rabelais, 3. 21. a représenté sous ce nom, Guillaume Cretin, vieux Poète François. Voyez Pasquier, livre EFERUS - Recherches & Classification numériques vn. chapitre 13. § On appelle aussi *Raminagrabis* un gros matou. M. **RAMINAGROBIS.** Borel dans ses Antiquités Galilistes & Françoises, au mot *Gobis*, qu'il dit signifier Seigneur, prétend que *Raminagrabis* a été fait de *Dimitris grabis*; en quoi il y a de l'apparence que Rabelais était de son sentiment liv. 3. ch. 13. *Gobis* vient indubitablement du *Latin gravis*; & *Raminagrabis* ne signifie proprement autre chose qu'un *Ro* (Raoul) ou chat mâle, à mine grave, un chat fourré comme Grigopminant. *Le Duchat*. **RAMON.** Vieux mot, qui signifie un *beloy*. L'ancien Dictionnaire Latin-François du P. Labbe: Scopa, *ramon*. Ce mot est encore en usage dans la Picardie. De *ramo ramonis*, augmentatif de *ramus*. Et de-là, le verbe *ramonner*. *Ramonner* une *chetainie*, c'est la balayer avec un *ramon*. M. **RAMONNER.** Voyez *ramon*. **RAMPART.** De l'italien *riparo*; mot à peu-près de même signification: car il signifie *defense*. *Riparo*, a été fait de *ripa*. Voyez mes Origines Italiennes. *Rampart* a été fait de *riparo*, de cette manière: *Riparo*; *rimparo*, *remparo*, *rempar*, **RIMPART**, **RAMPART**. Nos anciens ont toujours écrit *rempar*. M. **RAMPER.** Du Latin *repare*, fait du Grec *kroun*, par transposition. Ces mots ont de la convenance avec l'Alleman *kropen*, qui signifie la même chose, & que Wachter dit être relié de la langue Celtique: & aussi avec le Gallois *croppian*, l'Anglosaton *creopan*, l'Anglois *creep*, le Flaman *kroipen*, & le Suédois *krypa*; qui tous signifient pareillement *ramper*. Voyez Wachter dans son *Glosarium Germanicum*, au mot *kropen*. **RAMPIN.** *Cheval rampin*. C'est, dit M. Guillet, un cheval qui en marchant ne pose pas également les pieds de derriere sur tout le fer; mais lève le talon, & marche sur la pince. Ce mot ne viendrait-il point du verbe *ramper* 1. Je remarquerai ici en passant, que les Latins ont appelé *asta*, un homme qui marchait sur la pointe des pieds. Isidore: Atta, qui *primis planis ambulat*. Fettus: Atta *apellantur*, qui *per virium crurum* & *pedam planis insistum*, & *astirpium magis terram*, *quam ambulant*. *Quod cognomen Quintio Poeta adhafis*. M. **RAMPIN.** Je crois que ce mot vient de l'Alleman *krampf*, d'où le François *crampe*; ou de l'italien *rampino*, qui signifie un crochet. Quand le cheval *rampin* marche sur la pince, ses pieds de derriere sont des espèces de crochets; & une telle allure peut lui venir d'une sorte de *crampe*. Le Duchat. **RAMPONER, RAMPONE.** C'est-à-dire *se mocquer*, *railler*; *mocquerie*, *raillerie*. Jean de Meun dans son Testament: *Li Efranges le moquent, & li sien le defuyent:* *Et ceux qui du sien vivent, le ramponnent & buyent.* Le Roman de Guillaume au Court nez: *Foques baissa le chef quam sey ramponner, Oncle Guichart fes il bien vos faves guber.* Le même, en un autre endroit: *Vestre rampone nos a iris fouvent:* R A M. R A N. 38r *Li fol s'en rions, mais je m'en espou.* Et ailleurs: *Si vases après moy la où vous suis meur : Et rampones & gabs vous convient oblier. Cafeneuve.* **RAMPONER.** Vieux mot *inutilé*, qui signifie *se moquer*, *injurier*. M. de Cafeneuve en produit un grand nombre d'exemples. Voyez-les. De l'italien *rampognare*, fait, selon mot, de *reimpognare*; & selon M. Ferrari, de *reimproperare*. M. **RAMPONER.** Le mot *rampone*, dans la signification de querelle d'Alleman, comme on dit, est demeuré dans le Languedoc, où l'on prononce *rampogne*: ce qui fait bien voir que *ramponer* vient de *reimpognare*. Le Duchat. **RAMPOSNER.** *Babilier*, dire des choses inutiles. De *rampes*, qui se désoit autrefois pour *rameaux*. Le *Dimanche des Rampes*, pour des *Rameaux*. L'on a donc dit *ramposner*, pour dire, faire un discours de *choses inutiles*, par une métaphore tirée de ceux qui font des fages de petites branches inutiles qu'ils ramassent par les champs. *Rampes & ramposner* se trouvent dans Froissart. *Fénat*. **RANCI.** De *rancidus*. M. **RANÇON.** Ou c'est un abrogé de *redemption* (car les anciens écrivaient *rançon*, ou *rançon*); ou bien il vient de *pionne*, qui signifie ce qu'on donne pour le rachat de quelqu'un. *Cafeneuve*. **RANÇON.** De *redemption*, ablatif de *redemption*. Erosine, sur le Nouveau Testament, page 79. **RADEMPTIONEM:** *Gracé est à l'ouvert; quod proprie pretium significat, quo redimuntur captivi, quod Galli vocant tanionam*. Voyez Cujas, dans ses Réalisations Poetumes sur la Loi 4. au Code de *Poetimin*. M. du Cange le dérive de *ran* & *du fena*, mots Allemans. Voyez son Glossaire. M. **RANÇON.** Je ne vois guère d'apparence que ce mot vienne du Latin *redemption*, ou du Grec *pionne*. Je préfère l'étymologie de Du Cange. C'est aussi celle que fait Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, page 1235. Voici ses termes: **RANZION**, *lytrum*, *redemptionis pretium*. *Armoricis & Gallii* suivis rançon, *Suicis & Italis* tanzon. *Proprié est relutio rapina, componiturque à tan rapina, & shine redemption. Posée ad pretium liberatis pro captivo transatum est. Inventar etymologia est Locenium, außer celeberrinum, in Antiquitatibus Suco-Gobicis*. Voyez le même Wachter, aux mots *ran* & *fene*. **RANÇON.** Sorte d'arme. Rabelais, dans le Prologue du livre 3. *Aignifiaient vonges, piques, rancon*. Nicot: *Un rancon*; hasta lilata, tristuca. Voyez Fauchet. M. **RANÇON.** Le *rancon*, ou *rancon*, est une certaine arme à long fust, & en forme de ferep. Vie du Duc de Valentinais, par Thomas Thomas, livre 1. page 180. de la Traduction Françoise, imprimée en 1671. à Monte-Chiaro. De l'italien *rampicone*, qui signifie un crochet. Rabelais, livre 5. chap. 7. *Doiqes crochus comme rancon, ou rivaraux. Rampicone, rancone, RANCON. Le Duchat*. **RANCUNE.** Inimitié, balne. Du Latin-barbare *rancor*. Le *Catholicon Parvum*: Rancou, EFERUS - Recherches & Classification numériques 382 RAN. RAP. avoir rancune : rancot, rancune. En Languedoc, rangon. Caïeneuve.
RANCUNE. De rancurina, diminutif de rancura. Voyez M. du Cange, au mot rancura. M.
RANDON. S'enfuir a grand randon. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. Du substantif randon, on a fait le verbe randonner, pour s'enfuir rapidement. M.
RANDON. De l'Alleman rennen, qui signifie courir fort vite. Du même mot rennen, on a appellé Renne, & en Alleman Renn-tibier, une espèce de cerf qui se trouve dans la Laponie, & qui court d'une si grande vitesse sur la neige, qu'on ne s'y sert que de ce seul animal pour courir la poste en traineau. D'autres croyent que randon & randonner viennent de donner les rennes ; c'est-à-dire, lâcher la bride au cheval qu'on veut mettre à la course. Le Duchat.
RANG. De l'Alleman ring, qui signifie la même chose. Les Anglois & les Allemans disent ring, pour annulus, circulus, orbis. Voyez rain. M.
RANGIER. Nicot : C'est une espèce de teste entre Daim & Cerf, de la hauteur du Daim, mais un peu plus gros, de teste plus grande & plus chevillée que le Cerf ; car il porte bien 80. cors, ayant toute la paumure derrière, hormis les antolliers ; là où le Cerf l'a devant ; auxquels sont paumures, car ils ne les ont aigus comme le Cerf. Estant mal mené, il met sa teste bas : si estant acculé à quelque arbre, il en fait tout son rampart, s'en couvrant tout le corps, comme d'un bouclier. Ainsi que le Cerf sert des antolliers de dessoubs, le Rangier frappe des orgots de desfus ; mais c'est bien moindre coup. Il est de plus grande venaison que le Cerf, & va au rez quand le Cerf l'abandonne, comme fait aussi le Daim ; & porte comme une Biche. Phébus dit que de Rangier il n'en a point veu en Romain paie ; trop bien en Mauritanie, où il l'a veu prendre à force, à des chiens qu'ils nomment Baulx. M.
