🔍 Nova Nova interroge toute la bibliothèque par « mot-clé ». Mode clair / sombre. 🔮 Oracle Oracle répond à une question posée en langage courant, en s'appuyant sur les passages les plus pertinents de la bibliothèque
🧵  Le Fil d'Ariane ?Le Fil d'Ariane s'adresse à qui aime feuilleter, sans but précis, simplement curieux d'un thème, on y parcourt notamment l'équivalent des tables des matières de ces grands bulletins de sociétés savantes — pour découvrir, au fil des pages, ce qu'ils renferment. Si vous trouvez une information éveillant votre curiosité, les deux outils ci-dessus : Nova et Oracle prennent le relais, interrogez-les !... ✦   ✦   ✦
03.0 Dictionnaire marine françoise — GOUDRONNÉRIE – LIGNE

03.0 Dictionnaire marine françoise Pomme 1792 — section

❧   ❧   ❧
↩   Retour au sommaire

156 entrées

Rechercher un mot dans toutes les sections de ce document.
GOUDRONNÉRIE. f. f. Lieu d'un port où le goudron est chauffé & préparé pour les usages auxquels il est destiné.
GOUJE. f. f. Gouge. Espace de ciseau dont le tranchant a le contour d'un arc de cercle, pour servir à faire, dans des bois, ou une cannelure de même forme, ou un canal cylindrique.
GOUJER. v. a. Pratiquer une cannelure sur la surface d'un bois quelconque, à l'aide d'un ciseau nommé gouje; & cette cannelure reçoit le nom de goujure. --- Une pomme, ou boule en bois (fig. 62. M.) est nommée pomme goujée, parce que sur la circonférence d'un de ces grands cercles, elle porte un petit canal qui est fait pour contenir la corde par laquelle cette pomme doit être fixée dans le lieu d'un vaisseau où elle devient nécessaire. Une telle pomme d'ailleurs, percée diamétralement, sert, par cette ouverture, de passage à certaines manœuvres.
GOUJON. f. m. Cheville de fer qui a une même grosseur dans toute sa longueur. Il y a des goujons ronds ou cylindriques: il y en a aussi qui sont prismatiques & triangulaires ou quarres; (fig. 89. C.)
GOUJONNER. v. a. Fixer, par des goujons, une piece de bois dans une place déterminée.
GOUJURE. f. f. Cannelure. On fait extérieurement sur les deux larges faces de la caisse d'un très-grand nombre de poulies, une rainure longitudinale qu'on nomme goujure, channel. C'est nm (fig. 60. M.) Elle sert à loger & à maintenir le cordage dont on doit ceintrer la poulie, nam, pour qu'elle puisse être facilement attachée dans les lieux où elle devient nécessaire. Voyez estrope. --- Les caps de mouton, tels que d, (fig. 87. M.) portent aussi une cannelure ou goujure circulaire sur leur contour ou sur leur épaisseur, dans laquelle est reçu le cordage qui les entoure & qui leur forme une espece de ceinture, comme on le voit (fig. 87. M.) en cc & dans les fig. (B. & A.) --- Autrefois les chouquets présentoient sur leur face supérieure deux cannelures longitudinales, (fig. 34. A.) dans lesquelles étoient maintenues les itagues des basses vergues; mais l'usage de ces itagues ayant cessé d'être suivi, les chouquets n'ont plus de goujure.
GOULET. f. m. Strait intrance, or inlet. Canal étroit & court par lequel la grande mer communique, soit avec un port, soit avec une rade, &c. --- Le courant de la marée est très-rapide dans les goulets.
GOUPILLE. f. f. Fore lock. Languette courte & faite d'un morceau de fer plat, qui est redoublé sur lui-même. On en fait usage pour retenir dans sa place une cheville qui sert à lier deux pieces de bois qu'elle traverse, (fig. 89. C.) en introduisant cette languette dans
GOURNABLE. f. f. Tree nail. Cheville de bois de chêne; sa forme est presque cylindrique. On se sert de gournables, concurremment avec des clous & des chevilles de fer, pour fixer les bordages ou les planches qui recouvrent la carène d'un vaisseau. Et si dans cette opération on préfère les gournables aux chevilles de fer & aux clous, c'est que ceux-ci se rouillent & accélèrent la pourriture des membres, & parce que d'ailleurs les gournables sont d'une pesanteur moins considérable.
GOURNABLER. v. a. Attacher une pièce de bois avec des gournables; & un vaisseau est gournable, lorsque toutes les parties qui doivent être fixées par les gournables, sont établies à la place qui leur est destinée.
GOURNABLIER. f. m. Mooter. Ouvrier dont l'art & l'occupation sont de faire & préparer des gournables pour les bâtiments en construction. Il y a dans les ports de Roi un attelier où se réunissent des gournabliers, pour ébaucher & finir des gournables.
GOUSSET. f. m. On donne le nom de gouffet de gouvernail à une ouverture pratiquée, en x (fig. 1, P. dans la voûte d'un vaisseau, pour le passage de la partie élevée du gouvernail. On voit cette ouverture (fig. 42, C.) à l'extrémité supérieure de l'étambot, & la partie be (fig. 35, G) est celle du gouvernail c a c d b, qui entre par ce trou dans l'intérieur du vaisseau. — On donne plus souvent le nom de jaumière, helm port, à cette ouverture, que certains marins nomment gouffet de gouvernail.
GOUTIERE. f. f. Planche épaisse qui est placée sur les bords d'un plancher, c'est-à-dire, d'un pont de vaisseau, qu'elle concourt à former. On fait que la fourure de goutière est établie dans l'angle que fait la muraille avec le pont, & depuis l'avant jusqu'à l'arrière; & on nomme goutières deux suites parallèles de bordages, qui avoisinent immédiatement les fourures de goutières. On peut remarquer ces goutières (fig. 12, P.) dans leur place nu, quoiqu'elles ne soient pas prolongées d'un bout à l'autre du pont. Si ces bordages sont distingués, par le nom particulier de goutière, des autres bordages du pont qu'on voit sur A D B, c'est parce qu'ils leur sont supérieurs, & en force & en épaisseur, & parce qu'ils sont d'ailleurs particulièrement entaillés vis-à-vis tous les baux avec lesquels ils sont chevillés, afin de servir spécialement à maintenir ces derniers dans leur distance respectivé. — On établit dans un vaisseau des goutières
GOUVERNAIL. f. m. Rudder. Affemblage de charpente, qui forme un folide prefque prifmatique; dont deux faces paralleles font étendues & égales, & dont l'épaiffeur est peu confidérable, relativement à fes autres dimenfions; un gouvernail entier est représenté (fig. 35 & 17, G.). Il est composé d'une forte piece de chêne de, qui fert de bafé à tout l'affemblage, & qui est nommée la mèche du gouvernail; c'est à cette mèche que font ajoutées des pieces de fapin, qui font chevillées avec elle, pour composer la partie extérieure & faillante a c e r, qu'on nomme fafran, & achever le gouvernail entier e u b d c a. Cette partie effentielle d'un vaiffeau est enfuite préparée pour être fufpendue extérieurement à l'étambot du vaiffeau, par des gonds dont il est garni en divers points de u b d, & qu'on voit en u (fig. 59. C), afih qu'elle puiffe tourner à gauche & à droite de l'étambot, pour former au befoin un angle plus ou moins grand, avec la direction de la quille ou avec celle du plan diamétral du bâtiment. Les pentures qui reçoivent les gonds du gouvernail font fixées fur l'étambot (fig. 35, G.) & le levier ou la barre, à l'aide de laquelle on change la pofition du plan de cette machine est fe (fig. 35, G.), qui entre, par un bout, dans la tête, ou l'extrémité fupérieure de la mèche du, du gouvernail. L'ufage du gouvernail est de tranfmettre au vaiffeau qui le porte l'impulfon qu'il reçoit de l'eau environnante, & de lui communiquer un mouvement horifontal de rotation, qui est favorifé par fa pofition à l'extrémité du bâtiment. — L'angle du gouvernail, avec le plan diamétral, d'un vaiffeau, ne peut, dans l'état actuel des chofes, excéder la grandeur de 30 degrés, & cependant cette machine ne paroît fufceptible de produire le plus grand effet poffible, que lorfque cet angle est de 45 d. — On fabrique fouvent fur l'épaiffeur extérieure a c du gouvernail des vaiffeaux un canal longitudinal, que l'on regarde bien gratuitement comme propre à augmenter l'action de l'eau fur fa fuface. — Donner un coup de gouvernail, c'est, à l'aide de fa
GOUVERNER. v. a. to steer. C'est dirigé un vaisseau en mouvement sur un air de vent désigné, & le ramener à cette direction, lorsqu'il s'en écarte, par le moyen du gouvernail. --- La qualité de bien gouverner, est celle que les marins désirent beaucoup trouver dans les vaisseaux où ils naviguent; to answer the helm readily. Elle consiste à obéir vivement à l'action de l'eau sur le gouvernail, & à faire par conséquent, dans tous les temps, les mouvemens horifonaux de rotation, que les circonstances peuvent rendre nécessaires. On aura une idée de l'effet du gouvernail, en supposant que le vaisseau E B F (fig. 36, G.) ait une vitesse progressive, qui le porte de b en E, & que le gouvernail ait la position bn, qui fait avec le prolongement br du plan diamétral eb, un angle rbn; car alors on voit évidemment qu'en s'avançant avec sa vitesse acquise, le vaisseau doit suivre une route eq, c'est-à-dire, s'avancer dans l'espace, en tournant sur lui-même. --- Gouverner sur un but désigné, c'est préfenter & maintenir, à l'aide d'un gouvernail, la proue du bâtiment constamment dirigée vers ce but. C'est dans ce sens qu'on dit gouverner sur telle baie, telle rade, tel port; to steer for an place. --- Gouverner sur son ancre, to steer a ship to her anchor, c'est préfenter la proue d'un vaisseau vers le lieu où son ancre est mouillée, afin que le cable qu'on tire en dedans du vaisseau trouve moins de résistance à son passage par l'écubier. --- Gouverner à N. air de vent, to stand to N point, c'est faire parcourir à un vaisseau un espace proportionné d'ailleurs à sa vitesse, sur cet air de vent. --- Gouverner au plus près, c'est tenir le vaisseau dans une position telle que le vent venant de la partie de l'avant, fasse avec sa longueur un angle de 46 à 34°; to keep her to. --- Gouverner où on a le Cap, to steer as you go, c'est maintenir un vaisseau sur la direction qu'il suit dans un instant désigné. Gouverner pour s'éloigner de l'ennemi, to steer from the enemy; c'est faire prendre à un vaisseau, à l'aide du gouvernail, la route qui favorise davantage son éloignement: gouverner un
GRAIN. f. m. Un grain de vent, *fquall of wind*, *gust of wind*, est un coup de vent passager, fubit & de peu de durée. Les marins expérimentés savent prévoir ces changements violents dans l'état de l'athmosphere; & lorsqu'ils sont attentifs à tout ce qui peut les annoncer, ils disent qu'ils veillent le grain. — Un vaiffeau qui replie quelque voile aux approches d'un grain, amène pour le grain; & celui qui en est enveloppé d'une maniere dangereuse, est chargé par le grain. — Si ce grain est impétueux, on dit qu'il est pesant, *heavy gust of wind*, pour exprimer combien le vent presse alors avec force les voiles qui sont exposées à son impulsion. — Dans les chantiers, on donne le nom de grains d'orge à des morceaux de bois dont la figure est souvent celle d'un prisme triangulaire, & qui sont destinés à remplir des vuides qui se trouvent dans de plus grandes
GRAPIN. f. m. *Grapling*. Verge de fer, armée, à une extrémité, de plusieurs crochets recourbés, & placés régulièrement dans divers plans, comme on le voit (fig. 67. N.) — Les grapins servent aux canots, aux chaloupes, aux galères même, comme les ancres aux vaisseaux, *boat grapling*, *grapling of a galley*; & leurs crochets, au nombre de cinq ordinairement, sont déterminés par des pattes semblables avec lesquelles ils mordent le fond de la mer, & deviennent propres à retenir ces bâtiments dans une place déterminée. La multiplicité des crochets dispensée de la nécessité de garnir d'un jas ces mêmes grapings, parce que, dans toutes les situations qu'ils peuvent avoir en tombant sur le fond, ils présentent toujours quelque patte qui est prête à s'y enfoncer. — Il y a des grapins d'abordage, *fire graplings*, qui sont plus légers que les précédens, & dont les crochets sont pointus sans être terminés par de larges pattes. Ils servent à accrocher l'un à l'autre deux bâtiments ennemis qui veulent se combattre de près. C'est du vaisseau qui cherche cette réunion, que sont lancés ces grapins dont la fig. (5. M.) donne une idée. Parmi ces grapins, les uns sont suspendus au bout des basses vergues par le moyen de chaînes de fer; & lorsqu'ils ont été lancés sur un ennemi, lorsqu'ils sont accrochés à quelques parties du gréement ou du corps du bâtiment, on tire sur ces mêmes chaînes pour rapprocher un vaisseau ennemi de celui qui veut l'aborder. Il y a d'autres grapins dont l'usage est le même, mais qui ne sont pas suspendus au haut des vergues: ils sont moins pesans, & on les lance de la main sur un vaisseau ennemi. On les nomme grapins à main; *hand graplings*. — Enfin, les bouts des vergues d'un vaisseau sont quelquefois armés de piques, ou de fers pointus & arrangés comme ceux qui terminent des hallebardes, c'est-à-dire, des croissants sur les côtés, ou des fers recourbés en spirales. De telles pointes & leurs croissants, en
GRAS. ( en ) adv. Lorsque deux faces adjacentes d'une pièce de bois quadrangulaire doivent former entre elles un angle plan, dont la grandeur excède 90°, alors on dit que cette pièce doit être travaillée en gras pour recevoir la figure qu'elle doit prendre sous la main de l'ouvrier ; par exemple, si, dans la pièce *il k pmn* ( fig. 62, G. ) l'angle *reu* est obtus, cette pièce a été travaillée en gras dans le point *e* ; comme si l'angle *fon* ( fig. 50, G. ) est aigu, cette pièce est travaillée en maigre, par opposition à la première opération. — C'est pourquoi on dit que les équerrages d'une pièce de bois sont en gras ou en maigre, selon que les angles-plans de les faces adjacentes sont obtus ou aigus.
