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03.0 Dictionnaire etymologique — ROCHET – SANDALE

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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ROCHET. De *roc*. Ce mot se trouve dans l'Alleman, dans le Bas-Breton, dans la Langue de Galle, dans la Baſſe-Latinité, & dans les Grecs du bas fiécle. *Huet*.
ROCHET. Habillement. Wachter, dans son *Gloſſarium Germanicum*, page 1301. ROCK, *rega*, *tunica*, *veſſis exterior & manicata*, *ſed ſoluta & aperta*. *Anglo-Saxonibus* 10x, *Francis* 10x, *Belgiz & Suecis* 10x, *Camiris* 10x, *Ruchus*, *Latin-Barbaris* 10x, *toccus*, *rochus*, *Gracis inferioribus* *jōō* ... *Creditur oriri a Graco jōō*. *Quod admitti potest*, *ſi jōō* : *proprié ſit veſſis ab anteriori parte ſciſſa*, *ſiſſa*, *aperta*, & *ſibula*, *ſen cingulo jungenda*, *duſſa appellatione a jōō* *rumpo*. *Quo ſenſu videtur accipi in diminutivo jōō* *ſagum*, *reſicula*. *
ROCHET, a ſignifié aussi une sorte d'arme. M.
RODEMONTADE. De *Rodemont*, personnage de l'Ariolle. M.
RODER. Le P. Vavaſſeut sur ces mots de Job, chap. 30. verſet 3. *Egſſate & ſame ſteriles*, qui *rodebant in ſolitudine*, *ſquallentes calamitate & miſeria*, ſemble le dérivet de *rudere*. Voici les termes : QUI RODEBANT IN ſOLITUDINE. *Hebraus*, *ghorelum*, *ſugientes*, 1xx. *quſſerret*. *Ex quo conjectura eſt*, *vocem hanc veteris Interpretis* *rodebant*, *eſte errabant*, *circumbant* ; *aque a noſtro ſermane vernacule nihil differre*, *qui eſt*, *vagari*, *RODER*. Je crois toujours qu'il vient de *rocare*. M.
RODER. *Rouer*, pour *roder*, se trouve dans le Suétoie François de 1556. page 220. *Le Duchas*.
RODER. Ce mot a de la convenance avec l'Alleman *raden*, qui ſignifie *courir*, ſe hâter, s'avancer promptement ; avec le Gallois *rhedeg*, & le Bas-Breton *rhedec* & *rheden*, *courir* ; avec le Grec *jōō* , s'avancer impétueuſement ; avec l'Ebreu *rāras*, le Syriacque & le Chaldéen *rō* *rohar*, *courir* ; & avec le Syriacque *rō*, *marcher*, *voyager*, *cheminer*. Voyez Wachter, dans son *Gloſſarium Germanicum*, page 1219. au mot *raden*. * EFERUS - Recherches & Classification numériques
RODOLPHE. Nom d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie, selon Wachter, *conflito invans. Rat*, ou *rad*, ou *rad*, *conflitum*. *Hulf* en Alleman, *helpe* en Gallois, en Anglofaxon & en Anglois, & *hulp* en Flaman, signifie *auxilium*. Ce mot a été aussi employé sans aspiration dans plusieurs noms propres, & il se trouve sur-tout dans les noms Lombards, dont un grand nombre se terminent en *nife*. Wachter ajoute que comme *Rodolphe* s'écrit aussi *Hroadaf* & *Radolf*, il peut encore signifier *celer auxiliator*, de *rad*, qui veut dire *celer*. Voyez cet Auteur aux mots *rat*, *rad*, & *bulf*. *
RODOMONT. Ronge-montagne. Nous disons dans le même sens, *avaleur de tharettes ferries*. Le Duchat.
RODOMONT. C'est ce Roi d'Alger, brave, mais altier & insolent, si connu par le portrait qu'en font le Boiardo & l'Ariotte, dont les Poèmes font entre les mains de tout le monde : d'où il est arrivé qu'on a nommé *Rodomont*, tous ceux qui par leurs manières paroissient refembler au Rodomont de ces deux Poètes. Ainsi une Comédie de Plaute a donné lieu d'appeller tous les avares, *Eucliens*, une autre de Térence, tous les faux braves, *Thraïans*. Le Mézence de Virgile, & le Capanée de Stace, ont prêté leur nom à tous les audacieux impies. La Dariolette de l'Amadis a fait nommer *Dariolettes*, toutes les entremettrées d'amour. Le Tartuffe de Molière, tous les hypocrites, *Tartuffes*, &c. Il est pourtant bon de savoir, que le surnom de *Rodomont* n'a pas été originellement injurieux. Ce Roi d'Alger, en effet, tel que les deux Poètes Italiens l'ont imaginé, refemblait fort à l'Achille d'Homère, Louis de Gonzague, Duc de Traïcto, distingué par sa force & par son courage, se fit un honneur d'être surnommé *Rodomont*. L'Ariotte, qui en avoit été l'occasion, étoit son contemporain, & peut-être est-ce par reconnaissance que Louis de Gonzague, qui joignoit à les autres grandes qualités, un talent admirable pour la poésie Toïcane, le célèbre par ces belles Stances qu'on peut voir dans le recueil de Dolce. J'ajoute à ceci, que *Rodomont* est devenu en Italie un nom de baptême. J'ai vu des vers Latins imprimés de *Rodomont Ceremonius*, frère d'Anastase. Et si l'on en croit le Caltelvetro sur la Poétique d'Aristote, page 112, de l'édition de Bâle, les *Rodomonts*, *Sacripans*, *Gradaffes*, & *Mandricars* du Boiardo, n'étoient que des noms de Paylans du Comté de Scandiano, dont le Boiardo étoit Seigneur, *Glossaire sur les Noëls Bourguignons*, au mot *Ródōmon*. *
ROGATIONS. Voyez *roaifont*. M.
ROGATIONS. *Porteur de rogatons*. De *rogatum*, dit en la signification de *Supplique*. M.
ROGER-BON-TEMPS. Sylvius, dans son Introduction à la Langue Françoise, page 81. Roso, rogeur : à todo. *Inde* Roger-bon-temps : *id est etiojum & liberum esse*. Pasquier, 8. 62. ROGER-BON-TEMPS ; par *abus* ; au lieu de Rouge-bon-temps. Ces deux étymologies sont ridicules. Cette façon de parler a été dite d'un appellé Roger, qui se donnoit du bon tems. M.
ROGNE. De *rubigine*, ablatif de *rubigo* : d'où les Italiens ont aussi fait *rogna*. Voyez *rogna* dans mes Origines de la Langue Italienne M.
ROGNER. *Rodo, rodico, radicinare, rodinare* ROGNER. M.
ROGNON. De *ren renis. Ren renis, renio, renionis, renione*, ROGNON. M.
ROGNON-DE-COC. Sorte de prunes : ainsi appelée de la refemblaine à un rognon. C'est aussi une espèce de raisin. Voyez M. Merlet, dans son Abregé des bons fruits. M.
ROGUE. Henri Etienne, dans ses Hypomnées, page 134. *Libet autres bune de transposition literarum tractatum exemplo quodam finire trajectionis, qua si facta est, non in Latino, sed Graco vocabulo est facta. Loquer enim de nomine rogue : quod licet à Latino arrogans orrum habere antea dixerim, video tamen non minus apte à Grace 7-9-9; poffe derivari : ut in hac derivatione transpositio facta dicatur, sicut in illa factam esse apharefion prima Syllaba dicendum eras*. M.
ROGUE, *arrogant*. Du Bas-Breton *roc*, qui signifie la même chose. *Hner*.
ROGUE. Arrogant. *Rauh* en Alleman, & *rough* en Anglois, signifie rude, âpre, groffier, arrogant, insolent. *Rogue* signifie en Anglois un fripon, un belitre, un coquin, un pendard. *
ROGUE. Ce mot s'est dit autrefois des poésens & distributions, que les Empereurs faisoient aux grands Seigneurs, aux Magistrats, & au peuple ; & les Papes & les Patriarches à leur Clergé. Il vient, selon quelques-uns, d'*rogere*, donner, distribuer : & selon d'autres, de *rogare*, demander ; d'où vient, disent-ils, que S. Gregoire le Grand, liv. x. chap. 6. appelle ces fortes de distributions, *precarium* ; parce qu'il fallait les demander pour les avoir. *
ROI. On fait assez que ce mot vient du Latin *rex*, formé de *regere*. Mais ce que je veux seulement faire observer ici, c'est le rapport qu'a ce verbe Latin avec l'Ebreu *reh rauh*, le Chaldéen *reh reh*, le Syriaque *reh*, & l'Arabe *raa*, qui tous également signifient *paicere*, & par métaphore *regere* : comme aussi le rapport du Latin *rex* avec l'Ebreu *reh *reh*, le Chaldéen *reh *rae*, le Syriaque *reh*, & l'Arabe *rai*, qui tous signifient un berger, un pasteur, un conducteur, un gouverneur, & qui sont formés chacun de son verbe, ainsi que le Latin *rex*, du verbe *regere*. La seconde radicale de tous ces mots orientaux, est un *y ain*, lettre gutturale, dont le son approche de celui de notre *g*, tel qu'il se prononce dans *rege*. Rien de plus commun dans l'Écriture Sainte, que le nom de *pasteur* donné aux Rois, & à tous ceux qui gouvernent. Homère appelle souvent le Roi Agamemnon, «*esusya raia*, *Pasteur des Peuples*. Qu'est-ce qui empêcheroit donc de conclure que le Latin *rege* vient originellement des Langues Orientales ? *
ROI. Couleur. Rabelais, liv. 5. chap. 7. *Le premier à qui il s'adressa, estuit vestu d'une robbe gacourte de couleur de Roy*. Le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin, lettre C. Couleur de Roi, *Leonato* : qui tire sur le tané minime. Le mot Italien *Leonato* veut, selon moi, proprement dire *couleur de lion*. Ainsi *Roy*, que je suppose qu'anciennement on écrivait *royi*, pourroit bien venir de *ruelus color*, qui est justement la couleur du poil du lion. Sinon *couleur de Roy* voudra dire *couleur du Roy des animaux*. Du reste, au ch. 18. de l'ancienne traduction de Don Quichote, l'Ef- EFERUS - Recherches & Classification numériques pagnol *Lorando* de l'original est expliqué à la nat- ge par le *tandé*, ou la couleur *tande*. Le *Duchat*. **ROIDE, ROIDIR.** *Roide* vient de *rigidus*; & *roidir*, de *rigidire*, dit par *metaplasme*, pour *rigidare*, venant aussi de *rigidus*. Le *Duchat*. **ROLAND.** Nom d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie, selon quelques- uns, *terre rouge* : de *rot*, rouge ; & *land*, terre, pays. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 919, l'explique, *popularis illustris*. Voici les termes : **ROLANDUS**, popularis illustris. *Caroli M.* *ex sorore nepos*. *Ab Anglo-Saxonico* *trol clarus*, *quod in ore Francisco ex pigritia pronunciantium* *transit in ro*. *Qui pacem regionis hic obtrudunt*, *nibil antiquum sapunt*, & *artificium veterum in* *condendis nominibus*, *quantum in ipsis est*, *ad nugas* & *ineptias reducunt*. *Hominem appellare pacem*, *Graculo fortè aus Judao licabit*, *Germano non item*. Je ne vois pas quel inconvénient il y auroit qu'un nom Teutonique d'homme signifiait *pax regionis* : comme un nom Ebreu, tel que celui d'Isate, par exemple, signifie *Salut du Seigneur*; celui de Jérémie, *Elévation du Seigneur*; celui d'Exéchiel, *Force de Dieu*; celui de Daniel, *Jugement de* *Dieu*, &c. * **ROLE.** Voyez *Roole*. M. **ROMANS.** Pasquier, liv. 8. de ses Recherches, chap. 1. *De cette même opinion vint aussi que* *les Romains ayant vaincu quelques Provinces*, ils y établissoient *Fréteurs*, *Présidents*, ou *Proconsuls an- nuels*, qui adminisforcent la *Justice en Latin*. *Bref*, *Saint Augustin au 19. livre de la Cité de Dieu*, *nous rend très-affectés de ce discours*, quand il dit au chap. 7. *Opera data est*, ut imperiofa civitas non solum jugum, verum etiam Linguam suam domitis gentibus imponeret. *Qui est à dire : On be- sogna de telle façon*, que cette superbe ville, non feu- lement ne se contenta d'afferwir, mais aussi voulut espandre sa Langue par toutes les nations subjugées. Cela fut cause que les Gaulois sujets à cet Empire, s'adonnerent, qui plus, qui moins, à parler & en- tendre la Langue *Latine*, tant pour se rendre obéis- sans, que pour entendre leur bon droit. Et à tant emprunterent des Romains une grande partie de leurs mois : & trouverez, et endroits auxquels le Romains établit plus longuement son Empire (comme en un paix de Provence & contrées circonvoisines), le lan- gage approcher beaucoup plus de celay de Rome. Ainsi s'échangea nostre vieille Langue Gauloise en un vulgaire Romain; tellement que là où nos vieux Gaulois avoient leur propre langage, que l'on appel- loit Walort; ceux qui leur succederent, appellèrent le langage plus moderne, Roman : parce qu'il sem- blait avoir pris son origine des mots Romains, que l'on avoit, au adeptez, ou naturalisez, en ce paix avec l'ancienne Grammaire Gauloise. Vous commen- ceriez de reconnaître cela dès le temps de Sidonius Apollinaris, Evesque de Clermont, lequel au tressis- me de ses Lettres, congratué à Hecidice, Gentil- homme Auvergne, que la Nublesse d'Auvergne contenait le langage Gaulois, pour s'adonner à un autre beaucoup plus exquis : l'essoit, vray-semblaide- ment, le Romain, que nous affeillais de telle façon, que quelques-uns parlant de nostre paix, l'appelloient *quelques-fils* Romanie, & *nous parelllement* Ro- mains. *Au deuxième Concile de Tours* : Ne quis Britannum, aut Romanum, in Armorico, sine Metropolitaeorum comprovincilium voluntate, aut literis Episcoporum, ordinare præsident : Au- quel passage le mot de Romanus est pris pour Fran- çois, ou Gaulois, demeurant en la Bretagne. Lui- prand ou son premier livre, parlant de Guy, Comte de Spolete, & de Barenger, Comte de Fouroule, qui d'une espérance affamée, dès le vivant de Charles le Chauve Empereur, partageoient ses Provinces m- tr'eux, dit que Barenger se donnait pour son lot l'Ira- lie, & Guy Franciam, quam Romanam vocant. *Au supplément de Rhégion*, où il est parlé de Louis d'Outremer, qui étoit en Angleterre pendant la pri- son de Charles le Simple son père : Interim Ludo- vicus, Rex Galliæ Romanæ, filius Caroli, &c. Et quand vous voyez au trente-septième titre de la Loy Salique deux articles portant : Si Romanus Francium ligaverit sine cauffa, MCC. den. qui fa- ciunt solidos x x x. culpabilis judiceur. Si verò Francus Romanum ligaverit sine cauffa, n.c. den. qui faciunt solidos x v. culpabilis judiceur : sous ce mot de Romanus, on entend parler du Gaulois. De là vint aussi qu'on appella Roman nostre nouveau langage. Vray que pource qu'il étoit corrompu du vray Romain, je trouve un passage où on l'appelle Rustique Roman. *Au Concile tenu en la ville d'Ar- les l'an 851. article dix-septième*, l'on commande aux Ecclesiastics de faire des Homilies contenant toutes instructions qui appartenoient à l'Idification de nostre Foy. Et eadem Homilias quisque transferne studeat in Rusticum Romanam, aut Theodoscam, quo facilisis cuncti possint intelligere quæ dicuntur. C'estoit qu'il vouloit qu'on translatas ces Homilies en la langue Françoise, ou Germanique, que les Ita- liens appellent encore aujourd'hui Tudefique : parce que nous commandions lors à l'Allemagne, ainsi qu'à la France. Depuis par un long succès de temps, par- ler Roman n'estoit autre chose que ce que nous di- sons parler François. J'ay veu une vieille traduction qu'une Damoiselle fie des Fables d'Espe, portant cet vers : Au finement de cet escre, Qu'en Romans ay tourné, & dit, Me nommeray par remembrance. Marie ay nom ; si suis de France. Per l'amour le Comte Guillaume, Le plus vaillant de ce Royaume, M'entremis de ce livre faire, Et de l'Anglois en Roman traire. Isope appelle-l'on cil livre, Qu'on transla, & fit escrire. De Griu en Latin le tourna, Et li Roy Auvert qui l'ama, Le transla puis en Anglois, Et je l'ay tourné en François. Auquel lieu vous voyez que cette Damoiselle ufe du mot de Roman & François indifféremment pour une même signification. Chose qui estoit encore en usage du temps de Charles le Quint : sous lequel Frere Guillaume de Nangy ayant traduit en François l'His- toire de France, qu'il avoit composée en Latin, dit ainsi sur le commencement de son œuvre : Je, frere Guillaume de Nangy, ay translaté de Latin en Roman, à la requeste des bonnes gens, ce que j'a- vois autrefois fait en Latin. Et comme ainsi soit que le Roman sur le langage Courtisan de France, tous ceux qui s'amusient d'escrire les faits heroïques EFERUS - Recherches & Classification numériques de nos Chevaliers, premièrement en Vers, puis en Profe, appellèrent leurs œuvres Romans; & non seulement ceux-là, mais aussi presque tous autres; comme nous voyons le Roman de la Rose, où il n'est discours que de l'Amour, & de la Philosophie. Cela apporta entre nous une distinction de deux langages; l'un comme j'ay dit, appellé Roman, & l'autre Walon, qui approchois plus près de la naïveté du vieux Gaulois; distinction qui s'est transmise jusqu'à nous: car aux Pals-Bas ils se disent parler le Walon, & que nous parlons le Roman. Le Président Fauchet, liv. 1. de la Langue & Poesie Françoise: Cette dernière séparation de Capet fut cause, & à mon avis, apporta un plus grand changement; voire (si j'ose dire) doubla la langue Romande. Car son entreprise étant suivie de plusieurs autres Seigneurs, je gouvernons les grandes Comtes & Duches, ils se monstrèrent non pas Rois (car ils n'avoient l'autorité acquise de si longue main que Hue Capet, venu d'un grand père & d'un grand oncle Rois V, mais usurpateurs de tous droits Royaux, tenans Cour à part, battons monnoye, & ne se rendons sujets qu'à tel service qu'il leur plaisait faire à ce Roy, aussi nouveau en sa dignité, qu'eux-mêmes qui l'avoient supporté contre l'apparence héritier de la Couronne, pour avoir part au butin plusfolle que pour affection qu'ils luy portaient, ou desir de reformer les abus lors regnans. De manière qu'ils ne se soucierent beaucoup de bander la Cour de ce nouveau Roy, ne se patronner sur les mœurs, & encore moins suivre son langage, qui à la fin ne se trouva de plus grande étendue que son domaine, raccourcy par ces Harpies. Car ledit Hue Capet, & Robert son fils, ne jouisseient d'aucune Ville de marque, lors Orleans, Paris & Laon; pource que les autres avoient leurs Comtes, & les Provinces des Ducs, qui tenaient grand territoire: comme Richard, Seigneur de toute Normandie: Heber, qui étoit Comte de Meaux & Troyes; c'est-à-dire, de Brie & de Champagne: Thiehaus, Comte de Chartres, Blois, & Tours: Guillaume, Duc de Guyenne, & Comte de Poitou: Geoffroy, Comte d'Anjou: lesquels depuis l'accrément grandement, pource que ceux de Chartres joignèrent à leur domaine Champagne & Brie par usurpation: ceux de Normandie, Angleterre: la Maison d'Anjou, Touraine: tellement que l'on voit en France de belles Cours & magnifiques tout en un même temps. Car le Comte d'Anjou espousa l'héritière d'Angleterre & Normandie. Le Duc de Guyenne avoit les hommages d'Auvergne, Limosin, d'Angoulinois, Agenois, & de toute l'Aquitaine. Le Comte de Champagne, Brie, & tout ce qui etoit depuis l'embouchure de la rivière de Marne dans celle de la Seine, jusqu'ores vers la Lorraine, & de la retournant à Sens: Les Bérangers, toute la Provence, Languedoc, & Cathalogne. Ce qui donna occasion aux Poètes & hommes ingénieux, qui en ce temps-là voulurent escrire, user de la langue de ces Roiselles, pour davantage leur complaire, & monstrer qu'ils n'avoient que faire d'emprunter aucune chose de leurs voisins. Ce fut lors (ainsi que je pense), qu'escrire en Roman commença d'avoir lieu, & que les Contour & Jugleur, ou Jongleurs, Trouverres & Chanterres, contraient par les Cours de ces Princes, pour réciter ou chanter leurs contes sans rym, chansons & autres inventions Poétiques, usans du Romain-Ruffique, ainsi que du langage entendu par plus de gens, encore qu'il leur échappât assez de mots de leur terroir. De-là vient que l'on trouve tant de lèvres de divers dialectes, Limosin, Wallen ou François, & Pro- vençal, portons le nom de Romans: voulant les Poètes donner à connaître par ce titre, que leur œuvre, ou langage, n'étoit pas Latin, ou Romain-Grammarie, ainsi Romain-volgaire. Ce que je devine (car autrement je ne veux asseurer une chose tant obscure) par un passage d'un livre composé environ l'an M. C. XXVII. en XXVIII. par Huon de Méri, qui dit au commencement du Roman, intitulé, Le Tournoyement d'Antichrêt: N'est pas olieux, ainsi fer bon œuvre Li Trouverre qui sa bouche œuvre Por bon œuvre conter & dire. Mais ici bien trouve, plein est d'ire Quant il n'a de matière point. Iolivetez semond & point Mon cuer de dire aucun biau dit. Mais n'ai dequoy, car tout est dit, Fors ce que de nouvel avient. Mais au Trouveor bien avient, S'il sçait aventure nouvelle, Qu'il faffe tant que la nouvelle Par tout s'épande & par tout aille, Et que son gros François détaille Pour faire œuvre plus déliée. Por ce ma langue ay déliée, Quiconq m'en tienne a trespense Pour dire mon nouvel pense. Ce gros François détaille me semble devoir estre pris pour le Roman & plus poly langage, dont les Trouverres, Jugeurs, & autres cy-dessus nommes, usaient plus que le commun. Car Hébert dit au Roman des sept Sages: Moult volontiers m. penerole, Si je m'en poole entremettre, Qu'en bons Romans peuise mettre Une Estoire auques ancienne. Et puis quelques vers après, il adjointe: Li bons Moines de bonne vie De Haute-selve l'Abeie A l'Estoire renouvelée, Par bel Latin l'a ordonnée. Hebers la vieut en Roman trece, Et del Roman un livre faire, El nom & en la révérence Del Roy fil Phelipe de France Loeis, qu'en doit tant loer. Et puis encore quelque peu après: Por s'amor encommenceray L'Estoire, & encomanceray, &c. qui est à dire, Je mettray en François. Que si quelque pense que le Roman ne s'est qu'en rym, je luy respens qu'il y avoit aussi des Romans sans rym & en profe. Car en la Vie de Charles le Grand, mise en François avant l'an 1200. à la requesse d'Ioland, Comtesse de Saint Paul, sur de Baudouin Comte de Haina, surnommé le Bastiesseur, au IV. livre, l'Autheur dit ainsi: Baudouin, Comte de Haina, trouva à Sens, en Bourgogne, la Vie de Charlemagne: & mourant, la donna à sa sœur Yoland, Comtesse de Saint Paul, qui m'a prié que je la mette en Roman sans rym: parce que tel se délitera el Roman, qui del Latin n'eut cure, & par le Roman sera mielx gardée. Maintes gens en ont ouy conter & chanter; mais n'est-ce menfonge non ce qu'ils en dient & chantent el Contour, EFERUS - Recherches & Classification numériques ne cil Jugleot. Nuz contes rymez-n'en est vrais : tot est mensonge ce qu'ils dient. Ce parler Roman estoit lors pris pour le langage maintenant appellé François le plus poly ; teſmoin ce vers du Roman d'Alexandre, de la composition de Lambert li Cors : Veſtu comme François, & ſot parler Romans. Et les Souiſſes le penſent encore : car au lieu de dire, Je ſcay bien parler François, ils diſent, Je ſcay bien parler Roman. Et je diſmy volontiers, que le parler Roman fut plus particulier à Paris & lieux voiſins, qu'à d'autres. Car au Roman d'Alexandre, compoſé par le Clerc Simon, en racontant les peuples divers qui ſortirent de Babylone, après la conſuſion advenue en baſtiſſant la Tour, il dit : Li enſant ſe départent, li piete en fu dolans, Et li autre devient Meſopotamiens : Li autre fu Torquois, li autre Elimitans. Et puis, quelques vers après : Li autre fu Romains, & li autre Toſcans. Et encore depuis : L'autre fu Eſpeignos, & l'autre fu Normans : Li autre Etupel, & parla bien Romans : Li autre fu François, & li autre Normans. Leſquels Erupels, &c. Les Eſpagnols auſſi ont gardé ce mot de Roman, appellant Romans Caſtellano leur langage commun, & dont ils uſent en la composition, ou tranſlation des livres. Je ne puis oublier que Giovan Baptiſa Girardi, en ſes Diſcours, penſe que les Romans ont pris leur nom de Reims : pource que le livre que Turpin, Eveſque de cette Ville, a fait de la vie & geſtes de Charles le Grand, a plus donné de ſujet aux Trouverres ; comme ſi le mot Romance venut de Rhemenſes. Et Pigna, un autre Italien, allègue cette raiſon au livre qu'il a fait de l'origine des Romans, adjouſtant, que les Annales étoient ainſi appellées, & que depuis, d'autres nommerent ainſi leurs contes fabuleux : ce qui a fait appeller Romans les ſemblables Poſſies. Mais il faut pardonner à ces eſtrangers, s'ils choppent en paix eſtoigné de leur connoiſance, eſtans les Romans une forte de Poeſie Gauloiſe ou Françoiſe. André du Cheſne, dans les Notes ſur Alain Chartier, page 861. Au commencement que les François voulurent eſcrire en leur langue, ils imièrent & ſuivirent de fort près la langue des Romains. Ce qui ſe voit & reconnoiſt aſſez manijeſlement par leurs Livres. Et de-là nommerent-ils Roman, le langage dont ils uſerent en tels eſcrits. Le Livre de Charité : Woelt Willaumes en Romans traite De boin Latin, o il le troeuve. Et Adam de Guiency, en la traduction du Caton en François : Signour, ains que je vous commandons D'eſpondre Caton en Romans. En quoy convient auſſi celui qui a traduit la maniere d'orer en François, quand il dit : Je ne voel riens faire, que à ton oes ne ſoit. Et de grand priveté d'amour que j'ay vers toy, en ai iou chi quoi ke ſoit eſcrit en Romans, pour chou que par tei meiſines le puiſſe lire quant tu auras loiſir. Et de- là n'emma-t'en aſſez longuement depuis le langage François, Roman. Car le Livre de Garin le Laboranc dit : A eſcole fu quant il fu petiz, Tant que il ſot & Romans & Latin. Et le Traduſteur des Fables d'Eſope en vieil François : Pour l'amiſté le Comte Willaume, Le plus vaillant de cheſt Royaume, M'entremis de cheſt Livre faire, Et del Engleiz en Romans traite. Ce qu'il explique luy-même incontinent après, adjouſtant : Li Rois Mires, qui moult l'ama, Le tranſlata puis en Englois : Et l'ay tranſlaté en François. Mais enfin le nom de Roman eſt demeuré aux Livres ſeuls compoſez en ce Langage ancien. J'ajoute à toutes ces autorités, celle-ci, tirée de la Préface de l'Histoire de Philippe Mouskes, Chanoine & puis Evêque de Tournay, qui finit en 1241. imprimée par M. du Cange à la fin de l'Histoire de Ville-Hardouin : En l'Abbaye de Saint Deniſe En France, ay l'Eſtoire priſe, Et de Latin miſe en Romans, Sans proième, & ſans coumans. Voyez le Pete Labbe, dans ſes Etymologies Françoiſes, partie 2. page 126. & mes Origines Italiennes au mot Romanzi, M. de Caſeneuve dans ſon Traité du Franc-Alleu, & M. de Valois le jeune dans ſon Histoire de France, page 190. M.
ROMANS. Wachter, dans ſon Gloſarium Germanicum, page 1304. donne une étymologie de ce mot toute différente de celle que l'on en donne ordinairement. Voici ce qu'il en dit : ROMAN, historia fabuloſa. Auſtores Menagio laudari videntur à Lingua Romana, hoc eſt ab illa balbutie, que nuper ex Linguà Latinà prognatà, & tunc Ruſtica Romana dicta eſt, quasi jargon Romain, nomen arceſſere. Sed hoc nimis generale eſt, cum eadem Linguà non ſolum fabula, ſed etiam gec civiles & ecclesiastica, & nihil non ſcriptum ſit. Vide Sactamentum populi apud Nithardum, & confer Concilium Aſteatene anni 8 1. art. 17. ubi mandatur : ut Homiliz in Ruſticam Romanam, aut Theodoſeam, tranſſerantur. Veriſimilius eſt, nominis architectos ad ſiſtionem metricam reſpexiiſe, quod Historia fabuloſa iis temporibus plerumque pedeſtri ſermane prodirent. Idque ſignificare poteſt Roman, ſi ducatur à Theotico riman, reimen (Gallicè timer), metricè cribere. Cette étymologie eſt ingénieuse. Je doute néanmoins qu'elle ſoit auſſi ſolide, & qu'elle ſoit du goût de la plupart des Lecteurs.
ROMARIN. Plante. Gr. Mataric. De roſmarinus. C'eſt ainſi que les Latins ont appellé cette plante. Pline, livre xix. chap. 12. Libanotis locis putridis, & macris, ac roſcidis, ſertitur ſemine. Radicem habet oloſatri, nihil à thure differentem. Uſus ejus poſt annum ſtomacho ſaluberrimus. Ovide, dans le 3. livre de l'Art d'Aimer : Silva nemus non alta facit : tegit arbutus her-bam, Rok EFERUS - Recherches & Classification numériques Ros maris, & laurus, migraque myrtus olent. Virgile, dans son Culex : Es rovis, Nonacria thora, marini. C'est ainsi que Scaliger prétend qu'il faut lire en cet endroit du Culex. Il y a dans les Imprimés, & rovis nonacria cura marini. Pour l'intelligence de la restitution de Scaliger, il faut se souvenir que le romarin est appelé en Grec Saturic, du mot de Saturic, qui signifie de l'encens, parce que sa racine sent l'encens. Il me reste à remarquer une chose connue de peu de Botanistes, qui est, que Virgile, dans le 2. livre des Géorgiques, a appelé le romarin ros, sans y ajouter marinus. Nam sejuna quidem clivosi glarea ruris Vix humiles apibus casias, rotemque mini- strat. En Anjou, nous prononçons romarin, au lieu de romarin, qui est une prononciation vicieuse. M. ROME. Ville. Les sentimens sont partagés sur l'origine de ce nom, & quelques-uns même sont visiblement fabuleux. Celui qui me paroît le plus vrai-semblable, c'est que le nom de Rome vient du Grec suum force, puissance : aussi Solin témoigne-t-il que Rome fut nommé au commencement Valentia; nom Latin, qui répond exactement au Grec suum. Aucun nom ne convenoit mieux à la Maîtresse de l'Univers. Celui de Romulus semble avoir la même origine, & signifier robustus, validus. Le mot ram, dans les noms d'homme Teutoniques, signifie pareillement robur & robustus, selon Wachter. Voyez son Glossarium Germanicum, au mot ram. Je remarque aussi, que רוכב rom & רוכב romah en Ebreu, & רוכב racoma en Chaldéen & en Syriaque, signifie hauteur, élévation; du verbe רוכב rum, qui veut dire être haut, être élevé, l'élever. Ces mots Orientaux ont la plus grande ressemblance avec le nom de Rome : & leur signification convient de même parfaitement à cette ville aux sept montagnes, laquelle, comme dit Virgile, — tantum alias inter caput extulit urbes, Quantum lentà solent inter viburna cupressi : à cette ville, qui a été adorée des nations comme une divinité, & à qui Martial donne le titre de Déesse : Terrarium Dea gentiumque Roma, Cut par est nihil, & nihil secundum : à cette ville enfin, dont la dignité l'élève encore aujourd'hui au-dessus de toutes les autres villes de l'Univers. *
ROME. Fèves de Rome. On appelle ainsi à Metz & dans toute la Lorraine, les haricots & les fèves blanches & petites, qu'en France on appelle communément fèves de rame : sans doute parce que leur tige était foible, on l'appuye contre un bâton, ou contre un rameau; au lieu que la tige des grosses fèves est assez forte pour se soutenir d'elle-même. Je ne sais si ce qu'à Metz & en Lorraine on a appelé fèves de Rome, cette première forte de fèves, ne viendroit point de ce qu'on y a supposé que les premières y étoient venues de Rome. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que les Allemans, qui appellent welch salads, c'est-à-dire salade Romaine, la laitue Romaine, appel- lent aussi welch bone, c'est-à-dire fèves Romaines, les fèves de Rome, ou de rame. Le Duchat.