RANGIER. Ce mot vient indubitablement de l'Alleman rennen, c'est-à-dire, courir fort vite ; d'où notre mot randon. Et je ne sais si le Rangier ne séroit pas le Renn-tibier des Allemans, ou du moins une espèce de cet animal que nous avons nommé Renne, de l'Alleman rennen, à cause de sa vitesse. Le Duchat.
RANGIER. Ce nom vient peut-être plutôt du Latin rangifer ; car les Latins appellent ainsi le Cerf de Laponie, que nous nommons Renne, & qui ne diffère pas beaucoup du Rangier, supposé que ce ne soit pas la même chose. Et le Latin rangifer a été dit, selon Wachter, après Olaus Magnus, du Teutonique rank, qui signifie ramus ; comme qui diroit ramifer. Voyez ci dessous renne.
RANULES. Terme d'Anatomie. On appelle ainsi deux velnes qui sont sous la langue : du Latin ramula, qui signifie une petite grenouille, & qui est un diminutif de rana. Et on a donné ce nom à ces velnes, parce qu'elles sont toujours dans l'eau ; c'est-à-dire, parce que l'endroit où elles sont, est toujours imbibé de salive.
RAPAILLES. Mot Meffin, qui signifie une petite forêt dont le bois n'est propre qu'à faire des fagots. Peut-être du Grec jants virga. L'ancienne traduction de Végéce Goth. in-fol. Paris 1536. liv. 3. ch. 6. Mais en vérité les lieux fylvestres & non hantez, si comme le bois & rapailles, ou entre montaignes, terres & mares, les copies de gens de pied sont plus à craindre. Le Duchat.
RAPATRIER. Les Latins ont dit repatriare, pour dire, retourner en son pass. Les Gloves d'Isidore : Repatriat, ad patriam redir. Et Rigordus, page 36. des Gestes de Philippe Auguste : In Aipes repatriare volentes, annul Clero & Universitate Catholicorum assentiente, invocata Sancti Spiritus gratia, electus fuit Simon, Comes Admissiforcis, ut praesit exercitui. Les Italiens disent de même repatriazione, pour dire le retour dans son pass. Et du mot repatriare, nous avons dit figuement se rapatrier, pour dire se réconcilier. Vous trouverez des exemples du mot repatriare en cette dernière signification, dans le livre intitulé, De Formula regnante Christo, de Blondel, p. 63. M.
RAPE. Vin rapé. Ce mot vient de celui du grape. Grape, grapatum, rapatum, RAPE. Ce sont, dit M. Richelet, des grapes de fort bon raisin, qui ont la queue coupée, & dont on remplit un muid avant que l'enfoncer des deux bouts, & sur lesquels on verse du vin qui sort de la cave, & qu'on laisse bouillir avec les grapes. M. du Cange le dérive du Grec vulgaire jaen. M.
RAPER. RAPE. Les Allemans & les Flamans disent raspen, pour dire raper ; & les Anglois, to raspe ; & les Espagnols, raspar ; & les Italiens raspare ; & les Gafcons disent ruspe, pour dire une rape ; & raspà, pour dire, raper. Tout cela me fait croire que rape & raper, viennent de rader, de cette façon : rade, rafi, rascum, rascum, rasca, raspa, RAPE. Rascare, rascare, raspare, RAPER. De rasca, les Espagnols ont fait de même rasca, pour dire une étrille rascar, pour gratter, galer, racler, étriller. Rascavallos, c'est un étrilleur de chevaux, un palfrenier, un garçon d'étable. M.
RAPER. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1237. ne veut pas que ce mot vienne de rader. Voici les termes de cet Auteur : RASPEN, rader. Angli dicunt to rasp, Gadi rasper, Hispani raspar, Itali raspare. Qua vulgo perperam & invitis litteris ducuntur à Latino rader. Nam prima verbi forma fuit raspen ; & postea, mutato sbili situ, raspen. Verelius in Indice : repa ran, quod quis cum aliorum injuria corradis. Propriè rapina corradendo failla : sensu quidem allegorico, sed à radendo manifesto petito. Quomadmodum igitur à rappen capere, relle su raspen, frequenter capere ; ita à reiben fricare, legitime formatur repen, raspen, raspen, rader. Quid enim est rader nisi frequenter fricare ? De hac transposition vide plura in PS inter Prolegomena Secl. III. nec non Secl. IV. in Metathesi to s.
RAPETASSER. Picard & Gosselin le dérivent de jasion. M. de Launay, Avocat au Parlement & Professeur en Droit François dans l'Université de Paris, le dérivoit plus vraisemblablement de repatare : dont Jasion, sur la Loi Quimun au Digeste de Flaminius, fol. 168. verso, nombre 153. & 155. a ué dans la même signification. Mathias Martinius, au mot pitacium, le dérive de pitacium. Il vient de pièce. M. Voyez pièce.
RAPETASSER. Il est très-vrai qu'il vient de petia, d'où notre mot pièce. Petia, petacia, petaciar, readpetaciar, RAPETASSER. On a dit aussi rapiécer, dans la même signification, de readvitiare. Je ne sais si petia ou petia ne viendroit pas EFERUS - Recherches & Classification numériques R A P. R A Q. de species. Le Duchat Voyez pièce.
RAPHAEL. Nom de l'Ange qui conduisit le jeune Tobie dans les voyages, & qui le ramena chez son père, dont il guérit l'aveuglement en lui faisant appliquer sur les yeux le fiel d'un poiffon. C'est de cette guérison, que le nom de Raphaël, fut donné à cet Ange: car Raphaël, est un mot Elzeu qui signifie Médecine de Dieu, ou Guérison de Dieu; & qui vient de son raphe, médicamenteur, guérir, & de la El, Dieu. RAPHE Nicot: Nicole Gilles, en la Vie de Dagabors: Notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu'ils l'en voulissent croire, s'approcha du Ladre, & lui païs la main pas-de-fou le visage; & lui ôta une raphe de la maladie de lépre qu'il avoit au visage; & que la face lui demeura belle, claire & nette; & le restitue en fanté. Laquelle raphe est encore gardée en un Religuaire en ladite Eglise S. Denys. Par lequel mot, il semble vouloir dire une poignée, un plein poing. Car on dit raphier, quand on s'en de dez; qu'on appelle la raphe; ayant gagné, on prend hâttivement, on bien plusfais rapidement, la mise qui est sur le jeu. Ce qu'on dit aussi raphier, on raffier; & par métaphore, raphier tout, quand on prend rapidement tout ce qu'on trouve en un lieu. M.
RAPIE'RE. C'est une vieille épée. S. Amant: Sa vieille rapiere au vieux loup. De l'Alleman rapier, qui signifie simplement une epce. Il est à remarquer que nous avons pris en mauvaise part plusieurs mots que nous avons pris des Allemans: comme lande, bouquin, here. Le P. Labbe a parlé de l'étymologie de ce mot en ces termes: Rapiere ne vient pas de jouée, viega, mais plusfais de ce qu'elle est dans un vieux fourroun tout rape: ou qui n'est plus bonne que pour raper, & non pas pour couper ou percer. Cette étymologie n'est pas recevable. M.
RAPIE'RE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1236, confirme l'étymologie que M. Ménage donne de ce mot. Voici les termes de Wachter: RAPIER, gladius praecutus. Il est schrappier, raser vel scarrificatur, prent vel a schrappen vel a schreppen derivatur. Saxo Grammaticus, lib. 4. Erat Regi inusitati acuminis gladius, deep dictus, qui quodlibet obstaculi genus, uno ferientis ichu, medium penetrando diffinderet. Ab hoc gladio, si quid video, omnes poftea gladii ejusdem acuminis dicti sunt schrepper; & expulso ibilo, rapier. Gallis rapiere est gladius vetus & inuillis; quia solent verba Germanorum in deteriorem partem accipere, ut fasetur Menagius. Voyez le même Auteur, aux mots schrappes, & schreppen.
RAPSODIE. Recueil de plusieurs passages, pensées & autorités, qu'on rassemble pour en composer quelque ouvrage. Du Grec juxles, cendre, jeter ensemble, & idi, chanson, pièce de vers. Aristote appelle rapsodie, une pièce de Poésie mêlée de différentes sortes de vers. Chaque Livre de l'Iliade & de l'Odyssée d'Homère, porte néanmoins le nom de rapsodie, quoiqu'il n'y ait qu'une sorte de vers: & de-la on appelle Rapsodes, v. Iulius, ceux qui chantoient anciennement des morceaux de ce Poète sur les Théâtres & dans les disputes de Poésie. Quelques uns ont cru mal à-propos, qu'au lieu de v. Iulius & de v. Iulius, il falloit écrire v. Iulius & v. Iulius, & que ces mots venoient de v. Iulius & v. Iulius, chanter avec une baguette; parce que ceux qui chantoient les Poésies d'Homère, tenoient à la main une baguette de laurier. Voyez Eustache. Rapsodie, suivant la véritable origine du mot, s'est donc dit d'abord en général, d'une composition de vers, & spécialement des Poésies d'Homère, comme étant les plus excellentes. Mais comme les termes dégénèrent souvent de leur première signification, on appelle ensuite rapsodie, une simple récitaçon des vers d'Homère, & même un vain babil. Et nous n'employons aujourd'hui ce mot qu'en mauvaise part, savoir pour un méchant ramas ou recueil de plusieurs choses prises sans choix dans divers Auteurs.