GRATTE. f. f. *Scraper*. Petite lame de fer, large, tranchante, plate ou peu épaisse, & quelquefois de forme triangulaire ( fig. 34, C. ). Elle est emmanchée, par une douille, à un bâton perpendiculaire à son plan, & on en fait usage pour gratter les planchers, ou les ponts ou les gaillards d'un vaisseau, afin d'en détacher toutes les ordures dont ils peuvent être couverts. — Les calfats se servent aussi d'un morceau de fer recourbé & emmanché à un bâton, qu'ils désignent sous le nom de gratte, pour gratter la carene d'un vaisseau, & en détacher le vieil enduit que le feu n'a pu détruire.
GRATTER. v. a. *To scrape*. Passer fortement le tranchant d'une gratte sur la surface, ou des planchers, ou de la carene d'un vaisseau, soit pour enlever les ordures qui y sont attachées, soit pour détruire l'enduit qui les recouvre.
GRAVE. f. f. *Platform of flint*. On donne ce nom à des parties des rivages de la mer ou des rivieres, lorsque s'étendant vers l'eau en pente douce & couvertes de cailloux, elles offrent un sol ferme dans tous les temps, pour rendre commodes, & l'embarquement & le débarquement des navigateurs ou de toutes sortes d'objets.
GRÉEMENT. f. m. Assemblage de toutes les voiles, poulies, manœuvres, &c. dont un vaisseau a besoin d'être pourvu, pour être mu à l'aide du vent ; *rigging*; *tackles and furnitures*. — De même toutes les choses de cette espèce qui sont particulièrement nécessaires, ou à un mât, ou à une vergue, ou à un bateau, composent ce qu'on nomme gréement d'un mât, d'une vergue, d'un bateau, d'une chaloupe, d'un canot, &c.
GRÉER. v. a. *To rigg*. On grée un vaisseau, en établissant, à leur place respective, toutes les parties de son gréement. V. gréement. — Ainsi on grée un mât, une vergue, une voile, en les garnissant
GRELIN. f. m. *Smal cable, wharp*. Cordage compofé de trois ou quatre auſſieres commifes enſemble. Il eft moins gros que les cordages nommés cables, quoique la façon en foit la même ; & le nom de cable ne lui eft donné que lorfque fa groſſeur excede douze pouces ; on en imaginera le travail, en ſuppoſant des cordes ordinaires, tortillées enſemble, pour ne faire qu'un feul & même cordage. Faire une telle opération ; c'eſt commettre en grelin, *cable laid*. Comme les grelins, ainſi que les cables, font toujours d'une même longueur de 120 braſſes, on les diſtingue par le nombre de pouces qu'ils ont en groſſeur, *N inches cable*. — Quelquefois on les termine en pointe à une feule extrêmité, & alors ils font dénommés des grelins en queue de rat, *pointed ſtream cable*.
GRENIER. (en) *In bulk*. Un vaiffeau eft chargé en grenier, lorfque la ſurface intérieure de fa cale étant recouverte de nattes ou d'une enveloppe quelconque, on y dépoſe, comme dans un grenier, des monceaux de grain, ou de fel, ou d'autres objets ſemblables. Un tel grenier eft ordinairement & par prudence partagé par une cloiſon diamétrale & longitudinale, qui émpêche, dans les ofcillations du bâtiment, que la charge ne ſe porte toute entiere d'un même côté. — On donne encore le nom de grenier à une couche de bois & de leſt qu'on établit dans le fond de la cale d'un vaiffeau, pour ſervir de plate-forme élevée, ſur laquelle on place des marchandises, qui, pour être confervées, doivent être écartées de l'eau, qui s'accumule toujours en volume, plus ou moins grand, dans les parties baſſes d'un bâtiment.
GRILLAGE. f. m. Aſemblage de pluſieurs pieces de bois, qui font établies les unes au-deſſus des autres, qui ſe croiſent à angles droits, & qui font liées étroitement par des adents, pour former une baſe ſolide aux vaiffeaux qu'on conſtruit ſur les bords de la mer ou d'une riviere. C'eſt ſur la face ſupérieure de ce grillage ou de ce maſſif qu'on bâtit & qu'on fait gliffier à l'eau le herceau dont on enveloppe un vaiffeau dont la conſtruction eft totalement achevée.
GROS. f. m. Le gros de l'eau, *spring tide*, est la pleine-mer au temps des syzigies de la lune : & on donne un tel nom à ces marées, parce qu'elles sont plus fortes, ou parce que la mer s'élève dans ces positions de la lune, à une plus grande hauteur que dans ses quadratures. Le gros d'un mat est le lieu de son grand diamètre, qui est ordinairement placé au sixième de sa longueur, à compter du gros bout ou de son extrémité inférieure.
GROSSE. (à la), au lieu de prêter à la grosse aventure, on dit aussi, par abréviation, faire un pret à la grosse. V. Aventure. *To lend money on bottomry or by way of bottomry.*
GROSSIR. v. n. Lorsque la mer s'agite & se couvre de lames, dont la hauteur prend successivement de nouveaux accroissemens, on dit de cette mer qu'elle grossit, comme on dit qu'elle est grosse lorsque ses vagues sont très-élevées
GUÉRITE. f. f. *Rim*. Bordage ou planche de chêne ou d'ormeau, qui recouvre un espace de peu de largeur sur les bords antérieurs & latéraux d'une hune *A* (fig. 23, A.), pour fortifier l'assemblage des planches qui composent cette plate-forme. La guerite est ici *tmru*, & elle est percée pour le passage des queues de fer, qui terminent les estropes des caps de mouton *A* (fig. A, M.), employés au maintien des mats de hune. On voit (fig. 76, M.), & le bord d'une hune, & ces caps de mouton à leur place.
GUETTEUR. f. m. C'est un homme chargé, & d'observer, d'un endroit élevé d'une côte, tous les batimens qu'il peut découvrir, & de rendre compte de ses découvertes, ou de les signaler au besoin.
GUEULE-DE-LOUP. f. f. Nom d'une entaille angulaire qu'on fait dans l'extrémité d'une piece de bois, pour qu'elle puisse embraser l'angle-plan de deux faces adjacentes d'une autre piece. Certaines accores, qui servent à étayer un vaisseau en construction (fig. 39, C.), sont terminées de cette manière pour saisir les lisses sur lesquelles leur tête est appuyée.
GUI. f. m. On donne ce nom, *main boom*, à une espece de perche
GUIBRE. f. m. Cut water. On donne ce nom à toute la charpente qui est placée en saillie devant l'étrave d'un vaisseau; c'est bced (fig. 1, P.), & c'est ce qui est nommé éperon par beaucoup de marins. (Voyez Éperon).
GUIDE. f. m. Lorsqu'on fait entrer un vaisseau dans un bassin, on le dirige, par le moyen de certaines marques établies à terre, & ces marques sont nommées des guides de bassin. — Dans le gréement d'un vaisseau, il y a un guide de conduit de driffe. C'est une barre de fer, qui est courte, qui est terminée, d'un côté, par un croissant, & de l'autre, par un anneau, tandis que, sur sa longueur, elle est percée de plusieurs trous. Le galhauban de hune, dans un vaisseau, traverse l'anneau, de ce guide, situé horisontalement, & le croissant s'appuie sur l'itague de hune; d'ailleurs le guide est lié à cette itague en divers points, par de petits cordages qui passent par des trous, percés dans l'étendue de ce guide; & par cet arrangement le guide a la liberté de glisser le long du galhauban, en maintenant constamment l'itague qu'on fait agir à une distance toujours égale de ce galhauban. Comme cette itague tient à une driffe, on a nommé cette espèce d'acr-boutant du nom, de guide de conduit de driffe, ou de gouvernail de driffe.
GUIDON. f. m. Broad pendent. Banderolle plus large & moins longue qu'une flamme. Elle est terminée (fig. 14, E.), dans sa partie pendante, par deux pointes bien séparées. — On attache ou on envargue un côté de ce guidon à un petit bâton; on l'arbore à la tête d'un mât, & on s'en sert pour faire des signaux, comme pour annoncer dans le bâtiment où il est déployé, le commandant des vaisseaux qui l'accompagnent.
GUIGNETE. f. f. Outil de calfat. Il ressemble au bec-à-corbin (Voyez Bec) dans sa forme générale; mais il en diffère en ce que, sans avoir une tête quarrée, sa lame est tranchante sur son bord extérieur. Cet outil est employé pour agrandir, ou les joints de deux bordages, ou ceux de deux pieces écarvées ensemble, afin de faciliter l'introduction de l'étoupe, dont on doit les remplir pour former toute issue à l'eau.
GUINDAGE. f. m. Action de guinder un mât supérieur, ou de l'élever au bout d'un mât inférieur. Le guindage du mât 7a ( fig. 16, A ) est l'exhaussement de ce mât au haut du bas mât bc. Le guindage est aussi l'action de charger & de décharger les objets qu'aforment la cargaison d'un bâtiment de commerce ; & le salaire des gens qui l'exercent ; est nommé frais de guindage. Si l'appareil employé pour élever un fardeau n'est pas tel, qu'il y ait une distance suffisante ou un intervalle convenable entre les poulies qui servent à cette opération, & si le fardeau ne peut, par cette raison, être élevé à la hauteur demandée, on dit alors qu'il n'y a pas assez de guindage.
GUINDANT. f. m. On nomme ainsi, dans les voiles de forme triangulaire, telles que les focs & les voiles d'état, le côté qui est déployé le long d'un état, ou sur un cordage nommé draille, qui est placé sur un vaisseau dans une direction à peu près semblable à celle d'un état. Si on confidère le foc représenté (fig. 83, M.), le guindant de cette voile est le grand côté ab qui porte des œillets pour recevoir autant de bagues dans lesquelles passe le cordage destiné à soutenir cette voile, lorsqu'elle est présentée à l'impulsion du vent. --- Dans la voile d'état de hune (fig. 82), le guindant est ad, parce que c'est ce côté qu'on étend le long du faux état du grand mât de hune, &c. --- Toutes les voiles de cette espèce sont représentées à leur place (fig. 1, A.). --- Les pavillons (fig. 12 & 13, E ) ont aussi un guindant, qui est le côté par lequel ils sont attachés au cordage qui sert à les déployer ; hoist of a flag.
GUINDEAU. f. m. Treuil ordinaire. C'est, en terme de marine, un cabestan horifontal, dont la forme est cylindrique, ou celle d'un prisme à plusieurs faces. Il roule sur deux tourillons qui le terminent, & qui sont portés par deux montans verticaux.
GUINDER. v. a. Élever à sa place, dans un vaisseau, un mât de hune ou de perroquet, to sway up. --- Si le mât 7a (fig. 16, A.) n'étoit pas établi au bout du mât inférieur bc, on ne lui donneroit la situation a7, qu'il a & qu'il doit garder, qu'en l'exhaussant & en le faisant glisser le long de bc, pour l'élever à cette place qui lui est assignée ; & faire cette opération, c'est guinder ce mât : lorsqu'elle est achevée, ce mât est guindé, top mast in an end. --- On dit aussi, par extension, guinder un hunier, pour exprimer l'exhaussement de la vergue d'une voile de hune, & le développement de cette voile, par une telle opération. Ainsi on dit d'un hunier qu'il est guindé, top sail is a trip, lorsque sa vergue est élevée à toute la hauteur à laquelle elle peut atteindre, & que cette voile, bien tendue, présente au vent toute sa surface.
