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03.0 Dictionnaire etymologique — TESTE – TREPIGNER

03.0 Dictionnaire étymologique de la langue françoise — M. Ménage — 1750 — section

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TESTE. Encore que ce mot soit pris pour le chef de quelque animal que ce soit, il signifie proprement le crane ou l'os de la tête dépouillé de la chair, qu'on appelle en Languedoc tés. Le Poète Ausone : Abjecta in trivitis inhumati glabra jacebat Tessa hominis, nudum jam cute calvitium: Les Grammairiens ont remarqué que des Anciens disoient tessa pour la tesse. Mummius in Aetilana : Est videre in tessa quantum sit caput. Cependant le crane est appelé tessa, non pas que ce soit sa propre & naturelle signification, mais à cause de sa ressembance à des pots de terre, & aux coquilles des huîtres & des tortues, qui sont proprement appelées tessa. La Loi des Bajuvariens, tit. 3. chap. 1. §. 3. Vel in capite tessa appareat. Vous trouverez la même chose au tit. 4. §. 3. La Loi des Allemans, tit. 59. §. 6. Si autem tessa transcapulara fuerit, ita ut cervella appareat. Gilbertus, en la Vie de Saint Romain, livre 6. chapitre 7. Os capitis, quo superum cerebrum tegitur, quod vulgo tessa dicitur, &c. Cafeneuve.
TEST. De tessa : dont Ausone s'est servi en cette signification, Epigramme 17. EFERUS - Recherches & Classification numériques T E S. T E T. Abjecta in triviis inhumati glabra jacebat Testa hominis, nudum jam cute calvitium. Les Italiens se sont servis du même mot, en la même signification. De teste, on a fait teston, & Teston- nes. Voyez teston. M.
TESTON. C'est une sorte de monnoie, ainsi appellée parce qu'elle est marquée de la tête du Prince : car c'est en cela qu'elle diffère du quart d'Ecu. Toutefois testones, dans la Loi des Bourguignons, tit. xi. de la première Addition, sont les testicules : Si quis acceptorem alienum involare presumptoris, aut sex uncias carnis acceptor ipse super testones comedas, aut certe si noluerit, sex solidos illi, cujus acceptor est, cogatur exfolvere. Caseneuve.
TESTON. Monnoie. M. le Blanc, dans son Traité Hiltorique des Monnoies, page 319. sous Louis XII. De Si pendant les premières années du règne de Louis XII. des Gros d'argent. On en discontinua la fabrication pour faire les Testons & les demi-Testons; qu'on commença pour la première fois l'an 1513. Ils étoient à XI. deniers 6. grains, &c. On n'avoit point encore fabriqué en France sous cette troisième race de monnoye d'argent aussi pesante que celle des Testons : Et on peut dire qu'il ne nous en reste point depuis le commencement de la Monarchie, qui soient de ce poids. Un Advis de Monnoye, donné à Charles IX. l'an 1564. dit qu'avant les Testons on ne fe- soit en France que des GROS, qui ne valoient que 2. fois, ou 2. fois 6. deniers. Ces nouvelles espèces furent appellées Testons, à cause de la teste du Roy, qui y offoit représentée. Je croy que leur origine vient d'I- talie. Et l'on verra dans la suite, que le Roy en avoit déjà fait fabriquer à Milan, avant qu'on commençât à en faire en France. Cette Monnoye d'argent dura jusques à Henry III. qui en interdit la fabrication, & ordonna à leur place celle des pièces de vingt fois. Et pag. 333. On fit en Ecosse des Testons sous le nom de François II. & de Marie Reine d'Ecosse son épouse. M. de Launay, à la marge de son Exem- plaire de mes Origines Françoïes de la première édition, dit qu'il a remarqué dans les Comptes de l'Eglise de la Trinité d'Angers, qu'en 1530. le Test- ton ne valoit que dix fois. M.
TESTONNER. Faire l'office d'un Barbier. Rabelais, liv. 5. chap. 7. Car il faut que tous ceux qui ont affaire dans l'Isle, passent par mes mains. Pourquoi, dit Panurge, estes-vous Barbier, qu'il faut qu'ils soient testonnes? Ouy, dit Gagne-beau- coup, quant aux testons de la bourse? De-là vient qu'ailleurs Rabelais les appelle gens à tout le poil; & que par avoir le poil, ou faire la barbe à quelqu'un, on entend lui gagner ou escroquer son argent. Le Duchat. T E T. C'est le lieu où se retirent les Oies. De testum. M. TETER : TETIN. De πιθός & πιθός, qui signifie la mammelle d'une Nourrice : d'où & πιθός & πιθός, qui signifient nourrice; & πιθός, qui sig- nifie nourrir & allaire. Caseneuve.
TETIN. TETON. Du Grec πιθός, qui sig- nifie le bout de la mammelle, papilla, nous avons fait TETTE. De tette on a fait le verbe tettare, d'où nous avons fait TETTER. Les Italiens disent enco- te tette. De πιθός on a fait titrou : d'où le diminu- tif titronis, & l'augmentatif tetto titronis. De tit- ronis, nous avons fait tetin; & de tetto titronis, nous avons fait teton. T E T. T E U. 523 J'ai remarqué que du tems de nos peres on di- soit plus communément tette que teton. M.
TETIN. TETON. Ce mot est essentiellement le même dans un grand nombre de Langues. Wachter, dans son Glossar. German. page 328. DUTTE, titte, mamma, uber, jons lax; tam ho- minum quam animalium. Vox antiquissima. Hebrais dad, Gracis πιθός, πιθός, πιθός; Cambris diden, teth; Anglo-Saxonibus tit, titt, tytt; Francis tui- to; Anglis teat; Gallis teton; Nalis tetta; Hispa- nis teta... Graci à πιθός derivant πιθός, Go- thi dadjan. Marc. XIII. 17. Galli teter. Omnes lac- tandi significatu. Le Chaldéen πιθός thad ou πιθός thadda signifie la même chose : & c'est de la que vient Thadde, nom d'un Apôtre de N. S. & non pas, comme pensent quelques-uns, de l'Ebreu thodab, louange, action de graces; com- me si ce nom étoit le même que Judas, ou du moins qu'il vint du même verbe πιθός hodab, louer, tendre graces. Si cela étoit, il eût fallu dire Thadde ou Thodde, & non pas Thadde. La Ver- fion Syriaque le nomme Thadai, Matth. x. 3. ce qui confirme cette étymologie : car les Syriens ap- pellent aussi une mammelle thad ou thdo.
TEUTONS. J'entens par ce nom les Ger- mains en général, appelés en Latin-Barbare Theo- tisci, Teutisci, Tuitisci, d'où leur Langue a été nommée Lingua Theotisca, Teutisca, Tuitisca; que nous appellons en François Langue Tudeque, Thioise, ou Teutonique. Wachter, dans son Gloss. German. pag. 1678. parle ainsi de l'origine de ce nom : TEUTSCHER, Germanus. Latin-Barbaris Theotiscus, Teutiscus, Tuitiscus... Hoc nomine nostri imprimis gloriantur, & hoc folo cupiunt imla- rescere, & ab aliis Nationibus distinguit, quamvis rerum & causarum à quibus hoc nomen oritur igno- ri. Franciscus Junius, in Gloss. Goth. pag. 349. exis- timat, Francos & Alamanus omnes gentis sua homi- nes Theotiscus appellasse, quasi Gentiles à theod- gent. Gentiles reille appellari Theotiscus, Junio con- cedimus. Sed Germanoi universi appellari Theotis- cos, quod sint Gentiles, negamus; neque id affirma- vis Junius. Nam hoc nimis generale est, & omnium gentium popularibus commune. Alia igitur nominis ratio investiganda, qua Germanis magis propria, & origini ac antiquitati gentis magis conformis sit. Quid obstas ut Theotiscus sit Tertigena? Nam teut non solum gentem, sed etiam terram significat. Cau- sa nominis duplex esse potuit. Prima, caput & ori- go gentis, cujus nomen Tuitisco, Celtica Lingua tetră editum significat. Secunda, vetus Germanorum de origine gentis sua e terra persuasio, quam graphi- ce describit Tacitus, cap. xxxix. de M. G. Per hu- mum evolvuntur, eoque omnis superstitio tespicit, tanquam inde initia gentis. Quid mirum, Gentem Geolasticam, se a terra, unde initia gentis, vel a conditore, quem terra editum existimabant, sobolem terra appellasse? Enim vero si omnis eorum supersti- tio eo respexit, ut se terrigenas, sive terra editos offenderent, verosimile omnino est, commune quoque nomen Teutich vel Teutich eo respexit. Quam frigidum est, Germanes appellare Gentiles, qui vi nominis Tertigenz esse possunt? Hinc parro suspicor nomen Theotiscum non solum Germanico antiquus, sed etiam Genti chavum esse, & hoc nomine Germa- nos nunquam caruisse, et si sero litteris proditum sit. Le même Auteur, pag. 277. de son Glossaire, don- Vuuj EFERUS - Recherches & Classification numériques 524 TEZ. THA. THE. ne l'étymologie du mot *teut*. Voici ses termes : DENT, *teut*, *terra*, *Vox Celtica*, *qua Cambries fiferitur* tud, *Armoricis* tit. *Boxhornius* in *Lexico Ant. Brit.* tud *terra*; allud *aienigena*, *ab* all *alius*; marfdit *terra*, *limitanea*, *a* mars *limites regimis*. *Pecoronius* in *Antig. Celt.* pag. 60: Celtis *a*que ac Hebrais *tit* significat *terram*. *Apud Homerum* *queque* *subie ponitur pro terra*. *Nec* *defunt vestigia voest* in *Germanicis Dialectis*, *tam recentibus quam antiquis*... Marfdit, *quod Celticum* *ofo vidimus*, *etiamnum superat* in Dietmarfen, *quod est nomen terra limitanea* in *Hollatia*, *inverfsi* *fyllabis falium*. *Hic* *fensus probe tenendus est*, *quia ab illo pendet Titanici* & *Theotisci nominis*, & *originum Germanicarum cognitio*. *Terra autem* *fic* *dictur*, *five a* *dunt mamma*, *quia multimammia fingitur ab antiquisimis Geolartis*, *five a* *subi* *nutrix*, *quia nafcentes excipit*, *natos alit*. *Latinos* *a Celtico* *tit* *formafs* *ditionis vocabulum*, *quatenus territorium* *significat*, *hand improbabile*. Le mot Chinois *ti* signifie aussi *terra*. *
TEZE. Terme d'injure. Rabelais, livre 1. chapitre 15. *Landores*, *Malorus*, *Dandins*, *Baugears*, *Tezex*, *Gambregueux*. Je crois que c'est la même chose que *toufe*, qui vient de *tonfatus*, fait de *tonfare*, augmentatif de *tondere*. On appelle de même à Metz un homme qui a les cheveux coupés en rond tout près des oreilles, ou fort peu au-dessus, *tendu* *suf* *grau*, comme qui diroit, *tendu* avec le fécourt d'une jatte qu'on lui auroit *mife* sur la tête pour guider la main du Barbier. Il y a même des Bourgs & des Villages entiers, où cette mode de se couper les cheveux est généralement reçue; témoin les habitans de *Boulay*, petite Ville ou gros Bourg de la Lorraine Allemande, qui sont désignés sous le nom de *Rognée de Boulay*, à cause de leurs cheveux courts & mal coupés. *Le Duchat*.
THABOR, ou TABOR. Nom d'une montagne de Galilée, que l'on croit être celle où N. S. le transfigura. Ce nom vient de l'Ebreu *tabour*, qui signifie *le nombril*, & métaphoriquement un lieu élevé; & cette montagne a été nommée de la forte, parce qu'elle est entièrement isolée au milieu d'une grande campagne, où elle s'élève comme un pain de sucre. Saint Jérôme sur Oïée, chapitre v. *Est autem Thabor, monis Galilée, sinus in campestribus, rotundus atque sublimis*, & *ex omui* *parre finitus equaliter*. Ce qui est confirmé par tous les Voyageurs, qui ajoutent que le *Thabor* est fort beau à voir, étant revêtu d'arbres & de verdure. *
THE. Dans la Chine (mais seulement dans les Provinces de Nanquin & de Chinchco) il croit un arbrefeau de la grandeur de nos myrtes, qu'on appelle en langage du pays *Thé*, ou *Te*, des feuilles duquel on fait un breuvage qui se prend chaud, que nous appellons du même nom. Ce breuvage est aujourd'hui fort à la mode dans la France & dans la Hollande. M. Petit a fait sur ce breuvage un excellent Poème Latin; & M. Huet, l'vêque d'Avranches, une admirable Elégie Latine. *M.*
THE. Je ne fais ce que veut dire M. Ménage par la Province de Chinchco. Il n'y a point dans la Chine de Province de ce nom. D'ailleurs le Thé ne croit pas seulement dans les deux Provinces dont parle cet Auteur, mais encore dans plusieurs autres de la Chine. Il se nomme *Tcha* dans la Langue commune de cet Empire, & c'est le terme du bel usage. *Thé* est un terme groffier de la Province de *Fou-Kien*, Province méridionale & maritime, où les Européens abordent quelquefois, & d'où ils l'ont apporté. Nous appellons le Thé noir, *Thé-boui*, ou *Thé-bou*. Ce mot nous est venu aussi des Chinois, qui nomment ce Thé, *Voui tcha*, c'est-à-dire, *Thé de Voui*. *Voui* est le nom d'une montagne où il croit beaucoup de cette sorte de Thé; ce qui lui en a fait donner le nom. Cette montagne est dans la Province de *Fou-Kien*. On l'y appelle *Boui*, par corruption au lieu de *Voui*; & c'est de-là que l'on a dit en Europe *Thé-boui* ou *Thé-bou*. Ainsi *Thé-boui* ou *Thé-bou*, ne signifie pas que ce Thé ait déjà été bouilli lorsque les Chinois le vendent aux Européens; comme quelques-uns se sont faussement imaginés. *
THEATINS. Voyez *Téatins*.
THEODEBERT. Nom d'un Roi des François. Il est d'origine Tudéique ou Teutonique, & signifie, selon Wachter, *Dix clarus*. De *teut* ou *theod*, qui veut dire non-feulement peuple, nation, mais aussi Chef, Prince, Roi. Voyez Wachter dans son *Gloffie German*, au mot *teut*. Et pour *bert*, qui signifie illustre, voyez ci-dessus *Bertier*. Le nom de *Theodimer*, autre Roi des François, signifie la même chose que *Theodebert*. On peut aussi l'expliquer *Populi ampliator*, & *Populi princeps*. *Mar*, *mer*, *mir*, veut dire grand, illustre; auteur, qui augmente, qui étend; & aussi Prince, Seigneur, Commandant. Voyez Wachter, au mot *mar*, page 1043, & au mot *mer*, page 1070, & 1071, & ci-dessus *Clodomir*. Le nom de *Theodoric* est composé du même mot *teut* ou *theod*; & on peut l'interpréter *Prince puissant*, ou *Prince riche*, ou même *Prince du peuple*. Voyez Wachter, au mot *reich*, & ci-dessus *riche*. De-là aussi *Theodile*, ou *Theodile*, nom de femme, que Wachter interprète *Domina lenis*, *mitis*, *benigna*; de *lind*, qui signifie *mollis*, *mitis*, *lenis*. Voyez cet Auteur au mot *lind*. *
THEODEMER. Voyez *Theodebert*. *
THEODORIC. Voyez *Theodebert*. *
THERIAQUE. Du Grec *Sugisau*. Ce fameux médicament a été ainsi nommé, parce qu'il est propre à résister au poison des bêtes venimeuses, que les Grecs appellent en particulier *Sugisau*, quoique ce mot signifie aussi des bêtes en général; ou bien parce que la chair de vipère entre dans sa composition; car les Grecs distinguent la vipère, qui est proprement appelée *Sugisau*, ou *Sugisau*, par le nom de *Sugisau*; de même qu'ils donnent quelquefois celui de *Sugisau* au Lion; quoique *Sugisau*, ainsi que *Sugisau*, signifie une bête en général. Les Anciens ont donné le nom de *Theriaque* à diverses compositions qu'ils croyoient propres contre les poisons animaux; quoique la chair de vipère n'y entrât pas. Nous appelons quelquefois l'ail la *Theriaque* des Payans. La *Theriaque* ordinaire se nomme aussi *Theriaque* d'*Andromaque*, parce qu'*Andromaque*, Médecin de l'Empereur Néron, augmenta l'efficacité de cet Antidote en y ajoutant la chair de vipère. *
THERMES. *Therma*. Les Romains appel- EFERUS - Recherches & Classification numériques loient ainsi les bains d'eau chaude, & aussi les édifices où étoient ces bains : du Grec *Stupac* chaud. Les *Thermes* eurent rang parmi les édifices les plus somptueux de l'ancienne Rome. Homere fait mention des bains chauds, *Stupac* *Thor*, *
THERMOMETRE. Ce mot a été fait du Grec par les modernes, de même que *Baromètre*. Le premier, de *Stupac* *calidus*, & de *Mimbus* *mensura* : Le second de *Stupac* *pandus*. Le *Thermomètre* sert à mesurer la chaleur de l'air, & le *Baromètre* à en mesurer la pesanteur. *
THERMOPYLES. Passage de soixante pas de largeur entre la Phocide & la Thellalie. Divers lacs, outre la mer de Loctide & le mont d'ra, embarrassolent encore cette espèce de défilé, que Philippe nommoit la clef de la Grece. Les Phocéens, dans le dessein d'avoir une barriere de facile garde contre leurs implacables ennemis les Thellaliens, bairent une murailles aux Thermopyles, unique voie qui conduisoit de Thellalie en Phocide. Les ouvertures laissées dans cette muraille pour ne pas entierement boucher le chemin, s'appelleront *minus* *portes* ; à quoi quelques bains chauds d'alentour firent ajouter *Stupac* *chaudes* : & de ces deux mots se fit le mot de THERMOPYLES. *De Tourmil*, *Remarq*, *sur la 1. Philip*. *
THESURER. La Coutume d'Anjou, article 15. *Nul ne peut de jour ne de nuit tendre ne thésurer en autruy Domaine*. De *tensurare*, fait de *tendere*. *Tendo*, *tensus*, *tensura*, *tensurare*, *tesurare*, *testurare*, *testurare*, & THEUDEL. De *tendere*. Les Latins ont dit de même *tendicula*, pour un *trebucher*. Selon l'étymologie, il faudroit écrire *tesurer*. M.
