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03.0 Dictionnaire etymologique — SANER – SERPAUT

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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SANER, ou SENER: mot dont les pay- sans se servent pour dire Lสาร des bêtes: & parti- culierement, des cochons. Il y a diversité d'opi- nions touchant l'étymologie de ce mot. Les uns le dérivent de sanare la castration, ou, pour user de ce mot, l'eunuchisme, étant un remède contre la lepre, qui étoit autrefois une maladie ordinaire. Le chapitre v. De corpore vatiatis ordinandis, vel non: Ex parte M. Presbyteri fuit propofium, quod cum sibi sentires lepra periculum immutare, de con- silio Medici, virilia fecit sibi abscindi, ut posses à tanto gravi infirmitatis vitio liberari. Et ut provido- remus ei super executione sui officii, a nois humili- ter postulavit. Quoniam igitur Canones Saullorum Patrum hunc à sacri alteris admissitatione non pro- hibent, mandamus, quatenus si est ita, & menor- atus est aias idoneus u: sui ministeris officium excepta- tor, liberam ei tribus facultatem. L'Auteur du Traité De Disciplina Scholarum, attribué fauffe- ment à Bocce: Legitur Timabet filium lepra in- cumbente cistratum. C'est au livre premier. Ce que dit Archigenes dans Artius, livre 3. est à remar- quer; qui est, que les Eunuques ne sont point su- jets à la lepre. On dit saner dans la Normandie; & sanar dans l'Auvergne; & sanà dans le Langue- doc; & sanare en Italie: ce qui peut servir à con- firmer cette étymologie: & d'ailleurs le Latin sa- nare est interprété dans l'ancien Dictionnaire du Pere Labbe, par saner, & guirir. D'autres dcri- vent saner de amare; les tets de l'Isle de Samos ayant servi à châtrer. Lucilius, dans Noulus Mar- cellus: Testant-sumit homo Samiam, sibique illicò telo Pracidis caulem, testesque una amputat ambos. Pline, xxxv. 12. Samia testà, matris Deum sacer- dates, qui Galli vocantur, virilitatem amputant: nec aliter citra perniciem, si M. Calio credimus. Martial, 3. 81. Abscissa est quare Samia tibi mentula testà? Cette étymologie plaisoit fort à M. Bochart. Mais je ne crois pas que ce soit la véritable. Et je suis très-persuadé que le François saner, & l'Italien sa- nare, & le sanar des Auvergnacs, & le sanà des Languedochiens, viennent de secare. Et voici com- me je crois qu'ils en viennent. Du verbe secare, on a fait le substantif seca; qui est présentement inusité: mais notre mot de sie, qui vient de seca, & le Latin secula, diminutif de seca, ne permet- tent pas de douter qu'on n'ait dit seca. Secula se trouve dans les Glofes anciennes: secula, humile. De seca, on a fait secamen, inusité. Le mot de secamentum, qui est en usage, fait voir qu'on a dit secamen. De secamen, secamins, on a fait en- suite secaminare: & ensuite, par contraction, EFERUS.- Recherches & Classification numériques senare; dont le François SENER. C'est ainsi qu'on prononce dans l'Anjou & dans le Maine, & dans plusieurs autres Provinces. Et de senare, par le changement ordinaire de l'E en A, les Italiens ont dit sanare, & les Auvergnacs sanar, & les Languedochiens sana, & les Normans saner. ¶ Au lieu de sener, on a écrit senner : ce qui a servi à établir saner. Les Latins des bas siècles ont dit secare pour châtter, à l'imitation des Grecs, qui ont dit tanquins en la même signification : & de-là, le mot tanquins, pour un châtre. Et nous disons encore présentement couper en la même signification. Un cheval compe, c'est un hongre. M.
SANER. Je suis assez pour l'étymologie que M. Ménage donne de ce mot. Mais il m'en vient une autre dans l'esprit, que je ne saurais m'empêcher de proposer à mes Lecteurs. Il n'est pas, à coup sûr, de meilleur expédient pour engraisser un animal, que de le châtter de bonne honte. Je m'imagine donc, qu'on aura fait saner de saginare, fait de sagina; & qu'on a dit saginare dans la signification de châtter, parce que qui dit un animal châtre, autant vaut que s'il disoit un animal ou déjà gras, ou qui le sera bientôt. Le Duchat.
SANG. On dit en Champagne, & en plusieurs autres lieux de France, qu'une femme a un beau sang, pour dire qu'elle a un beau teint. Les Italiens disent bel sangue, dans la même signification; ce qu'ils ont pris des Latins. Lucain, liv. x. de la Pharise, vers 128. Difcolor hos sanguis, alius diffixterat aras. M. SANG DE DRAGON. Terme de Pharmacie. Nom d'une liqueur épaisse, ainsi appelée, parce qu'elle est rouge comme du sang, & qu'elle distille d'un arbre nommé Dragon. Cet arbre, au reste, a été ainsi nommé, parce qu'on a cru voir au-dessous de sa peau la figure d'un dragon exactement représentée, avec un long cou, une longue queue, une gueule ouverte, & l'épine du dos garnie d'aiguillons. Ce qui est une pure chimère, puisqu'on ne trouve pas dans cet arbre la moindre ombre de cette prétendue image; & n'a pas néanmoins empêché qu'il n'en ait retenu le nom. Voyez ci-dessus dragon.
SANG-MESLE. SANG-MESLURE. Nicot : Quand, par grande & soudaine frayeur, le sang de l'homme se trouble. Homme sang-mesle. M. SANG DE DEZ. Sorte d'arme offensive. Rabelais, livre. 5. chap. 10. Daguenets, poignards, sangdediz, samivets, poinons. De l'Italien cinquedea, ou ciquedita, qui signifie une épée courte à la Vénitienne. Antoine Oudin, dans son Dictionnaire Italien-François : Cinquedea, espée courte à la Vénitienne, mot dit par raillerie. Cinquedita, idem. L'Italien cinquedita veut dire quinquedigitalis, & signifie proprement une épée de cinq doigts de longueur. Cinquedea est du langage Vénitien, qui dit deo pour dito, c'est-à-dire doigt. Le Duchat.
SANGLE. Robe sangle : qui n'est doublée, ni fourrée, dit Nicot. Voyez sangle. M.
SANGLE. Parole sangle. Le Roman de la Rose, fol. 45. v°. édit. de 1531. Mais male bouche trop meffait Par son orde langue despite, Qui ne peut dez ce qu'elle a dicté Ressaurer male renomure, De sa . . . , gueulle nomme, Ne rappeller parole sangle, Si elle a dicté par sa gangle. Ces paroles sangles, sont sans doute celles que Rabelais, livre 4. chap. 56. appelle sanglantes. Et en ce cas-là, il faut que sangle ait été fait de sangnindus, qu'on aura dit pour sangnindentus. Le Duchat.
SANGLE. Ce mot vient du Latin cingula : car il y a cette différence entre la ceinture d'un homme & les sangles d'un cheval, que celle-là est appelée cingulum, & celle-ci cingula. Isidore, livre 10. chap. 16. Cingulum hominum, generis neutri est : nam animalium, genere seminino dicimus has cingulas. Rigoedus, en la Vie du Roi Philippe Auguste : Aqua torrentis miraculoi tantum excrevit, & sine pluvia; quod atigit usque ad cingulas equorum. Caseneuve.
SANGLE. SANGLER. Sangler a été fait de cingulare : & sangle, de cingula, dit pour cingulum. Cingula, au plurier, se trouve en la signification de sangle, dans Isidore, xx. 16. Cingula hominum, generis neutri est : nam animalium, genere seminino dicimus has cingulas. Remarquez que nos Anciens écrivent sangle : ce qui confirme mon étymologie. M.
SANGLE. Simple. Le Roman de la Rose, fol. m. 110. v°. Soient les moyens compaſte, ou sangles, D'une nature, ou de divers. De singulus, qu'on aura dit pour singularis. Le Roman du Nouveau Tristan de Lecauais, chap. 6. Et jettant sur ses eſpaulles un manteau de taſſeaux sangle. Sangle, ſemplice, dit le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin. Single, en Anglois, ſignifie ſimple, ſoul. Le Duchat. Voyez ſingle.
SANGLIER. En Languedoc ſingle. Il viens de ſingularis, c'est-à-dire, ſoul & ſolitaire; à la différence des pourceaux privés & domestiques, qu'on voit d'ordinaire ramaiſes en un troupeau. Ainsi les Grecs appellent mois, c'est-à-dire ſingularis, un ſanglier, ou pourceau ſauvage. Suidas : mois, d'ou. Et Alde Manuce a traduit ce titre de la Fable d'Eſope, du Sanglier & du Renard : mois qui aou, Singularis & Vnipes. Caseneuve.
SANGLIER. Lat. aper : d'où les Italiens ont auſſi fait cinghiale; parce que le ſanglier va ſeul; à la réserve des deux premières annces : pendant le ſouelles il est appellé bête de compagnie. Cujas, ſur le premier livre des Fiefs, parlant du mot ſingularis : Hoc nomen Latini etiam tribnum apro: ut Graci, qui mois appellant : deleſatur enim ſolitudine : proinde à Gallii ſanglier dicitur; quaſſi ſingularis. Et c'est pour cette raison que Lycophron, dans ſon iſſi, appelle le ſanglier de la forêt d'Ercinie, perc ſolitaire. Couſa wipa & iſcenc vryacenſic Iouſa mois. Cat wipa & en cet endroit ſignifie perc. Varron de Re Roſſica, livre 1. Porcus, Gracum est nomen antiquum, ſed obſcuratum : quod nunc cum vocant xciper. Et au livre 4. de la Langue Latine : Porcus, à Gracis : quod Athenae, in libris Sa rerum, ſcripium est uſi, qui wipa. Et pour le marquer en paſſant, wipa & a été formé de & c'est-à-dire, ſus. Et il en a été formé de cette ſorte : & d'où LII ij EFERUS - Recherches & Classification numériques é, a la Laconique ; d'où épaç ; d'où fœux. Voyez fours ci-dessous. De épaç ; génitif de épaç ; on a dit par contraction épaç ; d'où on a dit ensuite épaç ; & ensuite épaç. M. Je reviens au mot de singularis. On prétend qu'il se trouve dans la signification de sanglier, dans cet endroit du Pseaume 79. 14. Exterminavit eam aper de fitva ; & singularis ferus depastus est eam ; les Septante ayant ainsi traduit la dernière partie de ce verset : kai passis àyes & arrimaniens novius. Mais comme il avoit déjà été parlé du sang- lier dans la premiere partie de ce verset, Exter- minavit eam aper de fitva, la version de Saint Jé- rome me paroît plus raisonnable. La voici : Et omnes bestia agri depastia font eam. Quoi qu'il en soit, il est certain que le mot Grec passis, qui est la même chose que le Latin singularis, a signifié un sanglier. Elian, livre vii. chap. 47. submissus & qui est bon passis. Hésychius : MONIOX, &c & 1795, & qui est abhis exsmythæ & 1795. Suidas : MONIOX & 1795 & 1795. Voyez M. Bo- chart, dans les Animaux de la Bible, livre 3. cha- pitre 29. M.
SANGLIER. Singulier, pour sanglier, se trou- ve dans le Mot a l'oreille, page 186. du Recueil de Pisces faites sous le règne du Connétable de Luynes, édit. de 1618. Le Duchat.
SANGLIER. Voici une autre étymologie de ce mot. Elle est de M. Leibnitz, dont Wachter rap- porte les paroles dans son Glossarium Germanicum, au mot King. Les voici : Ego mallem zinken, zinken, zacken, esse curtus res & uncinatas, uti Graum & 1795. Sals : quin ipsum Italicum cinghiale, unde Gallicum sanglier, aper (quia hujus dens fi- gura est eine zincke), ab uno esse fonte. Cette éty- mologie, tirée de la courbure des dents du sang- lier, est savante & heureuse.
SANGLIER. Singulatus : singulatus, par mété- tresse ; singulatus, SANGLIER. M. Voyez ci-dessous singulatus.
SANGREAL. Pour sang-réal. Rabelais, iv. 42. La Royce respondit, que montarde estoit leur sang- réal & baume céleste. Et chap. 43. du même livre : Lequel il gardoit religieusement comme un autre sangréal, & en guérissoit plusieurs énormes mala- dies. M.
SANGUIN. Arbisseau : ainsi nommé de son écorce rouge. M.
SANGUINAIRE. Herbe : ainsi nommée, parce qu'elle arrête le sang. M.
SANGUINE. Pierre fort poile & fort ten- dre, dont les Fourbisseurs se servent pour poire l'or & l'argent en feuilles sur les gardes des épices : eianis applie, à cause de sa couleur sanguine. M.
SANHEDRIN. Grand Conseil des Juifs, dans lequel se décidoient les affaires d'Etat & de Religion. C'étoit le Tribunal Souverain de la Ré- publique. Il y avoit dans la Palestine plusieurs Sanhédrins inférieurs, tous dépendans du grand Sanhédrin de Jérusalem. Ce mot est Ebreu, mais corrompu du Grec exsmythæ, conéfus, concilium, fait de nos ensemble, & de l'Ex figge, chaise, de- rive de l'Ex je place, je fais affeoir, & tous je suis affe. Lorsque Notre Seigneur dit dans Saint Mat- thieu, v. 11. que celui qui se mettra en colère contre son frère méritera d'être condamné par le Tribunal du Jugement, & que celui qui dira à son fère, Raca, méritera d'être condamné par le Tri- bunal du Conseil : ce Tribunal du Jugement, c'est un Sanhédrin inférieur ; & ce Tribunal du Conseil, c'est le grand Sanhédrin.
SANICLE. Herbe. De sanicula : à sanando. M. SANS. Du Latin fine, fait du Grec des, dit pour des. M. SANS-DESSUS DESSOUS. SANS-DEVANT- DERRIERE. M. de Vaugelas veut qu'on écrive sans dessus dessous : comme qui diroit (ce sont ses paroles), que la confusion est telle en la chose dont on parle, & l'ordre tellement renversé, qu'on n'y reconnoit plus ce qui devoit être dessus ou dessous. D'autres écrivent c'en dessus dessous, croyant que ce mot a été dit, par corruption, au lieu de ce qu'en dessus est dessous, à cause de cet endroit de Philippe de Commines, livre v. chap. 9. De tous cette, ay ven la Maison de Bourgogne bounorée, & puis tout en un coup choir, ce que dessus dessous : & de cet autre de Henri Etienne, en son Livre, in- titule, Hygromnejes de Gallica Lingua, peregrinis eam discephalus necessaria, page 101. Si bulge, sandestus dessous, quasi untem vocem promuntum, cum signis, are volumus ce que dessus dessous. At- que adeo ha quatuor vocula in illud vocabulum per syncope & depravationem coalucint. Tale est au- tem sandevandderriere, proce que devant derriere. Il faut écrire sens dessus dessous : sens devant derriere : comme on écrit, en tout sens ; de ce sens- là. Sens, c'est-à-dire, visage, situation, biais, pos- ture. J'ai fait cette remarque dans la premiere édi- tion de mes Origines de la Langue Françoise. De- puis j'ai trouve que Palquier dans une de ses Let- tres à Ramus, avoit cu la même pensée. Ses paro- les sont considerables. Les voici : Au regard de ce que me mandez que ne pouvez bonner, et gouter cet- te locution Françoise sens dessus dessous, dont vous écrivant j'ay ufe, vous u'ejes pas le premier qui en a fait que que s'empuie : car je voy plusieurs de ceux qui sont en réputation de bien dire, savoir donté d'en ufer dans leurs traductions ; & au lieu d'icelle, avoir mis, tantost ce dessus dessous, tantost ce que dessus dessous. Toutefois j'e Дреге tous leurs fort aisé- ment ce doute, s'il vous plaist de considérer, combien ce mot de sens nous est heureusement familier, quand nous disons que quelque chose est de tel ou tel sens. De cette parole est venu que nous avons aussi dit qu'une chose est sens dessus dessous, & encore sens devant derriere, pour donner a entendre que ce qui devoit être dessus est dessous ; & devant, ce qui est derriere. Je croy que par cette petite démo- stration avec occasion d'être satisfait. Quant est de moy, je vous asseure que non seulement je ne la re- jette, mais au contraire j'estime que c'est une manière de parler fort riche, & qui n'a été rejetée que par ceux qui n'approfondirent jamais les richesses de notre langue. Le P. Chifflet, dans son Essay d'une par- faite Grammaire, dit la même chose. TOUT ESTOS TRENVERSE SENS DESSUS DESSOUS. C'est ainsi qu'il faut écrire cet adverbe composé de trois mots. Sens est un mot du vieux Gan- lois, qui signifie coité. Comme en cette phrase du vieux langage, qui est encore en usage parmy le com- mu peuple de quelques nations : tournerz vous d'un autre sens ; c'est-à-dire, d'un autre côté. Ainsi, sens-dessus-dessous, signifie, quand, la chose ren- versée, ce qui estoit au coité d'enfaut, se trouve au de vous : comme, renverser un coitre sens-dessus- dessous. Il ne faut donc pas écrire c'en dessus des- sous. Car quant a ce dernier, il n'est pas vray que le coitre renversé n'ait ny dessus ny dessous : mais il a un nouveau dessous qui étoit dessus : ce qui est bien EFERUS - Recherches & Classification numériques S A N. S A O. exprimé par ces paroles, sans dessus dessous. M. SANSONNET. Nous appellons ainsi un étourneau. Voyez perroquet. M.
SANSUE. De *sanguifuga*. Les Glofes Anciennes : *Bélissa* *Béloz*, *sanguifuga*. Pline dit que ce mot fut introduit de son tems dans la Langue Latine. *Cruciatum in potu maximum sentium*, *baba hirudine* : *quam sanguifugam vulgo capiffe appellari adverto*. C'est au chap. 10. du liv. VIII. en parlant des éléphans. Ce mot se trouve aussi dans Celle, liv. v. chap. 27. *Si sanguifuga ripata est*, *a etum cum sale bibendum est*. Celle est un peu plus ancien que Pline. Pline le cite. Tous les Italiens, à la réserve des Tofcans, ont appelé, à l'initiation des Latins, la *sangue*, *sanguifuga*. Scipione Ammiato, chap. 20. de ses *Melanges* : *Come potra chi che fia mai vitrocare quando nafeu l'uso di questa nostra Lingua*, *che noi Volgare appellare fe in vari tempi*, *ora per una occasione*, *de er per un'altra*, *le voci di essa sono stasi intradute*. *Dice Plinio che quel verme*, *che i Latini chiamare hirudo*, *e i Tofcani dicono mignatta*, *a suoi tempi incomincio tra il Volgo a nominarfi sanguifuga*; *laquale*, *fe non in Tofcana*, *nel regno di Napoli*, *e in altre parti d'Italia*, *sanguifuga rottavia vien detta*: *ne per altra voce e riconsciata*: *ansò è entrata in proverbio*. *Quando si veni dioeare*, *che alcun fia noio e fastidio altrui*, *gli si dice*. Tu mi sei una *Sanguifuga*. Personne me doute que *sanguifuga* n'ait été dit à *sanguino* *sugendo*: mais peu de personnes savent qu'on a dit *suga*, *pour sanguifuga*; & que ce mot se trouve dans les Glofes Anciennes. Et les Latins ont dit *suga*, *a sugendo*, comme les Grecs *Bélissa*, *avò* *tò Bélissa*, *c'est à-dire*, *sugere*. Le Scholiatte de Théocrite, xii. 35. *Ivius*, *èri tò àvò* *noiò*, *è* *tò Bélissa*, *tò inuiò* *è* *tò* *tò* *tò* *Bélissa*, *è* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò* *tò Il me reste à remarquer, que les Tofcans ont appelé la *Sangue mignatta*, a cause de ses taches rouges. *Minium*, *miniata*, *MIONATTA*. Voyez mes Origines italiennes au mot *mignatta*. M.
SANTAI. C'est un mot Arabe, que les Latinifeurs ont rendu par *santalum*. Voyez *sandal*. M. SAONE : rivière. De *sancoma*. Ammian Marcellin, liv. xv. *A Paminis Alpius*, *effufore copia suitium*, *Rhodanus fluens*, *de proclivi imperu ad planura degrediens*, *proprio agmine ripas occulta*, *de paludi sexi ingurgitas nomine Lemanuo*; *campus intermeans*, *nufquam aquis miscerer extervis*, *sed altrinifocus summitates unda praterlabens fegnioris*, *quaritans exitus*, *viam sibi imperu veloci molitur*. *Unde fine jadura rerum per Sapandiam fertur*, *de Sequanos: longique progressus*, *Viennenem latere finifio perferingit*, *dextro Lugdunensem*: *de mensus spatia flexuosa*, *Ararim*; *quem Sauconnam appellant*; *inter Germaniam primam fluentem*, *summ in nomen afciscis*: *qui locus exordium est Galliarum*. Paradin, liv. 1. de son Histoire de Bourgogne, & M. Hauteferre, liv. iv. chap. xi. de ses Aquitaniques, ont écrit que la Saone, au lieu d'*Arar*, avoit été appelée *Sagoma*, du sang de ceux qui souffrirent le martyre dans la ville de Lyon en 169. ce qui me paroît peu vraisemblable. M.
SAOUL. Voyez *sou*. M.
SAPAJOU. Espèce de guenon, qui nous est venue du Brésil avec ce nom. *Haut*.
SAPATE. C'est ainsi qu'on nomme à Turin un présent qu'on envoie, sans faire savoir qui l'envoie; & qu'on envoie particulièrement le jour de S. Nicolas, en mémoire de ce que ce Saint envoie en secret de quoi marier trois filles. Et comme celui qui envoie le Sape, ne vouloit pas être connu, il le mettait ordinairement sous le Sape de la porte, c'est à-dire, sous le cuir fur lequel tournait la porte cochère du logis: car c'est ainsi que s'ouvroient autrefois les portes, avant l'usage de nos gonds. Et c'est de ce cuir que ce présent a été appelé *Sape*. Voyez *Sape*. Les jeunes filles fut-tout, avoient loin ce jour-là, qui est le fœlème de Décembre, d'aller des le matin voir sous le Sape de la porte s'il n'y avoit rien pour elles: car en mémoire du présent fait à des filles par S. Nicolas, le Sape s'envoie plus ordinairement à des filles qu'à des femmes. Quoique ce présent s'envoie aujourd'hui a découvert, il a retenu le nom de *Sape*. Il y a un petit Poème François, intitulé le *Sape*, imprimé ensuite du Voyage de Chapelle & de Bachaumont. M.
SAPER. De *Sape*, Latin-barbare inuisté, qui a été formé de *Sape*, qui signifie *ligo*: un *hoya*. De *Sape* & *Sape*, les Italiens ont fait *Sape* & *Sape*. *Sapula*, diminutif de *Sape*, se trouve dans les Glofes anciennes: *Sapula*, *Sapula*: *Sapulo*, *Sapula*. Je crois qu'il faut *Sapula*, au lieu de *Sapulo*, *Sapula* en cet endroit signifie *lamina*: & *Sapula* a été fait de *lamina*. M.