GUINDERESSE. f. f. Top rope. Gros cordage, qui, dans un vaiffeau, est employé à guinder ou à élever les mâts supérieurs à la tête des mâts inférieurs. Attachée au chouquet du bas mât, la guindereffe passe, en γ (fig. 6, A.), sur un rouet encaîtré dans le pied du mât qu'il faut guinder, & remonte de là à une poulie qui est attachée de l'autre côté au même chouquet. On la roidit à l'aide du cabestan, & son effet est de guinder le mât α, ou de l'élever dans la place où il est représenté. Lorsque les poulies & les rouets sont multipliés pour une telle opération, la guindereffe est plus longue, & porte le nom de guindereffe double, tandis que la premiere est simple; single or double top rope.
GUIPON. f. m. Espèce de pinceau, mop, propre à étendre sur la surface d'un vaiffeau le brai, ou le courai, ou l'enduit dont on le recouvre, soit en entier, soit dans l'étendue de ses coutures. Un guipon est formé, ou de fils de laine, arrangés en faisceau, & d'une longueur de cinq à six pouces, ou de morceaux quarrés d'étoffes de laine cloués sur le bout d'un bâton qui sert de manche.
GUIRLANDE. f. f. Dans la construction d'un vaiffeau, on donne ce nom à de fortes pieces de bois qui croisent horifontalement ou obliquement, & l'étrave & les alonges d'écubier, afin de lier étroitement cette extrémité du bâtiment au reste de sa carcasse. On voit (fig. 22, C.) en uqroo, le lieu d'autant de guirlandes qu'il y a de points indiqués; & fug (fig. 24, C.) donne une idée de leur forme, ainsi que de leur établissement. Celle-ci est la guirlande qui est placée à la hauteur du premier pont; celles qui sont inférieures au faux pont, en b, c, d, étendent leurs branches dans des plans plus ou moins inclinés à l'horizon, comme on peut le remarquer en γ (fig. 1, P.), & cette position devient nécessaire pour éviter aux pieces qui les composent, d'être travaillées & affoiblies, d'après de trop grands équerrages. Les guirlandes des ponts servent en même-temps au repos des extrémités des planches qui recouvrent ces ponts, deck hook. — Enfin immédiatement au-dessous des écubiers, & en dedans des vaiffeaux, il y a une guirlande qui reçoit le nom de guirlande des écubiers, breast hook, & qui sert à réunir à cette hauteur toutes les pieces de la proue, qui sont exposées à de grandes secouffes produites par le choc des vagues & la roideur variable des cables. On donne le nom de guirlande, dans l'art de grer les vaiffeaux, à l'assemblage de plusieurs tours d'un petit cordage, dont on enveloppe un plus gros cordage (fig. 75, M.), en divers points de sa longueur & à ses extrémités, afin de prévenir la séparation des torons qui le composent, ou pour conserver son
GUITON. f. m. Dans un vaisseau, les hommes chargés de sa conduite, font partagés en plusieurs détachemens, pour veiller fuccef- fivement à tout ce qui se passe, & exécuter toutes les manœuvres nécessaires. Le temps pendant lequel chaque détachement est de quart, de garde, ou de service, n'est pas le même pendant vingt- quatre heures. Il est de six heures pour ceux qui commencent la garde, soit à midi, soit à six heures du soir, tandis que depuis minuit la garde est relevée de quatre heures en quatre heures jus- qu'au midi suivant. C'est cet espace de six heures, qui a été dif- tingué du quart ordinaire, dont la durée est de quatre heures, par le nom de guiton. Cet ordre de service, a été imaginé, afin que le tour d'être de garde, revienne, pour chaque moitié de l'équipage, alternativement pendant le jour & pendant la nuit; & non sans celle aux mêmes divisions des vingt-quatre heures du jour.
HABITACLE. f. m. *Bitacle, or binacle*, on donne ce nom à une espace d'armoire (fig. 33. C.) qui a trois compartimens paralleles dans leur hauteur. De chaque côté, dans l'habitacle, on place un compas de route, ou une bouffole, qui la nuit est éclairée par une lampe suspendue dans le compartiment du milieu. L'habitacle est placé dans un vaisseau au milieu de sa largeur & immédiatement sous les yeux des hommes employés à mouvoir la barre du gouvernail, afin qu'à l'aide de ce gouvernail, le bâtiment puisse être dirigé sans cesse sur l'air de vent qu'il lui convient de suivre. La destination de l'habitacle, ne permet pas qu'il entre aucun clou ou morceau de fer dans sa composition, & elle exigeroit que les deux bouffoles qu'il renferme fussent à une telle distance récipro- que, que l'une ne put être plongée dans la sphere d'activité de sa voisine, afin d'éviter toutes les dérivations mutuelles qu'elles peu- vent produire.
HACHE-D'ARMES. f. f. *Battle axe*. Petite hache, qui sert aux marins, d'arme offensive & défensive dans les abordages. On en voit la forme en h, (fig. 59, C.) D'un côté, elle est terminée par un tranchant, & de l'autre par une pointe; & elle est emman- chée à un bâton de deux pieds de longueur.
HALAGE. f. m. *Traking*. Action de hâler, ou de tirer. — Le chemin que l'on fuit, sur le bord de l'eau, lorsqu'on tire après foi un bateau flottant, est nommé chemin de halage; *road used for traking*. — Les salaires des hommes qui sont employés pour tirer à terre des effets ou des bateaux, ou, &c. sont nommés frais de hâlage. — Le déplacement des bois d'approvisionnement dans un port se fait par le hâlage de ces bois, &c. — Dans les corderies des ports, on nomme cheville de hâlage, une barre de fer rond, de quelques pieds de longueur, qui est terminée d'un côté par un bouton, & qu'on fait servir d'axe de rotation aux rouets ou aux devidoirs, lorsqu'on les enveloppe ou lorsqu'on les décharge des fils qui entrent dans la composition des cordages.
HALE-BAS. f. m. *Down hall of the stay fail*. C'est le même cordage, qui est nommé aussi cale-bas, & qui sert à faire baisser plus facilement, ou les vergues de quelques voiles, ou les voiles d'étai, ainsi que les focs, lorsque ces voiles doivent être soustraites à l'impulsion du vent.
HALE-BREU. f. m. Cordage employé à tirer vers le sommet de la vergue d'artimon, toutes les cargues de la voile de même nom, lorsqu'on se propose de déployer promptement cette voile & de la débarrasser des cargues & des cordages qui servent à la replier sur elle-même.
HALER. v. a. *To haul*. Tirer à foi avec force, & presqu'horisontalement. C'est dans ce sens qu'on dit, hâler un cordage ou une manœuvre courante, *to bouce*; hâler un palan, *to hale out the tackle*, lorsqu'on tire sur le cordage de cet appareil; hâler la bouline, *to hale up the bowling*, les cargue-fonds & cargue-boulines, *to hale up the bount lines and leech lines*; hâler une bouée, *to haul in the buoy*; hâler un bout-dehors en dedans, *to rigg, in the boom in*; toutes ces expressions servent à indiquer qu'on roidit ou qu'on tend un cordage à-peu-près horisontal, à force de bras; & les manœuvres d'un vaisseau sont dites bien hâles lorsqu'elles sont convenablement roides ou tendues. — Si des canons présentés à leurs sabords dans un vaisseau sont tirés en dedans du bord, alors c'est les hâler en dedans. — Si on tire quelqu'objet pour le rapprocher du vaisseau où se fait l'action, c'est hâler à bord, *to haul a board*; si à l'aide de cordelles, plusieurs hommes sur le rivage traînent après eux un bâtiment flottant, pour le faire descendre ou remonter, une ivoire, un canal, &c. c'est hâler ce bâtiment, *to track*; & le com-
HALER. (Se) v. n. On dit d'un vaisseau, qui, étant à la voile & au plus près, gagne au vent ou s'avance vers l'origine du vent, qu'il se hâle dans le vent, *to round up*, ou simplement qu'il se hâle; & si à l'aide d'un cordage attaché à quelqu'objet extérieur il s'approche de cet objet, alors il est dit se hâler, *to haul or round in*.
HAMAK. f. m. *Hammock*. Large & long morceau de toile, qui suspendu à une certaine hauteur & horisontalement par un faisceau de cordons divers & attachés à divers points de ses extrémités, forme une espèce de lit où repose ordinairement chaque matelot d'un bâtiment. Il y a des hamaks à l'Angloise, *cette*, qui moins simples que les premiers, ne se replient pas sur eux-mêmes, par qu'ils sont maintenus étendus, par le moyen d'un cadre en bois qui est placé intérieurement. Cette forme, particulière à ces hamaks, permet d'y arranger comme dans un lit ordinaire, & un matelat & des couvertures & des draps.
HANCHE. f. f. *Quarter of a ship*. On donne ce nom à la partie d'un vaisseau, qui est en arrière des haubans du grand mât (fig. 1, A. & les coups de canon ou les abordages qui sont dirigés sur cette partie, le sont sur la hanche du vaisseau. --- Le côté de cette même partie qui est exposé au vent qui souffle, est la hanche du vent. --- De là on doit entendre les expressions suivantes, aborder un vaisseau par la hanche, se tenir dans sa hanche, le canonner par la hanche, &c.
HAUBAN. f. m. *Shroud*. Cordage employé dans un vaisseau à assujettir ses mâts dans le sens latéral. Les haubans, suivant cette destination, embraffent la tête des mâts & descendent de cette hauteur pour venir s'attacher par leur extrémité & avec toute la roideur convenable, ou sur les bords des hunes, ou sur les bouts des barres de perroquet ou sur les côtés d'un vaisseau, selon les mâts qu'ils étayent. On voit (fig. 87, M.) une paire de haubans, avec œillet formé en *u* pour entourer le ton du mât, ainsi que les caps des haubans de mouton, *d* & *c*. Ceux-ci servent à faciliter la tension à l'aide d'un petit cordage nommé ride avec lequel on lace deux caps de mouton correspondans dont l'un tient au bout d'un hauban & l'autre à un point fixe. --- La fig. (I, A.) présente tous les haubans des mâts partiels d'un vaisseau, c'est-à-dire, de ses bas - mâts qui sont fixés en dehors & sur le côté du vaisseau, en arrière de ces mâts; les
HAUBANER. v. a. C'est étayer avec des haubans; assujettir par ce moyen un mât quelconque. Voyez hauban.
HAVRE. f. m. *Harbour*. Lieu retiré, qui communique à la grande mer, sans que ses lames puissent s'y propager. Il sert de retraite aux vaisseaux, & par cette dernière raison, & parce qu'ils y sont à couvert, des grands vents alors interrompus dans leur cours par de hautes-terres environnantes. -- Un havre offre aux vaisseaux,
HAVRER. v. n. Ce verbe est employé quelquefois, pour exprimer l'entrée d'un vaisseau dans un havre; mais il est peu usité.
HAUT. adj. Ce mot entre dans plusieurs expressions particulières dont il circonscrit la signification. Un vaisseau est haut de bord, lorsque son bord supérieur est fort élevé au-dessus de l'eau, dans son état de flottaison; & il est de haut-bord, a man of war, lorsqu'il est, destiné pour la guerre, & à plusieurs batteries --- Il est haut-mâté, over masted ship, lorsque la hauteur de ses mâts, fort les limites ordinaires; comme il est haut accastillé, round sheered ship, deep waisted, lorsque sa partie qui paroît au-dessus de l'eau, dans l'état de flottaison, a beaucoup d'élévation. De là vient que cette même partie a aussi des portions supérieures qui sont plus élevées, & qu'on nomme les hauts d'un vaisseau, upper works. --- Il y a des mots composés que le mot haut sert à former. Par exemple, on donne l haut-pendu à un nuage noir & isolé, dont la vitesse annonce celle de l'air où il flotte & présage un coup de vent. Son apparition sert d'avertissement aux navigateurs. On donne celui de haut-fond, shoal, à des parties du fond de la mer, qui semblables à des montagnes, sont plus élevées que le sol qui les environne. ( Voyez Bas-fond. ) --- La haute-mer, est tout parage de la mer qui est hors de la vue de toute terre, & qu'on nomme aussi le large; mais la mer haute est celle qui par l'effet du flux acquis toute la hauteur momentanée qu'elle peut avoir; ainsi un vaisseau gagne la haute-mer pour s'éloigner des terres, & il attend la mer haute pour entrer dans certains ports. --- On dit des terres qui bordent la mer, qu'elles sont hautes, pour exprimer qu'elles s'élevent à une grande hauteur au-dessus du niveau des eaux; & dans un vaisseau on donne le nom de voiles hautes à celles qui sont portées par les mâts de hune & de perroquet, ( fig. 1, A. )
HAUT. adv. Dans un vaisseau on distingue, comme on le doit ses diverses parties, par leur situation respective. Ainsi être en haut, aloft, c'est être au haut des mâts à l'égard de ceux qui sont, sur le pont ou les gaillards : & être sur ses planchers, c'est être en haut pour ceux qui sont sous les ponts. --- L'ancre est en haut, the anchor is a trip, lorsque tirée du fond de la mer, elle se trouve élevée jusqu'au bossoir. --- Mettre les mâts de hune haut, c'est les exhausser & les établir dans leur place au bout des bas-mâts. --- On fait certain commandement dans un vaisseau en disant, tout le monde en haut ? All hands high ? pour faire monter sur le
HAUTEUR. f. f. En construction, on parle de la hauteur, ou de l'étrave, ou de l'étambot, ou des façons, ou des lisses, ou des lignes d'eau d'un vaisseau lorsqu'on veut exprimer la distance de leur extrémité à la face inférieure de la quille. Par exemple, (fig. 23. C.) les perpendiculaires γs & ab sont les hauteurs de l'étrave & de l'étambot. On a défini les façons d'un bâtiment, au mot façons; & on en conclura aisément ce qu'on entend par leur hauteur ou leur élévation, qui est la distance de leur limite supérieure à la quille, rising of the ship's floor abact a fore, & qui est à l'arrière plus grande qu'à l'avant. — La hauteur de l'entre-pont dans un vaisseau, height between decks, est la distance d'un pont à celui qui lui est immédiatement supérieur ou inférieur. C'est l'intervalle qui les sépare, mesuré dans le sens perpendiculaire à la surface de ces ponts. — La hauteur des feuillets, depth of the gun ports, c'est la distance du bord inférieur des sabords à la surface du pont sur lequel reposent les canons auxquels les sabords sont destinés. — Prendre hauteur en mer, to observe of the sun altitude, c'est mesurer la hauteur méridienne du soleil, ou une hauteur quelconque de cet astre & de tout autre astre, pour en conclure, ou la position du vaisseau sur lequel l'observation est faite, ou l'heure vraie de l'observation, ou tout autre résultat utile à la navigation. — Cependant on entend très-fouvent par prendre hauteur, faire une observation astronomique qui fasse connoître la hauteur du pole au-dessus de l'horizon actuel du vaisseau, c'est-à-dire, sa latitude; soit parce que ces observations conduisent à ce résultat, soit parce que, pour y parvenir, il faut mesurer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. C'est dans ce sens qu'on dit d'un vaisseau, qu'il est parvenu à telle hauteur, lorsque la latitude où il se trouve est du nombre de degrés de cette hauteur. De même, on est à la hauteur d'une isle, ou d'un port, ou d'une terre particulière, to be off an island, &c. lorsque la latitude du vaisseau est aussi celle de ces lieux comparés.
