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03.0 Dictionnaire etymologique — REFRAIN – ROCHET

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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REFRAIN. Le refrain de la Ballade. De l'Espagnol refrain, qui signifie proverbe. Anciennement les refrains des Ballades & des Chansons contenoient quelque chose de sententieux. L'Espagnol refrain a été fait du Latin referaneus. Covarruvias : REFRAIN, es lo mesmo que adigio, proverbio : porque se refiere de uno en otros. Sur lequel endroit M. Guyet a écrit ces mots à la marge de son exemplaire de Covarruvias : An a refera : referaneus, seu referanus, refrano, REFRAIN : Gallice, REFRAIN : quod referatur, seu repetatur fapias. Referanci proprio dicuntur a Gallis, versus intercalares in Cantilemis vulgaribus : qui, quod feris fementis proverbiosis confient, vi referaneum, pro proverbio aurpatum est. An vox Gallica, an Hisfana, quarendum. M.
REFRAIN. Perceforest, vol. 2. ch. 15. Quant le Roy eut les la lettre qui ainsi devisait ; il se refrain de son chant ; & alla penser à ce, & se pensa qu'il regracierait l'ancien homme de ce qu'il lay avoit monstre. Se refrain veut dire que le Roi mit un frein à son chant, & qu'il y fit une pause pour songer à autre chose. Ainsi ce passage me fait soupçonner, que refrain pourroit bien avoir été fait de franum, étant naturel à celui qui chante, de faire une pause à chaque refrain. Le Duchat.
REFROGNER. De refrontinare. C'est-à-dire, fromem everywhere. On dit aussi renfrognier : de reinfrotrinare. M.
REFUSER. Bien que le verbe refutare signifie proprement convaincre une opinion ou un blâme par des raisons & des preuves contraires ; nos anciens François, par ignorance, ont cru qu'il vouloit dire dénier, & en ont tiré le verbe refuser. Eckehardus Junior, De Casibus Monasferii S. Galli chap. 3. Ab Abbaibus ei per obedientiam quod refutarat injunctum est. Radevicus de Gellis Friderici, liv. 1. chap. 2. Accusator, si vult, pateti juramentum refutare. Cafeneuve.
REFUSER. De refutare. Les Glosses Anciennes : Refuto, repudio, refpuo. Solin, chapitre 25. Nundinas ac nummum refutant. Hegetippus, liv. 2. Ne pro se sacrificerent, qui sacrificium Casaris refutavissent. L'Empereur Constance à Sapor Roi de Perse, dans Ammieu Marcellin, livre 17. Mesopotamiam pofitis, ut tuam, perindeque Armeniam : & suades integro corpore adimere membra quadam, ut jalus ejus deinceps locetur in solido : quod refutandum est patius, quam alla consensione firmandum, &c. Non refutamus pacem, nec repellimus. Theodose, dans la Novelle 25. Solidum aureum integri ponderis refutandum. Yves de Chartres, épit. 175. Quas inducias ea conditione dare voluit Comes Rotrocus, ut adscitatio munitionis non intermitteretur, &c. Quod concedere pars altera omnino refutavit. Les Italiens usent du mot refutare dans la même signification : ce qui a été remarqué par Lindembrog sur le passage d'Ammien Marcelin, ci-dessus R E F. R E G. allégué ; où, expliquant le mot de refutare, il dit : Que senju in Historia Augusta, & Legibus Longobardorum, aliquoties usurpatur. Italique in suo telemate retinent : refutare la pace : refutare pacem. M.
REFUTER. De refutare ; qui est composé de futare. Festus : Futare, arguere est : undo & confutare. Sed Casio hoc pro sepius fuitse posuis. Les Glosses anciennes : Futat, 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1. 1.
RÉGAIN. Voyez ci-dessus Cifcain. Cafeneuve.
RÉGAIN. C'est le second soin ; appellé par les Latins cardum, & fannum autumnale. Voyez Columelle, liv. VII. chap. 3. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot : & toutes ces opinions sont assez raisonnables. Sylvius, à la page 87. de son Introduction à la Langue Française le dérive de la particule-re, & du nom gain : comme qui diroit un second gain. ROVAIN, vol. RÉGAIN, pro famo curde & ferotino ; quoij secundum lucrum. Nicot dit la même chose. RÉGAIN est composé de ces deux entiers, RR & GAING : & signifie l'herbe qui recroisait au pré, après qu'il a été fauché : qu'il appelle la seconde herbe : fœnum repullulans, renatum : comme si on disait, secundum lucrum. Les Espagnols disent guaidinar, pour faucher : & guaidina, pour dire une faux : & guaidinar, pour dire un faucheur : ce qui ne confirme pas peu cette étymologie : car comme nous avons fait gain de l'Italien guaidino, on pourroit croire que regain, auroit été fait de reguadanum. Les Italiens disent guaime, pour signifier le regain. Messieurs de la Cruca ont remarqué dans leur Vocabulaire, que Crescentius l'appelle en Latin gramen. Ce qui a fait tirer à M. Guyet le mot Italien guaime, du Latin gramen, de cette maniere : Gramen, grame, game, GUAIME. Et de ce mot gramen, M. Guyet tiroit aussi le mot François RÉGAIN, de cette maniere : Gramen, regramen, regamen, regame, RÉGAIN, RÉGAIN. D'autres dérivent RÉGAIN de refecamen, de cette maniere : Refecamen, recamen, RÉGAIN, RÉGAIN : qui est comme qui diroit, la seconde coupe de l'herbe. La Cruca : GUAIME, l'erba tenera che rinasce ne campi e ne prati, dopo la prima fagarura. Et on aura fait regain de recamen, comme effain, d'examen ; & atraire, d'gramen. Cette étymologie de regain ne me déplaît pas. Il me reste à remarquer que les Bas-Normans appellent le regain revoir, & non pas revoir ; comme l'a appellé Sylvius. Et c'est le véritable mot : ce mot ayant été fait de refanum. Fannum : refanum, RÉFOIN, RÉVOIN. M.
REGAL, RÉGALER. De l'Espagnol regalo, & regalar. Je remarquerai ici en passant ; qu'il faut dire un regal ; & non pas un regale. M.
REGARDER. J'ai dit sur le mot de Garde ; qu'il signifioit du commencement Gen & Scannelle : & par conséquent gardir étoit guetter & faire sentinelle. Or parce que la particule re, ajoitée au commencement d'un mot François, ne signifie pas toujours itération d'action ; mais que quelquefois elle sert à en augmenter la force & la signification ; comme dans ces mots, reconnoire, répandre, reluire, repaitre, &c. il est vrai de dire que regarder est plus que garder : car ce dernier signifie le soin que toutes sorte des personnes peuvent appor- EFERUS - Recherches & Classification numériques ter à la conservation de quelque chose; & l'autre ne se disoit proprement que de l'emploi honorable de ceux auxquels on commet la garde de quelque chose de grande importance. Et en effet, les Gouverneurs de Provinces étoient anciennement appelées Regards. Froissart, vol. 4. ch. 14. Le Sire de Coues, qui est Regard & Souverain de par le Rey ex marche de par decor. Et en un autre endroit : Capitaine & Souverain Regard de tout le Pays. Mais comme la force des mots s'abatardit avec le tems, regard & regarder, n'ont été pris enfin que pour la seule & simple action de la vœ. Les Ordonnances des Forests, rapportées par Mathieu Paris, en la Vie du Roi Jean : Regardatores nostri eam per forestam ad faciendum regardum, &c. Caseneuve.
REGARDER. De l'Italien riguardare, compose de la particule re, & du verbe guardare, de l'origine duquel Franciscus Junius, dans son savant Dictionnaire Gothique, à la page 393, a parlé en ces termes : Alamannis WARTEN, est observare : WART, cultos : DURIWART, ostiarius : DURIWARTA, ostiaria. Cimbris, &c. Atque ab hac prisca verbi significatione : Galli reservarum suum REGARDER : Itali suum GUARDARE : Nam Gallos, Italosque, duplici W. carentes, ejus loco G, val Gu, adhibere, jamadum aliis observatum est. Ab hac etiam significatione verbum WARTEN usurparit capit pro custodire : siquidem saptus oculos reflectere solemus ad ea qua sollicite custodimus. Ita Latinis usurparit observare : de quo vide Vallam lib. iv. Elegantiarum, cap. 3. vengis to watch, and ward, est excubias agere. Veteribus Beigis, est custodire : WARDE, custodia : qua inde Gallis G. AREN, Italii GUARDIA dicta est. Voyez Vossus de Vitis Sermonis. M. Ferrari dérive l'Italien guardare du Latin advertere. Advertere, vardare, GUARDARE. M.
REGIMBER. C'est un mot compose de la particule re, & du verbe gambare, fait de gamba, qui signifie la jambe. Les Latins ont dit de même recalcitrare. M. REGIMENT : pour regimen. Jornandes : Attilanum sequebatur regimen. Huet.
REGINGAU. Il y a une danse de ce nom, fort en vogue parmi les paysans du pays Messin. Et ce mot signifie de plus à Metz, ce qui donne la perfection à une chose, soit une sausse, une parue, ou un habit. Je crois que dans la signification d'une danse, ce mot vient de gigne, & que c'en est comme le refrain. Le Duchat.
REGISTRE, ou REGISTRE. Les Latins ont appellé regesta, les livres ou l'on écrivoit ce qui se faisoit dans les Tribunaux. Prudence, dans son Poeme vœu requiem : Hic in regestis est liber colectibus, Monumenta servans laudis indelebilis. Flavius Vopiscus, en la Vie de l'Empereur Probus : Usus sum regestio Scribarum porticus porphyreica, aliis etiam Senatus ac populi. Anastase le Bibliothecaire, en celle de Nicolas I. Sicut in Epistolis regesto ipsius prasulis continentur inferris. Regestum se trouve encore en cette signification dans le Code Théodosien, & dans le Code Justinien. Et de-la, Regerendarius, qui fait, ou qui garde les Regirtes. V. au chap. 17. du livre 15. de ses Observations. De regestum, nous avons fait premierement regeste (quoique M. de Voiture, dans une de ses Lettres à M. Costar, dise qu'il n'a jamais oui parler de ce mot), & ensuite regeste ; comme d'arcubalisse, arbalesse, & arbaleste. Au lieu de regeste, on a dit depuis registre, & enfin, registre. C'est comme on parle présentement. Et il y a déjà long-tems que cette prononciation est reçue : Marot en plusieurs endroits de ses Poésies, ayant fait rimer registre avec epiere. Dans son Epigramme sur Marguerite d'Alençon, sa sœur d'alliance : Je ne say Dicain, ne Chanson, Chant Royal, Ballade, n'Epître, Qu'en sa teste elle n'enregistre Fidellement correct & seur. Ce sera mon petit Registre : Elle n'aura plus nom ma seur. Et dans son Epître aux Dames de Paris : Quant au resveur, qui pour tels vieux registres Print tant de peine à faire des Epîtres. Et dans la Complainte pour le Général Preud'homme, il l'a rimé avec titre. — Voicy une noble ame, Qui évitant d'ignorance le blâme, Fut en son temps le copieux Registre Des beaute Esprits, qui polis, surent titre Les bons facteurs de Gallique hemisphère, &c. Du substantif registre, on a fait le verbe registre. C'est comme ce mot se dit dans les Tribunaux de Paris. Enregistrer, est des Tribunaux de Province : mais-il ne laisse pas d'être bon, & j'ai remarqué qu'on s'en eût ordinairement à Paris dans les Chapitres des Eglises. Et dans la conversation, on dit même plus souvent à Paris enregistrer, que registre. Dans le Chapitre de Notre-Dame de Paris on dit Registre, & non pas Registre ; enregistrer, & non pas enregistrer. M. REGITRE Olim. Voyez Olim. M.
REGLISSE. Simple. De Grycrebiza, fait du Grec, A. de la R. c'est-à dire, racine douce. Pline xxii. 9. Radice dulci : & hac tantum in usu. Dans les Provinces d'Anjou, du Maine, & de Normandie, on dit du regisse : mais à Paris on dit de la regisse. M.
REGOUBILLONNER. C'est le repas qu'on fait entre le souper & le déjeuner : ce que nous appelons aujourd'hui médianoche, & que nous appelons autrefois réveillon. Rabelais, v. 8. Depuis ne sismes qu'un repas : lequel dura tout le jour : & ne s'avois si c'estoit disuer ou soupper, gouber ou regoubillonner. Et iv. 46. Vous dites qu'il n'est déjeuner que d'Escoliers ; disuer, que d'Avocats ; ressiner, que de Vignerons ; soupper, que de marchands ; regoubillonner, que de chambrieres ; & tous repas, que de farfadets. Et plus bas : Il souppe très-bien de Marchands ; Usuriers, Apothicaires, Fauxaires, Billonneurs, Adulterateurs de marchandises : & quelquefois, qu'il est en ses bonnes, regubillonne de chambrieres. Ce mot vient de gouber. Gouber, goubiller goubillonner, REGOUBILLONNER. Voyez guber, & dégobiller. M.
REGRETTER. M. de Valois le jeune le dérive de requiritari, formé de queror. Celui qui regrette, se plaint : queritur. M.
REGRETTER. C'est proprement ramener ses pensées vers le passé : & comme sur ce piè-là je suis très-perfuade que regret vient de regressus, il faut aussi que regretter vienne de regradature, qu'on EFERUS - Recherches & Classification numériques qu'on aura fait de gradatus. On a dit se regeler, dans la signification de se repentir. Coquillart, dans ses Droits nouveaux, fol. m. xi. v°. Se regeler, n'est pas péché: Chason en prise la façon. Le Duchat. REGUILLAUMER quelqu'un. C'est ce qu'on appelle le ramener par un chemin où il n'y a point de pierres, le rembarrer aussi vertement qu'on l'avait reçu d'abord avec douceur. De re, & de guillaume, fait de Guillaume, terme d'injure, qui se trouve dans la Farce de Patelin, & qui est fondé sur une allusion de Guillaume à vieil homme, pris dans la signification d'un homme qui radote de vieilleffe. L'injure de Guillaume est commune encore aujourd'hui entre les paysans du pays Meffin. Voyez les Recherches de Pasquier, liv. 8. chap. 59. Reguillaume, c'est traiter à son tour de Guillaume quelqu'un qui vous avoit donné ce nom. Le Duchat.
RÉHERSE. La 30. des cent Nouv. Nouv. Si ne fut pas sans demander la cause de cette reherse, c'est-à-dire, de ce retour. De reversa. Le Duchat.
REINETTE. Sorte de pomme. Quelques-uns le dérivent de reginetta, diminutif de regina; comme qui diroit, la Reine des pommes. D'autres, & avec plus de vraisemblance, le dérivent de rametta, diminutif de rana; à cause que les pommes de reinette sont marquetées de petites taches, comme sont les grenouilles. On a dit reine, pour dire une grenouille; de rana. Le petit Dictionnaire Latin-François publié par le P. Labbe: RANUNCULUS: petit reimax. M.
REITRE. De l'Alleman reuter, qui signifie un Cavalier. Voyez ridae. M.
REITRE. On a aussi appellé de la sorte une espèce de capotte. Reitre, reitero; item cappa alla Tedesco; dit Antoine Oudin: & on lui a donné ce nom, parce qu'elle étoit particulièrement à l'usage des Reitres ou Cavaliers Allemans. L'Histoire Ecclésiastique de Beze, tome 1. page 148. parlant de ce que fit l'Amiral après s'être rendu maître de Selles en Berri; Puis ayant fait executer sur Justice quelques-uns de ceux qui avaient fait opiniairner le peuple à se défendre, donna la ville pour garnison à quatre Cornettes de Reitres, qui scurent bien avoir à bon marché les fins blanchots dont cette ville étoit remplie: desquels ils se firent tous de grands reitres blancs, & chargerent le reste en leurs chariots. Voyez aussi Branzôme, Hommes Illustres François, tome 4. page 81. où il parle de son reitre de velours vert fourré. Le Duchat.
RELAIS. Monot, dit Nicot, ne vient pas de relaisser, ainsi de relayer, qui signifie stationner. Budée le dérive pourtant de relaisser. Est praetera fupradilli Venatoris, primarum partium alboris, subsidia canum vestigatorum, qui Excursores vocantur, opportunis stationibus deponere, ministrisque committere. Ad hoc autem sunt decuria canum integra comparata, quas relictas appellant; ut decuriis jam sessis succedant, aut temere exspatiatis, cer- Tome II.
REL. REM. 393 venique qui sui furtum foceris, si per subsidiorum loca vestigia duxerit, recenti venatu prestigent, & exaniment. C'est dans son livre de la Philologie, au chapitre de la Chasse. M. du Cange, dans ses Origines Françoises, le dérive de lee. Voici ses termes: LEX, via lator, vel planicies, in silvis: ex Gallico veteri lee, laxus. Vide leda & leuda. Hinc vox relèer, canes venaticos in planiciem reducere, & alios sumere. M.
RELANT. Rancidus, rancidulus, rancidulare, rancidulans rancidulantis, rancidulante, RELANT. M.
RELEVEE. On dit dans le Palais de relevée, pour dire après-diné. Cette façon de parler a été introduite dans notre Langue, de la commune ancienne de se coucher sur un lit de repos aussi-tôt après le diné. Voyez diner. M.
RELEVEE. On se levoit de table pour se coucher sur un lit de repos, d'où on se levoit ensuite pour vaquer à ses affaires. De-là relevée, pour après-diné. Le Duchat.
RELIEF. Terme de Jurisprudence Féodale. C'est un droit qu'un Fief doit au Seigneur dominant. En quelques lieux on l'appelle relevosion. On appelle relief d'appel, des Lettres qui donnent pouvoir de se relever de la Sentence d'un Juge. Relief, en terme de Sculpure, se dit des figures en saillie & en bosse, ou élevées. On dit en plate peinture, qu'une figure a bien du relief, lorsqu'elle est si bien relevée de couleur, qu'il semble qu'elle sorte du tableau. On emploie ce mot figuréme, pour signifier tout ce qui sert à relever une chose, à la faire valoir, à lui donner plus d'éclat. Relief, dans tous ces sens vient de relevare. RELIEF de cuisine. Ce sont des restes de pain ou de chair. La Fontaine: Votre salaire Sera force relieve de toutes les façons, Os de ponlets, os de pigeons. Ce mot en ce sens vient de reliquia. RELIQUES de Saints. De reliquia. Les Grecs ont dit de même mi-ara. M. REMEDE de poids. Terme de Monnoyeurs. Bouteroué, page 6. Il est fort difficile que les espèces soient taillées si justement dans leur poids qu'il n'y ait plus ou moins. S'il y avoit de l'exécis, comme il s'en trouvait dans les monnaies anciennes, à cause que l'on travaillait sur le fort, le Fermier de la Monnoie en estoit récompensé: s'il y avoit moins, l'ouvrage estoit fondu. Pour éviter l'un & l'autre, on s'est serré de la même invention remarquée cy-dessus. On a introduite le Remède de poids: qui est une permission accordée au Fermier de tenir les espèces un peu plus faibles que le poids juste: à condition que s'il les tailleit hors du remède, il seroit condamné & puni: si dedans le remède, il payeroit au Prince ce qu'il manqueroit. Que s'il les faisoit plus fortes (ce que l'on nommoit autrefois villains forts, & qui estoient permis en certains nombres), ou il falloit qu'il les fît refoindre, ou qu'il perdif ce qu'il y avoit de trop. On luy tenoit compte anciennement: mais pour décharger le Prince, & pour oser aux regneurs l'occasion d'exercer leur crime, à prefont sur le charge entièrement de la perte, afin qu'il les taille plus fort faibles que fortes. Et ce qui estoit hors le remède, s'appelloit FOIRLAGE DE POIDS. Voyez Bouteroué, Ddd EFERUS - Recherches & Classification numériques R E M . R E N . page 149. TRAVAILLER SUR LE PORT, c'est tailler chaque pièce plutôt plus pesante que plus foible. Idem ibidem. M.