SAPHENE. *Saphena*. Terme d'Anatomie. C'est une veine qui est couchée sur la malleole interne, & qui monte le long de la jambe: c'est celle qu'on ouvre quand on fait une saignée du pied. Ce nom nous est venu des Arabes, qui appellent dans leur Langue cette veine, *Sabin*. Mais ce terme Arabe semble être pris du Grec *Sabin*, qui signifie la même chose que *Sabin*, c'est à-dire, *manifesus*, *peripiceus*: & la veine *Saphene* aura été ainsi nommée, parce qu'elle paroît sur la malleole.
SAPHIR. Pierre précieuse de couleur d'azur. En Latin *Sapphirus*, en Grec *Sapphirus*. Tous ces mots viennent de l'Ebreu & Chaldéen *Sapphir*, qui signifie la même chose. Le *Saphir* est nommé en Syriaque *Saphilo*, Exod. 18. 18. Isate 54. 12. Ezech. 18. 13. & *Sapphirus*, Apocal. 21. 19. *
SAPIN. Arbre. De *Sapinus*: qui se trouve en cette signification. Les Glofes Anciennes : *Sapinus*, *Sapinus*: *Sapinus*, *Sapinus*. Pline VII. 39. a ufe de ce mot. *Sapinus* a été fait d'*Sapin*, qui se trouve dans Hétychius. *Sapinus*: *Sapinus*: *Sapinus*. On y a ajouté un S: comme a *Sapin*: & à *Saper* de *Sapin*. *Le P. Ménestrier* en donne une autre origine. Voyez *Savoye*. M. de Saumaire prétend qu'il y a différence entre *Sapinus* & *Sappinus*, & que *Sappinus* a été fait, par contraction, de *Sapa pinus*. C'est dans ses Homonymes des Plantes, à la page 81. *Sap*, pour *Sapin*, se trouve dans Perceval. Si tient une lance de *Sap*. M.
SAPIN. On l'appelloit aussi *Sap*, & on l'appelle ainsi communément en Normandie. Peut- EFERUS - Recherches & Classification numériques S A Q. S A R. être de l'Arabe *safaf*, qui signifie un *faule*. Huêt.
SAQUEBOUTE. Voyez *sacoute*. M. SAQUER ou SACQUER. *Sacquer une épée*. De *saccare*. *Saccare* : *gladium à vagina*, *quasi à sacco*, *educere*, dit M. du *Cange*, qui est une étymologie peu vraisemblable. Les *Espagnols* disent *sacar*, pour dire, *tirer*, *mettre hors*. Et *Nicot* dérive le François *faquer* de ce mot *Espagnol*. M. SAQUER ou SACQUER. *Sacquer une épée*. Je le dérive de l'Alleman *ziehen*, qui signifie *trabere*, *attrahere*, ou de *zucken*, qui veut dire la même chose. Wachter, dans son *Glosarium Germanicum*, page 1979. ZUCKER, *trabere*, *attrahere*. Den degen *zucken*, *gladium stringere*. *Idem quod ziehen*, *mutatis saltum gutturalibus*. Voyez cet Auteur au mot *ziehen*. M. le Duchat, dans sa note manuscrite sur *sacquer*, observe qu'on disoit anciennement *saccher* dans le même sens, témoin le songe du Verger, liv. 1. chap. 67. & liv. 2. chap. 80. & que le Latin exprime ce mot par *evaginare*, liv. 1. ch. 68. & liv. 2. chap. 85. Il doute si *saccher* ne pourroit pas venir d'*evaginare*, quoiqu'il avoue que les Allemands disent *zucken* dans la même signification. Il cite *saccher* l'*ail* dextre, c'est-à-dire, *extrahere*, de la Légende de S. Pasteur, dans la Légende dorée imprimée en 1476. Je m'en tiens à l'étymologie que j'ai proposée.
SARABAITES. Voyez *Sarabouites*. M.
SARABANDE. Dansé. Bourdelot le dérive de *zarabanda* : qui est, dit-il, un instrument qui se joue avec mouvement de tête & contournement de tout le corps, suivant ses pauses. Et ainsi l'instrument auroit donné le nom à la danse. Je ne trouve point *zarabanda* dans mes Dictionnaires Espagnols. Les Italiens d'aujourd'hui disent aussi *zarabanda*, dans la signification de cette danse que nous appelons *zarabande*. Mais ce mot est tres nouveau dans la Langue Italienne. M.
SARABANDE. Il y avoit une ancienne danse en Picardie, qu'on appelait *Syrventes*. Il y avoit aussi une Poche du même nom. Il est fort croyable que ce mot habillé à l'Espagnole a fait *Sarabande*. Cette origine me paroît plus recevable que de faire venir *Sarabande* de *Sarans*, qui en Espagnol signifie un *bal*; ou de l'Arabe *saraba*, se promener en liberté. *Huet*.
SARABANDE. Il y a lieu de craindre que l'étymologie que M. Huet nous donne de ce mot, ne paroisse pas plus recevable que les deux autres qu'il improve. Quelques uns veulent que la *Sarabande* ait été ainsi appelée d'une Comédienne, nommée *Sarabanda*, qui la dansa la premiere. Il ne seroit pas besoin de chercher une autre origine s'il y avoit quelque preuve de ce fait. *Vergy*.
SARABANDE. On prétend que cette danse vient originalement des Sarazins ou Mores d'Espagne. Ce qui pourroit servir à le prouver, c'est qu'elle est fort aimée des Espagnols! Si cette origine est vraie, il y a apparence que le nom vient aussi des Mores, & par conséquent qu'il est d'origine Arabe; quoiqu'il soit difficile de déterminer précisément de quel mot Arabe il a été fait.
SARABOUITES. *Rabelais*, liv. 4. *Turcs*, *Juifs*, *Tartares*, *Moscovites*, *Mammelus*, & *Sarabouites*. On a dit *Sarabouites*, pour *Sarabouites*. C'étoient ses Moines Egyptiens, sortis de leur Convent pour vivre licentieusement & en liberté. J'ai dérivé ce nom dans mes *Origeniana* de l'Ebreu *orca farab*, *réfiscalaire*, *indisciplinable*; ou *aqui vè expoliu*, *v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v一日 v
SARABOUITES. *Rabelais*, liv. 1. chap. 34. *Vous & moi sommes plus dignes de pardon qu'un grand tas de Sarabouites, Cagots, Escargots, Hypocrites, Caffars, Batineurs, & autres telles sectes de gens, qui se sont déguisées comme masques pour tromper le monde*. Et liv. 4. chap. 53. *Turcs, Juifs, Tartares, Moscovites, Mammelus, & Sarabouites*. Item, au chap. 6. de la Progoftication Pantagrueline : *Escargots, Sarabouites, Canquemarres, Cannibales*. M. Ménage, en marge du second passage, a mis dans son *Rabelais*, qu'il y faut lire *Sarabouites*, & que ce sont des Moines déréglés, desquels il est parlé dans le Sermon intitulé *ad Fratres in Eremo*, faussement attribué à S. Augustin. Pour moi, je crois que *Sarabouites* vient de *Scarabouites*, adjectif formé de *Scarabouite*, fait de *Scarabouites*, d'où nous avons fait *scarbet*, qui désigne un animal qui aime l'ordure. *Rabelais* appelle de ce nom ces faux Moines, qui non contens de mâcher la merde des hommes, c'est-à-dire, leurs péchés, comme il parle liv. 1. chap. 40. se plaisoient encore à éplucher leurs écrits, pour y trouver quelque mauvais endroit sur lequel ils puissent mordre. *Scarabouites, Scarabouites, Sarabouites, SARABOUITE*. Le *Catalogus Huretiorum*, &c. du Jacobin Fr. Bern. de Luxembourg, imprimé pour la seconde fois en 1532, au mot *Sarabouites : Sarabouites, Aegyptia lingua propietate sic vocati, & secundum Bedam in Attis Apoliorum ex Anania & Sapphyra Sarabastarum genus exurum dicitur, qui rebus suis nequaquam domiciliis, Apoliorum districtionem se cullodive simulant, de quibus dicit Pammon Abbas, 184. Collatione Patrum, quod istud est genus teiterium & inside Monachorum, in vera hypocris confitatorum, & noxia illa plantatio rediviva, qua per Anandam & Sapphyram in exordio Ecclesia pullulans, Apollidi Petri severitate succisa est. Et ut eorum pessima secta confundatur, scians se in nullo ordine vivere, nec in aliqua secta vocatione : nam & ipsi semetipsi & Connoiorum regularium sub obedientia viventium congregationibus sequestrant, ac singillatim suas curas & necessitate, contra Ecclesia sanctionem & Concilia generalia, statum & regulam sibi consingunt, habentes libertatem evagandi, pecunias acquirendi, & de crastino cogitandi, quasi inopem & mendicum, Deum haberent. Aug. 21. Serm. ad Fratres in Eremo : Sarabautae angelicam faciem foris ostendunt, sed lupum corde habere non dubitamus : de quibus tertio nobis scripsit pater Hieronymus : quorum genus eifomni affectu vitandum. Ipsi in Aegypto cram in foraminibus pertarum habitantes, induci percorum & boum pelibus; tum cincti fumbus palmarum, spinas ad calcanea portantes, ad cingulum ligatus spinas, discalciati & sanguine cruentati, cavernas exuntes, ad seftum scenopigia pergebant Hierofolymum; & sancta sanctorum intrantes, pamperatem & abstinentiam predicabant servare; barbas postmodium in conspectu hominum sine redemptione evellere festinabant, & sic acquifera fama ad loftra remeabant, solitarii, gaudentes & epulantes supra* EFERUS - Recherches & Classification numériques quod explicare poffumme. Hæ melite, obfœtro, imitari, quia non boatos, sed dammatus est esse praetumme. C'est donc Sarabaites qu'il faut lire dans Rabelais, & non Sarabates, ni Sarabathus. Le même Catalogus Haretiorum, au mot Gyrovagi: Gyrovagi videnter habitu monachi, sed sum hypocrita, hareticalia feminantes, sub nulla regula obedientia viventes & hi apud Aegypius diffit sunt Sarabathus. Et ifus reprobat Alpharus in De planctu Ecclesie, lib. 1. La Duchat.
SARABOUIYES. Suivant le long paffage que M. le Duchat rapporte du Catalogus Haretiorum, &c. il paroît que Sarabates ou plutôt Sarabates, est un mot d'origine Egyptienne; & il semble que ce mot répond au Latin Gyrovagi. Dans ce cas-là on ne pourra admettre les deux étymologies qu'en donne M. Huet, l'une tirée de l'Ebreu, & l'autre du Grec. Car quoique les Sarabates fuifent des véhachaires, & peut-être même des débauches, il ne s'enfuit pas que leur nom signifie cela; qui est ce dont il s'agit ici. Le mot Sarabates auroit plus de rapport avec l'Arabe faraba, qui veut dire, fortir & courir librement partout où l'on veut, & d'où est formé farib, pour celui qui fort & va librement où il lui plaît. Les Sarabates étoient de véritables vagabonds; & on fait de quoi sont capables ces fortes de gens, qui vivent sans aucune discipline. Je m'étonne pourquoi M. le Duchat, qui nous cite un paffage, par lequel il paroît que Sarabates est un terme de la Langue Egyptienne, & qui dit lui-même que dans Rabelais il faut lire Sarabates, & non pas Sarabates; je m'étonne, dis-je, pourquoi M. le Duchat va s'amusé à dériver Sarabates d'un prétendu adjectif scarabattus, aussi imaginaire que le verbe scarabattive, & le substantif scarabatus, d'où il le fait descendre. Comme Rabelais joint les Escarpés aux Sarabates, c'est peut-être ce qui a fait venir à M. le Duchat l'idée d'escarbur, & qui lui a donné lieu d'inventer cette étymologie. Mais il y a bien de la différence entre les escarpés & les escarbats, & encore davantage entre les escarbats & les Sarabates.
SARAGOSSE. Ville d'Espagne. En Espagnol, Zaragoza. Ce nom a été fait par corruption du Latin Cañarea Angusta, ou Cañarangusta. Pilne, livre 3. chap. 3. dit que l'ancien nom de cette ville étoit Salduba, qui, selon Boehar dans son Cabancar, liv. 1. chap. 34. peut avoir été en Phénicien Saltebaai, qui peut signifier son domaine est à Baal, ou bien Baal est son bouclier: de même que Corduba, d'où Cordone, peut avoir été en Phénicien Chardobai, c'est-à-dire, sa crainte est Baal, &c. Le retranchement de l'I. finale ne doit point faire de peine; car les Grecs la fupprimolent de même dans les noms d'Amihai, d'Ashruhai, &c. qu'ils écrivoient AruCa & AruCa. La ville de Salduba conserva ce nom sous les Romains, jusqu'à ce qu'ayant été repeuplée par une Colonie Romaine sous César Auguste, elle prit le nom de cet Empereur; d'où s'est formé le nom moderne.
SARAZIN. Sorte de blé. Quelques-uns ont écrit que ce blé avoit été ainsi appelé de sa couleur noire, parce que le peuple croit que les Sarazins sont noirs. Nous l'appellons en Anjou, comme on l'appelle à Paris, blé noir. Les Grecs ont aussi appelé une sorte de blé marasque. M.
SARAZINS, ou SARRASINS. En Latin Saraceni. Peuple d'Arabe. Les Auteurs ont été partagés de sentimens sur l'origine de ce nom. Quelques-uns, comme Sozomène, ont dit que les Sarazins s'appelloient ainsi, parce que, pour se donner une origine plus noble, ils vouloient faire croire qu'ils descendent de Sara, femme d'Abraham, ayant honte de descendre d'Agar, sa servante. Mais les Sarazins n'ont jamais eu honte de se dire descendus d'Imael & d'Agar. On lit dans le Gieuhari, fameux Lexicographe Arabe, au mot Agriara: Agar est la mere d'Imael, sur qui soit la paix. Quelques- autres Auteurs, comme Scaliger, qui bâton avec raison le sentiment de Sozomène, prétendent que le mot Saraceni vient de l'Arabe farib, qui signifie un valeur, & qui est formé du verbe faraba, qui signifie furari; & que ce nom fut donné aux Sarazins, à cause des voleries & des brigandages qu'ils exerçoient. La Paraphrase Chaldaique de Jérusalem, c'est chapitre 37. v. 13. voulant parler des Imaélites, auxquels Joseph fut vendu par ses frères, les appelle pno farakim. Mais cette opinion, quoique mieux fondée que la précédente, n'en est pas plus véritable. Etienne le Géographe, trompé par la ressemblance des noms, a cru trouver l'origine du nom des Sarazins dans celui de Saraca, ville d'Arabe. D'autres l'ont dérivé du Chaldéen pno farak ou nno farka & faraka, qui signifie vacuitas, inimitas; & cela parce que le pays des Sarazins étoit sec & stérile. La véritable étymologie de ce nom se tire du verbe Arabe scharaka, qui signifie se lever, en parlant du Soleil; & c'est comme qui diroit les Orientaux. Les Sarazins étant un peuple Arabe, étoient des Orientaux par rapport aux Grecs & aux Latins. Mais les Arabes ne se nomment jamais ainsi; & ce mot de Sarazins n'est en usage que chez les Grecs, d'où les Latins l'ont tiré. Au reste, on appelle aussi les Sarazins, Agardines & Imaélites, à cause d'Agar & d'Imael, dont ils descendent.
SARBACANE, SARBATANE, ou CERBOTANE. Rabelais, iv. 30. a dit Sarbataine: & Montagne, 1. 31. Sarbataine. Le Tafsoni, au chap. 16. du dixième livre de son Livre, intitulé Diversi Persieri, dit que cet instrument a été trouvé à Carpi, ville de Lombardie: ce qui m'avoit fait croire que l'Italien cerbotana; c'est ainsi que les Florentins appellent cet instrument; avoit été fait du mot carpi, de cette manière: Carpi, carpitana, carbitana, crabacana. Dans le Royaume de Naples, on l'appelle Sarbacana: & nous l'appellons Sarbacane en plusieurs lieux de France: & c'est comme on parle à Paris. Ce qui m'avoit aussi donné la pensée que ce mot avoit été fait, ou de Sambuca, de cette manière: Sambuca, Sarbuca: comme armoniaco, d'armoniaco: Sarbucana, Sarbacana, SARBACANA: O en A: comme en agio, d'otium; en faldo, de folidus: ou de Sambucus, parce que cet instrument a été premierement fait de fureau, que les Latins appellent Sambucus: duquel bois nos petits garçons d'Anjou font encore aujourd'hui une sorte de Sarbacane, qu'ils appellent clifoire. Voyez clifoire. Mais je viens d'apprendre du Glossaire Grec de M. du Cange, & de celui de Meurfius, que les Grecs modernes appellent cet instrument Gallovico: & Calcondyle, dans son Histoire, l'appelle de la sorte. M. du Cange dérive de ce mot Grec le François Sarbacane. Mais peut être que ce mot Grec a été fait de l'Italien cerbotana. 9 J'oubliais a remar- EFERUS - Recherches & Classification numériques quer que les Espagnols disent cebratana. Voyez Covarruvias. Meurſus dit que Ἀρφενεῖν ἐξ ἐκείνην ἐπὶ ἐπὶ ἑσπέμισις de guerre que nous appellons ſerpenine. Et la ſer- penine, dit Bourdelon, ne repréſente pas mal par la longueur une ſarbacine. Il ajoute, que Ἀρφενεῖν ἐξ peut-être ce que Philon, au livre v. Ἀρφενεῖν ἐπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπὶ ἀπ SARCEN ET. Sorte d'étoffe. De ſaracen- tum, diminutif de ſaracenum. Voyez ſaracenum, dans le Gloſſaire Latin de M. du Cange. M.
SARCLER. Voyez ſacler. M.
SARCOCLE. Terme de Médecine. C'eſt une excroſſance de chair dure, qui ſengendre autour du teſticule. Ce mot eſt Grec, fait de ὀφῷ ὀφῷ, chair, & de ὀφῷ, tument. Quand c'eſt une excroſſance charnue du nombril, elle ſe nomme ſarcemptaie, du même mot ὀφῷ, & d'ὀφῷ, & nombril.*
SARD. Vieux mot, qui ſignifie champ. La Chronique de Hainaut : L'Hermite avoit labouré un ſard, & ſemé du métail en la terre qu'il avoit ſarrée. Et quand la meurſon vint, &c. D'exarctum. Voyez eſſarter. M.
SARDAIGNE. Iſle de la Méditerranée. En Latin, Sardinia; en Grec, λαβῶ, & λαβῶ. L'or- gine que les anciens ont donnée de ce nom, a bien l'air fabuleux. Ils diſent que Sardus, ſils d'Her- cule, étant parti de Lybie avec une grande trou- pe, occupa cette Iſle, & la nomma de ſon nom. Pline, livre 3. chap. 7. remarque que Timée la nommoit λαβῶ, Ce mot veut dire qu'elle reſſemble dans ſa figure à une ſandale, forte de chauſſure chez les anciens, appellée par les Grecs αὐδίωσις, d'où notre mot ſandale. C'étoit une ſe- melle qui s'attachoit ſous le pied avec des cordons. Pline ajoute, que Myrſile appelloit la Sardaigne ἰχνασί, parce que, comme l'explique Erienne le Géographe, elle reſſemble à la trace que laiffe un pied ſur le ſable; du mot ἰχνασί, veſſigium, ou la plante du pied. C'eſt en ce ſens que Claudien dit de cette Iſle : Humana ſpeciem planta ſinuosa ſigurat Inſula : Sardiniam veteres dixere coloni. Silius Italicus, livre 12. dit auſſi, par rapport à cette reſſemblance : Inſula fluſtifono circumvallata profundi Caſſigatur aquis, compreſſaque gurgite terras Enormes cohibet, nuda ſub imagine planta. Inde I:buſſa prius Graiis memorata colonis. Bochart, dans ſon Chanaan, liv. 1. chap. 31. conjecture, que le nom de la Sardaigne vient ori- giuairement de l'Ebreu ἰχνασί ſaad, qui ſignifie la trace d'un pied, & qui ſe trouve dans le Livre des Proverbes, chap. 5. v. 5. & dans les Lamentations de Jérémie, chap. 4. v. 18. Ce ſavant homme croît que les Phéniciens ont dit ἰχνασί ſaad, de même que les Ebreux, & auſſi ἰχνασί ſarad, pour dire la trace d'un pied. M. de la Torre, dans ſon Livre Intitulé Moun- menta veteris Amis, eſt d'un autre ſenaiment, & ſoutient que l'Iſle de Sardaigne a tiré ſon nom du Dieu Sardus, qui y étoit adoré par les habitans, & qui y étoit en ſi grande vénération, qu'ils ne l'appelloient pas autrement que leur pere. Il éta- blit ſon opinion par l'autorité de Ptolomée le Géographe, qui dit qu'il y avoit dans l'Iſle de Sar- daigne un lieu appellé λαβῶ, ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχ Géographe, qui dit qu'il y avoit dans l'Iſle de Sar- daigne un lieu appellé λαβῶ, ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχνασί ἰχ
SARDE. Voyez ſardine. M.
SARDINE. Petit poſſon. De ſardina. Iſidore, III. 6. Civitas Syria qua nunc Tyſus dicitur, olim Satra vocabarur, à piſce quodam qui illic abundat, quem linguâ ſuâ ſat appellant : ex quo derivatum eſt, hoſus ſimilitudinis piſciculas, ſardas, ſardinâſ- que vocari. Rondelet n'a point fait mention de cette étymologie : dont je ſuis étonné. ¶ Les ſta- liens diſent ſardella & ſardina. M.
SARDONIQUE. Ris Sardanique, ou Sardenien. Rſſus Sardanicus, ou Sardanus. C'eſt un ris forcé. Nous avons pris cette façon ſie parler des Latins : & les Latins l'avoient pris des Grecs, qui diſoient λαβῶ, & de la nomma de ſon nom. Pline, livre 3. chap. 7. remarque que Timée la nommoit λαβῶ, Ce mot veut dire qu'elle reſſemble dans ſa figure à une ſandale, forte de chauſſure chez les anciens, appellée par les Grecs αὐδίωσις, d'où notre mot ſandale. C'étoit une ſe- melle qui s'attachoit ſous le pied avec des cordons. Pline ajoute, que Myrſile appelloit la Sardaigne ἰχνασί, parce que, comme l'explique Erienne le Géographe, elle reſſemble à la trace que laiffe un pied ſur le ſable; du mot ἰχνασί, veſſigium, ou la plante du pied. C'eſt en ce ſens que Claudien dit de cette Iſle : Humana ſpeciem planta ſinuosa ſigurat Inſula : Sardiniam veteres dixere coloni. Silius Italicus, livre 12. dit auſſi, par rapport à cette reſſemblance : M. de la Torre, dans ſon Livre ſon origine de ſericum, qui ſignifie ſoie ; parce qu'à mon avis, elle étoit riſſue à la façon des étoſies de ſoie. Eckchardus le jeune, Moine de Saint Gal, De Caſſibus Monaſterii S. Galli, chap. 3. Miſſus eſt Magoniam, utique pro pannis lanois emendis, quer fericales, au tunica vocant. Caſſeneuve. Voyez ci-deſſious ſorge.
