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03.0 Dictionnaire etymologique — SUBLIME – TEST

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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SUBLIME. De Sublimatus, en sousentendant Mercurius. Duquel mot sublimatus les Italiens ont aussi fait bilimato. La Crufca : SOLIMATO : argento vivo, sublimato con ingredienti di sale e tartaro. Matthiole sur Diofcoride, v. 94. Fetti dell' argento vivo, quello che chiamano argento fido, & altri argento folimato, mettendole con sale armonico ne i vasi a ciò fabbricati, e folimandolo sopra i fornelli. M.
SUCER. De fugere. Wachter, dans son Glossar. German. page 1361. SAUGEN, fugere. Anglo-Saxonibus, sycan, fogan, sucan, sucian, Francis sugan, Belgis zuigen, Anglis fuck, Suecis fuga, Gallis sucer, Iialis succhiare... Omnia à Latino fugere, inquit Skinnerus, sed unde fugere : Silet hic Martinus, imo vocem omittit. Cunilla fortasse à Sarmatico cic mamma. *
SUCRE. De l'Italien zucchero, dérivé de l'Arabe sucar. M.
SUCRE-CANDI. Les Italiens l'appellent zucchero di Candia. Pierre Salvetti, Gentilhomme Florentin, dans une de ses Satyres intitulées Il Grillo : E fa Venezia, per chi à la toffa, Gli zuccheri di Candia non verranno. Et ils lui ont donné ce nom, à cause que le peuple a cru que ce sucre avoit été apporté en Italie de l'Ille de Candie. Et originairement on l'appellule en Italie Zucchero Candi. Le Ricessario Fiorentino, partie 1. Il zucchero Candi, benché alcune volte si EFERUS - Recherches & Classification numériques 502 SUC. SUD. SUE. chiami da Avicema Gale Indo, nondimeno non pare che si debba numerare fra' sali. Et enluite: A fare il zucchero Candi, il gidebo cotto alla sua misura si pone in certe broche. Ou simplement Candi. Dans Maestro Aldobrandino, au chapitre 12, de la 1. partie: E l'elli avviene che l'uomo abbia troppo gran fete, &c. tenga sotto la lingua Candi, & lavis la bucca. Ce Maestro Aldobrandino écrivit en 1310. M. Francesco Redi, premier Médecin du Grand Duc de Tolcane, prétend que Candi a été fait du Persien chand, qui signifie sucre. Mais M. de Saumaité prétend au contraire que c'est un mot d'origine Grecque. Non alti Auctores Saccharu Candi nominere, quam qui & saccharum hodiernum factitium noverum: nt Myrepsus. Saccharum Candum, non a candore dictum, nec a canna: sed xive, vel xive, & xive, Graciæcentioræ carunt, quod angulosum sit, & quum frangitur, in partes semper dissiliat angulatas. C'est dans ces Exercitations sur Pline, page 1022. de l'édition de Paris. M.
SUCRE-CANDI. Maturin Cordier, chapitre 35, de son de corruptis fermanis emendatione Libellus, n°. 115. Insula, une fille: nt Britannia, Angleterre; Cyprus, l'Île qu'on dict Candie. Ce passage nous fait voir que jusque bien avant dans le seizième siècle, on a appelé Candie l'Île de Cypre, dans laquelle les relations anciennes & modernes conviennent qu'il croit des cannes de sucre en grande abondance. Je ne doute point que ce ne soit de cet ancien nom de l'Île de Cypre, qu'on a appelé Candi le Sucre-Candi, parce qu'apparemment on le tiroit de l'Île de Cypre. Le Duchat.
SUD. Ce mot est pur Teutonique. Wachter, page 1644, de son Glossar. German, en parle de la maniere suivante: SUD, parmundi meridionalis. Aumoritis, su, Anglo-Saxonibus futh, Francis fund, sunt, Belgius zuid, Anglis fouth: unde Gallis & Iralis fud. Pectonius, in Ant. Cels. page 437. su meridies, avel-su ventus meridionalis. Somnerus in Ditt. Anglo-Sax. futh meridies, par vel plaga australis, futhan wind notus, auster, ventus meridionalis, futh-Seaxas Saxones australes. Gloss. Boxb. fundat wint Africus, fundhalba austrum, meridione... Vox genuina videtur esse fud, non a Latino fudus, sed a sieden astuare, fervere; vel (si maris) ab eiten uri, ardere, praposio sibilo, quia plaga australis est parmundi astiva, & omnium calidissima. Reliqua voces vitium trahunt, vel ab apocape, ut su, vel ab epenthesi, nt fund. Interim vox Francisa fund superat in sundoow, fundgovia, quo nomine tractus meridionalis. Alstia superioris designatur.
SUEDE, SUEDOIS. Wachter, dans son Glossar. German, page 1485, parle ainsi de l'étymologie de ces noms: Schwaben, Suecia, Requiem Suecia. Nomen tico orbe celeberrimum, sed diffi ile & ardaum explicata, non quod nullas recipiat interpretationes, tanta fama & antiquitate dignas, sed quod plures & diversas. Finim vero, si ad primam Regni originem oculus convertas, Scheweden possit esse a Wodan, primo gentis Rege & Dullore, & sic vocari quasi Swodanonia, praposio s, quo pecto cum origine nominis Danici exaele conveniet. Contad, si ad primavam istius terra, qualis ante Wodani adventum fuit, faciem respexeris; Schweden mibi aliud denotabit quam terrum incultam & sylvis horridum, a voce domestica wid, wed, sylva, praposio sibilo. De nomine sylva vide plura in wut. Schwiden, Sueci, gens Sueciæ. Nomen apocopatum ab antiquiori Swedenthiot, quod posteriatis contraxit in Swithiod. Werelius in Hervarar-Saga, page 118. Suithiod Sueciæ gens. Quo sensu, non explicat, si recto memini. Duo autem denotare potest secundum antecede-atia, vel coloniam Wodani, vel populum sylvestrem & in sylvis habitantem. De nomine populi actum in deut & teut ex prolixitate, ut non opus sit hic aliquid adijicere, aut femel dicta reperter. Posica onca apocape unus solus ex populo dictus est Swed. Tornandes inde formavis suos Suethans & Suethidos (quos nescio quo pacto tanquam diversas ejusdem Insula gentes describit, cap. III. de Rebus Geticis); Latini insini Suecos, mutato v in c. Sunt qui nomen Suecicum a Getico per libitum prafixum deducunt; sed hoc invento, quamvis ingenioso, videntur Historiam turbare. De nomine Sueonico videbimus infra. Voyez cet Auteur, au mot Sueones.
SVELTE. Terme de peinture, qui signifie détaché, dégagé. De l'Italien svelto, participe du verbe sveltere. M.
SUEUR. Vieux mot François, qui signifie Savesier. Des Sueurs de vieil, c'est ce que les Latins disent Suteres veterinarii, autrement dit en François Corvoisers: a corio veteri. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange, au mot Corvoisarii. Il y a en France des familles du nom de Courvaisser, & de le Sueur. M.
SUFFETE. Nom de Magistrat chez les Carthaginois. Ce mot est Punique, & c'est la même choix que l'Ebreu s'chofer, qui signifie Juges: du verbe s'chofer, juger. Les Juges d'Irael se nommoient en Ebreu s'chofer, & les Suffetes étoient les premiers Magistrats des Carthaginois.
SUFFIRE. De suffice. Ce mot Latin a de la convenance avec l'Ebreu s'chofer, & le Chaldéen & Syriaque s'chofer, qui ont la même signification. Sufique, en Ebreu, s'chofer, & s'chofer, & Syriaque, signifient sufficientia.
SUI. Lat. fuligo. Gr. uic. De fuligo, de cette maniere: fuligo, fuliga, fuiga, suie: pour distinguer ce mot d'avec celui de FUE, dans la signification de colombier. Ou bien de cette sorte: fuliga, huliga, huiga (comme l'Espagnol bollin, mot de même signification), suie, en y préposant une S: comme en sombre, d'umbra. Le Pere Labbe prétend qu'on a dit autrefois fuie pour fuie. C'est à la page 147. de la 2. partie de ses Etymologies Françoises. Le Grec uic. pour le marquer en passant, a été fait de 4. & 5. fumus. M.
SUI. Wachter, dans son Glossar. German, au mot rus, qui en Alleman signifie fuie, parle ainsi de l'étymologie de ce dernier mot: Vox antiquissima fuliginis est fouth, foute, quam ex idiomate Anglo-Saxonico acceptam custodinis hodie Angli & Sueci. Skinnerus eam derivat a sieden coquer. Fuligo enim, inquit, fit ex partibus mixti salinis volatilibus, igne separatis & excoctis. Gallos e Saxoni- EFERUS - Recherches & Classification numériques se soote ferisse sule, per fuscopen, idem observat. Atmagius sule perperam effugit a fuligo.
SUJET. Bernard de Girard du Haillan, livre 3. de l'Etat des affaires de France, folio 143, après avoir établi cette différence entre les Vassaux & les Sujets, que les Vassaux sont ceux qui tiennent les fiefs, & les Sujets ceux qui doivent la censive, les poules & les chapons de rente, & les corvées; il ajoute, que le mot Sujet est un mot corrompu. Car, dit-il, il s'androit dire fuscept, ou fusce; c'est-à-dire, pris sous soi: d'autant qu'il est pris du mot Latin luicceptus, non du mot subditus. Car subditus étoit celui qui étoit sujet au Prince Souverain, qui avoit puissance de mort & de vie. Mais comme fusceptus en Latin veut dire pris, ainsi en France, teioit-il dire aussi pris: quasi comme pris sous soy en protection: & depuis la Noblesse devant, au lieu de fuscept, de ce mot subject, pense que son paysan luy soit subject, & ufe envers luy de plus de viventes que le Souverain. Du Haillan se trompe. Sujet vient de subjettus. Et la différence d'entre les Sujets & le Peuple est notable en quelques anciennes Lettres Patentes de nos Rois, où ceux qui sont appellés Sujets à l'égard des Ducs & des Comtes, & autres personnes semblables, sont appelées Peuples à l'égard du Roi. M.
SUIF. De fudeum. Iudore xx. 2. SUBUM, à sue dictum: quasi fudeum, quod plus pinquedenis hoc animal habeat. M.
SUIFFE. Sorte de poisson. Voyez Rondeler. M.
SUIIN. Nicot: SUIN: est cette moiteur craifense qui part de l'exhalation du corps. Aussi semble-t-il qu'il vienne de sueur, qui vient du Latin sudor; ainsi que suinter, de sudare. Ainsi dit-on, suis de laine, ou laine avec le saun: lana succida. Et Varron au livre 2. chapitre 2. de Re Rustica, conformément à cette déduction, dit: Tonfure tempus inter aquinoctium vernum & solstitium, quuns sudare incepent oves, à quo sudore recens lana tonfa succida appellata est. Suin a été formé de succidinum, diminutif de succidum. Succus, succidus, succidinum, succidinum, suidinum, suin. Ou de sudor. Sudor, sudos, sudas, sudinor, suinum, suin. Voyez suinter. M. SUINTER: comme quand on dit la playe fuisse. De sudare, de cette maniere: Sudare, suditare, sudinare, suinter. On aura dit sudinare, pour fualitare; comme on a dit baltitare, pour baltitare; & baltit, pour baltit: d'où l'Espagnol alcatar, & alitite. M.
SUISSERIE. Mot usité dans les villages des environs de Paris, dans lesquels on est obligé de loger des Soldats Suisses. C'est une petite chambre où on loge un Suisse: elle a une fenêtre, & elle est attenante à un corps de logis, dont elle est dégagée, & sa porte est sur la rue. Dans ces Suisseries, que l'on peut appeler iuxis a Suisses, il y a une cheminée, un lit, une table, une chafie, & les ustensiles qu'on doit fournir à un Suisse. Par le moyen de ces Suisseries, l'habitant de ces Villages ne reçoit point d'incommodité de son hôte Suisse. Cette remarque m'a été donné par Monsieur Toinard. M.
SUISSES. En Alleman Schwittern, & en Latin Suisses. De Suetia, parce qu'on prétend que les Suisses sont descendus des anciens Sueves. Jule Scaliger, dans son Oration à la Nation Allemande, p. 118, des Lettres de ce grand homme: Ubi sunt in præsenti a Melvisti, fortissimi Gallorum? Nonne eorum pag. ac præsenta vicinas urbes manitissimant a SUETIA cives nostri ita occuparum, ut ex patria nomine ac vocabulo dominatus SUITZERI dicti sunt. Le Duc chat.
SUISSES. Wachter, dans son Glossar. German, page 1488. SCHWEMER, Helveti. Latino-Barbaris Suiceri & Sultenses. Propriè Vallenses, a sweet, quod in Lexico Ranico exponitur habitatio vallina, utrinque monibus cincta. Helveticum nomen, cui Suicertorum juccellis, penè idem significare mihi persuasum est. Vide hill mont. Scriptores tamen ejus gentis domestici, & in antiquitatibus patriti validi versati, clarum Suicertorum nomen duxerunt à Vitis, populo Juria, sibilo præsico: alii à Suecis: alii à ductore Suicertorum Schwytero. Stumpus in Chron. Helvet. ful 198. Schwyterus tertius majorem Helvetia partem tenuit cum suis Sueditis, eamque de nomine suo appellavit Schwyriam, & colonos Schwyteros. Si hos Autores sequamur, Suiceri sunt Solutes Danica vel Suso-Gothica, & hanc ortem ipso nomine profitemur. Ce grand partage de sentimens sur l'origine de ce noſti, fait voir qu'elle n'est guère bien connue. Quelques-uns trouvent plus naturel de dire, que le nom de Suisses vient de celui du Canton de Schmitz, parce que ce fut ce Canton qui jetta les fondemens de l'alliance Helvétique, & que ce fut dans ce Canton que se donna le premier combat qui assura la liberté des Helvétiens, & qui répandit dans l'Europe la renommée de leur valeur. Aussi depuis le tems de leur confédération, ils ont toujours porté le nom de Suisses. C'est ainsi que la République d'Achaie donna son nom à tous ceux qui entrement dans son alliance, & que la Ville de Rome donna le sien à ses Alliés. Voyez ci-dessus Helvétiens.
SULTAN. Nous appellons ainsi l'Empereur des Turcs. SOLDANUS dicitur, quod sinus dominus: quia contitis præsis Orientis Principiens, dit Ordèric Vital au livre xi. de son Histoire Ecclésiastique. Il se trompe. C'est un mot Turc, qui, selon Cédrenus, signifie wstrongerque, eglitabula Surchim, le tout-puissant, & le Roi des Rois. Mais Cédrenus se trompe aussi. Ce mot Turc signifie simplement Roi ou Empereur. Voyez Voissus de Vitis Serm. page 139. M.
SULTAN. M. Ménage, qui accuse avec raison Ordèric Vital & Cédrenus de se tromper dans l'interprétation de ce mot, se trompe aussi lui-même lorsqu'il dit simplement que c'est un mot Turc. Il est vrai que c'est un mot Turc, parce qu'il a passé dans la Langue Turque; de même qu'il est mot François, parce qu'il a passé aussi dans la Langue Française. Mais il est proprement Arabé, & signifie domination, puissance; Seigneur, Souverain, Prince, Roi, Empereur; du verbe salita, qui à la cinquième conjugalion veut dire dominer, exercer la puissance. Le mot Chaldéen & Syriaque, שָׁלֹשׁ, schoutan, & le Chaldéen שָׁלֹשׁ, schoutan, signifiant de même domination, puissance, Seigneur, Dominateur; du verbe שָׁלֹשׁ, shlat, dominer, exercer la puissance, la domination. Dans l'Épître de Saint Paul aux Colosses, 116. & 1. 10. l'ordre des Anges que le Grec appelle Escutan, & le Latin possitates, est appelé schoutan dans le Syriaque. Au lieu de schoutan ou schoutan, les Ebreux disent שָׁלֹשׁ, schoutan dans le même sens. L'Arabe Sultan a passé dans la Langue Turque, ainsi que plusieurs autres mots Arabes. EFERUS - Recherches & Classification numériques 504 SUL. SUM. SUN. SUP.
SULTANE. Habit de femme : dont on a commencé l'usage à Paris en 1688. De sa ressemblance aux habits des Sultanes. M.
SUMAC. Nom d'un arbriffeau, appellé en Latin Rhus. Sumac un mot Arabe. *
SUND. Nom d'un fameux détroit qui joint la Mer d'Allemagne avec la Mer Baltique. Ce mot est pur Teutonique, & signifie détroit ; en sorte que le Sund a été ainsi nommé par excellence. Voici comment Wachter en parle dans son Glossar. German. page 1647. SUND, fretum Codanum inter Scandiam & Selandiam. Veretius in Indice : Sund fretum. Stilero venit a sondern disjungere, separare ; quia partem terra dirimit & sejungit ab altera, aquis interfluus. Sed fallitur vir deffus. Est enim vox apocopata ab antiquiori fund mer, & proprie denotat mare angustum, quod ab homine vel equo nando trajici potest, a fund natatus. Somnerus in Dict. Anglo-Sax. fund natatio... Dicitur & Orefund, fortasse à nummo Damico ora, quem etiamnum coguntur solvere exteri qui fretum illud tranfunt. * SUPER : c'est humer du bouillon : mot niffé dans les Provinces d'Anjou, du Maine, & de Normandie. Les Espagnols disent chupar en la même signification. Covarruvias : CHUPAR, facar la virtud de alguna cosa, attrayendolo a si. Lat. fuggare, exuggo : de donde se dixo enxugat & embever el jugo. Dixose del sonido que haze el que chupa alguna cosa con la boca, como haze el niño quando mama que chupa la teta. Chupar, es comerle a uno su hazienda sin que lo sienta. Chupado, el que esta flaco, y consumido, por averle saccado la fustancia. M. Guyet, dans la Note marginale sur cet endroit de Covarruvias, dérivait chupar, qui est le même que super, de fucus, ou de fugere. De fucus, de cette façon : fucus, fucare, fupare, CHUPER. Et de fugere, de cette maniere : fugere, fugare ; par métaplaine ; fupare, CHUPER. En Normandie, on prononce super : ce qui favorise le changement de l'S en C. Je crois que chupar viendroit plutôt de fumere. Voyez humer, il me reste à remarquer, que le mot François Chuppé est un nom de famille. M.