ROMIEU. Vieux mot, qui se diroit d'un homme qui alloit en dévotion & en pèlerinage à Rome. En Italien, Romeo; en Espagnol, Romerio; en Latin, Romipeta. En Provençal on nomme Romineus, généralement tout Pelérin, soit qu'il aille en pèlerinage à Rome, ou à Saint Jacques en Galice, ou à la Terre-Sainte. Vergy.
ROMINAGROBIS. C'est la même chose que Raminagrobis. Voyez Raminagrobis. *
RONCE. L'Italien dit de même ronca, que Caninius dérive du Syriaque romcha. Mais romcha en Syriaque, c'est une lance, & non pas une ronce. M. de Saumaisé, dans sa Confération de Pallio, page 123. le titre de runcare, qu'il explique aux Scur. Voici ses termes : RUNCARE, est runcas, vel runcas, extirpare : nam runcas etiam budiogus vocamus spinosa herba genus. Qui eas evellio, runcare dicitur : ut ruftare, qui valla, &c. Ne viendroit-il point plutôt de rubus? de cette manière : rubus, rubi, rubicus, rubica, ruca, runca. M.
RONCE. Pourquoi chercher des étymologies éloignées, où l'on n'arrive que par une longue gradation, comme en celle-ci que M. Ménage veut tirer de rubus? N'est-il pas plus naturel de dire avec Saumaisé & avec Du Cange, que ronce vient de runcare? On trouve dans Caton runcare spinas. L'instrument avec lequel on coupe les ronces, s'appelle en Latin runco. Suivant le témoignage de Papias, runcones sunt quibus vepres secantur : bi & salcastria à similitudine factis dicuntur. De runcare les Latins ont fait runcario, runcator, runcalis agor, qui signifie un champ plein de ronces. Runcalis agor, dit du Cange, agor inculus, a noxitis & inutilibus herbis & sentibus runcandus : runcare enim Latinis est purgare agrum à sentibus : quas inde ronces vocans Galis. Il est donc fort vrai-semblable, que c'est de runcare que les Italiens ont fait le mot ronca, & les François celui de ronce. Vergy.
RONCEVAUX. Nom d'une célèbre vallée des monts Pyrénées, dans laquelle l'Armée de Charlemagne fut défaite par les Sarrafins. Wachter, page 1305, de son Glossarium Germanicum, parle ainsi de l'étymologie de ce mot. RONZEWALL, vallis roncalis. Vallis amplissima inter Pyrenees in limite Navarra. Celtica lingua rhyn est mans, collis, promontorium, & thonca patulus, concavus, teste Boehrnio in Lexico antiquo-Briannico. Ergo vel vallem patulam, vel vallem montis denotabit. *
RONDACHE. RONDELLE. De leur figure ronde. M.
RONDACHE. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1318. RUNDATSCHE, umbo, clypeus rotundus. Belges rondas, Gallis rondache. Cuneta magis vel minus depravata e genuino rundtartsche, quod est a rund rotundus, & tartsch clypeus. Nomen alias clarum lingua cystrensis obscurum reddidit. Le mot Alleman tartsch, qui signifie bouclier, convient avec le Grec Sutris, le Latin barbare targa, l'Anglo-Saxon targa, le François targa, l'Italien targa, & aussi avec le Chaldéen orin theres, & l'Arabe theres, qui tous signi- Ggg EFERUS - Recherches & Classification numériques 418 RON. RÔO. fient pareillement un bouclier. Voyez ci-dessous targe.
RONDE. Lat. pomerium. Faire la ronde. Les Espagnols disent ronda, pour signifier une place vulde qui est autour des murailles d'une ville : & rondar, pour dire faire la ronde : & rondador, pour dire celui qui fait la ronde : & rondeiero, pour dire celui qui conduit la ronde. Et c'est apparemment des Espagnols, que nous avons emprunté le mot de ronde : ce mot n'étant pas ancien dans notre Langue. L'Espagnol ronda peut avoir été dit à cause de sa figure. Covarruvias : Dixcise ronda, quasi rotunda : porque antiquamente todas las civitades tenian sus muros en forma redonda, &c. Mais il peut aussi avoir été dit de rota. Rota, roda, ronda : rotare, rondare : d'où le François roder. Voyez roder. Faire la ronde, c'est faire le tour de la place. Cette étymologie me paroît plus vrai-femblaible que celle de Covarruvias. M.
RONDE. Faire la ronde. Je ne sais pourquoi M. Ménage aime mieux dériver ce mot de rota que de rotunda. Cette dernière étymologie me paroît au contraire la seule véritable. On ne saurait nier que rond ne yienne de rotundus ; & par-consequent ronde doit venir de rotunda. Faire la ronde d'une place, c'est en faire le tour, comme M. Ménage dit lui-même ; c'est en faire, pour ainsi dire, le rond ; parce que, suivant la remarque de Covarruvias, les murailles des villes étoient anciennement de figure ronde. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1318, donne la même étymologie. Voici ses termes : RUNDÉ, circuitus. Proprie est rotunditas, à rund rotundus, & dicitur de circuitus per metonymiam effectus pro efficiente, quia circumventes figuram rotundam describunt. Inde Gallis faire la ronde, circumire munitionem : aliis verbis, faire le tour de la place.
RONDEAU. Sorte de Poésie. Charles Fontaine, dans son Art Poétique François, livre 2. chap. 3. Le Rondeau est ainsi nommé de sa forme. Car tout ainsi qu'au cercle, que le François appelle rondeau, après avoir discours toute la circonférence, on rentre toujours au premier point duquel le discours avoit été commencé : ainsi au Poème dit Rondeau, après avoir tout dit, on retourne toujours au premier carme, ou hémisfiche, prit en son commencement. M.
RONDINER. Mot Languedocien, qui se dit des chats qui gromellent. De grondiner. On a retranché le g initial, comme dans liron, fait de glis, gliris. Le Duchat.
RONFLER. De runculare, diminutif de runcare. Les Gloves Arabico-Latines : Runco, fœnitum de naribus emitto : où runco est dit pour runcho, fait de joy. On a fait de même ICORNIFLER, d'excorniculare. L'U voyelle a été changée en v confone. Runculare, runculare : & l'v confone a été changé ensuite en v. M.
RONGER. Rodere, rodicaxe, rocare, roscare, RONGER. M.
ROOLE. De rotulam, pour rotula. C'est ainsi que ce mot se trouve rendu dans les Ordonnances & Réglemens du Parlement écrits en Latin. Voissus, de Vitiis Sermonis, page 705. IRROTULARE. Inscridere vel dirigere in rotulam, hoc est, catalogum caustarum. Is enim diffus Latino-barbaris rotula, insecunxionis à tota, ut Belgis toli; quod vocabulum est vetus pro tota. Brallonus, lib. 1. cap. 1. num. 1. Et super his acta conficienda, sive irrotulationes. On bien de rutilus, que les Auteurs de la basse Latinité ont dit pour rutilus, qui signifie proprement cette sorte de baton rond avec lequel on abattoit le comble du boisseau : mais qui a aussi signifié des feuilles de papier ou de parchemin pliées en rond, à cause de la ressemblance de ces feuilles à ce baton rond. M. de Saumalise, sur l'Histoire Auguste, page 449. Scapum chartarum, hoc est, chartas in volumen corrutandatas; infima Latinitatis, duifres rotulum dixo. Rutilus autem non est pro rotula : nihil enim habent simile charta sic convoluta cum rotula : sed rotulus, est rutilus. Rutilus & scapus, idem. Rutilus, ut paulo supra documus, erat baculum rotundum, quo cumulus mensura deruitur & exacatur. Gissa rutilum exponunt, &c. Carippus : Et con in rutilum. Regulam etiam appellarum, ut ante ostendimus : unde verbum &c. apud Hesychium, mensuram exacatur : hinc & ior. pro oodem, apud Epiphanium de Ponderibus & Mensuris : &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. Les Arrêts du Parlement étoient anciennement écrits sur des peaux de parchemin collées ensemble, lesquelles se rouloient : & pour cela, il fut institué une charge de Celleur. Ainsi les Latins ont dit volumen, a voivendo, parce qu'ils faisoient leurs Livres d'écorces d'arbres qu'ils rouloient : & les Hébreux &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. EFERUS - Recherches & Classification numériques capés du réms d'Ester, & qu'on avoit de coutume d'écrire les Lettres dans des rouleaux. De rotulare, on a fait irrotulare, dont nous avons fait ENKOLLER, qu'on prononçoit anciennement ENKOTULER. La Coutume d'Anjou, article CXLIX. Et à ce que chacun se garde de mesprendre, tous bornés par Justice seront enroutées, en un tableau ex Auditoires. De rotulare, on a aussi dit contrarrotulare & contrarrotulator, d'où nous avons fait CONTROLLER & CONTROLEUR. M.
ROQUER. Terme du jeu des Echecs. C'est approcher le Roc, c'est-à-dire la Tour auprès du Roi, & passer le Roi par derriere pour le placer à l'autre casé joignante. La Tour est appelée Roc, parce que nos anciens appelloient Rocs les lieux forts. Voyez ci dessus roc & roche.
ROQUETTE. D'ercetta, diminutif d'eru, qui signifie la même chose. Eruca, erucetta, ruketta, roketta, ROQUETTE. Les Italiens disent aussi ruchetta, & les Espagnols, ruqueta. M.
ROQUETTE. Ce mot, de même que le Latin eruca ou erucetta, l'italien ruchetta, & l'Espagnol ruqueta, a du rapport avec l'Ebreu per ierek ou per iarek, le Chaldéen per ierek, per ierek, per iarek, & le Syriaque iarky & iouroky, qui tous signifient verdeur, herbe verte. ROSAIRE: chapeler. De l'italien, ou de l'Espagnol, rosario; qui signifie proprement un chapeau de roses, c'est-à-dire une guirlande de roses; mais qui a signifié ensuite un chapeler, à cause de sa ressemblance à un chapeau de roses. M.
ROSE-CROIX. Freres de la Rose-Croix: autrement dit, Illuminés, Immortels, & Invisibles. Voyez Gabriel Naudé, dans son Instruction à la France sur l'Histoire des Freres de la Rose-Croix; Michel Mayer, dans son Themis Aurea, hoc est, de legibus Fraternitatis R. C. Traficatus; le neuvième Tome du Mercure François en 1633, & Moreri, dans son Dictionnaire. On ne fait point la raison pour laquelle ils ont été ainsi appelés. M. ROSE de chien. C'est le rambler des Grecs. M. ROSE de Jéricho. Nom d'une plante. Elle a été ainsi appelée mal-à-propos; car ce n'est point une espèce de rose, & elle ne ressemble nullement à la rose: elle ne croit point non plus autour de Jéricho, mais dans l'Arabie déferte, & dans les sables qui font sur le bord de la mer. Il est faux aussi qu'elle ne s'épanouisse que le jour de Noël, comme quelques voyageurs ont voulu faire accroire: elle s'épanouit en la mettant tremper dans l'eau. Voyez Rai, dans son Histoire des Plantes, tome a, où il donne une curieuse description de la Rose de Jéricho. ROSE de Provins. Voyez ci-dessus Provins. M. ROSE-SECHE. Couleur. Scaliger contre Cardan, 325. 13. Xerampelinum, quem Veneti rosam siccam: cujusmodi in autumnalibus vitis frandibus. M.
ROSEAU. J'ai cru autrefois que ce mot avoit été fait d'arundo, de cette maniere: arundo, arundum, par metaplasme: arundellum, aronzelium, ronzelium, ROUZAU, ROSEAU. Je crois présentement qu'il a été fait de ranselinum, diminutif du Latin-barbare ransinum, qui se trouve en cette signification dans l'Abbé Jonas, en la Vie de Saint Vulfran, Archevêque de Sens. Locorum palustrium, qua plena eram longissimis ranselis virguttis. Le Latin-barbare ransinum a été formé de l'ancien Alleman raus. Vossus, qui dans son de Vitis Sermonis, explique ransinum par Saracinum, n'a pas entendu ce que signifioit ce mot. M.
ROSEAU. Le simple de roseau pourroit bien être rouche, mot que le Dictionnaire d'Oudin tend en italien par bruce, sperie d'herba. Les Mémoires de l'Etat de France sous Charles IX, seconde édition, tome 1. fol. 381. a. parlent de quelques Ministres de Bourdeaux qui éviterent d'être maillacrés en 1572. en se cachant dans des rouches & mares, jusqu'à ce qu'ils eurent le moyen de s'embarquer pour l'Angleterre. Le Dacbar.
ROSEAU. Wachter, de même que Ménage, donne à ce mot une origine Teutonique, & ce qu'il dit là-dessus mérite d'être rapporté. Voici ses termes, page 1289. de son Glossarium Germanicum: RIZO, arundo, calamus palustris. Gothis raus Matth. XI. 7. Anglo-Saxonibus hreod ibidem, Belgis riet, Anglis reed, Gallis roseau, Latinbarbaris rausea, apud Cangium. Vox Gothica, unde reliquis initium, convenit in radice cum reis furcatus. Nam ejusmodi natura producciones graciles & procera non aliunde concinius derivantur quam à reisen surgery in altum: Plinius, lib. XVI. cap. 36. Harundo recisa fœcundibus resurgit. Observa vocem surgery in verbis Plinii. Qui Gothica ignorans, Saxonicam vocem derivant à Latino carax, vel carecum, ut Casanbonus, vel à Latino radius, ut Skinnerus, quia crescit instar radii. Sed his originibus minimis indigemus. Nam à Gothica raus, per consuetas litera S mutationes, fieri poterat non solum ried, sed etiam tor, quo Franci deleclantur. Unde sit Latinis retare, quod in Edictis veterum Pratorum de fluminibus a retis purgandis occurrit, disputat Gellius, lib. XI. cap. 17. sed non assequitur vim vocis, dum retas arbores vocari existim, ducta allegoria à retibus, quod praeteruntes naves impedirens & quasi irretrivem. Tropius ad scopum collinavit Petrus Moselianus in Adnotationibus ad hunc locum. Suspicor, hoc loco retas, non tam arbores dici quam speciem quandam arundinum provenientium in fluminibus, quæ nisi singulis annis fermé repurgentur, aut exellantur, negotia exhibent nautis. Utorque ad hanc meam sententiam potissimum hoc argumento, quod vulgus non solum Germanorum, sed & Gallorum sua Linguâ ejusmodi juncos & arundines roir vocant. Forti ignoravit vocabulum ried, red, ret, arundo aquatica, quo uti poterat & debebat ad sententiam suam stabilendam. Nam ab illo manifesto descendunt Pretoria, voces reta & retare. Quod ante me vidis Stadenius in Voc. Bibl. pag. 906. addens monitum ad Lecherem lectu dignissimum. Il rapporte l'Avertissement en Alleman, & il ajoute: Hoc est: Hic ad oculum cernere licet, quod in Latinitate reperiantur voces & Germanica Linguâ desumpra, quod velim notari ab iis qui multas voces verò Germanicas & Latina Linguâ arcefere volans. Selon ce principe, je croirois volontiers que le Latin arundo est un de ces mots Latins qui tirent leur origine de la Langue Germanique ou Teutonique, tant il a de ressemblance avec les mots de cette Langue qui signifient un roseau, & dont Wachter fait mention. Il ressemble sur-tout à l'Anglo-Saxon hreod, à l'Anglois reed, & à l'Alleman ried. La lettre a, G g g ij EFERUS - Recherches & Classification numériques qui est au commencement, est une de ces lettres qui s'ajoutent ou se retranchent facilement : ou bien elle équivaut à l'o de l'Anglo-Saxon breod ; laquelle aspiration se trouve même exprimée dans *karunda*, comme Pline écrit ce mot dans le passage que rapporte Wachter. J'ajouterai ici, à l'occasion du mot *rofeau*, une chose que j'ai déjà remarquée ailleurs, c'est que le mot de *canne*, dans la signification de *rofeau*, se trouve, ainsi que ce dernier, essentiellement le même dans plusieurs différentes Langues, savoir, dans le Latin, l'Italien, l'Anglois, le Grec, l'Ebreu, le Chaldéen, le Syriaque, l'Arabe, & même dans le Chinois, si éloigné des autres Langues, & où il se dit *kan*. Voyez ci-dessus *canne*, & le second article *Maréchal*.
ROSE. Sans doute du Latin *ros*, *roris*. Mais d'où vient le Latin *ros* ? Peut-être du Grec *ἄρις*, qui signifie la même chose, & dont les Latins auront retranché la première lettre. On dérive *ἄρις* de *γίω* *fino*, d'où *ἄρις*, & ensuite *ἄρις*, & *ἄρις*. Mais je ne sais si pour l'origine de *ros* & de *ἄρις*, il ne vaudroit pas mieux avoir recours aux Langues Orientales. Le verbe Ebreu *εἶσαι* *rāsas*, le Chaldéen & Syriaque *εἶσαι* *rēsas* & *rāsēs*, & l'Arabe *rāsēchēsa*, signifiant arroser, asperger, mouiller, humecter, *εἶσαι* *rēssim* en Ebreu, & *εἶσαι* *rēssim* en Chaldéen, veut dire des gouttes qui tombent : *rēss* en Syriaque, & *rāsēchēsch* en Arabe, aspergion, arrollement. La convenance de ces mots avec le Latin *ros* & le Grec *ἄρις* est aussi parfaite qu'on peut la désirer. Le *delta* de *ἄρις* n'est qu'une lettre paragogique ajoutée au mot.
ROSELINE. Nom d'une Sainte. Quoiqu'on représente cette Sainte avec des roses à la main, & une couronne des mêmes fleurs sur la tête, par allusion à son nom ; néanmoins, selon M. Chaftelain, le nom de *Roseline* ne vient point de *ros* ; mais de *rosēla*, qui signifie *petite rosēse*, & dont on a fait *Roseline*, dit par adouciissement au lieu de *Roseline*. Vergy.
ROSETTE. C'est le cuivre rouge : ainsi appellé de sa couleur de rose. M.
ROSETTE. Ville d'Égypte. Ce nom n'a aucun rapport de signification ni avec la *rose*, ni avec la *rosette*, dans le sens de cuivre rouge. Il a été fait par corruption du nom Arabe de cette ville, qui est *Raschild*, que l'on prononce vulgairement *Raschit*, & qui signifie à la lettre *rellus*.
ROSNÉ. Fleuve. Pétrarque, Sonnet 173. de la première partie, parlant de ce Fleuve, dérive *Rosne* de *rodere*. *Rapido fiume, che d'alpefra vena,* *Rodendo intorno, onde'l tuo nome prendi,* *Notte e di, meco desiofo scendi,* *Ov'Amor me, te sol natura mena.* De *Rhodanus*, qu'on dérive ordinairement de *Rhoda*. Pline, liv. 3. chap. 4. *Agatha quondam Massilienfium*, & *Regio Velcarum Tettosagum*, atque ubi *Rhoda Rhodiorum fuit : unde dictus, multō Galliarum fortissimus amnis, Rhodanus*. Saint Jérôme sur l'Épître aux Galates ; *Oppidum Rhoda coloni Rhodiorum locaverunt : unde amnis Rhodanus nomen accepit*. M. Bochart, livre 3. de sa Géographie Sacrée, chap. 6. improuve cette opinion, & le dérive de *Rhodanim*. *At illorum sententia non accedam, has habeo rationes*. Primo, amnis à Rhoda, non Rhodanus, sed Rhodius dictus fueris : Erdani nomen ; quem cum Rhodano confundant Scriptores verustissimi ? Jam Lector monendus est, Rhodanim ex terminatione videri nomen plurale, quomodo in Misraim poferis, Ludim, Ananim, Lehabim, &c. Itaque gentiliæ sunt hac nomina, non hominum singularium, &c. Rhodanim igitur, seu Rhodani, ex Javane orlandi, cum in eam ipsam Gallia oram appulissent, quam multis deinceps facultis occuparum Massilenses, flavium quem insederunt, de suo nomine Rhodanum, & oram adjacentem Rhodanufiam appellaverunt. Porro, si quoram amplius de ratione nominis, mihi nihil quicquam occurrit vero propius quam si veteri Gallorum Lingua (qua, ut deinceps multis probo, fuit semi-Habra) rhodani id ipsum fuisse dicas quod Arabibus utum rhadini, id est, flavum & croceum. Alcamus : ארץ rhadin croceus, ארץ ראותי (achmar rhadini) rubrum flavo commixum, rubrum flavo distinctum. Gallis, inquam, verismile est hoc nomen fuisse inditum, propter colorem capillitii, quod plerisque fuisse flavum, aut croceum, seu rutilum, probant hac loca Veterum. Livius, lib. 38. Gallis promissæ & rutilatæ comæ. Virgilius, lib. 8. Æn. de Gallis : Aurea cæfaries ollis, atque aurea vestis.[{"box_2d": [94, 381, 459, 485], "label": "text", "caption": "Au lieu de *vobis*, les Grecs ont appellé ce fleuve *vieskerie*. Philostrate, parlant de Favorin : *lui pōi 20 1st l'ampius Iohitru 20 1st, Apixutou wē- \nloue, 2 mi vieskeri wē- \nloue, 3 mi vieskeri wē- \nloue, 4 mi vieskeri wē- \nloue, 5 mi vieskeri wē- \nloue, 6 mi vieskeri wē- \nloue, 7 mi vieskeri wē- \nloue, 8 mi vieskeri wē- \nloue, 9 mi vieskeri wē- \nloue, 10 mi vieskeri wē- \nloue, 11 mi vieskeri wē- \nloue, 12 mi vieskeri wē- \nloue, 13 mi vieskeri wē- \nloue, 14 mi vieskeri wē- \nloue, 15 mi vieskeri wē- \nloue, 16 mi vieskeri wē- \nloue, 17 mi vieskeri wē- \nloue, 18 mi vieskeri wē- \nloue, 19 mi vieskeri wē- \nloue, 20 mi vieskeri wē- \nloue, 21 mi vieskeri wē- \nloue, 22 mi vieskeri wē- \nloue, 23 mi vieskeri wē- \nloue, 24 mi vieskeri wē- \nloue, 25 mi vieskeri wē- \nloue, 26 mi vieskeri wē- \nloue, 27 mi vieskeri wē- \nloue, 28 mi vieskeri wē- \nloue, 29 mi vieskeri wē- \nloue, 30 mi vieskeri wē- \nloue, 31 mi vieskeri wē- \nloue, 32 mi vieskeri wē- \nloue, 33 mi vieskeri wē- \nloue, 34 mi vieskeri wē- \nloue, 35 mi vieskeri wē- \nloue, 36 mi vieskeri wē- \nloue, 37 mi vieskeri wē- \nloue, 38 mi vieskeri wē- \nloue, 39 mi vieskeri wē- \nloue, 40 mi vieskeri wē- \nloue, 41 mi vieskeri wē- \nloue, 42 mi vieskeri wē- \nloue, 43 mi vieskeri wē- \nloue, 44 mi vieskeri wē- \nloue, 45 mi vieskeri wē- \nloue, 46 mi vieskeri wē- \nloue, 47 mi vieskeri wē- \nloue, 48 mi vieskeri wē- \nloue, 49 mi vieskeri wē- \nloue, 50 mi vieskeri wē- \nloue, 51 mi vieskeri wē- \nloue, 52 mi vieskeri wē- \nloue, 53 mi vieskeri wē- \nloue, 54 mi vieskeri wē- \nloue, 55 mi vieskeri wē- \nloue, 56 mi vieskeri wē- \nloue, 57 mi vieskeri wē- \nloue, 58 mi vieskeri wē- \nloue, 59 mi vieskeri wē- \nloue, 60 mi vieskeri wē- \nloue, 61 mi vieskeri wē- \nloue, 62 mi vieskeri wē- \nloue, 63 mi vieskeri wē- \nloue, 64 mi vieskeri wē- \nloue, 65 mi vieskeri wē- \nloue, 66 mi vieskeri wē- \nloue, 67 mi vieskeri wē- \nloue, 68 mi vieskeri wē- \nloue, 69 mi vieskeri wē- \nloue, 70 mi vieskeri wē- \nloue, 71 mi vieskeri wē- \nloue, 72 mi vieskeri wē- 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\nloue, 609 mi vieskeri wē- \nloue, 610 mi vieskeri wē- \nloue, 611 mi vieskeri wē- \nloue, 612 mi vieskeri wē- \nloue, 613 mi vieskeri wē- \nloue, 614 mi vieskeri wē- \nloue, 615 mi vieskeri wē- \nloue, 616 mi vieskeri wē- \nloue, 617 mi vieskeri wē- \nloue, 618 mi vieskeri wē- \nloue, 619 mi vieskeri wē- \nloue, 620 mi vieskeri wē- \nloue, 621 mi vieskeri wē- \nloue, 622 mi vieskeri wē- \nloue, 623 mi vieskeri wē- \nloue, 624 mi vieskeri wē- \nloue, 625 mi vieskeri wē- \nloue, 626 mi vieskeri wē- \nloue, 627 mi vieskeri wē- \nloue, 628 mi vieskeri wē- \nloue, 629 mi vieskeri wē- \nloue, 630 mi vieskeri wē- \nloue, 631 mi vieskeri wē- \nloue, 632 mi vieskeri wē- \nloue, 633 mi vieskeri wē- \nloue, 634 mi vieskeri wē- \nloue, 635 mi vieskeri wē- \nloue, 636 mi vieskeri wē- \nloue, 637 mi vieskeri wē- \nloue, 638 mi vieskeri wē- \nloue, 639 mi vieskeri wē- \nloue, 640 mi vieskeri wē- \nloue, 641 mi vieskeri wē- \nloue, 642 mi vieskeri wē- \nloue, 643 mi vieskeri wē- \nloue, 644 mi vieskeri wē- \nloue, 645 mi vieskeri wē- \nloue, 646 mi vieskeri wē- \nloue, 647 mi vieskeri wē- \nloue, 648 mi vieskeri wē- \nloue, 649 mi vieskeri wē- \nloue, 650 mi vieskeri wē- \nloue, 651 mi vieskeri wē- \nloue, 652 mi vieskeri wē- \nloue, 653 mi vieskeri wē- \nloue, 654 mi vieskeri wē- \nloue, 655 mi vieskeri wē- \nloue, 656 mi vieskeri wē- \nloue, 657 mi vieskeri wē- \nloue, 658 mi vieskeri wē- \nloue, 659 mi vieskeri wē- \nloue, 660 mi vieskeri wē- \nloue, 661 mi vieskeri wē- \nloue, 662 mi vieskeri wē- \nloue, 663 mi vieskeri wē- \nloue, 664 mi vieskeri wē- \nloue, 665 mi vieskeri wē- \nloue, 666 mi vieskeri wē- \nloue, 667 mi vieskeri wē- \nloue, 668 mi vieskeri wē- \nloue, 669 mi vieskeri wē- \nloue, 670 mi vieskeri wē- \nloue, 671 mi vieskeri wē- \nloue, 672 mi vieskeri wē- \nloue, 673 mi vieskeri wē- \nloue, 674 mi vieskeri wē- \nloue, 675 mi vieskeri wē- \nloue, 676 mi vieskeri wē- \nloue, 677 mi vieskeri wē- \nloue, 678 mi vieskeri wē- \nloue, 679 mi vieskeri wē- \nloue, 680 mi vieskeri wē- \nloue, 681 mi vieskeri wē- \nloue, 682 mi vieskeri wē- \nloue, 683 mi vieskeri wē- \nloue, 684 mi vieskeri wē- \nloue, 685 mi vieskeri wē- \nloue, 686 mi vieskeri wē- \nloue, 687 mi vieskeri wē- \nloue, 688 mi vieskeri wē- \nloue, 689 mi vieskeri wē- \nloue, 690 mi vieskeri wē- \nloue, 691 mi vieskeri wē- \nloue, 692 mi vieskeri wē- \nloue, 693 mi vieskeri wē- \nloue, 694 mi vieskeri wē- \nloue, 695 mi vieskeri wē- \nloue, 696 mi vieskeri wē- \nloue, 697 mi vieskeri wē- \nloue, 698 mi vieskeri wē- \nloue, 699 mi vieskeri wē- \nloue, 700 mi vieskeri wē- \nloue, 701 mi vieskeri wē- \nloue, 702 mi vieskeri wē- \nloue, 703 mi vieskeri wē- \nloue, 704 mi vieskeri wē- \nloue, 705 mi vieskeri wē- \nloue, 706 mi vieskeri wē- \nloue, 707 mi vieskeri wē- \nloue, 708 mi vieskeri wē- \nloue, 709 mi vieskeri wē- \nloue, 710 mi vieskeri wē- \nloue, 711 mi vieskeri wē- \nloue, 712 mi vieskeri wē- \nloue, 713 mi vieskeri wē- \nloue, 714 mi vieskeri wē- \nloue, 715 mi vieskeri wē- \nloue, 716 mi vieskeri wē- \nloue, 717 mi vieskeri wē- \nloue, 718 mi vieskeri wē- \nloue, 719 mi vieskeri wē- \nloue, 720 mi vieskeri wē- \nloue, 721 mi vieskeri wē- \nloue, 722 mi vieskeri wē- \nloue, 723 mi vieskeri wē- \nloue, 724 mi vieskeri wē- \nloue, 725 mi vieskeri wē- \nloue, 726 mi vieskeri wē- \nloue, 727 mi vieskeri wē- \nloue, 728 mi vieskeri wē- \nloue, 729 mi vieskeri wē- \nloue, 730 mi vieskeri wē- \nloue, 731 mi vieskeri wē- \nloue, 732 mi vieskeri wē- \nloue, 733 mi vieskeri wē- \nloue, 734 mi vieskeri wē- \nloue, 735 mi vieskeri wē- \nloue, 736 mi vieskeri wē- \nloue, 737 mi vieskeri wē- \nloue, 738 mi vieskeri wē- \nloue, 739 mi vieskeri wē- \nloue, 740 mi vieskeri wē- \nloue, 741 mi vieskeri wē- \nloue, 742 mi vieskeri wē- \nloue, 743 mi vieskeri wē- \nloue, 744 mi vieskeri wē- \nloue, 745 mi vieskeri wē- \nloue, 746 mi vieskeri wē- \nloue, 747 mi vieskeri wē- \nloue, 748 mi vieskeri wē- \nloue, 749 mi vieskeri wē- \nloue, 750 mi vieskeri wē- \nloue, 751 mi vieskeri wē- \nloue, 752 mi vieskeri wē- \nloue, 753 mi vieskeri wē- \nloue, 754 mi vieskeri wē- \nloue, 755 mi vieskeri wē- \nloue, 756 mi vieskeri wē- \nloue, 757 mi vieskeri wē- \nloue, 758 mi vieskeri wē- \nloue, 759 mi vieskeri wē- \nloue, 760 mi vieskeri wē- \nloue, 761 mi vieskeri wē- \nloue, 762 mi vieskeri wē- \nloue, 763 mi vieskeri wē- \nloue, 764 mi vieskeri wē- \nloue, 765 mi vieskeri wē- \nloue, 766 mi vieskeri wē- \nloue, 767 mi vieskeri wē- \nloue, 768 mi vieskeri wē- \nloue, 769 mi vieskeri wē- \nloue, 770 mi vieskeri wē- \nloue, 771 mi vieskeri wē- \nloue, 772 mi vieskeri wē- \nloue, 773 mi vieskeri wē- \nloue, 774 mi vieskeri wē- \nloue, 775 mi vieskeri wē- \nloue, 776 mi vieskeri wē- \nloue, 777 mi vieskeri wē- \nloue, 778 mi vieskeri wē- \nloue, 779 mi vieskeri wē- \nloue, 780 mi vieskeri wē- \nloue, 781 mi vieskeri wē- \nloue, 782 mi vieskeri wē- \nloue, 783 mi vieskeri wē- \nloue, 784 mi vieskeri wē- \nloue, 785 mi vieskeri wē- \nloue, 786 mi vieskeri wē- \nloue, 787 mi vieskeri wē- \nloue, 788 mi vieskeri wē- \nloue, 789 mi vieskeri wē- \nloue, 790 mi vieskeri wē- \nloue, 791 mi vieskeri wē- \nloue, 792 mi vieskeri wē- \nloue, 793 mi vieskeri wē- \nloue, 794 mi vieskeri wē- \nloue, 795 mi vieskeri wē- \nloue, 796 mi vieskeri wē- \nloue, 797 mi vieskeri wē- \nloue, 798 mi vieskeri wē- \nloue, 799 mi vieskeri wē- \nloue, 800 mi vieskeri wē- \nloue, 801 mi vieskeri wē- \nloue, 802 mi vieskeri wē- \nloue, 803 mi vieskeri wē- \nloue, 804 mi vieskeri wē- \nloue, 805 mi vieskeri wē- \nloue, 806 mi vieskeri wē- \nloue, 807 mi vieskeri wē- \nloue, 808 mi vieskeri wē- \nloue, 809 mi vieskeri wē- \nloue, 810 mi vieskeri wē- \nloue, 811 mi vieskeri wē- \nloue, 812 mi vieskeri wē- \nloue, 813 mi vieskeri wē- \nloue, 814 mi vieskeri wē- 422 R O S. R O T. étymologie de *Roffoli*, c'est que les Italicus, les Eipagnols & les Portugais, qui appellent cette liqueur de même, écrivent & prononcent *Ros-Solis*. Et quoiqu'aujourd'hui, cette plante n'entre plus peut l'ordinaire dans la composition du *Roffoli*, cette liqueur en conserve toujours le nom. La plante *Ros-Solis*, a été ainsi appelée, parce que de certains poils fistuleux dont cette plante est toute garnie, il fort continuellement comme des gouttes de coïce; en sorte que lors même que le Soleil est le plus ardent, ses feuilles sont toujours mouillées. *Verge*.