SARDE. Voyez ſorge. M. SARIETTE : Sorte de ſimple. De ſaturiea, diminutif de ſaturiea, qui ſignifie la m'me choſe. Le Lexicon vetus, au chapitre de Oleribus : Sar- riea, S. S. Columelle, IX. 4. Noſtratis cunile, quam ſaturiea ruſtici vocant. Et dans ſon Poëme : Et ſaturiea, thymi referens thymbraque ſa- perem. Périon écrit ſamiette : mal. M.
SARONIDES. Noms des Philoſophes & Théologiens Gaulois, qu'on croit être les mêmes que les Druides. Le premier de ces deux noms eſt Grec, & le ſecond eſt Gaulois : mais ils ſignifient tous deux la même choſe ; car le Grec causé d'où vient Saronide, & le Celtique derw, d'où vient Druide, ſignifient tous deux chine. C'eſt du même mot EFERUS - Recherches & Classification numériques S A R. S A S. S A S. S A T. mot equip, que vient le nom de ce célèbre golphe au midi de l'Attique, appellé golphe Saronique albo & Saponin; & quelquefois mer Saronique albo & Saponin; parce que, suivant la remarque de Pline, livre iv. chap. 5. ce golphe étoit anciennement bordé d'une forêt de chênes. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, au mot Druiden, page 312. Ante nomen Druidarum anditum, Graci Theologus & Philologus Celtarum appellant SARONIDAS, cujus nominis eadem potestas. Nam ida est a Celtico udd dominus, vel ab Islandico it vir; & eazon Graci olim denotavis quercum, tefte Plinio, lib. iv. cap. 5. Sinus Saronicos, olim quernu nemore redimitus, unde nomen, ita Graciâ autquâ appellante quercum. Ex quo Plinii loco rette colligit Bocharus, Saronidarum & Druidarum eadem nominis rationem esse, utroque à quercu dictu. Voyez ci-dessus au mot Druides.
SARONIQUE. Golphe Saronique. Voyez Saronides.
SARRASINS. Voyez Sarazins.
SARTIE. Terme de Marine. Nous appellons ainsi toute sorte d'apparaux : armamentum quod navis causa paratur. Du Grec Cuyia; mot de la même signification. Cujas, livre 23. de ses Observations, chap. 35. Ac praterta verius est, similem esse earum rerum causam qua navis gratia parentur, id est, armamentorum, qua vix Cuyiae nomine significantur : in idiotismo, la sartie. De ce mot Cuyia, les Espagnols ont fait de même xarcus; & les Italiens, Jarte, & Jarsi. Voyez lafartie, ci-dessus. M.
SARZEPAREILLE. Plante des Indes. Les Médecins de Lyon, livre 18. chap. 129. Ex novi orbis, sive America, Provinciis, etiam prodiit zarza parilla, & China radici successit : eique laudem eripuit, quod non nisi cariosa, & longa vetura evanida atque marcida ad nos pervenire soleat. Zarzam parillam Hispani, qui primi ejus usum in Europam ex Pera invexere, breviore itinere, atque adeo integrandum verbus, ad nos transmitunt, ad multos, variousque morbos, prafantiissimum medicamentum. Qui primus illic viderunt, zarza parilla nomen indiderunt propter magnam similitudinem quam ha: ut cum zarza parilla Hispanica, id est, similace aspera : quasi dicas rubum viticulam. Nec Hispanis, inquit Matthiolus, zarza parilla aliud est quam rubus viticulatus : parra enim Hispanis vitis dicitur; parilla viticula; & zarza, rubus. Ejus apud indigenas nomen spinasam vitem Latinis significare, Lopius Lusicanus aulber est. Joseph Scaliger, page 131. du premier Scaligerana : Sarza parilla, est vera similac aspera, omnibus Monspelii notissima. Sic dicta est Hispanice a carza, quod spinam significat, & a Parillo, Medico Hispanio, qui primus fuit inventor usus illius, & hanc radicem ad nos adspurtavit. Dechres Monspetientes non jam alia farzaparilla utuntur quam radicibus similacis. L'érymologie de Scaliger est la véritable. M. S A S. En Languedoc sedas. C'est un instrument avec quoi on passe la farine. Il vient de setarium, ou setarium. Jean de la Porte, dans son Catholicum : Setarium, quod & setarium dicitur; instrumentum pergandis farinam. Il est formé de seta, qui signifie le gros poil des animaux. Le même : A seta dicitur, hic setarius, a, um. Aussi d'ordinaire les sacs sont tissus du poil de la queue d'un cheval : Tome 11. & quoique seta soit proprement le gros poil d'un pourceau, il signifie souvent le poil du crin, ou de la queue d'un cheval. Cicéron, livre 5. de ses Tusculanes; Gladium à lacunari seta equina appensum. Cafeneuve. S A S. S A S. M. de Saumais, dans ses Homonymes des Plantes, page 69. chap. 57. Qua ex setis salta sunt cribra, saltos vocamus; & sallare, cribro eijmodis farinam transfortere. Id ex Latino venis squaffare, pro excussare, vel exquaffare. Us spofita pro expofita; septoria, pro exceptoria; & similia seccenta, de quibus alibi. Gallorum inventis adscribit Plinius cribri genus ex setis : Criborum genera Galli & setis equorum invenere. Durant hodieque. Hispani & lino excusoria & pollinaria. Lopua. Inde fortasse salti nomen. Tamiffos vocamus, qua ex lino vel lana, quasi tramiffos, a transmitenda farina. M. S A S. Il vient de setarium, mot de la même signification. Voyez Cafeneuve, au mot sas, & au mot tamis. Le Duchat. S A S. DE GAND. Forteresse. De l'Italien fasse, fait du Latin saxum. Grotius, parlant du Eusele Gand, inutilement tenté par le Prince d'Orange : Saxum illud scripta voluis, quod semper elabitur. C'est dans sa Lettre 1517. citée par Le-Vafor, dans son Louis XIII. tome 1. part. 2. page 91. de la deuxième édition. Le Duchat. S A T A N. Le démon. Ce mot est originellement Ebreu, Chaldéen, & Syriaque. Il signifie proprement adversaire, ennemi; du verbe Ebreu 100 satan, & du Chaldéen 100 setan, qui veut dire, s'opposer, être opposé, bar, être ennemi. Le démon est appellé de la sorte, parce qu'il s'oppose aux volontés de Dieu. On voit par là pourquoi Notre-Seigneur traita Saint Pierre de Satan, lorsqu'il s'oppose à sa Passion. Les Arabes disent Scheitian, pour Satan; & ils appellent ainsi non-seulement le démon, mais encore tout homme superbe & opiniâtre; du verbe icharana, qui signifie être désobéissant, opiniâtre, ennemi. S A T I N. Sorte d'étoffe de soie. Quelques-uns le dérivent de l'Ebreu sadin, qu'ils traduisent sindonem. Il vient de seta. Seta, setum, sitinum, satinum, SATIN. On lit dans les Comptes d'Erienne de la Fontaine de 1350. Pour sept quartiers de catouin d'Inde, & sept quartiers de fort volunian vermeil, pour faire deux cotes d'armes : où catouin paroît être le même que Satin. Justous Poletanus, dans son Poème intitulé Desfere, seu setivomis animalibus, dit que seta a été fait de Setabis, ville d'Espagne. Sed jam perfetto ratio reddenda libello Nominis est setæ : quod non dixisse priores Confla, & in vulgis crebro nunc cerminus usu Sermonis Latij, semper hui vertere leges Infables licuit (Flacci testante Camara), Permissimque novis nova tradere nomina rebus. Setabis id fluxisse reor de nomine libera Urbis; ubi eximia nitidissima vellera setæ Decantata vomant animalia gutture pleno : Quæ denso gaudes percurrere peltino Tufcus, Et Liger, & Venetus; divestque Bononia magno Orbe rota verfaus, varios extendit in usus. C'est tout le contraire. Setabis a été fait de seta. M m m EFERUS - Recherches & Classification numériques Voyez M. Bochart, dans ses Colonies des Phéniciens, liv. 1. chap. 35. M.
SATRAPE. Gouverneur de Province chez les anciens Perles. Ce mot est originalement l'estan, selon le témoignage d'Hésychius. De-la il est paillé chez les Grecs en la même signification, & ensuite chez les Latins.
SATRE. On appelle ainsi à Metz cette sorte d'esprits follets qui ne font ordinairement point de mal dans les maisons où l'on dit qu'ils viennent, & qui, au contraire, prennent le soin, tantôt de panier un cheval, tantôt de quelque fonction du ménage, ou de la cuisine. De Jatyrelius, diminutif de Jatyres. Le Duchat.
SATURNE. Dieu du Paganisme. Quelques-uns dérivent ce nom du Latin Jatio, parce que Saturne enseigna le premier l'Agriculture en Europe. D'autres le tirent du verbe Ebreu vno Jathar, se cacher, être caché; parce que Saturne alla se cacher en Italie; comme si avant ce tems-la il n'avoit pas eu son nom. D'autres, comme le Pere Pexron, ont recours à la Langue Celtique & Bretonne, & prétendent que le nom de Saturne vient de être Langue, d'où il a été transporté chez les Latins. Il sera bon de rapporter ce que dit là-dessus Wachter, qui est aussi pour cette dernière opinion. Voici comme il parle dans son Glosarium Germanicum, page 1357. SATURNUS, Urano gemitus, Titanum nevisissimus & potentissimus, imperium in occiduis Orbis partibus primus constituit, teile Diodoro, lib. III, cap. 61. Videamus ergo quid in Linguis Occidentis vetustissimus, Celtica & Germanica, significare possit. Nam hoc ostensio verisimiliter patebit, unde Latini illud nomen, quod Gracis ignotum, acceperint. Saturnum Celtica Linguæ denotare posse regem, pridem suspicatus sum & Cambrica voce teyrn rex, quam infra cum universa familia produxi in voce tyrann. Baxterus eandem tradit originem in voce Brennus. Posquam enim monuerat, teyrn significare regem, & Turnacum regiam, max ita pergit.: Huc etiam referenda videntur Romana nomina Turnus, & Saturnus, apposito Celtico titulo sa, ut sit idem Saturnus quod Moloch vel Rex. De articulo Celtico sa mihi non constat. Hoc autem scie, sa esse Gothorum, & se Anglo-Saxonum articulum. Solent autem articuli cum suis nominibus interdum coalescere, praesertim in ore Latina; quod multis exemplis ostendis Junius in Gloss. Goth. pag. 63. Idque non semel accidit appellativis in nomina propria mutatis. Sic Obris quibusdam apud Plutarchum de Iside creditur sic diffus quasi; etque? Sic etiam Pharao concrevit ex pha & ro. illud Coptica Linguæ est articulus, hoc regem significat; ut me quendam docuit Lacrozius, vir celeberrinus, & Philologorum nostro avo facile princeps. Ratio cur Saturnus per excellentiam dicatur rex, in promptu est. Erat enim primus Rex, non solum Aboriginum in Italia, sed etiam totius Occidentis, nomenque regium primus adscivit, & ante omnes fertur coronatus, teile Pherecyde apud Tertullianum, libro de Corona, cap. 7. Peccinius verum Saturni nomen Sadorn fuisse scribit, cum dies Saturni etiamnum appellatur Di-Sadorn apud Armoricos. Hoc belliscum interpretatur, à donna pugnare, primâ tamen Syllabâ neglectâ. Vide Antiquitates eius Celticas, pag. 72. 288. 415. Caterium nec hoc omitsendam, quod Janus simulacro Saturni salcem, insigne messis adjectit, teile Macrobio, lib. 1. Saturnal, cap. 7. quod Saturnus in quodam Achate messoris specie visitor, Sacto insidens, cum salce in dextra, & fasci- culo spicarum ante pedes, apud Gorlaum, part. 2. Dactyliotheca, num. 64. & quod filia Saturni, Isis & Ceres, vel modium gestent in capite, vel coronam ex arissis. Nam hinc videntur colligi posse, Saturnum aatis sua homines, cum per se, tum per liberus, ab agrosti vitim ad cultiorem villam traduxisse, & ab his meritis Saturni nomen accepisse. Nam sedere, dialetto Anglo-Saxonica, est satur seminar. Habes hic tres conycturas valde opinabiles, cur celebris ille Cronus in Linguis Occidentis diffus & Saturnus. Qua etiamque omnes falsa essent; certum tamen est, diem Saturni in Versione Anglo-Saxonica vocari Saternes dag, Marc. xvi. 1. Belgis vero Sater dag, sive in honorem Saturni, sive imitatione Romanorum. Tacitum, qui Saturnum pro conditore Judaica gentis venditat, Hist. v. 4. religiosa Judaorum iftius diei observatione deceptum esse patet. Nonobstant tout ce que dit ici Wachter, je ne vois pas que rien empêche de dériver le nom de Saturne du Latin Jator, femeur, planteur. Comme Saturne avoit enseigné le premier l'Agriculture aux Européens, & en particulier aux habitans d'Italie, il étoit fort naturel qu'ils lui donnaisent un nom tiré de leur propre Langue, lequel servit à désigner un service si important. Ainsi quelle nécessité d'aller chercher ce nom dans le dialecte Anglo-Saxon, ou dans la Langue Celtique. D'ailleurs comme Saturne venoit de l'Orient, & qu'on suppose qu'il s'est arrêté en Italie, il paroît vrai-femblaide qu'il a plutôt tiré son nom de ce pays-là, que non pas des parties les plus occidentales & les plus septentrionales de l'Europe, où il n'a jamais demeuré. Quant au nom de Sadorn, que lui donnent les Bas-Bretons, ils l'ont pu aisément prendre du Latin Saturnus, comme ils en ont pris plusieurs autres mots. Et quand Sadorn feroit un mot Breton, il ne pourroit pas signifier belliqueux, ainsi que l'explique le P. Pexron; parce que jamais Saturne n'a été regardé comme un Dieu belliqueux.
SATYRE. Ce mot signifie un de ces demi-Dieux, que la Fable nomme autrement Silvains, Faunes, Silènes, &c. Il signifie encore une sorte de Poème employé ordinairement pour censurer les mœurs & les ouvrages. On a donné à ce nom dans sa première signification diverses origines. Les uns ont pensé que les Satyres avoient été ainsi appellés d'une plante nommée Satyron, dont la vertu est d'exciter à l'amour; & chacun fait ce qu'on a feint des Satyres sur cette matière. Mais cette étymologie n'est pas recevable; parce qu'au contraire ce sont les Satyres qui ont fait donner le nom de Satyron à cette plante. D'autres ont cru que ce mot étoit dérivé du Grec edto, qui signifie qu'est si est, si, membrum virile; quod Satyri in libidinem semper pruni sint. C'est le sentiment du Schollafte de Théocrite, de Macrobe, d'Hésychius, d'Elien, de Voëffius, &c. Plusieurs donnent à ce mot une origine Ebraique. Heinsius, dans son Aristarchus sacer, page 307. le dérive de l'Ebreu vno Jathar, être caché: Quod Satyri, dit-il, firarum instar, in speluncis ac nemoribus laterent; quod ab aliis jam observatum. Casanobon est du même sentiment dans son Exercitation 16. contre le Cardinal Baronius, sur l'an 41. où il prouve que le mot de myslure vient de l'Ebreu, aussi bien que celui de Satyre. Vocem suviens & originem nominis esse Hebraicam, vice potest dubiari. Sathar est occultare: mistat aut mistur est res abscondita, secretum: mysterium igitur. Et ailleurs: xavous dicuntur, quasi Sathurim, quid in speluncis feré ac EFERUS - Recherches & Classification numériques monibus latere putarentur. M. Chevreau croit que le nom de Satyre pourroit venir de l'Ebreu v w fair velu; parce qu'on représente ainsi ces dieux fabuleux, moitié hommes & moitié boucs. Il n'y a pas moins de diversité d'opinions sur l'origine du mot Satyre, dans la signification de censure. Quelques-uns ont cru qu'il étoit venu de ce qu'on introduisoit dans la Satyre ancienne des Satyres & autres personnages ridicules, qu'on y faisoit parler. Bellingen, dans son Etymologie des Proverbes, page 172. dit : Et d'autant que les anciens Puyres représentaient leurs Satyres d'une humeur péinante, & d'un naturel infolent & mordant, les Pètres ont nommé Satyres, les invectives qu'ils ont composées contre les vices & les moeurs. Scaliger, dans sa Poétique, liv. 1. chap. 12. & Heinsius, croyent que les divinités des bois, appellées Satyres par les Grecs, avoient donné leur nom à ces pièces; & que ces pièces des Romains avoient une grande affinité avec les pièces Satyriques des Grecs. Calzubon au contraire, & M. Dacier, sur les Satyres d'Horace, prétendent que du mot Satyres on ne peut point former Satyre, mais Satyrica. Ils font voir la différence qu'il y avoit entre les Poèmes Satyriques des Grecs & les Satyres des Romains. Selon eux, le mot de Satyre doit s'écrire avec un s, & non pas avec un y. & il vient du Latin Satur, plein, rempli; d'où l'on a fait Satura, & ensuite Satura; comme de maxunus on a fait magimus. On a donné ce nom aux pièces Satyriques, à cause de la multitude & de la diversité des sujets dont elles étoient remplies. Ce terme étoit fort usité en ce sens parmi les Romains. Ainsi, selon Festus, ils appellerent Satura, cibi genus ex variis rebus conditum. Par la même raison ils donnerent ce nom à un plat rempli de toutes sortes de fruits, selon Posthyrus. Lanx plena diversis fragibus in templum Ceres infertur, qua Satura nomine appellatur. Et Diomède dit : Lanx referta variis multisque primitis sacris Ceres inferbatur; & à copia & à saturitate rei, Satura vocabatur. Ils appellerent de même une Loi qui en contenoit plusieurs autres; comme nous l'apprenons par ces paroles de Festus : Satura Lex, est multis aliis legibus referta. Vergy.
SATYRE. Pièce de Poëse où l'on critique, où l'on censure, & où l'on déchire. Plusieurs prétendent que ce mot vient du Latin Satura. Ils se fondent sur ce que lanx Satura signifie un bassin rempli de toutes sortes de fruits, & lex Satura, une loi qui contenoit plusieurs chefs: d'où ils concluent que l'on a donné le nom de Satyre à cette sorte de Poëse, à cause de la variété des choses que l'on y fait entrer. Mais cette raison est assurément des plus foibles, puisqu'il entre dans plusieurs autres sortes de Poèmes une bien plus grande variété de choses. Ainsi il y a apparence que la simple ressemblance des mots a donné lieu à cette dérivation : ce qui ne suffit pas pour une bonne étymologie. Satyre vient du nom des Satyres, compagnons de Bacchus, lesquels attaquaient par des railleries & des paroles piquantes tous ceux qu'ils rencontrent : Πηγητε μαιν Σπυροι συλαστρομαιν. Pour ce qui est de l'étymologie du nom des Satyres, Wachter qui, dans son Glossarium Germanicum, au mot Satyrisch, déçive aussi Satyra de Satyres, croit que les Satyres, compagnons de Bacchus, ont été ainsi appelées de Satyres, qui, en Lacédémonien, signifie un bouc ou un bélier, suivant le témoignage de Servius. Voici les paroles de Wachter, page 1359. Mallem autem Satyros sic appellatos esse a Satyros, quod Laconicæ ignuâ hircum vel arietem significat, esse Servio. Nota hircorum lafcivus. Et hinc Satyros, homo lafcivus & ingenii lafciviensis; dignum comite Bacchi vocabulum. Eamque ob causam caprina facie & hircinis pedibus pingitur & fingitur, esse Herodato, lib. 2. cap. 46. Ratio cur ita sentiam, hac est, quia alia quoque Gracorum vocabula, qua vel Sannam vel irrisorem significat, ex animalium nominibus desimta sunt. Ita quàm irrisor, judice Pezronio, est a Celtico moch sus; yuesim ilindo, subsumo, & Celtico gore porca, quia irrisor nares atollit & corrugat, ut sus refiram. A moch Armorico habere moccio, Gallus moquer, à gore Gracos zcio & porcus, idem animadverit in Antiq. Celestæ. 354. Hac, quamvis ab insituto meo aliena, longius prosequ placuit, quia multi viri dolliffimi videbantur mihi adhuc ignorare quid sit Satyra & Satyricus, quas voces, invitis Mufti, à Satura seducant. Voyez ci-dessus les différens articles moquer. *
SAVANT. De sapiens, & non pas de sciens. Voyez ci-dessous savoir. *
SAVATE. De sapata, fait de sapa, qui signifie lamina : à cause que les souliers étant plats, ressemblent à une lame. Voyez saper. De sapata, les Italiens ont fait de même ciavatta. Au lieu de sapata, on a dit sapatum, dont les Espagnols ont fait capato, pour dire un soulier : d'où capatere, c'est-à-dire un cordonnier. Et c'est de ce mot sapatum, que les Savoyards ont fait leur sapate, au masculin. Voyez sapate. Dans la Biscaye on dit aussi sapata, pour dire un soulier. De sapata, on a dit sapatata : d'où SAPATADE. C'est ainsi qu'on appelle à Malte la punition des jeunes Chevaliers, qui, sur les Calères, ont manqué à leur devoir. Et on l'appelle de la sorte, parce qu'on leur donne d'un soulier sur les fesses : qui est une punition usitée parmi les Anciens. Perse, Satyre 5. Solcâ puer objurgabere nigrâ. Juvénal, Satyre 6. Et solcâ pulsare nates. Palladas, liv. 1. de l'Anthologie, au Titre de 7e r. Et d' à establisque q̃c. ṽñl̃oum, ṽd̃l̃ anohac̃o C̃enc̃ μαι γαμωτc̃ χ̃g̃ μαι μωτc̃yra φίρm. Voyez Lucien, dans son Dialogue de Vénus & de la Lune, & dans celui du Menteur. Quoiqu'on dise savate, on dit présentement savatier. Je dis présentement : car du tems de Villon on disoit savatier. Et vous Blanche la Savatiere. C'est dans sa Ballade de la belle Heaumiere aux filles de joie. Le Pere Menestrier a donné une autre étymologie du mot de savate. Voyez ci-dessous au mot Savoye. M.