SUPER. Ce mot ne vient, selon moi, ni de fucus, ni de fugere, ni de fumere ; mais de l'Alleman fupen, ou de l'Anglo-Saxon fupan, qui signifient entre autres choses humer. Cette étymologie est si naturelle, qu'il n'étoit pas besoin d'en aller chercher d'autre. Les Anglois disent fup dans la même signification, & les Suédois fupa. Voyez ci devant fup ; & Wachter dans son Gloss. German. au mot fupen. *
SUPERCHERIE. Je suis fort de l'avis de M. de la Piquetiere, qui croit que c'est une contraction de supercherie. M.
SUPERCHERIE. M. du Cange dans son Glossaire-Latin, rapporte plusieurs exemples de superbia, dans la signification, dit-il, de supercherie. S. Add.
SUPERCHERIE. Ce mot ne se dit pas moins des petites tricheries que des grandes : ainsi je le dérive de fur-cherie, ou super-encherie ; la supercherie étant le propre d'un Marchand qui fursait & qui furvend la marchandise. Voyez Henri Etienne, dans ses Dialogues du nouveau langage François Italianifé, page 56, 57 & 58. de l'édition d'Anvers 1579. Ce mot au reste n'a pas eu d'abord en France la même signification qu'il y a eu depuis. Voyez la même, page 604. Sainte Aldegollide, dans son Tableau, &c. tome v. chap. xi. parlant de certaines dévotions, fondées, dit-il, sur des fonges & des visions : Dont il y a, ajoute-t-il, tant & tant d'exemples en nos Légendes, que ce seroit une supercherie d'en vouloir aller trier au chefier quelques-uns par-dessus les autres. Comme supercherie se prend là pour superfluité, il semble que ce soit une contraction de super-encherie. Le Duchat.
SUPREPEZ. Mot Gafcon. Scaliger, dans le second Scaligerana : MANTISSA, Lingua Etrusca, significat auctarium, vivisipet, superpondium ; SUPREPEZ. Vagconice. De supra precium. M. SUR : préposition. De fursum : pour lequel on a dit fufum, d'où nous avons fait fus, & d'où les Espagnols ont fait fuf. Le vieux Glossaire : fufum, fufum : fufum, fufum. Le Lexicon Grec-Latin : fufum, fufum, fufum, fufum versum. Feltus : Silus appellatur nafo fufum verius repando. Plaute dans la Comédie intitulée Cifellaria, 1. 3. 78. Quid nunc fupina fufum in culum conspicis ? Voyez ci-dessus Jus. M.
SUR, SUR ET. C'est-à-dire, aigre, aigret. L'Auteur de la Dame sans mercy : De rien à moi ne vous prenez : Je ne vous suis aspre, ne dure : Et n'est droit que vous me tenez. Envers vous ny douce, ny sure. Ces mots sont encore présentement en usage parmi les Normans, qui appellent furs les fruits qui ne sont pas encore murs, & que les Latins nomment acerbes. Et dans le Dictionnaire Bas-Breton, vous trouverez sur, aigre. Suret est un diminutif de fur ; & fur a été fait de l'Alleman fup. Et de-là le mot Alleman fuprach, dans la signification d'épine vientre, qui est l'ifouque des Grecs, & le berberis des Latins. De fur, on a fait surre. C'est ainsi que les Normans appellent l'ofelle, à cause de son goût aigret, pour lequel les Grecs l'ont appellée fuf, & les Italiens aceto. Voyez ofelle. M.
SUR, ou SEUR : pour certain. Du Latin fucus, par le retranchement du c. Et de même fureté, de fucus. * SUR - ET - TANT - MOINS. M. Nublé croyait qu'on avait dit originellement fur & en moins, c'est-à-dire, en déduction : in minus. Je crois toujours, comme je l'ai remarqué dans mes Observations sur la Langue Françoise, qu'il faut écrire fur etant moins : comme qui diroit, fur ce qui est de moins. M.
SURANNE. Ce mot signifie proprement qui a plus d'un an. M.
SURCOT. De furcotum, qui se trouve. Vossus de Vitis Sermonis page 190. veut que furcotum ait été fait de l'Alleman fufat, qui signifie une espece de robe. Vossus se trompe. Surce à été fait de ces deux mots fur cutie : ce qui a été fort bien remarqué EFERUS - Recherches & Classification numériques remarqué par Nicot en ces termes : Surcot est de la composition de surfaix : & est composé de sur, préposition ; & de cotte, par apocopie de la dernière fyllebe. Et est l'habillement que les Ruines, comme aucuns veulent, quoique ce soit les grandes, portent pour richesse de couverture sur leurs cotes. L'apocopie luy change le genre avec la termination qui est masculine. L'ancienne Coutume d'Anjou & du Maine, qui m'a été communiquée écrite à la main par M. Nivard, au chapitre de Justice de Vavalleur : Tous Gentilhommes qui ont voirie en leurs terres, pendent larrons de leurs méfaits faits en leur terre : Més en aucunes Chastelles les mains-l'en juger à leur Seigneur, &c. La Glosse sur cet article : Aucuns sont qui ont simple voirie : quand ils prennent larrons en leurs terres, ils le rendent au Souverain pour en faire justice, & n'en ont pas la connaissance ; & més il leur en demeure certaines dépouilles : c'est-à-dire, le chaperon, en le surcot. Et ce qu'il y a au-dessus de la ceinture, c'est chaperon : & ce qu'il y a au-dessus de la ceinture, c'est le surcot. M.
SUREAU. Lat. Sambucus. C'est un diminutif de sur, qu'on a fait par contraction de sehur. L'Ancien Dictionnaire Latin-Français publié par le P. Labbe : SAMBUCUS, sehur. On dit dans l'Anjou & dans la Normandie du sus. Et de là le mot de su-seau : qui est le même que celui de sureau. Caninius dérive sus de sambucus, & Camden du Celtique isian. Les Espagnols disent sauce, qu'ils ont fait de sambucus. Sambucus, sabucus, saucus, saucus, SAUCO. Nous avons fait de même sus, su-seau, & sureau, de sambucus. Sambucus, sabucus, saucus, secus, sucs & sus. De sus on a dit SUREAU : pour lequel on a dit ensuite SUREAU. M.
SUREAU. Le Latin sambucus vient peut-être de l'Ebreu qui sabac, avec qui il a de la convenance, & qui signifie être entrelaiss. Dans ce cas-là le sureau aura été nommé sambucus, parce qu'il a les branches touffues & entrelaisses : & la lettre = au milieu de ce mot ne sera qu'une lettre paragogique, ajoutée pour soutenir la prononciation, comme dans plusieurs autres mots.
SURGEON. Petit rejetton que pousse un arbre, principalement par le pied. De surculus, fait de surjeter.
SURGIR. Ronfard, page 44. de ses Hymnes de l'Edition in-octavo : Après, vous surgirez dedans l'Isle déserte D'hommes & de troupeaux, mais aussi - bien couverte D'oiseaux qui ont la plume à pointe comme épice, Et la dardent des flancs, ainsi que percé-épice. De surgire, dit, par métaplisme, pour surgere, d'où les Espagnols ont aussi fait surgir. Surgere naves videntur quodammodo ex alto mari ad terram accedentes, dit M. Guyet dans sa Note manuscrite sur ce mot Espagnol dans son Covarruvias. M.
SURJET. Terme de Lingère & de Couturière. C'est une couture ronde & relevée. De superjetta, en sousentendant sutura. Le surjet se fait en cousant par deffus. De-la surjeter, pour faire un surjet. SURJET est aussi un terme de Coutume. C'est une augmentation de prix. Le droit de surjet est le pouvoir qu'a le Seigneur de faire augmenter le prix du fonds vendu par son Emphytéote, en le faisant enchérir. De superjetum. Ainsi surjeter, en Tome II. termes de Jurisprudence, c'est enchérir, superfi-cere. Voyez le Glossaire de M. de Laurere.
SURIN. Nom propre d'homme. C'est une corruption de Severin. Saint Severin, Evêque de Bourdeaux, est appellé vulgairement Saint Surin. SURNO M. Du mot de sur, & de celui de nom : parce qu'anciennement, dans les Actes, on écrivait le surnom sur le nom. C'est une trouvaille de M. du Cange, dans son Glossaire Latin, au mot supranomen. Voici ses termes : Sic porri dictum supranomen, quod in actis, praferim publicis, qua a testibus suscriberentur; seu ad discrimen similium, ut dixi, nominum; seu ad plentorem personarum designationem; supra singulorum nominum, locorum, & praediorum, qua incolerent, aut quorum domini erant, nomenclaturas adderent Notarii: cujusmodi complures chartas vidimus, ex Tabularis, Arelatenis, Massilienis, Paredenis, & aliis : quod quidem supranomen idem videtur quod epinomen, voce ibrida, vocant Nota Tyronis, pag. 35. Ubi perperam scriptum epinomen. In hujus autem rei exemplum, proferam veterem Notitiam M. de querela inter Archambaldum de Borbonio, & Petrum de Rist, pro castello Muntis-acuti, sub Henrico III. Repe Anglia : qua sic clauditur : Facta sunt hæc, videntibus & audientibus, ex parte Agonis, de bosco. Corallo. Arch. Francon. de Rupe Willelmo Jordano de Montinac. darr. bors. Amone Teobando, &c. Qua quidem superscriptiones nomina designant praediorum, quorum singuli domini erant. M.
SUROS. Mal de cheval : ainsi appellé, parce qu'il vient sur l'os du cheval. Voyez Nicot, dans son Trésor de la Langue Françoile, & le Sieur de Solleyfel, dans son Parfait Maréchal, page 56. On dit à Paris, à Lyon, & en Normandie, suros : mais dans la plupart des autres lieux de France on dit suros. M.
SURPELIS, ou SURPLIS. Nicot : On pourroit dire que ce mot est composé de super & pallium ou palla : comme si on disait subpallicium. En aucunes contrées de ce Royaume pelle signifie robe. Je remarquerai ici en passant, que ce mot de pelle a été fait de penula. Nicot ajoute : Aucuns estiment que surplis est fait de sub & pellis ; parce que le camail & l'aumusse sont pursus le surplis, & le rendent suppellicium. Il faut superpellicium. Cette étymologie est la véritable. On mettait le surplis sur l'aumusse, qu'on mettait sur la tête. Durandus, liv. 3. chap. 1. nombre 1c. Superpellicium : ou quid antiquitus super unicas pellicias de pellibus mortuorum animalium factas, indubatur : quod adhuc in quibusdam Ecclesiis observatur. ¶ Pellicium se trouve. Les Gloses anciennes : Pellicium, Baire. Joachim du Bellay a dit sourpely. J'a du Fourier vainqueur tes Temples se couronnent : Et j'a la tourbe épaisse à l'entour de ton flanc Ressemble ces Esprits qui là-bas environnent Le grand Prestre de Thrace au long sourpely blanc. C'est dans ses Regrets, page 9. Sourpely est un Angevinisme. ¶ Les Espagnols disent sobrepellic. ¶ Rabelais, iv. 12. à écrit superliss. M.
SURSAUT. S'éveiller en surfaix. De superfaltus. M.
SURSEOIR. De supersedere, qui se trouve en cette signification dans le Code Théodo- EFERUS - Recherches & Classification numériques fien, L. II. 7. IX. 1. V. *Proinde si adversario supercedente quominus explicares en qua. Spropoderus.* M. **SURTAUX.** Terme de Coutume. C'est une taxe injuste, & qui excede les forces de celui qui doit la payer, ou la proportion dont il pourroit être tenu. De *sur*, & de *taux*, dit pour *taxe*. Voyez ci-dessous *taxer*. **SURTOUT.** Nous appelons ainsi depuis quelques années un ample juste-au-corps, qui se met pardelsus un autre juste-au-corps. Ce mot, que tout le monde croit nouveau, est très-ancien. Il se trouve dans les Statuts de l'Ordre de Saint Benoît de la Province de Narbonne, qui sont de 1116. *Illas quidem votes, qua vulgo Balandratur, & fupertoei vocantur, & fellas rubas, ... pemitus amputamus.* Les Espagnols disent de même *sobrerode*. Ou croit que *gros Seigneur*, pour *grand Seigneur*, est aussi un mot nouveau. M. de Callieres, dans son Livre des Mots à la mode, page 10. *D'où vient que ce qu'un usage universel a toujours fait appeler grand, s'est métamorphosé en gros, & qu'on se sert de ce terme avec si peu de raison? Que veut dire un gros Seigneur, sinon un Seigneur qui est gros, c'est-à-dire de grosse taille? Faut-il, pour parler à la mode, que nous disions le Gros Turc; le Gros Viur; le Gros Maître de Malte; le Gros Maître de la Maison du Roi; le Gros Ecuyer; le Gros Chambellan; & ainsi des autres dignités auxquelles on a attaché le terme de Grand! Et ce qui suit. Et il est aussi très-certain, que cette façon de parler est très-ancienne dans notre Langue. Guillaume du Bellay, dans une de ses Lettres au Connétable de Mommorency, imprimée à la page 191. des Mémoires de M. Ribier: *Encore qu'il m'ait dit des paroles* (le Maréchal de Montejan), que le plus gros Seigneur de la Chrétienté ne voudroit dire à homme portant titre de Gentilhomme. Rabelais, 1. 30. *En cette façon ceux qui avoient été gros Seigneurs en ce monde icy, gaignaient leur pauvre, méchante & paillarde vie la-bas.* On m'assure que *gros Seigneur*, pour *grand Seigneur*; se trouve aussi dans la Vie du Chevalier Bayard. Il en est de même de *grosse Maison*: c'est aussi un mot ancien. Paradin, livre 1. de ses Annales de Bourgogne, page 118. *Vergy, est une grosse & ancienne Maison de Bourgogne; & de telle prééminence, qu'elle fut alliée à la Maison de Bourgogne* Autre exemple d'un mot ancien, qu'on croit nouveau. C'est celui d'*impardonnable*. M. de Ségrais, qui l'a employé dans ce vers de sa Traduction de Virgile: *Sa beauté méprisée, impardonnable outrage:* s'en croit & s'en dit l'auteur. Et il se trouve dans Froissart. Voici l'endroit: *Vous savez comment le Roy de France tenoit secrètement ses convenances de vers les bonnes villes de Bretagne, afin qu'elles ne se voussissent pas ouvrie pour recueillir les Anglois: & la ou ils le ferient, ils se forferaient grandement: & seroit ce fait impardonnable.* C'est au feuillet 57. v$^{o}$. du second volume de l'édition de Paris, au chapitre qui a pour titre, *De la Joutte de Gauvain Arichaille, François; contre Joachim Kater, Anglois: & les paroles que le Roy Charles dis au lit de la mort.* Si on lisait avec application tous nos anciens Auteurs, on y trouveroit beaucoup d'autres mots, qui paissent aujourd'hui pour nouveaux. J'appriens aussi en même tems de M. l'Abbé Varès,
SUS. SUZ. SYC. SYD. SYF. SYN. que le mot d'*impardonnable* est très-asté dans tout le Languedoc, & particulièrement à Toulouse. Ce passage de Froissart m'a été indiqué par M. l'Abbé Regnier, Secrétaire de l'Académie. M. ce qui est de l'étymologie de ce terme, je l'ignore entierement. Il sembleroit d'abord que c'est un mot Grec; mais il n'en a que l'apparence. *
SYROP. Voyez *frop*.
