SERPE. C'est une petite faux, qui sert à émonder les arbres, & couper les farmens, & les raisins au tems de la vendange. Varron, liv. 1. de Re Rustica, chap. 11. parle de diverses sortes de faux, qui sont vinoratica serpicula, silvatica, arboraria, rustica. Celles qu'il appelle serpicula servoient anciennement, comme il dit au quatrième livre de Lingua Latina, à ce travail de la vigne, qu'on emploie à lier les faisceaux ou javellies des farmens. Serpicula, dit-il, vocata à serpando, id est, ab alligando: si serpata della quassa cum alligata dicta: heis utumur in vinea alligando fasses, incisos juiles, faculas. De ce mot serpicula, quelqu'un a voulu dériver serpe. Mais je crois plus volontiers qu'il vient du verbe Latin-barbare serpere, qui signifie tailler les vignes. Le Glossaire: adalina aumidice, serpe. Cateneuve.
SERPE. Paffat sur Properce, page 584. le dérive de serpere, dans la signification de purgare. Falx significatus putaturiam, arborariam, vel vinitariam salem: Gallicé serpe. Nam serpere est purgare, inquit Fejus in serpta. Et M. de Saumalise sur Solin le dérive aussi de serpere, mais dans la signification de putare. Serpicula, dit-il, prius dicebantur à serpendo, id est putando. Inde serpta vinea, & farmenta, surculi amputati. Serpicula: igitur falces olim vocata quibus vites putabantur & arbores. Sarpas hodieque vocamus, cuius innuerevis, serpicula. . . . . Postea, ut solemne suis Latinis A in I mistare, serpicula & serpicula dicta sunt pro serpiculis. M. Guyet le dérivoit de serpa, fait de apre. apre, serpe, serpere, serprus, farmentum; apre, serpe: & serfex, au lieu de serpex & serfex. Serpicula se trouve dans Caton pour une petite serpe: ce qui peut donner sujet de croire que notre mot de serpe, ou serpe, a été fait de serpa, insisté. Varron, livre premier de Re Rustica, a dit serpicula. Et dans le livre 4. de la Langue Latine, où il en donne l'étymologie: Serpicula falces, dit-il, vocata a serpando; id est, ab alligando. Charles de Bouvelles le dérive ridiculement de carpentum: parce que, dit-il, les Charpentiers se servent de cet instrument. M.
SERPENTIN. Rabelais, 1. 53. Marbro serpentin. Voyez serpentine. M.
SERPENTINE. Pierre précieuse: ainsi dire à cause de la diversité de ses taches. M.
SERPENTINE. Sorte de canon. Voyez coulevrine. M.
SERPILLIERE. Groffe tolle, dont on se sert pour enveloper des balots: ainsi appellée peut-être, parce qu'en faisant les balots on la tourne en serpentant. Les Espagnols l'appellent serpillera. M.
SERPILLIERE. L'étymologie qu'on vient de lire de ce mot, est indigne d'un aussi grand Etymologiste que M. Ménage. Borel, qui écrit serpeliere, le dérive d'escharpe: ce qui n'est guère vrai-semblable. Du Cange, de serpileria, qu'on a dit dans la basse Latinité pour signifier une vieille serge que l'on emploie à enveloper des étoffes: mais il ne nous apprend pas d'où vient serpileria; & je l'ignore entierement. *
SERPOL. Vieux mot, qui signifie le rousseau que l'on donne aux nouvelles mariées. Voyez ci dessus serpaute. M.
SERPOLET. En Latin serpillum: à serpendo; parce que cette herbe rampe à terre, comme dit Charles Etienne, en son Livre de Re Hortensi. Cateneuve.
SERPOLET, ou SERPOULET. De serpillum, diminutif de serpillum, fait du Grec spordant, formé de spore, serpe. Pline, xx. 11. Serpillum à serpendo dollum putant. Diofcoride, 1. 46. utiquaque & aue tu spout tu, egi & tu as auve uip. Ote tu, tu, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc,
SERRAIL. C'est un mot Turc, qui signifie Palais. On dit à Constantinople le Serrail de l'Ambassadeur de France. Mais parce que les Sultanes du Grand-Seigneur sont dans son Serrail; c'est-à-dire, dans son Palais; nous nous servons de ce mot pour exprimer un lieu où il y a beaucoup de courtisanes. Leunclavius, dans son Onomastique sur l'Histoire Musulmane: Emissaria, vetus Palatium urbis Constantinopolitana, à Gracis olim dicebatur, banidaia tu, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, iuc, i EFERUS - Recherches & Classification numériques leur Serraglière dont nous avons fait Serrail. M.
SERRER. C'est proprement enfermer sous la clef : car de sera, qui signifie serrer, les anciens Latins formerent le verbe sero, serare, duquel nous avons tiré notre serrer. Ce mot Latin n'est guères en usage ; parce que les Auteurs se servent d'ordinaire de son composé obsero. Toutefois les Auteurs du tems moyen s'en font quelquefois servis : c'est pourquoi les François en ont fait serrer. Eckehardus Junior, De Casibus Monasterii S. Gadi, cap. 16. Januas nocte proxima serare te simulato, referatase sinito. Anastase le Bibliothecaire, en la Vie de Sergius II. Tunc Almiticus Praful clandi fecit omnes januas beati Petri, atque ferari praecepit. Caseneuve.
SERRER. De serrare, que les Italiens ont retenu tout entier, & qui a été fait de serra. M. de Saumaisé sur Solin, page 809. Hispani montem appellant sierra, à Latino serra ; sortasse quod malè reddiderint ex Graco opius, qui montem significat & serram. Verum profecto nec serras Latini clusuras dixerunt, à serre, hoc est opius, figura ; sed à sera, id est pergo, qua janua occludebantur. Serram quippe scripsere. Glossa : Serra, opius, qui pergo Signa, qui poumunt opius. Hinc serrare, hodie dicimus, vo dequixus ; & serraturam, serrum man-ganum quo janua serrantur & cluduntur. Voyez M. Rigault, dans son Glossaire sur les Agrimenseurs, au mot serra, & dans ses Observations sur ces mêmes Auteurs, pag. 138. & 140. M.
SERRER. Je dérive ce mot, avec M. de Caseneuve, du Latin serare, qui signifie serrer, fermer ; & qui se trouve dans Columelle. De-là le composé obsero. M. de Caseneuve dit que de sera, qui signifie serrer, les anciens Latins formerent le verbe serare. Je crois, au contraire, que sera a été formé de serare. Et pour ce qui est de l'origine de ce verbe, j'estime qu'elle se trouve dans les Langues Orientales : car vus tsarare en Ebsen, vus tsarare en Chaldéen, & sara en Arabe signifie lier, serrer : & l'on voit combien ces mots Orientaux ont de convenance avec le Latin serare & le François serrer. Je remaquerai en passant, que le Grec opius, dont parle Saumaisé dans l'endroit cité par M. Ménage, ne signifie pas, comme il dit, une montagne & une sic, mais seulement une sic, du verbe opius ou opius, je sic. C'est opius qui signifie le sommet d'une montagne : au lieu de quoi Homère dit opius & opius, dans le même sens.
SERRER. Ce sont les ongles ou griffes d'un oiseau de proie. On veut dériver ce mot du verbe serrer : mais il est plus vrai de dire qu'il vient du nom Latin-barbare serro, qui signifie crochu. Le Glossaire : operis, serro. Car ce mot Grec signifie crochu, & c'est de-là aussi qu'est venu griffe. Caseneuve.
SERRURE. Voyez serrer. M.
SERVANTESE. Sorte de Poésie parmi les Provençaux. Voyez Nostradamus, dans son Histoire de Provence. De silva, mot qui signifie aussi une sorte de Poésie. Silva, selva, selvantum, selvantensis, servantesis, servantesis, SERVANTESE : d'où les Italiens ont aussi fait servante. Voyez mes Origines Italiennes, au mot servante. M. Voyez Sarabande.
SERVIETTE. Les Italiens disent salvietta, & servietta. Mais ces mots ne sont pas anciens dans leur Langue. Le François serviette a été fait, ou de servire, de même que l'Espagnol servilletta, qui signifie aussi serviette : Servilletta, servietta, S E T. S E V. autre mot Espagnol de même signification, SERVETTE : ou plutôt de salvare, à cause que la serviette empêche qu'on ne gère son habité. Et ce qui ne favorise pas peu cette étymologie, c'est que les Espagnols disent salvilla, & les Italiens salvietta. C'est la véritable étymologie. Salvum, salvi, salvillum, salvilla, salvilletta, salvieta, servietta, SERVETTE. M.
SETIER. Un setier de blé. De sextarium. Jean Moine de Marmoutier, liv. 1. de la Vie de Geoffroy le Bel, Comte d'Anjou : Duo frumenti exigunt sextaria. M.
SEU. Etable à pourceaux. Voyez Sou. M.
SEUBE. On dit à Metz, d'un ròti trop cuit, qu'il est sec comme Saint Seube. C'est Saint Sever : le San Siobe des Gascons : duquel apparemment le corps extrêmement desséché, qui se garde quelque part, a donné lieu à cette comparaison, depuis tournée en proverbe. M.
SEUE. C'est-à-dire, sienne. De sua, selon Borel. On trouve le même mot dans le Roman de la Rose, fol. 84. 1°. en ces vers : Et luy souvienne de la roe Que le paen faict de sa queui : Fasse aussi du mantel la seu. Le Duchat.
SEVE. En Languedoc on dit seve. C'est le suc & l'humeur qui nourrit les herbes & les arbres. Ce mot vient de sapa, qui signifie du vin cuit, appellé en Grec i-quua, c'est-à-dire, toute chose propre à être cuite, sirop. Les Glosses : Sapa, i-quua. Pline, liv. 14. chap. 9. Straum, quod alii hepsema, nostri sapam appellant, ingenii non natura opus est ; musto usque ad tertiam partem mensura decolte, &c. Or nous appellons seve, cette humeur nourriciere des herbes & des arbres, parce qu'elle est en quelque façon cuite par le Soleil, outre qu'il y a de l'apparence que sapa signifie suc ; aussi bien que sapor, qui en est dérivé. Les Glosses : Sapor, psa. Pline, liv. 10. chap. 18. prend aussi ce mot pour seve. Ex nigro papavere sapor gignitur, scapo inciso. Et Tibullu prend aussi sapor pour le suc, & l'épreinte des herbes : car parlant à Appollon il dit : Sante veni, tecumque seras quicunque sapores, Quicunque excantus corpora fessa levant. Caseneuve. SEVE d'arbre. Lat. arboris succus. Charles de Bouvelles le dérive de succus. Il vient de sapa. M. de Saumaisé sur Solin, page 1181. Prisci Latini sapam vocarum arborum humorem, qui vere & autumme abundat. Sevam hodie dicimus. Id nomen ex Graco inic; addito, pro digamma, fignate, ut in aliis sexcentis : inic, sapa ; ut si, fi. Sed & O mutatur in A : ut comp-lis, parapsis : equip, sapus : sed & sapor ex eodem fente. Sapa & sapor : ut lympha & lymphor. Nam & Lucilius lymphorem dixit pro lympha. Pufet etiam dici sapor, ex inip fathum. Sane sapor, hoc est à yvone, ex succo & humore. Ex eo etiam saporem pro succo pofuerunt. Tibullus : EFERUS - Recherches & Classification numériques — tecumque feras, quicumque fapores, Quicumque & cantus corpora fessa levant. Plinius, faporem vocat, qui è nigro papavere fucens incifiane manat, lib. xx. 18. &c. A fapa, quod est inic, verbum fapio, cum ad guflum refertur: unde infipulus, &c. Fapa, pour le marquer en paffant, fignifie auffi du vin cuit. Pline xxiii. 2. Vino cognata res fapa eft, musto decollo, donec tertia pars fuperfi. Et xiv. 9. Siraum, quod alii hepfema, noffri fapam appel- lent, ingenii, non natura opus eft; musto ufeque ad tertiam partem mensura decollo. M.
SEVENNES. Voyez Cevennes.
SEVERONDE. C'eſt cette partie du toit qui s'avance pour rejetter l'eau loin des murailles ou des parois. En Languedoc foroiers. Il vient de fuggrunda, qui fignifie même choſe. Caſeneuve.
SEVERONDE. Nicot: Séveronde, eſt le rang des chevrons iſſants de la couverture d'un édifice, & faſſant ſourcil au mur, couverts de tulle, jettant les goutieres loing du mur, pour le ſautre de l'eau cé- leſte: & vient du Latin fuggrunda fuggrunda: Varro: & fuggrunda fuggrundiorum: Vitruvius. 9 Maran, dans ſes Paratites ſur le Titre De Damno inſeſto, page 834. Caſerum, fugrunda & protecta, partes adium precul dubio ſunt, ut conſtat ex diſto paragraphe Prator ait, ne quis. Sed, ut breviter defonam, hoc aut illo vocabulo non unam aliquam certam partem ſignificari puto, verum omnem qua extra ades promineat. Itaque non dubito quin ea pars telli qua parietis tegendi & communiendi cauſſa, ſoris ſpeſtat & proſictur, & ex qua ſtilia caſſicant, unde ſtillicidio nomen, fugrunda, vel ſugrundatio, non proprio, ſed generali nomine dici poſſit, ut apud Vitruvium, lib. 4. cap. 2. & lib. 10. cap. 21. Itali multi hodieque vocant, la grundaia; Galli, la ſe- veronde. Il me reſte à montrer comment ſeveronde a été formé de fuggrunda. Au lieu de fuggrunda, on a dit premièrement ſubgrunda. Et de ſubgrunda, on a fait ſubrunda: qui eſt un mot qui ſe trouve dans les Gloſes anciennes: ſubrunda, inſeſtus. De ſubrunda, on a fait enſuite SEVRONDE: & de ſe- veronde, SEVERONDE, quadrifyllabe. M. SEUIL de porte. De ſolium, en la ſignifica- tion de limen; fait, ſelon Varron, de ſolum. De ſolium, en cette ſignification, les Italiens ont auſſi fait ſoglia & ſogliare, en la même ſignification. M.
SEVILLE. Ville d'Eſpagne. Anciennement elle s'appelloit Hiſpalis. Les Maures ou Arabes, dont la Langue n'a point de p, ſirent de ce nom celui d'Iſpilia: d'où eſt venu par corruption le nom de Séville. *
SEVILLE. On appelle ainſi en Normandie, des ſalles baſſes, où les marchands retirent leurs marchandizes. Une rue de Caen s'appelloit autre- fois la rue des Seulles. Je crois qu'il vient de ſaille. Huet.
SEVRER. Sever un enfant. De ſeparare. Se- ver, en vieux langage, ſignifioit ſéparer. Alain Chartier, dans ſon Traité de l'Eſpérance & Con- ſolation des trois Vertus, page 388. Or ſon-il piéça fait un nouvel ſtat en l'Eglige Latine, qui deſſevre l'ordre du ſaint Mariage d'avec la dignité de Preſ- trife. La Règle de Saint Benoît en vieux langage: Ainſi com il eſt une mauvaise envie qui deſſevre de Deu, & mainne en enfer; ſi eſt une bonne envie qui deſſevre des vices, & mainne à Deu. Hélinand, dans ſon Poème de la Mort, Stance 25. Mars deſſevre roſe d'eſpine. Mars, c'eſt à la Mort. Dans une Patente de Philippes de 1317. Avoir été faite ſéparation & deſſevrance des Prévoſtés de Tours & de Chimon. Daps la Donation de la Duché de Normandie, par Phi- lippes à ſon fils Jean: Qu'après ſon treſpas, elle retourne à la commune & n'en ſoit plus deſſevré. De-là, on a dit ſever les enfants, pour dire, les ſéparer de la mammelle. Pline, liv. 28. ſect. 21. de l'édition du P. Hardouin, a uſé de removeve en cette ſignification; & Virgile, Eglogue VII. de depellere à laſte; & l'Auteur de la Vulgate de la Bible, au liv. 1. des Rois, chap. 23. d'amevere à laſte. Les Toulousains diſent deſponpa, c'eſt-à-dire, ôter de la mammelle. Cujas, liv. xix. de ſes Obſer- vations, chapitre dernier, a dit delaſtare, & ſyring- iare. Ses paroles méritent d'être ici rapportées: Et ait majori trimo (il parle de la Loi 5. de Liberis agnoscendis), id eſt, nuper laſte depulſo, delaſtato, ſyringiato; quia non ſolebant ante triennium inſantes mamma depelli. Unde 2. Maccabarrum 7. mater ad filium: & inſonis qui vliu deſdennis reſtrupia. Et in lege Papia, duo trimi, id eſt, nuper mamma de- pulſi, apud Ulpianum. Où ſyringiare ſignifie donner du lait, ou quelqu'autre liqueur, avec un biberon. Il y a deux rivieres du nom de Sévre, appellées en Latin Separit: l'une, qui paſſe à Niort, & qui ſe jette dans l'Ocean entre Marans & Luçon: & l'autre, qui entre dans la Loire vers la Ville de Nantes. Du Cheſne ſur Alain Chartier, page 854. dit que la riviere de Sévre, appellée Separis des Latins, eſt ainſi nommée, parce qu'elle ſépa- re ou ſèvre le pays du Maine de la Normandie. Je ne connoſs point cette riviere. M.
SEVRER. Il y a dans le Roman de Lancelot du Lac, un paſſage remarquable, qui montre bien que ſever vient effectivement de ſeparare. C'eſt au feuillet 184. v°. du vol. 1. de l'édition in-4°. où on lit: Si que la dextre cuiſſe luy eſt ſevré du corps, & celluy chies à terre tout eſtendu. Au lieu de ſevré, l'édition in-fol. 1553. feuillet 146. v°. a ſéparée. Dans Froiſſart, ſur l'an 1566. le Sire d'Al- bret, au Prince de Galles, qui de mille Lances qu'il lui avoit demandées pour l'expédition d'Eſ- pagne, n'en vouloit plus que deux cent: Chier Sire, plaiſe vous ſcavoir, que je ne ſcauvrye ſever les uns des autres... Et ſe aucuns y vont, tous yront, ce ſcay-je bien. Le Duchat.
SEXTERE'E. Rabelais, livre 1. chapi- tre 3. Toutesſoit elle en avait bien trois arpens, & deux ſexterées. Car c'eſt ainſi qu'il faut lire, ſui- vant les éditions de 1542. 1553. & 1626. & non pas ſexteres, comme on lit dans les éditions modernes. C'eſt une certaine quantité ou me- ſure de terres labourables, qui requiert de ſe- mence un ſextier de blé, ou d'autres grains. Ce terme eſt connu dans le Languedoc, & il l'eſt par- ticulièrement en Poitou. La Coutume de Poitou, art. 189. ſexterée de terre gaignable eſt priſe en eſti- mation d'un ſextier de blé tel qu'il eſchet ſolm la na- ture de la terre. Le Duchat. SI: pour l'adei des Latins: comme quand on dit, il eſt ſi honneſte homme: elle eſt ſi bonne femme. Du EFERUS - Recherches & Classification numériques Du Latin sic, uñé des ancx : Latins dans la même signification. Plaute, dans son Trimmus, acte 1. fœne 2. vers 42. Ita est Amor 5. fœlisa, ut, jacitur 1. nihil sic celere est, neque volat. Sofipater Charisius, page 194. du Recueil des Grammaticiens, intitulé-Veteres Grammatici : Sic, proita. Terentius in Eumenho : Imo sic homo est perpauorum hominum 1 id est, uñem uveqit iubionat. M. S 1. Pour an, urmis. De si, dont les Latins ont ufe en cette signification. Ciceron, dans ses Topiques : Si experenda divitia, si ingienda paupertas. Columelle xii. 54. Post tertiam diem, mediam fibram rapi guttato, si receperit salem. Javolemus en la Loi derniere au Digeste de Juro deliberandi : Quarchatur si Dama liber est. ¶ Voyez Cujas, liv. 3. de ses Observations, chap. 37. M. S 1. On s'en fert pour affirmer : Vous dites que non, & moi je dis que si. Il vient de sic, qu'on a employé au même sens dans la Baffe-Latinité. Dico quod sic. Huet. SI-PAIT : pour ainsi-fait : c'est-à-dire tel, pareil. Monstrelet, édition de 1572. vol. 1. fol. 142. b. Ceux qui se meftoient de jeter pierres, & de si-fais engins gouverner. Ce mot est encore en usage à Metz. Le Duchat. SIBILOT : fou, ridicule. Hi quey donc, petit Sibilot, Pour l'amour de Dame Lisette, Vous vous êtes fait Huguenot, A ce que nous dit la Gazette. Sans ouir Anciens, ny Pafleurs, Vous vous êtes donc fait des noires, Vrayement nous en verrons bien d'autres, Puisque les yeux sont nos Docteurs. Ces vers sont du célèbre Daubigné, grand-père de Madame de Maintenon : & Daubigné les fit au sujet de M. de Candale, qui se fit Huguenot étant amoureux de Madame la Duchesse de Rohan, qui étoit Huguenote. L'origine de ce mot en cette signification vient d'un nommé Sibilot, fou de Henri III. Il est fait mention de ce fou dans le Catholicon, dans la Harangue de M. le Recteur Rose, Evêque de Senlis. La plupart croit que voulez prolonger tant que pourrez la Lieutenance en laquelle on vous a mis, & vivre toujours en guerre & en trouble, à votre aife, bien servi, bien traité, bien garde de Suisses & d'Arcents, qu'il n'y manque que les Houpetens & Sibilot, pour être Rey. ¶ On appelle en plusieurs lieux de France, sibilots, des olfons. Et on les appelle de la forte, de leur fillement : a sibilando. M.