SAUCISSE. Jean de la Porte, dans son Catholicon : Salcicia dicitur a falsus, quia falsæ est. Acron, in Satyram 4. Horatii legis, falsæ-intestina hirci. Guillelmus Canterus Novarum Lefionum, M m m ij EFERUS - Recherches & Classification numériques Lib. 2. cap. 10. legendum esse fatta afferit. Caseneuve
SAUCISSE. De salicilia, dit pour salicilium. Vossus, de Vitis Sermanis, liv. 1. chap. 7. Salicilium etiam a Guillelmo Cantero, lib. 2. Novarum Lechicum, cap. 16. damnatur ut peregrinum ac barbarum, ex Galli. o saulcissus. Nos contra lanteudinum, Gallicum esse ex Latino illo: legas enim apud Acronem in Horatii Eclogam iv. lib. 2. Sariarum. Vetus Cruquiis Commentator sic habet: Hilla, inquit, est diminutivum a positivo hira, & significat intestinum salum; vel, ut alii dicunt, sartum salicilium. Ac ne quis dicat, fortasse Acronis avo trogesse & Gallico illo, sane obstat i vossavia. Nec enim dubitandum quis salicilium sit uavæ ovosvolus ex salum & ilicium: quod ita dicitur, quasi inificum, ab infecando. Ac propterea inficium dicere jubet Flavius Caper. Sed adfentior Macrobio, qui de, etymæ facter, sed N ait deperisse. Vide cum lib. 7. Saturnal. cap. 8. Ac similiter posteriori avo eficium dixere; & hinc eficiatum, quod Salmasio oftenum. Fusi etiam de hisce diximus in Originum libris. M. de Saumaise sur Solin, page 237. croit qu'on a dit salicilia pour salus; comme missicus, pour missus: & il remarque au même endroit, que les Grecs modernes ont dit oussus & oussicus; & que dans l'Etymologicum, ou auvouda est adnavouda: ce qui est très véritable. Voici l'endroit d'Acron: Hilla dicuntur salsa intestina. Hirri positivas est. Diminutive hilli dicuntur. Hæc hilla quidam in diminutione neutri generis esse. Alii dicunt hilli, seve hilla, sarta salicilia. C'est ainsi que Canterus lit cet endroit; conformément à un ancien Manuscrit. M. SAUCOURT: qu'on écrit Soyecourt. Terre Seigneuriale en Vimeu. De Sathulcurtis. Une ancienne Chronique des Gettes des Normans, qui finit en 896. Ad Norringium, Suminam (la Somme) flavium tranfæum, & usque Belvagorum civitarum (Beauvais) perveniunt: quibus Ræc obiis in pago I'timau (le Vimeu), in villa qua Sathulcurtis dicitur, commissum est pralium. Ce fut en 881. Dans le Sermon de Tumulatione Martyrum Quintini & Vichorici, elle est appellée Villa Seulcurt. Je dois cette remarque à M. de Valois le jeune. M.
SAVE. Riviere de Hongrie. En Latin Savus. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1359. parle ainsi de l'origine de ce mot: SAU, law aqua. Turcis su in hunc usque diem est aqua, teste Codio in Lexico Turcico: & fortasse ab a, aa, aqua, praposito sibilo. De hoc verustissimo nomine vide plura in ach. Interim saw pro aqua vel amne, valde antiquum est; & ab illo sum verustissima fluviorum nomina SARS & SABA in Gallia Belgica, qui nunc Sambre est; SAVO in Campania, hodie Sione; SAVUS & SABUS in Pannonia, hodie Sait. Plura fluviorum nomina, qua prater aquam nihil significat, vide in Dur & liter. Observari meretur quod etiam Celarum lingua avon & savon amnem significat, ab au unda; & quod inde nomina sua ducant savaudi & sabauidi, fluminis accola, judice Baxtero in Gloss. Am. Brit. pag. 222. Sed undecumque sit hac vocula aque, rechius scribitur saw, cum labiali in fine, quam sau.
SAUF. Comme quand on dit sauf votre honneur, &c. Ulpien, dans la Loi 1. §. 41. du Digeste, au Titre Depositi, s'est servi du mot salvo dans la même signification. Salvo eo, ut si de quantitate pendens incertum est, juranti succurratur. Brisson, dans son Lexicon n'a point marqué ce Texte. M.
SAUGE. Herbe. De salvia. Salvia, salvia, sauge. Charles Erienne, dans son De Re Horanis, dit que salvia a été dit quod salvos nos servat & efficit. Cur mariatur homo cui salvia cretcat in harto? Contra vim mortis, non est medicamen in hortis. dit l'Ecole de Salerne. M.
SAUGRENEE. Rabelais, v. 7. Pour avaler une saugrenée d'Avocats. De saligranata. M.
SAUGRENEE. Ce grain n'est pas le grain de sel: c'est le grain de pois: parce que ce qu'on a originairement appellé une saugrenée, c'est des pois non piles, ni froisses, mais encore fort entiers, qu'on mangeoit avec du sel, de l'huile & du vinaigre. Jean Bruyerin De re cibaria, liv. 7. chap. 4. De Cicere, ou du pois chiche: Græna ipsa fere cibis abdicari video. Sunt tamen qui nonumquam ex pane, oleo, sale, aceti modico addito, aut acido aliquo liquore oblectentur, saugranatam appellantes. Quod genus conditora magis plaet in pissis, ut jam pramonimus. Les pois ainsi préparés s'appellent à Metz pois bulleies, parce que ce sont comme autant de petites boules. Le Duchat.
SAUGRENU. Du Latin-Barbare inusité saligranatus. M.
SAUGRENU. Comme la saugrenée est un assez mauvais mets, on dit quelquefois dans le stile bas & familier, un discours saugren, une réponse saugrenne, &c. pour dire, mal affasfonné, c'est-à-dire, impertinent, choquant, ridicule. Vergy.
SAVINIER. Plante. De sabinarium, fait de sabina. Cette plante a été appelée par les Latins herba salina. L'Auteur du Poème intitulé Cetris: Herbaque, thuris opes priscis imitata, sabina. Pline, l. 17. c. 13. Sabina herba propagine feritur. Et l. 24. c. xi. Herba sabina, brathy appellata à Gracis, duorum generum est. Nous l'appellons aussi de la sabine; du Latin sabina. Les Elpagnols l'appellent sabina arbol. M.
SAULAYE. C'est ainsi que les Angevins appellent une saulfaye. Du Latin salicetum, on a fait saulfaye: & du François saule, on a fait saulaye. M.
SAULCE-FLEUME. Flegma-salsum. Sorte de mal de jambe. La Légende dorée, imprimée à Lyon en 1476. dans la Légende de S. Augustin: Et il fut malade d'une maladie en la jambe, laquelle est appellée saulce-fleume. Lequel mot est mis pour flegma-salsum de l'original Latin. Le Duchat.
SAULE. Arbre. De salicillus, diminutif de salix, fait du Grec ixus; & non pas, comme disent les Grammairiens, à saliendo. M. de Saumaise dans ses Homonymes des Plantes, chap. 73. parlant du mot ivia, qui signifie un saule: Nam & ivius Grammatici sic dictam a Gracis interpretatur in v. & xovis, quod citò cretcat, & in altum est. Nam ab ivis, ivio. Latini quoque Etymologi salicem suis nuncupatam aurumam, a saliendo. Sed illi erram. Hoc vocabulum Evander Arcas Latio inulit. Arcades enim, quam reliqui Graci ivios, ipse vocarum ixulus. Inde Latinis selix, vel salix. Helychius, ixus, ivia. Quod ex ea nempe vincula fierent. Theophrastus, lib. 3. cap. 13. de salice: EFERUS - Recherches & Classification numériques mâsîn, et avec l'oudium in leum, où à laine, et à laine. Ab inum, salix. Sic mafiis recentioribus Latinis, qua meqia Gracis: & his idaqe, qua delphica illis. inum salix, et inum fulcus, inum sylva. Cette étymologie est curieuse. Les Galcons appellent salites les petits rejections de failles. M.
SAUMAISE. Village au Duché de Bourgogne. De Salmatis. M. de Saumaise a voulu tirer son origine de ce nom. Mais les Anciens appelleront ce lieu Saumore: comme il se voit dans les Poésies Grecques & Latines de Philippes-Robert Chalonnois, Avocat à Dijon, imprimées à Dijon in-4e. en 1666. P. J. Add. SAUMON: poiffon. De salmone, ablatif de salmo. Rondelet: Il y a aucunes différences de saumons, & quelques diverftez de noms. Celui qui est grand, & deja vieil, s'appelle salmo. Celui qui est moindre, & de moindre age, selon aucuns, est nommé par Ausone Sario, en Sario. Les François en sont deux différences. Ils appellent les grands, saumons; les petits, tacons. Davantage, ils sont différence entre le maffe & la femelle, laquelle ils appellent beccard, à cause qu'elle a le bec plus crochu que les mafles. Salmo est nom Latin, duquel Pline a usé. Il n'a point de nom Grec: car, a mon avis, il a été inconnu aux Grecs. Nous appellons saumons les lingots de plomb, de leur ressemblance à des saumons. Rabelais a dit en cette signification saumonne, au lieu de saumon. Et pour garanter les nerfs, en luy avoit fait deux groffes saumonnes, de plomb, chacune du poids de huit mille seps cents quincaux. C'est au chap. 24. du liv. 1. M.
SAUMUR. Ville de la Province d'Anjou. Voici comme j'ai parlé de l'étymologie de ce mot dans mon Histoire de Sable, page 256. Il est constant par le passage de l'Histoire de S. Florent cydellus rapporté, que la Ville de Saumur a été appelée murus. Et elle a été ainsi appelée, à cause de la roche, le long de laquelle elle est située, qui représente une muraille. M. de Valois veut qu'on l'ait appellée Salvus Murus, comme la Sauvetat, Salvitas: Et il veut que de Salvus murus on ait fait ensuite le mot de Saumur: ce qui est très-véritable. Dans le Titre de l'Abbaye de S. Florent touchant le Don fait à cette Abbaye par Berlay de Montreuil, du consentement de Grecia, ou Gricia, sa femme, elle est encore appelée Murus: Do ad sacro-sanctam Ecclesiam, in honorem Beati Florentii constructam, prope Murum, in loco qui nuncupatur ad vadum, super Toarium Fluvium, &c. On a premièrement appellé cette Ville Murus: & ensuite, Salvus Murus: & enfin, par contraction, Salmurus. Je trouve Salmurus dans un Titre de Geoffroi Martel, Comte d'Anjou, de 1636. qui est dans le Capitulaire de S. Maur des Fosses. M.
SAUMURE. De salmaria, fait de salmaria. Plaute dans son Parnulus: Quasi salta muratica esse aurumatur. Quelques-uns le dérivent de salmarie. M. Bochart le dérivoit de salmaria. M.
SAUNIER. De salmarius, qui est le même que salinator. SAUNIRIS: de salmaria. C'est le lieu où l'on veut le sel. M.
SAVOIR. Il vient de sapere, comme qui diroit sapoir. Aussi en Languedoc on dit sapiens, pour dire sachez. Les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 8. Volamus ne vos sapiens quand noffer adventus hic fuerit. Et au tit. 12. Si sapere qui hoc facias, non celabo. Hincmar, contre son neveu, sur la fin: Vos sapitis quemado illi jam altera vice salum fuit. Quelquefois dans les Aureurs Classiques mêmes sapere est pris pour scire. Plaute: Rolle rem meam sapio. Grégoire de Tours, livre 7. chap. 29. In cuius Patronum reverentiam habeo non sapnis. Foucher, Evêque de Chartres, dans son De Gofis Peregr. Francorum: Qui de numero sapiebant, sexies centum millia in bello valentium esse estimabant. Caseneuve.
SAVOIR. Ceux qui le dérivent de scire, sont tout-à-fait ignorans dans l'Art étymologique. Il vient de sapere, dit par metaplasme, pour sapere. Les Italiens ont dit de même cadere, au lieu de cadere. Et ils ont dit, au contraire, ardere, muovere, nuocere, ridere, risprendere. Et cela, à l'imitation des Latins. Virgile, au premier des Géorgiques: Omnia tunc pariter vento, nimbisque videbis Fervere. Et au quatrième de l'Enéide: Cum littera fervere late, &c. Martial, 3. 4. Si quando veniet, dicet: responde, Poeta Exteras: veniet cum Citharendus erit. Voyez mes Remarques sur l'Amyne du Taffe. Je reviens à notre mot de sapere. Les Latins, & anciens & modernes, l'ont employé dans la signification de scire. Plaute, dans son Pseudos, 1. 5. Deffite: roffe ego rem meam sapio, Callipho. Pline, livre VII. chap. 51. furlant des porcs: Et feri sapiens vestigia palude confundere. Dans un ancien Serment, imprimé à la fin des Capitulaires de Charles le Chauve: Ego ille ad salinarum, illud malum quod scach vocare, sed tefeciam, non faciam; nec ne alius facias, consentiam: & si sapere qui hoc facias, non celabo. Adalberon, Evêque de Laon, dans son Poème à Robert, Roi de France: Alphabetum sapia digita tantum numerare. Sur lequel lieu voyez M. de Valois. Et de là, le mot de savirum. Dans les Capitulaires de Charles le Chauve, page 117. Ego ill. Karolo Hindoeici & Judith filio, ab illa die iname fidelis ero secundum meum savirum. L'Auteur de la Vie de Maieul, Abbé de Chigni: Quia piserum nullum se habere sapiebat, piscatores in aquam intrare commendavit (a). Il paroit par tous ces passages, que savoir doit être écrit sans C, comme l'écrivoient nos Anciens. Ce C y a été ajouté par ceux qui ont cru qu'il venoit de scire. Meilleurs de l'Académie l'ont écrit par un SC dans leur Dictionnaire: prétendant qu'en matière d'orthographe, comme en matière de mots & de locutions, il faut suivre l'usage: qui est ce qu'a dit Quintilien: Etymologia connecundini servit. M.
SAVOIR. Ce n'est pas pour toujours que l'Académie Française a retenu l'ancienne orthographe, mais seulement jusqu'à ce que la nouvelle ait entièrement pris le dessus. Voyez la nouvelle Histoire de l'Académie Française, Paris, in-11. 1730. tome 1. page 61. (a) En-ius, cité par Cicéron, sur la fin du liv. 1. de Divinatione: Qui filio feminam non sapiens, alteri monitam viam. EFERUS - Recherches & Classification numériques Une bonne preuve que le verbe *savoir* doit s'écrire sans c, c'est que le Languedocien, langage qui approche du Latin encore plus que le François, dit *sabe* pour l'infinitif *savoir*. Et il est surprenant que Doujar, Touloufain, dans son Dictionnaire de la Langue Tolotaine, où il nous apprend que le *sabe* de ceux de son pays répond à cet infinitif François, l'ait écrit *savoir*. Apparemment qu'étant de l'Académie, il a suivi l'orthographe utilisée dans ce Corps. Rabelais écrit tou ours *savoir*. Mais comme il écrit aussi *selon*, & très souvent *assuré*, le c dans ces mots marque seulement que l' *s* qui précède doit être prononcée, non comme le *z*, mais avec une espèce de sifflement. *Savoir*, donc à l'antique, pour *savoir*, est une manière d'orthographe, inventée pour qu'on ne prononce pas ce verbe comme s'il s'écrivait *savoir*, & comme on prononce l' *z* du pronom *vous* dans *vous* *avez*. *Saverons* pour *savons* se lit, page 52. du tome premier de la Bibliothèque ancienne & moderne de M. Le Clerc, dans des Lettres-Patentes du Duc de Bourgogne de l'année 1416. ou 1417. On écrivait de même sous Henri III. en 1574. *Scindic* pour *Syndic*. Voyez les Mémoires du Duc de Nevers, tome I. page 63. & ailleurs encore. Le Tite-Live François de 1515. vol. 3. fol. 46. a. *Averment la liberté de Grèce ne ferait s'cre. Ce c n'est autre chose qu'une de ces lettres superflues dont abonde notre ancienne orthographe. Ce qui aura donné lieu à cette vicieuse orthographe, pourroit bien être l'adverbe à *savoir*, dont quelques-uns ne font qu'un mot : de ceux-ci les uns l'écrivant *assavoir*, d'autres *assavoir*. C'est de ces derniers que sera venu qu'on a si long-tems & si longuement écrit par *s* le mot *savoir*, soit verbe, soit adverbe, soit substantif. *Le Duchat*. *SAVON*. De *sapon*, ablatif de *sapo*. Les Gaulois ont inventé le *savon*. Pline, xxviii. 12. *Prodeft & sapo. Gallorum hoc inventum, rutilandis capillis, ex sevo & cinere*. Ce qui donne sujet de croire que *sapo* est un mot Gaulois. Et dans *Arctice*, au livre dernier de son Traité de la Cure des Passions, & dans *Trallianus*, au livre 2. il est fait mention du *savon* Gaulois. Mais Mathias Martinius, dans son Etymologique, prétend que le Latin *sapo* a été fait de *seum*, dit pour *seum*, le *sufi* étant un des principaux ingrédients du *savon*. Quoi qu'il en soit, les Saxons l'appellent *sape*; les Allemands, *seipfen*; les Flamans, *seep*; les Danois, *seep*; les Anglois, *sape*; & les Turcs, *sapon*. Voyez Isaac Pontanus, dans son Glossaire Celtique, au mot *sapo*. M. *SAVON*. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1501: donne à ce mot une origine Teutonique. Voici ce qu'il en dit : *SEIFE*, *sapo*. *Anglo-Saxonibus* *sape*, *Anglis* *sape*, *Belgix* *seep*, *Suecis* *sapa*, *Cambria* *sebon*, *Gallis* *savon*, & *Sonnereus*, in *Dictionario Anglo-Sax.* *sape*, *sapo*, *smegma*; *sapan* *sapone* *linere*, *smegmate* *ungere*, *Rem & vocem rei* in *Gallia Belgica* *natam esse*, ex *its qua de sapone* *radita sunt ab antiquis*, *colligitur*, *Plinius*, *lib.* x.viii. cap. 12. *Prodeft & sapo. Gallorum hoc inventum, rutilandis capillis, ex sevo & cinere*. *Martialis*, *lib.* viii. *Epigr.* 33. Et mutat Latias spuma Batava comas. *Hinc fortasse non malè cecidit augurium Skinnero, dum vocem ab Anglo-Sax. sipan macerare declinas. Quamvis etiam a suben purgare (quod in frequentativo tativo subem ad hoc perennat) deduci possit, ab duplicem usum quem prabuit ab antiquo, tingendi & purgandi. Batavos & Belgas universis Germanica Lingua ufo esse, utpate a Germanis oriundas, satis notum. Unde Romanis sapo, & postea Graciis evnus, ex dictis manisestum.* *SAVORADOS*. Rabelais, 3. 7. Et *safio* un *postage de choux* *verdis*, avec une *couenne de lard jaune*, & un *voix* *savorados*. On l'appelle autrement un *savouret*. De *sapor*. *Sapor*, *saporatum*, *savorado*, *SAVORADOS*. M. *SAVOYE*. Le Pere Menestrier, dans son Livre du Jeu de Cartes du Blaison, page 97. L'origine de ce nom est a *s* incertaine que celle d'une *infinitie de noms sembribles*, de pays, de villes, & de rivieres. Quelques-uns *derivent* Sabaudia de Vada Sabattia, qui est le nom du pays de *Savone* sur la côte de Gines : dont on ne voit pas bien le rapport avec un pays qui en est assez éloigné, & séparé par une longue chaîne de montagnes. On *justifie* par une inscription & par une ancienne *Notice de l'Empire d'Occident*, qu'il y avait une *Cohortie nommée Sabaudia*: Tribunus Cohortis primæ Flavie Sabaudia Cularonæ : qui pourroit avoir donné son nom à ce pays, pour y avoir été en quartier d'hiver, & stationnaire. Tout ce qu'on dit d'un *Jupiter* Sebadius, que *Pausanius* raconte avoir été adoré par les peuples qui habitoient les Alpes; & de Salva via, Sauve-voye, attribué à des tours bâties sur les passages des Alpes, pour la feureté des voyageurs, contre les courses des valeurs & bandits, sont des imaginations des derniers siècles; qui ne se trouvent que dans les Chroniques de deux ou trois cents ans. Je ne trouve rien de plus raisonnable sur ce sujet, que les conjectures d'Adrien Scriek, Ecrivain Flaman, qui l'an 1615. publia un *Traite des Origines Celtiques*, sous ce titre : Adriani Scrieck, Rodorni, Monitorum fecundorum, libri quinque, quibus Originum, rerumque Celticarum & Belgicarum opus suum nuper editum, altius & auchus, & fontibus Hebraicis, ipsaque rerum origine deducit, probat, firmatque. Ad Teutonæ, Belgas, Gallos, Italos, Iberos, Britannos, Danos, & Aquilonares, admirandae Celtarum antiquitatis, & hactenus inaudite, & inanimadverbe observatoriis, de vera & falla origine Monumentum; sive Europa rediviva. *Ces Anseur dit au cours encernent de la lettre S : Saba* xxi : *Sab*, *sap*, *pes montis*, *crepido*, *desinemia cujuscumque rei*. *Saba fuit pes altitudinis circa aquas*, & *Insula Nili Proiamas*. *Sabæi populi*, *ut nostri Sabaudi*, *qui in Pedibus montium*; *unde & Pedemontium regio dicitur*. *Multaque alia nomina incipientia per Sab*, *sic intelligena sunt*. *Sab*, *vel Sap*, *Celticis est pes montis*. *Sab* *innen*, *qui in pede montium*, *ut sunt omnes Sabini*, *qui habitabant in declivi Appennini ad Solem*. *C'est de cette origine qu'il faut dériver les noms des sapens, arbres qui naissent sur le penchant des plus hautes montagnes : les villages nommés Sappey, comme il y en a un au pied de la Charrense, & en plusieurs autres endroits : le terme sapper, pour prendre une muraille par le pied : fapatas ou zapatas, en Espagnol, pour les souliers qui se mettent aux pieds. De-la vient aussi le mot de sabots, souliers de bois : c'est aussi le pied d'un cheval. Ainsi on peut dire que comme la partie des Etats du Duc de Savoye, qui sont au de-la des Mons, se dit en Latin Pedemontium, Piedmont; celle qui est au de-la des Mons* EFERUS - Recherches & Classification numériques se disait en Langue Colique Sapandia, ou Sabandia; Pied des Montagnes. M.
SAVOYE. Voyez ci-dessus une autre étymolo- gie de ce nom, au mot Save.
SAUPIQUET. Voyez sopique. M.
SAUPIQUET. Ce mot est le pur Ehren roman Sappichit, petit gâteau, bignet. Huet.
SAUPOUDRER. Saie pulperare. M.
SAURE. Nicot : Saure, & par apocore SAUR, qui est prononcé fore, & est couleur de flamme de feu, brune. Ainsi on dit un cheval estre de couleur, ou de poil saure, duquel le manteau est de couleur vive ti- rant à celle du feu. L'italien dit sauro : & se rend en Espagnol par alefsan : comme aussi saure est appellé le cheval qui est de ladite couleur. Le harenc est aussi appelé saur : & selon la prononciation Françoise, sor : qui a prins couleur de feu au rouffable ; qui est une orme de hale clofe, appropriée à faire saurir & rouffir le harenc. Voyez rouffable. De la couleur sau- re, en cas de poil de chevaux, y a deux ospeces : saure oblicat en brule, que l'Espagnol appelle ale- zan collado, & l'italien sauro bruciato, & metal- lino ; & saure doré, que l'italien dit sauro dorato & indorato ; qui est le saure clair. M.
SAURIR, dit Nicot : c'est faire devenir de couleur saure, qui est dorée obscure. Ainsi, dit-on saurir les harenc, que par après on appelle saurs & forts : ce qui se fait, les estendant sur des clayes en une hale clofe, appelée rouffable, & leur donnant le feu & fumée de feuilles fêches d'arbres, d'orme, ou de chesne, ou bien du tan : lesquels feu & fumée leur donnent telle couleur. Haleces flammeo colore reddece, inficere, flammeos facere. Voyez forer. M.
