TREUIL. On appelle ainsi un preffoir de-là la Loire, & particulièrement dans le pays d'Aunis. De torcuum, qu'on a dit, aussi bien que torcuum, dans cette signification. Torcuum, troccum, TREUIL. Le Duchat.
TREVOUX. En Latin Trevolitum & Trivoltum, Ville de France, Capitale de la Principauté de Dombes. Selon le Pere Menestrier, la Ville de Trevaux a eu ce nom, pour avoir été bâtie dans l'endroit où l'un des grands chemins qu'Agrippa, gendre d'Auguste, avait fait faire dans les Gaules, se partageoit en trois; ce qui en Latin s'appelloit trivlum, de tres via. C'est aussi le sentiment de M. Piganiol de la Force, dans la Description de la France, tom. 2. pag. 131.
TREZEAUX. On appelle ainsi en Normandie des monceaux de gerbes de blé amaffées dans un champ, pour être chargées, & comptées plus commodement. Ces amas ont été nommés trezeaux, parce qu'ils étoient compoïes de treize gerbes, afin que la dîme fut levée plus aisément, particulièrement où le décimateur n'avait droit de prendre que la treizième gerbe; car ce droit n'est pas égal en tous lieux. Huet.
TRIBAR. On appelle ainsi cette Machine composée de trois bâtons, qu'on met au cou des pourceaux, pour les empêcher de paifer au travers des haies, & d'entrer dans les jardins. De ces trois bâtons est venu le nom de tribar. Huet.
TRIBOULER. Dans le petit Dictionnaire du Pere Labbe, tribulare est expliqué par tribouler. M.
TRIBOULER. Froissart, vol. 3. chap. 118. En Angleterre pour celle saison ils estoient tous triboulez, & en mauvais arroy. Et Alain Chartier, au livre des Quatre Dames, pag. 626. de ses œuvres, édition de 1637. Aux bons les adversitez viennent, & sont foules, & par fortune triboulez. Pasquier, dans ses Recherches, prétend qu'on a dit autrefois triboule menage, pour trouble menage. Dans Froissart, vol. 1. fol. 117. vº. de l'édition Godlique, in 4º. on lit aussi: Et voulurent encore savoir plus avant, que le grant trésor qu'on avoit levé au Royaume de France le temps passe, en dismes, malletoutes, & en toutes autres exorcions, estoit devenu: dont les gens avoient est fort menez & triboulez. Item, vol. 2. fol. 177. vº. En tel temps qu'on estoit si en tribouil en Angleterre. Le Duchat.
TRIBOULET. On appelle ainsi à Paris une freture de mouton. C'est un diminutif du mot de tripe. Tripa, tripula, tripulum, tripoletum, triboletum, TRIBOULET. Rabelais, 3. 45. parle d'un fou nommé Tribouler. M.
TRIBUNE. De l'inusité tribuna, dit pour tribunal. M.
TRICHER. De tricare; d'où le composé intricare. Trico, tricome se trouve: & au lieu de trico, on a dit tricus, par metaplasme; d'où Tricaldus, dont est formé notre mot Tricaud. M.
TRICHER. Ne viendroit-il pas plutôt de l'Alleman triegen, qui signifie tromper, & que Wachter, dans son Glosar, German, page 1-13. dérive de tring, qui dans la même langue signifie trompe- rie, fourberie? Qu'est-ce que tricher: sinon tromper.
TRICOT. Ce mot se trouve pour jarretiere, dans le Dictionnaire François-Italien d'Antoine Oudin: & à Metz on dit tricotte, féminin, dans la même signification. Il vient alors de l'Alleman strick, c'est-à-dire taqueus, un lacet. Le Duchat. TRICOT de bas. Du même mot strick, qui, selon Wachter, signifie nodus en Flaman. Les mailles des bas tricotés sont des espece, de neuds. Nous avons été l's du commencement de ce mot, pour en faire tricot; d'où ensuite tricoter & tricoter. Voyez Wachter, dans son Glosar, German, pag. 1631. & ci-dessous trique.
TRICOTER. Voyez le second article tricot, & ci-dessous trique.
TRICOTET. TRICOTETS. Sorte de Danse gaie, ainsi nommée parce que le mouvement du pied y est aussi prompt que l'est celui de la main d'un tricoter, ou d'une tricoterque de bas. Bien des gens ont cru que ce mot étoit nouveau dans la langue; & la vérité est que je ne l'ai trouvé jusques ici dans aucun livre plus ancien que le Dictionnaire de Richelet. J'ai seulement lu dans ces vieux Noels de Lucas le Moigne: Nous jetterons nos sabets, Pour danser la tricoter. Glos. sur les Noels Bourguignons, au mot Tricôtai.
TRICTRAC. Ce mot est formé par onomatopée du bruit que font les dés, quand on les pouise sur le Tablier. M. de Saumaire sur l'Histoire Auguste, page 468. Quod aa hunc vero tabula lufum attinet, duodecim scruporum, sciendum est omnino eundem esse, paucis mutatis, cum eo quem vulgo Trictracum appellamus, circumvenimurum; & sono quem calvuli in tabula muti faciunt. Voyez Pasquier, VIII. 52. On prononçoit anciennement Tricac: les Allemans prononcent encore de la sorte. M.
TRIGALE. Petit bureau, pour recevoir le Péage, ou pour donner à boire aux voyageurs. Trigale de Cohan. On prononce tringale en Normandie. Il a la même origine que le mot trielle, trichila. Et peut-être ces trigales n'étoient que des treilles dans les commencements. M. de Saumaire a fort dotement montré que trichia vient du Grec γρησθαι, parce qu'on donne d'ordinaire une forme ronde au haut des treilles. Huet.
TRIGAUD. Voyez tricher. M.
TRINGLE. Petite verge de fer, à laquelle on attache les rideaux. Nicot le dérive de rigula? & M. Guyet, dans la Note marginale manuscrite sur Nicot, approuve cette étymologie. Relyula, dit-il, regla, rigla, ringla, tringla, TRINGLE. M. Richelet dit que tringle est un petit morceau de bois, long & étroit; ce qui ne favorise pas peu l'étymologie de Nicot & de M. Guyet. Ce n'est pourtant pas la véritable. Tringle a été fait du Latin-Barbare taringula, diminutif de taringa: lequel mot taringa se trouve en plusieurs lieux dans la signification d'une verge de fer. Ce qui m'a été indiqué par M. l'Abbé Chastelain, Chanoine de l'Eglise de Paris. La l'affection de Saint Quentin: Juffit vocari fabrum ferrarium, pracipiens ei ut fareret duas fudes ferreas, qua Gallica lingua taringa vocantur, quibus Beatus Quintinus a cervice atque ad criga transfigeretur. Et dans l'Invention du même Saint: Venerabilis igitur femina fudes EFERUS - Recherches & Classification numériques ferreas, qua Gallicà lingua taringa vocantur, quibus supra Beatus Christi Martyr confixus fuisse dicitur, manentes admo in ejus corpore invenient, extraxis aliquas, & pro veneratione Reliquiarum sibi assumptis. Et dans la Passion de Saint Fussien & de Saint Victory : Tunc Ritchieanus jussis naribus & auribus eorum tarincas immitti, & cum clavis candomibus capita eorum transfigi pracepit. Uſuard, sur le 3. des Ides de Décembre : Civitate Ambianis, Sanctorum Martyrum Victurici & Fusciani : in horum naribus jussis Judex immitti tres tarinchas. ¶ L'étymologie de taringa ne m'est pas connue. M. l'Abbé Chastelain croit que c'est un mot Gaulois. M.
TRINGLE. Je ne sçaurois être de l'avis de M. l'Abbé Chastelain, qui a fait croire à M. Ménage que ce mot venoit d'un taringa, dont il lui a fourni quelques exemples ; qui ne prouvent autre chose sinon que le mot taringa a été forgé sur le François tringle, comme il est aisé de voir par ces mots : Sudes ferreas, qua Gallicà lingua taringa vocantur, &c. S. Add.
TRINGLE. M. l'Abbé Chastelain & M. Ménage ont raison de croire que ce mot vient de taringa, & les passages que rapporte M. Ménage, le prouvent suffisamment ; comme aussi que taringa est un mot Gaulois. Ainsi je ne vois pas comment il auroit pu être forgé sur le François tringle, qui n'existoit pas encore, non plus que la langue Françoise, lorsque la Passion, & l'invention de Saint Quentin ont été écrites. Ce qui a trompé apparemment M. Simon de Valhébert, c'est qu'il a cru que Gallicà lingua, dans les deux passages, signifioit la langue Françoise ; au lieu que c'est la langue Gauloise ; ce qui est bien différent. *
TRINQUER. De l'Alleman trincken, qui signifie boire. Les Flamans prononcent drincken. De trincken, les Italiens ont aussi fait trincarre. Gio. Camillo Pereño, dans son Indice, sur son Poème intitulé Il Pallio conquissato, explique ce mot en ces termes : Trincarre, boverre : parola Tedesca. M.
TRIOLET. Ce mot signifie deux choses : une herbe appelée autrement tresse ; & une sorte de Poème. M.
TRIOLET, TRIOLETS. Sorte de Poësie ancienne, renouvelée en 1649, pendant le Blocus de Paris. Chaque Triolet consiste en huit Vets ; le premier desquels, le quatrième, & le septième, ne font qu'un seul & même vers : & c'est de cette triple répétition que vient le mot Triolet. Glois, sur les Noëls Bourguignons, au mot Triolai. *
TRIPE. On se sert de ce mot par toute l'Europe. Les Anglois disent tripe, comme nous ; les Flamans trop ; les Espagnols & les Italiens tripe. Et comme nous disons une grosse tripe, pour dire une femme qui a un gros ventre ; les Italiens disent tripone, pour signifier un gros ventru. M.
TRIPETTE. Petite tripe. Voyez tripe. La 83. des Cent. Nouv. nouvelles : Avant que la bonne Demoiselle eussit à moitié mangé sa perée, il n'y avoit tripes, ni tripettes dans le plat. On dit en Champagne, & dans le Comté de Bourgogne, qu'une chose ne vaut pas triperte, pour marquer qu'elle ne vaut rien. *
TRIPOT. On a ainsi nommé un Jeu de Paume, à cause des trous où se jettent les Bales en jouant. Il vient de vœux, qui en Grec vulgaire signifie un trou. Le Corona pretiosa : Bucco, vœux, foramen, vœux. Caïeneuve.
TRIPOT. Jeu de courte-paume. De tripodium. Voyez trepigner. Le mot de tripo est un mot assez ancien dans notre Langue. Villon, dans son Grand Testament : S'il s'ensit jour en un Tripot, . Il eussit du mien le Trou Perrette : Où Marot a fait cette Note : LE TROU PERRETTE. Un Jeu de Paume de Paris. M. de Caïeneuve dérive tripo de vœux, mot du Grec récent, qui dans le Corona pretiosa est interprété foramen. Et il croit que les Tripots ont été ainsi appelés des trous dans lesquels on jette les Bales en jouant : qui est une étymologie peu vrai-femblaide. M.
TRIQUE, TRICOT, TRICOTER. De ridica. Ridica, rica, trica, TRIQUE : trica, tricum, tricotum, tricocare, TRICOT, TRICOTER. On y a préposé un 2. comme en canir, d'amita ; en tarir, d'arire. Ridica, dans sa première signification, a été dit d'un bâton en général : de même que rudis, d'où il a été formé. Rudis, rudicus, ridicus, RIDICA. Et rudis a été fait de jussis, qui signifie une verge. Ridica, dans la seconde signification, a été dit d'un bâton servant d'écalas. Et il le trouve en cette signification dans Varron de Re Rudica, liv. 1. chap. 8. & 16. dans Columelle iv. 16. dans Pline xvii. 12. & xviii. 16. & dans le Digeste, en la Loi xi. Quod vi aut clam, qui est d'Ulpen. De ridica, les Espagnols ont fait rodrigar, pour dire échalasser des vignes. Ridica, rudica, rudicare, rudigare, RODRIGAR. Rutica, pour rudica, se trouve dans les Gloises anciennes. vœux, rutica, pertica. Voyez roser. M.
TRIQUENIQUE. C'est comme qui diroit, valant trois niquets. Voyez le Journal de Henri III. édition de 1720. tom. 2. pag. 179. Niquet, sorte d'ancienne monnoie valant trois mailles. Les Latins ont dit tristolario. Le Duchat.
TRIQUENIQUE. On dit une affaire de triquenique, pour dire, une affaire de neant. Ce mot vient peut-être de vœux, c'est-à-dire, contentio de capillis : qui étoit un proverbe chez les Grecs, comme les Latins disident, rixari de lana caprina, disputer pour une bagatelle, pour un rien. D'autres croyent que triquenique vient de trica, & de nihil, qu'on écrivoit autrefois nichii ; de même que nichii, pour mihi. Les Latins ont appelé trica, des bagatelles, des choses de neant. Ciceron dit quelque part : Plus biennium in his tricis moratur ; ces bagatelles l'arrêtent plus de deux ans. *
TRISAYEUL. Ceux qui dérivent directement ce mot François du Latin trisavus, n'entendent pas l'analogie. Il vient de trisavolus. Atens, avolus ; d'où l'Italien avolo ; avolus, AYEUL. Ce mot, au reste, n'est pas ancien dans notre Langue : & selon Pasquier, Denis Sauvage est le premier qui l'a employé. Je s'ays bon gré, dit Pasquier, l. VIII. ch. 30. de les Recherches, a Denis Sauvage, Seigneur du Parc, lequel en sa traduction des Histoires de Paul Jove, liv. 37. appelle Mahomes bisaeul, Amurat trisaeul, de Soliman ; Empereur de Constantinople. Et devant lui, celui qui sous le nom de Féal Serviteur, se imprimer la Vie du Chevalier de Bayard, en l'an 1527. n'avoit usé du mot de Trisaeul, ainsi Ternaleul, au premier chapitre de son livre. A faute de quoy des Efrats, homme qui toutefois faisoit grande profession de bien écrire en- Z z z ij EFERUS - Recherches & Classification numériques 548 TRI. TRO. tre les Courrisans de son temps, fut contraint de dire au huitième livre de son Amadis, parlant de quelque Chevalier, qu'il eût fils du fils de son fils; par une pauvreté qu'il sentait être, pour cet égard, en nostre Langue. Ce Denis Sauvage florifioit sous Henri II. C'est un des personnages introduits dans le Dialogue de l'Orthographe de Jacques Peletier. M.
TRIVULCE. En Italien Trivulcio. Nom d'une Illustre Famille Milanoise. D'une tête a trois visages qu'elle a dans ses armes. Imhoff, pag. 81, de ses Familles d'Italie : Caput triprou etymon nomnis Trivulciani, quod a tribus vuitibus aliqui derivant. La même il donne le revers d'une médaille, où sous le bonnet de Prince, représenté au-dessus de l'écu des Armes du Prince Trivulce, se voit effectivement une tête a trois visages. Une semblable tête se voit a une Fontaine de la cour des trois visages a Fontainebleau. Je ne sais si cette cour aurait été ainsi appelée par rapport au fameux Jean-Jacques Trivulce, Maréchal de France sous Louis XII. & François I. Le Duchat.
TROC. Voyez troquer. M.
TROCHANTER. Terme d'anatomie. C'est le nom de deux apophytes situées a la partie supérieure de l'os de la cuisse. Ce mot, qui est pur Grec, signifie coureur ou rotateur, & il est formé du verbe τριχω, je cours, je tourne autour. On a ainsi nommé ces deux apophytes, parce que la plupart des muscées qui font mouvoir la cuisse, soit en rond, soit autrement, vont s'y terminer. *
TROCHE. TROCHET. Nicot : TROCHES, c'est un bouquet de poirier ou pommier, où il y a dix ou douze poires ou pommes, tenantes au-delà bouquet. Et par cette ressemblance a une trochée de poires ou de pommes, on a appelé trochere, les cornes, au nombre de trois ou quatre, du fait de la tête des cerfs. Voyez Nicot, au mot endouiller. Troche peut venir de trompe, tropa, troce, TROCHE. Voyez trompe. Il y a en Anjou plusieurs personnes du nom de Trochen : ce qui fait voir qu'on a aussi dit trochon. Il y a aussi une famille Noble du nom de la Troche. M.
TROCHI. Le mot de troche est encore en usage à Metz, dans la signification que lui donne Nicot, mais en tant que la troche est composée de poires ou de pommes, qui font encore attachées à une branche qu'il a fallu attacher du tronc pour les avoir toutes ensemble. Ainsi trochée vient indubitablement de truncata. Le Duchat.
TROENE. Arbre appelle ligustrum par les Latins. M.
TROENE. Je crois qu'il vient de 2p5v, fos, pigmentum. Huet.
TROGNE. M. R'gault, dans ses Observations sur Tertulien, pag. 15, de la deuxième édition, le dérive de 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v
TROGNE. S'il est vrai que tron en langue Bretonne signifie la même chose que notre mot trogne, j'aimerais beaucoup mieux en dériver ce dernier que du Grec 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v de rapport. M. le Duchat donne une étymologie singulière de trogne. Il dit que ce mot vient peut-être de Turchina, en sous-entendant facies, parce que les Turcs ont communément la face pleine & de bonne couleur. *
TROGNON. Partie qui reste d'un fruit ou d'une plante, quand on en a été le meilleur. On dit, par exemple, un trognon de chou. J'estime que ce mot a été fait de tronçon, d'autant plus qu'on a dit aussi trongnon. Un trognon de chou, est la même chose qu'un tronçon de chou : & tronçon vient de truncus. Je donne la même origine à trognon, lorsqu'on l'emploie par manière de caresse, & qu'on appelle un enfant, petit trognon. Voyez trou de chou. *
TROLLER. Roder, courir de côté & d'autre. De l'Anglois trull, qui signifie la même chose. Ce verbe Anglois a du rapport avec le mot Gallois trull, qui signifie un cylindre, & avec l'Alleman trullen, qui veut dire entre autres choses tourner en rond. Ainsi truler, c'est proprement 2y-are, tournoyer de côté & d'autre. Trullen, se dit en Alleman dans la signification de je retirer. *
TROMPE. Voyez trompette. M.
TROMPER. M. de Valois le jeune veut qu'il vienne de strophare, qui a été fait de stropha, qui signifie trompette. Sénéque, Epître 16. Remotis strophis, ac juris. Martial : Jam stropha talis abit. De stropha on a dit strophojus, qui se trouve dans Adalberon : Hunc gener insidus strophofo jollere quattu Malut infontem. Au lieu de strophare, on a dit strophare. Les Actes de S. Thyrie, dans Bollandus : Quantum arte Magica, ad cistropandos oculos boninum, facis ut te non videant dum cruciaris. Et au lieu de strophare, on a dit strophare, & trompare. C'est ainsi que M. de Valois le jeune tiroit la généalogie du mot tromper. Mais, pour moi, je croirois volontiers que ce mot viendroit de traupare, qu'on aura fait de l'Espagnol traupa, qui signifie cet instrument à prendre des souris, que les Latins appellent decipula, & les Italiens trappola. Nous avons dit de même attraper, de trappie. Voyez trappie. M.
TROMPETTE. De trompetta, inusité ; diminutif de tromba, aussi inusité. Tromba a été fait de l'Alleman drumbon, ou triumbon, qui dans le petit Glossaire de Lipse est expliqué par tuba : ou du Grec 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v M. Guyet dérivoit trompette de tuba. Tuba, tomba, tromba, trompa : d'où, disoit-il, le François TROMPER : trompa, trompetta, TROMPETTE. Le Pere Labbe blâme ceux qui le dérivoient de tuba & de 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v Nous appelons en Anjou trompe, ce qu'on appelle à Paris un sabot ; qui est le V'clubile bœnum de Virgile. De 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v, 2p5v EFERUS - Recherches, & Classification numériques c'est cette trompe dont nous parlons. M.
TROMPETTE. Wachter, dans son Glofar, German, pag. 1716. TROMPETTE, tura. Camaris trumpis, Anglis tromper, Gallis trompette, Luthris drommete, Hrob. XXXII. 18. Dominativa a Francisco trumbo. Gloff. Lipf. drumbon tubis. Tatianus, cap. XXXIII. 1. ni tuo trumbun singan forta thir, mili tubis canere auto te. Vita Abbatum S. Albani apud Cargium: Tuba, quam vulgus trumpam vocat. Hulse simplex superat apud belgas, quibus trompe tuba. Cuntia per opanthos in a Sarmacice traba tuba, buccina, cornu, quod est a trabita iufio, cano, molular. Vicos fipus Frozelius, in Origin. Sorab. pag. 231. TRONC d'Eglise. De truncus. Innocent III. dans une de ses Epîtres à l'Archevêque de Magdebourg: le finguus Ecclesiis trumum concavum pomi pra epimus, tribus clavibus confignatum. M.