THEUDELINDE. Voyez *Théodebert*. *
THIE. Petit instrument de fer, dans lequel les filettes mettent le bout d'en haut de leur fuseau. De *theca*. Le mot de *Thie* est fort usité dans l'Anjou : où les Thies de la Paroisse du May sont les plus estimées. *M.*
THIERACHE. Le pays de Thierache, que M. de Thou appelle *Tirasconis* *ager*, est appelé *Thierche terre* dans le Roman des faits & gestes de Godefroy de Bouillon ; à mon avis de *Theodorici terra*, comme qui diroit la terre de Thierry ; & comme on a appelé *Latharingia*, le pays de *Lathaire*, qui est la Lorraine. Voici le passage, qui est sous la Lettre n. 1. de ce Roman : *Semblablement en ce temps mesme partit de Thierche terre une grande multitude de gens d'armes, lesquels vindrent par mer en Antioche*. Le Duchat.
THIERRY. Nom d'homme. Il est d'origine Tudefique, & il a été fait de *Théodoric* par corruption. Voyez ci-dessus *Théodebert*. *
THIFAINE. Voyez *Tifaine*.
THIOLET. Nom de famille. Par apherée, pour *Matthiol*et, diminutif de *Matthiol*, nom propre d'homme. *Le Duchat*.
THONNAIRE. C'est un filet, duquel on se sert sur la Méditerranée pour prendre des thons, & autres grands poissons. De *thinnaria*, fait de *thinnus*, qui signifie un *thon*. *Thinnaria* *piscatio* se trouve dans Uplen en la Loi 13. *Communia pra-*
THO. THU. TIB. 525 *diorum venditor fundi Gerontani, fundo Batroiano quem retinchat, legem dederat, ne contra eum piscatio thinnaria exerceatur*. M.
THORISMOND. Nom d'un Roi des Vifigoths, dont parle Grégoire de Tours, liv. 2. chap. 7. Ce nom est Tudefique, & signifie, selon Wachter, *vir audax*, ou *defensor fortis*. De *mund*, qui veut dire *homo*, *vir*, & aussi *protector*, *tutor*, *defensor* : & de *thor*, qui signifie entre autres choses *audax*, *fortis*, *ferox*. Wachter dans son *Glofar*, *German*, page 1682. THOR, *audax*, *fortis*, *ferox*. *Vox Celtica*. *Boxhornius in Lexico Ant. Brit. dewt fortis, audax, strenuus*. *Gracis Suss*, est *epitheton Martis*, & *exponi soles* bellicosus, audax, strenuus. *Refer ad* thuren *audere*, de *que infra*. Voyez le même Auteur, au mot *mund*, & ci-dessus *Pharamond*. *
THOUARS. Ville du Poirou, ainsi nommée de la rivière de *Thoué*, qui y passe. Le P. Daniel, *Hift. de France*, 2. édit. de Hollande, tom. 5. pag. 935. sous l'année 1569. *Le Duchat*.
THURGOT, ou TURGOT. Nom d'homme. Il est d'origine Teutonique, & Wachter, pag. 1683, de son *Glofar*, *German*, l'explique *Deo fretuus* : de *thor*, *audax*, *fortis*, & de *Gott*, *Deus*, ainsi nommé de *gut*, *bonus*. Voyez cet Auteur au mot *Gott*, & ci-devant *Thorismond*. *
THURINGE. Contrée d'Allemagne : ainsi appelée du mot Celtique & Teutonique *thor* montagne ; parce que c'est un pays où il y a beaucoup de montagnes. Voyez ci-dessus *Taurus*. *
TIBERIADE. Dans le Parlement de Dijon, & dans toutes les Jurisdictions qui dépendent de ce Parlement, le mot de *Tibériade* signifie une figure ou une description dont on se sert dans les procès pour représenter la situation des lieux contentieux. Cette signification vient du livre de Barthole de *Fiuminibus*, *seu Tyberiadis*. Ce livre commence par ces mots : *Tyberiadis*, est *regio iuxta flamen Tyberis constituita*. Barthole dit ensuite : *Dicitur autem Tyberis a Tyberio, Romanorum Imperatore, a quo aliquas leges latas habemus* : qui est une étymologie ridicule. Et il ajoute, après avoir parlé de l'occasion qui l'engagea à composer ce Traité : *Totum opus appellavi Tyberiadis, ut non folium de ipso Tyberi, sed etiam de multis qua in regione Tiberis occurrunt, in ipso tractetur; putans congrum, quod sicut ab urbe Romana jura omnia procefferunt, ita quod de Tyberi, flumine Romano, dicatur, ad flumina cuncta trahatur*. Ce Traité est dans le volume de Barthole, qui contient *Constitia*, *Quasiones & Tractatus*. Et il est divisé en trois parties : de *Alluvione*, de *Insula*, de *Alveo*. Barthole y explique les questions touchant ces matières par beaucoup de figures ; que ceux qui apprennent le Droit dans les écrits de ce grand Jurisconsulte ; appelle *Saccus Legum*, & *Lanterna Juris* ; lequel a donné lieu à cette façon de parler, *risolu comme Barthole* ; ont appellées *Tyberides*. Et comme c'est ordinairement pour juger de semblables questions que les Juges ordonnent des descriptions des lieux, on les a ensuite toutes appelées des *Tyberides*. C'est ce que j'ai appris de M. Lantin, Conseiller au Parlement de Dijon, EFERUS - Recherches & Classification numériques 526 TIC. TIE. TIG. homme de grande vertu, & de beaucoup de mérite. Tabourot, Sieur des Accords, qui étoit de la Ville de Dijon, a fait la même remarque au chap. 1. du liv. 4. de ses Bigarrutes. Voici les termes : Les Jurisconsultes disent, que la plus certaine preuve, qui se face, c'est par l'inspection : de sorte que s'ils ne se peuvent transporter sur les lieux pour voir le fonds contentieux, ils en seront faire des topographies, & peintures, ou modèles, que nous appelons Tybériades : ainsi dénommées, a causé que Barthele a été le premier Jurisconsulte qui ait mis des figures parmy ses œuvres ; comme il a fait en son livre de la Tybériade : lequel il a composé pour l'utilité & usage de ceux qui ont des terres proche des rivières, sujettes a alluviens ; c'est-à-dire, quand l'eau occupe un champ d'un coiffé, laissant son ancien cours, & accroît de l'autre coiffé. Et l'a nommé Tybériade, a causé du fleuve du Tibre qui passe par Rome, en faveur des habitants circonvoisins, duquel il a principalement fait son œuvre. M.
TIC. Maladie de cheval. C'est une onomatopée, parce que le cheval qui a le tic, en frappant de sa tête sur sa mangeoire, représente le son de tic. M.
TIC-TAC, ou TIQUE-TAQUE. C'est une onomatopée. Voyez taquet.
TICQUE. Substantif féminin. Le Paradoxe intitulé, que le plaider est chose très-utile, &c. imprimé chez Charles Etienne en 1554. Mourné exilé comme une tique. Ant. Oudin, dans ses Dictionnaires Ital. Fr. & Fr. Ital. fait ce mot masculin, & l'écrit ticq, & dit que c'est tantôt une sorte de ver, que les Italiens appellent secca ou secca ; & tantôt une sorte de mouche, qu'ils nomment mosca culaia, c'est-à-dire, selon moi, un raon, qu'on fait s'appliquer sur la croupe des bêtes de charge, & particulièrement des ânes, & la se soule de leur sang jusqu'à crêver. Peut-être de tabanus, ou de tabana. Tabana, tabanica, tanica, tica, ticque. Le Duchat.
TIE. Voyez thie. M. TIERCELET d'Autour. Oiseau. Parce qu'il est un tiers plus petit que l'Autour. Les Italiens l'appellent de même terzuolo. M.
TIGE. De tibia. Le Duchat.
TIGE. Je crois que ce mot vient de la Langue Teutonique. Tivig en Anglo-Saxon, en Flaman & en Anglois, signifie une jeune branche, un rejeton : du verbe Saxon tygen produire. On a dit d'abord tig, & ensuite tivig par l'insertion du w. Les Allemans disent ziveig dans le même sens. Voyez Wachter dans son Glossar. German. au mot ziveig.
TIGNE. Espèce de galle. De tinea : qui se trouve en cette signification. Claudien : Miserabile turpes Exedere caput tinea. Fortunat dans la Vie de Sainte Radegonde : Lavans capita egzorum, defricans quidquid erat crus, scabici, tinea. Et tinea a été dit en cette signification, a causé que la tigne ronge comme une teigne. De tinea, dans la signification de teigne, les Italiens ont aussi fait tigna. Il est à remarquer que dans l'Anjou nous disons teigne, & dans la signification de tigne, & dans celle de teigne. Voyez ci-dessus teigne. M.
TIGRE. Espèce de moucheron qui ronge les feuilles des poiriers, & particulièrement des poiriers de Bon Chrétien. Le P. Rapin, dans son de Cultura hortorum, parlant des oiseaux qui incommodent les arbres : — aliaque volures : Quarum sum quadam plusquam per rostra ti-menda Arboribus : Tigres ideo de nomine dilla, Quod contage malà sylvam gens inficit om-nem : Unde lues oritur nulli patienta colone. On appelle ces mouches Tigres, à cause qu'elles sont marquetées comme des tigres. Les Latins ont dit tigrinus, pour dire, marqueté à la façon des tigres. Pline : Mensa tigrina. J'apprens de l'Abre-gé des bons fruits de M. Merlet, que ces mouche-rons s'appellent aussi lutus & diabolus. M.
TIGRE. Grand fleuve d'Asie. Le nom de Chid-dekel, que Moise donne à ce fleuve, & celui de Tigre, que lui donnent les Européens, & celui de Diglat, qu'on lui donne dans le Levant, sont la même chose. Cela surprendra ceux qui n'enten-dent pas l'art des étymologies. . . . Je dis donc que de l'Ebreu prop Chiddekel, s'est formé le mot Tigris : & voici comment. La première lettres qui est une forte aspiration, est tombée ; comme au mot Chabras, qui est le nom d'un fleuve de Méso-ptamie, dont parle Ptolomée, & que Strabon appel-le Aborras ; comme au mot Cham, qui est le nom du plus jeune des enfans de Noé, d'où s'est formé le nom Egyptien Aminown, & le Grec Amison, que l'on a donné à Jupiter, & comme au mot Grec Amaya, d'où les Latins ont fait celui de Iena. Cer-te aspiration étant donc ôtée du mot Chiddekel, il reste Dekel, dont le d's est changé en ; ce qui ar-rive souvent ; comme entre lettres du même orga-ne. Ainsi on a fait Azatus du mot Ebreu אַשְׁרָה Asidod ; iota de יוֹר iod ; artaba du Syriaque ardab ; Atergatis de Derceto ; tenebra de Jupitis. Le d de Dekel s'est changé en g ; comme de אַבָּר Achar, s'est fait Abgarus ; de Derceto, Atergatis, que je viens d'alléguer ; d'Acragas, Agrigentum ; de Caius & Cneius, Gaius & Gneius ; de curculis, gurgulio. La dernière lettre de Dekel a produit un r ; comme de l'Ebreu Belial, les Grecs ont fait Bokin ; com-me, du Chaldéen Sarbal, ils ont fait Sarabara ; comme l'on a appelé indifféremment le Borax, tineal & tinear. Et ce vers ancien de la Comédie Grecque, וְעַל בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּנֵי בְּ fait assez voir l'affinité de l'e & de l'r. Ces permu-tations de lettres sont les portes de communica-tion par où les mots originaux & les dérivés entre-tiennent leur correspondance. Orant donc l'aspiration du mot de Chiddekel, celui de Dekel est demeuré ; que les Syriens ont travesti en Dekel, Joseph & les Paraphrastes Chaldéens, les Arabes & les Perses, en Diglat ; d'autres Orientaux modernes, en Degil & Degel ; Pline, ou ceux qui l'avoient instruit, en Diglit ; & les Grecs qui donnoient à tous les noms étran- EFERUS - Recherches & Classification numériques gers l'inflexion & le tour de leur langue, en Tigris. Cela fait voir évidemment combien sont vaines les conjectures sur l'origine du mot Tigre. Les uns ont cru que ce fleuve étoit ainsi nommé à cause de la vieille de son cours, pareille à celle de l'animal de même nom. D'autres tirent le nom du fleuve & de l'animal de celui de la flèche, qui s'appelle tigris, disent-ils, chez les Arméniens, chez les Modes, & chez les Perses. Nous pourrions parler avec assistance de cette origine, si la connoissance de l'ancienne langue Persique étoit venue jusqu'à nous. Il en a passé plusieurs mots dans celle d'aujourd'hui, & je ne sais si le mot חור tojer ne seroit point de ce nombre : il signifie une flèche. Cette origine n'est pas hors de vrai-semblance; car on ne pouvoit mieux comparer qu'à une flèche, le Tigre, le plus léger de tous les animaux, & le Tigre, le plus vite de tous les fleuves. Il semble que les anciens aient affecté d'exprimer la rapidité de ce fleuve par les termes d'ἐξέντε, & d'ἐξία, qui signifie poireu & léger; comme pour marquer l'origine du mot Tigris, tiré de la flèche, qui est vite & pointue. C'est dans cette même vue que Diodore a comparé le Nil à une flèche, à cause de sa rapidité. Ainsi le fleuve Acis de Sicile a eu ce nom, qui signifie la pointe d'une flèche, à cause de la légèreté de sa course. Il semble encore que la même cause a fait donner au Tigre le nom Sollax ou Sulax, qui est marqué par quelques Auteurs, & qu'ils expliquent κατηφόρις, c'est-à-dire qui le porte en bas avec précipitation. Ce mot, selon ma conjecture, vient de celui du torrent de Siloé, je veux dire de שלח, c'est-à-dire chaffé, envoyé, poussé comme un trait : car le mot שלח, qui a la même origine, signifie un trait. Le mot Arabe חורot taijaron, qui approche assez du Persan tojer, que je viens de rapporter, a une signification qui convient à notre sujet. Il signifie un courant d'eau. Il signifie encore qui coule avec rapidité : ce qui quadre assez avec la nature du Tigre. L'erreur de Pline, & celle de son abbréviateur Solin, est remarquable sur tous les autres, quand ils disent que le Tigre s'appelle Diglitro dans le commencement de sa course, lorsqu'elle est encore lente; mais que quand elle devient plus légère, il s'appelle Tigre. Il s'appelle Tigre des sa source, comme l'allure Strabon : & les noms de Tigre & de Diglitro ne sont qu'une même chose. Je dis encore que toutes ces conjectures sont vaines. Il faut chercher la véritable racine du mot Tigris, dans le mot Ebreu Chiddekel : & ce nom est composé de deux mots Ebreux, חורot chaddad aigu, dérivé du verbe חורot chaddad être aigu, & de קן kal, vite, léger, dérivé du verbe קן kal, être vite & léger. Et c'est plutôt à cette origine qu'à toute autre, que les Grecs semblent avoir un égard, quand ils ont exprimé la rapidité de ce fleuve par le mot ἐξέντε. Joseph l'a reconnu en partie, quand il a dit : ἀγελῶ ἐξ ἢ φαβῶτα τὰ μυτὰ ἐγέπτη ἐξ. Il faut corriger ce passage, & lire ὁ ἐκφράζεται, c'est-à-dire Diglat, qui s'explique étroit & léger. Mais il ne faut pas attendre de Joseph une parfaite connoissance de la langue Ebraique. Les Rabbins ont parlé plus exactement que Joseph, & ont rapporté ce mot à sa véritable source. Celle que propose Moïse Barcépha n'est pas méprisable. Il veut que Chiddekel vienne du Chaïden דקל dekyl, qui signifie bouillir. Et peut-être y faut-il rapporter le passage d'Hefy- T I L. T I M. chius : Τίγρις, ὁ τῷ φαγῶ μυζῷ : c'est-à-dire, que le mot de Tigre signifie le bruit que fait l'impétuosité d'un fleuve. D'autres fleuves que celui-ci ont porté le nom de τίγρις, & probablement pour la même cause. Huet.