ROST, ROSTIR. Il se dit proprement de ce qui est cuit sur le gril. Il vient de *rost* qui signifie un *gril* en Langue Vandalique & Teutonique, selon le témoignage de Wolfgangus Lazius, au livre 10. *De gentium migrationibus*. Cafeneuve.
ROST, ROSTIR. Boxhornius, dans son Lexicon Britannico-Latin, dit que *rhost* est un ancien mot Britannique. *Antiquam esse vocem Britannicum*; *ostendit nomen Regis Armoricani*, Daniel Dremrost, *ab ustis oculis*; *vel usto vultu, sic dicti*. Ce sont les termes de Boxhornius. Et Wolfgangus Lazius, dans son livre x. de *Migrationibus Gentium* (ce qui a été remarqué par M. de Cafeneuve), dit que *rost* en langage Vandalique & Teutonique, signifie un *gril*. C'est de ce mot Teutonique, que vient notre mot François *rost*, & l'Italien *arrostire*; & non pas de *torrere*, comme je l'ai cru autrefois. L'étymologie de M. Borel, touchant le mot de *rost*, est si extraordinaire, qu'elle mérite d'être ici rapportée. Il dit que *rost* vient de *rusticus*: parce que le feu noircit & brule la viande, comme le Soleil hâle le visage des paysans. *M.*
ROST, ROSTIR. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1507, parle ainsi de ces mots: *Rost, crates*: *rotten, tortere super craticula*. *Glossa Pezis*: *craticula rosta*. *Somerus in Dictionario Anglo-Saxonico*: *gereftod assus*. *Boxhornius in Lexico Antiquo-Britannico*: *rhostio assare, tortere*; *rhost assum, assatum*. *Antiquam esse vocem Britannicum ostendit, nomen Regis Armoricani*, Daniel Dremrost, *ab ustis oculis, vel usto vultu, sic dicti*. *Hac ille. Sed cujuscumque sit antiquiatis, origo Graca evitari vix potest*. *Gracis enim visus, Acolice pro visus est sicco, uro*; & *visus crates, quamvis viminea*: *unde per metathesin fieri poterant rostr & rotten, quod ad Germanicas voces adnotavit Helvigius*. *Latini a visus habent* *torreo*. *Galli a rotten sum rostr, fatenæ Menagio in ultima Originum editione*.
ROST. Il n'est pas question d'étymologie dans cette remarque: mais elle servira à faire voir qu'en France les dînés n'ont pas toujours été si splendides qu'aujourd'hui: car dans les jours où il est permis de manger de la viande, un convié se trouveroit bien frugalement regalé si on ne lui servoit pas du *rost*. Jean Bruyerin *De re cibaria*, liv. 12. chap. 5. *Coquendi parandique in cibos hominum animalium carnes non una est ratio*. *Quippe quadam elixantur, & vescentibus alimentum prabent humentus*. *Qui usus peculiaris est Gallis in prandis, etiam lautoribus: quanquam & assis locupletes simul utantur; quod tamen Edicto Regio aliquando vetitum in Gallia memini. Verum eo mores venerunt, ut luxuria nullus modus inveniatur*. Le Duchat.
ROTE. *La Rote* est un Tribunal de Rome, dont les Juges sont appelés *Auditors de Rote*. Meilleurs de la Crucsa parlent de ce Tribunal en ces termes: *Ruota dictame a quel Tribunale, formato di certo numero di Duttori, che procedono nel giudicare con vicendevole ordine tra di loro*. Par ces mots, *con vicendevole ordine tra di loro*, il semble que ce Tribunal ait été ainsi appelé, à cause que ceux qui le composent y servent tour à tour. Mais M. du Cange dit qu'il a été appelé de la sorte, parce qu'il est pavé de carreaux dont l'ordre représente des roues. *M.*
ROTER. *De ruclare*. *M.*
ROTER. *Le Latin ruclare, d'où roter*, vient du Grec *ignitus*, qui signifie la même chose; & il a du rapport avec *ignitus*, qui veut dire *fridorem edo* & dont la racine est *jobis, undarum strepitus*. Peut être aussi que tous ces mots ne sont que des onomatopées.
ROTERDAM. Ville de Hollande. Elle est située à l'endroit où la rivière de *Rote* se jette dans la Meuse: d'où elle a pris son nom, qui signifie *Digne de la Rote*. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 252. DAMM, *agger, munimentum instar murs suchibus obiectum*: *Dammen aggere mūniere. Consentium Belga & Angli in voce. Anglo-Saxones carent quidem substantivo, utuntur tamen verbo Demman obturare flumen, apud Benfandum. Cui simile Hebraorum atham obturavit. Alias Gracia loquas est domare; subigere; quod tamen de aggere flumini objecto non dicitur, nec dici potest nisi metaphorice. Nomina locorum AMSTERDAM, ROTERDAM, & similium in dam: *desinentium, haud dubie ab aggere formata sunt*.
ROTIERE. On appelle ainsi le lieu où l'on met rouit le lin & le chanvre. De l'Alleman *roten*, qui signifie *pourrir & rouir*. *M.*
ROTONDE. Dans la Satyre intitulée, *l'Inventaire d'un Courtisan*: *La coquille d'un l'imaçon,* *Pour bien lisser une rotonde.* De *rotonda*, substantif: à cause de la figure ronde. *M.*
ROTTE. Vieux mot qui signifie une Compagnie de gens de guerre. Voyez ci-après *roture*. ROTULE de *genus*. De *rotula*: à cause de la figure. Les Eipagnols disent *rodilla*. Voyez Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Arist. page III. *M.*
ROTURE. De *rupura*, que les Auteurs de la Basse-Latinité ont pris pour *culture de terre*. Encore à présent dans le Boulenois on dit *rompre la terre*, pour dire *la mettre en culture*. Cette étymologie a été remarquée par M. Bessy, Avocat du Roi à Fontenay-le-Comte, dans une lettre qu'il a écrite à M. du Puy, Conseiller d'Etat, & que j'ai trouvé à propos d'insérer en ce lieu. La voici: *Puifque vous le voulez, Monsieur, je vous diray mon sentiment de l'origine de nostre mot roture & roturier. Le Président Fauchet le dérive de rusticus. Pierre de Saint Julien le tire de rompre. La dernière opinion me semble plus conforme à la vérité; quoique simple & vulgaire. Les François, Goths, & Lombards, qui s'élevèrent du débris de l'Empire Romain, & de ses ruines, fondèrent de nouveaux Royaumes; réduisirent les anciens habitans de leur pays de conquête au message, culture, & labour des terres; dont on voit quelques marques dans Senator ou Caffodore. De-la, la différente des Nobles & Roturiers; premièrement, sous autres mots; & finalement, sous* EFERUS - Recherches & Classification numériques renouvel, qui sont en vogue de fort longue ancienneté. De ruptura, a été fait roupure & roupurier & puis ; par succession, on a délaissé d'y insérer le v, en conformant l'écriture à la voix : ainsi qu'on n'é- cris plus escript & escripture, & semblables, ou nos prédécesseurs entaîssent quantité de lettres du tout imittés, sinon pour montrer la dérivaison : ce que Jules César de l'Escale a fort bien met en ses li- vres de Caulin Lingue Latine. De même, de rupta ; adjéctif, on de terre rupte, on a fait roupte, & roupier ; d'où enfin on a été le v. Ruptura, au vieux temps de cinq ou six cents ans, signifiois le droit ou confume que le Teneur, Currier, on propriétaire utile, payoit au Seigneur direct pour quelque pièce de terre prise à rompre, effarrer, ou mettre en valeur. Une Notice de l'an M. XXII. Indict. 1. Diminérant con- suetudinem quam tenuerant, id est, rupturam in medio terre noître, que est in ipsa insula Olero- nis, annunente Widone, Pictavensis Comite. C'est Guillaume V.I.P. Duc de Guyenne. Le sigma, qu'on trouve quelquefois au mot rousturier, a fait penser au Président Fauchet qu'il venois de rusticus : au lieu que c'est la marque de la sylabe longue, comme on la prononce en quelques pays. Toutefois, au dialecte commun de ce Royaume, elle est brève, quelque l'u du Latin dont elle est formée, soit long : dépravation qui se voit en autres dictions, où ils n'ont l'un est long par position, et autres, par nature. Exemple : am- poulie, bouter, courir, double, écouter, goutte, mousu, poulain, souffre, souple, soupirer, sou- tenir, & troubler. Comme au contraire, en autres vocables l'u bref au Latin est changé en ou long en noître langue : refmoins coûdre, moûle, boûcle, & coûder, qui sont exprimées, de cudere, modulus, bucula, & corylus. Il n'y a point de doute que rou- turier & routier ne viennent de ruptura : & n'y en a non plus, que route & routier ne soient formées de rupta en rupta, qu'on disoit au commencement texte rupta, TURRES ROUTES : puis à la longue, pour parler concisement, on a admis le substantif, & s'est- on contenté de l'adjectif, à l'imitation des Grecs & Latins, qui ont fait le semblable ailleurs : refmoin Phœbus Apollo, & plusieurs autres. Je me suis appercen de quatre significations de tout de route : une propre, les trois autres métaphysiques. La pro- pre, celle que je viens de dire, laquelle n'est plus en usage, mais dont se voit quelque vestige et Couth- mes de Nivernois, titre des Dixmes, article 5, & 6, où se lit rompeis & toutefois : le premier, pour terres morcellement cultivées, esquelles n'y a appa- rence ou mémoire de culture faite autrefois : le der- nier, pour terres qui de long-temps n'ont été labou- rées, & esquelles y a apparence ou mémoire de cul- ture ancienne : qui me semble distinction assez gosse. Aussi Concile là-dessus s'en dégage comme il peut, à l'ayde de quelques Chartes du temps, esquelles ces mots, à son dire, sont de terres rupte & rumpen- dis. De ce mot route, proprement pris pour terre rompue & labourée, fut fait routier pour labour- reur. Et tout ainsi que quelquefois les Latins se ser- vent d'une même diction pour signifier la chose, le lieu, & la personne, comme en custodia, pour la prison, le prisonnier, & la garde ; aussi route vint a signifier la terre rompue & celuy qui la rompoit. Voila pourquoi route & routier vont indifféremment l'un pour l'autre dans Proissard, & ailleurs : mais par métaphore, dénotant la les bandes & compa- gnies, & les soldats dont elles sont compoies & ti- res des Communes du pays, c'est à dire, la plupart de la bécle & de la charrue, & vrais Routuriers aux termes d'a présent. A cette occasion, on trouve toujours en tous les anciens livres rupta pour route ; & ruptarii pour routiers ; avec le v charactéristic, Guillaume le Breton au vii. de sa Philippide : Numerosque rupta Cadoci. Ailleurs : Agmina præfecit toti ruptarica regno. Au ix. fant lire : Cumque sua nulli rupta parcente Cadocus : Et non rapta. Au vii. Tecum Lupicaria rupta Fac est : Où Meurzius a mal corrigé rutta, pour n'avoir pris garde à l'origine du mot de vœu en Nicéas, & ruta en Guillaume de Neubrige. Car véritablement l'un & l'autre, ensemble le rotta des Italiens, & l'Alleman rotte, selon l'orthographe de Meurzius, ou tort, selon Wolphangus Hungerus (qui a de- vant lay casté cette notion), sont empruntées de nostre Roman route, que nous avons fermé & expandi en toute l'Europe par le moyen de nos pelerinages de Rome, Constantinople, & Hierusalem. Puis quand le soldat Routier devint larron & brigand, routier fut pris absolument pour cela mesme. Au temps du Concile IV. de Latran, tenu sous Innocent III. Pape, c'est-à-dire, d'un 1215. ruptarius estoit desja mis pour miles. Car au chapitre XVIII. il est dit ; Nullus quoque Clericus Ruptariis vel balistariis, aut hu- susmodi viris sanguinum, præponatur. Il est vray que Binius a fait imprimer tentariis, monoblam la compilation de Gratien & l'édition de Grégoire XIII. Pape, qui ont retenu ruptariis au chapitre Sentent- lam Extra Ne Cler. vel Mon. Si est-ce qu'une vieille Chartre proche du mesme âge, enseigne que dés lors les Routiers estoiens desja diffamées : disant : Immunitatem & libertatem Ecclesiasticam, tam- quam Ruptarii & prædones violare præsumentes, &c. Routra, en troisième lieu, signifie un petit che- min ou sentier, d'où l'on a baity routier, un home- me fort rompu & entendu en son art & moffier ou entreprise : & de-là est dit en partie courtrier, & par contention, courtier : & de-là aussi, Pierre Garcie de ce pays a nommé Grand Routier, son li- vre qui contient les chemins & routes de la mer. Car route, en telle notice, n'est pas cartompu de rota, comme aucuns ont cuidé ; au contraire, il ne se prend jamais pour chemin public, sinon sur la mer, ou avec adjection, comme quand on dit, Sui- vex toute la grande route : mais toute n'est pas chemin à routes, c'est à dire, voye royale, qu'on dis volgairement le grand chemin des charentes. Voire le 7 se perd en tous les mots François dépravez de rota ; comme en roue, rouage, roullier, rouleur ; sant qu'en Languedoc on dit rodier pour un artisan de routes ; & puis rodier un puis à routes, avec lef- quels on puis l'eau dont on arrondit les jardins à Thouleuse. Route enfin, par métaphore, se prend aussi pour disconstruire, quand on dit qu'une armée a esté mise en route ou en vauderoute, pour dire, qu'elle a esté rompue & vaincue : quyant le feu Sieur de la Nouvée s'envie que nous le tenons des Italiens, ainsi que banqueroute quand les marchands ont rotta la banca. Je croy bien que le terme de ban- queroute a esté composé par les Italiens. Car les François n'ont point inventé cette tromperie ; mais ils ont emprunté ces deux mots des Italiens ; qu'il EFERUS - Recherches & Classification numériques ont adapté à leur intention & à leurs mœurs. Toutois je ne puis dissimuler qu'en la Conflume de Boule-nis art. 142. il est dit, qu'en cas de déconfiture ou rompture, tous créanciers viennent à contribution : où le mot de rompture, & en son & en substance, approche fort de la banqueroute des Italiens. Conclusion : roupte, rouptière, roupteur, & roupturier, ont mesme dérivation ; & de leur origine première ne dénotent qu'une mesme chose. Route estoit routure ; routier estoit routurier. Puis l'usage a varie : & enfin routurier est demeuré pour signifier un homme de peote, Coulthamier, Coustier, & taillable ; auquel est opposé le franc & le noble. M. de la Coste, dans son Commentaire sur le titre de Jure Emphyteutico, qui m'a été communiqué manuécrit par M. du Puy : Non igitur Latinum nomen Institio, sed Graecum, sequereutis, usurpatum fuit, quamvis Emphyteutis sit proprie Institio : & quamvis hoc contractus genere initio tantum dati videantur agri dezerti, inculti & squallidi, sub lege meliorationis, tamen Emphyteutis tandem dicta fuit de omni datione perpetua sub annua praetatione : eademque forma veteres Franci agros incultos, sylvas vel saltus, dederunt, sub lege rumpendi, scindendi & aperiendi ; quod vulgo dicitur, à la charge de rompre & ouvrir les terres : & inde terra ista vel possessiones rupta, scissa & aperta, detortis à Latina lingua nominibus, dicta fuerunt rupturæ, scindæ, quasi scissa ; & aprisiones, quasi aperitiones, pro novalibus. Lingua Francica Teutonica dicuntur Exarta : & inde exartare in Capitularibus Karoli Magni : vulgo Estarts & Exarts. De Rupturis extat insignis locus in Bulla Privilegiorum Monasterii Sancti Felicis in Aragonia : Decimas & primitias de novis rupturis quæ factæ sunt in allodio S. Felicis. Id est, de decimis Novalium : & ita hodie vocamus rotures, ab hac voce ruptura, agros rusticos datos sub lege rumpendi & meliorandi ; eadem plani forma quà Latini emphyteuticos. Sic viam ruptam & stratam vocamus route. De qua tamen voce diversa est vox alia Francica ruta sine v, quà, ut Guillelmus Neubrigensis docet Historia Angl. lib. 11. cap. 27. & lib. v. cap. 15. significatur turma stipendiarum militum : & corrupte apud Guillelmus Armoricum lib. v. Philippidos, duobus locis, scriptum est rupta cum v, cum sit legendum ruta sine v. Et inde Rotarii, ROUTURES, ut in veteribus libris scriptum esse Hostieris notat in capite penultimo. Ne Clerici vel Monachi negotis laculi se immisceant. Illo loco : Nullus Clericus Rutariis vel Rotariis, aut balistariis, aut hujusmodi viris sanguinum, praponatur. Horum enim Rutariorum militum infame nomen esse crepit ob frequentia latrocinia & populationes. Eademque sensu Hareticos Albigenses dictos fuisse Rutarios, Trichemius scribit in Chronico Hirsangienis, non quia omnia rumpedant & dissipabant, ut quidem malè censent, sed quia militum Rutariorum, ut & latronum, nomen infame fuit. A Rutariis igitur istis, id est Routiers, separandi sunt Ruptarii Routiers, qui non à ruta, sed à ruptura totidem literis dicuntur. Concludamus igitur, rupturam propriè esse terram ruptam vel processam, à quo idiotismus Francicus acceptit hanc vocem roture, ut à cultura, couture. Eademque analogia terra scissa dicitur scincta, vel scinda, à scindendo, in Constitutionibus Karoli Calvi, quam vocem terram censualem significare cerium est. De illo, inquit, qui agros Dominicos, id est, ad sicum pertinentes, propterea neglexit excolere, ut novas inde non persolvat, & alienas scindas et excolendum propter hoc accipi. SCINDA igitur, quod ad culturam scissum est, ut loquitur Lex. 9. tit. 1. lib. 10. Cod. W. isoch. & ita hanc vocem explicatam reperio in Glosario MS. vocum Germanicarum, qua extant in Legibus Franc. Sal. Ripuar. & Alamans. Eadem quoque forma terra aperta dicta fuit aprisio, quasi aperitio, ab aperiendo, in Pracepto Concessionis quod Ludovicus Pius dedit Hispanis, edito a Petro Pithæo : Si quisquam eorum in partem quam ille ad habitaculum sibi occupaverat, aliquos homines undocunque venientes attrakerit, & secum in portione sua, quam aprisionem vocant, habitare fecerit. Sic lege ex autographo. Malè edito Pithæo ad portionem, pro aprisionem : quam lectionem, verissimam esse ostendit simile Praceptum Karoli Calvi, datum in Monasterio Sancti Saturnini prope Tolofam, quod exstat in Historia Comitum Barcinonensium : qua confirmat superiorem Ludovici Pii Concessionem. Eodem quoque verbo utitur vetus instrumentum Donationis facta Romana Ecclesia et Berengario, Comite Barcinonensis, quod Illustissimus Baronius Cardinalis dedit tom. 72. Annal. Ut omnes qui mecum insudaverint ad præfatae urbis Tarraconensis instaurationem, habeant in confinio urbis suam abscionem. ABRISIO igitur, est terra in defertis atque incultis locis aperta, ut loquitur dicta Constitutio Karoli Calvi : ex quà legendum in secundo Pracepto Concessionis Lud. Pii. editionis Pithæana : Cæteri vero qui simul cum eis venerunt, & loca deferta occupaverunt, quicquid de deferto excoluerunt. Malè edito Pithæana de incerto. Ex his omnibus apparet, rupturam nostram Francicam eadem forma & ratione dictam, deducam & derivatam fuisse, quà apud Romanos Emphyteutis ; quod antea hominibus nostris fuit incognitum. Quidam enim censent, sine Authore, routram veterem esse vocem Teutonicam ; quidam, ROTURIERS dictos fuisse quasi ruticolas, sine ulla analogia. Le même de la Coste, à la page 310. de ses Commentaires sur les Décrétales de Grégoire IX. se vante d'être le premier inventeur de cette étymologie de ce mot de roures. Est autre aprisio dicto loco, quasi aperitio : terre ouverte, & défrichée : ut ruptura, terra rupta : Terre rompue : ut pluribus docui ad Tit. Cod. de Jure emphyteutico : indicata origine vera, hominibus nostris hallerus incognita, rupturarum, quas vulgo vocamus rotures, cum terra data fuerint sub lege rumpendi, à la charge de rompre & ouvrir les terres. Et à la page 585. il ne desaprouve pas l'opinion du Président Fauchet, qui dérive routier de rusticus. Du Chesne sur ces mots d'Alain Chartier, Ou temps de Karesme, ce dit an ; se partirent les Routiers du pais de Bar & de Larraine ; qui sont en la page 112. dérive route de roux, qui signifie cheval en vieux François. Les Latins, dit-il, les appellent Ruptarios, du mot Ruta sive Rupta, qui signifie compagnie de gens de guerre à cheval. Guillaume de Neubrigé au livre v. des Gettes des Anglois, chap. xv. Per stipendiariam militiam, quam Rutas vocant, expugnato Ionduno. Et Guillaume le Breton au livre v. de sa Philippide : — bellatorumque minorum Millia dena quater, & Marchaderica Rupta Excedens numerum. Anquel sens, nos vieux Fœtos François usurpent aussi Route EFERUS - Recherches & Classification numériques Route pour compagnie de gens de cheval. Car ainsi en use l'Auteur du Roman intitulé Garin le Lohe- ran, composé du temps de Louis le Jeune : En fa compagnie ot de Chevaliers mil, Grant fu la route quant li Dus defcandil. Et ailleurs : Là veissiez les routes assembler, Et Amauriz leſt le cheval aler. D'où vient pareillement arouter, pour assembler, ou mettre en compagnie. Le mesme Roman : Quant mengié orent, & il orent difiné, Au tref Garin furent tuit arouſt. Et derechef : L'arriegarde fet le païs rober, Et les grans proies chargier & arouter. Mais quelle est l'origine de route, ou ruta, peut- esbre du mot roux, qui signifie cheval en vieux lan- gage François : car ainsi le prend aussi l'Auteur du Jufdit Roman, quand il dit : Es un meſtage for un rous Arabi, Novelles conte, & il fu bien oi. Et peu après : Hue s'en retorne for le rous Arabi. Puis encore ailleurs : Bien fu armé for le rox Arabi. C'est-à dire, sur le cheval d'Arabie. Ce que j'eſtime d'autant plus vray, que mesme encore aujourd'huy ceux des Païs-bas appellent Ruter un homme de che- val, en leur langue : & nous, par quelque altéra- ration ou corruption de lettres, Reïstre. Voſſſus de Vitiis Sermonis, page 267, le dérive de l'Alleman rute. ROTTA, RUTTA, vel RUTA, manus, vel globus hominum, idem ac ichara. Gui- licimus Brito in Philippidos libris : Hac ex parte Comes Robertus manſit, & hæres Hugo Novi Caſtri, Simon, & rotta Cadoci. Et lib. vii. Walterſis Legio, numeroſaque rotta Cadoci. Ac ſimiliter antea, eopſe libro : — Tecum Lupicaria rutta Fac eat. Sic enim reſte ibidem emendavit, i manajerec amicus neller Joannes Meurſius. Vulgo editum rupta. Lu- picaria vero rutta vocatur ei a Lupicaro, quem in- ter Præſeſtos militares numerat libro ſequenti. Uſur- pat quoque Guillelmus Neubrigenſis, lib. 2. cap. xxvii. Stipendiarias Brabantiorum copias, quas iutas vocant. Caſarius, lib. & Miracul. cap. 2. Prædonibus, quorum multitudo rutta vocatur, ſe conjunxit. Et lib. xi. cap. 1111. Multitudini præ- donum, quæ rutta vulgo dicitur, ſe aſſociavit. Matthæus Parisius in Richardo I. ad ann. clx cxcvi. Qui duces fuerunt caterva, quam rotam vocamus. Neque neſcivere Graci. Nicetas in Balduino Flan- dro : Maſper, lui ſovus urquatus : Turmam, quam rotam vocabant. Eſi vero rotta, vel rutta, a Ger- manico rotte : quomodo dicimus, een rotte ſolda- ten, item rotten, congregari. Videri autem peſſit Tome II. rotte eſſe ex eo, quid & Germanis rot idem ac rota Lazinis. Nempe a reunditate furrit; quomodo dici- tur globus hominum. Sanè Scaliger ad Varonem cenſes, turma ſimiliter eſſe a viſſus, rotunditas. Nec tamen de iſtijunodi conſectura cum quoquam conten- dero. Eique, communierem ſecutus opinionem, in iis qua originis ſum barbara repoſus. Et il dérive rup- tarius de l'Alleman ruter. RUPTARIUS quoque in ortu barbaris locum habeat, ſi inde ſit, quod Ger- manis ac Belgis ruter ſit eques : ut opinio eſt dochiſſimi Watii in Gloſſario quod addidit Matthæo Parisius, à ſe longe ſelicius reuſe. Eſt apud Mat- thæum hunc, in Henrico II. ad ann. clx cxcvi. Numiatum eſt ei, electam Regis filii ſui militiam apud Dolenſem urbem a Brebancis & Ruptariis circumcluſam. Ac mox : Sed priuſquam veniret, hoſtium ſuorum maxima multitudo a ſuis Rupta- riis fuerat interempta. Ac ſimiliter, apud eundem alibi. Interim ruyter pro equite ſimplicius ſtatus dici pro ryder, à ryden; unde & theda. Quarantæc pla- ces eſſe a ruyten, predari, populari. Uti neque à jovip, deſenior; neque à jovip ſignifiante uſius ſive habenam. Quorum prius Meſſercho vaſum, alterum Druſio. Voyez Meurſius, dans ſon Gloſſaire, au mot jove. L'opinion de M. Beſly me paroît la plus vrai- ſemblable. Mais afin de mettre les Curieux en état de pénétrer plus avant dans la connoillance de la vérité par la comparaison qu'ils feront des diver- ſes lumieres que pluſieurs hommes de ſinguliere doctrine ont découvertes ſur le même ſujet; j'ai jugé à propos d'extraire, & de tranſcrire en cet endroit, ce que Camden, très diligent Hisſto- rien; M. de Gyves, très - digne Avocat du Roi au Siège Préfidial d'Orleans; & M. d'Avezan, très-célèbre Docteur-Régent en Droit de l'Univer- ſité d'Orleans; ont, chacun à leur égard, touché de ruta, & de rutarii. R U T A R I O S (dit Camden in Otradinis, page 668.) vocavit hac atas externos illos & pra- datorios milites, quos à Belgia & aliunde, in ſubſi- dium Regis Joannis, Falcaſius de Brent, & Walter- rus Buc, adduxerunt. Et page 672. ex Historia Melioſſenſi : Joannes Rex Northumbriam tetam per- vaſſavit cum ſuis Rutariis. Voici ce que M. de Gyves en a écrit en la Lettre que j'ai déjà citée ſur le mot reſpit : Je ne puis approuver la difference que M. Domi- minici i eſſerçant d'expliquer au 21. ſimilier de ſon Traité de Prærogativa Allodiorum, le 1. chapitre du xvii. tit. du liv. 1. de la v. des anciennes Com- pilations des Décrétales, eſſaye d'eſtabli inter Rut- tarios & Ruptarios : ſendant, ſans doute, ſa con- jecture ſurges paſtages de Guillaume de Neubourg, au chap. 17. du liv. II. de Rebus Anglicis : Stipendi- arias Brabantiorum copias, quas Rutas vocant, accertivit. Et au 15. chap. du v. liv. Rex per ſti- pendiariam militiam, quam Rutas vocant, expu- gnato & capto Iſonduno : comme ſi ce mot de Ruta avoit un rapport néceſſaire à l'adjectif ſtipendiarius. Je priſerais pluſtoſt que Ruta & Rupta, Ruttarii & Ruptarii, ſont ſynonimes, & ne ſigniſent qu'une meſme choſe. Ainsi les meſmes troupes qui prirent Iſondun en Berry, que Guillaume de Neubourg ap- pelle Rutas, ſont appellées Ruptarii pur Guillaume le Breton, des Geſles de Philippe Auguste : Qui im- perat Ruptariis, Cotarellis, Marchaderus Eſſoldi- num capit, & munit ad opus Richardi Regis. Et le meſme, comme je croy, au liv. v. de la Philippide, dit : 11 h h EFERUS - Recherches & Classification numériques Quos Marchaderi. sic clausit Rupta, quod ambo Dum patriae pugnant, capti, vincitque ca- tenis. On, s'il faut mettre quelque différence entre ces mots, se voudrois dire, que Ruta est un terme particulier de l'ancienne milice de Brabant, laquelle les Princes voisins taseboient d'attirer à leur solde, à cause de l'estime de courage & d'adresse qu'elle s'estoit acquise dans les guerres, ainsi qu'il se recueille du mesme Poëte au IX. liv. du mesme Poëme : Othonis focer Henricus, cui mille catervas Exhibet, & plures Barbancio, sevior alter Quo nufquam est populus bello, nec assuetior armis. De maniere que Ruta voudroit dire un Corps de gens de guerre; comme en Grec une phalange, une légion à Rome, en France une compagnie d'or- donnances, un tercio en Espagne : & dans les pas- sages cyclistes alléguez, ce terme ne se rapporteroit à stipendiarias que par accident, & à cause que cette milice de Brabant étoit lors à la solde du Roy d'An- gleterre, laquelle n'eusit pas esse autrement denom- nie, quand elle eusit combatru pour son Seigneur, ou pour sa patrie. Ruptarij sont soldats & gens de pied, qui estoient tirez de la campagne, gens agrestes & accouflumez à rompre la terre; sueti terram rumpe- re; unde Ruptarij. Il sont aussi appellez Commu- nes & Coteraux, comme estans tirez des Coteries, qui sont mesnages champestret : & le témoignage de Guilloume le Breton en ces mots; Anno 1183. in- terfecti sunt in pago Bituricensi Cotarelli, qui vul- go dicuntur Ruptarij, uno solo die septem milia; me persuade qu'ils ne jouissoient pas d'une si profonde paix que se l'est persuadé l'Auteur au fucille 22. Et M. d'Avezan déduit ainsi succinctement son opinion en la page 363. de l'excellent livre des Servitudes Prédiales, qu'il a depuis n'aguères don- né au public; à l'endroit où il montre, qu'il n'y a personne qui ne puisse imposer des servitudes sur les fonds qu'il tient à emphyteose : Licet autem in initio hoc contractus genere dati tanum videantur agri deserti, inculti, atque squa- lidi, sub lege cultura & meliorationis : verum tan- dem emphyteosis dicta est de omni datione perpetua, sub annua praestatione vel peristatione. Eademque for- ma veteres Franci agros incultos, sylvas, vel salus, dederunt, sub lege rumpendi, scindendi & aperien- di, quod vulgo dicitur, A LA CHARGE DE ROMPERE ET OUVRIR LES TERRES. Et inde terra ista vel pos- sessiones, rupta, scissa, & aperta, detorix à Latina lingua nominibus, dicta fuerunt ruptura; scinde, quasi scissa; & aprisiones, quasi aperitiones, pro novalibus; idiotismo, TERRES OUVERTES ET DISTRICHES. Et ita hodie vocamus ROUTURIS, à voce ruptura, agros rusticos datos initio sub lege rum- pendi & meliorandi; eadem planè forma qua Latini Emphyteonicos. Ruptura est proprie terra rupta vel proscissa, à qua idiotismus Francicus accepit hanc vucem, ROUTURIS, ROUTURIERS : & mait quidam existimant, ROUTURIERS dictos fuisse, quasi ruri- colas, vel rusticos, sine ulla analogia. M.