SYRTES. Ecueils de la mer Méditerranée, sur la côte d'Afrique, appellés présentement *Sèches* de Barbarie. Ils ont été nommés *Syrtes*, du Grec *equis trabere*, parce que les vaisseaux y sont en- trainés par les vagues & par les vents. Virgile, Enéide, liv. 1. *Tres eurus ab alto* *In brevia & Syrtes urget, miserabile visu,* *Illidique vadis atque aggere cingit arena.* Ou parce que les flots agités y entraînent des sables & du limon. On a aussi appellé *Syrtes*, des terres défertes & sabloneuses, parce que les vents y entraînent & poussent les sables, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre. * **T**ABAC. De l'Espagnol *Tabacco*. Les Médecins de Lyon, liv. XVIII. chap. 138. *Quemadmodum hortis omnibus magno est ornamento, ita facultatibus insignibus celeberrima est berba, quam petum ab Indis vocari re, ert Thevetus; Nicolaus Monardus picielt; Oviedus in Hispaniola insula petebecum. Hispani tabaco nominarum, ab Insula quadam ejus nominis, in qua frequentissima reperitur. Galli, quid Joannes Nicotius, Regius aliquando in Lusitania Orator, ejus semen primus ad Reginam, Regis Gallia matrem, detulerit, illusque facultates docuerit, Nicotianam, & Herbam Regine, nuncuparum.* Il est à remarquer que quoi qu'on dise *tabac*, on dit *tabatiere*. ¶ Il est aussi à remarquer qu'il faut dire *tabac*, & non pas *tabac*, ni *toubac*. ¶ Voyez *Nicotiane*. M. **T**ABAGIE. Assemblée de débauche, pour prendre du tabac en fumée. *Hort*. **T**ABARIN. C'est le nom que prit un charlatan qui parut en France vers le commencement du XVII. siècle, & qui prit ce nom à cause du petit manteau appellé *tabart* qu'il portoit, & qu'à son exemple ceux de son métier portent encore aujourd'hui sur le Théâtre, lorsqu'ils y veulent faire le personnage d'Arlequin ou de bouffon. Voyez *tabart*. Le Duchat. **T**ABART. Villon, dans son Grand Testament: *Mon grand tabart en deux je fends.* Marot sur cet endroit: **T**ABART, une *manteline de alors*. Villon s'est encore servi du même mot dans son Petit Testament: *Et à chacun un grand tabart* *De Cordelier jusques aux pieds.* Froissart, vol. 1. chapitre 13. *Et luy sit vestir un tabar comme il soulait porter*. Thomas de Cantimpré, liv. 1. chap. 7. *Spreverat in Sacerdoibus rotundam communis habitus cappam: & tabardam, quem Gallici canem dicunt; id est, uliege; induerat*. ¶ Les Italiens disent *tabarro*, & les Espagnols *tavande*. ¶ Voyez le Glossaire de M. du Cange. M. **T**ABELLION. Quelques-uns veulent que ce mot soit formé de *tabella*. Mais il me semble plus à propos de le dériver de *tablinum*, qui signifie le lieu où l'on garde les Actes publics. Vitruve, livre 6. chap. 4. *In tablino codices & monimenta rerum in Magistratu gestarum asservantur*. Pline, livre 35. chap. 1. *Tablina codicibus implebantur, &* *monimentis rerum in Magistratu gestarum*. Cafeneuve. **T**ABIS. Etoffe. C'est un abrégé de *zabalis*. Dans l'Inventaire des Meubles de Charles V. imprimé après son Histoire, écrite par M. l'Abbé de Choisy: *Un surcor, & un chaperon de zabalis violet, fourné de menu vair*. Les Italiens disent *tabi*. M. Voyez *taby*. **T**ABLATURE. On appelle *tablature*, les marques ou notes qu'on met sur du papier réglé pour apprendre à jouer des instruments. Et comme l'usage de ces notes donne souvent beaucoup de peine aux commençants, de-la est venu le proverbe *donner de la tablature*, pour dire, susciter une affaire difficile, donner de la peine. * **T**ABLE, pour le *menfa* des Latins. De *tabula*, employé en cette signification par les Auteurs de la base Latinité. Guntherus Monachus, dans son Histoire de Constantinople, sous Baudouin, environ l'an 1203. De *tabula*, super *qua Christus canavit*. J'ai fait allusion à cette signification dans cet endroit de ma Vie de Mamurra le Parafite: *Nescit tolere manum de tabula*. M. **T**ABLEAU. *Tabula, tabulella, tabulellum, TABLEAU*. On sous-entend *pilla*. Pline, xxxv. 9. *Tabulas duas, Ajacis & Veneris, mercata est a Cyzicensis HS. XII. M.* Et au même endroit: *In foro fuit & illa pastoris senis tabula cum bacule*. Aufone, Epigramme 6. *Hac Rusi tabula est: nil verius. Ipse ubi Rufus?* *In Cathedra. Quid agit? hoc quod & in tabula*. M. **T**ABLES. Jeu. Le Livre de la Diablerie: *Ils ne bohent de leurs maisons.* *La jouent en toutes saisons,* *Aux quilles, au franc de quarreau,* *Au trinc, au plus près du couteau,* *Aux dez, au glic, aux belles tables.* *Aux belles Tables, c'est-à-dire aux Dames*. Les Latins se sont servis de *tabula* en cette signification. M. **T**ABLETTES. Lat. *pugillares*. De *tabuletta*, diminutif de *tabula*: parce que c'estoit de petites planches enduites de cire, sur lesquelles on écrivoit. Les Glosses d'Ifidore: DITTICA, *tabula, quas ferimus*. M. **T**ABLIER de femme. De *tabularium*. Périon: *Sed ut ad propositum revertamur, illud quadratum quod nomina cinctum ante ventrum habent, à S [f i]* EFERUS - Recherches & Classification numériques 508 TAB. TAC. Parissis tablier, à tabula forma, ut opiner, vocatur; à nostris autem devant, sive devant, vel davant, quod ante, & a fronte, eo se tegant. M. TABLIER à jouer. Gr. & Cas. De tabularium: quia in eo tabulis luditur. Voyez M. de Saumalfe sur l'Histoire Auguste, page 462. M.
TABOURET. De tambour, à cause de la ressemblance d'un taboure à un petit tambour. Voyez tambour. M.
TABOURIN, ou TAMBOURIN. Petit tambour. Voyez tambour.
TABUT, vieux mot qui signifie noise, querelle, debas. En bas-Breton il signifie la même chose. Huet.
TABY. Etoffe. Vincent de Beauvais, Spec. Hist. I. 31. chap. 145. Vestimenta de Samitho & de Tabith. Peut-être du Royaume de Thebeto, d'où ces étoiles venoient. Huet. Voyez tabis.
TAC. Maladie de brebis: espèce de petite. Du mot de tache; selon l'opinion de Scaliger, dans l'Appendice de ses Notes sur Varron, page 192. Clavus, erat plagula qua ab humeris in peitus demitebatur, ut erat inquis Gracorum. Ea clavis quibusdam confisa erat: in Senatoribus quidem, latioribus; in Equitibus, angustioribus. Propterea, tota plagula ipsa vocabatur clavus. Nonius: Patagium, inquit, aureus clavus, qui pretiois vestibus immitri solet. Nam patagium erat bonestis maronis, quod clavus viris. Et ipsum irvum declarat. Patagium enim dictum, quod quibusdam quasi maculis & navis insperfum erat. & enim, nisi fallor, est morbus pestilens, quo correpri qui moriuntur, nullum indicium morbi relinquunt aliud, quam navulos in parte corporis. Quocirca in Gallia vocant tac; hoc est maculam, vel navum. Ab ea similitudine, a clavulis, qui tanquam navi in plagula sparsi sunt, dicitur patagium. Apud Festum tantum legitur patagus genus morbi. Nam ita dictum puto, quia eo subit veluti perculsi & stupefacti commiui voisi homines. Ce mot est fort en usage dans le Languedoc. Pasquier fait mention d'une maladie contagieuse en 1411. qui fut appelée le Tac. Voyez le chapitre 28. du livre IV. de ses Recherches. Nous appellons aussi tac, une espèce d'huile de cèdre: & nous l'appellons de la sorte, à cause qu'on s'en sert pour guérir le tac. Belon, dans son Traité de Medicamentis servandi cadaveris vim obtinentibus, chap. 1. Id autem oleum, quo nostris hic in Gallia Celtica utuntur, quod tacum vocant, verius e lignis juniperorum pernici videtur: idque à morbo ovium, cui mederi solet, nomen habet. Est autem contagiosa quadam luit, qua populatim savis, & interficis oves. In quo medendo rustici cum nobis doctores sim, eo opus habentes Pharmacopolas ad eunt, à quibus & tacum postulant, quemadmodum in inferiori Gallia du Cade Serbin, nomine quidem vulgari, sed quod Judaï populum sic docuerunt. En Berri, les Bergers marquent leurs moutons sur le nez avec de l'huile de tac. M. TAC: pour maladie contagieuse. Voyez le Journal de Paris, &c. 1719. tome 1. page 11. On appelle aussi cette maladie Horion. C'étoit, selon Mézerai, la coqueluche: & je crois qu'on lui donna le nom de Horion, parce qu'on s'y couvroit la tête d'un capuchon qui tomboit sur les oreilles. Voyez le mot Horion. Dans Rabelais les Antipenne sont une maladie des oreilles. Tac, dans la même signification, vient de tangere, parce que, comme dit le Journal ci-dessus, on n'osoit toucher à soy de nulle part que ce fust, tant estoient grevez ceux qui de ce mal estoient atteints. Le Duchat.
TACETTES. Cuissards de l'homme d'armes. De l'Anglois taces, mot de la même signification. Le Duchat. Voyez le dernier article tasse, & aussi tasset.
TACHE. Ce mot a bien changé de sa première signification. Il signifie aujourd'hui ce que les Latins appellent macula, qui est toute marque qui altère la couleur de quelque corps. Anciennement on s'en servoit pour exprimer les bonnes ou les mauvaises qualités d'un homme ou d'une bête. L'ancienne Chronique de Flandres chap. 26. parlant de Marguerite Comteffe de Flandres: En elle avoit quatre taches; premierment elle estoit une des plus grandes Dames du Lignage de France; secondement elle estoit la plus sage & mieux gouvernant terres qu'on secuit, &c. Les autres deux taches sont qu'elle étoit libérale & riche. L'ancien livre intitulé Le Etablissement li Roi de France: Or se aucun menoit sa bête au marché, ou entre gens, où elle mordit ou ferit aucun, & ci qui étoit blessés se pleinsit à la Justice, & li autres doit, Sire je ne savoye mie qu'elle eufi iceile teiche, &c. Et notez que le Titre de ce chapitre est Du domage qui puent avenir de bête qui a male teiche. Caseneuve.
TACHE. L'origine de ce mot ne m'est pas connue. M. de Caseneuve a fort bien remarqué que nous disions anciennement tache en bonne & en mauvaise part indifféremment. Voyez la Note: elle est curieuse. M. du Cange a fait la même remarque dans son Glossaire Latin, au mot Tasca. M.
TACHE. En Bas-Breton tach, fouillure. Huet. TACHE. On écrivoit & on prononçoit autrefois teche. Le Roman de la Rose: Si n'est-il pas bon qui ne peche Tousjours à chacun quelque teche. Item, fol. 47. 1°. Et si pensent en eulx taisans, Qu'alors sont-ils preulx & plaisans, Et qu'ils ont toutes taches bonnes. Item, folio 7°. vo. Je fais entendant par ma chappe, Que & riche est plus entaiche, Que n'est le poivre de péché. Quelques-uns disent entiche pour entache: ce qui me fait soupçonner qu'entache & tache pourroient bien venir de l'Alleman tisch, qui signifie une table à prendre ses repas. Anciennement, comme on ne s'y servoit pas de serviettes, non plus que la plupart des Allemans encore aujourd'hui, il étoit difficile qu'au sortir de la table l'habit n'eût toujours quelque nouvelle tache: & de-là peut-être le mot tiche, teche; ou tache, pour signifier les marques ou traces qui restoient sur les habits de ceux qui s'étoient trouvés à table. Voyez ci-dessus entiche. Peut-être aussi que tache vient de tasse, fait de tange; selon ce passage de Rabelais, liv. 2. chap. 16. Ce disant leur mettons, main sur le collet: ensemble la male tache y demeure perpétuellement. Ou bien de l'Alleman ceichen, que tous Alleman prononce taxen, & qui signifie ma, mais le plus souvent insignire. EFERUS - Recherches & Classification numériques
TAC. TAD. TAF. TAH. TAL. On lit dans Alain Chartier, page m. 448. Tache de larrecin farcie de defloyante. Dans ce passage il semble que tache vienne de l'Allecam tafche, c'est-à-dire une poche. Voyez ci-dessous tafche. Le Duchat. T A C H E. Voyez tafche M. T A C O N. Petit faumon. Voyez Saumon. Je remarquerai ici par occasion, au sujet de ce petit faumon, que faimoner, qui paroît signifier un petit faumon, ne le signifie pas. Il signifie un autre genre de poisson. M. T A D O R N E. Oiseau aquatique. Belon dans son Ornithologie, livre 3, chapitre 17. La tadorne est oiseau montu ressemblant à une canne : mais on le voit rarement en France, sinon les Courts des Grands Seigneurs, à qui on les apporte des autres Provinces de dehors. Rabelais 4. 59. l'appelle tadorne. M. T A F F E T A S. Etoffe de foie. Les Grecs modernes disent vagaria, & les Italiens taffetta, les Espagnols tafatam. Et taffata se trouve en plusieurs endroits d'Errivains Latins modernes, rapportés par M. du Cange. M. Bochart croyoit que c'étoit une onomatopée. C'est aussi la pensée de Covarruvias. Dixofe affi del ruido que hace bel que va vestido della seda, sonando el tif, taf, por la figura onomatopela. Charles de Bouvelles parle de l'étymologie de ce mot en ces termes : Vox virginis dubia : nisi à loco quopiam, aut ab artificis nomine, deduita fit. M. T A F F E T A S. Bafas est un mot Indien, qui signifie des toiles de coton fort ferrées, qui viennent la plupart du Royaume de Guzarate. Les Marchands distinguent pourtant ces étoffes de coton, de celles qui font de foie, & qu'ils appellent taffetas. Mais bafas ayant été changé en taffetas lorsqu'il a paffé dans l'Europe, les Marchands Européens ont pu reporter ce mot dans les Indes, sans savoir qu'il en étoit venu. Huer. T A F F E T A S. Il y a bien de l'apparence que ce mot est effectivement une onomatopée, puisqu'anciennement on écrivoit & on prononçoit taffetas. La grande Nef des Fous du monde, imprimée en 1499. Les bourres comme panetieres, les saintures de taffetas. Le Duchat. T A H U C. Dans le Cérémonial de Godefroy, page 37. Sur le Tabuc où est le corps, sera fait une piatte-forme. M. T A H U C. Mot du haut Languedoc, qui signifie un cercueil, & que dans le Bas Languedoc on prononce atout. Le Dialogue d'un Fol & d'un Sage, imprimé en tête des Poeffes Gascones du Sieur le Sage : Messieurs, jeux sont aussi venges, Tirat d'au cist d'un atout. Ce qui est le tabuc, expliqué par les mots de bière ou cercueil dans le Dictionnaire Touloufain, imprimé à la suite du Goudoull. Le Duchat. T A I L L E. Exaction, tribut. Pierre de Blois, Ép. 101. Quid de talliis & exactionibus, quid de obventionibus, placitorum, & ceteris improbis extorsionibus loquar. Le Concile de Latran, tenu sous Innocent III. chapitre 46. Talliis, seu collectis & exactionibus, aggravare. Gerard Voissius, livre 2. chapitre 18. de son Traité de Vitiis Sermonis, est en quelque façon porté à croire que taille vient de ce rameau coupé, appellé talia, dont nous venons de parler : parce que comme ce rameau est coupé de l'arbre, ainsi la roille est retranchée du bien des Citoyens. On pourroit aussi le dériver de thibit, qui signifie payer tribut, formé de thibit, qui signifie tribut, d'où vient aussi emmande, c'est-à-dire, tribut, taille, contribution. Cafeneuve. T A I L L E : pour exaction, tribut. Jean Philippi, Président de la Cour des Aydes de Montpellier, 5. 39. & 40. de sa Préface sur son Recueil des Ordonnances & des Arrêts de la Cour des Aydes de Montpellier : Quod veteribus dici adnotavimus, &c. TAILLIS à verbo Gallico tailler; quod est Latinis scindere, dividere & partiti; Indilitiones & Tributa Christianissimi Reges, Juris scita scuti, edixerunt, non gravatim ab uno pro pluribus praftari, sed fruftatim & aqua lance inter omnes illorum fieri divisionem & contributionem. Antiquerum Indilium, aut Indilitionem in genere, apud nos Taleam esse, de qua hic agitur, scripsit Budans ad vis. Dig. de Off. Quart. & Pyrrhus in Rubricam Cod. de Jute Pifcl. Quam nostram Taleam Latinis dicere si quis volet, Varronis (a) Grammatici autoritate poterit; qui taleari lignum dixit dum scinditur; Intaleari, dum prafcindendo formatur. Taleam quoque Latinum vocabulum habemus alia significatiores, pro ligno utraque parte pracisa ferendis arboribus. Plinius lib. XVII. cap. 17. & seq. Cato & Colomella de Re Rustica. C'est la Remarque qu'avoit fait M. Nublé à la marge de son Exemplaire de la 1. édition de ces Origines. De taille, on a fait mortaille. Dans un échange faite en 1291. entre le Roi Philippe, & Louis de Beaujeu, Sire de Broc : Pour le cas de mortaille, que quand aucun meure en la Ville de Montferrand sans confession, tout le bien meuble d'iceluy est au Seigneur de Montferrand. M. T A I L L E. Pour tribut. Wachter dans son Glof. German. page 1668. Teil, segmentum. Gracis van de est tabula, Arnocticis taal menfa. Latinis talea furculus ab utraque parte pracisus apud Varronem, cylindrus ex arbore interclus apud Vegetium, segmentum lini apud Nonium. Cuntha a teilen secare. Allegorice usurpatur de tributis, quia tributa sunt facultates publica a pecunia privatorum minutatim quasi pracisa. Hoc sensu Galli dicunt taille. Et à la page 1975. du même Glofsaire : Zoll, vettigal. A Grace thibit, Authoribus Francis, primis vettigalium in Germania repertoribus, ut offendi in voce bede. Proprius tamen ad Graci vocabuli sonum accedit Anglo-Saxonicum, Belgicum & Anglicum toll, Suecicum toll, Latino-Barbarum tallia, Gallicum taille. In ventissima Septentrionis lingua, quam Veretius in Indice Scytho-Scandico exposuit, tala significat assimilationem : quod est ab Anglo-Saxonico talian estimare. Hinc vox Grace videtur proprii eam demitare proftationem, qua ex taxa vel assimilationem rei imponitur, ut sunt omnino vettigalia, portoria, tributa, census, &c. qua Anglo-Saxonibus universis (a) Texte rapporté infidélément. C'est Nonius Marcellus, au mot Taleas, où il n'y a que, intertaliare, dividere, excidere ramum. Taille, dans un autre sens, 7. Salmas. in De Pallio, pag. 338. EFERUS - Recherches & Classification numériques T A I . T A L . vocantur toll. Aliis tamen tallia est pecunia accisa, a talliare scindere. Et hanc interpretationem sequitur Spe.mannus in voce. Voyez ci-dessus tailler.