RAPT. Il n'y a personne qui ne sache que ce mot François a été fait du Latin raptus. Mais tout le monde ne fait pas ce qui est dit dans le Concile de Trofley, tenu en 909, que ce mot Latin est un mot de paysan. Est praterue qu'adam execrabilis species rapina, quam, ex ipso aifu, rustici raptum vocam. Tous les Latins généralement, & de tous les siècles, se sont servis de ce mot en cette signification. M. RAQUEDENARE: pour Racle-denare, dit Pasquier, livre 8. chapitre 62. de ses Recherches. M.
RAQUEDENARE. Racter argent, dans Duplessis, Myst. d'Iniquité, 1612. fol. 519. b. c'est exiger des gens, d'un pays, jusqu'au dernier fou; déraciner tout l'argent qu'on trouve sous sa main. Ainsi un Raquedenare, c'est un homme dont l'avarice va jusqu'à la rapine. Le Duchat.
RAQUETTE. Les Anciens qui s'en servoient au jeu de Paume, l'appelloient reticulum; parce qu'en effet, ce n'est qu'un ret. Ovide ne l'appelle pas autrement, au livre 3. De Arto Amandi: Reticuloque pila leves fundantur aperto: Nec, nisi quam tollas, ulla levanda pila est. Varroo Sequi-Ulyge, cité par Non. Marcellus: Suspendit Larchus marinus mollis pilas, reticula, acrophia. Il y a de l'apparence que de reticulum nous avons fait raquette, par une corruption de langage; comme nous en avons mille exemples dans la Langue Françoise. Cafeneuve.
RAQUETTE. Pasquier, dans ses Recherches, livre 4. chapitre 15. Lorsque les Tripos furent introduits par la France, on ne s'avoit que c'est le que de Raquette, & y jouoit-on seulement avec le plat de la main, & de pelates: chose que je découvre d'un vieux livre en forme de Papier journal, dont je m'aide souvent en ces miennes Recherches. En l'an 1427. (dit-il) vint à Paris une femme nommée Marget, aagée de 18. ans, qui estoit du Pais de Hainaut, laquelle jouoit mieux à la Pauline qu'oncques homme eût veu: & avec ce, jouoit de l'avant-main, & de l'arrière-main très-puifissement, très-malicienement, & très-habilement, comme pouvoit faire un homme; & y avoit peu d'hommes qu'elle ne gagnait, si ce n'estoit les plus puissans joueurs: & estoit le jeu de Paris, où le mieux jouoit, en la rue Garnier Saint Ladre, qui estoit nommé le petit Temple. Passage que vous voyez, authoriser en tout & part tout mon opinion: de laquelle je me croy davantage, parce qu'autrefois parlant à un nommé Gaftelier, il me fit un discours qui est digne d'être recité. Ces hommes, en sa jeu- EFERUS - Recherches & Classification numériques 384. neffe avoit est bon Joueur de Paulme; & depuis, fut long-temps Huissier de la Cour; & venant sur l'aage, refleira son Eftat. Mais quelque ancienneté d'aage qu'il eût (car quand il m'appris ce que je diray, il esfoit aage de 76. ans, & plus); si ne pouvoit oublier son premier déduiét. Et defait, il n'y avoit jour que s'il y avoit quelque belle partie en son quartier, il n'en voulait estre spellateur. C'esfoit un plaisir au- quel il finit ses jours: & moy, jeune homme qui n'y premis pas moins de plaisir que luy, le gouvernois de fois à autre par occasion. Un jour, entr'autres, il me conta qu'en sa jeunesse, il avoit esté des premiers Joueurs de Paulme de son temps, mais que le déduiét en esfoit tout autre, parce qu'ils jonoient seulement de la main, & poussent de telle façon la pelote, que fort souvent elle esfoit portée au dessus des murailles: & lors, les uns jonoient à mains découvertes, & les autres, pour se faire moins de mal, y apportent des grands doubles. Quelques-uns, plus fins, depuis, pour se donner quelques avantages sur leurs Compa- gnons, y mirent des cordes, & tendons, afin de suivre mieux, & avec moins de peine la balle. Ce qui se pratique tout communément. Et finalement, de la c'esfoit introduite la Raquette, telle que nous voyons aujourd'hui, en laissant la sophistiquerie du gand. Ha vrayement, dis-je lors à par moy, il y a grande apparence d'estimer que le jeu de Paulme vient de la: parce que l'exercice confisoit principa- lement au dedans de nostre main ouverte, que nous appellons Paulme. Depuis, lisant le passage que je vous ay cy-dessus recité, s'en fus du tout confirmé. ¶ Du tems de Maturin Cordier on jouoit encore à la Paume avec la main: ce qui paroît par cet endroit du chapitre 18. de ses Colloques: A. Veux- tu jouer à la paume: B. Tu es plus fort que moy. A. Je jouerai seulement de la main, & toy de la Ra- quette. Ces Colloques sont imprimés par Robert Etienne en 1541. La forme de rets que représentent les mailles de cet instrument, a fait conjecturer à M. de Sau- maise, que Martial l'a voulu désigner par le mot fenestris, dans l'Epigramme 74. du VII. livre, & dans la 46. du XIV. & qu'il faut, dans l'une & dans l'autre, rétablir ce mot, suivant l'autorité de quelques anciens Manuscrits; & particulièrement de celui de Messieurs du l'uy, qui est de fort an- cienne & de très bonne marque. Et ainsi, dans la première Epigramme il lisait: Nec laudet Polybi magis fenestras. Et dans la seconde: Si me nobilibus scis expulsare fenestris, Sum tua: si nectis, rustice, redde pilam. Ce n'est pas qu'il ne se souvint bien de ce que dit le même Poete dans l'Epigramme 84. du dou- sième livre, Captabit tepidum dextrâ, lavâque trigonem. Mais certainement, disoit-il, il n'y a guère d'ap- parence, qu'en chacune des deux autres Epigram- mes, où Martial ne parle que d'une seule perfon- ne, il n'eût point fait de difficulté de lui attribuer deux mains gauches. Et ce qui peut beaucoup ser- vir à confirmer sa conjecture, c'est ce passage du livre 3. de Re Rustica de Varon: &c. &c. &c. &c. &c. testudo, magnâ camera rectus, une ostio ungusto, fe- nestris punicanis, aut latoribus, reticulatis urin- que: ut locus omnis sit illustris, neve serpens, aliud- ve quod animal maleficum, introire possit. Je temat- querai ici en passant, que les Grecs ont dit la Rastica, en parlant d'une seule personne. &c. &c. & c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. A l'égard de l'étymologie, le mot de raquette a été formé de rete. Rete, reticum (d'où reticulum), retica, reticetta, reketta, raketta, RAQUETTE. Les Espagnols disent aussi raqueta, & les Italiens, lac- chetta. Covartuvias dit que l'Espagnol raqueta a été fait du François raquette. M.
RAQUETTE. Le Dictionnaire Italien-Fran- çois d'Antoine Oudin: Archetto fun archet, une raquette. Ici archetto est un diminutif du Latin arcu. Ainsi je m'imagine que raquette pourroit bien venir du même archetto: ou d'arca, dit pour arcu, d'où arche, pour un coffre courbe en forme d'arca, arceita, racetta, RAQUETTE. On a appelé raquette, une manière dont en France les femmes accommodoient leurs cheveux pendant la dernière moitié du seizième siècle. Voyez Henri Etienne, dans le premier de les Dia- logues du nouveau Langage François Italianisé, page m. 149. & suiv. Le Duchat.
RAS. Etoffe. Ras de Châlons. Ras de Gennes. De raum: parce qu'elle est rafe. M.
RASES. Factieux à Marseille sous Henri III. ainsi appelés, parce que pour se reconnoître, ils étoient rajes d'une façon particulière. Invent. de Serres, tome 4. page m. 147. Le Duchat.
RASIBUS. Mot ancien, qui signise tout-au- près. Philippe de Commines, livre 4. chapitre 8. Et le Roy se vint seur sur un escabeau rasibus dudit observant. De radere: dont les Italiens ont aussi fait rafente. La Cruïca, dans son Vocabulaire: RA- SENTE: da radere. Vale tanto vicino che tocchi quasi la cosa che gli è allato. Le peuple dit encore aujourd'hui rasibus. M.