SIBILOT. Je suis bien persuadé que le nom de Sibilot ne fut donné à ce fou du Roi Henri III. qu'à cause de sa simplicité ou niaférie, qui tenoit de celle d'un olfon. Et même je ne doute point que cet autre fou, nommé Caillette, bouffon du Roi François I. n'ait acquis ce fabriquet par rapport à sa simplicité, approchante de celle de la caille. Et de là on peut conclure, que si on a appellé Caillettes, les Parisiens, c'est encore par rapport à la simplicité de la caille : ce qui regarde uniquement les Badoux de Paris, c'est-à-dire, ceux qui n'ont jamais perdu de vue les clochers de cette grande ville. Le Duchat.
SIB. SIC. SID. SIE. 48r
SIBLE. Pierre Louvet de Bauvais, Docteur en Médecine, dans son Livre de l'Histoire de Villefranche, page 46. Jeu de l'Arc & de la Sible. Il y a deux lieux d'exercice pour les habitants, où ils vont s'affembler & exercer les Dimanches & Festes après que les Vespres font dites. Sçavoir, le Jeu de l'Arc, le long des murailles, & le Jeu de la Sible, ou de l'Arquebuze, hors la porte de Eupette : où quelquefois dans l'année, ceux de Lyon, de Maison, de Bourg, & autres lieux circonvisés, viennent proposer des prix ; comme aussi à leur tour vont honorer de leur présence les mêmes lieux voisins. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M.
SIBLE. Ce mot vient de l'Alleman fœlèbe, qui signifie tantôt une boule, tantôt un rondeau de vitre, & tantôt le but à quoi visent les tireurs. Sclébel, est le diminutif de fœlèbe : & c'est de fœlèbel qu'on a fait fible. Le Duchat.
SICLE. Monnole des Ebreux. De l'Ebreu vpu fœbel, qui signifie la même chose. Ce mot a de la ressemblance avec le Flaman efcalin, & avec l'Alleman & Anglois fœbilling, qui foit aussi les noms d'une monnole. Voyez ci-dessus efcalin. *
SIDOINE. La Légende dorée en François, imprimée à Lyon en 1476. dans la Légende du S. Alexien. Et là vint en la cité de Edesse en Syrie, là où l'image de notre Seigneur est faite en ung fœdoine, sans nulle œuvre humaine. De fœdone, ablatif de fœdon, qui signifie une forte de linge ou de crêpe fort fin. Le Duchat.
SIDRE. Voyez cidre. M.
SIE. De fœca. SIER : De fœare. M.
SIENNE. Ville de Toicaner-En Latin Sena. De ceux de Sens, Senones, qui furent les Foudateurs de cette Ville. Le Continuateur de Monstrelet, sur l'an 1494. l'appelle Séne la vieille, vol. 3. fol. 219. b. édit. de 1572. Peut-être par allusion de Sena à fœnex. Le Duchat.
SIET. Comme quand on dit, cet habit vous fier bien. Du verbe impersonnel fœdet, qui se trouve en cette signification. Quintilien, liv. xii. chapitre dernier de ses Institutions Oratoires : Nam eta & fœdet melius toga & centimur. Pline, dans son Panégyrique de Trajan : Cum abunde expertus effes quam bene humeris tuis fœderet Imperium. Il se trouve aussi en cet endroit de l'Orde Romanus, au troisième Ordre de la Messe, intitulé : Qualiter Missa celebratur : Per Ordinem sic induunt Pontificem ; Primicerius autem & Secundicerius componunt vestimenta eius ut bene fœdant. Ce dernier passage m'a été indiqué par M. l'Abbé Chastelain, Chanoine de l'Eglise de Paris : qui m'a de plus averti, que Melchior Nitorpius, n'entendant pas le mot fœdant, l'a changé en fœdant ; attribuant à la personne ce qui doit être attribué à la chose. ¶ Voyez Johannes Baptista Pius, dans ses Annotations Postérieures, page 118. Voyez aussi ci-dessus au mot mœssant. M.
SIEUR. Loiseau, dans son Traité des Seigneuries, chap. xii. §. 6. page 117. dit que ce mot P p p EFERUS - Recherches & Classification numériques 482 S I F. S I G. vient de *fans*, pour signifier propriétaire. Ce grand homme s'est ici étrangement trompé. SISUR vient de *femier*. Voyez *Seigneur*. M. SIFLER quelqu'un. C'est-à-dire, *se mequer de quelqu'un*, & *le chasser avec honte*. Il vient de *siflare*, que les anciens, *et en le témoignage de Nonius Marcellus*, discient au lieu de *siflare*: ou pour mieux dire, il vient de *espacen*, qui, dans Homère, Illade, & *signifie remplir de honte & de confusion*. Suidas: *espacen*, *piqueen*, *impureen*: c'est-à-dire *reprehenderis*, *viruperaris*: & ce verbe est formé de *espacen*, qui signifie *mequerie*, *blame*, & *reprehension*. Le même Suidas: *espacen*, *piqueen*, *impureen*. Caseneuve.
SIFLER. De *siflare*, qu'on a dit pour *siflare*. *Siflare* & *siflus*, se trouvent dans Nonius Marcellus. De *siflus*, on a dit par diminution, *sifletus*, dont nous avons fait SIFLET. ¶ En Anjou, on dit SULLER & SIFLET, de *subulare*, & de *subulatus*; qu'on a dit pour *siflare* & *sifletus*. *Subula* se trouve pour *silicum* dans Varron, liv. iv. de la Langue Latine. M.
SIGEBERT. Nom d'homme. Il est d'origine Teutonique. Adrien Junius dit qu'il signifie *barbe victoriense*, c'est-à-dire, *barbe illustre*, *belle barbe*. *Beard*, en Anglois, & *bars* en Alleman, veut dire, *barbe*. Borel tire ce nom de *sige*, victoire, & de *barde*, chantre, Poete des anciens Gaulois; & il l'interprète *chantre vainqueur*. Il signifie *victoria clarus*. Le mot *sige* en Anglo-Saxon, & *sieg* en Alleman, veut dire, *victorie*; & *bars* signifie *illustre*. Voyez Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *sieg*, & ci-dessus *Berthier*. *Sigebrand* est un autre nom Teutonique, qui veut dire la même chose que *Sigebert*: le mot *brand*, selon la remarque de Wachter, ayant dans les noms propres la même signification que *bars*. Voyez ci-dessus *Childebrand*.
SIGEBRAND. Voyez *Sigebert*. M.
SIGISMOND. Autre nom d'homme, qui vient aussi de la Langue Teutonique. Quelques-uns l'expliquent *bouche victoriense*, c'est-à-dire, *eloquette*. Il signifie, selon Wachter, *vir victoria*. De *sige* ou *sieg*, qui veut dire, *victoria*: voyez *Sigebert*: & de *mund*, qui signifie entre autres choses *homo*, *vir*, & qui est dérivé de *man*. *Sigismund* est la même chose que *Sigimundus* dont parle Tacite, *Annal*. v. 57. Voyez ci-dessus *Pharamond*, & Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *mund*.
SIGNER. De *signare*: dont les Ecrivains de la Basse Latinitie se sont servi en cette signification. M. de Saumais, dans son livre *De Modo Usurorum*, page 438. *Non puto Jurisconsulterum aute signare usurorum suis pro subscribere, ut factum infimo Latinitatis avo: quod hodique obtinet in nostro Idiotismo: nam signum vocamus LE SEING; subscriptionem alicuius chirographo factum: & signare, pro subscribere, &c.* M. SIGNET: pour *cachet*. Dans l'Inventaire des meubles de Charles V. imprimé à la fin de sa Vie, écrite par l'Abbé de Choisy: *Le Signet du Roy*, qui est de la *telle d'un Roy sans barbe*: & est d'un petit *fai ruby d'Orient*: & est *celuy de quoy le Roy scelle* les lettres qu'il écrit de sa main. ¶ Signum, *signorum*, *sionet*. Les Ecclésiastiques appellent *signet*, cet assemblage de rubans qui sert à marquer le Brevlaire. M.
SIGOVE'SE, ou SE'GOVE'SE. Nom d'un fameux Capitaine Gaulois. Ce nom signifie, selon Wachter, *Dux victoria*. Voyez ci-dessus *Sigebert*, & *Bellevise*; & Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, au mot *weisen*. SILLER les yeux. Voyez *ciller*. M.
SILLON. Peut être du Saxon *syl* ou *sylb*, qui signifie *charrue*. Les sillons sont formés par la charrue. Voyez *sillon*. SIMAGRE E. *Simagres*, sont des façons de faire affectées: des minauderies. De *simia*. *Simia*, *sima*, *simacer*, *simacrus*, *simacra*, *simacrata*, *SIMAGRE*. Bèze, dans sa Satyre contre le Président Liset, a dit *chimagres*. *Sed facere nova pracepta ad ligandas conscientias, nedum qua evertum Scriptorum, vel qua diminuum libertatem Christianum; qua non consistit in istis chimagres*, & est per Christium liberata a ceremonii legis. C'est à la page 149. Et à la page 154. *In cereis*, & *candelis Pan Missis*, *in perdons*, & *chimagres*. Il faut prononcer *Simagres*. ¶ M. de la Piquetiere Blouin le dérivait de *simulacrum*. M.
SIMARRE. Ce mot, & tous ceux qui y répondent, dans l'italien, dans l'Espagnol, & même dans l'Alleman, & dans le Gallois, viennent de l'Ebreu *mōw habit*, *robe*. Huet. Voyez *cimurre*.
SIMBLEAU. On appelle ainsi la corde qui sert à tracer des cercles plus grands que la portée du compas. De *simplellus*, diminutif de *simplus*. Le compas à deux jambes. Le *simblarum* n'a qu'une *simple* jambe, qui est sa corde. *Le Duchat*.
SIMEON. Nom propre d'homme. Il vient de l'Ebreu *vzw schama*, qui signifie *écouter*, *obéir*: de *forte que Simeon*, veut dire, *écoutant*, *obéissant*. Le premier que l'on sache avoir porté ce nom, est le second fils que Jacob eut de Lis, laquelle le lui donna, parce qu'elle dit en le mettant au monde, que Dieu l'avoit écoutée. Gen. xxix. 33. *Simon* est la même chose que *Simeon*, & ces deux noms ne diffèrent l'un de l'autre que par la prononciation, quoiqu'on ne les donne pas indifféremment aux mêmes personnes, & qu'on ne dise pas indifféremment l'un pour l'autre en notre Langue.
SIMONIE. De Simon le Magicien, qui vouloit acheter de S. Pierre, le don de conférer le S. Esprit. *An Petrus fuerit Roma sub judice lis est:* *Simenem Roma nemo suis negat.* C'est une épigramme faite contre Rome, il y a plus de cent ans, par un Lutherien, ou par un Calviniste anonyme. M.
SIMPLE. Ce mot ne vient pas de *simplex*: mais de *simplus*, insisté; d'où les Espagnols ont aussi fait *simple*. M. SIMPLES: pour *herbes Médicinales*. M. de Saumais, dans la Préface de ses Homonymes, page 16. *Latini barbari simplicis absoluti dixerum* EFERUS - Recherches & Classification numériques. herbas lavand, qua modicamentorum simplicium inflar singula obtinent. Quod vocabulum hac notione longè ab atatis quà vixit Plinius, uſu ac ſermane abſcedit. M.
SINGE. Simia, ſimja, SINGE. M. SINGES VERDS. Contes fabuleux, fictions. Rabelais, liv. 1. chap. 24. Grands jaſeurs & beaux bailleurs de baillevernes [en matiere de ſinges verds]. Ce qui eſt entre ces marques [ ], n'eſt pas dans l'édition de 1542. mais on l'a ajouté dans celle de 1553. Amadis, liv. 6. chap. 54. On voyait quantité de Singes verds, & de Singes noirs, comme auſſi des Licornes, des Pſicans, & des Corbeaux blancs, dans l'Île des Singes. Ce qui fait voir que dans Rabelais, des ſinges verds font proprement des contes bleus ou jaunes, appelle de la forte, parce qu'on les trouve ordinairement dans de petits vieux Romans réimprimés, qu'on ne daigne relier qu'en papier bleu ou jaune. Le Duchat.
SINGLEK. Naviger. Nicot: SINGLER eſt dit par onomatopée, pour naviguer a plein vent : parce que le voile pouſſé de la violence d'icolny, & les aubans qui le contretiennent, chifflent, ou bien eſt rendu ce chifflent par le vent meſme, ſorçans leſilits voiles & aubans, ſibilium edere. Selon laquelle onomatopée, on dit auſſi ſingler de verges, pour battre de verges; parce que les verges ou ſonet, en battant quelqu'un, rendent un chifflent. Il ſingla en haute mer, in ptoſundo altoque mari navigavit. Il l'a ſinglé de verges, virgis eum cecidit. Nicot n'a pas bien rencontré. Singler a été fait de l'Alleman ſegelen, qui ſignifie naviger. ¶ Voyez le Dictionnaire Anglois de Skinner, au mot ſaile; & le Gloſfaire Latin de M. du Cange, au mot ſigla; & ſon Gloſfaire Grec, au mot eſch. M.
SINGLEK, pour cingler. De cingle, qui ſigniſioit voile, & ſemble avoir été employé dans ce ſens par Froiſſart, liv. 1. ch. 91. & liv 2. ch. 150. Lors entendirent-ils attraire les ancres à mont; & mirent les cingles, ainſi comme à demi quartier. Et ailleurs : Tournez votre cingle devers Straghen. Cingle vient de cingulum : la voile ayant pris le nom des cordages qui la gouvernent. Cingler, dans la ſignification de ſouetter, vient auſſi de cingulum, parce qu'on employoit des courroies & des cordelettes à cet uſage. Huet.
SINGLEK, ou CINGLEK. Wachter, dans ſon Gloſſarium Germanicum, page 1499. confirme l'étymologie de Ménage. Voici les termes de Wachter: SIOELN, plenis velis navigare. Anglo-Saxonibus ſeglian, Suecis ſegla, Latino-barbaris ſiglare, Galis cingler, per epentheſin. Et ce verbe Alleman ſegeln eſt fait de ſegel, qui ſignifie voile de navire. Wachter, à la même page: SIOEL, velum navis. Latino-barbaris ſigla. Conſentiunt in voce omnes Lingua Germanici idiomatis, tam verres quam recentiores, excepti Anglica & Belgica, qua velum vocant ſail, zeil . . . . . Junius vocem Anglicam deduxit a Graca eupâ catena, reſtis, mutato R in L, apud Skinnerum in Etymologico Anglicano. Sed vox Anglica eſt ab antiquiori ſegl, mutato G in J. Et quid hic ſaciat notio vinculi, non vidus. Alud eſt ſunis, aliud velum. Si Graca origine opus ſit, malim prapoſto ſibilo derivare ab & un impellere, vel ab & un vehere, quia velum navim ſecum vehit, vel ab & un mevere. Cette étymologie ne ſauroit convenir à ſingler,
SIN. SIP. SIR. 483 dans la ſignification de ſouetter: auſſi je crois que ſingler, dans cette derniere ſignification, vient d'ailleurs, ſavoir de cingulum, comme M. Huet l'en fait venir; & qu'il a été dit au lieu de ſangler, qui ſe dit auſſi pour ſouetter, & qui eſt formé de ſangle, fait de cingulum. Voyez ci-dellus jangle.
SINIPION. On appelle ainſi en Gaſcogne la rougeole. M. de Brieux, dans une de ſes Lettres Latines à M. Graſndorge, a écrit ſirimption. Vaſcom ſirimption, & Iſadori Hiſpalenſis Epiſcopi puſtula ſirimpia, ab Hiſpanis ſtuxerunt : qui verna-cula Linguâ ſatamſion vocant, loſtantium moſbum illum, quem nos rougeole dicimus. M.
SINOPLE. Couleur verte en Armoirie. M. Hauteſerre, livre & chapitre 3. de ſes Ducs & Comtes de Province : Diutius me torſit ſinopii, quod eſt viride, origo. Sed in banc diem me effugit : niſi fortè ex errore natum lodes; & ſinopim, qua eſt Gracis Aſſaticis minium Cappadocum, a Sinope urbe, ad quam commercii causâ convehebatur, teſte Strabone & Plinio, à Francis per Graciam & Aſſam peregrinanibus. Helleniſmi inſcitia, ad viride de-torum. Le Pere Méneſtrier, dans ſon Art du Bla-ſon, page 40. SINOPLE vient de upieſeu ſexa, ar-mes vertes. En retranchant la premiere ſyllabe, il reſte en 'exa. Ce retranchement eſt appuyé par la pratique de toutes les Langues. Ces deux conjectures ſont aſſex raiſonnables. Je ſuis pour la premiere : quelque ingénieſe que ſoit la ſeconde. M.
SIPHON. Du Grec eſtus, qui ſignifie la même choſe. Ce mot a quelque convenance avec l'Ebreu que ſſauph, qui ſignifie couler, l'écouler. Le ſiphon eſt un tuyau retourbé, par lequel une liqueur s'é- coule.
SIRE. Il y a diverſité d'opinions touchant l'o- rigine de ce mot. Nicot le dérive de ſipus. Et Trip- paul de uſes &, ou de ſipus. Le Cardinal du Per- ron le dérivoit de berus, comme il paroît par ces mots du Perroniana, page 159. Le mot de Sire vient du Latin herus : duquel les Allemans ont fait leur her, les Anglois & les Italiens Ser & Meſſer, & les Français Meſſire. M. Hauteſerre le dérive de uſes. Voici ſes termes, qui ſont du chap- tire 5. du livre 3. des Ducs & Comtes de Pro- vince : SIRI, a Graco uſes. Unde Siriaticus tur- gor Baldrico Neviomeni. Cùm tamen ejus ferita- tem, Siriatico turgore inſtatam, nullo modo pre- mere potuerit. Alio longè de ſome negotiatores in Gallia Syrios hodieque dictus crediderim : à Syris; quod genus hominum Gulliam & Italiam olim com- mercii causâ maximè frequentavit; & ut eſtivrisus nemen dedit. Salviamus, libro 4. de Providentia : Conſideremus ſolas negotiatorum & Syriorum om- nium turbas, quæ majorem fermè civitatum uni- verſarum partem occupârum. Quò alludens Sig- nius, libro 1. epiſſolâ 8. ubi de turbato rerum Ra- venna ordine : Fornerantur Clerici, Syri pſallunt. M. Dominicy, dans ſon Aſtertor Gallicus, page 101. eſt du même avis. Et Paſquier, dans ſes Re- cherches, VIII. 5. Voici les termes de Paſquier : De ma part, je ne ſay aucune doute que nous ne l'ayons emprunté du Grec : il parle du mot de Sire : non pas de la poſſiere des Eſcholes Gréſoſes, ains P p p i j EFERUS - Recherches & Classification numériques des cérémonies de nostre Eglise. Et voicy comment. Encore qu'es Psannes de David Saint Hierosme eufi traduit ce saint mot de Jehova sous celuy de Dominus, qui n'estois pas de petite étoffe aux Romains; si est-ce qu'es plus solemnelles prieres de notre Eglise; mofine au Sacrifice de la Messe; nous louons Dieu sous cette grande parole de Kyrie, qui signifie Seigneur, &c. M. du Cange est aussi du même avis: dérivant Sire de vœu, dit pour vœu. Trippault en donne la même origine. Mais ils se trompent tous. Sire vient indubitablement du Latin *seniore*, ablatif de *senior*. Comme les personnes âgées ont eu de tout tems les premières dignités, témoin le mot de *seniorum* parmi les Grecs, & celui de *Senator* parmi les Latins; les Ecrivains de la basse Latinité ont usé du mot de *Senior* pour *Seigneur*. Cujas, dans sa Préface sur les Livres des Fiefs: *Vasallo* refoundere DOMINUS, qui & *Senior dicitur*, *licet provella atatis non sit*, eadem forma qua & *Senatorem* & *Presbyterum dicimus*; *morum potius quam atatis habita ratione*. Et de la notre mot *Seigneur*, comme il a été remarqué ci-dessus au mot *Seigneur*. De *seniore* nous avons donc fait premierement *Seigneur*: d'où les Italiens ont fait *signore*, & les Espagnols *senior*. De *sire*, contraction de *seniore*, nous avons fait *sieur*. De *sire*, les Italiens ont fait *sire*: dont nous avons fait SIRE. C'est l'étymologie que j'ai donnée de ce mot dans la première édition de ces Origines de la Langue Françoise: laquelle a été suivie par le Père Labbe, page 446. de la première partie de ses Etymologies Françoise. M.