SAURISSEUR. Est celuy qui fait les ha- rencs devenir de couleur saure, qui est couleur de flamme de feu. Voyez saurir : Qui haleces flammeo colore inficit. Ce font les termes de Nicot. M.
SAUSSAYE. De faticetum. M.
SAUSSE. Lat. Condimentum. De falsa : parce que le sel entre dans toutes les fauffes, & en fait le relief. www.osp.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.1.
SAUSSE-ROBERT. Sorte de fauffe. Rabe- lais, dans la liste des Cuisiniers, liv. 3. chap. 40. Robert : celloy fut inventeur de la fauffe - Robert, tant falubre & nicefaiere aux connois rouffis, canards, peres frais, mufs pochez, merlus salez, & autres mille telles viandes. M.
SAUSSE-ROBERT. On a appellé ainsi cette fauffe, de l'Alleman ret-bart, d'où nous avons fait Robert, c'est-à-dire, Barbercuffe, parce qu'elle rouffit les barbes qui y trempent, ou sur lesfquel- les elle tombe. Et ce qui lui fait produire cet effet, c'est qu'il y entre quantité de moutarde. Ce que Rabelais suppoie, qu'un Cuisinier nommé Robert donna le nom à cette fauffe, dont il fut l'inven- teur, il le suppoie saus fondement, c'est-à-dire, sans preuve, & comme pour rire. Le Duchat.
SAUTERELLES. Lat. locufia. Gr. 1. chap. 6. De faltarella. Jules Scaliger contre Cardan cucis. Hafce locufius icerico afellos dictas quidam aueres funt, ob pigritiam, si cum alatis comparentur. Sa- linus tamen : idque adeo, ut ab ftalis cabalettz, à Gallis faltarices, meruerint appellari. Les ftaliens appellent de même un petart faltarello : à faltan- do. M.
SAUTOIR. Terme d'Armoiries. C'est un S A U. S A X. étriere. M. du Cange, dans la Differtation des Co- tes d'armes, page 140. Le fautoir est l'étriere, pour monter & pour fauter sur le cheval. Il est appellé par les Latins du moyen temps strepa, & flapha : & par les nouveaux Grecs encha. Le Ceremonial dit que l'Escuier qui se trouve au Tourney, ne devoit point avoir de fautoir à sa felle. Le Compte d'Etienne de la Fontaine, Argentier du Roy, de l'an 1352. au chapitre des Harnois : Pour fix livres de foie de plusieurs couleurs, pour faire las, tiffus, & équi- letten audit harnois, fers, fauteurs, & congeres, & trefferes à garnie la felle. Voyez le P. Mé- neftier, dans son livre de l'Origine des Armoi- ries, page 440. M.
SAUVAGE. De fivaticus, que les Auteurs du tems moyen ont pris pour ferus, on a fait fal- vaticus, d'où nous avons tiré notre Sauvage. La Loi des Bajuvariens, tit. 10. chap. 6. De his qui- dem avibus, qua de falvaticis per documenta huma- nà domesticantur industria, & per curtes Nobilium manfueficant volitare atque cantare, cum folido uno & futili componat, &c. Cafemarae.
SAUVAGE. De fivaticus. M. de Saumaise sur Solin, page 213. Sylvestria vocat va 2700 : flivatica, aici : unde nostrum SAUVAGE. Nam fel- vaticum, & falvaticum, etiam infima atas scripsit. ¶ Sylvaticus, felvaticus, felvaticus : ftal. falvag- gio : SAUVAGE. M.
SAUVAGE. Comte Sauvage du Rhein. C'est la qualité que prennent les Comtes de Morhange & de Crehange, qui ont leurs terres dans le volfin- age du pays Meffin & de la Lorraine Allemande, pour se diftinguer des Comtes Palatin du Rhein, qui ont pour chef de leur Maison l'Electeur Pala- tin. Par opposition entre Palatin & Sauvage : les Comtes de Morhange & de Crehange, étant com- me Sauvages ou étrangers par rapport aux Comtes Palatina, c'est-à-dire, Domestiques du Palais de l'Empereur. Le Duchat.
SAXIFRAGE. Plante : ainsi appellée, de faxum & de frango, parce qu'on la croit propre a diffoudre la pierre dans la veffie ; ou parce qu'elle naît dans les fentes des rochers, & qu'elle femble les percer par ses racines.
SAXONS. Peuple célèbre de Germanie. L'étymologie de ce nom n'est guère mieux connue que l'origine du peuple qui le porte. Je me con- tenterai de mettre ici ce qu'en dit Wachter, dans son Glofar. Germanicum, page 1335. Voici ses pa- roles : SACRIEN, Saxones & Saxonia. Semnerus in Ditt. Anglofax. Seax Saxonia : eald Seax vetus Saxonia : eald Seaxan Saxones antiqui : Seaxena gereord Saxonum lingua. Baxhornius in Lexico Ant. Brit. Sais Saxo, Anglus : bro Sais Anglia, torra Saxonum. Verofimile est, primos inclyta gentis fic appellates esse a brevibus gladiis, ut Suardones, a longis : Faver buic conjectura confians veterum & jugicer recepta traditiu. Difertè Viterbienfis : Ipse brevis gladius apud illos Saxa vocatur, Unde sibi nomen Saxo peperisse notatur. Rhythmus de S. Annone, Stroph. 21. Von den mexzerin alfo wahfin wurdin si geheizin Sahfin A cultris tam acutis Nominabantur Saxones. EFERUS - Recherches & Classification numériques S A Y. S C A: S C A: Sic autem nominari videntur ab initio per contumeliam, & forte antoribus Cimbris, quod breves Angiorum gladiis (de quibus videndus Tacitus, 42. de M. G.) imitarentur. Nam brevis gladiis erat res vidicula apud Cimbrus, qui, ut Plutarchus testatur in Mario, grandibus & oblongis gladiis pugnabani, quos hodie (chlacht- schwerdter vocam. Pede collato, inquis, ingenibus utebantur & gravibus gladiis. Postea, quod ab initio tantum erat cavillum, panlasim invaluit tanquam nomen gentis, Saxonius ipsis illid tanquam a se inventum ultra admittentibus. Godalstus in nos. ad Script. Paran. pag. 432. aliud etymum quaris, & Saxones sic dictam existimat, quasi Sicarios, a scach latrocinium, eo quod gens illa, uti scribit, latrocinio infamis ab omni avo fuerit. Bodino placet nomen & genus Saxonium derivare a Sacis, gente Scythica & Asiatica; hoc interim supposso, Sacas in Germaniam atque penetrasse, quod sano falsum. Nam Sacas in Cappadocia substitisse, nec ultra progressio, & a Persarum praefectis funditus ibi deletes esse, restis luculentus Strabo lib. xi. Georg. pag. 511. 512. Tolerabiliter est eorum sententia, quia Saxones generali nomine sic dictas existimant, quasi Sassen, hoc est colonos; quamvis colonus antiqua Saxonum lingua dicatur seta, nunquam vero sex. Tacitus Saxones ignorat: unde novitas gentis & nominis colligitur. Protemans sexagesimo post Tacitum anno Saxones a reliquiis Cimbrorum distinguit, & supra dorsum, Chersones Cimbrica collocat. Hinc olim existimavi; autorem & conditorem gentis fuisse Odinum, & hunc ex Asia genus Saxonicum secum adduxisse, & in vacuis Cimbrorum sedibus collocasse. Nunc autem aliter censeo, eam practipus ob causam, quia Saxones linguam suam Anglicam vocant in Evangelio gentis Matth. xxviii. 46. Heli, heli, lema zabdani, thax ison Englisc, min God, min God, to hwi forlete thu me! Nam hinc videtur colligi posse, Saxones gentem Germania indigenam esse, & originem suam referre, non ad manipulos Odini, ex Asia nuper adductus, sed potius ad Anglos, populum Suevicum & antiquum Germania Transalbiana. Confer Prof. ad German. §. xliii. * S A Y E. De sagum: ce qui a été remarqué par Balf & par Périon. M. de Saumalise sur Tertullien de Pallio, page 70. reprend ceux qui croient que sagum est un mot Gaulois: soutenant qu'il est d'origine Grecque. M. S A Y E. Le Latin sagum, & le Grec ed. 2, qui signifie la même chose, ont beaucoup de ressemblance avec l'Ebreu per sacac, qui veut dire, couvrir; & peut-être en viennent-ils originairement. Le c a pû aisément se changer en g, qui est une lettre du même organe. Du même mot Ebreu, vient peut-être aussi le Grec eux & scutum; qui aura été appelé de la sorte, parce qu'il couvroit le corps: & le Latin saccus brodequi; qui aura eu ce nom, parce qu'il couvroit le pied & une partie de la jambe. * S A Y O N. De sagone, ablatif de sago, augmentatif de sagum. M. S C A B I E U S E. Plante: ainsi appelée du Latin scabies, galle, parce qu'elle est propre pour guérir cette maladie. Quoi scabiem sanct, scabiosa dicta. Cal. Verg. S C A B R E U X. C'est un vieux mot François, qui se disoit des chemins & autres lieux rudes & inégaux. Ce mot a été formé du Latin scabrosus, dit pour scaber, qui signifie galleux. Ceux qui ont la galle, ou, comme on dit a Paris, la gratelle, ont la peau scabreuse, c'est-à-dire, rude & pleine d'inégalités. Scabrosus & scaber sont les mots ordinaires, formés de scabies, qui signifie la galle, ou la gratelle. S. Add. S C A M M O N E E. Sorte de simple. Du Latin scammania, fait du Grec evanquevia. Voyez les Botanistes. M. S C A M M O N E E. Voissus dérive le Grec evanquevia, de evanque fasso, formé de evanque fado: quia, dit-il, intestina evanque, hoc est fodot: radit enim arrimania succi sui; unde & acridia dicta. Je croirois plutôt que evanquevia a été fait de evanque, parce qu'on creuse la racine de cette plante pour en tirer le luc. Voyez Diofendie, liv. 4. chapitre 171. & Theophras. Hist. des Plantes, liv. 9. * S C A N D A L E. Nos anciens l'ont pris pour débat. Gregoire de Tours, liv. 3. chap. 15. Sed esto iterum inter reges scandens. Et liv. 2. Nec multo post scandalum inter utrumque oritur. M. S C A N D I N A V I E. Scandinavia. Grande région de l'Europe. Wachter, dans son Glosterium Germanicum, page 1380, explique ainsi l'origine de ce nom: Quis nefcit, nomina regionum formari a nominibus populorum! Ergo scum Dania dicitur a Danis, Gallia a Gallis, Germania a Germanis; ita Scandia vel Scanzia a Scandia. Scandi autem, interpretatione Gruca, sunt contoravi, h. e. tabernaculum inhabitatores, a exuvio habitare, caframetari, tentoria punere. Et tales etiamnum sunt Lappones, vetufissum Scandia incola, a Saxonibus in interiura pulsi. Ex hac etymologia patet (1): Cur Gothi Scanziam egregi, proxima Germania loca (Fides sic penes formandem, cap. 4. de reb. Ger.) appellaverint Gothicanziam: quia scilicet tabernacula sua ibi fixerani (2): Cur Scanzia dicatur Scandinavia. Nam au in nominibus regionum significat terram. Et hinc Scandenu est terra Scandorum. Hoc ut stabiliam, utar Gostis auctoritate, qui loco citato (in Prof. ad Script. Goth. pag. 3.) ita scribit: Ex Scandia, addito au vocabulo, quod terram significat (ut ostendunt Morau, Batan, Nafsau, Velau, aliaque infinita nomina), factum est Scandinavia vocabulum, ad modum nominis Batavia, simillumque. Quomodo & Austravia Plinio, id est Olfiran, terra Orientalis ca est quam nunc Efloniam dicimus, pronunciatione ad Saxonicam propri's accedente, ut mox dicetur. Nam eandem esse Austraviam Plinii, quæ nunc, ut dixi, Eflonia, olim Efliorum terra, dubitare nos non patitur iuccinum (gleium ipsi olim vocabunt), quod in Austravia legi dicit Plinius, apud Eflios Tacitus, & ipsi Eflii in Epistola ad Theuderichum, & in respondente Epistola Theuderichus. * S C A P H I S M E. Nom d'un supplice en usage autrefois chez les Perses. Qu dit qu'il fut inventé par Parifatis, Reine de Perfe, & qu'elle l'employa pour faire mourir celui qui lui apporta la nouvelle de la mort du jeune Cyrus son fils. Ce mot vient du Grec evanque fado: parce que ceux qui étoient condamnés à ce supplice étoient enfermés dans deux troncs d'arbres creusés, que l'on rejoignoit ensemble; enforte néanmoins que par cinq trous qu'on y pratiquoit, la tête, les mains & les piés, fortolent en dehors. On frotoit ces parties de miel, & on expofoit ainsi un homme dans EFERUS - Recherches & Classification numériques dans un beau soleil aux mouches & aux guêpes. Comme on le forçoit en cet état de prendre de la nourriture, il vivoit quelquefois jusqu'à trente jours & davantage. Vergy.
SCAPULAIRE. De scapulare. Les Glofes d'Isidore : ARMILAUS, scapulare Monachorum. Scapulare a été dit a scapulis : comme armilaus ab armis. Isidore, liv. 1. de ses Origines, chap. 11. ARMILAUS a vulgo ditta, quod ante & retro divisa atque aperta est, in armos tantum clausa : quod armiclausa : C liberâ ablatâ. Les Grecs ont dit de même ironsis. Voyez Voissus de Fuisis Semenis. ¶ M. de Launoy a fait un très-docte Discours du Scapulaire des Carmes. M.
SCARIFIER. Terme de Chirurgie. De scarificare, mot barbare, qu'on a dit pour scarificare, qui signifie radere, scindere, sculpere, & qui a été fait du Grec exampâton qui signifie la même chose. Scarificatio se trouve dans Solin : & circumscarificatos dans Pline : mais où, selon M. de Saumais, il faut lire scarifatio, & circumscarifatos. Voyez M. de Saumais sur Solin, page 590. ¶ Bourdelot a aussi dérivé scarifier de scarifare. M.
SCENE. Scena. Du Grec exum, qui signifie la même chose, & proprement tabernaculum, tentorium. De exum, est fait le verbe exum, ou exum, dresser une tente, habiter, loger : & ce verbe Grec convient visiblement avec le verbe Ebreu per schácan, qui a précisément la même signification, & duquel est formé le substantif年春天 schébinah, habitation, demeure; 春天 mischácan, habitation, tente, tabernacle. *
SCEPTRE. Sceptum. Baton royal. Du Grec exum, baton, formé du verbe exum, s'appuyer : parce qu'autrefois le sceptre étoit un bâton lui lequel s'appuyoit celui qui le portoit. Voissus & Martinius, croyent que ce mot pourroit aussi être dérivé de l'Ebreu 春天 schébet, qui signifie virga, baculus, & qui dans l'Ecriture est pris pour sceptre; comme dans la Genese xlix. 10. Non auferetur Sceptum de Juda. Vergy.
SCHELME. Traître, scélérat, perfide. De l'Alleman schelm, qui signifie la même chose. Je dérivols autrefois l'Alleman schelm du Latin scellefissimus. M.
SCHELME. Du Syriaque חרבת cberma, qui vient de l'Ebreu חרבת berem anathème. Hues.
SCHELME. L'Alleman schelm vient du verbe schelem, écorcher. Il signifie un homme à fuir comme de la charogne. Vocabularium vetus 1509. in-4°. Cadaver, schelm. En Allemagne on appelle schelmes les valets du bourreau, parce que c'est leut fait de traîner à l'écorcherie les bêtes mortes. Voyez Eccard, page 66. de son Leges Francorum Salica. Le Duchat.
SCHELME. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1396. donne au mot Alleman schelm la même origine que M. le Duchat. Voici ses termes : SCHELM, cadaver propelli canis vel alterius ahimalis. Pictorius in Dict. Helver. Schelm, abgangen vych, cadaver. Plura testimonia in quibus schelm & todt-thier tanquam synonymum conjunctur, vide apud Eccardum in not. ad Leg. Sal. pag. 66. Proprie autem est cadaver excori- Tione II. tum, à schelem deglabore, scens optime vidit Martinius, & post eum Eccardus. Postea corqueri capit in hominem projettum, & cadaveris instar abminandum. Inde schelm, talis homo quem omnes tanquam morticinium, sepultura indignum, axerantur. Quod convicium inde orum viderur, quod in quibusdam delictis, & imprimis in dejectum obstagii, corpora mortorum insipulta projicerentur. Quidam existimam, schelm contraltum esse ex schiltnem; quod perperam interpretantur, cui scutum ademptum; cum potius contrarium significat, nempe cum qui scutum detraxit. Stilerus, qui hac futilia merito explodit, in alio cernere versatur, dum schelm derivat à schal, obliquus, perversus. *
SCHERIF. Les Arabes appellent Scherifs, ceux qui se disent descendus de Mahomet. Et ce mot, dans leur langage, signifie mâle. Les Princes qui commandent à la Mecque, portent le nom de Scherifs. M.
SCHIITES, ou platôt SCHIAITES. C'est le nom que l'on donne parmi les Musulmans aux Sectateurs d'Ali, gendre de Mahomet. Ce mot est Arabe, formé du substantif schiah, qui signifie en général une secte, & en particulier la secte d'Ali, & qui est fait du verbe schia, stellatus fuit. Ainsi Schiites, c'est comme qui diroit sellaires. Les Persans sont Schiites; mais ils ne se donnent pas eux-mêmes ce nom, qui est un nom injurieux. Ils nomment leur secte Adliah, c'est-à-dire, la Religion de ceux qui suivent la justice & le bon parti; de l'Arabe adi, qui signifie justice, équité, rectitude. Ce sont les Musulmans Sonnites, tels que les Turcs, les Arabes & les Mogols, qui donnent aux Persans le nom de Schiites. Les Sonnites sont ceux qui reçoivent la Sonne, c'est-à-dire, le Livre des traditions de Mahomet, comme sacré & canonique; & ils sont ainsi appelés de l'Arabe sonnah, qui signifie loi, règle de conduite, maniere de vivre; & en particulier le Livre des traditions de Mahomet, lequel est regardé comme une seconde loi après l'Alcoran. Les Sonnites sont donc des Traditionnistes, & les Schiites des Anti-traditionnistes. Ces deux sectes sont chez les Mahométans a peu près la même chose que chez les Juifs les Talmudistes & les Karaites. Et comme le mot Arabe keran, d'où Alcoran, c'est-à-dire, la Lethore par excellence, répond pour le fou & pour la signification à l'Ebreu חרבת miérâ, qui est le nom de l'Ecriture Sainte, & qui est fait du verbe חרבת kara, lire; de même l'Arabe sonnah, répond à l'Ebreu חרבת mischah, qui veut dire seconde loi. Voyez ci-dessus Migne & Alcoran. *
SCHNAPHAN. On appelle ainsi dans les Armées d'Allemagne, du côté de la Lorraine, des Paysans retirés dans les bois, lesquels volent les païfans, & qui sans faire de corps, s'attachent au parti qui est en campagne, duquel ils ont la permission de faire des courses. Voyez les Voyages de la Boulaye le Goux. C'est un mot Alleman, fait d'abschnappen, c'est-à-dire, lâcher le chien d'un fusil. Et c'est comme qui diroit, un Fuselier, Hahn, c'est cette machine de fer dans les fusils, que nous appellons un chien. En quelques lieux d'Allemagne, schnapan signifie une espèce de monnoye de la valeur de 40. sous. ¶ Nous prononçons Schnapan. M.
SCHNAPHAN. Le mot Alleman schnap-han, ne signifie pas généralement toutes sortes de Fusiliers, mais seulement ces païfans sont part. M. N n a ÉFERUS - Recherches & Classification numériques Ménage : & ils font appellés de la sorte, à cause que les arquebules dont ils se servent ont un second ressort qui fait que le chien se lâche pour peu que ce ressort soit ébranle avec le bout du doigt. Ce sont au reste les troupes Françoises, qui faisaient la guerre en Alsace, qui ont donné le nom de *schnaphan* aux pièces de 40. sols qui ont cours dans ce pays-là ; les Allemands ne s'étant jamais servis de ce mot dans la signification d'une certaine monnoie. Et ce qui peut avoir donné lieu aux soldats François d'appeller de la sorte ces florins, c'est qu'étant de très bas alloi, leur en donner pour de bon argent, c'est le assassiner, comme les *Schnaphans* ont le bruit d'assassiner les passans. Erasme, dans le Colloque des Franciscans : *Oum Monachi nihil almd eramus quam purior pars Laicorum*, & hoc intercar inter *Monachum* & *alium Laicum*, quod nunc interfil inter *fragalem* & *prælum virum*, suis manibus *alentem familiaris*, & inter *Snaphanum ex pradationum reditu jaltantem* &c. Sur lequel mot Schrevelius a fait cette note : *Snaphanum : sic Germani vocant pradonum genus subito ex aribus adoriensium viatorem ; mitigato vocabulo. Dicti autem a scoporum genere*, quod facile mirato pulvere *onetatur* & *exploditur*, ideique ad *fubitas excursionis aptissimum*. *Belgis* en *Snaphanum*. Pendant la grande guerre d'Allemagne sous Louis XIII. *Rouetier*, étoit le mot François qui répondoit à l'Alleman *Schnaphan*, parce que dans ce tems-là on se servoit d'arquebules à roues. Aux environs de Cologne on nommoit *Fribus*, ces paysans armés que tout le reste de l'Allemagne comprenait des lors & comprend encore aujourd'hui sous le nom de *Schnaphans*. Le Laboureur, Hiss. du Maréchal de Guébrant, in fol. 1657, page 477. *Le Duchat*.
SCIATIQUE. De *schiatica*, dit pour *schiatica*. M. de Saumaité sur Tertullien, page 91. *Sic hoc loco scriptum est pro hic* : ad formam ejus quod mundus filc est. *Obi filc pro istic. Sic тво pro illo apud Noniam : qius, pro iqius, in vereri Glossario. Unde schiatici, pro ischaitici : & schias, pro ischias, apud Martianum Capellam*. ¶ Rabelais a dit *ischiatique*, pour *schiatique*. Mais *notre* que *certum rotissimant me gueist d'une ischialique entierement*. C'est au chapitre 14. du livre 1. M.