HAUTURIER. adj. Les pilotes hauturiers, sea pilots, sont ceux, dont les fonctions, dans un vaisseau qui voyage loin des côtes,
HEAUME. f. m. On donne, mais très-rarement, ce nom au gouvernail des petits bâtiments.
HELER. v. a. To hail. Appeller de la voix. Lorsqu'on hele un bâtiment quelconque en mer, c'est pour rendre attentif aux questions qu'on fait à ceux qui font sur ce bâtiment, & pour en obtenir des réponses qui ne portent ordinairement que sur le nom, la destination, & la position de ce bâtiment. — On hele enfin un vaisseau pour lui adresser tout ce que les circonstances peuvent engager à lui dire.
HERMINETTE. f. f. adj. Outil tranchant des charpentiers de vaisseaux, a (fig. 59. C.) Il est terminé d'un côté par un marteau, & de l'autre par une lame épaisse, coupante, large & recourbée. Cet outil, enmanché à un bâton de 3 à 4 pieds de longueur, forme ce qu'on nomme une herminette. Lorsque la lame est recourbée dans le sens, non-feulement de sa longueur, mais aussi de sa largeur, on la nomme herminette courbe ou goujée; hollow adj. On s'en sert pour travailler des pieces de bois, qui n'ont besoin que de légères réductions dans leurs dimensions; & les charpentiers de vaisseaux l'employent avec assez d'art, pour polir & applanir avec une certaine perfection, les faces d'une piece de bois.
HERNIER. f. m. Morceau de bois préparé comme le bois d'araignée, (fig. 49. M.) & qui présente sur divers points de sa longueur des trous multipliés, par lesquels on fait passer des cordons qui saisissent le faitage d'une tente, afin de la soutenir à une hauteur déterminée. Ce dernier porte à sa tête un rouet qui y est encaîtré, & sur lequel on fait passer un cordage propre à l'élever à la place où il doit être établi.
HERPES. f. f. Rails of the head. On donne ce nom, comme celui de lisses de l'éperon, à de longues pieces de bois recourbées dans leur longueur, qui servent à lier en partie, au corps d'un vaisseau, l'éperon qui est placé devant son étrave. On voit (fig. 1. P.) dans bl, ba, & dans les pieces intermédiaires qui, partant du point b, se rendent entre a & b sur la joue du vaisseau, les lisses de l'éperon b c d. la fig. (3. P.) fait connoître, sous un autre point de vue, par la projection de ces lisses bn, sn, &c.; que de chaque
HEU. f. m. Hoy. Petit bâtiment hollandois, (fig. 36. V.) Il a un grand mât portant une voile à livarde, avec un tapecul ou un petit mât sur l'arrière. Sa carene est peu façonnée, afin qu'il soit propre à naviguer sur des eaux peu profondes. Il sert pour le transport d'objets quelconques, à de petites distances.
HEUSE. f. f. Nom du piston d'une pompe de vaisseau. La heuse, box of a pump, est une espece de boite cylindrique, (fig. 24. C.) qui est percée longitudinalement & garnie d'une soupape, pour laisser un passage à l'eau lorsqu'elle monte dans le corps de pompe. Ce piston est attaché à une verge de fer, ou à une gaule de sapin qui sert à le mouvoir; c'est pourquoi ou il est terminé par un coin qui est saisi par la pince de la verge de fer, ou il reçoit dans une entaille l'extrémité de la gaule. --- Comme ce piston sert à faire le vuide dans une partie de la pompe, ses contours sont couverts d'un cuir enduit de suif qui ferme tout passage à l'air & facilite le jeu de la heuse.
HILOIRE. f. f. Entre les planches dont on recouvre les poutres ou les baux qui composent la carcasse du pont d'un vaisseau, & qu'on voit étendues sur la surface de la moitié d'un pont en ADB (fig. 12. P.), il en est quelques-unes qui ont une épaisseur plus considérable que celle des autres, & dont la place est déterminée pour fortifier la charpente générale d'un tel pont. C'est à ces bordages plus épais qu'on donne le nom d'hiloires de pont, bending strake of a deck, & on en voit une portion sur la moitié AGBud. Un rang de ces hiloires s'étend sur ce pont, en rasant le bord latéral des écoutilles telles que f, & l'autre rang est placé entre la muraille & le premier rang. Ces dispositions sont répétées sur l'autre moitié de pont ADB; & si les premières ne sont pas prolongées dans toute l'étendue du pont, c'est pour mieux laisser apercevoir les pieces
HISSER. v. a. To hoist. Elever une ose quelconque à une hauteur plus ou moins grande en tirant sur un cordage. Lorsqu'on veut déployer des huniers ou des perroquets ou des voiles hautes à bord d'un vaisseau, on tire sur des cordages qui sont disposés de manière à rapprocher, les vergues de ces voiles, du sommet des mats qui les portent; to sway, to hoist the top sails; to heave sails. Lorsque cet exhaustissement des vergues est aussi grand qu'il peut l'être, on dit
HIVERNAGE. f. m. Saison particulière qui est distinguée, dans certains parages, par les pluies & les tempêtes dont elle est l'époque. Pendant sa durée, les vaisseaux s'éloignent; & comme alors ils se retirent dans des lieux plus calmes, on dit que dans ces lieux ils passent l'hivernage, *winter line*.
HIVERNER. v. n. C'est passer la saison de l'hivernage dans les parages éloignés des régions où regnent périodiquement les pluies & les tempêtes pendant un temps déterminé de l'année; *to winter*. On hiverne, ou sur la côte, ou à la mer, ou dans un port, dans l'attente d'une saison favorable.
HOMME DE MER. f. m. *Seaman*. Homme qu'une expérience consommée a rendu propre à toutes les opérations maritimes. Le grand homme de mer est celui qui connoit toutes les ressources qu'on peut & qu'on doit employer dans toutes les circonstances critiques de la navigation, & qui les applique avec tout le sens froid & l'intelligence nécessaires.
HONNEUR. f. m. En mer comme à terre, on rend des honneurs & aux vivans & aux morts, mais les cérémonies ont entr'elles quelques différences. Des salves d'artillerie, des décharges de coups de fusil, des cris de vive la nation, la loi & le roi! un nombre plus ou moins grand de coups de canon, font partie de ces honneurs; & d'autres consistent, dans des voiles, amenées, ou carguées,
HORLOGE. f. f. On donne ce nom, dans les vaisseaux, aux sabliers dont on se sert pour mesurer le temps, en le partageant en intervalles de demi-heures. De-là vient qu'on dit quelquefois d'un vaisseau, qu'il a couru N horloges, pour exprimer que sa marche a duré N demi-heures. --- Si le sable ne coule pas d'une ampoullette dans l'autre, cette stagnation fait alors dire du sablier, que c'est une horloge dormante. --- On a distingué par le nom d'horloge marine, watch glas, une espèce d'horloge dont l'art s'est occupé déjà avec succès, & dont la marche étant rendue indépendante de l'influence de toutes les causes qui sont varier les montres à la mer, indique sûrement l'heure qu'on compte sous un méridien connu, à quelque distance qu'elle puisse être transportée de ce méridien dans une navigation quelconque. Un succès complet dans la construction d'une telle horloge, assureroit dans tous les temps & dans toutes les mers, aux navigateurs, la connoissance de la longitude du lieu du globe où ils peuvent être parvenus après une route plus ou moins incertaine.
HOUACHE. f. f. Wake, or track of a ship. Eau agitée, qu'on remarque toujours derrière la poupe, d'un vaisseau qui s'avance dans l'espace. C'est une trace qu'il laisse après lui, & qui indique la véritable direction de la route qu'il a suivi. C'est en refoulant le fluide, ou en laissant après lui un vuide qui se remplit sans interruption, qu'un vaisseau occasionne cette agitation qu'on remarque à la surface de l'eau dans les lieux où il a passé: & c'est en examinant avec attention ce phénomène, qu'on peut juger, mieux qu'on ne l'a fait jusqu'à présent, & de l'action de l'eau sur la partie postérieure de la carene d'un vaisseau, & de l'effet qu'on obtient du gouvernail, & des parties de ce gouvernail qui sont inutiles à cet effet. (Voyez l'Art de la Marine).
HOUARY. f. m. Wherry. Petit bâtiment en usage dans les mers du nord. Il a souvent une voilure semblable à celle qui est représentée (fig. 20, V.). Un côté de ses voiles triangulaires est garni d'anneaux pour glisser facilement le long du mat, & un balestron sert à les élever ainsi qu'à les déployer. --- On donne quelquefois par extension le nom d'houary aux voiles qui, dans d'autres bâtiments.
HOULE. f. f. *Surge, swell of the sea*. Mouvement d'ondulation qui reste aux eaux de la mer long-temps après la cessation du vent qui en a été la cause primitive. Ces ondes, bien différentes des lames, sont à leur égard comme des montagnes à large base & à pente douce, relativement à celles qui s'élevent à une grande hauteur, & qui sont très-escarpées. Leur surface est unie, & leur forme est très-alongée, tandis que sous l'influence d'un vent régnant, les lames se couvrent d'écume & s'élevent plus directement à la hauteur qu'elles doivent prendre en se propageant. --- C'est à ces caractères, qu'on doit distinguer ces houles qui sont les oscillations d'une mer qui tend à l'équilibre, des lames qu'un vent régnant fait naître & augmente successivement. --- Il y a des degrés dans l'élévation & dans la grandeur de ces houles, c'est pourquoi lorsqu'elles sont considérables, on dit qu'il y a grosse houle, *great swell, heavy swell*; & lorsqu'elles sont modérées, on dit seulement qu'il y a de la houle, *there is a swell*.
HOULEUSE. (mer) *Swelling sea*. C'est celle dont les eaux forment, sans bruit & sans écume, des ondes longues & élevées, pendant le calme qui succède à l'orage, & qui ne sont que l'effet de leur tendance à un équilibre général, après une agitation considérable. Voyez Houle.
HOUPÉE. f. f. Lorsque deux lames sont dirigées en sens contraire, & qu'elles viennent à se rencontrer, elles se choquent, elles perdent leur vitesse horizontale ou leur vitesse de propagation, & elles ne conservent que leur vitesse verticale. C'est pourquoi dans cette collision, elles s'arrêtent réciproquement & s'élevent ensemble à une hauteur qui est proportionnelle aux forces qui les agitent, & elles forment à leur sommet une cascade qu'on nomme houpée, pour indiquer la divergence de leurs filets d'eau qui jaillissent alors dans tous ses sens.
HOURDY. (liffe de —) f. f. On donne ce nom à celle des barres de l'arcaffe d'un vaisseau, qui est placée à la hauteur des feuillets
HUBLOT. f. m. Petite ouverture quarrée, qu'on perce, ou dans la muraille d'un vaiffeau, ou dans les mantelets de la premiere batterie, & qu'on ferme au befoin par de petits volets ou mantelets. Les hublots font multipliés & deftinés à donner paffage, foit à l'air, foit à la lumiere, & ils font fur-tout utiles pour cet objet, lorsque l'état de la mer ne permet pas, fans rifques, d'ouvrir les fabords de la batterie baffe.