ROTURE. Seyfiel, au livre de la Monarchie de France, chap. 8. cité par Cl. Duret, au chap. 20. de son Traité du Changement des Monarchies : Je presuppose que le plus grand danger qui fait aux Jans Monarchiques de venir à rotere & confusion, esi pour cause de la mutation des Princes. Ce qui R O T. R O U. fait voir qu'au tems de Cl. Seyfiel, c'est-à-dire, du Roi Louis XII. on diroit rotere, pour rupture. Le même Seyfiel, dans sa traduction de Thucy- dide, liv. 1. chapitre dernier : Perturbation & rot- ure des traictes & considérations. Item, page 328. de son Histoire de Louis XII. 1615. Par la contra- vention & rotere que les Fenitiens avoient sainte con- tre le traict de paix & d'amitié entre eux contractée par les moyens dessus declarant. Par laquelle rotture... Le Duchat.
ROTURE. Pour éclaircir encore davantage l'origine de ce mot, il sera bon de joindre ici ce qu'en dit Wachter, dans son Glossarium Germani- cum, page 1309. Voici ses paroles : ROTTE mani- pulus : rottuneiter decurio. Olim majorem nume- rum denotavit. Cambris thawd est turma, caterva. Idem Belgis rot, Anglis route, Gracis inferioribus viva, Latino-Barbaris routa, ruta, rotta & rup- ta. In reliquis Dialectis vox Celtica accipit augment- um initiale unius littera. Inde Anglo-Saxonibus cruth turba confertissima (unde Anglis remanist a crowd), Sorabis czorda turma, Italis frotta agmen. De vox Germanica hactenus nemo, quod sciam, fuit sollicitus. De Latino-Barbara varia sunt Glosso- graphorum opinationes. Speimannus a rota deslump- tam putat, quod compaulus manipulus rotam expri- mat. Sic a cunei similitudine cuneos, à globi glo- bos militum denominari. Cangius in ratione voca- buli reddenda prolixior est. Rumpere, inquit, La- tino-Barbaris est terram prescindere : inde ruptura, ager nuper proscissus; & ruptarii coloni, qui agrum proscindunt. Inde Gallis roturier, homo ignobilis & obnoxia conditionis. Hinc porro rupta, & per syn- copen ruta, rusticorum cohors. Mihi vox Latino- Barbara ambigua videtur, & duplici pollere sensa, militari & rustico. Utrumque ex Germanico fonte de- duco, quamvis per diversos rivulos, illum a reiten militare, hunc a rotten terram rumpere. Ad priorem sensum spectat, quod Nicetas Choniates, à Spelman- no allegatus vivas expresse vocat partem exerci- tus, & reliqui scriptores rutam interpretantur sti- pendiariam militiam & rutarios milites. Et huc etiam pertinet rotte manipulus. De altera rupta vi- de Cangium in voce Rumpere. Et à la page suivan- te le même Auteur parle ainsi : ROTTIEN, rumpere terram; sive id fiat arato, aut sodiendi instrumento, quod faciunt coloni; sive rostre, quod faciunt sues. Dicitur primo de colonis. Inde Gracis opiata, opi- ta, sodio; Latino-Barbaris rutare, & rupture, terram prescindere : & hinc porro ruptarii, & rup- tuarii, coloni; unde Gallis roturier, homo vilis & plebeius, sensu à rusticis adoppidanos transfato. Je crois que l'Alleman rotten vient plutôt du Grec opiata ou opiata, que non pas ce mot Grec du mot Alleman, comme Wachter semble le dire. *
ROUABLE. Voyez roable. M.
ROUAGE. C'est un droit Seigneurial, le- quel se prend sur le vin qui est vendu en gros, & transporte par charoi, & avant que la roue rou- ne. Voyez Raqueau en son Indice. De rotaticum, ou rodaticum. M. Bignon sur les Diverses Formu- les, page 347. RODATICUM. Capitul. lib. vi. cap. 219. Ut nullus homo præfumat theloneum per vias, nec per villas rodaticum, nec pulveraticum, reciper. Hodie ROUAGE; quod veiligalis gemt ex vino vendito colligitur. Rotaticum, in Diplomate Dagoberti Regis, de mercato Sancti Dionysii, ubi EFERUS - Recherches & Classification numériques varia tributorum nomina recenzentur ; & in Prae- to Confirmationis Pipini Regis de eodem mercato : Nec de navigis, nec de portibus, nec de carris, nec de faumis ullum theloneum, vel formaticum, seu rotaticum, vel pontaticum, vel portaticum, vel falmaticum, seu cespitaticum, live mutaticum, vel aliquam exactionem aut consuetudinem exigere. Voyez Voissus de Vitis Sermonis, page 266. M. ROU AISONS. Rabelais, liv. 4. chap. 44. Et en sensibus trois ou quatre quaresmes par chacun an ; tant certaines particulieres rouaisons & oraisons. La Legende de la greigneur & mineur Letanie, dans la Legende dorée en François, imprimée en 1476. Et fut établie avant que l'autre, & est dictée la mineur Letanie, & rouaisons & procession. Ce que l'original Latin exprime par rogations & processio. D'où vient aussi que Nicot explique les mots de rouaisons, ou roisons (statua supplicaciones) par celui de rogations : rouaisons, roisons, & rogations, venant également de rogations. M. Ménage, au mot rogations, avoit renvoyé à celui de roaisons, pour l'étymologie de l'un & de l'autre : mais, ou il ne s'est pas souvenu, ou il a négligé, de donner l'article de roaisons. Plus bas dans la même Légende, le Traducteur parlant de la Fête des Rogations : Et si est dictée rouaisons, qui vaient autant à dire que tequeses ; car adanc nous requerons l'aide de tous les Saints. Et dans la Légende de Sainte Elisabeth : En rouaisons elle suivoit la procession nue, piés & en langes. * ROU A N. Cheval roman. Lodoico Dolce, dans son Dialogue des Couleurs : Benche il rovano sia chiamato dal luogo ove si sa panno, quasi nero finissimo. E Rovano è Cista suddita al Regno di Francia, &c. J. C. Scaliger contre Cardan Exercit. 325. Itali toan, quasi ravum, hunc esse ocularum capres videmus apud Varrozem, qui galli cantique oculos ravos requirit. Caieneuve. Voyez ci-dessus roan. ROU COULER, ou RO COULER. Il se dit du bruit que font les pigeons dans le colombier ou sur les toits. Je crois que c'est une onomato-pée. Les Anglois appellent cela to coo. Les pigeons roueulent, comme les poules glousent. * ROU E. Supplice. Ce supplice a été élégamment décrit par Contius sur le Titre De Publicis Judiciis aux Institutes, en ces termes : Hodie etiam roca post multa sacula introduita est, cruci similior quam furca. Primum enim in cruce ad quatuor ejus ramos ligantur miseri corporis brachia & cyura, deinde vecte serreo confringuntur ; postremo lacerum & contusum corpus de cruce depositur, & rota in altum cretia imponitur supinum, adhuc vivum ac sentiens, imò etiam sitiens, quo magis infernum solem oculis jam semiclausis ingemiscat ; ac mortem, caseris hominibus horrendum malum, summi voti loco advocet, atque nimis diu cantiantem accuset. Miserrimum ac vero crudelissimum spectaculum, & tamen oculis Christiana pietaris (è tempora !) quotidie diversans. Scirem huius tam memorabilis tormenti tam ingeniosum in panas artificem aut inventorem : secundas ei nunc aut tertius tam practari facicuris palmas post Phadaridem aut Tarquinium deferrem. On ne sait point l'inventeur de ce supplice. On sait seulement qu'il a été inventé en Allemagne, & que c'est le Roi François I. qui l'a introduite en France. Jean du Tiller, Evêque de Meaux, a écrit qu'il y fut introduit en 1535. Anno 1535. lex contra latrones lata, salutaris admodum omnibus peregrinantibus & iter facientibus, ut pedibus, brachitis, dorsi spina & cervice fracta & conquassata, tamdi sublimes in rota vivant, quamdiu animam de cæto trabere poterunt. C'est dans sa Chronique. L'Ordonnance de François I. par lequel ce supplice fut introduit en France, est du mois de Janvier 1534. & elle fut publiée & regitée au Parlement l'xt. du même mois de la même année. Et, ce qui est remarquable, elle est contre ceux & celles qui voleur de nuit les passans dans les villes & hors les villes, & qui les tuent ou les blessent. Et il y a des exemples de femmes rouees. Mais avant François I. ce supplice avoit été pratiqué en France. Le Président Fauchet, au livre 3. de ses Antiquités Gauloises, chapitre 19. Grindion fut mis sur la roue, punition lors commune entre les François, & remise en usage l'an 1535. pour faire peur aux voleurs par ce cruel chastiment, pratiqué de tous temps en Allemagne contre les guetteurs de chemins. Un Manuscrit de Guillaume Bardin, Conseiller Clerc au Parlement de Toulouse, lequel vivoit en 1440. En l'an 1510. le Parlement de Toulouse étant transféré à Montauban à cause de la rébellion de Thouleuse, sur le procès à un nommé Jean de Burnamour, qui étoit l'auteur de la rébellion, & le condamna au supplice de la roue, qu'il souffrit devant la porte de l'Abbaye de Montauban. Ce Manuscrit m'a été communiqué par M. Maenau, Conseiller au Parlement de Toulouse, & Commissaire de la Chambre de Justice, homme d'un mérite extraordinaire. Il me reste à remarquer que notre supplice de la Roue est différent de celui des Grecs. Cujas, livre 3. de ses Observations, chapitre 28. Itaque, ut ex eis locis apparet, supplicium illud quod Franciscus Rex in grassatores instituti, ut fractis membris semianines in altum elatis rotis supini imponantur, ub rota illa verorum, cui homines alligari crudeliter torquebantur ac disendebantur, longe dissimillimum est : quod tamen non desunt qui negarint, adducto falso aut depravato testimonio ex Ammiani Marcellini libro 21. Brodeau, liv. 2. de ses Malonges, chap. 10. De rota, ut ita loquar, Germanico supplicio, triginta ab hinc annis in Galliam translato, ut de re vulgo nota, nil acturus sum. Hoc unam dissimulare non possum, pudendo Ludovici Calli lapsu, diversum ab eo esse, quod voxis Gracis appellant. Antiphon, &c. qua nihil ad Germanicam pertinere, nemo non videt ; in qua fontes, jam datis panis, non plus doloris sustinens, quam si humi strati jacent. Ce supplice de la Roue, qui nous est venu d'Allemagne, a été ainsi appellé, ou parce qu'on expose les suppliciés sur une roue, ou parce qu'en Allemagne on rompt avec une roue les membres de ceux qui sont condamnés à ce supplice : ce qui se pratique aussi en Dannemark. L'Histoire de Dannemark d'Erpoldus Lindenbrogius, article 92. Nam anno statim sequenti captus est Ravelonus, qui extra Roskilam rota percussus occubuit, in ultionem interfecti Erici. M. ROUELLE de veau. De rotella : à cause de sa figure ronde. M. ROU EN. Ville. Capitale de Normandie. De Rotamum, qui a été dit pour Rotamum, dit pour Rotamagum. Magum est un mot Celtique, qui signifie oppidum. M. Bochart, liv. 1. des Colonies des Phœniciens, chapitre 42. page 757. Multi piura in magum desinum : ut Rhotamagum, Casatamagum, Neomagum, Noviamagum, Drufo- H h h ij EFERUS - Recherches & Classification numériques magum, Argentomagum, & alla triginta minimum, fere Gallica, aut Britannica, aut Germania circa Rhenum. Falluntur qui vadam explicant: neque enim Rhotomagi Sequana vadosus est; nec Padus Bodincomagi, ubi practipus Padi altitudo incipit. Unde est quod Ligurum Lingua Bodincum ibi vocant, id est fundo carentem. Ita Plinius, lib. 3. cap. 16. Proinde Rhenanum, & Ortellum, & Camdenum fequer potius, qui domum aut oppidum interpretantur, tanquam auctore Plinio, cui, eo loco quem citavimus, Bodincomagum est oppidum ad Bodincum. Hunc interpretationem mactum firmat Lingua Phanicum, qua מעון magon, est habitaculum. Sic מסמך קרש ex habitaculo sanctitatis tuæ, id est & coulis, Deut. 26. 15. מעון ביתך habitaculum domus tuæ, id est templum, Pfal. 26. 8. מעון תרבא habitaculum draconum, Jerem. 9. 10. מעון אריות habitaculum leonum, Nahum, 2. 11. Hac voce nihil frequentius. Literam & per g effero, ut in Gaza, Gomortha, Segor, &c. Inde & מעון Magon, urbs Juda, Jof. 15. 55. Et alla מעון Magon, Jud. 10. 12. cui fervierum Israelita, לעלום Baalmagon, urbs Moab, Ezech. 25. 9. M.
ROUEN, Ville. En Latin Rhotomagus ou Rotomagus. M. Ménage ne parle que de la féconde partie de ce nom. Wachter l'explique tout entier par agere vel colonia ad vadum Sequana. Il fera bon de rapporter ce qu'il en dit page 1033, & 1014, de son Glossarium Germanicum. Voici ses termes: MAGUS, in nominibus urbium Britannicarum, Gallicarum, Germanicarum, quid sit, non convenit inter doctos. Rhenano significat domum, tanquam auctore Plinio: sed ubi Plinius hoc dicat, nemo hactenus reperire, nec ipse indicare potuit. Claverio vadum, Cellario trajectum. Sed ha sunt mera conjectura, qua corrigi possunt ab iis qui Celtica diligentius inspexerunt. Nam magus in compositis antiquis duo pracipue significat, (1) agrum vel campum. Hinc Deus Terminus Britannice dicitur Cadmagon, quasi tutor vel tutela agrorum, & cadve fervare. Agros enim fervare dicitur, non urbes. Vide Baxterum in voce. Hallenus magus idem est quod Germanis feld in nominibus Urbium Bilefeld, Hirschfeld, Mansfeld, Salfeld, & similibus innumeris, (2) coloniam vel oppidum in agro. Conveniunt in hoc significatu Bocharus & Baxterus, sed discrepant circa originem. Bocharo est vox Punica, oppidum & habitaculum significans. Id enim Phanicum lingua ait demitare magon, quod pluribus exemplis & codice sacro demonstrat in Orig. Gall. apud Boxhornium, pag. 47. Contra Baxtero est vox Celtica, prodente etiam Plinio, quod magus Celtis sit oppidum, pag. 171. Usinam locum Plinii nobis abendist. Quari posset, cur Celtica, si maes sit a magus. Mibi, qui contraria derivatione utor, nullum dubium est, quin magus sit dictio Celtica & metonymica, qua locus pontur pro eo quod in loco est, agere pro colonia vel oppido in agro. Itaque BODINCOMAGUS, est quidquid volueris ad Padum, urbs, agere, colonia. Padum annem Ligurum lingua Bodincum appellari, testis Plinius, lib. III. cap. 16. CAZAROMAGUS, oppidum Caesaris. Olim Bratufpantium, postea ob singularia beneficia & Caesare vel Angusto in urbem collata, mutato nomine Cazatomagus, judice Cellario in Geograph. Antiq. DRUSOMAGUS, agere vel colonia Drusi in Vindelicia, parria mea, si vera est conyctura Welferi, nunc Memmingen, quasi Matria, seu terra materna. NOVOMAGUS, mota colonia, novum oppidum. Quod vulgo male vocatur. NIMWEGEN, cum debreemus dicere Nieuw-
MOEN, vel Neumegen. RITOMAGUS, campus ad trajectum fluminis, interprete Baxtero, & Celtico rhyd vadum, quod fistit Box. in Lex. Ant. Brit. ROTOMAGUS, agere vel colonia ad vadum Sequana. Rursus a Celtico rhyd vadum. Plura urbium nomina & vado rhyd decompta, exhiber Bocharus in Orig. Gall. pag. 44. Wachter avoit dit à l'article précédent: MAGUS, cujuscumque sit significatus in compositis, oritur à Cambro-Britannico maes, sive per epentefint, sive quod Gallica lingua pronunciavit mais, & sic Romanis ansam dedit, ut elementum in o convertrent. Il étoit important de bien fixer la signification d'un mot qui fait la principale partie du nom de tant de Villes considérables.
ROUGE. De rubius, dit pour rubens. Robius, rubius ROUGE. Cependant, si on en croit Joseph Scaliger, rubens ne signifie point rouge. Voici ses termes, qui sont de la page 225. de ses Remarques sur Varon de Re Rostica: Cave ne rubeum pro rubro accipiat. Id enim faciunt qui barbarie loquuntur Nam rubens hic prima produlata. Et veteres potius robeum si ribebant: quod & robustum dicebant, &c. In Veteri Inferijense, &c. VITULO ROBIO ET VERRE. Il cite ensuite ces paroles de Servius, Nitela, mus agrestis rubens. Et il ajoute, Hinc robus beves à rusticis vocates auctor Festus: hoc est, &c. L'opinion de Scaliger est réfutée par cet endroit des Gloses anciennes: rubens, i. 1. 1. 1. M. ROUGE OLE. Maladie. De rubiola: à cause de la rougeur qu'elle apporte au visage. M. de Saumalfe, dans son Traité De Annis Climactericis, page 716. Qua dicuntur bodis variola & morbilli; Rubiolas nos vocamus; non nona credit hodierorum Medicorum, antiqua avo fuisse incognitas. Sed Valens inter Climacteres puerilis ataris, & morbos qui eos faciunt, aut frequentem puerorum ovale, &c. Rubiola ponit, & caesare. Illa respondent Rubiolis, sive Morbillis; hac Varibilis. Aetius Amidenus utriusque morbi meminii. Lib. 3. Rubiola ovelius appellat: ut hinc sciamus hoc puerorum peculiare esse malum, quo cutis eorum colore rubro tota quasi efforcist, quem Graci uisus & uisus & uisus vocit. Hit jungit obiavales, qui adverge in uisus vuli in uisus & uisus, qua sunt variola nostra, tubera vel ulcera in lucentes & uvidas pusulas furgentia. Rubiola in ea Veteres nominabant, quia urbi Bubasti &gypia familiaris hic morbus, &c. M. ROUGE T. Poisson: ainsi appellé de sa couleur rouge; pour laquelle les Latins l'ont appellé rubius, & les Grecs uisus. Les Gloses anciennes: i. 1. 1. 1. M.
ROUILLE. De rubigella, diminutif de rubigo. Rubigalia se trouve pour la Fête du Dieu Robigus qu'on invoqueit contre la rouille des blés. M.
ROUILLE, ROUILLE. De rodicula, rodiculare, diminutif de rodo; comme fouiller, de fodiculare; rouiller, de radiculare. Huet. ROUIR: comme quand on dit, faire rouir du chanvre. De ru, ancien mot François, qui signifie ruisseau: & qui a été fait de rivus: & pour lequel on a dit rou. Rivus rivi, rivive, ruive, ROUIR: qui est comme qui diroit rivo madefacere. Nicot écrit ruir, au mot ruir: & rouir, au mot chanvre, où il rend en Latin le mot de chanvre roui, par cannabis flaviata. D'autres le dérivent de l'Alleman roten. Voyez riviere. M.
ROULLEAU. De rouilelum. Voyez rouile. M. EFERUS - Recherches & Classification numeriques
ROULLER. Derotolare. M.
ROULLER. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1304. ROLLIN, *volvere*, *vertere in gyrum*. *Belgiis* rollen, *Anglis* to roll, *Gallis* rouler. *Syncoparum* à rotulare, *judice* *Menagio* & *Skinnere*. Rotulare *autum* *off instar rota volvere*; & *pafias*, *ferofu feronfi*, *alla judiciatae convolvere* & *complicare*, *ut ad collegium prudentum transmitti possim*. *Et binc parva* rotulus *volumen aeterum*, &c. Voyez ci-dessus *rolo*.
ROUM. C'est le nom que les Arabes & autres Orléansaux ont donné aux pays que les Romains, & ensuite les Grecs & les Turcs, ont soumis à leur obéissance, comme qui dirait *pays de Rome*. C'est ce qui fait que les Persans, & les Mogols, aux Indes, appellent encore aujourd'hui les Turcs, *Rouen*. L'Aîné mineure a eu en particulier le nom de *Rouen*. On appelle autrefois *Romanie*, tous les pays que possédoient les Empereurs Grecs, parce qu'ils se disaient Empereurs Romains, & que leur Ville Capitale étoit la nouvelle *Rome*, c'est-à-dire, Constantinople. Aujourd'hui, nous restreignons ce nom à la Province où est sinée cette Ville, c'est-à-dire, à la Thrace. C'est de là que vient aussi le nom de *Romele* ou *Rumelle*, que les Turcs donnent à la Grece. Les Auteurs Musulmans disent ridiculement que le nom de *Rouen* vient d'un prétendu *Rouen*, fils d'Esaï ou Edom, lequel prétendu *Rouen* a donné son nom aux Grecs & aux Romains. Cette idée au reste, n'est pas de l'invention des Musulmans. Ils en sont redevables aux Juifs, qui avancent que les Romains descendent d'Esaï, & qui ont fabriqué tout exprès cette belle Généalogie, afin de pouvoir appliquer à l'Empire Romain & aux Chrétiens, les prophéties de l'Écriture qui sont contre les Idumés, descendans d'Esaï.
ROUPEAU. Espèce de Héron. Voyez le Dictionnaire de Monce. M.
ROUPIE. Oiseau. Il y a quelques paysans au Mayme, dit Belon dans son Ornithologie, liv. 7. chap. 9. qui nomment la gorge rouge, gardille. Et pour ce qu'on la voit venir aux villes & villages lorsque les roupies pendent au nez, des personnes, les autres l'ont nommée une roupie. Elle a été ainsi nommée de la couleur de sa gorge. *Rubens*, *rubius*, *rupius*, *rupia*, ROUPIE. Les Angevins, pour cette raison, l'ont appellée *rubienne* & *rubiette*. Voyez ci-dessus *gorge-rouge*. M.
ROUPIE. Lat. *ftria*. Je ne sais d'où ce mot a été dit en cette signification, s'il ne l'a été de la rougeur du bout du nez de ceux qui ont des roupies. M.
ROUPIE. Je crois que ce mot dans la signification de *ftria*, vient de *rubia*, fait de *rubius*, d'où nous avons fait *rubi*. La roupie a le brillant & la transparence du *rubi*; & l'on appelle *boire rubi* sur l'ongle, *boire* jusqu'à cette dernière goutte de vin, qui étant tombée du verre sur l'ongle, a l'apparence d'un rubi. Sur quoi il faut encore remarquer, que la *roupie* étant ordinairement causée par le froid du visage, & particulièrement du nez, qui en devient tout rouge, cette rougeur se communique à la goutte qui pend au nez, lui donne l'œil & la couleur du *rubi*. Le Duchat.
ROUPILLE. *petite casaque*; *casaque*. De l'Espagnol *ropilla*, diminutif de *ropa*, mot de même signification. L'Espagnol *ropa* a été dit pour *roba*. Voyez *robe*. M.
ROUSEAU. Le Roman de la Rose, fol. 9. verso 1 Qu'Amours tindrent en leur rouseau. Je crois que c'est un reux ou un filet de pêcheur ou de chasseur; & je dérive rouseau de *reticellum*, diminutif de *reticulum*. *Reticulum*, *reticellum*, *recellum*, *refeau*, ROUSEAU. Le Duchat.
ROUSSI. Cuir de *Rouisi*. Par corruption pour cuir de *Ruffie*; comme le prononcent encore quelques Antiquaires. M.
ROUSSI. Froissart, vol. 4. chap. 119, parlant de Richard, surnommé de Bourdeaux, Roi d'Angleterre, dit qu'après sa mort il fut couché sur une littere dans un chart couvert de *brodequin*. Au lieu duquel mot *brodequin*, on prononçoit autrefois *brosequin*. Lequel mot *brodequin*, signifie uniquement aujourd'hui une espèce de chaussure, que Rabelais, liv. 1. chap. 16. appelle *botre* *sauves*, a causé de leur couleur *rouise* ou *sauve*. Je crois que c'est de *Ruffus*, plutôt dans la signification de *roux*, que dans celle de *venant de Ruffie*, ou *Moscovie*, que l'on a appelé *cuir de rouisi*, le cuir d'un certain rouge brun; & je crois aussi que c'est du même mot *ruffus*, dans la même signification, que vient l'ancien mot *brosequin*, qu'on prononce aujourd'hui *brodequin*, & qui dans le passage de Froissart, signifie vraisemblablement cette sorte de cuir roux-brun. De dire maintenant pourquoi quelques-uns ont appelé ce cuir, *cuir de rouisi*, & d'autres, de *Ruffie*, avec la préposition de, qui semble dénoter le pays d'où ce cuir vient: peut-être est-ce parce que ce cuir roux-brun nous est venu originairement de la *Ruffie*, ou même de la *Pruffe*, par Dantzic, Capitale de la *Pruffe*, & ville voisine de la Pologne, où cette chaussure a de tout tems été en usage. *Ruffus*, *Rufficus*, *Ruffikinus*, *brosequin*, *brodequin*, en préposant un *b*, comme en bruit fait de *rugitus*. *Pruffus*, *Prufficus*, *Pruffikinus*, *brosequin*, *brodequin*, par le changement du *p* en *b*. On distingue la *Ruffie* en grande & petite. La grande est le pays qu'on appelle autrement Moscovie; & la petite n'est qu'une Province de Pologne. Le Duchat.
ROUSSILLON. Petite Province de France. Ce nom est venu par corruption de celui de la Ville de *Ruscino*, Colonie Romaine, & anciennement Capitale de ce pays, mais qui après avoir été plusieurs fois saccagée par les Barbares, & sur-tout par les Sarrafins dans le huitième siècle, a été tellement ruinée qu'il n'en reste plus aujourd'hui de vestiges.
ROUSSIN. Dans tous les vieux livres vous trouverez toujours écrit *roncin* par un *c*. Les Italiens disent aussi *roncins*; & les Ectivains Latins du bas siècle, *roncinus*; & les Bas Bretons, *roncet*. *Vossius de Vitis Sermonis*, pag. 168. RUNCINUS, *idem ac equus spado, sive canterius*. *Bernardus Claravallensis in Vita S. Malacbia*, cap. xx. Runcinus duet portans. *Matthaus Parisius in Vitis* xxiii. S. *Aibani Abbatum*: Juravit idem Abbas Guilhelmus, se centum equos uno anno in diversis partibus Abbatiae, quorum alii erant manni, alii runciui, alii veredarii, alii vero averii, &c. *Ubi de mannis & veredaris res off manifolia*: non *tione de runcinis & averii*. Averii *sum equi jugales, plaustris, vel arietis junchi, a Gallico* ou *VERR*. *Sic usus Rogerus Hovedenus in Richardo primo ad annum* c.9. c.10. Inquiratur de quot bobus & averii singula caruce valeant instaurari. Erit autem pretium bovis iv. solidi, & vacce similiter, & averii similiter. *Qua* EFERUS - Recherches & Classification numériques R-O U. de voce pluribus Spelmannus in Avera. RUNCINUS verè, ut dixi, est canterius; hoc est, equus casta- tus; qui Germanis ac Belgis ruyn: uti ruynem cas- trare, evirare. Ce qui pourroit faire douter que ce mot eût été fait de l'Alleman ross, qui signifie che- val. Je crois néanmoins qu'il en vient, & que nous avons fait roussin de ross, par diminution: comme bonquin de book, ¶ Voyez ci-dessus au mot bo- quin. Ross, rous, roussin, runcin. Ancièmement nous disions rous pour cheval. L'Auteur du Ro- man, intitulé Garin le Loheran: Es un message ser un rous Arabi, Novelles conte, & il fut bien ol. Et ensuite: Hue s'en retorne ser le rous Arabi. Les Italiens ont aussi fait de là leur roncino. Ross, rossinus, rossinus, roncino. M.
ROUSSIN. Le terme de runcin est particulier à la Coutume de Touraine, où à l'article 96. & au 97. il est parlé des runcins de service dus au Sel- gneur en trois cas, & ordinairement abonnés à la cinquième partie du revenu annuel du Fief. Dans le pays Messin, il y a de certains Fiefs, où quand le Seigneur y vient, il lui est dû par les ha- bitans un fagot d'épine pour son cheval. Ce qui fait que je ne doute point que le runcin, que la Coutume de Touraine appelle runcin de service, ne soit un cheval de fatigue, & qu'on ne l'ait ap- pellé runcin, ou runcin, comme on parle à Merz; parce qu'en un besoin un tel cheval mange fort bien les ronces & les épines. Rabelais à écrit rous- sin, & liv. 1. chap. 34. il appelle roussin un cheval de poste, que Gymnaste monta pour aller à la découverte de l'armée de Picrochole, qui appro- choit de celle de Gargantua. Ainsi runcin, ou plutôt roncin, auroit été fait de frons frondis, qui se dit des rameaux aussi bien que des feuilles d'arbres. Frons frondis, frondicus, froncus, fronci, froncinus, ron- cinus, runcin, RUNCIN; par le retranchement de l'f; & par le changement de l'n en v voyelle, comme en convenant de consentus. Runcin peut aussi venir de rubus. Rubus, rubicus, rubicinus, runcinus, RUNCIN. Rabelais, liv. 5. chap. 8. Tu es tous héris- fonné, tout hallebréné, tout lanterné, & ne mange icy que joncs, espines, & durs chardons. Et plus bas: Vive les chardons des champs, puisqu'à plaisir en y roussine. On voit par ces deux passages, que roussiner est le propre de l'âne, qui mange des ron- ces; & du cheval, en tant qu'il se nourrit aussi de ronces. Le Duchat.
ROUSSIN. Je doute que les deux étymologies que M. le Duchat propose de ce mot a soient goû- tées d'un grand nombre de Lecteurs. Je ne vois guère d'apparence que roussin, ou runcin, vienne de ronce; & encore moins que ronce vienne de ru- bus, ou de frons frondis. M. le Duchat, dans sa temarque manuscrite sur le mot ronce, l'avoit déjà dérivé de frons frondis, de cette minière: frons frondis, frondicus, froncus, fronca, ronca, RONCE. Voyez ci-dessus ronce. J'aime donc mieux m'en te- nir à l'étymologie de M. Ménage, & dériver rous- sin de l'Alleman ross, qui signifie cheval; ou bien de rous, qui signifie la même chose en vieux Fran- çois. Cette dérivation me semble fort naturelle. Voyez ci-dessus ross. On pourroit peut être aussi avec quelque vraisemblance faire venir roussin du Latin russus, qui signifie roux, & qui se trouve R-O U. dans Lucrèce; ou même du mot François roux: enforte que la couleur rousse de certains chevaux auroit donné lieu à appeller les autres du nom de roussin; & que les Latins du bas siècle auroient dit roncinus par corruption, au lieu de russinus; & les Italiens roncino, au lieu de russino, comme M. Ménage dit que ces derniers ont fait roncino de ross.