REMEMBRER, & Remembrance. De rememorare, rememorantia. Huet.
REMERCIER. Voyez merci. M.
REMERER. Terme de Palais. De redimere, dit pour redimere. M.
REMORQUER. Pontus de Tyard, page 18. de son livre de Reclu Nominum Impositione : Nanticum illud iussuatur, quod Latini in suo remulco usurpatur, nonne Galli est in uſu, quando dicunt remolquer une nef? Il vient de remulcare : mais remulcare vient de iussuatur. M.
REMPART. Voyez rampart. M. REMUE de germain. Conſin remue de germain : c'est-à-dire, Conſin iſu de germain. Lat. proprier germano. De remotatus à germano : c'est-à-dire, éloigné de germain : remotatus, pour remotus. M. REMIER un enfant. C'est le changer de langes. De remurare. M.
REMUGLE. Voyez mucre. M.
RENABLE. Voyez defrener. M.
RENARD. J'ai cru autrefois que ce mot pouvoit avoir été fait de Reginardus, nom propre; & que nous avions appellé de ce nom un renard, comme nous appelons Sansomet, du nom de Sansomet, un étourneau : & Perroques, du nom de Pierrot, un papegay : & Fouques, du nom de Fouque, un écureuſt : & Guillemot, du nom de Guillaume, une espèce de pluvier. Et l'ancienne orthographe de regnard, favorise cette pensée. Je crois maintenant qu'il a été fait de l'Épagnol ou du Portugais rapoſo, qui signifie un renard : & qu'il en a été fait de cette sorte : rapoſus, rapoſinus, raſinus, raſinardus, ranardus, RENARD. Rapoſuno, pour ſignifier de renard : vulpinaris ; se trouve encore aujourd'hui dans la Langue Eſpagnole. Rapoſo a été dit pour raboſo, fait de rabo, mot Eſpagnol, qui ſignifie la queue. Et on a appellé un renard rapoſo, à cauſe de ſa groſſe queue : d'où vient que Théocrite l'appelle Ragoſuno. Covarruvias : Dixoſe rapoſa, quai raboſa, par el gran rabo, y cola que lleva atraſtrando. Voyez rable. Cette étymologie ne me déplaît pas : ou plutôt, elle me plaît extrêmement. M. RENARD : pour Renald. On dit Pré-renard, pour Pré-renald : Chateau-renard, pour Chateau-renald, Caſteſium Reinaldi. De Renald on a encore fait Renaud. On a donné le nom de renald au renard, comme on a donné le nom de Henry à un âne, & de Bertrand à un Singe. Huet.
RENARD. J'aimerais mieux dériver ce mot de l'Alleman rein, qui ſignifie, ſin, ruſe. C'est auſſi le ſentiment de Wachter, dans ſon Gloſarium Germanicum, page 1170. où il parle ainſi : REIN, callidus, aſtutus. Primo ſuit politus, limatus, à Graco ſinio polite ; & poſtea callidus, per metaphoram, ob defecatum callidorum ingenium. Ita etiam ſein ante ſubrilem quam callidum denotavit. Galli inde habent renard vulpes, quod Menagius miro artificio derivat ab Hiſpanico rapoſo. Sed perperam. Nam proprié eſt aſtuti generis animal, ut partes compoſti docent. Cette étymologie me paroît d'autant plus naturelle, qu'elle exprime parfaitement le principal caractère du renard, qui eſt la fineſſe & la ruſe. R E N .
RENDAGE. Terme de la Cour des Monnoies. M. Boiſard, Conſeiller de la Cour des Monnoies, dans ſon Traité des Monnoies, page 63. RENDAGE est un terme dont on ſe ſert ordinairement pour comprendre le Seigneuriage & Braſſage. J'eſtime que ce terme de Rendage vient de ce que dans tous les états qui ſont faits aux Maîtres des Monnoyes à ſort-fait, & aux Commis aux Régies, il eſt ordonné qu'ils rendront au Rey les ſommes auſquelies ſe trouveront monter tous les droits de Seigneuriage & de Braſſage, qui y ſont empleyez ſous le nom de Rendage : parce que ces Maîtres & Commis aux Régies ſont obligez, d'en compter de Clerc à Maître. Mais ce terme de Rendage n'eſt pas employé de même dans les Etats qui ſont arrivez aux Maîtres des Monnoyes à ſort-fait, parce que les droits de Seigneuriage & de Braſſage, compris ſous le nom de Rendage, ſont toujours partie de leur ſort-fait : enſorte qu'ils ne ſont obligez, d'en tenir aucun compte au Rey ; mais ſoulement du prix de leur ſort-fait. Voyez Bouteroue, page 7 M.
RENFROGNER. Voyez refrogner. M. RENGRENER. Terme de Monnoyeur. C'eſt remettre les pièces de monnaie fabriquées ſous les fers qui les ont monnoyées : enſorte que les grains du chapelet, nommez autrement le grenetis, qui entourent la teſte & le revers, & toutes les autres parties, rentrent dans les creux du coin, & ne varient en aucune façon : autrement, ſi le rengrenement n'eſtoit juſte, en frappant ſur les coins, on doubleruit la figure. Bouteroue, page 163. M.
RENIFLER. De renaſiculare. Renifler, dit Nicot, c'eſt muncum, vel naſi piſtuitam, reſorbere. N aſus naſi, naſicus (d'où Naſica), naſiculus, naſiculare, renaſiculare, RENAFLER, RENIFLER : comme RONFLER, de runculare ; & ICORNIFLER, d'excorniculare. L'a voyelle en ces deux mots s'eſt changé en v conſone : & l'v conſone a été enſuite changé en f. Le P. Labbe qui le dérive de naſo ſiare, & les autres qui le tirent de iſi ſiare, n'ont pas bien rencontré. M.
RENNE. Eſpèce de Cerf, qui ſe trouve principalement en Laponie. On dérive ordinairement ce nom de l'Alleman rennen, courir, courir fort vite ; à cauſe de la grande viteſſe de cet animal, dont on ſe ſert pour courir ſur la neige en traîneaux. Les Allemans le nomment renthier. Wachter, dans ſon Gloſarium Germanicum, page 1181. propoſe une autre étymologie de ce nom, & voici comme il en parle : RENTHIER, rangifer. Suecis rhen ; Iſtaadis hretin, apud Verelium in compoſitis ; Germanis quibuddam reiner. An quai mundum animal, à rein mundus ? Dubito, etiamſi huc propendeat Schefferus in ſua Lapponia. Vox Germanica ita concepta eſt, ac ſi animal levipes denotart, quomodo etiam Anglo-Saxonibus ren hund canis levipes dicitur, à rennen correre. Nata rangiferorum velocitas : hinc etiam trabis ſungi ſolent, ubi iter per nives accelerandum eſt. Et haſtenus etymon ſatis bonum eſt : an etiam verum, ambigo. Nam lingua Saxonica hren eſt capreolus, hranas rangiferi, ſtat-hranas cervi illices, quorum illectu allicervi capinatur. Tales autem ſunt rangiferi, magmitudine medii inter capram & cervum, & antiquitus eum in ſuem nutriti ut cervos allicerent. Teſtis aullor antiquus apud Sennorum in voce ſtat hranas, cuius hac ſunt verba : Tha deot hi hatah hranas. Thata wæron ſys ſtat-hranas. Tha beoth ſwythe dyve mid ſinnum. Fortham hy foth tha wildam hranas mid. Cervos vocant hranas, quorum erant ſex rangiferi, EFERUS - Recherches & Classification numériques qui sunt apud Binnos admodum cari, quod per eos cervos indomitos capiant. Eadem verba leguntur in Append. vi. ad vitam Aelresdi M. a Spelmanno editam, pag. 106. Hinc rentihies videtur significare, animal a cervorum minorum vel capreolarum genere, & sic appellari a hreina binnire, quod extat in Iudice Vereliano, pag. 104. quia majoris cervos bin- mitu allicit. Cur Latini tangiferum appellent, paulo obscurum est. Nibil enim ferre videtur, nec jugum, nec ephippium, unde cervos jugalis jure appellari possit. Excipe tamen cornua ramosa. Et ab his cor- unum ramis (rami autem vocantur ranken) Olaus Magnus tangiferorum nomen aptissimè deduxit. Voyez ci-dessus rangier. RENOMME E. De re particule intensive & augmentative, & de nom. On dit proverbialement: il vaut mieux bonne renommée que non pas ceinture durée. Anciennement il n'y avoit que les Nobles, & particulièrement les Chevaliers & leurs femmes, qui enlient permission de porter de l'or & des do- rures. Et parce que la vertu a dû être toujours plus estimée que les richesses, les simples Demois- selles vertueuses, qui étoient plus considérées que beaucoup de celles qui en qualité de Dames, avoient permission de porter la ceinture d'or, don- nerent lieu à ce proverbe. Le Sage dans ses Pro- verbes xxii. 1. Melins est nomen bonum quam divi- tia. De Brieux. Origines de quelques Coutumes anciennes, page 51.
RENONCULE. Par corruptions, au lieu de ranuncule, fait de ranunculus, diminutif de rana. C'est une herbe appellée autrement l'hervoyant, c'est- à-dire, grenouillerté; parce que, comme les gre- nouilles, elle aime les lieux marécageux. M. RENOUE E. Herbe. De remolata: à cause de ses nœuds: pour lesquels nos Botanistes l'ont aussi appellée centinodia, & les Grecs 1000-1000. M.
RENTE. De rendita; qui a été dit pour red- dita. Les Italiens disent aussi rendita. On y a in- séré une N, comme en totiens, thensaurus, &c. M.
RENTRAIRE, RENTRAITURE. De rimrahere, composé des particules re & in, & du verbe trahere. M. de Saunais sur Achilles Ta- tius, page 634. Illa sutura; quam nos retracturam vocamus vulgo, filum, quo confuta & contexta sunt partei, sic occultat, & intus retrabit, ut non cer- natur, sed textura pro sutura videtur. M.
REONNER. Charles Etienne, dans son Seminarium, page 33. Metare arbores, aut vineas, est disponere, & certis mensuris, atque etiam ordi- nibus, serere. Vulgus nostrum vocat reonner: nam or- dines ipsos appellat des réons: & intermodia, des téses; solum autem ipsum, le guérat. Unde metato- res dicebantur ipsis antiquis qui arbores ita dispon- bant: des réonneurs. Je crois que réonner a été fait de radionare. Voyez raye. M.
REPAIRE. Prendre ses repas. De repasser, dit par métaplasme, pour repassi. M.
REPAIRE. C'est la fente du laperæau; ainsi appellée, comme je crois, parce qu'on la trouve dans les lieux où le laperæau se repaît. M.
REPAIRE. Pour le lieu où les bêtes sauvages se tiennent. De reparria. C'est comme la patrie de ces animaux. Le Duchat.
REPAIRER. Repaire. De reparare, qui dans la Basse-Latinise, signifioit revenir. Reparare domum revenir au logis. Repaire signifioit reiner. Dans la vieille Chronique de Normandie: Après son re- paire de Jerusalem. De reparium, qui signifioit le lieu de la-retraite. Reparium a été fait de repa- rium. Huet.
REPAIRER. Monstrelet, édit. de 1512. vol. 1. fol. 231. a. Et commencerent les gens des deux parties à marchander & repairer les nuges avec les autres. Comme repairer ici n'est pas la même chose que l'infinitif repaire, que Menage d'ivie de re- pascere, je ne sais si repairer ne viendroit pas de repatriare, converter ensemble comme gens de même patrie. Le Duchat.
REPAS. La particule re dans ce mot; com- me j'ai dit ci-dessus au mot regard; n'est qu'une particule intensive. Ainsi le verbe repaire dit plus que celui de patre d'où il descend: & repas est un composé de la particule intensive re, & de pas- tus, qui signifie tout ce qui se mange. Une ancien- ne Formule, que Pithou en son Glossaire sur les Capitulaires de Charlemagne attribue à Marcule: Non ad Manfionaticos vel repafos exigenidum, non ad miniseria describendum. Caleneuve.
REPAS. De repastus, formé de repasser. M.
REPASSE. Mot Messin, qui signifie guéri, convalefcent. C'est comme qui diroit, un homme qui auroit repasse l'onde noire pour retourner en deça après l'avoir comme passe, tant il étoit me- nacé du trépas. La 21. des Cent Nouv. Nouv. Hélas, Madame, dit la Prieure, ch' n'est-il possi- ble par bon gouvernement, ne par soigneuse diligence de médecine, que vous puissiez repasser? Nenuy cer- tes, ma bonne Saturz dis- elle: il me faut mettre au renc des trepassez. Le même mot se trouve dans Monstrelet, édit. de 1572. vol. 3. fol. 91. v. Le Duchat.
REPAUMER. Mot Messin, qui signifie rin- cer un vaisseau à vin. De repaimare, fait de la particule re, & de palma dans la signification de la paume de la main. Pour bien rincer un vaisseau à vin, il faut y employer à plusieurs reprises la pau- me de la main. Ou plutôt de palmare, dans la si- gification de rincer avec des branches de palmier, comme on rince proprement avec des rains ou pe- tits rameaux d'herbes. Le Duchat.
REPENTAILLES. Au tome 2. page 163. du Commines en quatre tomes, in-8°. Il est parlé d'une trève de fept mois dont le dernier devoit être de repentailles. Ce mot se trouve aussi parmi les Additions de Borel, & dans Monstrelet, vol. 5. fol. 102. 1°. édit. de 1572. sur l'an 1480. Gul- chardin, liv. 17. sur l'an 1516. fol. m. 277. a. parle d'une trève de quatre mois, avec délit de deux autres mois, entre le Pape, &c. & l'Emp- reur. C'est ce délit qu'anciennement on nommoit repentailles. Je m'imagine que durant cette repen- taille, il étoit libre, où de continuer la trève, ou de s'en départir, sans déroger à la convention. Les Contes de Bonav. des Perlers, édit. de 1565. b. Ilz sont donc à moy sans repentir, & sajus qu'ilz puissent s'en dédire. C'est la clause de repentailles qu'entend Sarasin par la clause des six mois, dont parlent ses Stances à Mademoiselle Bertaud, page 373. de ses Œuvres, édit. de 1692. Cette clause renfermoit un certain terme pour se dédire réel- proquement de la convention stipulée. Repen- D d d ij EFERUS - Recherches & Classification numériques taille, c'est proprement dédit. Le Duchat.
REPEIRE, ou Repaière. Terme d'Artisans. Il se dit des marques que font les ouvriers pour trouver les pièces qui doivent être jointes & assemblées les unes avec les autres. Il vient du Latin repère. D'où il paroît qu'il est mieux d'écrire repère, que repaire. On appelle aussi repères, pareillement de repère, ces points ou lignes qui sont sur les lunettes d'approche, afin de les allonger ou de les raccourcir pour les mettre au point convenable à la vue de celui qui veut s'en servir. Vergy.
REPEIT. C'est un délay de certain tems, que le Prince ou le Magistrat donne aux débiteurs contre les créanciers, pour quelque grande considération ou respect : aussi vient-il de respectus. Rigordus, en la Vie de Philippe Auguste, & dans l'Ondonnance que ce Prince fit de l'Institution des Décimes : Milites qui signum crucis assumpérine, de debitis suis reddendis, qua debebantur tam Judais quam Christianis, antequam crucem Rex assumpsisset, respectum hubebunt a praximo festo Omnium Sanctorum post diem motionis Regis in duos annos. Dans un Arrêt de Louis le Jeune, rapporté par du Chesne, dans le livre 2. de l'Histoire de Chastillon : Demissio postmodum respectu veniens Simon in curiam. Ives de Chartres, épit. 69. & 154. l'explique & l'établit si clairement que ce seroit un crime d'en douter. Caseneuve. Voyez ci-dessous respie.
REPELET. De repletus. M. de Saumais sur Solin, page 767. PLENOS Latini de pingubus & crassis dicunt; ut & nos hodie facimus, quos & repletos vulgo indigentamus. Turgida, si plena est; si fusca est, nigra vocetur. In gracili macies crimen habere potest. Sic & plenum filum, pro crasso & pingui. — pleno velamina filo. Et apud Spartianum, plena barba. Inde est plenilunium, vi auctivibus. Bonus & plenus, sive pinguis habitus in puella. Ce que nous appellons visage de pleine lune, les Grecs l'ont appellé de même auctivibus. M.
REPONCE. Racine, qui se mange en salade. De rapuntium, fait de rapus. Rapus, rapuntius, REPONCE. Du même mot rapuntius, les Espagnols ont fait responces. Elle a été dite rapuntium de sa ressemblance à une petite rave. M.
REPONDRE. Non pas de respondere, mais de reponere; comme pondere, de ponere. Juvenal : Semper ego auditor tantum, nunquam ne reponam ? D'exponere, on a dit de même épondre, pour exposer. Alain Chartier, page 659. édit. de 1617. Force de deuil me vient semoudre De mon cas très-bonteux épondre. Le Duchat. Voyez ci-dessous respondere.
REPOSER. De repaufare. M.
REPOSER. La véritable étymologie de ce mot doit être prise du Grec *ambissus*, se cesse, se me repose. De *ambissus*, les Grec ont fait *ambissus*, d'où les Latins ont pris *paufa*, *paufe*, interruption dans quelque chose; & *paufare*, se reposer, dormir. De R E P. R E Q. *paufa* & *paufare*, on a fait repos, reposer, & le Latin barbare *repausare*. Les Italiens en ont fait *paufare*, & *repausare*; & les Espagnols *reposer*. Vergy.