HUNE. f. f. Top, or round top. Plate-forme urmt (fig. 23. A.) qui eft formée de plufieurs planches jointes par leur épaiffeur, & dont l'affemblage eft fortifié par des bois nommés taquets, qui les croifent & qui font dirigés au centre A. Une hune eft établis à bord d'un vaiffeau, horifontalement, & fur des barres près de la tête d'un bas-mât qui la traverse. On voit en q (fig. 16.), en n (fig. 17.), & en b (fig. 13.), les barres fur lefquelles cette plate-forme eft pofée; on la voit en face & d'une maniere bien diftincte, (fig. 1. A.); enfin la fig. (1. A.) donne une idée, & de l'ufage & de l'établifement de toutes les hunes d'un vaiffeau. Elle préfente une hune à la tête, & du mât d'artimon, & du grand mât, & du mât de mifaine, mijen top, main aud fore top; & ces hunes font diftinguées entr'elles par des noms des mâts auxquels elles appartiennent. --- L'ouverture A qu'on remarque dans chaque hune (fig. 23. A.) fert au paffage, & du ton du bas-mât, & du pied du mât qui lui eft fupérieur. --- Parmi les ufages auxquels une hune eft deftinée, le principal eft de fervir de point d'appui aux haubans qu'on employe pour maintenir un mât fupérieur. Elle eft liée elle-même, pour remplir cette deftination, aux haubans du bas-mât, par des gambes qui la faiffent en divers points de fes bords latéraux, rims. On voit (fig. 1. A.), & les haubans des mâts fupérieurs qui fe rendent aux bords de ces hunes, & les gambes qui les affujetiffent, & leur faille en ayant & en arriere de leur mât refpectif. --- D'ailleurs, dans les combats, ces plate-formes font garnies de pierriers & de fufiliers pour fervir comme les circonstances peuvent l'exiger. --- Les bâtimens qui font mâtés à pible ne portent point de hune, parce que ce genre de mâture ne permet pas les mêmes difpofitions que dans les vaiffeaux dont chaque mât eft formé de plufieurs mâts partiels.
HUNIER. f. m. Top fail. Voile qui dans un vaiffeau eft placée immédiatement au-deffus des voiles baffes du grand mât & du mât de mifaine, ou entre ces voiles & celles de perroquet. La forme d'un hunier eft celle d'un trapeze tel que abdc (fig. 59. M.).
HUTTER. v. a. To lower the lower yards down a port last. C'est abaisser la grande vergue ou celle de milaine sur le plat-bord. (fig. 1. A.). Cette opération a rarement lieu, & il faut une tempête violente & une mer furieuse, pour obliger à faire cette manœuvre : car ces vergues restent assez constamment à leur place, & les voiles qu'elles portent n'exigent pas, pour être repliées, que leurs vergues soient abaissées, comme on le fait pour les voiles hautes. Lorsqu'un vaiffeau est dans une rade, & maintenu par ses ancres, l'état de la mer & du vent forcent aussi quelquefois de hutter les basses vergues, dans la crainte que dans les mouvemens d'occillations, ces grands poids placés trop haut n'ébranlent trop fortement & les mâts & leurs appuis.
JALOUX. adj. Ce mot, peu usité, est employé par quelques marins pour exprimer qu'un bâtiment est foible de côté, ou facile à incliner latéralement. On le dit sur-tout, dans les mers du levant, des bâtiments qui, dans une eau agitée, roulent extraordinairement & ébranlent leur solidité par ces mouvemens répétés.
JAMBE. f. f. On donne le nom de jambe de chien, à des pieces de bois, qui, fixées dans un vaiffeau, servent à attacher des manœuvres ou des cordages dans l'état de tension où on les a mis. La fig. (49. C.) représente un taquet de lançage. Les parties n & ab sont appliquées intérieurement contre la muraille d'un vaiffeau; & les deux branches telles que sn qui sont nommés jambes de chien, sont faillantes par leur tête au-dessus de la traverse, & s'écartent de la muraille du vaiffeau d'une distance proportionnelle à la demi-largeur de la traverse; tandis que leur pied n est fixé sur cette muraille. C'est autour de s., (dont la forme est l'origine du nom de sn, c'est-à-dire, de jambe de chien), qu'on tourne le cordage tendu qu'on veut arrêter & maintenir dans toute sa roideur. -- Le nom de jambe de chien est aussi donné quelquefois à des pieces d'un vaiffeau, que d'autres nomment montans de voûte. Noyez montans.
JAMBETTE. f. f. On donne, dans quelques ports, ce nom aux montans de voûte qui s'étendent de la liffé d'hourdy au bord extrême du pont supérieur, en suivant un contour indiqué par *xs* (fig. 1. P.), & qui font distribués sur cette liffé comme on le voit en *s* (fig. 2. P.); mais il est à propos de conserver à ces pièces le nom de montans de voûte, & de réserver celui de jambettes, *timbers of the head*, pour exprimer des pièces de bois qui lient ensemble les liffes de l'éperon, & qui font désignées quelquefois par les noms de montans de poulaine & courbes de herpe. Ces pièces ou ces jambettes sont aisées à distinguer dans l'éperon du vaisseau représenté fig. (1. P.; 1. & 3. A.; 1. & 86. M.), parce qu'elles sont placées dans un plan vertical, & qu'elles croisent les liffes qui s'étendent du point *b* à divers points de la joue du vaisseau entre *l* & *a*.
JARDIN. f. m. La galerie d'un vaisseau, qui sert d'ornement à sa poupe, ne se termine pas brusquement aux deux bords de cette façade; mais elle se prolonge (fig. 1. A.) par une courbure agréable jufques sur chaque hanche, pour couronner les bouteilles qui sont établies dans cette partie & leur servir de plafond. Ce prolongement porte le nom particulier de jardin d'amour, *quarter gallery*.
JARRET. f. m. Boffe ou onde qui interrompt l'uniformité du contour d'une pièce de bois, ou de la courbure d'une ligne. — Une courbe est dite régulière & continue, lorsqu'elle est sans flache ni jarret, c'est-à-dire, lorsque dans aucun de ses points, on ne remarque ni angle rentrant ni angle faillant.
JAS. f. m. Stock. C'est l'assemblage *ab* (fig. 70. M.) de deux pièces de bois (qu'on voit séparément fig. 19.), & qui est furajouté à une ancre de fer *cuni*. Les pièces de la fig. (19. M.) sont superposées, & embraffent entr'elles, au milieu de leur longueur, le bout de la verge *cn* de l'ancre. Elles sont placées perpendiculairement au plan *cui* des bras & de la verge, & leur réunion est assurée par des liens de fer répartis sur divers points, de leur longueur, qui d'ailleurs est égale à celle de la verge *cn*. — C'est par la différence qu'on établit dans la position & la pesanteur du jas avec les bras d'une ancre, qu'on parvient à donner à cette ancre, lorsqu'elle est tombée au fond de la mer, une forte tendance à présenter à ce fond le bec *i* ou *u* d'une de ses pattes, & à prendre la situation nécessaire qu'on lui voit (fig. 41. C.). C'est donc ce moyen simple & important qui fait qu'un vaisseau est promptement arrêté & retenu par l'ancre qui vient d'être jetée à la mer, & qu'aussi - tôt après sa chute, elle engage profondément sa patte dans le sol facile qu'elle rencontre.
JAUGE. f. f. Dans les corderies des ports, on donne le nom de
JAUGEAGE. f. m. Tunnage, admeasurement. Action de jauger un vaisseau, pour connoître combien il pourroit recevoir, dans son intérieur, de solides qui auroient 42 pieds cubes de volume. Voyez Jauger.
JAUGER. v. a. To gauge, to admeasure. Jauger un vaisseau, c'est mesurer sa capacité intérieure dans les parties qui peuvent & doivent seules recevoir des effets ou des marchandises. Cet espace est estimé en tonneaux d'arrimage, dont le volume est de 42 pieds cubes; & le port d'un bâtiment est toujours déterminé & indiqué par le nombre des tonneaux semblables qu'il est susceptible de recevoir. — On calcule le volume de cet espace intérieur d'un bâtiment, en le partageant en tranches verticales telles que apn m Q s (fig. 1. G.), dont on estime & dont on ajoute les volumes particuliers.
JAUGEUR. f. m. Homme public, dont les fonctions sont de jauger tous les bâtiments marchands, d'après une commission expresse qu'il a reçu de l'amiral de France.
JAUMIERE. f. f. Helm post. Ouverture ovale, qui est pratiquée dans la voûte d'un vaisseau (fig. 42. C.), au-dessus de l'extrémité supérieure de l'étambot, pour le passage de la partie haute cub du gouvernail e a c d u (fig. 35. G.), lorsque celui-ci est attaché à l'étambot: on donne aussi à cette ouverture le nom de gouffet de gouvernail. Cette jaumiere est nécessaire dans tous les bâtiments qui ont une poupe saillante, parce que la meche e d du gouvernail doit être droite; & alors la barre f u qui sert à varier ses positions, & qui est introduite par un bout dans la tête e u de cette meche, se trouve entièrement dans l'intérieur du vaisseau. — Comme à la mer, cette ouverture (fig. 42. C.), qui a un grand diamètre pour ne pas gêner les mouvemens du gouvernail, présenteroit une issue à l'eau environnante, ou plutôt aux lames élevées qui abordent la poupe du vaisseau, si aucun obstacle ne s'y opposoit; c'est pourquoi des toiles goudronnées & plissées sont clouées, & sur le contour de la jaumiere, & sur le gouvernail, pour fermer tout accès aux vagues.
JET. f. m. Jetfom, jettiton. Effet de l'action par laquelle on jette hors d'un vaisseau & à la mer, des objets qui embarrassent, ou qui, par leur poids & leur position, font courir des risques à ce bâtiment dans des circonstances particulières. — L'idée de rendre un vaisseau d'une marche plus prompte ou plus rapide pour fuir un ennemi, engage souvent à faire le jet de beaucoup d'effets. — Le désir d'augmenter sa stabilité, de le soustraire à des dangers, ou d'ajouter à la résistance trop faible qu'il oppose aux puissances qui tendent à l'incliner ou qui l'inclinent
JETER. v. a. Lancer à la mer, du haut d'un vaisseau. --- Jeter le lok, *to heave te log*, c'est laisser tomber derrière un bâtiment, le lok *abc* (fig. 101. G.), qui est, assez léger pour flotter, & assez pesant par sa base *bc* pour se tenir verticalement sur les eaux. Dans cet état, il présente un terme à-peu-près fixe duquel on compte & on mesure l'espace que parcourt un vaisseau en mouvement pendant un temps déterminé, par le moyen d'une petite corde *bef* qu'on lâche de la main, & qui s'étend sur la surface de la mer à mesure que le bâtiment s'éloigne du lok *abc*. Faire une telle opération dans tous ses détails, c'est jeter le lok. --- De même jeter le plomb ou la sonde, *to heave the lead*, c'est laisser tomber d'un vaisseau & verticalement une pyramide de plomb à laquelle tient une corde qu'on laisse couler de la main jusqu'à ce que cette pyramide ou cette sonde atteigne le fond que recouvre la mer. Cette opération tend à faire connoître, & la profondeur de l'eau qui est sous le vaisseau, & la qualité du fond. Voyez Sonder. --- Jeter l'ancre, *to let cast anchor*, c'est laisser tomber au fond de l'eau une ancre à laquelle est attaché un vaisseau par le moyen d'un cable, afin qu'elle serve à le maintenir dans le lieu où elle a été jetée. --- Jeter à la mer, *to throw over board*, c'est lancer, hors d'un vaisseau, ou du rivage à la mer; mais si c'est hors d'un vaisseau, c'est jeter hors le bord, *to cast over board*. --- Dans certaines circonstances, on jete les canons d'un vaisseau à la mer, *to heave the gun, over board*, pour se débarrasser de ces lourds fardeaux, lorsque la situation & le salut d'un bâtiment semblent l'exiger: de même des dangers pressans portent à couper ses mâts & à les jeter à la mer. --- Jeter des grapins à bord d'un autre vaisseau, c'est les lancer dans ses manœuvres, afin que leurs pattes s'y embarrassent & servent à accrocher & lier ce vaisseau à celui qui ne veut pas s'en éloigner, ou qui veut le combattre de près. --- Un vaisseau est jeté sur un banc, sur un rocher, sur une côte, sur une terre, ou au plein, ou à la côte, &c. *to cast away, to drive on shore, to be cast upon land*, lorsque la tempête, les lames, les courans, ou de mauvaises manœuvres l'ont porté sur ces lieux, où la mer n'a pas assez de profondeur pour le soutenir à flot. Quelquefois, obligés de choisir le moindre de deux dangers entre lesquels ils viennent à se trouver inévitablement placés, les navigateurs se décident à diriger, sur une côte, un bâtiment qui doit nécessairement périr s'il tient la mer, ou s'il reste livré à sa fureur. Par un tel naufrage volontaire, ils se menagent la ressource de sauver leur vie & souvent leurs biens. C'est alors se jeter à la
JEU. f. m. Le gouvernail doit avoir du jeu, c'est-à-dire, que ses mouvements sur ses gonds doivent être libres & faciles; & le jeu de cette machine est l'espace dans lequel ses rotations s'exécutent. --- Les pièces de bois qui composent un vaisseau, & qui par leur assemblage doivent former un tout solide & parfaitement lié, ne doivent pas avoir de jeu, sans quoi le bâtiment est bientôt défini & présente peu de sûreté aux navigateurs. --- Le jeu de voile d'un vaisseau, *complete fiat of a fails*, est la collection complète de toutes les voiles qui lui sont nécessaires, pour une navigation quelconque.