TAILLE. Nous disons qu'un homme est de belle taille, lorsqu'il est bien proportionné; & de petite taille, lorsqu'il est petit. Cette façon de parler est prise des statues de pierre ou de marbre, qui étant l'ouvrage des Tailleurs de pierre, ont dans doute été dites de belle taille, lorsqu'elles étoient taillées avec proportion & symmétrie. Nous disons aussi stature, pour taille; & un homme de belle stature, pour dire un homme de belle taille. Si bien que de belle taille & de belle stature sont synonymes: & il est croyable que statura & statua, tous deux dérivés de stare, qui signifie être debout, ont beaucoup de ressemblance; car on ne peut mieux connoître de quelle taille est un homme, que quand on le voit debout. Caseneuve.
TAILLEMAR, dit M. Guillet, dans son Dictionnaire de la Marine, est la partie inférieure de l'Eperon de la Galère; ainsi appelée par les Lévantins, parce qu'elle est tranchante, & semble tailler la Mer. M.
TAILLER. M. de Saumalfe, sur Tertullien de Pallio: Talia est ramus arboris ex utraque parte aqualiter praesus: Graci xiber, aut xiza, appellant. Glossa: Talia, xiza. Hinc taliare, scindere significat, xizon. Nam taliæ sunt scissiones lignorum. Nonius Marcellus: Taleas, scissiones lignorum, vel praesamina, Varro dicit, de Re rust. lib. 1. Nam etiamnum, rustica voce, intertaliare dicimus, dividere vel excidere ramum, ex utraque parte aqualiter praesum; quas alii clabulas, alii talias appellant (* Il y a dans Varron clavolas, & non pas clabulas). Un Auteur incertain de Limitibus: Terminus, sciliquam scissuram, hoc est taliaturam, habuerit, montem scissum, hoc est taliatum, offendit, &c. Caseneuve.
TAILLER. De taliare: qui a été fait de talia, qui se trouve pour scissura dans les Auteurs anciens. Les Glosses anciennes: talia, xiza, taliæ, xibae. Les Auteurs de Limitibus Agerum: Terminus, sciliquam scissuram, hoc est taliaturam, habuerit, montem scissum, id est taliatum, offendit. Nonius Marcellus: TALEAS, scissiones lignorum, vel praesamina, Varro dicit, de Re Rustica, libro 1. Nam etiamnum, rustica voce, intertaliare dicimus, dividere vel excidere ramum. M.
TAILLER. Wachter dans son Glossar. Germ. page 1668. TEILEM, dividere secando. Latinis taliare, Gallis tailler, Iralis tagliare. Simile verbum antiquitus apud omnes populos Celticos obtinuit, colligitur ex derivatis, tielen afferes, teller affercuculus: qua certe a secando nomen habeus. Idem colligitur ex Cambrico taeliv & Gallico tailleur, Suter vestiarius.
TAILLIS. Bois taillis. Lat. Silva caduca. Talia, talicius, talicia; en sous-entendant ligna. M.
TAIS. De testa. Voyez Vinet sur Aulone, Ep. 71. M. T A L .
TALC. Sorte de pierre transparente comme le verre, & qui se leve par feuilles. Ce mot vient de l'Alleman talk, qui signifie la même chose. L'Arabe talk ou talk, signifie aussi la même chose: & apparemment que le mot Alleman a été fait de ce mot Arabe. Voyez ci-dessous talque.
TALE. Mot Meffin, qui se dit des fruits qui se sont froissés, soit en tombant de l'arbre, ou en T A L . s'entreheurtant dans un sac ou dans un parler. On dit de même jasses talées, d'un homme qui a les fesses meurtries d'avoir couru la poste, ou d'une personne qui les a en cet état pour avoir été assis sur un siège trop dur. Je crois que c'est de ce talé que vient le mot taloube en la signification de coup; & que talé vient de tabulatum, froissé ou meurtri contre des ais, comme ceux d'une selle fuse. Jean Bruherin de Re Cibaria, liv. XI. chap. 19. Pomaria in universum loco frigido ac sicco contabulari oporres. Voyez Talemouse. Le Duchat.
TALEMOUSE, ou TALMOUSE. Villon l'a fait quadrifyllable. Item: à Jean Rogier je donne; Qui est Sergent, voire des douze; Tant qu'il vivra (ainsi s'ordonne), Tous les jours une talemouse. C'est dans son grand Testament. M. Bochart prétendoit que ce mot avoit été fait de l'Arabe tarmouth: en quoi je ne vois point d'apparence. Je ne crois pas non plus qu'il vienne de talamaica, qui signifie un masque. Voyez ci-dessus masque. Ceux qui sont venir talmouse de talamaica, prétendent que les talmouses ont été ainsi appelées de leur ressemblance à un masque. Mais, outre qu'il n'y a aucune ressemblance entre une talmouse & un masque, l'analogie ne permet pas que de talamaica on ait fait talmouse. ¶ Les faiseurs de talmouses sont appelés Talmeliers dans les Coutumes Notoires, jugées au Châtelet de Paris, art. 172. Le jour d'un Boulanger, ou d'un Talmelier, ne doit pas joindre au mur miroyen des voisins. Ce qui donne sujet de croire qu'on a dit autrefois talmouse pour talmouse. ¶ Talmella, talmalus, talmausa, talmausa, talmusa, TALMOUSE. M.
TALEMOUSE, ou TALMOUSE. Rabelais, livre 4. chapitre 20. fait ce mot quadrifyllable, de même que Villon: & aussi Antoine Oudin, dans le Dictionnaire duquel on lit: Talemouse, cosa di pasta, riempita di cascio. Item: guanciata o sgrugnone. Ce mot signifie deux choses, comme on voit: premierement un soufflet sur la joue, ou plutôt sur le nez: & en second lieu une certaine pièce de four, que je pense être à peu près ce qu'on appelle ailleurs qu'à Saint Denis en France & à Paris, casse-museau. Mais pour en venir à son étymologie, je suis persuadé qu'il vient de taler, fait de tabulare; & de mouse ou muse, en Latin musa, fait de musus, d'où nous avons fait museau. Taler a signifié autrefois froisser; comme qui diroit beuter contre un ais: & talé se dit encore à Metz & dans quelques Provinces de France, des poires & des pommes cotties, comme dit le peuple; c'est-à-dire, qui étant tombées sur quelque chose de dur, se sont meurtries & froissées en dedans, sans être écorchéées ou entamées au dehors: ce que, suivant Bourdelot, au rapport de M. Ménage sur le mot cottie, on dit taler en quelques Provinces. Voyez cottie. C'est donc par antiphrase qu'on a appelé talemouse ou casse-museau, cette tarte farcie de fromage, dans laquelle au contraire le nez s'enfonce bien avant lorsqu'on la mange. Mais c'est très-proprement, eu égard à la signification de taler, & de mouse ou muse, qu'on a donné le même nom à un coup donné du plat de la main sur le nez de quelqu'un; parce que c'est le moyen de lui meurtrir le nez, on de lui taler la muse. A l'égard de Talmelier, dont parlent les Coutumes Notoires, jugées au Châtelet de Paris, art 172. EFERUS - Recherches & Classification numériques dans la signification de faissures de talmoneses, c'est une construction de Talmastelters. Le Duchat. TALENT: pour volonté. M.
TALISMAN. M. de Saumais, page 75. de sa Confutation contre Cercoctius: eugenus, Graci recentiores vocant, qua verustores trisignatus voca- bant. Arabes TALISMAN appellant ex Graciatris in- sina idiotismo, qui trisignatus, pro trisignus dicebant. Et dans son livre des Années Climactériques, page 578. Quod enim Gracis trisignus, hoc Arabes Gra. à voce appellant thilsem, vulgo Talisman: mescio quare, cum hanc suxionem tam Arabes quam Persa ignorent. Nam in his qua à Gracia moriantur vo- cabulis, Arabes sexionem Gracam solam abjicunt: ut pro mopipa dicum phirphir. Ita ergo talismat pro trisignus; in plurali thilsem, trisignatus. Sic suftinus trisignatus Apolloni Tyneet appellat, qua sunt Ara- bica tilsem, cum, inquit, ut in his, in trisignatus de vir, uipum vir, uipum, uipum, uipum, uipum, uipum, ui, uipum, uipum, uipum, uipum, uipum, uipum, uipum, si Deus est opifex & Dominus natura, quomodo Apollo- nii trisignatus efficaciam habent: Nam & maris im- petus & ventorum flatus, & morium bestiarum- que incortio, ut videmus, arcent. trisignus vocabant- tur, id est, consecratores, & trisignus, qui ejusmodl trisignatus sive ourgia faciebant. Hi Arabibus, ut jam dixi, vocantur ashab althilsem. Inde & trisignatus opus ita conscratum, & ourgius. Voyez le même M. de Saumais, sur l'Histoire Auguste, page 560. Frey, Med. de Paris, dans sa Philosophie des Druides, dit: Dedicabant ratione Astronomica Ur- bes; & quod mirandum est, ut constat ex Greg. Tu- ron. Urbem Parisianum, qua quandis (ut apfemer refert) signa astronomica in ea manerunt, conser- vata est, & nullum fuit incendium, nulli glires, nulli serpentes. Nuper autem, cum cuniculus pontis emundaretur, & cunun de quo repletum fuerat an- ferretur, serpentem gliremque anenum repeterunt: qui- bus alaturis, & glires ibi deinceps extra numerum & serpentes apparaturunt, & postrā incendia perferre cupit... Ex quibus certum est (continue Frey) Druidas construxisse illas figuras mathematicalis astro- logicis & cum quadam proportione, quas solebant vo- care Arabes & alii Mathematici Talismannos, ut videre est apud Scaligerum filium. Similis Talisman- nus Civitatem lampta conservavit. Illic enim nec serpens, nec scorpio fuit: & si forte illati fuissent in Urbem, subito extingurbantur, quia in turre eras- figura scorpionis, signo illo horiscopante, seu medium cuii tenente, extrueta. De his loquuntur Prolom. in Ceniloquio, Ticinus in vita calius-acquirenda, ubi ait, ex sigillo scorpionis Talismannico salto, cum quem scorpionis laisser, subito fuisse sanarum. Cardam. Scalig. M. l'Abbé de B... dans son Traité des Talismans justifiés, dit qu'il aime mieux croire que ce mot vient de l'Ebreu tsolem, qui signifie image. M.
TALLEVAS. On appelloit ainsi ancienne- ment une forte de bouclier. Le Président Fauchet en décrit la forme dans son Traité de la Milice & des Armes. Robert de Bellefime, Comte d'Alen- çon, fut surnommé Tallevas. En Anjou le menu peuple appelle un grand hableur, un Talvasser. M.
TALLEVAS. Par inversion, pour tavelas, de l'italien tavolaccio, fait du Latin tabula. Merlin Cocaic, Macar. 3. Extra montanas surgebat Apollo cavernas, Cajus erat facies Tavolazzo grandior illo Quem ballofreri serum balzonibus implens. Le Dictionnaire Ital. Fr. d'Antoine Oudin: Ta- volaccio, une grande tarque ou escu de bois. Tale- vasser, pour un poitron qui se couvriroit volon- tiers d'un talevas au moindre danger: ou pour un hableur qui aime à s'attribuer de grandes prouesos à table, où il se plait. Le Duchat.
TALMUD. Livre des Juifs, qui comprend tout ce qui regarde l'explication de leur Loi. Ce mot est pur Ebreu, & signifie proprement doc- trina qua accipitur à docente, du verbe Ebreu vo- lamad, apprendre, & voh liumad, faire appren- dre, enseigner. Le Talmud a été ainsi nommé, parce que c'est une doctrine qui a été enseignée par les Rabbins. הלש. talmid en Ebreu, en Chaldéen & en Syriaque, signifie un homme qui apprend, un disciple: talmed en Syriaque, ense- igner, faire des Disciples; taulmodo, doctrine qui s'enseigne. Le Talmud est composé de deux par- ties, içavoir la Migne qui est le Texte, & la Ge- mare, qui est le Commentaire. Migne, ou propre- ment mischne, signifie Deuteroso, comme qui di- roit répétition & explication de la Loi; du verbe Ebreu nav schanah, réitérer, répéter. Gemare signifie perfection, complement, du Chaldéen voh ghemar, perfectionner, achever, completer. La Gemare est le complément de la Migne. Voyez ci- dessus Gemare & Migne.
TALOCHE. Dans un MS. de la Ch. des Comptes de Paris, à la Chambre des Comptes d'An- jou où sont les Droits de Martelage: item, sur chacun Ouvrier ou Marchand d'espere en Taloche, pareillement un chief. Et de-la cette façon de par- ler: Donner une taloche, pour dire un coup de... M.
TALOCHE. De tabula, de cette manière: Ta- bula, tabulum, tabulacium, talacium, TALOCHE. Ce qu'on appelle une taloche, est un coup du plat de la main: & l'arme qu'on appelloit taloche étoit faite pour n'en frapper que du plat. Au chapitre 43. de l'Histoire de Bertrand de Guéclin, taloche est mis pour une targe. Nous appellons taloche à Metz, un coup de la paume de la main sur la par- tie des oreilles. Ce mot en cette signification pour- roit bien venir de l'Alleman talche, maul-tal- che, qui signifie la même chose, quoique plus com- munément un soufflet donné sur la joue; ou bien de l'italien tavolacco, qui veut dire une palette de Peintre, comme qui diroit, un coup du plat de la main donné sur le visage comme avec une pa- lette de Peintre. Le Duchat.
TALOCHE. Après les conjectures de M. le Duchat sur l'origine de ce mot, qu'il me soit per- mis d'en haarder une autre, & de dériver taloche, dans la signification de coup, de taler, c'est-à-dire meurtrir; quelle que puisse être l'origine de taler. Rien de plus propre à meurtrir le visage que les taloche. Lache n'est qu'un augmentatif du mot. Cette étymologie me paraît plus simple & plus na- turelle que celle que donne M. le Duchat.
TALPE. On appelle ainsi en Patois Messin, certain morceau de toile fort fine, qui couvroit le sommet de la tête des Bourgeoises il y a cinquante ans & plus. Ce pourroit bien être une corruption de tulpant, d'où le François turbant. Le Du- chat.
TALQUE. De l'Arabe talk. Les islandois, dont la Langue est l'ancienne Teutonique, l'ap- EFERUS - Recherches & Classification numériques 512 TAL. TAM. pellent talguessin, pierre de talque. Huet. Voyez ci-dessus talc.
TALUS. Pente qu'on donne au rempart d'une Ville. ¶ Quand on taille la vigne, on la taille en talus, aussi bien que toutes les branches d'arbres qu'on taille : ce qui pourroit donner sujet de croire qu'un talus auroit été dit de sa ressemblance à une branche coupée de cette sorte. M. TAMAR I. Arbre. Du Latin tamarix : qui selon M. de Saumais sur Solin page 597. a été fait du Grec à μυμία. Ex Grae factum nomen à μυμία, tamarica, &c. Tamaricum & tamaricem, corrupto ex Graeia vocabulo vix μυμία, secerunt Itali. Tamaricum alii vocant ; ut Servius. Covarruvias derive aussi l'Espagnol tamarix du Grec μυμία. M. TAMAR I N S. Fruits à noyau, que porte un arbre qui croit aux Indes. Les Espagnols l'appellent de même tamarindos. Ces fruits ont quelque ressemblance avec les dattes. C'est un mot Indien. M.
TAMBOUR. Joseph de l'Ecale, en ses Notes sur le Poème intitulé Copa, des Catalecées de Virgile, page 218. dit que les Espagnols ont emprunté des Arabes, & le tambour, & son nom. Sic Hispani, dit-il, tympanum cretalificum, quid ab Arabibus vel Mauris acceperint, Mauritana voce atabal vocant. Sic & ab Arabibus magnum item tympanum altambor, simul cum ipsa Arabica appellatione, acceperunt. Mais je crois que chez les Arabes, les Espagnols, & nous, le nom de cet instrument de guerre, est une pure onomatopée, à cause du grand bruit qu'il fait. Les Grecs disent bien, pour tumultus : & les anciens François disolent tabor pour bruit. Fauchet livre 1. des anciens Poètes François, rapporte ce vers d'un vieux Poète nommé Huon de Villeneuve : Gardes, qu'il n'y ait noise, ne tabor, ne criée. Caïeneuve.
TAMBOUR. De l'Espagnol tambor, qui vient de l'Arabe altambor. Scaliger sur le Copa : Hispani ab Arabibus magnum tympanum altambor, simul cum ipsa Arabica appellatione, acceperunt. Voëssius de Vitis Sermonis, page 192. Taburtinum, tympanum, ex Gallico taborin vel tambour, sive Italico tamborino, pro quo Hispani tamburo. Videntur Galli & Itali accepisse ab Hispanis ; illi ab Arabibus ; quibuscum conveniunt in hoc Persa. Taburtinum se trouve dans Mathieu Paris, & thabur dans Richardus. Les Turcs disent aussi tambour ; mais pour signifier un certain instrument de musique qui a le manche long, & que les Arabes appellent aussi de la sorte. Rabelais IV. 12. dit : abourineur & tabour. ¶ Voyez tabouret. M. Voyez ci-dessous timbales.
TAMBOUR. Dans nos anciens Auteurs il est appelé tabur, thabur, tabor, & tabour : d'où tabourin & tabouret. Les Anglois appellent encore aujourd'hui tabor, un tambour de basque. Les Grecs disent vionatus & vionus, du verbe vionus battre, frapper ; les Ebreux 9n toph, & les Arabes rabi. Je crois que tous ces mots qui ont entre eux une convenance sensible, & ne diffèrent pas essentiellement, ne sont, de même que l'Italien tamborino, & l'Espagnol tamburo, que des onomatopées pour exprimer le bruit du tambour. * TAMER LAN. Fameux Conquérant Tartare. Nous l'appellons ainsi, par corruption de Timour-lengh, c'est-à-dire, Timour le boiteux ; parce qu'il boitait effectivement. Le mot lengh est Persan, & signifie boiteux. Il paraît avoir de la convenance avec le Saxon lama, l'Alleman lam, & l'Anglois lame, qui ont la même signification. L'm & l'a se mettent souvent dans les Langues l'une pour l'autre. Voyez Wachter dans son Glossar. German. au mot lam. *
TAMIS. C'est un sac ou un instrument à passer de la farine. Il vient de attamen, qui signifie même chose. Jean de la Porte dans son Catholicon : Attamen, is, gen. neutr. id est setarium. Attamino : id est, purgare farinum cum setario. Caïeneuve.