SIRENES. Les Grecs ont dérivé ce mot de *scrip* *chaine*, parce que les Sirènes attroient à elles par leur chant mélodieux comme par des chaînes ceux qui les écoutoient. Il vient plutôt de l'Ebreu *sire* *schir*, qui signifie *chant*. Voyez ci devant *serin*.
SIROC. Vent. De l'Italien *sirocco*. M.
SIROC. L'Italien *sirocco* vient lui-même, à mon avis, de l'Arabe *sichorouk*, qui signifie le lever du Soleil, du verbe *scharaka*,讵ur est *sol*. Le *sirocco* est un vent d'orient. Quelques-uns dérivent ce mot de *Syriacus*, parce que le *sirocco* vient de Syrie, qui est au sud & au levant de l'Italie. Je préfère la première origine. SIROT; par corruption pour *sirop*: de *Syrupus*; dont les Italiens ont aussi fait *sciroppo*. *Syrupus* a été fait de l'Arabe *sichorouk*, qui signifie *poison*, & qui a été formé de la racine *sichorobe*, qui signifie *bibere*, *potare*. Les Espagnols disent *xaropar*, pour *médeciner*. M.
SISSONNE. Sorte de danse: ainsi appellée, parce qu'elle a été composée par Monsieur le Comte de Sissonne, père de l'illustre Madame de Lamet. M.
SISTRE. Instrument de Musique, dont se servoient les Prêtres d'Itis, & qui faisoit du bruit au moyen de certains bâtons qui le traversoient, & qui avoient le mouvement libre. Du Grec *esquis*, fait du verbe *esu* *conutio*, *agito*, parce qu'on jouoit de cet instrument en le remuant & en l'agitant. Au Livre II. des Rois, vi. 5. il est parlé de certains instruments de musique, appelés en Ebreu *esquis* *mnaanim*, que l'on croit avec raison avoir été des espèces de *sistres*, & dont le nom Ebreu vient du verbe *sis* *nona*, qui signifie se remuer, s'agiter, être remué, être agité. Aussi plusieurs savans interprètes traduisent ce nom par *sistres*, & l'on voit que le nom Ebreu convient avec le nom Grec, en ce qu'il est formé, comme ce dernier, d'un verbe qui marque le mouvement & l'agitation.
SOBRIQUET. De *subridiculum*. *Subridiculum*, *subridiculum*; à l'Italienne: comme *oculus*, *occhio*; *specimum*, *specchio*: *subrichium*, *subrichietum*, *subrichietum*, *subrichietum*, *SOBRIQUET*. Cette étymologie ne me déplaît pas. M. Moulant de Brieux le dérivant de *Soc. U. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. S. SOC de *charrue*. Lat. *vomer*. *Soccus* se trouve en cette signification dans Alexander Necham, selon le témoignage de M. du Cange. *Supponatur demise*, *vel demise*, *cui soccus*, *vel vomis*, *infigatur*. Et M. du Cange dérive le mot François de ce mot Latin. M. SOC de *charrue*. Wachter, dans son *Glossarium Germanicum*, page 1202. le dérive de l'Alleman *sage*, qui signifie une épée, un couteau, & tout instrument tranchant; & qui est fait du verbe *sagen* couper, diviser; d'où aussi le vieux Saxon *sachs*, qui veut dire la même chose que *sage*. Le *soc* d'une charrue en est, pour ainsi parler, l'épée ou le couteau, puisqu'il ouvre & rend la terre quand on laboure. Aussi les Anglois l'appellent-ils *culier* *of a piuch*, c'est-à-dire *couteau* de la *charrue*. Pour moi, je veux bien croire, avec M. Ménage & M. du Cange, que le mot François vient immédiatement du Latin-barbare *soccus*: mais j'estime que ce dernier, dans la signification de *soc* de *charrue*, vient de la Langue Teutonique, ainsi que la plupart des termes Latins-barbares; & qu'il a été fait de l'un de ces mots Tudefques dont nous avons parlé ci devant, ou de quelque autre semblable. Il y a même apparence qu'il est d'origine Celtique. Voyez Wachter, dans son *Gloss. Germ.* aux mots *sockmann* & *sacer*.
SOCQUE, ou SOQUE. Espèce de *sandale* dont se servent les Religieux, & entre autres les Recollets. Du Latin *soccus*, qui étoit la chaussure des anciens Auteurs Comiques. Wachter, dans son *Gloss. Germ.* page 1530. Socx, *calceus* *e lana*, *vel lince*. Latinis *soccus*, *Francis* *soc*, *Anglis* *sock*, *Gallis* *socque*. . . . *Vocem* *a Phrygibus* *proseminaram* *esse* *constat*. Nam *vocem* *sunt* *allicamenta* *Phrygia* *apud* *Hefychium*. Tous ces mots ont de la convenance avec l'Ebreu *soc* *sacac*, qui signifie *couvrir*; & peut-être en viennent ils originellement. La chaussure est la couverture du pied.
SOFA. Espèce d'estrade, garnie de *couffins* à s'alleoir, &c. dont on use en Orient. On appelle aussi de ce nom, une espèce de lit de repos, EFERUS - Recherches & Classification numériques S O L S O L. dont on se sert depuis peu en France. Ce mot nous vient des Turcs : mais il est d'origine Arabe, étant fait de l'Arabe *soffab*, que Golius explique *scannum discubitarium ante domum* : & *soffab* est formé du verbe *saffa*, qui signifie *dipoiser*, ranger, mettre en ordre. * **SOIGNOLE de puits.** Instrument à tirer de l'eau d'un puits. De *ciconiola*. Isidore, xx. 15, parlant de la grue, instrument de Jardinier pour tirer de l'eau : *Hoc instrumentum Hispani ciconium vocant ; quod imitetur ejusdem nominis avem, levantem ac deponentem rostrum dum clangit. Voyez grue. M.* **SOIN.** Ce mot signifie proprement la contention d'un esprit fort occupé. Il est croyable qu'il vient de *fumnis*, ou *fumnis*, qui, dans les Lois barbares, signifie les occupations & les empêchements légitimes qui ne permettent pas à une personne de comparaître en Jugement. Voyez ci-dessus ce que j'ai dit sur le mot *essine*. Caleneuve. **SOIN.** Dans la première édition de ces Origines de la Langue Française, j'ai dérivé ce mot François du Latin *senium* ; dont les anciens Auteurs Latins ont usé en la même signification. Cicéron, dans son Otaïson pour Milon : *Claudii mortem aqua animo nemo ferre potest : luyet Senatus : morre equiter Ordo : tota civitas confecta senio est : squalens municipia. Turpilius, dans Nonius Marcellus : Quia enim odio ac senio mihi nupria. M. du Cange, dans ses Origines Françoises, le dérivé de *fumnis*. Mais dans son Glossaire Latin, au mot *fumnis*, où il renvoie le Lecteur, il n'est point parlé de cette étymologie. *M.* **SOIN.** *Soigner* vient de *somniare* : & par conséquent *songe*, suivant l'ancienne orthographe, vient de *somnium*. Nos soins sont ordinairement la matière de nos songes : & quand une personne rêve profondément à quelque chose, il semble qu'elle songe. Souvent même, pour mieux méditer, on ferme ou on baise les yeux, parce que demeurant ouverts, on s'expose à être distrait. *Le Duchat.* **S O L :** *Ecu-sol. De solidus. Voyez sou. M.* **S O L.** La superficie de la terre, de la place où l'on batit. Du Latin *solum*. Ce mot Latin a de la convenance avec l'Ebreu *solum salab*, qui signifie étendre par terre, fouler aux pieds. Le *sol* est la terre qu'on foule aux pieds. De ce mot Ebreu vient peut-être le François *soleu*, dans la signification de ces pièces de bois qui se couchent à terre, & qui soutiennent un édifice. * **SOLAIRE**, ou plutôt **SOLEAIRE**, en termes d'Ar tomie, est le nom d'un muscle qui sert à mouvoir la soie ou plante du pied, appelée en Latin *solum*. C'est de là qu'il a tiré son nom : ou bien de ce qu'il ressemble à une semelle, qui se dit *soleu* en Latin. * **SOLDAT.** Quelques-uns tiennent que ce mot vient de *solidarius*, qui étoit l'appellation d'une certaine sorte de chiens, qui tendent si étroitement à ceux auxquels ils s'étoient dévoués, qu'ils ne se pouvoient pas dispenser de courre même fortune qu'eux, jusqu'à être obligés à ne leur pas survivre : comme il est remarqué par Jules César, livre 3. p. 59. *De Bello Gallico. Adicantnamus, cum* *D.C. devatis, quos ibi solidarios appellant, quorum hac est conditio, ut omnibus in vita commodis uræ cum his fruntur, quorum se amicitia dediderunt. Mais je ne saurois être de cet avis ; d'autant que la condition de telles gens n'avoit rien de commun avec celle de nos Soldats, qui ne s'exposent aux dangers de la guerre que pour de l'argent, dont la paye est appelée *solde* ; d'où même ils ont pris le nom de *Soldats*. Et ce mot vient de *solidus*, qui étoit la monnoie ordinaire dont on les payoit, & que nos anciens François appelloient par contraction *soldus*. Le Moine Erricus, livre 5. de la Vie de Saint Germain, Evêque d'Auxerre : *Bis centum promunt instructio munere soldos, Dona vivo.* Et c'est de là que telles gens de guerre stipendiaires furent appelés *Solidarii*. Radevicus, *De Gellis Friderici* I. liv. 1. *Qui adversus Guilleminum Siculum largitione pecunia milites, qui Solidarii vocantur, colligeret. Jean de la Porte dans son Catholicon : Solidarius, ad solidum pertinens, vel scilicet solidum accipiens, vel pro solidas ferviros. Une ancienne Chronique de Normandie, que Du Chesne a fait imprimer parmi les Historiens de Normandie sur l'an 1155. parlant de Henri, Roi d'Angleterre, lorsqu'il alloit affiliger Toulouse : Capitales Barones fons cum punctis secum duxit : Solidarius verò milites innumm. Roger de Hoveden, dans la première partie de ses Annales : Rex W. illemus de tot Gallia solidariis pedonibus & sagittariis multis milibus conduiti, & nonnulis de Normania sumptis, Autumnali tempore in Angliam radiis. Enfin les Princes, ou les Capitaines, qui ramassioient les gens de guerre à prix d'argent, furent appelés *solidatores*. Suger, Abbé de Saint Denis, en la Vie de Louis le Gros, parlant de Guillaume, Roi d'Angleterre, dit : Mirabilis militum mercator & solidator. Caleneuve.* **SOLDAT.** De l'Italien *soldato. Soldat* est un mot nouveau dans notre Langue. Nous disions anciennement *Soudart* : ce qui a été remarqué par Henri Erienne, dans son Dialogue du Nouveau Langage François Italianise, & par Jacques Pelletier, page 163. de son Dialogue de l'Orthographe & Prononciation Française. L'Italien *soldato* a été fait du Latin *solidatus*, pris dans la signification d'un *Soldat* qui reçoit la solde. Flavius Blondus, dans sa Rome Triomphante, chap. 6. *diss secunda Imperii adhuc stantis (licet cadere incipientis) tempora, copit dici, sicut & nostra atate sit, cum militum ad solidum conduiti, cui promittitur stipendium, licet annum. Cassiodorusquei Vegetius, & Frontinus, solidatum suisse in militia scribunt eum, cui stipendia ab Imperatore promissa erant. Volaterran, livre 30. Dicebantur deleiti & auctorati : postremis verò temporibus Matriculati & Solidati. Cassiodorus, Vegetius & Frontinus, Solidatum suisse in militia scribunt eum, cui stipendia ab Imperatore promissa erant : unde vocabulum hodie Soldatorum est. Barthius, xi. 20. Incidit nunc dicere nomen Soldatorum, quod omnes linguas hodie pervagatur, non à Germanico fold, nisi quatenus & ipsum aliena origini, descendere; sed a vocabulo foldi, quasi solidarium dicas; quid certis solides, minitum in menses singulos, milites conducebant. Eum rem me docuit Orbo Frisingensis, ubi Hungariorum solidarios describit lib. 1. de Gellis Friderici Barbarosa, cap. 31. nisi tamen aliosum is locus rendat, commode tamen hoc referendus. M. de Saumais, sur l'Histoire Au-* EFERUS - Recherches & Classification numériques guit, page 177. Solidare, pro mercede conducere : & solidum, pro mercede, apud recentiores : & solidati milites, mercenarii. Glosa Basilicorum : solidare, spariatur. Ubi subsiderat perperam scriptum est. Vossus, dans son de Vitis Sermonis : Nomen ex eo, quia solidus pro menstruo stipendio olim. Il ajoute: Nisi potius quia stipendio solidarentur, sive fulciteratur. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, donne la même étymologie au mot Italien solidare. Au lieu de solidarius, on a dit solidarius : d'où nous avons fait soudair : qui étoit l'ancien mot François, comme il a été remarqué ci dessus. Il n'y a guère plus de cent ans que nous disons soldat. De solidarius, on a dit solidarius : dont notre mot SOUDRILLE : pour lequel on a dit ensuite DRILLE, par aphérese. Soldum a été fait par contraction de solidum. Voyez son. Et solidare a été fait de là. Et ainsi drille descend en droite ligne de là. Toutes ces étymologies sont indubitables. Cependant Cujas dérive soldata de l'Alleman sold ; & Pasquier soudair, du Latin Gaulois soldarius. Voici les termes de Cujas, qui sont de son Commentaire sur le Livre des Fiefs : His sperulus damus ; il parle des Vassaux ; que soldat dicuntur, libro 1. titulo 10. à Gallorum & Germanorum antiqua voce sold. Nam & Cazar ipso scribit Gallis esse devotos, quos illi soldurios appellant. Quorum, inqui, hæc est conditio, ut omnibus in vita commedia una cum his fruantur, quorum se amicitæ dediderint : si quod iis per vim accidat, aut eumdem casum una ferant, aut sibi mortem conscitant. Robertus, in Supplemente Sigeberti : Sumpit Henricus Rex pecuniæ de feudo unisfquisque lorice : Capitales Barones secum duxit : Solidarios vero milites innumeros. Otho 1. cap. 31. Hespites, quos nunc Solidarios dicimus. Rudevicus 3. cap. 10. Ut largitione pecuniæ milites qui Solidarii vocantur, colligeret. Voici les paroles de Pasquier, qui sont du chapitre 1. du livre VIII. de ses Recherches : Je viendray maintenant à quelques dictions de l'ancien estoc des Gaulois : & commenceray par ce brave mot de Soldat, que nos ancêtres appelèrent Souldoyer, puis Souldart. Quand je te dans Jules Cejar en ses Mémoires, que les Gentilhomme Gaulois avoient sous eux plusieurs Vassaux, & gens à leur dévotion, qui immolent leurs vies pour eux ; quos Galli Soldarios vocant ; j'ayme mieux puiser ce mot de nos Gaules, que de Rome, comme sont quelques Efeuliers Latins, quand ils le disent prendre sa source à solidis : quasi Solidarii : & que de la soude qu'ils prennent & vient qu'ils soient ainsi nommés. Comme si les Gaulois, qui n'avoient auparavant aucune habitude avec les Romains, eussent été emprunter de leur langage un nom de leur principale Police. De moy, je veux croire que du Souldart Gaulois vient celuy de soude, soudoyer, & soudoyement : parce que nous n'employons le mot de soude que pour les Soldats ; & si on l'avoit emprunté du Latin, il iroit aussi pour toute autre forte de payement qui se seroit en argent : ce que nous ne pratiquons pas. La solde donc fut ainsi dite, parce que le Souldart s'employant pour son Seigneur en la guerre, & méritant quelque récompense, on appelle cette récompense soude, on soudoyement. ¶ Camden dit aussi que Soudion est un mot Gaulois & Bas-Breton, qui signifie Soldat. M. S O L D E. Voyez Soldat. M. S O L D E. Wachter, dans son Gloffarium Germa- nicum, page 1132. donne à ce mot une origine Teutonique. Voici ses termes : SOLD, stipendium, & omnis merces qua merenti vel militanti solvitur. Vox dubia atatis. Veteres Interpretes, qui sacras literas vel inter Gobus, vel Anglo-Saxons, vel Francos, in idioma suum transluerunt, Luc. III. 14. ubi vocabuli sedes, aliis utuntur vocibus, qua prater annonam, viscum, & alimentum, nihil significant, ut osiendi in Feudum. Antiquissimis temporibus cives sine stipendio pro aris & iuris pugnabant. Putea alimenta largi apparatus pro stipendio cedebant, teste Tacito, cap. XIX. de M. G. Tandem etiam fundi & agri militantibus concessi, ut fungi militia de suo possent. Iisque temporibus omnes liberi fundorum possessores ipso in expeditionem ire capebantur, nec ضربه praeteria de publico accipiebant militia causa. Quod ex Capitulo Carus M. an. 812. cap. 1. probat Dithmarus, v. c. in notis ad locum Taciti proximæ citatum. Serò admodum saltum est, nec ante, quam miles condullus in usu esse capisset, ut militantes ara mererent. Quamvis etiam hoc ad Francorum usque tempora referri posse videtur. Nam prater Francigenas, sape etiam peregrino & condullo milite Francorum Reges usso esse legimus. Diferit Hugo Flaviniacensis de Carolo Martello : Tanta dedit militibus, quos Soldarios vocari mos obtinuit, qui ex omnibus mundi partibus causa quæstus ad eum concurrebant, &c. Locum adduxis Cangius in voce Soldarius. Originem vocis optimæ affectatus est Stadenius in Voc. Bibl. pag. 192. Sold derivans à felen dare, tradere, offerre, de quo significatu album supra prolixè. Quid est enim stipendium nisi donum, quod merenti aatur, sive illud sit villus, sive fundus, sive as ! Qui vocem a moneta qua solidus vocatur, efformant, parum solide id faciunt, & latiorem significatum prater necessitatem ad pecuniam restringunt. Idque opponi etiam potest iis qui sold à fait sal dictum esse volunt. Quamvis enim Latinis talarium pro stipendio sit, synecdochicum tamen est, quo minime opus habemus. Et in his minime necessariis compusandum quoque est, quando sold à solutione deducunt. Credibile est, vocem hodiernam, quamvis in multis Germanica Lingua dialectis, nec recentibus, nec antiquis, obviam, non esse novellam. Nam hoc ex Latinitate medit Ævi satis periplicæ colligitur, in qua solidum & solidum est stipendium quod militi prabetur, solatium talarium, solidare stipendium prabere, Solidarii & Soldarii milites qui stipendia merent, Soldati & Soldati stipendio conducis, apud Cangium in Gloffario. Qua certè inter Francos ex patria Liu, ea studio nata, & Latina flexione vocata sunt. Unde parri cognoscimus, quod vox Armonica sold, & Gallica solde, pro are militari, omnino Germanica sint, & à prabendo salta. Et plus bas le même Auteur parle ainsi : SOLDEN, besolden, stipendium prabere, Verbum à substantivæ saltum, quod Latino-barbaris effertur solidare, apud Cangium in Gloffario. Inde illis solidatus & soldatus, miles qui stipendium meres, à quo Italiis soldato, Gallis & Germanis soldat. Angli militem vocant souldier, tyronem fœth souldier, veteranum old souldier, puta à Latino-barbaro solidarius miles stipendiarus, quod iridem est à solidare stipendium prabere. Voyez ce que dit le même Auteur au mot Soldarii. ¶ S O L D E. Terme de Pratique. On dit solder un compte, pour clorre un compte. De solidare, dans la signification de rendre solide. Un compte clos devient par ce moyen stable & solide. ¶ S O L E. Poison. De solea, à caule de sa ressemblance à une semelle : de laquelle ressemblance EFERUS - Recherches & Classification numériques on a appellé dans Athénée, livre 4. *Sundales des Dieux*, *erxibium* *et* *douavus*, non-feulement les *foles*, mais tous les autres poiffons plats. *Solea*, dans la signification de *femelle*, a été fait de *folium*, dans la signification de *pied*. Lucréée : *vestigia*, *mello trita folo*. *Solea*, dans la signification de *fole*, se trouve dans les Glofes anciennes. *Solea*, *fœ- *phœnœ*, *fœ- *phœnœ*, *hac folia* : lifez *hac folia*. *fœ- *phœnœ*, en cet endroit, signifie *une folo* : à cause de la reféemblance de ce poiffon à une langue de bœuf : de laquelle reféemblance les Latin : l'ont appellée *lingulaca*. Varron, livre 4. de la Langue Latine : *Vocabula piscium*, *pleraque transfata a ter- reftribus* : *ex aliqua parte similibus rebus*: *ut anguilla*, *lingulaca*, *fudis* : & les Italiens *linguata* & *linguata* & les Flamans *tange*. Ce mot *tange*, en Flaman, signifie *langue*. M.