RASOIR. Lat. novacula. De rasorium. Les Gloves anciennes: rasorium, Esp. M.
RASSASIER. De readsatiare, formé de la particule intratice re, & du verbe satiare, fait de satis. M.
RAT. Périon le dérive de mus. Voici ses tée- mes: Murem tamen velim exponas cur tat nomine- mus. Majorem murem, inquam, hoc nomine appel- lamus, à posteriore Latini nominis syllaba, qua in obliquis casibus, quos vocant, inventur. M. Ferrari donne la même étymologie au mot Italien ratto, qui signifie la même chose. ¶ Mus muris, murus, muratus, ratus, rato, RATTO. Cette étymologie ne me déplaît pas. Nous avons fait de même mu- lot, de mus. Mus muris, murus, mulus, MULOT. Voyez mulot. On peut aussi dériver rat & ratto, de l'Alleman rat+ ou ratto; mots de même signi- fication: cette étymologie me paroît plus natu- relle. Ratus se trouve dans la Vie de Lanfranc, chapitre 1. Murus & rati valde nobis sunt infolti. Il se trouve encore en d'autres lieux rapportés par M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot ratus. M.
RAT. Ce mot ne vient pas assurément de la Langue Latine. Voici comme en parle Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1146. RAT- TE, ratze, mus domesticus major, glis, forex. Ar- moricis. EFERUS - Recherches & Classification numériques mericis, rat, ratz; Anglo-Saxonibus, rat; Gallie & Anglis rat, Iralis ratto, Suecis ratta, Islandis ratta, Latino-Barbaris ratus & raturus. Benjamins in Vocabularia Anglo-Saxonico: ext raturus. Verelius in Indice: ratta Sorex. Ferrarius minor filitria voce muratus, tanquam à mure facta, ut veru rationem reddere possit. Sed his figmentis minime opus habemus. Nam ratt est a reissen rapere; & adjectivæ rapacem, substantivæ animal rapax significat, quale omnino est Sorex, raptor inquam domesticus. Vide plura in fonte. Je conclus de ce passage, que l'origine de notre mot rat est certainement Teutonique, & peut être même Celtique. * R A T., dans la signification d'une méprise, comme dans Rabelais, liv. 4. chap. 53. ou Hémesas ayant dit Décretiste, pour Décretiste: Ole gros rat! s'écrie Epistemon. Derratum, dans la signification d'une faute grossière; suivant quoi raton, ou petit-rat, seroit proprement une légère méprise. Voyez la Note 4. sur le chapitre 53. du liv. 4. de Rabelais. Le Duchat. R A T.: pour canal de mer. Rabelais, liv. 4. chapitre 25. Et si les mers adjacentes d'icelle Ise estoient ainsi ordinairement subjectes à tempête, comme en la mer Océane sont les Rats de Samasen, Maumusson, &c. Et liv. 5. ch. 18. Car à deux mille du lieu furent nos menés encarrées parmi les arènes, telles que sont les Rats S. Maixans. La Popelinière au liv. 45. de son Histoire, parlant de l'endroit que Rabelais appelle le Rat de Maumusson, dit que cet endroit, qu'il nomme le Canal ou le Perquis de Maumusson, est un passage des plus dangereux à cause d'une infinité de bancs & de sables mouvans dont il est couvert, qu'il a deux lieues de long & une de large, & qu'il sépare l'Ise d'Alvert d'avec celle d'Oleron. Je crois que ce Rat vient de rasas, & qu'il a été appelé de la sorte; à cause que ses sables qui sont à fleur d'eau, y sont rasés par la mer. Peut-être aussi, qu'il vient de rapidus, à cause de la rapidité du canal. Rapidus, radus, ratus, RAT. En effet, c'est de rapidus que Mèteray derive ce mot. Voyez sa grande Histoire, Paris 1651. tome 3. page 1098. Le Duchat.
RATAFIAT. Sorte de boisson, composée d'eau-de-vie, de clous de girofle, de canelle, & autres aromatiques. C'est un mot des Indes Orientales. M.
RATAFIAT. M. Leibnitz croit que c'est une corruption de rectifié, en sous-entendant brandevin. M. de la Croze, qui a été long tems en Amérique, dit que quand un Indien du pays boit du brandevin a la santé d'un François, entre autres mots de sa Langue il lui dit, rasas: à quoi le François répond en faisant raison, rustaf. Le Duchat.
RATATINÉ. Ce mot se dit d'une petite personne ramassée, c'est-à-dire, contralta brevita-tatis. J'ai quelque opinion qu'il a été dit par une métaphore prise des rats, qui étant pris, ou surpris, se ramassent, & rentrent, pour ainsi dire; dans eux-mêmes. M.
RATE. Lat. splen, lien. Ce mot est de difficile origine. Ne viendrait-il point de jecorata? Jecur, jecoris, jecora, jecorata, rata, RATE. La rate est un foie bâtard, dit Aristote: vides iens. M.
RATE. Lat. splen, lien. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, n'étant fondée que sur un terme imaginaire, ne sauroit subsister: mais il est difficile de découvrir la véritable. Ne viendrait-il point de ce qu'on auroit trouvé quelque ressem- blancé extérieure entre le viscère ainsi appelle, & le corps d'un rat! La rate est d'une figure qui approche de l'ovale un peu allongé: en quoi on peut dire qu'elle ressemble en quelque façon au corps d'un rat. Une ressemblance encore moindre que celle-là suffit quelquefois pour occasionner une dénomination. *
RATEAU. De rastellum, diminutif de rast-rum. Les Languedociens dissent rastel. Philon, dans son livre de Telerum capitatum (6), page 100. appelle les râteaux, les peignes des jardins: xenoquiniervic. Ce livre est manuscrit dans la Bibliothèque du Roi. M. Thevenot l'a fait imprimer: mais il n'est pas encore publié. Varron, de Lingua Latina; livre 4. partie de l'étymologie de rastellus, en ces termes: RATELLE; un trpices, serra leves. Itaque homo in pratis per faniscia eo festucas abradit: quo abrasu, tastelli dicti. M.
RATELEE. J'en ai dit ma ratelée. C'est-à-dire, j'en ai dit ce que j'en pensois. De reor. Ratum, rata, ratula, ratulata, RATELLE. M.
RATELEE. Dire sa ratelée, c'est décharger sa rate. Ainsi ratelée pourroit bien venir de rate; en Latin; splen, lien. Le Duchat.
RATELEE. Une ratelée, c'est proprement tout ce qu'on ramasse en un seul coup de rateau. Ensuite on l'a dit au figuré, en parlant d'une personne qui se répand en longs discours, qui dit tout ce qu'elle a sur le cœur. C'est pourquoi j'estime que ratelée, dans ce second sens, de même que dans le premier; vient de rateau. Voyez rateau. L'étymologie que M. Ménage donne de ratelée, n'est pas recevable. *
RATEPENADE. Chauve-souris. Du mot de rat, & de celui de pennatus: comme qui diroit, mus pennatus. Voyez Nicot, dans son Dictionnaire, au mot ratepenade, & selon dans son Ornithologie, au chapitre de la Chauve-souris. D'autres prononcent ratepelade. Et cette prononciation est appuyée par ces mots d'Yves de Chartres, en son épître 129. Filiam vero Landrizi Sori in uxorem habuit Burchardus Ratafelice. Henri Etienne, dans son Dialogue du nouveau Langage François Italianise, page 150. n'a pas voulu décider entre ces deux mots. Voici ses termes: Quelques Docteurs modernus veulent gager tous leurs Bartoles & tous leurs Panermes, qu'il faut dire, non pas ratepenades, mais ratepelades: pourre qu'elles sont en façon d'ailes de Chauvesouris, & qu'en quelque pays de Latin ou appelle ratepelade, ce que nous appelons Chauvesouris. CELTOPHILE. La pluralité des voix est pour eux. PHILALETHE. Au contraire, ils mettent leurs Bartoles & leurs Panermes en grand danger: car en ce pays de Latin, lequel ils est endent, ceux qui parlent bien, dissent ratepenade, pour une Chauvesouris; comme voulant signifier une rate, ou souris empennée: ce qu'on diroit en Latin thus pennatus. CELTOPHILE. Mais d'autre part, il faut regarder comment ceci se rapportera à ce que les autres dissent une souris chauve. Toutefois à eux la dispute. Voyez Chauvesouris. M.
RATER. Manquer son coup, son entreprise: ce qu'on dit autrement, prendre un rat. Le pistolet a raté, a pris un rat. Ce qui montre que ce mot vient de rat. Voyez ci-dessus les deux premiers articles rat. Peut-être aussi que rater vient de rat; dans la signification d'une méprise: mot que M. (4) Philonis Byzantii M. M. Colledione veter. Mathematic. Paris. ex Typogr. Reg. 1696. in-fol. C c c 3 EFERUS - Recherches & Classification numériques 386 R A T. R A V. Le Duchat dérive en cette signification du Latin erratum. Voyez ci-dessus le troisième article: ras.*
RATINE. Sorte d'étoffe. L'étymologie de ce mot ne m'est pas connue. M.