TILLAC. Les Allemans appellent le Tillac d'un Navite, decke & uberdeck; c'est-à-dire couverture & couverture supérieure : ce qui me fait croire que notre mot de tillac a été fait de tegula, dit pour tegumentum; à tegendo. Tegulum, tegula, tegulacum, telacum, TILLAC : en i; comme en timon, de temo. Tegulum se trouve. Les Glofes anciennes : tegulum, πέναστρον. Pomponius le Jurtsconsulte dans la Loi 30. § 1. De Ufurpationibus & ufurpationibus : Labes libris Epifolarum ait : Si is cui ad tegulorum, vel columnarum ufurpationem, decem dies superesem, &c. Le Tillac est la première couverture du Vailteau. De tegululum, diminutif de tegulum, on a dit tegillum. Les Glofes anciennes : tegillum, καλημμάντιν. M.
TILLET. Ce mot, dans la signification d'étiquette, se trouve plusieurs fois dans le Suétoine François de 1556. chap. 75. de la Vie d'Auguste. De titulus. Titulus, titaletus, tiletus, tillet. Le Duchat.
TILLETAGE. Deniers que produit au Roi de France le renouvellement des Offices du Royaume à chaque mutation de Souverain. Voyez le Recueil des choses mémorables, &c. depuis la mort de Henri II. jusqu'au commencement des Troubles, 1562. in-11. tom. 1. pag. 151. Peut-être de quelque du Tillet, qui auroit inventé cet impôt; comme depuis le nommé Paulet trouva celui de la Paulette, qui porte encore son nom. Le Duchat.
TIMAR. Les Timars des Tures, qui tiennent beaucoup de la nature des Fiefs, sont ainsi appelés de τιμώ, qui signifie honorer, dit M. de Cafeneuve dans son Traité du Franc-alleu, pag. 150. M.
TIMAR. Je ne crois pas que ce mot vienne de τιμώ. L'étymologie est trop forcée. J'aime mieux le dérivé du verbe Arabe thamara, qui signifie frulifur : d'où se forme thamar, fruit, & thimar au plurier. Le Timar n'est que l'ufufruit des terres & héritages que le Grand Seigneur donne aux Timariots.
TIMBALE. Il vient de ταξίδα, qui selon le témoignage de Plutarque, Plut. in Craft. & de Hefychius, étoit un tambour dont se servoient les Parthes. Ce mot se trouve encore dans la langue Persienne & dans l'Arabe. Tablon est le singulier, & atbalon est le plurier, & de là s'est formé atabale. Je crois le Persien & l'Arabe dérivés du Grec tympanum; car les tympana des Anciens n'étoient pas plats par les deux bouts, comme les nôtres; mais ils étoient plats par un côté, & ronds par l'autre; comme les timbales. C'est pourquoi on les appelloit tympana; des perles, qui s'étant trouvées attachées à la nacre, & en ayant été ensuite détachées, demeuroient plates par un côté, & rondes par l'autre. Huet. Voyez tambour. TIMBRE de cloche. De tympanum : n en r; comme en Diacre, de Diaconus. M. de Saumais. EFERUS - Recherches & Classification numériques 528 T I M. T I N. sur Solin, pag. 683. Certé, acra ab acna. Sic Diacrum pro Diacono dicimus : pamprum pro pampino : tymprum, vel tymbrum, pro tympano. Loiseau, le dérive de tintinnabulum, & il croit qu'il faut dire timble. Je rapporterai ici ses paroles, parce qu'il y est parlé de l'étymologie de timbre, en termes d'armoiries. En conséquence de ce privilège attribué aux Parisiens, de porter armoiries, les plus notables Bourgeois des principales Villes, ayant aussi entrepris d'en porter, les Gentilshommes se sont avisé, de mettre au-dessus des leurs un beaume en armure de tête, pour se distinguer de ceux qui ne portent point les armes : ce qu'ils ont appelé timbre : pour ce, a mon jugement, qu'il estoit fait du commencement comme une bourguignotte, ou chapeau de fer, qui avoit la forme d'un timbre de cloche, qu'il fui-droit pluffost nommer TIMBLE : quasi tintinnabulum. C'est dans son Traité des Ordres des simples Gentilshommes, chap. 5. M.
TIMBRE. Lambert Daneau, pag. 38. & 39. de son Traité des Danies, édition de 1583. Et prostituent les greves, les tymbres, jusques à la cuisse sans honte. M. Bayle, qui dans son Dictionnaire Critique, deuxième édition, pag. 2649. col. 1. rapporte ce passage, n'a pu expliquer ce mot. Tymbre en ce sens, c'est proprement le genou jarreté dessus & dessous, à l'imitation des galantes Religieuses Thélémites dans Rabelais, liv. 1. chap. 56. Les danseuses de corde se jarretent encore de la forte : ce qu'elles ont retenu de la mode du XVI. siècle, parce que leur haut de chausse est une trousse de page, comme les hommes en portoient alors. Voyez les Remarques Critiques sur le Dictionnaire de Bayle, au mot Sainte Aldegonde, pag. 4018. de l'édition de 1720. On appelle aussi timbre les deux cordes de boyaux qui font résonner le tambour. Le Duchat.
TINEL. Regnier, Satyre 6. Le Sommelier en haste est sorti de la cave. Déja Monsieur le Maisstre, & son monde se lave. Trève avecque l'honneur. Je m'en vais tout courant, Décider au Tinel un autre différent. C'est le lieu où les Domestiques des Grands Seigneurs mangent. De l'Italien tinello. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Angelus Rocca dans son Commentaire de Campanis, chap. 1. pag. 17. Sicut à voce bovis, BOATUS, & à voce ovis, BELATUS, vel BALATUS, dicuntur, aut fuptantur; ita a sonitu campana illo tin tin; dum pulsata tintinnare, sive tintinnare, auditur; tintinnabuli nomen campana sibi olim sortita fuit. Tinnitus enim propriè de metallis dicitur : tinnit namque aurum, argentum, as, ferrum, flannum, orichalcum, & catara. Hinc locus ille, quem in Aulis Principum, oulgò tinnellum, prandio scilicet ac coma Anicorum destinatum, vocant; a tintinnabuli forsan tinnitu nomen sibi soritus est: quasi tintinnellum, medià Syllabà per syncope detractà, dicatur: ut Aldo juniori, viro sanè politicoibus literis & ingenii perspicacitate ornato, placet. M. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, au mot Tina : TINELLO, in quo familia cibum capit, vel a tino, grandiore anophoro, sive cupa, qua omnibus sufficiat: vel quasi triclinolum. Je le tiens de la même origine que tinello, diminutif de tino, dans la signification de cuve, qui est un grand vaisseau où l'on met la vendange; de laquelle signification il peut avoir passé à celle d'une grande falle. Nous appellons de même une grande falle, un grand vaisseau. M.
TINEL. L'Italien tinello, vient de l'Anglo-Saxon tanel, qui signifie corbis, qualus. Le Duchat.
TINNE. TINNETTE. De tynna & tynnetta, dits pour tunna & tunnetta. Voyez tonne & tinel. M.
TINTAMARRE. Pasquier, liv. VIII. chap. 52. de ses Recherches, dit que ce mot est un composé du verbe tinter, & du nom marre, qui est un instrument de Laboureur. Voyez marre ci-dessus. Et il dit que les bonnes gens d'autour de Bourges disent qu'anciennement les Vignerons avertisissent leurs compagnons de se retirer, en frappant ou tintant avec des pierres sur leurs marres. Parquoi, dit-il, ce ne sera point a mon jugement mal deviner, d'estimer que d'autant qu'au fin du tini qui se faisoit sur la marre, s'excitoit une grande hée entre Vignerons, quelques-uns du peuple François, avertis de cette façon, ayant appelé Tintamarre, à la similitude de ce y, tout grand bruit & clameur qui se faisoit. M.
TINTO. Ancre à écrire, en langage Toulousain. De l'Alleman dinte, qui signifie la même chose. Le d dans ce mot Alleman se prononce comme un t. Le Duchat.
TINTO. Ce mot me semble plutôt venir de l'Espagnol tinta, qui signifie pareillement de l'ancre à écrire. Ce mot Espagnol vient du Latin tincta, fait de tingere, & je pense que l'Alleman dinte a aussi la même origine. Du même mot tinta, nous appellons en France Vin de Tinto, un certain vin d'Espagne, parce qu'il est d'une couleur foncée qui approche de celle de l'ancre à écrire.
TINTOUIN. Battement d'oreille : bruit sourd qu'on s'imagine entendre : Nicot : Tintouin est un nom imité au chiflement qui se fait aux ventricules du cerveau, & comissant par les oreilles : & vient de tinter : aussi les Latins appellent tel tintouin, tinnitus aurum, tintement d'oreilles. Et parce que tel tintouin empêche le repos de la personne, on l'usurpe aussi par métaphore pour souci rongeant, travail d'esprit, & fatigation de l'entendement : Cura cœquens, animumque versans ac malè habens. Selon ce on dit : Il a bien des tintouins en la tête : Gravibus curis divexatur. Cela lui a mis un grief tintouin en la tête : Gravis ex eo cura eum incessit, Liv. I. 23. Ou bien on le peut tirer de ce mot tintinnum, qui se lit au XXV. Titre de la Loi Salique, qui est un vieux mot François latinisé, signifiant la clochette ou sonnette qu'on pend au cou des chevaux & aumailes là-hées en pâture, pour aisément les retrouver; laquelle en paissant sont-ils sonner sans cesse. Et à ce donne couleur ce que l'Italien dit : Avere martello in testa, augi & divexari gravi cura; & Dar martello a alcuni, malè aliquem urere. Terent. Et ce que nous disons, il a un réveil-matin, pour dire, il a un cuisant souci qui lui ôte le long sommeil & repos; comme si pour dire, il a un tintouin à la tête, on disoit, il a une sonnette d'un angoisseux-pensement : Illusique gravis sollicitudo tintinnat. Et Catulle a dit : Auris tintinnat tintinnabulum. L'Italien dit tintinus, pour le son de telle petite sonnette. Il est aisé de juger, que les mots EFERUS - Recherches & Classification numériques mots François tinter & tintin, & les Latins tinnire, tinnitus, tintino, tintinnio, tintinulo, tintinnabulum, sont des onomatopées.
TIPHAINE. Vieux mot, qui signifioit la Fête des Rois. Alain Chartier, page 140. On mois de Janvier, après la Tiphaine, le Roy se partit de ladite Ville de Saumur. Par corruption, d'Epiphania: d'où les Italiens ont aussi fait par corruption, Besania. Les Poitevins disent encore aujourd'hui Tiphaine, pour dire le jour des Rois. Epiphania a été fait du Grec impasse, qui signifie apparition. Et l'Epiphanie a été dite de l'apparition des Rois. Tiephanie pour Tiphaine se trouve dans l'Etat de l'Echevinage de Reims. De cette Fête de Tiphaine on a fait une Sainte Tiphaine. Et dans nos Histoires écrites il y a cinq ou six cens ans, vous trouverez plusieurs personnes nommées Tiphaine. M.
TIPHAINE. De Theophania. La Théophanie est la même Fête que l'Epiphanie. Outre l'Adoration des Mages, le Batème de Notre-Seigneur, & le miracle du changement de l'eau en vin aux noces de Cana, on célébroit encore en ce même jour, sixième de Janvier, la Nativité de Notre-Seigneur. Et ça a été en vue de la Nativité qu'on a nommé cette Fête la Théophanie ou Epiphanie. Et depuis que la Nativité fut célébrée le 25. Décembre, on laisse au sixième de Janvier son ancien nom Tiphaine, de Théophanie; comme Thierry, de Théodoric; Thibaud, de Theobaldus. Huet.
TIPHON. Sorte de vent furieux, qui fait élever la mer en forme de tourbillon. Du Grec roger qui signifie la même chose, & qui est fait du verbe roger, exciter de la fumée, de la flamme, enflammer, brûler. Ce vent a été ainsi nommé parce qu'il renverse tout, comme feroit un tourbillon de feu. Aux Actes des Apôtres, xxvii. 14. il en est parlé sous le nom d'αχμᾶ τυραν-
TIQUET. C'est le ricinus des Latins, & le xpirus des Grecs. C'est un diminutif de tique, dont je ne sais pas l'origine. Les Anglois disent ticke. Je ne sais lequel des deux est l'original. M.
TIQUET. La 83. des Cent Nouv. Nouvelles, parlant d'un Moine qui avoit bien farci son ventre à un diné: Plus ront que ung tique, se leva sus, & dist à son héoise: Demoiselle, se vous remercie de vos biens, vous m'avez tenu bien aise. Tique; du Latin cicus, fait du Grec xius; dans ce proverbe, c'est le poux de bois, animal qui suce le sang des chiens, &c. & qui ne quitte point prise qu'il ne s'en soit rempli. Voyez les Origines de Becman, édition de 1613. pag. 708. & 709. Il est gros & rond comme un pois. Le Duchat.
TIRANSON. Rabelais 1. 37. Oiseau de mer, de la grosseur d'un bon chapon. On en voit beaucoup sur les côtes de Poitou. Dans le Dictionnaire de la Lang. Tolos. tirou est une cercelle, un canard. Le Duchat.
TIRE. Comme quand on dit tout d'une tire: à tire d'aile. De tira, verbal du verbe tirare. Tirare, tira, TIRE. Tira, tirum, dont l'Espagnol Tome II.
TIR. 529 tire, pour un trait. De tira, on a fait le diminutif tiretum, dont nous avons fait TIRET. M.
TIRE-LAISSE. De tire & de laisse. On appelle tire-laisse, une entreprise qui n'a pas réussi: & ce mot est employé de la sorte par le Duc de Mayenne dans le Catholicon d'Espagne. Le Duchat.
TIRELARIGOT. Voyez larigot, où j'ai oublié de remarquer que Bourdelot dérivoit aussi tirelarigot, de tire le larine; ajoutant que tire est un mot de buverie; comme ixus parmi les Grecs. M.
TIRELIRE. Synonyme de paille-maille. Par corruption pour tire-liard; comme d'épargne maille, on a fait paille-maille. Les liards qu'on a fait entrer dans une tirelire, ne s'en tirent qu'un à un. Le Duchat.
TIRELITANTAINE. Jeu de Gargantua, au liv. 1. chap. 22. de Rabelais. Le Traducteur de Rabelais en Anglois a rendu le nom de ce jeu par tire-le un tantinet. Ce doit être un jeu à se tirailler l'un l'autre. Le Duchat.
TIREMASSE. Voyez soigneusement Bodin dans la Démonomanie, liv. 2. pag. 445. M.
TIRE. De tirare, Latin barbare, inufité, fait de trabere. Trabere; par métaplaïsme, trahire; & puis par métathée, triare; & par autre métathée, tirare, mot qui est encore aujourd'hui en usage parmi les Italiens. M.
TIRET. Voyez tire. M.
TIRETAINE. Sorte d'étoffe. Les Espagnols disent tiritana. M.
TIRETAINE. Ce mot nous est venu des Espagnols, qui appellent tiritana, une sorte de très-fin drap; au lieu que chez nous tiretaine signifie une sorte de petite étoffe mêlée de fil & de laine. Le mot tiretaine vient de Turdetania, qui est le nom que Strabon, liv. 3. & Ptolomée, liv. 2. chap. 5. donnent au Royaume de Grenade: d'où yenoient les laines excellentes, dont on faisoit le très-fin drap que les Espagnols appellent tiritana, suivant le Francifini, en son Vocabulaire Espagnol & Italien, au mot Tiritana. Ce qu'au reste j'ai dit de la finesse des laines de la Turdétanie, & de l'usage qu'on en faisoit, se prouve par un passage du même Strabon, dont voici la traduction, telle que nous la donne Budé en son livre De Affe, liv. 4. pag. m. 399. Malta autem vestis antea inde veniebat (il parle de la Bétique, appellée aussi par lui Turdétanie): nunc autem lana magis quam à Coraxis, pulchritudine eximia: si quidem propter hoc arietes talentari pretio emuntur ad admiuüram. Le mot de tiretaine se trouve dans le Roman de la Rose, fol. 126. v°. La tiretaine étoit autrefois d'une laine très-fine. Voyez Borel sur ce mot. Le Duchat.