SOLÉCISME. Groffe faute contre la Langue. Du Grec *ex- *autique*, *fale de xéramos*, peuples Attiques, qui s'étant habitués à *Soles*, ville de Cilicie, corrompirent leur Langue, parlant un langage mêlé *ex Attica* & *Solica lingua*. *fale* demeure, habitation.
SOLEIL. De *foliculus*; dont les Italiens ont aussi fait *folice*. M.
SOLIER. Villon, dans son Grand Teftament : *Cy gſſt & darr en ce folier*, *Qu amour occit de son raillon*, *Un pauvre petit Escolier* *Jadis nommé François Villon*. De *folarium*, formé de *folium*. Nicot explique *fol- lier* par *grenier*. Voyez M. Thierry, dans son Livre des Jubés, page 90. M.
SOLIER. Wachter, dans son *Gloffarium Ger- manicum*, page 1537, fournit une autre étymolo- gle de ce mot. Voici ses termes : SOLIER, *locus ta- bulatus in quacunque adium parte*. *Ab obfolero folen tabulare*, *quod produxi in faul affer*. *Inde Francis foliet cerniculum*, in *Harm. Evang. Tatian. cap.* CLVII. 4. *Latino-barbaris folarium & folierium cu- biculum majus & fuperius*, *apud Cangium in Glofi- ario*. *Nobis folier locus sub teth*; *Anglis folar lo- cus sub pavimento*. *Vulgo duciur a Latino folarium*, *tanquam effet tethum plannum & fubdivale*, *quale fuit Regis Davidis*, *ex quo Batfobam vidit lavantem*. *Verum, cum hic vocis fenfus nullibi*, *quod fciam*, *reperatur*, & *reliqui ab illo sint alieni*; *manifestum oft*, *primus vocis inventores ad folem minime reſpe- xifre*.
SOLFIE. Rabelais, liv. 1. chap. 17. *Creyez que le lien auquel convint le peuple tout folfé & ha- baline*, *fut Nefle*. Et livre 4. chap. 3. *Et reſtions tons penſſis*, *matagrabolifex*, *sefolfex*, & *safchex*; *faus dire mot les uns aux autres*. Dans le premier paſſage, l'édition de 1571. qui d'ailleurs est fort correcte, porte *folfré* : & je ne ſache que celle de 1573. & les éditions qui l'auront coplée, *ou on life folfie*. Cependant comme l'r de *folfré* ou *folfré* est évidemment une faute, & que pour trouver du sens à ce mot, il faut lire *folfie*, ou *folfie*; je ne fais fi, à en juger par le ſecond paſſage, ce n'est pas *folfie* qu'on doit lire dans le premier. Ce mot, qui est François, & qu'Antoine Oudin, dans les Dictionnaires François & Italien, explique par *chamer la fol fa* en Mufique ; dénote affez bien l'embarras des Parisiens dans la conjoncture de l'enlèvement de leurs cloches, par rapport à celui d'un Musicien, qui ſouvent balance long-tems fi la note qu'il veut mettre, ſera un *fol* ou un *fa*. Mais d'ailleurs il me ſemble que Rabelais, qui forge des mots quand il lui plait, a pû vouloir ici faire celui de *folfie*, pour dire que les Parisiens, devenus fous à coiffé que Gargantus avoit emporté leurs cloches, cabalierent pour les ravoir. C'eſt-là, à mon avis, ce qu'emporté le mot *habilinex* dans le même premier paſſage. Dans le ſecond, *sefolfex* est un compoſé des notes *fi fol fa*, qui marque l'ennui de gens qui rêvent à ne rien faire. *Le Duchat*.
SOLIVE. SOLIVEAU. *Solum* est proprement en Latin tout ce qui porte & ſoutient quelque choſe. De-là viennent les mots *fol*, *folive*, & ſon diminutif *folivum*. *Sole*, en Languedoc, est une pièce de bois ſur laquelle, comme ſur un fondement, ſont appuisés les bâtimens. Les anciennes Coutumes l'appellent *foule*. Celle de Nivernois, chap. 16. art. 11. *Edifice affis fur ſoule*, *qui n'a fon- dement fur-tatre*. Celle d'Oléram, art. 138. *Quand aucun édifice maiſon*, & affier *fer* ſoalise *de poutres*. Celle de Bretagne, art. 7. *Quand aucun édifice maiſon*, & affier *fer* ſoles. *Caſeneuve*.
SOLIVE. Dans la première édition de cet Etymologies j'ai dérivé ce mot de *foliva*, fait de *fol- lum* : & M. de Caſeneuve, après moi, en a donné la même étymologie. M. Voſſius ſur Catulle, page 140. le dérive de *fublica*. *SUBLICES*, *vol SUBLICIA*. Et *inde ſublicit dicuntur non folium* *ti pali quibus*, *pedes folicuntur*, *fed & qualiber tigna*, *quibus unus aliquod incumbit*: *fere illa creilia*, *fere tranſtoria ſubſternantur*, & *foli vicem praſtent*, *ut ex Livio confus*. *A ſublices Galli*, *mſi fallor*, *formarum* ſol- lives. Cette étymologie est ingénieue. *ſublicius*, *ſublicivus*, *ſubliciva*, *ſuliciva*, *foliva*, *foliva*, *fol- LIVE. Le mot Latin *fublica*, pour le marquer en paſſant, a été fait du Grec *fouhice*, compoſé de la particule *fui*, & du nom ſubſtantif *fouie*, *trubs*. *fouhice* : *fublica*, *fublica*; D en L : comme *fui- qua*, *lacrima*: *Chancie*, *Ulyffes*. Et o en I : com- me *fouie*, *cimie*: *dlyvab*, *legimus*. *ſublices* a été fait de même d'*fouhice*, de cette manière : *fouhice*, *fouhice*, *fubdex*, *fublex*, *fublicis*, *SUBLICES*. M.
SOLIVE. De *foliva*, fait de l'Anglo-Saxon *fol*, *fui*, *trabes*, *columna*. Voyez Eccard, page 104. de ſon *Leges Francorum Salice*. Le Duchat.
SOLIVEAU. De *folivellum*, diminutif de *folivum*, dit par métaplaſme pour *foliva*. Voyez *folive*. M.
SOLOGNE. Contrée, qui commence au- deſſus d'Orléans, & qui, ſelon l'opinion de quel- ques-uns, finit au Château d'Amboiſe. De *Siga- lonia*. C'eſt comme cette contrée est nommée par Aimoin, dans ſon Livre des Miracles de Saint Be- noit, & par l'Auteur de la Vie de Saint Genou, laquelle est dans le *Bibliotheca Floriacensis*. Lydius, dans ſon Gloffaire, imprimé à la fin des Œuvres de Clémangis, dérive le mot de *Sologne* de celui de *ſecale*, qui ſignifie *du règle* à cauſe qu'il ne croit que du *sègle* dans la *Sologne*. Et c'eſt l'origine que lui donnent Trippault & Pierre Pichou : à quoi j'a- jointe l'autorité de *Joannes de Jama*, au mot *fige- lum*. *SIOALUM*, dit-il, *quadam annona*: *quia vi- detur latere & fiere inter ſpicas*, *proper ſuam vili- tarem*. *Unde* *figalinus*, *figaliceus*, *figalonius*. *Unde* & *terra qua tali annona abundat*, *dicitur* *SIOALO- NIA*. Sur lequel endroit M. du Cange a fait cette Note : *Scilicet pagus ad Aurelianum*, *qui hodie* la *Sologne appellatur*. Mais M. de Valois, dans la Notice, croit que ce mot *Sigalonia* est un mot EFERUS - Recherches & Classification numériques Gaulois. Voyez ci-dessus le mot de Figle. M. Franche nova puerum palumbes Tixère.
SOMBRE. De l'inusité ombra, fait d'ombre. Umbra, umbra, jumbus, SOMBRE : par l'addition de l'S. Les Espagnols d'umbra ont fait de même jambra, pour signier l'ombre : & jambraje, & jambraje, pour dire ombraje : & jambraide, pour dire ombrajeux : & jambre, pour dire un chapeau. De Sanctus Eparchius, nous avons fait de même Saint Cibar. Eparchius, Sejarchius, Siparchius, Sibarchius, SIBARC, CIBAR. M. SOMME : en la signification de sommeil. Voici comme l'Avocat anonyme, qui a publié les Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas sur la Langue Françoise, a parlé de l'étymologie de ce mot en cette signification : On dijon anciennement somme : à somme : comme on dit infomnie, & non pas infomnie : mais l'analogie de sommeil a fait dire somme : ce qui n'est pourtant pas allé jusqu'à infomnie. Les premiers, au reste, qui se sont servis de somme, sont Ronfard & Belleau, comme l'a très- bien remarqué un ancien Maître des Requêtes s'a- vant en notre Langue. Il ajoute, que ces deux Au- teurs disaient somme, quand ils voulaient parler de dormir, & somme, quand ils voulaient signifier le Dieu du sommeil. Mais on ne connaît plus aujourd'hui cette différence. Tout cela est faux. Il n'est point vrai que sommeil ait fait dire somme : c'est au contraire somme, qui a fait dire sommeil : car sommeil est un diminutif de somme : & on a dit somme de somnus, par le changement ordinaire de l'N en M : comme en carme de carmine. Carmen, carminis, carmine, carne, CARME. On a fait de même charme, pour enchantement, du même mot carmine : & charme, dans la signification d'un ar- bre, de carpinus. Carpinus, carpino, carpino, ca- no, CHARME. Et enclume, d'incudine, ablatif d'in- cudo. Il n'est point vrai non-plus, que Ronfard & Belleau aient été les premiers qui le soient servis du mot de somme. Ce mot est un ancien mot de notre Langue. Il se trouve à la page 50. de l'Isa- goye in Lin uam Gallicam de Sylvius : qui est un Livre achevé d'imprimer en 1911. J'en ai produit ci dessus le passage au mot allummer : où j'ai pro- duit aussi un passage de la Farce de Patelin, où a somme est employé pour endormir profondément. Je ne fais, au reste, si Ronfard & Belleau ont mis la différence entre somme & somme, marquée par ce Maître des Requêtes. Mais je sais que Pontus de Thyard a appelé Sommeil, le Dieu du sommeil. Sommeil, fils de la Nuit, saveur chere à nos yeux. C'est dans le septième de ses Sonnets. M. de Vaugelas, dans la Remarque sur laquelle notre Anonyme a fait l'observation ci-dessus rap- portée, a fort bien remarqué qu'on disoit, Je suis accablé de sommeil, & non pas, Je suis accablé de somme. Mais il a oublié de remarquer ce que vou- loit dire le mot de sommeil en cette façon de par- ler. Il veut dire infomnie : qui est une façon de parler bitarre ; le mot de sommeil étant directe- ment opposé à celui d'infomnie. Les Latins ; ce qui est très-remarquable, & ce que peu de personnes ont remarqué ; ont usé de somnus en la même signi- fication. Horace : Me ludo, fatigatumque somno, Car fatigatum somno en est endroit, signifie fati- gatum somni inopia : à somme : comme M. de Voiture l'a fort bien deviné. Et M. de Girac, qui croît que ces mots veulent dire fatigué pour avoir trop dormi, se trompe manifestement. Voyez les Entretiens de M. de Voiture & de M. Coltar, la Suite de la Défense de M. de Voiture, & la Ré- ponse & la Réplique de M. de Girac. Properce a dit de même, la fois somno, pour dire accablé d'in- fomnie. Illa meo : somno laffos patefecit ocellos, Ore suo : & dixit, Siccine, lente jaces ? Fr Lucrèce, folatia somni, pour dire, soulagement de veilles. Et vigi antibus hinc aderans folatia somni, Ducere multimodis voces, & flectere cantu. Cet endroit de Lucrèce, qui est du livre v. n'a été entendu par aucun des Interprètes de Lucrè- ce : non pas même par le savant M. le Fèvre. Les Grecs ; ce que peu de personnes savent ; ont aussi usé du mot de somme en la même signification. Ho- mere, tout au commencement de l'Odyssée. De à 1911 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922 1923 1924 1925 1926 1927 1928 1929 1930 1931 1932 1933 1934 1935 1936 1937 1938 1939 1940 1941 1942 1943 1944 1945 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050 2051 2052 2053 2054 2055 2056 2057 2058 2059 2060 2061 2062 2063 2064 2065 2066 2067 2068 2069 2070 2071 2072 2073 2074 2075 2076 2077 2078 2079 2080 2081 2082 2083 2084 2085 2086 2087 2088 2089 2090 2091 2092 2093 2094 2095 2096 2097 2098 2099 2100 Sic quidem ille dormichat patiens Divus Ulvi- fes, Somno & labore afflictus. Sur lequel endroit Didymus, ou plutôt le Pseudo- Didymus, a fait cette Note : PHMENOL & DUM- MUS, à 1911 1912 1913 1914 1915 1916 1917 1918 1919 1920 1921 1922 1923 1924 1925 1926 1927 1928 1929 1930 1931 1932 1933 1934 1935 1936 1937 1938 1939 1940 1941 1942 1943 1944 1945 1946 1947 1948 1949 1950 1951 1952 1953 1954 1955 1956 1957 1958 1959 1960 1961 1962 1963 1964 1965 1966 1967 1968 1969 1970 1971 1972 1973 1974 1975 1976 1977 1978 1979 1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025 2026 2027 2028 2029 2030 2031 2032 2033 2034 2035 2036 2037 2038 2039 2040 2041 2042 2043 2044 2045 2046 2047 2048 2049 2050 2051 2052 2053 2054 2055 2056 2057 2058 2059 2060 2061 2062 2063 2064 2065 2066 2067 2068 2069 2070 2071 2072 2073 2074 2075 2076 2077 2078 2079 2080 2081 2082 2083 2084 2085 2086 2087 2088 2089 2090 2091 2092 2093 2094 2095 2096 2097 2098 2099 2100
SOMMELIER. Les Espagnols disent somni- ler : que Covarruvius derive de sommula, diminu- tif de somme ; & qu'il dit être un mot Alleman, introduit dans la Langue Espagnole par la Bour- gogne. Covarruvius se trompe. Ce mot Espagnol somni a été fait du François sommelier. Et le mot François sommelier, l'a été de somme. Samme, sa- me, saume, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, 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somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, somme, Me ludo, fatigatumque somne. C'est dans le septième de ses Sonnets. EFERUS - Voyez et est de l'est le nom des V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. V. fum. Et en cette signification on dit en terme de guerre : Sommer, ou faire sommer une place : c'est-à-dire, interpeller les Ennemis qui la tiennent, de la rendre volontairement, sans se faire forcer par le canon, & par brèches & assauts, ou par famine, à long fèter, Nicole Gilles, en la Chronique du Roy Louis XI. Le Roy trouva façon d'avoir la ville de Hédin. Et après que ses gens y furent entrez, il y alla en personne, & fit sommer ceux qui étoient dedans le Château pour la Comtesse de Flandres, de luy rendre & mettre la place en ses mains. Ce que de prime face ils refuserent faire. Et a cette cause le Roy fit mettre le sege devant, & par divers coftex fit battre la muraille. On dit aussi : sommer quelque poursuite a celui qui est tenu nous en indemniser : c'est-à-dire, la luy faire savoir & signifier ; significare litem motam ejus rei nomine qua de re evictionis onu ad illum pertine. M.
SOMMIER, dans cette façon de parler, sommer une place, a été fait de submonere. Submonere, submonare, sommer, SOMMIER : l'N en M : comme en somme de sommes, & Voyez semonce. M.
SOMMES, SOMMISTES. César Egaffe du Boulay, dans son Histoire de l'Université de Paris en l'année 1120, dit que Hugues de Saint Victor fit un Livre intitulé Summa Semeuriarum ; & que c'est de-la que des Livres des Théologiens ont été intitulés Summa, & que les Théologiens appellés Summista, ont pris leur dénomination. M.
SOMMET. Lat. apex, cachum. De summum, diminutif de summum. M.
SOMMMIER. C'est un cheval, ou telle autre bête, qui porte de grands fardeaux. Saint Bernard, liv. 3. De consideratione, chap. 3. Summarii non levati, sarcinis omiti, nihilominus repartiant, vel inviti. Ce mot est corrompu de sagmarius, formé de vityma, qui signifie charge, fardou. Isidore, livre 20. de les Origines, chap. 16. Sagma, qua corrupte vulgo sauma, a stratu sagorum vocatur; unde & caballus, sagmarius, & caballa sagmaria. Le Glossaire d'Antileubus dit la même chose. Pierre de Blois, Ep. 14. Videbis sagmarios sub emeribus expellantes. Le même, Ep. 94. Somarii eorum, non ferre, sed vino; non lanceis, sed caseis; non enfibus, sed utribus; non hastis, sed virubus, onerant. Articulus, dans son Chronicon Slavorum, liv. 7. chap. 17. Habebat sane Rex Otto munera multa Regis Anglia, avunculi sui Richardi, & 15. millia marcharum, qui in somariis ferrebant 50. dextrarii. Orderic Vital, livre 6. Conceiss etiam ut Monachi de signis sylva sua, qua hantipart dicitur, ad fomitem iens duas sagmas assim queidite acciperent. • Le Manuscrit de M. de Caseneuve est chargé d'une confusion d'autres citations, sans ordre & sans raisonnement. Et comme les termes s'en trouvent au long dans M. du Cange, dans Voissus, &c. il suffit de les nommer ici : Végécé, livre 2. de Malo-Medicina, chap. 59. les Loix des Lombards, 1. 14. 7. Ditmarus Mersepurgensis, liv. 3. Centuria Chartarum; Goldst. Cent. 58. M. de Caseneuve ajoute, que Saumariis en Gascogne sont les Visinistes : que sommiers sont ces groffes poutres qui portent tout le fardeau d'un plancher : & que sommier d'orgue est un canon musical. Caseneuve.
SOMMIER. Cheval : par corruption pour summier : fait de sagmarius, fait de salma, qui signifie le bât d'un cheval, & qui a été dit au lieu de sagma. Isidore, livre xx. chap. 1. SAGMA, qua Tome II. corrupté vulgo salma dicitur, à stratu sagorum vocatur; unde & caballus samarius, mula sagmaria, Suidas; orygina, vi, qui quis arctiis subm. v. & aquis, v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. Nous nous sommes servis du mot de somme, pour exprimer la charge que porte le sommier. Ainsi nous disons somme de vendange : & en Languedoc on dit saumade de blat. Mais écoutons M. de Saumariis sur l'Histoire Auguste, page 554. SAGMA, in sagmario proprii est mus : vulgo catgam appellamus. Inde sagmate asinum, vel equum, est onerare : & equus sagmatus, onufus. Glossa optima : Sagmat asinum, et c. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v. v.
SOMMIERES. Petite Ville du Languedoc, située sous une montagne appelée Meyre, dont elle prend son nom. Mém. de Fr. sous Charles IX, seconde édition, vol. 3. feuil. 189. b. Le Duchat.
SON. Lat. furfur. Voyez semoule. M.
SONDE. Gr. B. Lat. funis nauticus, qua maris aleixudo explanatur. Les Siguignols disent de même sonda : que Covarruvias dit avoir été dit, quasi facto hunda, sous l'eau. Cette étymologie est ridicule. Sonda a été dit, par corruption, au lieu de funda, fait de fundus. On a depuis transféré ce mot à un instrument de Chirurgien, appellé sonde. M.
SONDER. De fundare. Voyez sonde. M.
SONGER. De somniare. Somniare, sonjare, songe. M.