RATINE. Le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin: Ratine, rouesca as Fiorenza: c'est a-dire, revesche de Florence. Ratine ne viendroit-il pas de Florentina? Florentina, rentina, RATINE. Le Duchat. RATION de pain. De l'Espagnol racion, qui signifie la même chose, & qui a été fait du Latin ratio. Le Gloisaire Arabico-Latin: Rationi mea: id est, portioni. Dans le Nivernois le salaire du Meunier s'appelle raison. Et se dit raison, a rations, de rado; & non pas a ratione; dit Coquille sur la Coutume de Nivernois, au titre des Fours & Moulins, art. 6. M.
RATONS. Sorte de tartelette. De cratones: ce qui a été très-véritablement remarqué par M. du Cange. Ce mot cratones se trouve en cette signification dans Udalric, au livre 2. du Livre intitulé Confuetudines Cluniacenses; où cet Ecrivain remarque que c'est un mot d'origine Allemande. Voici l'endroit: Pro signo rufoedatum, vel, ut Teutonici loquuntur, cratonum; pramisso signo generali panis, simula cum duobus digitis illas minitas involutiones, qua in eis sunt falla, ex ea parte qua sunt complicata & quasi rotunda. M.
RATURE. Trait de plume qui efface quelques mots, lignes, ou pages, d'un écrit. De radiatura, fait de radiare; ou de rasura, fait de raderre.*
RAU. Le peuple de Metz appelle ainsi un chat mâle. Peut-être de rodeie; comme le chat Rodilardus, au chap. 67. du livre 4. de Rabelais, de rodere lardum. Ou plutôt de Raoul, nom propre; comme Marron, de Marculphus. Le Duchat.
RAVAGE. Rapax, rapacis, rapacium, rapagium, RAVAGE: rapagiare, RAVAGER. M.
RAVANEL. Nom d'un des Chefs des Camisards en 1704, & nom de famille fort commun dans plusieurs Provinces de France. C'est un sobriquet qui emporte à peu près la même signification que nabot, & qui vient de raphanellus, diminutif de raphanus; comme nabot vient de naporus, fait de napus, qui signifie un navet. Voyez ci-dessus nabot. Le Duchat.
RAVASSER. Si bien & largement je ne souppe, je ne dors rien qui vaillie: la nuit je ne fais que ravasser, dit Rabelais, livre 3. chap. 13. C'est un dérivé de rêver. Rêver, rêvisser, RAVASSER. M.
RAVAUDER. De readvalidare. François Pithou, dans le Pithorana, & le Père Labbe, à la page 415, de la première partie de ses Etymologies Françoises, se sont apperçus de cette étymologie. Voici les termes du Père Labbe: Un Rappetaiseur, c'est un qui could pièces sur pièces, & ne fait point de besogne neuve. On l'appelle aussi un Ravaudeur, un Regrateur, qui fait revaloir la vieille étoffe, & autres marchandises, en les grattans, nettoyant, &c. M.
RAUCLON. Mot Messin où l'1. mouille, & qui signifie un de ces gros crachars qu'on nomme autrement Jacobins. Le mot est fait de racler, parce que quand on s'efforce pour cracher ces sortes de flegmes, il semble qu'on se râcle le goûier. De radiculone. Voyez ci-dessus racler. Le Duchat.
RAVELIN. Terme de Fortification. C'est un dehors de muraille, qui est une espèce de bastion détaché du rampart, & placé vis-à-vis du milieu de la courtine: en quoi il diffère de la demi-lune. De l'Italien revoltus. M.
RAVERGARDE. Sorte d'air de violon, si je ne me trompe. Voyez Voiture, Lettre 28. édition d'Amsterdam 1657. C'est une corruption de Rouergasse, sorte de danse, ainsi appellée des Rouergas, ou peuples du Rouergue, chez qui on la danse. Le Duchat.
RAUILLE. On appelle ainsi à Metz cet instrument, composé d'un long bâton & d'un fer recourbé, dont les Boulangers renuent la braise du four. De rutabulum. Ou plutôt, c'est une corruption de rabie, qui est le nom François de cet instrument, & qui a été fait de ce mot Latin. Le Duchat.
RAVINE. M. de Valois le jeune le dérive de lavina: qui se trouve en cette signification. Paul Lombard, livre 3. de l'Histoire des Lombards: En tempere, just aqua dilevium in finibus Venetianum: falla sunt lavina possessionum, seu villarum: distrutia itinera: dissipata via. Les Gloises d'Isidore: LABINA, lapis imperent. Et ensuite: LUBICUM, iurum cum lavina. M. du Cange, dans ses Etymologies Françoises qu'il a faites en ma faveur, lui donne la même étymologie. Et c'est la véritable. M.
RAVIR. De rapire; dit par métaplasme pour rapere: comme currere, & succurrere, pour correre, & succurrere; fremire, pour fremire; jodire, pour jodere, &c. M.
RAVIR. Ce mot convient avec l'Alleman rauben, le Perlan rubaden, l'Anglo-Saxon rechan, le Flaman rooven, l'Anglois to rob, le Suédois rofwa, l'Espagnol robar, l'Italien rubbare cu rubare, le Latin rapere, l'Arabe raphas; qui tous signifient la même chose que ravir. Il convient aussi avec le François rober. Voyez ci-dessus rober, & ci dessus dérober.*
RAVIR. Ravi de faim: fame presus. M. Bochart, livre 1. chap. 41. de ses Colonies des Phoniciens, page 750. Raphius est animal quadrupes, de quo Plinius: Pompeii Magni primum ludi ostenderunt Chaum, quem Galli raphium vocabant: effigie lupi, pardorum maculis. Lapim cervarium intelligi durot hac ejusium Plinii: Sunt in luporum genere, qui cervarii vocantur, qualem Gallia in Pompeii Magni arena spectatum diximus. Nomen Gallicum, ut puto, erat 127 chaavi; quasi famelicum dixeris: quia creditur esse animal infatiabile. Idem Plinius: Infatiabilia animalium, quibus à ventre protinit recto intestino tranieunt cibi, ut lupis cervariis. Tous ces exemples ne prouvent point que ce mot, en cette signification, soit venu du mot raphius. Et il est plus vrai-semblable, que cette façon de parler, ravi de faim, a beaucoup de rapport avec cette autre, ravi de joie, & quel'on peut aussi bien avoir dit, raptus fame, que raptus gaudio; l'une & l'autre marquant un excès. S. Add.
RAVITAILLER. Voyez vituatii. M. RAVOIRER. Voyez la Coutume d'Orléans, article 74. M.
RAUQUE. Voix rauque. Du Latin rancus. Ce mot a de la convenance avec l'Ebreu & Chaldéen non roubh, le Syriaque roubh, & l'Arabe roubh, qui signifient fouille, haleine; & d'où le Grec 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1 EFERUS - Recherches & Classification numériques
RAYAUX. Ce mot se dit, en terme de monnoie, des moules dans lesquels on jette l'or & l'argent fondu; & il signifie aussi cet or & cet argent jetés en rayaux. Henri Etienne, dans son Livre de la Précellence du Langage François, parlant des termes dont on use dans les monnoies, page 106, dit qu'on commence par allier & fondre les métaux : Puis ce qui a été fondu, il le faut jeter en rayaux : & font rayaux des pièces longues & éroites, qui se font ou dedans des moules, ou sur des tuiles de fer qui font rayonnées en une certaine longueur ; lesquels rayaux on taille en quarreaux. Car les rayaux étant portés à l'ouvrier, il les coupe en pièces approchantes assez près du poids, duquel doit être la momoye qu'il veut forger : & pource qu'elles sont ordinativement quarrées, on les appelle quarreaux. Ce mot de rayaux vient de ce que les moules font rayonnées, c'est-à-dire, faits en rayes ou en rayon. Voyez raye & rayon. Vergy.
RAYE. Poison. Du Latin raia : qui se trouve en cette signification dans Pline, livre IX, chapitre 14. Les Grecs ont appelé ce poison Bavis & Bavis ; c'est-à-dire buison. Les Gloises anciennes : Raia, Bavis, Ix, 2, 3, 4, 5. Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, livre I, page 118. Bavis, Gracis raiam asperam : quoniam, quasi ungubus, iis qui in rubo sunt, conseritis, tecta sit. Sic Poeta squallentem auro loricam ; quoniam squammis, quemadmodum & nunc, inter se subeuntibus, composita erat. Ce qui peut donner sujet de croire que raia a été fait de vjaxia. ¶ vjaxia, rachia, RIA. M.
RAYE. Ligne déliée, tirée sur du papier, ou autre chose. De radius. Radius, radia, raia, RAIE. Radia se trouve dans les Gloises anciennes. Radia. 2000, 2000, 2000. M.