TRONCHET. Le livre intitulé Arista amorum, pag. 70. édition de 1546. On tronchet, on placet à mettre sous les pieds. Tronchet en cet endroit, est un petit biège fait en façon de tronc. C'est un synonyme de placet, qui suit: car c'est placet qu'on doit lire, & non pas passer, comme ont toutes les éditions que j'ai vues. Le Duchat.
TROP. Il vient de troppus, qui signifie troupe, & multitude: titanium, pour multum. Caïencave.
TROP. Du Latin-Barbare troppum, qui se trouve pour signifier un troupeau. Voyez troupe. Dans la Langue des Languedociens troppo est adjectif. Son tropos: c'est-à-dire, ils sont en trop grand nombre. Tropas son muchos: c'est-à-dire, trop est trop. Les Italiens disent de même troppo: que j'ai tiré dans mes Origines Italiennes de turba, turba, turbam, trubam, trupam, tropam, TROPP. M. Ferrari le dérive d'altro plus. M.
TROPELLE. Maladie de filles. Un ancien Inventaire des Melfes Ms. Saintes Gertrude & Petronille, Aux femmes qui ont la Trop-fille. A Metz on fait peur de cette maladie aux femmes trop appliquées à leur rouet, particulièrement à celles qui n'usant pas de mouilloir se servent de leur lalive pour humecher leur filaffe. C'est une corruption d'arrophie, venant du Grec arysipio inedia, & qui se dit de toute maladie provenant de sécheresse du poumon. Le Duchat.
TROQUER. Lat. permutare. Les Espagnols disent aussi trocar. Les Anglo-Saxons disent la troque, pour dire mec. vers, vel merces alias pro aliis murare. Voyez Méric Cataubon, page 36, de sa Dissertation sur l'ancienne Langue Angloise. Ce qui donne sujet de croire, que ce mot est Alleman d'origine, & que le François troquer, & l'Espagnol trocar, viennent de ce mot Alleman. M.
TROQUER. M. le Duchat, peu content apparemment de l'étymologie de M. Ménage, en donne plusieurs autres. D'abord il dérive troquer de l'Alleman trog, tromperie, fait du verbe triegar, tromper, affiner; parce qu'il est assez ordinaire, dit-il, que dans les trocs l'un des troqueurs soit affiné par l'autre, chacun même prétendant presque toujours avoir dupé l'autre. Ensuite il demande si troquer ne viendrait pas de l'Alleman ceufibere tromper, par l'insertion de l' : on du Latin torquere, dans la signification de son composé resorquere; on même de torrare, parce qu'avant la découverte des Indes la coirume éteint de troquer avec les Turcs nos denrées contre celles qu'ils tiroient des Indes. Toutes ces étymologies sont peu vrai-emblables, sur tout la dernière, qui est des plus singulières. Celle de M. Ménage me paroît fort bonne, & je ne vois pas la nécessité d'en chercher d'autre.
TROTER. Saumaisé, sur les Auteurs de l'Histoire Auguste, a remarqué que ce verbe vient de tolutare, qui signifie ambier; d'où l'on a fait tlotare, & enfin troter, en changeant le tte. Ce verbe signifie aussi fort souvent courir (a & la) ce qui a donné sujet à quelques-uns de le dériver de γείχω, qui signifie course, formé de γείχω, curro. Caïencave.
TROTER. M. Guyet le dérivait de tripoden. Tripoden, tripodo, tropido, tropito, tropto, troto (mot Italien), trote (mot Espagnol), tropidare, tropitare, troptare, TROTER. M. de Saumaisé, sur l'Histoire Auguste, page 245. le dérive de tolutare. Voici ses termes: lotutare, tlotare: & inde nodrum troter. Nam tolutim incedere equus etiam dicebatur qui tropisabar. Hinc tolutarii & tolutates equi, qui & trepidarii. Tolo vetus verbum, pro tollo. Nam vetores non geminabam consonantes: unde compositum abfulo apud Dionedem: & artulo. Nervius: dotem ad vos nullam artulat. Plautus: aulas abfulas. A tolo igitur, tolui, tolutum. Hinc tolutim: ut volutim. Dichi autem tolutim incedere ejufmodi equi, quod crura altius tolerent in currendo, & subjutim incederent. Charles de Bouvelles le dérive de tro: quafi tiroter, id est, terram pedibus terre. Le Pere Labbe veut que ce soit une onomatopée: a cause du bruit que sont les chevaux en trotant. Je suis pour l'étymologie de M. de Saumaisé. M.
TROTER. De troar, qui en Bas-Breton signifie pié. Huet.
TROTER. Wächter donne une autre étymologie de ce mot: Voici ses termes, pag. 1719. de son Glofar, German. TROTTER, trotten, succutere, succussare, & metonymice, velociter corre-re. Dicitur de equis tantum, quatenus incitato cursu sessorem concutiunt, & tributur Germanis a Stilero in Thes. L. Germ. Angli eodem sensu dicunt to trot, Galli troter, Itali trotare, Latino-Barbari trotare. Inde formata apud Cargium: quantum equi trotare poterunt. Salmasus deflectis a tolutare, tolutim incedere, quem sequitur Menagius. Quod merito displicet Ferrario, quia hac esymologia tolutarium cum succussatere, hoc est, mellem equi incesum cum incommodo & cruciante confundit. Ipse deducti a quadrupedare, quia equus quadrupedancio cruciat; ingenoso sed difficili parru. Cardanus talem equum tortorem vocat, ac si trotare per metatlosis est a tortare, torquere, cruciare. Nec delunt qui vocem a sono currentis equi situm arbitrentur, quos inter primus est Cargius. Sed hoc nodum secare, non solvere, certum est. Quid ergo, inquies, est trotare? Respondeo: fatigare, defagitare; & dicitur de equa quadrupedante, quia velterem succussu defatigat. Tostis mihi Verellus in Ind. trott lafus, defatigatus; trotta defatigare: inde Italiis trotare succutere, proprium equorum succussatorum & flemacium. Hac ille totidem verbis. Succis trotta etiamnum est defatigare, trott defativatus, trottheet defatigatio. Unde patet quam mijere sape hallucinentur ii, qui voces in Scandia nasas, & ab illis proseminatas, nulla iftius lingua EFERUS - Recherches & Classification numériques mictia infrutii, aliunda explicare nitentur. A trot- ten currere, turfus sit trot curfus equi incitatus & fuctusfarius, & trotarius curfex; quorum idud. An- glas & Gallis, hoc Latine-Barbaris uſtatarum. Il y a une vieille Poeſie, qui a pour a titre Les Pardons de S. Trotes, a cauſe du plaiſir que les femmes prennent a troter, ſous prétexte d'aller vi- ſiter quelque Chapelle hors de la Ville, quelque Croix plantée ſur un grand chemin, quelque Image miraculeuſe, &c. Gloſſ. ſur les Noeis Bour- gnignons, au mot Trôtai. On appelle Trotin, un petit laquais, qui ne ſert qu'a faire des meſiages. Du Cange dit que dans la baſſe Latinité on a ap- pellé Trotarius, un courier, un valet de pié.
TROU. En Languedoc on dit trang. Ces mots viennent du Latin Barbare trangus, qui ſignifie même choſe. La Loi des Ripuariens, titre 43. Si quis in clauſura aliena traugum ad tranſeundum ſecerit. Il y en a qui le veulent dérive de vœu, ou vpu, qui ſignifie percer ou bleſſer; d'où vient vœua, ou vœua, qui ſignifie bleſſure. Caſe- neuve. TROU: pour foramen. Voyez trouer. M. TROU de chou. On dit trou de chou, & tronc de chou. Trou de chou ſe trouve dans Rabelais v. 18. En ſa dextre tenoit un gros trou de chou. Ra- belais, liv. 1. chap 14. a dit de même trou de leniſique. Trou de chou ſe trouve auſſi dans Ni- cot au mot Chou. Olivier de Serres, dans ſon Théa- tre d'Agriculture, liv. 1. chap. 3. & M. Fremont d'Ablancourt dans le nouveau Dictionnaire de ri- mes (car ce livre eſt de M. d'Ablancourt, & il l'a fait a mou inſtigation), ont dit tronc de chou. Et M. Richelet a remarqué que c'eſt ainſi qu'on parle dans les marchés de Paris. Mais quoiqu'on parle de la forte dans les marchés de Paris, il faut néanmoins dire, Cela ne vaut pas un trou de chou. C'eſt ainſi qu'on parle & à Paris, & dans toutes les Pro- yinces de France. Et qui diroit cela ne vaut pas un trou de choux, parleroit tres-mal, n'en déplaiſe à M. Richelet. Ailleurs on peut dire un trou de chou. Ce trou de chou eſt tout ſec. Villon a dit un trongnon de chou. D'un trongnon de chou, un naveau. Il me reſte à parler de l'étymologie de trou de chou. Ni- cot, au lieu allégué, dit qu'on a dit trou de chou, pour trou de chou. Cela n'eſt pas véritable. Trou de chou n'a pas été fait de truncus, mais de turfus, fait de thyrus. Les Gloſes anciennes : turfus, vœu- lac. Et l'on a dit turfus pour thyrus; comme la- crema pour lacryma. De turfus les Éſpagnols ont fait trou. M.
TROU. Quoi qu'en diſe M. Ménage, j'eſtime que ce mot eſt un abregé de trongnon, qu'on a dit au lieu de trongnon, ou trognon; & que trongnon, ou trongnon, ou trognon a été fait de tronzon, qui vient de truncus. Voyez ci deſſus trognon. Un trou de chou eſt la même choſe qu'un tronzon, ou un tro- gnon de chou. Selon M. le Duchat, trou de lance, pour tronzon, ſe lit dans le récit d'un Tournois, dans Guichenon, Hiſt. Général. de la Maison de Savoye, tom. 1. pag. 471. Et ce Tournois eſt du XVI. fléclé. M. Ménage convient lui-même qu'on dit trou de chou, & trou de chou : ce qui confir- me encore mon étymologie.
TROUBLER. De turbulare. Turba, turbula, turbulum, TROUBLE : turbulare, TROUBLER. Turbu- la ſe trouve dans Ammien Marcellin pour une ſé- dition populaire. M.
TROUBLER. Le Latin turba, d'où turbare, vient du Grec vœu, qui ſignifie la même choſe, & d'où eſt formé vœu, troubler, cauſer du trouble. Dans l'Évangile de Saint Luc, chapitre x. v. 43. vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, v TROUER : pour perforare. M. Bochart le dé- rivoit de vœu, perforare vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, v
TROUER. On prononce a Metz trauer : ce qui rend l'étymologie de M. de Caſeneuve encore plus vraſemblable. Trou ne pourroit il pas auſſi venir de terebrare? Terebrare, trebrare, trebare, tro- bare, trouare, TROUER. Le Duchat.
TROUIL, rhombus. De vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, vœu, v
TROUPE, TROUPEAU. Le premier ſe dit des hommes, & l'autre des bêtes : & tous deux viennent du mot troppus, qui dans la Loi des Allemans, titre 72. ſignifie un baras, ou trou- peau de ſumens. Si enim in troppo de ſumentis il- lam duſtricem aliquis involvages. Caſeneuve.
TROUPE, TROUPEAU. Turba, truba, par métathcée ; trupa, TROUPE. Trupum, trupelium, TROUPEAU. M.
TROUSQUER. Rabelais, au Prologue du liv. 1. dans l'édition de 1542. Une le Maniubeque vous trouque. Ce mot eſt Gaſcon; & il ſe peut que les Gaſcons diſent tronſquer pour trouſer, comme on lit dans les autres éditions. Mais il ſe peut auſſi que tronſquer vienne de l'Alleman fricéen, qui ſi- gniſie étrangler : & en ce cas-là le Maulubec ſeroit une eſpèce d'eſquinancie. Le Duchat.
TROUSSE, TROUSSEAU, TROUSSER. Nous appellons trouſſeau, un paquet en général ; trouſſe, un paquet de fléches ; & trouſſer, empaque- ter : ou bien, trouſſer une robe & un habit, c'eſt- à-dire, la replier & l'empaqueter. Trouſſel eſt le paquet des meubles que les peres & meres don- nent à leurs enfans quand ils les marient. La Cou- tume de Bourgogne, art. 87. parlant d'une femme : La trouſſel, & biens meubles. La Coutume de Bre- tague, art. 63. excepté ſon trouſſel, c'eſt a ſcarvoſi ſon lit, ſes coffres, ſes robes & ſes joyeux. Celle de Melun, art. 276. Trouſſeau, comme lits, draps & autres choſes à eux données. Celle de Sens, art. 268. dit la même choſe. Tous ces mots viennent de truſulus, qui ſignifie ce qui eſt empaqueté & ſerré en petit volume. Les Gloſes : truſulus, & in comp. vœu : c'eſt- à-dire, trouſſe & ſerré en petit volu- me. Les Savans veulent que truſulus ſoit même choſe que truſulus, qui ſe lit dans les anciens Au- teurs de la Langue Latine & que Nonius Marcel- lus veut être dit, quasi torſulus, c'eſt- à-dire, char- nu & epais. Caſeneuve.
TROUSSE. TROUSSEAU. TROUSSER. Les Allemans appellent troſſ, le bagage d'une armée ; & ils appellent un goujat, trephale, comme qui diroit garçon de bagage. Et comme les Cavaliers portent d'ordinaire leurs équipages derrière eux dans quelques alliés, ſur la croupe de leurs che- vaux, je crois que de la nous avons fait le mot de trouſſe, en ces façons de parler, porter en trouſſe, EFERUS - Recherches & Classification numériques avoir les ennemis aux trouves. Et parce que les valises qu'on porte en trousse sont d'ordinaire bien ramalises, je crois aussi qu'on a dit trouver, pour colligere. Trousse sa robe. Et ce qui ne me confirme pas peu en cette opinion, c'est cette façon de parler, trouver bagage. Nous disons outre cela, une trousse, pour un carquois: ou parce qu'un carquois est retrousse & ramalise, ou parce que les Cavaliers le portent en trousse. M.
TROUVER. M. l'Abbé Châtelain, Chanoine de Paris, tient l'origine de trouver, introuvable. M. Ferrari a eu la même pensée. Alii querant, dit-il; ego interim conquerar, me, undenam sit trovare pro reperire, nondum reperire potuisse. Il ajoute: Nisi sit a reperire, reperitare, reperitare, retrovare, TROVARE. L'analogie ne permet pas qu'on fasse trouver de reperitare. M. Guyet le dérivoit de trenvare, inusit, quoiqu'il croyoit avoir été formé d'oues, dit pour vases, vases, vases, trenvare, qui est une étymologie qui n'est pas meilleure que celle de M. Ferrari. M. de Valois le jeune le dérivoit de tondere: comme trou de trufum. Et cette étymologie ne me plaît pas davantage que les précédentes. M. du Cange le dérive de l'ancien mot Gaulois tren, dans la signification de tribut. Voici ses termes: Vocis trouver, seu ut hodie efferimus, trouver, ut Itali trovare, etymon petendum ab eufmo-ti tributorum Collectoribus, qui dicebantur avoir trouvé, cum tributum, seu le treu, exegiffent: quam vocem pofmodum pro invenire usurparimus. Le Roman de Merlin, manuscrit: Et chevauche tant k'en la forest se met, & trueve les efclos (a), si point tant après le Chevalier, &c. Il ajoute: Neque mirum, si Octavius Ferrarius, vir doctifimus, vocis trovare etymon ignorare se profitetur, cum a verere idiomate voc obitorum plerumque orizines sint petenda. J'ajoute à l'exemple de trouver, allégué de Merlin par M. du Cange, celui-ci d'Hélinand dans son Poème de la mort, Stance 33. Qui toi ses biens & ses maux trueve. Cette étymologie de M. du Cange ne me déplaît pas. Mais elle ne me satisfait pas tout-a-fait. En voici une autre que je propose à mes Lecteurs. Recuperare, recuberare, reuberare, treuberare, treuverare, treuverare, treuvare, TREUVER. On y a préposé un T: comme en TRIQUE de ridica. Voyez trique. De cuperare, apocope de recuperare, les Espagnols ont fait cobrar. Treuver est l'ancien mot François. M.
TROUVER. J. H. Offius, dans la France-Gallia, imprimée à Bâle en 1670, dérive trouver de l'Alleman treffen, antreffen, qui signifie la même chose dans plusieurs façons de parler. Treffen & antreffen se disent proprement d'une personne qu'on aura atteinte ou trouvé, soit au logis, ou autre part où on la cherchait. Cette étymologie se confirme par le surnommé Der Spat, dans ses Origines Allemandes, au mot Treffen, où l'on voit que ce mot se prend souvent pour inventer. Le Roman du Chevalier Artus, fils du Duc de Bretagne, chap. 50. Et quand le neveu au Duc se sentit ainsi navré, il fut enragé & dict a Artus: Vafsai, vous m'avez trouve, c'est-a-dire, vous m'avez atteint. Le Duchat.
TROUVER. L'étymologie que M. le Duchat donne de ce mot est la véritable. Le verbe Alleman treffen, d'où le François trouver, signifie pro- (a) C'est-a-dire, les pas des chevaux. Voyez ci-dessus le mot efclos. L. D. 55r prement toucher, atteindre; & métaphoriquement il a plusieurs significations, & eut'autres celle de trouver. Wachter, dans son Giff. gr. German. pag. 1705. TREFFEN, tangere: daz il treffen metam attingere. Car aetio tangendi dicatur treffen, disce quam docere malim. Interim ab hoc significatu, quamvis obscuro, descendunt plures alii, metaphorsis & metonymici. Et plus bas à la même page: TREFFEN, occurrere, incidere in aliquem, composite antreffen. Gallis etiam trouver, sape est rencontrer. TREFFEN invenire... Inde Gallis trouver, Itali trovare, qua vox miri torfit Ferrarium. Alii querant, inquis, in Orfeimbus Italicis; ego interim conquerar, me, undenam sit trovare proreperire, nondum reperire potuisse. At si Germanicam Linguam, qua vere est Lingua Eruditorum, calluifet, haud dubie pro suo quo polluit ingenio, vidiffet, quod res invenire dicantur, quando a mente vel oculo ad similitudinem verum tallium deprebendumur. Cette étymologie s'accorde parfaitement avec ce que dit M. Ménage, que trouver est l'ancien mot François: ce qui confirme encore qu'elle est la véritable.
TRU. C'est un vieux mot qui signifie les fubides que les Rois ont accoutumé de lever sur les sujets. Philippe Moufckes dans son Histoire, parlant de Jules Cefat: Ki tant fut prou & conquérant, Ki par tot le monde tru or, De ceux d'Espagne avoir ne pot Son tren. Boutillier, dans la Somme Rural, ufe souvent de ce mot. Il vient de tributum. On a aussi dit truage. Martial Paris, dans les Vigiles de Charles VII. Las du bon temps du feu Roy les très-fage, Point n'y avoit en tant de lieu truage, Ny de fubides. On a dit aussi truande. Le Roman de la Rose: Et prie, & requiert & demande, Comme mandant a Truande (a). Moliere, dans son Cocu Imaginaire: — Ah! Truande, as-tu bien le courage De m'avoir fait coue dans la fleur de mon âge? Et Truandaille. Un vieux Noël: Vous n'êtes rien que truandaille, Vous ne logerez point céans. Dans le Cartulaire de Saint Lazare près Paris, Vicus Trutemaria, c'est la rue de la Truanderie. Voyez M. Galland, au Traité du Franc-Alleu, pag. 89. & 90. M.
TRUAND. L'Espagnol appelle truand un bouffon & un bateleur. Mais nous appellons truand un gueux: auquel sens je trouve aussi que nos Anciens François l'ont pris. Le Traité des Vertus & des Vices: Li truant te doivent enfigner a confesser qui monfrem il plus lait avant pour avoir l'aumofre. Ce mot vient du Latin-Barbare trudennis, qui signifie même chose, & dont Guibert, au liv. 7. de l'Histoire de Jérusalem, nous fournit l'étymologie, en ces termes: Thafur apud Gentiles dicuntur, quos nus, ut minus litteraliter loquar, tru- (a) Truande est là adjectif, féminin de truand. EFERUS - Recherches & Classification numériques dennes vocamus : qui ex eo sic appellantur, quia tradant, id est irviter transigunt quapaveris peragrante, anno. Joannes Januensis, dans son Catabillon : Trutalios, a trudo, dis : quia suis verbis tradat ad hoc ut decipat, facit enim credi quod terum non ep. Catatre, Moine de Heisterbach, liv. 1. de les Histoires memorables, chap. 3. Quomam. Caricam, autu Trutanum, quales per diversas caratis solent Provincitas. Cafeneuve.