TIROIR. Croix du Tiroir, lieu de Paris. André du Chesne dans ses Antiquités de la Ville de Paris, parle de l'étymologie de ce lieu en ces termes: Le Marché des belles etois par de-à la Rua aux Bourdonnois, au lieu que l'on nomme le Siège aux déchargeurs: encore l'appelle-t-on la Vieille Place aux pourceaux. Et à la Croix du Tirouer se trioient les belles: & pour ce, à proprement parler, elle est appelée la Croix du Tirouer; pour les belles que l'on y trioit. Cette étymologie n'est pas digne de ce Père de l'Histoire de France; & M. du Cange a raison de ne la pas approuver. Le Père du Breuil, Religieux Bénédictin, a pourtant dit la même chose dans ses Antiquités de Paris. Ce qu'ils EFERUS - Recherches & Classification numériques 530 TIR. TIS. TIT. ont pris l'un & l'autre de cet ancien Mémoire, produit par M. du Cange : et la Croix du Tirouër se trouvent les belles : & our ce, a proprement parler, elle est appelée la Croix du Tirouër ; pour les belles que l'on la triote. TIROUER, en est endroit, vient sans doute de Tiratorium. Une Chapitre de 1261, citée par M. du Cange au mot de Tiratorium, Venetius de Chigy, & ejus uxor, vendant Regis partes, quas se habere dicebant in quodam Marcorio, pro apud Villamnovam Regis, ante Tiratorius ejusdem Velle. Mais d'où vient de Tiratorium ? Ne viendrait-il point de tiratorium, dans la signification d'un lieu où les habitans s'assemblent pour tirer de l'arc & de l'arbalète ? Dans les anciens titres, la Croix du Tirouër est néanmoins appelée la Croix du Trétoire : ce qui ne favorise aucunement l'ermologie de Du Chesne. M.
TIROUER. Quand on a perdu toute sa vache, & qu'on en peut recouvrer la queue, encore est, ce pour faire un tirouoir a son huis. Par ce pro-verbe, rapporté d'après les Sermons d'Oliv. Maillard au chap. 6. de l'Apol. d'Etérodote, il pignit qu'on a appellé tiroir, tout ce qui pouvoit servir à tirer la porte lorsqu'on sortoit du logis. Peut-être donc appelle-t-on Croix du Tirouër, la Croix du Marché des bêtes, parce que l'acheteur y tiroit par la queue la bête qu'il avoit triée. Le Duchat. Galli, quasi ad solemnes epulas, & ad fertilissimatis jubilationes, concurrunt ad tumbam prædici Sancti. Aldhelme; dans son Livre de la Virginité: Ad quorum tumbas gelida post funera mor- tis, &c. Tumba a été fait de vulgæ, qui signifie sépulcre. Et par cette raison d'étymologie, plusieurs écri- vent tumbe; disent Robert Etienne & Nicot. Voyez Voëssus De Vitis sermonis, pag 631. M. TOMBE LAINE. Rocher, faisant une peti- te Isle, proche du Mont Saint Michel. Le Mont Saint Michel, s'appelle Tumba. Monasterium Sancti Michâelis in monte Tumba. Et la Montagne voisi- ne, qui est plus petite, a pris le nom du diminu- tif. Tumba, Tumbula, Tumbella, Tumbellana; comme Porca, Porcula, Porcella, Porcellana. Pour tombella; on a dit tombellus, d'où s'est formé tom- beau. Et ce diminutif a fait un autre diminutif, tumberellus, tombereau; sa figure approchant de celle d'une bière. Huer.
TOMBER. Quelques-uns veulent que ce mot vienne de titubare, qui signifie chanceler: comme si chanceler & tomber étoient la même cho- se. Mais il est bien plus croyable, que comme de mort nous avons fait monter, nous avons aussi dé- rivé tomber de tombe: cas'tumba, Latin barbare, dérivé de vulgæ, qui signifie un sépulcre, signi- fie non seulement un petit morceau de terre; mais il se dit encore d'une Montagne, ou d'un lieu fort élevé. Sigebèrt en sa Chronologie, sur l'an 707, parlant de l' apparition de Saint Michel à l'Evêque Aubert, appelle le Mont Saint Michel Tumba, sur lequel il voulait qu'on lui bâtit une Eglise. Ut in loco maris, qui propter eminentiam sui Tumba voca- tur, fundarei Ecclesiam in memoriam sui. L'Histoire de cette Apparition de Saint Mi- chel, citée par M. du Cange, chap. 1. Hic igitur locus Tumba vocatur ab incolis, ideo quod in mo- rem tumuli, quasi ab arenis emergens in altum, &c. Caseneuve.
TOMBER. De promare, inusit, fait de vulgæ, qui signifie chiste. Promare, tomare, tobare, m en b; tombare, TOMBER. Le p. du commencement s'est perdu; comme en TISANE, fait de ptisana. Pluseurs écrivent tumbæ; & semble qu'il vient de titubare, en étant la première syllabe, dit Ro- bert Etienne, & Nicot après lui. M.
TOMBER. Je crois qu'il vient de tumulare: & ce qui me le persuade, c'est qu'autrefois tomber étoit un verbe actif, qui signifiait renverser, aussi dans le sens actif. L'original François du Songe du Verger, liv. 1. chap. 49. Comme il appétit quant il batir de foncte, ceux qui vendaient & achètoient dedans le Temple, & tumba aussi les tables des Changèrs. Et dans le Paradoxe intitulé, Qu'il vaut mieux être pauvre qu'à riche, imprimé chez Charles Etienne en 1544. Une belle haultaine & couragense, semence & nourriture de guerre, a qui quelques fois ne faut qu'un brin de paille pour de frayeur l'ombrager, au danger de tomber son maître. Et le Roman de la Rose, fol. 77. c. Autrement ne l'ont enoûté, Puis le tumbent en ung fossé. Le tumbent, c'est-à-dire l'ensevelissent. Le Du- chat.
TOMBER. Selon Hickeius, tumba, en Dia- lecte Gothique & Cimbrique, signifie la même chose. Dans ce cas-là, je ne crois pas qu'il soit nécessaire de chercher une autre origine au mot François, lequel apparemment aura été fait de ce mot Septentrional.
TOMBEREAU. Les Anglois disent tum- brel; & dans les Lois Anglicanes, on fit tombrel- lum, & tumberella. On dit aussi en Baise Norman- die un tumbere. M.
TOMBEREAU. Les tombereaux ont été appel- lés de la sorte, parce que ce sont des charrettes qui se renversent & sont une espèce de culebute, lorsque pour les décharger avec moins de peine, des pierres, du sable, de la chaux, ou des im- mondices, dont on les charge ordinairement, on appuyé un peu fort sur le cul de ces charrettes. A Metz on dit, faire le cu-temmer, pour faire la culebute; & un tombereau se nomme temméré. Le Duchat.
TONLIEU. Ragueau dans son Indice: Le Tonlieu est un Droit qui est dans un Seigneur de coultume pour le Marché, ou Foire; & se paye par les vendeurs ou achepteurs de denrées, ou marchan- dises pour le lieu & place qu'ils occupent le jour de Foire, ou Marche, pour expérer leurs marchandises en vente; & l'appelle Placage et anciens I. J. Chartres & Chartres, &c. De tholoneum, dit par corruption, pour telonium, fait de 70 ans: c'est-à-dire tribut. Le Lexicon Jaris de Calvin (a): TELONIUM s'est teloneum: Louis ubi velligat exigitur. Telones, is qui colligit. Telos enim grace. vollegati. Thel- oneum se trouve dans les Capitulaires de Charlema- gne, liv. 1. & tholonium dans une Donation faite par Artus de Bretagne, Comte d'Anjou, à l'Ab- baye de Pontautrain; qui est du 14. des Calendes en May, de M. XIX. laquelle est manuscrite dans la sixième Armoire de la Chambre d'Anjou; en la Chambre des Comptes de Paris. Placute mihi da- re eis, & præsenti charta mea confirmare, drode- cim libras Andegavensis moneta, in perpetuum elec- mosynam possidentes, quas percepturi sunt Albus & Monachi annis singulis in Thelonio mea apud Ande- gavum. On trouve Tonlieu, Toulieu, Thonneu, & Tonnelleu. Voyez l'Indice de Ragueau. M.
TONNE. TONNEAU. Voëssus De Vitis Sermonis, pag. 198. TONNA, vel TUNNA, vas: ex Germanico & Belgico totine, quo notatur vas vi- narium, rei-ve similis. Auclor vita Philiberti: Ro- gans eum cellarium ingredi, & vas vinarium, quod tonna dictur, benedicere. Hinc diminutivum ton- nella, vel tunella, vasculum; & ce qui suit. Au- lieu de tomella on a dit tomellas, par metaplasme. Petrus Cellenis, liv. ix. chap. v. Habes vinum de vite vera, expressum de torculari Crucis, & attrac- tum aperto offio lateris. Sicut enim tonchus foratur, ut vinum habeatur; sic latus Christi lancea militis apertum est, ut excret aqua Baptismatis, & sangesis nostra redemptionis. Et de-la, notre mot de TON- NEAU. Voyez tonne. M.
TONNE. Wachter, dans son Glossar. German, pag. 1696. TONNE, vas ligneum, delium, ca- dus, &c. Latinis tina, Armoricis tonn, Cambris tunnel, Anglo-Saxonibus, Hibernis, & Anglis, tunne, Belgis ton, tonne, Gallis tonne, tot- neau, Sorabis tonna, Latino-Barbaris tonna, to- (a) Cet Auteur, qui étoit Allemán, se nommoi: Rall, comme il en avertit dans le titre même de son Livre; & il ne s'y est donné le nom de Calvinus, que parceque l'Allemán Rall veut dire chauve. Le D. X x x ij EFERUS - Recherches & Classification numériques 532 TON. TOP. TOQ. nella. *Cnmla*, *judicio Scinneri*, *à Latino tina*, & *hoc a Græce Liv*, *quod est vasis genus vinarii apud Hefychum*. TONNELLE de Chasseur. TONNELLE, terme de Jardinier, pour un boiffeau. De leur ressemblance à un tonneau. *M.*
TONNEAU. Voyez *tonne*. *M.*
TONTINE. On appelle ainsi l'Edit du Roi, donné à Versailles au mois de Novembre 1689, regretté au Parlement de Paris le premier Décembre enfuivant, pour la création de quatorze cens mille livres de rentes viagères sur l'Hôtel de Ville de Paris, qui feront acquires suivant les différents âges des acquéreurs, avec accroissement de l'intérêt des mourans au profit des survivans. Et on l'appelle de la sorte, à cause que Laurens Tonti, Napolitain, en a été l'Inventeur, comme il paroît par l'Edit du Roi pour la création de la Société de la Tontine Royale, donné à Châlons au mois de Novembre 1653. Cet Edit ne fut pas vérifié au Parlement. *M.*
TOP. *Top & ting*. De l'Espagnol *toppo y tingo*. Tous ces termes de jeux, *mas*, *sept & leva*, *parogli*, &c. nous font venus des Espagnols. *M.*
TOPASE. Pierre précieuse. De *topafion*, dont il est parlé dans le Pseaume 118. *Ideo dilexi mandata tua*, *super aurum & topafion*. Et *topafion* a été fait du Grec *voufion*. *M.*
TOPE. Ce mot a passé du jeu dans la conversation. Il vient de l'Ebreu *tob*, bon, bien. Quand Adonias pria Bethfabe de demander pour lui en mariage Abisag à Salomon, elle répondit, *tob*, bien. *Huet*.
TOPINAMBOUR. Voyez *taupinambour*.
TOQUE. C'est une espèce de bonnet. Je crois que nous avons emprunté ce mot des Langues Orientales. *Joannes Leunclavius* en son Onomastique ou Vocabulaire des mots Turcs & Persans, qu'il a donné à la fin de son Histoire Musulmane : Toc, & Tocca, *lineum capitis indumentum*. *Cafeneuve*.
TOQUE. Espèce d'habillement de tête. C'est un mot Turc. Leunclavius dans son Onomastique Turc : TOC, & TOCCA, *lineum capitis segumentum*. *M.*
TOQUE. En Gallois & en bas Breton, *tocq*, chapeau : *tocquer*, chapelier. Et en Perlien, *tag*, bonnet. Les Turcs disent *takja*. *Huet*.
TOQUER. Vieux mot François qui signifie *toucher*. *Qui toque l'un*, *toque l'autre*. De l'Italien *toccare*. Voyez *toccare* dans mes Origines Italiennes, & ci-dessous *toucher*. *M.*
TOQUER. Ce mot a de l'affinité avec l'Ebreu *thaka*, & le Chaldéen *thaka*, qui signifient *battre des mains avec bruit*. Il semble même que tous ces mots, ainsi que l'Italien *toccare*, soient des onomatopées pour exprimer le bruit que l'on fait en frappant, & qu'ainsi ils ne diffèrent pas essentiellement de *touquer*, que nous regardons aussi comme une onomatopée. Voyez ci-dessus *touquerer*.
TOQUESIN. De *toccare*, & de *signum*, en la signification de *cloche*. Grégoire de Tours, liv. 3. chap. 15. *Qui dum per plateam præteres*, *si-* *gnum ad Matutinas mecum est : erat enim dies Dominica*. L'article 54. des Constitutions de Héraldus, Archevêque de Tours, imprimées dans le troisième Tome des Conciles du Père Sirmond, *Ut signa pulfentur horis Canonicis*. Voyez François Pithou dans son Glossaire, au mot *Signa* ; le Président Fauchet dans son livre intitulé *le Déclin de la Maison de Charlemagne* : Henri Etienne dans son Traité de la Précellence du Langage François, page 143. & M. du Cange dans son Glossaire, au mot *Signum*. On dit à Angers *sonner le petit saint*, pour dire *sonner la petite cloche* : *parvum signum*. On s'est servi du mot *signum*, en la signification de *cloche*, parce que le son des cloches sert de signal pour se trouver à l'Eglise. Voici une Note de Coquille sur le mot de *toxin* de l'article 309. de l'Ordonnance de Blois : *Il faut dire*, *touquefaint* ; *car en ancien langage François*, *qui est encore usité en quelques Provinces*, *faînt*, *signifie une cloche*. *Dont sont dits Saintiers Fondeurs de cloches* : & *le proverbe*, *quand on dit*, le bruit est si grand qu'on n'oriroit pas les Saints sonner. *M.*
TOQUESIN. La différence qu'il y a entre le *touquefin*, & la manière ordinaire de sonner une cloche, consiste proprement à frapper du battant contre l'un des côtés de la cloche, sans l'ébranler comme dans la sonnerie ordinaire, où le battant frappe des deux côtés. Et c'est de-la qu'est venu le mot composé *touque-sing* : *car toquer*, c'est proprement frapper, comme avec un marteau. Et de-la l'expression Italienne *sonar à martello*, pour dire *sonner le toquefin*. Le Duchat.
TORCHE. Les flambeaux de cire sont ainsi appelés, parce que le fil dont ils sont faits est tors, ou parce que quelquefois leur figure est torse. Ce mot est formé du Latin-Barbare *intorticium*, qui signifie même chose. C'est pourquoi les flambeaux ont été premièrement appelés *tortis*. Froissart, vol. 1. chap. 131. *Ils allumèrent grand foison de falots & de tortis*, pourtant qu'il *faisoit moult brun*. *Cafeneuve*.
TORCHE. De *torquicia*, inusité. *Torquere*, *tartum*, *torticium*, d'où l'Italien *torchio*; *torticia*, d'où l'Italien *torcia*. TORCHE. Laurens Pignorius, dans la Dissertation *De Servis*, chap. 134. *Et hoc*, *dunio procul*, *etymon habent*, *vox Ecclesiastica*, & *Italica*, *torchia*, & *torchi*. *Immo & Hispanica* antorcha : *funtalia enim funes intortas rejerchant*. De l'Italien *torcia*, on a fait TORCIERE; qui est ce que nous disons en François *guéridon*. Et de *torticium*, on a fait le François TOX 213, qui se trouve dans la signification d'un flambeau dans cet endroit de Froissart, qui est du chap. 131. du volume 1. *Allumèrent grand foison de falots & de torches*, pourtant qu'il *faisoit moult brun*. *M.*
TORCHE-LORGNE. *A tors & à travers*. Rabelais, liv. 1. chap. 19. *Ticque*, *torche lorgne*. Et liv. 2. chap. 19. *En frappant torche lorgne dessus le Géant*. *Torcher*, c'est frotter d'un linge *tors*, ou avec de la paille *torse* : & *lorgner*, c'est regarder de travers. *Le Duchat*.
TORCHER. *Nettoyer*. Nos Dictionnaires le voudroient former de *tergere* : mais il vient du verbe *tordre*, parce qu'on nettoye les chevaux avec de petites bottes de foin ou de paille, qui, pour EFERUS - Recherches & Classification numériques être de figure torfe, font appellées torchons. Cafe neuve.
TORCHON. Torquere, torquicius, torquicio, torquicionis, torcione, TORCHON. M.