RAYE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1267. RIGE, linea, fulcus literarum vel numerorum. Gallis raie, Iralis & Latino-barbaris riga. Proprie est linea incisa, vel ex incisuris falla. Boxhornius, in Lexico Ant. Brit. thygm incisura, thygmbren lignum oblongum in quo includuntur numeri, thygma ferrare. Gracis 2000 est fissura, & 2000 rumpo, manifesto cum vocibus Celticis consensu. ¶ RAYE du cul. Lat. interseminium, perinaum. De sa ressemblance à une raye. M.
RAYE. De radiatus. M.
RAYER. De radiare. Et de-là radiation, mot des Chambres des Comptes. Rayer, c'est effacer en faisant des rayons. M.
RAYON. De radio, radionis, augmentatif de radius. M.
RE. Ille. De Regum. C'est ainsi que cette Ille est appelée dans les vieux titres Latins. Voyez M. Belly, dans les Preuves de son Histoire de Poitou, page 163. Elle a été ensuite appelée Reacum : quod rei in eam, pœna causa, deportarentur, dit M. Hauteferre, livre premier de ses Aquitaniques, chapitre dernier. M.
RE. Ille. On l'appelle en Latin Radis, Ratis, ou Insula Ratensis : de radis rade, à cause, sans doute, des bonnes rades qu'on trouve sur sa côte. Ceux qui n'ont aucune compissance de l'antiquité, dit M. de Valois dans sa Notice des Gaules, page 463, appellent cette Ille Insula Recrum, Reacus, ou Insula Reta, & jugent qu'elle a été ainsi nommée à cause des criminels qu'ils conjecturent qu'on y exiloit. Cependant tous les monoments qui parlent de cette Ille, s'accordent à la nommer Radis, Ratis, ou Insula Ratensis. Bruzen la Martiniere, Dictionnaire Géographique & Critique, tome 7, au mot Re. Voyez ci-devant rade. ¶
REAGAL. Villon, dans son Grand Testament : En reagal, en arcenic racher, &c. C'est un mot Arabe. Le Président de Thou, livre 48, de son Histoire, page 677, de l'édition de Genève, parlant de la Guerre de Grenade : Alfonsus Portocarrerus, sagittis injetis illius, & ipse obstinate pugnavit, donec pervadente veneno comidit. Moris erat Hispanis, cum, ante sciopperorum usum, balistis, tanquam potioribus armis, uterentur, sagittas insicere, preparato ad id veneno. Orofpeda & Dubeda, Castella montes, id toxicum sumministrant, in quibus belleborus niger frequens, qui coitus ac dissolutus, dein ad solem densatur, colore obscuro & subrobido, odore acri & tamen suavi. &peritur & in Nivoso monte, juxta Granatam; Reialgar Mauri vocant : herba ballitaria propterea dicta ? qua, quod lupus enecare creditur, lycoctonos Gracis dicitur, & aconitum esse putatur. Color ei niger, & odor gravior : utrique idem esse illius, rigor & turpar, caligo oculorum, ventriculi subversio, labro spumantia, & virium prostratio; ita ut ea peste infecti, omnino concidant. Hoc venenum sanguineam massam pracipue corrumpit : &, licet extracta sagitta, per venas ad cor pervadis. Sulla plagam, si cito id fiat, curari, sicuti Psyllos olim in A. gypto in serpentum morsibus adhibitos, vulgo persuasum est. Nunc adversus pestiferum malum utuntur succo cæ tonei mali, & gemista, cujus solis maslicatis tanta vis ineff, ut venenum inius conceptum per plagam foras educant. Voyez le Lexicum Medicum Castello-Brunonianum, au mot realgar. ¶ Nicot dit que quelques-uns disent riagas. M.
REALE. Sorte de monnoie. De l'Espagnol reale : comme qui ditoit, regia moberta. Voyez Henifchius, dans son Livre De Asse. L'Espagnol reale vient du Latin regalis. M.
REBAL. Abbaye en Brie : autrement appellée l'Abbaye de Jérusalem. De Rebacum. C'est ainsi qu'elle est nommée dans nos Ecrivains Latins. Orderic Vital, livre 6, de son Histoire, page 623. Ossa Sancti Anberri, Monachi, Radulpho dederunt. Ipse vero cum tanto theofauro Rebacum festinavit ; & eidem Cœnobio, quia frater & amicus erat, devote obtulit. Rebacenses autem, &c. Rebacum a été dit à Rebae, fluvio, dit l'Auteur de la Vie de Saint Audouin. L'ancien mot est Rebae. M.
REBARBATIF. C'est ainsi qu'il faut dire, & non pas rebarbatif, comme a dit Rabelais dans son Epière Dédicatoire au Cardinal de Châtillon. M.
REBARBATIF. On prononçoit & on écrivit anciennement rabarbatif, dans la signification d'un homme qui relance les autres, qui leur réti- fte en face, & à leur barbe, comme on parle. Froitbart, vol. 1, fol. 163, 1°. de l'édition de Verard : Je ne s'ay comment il nous en viendra : mais C c c i j EFERUS • Recherches & Classification numériques je voy ces villains trop voulentiers, qui s'appuym sur ces creneaux, & qui nous regardent quelle chose nous faisons. Voyez-le, ils sont plus rabarbatis que fonges qui mangèrent poires, & enfans leur veulent toliir. La Paffion à personnages, fol. 198. r. Paris, 1531. Le feu d'enfer le puiss confondre, Tant est villain rabarbatis. Rabelais, qui en plus d'un endroit a dit rebarbatis, ou rabarbatis, a dit rebarbatis, chap. 16. du livre 5. Rebarbatis, au lieu de rabarbatis, s'est dit pour éviter la rencontre des deux aa. Voyez Henri Etienne, page 153. de son Traité de la Précellence, &c. Le Duchat.
REBARBER. D'où rebarbatis. Le Duc de Bretagne, dans la Chronique de Bretagne, au Capitaine du Château de l'Hermine, qui parloit pour le Connétable de Clisson : Taisez-vous . . . car se vous me rebarbez, je vous détruiray de fond & de racine. M. de Travecy, Histoire M. du Roi Charles VI. page 117. sur l'an 1387. Le Duchat.
REBEC. Instrument de Musique. Les Espagnols l'appellent rabel : & il y a apparence que de-là nous avons premierement fait rebel ; & ensuite rebec. L'Espagnol rabel, selon le Père Guadix, vient de l'Arabe rabib, qui signifie la même chose. Il vient de l'Arabe rebab, ou rebaba, qui, dans le Lexicon Coptique, est interprété lyra. De l'Arabe rebaba, les Italiens ont fait ribeba. M.
REBEC. De rabel, qui a été fait de nablium. De rabel s'est fait le nom de famille de Rabelais. Huet.
REBEC. On a dit rebabe pour rebec. Le Roman de la Rose, fol. 127. r. édition de 1531. Harpes biens sonnans, & rebabes. *
REBECCA. Terme bas & populaire, qui signifie répondre & répliquer continuellement à une personne qui a autorité de réprimander. Il est fait de bec, pris pour parole, & de la particule ré-duplicative re. J'ai connu une Dame, qui lorsque certaines femmes la fatiguent par des discours impertinens, qu'elles répétoient sans cesse, se contentoit de leur dire pour toute réponse rebecca, rebecca. C'est à peu près la même chose que rebecquer. Voyez rebecquer, & bec. Il ne faut pas s'imaginer, au reste, que ce terme rebecca, qui pour le son des lettres se trouve par hazard convenit avec le nom de Rebecca, femme d'Isaac, ait avec ce dernier mot le moindre rapport de signification. Rebecca, en Ebreu par Ribèch, veut dire la même chose que saginara, une femme grasse, qui a de l'ennonpoint. *
REBECQUER. Par métaphore, des oiseaux qui se revanchent avec leur bec. M.
REBEYNE. Mot qui est pris dans le sens de rebellion, par G. Paradin, dans le titre du chap. 46. du livre 1. de son Histoire de Lyon. Peut-être de rebellione. Le Duchat.
REBINDAINE. Rabelais, liv. 1. chap. 29. Pantagruel le frappa du pie un si grand coup contre le ventre, qu'il le jetta en arrière à jambes rebindaines, & vous le traissoit ainsi à l'escorche-cul plus d'un trait d'arc. Et livre 4. chap. 67. Adonques vingt de la fourche, lui donna un si grand coup entre cel & collet, qu'il le jetta par terre à jambes rebindaines. Ce mot est du patois Poitevin, & c'est une corruption de rebondaine. De bond, fait de bondir. Le Duchat.
REBOUS. Rabelais, livre 3. chap. 12. Ce fort dénote que ma femme sera preuile, pudique, & loyalle, non mie armée, rebousse, n'escervelle & extraite de cervelle comme Pallas. M. de la Noue, Dictionnaire des Rimes Françoises, page m. 181. Rebous. On use de ce mot spécialement pour les chevaux, qu'on appelle rebous, quand ils sont farouches & opiniastres, & qu'on n'en peut chevir. Et dit-on peut-être rebous pour rebours, d'autant qu'ils sont au rebours de ce qu'on leur demande. On a dit autrefois bousser pour pousser : pour preuve de quoi c'est qu'à Metz bousser se dit encore dans la même signification. Ainsi je m'imagine qu'un cheval rebous est proprement celui qui repousse tout homme qui le veut monter. Le Duchat.