REPOSTAILLES. Faire quelque chose en repostailles, c'est-à-dire, secretement & couvertement. Le Traité des Vertus & des Vices : *Cis sont hypocrites, ors qui sont les ordures en repostailles, & le prend-bomme devant la gent*. Et en un autre endroit : *Li Larven couvert sont claux, qui emblème repostailles, & couvertement*. Il vient du Latin *reposum*, qui signifie *couvert* & *caché*. Virgile, liv. 1. de l'Enéide : — Manet alta mente reposum * Judicium Paridis, spretaque injuria forma. On diroit aussi repos, pour caché. Le Roman de Guillaume au court nez, au Charroy de Nismes, parlant des Chevaliers cachés dans les tonneaux, avec lesquels il prit cette ville : Quant ce oy le barnage repos Ens es tonneaux où ils crent enclos. Caseneuve.
REPRESAILLES. Ragueau, dans son Glossaire de Droit, non encore imprimé : represaillie; & presaillie, *us barbari dicerunt, sunt piguer-rationes vei prebensiones*. *Justinianus in Novella* 52. & 134. dixit *incongruesis*. M.
REPRESAILLES. Ce mot paroît avoir été fait immédiatement de l'Italien *represaiglia*, qui signifie la même chose. Les Anglois disent *represa* dans le même sens. Tous ces mots viennent du Latin *reprehendo* dans la signification de *repreindre* ce qui a été pris. *
REPROCHER. C'est proprement quand un accusé allégue des objets contre les témoins pour rendre leur déposition inutile. Et parce que d'ordinaire on l'accuse de quelque crime, il semble qu'il leur renvoyait en quelque sorte le blâme & l'infamie dont par leur déposition il se voit chargé. Ce verbe est formé du Latin *reciprocare*, qui signifie proprement *renvoyer* une chose au lieu d'où elle est venue. Et c'est en ce sens qu'il faut entendre ces paroles de S. Bernard. *De Considera-tione*, livre 4. chap. 6. *Quotidianas expensas quotidiano reciprocamus scrutinio*. Et Sugger, Abbé de S. Denis, au livre *De rebus in administratione sua gestis : cum Aurelianum cum militari manu post Dominum Regem festinarem, & Prepositum Puteoli priora mala reciprocantem reperissem, turpiter cap-tum tetui*. Caseneuve.
REPROCHER. M. de Caseneuve le dérive de *reciprocare*. M.
REPROCHER. Il vient de reprobare : & anciennement on diroit *reprover*. L'Histoire de Geoffr. de Ville-Hardouin, page 73. & 74. de l'édition de Vigenère : *Et disrem... que il envoiasent bons messages per... reprover les service qu'il li avoient fait*. Et plus bas : *Et sachiez tu que il te reprovent ce que il tait fait*. Et encore, page 139. *Mult fait mal qui par pair de mort fait chose qui lui est reprovée à tes jors*. Le Duchat.
REPUE. On dit d'un écornifieur, que c'est un chercheur de franches *repuies*. Ce mot vient de *repaire*, dont le participe passif est *repu*, *repuie*. Vergy.
REQUESTE. De *requisita* : d'où les Espagnols ont aussi pris leur *requisita*, & les Italiens leur EFERUS - Recherches & Classification numériques R E Q. R E S. vichiofa. On dit, cela est de requete, pour dire, cela est à souhaiter, cela est considérable : & de-là, pâté de requête. M.
REQUIEM. Poisson très-dangereux : ainsi nommé, parce que quand il a saisi un homme, il ne lâche jamais sa prise, & il ne reste plus qu'à faire chanter le Requiem, pour le repos de l'âme de cet homme-là. Huer.
REQUINQUER. Je ne sais pas bien d'où vient ce mot. Je crois pourtant qu'il vient de recomtere, de cette manière : Comere, compsi, comptum : d'où notre mot de coint. Voyez coint. Recomtere, recomptare : d'où RACCOINTER, mot qui se trouve dans Nicot. Recomptare, recompticare : d'où RECOINQUER; & ensuite REQUINQUER, pour lequel les Toulousains disent requinca. M.
REQUINQUER. J'aimerais mieux le dériver de recomtimare. Une vieille qui se requinque, est une vieille qui se pare avec affectation, qui tâche de se raccommoder, qui veut suppléer par la parure à ce qui lui manque du côté de la figure. *
RESE. Terme d'Agriculture. Voyez réonner. M.
RESE. C'est un vieux mot inusité, qui signifie une excursion militaire. L'Empereur Frédéric, dans sa Constitution de Incendiariis & pacis violatoribus, qui est dans le cinquième livre des Fiefs : Item, si in Reisa alicujus Domini, cum ipso Domino cujus est Reisa, aliquis fuerit, qui incendium (ne sapiens contingit) faciat, Dominus ipso cujus est ipso Reisa, iurabit super reliquias, quod non fecerit conscientiâ, vel mandato, vel voluntate sua, &c. Sur lequel lieu Cujas a fait cette note : ITEM, si in REISA : Excursio militaris hoc Germanico jam obsolete vocabulo significari videtur. Olivarius Marchia : Tôt après, ceux de la verde rente, & autres Gandois, firent une RESE sur les marches de Hainault. Et Joann. Aventinus auctor est, multam non respondentis ad delectum appellari Raisogueldum, quod vulgo Horibannum vel Hollanditia. M.
RESE. pour excursion militaire. Il vient de l'Alleman reise, qui signifie entres autres choses, course, voyage, excursion, expédition militaire. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1271. REISEN, militare, excurrere in hostem, proficisci in bellum. Dictio metonymica, qua antecedent ponitur pro consequenti, profectio pro militia. Inde reise, militia, expedito militaris, profectio ad bellum. Jus Prov. Alam. cap. CXLV. Suua ain man in ainer raise ist, und nicht hauptman ist : Si quis est in expeditieme bellica, nec est dux militum. Prout optimè vertis Cel. Scherzius. Inde Latin-Barbaris rursus reisa, expedito, excursio militaris, & raisogueldum, mulcta non pergentis ad exercitum. Et huc etiam spectat vox Cambrica rhyfwur, agonista, betos, athleta, pugil, miles, ex interpretatieme Borborii in Lex. Am. Brit. Vignit adhuc ante ducentos annos. Daspectus : reis, militia; zu reis und daheim, militia & domi. Et apud Helvetios reisbar est atas militaris. Le verbe Alleman reisen, avant que de signifier, militare, excurrere in hostem, proficisci ad bellum, signifie simplement currere, properare, cum impetu & celeritate meveri : & il est bon de remarquer en passant la convenance de ce verbe avec l'Ebreu ni rats, qui veut dire currere, concurrere, discurrere, excurrere ; & avec le Syriaque & Chaldéen non rebat, qui veut dire la même chose. et qui merves & nectars merom'sab en Ebreu, merom ribaba en Chaldéen, & rehio en Syriaque, signifie course. L'Alleman reisen, convient aussi avec le Grec iugus, qui veut dire cum imperu ferri. Rase en Anglo-Saxon, ras en Irlandais, rhyfgry en Langue Cambrique ou du pays de Galles, c'est course, suivant la remarque du même Wachter, à la page que nous avons citée. *
RESEUL. C'est un ret, sité ou riffu de mailles, fort délié. Comme de filius on a fait filleul; aussi de retiolum, diminutif de rete, on a fait refseul. Cafeneuve.
RESEUL. De retiolum. Anciennement il se prenoit pour un retz. Octavien de S. Gelais, dans le livre de la Chaffe d'Amoury: L'ont fait prendre sans autre égard En vos raisèuls & vos fiess. M.
RESIN. C'est ainsi que le peuple de Metz appelle le gratin, ou la bouillie attachée au fond & autour du pot. De rasinus, diminutif de rasus, a, um; parce que pour l'avoir il faut le racler. Le Duchat.
RESNE. Quelques-uns le dérivent de l'Ebreu 10^6 resen. Il vient du Latin retina : d'où retinaculum : l'un & l'autre faits de retinere. Les Italiens de retina, ont aussi fait retina. Retinaculum, pour resne, se trouve dans Virgile, au livre 1. des Géorgiques. Ut cum carceribus sefe effudere quadriga, Addunt in spatia : & frustra retinacula tendens, Fertur equis auriga, neque audit currus habenas. Les Gloses Anciennes, page 186. Retinaculum, uia, iurique. Et page 602. iuriva, retina. Joannes Diaconus, sur cet endroit du Bouclier d'Hésiode, Hicque Scauror opiens uine iurive Viva xualuor.
VITA. vā xāriā, aēi vā l'īrā, vā iāriā, xūpiē 3 vā xāriā, vā l'īrā, M.
RESOMPTE. On appelle ainsi dans la Faculté de Théologie de Paris, une Thèse que chaque Docteur est obligé de faire six ans après avoir pris le bonnet. De resompte : parce qu'il doit répondre sur toute l'Ecriture Sainte. Cet Acte a été renouvelé de nos jours. Et les Docteurs ne commencent à jouir des Droits & des Rétributions de la Faculté, qu'après cet Acte, c'est-à-dire, après six ans de Doctorat. M. RESPI : qu'on prononce répi : par corruption, pour respit. C'est ainsi qu'on prononçoit ce mot anciennement. Ville-Hardouin, page 6. Et li Dux lor respont, que il les requeroit respit ad quart jor. De respectus : qui se trouve en cette signification dans Geoffroy, Abbé de Vendôme, épit. 14. Respectum ad festivitatem S. Beari accepistis. Sur lequel endroit le P. Sirmond a fait cette Note : Frequent illius avi Scriptoribus vocabulum, quo litis alterius inducius ac prorogationem significabant. Plura exempla collegit Juretus ad Ivonem Carneensem epistola 127. Manet hodie vox vernacula. Naro sine respectu dicimus sine intercessioue : SANS RESPET. Inde & respectandi verbum sumatum. Voyez Juret sur cette épître 127. d'Yves de Char- EFERUS - Recherches & Classification numériques tres. ¶ Respi a été fait de respétus, comme dépit de despétus. ¶ Nicot. dérive respit, de respirare : en quoi il se trompe ; & le P. Labbe aussi, qui en a donné la même étymologie. Une Chronique Manuscrite en vélin, fait mention des respits qu'on donnoit en faveur de ceux qui se croisoient. Pierre Mathieu, en la Vie de S. Louis, en rapporte les paroles, que j'ai jugé à propos de rapporter aussi en ce lieu. Une chose fit Saint Louis, que les autres ne tindrent pas à grand bien : car il l'accorda aux respits des débés que devaient plusieurs qui estoient croisez pour aller audit voyage. Si ne fit pas ainsi Gaudefroy de Billon, qui vendit sa propre Terre, & alla au Saint voyage du sien propre : car Dieu, qui n'a cure de tolde & rapine, luy ayda. S. Louis n'est pas néanmoins le premier auteur de ces respits. C'est le Pape Urlaub II. ainsi qu'il se recueille du Concile de Clermont, auquel il présida, & de la Harangue qu'il y fit, que Guillaume de Tyr nous a conservée au chapitre 15. du liv. 1. de la Guerre Sacrée. Et Guillaume de Neubourg au chapitre 20. du livre 3. de son Histoire d'Angleterre, a écrit que le Pape Grégoire en usa depuis de la même sorte. Et Guillaume de Tyr, au chapitre suivant du même livre, témoigne que plusieurs en ce tems-là, n'entreprirent le Voyage de la Terre Sainte, que pour frauder leurs créanciers. Ce que Juror a doctement observé sur la 1.73e. des Epîtres d'Yves de Chartres ; où il est fait mention de ce privilège, comme nouveau. Mais j'ai appris d'une lettre que M. de Gyves, Avocat du Roi au Préfidiol d'Orleans, homme de grande tradition, a écrit à M. Nublé, Avocat au Parlement de Paris, que cela donna lieu à la précaution que les créanciers s'accoutumèrent de prendre, en faisant appofer dans les Contrats une clause qui étoit ordinairement conçue en ces termes, en la personne des débiteurs : Renunciantes in hoc sailo bona fide, & privilegio Crucis sumpta, & omni juris auxilio, Canonici & Civilis. Mais depuis naguères, M. de Gyves condescendant à la prière qui lui avoit été faite de ma part, m'a envoyé trois Actes, qui sont autant de preuves de cette curieuse observation, ainsi qu'il a pris la peine de les extraire du Chartulaire de la Commanderie de Saint Marc-lez-Orléans, de l'Ordre de Saint Jean de Jérusalem. Et comme ils sont exquis, & qu'il s'en peut encore tirer d'autres instructions, j'ai cru aussi que je les devois communiquer au public. Les voici donc selon l'ordre de leurs dates. I. Universis præsentes Literas inspecturis : Gaucherus, Dominus de Ruppeforti & de Pusfaco, ac Vietcomes Carnotensis, salutem in Domino. Novetitis, quod nos scientes, prudentes & spontanei, nulla fraude seu dolo intervenientibus, utilitate nostra pensata, de voluntate & assensu nobilii mulieris Agnetis uxoris nostra, vendimus, & titulo pura ac perfecta venditionis tradimus & concedimus in perpetuum Fratri Petro du Hamne, Praceptori Domus, & Fratribus Militia Templi Aurelianensis, totami decimam quam habemus & tenemus, & quam habebant & tenebant Cleri Chori Ecclesia Carnotensis sibi obligatam à defuncto Joanne de Orphina, Miliste, & Mathilde ejus uxore, qua decima sita sunt in Parochitis de Noviaço & de Tancrevilla, cum omnibus juribus & pertinentibus dictarum decimarum, exceptis feodis & vavafforibus ad nos ratione dicta decima pertinentibus. Item, vendimus, &c. (l'Acte est long, & contient la vente de plusieurs autres droits). Promittentes bona fide pro nobis & successoribus nostris, seu heredibus in perpetuum, quod nos contra venditionem ejusmodi nullatenus de cetero veniemus, nec venire aliquatenus attemptabimus in futurum, sailo, vel verbo, in iudicio, vel extra iudicium, prætextu alicujus juris, seu consuetudinis aut statuti, seu prætextu alicujus lafionis, deceptionis, seu circumventionis, vel alio quacumque modo, seu etiam ratione. Immi promittimus bona fide pro nobis & successoribus nostris & heredibus universis, seu singularibus, nos bujusmodi venditionem dictis Praceptori & Fratribus, & eorum domni pradictus successoribus eorumdem in perpetuum, garantire, liberare & deffendere contra omnes, cum nostris propriis sumptibus & expensis, & facere & præsare fideliter & legitime quidquid in causa captionis debet fieri & præstari, & dictis Praceptori & Fratribus, & eorum in perpetuum successoribus reddere & solvere omnia damna dependita & expensas, qua & quas ex defectu garantia dicti Praceptor & Fratres, & qui jam sunt, & qui tempore erunt, dicent se sussimuisse, se cisse, seu etiam interriisse, nobis tamen nihilominus retentis vavafforibus & feodis ad nos ratione dicta decima pertinentibus. Et pro præmissis & singulis tenendis & inviolabiliter in perpetuum observandis, obligamus nos & heredes nostris & successores universis, & etiam singulares, & omnia bona nostra mobilia & immobilia, præsentia & futura, ubicumque sint & quacumque ad usus & consuetudines patria : renunciantes in hoc sailo, bona fide, ex certa scientia, omni actioni & exceptioni doli & in factum, non numerari, non habiti pretii, in utilitatem nostram non conversi, rei minori pretii, vel minus almidio justi pretii vendita subsidio; omni lafioni, deceptioni, circumventioni, consuetudini & statuto; privilegio Crucis sumpta & assumenda; & omni juris auxilio Canonici & Civilis, per qua pradictia venditio, seu aliquid de pradictis, possem retractari, seu etiam adnudari. In cujus rei testimonium præsentius litteris sigillum nostrum duximus apponendum. Datum Aurelia in Curia Domini Aurelianensis Episcopi, consentiento ad hoc Joanne filio nostro, anno Domini M. CC. ologesimo secundo, die Luna post Quindenam Pascha.
II. Universis præsentes Literas inspecturis : Officiatis Aurelianensis, salutem in Domino. Novetitis, quod in nostra præsentia constitutus Simon, dictus le Cronier, attendens quod Praceptor & Fratres Domus Militia Templi Sancti Marci Aurelianensis ipsum receperunt in Confratern, & in plenam participationem bonorum spiritualium, dedit pro remedio anima sua liberè, dictis Praceptori & Fratribus duas solidos Parisiensis annui redditu; quos promissi se redditurum & soluturum per fidem suam, quamdiu vixerit, in Festo Sancti Marci ad domum dictorum Religiosorum. Cum vero pradictus Simon mortuus fuerit, heredes ipsius à præstatione dicti redditus erunt penitus liberati : sed quadraginta solidos Turonensis dictis Religiosis tantummodo solvere tenebuntur. Solutis quadraginta solidis Turonensis, præsens littera non habebit roboris firmitatem. Promittens dictus Simon per fidem suam in manu nostra datam, quod contra pradicta, vel aliquid de pradictus non veniet in futurum, nec venire aliquatenus attemptabit ullo jure, ratione deceptionis, vel alicujus lafionis, ratione aliquò seu causa, nec revocabit seu faciet revocari. Quantum vero ad omnia pradicta & singula de pradictus firmiter, fideliter & inviolabiliter observanda & tenenda, obligavit se, heredes suos & successores EFERUS - Recherches & Classification numériques universis, & omnia beque sua mobilia & immobilia, promedia & futura, ubicumque sint & se jurisdi- zioni Curia nostra supposuis : renuncians dictus Si- mon & per dictam fidem, omni juris auxilio Cano- nici & Civilis, privilegio Crucis assumpte & assu- mende, exceptioni deli mali & in factum, omni confuendini loci & parria ac sfante, & omnibus alis exceptionibus facti & juris, qua contra præsen- tes literas possem oblici sive dici. In cujus rei fidem & testimonium præsembus literis figillum Curia no- stra duximus appendendum. Datum anno Domini M. CC. nonagesimo, die Luca post Ollavas Penso- ceses.