TRUAND, TRUANDE. Dans le Patois de Metz, truand & truande signifie pareffieux & pareilleuse, parce que les gueux & les gueuses ne sont orlinairment réduits a mendier, qu'a cause qu'ils ne veulent pas travailler. Cependant il est sur que truand & truande viennent de tributare, c'est-à-dire, payer tribut. On a dit aussi truander pour qu'amander ou mendier, parce que par le moyen de la gueuserie les gueux tirent des bonnes gens une espece de tribut. Le Journal de Paris 1719, tom. 1, pag. 59. Les uns truandent, qui souilloient donner. La Légende dorée, édition de 1476, dans la Légende de Saint Martin : Et l'on dit qu'ils estoient adonc deux compaignons, l'un contrefait, & l'autre aveugle. Le contrefait monfiroit la voye a l'aveugle, & l'aveugle portoit le contrefait : & ainsi acqueroient pécune par truander. Ce qui est pris du Latin : Sicque taliter mendicantes multam pecuniam acquirebant. Le Duchat.
TRUCHEMAN. Nicot le dérive du Chaldéen Targeman. L'Espagnol (ce sont ses termes) dit aussi Trucheman, ou Trujaman, pour le mesme. Il vient du mot Chaldée Targeman, qui signifie Expofiteur, lequel vient de Targum, aussi mot Chaldée, qui signifie exposition d'une Langue en autre. Les Arabes l'usurpent de mesme, ce qui a fait dire à Antoine Nebriise, que c'est un mot Arabique. Les anciens Rimeurs Provençaux difoient Drogeman, comme il se voit en ce Vers de Rigaud de Berbeuill : Ma chansos mer Drogemans lai on jeu non aus anar. Et à présent encore, aux pays de Surie, & adjacent, ce mot Drogeman est en usage, qui est fait dudit Chaldée par mutation de la lettre τ tenue, en sa moyenne 0, & par transposition de ces lettres AR. Cabanon contre Baronius, pag. 680, le dérive du Chaldéen Meturgeman. 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100. 101. 102. 103. 104. 105. 106. 107. 108. 109. 110. 111. 112. 113. 114. 115. 116. 117. 118. 119. 120. 121. 122. 123. 124. 125. 126. 127. 128. 129. 130. 131. 132. 133. 134. 135. 136. 137. 138. 139. 140. 141. 142. 143. 144. 145. 146. 147. 148. 149. 150. 151. 152. 153. 154. 155. 156. 157. 158. 159. 160. 161. 162. 163. 164. 165. 166. 167. 168. 169. 170. 171. 172. 173. 174. 175. 176. 177. 178. 179. 180. 181. 182. 183. 184. 185. 186. 187. 188. 189. 190. 191. 192. 193. 194. 195. 196. 197. 198. 199. 200. 201. 202. 203. 204. 205. 206. 207. 208. 209. 210. 211. 212. 213. 214. 215. 216. 217. 218. 219. 220. 221. 222. 223. 224. 225. 226. 227. 228. 229. 230. 231. 232. 233. 234. 235. 236. 237. 238. 239. 240. 241. 242. 243. 244. 245. 246. 247. 248. 249. 250. 251. 252. 253. 254. 255. 256. 257. 258. 259. 260. 261. 262. 263. 264. 265. 266. 267. 268. 269. 270. 271. 272. 273. 274. 275. 276. 277. 278. 279. 280. 281. 282. 283. 284. 285. 286. 287. 288. 289. 290. 291. 292. 293. 294. 295. 296. 297. 298. 299. 300. 301. 302. 303. 304. 305. 306. 307. 308. 309. 310. 311. 312. 313. 314. 315. 316. 317. 318. 319. 320. 321. 322. 323. 324. 325. 326. 327. 328. 329. 330. 331. 332. 333. 334. 335. 336. 337. 338. 339. 340. 341. 342. 343. 344. 345. 346. 347. 348. 349. 350. 351. 352. 353. 354. 355. 356. 357. 358. 359. 360. 361. 362. 363. 364. 365. 366. 367. 368. 369. 370. 371. 372. 373. 374. 375. 376. 377. 378. 379. 380. 381. 382. 383. 384. 385. 386. 387. 388. 389. 390. 391. 392. 393. 394. 395. 396. 397. 398. 399. 400. 401. 402. 403. 404. 405. 406. 407. 408. 409. 410. 411. 412. 413. 414. 415. 416. 417. 418. 419. 420. 421. 422. 423. 424. 425. 426. 427. 428. 429. 430. 431. 432. 433. 434. 435. 436. 437. 438. 439. 440. 441. 442. 443. 444. 445. 446. 447. 448. 449. 450. 451. 452. 453. 454. 455. 456. 457. 458. 459. 460. 461. 462. 463. 464. 465. 466. 467. 468. 469. 470. 471. 472. 473. 474. 475. 476. 477. 478. 479. 480. 481. 482. 483. 484. 485. 486. 487. 488. 489. 490. 491. 492. 493. 494. 495. 496. 497. 498. 499. 500. 501. 502. 503. 504. 505. 506. 507. 508. 509. 510. 511. 512. 513. 514. 515. 516. 517. 518. 519. 520. 521. 522. 523. 524. 525. 526. 527. 528. 529. 530. 531. 532. 533. 534. 535. 536. 537. 538. 539. 540. 541. 542. 543. 544. 545. 546. 547. 548. 549. 550. 551. 552. 553. 554. 555. 556. 557. 558. 559. 560. 561. 562. 563. 564. 565. 566. 567. 568. 569. 570. 571. 572. 573. 574. 575. 576. 577. 578. 579. 580. 581. 582. 583. 584. 585. 586. 587. 588. 589. 590. 591. 592. 593. 594. 595. 596. 597. 598. 599. 600. 601. 602. 603. 604. 605. 606. 607. 608. 609. 610. 611. 612. 613. 614. 615. 616. 617. 618. 619. 620. 621. 622. 623. 624. 625. 626. 627. 628. 629. 630. 631. 632. 633. 634. 635. 636. 637. 638. 639. 640. 641. 642. 643. 644. 645. 646. 647. 648. 649. 650. 651. 652. 653. 654. 655. 656. 657. 658. 659. 660. 661. 662. 663. 664. 665. 666. 667. 668. 669. 670. 671. 672. 673. 674. 675. 676. 677. 678. 679. 680. 681. 682. 683. 684. 685. 686. 687. 688. 689. 690. 691. 692. 693. 694. 695. 696. 697. 698. 699. 700. 701. 702. 703. 704. 705. 706. 707. 708. 709. 710. 711. 712. 713. 714. 715. 716. 717. 718. 719. 720. 721. 722. 723. 724. 725. 726. 727. 728. 729. 730. 731. 732. 733. 734. 735. 736. 737. 738. 739. 740. 741. 742. 743. 744. 745. 746. 747. 748. 749. 750. 751. 752. 753. 754. 755. 756. 757. 758. 759. 760. 761. 762. 763. 764. 765. 766. 767. 768. 769. 770. 771. 772. 773. 774. 775. 776. 777. 778. 779. 780. 781. 782. 783. 784. 785. 786. 787. 788. 789. 790. 791. 792. 793. 794. 795. 796. 797. 798. 799. 800. 801. 802. 803. 804. 805. 806. 807. 808. 809. 810. 811. 812. 813. 814. 815. 816. 817. 818. 819. 820. 821. 822. 823. 824. 825. 826. 827. 828. 829. 830. 831. 832. 833. 834. 835. 836. 837. 838. 839. 840. 841. 842. 843. 844. 845. 846. 847. 848. 849. 850. 851. 852. 853. 854. 855. 856. 857. 858. 859. 860. 861. 862. 863. 864. 865. 866. 867. 868. 869. 870. 871. 872. 873. 874. 875. 876. 877. 878. 879. 880. 881. 882. 883. 884. 885. 886. 887. 888. 889. 890. 891. 892. 893. 894. 895. 896. 897. 898. 899. 900. 901. 902. 903. 904. 905. 906. 907. 908. 909. 910. 911. 912. 913. 914. 915. 916. 917. 918. 919. 920. 921. 922. 923. 924. 925. 926. 927. 928. 929. 930. 931. 932. 933. 934. 935. 936. 937. 938. 939. 940. 941. 942. 943. 944. 945. 946. 947. 948. 949. 950. 951. 952. 953. 954. 955. 956. 957. 958. 959. 960. 961. 962. 963. 964. 965. 966. 967. 968. 969. 970. 971. 972. 973. 974. 975. 976. 977. 978. 979. 980. 981. 982. 983. 984. 985. 986. 987. 988. 989. 990. 991. 992. 993. 994. 995. 996. 997. 998. 999. ont pris des Grecs du bas siècle, qui ont dit 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100.
TRUCHEMAN. Il est indubitable que le François Trucheman, Dragoman, ou Drogman, l'italien Dragoman, le Grec 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10. 11. 12. 13. 14. 15. 16. 17. 18. 19. 20. 21. 22. 23. 24. 25. 26. 27. 28. 29. 30. 31. 32. 33. 34. 35. 36. 37. 38. 39. 40. 41. 42. 43. 44. 45. 46. 47. 48. 49. 50. 51. 52. 53. 54. 55. 56. 57. 58. 59. 60. 61. 62. 63. 64. 65. 66. 67. 68. 69. 70. 71. 72. 73. 74. 75. 76. 77. 78. 79. 80. 81. 82. 83. 84. 85. 86. 87. 88. 89. 90. 91. 92. 93. 94. 95. 96. 97. 98. 99. 100.
TRUCHER. Gueuier, mendier. Trucheur, qui gueuse, qui mendie. L'origine de ce mot n'est pas trop facile à découvrir. Je le dérive du verbe Franc & Alémanique trugen ou trirgen, qui signifie tromper, duper, trug dans le même langage, tromperie, duperie, & aussi trompeur, fourbe, affronteur. Et d'ug, en Langue Bretonne, méchant, pervers, selon Boshornius dans Wachter. Suivant cette origine les Trucheurs auront été ainsi appelés, parce qu'ils sont souvent des trompeurs, & qu'ils emploient diverses artifices pour attraper de l'argent. Aussi le mot de Trucheur emporte aussi la signification de trompeur, & trucher, celle de tromper. Voyez Wachter dans son Glosser. German, aux mots triegen & trug. Le g de ces mots aura été aisément changé en ch, comme dans Trucheman, fait de Turgeman, & semblables. G & CH sont du même organe, & se mettent facilement l'un pour l'autre.
TRUDAINES. La farce de Patelin : Et s'il vous dit : ce sont trudaines. Il vient d'avec moi tout venant. C'est-à-dire, ce sont paroles vaines, comme est vain le son d'un tambour, qui, lorsqu'on frappe dessus, fait trudon. Le Duchat.
TRUDON. Nom d'un Tabourneur, livre 4, chapitre 12, de Rabelais. C'est une Onomatopée, qui imite le son & la marche d'un tambour. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques
TRUELLE. Il vient du Latin *trulla*, qui entre autres significations est quelquefois pris pour la truelle d'un Masson. Et en effet Vitruve, livre 7. chapitre 3. s'est servi du verbe *trulliffare*, pour *enduire les murailles de mortier* ou de *plâtre*. *Coronis explicatis*, dit-il, *parietes quam asperrimè trulliffentur*: *poftea autem supra, trulliffatione subarescente, deformentur direclibens arenari, uti*, &c. *Caseneuve*.
TRUELLE. Diminutif de *trua*, qui entre autres significations a encore celle de *spatule*, ou autre, instrument pour remuer ce qui est dans le pot 3 témoin ces paroles de Titinnius: *Coquus abenum, quando fervit, paula confucas trua*. Le diminutif de *trua* est *trulla*, d'où s'est fait *truelle*. Huet.
TRUFFE. Jean Picard, liv. 4. de son ancienne Celtopédie, croit que ce mot vient de *trupā*, qui signifie *délices* & *pafetems*; parce que cet excrément de la terre a été de tout tems employé aux délices de la bonne chere. *Caseneuve*.
TRUFFE, ou *truffe*. Jean Picard, dans sa Celtopédie, le dérive de *trupā*, *délices*: les truffes, dit-il, ayant de tout tems fait les délices des tables. Il vient du Latin *tuber*, *Tuber*, *tuberi*, *tubere*, *trubere*, *trofere*, *TRUFFE*, *TRUFFLE*. *M.*
TRUFFE, TRUFFES. Didier Christol, Traducteur des Livres de Platine de *Honefla Voluptate*, a rendu *tubera* par *truffes* ou *tarnuffes*. Sa Traduction fut imprimée pour la première fois en 1505. On difoit alors, comme aujourd'hui, *truffe* & *truffle*. La plus ancienne prononciation c'est *truffe*, d'où vient le Bourguignon *truffe*. Le vieux de Giffé entendant tonner difoit, *velai un bon tam po le truffe*, voilà un bon tems pour les truffes, & expliquait ainsi sans y penser le *faciens optata tonitrua cœnas* de Juvénal. Ferrari, dans ses Origines Italiennes, au lieu de *tubera*, au mot *Tartuff*, a dit *tubere*, qui est du masculin, qui a la première brève, & qui signifie, non pas des *truffes*, comme le neutre *tubera*, mais une espèce de jujube. Hadrien Junius avait fait dans son Nomenclateur la même faute avant Ferrari. *Gloffaire fur les Noëls Bourguignons*, au mot *Truffe*.
TRUFFER. M. Ménage a omis ce mot, qui signifie *moquer*, & dont l'origine étoit assez curieuse à rechercher. Rabelais, livre 4. chapitre 6. *Helas, helas, mon amy, nostre voisin, comment vous scavez bien trupher des pauvres gens!* Et au ch. 38. du même livre: *Vous truphez ici beuveurs, & ne croyez, qu'ainsi soit en vérité comme je vous raconte*. Et plus bas dans le même chap. *Cessez pourtant ici plus vous trupher, & croyez*, &c. On avait pris d'un siècle auparavant employé le mot *tromper* en la même signification. La 33e. des cent Nouvelles nouvelles, imp. en 1505. *Je ne pourroye souffrir que une telle gougé se trompaît & de vous & de moi si longuement*. Item la Nouvelle 94. *Monseigneur l'Official voyant que c'estoit ung vray trompeur, & qu'il se trompoit de luy, siit venir le barbier & le paremanier*. Voyez M. Ménage, au mot *tromper*, & Nicot, au mot *truffe*. Rabelais, au chap. 19. du liv. 4. explique lui-même le mot *trupher* par celui de *mocquer*, en ces termes: *Lors prévoyant que tout troit à mal & perdition, comme depuis a-vint, commença à trupher & mocquer, maintenant les uns, maintenant les autres, avec brocards aivres & piquans, comme très-bien sçavois le style*. Ainsi le mot *truffer* pourroit bien avoir été fait de *tropare*, fait de *siropha tromperie*: duquel mot *tropare* on a aussi fait *trompere* tromper. Voyez ci-dessus au mot *tromper*. Le Duchat.
TRUIE. Hadrianus Junius, en son livre intitulé *Batavia*, dit que les Troyens avoient pour devise de leur enseigne une Truie, que Messala Corvinus dit avoir été vulgairement appellée en Latin *troia*. Trojani *scripham vel fuem, quod animal etiam troia vulgo Latinorum vocatum fuiffe*, Messala Corvinus testatur; unde & Trojana urbis memoria sacraville illud insigne, *Antenor dicitur in aureo vexillo*. Caseneuve.
TRUIE. Pomponius Sabinus, dans ses Commentaires sur Virgile, sur cet endroit du liv. 1. *Armaque fixit Troia*: Troia, *quo nomine in Latio scrofa appellatur*: *cui vocabulo licentia Patrica allosit, quia & hoc urbis nomen fueras, & ipse Antenor fuem in aureo vexillo posuit, ut absumpta urbis memoria ante oculos esset*. S. Add.
TRUIE. De *troia*. Messala Corvinus: *Troia namque vulgo Italicæ Latinique scrofa vel fis dicitur*. Les Gloses d'Isidore: *besteria, troia*. Cujas sur la Loi 67. de *Leg*. 2. *Troias omnes meas do, lego*: *Ut Messala lib. de Orig. Aug. scribit, fues vulgaris fermuor troias appellari*: *ut solemus nos Galli appellare trules*. Les Italiens disent encore à présent *troia* en cette signification; & *troia* pour une étable à pourceaux, & pour le nombre des cochons qu'une truie a eu d'une même ventrée. *M.*
TRUITTE. Joannes Januenis, dans son *Catholicon*: Trutta, *a trudo*, is. *Diciturhat trutta*, *a, quidam pissis: quia vim haber trudendi, vel quia semper mortitur obstruſa*. Les Gloses: *Trutta, trutut*. Caseneuve.
TRUITTE. Poisson. De *trutta*, ou *trocta*. Les Gloses anciennes *trutut*, *trutta*. Scaliger, dans ses Leçons sur Aulone, liv. 1. chap. 3. Troctarum *nomen apud unum Ambroxum vidi, & vetus Gloffar*. Les Espagnols disent *trucha*. *M.*
TRUITTE. Jean Bruyerin de *Re Cibaria*, liv. 2. chap. 15. de *Trocta*: *Trocta nostra ( sic enim per tt duplex scribere malo ) cavernas subit, in quibus latitas, ut crebrò vidimus. Ideque in iis capitur. Franci cavernas & foramina appellant trottos: unde fortasse nomen acceperunt*. Le Duchat.
TRUITTE. Le *trutut* d'Elien étant un poisson marin, ne convient point à notre *truite*. Le *trocta* de Saint Ambroise y conviendroit mieux 1. L'apparence étant, comme dit Paul Jove, qu'accoutumé aux truites du Lac de Côme dans son voisinage, c'est d'elles qu'il a entendu parler. Quelques-uns décrivent *truite* du Latin *trudo*, parce qu'elle aime, disent ils, à remonter le cours de l'eau. D'autres croient qu'on a dit *truite* pour *truite*, à cause des *trous* où elle se cache. Mais qui ne voit que *tructa*, interprété dans les Gloses par *trutut*, vient naturellement de ce mot Grec: La *truite* étant, comme on fait, un poisson véritablement *tructus*, c'est-à-dire, vorace. *Gloffaire fur les Noëls Bourguignons*, au mot *Trute*.
TRUMEAU. *Trumeau de bœuf*. C'est la partioque est immédiatement au-dessus de la jointure du genou. Du Grec *volus, trou; parce que l'on s'en séparant aisément, il reste un grand trou au milieu du *trumeau*, qui alors ressemble au bout d'un moyen de roue. On appelle *trumeau*, en termes d'Architecture, le mur solide & massif qui est entre deux portes ou fenêtres. Je ne sais point l'origine de ce mot en cette dernière signification. De-la on appelle aussi *trumeau*, une glace que l'on met sur ce mur ou sur une cheminée. A 2 2 2 EFERUS - Recherches & Classification numériques 554 TRY. TUA. TUB. TUC. TUD.
TRYPHÈRE. Tryphria. On appelle ainfi, en termes de Pharmacie & de Médecine, plusieurs compositions médicinales. Du Grec γρηγορις delicatus, voluptarius, fait de γρηγορις delicia, voluptas : parce que ces fortes de médicaments composés réjouissent & font reposer ceux qui en usent, adoucitent l'haleine, corrigent la pourriture des humeurs, remettent le corps en embonpoint, & contribuent à l'embellir. * TU AUTEM. Rabelais 1. 13. Et bientôt en sauray le tu autem. Et 2. 31. Car j'ay dit le tu autem. C'est-à-dire, la fin : qui est une façon de parler prise des Leçons du Bréviaire, qui finissent par Tu autem, Domine, miserere nostri. M. TU AUTEM. Entendre le tu autem, qui signifie proverbiablement savoir conduire une affaire, être à l'erte, adroit, intelligent, entendre à demi-mot. L'origine de ce proverbe vient de ce que les Leçons d'Eglise finissent toutes par le verier, Tu autem, Domine, miserere nobis. Et comme dans les Communautés Ecclésiastiques la coutume est que le Supérieur, après la réfection, touche du doigt sur la table, en disant Tu autem, &c. pour avertir le Prêtre ou le Moine, qui pendant le repas a fait l'office de Lecteur, qu'il est tems de finir sa lecture : si dans ce moment le Lecteur finit, on dit qu'il entend le Tu autem. Mais lorsque, malgré le signal, il est assez bon pour continuer à lire, alors on dit qu'il n'entend pas le Tu autem. Cette explication est de Verville chap. 60. de son Moyen de parvenir. Menot a dit, qu'après notre mort poterimus cognoscere omne Tu autem, Glossaire sur les Noëls Bourg. au mot Tu autem. *
TUBEREUSE. Nom d'une très-belle plante : ainfi appellée à tuberosa radice, du Latin tuber, boise, tumeur. C'est une espèce d'hyacinthe, & elle se nomme en Latin Hyacinthus Indicus tuberufus; sios Hyacinthi Orientalis. *
TUCHINS. Payans révoltés du Poitou & de l'Auvergne en 1384. ayant à leur tête un nommé Pierre de la Bruyère. Voyez Nic. Gilles, & la Mer des Histoires. Pour sçavoir si on étoit des leurs, ils touchoient aux mains des gens qu'ils rencontroient ; & s'ils n'y trouvoient point de durillons, ils les traitoient en ennemis. De-là peut-être leur sobriquet de Tuchins. Le Duchat.