REBOURS. Quelques-uns tiennent qu'il vient de rebec, qui signifie oblique, & qui a les pieds tournes. Mais il y a bien plus de raison de dire qu'il vient du Latin-barbare reburrus, qui signifie velu (les Gloves d'Isidore : Reburrus, hispidus) ; parce que les étoffes de drap étant tournées au rebours, ou mises à l'envers, sont plus velues. Et ce mot a pris son origine de burrus, ou byrrus, qui signifie souvent une étoffe velue, ou gros bureau. Caseneuve.
REBOURS. De reburrus. Les Gloves anciennes : Reburrus, rebouss, & rebouss. Celles d'Isidore : REBURRUS, hispidus. La Chronique du Bec, dans les Adversaires Sacrés de Louis de la Cerda, chap. 184. 27. Habebat capillos crispos & rigidos, &, ni ita dicam, reburrus, ad modum ramorum pini, qui semper tendunt sursum. Voyez bure. M.
REBRAS. Un manteau à rebras : ainsi appelé, à cause qu'il se redouble sur le bras. Rebrachiatorium se trouve en cette signification dans Caïtien. M.
REBRASSER. C'est-à-dire retrousser. Et quoiqu'on puisse dire rebrasser le chapeau, le bonnet, le manteau, ce mot néanmoins ne s'entend proprement & primitivement que des manches ; car il vient du verbe Latin-barbare, rebrachiare. La Vie de Saint Othon, Evêque de Bamberg, livre 1. chap. 13. imprimée dans le tome premier des anciennes Leçons de Canisius : Rebrachiatis manicis, succinilaque veste. Caseneuve. REBROUSSER chemin. Reverto, reversus, reversus, reversare, rebrossare, REBROUSSER. De reversare, les Espagnols ont fait rebous. M.
REBROUSSER. Dans Fauchet on lit toujours rebourser pour rebourser. Le Duchat.
REBROUSSER. La remarque de M. le Duchat confirme l'étymologie de M. Ménage. Il se peut aussi que rebourser ait été fait de reciprocare, qui signifie la même chose. *
REBUFFADE. De la préposition re, & du vieux mot buffe, qui signifie un fouffet. Alain Chartier, dans son Histoire de Charles VII. En celuy an, environ huit heures de nuit, battit Messire Jean de Graville Messire Geoffroy le Maingre, dit Bouciquault, la veille du jour de l'An, en la rue Saint Merry à Paris, pource que ledit Bouciquault avoit donné une buffe andis Graville, par jalouise d'une Damoiselle. Villon, dans ses Repues : Luy baillant une buffe grande, En lay disant mainte reproche, &c. Celuy qui bailla le fouffet. Marot, Pseaume 3. EFERUS - Recherches & Classification numériques R E B. R E C. Vien-donc, déclare-voy, Qui de buffes renverses Mes ennemis mordans, Et qui leurs romps les dans En leurs gueules perverses. M.
REBUS. *Ribus de Picardie*. Ce sont des équivoques de la peinture à la parole. Marot, dans son Coq-à-l'Afiné : Car, en *Ribus de Picardie*, Une faux, une effrille, un veau, Cela fait, Eldrille Fauveau. On prétend qu'on les nomme *Ribus de Picardie*, à cause qu'anciennement, en Picardie, les Clercs de Bazoche faisoient tous les ans au Carnaval certains Libelles, qu'ils appelloient *De rebus qua germaur* : qui est comme qui dirait, *Libelles de ce qui se passe dans la Ville* : lesquels ces Clercs lisoient publiquement par les rues, étant dans un tombetreau, dans lequel ils se faisoient traîner. Et j'apprends qu'il n'y a guère plus de soixante ans que cela s'observoit à Boulogne : ce qui depuis a été défendu par les Réglements de Police, à cause des diffamations qui se faisoient en ces occasions contre un grand nombre de familles. Taubourot, en ses Bigarrures, traite amplement des *Ribus*. M.
REBUS. Geoffroi Torl écrit ce mot *Ribus*, comme voulant dire que le *Ribus*, est une chose à laquelle l'Auteur a rêvé, & qui fait rêver les autres. Voyez son Champ-Fleuri, &c. 1529. cité par Maltaire, Annal. Typogr. tome 2. page 552. *Le Duchat*.
REBUTER. Peut-être de *but* : comme qui dirait, *éloigner du but*. M.
REBUTER. De *repultare*, qu'on a dit pour *repultare*. On dirait anciennement *reboulter* dans la même signification. Marot, au Pseaume... *De ta pitié ne me reboute* : *Mon cœur ferré au large boute*. Le Duchat.
RECAMER. Robelais, 3. 2. *Soixante-dix-huis pièces de tapisserie à hautes lices; longues de quatre, & larges de trois toises; toutes de foye Phrygienne, récamée d'or & d'argent*. De l'Italien *ricamare*; ou, comme prononcent les Siennois, *racumare*. Les Italiens ont eu ce mot des Espagnols, qui disent *recamar* : & les Espagnols l'ont eu des Arabes : & les Arabes, de l'Ebreu *capi rakam*; c'est-à-dire, *acu pinxis*. Scaliger, dans ses Conjectures sur Varton : *Frugiionia vestimenta*, *sunt ea qua ricamata vocans Itali; dictione Syriaca; in quibus trama diversis modis retorta, & perplexi maandri sunt*. Wolfgangus Seberus, dans ses Notes sur Pollux, le dérive aussi de l'Ebreu. Et Caninius, dans ses Canons des Dialectes, le dérive du Puni-que *rigma*. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, le dérive de *barvaricamen*. Voici ses paroles : *Barbarica vestes acu piela*, Phrygie : *nom acu Phrygies pingere, ut Plinins libro VIII. cap. 48*. Ergo opus *Phrygium*, barbaricum, barbaricamen, ricamo. *Unde Barbaricarii, in Codice dicuntur*, qui auto, argento, &re cassidas & bucculas 'regebant : *sciicet, a similitudine operis Phrygie, sive barbarici*. L'analogie ne permet pas qu'on dérive *ricamo de barbaricamen*. M.
RECAPITULER. De *recapitulare*. Tertullien contre Marcion, livre v. *Sicus verbum illud* in *Graco fomat*, recapitulare : *id est, ad initium redigere, vel ab initio recensere omnia in Christum*. Le mot Grec dont Tertullien entend parler, c'est *aracunias*. Recapitulare se trouve aussi dans Efrdras, IV. 12. 23. & plus d'une fois dans S. Irénée. M.
RECAREDE. Nom d'un Roi d'Espagne. Il est d'origine Gothique. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1496. en parle ainsi : Rek, rik, *Gothis est bellator victorious, a reckon pellere, propellere*. Et *bint videntur nomina sua ducere*, RICHARDUS, *Reccus audax*; RECCAREDUS, *Reccus alacer*; RICHIMERS, *Reccus celebris*. Voyez le même Auteur, au mot *reckon*.
RECETTE. De *recepta*. Le Père Simond, sur les Capitulaires de Charles le Chauve, page 43. TAUX RECEPTUAL INVENTE. *Receptum appellat viam & ratiinem*. *Qua ratione usterpari a nostris vulgo soler, cum bonum consilium bonam receptam dicunt : translatione a Medicorum Pharmacia petita*. M.
RECHAUD. Voyez *chaufferte*. Caseneuve.
RECHIGNER. De *rixinare*. *Rixa, rixina, rixinus, rixinare*, RECHIGNER. De *rixinus* on a fait *Rechin*, qui est comme on a surnommé Foudques, Comte d'Anjou. Du Hallian, au Sommaire de l'Histoire des Comtes & Ducs d'Anjou, page 8. dit que *Rechin*, en vieux langage François, signifiot le *rude*. Voyez Guillaume de Tyr, XIV. 1. Paul Emile, en la Vie de Philippe I. qui l'appelle *asperum*, & Du Pleix au même endroit. M.
RECHIGNER. De *rech*, qui en bas Breton signifie *chagrin* & *rechiff*, chagriner. *Huet*.
RECHIGNER. D'autres, comme Borel, dérivent ce mot de *re* & *cons*, c'est-à-dire, faire comme un chien qu'on fâche; fondés sans doute sur ce que dit Calepin, que *rechigner*, ou *rechiner*, comme on écrivit autrefois, c'est torfère la bouche comme fait un chien qui veut abboyer, ou que l'on met en colère. *Ringere, ostorgnise, quod canes factum cum latraturis sunt, vel cum ex ira in rugas diducunt ei*. Vergy.