SCIE. Voyez-se. Arabia per exercitum Romanum illuc ab Ælio Gallo dedictum, scribit graffatum; ut non tam populos ad Boream quam ad Austrum poscus infestans videatur. Septentrionalibus tamen magis familiarem esse, & eo sit verò simile, & in Arabian potius illatum, quam in ea natum, quid & cibis sale & suffum macerari, esculantis frigidis ac crudis, atque ex pane non probe pisso, generari creditur. Qua omnia populis illis, & longinquas navigationes suscipientibus; ad esum cum usurpentur, hand mirum si frequentius inter eos, nantastque, crudelis hic morbus, qui nevus vulgo existimatur, omni tempore savieris. Ad eum prostigandum, vino absinthite, aut veteris cum butyro cervisia, in qua absinthium quoque maceratum sit, potu utuntur. Alia & remedia experientia adididit, qua quoniam ad infinitum nostrum minimè factum, ad alia propriantes, libenter prætermitimus. ¶ Daniel Heinfus, dans la Lettre qu'il écrivit à Casaubon sur la mort de Scaliger: Est huic atri familiaris quidam morbus, sive languar, quem scorbitum vulgo vocant. Plinius scelertyrhen & stomacacen à Medicis sui temporis dictum fuisse, notat. Hun. per se ipse, de Medicorum indicitis securus, præsenter. Quelques-uns prononcent scorbus: & ce mot se trouve dans le Dictionnaire de la Marine de M. Guillet. M.
SCORBUT. G. Fabricius, dans ses Antiquités de Mifolie, prétend que le scorbus en est originaire, qu'il s'y manifesta dès l'an 1486. & que les Mariniers Saxons l'appellerent scharbock, qui dans leur Langue signifie inflammation, parce que c'étoit ordinairement par-là qu'il commençoit à se déclarer. Biblioth. Angl. tome 14. pag. 475. & 476. Le Duchat.
SCORBUT. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1380. donne une autre origine de ce mot. Voici ses termes: SCHARBOCK, morbus ex acrimonia sanguinis. Belgis scharbock, Suecis skorburg, Gallis scorbus, Anglis scurvy. Vox Belgica exponi solet venter rupus, à scheuren rumper; quamvis etiam puitulum inflammantem, si Skinnerum audiamus, deontare possit, à schuren incendere. Credo vocem simplicem & minimè compositam esse, cum quia compositores isti non satisfacium, cum quia compositione non indigemus. Nam scharbock, & reliqua vocabulorum monstra, huic similia, sunt abortus à Latino scorbus, litera T in K transenote. Latina autem vox, quam Galli imitantur, ita concepta est, ut pateat illam à filiis Medicorum factum esse ex Belgica scherpte, vel Danica skarphed, acrimonia. Vox Anglica est à Germanica scharfe, qua non solum de hic ferri, sed etiam de acrimonia sanguinis dicitur. Cette étymologie est fort simple & fort naturelle; le p du mot Flaman scherpte, ou du Danois skarphed, ayant pû aisément se changer en b, qui est du même organe; & elle est d'autant plus heureuse qu'elle exprime le caractère essentiel du scorbus, qui consiste dans l'acrimonie du sang: ainsi elle me paroît préférable à toutes les autres.
SCORDIUM. Du Grec exipilis. Sorte de plante: ainsi appellée, selon Galien, Martinus, &c. du Grec exipilis ait, parce que cette plante a une odeur d'ail. Vergy.
SCORPION. Inlecte. En Latin scorpus, du Grec exipilis. Quelques-uns dérivent ce mot Grec de exipis iperus; d'autres de exipis vis ist. Mais je remonte plus haut, & je pense que exipis a été fait de l'Ebreu קרב ἀκράβ, qui signifie la même chose; & cela en changeant en sie p Ebreu, S C O. S C R. S C Y. 467 qui est une lettre gutturale, & en p le 2, qui est une lettre labiale du même organe. Les Chaldéens, les Syriens & les Arabes ont ce même mot. Les Syriens le prononcent exarbe.
SCORZONERE. Plante, autrement dite Barbe de bout. Gr. τραγουφων. Scorzonera dicitur, quia viperaum morsibus medicur: a scurzo, id est vipera apud Hispanos, dit Pierre Borel, Médecin de Caffres, dans son Hortus Simplicium. On l'appelle autrement salisse (a). M.
SCORZONERA. Lemery en donne la même étymologie dans son Traité des Alimens. Mais le mot scurzo ou escurzo, qui signifie serpent ou vipère, n'est point Elipagnol: il est purement Catalan; comme l'a remarqué Lemery: en quoi il a mieux rencontré que Borel. La scorzonere, ou scorfonere, est proprement une plante de Catalogne, d'où elle s'est répandue dans le reste de l'Europe. L'italien appelle aussi scurzone, une espèce de serpent noirâtre & fort venimeux. Vergy.
SCOTE. Faire la scote; parmi les Capucins, & autres semblables Religieux qui ne portent point de linge; c'est passer leurs habits fur la flamme d'un feu clair, pour en chasser la mauvaise odeur que la fueur ou la chaleur du corps leur donne. Comme les Capucins viennent d'Italie, ce mot de scote a été pris de l'italien scutatura, fait de scottare, qui signifie échauder, bruler. Vergy.
SCOURGEON. Sorte de mauvais blé. Johannes Bruyetinus, dans son Traité de Re cibaria, livre 5. chap. 5. Semen est quoddam in Gallia, triste, macrum, bordi similitudine, cojus granum folliculo hand ita facile deglobatur, neque utilis vallatum est arissis. Sed tamen verò non feritur. Fers etenim frigora & cæli inclementiam. Vulgus scourgeon appellat; quasi succursum gentium interpreteris. Id, ubi annua aritur premis, auxilio venis agricolis, famusque interrebiliam depellis rabiem. Non abs re quis poaveris, triticum in bujnsmodi semen aliquando degenerasse, malumque triticum appellari posse. Nam & lalium ex tritice, & triticum ex lolo sit. Quamobrem usum in cibis parum probamus, relinquendumque rusticorum latramibus flumachis censemus. Alii volum id agreste triticum dici. Le Duchat.
SCRUTIN. Sorte d'élection, qui se fait par voie de suffrage secret. Du Latin scrutinium, formé de scrotari, rechercher, examiner. Du Cange, dans son Glossaire au mot scrutinium, dit: Ab eijnsmodi scrutatiens & investigatiens deligenti, scrutinii nomen huic forma eligendi impolstim est, quod passim reperitur in Decret. tit. de Elect. Vergy.
SCYLLA. Fameux écueil dans le détroit de Sicile. C'est un rocher fort dangereux, situé vis-à-vis du goufre nommé Charybde. Les Poètes disent que Scylla étoit fille de Phoccyx; & que Circé, par une forte jalousie contre elle, empoisonna secrètement les eaux où elle s'alloit baigner; que Scylla ne fut pas plutôt entrée dans ce bain, que les parties de son corps prirent la forme de celles (a) La scorfonere est une plante différente de la salisse. L. D. Il est vrai qu'elle est différente de la salisse, ou du salisse ou cervisi commun: mais on la nomme aussi cervisi d'Elipagnol. N n i j EFERUS - Recherches & Classification numériques 468 SCY. SEA. SEC. d'un chien ; & que ne pouvant supporter une fi grande difformité, elle fe précipita dans la mer, & fut changée en ce rocher qui porte fon nom. Mais cette etymologie eft fabuleuse. Selon M. Huet, le mot François écreil, & l'Italien froglio, viennent de l'Ebreu פקול פקל, qui signifie un rocher : & de la vient auffi, ajoute-e-il, le nom de Scylla, qui eft un rocher. Et dans une de fes Lettres écrite a M. Bochart, il parle ainsi : Capite libri rogiem 27. pag. 176. Scylla nomen derivus a Punico פקול, quod eft exilium. Qua vero invidia eft id arcesere a פקול, quod eft lapidibus obruere : ut פקול & פקול sit lapis, faxum, rupes. Scyllam autem rupem esse notum eft. Inde quoque proditi Scolis, quod eft Olenia petra Hemeri, non longe a Dyme. Vergy.
SCYTHES. Nom de peuple. Wachter, dans fon Glosarium Germanicum, page 1409, parle ainsi de l'origine de ce nom : SCHISSEN, jaculari, fagittor, explodere telum . . . . . Notgerus, in Dictionario Anglo-Saxonico : fceotan, fcytan, fagittare, jaculari, projicere, emittere : fcoten emifus, jellus : fcotu jacula, fagitta, quidquid jaculando emittitur : fcytta fagittarius : fcyte finger digitus index, fagittarius, cujus opulatus intenditur : Scythhla Scythia. Verelius in Indice : sktota jaculari : skot telum, jaculum, fagitta. Belga eodem fonfu dicunt fchieten, Angli to shoot, Sueci skiuta, Tartari Pracop. fchieten ; Cambri faethu, & inde faeth fagitta, & faethydd fagittarius, fpiculator. Quibus consonant quadam Hebraa, ut funt chets fagitta, jaculum, apud Boxbernium in Orig. Gall. pag. 23. chafats fagittavit, ejaculatus eft ; kefcheth arcus, apud Helvigium in Orig. Germ. Imo fagitta, etiamfi nefciamus an sit a Celtico faeth, an opium a Scythico fcytan, meliorem a Barbara affinitate fcnum accipit, quam fi componatur a fagaci ictu. SCYTHAS fic dicus esse quasi fagittarios, quod primi ferro alas addidifent, & autem jaculandi per arcum ofendifent, ex Anglo-Saxonica voce fcytta fagittarius, verafimiliter co-gnofimus. Cui conjellura quofque faveant antiqui Scriptores, monfravit in Præfat. ad German. §. 21.
SEAU. Sorte de gros cachet. De figellum, dit pour figillum. Voyez M. de Saumaife, dans fon Specimen Confutationis Animadverfionum Heraldi. M. SEAU de Salomon. Sorte de plante : ainsi appelée, parce que l'on voit fur fa racine plufieurs marques comme fi elles y avoient été empreintes avec un feau. Bauh. Vergy.
SEAU. Sorte de vaiffeau de bois à mettre de l'eau. Voyez fetile. M.
SEAU. Le Roman de la Rose, fol. 108. v°. Ours, lumps, léopars, & fanglier, Tous hommes viendroient effranglier. Les vats mêmes l'effrangleroiens, Quant au feau le trouveroient. Je crois que feau dans ce passage, vient de fuleius, diminutif de folus ; & que ce mot eft employé adverbialement pour feulet. Le Duchat.
SEC. Siccus. Il a de la convenance avec l'Ebreu aux fobbeh, qui signifie la même chose : renne fobbehbah, fchereffe, lieu fec & arde.
SECHE. Sorte de poiffon. De fepia : P en CH ; comme en proche, de prepe, &c. M. SECHEs de Barbarie. Ecurcis ou bancs de fable fort dangereux, fur les Côtes de Barbarie, entre le Royaume de Tunis & celui de Tripoli. M. Simon, dans fon Dictionnaire de la Bible, dit que les faches de Barbarie font ainsi nommées du mot firim, qui signifie tirer, attirer, engloutir ; parce que les gouffres qui y font, attirent les navires & les engloutifent. Mais cette étymologie n'eft pas foutenable ; n'y ayant nul rapport entre le mot firim & celui de fache. Nous avons appellé ces bancs de fable, faches, par la même raifon que les Italiens les ont nommés fache ; le mot fecus en Italien fignifiant un banc de fable, un endroit où il y a peu de fond. Nous nous fervions autrefois du mot fache en ce même feau. Aujourd'hui, en terme de Marine on dit fecque. Et ce mot, de même que l'Italien fecus, vient du Latin ficus. On dit proverbialement en Italien, rimanere nelle fecche di Barberia, pour dire, être réduit dans un état à ne pouvoir fe tirer d'affaire. Vergy.
SECONDICIER. Secundicerius. Nom qui a été donné à celui qui étoit la féconde personne dans une Eglise ; comme le Primicier étoit la première. Le Primicier n'eft pas celui qui primum cernum portat ante Episcopum vel Regem, comme dit Joannes de Janna. Ce mot vient de primus premier, & de cera, tablette enduite de cire ; & il signifie primus in cera, c'eft-à-dire primus in catalogo, parce qu'il étoit le premier que l'on écrivoit fur les tablettes de l'Eglise. Le Secondicier étoit ainsi appellé de fecundus in cera. Et c'eft la véritable étymologie. Vergy.
SECOUER. D'excutere. M.
SECOURCER. Vieux mot, qui fignifioit retrousser fes habits. Alain Chartier, dans fon Discours de la Confoliation des trois Vertus, a dit : Si eftoit ceinte d'une ceinture, & fecourcie d'une autre. On a dit recourcer, dans la même fignification. Rabelais, livre 1. chap. 17. Sur le prrum de la porte fe recourfa fa robbe. Ces mots étoient faits du Latin subcurticare & recurticare. Vergy.
SECOURIUS. M. Huet le dérive d'uncompte. Et Trippault lui donne la même origine. Il vient de fuccurrire, dit par métaplaine pour fuccurrire : comme currire pour currere. M.
SECRETAIN. Voyez ci-deffous Segretain.
SECRETTE. On a appellé de la forte cette cocffe de fer qui fe nommoit auffi falade, par corruption pour celade, de celata ; parce que fous cette celade la tête eft celée, & tenue comme en fecret. Voyez Henri Etienne, dans fes Dialogues du nouveau Langage François Italianise, part. 1. page 176. Le Duchat.
SECULIER. Dans les Epîtres Obfcurorum Virorum, tous les Savans qui avoient pris le parti de Reuchlin contre les Théologiens de Paris & de Cologne fes adversaires, font traités de Poites feculiers avec beaucoup de mépris par ces Théologiens. Et Jamonus de Bragmardo, dans Rabelais, liv. 1. chap. 19. à leur imitation, traite auffi de Poite feculier le favant Joviamus Pontanus, que par une lourde méprile il venoit de nommer Taponus. Lequel terme feculier, dans ces occasions, ne veut dire autre chose que prophane. La Légende dorée, imprimée en 1476. dans la Légende de Saint Jérôme, après avoir raconté que dans une vision ce Saint fut fevérément repris pour avoir jufqu'alors EFERUS - Recherches & Classification numériques lu avec trop de plaisir & d'arrachement Cicéron & Platon, rapporte que pour faire cesser les coups qu'il recevait à ce sujet, il fut obligé de prometer à Dieu qu'il ne liroit plus de Livres féculiers (codices féculaires, dit l'original), entendant par ces Livres féculiers, tous les Auteurs prophanes, & nommément Platon & Cicéron. Le Duchat.
SEDANOISE. Les Imprimeurs appellent ainsi le plus petit caractère de l'Imprimerie : & ce nom lui a été donné, parce que la premier est, il s'en fit à Sedan. Vergy.
SEDDE. On dit en Bourgogne qu'un fruit est scéde ; quand il est ferme dans la maturité. Peut-être de Sapiens. M.
SEGLE. Sorte de blé. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Trippault le dérive de occa, farrago. D'où, dit-il, peut être dit le pays de Sanlogue : en Latin fecalonia : pourre que son terro a seigle ; & non a froment. Bourdelot le dérive de filigo, filiginis : qui est aussi l'étymologie que lui donne Dominicus Soto sur le quatrième des Sentences, distinction 9. question unique, article 3. page 124. colonne 1. Voissus, de Vitis Sermonis, page 601. semble le dériver de sigle, mot corrompu de fecale. Sigle, dit-il, corrupunt ce fecale : qua Belgis rogge : Gallis, seigle & segle. Capitula Karoli Magni, lib. 1. cap. 112. ubi legas modium de avena, hordeo, sigle, frumento parato. Atque eadem in voce Mathiolo, & Botanicorum aliis, erratum, cum fecalen vocant. Nam fecale Plinio neutrum est. Les Médecins de Lyon le dérivent de fecale, mot de même signification, qui se trouve dans Pline, XVIII. 16. Id autem quod fecale atque fartago appellatur, occari tantum desiderat. Secale Taurini sub alipibus afiam vocant; deterrimum, & tantum ad arcendam famen ucile : fecunda, sed gracili stipula, nigritia trifle, sed pondere pracipuum. Admiscentur huc car, ut mitiget amaritudinem ejus : & tamen sic quoque ingratissimum ventri est. Voici leurs termes : Siccau, Gallis; exritia una tantum littera; ad hoc usque secle, vel potius segle, nominatur : ce qu'ils ont pris de Ruellius. Et c'est la véritable étymologie : & celle qui a été suivie par le docte & judicieux Pierre Pithou, dans son Glossaire sur les Capitulaires de Charlemagne. SIBELIS, dit-il, 1. 132. fecale, seigle : quod in quibusdam Charris, bladum hibernagium. Inde Secalonia. M. de Valois le jeune, pour le marquer en passant, droit que Secalonia ; car c'est ainsi qu'il faut écrire ce mot ; est un mot Gaulois. Voyez sa Notice. Lindembrog, dans son Glossaire sur les Loix antique, veut que le mot fecale soit un mot Saxon. Voyez le Glossaire de M. du Cange, au mot Sigalum ; & ci-dessous, le mot de Sologne. M. Voyez ci-dessous seigle.
SEGRAYER. Office dans les Forêts. De Secretarius, mot de même signification. Voyez M. du Cange. Secretarius, Segrearius, SEGRAYER. Segrearius se trouve dans les Gettes de Guillaume le Maize, Evêque d'Angers. M.
SEGRETAIN. On appelle ainsi en plusieurs lieux de France, & particulièrement en Anjou, un Sacrifice, suivant le témoignage de Ménage au mot Sacrifice. On a dit aussi Secretain dans la même signification ; & ce dernier mot se trouve dans Nicot & dans Cosgrave. Secretain & Segrearin ne sont que des corruptions de Sacrifice, ainsi nommé, comme l'on voit, à sacris, & non pas à secretis. La Sacrifice n'est pas faite pour les fectets, mais pour y garder les habits & ornement d'Eglise. Voyez ci-dessus Sacrifice.
SEIGLE. Du Latin fecale on forma sigle, d'où nous avons tiré seigle. Goldast, en son Glossaire sur les Constitutions Impériales : Secale, farrago : seigle, Gallis. Sigle, idem quod fecale. Cæseneuse. Voyez ci-dessus seigle.
SEIGNEUR. De seniore, ablazif de senior. Voyez Sire. M.
SEIGNEUR. Le Grand Seigneur. On a ainsi appellé l'Empereur des Turcs, par opposition avec ses voisins, qui ne sont que de petits Seigneurs au prix de lui. Qu'il a nommé de même Grand Turc, par opposition au petit Turc, duquel parle Montégier, édition de 1574. vol. 3. fol. 87. a. Le Duchat.
SEIGNI-JOAN. Rabelais, liv. 3. ch. 36. Seigni Joan, foi insigne de Paris, bisayuel de Caillette. La Nef des Fous du Monde, en vers François, imprimée en 1497. fol. 3. v. & 4. t. nous donne le portrait de ce Seigni Joan, qu'elle appelle Jehan le Fou ; & elle nous apprend que ce Jehan le fou. Voit cent ans avant un nommé Caillette, qui étoit pareillement fou, & qui vivait en 1494. De sorte que Joan, fou de Madame, duquel Marot, comme son contemporain, a fait l'épitaphe, est nécessairement un autre que le Seigni Joan dont parlent la Nef des Fous du Monde & Rabelais. C'est apparemment ce que Rabelais a voulu nous apprendre, lorsqu'il a appelé Seigni Joan, cet ancien Jehan le fou : le nom duquel ne paroît venir de Senior Joannes, à la différence de l'autre Joan, qui étoit le fou de Madame. Et par le même passage de la Nef des Fous, nous voyons encore que ce Caillette, duquel le fou Seigni Joan étoit le bisayuel, pourroit bien avoir été un autre que celui qui fut long-tems après le fou de François I. Le Duchat.
SEILLE. De situla : comme s'au, de sitellum. Les Glosses anciennes : usbes, situla, situlus : usbes, sitella, sitellum. M. SEILLET : pour honniter, ou honniter : car on dit l'un & l'autre. De situlatus, diminutif de situlus, dit pour situla. Voyez seille. Voyez aussi M. du Cange, au mot sitilatum. M.
SEILLON. De sulcus, de cette maniere : Sulcus, sulculus, sulculo, sulculonis, sulculone, sullone, sylone, silicon, silicon. On prononce aujourd'hui silon. Sulcus vient de Sire. M.
SEINE. Rets à pécher. De sagena, mot de même signification, fait du Grec enyém, mot l'acédémonien, mot aussi de même signification. Hésychus : enyém : enyém et en sélégum et Ségis à Sire. Antoum. M.
SEINE. Ce mot a aussi signifié métaphoriquement en François comme en Latin, l'enceinte & les forts qu'on fait autour d'une Place pour la bloquer. Rabelais, livre 3. chap. 49. Ce que considérant César, commanda que hors le sech de pierre tout autour, l'on fit une seine de sofer. Dans Nicot on lit seine, & de même dans le Dictionnaire de Trevoux de 1721. qui a pris ce mot dans Borel, qui EFERUS - Recherches & Classification numériques apparemment ne l'a trouvé que dans Nicot ; où ce pourroit bien être une faute : à moins qu'on n'ait dit *seine* par corruption pour *seine* , fait du Latin *Sagena*. Le Duchat. **SEINE.** Rivière de France. Du Latin *Sequana*. *Sequana* est, sans doute, un terme d'origine Celtique, mais on ignore ce qu'il signifie proprement : du moins je n'ai rien pu découvrir là-dessus. Et quoique ce nom convienne avec celui de *Sequani*, il ne sauroit venir de-là, parce que la Seine ne coule point dans le pays des *Sequanois*. On fait que le pays des *Sequanois* étoit borné par la Saone, & que la source de la Seine est près d'un village appellé *Saint-Seine*, à plus d'une journée de la Saone. D'ailleurs on ignore la signification du nom de *Sequani*. On dira peut-être qu'apparentement le pays des *Sequanois* s'étendoit anciennement bien davantage qu'il ne fit dans la fuite, & qu'il comprenoit une partie des pays où coule la Seine ; ce qui fit que cette rivière fut de-là appelée *Sequana*, comme venant du pays des *Sequanois*. Mais c'est là une simple conjecture, entièrement destituée de preuves. La Seine a pu être nommée *Sequana* par d'autres raisons que nous ne connoissons pas.
SEMAINE. Nos anciens François disolent Semex; pour Semaine : c'est-à-dire septième. Et ainsi de Septimana on a fait Semaine. Le Roman de Guil- laume au court-nez, au Moinage Guillaume, par- lant de certains voleurs qui comlûtoient sur le trai- rement qu'ils devoient faire à un passant : Et dit li quart, il a veſen affez. Et dit li quins, si l'allons toſt tuer ? Et dit li ſiſtes, il n'en peut eſchapper. Non dit li ſiſmes, il a que deſtioſſer. Caſeneuve.
SEMAINIER. De bobdomanarius. M.
SEMAINIER. Il eſt plus naturel de le dériver de Septimanarius; comme Semaine de Septimana. Vergy.