TORIS. Nom de faction en Angleterre. C'est un fabriquet que les ennemis de la Cour donnent aux Royaliens, soit Catholiques, soit Protestans. Toris est un terme Irlandois qui signifie voleur. Pendant la guerre civile, dont la malheureuse iflue conduit Charles I. sur l'échafaut, les partisans du Roi, que l'on appelle d'abord Cavaliers, furent ensuite nommés Toris : & ceux du Parlement, que l'on appelle d'abord Tires-routes, reçurent ensuite le nom de Whigs. On appelait en ce tems-là Toris, certains brigands ou bandits d'Irlande, qui se tenoient sur les Montagnes, ou dans les Illes que forment les valles marais de ce pays-là. On les nomme à présent Raperies. Comme les ennemis du Roi l'accusioient de favoriser la rébellion d'Irlande, qui éclata dans ce même tems, ils donnerent à ses partisans le nom de Toris. Et ceux-ci pour rendre la pareille à leurs ennemis, qui étoient étroitement unis avec les Ecofois, leur donnerent le nom de Whigs, qui est celui que l'on donnoit en Ecofois à une semblable espèce de bandits. Voyez la Dissertation de Tholras Rapin, sur les Whigs & les Toris. D'autres disent que whig est un terme Irlandois, qui signifie petit lait ; & que sous le regne de Charles II. lorsque son frere, alors Duc d'Yorck, fut obligé de se retirer en Irlande, & que le parti du Duc étant le plus fort en ce pays là, réduisoit souvent l'autre à fuir dans les montagnes & dans les bois, où quelquefois ces malheureux fugitifs ne subsistoient pendant plusieurs jours que du lait des vaches qu'ils rencontroient ; les Toris, leurs ennemis, les appelloient Whigs, pour leur reprocher leur misère, & le lait dont ils vivoient. Cette variété de senimens sur le nom de Whigs me fait craindre qu'il n'en soit à peu près de ce nom, comme de celui de Huguenot, dont on n'a jamais pu démêler certainement l'origine. Le mot whig signifie aussi en Anglois de la tres petite biere. Il ne faut pas le confondre avec celui de wig, qui signifie un échaudé, & une perruque. *
TORMENTILLE. Herbe appelée tormentille par les Grecs, & septifolium par les Latins. De tormentilla : ainsi appelée par les Botanites, quia tormentum cruciatum de dentium savissimum placat, atque vanenarum quarandum rerum composit furoem crucianem, disent les Médecins de Lyon. M.
TORP. Plusieurs Villages de Normandie portent ce nom. De l'Alleman dorp, ou dorff, qui signifie village. Dorff est du haut Alleman : Dorp est du bas : Torp est du Saxon. Et comme les Saxons ont occupé autrefois la côte de Normandie, ils y ont apporté ce mot de Torp, en la signification de celui de Village. Cette remarque est de M. Huet, Evêque d'Avranches. M.
TORP. Wachter, dans son Gloss. Germ. pag. 300. DORF, locus habitandi communis, sive villa sit, ut hodie, sive oppidum ut olim. Vox Celtica, qua Cambris offertur tref, Anglo-Saxonibus throp, Francis thorf, Belgis dorp, Islandis throp. Boxhornius in Lex. Antiq. Brit. tref, wbs, oppidum, locus habitationis . . . . . Benonius in Vocabulario Anglo-Saxonib. trop, throp-tun, pagus rusticus. Glossar. Pecron. oppido thorf. Verclins in Indic. thorp, castellum, praelium, pagus . . . . . Extet & turpha pro villa in Lege Salica, tit. XVIII. 2. . . . . . Oritur, non à Graco Sapi & tumultus, nec à Latino turba, & multio minus à turpis, qua Martini etymologia est, sed à voce Celtica torf agmen, catus ; sensu à multitudine, ad locum ubi multitudo habitat, translato. Vox Celtica, ob mobilitatem littera R, hodie offertur tropp, quod vide. La Ville de Duffeldorp, en Allemagne, sur le Rhein, a été ainsi nommée à cause de la Duffel, petite rivière qui remplit ses fosses avant que de se perdre dans le Rhein ; & ce nom signifie habitation ou Ville de la Duffel. * TORT : pour dommage. De torum, qui se trouve en cette signification dans les Capitulaires de Charles le Chauve, sur lesquels voyez le Pere Sirmond, page 74. Voyez aussi ci-dessus au mot Droit. ¶ Cette étymologie a été remarquée par Robert Etienne, en ces termes : Il vient de tortus ; quod oppositur refo. Aussi tort & droit sont contraires. M.
TORTUE. Lat. testudo : De tortus, de cette maniere : tortus, tortutus, tortuta, TORTUE. Tortus, torta, torturugus, d'où l'italien tartaruga, & l'Elpagnol tortuga. Tortuca se trouve dans Matthaus Silvaticus. M.
TOSCANS. Habitans de la Toscane. Wachter, dans son Glossar. German. pag. 1730. explique ainsi l'origine de nom : TUSCI, pars I trusiorum. Plinius, lib. III. cap. 5. Umbros inde exegere antiquitus Pelagi : hos Lydi : à quorum Rege Tyrrheni ; mox à sacrifico ritu lingua Gracorum Tufi sunt cognominati. Ergo quasi Sveroni arupices, quod etiam tradit Dionysius Halicarneseus, lib. 1. quamvis Festus à Rege Tufco denominatos putet, ut Tyrrheni à Tyrrheno. *
TOST. v. g. Allez. toft. Trippault le tire de bloc ; ou de cito, en étant ci. M. Lancelot le dérive aussi de bloc. Le Pere Labbe, de la derniere syllabe de subito, ou de cito, redonisée par impatience ; cito, to, to : ou de ces verbes de commandement, adesio, ito, venito, &c. Il ajoute que le bruit qu'on fait avec le loquet ou le marteau d'une porte quand on est bien pressé, montre évidemment que sa conjecture tirée du son est véritable. Ce sont ses termes Il vient de l'italien tofo. Voyez mes Origines Italiennes. M.
TOT. Terminaison de plusieurs Villages de Normandie : Bouquetot, Breflot, Cailletot, Creslot, Franquetot, Grafflot, Hiertot, Hotot, Ivetot, Langetot, Prétot, Tournetot, Valletot. M. Huet, Evêque d'Avranches, croit que cette terminaison vient de l'ancien Saxon tofta, qui se trouve dans le Monasticum Anglicanum, tome 2. Una virga terra cum toftis, croftis, pratis, & possuis, & omnibus pertinentis fuis. M.
TOTON. Espèce de de à quatre faces, avec lequel on joue en le faisant tourner sur une petite cheville qui le traverse. Il est marqué de différentes lettres sur ses quatre faces, & on gagne ou l'on perd suivant la lettre qu'il présente lorsqu'il est tombé. Quand il présente le t, qui signifie toum, on gagne tout ce qui est au jeu. C'est de-là que le jeu & le de ont pris leur nom. * EFERUS - Recherches & Classification numériques
TOUAGE. C'est le travail des Mariniers, qui à force de rames tireut un Vailseau attaché à une chaloupe, pour le faire entrer dans un Port, ou monter dans une rivière. On appelle aussi touage le changement de place que l'on fait faire à un Vailseau, avec une anfière, attachée à une ancre mouillée, et amarrée à terre. Ce sont les termes de l'Auteur de l'Explication des termes de Marine, imprimée à la fin de l'Ordonnance du Roi Louis le Grand touchant la Marine. Ce mot a été fait de celui de tou, qui signifie chaloupe. M.
TOUAGE. Ce mot est fait de touer; & touer vient de l'Anglois to tow, qui est la même chose que le Gothique tiaban, l'Anglo-Saxon teon, le Franc & Alémannique zeohan ou ziaban, & l'Alleman ziehen, qui tous signifient tirer, attirer. Voyez Wachter, dans son Glossar. German, au mot ziehen. Tow, en Anglois, pour une chaloupe qui sert à touer un Vailseau, & pour une grotte corde qui sert au même usage, & qu'on appelle hansiere en François, vient pareillement du verbe to tow. Le mot hansiere a été fait, je pense, de l'Anglois haller, qui veut dire la même chose, & qui est formé du verbe to hale, haller, tirer. Nous avons pris de l'Anglois plusieurs termes de Marine. *
TOUAILLE. Grotte nappe. M. Bourdelot le dérive, contre toute apparence, de tela. Il vient de l'Italien tovaglia, qui signifie la même chose, fait de toral, ou torale, qui signifie le tapis ou la nappe qui se mettoit sur le lieu où l'on mangeoit: lequel lieu les Romains appelloient torus. Horace, livre 1. de ses Epîtres: — ne turpe toral, ne sordida mappa Corruget nares. Et dans ses Satyres: Et Tyrias dare circum illota toralia vestes. Torus, toral, torale, toralea, tobalea, touglia, TOUAILLE; d'où a été fait le verbe TOUAILLE. Tobalea se trouve dans le Pontifical: benedictio, tobalearum. De tobalea, on a fait le diminutif tobaleola, d'où nous avons fait TAVAIOLE. M.
TOUAILLE. C'est proprement un linge à essuyer. Ce mot est d'origine Teutonique. Wachter, dans son Glossar. German, pag. 1987. ZWELE, terforium ex linteo: hand-zwele manutergium. Utrumque custodent Suevi, dum Belga dicunt dwael & dweil, Saxones quele & hand-quele. Francicum Vocabulum est duuele, Alamannicum duuahila. Glossa Junians in Obs. ad will. pag. 146. duele, linteum, linteolum, mappa, mappula; hand-quele manutergium. Glossa Keron. mappula duuahila. Mappula autem, quatenus ad suppellettiem monasticam speltat, omnino est terforium, si conferatur Regula S. Benedicti, cap. 55. ubi sedes vocabuli. Utrumque ab usu quem prastat in lavando, tergendo, purgando, desumptum. Nam lavare Gothis dicitur thwahan Joh. xiii. 14. Anglo-Saxonibus thwean ibidem, Islandis thua. A thwahan sit Alamannis duuahila: & a thwean Francis duuele, per medium derivandi 1. Catera e Francico sunt corrupta. Nam u verri potest in omnes gutturales. Inde Saxonibus quele pro dwele. Idemque sapè mutatur in 2. Inde Suevis zwele pro dwele. Eadem res imitatione Francorum & Alamannorum Gallis dicitur toualle, Italiis tovaglia, Hispanis toalla, Anglis towel. Skinnerus Anglicam vocem deslectit a Gallica, Menagius Gallicam ab Italica, Ferrarius Italicam à Lat. toralia, sed duro partu, & sensu alieno. Nam mantilia non sunt lintea cubitoria. *
TOUCHER. En Anglois touch, en Italien toccare, en Espagnol tocar. Tous ces mots paroissent venir du Gothique tekan, qui signifie la même chose. Et ce Gothique tekan, semble être invité du Grec Sitya, Sryfau, d'où le Latin tango. Le Suédois taga, signifie aussi toucher. Voyez Wachter, dans son Glossar. Germ. au mot dicht. *
TOUCHERONDE. Nom d'un Elu, au liv. 3. chap. 37. de Rabelais; parce que les Elus touchent l'argent ou les pièces vendes qu'on destine pour la taille des Paroises. Dans l'Histoire de Bretagne de Don Lobineau, tom. 2. pag. 1144. on trouve en 1541. un Jean de Toucheronde, Secrétaire du Duc, & Greffier du Parlement: & alors ce nom vient de Toucheronde, dans la signification d'un bois de haute futaie rond, situé proche la maison du propriétaire. Le Duchat. Voyez touche.
TOUDIS. Rabelais, liv. 3. chap. 1. Et lesquels dès lors que naущirent & entrerait au monde, avec le lait de leurs meres nourrices avaient pareillement sucrée la douceur & débonnaireté de son vegne, & en icelle estoient toudis confits & nourris. Car c'est toudis qu'il faut lire, suivant l'édit. de 1626. & non tandis, comme dans presque toutes les autres. Toudis veut dire de tout temps, & il vient de trois diebus. Henri Etienne, pag. 104. de ses Hypomneses: Ex eorum vero Vocabulorum numero qua & duobus facta sucrunt ... est adverbium tousjours, quo significatur semper. Est enim ex tous & jours, q. d. trois diebus, vel totos dies (pro quo Picardica Didelctus dicit toudi). Sed plebs ita pronuntiae, ut hanc compositionem vix animadveritas. Si quidem non solum prius, verum etiam posterius, atque adeo literam & sono suo privat, proferens toujou. Quidam vero literam & male transponentes, pronuntian tourjou. De ces derniers sont encore les Messus. Nicot, au mot toudi: Toud, Picard, ou tous dis; id est, trois diebus, semper. Le Duchat.
TOUER. Voyez tounge. *
TOUFAN. Tourbillon de vent, qui excite de grandes tempêtes dans les Mers des Indes, & particulièrement vers les côtes de la Chine. M. l'Abbé Renaudot, dans les Relations Arabes qu'il nous a données en François, & où il est parlé de ce vent, remarque que le mot toufan, dont les Auteurs des Relations se servent dans leur langue pour l'exprimer, est tiré du Grec toufan, qui signifie presque la même chose: que vers les côtes de la Chine ce vent vient particulièrement de l'Est: que les Portugais & les Caftillans ont pris des Arabes le mot de toufan ou toufan, comme ils l'appellent: que Navarette se trompe, lorsqu'il prétend que l'étymologie de ce mot doit être priée de la langue Chinoise, dans laquelle il dit que tung fung, signifie le vent Oriental: que quoique le mot toufan soit originellement Grec, toutefois les Arabes le dérivent de leur verbe taça, qui signifie tourner, le croyant original dans leur langue, de même que Navarette a cru qu'il venoit de la langue Chinoise. Un toufan, est donc à peu près la même chose qu'un typhon ou tiphon. Voyez ci-dessus tiphon. * EFERUS - Recherches & Classification numériques
TOUFFE. De *tufas*: qui est un mot de plusieurs Langues. *Tupa* ou *vupa*, dans le nouveau Grec, signifie une *tiare*. *Tzetzec*, Chillade 8. *equic* *supabatic* *inhibere* *vulque*, *vum* *vique*. Zonaras, dans Basile Porphyrogénète: *vupa* *vum* *vique*. *Zia*, et *vique* *vum* *vique* *vique*. Et *vique*, c'est le *flamma* des Latins. Maurice, liv. 2. de ses Stratagèmes, ch. 2. *nacidus*, *vique* *vique* *vique*. *Caffiles*, *habentes par-vas flammaias*. Voyez Gretferus fur-Codin, page 193. & Codin, page 18. liv. v. & liv. iv. page 12. En Arabe *tauph*, *junt* *utres* *i-glati*, *quibus* *super aquas* *velumur natantes*. Beda, liv. 2. chap. 16: parlant du Roi Eduin: *Incidente illo per plateas*, *illad genus vexilli*, *quod* *Remani* *sufam*, *Angli appellant tuuf*, *ante* *eunt* *ferri* *foltebar*. Et Végée, liv. 3. chap. 5. Cette Note est de M. Bochart, à la marge de son Exemplaire de la première édition de ces étymologies. *M.*
TOUFFE. Selon Wachter, l'origine de ce mot est Celtique, & il vient d'un mot qui signifie le haut, la pointe, le sommet de quelque chose, & qui est *topp* en Breton, *top* en Anglo-Saxon, en Flamans, en Suédois, & en Anglois, *zopf* en Alleman. Une *touffe* est une espèce de sommet, de pointe, de crête. Les Anglois la nomment *tuff*, & les Allemans *zopf*. Voyez Wachter, dans son *Glofar*, *German*, au mot *zopf*. *
TOUILLER. C'est, dit Nicot, *mester consu- fément* *atres* *falcité* & *ordure*: *miciere* *fordide* *ac* *faculenter*. Il peut venir de *b. du*, qui signifie la- lit en *trouvant*. *Auffi* *b. du* *est* *celui* *qui* *est* *fouil- té* & *crasieux*, *faculentus*. On dit *auffi*, il s'est *fouillé* au marais: *paiadofo* *timo* *se* *conspurtavit*. *Decia* *vient* *patouiller*: & *touillon* *en* *Picard*, pour un torchon: *aisterflorium* *aut* *deterflorium*; *car* en *torchant* & *esfuyant* *le* *mésage* *ou* *la* *vaisselle*, il se *fouille* & *salit*. Voyez André du Chêne, sur Alain Chartier, pag. 867. Jean Picard lui donne la m. me origine que Nicot. Je le tiens forme de *mixtalare*, en retranchant la première syllabe. *M.*
TOUILLER. Je crois qu'il a été fait de *pa- touiller*, en retranchant la première syllabe de ce dernier, qui signifie *toucher* *mai* *proprement*, com- me font souvent les animaux avec leurs pates. On a dit *auffi* *trouiller* pour *touiller*: pour preuve de quoi, outre qu'on dit encore *patrouiller*, dans la même signification, c'est qu'à Metz on dit *trouil- ler* dans celle de *toucher* *mai* *proprement* à quelque chose, comme font les enfans. Voyez Froilfar, édition de Verard, vol. 2. fol. 72. v. Peut-être de *torticulare*. Le Duchat.
TOUJOURS. De *totis* *diurnis*. *M.*
TOUJOURS. Rabelais, liv. 3. chap. 16. *La* *cause* *que* *je* *cuide* *être*, *asin* *que* *tous* *jours*, *toutes* *mains*, *continuellement* *puissions* *ouir*, & *par* *ouie* *perpénulement* *apprendre*. Le Duchat.