ILE. f. f. *Island*. Espace de terre environné de tous les côtés par la mer. --- Les îles du vent, *windward islands*, & les îles sous le vent, *leeward islands*, sont placées dans la Zone Torride, à l'ouverture du golfe du Mexique; & comme dans ces parages le vent qui règne constamment est dirigé de l'Est ou de l'ENE dans la partie de l'Ouest, celles de ces îles qui sont dans l'Est des autres, en sont distinguées par le nom d'îles du vent : par la même raison, comme le vent semble venir de celles-ci pour parvenir à celles qui sont plus occidentales, ces dernières sont nommées îles sous le vent.
INCLINAISON. f. f. On dit des mâts, qu'ils ont une inclinaison, lorsqu'au lieu d'être perpendiculaires à l'horizon, ils forment avec ce plan un angle plus ou moins grand. Dans quelques bâtiments, on donne à certains mâts de l'inclinaison vers l'avant ou vers l'arrière. Dans tous les vaisseaux, le beaupré (pl. V.) est toujours incliné, mais plus ou moins à l'égard de l'horizon, & cette inclinaison varie de 35° à 0°, parce qu'elle est relative à l'affujettissement des autres mâts. --- L'inclinaison d'une aiguille aimantée est aussi l'angle qu'elle fait avec l'horizon, lorsque suspendue par son centre de gravité elle prend, en tournant librement sur elle-même, la situation qui convient à son état de repos. Une telle aiguille, avant d'être aimantée, garde la situation horizontale qu'on lui donne, & elle s'en écarte, plus ou moins, suivant les points du globe où elle est placée, lorsqu'elle a été touchée par un aimant généreux. Cette inclinaison n'est pas constante dans un même lieu; & la nécessité de ramener une telle aiguille à la position horizontale pour qu'elle serve de bouffole à la mer, a fait imaginer de charger de cire ou d'un petit poids, la partie qui s'élève au-dessus du plan horizontal. Ce
INCOMMODITÉ. f. f. *Difres*. Détresse où se trouve un bâtiment lorsqu'il est en mer. S'il a des besoins, ou par le défaut de vivres, ou par la perte de quelques parties essentielles de son gréement, ou par le danger d'être submergé, il est dans un état d'incommodité, & alors il annonce sa situation, aux vaisseaux qu'il rencontre, par un certain signal qu'on nomme signal d'incommodité, & qui est connu de toutes les nations civilisées. Ce signal consiste à arborer un pavillon rouge sous les barres de perroquet, à mettre le pavillon de poupe en berne ou plié sur lui-même, & à tirer des coups de canon de distance en distance.
INTENDANT. f. f. Un intendant de marine, *commissionner resident of a dock yard*, est un officier civil qui est préposé par le Roi, pour être, dans un port, le chef de l'administration de la marine, &, avec le pouvoir, d'ordonner dans toutes les parties de finance, de justice & de police, dont la conduite & la direction lui sont confiées. Ses fonctions embraffent la recette & l'emploi des deniers, le paiement des appointeurs & foldes; les revues des officiers, des troupes & des équipages; les levées des gens de mer; la police des ports & des classes, l'administration des hôpitaux & chiourmes les approvisionnemens des ports & des vaisseaux, leur conservation dans les magasins, la distribution des matières, munitions ou provisions
JOUET. f. m. Plaque de fer coupée triangulairement, & qu'on applique à l'ouverture d'un trou lorsqu'il sert de passage & d'appui à un essieu qui traverse une piece de bois. Ce jouet sert ainsi à conserver aux bords d'un tel trou une forme constante qui autrement seroit bientôt altérée par le frottement. --- Il y a des semblables jouets pour l'essieu des brimbales à pompe, & ils sont nommés jouets de pompe.
JOUG. f. m. Dans une corderie, on donne ce nom à un fort bâton de cinq pieds de longueur, qui sert à porter le cochoir, ou à le soutenir à une certaine hauteur, lorsqu'il est employé au commétage des cordages qui sont d'une grosseur inférieure à trois pouces de circonférence. Car dans le commétage des cordages plus confédérales, le cochoir est porté par une espece de charriot nommé traine. C'est à ce bâton & au-dessous de son milieu qu'on attache le cochoir; & des hommes placés aux extrémités du joug, le soutiennent & le dirigent convenablement. -- Dans l'atelier de la mâture, un joug est une piece de chêne, de quatre pieds de longueur sur sept à huit pouces d'équarrissage. Ce joug sert de point d'appui pour faciliter le rapprochement immédiat & forcé des pieces qui entrent dans la composition d'un mât. Alors une longue herse en fils carrets ou un long faisceau de ces fils entoure les pieces composantes qu'on veut réunir avec les extrémités du joug, & des coins introduits avec force entre le joug & les pieces de mât produisent ensuite le contact le plus intime entre ces dernières.
JOUR. f. m. Les vivres sont distribués journellement, à bord d'un vaisseau en quantité toujours égale; parce qu'en mer, le nombre des hommes à nourrir, ne peut varier qu'accidentellement; c'est pourquoi on indique les approvisionnements de bouche qui sont dans un vaisseau, par le nombre de jours pendant lesquels ils peuvent suffire aux besoins de l'équipage. On dit ainsi que tel vaisseau, a embarqué pour N jours d'eau, ou de vin, ou de vivres, ou qu'il est réduit à N jours de vivres. --- On donne le nom de jours de planche, *lay days*, au nombre des jours déterminés qui sont accordés pour le déchargement entier, de la cargaison d'un bâtiment. Si ce déchargement est retardé, si cette opération embrasse un plus grand nombre de jours & que le bâtiment soit obligé par cette raison, de prolonger sa relâche, ou son séjour dans le port où il devoit se rendre suivant son connoissement ou sa charte-partie, alors le propriétaire de la cargaison est condamné à payer
ISTHME. f. f. Bande étroite de terre, qui réunit deux continens ou deux terres plus ou moins considérables, & qui des deux côtés est environnée d'eau : telles sont les isthmes de Panama, de Suéz, &c.
ITAGUE. f. f. Tye. Cordage attaché par une extrémité à un objet qu'il doit servir à élever jusqu'à une certaine hauteur, tandis que l'autre extrémité est fixée à un palan, à l'aide duquel ce cordage est tiré convenablement. C'est ainsi que les vergues des huniers (fig. 1, A.), lorsqu'elles sont au bas du mât de hune, sont élevées au sommet de ce mât. Une itague, attachée sur chacune de ces vergues, vient passer dans une poulie placée au ton de ce mât, & son extrémité descendant derrière ce même mât pour se réunir à la poulie double d'un palan, est roidie par le moyen d'un autre cordage, nommé driffe; celle-ci, liée à cette itague, sert à exhausser & à soutenir chaque vergue à sa place. — Quelquefois il y a deux itagues sur une même vergue, pour mieux assurer sa suspension & son établissement. — Dans un combat, des itagues supplémentaires sont ajoutées aux premières, pour les remplacer au besoin, & elles sont nommées fausses itagues; *false eyes*. — Les itagues multipliées qu'on remarque dans le gréement d'un vaisseau, sont distinguées entre elles par le nom des objets qu'elles servent à mouvoir : c'est pourquoi il y a des itagues, de grand hunier, de misaines, de petit hunier, &c. — La définition d'itague étant prise généralement, on voit que toute corde attachée à un fardeau, & roidie à l'aide d'un palan, est une itague de palan. Ainsi le palanquin de ris tenant à un cordage simple, celui-ci est nommé itague de palanquin de ris; de même, les cordages qui, traversant la muraille d'un vaisseau, & qui attachés au bas des mantelets de sabords, servent à les ouvrir à l'aide d'un palan employé à les roidir, sont dénommés itagues de sabords, *port ropes*. C'est par le moyen de ces itagues & de ces palanquins que les mantelets des sabords de la première batterie (fig. 12) sont levés & maintenus dans la position où ils sont représentés. Voyez aussi (fig. 1, A.) & f (fig. 13, C.). Lorsque les cargues-sond ou les cargues-boulines d'une voile sont roidies par le moyen d'un cordage simple, qui est attaché à une poulie qu'elles traversent, on donne alors à ce cordage le nom d'itague de ces vergues.
JUMELE. f. f. Piece de bois appliquée sur une autre, pour la conserver ou pour la fortifier. — Une jumele de racage est une longue piece de chêne qui recouvre la face antérieure d'un bas mât de vaisseau, depuis la naissance du ton, jusqu'au quart de la longueur de ce mât, & au-dessous de la hune. On peut distinguer les
JUMELER. v. a. Fortifier une piece de bois, trop foible, ou trop afoible, par le moyen d'une nouvelle piece de bois, qui lui est réunie étroitement, & qui concourt avec elle à résister aux puissances qui tendent à la rompre. On jumele un mât, une vergue, to fish a mast or yard, un bau, to clam a beam, &c. lorfqu'ils ont confenti ou éclaté.
JUSANT. f. m. Ebb or ebb tide. Les marins donnent ce nom au mouvement journalier de la mer, que les Physiciens nomment reflux Si, pendant le flux, la mer porte de nouvelles eaux sur les rivages, & s'élève à une hauteur plus ou moins grande au-dessus de son niveau naturel; au contraire, pendant le jusant, elle court en sens opposé, elle reporte loin des côtes les eaux qu'elle y avoit accumulées, & s'abaisse autant au-dessous du niveau naturel, qu'elle avoit acquis de hauteur par le flux. --- Lorfque ce mouvement de la mer est établi, on dit qu'il y a jusant, the tide, ebbs or falls; s'il est vif & rapide, il y a grand ou fort jusant. --- Lorfque ce mouvement s'éteint, & que celui du flux est prêt à lui succéder dans l'ordre des phénomènes, le jusant étale ou est étalé; flack water. --- L'époque à laquelle le jusant commence, & la période pendant laquelle il a lieu, étant régulières, ou variant régulièrement, on s'en sert souvent pour indiquer le temps de commencer, d'exécuter ou d'arrêter une opération, en disant qu'on agira au jusant, ou de jusant, ou après le jusant.
KETCH. f. m. Ketch. Nom d'un bâtiment anglois, dont on peut prendre une idée par la fig. ( 17, V. ). Il porte un grand mât & un mât d'artimon, avec des voiles basses qui ressemblent à l'artimon des vaisseaux, & plusieurs focs, qui sont soutenus par un long beau-pré. Au dessus des voiles basses, ces bâtiments sont grés de voiles hautes, leur grandeur les fait ranger dans la classe de ceux qui peuvent recevoir une charge de 100 à 250 tonneaux.
KOFF. f. m. Nom d'un bâtiment hollandois, qui est représenté ( fig. 12, V. ). Il a un grand mât & un mât de misaine, avec des voiles inférieures qui sont à balestron, & des voiles supérieures, qui ne sont que des huniers. Il sert au transport de toutes sortes de marchandises, & n'est jamais qu'un bâtiment de charge.
LABOURER. v. a. Une ancre laboure, lorsque le vaisseau qui lui est attaché, étant entraîné par les courants, l'oblige de sillonner avec sa patte le fond de la mer, qui ne lui oppose pas, par sa ténacité, une résistance assez considérable; to drag the anchor, to come home. On dit alors que le vaisseau laboure, ou qu'il laboure avec son ancre, ou qu'il chasse. — Si un vaisseau, dans son mouvement progressif, vient à toucher le fond de la mer, passagèrement & par sa quille, il est dit avoir labouré avec la quille, to slough with the keel; on dit aussi, dans ce cas, qu'il a labouré le fond.
LACER. v. a. On lace une voile avec une autre, en passant plusieurs fois un cordage dans des pattes ou anneaux qu'on attache dans ce dessein, en divers points des ralingues. On lace ainsi une bonnette avec la partie inférieure d'une basse voile, pour qu'elle reçoive l'impulsion du vent qui passeroit sans effet sous la ralingue de celle-ci (fig. 1, A.). On sous-ajoute aussi une voile à des humiers, & on les réunit en les laçant ensemble.