ROUTE. M. du Cange, dans ses Etymolo- gies Françoïses: ROUTE: Ruptariorum, seu rusti- corum, cohors incondita: indus qua via seu itinere, quo is gradiebantur. De rupta. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange au mot rupta; & son Glos- saire sur Villehardouin, au mot rote, & ci-dessus le mot rature. M.
ROUTIER. Nicot: ROUTIER, proprement prins, c'est un indice & adossement de chemins, soit par terre, soit par mer. Selon laquelle signification, le livre contenant les adresses des navigations est in- titulé Routier, & Pilotage de mer. Et moins pro- prement, il signifie un qui a hanté longuement les chemins & voyages. Selon ce, on dit un vieux Rou- tier: tantôt en bonne part, pour celui qui de long- teups est usité à quelque chose, & en icelle bien veris & expérimenté; Veteranus: tantôt en mauvaise part, pour un fin homme, cant & rusé; qu'on dit aussi fin routier: Veterator. ROUTIER aussi, en con- sequent de cette dernière signification, est prins pour aggresser de passans. Jean le Maire en ses illustra- tions: il tenoit espies & Routiers aux chemins, pour des trousser & meurtrir les passans. Voyez le Glossaire de M. du Cange, au mot ruptarius. M.
ROUTIER. Routier & brigand, pour une même sorte d'ancienne Milice, sont synonyme dans la signification de ces piétons demi-armés, semi-vestiti, &c. dont parle Th. Wassingham, cité par du Can- ge, au mot Briganci. Brigand vient de l'Alleman brechen; & Routier, du Latin rumpere, qu'revient à ce mot Alleman. On a aussi entendu par Routiers, des Soldats caissés du service. Et en cette signification, ce mot fait du Latin ruptarii; est un synonyme de Bri- gans, fait de l'Alleman brechen. Le Duchat.
ROUTINE. Diminutif de route. Huet. ROUVRE. Vieux mot qui signifie chêne. De robore, ablaiffé de robur. M.
ROUVREY. Il y a un Village de ce nom en Normandie, dans mon voisinage. Ce mot vient de Roboretum, formé de robur, qui signifie chêne: c'est-à-dire, un lieu planté de chênes, une chên- naye; comme salicetum une faustaye, &c. S. Add.
ROUX. C'est la couleur jaune, & ce que les Latins appellent rusus, & les Grecs arhis. Toute- fois ce mot vient du Latin Barbare rufus. Les Glo- ses: arhis, rufus, rubicus, & rufus. Il faut lire rufus, au lieu de rufus. Caton, liv. 7. de ses Ori- gines: Mulieres operas auro purpuraque arsinea, rete, diadema, coronas aureas, rufesas salcias, gal- beas lineas, pelles, redimicula. Catulle: Densam arque russam defricare gingivam. C'est ainsi qu'il faut lire, selon Apulée. Caseneuve.
ROUX. De rufus. Catulle: Russam defricare gingivam. C'est ainsi que ce lieu est cité par Apu- lée dans son Apologie. On a aussi dit rufus. Ca- ton dans l'efus: Coronas aureas, rufesas facie; galbeas lineas. Voyez Meurfus, dans son Glossaire au mot feier. Martial: Roma magis fufcis veftitur, Gallia rufis: Et places hic pueris militibusque color. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques
ROYAUME. De regimen, qui s'est dit pour regnum : ou de l'Italien reame, qui signifie la même chose. Rabelais, liv. 1. chap. 41. parle d'un Courrier du Royaume. C'est un Courrier du Royaume de Naples, que les Italiens appellent par excellence il Regno. Le Duchat.
ROYAUX. Lettres - Royaux. M. Ménage, dans ses Observations sur la Langue Françoise, arema rqué, que la raison de cette façon de parler, qui aujourd'hui paroît barbare & incongrue, est qu'anciennement les singuliers & les pluriers qui se terminent aujourd'hui en al ale ales & aux; se terminent communément tous en aux : ce qui est très-véritable. Le Roman de la Rose, fol. 118. v°. Selon les droites Impériaux, Dont nature est officieux. A Metz, le peuple appelle un cheval au singulier, un chevau. Item fol. 109. v°. du Roman de la Rose : Les célestiaux influences. Le Duchat.
RU. Voyez ruiffeau. M.
RUBAN. De rubens. Rubens, rubens, rubans, RUBAN. Les plus beaux rubans sont de couleur de feu. Voyez naître, dans mes Origines de la Langue Italienne. Les Espagnols l'appellent vert, de terre. M.
RUBARBE. Par corruption, pour rheubarbe. De rheubarbarum ; dit aussi par corruption, pour Rhabarbaricum. Rabelais, 1. 50. parlant des étymologies des Plantes : RHABARBE ; du Fieuve barbare, nommé Rha, comme atteste Ammianus. M. de Saumalise, sur Solin, page 798. Rha Barbaricum, noëtrum est rheubarbarum : & ce qui suit; que je vous conseille de voir. M. Voyez rhubarbe.[{"box_2d": [92, 646, 454, 737], "label": "text", "caption": "RUBI. Pierre précieuse. De rubius, à cause\nde sa couleur rouge : d'où les Grecs l'ont appelée\njolistic ; c'est-à-dire, de couleur de rose. Saint\nEpiphane : qui est le nom de rube, comme\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à 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l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à 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l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, 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l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à\nl'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à l'ouaure, à Terre du Chapitre de Notre-Dame de Paris, est appelée Villarusca dans les Titres Latins. M. RUE : herbe. Gr. *mēgatus*. De *ruta*. Les Glofes anciennes : *Ruta*, *mēgatus*. Varron, livre 4. de *Lingua Latina* : *Qua in artis nascuntur, alia peregrinis vocabulis; ut Gracis, ocymum, menta, ruta, quam nunc mēgatus appellant*. Le mot Grec est *jura*, ou *jura*. Hésychus : *jura*, *va cīquō* qui *mēgatus* *liouus*. Iolans, dans son Livre des Villes du Péloponnèse, avoit remarqué que *jura*, en cette signification, étoit un mot du Péloponnèse. Le Scholiafe de Nicandre, sur les Thérasques : *liou*, *vā vā vā* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō* *nō
RUE. Les chemins & lieux de passage dans les villes, sont ainsi appelés, du verbe *jō*, ou *jō*, qui signifie *fuo* : à cause que c'est par-là que s'écoulent tant les eaux de la pluie, que celles qu'on tire des puits & des fontaines pour le service des maisons. De-la vient aussi le mot *jō* *jō*, qui signifie une *rue* (les Glofes : *Ruga*, *jō* *jō*) : & le vieux mot *ru*, qui signifie *ruisseau*. Le Site de Joinville : *Et y avoit une belle fontaine, dont le ru defouoit parmi le jardin*. Voyez Guillaume de Tyr, livre 12. chapitre dernier. *Cafeneuve*. RUE du pet au Diable. Dans le second tome du Théâtre Italien, parmi les Scènes Françoises du Peintre d'Amour, dans celle du Vieillard & d'Arlequin vendeur d'Almanachs, le Vieillard : Rue du pet au Diable ? Oh, foi d'homme d'honneur ; en voilà une (rue) qui est drôle. Arlequin : C'est que la Princesse en courant cria : Arrête de par tous les diables. En criant elle l'efforça, & fit un pet : c'est pourquoi on la nomme la Rue du pet au Diable. Villon, fol. m. 18. v°. de ses Œuvres : Je luy donne ma Librairie, Et le Remnant du Pet au Diable, Lequel Maître Guy Tablerie Grofaya, qu'est hom véritable. Par cayers est soubz une table. Combien que soit rudement fait, La matière est si très-méable, Qu'elle amande tout le messait. Il y a donc à Paris la rue du Pet au Diable : & il y a un Roman aussi du nom de Pet au Diable. Le Duchat. RUE Gallande. Rue de Paris, près la Place Maubert : ainsi dite, par corruption, pour Gallande ; des Seigneurs de Garlande, à qui tout cet endroit de la ville de Paris appartenoit. M. le Baron d'Auteuil, en la Vie d'Etienne de Garlande, Chancelier & Sénéchal de France, & principal Ministre d'Etat sous Louis le Gros : Il fut fait Archidiacre de Notre-Dame de Paris, comme il se voit par diverses Chortes de cette Eglise, & spécialement par le titre de Fondation de la Chapelle de Saint Aignan ; par laquelle Garlande donna pour cet effet deux clos de vignes, dans l'un étoit situé au bas de la Montagne de Sainte Geneviève, vers le lieu où est à présent la Place Maubert. Cette particularité femblera peut-être légère : mais elle se trouvera moins inutile, quand on verra qu'elle apprend une antiquité de la ville de Paris ; & que ce quartier, qui étoit alors une campagne, appartenoit quasi tout entier aux Seigneurs de Garlande, pour quelque beau Fief qu'ils avoient aux environs de cette Place Maubert & du petit Pont : & cela est si vray, que jusqu'à présent la grande rue qui mène à cette Place Maubert, est encore appelée la rue Garlande ; & par corruption, Gallande. Ce fief existe encore. M. RUE Gil-Cœur. Par corruption, pour Guy-le-Cuens. André du Chesne, dans ses Notes sur Alain Chartier : Lays de Sancerre, Chevalier, Conneflable de France, vendit, céda & transporta à Révérend Pere en Dieu, Monseigneur Guerrant d'Athies, Archevêque de Besançon, Conseiller du Roy, acheteur pour lui, ses boirs, & pour ceux qui de luy au auroient cause ou temps à venir, pour & parmy le prix & femme de trois mille livres Tournois, un escu d'or à la Couronne, pour vingt-deux fois six deniers Tournois la pièce ; une maison, hostel, jardins & préaux, scant à Paris outre le Pont, faisant le coin de la rue d'Arondelle & de la rue Guy-le-Comte : l'une des portes dudit Hostel, faisant issue en ladite rue d'Arondelle, & l'autre en celle de Guy-le-Comte. Guy-le-Cuens ; qu'on prononçoit Kens ; Gil-Cœur. Nos Anciens disioient Cuens, pour signifier un Comte. M. RUE Grenier-Saint-Lazare. De Varnerus à Sanfio Lazaro ; comme on voit aux Archives de l'Eglise de Paris ; & au Livre de la Chantrerie de la même Eglise, écrit en 1334. M. RUE Quinquempoix. Voyez quinquempoix. M. Tome II. RUE Tibaut-Todé. Plusieurs croyent que cette rue a été ainsi appelée, par corruption, pour Tibaut Oder : & qu'elle est appelée dans les Titres Latins Vicus Theobaldi Odes : ce qui n'est pas véritable. Dans plusieurs Titres de la Chambre des Comptes de Paris ; ce qui m'a été indiqué par M. Roufleau, Auditeur des Comptes, homme très-versé dans les Titres de cette Chambre ; elle est appelée la rue Tibaut aux dec. Dans un Livre de la Chambre des Comptes de Paris, intitulé Livre de la Taille de cent mille livres pour la quatrième année, imposée sur la Ville de Paris, 1196. il y a : La rue Adam, Bourbon, & la rue Tibaut aux dec. M.
RUEL. Village près de Paris, célèbre par la demeure du Cardinal de Richelieu. De Roufalum. C'est ainsi qu'il est appelé dans les anciens Titres Latins. M.
RUELLE. C'est un diminutif de rue. M. RUER. Se ruer sur quelqu'un : c'est ce qu'on dit en Latin irruere, impetum facere. Ce mot vient de iux, d'où sort iux, qui signifie impetus. Et c'est par une métaphore tirée de la rapidité & impétuosité des torrents des rivieres. D'où vient que dans Homère le verbe iux, quoiqu'il signifie proprement couler & fluer, est appliqué aux paroles, aux dards, aux pierres, & à tout ce qui est poussé avec vitesse & impétuosité. Caseneuve.
RUER. Ruer des pierres. Ce cheval rue. De rutiere, formé de rutum, supin du verbe rue, ruere. Les Gloises : Ruto, rutas, ruracum. M.
RUFFAULT. Gerfaut. Oiseau de chasse. Histoire de Bretagne de Lobineau, tome 1. page 964. De gyrofalus, par aphérèse. Gyrofalus, rofalus ; & par le changement de l'o en u, rufalus, RUFFAULT. Le Duchat.
RUFIEN. Ce mot signifie ou maquereau ou paillard. Il vient de l'Alleman ruf, qui signifie une voute : comme on appelle fornicatio la paillardise, à fornicibus ; parce qu'anciennement à Rome les femmes débauchées exerçoient leur vilénie en quelques endroits de la ville faits en voute. Caseneuve.
RUFIEN. Ce mot signifie proprement un maquereau. Nicot : RUFIEN, leno. De l'Italien ruffiano, mot de même signification. On ne fait point bien l'étymologie de l'Italien ruffiano. Voyez mes Origines Italiennes, & celles de M. Ferrari. Voyez aussi M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot rufiani : où il croit que le mot de rufiano a été dit de rufus, parce que les cheveux des Courtisanes étoient ordinairement roux, au lieu que ceux des honnêtes femmes étoient ordinairement noirs : ce qui a été remarqué par François Pithou, & par Woveren sur Petron. Et à ce sujet, il est à remarquer que les Dames Italiennes qui prétendent en galanterie, se font roussir les cheveux, en se lavant la tête : & à cause de cette couleur, elles appellent ce lavage la bionda. La Crufca : BIONDA ; lavanda, con laquale le femmine si bagnano i capelli, per fargli biondi. Rufien signifie aussi parmi nous un homme débauché aux femmes : & ce mot, en cette signification, est plus usité qu'en l'autre. Je reviens à l'étymologie. Celle de M. du Cange me paroît plus vrai-femblable que toutes les autres ; qui sont, que rufiano a été dit d'un nommé EFERUS - Recherches & Classification numériques 434 RUG. RUI. RUM. Rufus, célèbre maquereau : qu'il a été dit de l'adjectif rufus, a caule que les maquereaux étolent habillés de tous : toutes choses dites sans preuve. L'opinion de M. Ferrari n'est pas plus vrai-femblaible, lequel veut que ruffiano ait été dit de rufus, mot Latin, qui signifie capitis corrigo, sive furfures. Ruface, dit-il, est caput scabere, & furfures peliere. Inde pro blanchi, & adulari, quod lenonum proprium. Il ajout : Certè, Patavii, cum lenonum indicare voium, caput scabere solent. M.
RUGINE. Instrument dont les Chirurgiens se servent pour racler les os cariés. Du Latin runcina, qui signifie proprement un rabot. Runcinare, c'est raboter, polir avec le rabot. *
RUIERS. On appelloit ainsi, dans quelques Coutumes de Flandres, ceux à qui appartenoit la Jurisdiction des Chemins. C'est un dérivé du mot de rue. ¶ Ruler est aussi une dignité Ecclésiastique dans l'Eglise de Saint Quentin. Voyez M. du Cange, au mot ruarius. M.
RUISSEAU. De rivicellus, diminutif de rivus. Anciennement on difoit ru : de rivus. M.
RUISSEAU. Ce mot a de la convenance avec ceux de différentes Langues. Wachter, dans son Glosarium Germanicum, page 1272. REISEN, flue-re, manare. Gracis joue est flueus, & finenum, joint fluxio. Anglo-Saxonibus rith, ryth, rivus; Gallis ruiffeau, rivulus. *
RUM. Nicot : RUM, est le trait en ligne droicte d'un vent à autre; comme Nord, Sud, Est, West, Nordest, Sudwest. Ce qui est entendu, non-seulement d'un vent entier à autre, ainsi aussi d'un demi-vent à autre, & d'une quarte de vent à autre, & de plus grande menuiso de vents; s'il s'en faisoit en la navigation. Selon ce on dit, arrumer une Carte; c'est-à-dire, tirer en icelle lefdits Rums de vents entiers, demi-vents, ou quartes d'iceux, d'un point à son opposite en droicte ligne. Ce qui est usité les Cartes de navigation, ou de mer, parce que les routes & chemins de la mer sont en haut & en l'air, & non en bas, comme ceux de la terre; c'est-à-dire, aux vents. Lesquels Rums sont marquez de noir, de rouge, & de vert, pour distinguer les Rums des vents entiers d'avec ceux des demi-vents, & des quartes, servant trefous pour tenir droicte route, & la reprendre quand la fureur d'un vent traversain a fait defrouter & fourvoyer le Navire. Et s'il se trouve des Cartes de terre arrumées, à la façon de celles de mer (comme en l'an 1564, il m'en fut monstre une de ce Royaume toute arrumée, saicte par un Cosmographe Portugais, à la requette de l'Ambassadeur du Roy de Castille, que j'envoyay avec ledit Cosmographe au Roy Charles IX. estant lors à Escoun, à ce qu'il retint ladite Carte, comme pernicieuse à son Eilat, & le Pourtrayeur & Cosmographe à son service, ce qu'il feit), sont Cartes pour la guerre, servant à un estranger ennemi, pour, sans guide, commissant le pays, & à la faveur d'un Cadran ou Bufole, mener une Armée à travers tout le pays desfigué en ladite Carte arrumée, & de tomber point au danger auquel Tice-Live escrit en son vigne de la Liche, estre tombe Annibal, quand il se vit rendu au champ Stellates. Le mot peut estre prins de jouée, diction Grecque, qui signifie le timon d'une charrette, qui la fait aller droit sans balancer; car le Rum monstre aussi le droit de la route qu'il faut tenir sans varier. Aucuns l'appellent rym, autres lys de vent. L'Espagnol, rumo, conformément au mot Grec jouée, excepté en l'accent. M.
RUM. Tous les mots dont on se sert pour nommer les vents, sont Allemans. Ainsi je m'imagine que rum pourroit bien venir de l'Alleman riem, qui signifie une courroie. En effet, toutes ces lignes qui traversent le cercle qui décrit les vents, sont des especes de courroies; & ce sont ces lignes que les François appellent rums. Rum peut aussi venir de rupione, fait de rupio, rupionis, augmentatif de rutron. Les rums sont autant de brifures des quatre vents principaux. Rabelais, livre 5. chap. 25. Entremes en nos navires, entendans qu'avions vent en souppe, lequel, si nous refusions . . . . . à peine pourroit estre recouvert de trois quartiers brizans. Je me trompe fort si ces quartiers brizans n'ont un grand rapport avec les rums de Nicot. Le Duchat.
RUMINER. Ruminare. Ce mot se dit des animaux qui machent une seconde fois ce qu'ils ont mangé, tels que sont le beruf, la brebis, &c. Et il vient du Latin rumen, qui signifie le ventricule où la bête ruminante fait descendre les aliments qu'elle mange, & d'où ensuite elle les tire pour les mâcher une seconde fois. Virgile, Eclogue 6. Ilice sub nigra pallentet ruminat herbas. De-là, par métaphore, nous avons pris ruminer, pour rouler quelque chose dans son esprit, & y repenfer. *
RUNIQUE. Ce mot se dit des lettres & de la Langue des anciens Goths, Danois, & autres peuples Septentrionaux. Quelques uns prétendent que l'Evêque Ulphilas, qui vivoit vers l'an 170. fut l'inventeur des lettres Runiques. Mais Olaus Wormius a montré fort au long qu'Ulphilas n'avoit fait que les faire connoître aux étrangers, & qu'elles étoient plus anciennes que lui. Il y a en Danemark & en Suède des Inscriptions Runiques fut des rochers, & c'est un des plus illustres monumens des pays Septentrionaux. Il y a aussi des médailles Runiques. Ce mot vient du Teutonique run, ou rune, ou rune, qui signifie un secret, un mystère, une chose cachée. Wachter, dans son Glosarium Germanicum, page 1318. RUNE, secretum, mysterium, arcanum. Cambris thin, Gothis runa, Anglo-Saxonibus run, rune, geryne; Francis runo, giruno; Islandis runa. Boxhenius, in Lexico Antiquo-Briannico : thin arcanum, secretum, mysterium; geryne mysterium, sacramentum; gerynelic mysticus. Primo quidem erat secretum quod in aures insusurratur; mox res omnis qua clam habetur, facto à secretis auricularibus ad omnia arcana transitu. Les Runes, ou lettres Runiques, ont été ainsi appelées, comme qui droit, lettres secretes ou mysterieuses; soit parce que chez des peuples ignorans & grossiers, tels qu'étolent alors ces nations Septentrionales, elles furent d'abord regardées comme des mystères impenetrables au commun des hommes, ou même comme des secrets magiques; soit parce que la connoissance en étoit réservée à un certain nom- EFERUS - Recherches & Classification numériques R U P. R U S. bre de personnes choisies, & interdite au vulgaire. Tacite, dans son Livre des Mœurs des Germains, appelle les lettres de ces peuples litterarum secreta: expression, qui, suivant la remarque de Wachter, n'est qu'une traduction du mot Teutonique ruma. Le même Auteur, page 1321, de son *Glossarium Germanicum*, parle ainsi de l'étymologie de ce mot: *Sed missis istis, ad erymon runarum revertor, quod a mysterio deformatum esse, & litteras secretas significare, primus vidit Spelmannus, & pulcræ asseruit in Epistola ad Wormium, qua extat in Glossario Archeologico, pag. 493. Wormius deduxerat a rinne rima, sulcus, canalis; sed mullo Erudiorum applanum, etiam si littera illa lapidibus incisa videantur sulcus & canales referre, & multa olim appellationes a re agraria & humilibus initiis exorta sint. Post Wormium, aliam etymologiam commentus est Stiernbielmius in Praf. ad Evang. Goth. Litera, inquit, Majeribus nostris Ruma dictis sunt a rona disvere, experiri, erudiri. Nolo hic examinare an rona significat disvere & erudiri. Nam reyna proprie est experiri, probare, teste Verelio in Indice. Verum etiam si hac appellatio literis conveniat, quia literis peritia acquiritur, & literati vocantur periti; salam tamen esse, & eodem vitio cum Wormiana laborare, eam solam ob causam existimo, quia hic sensus caseris runæ significatibus aptari nequit, & cognatiuem qua inter illos est, præter necessitatem turbat. Nam illa etymologia qua omnes vocis significatus ad unam & generalem ideam omnibus communem reducere potest, hæud dubiæ verior est illâ qua in singulis significatibus nevus apices quarere cogitur. Wachter, au même endroit, parle fort au long des lettres *Runiques*; & ce qu'il dit là-dessus est très-curieux, & mérite d'être lu. Voyez cet Auteur, au mot rune.*
RUPERT. Nom d'homme. Il vient de la Langue Teutonique, & signifie, selon Wachter, *consilio clarus*: de *rat*, ou *rad*, ou *rad*, qui veut dire *consilium*; & de *pert*, ou *bert*, qui veut dire *clarus*, *illustris*. RUPERT est la même chose que ROBERT. Voyez ci-dessus *Robert*, & *Berthier*; & Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *rat*. A l'occasion du mot *Rupert*, je donnerai ici l'étymologie de *Rathier*, en Latin *Ratherius*, nom d'un célèbre & savant Evêque de Vérone, dans le dixième siècle. Ce nom ne vient pas, comme on pourroit peut-être d'abord se l'imaginer, du François *rat*, dans la signification de *mus*; mais du Teutonique *rat* ou *rad*, qui signifie *consilium*, comme nous venons de dire; & aussi *consilarius*, *consulcer*, *audior consilii*; & qui entre dans la composition d'un grand nombre de noms d'homme. Voyez Wachter, à l'endroit cité.*
RUSE. Nicot, dans son Dictionnaire, le dérive *Rufus*. Sonnerus, dans ses Notes sur l'Epître 44, de la troisième Centurie des Epîtres de Lipse, *ad Belgas*, imprimées à la fin du Traité de Méric Casaubon, de *Quatuor Linguis*, le dérive de l'ancien Alleman *arufin*. ARUBIN, *curis*; *us Gallis* RUSSES. Ne viendrait-il point de *reufus*, mot compris de la particule *re*, & du nom *ufus*? M.
RUSE. On a dit *niste* pour *rufe*. Coquillart, dans son Blagon des Armes & des Dames, fol. 122. 2°. édit. de 1532. Si *nistes* de leur babil, Si *duites* pour trouver des tours. *Ruse* peut venir de *rupta*, fait de *ruptus*, qu'on aura dit dans la signification de *rompu*, ou *brise*. De là *routier*, *vieux routier*, pour un *vieux ruse*. Le Roman de Perceforest, volume 3, chap. 46. Mais il entendit assez *tost*, que son *foi* disoit *un* nom *veau fol*: *Viens*, & si *guany* Zellandine. Et de *mena grand* *espace* en cette *rufe*: mais en la fin il s'en *deporta*. *Ruse*, en cet endroit, est ce que le Messin appelle *rufon*, & *ruetine*; & le François *routine*, mot qui constamment vient du Latin *rupta*. Et au volume 4, chap. 33. *Mestuy* jervient *ruses* de *commères*, dit *Pafelion*: trop *et attendus*. *Ruses* de *tommères*, c'est-à-dire, *caquets*, *redites*, *routines* de *commères*. Une Instruction du Duc de Bretagne, pour une Ambaissade en France dans le xiv. siècle, page 582, du tome 2, de l'Histoire de Bretagne de D. Lobineau: *Et comme le Roy a signifié autrefois, que ils* (les Gendarmes Anglois) *devoient descendre en Bretagne, où ils pourroient nuit & jour descendre sans le sceu du Duc, & sans qu'il puît si *tost* trouver à les *rufer*. Et aussi *descendent-ils ailleurs sans estre rusez*. Là *rufer*, c'est proprement *rompre*. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 132. 2°. Si mon engin bien disposé Estoit de savoir *tels science*, C'est *assavoir* d'être *rufe* De faire *mettres* d'excellence. *Ruse* de faire *mettres*, c'est-à-dire, *rompu* à faire des vers. Et fol. 144. 2°. où il est parlé de la peine des Amans: Qui s'y *admuise*, *quiers* sa *perdition*: Qui s'y *abuse*, *vient* à *destruction*: Et qui s'y *rufe*, *ne dehors*, *ne dedans*, Il *pert* son *bruys*, son *bonheur*, & son *temps*: Qui s'y *rufe*, c'est-à-dire, qui s'avise d'en pratiquer les *ronces*. *Ruse*, de *rupta*; & *rufe*, de *ruptus*: comme *refuser*, de *refutare*; & *refuse*, de *refutatus*. On a fait de même *bronze* de *fronte*, ablatif de *frontis*. Voyez Ménage, au mot *bronze*. L'Alleman *reisen* répond au Latin *lacerare*. L'Excélsistique, chap. 1. v. 6. suivant l'ancienne version de Genève: *A qui est descouverte la racine de sapience? & qui a cognu les ruses d'icelle?* Les *ruses*, c'est-à-dire, les *routes*, les *devours*. Au vers. 7. il est parlé des *voies* de la sapience. Le *Docteat*.
RUSSIE. On donne ce nom à une grande étendue de pays. Il y a la *Russie* blanche, la *Russie* noire, & la *Russie* rouge. D'abord, pour ce qui est du nom de *Russie*, ou de *Russiens*, il n'est pas aisé d'en découvrir l'origine. Quelques-uns le dérivent du Latin *rusus*, qui signifie *roux*: à cause de la couleur des cheveux des peuples qui habitent la *Russie*. D'autres le sont venir du mot *roseia*, qu'ils disent signifier dans le langage du pays *peuple ramasse*; à cause des différentes nations qui l'ont habité. Je croirois plutôt qu'il vient de *Rusch*, dont il est parlé dans le texte Ebreu du Prophète Ezéchiel, chap. 38. v. 2. & que je prends avec Vitringa sur l'Apocalypse, xx. page 1170. pour un nom propre, ainsi que l'ont pris les Septante, Symmaque, & Théodotion: c'est pourquoi je traduis de la maniere suivante cet endroit d'Ezéchiel: *Tournez votre visage vers Gog, vers la terre de Magez, vers le Prince de Rusch, de Mescher, & de* EPERUS - Recherches & Classification numériques 111 ij Thubal, & prophétisez sur lui. Tous ces noms désignent des Nations septentrionales, qui portent le nom des chefs dont elles descendent. On sait que les enfants de Japheth ont peuplé l'Europe, & les parties septentrionales de l'Asie. Et comme Meschoc, ou Mofoch, & Thubal, qui sont comptés au chapitre x. de la Genèse parmi les enfants de Japheth, sont, dans le passage d'Ezéchiel, des noms de peuples; il y a grande apparence que Roch, qui se trouve joint a eux, est aussi un nom de peuple. Je sais que l'Ebreu יהוה roch, signifie aussi caput, & que l'Auteur de la Vulgate l'a entendu ainsi. Mais comme le mot de ישוא nesi, qui veut dire Prince, est immédiatement avant יהוה roch, je ne vois pas qu'on puisse prendre convenablement ce dernier d'une autre manière que pour un nom de peuple. Le Prince de Roch & de Mofoch est donc le Prince des Rhoffiens & des Mosques. Des Rhoffiens & des Mosques sont venus les Russiens & les Moscosites. Bochart a montré que les Rhoffiens habitoient anciennement près du fleuve Araxe. Voyez cet Auteur, dans son Phaleg, livre III. chap. 13. où il traite fort au long cette matière. Les Rhoffiens ayant passé l'Araxe, habiterent la Kherfonèse Tautique, & lui donnerent leur nom. Tzetzes: Tauque vice vice naxioq. La Russie blanche est ainsi appelée, ou parce que ses campagnes sont longtemps couvertes de nèges, ou bien à cause de la blancheur de ses habitans, ou même de ses animaux, ours, loups, renards, lièvres, &c. La Russie noire a eu ce nom, ou de la multitude & de l'épaisseur de ses forêts, qui rendent le pays noir & sombre; ou de ce que ses habitans travaillant autrefois aux mines & aux forges, en étoient noircis comme des demi-Maures. La Russie rouge, est ainsi nommée, suivant quelques-uns, parce que la couleur des cheveux de ses habitans est d'un roux rougeâtre: & selon d'autres, parce que la terre de cette contrée est rouge.
RUSTARIN. C'est-à-dire rustre. Coquillart, cité par Borel, page 546. de ses Antiquités Gauloises & Françoises, s'est servi de ce mot. Et Rabelais, liv. 1. chap. 25. s'en est servi aussi: car je crois que c'est rustarin qu'il y faut lire, au lieu de bustarin, qui se lit dans toutes les éditions que j'ai vues. Bousfarin se lit dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin, en la signification de pancione, ventru, homme à grotte parce. Le Duchat.
RUSTAUD. Skinner le dérive du vieux mot François reitre, tiré de l'Alleman reiter, qui signifie un Cavalier: parce que, dit-il, lorsque les Reitres vinrent en France durant la Régence de Catherine de Médicis, ils y commettent beaucoup d'infolences & de désordres. Mais certainement on ne saurait donner à ce mot une telle étymologie, 1°. Parce que reitre en François signifie un homme fin & rusé, comme quand nous disons, c'est un vieux reitre; laquelle signification ne convient pas au mot rustaud. 2°. Parce que rustaud ne signifie pas un homme insolent, qui se croit tout permis, comme le veut Skinner; mais, au contraire, un homme groffier, dont les R U S. R U T. manières impolies sentent le paysan, & l'homme mal élevé. Ainsi rustaud vient de rusticus, ou rusticamus, de même que rustre. Vergy.
RUSTELLE. L'ancienne version des Pseaumes, Pseaume 108. Je suis osé de mon lieu comme ombre qui trespassé: & suis troublé comme rustelles. Il y a dans le Latin: Sicut umbra cum declinat ablatus sum: & excursus sum sicut locusta. De locusta. Locusta, locustella, roustella, roustella, RUSTELLE, M.