TAMIS. Lat. incerniculum : cribrum farinarium. M. de Caïeneuve en a trouvé l'étymologie. Il dit que ce mot a été fait d'attamen attaminis, mot de même signification, comme il paraît par cet endroit de Johannes Januensis, dans son Catholicon : ATTAMIS attaminis, generis neutri ; id est setarium : ATTAMINO ; id est purgare farinum cum setario. Ce mot est ancien dans notre Langue. Hélinand, qui vivait il y a près de 500. ans : Sauce l'ame anfin com' par un tamis. Les Bas-Bretons disent tamones. On dit vulgairement passer par l'étamine, pour dire passer par le tamis. M.
TAMIS. En Bas-Breton tammonis, un sas. Huet. TAMIS. Etamine, dans la signification de tamis, ne viendrait-il pas d'attamine. Le Duchat.
TAMPON. Lat. obsecamentum. Le tampon d'une bouteille, le tampon d'un tonneau. Du Latin barbare tappo tapponis, augmentatif de tappas : lequel mot tappus se trouve en cette signification (ce qui a été remarqué par M. du Cange) dans Lambert d'Ardres. Et in medium proclamabat, quid iantus esset bibitor, quid si dominus sponsus ronchinum, vel equum quemlibet, ei dare vellet, majus dolium quod in cellario suo haberet cervissia plenissimum, dolii tappo extrae, & foramini ore semel apposito, & usque evacuationem dolii non retracto, toum ebiberet. Et ensuite : Quo exhausto, prosstiens in medium scurra, & in signum joculariatis, imo ingluvieri, tappum dolii evacuati gestans in ore, quem in pacto & bibendo lucrifugerat equum, exigere capit. Tappus : le Latin tappasa été fait de l'Alleman tap, mot de même signification, d'où les Anglois ont aussi fait tap, & les Italiens zafo. Voyez zafo dans le Dictionnaire de la Crusca. On disoit autrefois tapon : & on le dit encore dans la Basse Normandie. Les Espagnols disent encore aujourd'hui tapon dans le même sens : d'où les diminutifs taponcico & taponcillo. Ils disent aussi tapino. Tapino de cuba, c'est un bouchon, ou bondon de cuve : lequel mot a été formé de tapus, dit pour tappus. M.
TAN. Voyez Tané. M. TANAI S. Fleuve qui sépare l'Europe de l'Asie. Ce nom vient du Celtique don ou tono, qui signifie aqua, unda. Aussi les peuples qui habitent près de ce fleuve, l'appellent encore aujourd'hui Don : & de Don les Grecs ont fait Tanais. Le d & le s sont des lettres du même organe, qui par conséquent se mettent facilement l'une pour l'autre. Le nom du Danube a la même origine, & les anciens Auteurs confondent souvent ces deux noms, comme EFERUS - Recherches & Classification numériques comme signifiant la même chose. Voyez ci-dessus Danube.
TANAISIE. Tanacetum. M.
TANCER. Voyez tanfer.
TANCHE. Voyez tenche.
TANDIS. De tandin. Huet.
TANE. De tinea. Huet.
TANE. Quelques-uns croient qu'il vient de caftaneus, en retranchant la première syllabe : mais il est plus croyable qu'il vient de tanerie & taneur; parce que c'est la couleur que les Taneurs donnent aux cuirs. J. C. Scaliger, Exercit. 325. Obseriorem Franci tané; Vascones roffer. Tané, quia putamen tan vocant Septentrionales; sicut & certices quernos ad curia interpolanda. Caſeneuve.
TANE. Couleur. La plupart des Etymologistes le dérive de caftaneus. Laxare de Baïf, dans ſon de Re Veſtiaria: Caſtaneus in veſtibus in color, quem, ſublatā primā ſyllabā, vulgo tanum dicimus. Ni- ce: TANNE. Il vient de caſtaneus; demptis primis tribus litteris : car c'est couleur de chaſtaigne. M. Ferrari dans ſon de Re Veſtiaria, partie 2, livre 1. chapitre 23. Fuſcus color, non niger eſt, ſed ex fulvo rubrique mixtus, quem caſtanetum & ſubnigrum appellant. Veneti roanum obſcurum; Inſubres ta- netum, quaſi caſtanetum. Scaliger contre Cardan CCCXXV. 11. le dérive de tan, dans la ſignification de l'écorce verte de la noix avec laquelle écorce on tanne. Obſcuriorem Franci tané; Vascones roffer. Tané, quia putamen tan vocant Septentrionales; si- cus & certices quernos ad curia interpolanda. Mais écoutons Baptista Pius ſur le quartième livre de Valerius Fiacus. TANAIS, Linguā Gracā extenſus dicitur, quod longi fluat. Finis eſt Europa. Olim Bar- bari Silim dixere : nunc Volam. Hunc Riphali mon- tes emitunt, ut Ptolemaus: ut Dionisius, Caucasus: ut Herodatus, vaſtillimapalus. Ibi alim Coloniaſuis; commune Gracis ac Barbaris emporium; à Palamone, Colchorum Rege, dirata. Nunc eſt opidum Veneto- rum Tana: unde pelles veniunt, mangonio, ac ſimi- litudine fideliori : & Tane pro Tanaitice, paſſim vocantur. M. Guyet croyolt que notre mot tané, venoit de ces peaux appellées tana. Je ſuis pour l'é- rymologie de Scaliger. En quelques lieux de France on dit tané, pour ennuyé. Périon, page 69. vora, qui moleſtiā afle- litus eſt, TANE : & variant, moleſtiam & ſatiateam afferre, TANIE. M.
TANEGUY. Nom propre d'homme. Du Gallois Tanwin, qui eſt auſſi un nom propre d'homme. Huet.
TANER. Se taner. Mot Meſſin, qui ſignifie a'étendre tout de ſon long. On dit de quelqu'un en cet état, qu'il ſe taner comme un veau. On peut le dériver du Grec virens tendere, extendere. Mais, ſelon moi, ſe taner, pour t'étendre, ſe ſera dit plu- tôt par métaplaſme; comme ſe taifer, qu'on a dit pour ſe taire. Le Duchat.
TANEUR. C'eſt celui qui courroie les cuirs, c'eſt à-dire, qui leur donne la perfection. Je crois que ce mot vient du Latin-barbare tinnio, qui ſignifie celui qui travaille les cuirs. Les Gloſes an- ciennes: Tinnio, conſſus, qui eſt compoſé de toniere, qui ſignifie travailla; & de hiqua, c'eſt-à- dire peau. Car il y a apparence que Taneur ne vient point de tan, qui eſt la matiere avec quoi on don- ne la couleur au cuir; mais bien au contraire, que tan vient de Taneur. Caſeneuve.
TANEUR. N'en déplaiſe à M. de Caſeneuve, c'eſt le Courroyeur qui donne la derniere main, Tane II. ou, comme il dit, la perfection au cuir; & non pas le Taneur, qui ne lui donne que le premièr apprêt, c'eſt-à-dire qui le tane pour en ôter le poll & la graiſſe. S. Add. TANIERE de renard & de bléreau. De taxinaria, qui ſignifie proprement retraite de teſ- ſon; formé de tanus, qui ſignifie un teſſon. M.
TANQUART. Rabelais, livre 4. chap. 12. Tenez, noſtre amé, plein tanquare du ſin meilleur. De l'Anglois tankard, qui ſignifie un pot à blere, large & plat, & de la meſure d'environ deux pin- tes. Il y a le grand & le petit tanquare, dont le dernier ne contient que la moſité de celui que nous venons de définir. Je ne ſais ſi l'Anglois ne ſeroit pas une corruption de tin-quare, une meſure d'é- tain, tenant une quare de liqueur. Le Duchat. TANSER : pour blamer. Antoine de Baïf, dans ſes Mimes, page 15. Tenser qui cherche en toy recours. C'eſt le condamner de maſſaire. Tenser un homme en ſa miſere, C'eſt cruante, non pas ſecours. De l'inuſité tenſare, fait de tenſum, participe de tendere. On a dit tendere à peu près dans la même ſignification, comme il paroît par ſon compoſé contendere. Tenſeria, pour concursatio, lis, conien- tio, ſe trouve dans Mathieu Pâris. Voyez Voſſius de Vitils Sermonis, page 196. Nous diſions anciennement TENſON, pour con- tention. L'ancienne Verſion de la Bible, chap. 13. de la Genéſe: Tenſons montèrent entre les paſteurs des parcs d'Abraham & Laté. Il y a dans le Latin, ſaſta eſt rixa. Au même endroit : Que tenſons ne ſoyent pas avec nous. Il y a dans le Latin, ne ſit jurgium. Périon dérive ridiculement tanſer du Grec in- nuſiens. Et je ne puis aſſez m'énoiner que cette étymologie ait été ſuivie par Bourdelot. M. TANSER : pour contendere. La Bible Prote- ſtante in-89. chez Antoine Vincent, Lyon 1567. au chapitre 45. vers 14. de la Genéſe : Il renvoya dans ſes frères, qui ſe partirent, & leur dit : Ne tanſez point en la voye : c'eſt-à-dire, ne diſputez point. On dit auſſi tenſer dans le même ſens. Pate- lin, dans la Farce qui porte ſon nom : Et qui diroit à voſtre mere, Que ne fuſſiez ſils voſtre pere, Il auroit grand ſaim de tenſer. C'eſt-à-dire, de conteſer. Voyez ci-deſſous tenſer & tenſon. Le Duchat. TANT : pour le tandin ou le totiés des Latins. Villon : Ce que je feray tant qu'il mourra. C'eſt une contraction de tandis. M.
TANTE. C'eſt ainsi que les enſans appellent la ſœur de leur pere, qui eſt en Latin amita; & celle de leur mere, qui eſt marcetera. Je veux croire que ce mot vient du Latin tara, qui eſt un nom de refpect, dont les jeunes ſe ſervolent envers les vieux : avec cette ſeule différence, que les An- ciens appelloient tara les hommes, & les femmes mamma. Martial liv. 1. Epigr. 101. Mamma atque Tatas habet Afra; ſed ipſa Tatarum Dici, & Mammaum maxima Mamma poteſt. Une vieille Inſcription : M. Elpidius Pamphilus Platoni Tata ſuo benemerenti fecit. Janus Laurem- T 11 EFERUS - Recherches & Classification numériques bergius, dans son Antiquaire : Unde atavus, quasi tatavus : quid se tata avi. Caton de Liberis educandis : Cum cibum aut patinem buas ac pappas dicent, & matrem manmam, & parrem tatam. Les Grecs se sont aussi servis du mot vivla en cette signification ; car Homere a dit vivla vivus, parlant d'un vieillard. Et les vieux François ont dit tayon, pour dire oncle. Froissard, tome 4. chap. 63. Onque le Roy son tayon ne le peut soumettre à sa subjection, &c. Si nous appellons aujourd'hui les femmes tantes, au lieu que les Anciens appelloient les hommes tata, & tayons, c'est un effet de la vicissitude des siccles : car il en est à peu près de même des mots Nonne, Nonnacn, & Nonnette, qui ne se disent plus maintenant que des Religieuses, au lieu qu'anciennement on appelloit les Religieux Nanni, & les Religieuses Noma. Caseneuve.
TANTE. D'amita : en y préposant la lettre T : comme en tari, d'aritus. Anciennement on disoit ante. Guillemette, dans la Farce de Pathelin : Il eut un oncle Limosin, Qui fut frere de sa belle ante. Et ailleurs, dans la même Farce : Or, Sire, la bonne Laurence, Voître belle ante mourut-elle ? Coquillart, dans ses Droits nouveaux, au titre de Jure Naturali : Or je mets un cas qui est tel : Un mari en vocation, Voyant que le temps estoit bel, S'en alla en commission Voir sa belle ante, ce dit-on. Villon, dans son Grand Testament : Item : & à filles de bien, Qui ont peres, meres & antes, Par m'ame je ne donne rien : Car j'ai tout donné aux servantes. Et ce mot est encore en usage parmi le petit peuple en Bretagne, en Anjou, en Normandie & en Picardie. Les Paysans de Normandie disent me-n'ante, pour dire, ma tante. ¶ Cujas dans ses Commentaires sur le Code, dit que les François disoient autrefois avite, & que ce mot avite a produit celui de TANTE. Et Bourdelot dérive tante de tata. Martial : Mammas atque tatas. Je persévère dans mon étymologie. M.
TANTE, qui vient sans doute d'amita ; se prend pour ayoule dans Froissart, livre 4. chapitre 104. Comme au contraire avunculus ; qui vient d'avus, ayeul ; signifie oncle. Huet.
TANTINET. Vieux mot, qui est encore en usage à Paris parmi le peuple. De tantinetum, diminutif de tantinum, diminutif de tantum. Villon, dans son grand Testament : Combien qu'il n'ayme bruit ne noyse, Si luy plaissil ung tantinet. Où Marot a fait cette Note : UNG TANTINET : un peu : & ne se dit gueres hors de Paris. M.
TANTOST. Sylvius le dérive de tam cito. C'est à la page 144. de sa Grammaire Françoise. Le P. Labbe page 461. de la 1. Partie de ses Etymologies le dérive de viro. Il vient de l'Italien tofte. Voyez Toft. ¶ Tam tofte, tantofte, TANTOST. M. T A O. T A P.
TAON. C'est une grosse mouche, qui par ses piqueures se prend aux bœufs. Les Grecs l'appellent orpes, & piant; & les Latins asilus. Ce mot est formé par contraction de tabanus, Latin-Barbare, qui signifie la même chose. Les Glofes : piant, tabanus, asilio. Anslieubus : Asilium, tabanum. En Languedoc on l'appelle taban, & en Italie tafam. Le même Glossaire : piant, tabanus, vespa, asilio. Caseneuve.
TAON. Insecte. De tabanus. M.
TAPABORD. Bonnet à l'Angloise, qui se leve & se baisse comme un casque : appellé par quelques-uns Boukinkam ; à cause que cette sorte de bonnet fut apportée en France sous Louis XIII. par les Anglois qui étoient à la suite du Duc de Boukinkam. On l'appelle en Basse Normandie un carapous. M.
TAPABORD. Sorte de bonnet. Quelques-uns veulent que ce soit une corruption de cappe à bord, pileus nauticus. Les Perses ont une espèce de bonnet qu'ils appellent tag, & une autre espèce qu'ils appellent bork. Peut-être tapabord est dit pour tagbork. Mais il me paroît plus vrai-semblable qu'il vient de tabard, ancienne sorte de manteau. Huet.
TAPABORD. Je crois que c'est une corruption de cappe à bord : ce bonnet étant véritablement une cappe, à laquelle on a voulu donner ce nom à cause qu'elle a des bords ou des ailes comme un chapeau : ce que les autres bonnets n'ont pas. Le Duchat.
TAPIE. M. de Lafaille, dans ses Annales de Toulouse, en 1507. page 301. Ce qui refoit à bâtir de brique, viroit des parois, faites de la terre battue entre deux planches ; maniere de bâtir que les Sarraxins porteront les premiers dans cette contrie. C'est pour cela que Castel fait descendre de l'Arabe le mot de tapie, dont nous appellons en notre vulgaire ces sortes de parois. Il ajoute, à la marge : Mais sans aller si loin, ne peut-on pas le faire venir de verbe François taper, qui veut dire battre, ou colgner ? M.
TAPINOIS. Trippault, Fed. Morel, & Henri Etienne, le dérivent de vanvitis. Le P. Labbe approuve cette étymologie : Et pour la confirmer, il cite des vers figurés, faits par un Religieux qui vivoit il y a plus de 800. ans, adressés à Guillaume Comte de Blois, frere d'Eudes Comte d'Orleans ; parmi lesquels on lit celui-ci : Gocherius tapinos, nicos, apodemus, & exul. M. du Cange le dérive de talpa. Tapinois, qui infat talparum latenter ac furtive res suas peragunt. M.
TAPINOIS. Je suis pour l'étymologie de M. du Cange. Dans Rabelais les Taupetiers sont les habitans du Tapinois : & le Tapinois n'est autre chose que le pays des Moines, considérés comme enfoncés dans leurs Couvenu, à la maniere des taupes dans leurs trous. Le Duchat.
TAPIR. Voyez Tapinois. M.
TAPPE. TAPPER. Les Bourguignons appellent un petart un tappereau : ce qui donne sujet de croite que tapper, pour frapper, a été dit par EFERUS - Recherches & Classification numériques onomatopée, du bruit que font les coups de celui qui tappe. & César Oudin, dans son Dictionnaire François-Espagnol, a remarqué que *tapper*, dans la signification de *frapper*, étoit un mot Champe-nois. M.
TAPPE. TAPPER. Je crois avec M. Ménage, que *tapper*, dans la signification de *frapper*, est une onomatopée. Les Allemands disent *tappen*, & les Anglois *tap*, dans le même sens. *tæm* & *tæm* en Grec, & *tæm taphaph* en Ebreu, signifie aussi *frapper*. *Taps* en Alleman, & *tap* en Anglois, c'est un coup, une *tappe*. TAPPE CUL. Monstrelet sur l'an 1413. vol. 1. fol. 255. b. édit. de 1572. Et les portes estoient closes & fermes avec les tappeculs & ferrures. Je crois que *tappecul* est cette barre de fer appliquée au dehors ou au dedans d'une porte déjà fermée, pour empêcher qu'on ne puisse l'enfoncer lorsqu'on en aura ouvert ou fait sauter la serrure. *Le Duchat*.