III. » A tous ceux qui verront cestes présentes » Lettres : Jean Dañieres, Garde de la Prevosté » d'Orliens, & Adelot de Lour, sa femme, ont » reconnu par devant Nous en droit, que ils ont » pris & retenu à ferme ou à penitormde houno- » rables hommes, religieux & sages, le Maistre » & les Freres de l'Hospital d'Orleans, un estaçon » à harens vendre, qui fut jadis du Temple, assis » au coin de la porte Harencherie d'Orliens, de » vant la maison Gautier Moreau, à tout le plein » de la vie desdits Vincent & Adelot, & de celui » encore d'eux deux qui plus vivra, pour le prix de » cinquante & cinq sols Parisis chacun an, de pen- » sion ou ferme, à rendre & payer audit Maistre, » ou au porteur de ces Lettres, à la Feste de Tous- » saints & de Pasques, à chacun d'icels termes, » vingt-sept sols six deniers Parisis chacun an, des » ores en avant, tant comme lesdits Vincent & » Adelot, ou l'un d'eux, vivront ou vivra, & » commençant le premier payement à la Tous- » saints prochaine venant : en telle maniere que » par marché & convenant fait entre eux, lesdits » Vincent & Adelot sous-tendront & seront tenus » de soustenir ledit estaçon durant le terme devant » dit : & après leur décès le rendront & laisseront » en bon estat. Et se les Maistre & Freres desfus- » dits avoient & sous-tendoient cousts ou mises, des- » pens ou dommages, par desfaute de paie de la » sous-tendance dudit estaçon, & de ce que lesdits » Vincent & Adelot ne laisseront & rendissent le- » dit estaçon en bon point & en bon estat, si com- » me dessus est dit, lesdits Vincent & Adelot pro- » misent que ils les leur rendront, & en croiront » le porteur de ces Lettres par son simple serment, » sans autre preuve querre. Et quant à ces choses, » lesdits Vincent & Adelot ont obligé chacun pour » le tout aux Maistre & Freres desfus-sits, & sou- » mis à la Jurisdiction de la Prevosté d'Orliens eux » & leurs hoirs, & tous leurs biens meubles & non » meubles, prêens & à venir, où qu'ils soient : » & renoncerent, quant à ces choses, à toutes gra- » ces, & à tous privilèges de Cruix, prisé & à pren- » dire, à toute erreur & décevance, au privilège » de veveté, si ladite Adelot devenoit vefve, & » au bénéfice vellean à elle exposé, & à toutes » exceptions & desfentes de fait & de droit. Ce fut » fait en l'an de Notre-Seigneur mil trois cent & » treize, le vendredi lendemain de la feste Saint » Aignan d'Este. » Voyez Ragueau, sur le mot » respire. M. Voyez ci-dessus respire. RESPONDRE : pour cantonner. De respon- • dere, dont les Latins ont usé en cette signification. Aiconius Perdianus : Depositur in sequersi : accipi- • tur ab eo qui corrumpitur : recipitur, id est, pro- • mititur; id est, pro judicato responderur. Spon- • dere, dont respondere est composé, signifioit an- • ciennement dicere. Festus : Spondere antica jone harur pro dicere; unde & respondere. Les Grecs (e • sont servis de même de irreparence, pour cantion- • ner. Hésychus : irreparence, irfoufæ. Suldas i arve- • qu'ou eu, irfoufæ) eu. Les Gloses anciennes : Spo- • pondit, irfoufæ, irfoufæ. Voyez M. de Sau- • maise De modo alararum, pag. 715. & 716. 718. & 719. M. Voyez ci-dessus répondre. RESSIE UNER. Rabelais, au livre 4. cha- • pitre 46. parlant de Lucifer : De ressembler il s'est • absten, depuis qu'il en se sorte colique. Voyez re- • gombillanner. M.
RESSINER. Voyez regombillanner. M. RESSINER. Faire collation. Témoin le Pro- • verbe rapporté par Rabelais, livre 4. chap. 46. Il • n'est ressiner que de Vigneton. De racemare. On dit • en Normandie, la rainfse, pour dire la collation, • par corruption de rainfse. H. et.
RESSORT, comme quand on dit un conteau • à ressort. Les Grecs l'appellent expéqia. Voyez • Cañabon sur Athénée, iv. 2. M.
RESSORTIR. Budée sur les Pandectes, • fol. 60. v°. Nos id hodie ressortiri appellamus : ab • antiqua fortasse consuetudine, ciasta enim fortibus • ex urna doctis cognoscobantur. Unde illud Virgilia- • num : Nec vero sine sorte data, sine judice sedes. • Quæstior Minos urnam movet. Vel à Gracis id translatum, qui rayoem diant di- • cant. M.
RESSORTIR. Pour connoitre l'érymologie de • ce mot, il est nécessaire d'observer, que lorsque • les Romains avoient conquis les Provinces, ils en • partageoient & divisoient les terres & les champs • aux soldats. Cette division & ce partage se fai- • soient par le sort, & ils appelloient ces champs • ainsi assignés sortes. Voici comme Procope en par- • le, liv. 1. chap. 5. de Bello Vandaleo : Sortes • enim proprii appellabant Romani agus, quis in Pro- • vinciis a se devillis occupant, sorte mitibus di- • visos ac assignatos. Ainsi on lit dans Cicéron, ad • Attie, lib. 1. Sortiri Provinciam : c'est-à-dire, • sorti committere cujus Provincia futura sit. Et en- • core : Sortiri Provincias : c'est-à-dire, sorte Pro- • vincias dividere. Les Goths & les Vandales ont • usé du même mot dans la même signification. Et • il devint si commun, que nos ancêtres appellezent • sortem, une terre, un champ, une vigne, &c. • Dans les Loix des Ducs de Bourgogne on en lit • une qui porte : Ut mihi vendere terram suam liceat, • nisi illi qui alio loco sortem aut possesem habeat. • Et dans Grégoire de Tours, Hist. livre 4. ch. 44. • on lit ces paroles : Nisi me permiseris per tuam sor- • tem hunc fluvium transire, cum omni exercita meo • super te pergam. D'où l'on peut voir que c'est de • sors & sortiri que sont venus les mots de ressort & • ressortir, en parlant de l'étendue d'une Jurisdiction. • Vergy.
RESSOURCE. Du vieux mot François sour- • dre, qui vient de surgere, on a fait source : & de • ce dernier mot celui de ressource : c'est-à-dire, nou- • veau moyen qui se présente pour réussir, ou se ti- • rer d'affaire. Vergy.
RESTER. De restare, dont les Latins se sont • servis pour perflare, permanere, resistere. Pro- • perce : Dum vincunt Grai, dum restat barbarus Heller. Atnobe, livre 4. Neque enim restare sine assertori- • bus non poset Religio Christiana. Car c'est ainsi que EFERUS - Recherches & Classification numériques 400 RES. RET. REV. porte le manuscrit de la Bibliothèque du Roi, selon le témoignage de M. de Saumalée sur Solin, page 18. Salutée : *Et validam urbem, multos dies restantem, pugnando vicis*. C'est-à-dire, *ressentem, repugnantem*. M.
RESTER. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1239. RASTEN *quiescere*. *Verbum à substantivo fallum ; quod Anglo-Saxonibus, Francis, & Alamanus, effertur reftan, Belgiis ruften, Anglis to rest. Gloss. Keren, pausem reften, requiescer kereftit. Gallis refter, est manere in loco, nec ultra pergere, Gracis iacuvion, utiari, laborem remittere : utrumque sensu cum reliquis cognato*. Ce substantif, d'où est fait le verbe Alleman *raften*, c'est *raft*, qui signifie *repos*, & qui *le dit rest* en Anglo-Saxon, en Franc, & en Alémanique, & *rust* en Flaman. *Iacuvio* en Grec, c'est repos, loisir, oisiveté.
RETENTIR. De *retimitire*. M.
RETIF. *Cheval récit*. De *restivus*, formé de *restare* ; d'où les Italiens ont aussi fait *restio*. La Crucsa : RESTIO : *da arrestarii*. *Dicessi delle bestie da cavalcare, e da feme, quando non vogliamo passare avanti*. Lat. *refrattarius*. M.
RETORERIE. C'est-à-dire, Seigneurie, domination. L'original François du Songe du Verger, liv. 1. chap. 55. qui est le 57. de la version Latine : *Noé ne donna-t-il pas une returerie ; comme il appere en Genesis, ou neuvième chapitre ? Et toutes voyez il exerce l'office de Prostre après qu'il fut yfu de l'Arche, devant qu'il donnait aucune loy au peuple, en Genesis, ou huitième chapitre*. Dans la version Latine ce mot *returerie* est traduit par celui de *restoria*. Le Duchat.
RETOUBLE. Rabelais, livre 4. chap. 21. *C'est fortife telle que du charretier, lequel, sa charrette versée par un retoulee, à genoux implorait l'aide de Hercules, & ne aiguillonnez les beufs & mettois la main pour soulever les roues*. Rabelais, livre 45. du même livre, a dit *restile* dans la même signification : car c'est ainsi qu'il y faut lire, au lieu de *sterile*. *Cettui homme...* *avait un champ grand & restile, & le semoir de toncelle*. Le Dictionnaire Latin & François de Robert Etienne, imprimé *in-fol.* à Paris en 1538. *Restibilis, & hoc restibile* : ut, *ager restibilis*, ung retoulee, une terre qu'on feme tous les ans. Jean Bruyerin, *De Re cibaria*, livre 4. chap. 14. *Lugdunenses Montani, demesso tritico, levieribus sequenti annu frugibus ferunt agros, quos restibiles nuncupant, quasi restibiles*. Le Duchat.
REVANCHER. De *reviendicare*. M.
REVE. Droit de *reve*, dans le Cayer des Etats de Tours en 1484. page 417. de l'Histoire de Charles VIII. édition du Louvre, 1684. De *roga*, dit pour *reparis*. Voyez le Glossaire Latin de Du Cange, au mot *Reva*. Le Duchat.
REVECHE. Ce mot est tantôt substantif, & signifie une espèce d'étoffe de laine : auquel sens je le dérive de *reversus*, en sousentendant *pannus* parce que cette étoffe se retourne, & n'a point d'envers. Tantôt il est adjectif, & signifie rude, rebours, intraitable. Voyez Nicot. Dans laquelle signification il vient de *ripa*, duquel mot on a aussi fait *riband*, dans le sens de mauvais gamement. Pour preuve de quoi, c'est qu'autrefois on écrivait & on prononçoit *riveche*. Le Roman de la Rose, fol. 120. 1°. *La felonesse, la riveche, Atropos qui la vie empesche* *Et des mors a le cueur si banis, Nourrie Cerberus le ribault*. Le Duchat.
REVECHE. Ce mot semble avoir quelque ressemblance avec l'Alleman *raub*, qui signifie rude, raboteux, herisse de poil, cruel, intratable, arrogant, fier, superbe ; avec l'Anglo-Saxon *reub* & l'Anglois *rough*, qui ont la même signification ; & avec le Grecs *ioculus*, qui veut dire *asper*, *salebrus*. Voyez Wachter, dans son *Gloss. German. au mat *raub*.
REVENANT. Voyez *revenir*. M.
REVENIR. De *revenir*, que les Latins ont dit pour *redire*. Cicéron : *Si domum revenissent*. Voyez M. de Saumalée, dans ses Animadversions sur le Droit Attique, page 634. Le peuple de Paris appelle REVENANT, un esprit : parce qu'il croit que les esprits reviennent. M.
REVER. Ce mot est de difficile origine. Pétrion & Tripault le dérivent de *ioculus*, *vacillare*, & Nicot fait mention de cette étymologie. Le Pere Labbe, dans ses Origines Françoises, partie 1. p. 418. le dérive de *revidere*, ou de *deviare*. Voici les termes : REVER, ou REVER, ne vient point de *ioculus errer*, *tourniser*, *vaciller* : *ny REVASSER*, de *ioculus* : *mais de revidere*, *avoir plusieurs visions, phanthemes, & imaginations redoublées les unes sur les autres*. *On bien*, de *reviare*, *délirare*, *à via aberrare*, *on aurait dit déver*, *puis rêver*. J'ai cru autrefois qu'il pouvoit venir de *repuerare*, dit pour *repuerare*. *Repuerare*, *repuerare*, par le changement ordinaire de l'U voyelle en l'U confoné : *repuer*, *rever*. Les Anglois disent *to rave*, & les Flamans, *raveen*. Héliand, stance 33. de son Poème de la Mort, a dit *ruever* pour *penser*. M.
REVER. C'est proprement rebrousser chemin vers l'enfance. Ainsi ce mot pouvoit bien venir de *reviare*, dans la signification de retourner sur ses pas. REVER, dans la signification de rappeler ses esprits sur une matière, vient sans doute de *reviare*, qu'on aura dit par métaplasme pour *reviare*. Le Duchat.
REVERQUIER. Sorte de jeu de Trictrac. M.
REVERQUIER. De l'Alleman *verbieren*, retourner en arrière. Le Duchat.
REVERSI. Jeu de Cartes. M.
REVERSI. Du Latin *reversus*, comme si l'on disoit *retroversus* ; parce qu'il se joue au contraire de tous les autres jeux de cartes ; puisqu'à ce jeu les plus baisses cartes sont les meilleures, & que pour gagner la partie il faut faire moins de levées & moins de points. *Vergy*.
REVIERS. Nom de plusieurs lieux de Normandie, qui tous sont situés sur des rivieres. De *Ripuaria*. Huet.
REVIER. *Virer*, c'est tourner. *Revirer* quelque chose, c'est la retourner d'un sens à un autre. Ainsi, je *reviri le Noël de François en Bourguignon*, signifie à la lettre, je retournai le Noël de François en Bourguignon. Verville fait un conte d'un Abbé EFERUS - Recherches & Classification numériques Abbé de Saint Antoine de Vienne, qui ayant fait tourner à grands frais une grosse pierre, au-dessus de laquelle étoit écrit : Qui me vivera, Grand trésor aura : trouva de l'autre côté, quand elle fut tournée : Virer je me veïlens, Parce que me doïlens. C'est-à-dire : L'afle d'avoir été si long-tems sur un côté, je voulois me tourner sur l'autre. Virer venant de gyrare, il est aisé de voir que revirer vient de regyrare. Un bon Prêtre de Dijon, nommé Vermand, se fit bien moquer de lui autrefois, pour avoir mis dans un Traité qu'il avait fait des Cérémonies de la Meïse : Le Prêtre se revivera. Ceux qui croient que revire-mairion est une expression née en Bourgogne, pour dire un soufflet, se trompent. Revire-mairion se trouve en ce sens dans les Curiosités Françoises, & dans les Dictionnaires d'Oudin. Olofaire sur les Noëls Bourguignons, au mot Reviri.
REUVART. La Coutume de l'Île, article 195, Par ladite Coutume, toutes Semences rendues par les Reuvart, Païseurs, Maïeur de la Perse, Tripiers de velous, Commis à la vingtaine, & autres Collièges subalternes à Eschevins, sortissent par appel pardevant lesdit Eschevins. Froissart dit toujours Regard pour Reuvart. Et Reuvart n'est en effet que l'ancienne prononciation de Regard, qui est le titre d'un Officier qui a regard & inspection sur quelques Maîtrises de Métiers. A Mers on dit encore renvarter pour regarder. Le Duchat.
REUX. Le peuple de Normandie se sert de ce mot pour dire, qui est sans réplique, qui ne sait plus que penser, ni que dire : & qui est ce que les Écoliers appellent dans les Classes vitus. J'y suis reux, il est reux. Il vient du Larin reux. Pasquier, livre 5. chap. 5. En ma jeunesse, celui qui avait mal répondu les Classes, s'appellent Reux. Huet. REZ de chaussée. De raum. M.
RHAGADES. Les Médecins nomment ainsi les fentes qui se font sur les lèvres, & sur d'autres parties du corps. Du Grec iux, iux, rupture, fente, formé du verbe iux, rompre.
RHAGOIDE. Terme de Médecine, qui se dit de la seconde tunique de l'œil, qu'on appelle autrement avec, parce qu'elle ressemble à un grain de raisin dont on a été la petite queue. Rhagoide est fait du Grec iux, iux, qui signifie un grain de raisin, & qui est formé du verbe iux, rompre. Cette tunique se nomme aussi choroide ; du Grec iux, chorus, quod vasa in ea velut in choro quadammodo disposita videantur.
RHAPONTIC. Rhaponticum. Racine : ainsi appelée comme qui diroit racine du Pont, parce qu'on l'apportoit autrefois du Royaume du Pont en Asie. Les Médecins Grecs appellent une racine iux. La rhubarbe, au contraire, se nomme rhubarbarium, du même mot iux, comme qui diroit racine barbare, parce qu'elle vient des pays éloignés.
RHEIN, ou RHIN : Rhenus. Rivière d'Allemagne. On donne différentes étymologies de ce nom, qui est certainement d'origine Teutonique. Voici ce qu'en dit Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1184. RHEIN, Rhenus : fluvius Germania maximus & celeberrimus, cujus nomen, Gracis antea ignorum, primus in literas retulii summus auctorum Julius. Si copiam Lingua Germanica species, significare potest (1) fluvium per excellentiam, a rinnen fluere. Anglo-Saxonibus sanò rin, rine, ryne, curjum aquarum & Rhenum significat. Et Gothis rinno est torrents Job. XVIII. 1. (2) purgatorem, a reinen purgare, ob rationem huic anni peccatarem, quia nempe prisci Germani poritatem integritatemque thori sui Rheno explorabant : unde & lib. 1. Anthol. Epigr. iux, iux, & appellatur. Ita sonam verba Junii in Obs. ad Will. pag. 53. & Gloss. Goth. pag. 100. Hujut rei multos graves Antichres citat Claverius ; sed eam ad Gallos potius ; lava ripa accolas, quam Germanas pertinere contendit, lib. 1. Germ. Ant. cap. 11. Mibi videtur ista mos ad Germanus quoque spectare, ob veterem gentis persuasionem, Rhenum esse Deum. Inde vox Claudii Civilis apud Tacitum, lib. v. Hist. cap. 17. Rhenum & Germaniae Deos in aspectu, quorum numine capesserunt pugnam. Sic etiam igni tanquam Deo vim purgandi tribuebant, ut in voce ordalium ostendi. Confer dicta in Elbe. (3) limitem, a reinen tangere. Certò rein etiamnum est marge agri. Rhenum vero antiquissimis temporibus occiduum Germania litus terminasse, multis veterum testimonis comprobat Claverius, lib. 1. Germ. Antiq. cap. 11. Quibus addi potest, quod etiam Imperii Romani vetus terminus fuerit. Verba Cæaris & Taciti vide supra in Marcomanni. Hinc Rhein-strom denotare potest fluvium terminalem. Cæi sententia favore videtur Schillerus in Gloss. Tent. pag. 685. Voyez le même Auteur, aux mots rein, reinen, & rinnen.