TUCQUET. Rabelais 2. 14. Quand je fus sur un petit tuquet qui est auprès, je me retournay arrière, comme la femme de Loth, & vit toute la Ville brûlant. M.
TUDESQUE. Langue Tudesque. Voyez ci-dessus Teutons. *
TUER. Comme les Espagnols ont fait matar, de mactare, qui signifie sacrifier : ainfi nous avons formé tuer, de Sour, qui signifie auffi sacrifier. Néanmoins Gospplus, livre 1. de ses Origines d'Anvers, nous veut persuader qu'il vient de doien, qui en Langue Flamande (ou, comme il dit, Cimbrique) signifie tuer; en changeant Den T : & que la Ville de Tuinum est ainfi appellée, comme qui diroit Toung; ou comme le prononcent les Flamans communément, Doung; & cause d'une grande tuerie de Neniens qui fut faite en cet endroit. Caseneuve.
TUER. Erasme, dans son Traité de la prononciation de la Langue Grecque & de la Latine, le dérive de Vant, sacrificare, mactare. Voici ses termes : Quin & Latini ex Sylla SULLAM faciunt : ex àquo, apua. Idem arguit quod Galli vulgo pro Vant, dicunt TUER; id est mactare; usurpat à voce Gracà, nisi quod abjiciunt aspirationem. Budée, page 213. de ses Commentaires de la Langue Grecque de la dernière édition; Jean Picard, dans sa Célotatie; Henri Etienne, dans ses mots François dérivés du Grec; Périon, dans son de Lingua Gallica cum Latina cognatione; Trippault, dans son Celt-Hellénisme; & Gosselin, dans son Histoire des anciens Gaulois; & M. Lancelot, dans ses Racines Grecques; & M. de Caseneuve; lui ont donné la même étymologie. Tuer a été fait de l'Alleman todten (qu'on prononce teuten), qui signifie la même chose, & qui vient du mot tot, qui signifie mort. En Languedoc on dit encore aujourd'hui tota, pour dire tuer. De l'Alleman todten les Ecrivains Latins des bas siècles ont fait tutare, dont vous trouverez plusieurs exemples dans le Glossaire de M. du Cange. Dom Edme de Martène, qui dans son petit Glossaire imprimé à la fin de son Traité de Antiquis Monachorum Ritibus, dérive le Latin tutare du François tuer, n'a pas bien rencontré. ¶ Le P. Labbe a écrit que tuer vient du bruit que faisoient nos Ancêtres en guerre, poursuivant leurs ennemis, en disant tue, tue; qui dure encore maintenant : ce que je souhaiterais qu'il n'eût point écrit. M.
TUER. Wachter, dans son Glossar. German, page 1695. TODTEN, todten, necare, in statum mortuorum redigere. A todt mortuus. Gothis afdauthjan est Interficere Matth. XXVII. 1. Suecis doda occidere. Gracis φίλια, perdere, destruere, faterre ut percat. Ab alterutro est Gallicum tuer trucidare. Un fort habile homme croit que tuer vient de tudare, fait de tudes maillet; comme qui diroit, assommer avec un maillet. *
TUF, TUFE, TUFE AU. Sorte de pierre. Tuf a été fait de tophus : & de tophellus, diminutif de tophus, on a formé tufean. Tophus se trouve dans Virgile. Et tophus scaber, & nigris exesa chelydris Creta C'est au 2. des Géorgiques, vers 214. M. Guyet dérivoit tophus de φίλια, de cette manière : φίλια, φίλια, φίλια, φίλια, φίλια, tophus : qui est une étymologie peu vraisemblable. On appelle Dubes à Poitiers ces grands rochers qui sont autour de Poitiers. Et on les appelle de la sorte par corruption, au lieu de tufes, comme qui diroit, rochers, pierres. On a changé le Ten D. EFERUS - Recherches & Classification numériques C'est ainsi que le petit peuple d'Amboise dit du du-bes, pour dire du duvet. M **TUIAU.** De *tubellus*, diminutif de *tubus*. M. Huet, Evêque d'Avranches, le dérivait de *tullus*, dans la signification d'un *aqueduc*: comme *beau*, de *bellus*; *peau*, de *pellis*: ce sont ses termes, auxquels il ajoute qu'on lit *tullus* & *tallus*. M. **TUILLE.** De *tegula*. **TUILLIER.** De *tegularius*. Nous disions anciennement *tieule* & *tieuller*. L'ancien Dictionnaire du P. Labbe : **TIGULA**, *tieulle*. **TEGULARIUS**, *tieuller*. J'ai connu dans l'Anjou deux familles du nom de *Teulier*. M. **TULLERIES.** Jardin du Louvre : ainsi appellé parce qu'il y avoit autrefois en ce lieu-là des Tuilleries ; c'est-à-dire, des lieux où l'on faisoit de la tulle. Je remarquera ici par occasion, qu'il y avoit de même à Athènes un lieu appellé *Ceramique* ; c'est-à-dire *Tuillerie*. M. **TULIPE.** ou *Tulipan*. Cette fleur, qu'on ne connoit en France que depuis quelques années, est ainsi appelée à cause de la figure d'un chapeau à la Turque qu'elle représente. Le Glossaire Grec-Barbare de Meurfius : *Tulipan*, *pileus Turcicus*, *occurris in Turco-Gracia Crusii*. Leunclavius, dans le Vocabulaire des mots Turcs qu'il a mis à la fin de son Histoire Musulmane des Turcs : *Tulipan* & *Tulpant*, *linenum capitis involucrum Turcicum*, *quod Graci recentiores quaius dixere*, *veluti fasciolam aut fasciam*. Tulipant, *fascia linea qua Turci caput involvunt*. C'est le même que le Turban ; car il y a dans le même Vocabulaire *Tulipan*, & *Tulpant*, &c. *Cafeneuve*. **TULIPE.** Fleur. Du Turc *tulipant*. Bodeus à Stapel, dans ses Annotations sur le livre des Plantes de Théophraste, pag. 1171. *Nomen Tulipa accepit a pilei Sclavonici similitudine*, qui *Turcis dicitur tulipant*, *dulpant*, *dublent*. *Hunc pileum videtur hic flos forma exprimere*. Bufbec, dans l'Epître première de son Ambaïade de Turquie : *Per hac loca transeuntibus*, *ingens ubique florum copia offerehatur*, *narcissorum*, *hya inhorum*, & *eorum quos Turca tulipen vocant*. *Vossus de Vitis Sermonis*, pag. 306. **TULIPA**, *est flos e Turcia adlatus*, *ac gentis nomen retinens : quod illis & pileum notat Turcicum*, & *hunc florem*, qui *pileum Turcicum refert*. *Usi vero flos a similitudine ejus pilei*, *ita pileus Turcicus sic vocatus videtur a figura globosa qua referti vovum*, *hoc est lanam purgatam*, *inque globos compositam*, *ut colo adaptetur : eaque & docissimi Marrini in Etymologico suo sententia est*. Fulvio Testi dans son Ode au Sgr. Francesco Mantovani : Gradito è ciò che pellegrino arriva, Familiar tesoro Scena di pregio, e nella copia è vite. Gigli è Narcisi eran del nostro Aprile Vulgar pompa : e tra loro Porpora trivial la Rosa apriva : Quando da strana riva Vennero s'consciuti, e però grati I Tulipani, a far più belli i prati. Dans ma jeunesse, j'ai vu vendre tel oignon de Tulipe trois cens pistoles : tant la Tulipomanie étoit grande. Mais cette manie est passée, il y a déjà long-tems : & on ne donneroit pas présentement cinq fois de l'oignon de la plus belle Tulipe du monde. Je reviens à l'origine de notre mot de *Tulipe*. Nous prononçons anciennement *Tulipan*. Vous trouverez ce mot dans le Théâtre de l'Agriculture de du Pradel. Voyez *Turban*. M. **TULLE.** Ville. De *Tutela*. M. **TUORBE**, **TUORBE**, ou **TUORBE** *Tuorbe* est aujourd'hui le plus usité. M. **TUPIN.** C'est comme en quelques Provinces on appelle un pot de terre. Les Allemans usent du mot-op en la même signification : & *tupin* pourroit bien venir de ce mot Alleman. Voyez la Note 4. sur le chapitre 4. du livre 1. de Rabelais. *Le Duchat*. **TUQUET.** Mot *Gafcon*, qui signifie une espèce de hibou. Scaliger sur l'Histoire des Animaux d'Arithote, pag. 251. *Vafconibus* Tuquets *vocantur*, *quasi Duquets : sunt enim parvi Duces*. Voyez *Duc*. M. **TURBAN.** Voyez *Tulipe*. *Cafeneuve*.[{"box_2d": [476, 493, 834, 911], "label": "text", "caption": "**TURBAN.** Il y en a qui le décrivent de l'Alleman *Turkischband*, c'est-à-dire, *bandes entorillées à la Turque*. Les Ebreux appellent ainsi la Tiare du grand Prêtre *TURBAN*, de *TURBAN*, qui signifie *entoriller*. Mais il vient du mot *Turc tulipant*, qui signifie *une bande de tête*. *Vossus de Vitis Sermonis*, pag. 307. **TULIPANIUM** *ejusdem esto originis arbitrar*, *ac tulipa*, *de quo diximus*. *Est vero tulipantum tegmen linenum subtilissimi operis*, *quo Turca candidis involvere spiris caput solent*. *Atque inter alia eo diffirunt Persa à Turcis*, *quod cum Turcicus ille habitus superbia sit plenus*, *Persa modestia ergo jubeant caput velare tegumento de lana confecto*. *Atque inde nomen Sophi*, *seu Sophini*, *datum Ismaëli*, *Erdebilis filio*, *qui a Turcica Alcorani Religione recessit*, *sibique ac posteris Persa Regnum peperis*. *Vulgo tamen Ismaëlem hunc a Sophis sive Sapientibus Persa*, *qui antiquibus Magi dicebantur, nomen Sophi accepisse arbitrantur*. *Sed aliter est*. *Nam Arabice sophi est lana : ac contemtim hoc nomen ab Osmanidis datum est Ismaëli*, *quod nova Religione caput non magni pretii lino*, *sed vili velaret panno : qui quia rubri erat coloris, eo, non Sophini modo*, *sed etiam Kiselballarii, quasi capita rubra, nuncupantur*. *Hac cui satis non sunt, adest Leunclavium in Pandelfis Turckis, praesertim cap*. 188. Les Turcs ont pris ce mot des Perses. M. de Saumalise de *Aledo Uferarum*, pagé 104. *Tulipanium*, *Gracia* *tal emne quod acuminatum more pyramidis vel tiara*. *Persica*, *ejus pracipui quam Regibus solis gestare licitum erat, quam iqlo vocabant*. *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : Tulipanium*, *iqlo vocabant*, *Hesychius : 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*Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : Tulipanium*, *Hesychius : T vulgò TURBAN. C'est la véritable étymologie. ¶ J'oubliais à remarquer, que ce qu'a dit Voëtius au passage ci-dessus allégué, que *sophi* en Arabe signifie de la laine, n'est pas véritable. C'est *suph* qui signifie de la laine. M.
TURBOT. Poisson. De *turbosus*, diminutif de *turbos*: ainsi que *turbinus*, qui se trouve en cette signification dans les Gloses. *Turbinus*, *spicatus*. *Turbus* a été fait de *spicatus*, pour lequel on a dit *spicatus*. *Tupinus*, *spicatus*, *tupinus*, *turbinus*, *turbosus*, TURBOT. Jules Scaliger contre Cardan, Exercitation 116. 9. *Rhomboi illos Gallii*, *Latina voce non usitata*, Turbot: *fic enim figuram vocamus Mathemati am quadrangulam per dimetientem produitiorem*. ¶ Les Bas-Bretons disent *turboden*. M.
TURBOT. En Grec *spicatus* & *spicatus* est en Latin *turbo*. Ainsi *curtor* est le mot Latin *turbo*. Huet.
TURC. On appelle ainsi un petit ver qui s'engendre entre l'écorce & le bois des arbres, & qui les perce & en suce la fève: à cause qu'il s'attache plutôt aux poiriers de bon Chrétien qu'aux autres arbres, & qu'il est comme leur ennemi particulier. Voyez la Baraudiere, liv. 2. de son Traité du Jardinage, chap. 8. M.
TURCOT. Oiseau. Gr. 1078. Lat. *torquilla*. Belon, liv. vi. de la Nature des Oiseaux, chap. 18. *Suit que nous appelions un oiseau* Tercot, Turcot, ou Torcou, *nous suivons l'étymologie antique* Torquilla, pour exprimer un petit oiseau, qui est rarement *ven*: lequel ayant *est* trouvé la première *suis allongeant son col* *es mains d'un Villageois*, & *manian* sa *teste*, *fastoit la plus effrange mine qu'on puisse voir faire a oiseau*: car il *sembloit que ce fust une teste d'un serpent*. Voici la description qu'en fait Aristote, chap. 12. du liv. 2. de son Histoire des Animaux: *dura de 1m jusqu' 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m, 1m*
TURIN. Ville Capitale du Piémont. En Latin *Taurinum*, & *Anguilla Taurinorum*. Elle est ainsi appelée du Celtique *thor* montagne, parce qu'elle est située près des montagnes: & *Taurini* signifie *Montagnasus*. Voyez ci dessus *Taurus*. *
TURLUPIN. Sorte d'injure. Rabelais dans le Prologue du liv. 1. *Autant en dit un Turlupin de mes livres*. De certains Hérétiques appelés *Turlupins*, qui vivaient vers l'an 1572. Gagnin en la Vie de Charles V. *En meigne temps print fin quelque hérissée en superstition issue des Turlupins*: c'est le nom des Hérétiques, qui s'esouffoient être nomme, de la compagnie des pauvres. Leurs livres & voûtement furent brûlées, au marché aux Pourceaux de Paris, hors la porte Saint Honoré. *Aussi fut Jehanne Dabentonne*; & un autre avec elle: le nom duquel déclairerait les Hifforiens, sinon qu'il, & celle Jehanne Dabentonne, estoient les principaux prêcheurs de cette selle. Mais cettuy que sans nom mettons, comme il fut trespassé en prison avant la sentence de sa crémation, à ce que son corps ne pourrit, on le garda quinze jours dedans un tas de chaux, & au jour déterminé pour sa punition, fut brûlée. Du Tillet, en sa Chronique des Rois de France, sous Charles V. *La supersticiuse Religion des Turlupins*, qui avoient donné nom à leur selle la fraternité des pauvres, fut condamnée & abolie; & leurs cérémonies, livres & habits, condamnez & brûlée. Genebrard, dans sa Chronologie: *Turlupin Cynicorum seclam suscitantes de nuditate pudendorum & publico coitu*. Voyez Geron, en son Sermon de Saint Louis, & dans son Traité de Exa- *mine dolrinarum*, Considération vi. Bernardus Lutzemburgius & Prateolus dans leurs Livres des Sectes. Dans la plupart des éditions de Rabelais, au lieu de *Turlupin*, il y a *Turlupin*. M.
TURLUPIN. L'ancien mot, dans la signification de *turlupineur*, étoit vrai-semblablement *turlupin*; comme qui diroit un homme qui après avoir mangé des cerises, en tire les noyaux au nez du tiers & du quart. *Lupin* vient de *lobe*, dans la signification où l'on dit *pierre de lobes*, & *pierre de baies*, pour *turlupiner* quelqu'un, c'est à dire, lui donner à ronger les os & les noyaux dont on a mangé le fruit & la chair. *Maheureux comme Turlupin & ses enfans*, est dans les Pays-Bas une comparaison proverbiale, qui suppote qu'un certain homme de ce pays la nommé *Turlupin*, & tous ses enfans, avoient fini malheureusement. Dans le vol. 6. de Perceforest il est parlé des *Turpellins* & *Turpellines*, comme d'une Sette: ce qui fait que je ne doute pas que ce ne soit celle des *Turlupins*, ainsi appelés par inversion de Turpellins, fait de *turpis*, à cause du scandale que donnoit leur vie débordée. *Le Duchat*.
TURLUPINADES. On appelle ainsi de mauvaises plaisanteries. Voyez le P. Bonhours dans les Nouvelles Remarques sur la Langue Françoise. Et on les appelle de la sorte, d'un certain Farceut appelle *Turlupin*, qui étoit le Plaisant de la Farce dans la Troupe des Comédiens de l'Hôtel de Bourgogne, du tems que Bellerose étoit le chef de cette Troupe. M.
TURQUIN. Voyez *Turquoise*. M. TURQUOISE. Pierre précieuse: ainsi appelée de sa couleur bleue, qui est la couleur favorite des Turcs; d'où vient que les Italiens appellent le bleu *Turchino*. La Cruisa: TURCHINA, *pietra preciosa*; *cosi det a, dai juocatore, che anche fichiama* cilestro. Scaliger contre Cardan, cccxxv. 10. en parlant des nom des couleurs: *A regombus qua in ufa baluarea*, Hispanus; *Mastinensis*; & *num vulgo* Persus a *Persis*: & *in Italia* Turchinus, a *Turcis*, *laem color*, *am similis*: unde *Turchelia*. ¶ Pedro Texeira dit que les Turquoises viennent de Nixabar, Province du Royaume de Perse, qui confine au Turkestan, & que de *Turkestan* cette pierre a été appelée *l'urkoise*. Cela peut être. M.
TURQUOISE. Sorte de pincette à arracher des cloux. De sa ressemblance à celle d'un Turc habillé, & coéffé d'un Turban. D'autres dérivent ce mot de l'Alleman *truck-eisen*, fer à arracher des cloux ou autre chose. *Le Duchat*.
TUTAYER. Moliere dans le Misantrope, page 147. *Il rutaye en parlant ceux du plus haut étage, Et le nom de Monsieur est chez lui hors d'usage*. M.
TUTIE. C'est en vain que Voëtius, de *Vittis Sermonis*, pag. 108. se travaille à chercher l'étymologie de ce mot parmi les Peuples Septentrionaux. Car il vient de l'Arabe *tutia*. M.
TYMPANISER. L'Anonyme qui a publié EFERUS - Recherches & Classification numériques T Y P. T Y R. les Nouvelles Remarques de M. de Vaugelas sur la Langue Françoise : Tympaniſer ſigniſe publier & divulguer une choſe, en parler hautement & publiquement, comme ſi on le faſſoit au ſon du tambour : car tympan ſigniſoit autreſois un tambour, comme on le peut voir dans nos anciens Auteurs, qui ont dit auſſi fort long-temps tympaner ; & enſuite tympaniſer ; & après tambouriner, pour battre le tambour. Mais comme nous ne diſons plus tympaniſer au propre, nous nous en ſervons au ſigore, & en une ſigniſication deſavantageuse. On dit à une perſonne qui s'engage dans une mauvaise conduite, Vous vous allez faire tympaniſer. Car on ne dit point en bonne part, ils ont tympaniſé cette belle action, pour dire, ils ont publié cette belle action. Et la raiſon de cela vient, ce me ſemble, de ce qu'autreſois on faſſoit les adjournemens à trois briefs jours dans les carreſeurs contre les accuſes en fuite. On faſſoit, dis-je, ces publications au ſon du tympan, ou du tambour : ce qu'un pratique encore aujourd'hui dans les petits lieux où l'on n'a pas de quoy entretenir un Trompette. Cette étymologie eſt bonne : mais elle eſt priſe du P. Labbe. Voici ſes termes ; qui ſont de la page 479, de la premiere partie de ſes Etymologies Françoiſes : TYMPANIſER QUELQU'UN, c'eſt proprement le crier par les rues au ſon du tambour, comme on fait maintenant avec la trompette par les Crieurs Jurez ; & publier ſes deſsants tout haut, & ſimaniſiſemen que perſonne ne les puiſſe ignorer. M.
TYPHON. Voyez Tiphon.