TAQUET. Nicot : C'est une piece de bois cloue en quelque endroit, pour arrefler quelque pièce qu'elle n'est chappe, ne glisse, ou crolle ça & là. M.
TAQUETER. Mot populaire, qui exprime le bruit que font deux choses qui se frappent. C'est une onomatopée. Les Arabes disent *takka* dans le même sens. Ils appellent ce bruit *taktakah*, & *daktakah* ; & ils nomment ainsi en particulier le bruit que font les chevaux en marchant sur des pierres. Ce sont pareillement des onomatopées, de même que notre *tique-taque*.
TAQUIN. Avare. De *tenax*, de cette manière : *Tenax*, *tenacis*, *tenace*, *tenacus*, *tenakinus*, *tekinus*, *takinus*, TAQUIN. Les Espagnols disent *tacana*. *Tenax* pour *avare*, se trouve dans les Anciens. Les Gloes : *tenax*, *exupis*. M.
TAQUIN. Avare. Je crois qu'il est dit pour *taquin*, qui vient de *taque*, *bourse*, *gibecierre* : pour signifier un homme qui rapporte tout au profit de sa bourse. *Huet*.
TARABUSTER. Les Touloufains disent *tarrabusteja*, que le Dictionnaire Touloufain explique *fautre du bruit en cherchant quelque chose*. On dit aussi par contraction, *tabuster* : & ce mot se trouve dans Rabelais. M.
TARABUSTER. Ce mot a quelque ressemblance avec le Grec *busecit*, *faize du bruit*, *troubler*, *importuner* ; & peut être en vient-il : à moins que ce ne soit une onomatopée ; ce qui me paroît encore plus vrai-semblable.
TARANTOLE. Espace d'aragnée. De l'Italien *tarentola*. C'est ainsi que les Italiens appellent cette aragnée, à cause qu'il y en a un très grand nombre dans le voisinage de Tarente. Mathiole sur Diocoride, livre 2. chapitre 57. *Ego autem afferere non dubitaverim, omnia hac phalangiorum genera haberi in Italia, quippe qua a me fapius sunt visa : quamquam scribas Plinius phalangia in Italia non viriri. Quin potius, prater pradilla genera, inibi & alterum reperitur, omnium perniciolissimum, quod a Tarento, Apulia civitate, ab innumera aflate tota vagatur in campis : tarantulam appellant*. Jean Stodeau dans ses Mélanges IV. 31. *Effe in Apulia phalangium, arateorum genus, audio. Itali à Tarento trie tarentolam noncupant*. Voissus le fils, dans son livre de la Musique : *A Tarento urbe, qua nunc Taranto*, TARANTOLE. Et de-là le mot Espagnol *ataramado*, pour celui qui a été piqué d'une tarantole. Voyez Covarruvias sur ce mot Espagnol, & au mot *Tarentula*. Et ce mot *tarentula* est assez ancien dans la Langue Latine. Les Gloes Anciennes : *Tarentula*, *parazé*. Voyez l'*Etymologicum* de Mathias Martinius au mot *Tarentula*, & mes Origines Italiennes au mot *Tarentola*. M.
TARARE-PON-PON. Expression Burlesque dont on se sert non seulement en Bourgogne, mais dans tout le Royaume, pour donner à entendre qu'on ne croit point telle & telle chose. On dit *pou*, & *poupou* à Dijon dans le même sens. *Fuppup*, que rapporte du Cange dans son Glossaire Latin-barbare, mais qu'il n'explique pas, est un terme tout semblable de dérisoit Il l'a tiré de la Préface qu'Aldhelmus, Abbé Anglois, & depuis Evêque, mort en 709. a initié au-devant de son Poème de *Laude Virginum*. *Ne possit rabula raptor* *Regales vasfans causas bis discere pup pup*. Endroit que Labanus cent ans après a visiblement imité dans son Ouvrage de *Laudibus Sancta Crucis*, liv. 1. fig. 2. où il dit : *Dire ne dicere pup pup* *Rancidus is valeat deceptor, dux & iniqui, Exemptam visit pradam qui lucis ab athra*. Ce qu'il paraphrasé ainsi en prose dans le livre second, qui sert d'explication au premier : *Ne antiquus hostis, qui primum parentem nostrum sibi consentientem de paradiso ejecterat, diutius derisfans eulogio progeniem ejus in exilio damnatam fatigaret*. Le Commentateur de Despreaux, à la fin de l'Épître du passage du Rhin, a fait sur *tarare-pon-pon* une remarque bien curieuse. *Glossaire sur les Noëls Bourguignons*, à ce mot.
TARAUT. Nicot l'explique par *tariere*. Voyez *tariere*. M.
TARE. Terme de Marchands, qui signifie *dechet*, *diminution*. De l'Arabe *tharab*, qui signifie *refetter*, *rebuter*. Nicot se trompe, dérivant ce mot de *phipa*, fait de *phipa*, *corrumpo*. M.
TARELLE, ou TERELLE. De *terebella* : comme *vervelle*, de *vertebella*. De *terrebellum* on a fait de même *tarelet*, qui se trouve dans Nicot, & dans le Dictionnaire Anglois de Jean Baret, intitulé *Alvearium*. M.
TARGE. Quelques-uns croyent que ce mot nous est resté de l'ancienne Langue Gauloise, en laquelle *Supole* signifioit un écu, selon le témoignage de Pausanias, dans ses Phociques & dans ses Arcadiques. *Caseneuve*.
TARGE. Bouclier. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. M. Bochart le dérivé de l'Arabe *tarcha* ou *darca*, mots de même signification. Quelques-uns (entre lesquels est M. Bouteroue dans son Introduction aux Médailles Gauloises, page 64.) le dérivé de *Supole*, mot Gaulois qui signifie aussi *targe*. Pausanias dans ses Arcadiques : *tara* vix *Kotrasis Supole*, 6 vi 76/6n 77. *Tisnus*. Et dans ses Phociques, parlant des Gaulois qui traversent le fleuve Sperchie : *vi tora* vix *intrigine Supole* *intrive* *tone* & *vi gultus*. Isaac Pontanus, dans son Glossaire Celtique, prétend que de ce mot Gaulois les Allemands ont fait leur *tarsche*, & les Flamans leur *targe*, & les Anglois Tic ij EFERUS - Recherches & Classification numériques & les bas-Bretons leur *targat* & *tarjan*. Voyez-le: & Camden, dans la Bretagne; Voyez aussi M. Bochart, au chap. 42, du liv. 1, des Colonies des Phéniciens, où il dérive *Supplé* du Chaldaïque *theres*. Pour moi, je crois toujours que TARGE a été fait de *tergam*, en sous-entendant *bovis*: les boucliers anciennement étant de bois couvert de cuir bouilli. *Tergum*, *terga*, *targa*, TARGE. Et *fortum* a été fait de *envroc*, *pellis*. Varrion, qui l'a dérivé de *fellum*; *ut fecitum*, *quod minuté confellum fit tabellis*; n'a pas bien rencontré. *Targia* se trouve dans Mathieu Paris, en la vie de Henri III. en l'an 1243. *Amici epiférem Joannis*, qui *eundem praecordialiter dilexerunt*, *oppositis corporibus suis propriis*, & *amplis clypeis qui targia appellantur*, *vix*, *eundem protegentes*, *a mortis discriminare liberarum*. Voyez Voëlius de *Vitis Sermonis*, & M. du Cange dans son Glossaire Latin. Nous appelons *targettes*, ces petites plaques de fer qui servent de fondement à ces petits verrous qu'on met aux fenêtres : de leur refembance à de petits boucliers. M.
TARGER. C'est-à-dire, *tarder*. De *tardiare*. *Tardus*, *tardi*, *tardiare*, *tardjare*, *tarjare*, TARGER : d'où *attarger*. Le Duchat.
TARGON. De l'italien *taracone*, fait de *draco*. C'est un simple, autrement appelé *dragoncelle* : forte de serpentine qui entre dans certains fards. Les Paradoxes imprimés chez Charles Etienne en 1554, page 25, dans la seconde déclamation, intitulée *Pour la laideur du visage : Faux chevaux blanc d'Espagne, pommades, targon, caves diffilées, amandes broyées*. Peut-être l'a-t-on appelé de la forte, à cause de quelque vertu qu'elle a de renouveler la peau des femmes, comme celle des serpens se renouvelle. Le Duchat.
TARGUER. Se *targuer*. Se tenir fier, se prévaloir, se glorifier. De *targe*, bouclier : parce que le bouclier servoit à se couvrir & à se défendre. Voyez *targe*.
TARGUM. Nom que les Juifs donnent à leurs Paraphrases Chaldacques de l'Écriture. Ce mot est Chaldeen, & signifie proprement *interprétation*, *explication*, du verbe *targhem*, *interpréter*, *expliquer*, *traduire* : duquel est formé aussi *targheman*, d'où nos mots *Drogman* & *Trucheman*. Voyez *Trucheman*.
TARIERE. Outil de Charpentier. De *cerebra* : comme *paupiere* de *palpebra*. *Terebra* se trouve dans Caton & dans Columelle. On dit aussi *teriere*. M.
TARIF. C'est un mot Arabe, qui signifie *connoissance* : & qui descend d'*araf*, qui signifie *connoitre*. *Tarif* est un infinitif, qui tient lieu de substantif. Quelques Dictionnaires, comme celui de Morel, ont *tarife*. M.
TARIN. Oiseau. Belon, dans son livre des Oiseaux, dit que se tarin est ainsi appelé, à cause qu'il semble dire en chantant *tarin tarin*. Isidore a remarqué que plusieurs oiseaux ont pris leur nom de leur chant. Nicot le rend en Latin par *thranpis*, & Morel par *tharis*. Ce dernier mot ne me paroît pas un mot Latin. M. Richelet dit que les Oiseliers de Paris, & ceux qui parlent bien, disent *térin*; & que c'est le plus doux & le plus sur. Je ne suis pas de son avis. Le plus bel usage est pour *tarin*. Et je mets en fait qu'aucun Auteur n'a jamais écrit *térin*. Robert Etienne, Nicot, Belon, Morel, Monet, le Père Phoney, Rabelais, Furetiere, Meilleurs de l'Acadéro le pour écrit *tarin*. En maniere de Lan- gues, il faut suivre l'usage : mais le bel usage, dit Quintilien, *consurtudo Exoditorum*. M.
TARIN. C'est un mot purement Arabe, qui signifie un Oiseau en général. *Hurt*.
TARIR. D'*arire* : dit, par métaplaine, pour *arere*. On y a préposé un *T*: comme en *tante*, d'*amita*. M.
TARTANE. Sorte de Vaisseau de mer. Ce mot semble avoir été fait de *Tartarina*; c'est-à-dire, de *Tartarie*. *Tarida*, & *tariis*, est une espèce de Vaisseau de mer. Et *tartane* peut avoir été fait de *tarida*, de cette façon : *tarida*, *tardana*, *tardana*, TARTANE. Voyez le Glossaire Latin de M. du Cange, au mot *tarida*; & le Grec, au mot *tariis*. M.
TARTARET. Espèce de faucon pèlerin : ainsi appelé de *Tartarie*, d'où ces faucons nous sont venus. M.
TARTE, TOURTE. Il y a peu de différence entre ces deux mots; qui sont, à mon avis, formés par contraction d'*artotyra*. Le *Catholicon Parvum*, *Artotyra*, *tartre* ou *goyère* : *ab ày* & *patis*, & *tariis* *cafeus*. * M. de Caïeneuve avoit écrit *tartre* & *tourtre*. Caïeneuve.
TARTE. Lat. *scribilita*. M. de Caïeneuve le dérive d'*artotyra*. Voyez *tourte*. *Tarte Bourbonnoise*, est une feuille de papier merdeuse. Ce mot en cette signification se trouve dans Rabelais. M.
TARTE. Villon, dans son Grand Testament, fol. m. 495 v. de ses œuvres : *Faicans*, *tartres*, *flancs* & *goyères*. Et dès le feuillet 15. v. *Tartres*, *flancs*, *aussi fritz* & *poches*. *Tourte* : car c'est comme on doit écrire, vient de *torta*. Voyez ci-dessous ce que je dis sur le mot *tourte*. *Tarte* vient de *tralta* a, mot qui dans Pline signifie un morceau de pâte étendue. Voyez le Dictionnaire Latin-François de Trevoux, au mot *tracta*. Or comme *tralta* vient de *trahère* étendre, de la vient *tartine*, dans la signification d'une tranche de pain sur laquelle on étend du beurre, du miel, des confitures. Le Duchat. TARTE *Bourbonnoise*. On a autrefois appelé de la *torte*, proprement & à la lettre, une espèce de *patiserie*, qui vraisemblablement avoit été inventée en Italie, puisque Platine qui nous en apprend la composition dans l'un des chapitres du livre 8. de son Traité de *Honesta Voluptate*, l'y appelle *torta Bononensis*. Le Traducteur François de ce Traité, l'appelle *tartre Bourbonnoise*, soit par corruption pour *Bourbonnoise*, ou parce qu'elle fut bientôt imitée dans le *Bourbonnois*. Quant à ce que, selon M. Ménage, on a appelé de même nom une feuille de papier merdeuse, cela vient apparemment de ce que la véritable *tarte Bourbonnoise* étoit un assez mauvais composé d'une livre & demie de fromage, de blettes, de quatre œufs bien battus, & de safran; censé cuit lorsqu'on voyoit lever la croûte de dessus, qu'on avoit d'ailleurs pris soin de jaunir avec un autre œuf battu, & avec d'autre safran. Ce qui, dit Platine, faisoit un tout très mauvais & des plus indigestes. On appelle encore dans le *Bourbonnois tartes Bourbonnoises*, certaines fondrières qui s'y trouvent; dans lesquelles, croyant marcher en pays bon & uni, on enfonce jusqu'à la ceinture, & les chevaux jusqu'aux sangles. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques T A R. T A S. T A R T E en pommes. Dans la signification de coup. C'est la même chose que taloche & talemouse, dans la signification d'un coup de la main sur le visage: avec cette différence qu'au lieu de tarte en pommes, il faut entendre tarte en paume, c'est-à-dire, une taloche ou talemouse appliquée avec la paume de la main, comme si on voulait faire manger à quelqu'un une tarte à laquelle la paume de la main lent de croûte. Le Duchat. T A R T R E. Du mot Latin-Barbare-tartarum: d'où les Italiens ont aussi fait tartare. C'est la partie terreuse du vin, laquelle s'attache au tombeau. Gravama di vino, disent les Italiens. Les Grecs modernes disent vinyous dans la même signification. M. T A R T R E. Sel de tarte. De l'ancien mot Tartre, qui aujourd'hui est changé en Tartare. Rabelais, liv. 4. Prol. Entre les Tartres & Moscovites. Les Allemans appellent Sel de Tartarie, ce que nous appelons Sel de Tartre. Le Duchat. T A R T U F F E. Hypocrite: faux dévot. De Tartuffe, personnage d'une Comédie de Molière intitulée Le Tartuffe, dans laquelle il dépeint un faux dévot sous ce nom. Ce mot a passé en Italie. Voyez mes Origines Italiennes au mot Tartuffe. M. T A S T U F F E. Je n'ai point vu les Origines Italiennes de M. Ménage: mais je suis très persuadé que le Tartuffe de Molière est pris de l'Italien tartufolo ou tartufo, qui signifie une truffe, ou, comme on parloit autrefois, truffe. Or comme notre vieux mot truffe signifioit tromper, & qu'on a même dit se tromper de quelqu'un, pour se truffe de quelqu'un; Molière a appelé Tartuffe un homme trompeur, & aussi difficile à pénétrer que les truffes ou truffes, qu'on ne trouve & qu'on ne découvre qu'avec beaucoup de difficulté. Nous avons dit autrefois tartuffe pour truffe ou truffe: & c'est vraisemblablement de ce vieux mot François que Molière a pris son Tartuffe, dans la signification de truffeur, ou de trompeur. Le Traducteur François du Traité de Platine, intitulé de Honeysla Voluptate, dans l'un des chapitres du liv. 7. fol. m. 62. v°, parle de la truffe sous le nom de tartuffe: & il a intitulé des truffes ou tartuffes, l'un des chapitres du liv. 9. fol. m. 84. v°, édition de Paris, en 1505. Le Duchat. T A S. Entaffer. Das en Langue de Galle signifie la même chose. Huet. T A S. Monceau. Entaffer. Du Saxon tas, accrous, cangeries, cumulus, qui s'est dit proprement des fruits de la terre, & qui pourroit bien venir du Grec rafra. Le Duchat. T A S C H E. Prendre à tasche, TASCHER: Lat. conari. Taxare, tascare, TASCHER. Du verbe taxare on a fait le verbal taxa, pour taxatio; c'est-à-dire, pensum, opus taxatum, opus astimatum: Car taxare a été dit pour astimare. Séneque: Tanti quoque malum est, quanti illud taxavimus. Suétoie: Taxare modum suum. Les Anglois disent tasche, & les Italiens tassa, dans la même signification. Voyez taxer. M. T A S C H E. En Bourgogne & en quelques autres lieux de France, ce mot signifie une poche de haut-de-chaussée. De l'Alleman tasche ou tesche, qui signifie marsupium, crumena, loculus: d'où les Italiens ont aussi fait tasca. Et de-là le François tasque. Voyez tasque. L'Ebreu tasca, pour un sac, se trouve souvent dans le Talmud; aussi bien que l'Arabe tasche, qui signifie la même chose, & de plus tribut. M. T A S C H E R. Lat. conari, tentare. M. de Valois le Jeune le dérive de saragere, comme ricum de sigere. J'ai vu, dit-il, le mot de saragere en cette signification dans plusieurs Autours; & entre autres, dans Anafase le Bibliotécaire, en ces endroits de son Histoire Ecclésiastique: Theophius, Episcopus Alexandrinus, Joannis Chrysostomi prohibere saragebat electionem, &c. Actius accusationem facis adversus cum tanquam rebellionem meditantiem, & obtinere Lybiam sarageniem. Cette étymologie est assez raisonnable. Mais celle de Conan, le Maître des Requêtes, qui est du chapitre 2. du livre VII. de ses Commentaires du Droit Civil, est tout à fait insoutenable. La voici: Est igitur adversione facta alicujus operis locatio, quando universitas consummationis ad conductorem pertinet: quod lingua nostra dicimus in blocco (id est, in globo), & tacha. Cujus origo verbi fortasse Graca est, ani vne vuxus, id est a fortuna: quod illi dubium rei eventum in se suscipiant. Tachare enim significat nobis idem quod Latinis tentare, conari, experiri. Nam qui facisundum opus redemit per adversionem, id est, in blocco & tacha, totus operis perfectionem suo periculo accipit: inchoatum enim tradere non potest. M. T A S Q U E. Gibeciere, petit sac. Rabelais, 2. 50. Adonc nettoya tres-bien de beau vin blanc, le col, & puis la tesse: & y synapisa de la poudre de diamerdis, qu'il portoit toujours dans une de ses tasques. C'est ainsi qu'il faut lire, & non pas Jacques (a). De l'Italien tasca. Voyez tasca dans le Vocabulaire de la Cruca, & dans celui de M. du Cange. Le mot Italien tasca est originaire d'Allemagne. Voëssus de Vitis Sermonis: Tasca, Italis est marsupium, sive crumena; a Germanico tasche. Ali er Germanis seckel; a Latino saccuas. Ab tascha est malataca: quomodo Diabolum, quasi malum marsupium; uco nisi nummos continentem adulterinos, vocitare selet B. Veronica de Rinasco, Longobardia, inter Tisimum & Mediolanum, oppido. Voëssus se trompe à l'égard du mot de malataca. C'est une traduction du François maletache. M. Ferrari se trompe, qui dérive tasca de shoca. M. T A S S E à boire. De taxae: qui se trouve à la page 501. de l'Ordo Romanus dressé par Petrus Amelius; & publié par Dom Jean Mabillon, dans le tome second de son Musarum Indicum. Post eum venit Acolytus cum vinateris, & duabus taxis. Et page 506. Antiquior Acolytorum, post ipsum Episcopum bajular ampullas cum vino & aqua, & duabus taxis, &c. Subprior, Episcopi abluit parvum taxam. Les Espagnols disent de même tasca. M. T A S S E. pour tasque. Vieux mot qui signifie bourse, gibeciere. Ce nom a été donné à des gobelets qui étoient faits en forme de bourse. Huet. T A S S E à boire. L'Arabe tas signifie la même chose. Et puisque les Espagnols disent tasca dans le même sens, qui empêche que le mot François ne nous soit venu de l'Arabe par les Espagnols, qui auront pris le leur des Maures? M. Ménage, dans la première édition de ses Origines de la Langue Française, dérive pareillement tasche de l'Arabe. T A S S E. Nicot dit que les Picards appellent ainsi une gibeciere. De l'Alleman tasche, qui signifie la même chose. Il semble que tasche se prenne (a) Erreur. Facque, ou fasque, comme on lit déjà livre 2. chap. 16. vient de l'Alleman fuch, qui signifie une boeze, un équi. Voyez la Note 6, sur le chap. 20, du livre 2. de Rabelais. Li D. EFERUS - Recherches & Classification numériques pour une forte d'habillement dans ces vers, qui sont d'Alain Chartier, dans son Poème intitulé le débat des deux Fortunes d'Amore : Et de passer devant l'huy ne se lasse, Et met à point ou sa robe ou sa tasse. Je crois que c'est de tasse en cette dernière signification qu'on a appellé tassettes, certaines pièces d'un habillement de guerre, que je pense avoir servi à armer la tête : & en ce cas-là tasse & tassettes pourroient bien avoir été dits de cet habillement à cause de quelque rapport entre ces tasses & tassettes & une tasse à boire. Dans le livre 2. des Controverses des Sexes Masculin & Féminin, au feuillet 4. v. de l'édition de 1540, les tasses sont mises parmi les harnois de bras, corps & jambes. Voici le passage : D'harnoys de corps étoient bien accouffrez, Ainsi que sont cuyraffes alecretz, Pourpoints de maille, d'escaille, & brigamin- nes, Puis espaulettes, avant-bras, force haugni- nes, Cuissotz, tasses, grèves & soulcretz. Je crois que les tasses étoient les pièces qui couvroient les genoux. Le Duchat. Voyez tassette.