RHETIENS. Rhati. Nom d'un peuple qui habitoit les Alpes. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1190. explique ainsi l'origine de ce nom : Riss, ried, montana. R. D. Loescherus in Literatore Celta, pag. 36. Rax, vel rait, notabat regionem montanam ; unde hodlenum RAIT apud Helvetios & Grisons, rom vero apud Nariscos, indicat districum montanum : hinc videtur RHATORUM nomen, quippe qui in montanis habitabant, exortum ; & Germ. RISS, RISSENGEBINGA. Hoc ille. Supereft ut causam dictionis ostendam. Illam videtur mihi invenisse in verbo antiquo risan (reisen) surgere. Surgere enim dicuntur non solum crostentia, qua vi sua tolluntur in altum, sed etiam loca qua mole sua sive praruptie sive limiiter assurgunt, ut montes & montana. Ovidius ; Met. 1. Justit & extendi campos, subsidere valles, Fronde tegi silvas, lapidosos surgere montes. Sic etiam Curtius de monte Tauro, lib. 111. cap. 4. Scribit : Surgit à mari. Plura testimonta, qua hic afferri posent ; parcendi temporis causa omite. Hoc unum, addo, quod omnia montium nomina apud Germanos, cujusmodi sunt alp, bein, berg, brenner, dun, hill, thor, ab elevatione desumpta sint, ut in singulis ostendi. Quemadmodum autem ab alp sunt ALPINI, a thot TAURINI, ab hill HELVETII ; E e e EFERUS - Recherches & Classification numériques 402 RHO. RHU. RIA. RIB. C fortasse etiam ILLYRICI, quorum regio tota mag- tosa est: ita a ries, rait, ried, omnino exorta sunt RHATIA & RHATORUM nomina. Quod primus orbi literato oftenait R. D. Loescherus. Rhatos à Tufeis, bello Gallico Italia puissis, oriundos esse, & Taurif- cas sedibus ellipinis vicissim expulisse, multis gravis- busque veterum testimonii, Plinii, Justini, Livii, denonstrat Cluvierius in Vindelicia, cap. 2. Et argu- mentum originis praet Ligna Grifonum, & Tufeo & Italico sermone mixta, quod contra Tschudum male negat Goldastus tom. 1. Rer. Alam. pag. 121. Sed eodem Rhatos à Duce quodans Rhatos cognominatos esse, quod Scriptores à Cluvierio excitari affirmant, fabulam sapit, nec magis dignum fide videtur quam quod Diodorus scribit, Scythas à Scy- the Javis filio, Galatas à Galate Herculis filiae, ap- pellationem accepisse. Quis neccit quid non libido singendi aufa sit in Historia? Et quam proletarium sit, nomina gentium ad Ducem aliquem referre? An huc specient die RATZEN in Ralcia, dubito. Nam hi videntur potius à Thracibus, aut Roxolanis, genus & nomen ducere. Ce passage m'a paru également curieux & instructif: c'est pourquoi je l'ai rap- porté tout au long.*
RHÔNE. Rhodanus. Riviere de France: ainsi appellée à cause de la rapidité de son cours. Ce mot est d'origine Celtique. Wachter, dans son Glosarium Germanicum, pag. 1229. RAD, fluvius impetuos correns. Glos. Lips. ritha torrens. Verreius in Indice, pag. 102. vats-raiser torrentes. Atque hinc jam patet unde & qua Lingua RHODANUS, celebris Gallia fluvius, nomen invenerit. Cum enim rapidis- fime seratur, non lente, sicut Arat, qui hodie Saong, hinc illum à celeri cursi sic diitum esse, res ipsa attendit, & observat Peyronius in Antiq. Celt. pag. 411. Le verbe raden, en Alleman signifie courir, se hâter, aller vite: & de même rhedeg, en Langue Cambrique, rhedec & rheden en bas-Breton, & rats en Ebreu, & rebat en Chaldéen & en Syriaque: & & en Grec, se porter avec impétuo- sité. Le Lecteur observera, s'il lui plaît, la con- venance réciproque de ces mots de différentes Langues, & il en conclura peut-être avec raison, que les mots Orientaux sont la première source de tous les autres. Voyez ci-dessus Rofse.*
RHUBARBE. En Latin rhubarbarum. Voyez ci-dessus rhapontie, & ci dessous rubarbe.*
RIAGAS. Voyez rlagal. M.
RIBAUD. Ce mot est ancien dans notre Langue. Mathieu Paris, en 1251. Confluebant ad ipforum consortium fures, exules, fugitives, excom- municati: quas omnes Ribaldos Francia vulgariter confluevit appellare. Nicot parle ainsi de l'origine de ce mot: RIBAUD, signifie ores un homme de mes- chante & scélérate vie en insults, violences, & for- saits. Et ainsi en use l'italien, disant ribaldo: o ribaldo scélérato! Et d'une telle espèce d'homme, quand il est corsu & membran nous disions, voilà un paillard ribaud: qualem olim Cacum fuisse Livias referit. Et en cette signification, il peut être tiré de ce verbe Grec iensu, qui signifie agiter, vexer par violence: signifiant iensu & iensu, un estourbillon de vent furieux; un effort à pousser; un lancement de sagette, ainsi que de la foudre. Et ores a une signi- fication retranchée pour un putier & bordelier: ainsi qu'au féminin ribaud est prins pour une paillarde de bordeau, & femme commune, en l'Ordonnance du Roy Saint Louis; & que Marot, en sa Traduction du cinquanteeme Pseaume la prins, disant: T'accompagnant de paillards & ribands. Et en cette signification, on le peut tirer de l'ordonnance, aufe verbe Grec, qui signifie entacher, fouiller; & iensu, fouillure, immoundice. En l'une & l'autre des- dites significations, ce mot sonne toujours mal. Ceux qui estiment qu'il vient de ce mot: l'atin rivalis, s'a- busent du tout. François Pithou, dans son Pi- thoeana, le dérive néanmoins de rivalis. Da Buri, sur Dante, dérive l'italien ribaldo; de rio baldo. RIBALDO, dit-il, tanto è a dire, quanto rio baldo: cioè, ardito rio uomo. En quoi il se trompe: ce mot de ribaldo s'étant pris original- rement en bonne part par les Italiens, comme ce- lui de vipari parmi les Grecs, & celui de latro- nes parmi les Latins: ce qui a été remarqué par les Députés de 1533. sur la révision du Décamé- ron de Bocace. Voyez ce que Pasquier, dans ses Recherches, livre VIII. chap. 44. a écrit des Ribaux, & du Roy des Ribaux. M. Bochart croyoit le mot de ribaud un mot composé: les Anglois disant baud dans la signifi- cation de lino: & baudy, pour libidinojus: & bau- dry, pour leno. inium. Il me reste à remarquer que ribaud a aussi signi- fié parmi nous le bois d'une grappe de raisin: en Latin, sepus uva. Charles Etienne, dans son Di- ctionnaire: SCOPUS UVA. Varro, Le ribaud, ou le bois d'une grappe, auquel sont attachés les grains de raisin: la raffle. Sunt qui seapus leant apud Varronem. L'origine de ce mot en cette significa- tion m'est tout-à-fait inconnue. M.
RIBAUD. Le Roman de la Rose, fol. 31. v. Mais ribaudx ont les cueurs si baulx, Portans sacs de charbon en Grève, Que la peine point ne les grève. Et fol. 93. v. Mieux pourroit ung ribault de Grève Seul sans autre par tout aller. Ces deux passages me persuadent qu'anciennement on appeloit ribaux, ces gens forts & vigoureux, qui gagnoient leur vie à charger & à décharger les marchandises qui s'embarquoient ou se débar- quoient à la Grève à Paris, & que ce nom vient de ripales, fait de ripa. Je ne sais même si le mot de Grève ne viendroit pas aussi de là. Ripa, repa, reva, GREVE. Et de la grève dans la signification de gravier, parce que le gravier des rivieres se recueille sur le rivage par ceux qui veulent en prendre. Par un passage d'une Chronique de 1230. cité par Borel au mot ribaud dans ses secondes Additions, il semble qu'on ait proprement appellé ribauds, ces hommes qui font motier de tirer les bateaux qui remontent les rivieres. Voici le pas- sage: EFERUS - Recherches & Classification numériques En tel point fut li Quens Tibault, Qu'il alla nus comme un ribault. Ces gens-là marchoient presque nuds, tant pour être plus en état de bien travailler, que parce que souvent ils étoient obligés d'entrer dans l'eau. Et comme pour cela il falloit des hommes fort robu- ftes, de-là est venu qu'on a traité de puiffant ri- band un jeune homme vigoureux & membru. Riband, dans la signification de lubrique, vient sans doute aussi de ripa; mais en tant que le ri- vage des fleuves étant toujours glissant, les ri- bands, c'est-à-dire ceux qui se laissent vaincre par les tentations de la luxure, sont, dans leur foiblesse & dans ce malheureux penchant, comparés aux personnes, qui pour ne vouloir pas quitter le ri- vage d'un fleuve, sont continuellement des faux pas. La Légende dorée, imprimée en 1476, dans la Légende de Saint Pierre-aux-Liens, appelle ri- band M. Antoine, que l'original Latin au même endroit traite de lubricus: aussi lubrique & riband est-ce la même chose. Rabelais, livre 1. chap. 25. Et parce que le rivage glissait somberent eux & leurs chevaux. . . . Mais Panurge leur dit: Messieurs, je croy que vous vous soyiez fait mal, pardonnez-le- nous: car ce n'est de nous; mais c'est de la lubricité de la mer, qui est toujours onctueuse. L'eau des fleu- ves sur leurs bords l'est aussi, quoique peut-être beaucoup moins. Riband pour lubrique vient donc de ripa. Ripa, ripalis, RIBAUD. Le D final a été ajouté dans notre ancienne orthographe, dans la- quelle il entre très-souvent des lettres inutiles. Et on a terminé en au ce mot formé de ripalis, selon notre ancienne maniere; comme en royau (Let- tres royaux) de regalis, & en un très-grand nom- bre d'autres mots. Voyez ci-dessous Royaux. On a dit rivault pour riband, dans la signification d'un Porte-foin; & ce mot se trouve dans Coquillart, au Monologue des Perroques: Roy des Ribaux s'est dit, généralement parlant, d'un homme qui donnoit le branle à une entre- prise, ou qui menoit la danse, comme on dit. Le Roman de la Rose, fol. 67. v°. édit. de 1551. Comment le Dieu d'Amours retient Banks-semblant qui des sons devient, Dans ses gens sont joyeux & baux; Car il le fait? Roy des Ribaux. Et plus bas: Car le Roy feras des Ribaux. Pour ce qui est de riband, dans la signification de scopus uva, ou de bois d'une grappe de raisin, il se dit encore à Metz en cette signification: mais on prononce rebant; & ce mot vient de l'Alleman reb-bolz, c'est-à-dire, bois de vigne, farment. Reb en Alleman, signifie vigne; & bolz, bois. Le Du- chat. RIBES: C'est le groselier rouge, dit Nicot. Les Italiens appellent aussi ribes une groseille rouge. De l'Arabe ribas, mot de même signification. Voyez mes Origines Italiennes, au mot ribes. M.
RIBLER. RIBLEUR de pavé. Ribleur de nuit. Lat. graffator. L'origine de ces mots ne m'est pas connue. Ne viendroient-ils point de ribaldus? de cette maniere: Ribaldus, ribaldulus, ribaldu- lare, RIBLER: ribaldulator, RIBLEUR. Voyez ri- band. M.
RIBLER. RIBLEUR. Ribleur, est proprement un homme qui va & vient de nuit & de jour, à R I B. R I C. dessein de faire un mauvais coup, ou quelque fri- ponnerie. Ce mot vient de ripulator, fait de ripu- la, diminutif de ripa. Ripa, qui signifie propre- ment le rivage d'un fleuve, s'est dit aussi de la li- siere d'une rue; & ripula, de la lisiere d'une ruelle. Et comme c'est le propre de ceux qui detrouissent de nuit les passans, de les guetter le long des mal- sons, principalement dans les ruelles peu fréquen- tées, on a appelé cette sorte de lartons, ribleurs de nuit, de ripulator, fait de ripulare, formé de ripula. Je ne doute pas même qu'on n'eût déjà appellé de la sorte ceux qui guettoient le long des rivages les personnes qui voyageaient sur des ri- vieres. Le Duchat.
RIBLETTES. Ce sont menues lesches de lard, frites dans la poele, dont on entrelarde sou- vent les aumelettes. De laridum, de cette manie- re: laridum, larida, laridabulum, ridalulum, ri- dabula, ridabla, ridabletta, ribletta, RIBLETTE. Nous avons fait de même L'ARBLE d'acer. Acer, aceris, acere, acera, acerabulus, arabulus, L'AR- BLE. Voyez Arable. M.
RIBLETTES. Je croirois plutôt qu'il vien- droit de ripuletta, fait de ripula, diminutif de ri- pa. Nos ancêtres, meilleurs ménagers que nous, prenoient ordinairement pour faire des riblettes les côtés ou les extrémités d'une flèche de lard; parce qu'à la longue ces extrémités se jaunissant toujours plus, comme elles n'étoient déjà plus bonnes à larder, elles n'auroient à la fin rien valu du tout. Le Duchat.
RIBON. RIBAINE. Façon de parler an- cienne, qui signifie bon gré, mal gré. Mellin de Saint-Gelais, dans son Rondeau à Ribard, créan- cier importun: Mais si jamais m'êtes tenu, Vous payerez ribon, ribaine, Riband. Je ne sais pas l'origine de cette façon de parler. Elle ressemble, pour la terminaison, à onguen mi- ton mitaine. M.
RIBON. RIBAINE. Je ne suis pas de l'opi- nion de ceux qui croient que ribon ribaine est un Gasconisme, au lieu de rivon rivaine, du Latin rivus, d'où on a fait rival, parce qu'un ruisseau qui est commun à divers possesseurs, cause souvent de la difficulté entre eux. Je croirois plutôt qu'on autoit dit ribon ribaine, pour rebond rebondaine, du verbe rebondir, qui marque la résistance que trou- ve un corps dur tombant violemment sur un autre corps aussi dur. Ribon ribaine est en effet la même chose que nonobstant toute résistance. On dit à Di- jon dans le même sens ribon Marinus: maniere de parler introduite en Bourgogne sous la Régence de Marie de Médicis, touchant ceux qui ne craig- noient pas de choquer l'autorité de cette Reine. Glossaire sur les Noels Bourguignons, au mot Ribon ribine.
RIC-A-RIC. Ce mot est de difficile origine. Nous disons, faire quelque chose ric-a-ric, pour dire, faire quelque chose à la rigueur: ex rigida ratione juris. Et ce mot, en cette signification, peut avoir été fait de rigidus, de cette maniere: rigidus, rigidicus, ridicus, ricus, RIC. Mais nous disons aussi RIC, pour dire coupe, taille, coupure jusqu'à la racine, jusqu'au fond, jusqu'au vif. Eceij EFERUS - Recherches & Classification numériques TAILLE D'ARBREE A RIC: arborum defellio ad ipsum iruncum; ad ipsum radicem: ROGNURES D'ONGLES RIC-A-RIC, unguium ad vivum exfellio. Et ce mot, en cette signification, pourroit avoir été fait de radice, ablatif de radix. Radice, race, rice, RIC. M.
RICANER. Rire à plusieurs reprises, & de mauvaise grace, & d'un certain air moqueur. Je crois qu'il est composé de ridere & de cachinnari; comme si l'on diroit ridere cum cachinno, qui est la véritable/signification de ce mot. Vergy.
RICHARD. Nom d'homme. Voyez ci-dessus Récarede.*
RICHE, RICHESSES. Quelques-uns tiennent que ces mots viennent de l'Ebreu reichus, selon Robert Etienne, ou rechech, comme dit Gaspard Waferus, De Nummis Hebraorum, liv. 1. chap. 1. Angelus Caninius, dans ses Canons des Dialectes, dit que riche se vient de rizos, qui en Langue Punique signifie aussi riche se. Toutefois ce mot pourroit bien venir de l'ancien Teudifique reich, qui signifie encore en Alleman Royaume & Empire. Et parce que les Rois & les Empereurs sont les plus riches des hommes, les Allemans appellent aussi reich, un homme riche & opulent. Le Dictionnaire de Dasypodius: Reich, Imperium: reich, dives, fulix, opulentus, beatus. Cafeneuve.
RICHE. Du Gaulois, ou du Bas-Breton rich, qui signifie fort, puissant. Dans le Livre Triadum Brizam. CARADAUGH VRISCHFRAS, est interprété Caratacus forti brachio. Rich signifioit la même chose parmi les Allemans; témoin le Poète Fortunat, au livre 8. où il explique le nom Chilperic, par adjutor fortis: Chilpericho potens, si interpres Barbarus adsit, Adjutor fortis hoc quoque nomen habes. Et encore à présent, rick, en Alleman, signifie riche: & c'est de ce mot Alleman que les Italiens ont fait leur ricco. ¶ Rix, dans ces noms Gaulois, Ambiorix, Dunorix, Eporedorix, Cingentorix, Orgetorix, Vercingentorix, Viridorix, &c. signifie la même chose. Dans Blanca, & autres Histo-rieus Espagnols, les Seigneurs Féodaux sont appelés Ricchi homines. Charles, Roi de Navarre, dans la Formule de son Couronnement: Comme au temps de notre Couronnement, eussions créés pour Ricombres de notre-dit Royaume, Armant Ramon de Gramont. Le Latin porte Ricum hominum. M. Bochart, livre 1. chap. 42. des Colonies des Phoeniciens, croit que rich a été fait de l'Arabe pririk, que Gigeius interprète vis, robur. Comme nous disons RICHARD, pour dire un riche vilain, les Grecs ont dit «vivâ» en la même signification. Eubulus, dans Athénée, 1. 6. s'est servi de ce mot. M.
RICHE. Ce mot est d'origine Teutonique & Celtique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1161. RICH, dives, locuples, opulentus, divitiis potens. Anglo-Saxonibus ryca, rice; Francis rich, rith; Belgis & Suecis ryk, Islandis rikur, Anglis rich, Gallis riche, Iralis ricco, Hispaniatica, rico; Latino-barbaris ricos; & inde tici homines, proceres, Barones, qui amplas habent possesiones, apud Canyum in voce. Gloss. Pez, opulentus ritha, beatus (beati enim possidentes) rithher, ditoscere rithan. Bensonius, in Vocabulario Anglo-Saxonico: ryc, rica, dives; gericod distatus. Verelus in Indice: rikur oc u-rikur dives & pauper, rikis menn proceres, riklestur potentia; opulentia. Sensus à potentibus ad divites traduitus; sive quia potentiores olim ditessebant ex napinis inferiorum, ut Pezronio jam sapè laudato visum; sive quia unsquisque tantum habet potentia, quantum divitiarum, quatenus potunia Regina obedient omnia. Qui frigidis allusfuntum. delectantur, ex Hebrao vel Graco sermone petitis, adeant Helvigium in Originibus, quas facilè refellere possem, si tanti esset nugari.*
RICHEDALE. De Richedalder, pièce de monnoie de l'Empire. Feust. Voyez risdale.