TYR. Tyrus. Ancienne Ville de Phénicie. De ma Tſor, qui eſt le nom de cette Ville en Ebreu & en Phénicien, & qui ſigniſe racher, forte-reſſe. De-la le nom de Sarra, que cette Ville portoit anciennement, ſelon Aulugelle, liv. 14. chap. 6. & celui de Sarranus chez les Auteurs Latins, pour dire Tyrien. Virgile, liv. 1. des Géorgiques : Ut-gemma bibat, & Sarrano dormiat oſtio. Sur lequel vers Servius dit : Qua nunc Tyros dicitur, olim Sarra vocabatur. Mais il ajoute que le nom de Sarra venoit de celui d'un poiſſon nommé Sar dans la Langue du Pays, & qui étoit fort commun ſur cette côte. On rejette avec raiſon cette étymologie. En effet il eſt bien plus naturel de dire, qu'on aura formé Sarra, c'eſt-à-dire Tyros, de Tſor ou Sor, que non pas d'un prétendu nom d'un poiſſon. Tyr, ou plutôt le tas de ruines qui en reſte, ſe nomme encore aujourd'hui Sour. *
TYRAN. Tyrannus. Wachter croit après le P. Pezron, que ce mot eſt d'origine Celtique. Il eſt bon de rapporter ce qu'il dit là deſſus, page 1731. de. ſon Giſſar German. Voici ſes termes : TYRANN, tyrannus, vāgāz, Princeps Iſquus & crudeiis, hoſtis Reipublica. Senſus vocis hodiernus ex optimo in peſſinum, vitio imperantium, deſapſus. Antiquiſſimi Gracorum Tyranni erant Principes legiſimi, & perpetua poteſtatis in libera civitate. Iſa vox Lingua Graca agrè accommodari poteſt, & à Celtis mutuata videtur, quibus teyrn rox, teyrnas regnum, teyrnaſſu regnare; quas voces etianinum cuſtodiunt W alli in Britannia, teſte Pezronio, in Antiq. Celt. pag. 419. cui ham tyranni etymologiam, & plures alias ejuſdem probitatis, debremus. Extat & mechdeyrn pro ſummo imperatore apud Boehornium in Lex. Ant. Brit... Et hinc porro patet ad quam Linguam ſpeſcent THORUS, TURNUS, SATURNUS, & ſimilia, ſive Principum, ſive Deorum nomina, qua præter Regem nihil deonare videntur. Caterium & hoc obſervari velim, quod in vetuiſſiſima Iſlandorum Lingua ſitori ſit reſtor, ſtion regimen, valdſtion Magiſſiſatus, à ſtionna regere, praeſſe. Nam his probè conſideratis fieri poſſe intelligimus, ut vox Celica teyrn ſit Germanica Originis, & abiello ſibilo formata à ſtionna regere. De verbò Iſlandico, ejuſque cum aliis Linguis cognatione, vide plura in ſteuren. *
VACARME. Bruit, trouble, ſedition. Je ne ſais ſi je dois aſſurer que ce mot tire ſon origine de l'ancien mot carmulus, qui ſigniſe ſedition dans la Loi des Bajuvariens, tit. 2. §. 3. Si quis ſeditionem excitaverit contra Ducem ſuum, quod Bajuvarii carmulum vocant. L'Auteur de Vita & Miraculis Sanchi Virgilii, Salisburgenſis Episcopi, au tome 2. de Caniſius : Orta ſeditione, quod carinula dicimus. Il faut lire carmula, & non pas carinula. Les Grecs ont dit & χάμω, & χάμω, pour pugna. Caſeneuve.
VACARME. Je ne ſais d'où vient ce mot. Voyez ce qu'en dit M. de Caſeneuve. M.
VACARME. Ce mot eſt un peu déguſé dans la Langue de Galle, & s'appelle ſscarme. Huet.
VACARME. Peut-être de Bacchantum carmen ; par contraction baccarmen, VACARME. Ou de Bacchi carmen. Bacchi carmen, Bacchi carminis, Bacchi carmine, baccarmine, VACARME. Le Duchat.
VACIET. Fleur. De vaccinietum, diminutiſ de vaccinium. Les Cloſes anciennes vāgāz, vāgāz, vaccinium. Et vaccinium a été fait de vāgāz, de cette maniere : vāgāz, vāgāz, vāgāz; vāgāz; vāgāz; vāgāz; vāgāz. Fulgence, livre 3. de ſes Mythologiques, dérive vāgāz de cynthos, qu'il dit ſigniſer ſieur en Langage Artique. C'eſt à l'endroit où il parle de Bérécinthe & d'Athis. Voici ſes termes : Ergo Berecynthiam montibus praeſſe dixerunt Bérécinthos : Cynthos enim Attica Lingua ſlos nuncupatur : unde hiacynthus dicitur, quasi vāgāz, quod nos Latine ſolus ſlos dicimus, quasi omnibus perſellior. M.
VAGUE. de mer. De vaga : en ſouſentendant unda : parce qu'elle s'étend. M.
VAGUE. On trouve ce mot dans les différentes Dialectes de la Langue. Teutonique, & Wachter prétend qu'il en vient effectivement, & non pas EFERUS - Recherches & Classification numériques du Latin. Voici les termes de cet Auteur, page 1806, de son *Gleffar. German*: WAGI, woge, *fucus. Gothis in Codice Arg. wego, plur. wegos. . . Idem Anglo-Saxonius & Succis wag, wege, Iffandis vag, Gallis vague. Verelius in Indice vag-take ejectamenta undis marinis hac illuc pulfa, iembona naufragorum. Quibus confenti Graum ieus, de quo Hefychius : urtic, vuaia : Saquin : ages Doribus vocantur fructus & procella : citante Verelio in Ind. pag. 25. Cunita rufus ab agitatione, ut antecedens, & non a Latino vaga, quam originem voci Gallica assignat Menagius. Le Gothique wagan, l'Anglo-Saxon wagian, & l'Alleman wiegen, font des verbes qui fignifient mouvoir, agiter, ébranler; & ce tens convient parfaitement aux vagues, qui ne font autre chose que des eaux agitées.
VAGUEMESTRE. Le Sieur Guillet : C'est un Off. ier qui a le fort de faire charger & atelier les bagages d'une armée, & d'en faciliter la marche, pour éviter la confusion. M.
VAGUEMESTRE. Ce mot vient de l'Alleman waghen-meister, qui veut dire mot pour mot chariots-maire : car les Allemans s'expriment ainsi pour dire Maitre de chariots. Le Duchat.
VAILLANCE. Il vient de l'ancien mot valentia, qui signifie la même chose. Navius en la Danæ, cité par Nonius Marcellus : Omnes formidant hominis ejus valentiam. Les anciennes Glofés : Valentia, vus, iugæa. Caleneuve.
VAIR. Terme d'Armoiries. L'Auteur de la grande Chronique de France, parlant de Messire Guillaume des Urins, Chevalier : Il evoit a l'entrée que le Roy Charles I. II. fit à Rouen en Octobre 1449. veu d'un habit royal, c'est-à-farous, manteau, role & chapeau, d'escarlate vermeil, touré de menu voir : & de'se, chaune de ses espasses, trois rubans d'or, & trois fourpis de icteres. De varium. Sylvius dans la Grammaire Françoïse, page 8. Varium etiam Vair in magionis gentistis, quas arma vocant, dicitur. Le Président Fauchet, livre 1, de l'Origine des Armoiries, chap. 2. Quant au mot de vair, il vient de variate : puisque les Médecins appellent variola la ma aide des petits enfants, qu'on doit récrire vairole, parce qu'elle tâche, & varie, & dice flécia couleur du visage. De varius, on a dit varie, varioris, d'où on a fait veron, qui se dit proprement d'un cheval qui a un œil d'une façon, & l'autre d'une autre. Voyez Veron, & Vécile. M.
VAIVODE. L'avode de Transilvanie. C'est un ancien mot de Transilvanie. Constantin Porphyrogennette dans son Traité du Gouvernement de l'Empire, au chap. 38, qui est de l'Origine des Turcs : &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c. &c.
VALACHIE. Pays des Blaques, voisins du mont Hémus, appelé par les Turcs Balkan, d'où, selon Nicetas, le nom de Valachie. Voyez la Note de Vigenere sur la pag. 184, de son édition de l'Histoire de Ville-Hardouin, Paris, in 4e. 1585. Le Duchat.
VALACHIE. Wachter dans son *Gleffar. Germ.* p. 1811, fournit une autre étymologie de ce mot. Voici ses termes : WALCH, peregrinus, dialecto Anglo-Saxonica. Semnens in *Dill*, wealh *pergrinus*, advena, aïeus; wealh-hafoc *acceptor peregrinus*, wealh *innutu naces exotica*. Hand dubte à *simplicior* wale, *per gusturalem in fine*. Huc referends sunt WALACHI, Romanorum in verum Dacarum & Gitarum *feste reliquia*, judice Eccardo, in *Natis ad Leg. Sal. pag. 120*. Wale signifie étranger. Voyez ci deffus Galles & Gaulois.
VALEC. Langage Vallon, ou François. De l'Alleman *Welsh*, qui signifie la même chose. *Valec* en ce sens se trouve dans Montrelet, édition de 1572. vol. 1. fol. m. 216. a. Le Duchat. Voyez Vallons.
VALENTIN. Quand il fait beau l'hiver à Turin, on se promène en carrolle dans une grande rue qu'on appelle pour cela la Rue du Cours. Un peu avant le printemps on sort de la Ville, & on se promène à la campagne : ce qui arrive ordinairement vers la Fête de Saint Valentin, qui est le 14. Février. Comme il n'y avoit point de lieu où l'on peut commodément se promener à pied, Madame Royale, fille de Henri IV. fit bâtir sur le Pô à une demi-lieue de Turin, une superbe maison, qu'elle nomma le Valentin, du nom de ce Saint, qui est en grande vénération dans ce pays-là. Après que cette maison fut achevée de bâtir, la première fois qu'on alla s'y promener, qui fut le jour de Saint Valentin, Madame Royale donna une magnifique collation aux Dames qu'elle mena avec elle, & aux Gentilshommes qui étoient avec les Dames, & cette collation fut suivie d'un grand bal. Et comme Madame Royale étoit naturellement galante, elle ordonna que les Dames tirévoient au fort les Gentilshommes qui leur servit de Galans durant toute l'année. La différence qu'elle m'est entre elle & les autres Dames, fut qu'elle choisit son Galant, & que les autres Dames tirerent le leur au fort. Le Galant de chaque Dame étoit obligé de donner à la Dame un bouquet toutes les fois qu'il y avoit bal : & il y avoit bal aux grandes Fêtes de l'année, & presque tous les jours du Carnaval. Si on faitoit durant l'année un Tournoy, la Dame étoit obligée de fournir la garniture au cheval de son Galant : & si le Galant emportoit le prix, il appartenoit à la Dame. Cela a été toujours obélevé depuis. Madame Royale choisissait son Galant le jour de Saint Valentin, & les Dames tiroient les leurs au fort; & Madame Royale nommoit les Dames qui la devoient accompagner. A l'égard des Gentilshommes, tous ceux qui vouloient aller à cette Fête, pouvoient y aller. Cette Institution ayant été faite dans cette maison du Valentin, & le jour de Saint Valentin, on a appelé de-la en Piémont un Galant, un Valentin; & la Dame, une Valentine. Cette façon de parler paffa ensuite à la Cour de France. M.
VALENTIN. Sorte de Marchand. Dans les Ordonnances sur le jail des Masques, imprimées à EFERUS - Recherches & Classification numériques la fin du livre intitulé *Aresta Rourum*: Item est défendu à tous Marchands de draps, de feye & de tuine, Chappeliers, Plumaciers, Brodeurs, Valenvins, Vendeurs de musques & parfums, de ne refuser profiter, boiller à crédit leurs denrées aux Comparisons Musquiers, sans fraude, depuis la veille de la Saint Martin d'yver, infiques à la Sepmaine Sainte incultivement, en bailleurs pour lesdits musques leur grivoirée, pourvou que au précédent ils n'ayant été valetés, ou arraché. Les Marchands qu'on appelait autrefois Valenvins, étoient les vendeurs de rubans & de toutes sortes d'affiquets, dont la jeunesse galant se pare volontiers. Ces bagarelles ont été long-tems appelées du nom de *galaneries*, & ceux qui les vendaient, Marchands de *galaneries*: peut-être de *gala*, mot *italien*, qui veut dire *ruban*, parce que les *Galans* mirent en vogue cette sorte de parure, qu'ils choisissaient toujours de la couleur chérie de leur Maîtresse. *Le Duchat*. Voyez ci-dessus *Galand*.
VALET. Ce mot en sa première signification s'est dit d'un enfant & d'un jeune garçon, qu'on appelle encore en Picardie *valeron*. Le Roman de Guillaume au court nez, faisant combattre le jeune Fouquet, fils de Bernard de Brabant, frère de Guillaume, contre Thiebaut Roi des Sarrafins, l'appelle *Valet & Enfant*. *Or vient la jette du Roy & de l'Enfant.* *Pas ne s'espargent. Des brans se donnent* *grant.* *Fort en emparent li vers beaume luisant,* *Et li l'Esqu'ils traient a garant,* *Au Valet membre de Bernart de Brabant,* *Et du lignage que Diez parama tant.* Et un peu après parlant du même : *S'il est Valet, sel vengera, ce crui,* *Jannes Enfes ca pris noviaxe courri.* Et en un autre lieu, lui faisant dire qu'il n'est pas Enfant : *Cui des-me vos de parole esmaier?* *Je ne suis mie Valet a enfreigner.* Et encore en un autre endroit, introduisant quelqu'un parlant à une Princesse, d'un jeune Seigneur qui la fervoit : *Vence est li Valet qui tousjours vous dément,* *Ne suis qu'il ait si bel de si en Orient;* *Si est de haut Lignage, & pren; et vous* *creant.* Les Enfans des Empereurs & des Rois ont été appelées *Valets*, de même qu'en Espagne les filles des Rois ont été appelées *Infantes*: comme l'*Infante* de *Castrille*, l'*Infante* de *Parnagel*. Le Maréchal de Ville-Hardouin, livre 1. appelle *Valet de Conflamineple*, Alexis fils de l'Empereur Isaac Comnène. *Enfi furent li Messages envoyés en Allemagne al Valet de Conflamineple, & al Roy Philippe d'Allemagne*. Et au livre 2. *Et après une autre quinzaine revendeur li Messages d'Allemagne, qui étoient al Roy Philippe & al Valet de Conflamineple*. Le Roman de Guillaume au court nez au Moinage Guillaume : *Gautiers de Troye, & Jocelin le Comte,* *Et le Prevost au Valet d'Aragonne.* Par où, à mon avis, il entend le fils du Roi d'Aragon. Car quelque tems auparavant que ce Ro- man fut corrigé & augmenté par Guillaume de Bapaumes, Sancho le Grand avoit donné l'Aragon en titre de Royaume à Ramyr son fils bâtard. Et parce que quelqu'un me pourroit demander pourquoi est-ce qu'on appelle les Serviteurs, *Valet*; je dirai que c'est parce qu'on se sert de jeunes garçons pour pages & laquais: & que comme l'on abuse d'ordinaire des noms, on a donné celui de *Valet* aux autres Serviteurs, encore qu'ils fuisent hommes faits. Ainsi on a appelé *pueri*, les serviteurs de quelque âge qu'ils fuisent : comme on peut voir en plusieurs endroits de la Sainte Ecriture, & particulièrement au livre 4. des Rois, où le valet du Prophète Elisse, nommé *Giesi*, est qualifié *pueri*; & les serviteurs du Roi des Juifs, *pueri*. L'Abbreviateur de Grégoire de Tours, liv. 1. chap. 35. appelle *pueri* ceux qui par le commandement de Frédégonde tuèrent le Roi Chilpéric. *Quidam pueri adulatures, innvriati viuo, a Fredegunde missi, &c. Caseneuve.*
VALET. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot. Quelques uns le dérivent de l'Ebreu en *valad*, qui signifie *enfant*. On trouve ordinairement *varlet* dans les anciens livres 3. & on le prononce encore ainsi dans la Picardie : ce qui a fait croire à un homme de grande érudition, que j'avois consulté sur l'étymologie de ce mot, qu'il avoit été fait de celui de *Baro* ou *Varo*, qui a signifié un *goujar*. Cornutus, sur la Satyre v. de Perfe : *VAROUS dicuntur servi militum, qui uique flots fimi sunt, servi scilicet flutorum*. Isidore ix. 4. Mercenarii *sunt qui servium accepta mercede : iidem & Baronies. ¶ Baro, Varo, Varolus, Varolatus, VARLET*. Et ce qui ne confirme pas peu cette étymologie, c'est cet endroit d'Hirtus, ou Oppius, de la Guerre d'Alexandrie. *Concurritur ad Cassium defendendum : semper enim Barones, compluresque evocatus cum relis secum habere confuererat*. Dans Ville-Hardouin vous trouverez *valet*, & non pas *varlet* : ce qui a fait croire à M. Guyet que ce mot avoit été fait de *baquereus*, diminutif de *baquus*, qui signifie *n'ouffre*. Voyez *Bailif*. En Gascogne on prononce encore *bailer*. M. du Cange le dérivoit de *vassalatus*, diminutif de *vassalatus*; qui est une étymologie fort vrai-femblable. Voyez ses rations. Voyez aussi ci-dessus le mot *galetas*, & mes Origines italiennes, au mot *garzone*. ¶ L'étymologie de du Haïllan n'est pas supportable. Le mot de Valet : dit-il, dans son Traité des Préférences, *estoit lors honorable*; & signifioit ce que nous appelons *aujou d'ouy* Euyer. Il *vaut avant a dire quasi comme* Va lex, que en *vieux mot François* veut dire près, parce qu'il alloit près du *maître*. Ce mot *valet*, ou *varlet*, n'étoit pas si v'il au tems passé qu'il est aujourd'hui : ce qui a été remarqué par le Président Fauchet, liv. 1. de l'Origine des Chevaliers, par Palquier VIII. 3. par Pierre Pithou sur l'article 22. de la Courne de Troyes; & par M. du Cange sur Ville-Hardouin, page 274. & 275. Car nous voyons que les Euyers-tranchans étoient appelées *Varlets*, & que Ville-Hardouin dans son Hillebret page 25. appelle Alexis *Valet de Conflamineple*, lequel étoit fils d'Isaac Empereur de Grèce. Il semble qu'on ait appelé *Varlet* un Gentilhomme, tant qu'il n'étoit pas Chevalier. L'Auteur du Roman de Lancelot du Lac, parlant du fils d'un Vavasseur qui n'étoit pas Chevalier : *Vers la fin du manger, vient ce que l'varlet qui étoit fils au Vavasseur*. Les Picards disent encore aujourd'hui *varlet* & *parleton*, EFERUS - Recherches & Classification numériques 560 VAL. VAN. en parlant d'un jeune enfant qui entre en adolescence. M.
VALISE. De l'Italien valegia, fait de l'Alleman felleysen, qui signifie la même chose, & qui est composé de jell, qui signifie peau, & d'eyfen, qui signifie fer. M.
VALISE. Wachter dans son Gloffar. German. p. 434. soupçonne que l'Alleman felleysen a été fait par corruption du François valise. Voici les termes de cet Auteur. FILL-SIEEN, Saccus scorteus, pera viatoria. Gallis valise, Italis valiggia. An dictio Germanica sit, dubito, quia hoc pacto non corium ferro munium, ut Auctores Etymi volunt, sed ferrum pellis denotaret, quod absonum. Suspicer, vocem nostram vittatum esse ex Gallica valise, & hanc Galles formasse a Latina follis, quatenus culeum significat. Nam apud priores Germanos eisen non reperitur in voce. Henischius habet felles, quod parvam bulgam, & felliset, quod equum qui bulgam portat, interpretatur. Ce qui confirme cette etymologie, ou du moins détruit celle de M. Ménage, c'est que la valise n'est qu'un sac de cuir & n'est pas garnie de fer. C'est la mâle qui est garnie de fer, parce que c'est une espèce de coffre. Ainsi l'étymologie de M. Ménage confond la valise avec la mâle : ce qu'il ne falloit pas.
VALLE. Le Traducteur François de Platine, dans l'un des chapitres du liv. 8. de son Traité de Obyonis, fol. m. 81. 1°. Ceux qui ont la gueulle valise, ont voulu appeler les caves ou navaux, at- mex, quand ils sont couverts & involvis de gras formage, ainsi que lesdites navaux fussent armes & couverts de brigandines, voulans dire forment ainsi, que lesdites navaux ne fussent pas leurs d'entrer en leur gorge & baratre sans porter armes. Gueulle valise, c'est-à-dire remparse; ou, comme nous disons, un palais ferré, une gorge pavée. Platine dans l'original avoit dit gula vallata, de vallo as, qui signifie remparer. Les Allemans appellent aussi wall un rampart. Le Duchat.
VALIONS, ou plutôt WALLONS. On appelle ainsi tous les Peuples des Pays-Bas, dont le Langage naturel est un vieux François : tels sont ceux de l'Artois, du Hainaut, du Comté de Namur, du Luxembourg, & d'une partie de la Flandre & du Brabant. Ce nom a la même origine que Gallois & Gaulois. Voyez ci-dessus Galles & Gaulois.
VANNEAU. Oiseau. Cet Oiseau a beaucoup de ressemblance avec le Paon, & pour cette raison les Italiens l'appellent Paoncello; comme qui droit petit Paon : & les Grecs modernes l'appellent tra-sagrios; par corruption, pour taos agrios : c'est-à-dire, Paon sauvage. C'est pourquoi Belon, livre IV. de la Nature des Oiseaux, chap. 17. estime, & avec grande apparence, que le mot Vanneau a été dit par corruption au lieu de Paonneau. ¶ Paonneau, Phaonneau, Fanneau, VANNEAU. M.
VANNES. Ville de Bretagne. Camden dérive ce mot du Gaulois Venna, qui signifie Pef-cheur : De Ventis Britannia minoris, qui nescio an ita nominati quasi Pifcatores. Venna enim, priscà Gallorum Lingua, hoc significare videtur. Touchant ce mot Venna, voyez Voissus de Vitiis Sermonis, page 114. M.