SONNET. Sorte de Poëse. De sonetus, diminutif de sinus, qui a signifié une chanson Federigo Ubaldini, dans sa Table des mots qui se trouvent dans le livre de Messire Francesco Barberini, intitulé Documenti d'Amore : Come abbiamo da motto, MOTTITTO; così sonetto è diminutivo di suono : pigliando suono per una festa di cantare. Onde il Boccaccio chiama Suono, quella Canzano, che fece Mico da Siena al Re Pieno d'Aragona per la Liza, che è ben di tre stanze, ciascheduna di dieci versi, senza il principio. E Franco Sacchetti disse, Che si cantasse, d'Suoni, o Madrigali. EFERUS - Recherches & Classification numériques E nel Laberinto l'ifesto Boccaccio, Car. 72. Cantoini, Suoni, e Martinate, e simili, più che altra vo leuteri ascoltava. Così, dunque da suono e sonetto, e da motto MOTTETTO. Voyez mes Observations sur Malherbe, & les Remarques de M. Rédi sur son Poème intitulé : Bacco in Toscana, page 110. & 111. M.
SONNET. Rab'ais, livre 4. chap. 43. Autant qu'en fauch-ir pour forger un pet virginal : c'est ce que les Saintimoniates appellent sonnet. C'est-à-dire, un petit son. A Metz, on appelle pet de Nonne, un petit bignet de forme ronde, environ de la grosseur d'une noix. Le Duchat.
SONRE. Substantif féminin. Mot Lorrain, qui signifie un troupeau de cochons. De suum grex. Le Duchat.
SONRIER. On appelle ainsi à Remiremont, le Receveur ou Administrateur des Droits Seignoriaux de l'Abbaye. Mém. Hist. &c. d'Amelot de la Houffaie, tom. 1. page. 13. C'est une corruption de Seigneurier. Le Duchat. SOPHI de Perfe. Volfius de Vitiis Sermonis, page 307. Tulipantum est tegnum lineum subtilissimi operis, quo Turca candidis involvere spiris caput solent. Atque inter alia eo differunt Turca à Perfis, quod cum Turcicus ille habitus superbia sit plenus, Perfa, modestia ergo, jubrant caput velare tegumento de lana consecto. Atque inde nomen Sophi seu sophini datum Ismaëli Erdebiliis filio, qui a Turcica Alcorani Religione recessis, &c. Nam. Arabico sophi est lana. Mais M. Bochart est d'un autre avis. Car c'est suph, & non pas Sophi, qui en Arabe signifie de la laine : & Sophi, qui vient d'une racine toute différente, signifie celui qui est pur en la Religion, ainsi qu'il y a déjà long-terms que Scaliger l'a remarqué en son œuvre de Emendas. Temp. page 400. Teixeira des Rois de Perfe, au livre 1. chap. 14. page 55. En Parfio se llama communemente fufy uno que dexa el mundo, y trata del Servicio de Dios. M. SOPHI de Perfe. Bochart a ralson de dire que c'est souph, & non pas sophi, qui en Arabe signifie de la laine : mais c'est sophi, & non pas sophi, qui signifie en cette Langue celui qui est pur; du verbe sapha, être pur. Ainsi le sentiment de Volfius, touchant l'étymologie du nom de Sophi, pourroit bien au fond être le véritable. Golins, dont l'autorité doit être affurément d'un grand poids dans cette mazière, expliquant le mot souphi, page 1391. de son Lexicon Arabe, ne le dérive point du verbe sapha, être pur; mais du Grec oopic, ou de l'Arabe souph, lana. Voici ses paroles : Souphi, sophus : sapiens & religiosus : sive à oopic ; sive à lana : quod sericum non induis; peculiariter, qui res divinas, & quæ ad amorem Dei spectant, visibilium rerum figuris adumbrat. Unde Rex Sophorum idem qui Persarum est : quod Ismaëli, primus imperantis nunc familia, Sophus talis fuit. La maniere dont ce mot s'écrit en Arabe, qui est Souphi, montre encore qu'il ne fautroit venir du verbe sapha, mais qu'il vient plutôt de souph.
SOPIQUET. Sorte de ragol. Regnier, Satyre 6. Ha Dieu ! pourquoy faut-il que mon esprit ne vaille Autant que cil qui mit les fouris en bataille ! Qui scent à la grenouille apprendre son capet : On que l'autre qui fait en vers un sopique. Pour soupique. De salpicatum, insifé 3 formé de sal, & de pico, dit pour punge. Les Espagnols disent salpicar, pour dire asperger, arroser, gurtis, quasi sale conspergere. Ils disent aussi salpicon, pour de la chair salée, saupoudrée. M.
SORBET, de l'Arabe scharaba, boire. C'est aussi de-la qu'est venu le mot de sirop. Huet. Voyez sirop.
SORBONIQUE. Acte de Théologie, ainsi appellé du lieu où il se fait, c'est-à-dire, du Collège de Sorbonne. Cet Acte se fait tout le long du jour de chaque Vendredi de la Semalne, depuis la S. Pierre jusques au commencement de l'Avent. Touchant le tems de son institution, il y a deux opinions. L'une de Génébrard, liv. 4. de la Chronographie, l'an 1315. Franciscus Maironius, Franciscanus, sub annum 1315. magnanimum illum Actum Sorbonicum introduxit, quo astate per singulas dies Veneris respondetur a quinta matutina ad septimam vespertinam, sine praeside, sine socio, sine praudio & pastu, sine ulla emigratione, in eadem perpetua corporis sede, & animi contentione, donec cunctis opponentibus satisfacitum sit, prafertim Baccalaureis primi & secundi ordinis, qui sunt minimum sexaginta, & argumenta circiter centum agitant. Nam singuli primi ordinis duo texunt. Primus etiam, quem Priorem appellant, novem : facinus inexpertis formidable. At cujus causa nemo haltennis in valentinis discrimen venerit, plores melius habuerint ? sive quia vis audentes divina jense, sive quia mentis contentio non finis cogitare de corpore. Et l'autre, de Ramus en son Discours de la Réformation de l'Université de Paris. De altercationibus igitur & actionibus iam multis maxima pars dematur, Declamationum & Concionum utilitas augeatur. Quinetiam actus reliqui, quod in Scholis jurisprudentia usitatum est, oratione perpetua, id est, ad speciem Theologica & concionatoria utilitatis accommodata, majore ex parte refermentur. At totum contra factum est. Sex perpetuos annos Theologica Schola Quasitionariorum altercationibus personant, principiorum Tentativa, Ordinaria magna, & parva Vesperia. Id satis non fuit. Franciscanus quidam, abhinc annos centum post Cardinalis Totavillai reformationem, clamores quaitionarios amplificavit, totamque diem unum discipulis contra altercantibus respondis, nullo Judice adhibito, prater strepitum pedam & manuum plausum, quo quaitiones altercantium disceptarentur. Hic Actus Sorbonica dicta est, atque in memoriam gloriamque robusti & valentis altercatoris, Franciscanis adhuc prima Sorbonica est concessa. La premiere de ces deux opinions n'a aucun véritable fondement dans les anciens Auteurs, qui ont écrit avant l'an 1452. auquel l'Université fut réformée par le Cardinal d'Erouteville, ni même dans les Regitres de l'Université, ou de la Faculté de Théologie : & le Cordelier Maironius, qui vivait l'an 1315. ne peut avoir institué la Sorbonique. Ça été depuis l'an 1452. que cet Acte de Théologie, suivant la description qu'en fait Génébrard, a été ajouté aux autres que les Bacheliers en Théologie font pour être Docteurs à Paris. Mais il ne s'est EFERUS - Recherches & Classification numériques pas seulement trompé dans le tems de l'institution de cet Acte ; il s'est aussi trompé, en ce qu'il a dit que jamais aucun Bachelier ne s'étoit trouvé mal en le faisant. Les Regîtres de la Faculté de Théologie : *Idae anno* (1470.) *Fraser Petrus Legier*, *Anglus*, *respondis* (de *Sorbonica*) *in secundo loco*, & *duravit disputatio usque ad quartam horam post prandium*; *caliterque fuit in ea fatigatus respondens*, *quod circa horam tertiam coactus fuit capere cibum* & *parum*. Il faut pourtant savoir qu'il se trouve auparavant l'an 1452. quelque mention d'une réponse Sorbonique ; comme dans les Manuscrits de Maître Jean de Courteculle, qui vivait sous Charles VI. Voici ses termes : *Responsio Sorbonica*. *In proposis discretionum voftarum de praeptis & etiam statatis aeterna Legis locutur, verer aliquantum dicere vel proferre*, *unde pudendum*, *unde retractandum seu revocandum*, *supere quod sit contra Scripturam Sacram*, *quod sit*, &c. *Quod si ex ignorantia me*, *ant lapsu lingua*, *distractione*, *seu alias*, *quod abfit*, *errare contingere*, *ex nunc prout tunc revu.o*, &c. *Hac itaque simili proeftatione pramiisa*, *implorato primitus Altrifimi praefio*, *Domini insuper Prioris*, *Magistrorum & Baccalaureorum contra me arguere debentium supportatione caritativa, necon assistentium omnium benevolo anditorio*, *dubium per Dominum Priorem mihi propositum aggredior*, *sub duplici quaftione responsum*. On ne fait pas si cet Acte étoit semblable dans les principales circonstances, à celui qui a été appelé *Sorbonique* après la réformation du Cardinal d'Ecouteville : mais il est bien certain qu'il n'étoit pas du nombre de ceux qu'on faisoit alors, comme on a fait depuis, pour être Docteur. Cet Acte Sorbonique est appelé *Sorbonne* dans un Arrêt du Parlement de Paris donné l'an 1514. pour le règlement des rangs des Licenciés en Théologie. Il y aura quatre *Lefleurs ordinaires du viol & nouveau Testament tous les jours depuis le lendemain de la S. Martin jusques au dernier jour d'Amfi*, *excepté les jours de Dimanche & Feshe, Némuelles*, & *ceux esquels y aura Temative*, *Sorbonne*, *grande ou petite Ordinaire*, *Vespérie ou Maîtrise*. Cette observation curieuse m'a été communiquée par M. de Launoy, Docteur en Théologie de la Faculté de Paris. *M.*
SORBONNE. Maison de Théologiens de Paris : ainsi appelée de Robert de Sorbonne, ou de Serbonne, Aumônier de S. Louis. Guillaume de Nangis : *Fiorebant tunc Parifis insignes Theologi*, &c. & *Magister Robertus de Serbona*, *qui Scholores Parifis confituit Serbonenfés*. Voyez Papyrius Maffo, dans la Vie de S. Louis. L'axymologie de Brechaux (a) est ridicule. *Non à Sorbendo*, dit-il, *ut quidam*, &c. *sed quid in ea probi* XII. *viri sortem bonam elegeriat*. C'est sur la Loi 92. de *Verborum significatiore*, page 201 (b). Ce Robert fut appelé de *Sorbonne*, du village de Sorbonne, lieu de sa naissance, dans le Diocese de Reims. En ce tems-là, la plupart des gens de lettres prenoient le nom du lieu de leur naissance. Rabelais 2. 23, a dit *Sorbonne*. En un *gouffre horrible*, *puant & infelé plus que Méphites*, *ny la Palus Camarine*, *ny le punais Lac de Sorbonne*, *duquel écrit Strabo*. Il y a dans *Strabon*, liv. 1. *M$^{o}$* (a) Joannes Brechaux *Turopenfis*, ad Tim. Pandect. *De verborum significat*. Lugduni, 1596. in-fol. (b) Voifum est tombé dans une autre erreur, quand il a dit que la Sorbonne avoit été fondée par Robert, fils de Saint Louis. *De Vitis Sermonis*, l. 1. c. 33. p. 148. *Zofanie* ; & livre XVII. *M$^{o}$* *Zofanie* : ce qui donne sujet de croire que Rabelais avoit écrit *Lac de Sorbonne*, suivant la prononciation du petit peuple de Paris, qui dit *la Sorbonne*, au lieu de *la Sorbonne*. Il me reste à remarquer que du nom de baptême de Robert de Sorbonne, on a appelé ROBERTINE, un Acte de Théologie qui se fait en Sorbonne. *M.*
SORBONNE. Personne n'ignore que la célèbre maison de Sorbonne a été ainsi nommée de son Fondateur Robert, appelé Robert de Sorbonne à cause du village de ce nom où il étoit né, au Diocese de Reims. Les ignorans, au lieu de *Sorbonne*, ont coutume de dire *Sorbonne* : & du tems de François I. les amateurs des Belles Lettres, pour se moquer des Théologiens leurs adversaires, se jouoient sur le nom de Sorbonne ; les uns le dérivant à *Sorbendo*, comme *Erasme*, dans son *Convivium profanum* ; les autres, comme *Budé*, *qui vit M$^{o}$* *Zofanie* ou *Zofanie* ; dont parle *Strabon*, qui, livre 16. confond mal ce Lac avec celui de Sodome. L'endroit de *Budé* est dans une de ses Lettres à *Erasme*, qui est la 2. du 5. l.v. *Exprimere neque*, lui dit-il, *quam tuum nuper me feceris*, *poteaquam Epifolam tuam accepi*. *Reddiderat illam invenit is*, *quem mihi commendati*, *Sorbona nunc agente*; *m$^{o}$* *Zofanie* ; & *Zofanie* ; & *Zofanie* ; &c. Dans les dernières impressions des Lettres d'*Erasme*, parmi lesquelles se trouve celle-ci de *Budé*, on a très-mal à propos sub-ditiné *Zofanie* à *Zofanie*. Le sens naturel de *Budé* est, que la *Sorbonne* devoit être appelée *Sorbone*, par rapport au Lac ainsi nommé. Rabelais, moins scrupuleux, voulant, chapitre pénuitième du liv. 2. euchérir sur cette pensée, ne s'en est pas tenu à la simple allusion, mais a dit sans façon Lac de Sorbonne, & qui plus est, a effrontement cité là-dessus *Strabon*, comme son garant. *Glafiure sur les Noels Bourguignons*, au mot *Sorbonne*.
SORCIERE. De *Sortaria*. Les Capitulaires de Charles le Chauve, tit. 39. §. 7. *Auditimus quid malefici homines & sortaria per plura loca in nostro regno insurgunt*. *Bigordus* sur l'an 1194. *Ipse Rex*, *ut dicitur*, *malefecis per Sortiaris impeditus*, *uxorem tam longo tempore capitam*, *exofam habere capit*. Voyez ce qu'a dit M. Ménage sur le mot *Sorciere*. Caleneuve.
SORCIERE. De *Sortaria*. Les Capitulaires de Charles le Chauve, page 145. *Et quia audivimus*, *quid malefici homines*, & *Sortaria*, *per plura loca in nostro regno insurgunt*. Le P. Sirmond sur cet endroit : *Ita nunc etiam apud nos Striga ac Malefica vocantur*. *Hincmarus de Divertio Lotharii ad xv. Interrogationem* : Alii potu, alii autem cibo à *Sortiaris* dementati, alii vero tantum carminibus à *Strigis* fascinati. *Citarus & ab Ivane P. VIII. & CXXIV. & à Gratiano XXXII. Quas. 1. Can. Si per Sortiaris atque Maleficas, ex Hincmaro eodem, sed operis nomine fuppresso*. De *Sortaria*, les Bifcains ont aussi fait *Sorguigna*. *M.*
SORET. On appelle ainsi les harengs qu'on fait sécher à la fumée un peu sales; à cause de la couleur qu'ils prennent. Car les Goths appellent *for*, la couleur jaunâtre tirant sur le noir, selon la remarque d'Adrianus Junius, dans son *Nomenclator*. *In Batavia*, dit-il, *soretum*, *voce Gothica*, *Galli id genus nuncupant*; *quod subrufus ad atrum accedens coler ea Lingua sorus vociter*. J. C. Scaliger, Q991 EFERUS : Recherches & Classification numériques S O R. S O T. Exercit. 116. Soret vocatur in Gallia, vocabulo Gothico, qui etiam in equino pilo mansit apud Italos. Subruffum enim sorum vocant. Ita conditos pifces ab aris colore splendido calchidas appellarum Veteres. Caſeneuve. S O R E T. Haran foret. Par corruption, pour ſauvo; diminutif de: 'Italien ſauvo. Sauro, ſau-rette. SORT. Saur. est une couleur rouſſâtre. Les Italiens diſent pel ſauvo du poll alézan des chevaux. Jules Scaliger, dans ſon Exercitation 116. a. contre Cardan, dit que ce mot est un mot Gothique. Salitus, & ſumo caſſigatus, (il parle du haran) à colore, forel vocatur in Gallia, vocabulo Gothico: qui etiam in equino pilo mansit apud Italos: ſubruſſum enim ſorum vocant. Ita conditos pifces ab aris colore ſplendido calchidas appellarum Veteres. Gabriel Naudé, dans ſon de Studio Militare, page 610. a dit la même choſe. Haleces, partim murle-tici, partim etiam ſoreti, qui in ſumario ſuſpenſi tamdiu perdurunt, donec auri, vel potius aris, colore contraxerint: Unde Galli noſtrates, voce Gothica, Soretos eos nuncupant: quod, teſſe Hadrianu Junius, ſubruſus, & ad atrum accedens color, ea lingua ſorus vociterur. Voici les termes d'Hadrianus Junius, qui ſont de ſon Nomenclator: In Batavia foretum, voce Gothica, Galli id genus nuncupant: quod ſubruſus ad atrum accedens color, ea lingua ſorus vociterur. M. Ferrari, dans ſes Origines Italiennes, veut que ſauvo ait été fait de ſubruſo, de cette maniere: ſubruſo, ſabro, ſauvo, SAURO. Si ce mot avoit cette origine; ce que je ne crois pas; il auroit plutôt été formé de cette ſorte: ſurruſus, ſurruſus, ſurruſettus, ſurveſtus, ſurveſtus, SORT. Le petit Vocabulaire Latin-François, publié par le P. Labbe: ſURRUſUS, foret, roucelot. Voyez ci-deſſus ſauve & ſaurir. M. S O R N E. Subſtantif ſéminin. Le ſoir, Sleidan, liv. 6. ſur l'an 1529. page m. 198. Ce jour, ſur la ſorne. De ferotina, en ſous-entendant dies. Ce mot, en cette ſignification, a été auſſi employé par Paſquier, liv. 4. chap. 14. de ſon Catech. des Jeſuites: & précédemment déjà dans ſes Recherches, liv. 8. chap. 34. Le Duchat. S O R N E T T E S. Ce mot n'eſt pas nouveau dans notre Langue. Villon, dans ſon Grand Teſtament: Je lui envoie ces ſornettes. Dans la Farce de Batelin, vous trouverez ſorner, pour dire des ſornettes. ¶ Voyez Henri Etienne, dans ſon Dialogue du Nouveau Langage François Italianſé, page 136. Je ne ſais d'où vient ce mot. Ne viendroit-il point d'abſurdum? de cette maniere: abſurdum, abſurdinum, ſurdinum, ſordinum, ſordinetum, ſornetum, ſornetta, SORT. M. S O R N E T T E S. Du Bas-Breton ſorhen, radoterie: ſorhenni, radoter. Huet. S O R N E T T E S. Ce ſont proprement des contes, comme ceux dont Bouchet a compoſé ſes Sortes. Ainsi ſornette est un diminutif de ſorne, fait de ſerotina; & Ventend des contes qui ſe ſont aux veillées, entre gens qui veulent ſe délaſſer des occupations du jour. Le Duchat. S O R T E. Parce que non-feulement la condition des hommes qui vient de la naſſance est une choſe fortuite, mais encore celle qui vient d'ailleurs, les Latins ont quelquefois pris ce nom pour condition: d'où vient qu'ils appellent conſortes, ceux qui ſont de même condition & de même fortune. De ſors nous avons fait ſorte, qui ne ſe dit pas ſeulement de la condition des perſonnes, mais de toutes choſes. Ainsi diſons-nous, toute ſorte d'animaux, toute ſorte de marchandises; & ainsi du reſte. Caſeneuve. S O R T E. maniere. De ſorta, dit pour ſorte, ablatif de ſors, ſortis. Grégoire de Tours, v. 18. parlant de Pratextatus, Evêque de Rouen: Nam & cum vos mihi opus optimus & res alias prabrotis, nomquid aliud facere niſt & ego vos ſimili ſorte remunerarem? Properce, livre 3. page 181. de l'édition de Scaliger: Idem non ſruſtra ventoſas addidit alas, Fecit & humana ſorte volare Deum. C'eſt ainsi que M. Guyet lit en cet endroit, au lieu de humano corde volare Deum. Les Italiens diſent ſorta & ſorte en la même ſignification. M. S O R T I R. Robert Etienne, en ſon Dictionnaire, dit qu'il eſt formé de ſoras ire. Caſeneuve. S O R T I R. Lat. exire. De ſortire, fait de ſortus, contraction de ſurveſtus. Pompeius Feſtus: ſurregit & ſortus; pro ſurrexit & ſurveſtus. Ce mot s'eſt dit originellement de ceux qui étant aſſis, ſe levoient pour ſortir. ¶ Robert Etienne n'a pas bien rencontré, diſant que ſortir a été fait de ſoris & d'ire; aller dehors. M. S O R T I R. Comme quand on dit, la Sentence a ſorti ſon effet. De ſortiri. Si de momentanea poſſeſſione fuerit appellatum, lata Sententia fortitur effectum. C'eſt un texte de Droit. M. S O T. Un étourdi, & qui ne fait ce qu'il fait. Je ne ſais ſi je dois haſarder de dire, qu'il vient de ſourrit, en retranchant la lettre a. Car ce mot ſignifie proprement celui qui ſe pouvant ſauver & ſe garantir, n'en veut rien faire; qui eſt à vrai dire, être bien ſot: & il vient de euſuis, qui ſignifie ſauver & garantir. Toutefois on en a étendu la ſignification à toute ſorte d'injures. Le vieux Gloſſaire: ſourroc, gancarius, laſcivus, luxurioſus, prodigus, profuſus, ſumptauſus, bellus, exulatus, balatro. L'Histoire de la Fondation Monafterii Caſauvensis, liv. 2. parlant d'une montagne appelée Sori: Unus eorum, quoniam in ſummitate ſui eſt ducus & aſper, ab aſperitate vocatur Mons Soti. Caſeneuve. S O T. Cujas, ſur la Loi 3. au Code. Qui accuſare non poſſunt, le dérive affirmativement du Syriaque ſote, qui ſignifie ſou. Sed a Chriſſianis plus exigitus ab eo ipſo qui nos Chriſſianos fecit: ut nec quidem dicat, frater, frater, uupi, id eſt, ſtulte: quod Syriacā Linguā dicitur ſote: Unde procul dubio traximus noſtrum soti: & ne etiam dicat racā, quod eſt uavi: id eſt, ſtultus homo: vel follis; ut in noſtro idiotiſmo, ab immanitate ventoſi follis, dicimus nos vol. Daniel Heinſius dit la même choſe dans ſes Exercitations ſur Saint Mathieu, chap. 2. mais non pas affirmativement. non ſote: unde & fortaſſe Galli ſuum soti: ut ab illo noſtrum nos formamus. Et Claude Mitalier, dans la Lettre à Jerôme de Châtillon, Préſident de Lyon, imprimée à la fin des Hyponnéſes de la Langue Françoſi de Henri Etienne, dit auſſi que notre mot soti eſt d'origine Ebraïque. SOTTUM, dit-il, Galli ſatum ac ſtolidum vocant: quod nonnulli a Graco & deducunt. Quantò proclivius fuit id ab Hebrao vſhot deducere? Selon moi, il vient de l'Italien ſtulso. Stolto, ſolto, soti: comme ſtolt, de • EFERUS – Recherches & Classification numériques S O T. S O U. flutus : & ROT, de rufus. On en a ôté le T : comme en SAISON de flagione. Ce mot de for, au reste, est très ancien en notre Langue : ce qui paroit par le conte qu'on fait de Jean Erigène Scot, & du Roi Charles le Chauve. Rex, cum Magistrum Joannem vidifet quidam egiffe quod comitatem Gallicanum offendere videreur, increpavit cum satis urbanis, dicens : Joannes, quid distas inter Scotum & forum : Ille respondit : Mensa tamum. Sicque comicicum retulit in auctorem. Interrogaverat Rex de morum differenti fludio : respondit Joannes, de loci distanti spatio. Cette Histoire est aussi rapportée par Roger de Hoveden, & par Guillaume de Malmestour : & Théodulfe, Evêque d'Orléans, y a fait allusion, au livre 3. de ses Poesies; où, parlant d'un certain Scotus, il dit : Cui si litterulam, qua est ordine tertia, tollas, Impe fecunda fua nomine fortis sedet; Qua sonat in cœlo prima, & qua in scando secunda, Tertia in Ascensu, quarta in Amicitis; Quam satis offendis pro qua te littera salvi Utitur, haud dubium, quod sonat, hoc & eris. Le Pere Simond sur cet endroit de Théodulfe, QUOD SONAT, HOC ET ERIT : stolidus videlicet. Scotus enim, si C litteram eximas, sit sottus : qua vox jam tum bardum & stolidum significab. Carmine 3. hujus libri ad Angilberum : hic Scotus sottus. Quo genere cavilli appetitum similiter a Cœrio Calvo ferunt Scotum alterum, Joannem Erigenam : sed Erigenam acuto responso ciuffe. De hoc autem Scotto, sive Scotello, quem iterum postea vexat, fueritne is Joannes Scotus, quem una cum Alcunio in Galliam venisse tradunt, non habeo quod adfirmem. M. S O T. Du Saxon for : foeth, foote, qui veut dire fatuus, hebes, flutus, excors : d'où l'Anglois a for, de même signification. Le Duchat. SOU à pourceaux. C'est ainsi que nous appelons en Anjou une étable à pourceaux. De suite. Les Glofes anciennes : oquis, suite, hara. Ou de sudis : qui se trouve en cette signification dans la Loi Salique. Voyez le Glossaire de François Pithou sur la Loi Salique. M. S O U : Lat. satur. De satur. Satur, saturus, saturulus, saturus, saulus : d'où l'italien saulus ; & le François saul, qu'on prononce présentement sou. Le Latin satur a été fait du Grec à la. Ado, sato, saulus, satiare, &c. M. S O U : forte de Monnoie. De solidus : mot de même signification. Solidus a été fait de 12. Voyez Soldat. M.