TOUPIE. Lat. *turbo*: Nicot: *Toupe* ou *tou- pie*. *Sunt* qui *seribant* *turpie*, a *turbine*, *mutando* *a* *in* p. M. Bochart le déviouit de *vumur*, à cause de ces mots d'Hérfychos: *vumur*, *vum* *vumur* *vique* *vique* *vique* *vique* *vique*. Il vient de l'Anglois *topp*, qui se trouve explique par *trochus* dans le Lexicon *Ant. lingua Britana*, que Borkornius a donné ensuite de son *Origines Gallicus*. *M.*
TOUPIE. Wachter, dans son *Glofar*, *German*, pag. 1696. *TOPF*, *trochus*, *turbo*. *Belgis*, *Anglis*, & *Cambris* *topp*, *Gallis* *toupie*. *Quidam* *seribant* *turpie*, *tanguan* *est* a *turbine*, *andacius* *quam* *par est*. *Nam* *topp*, *f. v. v.* *vum* *observatum* *Mar-* *tino*, *est* a *Belgico* *toppen* *circumverti*, *quia* *sub* *verbere* *agitur* *in* *gymum*. *
TOUQUEDILLON. Nom d'un des Ca- pitaires de Picrochole, liv. 1. chap. 16. de Rabe- lais. Au chap. 43. du même livre, *Touquedillon*, & *Hastiveau*, autre Capitaine de Picrochole, affu- rent à ce Prince, que la politique est telle qu'il pourroit défaire tous les Diables ensemble. Or comme *Hastiveau* dénote un étourdi, qui parle & qui fait tous à la hâte; *Touquedillon*, qu'il pouille à bout, & qui le tue dans la fuite, me paroît dé- signer un homme qui *touche* *de* *longue*; c'est a- dire, qui ne frappe que le plus tard qu'il peut; ce qui convient fort bien a *Touquedillon*, qui ne fut attaqué en son honneur par *Hastiveau*, que pour avoir donné a Picrochole un conseil prudent, que le téméraire *Hastiveau* ne pouvoit gouer. Ce mot est du Languedoc, & signifie un poltron qui *tou- che* *de* *loin*. Le Duchat. TOUR: dans la signification de *rang*. Il vient de l'Ebreu *v. v.* *thor*, qui signifie la même chose. *Hutt*. TOUR: dans la signification de *rang*. Il peut venir également bien, & peut-être encore mieux, de l'Ebreu *v. v.* *tour*, qui signifie *ordo*, *series*. *
TOURBES. Gazons de terre, dont on se chauffe en Hollande. De l'Alleman *zopf* ou *zorb*. Les Flamans disent *torf*. Et de-la le Latin *turbia* *v. v.* pour le lieu d'où l'on tire les *tourbes*. *M.*
TOURBES. Ce mot ressemble tout-à-fait à l'Arabe *torb*, *torbab*, qui signifie *terra*, *humus*; & peut-être même qu'il en vient originellement. *
TOURET. Olieau. Belon, dans son Omi- thologie, liv. 6. chap. 33. *La* *mouva* *v.* *est* *mouve* *dans* *nestre* *pays* *du* *Mans* *un* *Touret*, de *diction* *correspondante* *au* *nom* *diminutif* *d'un* *Tour*. Du Latin *turdus*, on a fait *Tour* ou *Tourd*, & de *Tour* le diminutif *Touret*. *M.* TOURIT de nez. C'est-à-dire un masque. Ra- belais, liv. 2. chap. 3. *O* *quel* *vaporemet* *pour* *embrener* *tourets* *de* *nez* *à* *jeunes* *Galofes*! Parce qu'il entoure le visage. Le Duchat.
TOURNELLE. Chambre Criminelle du Parlement de Paris. Plusieurs croyent que cette Chambre a été ainsi appelée, parce que les Con- seillers y servent tour à tour; & la-dessus ils allè- guent cet endroit de Bodin, qui est du chap. 6. du livre iv. de la République: *Quamobem* *majo- res* *nostri* *prudenter*, qui *Curiam* *publicorum* *judicio- rum*, *quam* *nostri* *homines* *Tornellam* *appellant*, *ita* *infituerunt*, *ut* *singuli* *Curiarum* *singularum* *Judici- ces*, *velut* *in* *orbem* *statis* *temporibus* *in* *ea* *judica- rent*, *ne* *perpetua* *Capitalium* *judiciorum* *conjunctudo* *infitam* *unicuique* *a* *natura* *clementiam* *omnio* *cri- peret*, & *ammos* *efficient* *quam* *pro* *natura* *crucieli- oret*. *Ragueau*, dans son Indice, au mot *Tournelle*, n'approuve pas cette pensée de Bodin. *Hoc* *sefti- viter*, dit-il, *magis* *quam* *verè* *dillum* *est* *a* *Bodino*. Il ajoute néanmoins: *Sic* *in* *Italia*, *Judiciales* *Rota*, *Romana*, *Florentina*, *Lucentis*, *Senonis*, & *olim* *Centumviralia* *judicia*, *in* *plena* *Corsilia* *difributa* *erant*, *cognitique* *causarum* *Centumviria- lium* *in* *orbem* *per* *ea* *Corsilia* *circundacebatur*. Je remarquerai ici, en faveur de Bodin mon Com- patriote, qu'il ne dit point que cette Chambre ait été appelée *Tournelle*, parce que les Consé- liers y alloient tour à tour (a). Cette Chambre, (a) Et pour cette cause nos pères ont très-segément ordonné, que la Chambre Criminelle du Parlement changera EFERUS - Recherches & Classification numériques au reste, a été ainsi appelée, parce que les Pro-ces Criminels qui se jugent aujourd'hui dans la Chambre de Saint Louis, se jugeaient dans une petite Tour, qui sert maintenant de buvette à Messieurs de la Grand Chambre. C'est ce que j'ai appris de Miraumont, dans ses Mémoires des Jurisdictions qui s'exercent dans l'Enclos du Palais de Paris. Miraumont confirme son opinion par ces termes de l'Ordonnance de Charles VII. de l'an 1455. Et in Turella Criminali processus criminales, prout diligentius fieri poteris, expedientur. J'ajoute a cette preuve ce que dit l'Auteur du Rofier & Epitome Hiftorial, a l'endroit où il est parlé du Procès du Connétable de Saint Pol : Et puis après qu'il fut monté, le menerent jusques en la Tour Criminelle dudit Parlement. Tournelle, c'est-à-dire une petite Tour. L'ancien Dictionnaire du Père Labbe : Turricula, TOURNELLE. Et de-là la Rue des Tournelles, le Quai de la Tournelle, à Paris. Voici, au reste, comme Budée, page 52. de ses Forenses, parle de la Tournelle du Parlement de Paris : Alliones causarum civilium, & altercations, tribunalitia classit attributa sunt : causarum qua criminosis intenduntur, in Tholo agitantur, quam Tornellam vulgò vocant. Etienne Pasquier, liv. 2. chap. 4. de ses Recherches, a remarqué que la Chambre Criminelle du Parlement de Paris fut établie par Charles VII. Et M. Nublé a remarqué à la marge de son exemplaire de mes Origines de la Langue Françoise, que ce fut François I. qui rendit cette Chambre ordinaire, & que ce fut en 1515. que François I. fit cet établissement. M.
TOURNEMOLE. Nom d'un Duc du pays de Picrochole, au liv. 1. chap. 31. de Rabelais. Homme réduit à tourner la meule pour vivre : ou petit Seigneur qui n'a pour tout bien qu'un moulin tournaie. Le Duchat.
TOURNER, TOURNEUR. De tornare. Horace : Et male tornatos incudi reddere versus. Voyez mes Origines Italiennes au mot tornare. De tornare vient le mot tornator, qui signifie un Tourneur. M.
TOURNOIS. Il vient de Turonensis. Denarius Turonensis, c'est-à-dire, monnoie battue à Tours, & marquée de ces mots Turonis Civitas. Car dans les Capitulaires de Charles le Chauve, titre 31. art. xi. il est ordonné que les monnoies soient marquées du nom de la Ville où elles sont battues. Ut in denarius nova nostra moneta, ex una parte nomen nostrum habeatur in gyro, & in medio nominis nostri monogramma; ex altera parte nomen civitatis, & in medio Crux habeatur. De sorte qu'il se trouve encore dans les cabinets des Curieux quantité de monnoies faites environ ce tems-là, avec ces mots, Turonis Civitas. Toutefois Guillaume, Evêque de Tournay, Abbé de Saint Bertin, & Chancelier de la Toison d'or de Philippe Duc de Bourgogne, nous veut persuader sur quelque Tradition fabuleuse, que les Tournois ont commencé depuis le tems de Saint Louis. Car parlant de la prison de ce Saint Prince, il ajoute ces paroles : Autret disent qu'outre les choses dessus dites fut adjoustée de trois en trois mois : qui pour cette cause s'appelle Tournelle ; parce que tous les juges des autres Chambres, y jugent, chacun en leur tour. Voilà les paroles de Bodin, dans l'original François de la République, page 624. de l'édition in-87. Paris, 1559. D'où il paroit que Ragueran ne lui a rien périt, comme Ménage se l'est imagine. Le D. cette condition, que pour mémoire de cette captivité, en laquelle fut Saint Louis, lui & ses successeurs Roys de France, jusqu'à certain temps déterminé, feroient en toutes monnoyes qu'ils feroient forger d'argent en leur Royaume, imprimer la figure d'une tour, en signe que Saint Louis y fut tenu enclos; & un fer de prisonnier, en mémoire de sa prison & de sa captivité. Et pour ce que telle condition estoit dure a porter aux François, on laissa long-temps a forger en France monnoye d'or & d'argent, par espécial temps que Saint Louis fut absent de son Royaume; ou n'estoit autre monnoye, lors de cuire boullis en pièces : & en chacune pièce estoient fichés clous d'or & d'argent; & tant que plus y avoit de clous, tant plus vaioit la pièce. Mais après le retour du Roy Saint Louis, il voulut accomplir sa promesse sans palliation, & fit forger une monnoye d'or & d'argent, & y empreindre la tour & les fers, comme il avoit promis : mais pour honnêtement couvrir la cause de cette empreinte, cette monnoye fut forgée en la Cité de Tours, & fut appellée Monnoye Tournoise; & de-la vindrent originellement les Gros Tournois, que aucuns appétient les Grains Saint Louis. Et combien que depuis cette mesme monnoye fuit forgée a Paris & ailleurs par le Royaume, si y estoit toutefois l'escriture telle Turonis Civitas. Caseneuve.
TOURNOIS. Livres tournois. De Turonensis : c'est-à-dire, monnoie de la Ville de Tours. L'Evêque de Langres, dans une Epître au Roi Louis; qui est la 216. des Epîtres des Evêques qui ont écrit de Rebus Francis : Peto a vestra sublimitate, ut quinquaginta libras Turonensis moneta, & unam vini carnation, vos confirmare dignomini. M. Ménard, Lieutenant de la Prévôté d'Angers, après avoir représenté dans ses Observations sur l'Histoire de Saint Louis par le Sire de Joinville, certaines pièces de monnoie nommées Gros Tournois, dont Jean Villani fait mention au chapitre 37. du livre vi. de son Histoire de Florence, lesquelles Saint Louis & Philippe son fils firent battre en mémoire de la captivité que Saint Louis avoit souffert entre les mains des Sarrafins, sur la pile desquelles étoient marquées des menores : Le Sire de Gorges, dit il, Général des Monnoies, faisoit un discours sur le sujet de ces petites pièces, disqu'il y en a de deux fortes : l'une appellée Gros Tournois ; l'autre, Parisis : qui n'ont autre différence que le nombre des fleurs de lys autour de leur légende : parce que les Tournois n'en avoient que douce, & les Parisis quinze. C'est la proportion que nous nous figureons encore entre le Parisis & le Tournois : bien en reste quelques-unes qui en montrent treize : qui estoient gardées & portées superficiensement par les hommes de ce tempo à comme préservatifs de la fièvre. Ce que je n'ai-la nulle part, dit M. Nublé, de qui je tiens cette Note. On a dit de même PARISIS, de Paris : PITE, de Poitiers : MANGAIS, du Mans, &c. M.
TOURNOY. Il y avoit cette différence entre les Joutes & les Tournoys, qu'aux Joutes on combatoit seul à seul, & aux Tournoys on se batoit par Escadrons. Et parce que la Cavalerie en escarmouchant fait des caracols, qu'on appelle engore aujourd'hui des tours, les mots de Torneamentum & Tournoy sont sortis du verbe Latin-Barbaret tornare, lequel se trouve dans l'Histoire mêlée de Paul Diacre : Torna torna, frater. Et ainsi les Auteurs du tems moyen, qui ont voulu parler de torneamentum, n'ont pas voulu se servir de ce mot, comme ÉFERUS - Recherches & Classification numériques comme le trouvant trop barbare; mais pour exprimer la façon du Tournoy, ils se font servis des tours & détours que faisoit la Cavalerie en cette maniere d'exercice. Mathieu Paris, en la Vie de Henri II. Roi d'Angleterre, raconte comme ce Prince en l'an 1179. passa en France pour prendre part à l'honneur qui s'y acquéroit en la victoire du Tournoy. Regia Majeffate profus deposita, tous est de Rege translatus in militem, & flexis in gyrum gemis, in variis congressibus triumphum reportans, sui nominis famam circumquaque refperfit. Jean, Moine de Marmoutier, liv. 2. de la Vie de Geoffroi Duc de Normandie, & Comte d'Anjou: Dimicadam quatidie, non congressibus acierum, sed militarium anfratrum circuitionibus. Robert, le Moine, en l'Histoire de Jérusalem, livre 5. Alea, scaci, veloces cursus equorum, flexis in gyrum francis, non defuerunt, & militares impetus. Caesneuve. TOU.[{"box_2d": [158, 48, 519, 443], "label": "text", "caption": "tem, ut quicunque remanierit in demo tua, veniat, ut cretur pro eo, & offerat nummum argenteum, & tortum panis. Dans Jérémie : Et dabatur et torta panis quetidie. Erotien : ἀντὶς ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε 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ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε 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ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε 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ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε 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ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφίαι· καὶ ἐγέπαινε ἄντε ἐγορυφί TOXIN ou TOCSEIN. C'est le son d'une cloche quand on s'en sert pour donner l'allarme. Il vient de toc, qui encore en Languedoc signifie le son d'une cloche; & de sein, en Latin signum, qui signifioit une cloche. Orderic Vital, livre 6. de l'Histoire Ecclésiastique : Omnia signa Carnoisi per se ipsa square cuperunt. Grégoire de Tours, liv. 2. chap. 23. Signum ad Matutinum audiens fuisse commotum. Et au liv. 6. chap. 25. Cum de Dominico ad Urbem Turunicus ad Matutinas signum commotum fuisse. Caïeneuve.
TRAC. Nicot : TRAC, est fait par apocore de ce féminin trace, vestigium. Suivre le trac des méchans, flagitioforum vestigii insistere. Marot, au 1. Pfl. rend trn Hebrieu, par trac. Aussi semble-t-il, que ce mot trac est fait de cestuyl Hebrieu trn, qui signifie marquer la terre par foureure du pied; & ce par la syncope de la voyelle camere, & mutation du dales, qui est moyenne, en sa ténue tetb : de sorte que trac est proprement la foureure & la bature de la terre ou plusieurs ont marché; la marche du pied. Fouillous, chap. 40. ou la forme du pied qu'on dit, en fait de Venere, pisse, de ce mot Espagnol pisada, vestigii impressio, calcane infixio. Dont est fait ce verbe tracasser, c'est-à-dire, aller & errer par chemins : & de-la dépendent ces façons de parler, refuser tout à trac : plané denegare, ut nec concessionis ultum quidem vestigium superit : ce qu'on dit, refuser tout déroutement, c'est-à-dire, rompant toute route par où le demandeur peut retourner à demander ce qui luy a été refusé. Refuser tout à franc, c'est-à-dire, franchir & passer en refus toute limite & berne d'accorder quelque requisite faite : Eliminare se à concession. En refuser tout à plat. Deftraquer (composé de traquer insiste), c'est-à-dire faire perdre ses allenres à une belle d'amble. Mais quand on dit deftraquer un lièvre, c'est suivre un lièvre par ses erres, & l'aller desgister, & lancer de son liêt : ce que le Fouillous au chap. 55. de sa Venere, dit deffaire la nuit du lièvre, quand par ses erres on va chercher le lieu où il a fait son viandy, &, comme il parle, qu'on va trouver sa nuit : ou bien deftraquer le lièvre, est deffaire les ruses d'un lièvre, & les desmeser pour trouver le droit du trac d'ice- luy, ainsi qu'il dit là-mesme, deffaire la rufe d'un cerf, & deffaire le deffaut auquel les chiens sont tombés. M.
TRACASSER. Aller ça & là : hoc & il-luc cursicare. Gombaud, dans une de ses Epi- grammes : Cy gist Monsieur de la Cabanne, Qui tracassuis plus que personne. Il s'en venois, il s'en allois, Il ne savoit ce qu'il venlois : On doute mesme s'il repose Au reposoir de toute chose. Voyez trace. M.
TRACE. C'est la marque par où il paroît qu'un homme ou un animal ont passé par quelqu'endroit. Il vient du Latin-Barbare trassare, qui signifie suivre la piste de quelqu'un qui va devant. Les Lois d'Ecolie intitulées Regiam Majestatem, livre 4. chapitre 32. Nullus perturbes aut impediat canem trassantem, aut homines trassantes cum ipso, ad sequendas latrones, aut ad capirendum malefaleo- res. Caïeneuve.