VANTER. Ce mot ne vient pas de venditare, comme croient quelques-uns, mais bien de vanitare Latin Barbare. Joannes Januenis dans son Ca- tholicon : Vanito, as : id est, vanitatem dicere, vel vanitando laudare. Et dicitur à vanus. Saint Bernard, Epître 42. Dum vos vanitando peritis, & nos spoliando perimitis. Ce qui m'a porté à croire qu'en l'Eglise 66. d'ives de Chartres, il fandoit lire vanitando, au lieu de vanizando, en ces paroles : Plus justo prassumentes vanizando dicuntur. Caïeneuve.
VANTER. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de ce mot : & toutes ces opinions sont assez raisonnables. Voissus liv. 4. de Vitiis Sermon. chap. 9. le dérive de ventare, ou plutôt de venditare. Voici ses termes : VENTARE, vané ostentare. Glosa nostra Manuscripta : jactare dicitur pro vantare. Quomodo Galis dicunt vanter, pro jactare se. Est vero à vento : uti ab eo ventosus, pro jactabundo. Sic Maro Eneid. XI. Num tibi Mavors Ventofa in lingua, pedibusque fugacibus iftis Semper erit ! Nisi vanter potius à venditare; quomodo venditatio, pro ostentatione dixit Cicero 2. Tufcul. Quas. similiaque alibi. Et hoc verius puto. M. de Caïeneuve soutient qu'il vient de vanitare, fondé sur un passage de Joannes Januenis dans son Catholicon. Voyez sa Note. Je crois avec Voissus qu'il vient de venditare. ¶ Venditare, ventare, vantare, VANTER. M.
VAQUETTE. Petite monnoie de Bearn; dont les six ne valent qu'un double. Rabelais 3. 42. Ares que perguiles sont les mies vings & quatorre baquettes (a). De vaketta, diminutif de vacca. Cette monnoie étoit marquée des armes de Bearn, qui sont des Vaches. M.
VARECH. On appelle ainsi en Normandie le droit de bris & naufrage. Godefroy sur le Titre de Varech de cette Coutume, parle de l'origine de ce mot, en ces termes : VARECH s'appelle toute chose que l'eau jette à terre par tourmente & formée de mer; par allusion vrayfemblablement à l'ulgue marine, que les Anglais nomment vreech, & dont le nom a esté retenu du temps qu'ils ont seigneurie la Normandie : pource qu'au temps de tourmente la mer arrache cette herbe des rochers où elle croisi, & la jette à la cose, où elle est recueillie par les Laboureurs pour graisser les terres. Camden, dans sa Bretagne, dit la même chose. C'est à l'endroit où il parle de l'alle de Geraé. Voici ses termes : Terra satis fertilis : oves habet mulcas quatuor cornibus conspicuas : & pro ligno, algà marina (vraic vulgo vocant) utuntur : qua fucus marinus Plinio esse judicatur : cujus cinere tanquam margà, agros fucundant. M. de Brieux, fondé sur ces mots de Camden, VRAIC vulgo vocant, croit que l'Anglois vrac est venu du Norman, & que ce mot a été apporté en Normandie par les anciens Normans. (a) C'est baguette, & non baguette, qu'on lit en cet endroit de Rabelais; & c'est aussi baguette qu'on lit en mot Aquitania dans le Scaligerana; où l'on voit que cette monnoie avoit cours aussi dans la Guienne, & qu'elle fut décriée environ l'an 1537. comme on voit dans le même Livre, au mot Guienne. Elle étoit d'argent. Ibid. Le D. L'Auteur EFERUS - Recherches & Classification numériques V A R. V A S. L'Auteur de l'explication des termes de Marine, imprimée à la fin de l'ordonnance de Louis le Grand touchant la Marine, parle de ce mot en ces termes : VARECH, est une herbe qui croît en mer sur les rochers, & que la mer arrache en montant, & jette sur ses bords. Les Riverains s'en servent pour engraisser leurs terres. Cette herbe est ainsi appelée sur les coîtes de Normandie. Sur celles de Bretagne, on la nomme Gouesimon : & sur les coîtes du Pays d'Aunis, Sat. Tout ce que la mer jette sur les bords, soit de son cru, soit qu'il vienne de bois & naufrage, est de-la appellée Varech sur les coîtes de Normandie. Et dans cette même Province, le droit que les Seigneurs des Fiefs, voisins de la mer, prétendent sur les effets qu'elle pousse sur son rivage, est appellée Droits de Varech. M.
VARENNE. Etendue de pays qui ne se laboure ni ne se fauche. Du Latin-barbare warenna, qui vient du verbe Teutonique waren, qui signifie entre autres choses garder. Wachter, dans son Glossarium German, page 5816. WAREN, verwaren, custodire. Graeis & est cultus, & cultus cultodia; Belgis warande nemus clausum, ubi sera servantur; Latino-Barbaris warenna vivarium. Le mot varenne est le même que celui de garenne, & il n'en diffère que par le changement de l'venge, qui sont des lettres qui se mettent facilement l'une pour l'autre; comme en Gascon de Vassu, en golpe de vespa, &c. Voyez ci-dessus garenne. Il y a en France beaucoup de lieux, soit Villages ou Bourgades, qui portent le nom de Varenne ou Varennes; parce que en effet c'étoit autrefois des varennes, ou des endroits réservés pour la chasse. Varenne te dit en Anglois warren.
VASSAL. C'est celui qui tient un Fief noble sous la redevance de l'hommage. Il y en a qui croient que ce mot vient de gessus, qui signifie vaillant homme parmi les anciens Gaulois; comme l'a remarqué le Grammairien Servius, sur le lieu du liv. 8. de l'Encide : —Duo quisque Alpina coruscat Gessa manu. Et il y a grande apparence qu'ils prononçoient vessus ou vassus, dont les Romains qui avoient l'accent plus doux, firent gessus, de même que nous prononçons par G ce que les Allemans disent par w. Et en effet dans la Loi des Barbares, dans les Capitulaires, & dans nos anciens Historiens, Vassu Dominici, Vassu Comitum, Vassu Episcoporum, sont les vassaux du Roi, des Comtes & des Evêques. Quelques-autres le veulent dériver de l'Alleman guesel, qui signifie compagnon d'armes; ou du Latin vas vadis, qui signifie obligé, comme qui diroit vadal. Quoi que c'en soit, il est certain que Vassal, outre la commune signification, s'est encore dit d'un vaillant homme, de même que vassalicum & vasselage signifient vaillance. Et c'est d'autant que les Fiefs Nobles furent du commencement donnes aux gens de guerre, en considération de leur vaillance C'est aussi pour cette raison que dans les Romans Vassal est souvent pris pour vaillant homme. Et dans le Roman de Guillaume au cours nez, Louis le Débonnaire est appelé fils à Vassal, quoique les Etats de Charlemagne son père ne relevaissent que de Dieu. Il en est de même de vassalicum & de vasselage, qui signifient souvent Tome II. vaillance. Hincmar, Evêque de Reims, au livre qu'il a fait contre son neveu, chap. 53. Multi te apud plurimum dicum de fortitudine & agilitate tui corporis gloriari; & de pralisis, atque ut nostratium Lingua dicitur, de vasfaticis, frequenter ac libenter sermonem habere, &c. L'ancienne Chronique de Flandre, chap. 18. Et seist mont de beaux vasselages au vivant de son père. Caseneuve.
VASSAL. De Vassallus, fait de Vassus, & qui signifie la même chose dans les Lois des Allemans, dans les Formules de Marcule, dans les Capitulaires, & ailleurs. Il y a diversité d'opinions touchant l'origine de Vassus. Cujas, dans sa Préface sur les livres des Fiefs, le dérive de l'Alleman gessel. Sed & Vassu & Vassalli nomen servitrum significat, sive Comitatum; cum dedicatur, non ex eo quod sint in vasario Nobilium, & vasa corum instrumentaque cengantur; sed à Germanica & veteri Gallica voce gessel (a) qua significatur Comes, qui nobis servit mercede certa: unde & Gessatas popules Gallicá Linguá nuncupatus, Polybius lib. II. & Plantarchus in M. Marcello scribunt. Spelman est du même Avis au mot Gessel. Vossus, de Vissus Sermonis, le dérive de vas, qui signifie plège; à cause que les Vassaux engageaient leur foi à leurs Seigneurs; d'où ils ont été appelés Fidelis, FRAUX. Les Gloises anciennes: Bassus, cultus populis; vassu, fideiufores. M. de Caseneuve, liv. 1. du Franc-Alleu du Languedoc, chap. XI. le titre de gessus. Pour ceux dit il, qui sont appelés Vassu, c'étoient des hommes de grande valeur, auxquels on donnait des Fiefs sous l'obligation de la foi & du service personnel de la guerre. Quelques-uns veulent dériver ce mot de l'Alleman gessel, qui signifie compagnon d'armes; on bien de vas vadis, qui signifie obligé, comme qui diroit vadal. Mais je trouve bien plus d'apparence de raison en l'opinion de ceux qui croient que ce mot vient de gessus, qui signifie vaillant homme, parmi les anciens Gaulois; comme remarque le Grammairien Servius sur ce lieu du livre VIII. de l'Encide de Virgile : —Duo quisque Alpina coruscat Gessa manu. Gessa, dit-il, hastas viriles; nam etiam viros fortes Galli gessus vocant. Aussi l'Historien Polybe au livre 2. dit que les Gaulois qui habitoient le long des rives du Rosne, étoient appellée Gessaræ, qui signifie gens de guerre stipendiates, & qui combattent pour la solde: d'où vient que encore de ce temps, comme témoigne Camden, les Anglois appellent guesim, les serviteurs à gages. Et il y a beaucoup de raison de croire qu'ils prononçoient Vassus, ou Vassus; mais que les Romains, dont l'accent étoit plus doux, en firent Gessus; de même que nous prononçons par G ce que les Allemans disent par W. Quoique s'en soit, il est tout certain que le mot Vassal, qui vient de Vassus, outre la signification ordinaire, signifie vaillant homme, de même que vassalicum & vasselage signifient vaillance. Aussi dans les Romans Vassal est pris à tous propos pour vaillant homme; jusques-là que dans le Roman de Guillaume au cours nez, Louis le Débonnaire est appelé fils à Vassal; bien que les Etats de Charlemagne son père ne relevaissent que de Dieu. Le même en est de vassalicum & vasselage, qui comme je viens de dire, signifient d'ordinaire vaillance. Hincmar, Evêque de Reims, au livre qu'il a (a) Cujas auroit dû écrire gessel, en Latin socius, & non pas comes. Le D. Abb 1 EFERUS - Recherches & Classification numériques faut comme son Neveu, chap. 58. Multi te apud plurimos dicunt de fortitudine & agilitate tui corporis gloriari; & de praelis, atque ut nostratum Lingua dicitur, de Vassilis, frequentet ac libenter sermonem habere. Caueione Chronique de Flandre, chap. 18. Et ieis moult de beaux Vassilages au vivant de son Pere. Et l'ancien Roman de Gérard de Rousillon : N'oya la coardia ni volpilhatge, Mas proefa, e vallor, e vassilage. Les Capitulaires semblent faire quelque distinction entre Vassili & Vassili. Vassili & Vassili nobis famulantes, c'est au livre 2. chap. 24. Je ne fais pas quelle elle est. Il est constant qu'en plusieurs autres endroits des Ecrivains postérieurs aux Capitulaires, ces deux mots ne signifient que la même chose. Voyez M. Bignon sur Marcuse, page 567. François Pithou & Lindembrog dans leurs Glossaires, & M. Galland en son Franc-Alleu, page 240. & Pierre Pithou sur l'article 21 de la Coutume de Troyes. M.
VASSAL. Le Latin barbare vassus, d'où vassallus, duquel notre mot vassal, est d'origine Celtique, & vient sûrement de gwas, qui en Gallois & en Bas-Breton signifie serviteur : & c'est aussi la signification propre du Latin-barbare vassus ; ce qui confirme la vérité de cette origine, & qui devoit la faire apercevoir aux Etymologistes. Mais il est bon de rapporter ici une partie de ce que dit Wachter sur ce célèbre mot. Voici comme il en parle dans son Glossar. German, page 1759. VASSAL, vassallus, chiens fiduciarius, homo Domini. Diminuitum a vasus vel vassus, quod Latin-Barbaris est famulus, servus, sed libera conditionis, major vel minor, pro fortuna viri. Vassos primitus fuisse, quos familiares atas posterior appellavit, seu domesticus, & qui ex Regia aut alicujus Principis familia erant, optime indicat Cangus ex Lege Alam. tit. LXXIX. 3. Si alicujus Seniscalcus, qui servus est, & Dominus ejus XII. Vassos infra domum habet, occlus fuerit, 22. folios componatur. Ubi alii legunt Baños, quod idem, quia b & v permutantur. Sed & Comites aliosque superioris ordinis viros, & omnes Regis in gerenda Rep. Ministros Vassos Dominicos & Vassos Regios dilos esse, idem prolixio demonstrat. Vocabulum Gallicum esse, primus animadverti Lindembrogus duce W. Lajardo Straboe, cuius hac sunt de Rob. Eccles. cap. 31. verba : Capellani minores ita sunt, sicuti hi quos Vassos Dominicos Gallicis consuetudine nominamus. Sed vocabulum ipsum, quae sit aut quis ejus sit. senus, non explicuit. Utrunque praetrix Cangus. Vassili, inquit, erant famuli : quod præterea videtur indicare vocis origo apud Boxhornium in Lexico Gwallico seu Cambro Britannico, & Autorem Catholici Armorici : gwas servus, famulus. Hac ille in excellenci Glossario, pag. 1383. Quem pofere secuti sunt Leibnitius & Eccardus in suis de Vassilo meditatis. L'Auteur rapporte ensuite les dérivés de gwas ; puis il a ofite : itaque ex was primo factum est vasus & vassus, quo Alamanni, Longobardi & Bojarii in Legibus utuntur, & mox vassallus & vassallus. Et hinc vassalli passim eorum, quibus obnoxii sunt, vocatur manni, homines servi. Vi hujus etymologia Vassos est ministerialis major, Vassallus minor. Quamvis enim saepe convertantur, præsertim apud eos qui post Capitularia scripserunt, Grammatice tamen disserunt. De reliquis derivationibus judicae Eccardus in L. Sal. pag. 127. quod ne hilum quidem valeant. Quod etiam si verum sit, commemoranda tamen sunt, quia in Thesauris non solum prohi nummi, sed etiam spurii & suspecti inter cimelia aservantur. Wachter rapporte ensuite en détail toutes ces mauvaises étymologies, que l'on peut voir dans l'Auteur même.
VASSEUR. On a dit autrefois Vasseur au lieu de Vassal. De la tant de familles parmi nous qui se nomment Le Vasseur. Vasseur vient de vassus, de même que Vassal. Voyez le troisième article Vassal, & ci-dessous Vavasseur.
WATREGAN. On appelle ainsi un canal dans la Flandre Françoise. Du Flaman watergan, qui signifie la même chose, & qui est composé de water qui signifie eau, & de gaz, qui signifie allure ; itio. M.
VAVASSEUR. C'est celui qui a des Vassaux, mais de qui la Seigneurie dépend d'un autre Seigneur. Le P. Sirmond dans les Notes sur Geoffroy Abbé de Vendôme, page 46. VAVASORES, Vassalis Inter Epistulas Sugeri : Sugerio Abbati Domino suo G. Major, & Vavassores, & tota Sancti Richarii communia. Quod hodie dicimus nobiles, atque incolæ oppidi alicujus. Vavassores appellat Oberus lib. 11. de Feudis tit. 2. Eosque proprii dicit docet qui a Capitanes seudum tenent : qui vero a Vavassoribus habent, Vavassinos nuncupari. Ce mot est fort connu en Normandie. Il vient du Latin-barbare vavassor, qui se trouve dans les Ecrivains Allemans publiés par Christian Urticius. Quelques uns décrivent vavassor, a valvis. Camden dans la Bretagne, a l'endroit où il parle des Dignités d'Angleterre : VAVASORES, sive VAVASORES, proximum post Baronet locum olim tenuerunt ; quos a valvis Juridici deducunt. Hac Dignitas a Francis ad nos promansse videtur. Cum enim illi rerum in Italia potirentur, Vavassores illos dixerunt, qui a Duce, Marchione, Comite aut Capitanes, plebem plebisque patrem acceperant : & ut Batelerius Jurisconsultus inquit, summa coercitionis, sed non nundinarum & mercatus jus habuerunt. Rara bas. fuit apud nos dignitas : & si qua fuit, olim panlarim desit, &c. Lancelot du Lac, dans son second volume de la Conquête de Saint Géal, fol. 201. le Vavasseur & Gardien de céans (il parle d'un Château) fut moult joyeux de la mort de son maître. ¶ Voyez Cujas sur le 1. liv des Fiefs, tit. 1. & sur le second, tit. 10. M. le Fèvre Chantereau croit que le mot Vavassor, ou Vavassor, a été fait de l'ancien Alleman W. de Jester, qui signifie Custos nemorum, Garde-bois, Gruter, Maître des Eaux & Forés. Voici les termes : Les Duches & les Comtes ayant été rendues héréditaires & parrimoniaux ; ce qui arriva en France du temps de Hugue Capet ; les Ducs & les Comtes distribuèrent à leurs parens & à leurs amis une grande partie de leurs Duches & de leurs Comtes, moyennant le service personnel qu'ils stipulerent d'eux en toutes les rencontres où ils en auraient besoin ; & auquel ils les obligèrent par serment. Mais ils se retirèrent à eux seuls les rivieres & les forests. Et dans les forests ils restituèrent un Officier pour en avoir la garde. Et comme dans Lancelot du Lac, & dans les autres anciens Romans, les Vavassores sont ordinairement logés dans les forests, & que leur demeure EFERUS - Recherches & Classification numériques l'appelle Plessis, je crois que le mot de Vavassur a été fait de l'ancien mot Alleman vad-fester, qui signifie Custos nemorum; Garde-bois, Gruier, Maître des Eaux & Forêts. L'analogie résognée à cette étymologie : fester, selon l'analogie, faisant vasser, & non pas vasser. M.
VAVASSUR. Du Latin-barbare vasfus, on a fait vasfussor en doublant le mot : au lieu de quoi on a dit par corruption vavassor & vasfussor. Wachter dans son Glossar. German. page 1761. VAVASSOR, servus servi, homo hominis, vasfussus vasfussis. Cel. Struvius in Hist. Jur. Fend. pag. 710. gradus Vasfussorum ita distinguit, ut primus sit Capitaneorum, sive Ducum & Principum, qui immediat à Rage suas habent tenurus; alter Vasfussorum, qui Ducum & Principum sunt vasfussis; tertius Vasfussorum, qui à Vasfussoribus beneficia tenunt. Cum hac scala convenis exactit nomen Vasfussorum, quod in multis vetufis monimentis ita legitur apud Canguum. VAVASSOR, idem qui Vasfussor. Vox ex procedenti, qua sola genuina est, per syncope corrupta. Gallis Vavassur. VALVASSOR, idem qui Vasfussor, & ex illo per epentefsi depravatum. Qui Vasfussores sic dictos opinantur, quod vel valvis Dominorum obsequii causa affideant, vel valvas & introitus Regni tuentur, evidentur mihi cum verbis ludere. Aliam etymologiam exhibet Cel. Eccardus in L. Sal. pag. 202. Dum Vasfussores interpretatur fallos vasfores. Quod nescio an sit probandum. VALVASSINUS, id est Vasfussinus, Vasfussorum minimus, & ideo sic dictus a diminutio Gallo Britannico gwesyn servulus. VASFASSICUM, servicium, fides, obsequium, quo vasfus & vasfussus Dominus tenentur, alias homagium hominium. Ita Spelmanus & Canguus. Voyez ci-dessus le dernier article Vasfuss. VAUDE LUCQUE. Coquillat dans son Monologue des Perruques : Richard trenche du Vaudelucque, Simon a du drap figuré. Et plus bas : En priant que très-bonne estraine Vous veuille allonger le Vaudelucque. C'est la même chose que Godelu, qu'on a dit depuis : de l'un & l'autre mot viennent de vulsus de Luca. Voyez Chastelain, Lettre v. de son Vocabulaire Hagiologique. Le Duchat.