SOUBARBADE. Rabelais, livre 3. chapitre 36. Fon de soubarbade. L'Advis & Remonstrance, &c. de six Paysans, 1615, page 20. Il est indubitable que la Noblesse est le cœur de cet Eforat : aussi a-t-elle tenu de grande privilèges sur le commun. Mais voicy une soubarbade à l'infolence : ce n'est pas pour elle seule ; c'est pour le bien public. Subarb, d'où soubarbade, dans Oudin, c'est une museliere. Et soubarbade dans l'Advis, &c. est une espèce de caveçon pour referer ceux qui follement voudroient se méconnoître dans leur condition. Le Duchat.
SOUBREQUART. Rabelais, 3. 19. Et pour soubrequart ayons notre état le Philosophe Troutologan. Dans les mers du Levant ce mot signifie un Soupilote. M.
SOUBREQUART. Peut-être pour souplequart ; c'est-à-dire, supplément d'un quatrième : comme en soubrequart, que Pâquier, livre 8. chap. 62. de ses Recherches, dérive de souplequart. Rabelais a dit de même sublet, pour un saut fait avec souplesse. Ainsi soubrequart signifieroit à peu près la même chose que quart d'abondant, & quart en joc. Dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin, soubrequart est interprété surio, ajustante. Le Duchat.
SOUBRESAUT. Pâquier, VIII. 62. veut qu'on ait dit soubrequart, par corruption, pour souplequart. M.
SOUCHE. Peut-être de l'Alleman stoc : d'où estoc. Voyez estoc. Stoc, stoca, stouche, souche. Ou du Latin codex pour caudex. Codex, codicis, codicus, cocus, coca, chouche, souche. De codicestus, diminutif de codicus, nous avons fait de même chouquet, pour un billot. Voyez Chapuis. M.
SOUCHE. De sublica, d'où, avec beaucoup moins de vrai-temblance, Voffius le fils, sur Catulle, tire jolive, mot formé de joie, qui anciennement signifioit la même chose. Glossaire sur les Noëis Bourguignon, au mot Suche.
SOUCHET. Plante. De junctus, diminutif de junctus : à cause de sa ressemblance à un jonc : pour laquelle les Italiens l'appellent giorno oderato ; & les Espagnols, juncta oderosa. Cette étymologie ne me déplait pas. M.
SOUCI. Cette fleur, que les Latins appellent caltha, est appelée souci, selon quelques-uns, comme qui diroit solisequium, parce qu'elle s'épanouit au lever du soleil, & se referte quand il se couche. Toutefois j'oserais affurer qu'à cause de sa couleur jaune, elle a été ainsi appelée de succinarum, mot dérivé de succinum, qui signifie l'ambre. Le Glossaire de Papias : succinatum, suivi coloris. Caseneuve.
SOUCI. Fleur. De solisequium, qui se trouve dans le Capitulaire de Charlemagne, de Villis proprius. Les Grecs l'ont appelée de même absorpiens, & les Italiens girasole. M. Huet dérivait souci de solititum : & le Pere Labbe, page 141. de la seconde partie de ses Etymologies, veut que cette fleur ait été ainsi appelée, parce que se tournant toujours du côté du Soleil, il semble qu'elle soit en un perpetuel souci, peine, & ansitée. M.
SOUCI. Nous appellons ainsi tout ce qui peut affliger un esprit. Et nous disons que celui qui s'inquiète beaucoup, est soucieux ; & que ceux-là ne se soucient de rien, auxquels les plus grands déplaisirs sont indifférens. Tous ces mots viennent du verbe sauciare, qui signifie bleffer. Car quoique ce mot ne s'entende communément que des bleifures du corps, il est bien souvent employé par les bons Auteurs pour les déplaisirs & les inquiétudes, qui sont comme les bleifures de l'âme. Virgile, livre 4. de l'Éneide : At Regina gravi jamdudum sancia curâ. Cicéron, dans l'Oralion pour Cœlius, rapporte ces paroles d'un ancien Poète : Medea amore seva sancia. Ce qui confirme davantage mon opinion est l'ancien Glossaire d'Anfilleum, Evêque Goth, où j'ai lu : Saucius, tristis. Caseneuve. SOUCI : pour chagrin. De sollicitum. Ancien- EFERUS - Recherches & Classification numériques nement nous difions soucieux, pour favant & fluidieux. M. de Saumalise sur l'Histoire Auguste, page 417. Parnum nostrorum avo, curiosus, pro multarum rerum perito dicebatur. Ita enim habet vetus quadam Praxatio, Romanensi ut vocant, lingua conscripsa, & verifoni Aristotelici cujusdam operis pro-fixa: Cest Livre compassa Aristotes, que li plus fuft fouties des Philolophes: & ce fit-il à la re-queste li Roy Alexandre. Sed & aliis locis sou-cieux, hoc est curiosus, pro duelo & literarum flu-diofo, usurpar. ¶ Ou de Saucium. Nouius Marcel-lus, de Variis significationibus Sermenis: Saucii di-cuntur proprii vulnerati: non mofti, ficus vult con-fuetudo. ¶ Saucius, Saucium, socium, souci: Sau-ciare, sociare, soucier: Sauciosus, socius, sou-cieux. Virgile: At Regina, gravi jamdudum saucia curâ. Je suis pour la premiere etymologie. Charles de Bouvelles s'est apperçu de cette etymologie. Souffi, dit-il, quasi soulci. Vox multum corrupta; à folli-citudine deducta, geminis L.L. labentibus in U vo-calem. Le Pere Labbe a aussi fort bien dérivé ce mot de sollicitum. M.
SOUDAIN. M. Lancelot le dérive de villou, qui dans Hésychius est interprété par voxius, c'est-à-dire virement. Il vient de subitaneum. M.
SOUDAN. Prince Mahométan. Le Soudan d'Egypte. Nous avons fait ce nom par corruption de Sultan, mot Arabe qui signifie Seigneur, Prin-ce, Roi, Souverain. Voyez ci-dessus Sultan.
SOUDEE. Le poids d'un fou; comme denrée le poids d'un denier. Perceforest: Car plus cher avient à gaigner une foudée d'honneur que cent li-vres de chevaux. C'est, comme on dit encore, le poids d'une dragme, ou d'un écu d'or. Le Du-chat.
SOUDER. Parce que par le moyen de la foudure, la chose qui étoit disjointe devient foli-de; de folidus on a fait le verbe folidare, d'où nous avons fait souder. Geoffroy de Vendôme, Opus. 7. De Arca Faderis: A.s etiam in taberna-culo cum auro & argento folidamus. Caïeneuve.
SOUDER. De folidare. Le vieux interprète de Juvénal sur ce vers, Quafatem, & rupto poscentem sulphura vitro: Quia hoc solent vitrum folidare, id est, maithare. Voyez M. de Saumalise sur Solin, page 1096. M.
SOUDRE. De solvere. M.
SOUEF. De suavis. M.
SOUER. Les Payfans de Poitou appellent foure, ce que les Latins disent subare. Et il est indu-birable que ce foure a été fait de subare. M.
SOUFFLET. C'étoit proprement l'action de celui qui en fouillant enfle les joues. Et parce que d'ordinaire on fait enfler les joues aux enfans & aux valets qu'on veut frapper sur cette partie du visage, on a appelé indifféremment fouillet, toute forte de coup donné avec la main étendue sur les joues. Camden, dans sa Bretagne, rapporte d'un vieux livre, qu'un certain Baudouin, surnommé le Peteur, devoit faire tous les ans à la fête de Noël devant le Roi d'Angleterre, pour la rede-vance de certain Fief, unum saltum, unum suffet-tum, & unum bombulum. Ce que Camden expli-que en ces termes: Ut saltaret, buccas cum sonito infaret, & ventris crepitum ederet. Caïeneuve.
SOUFFLET. Lat. colaphus. De sufflatus. Vo- fus sur Catulle, page 119. Simili ferè ratione à barbaris gentibus, eorumque pofferis, usurparum bu-fonis vocabulum, de scurris qui viii lucello faciens exponunt, ac tumentibus genis colaphos excipium. Hinc buffam, & buffetonem vocant alapam. Sed & sufflatus dicitur: quod sufflare jubeantur, prius-quam impingatur colaphus. Voyez bonfou ci-dessus, & sacboute. Un Auteur anonyme, parlant de Bau-douin le Peteur: Debuit facere die Natali Domini, singulis annis, coram Domino Rege Anglia, unum saltum, unum suffet-tum, & unum bombulum. C'est-à-dire, selon l'interprétation de Camden, ut sal-taret, buccas cum sonito infaret, & ventris crepitum ederet. Nous appellons depuis quelques années fouillet; une petite chaise roulante; de sa ressemblance à un fouillet avec lequel on fouille le feu. M.
SOUFFRANCE. Ce mot est venu du Latin-Barbare sufferentia. Gille Moine d'Orval, dans son Histoire des Evêques, chap. 36. Laudabilis suffe-rentia frutum opposuit incommodo. Caïeneuve.
SOUFFRIR. De sufferire, fait de sufferre. M.
SOUFRE. De sulphure, ablatif de sulphur. Sulphur a été fait de sulper, qui, selon le témoi-gnage de Pafferat, dans son Livre de la Permutation des Lettres, page 115, se trouve dans les anciennes Epigrammes. M. Guyet croyait que sul-per-avoit été fait de Saumalise. M.
SOUHAITER. Robert Etienne croit que ce mot est un composé de l'ancien mot haiter, qui signifie plaire & agréer. Cependant je trouve que nos anciens François écrivaient foudshaidier. Jean de Meun, dans son Testament, qui est dans la Bibliothèque du Collège de Foix à Toulouse: Ne qu'on peut penser, ne foudshaidier, ne dire. L'Hist. du Connétable du Guéclin, ch. 5. Et foudshaidierent qu'il pleuf à Dieu que il tenait le remenant. Ce qui m'oblige en quelque façon à croire qu'il est plutôt composé du verbe aider; ou, comme prononcent les anciens, aidier: parce que désirer du bien à quelqu'un, c'est le foud-aider, c'est-à-dire, lui pré-tur un tacite fécourt du désir & de la pensée. Com-me dans les Notices des deux Empires, il y a un Officier fubalterne appelé Subadjuvia, & un autre appelé Adjutor. Caïeneuve.
SOUHAITER. De suboptare: Ogn A; comme en hait, d'odire. Voyez ci-dessus hait. Lipse ce-pendant, dans le petit Dictionnaire Germanique, inféré dans la Lettre 44. dans la troisième Centurie de ses Lettres ad Belgas, le dérive de l'ancien Alleman heitinga. Heitinga, vota: hodio Galli foudhatter, composit. Les Allemans disent geboir, pour dire foudhait: ce qui favorifoit, en quelque façon, l'opinion de Lipse. M.
SOUIL. C'est ainsi qu'on appelle le bourbier dans lequel le sanglier se veut. De suile. M.
SOUILLARD. Nice: Souillard est le nom d'un chien qui fut le premier de la race des chiens courans blancs, dits Bauds, surnommés Greffiers, qui sont en France: lequel fut donné par un Gentil-homme au Roy Louis XII. par luy, au Sénéchal de Normandie. Dès-lors on commença à luy faire couvrir lyces, & en faire race. Duquel, & d'une lyce em-mée Baudé, appartenant à Madame Anne de Bour-bon, fille dudit Roy, yssirent quinze ou seize chiens Bauds; & entr'autres, six d'excellence; Cierault, Joubart, Miraut, Marteau, &c. Hoyse la bonne lyce. Depuis, la race s'est augmentée en France. Voyez fouiller. M. EFERUS - Recherches & Classification numériques
SOUILLE. C'est ainsi que les Angevins & les Manceaux appellent une taye d'oreiller. M.
SOUILLE. Suile, saillare, SOUILLE. Et de-la, fouillon & fouillard. Voyez Nicot. M.
SOULAGER. De folastari. Dans la Chronique de Cambray, liv. 3. chap. 52. Mercimoniis Velligatium folactantur. Caïenceuve.
SOULER. Les anciens Latins disolent fatullare, au lieu de farerare. Nonius Marcellus, rapporte ce passage de Vairon, avei nigrum: Neque in pulvere michico coquam carnes, quibus fatullum corpora ac famem ventris. De fatullare, les Languedociens ont fait fadoula; & les François, par contraction fouler: comme rouler, de rutulare. Caïenceuve.
SOULEVER. De fublevare: d'où les Espagnols ont aussi fait foliviar. M.
SOULIER. Lat. calcem Baif, dans son de Re Velfiaria, le dérivoit de solea. Solea vero, à qua vulgaris nofter fermo profetis est; un foulier; obfragula non habebat; sed tantum quibusdam ligamentis, fine ligulis, quas anfas vocabant; des coutoyes; fuperiuri pedis parti obvinciebatur. Cujusmodi sunt hac calciamenta, qua vulgus vocat fouliers à l'Apostolique: quod iis calciari Apostoli Domini pingi soleant, dit Charles Etienne, dans son de Re Velfiaria libellus, ex Bayfo ex erpius, page 18. qui est une étymologie assez vrai semblable. Solea, folearis, SOULIER. Solearius, pour un Cordonnier, se trouve dans les Glofes anciennes: mais cette étymologie n'est pas véritable. Soulier vient de futilaris, ou plutôt de fubtalaris, ou fubtalaris, ou fubtalaris. Jean, Moine de Marmoutier, dans la Vie de Geoffroy le Bel, Comte d'Anjou, liv. 1. Sutularis, in fuperficie leunculos aureos habentis. Dans les Statuts de Hugues, Abbé de Clugny: futilares corrigitari: c'est-à-dire, des foulieres a courre. Dans le Concile d'Aix, en l'année 817. au chapitre 22. ils sont appelés fubtalaris. Calciamenta diurna patria 2. fubtalaris per nottem in aflate 2. in hieme vero focos. Jean, Moine de Clugny, au livre 2. d'Odon, ou Eudes, second Abbé de Clugny, colonne 40. Certé, cum vidifio quidem Monachum, nimium arrogantem, pradiflum Fratrem nostrum, nostra consuetudine sous abluere fubtalaris; irà permotus, rupto silentio, capis dicere: Dic mihi in quo loco Sanctus Benedictus praecptis Manachis, sus lavare fubtalaris? D'autres ont dit fubtalaris. Ordèric Vital, livre 8. page 682. Ipse nimirum (Fulco), quia pedes habebat deformes, instituit sibi fieri longos, & in fummiare acutifimos fubtalaris: ita us operiter pedes, & eorum celaret tubera, qua vulgo vocantur imiones. Infobitus inire mos in occiduum orbem procefis; levibusque & novitatum amatorius vehementer placuit. Unde fures in calciamentis, quasi caudas scarpionum, quas vulgo spigacias appellant, faciunt. Idque genus calciamenti parò cuniti divires & regni nimium expectunt. Nam anteà omni tempore rotundi fubtalaris ad formam pedum agobantur: eifque fummi & mediocres, Clerici & Laici, comperenter uvebantur, &c. Mais écoutons M. de Saumafie touchant l'étymologie de ce mot. Subtelares porro etiam Latini vocarum hujusmodi calciamenta, qua calces plantarum infima regebant. Nam fubtel Prifciano est infima pars pedis. Inde fubtalaris, vel fubtalaris, calcei genus, quod fubtel dumaxas regebat. Ifidorus: Talares calcei, focci funt; qui & Inde nominari videntur, quod talum contegant: unde fubtalaris, qui fub talo pedum funt; quasi fubtalaris. Ita legendus ille Ifidori locus ex veteribus libris. Sed fallitur: nam fubtalaris, five fubtalaris, ut potius feribi debet, ab ea parte pedis vocati, qua fubtel dicebatur. Inde vox Gallica foulier. Infima aatis Scriptures variè hunc vocem extulerunt, & corrupent: modo fubtalaris vocando; modo, fubtalaris, & futilares: atque etiam futilares. Voyez Voffius, dans son de Vitiis Sermonis, page 615. & M. du Cange, dans son Glossaire Latin. M.