RUT. Lorsque les cerfs sont en chaleur, on dit en termes de Vénérie, qu'ils sont en rut. Ce mot vient de leur façon de crier; sur-tout lorsqu'ils s'échauffent après les biches; & que du Fouilloux, chapitre 17. appelle rire. L'on connoît, dit-il, les vieux cerfs a les voir rire & crier. Et plus bas: Ils lèvent la tête en haut, dans ou braimans hautement. Ce que nous appelons rut & rire, est en Latin rugitus & rugire. Fulbert, Evêque de Chartres, ép. 101. Quia Rex proximo rugitu, ut dicitur, venire habet in sylvam Legium. C'est-à-dire, au prochain rut: qui commence environ la mi-Septembre, & dure près de deux mois: auquel tems ils sont fort alés à tuer, comme montre du Fouilloux au même chapitre ci-dessus. Lex Longobardorum, lib. 1. tit. 78. l. 13. Si qui cervum domesticum alienum qui non rugit, intricaverit, &c. Les Annales de Saint Bertin, sur l'an 864. Hindovicus, Italia Imperator nominatus, a cervo quem in rugitu positum sagittare voluit, gravissime vulneratur. Caleneuve.
RUT. De rugitus, à cause du bruit que sont les cerfs quand ils sont en rut. Les Annales Bertiniennes, en l'an 864. Hindovicus, Italia Imperator nominatus, a cervo quem in rugitu positum sagittare voluit, gravissime vulneratur. Rugite a été dit des cerfs, de même que des lions. Job, chap. xxxix. parlant des biches: Incurvantur ad jatum, & variunt, & rugitus emittunt. Marot, dans la Traduction de ces mots du Pseaume: Quemadmodum desiderat cervus ad fontes aquarum: Ainsi qu'on ait le cerf bruire, Pourchaffant le froid des eaux; Ainsi mon ame soupire, Seigneur, après tes ruisseaux. Au lieu de rugire, on a dit prugire. La Loi des Allemands, titre xcix. §. 1. Si qui bisontem, bupalum, vel cervum qui prugit, furaverit, aut occiderit, &c. Et brugire: d'où nous avons fait BRUIRE; comme de brugitus BRUIT, que les bas-Bretons prononcent BRUT. Rugitus, ruit, RUT. Anciennement on prononçoit ruit. Villon: Retournez-cy, quand vous serrez en ruit, En ce bordeau où tenons nostre Eflat. Rabelais, 3. 27. Tous les manans & habitans du lieu entrouent en ruit, bestes & gens, hommes & femmes, jusques aux rats & aux chats. Et ruiment, pour rugissement. Les Grandes Chroniques de France, dédiées à Charles VIII. Et sembloit que ce fussent urlemens de loups, & ruimens de lions. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques **S.** On appelle des *S*, certains biscuits, & pains d'épices ; parce qu'ils ont la figure de la lettre *S*. *M.* *S.* On dit par manière de proverbe, *il fait allonger les S*, en parlant d'un homme soupçonné de tromper dans les comptes qu'il dresse. Cette façon de parler vient de ce qu'autrefois à la fin des chiffres on mettait un *f*, pour marquer les sous, & un *f*, pour marquer les francs ou livres. Ainsi allonger un *f*, c'est en faire un *f*, pour lui faire signifier des livres au lieu des sous. *Vergy.* **S A B A T.** Pour *bruit*, *tintamarre*. Peut-être de *cachan*, *bacchari* : unde *Sabacus*, pour *Bacchus*. C'est la remarque de M. Huet. Bourdelot a fait la même remarque. *M.* **S A B A T.** *Bruit*, *tintamarre*. Quoique ces favans hommes l'alent ainsi pensé, ce n'est point là la véritable origine de ce mot. Le surnom de *Sabacus*, qui a été donné à Bacchus, vient bien de *cachan* : mais le mot de *Sabat* n'en vient pas. Les Juifs, dans leurs Synagogues, chantent ou récitent les Picaumes le jour de leur Sabat tous ensemble, assis ou debout, le chapeau sur la tête, à voix haute, sans avoir aucun chant réglé, & chacun y donnant un ton différent; en sorte que quand on y entre, on a peine à pouvoir supporter une si horrible cacophonie, parfaitement ressemblante à celle de plusieurs personnes qui voudraient parler toutes ensemble dans une conversation, sans s'écouter l'une l'autre. Cette cacophonie paraît encore davantage par la Langue Ebraïque, en laquelle les Juifs prient, & que nous n'entendons pas ordinairement. Et c'est de ces assemblées des Juifs le jour du Sabat, que nous avons donné le nom de *Sabat* à ces conversations tumultueuses, où tout le monde parle avec confusion & avec bruit. Voilà comment un mot, qui signifie proprement *repos*, & qui, comme on fait, est pur Ebreu, a acquis parmi nous une signification entièrement contraire à celle qu'il a naturellement. Au reste, il y a lieu de croire que cette façon de parler nous est venue du Comtat d'Avignon, & où il y a beaucoup de Juifs, où le mot de *Sabat* est fort en usage dans le sens dont nous parlons. On peut ajouter avec quelque fondement, que nous avons aussi appelé du nom de *Sabat*, ces assemblées nocturnes où l'on dit que les Sorciers se trouvent ; non-feulement parce qu'on croit qu'elles se font le samedi, ou jour du Sabat ; mais encore parce qu'on s'est imaginé qu'elles devaient être aussi tumultueuses que celles des Juifs, que les Chrétiens ont en horreur. *Vergy.* **S A B A T I N E.** Terme de Collège, qui signifie une thèse particulière, que les Ecoliers soutiennent le samedi. *Vergy.* **S A B E E N S.** Nom d'une ancienne secte qui adorait les Aîtres, & qui étoit répandue en Orient. Ce nom vient, suivant toute apparence, de l'Ebreu *saba*, qui veut dire *milice*, *armée*, & qui se dit des Aîtres dans les Langues Orientales. Les Aîtres sont appelés dans l'Écriture *cachan* *saba*. *Armée des Cieux*. Ce qui confirme cette étymologie, c'est que les *Sabéens* sont aussi nommés *Zabéens*, *Tchéens*, & *Tchéens*. Il est vrai que le verbe *Saba* en Arabe signifie changer de Religion, apostolier : mais cette signification n'est que secondaire, & ce mot signifie, en premier lieu, embracher la secte des *Sabéens*, devenir *Sabéen* : ce qui ne détruit pas, & suppose au contraire, l'origine Ebraïque que nous donnons à ce mot. Hyde, dans son Histoire de la Religion des anciens Perses, & Pocock, dans ses savantes remarques sur le *Specimen Historia Arabum*, lui donnent la même origine. Au reste, il ne faut pas confondre les *Sabéens* dont nous parlons, & dont le nom est un nom de secte, avec les peuples appelés *Sabéens*, du nom de *Saba*, leur père. Voyez Bochart, dans son *Phaleg*, livre 1. chap. 25. où il compte quatre peuples différents appelés *Saba* dans l'Écriture. * **S A B I N E.** Voyez *Savimier*. *M.* **S A B L E.** De *Sabulum*, contraction de *Sabulum*, on a fait *Sablo*, *Sablonis* ; d'où nous avons formé *Sablon*. *Sablon* se trouve dans les anciens manuscrits de Vitruve, selon le témoignage de M. de Saumaille sur l'Histoire Auguste, page 301. ¶ Jules Scaliger, sur l'Histoire des Animaux d'Arthite, page 501. dérive *Sabulum* de *Sabulum*. *Sabulum* *autem à Salo*, *Sabulum*. Ce sont ses termes. *M.* **S A B L E.** Couleur noire en Armoiries. M. Hauteferre, livre & chapitre 3. des Ducs & Comtes de Province : *SABULUM*, *quod est nigrum*, *non à Sabol* *deflexum*, *sed à moribus Punctis nigri coloris*, *quas vocant Martras Sabelinas*, *vel Sabolinas*. ¶ Les Suédois & les Lappons appellent encore aujourd'hui *Sabel*, ces sortes de martres. Voyez *marte Saboline*. *M.* **S A B L E.** Couleur noire en Armoiries. Les Mémoires d'Oliv. de la Marche, liv. 1. chap. 17. *Et les autres converts de martres, que l'on dit Sables, si belles & si noires, qu'il était possible d'en trouver*. Le Duchat. **S A B L E.** Ville du Maine, sur les confins de l'Anjou. De *Sabolium*, *Sabolium*, *SABLOIS*, *SABLA*. Voyez mes Remarques sur la Vie de Mathieu Ménage, premier Theologal de l'Eglise d'Angers. *M.* **S A B L I E R E.** C'est cette pièce de bois qui se pose sur un poitrail, ou sur une allée de pierce dure, pour porter un pan de bois, ou une cloison. C'est aussi la pièce, qui, à chaque étage d'un pan de bois, en reçoit les poteaux, & porte les solives du plancher, dit l'Architecte Daviler, dans son Explication des Termes d'Architecture. Qui cherche trouve. J'ai cherché long-tems l'étymologie de ce mot : & je l'ai enfin trouvée. Ce mot a été fait de *scapula*, c'est-à-dire *épaule*. Et il en a été fait de cette manière : *scapula*, *scapularia*, *scapularia*, *sabularia*, *sabularia*, *sabularia*, *sabularia* : comme qui dirait une *épaulette* ; une chose qui épaule, qui en soutient une autre. Le SCA a été changé en SA : comme en SALE, fait de *squalus*, primitif de *squalidus* ; & en SABER, fait de *squafare*. Et au lieu de *scapularia*, on a commencé premierement à dire *scapularia*, dont on a fait ensuite *sabularia*. *M.* EFERUS - Recherches & Classification numériques S A B. S A C.
SABLIERE. Comme les *sahlieres* se posent de champ, & que les endroits où on les place, sont quelquefois garnis de *sable*, sur-tout en certains pays; je croirois plutôt que c'est de là qu'elles ont tiré leur nom; & qu'on aura appliqué, par extension, à toutes les *sahlieres*, une dénomination qui ne convient proprement qu'à quelques-unes. M. de la Monnoie dérive *sahliere* de *sublicaria*, fait de *sublica*, qui signifie un pleu, une folive pour soutenir un pont de bois, un pilotis. SABOT : foulier de bois. Rabelais, 3. 17. *Je vis qu'elle deschouffa un de ses éclos; mes les nommes sabots*. Périon & Tripault le dérivent de *nabæridim*. *Syllaba*, dit Périon, *detrabitur*: *us nakaridim*, *id est*, *calcens ligneus*. *A Turonibus nostris*, *alifique finitimis*, *sabod*, *vel cabod*, *dicitur*. M. du Cange le dérive de *sac de bas*: qui est une origine indigne d'un aussi grand Etymologiste qu'étoit M. du Cange. Il vient de *sapus*, qu'on a dit par métaplasme pour *sapa*. Voyez *savaie*. *Sapus*, *sapo*, *sapottus*, SABOT. M. Voëssus a remarqué sur son Catulle, page 150. que les Berotiens appelloient *savoëcu*, les *sabots* avec lesquels on plie la vendange. M. SABOT d'un cheval. C'est toute la corne du pied du cheval. L'origine de *sabot*, en cette signification, ne m'est pas bien connue. Je crois pourtant que ce mot en ce sens a été dit à cause de la dureté de la corne du cheval, semblable à celle d'un *sabot*. Le Pere Méneffret a une autre pensée touchant l'étymologie de ce mot. Voyez-la ci-dessous, au mot *Savoye*. M.
SABOULER. Tirailler, veautrer. De *sabulare*: comme qui diroit, *veautrer dans le sable*. Huet.
SABOULER. C'est-à-dire, secouer une personne pour l'éveiller, houpiller. Je crois que c'est comme veautrer ou rouler dans le *sable*. Don Quichote de la version de César Oudin, part. 1. chap. 43. *De sorte que la saboulant d'un côté & d'autre, elle l'éveilla*. Le Duchat.
SABRE. Sorte de coutelas. C'est un mot Alleman, qui signifie une épée courbée : *ensis falcatus*. M.
SABRE. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1337. confirme cette origine. Voici ses termes : SABEL, *acinaces*, *ensis falcatus*. *Belgis & Suecis* sabel, *Gallis* sabre. *Ab Arabico* sél *gladius*, *machara*. *Vocem Arabicum* sél *Clodius in Lexico Turcico*, & *Graca* *Eig* *gladius*, & *Eigous* (*schmerd-fisch*), *tanquam consona adducis*.
SABURE. Gros sable qui sert de l'est à un navire. Du Latin *saburra*, qui signifie la même chose. Dans Rabelais, *sabourer*, pour *se remplir l'estomac*, a la même origine. Le Duchat.
SAC. Ce mot est commun à toutes les Langues. ¶ Cujas dans ses Commentaires *ad Africatum*, le titre de *sagum*: mal. M.
SAC. Ce mot vient de l'Ebreu *per sak*, qui signifie la même chose; & de-là il a passé dans les autres Langues. Les Editeurs du Dictionnaire de Trevoux ne devoient pas faire dire à M. Ménage, qu'il vient de l'Alleman ou Flaman *scacken*, ou plutôt *schacken*, qu'ils expliquent *rapi* ou *rapine*, puisqu'il ne dit rien de semblable. Du mot *sac* on a fait celui de *sacquage*, droit ainsi nommé, parce qu'on le prend sur chaque *sac* de grain. On en a fait aussi celui de *sacquier*, nom d'un petit Officier dont l'emploi est de fairecharger & décharger les vaisseaux des grains; & comme pour cela il faut les transporter dans des sacs, il a été appelé *sacquier*. Vergy.
SAC. *Homme de sac & de corde*, c'est-à-dire, un scélérat, qui mérite d'être ou noyé dans un sac, ou pendu: c'étoient anciennement deux supplices usités en France. Enguerrand de Monstrelet, vol. 2. parlant du Bâtard de Bourbon, convaincu de plusieurs crimes: *Et son procès fait, fut condamné à être rué & jetté dans un sac à la rivière, tant qu'il fut noyé*. Et c'est pourquoi aussi on attachoit anciennement des sacs à l'entrée des lieux où se rendoit la Justice, afin de donner de la terreur aux malfaiteurs. L'ancien Jurisconsulte, *Petrus Jacobi de Aureliano*, dans son Livre intitulé, *Aurea Practica Libellorum*: *Item dicunt quidam, quid praedicta alcio, & puna, habent etiam locum, si quis dolo malo furcas diruat, vel saccos in Portico Curia positos suffuleris*. Histor. Miscell. lib. 17. De Ploc. Imper. *Quodiam vero decollavit, nonnullos autem in saccos missos mari necavit*. Et au liv. 10. parlant de l'Empereur Justinien: *Multos perdidit, multos etiam in saccos missos mari necavit*. Caseneuve. SAC de Ville. SACCAGER, SACQUEMAN. J'ai déjà fait voir, sur le mot *A'soffin*, que *sax* ou *sas*, en ancienne Langue Teudifique, signifie un poignard, & que les Saxons furent ainsi appelés, pour avoir défait leurs ennemis avec cette sorte de poignards. Il semble que de-la vient aussi le mot *sacqueman*, qui signifie un meurtrier, & un homme à entreprendre toute sorte de violence; comme étant formé de *sax*, & de *man*, qui en Langue Allemande ou Tioise, signifie *homme*. Je ne sais si ce mot doit être pris en ce sens dans le vol. 2. d'Enguerrand de Monstrelet. *En ce tems-là la Comtefo de Haynaus, douagere, fut diffée d'un pauvre Sacqueman, lequel estuit nommé L'Efremot. Caltel, natif de Ligni en Cambrésis, pour-lors Capitaine de la Tour de Beaumont*. Et plus bas: *En ces jours un Sacquement, nommé Tonnelaire, qui estoit Prevois de Laon, de par le Roy Charles*. Comme *Sacqueman* a été fait de *sax*, il y a aussi apparence que *sacager* & *sac de Ville* en ont été formés; car encore que ces mots signifient maintenant tout le déordre qui se fait à la prise d'une Ville, leur première & naturelle signification est le *meurtre* & le *masacre*: si ce n'est que la reftraignant au seul pillage on la veuille dériver de *omnicum*, qui signifie l'action d'un coupeur de bourse. Monstrelet, vol. 2. chap. 105. *Entra dedans, & mis tout à sacquement, en pillant & robant tous les riches*. Godaît dit que dans les anciennes Poeffes Allemandes *Sackeman*, veut dire *larron, voleur*. Schach, *larrocinium, cedes, frages*. Le Moine Otfridus, liv. 4. chap. 12. Schacher, *larro*. Et 27. Schachman, *larro famosus*. Il semble qu'il le tire de *sah*, comme nous avons dit au mot *A'soffin*. Caseneuve.
SACAGER. L'origine de ce mot est difficile à trouver. Voyez M. de Caseneuve, au mot *Sac de Ville*. M. Bochart le dérivé de l'Alleman ou du Flaman *schacken*, qui signifie *ravir*: qui est une étymologie peu vrai semblable. ¶ Le Bon, ridiculement, à son ordinaire, le dérive de *fica*. M.
SACAGER, ou SACCAGER. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1336. donne une autre étymologie de ce mot. Voici ses termes: SACKMANN, *larro*. *Verelus in Indice*: *sak culpa*, EFERUS - Recherches & Classification numériques Ode la fera il fluo della sambuca. nada; faka nocere, volucare, dammini inferre; fak- stenu rei, exules, latrones. Propriè fune homines poxii, & ob reaturn civitare pulsi, vel uitro profugi. Dicitur autem de latronibus, quia profcripti solent bellum inferre civibus, & latrocinia exercere. Hinc exul & latre in omnibus fere linguis illidem nomini- bus insignimetur. Ita viurq irimo pago expufium, poftea latronum demitavit. Et ab hoc hominum ge- nere Anglis natum est verbum to fack diripere, de- vostare, populiari; Gallis fac excidium, & faccager depopuliari, exterminare. Differe à facimani origi- ne, non significatu. Le mot facimani est fait du Saxoni fachi, qui signifie poignard, épée courte, & de manu, qui signifie homme. Voyez Wachter, au mot fachi, & ci-deffous le mot Sacquemin.
SACAR. On appelle à Dijon Sacards, ces gens qui en tems de pefte enterrent les corps des pelliferés, & qui dans cette occasion volent tout ce qu'ils trouvent sous leurs mains dans les mai- fons des malades. On entend par ce mot tous co- quins, pendars, gens de néant, &, comme on dit, de fac & de corde. Il vient de l'italien fac- cards, pris dans Matreo Villani, pour goujar, fe- lon les Académiciens de la Cruica, ou selon le Taffoni, pour un pillard. Gloffaire sur les Noëls Bourguignons, au mot Sacar.
SACBOUTE. SAQUEBOUTE. SAQUE- BUTE. SAQUEBUCHE. Ces mots qui se trou- vent écrits de toutes ces façons, signifient un in- strument de Musique. Les Épagnols disent faca- buche : ce qui avec le François Saquebuche, me fait conclure que tous ces mots ont été formés de Sambuca, Sambuca, sacbuca, par corruption : d'où le François Saquebuche, & l'Épagnol Sacabuche. Sacbuca, sacbuceta, sacbuta, SAQUEBUTE, & SAQUEBOUTE. Dans la Version Française de la Bible qu'on appelle de Genève, au chapitre 3. de Daniel, verset 10. le mot de Sambuca a été ren- du par Saqueboute. De Sambuca, les Italiens ont fait de même Sampogna. Sambuca, Sambucina, Sambucina, SAMPOONA. Sambuca se trouve en cette signification dans plusieurs lieux rapportés par Mathias Martinius. Et Sambuca a été fait de Cuscan, fait du Caldaïque, ou du Syriaque Sa- becca : & non pas, comme le prétend Suidas, d'insection : parce qu'anciennement on chantait des Vers lambes sur cet instrument. Ecoutons Casa- bon sur Athénée, xiv. 8. Musicum instrumentum quod Sambucam dicebant, Paribis & Trogladyris paulo pof affignat Euphorion. Cerium est, versuffis- mos Orientis populos eo organo ufos. Inde transit poftea ad Graeco & res & nomen. Daniel Propheta, cap. 3. & de qua deceum vuc quat, vuc eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2, eum 1/2. M. Guyet dérivoit l'italien Sampogna, de Sym- phonia. Et M. Ferrari, dans ses Origines Italien- nes, a préféré cette étymologie à la mienne : ajou- tant, qu'on pouvoit aussi tiret Sampogna de ricuna. Encore une fois, l'italien Sampogna vient de Sam- buca. Et l'Ariotte dans le XVIII. Chant de son Fu- rioso, a dit Sambuca, au lieu de Sampogna. Et dans la Bible Épagnole, au passage de Daniel ci-deffus allégué, le mot de Sambuca a été rendu par Campona. M.
SACCADE. Terme de Manège. Secouffe vio- lente. M. le Duchat dans sa note manufrite, dit qu'il vient peut-être de l'italien Sacburage, qui signifie battre à coups de Sachets plein de lable. Je le dérive du Latin Succussus, d'où l'on a fait aussi Secouffe; & je pense qu'il en a été formé par mé- taplaïsme. Succussus, Succussa, Saccassa, Saccatta, Saccada, SACCADE.
SACLER. C'est ainsi qu'on prononce à Paris, par corruption, au lieu de Sarcler, ou Sercler; qui est la prononciation des Provinces, mais la plus conforme à l'étymologie, les Latins ayant dit Sar- culare. Ce mot se trouve dans Columelle : & Sarcu- latia dans Pline : & Sarculum, pour l'instrument à Sacer, dans Horace & dans Ovide : ce qui fait que je ne puis assez m'étonner que Périon & Henri Étienne aient dérivé Sarcler de Cuxs, M.
SACQUEMENT. Alain Chartier, dans son Quadriloque investit, page 443. Combien que cette réponse fut venue à la cognissance des ennemis, & que défense fut faite que nul ne s'embatif à ferir Co- drus, toutesfois il changea son habit royal en vesture de Sacquemin, afin que nul ne l'épargnast, & par sa mort acquit à son peuple villolée, & à sa cité furent de ses ennemis. Dans le Dialogue de la Lan- gue Tolosaine, Sacmen, est interprété par vo- leur, brigand, bandoulier, coupé-jarret. Le mé- me mot le trouve dans Montrelet, vol. 1. fol. 82. édit. de 1571. sur l'an 1403. Du Saxon Sacq-man : comme qui diroit, un aventurier qui n'a que la cappe & l'épée. Sacmenter, pour Saccager. Rabe- lais, liv. 4. chap. 29. Sacmentons ce grand villain. Le Duchat. Voyez ci-deffus Saccager. SACRE : oiseau de proie. J'avois toujours cru que ce mot François avoit été fait du Latin Sacer, que je croyois avoir été dit en cette signification à l'imitation du Grec lips. M. Huet, Evêque d'Avranches, estime aussi qu'il vient de Sacer, & que c'est ainsi qu'on appelloit l'Epervier, Sacer ales, parce qu'il étoit consacré à Apollon, selon quelques uns, ou à Mars, selon quelques-autres. Virgile, liv. xii. Quam facilè accipiter, Saxo Sacer ales ab alto : Et que les Grecs l'ont nommé lips ab iople. Mais je viens présentement d'apprendre de M. Bochart, qu'il vient de l'Arabe Sacer, mot de la même si- gnification, fait du verbe Sakara, qui signifie acuò- tuiere. Voyez M. Bochart, dans son Hierozotcon, liv. 2. chap. 19. page 267. On dit aussi SACRET. Et Belon, dans son livre de la Nature des Oiseaux, dit que le sacret est le male, & le sacre la femelle. M.
SACRILEGE. Ce mot dans sa première & précise signification, veut dire, vol ou larcin d'une chose sacrée : & par extension, on l'a appli- qué à toute profanation des choses dévouées à Dieu & à son culte. Il vient de Sacrum & de legere, qui signifie dérober. Servius a fait cette note sur ce vers de Virgile, Eclog. ix. Vei qua sublegi tacitus tibi carmina super. Sublegi, dit-il, id est furatus fam. Inde & sacrile- gus dicitur qui sacra legit, id est furatur. Vergy. EFERUS - Recherches & Classification numériques S A C. S A D.
SACRIPAN. Fauxbrave : Rodomont. De Sacripante, personnage de l'Orlando Furioso de l'Arioste. Era fuor de' perigli un Sacripante : Ma ne' perigli avea cara la vita : dit le Bernia dans son Orlando Innamorato. (a) M. SACRISTIE. SACRISTAIN. Sacristie, c'est le lieu où l'on met les habits & les ornements dont on se sert dans les Eglises. Et Sacristiain, c'est celui qui a soin de la Sacristie : appellé en plusieurs lieux de France ; & particulièrement en Anjou, Segretain. Voyez Segretain. M.
SACS. Religieux : ainsi appellés de leurs ha- bits. Bourdigné, dans ses Annales d'Anjou, en la Vie de Charles II. Roi de Sicile, Comte d'Anjou, au feuillet 103. verso : Du temps d'icény Comte d'Anjou, environ l'an de nostre Seigneur mil trois cens sept, estoit en grand bruit, tant en sainte de marcs qu'en science, revérend Pere en Dieu Gilles Romain, Archevêque de Bourges, & Religieux de l'Ordre des Frères Hermites ; aux pourchats & re- quelle duquel, furent Religieux de son Ordre mis au Convent, où de présent sont, à Angiers, que l'on appelle vulgairement le Convent des Augustins. Aquel Convent estoient par avant autres Religieux ; lesquels pour l'habit qu'ils avoient vestu, estoient du commun appellés Sacs : combien que à la réalité estoient nommer Fratres de pomitentia Jesu Christi. Et ces Sacs, pour aucuns mauvais cas dont ils fu- rent attains & convaincus, furent abolis, & leur Ordre exterminé, & en leur lieu furent mis les Au- gustins. M.
SADE. Voyez maussade. M. SADINETTE. Regnier, Satyre 7. Autant qu'une plus blanche, il aime une bru- nette. Si l'une a plus d'éclat, l'autre est plus sadi- nette. C'est un diminutif de sade. Voyez maussade. Ce mot n'est plus du bel usage. ¶ Bourdelot le déri- voit de Suada. M. SADUCE ENS. Nom d'une ancienne Secte Juive dont il est parlé dans l'Evangile. Plusieurs font auteur de cette Secte, un certain Sada, di- ciple d'Antigonus Sochæus, qui disoit souvent à ses disciples qu'il falloit servir Dieu pour lui-même, & non point dans la vue d'en recevoir la récom- pense en l'autre monde, comme les esclaves fer- vent leurs maîtres dans la seule vue de la récom- pense. Sadae donnant une interprétation fauffe aux paroles d'Antigonus, publia, dit-on, qu'il n'y avoit point de récompense à attendre des bonnes actions qu'on falloit en ce monde ; ce qui fit nai- tre la Secte qui fut appelée Saduceenne du nom de son auteur. S. Epiphane & S. Jérôme, qui ont été suivis par quelques Auteurs modernes, ont cru que les Saduceens ont été ainsi nommés du mot Ebreu pru tsaddik juste, ou pru tsedek justice, parce qu'ils se piquoient d'observer une exacte justice dans toutes leurs actions. Il n'est pas fa- cile de déterminer laquelle de ces deux étymolo- (a) Ces vers sont du Tassoni, Chart 3. de la Secchia rapita, Stance 18. Voyez le nouveau Menogiana, Paris, 1215. tome 2. page 318. gies est la véritable. Je pencherois néanmoins pla- tor pour la premiere. *
SAFRAN. Ruellius veut que nous ayons em- prunté ce mot des Maures. Mais je crois qu'eux & nous l'avons tiré des Langues Septentrionales. Car les Anglois l'appellent Safran, les Allemans Safran, & les Sclavons Safran, selon le témoignage de Sigismundus Gelenius, dans son Lexicon Sympho- num. Caseneuve.
SAFRAN. M. du Cange le dérive du Grec- vulgaire Caspac, & Hotman, de l'Alleman Safran. Il vient de l'Arabe Zaphara : d'où les Italiens ont auffi fait Saferava. Les Turcs disent, comme nous, Safran. ¶ Nous disons Safrané & Safranier, pour dire ruiné. M.
SAFRAN. J'ai cru autrefois qu'il avoit pris son nom de la rivière d'Azafran, qui épare la Pro- vince de Tenez de celle d'Alper. Il est certain que l'Afrique est très fertile en Safran. Marmol, liv. 6. ch. 58. dit que Garian, Province du Royaume de Tunis, porte le meilleur Safran qui soit au monde. Et les Anciens vantouient le Safran de la Cyrena- rique, qui n'en est pas loin. Mais je suis persuadé néanmoins qu'il vient de l'Arabe Zaphara, Safran, a caule de sa couleur jaune, exprimée par ce mot. On appelle Safranier, un homme ruiné, parce qu'on peignoit de jaune le devant des mai- sons des Banqueroutiers. Huet.
SAFRAN. Rabelais, liv. 4. chap. 62. Tellement que le pauvre homme par justice fut condamné à payer les estoires de tous ses chalans : & de présent en est au Safran. Voici l'explication que donne de ces expressions M. de la Houssaye, ci-devant hom- me de Lettres de Monseigneur Colbert, Control- leur-Général des Finances, & depuis Directeur de la Monnoie à Metz, qui a eu la bonté de me la communiquer. Ces façons de parler viennent, dit-il, de ce que dans le quinzième & le feizième siècle, & jusque vers le milieu du dix-septième, le Safran étoit si fort en usage, qu'outre les rein- tures, dans lesquelles on s'en sert encore beaucoup aujourd'hui, principalement dans le rouge, on en mettoit presque généralement dans toutes sortes d'épiceries, & dans toutes sortes d'allaisonnements, de fauffes & de ragouts, parce que pour-lors on lui attribuoit une vertu toute particulière de chaf- fer la mélancolie, d'épanouir la rate, & d'inspi- rer la joie. Or comme dans ces tems-là, il falloit l'aller chercher bien loin, il étoit d'une cherté excessive, comme de 25. ou 30. écus la livre de 16. onces. Ceux qui pouvoient se résoudre à en- treprendre des voyages de long cours pour aller charger de cette marchandise sur les lieux, où ils l'avoient à très-vil prix, étoient sûrs de faire à leur retour de très-grosses fortunes. Ce fut-là ce qui donna occasion à dire par une maniere de rail- lerie, que les gens obérés & qui s'étoient mis à couvert des poursuites de leurs créanciers, ou qui étoient prêts de s'évader pour leurs dettes, étoient des Safraniers ; qu'ils étoient allés ou qu'ils étoient sur le point d'aller au Safran ; d'où apparemment ils reviendroient avec une telle quantité de cette drogue, qu'ils se trouveroient bien-tôt après en état de satisfaire à tout. Ainsi on disoit de cette forte de gens, par forme de proverbe, & par une maniere de raillerie méprisante : c'est un Safra- nier ; il est Safrané ; il en est au Safran. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques S A F. S A G.
SAFFRE. M. Régis, dans son Dictionnaire des Termes propres à la Philosophie : SAFFRE. C'est une terre minérale de couleur grise, qui teint le verre, & qui luy donne une couleur bleue propre pour les émaux. Plusieurs la mettent au rang des pierres minérales. Elle est nommée safre à cause qu'elle donne la couleur du Saphir. M.
SAFRE. Lat. petulans, lascivus. SAFETTE. remunante, fretilante : Lat. lasciva. Rabelais, IV. 51. Tout le sert & dessert fut porté par les filles pucelles marisables du lieu : belles, je vous affie, safrettes, blondelettes, doucelettes, & de bonne grace. M. SAFRE : pour gourmand. Périon le dérive de cœnpie, putridus. Ces habitans du Cap de Bonne-Espérance, que nous appelons Cafres, qui sont des hommes goulus & mal propres, sont appelés Sapbres par Olivier du Nôrt d'Utrecht, dans son Voyage. Voici ses termes, qui sont du chap. 2. du liv. 1. Quand avions tué quelque bœuf, ils demandaient les entrailles & boyaux, & les mangaient tous crus, en ayant osé la principale fente; & estendans sur quatre effages, ou haïonnets, une piece de la peau par des furs le feu, ils échauffoient un petit les boyaux; quasi à la manière qu'on cuit le lard avec le potage. Ce qui a fait croire à M. l'Abbé Drouin, que nous avions de-là appelé safre, un homme qui mange mal proprement & avidement. Furetiere le dérive d'exavorus. M.