TRACE. Du Latin-Barbare tracia, fait de tractus, comme caia de capus. Les Italiens disent encore aujourd'hui traccia. Anciennement nous disions trac. Marot, dans sa Balade du jour de Noël : Or est Noël venu le petit trac. Et de là le verbe etraquer, pour dire suivre les bêtes à la piste. Et Nicot estime que le mot tracasser a été fait de celui de trac, comme qui droit aller ça & la, errer par les voyez. M. de Caïeneuve le dérive de trassare. Voyez sa Note. M.
TRACE. Wachter, dans son Glossar. German, page 1717. dérive ce mot de l'Alleman tretten qui signifie calcare, incedere. Voici ses termes : Latin-Barbaros hoc verbi (trussate sequi) formasse à vestigio, quod Galits trace, trasse, Italiis traccia dicitur, observat Cangius in cane trassante, qualis est qui vestigia sera persequitur. Ipsum vero vestigii nomen non est a tractu, ut Ferrarus & Menagius arbitranur, sed a tretten calcare, quia vestigia sunt signa pedum, non trabendo, sed calcane/o impressa, & T mutari in C vel X, millies contingit. Ce verbe Alleman, selon le même Auteur, est d'origine Celtique, & vient de rend, qui veut dire pied, en Bas-Breton troat. Au lieu de tretten, les Flamans disent treeden dans le même sens, les Anglois tread, les Suédois trada. Voyez cet Auteur, au mot tretten. *
TRACER. Tractus, tractia, tracia, tracare, TRACER. De tracare les Espagnols ont fait leur tracer. M.
TRACER. Il vient plutôt de l'Alleman tretten. Voyez le troisième article trace. *
TRAFIC. Les Italiens disent traffico. Le P. Labbe dit que tragic, trafiquer, & trafiquer, viennent ou du tracas qui s'y fait, ou plutôt de ce que le principal commerce & négoce des marchandises fit trans mare, & que les denrées sont portées des pays éloignés : ce sont ses termes. Ces étymologies ne sont pas admissibles. Je crois que les Italiens ont pris ce mot des Arabes, comme fondica ou fondaco; & nous tarifs. Mais M. Bochart ne croit pas que ce mot soit Arabe, si ce n'est qu'il ait été pris de terafaca, qui signifie comitem este via. M.
TRAFIC. Trafique, comme on écrivoit & prononçoit autrefois. Ce ne s'y vient de transnavica, dit pour transnavigatio, comme promissa pour promissio : & trafique s'est dit proprement du trajet qu'on fait pour commercer au de-là des mers. Clément Marot, Pseaume 107. Ceux qui dedans galées Dessus la mer s'en vont, Et en grand eau salée Mainte trafique font. Il est clair que la trafique ne signifie pas le commerce même, mais les différens trajets que sont les Marchands pour trafiquer au de-la des mers. Le Duchat.
TRAHIR. De tradere, comme traire de tradieur. Wachter, dans son Glossar. German, page 1242. dérive trahir de l'Alleman raten, qui signifie en quelques Dialectes male consulere, prodere. Mais je ne vois pas la nécessité de recourir ici à la Langue Teutonique. *
TRAICTIS. Villon, fol. m. 21. c. Cler vis Y y y ij EFERUS - Recherches & Classification numériques traièlis, c'est-à-dire, le teint clair, & le visage à tailles réguliers. Et plus bas : mains traièliées : c'est-à-dire, bien taillées. César de Notre-Dame parle du nez aquilain & bien traité d'Honorat de Savoye. Voyez le Labouvent, dans les Additions aux Mémoires de Calfeium, tome 2, page 57. Le Duchat.
TRAJECTAIRE. Rabelais, liv. 1. chap. 24. Allois voir les bateleurs, trajectaires, thraciaux, & confidérats leurs ruses, leurs foudrefaux, & beau parler. Dans l'édition de 1542. omite trajectaires. Mais d'Aubigné fait dire tragetaire à son Baron de Fenette, livre 2. chapitre 6. ce qui me fait croire qu'il faut prononcer trajectaire, ou trajetaire, & non pas trajectaire. Du reste ce mot signifie un joueur de paffe-paffe, & les Italiens disent tragetaire, dans la signification de bagatelliere, ou de gincatur du mani. Les Italiens appellent tragetaire, un bateleur & un batelier : mais ils appellent un batelier traghetiere, de trajectarius : & c'est de ce mot Latin que nous avons fait trajectaire dans la signification d'un homme qui fait des tours de paffe-paffe, c'est-à-dire, qui revient imperceptiblement à l'endroit d'où on l'avoit vu partir. Le Duchat.
TRAIN. Train. Trainer Train vient de trahimen. Et trainer vient de train. Huet.
TRAINEAU. Trainer. Un traineau est un instrument de bois sans roues, sur lequel on voit des fardeaux en les traînant. Ce mot est formé du Latin-Barbare trana. Goldatt, en son Glossaire sur les Constitutions Impériales : Trana, evernis, traclatoria evellio. Dans une Chartre de Charlemagne, en faveur de l'Eglise de Saint Germain des Prés, qui se lit dans la Vie de Louis le Débonnaire : Thilonus exigatur, nec de navali, vel carvali, neque de faumis, seu de trana evelliione. Je ne fais si trana a été fait par corruption du Latin traha, qui signifie même chose, ou de l'ancien Teudisque tracan, qui signifie porter, & qui se trouve dans le Glossaire de Kéron : d'où vient le mot de trancente, qui signifie voiturre en Lánguedoc. Je crois néanmoins, que trana, traineau, & trainer, viennent du verbe trame, tranare, qui signifie paffer à nage ou dans un bateau : qui est en quelque façon se traîner sur l'eau. Caïeneuve.
TRAINEAU. Voyez Meurfius sur le mot Grec moderne spère, qu'il n'explique pas ; & Seldenus, au chapitre 15. du livre 1. de Son Mare clausum, page 54. & Voissus de Vitis Sermonis, page 100. sur le mot trana. C'est ce qui étoit appellé par les anciens Latins traha ; qui est une espèce de véhicule, à qui ce nom a été donné, quid non voiturre rois, sed trahatur. M.
TRAINER. De traxinare, formé du préterrit de traho. De traxinum on a fait traxinellum, d'où nous avons fait traineau. Au lieu de traxinare, on a fait par corruption traginare, qui se trouve dans la Spicilege, tom. xii. pag. 368. Qui alium per capillos traginaveris. M.
TRAINER. Le mot traine, d'où vient trainer, a été fait du substantif trahina, formé du verbe trahere. Il n'y a rien de plus naturel. Ainsi M. de Caïeneuve s'est trompé, aussi bien que M. Ménage, qui a fait descendre le verbe trainer de traxinare. S. Add. TRAIT de plume. Properce IV. 2. Aut si qua incerto fallat te littera tractu, Signa mea denera fum moriensis erunt. M.
TRAITRE. De traditer traditoris. Les Grecs ont dit de même opulence. M.
TRAITTE. Traisse Furaine. De tracta, formé de tractum, d'où les Italiens ont aussi fait trasse. ¶ Traisse en termes de Monnoyeurs, se dit de ce que prend le Roi, tant pour son Droit, que pour le poyement des Ouvriers. Voyez Henri Etienne, dans la Précellence du Langage François, page 107. M.
TRAMAIL. Voyez Maille. M.
TRAME. De trama. Les Glosses anciennes : Trama, spère. Trama paroît avoir été fait de flamen. M.
TRAMONTANE. Vent de Septentrion. De l'Italien tramontana. Voyez mes Origines Italiennes au mot tramontana. Nous disons perdre la tramontane, pour dire perdre le jugement ; être deforment : qui est une façon de parler prête de tramontana dans la signification de l'Etoile la plus proche du Pole arctique. M.
TRAMONTANE. On nomme ainsi le vent du Nord sur la Méditerranée & en Italie : & il a eu ce nom, parce qu'il vient du côté qui est au de là des Monts, à l'égard de Rome & de Florence. *
TRAN-TRAN. Il entend le tran-tran. Je crois que cette façon de parler vient de ceux qui accordent des violons, desquels le son en cette occasion exprime tran-tran. M.
TRANCHANT. Ecuyer tranchant. C'est de ce mot François que les Espagnols ont fait leur Trinchante. M.
TRANCHEE. Du verbe trancher. Voyez trancher. Les Italiens disent trincea, que Victorius liv. 2. de ses diverses Leçons, chap. 12. dérive de Serpiet, dont les Grecs ont usé pour vallum, sepimentum : en quoi il a été repris, & avec raison, par Brodeau, liv. 1. de ses Mélanges, chap. 5. Voici les termes de Brodeau : Est autem omnino ridiculum, quid tranchea, Gallica penitus vocis, atque ipsi quidem, ut apparet, incognita, ut qua vallum non significat, oxymam Gracum reddat Vistorius. Hanc autem cum exprimere nequeant Itali, trinceam balbutientes nominant. Au lieu de trincea, le Taffe dans la Jérusalem a dit trincea : dont il a été repris par l'Infarinato. On peut l'en justifier, en disant qu'on dit aujourd'hui en Italie communément trincea, & que repritque se trouve en cette signification dans les Auteurs Grecs des bas fiècles. Voyez le Glossaire Grec de Meurfius, & de celui de M. du Cange. ¶ Les Espagnols ont aussi fait trincea & trincea, de notre mot François tranchée. M.
TRANCHER. Il est formé du verbe tranchindere, qui signifie couper & fendre tout à travers. Mons tranchius, est proprement une montagne à travers de laquelle on a ouvert un chemin. Latinus, de Terminis : Terminus, si caput de aquila fallum habueris, montem tranchium tranfit. Il semble qu'il s'entende proprement de la terre : car tranche est le nom de l'instrument qui sert à faire des fosses, qui s'appellent tranchies, quand ils servent à retrancher des Gens de guerre. Tels retranchemens étoient appelés tranchis par nos anciens François. Froissart, vol. 1. chap. 6. Il y avait si grand tranchic de fossis, qu'il n'y pouvait arriver. Et Trancheurs, ou Trancheurs, étoient les Plomiers qui servoient à faire ces retranchemens. Ville-Hardouin, liv. 2. Similem les Trancheurs à une tour, & cil commencerem à trancher le mur. Caïeneuve. EFERUS - Recherches & Classification numériques
TRANSE. De trance, formé de trance; dont les Italiens ont aussi fait trinciare. M.
TRANSE. TRANSIE. Transie de froid. c'est ce que les Latins disent confingen frigoue; ce qui donne sujet de croire que transie a été fait de trinciare, fait de frinzi. M.
TRANSE. TRANSIE. Transie signifie proprement tréposse: d'où il paraît que ce mot vient de transieu, comme prédérit de praerinus. Monstrellet, édition de 1572. vol. 2. fol. 155. a. Veyana que de son corps n'isoit plus d'allaire, cuidant pour vous qu'il fût transi, lui avatent envers le vésage. Transi, c'est-à-dire, roide mort. Voyez ci-dessus M. Mémage au mot tris. Transi, qui signifie proprement détestre, n'a donc pas la même origine que transi: & c'est transie qui pourroit bien venie de frinziere. Le Duchat.
TRAPIN. On appelle ainsi en Basse-Normandie un gros panier rond, qui fert à teuillir des pommes. De la figure trappe. M.
TRAPPE. Du Latin-Barbare trappa. La Loi Salique, tit. VII. Si qui ancillum de trappa furavetis. De trappa on a fait les verbes adriapare & intraper, dont nous avons fait airtraper & airtraper. Voyez ci-dessous le mot tromper, & Pithou, sur la Loi Salique; & Voëssus de Vissis Sermanis, page 300. Le Latin-Barbare trappa a été fait de l'ancien Alleman trapp, qui signifie decipola. Voyez Junius dans son Nomenclator. Les Espagnols disent trampa, & enrampar. De trappa, les Italiens ont fait le diminutif trappola. M.
TRAPU. Nous appellons trapu, un homme court, gros & robuste. Nous disons trape, dans la même signification, un bœuf trape: bas compaftus, dit Nicot. Ce qui donne sujet de croire que trapu a été fait du mot de trape; l'instrument appelle trape étant vrai-semblablement court & large. Perion & Trippault, contre toute sorte d'apparence, dérivent trape & trapu de marmure. Tropius dans les Cècles anciennes est interprété à la main oupie. Sur lequel mot M. Guyet a fait cette Note: An torofulus? an pro torofulus, TROULUS, pro quo trofulus. M.
TRAQUENART. De tricenarius, par corruption. M. de Saumaisle sur l'Histoire Auguste, page 146. Latini tricenarios, nos corrupto inde vocabulo traquenarios vocamus. Et tricinarii, vel tricenarii, videntur appellari, quid tricinio spifogue gradu ambularem, vel quid in ambulando grossus intricinarem, hoc est, intricarem, & crura volutiliter implicarem & explicarem. Intricinare Veteres pro intricare, & tricinare pro tricare. Tricenum intricinare apud Nonium scriptum est in versitis. Inde tricenarii equi dicti, quid grossibus intricari, & minutissim crinatis incedant. Nam rebra genuum inflexione, & alternis crurum voluminibus, gradu per minurias fratte, incessum suum celeriter impedim expediuntque: non autem longis & extensis passibus plenoque gradu spatium carpunt, quid camborii facium, &c. Tricenarius, triquenarius, traquenarius, TRAQUENAR. Le P. Labbe s'est tout-à-fait trompé en disant que traquenar a été fait par onomatope, du bruit que font les chevaux traquenars en marchant, & que haquenie a été dit au lieu de traquenie. M.
TRAVAIL. Bien que ce mot signifie ordirement ce que les Latins appellent opera & labor, il ne laisse pas pourtant de signifier souvent tourment & douleur. Aussi disons-nous être travaillé de la fièvre, & être en travail d'enfant. Le Roman de Guillaume en court néz. 2. Dont est issus il enfes, qui est en ce trépaillement. Aussi vient-il du mot trépailium, qui étoit le lieu destiné au supplice des criminels. Le Concile d'Auserre, tenu l'an 578, au chap. 11. Non licet Presbytero nec Diacono, ad Trepalium, ubi rei turquentur, stare. Et en effet les Maréchaux appellent travail, une machine à quatre piliers, semblable aux potences que les Hauts-Justiciers font planter aux limites de leurs Seigneuries, à laquelle ils attachent les chevaux vicieux quand ils les veulent passer ou ferrer. Par où l'on peut juger combien est ridicule l'opinion de ceux qui veulent détiuer ce mot de transvigilium, comme qui diote travail. Caïeneuve.
TRAVAIL. M. de Fonteneises croit qu'il vient de trébalium, formé de crabs. S. Add.
TRAVAIL. Dans nos anciens livres, comme Perceforest & Lancelot du Lac, on lit souvent tréveil & tréveiller, en la signification de fatigue & de fatigue: ce qui me persuade que travail en cette signification pourroit bien avoir été fait du trans vigilia: & c'est aussi ce que Nicot a remarqué il y a long-tems. Aussi appelle-t-on proprement travail, les douleurs de la femme qui enante, parce qu'elles la font souvent veiller toute la nuit. Martial d'Auvergne, dans ses Vigiles de Charles VII. écrit toujours travail & travail. Voyez S. Goul. Hist. adm. & mem. 1610. tome 1. pag. 631. Je trouve la même étymologie dans la Grammaire Françoise de Robert Etienne, page 90. de l'édic. mise à la fuite des Hypomnées de Henri Etienne. Le Duchat.
TRAVAIL. Nous appellons travail, ce lieu entouré de pieux, où les Maréchaux mettent les chevaux fougueux, pour les ferrer ou pour les médicamenteux: & ce mot, en cette signification, a été fait de trépailium, lequel mot se trouve dans le Concile d'Auserre, canon 11. pour le lieu où l'on donne la question. Non licet Presbytero, nec Diacono, ad Trepalium, ubi rei turquentur, stare. M. Carlo Dati le dérive de l'Italien travaglio, formé de travail: & cette étymologie me paraît assez vraisemblable. Voyez mes Origines Italiennes au mot Travaglio. M.
TRAVAIL. C'est proprement cette machine où l'on enferme les chevaux fougueux, pour les ferrer & les panser. De trabais, parce que cette machine est faite de petites poutres attachées ensemble: quia trabibus comexta est. Plutarque, de Amur. Fr. dit que les Lacédémonfens appellent Jaume, la figure qui représentait les Gémeaux, & il la décrit semblable au Travail des Maréchaux. Elle étoit nommée Zinaya, de Juzic, trabs, parce qu'elle représentait de petites poutres. Or en quelque sens qu'on regarde un Travail, on y reconnoit la figure dont se fervent les Astronomes, pour représenter les Gémeaux. Le mot de Travail a passé de la machine, où les chevaux sont enfermés pour souffrir des opérations douloureuses, à la peine & à la fatigue. De la même racine sont venus les mots d'entraves, & d'entraver, intrabes, & intrabare. Huet.
TRAVERSER. Mot Messin, qui signifie furvinder, changer le vin d'un vaisseau ou tonneau dans un autre. Ce qui se fait vers le commencement d'Avril, lorsque le vin étant entièrement éclairci, on le sépare de sa lie, afin de pouvoir le EFERUS - Recherches & Classification numériques remuer ou le transporter sans qu'il se trouble de nouveau. Le Duchat.