RICHEMOND. Nom d'homme. Il est d'origine Teutonique, & Wachter l'interprète vir potens, ou defensor potens; de rich, dans la signification de potens, qui est antérieure à celle de dives, comme on a vu ci-devant au mot riche; & de mund, qui veut dire entr'autres choses homo, vir, & aussi protektor, suor, defensor, & qui se trouve en l'un ou l'autre de ces deux sens dans un grand nombre de noms d'hommes. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot mund, pag. 1099. 1100. & 1101.*
RICIMER. Nom d'homme, qui vient de la Langue Teutonique. Voyez ci-devant Récarede; & Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot mer.*
RICOCHET. La Chançon du Ricochet. Rabelais, 1. 10. Vestre conseil, sous correction, semble à la Chançon du Ricochet. Ce ne sont que sarcasmes, moqueries, & redites contradictoires. Budée, dans Robert Etienne: La Chançon du Ricochet: assystaton, assystatos cantilena: at assystatum argumentum: quod exutum non habet. C'est ce que les Italiens disent la Canzone dell' uccellino. Le Varchi, dans son Dialogue de l'Ercolano: CONTE: Ma ora che io mi ricordo, che volete voi significare quando voi dite, Questa farebbe la Canzone dell' uccellino? quale e questa Canzone? o chi la compose, o quando? VARCHI. L'Autore è incerto: o anco il quando non si sa: ma non si può errare a credere che la componesse il popolo, quando la lingua cominciò, o ebbe accrescimento la lingua nostra, cavendola, o dalla Natura, o da alcuna altra lingua: perche Ser Brunetto ne sa menzione nel Patasso, chiamandola favola, e non canzone: che in questo caso è il medesimo: onde quando si vuole affermare una cosa per vera, si dice, Questa non è né favola, né canzone. Il verso di: Ser Brunetto dice: La favola sarà dell' uccellino. Ma comunque si sia, ella è cotale: Quando alcuno in alcuna quistione debita sempre, e sempre, o da beffe, o da vero ripiglia le medesime cose, e della medesima cosa domanda, tanto, che mai non se ne può venire nè a capo, nè a concubione, questo si dimanda in Firenze la Canzone, o volete, la Favola dell' uccellino. CONTE. Datemene un poco d'esempio. VARCHI. Ponghiamo caso, ch'io vi diceffi, la rosa è il più bel fiere che sia; e voi mi dimandaste, perch'è la rosa il più bel fiere che sia? e io vi rispondessi, perch'è ed'è il più bel colore di tutti gli altri: E voi di nuovo mi dimandaste, perch'è alla il più bel colore di tutti gli altri: E io vi rispondessi, perche egli è il più vivo, è il più acceso: Et voi da capo mi ridomandaste perch'è egli il più vivo e il più acceso. E così, se voi seguitasse di domandarmi, e io di rispondervi, a cotai guisa si procederebbe in infinito, senza mai concubione cosa nessuna: il che è contra la regola de Filosofi; anzi della Nannafessa, EFERUS - Recherches & Classification numériques R I C. R I D. laquale aborre l'infonto; il quale non si può intendere: e quello che non si può intendere, si cerca in vano; e la Natura non fa, e non vuole che altri faccia cosa nessuna indarno. Chiamusi ancora la Canzone dell'ucellino, quando un dice, Voi di venire a desinar meco e volui risponde, E non si dice Voi tu venire a desinar meco e così si va s{guitando, sempre tanto che non si possa concbiadere cosa nessuna, nè venire a capo di nulla. Non-appellons aussi ricochet, ce jeu des enfants sur le bord de la mer ou des rivieres, avec des pierres plantes, & qui a été ainsi admirablement décrit par Minutus Félix: Puers videmus certatim gestientes, testamus in mare jaculariantibus ludere. Is iusto est, iustum veritem, jactarium stictum levigatum, legere de licere; eam testum plume seu digitis comprehensione, inotinem ipsum, atque homilem, quantum potest super-undus irretare, ut illud jaculum, vel duelum muris radires vel ematres, dum less imperialablih: vel famus fiolithus tenis emicaret, emergere; dum affidus salus sublevatur. Is se in pueris vitorem ferocar, cujus testa, & procurerem longius & frequentus exilire. L'étymologie de ce mot, en l'une & l'autre de ces significations, m'est tout-à-fait-inconnue. J'ai eu autrefois la pensée qu'il avait été formé de risaleus, de cette manière: Risaleus, risaleicus, risaleicocus, ricocus, ricocetus, RICOCHET: ce qui convenoit fort bien, à l'égard du jeu, à ces mots de Minutus Félix, dum affidus salus sublevatur: & qui ne convient pas mal à la chanson du Ricochet, où l'on saute perpétuellement d'un mot à un autre. Mais aujourd'hui, le mot de risaleicus, par où il faut que ce mot passe, me semble mal formé. Je remarquerai ici, par occasion, que les Romains disent givocar a sgnizza, pour dire jouer au Ricochet: & les Florentins, givocar a brilla sasso: & les Allemands, en heche schneiden, c'est-à-dire, couper un brochet. Voyez guiccare dans mes Origines Italiennes. Les Anglois disent, to make ducky and drakes, qui veut dire mot pour mot, faire les canards & les canons. M.
RICOCHON. Apprenti Monnoyeur. L'ouvrier de la monnoye durant la première année de sa réception s'appelloit Recuitour: parce qu'anciennement, lorsqu'on fabriquoit au marteau, il fait fort passer plusieurs fois son ouvrage par la culture. Et durant cette première année, l'apprenti Monnoyeur s'appelloit Ricochet. De recouvert. Recouvert, recouvert, recouvert, recouvert, recouvert, recouvert, etc. Voyez mes Remarques sur la Vie de Guillaume Ménage, Avocat du Roi d'Angers; & M. Boissard, Conseiller de la Cour des Monnoyes, page 383, de son Traité des Monnoyes. M.
RIDDE. Sorte de monnoye. Nicole Gilles en la Vie de Charles VII. parlant de la mutinerie de ceux de Bruges contre le Duc de Bourgogne: l'un d'ouïl excès, il y en un plusieurs exécutes, & lay payerent pour l'amende deux veus mille riddes d'or, &c. Rabelais au Prologue du livre IV. En Chinon, il change sa coignée d'argent en beaux testons, & autre monnoye blanche; sa coignée d'or en beaux Saluts, beaux Moutons à la grand'laine, belles Rides, beaux escus au Soleil. Nicot dans son Dictionnaire: La Riddle est du poids de deux deniers dix-huit grains trébuchant, évaluée par l'Or- damance à cinquante fois Toussols: le coing de laquelle est une Croix Florence, l'ifant d'un escu de Bourgogne, surmonté au bord d'une croisière moussée, ayant pour lectrier au bord, fort HOMEN DOMINI SENEDICUM: & au côté de la pile, au Chevalier armé de toutes pièces, l'épée au poing daurre brandie, monté sur un courier bardé, & gallopant, sous lequel est écrit FLAND: & autour, pour lectrier, PHILIPPUS DE GRATIA DUE BURGUNDER, COMES FLANDERAS. Le Président Fauchert, liv. II. de la Milice & Armes: Je croirois bien que Cranequin fait une Allemand. Car volontiers les gens de cheval Arbalefriere, que l'on appelle Cranequiniers, estient tirez d'Allemagne: comme aujourd'hui ceux que l'on appelle Reilleux, parce qu'ils font leurs fonctions à cheval. Car teiten en leur langue, signifie courte, & les pièces d'or appelle Rides, ou la figure d'un Chevalier estantant son cheval pour courre. & Renter, en Allemand & en Flaman, signifie homme de cheval, d'où ses Rides ont été ainsi nommées. Voyez Reitre. & Les Anglois disent to, ride, pour dire aller à cheval: & reider, pour dire un Cavalier. M.
RIDDE. On demeure d'accord que ce mot est formé de juris juris, qui signifie même chose. Aussi juris juris, signifie être ride, & juris juris, qui est ride, rugosus. J. C. Scaliger sur le chap. 9. du livre 5. de l'Histoire des Animaux d'Aristote, le dérive de juburis. Volcivis, dit-il, striatio. Rellè. jucuris enim & juburis: quo nomine etiam Franci muntur eo in significatu. Cafeuove.
RIDDE. Lat. ruga. Paferat sur Properce le dérive de juris. Ruga, proprii in veste a'le, a'le qua: un pil. Inde ruga frontis: a'le qua juris: & Galis, contrae vocabulo, rides. Jules Scaliger sur le chapitre 9. du livre v. de l'Histoire des Animaux d'Aristote, le dérive de juburis. Volcivis, dit-il, striatio. Rellè. jucuris enim & juburis: quo nomine etiam Franci muntur eo in significatu. M.
RIDDE. De juris, qui signifie la même chose 5 & non de jura, qui est autre chose. Hort.
RIDEAU. Parce qu'étant tiré, il se plisse en forme de rides. Joachim Périon: Ruga, ride. Hinc vela lethorum a plicis & rugis rideaus. Cafeuove.
RIDEAU. Du mot François ride: à cause des rides que font les rideaux. Les plis des habits ont été appelés ruga. S. Jérôme, épître 28. Secunda ex line tunica talaris, duplici sodoue, &c. Hac adhâret corpori, & tam arcta est, & strictis manicis, ut nulla omnino in veste se ruga. Plaute, Cafeu 1. 3. Vide palliolum ut rugat. Macrobe, livre 1. chap. 9. Fuit vestitu ad mundirium curio; Il parle d'Hortensius; & ut bene amicus iret, faciem in speculo ponobas; ubi se inuenis, togam corpori sic applicabat, ut rugas non fertè, sed industria locatas artifex nodus confringeret, & sinus ex composito de fluens, nodum lateris ambires. Is quandam, cum inceder et elaboratus ad speciem, collega de injuriis diem dixie, quod sibi in angustis obvius offenso fortuito struturam toga destruxerat: & capital putavit, quod in homine suo locum ruga mutasset. Tertullien, de Pallio, chapitre v. Adeo nec artifice necesse est, qui pridie rugas ab exordio formet. Jules Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 607. jucuris, & juburis: quo nomine etiam nunc Franci muntur eo in significatu. Les Grecs ont appellé de même opioides, & les rides du visage, & les plis des habits. Hésychius: opioides juris, & opioides. Voyez ci-dessus le mot froncer, & M. de EFERUS - Recherches & Classification numériques 406 RID. RIE. Saumaisé sur le passage allégué de Tertullien. M.
RIDEAU. Rida en Arabe, signifie manteau, habit, & tout ce qui sert à couvrir. Je fais cette remarque pour montrer simplement la convenance du mot Arabe avec le mot François : car je crois que l'étymologie que M. de Caïeneuve & M. Ménage donne-t de ce dernier, est fort bonne.
RIDELLES. Ce sont ces petites cloisons qui sont aux deux côtés de la charette, qui servent pour tenir la voiture de la charette. L'origine de ce mot est fort cachée : & je crois être le seul qui l'ai déterrée. Ridele a été fait de retinere, de cette manière : retinere, ritenere, à l'Italienne. Les Italiens disent ritenere, pour dire retenir : & ritengo, pour dire un retien : & ritenata, pour dire ces arrêts qui retiennent les cordages. De ritenum, mot Latin barbare, on a fait le diminutif ritenulum : pour lequel, par métaplaïsme, on a dit ritenula ; & ensuite, par le changement ordinaire du T en D, ridinula : dont RIDELLA : comme bellus, de benulus. M.
RIDELLES. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, ne me satisfait pas ; & j'ai peine à croire qu'il ait été fait de retinere. J'aimerais mieux le dériver de ridica, qui se trouve dans Columelle, & qui signifie un échalas de vigne. Les ridelles ressemblent en quelque façon à des échalas qui sont arrangés en ligne droite.
RIEBLE. Simple : appellé autrement grateron. Gr. *amagro*, & *gobas* & *gout*. Toutes les plantes, qui, comme celle-ci s'attachement aux habits, sont appelées en Latin *lappa* : ce qui me donne quelque sujet de croire que le mot de *rièble* a été formé de ce mot Latin, de cette sorte : *lappa*, *lappula*, *lappulum*, *rapulum*, RIEBLE & REBLE : car l'un & l'autre se dit. M.
RIEBLE. Ce mot ne saurait venir de *lappa* ; parce que *lappa* n'est point le grateron, mais la bardane, autrement le glouteron. Voyez ci-dessus glouteron. Mais je ne fais d'où vient *rièble*.
RIEN. Nous l'avons formé de *res*. En effet, les anciens François prenoient *rien* pour *chofe*. Froissart. vol. 1. chap. 155. Ils n'ayderaient de *nule* *riens*. L'Histoire du Connétable du Guéclin, chapitre 30. Bertrand ne s'ébahisait de *rien* quelconque. Olivier de la Marche, livre 1. chap. 11. de ses Mémoires : *De sa nature desiroit la mer & les bateaux sur toutes rions*. Le Sire de Joinville, en la Vie de S. Louis : *Craignant Dieu en tous son pouvoir sur tous rien*. Caïeneuve.
RIEN. De *rem*, accusatif de *res*. *Non habeo rem* : JEN'AI RIEN. *Non facit rem* : IL NE FAIT RIEN. On y a ajouté un I : comme en *miel*, de *mel* ; & en *sel*, de *sel*. Et en quelques lieux, comme en Bretagne, on prononce encore *ren*, au lieu de *rien*. Ce mot signifioit anciennement *chofe*, comme celui de *res* parmi les Latins. Le Roman de la Rose, feuillet 1. On toute rien d'aimer s'éjoye. Et au plurier, on disoit *riens*. Marot, Pseau-me 34. (a) (a) Ce Pseau-me est de Théodore de Bèze. Le Duchat. Le Lion affamé Bien souvent ne trouvera *riens*. Mais ceux-là sont remplis de biens, Qui ont Dieu réclamé. La Devise d'Enguettan de Marigny : Chacun soit content de ses biens. Qui n'a suffisance, il n'a *riens*. Voyez dans M. de Caïeneuve plusieurs autres exemples de ce mot en cette signification. Il y en a qui estiment que l'N n'a point été ajoutée au mot *rien*, mais qu'il y tient lieu de l'M, qui est en l'accusatif *rem*. *Non habeo rem* ; je n'ai rien : *Non facit rem* ; il ne fait rien. A quoi ils ajoutent, que *riens* est le plurier de *rien*. M.
RIERE. Vieux mot qui signifie le *retro* des Latins, & qui en vient. M. Bignon sur Marculée, page 517. POST VOS RETINEATIS : *Nostris veteribus Scriptoribus*, retenir *riere* soi : *penes* se. M.
RIEULE. Règle. De *regula*, comme *rièle* : & *rièle* de *regulatus*. Monstrelet, vol. 1. chap. 45. fol. 68. b. édition de 1572. Car comme il est écrit dans la *rièule* de Droit : Utilis est scandalum naïvei ac permitti, quam ut veritas relinquatur. *Rieule* dans Borel, pour *regulier*. Le Duchat.
RIEZ. Ce mot dans la Coutume de Boulenois, art. 133. se prend pour des terres non labourées, & qu'on laisse pour le pâturage des bestiaux. Peut-être de *refides*. Charles de Bouvelles, dans son Traité de l'Origine des mots François, le dérive à *rure* : en quoi il se trompe, si je ne me trompe. M.
RIEZ. L'article 196. de la Coutume d'Amiens commence ainsi : *Quand aucun délaisse en temps de paix sa terre en friche ou riez, sans labour*. Ce qui peut s'entendre par *en friche* ou *en arrière*. Ainsi *riez* pourroit bien venir de *retro*. La Coutume Locale du Village Harly, art. 4. Item, la Coutume est telle, que *quelconquer* a terres a *disque*, & qui par fortune de guerre ou autrement, sont demeurées à *rejetis*; tout homme a qui appartiennent lesdites terres & *riets*, les peut garder & *defendre*, en y mettant *enseignements de défenses*; en peut faire son profit jusques à la Saint Jean-Baptiste. Et après ce, lesdites *riets* sont mis à *commun*. On voit par-là que *riet*, ou *riez* au plurier, vient de *rejetum* : & que ce mot vaut autant que terres rejetées, ou laissées à *remeris*. Dans la Coutume de Clermont en Beauvois, art. 110. on lit. *friez* & *lavare*, dans la signification de *riez* ou *friche*. Le Duchat.
RIFLARD. Instrument de Menuisier. C'est une espece de variape, ou *vabre*, qui dépece la *befoigne* en *rond*, & en peu de *tems*, & quasi *rafe* tout ce qu'il rencontre, dit René François. M.
RIGOLE. De *rivola*, diminutif de *rivus*. *Rivus*, *rivo*, *rivolo*, *rigolo*, *rigola*, RIGOLE. M.
RIGOLE. Se rigoler de quelqu'un, c'est se moquer de quelqu'un ; se rire de quelqu'un. De ridiculare. Ridiculare, riculare, rigulare, rigolare, RIGOLE. M.