TASSEAU. Froissart, vol. 1. fol. 144. 1er. édit. d'Antoine Verard : Nous vous mettrons par tasseaux & par tropeaux ; si comme nous faisons les Juifs qui demeurent par trens dessous nous. Tasseau est un diminutif de tas : & à Metz on appelle encore actuellement un tasseau de bled, la totalité ou le monceau de gerbes qu'un Laboureur a mis dans une grange, lorsque ces gerbes ne sont point encore battues. Le Duchat.
TASSETTE. Ce qui pend du bas des pourpoints, ou de corps de cuirasse, est ainsi appellé, de tassea. Mathieu Paris, dans les Vies des Abbés de S. Auban : Dedit etiam casulam unam, auro, tassells ac gemmis pretiosis adornatam. Où Wastius veut que tassella soient une espece de boutons pendans : Nodus, sive glandes, auro & serice multiplici conselos, dependentes de vestum angulis. Il y a apparence que c'étoient des lambeaux pendans, à la façon des Tassettes, tels que nous les voyons représentés aux corps de cuirasses des anciens Grecs & Romains. Quoique c'en soit, les Picards appellent tassette, l'herbe appellée par les Latins bursa pastoris ; parce que sa feuille qui s'élargit par le haut, représente la figure d'une tassette. Caseneuve.
TASSETTE. Herbe. Lat. Bursa pastoris. C'est un diminutif du mot Picard tasse, qui signifie pibecere. Voyez Nicea. Tasse, en cette signification, a été dit pour tasque. Voyez tasque. M.
TASSETTE. On appelloit ainsi autrefois les basques de pourpoints. Tassette est un diminutif de tasse, qu'on a dit pour tasque, qui signifie bourse : parce que ces basques ou tassettes, étoient des bourses dans leur origine, qui devinrent ensuite un ornement. Une des Rues de Caen s'appelloit autrefois la Rue Tasquiere, parce qu'on y vendoit des bourses. Huet. Voyez le dernier article tasse.
TATER. De tastare ; formé de tastum, supin du verberangere. De tater on a fait tateris : comme quand on dit aller à tateris. Les Italiens disent à tentoni : de tentare. Tibulle : Et pedibus pratentatiter. Henri Etienne, dans la l'écellence du Langage François, page 276, prétend que les Italiens ont emprunté ce mot des François. M.
TATER. Wachter, dans son Glosser. German, page 1662, prétend que ce mot est d'Origine Allemande. Voici les termes : TASTEN, contrettare. Belgis tasten, & inde tasti contadus ; Gallis tater, tationner, nim taster ; Italis tattare. Cnesta Germanica Originis, quidquid dicant Ferrarius & Menagius. Quemadmodum enim a vola sit filen palpare ; ita a tatie paima sit tasten contrettare, transpositis radicula litteris. In quibusdam Dialectis obtinet tatschen, quod origin propinquus.
TATIN. Pour tantin. De tantinum, diminutif de tantum. Rabelais 1. 2. Distribuent un tatin de potage, &c. De tantinum on a dit tantinettum, dont nous avons fait tantinet. M.
TAVAYOLE. Voyez Touaille. M.
TAUCHIE. Rabelais 3. 7. Au lendemain Panurge se est percer l'oreille dextre à la Judaïque, & y attacha un anneau d'ora ouvrage de taubie. C'est un mot Italien. M. Félibien : Maiquéterie ; en italien tassa & tassa : espece & Mojaïque & ouvrage de rapport, qu'on fait de plusieurs & différents bois, avec lesquels on représente des si vires & autres ornement. Meilleurs de la Cruïca : TARSIA dictamo oggi communemente a un lavoro di minuti pezzuoli di legname di più colori commessi insieme. Dans mes Origines Italiennes j'ai dérivé tassa de tassella, de cette manière : tassella, tassellum, tassellicium, tassellicia, tasselica, tassa, TARSIA. M. Ferrari l'a dérivé d'interferere. M. Guyer le dérivé de l'Italien tarso, qui signifie un ver qui ronge le bois : comme qui diroit verniculatum opus. Ce mot Italien tarso vient du Latin terro ; d'où vient aussi le Latin teredo, qui signifie la même chose que l'Italien tarso. M.
TAUDIR. Philippe de Commines : Ils jettent la terre de l'autre côté pour soi taudir de l'artillerie. Le Président Fauchet, liv. 2. de la Milice, dit que ce mot a été pris pour se couvrir : à cause de certains instruments de guerre, appellés anciennement Taudi, par le moyen desquels on faisoit les approches. M.
TAUDIS. Voyez taudir. M.
TAUDIS. Dans Végence, tabulatum se trouve dans la signification de taudis : ainsi taudis pourroit bien venir de-là. Tabulatum, tabulati, tabulatum, tatium, TAUDIS. Tabulature & par métaplasme, tabulature, tatiere, TAUDIR. Le Duchat. TAVELE : pour marqueté. De tabulatus : comme qui diroit, marqueté par petits quarres ou tablettes. M.
TAVERNE. De taberna ; mot de même signification. Horace : Nec vicina subest vinum prabere taberna Qua possit. Virgile dans son Capa : Ebría famosa saltat lasciva taberna. L'Empereur Hadrien : Ego nolo Florus esse, Ambulare per tabernas. Eographius sur Térence : Helluo est invasor, & qui EFERUS - Recherches & Classification numériques plurimum consumpsæ. Ganeo, tabernis operam dans & conviviis turpioribus. Nonius Marcellus: Taber nas, non vinarius solum, ut nunc dicimus, sed emne que sunt popularis usus, authoritas Romana panescio. Les Gloes anciennes: Tabernarius, minor. Voyez M. de Saumaisé sur l'Histoire Auguste, page 45. & son livre De Usuris, page 348. & Meurtius dans son Glofsaire, au mot Taur. M. TAU FIN. Nos Bouviers d'Anjou appellent ainsi un bœuf noir : & les paysans de Normandie, un chien noir. De talpius : c'est-à-dire, de cou- leur de taupe. M. TAU FINAMBOUR. Espace de racine; autrement appelée pomme de terre. Des Taupinam- bours, d'où cette racine nous a été apportée. On l'appelle en Normandie poire de terre. M.
TAURE. Les Angevins appellent ainsi une jeune vache. De taure. Les Gloes anciennes: Tan- ra, hœu, cué. M.
TAUREAU. Du Latin taurus, pris du Grec tus, qui a été fait du Chaldéen un thor, ou un thora, qui signifie la même chose. Les Ara- bes disent thouré, & les Ebreux siber.
TAURUS. Nom d'une célèbre montagne de l'Asie. Ce nom, dans son origine, signifie monta- gne. Wachter, dans son Glofar. German. pag. 1684. THOR, mon. Vox antiquissima, & omnibus pene Lin- guis, Orientalibus & Occidentalibus, praecipue vers Celsicis usurpara: qua Syria & Chaldia usurpara thur, Anglo-Saxonibus tor, Latino-Barbaris toro, torus, toronus, apud Cagium in Glofario. Sem- nerus in Dictionario Anglo-Sax. tor, mon, bech- torras Alpes. Radicem custodium Cambri in verbo dwyre surgere, levare, arrigere. Quid enim sunt montes nisi altitudines et terra surgentes? Inde nomi- na monium & monticolarum: DYR, Atlas, Lin- gua Mauritania. Plinius, lib. v. cap. 1. Mox am- nem, quem vocant Fut: ab eo ad Dyrin (hoc enim Atlantis nomen esse eorum lingua convenit) ducen- ta millia pull. Strabo, lib. xvii. pag. 835. Quem Graci Atlantem vocant, Barbari Dyrin. TAURUS, mon. Asia, TAURI, montes Sarmatia, de quibus Ovidius, lib. 3. de Ponto: Est locus in Scythia (Taurus dixere priores), Qui Getica longe non ita distat humo. Inde Tauri & Taurici, & Chersonesus Taurica, & Tauro-Scythæ, &c. TAURINI, Gentes Alpina inter Galliam & Italiam. TURINUM, caput Pedemontii, Aegusta Tauricorum. TAURICIS, omnes populi Al- pini, praecipue in Narico & Vindelicia, Latitudinem significatus demonstravit Cluvarius in Narico, cap. 2. THURINGI, vel TORINGI, montani, monticola, Gens Germanica inter Salam & Werram, serius quidem nominata, sed jam tum, cum nominari cap- ta, longe potentiens, aliis fortasse populis, sevevi, sive spante, in nomen ejus transgressis. Thuringiam hodiernam, ex qua veteris magnitudo initium capis, monibus asperam esse, nemo ignorat. Hac vera no- minis Thuringici urgo. Qui aliam desiderat, adeat Sagittarium in Antiq. Regni Thuringici, & plaus- tra nugarum inveniet. Le même Auteur continue ainsi: THOR collis. Quomadmodum berg non solum de monibus, sed etiam de callibus dicitur, saltim apud veteres: ita etiam thur aliquando non munem taurum, sed etiam collem vel monticulum, deuota- vit. Exempla promiscui usus vide apud Cagium in voce Toro. Est & Gracis longe collis, manisesto consonis. Les Arabes appellent aussi une montagne tour; & ils donnent ce nom par excellence au mot
TAU. TAX. TAY. 519 Sinai, qu'ils appellent simplement al-Tour, c'est-à- dire, la Montagne. C'est ainsi qu'ils nomment le mont Ætna, al-Gebel, qui signifie la même chose. Voyez Gibel.
TAUTTE. On appelle ainsi à Marseille le poif- son que les Latins ont appellé lolog. Du Grec tus, mot de même signification. Charles Krien- ne, dans son Dictionnaire: Loligo, Tusc. Dicitur hodie calamarium; & a Massifionis, Gracam vo- cem retinensibus, tauræ appellatur. M.
TAUX. Au lieu de taxer, on disoit ancienne- ment taxer, Journ. de Paris, &c. 1749. tome 2. page 176. De la taux, qui le dit encore pour taxer. Voyez le second art. taxer. Le Duchat.
TAXER. Taxer quelqu'un de médisance. De taxare; usité par les Latins pour brocarder, piquen. M. de Saumaisé sur l'Histoire Auguste, page 481. Taxare Latinis i.em est quod tangere; hoc est juos & maledictis fatigare. Hinc Taxatores Sceniciolim dicebantur, quod alter alterum maledictis tangerent. Taxare autem insitatum a veteri verbo tago, pro tango, teti, tactum, & taxum, &c. Terence est servi de tangere en cette signification dans ce vers de l'Eunuque: Quo paulo Rhodium tetigerim in convivio. Sur lequel Donat a fait cette Note: Tetigerim, luferim, fatigaverim. Nam tangere, cum multa, tum etiam hoc significat. Les Grecs ont usé de Siyan au même sens: d'où vient le mot Taur pour ur- banus. M. TAXER; pour mettre un prix; vient aussi de taxare, fait de Taur. M. de Saumaisé au lieu allé- gué: Taxare vero; proestimare & pretium ponere; ut diversa significatiens, sic diversa etiam origina- tionis: à verbo enim Graco dedullum Tauris Tauris; & inde Latinum taxo & taxare. Sic Tauris Tauris & inde malaxare, &c. Taxare se trouvé en cette signification dans Siculus Flaccus, & dans Agge- nus Urbicus. Voyez le Glofsaire de M. Rigault sur les Agrimenseurs. Et dans Martial vi. 10. Nondum taxata, flutite, negata putas. C'est ainsi que le P. Sirmond sur Ennodius pag. 13. Ilfoit ce vers de Martial, conformément à des Manuscrits qu'il ap- pelle probaissima fidei. Il y a dans les éditions Quo nondum data sunt, flutite, negata putas. M. TAYE: Grand'mere. TAYON: Grand-pere; Villon, dans son Grand Testament: Encore fais une question. Lancelot, le Roy de Brehaigne, Où est-il? où est son tayon? Mais où est le preux Charlemagne? Où Marot a fait cette Note: Tayon: Pere grand en Langage Picard, duquel Paris tenoit plus lors que à présent. Ce Roy de Brehaigne (a) dont parle Vil- lon, c'est Ladillas Roi de Bohème. Taye & tayon sont encore aujourd'hui en usage dans la Picardie. Dans la Coutume de Boulogne les vieux chênes (a) Ci-dessus au mot Boholique, M. M'nage n'avoit pas deviner l'origine de ce mot, faute d'avoir pris garde que dans cet endroit de Villon on lit Boholique, & mot Boholique; & que Boholique & Boholique ne sont qu'un même mot, & ne désignent qu'un seul & même pays, qui est la Bohème. La D. EFERUS - Recherches & Classification numériques 520 TAY. TEA. TEL. font appellés chesnes tayons. Taye a été fait d'atava : & tayon, d'atavo, atavonis, augmentatif d'atavus. M.
TAYE, TAYON : pour Aye Ayon. D'avia, avio. Comme d'amita on a fait ante, & qu'autrefois pour dire ton ante, on prononçoit l'ante, d'où s'est fait tante; ainsi de aye & ayon, se font faits taye & tayon. Ayon s'est fait d'avio, comme ayeul d'aviolus, diminutif d'avus. Huet. TAYE d'oreiller. Lat. theca pulvini. De theca, pour lequel on a dit tega. Le Glossaire de M. du Puy : Vagina, tega gladii. M. TAYE d'oreiller. Ce mot me paroît formé de tega, a tegendo : & non pas de theca. Et le tega gladii du Glossaire de M. du Puy ne nous prouve rien : car une taye d'oreiller n'est pas une gaine pour conserver l'oreiller, comme l'est un fourreau d'égard d'une épée. C'est un simple ornement pour une plus grande propreté. S. Add. TAYE : pellicule de l'œil. De tega, dit a tegendo. M.