VAUDEVILLE. Sorte de Chanfon. Par corruption, au lieu de Vaudevire. C'est ainsi qu'on appelle un anciennement ces Chanfons, parce qu'elles furent inventées par Olivier Baffelin, qui étoit un Foudon de Vire, en Normandie, & qu'elles furent premierement chantées au Vaudevire, qui est le nom d'un lieu proche de la Ville de Vire. Charles de Bourgueville dans ses Antiquités de Caen : C'est aussi le pays (il parle de Vire) d'où sont procédés les Chanfons que l'on appelle Vaux-de-vire : comme ces deux : Hélas! Olivier Baffelin, En la Duché de Normandie Mya si grand' pillerie, &c. Jean Vauquelin, Sieur de la Fresnaye, Pere de M. Des-Yveteaux, le Précepteur de Louis XIII. Je ne puis sans horreur, onir qu'au Vaudevire, On jadis en fouloit les belles Chanfons dire D'Olivier Baffelin, &c. Gabriel du Moulin, Curé de Manneval, dans son discours sur la Normandie, imprimé au devant de son Histoire de Normandie : Bien que Vire soit de son commencement une assez petite rivière, si est-ce qu'on tient pour asservé qu'elle a donné, son nom à la Ville, & au Vau-de-vire, desquels Olivier Baffelin fut Auteur. André du Chêne, dans ses Antiquités des Villes & Châteaux de France, au chap. de la Ville de Vire : Et de Vau-de-vire ont pris leur origine ces anciennes Chanfons qu'on appelle commandement Vaudevilles, pour Vaudevires, desquels fut auteur un Olivier Baffelin, ainsi que l'a remarqué Belleforest au moyen de Charles de Bourgueville, vivant Lieutenant Général au Bailliage de Caen. Voici l'endroit de Belleforest, qui est du premier volume de la Cosmographie : De cette Ville de Vire, & du pays de Vaudevire, portent & tiennent leur nom ces Chanfons anciennes & communes que le vulgaire mal-a-propos appelle des Vaudevilles : desquelles fut auteur un Olivier Baffelin, auquel n'en faut rater l'honneur. Et cecy tient-je avec les Mémoires de Caen, & partie de celles de Bayeux & de Falaise, d'un dode & rare Seigneur, homme bien mérité des Lettres, & désireux du bien du public, & du consentement de la pellerie, Charles de Bourgueville (a), Seigneur du Bras & de Brucourt, Conseiller du Roy, & Lieutenant Général au Bailliage de Caen, autant digne de sa Charge, & entier en l'exécution d'icelle, que Juge qui soit employé en ce Royaume. Par toutes ces autorités, il paroît que ceux qui croient qu'on a appelé ces Chanfons des Vaudevilles, à cause qu'elles courent par la Ville, n'ont pas bien rencontré. Jean Chardavoine (b) de Beaufort en Anjou, n'a pas mieux rencontré, en disant qu'elles ont été ainsi appelées par corruption au lieu de Voix de ville. Ce Jean Chardavoine fit imprimer à Paris en 1576. chez Claude Micard, un livre intitulé, Recueil des plus belles & excellentes Chanfons en forme de Voix de ville, tirées de divers Amours, tant anciens que modernes. Pierre de Saint Julien, en son Apologie, à la page 163, de ses Mélanges Historiques, a dit la même chose. Voici ses termes : Jusques aux Chanfons vulgaires & Voix de villes (les autres dissent Vaux-de-villes), si on fait mention des Rois de France, ce n'est pas sans épithète de leur noblefe & aller valeureux. M. de Callières, dans son livre des Mots à la mode, a suivi l'opinion de ceux qui croient que Vaudeville a été dit par corruption, comme qui diroit qui va par la ville. Ses paroles ont été rapportées ci-dessus, au mot Paficaille. M.
VAUDOIS. Secte d'Hérétiques qui commença sous Louis le Jeune, Pere de Philippe Auguste, environ l'an 1118. Ils furent appelés Valdentes, d'un Bourgeois de Lyon, nommé Valdo, lequel ayant donné tout son bien aux pauvres, se fit appelier Pauvre volontaire, & ses Disciples Pauvres de Lyon. Gaguin & Paul Emile en son mention, (a) La Guide des Chemins de France, &c. page 1214 de l'édition de Paris, chez Charles Etienne, 1553. La base Normandie comprend le pays de Coulis, du Bessin, Cossan, Honnent, le Royaume d'Ivret, & le Vaux de Vire, qui a donné le nom aux chanfons de ce pays. Ce Livre est plus ancien que Charles de Bourgueville. J. Bouchet a aussi appelé ses chanfons Vaudevires. C'est dans ses Annals d'Aquai, impré pour la première fois en 1544. part. 4. ch. 13. Le D. (b) Il étoit été précédé en cela par Aleman Layolle, de qui on a des Chanfons & Voix de ville impr. à Lyon chez Simon Gorlier en 1561. Biblioth. de Demel. tome 2. page 192. Le D. Bbbk ij EFERUS - Recherches & Classification numériques de Jacques Aubery, dans son Plaidoyer de Cabrières & de Merindol, page 16. Ils furent condamnés au Synode de Tours, l'an 1163. On dit encore aujourd'hui dans le Nivernois en Vaudois, pour dire un Sorcier. Voyez M. de Marca, liv. 8. de son Histoire de Bearn, chap. 14. M.
VAUDOIS. Ce sont proprement les Habitzans des vallées de Piemont, qu'on prétend avoir été appelés Vaudois de vallata, comme les Italiens appellent une vallée. Vallata, vallatafis, valtenfis, valdenfis, VAUDOIS. Le Duchat.
VAUDOISIE. Ce mot dans la signification de sorcellerie, se trouve dans Monstrelet sur l'an 1459, vol. 3, fol. 84, édit. de Paris, 1572, du mot Vaudois, qui, selon Ménage sur ce mot, se dit en Nivernois dans la signification de Sorcier. Le Duchat.
VAUTRER. De volutare. M.
VAUVERT, comme quand on dit le Diable de Vauvert. On appelloit anciennement Vauvert; en Latin vallis viridis; le lieu où sont à présent les Chartreux de Paris, comme il paroît par plusieurs Titres anciens, & par ces vers qui se lisent encore aujourd'hui sur le portail de la cour de ces Chartreux: Hanc rogo, quisquis ades, non admireris eremmm: Nec dicas, sunt hac tella superba nimis. Regia sunt etenim viridis fundamina vallis, Francerum struxit qua Lodoicus bonos. Et par cet endroit de Guill. de Nangis, au liv. des Gettes de Saint Louis: Insuper Monachis Ordinis Caruenfis prope Parisus, in loco, qui dicitur vallis viridis, locum aptum providit; & ad servicendum Deo ibidem reditus sufficientes consulis. Et comme il y avoit dès ce tems-là, comme il y a encore à présent, beaucoup de carrières en ce lieu-là, & que le vent qui s'engouffroit dans ces carrières faisoit du bruit; le peuple s'imagina que ce bruit étoit causé par un Diable, qu'on appella Vauvert (a), du nom de ce lieu, dont la rue a été aussi appelée pour cette raison la rue d'Enfer. Voyez les Antiquités de Paris. Il est souvent fait mention de ce Diable Vauvert dans Villon, dans Coquillart, & dans Rabelais. On a aussi appelé Vauvert, de la verdure des vallées, un Bourg du Bas Languedoc, à deux lieues de Lunel. Il n'y a pas 150. ans qu'on l'appelloit Pasquiers & Pousquiers: & il est ainsi appelée dans tous les anciens Titres. Benjamin dans son itinéraire, fait mention de ce Pousquiers, disant que partant de Lunel il vint à Pousquiers. Le Traducteur s'est trompé en traduisant Pousquiers par Beaucaire. Le chemin de Lunel à Saint Gilles n'est pas de passer à Beaucaire, mais à Vauvert. M.
VAUX, comme quand on dit par mots & par vaux. De valles. M. (a) Ce fut pendant long-tems une chose tellement tenue pour véritable par le peuple de Paris, qu'à Vauvert il revenoit un Latin sous la figure d'une belle fille, qu'on appelloit le Diable de Vauvert, que la porte par où l'on forroit de Paris pour y aller, s'appelloit la Porte d'Enfer, aussi bien que la rue qui y conduisoit. Ce nom paroissant odieux, on voulut le changer en celui de Saint Michel: mais ce changement n'eut lieu qu'à l'égard de la porte; car malgré qu'on en eut, la rue reuait son ancien nom. Voyez J. Juven. & le M. de S. Dan. cinq par M. de Travay, dans son Hist. manuscrite du Roi Charles VI. page 191. sur l'an 1397. Le D.
UBAC. Le Traducteur du Traité de Platine de Obsoniis, liv. 1. au chapitre des Ecrevilles: En yvers suivent les rivages qui sont à l'abrie & en lieu chauds; & en est le vent en lieux nhạc & couverts, & aux gouges profons. Ce que Platine avoit dit en Latin en ces termes: Cancri byema aprica loca sellantur, astate in opaca turbation recedunt, Ainsubac d'opacus. Le Duchat.
VECHO. Le Patois Meffin nomme de la sorte un certain oiseau de nuit qui égorge la volaille. C'est une corruption de chevêche. Quelques-uns veulent que le vecho soit la fouine, ou plutôt le putois, que les Latins ont appelé veso; d'où pourroit bien venir le Meffin vecho. Voyez le Trevoux au mot Putois. Le Duchat.
VEDEAU. Rabelais, liv. 1. chap. 18. Maître Janotus... se transporta au logis de Gargantua, touchant devant soy trois vedeaux à rouge mufeau. De vitellus; ou plutôt de l'Italien corrompu vedello, fait de vitellus. Ce qui est dit, que Maître Janotus, venu de son liription, qui est un ornement doctoral, touchoit devant soi trois Vedeaux à rouge mufeau, fait voir que Rabelais fait ici allusion de Vedeau, qui est un jeune veau, à Bedeau (pedellus ou bialus), pour insinuer que les trois Bedeaux dont ce Docteur se faisoit précéder, étoient de vrais veaux à rouge mufeau, c'est-à-dire si jeunes, que si on leur eût tordu le nez le lait en seroit sorti. Plus le veau est jeune, plus il a le mufeau rouge. Du reste, ces Bedeaux pourvoient s'être enluminé la trogne, comme leur Maître Janotus, a force de boire: & je crois que c'est-la proprement ce qu'a voulu dire Rabelais. Le Duchat.
VEDETTE. Sentinelle de Cavalerie. De l'Italien Vedetta, qui signifie proprement une echaugette; mais qui s'est dit ensuite de la personne qu'on porte en sentinelle. Voyez le Vocabouris della Crucia de la dernière édition. M.
VEER. Vieux mot qui signifie faire défense. De vetare: ce qui a été remarqué par H. Etienne dans son Livre de la Précellence du Langage François, page 176. en ces termes: Choise vée est plus désirée répond totalement à ce qu'a dit Ovide, nitirunt in veritum. J'écris ainsi chose vée, suivant le vieil exemplaire, auquel sont retenus les mots de l'ancien langage: car vée se désoit au lieu de veter, qui est plus approché de vetare. Ce mot se trouve dans les anciens Uz d'Anjou & de Touraine mss, qui m'ont été communiqués par M. Nublé, Avocat au Parlement, homme de grande érudition, & (ce que j'estime davantage) d'une probité singulière. Voici l'endroit qui est curieux: Se li bers a son home, & il li dise, venez-vous en moi; car le voil gavier encontre le Roi man Seignour, qui m'a veché le jugement de sa Curt: li bons li doit respondre en telle manière: le ira savoir au Roi s'il est anien com vous me dites. Adunc il EFERUS - Recherches & Classification numériques V E E. V E I. V E L. V E N. 563 doit venir au Roi, & li doit dire : Sire, Messent m'a dit, que vous lui avez, vobé le jugement de votre Curs ; & pour ce au fœu vous, à vous pour savoir la vérité. Car Messent m'a serons que le vobé en guerre encoutre de vous. Et se li Rois dit, que il n'en sera la nul ingement à son Seigneur en sa Curs ; li hons s'en doit ton retourner à son Seigneur. Et li Sire le doit pervoir de ses dafpaus : & se li ne s'en volait aller o lui, il en perdroit son fœu par droit. Et se li Rois li avoit refpondu : le ferai droit à votre Seigneur voloutiers en ma Curs ; li hons devoit venir à son Seigneur, & dire : Sire, li Rois m'a dit que il vous sera voloutiers droit. Et se li Sires dit : le n'enterré jamais en sa Curs ; mais venez, o moi si com le vous ay serons. Adour, perroit bien li hons dire : le n'irai mie ; & par droit ne perdroit rien de son fœu. Dans lequel endroit veer le jugement de sa Curs signifie empêcher que la Cour des Pairs, ou celle du Parlement, ne consist de la cause en question. La Jurisprudence au reste, établie par cet article des anciens Us d'Anjou & de Touraine, étoit constante partout le Royaume. Guy, Comte de Flandres, se plaint au Roi Philippe le Bel, de ce qu'il lui avoit voulu faire droit par ceux de son Conseil, & non pas par ses Pairs, qui étoient ses véritables Juges. C'est une remarque de Pierre Pithou dans un petit Traité qu'il avoit fait des Pairs, qui se trouve écrit de sa main parmi les Mémoires de M. du Puy : ce qui m'a été dit par M. Nublé. Le serment que Baudouin, Comte de Flandres, fit au Roi Philippe Auguste, lequel se trouve inféré dans l'Epître 130. du livre 1. du Registre d'Innocent III. page 81. témoigne la même Jurisprudence. Voici les termes de ce serment : Neque Regi Francia de housmodis auxilio faciendo unquam deere, quamdiu idem Dominus meus Rex Francia relititudinem mihi facere voluavit, & me facere judicari per eos qui me indicare debens in Curia Regis Francia. Et cette pratique fut autorisée par Saint Louis, dans ses Etablissemens Généraux qu'il fit en 1270. avant qu'il allât à Tunis. Et elle se trouve aussi dans la Coutume manuferite des Provinces d'Anjou & du Maine ; duquel Manuscrit j'ai fait mention ci-dessus au mot Cuvier. Il me reste à remarquer, à l'égard du mot veer, que ces mots de l'article 406. de la nouvelle Coutume d'Anjou : Si aucun acquerer est adjourné en demande retrait, en Cour sujette, & il ne ventille débattre ledit retrait, il se peut clamer en Cour Suzeraine, pourvenue que l'Asse de Cour Suzeraine tienne premièrement que celle de Cour sujette. Et illec sera tenu cognosifre le retrait. Et y doit estre recou, nonobstant qu'il ne mainienne tort fait, ne droit voye : ne sont pas intelligibles, si en cet article au lieu de ne droit voye, on ne lit ne droit véé ; c'est-à-dire, jus vetitum. M. Nublé & M. de Launay ont fait cette remarque dans leurs exemplaires de la premiere édition de mes Origines. M. V E I. L'Alleman dit veer dans la signification de prohibere. Le Duchat.
VEILLAQUE. On appelle ainsi un homme de mauvaise foi, sans probité & sans honneur. Je crois que ce mot est corrompu de celui de Valaque. La Nation des Valaques est notée par tous les Hifloriens pour sa méchanceté & sa déloyauté. En Normandie on se sert de Blesche dans la même signification. Huel.
VELLIN. De vitellina, en sousentendant pelis. M.
VELOUS. Zonare appelle Blague, les étoiles de foie. Et dans le Code Justinien, voyes holobera, sont des habits de foie. De vestibus holoberis & auratis, &c. Cujas tient que de Boue, nous avons tiré le mot velous. Toutefois Goldas fit ce lieu du Sermon de Bono Discipina, de Saint Valerien Cimeteenus Episcopi : Niveo veiere membra componas : dit que cela s'entend du velous blanc, qu'il dérive de velus, alléguant pour preuve, que du tems de cet Evêque, les Granits habilitatent de foie blanche. Sidonius Apollinaris liv. 4. Ep. 10. décrivant l'habit du Roi Sigemer : Flammeus cocco, rutilus auro, lathus ferico. Caïeneuve.
VELOUS, ou VELOUS. De villosus. Aeneas Sylvius, parlant d'un Bohomien qui avoit emparé de quelques Châteaux de Transylvanie : Qui cum fericam diploidem domino, cui serviebat, olim furatus esset, cognomento Examit appellatus est : quid Latini villosum fericum fonas. Boniface de Matence, dans la 112. de ses Epirres, adrefée à Zacharie, qui avoit été fait nouvellement Pape : Intereà munuscula parva vobis direximus, &c. til est villosum unam, & argenti & auri tantillum. Mathieu Paris, dans les Vies des Abbés de Saint Aubain, page 27. de l'édition de Paris : Quendam panniculum villosum ; qui Gallicè villusè dicitur ; diffus Abbat Altricus, cum memoratis offibus involutis, fecit transportari : afferens ad cautelam, ipsum suissio Beati Amphibali, Beati Albini magistri, caracallam. Sur lequel lieu Wats a fait cette Note dans son Glossaire sur Mathieu Paris : De villusè, videtim ipsi Galli. Il est sans doute que c'est de notre mot de velours, que parle Mathieu Paris en cet endroit-là. Mais quoique velous ait été fait de villosum ; & que par cette raison d'étymologie il fallut dire velous, & non pas velours ; nous disons néanmoins aujourd'hui plus ordinairement velours que velous : & c'est comme il faut parler, puisque l'usage le veut ainsi. Cujas dérivoit le François velous du Grec 1207. Vessus holobera sunt des habits de foie. Voyez M. de Caïeneuve. Les Grecs modernes disent Blagues, qu'ils ont formé de villosum. Les Italiens disent aussi velluto & vellutello : & c'est de ce mot vellutello, que nous avons fait VELUAN. Dans l'inventaire des meubles de Charles V. Un chaperon de veluan vermeil cramoisy, foure d'ermines. M.
VENAISON. De venatio. M. de Saumafis sur Solin, page 946. veneris, propriè est caro animalis, quod homo, vel alia sera, venando capit. Ita fumitur Latinis venatio. Celsus : Venatio, durique pices, & ex domesticis animalibus alia caro, maximè juvant. vi veneris, ferina caro ex venatu. Glossæ : veneris, venatio, & veneris, venatus ; ipse venandi allus. Inde nostrum Venaison, vi veneris. Et sur l'Histoire Auguste, page 80. Venationem illa atare unquam dixerum allum ipsum, ut ita dicam, venandi, sed venatum semper. Venatio autem erat id quod capiebatur in venatu, quam vulgo vocamus Venaison. Hoc enim discrimen strictile illo tem- EFERUS - Recherches & Classification numériques pore observârant : nec illo tantum, sed etiam meliori. Nam ita semper apud elegantissimum Celsum lib. 1. cap. 6. Venatio, durique plices, & ex domeficis animalibus alfa caro, maxime juvant. Et passim sexcens locis apud eundem : nunquam enim aliter utitur. Venatio igitur est ferina. Lampridius, dans la Vie de l'Empereur Alexandre Séveré, pag. 116. I est servi du même mot dans la même signification. Leporem quotidie habuit; venationem frequentem : sed eam cum amicis dividebat, & iis maxime quos sciebat per se non habere. Sur lequel endroit Cæaubon a fait cette Note : Pallerier Latinitas discrimen, quod per analogiam mitum erat, statuit tamen inter venatum & venationem : ut illud sit hisa, hoc hisosia : nam ita proprie hac Graci. Sidonius in Epistola ad Industrium lib. 4. Ferarum carnibus abstinet, curibus acquiæcit : itaque occulte delicateque religiosus venatu utitur, nec utitur venatione. Sic aiti. Graci quoque intrudum vsc hisa qnvti, pro hisosia; vesci ferina. M.
VENDOMÉ. Ville. De Vindocinum. Le P. Sirmond, dans les Notes sur Geoffroy Abbé de Vendôme, page 31. Vindocinum, quod castrum Goffrido & castellum dicitur, non obscura mea est oppidum ad Ledi fluminis ripam, in Carnatum agro ac Diocesi. Quod unum argumentum satis est ad minundam opinionem, qua multorum hodie animos persuasit, Vindocini à Ptolemao Geographo mentionem fieri, Vindinumque appellari. Vindinum enim violis Ptolemaus non in Carnatibus, sed in Aulercis Cenomanis locat, & primariam eorum urbem facit. Quare haud dubium est aliam non esse, quam Cenomanum ipsum, totius Cenomanica Provincia caput, cujus nomen Gallica consuetudine suum fecit, etiam apud Goffridum lib. III. Epist. 16. Vindocini vero Castelli antiquissima, qua nunc quidem succurrat, mentio est in Pactione Guntranni & Childeberti, Regum, qua inferta est Gregorii Turonensis Historia lib. IX. cap. 20. M. VENELLE : petite rue. Enfiler la venelle. Via, viana, vianella, venella, VENELLE. Varon a remarqué que les anciens Latins discient vena, pour via. Nous disons en Anjou venelle de lit, dans la signification du Latin spunda. Rabelais IV. 57. s'en est servi en cette signification. Véritablement je pensons qu'en icelle, derrière la tapisserie, ou en la venelle du lit, s'est votre chaire percée. Et ce mot a été dit en cette signification, parce que la ruelle du lit est comme une petite rue; ce que signifie ce mot de ruelle. Mais M. du Cange dérive venelle de venella, diminutif de vena : comme qui diroit petite veine. M.
VENTER. Rabelais, livre 4. chap. 46. Le Laboureur battit son bled en l'aire, le venit, le mis reproches. En Languedoc, au lieu de vanner le bled, on le jette en l'air, à pelées, contre le vent, qui en écarte la balle & la poudre. C'est ce qu'on appelle venter, qui, au lieu de venta, fait au préterrit parfait venit, par un de ces métaplaïmes fi communs dans le Langage du XVI. siècle. Le Verger d'Honneur, &c. Chacun voit son bled tout venter, Chacun se veut par tout venter. Le Duchat.