SÉMBLER. De ſimilis a été formé le verbe Latin-barbare ſimulare, dont nous avons fait ſem- bler & reſembler. Eckehardus le jeune, De Caſibus Monasterii S. Galli, chap. 3. Monachos tamen ho- die S. Gallus habet, quorum ſimiles inter ſuos nun- quam ſimulabis. Et comme nous avons abuſé de la naturelle ſignification de la plupart des mots, le verbe Latin ſimular, & le François ſemble, ont été pris pour ce que le vrai Latin exprime par vide- tur; parce que notre opinion & notre volonté n'admettent rien qui n'ait du moins la ſemblance du vrai ou du bon. Hincmar, Evêque de Laon, dans une Lettre qu'il écrit à ſon oncle du même nom, Evêque de Reims : Ut ille poſſit res de ſua Ecclesia ordinare, & illi liceat, ſicut ei ſimulaverit, disponere. Les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 16. cap. 17. Et illi ſimular ut ad alium ſeni- orem. * M. du Cange, qui dans ſon Gloſſaire La- tin rapporte auſſi le paſſage ci-deſus allégué d'Ec- kehardus, a écrit ſimilabit, & non pas ſimulabit, comme M. de Caſeneuve. Ce qui m'a donné la curioſité de voir l'original : & j'ai trouve ce paſ- ſage au chap. 11. du Traité De Caſibus Monas. S. Galli à la page 49. du xi. volume des Allémanni- ques de Goldalt, qui porte, comme M. du Cange ſimilabit : & en marge une diverſe leçon dit ſimul- abit. M. du Cange cite pluſieurs autorités de l'un & de l'autre. Caſeneuve.
SÉMBLER. De ſimulare. Le Pere Sirmond, ſur ces mots des Capitulaires de Charles le Chau- ve, page 133. Et mandat vobis noſter Senior, quia ſi de vobis aliquis taſis eſt cui ſuus ſenteratus non placez, & illi ſimular ut ad illum Seniorem melius quam ad illum accaptare poſſit, &c. ILLIS SIMULAT : illi videtur : Il lui ſemble. Hincmarus Laudumenſis ad Remenſſum : Ut ille poſſit res de ſua Ecclesia ordinare, & illi liceat, ſicut ei ſimulaverit, diſpo- neze. M.
SÉMBLER. Je veux ſeulement remarquer ici, que le Latin ſimilis, d'où a été fait le Latin bar- bare ſimulare ou ſimulare, dans le ſens ſe ſembler, a une convenance manifeste avec l'Ebreu ſon ſe- me, qui signifie une image, une répétition.
SÉMÉ. On appelle ainsi en Anjou & en Toi- tou, je ſervice qui ſe fait pour les Morts, ſept jours après leurs enterrements. De ſeptima. M.
SÉMELLE. De ſapella, diminutif de ſapa. Voyez ſaboy, ſapate, ſaper, & ſavare. M.
SÉMENCE. De ſementia, ou ſementia. Se- meu, ſementis, ſementium, ſementia, ſEMENCE. S E M. S E N. Sementia & ſementium ſe trouvent dans les Gloſes Anciennes. M.
SÉMONCE. SÉMONCER. SÉMON- NER. De ſubmoniſa, &c. Voyez le Gloſaire de M. du Cange ſur Ville-Hardouin. M.
SÉMONDRE. De ſubmonire. M. SÉMOULE. La groſſe farine : le ſon. Lat. ſurſur. M. de Saumaïle le dérive de ſumula. Juve- nalis : Summula ne pereat, qu'à vilis teſſera vanit Frumenti. Śumolam, vel ſumulam, vocat, quam Veteres ſimi- lam : unde nos dicimus SÉMOULE. C'eſt ſur l'Histoire Auguste, page 373. M. Ferrari, dans ſes Origines de la Langue Italienne, dérive auſſi l'Italien ſe- mola, qui eſt le même que le François ſemoule ; du Latin ſimila. Mais le Latin ſimila ſignifiant la fine ſleur du froment ; & notre ſemoule, & l'It- alien, ſignifiant le bran, le ſon ; je croirois plutôt que le François ſemoule, & l'Italien ſemola, au- roient été faits de ſummula, diminutif de ſumma : qu'on auroit dit abſolument, comme parlent les Grammairiens, pour ſumma farina ; c'eſt-à-dire, farina craſſior, que in cerniculo transmittit non poteſ, & ſumma remanet. Duquel mot ſumma, les Eſpa- gnols ont fait ſomas, pour dire du ſon : comme nous avons fait le mot de ſon de ſummum. M.
SÉNE. Arbre, dont les feuilles ſont purgati- ves. C'eſt un mot Arabe. ? Quartus, ch. 144. ca. 71. Sim caſquites, & avis capuc iſt duſoit ſens. Il parle de l'Arabie. Remarquez (ce qui a été re- marqué par M. de Saumaïle, dans les Homony- mes des Plantes, page 74.) qu'Acbarius ne parle que de la ſemence du ſené, & non pas de ſes feuil- les ; qui ſont ſeules en uſage parmi nous. M.
SENE. Senſé. Le Roman de la Roſe, fol. 47. v. Ainsi vers eule vous contenez, Comme preux, vaillants & ſenez. De ſenſatus peut-être. Senſatus, ſenatus, SENE. Ou de ſenex : parce que les vieillards ont meilleur ſens que les jeunes gens. Le Duchat.
SÉNÉCHAL. Turnébe, liv. XXVIII. de ſes Adverſaires, chap. 2. le dérive de ſenex & de ca- ballus. SÉNISCHALLOS, dit-il, velut ſenes ca- ballu, id eſt equiatus, eſſe arbitrer. Quod verbum, a militia armata ad civilem tranſſit, reſeditque in iis qui hodie Provincias Praſeſturas Juridici regunt, & quaſdam etiam Juridicitques artanas & vicanas exercent. Nam in noſtra Normania. ſic appellantur qui in Nobilium vicis & oppidis jus dicunt. Le Préſident Fauchet, au traité qu'il a fait des Origi- nes des Dignités & Magifirats de France, chap. x. dit qu'il a été autrefois de cette opinion. Voici ſes termes : Cet Officier s'appella depuis Sénéchal ; qui eſt un mot François, qu'autrefois, ſuivant l'opinion d'autres, j'ay penſe ſignifier vieil Chevalier ; comme l'il toſt été compoſé du Latin Senex, ou Senior, dont vient Seigneur ; & de chal, que l'on veut dire ſignifier Chevalier en vieil François, Toutefois j'ay depuis changé d'advis. Et ſon avis eſt, que Séné- chal vient de Scalco ou Sinicalco, qui en langage Franc-Theuc (ce ſont ſes termes), ſignifie Pra- poſſons menia. Voſſius de Vitis Sermonis, page 251. le dérive de l'Alleman ſon, ſenneſle, ou ſenée, qui ſignifie troupeau de bétail ; & de ſcale, qui EFEBUS - Recherches & Classification numériques signifie serviteur. SENISCALCUS & Mariscalcus olim vilis fuere muneris nomina. Prius enim armentorum, alterum equorum custodem sive servum significat. Utraque vox composita est, ac posterior pars utrobique est scale, id est, servus, ut in God-scalcus, quod idem ac Theodulus. Prior pars in priori est son seu cenneste, vel senate, hoc est, grex vel armentum. Quomodo in Legibus Anglicis; 1st. vii. § 2. legas: Serotæ sex cum verre, quod dicunt son. At in Mariscalcus, &c. Postea vero vox utraque pra:lara dignitatis nomen evasit. Quod enim ad Mareschallum attinet, &c. Seneschallus vero, vel Seneschalcus dici corpus Regia mensis Praxellus, æconomus, architriclinus. Ut in Vita Karolis Magni: Misit exercitum in Britannia unâ cum misso suo Audulfo Senescalco. Similiter in Annatibus Fuldensibus ad ann. DCCLXXVI. Carlus per Autulium Seneschalcum misso exercitu Britones domuit. At, ut optimè clarissimus Bignonius ad Marmijum observat, idem Autulibus pro Seneschallo Regæ mensæ Praxpositus dicitur Aimoino, lib. 1v. cap. 78. Reginoni vero Prunienis Princeps Coquorum appellatur. Dapifet aliter vocatus fuit. Nec mirandum mensæ Regia Praxello curam exercitus commisfam. Nam & postea legimus exempla Dapiferorum, quibus vexillum committeretur: de quo Palcetus, lib. 1. cap. 10. Et firmat ho: Robertus, Sanlii Remigii Monachus Rhemensis, Hist. lib. 1v. Ipsio die Podiensis Episcopus perdidit Dapiferum suum, qui suæ acici deferre solebat vexillum. Quem dignitatis locum in aula tenuerit, docet Hincmarus Rhemensis epist. 1. Ac quidem, cap. 16. ait: Apocrisarius, quem nostrates Capellanum, vel Palatii custodem appellant, omnem Clerum Palatii sub cura & dispositione sua regebat. Cui sociabatur summus Cancelliarius, qui a secretis olim appellabatur. Post eos vero sacrum Palatium per hos ministros disponebatur: per Camerarium videlicet & Comtem Palatii, Senescalcum, Buticularium, Comitem Stabuli, Manfionarium, Venatores principales quatuor, Falconarium unum. Ac Buticulario quidem & Stabuli Comiti pramitii Senescalum, etiam videas in Diplomate Ludovici VI: Donationis ad Sanfium Dionysium. Verba sunt: Praxentibus ex Palatio nostro, quorum nomina subtitulata sunt & signa: S. Ancelli, tunc temporis Dapiferi nostri; S. Gilberti Buticularii; S. Hugonis Constabularii; S. Guidonis Camerarii; Stephanus Cancelliarius relegendo subscripsit anno dcxii. Ubi non dubium quin pro Seneschallo Dapiferum dixerit, quia hac muneris pars dignior foret. Atque hoc etiam ex memorato antea Hincmaro liquet: qui cum, ut vidimus, varias aula dignitates enarrasset, sequentius capitibus omnium officia exponit; catriaque inter, sic cap. 13. scribit: Ad tres autem ministeriales, Senescalcum, Buticularium & Comitem Stabuli, secundum uniscujusque ministerii qualitatem vel quantitatem pertinebat, ut cum communi confensis de suo quisque ministerio admonendi non essent segnes; ut, quanto ejus esse potuitor, omnes actores Regis præscient, ubi vel ubi Rex, illo vel illo tempore, tanto vel tanto spatio manere debuisset, propter adductionem vel præparationem: ne fortè tardè scientes, dum in opportuno tempore vel cum omnia festinatione exigeretur, familia regalis per negligentiam sine necessitate opprimeretur. Quæ videlicet cura; quanquam ad Buticularium vel ad Comitem Stabuli pertineret; maxima tamen cura ad Senescalum respiciebat; eo quod omnia cætera, præter potus vel victus caballorum, ad eundem Seneschallum respiceret. Videmus, ut Seneschallo curam stabuli puisse dicat; sed præter curam illam potus & villus caballorum, qua sola primitus et fuerat commissa, alia quoque post modo oportuerit curare. Clarum itaque, jam Caroli Magni atate (de hac enim loquitur Hincmarus) Seneschalli munus suisse illustris, quam antiquioribus fuerat temporibus. Imo sic dignitas ea glissabat, ut Seneschallus (utitur ea voce Henricus III. Anglia Rex in literis de pace inter Reges Castilia & Anglia) idem censeretur ac majoratus; quod ex Hugone de Cleris constat: ut quoque ex Gulliclmo Tyrio Hist. Belli Sacri, lib. 2. cap. 3. Alexius Megadomebici dignitate (quem nos Matem Seneschallum appellare consuevimus) fungeretur officio, ab Imperatore secundus. Sane varia erant genera Domestiorum; quomodo in incaur, sive incaur, hoc est, Praxides, sive Praxelli, dicebantur. In his vero Praxelis princeps erat; puradumque: quem ab Imperatore aliqui tertium faciunt; ait, ut Gulliclmus Tyrius, secundum. Caterum, non dejunt, qui dignitate extenta, aliunde putant nomen datum, quam prima ea qua proprie notaret armentorum vel jumentorum custodem. Nempe ut tum fueris nomen ex lin, sive sind, sive ge-sind, hoc est, familia. Quomodo proprie, primique sic dictus sit famita praxpositus sive œconomus Regius. Satis quidem appositimo videtur hoc etymon: salum tamen, quia primo, cum id nomen imponeretur, armentis erant Praxelli: postea demum, munere ac nomine veteri retento, Regia cura mensæ accesse. Aliqui aiunt constari vocem ex sen, vetero verbo significante justitiam, & scalcus, denotante præfectum; eoque signipare justitiæ præfectum. Hoc verè est divinare, ut de capisse re cenire Vincentius Lapanus, lib. 11. de Magistratibus Francorum. Nam debuerant offendere voces eas id signasse Antiquis. Nihilo reilius alii persuadere nobis volunt, vocem esse missam ex Latina & Graea, quasi dixeris senum & 2iui, id est, principatum: aut quasi cænatichen, ex cærit, hoc est, commune sive Respublica, & 4i 2i vel 4i 2i 4i: aut ex Germanico secken, pro secken, quætere, & scale, hoc est, veterator, improbus: quia Seneschalli sit in veteratorum & hominum nequam secera inquirere. Quæ cæqua memorat Gregorius Tolosanus in Syntagmate Juris, lib. 37. cap. 33. Voyez Marichus. M.
SENESCHAL. Pour éclaircir davantage l'origine de ce mot, il sera bon de rapporter ici ce qu'en dit Wachter, dans son Clio, artem Germanicum, page 1511. Voici les termes: SENISCALCUS, Praxellus servus, ex servus oriundus. Lex Alam. tit. LXXIX. 3. Si alicujus Senescalcus, qui servus est, & Dominus ejus XII. Vassos infra domum habet, occisus fuerit, XI. solidos componat. Expendamus singula verba. Alicujus, id est, Principis vel optimatis. Infra, id est stylo barbaro intra; unde Iialis fra eodem sensu. Vassos, id est, jamulos, servos, domesticus, qui intra domum servunt, quos posterior atas familiares vocat. Mox agitur de Mariscalcus, qui super XII. caballos est. Unde ex oppositione patet, ut Mariscalcum XII. caballis, sic Senescalcum XII. famulis pra:uisse. Uterque ab officio nomen habuit, ille ab equis, hic a praxellura servorum. Hinc errare videntur qui hunc servum sic dictum putant a sen grex, quasi armentarium. Camgius eos refelit his verbis: Lindenbrogius, cui Vossus subscribit, vocem SENISCALCUS ex son vel senate grex, armentum, & scalcus servus, constatam putant. Ut de postrema voce constat, de priore licet dubitare, cum SENISCALCUS non armentis, sed toti domui EFERUS - Recherches & Classification numériques 47. domni rusticæ præfuitæ legantur. Restat ergo ut se à sen cæcus, puta ministrantium. Hoc voluit Wendelinus, quando Seniscalcum interpretatur ministrum familæ. Cui libens absentior, quamvis cum aliqua famidine. Nam sen præsit esse senior, & Seniscalcus senior servus, id est honorarior, qualis hodie dicitur eterknecht, oberknecht, alio fono, eodem senfo. De vocula sen vide plura in Senones. Wachter ajoute ensuite: SENISCALCUS, præfectus regia domus, non servus, sed proximus a Rege, Grigiæm dignitati dedit nova Francorum sub uno Rege Respublica. Tunc enim Rex, Principum exemplo, suum habere capit Seniscalcum, & reliquos officiales, non ex servis oriundæ, sed ex principibus leitos. Etne novâ etymologia non opus est, quoniam ex dictis manifestum, idem nomen, quod ab initio fuit præfecti secorum in aulis Principum, postea mutato Respublica statu honestiorem significationem nultum esse sub Regibus, & præfectum aulicorum in palatio demoræse.[{"box_2d": [105, 316, 470, 406], "label": "text", "caption": "SENECON. Herbe. De senecio. Pline 25. 25. Erigeron, à nostris vocatur senecio. Et nomen Graci declarant, quia vere canescit. Dioscoride IV. 97. parlant du senecon: ἀπὸ μολιζοντα, τοχος χοζιμυτα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, χοζιζοντα, 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le nom de *sensitive*. Vergy.
SENTE. De *semita*. Voyez *sentier*. M.
SENTIER, ou *Sente*. L'Espagnol dit *sendero*, & *sendilla*. Ces mots descendent de l'ancienne Langue Teudifique. Le Glosaire Latin Teudifique de Kéron : *Itinere*, *sindo* : *Itinera*, *sinda*. *Cajeneuve*.
SENTIER. M. de Caïeneuve s'est un peu trompé dans la généalogie de ces mots. Ils ne sont point d'origine Teudifique. *Sem* descend en ligne directe du Latin *semita* : *sentier*, aussi bien que l'Espagnol *sendero*, son frère, de *semitarium* : & l'autre Espagnol *sendilla* vient de *semitilla*, diminutif de *semita*. S. Add.
SENTIER. De *semitarium*, dérivé de *semita*. De *semita* nous avons fait SENTE, vieux mot François qui signifie la même chose que *sentier*. Héliand, dans son Pocme de la Mort, Stance 3. *Qui quiers les voyes & les sentes.* La Coutume de Boulenois, art. 165. Un chemin *sentier*, appelle *sente*, se peut clore & couvrir d'une *hèse*, & doit contenir cinq pieds. De *pedis semita*, on a fait de même PISSANTE : qui est un mer qui se trouve dans la même Coutume, art. 166. Une *pissante* est un chemin privé qui n'est submis à tous usages : & doit contenir deux pieds & demi : par lequel on peut seulement aller à pied, & non point mener ou ramener belles. Varron dit que *semita*, est dit *quasi semi iter*. M.
SENTIEUX. Qui est en son bon sens. Ce mot se trouve souvent dans Monstrelet, & notamment vol. 1. chap. 76. édition de 1571. *Le Duchat*.
SENTINE. C'est l'endroit le plus bas d'un navire, & comme l'égout. Nous avons pris ce mot du Latin *semita* : &, selon Voësius & Martinius, les Latins ont ainsi nommé la *sentine à sentienda*; *quod ejus fortor sentiatur*. Vergy.
SENTINELLE. Nous avons emprunté ce mot des Italiens. Voyez *sentinella* dans le nouveau Dictionnaire de la Cruïca. Les Latins des bas siècles ont dit *sentinella* dans la même signification. Voësius de *Vitis Sermonis*, page 198. SENTINELLE, *pro excubitis*, a *sentiendo* : *ut ab* auscultando *posterioribus Graeis exudatuique*, *quasi* auscultatores; & *exudatus*, *quasi* ausculta. M.
SENTINELLE. En termes de Piquet à écrire, donner à quelqu'un une *sentinelle*, c'est le manquer de *cent*; ou, comme on dit, d'une *petite centaine*. C'est une allusion à l'Italien *centinaia*, diminutif de *centina centaine*. *Le Duchat*. SEP de *vigne*. Voyez *Cep*. M.
SEPTENTRION. Les anciens Laboureurs Romains, donnerent ce nom aux sept étoiles qui composent la grande & la petite ourse, parce qu'ils regardent l'une & l'autre de ces constellations; comme sept bœufs attelés à une charue. *Septentriones*, dit Festus, *septem stella appellantur à septem bobus junctis*, *quos trium verum rustici appellant*, *quod juncti simul tatium* ; *quasi* teriones. Le peuple appelle le *septentrion*, le *chariot*, parce qu'il en a comme la *sente*, quatre de ces étoiles jointes deux à deux en figurant les roues, & les trois autres les bœufs. Les Grecs l'appelloient *quae*, qui signifie la même chose. *Ver. 3*.
SEQUIN. Sorte de monnoye. M. d'Ablancourt, dans ses Notes sur la Retraite des dix mille de Xenophon, le dérive de *Cicquin*, ou *Cicledique*, pièce d'or, ainsi appelée de la Ville de Cizique. Il vient de l'Italien *Zecchino* : qui a été fait de *Zecca* qui signifie le lieu où l'on fait la monnoye. Hénischius dans son livre de *Affe*; parlant du *sequin*; *Est ducasus aureus Venerus*; *sic dictus à Zecca*, *quod officinam monetariam notat*. On ne convient pas de l'étymologie de l'Italien *zecca*. Caninius, dans ses Canons, le dérive de *theca* : & j'ai suivi cette étymologie dans mes Origines de la Langue Italienne. M. Guyet croyait qu'il étoit d'origine Arabe. M. Ferrari le dérive du Grec *Cicq*. *Longe*, dit-il, à *cubili bujus vocis dicti aberrarunt*. Non enim à *theca*, or Caninius : *sed à Cicq*, *zygos*; *libra*, *examen*, *flatera*, *bilanx*, *trutina*. Ziga, *zeca*, *ZECCA*. *Quod non modo nummi ibi cuderentur*, *sed ad pondus exigerentur publici*, & *librarentur*. Les Espagnols disent *seca* : que Covarruvias dit être Arabe. Nous disions anciennement *escalin*. Villon : *Nous ferons plus d'un escalin*, *Qu'un autre de quinze royaux*. M. e
SEQUIN. Pour une épée. En Chaldéen *sakkin*; & en Arabe *sekin*, *culter gladius*. M.
SERANCER, ou SERANCER du lin. C'est *pettere limum*. Ronfard, dans son Hymne des Démons, à Lancelot Carle, qui est la vis du livre premier : *On dit qu'en Norveigne ils se louent à gages*, *Et font, comme valets, des maisons les mes-nages*. *Ils pensent les chevaux, ils vont tirer le vin*, *Ils font cuire le roff, ils serment le lin*. L'instrument avec lequel on ferance le lin, s'appelle *feran* : ce que Robert Etienne & Nicot ont rendu en Latin par le mot *petten* : Et on l'appelle dans la Basse-Normandie *peigne à fillaffe*. Bourdlot a écrit *ferran* : & il a dérivé ce mot de *ferra*. Voici ses termes : SERAN, le fer de *quey* on carde, qui a quantité de dents : ainsi appelle, parce qu'il est fait ad forman *ferra*, en forme de *herse*. Un *Glossaire manscrit sur Isaie* : *Serra dicitur lignum habens multos dentes*, *quod beves trabunt*. Cette étymologie n'est pas mauvaise. M.
SERANCER. Je tiens que ce mot vient de *separare*. Serancer ou peigner le lin, c'est en *separare* l'écorce en autant de parties & les plus déliées qu'on peut. *Separare*, *separantiare*, *serantiare*, SERANCER. *Seran*, ou, comme on lit dans le Roman de la Rose, *serant*, dans la signification d'un *peigne* à lin, vient de *separante*. *Separante*, *serante*, SERANT. *Le Duchat*.
SERANCER. Je ne crois pas que ce mot vienne de *separare*, ni aussi de *ferra*. Ces étymologies me paroissent trop forcées. J'en trouve une plus naturelle dans les Langues Orientales. L'Ebreu *per searak*, & le Chaldéen & Syriaque *per searak*, signifie *peigner*. *per searak*, en Ebreu, veut dire un *peigne*, soit pour peigner les cheveux, soit pour la laine, ou le lin : *per searak*. EFERUS - Recherches & Classification numériques une espèce de moule fait en forme de peigne, avec lequel on figurait les pains azymes : *sereke*, en Syriaque, un peigne de fer : *sarek*, dans la même Langue, déchirer avec un peigne de fer. De l'un de ces verbes Orientaux on aura fait aisément *ferancer*, par l'insertion de l'ou, que je regarde dans ce mot François, comme une lettre paragogique ; ainsi qu'elle l'est dans *lanterne*, fait de *lanerna*, dans *centum*, fait du Grec *inaviis* ; dans *lingo*, fait de *lanzen*, &c. Cette étymologie me paraît satisfaisante : du moins je ne la changerois pas contre celle de M. le Duchat, ni contre celle de M. Ménage.