SAFRE. Peut-être d'avidus. Huet. SAFRE. Ceux qui expliquent safre, par gourmand, se trompent. On ne le trouvera point en ce sens dans nos anciens Auteurs, qui le prennent pour vif, solatre, enjoué, mêlant du sel, & faisant sentir quelque pointe dans ce qu'il dit ou ce qu'il fait. Je le dérive de saporus; & le diminutif safrette, de saporesta. Vous trouverez savourette, à peu près en ce sens, dans les Dictionnaires d'Oudin. D. L. M. Les Proverbes de Salomon, chap. VII. v. 10. dans la Traduction Françoise qu'en Imprima Robert Etienne en... laquelle Traduction a été imitée dans la Bible Huguenote, imprimée à Lyon par Ant. Vincent en 1567, ont rendu par safre de courage, ou, comme dit la note marginale, cachée en son cœur, c'est-à-dire, son & rusée, le caute corde de ces endroit de la Vulgate. On trouve safrette, substantif, pour le gofer. Marot, Poesies, édit. de 1723, page 138. A chascon coup presentoient le vin frais, Dont les aucuns arrouferent safrette, Qui par longs jours en avoit eu souffrete. Le Duchat.
SAGE. Le verbe sagire signifie proprement la force & l'efficace des sens extérieurs. Ciceron, liv. 1. De Divinatione : Sagire enim acute sentire est : ex quo Saga anus, & sagaces dicti canes. Et au même endroit : le igitur qui amè sagit quam ablata res est, dicitur prasagire. D'où il est asse de voir, que comme nous prenons sens pour entendement, les Latins ont aussi étendu la signification de ce verbe à la force & à l'action de l'entendement. Les Glofes : Sagio, is, wernō; c'est-à-dire, je confais avec une profonde pensée. C'est de-la fans doute que nos anciens François ont tiré le mot Tome II. sage, dont l'usage est fort ancien, puisque dans la Loi Salique, tit. 56. §. 2. 3. & 4. Sagibarenes sont des Hommes sages & prudens qui étoient en qualité de Juges aux jugemens des causes. Au tit. 4. Sagibarenes in singulis mallobergiis; id est plebs qua ad unum malum convenire soler; plus quam tres esse non debent; & si causa aliqua ante illos secundum Legem fuerit definita, ante Grofianem removere eam non licer. * Un vieux Glosfaire fut la Loi Salique : Sagibarenes dicuntur quasi Senatores. Matthias Martinus, ajoute que Sagibaro videtur esse Iagus Baro, id est, sapiens vir. Caïeneuve.
SAGE. Du Latin-barbare sapius, fait de sapere. Sapius, sagius (d'où l'Italien saggio, & l'Épagnol sabio), SAGE. Bourdelot n'a pas bien rencontré, dérivant ce mot de sagax : ou de sagus, d'où prasagus. M.
SAGETTE, & SAETTE. Vieux mots, qui se disolent autrefois pour flèche. Du Latin sagitta. On appelle aussi sagette, une certaine herbe marécageuse, parce qu'elle ressemble à une flèche. Une des futures du crase porte le nom de sagitale, parce qu'elle est droite comme une flèche. Vergy.
SAGON. C'est la plus petite espèce de singe. Marot, dans son Poème, intitulé le Valet de Marot contre Sagon : Or des teflés que j'ay sus dites, SAGON, tu n'es des plus petites : Combien que sagon soit un mot, Et le nom d'un petit marmot. Ce Sagon, pour le marquer en passant, c'est François Sagon, Poète de ce tems-la, né à Rouen en Normandie, qui avoit écrit contre Marot. Voyez mes Remarques sur la Vie de Guillaume Ménage, Avocat du Roi d'Angers, page 512. & ci-dessus marmot. Et pour montrer que dans ces vers de Marot, sagon signifie un singe, c'est que dans une petite édition qui a été faite de ce Poème de Marot, séparément des œuvres de Marot, Sagon y est représenté à la première feuille, comme un petit singe, attaché avec une corde, auquel Frippe-lippe, Valet de Marot, donne le fouet. Après avoir parlé de la signification de ce mot, il faut parler de son étymologie. Je crois que sagon, est une contraction de sapajon, mot François, qui signifiait un singe. Pour lequel on dit aujourd'hui sapajon. Sapajon, Sagon, SAGON. Et on a dit sapajon, pour sapajon, comme Arpajon, nom de famille, pour Arpajon. Voyez dans mon Discours du Changement de Lettres, les exemples du changement de l'N en U. Sapajon, dans la signification de singe, me paroît un mot Indien d'origine. M. SAGON & SAGOUIN, sont la même chose. C'est une espèce de guenon, venue du Bretil avec ce nom. Car les Brasiliens l'appellent sagoxi. Huet.
SAGOUIN. Nous disons dans le discours familier, parlant d'un homme qui mange mal-proprement; par exemple, d'un homme qui mange de la soupe avec les doigts; que c'est un sagouin. Et ce mot a été fait de celui de sale, en la signification de sordidus. Salus, salius, salien, saliquinus, saliquinus, saguinus, SAGOUIN. Voyez sale. M. SAGOUIN : pour mal-propre. L'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, est une de celles que le Public n'a point approuvées dans son livre; parce que ce n'est que par une longue gradation forcée que l'on y trouve enfin quelque rap- K k k EFERUS - Recherches & Classification numériques port de lettres avec le mot dont il le dérive. Il est plus vraisemblable de dire, que nous nous servons de *Sagouin* dans la signification de mal-propre, à cause que l'animal appelle *Sagouin*, est assez sale, & mange assez mal-proprement. La raison en est, que comme il craint extrêmement le froid, on est obligé pour l'empêcher de mourir, de lui mettre auprès une espèce de petit panier bien garni endedans de coton ou de laine, où il se tient caché, & où il se retire même souvent pour y manger ce qu'on lui donne : ce qui fait qu'il n'est pas propre. D'ailleurs, comme il a la tête extrêmement petite, & qu'il mange volontiers les œufs, on lui en donne dont on casse la coquille d'un côté : & comme pour les manger il met sa tête dans l'œuf, cela fait qu'il la fort toute barboulilée & mal propre. C'est de la probablement que nous avons donné le nom de *Sagouin* à un homme sale & qui mange mal proprement. Au reste les Editeurs du Dictionnaire de Trevoux ont été mal-instruits quand ils ont dit que *Sagouin* est le nom qu'on donne aux jeunes singes. Ce n'est point cela. Le *Sagouin* est une espèce particulière de petits singes, dont les plus gros ne le font pas davantage que nos écureuils : & nous avons fait les mots *Sagon* & *Sagouin* du Brasilien *Sagouin*. Vergy. Voyez *Sagon*.
SAHIN. Le Livre intitulé : *Conférence des Faucomtiers : les Sahins sont des Faucons de haute maille, qui ont la tête plate au-dessus, & le pennage bordé de blanc, & encores égalé de roux. Dont il semble que la Nature leur ait mis sur la tête une guirlande, ou couronne pour marque de leur excellence. Bref, ce sont le Faucons qu'anciennement on nommait pelerins, ou Faucons Tartares, bien que ce fust improprement parler. C'est un mot Arabe. Voyez M. Bochart, liv. 2. chap. 3. de la seconde partie de son Hierozoicon. M.*
SAID. C'est ainsi qu'on appelle aujourd'hui la Haute Egypte, qu'on appelle autrefois la *Thebaide* à cause de *Thebes* sa Capitale. *Said* est un mot Arabe, qui signifie une terre plus haute & plus élevée que les autres ; & il est formé du verbe *Saida* qui signifie monter, s'élever, marcher par des lieux escarpés & qui vont en montant. *
SAIGNE. On appelle ainsi en Bourgogne la fève du fureau. De *Sagina*. M.
SAIGNER. De *Sanguinare*. M.
SAILLIR. Du Latin *Salio*, fait du Grec *Sakosai*, qui signifie la même chose, par le changement de l'esprit rude en s. En Alleman, c'est *Salzen*, en Anglo-Saxon *Salta*, en Anglois *to sali* : en Bas-Breton *Sailla*, suivant le P. Pexron. * Les Greos modernes de *fudarium* ont fait *exublages*, qui se trouve en S. Jean. xi. 44. Nonnus se trompe, en disant que le mot de *exublages* est Syriaque. Ce n'est pas que le mot *fudar* ne se trouve dans la Version Syriaque de la Bible ; comme au verset 12. du chap. xix. des Actes des Apôtres : & même en la Paraphrase Chaldaïque de Jonathan ; comme au verset 15. du chapitre xxi. de l'Exode, & aux versets 33. & 34. du chapitre xxxiv. & au verset 10. du xx. chapitre du Lévitique : & encore en celle d'Onkelos ; comme au 15. verset du chapitre 3. Mais il n'est Syriaque & Chaldaïque que d'usage, & non pas d'origine. *M.* S A I N T - T E L M E. *Fen S. Telme*. D'un saint Religieux Dominicain de ce nom, que les Espagnols disent avoir secouru après la mort, plusieurs personnes qui étoient prêtes de faire naufrage. *Huer*.
SAINTE-CATHERINE. Sorte de prunes : ainsi appellées de Sainte Catherine, village de Touraine, dans le voisinage de sainte Maure, où une femme ayant fait cuire de ces prunes, séchées au soleil, elles se trouveront excellentes : quelque venant d'un prunier non anté, elles ne soient pas bonnes crues. *M.*
SAINTIER, ou SAINTEUR. Vieux mots. On appelloit ainsi ceux qui se donnoient à des Eglises pour y servir : & ils étoient nommés de la sorte, parce qu'ils se faisoient serfs des Saints ou Saintes de ces Eglises. La cérémonie par laquelle ils se déclaroient *Saintiers*, consistait à se passer la corde des cloches autour du cou, & à offrir quelques deniers sur l'autel pour marque de leur redevance. *Vergy*.
SAIQUE. Sorte de Vaisseau de mer : c'est un mot Turc. Leunclavius, dans son Onomastique Turc : Saica. *Biremis. Vax Turcica*. *M.*
SAISIR. Pour trouver l'origine de ce verbe, il est comme nécessaire de remonter bien avant dans les siècles passés. Du tems de l'ancien Empire Romain, il n'y avoit que le seul Prince qui fût en droit d'afficher sur ses possessions des marques & des enseignes, pour faire connoître qu'elles lui appartenoient : ce qu'on appelloit *Titulus affigere*, & *vela Regia suspendere* : comme il se voit dans le livre 1. Du Code. *Tituli* étoient des écrites qui portoient le nom du possesseur, appellés *exubl.* par Agathias, liv. 5. Et en la Novelle 164. *Vela Regia* étoient des pannonceaux ou petits drapeaux de pourpre, que S. Ambroise en l'Epit. 33. du liv. 5. appelle *Corimas Regias* ; & Agathias, au lieu ci-dessus allégué, *va bien involiqua*, c'est-à-dire, des lambeaux ou un haillon de pourpre, que nos anciens François appelloient *brandons*, comme je l'ai remarqué sur le mot *Brandon*. Nous les appelons aujourd'hui *Pannonceaux Royaux*. Les Créanciers pouvoient bien, comme il se pratique encore, afficher le nom du Prince, ou suspendre ces voiles ou pannonceaux Royaux sur les biens de leurs débiteurs qui leur étoient hypothéqués, pour-vo que ce fût par autorité du Juge. La Loi 1. au Code *Et nemo privatus*, &c. Ce qui se faisoit pour faire voir que tels biens étoient mis sous la main du Prince, c'est-à-dire, sous sa puissance & autorité, jusqu'à ce que la Justice en eût autrement ordonné. Les Loix Barbares se sont en cela conformées au droit Romain, avec cette seule différence, qu'au lieu de *vela suspendere*, elles ont dit *guifare* & *sacire*. Car on a trouvé dans une Glorie ancienne du Code, ces paroles, *vela Regia suspendat*, interprétées de cette façon, *quod vulgo Longobardico mare* guiphare *dicitur* : *apud nos* saisire ; *quod vulgari Lingua* eydem. Or que les Lombards aient usé autrefois de ce terme, il demeure vérifié par ces paroles de la Loi 8. cit. 27. liv. 1. de leurs Loix : *Si quis sua authoritate terram alienam sine publico jusu guiffaverit*, & *dicendo quod sua debeat esse*, & *postea non potuerit probare quod sua fit, componat solidos* vi. Le verbe *guifare* ; ou *wiffare*, comme il se trouve écrit au livre 3. cit. 3. L. 6. de la même Loi des Lombards ; vient de *wiffa*, qui en Langue-Barbare signifie une Enseigne ou Pannonceau Royal qu'on affichoit & suspendoit, ou pour la défense de quelque chose, comme pour empêcher l'injuste servitude d'un passage, & pour servir de sauvegarde ; comme on le peut voir au tit. 9. chapitre 11. de la Loi des Bajuvariens : ou bien pour servir de marque de saisie, comme en la Loi des Lombards, liv. 3. cit. 6. Et c'est de là qu'est venu le mot *guifanon*, ou *goufanon*, qui signifie *enfigne* ou *drapeau*. Le verbe *saisir* vient de *sacire*, qui signifie même chose. Les Formules Solennelles, Form. xxix. *In ea vero ratione*, *ut aliubi*, *ipfas res nec vendere*, *nec donare*, *nec alienare*, *nec ad proprium sacire*, &c. La Formule 11. a pour titre : *Si aliquis rem alterius, quam excolit, ad proprietatem sacire vult, sed non potest*, &c. Et dans la même Formule : *Et ipsam terram ad proprietatem sacire*, & *non potui*, &c. En ancien François *saisir* étoit pris pour *armorier*, *blasomer* & *marquer des armes de quelqu'un*, Froissart, vol. 1. chap. 110. *Et fit developper sa banniere, qui estoit saisie d'or & d'azur à un chef palé*. Et dans le Roman de Guillaume au court nez, Anfelse, Princesse Sarrafine, pour demander à un jeune Seigneur François quelles sont ses armes, usé de ces termes : *De quex Efcus est voffre Fiefs saisis !* Car il faut remarquer que nos Rois, lorsqu'ils rendirent les Fiefs héréditaires & matrimoniaux, entre les droits de Régale qu'ils laisseront aux Seigneurs, leur accordèrent celui non-seulement de faire afficher leurs armes sur les biens de leurs feudataires saisis sous leur autorité, & mis sous leur main [ car dans les anciennes Coutumes, on voit que cela étoit autrefois pratiqué ] ; mais de les apprendre sur leurs Fiefs : d'où est venu la coutume de graver ou de peindre les Ecus de leurs armoiries sur les Portes des maillons. Et ainsi, s'il faut faire descendre du Grec les verbes *saisir* & *sacire*, il faut que ce soit de *exubl.* ; qui signifie un *écu* & un *bouclier* ; & non pas de *exuclus*, qui signifie *couper une bouffe*, comme nous veut persuader Saumais. *Cafeneuve*.
SAISIR. De *sacire*. *M.* de Saumais sur Tertullien *De Pallio*, page 124. *Sacire*, & *sacire*, *quod Graci exuclus*, *recentiores saisire dixerum : unde nostrum saisis ; de quo nos alibi*. Et sur Solin, page 539. *Sacire dicebant Vetores*, *vi exuclus : nos saisis. Infima etiam Latinitas saisire ; ut ex Marculphi Formulis conflat*. *Vossus De Vitiis Sermonis*, page 743. *Sacire à Gallico saisis ; nisi hoc ab illo. Notat apprehendere, occupare, possidendum dare. Ac pro eodem, cum altera vocali, dicimus saisire ; unde saisina, vel seisina ; de quibus omnibus, lib. xi. cap. 15. altum, in verbis barbaris barbara originis. Sed hujus etiam loci videri possit, si Gallicum saisine factum sit à sessione. Sané jungi solem* K k k ij EFERUS - Recherches & Classification numériques S A I. S A L. salsine & possession: Ac possidere dicitur ex eo, quod quis sit potis sedere, hoc est sedem ac domicilium fugere. Ut Belga, a fitten; quod est, sedere; besitten dicunt, pro possidere. Sacire per C, habes in Formulis Solemibus, num. 29. Ut ipas nec vendere, nec donare, ... nec ad proprium sacire, nec heredibus meis in alode relinquere, ... Pontificium habeam ad faciendum. Et ce qui fuit. Encore une fois: saisir vient de sacire. ¶ Voyez Juret sur l'Epître ci. d'Yves de Chartres. ¶ M. du Cange dit que sacire a été dit, quasi in sacrum immitere: qui est une étymologie peu vraisemblable. Mais celle de Périon touchant le mot de saisir, est tout-à-fait ridicule. Il le dérive de nonnivi. M.
SAISON. Encore que ce mot signifie le tems & l'occasion propre à faire quelque chose, il vient pourtant de satis, qui est proprement l'action de semer les fruits. Pierre de Blois, dans l'Epître 66. Ager stationarius, une terre assaisonnée, c'est-à-dire, prête à être ensemencée. Ut creta, vel fimo ager stationarius impinguetur. Caseneuve.
SAISON. Quelques-uns le dérivent de satis, à cause de ces vers du second des Géorgiques de Virgile: Optima vinetis satis est, cum, vere ruenti, Candida venis avis, longis invisa colubris. C'est ainsi que M. Guyet croit qu'il faut lire en cet endroit, au lieu de vere rubenti: ce qui est réfuté par le Virgile de M. Nicolas Heinfus, où il y a rubenti. Mais satis, en ce lieu, signifie semaison: mot qui se dit des vignes. Horace: Nullem, Vare, sacra vite prius severis arborem. SAISON vient de satis: d'où les Italiens ont aussi fait stagione. Les Latins ont dit tempestantes anni: comme qui diroit, temporis stationis. ¶ Périon le dérive ridiculement de casis. M.
SAISON. C'est l'usage que dans les cantons de terres labourables, les habitans de chaque village divisent les terres des métairies en trois parts, dont il y en a toujours une qui n'est point semée; & des deux autres, l'une l'est de blé, & l'autre d'avoine & d'autres grains. Les Laboureurs du pays Messin appellent saisons, ces trois différentes portions de terres: & je ne fais si ce terme ne viendroit point de seltio: ce partage n'étant en effet qu'une seltion ou division de terres en plusieurs portions. Or comme les salons de l'année sont aussi des divisions ou partages de l'année en quatre parties différentes; peut-être que le mot saison, en cette signification, vient aussi de seltio; comme raison de ratio. Le Duchat.
SALADE. Comme les Latins l'appellent acetarium, parce qu'on y mêle du vinaigre; nous l'appellons salade à cause du sel dont on corrige la crudité des herbes. Caseneuve.
SALADE. De salata: à cause du sel qui y entre. Les Italiens disent salata, & insalata. Les Latins l'appelloient acetarium: à cause du vinaigre qui y entre. M.
SALADE. Un casque. Je crois qu'il vient du mot Latin-Barbare salatta, qui signifioit ou le casque, ou les armes complètes. Car nous trouvons dans le Glossaire d'Isidore: Salattarius, portier armorum. Caseneuve. SALADE: pour casque. Nicot le dérive de sila, qui signifioit la même chose parmi les Latins. Festus: SILUS appellatur, naso sursum versus repanda. Unde galea quoque, a similitudine, sile dicentatur. ¶ Sila, silata, salata, SALADE. Les Espagnols disent celada, & les Italiens celata. Et selon l'opinion du P. Bertet, Jésuite, & de M. du Cange, le François salade a été fait de ce mot Espagnol, ou de ce mot Italien. Et l'Espagnol celada & l'Italien celata, selon le P. Bertet & M. du Cange, ont été faits du verbe celare: parce que le casque couvre la tête & le visage. Voyez mes Origines italiennes au mot celata. ¶ M. de Valois le jeune le dérive de salatta, qu'il croit avoir signifié la même chose: fondé sur cet endroit des Gloses d'Isidore: SALATTARIUS, portier armorum. Et il croit que salattarius a été fait de salatta, comme galearius, de galea: & que ces deux mots ne signifient qu'une même chose; à savoir, un Goujaz qui porte les armes du Soldat, & entraîtres armes, son casque. M. SALADE: pour casque. Peut-être de l'Alleman schol, d'où calote. La salade n'est proprement qu'un demi-casque en forme de calote de fer. Elle a été nommée secretre, parce qu'elle couvre le visage; d'un mot qui se trouve en ce sens dans Brantôme, en son Traité des Duels. Le Duchat.
SALADES. Troupes ramassées, telles qu'on en met dans de certaines citadelles en tems de paix. Bataillon de salades. Ou de salade dans la signification de casque, parce que les soldats de garnison peuvent plus commodément porter le casque derrière une muraille, que ceux qui sont destinés à monter à la brèche: ou parce que ces troupes ainsi composées de soldats de différents corps & d'habits divers, ressemblent à une salade où il entre plusieurs sortes d'herbes. Le Duchat.
SALAIRE. De salarium: mot formé de sal. Turnèbe, liv. XVIII. de ses Advertisaires, chap. 20. SALARIUM à sale originem habere vel ipsius vocabuli sono notum est. Accedit auctoritas Plini, verborum non incallidi investigatoris. Nam, lib. 3. cap. 7. inquit: Honoribus etiam militiaque interponitur, salarisi inde dictis. Salaria autem Tribunorum militarium & Ducum, erant annona ipsorum. Proinde adnexor Graci (sic enim recentiores hoc nomen amulati, sua effinuerunt lingua) interpretantur ocropionis. Popiscus in Aureliano: Nam illi Romam venienti salaria sui ordinis sunt decreta. Deinde sic lividit: Panes militares, numero sedecim; panes militares castrenses quadraginta; vini mensalis sextarios quadraginta; porcellum dimidium; gallinaceos dnos; porcinæ pondo triginta: & qua sequuntur: & quibus quis non intelligit, annunam cuique destinaram & assignatam salarium dici. Dans Esdras, chapitre IV. verset 14. Nos autem memores salis quod in Palatio comedimus. La Version de ceux de la Religion Prétendue Réformée: Or d'autant que nous sommes aux gages du Roy. Celle de Deodati: Or d'autant que nous sommes salariez du Palais. Celle de Junius: Jam propterea quod salarium de Regis Palatio percipimus. ¶ Voyez M. Bochart, dans son Hierozocion, part. 2. page. 40. M.
SALAMALEC. Salutation des Turcs; prise des Syriaques. Une épigramme de l'Anthologie du liv. 3. au titre de monnivi, page 405. de l'édition in-folio: ΑΝΑΞΙ ΔΙ ΔΙΝ ΣΩΣ Σ. ΔΙΣΙ, ΣΑΛΑΜ. & ΔΙ ΔΙΣΙ ΑΝΑΞ EFERUS - Recherches & Classification numériques NAIAIOZ · οἱ ἀξιώλαι, ΧΑΙΡΕ · τὸ ἀξιώλαι opéant. Brodeau sur ces vers : Quod Gracè χαίρι, & Latinè ave, hoc Hobrao Syroque sermone salomlach. Divus Heteronymus in Matthai X. caput. Salam, pax 5 lach, tibi est. Tertullianus : Nam & hodie Judai pacis nomine appellant, & retro in scripturis sic sa- lutabant : Naidi 2, Salvus sis. Au lieu de Naidi 2, qui ne signifie rien, Scaliger lit Adm. Voyez M. Bochart, page 84. des Colonies des Phœniciens. Salamadec ; ou, comme prononcent les Turcs, selamadec, n'est pas seulement une salutation des Turcs; mais encore des Arabes ; & même de tous les peuples Mahométans. M. S A L E. C'est proprement une grande chambre qui sert à recevoir ceux qui viennent voir le Mai- tre du logis, à faire les festins, & à tenir le bal : ce qui a fait dire à Baptiste Albert, que ce mot venoit à saltando. Il signifioit anciennement une maison. La Loi des Allemans, tit. 81. Si quis su- per aliquum focum in molle miseris, ut domum ejus incendas, aut salam suam. Il signifie le même en la Loi des Lombards, liv. 1. tit. 4. l. 4. & 7. Et dans la Loi des Bajuvariens, au Decret du Duc Tassillon, salifuchen est une résistance à la recher- che qui se fait dans une maison pour chose déro- bée. Qui ressiterit domum suam, quod salifuchen di- cunt, qualem rem quarenti ressitebat, talem compo- nat in public. 40. sol. Nos anciens François appel- loient aussi sale, l'hôtel d'un Seigneur. Froilart, vol. 1. chap. 45. Les nouvelles furent scribes à Va- lenciennes ; & les scens le Comte Guillaume, qui se dormoit en son hostel, que l'on dit en sa sale. Encore en Gascogne on appelle sales, les maisons des sim- ples Seigneurs, lesquelles n'ont point de tours. C'est ainsi qu'on a pris en Larin le mot aula, qui signifie une sale, pour une maison. Dudo Aquita- nicus, livre 2. Urbes & castra, villas & oppida, aulas & palatia. Caseneuve. Voyez ci - dessous S A L E. S A L E. Ord, villain, & deshommée. Quelques- uns le sont venir de salax, qui signifie enclin à la pailardise. Caseneuve. S A L E. Lat. Sordidus. De squalus, inusité, perce de squalidus. ¶ Squalus, scalus, SCALE, SALI. Squalire, pour squalere ; SALIR. ¶ Squalia, pour squalida, se trouve dans Nonius Marcellus, page 173. SQUALAM pro squalidam. Ennius Telamome : Strata terra lavere lachrymis vettem squalam & sordidam. C'est un vers Trochaïque septenaire. Et à la page 126. au mot squalor, il cite ces mots de Varron : Ayer derelinguereur, ac perires squale, scabroque, illuvie, & vastitudine. De squalus, on a fait squa- lias, & squalitudo, qui se trouvent dans le Poète Accius, selon le témoignage de Nonius Marcellus. ¶ J'oubliois à remarquer que le AQUA de squalus a été changé en SA : comme en SASER, de squa- liare, & en SABLIER, de scapularia. Voyez Sasser & sabliere. M. S A L E : pour sordidus. Je ne crois pas que l'étymologie que M. Ménage donne de ce mot, soit véritable. Wachter m'en fournit une mel- leure. Voici les termes de cet Auteur, p. 1342, de son Glossarium Germanicum. SAL, verbale, à sulen conspurcare, substantivè sordes, adjectivè sord- didum significat. SAL, sordes, & per synecdochen genris volntabrum suis. Anglo - Saxonibus sole, Anglis soyl. Cirea diversia Rheni sal dicitur aqua refes & corrivata, à sordibus, ut videtur. Vocem exhibet Menjo Altingius in Noeis. Germ. inf. pag. 115. SAL, sordidus, spurcus ; Gallis sale. Hinc quadam Gueldria pars dicitur SAL-LAND, quasi terra sordida & palustris, judice Altingio. Francis salo idem denotasse patet ex translatione vocis ad suum, tetrum & nigrum. Willertamus, cap. 1. 5. ih bin salo samo die herberga Cedar, nigra sum scum ta- bernacula Cedar. Et au mot sulen, le même Au- teur parle ainsi : SULEN, sulen, conspurcare, con- taminare, polluere. Gothis sauljan & bisauljan, Job. XVIII. 18. Anglo-Saxonibus syllian apud Ju- nium in Gloss. Goth. Francis Salon, kilalon; Siacis sola, Anglis soil, Gallis souller. Gloss. Boch. kifa- lota decoloravit. Propriè est mores suum imitari, & quasi suillare; a Cracæ via & porcus pinguis. Nam hoc animal quò pinguius, ei spurcius & imourius esse soles ... . . . . Pracipuum derivatum est sal sordidus & sordites, & sal macula. On voit par ces deux passages, que le mot François sale dont il s'agit, a une origine Teutonique, & même Celtique. S A L E. Bourguignon sale. On ne s'accorde pas touchant l'origine de ce proverbe. Ce qu'en dit l'Epologie, n'est qu'une imagination poétique ac- commodée au sujet. Parmi les Auteurs qui ont traité sérieusement la question, plusieurs ont cru que c'étoit par allusion aux fontaines salées de la Franche-Comté : d'autres, parce que les Bourgui- ignons ayant les premiers des peuples de la Germa- nie embrassé le Christianisme, leurs voisins encore Payens, les appellerent par dérision salés, à cause du sel qu'on mettoit dès ce tems-là en la bouche de ceux qu'on battioit. Mais ni l'une ni l'autre de ces deux prétendues raisons du sobriquet, n'étant que de simples conjectures modernes sans autorité, il ne me paroît pas qu'on doive s'y arrêter. Le sur- nom de salés n'ayant été donné aux Bourguignons que par injure, je croirois avec plus de vraisemblance que ce serait par rapport à la garnison Bourguignone, que les habitans d'Aigues-mortes, sidées à Charles VII. passerent au fil de l'épée, & salèrent de peur d'infection. Jean de Serres qui rapporte ce fait, dit que de son tems on montroit encore à Aigues-mortes une grande cuve de pier- re où l'on taloit les Bourguignons. L'animosté qui regna entre eux & les François durant tout le quinzième siècle, servit apparemment beaucoup à donner cours au proverbe ; les François dans l'oc- casion, ne manquent pas de reprocher par une insulte militaire, cette salure aux Bourguignons. Glossaire sur les Noëls Bourguignons, au mot sa- lai. S A L E B R A I S. Le Dictionnaire de Droit ma- miscrit de François Ragueau : Meretrix, sraipn, lapa, voisn scornum : nostris SALEBRAIS. M. S A L I G O T. De sale. Salus, salius, salicus, salicorus. SALIGOT. Le Duchat. S ALIQUE. Loi. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Pasquier, liv. 1. de ses Recherches, chap. 17. Or combien que le droit d'aînesse & l'appanage soient choses nouvelles au re- gard de la Loy Salique ; si est-ce que le profit que nostre Royaume sint de telles maximes, nous les rap- parons toutes. communément comme si elles enflent est introduites avec cette Loy Salique, véritable- ment non sans grande occasion. Car encore qu'elle n'en suffie aucune mention ; ce neanmoins la mesme raison qui occasionna nos ancêtres à forciorer les filles de l'esperance du Royaume, sur cause que depuis on EFERUS - Recherches & Classification numériques voulu attribuer aux aïeux tous le droit de la Cor- ronne, & que par mesme moyen les frères de nos Rois furent seulement appemez. Toutefois, pour parler à son rang d'icelle Loy, qui est tant célèbre, à l'avan- tage des François, il semble que pour le jour d'huy cette Loy nous soit péculière entre tous autres Royan- mes. Pour laquelle cause quelques-uns (comme Guil- laume Poëel) estiment qu'elle pris son ancienne ori- gine des Gaules, & qu'elle fut appelée Salique, un lieu de Gallique, pour la proximité & voisinage que la lettre 6 en vieil moule, avoit avec la lettre 2. Il seroit mal-aise de raconter la diversité des opinions qui se rencontrent en l'éymologie de ce nom. Jean Cebat, Evesque d'Avranches, qui a laborienfement recherché plusieurs anciennetes & de la Gaule & de la France, l'a voulu rapporter à ce mot François Sale; parce que cette Loy est si seulement ordonnée pour les Sales & Palais Royaux. Claude Seifel, aise mal-a-propos, a pensé qu'elle vint du mot de sel en Latin, comme une Loy pleine de sel, c'est-à- dire, de sapience, par une métaphore tirée du sel. Un Docteur ès Droits, nommé Ferrarius Montanus, a voulu dire que Pharamond fut autrement appelé Salique. Les autres (comme l'Abbé Vélorgens), plus ingénienfement, la tirent de Salogast, l'un des principaux Conseillers de Pharamond. Et les der- miers, pensant subtilis davantage, disent que pour la fréquence des articles qui se trouvent dans icelle Loy, commençant par ces mots Si aliquis, & Si aliqua, elle pris sa dévivaison. Quelques-uns, selon le témoignage de Géné- brard sur Joseph, liv. VII. chap. 10. estiment qu'on a dit Salique, pour Salomonique, à cause que Salomon fut le premier qui pratiqua cette Loi en Judée en la personne de son fils Roboam. M. d'Avisson, célèbre Médecin Ecossus, au traité qu'il a fait de Sale, Terra, & Lege Salica, dérive ce mot de ces deux mots Allemans, salz & lik, Hanc legem Salicam barbaro vocabulo non- cupant, origine, & nomine, à sale deidella. Fax enim Salica, solis Gallii usurpata, sunt dua voces, à verere Germanico idiomate corrupta. Saliz quippe Latinis sal vocatur. Et vox ipsa lik, similitudinem aut simile aliquid demotans. Unde vocabulum illud barbarum Salik, lex illa conservatrix, sen sali simi- lis, vulgo Salica dicta. La plus probable opinion est de ceux qui croyent que cette Loi a été ainsi appelée des François nommés Saliens. Hotman, chap. 8. de son Franco-Gallia: Cum anno 1318. Rex Carolus Pulcher, Philippi Pulchri filius, moriens uxorem pragnantem reliquisset, paucis intermuissis mensibus agnata filia, Eduardus Anglia Rex, ex Isabella Philippi Pulchri filia, Caroli Regis sorore natus, hareditatem aviti Regni ad se pertinere cœvendit. At ex adverso Philippus Valesius, Regis Caroli Pul- chri frater patruelis, exurus est, qui diceres anti- quam esse Legem Regiam, Salicam nominatam, qua Lege mulieres a Regni hareditate arcerentur. Hanc porro Legem Gaguinus & ejusdem generis Scripto- res, à Faramunda scriptum tradunt. Ad ueditam, inquit, usque ætatem nominatissimam. Et in Vita Philippi Valesius: Eduardo, inquit, obstatat Lex Salica, quæ à Pharamundo Francis data, in illos usque dies observantissima habebatur. Ea Lege soli virilis sexus Reges à majoribus Regibus orti Regnum administratam: nec ad eam dignitatem semine admirnitur. Cujus Legis hæc sententia est: Nulla hareditatis portio de terra Salica ad mu- lierem venito. Terram autem Salicam Francorum Jureconstitui eam dicunt, quæ solius Regis est, & à Lege Alodii distat, quæ iubditos comprehendit; quibus datur per hanc Legem rei alicujus liberum dominium, non exclusa Principis majestate. Hac Gaguinus. In eamdem autem sententiam Franco- Galli omnes, non modo Hisarici, verum etiam Ju- risconsoliti & Pragmatici, usque ad hoc tempus scrip- serunt, teste Paponio. Aretorum lib. IV. cap. 1. ut jam communis error propemodam jus fecisse videatur. Verum illud meminisse oportet, quod superius attigi- gimus, Francorum duas sedes, duoque Regna fuisse. Unum in Gallia, quod ad hunc usque diem perman- sis: alterum, ultra Rhenum, ad summ Salam; unde Salii & Salici Franci conjuncte, pluriunque au- tem Salici praisse appellati: quorum & Regnum & jam prope nomen objetorum est. De Salis/superius ex Marcellini Admianti Hisaria dictam est, de- monstratamque illis Orientales, hos Occidentales ap- pellatos fuisse. Quemadmodum autem duo Franco- rum Regna fuerunt, ita dua Francorum Leges: Sa- lica, qua ad Salios; Francica, qua ad Franco-Gallos pertinebat. Eguinaribus in Carolo Magno: Post sus- ceptum Imperiale nomen, cum animadverteret multa Legibus populi sui docisse (nam Franci duas habent Leges, plurimis in locis valde directas), cogitavit quæ deerant addere. Author Praetationis in Legem Salicam: Gens Francorum inclyta, ante- quam ad Fidem Catholicam converteretur, dicta- vit Salicam Legem per Proceres ipsius gentis, qui tunc temporis apud eamdem erant rectores. Sunt autem electi de pluribus viri quatuor, Wisogast, Arbogast, Salogast & Windogast, qui per tres mal- los (idei comitia) convenientes, omnes causarum origines sollicite discurrendo, tractantes de singu- lis, judicium decreverunt hoc modo, &c. Ac fere iisdem verbis utitur Sigeborus in Chron. anni 412. Otho Frising. lib. IV. cap. penult. Leges quo- que, Wisogastaldo & Salagasto auctoribus, ex hinc habere corpore. Ab hoc Salagasto Legem quæ ex nomine ejus Salica usque hodie vocatur, inven- tam dicunt. Hac nobilissimi Francorum, qui Sa- lici dicuntur, adhuc utuntur. Atque hac quidem veteres Chronographi. Ex quibus eorum errorem coar- gui licet, qui Salicam Legem, vel à sale, id est prudentia, dictam; vel corruptam vocem tradide- unt, pro Gallicam: quo dici absurdum nihil potuit. Sed longè maiores ex eodem fonte nati sunt errores. Primum, quod creditum est Salicam Legem ad jus publicum Imperii & hareditaria Regni successiis pertinuisse. Nam illius Legis Salica tabula non mul- tis ab hinc annis reperta, atque in lucem edita sunt: ex quarum inscriptione cognoscitur, eas primum cir- citer ætatem Pharamondi Regis scriptus editasque fuisse: deinde omnia & Salica Legis & Francica capita non de publico Regni & Imperii jure, sed de privato tantum constituta fuisse. In iis autem unum hoc caput extat, tis. 62. qui inscriptus est de Alo- dis, hoc est, de his rebus, qua non feudi, sed patri- monii jure à privatis possidentur, quod summe no- tandum est: De terra Salica in mulierem nulla por- tio hareditatis transit, sed hoc virilis sexus acqui- rit: hoc est, filii in hareditate succedunt. Sed ubi inter nepotes aut pronepotes post longum tempus de Aloe terræ contentio suscetatur, non per stir- pes sed per capita dividatur. Cujus Legis similis extat apud Repuarias, Tit. 18. Itemque apud Anglicos, Tit. 7. ubi tantum abest, ut de Regnorum haredita- tibus sanciatur, ut ne ad feudorum quidem, sed tanum ad alodiorum successiones, ea Leges perti- neant: ut facile illorum imperitia argutur, qui EFERUS - Recherches & Classification numériques Lege illa aut numquam locht, aut non intellocht, affirmare auß sunt, Lege Salica causum fuisse, ne Regia potestas ad mulieres transitoratur. Uecunque sit, primum illud confiat, est nullum nec Salica nec Franciæ Legis caput axtet, quo mulieres a Regni hereditate arcantur; tamen instituta & mores gentis tanto seculorum consensu conservatus, ac praesertum contradictioris iudiciis confirmatus, Legis scripta nim abuinere. Nam Childericus, &c. Les paroles de Balde sont remarquables à ce propos : Si in Francia moreretur tota domus Regia, & exsaret unus de sanguine antiquo, puta de domo Barbonia, & non esset alius proximiur, esto quod esset millefimo gradu, tamen jure sanguinit, & perpetua conjuritadinis, succederet in Regni Francorum. Voyex Pasquier, au lieu allegue; François Pithou, sur la Loi Salique; & M. de Valois, tome premier de son Histoire de France, qui, contre Topinion commune, fait Clovis auteur de la Loi Salique, & non pas Pharamond. Ses paroles méritent d'être ici rapportées : Mibi quidem similitudo nominum cum latorum Legis Salica, tum locorum in quibus condita dicitur, suspecta semper fuit, neque existimavi, cum Burgundiones, Vesigothi, Ostrogothi & Longobardi, non prius Leges scriptas hauserine, quam bi in Gallia, illi in Italia confedissent, Legem Salicam in Germania Francis fuisse descriptum : qua utique Faramundo regnante Germanis conscribi literis, & a subsequentibus Regibus post occupatum Galliam lingua Latina verti debut. At hojus conversionis nemo mentionem facit. Quare ut Gundobadus Burgundionibus, Vesigothis Theodoricus posterior, aut, ut aliqui arbitrantur, Euricus, Ostrogothis Theodoricus, Rotarius Longobardis, Regnis jam diaturitate confirmatis, jura Latinè descriptore : sic Clodovans Regnum primo, deinde & Legem Salicam, quam in proximo Legis correxisse tantum dicitur, videtur condidisse. Cujus fiuit Theodoricus Legum Francorum, cognemine Ripariorum, Alamannorum, ac Bojariorum, auctor fuit. Il me reste à faire part ici à mes Lecteurs, d'une nouvelle pensée qu'à eue M. Bouterouet touchant l'étymologie de ce mot Loi Salique. Voici son observation, qui est de son Traité des Recherches curieuses des Monnoyes de France, page 180. Quant au nom de Salique, donné à cette Loy, outre les différentes opinions des Historiens, & principalement celle qui tire ce nom des Saliens ; l'ay cru en pouvoir ajouter une nouvelle, qui n'a point encore été remarquée, & qui peut être recense. Elle est tirée des Romains, & des ornements de celuy qu'ils nommaient Quefleur. Lorsqu'il rendait la Justice, il avoit à côté de son siège, pour marque de sa Magistrature, une table, ou buffet couvert d'un tapis de couleur d'eau, traînant jusqu'à terre. Sous le tapis, au milieu de la table étoient quelques coffinets, pour soutenir & élever un Livre, dont la couverture étoit d'or ; la tête de l'Empereur gravée dessus, & environnée de filets. Devant le buffet, ou table, étoit un faisceau de parchemins roulés, & quelques autres, séparés du faisceau, qui représentent les Loix faites au nom de l'Empereur par le conseil du Quefleur. A côté du faisceau, étoit une armoire en forme de tour carrée, couverte en pointe, élevée sur quatre degrés, dans laquelle les Loix étoient conservées ; sur le devant de l'armoire étoit écrit, LEGES SALUTARES ; comme il est représenté dans la figure suivante, tirée du Livre intitulé, Notitia Imperii. Il y a grande apparence, que les Francois, qui avoient une parfaite connaissance de la Police des Romains, voyant qu'ils dominent à leurs Loix le nom de Salutaires, les voulurent imiter; & qu'ayant fait une Loy en leur Langue, comme les mots qui y sont demeurés le sont présumer, ils la nommaient Salick, qui signisse en vieux Langage Theuton Salutaire; & que depuis ayant été mise en Langue Latine, pour être plus facilement entendue par les peuples qui voyaient sous leur domination, ils auraient conservé le mot Salick, comme beaucoup d'autres, sous une terminaison Latine. Antoine Hotman, dans son Livre de la Loi Salique; Leichaffier, dans son Traité du Droit de Nature; & M. le Fèvre Chanterreau, dans un Discours de la Loi Salique, non encore imprimé; ont très-folidement montré, que ce n'est pas en vertu de la Loi Salique, mais en vertu du Droit de nature, qu'en France les femmes sont exclues de la succession à la Couronne. Vendelin à fait imprimer un Discours & un Glossaire sur la Loi Salique : & il a intitulé son Ouvrage; Natale folium Legis Salica. M.
SALIQUE. Loi Salique. Il sera bon de joindre ici ce que dit Wachter, sur l'origine de cette célèbre Loi, & de son nom. Voici comment il s'exprime, page 1347, de son Glossarium Germanicum, SALICENT, Salisch recht, Lex Salica. Hanc Legem à Proceribus gentis inclyta Francorum, & universa Germanica Lingua hominibus conditam esse, patet partim ex Prologo, partim ex ipsis Legis verbis, Latino-barbatis & Malebergicis, qua passim explicamus, partim etiam ex multis Germanismus quibus contextus Legis abundat, conjunendi sunt, ut obiter quoddam atingam : De intus curte, aut latus curte, Tit. viii. innerhalb des hoffes oder außerhalb. Nam halb priscis est latus. Nocere aliquem, Tit. x. 4. einen becherdigen. Ducere ad maritum, Tit. xiv. 10. zum man ziehen. Supervenire aliquem, Tit. xvi. 1. über einen kommen. Remanere in incendio, Tit. xix. 3. im feur bleiben. Vulnus currit, Tit. xx. 6. die wunde lauft, &c. Sed non convenit inter eruditos, qua primum lingua Lex Salica conscripta sit à quatuor iuis Francorum Diellatoribus in Prologo memoratis, Germanica an Latino-barbarà : Priorem Sententiam amplectitur Abbas de Verrot in Dissertatione de Origine Legum Salicarum. Posteriorem fustines Eccardus in notis ad Origines Francorum Leibnitioras, pag. 156. S irs velim unde sint tot voces Malbergicæ, textus Latino inferta, nisi sint ex codice antiquari & pure Germanico habita ? Vulgo quidem creditur, Germanos usum scriptura in propria Lingua ante Carolina M. non habuisse. Sed hac persuasio popularis magis quam vera est. Quo paulo enim Carolus M. potusset antiqua carmina colligere, nisi jam olim faissent scripta ? Et nonne litera Ruxica ab antiquo fuerunt in Germania ? Quod si id verum est, sicut alibi ofterdo, nulla ratio excogitari potest cur Procereis illi scripturam Legis voluerint in aliena Lingua gloriam transferere. Nisi quis fortè existim, Linguam ejus avi tam feram fuisse, ut in literas referri agri potuerit. Video hoc a multis incante praticari. Mibi verò hoc placitum, non folium in gentem & Linguam Germanicam injuriosam, sed etiam fatisam esse videtur. Nam si voces Germanica Latina flexione volita scribi potuerant à Francis, cur non etiam per se ? An EFERUS - Recherches & Classification numériques difficilius est scribere marskalk, quam mariscalcus Skinko quam Scantio! Nuga. Hoc unum Germanica scriptura obstarve videtur, quod Lingua Latina Francis non solum facerit valde familiaris, sed etiam tame in pretio & vimitatione habita, ut, si scribendum esset, mallem Latinæ quam Germanica scribere. Hoc illis exprobat Orfidius, in Epistola ad Linderum, Archiepiscopum Moguntinum. At primus illos & verutilis Francorum ex ingenio posteriorum metiri velle in re tam gravi, qualis est rogatis & publicatio Legum, qua primis temporibus non debuit, nec potuit alia lingua fieri quam patria, temerarium existimo. Ab initio Lex Salica dicta videtur Malberg, hoc est Judicium montanum, ab rationes alibi expositus. Fuisse autem Malberg nomen ipsius Legis, non ultius loci, etiam appellatio a loco petita sit, multa & perspicua indicia declarant. Nam primò Malberg in Lege Salica passim exponitur per landewa, hoc est, lex patria, jus publicum. Tit. XIX. 1. Illi verò qui ex incendio evident, unusquisque ex ipsi cum mallare debent per Malberg, seu Landevevas. Tit. XX. 1. Malb. seu Landovevas. Tit. XXXI. 2. Malb. seu Lando Efa. Ibid. §. 4. Malb. seu Lando Efa. Et hujus Legis propria & Barbara verba citantur in singulis ferè paragraphis sub titulo Malb, modò sana & hodienum intelligibilia, modò afflicta & insigniter depravata. Qua si quis ad conventum quendam, & non ad Codicem antiquum referre velit, na ille in difficiles & inexplicabiles nugas se conjiciet. Postea eadem Lex dicta est Salica, quum scilicet in gratiam Romanorum, qui Lege illa vivere vellent sub imperio Francoram, in Latinum sermonem tradicta esset ex Codice toties citato Malberg. Quod videtur auspiciis Chlodevei, primi Monarchia Francica in Gallia Statoris, factum. Dici autem potuit Salica, sive à fala aula, velut Lex Palatina, vel à fala traditiu. Quorum illud Wendelino, hoc Prebero se probavit. Reliqui, qui hunc titulum tanquam primorum extollunt, ejusque rationem vel à Salis, vel à pago quodam Sala, ubi relictis Gentis ad diffundam Legem convenerit, deducunt, videntur mihi aliena loqui, & circa fores errare. Lata autem hac Lex in gente Francorum, cum adhuc barbarie (id est gentilisimo) teneretur, & nec Christum haberet, nec Reges. Idque ex Prologo Legis nimis manifestum est, & ab omnibus (quod sciam) eruditis agnoscitur. . . . . Denique & hoc ausum asserere, Legem Salicam in ipsa Germania mutam esse. Wendelinus hoc decus Germania eripere, & Toxandria vindicare, studiet; sed majore eruditionis apparatu quam pondere. Enimverò Frances Salios, priusquam è Germania in solum Romanum secederent, & omnes universiè Francos, practipè maritimos, ante res cum Juliane Imperatore gestas, Legem literis consignatam habuisse, colligo ex Libanis, scriptore coavo, qui Legis ejus aliquoties meminit. Et le reste, qu'on peut voir dans l'Auteur même. *
SALLE. Lat. aula. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Dans la balle Navarre, & dans la Biscaye, toutes les maisons des Gentilhommes sont appelées salles. On se sert à Cologne du même mot dans la même signification: & le mot de sal signifie la même chose en bas-Breton. Ce qui s'avertit l'opinion de ceux qui dérivent ce mot François du Latin aula, par l'addition de l'... & c'est l'opinion de l'... dans son Livre de l'Affiné de la Langue Grecque avec la Françoise, & celle de M. Guyer, dans une Note marginale qu'il a mise dans son Covarruvas, au mot sala. D'autres le dérivent de ἄλωρα, salte; & d'autres de ἄλω, area. Robert Etienne, dans son Dictionnaire François, au mot salle: Albertus Baptista nomen hoc putat à saltando duci, quod in eis nuptiarum & conviviorum alacritas & saltationes celebrentur. Sed fortè ducitur ab ἄλω, vel potius ἄλω id est, area: unde hale; & H in S versa, sale. Je crois qu'il vient de l'Alleman saal, mot de même signification. Et c'est aussi l'avis de Voëssus, dans son de Vitis Sermonis, pag. 4. & 272. & celui de M. du Cange. Voyez Vendelin, dans son Glossaire Salique. Le Pere Jourdan Jésuite, avoit quelque opinion, que ce mot Alleman avoit été dit du Palais de Sale, situé sur le fleuve Sala. Et il se fondoit sur ces paroles d'Eginard, en l'an 790. de ses Annales: Carolus, per Mœnum flavium ad Sala palatium suum, in Germania juxta Salam flavium constructum, navigavit. Il n'y a pas long-tems qu'on disoit dans les Collèges de Paris, donner la saile à un Erolier, pour dire, lui donner le fouet, convocatis Classicus; c'est-à-dire, en présence de tous les Ecoliers du Collège. Il est fait mention de cette façon de parler dans la Vie de Saint Ignace, écrite par Maffée. L'endroit est curieux. Le voici: Neque verò pro Christi nomine solum hac falsa accusationis procella defunctus Ignatius est; sed eorum ipsorum operâ qui illum deinde, vel maxime dilexerunt, virigarum quoque publicè periculum aditis, Mos est Parisis, in Scholasticus improbos & seditios, ad sanctendam Academia discipinam, in hunc ferme modum animadvertere. Dissimulato confitis, ad condidam diem in aulam, Primarius, Magistrique, nodosâ infrutii virgâ, conveniunt: comprehensumque repentè noxium, & in medio confessu nadatum, certo plagarum numero singuli affunt. Id supplici genus cum ad sensum corporis peracerbum est, tum vero ad ignominiam & dedecus longe turpissimum; deque ipsius nomine aula appellatur. Hunc igitur cruciatum, ac notam malefcis confituntam, Ignatio insunt, quod Condiscipulos, seftis practipè diebus, a Schola ad Oratorium & sacra mysteria Confessionis, altarisque traduceret, vehementer iratus ipse Joannes Penna paraverat, Jacobo Govea, Lusitano, Collegii Primario, in suam sententiam addelbi. C'est au chapitre 5. du livre premier. M. Voyez ci-dessus sale.
SALLE. En Latin aula. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1339. SAL, domus privata, urbica & rustica. . . . . Apud Graeas aodâ stabulum & septum, imi etiam domum & stabilem manendi locum significat. Prafige sibilum more barbarico & habebis sal. Hodie vox salæ a generali significatione paulatim deflexit, & pro parte tantum domus (ut postea dicam) usurpatur. Et un peu plus bas: SAL, domus publica, . . . . aula, palatium, curia . . . . . apud Homerum sale aodâ est a les Jovis, observante Martinio in voce aula. Anglo-Saxones aulam & palatium appellasse sele, Somnerus in Dictionario ex Paraphras Saxonica demonstrat, in qua Rex Pharae dicitur Saram doctisse to his sefes sele, in suam ipsius domum. Simititer & Francis sala dicitur de domo regia, &c. Je pense, avec M. Ménage, que notre mot salle vient du mot Alleman; & avec Wachter, que le mot Alleman peut avoir été fait du Grec aodâ, par l'addition de la lettre s. *
SALMIGONDI. Sorte de ragout. Rabelais, EFERUS - Recherches & Classification numériques lais, 4. f.p. & 3. a dit *salmigondin*. Et c'étoit l'ancienne prononciation. Les Satyres Chrétiennes alléguées par Borel dans ses Antiquités Gauloises, au mot *haftereaux* : *Haftereaux & salmigondins*, *Saultises, cervelats, boudins*. Plusieurs disent *salmigondis* : & vous trouverez ce mot dans le Dictionnaire François-Italien de Vénéron! : & ceux qui prononcent de la sorte, prétendent que ce mot a été dit de *sal mixtum undis* : qui est une étymologie ridicule. Il faut dire *salmigondi*, selon l'étymologie *salgami-conditus*. *Salgami-conditus*, *salmiconditus*, *SALMIGONDI* : comme mari, de *maritus*; *infini*, d'*infinitus*; *étourdi*, de *foliditus*, &c. Les anciens ont appelé *salgamans*, des pommes, des poires, des figues, des raisins, des raves, des choux, des concombres, du pourpié, & autres choses semblables, qu'ils gardent confites avec du sel dans un pot, pour les manger en leur saison. Et ce mot se trouve en cette signification dans Columelle, dans Autone, & dans le Code. On a appelé ensuite de ce même mot tous les assaisonnements composés de diverses choses. Et c'est de la que nous avons dit *salmigondi*, pour dire un ragoût composé de différents morceaux : ce que nous appelons autrement un *pot pourri*. *Salmigondi* peut aussi avoir été fait de *salmyria conditus* : *almyria*, *balmyrius*, *balmyria*, *salmyria*, *salmyria conditus*, *salmiconditus*, *SALMIGONDI*. Le sel est la sauce de toutes les sauces ; comme je l'ai dit dans mes Poésies Grecques : *«ettrun pōp 2-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-4-* Au lieu de *salmigondi*, on a dit ensuite *salmigondin* : en y ajoutant une M, comme on a fait au mot *ainis*, qu'on prononce *ainis* en plusieurs Provinces ; & particulièrement en celles d'Anjou, de Normandie, & du Maine. Robert Etienne, pag. 93. & 94. a dit *nanin*, pour *nenni*. M.
SALPÉTRIE. *Salpera*. M.
SALPÉTRIE. L'Hôpital Général de Paris, qui est un peu au-delà du Fauxbourg Saint Marceau, est appelé communément la *Salpétrière*. Il a retenu ce nom, parce que c'étoit-là qu'on fait autrefois le *salpére*. Vergy.
SALSEPAREILLE. Voyez *sarzepareille*.
SALTINBANQUE. De *saltare in banca*, les Italiens ont dit un *saltinbanca*, pour dire un *charlatan* : d'où nous avons fait *saltinbanque*. Ce mot Italien n'est pas ancien dans la Langue Italienne. M.
SALVAGE, ou SAUVELAGE. Termes de Coutumes. C'est un droit qui appartient à ceux qui ont aidé à *sauver* les marchandises, & autres choses périssantes par le naufrage. \*
SALVATELLE. *Salvatella*. Terme d'Anatomie. C'est un nom qui a été donné à une veine fameuse, qui s'étend sur la partie extérieure du métacarpe, entre le doigt annulaire & le petit doigt. Plusieurs Médecins ont prétendu, suivant la doctrine des Arabes, que la faignée de cette veine étoit très-salutaire dans certaines maladies : c'est pourquoi elle a été appelée *salvatelle*, du Latin *salvare*. \*
SALVATIONS. Terme de Palais. Voyez Nicot. M.
SALUT. Prieres publiques qui se font le soir dans les Eglises : ainsi appelées du *Salve Regina* qu'on y chante. Plusieurs Théologiens ont cru que *Tome II*. la Vierge Marie avoit été saluée par l'Ange Gabriel à l'heure du soleil couchant : & que c'est pour cela qu'on tonne & qu'on chante le Salut à cette heure-là. Voyez Marcel Francolin, dans son Livre *De Tempore Horarum Canonicarum*, ch. 16. sect. 30. M.
SALUT. *Certo fermento da pefcare*, dit le Dictionnaire François-Italien d'Oudin. La Confession de Sancy, liv. 1. chap. 9. Les bonnes gens du temps *pafé* faisoient leur *pefcherie* par *prefcherie*, & *pefchoient* avec le *salut*. Mais en ce temps nous laifons rouiller les *saluts*, parce que le *poiffon* est trop *efveillé*, & on ne le peut tromper en *les* *banc la boue*. Je ne fais d'où vient ce mot en cette signification. *Le Duchat*.
SALUTS. Sorte de monnoye d'or. Rabelais, liv. 1. chap. 46. *Lars commanda Grandgnefer*, que, *préfent Tuncquedillon*, *suffent contre au Moine soixante & deux Salut pour cette prise*. Et livre IV. chap. 54. *Pantagruel*, par libéralité & reconnaissance, *fit dextiver à chacune des folles, lesquelles avoient servi à table durant le disiner, ne-f cents quatre Saluts d'or*, pour les marier en temps opportun. Et au Prologue du même livre : *En Chinon, il change sa coingrée d'or en beaux Saluts d'or, beaux moutons à la grand laine, belles rides, beaux efcus au Soleil*. Cette monnoye, qui étoit une monnoye de Henri VI. Roi d'Angleterre, couronné Roi de France à Paris en 1422. avoit d'un côté une Croix avec une Fleur-de-Lis & un Léopard, & au-dessous une H. Il y avoit autour de la Croix, *XPE VINCIT. XPE REGNAT. XPE IMPERAT* : & de l'autre côté il y avoit une Vierge Marie, qui recevoit la salutation de l'Ange par ce mot *Ave*. Et il y avoit au-dessous deux écus ; l'un de France, & l'autre de France & d'Angleterre ; avec ces mots-autour de la pièce : *HURRICUS, DEI GRATIA, FRANCORUM ET ANGLIÆ REX*. C'est de cette salutation que cette monnoye a été appelée *Saluts* ; qu'on a dit, au lieu de *salut*. M.
SAMARITAINS. Nom de peuple, & d'une secte de la Religion Judaïque. Ils furent ainsi nommés à cause de *Samarie*, capitale de leur pays. On lit au Livre III. des Rois, xvi. 24. qu'Amri, Roi d'Israel, acheta la montagne de Samarie de Somer, pour deux talens d'argent, & qu'il y bâtit une ville, qu'il appella *Samarie*, du nom de *Somer*, à qui avoit été la montagne. \*
SAMBRE. Riviere des Pays-Bas. Wachter, dans son *Gluffarium Germanicum*, page 46. Am, *flavius*. Baxter, in *Gloff. Am. Brit. pag. 422*. Etant autem *am antiquioris Lingue Celtica prolatum idem quod au unda*, vel amnis : *Scotobrigantum veret dialecto aman*, vel *amon*; unde & *Latinorum amnis*. *Hae ille*. *Quid si am sit abscissum ab amnis* : *Sani amnis in Latina Lingua etymologiam hales percommodam, ab am & no, circumflue. Varro*, lib. 4. de L. L. Amnis id flumen est quod circuit aliquid. *Quidquid sit, vox vilde antiqua est. Nam hinc videntur viri nomina flaviorum verestissima : EMME, in *Helvetia*, *Latinis AMMA : EMME, in *Wesphalia*, *Latinis AMMA : EMI, Latinis AMISIA : SAMBRE, in *Gallia Belgica, olim SAMARA. Sibilus sapè, ubi minime necessarius, caviti & fini annellitur, & labiales se munca attrahunt. Hinc porri Ambrones conferi possunt omnes populi qui flumen aliquod accolunt ; ut necose non sit mirrationes* EFERUS - Recherches & Classification numériques S A M. S A N. fingere, am Ambroses Helvetiorum ex interiore Germania versus austrum deducere, &c. *
SAMEDI. De Sabbati dies. M.
SAMOIREAU. Espèce de gros raisin fort noir, fasam vin rouge délicat, dk Nicot. L'ori- gine de ce mot ne m'est pas connue. M.
SAMOIREAU. Peut être de Samorel, village sur la Meuse, nom loin de Stenai, & près de Ville- franche-sur-Meuse, forteresse que le Roi Fran- çois I. fit elever en 1145, vis-à-vis d'un autre vil- lage nommé Mofas. Voyez les Mémoires de Du Bellay, livre x. sur l'an 1545, page m. 161. Peut-être aussi de racemus morellus. Voyez Ména- ge, au mot Moreau. Le Duchat.
SAMOSSE. Mot Messin, qui signifie la lisière d'une toile. Les Italiens appellent camocello, une forte d'étoffe; camoccio, un chamois; & camocca, une peau de chamois. Samosse vient de l'Italien cimoto & cimossa, qui signifient une lisière de drap, ou de toile: lesquels mots viennent de cima, d'où notre mot cime, pour dire le faire, ou le sommer. Le Duchat.
SAMY. Une espèce de drap demi-foie, qui ressemble en lustre affluisin, mais il est plus étroit & de plus de durée, dit Nicot. Par corruption, pour fumit. Le Roman de la Rose: D'un samit qui estoit doré, Fu son corps vefflu & pari. Les Ecrivains Latins ont dit samitum. Jacques de Virtace, livre 3. Saffadinus quando equitat & vi- fitat filios suos, incendit velato capite uno samito ru- beo. Et samitum a été fait d'examitum. Aneas Syl- vius, parlant d'un Bohémien qui s'étoit emparé de quelques Châteaux de Transsilvanie: Qui cum fericam diploidem dom. no suo cui fervibbat, alim su- ratus esset, cognomeno Examit appellatus est: quod Latine villofum fericum sonat. Et examitum a été fait du Græc &quæ, qui se trouve dans Nicetas. Voyez M. du Cange, dans ses Vocabulaires. ¶ Au lieu d'examitum, on a dit exametum. Voyez le Glorfaire de M. du Cange sur Ville-Hardouin. M.
SANBENITO. C'est le nom qu'on donne vulgairement en Espagne & en Portugal à l'habit dont on revêt les hérétiques condamnés par l'In- quisition. Ce nom vient de sacco benedette, qui veut dire sac hent. Le sanbenito est une espèce de sac, que l'on hent avant que d'en revêtir ces mal- heureux. Dans la primitive Eglise, on revêtoit pa- relilement d'un sac les pénitens publics. Plusieurs Conciles en parlent, même avant l'établissement de l'Inquisition. *
SANDAL. Espèce de bois aromatique, que les Portugais apportent de l'Isle de Borneo, qui est une Isle des Indes. Voyez Mathiole, sur Diofco- ride, liv. 1. chap. 19. Il y en a de rouge, & de couleur de citron. Ce dernier est appelé sandal ci- trin. On en fait des chapelets, qui sont fort esti- més à Lisbonne. Rabelais, livre 2. chap. 21. en fait mention. Ce dit, loy vouloit tirer ses patens- tres, qui estoient de cefrin avec groffes marques d'or. Car je crois qu'il faut lire de citrin. Pierre Grin- gore, dans ses Menus Propos, feuillet 66. verso, a fait mention du sandal en ces termes: Le panunceau rouge comme sandal. Nicot dit que c'est un mot Arabe. Cela est vrai. On l'appelle vulgairement sandalum. M.
SANDALE. De sandalium: qui se trouve dans le Cantique des Cantiques. Notre-Seigneur, dans Saint Mathieu, chap. x. verset 10. défend aux Apôtres l'usage des fouliers. μὲν φίρμα πεῦλη, μὲν ἀνάγειν, μὲν ἀνάγειν, μὲν ἀνάγειν, μὲν ἀνάγειν. Et dans Saint Marc, chap. vi. verset 9. Il leur permet celui des sandales. C'est ainsi qu'on concilie ces deux passages, qui paroissent être contraires. Voyez M. de Saumalise, sur le De Pallio de Tertullien. Dans le Dictionnaire Latin-François, publié par le Pere Labbe, sandalium est interprété par Soler à Corieller. M.