SOULLE. Jeu. Rabelais, liv. 1. chap. 22. A la foulle, à la navette. C'est à se barbouiller, à se fouiller. C'est ainsi qu'à rendu ce mot le Traducteur de Rabelais en Anglois. Le Duchat.
SOUPAPE. Machine, qui fert à empêcher que l'air & l'eau, après avoir paffé par des conduits, ne retournent. On s'en fert dans les foufflets & dans les pompes. Voyez M. Régis, dans son Dictionnaire des Termes propres à la Philosophie; & M. Richelet, dans son Dictionnaire de la Langue Française. Je ne fais d'où vient ce mot. M. le Gros, Curé de Droué, le dérivoit d'oro-mou, Jubraho, fublaco. M.
SOUPE. On appelle ainsi le pain trempé dans le potage. Ce mot vient de l'Alleman fup, qui signifie potage, bouillon. Le Dictionnaire Alleman-Latin de Dalypodius: Supp, bruhe, jus, jusulum: Suppe, offa jusculata: Suppen, forbere. Caïenceuve.
SOUPE. M. Guyer le dérivoit, ou d'offa (d'où Covàrruvias dérive aussi l'Espagnol fopa), ou de fapa. Les Glofes anciennes: Sapa, fupua. Il vient de l'Alleman fup, mot de même signification. Voyez M. de Caïenceuve. De fup, on a fait fupper, que Charles de Bouvelles dérive, contre toute forte d'apparence, de fupper, ou de forbere. M.
SOUPE. En Bas-Breton fouben. Peut être du Latin offa. Huet.
SOUPE. L'Alleman fup vient du Saxon fupan, patare, forbere, d'où l'Alleman fauffen, boire. L'Histoire de Charles VII. dite de la Pucelle d'Orléans, page 510. de l'édition du Louvre de 1661. Mais elle (la Pucelle) se feulement mettre du vin en une taffe d'argent, ou elle mit la moitié d'eau, & cinq ou six fupes dedans, qu'elle mangea. Il fupes ce sont des tranches de pain, qui ont humé le vin où on les avoit trempées. De-là vient le mot Meffin fupes d'ores, dans la signification de ce qu'on appelle ailleurs croates d'ores; qui sont des tranches de pain mollet trempées dans du lait & des œufs battus ensemble, & puis frites dans du sain-doux. Anciennement le mot fup signifiroit simplement les tranches de pain destinées à être trempées dans le bouillon du pot. Il y en a plusieurs exemples dans nos vieux Romans, entr'autres dans Perceforest, où même ce mot se lit toujours au plurier, & signifie au singulier chaque tranche de pain destinée au potage. Le Duchat.
SOUPE. Ce mot est d'origine Teutonique, & peut-être même Celtique. Wachter, dans son Glossarium Germanicum, page 1650. SUPPE, quaternes est verbale à fupfen forbere, signifceur omme forbile. Sommerus, in Dictionario Anglo-Saxonico: Sipan, fupan, fupan, forbere, forbillare; fupferfubillum. Verelius, in Indice: Suppa jusculum. Et ensuite. SUPPE, offa. Boxbarnius, in Lexico Ant. Bris. foppen, fouben, offa. Proprié est omnis cibus humeditatus, vel humeditando coitus, & cum jusculum appofius, a fupfen macerare. Benfantus, in Vocab. Anglo-Sax. fupan macerare, fupvella offarum fons. EFERUS - Recherches & Classification numériques A fuppe rursus fu fupfen vario significatu. Guthis etiam fupan est condire, id est offam facere. Luc. XIV. 34. Gullis fouper canare, id est offam capere.
SOUPENTE. Petite confitruction pratiquée entre deux planchers pour la commodité d'un appartement. De fuppendee ou fuppendee.
SOUPLE. De fupplex. Le Dictionnaire Latin François publié par le Père Labbe : SUPPLEX, fupplex. M.
SOUQUENIE. Sorte d'habit. Succania se trouve en cette signification dans les anciens Statuts de l'Hôtel-Dieu de Paris. Sorens habebunt singula tres camissas, & tres succanias talares. C'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas fuscamas. Du tems que ces Statuts furent faits, on ne mettoit point de points sur les i : car il n'y a que deux cens ans qu'on y en met : ce qui a été très-véritablement remarqué par Dom Jean Mabillon, dans ses Diplomatiques : & c'est pour cela que quelques-uns ont lu dans cet endroit de ces Statuts fuscamas, au lieu de fuscamas. Voyez fupenie. Voyez auffi M. du Cange, dans son Glossaire Grec, au mot eucania. M.
SOUQUENIE. Il faut qu'on ait dit auffi cania, dans la signification de fuscama, puisque canie se trouve pour fouquenie, dans ce passage pris de la cent dix-huitième des Histoires Tragiques du Bandel, traduites par Belleforest : Ainsi Apollonie entre, dépouille fin roquet, & canie de pofcheur. Et au liv. 1. d'Hérodote, fol. 71. v. de la Traduction de Pierre Saliat : Ils portent premierement une canie longue jusqu'aux talons. Dans le Roman de la Rose, fol. 8. v. on lit furquenie, auffi pour une sorte d'habit : de sorte que fouquenie & furquenie pourroient bien être deux cottes, l'une de desfous, l'autre de desfus; ou, comme on pourroit dire, un fuscot & un furcot. Canie, qu'on lit dans le Bandel, peut venir de cota, dit pour croce, en cette maniere : cota, cotania par production, cania, CANIE. Le Duchat.
SOURCE. Du Latin-barbare inutile furgicia, fait de furgere. Voyez fourdre. On trouve fourcer, pour fourdre, dans les anciens Ecrivains. M.
SOURCIL. De fupercilium. On prononce fourci. Et il y a long-tems qu'on prononce de la sorte. Joachim du Bellay, Sonnet 60. de ses Regrets : N'y pensez voir encore le fevere fourci. Et Sonnet 86. Marcher d'un grave pas, & d'un grave fourci. Voyez persil. M.
SOURDRE. De furgere. Lucréce : — Medio de fonte leporum Surgit amari aliquid, quod in ipsis floribus angit. Voyez furgir. M.
SOURIS. De ferice, ablatif de forex. Et forex, pour le marquer par occasion, a été fait de fupc. fupc. furax, forex : en préposant une S : comme en fulcus, de fupc., & en fors de fupc. Et fupc a été fait de fup, dit à l'Eolique pour fup, c'est-à-dire un pourceau : à cause de la ressemblance de la fouris à un petit pourceau : ce qui a été très-véritablement remarqué par le Scholaife de Nicandre, sur les Alexipharmaques, page 57. en ces termes : fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. Surix, pour forex, se trouve dans les Glosses anciennes : & c'est de-là que le mot de fouris a été fait. M. SOURIS du bras. C'est ce muscle qui est au-dessous du bras, & qui le fait mouvoir. Les Grecs ont dit de même fupc, & les Latins musculus, dans la signification de muscle & de fouris. M.
SOURNOIS. Surdus, furdinus, furdinensis, furdinense, furdinense, furnese, sournois : comme Milane, MILANOIS. M.
SOURNOIS. Si, comme le veut Richelet, on dit auffi fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc.
SOUS. De fupc. M.
SOUS-AGE. Qui n'est pas encore en âge : Mineur. Voyez M. de Launay, Professeur du Droit François dans l'Université de Paris, sur la Régie 33. du livre premier des Institutions Contumieres d'Antoine Loisel. Ragueau, dans son Indice, a remarqué que fous âgé dans la Pratique de Boutiller, & des-âge au chapitre 3. article 3. du Style du Liège, est celui qui est fort âgé & caduc. M.
SOUSPIRER. Le Préambule des Contes de Bonaventure des Periers : Les nouvelles qui viennent de si loingtain pays ; avant qu'elles soient rendues sur le lieu, ou elles soupirent comme le saffran, ou l'enchéissent comme les draps de soye. Soupirent ; c'est-à-dire, je pense, ont un artierre-goût, une odeur étrangère. Le Duchat.
SOUSRIS. De fupc. M.
SOUSTIF. C'est-à-dire, fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. Désir forcé, & crainte voulentive, Advis mufart, mufere fountive. De fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc.
SOUTANE. De l'Italien fortana, fait de fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc.
SOUTENIR. De fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc. fupc.
SOUTTE. Rabelais, 4. 66. A ces mots, Panarge évanouis de sa compagnie, & se moffia au bas dedans EFERUS - Recherches & Classification numériques dedans la foute, entre les croûtes, miettes, & chaples de pain. Et 4. 67. Panurge, comme un bouc étourds, fort de la foute en chemise, ayant seulement un demi-bas de chauves en jambe, sa barbe toute moncherée de miettes de pain. C'est le plus bas des étages de l'arrière d'un Vailseau, où l'on met les poudres & le biscuit. De forta, adjectif féminin, d'où fortana. Voyez fontane. M.
SOUVENIR. Quoique ce mot signifie proprement rappeller dans la mémoire, il ne laisse pas de sortir du verbe Latin subvenire, qui signifie secourir. Car aussi succorrer, qui est proprement secourir, signifie bien souvent dans les bons Auteurs se souvenir. Cicéron : Neque enim succurrebant verba qua ante discessum a Dolabella andieramus. Suétoine en la Vie de Tibère, chap. 21. Succurritique versus ille Homericus. Caïeneuve.
SOUVENIR. Du Latin subvenire : d'où les Italiens ont aussi fait souvenirs. Bèze, dans la Lettre, sous le nom de Passavantius, au Président Lister, page 162. Dicum enim isti Hantici quod semper subvenit Robino de suis fistulis. Hotman, dans son Strigil Papirii Massons: Quin etiam subvenio me de notabili passu Guymerti. Et ensuite : Quod verbum aureum Guymerti facit me subvenire de illo, &c. Mais subvenire en ces passages a été fait du François souvenir. M.
SOUVENT. Ce mot François, comme l'Italien sovente, a été fait du Latin subinde, usité des anciens Latins en la même signification. Pline, x. 34. Conjugiidem non violant (il parle des pigeons), communique servant domum. Nisi carles, aut vidua, nidum non relinquit : & imperiosus maris, subinde etiam iniquos, ferunt. Et xi. 17. Vituli marini, & hyana, in mille colores transeunt subinde. Quintilien, xi. 2. Nam & aliqui id maximè saciendum est, ut nos subinde tentamus. Suétoine, dans la Vie de Tibère, 157. Sava ac lema natura ne in puerò quidem laturi : quam Theodorus Gadareus, Rhetorica proceptor, & perspexisse primus sagaciter, & assimilasse aptissime visus est; subinde in oburgando appellans cum voxis squam impopustis. Frontin, livre 2. de ses Stratagèmes, chap. 23. Imperator Casar, Germanicus, cum subinde Catti equestre pralium, in situas refugiendo, diducerent. Martial, dans la Lettre a Domitien, qui est au devant du livre VIII. de ses Epigrammes : Minus itaque ingenio laborandum fuit, in cujus locum materia successer, quam quidem subinde aliqui lucorum missura varietate tentavimus. Et livre IV. Epigramme 50. Quid me, Thai, senem subinde dicis. Et livre 2. Epigramme 26. Quid querulum spirat, quod acerbum Navia cussit, Inque tuos mittit sputa subinde sinus. M. Ferrari dérivoit l'Italien sovente de sape ante. Encore une fois, il vient de subinde. Le Cardinal Bembo prétend que les Italiens ont emprunté leur sovente des Provençaux : ce qui a été réfuté par le Castelvetro, dans le livre premier de ses Additions au Bembo; où il le dérive aussi du Latin subinde. Voici ses termes : SOVENTE viene da subinde, che alcuna volta significa spesso. E quantunque sovente, o subinde, significi spesso, nel significa perciò in quella medesima guisa : conicissacische spesso significi più volte; senza determinare spazio tra l'una volta e l'altra: Tome II. ma sovente determina lo spazio; mostrando la brevita tra l'una volta e l'altra. M.
SOUVERAIN. De sopra, de cette maniere : supra, sopra (d'où l'Italien sopra), sovra, sovranus (d'où l'Italien sovrane), SOUVERAIN. Mais écoutons Palquier, livre VIII. de ses Recherches, chapitre 12. Or y eut encore un autre mot qui fut familier entre nos anciens : car ils appellèrent Souverain, celui qui était le Supérieur des Maîtres des Comptes; tésmoings les deux articles de l'Ordonnance de Philippe le Long, par moy cy-dessus cottez. Car quand on fait de fessé aux Maîtres de sortir de la Chambre sans la permission du Souverain, c'est-à-dire, de celuy que nous avons depuis appellé Président. L'un des plus anciens Présidents de la Chambre des Comptes, fut le Sire de Suilly. Et par l'Ordonnance de l'an 1313, il est appelé Souverain des Comptes; mot qui estoit encore en essence sous le regne de Philippe de Valois, lequel en l'an 1314, commandoit a la Chambre de recevoir l'Este de Langres, qu'il avoit nommé l'un des Souverains d'icelle. En l'an 1356. Messire Louis de Beaumont, Président en la même Chambre, du temps du Roy Jean, est appelé Souverain. Celuy qui avoit toute intendance sur le Thresor, 1342. Souverain du Thresor. Messire Pierre de Villits, Grand-Maître, auquel Charles VI. avoit baillé la Charge de l'Oriflambe, est appelé en l'an 1372. Souverain Maître d'Hôtel du Roy. En une Ordonnance de Charles VI. du 6. Janvier 1447. le Comte de Tancarville, Souverain Maître & Général Réformateur des Eaux & Forcets. Il n'est pas que les Baillys & Sénéchaux ne fussent aussi appelées Souverains, a l'égard des Prévoits, & autres qui estolem en leurs Sièges au-dessous d'eux. Non pas que tous ces Sieurs ensoient une puissance absolue en leurs Dignites, comme est maintenant l'usage du Souverain : mais par ce mot on entendait simplement celuy qui estoit le Supérieur des autres. Ce que vous recueillerez encore plus amplement de nos vieilles Ordonnances, qui sont Latines & Françoises; equestre si vous trouvez au Latin, parlant des Sénéchaux & Baillys, salva superioritate & resforto, nos ancêtres le tournerent, sauf la Souveraineté & ressort. Et ce grand Edit qui fut fait par Charles V. Régent, par l'avis des trois Etats sur la réformation du Royaume, il défend aux Baillys & Sénéchaux de connoître d'aucunes causes, sinon en cas de ressort & de Souveraineté. Mot qui est vrayement du nombre de ceux que nous pouvons appelées Romans, c'est-à-dire, que nous transportaient en notre Langue, non par les reïgles de la Grammaire Latine : mais quand, par communication avec les Romains, nous échangeaient notre Langage d'Aton en Romain. Car il est certain que les Romains prononçaient l'un par la diphtongue Grégoire 3, comme nous apprenons de ces deux vers d'Aufome à Paulin : Una est in nostris qua respondere Lacones Littera, & irato Regi dixere negantes. Et encore, par une ordinaire prononciation nous changeaient le P Latin en V : comme nous voyons en ces mots, Praxofitus, lepus, & autres; Prévoits, levrault. Parquoy, ce que le Romain appelait superior, prononçant l'un en ou, nous en fismes le mot Souverain, de la signification telle que dessus. Ce que j'ay dit du Souverain, se marque encore plus expressément en l'Ordonnance de Saint Louis de l'an 1256, qui portoit cet article, entre autres : Nous commandons que nuls Sénéchaux & Baillys ne R r r EFERUS - Recherches & Classification numériques 498 SAU. SOY. SPA. tiennent trop grand plante de Sergiens ; mais au plus po qu'ils pourront en ayant pour faire les commandemens de Nous & de nos Cours : & voulons que le Bedel & Sergien loyent nommex en pleine Affise ; autrement, ne seront-ils pas nommex pour Bedels, ne pour Sergiens ; & il le Sergien est envoyé en parties loingtaines, ne soit pas cru sans Lettre de son Souverain. C'est-à-dire, qu'il se donne bien gard de faire exploit en pays s'éloigné, sans la commission de son Baillif, ou Seneschal. Mot encore en usage pour même effet, en l'an 1386, ou par le Règlement fait par Charles VI, entre les Baillifs & Prévois, est défendu aux Prévois de faire aucun don à leurs Juges Souverains. Ce mot ayant avec le temps gagné plus grande autorité, pour avoir été approprié seulement aux Princes qui peuvent absolument s'en faire croire, ceux qui furent nourris aux escales firent le mot de Supérieur, suivant notre prononciation Françoise, & les autres qui suivirent la pratique, délaissèrent le mot de Souverain trop hardy, & en forgerent un autre qui approchait aucunement de ceftuy. Ce fut d'appeller Juges Souverains, ceux qui connoissent par appel des causes de leurs Juges inférieurs. Par ainsi voila comme d'un mot de Souverain, qui s'employait communément à tous ceux qui tenoient les premières dignites de la France, mais non absolument, nous l'avons avec le temps accommodé au premier de tous les premiers, je veux dire au Roy. Et quant au mot de Maistre, qui s'adoptait par antonomafie aux plus grandes dignites de la France, encore que chacun en son particulier fait intitulé Maistre, si est-ce que nous rapportons aujourd'hui cette qualité aux moindres, comme sont les Efcaliers & Maistres-es-Arts, & Maistres des Metiers. Sous le Ministère de M. Colbert, dans les Edits & dans les Déclarations du Roi, on recommença à ne plus dire Cours Souveraines : & depuis ce tems-la on a toujours dit dans ces Edits & dans ces Déclarations, Cours Supérieures : mais dans le discours, on dit toujours Cours Souveraines. Et le Recueil des Ordonnances de Fontanon & de Girard, est plein de semblables expressions. M.
SOUVRE. Les Epitres Dorces d'Antoine Guévara, traduites par Guterry, Paris 1565, tome premier, fol. 105. 1°. L'homme sage se contente, mais qu'il n'ait faute : mais le fol & glorieux veut toujours avoir du foure. Ce mot, qui est fréquent dans cette Traduction, vient de super ; comme poure de puper. Le Duchat.
SOY. M. Lancelot le dérive du Grec ii. Il vient du Latin je. M.
SOYE. De sica : d'où les Espagnols ont aussi fait sida, & terda. Seta, sida, CIRDA. Las cerdas, c'est le crin des chevaux : la foye des pourceaux. Voyez Covarruvias. A.
SPAGE. Nous disons en Anjou : Un arbre de bon phage, pour dire de bonne eppece. Je tiens ce mot fait du Latin species. M.
SPAGIRIQUE. Médecin Spagirique : c'est un Médecin Chymiste. Voissus, de Vitis Sermonis, livre 1. chap. 50. Spagirus, Theophrastis Paracels, 100 Alchymista. Unde Ars Spagiria, vel Spagirica. Puto autem Spagiricos dies, a duobus Aries ofis, iis & qua sunt, composita reolvere, & resoluta componere : nam vris, trahere, extrahere, evelum congregate. L'Amaitham Caetello-Brunonianum, au mot Spagiria : Spagiria, Sparigica, idem quod Chemia, vel Alchymia, amyopia : Paracels dicitur ars qua purum ab impuro segregare docet ; ne re-jellis faciens virtus remanens operetur. Et Spagirus dicitur, quicunque novit discernere verum a falso ; a bono sequeftare malum ; impurum a puro separare, & abjicere binarium servata unitate, &c. M.