TAYON. Voyez ci-dessus le premier Taye. M.
TEATINS. Religieux : ainsi nommés de Jean Pierre Caraffe, Seigneur Napolitain, Evêque Teatin, ou de Chieti, au Royaume de Naples; depuis Pape sous le nom de Paul IV. Paolo Morigia dans son Histoire des Origines de toutes les Religions, chapitre 7. Il solenne giorno della Efsaltatione della Croce Santa; qual'è celebrato dalla Santa Romana Chiesa il 14. di Settembre, il Signor Don Giovan Pietro Caraffa sopradetto; il Signore Caetano Tienneto, Vicentino, e Protonotario Apostolico; il Signore Bonifacio Colle, Alessandrino; & il Signor Paolo, Romano; tutti quattro concorrenti in un colto di pieta, andarono tutti uniti nella Sacrosanta Chiesa di S. Pietro di Roma alla mattina del detto giorno; e quivi, adunato si tutto il Clero di quella Chiesa, furono condotti, con solenni processioni, all'altar maggiore, dove son collocate la meta dell'ossa del principe degli Apostoli, San Pietro, è la meta dell'ossa del Dottore delle Genti, Paolo Apostolo. La onde quivi giurarono tutti quattro sul sacro altare alla propinca di tutto il Clero, & altri popoli, d'osservare i tre voti che sogliono promettere gli altri Religiosi nella loro professione; cioè, proverà; castità, ed obbedienza. E questo fu l'anno del parto di Maria Vergine 1528. L'anno quinto del gran Pantefice Clemente, e l'anno ottavo dell'Imperio dell'immortale Carlo Quinto. La onde da questi quattro, quali furono li primi che si votassero, tutti li altri che sono intrati in questa Congregazione, promettono li medesimi voti. E perché il capo di tutti fu detto, il Vescovo Teatino, da qui è che vengono detti li Teatini. M.
TEIGNE. Ver qui ronge les habits. De tinea. Pline, livre XI. chap. 35. Pulvis in lans & veste tineas creas. Voyez tigne. Le petit Dictionnaire Latin-François publié par le Pere Labbe explique tinea par artuison : mais ce mot ne m'est point connu. M. TEILLER du chanvre. De titiare, fait de tilia, qui signifie une espèce d'arbuste, de l'écorce duquel on fait de la corde. M. TEILLER du chanvre. Je le dérive de l'Alleman teilen, qui signifie en général diviser, sépa- rer. Teiller le chanvre, c'est séparer l'écorce d'avec la plante. Je ne vois pas, que parce qu'on fait de la corde de l'écorce du tilia, c'est suffi pour croire que le mot de teiller en vient. Ainsi je m'en tiens à mon étymologie. M. TEINT : pour couleur de visage. De tinctus. Horace : Nec tinctus viola pallor amanium. M.
TEMOIN. De testimonium; qui se trouve en la signification de testis dans les anciens Auteurs Latins. Suéto, en la Vie de Tibère, chap. 71. Militem quoque Gracum testimonium interrogatum, nisi Latinè, respondere vetuit. M. TEMPLE : pour cette partie de la tête qui est entre l'oreille & le front. De tempra, contraction de tempora; d'où les Italiens ont aussi fait tempia. On a dit tempora au genre féminin & au nombre singulier, comme l'italien pecora : dont nous avons fait une pécore. M.
TEMPLETTES. Rabelais 1. 21. Voilez-vous chaisnes templettes, bagues ? Nicot : Ce sont les bandelettes que les femmes mettent à leur tête : temporal, fascic temporales. Aussi ce mot vient de tempora, Latin. M.
TEMPLIERS. Chevaliers Religieux de Jérusalem : ainsi appellés, parce qu'ils demeuroient à Jérusalem auprès du Temple de Jérusalem. Ils furent supprimés par le Pape Clément V. & le Roi Philippe le Bel, à cause de leur mauvaise vie. Voyez leur Histoire écrite par M. du Puy. Comme ils étoient addonnés au vin, nous avons dit de-la, boire comme un Templier. M.
TEMPRE. Perceforest, vol. 6. chap. 51. A lendemain se leve le Roi assez tempre, & se mift à chemin. Tempre, c'est-à-dire, à temps. De tempore. Le Duchat. TENACE : pour chiche. De tenax. L'Onomasticon Grec-Latin : tenacitas, osusphoxia. M.
TENAILLE. De tenacula, fait de tenax, d'où les Espagnols ont aussi fait tenaca. M.
TENCHE. Poisson. De tinca. Autone, Idylle IX. qui est de la Moselle : Quis non & virides vulgi solatia tineas Noris ? M.
TENCHE. Poisson. Jean Bruyerin de Re Cibaria; liv. 22. chap. 12. De tinea : vix & Gracis dicitur locus cenosus & limosus : unde forte nomen tenche est deducium & acceptum. Galli tenche appellant. Le Duchat. TENCLATTE : qu'on prononce avec une mouillée. On appelle ainsi à Metz, ces petits ais qui servent aux Chirurgiens à tenir en sujétion un ossacisé & fraîchement remis. De tenaculetta, diminutif de tenaculo, qui se trouve dans du Cange, & d'où nous avons fait tenaille. Le Duchat.
TENDON. La queue d'un muscle. De tendere : parce que son action principale consiste dans la tension. Il est appelé pareillement en Grec visus de vireus tendere. M.
TENEBRY. Jeu de Gargantua, dans Rabelais, liv. 1. chap. 22. c'est-à-dire, aux Tembreux. Il consiste à contrefaire l'esprit follet. At Gobling, a dit le Traducteur de Rabelais en Anglois; c'est-à-dire, au Gobelin. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques
TENESME. Fréquente envie d'aller à la felle, quoique l'on y rende peu de chose, & souvent rien du tout. Du Grec *versus* fait de *vieux tendere* : parce que ceux qui font attaqués de cette maladie sentent une continuelle *tension* au fondement. * TENIR un marché qu'on a fait. Modesti dans la Loi 62. de contrahenda empiène : *Qui nesciens, loca sacra, vel religiofa; vel publica, pro privatis comparavit, licet emptio non teneat, exemptatamen adversus venditorem experietur.* M.
TENNE. Fâché. Coquillart. Souvent *recreu, fâché, tenné*. Peut-être de *sœdium*. Dans l'ancien Prol. du 4. liv. de Rab. au lieu de *content, contristé*, peut-être doit-on lire, *contenné, contristé*. Le Duchat.
TENON. Bout d'une pièce de bois qui entre dans une mortaisé pour l'attacher avec une autre pièce. De *tenee*.
TENSER. Tenson : c'est-à-dire, *offenser quelqu'un de paroles*. Le Traité des Vertus & des Vices : *Li premier est estriver, li segons tenger*. Et un peu plus bas : *Après l'estrif & le content vient la noise & la tenson; tout ainsi comme quand on allume le feu, après la fumée faut la flambe*. Estif & content, *est quand li uns dit à l'autre*. Si fu non fu. Tenson *est quand diffamant l'un l'autre, & diens grosses paroles*. Cafeneuve.
TENSER. Ce mot signifioit *deffendre, supporter, soutenir* quelqu'un. Le Roman de Guillaume au court nez, au Charoy de Nîmes : *Ains le devez servir & honorer, Contre tuis homs le servir & tenger.* Le Roman de Guion de Tournaut : *Les Sarrafins s'enfuyent en criant haut & cler, O Roy Brun d'Origent, las veuillez nos tenger Contre le Roy Tharsille d'Ermenie for mer.* Et en un autre lieu : *Or verrai-je comment vo corps me tanfera Contre le Roy Tharsille qui demandée m'a. Cafeneuve.*
TENSON, Efepece de Poëfie Provençale : en Italien *tenzone*, combat. L'un & l'autre vient de *tentin*, pour *contentio*. Huer.
TENTE. Lat. *tentorium*. De *tenta*, fait de *tendere*. Virgile : *Hic favus tendebat Achilles*. De *tenta* les Efpagnols ont fait de même *tienda*. Les Auteurs de la Basse Latinité ont dit *tenda*, & les Grecs modernes *vides* ou *virra*. Voyez Meurfius, en son Gloifaire, & Voissus de *Vittis Sermonis*, pag. 621. M.
TEORBE. Voyez *tuorbe*. M.
TERCERE. On appelle ainsi en France depuis quelques années un entremetteur d'amour ; un appareilleur. Voiture dans la Lettre à M. de Coligny : *Jupiter, & Mercure, & Mars, En craignirent tous les basards ; Et vous éclairant de leurs fphères, Ils furent tous trois vos Tercères. Tome II.* De l'Espagnol *tercero*, qui signifie la même chose. M.
TEREBENTINE. Sorte de téfine. De *terebinthina* : d'où les Efpagnols ont aussi fait, par métathée, *trementina*. *Terebinthina* x été fait de *terebinthus*, fait de *vignifioit*. M.
TERIERE. Outil de Charpentier. Voyez ci-dessus *tariere*. M.
TERMES. Ce mot, en termes d'architecture, signifie des statues sans bras & sans jambes, & qui de la ceinture en bas finissent d'ordinaire en toute autre figure que l'humaine. Henri Etienne croit que nous disons *termes*, au lieu de *hermes*; parce que *vignifioit*, chez les Grecs, étoient des statues de Mercure tronçonnées & manchotes. Quelques autres veulent que le mot *termes* vienne de *terminus*, qui étoit un Dieu des bornes & des limites des champs, qu'on représentoit aussi manchot & tronçonné. *Cafeneuve*.
TERMES. Statues sans bras & sans jambes. De *vignifioit*. M.
TERNIER. De *terrenire*, selon quelques-uns. M.
TERRAILLON. Or a autrefois appellé *terraillon*, & on appelle encore à Metz *terrillon*, un pionnier, un homme dont le métier consiste à remuer la *terre*, & à effarter des bois. Le Livre second des Controverses des Sexes Masculin & Féminin, au feuillet 5. r°. *De Terraillons, & de tout équipage, Tout estoit bien jusqu'au plus moindre Page.* Au même feuillet, v°. *De Terraillons, Cannoniers, Boutefoux.* Et au feuillet 6. r°. *De pauvres gens que l'on diel Terraillons, Qui se tenoient près de l'artillerie. Mais de les voir c'estoit grand mocquerie : Car tous estoient de méfier & travail, Vachers, Bergiers, qui gardent le bétail.* Parmi les gens qui font le métier de *terraillon* ou *terrillon* à Metz & dans la Lorraine, il y en a un grand nombre du Tyrol : ce qui a donné sujet de croire que c'est de-là que vient ce mot. Mais il y a plus d'apparence qu'il vient de *terre*, parce que les *terraillons* ou *terrillons* ne savent que remuer la *terre*. Le Duchat.
TERRASSE. Plate-forme sur une maison. Philandre sur Virruve VII. 1. *Subdiadia pavimenta, quas mei terraceas disunt. Gracé inventée*. De *terraica*, fait de *terra* : d'où les Efpagnols ont aussi fait *terraza*. De *terracium* les Italiens on fait *terraza* : car je ne suis pas de l'avis de Mefieurs de la Cruica, qui le dérient de *turris*; quasi *tortazzo*. M. TERRASSER quelqu'un. Bourdelot, qui le dérive de *regdiu, vinco*, n'a pas bien rencontré. M.
TERRE-MAJOR. Je ne sais si quelqu'un aura déjà fait cette remarque, que le Royaume de France étoit anciennement appellé, par honneur, la *Terre Major*. Dans le Roman de Guillaume au court nez, les François font nommés *ceux de la Terre Major*. *Fierement viennent cil de Terre Major; Ne portent mie as Sarrafins amor, Ainois des laucs les-mottent à dolor. V u u* EFERUS - Recherches & Classification numériques Et dans un autre endroit, voulant dire que l'Empereur Louis le Débonnaire s'en retournerait en France, sur l'opinion qu'on avoit que Tirébaud, Roi des Sarrafins, avoit été tué, il parle en ces termes : Mors est Thiebant sans faille, si en sont en freer, Rendus est Erablois, ils n'ont point de valar : Looys s'en ira en la Terre Major. Roger de Hovesten, dans la premiere partie des Annales d'Angleterre, nous a laissé la copie d'une lettre que Faramella, Fils d'Abdelabe Courdouan, Arabe de Nation, nourri dans le Palais du grand Roi Even-Jacob, surnommé Helimiramunoli, écrivoit à Jean Archevêque de Tolède, où l'on voit ces paroles : Vidimus quasdam homines feta vestra, habitu nobis & lingua dissimiles, qui & negotiatores erant, & pangos lanoos diversorum colorum satis bonos venales habebant : dicebant autem se venisse de Terra longinqua, qua dicitur Terra Majorum; id est Regnum Francia, &c. Où j'estime qu'il faut lire Terra Major. Cafeneuve.
TERRIER. Retraite de lapins. De terrarium. Martial : Gaudet in effossis habitare cuniculus antris. Nous appellons Papier Terrier, un papier où sont contenues les Déclarations des Terres qui relevent d'un Seigneur. M.
TERVE. Ce mot, dans les Provinces d'Anjou & du Maine, signifie le contraire d'opais; c'est-à-dire, mince : ce que les bas Normans appellent tenvre. On dit en Anjou & au Maine une tranche terve de jambon. De tener. Tener, teneri, tenerivus, tervus, TERVE. M.
TESES. Gens dont on taxe les champs, les vignes, les prés, à tant par toise. Teses au lieu de toises. Voyez du Cange au mot Tessa. Le Duchat.
TESSEREAU. Nom de famille. C'est un diminutif de Tesser, synonime de Tisseran. Le Duchat. TESSON ou TAISSON : Autrement blaireau. Jacques Fouilloux dit qu'il y en a une espèce qu'on appelle porchins; & c'est parce que cet animal ressemble à un petit pourceau, qu'en Languedoc on l'appelle tesson. Les Espagnols l'appellent aussi texon. L'origine de ces mots vient de terruffus, par le retranchement de la premiere syllabe. La Loi Salique, titre 1. article 10. Si quis Tertuffum porcellum furaverit usque ad anniculatum, cxx. den. qui faciunt sol. 3. culpabilis judicetur, &c. Cafeneuve.
TESSON. Espèce de bléreau. De taxo, taxonis, dit pour taxus. M. de Saumais sur Solin pag. 316. Sunt quos vulgo taxones vocamus, prisco ac latino vocabulo. L'Auteur du livre intitulé De Mirabilibus Scriptura, liv. 1. chap. 7. Quis enim, v. g. lupos, cervos, & sylvaticus porcos, & vulpes, taxones, & lepusculos, & sciurones, in Hiberniam deveheret. Cet ouvrage a été imprimé parmi les œuvres de Saint Augustin. M. Bochart a remarqué au contraire de M. de Saumais, que le mot taxus en cette signification n'étoit pas ancien dans la Langue Latine. Voici ses termes, qui sont de son Hierovoicon : Taxus pro animali est vox novitia, qu'aque apud veteres arborem epidana significabat. Sed qui pro animali taxum, aut taxonem, usurparveris, neminem reperis ante Scriptorum illum, usus opus de Mirabilibus Scriptura inter Augustini opera habetur; septimo, aut octavo, ut videtur, faculo scriptum. Illius autem hac verba sunt lib. 1. cap. 7. Quis enim, verbi gratià, lupos, cervos, & sylvaticus porcos, & vulpes, taxones, & lepusculos, & sesquivalos (ferro sciuriolos) in Hiberniam deveheret. Les Italiens appellent cet animal tassos : ce qui ne permet pas de douter que les Latins n'aient dit tassus. Joseph Scaliger a employé ce mot taxus au lieu de celui de taxo, dans l'inscription d'une de ses Epigrammes : ce qui me fait souvenir de remarquer ici, que quelques fureurs Latins des bas siècles ont appelé tassus cet animal. Voyez Gesner & les autres modernes qui ont écrit l'Histoire des Animaux. Il me reste à remarquer, que les Gascons appellent un cochon un tesson. Ce qui a été remarqué par Jules Scaliger dans ses Remarques sur l'Histoire des Animaux d'Aristote, page 729. En ces termes : Vagana, Galli cochonem, Vascones tessonem vocant : ce qui est véritable. Il y a une petite Terre en Anjou qui s'appelle la Tesserie : ce qui ne permet pas de douter non plus qu'on n'ait dit taxaria. Voyez tantere. M.
TESSON. Morceau de vaisseau de terre. On dit aussi tét. L'un & l'autre de tessa, *
TEST. Les Angevins appellent tés la coque de la noix : vuxqun ve 2v2v3. De tésum, dit pour tessa. Nonius Marcellus : NUCLÉATE dicitur purgatè, exquisitè, sine asperitate aut duritia : ab eo quod nucibus separatis, v est tésis, nuculeorum utilis usus habeatur. M.
TEST. A Metz on appelle ainsi un pot de fer fondu, où l'on tient de la braise allumée contre le grand froid. Paretillement de tésum, dit pour tessa. Le Duchat.
TEST. Serment du Tés. On appelle ainsi en Angleterre un formulaire de serment, établi par Acte de Parlement au préjudice des Catholiques Romains, & qui consiste particulièrement à renoncer à la Primauté du Pape, & au Dogme de la Transubstantiation. Tés est un mot Anglois qui signifie coupelle, épreuve, pierre de touche : & le Serment du Tés a été ainsi nommé, parce qu'il est comme la pierre de touche pour connoître ceux qui professent la Religion Anglicane. *