RIGOLE. Rabelais, liv. 1. chap. 4. Après disiner tous allerent pesle-me se à la *sauffaire* : & là *suis l'herbe* drue damcèrent au *son* des joyeux *sageollets* & *dances cornemuses* tant *baudemens*, que *c'estoit* EFERUS - Recherches & Classification numériques passetemps celeste les voir ainsi soy rigeller. Et au chap. 19. du même livre : Es Frere Jean de rigeller, Jamais homme ne fut tant courtois ny gracieux. Dans ces deux passages, se rigeller ne se prend pas pour se moquer de quelqu'un, ou proprement le tourner en ridicule ; mais plutôt pour se divertir, & rire à quelqu'un à gorge déployée. Ainsi Rabelais pourroit bien y avoir dérivé le verbe rigeler de risus & de gula. Le Duchat. R I L L E. Rabelais, liv. 3. chap. 30. Je vous envoieray du rille en vostre chambre. C'est une corruption de relief, dans la signification de mets qui ont été relevés pour d'autres mets dans un festin. Voyez la Note sur cet endroit. Le Duchat. R I M E. C'est le similiter desinens des Latins, & le issseventhervés des Grecs. De rhythmus : parce que nos vers François riment. M. R I M E. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1278. prétend que ce mot ne vient pas du Latin rythmus, mais du Teutonique reim ou rim, qui signifie numerus, metrum. Les paroles de cet Auteur méritent d'être ici rapportées. Les Voici : R I M, numerus. Omnes antiqui habent rim. Somnerus in Dictionario Anglo-Saxonico : rime numerus, gerim numerus, computus, Calendarium, ungerim innumerabilis... Islandis rym est Calendarium, haud dubie ob computum dierum. Rim, pro numero, reox antiquissima est, & ab ipsis Scythis profecta. Illis enim unus, dicitur arima, teste Herodot, lib. iv. cap. 27. quasi absque numero, quoniam unitas non est numerus, etiam si principium numeri. Lacum integrum Herodoti vide infra in sjacken videre. Sic autem dicitur, quasi ratio, quia numerus est ens rationis, & notio a rebus abstructa, cuius ope mens multitudinem & magnitudinem rerum intelligit. Hinc in omnibus fere linguis idem numero & rationi nomen. Gothis sane ratio numerum & rationem significat, sicut Grastis & Wachter continue ainsi : R I M, metrum, similes habens exitus. Omnino a numero syllabarum, & non a Latino rhythmus ulterà media elisa, etiam si Martinio altisque ita videatur. Manifestum enim est ex antecedentibus, sensum a numero ad sermonem ligatum translatum esse, quia Poeta coguntur Syllabas numerare, & metrum nihil aliud est nisi numerus Poeticus. Et hanc, opinar, ob causam, Gracis quoque iuxant Canticum & Poema dicitur. Apud eodem iuxant primò numerum, & deinde metrum significat. Galli & Itali nostru imitati sunt non solum in vocibus rim & rima, sed etiam in versificando. Valefiana initium rhythmorum in Gallia ad annum MC referunt. Et si Claudium Fauchetum sequamur, Gallia primum versificatorem vidis Eustathium quendam circa annum MCIV. Ai Germania longe ante Eustathium Orfidi carmina legit : ut antiquiora, qua Taciti avo vulgo canebantur, & a Carolo M. feruntur cellella, quia ad nos isque non pervenunt, nunc omittam. Le passage d'Herodote, dont parle Wachter, a été rapporté ci-dessus au mot Arimocper. Voyez ce mot. Nous disons en forme de proverbe : Il n'y a ni rimont à l'on. Pour expliquer cette façon de parler, & pour savoir ce que c'est proprement qu'on appelle : & & & & & d'où viennent ces mots, il faut transcrire les paroles de M. Saumalise sur Vopiscus. Rhythmum male vocamus in nostra Poisi, Syllabarum ad finem cuiusque versus in eundem sonum recedentium uvaribus : sic finem, rhythmi rhythmum uvarum, et appellamus. Rhythmum in cantium veteres vocarum, quem nec hodie aram cantionis vulgo dicimus : rhythmus enim Latini numerus dicitur. Virgilius : Numeros memini, si verba tenerem. Aera autem idem quod numerus. Nonius : Aera, numeri nota. Inde nos aram cantionis pro numero vel rhythmo cantionis vocamus : & aras pro cantionibus, eo modo quo & Latini numeros pro canticis ipsis & versibus. Et en un autre lieu, après avoir mis les diverses différences qu'il y a entre le mètre ou le vers, & ce qu'on appelle rhythme, il conclut ainsi : Beda metrum & rhythmum sic dissinguit, ut metrum sit ratio cum modulatiore, rhythmus modulatio sine ratione. Carmen igitur secundum metri legem compositum & rhythmum habet & rationem : quod verò extra legem saltum est, rhythmum quidem habet, sed caret ratione. Hinc de re admodum incendita & absorda solemus dicere, eam nec rhythmum nec rationem in se habere. De Brieux, Origines de quelques Coutumes anciennes, page 117.* R I M E R, R I M E U R E. Il se dit du boulli ; ou d'autre chose qui a pris au pot, & qui sent la fumée. Les Dauphinois parlent encore de la sorte. Et le Traducteur François de Platine, dans un des chapitres du liv. 7. de Obionis, fol. 73. v°. de l'édition de 1505. s'est servi plusieurs fois de ces termes en cette signification. Rabelais aussi, liv. 1. chap. 13. As-tu prins au pot, vu que tu rimer déjà ? Rimer ici vient de remorare, dit pour remorari. Remorare, rimarare, rimare, R I M E R. Et R I M E U R E de remora, comme demeure de demora. Le Duchat. R I N C E R un verre. De resincerare. Dans le Miffel de l'Eglise de Salisbéry, imprimé à Paris en 1551. il y a Calcium resinceret. C'est à l'ablusion du Dimanche de l'Avent. Voyez M. du Cange dans son Glossaire. Horace a dit sincerum vas pour dire un vase bien net. Sincerum est nisi vas, quodcunque infundis, acescit. Les Anglois disent 10 rines : ce qu'ils ont pris du François rincer. M. Voyez ci-dessus raincer. R I N C E R. De ramicare, ramo detergere ; parce qu'on rince souvent avec des feuilles, comme de vigne, d'autre arbre, ou d'autre plante. De ramus on a fait rain ; & le diminutif Latin ramicus, d'où est venu le verbe ramicare. De ramicus est venu un autre diminutif, ramicellus, rainfeau. Huet. R I N C E R. Il vient peut-être de l'Alleman reinen, qui signifie purifier, nettoyer : ou du Gree raison, qui signifie arroser, mouiller.* R I N C E R le nez. Montagne, liv. 2. chap. 11. Cicero, ce me semble, avoir accoutumé de rincer le nez : qui signifie un naturel moqueur. De ringere. Ringo, rinxi, rinxico, rinxicare, rincare, R I N C E R. M. R I N G R A V E. Sorte de haut-de-chaussée. Moliere dans son Misantrope, page 140. Est-ce par les appas de sa vaste ringrave EFERUS - Recherches & Classification numeriques Qu'il a gagné votre ame en faisant votre célave ? On m'assure que ces hauts-de-chausse ont été ainsi appellés d'un Seigneur Alleman, qu'on appelloit M. le Rheingrave, qui étoit Gouverneur de Ma- striot; lequel en introduisit la mode. M.
RINSSELE. Le 24. des Paradoxes de Char- les Etienne : Quelque-uns de la race des Myrmi- des d'Achilles, & les autres, pour titre & enseigne de noblesse, portants armoiries, à mon avis, fort singulieres, comme d'un col d'oyfon en champ de gueules, couvert d'un beaulme à double assaige, en- visy de pennèches miraculeusement ridicées, à la Tartaresque, & autres devises de plus estrange fa- çon. Rinsselle, ou plutôt rincelle, veut dire partagé en diverses branches & ce mot vient de ram- cellatus, fait de ramicellus, d'où nous avons fait rainceau. Voyez M. Ménage, au mot raix. Le Duchat.
RIOLE. De regularus; ou plutôt de radiola- tus. Nous disons riolé piolé comme la chandelle des Rois. M.
RIOLE. Il vient plutôt de regularus. Voyez ci- dessus rieu.
RIORTE. On appelloit ainsi le lien qui atta- che la vigne contre l'échalas, & généralement toutes fortes de branches d'arbre flexibles dont on se servoit pour lier quelque chose. Du Cange le dérive du Latin retorta. L'italien appelle encore aujourd'hui cette sorte de lien, una ritoria. Vergy. RIOTES : semer des riotes. Charles de Bou- velles le dérive de rixa. Rixa, rixum, rixotum, rixota, riota, RIOTES. D'autres le dérivent de l'Anglois riot. Jean Besnard, dans son Histoire d'Angleterre, qui est manuscrite dans la Biblio- theque du Roi, nombre 831. & qui m'a été com- muniquée par M. du Puy : RIOTES signifie conveni- cules & assemblées illicites, qui se sont par les mu- tins pour nuire à leurs voisins, Sujets de la Couronne d'Angleterre; contre lesquels les Ministres de Justice procéden par prise de corps sans information n'y devret. Ceux de la Chambre de l'Estoille sont établis pour faire droit aux parties, proposons causes d'ac- cusations contre ceux qui ont commis Riot, ou illi- cites Assemblées. Les Anglois disent, comme nous, semer des riotes; to sow riot. M.
RIPAILLE. Faire ripaille. On prétend que cette façon de parler a pris son origine de Ripaille, lieu agréable dans la Savoye, où Amédée de Sa- voye, qui fut depuis Félix V. Antipape, se retit, & où il mena une vie délicieuse. M. Aubert, dans l'Eloge de ce Félix V. Gobelin & Montrelet ad- joutent, que dans ce superbe & délicieux hermitage de Ripaille, il se fa servir d'excellents vins, & des viandes exquises, au lieu d'eau de fontaine & de racines d'arbres, dont se nourrissent les anciens Hermites. D'où quelques-uns ont estimé qu'essoit ve- nule commun proverbe faire ripaille, pour dire faire bonne chere. Le P. Labbe, dans ses Etymologies Françoises, seconde partie, page 122. RIPAILLE; d'où est venu le proverbe; est un chasteau sur le bord du lac de Genève : à ripa Lemani lacus, RIPALIA, lieu délicieux, & séparé du bruit, & de la conver- sation des hommes, où se plaisoit Amé, premier Ducide Savoye, devant qu'il fust Felix V. le dernier des Antipapes qui se sont élevés contre le S. Siège Apostolique. André du Val, Docteur de Sorbonne, dans son livre de Suprema Romani Pontificis Ecclesiam potestate, page 32. parlant de ce Cardi- nal de Savoye : Tum quia ad eum quotidie tanta ferculorum lautissimorum & delicatissimorum, vini- que generosissimi ac suavissimi copia, ad cafrum, culgo Ripalium, quo tamquam eremo se cominebat refebatur : & ab eo tempore in Gallia proverbium, faire ripaille natum sit : quod est, genio liberius indulgere, & vino, cibiisque, ingurgitari. Fleuri de Bellinghen, dans son Explication des Proverbes François, & M. Richelet, dans son Dictionnaire, ont donné la même étymologie de ce Proverbe. Mais nonobstant toutes ces autorités, j'ai peine à croire que cette étymologie soit la véritable : cette façon de parler étant inconnue dans la Sa- voye & dans le Piémont : & elle a été utilisée par Emme Richet, Docteur de Sorbonne, dans son Histoire des Conciles Généraux, où il en donne une autre. Voici ses termes : Porro, qui ad hoc ami- num adjunxerit, nulo negotio menducia atque im- posituras Serrami Historici contra Synodum Ruffien- sem, & Felicem V. deteget : quas Sycophantias Ma- gister Andreas Vallins avidissimè amplexus est; est optimè temret, Serranum juisse Sectarium. Immo etiam permulta Vallins de suo aglutinavit : cujus- modi est hoc cauponale Proverbium Gallarum, faire ripaille, duftum ab illorum nebulanum pergracatio- nibus, quos Galli vocant Ribaldos. Et tamen illud sumptum est a modo opipare vivendi Felicis, cum in eremum Ripaliam secessisset : quod est causam ca- lumniandi consultò quarere. L'étymologie de Richet n'est pas meilleure que celle qu'il blame. Si cette façon de parler faire ripaille, étoit an- cienne dans notre Laogue, je croirois volontiers qu'elle viendroit des repas que les Bourgeois des Villes où il y a des rivieres, font ordinairement l'été hors leurs Villes au bord des rivieres; & que ce mot de ripaille auroit été fait de riparia, en sous- entendant convivia. Et à ce propos il est à remar- quer que le Château de Ripaille est appellé en La- tin Riparia, & non pas Ripalia. Dans le Fasciculus rerum expetendarum, folio XXV. armadens, Saba- dia Dux, Decanus Miitium Sancti Mauritii de Riparia, Gehennensis diucosis. Et dans l'Inscription du Chapitre Examinata XV. de Judiciis, dans Gré- goire, vous trouverez, nobili viro, Matthae de Riparia. Mais comme cette façon de parler faire ripaille, ne le trouve point dans les anciens livres François, j'ai peine à croire qu'elle ait l'étymolo- gie Latine dont nous venons de parler. M.
RIPAILLE. Jod. Sincer. en son Itineraire de France, page m. 343. parlant de la Savoye : Jux- ta Lemanam lacum vinum generossimum producit, quod Ripalium vocant, ab lacus ripa. Les Alle- mans appellent rippe une côte, & rippen des cote- lettes de mouton, & autres bonnes à ronger. Ainsi je ne fais si ripaille ne viendroit point de l'Alle- man rippe ou rippen; puisque faire ripaille, c'est proprement se réjouir entre amis, & y manger jusqu'aux os, comme font les Allemans, qui ne sont pas ennemis de ces petites débauches. Peut- être aussi que ripaille est une contraction de re- paissaille, qu'on disoit autrefois dans la même signification, & qui se trouve pour s'assimment dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin. Rabelais, livre 4. chap. 36. Laissons ces repaissailles icy, & nous mettons en devoir de leur résister. EFERUS - Recherches & Classification numériques réfèter. Et au chap. 51. du même livre : Croyez que la repaiissaille fut copieux, & les bouvettes numérisées. Le Duchat.
RIPOPE. L'origine de ce mot est fort cachée. Après l'avoir cherchée long-tems, je crois l'avoir enfin découverte. Nous appelons ripopé un mélange de plusieurs vins, tel qu'est le vin des Religieux Mendians. Ces Religieux envoient à la quête un Frère Quêteur. Ce Frère a une grande bouteille de cuir, dans laquelle il reçoit le vin qu'on lui donne. Et quand il est de retour au Couvent, il vu de sa bouteille dans un muid. Et tous ces différents vins qui sont dans ce muid, s'appellent ripopé. Parlons maintenant de l'origine du mot. Ripopé a été fait de ripoparum, en sous-tendant vinum. Et ripoparum a été formé de la particule républicative re, ou ri (qui est la même chose, comme il paroît par le François retourner & retrouver, & l'italien ritornare & ritrovare), & du participe poparum, fait de popa, qui, comme son diminutif popina, signifie cabaret. Popa se trouve en cette signification. Les Glofes de Cyrille : narubius, popa, popina, taberna. Ripoparum vinum signifie donc proprement du vin de cabaret; ou, pour user de ce mot, du vin cabareté : c'est-à-dire, du vin frelaté, sophistiqué par les Cabaretiers. Or comme les Cabaretiers ont de coutume de mêler les vins; le vieux avec le nouveau; le blanc avec le clairet; le bas avec le frais percé; on a appellé premierement ripopé, un mélange de vins fait par les Cabaretiers; & ensuite toute sorte de mélanges de vins faits par d'autres personnes. Cette étymologie ne me déplaît pas : & j'espère qu'elle ne déplaira pas à mes Lecteurs. M.
RIPOPE. Ce mot ne viendrait-il pas plutôt de la particule re, d'où on aurait fait ri, & de vapparum, fait de vappa, qui signifie toute sorte de mauvais vin percé & éventé; par le changement de l'o en popa, l'a en o. Ainsi revapparum signifieroit un mélange de toutes sortes de vins mauvais & gâtés. Ce mot, au reste, est ancien dans notre Langue, & on l'écrivait ripaupé. Le Dictier que Vertjus présente à Maître Nicole Rambere, page 183. de la nouvelle édition de la Légende de Pierre Faifeu: Vertjus est parent à verdure, A raisin bois, à vigne dure, A verdelet quant l'hyper dure, A vincent, à pisse-aigret, A ripaupé, qui tout endure, Et à Messire Johan Maigret. Le Duchat.
RIPUAIRES, ou RIPUARIENS. Ripuarii. Peuples qui habitoient entre le Rhein & la Meuse, & sur leurs bords. C'est pourquoi ils furent ainsi nommés, du Latin ripa. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1259. rapporte les paroles de Verelius, qui dans son Index Lingua verris Scytho-Scandica, page 108. dérive ce nom, de repp ou ripp, mot Islandois qui signifie comrée, distrikt. Puis il ajoute : A quo tamen alii dissentium. Nam Riparius & Ripariensis est vox Romana, & tributur militi limitano, qui ripam Rheni, vel alterius fluminis, custodiebat. Postea mutatis colonis, & limite Romano a Germanis occupato, in eadem sede pristinum vocabulum occupantibus adhafis. Ita videtur sentire Ecardus ab initio Legis Ripuariorum in notis. Glossa antiqua apud eundem : Riparius ixtopinae : id est, custos ripa. Tome II. R I Q. R I S. 409 Tales cervi furrum Franci illi, quos confuetudo Ripuarios vocat, prima quidem invasores limitis inter Rhenum & Mosam, postea in limite a Romanis relii, ut eum, quem vi coperam, defenderem.
RIQUEMINI. Nous appelons ainsi en Anjou une capilotade faite de reste de chapons, ou de poulets, ou de lapéreaux. J'ai quelque opinion qu'on l'a appelée de la sorte, du mot relinquimini, fait de relinquere; & qu'on a dit relinquimini, comme brouillamini & carimini. M. R I S. Sorte de froment, ou de légume. Gr. ipuça, ou ipuça. D'oryza; d'où les Italiens ont aussi fait riso. L'O du commencement s'est perdu, comme en bicle d'obliquulus. C'est ainsi que les Italiens ont fait fucina d'officina; scuro, d'obficurus; & les Latins nomen, d'oua; & post, d'oua; & rno, d'oua; & cello, d'oua; & rhmus, d'oua; & dens, d'oua; & dryza a été fait de l'Arabe arix, selon l'opinion de M. Grotius sur l'Exode, chap. XVI. Les Espagnols disent aroz, qu'ils ont aussi fait d'oryza. Les Turcs disent perinx, qui n'a point de rapport à oryza: mais les Arabes disent rnos, & les Allemans reiss, & les Anglois riss: qui sont tous mots formés d'oryza. J'ai dit que le ris étoit une sorte de froment, ou de légume. Dioscoride, livre 2. chap. 88. le mot entre les espèces de froment; & Gallen, au livre premier des Alimens, entre les espèces de légumes. M. RIS DE VEAU. Les ris de veau sont ridés: ce qui donne sujet de croire que ce mot a été dit par corruption, au lieu de rides de veau. M. RIS DE VEAU. Les ris de veau sont blanchâtres: pour raison de quoi en Lorraine on les appelle blancs de veau. Ce qui donne lieu de croire que ce mot s'est dit pour lis de veau: d'autant plus qu'à Metz le cri des vendentés de lait, est au rilas; comme pour dire, que celui qu'elles vendent, est d'une blancheur de lis, liliaceum. On a dit pareillement lait & laitance, à cause que cette partie du poisson est d'une blancheur de lait. Le Duchat.
RISDALE. Monnoie d'Allemagne, de la valeur & du poids du Louis blanc. Cette monnoie, qu'on commença à fabriquer en 1519. fut appelée par les Allemans Reichs-chaler, du mot Reich, qui signifie Empire, & du mot thal, qui signifie vallée; parce que les premiers Ristales furent frappées dans le Joachim-chal, c'est-à-dire, dans la Vallée de Joachim, qui est de l'Empire. Voyez l'Histoire Universelle de Cluverus sur l'an 1519. Le Duchat.
RISQUE. Les Italiens disent rischio, & risico; & les Espagnols, risco; & les Grecs modernes, risco. De risicum, on a fait risiculum; & de risiculum, rischio. Risiculum, riscium, rischio. Il est difficile de dire d'où risicum a été fait. M. Ferrari le dérive de discrimen, ou de periculum, ou d'alea. Voici les termes : Rischio, risco; Hispo, risco. Vel à periculo, per aphareum: periculo, risco, risco. Vel à discrimine: quasi riscrimo. Vel, quod verius puto, ab alea. Aliscare, riscare, rischiare, & rischio, discrimen subire. Alea EFERUS - Recherches & Classification Numériques mitem interrum eventum significat. D'autres le dé- tivent de rixa. Rixa, rixum, vificum : comme qui diroit, rixa periculum. M. du Cange, dans son Glossaire Grec, après avoir dérivé le Grec vulgaire fœme, de l'Italien rischio, ou du François risque, ne se souvenant pas de ce qu'il venoit de dire, le dérive de fœme, dit pour fœme, jacere : à jaltu alta. Toutes ces étymologies ne me plaisent point. Et, pour en parler franchement, je ne sais d'où vient risque. Touchant le mot de fœme, voyez Meurfius & M. du Cange, dans leurs Vocabalia- res Grecs; & M. Corelier, dans son Nomocanon, nombre 511. M.
RISSOLER. Rissoler du roft. C'est ce qu'on appelle autrement dater du roft. De russolare. Rus- sus, russolus, russolare, RISSOLER. Les Italiens di- sent, Quel bel déré de Francia, en parlant du roft de France qui est bien rissolé. M.