LACET. s. m. Languette de fer qui, repliée sur elle-même, embrasse un anneau de fer dans un point de son contour, & sert à le fixer dans le point d'un vaisseau où il peut être utile. Un tel anneau est nommé anneau à lacet. Lorsqu'on veut le mettre en place; les deux branches de la languette sont introduites dans le trou pratiqué pour les recevoir; & elles sont ensuite rivées des deux côtés de ces trous, pour quelles n'en puissent plus sortir: par ce moyen, l'anneau reste pendant, solidement attaché, & libre de tourner sur le point de son contour, qui est saisi par le lacet.
LACHE. adj. Un vaisseau est lâche, lorsque, sous voiles, il a une tendance habituelle à arriver (voyez Arriver): c'est pourquoi, il ne vient au vent qu'avec difficulté, lorsqu'il est nécessaire de l'y rappeler; cette propriété est contraire à celle d'être ardent. Elle se fait sur tout remarquer, lorsque les vaisseaux ont peu de vitesse, car elle diminue à raison du quarré de cette vitesse, tandis que celle d'être ardent, augmente dans le même rapport; un vaisseau lâche est un vaisseau défectueux.
LAGON. s. m. Petit lac formé par la mer, entre des terres, ou entre des rochers.
LAGUIS. s. m. Nom d'un nœud coulant, qui est fait avec le bout d'un cordage, sur un fardeau, & qui se serre d'autant plus que la tension du cordage est plus grande.
LAISSE. f. f. C'est l'espace que la mer laisse à découvert, lorsqu'elle fait retraite par l'effet du reflux. — On donne aussi le nom de laisses aux terres que la mer couvroit autrefois, & auxquelles elle ne peut atteindre aujourd'hui. C'est encore le nom des pierres, sables, &c. qu'elle amoncelle sur ses bords, ou qu'elle rejette de son sein, & qui restent sans retour sur le rivage.
LAISSER. v. a. La mer laisse, lorsque, par le reflux, son niveau s'abaisse au-dessous du point auquel il s'étoit élevé par le flux. — Une ancre laisse, ou laisse le fond, *the anchor is a trip, or is away*, lorsque, par les efforts appliqués dans un vaisseau au cable qui est attaché à son arganeau, sa patte se dégage du sol où elle étoit enfoncée. — Un vaisseau laisse le fond, quand il quitte les parages de la mer dans lesquels la profondeur de l'eau est susceptible d'être mesurée, à l'aide de la fonde. — Il laisse ses ancres, lorsqu'il les abandonne après lui au fond de l'eau, & que les circonstances ne lui permettent pas de les lever, *to leave the anchors and cables behind them*. — Laissez un vaisseau, courir, abattre, ou arriver, c'est ne pas contrarier l'effet du vent, qui tend à entretenir la vitesse de ce vaisseau, ou progressive, ou de rotation horizontale. — Laissez porter, c'est continuer de maintenir les voiles exposées à l'impulsion du vent, sous un angle d'incidence d'une certaine grandeur. — Laissez tomber l'ancre, c'est la détacher d'un vaisseau & l'abandonner à sa propre pesanteur, qui alors la fait descendre sur le fond de la mer, où elle engage une de ses pattes pour retenir ce vaisseau, à l'aide d'un cable, dans le lieu déterminé d'un mouillage; *to cast anchor*. — Laissez tomber une voile basse, c'est la laisse se déployer elle-même, en détachant les cordages qui sont employés à la tenir pliée & serrée sur sa vergue. Le poids de sa toile, de ses ralingues, & des poulies qu'elle porte, suffit pour la faire dérouler dans toute sa hauteur; *to let fall the N. fall*.
LAMANAGE. f. m. *Load manage, pilotage*. L'art de conduire un vaisseau le long d'une côte, & de le diriger, ou dans un port, ou dans une rade, ou dans une baie. Il suppose la connoissance-pratique des lieux fréquentés, c'est-à-dire, des haut-fonds, des marées, des courants, des mouillages, des passages, des canaux, &c. qui se trouvent dans ces parages — On donne le nom de frais de lamanage, *portage*, au salaire accordé au pilote qui est chargé de la conduite & de la conservation d'un vaisseau, lorsqu'arrivé près d'une côte, il cherche à l'approcher davantage, ou pour la prolonger, ou pour parvenir soit à un port, soit à un mouillage.
LAMANEUR. f. m. *Coasting pilot*. Titre distinctif qui n'est accordé qu'à certains hommes de mer, auxquels une assez longue expérience
LAME. f. f. Wave. Onde, vague, ou montagne d'eau plus ou moins élevée, que le vent produit, augmente & entretient sur une mer, dont il agite la surface. Si on examine la fig. (f, G.), on une idée de la forme o n m d'une lame régulière, & du vuide, trough, qui sépare cette lame de celle r b a, qui la précède. Si elle est haute, & large par sa base, c'est une grosse lame; si cette base embrasse un long espace, alors la lame est longue, long sea; & au contraire si plusieurs lames peu élevées couvrent un petit espace, quoique le vent soit considérable, on dit que ces lames sont courtes, ou que la mer est courte, short sea; celles-ci se succèdent rapidement, se brisent les unes sur les autres, & fatiguent beaucoup les vaisseaux qui sont exposés à leur choc. — Une lame sourde est une longue ondulation sur la mer, sans écume & sans bruit, qui n'est souvent que, le retour des eaux à l'état d'équilibre, après une grande agitation, ou l'effet de la propagation des lames que le vent élève dans des parages éloignés où il règne avec violence. De telles lames sont ainsi distinguées de celles qui brisent ou qui déferlent, c'est-à-dire, dont les eaux recevant continuellement une nouvelle impulsion du vent, ne cessent de se choquer mutuellement, & de couvrir d'écume leur surface. — Lorsqu'un vaisseau se trouve placé dans l'intervalle a o de deux lames élevées, le vent ne peut frapper sur ses voiles, & on dit que, dans cet état, il est abrié par la lame, becalmed in the trough of the sea. Ses positions, à l'égard des lames, sont indiquées, d'ailleurs, par des expressions particulières: c'est ainsi qu'un vaisseau est, debout à la lame, lorsque celle-ci s'avance directement contre sa proue; il, a la lame par le travers, the sea strikes upon the broad side, lorsqu'elle est dirigée sur l'un ou l'autre de ses flancs; & enfin la lame vient de l'arrière, lorsqu'elle suit le vaisseau, & la direction prolongée de sa quille.
LANCER. v. a. Un vaisseau est lancé à la mer, to launch, lorsqu'après avoir été construit à terre sur un plan incliné (fig. 39, C.), il est abandonné à sa propre pesanteur, qui le fait glisser sur le chantier b. d. n. a (fig. 42, C.), & l'entraîne à la mer. On lance un bâtiment du Roi, en enveloppant sa partie inférieure d'un ber
LANDE. f. f. Voyez Latte de hune. Ce dernier mot est plus usité & plus convenable; *foot hook plate*.
LANGARD. f. m. On donne ce nom à une voile quadrangulaire dont on grée la vergue inférieure du grand mât d'un brigantin. On voit (fig. 23. V.) un brigantin ordinaire sans autre voile basse au grand mât, que la baume ordinaire; & si à la vergue inférieure du grand hunier, on attache une voile pareille à celle qu'on distingue à la même place (fig. 22.), cette voile est un langard qui rapproche alors la voilure d'un tel brigantin (fig. 23.) de celle du senau (fig. 22.). — Cette voile surajoutée à un brigantin, & qui fait différer ce bâtiment des brigantins ordinaires, fait aussi que de tels bâtiments sont communément distingués par le nom de langard. — Ainsi un langard n'est qu'un brigantin dont la voilure est augmentée d'une voile de fortune portée par son grand mât.
LANGUE. f. f. Coin ordinaire d'une longueur plus ou moins con-
LANS. f. m. Ecarts qu'un vaiffeau fait à droite ou à gauche de la route sur laquelle il est dirigé, lorsqu'il s'avance dans l'espace à l'aide d'un vent fait, qui frappe sur une voilure déterminée. On voit (fig. 88. G.) la route abcm d'un vaiffeau qui ne parvient de a en m directement qu'en s'écartant momentanément & alternativement de chaque côté de la ligne droite qu'on imagineroit menée de a en m. Ces lans, jaws, & leurs variétés, & l'irrégularité de leur succession, jettent beaucoup d'incertitude dans l'estime que les navigateurs peuvent faire en mer, & de la longueur, & de la direction réelles de la route qu'un vaiffeau a pu suivre pendant un temps donné.
LANTERNE. f. f. On emploie dans la marine, en outre des lanternes qui sont généralement connues, d'autres lanternes nommées à gargouffes & à mitrailles. Les premieres ne sont autre chose que des étuis cylindriques en bois mince & propres à contenir chacune une gargouffe d'un calibre donné. — Les lanternes à mitrailles sont aussi des cylindres en fer-blanc qu'on remplit de mitrailles, & qu'on place par-dessus la charge ordinaire d'un canon, pour être lancés sur un ennemi qu'on combat à peu de distance.
LARDER. v. a. C'est mettre des lardons en chanvre, sur une face d'une voile ou d'un paillet. On fait cette opération en préparant des morceaux de torons d'un cordage décommis, & en les passant & repassant dans la toile d'une voile, telle qu'une bonnette, ou dans le tissu d'une large tresse nommée paillet ou fangle.
LARGE. f. m. Tout espace de mer qui est hors de la vue de toute terre, est dénommé le large, the offing. Un vaiffeau qui est dans un tel espace est au large, offward. — Il prend le large, lorsqu'il se dirige de terre, vers un tel espace, ou lorsqu'il suit une route qui l'éloigne directement de toute terre; to take sea room. To stand
LARGEUR. f. f. Main breadth. On donne le nom de largeur principale ou absolue à la plus grande largeur d'un vaisseau; & c'est celle du maître couple qui, lui-même, est la plus grande section transversale qu'on puisse imaginer dans un bâtiment. On voit dans la fig. (2. P.) toutes les demi-sections transversales faites en divers points de la quille d'un bâtiment, tel que celui qui est représenté (fig. 1.); & le seul maître couple y est dessiné dans tout son contour ocbanrB. Il embrasse entre ses branches tous les autres couples, & sa plus grande largeur, qui est placée à la hauteur du point a, est en même-temps celle qu'on nomme la largeur principale du bâtiment auquel ce couple appartient. Si on confidère le plan ADB (fig. 4. A.) de la carene d'un vaisseau, on y voit le contour CDE de son maître couple & sa largeur principale CE, dont on peut encore remarquer la moitié en BA (fig. 5.) dans le plan des couples de l'arrière du même bâtiment.
LARGEUR. adj. Un cordage lâche & sans tension est nommé largue, flack rope. --- Les écoutes d'une voile, lorsqu'elles ne sont pas retenues, & que par leur tension elles ne servent pas à maintenir une voile dans une situation fixe, sont des écoutes largues, flowing sheets. --- Ce mot est aussi employé à exprimer le rapport de la direction du vent avec celle de la quille d'un vaisseau. Ainsi le vent est largue pour un vaisseau, lorsque sa direction fait avec la quille un angle plus petit que 112°, (en considérant l'ouverture de cet angle tournée vers l'arrière), c'est-à-dire, lorsque cette direction supposée fE (fig. 30. G.) forme avec ED un angle inférieur à 112°. Si cet angle en diffère de la grandeur de un, ou deux ou trois quarts de vent, c'est-à-dire, de 11° 15', ou de 22° 30', ou de 33° 45', &c. le vent est alors d'autant de quarts largue; N points large wind. Lorsque cette différence est trop grande, sans que cependant le vent vienne directement de l'arrière dans le sens DE, le
LAST. f. m. *Laft.* Mefure Hollandoife qui exprime le poids, de deux tonneaux de France environ, ou de 4000 liv.
LATIN. adj. Les voiles triangulaires portent le nom de voiles latines, *lateen fails*, & un bâtiment qui n'est gréé que de voiles semblables est distingué souvent par le nom de bâtiment latin. De tels bâtiments, font sur-tout communs dans la mer Méditerranée; & ne se montrent presque jamais dans l'Océan.
LATIONE. f. f. Nom d'un bâtiment, qui est en usage dans les mers de Chine, & qui a quelque ressemblance avec les galères.
LATITUDE. f. f. Celle d'un vaiffeau qui est en mer, est sa distance à l'équateur comptée sur le méridien du vaiffeau. Lorsqu'il part d'un point quelconque, cette distance est sa latitude de départ, & on nomme sa latitude d'arrivée, celle du point auquel il arrive, après une navigation quelconque. Pendant sa route, de quelque manière qu'elle soit dirigée, à moins qu'il ne s'avance dans le sens d'un parallèle, sa distance à l'équateur varie nécessairement & en conséquence de ce changement, il est dit courir en latitude. Son changement de position est nommé son chemin en latitude. La latitude du point, où chaque jour à midi, il peut être parvenu, est déterminée ou par les observations astronomiques, ou par des mesures prises à bord, soit du chemin qu'il a fait pendant un temps déterminé, soit de la direction de sa route; alors cette latitude est nommée observée ou estimée : ensuite cette latitude estimée, étant dégagée de quelques erreurs qui pouvoient l'altérer est nommée latitude corrigée; *latitude corrected by observation*, pour la distinguer de la latitude, observée, *latitude as known by observation*, & estimée, *latitude by dead reckoning*.