SÉRANCOLIN. M. Félibien : On appelle Sérancolin, une *sorte de marbre qui vient des Pyrénées*. On a été long-temps que l'on ne pouvait avoir de ce marbre que par morceaux, à cause qu'il est difficile à avoir des montagnes. Mais le sieur Miffon ayant trouvé le secret de *sert* les marbres dans le *rue* avec de grandes *sies* qui tournent comme l'on veut, a par cette industrie trouvé le moyen d'avoir ceux de Sérancolin par grandes pièces, comme les autres. Ce marbre se trouve dans la Vallée d'Or, proche Sérancolin dans l'Évêché de Saint Bertrand. Il est isabelle & rouge, & de couleur d'agathe. M.
SERAPHINS. Nom des Anges de la première hiérarchie des esprits célestes. Ce mot est Ebreu, & signifie *ardent*, *enflammé* ; du verbe *saraph*, qui veut dire, *bruler*, *enflammer*. Ces Anges ont été ainsi appelés, à cause de leur éclat, qui les faisoit paroître comme de feu. Les Ebreux appellent de même des serpens brûlants, c'est-à-dire, qui causent par leur morfure une ardeur extrême ; tels que ceux que Dieu envoya contre les Israelites dans le désert, & dont il est parlé au Livre des Nombres xxi. 6. 8. Les Grecs les nomment *spacique*, par la même raison : du verbe *spabin bruler*, *enflammer*.
SERASKIER. C'est un mot Turc, qui signifie Général d'Armée, & qui est composé de *ser*, mot Arabe, qui signifie *tère*, *chef*, & d'*askier*, autre mot Arabe, qui signifie *armée*. M.
SERASKIER. Le mot *ser*, dont celui de *Seraskier* est composé, n'est point Arabe, mais Persan : *askier* est Arabe, mais d'origine Persane, & formé du Persan *sefchker*. Il y a dans la Langue Turque beaucoup de mots Arabes & Persans.
SERCUEIL. Voyez *Cercueil*. M.
SERDEAU. On appelle ainsi dans la Maison du Roi, l'Officier entre les mains duquel on met les plats de la desserte de la table du Roi, lequel les porte en un lieu appelle la *sale du Serdeau* : où ils font mangés par les Gentilhomme Servans. Après que le Roi a demandé sa viande, le Maître d'Hôtel qui est de jour, les Gentilhommes Servans, & le Contrôleur Clerc d'Office, se rendent à la Bouche, où le Serdeau leur donne à laver : ce qui a donné sujet de croire à quelques-uns que le Serdeau, a été dit par corruption au lieu de *Serdeau*. Et M. de Sainte Marthe, semble être de cet avis, écrivant toujours *Ser-deau* dans son Etat de la France. D'autres, avec plus de raison, le dérivant de *serrare*, dans la signification de *garder*. *Serratum*, *serratellum*, *serrellum*, *serdellum*, *serdeau*. Dans la Maison du Roi on écrit *Cerdeau*. M.
SERDEAU. Le Verger d'Honneur, &c. fol. 65. v°. Le *Jeudy* fut tué le *Sert* de l'eau du Roy, lequel fut enterré en ung couvent des Cordeliers, qui est en une petite ville, nommée Ridicofone. Une Or- donnance de l'an 1386, page 714. de l'Histoire de Charles VI. édit. du Louvre 1653. *Sert-de-l'eau mangera en salle*, trois deniers par jour pour *boftellage*, & en fin du mois *seice fois*, & pour *son* *varies* en fin du mois *boftel* *fais*. Item encore, page 722. dans une Ordonnance de 1388. la même chose. Dans les Mém. du Duc de Nevers, tome 1, page 594. *Sert-deau*, Pierre Bondignon, 70. livres de *gages*. Guillaume Cretin, page 235. de ses œuvres, édition de 1723. — *Grande taffes de Beauvais*, *Le Sert de l'eau leur présente*, & *conseille* *Que chafcun puzse à mesme belle feille*. Je crois que *serdeau*, dans la signification du lieu où l'on porte les viandes qui ont déjà été fervies sur la table du Roi, vient de *servitellum*, diminutif de *servitum*, duquel mot *servitum* venoit le vieux mot *sert*, qui signifiait autrefois les mets de la seconde table ; auxquels succédoit le *dessert*, qu'on appelait la troisième table. *Servitum*, *servitellum*, *serrellum*, *serdellum*, *serdeau*. Et comme on a donné le nom de *dessert*, non-feulement aux viandes desservies de cette seconde table, mais sur tout aux mets rafraîchifflants qui succédoient au *dessert* de la seconde table ; on aura pareillement donné le nom de *serdeau*, non-feulement au lieu où se portoit le *sert* qu'on avoit présenté au Roi, mais encore à l'Officier entre les mains duquel se dépose le *sert* auquel le Roi n'a plus voulu toucher. *Le Duchat*. SEREIN : pour cette exhalation que la terre pouffe l'Eté dans l'air, & qui après le coucher du soleil retombe sur la terre. De *serenum* : parce que cette exhalation se fait particulièrement les jours fereins. Ce mot de *serenum*, en cette signification, ne peut être ancien dans la Langue Latine. Les anciens Médecins Grecs & Latins, n'ayant point fait mention du serein : qui est une chose remarquable. Bourgoin, dit M. Bourdette, écrit *serein* & *sirein*, prétendant que le serein ne s'épand qu'à la naissance de la nuit ; ce qui est réfuté par cet endroit de Michel de Montagne, livre 3. de ses Efraîls, chapitre 13. *J'avais toujours appris que le serein ne s'épandait qu'à la naissance de la nuit : mais hantant ces années passées familièrement, & long-temps, un Seigneur imbu de cette créance, que le serein est plus aspre & dangereux sur l'inclination du Soleil, une heure ou deux avant son coucher ; lequel il évite soignement, & méprise celuy de la nuit ; il a cuidé m'imprimer, non tant son discours, que son sentiment*. M.
SEREIN. Le serein n'est pas bon en Italie. De *seretinus*, en sous-entendant air. S. Add.
SERENADE. Concert qu'on donne pendant la nuit à quelqu'un, pour l'honorer ou le divertir. Du Latin *seretina*. SERGE ou SARGE. Quelques-uns le dérivant de *serica*, qui dans le livre intitulé : *lufrumentum plenaria securitatis* est pris pour une *tunique*. *Sarica millicia cum manicus curtas, valente filiques aurres duas*. Et ailleurs : *Sarica prasina ornata, valente folido uno*. Et qui, comme les tuniques se font ordinairement de serge, a pu être pris pour l'étoffe même. Cette étymologie plaisait fort à M. Nublé. Les Italiens disent *sargia*, pour dire un *lodier*. D'autres le dérivant de *serica*. Ulpien en la Loi 23. au Digeste : De *Auro*, *Argente*, & *Mundo legato* : *Vestimentorum sunt omnia lanea, lineaeque, vel serica, vel bombacina*. Nous disons encore à Oooij EFERUS - Recherches & Classification numériques présent, de la serge de seye. ¶ M.-de Vaugelas, dans ses Remarques sur la Langue Françoise, qui est un livre très-curieux & très-utile, dit qu'il faut dire serge, & non pas serge : en quoi je ne suis pas de son avis. M. Voyez ci dessus serge.
SERGE. On a appelé sarcenet, une sorte d'étoffe, de saracenetum, diminutif de saracenum. N'auroit-on pas de même appelé serge, ou serge, la même étoffe, ou une semblable, de saracenica, adjectif de saracena? Saracena, saracenica, sarnica, sarca, SARGE, SERGE. Jean Marot, en son Voyage de Venise, feuillet 93. Sarges Sarrafines. Le Duchat.
SERGENT. De serviette, ablatif de serviette : à cause que le Sergent est le ministre & le serviteur du Juge. Anciennement, Sergent signifioit simplement serviteur. Je vous commande en commandant, comme le Roy à son Sergent, & la Reine à son enfant, dit le Jeu des petits enfans, appelle le Jeu de pié de bœuf. Guyot de Provins, dans sa Bible : Tuis ferons d'un partage Devant le Roy amant : N'y aura ancelle Ne Serjant, &c. L'Ariotte, Chant 38. Stance 42. Perche trovata hawa-la disonesta Sua Moglie, in braccio d'un suo vil Sergente. Et de-là, Sergenteria, dans un Titre de Notre-Dame de Paris, qui est de Philippe Auguste, & de l'an 1111. pour les Offices & Charges des Serviteurs de l'Evêque. Non gravabimus in Talliis Ministeriales illos post mortem Episcopi, occasione Sergentierium praeditarum. Anciennement les Sergent, en fait de guerre, étoient gens de pié; le Roman de Garin les opposans aux Chevaliers. Voior le vont Serjant & Chevalier, Et belles Dames, & li Clerc de Mouftier. En un autre endroit, il les joint avec les Archers. Li Cuens l'entent l'a trois cens Serjant prins, Et mil Archiers. Il se prend aujourd'hui parmi nous & parmi les Italiens pour celui qui met les soldats en rang. J'ai appris de M. Salmonnet, qu'en Angleterre, on appelle les Avocats, Sergent a Lai, comme qui diroit servientes Legi, parce qu'ils sont attachés aux termes de la Loi : pour laquelle raison, selon la remarque de l'Auteur de l'Examen des Esprits, ils sont aussi appelés par les Espagnols letradas. Mais en cela, je crois que cet Auteur, qui est Jean Uarte, Espagnol, se trompe; & que letrada a été fait de literatus, c'est-à-dire, savant, lettré. L'opinion de Cujas n'est pas supportable, qui croit que Sergent a été fait de Casarianus. C'est sur la Loi IX. au Code de Bonis Proscriptorum : & plus affirmativement encore sur la Loi VII. au Code de Jure Fisci : Ex hac Casarianorum appellatione, certo dedulta est vox Gallica SERGENT, & Germanica Scharanthen, qua & Anna Alexii utitur, lib. XIII. qu'aviiservus in 2000erias Cuvus. Voyez Ragueau en son Indice, Voissus de Vitis Sermonis, page 183. & André du Chesne sur Alain Chartier, page 864. 865. C'est ce que j'avois remarqué sur le mot de Sergent, dans la première édition de ce livre. De- puis ce tems-là, je suis tombé sur cet endroit de Pasquier, liv. VIII. chap. 19. de ses Recherches : lequel m'a semblé mériter d'être inféré en ce lieu. Le voici : Mais puisque je me suis donné le loisir de disconvir sur le mot de Souverain, & qu'en l'Ordonnance de S. Louis, il est fait mention des Sergent, il me plait icy de faire le soubresant de Phaeton, & me précipiter du ciel en terre. Je veux donc maintenant déduire dont procède ce mot. Ce grand Jurisconsulte Cujas, l'estimoit prendre son origine de Casarianus, Latin, qui avoit quelque rencontre en sa charge avec le Sergent; & que par corruption de langage on en est fait un Casarien, & depuis, Sergien. Les autres qui ne veulent rien defrober à leur partir, le disent estre un mot composé; Sergent, quasi Serregent; d'autant que leur est est voué à la capture des malgisans. Toutes-tois, je ne doute nullement, qu'il ne vient ny de l'un ny de l'autre : car il est certain qu'il vient de Serviens, diction Latine; par un changement d'V en G, qui nous est fort familier : comme nous voyons que ces mots, Valco, vaftare, vagina, nous ont fait Gascon, gaster, gaine : voire que du milieu de la diction de phlegma, nous avons fait le mot de phleume : Avon nos plus vieux François firent du Latin Serviens un Sergiens, que nous avons depuis appelé Sergent. Dans la vieille Histoire de S. Denys, en la Vie du Debonnare, l'Auteur appelle les serviteurs de Dieu, Sergent de Dieu. En la Vie du Bégue, les Evesques de France ecrivans à Jean, Pape de Rome, l'appellent Sergent & disciples de sa sainte Autorité. Et dedans le Roman de la Rose, les amoureux sont souvent appelés Sergiens d'Amour. Mais sur-tout je vous veux coter un passage très-exprès du Roman de Guérin de Montbrune. Si advint qu'un Sergiens qui a cour repairoit, Feut pris de larrecin des anneaux qu'il embloit, La vieille vint à luy en la prison tout droit : Si luy dit : Mon amy, le tien corps mourir doit : Mais si faire voulois ce que l'on te diroit, Tu serois délivré, & mis hors du béfroit. Dame, dy ly Varlets, qui de cœur l'escontoit, Il n'est rien en ce monde, que mes corps ne feroit, Pour garentir, &c. En un Registre du Parlement de l'an 1317. les Huissiers de la Cour sont appelés Valeti Curia. Que si vous me demandez dont vint que ceux qui exécutoient les mandemens de Justice, furent appelés par nos anciens Sergent; qui ne sonoit autre chose que Serviteurs; c'estoit, parce que du commencement les Bailliés & Seneschaux employeient à cette charge leurs Serviteurs domestiques; & depuis en gratifierent uns & autres ainsi qu'il leur plaisoit. C'est pourquoy, pour donner ordre à cet abus, on trouve en un vieil Registre du Parlement de l'an 1186. præceptum fuisse Prapoisto Parisiens, ut eiframatam Servientium multitudinem ad certum numerum reduceret : pedites scilicet, ad septuaginta; & equites, adviriginta quinque. Et en l'Ordonnance de Philippe le Bel de l'an 1302. réduisant sa volonté à celle de son ayen Saint Louis, de l'an 1156. præcipimus quod qui in Servientes eliguntur, præsent idoneas cautiones. Par l'Ordonnance EFERUS - Recherches & Classification numériques de S. Louis, par moy cy-dessus contée, ou les appelle indifféramment Bedeaux, & Sergens. Dans le vieux Conftumier de Normandie, chapitre 5. est mise différence entre les Sergens à l'espèce & les Bedeaux. En ce, dit le texte, que les premiers estoient ceux qui devoient justicier vertueusement à l'espèce tous malfaïcteurs, & principalement faire que ceux qui estoient poffeffeurs, fuissent tenus en paix : Et les Bedeaux estoient les moindres Sergens, qui devoient faire les moindres services. Enfin ce mot de Bedeaux est demeuré aux suppôts du Recteur de l'Université de Paris qui vont aux cérémonies publiques devant luy, avecques leurs Masses argentées. Et encore, on quelques subalternes Jurisdictions, comme au Four l'Evesque de Paris, où les Sergens sont appelées Bedeaux. M.
SERGENT. Wachter, page 1401. de son Glossarium Germanicum : SCHERGEN, trudere, peliere, impellere. A Latino urgere, prepositio simile, antientium Francis. . . . . Inde l'charge, l'itur, qui nolement trahit, pellit, precipitat. Radicem hodie custodium Mifnici & Sileffi, dum ceteris Germanis obsolectit. Figurati significat compellere ad officium. Inde l'charge exactur regius, quod parrum notiorum memori adduc fuit nomen dignitatis. Vocem habet Lutherus, Dan. xi. 10. . . . . Prifobius, in Vocibus Biblicis, huc etiam refert tanquam cognata Anglicum Sherif, & Gallicum Sergent. Sanò miles ille, qui ceteris instat, meilius vocatur impulsat quam serviens, etiam si serviente deducat Metagins. Sed de Anglica voce aliter flatunendum. Illa enim contracta est ex Anglo-Saxonica scit-gerefa vicecomes, comes provincia vel pagi, ut recte docet Skimmerus.
SERGENT. Terme de Tonnelier. M. le Gros, Caré de Droué, dit que ce mot a été dit, parce qu'il contraint comme fait un Sergent. Il a été fait de ferrare, dans la signification de proffer. Serrare, serramenium, serramenium (d'où l'Espagnol cerramenio), cerrajeno. SERGENT. M.
SERIN. Vieux mot François, qui signifie tard. Vous allez bien seri; c'est-à-dire, vous allez bien tard. De serius, comparatif de sero. C'est aussi de là que vient le mot de serieux, qui se dit d'une perionne qui ne rit que rarement. Serius, seriosus. S. Add.
SERIN. Oiseau. Belon, dans son Ornithologie : Le Serin a pris son appellation Françoise de l'excellence de son chant. Car tout ainsi comme l'on dit que les Syrènes endorment les Mariniers de la douceur de leurs chansons; semblablement, pource que ce petit oiseau chante si doucement, il a pris le nom de Serin. Nicot dit la même chose. Nomen habere putatur à Strenibus, à cause de son chant. Et les Sirènes ont été ainsi appelées de leur chant. Sir en Ebreu signifie chant; cantio. M.
SERINGUE. Instrument d'Apoticaire: ainsi dit par corruption pour seringue : de cier, & Nicot a écrit seringue. Matthæus Sylvaticus : Argalia, instrumentum in quo liquores injicuntur in vesicam : quod etiam siringa dicitur. M.
SERMENT. De sacramentum, dont les Latins se sont servis pour juramentum, & particulièrement pour le serment des Soldats. Les Gloses anciennes : Sacramentum, iquis warneris. Horace : libinus, libinus : non ego perfidum dixi sacramentum. Nos Anciens disolent sacrement, pour serment. M. SERMENT de France. Ce que j'ai remarqué dans mes Remarques sur la Vie de Guillaume Mé- nage, Avocat du Roi d'Angers, à la page 185, au sujet de ces termes, Ouvriers & Monnoyeurs du Serment de France, mérite bien ce me semble, d'être rapporté en cet endroit. Le voici : Gervais Neven prenait qualité d'Ouvrier de la Monnoye du Serment de France en la ville d'Angers. M. du Glesquin, Conseiller au Grand Conseil, dans sa Généalogie des Neven de Sable, lui donne la qualité de Maître de la Monnoye d'Angers : qualité que je n'ai point vue ailleurs. Et à ce propos il est à remarquer, que la qualité de Maître de la Monnoye, est inférieure à celle d'Ouvrier, & à celle de Monnoyeux; ou de Monnoyer, comme on parloit anciennement : le Maître de la Monnoye n'étant que le Fermier de la Monnoye, & ne jouissant des privilèges de la Monnoye que pendant sa Ferme; & les Ouvriers & les Monnoyeurs étant du Corps de la Monnoye, & jouissant toujours, & leurs descendants, de ces privilèges. Comme il paroit étrange que le Maître de la Monnoye soit moins qu'un Ouvrier de la Monnoye; & que plusieurs personnes qui descendent de Maitres de la Monnoye, m'ont soutenu le contraire, je me sens obligé d'en expliquer ici la raison. Et comme peu de personnes savent ce que c'est que Serment de France, j'en donnerai en même tems l'explication. Les Rois de France, à leur avènement à la Couronne, créent dans toutes les Monnoyers de France un Ouvrier & un Monnoyeur. Ces Ouvriers & ces Monnoyeurs jouissent, non-seulement leur vie durant des privilèges de la Monnoye, mais leurs descendants, tant mâles que femelles. Mais avec cette distinction; que fille de fille perd le privilège, & que fille de fils le conferte. Les fils aînés de ces Ouvriers & de ces Monnoyeurs, sont Monnoyeurs : c'est-à-dire ceux qui marquent l'ouvrage. Leurs cadets sont Ouvriers, c'est-à-dire fabriquant l'ouvrage. Les filles sont Tailleroises; c'est-à-dire, les personnes qui arrondissent l'ouvrage. L'Ouvrier, durant la première année de sa réception, s'appelloit Reculteur : parce qu'anciennement, lorsqu'on fabriquoit au marteau, il faisoit passer plusieurs fois par ouvrage par la cuiture. Et durant cette première année, l'Appenti Monnoyeur s'appelloit Ricochon : après laquelle il étoit reçu Monnoyeur, il étoit trouvé capable. Il me reste à expliquer ce que c'est que Serment de France. On a appellé les Ouvriers & les Monnoyeurs, les Ouvriers & les Monnoyers du Serment de France, pour les distinguer de ceux de l'Empire; qui furent admis en France par l'Empereur Charlemagne, & par les autres Rois de France qui ont été Empervers. Ce Serment de l'Empire a duré jusqu'au tems de François I. lequel le supprima, en réunissant les Ouvriers & les Monnoyeurs de ce Serment, à celui de France. Je remarquerai ici en passant, qu'il y avoit aussi autrefois en France des Ouvriers & des Monnoyeurs du Serment de Brabant. Et on appelait du Serment de France, ceux qui avoient fait serment en France : & du Serment de l'Empire, ceux qui avoient fait serment en Allemagne; & du Serment de Brabant, ceux qui avoient fait serment en Flandres. Et ceux qui descendent de ceux qui avoient fait serment en ces lieux-là, étoient appelés de la qualité de leurs auteurs. Voyez Ricochon. M. SERMENT de vigne. De sermentum. Scaliger, dans ses Etymologies Varroniennes, le dérive de serpo, formé de saro, fait de voique. M. de Saumais le dérive de serpo, amputo. Voyez serpe. C'est la véritable étymologie. M.
SERMENTES. Monstrelet, volume 5. EFERUS - Recherches & Classification numériques chap. 7. Tous les Sermentez de ces bonnes Villes, Archiers & Arbalissiers, se trouveront pour l'accompagner. De sacramentai. C'étoient ceux qui avoient prêté ferment de fidélité. M.
SEROURGE. Vieux mot, qui signifie le mari de la sœur. Du Latin sororius, qui signifie la même chose; mais qui se prend aussi pour le fils de la sœur. Les Glofes d'Isidore: Sororius, sororis filius. On appelle aussi serourge, le mari de la sœur de sa femme. Voyez Nicot. Sereur, pour sœur, se trouve dans un vieux Manuscrit François, intitulé Véschy le Traité en Roumant de l'Affomption le Berniste Vierge Mere Jefus-Christ: ce qui m'a été indiqué par M. l'Abbé Chastelain, Chanoine de l'Eglise de Paris. M.
SERPAUT. La Coutume de Troyes en Champagne, au Titre des Donations, article 7. page 563. Et le serpaute, que l'on appelle en auteurs deux le rousseau. Pierre Pithou, sur cet endroit: Inde Deferpilleurs, Deftrousseurs. Mesmes, les Coutumes d'Anjou, 44. & le Mayne, 51. conjoignent les defrobeurs & deferpilleurs de paffants les chemins. Et pareillement Boutillier, en la Somme Rural, liv. 1. titre 38. écrit qu'en Normandie on appelle escherpelerie violence: si comme de tollir a autruy le sien, en voye, ou en chemin, par les champs, ou en lieu public. Et au Livre intitulé, Li Eftats dou Royaume de France: Escharpelerie, volerie. Jean, Sire de Joinville: Entre les Chevaliers que Messire Jean de Vallance ramena d'Egypte, j'en congna bien quarante de la Cour de Champagne, qui etoient tous deferpilles, & mal atou nez. Lesquels tous quarante je fais abiler, & veftir à mes deniers, de cotes & farcots de veit, & c. Encores à présent, en quelques endroits, les Marchands appellent la couverture de leurs ballots & fardeaux de marchandise, serpilliere. Au lieu de serpaute, quelques-uns ont dit serpol. M.