RIVAL. De rivalis. Dans la Loi 1. au Di- geste de Aquæ cœtidiana & sylvia, paragraphe 16. Si interrivalas, id est, qui per exmodem rivum aquam ducum, su contentio de aqua usu, &c. Voyez la Loi 3. du même Titre, au paragraphe pénuillième, & les Sentences de Paul V. 6. 9. & Aulugelle, xiv. 1. M. RIVER un clou. Robert Etienne le dérive de ripa. RIVE, dit-il, semble qu'il vienne de ripa. Inde River de foulier, & river un clou. Je ne com- prens pas bien comment river peut venigelle ripa, ou de ripare, quant à la signification. Dans mes Origines Italiennes, au mot ribadire, qui signifie river un clou, je l'ai dérivé de gyrare, de cette ma- niere : gyrus, gyrivus, gyrtivare, rivare, RIVER. River un clou, c'est clavum rescellere. De rivare, on a dit rivatus; & de rivatus, rivative; d'où l'It- talien ribadire. Sylvius, page 40. le dérive aussi de ripa. M. RIVER un clou. Il vient de l'Alleman reiben, frotter, briser. Un clou rivé, c'est un clou tom- pu, sur la rupture duquel on a passé la lime, tant pour l'unir, que pour y pratiquer des rebords. Le Duchat. RIVER un clou. Le verbe Alleman reiben, d'où M. le Duchat dérive ce mot François, & qui se dit en vieux Franc reipen & ripen, en Flaman wryven, & en Anglois to rub, a de la ressemblance avec l'Ebreu qn't rophoph, qui signifie conterre, com- mingere, & avec le Grec vpiere, qui signifie la même chose : & c'est de-la aussi que vient origi- nairement le François reper. Voyez ce mot ci- dessus.
RIVERAN. Rabelais, livre 2. chap. 30. Sylla Riveran. Et au chap. 5. de la Prognostication Pan- tagrueline : Estradius, Riverans, Matelats. On appelle Riverans, les Bateliers de la rivière de Loire. Et quand, livre 3. chap. 5. Rabelais com- pare à des rancons & à des riveraux les doigts des Apedeuses, il entend par riveraux de longs bâtons, avec un crochet au bout, dont se servent les Bateliers de cette rivière. Le Duchat.
RIVESALTES. Forte de vin muscat excel- lent ; ainsi appellé du bourg de Rivesaltes, dans le Rouffillon, entre Salse & Perpignan. M. RIVET de foulier. Voyez river. M. RIVIERE. M. du Cange le dérive de ripa- ria. Les autres le dérivent de rivaria, fait de ri- vus. M.
ROABLE. L'ancien Dictionnaire Latin-Fran- çois du Peux Labbe : ROTABULUM, roable. C'est instrument à croire la brise du jour. Rutabulum est le véritable mot. Festus : Rutabulum, est, que ru- fici in pramenda igne, panis coguendi gratia, utun- tur. On prononce présentement ronable. M.
ROAISONS. Voyez roaisons. ROAN, on ROUAN : comme quand on dit cheval roan. De l'Italien roans, mot de même signification : que Jules Scaliger, contre Cardan, Exercitation cccxxv. 12. dérive du Latin ravus : qui est une étymologie indubitable. Ravus, rava- nus, rananus, ROANO. M. Voyez ci-dessous roan.
ROB. Terme de Pharmacie. C'est un nom qu'on donne aux fues de fruits dépurés & cuits jusqu'à la consomption des deux tiers de leur hu- midité. Ce mot est pur Arabe : & Golius l'inter- prète, succus fructuum colliene inspissatus dulcisque : & aussi, conditum ex eo confusus. Il est formé du verbe rabba ou rababa, qui, selon le même Au- teur, signifie eux autres, concinnavis, collegis, &c indidit utri succum inspissatum dulciferem.
ROBE. Du Latin-barbare raupa, ou rauba : dont les Italiens ont aussi fait raba. Marcalfe, li- vre 1. chap. 29. Quasi vox, nulla manente causa, in via adfalsifetis, & graviter livorafetis, & raupa fua in folidos tanios aidem tulifetis. M. Bignon sur cet endroit : RAUPA, pro raba, id est veste. La- ges Alamannica, titulo XLIV. Quicquid super eum rauba, vel arma tulit, omnia sicut furtiva com- ponat : quod pofora pro vestimentis explicatur : De semina, si ita contigerit, dupliciter componat : Vestimenta autem quæ fungitibus tulit, velut fur- tiva componat. Varia Forcata, capite 8. Rauba autem, ut & vestis appellatio, lato pro omni supel- lellis & vestimentis accipitur. Inde BARROSE. Roba se trouve dans Mathieu Paris, en la Vie de Henri I. en l'année cloc. xxxiv. Rex novam robam de Scarletos sumens. Et en la Vie de Henri III. en 1248. Dedit ei vestes pretiosissimas, quas robas vulgariter appellamus, de escarletos praelecto. Voyez Vossus, de Vitis Sermentis, page 266, & 267. & M. du Cange, dans son Glossaire. Caninius, dans les Dialectes, dérive l'Italien roba de l'Espagnol loba; & l'Espagnol loba du Pu- nique lobas. En Arabe, lobas, ou libas, signifie une robe. Et lobas en Ebreu signifie la même cho- se. Et le Grec jœn, signifie merx, farrina. M. Dans les Constitutions de Port-Royal, de l'é- dition de Mons de l'an 1665. chap. 38. vous trou- verez Roliere, pour la Religieuse qui a soin des habits & de la chaussure des Sœurs, & de la gar- niture des lits. M.
ROBE. De rauba, qui se trouve dans les Au- teurs du bas siècle. Rauba, pour raba, qui vient de rœn, formé de l'Ebreu vrt lebasch. Huer.
ROBE. Je veux bien croire que ce mot vient du Latin-barbare rauba. Mais rauba vient lui-mê- me de la Langue Teutonique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1243: RAUB, vesti- mentum. Anglo-Saxonibus real, Martb. vi. 25... Inde Latin-barbare rauba, vestitus, & valarampa induvia hominis mortus. Lex Alamannica, tit. XLIX. 3. Si quis hominem occiderit, quod Alamanni EFERUS - Recherches & Classification numériques R O B. R O C. tentando dicunt, vus. versiguidis cum salvat, & quidquid super cum ranks, uel arma tulis, omnia sicut fustiva componat. Lex Boierum, cit. xviii. cap. III. De vestita mortuerum, art. 1. De vestita mortuerum, quod utalababba dicimus, si ipse abstuderit, qui hos interfacit, dupliciter componat. Originationem vide infra in mil. Hodie superat apud Gallas & Italas, quibus robe & roba toga: quas voces origine Germanicas ofte factetur Cangelis; quamvis circa fures artabundus, dum robe deductit à tuis fœlimum, quasi induvia ab exuviis nonum acceptatem, aut nulla antiquis fuissem vestimenta nisi furta ablact, aut cadu, vol bello acquifica. Levior error Bignoniis est, quando robe per laxissimum acceptorem derivat à tuis fœpellex. Languis à vero etymus abest Ferrarius, dum rationem nominis in calpro rubes quaris, quasi roba non sit quavis vestis, sed rubes & purpures tantum, qualis olim Magistratum, & inferiore seculo Pratorum & Matronarum. Il n'est donc pas besoin de recourir au Grec ou à l'Ebreu, pour l'origine de ranks. 9
ROBEC. Petite-rivière, qui passe au travers de la ville de Rouen. J'ai appris de M. Bochart, Rouanois, que cette rivière avait été ainsi appelée de l'Alleman roche, ou robaech, qui signifie rouge rivière; & que les nouveaux Normans lui donnerent ce nom, parce qu'elle paroît rouge, à cause des teintures qu'on y lave continuellement. Voyez Robert. M.
ROBER. Vieux mot François, qui signifie gradant. L'ancien Dictionnaire Latin-François publié par le Père Labbe: PRÆDA, roberie: PRÆDATOR, robour. De rambare. La Loi Salique, xx. 10. Si quis alterum in via adfallerit, & alterum rambaverit. Pour le simple rambare, on s'est servi du composé derambare, d'où nous avons fait D'ROBER. Rambare a été fait de l'Alleman ramben. Voyez Voëssus, de Vitiis Sermonis, page 341. & ci-dessus dérober. M.
ROBERT. Nom propre d'homme. Par corruption, pour Robert: mot Alleman, qui signifie barbe-rouffe: Ahenobarbus. Voyez Barthius, dans ses Adversaires, 46. 11. M.
ROBERT. Nom propre d'homme. C'est la même chose que Ruadibere, que Wachter explique consilie clarus. Bert en Teutonique, clarus, ilobitis. ROBERT est aussi la même chose que Rupert. Voyez ci-dessus le mot Berthier; & Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot breche. 10
ROBERTINE. Voyez Sorbone, & Sorbonique. M.
ROBIN. Vous êtes un plaisant Robin. L'origine de cette façon de parler ne m'est pas connue, non plus que celle-ci, Il survient toujours à Robin de ses flutes. M.
ROBIN. On donne à un mouton le nom de Robin, comme à un âne le nom de Martin. Or le mouton passant pour le plus fort de tous les animaux, comme l'a remarqué Aristote, cité par Rabelais, livre 4. chap. 8. je me persuade que c'est en cette signification de se, qu'on traite un homme de plaisant Robin. A l'égard de cette autre façon de parler, Il survient toujours à Robin de ses flutes, elle a du rapport à celle de revenir à ses moutons; & elle semble être venue de quelque berger aussi fort que ses moutons, auquel on avait dérobé ses flutes, comme on avait dérobé les moutons au Drapièr dans la Farce de Patein. Je crois qu'on a appelé Robin, le mouton, à cause de sa robe de laine. Peut-être aussi qu'il a été ainsi appelé de rupinus, fait de rupes; parce qu'on suppose que les moutons doivent avoir la tête aussi dure qu'une roche, pour se heurter aussi rudement qu'ils se heurtent de leurs têtes l'un contre l'autre; & je me persuade que Robin, dans la signification d'une injure, ne veut pas moins dire un cornard qu'un sec, parce que le Robin c'est proprement le bélier. Bèze, au Pseaume 68. Mous haue-montes, d'un vient cocy, Que nous venez, heurter ainsi De vos roches cornues! Ces vers ne feroient-ils pas allusion à la coutume qu'ont les moutons de se heurter de leurs cornues? Sur ce piè-là, mouton, comme le croit M. Ménage, pourroit même venir de monte, fait de monte, montis. Le Duchat.
ROBINET. Canelle de fontaine, ou de tonneau. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
ROBINET. Le robinet n'est pas proprement la canelle d'une fontaine, ou d'un tonneau; mais plutôt ce petit morceau de bois ou de métal, qui ferme & ouvre la canelle dans laquelle il est enchaîné. Et j'ai opinion qu'on a appelé robinet cette petite pièce de bois ou de métal, à cause de sa ressemblance avec la tête d'un mouton: cet animal ne se désignant ordinairement pas moins par le nom de Robin, que l'âne par le nom de Martin. Au chap. 6. du livre 4. de Rabelais, Dindenaud appelle Robin un de ses moutons. Voyez Robin. Le Duchat.
ROC. Rabelais, livre 1. chap. 17. Prenez-y tout, Rois, Ducs, Rucs & Plons, enseignement. On appelle tour aux échecs, ou roc, une pièce faite en forme de tour. De l'italien rocco, qui signifie la même chose. Et on l'appelle de la sorte, parce que les anciennes forteresses étoient composées de tours bâties fur des rochers. Et comme il étoit difficile de s'en rendre maître à cause de leur affigé, de-là vient qu'aux échecs on a donné la même nom de tour, ou roc, à une pièce difficile à forcer à ce jeu. Du reste, dans ce passage, sous le nom de roc, Rabelais, par une continuation de métaphore prise des échecs, entend les Grands & les Seigneurs puissans. Le Duchat. Voyez roche.
ROCAMBOLES. Les échalotes, après avoir été deux ans en terre, poussent une tige, laquelle porte une tête comme les o'guions, qui contient ce qu'on appelle rocamboles. L'étymologie de ce mot ne m'est pas connue. Je remarque-t-il ici par occasion, que les Grecs ont appelé les têtes d'ail & 2, 3, 4; & que ce mot, selon le témoignage de Corinthus, est un mot Dorien. M.
ROCAMBOLES. De l'Alleman robyn-bollen, fait de robyn, sègle, & de boll, fait du Latin cepola. La rocambole est appelée de la sorte, à cause de sa tige semblable à celle du sègle. Le Duchat.
ROCANTIN. Vieux Rodrigue, vieux routier, qui ne peut plus servir. De l'italien rocca, qui signifie une citadelle. Rocantin, c'est proprement un soldat qui a vieilli dans les Troupes, & qui n'est plus bon qu'à garder une forteresse: ou plutôt, c'est un vieux chamois qui n'a de sa vie fait autre chose. Le Duchat. F f f ij EFERUS - Recherches & Classification numériques
ROCHE. Du verbe *jōōon*, qui signifie *rompre*, fortent *jōō* & *jōyō* ; qui signifient un *rocher*. Quelques-uns en dérivent *roche* & *rocher* : de même que de *rompere* vient, à mon avis, *rupes*, qui doit être proprement un *rocher rompu* & *ešcarpe* ; ou, comme l'on dit en Latin, *saxum prarupium*. Toutefois j'ai remarqué que les Italiens appellent *rocca* une tour & une citadelle ; qu'au jeu des échecs la figure qu'on appelle *roc* est aussi appelée *tour*, & que nos anciens Auteurs appellent *roc* les lieux forts. L'ancien fragment des Annales de France, qui se voit dans le troisième volume des antiques Leçons de Canisius sur l'an 767. *Inde iter peragens uſque ad Garumnum pervenit, multas roccas & ſperinicas conquisivit*. Et en effet, il y a plusieurs lieux en France, estimés pour la force de la situation, qui font appellés *Roche* ; comme *Rochefort*, *Rochemaure*, &c. qui ne font point bâtis sur des rochers. Ce qui peut faire croire que *roche* vient de *jōō*, dont le préterit est *ſijōō* ; qui signifie *firme*, c'est-à-dire *fortifier* & *renſorcer* : comme si la roche étoit ainsi appelée, ou parce qu'elle étoit forte d'affiette, ou parce que c'est la-dessus qu'on bâtit volontiers les citadelles & les lieux forts. Le *Corona Pretioſa* : Rocha, *zōōō* : Arz, *dōpōōō* : Caſeneuve.
ROCHE. ROCHER. De l'Italien *rocca*. Scaliger contre Cardan, Exercitation civ. article 6. qui est *De alumine rocha*, le dérive de *jōō*. *Que Græca vox* ; ce font ses termes ; *maxima ſervit parti ad rupem ſignificandam*. Trippault, dans son Célthéleine, est du même avis. Les Italiens disent *rocca*, & *roccbia*. Et c'est de ces mots que nous avons fait *roche*. Mais *rocca* a été fait du Latin *rupes*. *Rupes*, *rupe*, *rupa*, *ruca*, *roca*, *ROCCA* : P en C : comme en *PROCHE*, de *propē* ; en *SICHE*, de *ſepia* ; en *CRICHE*, de *greppia* ; en *ECHINE*, de *ſpina*. *Roche* se trouve dans quelques Ecrivais Latins des bas fiécles, d'où les Grecs modernes ont fait *jōō*. Voyez M. de Saumalise sur Solin, page 1130. & Voſſius, de *Vittis Sermonis*, page 165. Nos anciens Ecrivais appellent *rocc* & *roches*, des lieux forts, quoiqu'ils ne soient point bâtis sur des rochers : & les Italiens usent de *rocca* en la même ſignification. Ce qui a fait conclure à M. de Caſeneuve, que l'Italien *rocca*, & le François *roche*, pouvoient avoir été formés d'*jōō* , préterit de *jōō* , qui signifie *je fortifie*. Cette étymologie est indigne de M. de Caſeneuve. Ces mots ont ſignifié originellement une forte reſe bâtie sur un *rocher*, & en suite une forte reſe en général. M.
ROCHE. Wachter, dans son *Gloſſarium Germanicum*, page 1310. ROTZ, *rupes*. *Gracis jōō*, *Anglo-Saxonibus* hruſan, *Francis* 10x, *Belgiz* 10x, rotze, ſteenroſt ; *Gallis* 10x, *roche*, *rocher*... *Refer ad reiſſen rumpere*. *Nam ruves*, *conſenſu Gentium eſt petra in ſummitate rupta*, & *ideo Gracis vocatur jōō* à *jōō* ; *Latinis rupes à rumpo*. *
ROCHE-CORBON. Sorte de prune : ainsi appelée, selon le témoignage de M. Merlet, dans son Traité des Fruits, du village de Roche-Corbon, dans le voſſinage de Tours. On l'appelle autrement *Diaprée rouge*. M.
ROCHET. C'est une eſpèce de vêtement. Les Grecs Vulgaires appellent encore *jōō* , un vêtement. *Veſſis*, *jōō* : *indumentum*, *iōō* . Tous deux viennent du Latin-Barbare *roccus*, qui est compté entre les habits. Monachus en l'addition R O C. R O D. première aux Capitulaires de Louis le Debonnare ; chap. 22. *Pedulium* 4. *paria*, *ſemoralium* 4. *paria*, *roccum unum*, *pellicias uſque ad talos* 2. Goldatt, *Roch*, 6x *Allemanica ſignificans ſupremans veſſem*. Eckehardus, *De Caſibus Monafteris S. Galli*, chap. 10. *Roccos videlicet*, & *camifas*, *caligas*, & *calceos*. Et au chap. 14. *Capitulum capitis imponens*, *brachialeque rocci ſuper capus revolvens*. Et au chapitre 15. *Monachicis indutus roccis*. C'étoit aussi un vêtement Royal. Helgaldus Floriacensis, en l'Abbregé de la Viedu Roi Robert : *Exuens ſe voſſimento purpureo*, *quod Linguâ ruſticâ dicitur* *rocus*. Maintenant c'est un habit d'Evêque. Caſeneuve.
ROCHET. ROQUET. Le petit Dictionnaire Latin-François publié par le P. Labbe : SUBUCULA : le *Roche*, *C'eſt chemise de Preſtre*. De *rochettus*, diminutif de *rochus*, qui se trouve pour *tunica* dans les Ecrivins Latins du bas fiécle, & qui a été fait de l'Alleman *rok*. Voyez Voſſius de *Vittis Sermonis*, page 165. Les Bas Breton-gelliens encore aujourd'hui *roker*, pour dire une chemise. D'autres le dérivent de *ſioccus*, qui se trouve en cette ſignification dans S. Udalric, tome 4; du Spicilege. *Flocus*, *flocus*, *flochetus*, *rochettus*. La première étymologie est la véritable. M.