LATTE. f. f. Petite pièce, de bois, ou de fer, qui est peu épaisse, & qui est longue, étroite & platte. C'est avec de telles lattes en bois qu'on forme dans certaines parties d'un vaiffeau, des planchers partiels en treillis, ou à claire-voie, nommés caillebotis. La plateforme ou le plancher *fni* de la poulaine (fig. 3, P.) est fait avec des lattes qui sont distribuées sur cet espace de manière qu'il y a autant de plein que de vuide; *ledges of the gratings*. --- Les bandes de fer dont on ceint les caps de mouton (fig. A, 76.) qui servent à roidir les haubans des mâts de hune, sont terminées, par une queue, platte, étroite, & longue, qu'on nomme latte de hune. C'est à cette queue ou à de telles lattes percées d'un trou à leur extrémité qu'on accroche (fig. 75.) les gambes de hune dont l'effet est d'affujetir & la hune & les caps de mouton qui la traversent par leur latte sur les bords (fig. 1, A.) de son contour. --- Les bandes de fer qui réunissent les bouts des deux traversins des barres de
LAVER. v. a. C'est nettoyer avec de l'eau de mer les ponts & la muraille d'un vaisseau. — Laver une piece de bois, c'est en séparer, à l'aide d'une scie, une croute ou une planche plus ou moins épaisse, sur une de ses faces, pour lui donner la forme d'une piece équarrie.
. f. f. Espace de vingt-quatre pieds de largeur, qui sur le bord des rivieres, doit toujours être libre de tout embarras, pour la commodité de la navigation.
LEGE. adj. Walt ship, or light. Un bâtiment est lege, lorsqu'il ne porte aucun chargement, ou aucune cargaison. Il est lege, lorsqu'il n'a que son gréement & le left, en fer ou en pierres, qui lui est nécessaire pour naviguer avec sûreté; celui dont la cale est parfaitement vuide, est complètement lege.
LEGER. adj. Un canot qui est aisé à mouvoir avec des avirons, est léger de rames, & tout bâtiment dont la marche est supérieure, est léger de voiles. Ces expressions annoncent que l'eau leur oppose une résistance plus légère ou plus facile à vaincre, que celle qui est éprouvée par des bâtiments de la même classe.
LEST. f. m. ballaft. Assemblage de morceaux de fer ou de petits cailloux, ou de matieres lourdes, qu'on entasse avec ordre jusqu'à une certaine hauteur dans le fond d'un vaisseau, pour abaisser, par leur grande pesanteur spécifique, le liejudu centre de gravité de ce vaisseau chargé, & contribuer ainsi à augmenter la stabilité dont la forme de la carene peut le rendre susceptible. Le left en fer, iron ballaft, ou les matieres les plus pesantes, sont arrangées dans le fond de la cale; ensuite ce premier left est recouvert d'un left en pierres, stone ballaft, & l'un & l'autre sont distribués de maniere qu'ils puissent rendre les plus douces possibles, les oscillations que la mer communique aux vaisseaux. C'est le dernier left qui sert de lit aux barris.
LESTAGE. f. m. *Lestage*. Action de lester un bâtiment. Les hommes occupés d'une telle opération, travaillent au lestage, & ceux qui la dirigent, font observer les regles de l'art du lestage, pour la rendre aussi favorable qu'elle peut l'être au développement, ainsi qu'à la perfection des bonnes qualités d'un bâtiment.
LESTER. v. a. *To Ballaft*. Charger les parties inférieures de la cale d'un vaiffeau de matières très-peffantes, pour donner à ce bâtiment un nouveau degré de stabilité, ou pour ajouter à la résistance que, par la forme de sa carene, il peut opposer aux puissances qui tendent, ou à l'incliner latéralement, ou à lui faire faire des oscillations trop vives & trop étendues. Ces matières sont assez ordinairement ou des morceaux de fer, ou des pierres, des cailloux, &c. Ces poids sont au nombre de toutes les choses utiles à la fureté de la navigation & ne font pas partie ou ne sont pas comptées comme faisant partie de ce qu'on nomme, la charge, le chargement ou la cargaison d'un vaiffeau. --- Lorsque le poids est suffisant aux besoins & bien ordonné suivant les regles de l'expérience & de la théorie, alors un bâtiment est bien lesté; mais l'insuffisance & le désordre font dire qu'il n'est pas assez lesté, ou qu'il est mal lesté.
LESTEUR. f. m. Homme habile & employé à arranger convenablement, le left d'un bâtiment dans les différens points de sa cale, afin qu'il produise les effets les plus avantageux. --- Les bateaux qu'on charge de left pour transporter à bord des bâtiments, sont nommés bateaux lecteurs, comme aussi le nom de lecteurs distingue les manouvriers qui portent le left à bord.
LETTRE. f. f. L'Amirauté donne aux capitaines de commerce, des passe-ports ou des lettres de mer, lorsque les bâtiments qu'ils commencent fortent des ports de France. Ces lettres annoncent, le noms des capitaines, des armateurs, & des vaiffeaux, ainsi que la grandeur des bâtiments, leur cargaison, leur destination & la nation à laquelle ils appartiennent. --- On donne le nom de lettres, de marques ou de représailles, à une autorisation accordée par le Roi, d'armer en guerre & de courir sur les ennemis; *letters*
LEVÉE. f. f. Faire une levée de gens de mer, c'est faire un rassemblement de ces hommes, qui consacrés au service de la mer sont classés en France, & obligés de se rendre dans les ports du Roi, lorsqu'ils en reçoivent l'ordre pour être embarqués sur les vaisseaux de Sa Majesté; *raising of the seamen*. — Des commissaires & des officiers aux classes sont chargés spécialement de régler le tour du service de chaque marin, & de leur distribuer, dans les divers quartiers du royaume, où ils sont domiciliés, les ordres de passer dans un port déterminé pour y être armés chacun dans le grade auquel ils sont parvenus. On fait aussi la levée d'un équipage, lorsqu'on engage tous les hommes qui peuvent être nécessaires pour conduire, manœuvrer & défendre un bâtiment, pendant un voyage déterminé. — La levée des couples d'un vaisseau, est leur établissement sur la quille & dans la place qui leur est assignée. Ce mot vient de ce que ces couples d'abord travaillés & couchés à terre, sont ensuite relevés de dessus le chantier pour composer la carcasse d'un bâtiment dont ils sont partie, & pour prendre la situation droite qui est indiquée (fig. 39, C.). Comme il n'y a qu'un certain nombre de couples d'un vaisseau, qui soient construits en totalité & séparément dans les chantiers des ports avant d'être établis sur la quille, & comme ces couples servent sur-tout à prononcer la véritable forme d'un vaisseau, puisque leur contour particulier est dessiné dans le plan vertical, (fig. 2. P.) on donne à ces couples principaux le nom de couples de levée. — On dit en parlant de l'état de la mer, qu'il y a de la levée, *that is a swell, the waves rise high*, lorsque sa surface est assez agitée & ses lames assez considérables pour donner aux vaisseaux des mouvemens d'oscillation. La levée de la mer, *swell of the sea*, n'est donc autre chose qu'une ondulation plus ou moins grande de ses eaux, qui en se propageant sous un vaisseau, en élève ou l'avant ou l'arrière, ou la masse totale, pour les laisser s'abaisser ensuite dans l'intervalle des lames.
LEVER. v. a. Lorfqu'à bord d'un vaiffeau on tire une ancre du fond de la mer, par le moyen de fon cable & d'un cabeftan, c'est lever cette ancre, to weigh the anchor, (fig. 3, V.). On la leve auffi quelquefois par le moyen de l'orin (a b c (fig. 10, M.), & alors c'est la lever par les cheveux. Lorfque ce travail est exécuté à bord du vaiffeau auquel cet ancre appartient, comme dans le premier cas, ou à bord d'une chaloupe, comme dans le fecond cas; c'est lever l'ancre avec le vaiffeau, ou avec fa chaloupe; to trip the anchor with the long boat, or by the hairs. --- On leve les lofs, to haul up the weather clue of N fail, lorfqu'à l'aide des cargue-points, on foule plus ou moins haut les coins inférieurs des baffes voiles, & du côté du vent, après avoir lâché des cordages nommés amures. Cette opération rend plus prompte celle qui a pour objet de changer la position de ces voiles; & elle se borne à lever les lofs de miffaine ou de grande voile, to rife the fore tack on main tack. Lever les boffes, c'est les détacher des cordages qu'elles entourent & qu'elles retiennent. C'est dans le même fens qu'on dit lever les garcettes de tournevire, ou celles qui uniffent étroitement la tournevire au cable d'une ancre. Lever les fourrures, c'est auffi dégarnir un cordage, de toutes les enveloppes en toile dont il est couvert. --- Lever les épontilles, c'est relever les étançons, qui, dans un vaiffeau, tournent fur des charnières, afin qu'elles ne forment pas d'obftacles aux matelots qui font employés à mouvoir le grand cabeftan. --- Lever les rames, to unship the oars, dans un batteau, c'est ceffer de tes employer, en les faifant fortir de l'eau, & en les confervant dans une fituation horifontale, fans mouvement, mais prêtes à être mifes en action. --- Lever un vaiffeau, c'est établir fur fa quille tous fes couples principaux qui font diftingués fous le nom de couples de levée, & qu'on voit (fig. 39, C.). Si ces couples font compofés de pieces de bois droites, il est levé en bois droit, mais fi fes pieces compofantes font courbes, comme dans celui de la (fig. 89.) il est levé en bois tort. --- Lorfqu'un vaiffeau est conftruit & qu'on veut le dégager de tous fes appuis, on déplace fes étançons, &c. & c'est lever fes accores, &c. --- Lever la chaffe, c'est ceffer la pourfuite d'un vaiffeau ennemi, to leave off chace. --- Lever des matelots, c'est leur donner l'ordre de fe rendre dans les ports de Roi, pour être armés fur fes vaiffeaux.
LIEN. f. m. On donne ce nom aux bandes de fer dont on ceint un objet pour foutenir l'affemblage des pieces qui le compofent. Tels font les liens des mâts & des vergues d'affemblage (fig. 10, 12 & 15, A.), d'un cabeftan, d'un gouvernail, &c. --- Les liens d'une piece de cordage font des fimples torons, qui, noués enfemble par
LIEUE. f. f. La lieue marine est une mesure itinéraire, dont la longueur est de 2852 toises.
LIEUTENANT. f. m. Des officiers de la marine ont le grade & le nom de lieutenant de vaisseaux, lieutenant of a ship of a war, avec un rang correspondant à celui de major dans les armes de terre. Dans la hiérarchie de l'armée de mer, ils sont placés actuellement entre les majors & sous-lieutenans de vaisseaux; cependant les élèves de la marine, conformément aux ordonnances, sont promus immédiatement au grade de lieutenans, sans passer par la classe des sous-lieutenans. Le service des lieutenans, à bord d'un bâtiment, consiste particulièrement à partager avec les autres officiers du même bord, les soins de la conduite, de la défense de ce vaisseau & de l'attaque d'un ennemi, sous les ordres d'un capitaine. Le Roi les charge souvent du commandement des vaisseaux de la nation. — Il y a des lieutenans de port dont le service est presque circonscrit dans les ports. — Il y a eu des lieutenans de frégate qui avoient rang après les enseignes de vaisseau & qui formoient une classe particulière, que les dernières ordonnances n'ont point admise dans le nouvel ordre établi. — A bord d'un vaisseau, un officier a le titre de premier lieutenant ou de lieutenant en pied; first lieutenant, master ship, parce qu'il est chargé de diriger l'arrimage, le chargement de ce vaisseau, ainsi que tous les détails qui sont relatifs, soit à l'armement, soit aux approvisionnemens, soit aux consommations de tout genre. — Les officiers généraux de la marine posèrent le nom de lieutenans généraux des armées navales, & leur rang est immédiatement supérieur à celui des chefs-d'escadre. — Dans les bâtiments du commerce, les lieutenans sont des officiers chargés de différentes parties du service maritime, sous les ordres du capitaine de ces navires.
LIGATURE. f. f. Dans l'attelier de la mature, on donne ce nom à un long faisceau de fils caret, qui forme un cordon assez fort pour soutenir un grand poids; il est employé à étreindre les pièces d'un mât ou d'une vergue, lorsqu'on les assemble pour les réunir étroitement.
LIGNE. f. f. Dans les cordes des ports, on donne ce nom à un menu cordage, qui est fabriqué d'une manière particulière; & on en distingue de plusieurs espèces. Il y a des lignes de sonde, lead line; de lok, log line; d'amarrage, line seizing; de pêche, de tambour. Celles de sonde ont 120 braffes de longueur, & sont formées de 6, 9, 12 ou 15 fils carets goudronnés, lines of N threads. — Celles