VENTOUSES. De ventous; qui se trouve en cette signification. Grégoire de Tours, liv. 5. de son Histoire, chap. 6. Regressus quoque domum, vocato quodam Judae, ventous, quarum beneficiochus lumen augeret, humeris superponit. Et au chap. 34. du même liv. Missa in scapulis, sive cruibus; ventous: procedentibus, erumpentibusque vesicis, decursa same multi liberabantur. Et au chap. 11. du liv. VII. Presbyterum quoque unum, pro eo quod ei vinum differet, cum jam crapulatum aspieret, elisum super scammum pugnis ac diversis istibus verboravit; ut panè animam reddere videretur. Isidore, livre 4. de ses Origines, XI. qui est des Instruments de Médecine : Spatomeleguna, qua a Latinis, à similitudine, cucurbita, a suspirio, ventous vocatur. Comme les Latins les ont appellées cucurbita; de leur ressemblance à des gohourdes, les Grecs les ont appelées pour la même raison etudes : car enuia signifie une gohourde. Nos Anciens les appelloient coupes & boîtes. Gafton de Foix dans ses Déduits de la Chasse, chap. 16. parlant des remèdes qu'il faut faire aux chiens enragés : Mais premierement soient gectées ventouses, que on appelle coupes ou boîtes, sur la plage, pour tirer le venin hors, qu'il n'aille au cœur. M.
VENTRIERES. Nous appellons ainsi anciennement les Sages-Femmes. L'Auteur de la Chronique de Louis XI. parlant de Perrette Manger, condamnée à être entourée vive (remarquez ce supplice), laquelle pour différer l'exécution de son jugement, avoit déclaré qu'elle étoit grotte : Et j'ai fait visiter par Ventrieres & Matrones, qui rapporterent à Justice qu'elle n'estoit point grotte. Ces Ventrieres avoient été ainsi appelées à ventre inspiciendo. Voyez le Titre du Digeste de inspiciendo ventre. M.
VERBAL. Nous avons dit un verbal, pour dire un proces verbal. Voyez Loiseau, liv. 1. des Offices, page 45. M. VERCOQUIN : pour fantaisie, caprice. Il lui prit un vercoquin. Peut-être de varius, de cette manière : varius, varicus, varicocus, varicocinus : comme qui diroit changement d'opinion. Vercoquin se trouve dans Regnier, Sect. 15. Estimer peu de gens, suivre mon vercoquin, Et mettre à mesme taux le noble & le coquin. Ce mot est aussi fort usité dans l'Anjou, dans la Normandie & dans le Maine, où l'on dit aussi un vertigo, pour dire un vercoquin, un caprice : ce qui me fait croire que vercoquin pourroit aussi venir du Latin vertigo. Vertigo, vertigocium, vergocium, verocii um, VERCOQUIN. M.
VERCOQUIN. Il a bien des vercoquins à la tête. Cela se dit d'un homme d'esprit léger & follet. Voici ce qu'en écrivent Riolan & les autres Anatomistes : Cerebelli particula quadam seu apophysis ob vermis figuram procefias vermiformis dicitur; quem nonnulli putant aliquando verti in vermem vivum : alii vero hunc vermem in cerebro nasci à putredine volunt. Quidquid sit, certum est in cerebro generari vermem ejusmodi, qui equo maniam inducti. Fulgò à nobis vocatur vercoquin : unde venus dictum, il a bien des vercoquins à la tête, de homme levi & pracipiti. Il sembleroit donc que vercoquin auroit été dit pour verequin ou versequin. De Brieux, Orig. de quelques Contumes anciennes, page 11.
VERD. Tapis à jouer. Rabelais, livre 1. chap. 22. Puis le verd estendu, l'on déployait force cartes, for.e dez, & renforts de tabliers. Laïmoit, &c. De sa couleur, qui est ordinairement verte. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques
VERDIER. Oifeau. Belon dans son Livre de la Nature des Oifeaux, VII. 11. L'Oyfeau que les Français nomment Verdier, n'est pas de couleur verde; mais est de couleur jaune, tirant sur le verd. Ce Verdier est bien nommé selon la signification Grecque; car ce que les Grecs dient chloris, les Interprètes tournent jaune-verdoyant. Or est nommé le Verdier, non pas vireo, comme il semble que sa signification porte, mais luteola. Il y a plusieurs autres qui sont pareillement jaunes: comme est le Bruant, le Serin, le Tarin & le Loriot; tous lesquels avons décrit en leurs lieux, chacun à part. Il a été signifié que celuy que nous nommons Loriot, a été dit en Aristote chloros holos, c'est-à-dire, tout verdoyant en l'obscure: mais le Verdier est celuy qu'il a nommé chloris, que Gaza a tourné luteola. Pline n'en a fait mention. Ce Verdier, dit Aristote, au treizième chapitre du neuvième livre des Animaux, est ainsi appelé, pource que son estomach'est paille comme l'ocre. M.
VERDIER. Est celui dont l'office consiste à garder les Forêts, & qui a quelque sorte de juridiction sur ceux qui les endommagent, & duquel on appelle au grand Maître. Il vient de Viridarius, formé de viride, qu'on prend absolument pour le bois vert. La Charte de Jean Roi d'Angleterre, intitulée Carta libertatum: Singulis quadragina diebus per totum annum convenient Viridarii & Forestarii, ad videndum attachiamens de foresta, tam de viridi, quam de venatione. Caïeneuve. VERDIER se prend aussi pour un Garde-Forêt: dans laquelle signification il vient de Viridarius: ce qui a été remarqué par M. de Caïeneuve, & par M. du Cange. La Charte de Jean, Roi d'Angleterre, intitulée Carta Libertatum: Singulis quadragina diebus per totum annum convenient Viridarii & Forestarii, ad videndum attachiamens de foresta, tam de viridi, quam de venatione. M.
VERDUN. Voyez Vienne. M.
VERDUN. Sorte d'épée. Rabelais au Prol. du liv. 3. Affiloient cimeterres, brams d'acier, badalaires, espées, verduns, eſtics. Et au chap. 10. du même livre: Advise que mon verdun ne soit point plus long que ton eſpade. Du Latin vernum, qui se trouve en cette ſignification au liv. x. chap. 15. d'Aulu-Gelle. Vernum, vernum, vernum, vernum, VERDUN. Dans le Dict. Fr. Ang. de Hollywood, verdun ſignifie d'abord un bacquet à vin; & aussi une petite épée. Dans cette première ſignification je ne ſais d'où il vient. Le Duchat.
VERG, ou VIERG. On appelle ainsi à Autun le Magiſtrat de la ville. Peut-être de l'ancien mot Gaulois Vergobretus. Cæſar, liv. 1. de la guerre des Gaules: Diviriacus & Lijous ſumma Magiſtratus praerant, quem Vergobretum appellant Ædni: qui creatur annuus, & vita necique in ſuas habet poetſtatem. Les Gloſes d'Īsdore: Vergobretus: nomen Magiſtratus. Touchant l'eymologie de Vergobretus, voyez Iſaac Pontanus, dans ſon Gloſaire Gaulois; & M. Bochart, page 79. des Colonies des Phœniciens. M.
VERG, ou VIERG. Il n'y a pas à douter, ce me ſemble, que ce mot n'ait été fait du Gaulois Vergobret, tronqué. Ce que dit Wachter ſur l'origine de ce terme Gaulois, me paroît trop curieux pour ne pas le rapporter. Voici les paroles de cet Auteur page 1766. de ſon excellent Gloſaire. VERGOBRET, Judex Regia Puteſtatis apud verres Gallus. Il rapporte enſuite le paſſage de Cæſar cité par M. Ménage; puis il ajoute: Quamvis Vergobert Ædnerum Lingnâ ſo ipſe Præter, non Præteria Majeſtas, Caſar tamen inde nomen Dignitatis formare peruit ex analogia, ut Conſulatus à Conſul, & Magiſtratus à Magiſter formari ſolot. Hinc Schillerus videtur mihi circa ſores errare, quando in Gloſ. Tent. pag. 100. Vergobret interpretatur admiſſtrationem illuſtrem; tanquam Ædni oſſem Germanicæ locuti, eamque vocem a werk opus & bret illuſtris compoſuſſent. Bochartus, qui Gallica vocabula è Punico vel Hebron ſermone ſolot deducere, hic praſſidium interpretatiſchis à Syrii petit, quibus ſarga mutationem, & partuis ſummum Praſeſtum & Moderatorem ſigniſpat. Inde Galli, inquit, Vergobretum vocant Praſeſtum illum qui quidem ſummus erat, ſed mutationi obnoxius. Sed in his ſimilibuſque Bochartis etymologiis major eſt ingenii quam vert apparatur. Meſes conſentatem est, ut ea qua Gallis antiquis tribunatus vocabula, ex ipſorum Lingnâ (qua certi Celtica fuit & Britannica ſimilis) exponantur. Atqui Celticâ Lingnâ Vergobret eſt vir legis, vel praſeſtus juris; compoſiturque à vet vir, Saxonice wet, Hibernicæ ſeat, quod hoc loco eſt nomen Dignitatis, & cyfraith lex, jus... Bochornus in Lex. Ant. Brit. cyfraith lex, jus... Optimæ autem à praſeſtura legis vel juris appellatur vir qui ſummum in Rep. magiſtratum geris & ſupremus omnium Judex eſt. Nec alio nomine Principes Gothorum Occidentalium inſigniri voluerunt quam Judicum, etiam ſi eſſent potentiſſimi & Regibus aquales, ut oſtendi in voce richter. Qualis ſu Vergobretus apud Hibernus, non explicat Tolandus: vocem tamen Hibernis tribuit in Additionibus ad Hiſtoriam Druidarum, pag 116. At in Bibliotheca Anglicana, tom. xv. part. 1. pag. 412. dicitur quod Hibernis ſear go freath ad literam ſigniſcet homme qui juge, vir qui judicat. VERGEE de terre. M.
VERGER. De viridarium: d'où les Italiens ont aussi fait verziere, & les Eipagnols vergel. Viridarium se trouve en cette ſignification dans Sué-tone, & dans les Fragmens d'Ulpen, au titre de Duibus. Voie l'endroit des Fragmens d'Ulpen: Imperiâ volupuſoſa ſunt, quibus, neque onſſis de-terior dos ſiuret, neque ſallis ſruchuſſor effecta eſt: quod evens in viridariis, & picturis, ſimilibuſque rebus. M.
VERGNE. C'eſt l'arbre que nous appellons autrement Aune. Rabelais, liv. 1. chap. 19. L'En-ſermier de notre Abbaye n'a doncque la teſte bien cuite: car il a les yeux rouges comme un jadeau de vergne. De verna. Les Gloſes d'Īsdore: AUNUM, li-gnum, id eſt vernum. Je crois que les Aunes ont été ainsi appelés à vere, à cauſe qu'ils pouſſent beaucoup au Printems; témoin ce vers de Vir-gile: Quantum vere novo viridis ſe ſubjicit alnus. M. de Saumaise, dans ſes Hononymes des Plan-tes, chap. 66. croit que notre vergne eſt le Siler des Anciens. Il y a en France beaucoup de lieux du nom de la Vergne: qui eſt un nom que j'ai fort célébré en la peſſonne de Madame la Comteſſe de la Fa-lette. M.
VERGNE. Au lieu du vernum des Gloſes d'Īs-dore, on lit guerra dans l'Histoire de Bretagne de Lobineau, tome 1. page 147. & ce mot vient du vieux Breton guer, qui ſignifie l'arbre que nous nommons aune. Voyez le Gloſaire de ce volume au mot Guerra. Le Duchat. EFERUS - Recherches & Classification numériques
VERGOGNE. De l'italien vergogna, fait du Latin verecunda. M.
VERJUS. Ce mot est sans doute composé de vert & de jus : comme qui diroit jus viride. Nous appellons ainsi la liqueur épreinte du raisin non encore mur : bien que dans la coutume de Bourbon-nois chap. 36. versus de grain, & versus de pomme, signifient la bière & le cidre, a cause de leur couleur verdâtre. Caïence.
VERMEIL. Vermilion. Sicile, Roi-d'armes, ou Hérault d'Alphonse Roi d'Arragon, livre 1. du Blaïon des couleurs : Au Pays de Provence, en certains rivages qui sont sur la mer, croissent certains petits arbres, qu'ils appellent quats : & environ la racine de ces arbres, quand vient au mois de May, il se contrée & engendre de moult petites bosettes pleines d'humeur rouge comme sang, & les gens du pays les séchent au soleil, qui semblent des morceaux de cuir rouge. Et en la fin de l'effet en ces morceaux s'engendrent petits vers qui ont dedans leurs corps une humeur aussi rouge que le sang, de laquelle est fait le vermillon dont sont teints draps de soie. La graine dont on fait l'écarlate, & que les Latins appellent cocum, se change comme dit Pline liv. 14. chap. 4. bientôt en vermisseau; c'est pourquoi les Grecs l'appellent ennuissus, qui signifie un petit ver. Celerime, dit-il, in vermiculum se mutans, quod ideo scolecion vocant. Vignère, en une de ses Notes sur les Images de Philostrate, parlant de la cochenille (ce mot est sans doute dérivé de cocum) : On tient, dit-il, que ce soit une manière de ver, qui vient en la Terre Ferme de l'Inde, en la contrée de Cérateras, sur un arbre presque ressemblant au signier. Papias : Rufus, vermiculus rubens. Lidore, livre 19. chap. 18. Cocum Graci, ou rubrum, seu vermiculum dicimus : est enim vermiculus ex sylvestribus frondibus. D'où il se prouve assez clairement, que ces mots vermeil & vermilion, ont tiré leur origine du Latin vermis. Que si maintenant on appelle vermilion ce que les Latins appellent minimum, qui est une espèce de métail; c'est à cause de la ressemblance de la ceinture avec celle de la graine d'écarlate, ou le cocum des Latins, que les Auteurs Grecs du dernier tems appellent communément ennuissus, c'est-à-dire, ver. Nous lisons dans l'redegait chap. 15. que Willibaud envoya dire à l'Ilocat, que s'il détiroit qu'ils se rencontraient en la bataille pour védier leurs différends, qu'ils se devoient tous deux signaler de cotes d'armes rouges. Induumur ego & tu vestibus verminis. Aimoin, livre 3. chapitre 91. Tum, si placent, et a. 12. vermiculatis adoperit vestibus, &c. Caïence.
VERMEIL. De vermiculus, qui se trouve en cette signification. Lidore dans ses Origines Latines: vocum Graci, cos rubrum, seu vermiculum dicimus. Les Gloves Anciennes : nux, nux, nux, vermiculus, hoc cocum. Les Gloves manuscrites de M. de Saumaité : nux, vermiculus. Vermiculatus se trouve dans Lucilius : & dans Saint Jérôme minatus vermiculus, en cette signification, a été dit à cause des vers qui se trouvent dans la graine appelée cocus. Et de la vient que les Grecs ont appellé cette graine ennuissus. Pline livre xxiv. ch. 4. parlant de cette graine : Est autem genus ex eo in Africa fere & Asia nufiens, celerime in vermiculum fessantans, quod ideo scolecium vocant. Pantanias dans ses Phociques : vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint, vint 569[{"box_2d": [112, 46, 483, 302], "label": "text", "caption": "venio. Neophytus : βίωσος, οἶς ἐγείνων, ἐγείνων, ἐγείνων, ἐγείνων. Quis umquam audive beryllum esse arboris lacrymam! Sed bene quod addot, ita appellatum, vā λυγίμων βίωσος. Sit vocarum Gracis recentiores quod antiquis fuit electrum, sing succinum. Idem Neophytus : δίωσος, λύος χονωδός, δίωσος, φωτς ἐγείνων, ἐγείνων, ἐγείνων, ἐγείνων, ἐγείνων. Ergo & βίωσος & βίωσος, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, ἀρρολίνων γυμνών, 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VERROUIL. De verrucius, qui se trouve en cette signification dans les Gloses anciennes. Verrucius, qui nous est vus et s'ou, &c. Iens. C'est ainsi qu'il faut lire en cet endroit, & non pas verrucius : comme l'a remarqué M. de Saumais sur l'Histoire d'Auguste, page 193. & sur Solin page 925. Verrucius est diminutif de verru. M.
VERRAT. Par corruption pour Verrac, fait de verracus, formé de verres. Et c'est de verracus que les Espagnols ont fait leur barrace. M.
VERSENNE. Mot Saintongeois, qui signifie sillon. A verru. On trouve dans les Gloses anciennes : Verbenna, Terra proscissa arato, id est vomere. Sur lequel endroit M. Guyet a fait cette Note : Au vertenna, a verru? quod Santones pro sulco usurpant; une vertenne. M.
VERSER. De versang, d'où les Espagnols ont aussi fait boar. Le composé reboar est plus en usage. M.
VERSORIS. Nom de famille de Paris, originaire de Normandie. M. Joly, Chantre de Notre Dame de Paris, dans son Catalogue des Roscats du Parlement de Paris : Maistre Pierre Versoris, Avocat en Parlement, estuit issu de noble famille, venue originairement de Gentilshommes de Normandie, et environ de Falaise; ainsi qu'il l'a lui-même remarqué dans sa Généalogie qu'il écrivit de sa main, pendant le loisir que lui baille la maladie contagieuse qui fut en 1581, s'estant lors retiré en sa maison de Clichy la Garonne près Paris. Leur nom estuit le Tourneur : qu'ils ont changé depuis en celui de Versoris. Jean le Tourneur, dit Versoris, estant venu le premier à Paris, environ le Regne de Charles VII. fut un des premiers Docteurs de l'Université : & composa plusieurs Ouvrages en Latin : quelques-uns desquels cette Généalogie remarque se trouver en la Bibliothèque des Minimes de Nigeon. Il changea son nom de le Tourneur François en celui de Versoris Latin, comme avoient lors accoutumé de faire les gens de lettres. De mon côté j'ai aussi fait mention de ce changement de nom. C'est dans la Vie que j'ai écrite en Latin du grand pere maternel de Guyonne Ayrault ma mere, Jean Des-Jardins, dit Hortensius, Médecin de François I. où en parlant de ce Jean Des-Jardins, j'ai dit : Maria Hortensia nupfit Guillelmo Versoriso, viro nobili genere, ex Normania prope Falesiam oriundo, Bufciaci de Sancto Martino & Camini in pago Brigienzi, Domino, atque in Prafeclura Parisiensi Conflitario. Is patrem habuit Johannem Versorisum, magni nominis in Senatu Parisiensi Patronum : avum, Guillelmum, & ipsum Parisiensem Patronum clarissimum, qui exemplo Johannis parru, Doctoris Sorbonici, summa apud Theologos existimationis, Versoris cognomen sumpsit : nam pater ejus Tornator Occabatur. Quod ipsum Tornatoris cognomen, ut hoc praterendo dicam, Versoris cognomine & Johannes Guillelmi pater mutarat : more virorum doctorum illius faculi, qui cognomina Gallica Latinis in secundo casu, Graca consuetudine, effrebant. Mrs. Nicolai & Mrs. Fabri s'appelloient originairement Nicolas & le Fevre. M.
VERTUCHOU. M. de Launay a remarqué que les Grecs juroient par le chou : vus vus vus vus vus. Voyez Vossius dans ses Historiens Grecs, page 161. M.
VERTUGADIN. Vertugade, vertugadin, & vertugale viennent de même source, a vertende. Les Espagnols disent vertugada & vertugala.
VERTUGADIN. Il y a des gens, qui veulent que ce mot se soit dit par abbreviation pour verru-gard'infant, & ils se fondent sur ce que cet habillement a la vertu de garantir des chocs & des atteintes du dehors un enfant dans le sein de sa mere. Le Duchat.
VERVE. De verba : qu'on a dit au singulier pour verbum : comme Biblia, pour Biblium. Voyez Bible. Verbum a été dit simplement pour Verbum Dei: de même que vus vus vus vus vus. Voyez Drusus sur ces mots de Saint Marc 11. 2. Et loquebatur est verbum : & sur ceux-ci des Actes des Apôtres xxi. 6. Verati sunt a spiritus Sancto loqui : où il remarque que les Ebreux ont usé de même du mot vus vus vus. De la 1. part. de ses Etymologies Françoïes. Je laisse au Lecteur à juger laquelle de l'ETymologie du P. Labbe ou de la mienne est la meilleure. 1.
VERVE. Le Roman de la Rose, folio 57. 10. Par devam disent qu'ils vous ament, Et derrière putain vous clamant, Et disent ce que pis leur semble, Quand ils sont deux ou trois ensemble, Combien que chacun d'eux vous serve; Car je connais toute leur verve. Toute leur verve, c'est-à-dire, tous leurs discours, toutes leurs paroles. Le Duchat.