RECOLER. Terme de Palais. Répéter les témoins : leur lire la déposition qu'ils ont faite, pour voir s'ils y perissent, s'ils n'y veulent rien ajouter ou diminuer. Du Latin *recolere*.
RECORS. On appelle ainsi ceux qui assistent les Sergens pour leur servir de témoins : du verbe Latin *recordari*, qui signifie *se souvenir*. L'article 711. de l'Edit de l'an 1539. Exploit recordé *est celuy qui a esté fais en présence de teemoines a ce appellés, comme remarque, Ragnan*. Anciennement en France, les ajournements, assignations, & autres exploits, se faisoient avec des témoins : comme il se voit en plusieurs endroits de la Loi Salique, & particulièrement au titre 54. *Casemone*.
RECOUVERT. pour *reconvré*. La question est de savoir depuis quel tems ce mot a été introduit dans notre Langue. M. de Vaugelas, au chapitre 231. des Observations de M. Ménage, vouloir que Des Portes eût été le premier qui eût usé de *reconvret* pour *reconvré*. Sur quoi M. Ménage, qui ne le croyait pas, allègue pour *taifon*, que Henri Etienne, dans ses Dialogues du nouveau Langage François Italianisé, parle de ce mot comme introduit de son tems par les Courtians. Il est donc déjà très-probable par le passage de ces Dialogues, que *reconvret*, dans le tem de *reconvré*, est EFERUS - Recherches & Classification numériques plus ancien que Des Portes. Mais je vais plus loin, & je dis qu'on ufoit de ce mot pour recouvre pics de cinquante ans avant l'impression de ces Dialogues, dont la premiere edition est de 1578. si je ne me trompe : & je le prouve par ce passage de Rabelais, liv. 1. chap. 39. J'ai recouvert un gentil premier. On lit de la sorte dans toutes les éditions de Rabelais, notamment dans celle de 1541. & ce premier Livre avoit été imprimé dès l'an 1534. Le Duchat.
RECOUVRER. De recuperare. M.
RECOUVRIR. De recouperire. M. RECREANCE RECROIRE. Ce mot signifioit recule & restituer. Et de-la vient le mot recréance. Le Livre intitulé *Li Estabilisement le Roy de France*, livre 2. Et se il ne dit chose raisonnable, il ne veuille rendre ou recroire la Justice, le Roy le doit parforcier par la prise de ses hommes. Il est pris au même sens dans Ives de Chartres, ép. 275. And libenter reddet aut recredet Comitem Arvernenjem (M. du Cange dit Comitem Niverenjem). Et dans Geoffroy de Vendôme, livre 2. ép. 30. Carnotensis Ecclesia bovei & oves, vel quacunque Ecclesiarum prada, si caperentur, reddi aut recrediti faciebat. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange, au mot recredere. Cateneuve.
RECREANCE. De recredentia. Le Pere Sirmond, sur ces mots de Goffridus, Vindocinensis, REDDI aut RECREDI: *Synonima sunt : nam recredere Pragmatis est restituere : unde & recredentia pro vindicis, seu possessione restituta, notum Gallicanis soris vocabolum.* M.
RECRU. Cheval recru. Joseph Scaliger, sous le nom d'*Two Vitiomarus*, dans les Animadversions contre les Lieux Controverses de Robertus Titius, livre 7. chap. 20. *Equos defectos Galli recreus vocant : quasi recrudescint.* M.
RECRU. L'infinitif actif de recru, c'est recroire, dans la signification de faire : rédit, ou donner répit à quelqu'un de quelque tems, pour accomplir une chose à quoi il seroit pour l'heure peu propre par défaut de forces. Le Roman de Perceforel, vol. 3. chap. 3. fol. 5. v. col. 2. de l'édition de 1526. *Je vous recroy de votre prison jusqu'à la fin du Tournoy, pource que ce seroit dommage se si bon Chevalier comme vous estes, estoit oysse : & vous reuettez au Tournoy, & recouvrez de votre perte ; car je vous en donne congé.* Le mot récréance, en matière bénéficiale, à la même origine. Ménage, au reste, n'a pas pris garde que du Cange, au mot *Recrediti*, refute invinciblement l'opinion de Scaliger sur l'origine du mot recru. Le Duchat.
RECRUTER. Terme militaire parmi les Hollandois, pour dire faire des recrues. M.
RECRUTER. C'est faire recroire une armée d'autres hommes en la place de ceux dont elle est décrue par quelque défaite ou autrement. Le Roman de Lancelot du Lac, vol. 3. fol. 46. 1°. édition in-fol. 1533. *Quant . . . ilz virens leurs gens, si firent regarder combien ils estoient décruez ; si trouvèrent qu'ils avoient bien perdu, que de Chevaliers que de Sergens, quatre mille & plus ; si en avoit leurs tanc de mors & de navrez, que c'estoit merveille à veote.* Le Duchat.
RECUITEUR. Terme de Monnoyeurs. Voyez *Sernent de France*. M.
RECULER. De reculare, mot composé de la particule *re*, & du verbe *colore*, fait de *colus*. Voyez *rinculare*, dans mes Origines Italiennes. M. R E D. R E F.
REDINGOTE, ou RODINGOTE. Sorte d'habillement. Ce mot qui est nouvellement Francié, vient de l'Anglois *riding coas*, qui veut dire *cafaque de voyage*. *Riding* est le participe du verbe *to ride*, qui signifie aller à cheval, ou en carrofie, ou dans quelque autre voiture : *coat*, *cafaque*. La *redingote* sert principalement pour aller en voyage.
REDOUTE. Sorte de petit fortin. On difoit anciennement *ridotte*, de l'Italien *ridotto*, qui signifie proprement un *réduit*, du Latin *reductus*. Voyez la grande-Histoire de Mézeray, Paris 1651. tome 3. page 174. Le Duchat.
REFAIRE. Terme Meffin, qui se dit de l'argent qu'on recueille de ses denrées. Du Latin *refiere*, que *Vatron de la Rábita* a employé dans la même signification. Voyez le *Scaligerang*, au mot *refici*. Le Duchat.
REFAIT. Rabondi, rempli de chair, charnu. Rabelais, livre 2. chap. 26. *Vrayement, dit Panurge, tu en auras des plus grosses & des plus refaites*. *Refaire* la viande, en termes de Rotiflorie, c'est en rendre la peau tendue, & propre à être lardée ; ce qui se fait en la laissant quelques momens sur des charbons vifs. On dit d'un malade, qu'il se refait, lorsqu'il reprend son enbonpoint, de *défait* qu'il étoit pendant sa maladie. Le Duchat. REFECTION : pour repas. M. Moisant de Brieux, dans les Lettres Latines, page 81. REFECTIO, pro eo quod Gallicæ dicimus, refection, n. urriture, prendre sa refection : ut dicimus in illa veteri gratarium actione post cibum : Au Seigneur Dieu soit rendu toute gloire, Louange, honneur, & benediction ; Lequel nous donne à manger & à boire, Pour. sobrement prendre refection. *Plinius dixit refectus, eodem planè sensu, libro 18. capite 7.* Panem ex hordeo, antiquis usitarum, vita damnavit, quadrupedumque tradidit refectibus. *Inde Refectorium, & Refectorarius, pro loco ubi cibus fumitur ; & pro eo qui cibi curam habet : usitata verba apud posterioris avi Scriptores.* Saint Paulin, dans son *Eucharisticum*, vers 211. a dit *refectus*, à l'adjectif. *Stabula & jumentis plena refectis*. M.
REFECTOIRE. On appelle ainsi dans les Couvents & dans les Communautés, le lieu où l'on prend les repas. De *refectorium*. Voyez *refection*. M.
REFERENDAIRE. C'est ainsi qu'on appelle le Chancelier de France, sous la premiere Race de nos Rois. Grégoire de Tours, livre 5. chap. 3. *Siggo quoque Referendarius, qui annulum Regis Sigiberti tenuerat*. La dérivation de ce mot vient du verbe Latin *referre*. Aimoin, livre 4. chap. 41. *Qui Referendarius ideo est dictus, quod ad eum universa deferentur* (il faut lire *referrentur*) publica *conscriptiones, ipseque eas annulo Regis, sive ab eo similio sibi commisso, munites seu firmaret, &c.* Cette Charge étoit quelquefois densitée à de grands Capitaines, que la qualité de *Referendaires* n'empêchoit pas de commander aux Armées Royales. EFERUS - Recherches & Classification numériques Témoin le Référendaire Andonnes (S. Ouen), que le Roi Dagobert fit Général d'une Année où il y avait du Ducs, & un grand nombre de Comtes : comme il se voit dans Fredegarius Scholasticus, chap. 78. de la Chronique ; & dans Aimoin, livre 4. chap. 18. & 19. Les Reines avoient aussi des Référendaires : car Grégoire de Tours, livre 5. chap. 43. fait meutioù d'un Uficin, Référendaire de la Reine. Et au chap. 32. du livre 8. Cum Boboleno, Referendario Eredegundis. * Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange, au mot Referendarius. Cafeneuve.