TRAVETEAU. De *trabes*. La Traduction Françoise de Merlin Cocaie, Paris, 1606. page 410. *O trop heureux est celui qui pourroit incontinent changer en bel or soa travereaux, ses pierres, ses briques, & tout ce qu'il a*. Ce mot, qui signifie un chevron, est du Patois Messin, où on le prononce *trefte*. Le Duchat.
TREBUCHER. De *traboccare*: comme qui diroit *in buccam cadere*, tomber dans un trou. Les Italiens disent de même *traboccare*, & les Espagnols *trebejar*. De *trabocca*, on a dit, par diminution, *trabocchertum*, dont nous avons fait *trebucher*. Reinesus se trompe en le dérivant de l'Alleman *treibock*, *Trebuculos*, dit-il, *Mathauz Parissus inter machinas bellicas nominat*. Sic enim sol. 167. Turris crebris istibus *Trebuculi aliquantulum concussus fuit*. *Aultur Fragmenti de Gettis Ludovici VIII. Francorum Regis, a Pithao editi*, *trabucheta, variata vocis ex aliena lingua pronuntiatione*, appellat. *Machine, inquit, eriguntur, trabucheta, petrairiz, &c. Ipsam machinam, cujus structura nos hodie latas, Germanus primum inuenisse ex appellatione ipsa treibok, id est, aries, urgens & impellens, apparet*. Sic enim *Anonymus Aultur Fragmenti Hiftorici editi ab Urstisso tom. 1. Hiftoria Germanica sub ann. 1112*. Ibi nunc primum, *inquit*, cœpit haberi usus instrumenti bellici quod vulgo *trybock* appellari solet: *Qua totidem verbis repetit Nau-lerus Generat. 41*. C'est en ses diverses Leçons. Vossus de *Pitiis Sermonis*, page 100. le dérive du François *trebucher*. TREBUCHITTA, *machine, qua ingentia etiam saxa ejacularentur ad diuendos muros. Wilhelmus Ochra, episi. ad Hennorum III. Regem Anglia, apud Mathauz Parissum ad annum cidecklvi*. Per septem *trebuchetta ordinata*, quæ tam de die quam de nocte in castrum Capuacii projicere non cessabant. *Nomen est a Gallico trebucher, quod est ex alto aliquid deturbare. Alii, principe vocali leviter mutata, pro eodem dixere tribuceta. Chronicon Leodicense ad annum cidecklvi*. Episcopus misit Leodium mangonalia, seu fustibula, sive tribuceta, vel arietes, aut sues, vineas, biblias petrarias, sive cattos verifasiles. *Idem quoque trabucchi, uti nominat & gidius de Columna, Romanus, Thoma Aquinatis discipulus, lib. III. de Regimine Principum, part. III. cap. 18. Ac aliquid de iis Hieronymus Magius Mifrell. lib. 1. cap. 1. Est ab Italico traboccare, quod idem ac Gallicum TREBUCHER, ante memoratum. Nec aliud instrumentum existimandum, de quo in Fragmento quoniam Hiftoria Germanica: Anno Domini cidecklvi*. Otto Imperator, ab Apulia & Italia reversus, obsedit oppidum Wizense, quod similiter expugnavit usque ad arcem. Ibi tunc primum cœpit haberi usus instrumenti bellici, quod vulgo *trybock* appellari solet. *Et Nauclerus Generat. XII*. Otto Imperator oppidum Wizense obsidione vallavit. Afferunt, tum primum cœpisse usum instrumenti bellici, prius incogniti, quod vulgariter *trybock* nominatur: quoniam bombardarum usus necdum erat inventus. *Creditur idem ac quod Belgis fprinc-hael, spring-gael, & springel: Gallis etiam Leodicensis espringalle. Imo & tribuculus, trebuculos, & trebuculos, idem videntur*. M.
TREBUCHER. On dit à Metz, *faire le tré-* *buchet* à quelqu'un, pour ce qu'en d'autres lieux de France on dit donné la *jambette*. Or il est sûre que dans cette action la jambe de celui qui fait tomber, tient lieu d'un bois qu'il auroit mis entre les jambes de l'autre. D'ailleurs *trebucher* c'est proprement faire la culbute par-dessus un tronc d'arbre duquel on ne s'aperçoit point; & tous les *trebuchets* sont traversés de quelque morceau de bois que soutient la planche qui fait *trebucher*. Ainsi je crois *trebucher* composé de *trés*, fait de *trans*, & de *buche*. Le Duchat.
TREBUCHET. Voyez *trebucher*. M.
TREF. *Tente*. De *trabes*, à cause d'une pièce de bois qu'on planteit en terre, pour soutenir la *tente*. En Normandie on appelle *trief*, *une petite poutre*. Huer.
TREF. Ce mot, dans nos vieux livres, signifie toujours une tente ou un pavillon: de *trabes*, *trabis*, à cause des piquets qui soutiennent les tentes & les pavillons. Mais dans les Illustrations de Gaule de Jean le Maire de Belges, liv. 1. chap. 8. Il semble signifier une voile de navire. Voici le passage: *Se jeterem* (les mariniers) *diligemment hors des ports, guinderent leurs trefs, singlerent leur vent à boulingre*. Je crois que *tref* & *drap* sont d'origine Allemande, & que c'est à peu près la même chose. Le Duchat. Voyez *drap*.
TREFOND. Mot Messin. De *terra fundus*. Du Cange. Le Duchat.
TREGENIER. Rabelais, liv. 1. chapitre 1. *Iffirent premier de son ventre soixante & huit Trégeniers, chacun tirant par le licol un mulet tout chargé de sol*. Dans le Dictionnaire de la Langue Touloufaine, *trégénier* est expliqué par *voiturier*; & *tregi par voiture, trac des chevaux*. Ce mot vient de *triconarius*, d'où vient aussi *trapenart*: & les *trégeniers* ont été appelés de la *forte*, parce qu'ils vont au pas ou *trac* des chevaux qu'ils tiennent par le licol, comme on voit dans ce passage de Rabelais. Le Duchat.
TREIGNAN, ou TREIGNANT. Nom d'un Saint dont il est parlé dans Rabelais. C'est une corruption d'Aignan, nom d'un Saint, autrefois fort rêvéré en Écosse. *Saint Treignan*, au lieu de *Saint Aignan*. Le Duchat.
TREILLE. Les Romains appelloient *umbra*, les couverts faits de feuilles & de branches d'arbre. Festus Pompeius: *Umbra vocabantur Neptunabibus casa frondea pro tabernaculis*. Ils les ont depuis appelés *trichila*: de *vulgatus*, qui signifioit *épais* chez les Tarentins; d'où, selon Joseph Scaliger & Casaubon sur le *Copa* de Virgile, nous avons fait le mot de *treille*. *At qui sub trichila manantem repit ad undam.* * M. Ménage s'étend davantage sur cette Note, & il rapporte exactement les paroles de Scaliger, qui sont curieuses. *Cafeneuve*.
TREILLE. De *trichila*. Scaliger sur ce vers du *Copa*: *Et trichila umbriseris frigida arundinibus:* TRICHILA nomine intelligis pergulas, qua & umbellæ & umbracula vocabantur. *eud. Theocrito Syracusis. Columella:* *At qui sub trichila manantem repit ad undam.* *Apud Cafarem, III. de Bello Civili, idem vocab-* EFERUS - Recherches & Classification numériques lum inveniri in vetustis exemplarius, indicavit mihi Oberus Gifanius, &c. Est ergo trichila vitium aut cucurbitarum jugamentum, aut cucumerum compluvia pergula. Quam vocem nos, quacquam aliquatum deroria promuntiatione, hodie in Gallia retinemus. Trillas enim dicimus. Trichilam autem Gracam esse vocem, si nihil alium, certè cu aspiratum demonstrat. Ditum a densitate foliorum, quasi trichina, n in 1; ut nympha, linia. *spicatus* Tarentus dicebant pro spissio a pilis. Varro: Quod trichinus quastus erat nunc etiam uberrimus. Trichinum quastum vocat spissum. Spissum enim Veteribus erat tardum. Significat iis Varro, quastum tardum & sero venisse. Ergo *spicatus* spissus: & trichina, *pafra* trichila, & *hancapalatus*. Voyez le même Scaliger sur Festus, au mot *umbra*; & Savaron sur Sidonius Apollinaris, épître 9. du livre 11. & épître 17. du liv. v. M. de Saumaise, dans ses Notes sur l'Histoire Auguste, page 12. improuve cette étymologie. M.
TREILLIS. De trilicius, en sousentendant paunus. M.
TREMBLER. De tremulare, diminutif de tremere. Flodoard livre & chapitre 3. Nimio frigore horribiliter cum fletu ac stridore dentium tremulantes. M. TREME'S ou Tremois. On appelle ainsi en plusieurs lieux de France les petits blés, qu'on appelle à Paris les Mars ou Marse. De trimense, à cause qu'ils ne sont que trois mois à venir. Isidore livre xvii. de ses Origines, chapitre 3. Trimense trisicum ideo nuncupatum, quia satum post tres menses colligitur. Les Grecs ont usé du mot *treponius* & en cette signification. Dioscoride liv. 1. chapitre 107. *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & 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*treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & 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*treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *ter Lum inveniri in vetustis exemplarius, indicavit mihi Oberus Gifanius, &c. Est ergo trichila vitium aut cucurbitarum jugamentum, aut cucumerum compluvia pergula. Quam vocem nos, quacquam aliquatum deroria promuntiatione, hodie in Gallia retinemus. Trillas enim dicimus. Trichilam autem Gracam esse vocem, si nihil alium, certè cu aspiratum demonstrat. Ditum a densitate foliorum, quasi trichina, n in 1; ut nympha, linia. *spicatus* Tarentus dicebant pro spissio a pilis. Varro: Quod trichinus quastus erat nunc etiam uberrimus. Trichinum quastum vocat spissum. Spissum enim Veteribus erat tardum. Significat iis Varro, quastum tardum & sero venisse. Ergo *spicatus* spissus: & trichina, *pafra* trichila, & *hancapalatus*. Voyez le même Scaliger sur Festus, au mot *umbra*; & Savaron sur Sidonius Apollinaris, épître 9. du livre 11. & épître 17. du liv. v. M. de Saumaise, dans ses Notes sur l'Histoire Auguste, page 12. improuve cette étymologie. M.
TREILLIS. De trilicius, en sousentendant paunus. M.
TREMBLER. De tremulare, diminutif de tremere. Flodoard livre & chapitre 3. Nimio frigore horribiliter cum fletu ac stridore dentium tremulantes. M. TREME'S ou Tremois. On appelle ainsi en plusieurs lieux de France les petits blés, qu'on appelle à Paris les Mars ou Marse. De trimense, à cause qu'ils ne sont que trois mois à venir. Isidore livre xvii. de ses Origines, chapitre 3. Trimense trisicum ideo nuncupatum, quia satum post tres menses colligitur. Les Grecs ont usé du mot *treponius* & en cette signification. Dioscoride liv. 1. chapitre 107. *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius* & *treponius
TREMBER. Les Formules anciennes d'un Auteur anonyme, Form. 86. Ego horbas maleficas, nec potiones malas, nunquam temperavi, nec bibere dedi. Quelques-uns veulent que ce mot vienne de temperare. Caseneuve.
TREMBER. De temperare, qui se trouve en cette signification dans les Auteurs anciens. Virgile liv. 1. des Georg. Et cum exustus ager merientibus astuas herbis, Ecco supercilio clivosi tramitis undam Elicit. Illa cadens raucum per devia murmur Saxa ciet, scatebrisque arentia temperat arva. Et de-là dans Grégoire de Tours, chap. xi. de la Vie des PP. vinum temperatum, pour dire du vin trempé, c'est-à-dire, où il y a de l'eau. Au lieu de vinum temperatum, on a dit temperatum. Les Glo- ses anciennes: *Temperatum*, *treponius*, *treponius*, *treponius* & *treponius*. M.
TREPAN. *Trépaner*. De *trepones*, qui signifie la même chose. *Hunt*.
TREPAS, TREPASSER. Nous prenons ces mots pour mort, & mourir; quoiqu'ils signifient proprement passage, & passer: car la mort n'est qu'un passage de cette vie à une autre. Ville-Hardouin, liv. 1. Enfi coururent par mer, tant que ils vindrent à un trespas qui se mer siet. Et au liv. 5. Celle nuit trespassa, & vint li jors. Ces mots viennent du Latin-Barbare transpassare. La Loi des Allemans, tit. 82. 5. 7. Et donec alium Catellum qui jugum transpassare possit. Marius, Aventicensis seu Lansanensis Episcopus, dans sa Chronique: Eo anno transsit magnanimus Dux Francorum. Caseneuve.
TREPAS. *trépasser*. Voyez Très. M. TREPIE ou TREPIEZ. Le mot tripetia, étoit déjà en usage parmi les anciens Gaulois. Au moins il se trouve dans Sévère Sulpice, au chap. 1. du 11. de ses Dialogues: Sedebat Martinus in sella rusticana, ut est in uſibus rusticorum, quam nos rustici Galli tripetias; vos Scholastici, aut certè tu, qui de Gracia venis, tripodas nuncupatii. Les Bas-Bretons disent rebez pour trepié. M.
TREPIGNER. De trepidinare, diminutif de trepidare. M. de Saumaise, page 144. sur ces mots de Capitolin, Equum admise multis circuitonibus: Tripedare est saltare vel tripudiare; nam utriusque verbi eadem origo. Tripudium, *trepidas*: unde tripediare est saltare. Graci *trepidas* dicunt. Tripedare autem & tripudiare, est ter pede terram ferire: quod faciebant saltantes ad illa carmina proprii que tot pedis percussionibus gandent. Horatius: Gaudet inviam pepulisse fossor Ter pede terram. Id est, gaudet saltare. Calpurnius: Seu cantare juvat, seu ter pede lata ferire Carmina.[{"box_2d": [460, 601, 818, 933], "label": "text", "caption": "Id est, seu cantare juvat, seu saltare. Nam qui saltabant ejusmodi carmina trinis pedum percussionibus incedentia, ter pede terram feriebant. Id dicebatur de lambico carmine trimetro acatalello, sed & non minus de trochaico, quod erat saltatonibus & ballifreis accommodum. Tripedare igitur proprii est ter pede terram percutere & saltare. Giassa: *trepidas*, tripedo. *trepidas*, tripudium. Vegetius lib. 11. cap. 24. Saltus quoque & ichus facere pariter affuecant, insurgere: tripedantes in clypeum, rustusque subidere, nunc gestendo provolare cum saltu, nunc cedentes in terga refilire. Vulgo tripudantes ibi legitur. Sed cum veteres omnes libri eo loco agnoscan trepidantes, facile fuit nobis videre legendis tripedantes. Idem mendum in epistola quadam Ivonis, ubi trepidantes habetur in libris pro tripedantes, quod ille posuit pro tripudantes. Hinc vox potus Gallica TRIPER, qua saltare significat. A tripedo, tripedino: ut intrico, iusticino; ago, agino: sic tripedinare est quod vulgo dicimus TREPIGNER. Tripedare vero dicebantur equi cum ad illud genus cursus incitantur, qui medius est inter citatissimum cursum & communem simplicemque incesum. Graci equisans viresis vocabani, &c. *xenus* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & *trepidas* & 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Servius ad illud Aneidis : Dum trepidant alæ, faltusque indagine cingunt : Trepidant vero hoc loco sensum accipiunt, non ut alibi, festinant; ut, Heic me dum trepidi: quia faltus non cursu, sed sentim cinguntur. Quidam, trepidant, ab equi, cui hodieque trepidare dieuntur, appellari putant. Cato : Sedere non potest in equo trepidante. Minime sane dubium est, quin equum trepidantem dixerit Cato vix vremolii, cum qui nabrii, sed nec illud dubitandum, trepidare pro tripodare Veteribus dictum fuisse, & eam esse illus vocabuli originem. Trepidare metu, est vabrii, qui, iux, iux, iux, sic x-pius, qui, iux, iux, & iux, dixit Aschylus. Hinc trepidare pro festinare. Sed & trepidare apud Prifsum, de his qui Ieritia elati gestium & subsidium : Tum videas neque more probo, neque voce ferena Ingentes trepidare Titos. de sa Grammaire : où il se trompe de même, dérivant *treffailir* & *trebucher*, de *ter salire*, & de *ter buccary* : & où il se trompe encore de même, dérivant *treffale*, de *ter salitus*. Voyez *treffale*. Voyez aussi *tremouffer*. Comme les Italiens ont dit *trapasato*, pour *defunct*, ils ont dit *tra'avo*, pour *trev-fage*. Tout cela ne permet pas de douter, que *tres*, marque de *superlatif*, n'ait été fait de *trans*. Voyez dans le second tome de mes Observations sur la Langue Françoise, ce que j'ai remarqué touchant les superlatifs. *M.* gati cesser ab armis? Hodie dicitur still-land, quasi armiflitum & silentium armorum, alio sono, sca eodem sensu.