SPE. On appelle ainsi dans l'Eglise de Paris, le plus ancien des enfans de Chœur. Je suis fort de l'avis de M. l'Abbé Chastelain, Chanoine de cette Eglise, qui dérive ce mot de Spex ; c'est-à-dire, inspeccit, duquel mot on a fait specere, comme de Rex, regere. De specere, mot ancien Latin, on a fait conspicere, inspicere, despicere ; de la même façon que de regere, on a fait dirigere, corrigere. Voyez spia dans mes Origines Italiennes, & cidesus espion. A Saint Etienne de Sens il y a des Officiers subalternes qui ont une pareille inspection, & lesquels, pour cela, on nomme les Spices. Aux anciens Synodes du Chapitre de l'Eglise de Paris on trouve Spex pueriram Chori. Et dans les Regtres du Chapitre de Sens on trouve en divers endroits Spices, qui est le même mot au plurier. Schadenus rapporte que de son tems il y avoit à Rome une Eglise dite de Saint George des Spex, en Italien, de Speci, en Latin, in Specibus. C'est la même, pour le marquer en passant, dont parle Jacques Gaëtan dans son Ordinarum, écrit à la fin du quatorzième siècle : où il dit qu'elle étoit près de Saint Jean de Latran ; & qu'elle seroit principalement à conserver les faintes Huiles ; & que le Pape avoit de coutume d'y célébrer. Nons tous les ans le Jeudi Saint. Sye ne vient donc pas de sperare, comme quelques uns le croyent. Cette remarque m'a été fournie par M. l'Abbé Chastelain. M.
SPEUC. On dit à Metz d'une personne qui demeure long tems debout sans bémuler, qu'elle rellenble à Saint Speuc, c'est-à-dire, au Saint Sépulcre : dans lequel, outre qu'il est immobile, sont apparemment représentées plusieurs personnes que la surprise ou la douleur rendoient immobiles. Le Duchat.
SPIROLE. Espèce d'artillerie. Rabelais, liv. 1. chap. 16. A l'artillerie fut commis le grand Escuier Touquedillon : en laquelle furent contés neuf cens quatorze grosses pièces de bronze en canons, doubles canons, basilies, serpentines, coulevines, bombardes, faucens, passevolans, spireles, & autres pièces. Le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin : Spirole, spieie d'artigliaria picciola. C'est un diminutif de coulevine : & ce nom lui vient du Latin spirola, fait de spira, qui signifie l'entortissement ou les replis de la couleuvre. Le Duchat.
SPOLIN. Henri Etienne, page 190, de ses Dialogues du nouveau Langage François Italiani- se : Et quant à l'or & à l'argent sié, l'once de bra-carr est taxée à part, celle du spolin à part, celle aussi de sopresin, & celle du subtil. Spolin, sié d'oro EFERUS - Recherches & Classification numériques S Q U. S T A. à Margente, dit Oudin. Et ce mot pourrait venir de l'italien spole une fable, ou spolare tiffier. Les Allemans appellent spoil une bobine. Le Duchat.
SQUELETE. Du Grec envirée. On dit au masculin un squelette. Voyez mes Observations sur la Langue Françoise, tome premier, chap. 74. M.
SQUENIE. Rabelais, 1. 49. Mais les Attoufniers le defroussèrent de ses habillements, & luy hailrent pour se couvrir une méchante squenie. Nicot : Squenie, ou roquer, theriftrum. Budaus. Voyez roquer. Chitonifcus, vel chitonium. Rontard écrit souquenie. C'est une contraction de souquenie. Voyez souquenie. M.
STAGE. Du Latin-barbare flagium, formé de flare. M.
STALLE. On appelle ainsi dans les Eglises, les sièges de bois qui sont autour du Chœur. Ce mot est d'origine Teutonique, & il vient de l'Alleman fall, qui signifie la même chose, & qui est formé du verbe fteller, mettre, placer, arranger, situer. De fall a été fait auft le Latin-barbare flallus & flallum dans le même sens, & infallare infaller, c'est-à-dire mettre en possession d'un Bénédicte ou d'une Dignité, parce que cela se fait en plaçant la personne dans un flalle du Chœur, ou dans une Chaire. Voyez Du Cange. L'Alleman fall a plusieurs autres significations. Voyez ci-dessus étaler & infaller. STANCE : terme de Poësie. De l'italien stanza. Dante, livre 1. de son Traité della Volgare Eloquentia, parle ainsi de l'étymologie du mot stanza: Ora circa questo è da sapere, che tale vocabolo è stato per rispetto dell'arte sola ritrovato : cioè, perché quello si dice stanzia (stanzia & stanza est la même chose) : nel quale tutta l'arte della Canzone è contenuta, questa è la stanza capace, ovvero il recettacolo di tutta l'arte : perciocché, siccome la Canzone è il grembo di tutta la Sentenza, così la stanza riceve in grembo tutta l'arte. Ne è lecito di arrogerne alcune cose dell'arte alle Stanze seguenti, ma solamente si vestemo dell'arte della prima : il perché è manifesto che essa stanzia della qual parliamo, sarà un termine, ovvero una compagine di tutte cose che la Canzone riceve dell'arte : lequali dichiarate il differivere, che cerchiamo, sarà manifesto. Le Dolce, dans le livre 4. de ses Observations, a dit la même chose. Dico ciascuna Canzone dividersi in più parti equali : lequali sono dimandate Stanze, perché in esse, secondo pur la oppenien di Dante, sia, è si rinchiende tutte l'artificio della Canzone. Dante s'est trompé : les stances ont été ainsi appelées, parce qu'ordinairement il y a un sens fini à la fin de chaque stance. Je dis ordinairement, parce que quelquefois le sens passe d'une stance à une autre. Voyez mes Remarques sur les Poësies Italiennes du Casa, page 161. & sur les Poësies Françaises de Malherbe, pages 167. & 168. de la seconde édition. M.
STATION. De statione, ablatif de flatio, fait de flare. Druffus, Prateritorum in Novum Testamentum, liv. 1. sur S. Matthieu, vi. 1. page 19. a remarqué que nous appelons des Prieres Stations : parce que non seulement les Juifs, mais encore les anciens Chrétiens, prioient Dieu de- S T A. S T E. bout. Néanmoins Tertullien a dit, de geniculis adorare. Mais d'où vient que Pibtac a dit, Adore affis comme le Grec l'ordonne! Et qui est ce Grec-là. M.
STATOUDER. Les Hollandois appellent ainsi le Lieutenant des Etats. Ils écrivent Stadobonder. Et ce mot est composé de flads, formé du Latin flatus; & de Hunder, qui signifie Lieutenant. M.
STATOUDER. Ce mot, qui est Teutonique, signifie simplement locum tenens, lieutenant. Stas ou flads en Alleman, & stede en Flaman, signifie lieu, place; & hunder signifie tenant, du verbe Flaman houden tenir. Selon la Langue Hollandoise, Christi Stedebonder, c'est le Pape. L'Alleman dit Stathalter dans le même sens : halter tenant, du verbe halten tenir. Voyez Wachter, dans son Glossarium Germanicum, aux mots hallen & flas.
STELLIONAT. Terme de Droit. Stellionatus. C'est le crime de celui qui vend frauduleusement : comme lorsqu'on vend la même chose à deux différentes personnes, ou qu'on vend comme sien ce qui appartient à autruf, ou qu'on vend une chose pour autre qu'elle n'est en effet, ou une chose pour une autre. On dérive ce mot du Latin stellio, qui signifie une sorte de lézard, ainsi appelé de stella, parce qu'il est marqué sur le dos de petites taches qui brillent comme des étoiles. On a donné le nom de stellionat à la vente frauduleuse, parce que les différentes taches du stellio représentent assez bien les artifices d'un faux vendeur.
STERLIN. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Buchanan, livre 6. de son Histoire, le dérive d'un Château d'Ecosse appelé Sterlin. Sunt qui putant monetam argenteam, quam adhuc Sterlinam vocat vulgus, ibi tum excusam : il parle de ce Château. Le Sieur de Clérac, dans ses Mémoires sur les anciens Poids & Monnoyes de Guienne, qui m'ont été communiqués manuscrits par M. du Puy, le dérive de l'Anglois sterlin, qui signifie bec d'étourneau. Les Monnoyes blanches de Guyenne furent, dit-il, nommées deniers; dont les plus nobles, & les plus dans le commerce, furent les sterlins : propter sui materiam desiderabilem, dit Matthaeus & esmonasteriensis. Ils sont au titre de huit deniers de fin, &c. En l'an 1449. le Duc de Sommerfet, Lieutenant Général pour le Roy d'Angleterre en Guyenne, les fit hauser à onze deniers, par l'invention d'un insigne Gabelleur nommé Jean Marcel, comme nous l'apprenons de Nicolle Gilles. Toutefois en autre respect ils ont retenu & retiennent encore la proportion & relation décuple; sçavoir au commerce des Anglois. Car sterlin estant attribué, ou servant d'épithète à quelque espèce ou sommé, il augmente la valeur au décuple. Par exemple, un sol sterlin, est à dire dix sels; cent francs sterlin veulent dire mille francs : mais adjoncté ou attribué au poids simplement, comme un marc sterlin, ne signifie rien davantage. D'un côté de ces sterlins le Duc de Guyenne estais représenté aussi, tenant l'espèce à la dextre, & à la fenêtre une main de Justice. Ce nom leur fut donné par sobriquet, à cause de la figure qui ressemble au bec d'un étourneau, que les Anglois nomment sterling. A présent sterlin est entendu & passe pour poids, sçavoir pour un denier. Linwodus est à peu près de ce même avis, & Choppin, livre 2. R r r ij EFERUS - Recherches & Classification numériques de Domanio, titre 7. nombre 17. & Polidore Virgile. Vossus est d'un autre avis. Notat ea vox Anglis denarium ( il parle du mot eterlingus ou sterlingus ) : de cujus procio est in Decreto Eduardi I. Dohum autem, an prius diitum su sterlingus ; inde more Gallico y su praniissum : an vero x illud su ab origine vocis. Posterius verissimile facis, quod Annales Anglici referant, artem standi, feriundi auri, & argenti, ab iis, qui ab Anglis Esterlinges, Belgis Ofterlingers, nationibus Dania vicinis, cum multi eorum in Angliam venissent, magna cepisse incommens : autque istoc in causa esse, cur Angli eorum nomine nummos quos dixi, nuncuparint. Sed obstare viestur, quod Oldericus, sive Vitalis, Uticensis Cimobita, Historia Ecclesiastica lib. v. ad annum CIXXXII. quo tempore Oldericus ille jam erat septennis, sterilenses appelle; non sterilingos. Sic enim scribit : In primis ad venientibus Monachis cum cementario ad faciendum Monasterii fundamentum, ad inchoationem hujusmodi porrigam xv. libras sterilensium. Propterea, nobilissimus Spelmannus negat, se aliquid in alteruntum partem sixtuque autum. Interim & Limvodi, & Buchanani, etyma abundæ refellit : cujus sententiam etiam probat clarissimus Wastius in suo ad Matthæum Parissum Glossario. Putat vero non absonum esse, si vocem sterlingi credamus esse ex eo, quia stella figura in ea compareret. Stella enim Anglis stars; uti Belgis sterre; Gallis, E pramiiso, 1570113. C'est en son Livre de Vitiis Sermonis, page 197. M. de Salmonet, dans la Préface de son Histoire d'Angleterre, le dérive de sterlingus ; qui est une pièce de monnoye qui pèse trente-deux grains de blé, & dont il est payé dans le Droit-Canton. Voyez Spelman & Wastius, dans leurs Glossaires. ¶ Au lieu de sterlin, on a dit eterlin. Voyez M. le Blanc, dans son Traité Historique des Monnoyes de France, page 183. M.
STI. On dit à Metz : Monsieur est-il sti ? pour, Monsieur est-il au logis ? De l'ancien mot François houstil, c'est-à-dire, actuellement à la maison. Du Latin hospitalis. Rabelais, liv. 1. chap. 54. De civilité cy sont les houstils. C'est ainsi qu'on lit dans l'édition de 1542. Le Duchat.
STINKERKE, ou STEINKERKE. Sorte de mouchoir de cou à l'usage des Dames. Notre Langue non seulement a naturalisé une infinité de mots tirés des Langues étrangères, tant anciennes que modernes ; mais même en naturalisant ces mots, en a réglé la signification de la manière du monde la plus arbitraire. Une bataille se donne près d'un village nommé Strinkerke : il plaît à nos Dames d'illustrer ce nom, en le faisant passer du village à une espèce de mouchoir de cou de nouvelle invention. Cela s'établit, l'usage l'autorise, & personne ne s'inscrit en faux contrs. On a raison, c'est son droit. Le Pere du Cerceau, Merc. de Mars, 1718. page 48. *
STOCFICH. On appelle ainsi en Lorraine & à Metz la morue sèche. De l'Alleman flock-fisch, qui signifie la même chose. Mais tout le monde ne fait pas que l'Alleman flock-fisch signifie proprement un poisson tronqué, & que la morue sèche n'a été appelée de la sorte par les Allemans, que parce qu'on coupe la tête à ce poisson avant que de le sécher pour le vendre. C'est ce que nous apprend H. Ortius, dans la Franco-Gallia : & c'est ce que n'a pas ignoré Rabelais, livre 4. chap. 55. lorsqu'il a dit que Quaresme prenant est anathematisé & flock-fisch, au cas qu'il vint à faire aucun appointement avec les Andouilles. On a cru, suivant Rondelet, en son Histoire des Poissons, liv. 6. chap. 22. que le flock-fisch des Allemans étoit le salpa des Romains, parce qu'avant que de cuire l'un & l'autre de ces poissons, on les attendrit en touchant dessus avec un bâton, que les Allemans appellent flock. Et Rondelet, qui n'est pas du sentiment que le salpa & le flock-fisch soient un même poisson, n'en croit pas moins que le flock-fisch a été appelé de la sorte par les Allemans à cause qu'avant que de le cuire on l'attendrit à coups de bâton. Mais il est sûr que lui & tous ceux qui l'ont cru ainsi, se sont trompés. Le flock-fisch, ou merlus, vient de Norvège. La meilleure pêche s'en fait en Janvier, parce qu'il y fait encore assez de froid pour sécher ou endurcir ce poisson-là : ce qui se fait en l'étendant sur de grands bâtons, d'où peut-être les Allemans l'auront nommé flock-fisch. Cosmograph. de Munster, édition Françoise de Bâle, 1556. page 1032. Le Duchat.
STOCKHOLM. Ville Capitale de la Suède. Elle est bâtie dans plusieurs Isles, sur des pilotis, comme Venise ; & c'est de-là qu'elle a pris son nom : car flock signifie en Alleman & en Suédois une pièce de bois, un pieu ; & holm, une fille, soit dans la mer, soit dans une rivière ou un lac. *
STRANGURIE. Terme de Médecine. C'est le nom d'une maladie où l'urine fort involontairement, fréquemment & en petite quantité, ou goutte à goutte. Ce mot vient du Grec spyrynpin, composé de spyrē gutta, stilla, & de spyrē urina : aussi les Latins appellent cette maladie stillicidium urina. *
STRAPASSER. Wachter, dans son Glossar. German. page 1621. STRAPATZE, labor, molestia, defatigatio. Iralis strapatza. Utrumque a Cambro-Britannico traford labor, praposso sibilo. Inde strapetzieren molestia afficere, nimie labore fatigare. Alium kutic verbo sensum tribuit Eccardus in notis ad Leg. Sal. pag. 58. A bastere facta est, inquit, vox nostra trabattere, quasi transbattere, vel strapassare, ire super aliquem, sive aliquem pedibus conculcare, indigne tractare : id quod Itali & Galli postea in strapaccare & strapassar corupertunt. Rufus alium Ferrarius in Orig. Ital. Strapaccare contemnere, injuria afficere : non à strapassare, aut strapassare, sed à depretiare, expressare, transpressare. Mira etymologia. Si verus est significatus, de quo dubito, formari potuit à Cambro-Britannico tribaeddu cano, vel sanguine sedare. *
STRAPONTIN, ou ESTRAPONTIN. C'est un lit suspendu en l'air, attaché à deux arbres, pieux ou cordages. Les Américains l'appellent hamac. C'est aussi un petit siège qu'on met sur le devant d'un carroise coupé. Je dérive ce mot de stratus pontus. Un strapontin est, en quelque manière, un petit pont, que l'on dresse quand on veut. De pont, on a fait le diminutif pontin. *
STRASBOURG. Ville d'Alsace, appartenant aujourd'hui au Roi de France. De Stratalurgum. Grégoire de Tours, livre x. chap. 19. Qu. EFERUS - Recherches & Classification numériques stain ad Argentoratem areum, quam nunc Strataburgum vocant, dedullus. M.
STRASBOURG. Ceux du pays disent que l'ancien nom de cette ville, qui étoit Argentina, ou Argentoratum, à cause des mines d'argent qu'on voyoit aux environs, fut changé en celui de Strasbourg au tems d'Attila, qui l'ayant rasée jusques dans ses fondemens, fut causé que depuis on l'appella Strasbourg, de l'Alleman Straß & bourg, qui signifie une ville réduite en forme de rasé campagne, au travers laquelle on passe & on aborde de toutes parts. Le Duchat.
STRIBORD. M. Guillet, dans son Dictionnaire de la Marine : STRIBORD, TRIBORD, DEXTRIBORD, EXTRIBORD, ou TIERBORD ; c'est le costé de la main droite du vaisseau, au respect d'un homme qui étant à la pompe, fait face vers la proue. Ces mots ont été corrompus du mot dextribord : & le plus en usage est celui de tribord. Le costé de la main gauche s'appelle barbord. M.
STUC. C'est une composition de chaux, & de poudre de marbre blanc, dont on fait des figures & des ornemens de Sculpture : ce qui est signifié dans Pline par marmoratum opus : & ce que M. Perrault entend par albarium opus, dans ses Notes sur Vitruve. On appelle Stucateur un ouvrier qui travaille de flue. Ce sont les termes du Sieur Daviler, dans son Explication des mots d'Architecture. Nous avons emprunté ce mot François de l'Italien flueco, mot de même signification. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, dérive flueco du Latin stipare. Je l'ai dérivé dans les miennes de l'Alleman flue, qui signifie fragment : & je persévère dans cette étymologie : le flue, comme il vient d'être remarqué, étant composé de petits fragments de marbre. M.
STUC. L'opinion de Ferrari, qui dérive l'Italien flue du Latin stipare, est insoutenable : mais je ne sais si l'étymologie qu'en donne M. Mclauge est bien certaine ; ce mot n'ayant qu'une simple ressemblance de son avec l'Alleman flue. J'aime rois peut-être encore mieux le dériver de l'Ebreu muo noubh, qui signifie couvrir, enduire, d'où le substantif muo niahh, enduit : signification qui convient parfaitement avec celle du mot Italien & du mot François. On aura ajouté au commencement de ceux-ci la lettre f, comme on a fait à plusieurs autres ; & le n'Ebreu, qui est une forte aspiration, aura été changé en c, qui en approche, mais qui est une lettre plus douce. Le flue le dit estuco en Espagnol. *
STUGARD, ou STOUGARD. En Alleman Stugard. Ville Capitale du Duché de Wirtemberg : ainsi nommée à cause des haras des anciens peuples Alemanni, qui étoient en cet endroit : de flue, qui signifie un étalon, & de gard, mot des plus anciens qui veut dire un lieu clos, un château, une forteresse, une ville, &c. Voyez ci-devant Belgrade. Quant au mot flue, Wachter en parle ainsi dans son Glossar. German. page 1641. STUT, equus admissarius. Stutgard septum admissariorum. Somnerus, in Diili. Anglo-Sax. steda equus emissarius vel admissarius, equus bellator & generosus... Cangius, in Glossario : flue et equus admissarius. Anglis idem equus etiamnum vocatur steed. An à flue fortis, audax ? Hoc etymon se proeavis Somnero, quia ad usum belli unice attendit Ego malim cum Skinnero ad generandi potentiam respicere, & nomen formare à cuo in vocarem erigo. *
STYLET, ou STILET. Petit poignant dont la lame est fort menue. Ce mot a été fait de stile, qui signifie au propre un poinçon, avec la pointe duquel les Anciens écrivoient sur des tablettes de cire, & qui vient du Grec &c. dont la signification est la même. De la stile au figuré, pour la façon particulière d'exprimer ses pensées, ou d'écrire ; & en termes de Droit, pour la différente manière de procéder ; & en termes de Musique, pour la manière de chanter & de composer ; & en termes de Chronologie, pour la manière de fupputer, comme quand on dit, vieux ou nouveau stile. * SUAIRE : comme quand on dit le Saint Suaire. De Judarium. Voyez ci-devant Saint Suaire. M.
SUBLER, SUBLET : pour fister, fisier. Rabelais, livre 4. chapitre 32. S'il subloit, c'estoient hostées de singes veras. Mat. Cordier, dans son livre de Corr. Serm. emendatione, Edit. de 1539. chap. 31. n° 41. Sibilo. canes evocantur, on appelle les chiens à fister. Alii subler, de filare. Quelquefois aussi subler & subler viennent de fugiere. Le Dictionnaire François & Italien d'Antoine Oudin ; subler, zuffolare, souffler : subler, zuffolo. Quelquefois aussi subler se prend pour un petit faut ou tour de souplesse. Et Rabelais s'en est aussi servi dans cette signification. Le Duchat.